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Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 29 Jan - 18:50

Une nouvelle mission donnée par Krystel, s’introduire dans le club de Striptease - Le CrazyFish, ça c’était la partie facile. Ce club accueillait les humains comme les vampires, je passerai donc inaperçue. Ma couverture ? Stripteaseuse. Notre mission car oui comme toujours je serais accompagnée, découvrir si dans cette boite il y a bel et bien le trafic de sang vampirique que soupçonne Krystel. Mon rôle ? Obtenir des informations par n’importe quel moyen, ça c’était la partie la plus difficile. Je devais surveiller, et usée de mes talents de séductrice. L’heure était venue et je m’étais habillée en conséquence, sous les conseils avisés de Krystel - amnésique oui ! Mais je n’avais pas besoin d’elle, je savais ce que j’avais à faire. Elle nous avait donné plusieurs soirs pour réussir à bien notre mission et découvrir les dessous du CrazyFish. J’avais été engagée comme danseuse, et le vampire qui m’accompagnée se ferait passer lui pour un client. Cela avait été un vrai défi pour moi, car autant que je m’en souvienne je n’avais jamais fais cela sauf si j’avais été stripteaseuse dans une autre vie…

Arrivée au CrazyFish, je rejoignis les autres stripteaseuses avec qui j’avais fais copine-copine pour voir si elles savaient quelque chose. Je devrais faire preuve de beaucoup de malice pour parvenir à mes fins. Manipulatrice, je ne mis pas longtemps à sympathiser avec la plupart d’entre elles, certaines me demandant presque si j’avais fais ça toute ma vie ?!! Je ne répondais pas, à quoi bon ? Je ruminais un passé dont je ne savais rien, je préférais ne pas parler de ce sujet délicat pour moi, même si de multiples questions se bousculaient dans ma tête, Hermès m’aidant à tout remettre en ordre - ces petites brides d’odeur, ou de sensations qui me rappelaient vaguement quelque chose. J’enchainais mission sur mission, alors je n’avais guère le temps de penser à autre chose. Nous entrâmes sur scène comme tous les soirs avec une autre mission alors : aguicher le client. Durant plusieurs soirs, j’avais observé et j’avais ouvert grand mes oreilles, en effet j’étais quasi-certaine que Krystel avait raison. Selon moi, il y avait bien un trafic de sang vampirique - certaines stripteaseuses avec qui j’avais parlé avait évoqué cela mais elles n’y s’étaient pas vraiment attardées dessus.

Je commençais mon déhanchement sensuel, je suivais le rythme de la musique tout en guettant mon collègue qui non loin de là avait pour ordre de s’éclipser discrètement dans l’arrière salle avec une stripteaseuse. Je n’avais pas reçu d’ordre particulier, je devais veiller à ce que tout ce passe bien, et si possible à l’heure où je devrais retourner au manoir que je sache une bonne fois pour toute si oui ou non ce trafic avait bien lieu. Jusqu’à présent, nous avions fais un parcours sans faute - aucune fausses notes tout c’était déroulé à merveille et sans problèmes. Je devais être très convaincante dans ce rôle… La barre que je tenais, qui était alors mon partenaire de danse dans un sens, épousait parfaitement tous mes mouvements. Mes yeux fixés tour à tour plusieurs points de la salle, j’avais déjà repéré des habitués du lieu qui venaient tous les soirs. Je devais examiner tout ce beau monde, mais ils avaient tous l’air à peu près suspect à mon gout. Mon attention se porta alors vers mon  « accompagnateur » à scruter la salle, j’en avais presque oublier de guetter le moment où il irait s’isoler avec sa stripteaseuse. Je le vis qui suivais une rousse que j’avais vu dans les coulisses la veille, il me jetait des coups d’œil inquiet pour être sur que je l’avais remarquée. S’il avait un problème, ma mission était de l’aider sans qu‘on éveille les soupçons, et puis on avait pris l’habitude enfin il n’avait guère le choix : il devait me raccompagner au manoir des Raybrandt.

J’avais déjà prévu un plan au cas où, il y ai un problème et que ça tourne mal. Krystel avait fait en sorte que je me « nourrisse » tous les soirs avant de venir au CrazyFish, pour que j’arrive à me contrôler car ce n’était pas toujours simple pour moi et il n’était pas question de faire un massacre dans ce club sous prétexte que je ne sais pas résister à l’appel du sang ! Je devais rester dans la salle principale, pendant qu’il s’occupait de voir ce qui se passait dans l’arrière salle, aucune difficulté pour moi, je faisais mon show comme tous les soirs. Il ne fallait en aucun cas décevoir Krystel…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Lun 31 Jan - 14:59

    Je me sentais mal, je me sentais fièvreux et nauséeux. J'avais encore trop bu, sans doute. Il ne fallait pas être médecin pour se rendre compte que je ne tarderais pas à quitter ce monde les deux pieds devant si jamais je continuais ainsi. Trous noirs, tremblements, hallucinations, fièvres intermittentes et parfois très virulentes, nausées, indigestions alimentaires, faiblesses musculaires et fatigue constante mais semblant irréversible... Je savais que je me foutais en l'air, et pas qu'à petit feu. J'avais fait mon malin trop longtemps, sans doute. Mais quand on a pas l'ambition de vivre le plus longtemps possible, qu'est ce que cela peut m'importer? La torpeur éthylique, si elle était le signe d'une affection autant du foie que du cerveau, me permettait de revoir ma femme par le biais d'hallucinations. Je savais que j'étais fou. Je savais que j'étais totalement à côté de la plaque. Mais c'était si bon, de presque sentir la douceur de la peau de l'être aimé sur sa joue alors qu'elle vous borde le soir, avant de vous écrouler dans votre lit. Ou de sentir la délicate caresse de son souffle sur votre cou alors que vous contemplez la ruine de votre corps devant la glace de la salle de bain. Je me sentais comme réconforté, tel un enfant perdu, par toutes ces petites choses. Et savoir que ce n'étaient que des inventions de mon esprit ne changeait rien au plaisir perpétuel que je ressentais quand je la voyais. Et plus encore quand je voyais son si craquant sourire s'étaler doucement sur ses lèvres. J'allais bientôt la rejoindre. L'alcoolisme et la déchéance de ce qui était autrefois un corps façonné pour la guerre n'étaient rien, si je ne devais plus vivre longtemps de toutes façons. Ne restait plus qu'une ultime tâche à accomplir avant de mourir, enfin. Sauver ma soeur, et mettre ce qu'il restait des miens en sécurité. Mais pas ce soir. Le grand plan échafaudé pour la libération d'Hannah ne prendrait forme que dans les jours à venir. Ce soir, j'allais m'enfoncer encore un peu plus dans les ténèbres que je m'étais choisit.


    Je me dirigeais lentement vers le port. Armé, comme d'habitude. Je toussais de façon presque violente en arrivant près des jetées. L'air marin ne me faisait pas me sentir mieux. Je toussais, encore et encore, ma gorge produisant de plus en plus un son à mi chemin du sifflement et du grognement. Quand je me redressais finalement, à bout de souffle et la fièvre pulsant au niveau de mes tempes, je constatais que j'avais quelques fines pellicules d'un sang noirâtre dans le creux de la main. Je savais ce que cela signifiait. Silviano se serait inquiété, Thomas n'avait pas besoin de le savoir, pas avec tous les soucis qu'il devait avoir dans le grand basculement actuel de son existence. Je n'irais pas voir de médecin, pas maintenant. Je n'allais pas perdre du temps et de l'argent dans une entreprise vouée à l'échec prochain, incarné par un trou sanglant en pleine poitrine, ou par l'exsanguination propre aux vampires. Je m'étais juré de ne pas mourir malade et décrépi, alors que je n'étais encore qu'un jeune conscrit de l'armée russe. L'échéance se rapprochant terriblement, j'avais cependant acquis que la mort violente serait la voie que je choisirais. Partir la tête haute. Un dernier baroud d'honneur. Je bousculais un couple alors que je m'enfonçais dans la demie obscurité des quartiers du port. L'homme râla dans mon dos, mais je ne m'attardais pas. Ma main avait recommencé à trembler. Que fais tu encore, mon amour? me souffla Jana au creux de l'oreille. Je ne lui répondais pas. Les hallucinations étaient plus tendres, plus joyeuses aussi, quand j'étais ivre mort. Je savais où j'irais. Le genre de bar où tous les hommes seuls et perdus se rendent, malgré la masse bruyante de jeunes types en manque de sensations fortes. Le genre d'endroit qui rappelle à tous ce qu'ils n'ont pas, ou ce qu'ils ont perdu; l'amitié, les femmes, le goût à la vie.


    Je poussais les portes du bar. Le Crazy Fish. Une plaque tournante de la criminalité « douce » de Glasgow. Quelques menus trafics. Peut être de sang de vampire aussi, mais je n'avais jamais pu le prouver. Trop ivre à chaque fois. Je m'avance dans l'ambiance tamisée de l'endroit. Une serveuse presque totalement nue, seulement habillée d'un ensemble de sous vêtements en imitation léopard et coiffée d'un chapeau de cow-boy, me salua par mon prénom et en me caressant le dessous du menton au passage, mentionnant je ne sais quelle occasion qui nous avait fait voir connaissance. Je sentais la douceur de sa main contre la peau rêche de mon cou, recouverte par une barbe de trois jours. Je l'ignorais, et elle passa son chemin. Je me posais au bar, dos à la scène. Je n'avais pas le coeur à regarder les filles se trémousser, ce soir. Je n'avais pas le coeur à accéder aux propositions de certaines de celles ci, qui renflouaient leurs finances en même temps que celles de leur pervers de patron. J'avais cependant le besoin d'être là. De boire. De sentir la présence des femmes. Je commandais une vodka. Je ne pourrais pas me payer grand chose, ce soir. J'avais épuisé les fonds de tiroir. Mais cela importait peu. Je sirotais le verre quand le barman me servit. Je le portais à mes lèvres, et en buvais juste assez pour humidifier mes lèvres et ma gorge, et me mettre le feu au corps. Je fermais les yeux en savourant le plaisir mêlé à la souffrance de l'ingurgitation de la boisson. Je fermais les yeux, et me frottais le front. J'avais mal partout, je me sentais las de tout, mais je devais continuer. Ce soir, c'était la soupape de sécurité incarnée par un verre d'alcool et une compagnie plaisante. Ce soir, c'était... « Elle s'appelle Jana, je crois. L'autre type l'appelle toujours comme ça, comme s'il la connaissait », dit un de mes voisins, plus loin sur la droite. Je rouvrais les yeux et tournais un regard étrange vers lui. Je sentais mon coeur s'arrêter de battre, alors que je suivais le regard du type. Un homme, peut être un vampire vu son allure, s'éclipsait avec une jeune femme dans l'arrière salle, au bout du bar dans le coin de la grande salle. La fille faillit me faire manquer un battement de coeur supplémentaire, puis je constatais avec une amère déception que ce n'était pas MA Jana. Rousse, un peu plus charnue. La démarche disgracieuse. Ce n'était pas MA Jana. Ma Jana à moi était morte. Morte...


    Je finissais le verre d'un trait sec.


    Morte. Elle est morte. Je ferme les yeux de nouveau. Amère douleur que je ressens dans mon coeur, mon âme et ma gorge, alors que l'alcool et la mélancolie s'emparent de mon âme. Elle est morte.


    Un sifflement appréciateur en éveilla d'autres qui le reprirent en échos, derrière moi. Il y avait de l'ambiance, ce soir; beaucoup de jeunes et moins depoivrots comme moi. Les filles ne devaient pas être à la fête avec ces gros lourds. Naturellement, sans même m'en rendre compte, je me retournais sur le tabouret. Plusieurs groupes de jeunes hommes, parfois encore limite adolescents, regardaient tous une femme se déhancher près de la barre, sur une des mini-scènes de l'endroit. Je faillis m'en désintéresser, mais quelque chose en moi se réveilla. Mon regard alla de ses pieds à son visage. Ces pieds. Ces jambes. Cette façon de se déhancher. J'ai déjà vu ça. Je lève un peu plus le regard. Sans m'en rendre compte, mes yeux me brûlent et rougissent. Je reconnais ce ventre. Je reconnais ces courbes. Je reconnais cette poitrine. Je reconnais ces mains, douces et sensuelles. Je reconnais ces épaules. Je reconnais ce cou, ce merveilleux cou. Le visage me laisse sans voix. Jana. Je regarde le fond de mon verre. Jana. Je n'ai pas encore assez bu, et ce n'est pas comme d'habitude... Je me lève de mon siège sans même me rendre compte. J'ai envie de pleurer. J'ai envie de hurler. J'ai envie de courir vers elle, de l'arracher à cette scène, et de la serrer contre moi. Je veux me perdre en elle, avec elle. Mais ce n'est pas possible. Je me gifle. J'attire quelques regards vers moi, j'attire les rires gras d'un type bien plus alcoolisé que moi. On me prend pour un débile. C'est l'état dans lequel je me trouve. Je n'ose pas y croire. Je la vois, là, devant moi. Je la vois. Est ce elle? Mon coeur semble vouloir imploser dans ma poitrine. Je n'y crois pas. Je tremble de tout mon corps. Mon regard vitreux ne parvient pas à discerner clairement ce qu'il se passe. La musique s'imprègne en moi alors que je la vois jouer de son corps si parfait sous mes yeux. Je regarde ses yeux. L'espace d'un instant, je croise son regard. Mon coeur s'arrête. J'ouvre la bouche. Je lâche ce que je tiens, mon verre se brise au sol en un grand fracas sonore. Je m'appuie sur la colonne à côté de moi pour ne pas tomber par terre. Mon coeur repart à toute allure. Il va exploser. Des larmes coulent sur mon visage, alors que je n'en crois pas mes yeux. Ce regard que je croise s'imprime en mon âme, et alors, je sais la vérité.


    Sainte Marie mère de Dieu. C'est bien elle.



    | Jana! |


    Le cri est suppliant, comme celui d'un enfant qui appelle sa mère après un cauchemar. Le cri est déchirant. Les hommes autour de moi se mettent à rire. Ils croient que je cris comme un ivrogne après une jeune danseuse. Je n'y prête pas attention, je n'y prêterais plus jamais attention. L'univers vient d'exploser.

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Lun 31 Jan - 23:13

« L'oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire. »

Il y avait beaucoup de bruits ce soir, beaucoup de monde aussi … Vampire comme Humain. Des jeunes hommes étaient très prés de moi, je les trouvais bien jeunes pour être ici, mais peut-être avais-je été comme eux ? Avant… Ils étaient là en train de profiter du spectacle alors que j’étais concentrée sur autre chose. Au moins, ils appréciaient ce qu’ils voyaient, je ne perdrai pas ma place ce soir et je pourrai continuer à enquêter. S’il y avait un trafic de sang, j’imaginais bien que tout ce jouer dans l’arrière salle, ce serait trop risqué ici au milieu de tous les regards. En tout cas, j’étais à l’affut de la moindre odeur de sang suspecte, mais ce ne fut du sang que je sentis alors, mais une odeur que j’avais senti assez récemment. C’était l’odeur d’une femme que j’avais failli mordre un soir, à la sortie d’un bar. Je la cherchais du regard mais je ne la vis pas, je devais me tromper. Et pourtant…

Les jeunes hommes étaient toujours là, ils s’excitaient alors que je n’étais pas du tout avec eux, j’étais toujours à l’affut d’une odeur me rappelant mon passé … Ma tête n'était pas là, mais mon corps lui suivait toujours la musique. J'avais ôté presque la totalité de mes vêtements en veillant bien à garder cacher mes parties intimes. Si l'odeur que je sentais était véritablement cette femme, si elle appartenait à mon passé, que penserait-elle de moi ? J'ignorais mon passé, et encore plus ma situation mais je ne m'imaginais pas en stripteaseuse. Ma tête était vide, je n’avais aucun souvenirs de mon passé, comment se fiait à une vague odeur de quelque chose ? Je ne me souvenais plus trop l'odeur que j'avais senti, peut-être était-ce celle d'un parfum ? Dans ce cas, beaucoup de personnes peuvent utiliser le même personne. Si mon passé ne venait pas à moi, je ne pourrai donc jamais aller vers mon passé, c'était une recherche inutile qui me mènerait qu'au désarroi et à la déception. C'était peut-être pour cela, que personne ne m'avait jamais empêchée de fouiner à droite et à gauche, c'était peine perdue....

Mes yeux vagabondaient à travers la salle, je savais qui était un humain et qui était un vampire, à vrai dire je reconnaissais plus les vampires mais ceux qui n’étaient pas vampires étaient humains. Je les reconnaissais car j’étais comme eux, Krystel m’avait appris… Mes yeux croisèrent celle d’un homme qui parait ivre, lui aussi me regarde. Il avait un comportement bizarre, l’instant d’après il lâcha son verre qui se cassa sur le sol en même temps que la musique s’arrêta. J’aurai pu en un mouvement aller le ramasser, mais je ne fis rien, je devais rester un minimum discrète. C’était la première fois que je voyais un homme comme cela, il avait l’air mal en point, un petit verre de trop peut-être ? Accro au sang de vampire peut-être ? L’odeur que je sentais, cette odeur que j’avais sentie sur la jeune femme ce soir-là provenait de lui, mais je n’en étais pas certaine. Il me plaisait physiquement, un peu mal en point mais très jolie garçon.

Je cru entendre dans un cri suppliant mon prénom, je quittai la mini-scène sur laquelle je dansais, j’étais à moitié nue. Le patron avait été clair : le meilleur pour la fin, il fallait appâter le client, le pousser à consommer et le faire patienter convenablement. Je lançai un dernier regard à cet illustre inconnu, les hommes autour se moquaient de lui, j’eus un petit sourire de compassion au coin des lèvres. Pendant que les jeunes râlaient car c’était déjà finis, pas pour bien longtemps, d’autres filles allaient nous remplacer l’espace d’un instant. Beaucoup de personnes ici connaissaient nos prénoms, alors cela m’étonna peu. Le jour de mon arrivée, j’avais été la grande nouvelle j’ai eu le droit de mon faire « mon show » seule pour que les hommes venant se perdre au CrazyFish voient la marchandise. On ne m’avait pas dis ça comme ça, mais c’était un peu ce que nous étions des objets de sexe et de désir.

Je ne devais pas quitter la salle des yeux, je risquais de rater quelque chose. Je gardai mon petit haut qui montrait bien mes formes, et qui dévoilait ma poitrine. Je remis un pantalon très moulant et sexy pour que je n’attire pas trop les regards non plus. Nous avions droit à une petite pause, la vieille plusieurs mecs étaient venus flirter avec moi j’avais alors profité de mes charmes pour essayer d’obtenir quelque chose d’eux mais sans succès. Les filles à côté de moi parlaient des hommes qu’elles avaient remarqués dans la salle, et les « bons coups » selon elles. Moi je repensais à l’individu bizarre, il m’intriguait, il avait l’air tellement désespéré.

La musique reprit encore plus entrainante que les précédentes. Les autres stripteaseuses retournèrent en salle, je restai un peu en retrait alors que je passai à côté du bar. Le serveur me passa deux bières et me demanda de gentiment les déposer à la table située juste à côté de moi. Je lui souris, et exécuta ce qu’il me disait, cela ne me coutait rien. J’avais appris à me fondre dans la masse en travaillant avec Liana. Et j’avais mis toutes mes chances de trouver si oui ou non il y avait un trafic de sang ici, en lui ! Il voyait défiler les clients, il connaissait les habitués, il devait savoir quelque chose. Tout en servant les breuvages, je balayai la salle d’un seul côté, mon ami n’était toujours pas sortie de l’arrière salle – le contraire m’aurait étonnée, j’espérais que tout se passais bien pour lui. Pour moi, rien à signaler à pars le groupe de jeunes hommes plus jeunes que moi qui me fixaient et qui devaient surement parler de moi. Je remis le plateau sur le bar, tout en lançant un bref « Il y a de l’ambiance ce soir… »

HJ : Les allusions à l'odeur et à la femme c'est Maryanna, j'ai fais référence à mon lien avec elle donc !!
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Fév - 1:00

    Jana, ici... Je n'y croyais pas. Je ne comprenais pas. Elle était là. Je reconnaissais la moindre partie de son corps, pour l'avoir maintes fois touché, caressé, embrassé... Un flot de souvenirs me revenait en mémoire. Elle accrocha mon regard, mais je n'y vis rien d'autre que du vide. Pas d'étincelle. Pas d'amour. Pas de reconnaissance. Pas même de haine, rien. Si c'était Dieu qui m'envoyait une nouvelle hallucination, il me pissait véritablement dessus pour le coup. Mais non. C'était bien elle. Je le savais. Elle était parfaite, parfaite comme le jour où elle m'avait été arrachée. Elle était Elle, et je ne pouvais pas me dérober à la vérité. On me bouscula un peu et quelqu'un m'asséna une claque dans le dos, sans doute pour se ficher de ma tête en me prenant pour un ivrogne fini qui se rinçait l'oeil de façon totalement abjecte devant une jeune femme. Pathétique, c'était le mot qu'ils avaient tous à l'esprit. Et c'était bel et bien ce que j'étais, pour repousser à ce point son regard, non? Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus. D'un coup, je me sentis pris d'une montée de fièvre et ma tête semblait sur le point d'exploser. Soit je devenais fou pour de bon, soit c'était la fin de mes souffrances après un dernier pied de nez du destin. Mais alors que je criais après ma femme, celle ci se détourna. Sa danse était finie. En se redressant, je vis l'intégralité de son corps. Presque totalement dénudé. M'ignorant totalement, comme si je n'existais pas, que je n'existais plus. Je me sentais mis au pilori. Je ne comprenais plus. Pourquoi ? Pourquoi est ce que je la voyais? Elle ne m'avait même pas reconnu. Un mirage de mon esprit? Je m'y refusais. Si mon cerveau ne savait plus, lui, mon coeur ne s'était pas trompé. C'était elle. J'essayais de jouer des coudes alors qu'elle quittait l'espèce de scène sur laquelle elle avait dansé. Je ne me posais aucune question sur le pourquoi de sa présence ici alors que je l'avais vue mourir. Je voulais juste la retrouver. Devant la part perdue de mon âme, celle ci s'emballait au point que rien d'autre n'importait.


    On me repoussa violemment en arrière. Mon sang ne fit qu'un tour. Envers et contre tout, je l'atteindrais. Je me mis à bousculer plusieurs hommes devant moi mais on me repoussa en arrière. Je la vis s'éloigner. Non, pas encore. Je pleurais vraiment cette fois ci. J'avais l'impression que le monde tout entier s'effilochait, que l'horreur allait se reproduire. On me la retirait de nouveau. Je bousculais plus franchement les jeunes hommes devant moi, frappant même du coude un blondinet en plein visage. On cria autour de moi et on m'arrêta. Je tremblais de tout mon corps. Mon coeur lui, était si douloureux que j'avais l'impression qu'il allait littéralement s'arrêter de battre, comme rongé par un poison terrible. Mes forces m'abandonnaient. Je n'y arriverais pas. Pas d'hallucinations pour me retenir. J'avais la vraie Jana devant moi. Ma femme. Je tombais en arrière dans la bousculade, et tombais pile dans un des fauteuils près de la scène, presque assommé par le choc reçu. Je me redressais et sentais que je ne tenais plus debout. Je me laissais retomber en arrière alors que je l'avais perdue de vue. Seigneur... Qu'est ce qu'il se passait?


    Je pris ma tête entre mes deux mains et craquais littéralement. Les types alentours ne me jetèrent pas un seul regard; le bruit de la musique contenait sans peine mes sanglots silencieux. Mes pensées étaient oblitérés par la destruction totale de toute rationnalité. Je venais de voir l'impensable. Jana... Mais elle était morte! Je l'avais vue! Nom de Dieu je l'avais vue! Et je n'avais rien pu faire pour la sauver! J'avais échoué! La musique faillit me faire exploser le crâne, mes migraines continuant de faire pulser une souffrance terrible au niveau de mes tempes. Je me sentais vraiment malade, maintenant. J'avais fait tout ce chemin... Minsk, Varsovie, Prague. J'avais traqué le responsable direct de la mort de Jana. Il m'avait révélé en mourant l'avoir tuée en la saignant à blanc. Ses acolytes, ses amis, tous avaient soutenu la même vérité alors que je les détruisais, morceau après morceau, membre après membre. Je me revoyais les mains pleines de sang, tenant les outils de destruction. Je m'étais vengé. Je l'avais vengée. Je ne l'avais jamais retrouvée, convaincu que son corps avait dû être engloutit par les eaux ou brûlé par le suceur de sang. Mais elle était là. Comment était ce possible? Je me remis à tousser violemment, m'arrachant quelques larmes supplémentaires, qui elles aussi m'étaient douloureuses. Du sang tâcha de nouveau le dos de ma main, en plus grande quantité que la dernière fois. Pas maintenant...


    Je devais la retrouver. Ne jamais abandonner. Torben, elle est là, ta Jana. Elle ne m'a pas reconnu mais je l'aime. Je suis détruit, mort, mais je la retrouverais, quoiqu'il m'en coûte. Elle n'est pas loin. Je n'ai pas fait tout ce chemin, fait toutes ces horreurs et subit toutes ces blessures pour abandonner. Elle est là. Elle est vivante. Je m'essuie le visage. Je m'essuie le sang sur la main. Je me mouche. Je me lève, pris de vertiges. Je ne sais plus où je suis ni ce que je fais. Je sais juste que je dois la retrouver. Ma Jana. Elle est vivante... Mes yeux me font mal tant ils sont rougis par l'alcool et le désespoir, mais je relève mon regard. Je la vois de nouveau. Mon coeur, presque mort, s'emballe de nouveau. Elle porte ce même haut qui ne laisse pas grand chose à l'imagination, et a enfilé un pantalon moulant. Seigneur, elle est en vie. C'est elle. C'est vraiment elle... Tel un automate, je m'avance vers elle. Elle sert des bières, elle discute, elle regarde l'assemblée. Je manque de m'effondrer de nouveau quand je me rends compte qu'elle ne me voie pas, qu'elle ne me reconnaît pas en promenant son regard dans la foule. Elle est vivante. Je m'accroche à cette seule importance. Je m'approche d'elle d'un pas peu sûr, mais rien ne pourra jamais m'arrêter. Ni mon coeur qui menace de s'éteindre. Ni mon cerveau qui ne tardera pas à exploser. Ni mes jambes tremblantes. Rien ne pourra m'arrêter. Je me damne pour elle comme je l'ai toujours fait. Elle avant moi. Je veux la voir. Je la veux. Elle.


    Je m'avance vers le bar. Je la vois de dos. C'est elle. J'en pleure de joie. Je pleure à nouveau. Mon esprit est dévasté par sa beauté. J'entends la musique, notre musique. Je la vois me sourire le jour de notre mariage. Je sens ses lèvres contre ma peau. J'entends sa voix douce et tendre me dire qu'elle m'aime, la toute première fois. Je la vois à côté de moi, allongée dans l'herbe. Elle me murmure que tout va bien. Oui, tout va bien. Je me frotte le visage d'un revers de la main, gommant maladroitement les larmes qui cessent de couler. J'ai bien fait de survivre. Je la sens m'enfiler l'alliance au doigt. J'entends son petit rire alors que j'ai bien du mal à en faire de même avec elle. J'arrive juste derrière elle. Je me stoppe. Moins de cinquante centimètres nous séparent. Une très courte distance, mais trop longue. Elle ne m'a pas reconnu. J'essaie de parler. J'ouvre la bouche. Une larme restée au coin de mon oeil droit me gratte; elle est restée bloquée sur le côté de mes cils. Je ne bouge pas d'un poil. Aucun son ne sort pendant un instant, un court instant. C'est d'une voix tremblante que je parviens enfin à reprendre la parole.



    | Comment est ce que vous vous appelez, mademoiselle? |


    Chaque mot me coûte un effort immense. Une boule se forme dans le fond de ma gorge. Je suis sur le point d'exploser. Je suis sur le point de craquer totalement, de sombrer dans la démence la plus absolue. Je parviens à esquisser un sourire crispé par la détresse alors que je la regarde. Elle est si belle. Merci, Seigneur, d'accorder ce dernier présent a ton humble serviteur.


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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Lun 7 Fév - 22:24

Je sentis une présence derrière moi, je ne mis pas longtemps à savoir que c’était l’homme qui avait gémit mon prénom peu avant et dont l’odeur ne mettait pas inconnu. J’étais néanmoins incapable de dire où, comment, pourquoi, ou même qui ? Krystel m’avait clairement fais comprendre que mon passé devait être mis de côté en mission, que mes émotions ne devaient pas interagir avec celles-ci. Donc j’essayai de ne pas y penser, je savais qu’il était là tout prés. Presque, je sentais son souffle sur ma nuque. Je n’aurai rien fais s’il ne m’avait pas interpellée… Il me demandait mon prénom, je remarquai qu’il avait pleuré, il avait les yeux un peu rouge. Il était mal en point le pauvre, je voulais l’aider mais comment faire ? On ne m’avait pas habituée à cela, Krystel m’aurait incitée à le transformer sans aucun doute me rétorquant que c’était pour son bien et que ça le sauverai. Peut-être n’y avait-il que cette solution ? Je me retournai rapidement mes cheveux volant en même temps que je tournai pour faire face à cet homme qui avait l’air complètement ivre. Il avait une voix tremblante, à chaque mot qu’il prononçait j’avais l’impression qu’il allait mourir sous mes yeux.

    ▬ Jana, et vous ? Monsieur...


Que faire quand le passé rattrapait le présent sans que je le veuille ? Peut-être savait-il quelque chose sur le trafic de sang vampirique ? Il était ivre, je pouvais certainement facilement le manipuler. Cependant, je m’étais promise de ne pas faire de mal à quiconque me rappellerai de loin ou de près mon passé. Ce n’était pas vraiment m’en prendre à lui, peut-être se souvenait-il de moi, lui ? Je ne pouvais pas lui dire franchement que j’étais une vampire amnésique qui voulait savoir qui elle était avant. Il me prendrait pour une folle… Ou même lui demander s’il me connaissait – dans une autre vie. S’il me disait son prénom, cela me rappellerai forcément quelque chose. D’un côté, j’étais anxieuse de connaitre mon passé et j’avais du laisser beaucoup de chose derrière moi, ma vie ne serait plus jamais la même si une bride de mon passé me revenait. Je ne pouvais pas laisser Krystel, je lui étais éternellement redevable de ce qu’elle avait fait pour moi.

    ▬ Hum… vous allez bien ? Avez-vous besoin de quelque chose ?


Je m’inquiétais un petit peu s’il mourrait sous mes yeux, ça ferait désordre. Il n’avait pas l’air de se sentir bien, je ne pouvais pas faire grand-chose pour lui malheureusement. Je préfèrerai éviter qu’une personne me rappelant mon passé meure sous mes yeux sans que je puisse faire quoi que ce soit. Je me retournai brièvement pour lancer un regard inquiet du côté de l’arrière salle – toujours rien ! Nous n’avions pas fixé d’heure à laquelle je pourrai commencer à m’inquiéter, j’allais donc me baser sur le levé du soleil. Nous devions rentrer au manoir avant bien sur, j’avais encore toute la soirée devant moi. Je voyais cet inconnu de prés à présent, il avait les traits durs et le passé était inscrit sur son visage. Il avait l’air tellement triste au fond de lui. Il pouvait être n’importe qui, mon frère, un ami, mon mari… Je ne devais pas retourner sur la scène, les filles faisaient leur « boulot » en salle, je pris le risque et je proposai au bel inconnu de venir s’asseoir avec moi.


    ▬ Vous devriez vous asseoir un peu, vous savez.


Je le pris par le bras l’obligeant à aller s’asseoir, il était mal en point. Peut-être avait-il trop bu de sang vampirique ? L’idée me traversa un instant l’esprit… Il n’avait pas la tête à ça. Je commandai un verre d’eau, espérant que l’idée de me payais un verre ne traverserai pas l’esprit de cet étrangers. J’allai lui porter un verre d’eau, mais je crois que contre ce mal, il devait aller se coucher et une bonne nuit de sommeil lui ferait le plus grand bien. Je me sentais obliger, et ça me faisais plaisir de l’aider je le sentais au fond de moi. Des millions de questions se bousculaient dans ma tête, j’essayais de les oublier, de me consacrer sur ma mission mais peut-être que là sous mes yeux, j’avais une piste. Il savait peut-être quelque chose… Je lui tendis le verre d’eau. S’il le refusait, je lui balancerai sur la figure cela lui ferait le plus grand bien !

Je m’assis en face de lui, en attendant de voir comment les choses allaient évoluer. J’avais peur et puis je voulais l’aider aussi s’il avait besoin de moi. Il ne fallait pas que j’oublie ma mission non plus, mais il pouvait m’être utile surement. Je lui lançai un regard interrogateur, et un petit sourire réconfortant – c’était surement la première fois que je me sentais aussi proche de mon passé…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Lun 7 Fév - 23:35

    J'avais mal, si mal que j'avais l'impression que tout tournait autour de moi. Fièvreux, mon esprit semblait sur le point de fondre. Mon coeur palpitait douloureusement dans ma poitrine. Je n'étais jamais qu'un mort en sursis. Je la vis se retourner. L'instant me parut durer une éternité. Je restais là, silencieux et tremblant, incapable de la moindre pensée rationnelle. Seigneur. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir de nouveau observer ce spectacle de mon existence. Ses cheveux volaient derrière elle alors qu'elle se retournait. Je sentais son odeur, la même qu'avant. Elle me semblait même plus forte, d'une certaine manière. Entêtante. Elle submergeait les sens. Elle éveillait en moi une attraction terrible. Mon regard capta le sien. J'étais sous son charme, comme au premier jour. J'étais sous son emprise. Seigneur, qu'elle était belle, et magnifique. Je ne pouvais plus détacher mon regard de ses pupilles. Je voyais le moindre reflet de ses yeux. Je me perdais dans le noir insondable de ses yeux et dans toutes les couleurs qui irradiaient littéralement dans ses iris. J'en pleurerais de joie si je n'étais pas tellement subjugué. Ma femme. Ma Jana. Je la voyais. Je ne pus contrôler un mouvement de mon bras droit, qui se tendit vers le visage de Jana. Mes doigts effleurèrent presque son visage, mais je me retins. Je stoppais mon mouvement à quelques millimètres de sa peau. Non. Elle était si belle, si pure. Je ne pouvais pas corrompre pareille vision. Je ne pouvais pas risquer de me rendre compte que ce n'était qu'une illusion. J'en mourrais, autrement. J'éloignais ma main de son visage, refermant les doigts sur ma paume et laissant retomber mon membre le long de mon corps. Mon regard se promena sur son nez, sur ses joues, sur sa bouche, sur la peau de son cou et sur la courbe de ses seins. Je contenais à grand peine mes larmes, mais mon visage se tordit alors que je me retenais autant que je le pouvais. Je ne voulais pas mettre fin à cet instant magique. Seigneur dieu, elle est là, et bien là. Ma respiration se brisa quand elle me répondit. Jana. C'était vraiment elle. Seigneur tout puissant. Je tremblais un peu plus. Je n'y croyais pas. Je devais vraiment devenir fou. Ma tête allait exploser. Elle, vivante, là, devant moi. Quelles étaient les chances? Son kidnappeur m'avait dit qu'il l'avait tuée. Je l'avais vu. Je m'en souvenais encore. Mon coeur s'arrêta un instant en même temps que ma respiration, alors qu'elle me toisait d'un regard intriguait. J'en avais le coeur net. Elle ne se souvenait pas de moi, pas le moins du monde.


    Ma femme m'était revenue, mais elle ne se souvenait pas de moi. Elle ne me reconnaissait pas. Ma main tremblait de nouveau, et je ne pouvais cacher ces tremblements. Des larmes emplirent de nouveau mes yeux. Destin cruel. Je la retrouvais et l'instant d'après, j'apprenais que j'étais aussi mort pour elle qu'elle l'avait été pour moi. Non seulement je la retrouvais, non seulement j'étais toujours fou d'elle à en crever, mais mon visage ou mon nom ne lui évoquaient rien. On me l'avait retirée. On me l'avait définitivement retirée. Le destin me pissait dessus, je retrouvais ma femme pour me rendre compte que je n'avais probablement jamais existé pour elle. Je me contins et déglutissais péniblement. Je m'assurerais d'abord de sa santé, et de son histoire de ces derniers mois, puis je n'aurais plus qu'à m'éteindre. Elle ne se souvenait pas de moi... Comment Dieu pouvait il me faire ça? Me la rendre pour me la retirer aussitôt! Je répondais à sa question, tel un automate.



    | Badenov. Torben... |


    Ton mari. L'homme de ta vie. Celui qui t'aime plus que tout au monde. J'avais envie de lui dire tout ceci, mais à quoi bon? Elle ne se souvenait pas de moi. Si j'avais fait tout ça, si j'avais commis toutes ces horreurs, c'était pour elle. J'avais toujours agit pour son bien, ou pour la venger. Lui rappeler qui j'étais n'était pas envisageable. Cela ferait plus de mal que de bien. Je ne pouvais pas vivre sans elle, mais je n'avais pas le choix. Je ne pouvais pas lui imposer ce connard de tueur et de déchet humain que j'étais devenu. Je la protégerais donc. Je ne lui révèlerais rien. Je la protégerais et je l'aimerais, comme toujours et pour toujours. Ma Jana... Seigneur, donnes moi la force... Elle me demanda si j'allais bien et si j'avais besoin de quelque chose. Je baissais les yeux, contemplant mes pieds. Je me résignais à ce destin aussi ironique que cruel, avant de lui répondre.


    | Oui, oui, je vais bien. Très bien, même. J'ai cru un instant que... Non, je n'ai besoin de rien. Si, un peu d'eau, si vous auriez. Mademoiselle. |


    Le « mademoiselle » me déchire l'âme, me lamine le coeur. Je me laisse guider quand elle me prend par le bras. Ses mots résonnent dans mes tympans, mais je ne perçois que vaguement ce qu'elle me dit. Je me laisse conduire jusqu'à un des fauteuils de la salle. Je me laisse tomber dans le siège, mon regard se vide de toute expression. Comment vais je pouvoir vivre en sachant que la femme que j'aime est finalement vivante, mais que je suis mort pour elle? Je sais déjà que je suis incapable de porter ce fardeau, mais je continues de protéger Jana. Je la protège de moi même, comme je l'ai jadis protégée des autres. Elle poussa un verre d'eau vers moi. Je le saisis et en buvait une courte gorgée. L'eau me réhydrata une bouche rendue pâteuse par l'éthylisme. Je reporte mon regard sur son visage. Mes pensées défilent à toute vitesse. Ce n'est peut être pas une malédiction, mais un cadeau. Qui suis je, quel égoïste serais je, pour préférer la mort de ma femme à son amnésie me concernant? Elle est vivante. Ce simple fait me remplit de joie. Si elle doit vivre mais sans moi, qu'il en soit ainsi. Je l'aimerais toujours. Je mourrais en murmurant son nom. Je me battrais pour lui offrir un monde meilleur, même si je ne peux pas le partager avec elle. Je me rapproche d'elle, captivé par le regard intense qu'elle me lance et qui me transcende l'âme. Je ne peux résister. Je tend le bras vers elle, la saisit par la nuque par dessus ses cheveux et l'attire doucement vers moi.


    | Vous ne me connaissez pas. Mais je connais l'homme qui vous aime. Il m'a demandé de vous laisser un dernier message. Cet homme est mort, mais il voulait que vous sachiez qu'il vous a toujours aimé, et qu'il vous aimera toujours. |


    Alors, je l'embrasse. Doucement, chastement même. Je dépose juste mes lèvres contre les siennes, les pressant légèrement. Je ferme les yeux alors que mon coeur se brise. Je renonce à mon amour, pour lui sauver la vie. Mais d'un coup, je me retire et me recule d'un geste vif, comme brûlé par le contact. Je me passe le revers de la manche sur les lèvres. Je me sens brûlé par un froid terrible. Je ne comprends pas. Mon esprit se vide. Je ne comprends pas.


    | Qu'est ce que...? |

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Jeu 10 Fév - 23:20

J’ai cligna deux fois des yeux, un « Comment ? » m’échappa. Torben Badenov… Son nom me disait quelque chose, j’avais raison cet homme appartenait à mon passé, il était humain … Je l’examinai, cherchant dans ma mémoire qui pouvait-il bien être ?!! Pourquoi n’avait-il pas plus développé ? Je ne me souvenais pas de lui pourtant je faisais un gros effort pour me rappeler, je le fixais alors que lui baissa les yeux. Il paraissait si triste, si briser, j’espérais ne pas en être la raison - il était déjà arrivé dans cet état. Je l’avais remarqué dés son entrée dans la boite CrazyFish – c’était un signe. La mission Jana … la mission ! Ah ça, le sang vampirique je l’avais bien oublié tiens. J’aurai voulu le réconforter, il n’allait pas bien c’était contre tous mes nouveaux principes, mais j’avais mon passé là devant, une chance d’en savoir plus peut-être ! Aucun contact avec des humains n’étaient réellement autorisés sous peine de découverte de ma véritable nature de vampire.

    ▬ Vous avez cru ? Vous m’avez confondu avec quelqu’un ?


Tout s’embrouillait dans ma tête, et ça n’allait pas s’arranger. Torben se rapprochait dangereusement de moi. Il tendit le bras vers moi, il m’attira vers lui, et si je ne savais pas quoi faire, si j’étais complètement perdue cela allait continuer il me raconta que l’homme qui m’aime était mort… quel homme ? J’eus du mal à croire cette histoire, surtout au moment où ses lèvres touchèrent doucement les miennes, je sentais soudain une chaleur m’envahir, un frisson traversait tout mon corps. Je fermai les yeux, et pendant un instant je me laissai faire comme ça sans raison particulière. Un petit bisou chaste qui aurait pu ne rien représenter. Mais… Je me revis avec une belle robe longue blanche, une alliance, un bouquet, un homme… Un « je le veux ». J’ouvris les yeux dans un sursaut, Torben venait de se reculer subitement. L’espace d’un instant j’avais été humaine, or là je me rendais compte qu’il avait du sentir la froideur de ma peau, de mes lèvres, de tout mon être. Machinalement, je le giflai dés que je sentis sa peau sous ma main froide, je regrettai mon geste impulsif et non réfléchit ! Alors que j’avais ressenti tellement d’émotions, et de sentiments totalement enfoui au plus profond de moi, j’étais complètement sous le charme de cet homme en face de moi – inconnu, mais finalement pas autant que je le pensais… C’était lui l’homme de qui il me parlait un instant avant, l’homme qui m’avait toujours aimée et m’aimerait encore toujours sinon pourquoi m’aurait-il embrassée ? J’avais été mariée étant humaine ? Était ce possible que mon véritable nom soit Jana Badenov, et non Jana Pfeiffer ? Je n’étais pas imaginée, et jamais cela ne m’était venu à l’idée que je puisse être mariée.

J’avais remarqué Torben dés qu’il était rentré dans cette boite, pourquoi lui plutôt qu’un autre ? C’était un signe, et quel signe… C’était lui l’homme devant l’autel avec moi, moi en robe mariée, c’était à lui que j’avais juré fidélité et amour – jusqu’à ce que la mort nous sépare. Torben se demandait surement pourquoi j’étais si froide, il avait laissé échapper un « Qu’est-ce-que ». Les lois vampiriques étaient très claires, si un humain venait à apprendre ma véritable nature de vampire, une seule solution s’offrait à moi : le tuer ! Je n’osais même pas y penser, c’était vraiment la dernière solution et cela n’était pas envisageable. J’aurai voulu que ce baiser continue encore, cette sensation m’avait tellement manquée. Sentir ses lèvres contre les miennes, sentir cette chaleur, quel choc ça a du être pour lui ? Il m’avait connu humaine et là il n’avait pas l’air bête, il devinerai facilement que j’étais une vampire, moi aussi j’étais toute retournée. Que devais-je faire ? J’aurai voulu revenir vers lui, vers ses lèvres y déposaient un baiser inoubliable, éternel … C’était impossible, je fis partir cette idée de mon esprit, je ne devais plus y penser, oublier cette soirée ! Tout en me levant doucement, je lui dis d’un ton gênée.

    ▬ Je suis désolée, excuse-moi !! Je dois sortir, je dois prendre l’air.


Je me levai, et je me précipitai vers la porte que j’ouvris à la volée, elle claqua contre le mur mais je n’y prêtai pas attention. Il faisait nuit noire, je m’assis sur les quelques marches qui étaient un peu plus loin à côté d’un lampadaire. Je pris ma tête dans mes mains regrettant à la fois mon geste, le tutoiement… Je ne savais plus quoi faire, j’avais complètement oublié ma mission – Torben envahissait toutes mes pensées, il était partout dans ma tête, il était mon mari, je n’osais pas me retourner voir s’il m’avait suivis, voir s’il était là derrière moi je verrai son ombre dans la lumière. Si ça ne tenait qu’à moi, je me serai retournée et dans un mouvement je serai retournée dans la salle et je me serai jetée sur lui fougueusement en l’embrassant. J’ignorai quel avis il avait sur les vampires, ce qu’il avait fait pendant tout ce temps, m’avait-il cherchée ? Comprendrait-il que ce n’était pas de ma faute si j’étais une vampire ?

Dorénavant ma vie ne serait plus jamais la même…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Fév - 0:31

    Je ne lui répondais pas. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprendrait plus. Ma Jana. Ma Jana, ma femme... Je n'en revenais toujours pas. Ca faisait tout simplement beaucoup trop de choses. Je ne pouvais plus le supporter. S'en était trop. Je savais que ce soir, j'allais virer n'importe comment, je savais que j'allais péter le dernier fusible qu'il me restait. Il ne pouvait pas en être autrement. Je ne lui répondais pas, alors que j'aperàus l'espace d'un instant un éclair de lucidité dans son regard. Regard qui se fait plus curieux, plus intéressé, plus vif, plus... humain. Ce même regard qui m'avait fait fondre, et que j'emporterais avec moi dans la tombe. Il me semblait clair désormais que j'avais échoué, mais que cette défaite restait plus valable qu'une victoire. Je ne récupérais pas mon épouse. J'avais eu raison, quand je m'étais confié à Silviano. Rien ne pourrait jamais me rendre ma femme. Pas même Dieu. Mais dans Son infinie sagesse, le Seigneur de toute chose avait permis à son humble serviteur de retrouver une dernière fois son épouse, l'être tant aimé pour lequel je m'étais tellement battu... J'étais reconnaissant, même si ce cadeau me détruisait totalement. Je sentais mon esprit entrer en ébullition. J'avais éveillé quelque chose en Jana. Mais non, je ne pouvais tout simplement pas lui dire. Tant de choses étaient en jeu. Son amnésie était une bénédiction. Elle ne se rappellerait pas des sévices qu'elle avait subit. De son enlèvement. De cette vie gâchée en une seule nuit. Elle ne se rappellerait pas de moi, de ces longues années d'absence quand j'étais en tchétchénie. Et surtout, mon aimée n'aurait pas à subir un homme qui n'était plus que l'ombre de lui même. Il m'avait fallu devenir un véritable monstre pour abattre les vampires. Insensible ou presque, asocial, alcoolique, brutal. Causer des pertes humaines ne me gênait plus outre mesure. Je cherchais à l'éviter, mais un dommage collatéral ne m'empêcherait pas plus de dormir que l'absence éternelle de cette épouse que j'avais perdue. Je devais tout sacrifier. Je ne devais pas recouvrer Jana. Plus pour elle que pour moi, bien évidemment.


    Mais quelque chose clochait. Mon cerveau refusait d'assimiler l'information. Je savais pourtant de quoi il en retournait. Je savais ce que cette froideur terrible impliquait. Je le savais, pour avoir tuer des tas d'individus atteints du même mal. Mon dieu... Je ne parvenais pas à me l'avouer. Je fus pris de vestiges. De petites fleurs de sang éclatèrent dans mon regard alors que je me sentais défaillir. Tout, mais pas ça... Je perdais toute rationnalité. Je ne savais plus où j'étais. Je ne savais plus rien, encore une fois. Toute raison abolie par la cruauté de ce que je venais de sentir. Mais je n'eus pas le temps de m'enfoncer encore plus dans la folie, qu'une violente gifle vint me décoller la joue. J'avais l'impression que la moitié gauche de mon visage m'avait été arrachée sous la violence du choc. J'en étais étourdit, presque assommé. Mon visage s'affaissa sur le côté, et je tombais sur le rebord du fauteuil, me rattrapant mollement à l'accoudoir. Je sentis le goût du sang dans la bouche. L'intérieur de ma joue s'était entaillée sur mes dents, tant le choc avait été violent. J'avalais le sang, sentant son goût cuivré et salé, mais ce goût me semblait corrompu. J'avais encore trop bu, ces derniers temps. Jana s'excusa, mais je ne l'entendis que de loin, comme si plusieurs dizaines de mètres nous séparaient. Elle se leva, elle partit. J'étais choqué. Je savais ce qu'elle était. Je savais ce qu'elle était. Je ne pus contenir les larmes. Ma main se déplaça sous ma veste, de sorte à ce que je ressente la sensation réconfortante de la fibre de carbone. Mon regard était braqué sur le sol. Je restais là, un long moment. Je ne pouvais plus réfléchir. Je ne pouvais plus. Je ne voulais pas y croire, c'était trop... Je m'essuyais machinalement le sang perlant au coin de mes lèvres. Je ne pouvais pas y croire. Seigneur, Oh, Seigneur, aides moi!


    J'essayais de me lever, mais je n'y parvenais plus. Jana était une vampire.


    « Je vous salue Marie, pleine de grâces »... Je me lève de mon fauteuil. Je dois la retrouver, très vite. « Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. » Je continue de réciter la prière, alors que je sors du bar. Personne ne me fait obstacle. Je marche tel un automate. Je sais ce que je dois faire. La voir. Elle. Tout de suite. Seigneur, aides moi... Une vampire. Une vampire. Comment? Cet enfoiré l'avait transformée! Je bouillonnais instantanément de haine. Ce connard de vampire m'avait tout pris, vraiment tout. Il ne m'avais pas seulement retiré ma femme, il me l'avait aussi prise. Ma Jana... Je poussais la porte d'entrée. Je pleure sans être capable de me retenir. Mes poumons me font mal. Tout mon corps me fait mal. Je ne sais plus quoi faire. Ma Jana... Pitié, Seigneur, aides moi donc! La porte se reclaqua derrière moi. Et je la vis. Elle. Telle un ange. Mon ange. La lumière de ma vie. La beauté de ce monde. Jana... Je m'approche d'elle. Je pleure encore et encore, sans plus pouvoir m'arrêter. Mais je le fais silencieusement. Pas de hoquets, pas de sanglots. Je suis devenu fou. Ma Jana... Je craque, quand je capte son regard, ce regard que j'ai enfin retrouvé... Je commence à lui parler à quelques mètres de distance, mais je continue de m'approcher doucement.



    | Je t'ai cherchée partout, tu sais. J'ai pas su te protéger. Il t'a emmené. Je l'ai poursuivit partout pendant des semaines. Et puis, je l'ai tué. Enfant de salaud! |


    Je me rapproche encore d'elle, pouvant deviner l'anxiété sur son visage.


    | Il m'a dit que tu étais morte. Il m'a même donné des preuves. Je l'ai cru. Seigneur, je l'ai cru! |


    Je me sens défaillir mais je continue. Je me plante devant elle. Je tend ma main gauche vers elle. Je tremble de partout. Je frôle sa joue du bout des doigts. Je l'aime tellement. Ô, Seigneur!


    | Tu es si froide chérie, tu es si froide... Seigneur Dieu... Quand je l'ai tué, j'ai sombré. J'en ai tué beaucoup d'autres, des comme lui. Tu n'as pas idée. J'en ai tué des tas. Mais tout ça, je l'ai fait pour toi. Tu le sais, n'est ce pas? Tu comprends? Tout ça, c'était pour toi! |


    Je retire ma main de son visage. Je me prends la tête entre les mains, je sens que je vais exploser. Tout ça, c'était pour elle! Tu entends Seigneur? Pour elle! Comment ais je pu en arriver là? Seigneur, Seigneur, je ne peux vraiment pas le faire. Je ne peux pas. Je ne peux pas! Mes mains glissent lentement alors que mon corps tout entier est maintenant secoué de sanglots silencieux. Seigneur! Donnes moi la force! Pour Jana, je l'aime! Seigneur... Laisses moi seulement la retrouver pour de bon...


    D'un geste vif, je tire mon neuf millimètres et le pointe droit sur le coeur de Jana. Je presse le canon contre son vêtement. Je pleure encore, je vise d'instinct plus que grâce à ma vue, totalement troublée par les larmes qui se pressent dans mes yeux. Je tremble violemment.



    | Ca ne devait pas se passer comme ça, ça ne devait pas! On aurait dû vivre ensemble, heureux, comme on se l'était promis! Donnes moi la force... |


    Le coup ne part pas. Je tremble. Mon doigt se crispe sur la détente. Le coup ne part pas...

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Fév - 2:39

Torben était resté un instant sur le fauteuil à l’intérieur, j’y étais peut-être allée un peu fort sur le coup. Il était là à quelques mètres de distance, s’approchant doucement de moi, je me retournai discrètement pour l’apercevoir pour comprendre aussi … Des larmes ruisselaient sur ses joues, des larmes inquiétantes, j’ignorais ce qu’elles voulaient dire mais cela ne m’inspiraient pas du tout confiance. C’était moi finalement l’étrangère, pas lui ! Je ne me connaissais même pas, j’ignorais tout de mon passé. L’idée que je sois une vampire n’avait jamais du lui traversé l’esprit à lui non plus… Il commença à parler. Chaque mot, chaque phrase me faisaient mal. Il me racontait une partie de ma vie, moi qui avait tellement idéalisé mon passé, moi qui avait tellement cherché qui j’étais… et là, là que je savais qui j’étais je n’étais pas satisfaite, regrettant presque ma curiosité. J’aurai du ne pas essayer de chercher, me contenter de ma nouvelle vie, j’aurai du me douter que tout ceci finirait mal.

J’écoutais Torben, il se rapprochait de moi petit à petit, alors que l’anxiété se lisait sur mon visage. J’essayais de me concentrer sur ses paroles, et uniquement sur ses paroles alors que l’odeur du sang, de son sang parvenait à mon nez. Je fermai les yeux, je tachai de rester calme, et de me contrôler je n’y étais jamais arrivée étant une vampire trop jeune, mais je luttais envers moi-même pour ne pas me jeter sur lui. Après tout c’était ma faute… Je n’étais pas du tout rassurée à l’idée d’être sortie et d’être seule avec lui, j’aurai du rester tranquillement à l’intérieur au milieu de beaucoup de monde. Mieux encore ! Retournais dans les coulisses, et oubliais tout ceci, l’oubliais lui, oubliais et ne jamais me souvenir de ce passé, ce passé qui me hantera à jamais.

Il se mit devant moi, lui débout moi toujours assise, je levai la tête vers lui, il tendit sa main gauche vers moi, il tremble je le vois, il frôle ma joue du bout des doigts, alors que je tournai la tête pour ne pas qu’il me touche. Il ne fallait pas, pas encore ! Sa peau était tellement brulante comparée à la mienne. Je l’écoutais parler, je ne disais rien, je n’avais rien dire. Que pouvais-je répondre au faites que j’étais froide ? Je n’y pouvais rien, il ne m’avait pas laissée le choix. Torben enchainait sur le fait qu’il avait tué beaucoup d’autres vampires or il ne prononça jamais le mot. J’étais fixée sur son avis négatif au plus haut point concernant les êtres de la nuit, un chasseur de vampire ? Manquait plus que ça, je ne ressortirai pas vivante de cette mission.

Il retira sa main de mon visage, je n’y prêtai guère attention alors que j’aurai du le stopper. J’étais aveuglée par les désillusions de mon passé. En un instant, sans que je puisse réagir Torben avait braqué son pistolet droit sur mon cœur. J’eus un léger moment de panique, il savait ce qu’il faisait évidemment comme il me l’avait gentiment souligné un peu avant : il en avait tué pleins des comme moi.

    ▬ Mais qu’est-ce-que … que fais-tu ?


Je me levai d’un bond, il ne se laissa pas démoraliser et il pressa le canon contre mon débardeur. Il savait exactement où viser, où tirer, où faire mal, où tuer... Il pleurait toujours, plusieurs solutions s’offraient à moi. Je m’étais toujours dis que je n’attaquerai jamais une personne faisant partie de mon passé, j’avais oublié qu’une situation similaire à celle-ci était possible. Alors je ne représentai plus rien pour lui ? La seule solution pour lui était de me tuer, un vampire de moins c’est sur… quel bon et loyal service il allait rendre à l’humanité ! Il hésitait, il ne pourrait pas me tuer, hors je n’allais pas m’amuser à jouer avec ses nerfs car même si nous avions été mariés dans une autre vie, dans cette vie-là j’ignorais de quoi il était capable. Je supposais que jamais j’avais du être placer en position de cible dans le cœur de Torben. Donc même mes souvenirs ne pouvaient pas m’aider. Son doigt se crispait sur la détente, alors que je restais figer là attendant que le coup parte. Je savais pertinemment que je ne pourrai pas régénérer.

    ▬ Fais en sorte que cela ne se passe pas comme ça alors ?!!
dis-je en lui saisissant la main et le neuf millimètres par la même occasion. Je sentis sa chaleur, c’était peut-être la dernière fois que je sentais cette sensation, que je le touchais. Je fis en sorte qu’il baisse sa main, histoire de me sentir pendant un instant hors de danger. J’aurai pu lui pendre son arme, et la retournait contre lui mais qu’est-ce-que j’aurai gagné au final ? Dans un geste rapide, je lui pris son arme et la jeta le plus loin possible de nous. Je l’entendis tomber sur le sol. Torben avait plus d’expérience que moi, c’était un fait ! Mais au jeu de qui était le plus rapide là, j’étais sûre de gagner.

    ▬ Vas le chercher ?!! Mais tu dois te douter que je suis la plus rapide à ce jeu là.


Qu’il s’estime heureux, j’aurai pu lui jeter dans l’eau, il était tellement mal en point, il défaillait, je voyais même le moment où il tomberait raide mort devant moi que l’idée qu’il se jette à l’eau pour rattraper son arme à feu et me tuer m’avait traversée l’esprit. Je préférais donc éviter qu’on prenne tous deux un bain de minuit, qui finirait en bain de sang tellement l’odeur de son sang devenait insoutenable, et comment je deviendrai incontrôlable dans un instant si je n’agissais pas vite. Je devais m’éloigner de lui et au plus vite… mais j’avais senti au fond de moi que les sentiments étaient toujours là, toujours présent. Je les reniais pour éviter de trop souffrir d’où la gifle que je lui avais donnée sans grande raison mais c’était pour me persuader que je ne l’aimais pas et que je n’éprouvais rien envers cet individu qui encore hier m’était inconnu.

J’étais agacée, je m’étais excusée pour une gifle alors que lui avait sortie l’artillerie lourde. Je posai mes mains là où il avait sortie son neuf millimètre, j’en profitais pour toucher les alentours : sa taille, ses hanches… Je voulais être sure qu’il n’avait pas une autre arme cachée quelque part sur lui !

    ▬ Tu as d’autres joujoux dans le même genre ? Dis-le tout de suite comme ça on s’en débarrasse et on passe à autre chose !

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Fév - 17:44

    Je ne contrôlais même plus totalement mes actes. Je ne savais plus ce que je faisais, je n'avais plus de contrôle sur quoi que ce soit. Je ne parvenais pas à tirer. Je me sentais comme une coquille vide, à qui on enlever but et raison. J'agissais par instinct plus que par autre chose. Je ne pouvais pas laisser Jana en vie. Je savais que la tuer me condamnerait à mon tour; je ne pouvais déjà plus vivre avec le souvenir de sa disparition, alors savoir que c'était moi qui l'avait finalement tuée allait m'achever une bonne fois pour toute. Mais je devais la tuer. Le Seigneur me l'avait dit, dans ma torpeur éthylique. J'avais promis que je devais la venger, que je devrais tuer tous les suceurs de sang que je pourrais croiser. Je m'étais bercé de la douce illusion de rendre service à l'humanité, de venger les tords subis par moi et par l'ensemble de mes congénères. Je m'étais promis de tuer toute bête à crocs. Je désirais toujours autant me noyer dans un abîme de sang de mort-vivant, de me repaître de la ruine que je leur apportais. Jana était devenue comme eux. J'étais un soldat de formation, et je l'étais restée dans le fond de mon âme. Pas de pitié avec l'ennemi. Oubliez tous les discours sur le traitement des prisonniers. Mon regard se brouille un peu plus alors que je me rappelle Hvraistja. Dix hommes à genoux, mains derrière la tête, et alignés. Et mon escouade, chaque homme posté derrière un prisonnier, le fusil braqué sur leur nuque. Je me rappelais le discours du commandant Vorosilov. Un compagnon tué par les partisans, et nous prendront dix de leurs civils. Telle était la règle. Et je me souvenais ce détachement froid et professionnel avec lequel j'avais pressé la gâchette. Mon arme avait tressauté dans mes mains, la balle avait fait éclater la tête de l'homme, répandant sang et esquilles autour de lui. Je n'avais alors pas mesuré la portée de mon geste. Il m'avait fallu devenir un meurtrier pour pouvoir aujourd'hui supporter les horreurs que j'avais subit, et celles que j'avais infligé aux vampires. Ils n'étaient pas humains, et ma façon de les assassiner n'était pas non plus ce qu'il y avait de plus humaniste. J'étais une bête. Et aujourd'hui, à cette instant précis, j'étais une bête qu'on avait relâché.


    Jana ne comprenais pas. Je ne comprenais pas non plus. Je savais que je devais le faire. Combien pourrait elle en tuer? Je ne pouvais pas risquer de la laisser en vie. Je ne pouvais plus prendre de risques. Je ne pouvais pas la laisser vivre. Je ne pouvais pas, pas avec ce qu'elle était devenue. On me l'avait enlevée. Je maudis le diable de me jouer un tour aussi tordu, et Dieu de m'avoir abandonné à cet instant cruel. Je lançais mentalement des malédictions à l'adresse de toutes les puissances de l'univers. Pourquoi m'avait on mis aujourd'hui devant cette situation? Je n'avais plus envie de vivre. On m'avait vraiment tout pris. Ma vie, mon avenir, mes rêves, ma femme... Pire, on avait retourné toutes ces choses contre moi. Je me retrouvais enfin face à mon destin. Je devais aller à sa rencontre. Mourir de la main de Jana, bien que cela soit particulièrement ironique après ces derniers mois de vengeance, ne serait pas déshonorant. J'avais l'impression que j'arrivais à terme de cette existence sanglante et sordide que j'avais vécut. Mourir de sa main allait être une véritable libération. Alors, je l'attendrais. Je ne pouvais pas concevoir qu'elle pourrisse en enfer. Son regard étonné, choqué de mon geste, me secoua l'âme et pulvérisa les restes de ma santé mentale, me faisant douter plus que jamais. Je ne pouvais pas la tuer. Je ne pouvais pas. Seigneur, prends pitié de ton fidèle serviteur.



    | Tu es devenue comme eux. Que le Seigneur me pardonne, mais je ne peux pas te laisser faire. Je t'aime, Jana, je t'aimerais toujours. Mais tu vas avoir très vite beaucoup de sang sur les mains. Je vais te soigner, et après, je te rejoindrais. De ce côté ci ou de l'autre, je t'avais promis qu'on se retrouverait. |


    J'étais bouleversé par mes propres paroles. J'étais prêt à la tuer mentalement, mais quelque chose m'en empêchait. Je lui avais promis qu'on se retrouverait, quoiqu'il arrive. Passer l'éternité avec elle était tout ce à quoi j'aspirais. Enfin une existence heureuse. Jana me cria que je pouvais encore changer les choses. Je ne le pensais pas. Il ne pouvait y avoir que deux issues, quand deux espèces différentes de par leur position dans la chaîne alimentaire se rencontraient; soit la proie défendait ses congénères, soit elle finissait croquée par son prédateur. Je ne pouvais pas...


    | Tu ne comprends pas ma chérie, tu ne comprends pas. Tu es dangereuse. Tu n'es plus comme avant. Si je te laisse partir, tu vas tuer des gens. Même si tu ne penses pas en être capable, ta nature prendra le dessus. Je dois le faire. Je dois le faire, tu me comprends? |


    Trop tard. Elle avait été la plus rapide. Elle se saisit de ma main. Je sentis alors la douceur de sa peau de marbre, mais aussi son intense fraîcheur. Elle était définitivement vampire; je le savais maintenant. Sa vitesse était imparable. J'avais hésité à tirer, je savais que j'avais donc perdu la seule occasion de faire mon devoir de soldat du seigneur. J'avais perdu l'initiative dans ce qui s'annonçait être une discussion sanglante. Elle inversa sa prise sans que je ne puisse tenter quoi que ce soit. Je fus repoussé d'un pas en arrière sous la violence de la prise, alors qu'elle envoyait mon arme au loin. Je n'avais pas pris le reste de mon attirail ce soir. Je n'avais plus rien pour me défendre. Sans que je puisse faire quoi que ce soit, elle me fouilla brutalement; elle ne me fit pas mal mais ne prit pas de gants non plus. Je l'avais énervée. Elle était physiquement plus forte, elle le savait. Mais j'étais un guerrier. J'avais un devoir à accomplir. Seigneur, je n'y arriverais jamais, c'était trop dur... Elle me fouilla et j'essayais de me dégager, mais sans succès. Jana était trop forte. Je la toisais d'un air mauvais. Je crachais le sang qui m'emplissait la bouche, m'en répandant sur le menton. Je me frottais le reliquat d'hémoglobine d'un revers de la manche.


    | Et on passe à quoi? A quoi veux tu qu'on passe! On ne peut plus rien, tout est fini! Tu n'as aucune idée de ce que j'ai fait pour toi! Et je découvre ce soir, après t'avoir vue mourir sous mes yeux, que tu es devenue ce que j'ai combattu en ton nom! Je dois le faire, Jana. Pour toi, pour moi. Pour tout le monde. |


    Je me détournais d'elle, cachant ma confusion et mes larmes. Je 'mavançais vers mon arme, quelques mètres plus loin.


    | Je préfère mourir que d'échouer. Je ne pourrais jamais vivre avec ça sur la conscience. Je t'ai toujours aimée, et je ne peux pas renoncer. Je vais nous libérer. Tous les deux. |


    J'arrivais tout prêt de mon pistolet, et je crachais de nouveau un glaviot de sang. Fichue bouche qui n'arrêtait pas de pisser!


    | Comment as tu pu survivre, mon amour? Je l'ai vu! Tu comprends? J'ai essayé de te défendre, mais j'étais trop faible. Il t'a presque violé sous mes yeux, puis il t'a vidé de ton sang, et t'a emmenée! Jamais je n'aurais pu me douter que... Non, c'était inconcevable! Qu'est ce qui t'es arrivé pendant tout ce temps? |


    Je me penche pour attraper de nouveau mon pistolet. Pour le meilleur ou pour le pire.

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 12 Fév - 1:48

Je n’aurai jamais imaginé que si un jour je devais rencontrer mon mari, nos retrouvailles soit si comment dire … électrique ! Je pensais qu’il le prendrait mieux que ça, je m’efforçais de comprendre mais non je ne comprenais pas. Il était un soldat de dieu certes, mais il faisait complètement abstraction de son passé ? Alors que je mettais efforcer de me raccrocher à un passé qui m’était totalement inconnu. Voir sa réaction m’avait brisée, je le « connaissais» depuis cette soirée même si je le connaissais depuis longtemps, mais là je m’étais attachée à cet homme qui était mal en point. Je voulais l’aider, et lui a pointé son arme contre mon cœur… Me tuer par amour pour moi ? Me tuer pour que l’on soit ensemble ? Je ne sais pas si étant humaine, ce concept m’était familier et j’aurai accepté cela. Là, j’avais un peu de mal à y croire, même beaucoup de mal à y croire …


Le côté humaine ressortait et ce n’était pas bon du tout. La seule odeur du sang qui était insoutenable, et la froideur de ma peau que Torben me faisait remarquer à chaque fois que nos mains se touchaient ou autre me rappelaient que j’étais immortelle et une vampire. Immortelle, contre Torben je ne croyais plus trop à l’immortalité. Il était capable de me tuer, je le savais – mon instinct me le disait. Moi non … j’avais tellement espéré, tellement cherché des indices n’importe quoi. J’étais restée des heures les yeux fermés ou essayant de toucher n’importe quel objet en espérant me rappeler quelque chose n’importe quoi. Sans rien faire, il était venu à moi cependant ce n’était pas les retrouvailles que j’avais un jour imaginé.


Les mots de Torben étaient comme des poignards qui me transperçaient le cœur. Me soigner ? Je n’étais pas malade… Je ne répondais rien, j’étais complètement perdue au point de ne même plus savoir dans quel camp j’étais ? De quel côté ? Je restais là immobile, figer. Je ne savais plus, tout se mélanger je savais qu’une chose : me tuer ferait plus de mal que de bien, le tuer m’atteindrait plus que ce que je pensais. Ce serait une erreur de nous entretuer pour mieux nous retrouver. N’avait-il pas le courage d’affronter la situation en face ? Il préférait la mort alors… moi j’hésitais à fuir, il ne pourrait me rattraper, il ne savait rien sur moi – de ma vie actuelle. Je ne le fis pas, si je le quittais il y avait peu de chance pour que je le revois un jour… j’étais sûre qu’il mettrait fin à ses jours. Le transformer aurait réglé bon nombre de problèmes, mais en aurait causé des nouveaux et de toute manière, il n’y survivrait pas. Il tenait à peine de debout, et je lisais sa détermination dans son regard. Il voulait me tuer mais quelque chose en lui l’en empêchait, il ne pouvait pas.

J’essayai un instant de le faire entendre raison.

    ▬ Torben … comprends moi, je t’en supplie ! Ce n’est pas ma faute si je suis comme eux, comme tu dis … Et si je dois tuer pour me nourrir, si je ne l’avais pas fais tu ne m’aurais jamais revue… Je n’ai pas choisis d’être une vampire, tu dois mieux le savoir que moi !




Je ne pouvais pas nier le fait que j’étais dangereuse sur ce point il avait entièrement raison. Toujours j’étais accompagnée durant mes sorties … je n’avais que quelque rares moments seule. Donc oui j’étais dangereuse, je m’étais accommodée de cette situation car je ne me souvenais plus vraiment ce que c’était d’être humaine.

    ▬ J’ai du mal à te comprendre, Torben …


Torben crachait du sang, et moi j’étais à bout…Il avait du sang sur son visage, son menton, dans sa bouche, sur sa manche. Ses paroles me détruisaient petit à petit, mais pourquoi je m’étais assise à côté de lui ? Pourquoi j’étais allée lui chercher un verre d’eau ? Je me retenais de ne pas le mordre, ne pas me jeter sur lui. J’aurai du mal à tenir plus longtemps, il fallait que je m’éloigne. J’étais un monstre à ces yeux, une chose incontrôlable Je me reculai de lui pour éviter de lui montrer qu’il avait raison. Alors qu’il se détourna de moi, pour s’avancer doucement de son arme. Je soupirai. Il ne lâcherait donc jamais. Il continuait à parler, alors que je ne savais plus quoi lui répondre. Il était un étrangers et encore plus en ce moment car j’avais vraiment l’impression qu’il me détestait. Je ne savais pas quoi dire. Il était désespéré et je crois qu’il était en train de me transmettre tous ces maux. Il était tout prêt de son pistolet, je le savais ! Il recracha du sang. Je ne pouvais plus me retenir … Je lui laissais terminer sa phrase, et en un bond je le plaquai au sol, le pistolet juste à côté, moi sur lui, et lui sous moi. Je lui bloquai le bras, aucune envie de remettre l’épisode où le neuf millimètre était collait sur mon cœur. Je me maitrisais pour ne pas le mordre, j’étais très étonnée de la volonté dont je faisais part. Jamais je n’aurai pensé tenir comme cela.

    ▬ Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que je te raconte !


Je saisis l’arme à feu qui se brisa entre mes mains, j’étais toujours sur lui. J’étais à moitié soulagée, s’il n’avait pas une autre arme il n’arriverait jamais à me battre. Une seule solution s’offrait à moi à présent : s’enfuir avant de faire une chose que j’allais regretter toute ma vie.


    ▬ Tu devrais aller à l’hôpital, tu sais … Tu es très mal en point. Mais je comprendrais si les conseils d’une vampire ne sont pas bons à écouter bien sur !


Je lui laissais un dernier instant pour faire quelque chose d’intelligent, puis je m’évaporerai en un mouvement que Torben ne remarquerait même pas. Je resterais cloitrée au manoir pendant plusieurs jours, je ne voulais plus le voir, plus jamais… Je mettrais des jours à me remettre de cette confrontation avec le passé, mon passé. J’aurai voulu ne jamais me souvenir, ça faisait tellement mal de se dire que l’homme que vous avez aimé, et que vous aimez toujours est inaccessible, qu’il faut oublier tout ça...Malheureusement, on n’oublie jamais rien on vit avec…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 12 Fév - 15:55

    Je déraisonnais, mais quel homme serait capable de garder toute sa tête devant pareille situation? Jamais je n'aurais pu me préparer à l'idée de revoir Jana. Pas de ce côté ci en tous cas. Je l'avais tout de même revue, d'une certaine manière. J'avais pu l'imaginer, et la revoir. Mon esprit malade avait pu la modaliser selon les fantasmes de mon subconscient. J'avais pu la revoir, j'avais pu la toucher, j'avais pu lui parler. Elle avait intéragit avec moi. Mais même dans mes plus grands moments de désespoir et de solitude, je n'avais jamais espéré la revoir vraiment. Je savais que tout ceci n'était dû qu'à mon esprit, j'avais bien conscience que ces visions et ces hallucinations étaient rêvées, et non vécues. Là, j'avais la preuve tangible qu'il s'agissait de la réalité vraie; je ne pouvais plus me cacher derrière ma tristesse, mon désespoir ou ma solitude. J'étais confronté à une situation improbable, douloureuse, et dévastatrice. J'aurais peut être préféré ne pas revoir ma femme, dans ces conditions. Savoir qu'elle était devenue ce que je combattais, qu'elle était devenue l'esprit, s'en était trop pour moi. Je me sentais dévasté, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. Ce n'était jamais que la conclusion d'une suite d'évènements qui m'avaient amené à me perdre moi même. Là, je n'étais plus rien, ni personne. Ne restait plus que la faible lueur qu'était Hannah, et que je devais souvenir. Mais libérer ma soeur de l'emprise des vampires me semblait clairement inateignable comme objectif maintenant que j'avais sous les yeux l'ampleur du contrôle qu'exerçaient les vampires sur nous. J'étais trop faible pour arriver à tout concilier. Je ne pouvais pas abandonner. Mais mourir en essayant tout de même était une option qui me paraissait maintenant enviable. On ne pouvait pas dire que je sois particulièrement envieux d'une autre fin. Plus maintenant. Jana avait toujours été une pensée porteuse de force et de détermination. Elle était passée dans le camp adverse, et ma seule pensée salvatrice m'avait été retirée de force, comme on retire une bouée de sauvetage à un noyé.


    Elle essaya de me raisonner. Elle me supplia, et ce qui restait de mon âme était encore plus douloureux. Je ne pouvais pas tenir. Ma femme m'implorait, elle me suppliait de comprendre. Elle était vampire, mais elle était toujours la femme que j'aimais. Elle n'était plus humaine, mais c'était toujours avec elle que j'avais partagé toutes ces espérances, tous ces rêves d'avenir... Même s'il n'en restait plus grand chose aujourd'hui, cela restait tout de même assez évocateur; je ne pouvais pas passer outre. Jana avait la chance de ne plus se rappeler; elle n'avait donc pas conscience de ce qu'elle avait perdu. Moi, j'étais passé de tout, à rien. Je n'avais plus rien, je ne pouvais plus rien. Elle avait raison. Ce n'était pas sa faute. Mais que pouvais je faire d'autre? Elle était dangereuse. Elle portait le mal en elle. Elle était devenu un prédateur pour l'espèce humaine. Y compris pour moi. Je savais par expérience qu'un vampire affamé ne donnait pas dans le sentiment. Un humain, lui, a toujours le choix. S'il est suffisamment fort, il choisira de sauver l'autre plutôt que lui même. Ce n'était pas le cas chez les vampires. Vile espèce, qui m'avait maintenant pris ma femme, l'ange de ma vie. Elle me dit tacitement qu'elle avait déjà tué. Mon âme n'était plus seulement brisée. Elle était piétinée, foulée du pied parmi les immondices de ce monde. Ma Jana, si belle, si pure, avait détruit des vies. Je l'avais toujours protégée du monde extérieur. Dans une folle arrogance, j'avais cru que cela pourrait toujours suffire. D'une voix brisée, je lui répondis.



    | Non, tu ne l'as pas choisit. Ils sont fort rares, à avoir fait ce choix. Mais tous ont quelque chose en commun. Une soif de sang terrible. Une soif de sang qui t'amènera comme les pires d'entre eux à tuer, à briser des vies. |


    J'étais presque parvenu à atteindre mon arme, sans trop savoir ce que j'en ferais, quand elle me dit qu'elle ne me comprenait pas. J'eus un léger sourire triste, dénué de joie. Amusé par l'ironie de la situation, sans doute.


    | Moi non plus, je ne me comprends pas. J'ai cessé de comprendre quand je l'ai vu t'emmener, il y a plus d'un an de ça. |


    Elle se jeta sur moi. Nos corps s'écroulèrent. Je n'avais pas la force de m'opposer à elle. La lutte fut rapide, la douleur limitée mais bien présente. Mon dos était contusionné par la chute, mes poignet aussi. Elle se saisit de ma main en bloquant mon corps sous le sien. Elle me cracha au visage qu'elle était sûre que je ne voulais pas qu'elle me raconte. Elle avait raison. Mais ce que Jana ignorait, était que j'avais besoin de savoir. Je me laissais inerte, totalement sous son emprise. Je ne pouvais rien. Trop faible pour me débattre, et désarmé. D'ailleurs, elle rendit mon arme inopérante en un mouvement de la main. Je devais me battre contre elle, c'était mon devoir. Ma raison, quant à elle, avait totalement abdiqué. Elle me dit que je devais aller à l'hopital, mais elle avait conscience que je ne tiendrais pas compte de ses conseils. Je la regardais. Si belle, comme au premier jour. Son corps si fort, mais si léger. Je la sentais à peine sur moi, alors que sa force qui me maîtrisait n'était pas à prouver. Elle était si belle. De l'endroit où je me trouvais, plus bas, je distinguais la légère proéminence de ses canines. Et je voyais la lueur affamée de ses yeux. Ce n'était plus ma Jana. Mais Dieu, qu'est ce que je l'aimais encore. Je me redressais légèrement sous elle. Je posais mes mains sur sa taille. Je humais son parfum, fermant les yeux. C'était toujours ma Jana, mais transformée en bête sanguinaire. Seigneur... Avant, je n'avais jamais pu lui résister. Maintenant, il y avait son aura vampirique. Je tombais dans ses filets comme des millions d'humains n'avaient pas su résiter avant. J'étais subjugué par elle. Je devais la tuer, pourtant. Seigneur... Je me redressais un epu plus le buste, me dégageant sans forcer des mains de Jana. Je posais une main sur sa taille. Le désir s'enflamma en moi. Je faisais tout pour y résister.


    Pénible attraction, charisme entier.


    Je me rapproche un peu plus d'elle, et pose mon autre main sur sa joue. En tremblant et en hésitant, puis en épousant tout à fait les formes parfaites de son visage. Sa peau est froide comme la pierre, mais douce. Je me rapproche encore, les yeux dans les yeux. Je suis sous son contrôle. Je t'aime Jana, je t'aime tellement...



    | Je suis forcé de le faire, mon amour. Je t'aime tellement pourtant, c'est si dur... Mais je dois le faire. Je dois te tuer. |


    Je l'embrasse de nouveau. Plus franchement. Je mêle ma bouche à la sienne. Mon sang coule toujours, et je sais que je vais la rendre folle. Ma main passe derrière sa taille pour attirer son corps contre le mien. Je frôle sa langue de la mienne, ensanglantée, puis je recule un instant


    | Tu m'as tellement manqué... On se retrouvera bientôt, crois moi. Et on sera ensemble, pour l'éternité. |


    J'attire de nouveau son corps au mien. Et scelles de nouveau nos lèvres. Torben, tu vas bientôt te tuer. En même temps qu'elle.




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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Dim 13 Fév - 0:46

Torben se dégagea de mon emprise, je le laissai faire pour le moment il ne représentait aucune menace à mon égard. Je le surveillai quand même, il n’avait donc pas peur de moi ? Il ne me craignait pas ? Il aurait peut-être du commencer à s’inquiéter, l’odeur du sang devenait de plus en plus insoutenable et j’étais très proche de lui, un peu trop d’ailleurs. Il posa ses mains sur ma taille, il ferma les yeux en même temps que je fermai les miens profitant de ce contact, ce serait surement l’un des derniers avant que je plante mes crocs dans le creux de son cou. Il continua son rapprochement suspect, en posant son autre main sur ma joue. Cela faisait plusieurs fois mais le contact fut toujours aussi surprenant, ma peau de marbre contre la chaleur de Torben. C’était à la fois glaciale et brulant, drôle d’effet. Il plongeait son regard dans le mien. Il insistait avec le fait qu’il devait me tuer, alors que moi je luttais pour repousser au maximum le moment où j’allais le mordre, car je n’aurai pas d’autres choix. Torben avait raison : moi aussi j’étais forcée de le faire, moi aussi je l’aimais pourtant, pour moi aussi c’était dur, moi aussi je devais le faire, moi aussi j’aurai du le tuer car il savait. Même en m’enfuyant, j’étais certaine qui me poursuivrait pour me tuer.

Torben posa sa bouche contre la mienne, ça c’était vraiment LA chose à ne pas faire. Son sang coulait, je le sentais. Si cela continuait je deviendrais moi aussi folle, je n’avais rien demandé à personne et là je me retrouvais au milieu d’une rue sombre en pleine nuit avec mon mari essayant de lutter tant bien que mal, lutté contre ce que j’étais devenue. Je me détruisais à petit feux en même temps que lui alors que la soirée aurait pu se dérouler sans embuche… Il attira mon corps contre lui, je sentais sa chaleur à travers ses vêtements. Sa langue frôla la mienne, j’eus le gout de son sang dans ma bouche. Il se recula subitement, alors que je perdais tout le contrôle de moi-même. Je n’eus pas le temps de répliquer qu’il attira mon corps à nouveau contre le sien, et repris le baiser plus passionné que les précédents. Il devait être complètement fou, irresponsable ! Sa bouche était ensanglantée, sa manche, ses mains… il le savait, il ne pouvait pas l’ignorait.

Je lui lançai un regard noir, sombre et ténébreux. Un regard cruel que Torben n’avait certainement jamais vu sur moi, d’un geste tellement rapide que Torben ne comprit que plus tard ce que j’allais faire, je plantai mes crocs dans son cou. Son sang n’était pas de l’AB – mais il était tout autant délicieux. Il aurait une jolie petite marque après, il ne me le pardonnerait surement jamais mais ce n’était pas de ma faute, c’était de la sienne ! Il l’avait bien cherché, m’embrasser de la sorte, il devait bien se douter qu’il y avait un risque. Surtout que peu avant, je l’avais blessé au visage. Le sentiment d’être une humaine si sentiment il y a réellement eut, c’était bien évanouie, laissant place à ce que j’étais devenue, on ne pouvait pas refaire le monde, revenir en arrière, tout refaire. C’était impossible, il fallait s’accommoder du présent tel qu’il était.

J’arrêtai de le mordre dans le cou, je ne voulais pas le vider de son sang non plus… Si ? Je le voulais ? C’est vrai qu’il m’avait agacée, énervée même ! En plus, il avait osé m’embrasser cela avait été certes agréable mais il m’avait vraiment poussée à bout… Je me retirai avec fureur, ne le laissant pas souffler. Je me réattaquais à lui, le mordant sur toute la longueur du bras, il aurait des souvenirs de sa Jana un peu partout sur son corps. Je le mordais plus gentiment, si on peut dire, la première fois était pour combler cette soif qui me torturait depuis un petit moment. Maintenant, je m’amusais avec lui avec ma propre arme : mes crocs. Je ne le mordais pas profondément, au fond il ne m’avait pas trop fait mal physiquement… C’était ses mots, ses mots qu’il répétait qui me faisaient souffrir plus qu’autre chose. Sentir la chaleur de sa peau sur mes lèvres, le toucher, le mordiller me rappelais des sensations unique que je n’avais du connaitre qu’auprès de Torben. Si nous devions mourir ce soir, il garderait à jamais une trace de moi.

    ▬ Torben ? Tu es toujours avec moi ?



J’allais me retirer de sur lui, m’éloigner juste ; pour ne pas lui offrir le spectacle plaisant de voir mon visage – ma bouche tapissait de sang. Je ne le laisserai pas agonisant là, jonchant le sol noyer dans une marre de sang. Je me souvenais lui avoir juré amour et fidélité, pour le meilleur et pour le pire. Il était clair que nous traversions le « pire » en ce moment même. Je lançai un dernier regard à mon mari… Je l’aimais n’est-ce-pas ? Même après l’avoir mordu j’éprouvais des sentiments pour lui ? Je n’oserai jamais l’avouer, c’était voué à l’échec, c’était impossible, c’était inimaginable… Torben …
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Dim 13 Fév - 18:33

    Je faisais ce que je pouvais. J'avais un plan en tête. Je savais quoi faire. Mes réflexes de soldat avaient repris le dessus. Quand la raison disparaît, ne reste plus que l'habitude et la force des choses. On m'avait appris à tirer parti de toute arme, de toute situation. J'essayais de m'y tenir, désormais. Ce n'était guère chose aisée, mais il me semblait clair que nous ne pouvions pas continuer ainsi. Je n'étais plus armé. Il avait fallu trouver quelque chose. Faire perdre le contrôle à Jana. La rendre vulnérable. Et faire ce que Dieu me demandait de faire. Je ne suis pas un monstre, dans le fond. Je ne suis pas non plus une petite chose fragile. Je fais ce pourquoi je suis fait. Et cette fameuse raison qui guidait mes pas et mes pensées, c'était avant tout le meurtre et l'éradication de tout vampire que je pouvais rencontrer. Oh bien sûr, la situation était différente. J'étais testé sans cesse, et je savais que celui ci je ne le passerais probablement pas avec succès. Mais je ne peux pas lutter contre ma nature. Je ne peux pas m'arranger du fait que je suis un tueur, et que j'ai ça dans le sang. Je suis condamné au statu quo. Embrasser Jana est nécéssaire, mais c'est une mauvaise idée. Je la distrais par le sang et la sensualité, je l'embrouille et je lui fais perdre toute mesure. Mais d'un autre côté, je succombe à nouveau à ses charmes. Je sais que ceux ci ne sont plus ce qu'ils étaient lorsque nous étions mariés. Ils sont comme renforcés, mystifiés, même. La malédiction du vampirisme lui confère un pouvoir de séduction autant physique que psychique; je me sens attiré à elle comme un moustique vers une source lumineuse. Je l'aime, je l'ai toujours aimé, et je l'aime toujours. Malgré sa maléfiction. Malgré que je doive la tuer.


    Le contact froid de ses lèvres me brûle, alors que la passion se réveille en moi. Une passion morte, une passion enfouie. Quelque chsoe que j'avais cru mort, mais qui ne l'est pas tout à fait. J'ai faim d'elle, j'ai envie de coller mon corps contre le sien, de me perdre dans ses baisers, dans ses caresses. Je ne pouvais pas, mais la damnation me tendait les bras, et j'étais déjà tout prêt à lui succomber. Mais je n'eus pas le temps de réagir. Je la sentis se déplacer, se tendre comme un serpent. Je laissais échapper un gémissement où perçait douleur et plaisir alors que ses dents me déchiraient la peau sur le côté du cou. Mon sang coula et mes yeux se révulsèrent, se perdirent dans le lointain. Je la sentais aspirer mon liquide vital, sans la moindre retenue. Elle s'accrochait à moi telle une sangsue. On m'avait déjà « goûté », mais plus pour essayer de me tuer que pour simplement se gorger de sang et de sensualité. Là, c'était différent. C'était douloureux et désagréable, mais bon à en crever. Désir paradoxal qui oblitérait mes sens et ce qu'il restait de mes pensées. Je ne parviendrais pas à mener mon plan à terme. Je ne pouvais pas lutter. Je relâchais Jana, laissant tomber mes bras le long de mon corps, me laissant tomber dans ses bras. Elle me maintint avec force contre elle, et continuait de s'abreuver. Finalement, ma tête bascula en arrière lorsqu'elle lâcha mon cou. Déflagration totale, qui avait détruit toute vélléité à son encontre. Je voulais me perdre avec elle. Qu'elle se nourrisse de moi ne me paraissait pas révoltant. Aujourd'hui encore, et malgré tout, j'étais prêt à tout pour elle, pour qu'elle soit en bonne santé. Y compris me sacrifier. Mourir pour elle, ou mourir avec elle, peu m'importait au final. Je ne trouverais de toute façon de réconfort que dans sa présence, et dans la mort de toute chose.


    Elle s'attaqua à mon bras. Moins de la manière d'un prédateur, plutôt de la manière d'un amant. Elle était plus douce. Elle n'arracha pas la peau, mais la perça doucement et s'abreuva avec plus de retenue. Il me semblait clair qu'elle était déjà rassasiée, sinon elle n'aurait su se contenir et m'aurait saigné à mort. Je m'abandonnais toujours à elle. Je sentais le sang chaud qui coulait en mince filet . J'entendais sa voix. Claire. Comme une main qu'on tend à un noyé, j'émergeais en l'entendant. Je rouvris les yeux, et la souffrance de mon corps me retira la félicité que je ressentais. Je me redressais légèrement, toujours assis contre elle. Mes yeux entrouverts distinguèrent son visage et ses vêtements ensanglantés, malgré l'obscurité. Je ne trouvais pas cela révoltant. Je ne pouvais pas accepter que ma femme devienne prédateur, mais je ne pouvais pas non plus m'empêcher de l'aimer. La sentir contre moi était un miracle auquel je ne voulais pas renoncer, malgré toute ma volonté à accomplir la justice divine. Je me collais de nouveau contre elle malgré le sang qui continuait de couler. Une de mes mains passa dans ses cheveux, attirant son visage contre le mien. L'autre passa sous son haut, caressant son dos.



    | Je suis là, Jana. Je resterais là, jusqu'au bout. Avec toi jusqu'à la fin. |


    Je m'accroche à elle. Je ne sais plus ce que je dois faire. Je sais que je dois la tuer. Mais je l'aime toujours. Je l'aimerais toujours. Même si elle me faisait du mal. Même si elle en aimerait un autre. Même si elle me trahissait. Je l'aime, Jana. Je souris doucement et pose ma tête sur son épaule, la respiration haletante


    | Pourquoi irais je à l'hopital, Jana? Je suis avec toi. J'ai le bonheur de te retrouver. L'un de nous deux devra tuer l'autre, ainsi va ce nouveau monde qui nous a détruit. Mais je ne veux pas me soigner. Je ne veux pas prolonger cette existence sans toi. Tu es vampire, je suis humain. Me manger, c'est dans ta nature... |



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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Lun 14 Fév - 23:19

« Ah ! Que c'est une douce mort de mourir sans perdre la vie. »

Une fois que j’ai eu terminé de le mordre, et de mordiller son bras ce qui fut avouons le très agréable. Torben se colla à nouveau contre moi, son sang coulait. Il passa l’une de ses mains dans mes cheveux, attirant mon visage contre le sien. L’autre qui se faufilait sous mon débardeur en caressant mon dos. Que faisait-il enfin ? Il ne m’en voulait donc pas de l’avoir mordu ?!! Il tenait si peu à la vie ? Il avait dû tellement souffrir de ma disparition, me croire morte… Moi je l’avais oubliée, donc je n’avais pas souffert de ne pas savoir où il est, que faisait-il, s’il allait bien… Je souffrais du manque de souvenirs mais c’était tout.

Je le laissais faire surtout si nous finissions mort d’ici le levée du soleil. Si nous devions mourir aujourd’hui autant en profiter un maximum avant. Je ne voulais pas mourir, j’avais gouté à l’immortalité mais j’avais gouté à l’immortalité sans Torben… Je n’étais pas sûre que si je m’éloignais de lui je ne ressentirai pas un manque, un vide. Ma tête était vide, je ne me souvenais de presque rien de ma vie passée. Néanmoins, de ce que j’avais vu c’était une vie heureuse, parfaite pour moi, j’aimais ma vie avec Torben. Je lui avais dis oui, oui pour la vie. A la vie comme à la mort. Et puis ça au moins je m’en souvenais…

Il me sourit doucement, et posa sa tête sur mon épaule. Un moment romantique ? Oui, juste avant qu’il refuse d’aller se faire soigner tu me diras pour faire discret une morsure dans le cou et sur le bras n’était peut-être pas la meilleure des choses. Le manger était certes dans ma nature, mais là je m’y refusais ! J’en deviendrai folle, et je ne voulais pas que ça me hante toute ma vie, et la vie peut-être très longue quand on est vampire.

    ▬ Mais tu as perdu la raison ! Je m’y refuse, non non et non ! Je ne te mangerai pas, je ne m’en remettrai pas… je ne m’en remettrai jamais…


S’il voulait mourir, il fallait qu’il se tue avec son neuf millimètre plutôt que de le pointait sur moi. Je ne le tuerai pas, je ne pouvais pas et je ne pourrai jamais. Il était un humain, il savait qui j’étais – même mieux que moi ; mais ce n’étaient pas des raisons suffisantes à mes yeux ! Même si, je devais le fuir toute ma vie, je le fuirais s’il le fallait. Je lui faisais une crise de nerf en plein dans la rue, j’étais sur lui mais que faisions nous là … Si quelqu’un nous voyaient ?!! Il nous prendrait pour des fous, des cinglés, ou des personnes complètement bourrés avec du sang partout sur nous. Quelle discrétion !

Le sang coulait, sans prévenir je déchirai le tee shirt blanc que portait Torben. Il fut un peu secoué malgré le fait d’avoir essayer tant bien que mal ne pas trop le bouger. J’improvisai un petit bandage autour de son épaule et de son cou, je le soulevais vers moi avec une facilité impressionnante. Ca épongerait le sang, et donnerait une nouvelle couleur à ce tee shirt anciennement blanc. Il faudrait quand même soigner cette vilaine blessure dont j’étais en partie responsable, et pour laquelle je n’avais aucun scrupule de l’avoir faites. C’était sa faute, il n’avait pas qu’à m’embrasser et j’aurai pu peut-être me retenir et évitai cela. Je le reposais doucement sur le sol, alors que je terminai de jouer les infirmières. Enchainant en lui faisant quelques bisous ‘’magiques’’ sur le bras, ça suffirait à le soigner j’en étais certaine. J’étais en train de m’occupée de lui comme une enfant s’occuperait de sa poupée. S’il perdait trop de sang, ce serait du sang gâché mais ça deviendrai très inquiétant.

Je me redressais, et je plongeai mes yeux sombres dans les siens. Je me posai tellement de questions sur mon passé, sur notre passé commun. J’étais dans le flou total, je ne savais plus ce qu’il fallait faire, comment j’arriverai à me sortir d’une situation comme celle-là. J’étais tiraillée entre deux mondes, deux mondes auxquels j’avais appartenu et auxquels j’appartenais.

    ▬ Nous étions heureux ensemble, tous les deux n’est-ce-pas ?


J’étais face à un dilemme de taille, mais je savais que tuer Torben était la mauvaise solution mais ne pas le tuer n’était peut-être pas non plus la meilleure des solutions. J’étais bloquée, mais au moins j’étais sur lui, j’étais bien sur lui…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mar 15 Fév - 0:42

    Je me sentais étrangement en phase avec moi même, chose suffisamment rare pour être soulignée. D'autant plus que j'étais comme toujours tiraillé par deux envies bien contradictoires. Plutôt que deux envies, il fallait que je rétablisse la justesse de la situation. D'un côté, mon devoir envers mon Dieu et mon espèce. De l'autre, l'amour total et irréversible que je vouais à une femme qui pourrait être ma pire ennemie. Je n'avais pas réussit à choisir quel côté je devrais suivre. Peut être que je ne saurais jamais trancher totalement le problème. Ce qui était sûr cependant, c'était que j'avais plus du tout envie de me torturer. Je ne faisais pas non plus face à la situation. Je ne choisissais pas. Je ne savais pas quel destin ni quelle attitude je réserverais à celle qui avait été ma femme. Mais je savais cependant une seule chose; j'acceptais les choses telles qu'elles étaient. En quelque sorte, Jana me renvoyait une image de moi même qui m'était douloureuse, presque insupportable même. La ruine que j'étais devenue, en si peu de temps... Cela m'apparaissait comme frappant, maintenant. Plus vraiment comme honteux. Je trouvais juste mon état... Triste. Triste d'en arriver là, après autant de joie et de bonheur dans mon existence. J'en étais devenu l'ombre de ce que j'étais auparavant. Alcoolique, fou, dépressif. Je n'étais plus capable de protéger ma femme, pas comme je l'aurais fait des années plus tôt. Et je n'étais plus non plus capable de mettre un terme à son existence démoniaque sur cette terre. Je me sentais tiraillé. Déchiré, même. Je ne parvenais toujours pas à accepter que la femme de ma vie avait été transformée en vampire. Mais je ne pouvais pas non plus me résoudre à la perdre à nouveau. Ne pas choisir était terrible, mais cela m'apportait tout de même un certain réconfort; je n'étais pas devenu un monstre capable de tuer sa femme de sang froid, et je n'avais pas non plus renoncé à son amour. Torben, où comment se mettre dans une merde pas possible.


    J'éclatais d'un petit rire dénué de joie alors que je relevais le regard vers ma douce. Je n'étais pas amusé par ses paroles. L'ironie de la vie me pétait littéralement à la gueule. Je continuais à rire d'une voix hachée par le désespoir, la faiblesse de mon corps et par la fatigue qui commençait à étendre son emprise sur moi.



    | Perdre la raison? Oh oui, si tu savais ma belle, si tu savais! Ahaha...


    Oh oui, si elle savait. Si seulement elle avait vu le bain de sang que j'avais provoqué pour la retrouver. La torture à laquelle je m'étais adonné pour retrouver la trace de son agresseur. Le plaisir terrible que je ressentais à chaque fois que je tuais un vampire, qui éclatait en un nuage de sang et de viscères. Si elle savait comment j'avais trompée son souvenir, encore et encore, avec nombre de femmes dont je ne me rappelais souvent pas du nom! Si elle savait! Mes yeux se remplissent de nouveau de larmes, que ma folie m'aide à contenir. J'avais pensé à la dévastation de mon être en retrouvant Jana. Je n'avais pas pensé au mal que je pourrais lui faire. Alors, ma propre vilénie s'imprima avec d'autant plus de force dans ma mémoire alors que je revoyais toutes ces femmes, ces prostituées même, parfois, qui m'avaient aidé à noyer mon chagrin dans l'alcool et leur compagnie. Alors, mon rire s'éteint de lui même. Qu'ais je fait, mon Dieu? Même vampire, Jana ne méritait pas ça. Si j'avais su... Non, je me sentais encore plus mal. Je toussais de nouveau, avant de fixer mon regard dans le sien, d'un air terriblement triste.


    | Après tout ce que j'ai fait, c'est la moindre des choses. Fais le. Tu nous libèreras tous les deux. Fais le, je t'en pries. Ne dis pas de bêtises. Tu ne te souviens pas de moi. Rends toi à l'évidence, ma chérie. Je suis un inconnu, pour toi. Tu t'en remettras. On se remet de tout... |


    Paroles cruelles, dont je ne crois pourtant pas un traître mot. On ne se remet pas de tout, non. Perdre Jana m'a littéralement anéantit. Alors, je me sentis bouger. Je me sentais secoué, et entendais un bruit de tissu qu'on déchire. Je ne baisse pas le regard. Je sens que Jana déchire mon T shirt, et elle me bande mes blessures. Je me laissais totalement balloter entre ses bras. Je me sentais faible, vidé de mes forces. Quand elle me fit bouger tout entier, je sentis le sang à peine séché commencer à se craqueler sur mon corps, alors que le bandage improvisé retenait le sang; je sentais sa chaleur entrer en contact avec le bandage. Je sentis ses lèvres entrer en contact avec mon bras meurtrit, et cela me procura des frissons de désirs que je ne contenais pas, n'en ayant ni la force ni l'envie. Alors, elle me posa une question qui me bouleversa un peu plus. Le bonheur... L'avions nous connu, ensemble. Je ferme les yeux, et ressasse tous ses souvenirs. Je sens que je perds le contrôle de mon corps, mais rien ni personne ne pourrait jamais altérer ma mémoire de ces années passées avec Jana. Je finis par me reprendre; le froid s'insinua par chaque pore de ma peau. Je me sens faible, comme un nourrisson. Mais je lui réponds. Je lui réponds comme je peux.


    | Moi, je l'étais. Toi, je l'espère. Nous avions des projets. Des projets qui ne se réaliseront plus. Tu es vampire, et je suis humain. J'ai juré devant dieu de te venger. Maintenant... je ne sais plus ce que je dois faire. |


    Je la repousse doucement, la poussant sur le côté. Je tente de me relever, et tend une main dans sa direction pour lui faire signe que je ne voulais pas d'aide. Je grogne sous l'effort. Je crache un peu de sang. J'ai mal partout, et tous mes muscles sont endoloris. J'ai froid aussi, si froid... Je me retourne vers elle. La protéger, envers et contre tout. Et donc, la protéger de moi... Je brise mon âme, mon coeur et mon corps. Sacrifice ultime, pour protéger celle que j'aime. Je dois lui briser le coeur et ses souvenirs, pour qu'elle puisse continuer à vivre.


    | Tu devrais partir, maintenant. Tout ce qu'il y avait entre nous est terminé. J'ai connu d'autres femmes. Beaucoup d'autres femmes. Et tu es une vampire. Un jour, je devrais te tuer, et tu devras te défendre. Tout est fini, Jana. |

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mar 15 Fév - 23:31

Il fallait que je parte, je passais des sentiments à la violence et vice versa cela faisait plus de mal que de bien et je n’étais plus dans ma mission. Il me faisait souffrir, je ne savais plus s’il était sincère ou bien s’il mentait. J’aurai voulu le voir dans ses yeux, mais je ne voyais que le néant de son esprit : un esprit dévasté, torturé, totalement détruit. D’un autre côté, je ne pouvais pas m’éloigner du CrazyFish. Je ne pouvais quitter cette ruelle, ce quartier, ce port. Et le sang vampirique alors ? Qu’est-ce-que je faisais là ? Je m’étais laissée emporter. Je n’osais plus re rentrer à l’intérieur comme mes vêtements étaient pleins de sang et que je n’avais plus le cœur à danser devant des hommes qui n’attendaient que ça. Je ne voulais plus savoir, je ne voulais plus connaitre mon passé, je ne voulais plus en parler ! Ses paroles étaient inquiétantes, j’allais m’éloigner loin assez loin pour ne plus avoir ses mauvaises ondes sur moi. Il me faisait du mal, et il en remettait une couche alors que j’essayais de me contenir, de me maitriser, d’être gentille malgré quelques remarques pas très gentilles. Ses paroles faisaient très mal, je ne voulais plus l’écouter. Il remettait en cause tout ce dont j’avais idéalisé, imaginé. D’un côté, je devais avancer il avait surement raison j’étais une vampire à présent, je devais penser dans le présent et dans toutes les années à venir. Je ne devais plus faire attention à l’épave de mon passé. Je ne lui répondais à rien, il parlait mais je ne l’écoutais plus. Je ne voulais plus…

Si mes souvenirs étaient bons, Torben venait de tout casser, tout nos acquis du passé, tout ! Je lui en voulais, et quelle idiote j’avais été de penser juste un instant que recommencer était possible, je pensais que c’était possible ! Il y avait forcément une solution, mais ce qu’il disait avait l’air tellement vrai même si je me refusais d’y croire. Je m’étais efforcée, même en étant une vampire, de lui apporter de l’eau comme il n’allait pas bien, de l’empêcher de me tuer et de se tuer ensuite, certes je l’avais mordu mais ensuite j’avais joué les infirmières pour lui. Je regrettais déjà tous mes actes. Il détestait les vampires, non pire ! Il leur vouait une haine mortelle. Que j’aie été sa femme autrefois ne changeait rien ? Tout ce qui importait c’était le fait que je sois une vampire. L’envie de connaitre mon passé m’avait hantée jour et nuit depuis que je vivais au manoir. Et maintenant que j’en connaissais juste un petit bout, que je ne connaissais qu’une personne en relation avec mon passé je voulais à nouveau tout oublier.

    ▬ Moi non plus je ne sais plus ce que je dois faire…


Finalement mourir n’était peut-être pas une si mauvaise que ça, ça aurait évité bien des dialogues qui font mal, et de nombreuses souffrances. Je ne pourrai pas me remettre de cette entrevue, jamais je le savais ! Mon souvenir avait hanté Torben, et nos retrouvailles me hanteront à mon tour. Mourir aurait soulagé mon esprit, mourir aurait réglé tous nos problèmes, et peut-être que dans la mort nous pouvions être ensemble à nouveau réunis.
Il me repoussa doucement, comme si ses paroles ne suffisaient pas… J’allai pour l’aider à se relever – je ne l’avais pas tuée autant continuer à l’aider au moins j’aurai la conscience tranquille – mais il fit signe qu’il ne voulait pas d’aide, qu’il se débrouille après tout c’est un grand garçon, il a pu vivre jusqu’à présent sans moi il pourra donc continuer. Comme il m’avait gentiment fais remarquer : On se remet de tout. Ben voilà, il se remettra de nos retrouvailles, et s’il ne s’en remettait pas et ben tant pis, je ne serai plus l’épaule sur qui il pouvait pleurer. La prochaine fois, je ne serai surement pas d’humeur aussi gentille et compatissante que ce soir-là. Il souffrait en se relevant, oui ça m’atteignais mais je fis comme si de rien n’était alors que je me levais d’un bond léger. Alors que Torben donnait le coup de grâce, les mots suffisaient à l’action. C’était comme s’il venait de tirer avec son neuf millimètre droit dans mon cœur.

Je le projetai contre le mur extérieur du CrazyFish avec perte et fracas. J’eus beaucoup moins mal que lui quand son corps toucha le mur. C’était bien la peine de lui faire un bandage au bras tiens, ce n’était plus d’un bandage qu’il avait besoin. C’était des jours et des jours de repos au lit sans bouger, mais qu’importe. Il l’avait dis lui-même tout était finis, ben il l’avait bien mérité. Dans le choc, mon corps toucha une dernière fois celui de Torben je m’agrippai à sa veste pour ne pas qu’il casse le mur. Pauvre mur, voyons… Pas pauvre Torben !

    ▬ Comme tu voudras Torben ! Mais sache que … que… je t’aimerai toujours…


Je lâchai sa veste et avant de continuer à m’enfoncer un peu plus, je disparu dans le noir. Oh ! Je ne m’éloignai pas trop, car je devais rester dans les parages. Je me laissai glisser le long du mur d’une autre façade du Crazy Fish, mon dos s’égratignait en même temps que glisser. Cela n’avait pas vraiment d’importance. Je guettais toujours Torben quand même, car bon il était déjà mal en points et là en le fracassant contre le mur je n’avais rien arrangé. Je restais là dans le noir sans bouger. Torben n’était pas bien loin, mais il ignorait où j’étais partie. J’étais assise par terre à côté de poubelles, mais peut importe je ne pouvais pas rentrer au manoir dans cet état… Il n’y avait plus d’espoir, plus aucun espoir, c’était finit ou était-ce déjà finis ? Tout était en mille morceaux, et recollait le tout me paraissait complètement impossible…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mer 16 Fév - 1:30

[HJ; merci au film « le colonel chabert » pour ma description de la mort. Inutile de te préciser que je suis pas satisfait de ce que j'ai écrit xD, envoies moi quand même ce que t'en penses et ce que ça t'évoques, par mp ^^]


    Je finissais à peine ma tirade qui se voulait haineuse que je sentis quelque chose bouger à côté du moi. DU coin de l'oeil, j'identifiais la svelte silhouette de mon épouse. Debout, à côté de moi. Elle avait sauté sur ses pieds tel un chat. Jana était devenue un prédateur. Je devais vraiment me l'enfoncer dans le crâne. Elle était devenue bien plus vive, forte et agile que je ne le serais jamais. Et mon dernier mot fut prononcé, invoquant une sentence immédiate. Je ne sais pas ce qui m'avait pris. Je l'aime, Jana, mais je n'avais pas pu me montrer suffisamment fort pour trouver une autre solution. Je l'avais rejetée, je lui avais craché ma vérité à la face. Je me devais de la protéger, toujours. Et l'éloigner de moi était une solution bien commode, sans doute. Mais surtout, cela me semblait être la chose la plus sûre à faire, et sans doute aussi la plus sage. Quoiqu'il en soit, je sentis ses bras rentrer violemment en contact avec mon corps. Je me sentais propulsé en arrière, alors que la violence du coup se propageait dans tout mon corps. Plusieurs côtes se brisèrent sous l'impact violent de son geste à mon encontre, et un craquement sonore se fit entendre alors que mes pieds quittèrent le sol. Mes yeux se fermèrent instantanément par pu réflexe, et mes dents se serrèrent. Malgré toute la faiblesse qui était mienne ce soir, mes réflexes de survie étaient encore efficients. Je m'envolais vers ce qui me semblait être le paradis, alors que le coup avait détruit chez moi toute capacité de réflexion ou d'analyse. Je flottais entre deux mondes, alors que mon corps était violemment propulsé en arrière, volant littéralement. Tout se passa en l'espace d'une, peut être deux secondes.


    Mon corps tout entier me paru exploser sous l'impact terrible d'un mur, qui était tout juste atténué par un dernier geste qui me saisit, au tout dernier moment. Pourtant, le choc, puis le contre choc, m'assomma totalement. Je glissais contre le mur alors qu'on m'aggripait la veste. Mon regard était perdu dans le lointain, mes paupières mi-closes. Je glissais sur le sol maintenant. Mon regard perçu une dernière fois celui de Jana, mais mon cerveau n'analysait plus rien. J'entendis à peine ses paroles, qui résonnèrent dans ma tête comme si j'étais sous l'eau, et elle à la surface. Je ne comprends pas ce qu'elle me dit. Je l'entends, mais tout me paraît brouillé. Je n'entends pas ces dernières paroles. Je tombais encore, mes genoux heurtant lourdement le sol goudronneux, m'écorchant mes articulations. Puis, mon corps tout entier entra en contact avec le sol. Mon visage s'écrasa contre le bitume. Je sentis mon crâne exploser à son tour, et mon arcade du côté droit de mon visage devint brûlante. Mes mains s'égratignèrent contre le sol. Je restais un long moment ainsi, ce qui me paraissait être une éternité. Je n'étais tout simplement pas capable de redémarrer mon esprit. Je restais là, pendant un long moment. Adieu la vie, adieu Jana. J'aurais fait tout mon possible, mais mes forces m'ont abandonné. Je n'aurais même pas eu l'occasion de secourir Hannah comme je l'avais projeté. Je mourrais en sachant que j'aurais échoué. Que ma femme était devenu vampire, que ma soeur était sous leur emprise. Et je devrais maintenant affronter les âmes de ceux que j'avais tué. Pas les vampires; Dieu m'en préserve, ils n'avaient plus d'âme selon l'Eglise. Mais les âmes de tous ceux qui avaient rencontré ma route; rebelles tchétchénes, civils... Ils m'attendaient de l'autre côté, je le savais. Je devais maintenant assumer ma vie, et mes choix. Je devais faire face à mon destin.


    Je reste sans réaction alors que le monde continue de tourner autour de moi. Pas d'air. Mes oreilles sonnaient, ma tête, oh ma tête. Je sais quoi dire sur la mort. La mort c'est rouge et puis c'est bleu, et puis c'est froid. Par dessus tout, ça devient un silence, un silence... Un silence de mort. Mes yeux me font mal, des étoiles de sang fleurissent dans mon champ de vision. Mon corps tout entier me fait mal. La souffrance est atroce dans ma tête alors que je sens un liquide chaud me couler sur le visage depuis l'arcade sourcilière, éclatée par le choc. Mes doigts sont gourds. Mes jambes, pesantes. Ma poitrine me fait atrocement souffrir, alors que mes côtes sont cassées et que mes blessures dûes à Jana sont rouvertes. Je ne peux m'empêcher de laisser échapper un long râle de souffrance.



    | Aaaaah... A l'aide... |


    Je tends les bras pour ramper. Je sais ce que je dois faire. Trouver quelqu'un. Vivre. Assurer un avenir à Hannah et à Jana. Loin de moi. Je me retourne sur le dos. C'est horrible comme ça fait mal. Je hurle, mais hurler me coûte bien des efforts. Je glisse ma main ensanglantée dans ma veste. J'en retire mon téléphone. Qui appeler? Je n'en sais rien. Je formule déjà un numéro. J'ai trop mal. Le numéro est composé, reconnu dans mon répertoire. Mais je lâche l'engin alors que j'allais appuyer sur la touche appeler. Qui pourrait se déplacer pour moi? J'allais appeler Isadora. Douce et chère Isadora. Je l'aimais beaucoup, et elle était sans doute la personne en qui j'avais le plus confiance. Je l'avais aidée à se tirer d'un mauvais pas. Mais viendrait elle? Je n'en savais rien, et le téléphone était tombé hors de portée. Je devrais bouger pour l'attraper. Mais non. Je recommençais à percevoir mon environnement, maintenant que la maîtrise de mon propre corps me revenait. Je n'entendais plus Jana, par contre. Elle devait être partie. Je me sentais mal. Et qui plus est, je ne pouvais pas bouger sans me faire mal. Je savais déjà ce que je devais faire, mais cela me répugnait d'avance... je revenais sur ma décision. Je me remis sur le ventre, grognant sous le choc alors que je maîtrisais mal mon corps. Je commençais à ramper doucement vers le bar. Je murmurais mes pensées, incapable de me tenir.


    | Si j'ai fait tout ça, c'était pour toi. Pour toi. Je t'aime tellement. Restes avec moi jusqu'au bout, je t'en pries. J'ai besoin de toi. |


    Chaque mot est une souffrance. Je sais au fond de moi même que je suis fou, que j'imagine des choses. J'ai vu Jana partir, et mes oreilles bourdonnent. Je n'y arriverais pas. J'ai besoin d'elle. J'ai toujours eu besoin d'elle. Je ne peux pas rester avec elle, mais je ne peux pas la faire souffrir. Même vampire, elle est la femme que j'ai toujours aimé. Et si elle doit finalement mourir, il faudrait que ce soit moi, que je la rejoignes après. Je ne pouvais pas, je ne pouvais pas... Je ferme les yeux et arrête de bouger. J'abandonne. Je ne peux plus me battre.


    | Janaaaaa! |


    Pas de réponse. Toujours pas là. M'avait elle tourné le dos comme je l'avais désiré?


    | []Janaaaaaa![/b] |


    Je ne peux plus me battre, je ne le désire plus non plus. Rien n'est plus possible avec elle. Mais je ne peux pas l'abandonner. Pas encore. Je ne peux pas la savoir dehors, seule. Je ne peux pas risquer de la perdre une nouvelle fois...


    | Janaaaaaaaa! |


    Mon cri déchire la nuit, implorant une absolution que je ne méritais pas.

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mer 16 Fév - 17:38

Et s’il mourait à cause de moi ? Je l’avais mordu, je l’avais projeté contre un mur… et s’il mourait ? Peut-être que finalement il n’avait pas mérité cela, peut-être que c’était juste pour mon bien… Je ne pouvais pas m’éloigner du Crazyfish, impossible pour moi pour le moment. Donc l’idée de l’emmener à l’hôpital partit bien vite de mon esprit. Une seule solution qui me paraissait être la meilleure solution à mes yeux m’apparaissait valable. Je connaissais les conséquences c’est ce qui me retenait de le faire. Je l’entendais bouger avec beaucoup de mal, mais je ne fis rien, je ne ferai rien ! Je me remettais doucement de mes émotions même s’il me faudrait plus d’une journée pour me remettre de tout ça. Il cria à l’aide, moi j’étais toujours contre mon côté du mur à attendre, à ne rien faire, je ne pouvais rien faire de toute manière. Les égratignures disparurent bien vite, et je savais que si Torben buvait mon sang cela le soignerait assez rapidement. Il m’en serait peut-être redevable, et arrêterai de vouloir me tuer pour ce que je suis. De façon au point où j’en étais, je n’étais pas à ça prêt.

Je m’efforçais à écouter ce qu’il se passait dans le Crazyfish plutôt que du côté de Torben, mais impossible de me concentrer sur autre chose que sur lui. En une soirée, il va complètement envahis toutes mes pensées. Je ne pouvais pas me détacher de lui, de ses mots qu’il avait dit. Ses mots qui raisonnaient dans ma tête depuis un petit moment. Car oui, je le laissai seul se débattre et se faire mal, en un instant il m’avait blessée. Il avait été le premier depuis un bout de temps à faire cela, il était allé avec beaucoup de femmes certes mais moi aussi j’avais des amants, des amants soigneusement choisis qui eux ne me blessaient pas. Non, je le comprenais pas s’il m’aimait vraiment, il oublierait mon côté vampire. Je l’entendais murmurer que s’il avait fait tout ça, c’était pour moi. Qu’il m’aimait, et qu’il voulait que je reste à ses côtés, il avait besoin de moi. Avais-je besoin de lui ? Si c’était pour qu’il recommence à me faire du mal, ce n’était même pas la peine… J’attendais encore, le sang me paraissait la meilleure solution mais je m’en voudrai ensuite pour les effets secondaires et autres que simplement le soigner. Il se mit à crier mon prénom, il n’avait décidément pas ce qu’il voulait. Il m’avait dis clairement que je devais partir, et que tout était finis. Je l’avais obéi. J’avais fais ce qu’il m’avait demandée. Et là, là il avait besoin de moi. Il ne pouvait pas bouger, il était mal en point, et la seule personne qui était là pour pouvoir l’aider c’était moi. Il n’avait pas qu’à me demander de partir ! Quel idiot, quel indécis !

Chacun de ses cris déchiraient mon cœur un peu plus, lui aussi il faudrait le soigner et lui faire des bandages. Il ne le méritait pas, il ne méritait que j’aille l’aider ! Je le savais mais ce fut plus fort que moi. Je me levai tout en m’appuyant contre le mur, et je retournai là où j’avais été un peu plus tôt dans cette ruelle sombre. Il était couché sur le ventre. Je fis un non de la tête en pensant qu’il était irrécupérable, il était désespérant. Je craignais qu’il devienne fou s’il buvait mon sang… Je m’approchai de lui, m’agenouillant à côté de lui. Je le pris doucement par le bras, le retournant sur le dos. Je fis en sorte qu’il n’ait pas mal essayant de retenir ses mouvements. Il était de plus en plus mal en point et à présent je me sentais totalement responsable. Je ramassais son téléphone qui n’était pas très loin de lui mais que visiblement il n’avait pas réussis à rattraper, je le mis à l’intérieur de la poche de son pantalon. Je lui caressais le visage tendrement, c’était une manière comme une autre d’atténuer la douleur.

    ▬ Chuut, ça va aller Torben. Je suis là !


Il avait été mon mari, il l’était encore. J’avais juré devant dieu même si cette notion ne représentait pas grand-chose à présent de lui venir en aide quand il avait besoin … Si je continuais à me poser trop de questions, à ressasser ce qu’il m’avait dis, et quelles seront les conséquences de mon actes jamais je le ferai. Alors je fermai les yeux et sans hésiter, je posai ma bouche sur le revers de mon poignet et j’arrachai ma peau. Je lui mis mon poignet à côté de sa bouche. Pas de réactions.


    ▬ Bois Torben ! Bois avant que je change d’avis.


Je mis mon poignet de manière à ce que mon sang lui coule dans sa bouche. C’était la seule solution pour lui de ne pas mourir là dans une ruelle à côté d’une boite striptease. Finalement, il avait peut-être encore besoin de moi…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Mer 16 Fév - 19:15

    Elle ne revenait pas. Je l'avais bien cherché. Mais que pouvais je faire? La repousser? Faire comme si de rien n'était? Vivre avec le souvenir de toutes ces horreurs que j'avais faite en vain? C'était trop pour moi, beaucoup plus que je n'étais capable d'en supporter. J'avais cru que je pourrais me cantonner à mon rôle auprès de l'humanité et du Seigneur. Mais je ne pouvais pas. C'était au delà de ce que j'étais capable d'accomplir. Je l'avais appelée. Je la voulais avec moi. Même vampire. J'étais son mari. Elle était la femme que j'aimais plus que tout. Je ne l'avais jamais oubliée. J'avais perçu dans son regard l'humanité qui était autrefois la sienne. Succombais je à la folie que tant d'hommes avaient connu également, celle de voir leur âme soeur transformée, et qui pensaient pouvoir contrôler la situation? C'était une position très faible, très naîve. Je savais d'expérience que les vampires étaient des créatures sauvages et instables. Si l'être humain était soumis à des pulsions destructrices, ce trait de caractère était terriblement exacerbé chez les vampires. Ils aimaient, j'en étais persuadé. J'avais déjà tué un couple de vampires. La femme avait pleuré des larmes de sang alors que je découpais son époux. Ils avaient passé plusieurs centaines d'années ensemble, se gorgeant du sang des innocents et vivants dans la luxure. Je les avais attachés avec des chaînes en argent autour de leur siège. Et je les avais interrogé, pour connaître enfin ce monarque des vampires que je cherchais depuis des mois. La femme avait hurlé, avait supplié, que je la prenne plutôt que son époux. Cela ne m'avait pas atteint, sur le coup. Ces connards de suceurs de sang m'avaient tout pris. Je n'allais pas leur accorder la pitié qu'ils m'avaient refusé. Mais même si Jana était encore capable d'aimer, je savais aussi que ces créatures étaient capricieuses, et portées sur la violence. Un jour ou l'autre, elle craquerait. Et elle tuerait des gens. Pouvais je vivre en sachant cela? L'accepter telle qu'elle était, l'aimer, la garder près de moi et vivre avec elle, cela comportait tant de dangers. Je n'étais pas dupe; un jour ou l'autre, je perdrais le contrôle...


    Mais pouvais je vraiment la rejeter? J'étais tiraillé. C'était tout moi, ça. J'étais capable de me poser des questions existentielles alors que mon corps tout entier était une fois de plus foutu en l'air. Je tendais de nouveau les bras. Jana ne revenait pas. Agrippant le sol avec le bout des doigts, je me laminais la chair et les ongles en essayant de tirer mon corps, d'avancer comme je le pouvais. Mais j'en restais incapable. Je ne fis qu'aggraver la situation, du sang coulant sur mes mains. Respirer m'était de plus en plus difficile, et je me sentais compressé dans la poitrine. Côtes cassées. Pas de poumon perforé, sinon je serais déjà agonisant. Seigneur Dieu, faites que mes blessures n'aient pas causé d'hémorragie interne... Mais finalement, alors que je pensais que j'allais peut être mourir ici, dans la rue, derrière une boîte de strip tease, j'entendis des pas légers sur le sol. Et je sentais sa présence. Comme auparavant. Mon coeur endommagé s'emballa. Il me semblait la voir entourée d'un halo lumineux alors que mes mains tremblaient. Je la laissais me mettre sur le dos; elle le fit sans me causer de souffrance. Son seul contact me suffisait. Seigneur, comment pourrais je trouver une solution à la situation? Ma conscience et mon coeur s'affrontaient dans un combat destructeur, qui avait des répercussions sur mon état mental. Elle rangea mon téléphone, et je fermais les yeux. Je me convainquais que tout irait bien. Je me sentais partir, lentement mais sûrement. Trop de blessures, encore. M'amener à l'article de la mort semblait être un sport usité, ces derniers temps. Je sentis ses doigts graciles, doux mais gelés se poser sur mon visage. Elle le caressa avec douceur. Ses paroles réconfortantes me contentèrent. Je me sentais comme un gosse traumatisé par un vilain cauchemar, et réconforté par sa mère. Je me sentais si bien... Je me laissais glisser peu à peu vers les ténèbres de l'inconscience. Ma perception de mon environnement se limita très vite à mon corps douloureux, et ses caresses. Je n'entendais plus rien, et je gardais les yeux fermés.


    Si c'était ça mourir, ce n'était pas si terrible. S'en était même libérateur. J'entendais mon coeur battre à mes tempes, battre de plus en plus lentement... Je me laissais glisser, encore et encore. Puis, quelque chose tomba dans ma bouche entrouverte. J'avalais par pur réflexe, alors que je me sentais brûler de l'intérieur. D'un coup, mes yeux se rouvrirent. Une lueur rouge dansait dans mon regard. D'un bond, comme un pur réflexe, je me tendis vers le haut. J'aggrippais de mes deux mains l'avant bras de Jana, et le portais à mes lèvres. Je suçais la plaie, buvant goûlument le sang, mordillant sa chair et la caressant de ma langue pour ne pas en perdre une goutte. Je ne m'arrêtais pas. Je sentis mes côtes se ressouder, mon sang refluer. Une vigueur nouvelle parcouru mes muscles. J'en frémissais, tremblant de tout mon corps. Une fois mes os ressoudés, mes plaies se refermèrent. Une chaleur terrible se répandit dans mon corps, et mon corps vibra tout entier sous le coup violent de pulsions presque irrésistibles. Je buvais encore et encore. Je ne m'arrêtais plus. Puis, je me relevais. Je me redressais. Mon visage barbouillé de sang, je bouillonnais. Je m'emparais de nouveau des lèvres de Jana, mais le geste était dénué de tendresse. Tout n'était plus que passion dévorante, qui me rongeait de l'intérieur. Plus fort, plus vigoureux, je repoussais Jana légèrement en arrière, et me redressais face à elle. J'approfondissais le baiser, mêlant nos langues. Mes mains passèrent sur le bas de son dos, caressant sa peau et se glissant sur ses fesses par dessus son pantalon moulant. Je basculais mon corps sur le sien, couvrant son corps de caresses brûlantes, m'emparant sans cesse de ses lèvres avec force; je me faisais presque mal à l'embrasser. Je me décollais finalement de ses lèvres, haletant et tremblant de tout mon corps. Mes pupilles étaient terriblement dilatées, comme celles d'un chat en chasse.



    | Je ne peux pas... On ne doit pas... Seigneur... Je donnerais n'importe quoi pour que tout redevienne comme avant. Je t'aime tellement Jana. Ton sang... Je deviens fou! |


    Alors, je succombe. J'enfouis ma tête dans son cou, et l'embrasse passionnément jusque sur sa clavicule et son épaule. J'ai envie d'elle. Son sang me fait bouillir. Je vais succomber...

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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Jeu 17 Fév - 1:51

Je n’avais encore jamais donné mon sang à un humain, je ne savais pas ce qu’il se passerait. J’avais entendu beaucoup de rumeurs mais qui croire dans le fond ? Il ouvrit les yeux si subitement qu’il m’effraya presque. Il s’agrippai à mon bras, Torben suçait la plaie, buvait le sang. Il ne laissait échapper aucune goutte, je fus surprise qu’il le prenne aussi bien je m’attendais plutôt à un refus catégorique. Il cicatrisait à vu d’œil, au moins il se sentirait mieux peut-être un peu trop d’ailleurs… J’étais soulagée, mon acte était complètement irresponsable, j’aurai du finir de le tuer et ne plus y penser. Il buvait mon sang sans arrêter, je devais avoir bon gout alors. Il se releva et se redressa comme si de rien n’était, comme s’il avait été en pleine forme depuis le début. Son visage était plein de sang. Il posa à nouveau ses lèvres contre les miennes. Il ne savait pas ce qu’il faisait hein ? Une fois, il m’embrasse puis il veut me tuer, puis il me rejette et de nouveau il m’embrasse… Il faudrait savoir…
Il avait retrouvé ses forces, il me poussa légèrement en arrière et il se redressa face à moi, approfondissant par la même occasion le baiser, sa langue s’invita chez moi voulant faire copine-copine avec la mienne.


Ses mains passèrent sur le bas de mon dos caressant ma peau, j’aurai bien voulu sentir au moins une fois ce que je pouvais ressentir Torben, ma froideur moi j’y étais habituée, la première fois oui ! Ça m’avait fais un peu bizarre cette sensation mais maintenant je n’y faisais plus attention. En tout cas, j’avais une sensation d’être glacer quand ses mains touchaient ma peau. Ses mains glissèrent le long de mon dos pour aller toucher mes fesses à travers mon pantalon. Ça lui faisait beaucoup d’effets le sang de vampire. Il en profitait hein … Je ne voulais pas le repousser, le rejeter – ma conscience me disait de partir d’ici et vite fait mais je ne pouvais pas. Le désir était trop fort, ça allait trop vite, trop de chose d’un coup, trop d’émotions. Il était sous l’effet du sang de vampire, je le savais et je savais aussi que les rumeurs étaient vraies alors. Un trafic de sang vampire au CrazyFish était fort possible, en effet…Il fit basculer mon corps sur le sien, alors que tout à l’heure il n’était plus capable de ramasser son portable juste à côté de lui. Il caressait tout mon corps, et s’emparait à nouveau de mes lèvres. Je sentais plus de force en lui, et plus de fougue aussi. Il allait se faire mal c’est tout ce qu’il allait y gagner.


Je brulais d’amour et de désir pour lui, j’avais un corps de marbre mais je bouillonnais à l’intérieur de moi. On ne devait pas, Torben avait raison. C’était mal, très mal même. Je me ferai surement tuer, en plus je n’avais même pas l’accord de mon maitre vampire. Moi aussi je crois que je devenais folle en même temps que lui : tellement de questions, de dilemmes, de problèmes liés à ma transformation. Je regrettais le passé ? Je ne connaissais pas le passé mais mon passé valait peut-être le coup… mais impossible de revenir en arrière. Ce qui est fait et fait ! Il enfouit sa tête dans mon cou, et il m’embrassait passionnément sur la clavicule puis sur l’épaule. Je le suivais, je poussai délicatement sa veste pour pouvoir l’embrasser là où un instant avant je l’avais mordu. J’écoutais mon cœur plutôt que ma tête. C’était plus fort que moi, je pris sa tête entre mes mains et mes lèvres retournèrent caresser les siennes, ça me faisait tellement bien. J’enchainais les bisous, et puis il avait raison il ne fallait pas, il fallait s’arrêter tout de suite, là, maintenant pour ne pas le regretter ensuite !


    ▬ Arrêtes ! Tu as raison il ne faut pas, c’est mal !


Je mettais un peu levée, histoire d’éviter tout contact avec lui comme je pouvais. Il était sous l’effet du sang de vampire, nous étions dans une ruelle, il ne fallait pas vraiment pas. Mais en disant cela, je me retenais de ne pas me jeter sur lui. C’était dur, très dur je ne résisterai pas longtemps je le savais très bien. Je l’avais aimé au point de l’épouser, surtout si j’avais été comme maintenant un peu volage, mais les sentiments étaient toujours là je le sentais. Je retournai à son contact l’embrassant de plus bel, j’aurai tenu que quelques secondes « loin » de lui. Passant à mon tour ses mains sous sa veste, il n’avait plus aucune trace de sa rencontre avec le mur. C’était un remède très efficace ! Je n’avais pas pu lutter contre ma nature de vampire, j’ai été obligée de le mordre pour le nourrir. Et là, là je ne pouvais pas aller à l’encontre de mon caractère : fougueuse et séductrice. Pas bien tout ça, pas bien du tout. Nous étions dans la rue, dans une ruelle, il ne fallait pas. Il allait mieux, je devais m’éloigner, partir loin très loin mais il était trop tard. Nous étions en quelque sorte liés depuis qu’il avait bu mon sang. L’idée d’être liée à lui ne me déplaisait pas du tout mais c’était interdit. Interdit et impossible. Impossible et interdit. Je devais lutter, lutter contre lui, contre mes désirs, contre les siens qui étaient dictés par mon sang… Ça allait nous détruire, nous allions succomber … nous allions tous les deux succomber… il ne fallait pas…
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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Jeu 17 Fév - 22:57

    Je la sentais s'agiter sous moi. Elle était partante. Je le sentais. Ou plutôt, son propre sang qui courrait dans les miennes le sentait. Je voulais la faire mienne. Ici et maintenant. Encore et encore. Je ne voulais pas la forcer, mais me coller contre elle, l'embrasser et la tripoter littéralement était plus fort que moi. Je ne pouvais pas me contrôler. Cela me rappela cette fameuse nuit avec Andréa... Sous le coup de la drogue, nous avions unit nos corps à une étreinte brutale, violente même. Nous avions fait ça comme des animaux, baignant littéralement dans des tripes de vampires. Je n'avais alors pas pu me contrôler, et c'était une fois encore le cas ce soir. Je ne voulais plus de contrôle. Je ne voulais plus de barrière. Je la voulais Elle, et pas une autre. Et je la voulais totalement. Je voulais la posséder, et je voulais lui appartenir. Le sang de vampire qu'elle m'avait fait ingurgiter décuplait ma vigueur. J'avais l'impression de retrouver le corps d'un jeune homme de vingt ans, comme quand nous avions commencé les choses sérieuses ensemble. Finies les raideurs musculaires, finis les poumons récalcitrants, fini ce ventre qui me brûlait. J'étais redevenu le Torben qu'elle avait toujours connu. Et elle, elle était pareille au tout premier jour. Belle, jeune, magnifique... Et elle répondait à mes attentions. Jana bougea ma veste et se mit à embrasser la blessure qui venait de se refermer au niveau de mon cou. Cela me procura des frissons intenses de plaisir, et je me sentis perdre tout contrôle sur mon corps. Elle excitait mes sens, et de petits frissons me parcoururent l'échine alors que je sentais ses lèvres et sa langue contre la peau fragile de mon cou. J'étais sous son emprise, totalement. Elle aurait pu faire de moi son repas ici, en pleine rue, que j'en aurais peut être même joui. Je voulais me fondre en elle, je ne voulais plus faire qu'un avec ma Jana. L'instant était sensuel, mais la fièvre du sang de vampire me possèdait totalement, oblitérant toute trace de pensée rationnelle aussi sûrement que ma folie avait pu le faire par d'autres moyens, un peu plus tôt.


    Mon âme revint avec force dans mon coeur et rugit de bonheur et de plaisir alors que Jana prenait ma tête entre ses mains et m'embrassait en un long baiser passionné. Je perdais le contrôle. Mes mains caressèrent son bassin alors que je me sentais prêt à la faire mienne. Pourtant, alors que je m'apprêtais à lui ôter ses vêtements, Jana m'écarta et se releva, se rangeant aux arguments qui prônaient la prudence. Prudence oui... Mais abstinence non! J'avais le sang chaud, et c'était à cause d'elle. Elle devait assumer, maintenant. D'autant que j'étais tout prêt à me damner pour elle. Tout entier. Jana finit cependant par revenir vers moi. Elle m'embrassa encore. Je grognais littéralement de satisfaction, mêlant ma langue à la sienne d'un ballet insensé. Je finis cependant par me lever en un bond; le sang de vampire m'octroyait une aisance de mouvement que je ne connaissais pas auparavant. Prenant Jana par la main, je l'attirais à moi, et la maintenait debout contre moi. Le faire par terre sur le bitume, en plein milieu de la rue... J'avais ingurgité suffisamment de sang de vampire pour en être capable, mais suffisamment aussi pour vouloir prendre un pied d'enfer avec une femme qui m'enflammait littéralement. Je me brûlais encore à son contact, l'embrassant encore et encore. Me détachant d'elle un instant, je laissais choir ma veste sur le sol, et plaquais derechef mon corps contre le sien. J'inversais nos positions, la plaquant contre le mur de la bâtisse la plus proche. Je m'arrêtais un instant à nouveau, l'embrassant toujours mais plus chastement. Jusqu'à ce que j'aille entailler le bout de ma langue contre ses canines. Volontairement. Je me retirais de l'étreinte, la toisant d'un regard empli d'un désir charnel sans limite mais aussi d'une satisfaction indéniable. Je savais que cela la rendrait folle, et je comptais là dessus.



    | Je sais que tu raffoles de ces... gourmandises, maintenant. |




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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Fév - 0:36

Je ne me contrôlais plus, mes gestes étaient dictés par le désir qui m’animait. Ma tête ne répondait plus. J’étais prête à prendre des risques pour être avec lui me lover dans ses bras et y rester. Il était sous l’effet du sang, je le savais. Le regretterait-il ensuite ? Dieu ne pardonnerait jamais à Torben un tel acte, comme mes « supérieurs » auraient du mal avec moi également… Mais cela en valait la peine j’en étais certaine ? Et puis j’étais curieuse de retrouver le plaisir qu’on devait avoir surement éprouvé avant. Ma vie était dictée mot par mot, mes moindres gestes étaient épiés et voilà que là j’allais toucher au fruit défendu, j’allais faire quelque chose dont je n’avais pas forcément le droit. C’était plus fort que moi, je ne pouvais rien faire, j’avais envie. Torben, mon mari – je me rendis compte que j’avais bon gout quand même, je me sentais être une autre avec lui. Je devais mettre au placard le côté vampire sanguinaire et tueuse car il ne me pardonnerait pas un acte déplacé de ma part. C’était surement la chance de notre vie de nous retrouver ensemble seul, rien que tous les deux, à unir nos deux corps, à faire qu’un l’un et l’autre. Je ne comptais pas laisser passer ça, même si nous le regretterions, même si nous risquions tous les deux notre vie… Nous étions apparemment tous les deux prêts à ce risque même je n’étais pas sûre que Torben soit très lucide de cela à ce moment donné.


Torben était fort depuis qu’il avait bu mon sang, très fort. Je ne m’amuserai plus à jouer à la plus forte maintenant, il pourrait facilement m’arrêter. Nous étions comme deux aimants, j’avais essayé de le repousser mais j’avais été à nouveau attirée par lui. Je n’en avais pas conscience mais ses sensations me manquaient terriblement, ce n’était pas pareil que d’habitude, quelque chose avait changé. Torben se leva subitement, il allait mieux ! Il me prit par la main pour m’attirer vers lui, il avait la force de me maintenir debout. J’étais complètement conquise. Nous avions scellé nos bouches, et nous étions incapables de nous détacher l’un de l’autre. Le contact de ma bouche contre la sienne était très agréable, le contact de mes mains contre sa peau ; un mélange de froid et de chaud me donnait des frissons partout. Il laissa tomber sa veste, et se plaqua contre moi. Sans trop comprendre comment, je me retrouvai alors contre le mur. Il valait mieux que ce soit moi plutôt que lui, même s’il était fort et vigoureux j’étais une vampire et par conséquent plus à même de résister à la douleur que lui. Les baisers étaient variés, et nous serions faire de cette nuit : une nuit inoubliable j’en étais persuadée.


Soudain, j’eus le gout de son sang à nouveau dans la bouche. Il était allé s’entailler la langue contre l’une de mes canines, j’eus un instant de recul et de panique. Il avait fait ça volontairement je le voyais dans ses yeux. Quel cinglé ! Quel fou ! Il ne fallait pas qu’il joue trop à ça avec moi, ma volonté ne suffirait pas à retenir mes envies de sang. Il était sous l’effet du V certes mais il savait parfaitement ce qu’il faisait et il était content de lui en plus. Il s’amusait du fait qu’il savait que j’étais une vampire, il aurait tort de se priver… Il savait que cela me rendrait folle et il avait bien raison. Le sang était ma plus grande faiblesse depuis que j’étais une vampire, selon comment tout cela allait se terminer ma plus grande faiblesse deviendrait Torben. Je m’étais refusée à le tuer, à le transformer, ou tout autre chose mais ce n’était pas non plus pour qu’un autre sans charge à ma place je préférais encore le faire. Je devrais partir avant le levé du soleil, le quittais, me séparais de lui. Peut-être est-ce-que ce sera la dernière fois que je poserai les yeux sur lui ? Je n’espérais pas, c’était pour ça qu’il fallait profiter au maximum de cet instant car j’ignorais de quoi serait fait demain.



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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Fév - 3:19

    Je ne laissais échapper qu'un éclat de rire satisfait quand Jana eut un mouvement de recul. Elle avait sentit le sang, sur ma langue. La drogue qui imprégnait chaque fibre de mon être en réclamait plus, mais elle était déjà satisfaite de la réaction que j'avais provoquée chez la jeune femme. La jeune vampire. Peu importait. Il s'agissait de Jana. Même si elle me saignait à mort, là maintenant, n'en retirerais je surement qu'un infâme et intense plaisir, dans la déflagration de mon âme. Je l'embrasse de nouveau, forçant le passage entre ses lèvres pour aller caresser sa langue avec la mienne. Je la sens frotter la sienne contre la mienne, aspirant sans doute avidement le goût du sang que je lui offrais. Je l'embrassais à en perdre haleine, nos lèvres dansant un ballet à un rythme effréné. Je finis par me détacher légèrement d'elle, haletant. Son sang que j'avais ingurgité me procurait de nouvelles forces et une santé d'airain, mais il ne pouvait pas pour autant remplacer l'oxygène dont je manquais cruellement. Encore quelque chose qui nous séparait, sans doute, mais qu'importe. J'étais avec elle, nous nous adonnions aux plaisirs de la chair et c'était tout ce qui m'importait. En cet instant, plus rien d'autre ne comptait que notre plaisir. J'étais devenu un objet entre les griffes de ma Jana, mais je savais aussi que je pourrais tirer un parti particulièrement agréable de la situation... Une partie de moi même s'interrogea sur les sensations nouvelles que pourrait m'apporter l'amour avec une vampire. Je décidais l'instant d'après que cela n'avait pas d'importance pour l'instant; je les découvrirais bien assez tôt. Reportant mon attention sur la joue, puis le cou de Jana, je l'embrassais de nouveau. Puis, arrivé à son oreille en remontant, je lui murmurais ces quelques mots.


    | Si tu veux encore de mon sang, tu n'as qu'un mot à dire... |



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MessageSujet: Re: Paradise Circus [Livre 1 - Terminé]   Sam 19 Fév - 15:04

Mille baisers nous animaient partout sur la joue, sur le torse, dans le cou… Partout. Il me proposa alors son sang, je refusai gentiment pour le moment je n’en ressentais pas le besoin, et puis cela réveillerait mes sens de vampire. Je ne pourrai peut-être pas m’arrêter. Cela aurait dommage que cette nuit soit la dernière. Cette nuit, je retrouverai les joies des plaisirs de la chair avec mon mari. Cette nuit, j’étais humaine. Cette nuit j’étais à lui.


    ▬ Ca ira, je te remercie. Si j’ai besoin, je me servirai …




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