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House of Lies [Livre II - Terminé]
MessageSujet: House of Lies [Livre II - Terminé]   Lun 27 Jan - 22:33

    On avait pris la fuite comme des dératées sans jeter un seul regard en arrière. C'était notre manière à nous de dire bye bye à toutes sortes de problèmes, mais cela importait peu. Au final, seule notre propre survie avait eu de l'importance. De ce fait, nous ne nous étions pas arrêtées. Ces types étaient venus de nulle part, et ils avaient massacré tous ces semis démons que nous avions rassemblé là à grand renfort de patience avec Maryana. Notre tentative avait échoué, on n'avait pas pu recruter qui que ce soit on n'en avait pas eu le temps, et notre proposition n'avait pas remporté un franc succès, loin de là. Pire, nous avions même été séparées du reste du groupe dans la panique de notre fuite éperdue. Je n'avais pas de voiture, ou plutôt si, j'en avais une, mais qui devait depuis hier être en train d'être décortiquée par les experts de la PES et d'autres agences gouvernementales pour essayer d'obtenir des informations, des indices quelconques, sur qui j'étais vraiment et où me retrouver. Peu importait. On avait fui à pieds et on avait continué notre route pendant un bon moment en silence, toutes les deux trop fatiguées, trop choquées, pour continuer. Les heures avaient filé, j'avais emmené ma camarade dont elle m'avait dit s'appeler Aliénor Galvez jusqu'à un petit hôtel en banlieue d'Edimbourg, un truc miteux où je pouvais payer en espèces, ce dont j'étais heureusement bien pourvue au vue des circonstances présentes. Je m'étais toujours préparée à ce moment où je devrais prendre la fuite, et si la gloire d'une attaque en plein cœur du siège de la brigade PES à Edimbourg rejaillissait sur moi, cette fuite était entâchée par l'ignominie du carnage que j'avais subi quelques heures plus tard avec les autres représentants de mon espèce. En fait, les choses auraient pu être pire, mais fourbues et fatiguées, Aliénor et moi nous étions perdues en conjectures, attendant que la situation se calme.


    Je me réveillais en sursaut. Dehors, il faisait jour. On devait être en début de matinée, car il faisait encore très sombre. Aliénor s'était endormie un peu plus loin dans la pièce. La nuit dernière, nous avions échangé assez peu de mots, mais j'avais réussi à convaincre ma nouvelle sœur de ne pas se risquer à sortir. Les autorités nous pourchassaient en même temps que de mystérieux tueurs. Il ne fallait pas leur donner l'opportunité de nous retrouver, pas en cet instant précis où ils s'attendaient justement à ce que l'on fasse une erreur. Bien sûr, les forces de police finiraient probablement par passer au moins ma photo chez les tenanciers de plusieurs hotels de la région. Le nôtre était particulièrement nauséabond et le gérant était discret, mais si les flics avaient des moyens de pression avec eux... Peu importait. Il avait fallu se mettre à l'abri le temps de souffler. J'avais espéré que Maryana nous retrouverait avec les autres, mais ce n'était visiblement pas arrivé. Peut être que le groupe principal avait été lui aussi éclaté par les évènements et que tous devaient faire face à leurs propres problèmes. Ce n'était pas encore mes affaires. Je me dirigeais sans un bruit vers la salle de bain, où je m'enfermais. Passant aux toilettes, je tirais ensuite du tiroir une dosette de dentifrice et une brosse à dent à usage unique. Je me débarbouillais, avant d'opter pour une douche. J'allais faire du coup un peu de bruit, mais j'avais besoin de me décrasser de la veille, de laver ma conscience et de faire partir mes problèmes dans un siphon. Ce qui ne marchait jamais, mais j'essayais quand même. Je me séchais rapidement en sortant, démêlant ensuite mes cheveux. Quand je revenais, Aliénor était réveillée.



    | Salut, désolée pour le bruit, mais j'avais horriblement besoin d'eau et de vapeurs brûlantes. Ca va un peu mieux, toi ? |


    J'étends ma serviette, je remets mes chaussures.


    | Pour hier Aliénor... Merci. Tu m'as peut être sauvé la vie, quand tu as démoli ce mec avec ton pouvoir. Pyrokinésiste hein ? C'est classe. |
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Sam 1 Fév - 23:10

    La fuite, c’était presque mon domaine finalement. J’avais une forte capacité de fuir toutes situations, ou du moins de savoir quand il fallait se faufiler pour s’échapper tout de suite. C’est ce que nous avions fait, alors que Pandore m’avait un peu tirer de mes songes qui étaient loin d’être radieux. De toute cette pagaille aussi alors que je paraissais forte étourdie alors que mes yeux reflétaient les flammes entourant cette homme. Finalement, il ne me fallut pas bien longtemps pour me réveiller et courir au côté de cette semi-démone. J’aurais pu lui fausser compagnie, ne pas la suivre alors que je l’avais presque poussé pour sortir de ce bâtiment, trop pressée, trop peur pour ma vie. Car oui, je ne souhaitais pas mourir. Pas comme ça en tout cas. Je m’étais toujours vu tomber définitivement aux côtés de ce vampire dont j’aurais pris la vie et qui m’avait fait tant souffrir. Pour l’heure, nous décampions vite, et je la suivis alors que nous nous retrouvions dans un hôtel. Je n’avais pas cessé de regarder par-dessus mon épaule, une habitude qui avait pris mon quotidien, combien même nous étions en train de courir. Et finalement, c’était lorsque nous marchions que je sentis en moi cette intense fatigue m’envahir. Déjà parce que mon don m’épuisait, mais qu’après une course effrénée mon cœur battait toujours à tout rompre. Je n’étais toujours pas redescendu alors que nous entrions dans la chambre en silence. Il n’y avait rien à dire, je n’arrivais pas encore à réaliser tout ce qu’il s’était passé. Ma partenaire, si on peut l’appeler ainsi, était tout aussi silencieuse, tout aussi fatiguée. Nous ne tenions pas longtemps, le sommeil nous prenant toute les deux, peut-être même moi avant elle. Et bizarrement, j’avais l’impression de ne pas avoir dormi autant d’heures d’affilées depuis longtemps.

    Mes yeux s’ouvrirent péniblement alors que je plissais les yeux sous le jour qui me paraissait juste flambant. Je tournais la tête de l’autre côté, joignant mes bras sous l’oreiller avant de réaliser que je n’étais pas chez moi, pas dans ma chambre. Tout revient rapidement en mémoire et je me redressais sur le côté brusquement. C’est là que j’entendis l’eau couler, puis s’arrêter et ma tête se tourna pour chercher du regard celle qui venait de sortir justement. Je repris bien vite mes esprits et évitaient de paraître déboussolée même si elle avait dû le voir.

    « Euh… oui ça va. Réveil un peu douloureux en vérité… » ajoutais-je alors que je repensais à être dans ma chambre. Comme si rien ne s’était passé. Je ne savais pas encore si j’étais heureuse ou non, mais en tout cas j’étais curieuse. Je me levais alors que j’étais encore avec les mêmes vêtements que la veille. Je frotte un peu mes yeux qui me piquent. Même si j’ai bien dormi, il n’empêche que j’allais en avoir pour au moins deux jours où j’allais être juste tellement patraque. Etait-elle aussi fatiguée que moi ? Ou était-ce parce que je ne contrôlais rien de mon pouvoir ?
    Elle me remercia et j’étais presque étonnée. J’avais dû mal à concevoir le fait que j’étais avec elle ici dans cette pièce. J’étais toujours seule en vérité, même si je croisais des gens, parlaient avec eux, je rentrais toujours seule. J’avais eu l’erreur de faire entrer quelqu’un et ça s’était juste… terminé. Il ne fallait pas que j’y pense.

    « Ben… de rien. Oui c’est ça, les flammes sont mes plus fidèles alliées. » Je fis une pause avant de reprendre, hésitant légèrement. « Et toi alors ? C’est les… zombies ? Tu relèves les morts ? » C’était un peu glauque, je préférais largement le mien au sien pour le coup, car je ne savais guère comment j’aurais réagi si j’avais relevé ma mère ou mon beau-père le jour où il avait été ensanglanté. Je me dirigeais vers la salle de bain, qui était plus un point d’eau qu’une réelle salle de bain. « Je vais me débarbouiller, je prendrais ma douche en rentrant. » Oui car, ce n’était juste pas possible de prendre une douche avec une personne qui m’était inconnue et qu’en plus, briser le miroir avant de me déshabiller pourrait peut-être être dérangeant. Non, je me laverais vraiment en rentrant chez moi. Pour le moment, me mettre de l’eau sur le visage et me brosser les dents étaient ce que j’appelais un débarbouillage. Je pris une serviette propre pour me sécher, me regarda un instant dans le miroir alors que j’étais pensive. Avant de retourner dans la chambre et de m’assoir sur le lit en repliant une jambe, callant mon pied sous mon autre jambe. « Qui nous a attaqué ? » Au moins ça avait le mérite d’être clair, sauf que je ne savais pas si elle était plus avancée que moi.
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Dim 2 Fév - 19:27

    Ma sœur semblait complètement perdue. Je me doutais que ce n'était pas la première fois qu'elle était confrontée à ce genre de fuite éperdue. En règle générale, tous les semis démons avaient fait l'expérience un jour ou l'autre de ce genre de situation. Ce n'était pas forcément quelque chose de très commun mais cela comptait forcément pour quelque chose. A un moment donné, tout semi démon a des risques de laisser beaucoup trop s'exprimer ses pouvoirs, et ça devient souvent la porte ouverte à la vie souterraine et à l'illégalité la plus complète. Ça nous arrivait presque à tous, au final. Et pour voir dans ses yeux l'expérience qu'affichait parfois Aliénor, il y avait des chances pour qu'elle ai connu déjà ce genre de situation un peu dramatique. Ce n'était pas grave, bien au contraire. Je préférais avoir affaire à des congénères avertis plutôt qu'à des bleusailles qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Quoiqu'il en soit, la jeune femme était réveillée quand je revenais dans la pièce principale de la chambre d'hôtel. Elle semblait encore bouleversée et fatiguée. Je savais à quel point cela pouvait être traumatisant de voir tous ces gens mourir, plus encore puisqu'il s'agissait de gens comme nous. Pour autant, je la sentais forte, déterminée. Elle était une survivante, comme nous l'étions tous dans notre groupe. Je souriais doucement quand elle me dit que le réveil était douloureux. J'étais quelqu'un d'assez compatissant avec mes congénères, même si je ne supportais pas lorsque ceux ci avaient fauté pour incompétence ou bêtise. J'étais quelqu'un d'assez extrême en fait, dans tous les aspects de mon existence. Pour le moment, je compatissais et comprenais ma sœur, mais il n'était pas dit que cela continue longtemps. Je m'assis près d'elle, sur le rebord du petit bureau sur le coin de la chambre près de la fenêtre.


    | Oui, j'imagine... On a fait comme on a pu. |


    La semie démone me confirme que son pouvoir est bien la pyrokinésie. C'est classe. Très hollywoodien, en fait. Et pas du tout désagréable... Surtout quand on se rappelle l'efficacité qui était la sienne la veille. Elle avait tué ou en tous cas gravement brûlé un mec. Ce n'était pas négligeable, loin de là, et je restais persuadée que cela avait fort plu à nos sombres maîtres. Elle me demande si mon pouvoir, c'est les zombies, relever les morts. Je hoche la tête, alors que je me rends compte que l'idée ne l'emballe pas des masses. Visiblement, ses souvenirs de ce que nous avions vécu hier avec les morts vivants et les renégats de la PES l'avait plutôt marquée. C'était un peu le but, cela dit. Mon armement restait surtout psychologique, non pas que mes créatures soient inoffensives mais leur impact était surtout la terreur qu'ils répandaient auprès de mes ennemis. En sus, ils faisaient toujours forte impression auprès de nos alliés. Du coup, c'était tant mieux.


    | Oui, c'est ça, je relève les morts. C'est aussi effrayant que ça en a l'air, tu sais. |


    Je hoche à nouveau la tête à ses paroles suivantes tandis qu'elle me dit qu'elle va attendre d'être rentrée chez elle pour se laver. Quand elle revint pour me demander qui nous avait attaquer, je méditais un instant ma réponse.


    | Il s'agit d'extrêmistes. Je ne sais pas grand chose d'eux, même si ma couverture à la PES m'a appris quelques petites choses. Ils ne font pas partie du gouvernement, c'est en fait un ancien ennemi. Anciens militaires, anciens de la HCV, extrêmistes, renégats de la PES... ON a tout le gratin des zélotes qui nous haissent et qui veulent notre mort. Ils ne s'arrêteront pas jusqu'à ce qu'on soit tous morts, ou qu'on les tue. Tu penses quoi, de tout ça? |

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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Lun 3 Fév - 12:17

    Je sentais ma tête terriblement lourde et mes pensées étaient un peu confuses. J’avais l’impression de mettre pris une cuite hier soir et que je me réveillais vers le milieu de l’après-midi. D’ailleurs, quelle heure était-il ? Il ne fallait pas non plus que je loupe mon job, sinon j’allais avoir un problème en plus. Même si en soit, je pouvais très bien prendre un jour de congé le jour même. Depuis le temps que j’accumulais mes heures et que le patron me devait beaucoup de faveur. La notion du temps me passa par-dessus la tête alors que je repense encore une nouvelle fois à tout ce qui était arrivée. C’est dingue, en quatre ans où j’étais venue ici, à la base pour assouvir ma vengeance et continuer mes recherches, je n’avais jamais eu ce genre de problème. Tout simplement parce que je les évitais. Pourquoi donc serais-je restée à l’écart des Années Sanglantes sinon si c’était pour ne pas me mêlé des choses qui était juste au-delà de mes compétences. Je n’avais jamais était dans cette communauté et ne me sentais pas plus dedans même à présent. Il fallait d’abord que je constate par moi-même, dévoilant un regard neuf et faire tomber ce voile que je m’étais mis par précaution. Et puis, seul Nath comptait, qui d’autre finalement ? Il ne fallait pas que je m’attache à d’autres personnes, tout simplement. Cela ne faisait qu’amplifier les problèmes. Je repensais à Tim…

    Elle me ramena à la réalité alors que j’étais dans mes songes. Elle me confirme ce qu’est son pouvoir et un air interrogateur passe sur mon visage.

    « Ca je n’en doute pas. A côté je préfère beaucoup plus mes flammes… »

    Mon regard glisse sur la fenêtre où il se perd dans le ciel nuageux et brumeux. Je ne m’étais jamais imaginé croiser quelqu’un comme Pandore. En réalité, je ne pensai spas que les pouvoirs pouvaient être aussi étendus. Finalement, je n’avais croisé que peu de personne comme moi. Là tout d’un coup, en voir tout un groupe me paraissait juste… irréel. Ben oui, pourquoi ne pas nous avoir contacté, ne m’avoir contacté plus tôt ? Peut-être que j’aurais pu comprendre beaucoup plus de choses, et ils auraient eu certainement une machine de guerre si c’était eux qui m’avaient trouvé et non Dominic.
    J’avais fait une halte à la salle de bain pour revenir presque aussitôt dans la pièce et m’assoir de nouveau sur le lit. Et je n’avais qu’une question en tête alors que j’avais l’impression que l’eau m’avait un peu plus réveillée. Je n’hésitais pas, et puis je n’étais pas du genre à tourner autour du pot. J’aimais bien aller droit au but, cela permettait de ne pas perdre de temps. J’écoutais alors sa réponse attentivement alors que je ne la quittais pas du regard, et semblais réfléchir un peu quand elle eut fini.

    « C’est eux-mêmes qui s’en sont pris au musée n’est-ce pas ? La presse en a parlé vaguement, mais j’ai l’impression que c’est plus étouffé qu’autre chose… » je fis une pause. « Et alors ? C’est juste parce que nous sommes fichés ennemis publics qu’ils se permettent le droit de nous tuer sauvagement ? » Je m’énervais un peu, sentant dans ma voix la haine que je pouvais avoir à leur encontre. Finalement, il n’y avait que la guerre qui existait, la paix n’était que factice. « Ce que j’en pense ? » J’inspirais pour souffler lentement. « Je pense que tout ça ne m’a jamais atteint parce que je ne me considère pas dans un groupe. J’ai toujours fait mon chemin seule, j’ai dû mal à faire confiance aux autres et à comprendre pourquoi soudainement vous vous réveillez. Je n’ai jamais pris part à la guerre puisque mon seul moyen de survie était soit la fuite, soit l’immersion totale dans la foule et le quotidien. » Je fis une nouvelle pause alors que je baisse ma tête. « En vérité depuis que je me suis fait approchée par Philipp, j’ai l’impression que tout dérape. » Je relève la tête et pose de nouveau mon regard sur elle. « Alors en fait, c’est quoi votre plan ? Une guerre contre l’humanité ? On va tous y perdre la vie inutilement. » Je la provoquais à moitié avec ma franchise qui était plutôt prononcée. J’avais certaines idées arrêtées, seulement je voulais en savoir plus, sinon comment savoir quel parti prendre ?
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Fév - 20:42

    Je savais que je devais adopter un profil bas au vu de la situation, je ne pouvais pas me permettre de tout mettre sens dessus dessous. J'avais du coup une opportunité que je me devais d'exploiter ; il fallait que je puisse me rendre proche, accessible aux yeux d'Aliénor, et que je fasse en sorte de pouvoir la pousser à rallier notre cause. Ma cause, en fait. Enfin, rien n'était jamais joué dans le monde dans lequel nous vivions. Mais je me devais d'essayer. Je n'avais en sus pas vraiment le choix. Notre groupe était dispersé, nos objectifs enterrés, nos recrues potentielles massacrées. Il ne restait plus grand chose dans le champ des possibles, et c'était vraiment pas la choix. Non seulement je voulais donc qu'Aliénor rejoigne notre groupe, mais en sus de ça j'en avais besoin. Je n'aimais pas travailler sous le coup de la nécessité, pourtant il semblait fort que cela devienne bien vite l'habitude, ce qui était bien loin de me ravir. J'avais perdu mon emploi, mon appartement, mon véhicule, probablement tous mes autres biens y compris mon argent, et j'avais aussi perdu toutes les ressources liées à cette position. Je ne savais absolument pas où se trouvaient mes frères et mes sœurs, et pire encore que la colère que je pouvais parfois nourrir à leur encontre, il semblait que je sois maintenant perdue sans leur présence, rassurante dans les pires moments. Chienne de vie. J'étais assez profondément bouleversée par le raz de marée qui avait englouti mon existence toute entière la veille, mais je n'en montrais rien. En extérieur, je restais Pandore Lasalle. Sûre d'elle même et propre à peut être, arriver à dominer ce monde un de ces jours... je soupirais intérieurement, profondément lasse. Ce jour était plus que jamais hors de portée. Mais je n'abandonnais pas pour autant. Je n'abandonnerais jamais.


    Le temps viendra où les créatures du Chaos se jetteront sur ce monde et en dévoreront les âmes perverties aussi bien que les pures, dans une grande orgie de sang et de carnages. La Fin des Temps approchait, elle aussi. Je ne pouvais pas me permettre de l'oublier ou d'accuser un manque de préparation. Je souris aux paroles de ma nouvelle sœur.



    | Cela dit, pouvoir relever les morts a de nombreux avantages... Et si c'est parfois moins spectaculaire qu'un véritable ouragan de feu, ça n'en jette pas moins... |


    Je lui laissais entendre combien mes pouvoirs étaient grands. En vérité, 'jétais probablement moins forte que Pandore et moins que d'autres. Mais il n'en restait pas moins que j'étais puissante. La jeune beauté brune réfléchit à mes paroles, et celles ci semblent avoir de l'écho auprès de sa mémoire. Je m'en réjouis. Si elle se rend compte que je ne lui mens pas, il sera infiniment plus aisé pour moi d'obtenir les avantages que je souhaitais. Je lui souriais un peu ironiquement, même si ce n'était pas dirigé contre elle.


    | C'est ça. C'est bien eux. Ils sont contre toutes les créatures surnaturelles mais plus encore contre nous. Pour la majorité, ce sont des fanatiques et des désaxés, mais ils n'en sont pas moins dangereux, comme tu as pu le voir hier. Ce n'est pas facile de vivre quand on est comme nous. Et j'imagine que cela te prouve un peu plus que je n'avais pas tord dans tout ce que j'ai dit hier. |


    Mon regard brille d'une intensité renouvelée lorsqu'elle me parle de Philipp. Philipp le guerrier, Philipp l'obsédé, Philipp le petit malin...


    | Non, bien sûr que non. Notre plan est de nous défendre. Contre ceux qui nous assassinent, contre ceux qui nous manipulent. Mc Borough t'as approchée dans le seul but d'avancer ses pions vers notre destruction. Nous sommes toutes deux issues du Chaos, Aliénor. Nous pouvons faire appel à de puissants alliés. C'est ça, le plan. Nous défendre, et provoquer le grand retour de nos... Parents. Pour un monde dans lequel nous ne serions plus les bêtes qu'il faut traquer. Ne me dis pas qu'utiliser ton pouvoir te dégoûte.. Tu ne te sens pas forte ? Puissante ? Dangereuse, certes, mais avec plus de maîtrise? Les humains nous ont infligé pire que la mort. Ils ont instillé en nous le rejet et le dégoût de ce que nous sommes. Et ça, ma sœur, ce n'est pas normal. |
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 14:40

    Je souris à ses paroles en entendant le mot ouragan de feu. Si seulement elle savait… j’en avais déjà provoqué un, alors que je n’étais pas consciente de ma vraie nature. J’avais été complètement déboussolé, mon frère aussi également. Mais ça ne m’avait pas empêché de subir les vampires les uns après les autres, passant sur mon corps à plusieurs reprises. Après seulement j’avais senti cette vague qui m’était alors inconnue, et j’avais exterminé bon nombre de ses buveurs, de ses monstres. Hormis celui qui avait pris mon frère. J’avais subis sa colère par la suite, mon corps étant marqué à jamais par ses tortures au coup de fouet. Il n’avait jamais bu mon sang, et je m’étais d’ailleurs demandé pourquoi. Sans doute prenait-il plaisir à me faire mourir à petit feu. La seule erreur qu’il avait faite était de m’avoir laissé dans un bois, alors que j’étais à moitié vivante. Là, il y avait eu Dom et il m’avait fait remonter la pente, quand bien même j’avais essayé de me suicider. Aimer la vie… je ne savais plus trop si je l’aimais, mais j’étais certaine que je ne la laisserais pas filer aussi facilement. J’avais combattu dernièrement un loup pour ça. Et désormais cet espèce d’attentat que l’on avait subi… je me demandais finalement si ma petite vie tranquille n’allait pas être ébranlée pour toujours. Ça avait déjà commencé, je ne pouvais le nier, je n’étais pas aussi stupide. Disons qu’aller dans l’inconnu ne me plaisait guère, et j’avais toujours un mal fou avec la confiance des gens, combien même Pandore était comme moi. Qui me disait que je n’étais pas qu’un pion ? J’étais certaine que l’autre, Maryanna, pouvait me réduire à néant en un rien de temps. Pandore… c’était autre chose, elle relevait les morts mais s’il n’y avait personne autour de nous ? J’étais la plus forte en quelque sorte. C’est pour ça que j’étais un peu plus à l’aise. Et puis elle n’avait pas l’air non plus de vouloir attenté à ma vie.

    J’avais l’impression que j’étais restée presque vingt bonne minute dans mes pensées, alors que cela ne faisait que quelques secondes. Je souris légèrement.

    « Oh mais je ne dénigre pas ton pouvoir. Et je ne suis pas fan des ouragans, j’ai déjà eu ma propre expérience personnelle. Ce n’est pas aussi merveilleux, même si ça reste spectaculaire en effet. »

    Elle répondit par la suite à mes questionnements sur les hommes qui nous avaient attaqués. Comme quoi, j’avais peut-être bien fait de brûler l’un d’entre eux et de provoqué un incendie par la même occasion. Ils le méritent, même si le meurtre n’était pas dans mes habitudes. Disons que si ça pouvait faire en sorte qu’il y ait moins de connards fanatiques, ce n’était pas plus mal. Pour autant, j’espérais que mon identité resterait à minima cachée, sinon je pouvais dire adieu à mon job et à mon appartement.

    « Dès que ça touche au surnaturel, les Hommes ont une tendance à la violence et à l’extermination qui me désole. » Je fis une courte pause. « Ce n’est pas facile, mais j’ai pu le faire pendant quatre ans, même pendant les Années Sanglantes. Avant bien sûr que ce putain de chef ne débarque. » Oui, j’étais énervée, surtout parce que c’était Dom qui avait parlé de moi. Au final, j’avais été coincée et je ne savais comment réagir. Dominic m’avait laissé partir, tout comme Philipp, mais je ne lui faisais pas confiance pour autant, même si je l’avais appelé à l’aide une fois. Tout avait changé désormais depuis, et si j’étais indécise sur son offre, surtout parce que je voulais rester un minimum neutre dans tout ça, désormais c’était un peu plus clair dans ma tête. Je ne pouvais accepter son offre, tout simplement.

    Je l’avais questionné sur leur plan, et elle me répond alors que je l’écoute attentivement. Je n’étais pas là pour fuir, je voulais comprendre tout un tas de choses maintenant que j’étais dedans jusqu’à l’os. Je ne pouvais reculer, juste savoir où je me positionnerais dans tout ce bordel. Car oui, pour moi rien n’était clair, c’était un vrai carnage.

    « Nos parents ? » oui cela m’avait surprise en effet. « Quels parents ? » Je lâchais un petit rire nerveux. « Excuse-moi, mais je n’ai pas eu le même parcours que toi, j’ai été élevé en tant qu’humaine, je ne connais donc pas grand-chose et en plus ça a été un enfer, sans jeu de mot. » Je fis de nouveau une pause. « Mon pouvoir ? Je ne peux pas nier ne pas me sentir puissante, pour autant, je le sens aussi puiser en moi, dans ma force et considérablement m’affaiblir. Je ne connais pas la maîtrise… si ce n’est de le contenir en moi. » C’était vrai, j’arrivais beaucoup plus à le retenir qu’à le maîtriser réellement une fois sortie. Je me lève en soupirant et pose la serviette sur le radiateur. « Ne m’appelle pas comme ça… » Je ne me retourne pas mais regarde mes paumes de main. « Et tu te trompes, j’aime mes flammes. Elles font parties de moi… »
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 21:39

    Je brossais pour l'instant Aliénor dans le sens du poil, n'osant pas pour l'instant la brusquer frontalement pour lui arracher une réponse. Les choses viendraient bientôt d'elles mêmes, mais en attendant je devais continuer d'entretenir le dialogue et la curiosité de l'autre, si je voulais emporter la décision d'un recrutement réussi. Quoiqu'il en soit, nous parlons étrangement de tout sauf de notre situation actuelle, comme si elle même ne voulait pas penser aux problèmes qui étaient assurémment les siens. Et aussi, comme si moi même je ne voulais pas y faire face. Dans tous les cas, c'est râpé. On ne veut pas se confronter à cette vérité absurde et dangereuse, pas maintenant. La préparation est requise, pour faire, pour affronter, quelque chose d'aussi compliqué. Bouleversements existentiels, voilà ce que nous avons vécu hier. Dans le fond, c'est bien du temps que je désire gagner. Du temps pour me poser et pour réfléchir, pour oser ne serait ce qu'affronter la vérité en face. Il en va sûrement de même pour Aliénor, même si sa vérité à elle est bien plus relâchée que la mienne. Ce n'est pas la brunette qui s'est vue du jour au lendemain privée de son travail, de sa maison, de son véhicule, de toute une vie. Fausse, bien sûr. Je l'avais toujours su, je l'avais toujours accepté. Mais il n'en restait pas moi que cet arrachage était brutal et dévastateur. J'étais seule et désemparée. Pourtant, je n'en montrais rien. Je suis une semie démone dont les péchés trop flagrants me valent d'être honnie par les Hommes. J'accepte cela. Mais j'ai malgré tout besoin d'un temps de réflexion, d'adaptation, à la rigueur de cette nouvelle vie. Il faut que je progresse. Indéniablement. Il faut que j'avance. Et pour cela, j'ai besoin d'Aliénor. Bien plus qu'elle ne pense, et bien plus que je n'aurais pu moi même le concevoir.


    Une ombre passe sur le visage de la jolie jeune femme. Je ne sais pas ce qu'elle a vécu. Mais comme tous les représentants de notre espèce, elle est marquée au fer rouge par sa propre expérience. La fille se demande sans doute si, comme moi, son existence n'est plus présente mais passée, et qu'elle devra subir elle aussi cette transformation forcée de ses habitudes. Finalement, après un long silence, ma « soeur » reprend la parole, souriant doucement comme pour se rattraper, rassénérée après un calcul qu'elle a fait de son côté. Là, par contre, elle m'intéressait.



    | Tu vas devoir me raconter ton histoire. Même si tu es quelqu'un de discret, et donc que cet événement signifie que tu as perdu le contrôle... Ou vécu une grave menace. Ce qui va souvent de paire, pour nous. |


    Parler des incidents de la veille nous ancrait d'un coup bien plus dans le réel que tout le reste. Sans Aliénor, je serais peut être morte. Et sans mes propres pouvoirs, nous serions probablement tous morts sans mes créatures pour retenir et meurtrir l'ennemi. Deux fois dans la même journée, j'avais dû user de mon pouvoir en puisant dans ma puissance. C'était fatigant. Aliénor me confirme qu'elle considère effectivement l'Humanité comme différente, jouant de ses propres peurs pour survivre. Je ne peux qu'acquiescer à ses paroles, ce que je fis d'un simple signe de tête. Elle parlait à nouveau de Mc Borough, j'en étais sûr.


    | J'ai besoin aussi, que tu me parles un petit peu plus de Mc Borough et des termes de votre petit arrangement. |


    Celui ci m'excédait, parce qu'il avait eu un coup d'avance sur moi que je n'avais pas anticipé, que je n'avais pas vu venir une seule seconde. Il m'avait pris au dépourvu. Si ça se trouvait, c'était à dessein qu'il avait essayé de me pousser à me révéler la veille. Dans ces cas là, il ne devait pas être déçu... même si ça avait tué des tas de gens. Je prenais en compte une nouvelle mesure de mon ennemi que j'ignorais jusque là, et qui ne me plaisait pas le moins du monde. Aliénor fait part de sa surprise quand je parle de nos parents. Elle ne comprend pas. Elevée en tant qu'humaine. Sa mère a donc su garder le secret de sa nature, et sans contact avec les siens pour lui expliquer tout ça... Je prends un ton paternaliste avec elle. J'ai plus d'expérience et nous le savons toutes les deux ; je peux l'aider bien plus que ce à quoi elle s'attend.


    | Commençons par le début. Nos parents, oui. Les démons. Tu n'as pas suivi les nouvelles pendant les Années Sanglantes ? Caim, Lilith... Ils étaient les deux présents, qui s'affrontaient du fait d'une rancune millénaire, mais il y en a bien d'autres. Nous naissons dans la souffrance. Ta mère biologique -je ne sais pas si c'est elle qui t'as élevée- a couché avec un démon ayant pris figure humaine. Il lui a laissé sa semence. Souvent, au cours d'un viol brutal. Et tu es venue ensuite. Nous venons au monde de cette façon. Cela ne signifie pas que nous sommes des monstres. Juste que nous n'appartenons pas vraiment à ce monde-ci. C''est beaucoup à avaler en une seule fois, je m'en excuse. Mais c'est la vérité. Et pour ton pouvoir, c'est parce que tu le réfrènes, que tu le caches, que tu manques de maîtrise. Plus tu l'utiliseras, et plus tu seras forte. Crois moi. Je peux t'apprendre, si tu veux. Si tu es prête à t'accepter pour ce que tu es. En tous cas, pas une humaine. |


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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Lun 17 Fév - 12:46

    Hj:
     

    J’étais certaine que mon voile sombre passager pouvait être perçu par la femme en face de moi. Mais quand ça me prenait, je ne pouvais rien cacher. Rester impassible à mes souvenirs était bien difficile. Et puis, tout le monde avait ses parts de secrets, de souffrance cachée que l’on ne veut étaler au grand jour. Je ne l’avais même pas fait pour Tim, alors le ferais-je ici-même ? Absolument pas. Ce pourquoi sa phrase se perdit un peu dans mes pensées. J’aurais pu rire, un rire nerveux, mais tout restait figé alors que je comprenais qu’elle était sérieuse. Le fait qu’elle me dise cela presque sous forme d’un ordre me laissa presque perplexe. Je ne pouvais pas m’ouvrir à elle comme si je la connaissais depuis longtemps. Ce nétait pas le cas. Savait-elle au moins que c’était un refus catégorique de ma part ? Le sentait-elle venir ou avait-elle tenté sa chance ? Dans tous les cas, c’était très clair dans ma tête, je n’allais pas lui parler de ce qui m’avait brisé. Je laissais paraître que cela ne m’affectait pas, que ces paroles me glissaient comme de l’eau sur la roche. Pas aussi difficile, ne le faisais-je pas depuis si longtemps ?

    « Alors là tu peux rêver, c’est pas parce que tu m’as possiblement sorti de l’enfer, même si en soit j’aurais très bien pu rester dans mes flammes, que je vais te débiter tout ce qui m’appartient. On se connait depuis quoi ? Quelques heures à peine, et tu restes toujours une inconnue à mes yeux. Une inconnue qui veut forger une armée et qui fera tout pour le faire. Ai-je tort ? » Je fis une pause avant d’ajouter. « Alors comment puis-je savoir que tout ce que tu dis est sincère ou même comment puis-je te faire confiance ? Je pourrais très bien être une pièce de l’échiquier, un pion en somme. Tu devrais savoir aussi que je ne donne pas ma confiance à n’importe qui, voire à personne d’ailleurs, quand bien même tu me considère comme ta ‘sœur’. » J’insistais sur le dernier mot volontairement, histoire qu’elle comprenne comment tout cela ne m’affectait pas finalement. Comment cela se pourrait ? « Nous ne le sommes pas. »

    Je n’avais pas un problème contre elle, disons que c’était plutôt sur toute cette espèce. J’avais vécue seule, m’en était sortie seule, et j’en avais rien à faire depuis le début de nos pères où je ne sais quoi d’autres, ni même des autres comme nous. Pour moi nous n’étions pas une famille, et si elle le considérait ainsi, nous allions avoir un problème de divergence extrême. Elle était déjà chanceuse que je l’ai suivi et soit restée ici-même. J’aurais pu rentrer chez moi, mais je ne voulais pas louper une occasion d’en savoir plus. Par les temps qui couraient, il fallait que je m’informe davantage pour que je puisse me préparer. Changer peut-être ma vision des choses après des voiles levés, des questions résolues. Et pour le moment, elle voulait que je lui parle de Philipp. J’avais l’impression qu’elle n’avait pas tout à fait compris… Je soufflais.

    « Nous n’avons pas d’arrangement. Il m’a laissé le temps de choisir sauf que depuis je ne le recroise plus. Il voulait juste des informations concernant les semi-démons, sauf que je ne suis pas l’informatrice idéale puisque je ne suis pas dans le ‘système’. Mais même ça, il s’en fichait. Il doit proposer cela à tous les semi-démons qu’il trouve. Je me demande d’ailleurs comment il fait, et comment toi tu as pu passer à côté. Pas de doutes possibles dans ton entourage ? Il faudra te méfier, même si je ne doute pas de tes capacités. Infiltrer la PES c’est pas rien… »

    On ne pouvait pas appeler cela comme des compliments envers la jeune femme, c’était plus des constatations. Jamais je n’aurais voulu faire cela, d’autant plus que je ne contrôlais pas mon pouvoir. Elle, elle avait l’air de bien le contrôler, ce qui était totalement différent finalement. Moi, je devais toujours garder un self control, et c’était juste épuisant. Je m’étais relevée pour poser ma serviette sur le radiateur, lui confirmer par la même occasion que nous étions différentes mais que je ne reniais pas pour autant mon pouvoir. Disons que nous n’avions pas la même vision des choses de par notre expérience. C’est là qu’elle commence un récit pour m’expliquer ce dont je n’ai pas connaissance. C’est vrai, on pourrait dire que je n’étais qu’une enfant, un nourrisson pour être plus exacte, dans ce monde chaotique. Je souriais, faussement, alors qu’elle me demandait si j’avais suivi les nouvelles. Non pas vraiment. J’avais suivi le nombre de morts, le nombre de jour avant qu’enfin tout cela ne s’arrête… pour un temps. Oui car une autre guerre pourrait très bien éclater. Il y en avait une déjà qui se réveillait peu à peu, profonde mais qui pouvait s’avérer puissante. De toute façon, la paix n’était qu’illusion, je savais qu’il y avait des endroits où les dits lois n’étaient pas respectées. Mais il fallait savoir aussi rester à sa place. Je n’étais pas du genre stupide et fonceuse, j’étais un tant soit peu réfléchie, et je ne participais pas à quelque chose qui ne m’intéressait pas ou ne me concernait pas. Pour ce qui était de mes origines, il fallait encore y travailler, pour seulement savoir si tout cela m’intéressait. Je l’écoutais alors que je m’étais retournée, posant mon dos sur le mur et profitant de la chaleur du radiateur.

    « Je savais depuis bien longtemps que ma mère avait été violée. J’étais encore très jeune quand j’ai compris que je n’aurais rien d’elle, ni d’amour ni de la moindre affection que ce soit. Je ne me suis pas considéré comme un monstre puisque je ne savais pas pour mon don. C’est arrivé bien plus tard… » Je fis une pause, avant que mon regard ne parcoure vaguement la pièce. « Crois-moi, ce que tu dis là est facile à digérer. » Oui c’était vrai, j’avais déjà bien eu du mal à tout gober de la bouche de Dominic, alors ce qu’elle me révélait-là était rien du tout, minime en fait. « Ca éclairci quelques points dans ma tête. » Je lâchais un rire nerveux que j’étouffais ensuite, marchant quelques pas vers Pandore. « Parce que tu crois peut-être que j’ai eu de l’aide pour ça ? N’est-ce pas aux parents d’apprendre à leur enfant ? » Ton ironique bien entendu et je continuais sur le sarcasme. « Oui c’est vrai, je pourrais me balader nue couverte de flammes, personne ne me prendrait pour cible. » Je fis une pause, et je devins plus sérieuse. « Sauf que c’est mon humanité qui m’a permis d’avancer. Vous ne m’avez apporté aucune aide, et je me demande encore ce que vous pouvez m’apporter. » J’entendais le ‘vous’ comme toutes personne semi-démone, en plus de nos parents que je ne considérais pas ainsi. Je ne m’emportais pas, disons que j’avais dû mal que d’un coup on me demande d’appartenir à un groupe que je ne connaissais pas et qui n’avait pas eu un seul regard pour moi. Comment leur faire confiance ? Moi ? Qui avait un gros problème de ce côté…
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Jeu 27 Fév - 12:04

    Avais je l'air autant aux abois ? Je n'en savais rien. Je ne voulais pas quémander, je ne voulais pas en attendre trop et le montrer. Je ne voulais pas que les choses aient l'air de trop tourner à mon désavantage. Toujours paraître fort et digne, comme ces royaux personnages des séries et des films, des romans et des histoires. Forts dans l'adversité, inébranlables. Le vent va tourner. Le vent tourne toujours. Avant, je vivais une existence solitaire, avide de découvrir la vie et de transgresser toutes les limites. Puis étaient venues toutes ces révélations, et les carnages terribles des Années Sanglantes. Il m'avait fallu un temps absolument énorme pour m'en sortir,une énergie de tous les diables pour survivre. C'était terrible et compliqué, mais j'avais alors atteint l'apogée de mon pouvoir, capable de soumettre à ma volonté de véritables hordes de cadavres ambulants. Mes pouvoirs continuaient d'augmenter depuis, sans discontinuer. C'était une bonne chose, et j'étais toujours plus puissante. Mais en parallèle, la stabilité de ma situation avait chuté. Il était clair pour moi que je ne pouvais pas me dire que je pouvais abandonner ou renoncer après la perte de tout ce que je possédais. Il me restait toujours ma nature et mon pouvoir. Ce n'était rien comparé à ce que je vivais un peu plus tôt dans la semaine avec une position idéale et une existence matérielle, mais j'avais largement de quoi rebondir. Le vent tourne, Pandore. Le vent tourne toujours. Je suis ici face à une semie démone qui découvre encore la puissance qui est la sienne, mais qui pourra se l'arroger dans un délai relativement court si elle se montre suffisamment ouverte. Je dois la convaincre. Cela ne remplacera pas tout de suite tout ce que j'ai perdu, mais cela serait déjà un bon point de départ. Après tout, les choses ne peuvent aller qu'en s'améliorant maintenant... Du moins j'ose l'espérer. Je ne sais pas si je vais parvenir à la décider, cela dit. Je suis fatiguée et j'essaie de repousser le choc subi, et en sus je ne sais pas trop qui elle est ni ce qu'elle fait. Il est totalement hors de question que laisse passer ma chance, mais je reste pragmatique. Un semi démon est comme un coffre dont la clé est son passé, son vécu familial et celui de son pouvoir, son rapport aux autres. Sans ces informations quand bien même elles seraient brèves, j'aurais toutes les peines du monde à passer outre la serrure du coffre. Je la voyais déjà se fermer.


    Et le pire, c'était qu'elle m'envoie sur les roses sans prendre de gants. Je soupirais en hochant la tête doucement, en signe de dénégation et de lassitude. Voilà ce que je disais, sur les secrets propres aux représentants de notre espèce... Elle n'y va pas de main morte, Aliénor. Je connais sa nature suspicieuse, prudente, paranoïaque. Aucun semi démon ne survit sans ce qui est une qualité pour nous. Je relève un regard des plus sérieux vers le sien, le soutenant sans faillir un seul instant.



    | Tu te trompes. Que tu le veuilles ou non, nous sommes sœurs. Cela ne signifie pas que nous devons éprouver de l'amour ou de l'amitié, mais nous sommes liées par ce que nous sommes. Oui, tu aurais peut être pu t'en sortir. Mais les morts s'en seraient pris à toi, te déchiquetant hors de contrôle alors que les flammes les ravagent. Et tu n'es pas à l'épreuve des balles. Je ne réclame pas une confiance aveugle, mais tu as pourtant en main les éléments qui pourraient te conforter. Ton pouvoir bat le mien, ici, et tu connais mon identité et ce que j'ai fait. |


    Je lui donnais des armes suffisantes pour me détruire, en particulier si elle était liée à Mc Borough comme elle m'avait prévenue. Dans ce cas, difficile pour elle de partir sur de meilleures bases que celles que je lui offrais. Mais dans le fond, on s'en fichait bien. Le but était qu'elle comprenne que j'étais sincère sans être en position de force, ce qui fondamentalement parlant bouleversait totalement la situation. Je comprenais cependant que si la jeune démone n'arrivait pas à un type de conclusions qui lui permettrait de me comprendre, les évènements allaient tourner court et j'allais devoir me débrouiller par moi même pour m'en tirer en un seul morceau. Je n'aimais son impatience, que je prenais pour de l'irrespect. J'hochais la tête à ses paroles.


    | Je me méfie toujours, inutile de me le demander. Mc Borough se perdra lui même au jeu des complicités. Et non, ce n'est pas rien. Mais la ruse a été éventée, par pur hasard en plus. Ce sont des choses qui arrivent. J'ai pu m'en tirer indemne, et c'est là le principal. Il y a des atouts qu'on ne peut garder indéfiniment dans sa manche. |


    cela dit, je ne restais pas peu fière de ce que j'avais accompli pour me permettre de rejoindre la PES. J'avais fait les sacrifices nécessaires, nombreux et récurrents, et cela m'avait aussi permis de surpasser ma prudence habituelle par une vigilance de tous les instants. Autant dire que les choses auraient sans doute pu mieux se dérouler, mais j'en retirais tout de même un certain nombre d'avantages, de bénéfices. Que ce soit sur l'organisation de la brigade, sur ses personnalités, sur son mode de fonctionnement interne, sur ses rapports avec les autres structures gouvernementales... Oui, je n'avais pas perdu mon temps là bas, même si ce genre d'informations ne serait pas immédiatement mobilisable. La fille cherche la chaleur du radiateur ; je constate que ses flammes lui manquent déjà, ce que j'interpréte comme un signe très positif. Si son pouvoir lui manque, c'est qu'elle commence à beaucoup tirer dessus, à le faire grandir et à intégrer celui ci comme une part d'elle même au niveau psychologique. C'est bien, c'est cool. Elle s'approprie ce qu'elle est. Aliénor me confirme qu'elle sait pour le viol de sa mère, et comme beaucoup son existence avait été durablement impactée par celle ci. Elle s'était quand même construit une identité vachement négative.


    | Non, ton parcours ressemble à celui de la majorité de nos congénères. On n'apprend jamais avec quelqu'un, en tous cas pas au début. Nous sommes seuls pour gérer avant d'en rencontrer d'autres. Comment aurions nous pu t'aider sans te connaître ? Tu ne peux pas nous reprocher cela. Nous pouvons t'aider en t'apprenant à contrôler ton pouvoir, à l'augmenter, à l'accepter. Continuer de vivre ainsi te rendra folle et te tuera plus sûrement encore que les dangers de notre voie. Mais je ne t'oblige pas. Tu ne m'apprécies ni ne ressens de la confiance envers moi. Je ne t'en veux pas. Cela m'a pris énormément de temps d'accepter que je pouvais faire partie d'un groupe de gens comme moi. Si faire partie de ce genre d'initiatives ne te tente pas, pars, rentres chez toi. Retournes à ton existence. Mais lorsque l'ennemi frappera à ta porte pour te capturer et te détruire, tu n'auras pas oublié ma proposition. Mc Borough ne te lâchera plus, maintenant. |
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Jeu 13 Mar - 21:43

    J’étais franche, directe et elle pouvait penser que j’étais sans concession, campant sur mes positions sans jamais me remettre en question ou bien revoir différemment une certaine situation. J’aurais pu l’énerver à être autant sur la défensive voire complètement offensive à certain moment. Ce n’était pas mon intention que de la braquer, mais il fallait qu’elle sache que ça n’allait pas se faire du jour au lendemain. J’avais vécue seule durant un moment, et même si je m’étais ouverte récemment à quelqu’un, cela ne m’ouvrait pas pour autant et ne me faisait pas changer du tout au tout. Je gardais un certains caractère, cette méfiance toujours ancré en moi alors que oui, nous étions du même sang. Je ne supportais pas qu’elle nous appelle sœur car cela faisait un rapprochement trop intense. Surtout que je ne la verrais jamais comme tel, c’était une certitude. Je voulais que tout soit clair entre nous, peut-être ne démarrerais-je pas doucement, ni même ne m’exprimais pas comme il le fallait, mais au moins j’avais le mérite d’être directe et pour le moins assez clair. Je voulais voir aussi ce qu’elle avait derrière la tête, si elle me considérait comme une vulgaire personne comme une autre, un pion en somme, ou si je pouvais me sentir à l’aise parmi ce qu’on pourrait appeler les miens. Je ne changerais pas, c’était certain, mais je pouvais évoluer. Ca je l’avais prouvé avec Tim, notamment.

    Je l’entends soupirer et je comprends parfaitement qu’elle commence à se lasser. J’imaginais bien de quoi, j’étais parfois un enfer à vivre, c’était indéniable, seulement ma vie était chamboulée à présent et je ne m’y étais pas encore fait. C’était désormais à mon tour de soupirer alors que j’entendais de nouveau ses paroles.

    « Je ne te considèrerais jamais comme ma sœur, alors si on pouvait arrêter cette espèce de retrouvaille familiale ce serait parfait. Si c’est un espèce de plan pour t’avoir à tes côtés, saches que ça ne fait que me rebuter. Je le sais que nous sommes de la même espèce, pour autant, il y a un nombre incalculable de démons. » Ceci pour lui faire comprendre que nous n’étions peut-être même pas sœur. Oui, je bloquais là-dessus, mais le seul dans ma famille à qui je tenais vraiment s’avérait être Nath. Quand bien même il était mon demi-frère. « Je suis loin d’être idiote, je me serais pas terrer dans mon coin, j’aurais pu prendre un tout autre chemin que toi-même n’aurais pu emprunter. Mais je m’en fiche, disons que nous sommes quitte. Et je n’ai pas l’âme d’une meurtrière, tu quitteras cette hôtel en vie. »

    Je l’avais sauvée sans le vouloir, c’était sous le coup de l’impulsivité, et elle m’avait extirpé de là alors que j’étais en plein blocage sur la situation. Il fallait dire qu’on ne vivait pas ce genre d’événement tous les jours. Et pour la première fois, j’avais pu utiliser mon pouvoir pour aider les gens autour de nous. Je ne l’aurais pas fait si le rassemblement n’était pas que des semi-démons. Au final, je ne savais même pas qui en était sortie indemne. Je ne les connaissais pas, mais si tout le monde avait succombé, j’imaginais mal nous rassembler pour échafauder un quelconque plan. Une minorité reste une minorité, même avec des pouvoirs. C’était vrai que je me sentais plus à l’aise avec elle que je ne l’aurais été avec Maryana. Pandore ne pouvait se servir de son pouvoir si résidait des cadavres, hors ici il n’y en avait aucun. Alors que le mien pouvait se présenter à tout instant, tout comme celui de Maryana. Je voulais juste pouvoir me poser, dormir encore un peu car j’avais l’impression d’être vider de mes forces encore actuellement.

    La discussion tourna autour de Mc Borough. J’avais le sentiment qu’elle prenait mal mes paroles alors que ce n’était en rien pour la rabaisser ou lui dire ce qu’elle devait faire. J’émettais seulement des doutes et des avis, parlant à haute voix. Je ne pouvais faire autrement, c’était bien malgré moi.

    « Encore une fois, je ne remets pas tes compétences en cause. Je crois qu’il va falloir mieux se connaître pour pouvoir mieux se comprendre. Et cela ne se fera pas en une matinée… »

    Oui, parce que j’aimais savoir à qui j’avais à faire, même si j’avais eu un bref aperçu à la réunion. Je ne voulais pas non plus me retrouver enchainer à quelque chose que je ne souhaitais pas et à me sentir bloqué avec aucune issue possible. Sauf qu’à présent, je me sentais véritablement emprisonner. Mes pensées vagabondent une nouvelle fois et mes mains cherchent la chaleur tout comme mes jambes alors que je me rapproche du radiateur, faisant face à Pandore que j’observe alors qu’elle parle de nouveau. Elle m’affirme que tous semi-démon à un parcours presque comme le mien, chose que je ne comprends pas sauf si elle parlait du viol en lui-même. Notre histoire nous appartenait, et elle n’était jamais identique d’un être à un autre, que l’on soit du même sang ou non d’ailleurs. Mais je comprenais ce qu’elle voulait dire, nous naissions seule, maître de nous-même alors que notre entourage avait rarement la réponse à nos questions. J’avais eu Dom, en effet, pour m’expliquer pas mal de chose, mais très peu sur les semi-démons. Tout ça parce qu’il ignorait que je faisais partie d’eux.

    « Je ne reproche rien, seulement le fait de croire que du jour au lendemain je puisse tout à coup être de votre côté, dans votre clan que vous constituez. Mais je ne suis pas pour le moins catégorique. Je sais ce qu’il se passe. J’entends des choses, travailler dans un bar est beaucoup plus efficace que d’écouter les infos, crois-moi. » Je laissais échapper un rire nerveux qui s’étouffa dans ma bouche. « J’ai conscience que je suis dans la ligne de mire de ce Mc Borough et comme je te l’ai déjà dit, je sais aussi tout ce qu’il se passe dans l’obscurité. La paix n’est qu’un bout de papier, il y a déjà eu des révoltes et ça ne fera que s’aggraver. Notre condition également qui n’est pas une fin. » Je me redresse et avance quelques pas vers elle pour plonger mon regard dans le sien. « Je suis curieuse de voir si je peux trouver ma place, et si toi-même tu es passé par là, tu pourras comprendre que je ne vais pas prendre ma décision d’ici quelques minutes... » Je fis une pause. « Commençons par un peu d’entrainement. » Un fin sourire étira mes lèvres, alors que depuis tout à l’heure j’avais réfléchi à sa proposition pour m’aider à canaliser mon pouvoir. Depuis le temps que j’essayais moi-même de faire quelque chose, je pouvais au moins lui donner sa chance, lui donner la chance d’essayer et peut-être que cela nous fera avancer l’une et l’autre. Si elle voulait précipiter les choses, alors je n’avais rien à faire avec elle, ni avec eux. Il me fallait des étapes qui m’étaient plus que nécessaire, j’espérais qu’elle puisse en avoir conscience et que de ce fait, elle comprendrait aussi que la non sympathie qu’elle ressentait envers moi n’était en fait que le reflet de cette carapace forgé depuis tant d’années.
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Mer 19 Mar - 16:36

J'essayais de lui faire peur en lui racontant la vérité, ce qui devait marcher selon toute logique... mais je faisais apparemment choux gras jusqu'à maintenant. Parce que la jeune femme ne semblait pas rejoindre mon avis, parce qu'elle ne semblait pas vouloir comprendre les implications de tout ce que je pouvais lui dire... Cela importait peu, d'un certain côté. Mais l'acquérir à notre cause me semblait pourtant important, comme si cette guerre qui se profilait ne saurait être gagnée si je ne l'amenais pas dans mon camp. Peut être avait elle tout simplement peur, peur de ce futur dérangeant, ce cette complexité dans notre existence et de ce danger permanent qui nous menaçait depuis maintenant des années ? Sans doute. Seuls les fous n'ont jamais peur. J'étais moi même par moments terrifiée, lorsque j'avais approché la Reine des Vampires en personne. Mais il arrivait toujours un moment dans l'existence où l'on se devait d'avancer, où l'on se devait de passer outre ces sentiments bassement humains pour avancer pour de bon. Pour ne pas vivre terré, pour ne pas passer son temps à rater des occasions. Je ne savais pas ce qu'avait cette fille. Après la journée comme celle d'hier, elle doutait encore de son attachement à notre cause ? N'avait elle pas compris les implications de son rôle dans toute cette histoire, les conséquences de ses actions et notamment celles qui l'avaient rapprochée de Mc Borough, ce connard impénitent ? Aliénor est peu coopérative et étrangement cela ne me fait pas encore lâcher prise ; je mords d'abord plus fort avant de laisser tomber. Toujours. Déjà, elle me rembarre. Bon. Passons sur le fait qu'elle est plus ma sœur quelque part que la propre fille de sa mère ; elle a bien plus à voir avec moi qu'elle n'aura jamais de points communs aussi élaborés et aussi complets avec sa mère. Je levais les mains en signe d'apaisement, en signe de reddition.


| Très bien, penses ce que tu veux. Nous ne sommes pas sœurs. Il n'empêche que j'ai bien plus de points communs avec toi que tu ne peux l'imaginer. Bien plus que ta propre mère, ou que n'importe quelle autre personne proche de ton existence. Savent ils ce que tu es ? Ont ils conscience de ce que cela nous fait d'avoir le pouvoir... Et de vouloir s'en servir. Tu dois l'avoir senti, toi aussi. Ce moment grisant juste avant d'en user, juste avant de montrer ce que tu vaux. Plus tu utiliseras ton pouvoir, et plus cette sensation sera forte. Pour le reste... Tant mieux. Je tiens à la vie, même si mon pouvoir ne s'évoque que dans la mort. |


J'espérais créer un lien, tendre une passerelle entre nous deux. Je savais que ce n'était pas gagné ; nous n'avions de toute évidence absolument pas le même rapport à notre pouvoir et à notre volonté de vivre. Nous n'avions pas non plus le même rapport avec ce que nous étions au fond de nous mêmes. Je savais fort bien que je ne pouvais pas être son amie, et je n'étais pas sûre qu'elle veuille véritablement d'un mentor. Je pensais qu'elle avait besoin bien évidemment d'être un peu mieux guidée sur le chemin du Chaos, mais elle était déjà puissante. Dommage qu'elle ne se serve de son pouvoir que pour se protèger, uniquement en cas d'extrême urgence. Elle pourrait faire tellement plus avec une volonté plus solide, plus inébranlable. Il fallait qu'elle quitte cette enveloppe fragile qui était toujours la sienne. Il fallait qu'elle se libère des entraves de l'humanité, de sa propre mortalité. Elle valait plus que ça. Pour le reste, elle avait raison. J'expirais doucement, me forçant à me calmer. Je me sentais à fleur de peau et terriblement lasse. Je me massais le front en le touchant du bout de mes doigts.


| Oui, c'est vrai. Pardonnes moi. Nous avons tous eu une mauvaise journée, hier. Et moi, je n'ai plus rien désormais. Plus rien à part mon pouvoir. Il faut encore que je me fasse à cette idée. |


Ce qui était plus que vrai, bien entendu. J'avais toujours vécu dans un certain confort. Là, je n'avais plus rien qui puisse me permettre de vivre, et j'allais bientôt être traquée. La fin d'une vie, le début d'une nouvelle. Que d'instabilité... je ne comprenais pas vraiment où elle voulait en venir ensuite. Elle semble lucide pour l'avenir, je comprends donc de moins en moins d'où lui vient la retenue de se battre auprès des siens. N'a t'elle donc aucun sens de la loyauté ? Je ne savais pas vraiment si je voulais perdre autant de temps avec elle. Je la dévisageais donc, avant de finalement me relever pour lui faire face.


| Soit. Mais j'espère que tu n'auras pas à regretter tout ce temps que tu auras perdu à te poser des questions. |


Je réfléchissais rapidement, avant de me rendre compte que je ne savais rien sur son pouvoir et son degré de maîtrise.


| J'ai besoin que tu m'en dises plus sur toi. Qu'arrives tu à faire de ton pouvoir, où quand comment, combien de temps, à quelle distance, dans quelles circonstances? |
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Lun 31 Mar - 17:14

    Nous avions des points communs ? A part el fait que nous étions toutes deux à moitié humaine et que nous possédions un pouvoir, je ne voyais pas de quoi d’autres elle parlait. Ca m’irritait un peu que l’on puisse me dire qu’on avait le même parcours. Absolument pas, et je camperais sur ses positions autant de fois qu’il le faudrait. Autant de fois je la contrerais au mot sœur qu’elle prononçait à chaque fois. Il fallait qu’elle arrête avec ça, c’était une secte son regroupement ou voulait-elle parler sérieusement ? Je bouillonnais intérieurement en vérité, mais je me contrôlais, parce que dans un sens je ne voulais pas non plus lui faire part d’un non vindicatif. Je ne pouvais pas me le permettre dans l’immédiat. Cela faisait longtemps que j’essayais d’avoir une vie normale, et Tim m’avait donné la preuve que je ne pourrais jamais l’avoir. Je devais réfléchir, mais je ne voulais pas non plus sauter à pieds joints dans quelque chose qui m’était encore inconnu. D’accord, elle m‘avait fait part de son désir d’un rassemblement commun entre les sémi-démons, et la suite ? Si c’était pour tous nous mettre en danger de mort et que cela nous tu tous en même temps, ce n’était pas nécessaire que je me décarcasse à y réfléchir sérieusement. Je m’exprimais peut-être mal, mais c’était ce que je pensais et je ne savais guère si elle l’avait compris. Pour le moment, j’étais encore sur la défensive, car je n’aimais pas qu’on s’introduise dans ma vie privé et qu’elle s’octroie le droit d’être ma sœur. Je ne la verrais jamais ainsi.

    Elle avait capitulé, ou du moins je le compris comme ça. Je voulais qu’elle comprenne mon point de vue, mais disons que l’inverse me passait au-dessus également. Qu’elle m’appelle seulement par mon prénom et ça serait bien mieux. Le seul frère qui n’est jamais compté n’était pas à mes côtés. C’était peut-être aussi pour ça que cela m’irritait autant. Mais ce n’était pas quelque chose dont je pouvais parler avec elle.
    J’eu un léger rire, faux alors qu’elle me sortait encore ses belles phrases que j’appréciais tant…

    « Tu as raison concernant ma mère, mais tu ne sais rien du reste. Je ne suis pas niaise, je sais que nous sommes de la même espèce, que nous pouvons nous comprendre de par notre pouvoir et les sensations liées à lui. Mais pour ce qui est des autres émotions, cela n’a rien à voir. »

    Je pensais à Nath alors qu’elle me demandait si quelqu’un de ma famille savait. Oui, lui savait ce que j’étais, mais nous nous n’étions pas revu depuis et je ne savais donc pas ce qu’il en pensait. Mais c’était un sujet qu’il fallait vite oublier. Jamais elle ne parviendrait à avoir d’information le concernant. Elle se heurterait encore plus à un mur. Je n’étais pas bien difficile, j’étais juste bien compliquée et toute la situation, soudaine qui plus est, n’arrangeait pas les choses. Je ne m’étais jamais posée la question de rejoindre ou non un groupe, j’avais décidé que tout ça ne me concernait pas, et là il fallait que je fasse autrement, que je pense autrement. Difficile au premier entretien.
    Son soupire me fit redescendre sur terre, quittant mes pensées pour constater qu’elle semblait se détendre un peu. Je pensais qu’elle l’était déjà, en tout cas plus que moi.

    « Et je pense que tout n’est pas encore bien reposé. Pas dans ma tête en tout cas. » ajoutai-je brièvement avant de revenir sur un autre sujet qu’elle avait énoncé. « Tu vas rester à l’hôtel ? » Je m’arrêtais avant de faire n’importe quoi et de lui proposer par inadvertance de séjourné dans mon canapé le temps qu’elle trouve un autre moyen. Je m’en sentais pas encore prête ni même en confiance totale. J’avais l’impression d’être avec cette vampire avec qui je faisais quelques soirées. Ça ne nous empêchait pas de parler, mais la confiance n’était en rien le pilier de cette relation.
    Elle me fit face alors qu’elle semblait me dévisager. Mes paroles l’avaient peut-être un peu perdue. Ca ne m’aurait pas étonnée, puisque je n’étais pas encore certaine de ma position. Tout était chamboulé, et il faudrait plus de quelques heures pour que je puisse faire le tri de tout ce bordel. Je soutins son regard, alors que sa phrase me parut presque… absurde.

    « Ne t’en fait pas, ça fait bien longtemps que je n’attends plus de réponses à mes questions. J’ai abandonné depuis longtemps parce que je n’avais personne vers qui me tourner. Tu vas aussi me reprocher cela ? Je suis désolée d’avoir avancé sur un autre chemin que celui que tu aurais souhaité. » Ton sarcastique, mais je n’étais pas restée longtemps dans l’ignorance, ou du moins j’avais fait avec. La guerre avait frappé et moi je n’avais que pour seul but à ce moment-là de rechercher corps et âme mon frère. C’était un des aspects manquant qu’elle avait et n’aurait sans doute pas l’information de suite.

    Nous dérivions complètement pour parler plus spécifiquement de mon pouvoir. Au final, j’avais l’impression que mon avancée dans la discussion était passée à l’as. Avait-elle bien compris que j’avais envie, non pas de sauter le pas, mais de commencer à avancer ? Ou alors était-ce le fait que justement je prenne des mesures pour éviter de m’enrôler définitivement sans vers quoi j’allais ? Je ne réfléchis pas davantage, me concentrant désormais à ses questions posées et en supposant qu’elle commençait à réfléchir pour cet entrainement. Un silence s’installa avant que je ne puisse lui fournir une réponse.

    « Ça peut aller d’une simple flamme dans la main à tout mon corps. J’ai réussi une fois à flamber une pièce entière, comme une espèce d’explosion mais c’était ma première fois alors je ne sais pas trop comment j’ai pu y arriver. » Si je le savais, mais passons. « La distance, je ne pratique pas assez, tout comme la durée. Je peux l’utiliser quand je veux, mais je ne peux pas l’avoir pendant des heures. Cela ne m’est encore jamais arrivé et c’est surtout parce que je ne le maîtrise pas et qu’il sort généralement d’un seul coup. Comme ce que tu as pu voir hier soir. » Je ne savais pas si ça répondait à ses questions, mais je ne pouvais pas lui fournir plus d’information puisque je m’entrainais rarement. Je l’avais fait pour maîtriser sa sortie, sa puissance également même si c’était encore aléatoire.
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Mar 1 Avr - 15:13

J'essayais de l'aider, vraiment, mais tous ces rejets à répétition ne me simplifiaient pas la vie, loin de là. En fait, c'était même tout l'inverse. Plus le temps passait et plus je me rendais compte que non seulement elle serait dure à convaincre, mais qu'en plus je n'avais aucune idée de mes chances de réussite à ce sujet d'ici la fin de cette conversation. Elle était vraiment totalement opposée à notre groupe, à notre espoir d'offrir un front commun contre tous nos ennemis. En fait, j'estimais qu'elle était même en guerre contre elle même, ce qui n'arrangeait rien. Je me doutais bien que jamais elle ne pourrait accepter l'idée même de nous rejoindre si elle n'était pas en mesure de s'accepter elle même. Autant dire que les choses m'apparaissaient comme étant courues d'avance. Et le pire était quand même que je savais fort bien que ce point de vue foutrement défaitiste était sans aucun doute dû au moins en partie au fait que je n'étais pas moi même au beau fixe dans ma tête, et que les problèmes se cumulant ma combativité s'en ressentait plus ou moins fortement. Plutôt plus que moins, d'ailleurs, selon toute vraisemblance. Je n'avais tout simplement pas vraiment envie de m'arracher pour gagner quelqu'un d'indécis à notre cause. Le jeu en valait il la chandelle ? Je n'en savais rien, et qui plus est il n'y avait rien de moins sûr que cela. Je pensais donc à plus ou moins brève échéance abandonner. Pas en laissant tout tomber, en lui laissant l'impression qu'elle aurait beaucoup plus à gagner à nous rejoindre qu'à continuer seule de son côté. Tâche ingrate et difficile que celle de rallier les points de vue, mais tâche néanmoins nécessaire. Son rire emprunt d'ironie me confortait dans l'idée que j'avais vraiment échoué auprès d'elle. Je soufflais. Quelle perte de temps... Mais aurais je mieux fait de tout de suite me mettre en quête d'un abris plus sûr, de moyens, de congénères affiliés à la cause ? Je n'en savais rien. Je n'allais pas tarder à le découvrir. La jeune femme semblait encore en train de se leurrer par rapport à l'expérience de son propre pouvoir. Tôt ou tard, elle succombera. C'était un fait. On ne peut aller à l'encontre de sa nature. Avez vous déjà vu des loups devenir végétarien ? L'image était assez évocatrice.


| Soit. Je te souhaite que l'avenir te conforte dans les idées qui sont tiennes. Mais je sais que tôt ou tard, tu risques de regretter d'avoir négligé ta propre nature. Tu te rappelleras ces paroles, quand la colère ou la tristesse te pousseront à la faute. |


J'étais persuadée que cela allait lui arriver. C'était d'une logique... Tous les semis démons connaissaient cela, à chaque instant. Et plus le recours à son pouvoir était fréquent, et plus notre nature semblait s'éveiller des profondeurs dans laquelle notre part d'Humanité l'avait au préalable enfouie. Elle me confirme n'avoir pas encore assimilé tout ce qui venait de se passer, me demandant ensuite si je comptais rester ici. Je soutenais son regard. Elle n'avait pas encore acquis les réflexes essentiels à sa survie. Ca viendrait, ou elle mourrait. Elle devait apprendre à réfléchir comme un semi démon, et plus comme un être humain. Ce qu'elle n'était pas, ce qu'elle ne serait jamais. Il n'y avait aucun espoir que les choses ne s'arrangent de ce côté là.


| Bien sûr que non, cet endroit est sûr dans un premier temps. Mais d'ici très peu de temps, les flics et la PES viendront le fouiller. Les flics ne sont pas totalement abrutis. Je vais devoir partir, et vite si je ne veux pas prendre de risques. |


L'idéal serait de ne laisser aucune trace, mais après une douche et une nuit de sommeil, j'avais dû laisser cheveux et autres traces de mon passage. Inutile de perdre trop de temps à essayer de faire en sorte que l'endroit soit le plus clean possible, je n'y arriverais probablement pas de toute manière. Je risquais de me faire prendre, et ça, ce serait vraiment le pire qui pourrait m'arriver. Autant l'éviter et mettre les voiles. De toute manière, mc Borough ne s'embarrasserait pas de preuves contre moi pour me faire condamner. En tant que semi démon, on me jetterait dans une cellule sécurisée afin de m'étuder. La fille continue dans son attitude de défiance. Franchement, est ce qu'elle croit que son ton peut m'atteindre ? Elle doit croire que j'attache une grande importance à son alliance et à sa vie. De fait, je m'en contrefiche. Je sais juste que sans nous, tôt ou tard, elle se fera prendre.


| Je ne te reproche rien ; chacun est libre de la voie qu'il emprunte. Tu ne veux pas de la nôtre ? Tant pis. Rien ne t'empêche de retourner à ta petite vie. Vas y donc. Je ferais de même de mon côté. |


Finalement, elle en vient à me parler de son pouvoir. Intéressant. Premier stade. Peu d'expérience, beaucoup de tâtonnements. Comme la majorité de nos adolescents, ou de nos adultes qui se refusaient à s'entraîner et à se perfectionner. Je finis par soupirer à nouveau, prendre mon manteau t mes quelques affaires que je remettais dans ma poche. Je me retournais vers elle, alors qu'un silence pesant s'était installé.


| Ecoutes, tout ça, c'est nouveau pour toi. Je ne force personne. Tu penses pouvoir vivre bien tranquille, terrée dans ton travail et ton appartement en niant la personne que tu es, c'est toi que ça regarde. Je ne suis pas ton géniteur, je n'ai rien à t'imposer. Si un jour, tu t'acceptes enfin et que tu veux franchir le pas qui te mèneras parmi les tiens, tu sais comment me trouver... Bonne chance, Aliénor. Tu en auras besoin. |


C'était vrai. Et bien sûr qu'elle savait comment me contacter. User de son pouvoir si fort que je le ressente de là où je serais. En attendant, nous étions libres. En ce qui me concernait, peut être plus pour longtemps. Pour elle non plus, si la brigade scientifique de la PES trouvait son ADN également. Je sortais, vérifiant qu'il n'y avait aucun flic qui se cachait à droite ou à gauche. Et j'appelais à moi mon pouvoir, pour éveiller l'intérêt de Maryana.
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MessageSujet: Re: House of Lies [Livre II - Terminé]   Dim 6 Avr - 12:58

    J’avais beau essayer, je ne la comprenais toujours pas. Je ne reniais pas ma nature, ce n’était pas parce que je me méfiais d’elle et du groupe que cela voulait dire que je n’acceptais pas ce que j’étais. J’avais tellement essayé d’être invisible durant toutes ses années que j’avais dû mal à prendre part à quelque chose. Je savais bien qu’elle se demandait dans quel côté du camp j’étais, sauf que je m’étais toujours considéré comme non concernée. Je ne souhaitais qu’une seule chose, retrouver mon frère qui m’était cher. Et pour ce faire, j’avais dû trouver un boulot, me fondre dans la masse pour pouvoir bouger librement. Sauf que Philipp m’avait trouvé, et ne l’aurait jamais fait si Dom n’était pas derrière tout ça. Je lui en voulais toujours d’ailleurs. D’accord ils étaient amis, mais pourquoi diable avait-il parlé de moi ? Philipp était loin d’être naïf, d’ailleurs il avait conscience de mon pouvoir, je l’avais déjà appelé une fois parce que je perdais le contrôle. Et pour quoi ? C’était une terrible erreur. Je le pensais très sournois, ce pourquoi j’évitais soigneusement de le confronter, pour mon propre bien. J’avais balancé l’information sur lui en plein assemblée hier soir et je ne me doutais pas que Pandore ne le savait absolument pas. En tout cas, je n’aurais point balancé l’information si j’étais déjà de son côté. L’avait-elle compris ?

    Je ne répliquais pas, trop las pour pouvoir le faire. J’avais l’impression qu’elle avait la science infuse, qu’elle ne comprenait pas mon point de vue. Peut-être m’exprimais-je mal, car je le savais, j’étais assez confuse depuis hier soir. Mais au moins avais-je essayé de lui expliquer mon point de vue, qu’elle ne comprenait pas de toute évidence…
    J’avais posé la mauvaise question apparemment, concernant le fait qu’elle reste ici ou non. J’avais oublié sa propre position, le fait que sa couverture avait été révélée, je ne savais pas à quel point mais là au moins j’étais certaine qu’elle était recherchée.

    « Je vais devoir faire encore plus profil bas… » soufflais-je à moi-même dans un murmure alors que j’inspirais profondément pour souffler.

    Par la suite, mon ton se faisait plus insistant, preuve de l’irritation qui montait en moi petit à petit. Et sa réponse à mes paroles me firent encore plus monter en moi la frustration. Elle était bornée putain, lui avais-je dit un non définitif ? Lui avais-je déjà dit non d’ailleurs ? Je ne faisais que des hypothèses et essayait d’en savoir plus sur eux et leur devenir. Au final, je n’avais rien eu comme informations. Je lui avais déjà dit que je ne voulais pas être un pion, ce que j’étais sans doute d’ailleurs à ce stade. Si je prenais part à quelque chose, je m’y donnais corps et âme, je l’avais déjà prouvé sur la recherche de mon frère disparu. J’avais une persévérance qui ne s’effilochait pas au fil du temps. Mais ça elle n’en savait rien, puisqu’elle ne s’intéressait qu’à son groupe et à sa personne.

    « Dans ce cas, ne me juge point et essaie de comprendre ma position. Aux dernières nouvelles, je ne t’ai pas donné de réponses définitives. Retourne donc à ta fuite. »

    J’avais ensuite été franche concernant mon pouvoir, même si les informations étaient un peu pauvres. J’avais arrêté l’entrainement il y a quelques temps déjà, car je n’arrivais à rien. J’avais trop de chose en moi que je contenais pour pouvoir en plus me servir de mon pouvoir librement. J’avais donc arrêté quelque temps, histoire de voir par la suite. Et puis j’avais eu Tim entre temps… il est vrai que je ne pensais plus trop à cela. Je l’observais prendre ses affaires dans un silence de mort avant qu’elle ne le brise. Ses mots me firent presque hausser un sourcil. Alors elle me laissait du temps ? Je croyais qu’elle n’en avait pas ? Et toujours ce même refrain concernant ma vraie nature. Je savais ce que j’étais, mais je pense qu’elle n’avait toujours pas imprimé. J’étais du genre réfléchie, je ne m’engageais pas à la légère. Tant pis, elle comprendrait plus tard… ou pas s’il s’avérait que je resterais en retrait. Pour le moment, elle ne m’avait donné aucun point positif, tout ce qu’elle avait réussi à faire était à m’irriter davantage. Comme j’avais dû le faire pour elle aussi d’ailleurs.

    Je n’ajoutais rien, car il n’avait rien à ajouter. Je la regardais partir, et lorsqu’elle ferma la porte je me dirigeais vers les serviettes que je mettais au sol dans la pièce, tout comme tout ce qu’on avait utilisé. Je m’accroupissais, inspirais profondément avant de souffler pour me détendre. Je restais au moins bien cinq minutes avant que ma main qui touchait les affaires prenne feu. Puis je me dirigeais vers la porte, la laissant ouverte alors que je me dirigeais vers la sortie. Tôt ou tard, la fumée ferait ses signaux d’alarme, et au moins, rien ne resterait de notre passage. Je n’avais pas envie d’avoir sur le dos la pes. Il me fallait être tranquille pour pouvoir éclaircir mes idées qui étaient plus que confuses à l’heure qu’il était.
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