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All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]
MessageSujet: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Mar - 19:08

Il était près d’une heure de l’après-midi et j’étais toujours en pyjama. Non pas que mon apparence m’importait beaucoup quand j’étais chez moi mais là, ça relevait du minable. J’étais sur la sécurité du site de mon second employeur depuis deux heures, un petit con n’avait rien trouvé de mieux que d’essayer de rentrer. Raté, lamentablement et j’étais en train de mettre un beau bordel dans son propre ordinateur. Amateur. Dans ma tête, la chose sonnait comme une insulte pure et dure.
Satisfaite du bordel que je venais de mettre dans sa vie par pur plaisir, je me décidais à filer sous la douche. En rentrant du boulot, j’aurais été capable de me noyer dans ma baignoire, dans le genre débile, c’aurait été impressionnant... La seule raison qui me poussait à ne pas m’en faire couler maintenant, c’était que j’aurais plus été bonne à rien jusqu’à l’heure de partir au turbin et ça payait autrement plus que le hacking à la petite semaine. De plus, le strip-tease, c’était mon revenue fixe, mon vrai boulot en somme. Pour ça, j’avais une fiche de paie qui m’atterrissait dans la boîte aux lettres tous les mois pour stipuler joyeusement le montant. Vu le chiffre, j’avais du mal à saisir comment on pouvait se faire chier dans un bureau pour moins que ça. L’éthique, ça ne serait jamais mon truc, aucun doute à nourrir à ce sujet.

Une fois délassée et habillée plus dignement, je posais mes deux pieds sur la table basse en m’armant d’un paquet de chips au bacon et d’une bière. Y a pas de mal à se faire du bien et quoi que je fasse, mon corps resterait un temple. Y avait de quoi rire. Je me saisis de la manette d’une de mes consoles pour lancer un jeu qui me faisait toujours autant tripé. Il était question de démons et d’anges, de manipulation et le plus amusant, c’était que je m’éclatais franchement sur ce jeu qui était passé de mode depuis des années. On se refaisait pas et en l’occurrence, je m’éclatais toujours autant avec les lemmings sur ma tablette entre deux rendez-vous quand j’étais coincée. Une véritable accroc de la technologie et du web.
J’étais en train de mastiquer quelques chips et de massacrer un démon qui avait tout d’une mocheté quand on frappa à la porte. J’haussais un sourcil. Les gens qui avaient mon adresse se comptait sur les doigts d’une main ou presque, j’étais curieuse de voir qui me rendait visite au beau milieu de l’après-midi quand mon occupation relevait plus du divertissement pré-pubère que de la vie d’adulte. Je mis le jeu en pose et allais ouvrir. Un large sourire se dessina sur mon visage. Paul. « Tu t’es perdu dans le quartier ou c’était volontaire ? » J’aurais tout aussi bien pu dire bonjour, c’était un fait mais je ne m’encombrais pas de ce genre de politesse avec mon « ami » semi-démon. « Qu’est-ce que tu veux boire ? » Il débarquait pas ici pour tourner les talons dans trois secondes alors autant passé directement à la bonne question. « Oublie pas de refermer à clé derrière toi et de remettre la sécurité. »
J’avais pas particulièrement peur de me faire braquer chez moi mais chez moi, bah c’était chez moi. J’aimais pouvoir me dire qu’il y avait une porte verrouillée entre moi et l’extérieur, aussi inutile que ce soit.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Mar - 23:56





Paul
Amalia



All I see is all



Paul avait passé la matinée à errer en ville à la recherche de quelque chose à faire qui le sortirait du quotidien. Il avait prévenu employés et clients depuis quelques jours qu'il fermerait le garage pour la journée et avait bien l’intention de ne pas gaspiller ce temps libre. C'était pourtant bien partit pour. Il avait commencé par flâner un peu du coté du centre commercial, le gens ont parfois des discutions intéressantes au milieu de la foule, là où ils pensent passer inaperçus. Que cherchait-il exactement ? Il n'en avait pas la moindre idée. Quelque chose qui réveillerait en lui l'envie de fouiller plus loin, il y avait sûrement une place pour lui dans une ville comme celle là. Une place dans l’économie souterraine qui n'attendait que lui. Mais il n'avait rien entendu qui éveille sa curiosité. Pas même quelqu'un se vantant d'une action dont il aurait pu tirer profit d'une manière ou d'une autre. Il commençait à se demander s'il n'allait pas finir par simplement se rabattre de nuit sur la première baraque inoccupée qu'il trouverait comme un vulgaire cambrioleur. N'importe quoi pour tuer son ennui.

Après avoir avalé un fish and chips bien trop cher pour le goût qu'il avait, il avait continué à marcher là où ses pas le guidaient, sans vraiment réfléchir. Là notre homme était passé devant une boutique dont la devanture affichait "meilleur informaticien de la ville". Il ne put retenir un large rictus moqueur devant cette affirmation sans fondement. Paul connaissait quelqu'un qui méritait ce titre, une jeune femme capable de faire des merveilles un clavier entre les mains. Une jeune femme ? Non elle était comme lui, la fille d'une créature des enfers. C'est tout naturellement que ces pas le conduisirent de cette boutique minable à l'immeuble où Amalia avait son appartement. Il songea un moment qu'il devrait peut être l'appeler, la prévenir de son arrivée mais à quoi bon ? Soit elle n'était pas chez elle et il n'aurait qu'à passer son chemin, soit elle était là et il n'aurait qu'à expliquer qu'il passait simplement par là et que l'envie l'avait prit de passer dire bonjour.

Gagné. Elle était bel et bien là et bien qu'il ne s'attendait à rien de précis en venant ici, il était ravi d'avoir enfin trouvé un moyen d'occuper le reste de son après midi. Il lui réserva son plus beau sourire au moment où elle vint lui ouvrir la porte.

« Tu t’es perdu dans le quartier ou c’était volontaire ? »

« Toujours aussi aimable hein ? Note que j'ai tout de même pris la peine de frapper, j'aurais pu tout aussi bien entrer sans prévenir. »

Elle était toujours aussi ravissante, si bien que même si il aurait préféré qu'elle le salue avec un peu plus d’entrain, il ne pouvait pas lui en tenir rigueur. Elle embrayait directement sur un sujet agréable.

« Qu’est-ce que tu veux boire ? Oublie pas de refermer à clé derrière toi et de remettre la sécurité. »

« Oui madame »

Le ton était volontairement exagéré, la fausse courbette qu'il avait esquissé également. Après avoir suivit les instructions, il vint s'avachir sur le canapé. Sur l'écran, un jeu en pause. Il avait du l'interrompre en pleine partie. Après tout elle aurait eu tord de ne pas profiter de son temps libre, même s'il aurait probablement opté pour quelque chose de moins statique que passer l’après midi assis devant un écran. Mais avant toutes choses, elle avait proposé à boire et il ne comptait pas la laisser oublier l'offre.

« Si tu as de quoi faire un Gin Tonic je suis preneur. A quoi tu jouais dit moi ? »

Tout en posant la question, il avait attrapé la manette et avait relancé la partie. Il avait toujours été un joueur relativement minable et ne mit pas longtemps à perdre. Comme si de rien n'était, il reposa la manette sur la table et se décala sur le canapé. Rester en place n'était pas vraiment son truc. Il se doutait bien qu'elle n'apprécierait pas qu'il débarque pour lui planter sa partie et avec une moue faussement désolée il s’excusa rapidement.

« J’espère que tu avais une sauvegarde pas trop loin. »

Non ce n'était pas tant des excuses, qu'un moyen de minimiser la chose. Il n'avait jamais vraiment comprit l’engouement qu'on pouvait avoir à ce genre de passe temps. Se tortillant à nouveau sur le sofa, il vint croiser les bras sur le dossier et y poser la tête. Il affichait des yeux de cocker, pensant que ça détournerait l'attention de son hôte de ce qu'il venait de faire.



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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Ven 7 Mar - 13:52

J’étais pas contre les visites mais si Paul était arrivé plus tôt ce matin, j’pense que je l’aurais mis dehors à grand coup de pied au cul. J’étais pas vraiment du matin et on comprenait aisément pourquoi si on réfléchissait un minimum. Je dormais.
En l’occurrence, j’étais réveillée depuis un moment déjà et je ne travaillais pas plus que je ne faisais un truc constructif. Il y a des jours comme ça où on a pas envie de mettre le nez dehors et c’était l’un d’entre eux. Seulement voilà, c’était l’extérieur qui était venu à moi. J’aurais pu tomber plus mal, je l’accordais bien volontiers. Paul n’était pas si casse couille et je pouvais apprécier sa visite quand elle se présentait bien et là, ça allait. Il avait au moins fait l’effort de frapper à la porte ce qui dans son cas aurait pu relever de l’exploit.

Il lui était déjà arrivé de faire irruption par ses propres moyens et je lui avais fortement déconseillé de recommencer dans mon immeuble, je n’avais aucune envie de finir ma vie entre quatre murs à la PES, pas plus que lui. D’autant que j’avais la chance d’avoir une faculté qui passait inaperçue, du moins dans le meilleur des cas.
Je levais les yeux au ciel à sa réflexion sur mon amabilité. « Commence pas à faire ta mijaurée Paul et encore heureux que t’as pris la peine de frapper. J’ai des voisins j’te signale et j’ai aucune envie de figurer au tableau de chasse de la PES, alors quand tu te pointes sur mon pallier, t’as tout intérêt à frapper. » Non pas que j’étais parano mais vu ma capacité, j’avais foutrement aucune envie de me faire disséquer ad vitam aeternam sur une table en acier inoxydable.
Quoi qu’il en soit, il avait frappé donc de e côté-là, c’était au poil. Autant lui proposer de boire quelque chose puisqu’il était bien parti pour squatter l’aprèm. Une fois la porte fermée, j’allais à la cuisine en attendant qu’il me réponde et qu’il ne s’affale sur mon canapé. « J’dois avoir de quoi faire mais tu feras sans les rondelles de citron mon vieux. » Pas que j’en avais pas mais j’avais la flemme de le couper.

Je préparais le gin en me reprenant une bière et je sortais deux paquets de chips. Oui, j’avais vraiment un tas de saloperies dans mes placards, mais encore une fois, je n’avais pas à m’en faire de ce côté-là. « Un jeu qui date de 2013. Devil may cry. Avoue que y a de quoi rire. » Moi en tout cas, j’appréciais l’ironie du titre et du jeu en lui-même, même si la fin était un peu guimauve à mon goût.
C’est là que j’entendis la partie reprendre, je fis la grimace en passant ma tête par l’ouverture pour voir les dégâts. Il était mauvais, c’était un euphémisme. Je revins dans le salon et je posai son verre sur la table avec ma bouteille et les chips. « Ouais, j’venais de passer une sauvegarde. T’es vraiment mauvais avec une manette en main. » Je lui collais une tarte derrière le crâne. « Va vraiment falloir que je t’apprenne au moins à utiliser une manette correctement un jour. »
Je me réinstallais dans le canap’ après avoir ouvert ma bière. « Qu’est-ce qui t’amène ? » Non pas que je le soupçonnais d’avoir une raison d’être là mais je ne pouvais pas le savoir sans poser la question.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Sam 8 Mar - 9:02





Paul
Amalia



All I see is all



L'américain savait pertinemment qu'elle n’appréciait pas l'idée qu'il aurait pu entrer sans passer par la porte, pas au sens conventionnel du moins. Non pas qu'elle aurait eu quelque chose à cacher, mais elle ne voulait pas attirer l'attention sur elle. Elle l'avait déjà réprimandé plus d'une fois à ce propos mais c'était plus fort que lui. Aussi quand elle le lui fit remarquer, employant la bonne vieille menace de la PES, il haussa les épaules en affichant une mimique digne d'un gosse de huit ans, mimant la jeune femme qui venait de lui faire la morale. L'instant d’après, il était posé sur le canapé à tenter de comprendre pourquoi elle tuait son temps libre assise devant un écran. Des écrans elle en côtoyait déjà suffisamment pour arrondir ses fins de mois, alors pourquoi en faire aussi un loisir ? A la question « qu'est ce que tu veux boire ? » il avait répondu Gin Tonic. Ce n'était peut être pas son poison préféré mais c'était assez simple et il espérait qu'elle ai de quoi le lui servir. Il tentait de se retenir de s'emparer de la manette quand elle lui répondit ;

« J’dois avoir de quoi faire mais tu feras sans les rondelles de citron mon vieux. »

Sans un mot, il tendit un bas au dessus de sa tête en levant le pouce en signe d’approbation. Après tout ce n'était aussi grave qu’une vodka martini sans olive. Elle lui donnait ensuite le titre du jeu.

« Un jeu qui date de 2013. Devil may cry. Avoue que y a de quoi rire. »

Rire? Paul trouvait plutôt ça trés insultant et il ne se priva pas de remarquer, mais en gromelant dans sa barbe, plus pour lui même que pour que sa ravissante hotesse.

« Bah voyons! Et c'est quoi la suite du programme? On va se matter Constantine?»

Il n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait en moins de dix minutes d’intervalle, lui parler de la PES et annoncer qu'un jeu consistant à dégommer de pseudo démon. Tout en râlant, il avait finit par par attraper la manette et relancer le jeu. Le mécano tentait tant bien que mal de ne pas perdre la partie, mais il était lamentable mauvais et le game over venait d’apparaître à l’écran. Espérant faire passer ça pour de sincères excuses, il demanda à Amalia si elle avait penser à sauvegarder. La jeune femme revenait avec son verre et quelques cochonneries à grignoter quand elle se rendit compte des dégâts

« Ouais, j’venais de passer une sauvegarde. T’es vraiment mauvais avec une manette en main. Va vraiment falloir que je t’apprenne au moins à utiliser une manette correctement un jour. »

Comme elle le gratifiait d'une tape amicale à l’arrière du crâne, il se roula sur le canapé comme si elle venait de lui défoncer la tête. Paul mimait l'agonie en gémissant, non seulement il n'était pas capable de rester en place, mais il surjouait la scène du gamin colérique. Bien sur il avait conscience que ça exaspérerait surement sa camarade mais il fallait absolument qu'il se déchaîne un peu après la matinée ennuyeuse à mourir qu'il avait passé.

« Qu’est-ce qui t’amène ? »

La question le stoppa net dans son délire. Reprenant son sérieux il vint se rasseoir à coté d'elle, avala une gorgée du cocktail qu'elle lui avait servit puis croisa les jambes en tailleur avant de lui répondre.

« Et bien tu vois, rien. Rien! Je n'ai rien à faire pour tuer mon temps libre alors j'me suis dit : tient si tu passais voir si Maly a le temps de me mettre une branlée sur console. »

Il inventait au fur et à mesure mais il n'avait rien contre l'idée qu'elle change de jeu pour qu'il puisse participer. Notre américain n’appréciait certes pas le concept de passer sa journée sel sans bouger du canapé, mais jouer à deux tout en parlant, c'était autre chose. Maly. Il venait une fois de plus de lui inventer un nouveau surnom, mais celui ci lui plaisait bien et il se demandait si il n'allait pas rester là dessus. Il la regardait siroter sa bière et saisissant une petite poignée de chips, il ne put s’empêcher de l'envier, si il se laissait aller comme elle, il ne faudrait pas longtemps pour qu'il ne passe plus les portes...qu'il ne passe plus par les portes tout du moins. Elle menait une vie aux horaires décousus, buvait de la bière et avalait toutes sortes de cochonneries mais elle gardait sa plastique de rêves.

« Tu n'as même pas idée à quel point c'est frustrant de te voir faire aussi peu attention et rester aussi... j'te jure, il doit pas y en avoir beaucoup des danseuses qui bouffent autant de snacks devant leur télé là où tu bosses.»

Un large sourire aux lèvre, il avait de nouveau changé de position. Rester assis n'était vraiment pas fait pour lui.


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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Dim 9 Mar - 15:49

Sa moue de gamin pris la main dans le sac me fit sourire. Crétin. N’empêche que si on se faisait chopé, on était mûr pour un bon vieux bûché de merde. La chasse aux sorcières, très peu pour moi, d’autant plus que je mettrai un bail à cramer. Dire qu’on pensait que j’avais du bol. La blague. Bon ok, c’était super pratique, j’pouvais me tailler jusqu’à l’os et le lendemain, j’aurai quasi plus rien voir plus rien du tout mais quand même. Ça avait pas que des avantages dans certaines circonstances. J’étais plus solide qu’un cafard.
Enfin, c’était pas parce que je le soupçonnais de préférer passer par ses moyens que j’allais le jeter sur le pallier et l’empêcher de boire un verre. Son signe d’approbation pour l’absence de citron par contre, j’m’en tamponnais, qu’il soit d’accord ou pas, ça y changerait pas grand chose puis qu’il en aurait pas pour autant.

J’éclatais en revanche de rire devant sa remarque offusquée. « Oh ta gueule. C’est pas comme si on avait la pire réputation de la planète... Oh attends... Si, c’est bien ce qu’on a. Fais-toi une raison, on est les rejetons du Chaos, on fout une trouille bleue aux humains. Pas étonnant qu’ils cherchent à nous dégommer dans des jeux vidéos ou à la télé. Amuse-t-en au lieu de t’indigner, ça t’évitera de te faire un ulcère. Et puis il a des jouets sacrément sympas le Dante. T’adorerai avoir les mêmes. » Mais pester contre mon jeu ne l’avais pas empêché de me planter ma partie. Et dire qu’il m’en aurait chié une brique.
Sa petite comédie m’aurait bien poussé à le frapper encore mais ça aurait risqué de dégénérer. On était pas à proprement parler des saints. Je le laissais se rasseoir tout en m’installant pénarde. J’étais bien curieuse de savoir ce qu’il fichait là et en l’occurrence, rien. « Bah tiens. Pratique de venir squatter chez la geek de service pas vrai ? » Comme s’il était là pour les jeux vidéos. Il n’empêche que je relançais ma partie en buvant une gorgée. Je finirai mon niveau, qu’il soit là ou pas. De toute façon, j’aurais pu torcher ça les yeux fermés.

Je ris encore à ce qu’il balança. « Crois-moi, si j’faisais pas le boulot que je fais, j’aurais quand même pris des kilos. Ok, pas autant que la moyenne des gens. » Je souris largement en le regardant du coin de l’œil. « Aussi quoi hein ? Va au fond de ta pensée. » Je torchais la fin du niveau à grand coup de hache démoniaque en reposant la manette. « Et non, c’est vrai, les danseuses du club ont pas exactement le même train de vie. Mais qu’est-ce que tu veux, faut profiter de ses avantages dans la vie. En plus, voir la jalousie et l’envie dans leurs yeux, ça vaut de l’or. Y en a quelques unes qui adoreraient sûrement que je me pète une jambe. »
Mes sentiments à leur égard n’avaient rien de bienveillants et les voir me détester ou dans une moindre mesure, me jalouser et m’envier était quelque chose que j’appréciais. Chacun d’entre nous avait son petit vice. L’un des miens, c’était ça. C’était encore gentillet.

« Sans déc., tu veux vraiment que j’te foute une branlée sur la console ou t’as un truc plus précise, tête ? » J’étais pas contre l’idée mais vu qu’il avait la bougeotte et que je ne savais pas s’il était mauvais perdant, j’craignais un peu pour le mobilier.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Lun 10 Mar - 22:10





Paul
Amalia



All I see is all




« Oh ta gueule. »

Il ne fut pas surprit par l'interjection de sa camarade, après tout il l'avait cherché et il ne pouvait pas nier apprécier la taquiner jusqu'à ce qu'elle le renvoie dans les cordes. Depuis que leurs chemins s'étaient croisés ce jour là, c'était en quelque sorte devenu l'un de ses passe temps préférés, sa façon à lui de lui faire gentiment regretter de lui avoir sauvé la mise puisque, ne supportant pas le fait d’avoir une dette envers elle, il ne pouvait ni faire comme si elle n'existait pas, ni admettre qu'il lui était reconnaissant.

« C’est pas comme si on avait la pire réputation de la planète... Oh attends... Si, c’est bien ce qu’on a. Fais-toi une raison, on est les rejetons du Chaos, on fout une trouille bleue aux humains. Pas étonnant qu’ils cherchent à nous dégommer dans des jeux vidéos ou à la télé. Amuse-t-en au lieu de t’indigner, ça t’évitera de te faire un ulcère. »

Bah voyons. C'était tellement simple à l'entendre de tout prendre à la dérision. Elle avait cependant raison sur un point, cela ne servait à rien de se mettre la rate au court bouillon pour si peu, ce n'était rien d'autre qu'un jeu vidéo et lui avait du sang bien réel sur les mains. Partant de ce principe, c'était effectivement amusant de savoir que tout impuissants qu’étaient les humains face à des gens comme eux, ils pouvaient trouver une quelconque satisfaction à abattre des démons fictifs par console interposée.

« Et puis il a des jouets sacrément sympas le Dante. T’adorerai avoir les mêmes. »

Cette fois le carrossier avait acquiescé par de grands mouvement de tête exagéré. Son arme de prédilection, outre l'utilisation pure et simple de son pouvoir, avait toujours été le 9mm mais il fallait reconnaître que l'armurerie de ce héros avait de quoi faire envie.

Après l'atroce comédie démontrant tout son piètre jeu d'acteur et son mauvais mensonge quant à la raison de sa présence ici, Paul était de nouveau presque calme. Autant qu'il pouvait l'être du moins. La belle ne s'était pas laissée avoir par l’excuse qu'il avait donné. Comme s'il pouvait être crédible une seule seconde dans le rôle de l'ami venu lui servir gentiment de punching-ball virtuel. Notre mécano n'aurait de toutes façons jamais eu la patience pour plus d'un tour. Mais la question ne se posait déjà plus, incapable de tenir sa langue, il avait fait la réflexion de trop, une fois de plus.

« Aussi quoi hein ? Va au fond de ta pensée. »

Il affichait un sourire carnassier. Elle savait très bien ce qu'il avait voulu dire. N'importe quel humain fondrait pour une femme comme elle, alors pensait-elle vraiment qu'elle laissait ses semblables indifférents ?

« Ne me force pas à admettre à voix haute ce que tu sais déjà... c'est pas fair-play. »

Comme si être fair-play pouvait être un de leur soucis à l'un comme à l'autre. Elle achevait quelques démons de plus avec une facilité déconcertante manette en main avant de surenchérir mais il ne l’écoutait pas vraiment.

« Et non, c’est vrai, les danseuses du club ont pas exactement le même train de vie ... voir la jalousie et l’envie dans leurs yeux ... que je me pète une jambe. »

Reposant son verre après avoir bu une nouvelle gorgée, il fit mine d'avoir tout suivit en lui souriant d'un faux air compatissant.

« Ouai pas con, les jalouses t'as qu'à leur péter les genoux... ça te défoulera un peu sur le moment, puis sur le long terme ça te fera toujours quelques sous en plus si tu prend leur place. »

Il était presque sur d'avoir répondu à coté mais qu'elle n'y verrait que du feu. A force de s'agiter dans son coin, il commençait à avoir chaud et il retira la chemise en jean qui couvrait son t-shirt pour la jeter en boule dans un coin. Bordélique lui ? S'il savait couvrir ses traces lors de ses fuites, rien ne le forçait en revanche à être maniaque quand il se sentait à l'aise. Or à l'aise il l'était, là dans cette pièce, avec celle que son stupide orgueil l’empêchait d'appeler "amie" bien qu'elle soit très probablement ce qu'il avait eu de plus proche depuis longtemps.

« Sans déc., tu veux vraiment que j’te foute une branlée sur la console ou t’as un truc plus précis en tête ? »

A nouveau, il affichait le même rictus carnassier, la fixant avec des yeux brillants. Si elle lui tendait la perche de cette façon, elle n'allait pas regretter la réponse.

« Plus précis ? J'ai un paquet d'idées précises de ce qu'on pourrait faire pour meubler l’après midi et qui impliqueraient un peu de dextérité mais pour lesquelles on aurait pas besoin de ta tv mais j'aurais presque du remord à te forcer à devoir reprendre une douche avant d'aller bosser... »

Bien sur il avait conscience qu'elle allait très probablement lui rire au nez, mais ça ne coûtait rien d'essayer après tout, et puis il lui restait encore la moitié de son verre pour oublier cette ânerie et la baffe méritée qu'il s'attendait à présent à recevoir.


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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Lun 17 Mar - 18:39

C’était monnaie courante que j’envoie chier Paul. Pour tout et pour rien d’ailleurs. Il était du genre agaçant mais en même temps l’un des rares semi-démons de ma connaissance. Je devais quand même reconnaître qu’il était, quelque part, une sorte d’ami. De plus, je savais très bien que c’était sa façon à lui de me remercier vu que le dire lui aurait écorché la gueule. Je lui avais sauvé la mise et il n’était pas prêt de l’oublier et ça le faisait bien chier. C’était pas le genre de mec à encaisser facilement qu’une meuf lui sauve les couilles. Enfin... y avait quand même plus insupportable.
Je pouvais concevoir que ce soit gênant de dégommer du démon et des monstres sur une console mais ça n’était jamais qu’une console, du gros fake éléctronique qui ne dépeindrait jamais la réalité correctement. Nous étions la race à abatte, la race crainte et même si ça me faisait chier de devoir jouer les planquées parce que les humains nous voyaient comme une engeance démoniaque, on était pas craint par hasard. J’en étais pas au point de jurer par la suprématie des semi-démons mais je devais reconnaître que je méprisais quand même sacrément plus qu’avant les humains. Et je savais que chaque plaie, chaque blessure, chaque fracture me rapprocherait d’un Chaos plus grand. C’était comme ça, une véritable fatalité.

Quoi qu’il en soit, je savais que lui comme moi, on aurait adoré avoir les même jouets que ce personnage fictif mi-ange mi-démon. Le grappin du dit Dante avait quelque chose de sympathique mais je maniais très mal les véritables armes. Soyons franc, je ne devais ma survie qu’à mon pouvoir de régénération et à ma résistance à la douleur.
Sa réponse face à ma provocation me fit rire. « Comme si tu savais ce que fair-play voulait dire. C’est comme si tu m’annonçais que tu te battais à la loyale, arrête de te foutre de moi. »

Quelques démons franchement hideux plus tard, j’écoutais Paul tenter de faire genre qu’il avait suivi ce que je venais de dire. J’avais bien envie de lui coller mon poing sur la figure mais ce genre de démonstration risquait de nous lancer dans une situation que ni lui, ni moi, n’avions en vie de gérer. Nous avions des difficultés communes à ne pas pousser le bouchon trop loin, toujours. « T’as vraiment rien suivi, crétin. Et puis comme si j’avais besoin de faire des putains d’heures sup’. Tu m’as bien vu ? J’ai pas la tronche de mère Theresa. » Je frissonnais à cette simple évocation tant l’image me laissait perplexe. « Je remplace que si j’y ai un intérêt et en l’occurrence, j’ai pas besoin de plus de thunes. »
Quand il balança avec nonchalance sa chemise dans un coin, il se la prit quand même, cette tarte. « Dis donc, j’veux bien que c’est pas le Ritz mais j’ai un porte-manteau et même des dossiers de chaises, alors fous pas tes fringues n’import où. » Qu’il soit là pour se prendre une branlée à un jeu vidéo ou pas ne le dispensait pas de garder ma piaule en ordre relatif.

Je ne fus pas surprise qu’il saisisse la perche à pleine main, sans mauvais jeu de mot et souriante, je vins me mettre à califourchon sur ses genoux. « Mon cher, tu risques de te claquer un muscle, tu manques de... souplesse. Tu vas rentrer chez toi courbaturé si tu t’engages sur ce chemin-là. » Je me relevai ensuite et lui collais une nouvelle tape derrière le crâne. « Arrête de dire des conneries, tu sais très bien comment ça risque de finir et m’oblige pas à te faire un dessin. » Il nous en fallait peu pour glisser et il le savait. Si lui se foutait de s’enfoncer vers le Chaos, je tentais, moi, de limiter ma descente même si c’était inéluctable. Je comptais encore pouvoir supporter ce monde un moment avant d’en arriver au stade des pires d’entre nous et de vouloir toujours plus de pouvoir. J’osais à peine imaginer ce que deviendrait le mien s’il se renforçait. Je guérissais déjà beaucoup plus vite que dans le passé, trop vite.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Lun 17 Mar - 23:43





Paul
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Sans doute aurait du se retenir de laisser cette réflexion en suspens, ne pas y répondre à nouveau par quelque chose de vague comme il venait de le faire. Et surtout, ne pas utiliser ces mots.

 « Comme si tu savais ce que fair-play voulait dire. C’est comme si tu m’annonçais que tu te battais à la loyale, arrête de te foutre de moi. »

Fair-play. La belle avait raison, se battre à la loyale n'était pas dans ses habitudes. Il esquissa un sourire qui se changeait petit à petit en un rictus sadique comme défilaient sous ses yeux les souvenirs de ses victimes enlisées dans le bitumes dans les rues de Glasgow. Les ouvriers qui avaient bossé à la restauration de la voirie depuis la fin des conflits avaient du avoir quelques surprises. Si Paul ne regrettait pas vraiment le nombre de ses victimes, il déplorait en revanche de ne pas avoir pu garder totalement le contrôle à cette époque. Alors il préférait se restreindre et voir les choses de son point de vue d'adulte immature, plutôt que de laisser parler toutes ces belles pulsion sadique et ne plus rien voir du tout. Perdre le contrôle... Non il avait bien trop confiance en lui même pour craindre que tout ceci lui arrive de nouveau.

Il savait déjà avoir répondu à coté de la plaque quand elle avait évoqué ses collègues et la tête qu'elle tirait à présent ne faisait que confirmer cette idée. Il s’attendais presque à recevoir une seconde tape derrière la tête mais elle était bien trop maligne pour s'abaisser à ça.

« T’as vraiment rien suivi, crétin. Et puis comme si j’avais besoin de faire des putains d’heures sup’. Tu m’as bien vu ? J’ai pas la tronche de mère Theresa. Je remplace que si j’y ai un intérêt et en l’occurrence, j’ai pas besoin de plus de thunes. »

La première phrase fut vite effacée dans son esprit quand elle prononça le mot magique qui l'immobilisa quelques secondes sur place. Thunes. Il fallait au moins ça pour capter son attention et le maintenir en place. Si Amalia admettait ne pas en manquer, lui en revanche n'en avait jamais assez. Jamais. Une petite voix lui murmura qu'il serait peut être bon de ne pas évoquer tout de suite les plans qu'il avait puisque pour le moment rien n'avait encore été mis en place mais il était grandement tenté de lui parler du business qui allait bientôt se mettre en place. S'il avait passé sa matinée à errer en quête de quelque chose inintéressant à se mettre sous la dent, tout ceci serait bientôt derrière lui.Comme toujours, malgré ses idées réjouissantes, il ne resta pas immobile très longtemps, déjà il se débarrassait de sa veste en l'envoyant voler dans la pièce. Cette fois ci il n’échappa pas à la claque. Méritée.

« Dis donc, j’veux bien que c’est pas le Ritz mais j’ai un porte-manteau et même des dossiers de chaises, alors fous pas tes fringues n’importe où. »

Haussant les épaules, l'américain ne bougea cependant pas d'un pouce pour aller la ramasser. Si la claque avait put le vexer, il ne pouvait pas lui en vouloir, pas à elle, c'était le moins qu'il puisse faire pour essayer d'oublier qu'il avait une dette envers elle. Il préféra sauter sur l’occasion, trop belle, qu'elle lui offrait en lui demandant s'il comptait vraiment passer l’après midi sur la console. A quoi s'attendait-elle ? Lui en revanche n'avait pas prévu qu'elle le prenne aussi bien. Au lieu de l'envoyer balader aussi sec, elle affichait un large sourire et venait s'asseoir sur ses genoux. C'était la seconde fois cette semaine qu'il avait une charmante créature ainsi installée devant lui et il n'allait pas s'en plaindre.

« Mon cher, tu risques de te claquer un muscle, tu manques de... souplesse. Tu vas rentrer chez toi courbaturé si tu t’engages sur ce chemin-là. »

« T'en fais pas pour moi ma belle, je... »

Mais elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et déjà il recevait un troisième coup sur le crane.

« Arrête de dire des conneries, tu sais très bien comment ça risque de finir et m’oblige pas à te faire un dessin. »

Quel con. comment avait-il put s'y laisser prendre ne serait ce qu'une seconde. Bien que quelque part il sache qu'elle avait raison, il s’avachit dans le fond du sofa en soupirant. Il n'y avait pas de mal à vouloir se faire du bien, sauf que dans leur cas, ça risquait de déraper et même si il n'aimait pas l’admettre, ils n'avaient pas besoin de ça. N'avait-il pas cependant parfaitement su gérer les choses avec la louve quelques jours plus tôt ? La louve. Comment son hôte prendrait-elle les choses s'il venait à lui en parler ? Il n'avait pas besoin cependant d'évoquer la louve pour parler de ce sur quoi il travaillait avec elle. L'envie était de plus en plus forte de parler de ses projets et comme la perspective d'une rentrée d'argent prochaine embrumait à présent tout son esprit. Passant de la déception suite au refus que sa congénère venait de lui faire, à l’excitation provoquée par tous ces projets, notre mécano se redressa soudainement.

« Au fait... tu devineras jamais ce qui m'est tombé dessus. Je bossais tranquillou, je demandais rien à personne.... ok ça fait quelques temps que je me fait chier et que je cherche une belle opportunité comme ça mais je m'attendais pas à ce que ça me tombe tout cuit comme ça... j'ai dégoter une affaire en or... »

Il s’interrompit se rendant compte qu'elle ne devait probablement pas avoir compris un traître mot de ce qu'il venait de dire tant il était surexcité par la chose et ses explications étaient tordues. Avec le regard pétillant d'un enfant à qui on vient de promettre une journée dans un parc d’attraction, il tentait de reprendre plus calmement.

« Je vais faire rentrer un peu de fric... un paquet de fric... j'ai une porte d'entrée pour l'économie de l'ombre écossaise... finis le mécano rangé... non pas que j'aime pas ce que je fais... mais tout ça est tellement plus grisant.... »

Comme un gosse. Il était comme un gosse à Noël, un gamin trop heureux pour penser aux conséquences de ses actes, à tout ce qui pourrait découler de tout ça. La seule chose qu'il voyait c’était l’excitation du danger et l'argent qui allait rentrer.


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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Mer 19 Mar - 14:58

J’allais tuer ce mec. Ok, j’regrettais pas de lui avoir sauver la mise pourvu que ça lui ait mis du plomb dans le crâne mais ça, j’en doutais quand même vachement. Y avait des moments où j’me demandais s’il avait été complètement fini et surtout, comment il avait fait pour ne pas avoir crevé ou ne pas s’être fait prendre. Il était pas la discrétion incarnée et encore moins la sympathie à l’état brut.
Je ne m’en offusquais pas puisque de ce côté-là, j’avais pas de leçon à donner dans le privé. Autant au boulot, j’étais la politesse incarnée, autant en privé, je me tamponnais royalement l’oreille de paraître propre sur moi. On ne pouvait de toute façon pas dire que je laissais beaucoup de gens entrer dans ma vie au sens stricte du terme. Trop risqué.

Déjà le fait d’avoir Paul chez moi était, quelque part, risqué. Nos natures profondes, en plus de ce que nous étions n’étaient pas un mélange des plus stables. La preuve en était avec les quelques dernières minutes. Nous étions bien parti sur le chemin du sous-entendu graveleux et j’avais préféré y couper court même si j’avais malgré tout participé légèrement à ce petit écart.
Oui, ça nous rendait plus puissant, c’était un fait mais... il y avait aussi les risques à prendre en compte et je n’avais pas réellement confiance en ma capacité de maîtrise de moi-même. J’ignorais franchement jusqu’où j’étais capable d’aller.

Aussi, quand il se mit à me parler d’autre chose, je sautais sur l’occasion. C’était tout sauf précis. Je ne voyais absolument pas où il voulait en venir. Une affaire en or... Oui, je savais qu’il était incapable de tenir en place mais ça ne me disait pas de quoi il parlait. Boulot ? Business ? Je soupirais en buvant une gorgée de bière et en avalant quelques chips ensuite. Le temps qu’il se décide à préciser un peu son affaire sensationnelle, ça pouvait prendre un moment.

Voilà, on y était. Business donc. « J’me demandais combien de temps t’allait tenir, j’suis fixée. » Si lui avait des haut et des bas dans son business, moi pas. Je n’avais jamais cessé de hacker ni même d’évoluer en la matière. Son activité sous-terraine était plus compliquée que la mienne puisque quelque part, il dépendait du bon vouloir d’autres gens à se laisser corrompre. « Alors dis-moi, dans quoi tu te lances cette fois ? » Il y avait matière et je savais qu’il avait eu pas mal de branches différentes.
Extorsion, fraude, vol, chantage, deal, contrefaçon, contrebande, transport, falsification, sabotage, ... Franchement, y avait le choix, trop peut-être. La plupart des gens qui plongeait là-dedans avait un défaut, ils en faisaient trop. Personnellement, je me contentais de mon petit monde internet, vol, fraude, falsification et sécurité. Jamais tout en même temps et jamais de façon constante. Il fallait savoir faire des pauses. Ça aussi, ça en faisait tomber plus d’un. L’appât du gain c’était une belle carotte mais empoisonnée. J’faisais gaffe à pouvoir planquer mon fric tout en en gardant pas trop. J’étais strip-teaseuse, pas millionnaire. C’aurait été difficile à justifier au fisc.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Mar - 9:14





Paul
Amalia



All I see is all




L'envie de se confier ? De lui dire à elle en particulier ce qu'il se passait d’intéressant dans sa vie, ses petites projets, parce qu’il la considérait peut être comme une amie ? Non. Simplement le besoin de parle. Parler toujours et encore. C'était probablement ça qui avait poussé Paul à déballer ses plans. Confus, comme toujours quand il était dans cet état proche de hystérie. Hystérique ? C'était sans doute l'image qu'il donnait au vue de son excitation et du flot ininterrompu de ses paroles. Mais elle en avait vu d’autre de sa part et il ne craignait pas vraiment qu’elle en soit surprise. Avait-elle compris de quoi il parlait ? Certainement pas. L’américain venait de baragouiner des choses bien trop confuses et vagues pour qu’elle puisse comprendre. Peut-être à peine pouvait-elle saisir le principal, il avait trouvé de quoi tuer son ennui.

« J’me demandais combien de temps t’allais tenir, j’suis fixée. »

Surpris qu’elle réagisse de la sorte, il la regardait avec des yeux ronds, interloqué. S’attendait-elle tant que ça à ce qu’il replonge dans l’illégalité alors qu’il avait racheté un hangar pour en faire le garage de ses rêves ? Il avait certes souvent évoqué la possibilité de reprendre un job de nuit comme il aimait à appeler ses petits business, mais il aurait aimé qu’elle le croie capable de s’en passer. La petite voix dans sa tête martelait pourtant qu’elle n’aurait jamais pu être dupe au point de penser qu’il s’assagirait avec le temps, bien au contraire, ce n’était pas dans leur nature après tout.

« Alors dis-moi, dans quoi tu te lances cette fois ? »

Si notre mécano avait été surprit dans un premier temps, cela n’avait pas suffi pour autant à l’immobiliser tout à fait. Il gigotait encore, se relevant pour se rasseoir sur l’accoudoir du canapé, tourné vers elle. Pouvait-il évoquer la louve ou devait-il se contenté de lui détailler le business dans lequel elle l’avait entrainé ? Protéger son roi sans sacrifier sa reine. Les mots qu’il avait employé lui-même quelques jours plus tôt dans leurs échanges de sms lui revenaient en mémoire. Ce n’était pourtant pas mettre sa reine en danger que de la nommer devant Amalia, on ne pouvait certes pas faire confiance à ceux de leur espèce sur bien des points, mais l’américain savait que sa congénère n’avait aucun bénéfice à se faire en allant répéter ce qu’il lui dirait. Aucun ? Peut-être que si, peut-être qu’elle y trouverait son compte… Il réfléchissait trop et comme toujours, ce qui en découlerait ne serait pas nécessairement plus raisonnable que s’il y était allé de but en blanc. Se calant un peu dans son assise, il reprit ses grands airs théâtraux pour détailler un peu plus ce dans quoi lui et Charlie se laçaient.

« Trafic de drogue. »

Détailler ? Oh bien sûr qu’il souhaitait entrer dans les détails, bien sûr qu’il voulait tout raconter, mais à trop vouloir parler, il n’avait pas réussi à placer un mot de plus. Un large sourire malicieux se dessina sur son visage comme il calmait ses esprits et prenait une grande inspiration avant d’expliquer pour de bon.

« McAllister ça te dit quelque chose ? Pour faire court, ce sont des gros bonnets… Et voilà que l’autre jour, une fille de chez eux se pointe au Winged. Elle me dit vouloir doubler la famille, me parle d’un dossier qu’elle a sur moi, me dit que je suis le meilleur dans ce que je fais… » il grossissait bien évidement ce point-là mais il n’avait pas pu s’en empêcher. « … et voilà qu’elle me parle de monter un cartel indépendant ! Elle et moi à parts égales, plus quelques pions indispensables, le truc parfaitement bien réfléchi…je sais pas depuis combien de temps elle murit ça dans sa tête la belle, mais elle sait ce qu’elle fait… »

Il marqua une pause, se releva, commença à faire les cents pas autant que l’espace restreint de la pièce le lui permettait. Puis brusquement il revint s’asseoir sur le canapé, vida ce qui restait de son verre et se tourna à nouveau vers sa semblable, les yeux pétillants de malice. Un gosse, il était pire qu’un gosse.

« Mais le plus beau…. C’est qu’elle sait pas à qui elle a à faire ! J’ai rien à perdre moi là-dedans au mieux je me fais des couilles en or, au pire les flics me collent entre quatre murs… mais tu sais comme moi que les murs, c’est pas ça qui me retient bien longtemps. »

Les recommandations de son hôte quant à la PES, faire profil bas, étaient déjà bien loin derrière, enterrées sous les belles illusions que faisait naitre ses projets.




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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Mar 25 Mar - 16:48

Paul, sous bien des angles ressemblaient à un môme capricieux. Ce qu’il voulait, il le prenait. C’était ainsi que je l’avais toujours vu. C’était... un trait commun que nous, semi-démon, semblions tous avoir. D’une façon ou d’une autre, nous obtenions ce que nous voulions même s’il nous fallait du temps.
Je savais pertinemment qu’il ne tiendrait pas indéfiniment dans son garage à réparer bagnole et moto tout comme j’étais incapable de m’en tenir à ma seule activité de danseuse de charme et de strip-teaseuse. J’étais une hackeuse depuis bien plus longtemps et j’étais douée. Je ruinais des vies avec facilité, je pouvais même en inventer.
Nous étions voué au Chaos, je ne faisais que retardé l’inévitable pour l’instant, vivre encore en paix tant que je ne pouvais car ça ne durerait jamais. Je m’allumais une cigarette en attendant qu’il me réponde. Le connaissant, je m’attendais à du lourd et j’en eus rapidement la confirmation.

Ce qui était étonnant, c’est qu’il ne s’étale pas plus. Ce cher Paul était à la limite de l’hyperactivité. Et là encore, comme je m’y attendais, il m’expliqua.
Le nom qu’il m’avait dit ne me disait rien et le fait qu’elle ait un dossier et cherche à doubler les siens ne me plaisait pas fort. Ça n’était pas mon problème. Je ne devais rien à Paul, c’était même tout le contraire. Je soupirais. « Et toi ? Tu sais ce que tu fais ? Un dossier ? Doubler les siens ? Et tu ne te méfies pas un peu ? » Je hochais la tête puis recrachais ma fumée. « T’es aussi irréfléchi que pendant la belle époque. » Et je parlais bien évidement des années sanglantes. Je ne pouvais pas nier que j’avais ressenti une certaine exaltation à l’époque malgré l’inintérêt de mon pouvoir pour attaquer. Je n’avais pas peur de sombrer à nouveau par hasard. J’avais aimé ça.

Le pire, c’est qu’il osait me dire ensuite qu’il n’avait rien à perdre. « Mais t’es vraiment un crétin mal dégrossi ma parole ! T’as une chose à perdre, ta foutue vie. Imbécile. Et qui te dit que ce sont les flics qui t’attraperont ? Hein ? T’as réfléchi à ça ? Le monde nous chasse Paul. Nous sommes les ennemis. L’Humanité veut la mort du Chaos. Je ne suis pas la pire et toi non plus et je ne suis pas encore disposée à me laisser bercer définitivement par nos Pères mais bordel de merde je ne veux pas causer notre perte. Moins on en saura sur nous, plus nous aurons d’avantages en cas de problème. Qu’a donc prévu ton crâne de piaf en cas de traîtrise ? Hum ? » Fallait-il être con à ce point ?!
Je ne disais pas que ça n’en valait pas le coup mais de là à ce que quelqu’un sache ce qu’il était ? J’avais du mal à croire qu’il ait réfléchi quelques minutes à ce que ça impliquait. La PES était notre problème et lui n’y pensait même pas. Pauvre crétin. J’espérais pour lui qu’ils n’avaient jamais trouvé d’autres semi-démons comme lui ou bien ils auraient eu tout le temps de développer un endroit capable de le retenir. De plus, on était déjà bien assez sensible comme ça aux prières... Et lui... il n’essayait même pas de détromper une parfaite inconnue sous prétexte de faire du business. Non mais je rêvais.
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Mer 2 Avr - 0:41





Paul
Amalia



All I see is all




Il avait toujours eu tendance à s’exciter plus qu'à s’inquiéter des problèmes dans lesquels il se fourrait, cette fois ci n'allait pas y faire exception. Le trentenaire était comme monté sur ressorts comme il expliquait à Amalia ce dans quoi il venait de s'engager. Il n'avait pas mentionné la louve, pas en tant qu'amante en tout cas, elle n'avait pas besoin de savoir ça. Pour le moment il se contentait de lui détailler leur affaire, la drogue, la mafia à laquelle ils se frottaient, et cela suffisait à le mettre dans tous ses états. Mais alors qu'il s’évertuait à lui servir ses projets, elle recommençait à lui faire la morale.

« Et toi ? Tu sais ce que tu fais ? Un dossier ? Doubler les siens ? Et tu ne te méfies pas un peu ? »

Il lui servit un large sourire en guise de réponse. Se méfier ? Pourquoi faire ? Il prenait l'argent et si besoin, il fuyait. Il avait toujours agit de la sorte, elle n'allait pas le raisonner aujourd'hui. Elle pouvait tenter bien sur, et il savait très bien qu'elle ne s'en priverait pas, elle avait déjà commencé, mais ce serait peine perdue.

« Un dossier oui... elle a faiit ses petites recherches avant de monter son business, il est ressorti que... je suis "digne de confiance"... ironique pas vrai? Enfin, je doute qu'elle ai tous les détails, le Japon notamment... » Il fit mine de réfléchir vaguement, le regard un instant fixé sur la fenêtre, puis reprit aussi sec « … si elle avait pu trouver des infos sur Steeve Clayton, les yakuzas seraient aussi sûrement remontés jusqu'à moi et regarde... je suis toujours là, il y a encore des zones d'ombres dans mon passé et c'est peut être mieux ainsi.»

De tous ces anciens partenaires, c'étaient sûrement ceux qu'il craignait le plus, si toute fois on pouvait réellement parler de craintes. Il était bien trop insouciant pour ça, prévoir plus loin que le bout de son nez, si cela ne concernait pas les finances, était loin d'être sa priorité. Il s'attendait à se sentir vexé quand elle lui remonterait les bretelles, mais il devait se rendre à l’évidence, il était bien trop grisé par tout ça pour qu'elle puisse entacher son entrain.

« Mais t’es vraiment un crétin mal dégrossi ma parole ! T’as une chose à perdre, ta foutue vie. Imbécile. »

Elle avait presque réussit à l'immobiliser par cette petite phrase. Sa vie ? Comment pouvait-il perdre sa vie en jouant comme il l'avait prévu ? Parce que tout se déroulerait selon ses plans bien évidement, il en était persuadé, bien trop orgueilleux pour douter un seul instant du bon déroulement de son petit programme.

« Et qui te dit que ce sont les flics qui t’attraperont ? Hein ? T’as réfléchi à ça ? Le monde nous chasse Paul. Nous sommes les ennemis. L’Humanité veut la mort du Chaos. Je ne suis pas la pire et toi non plus et je ne suis pas encore disposée à me laisser bercer définitivement par nos Pères mais bordel de merde je ne veux pas causer notre perte. Moins on en saura sur nous, plus nous aurons d’avantages en cas de problème. Qu’a donc prévu ton crâne de piaf en cas de traîtrise ? Hum ? »

Notre mécano ne put s’empêcher d’éclater de rire devant le sérieux de son hôte. Elle s’inquiétait encore et toujours pour des détails. Certes, elle n'avait pas grand chose à craindre, planquée derrière son ordinateur, mais lui il savait parfaitement se servir de son don pour s'extirper de toutes sortes de situations, et le cas échéant, il lui restait toujours le plan B... Reprenant l'air le plus sérieux dont il était capable, il tenta de la rassurer sur ce point.

« Maly... ne me prend pas pour un débutant ! Je ne compte pas attirer l'attention de la PES, et je ne vois pas pourquoi ils iraient s'intéresser à une simple histoire de dealers de drogue... les flics, c'est tout ce qui viendra frapper à ma porte si ça part en vrille. Et les flics, je sais les gérer, j'en ai vu d'autre. Quand au reste de sa famille si on les vexe un peu, ce sera pareil, ils n'auront aucune idée de ce que je suis si personne ne va le leur dire. Il ne faut pas faire de vagues en tant que rejeton des enfers? Soit, qu'ils viennent, on sera trois à les attendre, moi, Smith et Wesson. »

Il savourait sa petite blague en ricanant, se demandant si elle avait saisi la référence. Harry le Charognard avait beau être un flic, il restait l'une de ses idoles, une de ses séries de films cultes. Le mécano doutait cependant qu'elle soit d'humeur à plaisanter, même s'il espérait l’attendrir un peu avec ce genre de citations. Elle avait mis le doigt sur un truc important malgré tout ; en cas de traîtrise de sa partenaire, qu'avait-il prévu ? Il fit jouer le verre vide entre ses doigts, un rictus amusé naissant au coin des lèvres comme il le penchait vers elle pour appuyer la demande qui allait venir.

« J'aime bien parler, mais ça donne soif.... je peux abuser de ton hospitalité et t'en demander un second ? » de fausses bonnes manières pour tenter encore de l'amadouer, puis sans attendre, il répondait à la question qu'elle avait posé, passant de nouveau du coq à l'âne « En cas de trahison tu dis? et bien ma chère.... si elle me trahi, elle finira comme les autres... une balle dans la tête, enterrée sous le bitume quelque part dans Glasgow. »

Cette fois, le sourire de l'américain était carrément malsain tant l'idée qu'il venait d'avoir le dernier mot et qu'elle ne trouverait rien à redire était plaisante. Certes, il ne souhaitait pas en arriver là, il tenait à ce que ce business marche, il tenait à se faire un max de blé dans cette histoire, et puis il n'allait pas cracher sur les extra auxquels lui et la belle asiatique se livraient. Mais si elle le trahissait, il ne pardonnerait pas, toute louve qu'elle était. Quand à sa congénère à ses coté, il la savait trop maligne pour lâcher l'affaire aussi facilement, même s'il pensait l'avoir mouchée avec son petit plan bien ficelé. Il avait toujours réponse à tout, en toutes circonstances, mais étrangement, elle arrivait toujours à avoir raison à la fin. Une petite voix quelque part lui soufflait qu'elle allait rebondir sur quelque chose qu'il aurait oublié ou sous estimé, une autre jubilait de lui avoir cloué le bec. Ça résumait assez bien leur relation, il lui en voulait autant qu'il lui était redevable, l’appréciait pour sa compagnie autant qu'il détestait ses leçons de morale.



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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Avr - 17:36

En face de moi ? Un imbécile fini. Il ne réfléchissait pas ou du moins pas assez. Trop imbu de sa personne et trop sûr de lui que pour admettre qu’il ne pouvait pas tout prévoir. Combien des nôtres n’étaient pas mort comme ça ? Ou enfermés par je ne sais quel moyen ? Je n’avais pas oublié la PES, ni même les vagues que les nôtres faisaient régulièrement. Personne ne nous avait oubliés. Entre cette histoire de morts revenus à la vie au siège même de la brigade, les corps calcinés je ne savais plus où, les frasques d’une semi-démon en direct pendant un débat sur cette race inconnue qui n’existait pas ou peut-être pas. On parlait beaucoup trop de nous pour que même les flics ne se mettent pas à énoncer des foutues prières dès qu’il coffrait quelqu’un. C’était peut-être pas le cas mais c’était ma parano concernant les humains qui m’avaient maintenues en vie et sur des rails plus ou moins droit.
Alors oui, j’étais bien planquée derrière mon écran, je foutais la merde à ma façon, je tentais de m’introduire partout où je le pouvais mais en attendant... Je n’étais toujours pas parvenue à entrer dans le système informatique de la PES, pas plus que je n’avais réussi à craquer la sécurité du nouveau siège des vampires.

Je me foutais pas mal que Paul se foute dans la merde mais malgré tout, je faisais gaffe aux autres membres de mon espèce. Il était évident que je ne me sacrifierai pas pour lui s’il devait lui arriver quelque chose de grave. Mon amitié avait ses limites. Ma vie passerait avant la sienne, je n’avais rien d’une altruiste. Autant je pouvais prendre les balles et guérir, autant je ne pouvais très certainement pas ressusciter. Je n’avais franchement aucune envie de tester.
Alors oui, je tentais de lui foutre du plomb dans le crâne, du genre sain pour la santé. Encore fallait-il qu’il écoute cet abruti.

Quand il éclata de rire, je levais les yeux au ciel, attendant qu’il finisse sa tirade. Je ne relevais pas sa petite blague. « Je ne te prends pas pour un débutant mais pour un imbécile parfait. Nous, notre espèce, solitaire ou en groupe, on se fait trop remarquer ! Alors tiens-toi tranquille. J’ai entendu dire que même les flics de base s’amusaient à réciter des prières quand ils soupçonnaient un problème. J’en suis pas certaine et j’ai aucune envie de vérifier si tu vois ce que je veux dire. Maintenant, si tu veux te faire du blé dans ce business, libre à toi mais évite de faire le clown. Et ne me dit pas que tu gères ça aussi avec Smith et Wesson. T’es pas imperméable aux balles. » Piqûre de rappel parfaitement mesquine mais indispensable.
J’attrapais son verre et partis lui en faire un autre mais il n’allait pas s’en tirer à si bon compte. Il rêvait. Rageant en l’écoutant, je grinçais limite des dents. « T’as une faille dans ton plan. Gros malin. Trois fois rien. Si c’est elle qui te plombe la première, tu pourras toujours essayer de lui plomber le crâne et de l’enterrer sous le bitume. Ah et autre chose, si c’est toi qui agit en premier, qui te dit que les McAllister vont pas te tomber dessus. Une bonne enquête par des voies illégales vaut toujours mieux que les flics. Tu le sais et je le sais. Les familles ont tendance à être tenace, trahison ou pas. Question d’exemple et de principes. » Encore heureux que je ne savais pas que c’était une louve. C’aurait été le pompon.
Je posais avec force, son verre plein sur la table. « Alors ? J’écoute ton nouveau plan ingénieux. Je suis sûre que tu vas encore trouver une super issue de secours. »
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Sam 12 Avr - 0:22





Paul
Amalia



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Moi, Smith et Wesson... citer l'inspecteur Harry en bon cinéphile qu'il était lui avait arraché un large sourire. Satisfait de lui même, une fois de plus. Certes, s'il estimait avoir quelques points communs avec le personnage, ça s’arrêtait à peu de choses. Solitaire, la plupart de ses associés finissant pas crever en chemin si il ne leur tournait pas le dos avant. Un penchant pour poser les questions une fois la moitié des adversaires déjà froids sur le sol, ou dessous, plutôt que de réfléchir avant d'agir. Alors certes, il était de ceux qui finissent en taule, Eastwood incarnait un flic, mais cela ne l’empêchait pas d'apprécier le caractère bien trempé du personnage. Mais déjà il sentait son esprit s’égarer de nouveau. Et il fallut à notre mécano un effort considérable pour revenir à la conversation.

« Je ne te prends pas pour un débutant mais pour un imbécile parfait. Nous, notre espèce, solitaire ou en groupe, on se fait trop remarquer ! Alors tiens-toi tranquille. J’ai entendu dire que même les flics de base s’amusaient à réciter des prières quand ils soupçonnaient un problème. J’en suis pas certaine et j’ai aucune envie de vérifier si tu vois ce que je veux dire. Maintenant, si tu veux te faire du blé dans ce business, libre à toi mais évite de faire le clown. Et ne me dit pas que tu gères ça aussi avec Smith et Wesson. T’es pas imperméable aux balles. »

Levant les yeux au ciel dans un soupire exaspéré, il lâcha simplement un [color=#ab862e]« gna gna gna » digne d'un gamin de cinq ans. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle ai raison ? Même un esprit peu concentrer comme le sien ne pourrait faire abstraction des prières que réciteraient ces flics si ils s'avéraient aussi prudents qu'elle le pensait. Même si sa tête étaient pleine de petites voix toutes plus bruyantes les unes que les autres, il entendrait forcement leurs paroles et elles auraient forcement leur effet, et là... . Non, il ne se laisserait pas prendre, il était bien trop sur de lui pour admettre qu'il puisse se laisser avoir aussi bêtement. Puis l’appât du gain était de nouveau plus fort que le peu de bon sens qu'il avait. Rien ne le ferait reculer sur ce projet, rien. Quant à prendre une balle... Il voulu lui répondre qu'il ne se laisserait pas prendre deux fois au même piège, mais là Paul savait très bien que c'était pur mensonge. Il lui arriverait d'autres mauvais coups comme cette fois là où elle lui avait sauvé la mise, mais bien qu'il ne pouvait le nier, il ne pouvait non plus l’admettre à voix haute. Elle avait raison et ça commençait à l'agacer. Son sourire disparaissait peu à peu.

Que ferait-il en cas de trahison de la louve ? Demandant un second verre, il avait répondu le plus naturellement du monde. Pas de sentiments. Il avait déjà tué pour moins que ça, si la situation le nécessitait, il abattrait sa jolie partenaire sans trembler. Peut être qu'il jouait un peu avec elle comme elle aimait jouer avec lui avant de s'en débarrasser, histoire de garder un bon souvenir malgré tout. Son sourire était revenu, plus malsain, plus sadique, comme les images de la scène lui venaient à l'esprit et comme il espérait que sa congénère n'ai rien à redire là dessus. Mais une fois de plus, elle trouvait à répondre.

« T’as une faille dans ton plan. Gros malin. Trois fois rien. Si c’est elle qui te plombe la première, tu pourras toujours essayer de lui plomber le crâne et de l’enterrer sous le bitume. Ah et autre chose, si c’est toi qui agit en premier, qui te dit que les McAllister vont pas te tomber dessus. Une bonne enquête par des voies illégales vaut toujours mieux que les flics. Tu le sais et je le sais. Les familles ont tendance à être tenace, trahison ou pas. Question d’exemple et de principes. »

Si elle le plombait la première ? C'était une possibilité, mais l'américain ne l'envisageait simplement pas, l’orgueil toujours. Amalia revenait avec son verre et le posait sans ménagement devant lui.

« Alors ? J’écoute ton nouveau plan ingénieux. Je suis sûre que tu vas encore trouver une super issue de secours. »

La tournure que prenait la conversation lui avait rendu un peu de sérieux et il n'aimait pas ça. Se levant en dédaignant le verre qu'il avait pourtant réclamé, il commença à arpenter la pièce, en silence dans un premier temps, puis murmurant à mi voix un résonnent décousu.

« La famille... en plus des yakuza et des russes, la famille de Charlie... les russes ? Non...y a plus de russes...enfin un de moins...le seul qui me connaissait nage avec les poissons de la baie...je crois...non...les japonais, les chinois... je peux gérer... je peux ? Bien sur ! »

Il revient vers la table, et sans un regard pour son hôte, il engloutit d'une traite le verre qui l'attendait. Puis il reprit son manège encore quelques instants avant de venir s’accouder derrière le canapé, dans le dos de la jeune femme. D'une voix qu'il voulait pleine de mystères bien qu'il se doutait que toute mise en scène sonnerait faux, il lui dévoila son plan B. Infaillible jusqu'ici.

« Et bien tu devras vivre avec le fait que je ne te rembourserais probablement jamais ma dette puisque je mettrais les voiles. Je l'ai toujours fait, j'ai toujours pu prendre la poudre d'escampette quand ça chauffait. Ne le prend pas mal, mais y a rien qui me retienne ici... si je dois filer à l'autre bout du monde pour sauver mon cul, je le ferai. Je me demande à quoi ça ressemble le Canada ? J'ai jamais vu le Brésil non plus.... »

Un petit rire amusé aux lèvres, il se relevait et s'appuyant sur le dossier, il sauta par dessus pour se laisser tomber sur le canapé. Il était bien trop excité pour se rappeler qu'il était tout sauf chez lui et qu'on est pas sensé faire subir ce genre de choses au mobilier des gens quand on est bien élevé... ou peut être n'en avait-il simplement rien à faire. Sautant une fois de plus sur un autre sujet à défaut du sofa, il enchaînait avec tout autre chose.

« Au fait je t'ai dit que j'ai récupéré un clebs ? Un gros chien russe qui me fout des poils partout mais qui ressemble à un ours, utile pour monter la garde....Et puis au moins si un loup s'approche je serais fixé... rassurée ? »

Si elle voulait en savoir plus, il se ferait un malin plaisir de lui raconter comme sa nouvelle partenaire de business avait fini de seller leur accord en abattant le russe qu'il avait dans le collimateur depuis l'Irlande, peut être qu'elle cesserait alors de lui faire la leçon sur les gens à qui faire confiance ou non... confiance ? Non ce n'était pas vraiment de la confiance qu'il éprouvait pour la jolie asiatique, juste quelques accord de principes, il savait très bien qu'elle non plus nécessiterait pas si elle avait besoin de se débarrasser de lui.



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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Lun 21 Avr - 13:34

Je lui avais démoli son joli plan mais ça ne l’empêcherait pas de trouver encore une autre idée de génie. Cet imbécile avait le cerveau embrouillé quand on parlait pognon et business. D’accord, l’appât du gain était aussi un de mes défauts mais je jouais mon jeu sur un autre terrain, beaucoup plus sécuritaire. Ça n’était pas parce que je pouvais prendre des coups et me faire plomber sans y passer que ça me plaisait. Pour commencer, c’était salissant et ensuite, ma garde robe en faisait les frais, ce qui avait tendance à m’agacer. Je n’étais pas du genre shopping mais j’aimais les belles choses même si j’aimais aussi rester discrète. Bref... je n’avais aucune envie de me retrouver à nouveau dans les emmerdes. Je cumulais assez de sale boulot pour tenir un moment.
Si j’avais au moins réussi à le faire réfléchir un peu, ce serait ça de pris mais je n’allais pas non plus veiller sur ce crétin comme une mère poule. J’appréciais Paul mais je ne risquerai certainement pas ma peau pour lui. La risquer réellement s’entend. Nous n’avions pas gardé les cochons ensemble et je ne le connaissais, somme toute, que très sommairement, pas même charnellement, c’était tout dire.

L’entendre marmonner me fit sourire. Monsieur listait ses ennemis avec une assurance ridiculement trop grande. Tu parles d’un génie et la fuite... justement quelle idée de génie. « Rassure-toi, je n’attends pas de toi que tu paies ta dette, par ailleurs, je m’en tamponne. Je ne compte sur personne pour quoi que ce soit, tu devrais le savoir. Tu as beau, comme tu dis, avoir une dette à mon égard, je ne compte pas là-dessus pour me tirer d’affaire en cas de pépin. Je ne me repose sur personne, j’ai compris la leçon il y a bien longtemps. Tu devrais apprendre la tienne sur le sujet mais tu vas encore me dire que tu peux gérer alors fais comme ça te chante. Sache que si on te plombe le cul et que si tu finis dans une caisse en bois, ma seule réaction sera de vider une bouteille d’alcool sur ta tombe si tu en as une, en souvenir du bon vieux temps et ça s’arrêtera là. Et si tu te tires, évite les cartes postales, la nostalgie, c’est pas mon truc. » Voilà au moins un discours clair et précis. Il ne fallait pas qu’il se méprenne, je ne risquerai pas ma peau pour ses beaux tatouages. Je ne faisais pas dans le sentimentalisme, pas même envers les miens. Je conservais cette faiblesse mais certainement pas à son égard.

« Et tu arrives à le maintenir en vie ? Tu m’épates. J’ai toujours cru que tu étais du genre à réussir à crever un cactus. » J’étais la sympathie même... « Comme je te l’ai dit, je m’en cogne d’être rassurée. Mais si ça te protège, grand bien t’en fasse. » J’étais moi-même maîtresse d’un reptile mais il était très accommodant. Quelques souris, une bonne lampe, une température adéquate et il était heureux. Quelle ironie quand on y pense que j’ai choisi un tel animal de compagnie. Animal qui reposait par ailleurs dans ma chambre quand il n’était pas avec moi au club. « Et comment s’appelle cette bestiole ? »
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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Ven 23 Mai - 23:25





Paul
Amalia



All I see is all




Brésil. Canada. Argentine peut être... Il y avait bien des destinations que notre homme n'avait pas encore explorées, où personne ne le reconnaîtrait. Du moment qu'il restait loin des japonais, tout irait bien pour lui. Du moins c'était son plan. Son plan de secours. Il avait beau être irréfléchi et prompt à se coller dans des situations délicates par manque de jugeote, il avait un certain talent pour la fuite... La prison il avait testé une fois et ça lui avait suffit, les tueurs à ses trousses, il connaissait aussi. Alors fuir était devenu une seconde nature avec le temps, un instinct. Devoir quoi que ce soit à quelqu'un en revanche, il n'y était pas habitué.

 « Rassure-toi, je n’attends pas de toi que tu paies ta dette, par ailleurs, je m’en tamponne. Je ne compte sur personne pour quoi que ce soit, tu devrais le savoir. Tu as beau, comme tu dis, avoir une dette à mon égard, je ne compte pas là-dessus pour me tirer d’affaire en cas de pépin. »

Levant les yeux au plafond, il laissa échapper un « Gnagnagna. » digne d'un gamin de huit ans. Non elle ne pouvait pas compter sur lui. Mais pas parce qu’il n'avait pas envie de se débarrasser une fois pour toute de cette dette. Plutôt parce qu’il ne savait pas vraiment ce qu'il pourrait faire pour elle. Elle n'avait pas besoin qu'on lui sauve les miches, elle était pour ainsi dire immortelle. Enfin presque. L'américain se laissa aller un instant à se demander si elle fonctionnait comme les lézards. Si on venait à lui couper un bras, voir la tête, est ce que ça repousserait ? Il se garda bien de poser la question. D'une parce qu’il n'avait pas envie de se prendre une énième tape derrière la nuque. De deux parce qu'elle avait continué à parler et qu'il tentait à présent de rattraper le fil.

« ... si on te plombe le cul et que si tu finis dans une caisse en bois, ma seule réaction sera de vider une bouteille d’alcool sur ta tombe si tu en as une, en souvenir du bon vieux temps et ça s’arrêtera là. Et si tu te tires, évite les cartes postales, la nostalgie, c’est pas mon truc. » 

« Houla...tu gaspillerais de l'alcool pour moi ? C'est bien la chose la plus charmante qu'on m'aie jamais dite ! »

Cynique. Mordant. Il ne s'était de toutes façons pas attendu à ce qu'elle le pleure, lui ne le ferait pas. Ce n'était pas dans leur..nature, amis ou pas. Amusé par sa ridicule petite pique , il ne s'y attarda pas pour autant. Déjà il repartait sur autre chose. Il était comme ça, incapable de tenir en place où de se focaliser sur un sujet plus de trois minutes. Les spécialistes de l’éducation appelaient ça le 'zapping '. Mais eux étudiant les enfants, les adolescents, pas les hommes supposés matures comme il était sensé l'être. Un chien. Il avait récupéré le chien du russe après que Charlie l'ai abattu et qu'ils aient balancé le corps au fond de la Clyde.

« Et tu arrives à le maintenir en vie ? Tu m’épates. J’ai toujours cru que tu étais du genre à réussir à crever un cactus. Comme je te l’ai dit, je m’en cogne d’être rassurée. Mais si ça te protège, grand bien t’en fasse. » 

Le mécano haussait les épaules. Elle s'en cognait ? Et bien lui aussi, il tentait juste de clore le sujet et la faire taire quand à tous ces petits détails afin qu'elle ne lui porte pas la poisse.

« Et comment s’appelle cette bestiole ? »

Cette fois la question était plus que pertinente... Un nom. Non ils n'avaient pas encore réfléchi à un nom, ils n'en avaient pas besoin.

« Le chien. C'est bien suffisant. Il monte la garde, point. Je ne tient ps à m'y attacher mon plus. On commence par leur donner un nom, puis on les fait dormir dans son lit, et ensuite c'est eux qui dominent. »il voulu rajouter qu'il avait déjà une louve dominante à la maison et que ça lui suffisait, mais elle n'avait pas besoin d'entre ça. Non seulement ce qu'il faisait avec ses maîtresses ne regardait que lui, mais parler de la louve... il s’était promis de ne pas en parler, il s'y tiendrait.

Une vibration dans sa poche le fit sursauter. Il en extirpa son portable, tout à fait conscient que ce n'était pas des plus poli de se jeter ainsi sur le premier message quand on est en compagnie d'une belle demoiselle, ou simplement d'une amie.

« Patron, je sais qu'on est sensé être fermé aujourd'hui, mais j'aurais besoin que vous veniez m'ouvrir le garage, j'ai laissé un truc dans mon vestiaire, j'en ai besoin, c'est à ma fille je peux pas ne pas le lui donner ce soir. Je vous payerais un verre pour me faire pardonner, ou je vous offrirais des heures sup...promis... John »

John. Paul éclata de rire en lisant le SMS. C'était l'employé sur lequel il pouvait compter en toutes circonstances. Celui qui n'arrivait jamais en retard, celui qui ne bronchait pas devant un surplus de travail, celui à qui il faisait confiance même maintenant que le Winged allait changer de cap.Alors rien que pour ça, il ferait l'effort. Se redressant d'un bon, il alla ramasser sa chemise qui trônait toujours dans le coin où il l'avait envoyée avant de revenir vers l'entrée.

« Je vais devoir filer, affaire urgentes au garage... affaire urgente...... j'en reviens pas de dire ça... moi... moi j'ai des responsabilité de patron... » il riait encore « bref. Ce fut un plaisir de squatter ton canapé et ton alcool ma belle. »

Mimant théâtralement un baiser envoyé main tendu en soufflant dessus, il se dirigea vers la porte. Avant de l'ouvrir, il se figea sur place et se tournant vers elle avec un large sourire il lança un ;

« oh... et si tu changes d'avis concernant la façon de... meubler l’après midi et qui impliqueraient un peu de dextérité mais pour lesquelles on aurait pas besoin d'une tv … tu sais où me trouver. »


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MessageSujet: Re: All I see is all 〆 [Livre II - Terminé]   Lun 26 Mai - 23:58

Discuter avec Paul quand il était têtu ? À quoi bon ? De toute façon, il me sortirait sans doute tout un tas de théories fumeuses ou d’argumentations discutables. C’était d’ailleurs ce à quoi il était en train de penser, j’en aurais foutu ma main au feu. Ce mec avait une pensée tellement bordélique que j’osais à peine imaginé à quoi devait ressembler la façon dont il gérait sa vie. Dire qu’il était proprio de son garage... Combien de fois avait-il enterré son banquier avant d’avoir un prêt ?
À sa réponse, je levais les yeux au ciel à mon tour. « Je piquerai la somme sur ton compte en banque, qu’est-ce que t’espères ? » Nous étions si aimable l’un avec l’autre... « Plus sérieusement, arrête de tenter de me justifier tes plans foireux. J’en ai déjà bien assez à mon compte. » Ce qui n’était pas tout à fait faux. J’avais quand même entassé une ou deux boulettes -euphémisme bonjour- sur l’ensemble de mes carrières et pas toujours des moindres.

À tout choisir, je préférais qu’on cause clébard, au moins, pas de surprise. La preuve. Il n’avait rien à cirer de cette bestiole. De mon côté... je les aimais mes bestioles mais ça, c’était une autre histoire. Elles étaient tout de même presque aussi dangereuses que nous, ça devait leur donner de l’importance à mes yeux. Des outils de travail formidable. De toute façon, quoi que fasse Paul de sa bestiole ne me regardait pas et je n’en avais rien à secouer. N’empêche que l’exploit qu’il le garde en vie, lui, méritait d’être souligné.

Je laissais Paul répondre au téléphone ou plutôt lire son sms tout en saisissant la manette pour exploser un ou deux adversaire en passant avant de remettre le jeu en pause. « J’en reviens pas tout court que t’arrive à tenir ta boîte en bossant honnêtement ou presque. Ça, c’est une première. Allez... vire ton cul de mon canapé et vas faire ce que tu dois faire. »
Je levais les yeux au ciel juste après. Quel con. « C’est ça, allez, dégage avant que je te sorte par la fenêtre. Tu vas tâter de la dextérité de mes doigts sur ton visage de mécano mal rasé avant que je ne tâte autre chose. » Sur ces mots, je lui ouvrais la porte et le foutais dehors. Le jour n’était pas encore arrivé ou je me laisserai aller à soloter sous les draps avec lui. J’aimais bien les jeux dangereux mais là, ça frôlait le suicide. Il était plus instable que moi mais j’en menais pas large, il fallait rester réaliste. J’étais sur le fil du rasoir depuis si longtemps qu’il fallait que ça me préoccupe un minimum.
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