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Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Mer 30 Nov - 12:34

Beautiful eyes, Beautiful lies...

Morgane Raybrandt & Léopold T. d'Aubusson



Poussant un soupir, Léopold jeta un dernier coup d’œil à sa demeure. Celle là même dans laquelle il s’était installé en arrivant il y a de cela presque trois décennies. Maison de débauche, lieu de fêtes. Oh oui il s’en était passé bien des évènements ici. Et aussi étrange que cela puisse paraître il était pris d’une sorte de nostalgie. Contraint de la quitter à cause de certaines obligations nouvelles. Mais quelles obligations ! Il n’allait pas s’en plaindre. Devenir supérieur à Raybrandt fils, quand bien même cela était temporaire, avoir tous droit sur une vampire nouvelle née et surtout carte blanche pour pervertir Raybrandt fille… Il serait absolument aliéné s’il devait se plaindre. N’importe qui souhaiterait prendre sa place. N’importe qui de sensé s’entend. Il était aux portes du pouvoir. Ne manquait plus que la clé pour l’ouvrir. Et il avait bien l’intention de la dénicher le plus rapidement possible. D’user de tous les moyens mis à sa disposition.
Il tourna les talons et entra dans son véhicule haut de gamme. La marque ? Aucune idée, mais c’était une voiture de luxe, voilà tout ce qui importait. Un achat récent et particulièrement plaisant. Un moyen de locomotion puissant et magnifique. A son image, oui, on peut le dire. De la qualité. Il était un vampire de qualité. Comme on en faisait plus. Et dés ce soir, il allait essayer d’entraîner une de ses consœurs à retrouver ce qui faisait d’elle un être de la nuit formidable. Il claqua la porte et commença à conduire. Sachant pertinemment qu’il ne se rendait pas bien loin.

Dans son coffre se trouvaient divers objets personnels. Son cercueil personnel devait bientôt arriver à la demeure Raybrandt. D’ici la fin de la nuit. Hors de question qu’il reprenne celui du traître, du faux fils. Cela aurait été bien en deca de ses standards de qualité. Il lui fallait du sur mesure. Un endroit où coucher moulé pour le contenir lui et sa perfection. Son orgueil aussi. Mais là, il ne l’avouerait jamais. Quelques affaires personnelles nous disions. Sa garde robe en fait emplissait une grande partie de l’arrière. Il y avait encore quelques complets qu’il n’avait pas portés et ils risquaient de passer au-delà de la date de péremption d’ici son retour à Edimbourg. Alors autant en faire un usage actuel. Non pas que gâché l’inquiète. Après tout il avait des investissements un peu partout. Bourses, capitaux, immobiliers… Il n’aurait aucun mal à s’en procurer à nouveau. Mais il lui fallait une bonne raison pour se trouver dans les parages. Pour faire croire à un coup du hasard. Il tourna le volant et continua sa route jusqu’à voir l’entreprise de Tru Blood. Il se gara et sortit de sa voiture. Congédia le chauffeur qui attendait. Assurant qu’il raccompagnerait la demoiselle après son rendez-vous. Oui à bon port. Puis qu’il se rendait au même endroit. Il s’adossa nonchalant sur le capot de son monstre de véhicule et attendit que la princesse veuille bien sortir, lorgnant sur le nom de l’entreprise illuminé. Ah ! Le sang synthétique. Quelle belle stupidité. Et il le lui prouverait.

Comment savait il qu’il allait la trouver ici ? Vous êtes bien curieux dîtes moi… Bon. Si vous voulez. La nuit dernière, peu avant de rejoindre la salle de banquet, peu après avoir regardé les deux mariés rentrer dans la limousine il avait fait un crochet par le vestiaire. Consulté l’agenda. Oui, tout était calculé. Manigancé. Alors il avait choisi une tenue plus sobre, plus moderne. Plus séductrice et moins tape à l’œil. Il avait déjà préparé son excuse. Tout était bon. Il était fin prêt à accueillir la princesse et à passer du temps seul en sa compagnie. A lancer pour de bon la phase de charme qu’il préparait depuis déjà des semaines. Enfin il la vit sortir. Resta dans l’ombre attendant qu’elle quitte les responsables de l’industrie. Puis, discrètement il s’avança vers elle, haussant la voix pour qu’elle le remarque.

•• Mademoiselle Raybrandt. Votre chauffeur a été forcé de quitter Edimbourg. Etant moi-même présent et me rendant également à Glasgow, j’ai pensé pouvoir vous servir de remplaçant. Et puis il me semble que nous avions convenus d’une autre soirée il me semble. A l’écart de journalistes. Une parfaite occasion n’est il pas ?


Il se pencha légèrement se saisissant de sa main. Les conditions avaient beau être totalement différentes. Le cadre parfaitement changé. Ils étaient toujours deux êtres qui avaient vécus en d’autre temps et qui possédaient une certaine nostalgie des anciennes coutumes de salutation. Il se releva et lui sourit d’une manière qu’il souhaitait attendrie.

•• Vos désirs sont des ordres ma chère. Nous pouvons encore profiter de la ville. La nuit vient à peine de commencer.


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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 2 Déc - 20:45

Il n’avait jamais été très simple de ne vivre que la nuit, lendemain de mariage de ma mère, j’en avais eu le loisir de profiter de ma soirée avec Mr D’Aubusson, pour mon plus grand bonheur, et ceci ne m’avait pas été très désagréable bien au contraire. Je m’étais alors hâtée néanmoins à rejoindre mon cercueil quand la cérémonie toucha à sa fin tout en lui précisant que je me ferais un plaisir de le revoir dans les prochaines nuits. Mon petit ami actuel avait très bien su m’envoyer un texto enragé, à propos de mon comportement au mariage de ma mère. Forcément les photos avaient été rapidement publiées, bien évidemment, je lui avais juste précisé que des photos ne signifiaient rien du tout, et encore moins, au mariage de ma mère, il savait que j’étais l’attention de tous les photographes, hâte de voir ma première bourde ou quelque chose du genre. Seulement pas ce soir là, au contraire j’avais été je pense quelque chose, du genre parfaite ou du moins à leurs yeux, ou à ceux de ma mère, au bras d’un vampire, il était vrai que j’avais au moins eu le plaisir d’avoir un peu la fierté du regard de ma mère.

Je sortais juste de l’entreprise de True Blood, je n’avais qu’une envie rentrée chez moi, ou quelque chose du genre du moins m’enfuir de cet endroit, non pas que ça me dégoutait, juste que j’avais terriblement envie de faire autre chose ce soir. Et de même retirer ce tailleur étouffant, dont je n’en pouvais plus, je devais avoir une robe qui trainait dans la voiture qui m’avait conduit jusqu’ici, merci que ça allait encore vite. Je serrais alors la main de celui qui avait fait les livraisons au mariage, et je souriais :

« Je transmettrai vos amitiés à notre reine à tous, et je vous souhaite une bonne soirée messieurs. »

Je tournais alors les yeux vers mon taxi, il était encore là, la nuit commençait juste à tomber, j’avais eu peu de temps à faire, quand d’un coup j’entendis une petite voix dans mon oreille, je me tournais alors vers cette voix que je connaissais bien depuis hier soir. Contraint de quitter Edimbourg, tiens donc. Quel bien heureuse information, cela voulait-il dire, tout en tendant ma main je dis :

« Si j’avais su, j’aurai au moins fait un effort de mettre quelque chose de plus léger que ce tailleur. Mais cette occasion semble parfaite, Monsieur D’Aubusson pour que nous puissions continuer nos discussions interrompues. J’ai cru comprendre que vous aviez eu la sympathie de ma mère n’est-il ? »

Une fois le baise main fait je m’empressais de m’emparer de son bras pour rejoindre ma nouvelle voiture, je l’écoutais alors, en souriant à l’idée qu’il était à mes ordres, et que nous pouvions profiter d’Edimbourg. Nous vivions comme dans l’ancien temps finalement, je souris tout en lui adressant ma satisfaction à propos de sa proposition :

« Cela me parait une proposition d’autant plus attirante, loin de Glasgow et toute son agitation. Dites moi vos suggestions si vous avez d’autant plus d’idées mon cher, connaissez vous de bons lieux où nous pourrions nous rendre pour nous divertir. »

Je pensais sérieusement à me changer, je ne pense pas que ma tenue soit très adéquate à une soirée entre amis, ou du moins, c’est ce que je croyais encore, vraiment, j’avais envie de vouloir y croire, alors que je savais au fond de moi que cet homme était clairement en train de me séduire. Et pourtant, je ne faisais en rien pour l’arrêter contrairement à mes dernières tentatives.















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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 20:38


Voilà quelques semaines que Léopold commençait à se morfondre, à ne plus se nourrir avec appétit. Le sang avait un goût fade, même quand il s’agissait de son préféré, même quand il était tiré à la source, même quand cette dite source se débattait. C’était pour vous dire à quel point il frôlait la dépression. Il manquait un piment, un petit défi qui lui redonnerait du poil de la bête. Et voilà qu’il se présentait à lui sous la forme d’une vampire en tailleur. Une vampire sexy en tailleur devrait-il préciser. Ce petit accoutrement donnait un air de femme forte à Morgane Raybrandt. Ce qui n’était pas pour lui déplaire. Comme quoi les nouveaux siècles ne comportaient pas que des désavantages.

Le vampire fut surpris à deux reprises. Premièrement lorsque la princesse évoqua sa reine mère avec détachement. Il se demanda s’il fut possible qu’elle ne soit pas au courant de ses ébats passés avec sa génitrice. Lui qui pensait que leur relation était de notoriété publique. Ou peut être pas finalement. C’est vrai qu’il ne l’avait pas crié sur les toits et qu’il était fort peu probable que la reine l’eut fait. Il s’agissait donc là d’une agréable surprise. Parce qu’il aurait été d’autant plus difficile de la séduire si elle savait à quel point il avait apprécié se trouver entre les douces cuisses de sa mère, ainsi que la nature peu conventionnelle de leur relation.
Seconde surprise son acceptation franche et enjouée. Oui il savait avoir été charmant, galant et attentionné durant les mariages. Mais qu’elle réponde favorablement à sa proposition aussi rapidement était également une satisfaction agréable. Bon il ne devait pas se leurrer le plus dur restait encore à faire. Et même si elle éprouvait une sorte d’attirance à son égard –à l’instar d’une multitude de jeunes femmes il fallait l’avouer- elle n’était probablement pas (encore) soumise à son charme destructeur. C’est sur ce point-ci qu’il devait travailler en priorité. Et il était prêt pour y parvenir à utiliser toutes les ruses possibles et imaginables.

Son humanité. Il avait deviné que contrairement à toutes les autres conquêtes qui lui étaient données d’avoir que Morgane Raybrandt ne serait pas ébranlée par ses atouts physiques et son esprit charmeur. Non. Les œillades, les sourires sous-entendus ne fonctionneraient qu’un court laps de temps. Il devait toucher la femme en elle. Pas la vampire qu’elle aurait du être. Et là était toute la difficulté. Puisque d’ordinaires c’est en titillant les vices de ses victimes qu’il parvenait à ses fins. La fille Raybrandt, elle, était trop sage, trop fidèle, trop droite, bref… trop. Et c’est par là qu’il devait commencer. N’allez pas croire qu’il était pris au dépourvu. Ce serait bien mal le connaître. N’avoir qu’une faible confiance en ses capacités. Rassurez-vous, il savait exactement où l’amener. Physiquement et spirituellement. Il lui sourit.


•• Vous me voyez flatté, jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurais cru que vous accepteriez ma compagnie. Edimbourg est effectivement devenue ma ville depuis une trentaine d’années. Je pourrais donc vous faire découvrir de charmants endroits. Mais pour commencer nous devrions nous rendre dans une boutique afin de vous procurer de nouveaux vêtements puisque vous semblez en éprouver le désir. Ne vous souciez aucunement du prix. Je vous les offrirais avec joie.


Il avança, se rendant à son véhicule tout-terrain flambant neuf et posa la main sur la poignée de la porte afin de l’ouvrir à la princesse. Mais il se retourna et regarda la vampire dans les yeux, voulant rendre sur les traits de son visage une sincérité qu’il faisait encore semblant d’éprouver. Il baissa légèrement sa nuque avec un respect qu’il ne montrait que rarement.

•• •• Léopold Thomas d’Aubusson IIIème du nom. Originaire de France, j’ai été transformé au XVème siècle par celle qui se disait être ma mère. Elle a tué mon fils nouveau-né et m’a gardé captif une année durant. Depuis sa mort je n’ai eu de cesse de changer de pays, d’allégeance. La solitude est ma plus fidèle compagne.


Il releva le visage, sourit à travers les rides causées par la torture (feinte) qui se peignait sur son faciès.

•• •• J’estimais que vous aviez le droit d’en connaître un peu plus sur celui qui va vous conduire à travers la ville. Vous montrer que vous n’aviez aucune inquiétude à avoir. Je suis également ravi que vous veniez tromper mon isolement. Princesse.


Oui, il mystifiait. Mais il vous avait prévenu. La fin justifie toujours les moyens. Et la laisser croire en une sensibilité inexistante était un excellent moyen. Il ouvrit la portière et se décala, nuque à nouveau baissée.
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 9 Déc - 22:57

Vraiment. Oui, vraiment, je venais clairement de dire à Léopold Thomas D’Aubusson que j’étais en quelques sortes ravie de passer la soirée avec lui. Bon écoutez, et prenez ça pour votre gouverne, parfois, il y a des moments il n’en tient qu’à vous de changer votre destinée, en étais-je prête à tomber dans le piège vicieux de D’Aubusson, aucune idée, mais je me laissais prendre au jeu, sans ressentir une petite pointe de culpabilité tout de même à propos de nombreuses choses. Premièrement Johnston, je savais parfaitement qu’il n’était pas bon, pour ce truc que nous appelions un nous, que je joue à ce jeu dangereux, et deuxièmement pour moi-même. Les vampires sont fous, j’en suis une , je suis folle, démonstration par a+b et puis, il me fallait bien un peu de distraction. Et ce n’était sans penser que j’allais jouer ce jeu dangereux, que je me laissais doucement charmer et me laissais prendre entre les mailles du filet du cher et tendre devant moi. Il me plaisait de jouer ce jeu au final, comme dit avec une pointe de culpabilité, mais je savais parfaitement que c’était une histoire de quelques minutes, jusqu’à ce qu’il parle à nouveau en fait.
Les temps avaient changé, nos accoutrements aussi, seul nos habitudes demeuraient entre nous. Nous étions distingués contrairement à beaucoup de ses humains qui ne savaient plus ce que signifiait faire la cour. Bon moi, je ne vous parle même plus de mon époque, je suis du Moyen-Âge, on ne m’a pas franchement demandé mon avis pour que je me marie, encore moins à l’âge auquel je me suis mariée, et aujourd’hui, je me suis rendue compte du monstre qu’était l’homme que j’aimais. Par les gentilles et toujours si attachante paroles de ma mère. Les filles de cette époque ne pouvaient pas se rendre compte dans quel monde de liberté elle vivait et autant dire qu’à chaque période que j’avais vécu la condition avait beaucoup évolué pour les femmes, dieu leur en bénisse ce droit, car il est si important que de pouvoir vivre comme on l’entend.

« C’est pour ça que les rêves, parfois il faut y croire, et puis rêver de folie fait du bien pour nous tous. Rendons nous dans une boutique, un homme qui se propose de vous y accompagner, ça ne se refuse pas. »

Le vouvoiement, les formules de politesse, toutes ces choses qui ne vous semble que trop vieille, pour moi c’était quelque chose de normal que de parler de cette manière à Léopold. Surtout, que malgré que je sois une princesse, il restait néanmoins un homme, et je lui devais un peu de respect, du moins c’était comme ça que j’avais été éduqué. Mais peu m’importe, les convenances, pour le moment, je cherchais à voir, si ses intentions étaient vraiment sincères, et elle semblait un peu trop, ou aussi intéressée, comme beaucoup auraient pu être jalou que je lui tende la main. Après tout, j’avais une position pour le moins enviable, et en plus tout à fait convoitable, si seulement ils connaissaient le véritable caractère de ma mère, derrière ces airs angéliques devant les caméras et les photographes, à mon avis, il changerait tout de suite d’avis. Et puis tous ces journaux à scandale qui faisaient en sorte que de détruire nos vies, à petit feu, en cherchant à toujours en savoir plus. Il pouvait bien chercher nos manquements, il n’en avait pas, étant donné que nous avions été du moins en apparence, élevé de manière des plus nobles. Et donc des plus respectables. Je ne dis pas ce qui se passe derrière tout cela, je vous parle pour l’instant de l’apparence.

Le nouveau véhicule était là, le sien certainement, je souris, tout en suivant vers la porte passager, et pourtant avant de m’ouvrir. Le respect qui m’exprimait et la sincérité toute semblable, j’étais d’ailleurs surprise, et après ces paroles je montais sans un mot dans le véhicule attendant qu’il ne monte également. Je n’avais qu’adresser un signe de respect :

« Je vous connaissais que peu jusqu’à maintenant, comme ça vous avez eu un fils ? Excusez ma maladresse, et ma curiosité mal placée. Vous venez égayer ma soirée, qui ne s’annonçait que morose, alors je ne peux que vous en être redevable et vous accordez, le temps d’un soir, le droit de me surprendre, Mr D’Aubusson. »
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Dim 11 Déc - 23:40

Si Léopold n’avait pas trouvé sa vocation dans l’écriture. Ah non ! On ne revient pas sur le désastre de son premier roman. Il l’a suffisamment expliqué, cet ouvrage était trop avant-gardiste pour la sous population que représentait les écossais. Il était parfait et méritait une réponse au prix Goncourt. Si si. S’il vous le dit. Bref, si Léopold n’avait pas trouvé sa vocation dans l’écriture, il se serait probablement orienté vers le théâtre. Qui n’a jamais rêvé de fouler les planches ? Non. Sérieusement. Tout un chacun a au moins rêvé une fois dans sa vie d’être quelqu’un d’autre, de jouer la comédie. D’avoir des répliques qui semblent dater d’une autre époque. D’avoir une Juliette à qui faire la cour et d’un Vicomte de Valmont prêt à tout pour vous amener au septième ciel. Eh bien soyez jaloux, enviez le. Car Léopold avait tout ceci avec lui ce soir. La Cécile de Volanges à pervertir, la parfaite soirée, et un rôle à jouer afin de parvenir à ses fins. Et il n’était pas peu fier d’avoir trouvé ce personnage en lui. Le duc français larmoyant sur son passé et sur la mort prématuré de son enfant.

Ah n’allez pas croire non plus que tout est du chiqué. Non , non. Tout ceci lui est bel et bien arrivé. Mais il y a longtemps. Jadis, lorsqu’il était encore un humain. Ou un vampire qui s’accrochait encore à son humanité. Vous avez le choix. Il n’était pas un monstre à cette époque ci. Et Gauthier son marmot était vraiment toute sa vie. Mais ce qui devait arriver était arrivé. Et puis de toute manière il serait quand même mort maintenant. Il avait juste échappé à une pauvre cinquantaine d’années à guerroyer et sans famille. Ce n’était pas plus mal. Vous voyez, il n’est pas si mauvais que cela Léopold, et puis attendez, il se rappelait encore de son prénom après presque quatre siècles. Si ce n’était pas avoir la fibre paternelle que cela ! On se demanderait bien ce que se serait alors.

Il ferma la porte et entra dans le véhicule à son tour. Emprunt un moment d’un silence, tel qu’il l’avait espéré, la princesse e tarda cependant pas à s’animer. Curieuse. Bien sûr que son histoire tragique émouvait les femmes. Mais il devait bien être la première à qui il en avait parlé. Ne parlez pas de sensibilité, elle n’a fichtrement rien à voir là-dedans. Non, il s’agissait simplement d’une carte à jouer magistrale et qu’il se l’était gardée bien précieusement jusqu’à présent. Passé qui ramenait un peu de douceur sur le visage sadique et pervers qu’il avait adopté il y a de cela plusieurs décennies maintenant. Il se retourna, reprit le sourire figé et triste qu’il était capable de produire sans aucun effort. Puis, il enclencha le contact, baissa le son de la radio afin de ne pas être dérangés lors de leur discussion par de la pseudo pop anglaise. Enfin, il commença à rouler, attendit sans dire mot qu’ils sortent du complexe où se trouvaient le siège et l’entrepôt Ecossais de True Blood. Une fois fait, il entama à nouveau la conversation. Comme s’il venait de passer quelques instants à plonger dans le passé. Lorsqu’il faisait voler son fils et le rattrapait, lorsqu’il était arrivé au château victorieux et pressé de montrer à ses parents le cadeau que le ciel lui avait fait. Lorsqu’il rêvait aux futures années qui les attendaient tous deux, qu’il lui apprendrait à manier une épée… Il secoua sa tête et plongea à nouveau dans le présent. Il était en train de se faire aspirer par son personnage et ce n’était pas une bonne chose.

•• Oui j’ai eu un fils. Gauthier Henry d’Aubusson. Il portait le nom de mon aïeul et était ce qu’on appelait à l’époque un bâtard. Autant que je me souvienne j’aimais sa mère, mais nous ne nous sommes pas mariés. Et elle est morte en lui donnant la vie. Nous n’avions pas toutes ces cliniques à l’époque. Si je possède un regret, un seul, c’est bien de ne pas l’avoir vu grandir. Avoir eu la chance de voir quel homme il allait devenir.


Il baissa sa voix en fin de phrase, étouffant un sanglot qui n’était peut être pas entièrement feint. Ah qui l’eût cru ? Léopold redevenir sensible. D’habitude quand ce genre de souvenir menaçait, il se contentait d’égorger quelqu’un pour soulager sa colère. Mais exécuter Morgane Raybrandt ne lui paraissait pas une idée très judicieuse. Il posa sa main sur celle de la princesse.

•• Pour être tout à fait honnête, vous êtes probablement la première à savoir tout ceci. Je ne montre jamais mes faiblesses devant qui que ce soit d’ordinaire. Mais avec vous, c’est différent. Je veux tout vous dire, je veux que vous me disiez tout. Parlez-moi de votre enfance. Je rêve d’en savoir plus.


Si le Vicomte de Valmont n'était pas un être fictif et s'il n'était pas mort, il lui aurait bien d'aller de rhabiller. Parce que là... il approchait du grand art.

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 16 Déc - 21:39

Je ne savais pas exactement si j’étais en mesure d’accorder ma confiance à cet étrange vampire qui me faisait la cour, mais pas comme n’importe lequel, quelqu’un qui me faisait la cour dans les règles. Vous savez bien des choses, au XXIème siècle, je l’accorde, courtiser ne s’emploie plus vraiment, coucher dès la première rencontre est presque un rituel, et puis le mariage c’est du vent. Les habitudes, je vous le jure ont vraiment changé, ce n’est pas sans compter l’aide des libéralisations, la femme est devenue quelqu’un, ça a évolué, on ne s’habille plus comme au XIIIème, et on ne va plus à l’Eglise tous les dimanches, les femmes et les hommes se mélangent. Fini l’époque de Mme LaFayette, la Princesse de Montpensier et de Clèves, toutes ces petites manies, et volonté d’acquérir le prince charmant par les précieuses, ce n’est plus. Maintenant, le prince charmant, il charme, il couche, il part. Bienvenue en 2011 les puces. Bon, d’accord, il existe encore des honnêtes hommes, comme Johnston. Quoiqu’on couche quand même, n’allait pas croire que je suis une sainte ni touche, j’ai quand même grandi depuis le XIIIème siècle, j’ai surtout et heureusement évolué avec mon temps, sauf quand je me trouvais en compagnie, de Mr D’Aubusson, ou de ma mère, ou même de mon frère, bref de quelconque vampire qui était ou plus âgé, ou plus jeune mais qui avait ce même état d’esprit, qui d’une certaine manière me manquait beaucoup.

La sincérité de Léopold D’Aubusson me surprit, je n’étais pas habituée à ce qu’un homme se confie, encore moins ce marchand de tapis de sentiments, bon d’accord galant et qui le pauvre, prenait de la peine à venir me charmer chaque fois que nous étions dans la même pièce. Cette phase sensible, de son histoire, son fils, me reparlait beaucoup la mienne. Mon fils n’était pas mort par ma mère ou un autre vampire, certes, mais, je savais parfaitement qu’il était mort soit de vieillesse, soit d’autres choses, je ne savais même pas combien de temps il pouvait vivre sans moi. Il était jeune encore peu d’années, je savais qu’on ne vivait pas longtemps quand on était orphelin au Moyen-âge, mon neveu et ma nièce avaient du avoir le même sort. Adopté par de la famille ? Certainement. Je n’avais pas voulu savoir, j’avais immédiatement quitté Oxford quand j’avais eu cette transformation. Chaque jour mon fils me manquait, je me demandait des tas de choses, et puis s’il avait eu une descendance. Je ne pense pas, je le saurais si ma famille avait eu une descendance. Mais peu importe, au diable l’humanité, c’est ce que l’on me reprochait. Alors qu’elle s’en aille :

« Je vous comprends bien Mr D’Aubusson, presque plus que vous ne puissiez l’imaginer. »

Je possède en moi ce même regret au final. Je ne l’avais pas énoncé à haute voix, et j’en cachais la vue sur mon visage. Il n’était pas le moment que de laisser couler des larmes sur mon visage blanc et livide de vampire. Il posait alors la main sur la mienne, ce qui me fit aussitôt sortir de mes pensées les plus maussades. En voulant en savoir plus sur mon enfance, et sur moi, notre relation était-elle vraiment en train de prendre un autre tournant. Je lui adressai un sourire alors, et en jetant un coup d’œil à la route qui défilait :

« Je suis née en 1206, à Oxford, j’ai été une batarde comme vous dites, née d’une union entre ma mère et son amant, mon oncle roi d’Angleterre, je ne l’ai su que récemment. Et pour tout vous dire, cela n’a pas vraiment changé ma vie. Mon père est mort aux croisades quand j’avais 5 ans, enfin celui qui semblait l’être en tout cas. Mais la vie à la cour était bien, j’avais peu faire des enseignements et on ne m’embêtait pas trop avec ça, vu que j’étais une fille, et future Duchesse, on ne m’en demandait pas trop, à cette époque les filles n’étaient pas vraiment instruite, et je ne savais que mes bases de latin. Ça me semblait bien suffisant. Puis quand j’eus 15 ans, ma mère disparut, on l’a cru morte, je me suis mariée un an après avec le Duc de Bedford. J’ai eu un fils, comme vous, Charles. J’aurai pu donner ma vie pour lui, il était beau, parfait à mes yeux, le plus beau fils du monde. Je ne l’ai pas vu grandir, ma mère nous a transformés mon frère et moi, j’avais 23 ans, et c’est l’un de mes plus grands regrets, si vous saviez. Voilà, ce que je peux vous dire sur mon enfance, vous devez tout savoir de moi maintenant. Ou du moins beaucoup de choses que les gens ignorent à mon égard, et heureusement. »

Non contrairement à ce que j’annonçais en tant que porte parole, je n’avais pas été transformé victime de la peste, comme beaucoup le pensaient. Ma mère ne m’avait en rien sauvé, enfin si, vu que maintenant j’avais appris la vérité sur la véritable nature de mon mari.

« Pourquoi cette confiance pour moi ? Juste parce que je suis devenue une princesse, si je peux me nommer ainsi et que j’attire l’intérêt ou vous êtes réellement en quête de savoir qui je suis, et dans le but de vous dévoiler à la vampire que je suis, aussi impure et honte à notre espèce que je sois, Mr D’Aubusson, soyez franc. »

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Jeu 22 Déc - 2:00

A la perfection. Tout se passait comme sur des roulettes. Il faisait preuve d’une inventivité qu’il ignorait même posséder. Discrètement, habilement il tendait les mailles de son filet et se tenait prêt à le refermer à tout moment. Sans qu’elle ne comprenne ce qu’il se passe. On peut le dire, il se sentait plutôt fier de lui et il ne pouvait s’empêcher de se remémorer la liste des étapes afin de la cocher. Trouver le moyen de passer du temps en toute intimité avec la princesse. Fait. Abaisser sa garde. Fait. Etablir un premier contact physique. Fait également. Ah qu’il était fort, ah qu’il était doué. S’il ne tenait pas le volant ainsi que la main délicate de sa compagnie de la soirée, il s’applaudirait lui-même. Et dire qu’il était le seul à se rendre compte de l’ingéniosité des ses actions. Quel dommage. Il s’en voulait presque de ne pas faire partager sa science avec d’autres mâles. Excellent sujet par ailleurs. Il faudrait qu’il pense à la suggérer à un mensuel. Les conseils de Léopold : Cinq siècles d’expériences. Voilà qui en mettait plein les yeux. Un titre qui claque !

Léopold sortit de sa rêverie et de ses autos félicitations en entendant la douce voix de la princesse résonner dans l’habitacle de son véhicule hors de prix. Eu le temps de s’apercevoir qu’elle lui avait adressé un sourire. Attentif, il écouta chacune des paroles prononcées. Sachant parfaitement qu’un homme qu’il soit mort ou vivant avait plus de chances de séduire s’il prouvait qu’il accordait de l’importance à ce que la convoitée pouvait raconter. Et puis, certaines fois, un détail pouvait en apprendre énormément. Un mot, le ton avec lequel il était employé pouvait donner une piste à creuser. Quelque chose sur lequel insister et qui fera pencher la balance en sa faveur.
Normalement, cela aurait été le cas. Mais entendre la princesse raconter sa propre existence, la naissance d’un fils, la transformation opérée par la mère, ne faisait que lui rappeler sa propre période humaine. Ramener de vieux fantômes dont il peinait à se débarrasser. Il ôta sa main de dessus de celle de la vampire qu’il courtisait et la remit sur le volant. Ses jointures devinrent blanches et il fut étonné que le volant ne se brise pas sous la pression qu’il effectuait. A chaque fois qu’il se remémorait, une vive colère s’emparait de lui. Envers celle qui l’avait transformé en vulgaire marionnette, certes, mais également envers lui-même. Pour être si faible et incapable de garder ses faiblesses enfouies. Dire qu’il avait cru pouvoir tout évoquer librement, sans que cela ne l’affecte… Quelle bourde. Léopold secoua légèrement sa tête afin de se remettre les idées en place. Revenir dans le présent, dans la réalité. Pour ce qui était du coté authentique de son malaise et de sa rancœur, il n’avait désormais plus besoin de feindre.

Alors qu’il allait répondre avec le plus de naturel possible, la princesse continua sur sa lancée. Lui coupant l’herbe sous le pied. Le faisant redescendre du piédestal sur lequel il s’était automatiquement placé. Il ne paniqua pas réellement. Mais il devait l’avouer, il ne s’imaginait pas que Morgane Raybrandt puisse voir quelques limites de sa tactique et qu’elle fasse preuve d’autant de perspicacité. Le vampire savait parfaitement qu’il devait répondre rapidement. Car trop de réflexion, un manque de réactivité ne ferait que renforcer l’image de jeu qu’elle commençait à entrevoir.
Léopold actionna un clignotant et s’engagea sur une nouvelle route. Un léger détour certes, mais cela lui donna quelques secondes de répit pour réfléchir à son aise. Le temps nécessaire pour rassembler ses idées, définir la direction qu’il désirait prendre. Se remémorer ce qu’il savait sur la vampire tant convoitée afin d’éviter le moindre faux pas. Et surtout, surtout, ne plus la sous-estimer de quelques manières que ce soit.

•• Il ne servirait à rien de vous mentir, vous le sauriez. Alors je vous avoue tout. J’espère que vous ne m’en tiendrez nullement rigueur. Que vous ne cesserez pas pour autant d’apprécier ma compagnie.


Léopold se stoppa quelques instants afin de regagner à nouveau la route principale. Pause murement réfléchie ? Simple coup de destin ? Instinct manipulateur qui reprend le dessus ? Il n’aurait su lui-même le dire. Mais il avait comme dans l’idée que cela allait fonctionner. A tort peut-être. Mais il avait plus ou moins regagné confiance en lui. En ses capacités de séduction et ses qualités de manipulateur. Il regarda brièvement sa passagère, avec un sourire exprimant son anxiété.

•• Les premières fois où je vous ai salué, où nous avons conversé je n’étais attiré que par votre rang. Voilà quelque chose dont j’ai bien honte et que j’aurais préféré garder pour moi. Je me dois cependant d’être honnête avec vous. Néanmoins, une nuit, je pense avoir eu une sorte d’illumination. Cette nuit vous ne la connaissez que fort bien puisqu’il s’agissait de celle des mariages de votre mère et de votre frère. Hier. Votre fraîcheur, votre spontanéité, votre beauté, votre tristesse, votre détermination. Tout ceci est venu me frapper de plein fouet. J’ai décidé de me racheter pour mes actions passées. De devenir d’avantage un vampire de confiance. Voilà pourquoi je cherche à vous connaître, voilà pourquoi je me dévoile à vous.


Léopold, s’arrêta et se gara dans une rue éclairée de mille feux, coupa le moteur et jeta un bref coup d’œil à Morgane Raybrandt avant de tourner à nouveau son regard par delà le volant.

•• Je veux vous prouver qu’un jour je pourrai être digne de vous. Et à ce moment là, soyez en certaine, je vous comblerai tel que vous ne l’avez jamais été. Il quitta le véhicule et partit ouvrir la portière de la vampire. Toujours dans cette position inclinée. Il lui indiqua de son bras libre l’entrée d’une boutique. Je vous suis. N’hésitez pas à céder à un caprice si le cœur vous en dit. Le prix n’aura aucune importance.


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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Jeu 22 Déc - 17:35

Non vraiment je ne pensais pas que ma soirée allait tourner comme ça, même quand j’étais montée dans la voiture, ça tournait un peu à la confession, l’impression de passer devant le prêtre d’un coup et de tout vider son sac. Mais ça me semblait naturel que de tout confier à cet homme. Je le savais qu’il n’était pas parfait, mais il avait au moins réussi à me charmer, en m’écoutant doucement et tendrement, j’avais encore beaucoup de mal à croire que je lui confiais tant de choses. C’était étrange. Mais je me sentais en confiance, le devais-je réellement ? D’ailleurs c’était pourquoi je lui avais posé la fameuse question à la fin de ma tirade, j’avais tout dit certes, mais je voulais être sure que sa sincérité, n’était pas de mise avec la manipulation de ma mère. Pas de mon frère, non je ne pense pas qu’il aurait pensé aussi loin bien au contraire. Il aurait plutôt fait ça avec moins de subtilité, mais j’avouais que le doute que ma mère ait envoyé Léopold, me traversa l’esprit, après tout pour que je quitte Johnston et que je devienne quelqu’un digne de ses rangs, de quoi était-elle capable ? Ca seule elle était capable de le savoir. Je me méfiais et j’étais en droit de le faire, je ne pouvais pas faire sans. Après tout, je savais que les vampires étaient vicieux, et manipulateurs, alors pourquoi pas lui. Malgré que nos histoires pouvaient se ressembler, sauf que je n’éprouvais pas tant d’haine envers ma créatrice, peut être parce qu’elle était ma véritable mère. J’avais détourné le regard en pensant à mon fils, et mon neveu et ma nièce d’un coup, laissant couler une faible larme, que j’essuyais avec un mouchoir, rapidement de manière à ce qu’il n’en perçoive rien. Subtile, oui, je l’étais, plus qu’on pouvait l’imaginer.

Avant de me répondre, un silence s’installa dans l’habitacle, silence qui me mit mal à l’aise, est ce que je devais craindre une de ces révélations qui ne présageait absolument rien de bon ? Peut être bien, mais je ne préférais pas tant y penser que ça, le laissant se garer, et se stopper, puis reprit la route. Je me demandais un peu à quoi il jouait, ne sachant pas tant comment je devais prendre tout cela, le doute s’installer en moi, avant de reprendre la route, et ses explications vinrent, je ne le quittais pas des yeux pour percevoir ses réactions. Des doutes ? Aucun, plutôt de la sincérité, maladive, je ne savais pas comment je devais le prendre, il avait souhaité profiter de mon rang, m’enfonçant un peu dans mon siège, je le savais, tous les mêmes ! A votre avis pourquoi je sors avec un humain, parce que les vampires à force de vivre, en ont marre et veulent de la reconnaissance, je me mis à croiser le bras. On pourrait vraiment croire que j’étais en train de lui en vouloir, et pourtant la deuxième partie me toucha. Le truc qui ne battait plus pourtant fut pris de sentiments, perte de l’humanité que nous avions, j’avais quand même un peu de ressentit et de compassion pour lui. Devais-je lui accorder mon pardon, oui mais pas tout de suite, laissons le un peu mariné quand même, je restais silencieuse jusqu’à ce que la voiture se stoppa totalement devant une boutique, je n’avais pas décroché un mot et avant qu’il ne sorte de la voiture je dis en décrochant ma ceinture :

« La confiance ne s’acquiert pas en quelques heures, mais je vous laisse la nuit pour me montrer que vous n’êtes pas l’homme manipulateur que je me suis imaginée. »

Je lui laissais un bénéfice du doute, avec ma phrase était plus ou moins philosophique, mais au moins ça le ferait cogiter un petit peu. Descendant de la voiture, je lui adressais quand même ce sourire, avançant à ses côtés dans la boutique, certainement hors de prix. Les vampires avaient un souci de goût de luxe, et quitte à sortir avec quelqu’un que je ne devais pas au moins, je devais être, et paraitre comme ma mère le souhaitait, c'est-à-dire bien vêtue, d’une de ces robes de soirée, et qui semble toute faite pour vous étouffer. Mais peu importe, mon regard s’attardait sur plusieurs robes, mais je préférais jouer dans le sobre ce soir, c’est pourquoi je tournais autour d’une robe bustier grise, qui s’arrêtait juste au niveau de mon genou. Rien de fanfreluche, juste sobre, et de manière à ce que je sois élégante, j’attendais l’avis quand même de l’homme qui allait m’accompagner ce soir. Non pas que son avis m’importait (quoiqu’un peu), je voulais surtout savoir s’il était prêt à accompagner une jeune femme vêtue de cette tenue. Figés tous les deux dans nos vingt ans, en ce qui me concerne, nous avions au moins l’avantage de conserver notre jeunesse éternelle, nos vingt ans, à en croire beaucoup devait nous envier finalement. Imaginez-vous à garder à jamais vos vingt ans, beaucoup le voudraient et peu en sont capables, sauf si vous devenez vampires, mais on ne pouvait pas non plus transformer l’humanité entière en vampire, imaginez pour le coup le carnage. Déjà on aurait de quoi se nourrir, ensuite un monde qui ne vit que de nuit et figé dans un âge éternel. Non ça s’rait bien ennuyant et c’est pourquoi il était important de conserver une certaine loi de la nature chez les humains, ils naissent, ils grandissent, ils meurent. Je m’étais dirigée vers les cabines pour enfiler la robe, replaçant doucement mes cheveux blonds dans mon dos, je tirais alors le rideau me dévoilant alors sous les yeux, passant d’une femme à l’allure dure et forte, à un peu plus frivole par cette robe.

« Qu’en pensez vous Mr D’Aubusson ? »
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Jeu 22 Déc - 21:28

Spoiler:
 

Oui, il jouait coup de maître sur coup de maître. Abattait ses cartes les unes après les autres avec une dextérité hors du commun. Certainement unique en son genre et inimitable. Mais Léopold aussi fier et aussi certain de lui qu’il pouvait l’être était loin d’avoir gagné la partie. Oui, il fut surpris de la répartie de la princesse et oui, il venait de se prendre une sacré claque dans la figure. « L’homme manipulateur que je me suis imaginée ». Ah la bonne blague ! Lui qui pensait avoir été subtil, n’avoir élevé que de faibles soupçons, voilà qu’elle lui montrait clairement qu’elle ne lui accordait pas encore sa confiance. C’est ainsi qu’il entra légèrement bougon dans la boutique de prêt à porter de luxe. Comment avait il pu à ce point rater le coche ? Il s’en voulait amèrement. Parce que là, même s’il en prenait un large coup dans sa fierté, il devait l’avouer. Il était à cours d’idées. Il avait d’ores et déjà joué la carte de séduction pure et simple, celle du mélodrame, celle de la sincérité. Et tout ceci n’avait apparemment pas été suffisant. Oui il était agacé. Mais… il éprouvait une sorte d’excitation comme il n’en avait pas ressenti depuis quelques temps déjà. Le défi se révélait être à la hauteur de ses espérances. Voir même au-delà. Et sa victoire, -parce qu’il gagnerait- serait éclatante. Un de ses compatriote n’avait il pas dit qu’à vaincre sans péril l’on triomphait sans gloire ? Il décida de le croire sur parole. Ayant besoin d’une nouvelle motivation afin de se creuser à nouveau la tête.

Docilement, il suivit Morgane Raybrandt jusqu’à l’étalage de robes. Gardant pour une rare fois le silence. Attendant le moment propice pour relancer la conversation dans le sens qu’il souhaitait… quand il le trouverait. Lorsqu’elle se retourna et lui montra sa trouvaille, il opina du chef. Lui-même étant vêtu d’un pull en V du même ton, ils ne pourraient que s’accorder. Et puis il fallait avouer que le fait qu’elle soit d’une longueur… comment pouvait-il la qualifier... audacieuse ? Oui audacieuse sonnait bien ; ne faisait que renforcer son approbation. Après tout, ils étaient tous deux adultes. Quand bien même elle était princesse, quand bien même il était officiellement au service de la reine…
La reine ! Voilà le point auquel il n’avait pas songé une minute. Il songea aux messages qu’elle lui avait envoyés en suivant le mariage. Confirmant qu’il avait parfaitement agi en allant à la rencontre de sa fille. L’incitant à continuer et lui rapporter les moindres détails de leurs rendez vous. Cette même reine qui ne supportait pas de voir sa cadette en compagnie d’un homme. Reine qu’il servait et à laquelle il était totalement dévoué. Comment cela n’avait il pu le frapper plus tôt ? Cela soulevait un voile bien sombre. Et surtout lui permettait de mieux envisager la suite de la nuit. Silencieusement il suivit une fois de plus la princesse. Prenant place dans un fauteuil face aux cabines, plongé dans une réflexion intense. Bien décidé à ne plus à faire le moindre faux pas.

Aussi magnifique que le penseur de Rodin, il ne garda cependant cette position que quelques secondes. Préférant déambuler dans le magasin, plus à l’aise lorsqu’il se mouvait. D’instinct, il se dirigea vers l’endroit où se situaient les chaussures. Hum oui. Pourquoi pas. Cela pourrait la distraire le temps qu’il trouve quelque chose d’autre. Juste au cas où. De plus, un homme qui avait bon goût plaisait toujours d’avantage qu’un homme détestant tout ce qui avait attrait à la mode. Gardant en mémoire les traits de la robe, il ne tarda pas à trouver la paire se mariant parfaitement. Chaussures à talons, boucle entourant la cheville, agrémentée d’une fleur. D’un gris à peine plus pétillant que le vêtement. Il les prit jugeant la pointure de la fille Raybrandt comme étant un 37 et retourna s’asseoir. Juste avant qu’elle ne pousse le rideau et se dévoile à lui.
Il quitta aussitôt sa place et leva ses mains afin qu’elle les saisit, s’avance légèrement et se place face au miroir de plein pied de la boutique. Puis il fit le tour, comme l’aurait fait un vendeur. Autant l’avouer, il se délectait du spectacle et le trouvait franchement à son goût. Il ne s’attarda cependant pas afin d’éviter de paraître grossier, et se recula de façon à être à nouveau face à elle.

•• Vous êtes tout à fait magnifique. La couleur fait ressortir votre teint pâle avec délice, et tant que j’en suis aux compliments, il est absolument exquis de voir les courbes de vos jambes. Au moins une chose plaisante que la modernité a apportée. Avec la création du sang synthétique. Bien évidemment. Et tant que nous en sommes à l’apologie de vos jambes, je pense avoir trouvé de quoi les mettre encore d’avantage en valeur. Il se retourna brièvement sans pour autant s’arrêter de parler et récupéra les fameuses chaussures. J’espère avoir vu juste dans la taille.


Il dévoila les petits bijoux et s’agenouilla afin d’aider la vampire à glisser ses pieds à l’intérieur. Une fois les deux chaussures installées il se releva et se plaça derrière elle, toujours face au miroir.

•• Miss Raybrandt. Vous êtes ce que je nomme la perfection. Voilà un avantage de notre condition n’est ce pas ? Rester figé dans notre beauté juvénile. Regard planté dans celui de Morgane Raybrandt, il continua sur sa lancée, absolument certain du charme qu’il dégageait. Je me demandais à ce propos si vous aviez convenu d’une date avec votre compagnon pour sa transformation. Les années passent à une vitesse dont nous ne nous apercevons plus et étant malheureusement humain, il vieillit de jour en jour. Il baissa le regard prenant un air faussement gêné. Je me rends compte que ma question est fort déplacée. Ne prenez pas la peine de me répondre. Je m’excuse. Que pensez-vous de nos trouvailles ? Ne se marient-elles pas à merveille ?


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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Jeu 22 Déc - 22:57

Difficile que d’avouer beaucoup de choses, dans ma cabine je venais de penser à beaucoup de choses, et notamment à quoi je ressemblais, repoussant mes cheveux blonds dans mon dos. Oui j’étais belle, dans mon éternelle jeunesse, conservée depuis plus de 8siècles, oui alors je t’apprends quelque chose quand tu deviens vampire, tu ne comptes plus en années, ou en demi année, tu comptes en siècle au bout d’un moment, parce que dire à chaque fois « J’ai 800 ans et quelques années », il est tout de suite plus classe de dire « J’ai 8siècles et je suis toujours aussi bien conservée ». Ah tout de suite, ça prend une autre tournure n’est ce pas ? Ca prend une quelconque importance, on a plus envie de connaitre 8siècles, ça parait plus court que 800 longues années. Et de toute façon pour raconter mon histoire, tu ouvres ton manuel d’histoire, de 1ère année de cycle secondaire, jusque dernière année, et normalement tu as tout, de l’histoire du roi d’Angleterre, à la monarchie des Windsor. Ou un truc comme ça, bref, de fil en aiguille tu dois avoir une grosse partie de ce que j’ai vécu, bon avec des subtilités, il y a ce qu’on raconte dans les livres d’histoire et le reste je te l’accorde bien. Mais passons, à autre chose. Je tirai donc le rideau face à l’homme manipulateur, ou plutôt que j’avais insinué de manipulateur. Et je le laissais encore sous le bénéfice du doute pour qu’il me prouve le contraire. Tirant le rideau donc, je me retrouvais face à lui, il me tendit les mains et commença à me faire mille compliments en me faisant tournant sur moi-même comme un vrai vendeur l’aurait fait. Bon d’accord, un homme qui s’intéressait à la tenue de la femme qui l’accompagnait, c’était un bon point. Quelque chose en plus, de positif, c’est bien Popol tu marques des points continus comme ça.

Je le laissais me charmer un instant, me regardant dans ce miroir, face à lui. Seul défaut de l’époque, certes j’étais belle et naturelle, une grâce naturelle, héritée des siècles passés à apprendre la marche, et se déplaçait correctement comme une duchesse se devait de faire, j’étais petite néanmoins, oh pas beaucoup plus petite, certes, mais c’est vrai que contrairement aux filles des années 2000 qui mesuraient plus facilement dans les un mètre soixante, voire plus encore pour les autres. Je tapais dans le 57 avec un sourire, et parfois en montant sur des talons. Chose que je faisais souvent d’ailleurs, pour éviter que de paraitre trop petite. Je n’eus pas le temps de répliquer, qu’il me présenta donc ce nouveau bijou, en taille 37 parfaitement ça :

« Me cacheriez-vous des talents pour la mode et l’œil sur les jeunes femmes, Monsieur d’ Aubusson, au point d’en deviner leur pointure ? En tout cas, excellent, elle se marie à merveille avec cette robe. »

Je souris aux restes de ses remarques, au point de dire que j’étais la perfection, non je ne serai pas allée jusque là quand même, il y avait des limites. L’un dernier l’autre, j’avais plongé mon regard bleu dans le sien à l’intérieur du miroir, avant qu’il n’enchaine sur un sujet des plus épiques. Enfin tout commença bien, jeunesse éternelle, et compagnie, et compagnie… Mais, quand il en arriva à la transformation de mon humain, de Johnston, je commençais à avoir un gros doute de moi-même. Je n’avais jamais songé à ça, transformer Johnston, c’était comme lui offrir la mort. Et je n’étais pas prête à faire ce sacrifice, à l’offrir en sacrifice comme ça, je savais ce que ça représentait, il fallait qu’il oublie tout, famille, amis, et tout. Il ne vivrait plus comme un humain, mais deviendrait vampire. J’étais certaine que ça lui plairait, dans l’idée, peut être que c’est ce qu’il désirait, mais je ne voulais pas lui imposer. Et je ne voulais pas le transformer. Je refusais déjà me nourrir de lui, alors le transformer, lui donner la vie que j’avais toujours détesté ? Non, c’était un choix beaucoup trop difficile, et je n’aurai pas la force que de le faire. Je me retournai pour lui faire face, en plongeant mon regard dans le sien, en cherchant des réponses à mes questions, peut-être n’étais-je finalement pas si amoureuse, que de ne pas vouloir faire ce choix :

« Non, ne pensez pas que ce soit déplacé, c’est juste que je n’y ai jamais vraiment songé. Je ne veux pas, même si je sais qu’il vieillit jour après jour, lui retirer la vie et le garder dans sa trentaine à jamais ? Peut être que je ne l'aime pas suffisamment pour faire ce geste. Après tout, ceux qu'on transforme c'est qu'on les aime non ? Et puis à quoi bon vouloir le transformer, dans tous les cas, ma mère ne l’appréciera pas plus, que ça. »

D’une certaine manière lunatique, je me détachais de lui alors, pour retourner vers le miroir, tressant mes cheveux en arrière, pour être sure de ne pas être embêtée, et je tournais une fois sur moi-même :

« Je pense que nos choix sont parfaitement accordés, et que je suis prête à sortir en votre compagnie, Léopold, n’y voyez-vous pas d’inconvénient que je vous nomme par votre prénom. De même appelez-moi Morgane, cela fera moins conventionnel et plus amical. Ne serait-ce pas mieux ? »
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 23 Déc - 0:33

Enfin les évènements semblaient prendre la tournure qu’il espérait. Enfin, il semblait marquer des points auprès de la princesse. Enfin, il contrôlait plus ou moins la direction qu’allait emprunter la nuit. Comme il s’y attendait son bon goût semblait ravir sa compagne de la nuit. Il fallait dire qu’il avait l’œil pour ce genre de choses et qu’il avait pu s’exercer à loisir avec ses nombreuses conquêtes. Féminines ou masculines. Comme quoi, être un coureur de jupon pouvait certainement avoir du bon de temps à autre. Mais le ravissement de la vampire n’était pas le seul point positif. Oh non. Le fait d’avoir choisi cet accessoire ci, (que ce soit volontaire ou non) leur avait permis d’avoir un certain rapprochement physique qui n’était sommes toutes pas désagréable. Ainsi, il pouvait sentir la proximité du dos de Morgane Raybrandt contre sa poitrine, créer une sorte de tension sensuelle entre eux. Ou tout du moins cela aurait pu fonctionner dans un autre contexte. Car il pouvait parfaitement voir que ses paroles avaient retournées la princesse. Plus qu’il ne l’aurait pensé.
Bien entendu, il n’avait pas prononcé ces quelques mots à la légère. Vous commencez à le connaître. Mais il n’aurait pas songé qu’ils rendraient la fille Raybrandt aussi confuse. Son véritable dessein à travers cette question était de savoir le stade de sa relation avec l’humain. Evaluer les obstacles qui se dressaient sur le reste de la route. Parce qu’il avait beau en avoir entamé une bonne partie, il n’était ni naïf, ni stupide et il savait que le plus gros était encore à faire. Et il n’était pas le seul à s’en être rendu compte. Après tout Krystel Raybrandt lui avait donné une année entière. Ce n’était pas sans raisons.

C’est avec une immense surprise qu’il vit sa convoitée se retourner afin de lui faire face. Oh oui, il semblait l’avoir perturbée avec ses paroles. Plus qu’il ne l’aurait pensé. Et aussi étrange que cela puisse paraître, (à un point tel que cela vous surprendrait certainement,) Léopold éprouva de la compassion. Voir les traits de Morgane déformés devant ses yeux… Eh bien quelque part, cela le touchait. Oui surprenant on vous l’avait dit n’est ce pas ? Mais ce faible moment sentimental fut très rapidement remplacé par un sentiment de victoire. Surprenante, mais agréable. Oh bien sûr il n’en pensait traître mot et était en profond désaccord avec ce qu’elle venait de prononcer, mais il n’hésita pas une seconde à garder sa propre opinion pour lui et de ne pas lui en faire part. Qu’elle pense donc qu’elle n’aime pas son humain. Voilà qui arrangeait bien ses affaires. Oh certes, cette histoire était loin d’arriver à son terme, mais il n’allait pas se plaindre d’un obstacle effacé aussi facilement. Il en rajouta même une couche. D’un ton tendre, doux, un murmure presque qu’elle pouvait ignorer si elle ne voulait l’entendre.

•• Votre mère, ma mère, Belle Angeline Renard et sa compagne. En effet, tout prête à croire que l’amour est un facteur essentiel dans la décision d’avoir une progéniture vampirique. Ce qui explique probablement pourquoi, à mon grand dam, je n’en ai jamais ressenti le désir.


Le changement d’humeur de la vampire fut aussi brutal qu’inattendu. Comme si elle ne souhaitait plus songer à cette réflexion. Elle suivit donc la conversation d’un ton tout à fait ordinaire, exactement comme elle l’aurait fait s’ils n’avaient cessés de babiller à propos de la tenue qu’elle portait. Elle fermait ainsi la parenthèse sur sa vie privée. Espace auquel il n’était peut être pas encore convié. Que cela ne tienne. Il pouvait avancer à petits pas. Il n’était pas question de boucler l’affaire ce soir. Loin de là. Il avait dans l’idée de passer encore de nombreuses nuits en compagnie de la cadette Raybrandt. De prendre son temps et de régler la suite des évènements comme sur du papier musique.
Il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle l’appela par son prénom, l’invita à faire de même. Il s’agissait bien évidemment d’une étape primordiale. L’une des toutes premières à franchir. Puis viendrait celle du tutoiement. Et enfin, seulement après, il pourrait commencer à passer à l’attaque. Réellement. Un an. Pour qu’elle succombe à son charme. Pour qu’elle se laisse tenter par le sang humain. Pour qu’elle redevienne la fierté de sa mère. Plus il voyait la façon dont les choses avançaient, plus il était persuadé qu’il était plus que dans les temps. Mais il y avait également autre chose. Il commençait à y prendre d’avantage goût que la veille, et la compagnie de… Morgane donc, était plus délicieuse qu’il ne l’aurait pensé. Il se mit à la regarder, à lui sourire.

•• Ainsi sommes nous devenus amis ? Je saurai m’en contenter pour le moment si cela m’offre le plaisir de votre compagnie à une fréquence plus ou moins raisonnable. Bien que je pense que je serai pleinement satisfait en ce qui concerne cette dernière.


Il hocha la tête en direction de la vendeuse du magasin qui lui apporta de quoi régler les achats. Sans même regarder le montant, il tapa le code de sa carte bancaire et entendit le bruit désormais familier du papier imprimé. Il jeta la note dans une corbeille et rangea son moyen de paiement dans son porte carte en cuir. Il offrit son bras à sa compagne nocturne afin qu’ils sortent ensemble de la boutique.

•• J’avais comme dans l’idée de vous amener dans un restaurant qui sert aussi bien les humains que nous autres vampires. Il ne se trouve qu’à quelques pas d’ici. Ceci avant que nous rentrions tous deux au manoir. Cela vous convient il ou préférez vous que nous prenions mon véhicule pour nous rendre ailleurs ? Comme je vous l’ai dit en début de nuit Morgane, vos désirs sont des ordres à mes yeux.


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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 23 Déc - 23:28

Savoir exactement le jeu que nous jouions, aucune idée, nous étions passés du stade « inconnu » à « connaissance » à « ami » en l’espace de deux soirs. Vous pouvez bien dire, oui il y avait de l’amélioration, loin de là par contre que je devienne complètement à ses dépens, j’étais encore avec Johnston, et même si me faire draguer, ou plus exactement dans notre jargon pour être plus polie, courtiser par Léopold, je ne me voyais en rien en bon et du forme en sa compagnie pour le reste de mon éternité. OUI je sais ! Ne jamais dire jamais, mais alors déjà tu te contredis toi-même, et après, OUI je sais, ma mère me donnerait toujours plus l’occasion que je sois avec Léopold qu’avec Johnston, mais ça, il venait juste de me donner la solution. Si je transformais mon petit ami, après mures réflexions nous n’aurons plus le souci que je sortais avec un humain, ou je ne sais pas ce qu’on lui reprochait exactement. Si être un humain était une tare premièrement, et en plus il ne passait pas pour ma réserve de sang sur deux jambes. Alors, là c’était double tare, double sanction, double refus.
Mais nous, abordions un de ces sujets sensibles que j’avais rapidement évacué, dans le sens non pas que je ne voulais pas lui en parler, enfin un peu quand même mais surtout pour le fait que je remettais en doute mes sentiments à l’égard de mon homme et ça c’était vraiment étrange. Depuis que nous étions ensemble, je reconnaissais ne jamais y avoir pensé, je n’avais jamais pensé ni à sa transformation ni au fait qu’il allait vieillir. Peut être parce que je ne m’en rendais pas tout de suite compte, en fait pour être tout à fait honnête, nous avions déjà prêt de dix ans d’écart au niveau âge formel sur papier dirons-nous (plus de quelques siècles en réalité). Il avait dépassé la trentaine, je rentrais dans la vingtaine, bon d’accord depuis longtemps, mais c’est vrai que si nous étions toujours ensemble dans quelques années, tout deviendrait beaucoup plus compliqué et ça, ce n’était pas pour me plaire. Et je serai confrontée au choix tant redouté. Mais d’ici là, déjà il fallait supposer que notre couple tienne, non pas que je doutais de nous, juste de mes proches, je savais parfaitement que mon frère ou ma mère pouvaient être capable subtilement de faire comprendre à Johnston, qu’il n’était pas du rang de la princesse d’être au bras d’un humain. Ou, alors juste pour animal de compagnie. C’était l’un des soucis principal je pense des vampires, c’est ce qu’il pensait des humains. Non ce n’était ni un chat ou un chien (enfin pour certaines si d’accord), mais autrement ça parlait, ça mangeait, ça criait, ça se disputait, bref comme des vampires en moins fort, je vous mets au défi de trouver un chien qui commence à vous déblatérer pendant 20minutes que son article n’était pas à 3pounds mais 2pounds et 99 pennys. Si vous trouvez, vous savez où me trouver !

« L’amour reste quelque chose de spécial. Mais, j’aurai le temps d’y songer dans quelques temps, pour le moment, Johnston et moi, ça se passe bien comme nous sommes. Et je ne veux pas changer, et puis ça donne une bonne image, à la porte parole que je suis non ? Et vous finirez bien par trouver celle qui vous correspond, je suis sure qu’elle courre sous vos yeux, sans que vous daignez avoir un regard pour elle. »

J’avais dit ça avec un sourire, notre proximité ne me dérangeait en rien, après tout, des vampires, bref rien. Je venais de lui permettre de m’appeler par mon prénom, quelque chose qui me semblait primordial si je ne voulais pas devenir folle à prononcer des Monsieur d’Aubusson à tout bout de champ. Après tout, il n’y avait rien de pire que ça, autant de proximité mais aussi, tant de distance par de simple parole. Je souris à l’énonciation du mot ami, voir plus si affinité, il voulait que nous devenions peut être plus, je souris encore plus :

« Je vous laisse me montrer de quoi vous êtes capable pour me montrer que je peux me confier à vous, et alors, peut être augmenté les fréquences de nos rencontres. Après tout, d’après ce que j’ai cru, nous allons être amenés à nous voir plus souvent, vu que vous avez la surveillance de mon frère, ou quelque chose qui y ressemble. Les murs ont des oreilles, Léopold. »

Une fois nos articles payés, je pris son bras, me rapprochant un peu de lui, avec un sourire, vicieuse un peu après tout j’avais de qui tenir, je vous rappelle vraiment qui est ma mère ou ça ira pour l’idée ? Bref, je marchais un peu à ses côtés avant de répondre quoique ce soit, même si j’avais déjà ma réponse :

« Un restaurant sera parfait. Un endroit calme où nous puissions discuter, je trouve cette idée parfaite. »
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Mar 27 Déc - 20:28

Il était extraordinaire de se dire que tant de choses avaient avancées en si peu de temps. Jusqu’à la soirée d’hier, c’était à peine si les deux vampires s’adressaient la parole. Bon oui. Léopold harcelait d’ores et déjà sa congénère, mais elle le rabrouait sans aucune pitié. Et voilà qu’ils en étaient maintenant à sortir d’une boutique de vêtements, bras dessus, bras dessous et s’appelaient par leurs prénoms. Une telle avancée, le français n’aurait osé y rêver et pour être honnête, il avait bien du mal à y croire. S’il n’y avait pas les regards des passants qui se tournaient à leur passage, s’il ne sentait pas la main de Morgane sous la sienne, s’il n’y avait pas le cliquetis des talons aiguilles neufs sur le trottoir, il penserait certainement qu’il était au beau milieu d’un fantasme. Un merveilleux fantasme. Mais si tel était le cas, au coin de la rue se trouverait Krystel Raybrandt, prête à lui donner une récompense dûment méritée. Ce qui ne fut pas le cas. Alors il était évident qu’il était bel et bien dans la réalité.

Levant la tête vers le ciel, il regretta que tous deux se trouvassent en ville. Quoi de plus intimiste qu’un endroit calme avec pour seules observatrices les constellations vieilles de plusieurs millénaires ? Voilà un lieu dans lequel ils se seraient sentis à l’aise. Un endroit propice à la manipulation qu’il mettait en œuvre. L’atmosphère aurait été telle que Morgane, aussi droite et têtue soit elle n’aurait pas mis bien longtemps avant de succomber à son charme et à lui accorder sa confiance. Mais elle avait accepté de se rendre dans ce fameux restaurant. Soit il devrait composer avec ce qui lui était donné. Et puis après tout il connaissait suffisamment bien le propriétaire pour qu’il lui obtienne une table à l’écart de la populace édimbourgeoise. Il se tourna vers sa compagnie de la soirée et poussa un léger soupir.

•• Moi qui croyais vous surprendre en vous annonçant que je vivrais sous le même toit que vous quelques semaines… Me voilà bien devancé. Enfin, nous aurons tous deux fort à faire dans les jours à venir et il se peut que nous ne nous croisions pas tant que cela. A mon plus grand regret. Il va s’en dire. Néanmoins, on raconte que la distance peut-être certaines fois bénéfique. Espérons que cela sera notre cas et que vous vous rendrez compte que je ne souhaite rien sinon passer du temps en votre compagnie et vous divertir afin de vous faire quitter le lourd fardeau de porte-parole qui pèse sur vos épaules. Si vous voulez bien m’attendre quelques instants.


A peine eut il terminé sa phrase qu’il quitta le bras de Morgane et pénétra dans le restaurant. Le calme y régnant lui fut des plus bénéfiques. Comme il arrive régulièrement de le répéter, Léopold n’est pas qu’un vampire, il est également un homme. Qui possède des désirs. Et autant l’avouer, la princesse était on ne peut plus désirable dans sa nouvelle toilette. Elle avait beau posséder ce petit air angélique, cette façade angélique, le vampire se doutait parfaitement qu’elle s’était collée à lui pour le pousser dans ses retranchements. Oh non, il n’était pas stupide au point de croire qu’il s’agissait d’avances. Leur soudain rapprochement était déjà une fort belle affaire et penser que toute l’histoire serait bouclée le soir même serait pure folie. S’il y avait bien un rare moment où Léopold était lucide, il s’agissait du moment où il entamait une séduction féroce. On n’apprend pas aussi facilement à une abeille de quelle façon butiner et si la princesse y avait pensé ne serait-ce que l’espèce d’une seconde, elle se trompait sur toute la ligne.
Le maître d’hôtel arriva vers lui et lorsque le français lui dévoila son identité il lui annonça par la même occasion que cette fois ci il n’était pas venu seul et qu’une dame attendait au dehors. Rapidement, une table lui fut trouvée, dans un recoin du restaurant. A l’abri de bien des regards. Retrait qui leur conviendrait fortement puisqu’il leur fallait encore éviter tout coup de mauvaise publicité. Que dirait-on d’une porte parole qui se permet de tromper son compagnon et d’un écrivain soudainement promu rédacteur par le beau-père de cette dernière ? Rien de bien. Vous pouvez en être certain. Sitôt les serveurs en train de s’affairer il retourna au dehors et saisit à nouveau le bras de Morgane. La tentation pouvait tout aussi bien opérer dans l’autre sens, n’est ce pas ?

•• Je suis navré de vous avoir fait patienter de la sorte, je voulais être certain que nous serions reçus de la manière la plus digne qui soit. La seule dont il convient de vous recevoir devrais je dire. Nous serons à l’abri des regards indiscrets si cela vous convient. Nous pourrons de la sorte continuer notre discussion loin de tous murs portant des oreilles.


Il lui sourit en poussant la porte. Remarque qui faisait écho à ce qu’elle lui avait dit quelques instants plus tôt, il n’avait pas vraiment calculé ce qu’il prononçait. Tout commençait à devenir de plus en plus naturel et Léopold avait comme l’impression qu’une certaine complicité débutait entre eux. A moins qu’il ne s’agisse encore que de sa capacité à fantasmer des choses n’ayant aucunement lieu d’être. Allez savoir. Lorsqu’ils arrivèrent devant leur table fraîchement dressée, le vampire tira la chaise afin que son… amie s’y assoit. Il commanda d’un geste de la main deux True Blood et prit place face à la princesse.

•• Vous ne pensiez tout de même pas que je stopperai mes questions aussi facilement n’est ce pas ? Vous m’avez dit que vous aviez été mariée très jeune. Je brûle d’en savoir plus. Je n’ai pas réussi à trouver nouvelle chaussure à mon pied depuis la mère de Gauthier et notre histoire a pourtant été bien brève. Bien que je sois certain qu’elle se trouve très proche comme vous me l’avez suggéré.


Plongeant son regard dans le sien, il porta son verre de sang synthétique aux lèvres, désormais entraîné à ne pas grimacer quand bien même il trouvât toujours le breuvage aussi répugnant que la veille.

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Mer 28 Déc - 13:21

Jeu dangereux plaisir partagé ? Certes, mais bon, j’avais envie d’une certaine manière en partageant ce bras, celui de Leopold, c’était jouir des bons regards de ma mère, depuis le mariage, ok depuis hier, mais au moins, ça faisait un jour que je ne m’étais pas prise de remarque. Et ça, c’était certes à la fois jouissif, mais aussi, j’avais une quelconque satisfaction. Bon d’accord, j’avais cru mal me comporter, et finalement, d’après ce que j’avais pu voir et constater, aucune remarque, rien. Bon d’accord, pas non plus de la sympathie de la part de ma mère mais au moins, y avait ça, pas une remarque désobligeante, et juste pour ça, j’avais eu un sacré plaisir à ce que je venais de faire. Certes, un peu infidèle par rapport à Johnston, s’il n’était pas venu au mariage c’était certes un de mes choix, et puis je voyais mal ma mère inviter l’homme qui partageait ma vie, bien qu’elle ne supporte même pas l’idée que je puisse lui trouver une quelconque attirance. Oui les histoires familiales, souvent on avait beaucoup de mal à s’y faire. Et pourtant, ça faisait plusieurs moi que je luttais. Vous allez dire, alors pourquoi ce soir, je ne me trouvais pas au bras de Johnston, parce que primo, je ne voulais pas sortir, et deuxio, je n’avais pas prévu que ce soit Leopold qui vienne me chercher en tant que chauffeur et guide de ma soirée. Je ne comptais néanmoins pas rester sans éclaircir cette histoire, et voir si ma mère n’avait un quelconque lien à voir. Bien que j’en doutais fortement, vicieuse, mais quand même, Leopold l’était bien plus.

Sous le charme, peut être pas exactement, mais j’aimais cette sensation d’attirer sa convoitise. J’écoutais son discours à propos de sa future venue dans ma demeure, ou exactement celle de mon frère et de ma mère. Bien que ma mère fût bientôt évincée, vu qu’elle n’était plus très souvent dans le manoir mais plutôt avec mon nouveau beau-père. Il était néanmoins très vrai que nous risquions d’être autant l’un que l’autre très pris. Moi par mon rôle de porte parole, je m’attendais à ce que les médias ne me laissent point en paix dans l’idée. Et puis, je crois que l’homme qui m’accompagnait aurait également. Néanmoins, il crut bon de me préciser qu’il serait là pour me soulager de mon poids de porte parole. Je ne fus point surprise, et je le laissais quitter mon bras avec un sourire.

Je restais silencieuse, seule dans cette rue. Les vampires n’avaient pas froids, en aucun cas, le froid n’était un souci à cet instant, en levant la tête je remarquais le ciel clair et dégagé avec les nombreuses constellations. Il fallait dire qu’en quelques siècles même si on ne se rendait pas compte tout le temps, ce ciel avait de nombreuses fois changé. Et ce n’était pas du tout pour me déplaire, au contraire j’aimais le changement. C’était quelque chose qui plaisait. Je patientais doucement dans cette rue, en essayant de percevoir quelque chose dans le restaurant où nous étions. Et il me revint enfin, en justifiant sa conduite, je lui souris comme pour lui dire tout pardonner. D’après ce qu’il me dit, il avait fait attention à ce que nous prenions place dans un endroit calme et loin des gens. Ce qui me convenait. J’étais peut être porte parole mais je restais quand même dans l’idée une jeune femme, je n’étais pas faite que pour parler en publique et partager les faits avec la communauté. Ce n’était en soi, pas quelque chose de mauvais que de vouloir partager un peu d’intimité n’est ce pas ?

« Finalement vous êtes bien plus curieux que ce que je voulais croire. Très bien, il était Duc de Bedford, et étant moi-même une duchesse, titre hérité de ma mère. De dix ans mon ainé, j’ai cru en son amour, et que j’étais vraiment heureuse. Sauf, que comme de nombreux hommes, il me trompait avec mes servantes, et battait mon fils. J’étais jeune et naïve, j’avais juste 16 ans quand on m’a marié, et je pensais qu’il était quelqu’un de bon. Mais aujourd’hui c’est de l’histoire passé. Vous savez bien comment ça se passait, après tout, les jeunes femmes, ou plutôt les jeunes filles étaient mariées le plus jeune possible, la disparition de ma mère a un peu précipité la chose, et c’était une excellente chose pour mon frère qui en était ravi je pense. Votre curiosité a-t-elle été satisfaite ? »

Je lui souris et menai mon verre à mes lèvres, le True Blood était le seul breuvage que j’acceptai, et il avait fait ce pas vers moi. Pour cela, il avait au moins mes convoitises, je lui souriais doucement. En reposant mon verre :

« Et vous que pouvez vous me dire à propos de votre vie vampirique ? Je crois savoir que vous êtes un écrivain n’est-il pas ? »
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Mer 22 Fév - 16:48

Ah comme il avait la sensation d’être revenu à un siècle auparavant. Cela était bien étrange. Un restaurant que l’on pouvait plus ou moins qualifier de chic, une jolie tablée, une atmosphère calme à la limite du romantisme et une douce compagnie. Léopold se revit en Allemagne, à l’entre deux guerres. Séduisant une pure jeune femme. Moment plein de pudeur aux premiers abords mais qui avait finalement amené à une boucherie perverse. Ou une perverse boucherie si l’on souhaitait conserver l’aspect chronologique de l’évènement. Presque cent ans plus tard, la situation était pleine de similitudes. Si ce n’était que la compagnie n’était pas aussi pure et naïve que la précédente. Ce qui finalement, changeait radicalement les choses. Ce soir, il n’aurait pas l’occasion de ramener la courtisée chez lui. D’une parce que chez lui était également chez elle, de deux parce qu’elle ne se laisserait pas embobiner comme n’importe quelle beauté édimbourgeoise. Voilà ce que l’on gagnait à vouloir conquérir l’affection d’une femme de la haute société à cheval sur ses règles. Il y avait de nombreux obstacles à surmonter, à vaincre. Et autant l’avouer, voilà quelques années que le vampire n’avait pas eu à porter côte de maille et heaume pour parvenir à ses fins. Mais qu’est ce que cela pouvait être plaisant. Excitant même.

Alors que la belle s’exprimait, il reposa sa boisson et s’essuya le bord des lèvres, teintant la serviette nacre de quelques gouttes rouges. Il porta toute son attention à ses propos, aux expressions de son visage. Ressenti une sorte de compassion face à son sort. Commun comme elle le lui avait fait remarqué. Après tout, son propre père avait lui-même été voir ailleurs. Il avait certainement eût des dizaines de bâtards. Et s’il avait finalement accédé au trône comme il l’avait espéré il aurait probablement agit de la sorte. Trouvé une jeune héritière, lui coller deux ou trois mouflets, la rendre indésirable et assouvir ses besoins ailleurs. Oui, c’était en quelques sortes dans l’ordre des choses à l’époque. Normal. Mais parce qu’il la touchait elle, il était évident qu’il devait en être attristé, qu’il devait s’indigner du traitement qu’elle avait subi.
Elle marqua une pause, lui sourit. Aussi insensible que Léopold fût, la douceur qui se dégagea de Morgane le toucha. Un peu. Il ne faut pas exagérer non plus. Quoi qu’il en soit il avait là une excellente passerelle pour augmenter leur degré d’intimité. Approfondir un peu plus le rapprochement qui avait commencé à naître en cette nuit. Il nota à peine ses propres questions, se contentant de traverser la table de son bras afin de saisir la main de la princesse et la serrer lentement dans un geste qui se voulait bienveillant et tendre. Tout d’abord le visage renfermé, il s’exprima d’un ton plaintif, qui pouvait s’il le réussissait suffisamment posséder quelques notes douloureuses.

•• Je suis navré que vous ayez eu à subir ce genre de torture morale. Je suis bien placé pour savoir qu’il n’y a rien de pire que de voir souffrir les enfants de notre chair et de voir les êtres que nous aimons nous trahir. Fort heureusement il s’agit maintenant d’une époque révolue. Quand bien même nous en porterons toujours les séquelles, cela nous a appris à devenir plus résistants.


Toujours entre ses doigts, il tenait la main délicate de la vampire. Il tentait, à travers ce contact, de créer un lien, une sorte de complicité nouvelle. Comme si le fait d’avoir souffert par le passé les rapprochait. Comme si posséder le même type de cicatrices émotionnelles faisait qu’ils avaient découvert en l’autre une sorte de semblable. Quelqu’un qui les comprendraient mieux et plus qu’aucun autre vampire sur cette Terre. Idée qui pue la mièvrerie, certes, on vous l’accorde. Mais elle ne manquait pas de charme et de sensualité. Pourtant, il rompit cette connexion et s’éloigna d’elle, détourna son regard. Réaction très théâtrale qui possédait bien évidemment un but très précis. Chacun de ses mouvements est toujours et encore calculé, vous devriez le savoir depuis le temps. Cela provoquait une rupture brutale. Qui pouvait créer une sorte de sensation de manque. Pour cela il fallait bien entendu qu’il ait réussi à capter les sens de la princesse et avoir mis en ébullition ses phéromones. (Métaphoriquement parlant). Mais pas seulement ! Non ! Son recul permettait également d’appuyer ses prochaines paroles, sa réponse aux questions qui lui avaient été posées.

•• Je ne saurais vous évoquer ma vie vampirique sans en ressentir une honte cuisante. Je vous ai d’ores et déjà avoué que je n’ai pas toujours possédé de sains desseins à votre égard. Pourtant cela n’est rien comparé à mes actes passés. Comme je vous l’ai raconté, ma mère m’a séquestré, m’a construit à son image. Sadique, égoïste et quelques autres défauts tout aussi déshonorants les uns que les autres. Mais je ne suis plus ce vampire, je ne suis plus cet homme. Plus depuis que je vous ai découverte. Cela est tout à fait récent, j’en conviens. Mais j’ai désormais le désir de m’absoudre de mes actes, de mes péchés. Car sans, je n’oserais me tenir devant vous. Je n’aurais pas l’affront de vous adresser la parole. Vous qui êtes l’incarnation de la bonté, de l’altruisme, de l’équité parmi nous autres êtres de la nuit. Comment vous avoue le nombre d’humains dont je me suis nourrie, le nombre de guerres auxquelles j’ai participé, le nombre de soldats qui se sont effondrés sous mes coups ignorant ma véritable nature. J’ai bien essayé de le relater dans mes ouvrages pour me débarrasser de ce fardeau. Mais il n’y a rien à faire. Je serai certainement damné pour l’éternité et vous ne devriez pas même rester à mes cotés.


Poussant un soupir, Léopold laissa sa main errer autour de sa propre bouteille de Tru Blood, attendant la suite des évènements. Qui étaient maintenant imprévisibles même pour quelqu’un d’aussi manipulateur et calculateur que le vampire ci-présent.

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Sam 17 Mar - 13:32

Tout était si étrange, j’avais eu toutes les sortes de relations, vous savez comment c’est l’évolution de ces moments de courtoisie. Bon d’accord maintenant on nommait ça de la drague, c’est tout de suite moins chic. Peu importe, j’eus la volonté de me laisser aller aux sentiments. La confiance qui se créait entre nous deux ? Peut être bien… Mais pas trop quand même, nous avions le droit d’être un peu proche mais je restais quand même sensible à mon engagement avec mon humain comme tout le monde me disait, bien que j’eusse l’idée que cette histoire n’était peut être pas profitable. Enfin, on en rediscutera quand on serait entre nous deux. Pour le moment, je me laissais aller à la confession avec Léopold, chose que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de fois. Mais mon jugement fut quelque peu repris, l’homme face à moi n’était pas des plus énervant et tanant, bien au contraire, il était agréable, doux, et attentionné. Fut-il une nouvelle relation différente qui était en train de s’innover, peut être bien après tout, il était bon de donner un peu de rebondissement à notre vie, surtout après tant d’année.

Il attrapa ma main, ce qui me fit doucement sourire. Ce restaurant chic, discret, rien n’était dérangeant, il semblait pourtant comprendre tout ce que je racontais. Cette compassion me convenait, et me faisait me sentir bien en sa compagnie. Finalement, c’était des choses que je ne pouvais pas confier à Johnston, bien au contraire, il n’était pas du tout la personne qui était en mesure de comprendre ce que les gens avaient pu vivre dans les périodes précédentes. Tout était si différent, les choses se faisaient beaucoup plus rapidement mais souvent dirigée par les tuteurs des femmes. Le mari, le frère, le père, en tout cas, la femme ne pouvait pas se gérer seule du moins, il y eut encore quelques années. Mais ça, des personnes qui étaient nés dans les années 70-80 ou même 90 ne pouvaient pas percevoir cette dimension. C’était difficile de parler de mon passé en tant qu’humaine avec Johnston, mais je me laissais aller à mes sentiments et la compassion de Léopold m’ouvrait tranquillement. Finalement, il était un des rares qui pouvaient comprendre ce qu’était la vie il y a longtemps, même si on avait plusieurs siècles de différence. Bien qu’en apparence, j’étais figée à mes 23 ans, âge déjà bien chanceux quand on avait eu un enfant et qu’on avait passé l’enfance. Ce n’était pas très facile, finalement figée dans une jeunesse qui ne l’était pas forcément quand nous étions dans mon époque dans les années 1200. Quant à Léopold, il devait être figé au-delà de ses 25 ans, je ne savais pas trop dire, mais chose de sure, nous avions du vivre à peu près les mêmes années en tant qu’humain, mais j’avais beaucoup plus d’ancienneté en tant que vampire.

« Je me sens si coupable de ne pas avoir pu le protéger, et d’avoir cru qu’il était un bon père. Et mon fils qui s’est retrouvé seul, une fois que ma mère nous ait transformés en vampire mon frère et moi, et ait tué mon mari. Je me laisse aller aux sentiments veuillez m’excuser. Mais comme vous avez dit, maintenant, il faut penser au futur, et cette époque du Moyen-âge est désormais révolue. »

D’une certaine manière, je ne pouvais qu’être heureuse d’avoir dépassé cette époque, même si j’avais perdu beaucoup de choses, en devenant une vampire, j’avais pu découvrir beaucoup de choses, notamment de nombreuses époques. J’avais pu voir de nouvelles choses, découvrir des techniques que l’on ne pouvait mêle pas imaginé quand j’avais 10 ans pour labourer les champs. L’évolution de l’éducation, maintenant tous les enfants y avaient accès, ce n’était pas comme ça que ça se passait avant, et les gens avaient de la chance maintenant d’avoir la possibilité de s’instruire et d’apprendre beaucoup de choses (chose dont même en ayant un statut privilégié, je n’avais pas su profiter pour apprendre) mais j’avais appris avec le temps, l’expérience force la vie pratique et l’instruction, peut être plus qu’un précepteur qui tente de vous apprendre des textes en latin, à l’endroit et à l’envers pour juste les connaitre par cœur.

Puis il lâcha rapidement ma main, j’eus du mal à comprendre, puis son regard me fuyait, je cherchais à comprendre, d’une certaine manière, en ayant ce regard dans mes yeux. Mais non, il ne cherchait pas à croiser mes yeux. Un recul des plus perturbant quand il commençait à me parler de sa vie d’avant. S’absoudre de ses péchés ? Être prêt à changer ? Tout cela me semblait bien impossible, mais après tout, j’avais confiance en la rédemption. Surtout quand on avait la volonté, et là, il ne semblait pas à en manquer, bien au contraire. Il me faisait son mea culpa, cette sincérité me touchait, et j’eus envie de lui dire que je voulais bien l’aider pour qu’il soit alors celui qu’il voulait. Tout en cherchant à faire mon bon portrait, je ne prononçais pas un mot, cherchant les mots justes, pour répondre à sa dernière, je ne devais pas le fréquenter, tiens donc, encore un autre qui cherchait à me diriger vers mes relations. Quand je vous parle d’émancipation, j’avais encore du chemin à faire je pense.

Je remerciais du regard le serveur, et pris enfin la peine de dire quelque chose :

« Si la volonté vous habite, je suis alors prête à vous laisser une place dans mon existence, voire même à être une oreille attentive à quand vous souhaitez parler. Après tout, je suis certaine qu’on se ressemble plus que je ne crois. Vous m’avez montré ce soir un homme que je ne pouvais pas imaginer, vous avez su me montrer que finalement je m’étais certainement trompée. Ce qu’on a fait dans le passé ne peut pas être effacé certes, mais on est en mesure de changer, de montrer qu’il y a eu un avant et maintenant on souhaite changer. Et cette volonté n’est que en vous, c’est vous qui décidez à partir de maintenant. Mais je ne vais pas fuir maintenant, car vos côtés me sont des plus agréables. »

Dis-je en attrapant sa main, à moi de la serrer et de lui montrer ma sincérité.
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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Lun 19 Mar - 14:51

Regard perdu, il méditait ses paroles. Il venait en quelques sortes de jouer un quitte ou double et se demandait si cela était réellement malin. Aux premiers abords, il avait été fier de sa trouvaille. S’apitoyer sur son sort, se descendre plus bas que Terre, des propos qui devaient en toute logique faire naître la compassion de Morgane Raybrandt. Plus humaine que la plupart des êtres grouillant dans le monde, il avait parié sur les émotions et l’altruisme de la vampire. Mais ce même trait qui la caractérisait pouvait tout aussi bien se retourner contre lui. Après tout, ne venait il pas de confesser des actes plus atroces les uns que les autres ? Des évènements de sa vie passé qui étaient entièrement condamnables. Il avait tué, séduit, soumis autrui sans aucune déontologie. Le mot pitié avait été banni de son vocabulaire dés sa transformation et il ignorait encore ce qu’il signifiait. A moins que sa propre existence ne soit mise en cause. Egoïste, égocentrique, il ralliait à lui seul tous les défauts et maux libérés de la fameuse boîte par Pandore. Et cela ne l’avait jamais gêné. Le moins du monde. Au travers des siècles qu’il avait vécus il ne s’était jamais intéressé à ce qui l’entourait. Il était resté aux limites des droits qui lui étaient accordés, avait même certaines fois franchi la ligne interdite. Alors oui, elle avait toutes les raisons de quitter cette table. Ce ne serait que justifié. Réfléchissant à cette hypothèse, Léopold sentit comme un poids dans son estomac. La peur ? Impossible. Il ne craignait rien. Si ce n’était le courroux de ses deux supérieurs, le roi et la reine. Et s’il avait assez finement joué, ce ne serait que partie remise. Il parviendrait à se faire pardonner. Même si pour cela il devait jouer au gentil vampire, respectueux des humains. Même s’il devait un temps se consacrer à un pur régime de True Blood. Rien qu’à l’idée il en eu la nausée. Mais il ne devait pas faillir. Pas quand cela pouvait rapporter aussi gros sur le long terme. Alors quoi ? Il tenta de se persuader qu’il ne s’agissait qu’une question d’amour propre. Que c’était l’unique raison pour laquelle il souhaitait qu’elle reste assise à cette table avec lui. Il ne pouvait y avoir d’autres réelles causes. N’est ce pas ?

L’arrivée du serveur interrompit son questionnement. Il lui tendit sa bouteille désormais vide alors qu’il en posait une seconde devant lui. Plus pour passer le temps que par réelle envie, il envisagea de verser le contenu dans son verre et d’en boire quelques gorgées. Comme si l’on pouvait réellement avoir envie de boire ce liquide gluant qui rappelait un sang vieilli et coagulé. Franchement, ses inventeurs auraient du faire appel à des vampires avant de le commercialiser. Eux, auraient pu leur raconter que ce qu’ils appréciaient par-dessus tout était l’aspect liquide de l’hémoglobine. Est-ce qu’un humain boirait de la gelée pour s’hydrater ? Non. Il en était de même pour eux autres. Enfin… Au moins ils avaient quelque chose derrière laquelle se cacher et avec laquelle prétendre qu’ils étaient capables de se mêler à la population actuelle.
Heureusement pour lui, il n’eût pas le loisir d’avaler le sang synthétique, la princesse ayant repris sa main. Avec difficulté, il empêcha un sourire perfide de prendre place sur ses lèvres. Il avait aux premiers abords réussi son coup. Il avait touché la vampire et suscité sa compassion. Son pardon. Mieux que cela. Elle avait avalé chacun de ses mots et l’avait cru sur paroles. S’il l’avait pu, il aurait entamé une danse de la joie. Enfin tout comme, parce qu’il était distingué et jamais il ne lui serait venu à l’esprit de faire une telle chose. Mais une telle victoire lui donnait envie de la crier sur tous les toits. Oui, il voulait que tout le cercle vampirique soit au courant de son exploit. Il avait bel et bien pris Morgane Raybrandt dans ses filets. Bien sûr la route restait encore longue et fastidieuse, mais il venait de franchir une étape primordiale. Il lui en restait encore quelques unes avant d’atteindre les objectifs qui lui avaient été fixés et ceux qu’il s’était imposés. Viendraient la passion, l’indécision, la confiance absolue… Mais pour l’heure il devait conforter celle qu’il venait de parvenir à atteindre. L’intérêt, peut-être même le début d’une amitié. Léopold imita un sanglot, releva le visage vers son interlocutrice. Il posa sa seconde main sur celle qui enserrait la sienne.

•• Je ne sais que vous dire ni comment vous remercier d’une telle confiance Morgane. Il est vrai que je passe également une délicieuse soirée en votre compagnie et que vous m’inspirez. A être meilleur. Je puis vous assurer que je montrai à la hauteur de vos espérances. Je redeviendrai le gentilhomme que j’ai été par le passé, avant que ne débute ma vie vampirique. Ainsi, je pourrai fièrement vous servir de bras lorsque votre homme ne pourra se rendre à nos manifestations. En tout honneur.


Quelques instants, il s’arrêta. Plongeant son regard dans celui de la douce vampire. Il essaya d’y puiser inspiration. De deviner ce que c’était que d’être réellement doté de sentiments et autres mièvreries en tout genre. Ses mains serrèrent brièvement celle qu’elles tenaient. Il afficha un faible sourire. Celui de quelqu’un de gêné qui n’ose réellement prononcer sa requête. Expirant, il finit par se lancer.

•• Serait ce trop vous demander que de vous enlacer afin de marquer le début de notre amitié ? Je n’ose envisager le temps qu’il s’écoulera avant que nous puissions profiter d’un moment aussi paisible et intimiste. Je comprendrai cependant votre refus. Je ne veux pas que vous vous sentiez forcée en quoi que ce soit ou dépasser le seuil de votre tolérance à mon égard. Mais il est vrai que je n’ai plus ressenti de telle compassion à mon égard depuis fort longtemps. Je crois bien être en passe de retrouver mon humanité grâce à votre présence. Je crains de la laisser s’échapper lorsque je serai à nouveau éloigné de vous et cela m’est insupportable.


Il poussa un léger soupir pour accompagner le tout. Ne quitta toujours pas le regard de celle qu’il surnommait la « princesse ». Comme si dans la pâle lueur du restaurant se dessinaient de déchirants adieux.

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Mer 4 Avr - 22:13

La remise en question de ses doutes mais aussi des certitudes que l’on peut avoir à propos d’une telle personne. Il y eut de cela encore quelques semaines, je vous aurais bien dit que jamais je ne pouvais accorder un moindre regard à cet énergumène d’Aubusson. Ne serait-ce que par sa réputation ou je ne sais quoi d’autres encore. Mais voilà depuis le mariage je devais plutôt reconnaitre qu’il avait su me montrer une personnalité que je ne connaissais pas. Derrière l’odieuse personne dont j’avais souvenir, je découvrais quelqu’un de plutôt doux et attachant. Enfin pas trop quand même, j’veux bien donner des secondes chances mais tout de même, une seule seconde chance. Cependant je pensais qu’il eut bien saisi l’enjeu. Les confidences étaient allées de bon train depuis que j’étais revenue sur mes convictions, en lui accordant le bénéfices du doute, et en accordant ce bénéfice du doute, j’avais eu de drôle de surprise, mais pas pour autant désagréable. Les confidences étaient-elles le début d’une amitié entre Léopold et moi, je ne savais guère, mais j’espérais en tout cas. Une amitié j’entends bien évidemment. Je vous rappelle que pour le moment je suis pour le moins engagé, et je suis plus ou moins fidèle à mon humain. Et non je ne suis pas en train de faire des infidélités en ce moment. Du moins, pas au sens d’infidélité comme je l’entends. On est au XXIème siècle mes cocos, y a un moment on a bien envie d’user des libertés que la femme s’est vue accorder. Bande de rabat-joie va.

Je lui avais pris la main de façon naturelle pour lui montrer une certaine marque de soutien, chose que je n’aurais jamais pensé faire, surtout pour lui. C’était un comportement que je réservais exclusivement à ma famille, William quand on s’entendait encore bien, ou des amis pour le moins proche. Mais il m’avait touché, je ne savais pas vraiment si je devais le croire ou non, mais tout ce qu’il m’avait dit m’avait paru tellement sincère que je ne pouvais croire qu’à son intégrité. Sa volonté de changer. Cette volonté si forte que je voulais l’aider. Et puis comble de tout ça, il allait vivre, enfin il vivait à quelques pièces de ma chambre, donc il vaudrait mieux pour nous que nous nous entendions bien. Appelez ça de la courtoisie, je préférais le terme amitié, car oui la façon dont j’avais de considérer les gens étaient bien différentes de certains autres vampires. Je cherchais à voir ce qu’il y avait de bon en chacun, et j’étais certaine qu’il y avait quelque chose à dégoter du vampire en face de moi. Pour être totalement honnête, je n’en étais même pas certaine, j’en étais totalement sure. Après tout, il y a du bon en chacun d’entre nous, sinon dans quel monde horrible et diabolique serions nous en train de vivre, déjà que le simple fait qu’on est nous vampire cette malchance de damnation de vivre pour l’éternité, condamné à errer je trouvais ça particulièrement horrible, digne du Malin. Alors si en plus, on était foutu pour foutu et qu’on ne pouvait même pas avoir espoir de pouvoir se remettre en question, autant se faire bruler immédiatement au soleil.

Je pris une gorgée de True Blood, tout en écoutant ses paroles avec un sourire. Se proposant de me servir de cavalier, dès lors que Johnston ne serait pas en mesure de le faire. A qui le souhaite, après tout cette nouvelle en ravirait plus d’un dans mes proches, et notamment dans la famille royale maintenant que j’avais été promulguée au rang de princesse de par mon frère et ma mère. Enfin plus ou moins princesse. Un peu tordu aussi toute cette histoire. Mais peu importe, de toute façon un titre en plus ou en moins, je n’étais pas à ça près, je me préoccupais que de mon jeu de rôle en tant que représentante des vampires, que je tentais d’exercer à merveille.

« Je suis certaine que ma mère serait ravie de vous voir à mon bras en tant que cavalier dès lors que l’occasion se présentera. Ne me remerciez pas, je suis là pour ça désormais, prête à vous aider dès que le besoin s’en sentira, et puis, vous faites désormais parti en quelque sorte de mon existence, ne serait-ce qu’en vivant à quelques mètres, et puis vous avez réussi à me montrer un homme tout autre, c’est à moi de vous remercier, vous avez su me montrer à quel point je pouvais me tromper en faisant confiance à toutes les apparences. »

Je lui souris. Sa main serrant la mienne, j’étais certaine que ça jasait de l’autre côté, quand on voit la princesse des vampires avec un prétendant qui ne ressemble en rien à la personne qu’elle cotoyait avant. Bref, des questions pouvaient peut être se poser, mais comme j’avais dit juste avant, les apparences peuvent souvent être trompeuse après tout. Il ne faut jamais se fier au premier regard bien au contraire. C’est en apprenant à connaitre qu’on découvre ce qui se cache derrière le regard froid d’une personne après tout. Et c’est avec le temps qu’on arrive à percer une carapace et finalement à dévoiler la tromperie des apparences.

« Nous nous reverrons bien vite j’en suis certaine mon cher. Mais si vous souhaitez sceller le début de notre amitié, pourquoi pas ! Je serais à présent à votre disposition dès lors que mon emploi du temps me le permettra pour que nous puissions de nouveau nous revoir. Mais si vous ressentez le besoin de me voir, je ne serais jamais loin après tout, nous ne vivons pas loin, et vous aurez toujours le loisir de m’envoyer un message, je serais très heureuse de partager des conversations avec vous-même par ondes interposées. »

Je serrais sa main, pour lui montrer ma présence, attendant qu’il fasse le premier pas pour venir m’enlacer. Après tout, c’était son idée non ?

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Sam 30 Juin - 23:31

Quelques faibles instants, Léopold se demanda ce qu’il était en train de faire. S’il n’avait pas totalement perdu la raison. Ce qu’il appréciait par-dessus tout dans sa vie, c’était sa liberté. Et là, il avançait droit en prison. Il était en train de s’emmurer par ses propres moyens. Une à une il posait devant ses pieds les briques qui l’empêcheraient de s’échapper et de goûter à nouveau aux joies du célibat et des choix individuels. Une prison. Oui. Mais il passerait par la case départ et toucherait le pactole. Non pas que les richesses de la famille royale l’attirent. Loin de là. Il avait largement de quoi subvenir à ses besoins pour les trois millénaires à suivre. Mais il pourrait accéder au pouvoir. Le réel. Non pas celui d’un petit duc d’une province au France comme ce qu’il s’apprêtait à devenir au XIIème siècle. Le pouvoir total. La possibilité d’écraser d’un petit doigt les vermines qui l’importunaient. N’importe laquelle. Pour peu qu’il puisse prouver qu’elle n’avait aucun mérite à poursuivre son existence. Finalement cela n’était-il pas mieux que la liberté ? La possibilité de représenter une partie de ce qu’elle était. D’infliger châtiments et récompenses quand il souhaitait. Ordonner à ce qu’on exécute pour lui les tâches ingrates. Le point de vue du vampire changea. Il n’était pas en train de s’emmurer, il fermait simplement une porte. Et en se retournant il découvrait un endroit infiniment plus grand. Renfermant des milliers d’éventualités. A portée de main. Il n’était donc pas fou. Loin de là. Quand bien même il allait pour cela devoir apprendre à être… fidèle.
Rien qu’à songer ce mot, il ressenti des frissons de dégoût parcourir son corps. Depuis 1834, depuis sa rencontre avec cette vampire qui lui avait montré à quel point les plaisirs de la chair pouvaient être aussi jouissants que ceux du sang, il n’avait pas une fois gardé une compagne. Pas une fois il ne les avaient traité avec décence. Si ce n’était Krystel Raybrandt, bien entendu. Mais il n’avait jamais été question de fidélité et d’engagement solennel les concernant. Il avait comme dans l’idée que sa fille était bien différente concernant ce point-ci. Il suffisait de regarder à quel point elle était attachée à cet humain. Elle ne le quitterait pas pour un vampire peu fiable et inconstant. Alors oui, il allait devoir apprendre ce que le mot relation signifiait réellement. Ou du moins être des plus discrets quand il s’agirait de ne pas en tenir rigueur. Ce qui risquait de s’avérer difficile puisqu’ils partageraient dorénavant le même toit. Terminées les petites escapades la nuit à la recherche d’humains serviles. Terminées les soirées de débauches en compagnie de congénères. Terminé.. oh non non non ! Il était hors de question qu’il se débarrasse d’Eugène. C’était son humain à lui et il y tenait. Il trouverait bien un moyen de convaincre la future Madame d’Aubusson de le garder avec eux.

Léopold dut se rappeler qu’ils n’en étaient pas encore à ce point-ci et que leur relation était loin, très loin d’être établie. Pour autant, il devrait lui prouver dès maintenant qu’il était un gentleman et un homme en qui l’on pouvait avoir confiance. Ce serait dur. Extrêmement dur. Demandez à un alcoolique de ne plus toucher une bouteille de vin. A un fumeur d’arrêter la cigarette sur le champ. Le vampire n’avait jamais été l’un ou l’autre, certes, mais il avait comme dans la certitude que stopper ses activités nocturnes seraient tout aussi compliqué pour lui. Et lui n’avait pas la promesse de ressentir un quelconque avantage par la suite. Bon, il était certain à 99.99% que ses sacrifices ne seraient pas en vains. Mais tout de même. De toute façon il avait déjà lancé les dés. Et il fallait l’avouer, la partie était passionnante. Bien plus qu’il ne l’aurait imaginé.
Il avait découvert en Morgane une adversaire pleine de ressources. Une partenaire charmante et pas aussi naïve et douce qu'il l’aurait pensé. Une complexité insoupçonnée derrière un visage harmonieux et une figure publique lisse. Elle-même se mit à évoquer les apparences et il n’aurait pu être d’avantage en accord avec ses propos. Si ce n’est qu’elle avait tort. Il était exactement le vampire qu’il laissait paraître. Tout en cette soirée n’était que comédie et théâtre. Il ne connaissait pas cet être rongé par le remord ou pleurant cet enfant qu’il n’a pas vu grandir. Qui peut bien se soucier d’un nourrisson qui serait de toute manière mort à l’heure qu’il est ? Qui peut se préoccuper de ne pas avoir ressenti d’émotions humaines pendant près de quatre siècles ? Qui ? Pas lui ! Pas Léopold Thomas d’Aubusson ! Il avait commis des atrocités et les avaient toutes appréciées. De bout en bout. Il avait ressenti plus de plaisir que jamais en égorgeant, violant et asservissant son entourage. Il était donc impensable que ces paroles fussent sincères. Que son repentit soit réel. Même en y ayant mis autant de conviction. Im-po-ssible ! Son regard plongea dans celui bleuté de Morgane et il ne put retenir un sourire. Parce qu’il venait de faire un grand pas voyons ! Qu’elle-même proposait de rester en liens étroits par la suite. N’imaginez pas là qu’il s’agit de la moindre mièvrerie et qu’il est en train d’éprouver un réel petit bonheur pour le simple fait qu’Elle l’accepte. Comment ça, vous le trouvez bien agressif dans ces propos. Non, il ne cherche pas à se convaincre lui-même. Las ! Vous ne savez pas de quoi il en retourne.

Léopold se leva tout en gardant la main de sa conquête dans la sienne. Il déposa quelques livres sur la table, ne comptant pas réellement le montant. Qu’importe. L’argent n’avait pas de valeur à ses yeux. Il prit la seconde main de Morgane dans les siennes, l’intimant silencieusement de se lever. Il savait qu’elle acceptait tacitement sa demande et qu’il ne faisait aucun geste déplacé. Dès lors qu’elle fut sur ses deux pieds, il passa ses bras dans le dos de la vampire, se colla brièvement à elle afin de murmurer dans son oreille.

•• Je ne vous remercierai jamais assez pour votre bonté Morgane. Vous m’offrez bien plus que je ne le mériterais. Bien plus que je ne l’aurais jamais espérer. Sachez que je désire également être une oreille attentive à votre égard si vous en éprouvez le besoin. C’est la moindre des choses que je puisse vous offrir et que vous puissiez recevoir en tout honneur.


Il posa furtivement ses lèvres sur la pommette de la « princesse » et se baissa pour ramasser son sac, un de ses bras traînant autour de sa taille. Léger, presque imperceptible. Contact quasi inexistant donnant l’envie d’en avoir d’avantage.

•• Ma dévotion vous est déjà toute acquise, mais je crains que ce ne soit déplacé au vue de vos engagements personnels. Sachez que je saurais me tenir et que je porte vos choix dans le plus grand des respects.


Il désigna la sortie du restaurant de son bras. Indiquant qu’il était probablement temps de se rendre à Glasgow afin d’être certain d’y arriver avant le lever du soleil.

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MessageSujet: Re: Beautiful eyes, Beautiful lies... [Livre 1 - Terminé]   Ven 13 Juil - 22:33

Oui j’étais vraiment en train de me prendre au jeu de la séduction de Léopold, je ne savais pas trop pourquoi, l’inconscience pouvait-elle donc prendre aussi rapidement position de nous ? Oui je pense, l’inconscience de se sentir si proche de quelqu’un apprécié par le pouvoir. Se prendre au piège de la séduction pour atteindre la sécurité et le pouvoir peut-être bien ? Non je ne sais pas si tout mon inconscient pensait exactement à cela mais en attendant, j’étais encore bien trop fidèle à mon humain comme tout le monde disait, est-ce que j’étais prête à tout remettre en question pour un vampire comme Léopold, certainement pas. Finalement j’étais encore loin de la Morgane que tout le monde souhaitait voir naitre. Cette Morgane qui n’aurait pas peur des préjugés, qui ferait en fonction du pouvoir seulement de ça, bref, qui deviendrait la digne fille de Krystel Raybrandt. Mais parfois quand on sait que l’on est une fille qu’on ne voulait pas forcément, on essaye inconsciemment de créer cette propre voie qui nous montre le chemin du désarroi familiale. Enfin vous me direz que j’étais sérieusement en train de me redresser dans l’estime familiale quand même avec mon rapprochement avec mon nouvel ami, et puis le fait que j’étais fidèle contrairement à d’autres à la royauté et non pas à d’autres courants politiques totalement étrangers et qui n’avait aucune chance de s’en sortir dans ce bas monde des vampires.

Enfin pour le moment nous n’en étions qu’aux instants de connaissance avec Leopold n’avançons pas trop rapidement en besogne ce serait peut être un peu trop délicat je pense. Je restais souriante face à mon interlocuteur. J’étais bien prête à lui accorder cette chance de compter parmi un cercle privé de personnes en qui je pouvais avoir confiance. Personne en qui je pouvais être sur de pas me trouver un pieu dans le cœur à l’instant où je tournerai le dos. Je savais quand dans ses intentions, il y avait certainement beaucoup plus, je n’arrivais pas réellement à percevoir l’ensemble de ses buts, je ne savais pas jusqu’où il pouvait aller, je souhaitais juste percer au grand jour le vrai Léopold si j’y arrivais par moi-même. Je ne savais guère si c’était dans mes capacités ou non. Pourquoi pas ? Aprèqs tout derrière la douceur que je représentais, il y avait quand même un esprit un peu machiavélique, et on ne peut plus rusée, en même temps, je veux bien être l’antithèse des Raybrandt, notons que les chiens ne font pas de chats et quand on est élevé par un certain mode de pensée, bah y a quelques séquelles quand même j’ai envie de dire.

Je me levais rapidement, une fois qu’il m’y invita en prenant mes deux mains. Retrouvée ainsi prise au piège face à lui, mes deux mains dans les siennes, je n’étais plus en mesure de faire un seul pas en arrière, désormais il fallait jusqu’au bout, après tout j’avais dit qu’il était important de commencer par sceller cette amitié, sans quoi il n’y aurait aucune suite logique à cette rencontre si je ne lui laissais pas au moins une chance. Tout fut très rapidement fait, les paroles à mon oreille me firent sourire.

    « Je vous en suis gré d’être désormais une oreille attentive, mon ami. Et je ne saurais que dire pour vous remercier finalement pour cette petite soirée improvisée. »


Finis-je par murmurer moi-même à son oreille avant qu’il ne défasse l’étreinte mise entre nous deux. Tout en avançant vers la sortie, je souris à ses dernières paroles :

    « Sachez que je vous remercie de vos bonnes intentions, et que j’espère que cette soirée ne sera pas la dernière, mais plutôt la première de beaucoup d’autres, car finalement ça fait du bien de discuter avec d’autres vampires sans convention, même en étant une Princesse. »






HJ ; c'est tout pas beau tout ça :/ mais je suis désolée ça fait longtemps que j'ai pas rp j'ai un peu de mal ^^'
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