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Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Sam 18 Fév - 21:57

Une épave. De la rancœur. Un subtil gout de vengeance. Un gout d’amertume. Des mauvais choix sans aucun doute. On vint m’apporter un message comme quoi Torben devait passer dans la soirée sur ordre de la reine pour me présenter ses respects. J’étais dans mes pensées, c’était un test ? Je restais pensive, je ne savais pas trop quoi penser, qu’est-ce qu’il se passerait, comment réagirait-il ? Krystel avait réduit à néant tout notre passé, Torben était mon seul album à souvenir, nul besoin de chercher elle avait du tout prévoir je ne saurais jamais quelle Jana j’étais avant… On avait vécu tellement de choses tous les deux, tellement d’épreuves rien que là depuis « notre rencontre ». On ne commence pas par coucher avec un homme quand on veut commencer une relation, non pas que je veuille commencer une relation avec Torben j’ai du anéantir toutes mes chances en devenant l’épouse de William mais cela, en théorie, ne fonctionne pas comme cela. Avec Torben, il y avait quelque chose entre nous, quelque chose qui durait depuis des années, le feeling ? La confiance ? Quelque chose qui fait que je me sente si proche de lui, une chose qui fait que je suis bien avec lui, que je tienne à lui. Peut-être était-ce mon âme sœur et que même vampire cela ne changeait rien … c’était incompréhensible.

J’allais devoir agir en princesse vampirique, être diplomate, et professionnelle. J’avais fais souffrir Torben, je m’en voulais terriblement, mais après tout le passé était le passé, nous devions avancer. J’avais appris de mes erreurs, ce n’était pas le moment de se rebeller face à la reine nous n’étions pas assez forts et encore moins seuls. Pour le moment, il fallait rester tranquille et être loyal. Chose difficile qui nécessite des sacrifices… comme me marier à William, mais tel était le prix. Je devais être forte, et restais sage. Voir Torben serait surement un bon entrainement. Je devais me préparer, faire bonne impression, je savais que je ne ressemblais à rien en ce moment. Je ne sortais plus, je me nourrissais juste ce qu’il fallait même si je crois que laisser aller mes envies de vampire et de sang me feraient un bien fou. Pas sur Torben bien sur… Il était la propriété de Krystel désormais. Je demandais à ce qu’on traite bien Torben quand il arriverait, envoyé par la reine des vampires il fallait faire bonne impression et lui prouver que le manoir Raybrandt tournait à merveilles même sans elle. Je demandais à l’une de nos employées de maison de me choisir une tenue adéquate et me préparer. Je me laissais me coiffer telle une poupée, je mis un bustier noir et un pantalon large, fluide, et décontracté. Avec cette tenue, j’avais une silhouette élancée, j’étais satisfaite cela faisait habiller sans trop. Parfait.

Je savais que William était absent aujourd’hui, où était-il ? Très franchement, je ne savais pas et j’en avais que faire. J’appréciais les efforts qu’il faisait à mon égard mais j’éprouvais une méfiance sans faille à son égard. Son absence ne me dérangeait pas. J’étais seule et j’agissais comme bon me semble, j’avais besoin de toute manière d’être seule, de prendre sur moi, et réfléchir. Nous serions donc plus tranquilles. Je savais que William, au fond de lui, nourrissais une douce envie de tuer Torben. Seule Krystel le retenait. J’espérais que revoir Torben ne serait pas trop douloureux, je redoutais un peu ce moment, j’allais devoir faire preuve de retenue. Torben était une tentation intense, il représentait beaucoup de choses pour moi. J’étais fin prête, je craignais cette entrevue, qu’allait-il se passer ? Comment serait Torben ? J’ouvris les rideaux de la fenêtre de ma chambre, la nuit venait de tomber, et Torben allait arriver. Je posais mon front contre la fenêtre froide je supposais, et je remarquais du mouvement là dehors. Quelqu’un viendrait bientôt me chercher me disant que Torben venait d’arriver…


Chapitre 6 ¤ Torben Badenov
19 septembre 2010, début de soirée
Manoir Raybrandt.


Dernière édition par Jana P. Raybrandt le Lun 30 Avr - 12:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Dim 19 Fév - 17:18

    Je n'avais que peu dormi, cette nuit. La reine n'était pas venue me voir, comme elle m'en avait prévenu à l'avance. Je ne savais comment gérer la situation de la journée ; devais je me montrer impatient, guidé que j'étais par la fébrilité, ou devais je remettre mon masque de froideur glacée, apanage de celui qui tue pour seule raison de vivre ? Je ne savais pas. En fait, je ne savais pas grand chose. N'y voyez nulle remise en question de ma part ; j'étais trop démoli pour changer à nouveau du tout au tout, mais je méditais mon approche de la journée qui m'attendait. Préparatifs et voyage en voiture de location, d'Edimbourg à Glasgow. La raison de ce périple était tombée récemment, il y a deux jours en fait, quand la Reine m'avait intimé l'ordre d'aller présenter ses respects, et en précisant les miens aussi, à la princesse. Jana. Elle voulait que je revoie Jana. Encore un test, j'imaginais assez. Peut être un savant calcul politique derrière cela, sans que je m'en rende vraiment compte, mais je savais que Krystel avait ses raisons de me voir confronté à cette situation inédite. Revoir mon ex épouse aurait dû provoquer chez moi une fièvre ; j'étais amoureux d'elle, et je ressentais tant de choses à son endroit, des choses tellement contradictoires. L'amour de ma vie, la tendresse de toute notre relation. Le désir aussi, car elle restait une femme magnifique, sans le moindre défaut, du fait de sa nature vampirique. Mais venait tout court-circuiter cette même nature, qui nous séparait pour de bon. Sans parler de la souffrance physique et psychique de la torture exercée sur moi par ces mêmes mains que j'adorais, alors que le couple royal poussait Jana à me punir en personne, pour nous attribuer à tous deux une leçon que nous ne devrions plus oublier si nous désirions rester en vie. J'avais tellement intégré la réalité de cette même leçon que cela avait bouleversé mon existence en me métamorphosant.


    Je n'étais plus le même homme perdu et perclus de principes et d'honneur, qui avait été mis à mort sur cette table de torture. Je me rappelais de tout, je m'en rappellerais toute ma vie. Je savais que Jana y avait été contrainte, mais qu'est ce que cela changeait ? Rien. Nous étions séparés. J'avais entendu ma Reine parler à son consort, et il s'était dit que le soir même de leurs noces, William devrait prendre Jana et consommer la nuitée, sinon ils risqueraient tous deux de perdre encore plus. Elle avait donc partagé sa couche. Combien de fois ? Dans quelles positions ? Y avait elle pris du plaisir ? Toutes ces questions n'avaient plus de sens, comme la jalousie que je ne ressentais même pas à l'évocation de ces questions. Je n'étais plus son mari, et elle n'était même plus humaine. Ne restait plus que le souvenir glacé d'une existence commune terminée, et des lambeaux de souffrance ressentie dans les caves du manoir royal. Mes hurlements résonnaient encore à mon oreille, mais même en me remmémorant la souffrance, je ne parvenais pas à ressentir quoi que ce soit. Je restais, assis sur mon lit. Sans bouger. Sans rien ressentir du tout. Les vampires m'avaient finalement tout pris, au sens littéral. Ils m'avaient même pris ma personnalité en me soumettant aux pires sévices, après m'avoir pris tout le reste ; ma femme, mon honneur, mon avenir. Je n'étais plus que Torben, je n'avais plus de nom, et je n'avais plus d'autre fonction que celle d'exécuter le moindre ordre qui me serait intimé par ma maîtresse.


    J'avais pris ce qu'on m'avait demandé de mettre, sans me poser la moindre question. Un costume gris foncé, une chemise blanche, une cravate noire. Je me trouvais d'aspect morbide, et pour parfaire l'impression je m'étais rasé la barbe. Je respirais le frais, j'étais présentable, je me devais de l'être, en tant que représentant de Sa majesté. J'attendais dix sept heures pour me mettre en route, l'esprit encombré de pensées et de souvenirs, sans que ceux ci me mettent dans les états de détresse ou de fureur que cela pouvait me mettre autrefois. La musique que je mettais ne produisit aucun effet. Je me sentais calme, détendu, maître de moi même. Je n'étais définitivement plus le même homme. Après une longue route, je finissais par me garer sur le chemin de gravier devant la demeure princière. On vint prendre mes clés et emmener la voiture, alors qu'il faisait déjà nuit noire. L'hiver n'allait plus tarder à arriver sous ces latitudes, me dis je alors que je ressentais le froid mordant d'un vent d'automne précoce. Je pénétrais dans la demeure. Un individu portant la livrée familiale vint me signaler que la princesse Raybrandt allait arriver, et que je pouvais l'attendre dans le salon. Princesse Raybrandt. Pas Badenov. Sans mot dire, je pénétrais dans la petite pièce, aussi luxueuse que dans mon souvenir, couverte de tapis, de meubles hors de prix, de tapisseries, et bien éclairée. J'attendais debout, regardant sans la voir une peinture du seizième siècle, d'un peintre hollandais. La porte de la petite pièce se rouvrit derrière moi, et je la vis. Blanche comme la mort, comme elle le sera toujours désormais. Habillée, maquillée et coiffée comme de son vivant, d'une classe discrète mais bien réelle. J'inclinais la tête, me sentant raide comme un piquet. Mon cœur s'était brièvement emballé à sa vision, mais je restais finalement froidement maître de moi même, et me calmais tout aussitôt. Mon corps avait réagi, mais pas mon âme, définitivement envolée. Je ramenais mon regard dans le sien. Cela ne me chamboulait plus comme autrefois, n'éveillant plus qu'une parcelle refoulée de mon être, que je contrôlais comme un marionnettiste.



    | Bonsoir, Madame. Je suis venu ici conformément aux directives de ma Dame votre belle mère, la Reine de la Nuit. Elle m'a demandé de vous présenter ses respects, et m'a également chargé de vous présenter les miens. |


    Voilà. Clair, poli, disant. Ce qu'on attendait de moi. Qu'étais je donc devenu sous cette armure de glace?

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Mar 21 Fév - 20:34

On vint me chercher, Torben était arrivé. J’entrais dans le salon par la petite porte, il était classe il marquait bien. Il inclina la tête à mon regard, j’étais un peu gênée. Il plongea son regard dans le mien, et l’ambiance devient glaciale. J’eus l’air surprise, c’était vraiment le bon petit chien chien ce qu’on disait été donc vrai. Nous voilà complètement perdu, si Torben perdait ses raisons de vivre. Je lui faisais signe de s’asseoir sur le canapé luxueux. On aurait dit qu’il parlait à une inconnue, que je ne représentais vraiment plus rien pour lui. J’étais la belle fille de la Reine de la Nuit, sa maitresse et qui plus est la femme de William Raybrandt ce qui n’arrangeait rien ! Je restais de glace, après-tout le nombre de fois qu’il m’avait fait la remarque que je n’étais plus qu’une vampire froide comme la mort et blanche comme le marbre. S’il ne se donnait pas la peine de faire quelque chose, j’abandonnerai de mon côté. Je ne laissais rien paraitre mais j’étais en mélancolique en ce moment. William l’avait remarqué, c’était pour cela qu’il avait organisé le pique-nique vampirique. Je m’assis doucement sur l’un des fauteuils, remettant correctement mon pantalon pendant qu’une servante vint apporter de quoi boire à Torben. Je lui lançais un sourire en signe de remerciement, oui pour le coup je mettais montrer organiser. J’avais tout prévu, en bonne maitresse de maison c’était ce que j’étais un peu devenue même si je restais toujours sous les ordres de Krystel même si, nos relations houleuses faisaient que je n’avais pas eu de missions depuis un moment.


    « Bonsoir Torben. Je t’en prie assieds-toi, mets toi à l’aise. Tu remercieras ta maitresse de ma part pour avoir cette délicate attention de m’adresser ses respects. »



Il n’était venu que pour me faire passer le message, et me présenter ses respects ? Je ne savais même pas quoi lui dire… il savait que ce n’était pas ma faute les événements qui s’étaient déroulés. J’étais pieds et poings liés et lui aussi. Torben ferait un très bon dissident. Je ne savais pas quoi faire, je restais aimable et diplomate comme lui, l’avait été. Il était transformé, Krystel avait fait de lui son jouet. Il était loin le Torben qui voulait tuer tous les vampires. Même si, je n’en démordais pas il devait encore plus haïr les vampires désormais. Je me sentais presque coupable de l’avoir détruit à ce point, d’être une vampire, car Torben me faisait la remarque souvent, je regrettais terriblement d’avoir été transformée. Cela avait mis un gouffre entre nous… J’aurais m’enfuir lors du mariage, ça aurait crée un beau scandale. Et pas sûre que ce soit la meilleure des solutions… comment savoir ? J’étais surprise de me trouver devant Torben, cette situation était inespérée je ne pensais pas le revoir avant un bon bout de temps… Mais il était là, devant moi j’aurais pu le toucher si j’avais voulu. Que voulait-il vraiment ? Surement ne pas faire de vagues assez longtemps pour être tranquille, et ne pas refaire les erreurs du passé. Evitez de souffrir, se préserver c’était important. Torben devait penser à lui un peu, toute sa vie il m’avait cherchée je n’osais imaginer sa déception. En apparence, j’étais (presque) la même mais j’étais devenue vampire. J’aimerais vraiment que tout aille bien entre nous, qu’on se comprenne car une tension, une certaine retenue planait autour de nous.


    « La Reine désirait me transmettre un autre message par ton biais ? »



Dernière édition par Jana P. Raybrandt le Mer 22 Fév - 20:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Mer 22 Fév - 12:31

    Si je n'avais m'attendre à quoi que ce soit de ma part avant notre entretien, j'avais envisagé la surprise sur le visage de celle qui fut ma compagne, lorsqu'elle verrait ce que j'étais devenu. Cela ne manqua pas, pour le coup, de se produire. Je n'en éprouvais pourtant aucune satisfaction. Plus étrange que l'air peut être un peu surpris autant que consterné qu'arborait Jana, je me surprenais à ressentir un vide dans mon coeur encore plus prégnant, encore plus intense, qu'avec quiconque d'autre. Cela me faisait mal, j'en souffrais et je m'en rendais compte. Comme si la vie qu'on m'avait arraché et qui me faisait me sentir aussi vide me faisait mal, à l'instar d'un estropié nourrit toujours quelque souffrance de sa jambe coupée depuis longtemps. C'était une sensation étrange, déplaisante, mais je parvenais à me dominer pour ne pas avoir à craquer sous l'effet du passé rentrant en contact avec une réalité devenue toute autre. Je m'assis donc, ne montrant rien de mon embarras, lorsque celle qui était devenue princesse me fit signe de prendre position dans l'un des confortables fauteuils de la maisonnée. On vint m'apporter, via une humaine, une boisson. Alcoolisée, je le sentais. Je prenais le verre en remerciant la servante humaine mais sans pour autant le porter à mes lèvres. Inutile d'en rajouter encore à ma confusion, en absorbant de l'alcool alors que mon corps en était sevré depuis quelques semaines. Je détaillais Jana du regard. Elle aussi, avait changé. Je n'aurais su dire en quoi mais je le perçus assez clairement. L'autre homme dans sa vie, le seul possible de toute évidence, avait donc eu une certaine influence sur elle ? Je ne pensais rien, je constatais sans tirer de conclusions. Elle en vint à me souhaiter la bienvenue en me saluant, me demandant de me mettre à l'aise. A l'aise, je l'étais en apparence, intérieurement j'étais assez troublé. Me mettre à l'aise m'apparaissait donc objectivement comme plus difficile encore que de m'arrêter de respirer. Mais mon auto discipline était poussée tellement loin que je n'eus aucun mal à masquer mon ressenti. Quoiqu'il en soit, Jana passa la sorte d'épreuve haut la main, en ne montrant aucun ressentiment alors qu'elle adressait ses respects à sa belle mère.


    | Je n'y manquerais pas la prochaine fois que je la verrais, probablement dans le courant de la semaine prochaine. Sa Grâce aura hâte de savoir comment notre entrevue se sera déroulée, et je la sais d'avance charmée de savoir que vous semblez vous porter aussi bien. |


    Mes paroles empreintes de politesses ne firent que résonner creux à mes propres oreilles, malgré le ton relativement enjoué que j'avais utilisé. Je ne savais pas vraiment quoi dire ou quoi faire, et la gêne, impossible à déchiffrer de nos postures, était cependant prégnante dans le silence qui s'installa entre nous ensuite. Etions nous devenus si différents qu'il était impossible pour deux individus ayant partagé tant d'années heureuses de communiquer ? J'avais voulu croire pendant longtemps que les choses ne pouvaient jamais changer quand il y avait de l'amour, mais je m'étais de toute évidence foutu le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Les gens changeaient en même temps que les époques. Le passé ne survivait pas au futur. Il fallait faire avec. Aller de l'avant. Seul ou ensemble. Jana eut la gentillesse et l'impatience peut être, de rompre le pesant silence régnant entre nous, lorsqu'elle me demanda si la Reine avait un autre message que je devais lui transmettre. Je haussais les épaules, me laissant aller à la confidence, convaincu que cela ne me serait pas plus préjudiciable que ça ne le serait pour ma maîtresse.


    | Si la Reine voulait que je vous transmette d'autres paroles, elle ne me l'a pas dit. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'éléments cachés dans ma venue. Sans doute pour s'assurer que vous êtes toujours l'épouse de son fils, que vous avez consommé votre union, que le manoir ne s'est pas écroulé sous de nouvelles disputes... Et sans doute aussi devais je voir dans cette mission une épreuve à ma propre encontre, peut être la Reine est elle curieuse de savoir si je suis bel et bien son homme, ou si je reste le même individu incontrôlable. Peut être s'attendait elle pour que je saute sur l'occasion, m'enfuie avec vous en vous ravissant au nez et à la barbe de la sécurité, en un dernier coup d'éclat ? Ou alors, que l'on se retrouverait nus, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, pour tromper votre mari en renouant nos liaisons passées ? Je ne saurais dire. Voyez vous, ma Dame, sa Majesté a des desseins qu'elle ne me divulgue pas de manière systématique. Elle se plaît à semer le doute, dans les esprits comme dans les corps. J'imagine aussi, que c'était un test pour vous aussi... Maintenant que je suis là, princesse, en quoi pourrais je vous servir ? La Reine ne doit pas douter un seul instant que nous pourrions malgré tout tirer bénéfice de cette entrevue. |

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Jeu 23 Fév - 2:06

Je regardais Torben qui n’avait pas encore touché son verre. Je l’inspectais de la tête au pied. Il y avait une tension pesante entre nous, et pourtant je voyais bien que je le considérais différemment que les autres hommes qui m’entouraient. Au fond de moi, j’étais très contente de le revoir. Il était là, il avait l’air bien. Je parlais de la Reine sans problème, j’étais indifférente et même si au fond de moi je la détestais j’en avais assez fais comme ça, je ne montrais rien. Je jouais à l’adorable belle fille princesse qui plus est, c’était tout. Je ne voulais plus revivre une situation pareille, plus de punitions, et surtout ne plus faire souffrir Torben de la sorte.

    « Si tu ne veux pas boire, tu peux poser le verre tu sais… Je voulais que tu ne manques de rien. Tu n’es pas obligé de boire. »


Torben était très poli, je lui parlais normalement. Pour moi, c’était Torben et cela ne changerait pas. Il occupait toutes mes pensées, je pensais à lui tout le temps. Je m’inquiétais énormément pour lui. J’aurais tant voulu partager des moments comme le pique nique avec William, avec Torben … avions-nous seulement déjà pique-niqué tous les deux ? Oui surement…dans une autre vie. Qu’est-ce-que j’aimerais me souvenir, ça ferait mal peut-être de voir ce que l’on a perdu et ce que l’on retrouverait jamais comme j’étais une vampire à présent. J’étais confortablement assise dans le fauteuil, ma main qui tenait ma tête, les jambes croisés. Il ne jugeait que par sa Reine désormais, il était bien loin le Torben de l’Eglise contre Vampire.

    « Je semble me porter bien …c’est juste une impression alors Torben …Mais je ne voudrais en rien tracasser sa Majesté, si par hasard elle s’inquiète encore de mon sort. »


Je ne continuais pas ma phrase, je voulais dire que William s’occupait de moi mais Torben l’aurait peut-être mal pris, ou mal compris ou se serait monté la tête. Il se souciait juste de mon bien être à défaut et contraint sans nul doute. Torben faisait surement pareil au fond de lui, mais ne pouvait pas le montrer. On sentait cette gêne, cette retenue entre nous. Un vide nous séparait. Vide que j’aimerais combler. Torben se mit à me dire beaucoup de choses, je l’écoutais attentivement. J’allais répondre à chacune de ses phrases. Torben avait raison sur toute la ligne, c’était un test pour nous deux. Test pour nous deux, test qu’on allait réussir. J’eus un petit rire quand il dit que la Reine voulait s’assurer que j’étais toujours l’épouse de son fils. Evidemment…

    « Bien sur que je suis toujours l’épouse de William, elle pensait que j’allais m’enfuir ? » Consumer l’union … sur le canapé… je m’étais débattue, pas laisser faire…. Un très mauvais moment que je préférais oublier, s’il ne relevait pas la question je ne dirais rien à ce sujet. « Tu remarqueras que le manoir tourne toujours très bien, c’est calme mais tout va bien comme tu as pu le voir. Elle n’a pas à s’inquiéter, nous n’allons pas mettre tout à feu et à sang. Pour le reste, je pense que tu as raison c’est un test pour nous deux. Moi aussi, pour éviter les débordements passés et les éventuels autres tortures. » Je marquais un bref arrêt, ça aussi je voulais oublier… « J’ai décidé d’arrêter d’être incontrôlable, et de me plier aux règles. En tout cas, pour le moment… je ne veux pas recommencer à te faire souffrir. Je n’y survivrais pas deux fois je pense. » Sa dernière question me surprit, il avait des idées derrière la tête où je rêvais ? Je n’avais jamais pensé à l’éventualité de me servir de lui. Je voulais le préserver, il était déjà beaucoup trop impliqué. Les vampires dissidents agiraient en temps et en heure. Belle avait promis de faire quelque chose en ce qui concernait Torben si je jugeais qu’il voulait être sauvé, ou être avec moi plutôt que Krystel bien sur. « Je ne veux pas me servir de toi Torben, c’est hors de question. Prends soin de toi, penses à toi un peu. Et puis, c’est la Reine que tu dois servir pas moi. Et même officieusement, fais ce qu’il te semble le plus juste. Moi je ne te demanderais rien. Tu ne me dois rien. Je ne veux plus que tu souffres, plus que tu sois en danger par ma faute. Fais attention à toi, c’est tout ce que je demande. »


J’étais catégorique, je m’étais un peu emballée mais Torben avait tout donné pour moi. Sa vie. Il en avait suffisamment fais comme cela. Il devait penser à lui maintenant. Certes, j’avais besoin de lui et certainement besoin d’aide mais je pouvais compter sur Belle. Cela m'avait détendu de dire tout ça, je me sentais mieux de suite. Torben était au service de la Reine, j’avais toute confiance en lui mais elle savait y faire et peut-être saurait-elle au courant de toute cette discussion malgré lui. Oui, j’étais profondément traumatisée de tous les événements que j’avais vécus dans ma vie vampirique. Amnésie. Torture. Et j’en passe… Etre sage et obéissante, ne voulais pas dire faire une croix sur Torben au contraire… mes pensées m’appartenaient et lui étaient toutes dédiées. Je finirais par trouver une solution, il fallait juste un peu de temps, et laisser l’eau couler sous les ponts pour que la situation évolue.
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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Jeu 23 Fév - 14:57

    Je remarquais que Jana me détaillait du regard. De toute évidence, elle semblait aussi s'interroger à mon sujet. Se demandait elle si j'allais bien, si Krystel avait laissé son odeur sur moi, ou si j'avais tout simplement changé ? Je ne savais pas. La revoir, ici et maintenant, juste devant moi, me donnait l'impression de me retrouver face à une inconnue totale. J'avais jadis épousé une jeune femme merveilleuse, qui avait un sourire à tomber et un regard envoûtant, promesses nocturnes suggérées, lèvres soufflant l'amour véritable. Aujourd'hui, rien de tout ça. Elle me paraissait changée, comme moi quelque part. Peut être réfrénait elle peut être ce qui avait fait d'elle une humaine ? Ou alors, sa nature de vampire avait pris le dessus. Mais en fait, ce qui me semblait le plus probable, c'était que la perte de sa mémoire avait définitivement altéré son existence, son comportement, sa manière d'agir, de pensée, et de concevoir. En fait, j'en étais certain, ce n'était pas les sévices qu'elle avait subis, ni sa morsure, qui lui avaient ôté son âme. C'était bel et bien cette perte de la mémoire. Qui étions nous, sans savoir qui nous étions ? Des égarés, des damnés. L'âme ne se trouvait ni dans le cœur, ni dans l'esprit au sens spirituel du terme. Elle se trouvait dans la mémoire. Ôtez toute trace de son passé à un être humain et il errera sans but. Qu'est ce qui avait pu arriver à Jana, pour que son esprit endommagé ne soit pas réparé par sa métamorphose vampirique ? Je n'en savais rien, il lui restait bien des parties de son passé, mais elle restait tout de même un être neuf. Plus précisément, elle était un être que je ne connaissais pas. Elle avait des forces et des faiblesses qui n'étaient plus tout à fait identiques aux siennes dans notre passé commun. Je ne connaissais plus cette femme, qui avait pourtant jadis partagé ma couche, et tous les secrets de nos existences. Ces secrets étaient disparus, envolés pour toujours. Je m'en rendais compte, désormais. Jana prit la parole, constatant que je ne touchais pas à mon verre, m'indiquant qu'elle ne voulait que je ne manque de rien. Je remarquais qu'elle me tutoyait toujours, alors que moi, j'étais passé au vouvoiement.


    | Je peux vous assurer que je ne manque de rien, j'ai tout ce qu'il me faut. |


    Réponse polie, mais sous entendant que si j'étais satisfait, c'est avant tout parce que j'avais ce qu'il me fallait ailleurs. Mon regard sur porta sur celle qui fut mon épouse. Jambe croisée, posture qu'elle adoptait parfois auparavant. Cela me fit dessiner l'ombre d'un sourire au coin de mes lèvres en reconnaissant la posture. Je remarquais aussi comment la discussion tournait ; un jeu subtil d'interprétation des propos de l'autre se mettait en place, alors que nous glissions des sous entendus orientés dans l'ensemble de nos propos. Inconsciemment, je m'amusais de la situation, cela poussait à une certaine gymnastique mentale que je trouvais intéressante, sinon rafraîchissante même. Mais je devais aussi avouer que Jana était beaucoup plus franche avec moi que je ne l'étais avec elle. Je ne lui avais menti en rien, mais avait dissimulé par des formes alambiquées certains propos que j'essayais de lui faire comprendre. Les attaques commençaient à poindre le bout de leur nez envers la Reine. Jana avait compris les règles du jeu que nous étions en train de jouer, mais elle se laissait aller à la véritable confidence, ne gardant qu'assez peu de retenue dans ses paroles. Moins que dans ses gestes en tous cas, se dévoilant et avançant démasquée, le visage à découvert, dans le déroulement de notre conversation.


    | Ma Dame sera heureuse que je lui rapporte votre maintien digne, même si vous restez troublée en vous même. Une Dame de votre position ne peut malheureusement se laisser aller à ses sentiments, en dehors de son intimité avec son époux. Bien sûr que la Reine s'inquiète de votre sort ; votre image rejaillit sur la sienne. D'où notre... punition d'il y a quelques semaines. |


    Cette pique là, je ne l'avais pas prévue, mais cela eut un certain effet libérateur sur la tension qui m'habitait. J'avais cependant encore dit la vérité. Cela me semblait évident que Jana habitait les pensées de la Reine. Toute nouvelle frasque et tout nouveau défi à l'autorité Régine, et c'était tout le système qui était bousculé. Krystel ne s'inquiétait pas de Jana en tant que personne, elle n'était peut être rien d'autre à ses yeux que sa pupille rebelle, je n'en savais rien. Nous n'avions en fait quasiment jamais évoqué mon ancienne femme ensemble, sauf pour que la Reine puisse être en mesure de s'assurer que je ne risquais pas de déserter pour retourner faire une quelconque erreur avec ma femme devenue vampire. Une fois qu'elle s'était assurée de son contrôle et de son ascendant sur moi, nous n'avions plus évoqué Jana, sauf quand la Reine m'avait intimé la directive qui impliquait ma présence ici aujourd'hui. Je restais poli, pas indifférent mais de marbre. Je haussais les épaules avant de sortir une très simple constatation.


    | J'imagine que de toute manière, Sa Majesté compterait sur moi pour redresser la situation en cas de problème. Je n'ai eu aucune directive à ce sujet, mais je la sers, et je connais ses attentes. Je ne pense pas qu'elle imaginait une fuite... Peut être par contre, suspectait elle que vous nourrissiez d'autres projets que ceux qui sont devenus les vôtres avec ce mariage. Je pourrais au moins la conforter sur votre loyauté à son endroit... N'est ce pas? |


    je fus par contre frappé, touché quelque part, de ce qu'elle me dit ensuite. J'ouvrais la bouche, aucun son ne sortir, alors je la refermais. J'étais confus. Toujours de marbre bien sûr, mais intérieurement c'était le doute. Pensait elle ce qu'elle disait ? Non. Pas possible. Elle avait exécuté les directives, et n'avait jamais supporté la moindre de mes tentatives de nous sortir de là. Elle avait changé, et elle ne s'intéressait plus à la fuite. Je devais me former à accepter cette idée, cet abandon. Si Krystel m'avait au moins appris quelque chose, c'était que tout le monde se battait pour des intérêts propres, opposés à ceux des autres. Tout le monde manipulait tout le monde. Jana aussi, avait ses propres buts. Mais ce qu'elle me dit me toucha quand même, me fit réfléchir. Je lui répondis plus abruptement que d'ordinaire, dans le sens où j'avais perdu le contrôle l'espace d'un instant.


    | Peut être n'y survivrez vous pas une seconde fois. En attendant, j'étais moi, seul à subir les meurtrissures. Et moi c'en est sûr, je ne survivrais réellement pas. Tout le monde n'est pas devenu immortel et doté d'une résistance à presque toute épreuve... Je ne dois qu'à la Reine et à sa pitié de n'en avoir gardé aucune marque, de cette rebéllion avortée. |


    Je me félicitais cependant, c'était la première fois de la conversation que j'extériorisais des émotions, grande première. D'ailleurs, où était elle après la torture ? En train d'écarter les cuisses pour frayer un chemin au prince, s'empressant de jeter aux orties notre passé, et de fermer les yeux sur ce que j'avais fait en son nom ? Peut être. Sans doute. Toutes les femmes que j'ai connu m'ont toujours utilisé, c'était un fait. Krystel n'échappait bien sûr pas à la règle, mais au moins assumait elle ses gestes ! Jana continuait sur sa lancée, indiquant que je devais penser à moi, m'occuper de moi. Faire attention à moi. Elle ne me demanderait rien, n'attendait rien de moi. Au moins était ce clair...


    | J'achète par mon travail votre sécurité, et celle de la Reine que je sers. Cela me suffit, tout le reste a un goût de cendre dans ma bouche. Grâce à Krystel, j'ai au moins appris à m'accepter tel que j'étais. Je suis un tueur, princesse. Et je le serais toujours... Je me suis fourvoyé toute ma vie en pensant pouvoir faire autre chose de mes mains. Et vous, princesse, avez vous trouvé votre voie? Quelque chose qui donne du sens à votre immortalité? |

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Sam 25 Fév - 19:53

Je regardais Torben et regrettais déjà de lui avoir dis tout ça, c’était visiblement trop tôt. Et il n’était plus le même, trop poli, trop modelé par Krystel, trop tout. Torben Badenov avait disparu, et avait laissé place à un corps sans âme. Je l’aurais mordu qu’il aurait rien senti. C’était l’impression glaciale qu’il dégageait. Je ne pouvais rien attendre de lui, trop de méfiance entre nous. Comment pouvais-je lui faire confiance ? Il était au service de Krystel, lui était loyale pour une bonne raison certes mais je ne pouvais plus me confier à lui trop risqué. Il fallait attendre, ce n’était pas encore le bon moment pour lui parler des idées de William. La Reine avait l’air de bien le traiter, c’était plus marrant ainsi je supposais. Torben ne manquait de rien ici c’était déjà ça. Qu’il dise à la Reine que je l’ai bien accueillis au moins ça éviterait les ennuies. J’écoutais Torben sans vraiment l’écouter, ses phrases à la guimauve, beaucoup trop poli, et beaucoup trop lourde à entendre. Je remarquais qu’elle l’avait bien éduqué au moins il était poli. Je restais silencieuse, j’en avais déjà trop dis. Les réponses de Torben étaient fades. Ce n’était pas à ce Torben à qui je voulais avoir à faire. Et je me refusais de parler à ce Torben là des vampires dissidents. Il n’était pas prêt. Trop proche de la reine, aucune envie d’être sauvé ou de se rebeller rien ne se refléter dans ses yeux. Absolument rien. Et pourtant, le marché que m’avait proposé William serait l’un de seul moyen que j’avais pour être avec lui.

    « Et bien au moins, tu n’as pas besoin de redresser la situation. Sa Majesté n’a aucunes craintes à avoir son manoir est entre de bonnes mains. » Je lui souris, même si je ne portais pas la Reine dans mon cœur à aucuns moments je n’avais pensé saccager le manoir. Il n’en serait jamais question. « Oui, tu pourras la conforter sur ma loyauté. » Qu’il lui dise ce qu’elle voulait entendre, comme j’avais fais la remarque à William cette maison était remplit de complots et de secrets. Elle n’était pas idiote.


Pour la suite, je ne savais pas comment interprété la réponse de Torben. Je ne répondis rien, puisque visiblement il fallait remercier la Reine pour sa bienveillance… Je ne voulais pas regretter de dire trop de choses, et de le regretter ensuite. Que répondre à tout ceci ? Je n’en savais rien, il n’avait pas l’air de se rendre compte, pas l’air de comprendre, on aurait dis que ça lui passer au dessus de la tête et qu’il récitait un texte qu’il avait appris par cœur. Cela faisait mal de le voir changer à ce point, peut-être que moi aussi j’avais changé mais malgré mes choix surprenants le côté rebelle était toujours là, refoulait, mais cachait pour sortir de sa tanière au moment venu. Je ne dirais rien de désobligeant concernant sa Majesté, elle était la Reine des Vampires et je lui devais le respect. Des jours et des nuits que j’étais enfermée entre ces quatre murs en train de ne jurer que par Torben, et là il était devant moi et j’étais profondément déçue. En même temps, je ne devais m’attendre à rien d’autre. Mais à ce point-là … Néanmoins, sentir sa présence, le sentir là tout prés, le savoir en vie, me rassurais. Il était là avec moi, je le voyais, son cœur battait, il ne réagissait pas, mais il était là. Je ne pouvais espérer rien d’autre, et j’étais déjà heureuse de pouvoir le revoir à nouveau et ce si rapidement. William savait que je pensais à Torben, il savait que j’étais amoureuse de cette ombre insaisissable. Je ne pouvais pas rien lui cacher, il l’avait remarqué… mais Torben s’en rendait-il seulement compte ?

Je me levais et me dirigeait vers la fenêtre, je fis la même chose que précédemment dans ma chambre. Entrouvris les rideaux, et posa mon front sur la fenêtre froide, j’étais tournée à Torben. Mais je doutais fort qu’il fasse quelque chose autre qu’un ordre donné par sa Majesté. Je murmurais entre mes lèvres.

    « Je suis en sécurité, Torben » Cela faisait très bizarre dés qu’il prononçait le mot ‘’princesse’’ quelle allure la princesse je n’étais pas une princesse de conte de fées c’était clair. Je me retournais toujours prés de la fenêtre, et dis à haute voix. Je m’appuyais contre le mur, croisant mes bras sous ma poitrine. « J’aimerais travailler, la Reine ne me donne plus de missions, je reste sans rien faire au manoir j’ai besoin de m’occuper donc je pensais travailler. On peut dire que pour le moment non, je n’ai pas trouvé ma voie et puis une princesse qui travaille… c’est en réflexion. La Reine sera mise au courant d’un quelconque changement de cette envergure, une autorisation lui sera surement demandée. »


Je voulais lui demander s’il s’inquiétait pour moi, mais il m’aurait dis que oui, il était obligé de s’inquiéter pour moi et d’assurer ma sécurité pour la bien de sa Majesté et pour éviter toutes nouvelles frasques de ma part ou problèmes liés à ma personne. Je l’entendais déjà. Je me retins aussi de finir ma phrase, comme quoi je ne voulais pas déshonorer mon rang c’était vrai et faux mais Torben aurait pu mal l’interpréter. Au fond de moi, j’étais fière d’être une princesse qui ne le saurait-pas ? Je ne voulais pas faire de tort à cette image. Je me taisais également sur ce qui donnait un sens à mon immortalité, c’était surement les vampires dissidents les seuls (surement) qui étaient capables de faire quelque chose pour cet amour interdit que je nourrissais à l’égard de Torben. S’il n’y avait pas ce mouvement, et si Torben était mort je me serais surement laissé mourir en sortant en pleine journée et en brûlant au soleil. Enfin, c’était un peu comme si Torben Badenov était mort cela dit. Mais j’étais certaine qu’il suffisait de raviver la flamme en son cœur mais il était clair que son rôle d’homme de main de la Reine n’était pas terminé. William le savait, c’était pour cela qu’il m’avait demandée d’attendre avant de mettre Torben dans la confidence, et le secret. Je ne lui mentais pas, je ne lui confiais juste pas mes pensées. Pas encore...

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Mer 29 Fév - 21:35

    Les paroles que nous échangions semblaient creuses, pourtant pas dénuées d'intérêt. Nous nous jaugions mutuellement. D'une certaine manière, nous en avions besoin, sans même le ressentir précisément. Nous voulions savoir ce que l'autre était devenu avec toute cette histoire et ces sévices, et nous désirions tout autant en apprendre plus sur nous mêmes. Savoir où nous en étions. Je n'étais pas rassuré, ni inquiet. Je ne ressentais que du vide, encore et toujours. Une certaine satisfaction, pour être honnête, à la voir en bonne santé. Il s'était passé trop de choses cependant pour que je coure dans ses bras comme si de rien n'était. J'avais dépassé ce stade. Et sans doute tarderais je également à oublier qu'elle était la responsable plus ou moins directe d'une bonne partie des sévices que j'avais moi même subi. Et moi de même. Il y avait trop de choses entre nous. Paradoxalement à ce que je ressentais directement, je discernais la cause du malaise, de façon froide, isolant les hypothèses pour sélectionner celle qui me semblait la plus plausible. Si nous n'étions pas encore dans les bras l'un de l'autre malgré l'intimité de la pièce, c'était parce qu'il y avait une histoire trop fournie entre nous, quelque chose de trop compliqué et ambivalent au niveau sentimental pour que l'on puisse passer outre les aspects négatifs, céder aux positifs. Je savais que la situation n'aurait de toute façon jamais rien de simple entre Jana et moi. Trop d'amour, et aussi trop de souffrances, pour que nous en redevenions ce que nous formions par le passé ; un couple heureux et sans histoires. Tout ce que je ressentais était simple, alors que la situation n'avait jamais été aussi compliquée. Compliquée ? Torben. Non, pas compliqué, rien ne l'était plus. La Reine ordonne, j'obéis. Elle me récompense si elle le juge nécéssaire, sinon je m'acquitte de mes tâches sans sourciller. Je suis sien. C'est comme ça que ça se passe dans ce monde. J'ai déjà essayé la voie du combat, dans le passé. La guerre totale. Je l'avais pratiquée, et je l'avais perdue. Démoli et remodelé par le seul vrai pouvoir de ce monde. J'étais sien. Et ainsi allaient les choses. J'hochais la tête lorsque Jana me dit que je n'avais rien à redresser. Je lui souriais, convaincu que les choses iraient mieux pour tout le monde si la situation était bien comme mon ancienne femme venait de me le décrire.


    | Je ne peux que m'en réjouir. La Reine n'a aucune pitié pour ceux qui sont ses adversaires, déclarés ou non. Vous comme moi en avons fait l'expérience, et c'est encore une règle valable aujourd'hui. Je vous l'assure. A l'heure actuelle, vous ne désireriez pas vous trouver à la place du grand maître Nikos Panapopoulos. Croyez m'en sur parole. |


    Ma Reine ne m'avait pas demandé de mentir ni de cacher la vérité. A l'heure qu'il était, elle devait être partie régler son compte à ce rival qui l'outrageait de son ambition depuis déjà quelques décennies. Leur conflit datait déjà depuis un moment, et ne se réglerait plus autrement que par le sang. Et quand Sa Majesté m'avait demandé de venir ici ce soir, elle ne m'avait pas dit qu'elle pourrait se méfier de moi ou m'en vouloir si je disais quoi que ce soit. Comme je l'avais dit, c'était un test. Elle devait avoir confiance en moi, et en Jana. Elle comptait peut être tuer l'un de nous deux, plus probablement moi vu mon implication dans leur société. Ou alors, nous réunir pour une raison ou une autre. Ou alors, juste s'amuser à nous voir nous dépatouiller dans les ruines de notre existence. Peu importait, de toute façon, je devais assumer ma position. Et mes choix. Tous, même ceux faits avant que je ne rentre sous son service. Je remarquais que la belle se levait, et se rendait près de la fenêtre. Je me rendais compte aussi, bien malgré moi, que je regardais son corps quand elle passait devant moi, et quelque chose que j'identifiais bien vite comme les réminiscences d'un désir intense que j'avais nourrit pour elle. Toujours là, ténu mais bien vivace. Je regardais la chute de ses reins, la courbe de ses fesses, ses jambes. Chaque centimètre de son corps me ramenait à ce qui m'apparaissait comme un fouillis de souvenirs enfiévrés de la passion qui nous avait consumés. Je reportais mon regard sur sa nuque. Je suis un soldat. Je ne suis plus cet homme. Et elle n'est même plus humaine. Elle est princesse, cinquième dans l'ordre de succession de toute une espèce amenée à supplanter l'humanité devant le destin du monde. Jana me dit qu'elle était en sécurité ; mais je la sentais blasée. Blasée de ce que j'étais devenu, de cette distance entre nous. Qu'y pouvais je ? Je la revoyais, exécutant les ordres du couple royal, me punissant pour mes outrages. Elle se retourna vers moi, me jaugeant toujours du regard, bas croisés sur la poitrine. Jana ressemblait tellement à son ancienne nature, que ça en devenait parfois troublant. Comme si son corps se mouvait comme avant, malgré ses souvenirs perdus. Je soutenais son regard.


    | Tant mieux, mais je n'y crois guère. Avec des moyens dérisoires, j'ai attenté à votre avis à Edimbourg en mai dernier. Et j'ai failli tuer votre époux, et la Reine en personne. Loin de moi l'idée de faire ma promotion, mais le système de sécurité de votre espèce repose peut être un peu trop sur l'idée erronée d'une sécurité allant de soi. Peut être la Reine me détachera t'elle plus tard à votre sécurité, quand elle aura meilleure confiance en moi comme en vous... |


    Espoir qui m'emballait, sans trop que je sache quoi en penser pour autant. Je ne pus m'empêcher, une fois encore, de laisser dériver mon regard sur Jana. Avant de me reprendre. Mission, Torben, mission. Point.


    | Vous feriez bien, en effet. Mais d'un autre côté, vous êtes princesse. Si on vous avait élevé à votre position pour obéir comme un mouton à vos aînés, on vous aurait laissé dans votre ancienne position. Je connais assez la Reine, et désormais un peu le Roi grâce à vous, pour savoir qu'ils aiment qu'on les surprenne. Dans le bon sens. Moi même, si je n'avais pas ce « travail », qui m'est dévolu... Cela dit, je ne pense pas que reprendre vos anciennes activités, même au nom de la Reine, serait bien vu. Une vampire de votre rang, se trémousser autour d'une barre dans un bouge sordide... Si ça nous émoustille, nous autres humains, cela ne serait pas de la première classe. Je ne saurais vous conseiller dans le domaine dont nous parlons. J'ai moi même fait assez de mauvais choix dans ce goût là, dans toute mon existence. |

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Dim 4 Mar - 2:19

Pourquoi cette distance entre nous ? C’était moi qui l’avait crée ? Les événements sans nul doute, et la situation mais Torben alimentait ce gouffre. Rien que le vouvoiement, mais en même temps je le comprenais j’étais une princesse mais bon … Même si, ma mémoire était déjà bien amochée je crois que certaines choses que j’avais vécu, j’aurais préféré les oublier. Selon moi, on ne pouvait pas et on ne pourrait jamais se détester avec Torben ce n’était pas possible. Et si ca avait pu être le cas à un moment où un autre, ça l’aurait déjà été. La situation était simple au fond… sauf qu’on ignorait de quoi serait fait le futur, chacun de nous deux avaient ses propres espérances. Elles se rejoignaient plus ou moins, mais les Raybrandt étaient là entre nous. A priori, si j’aidais William il ne serait plus un obstacle… à priori ! Torben et moi, on avait du vivre de nombreuses choses ensemble, la plupart m’échappant à vrai dire je ne savais même pas depuis quand on se connaissait mais on avait vécu des jours heureux c’était certain sinon il ne se serait jamais lancé corps et âme à ma recherche, et n’aurais jamais fais tous les sacrifices qu’il a du endurer pour moi. Pourtant, en ma présence je trouvais qu’il n’agissait pas ou c’était moi qui étais trop impatiente, impulsive, et qui fondait la tête première pour me ramasser ensuite ?! Non pas que j’attendais de lui qu’il se jette sur moi, loin de moi cette idée. S’en tenir aux ordres était surement notre dernier recours, celui qui ferait le moins de dégâts, l’ultime sacrifice. Si cela ne marchait pas, j’ignorais quelle carte j’allais sortir de mon jeu.

    Nikos Panapopoulos… pourquoi Torben me disait ça ? Je crois que la dernière fois que j’avais entendu ce nom, c’était lors du mariage quand William m’a donnée l’identité de Cora Mclensfield. Je hochais la tête, Torben savait beaucoup de choses peut-être même plus que moi puisque je m’étais un peu coupée du monde des Raybrandt. « Que se passe-t-il avec Nikos Panapopoulos ? Ce n’est pas le maitre vampire de ton amie Cora si mes souvenirs sont exacts ? Je te crois… je pense que jamais personne n’aimerait avoir à faire à la Reine surtout pour subir sa fureur… »


En tout cas, moi, je ne voulais plus avoir affaire à elle en tant qu’ennemis. Est-ce-que William savait pour Nikos ? Peut-être pas si la Reine était en ce moment même avec Nikos. J’avais posé la question comme un devoir de Princesse. Je me moquais complètement du sort de Nikos Panapopoulos, quoi que même si je ne la portais pas dans mon cœur j’espérais tout de même que cela n’atteigne pas trop Cora, elle avait l’air proche de Torben. Je ne faisais plus dans le sentiment, peu de personnes se souciaient de mon sort et chez les vampires ils n’étaient pas dans ce genre-là. Mon corps se glaça quand il dit « votre époux » ces mots sortis de sa bouche. Il était fort Torben autant psychologiquement que physiquement, c’était remarquable. Je me sentais en sécurité moi, peut-être parce qu’il n’y avait plus de Torben Badenov qui allait essayer de tuer ses Royals Majestés. Mais ce qui me tua le plus, c’était la suite donc il aspirait à vouloir me protéger, je voulais dire vraiment. Parfois, j’avais quelques doutes à ce que voulais Torben et s’il tenait réellement à moi.

    « Tu le lui as dis cela ? Tu devrais l’avertir pour sa propre protection que le système de sécurité mis en place est défaillant. » Je marquais une pause, repensant à sa phrase que la Reine le détachera à ma sécurité… Il y avait songé, l’idée lui avait traversé l’esprit. « C’est un doux rêve que tu as là Torben, la Reine n’a plus aucune confiance en moi, cela se comprend … cela dit, l’idée n’est pas pour me déplaire. Torben … nous nous connaissons depuis combien de temps ? Ma question va te paraitre pour le moins surprenante et inattendue, mais ma vie commence il y a environ deux ans et demi, et est un véritable puzzle. Sans compter les vagues souvenirs qui me reviennent par ci par là d’une Jana que je ne connais pas, souvenirs que je ne peux pas replacer vu qu’il me manque trop de pièces pour faire mon puzzle. Comment veux-tu que j’avance ? Que je trouve ma voie ? Ou un quelconque travail dans la vie sans savoir qui je suis… Je te vois m’observer. J’ai à ce point changé ? Je ne sais pas je te sens pensif… Et je ne pensais pas à un travail tel que me trémousser autour d’une barre au CrazyFish ou ailleurs. »


Tout était lié… mais l’épisode au CrazyFish ne m’avait pas déplu pour autant. Je venais de me rendre compte que depuis tout à l’heure je le regardais mais sans vraiment faire attention aux détails. En même temps, il ne laissait rien paraitre. Il était froid voir même glaciale par moment. Lui aussi se portait bien, lui aussi était à tomber. Tout en lui m’attirais. Si mon regard restait trop longtemps sur lui ... non il ne fallait pas. Au moins, je pouvais me gratifier que j’avais été celle avec qui il avait été marié. Finalement, pour résister à une tentation la meilleure des solutions n’était peut-être pas d’y succomber. Là, il fallait résister. Pas d’autres choix. Le moindre faux pas pourrait être fatal. La prochaine fois que je ferais un pas de travers, je finirais brûler vive. Je détournais mon regard, secouais la tête pour chasser ses envies de ma tête.

HJ : Un peu de mal à certains endroits je l'ai écris en ayant de la fièvre et mal à la tête alors si des trucs sont pas très claires faut me le dire
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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Mar 6 Mar - 1:56

    J'analysais toujours le visage de Jana, déterminé à en savoir plus, à pouvoir déterminer ce qu'elle pensait vraiment quand je lui parlais de choses et d'autres. Savoir anticiper ses réactions, c'était les contrôler à plus ou moins long terme. En tous cas, exercer une certaine forme de contrôle sur elle. Et cela pouvait sauver ma vie, la sienne, voire les nôtres en même temps. Réapprendre à connaître ce qui se tramait sous ce visage qu'autrefois je savais identifier, décrypter, détailler. Je devais tout réapprendre. En même temps qu'elle, et au même titre qu'elle en fait. Je devais faire place nette au présent, éviter que le passé ne reprenne trop de place dans mon existence, dans mon mode de pensée. Je devais faire attention, et c'était ce que je faisais. Prendre garde à ce que je disais, en révéler suffisamment pour la mettre en confiance et la faire parler, c'était bien, mais il ne fallait pas non plus que j'en dise trop, ou ma manœuvre risquerait finalement de se retourner contre moi. Jana en tous cas, releva mes paroles à propos du futr ex-grand maître des vampires d'une bonne moitié de l'Ecosse. Il allait apprendre à connaître la fureur de la Reine, c'était un fait que l'on ne pouvait pas décemment nier. Mon amie Cora ? Jana savait beaucoup de choses, mais comment réagirait elle à la vérité ? Je ne comptais pas lui cacher. Je ne lui devais rien au niveau sentimental, plus maintenant, mais elle était ma supérieure et ça, personne ne pourrait me faire croire que je ne lui devais pas obéissance. Je souris aux paroles de celle qui fut ma femme. Ce n'était pas un sourire franc, disons pourtant presque complice, car je ressentais une certaine connivence avec la vampire à l'évocation de la Reine, de sa façon de procéder avec ses ennemis. Cela me semblait au moins clair, que la fureur toute royale de Krystel était quelque chose d'aussi terrible à voir que de subir.


    | Nikos Panapopoulos a défié ouvertement Sa Majesté a de trop nombreuses reprises. J'imagine qu'à l'heure actuelle, il doit amèrement le regretter. C'est bien le maître vampire possédant Cora Mc Lensfield. Mon amie, en effet. Mais aussi, une prostituée. Et accessoirement, ma maîtresse. Au moins de façon occasionnelle. |


    Pour le coup, je n'avais pas largué l'information dans le but de faire souffrir ou de cingler la raison de Jana de mon amertume. Je voulais avant tout qu'elle comprenne que la monde dans lequel nous vivions aujourd'hui n'avait plus rien à voir avec la vie que nous menions autrefois. Comme si on avait tout balancé, pour tout remplacer par du plus compliqué. Là où il y avait un réseau de relations uniques, et notre amour central et absolu, il ne restait plus que des ruines. Un véritable enchevêtrement de relations, basées sur le mensonge contrastant avec la loyauté la plus absolue. Plus rien n'était acquis, et derrière chaque sourire, chaque contact physique, chaque regard, il pouvait y avoir une multitude de sentiments qui autrefois n'avaient pas cours dans notre quotidien ; luxure, complots, mensonges, ambition et trahison. J'espérais que le message, là encore caché et brouillé par les mots, serait néanmoins perçu pour ce qu'il était. Une mise en garde pure et simple, la plus funeste des mises en garde. C'est alors que Jana reprit, posant une question dont la réponse apparaissait comme évidente. Je comprenais aussi la complexité de l'existence aux yeux de cette femme qui venait tout simplement de renaître. Comment tout reprendre ? Je ne l'avais même moi jamais vraiment envisagé. Tout avait de toute manière été toujours trop compliqué, je n'avais rien pu faire, rien pu penser à ce sujet. Se venger avait été mon leitmotiv, ma raison d'être, mais jamais je n'avais été fou au point de penser que je pourrais réellement, une bonne fois pour toutes, reprendre une existence paisible avec Jana. Le passé restait le passé, point à la ligne.


    | Je lui en ai fait part, elle compte sur moi pour sa protection personnelle. Ensuite, ce n'est pas un rêve. Elle m'a elle même laissé entrevoir un hypothétique rapprochement entre nous dans le futur, dépendant de nos loyautés respectives. Seul l'avenir nous dira ce que ça donnera. Pour répondre à vos questions, nous nous connaissons depuis deux ans et demi. Vous avez changé, indéniablement. Vous êtes restée la même, mais vous avez été bouleversée par votre transformation et votre amnésie. C'est difficile à expliquer. Avancer ? Vous n'avez pas le choix. Vous êtes « vivante », et tout être vivant se doit de continuer à exister. A vous de trouver. Je peux vous conseiller si vous me l'ordonnez, mais comme je l'ai dit je manque de compétences en la matière, c'est assez net... |


    Je relevais le regard sur elle, puis sur son corps, cette fois ci nettement amusé, mais me rappelant de la sensualité d'une partie de ces retrouvailles, qui m'échauffa brutalement.


    | Quant au reste... Vous trémousser contre une barre au Crazy Fish n'était pas la pire idée que vous ayez eue. Vous avez clairement un corps superbe, une grâce énorme, et votre sensualité vampirique renforce le tout. Vous exercez une attraction terrible sur les corps et sur les esprits. Je reconnais bien là l'apprentissage de ma maîtresse. Par votre charisme, vous pourriez tout exiger. Ou presque. Mon sang, lui, est propriété exclusive de ma Reine selon vos lois. Tout comme ma vie |

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Sam 17 Mar - 16:50

Je me remémorais les entrevues avec Torben et cela n’avait jamais rien donné de très concluant. Quelque chose nous séparais et nous empêcher d’être totalement proches. Ce soir, cela ne menait à rien. Torben ne jurait que par Krystel, et ne ferait rien d’autres sans l’accord, ni l’avis de sa Majesté. Il n’était pas enclin à écouter ce que j’étais prête à lui dire. Même en faisant des efforts, sa présence ici ne servait à rien. Certes, il avait suivi les ordres il m’avait adressée ses respects. Bien. Soit. Il était poli le jouet de la Reine mais je n’en avais jamais douté. Et William voulait qu’il rejoigne la dissidence… Torben devait apprendre à réfléchir par lui-même, même au milieu des vampires. Il aspirait à quelque chose, c’était certain, néanmoins j’avais du mal à le cerner, à le comprendre. Son comportement m’agaçais, et au fond me faisais souffrir. Il ne serait pas venu ce soir que cela n’aurait rien changé. J’appréciais Torben énormément, et à ses côtés je me sentais bien, rassurée et en sécurité. Mais au jour d’aujourd’hui, je ne pouvais pas me fier à lui. C’était compliqué entre nous et je n’avais pas choisis une voix facile. Nous étions au centre d’un nœud serré, et emmêlé. Il suffisait de défaire tout cela et reprendre la vie. Plus facile à dire qu’à faire, j’avais l’impression que plus je prenais des décisions plus je m’enfonçais dans un gouffre sans fin sans voir le fond et surtout en ne voyant plus la lumière. Je me noyais dans un océan, je ne pouvais plus sortir la tête de l’eau, je voyais la lumière, le mouvement des vagues mais impossible, quelque chose m’entrainait vers le fond. J’étais impuissante. Je regardais nos vies défilaient devant nous, sans pouvoir agir. Nous étions des marionnettes, des pantins inanimés. J’espérais que la dissidence me refasse prendre du poil de la bête, et qu’on pourrait enfin reprendre les commandes.

Je connaissais Cora du mariage, j’avais demandé des indications sur elle à William. Et j’en avais déduis en les voyant si proche que Cora était l’amie de Torben. Ou autre chose. Mais une relation positive unissait les deux, ça crever les yeux vu la réaction de la demoiselle quand j’étais arrivée dans leur conversation. Je ne connaissais pas Cora plus que ça, et à moins que Torben ne me le demande je ne souhaitais pas la connaitre plus qu’outre mesure. Torben était sincère avec moi. J’eus un air de surprise quand il me dit que c’était accessoirement sa maitresse, non pas ça qui allait me choquer. En plusieurs années d’existence vampirique j’en avais vu d’autres. Mais bel et bien qu’il me dise comme ça sans détour. Dans tous les cas, il ne me devait plus rien. Aux yeux de tous, nous n’étions même plus mariés. Pour moi, je n’avais même pas souvenirs de l’avoir été un jour. Donc, je n’allais pas lui taper une crise de jalousie sachant que je n’étais pas une brebis toute blanche de mon côté non plus. Cora je ne la portais guère dans mon cœur, la pauvre elle était au milieu d’un bordel relationnel sans faille. Elle se trouvait être la maitresse de Torben, ce n’était pas de chance pour elle. Je ne répondis rien, il n’y avait rien à répondre. Certes, il avait des maitresses, ça j’aurais pu le deviner seule. Moi aussi, j’avais eu des amants, j’étais même mariée à un autre je ne pouvais rien dire. C’était plutôt la suite qui me mettait hors de moi. Torben le faisait exprès, ou bien il était idiot ! J’étais sûre qu’il avait très bien compris le sens de ma question, car c’était du passé que je voulais parler moi. Il s’y refusait, si une fois j’avais réussis à tirer quelque chose de lui à ce niveau-là. C’est tout. Il fallait que je me fasse une raison, je ne serais jamais de quoi était fait mon passé. Puisque personne ne voulait m’en parler… Peut-être que plutôt qu’insister auprès de Torben, sa sœur serait plus bavarde à ce sujet-là. J’aurais du lui en vouloir d’esquiver avec brio mes questions, mais je ne pouvais pas. Il enchaîna avec une foule de compliments, ce qui adoucit ma colère masquée de sa réponse précédente. Je ne pouvais rien lui reprocher. J’étais faible auprès de Torben, il était pour moi une faiblesse que je pourrais jamais combler. Une faiblesse que tout le monde connaissait.

    « Je vais surement travailler à la Pomme du Diable avec mon… avec William. Et non, mon travail là-bas ne sera pas de me trémousser contre une barre cela va de soit. Sa Majesté n’est pas encore au courant, mais je compte l’en tenir informer très prochainement. » Oui, l’idée me travaillait depuis un certain temps. Cela avait de bons comme des mauvais côtés. Travailler avec William serait certainement un excellent moyen de montrer ma loyauté, et je restais dans leur cercle vampirique. Choisir un travail qui serait passé comme un échappatoire aurait encore entrainé les ennuies ce qu’il fallait à tout prix éviter. J’étais pour le moins perdue, je ne savais même plus si mes choix étaient bons ou mauvais. Une chose était certaine, il ne fallait pas que je me laisse aller au charme de Torben. Je devais agir en princesse, nouvellement mariée qui plus est. Torben appartenait à la Reine, son sang et sa vie comme il venait de le dire donc pas toucher Torben. C’était comme ça. Je restais statique, sans bouger. Même si, je n’avais pas réagis j’avais très bien entendu que si nous montrions notre loyauté un éventuel rapprochement entre nous était possible. Au fond de moi, rien que le fait que c’était envisageable et surtout envisagé par la Reine me réjouissais. Comme quoi, tout n’était pas encore totalement perdu. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Lun 19 Mar - 16:04

    Je remarquais que l'attitude de Jana se faisait de plus en plus fermée au fur et à mesure de la conversation. Elle m'avait reçu comme une fleur, comme une rose au moment de son éclosion. Toute belle, magnifique, et presque radieuse. Presque. Et maintenant, je voyais doucement la fleur se faner alors que ses pétales tombaient les uns après les autres. Je la décevais, je le sentais assez fort. Cela pour le coup, ne me faisait ni chaud ni froid. Je n'avais pas à lui plaire outre mesure, ou à la rebuter de la même façon. Je ne lui devais plus rien, et elle non plus. La Reine avait veillé à détruire toute trace de notre union passée des registres municipaux de notre ville d'origine, et elle avait prêté serment pour un autre homme. Enfin, disons, un vampire plutôt. Nous n'étions plus liés l'un à l'autre que par un passé que je considérais comme révolu, et que Jana avait totalement oublié, ou peu s'en faut. Nous considérer liés par ce passé n'avait donc plus vraiment de sens, mais c'était encore une réalité, aussi ténue soit elle. Je remarquais cependant que nous étions liés par autre chose, quelque chose de quasiment instinctif, sur lequel nous n'avions finalement qu'assez peu de contrôle. Je savais aussi que jamais je ne serais capable d'oublier ça, ou de passer outre. Cela n'avait même rien à voir avec de vrais sentiments, bien que j'en nourrissais toujours à son égard. Je parlais tout simplement de l'espèce de pulsion passionnelle que je ressentais à tous moments et en tous lieux à son encontre. Je regardais ses jambes, ses cuisses, son bassin, la courbe de sa poitrine, son cou, ses lèvres, et pire que tout ses yeux... Cela me rendait fou. Le sang de ma Reine, qui continuait de couler en moi malgré le temps qui me séparait d'elle, me poussait à faire un pas en avant, de tenter quelque chose, de laisser libre cours à cette pulsion. Je savais que Jana ne me résisterait pas. C'était une vampire, et je savais comment cette espèce était faible devant les attraits du sang ou de la chair. Mais je restais maître de moi même. Le Torben esclave de ses addictions était décidément terriblement loin, c'était une réalité qu'il ne servait plus à rien de nier. J'étais toujours obnubilé par cette pensée, que Jana reprenait la parole. Elle me tira de force de mes pensées, alors que j'étais totalement captivé par son regard.


    Elle me dit qu'elle allait travailler à la Pomme du Diable normalement, avec celui qui tenait le rôle de son époux. Je ne savais trop que dire. Devais je y voir un signe de rapprochement, ou plutôt une tentative du prince de renforcer sa domination et son ascendant sur son épouse, voire même la possibilité que ce soit une demande qu'elle aie elle même formulé ? Et quand bien même, qu'aurais je à y redire ? Rien. Parce qu'on ne faisait plus réellement partie de l'existence de l'autre, et que même encore liés comme nous l'étions, chacun devait tracer sa route jusqu'à ce qu'on soit de nouveau réunis à un carrefour de notre existence. L'information semblait officielle, mais je remarquais aussi qu'implicitement, la princesse que j'avais en face de moi venait de me dire qu'elle allait bientôt faire remonter l'information à la Reine. Elle voulait donc l'annoncer en personne, ce que je pouvais concevoir. Cela dit, mon allégeance envers la chef incontestée des vampires était sensée être plus importante que tout le reste. Je mettrais probablement Krystel sur la voie, et lui relaterais ce que nous venions de nous dire avec Jana. Je n'y tenais plus, cependant. J'avais décidé de pousser Jana dans ses derniers retranchements, lui faire comprendre jusqu'où était intervenu le changement. Je m'étais levé et l'avait rejointe, à quelques centimètres de son corps, brisant tous les interdits vampiriques au niveau de leur éthique de conduite. Je vins effleurer son cou, puis ses lèvres avec les miennes. Je vins alors lui murmurer à l'oreille ces quelques mots.



    | C'est vraiment dommage, à propos de cet emploi. Je me rappelle encore de vous, dans cette tenue et ondulant votre corps autour de cette barre... Cela aurait touché n'importe qui... |


    Mes mains vinrent se poser de part et d'autre de son bassin, remontant doucement en faisant mine d'emporter son vêtement avec... Avant de me stopper dans mon mouvement et de me pencher au creux de son autre oreille.


    | Ce n'est qu'un avant goût de ce que nous pouvons espérer obtenir un jour, si nous savons nous tenir... Cela semble réalisable. |


    J'avais dit ces trois derniers mots de façon totalement détachée. Oui, je ressentais énormément de désir pour Jana. Mais j'étai maître de moi même. Je ne succomberais que si je le désirais, que si je le décidais, même. Ce n'était pas le cas. Je me reculais finalement, lui tournant le dos. Cela avait été presque trop dur, même pour moi.


    | Avez vous encore quelque chose à me dire, princesse, ou dois je prendre congès ? |

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Dim 1 Avr - 2:30

Je comprenais mieux ses allusions au Crazy Fish… il me prenait de court, même si je m’étonnais moi-même de ne pas mettre encore jeter sur lui. Il ne fallait pas se voiler la face, je ne pourrais pas lui résister éternellement même si je faisais preuve d’une grande détermination. J’étais une vampire, vampire attirait par la luxure et le sang et alors quand il s’agissait de Torben n’en parlons même pas. Mais il ne fallait pas, ce n’était pas bien. Il ne fallait pas. Se convaincre d’une chose et penser tout le contraire. Je ne m’attendais à un tel comportement de la part de Torben, je ne m’attendais pas à ce qu’il tombe dans mes bras non plus… plutôt à ce qu’il me déteste. Là, j’avais droit à un comportement on ne peut plus neutre, qui faisait on ne peut plus mal.


J’avais jugé bon de m’éloigner de Torben, être trop prêt attiser les envies. Alors que j’avais réussis à me convaincre que tout allait bien, que je n’allais pas me jeter à corps perdus sur lui, il choisit ce moment précis pour venir me rejoindre. Il était beaucoup trop près… beaucoup, beaucoup trop près. Il vint effleurer mon cou, puis ses lèvres touchèrent les miennes. Etait-ce un test ça aussi ? Ou bien, ne pouvait-il pas tenir la distance de sécurité ? Mon corps déjà si froid, c’était totalement gelé lorsqu’il s’était approché. A quoi jouait-il donc ? Hypnotisée, sans même avoir besoin d’un don quelconque je fermais les yeux écoutant ce qu’il avait à me dire. Le spectacle du Crazy Fish lui avait plu visiblement. Ou perdait-il totalement la tête ? Moi je perdais complètement mes moyens lorsqu’il me touchait. Je n’avais pas vu cela comme lui, à ce moment-là il était un client comme un autre. J’avais fais ce pourquoi j’étais au Crazy Fish et voilà …


Je déposais mes lèvres dans son cou. Je crois que s’il avait continué, je n’aurais pas eu la force de l’arrêter. J’étais attirée par lui, je ne savais même pas l’expliquer. Mes mains passèrent doucement sous son vêtement, caressant son torse. J’avais la tête baissait, si je croisais son regard tout en moi allait s’enflammer déjà que bon … Torben était un interdit, un interdit qu’il ne fallait pas toucher. J’appréciais chaque moments, ses lèvres avaient effleuré les miennes, ses mains avaient été trop timides. Même dans un moment pareil, quelque chose nous retenait, surement notre devoir commun envers la Reine. On ne pouvait pas aller plus loin, et ce n’était pas l’envie qui manquait. Je ne pouvais pas lui résister, l’avant-gout donnait envie d’en gouter plus. Ce qui était impossible.



    « Alors agissons avec retenue, et faisons en sorte de rendre cela réalisable… » lui chuchotais-je au creux de l’oreille.


J’effleurais à nouveau les lèvres de Torben, je sentais son souffle, je sourie. Un sourire qui cachait ma faiblesse, et la désillusion totale de ses paroles. « Si » … c’était déjà mal partie, et « Si » ce jour n’arrivait jamais. « Si » nous savons nous tenir, on devait déjà nous prouver à nous que nous étions capables de nous tenir. Nos corps étaient si proches, et pourtant tellement loin. J’éprouvais un désir ardent pour lui, ça en était presque déstabilisant. Si seulement, il pouvait avoir raison … Je regretterais surement de ne pas être allée plus loin, mais en même temps il ne fallait pas. Il se recula, me tournant le dos. Je ne l’avais pas retenu, restant figer comme il m’avait laissée quand il s’était retiré. Je ne sentais plus sa présence près de moi, je ne sentais plus sa respiration contre mon cou, ses paroles dans mes oreilles. Retour à la réalité. Je ne savais même plus si j’avais encore quelque chose à lui dire, j’avais failli perdre le contrôle de moi-même. Il s’était enlevé avant.

    « Tu peux prendre congé, si j’ai autre chose à te dire je te le ferais savoir. »


Heureusement que un sur deux savait se maitriser. Je ne savais même plus ce que je disais. Il était temps pour lui de partir, sinon tout cela allait mal finir. Tout en moi me criait de le ramener près de moi, de recommencer ce moment trop court, je n’avais pas eu le temps de savourer chaque instants. J’ignorais quand j’allais le revoir. Même avec le gouffre entre nous, rien que le savoir dans la même pièce que moi faisais que je me sentais bien. J’avais besoin de lui, qu’il soit près de moi. Tout avait changé, mais tout pouvait encore changer. Rien n’était pareil, Torben me l’avait bien montrée. Il devait être venu pour ça, mettre en place les nouvelles règles du jeu et réécrire le monde avec des Si.

Réécrire le monde avec des Si …


Si je ne mettais pas fait enlever, nous n’aurions pas vécu tout cela. Si je ne mettais pas fais enlever, on aurait – peut-être – pu vivre heureux. Si je l’avais laissée me tuer au Crazy Fish, il ne l’aurait pas fais… Si on connaissait le futur à l’avance. Si je n’éprouvais rien pour lui. Si c’était la dernière fois que mes yeux se posaient sur lui. Si nous savions nous tenir. Si nous pouvions gouter un peu plus à l’avant-gout. S’il avait raison…

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MessageSujet: Re: Savoir agir avec retenue [Livre 1 - Terminé]   Dim 1 Avr - 19:23

    Alors que je jouais de son corps et de ses réactions pour lui faire passer un message, pas forcément le plus subtil qui soit d'ailleurs, mon ancienne épouse se crispa, se raidit, comme pour se maintenir hors de ma portée, pour se défendre de l'influence que j'avais sur elle. Je savais qu'elle avait envie de moi, que son corps était attiré par le mien. J'avais déjà pu observer ce genre de phénomène de nombreuses fois chez les vampires. Moi, j'avais aussi envie d'elle. Envie d'explorer ce corps hébergeant une inconnue, alors que je connaissais tous les recoins de celui ci, que je savais quoi faire pour lui donner du plaisir ou pour m'en procurer aussi. Mais elle, c'était bien au delà de ça. La réaction qu'elle avait été vampirique au sens le plus physique et animal du terme. Les créatures de la nuit étaient bien souvent les esclaves de leurs pulsions ; on nous avait appris au sein de la HCV que c'était le plus sûr moyen de les tuer. Jouer sur leurs pulsions, sur leurs désirs si irrépressibles, qu'ils en devenaient malléables. Le sang et le sexe. C'était cru, c'était bas, mais c'était ça qui nous permettait de prendre l'ascendant sur eux. Et je jouais de ça sur Jana. Etait elle encore réellement attirée par moi, par delà la dépravation que je laissais sous entendre dans mes gestes à son encontre ? S'agissait il simplement de la seule émanation de sa nouvelle nature quand elle était confrontée à un défi ? Je n'en savais rien, je ne voulais pas le savoir. Je la détenais sous mon emprise, et c'était tout ce qui comptait. Je n'avais plus à me poser de questions, je n'avais plus non plus à hésiter ou à tergiverser. Je pouvais tout à fait faire ce que je voulais, comme je le voulais. Mon ascendant était plus complet, plus total que jamais. Désormais, je me contrôlais totalement. Ce n'était pas le cas des autres. Cette découverte était intéressante, et me confortait dans l'idée que la Reine avait fait de moi un de ses outils certes, mais un outil dangereux. Ne rien ressentir, ou en tous cas avoir la maîtrise complète de ses réactions et de ses émotions, était un atout non négligeable, en particulier quand on frayait avec des vampires.


    Pourtant, pareille maîtrise fut tout de même mise à mal, en particulier quand Jana commença à se laisser doucement aller aux sensations physiques que je provoquais sur son corps. Je frissonnais presque quand elle vint poser ses lèvres dans mon cou. Je sentais son odeur partout autour de moi, une odeur sensuelle, fruitée, mais terriblement obsédante. Je me serais volontiers jeté sur elle pour me repaître de toutes ces choses délicieuses qui se font à deux. Mais je ne le fis pas, car je ne le pouvais pas. Mais aussi, parce que je ne le voulais pas. Je désirais Jana, bien sûr, quel homme ne l'aurait pas fait dans ma position, et pis encore, avec notre passé commun ? Mais le désir et la volonté sont deux choses différentes. Ce n'était ni le lien ni le moment pour que l'on s'adonne à nos penchants en commun. Alors, je me maîtrisais, comme l'espèce d'automate monstrueux que j'étais devenu. C'était tout de même si bon... je ne pus m'empêcher de réagir physiquement en retenant ma respiration, quand sa main douce et délicate mais ô combien glacée se glissa sous ma chemise pour venir caresser mon corps. A cet instant, j'étais réellement près de lui succomber, la toisant tel un ivrogne. Elle vint me chuchoter son assentiment à mes desseins, au creux de l'oreille, comme autrefois. Je me reculais de quelques pas pour la toiser. Divine, vraiment. Mais elle n'était plus à moi.



    | Heureux que les choses soient ainsi entendues, Altesse. |


    Lorsqu'elle effleura mes lèvres, je crus de nouveau perdre le contrôle. L'embrasser à pleine bouche, la prendre toute entière, ici, dans la demeure de son époux princier. La déshabiller, la dévoiler nue, la laisser me mordre, jouir de concert... Oui, j'aurais pu faire tout cela. L'ancien Torben l'aurait fait. Ne restait plus qu'une coquille dénuée de sens qui faisait ce qu'on lui ordonnait de faire, tout en cherchant une lumière au bout du tunnel, même encore maintenant, même après tout ce qui avait pu se passer. J'avais laisser les choses couler. Jana semblait beaucoup plus perdue que moi, comme si l'instabilité de sa nouvelle nature physique et psychique l'avait empêché de garder le contrôle d'elle même. Je la toisais, alors qu'elle me dit finalement que je pouvais prendre congé. Solennellement, raide comme un piquet de clôture, je courbais l'échine devant elle en guise de dernier salut. J'étais parvenu à tenir bon. Ma nouvelle nature, bâtie sur les ruines de ma personnalité et de mon existence passée, avait tenu le choc. Je n'étais définitivement plus le même.[i]


    | Votre Serviteur. |


    [i]Je reculais finalement, attrapant ma veste au passage, histoire de bien faire les choses. Ne rien laisser au hasard. Le contrôle. Maintenant, après aujourd'hui, je savais ce que ce mot signifiait vraiment. Jana et moi n'en avions pas terminé, loin de là, mais cela suffirait pour ce soir. Je m'engouffrais dans les ténèbres de l'obscurité, prêt à faire mon rapport à ma Maîtresse. Tout s'était bien passé, somme toute.

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