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Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Jeu 24 Nov - 14:33

Le jour J était passé, et il ne s’était pas déroulé sans encombre. J’étais restée loin de tout ça, préférant observer de loin ce qui s’était passé. De toutes façons, je n’étais qu’une humaine, alors que pouvais-je faire ? Pas grand-chose, et les vampires s’en sont par ailleurs occupés. Je me demandais où était Badenov en ce moment, quelles seraient les conséquences de ce qu’il avait fait. C’est qu’il n’y était pas allé avec le dos de la cuillère ! Il a d’abord osé crier en pleine cérémonie que Jana était son épouse, puis il est allé défier la reine… Autant dire que ça a mis Queeny en pétard ! Et quand Queeny est en pétard… Il ne vaut mieux pas être dans les parages.

Si Badenov est le jouet de la reine, moi je suis celui du Roi. Un cran au dessus quand même, je suis servante et liée par le sang au Monarque… La différence, c’est que je l’ai voulu, que j’aime par-dessus tout ce rôle, ce lien qui nous unit, et que je suis, je dois bien l’admettre, fanatique de celui qui me possède. Je pourrais tout faire pour lui, tout endurer, ma dévotion est sans faille et ça, il l’a bien compris. C’est pour ça qu’il a fait de moi sa servante et ne s’est pas contenté de me garder en esclave. Il peut compter sur moi et me faire confiance, et j’ai l’arrogance de penser que personne ne lui est plus dévoué que moi. Oui, je le pense sincèrement. La reine est son infante c’est vrai, mais on peut voir sans peine qu’elle prend des initiatives qui ne sont pas forcément pour plaire à son nouvel époux et qu’elle le fait dans le seul but de s’affirmer. Elle voulait prendre une certaine indépendance, voulait accroître son pouvoir, alors non, elle n’était pas si dévouée que je l’étais.

Nous étions bien différentes l’une de l’autre, mais finalement je pense que c’est vraiment un bien. Si nous étions des photocopies parfaites, quel plaisir en retirerait le monarque ? Je suis tout ce qu’elle n’est pas, elle est tout ce que je ne suis pas, et ensemble nous lui offrons tout ce dont il a besoin pour être parfaitement épanoui. Pour ma part cette situation me ravit, tout simplement parce qu’il n’y a que lui qui compte et que mon plaisir passe bien après le sien. Mais il n’en va pas pareillement pour la reine… Peu importe que le Roi se voie comblé par cette situation, elle se montre jalouse de moi. Forcément nous ne sommes pas rivales… Elle est une vampire, je suis une petite humaine, donc à mon sens c’est uniquement pour le principe, parce qu’elle est extrêmement possessive. Dommage… Moi je suis prête à lui être aussi dévouée qu’à lui si seulement elle pouvait me donner une chance et cesser de me voir comme je ne suis pas. Mais ça, je sais que c’est peine perdue, alors je préfère ne pas insister et me faire la plus discrète possible à son égard.

J’aime les journées. Mon Roi est le seul vampire capable de se promener en plein jour. Il supporte parfaitement le soleil et ce sont des instants que nous pouvons partager seuls tandis que les autres immortels dorment en attendant la nuit. Je ne suis cependant jamais certaine de le voir. Avec ce mariage, il a été très occupé, c’est le moins que l’on puisse dire, mais j’espère, jamais rassasiée de sa présence. Et aujourd’hui, mes espoirs vont être comblés. Le soleil est à son zénith. J’ai pris mon petit déjeuner depuis un bon moment, je suis allée jusqu’à la bibliothèque pour lire un peu, comme je le fais souvent, et soudain j’ai ressenti comme un appel. Difficile à expliquer, je n’entendais pas concrètement sa voix, mais je « sentais » qu’il me réclamait et que je devais le rejoindre dans son bureau. J’ai donc rapidement fermé mon livre, je l’ai remis à sa place, et j’ai filé comme une fusée vers le bureau du Roi. Mes pas se sont arrêtés devant sa porte, j’ai lissé d’un geste presque automatique ma jupe, puis j’ai frappé trois coups à la porte, attendant d’entendre sa voix me permettant d’entrer avant de l’ouvrir et de m’avancer vers lui. Je me suis arrêtée à quelques pas et fait une petite révérence.



Bonjour Maître… Vous m’avez appelée ?
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Mar 29 Nov - 14:02

    Je me retrouvais occupé à réfléchir. Seul, dans mon bureau. Ce mariage m'avait offert autant d'avantages que de faiblesses. Je l'avais redouté et anticipé, mais j'en avais maintenant la preuve. Devant moi, sur le bureau Louix XVI en chêne massif, s'étalaient des dizaines de courriers manuscrits. Tas de droite, les courriers de félicitation envoyés par des dizaines de chefs d'Etat du monde entier. DU monde humain, cela s'entend. Tous laissaient entendre que je me retrouvais à leur niveau, et plus encore. Car contrairement à eux, je gouvernais une espèce politiquement unie. Et ma force était nettement plus importante que celle de tous ces dirigeants, pris séparément. Ils n'étaient pas stupides ; ils savaient qu'entrer dans mes bonnes grâces leur permettrait de garder MES vampires sous contrôle dans leurs états. Ils étaient faibles, mais pas stupides. Faibles, car ils auraient depuis longtemps dû écouter les Eglises de ce monde et éradiquer le monde de la nuit de la surface de la Terre. Ils n'en avaient eu ni la volonté éthique, ni la volonté politique. Le monde se rapprochait de plus en plus du grand basculement, celui qui verrait ma domination s'asseoir irrémédiablement sur cette planète toute entière. Maintenant, c'était trop tard. Ces paltoquets se contentaient donc de me féliciter, de me complimenter. Ils allaient négocier avec moi, et ils allaient y perdre. Les faibles. Je souris avant de ranger tous ces courriers dans un grand carton sur le côté de mon bureau. Aussitôt débarrassé par l'esclave humaine qui attendait raide comme un piquet de clôture au coin de la pièce. Le tas du milieu était lui composé de courriers personnels, d'individus inconnus au bataillon de mes serviteurs et des dirigeants. Membres d'associations de tolérance, ligue pour les droits des vampires, propriétaires de bars, d'hotels, d'entreprises qui avaient pour but de satisfaire aux besoins de mon espèce... Tous ces gens me réclamaient quelque chose. Des moyens, des subventions, une rencontre, un parrainage. J'allais confier tout cela à mon intendant, qu'il fasse le tri. Mais le plus intéressant dans tout ça, c'était le tas de courriers de gauche. Je m'étais déjà rendu compte du fait que la loyauté des vampires les plus lointains allait avant tout à Krystel. La raison en était très simple : j'avais envoyé ma fille dans toutes les régions du monde pour les pacifier. Pour la majorité de ces communautés, je ne les avais plus visitées depuis des siècles quand je les avais mises au pas. Krystel était une figure de marque pour tous ces vampires, elle était celle qui incarnait le pouvoir. Mon union avec elle n'avait fait que renforcer mon emprise sur ma propre espèce. Si ce mariage, et ses écueils, auront radicalisé certains ennemis, mon pouvoir s'étendait plus que jamais sur de larges populations.


    J'avais besoin d'une pause. La veille durant la cérémonie, je n'avais pris le temps de me nourrir, et mon lien avec ma servante m'appelait. Cette notion de besoin m'était encore étrangère et peu commune, mais je ne la trouvais pas inquiétante. Je savais me maîtriser. J'étais capable de rester des semaines, des mois durant, sans boire de sang, i de violence, ni de sexe. Rien qui soit addictif ne m'affectait aussi fort que mes congénères. Peut être à cause, jadis, de mon internement des décennies dans un cercueil d'argent, restant à l'agonie dans quelques mètres cubes sans jamais pouvoir penser, parler, manger ou faire quoi que ce soit d'autre qu'attendre une mort qui ne viendra jamais. Mais là, j'en ressentais pourtant un certain besoin. Du sang et du corps de ma servante. Je savais que le lien nous unissant n'y était pas étranger. Peut être la tension ressentie durant la cérémonie et la soirée jouaient également, je n'en savais rien. Je sentais que mon besoin d'elle était si pressant que je la sentais déjà sa rapprocher. Etrange, ce petit lien psychique. Il faudrait que je l'étudie plus avant, quand le loisir m'en serait laissé. Je la vis alors arriver, et me saluer. Je lui souris. Quelle tâche reposante que de la croiser, entre des séances de travail administratif et les tâches de torture qui m'attendaient depuis les affronts que l'on m'avait fait hier.



    | Amusant, n'est ce pas, ce que l'on peut sentir par cette corde qui nous relie de façon invisible ? Si tu sens que je requiers ta présence, peux tu aussi sentir la raison de celle ci? |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Mar 29 Nov - 19:50

Nos rapports étaient bien différents de ceux des premiers jours aujourd'hui. J'ai appris, et même si cet apprentissage n'est pas terminé, je ne commets plus les mêmes erreurs idiotes du début. Je me souviens encore de la première fois que je le revoyais après avoir pris la place de Suzy... Je lui avais sauté dessus ! Bon, c'était de l'enthousiasme dû à mon bonheur de le revoir mais quand même, ce n'est pas n'importe qui, ce n'est pas le genre de chose qui se fait. Je l'ai vite appris, et j'ai retenu la leçon. Depuis, je suis à l'écoute. J'observe, s'il me le permet je pose des questions, je me montre la plus posée possible et tente par tous les moyens d'accéder à ses désirs. C'est plus facile maintenant que nous sommes concrètement liés. Je les ressens, je peux les devancer avant même qu'il ne les formule. Du moins quand il les ressent assez fort.

J'avoue que cette sensation est parfaitement inédite. Et l'expliquer est tout bonnement impossible. C'est un peu comme si j'avais le don de double vue, mais uniquement avec lui. Pas de flashs, pas de voix dans ma tête qui me délivre un message, juste un ressenti, une impression, un instinct. Mais quand ses émotions sont très fortes, qu'il ressent une colère ou une envie profonde, là c'est beaucoup plus tangible. C'est assez étrange, mais c'est comme si je la ressentais en même temps que lui. Dans ma tête il n'y a plus que mes émotions, il y a les siennes aussi. Ca peut être perturbant, parfois je me demande pourquoi mon humeur est mauvaise avant de me rendre compte qu'en réalité, c'est lui qui est contrarié. J'ignore par contre ce qu'il en est pour lui. Est-ce que lui aussi ressent mes émotions ? Je crois que oui, en tout cas dans une certaine mesure, mais de la même manière ? Je l'ignore totalement.

Quand j'ai ressenti son envie de me voir - Je n'ose pas dire besoin - je n'ai pas hésité une seule seconde à venir à sa rencontre. En chemin, je dois bien admettre que je me demandais si je faisais bien... Et si j'avais mal interprété ? Ca ne me semblait pourtant pas envisageable, j'avais ressenti les choses avec trop de force et de conviction pour m'être trompée. Et si c'était le cas... Et bien j'assumerais mon erreur, mais s'il avait besoin de moi, je ne voulais pas le faire attendre. Heureusement, quand la porte s'est ouverte, je l'ai trouvé souriant. Il suffisait de ça pour que mon sourire apparaisse également, mais j'essayais cependant de le faire relativement discret. Enfin... Je ne pouvais pas cacher que j'étais heureuse de le voir, mais ça il devait le savoir n'est-ce pas ? En tout cas, j'eus la confirmation qu'il souhaitait bien ma présence. Soulagement, contentement aussi. Heureusement je ne m'étais pas trompée, et tout comme moi il trouvait ce lien extraordinaire et s'en interrogeait.



Et bien... C'est difficile à expliquer. Disons que je ressens plutôt vos émotions et vos désirs. Donc effectivement... Là je ressens votre envie de sang et de...


Allons-bon, je n'allais pas me mettre à rougir comme une comédienne quand même ! Ca c'était digne de Suzy... La première Suzy... Et moi, je ne suis pas la première Suzy ! Enfin disons que le plus difficile, ce n'était pas de dire le mot, c'est de penser que je pourrais en disant cela lui faire croire que j'ai l'arrogance de penser qu'il a envie de moi. Je ne me sens presque pas le droit de penser pareille chose parce que... C'est le Roi. Mieux que ça, pour moi il est plus qu'un dieu et je suis tellement... Insignifiante ? Et puis il a une épouse magnifique avouons-le, même si c'est une teigne. Bref, j'étais légèrement embarrassée. j'ai éclairci un peu ma gorge avant de finir ma phrase, le rose aux joues.


Mon corps...


Bon ben c'était pas si difficile que ça ! Non, en fait, à ce niveau là je n'ai jamais été du genre timide avec lui, il était bien placé pour le savoir. J'étais tout le contraire de Suzy qui était du genre classique et pas vraiment... Passionnée ? Enfin je crois juste qu'elle n'a pas trouvé le bon bonhomme. Si Hugh s'était un peu mieux comporté avec elle et lui avait appris à se faire confiance, peut être que les choses auraient été différentes.


De même je vous ai senti un peu partagé... Entre contentement et doute. Mais j'ignore pourquoi.


Je haussais légèrement les épaules. Comme nous l'avions déjà fait lorsqu'on avait découvert que je n'étais plus vraiment Suzy, j'essayais de lui donner un maximum d'informations pour l'aider à comprendre ce qui se passait. Visiblement, c'était la première fois qu'il rencontrait ce genre de phénomène... A nouveau. Bon sang j'étais vraiment un cas on dirait bien ! Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... En tout cas pour ce qui concerne l'emprise d'un nouvel esprit sur celui de Suzy, ce n'était que bénéfice puisque sa servante lui était totalement soumise, dévouée et loyale. Espérons que ce lien ne lui apporte également que des bénéfices.


Aviez-vous déjà entendu parler de ce genre de lien Maître ? Je semble être devenue coutumière des... Spécialités...
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Jeu 1 Déc - 11:44

    Je ressentais une intense sensation de puissance et un lien très fort entre moi et l'humaine. Pour être tout à fait honnête, ce n'était pas la première fois que je ressentais ce genre de chose. Mon lien m'unissant avec Krystel était bien plus complet. Plus ancien, plus physique, plus psychique aussi ; j'étais son père spirituel et je l'avais créée. Je ressentais son humeur, ses désirs, ses passions, ses accès de joie ou de rage, mais aussi ses sensations physiques. Je pouvais effleurer consciemment son esprit, y introduire des choses, si je le voulais. Elle me devait loyauté, elle n'avait en fait pas le choix ; notre lien était si fort que nous étions intimement liés depuis cette morsure, il y a bien longtemps. Avec Suzy, ce n'était pas la même chose. Je retirais du pouvoir de ce lien, de la puissance, mais c'était donnant donnant ; et cela pouvait potentiellement m'affaiblir de façon drastique. Il faudrait un de ces jours que je sache réellement jusqu'où cette faiblesse pourrait m'amener. La mort ? Je ne voulais pas le tenter. Mais un jour, peut être devrais je amener Suzy aux portes de sa propre fin pour savoir jusqu'à quel point son destin pouvait impacter le mien. Ce que je craignais le plus, c'était de perdre mes immunités aux rayons du soleil tout comme à l'argent. Cela me rendrait plus faible que je ne l'avais été depuis si longtemps... Mon ancienneté devrait suffire à me débarrasser de moult adversaires, mais j'avais pourtant conscience de ne pas être invulnérable. Une centaine de vampires me piétineraient littéralement. Des dizaines d'humains surarmés perdraient un sacré paquet de camarades, mais je finirais probablement en morceaux. Je devais donc savoir ce qu'il risquait de m'arriver un jour. Une guerre ouverte avec les humains, un subalterne ambitieux et jaloux, tant de choses pouvaient constamment survenir, que je devais perpétuellement me montrer sur le qui vive.


    Suzy me dit qu'elle avait perçu mes émotions et mes désirs. Je m'interrogeais sans cesse, comme un curieux, un scientifique, ce qu'il pouvait concrètement se passer. Comment percevait elle ces choses ? De façon imagée, de la manière d'un ressenti, ou encore d'impulsions ? Je n'en savais rien. De mon côté, il s'agissait plus d'un ressenti, presque d'un pressentiment. Mais elle semblait être un peu plus sensible que moi à notre lien, notamment dans le sens où de mon côté je ressentais toujours celui avec Krystel de façon latente. C'était quelque chose de difficile, parfois, de démêler ce que je pouvais ressentir. Je savais les sensations qui me venaient de qui, mais ces mêmes sensations étaient comme brouillées, notamment par le fait d'un trop plein d'émotions ressenties en même temps. Heureusement, ce genre de flou semblait se dissiper avec le temps ; mon esprit pluri-millénaire semblait commencer à s'accoutumer à ce genre de phénomène. La jeune humaine semblait un peu hésitante ; je ressentais une certaine gêne, tant dans son langage corporel que dans son esprit et ce qu'il m'envoyait comme ressenti. Elle se mit à rougir. Je souris, avant d'apparaître dans son dos d'un mouvement trop rapide pour l'oeil humain.



    | Petite prétentieuse... |


    Je lui lâchais ces deux mots dans un souffle, avant de poser quelques baisers brûlants sur sa clavicule et dans son cou. Suzy me dit ensuite qu'elle m'avait senti entre doute et contentement, tout en ignorant réellement pourquoi. Je me sentais prêt à le lui dire ; elle avait acquis une large part de confiance de par la fiabilité dont elle avait su faire preuve au mariage ou même encore avant.


    | Contentement car mon union avec la reine m'a ouvert de nouvelles perspectives. Et comme tout ce qui est nouveau, le doute laisse parfois la place à de la prudence. |


    Les dernières paroles de Suzy m'arrachèrent un rire franc.


    | Je ne te le fais pas dire, petite humaine. A toi seul, tu parviens à me faire apprendre plus de choses sur ton espèce que des centaines d'individus avant toi, sinon des milliers. Et plus encore. Mais dis moi, ma chère... Tu ne m'as pas encore félicité ni présenté tes vœux, depuis le mariage. Etais tu donc trop accaparée par cette délicieuse Belle Renard, pour ne plus t'occuper de ton Roi? |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Jeu 1 Déc - 13:51

Petite prétentieuse... Alors que je penchais un peu la tête pour lui laisser un meilleur accès à mon cou, je faisais un léger sourire à cette expression. Je trouvais aussi que c'était prétentieux de le dire, voilà pourquoi j'avais hésité à le faire. Evidemment, il l'avait bien compris et n'avait pas hésité à enfoncer le clou. Il est vrai que j'étais sans arrêt à chercher ce qui lui plairait ou pas, je restais extrêmement prudente pour ne jamais et en aucun cas le contrarier. C'était important pour moi, je voulais qu'il soit satisfait de ce que je lui apportait, bien tenir mon rôle auprès de lui. J'étais arrivée à ses côtés sans aucune expérience du monde de la nuit, et dès le départ mon comportement devait approcher la perfection. Heureusement que j'apprenais vite, heureusement que j'avais cette volonté de bien faire si puissante qu'elle me guidait sur ces chemins tortueux. Je n'avais été prise en charge par personne, le Roi a fait de moi sa servante à une période de son existence où il était très pris par ses obligations, vu le mariage qui se profilait. Il n'avait pas eu beaucoup de temps à m'accorder et j'ai dû faire avec le peu d'informations que j'avais. J'en avais déjà profité pour découvrir un peu mieux mon nouveau lieu de vie. Si au départ je n'avais accès qu'à certaines parties de la demeure, après le mariage les accès m'ont été donnés plus librement. J'étais très heureuse et fière, parce que ça voulait dire qu'il était content de moi, et ça, c'était vraiment la plus belle des récompenses. Le lieu était magnifique, rempli d'histoire... Son histoire, et maintenant je m'y sentais déjà un peu plus à l'aise.

Mais je n'étais pas sûre que cela puisse durer. Krystel vivait ici maintenant, les nuits étaient moins sûres pour moi. Je savais qu'elle me gardait rancune, même s'il n'y avait pour cela aucune raison concrète, même si c'était par principe. Elle me détestait, ne supportait pas l'idée que je puisse être liée au Roi d'une façon ou d'une autre, et je ne devais pas m'attendre à ce qu'elle me rende la vie facile. Dans ce genre de situation, je crois vraiment que l'éviter est encore la meilleure des solutions. Respectueuse, je le suis, et quoiqu'elle en dise, je l'ai vraiment été lors de notre première rencontre. Pas un mot plus haut que l'autre, j'ai obéi à ses ordres, même les plus pervers, sans rechigner. Je ne me suis pas rebellée quand elle m'a frappée, je n'ai pas mis en doute ses paroles, j'ai été docile... Je ne vois donc pas ce que je pourrais faire de plus. Elle est et restera donc le point noir de mon existence, mais très sincèrement, je pense que ma place auprès du Roi vaut la peine que je la supporte et que je fasse comme si de rien n'était. Combien d'humaines ont eu ce privilège qui est le mien de le servir ainsi ? Si j'ignore le nombre exact, je sais avec certitude que nous sommes peu nombreuses, alors je ne peux que me montrer reconnaissante de ce privilège... Et fière aussi. Oui, sans doute que ça me rend un tantinet prétentieuse. Mais en tant que servante du Roi, je dois montrer une certaine assurance non ?

Nous avions donc discuté un peu de ce lien qui nous unissait. Je tentais comme je le pouvais de lui apporter un maximum de réponses. C'était nouveau pour moi, un peu confus aussi, très difficilement explicable, mais je savais qu'il souhaitait comprendre pour mieux appréhender cela. Rien ne pouvait laisser place au hasard dans son existence, il se devait de tout contrôler, et je comprenais parfaitement que ce lien en faisait partie. Je lui ai donc expliqué le mieux possible, prenant en exemple l'effet qu'il m'avait donné quand je suis entrée, entre contentement et doutes. Mais si je ressentais ces émotions qui émanaient de lui, j'en ignorais totalement la cause. Je n'avais pas l'arrogance de vouloir le savoir, mais le Roi m'expliqua pourquoi il éprouvait tout ça. C'était une marque de confiance que je ne pouvais que remarquer et apprécier bien sûr. Je hochais un peu la tête à ses explications. C'est vrai qu'il avait pas mal à gérer ces derniers temps... Ce mariage, ses conséquences, et... Moi ! Beaucoup de choses nouvelles qui entraient dans son quotidien, surtout que pour ma part, j'avais vraiment le don de faire ou ressentir des choses qui n'étaient pas communes !



Mon Roi est ma seule raison d'exister...


Je me retournais pour lui faire face et le regarder avec un sourire.


Mademoiselle Renard a tenté d'obtenir par mon biais des informations sur Badenov... Mais je n'ai strictement rien dit.


Pas folle la guêpe, j'avais préféré tenir ma langue. Je ne connais absolument pas cette dame vampire et puis même si c'était le cas, je dois rester un tombeau sur tout ce que je sais, pour que le Roi puisse continuer de me faire confiance. Jamais rien ne sortirait de ma bouche, je refusais de jouer les pipelettes.


Je vous présente mes excuses maître, pour avoir tardé, et je vous souhaite sincèrement tous mes voeux de bonheur et de réussite dans tout ce que vous entreprendrez. Ce mariage était vraiment splendide et élégant.


Et je le pensais. Ce n'était pas parce que je n'appréciais pas la Reine que j'allais espérer quoi que ce soit de négatif, tout simplement parce que tout ce que je désirais, c'était que lui soit comblé. Peu importe mes sentiments à l'égard de Krystel, si elle pouvait combler ses attentes, alors je ne pouvais réellement qu'être heureuse.


Je ne vous ai pas oublié... J'ai même préparé un petit cadeau pour vous ! Il faudra que je vous le donne quand vous aurez un peu de temps à me consacrer et que vous consentirez à venir dans ma chambre...
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 2 Déc - 19:17

    Je sentais que l'humaine était heureuse, sinon au moins satisfaite, de se retrouver en ma compagnie. J'avais longtemps craint, et je craignais encore, que sa nouvelle vie ne lui convienne pas. Ce genre d'effet serait peut être logique, mais embêtant. Embarrassant même, sachant comment nous nous étions rapprochés par le lien quasiment mystique qui nous unissait depuis un moment. Je ne pouvais pas me permettre qu'elle fut maltraitée ou mal à l'aise ; je n'étais pas amoureux d'elle et l'affection ténue que je ressentais pour elle, comme je pourrais en ressentir pour un animal de compagnie particulièrement loyal, mais les implications du moindre faux pas seraient trop importantes pour que je les néglige. Je faisais donc le nécessaire pour qu'elle soit à l'aise. Chambre individuelle et luxueuse, attenante à la mienne. Le plus haut rang des individus formant ma maisonnée et mes suivants. Elle avait même droit de vie ou de mort sur mes simples serviteurs humains. Elle pouvait les frapper, ou coucher avec eux, si elle le désirait. Elle pouvait se faire livrer à peu près ce qu'elle voulait du dehors ; pourvu qu'elle ne s'aventure pas plus que nécessaire hors des murs du manoir. Je redoutais le moment qui arriverait tôt ou tard, ou sa faible nature d'humaine la rattrapera et où l'extérieur et les grands espaces commenceront à trop lui peser. Je savais que cela arriverait un jour ou l'autre, tout comme je m'efforçais de me préparer au jour où sa nature originelle reprendrait le contrôle. Son coté bipolaire semblait s'effacer avec le temps, alors que je savais que sa véritable conscience restée tapie dans un recoin de son âme, attendant le premier instant de faiblesse pour ressortir, et me priver de ma servante. A Roi exceptionnel, servante exceptionnelle. A deux tranchants, comme à peu près tous ceux que je côtoyais. Jusqu'à la Reine.


    Suzy me confirma qu'elle n'existait que pour moi, mon service. J'hochais la tête, bien conscient que j'avais su attacher cette humaine à ma personne. J'écoutais d'ailleurs ce qu'elle avait à me dire sur Renard. Cette vampire, décidément, m'intriguait totalement. Ancienne. Pas autant que moi, aux environs de l'âge atteint par la Reine, mais issue de France. Je ne l'avais jamais rencontrée jusqu'assez récemment. Pourtant, nous n'étions plus très nombreux. Les données dont je disposais laissaient supposer que plus des trois quarts des vampires avaient moins d'un siècle ou deux. Quelques uns, très rares, l'immense minorité, avaient atteint le demi millénaire. Les chasseurs humains, religieux pour beaucoup, avaient saigné à blanc nos effectifs. Sans parler de notre culture et de notre nature, qui nous poussaient les uns contre les autres dans des combats à mort en cas de conflit ou de désaccord. Notre société de l'ombre était hautement dangereuse et terriblement violente, comparée à celle des humains. C'est pour cela que nous leurs étions tellement supérieurs. Nous étions des prédateurs, pour eux comme pour nous mêmes. Seuls les meilleurs vampires survivaient, alors que les humains se montraient chaque jour plus surabondants, obligés de protéger les plus faibles d'entre eux au risque de fragiliser leur espèce toute entière. Ils étaient devenus un bétail dans lequel nous pouvions puiser un cheptel suffisant pour subsister en nombre particulièrement important. Savoir que Renard était ancienne n'était pas forcément inquiétant en soi. Savoir qu'elle se tenait de l'autre côté de la ligne l'était déjà plus. Et qu'elle s'intéresse à Badenov était autrement plus inquiétant.



    | Tu as bien fait. Je ne voudrais pas qu'elle puisse sentir nos positions de fragilité. Surtout qu'elle t'a déjà rencontré ; je ne veux pas en plus devoir me soucier de Badenov, puisque sans être le servant humain de la reine, il va devenir sous peu sa pomme de sang sur mon ordre. |


    Ma servante se mit à me complimenter sur mon mariage. Je savais que notre lien l'obligeait en quelque sorte à me satisfaire ; de plus que ses compliments me brossant dans le sens du poil, elle aussi ressentait donc ces émotions positives que je pouvais ressentir. Je la sentais néanmoins sincère, ce qui ne fit qu'accentuer un peu plus mon contentement. Elle ne me faisait pas le coup de la servante et pomme de sang jalouse ; soit je l'avais bien dressée, soit je l'avais bien choisie. Ce n'était pas le cas du prince, qui avait décidément une compétence pour mal choisir son entourage. La jeune femme attisa bien tôt mes appétits et ma curiosité. Je passais mes mains sous ses vêtements, collant mon corps contre le sien. Je reniflais son cou, frôlant sa peau de mes canines.


    | Pourquoi ne pas y aller maintenant ? J'ai un peu de temps à consacrer à ma servante humaine... Il sera toujours temps de parler de choses sérieuses après. |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 2 Déc - 20:46

La jalousie était une chose que je ne pouvais pas me permettre. Mon rang, mon rôle, ma place… Je les connaissais, et je savais parfaitement ce que je représentais pour lui. Etre jalouse serait totalement ridicule, et surtout inutile. J’en étais à un point de servitude que je ne pensais plus à moi depuis longtemps. Lui et lui seul comptait, peu importe mes sentiments, peu importe mes envies, peu importe mes attentes… La seule chose qui m’intéressait était de savoir que ce que j’avais fait, ce que j’avais dit, mon comportement… Que je l’avais satisfait. M’oublier pour le servir m’empêchait de faire preuve de jalousie, je n’y pensais même pas. J’étais contente de savoir que j’avais bien fait de tenir ma langue avec Belle. Il est vrai qu’on ne pouvait pas me reprocher d’avoir été froide ou désagréable avec elle, j’avais été charmante, mais je n’avais pas oublié mon devoir de réserve.

L’histoire reliée à ce Torben Badenov continuait de me perturber un peu. Je n’aimais pas savoir qu’un ennemi – qui d’ailleurs ne s’en cachait même pas – soit présent ici, vive sous le même toit que le Roi. C’était sans doute mon instinct de protection, même si c’était ridicule et que je savais que mon Maître était tout puissant face à ce petit humain.
Mais chaque chose en son temps. Comme le Roi m’avait fait remarquer que je ne l’avais pas encore félicité pour ce mariage, je m’empressais de réparer cette erreur et l’assurait que je ne l’avais pas oublié, preuve en était que j’avais préparé un cadeau pour lui, cadeau que je lui offrirais dès qu’il pourrait m’accorder un peu de temps. Et du temps, il en avait justement… Alors pensez bien que je ne me suis pas faite prier ! Après lui avoir fait un grand sourire, je me suis dirigée vers la porte de son bureau que j’ai ouverte, m’effaçant pour le laisser passer.



Je vous en prie Maître…


Je refermais la porte derrière moi et l’accompagnais donc jusqu’à ma chambre, située juste à côté de la sienne. J’en ouvrais la porte et baissais la tête pour l’inviter à entrer, le suivant pour refermer la porte derrière nous. Je m’avançais donc dans la chambre, la détaillant des yeux, et me retournais ensuite pour lui faire face. J’avais un léger sourire sur le visage, et j’ai fait quelques pas pour aller chercher une chaise que je plaçais idéalement dans la pièce.


Maître, je vais vous demander la permission de me laisser vous diriger un peu afin de vous offrir votre cadeau dans les meilleures conditions possibles…


Comme toujours j’attendais son autorisation. J’avais appris bien vite comment agir avec lui pour ne pas le mécontenter, et là je voulais que les choses soient parfaites. Pour une fois, la première, j’allais devoir me montrer un peu plus dominatrice, mais ça serait un rôle, rien de plus, voilà pourquoi je lui demandais son autorisation pour pouvoir le faire sans qu’il y ait de malentendu.


Si vous voulez bien vous installer sur cette chaise et m’attendre, il faut que je me prépare, je fais le plus vite possible.


Je voulais qu’il me voie comme il ne m’avait jamais vue, le surprendre, dans le bon sens du terme, lui faire une vraie surprise. Je glissais ma main sous le lit pour attraper un paquet, appuyait sur l’interrupteur pour régler la lumière et qu’elle devienne tamisée, puis je me précipitais à la salle de bains. C’est dans ces moments là que j’appréciais le fait d’avoir une vitesse plus développée. Je n’ai pas perdu une seule seconde. J’ai défait mes cheveux, attrapé de quoi me maquiller, veillant à ne pas entrer dans l’excès mais juste pour faire un peu plus « femme fatale ». Puis j’ai enfilé mes vêtements, ambiance un peu cabaret. Un short noir un chemisier blanc, des bottes hautes montant jusqu’à mi-cuisses et là dessus un manteau long, noir, fermant par juste trois boutons et dont l’ouverture partait en s’évasant au niveau des jambes. J’avais même un chapeau haut de forme dans lequel j’ai ramené mes cheveux.

Un peu moins de cinq minutes après mon entrée dans la salle de bains, j’attrapais la petite commande à distance qui commandait la chaîne Hi-Fi de ma chambre et lançait le lecteur CD. J’y avais placé le disque la veille et je me félicitais de cette initiative ! Voilà que les premières notes de « Glory box » envahissaient la pièce et j’ouvrais la porte de la salle de bains pour revenir dans ma chambre, m’y avançant d’une démarche chaloupée vers le Roi. Pendant que je marchais, j’attrapais le bord de mon chapeau haut de forme d’une main et l’enlevais, libérant une cascade de boucles blondes, et l’envoyant valser plus loin. Mes yeux fixés dans les siens, j’avançais encore et levais la jambe, la semelle de ma botte venant se poser sur le renflement de son pantalon. Je l’ai fait glisser jusqu’à prendre appui sur la chaise et l’un après l’autre, j’ouvrais les trois boutons qui fermaient le manteau long que je portais.

Ainsi j’entamais un strip tease à la fois chic et sexy, n’hésitant pas de temps à autres à venir m’asseoir sur lui, de dos ou de face, et à jouer par des déhanchés bien mesurés à l’exciter un peu plus. Alors que je venais d’ouvrir mon chemisier en me déhanchant, je m’installais entre ses jambes, joignant les miennes, talons levés et dos cambré, l’arrière de ma tête reposant sur son épaule. J’attrapais ses mains et les glissais entre les pans pour l’inviter à finir de m’en débarrasser, mon corps bougeant lascivement au rythme de la musique. Histoire de le frustrer un peu j’empêchais ses mains d’être trop baladeuses et me relevais. C’était au short de tomber, et je n’ai pas hésité, bien entendu, à le faire alors que j’étais de dos, à quelques pas de lui, le popotin bien mis en évidence par une cambrure lascive. Mes mains jouaient dans mes cheveux, mon bassin ondulait sensuellement, et lorsque la musique se terminait, je me retrouvais à califourchon sur lui, mains posées sur le dossier de la chaise derrière lui, bras tendus, mon visage placé au dessus du sien. Nos nez se frôlaient et nos yeux se fixaient intensément. J’espérais qu’il appréciait cette initiative…

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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 14:55

    Suzy me fit un sourire qui se voulait réjouit et franc, avant de se diriger vers la porte de mon bureau. Je souriais à mon tour, alors que je me demandais quelle délicieuse petite surprise cachait encore cette petite humaine. Elle pouvait se montrer si inventive, si déplacée même pourrait on dire du point de vue des autres représentants de son espèce, que je trouvais cela presque incongru. Elle se plaça à côté de la porte, m'invitant poliment à passer devant elle. Je me levais donc, jetais un dernier coup d'oeil à l'ensemble des documents qui se trouvaient sur mon bureau et dans la pièce, et je lui emboitais le pas, m'éloignant de mes tracas à grandes enjambées pour m'accorder ces plaisirs récréatifs que me promettaient systématiquement les entrevues avec ma servante humaine. J'entendis l'humaine reclaquer la porte derrière moi. Mon ouïe, très développée, mais permit ensuite d'entendre le cliquetis de la serrure qui se refermait automatiquement. La technologie actuelle avait certes du bon, mais rien de mieux que des mécanismes d'horlogerie très anciens, comme on en trouvait en Belgique, en France et en Suisse, voici un demi millénaire. On ne pouvait les ouvrir autrement qu'en faisant tout sauter, et cela impliquerait presque à coup sûr la perte irrémédiable des données qu'on voudrait me voler. Et soyons franc, malgré toutes ces protections, il me semblait assez peu certain qu'on vienne me chercher des poux. Qui oserait braver le Roi des vampires à ce point là ? Même ces enflures de Badenov ne semblaient pas être suffisamment timbrés pour faire ce genre d'erreur qui leur serait fatale. Je montais les escaliers sans un bruit, ma servante sur mes talons. Impossible de s'y tromper ; je la sentais prête et impatiente de me réveler cette chose qu'elle essayait de me cacher. Comme si elle pouvait y parvenir... Encore une fois, elle m'ouvrit l'huis et m'invita à entrer, ce que je fis. C'était la première fois que j'entrais dans la pièce depuis que je l'avais fait préparé tout spécialement pour mon humaine. Elle posa une chaise en plein centre de la chaise, et me demanda la permission de prendre les devants. Je souris. Brave petite chose ; elle apprenait vite comment s'y prendre avec ses supérieurs.


    | Tu attises ma curiosité, humaine. Qu'il en soit ainsi, je ferais ce que tu m'indiqueras de faire... Tant que cela reste dans la mesure du raisonnable... |


    Je dévoilais mes canines en un sourire supérieur mais amusé. Elle m'invita alors à m'asseoir sur la chaise, tandis qu'elle irait se préparer. J'hochais la tête en signe d'acquiescement, et je reportais ensuite mon attention sur la décoration. Somme toute, rien n'avait vraiment changé de place depuis la dernière fois. Il me semblait raisonnable de penser que je n'avais pas mésestimé les goûts de celle qui allait partager mon existence, au moins pendant un temps. Je patientais en silence, seul dans la pièce. Si certains des vampires n'aimaient qu'assez peu l'attente, ils étaient néanmoins assez nombreux à vivre depuis peu et à désirer plus que tout de tout savoir et de tout connaître de ce monde, de cet univers. Bien entendu, il n'était pas question pour un vampire ayant connu tant d'heures, de jours, d'années, de me montrer impudemment impatient. Des décennies dans un cercueil cerclé d'argent guérissaient même les plus virulents des vampires. J'entendis un léger bip qui me tira de mon attente, alors que la musique commençait à retentir dans la pièce. La porte de la salle de bains se rouvrit sur une Suzy métamorphosée. Elle était vêtue d'une façon totalement opposée à son habitude. D'un look plutôt discrète d'ordinaire, elle était exubéremment sexy sous mon regard appréciateur. Elle bougeait son bassin au rythme de la musique, chaloupant sa marche sensuelle vers moi. Elle retira son haut de forme, dévoilant sa crinière blonde qui encadra son visage, lui donnant l'air plus rebelle et libérée que jamais. L'humaine se rapprocha, pressa mon entrejambe avec la semelle de sa botte, déchaînant une succession de pulsions extrêmes qui m'attaquèrent de concert. Mais je ne bougeais pas, je refusais de bouger. J'étais là, et je profitais. Elle ouvrait son manteau, ce qui me permettait d'apprécier plus avant les formes de son corps.


    Elle était intenable. Krystel avait plusieurs fois, durant notre longue existence, donné ce genre de petit spectacle. Mais là où la Reine semblait être née avec la luxure dans la peau, se mouvant naturellement sur les rythmes les plus lascifs qui soient, ce n'était pas le cas de Suzy. La blanche et pure Suzy se déchaînait, et je trouvais cela aussi intéressant qu'excitant. Elle vint s'asseoir sur moi, frottant son corps contre le mien, et contre les parties les plus hérogènes de mon corps. Je me crispais à plus d'une occasion sur ma chaise, ne lâchant pas ce corps des yeux, enfiévré par la passion charnelle qu'elle établissait. Elle retira un à un ses vêtements, m'invitant à toucher sans m'introduire plus avant dans le rythme de sa danse. Suzy se frotta de plus en plus contre moi, avant d'évacuer son chemisier, et son short. Ne restaient plus que ses bottes qui remontaient à mi cuisses, et ses sous vêtements chics et sexy. La musique se stoppa avec elle à califourchon sur moi. Sans réfléchir plus avant, je me relevais, la portant contre moi.



    | Petite prétentieuse, maligne avec ça... |


    [Hj suite sous hide]
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 20:54

Aucun faux pas, aucune hésitation, je n'en voulais pas. Je ne vais pas dire que j'ai préparé ce numéro pendant des heures, mais disons que quand j'ai découvert au hasard de mon exploration des souvenirs de Suzy qu'elle avait fait pas mal de danse, ça m'a donné l'idée. Que peut-on offrir à un Roi en cadeau de mariage ? Je savais que je devrais jouer d'imagination, et j'avais envie de l'emmener là il ne m'attendait pas. Je trouvais que l'idée ne pourrait pas lui déplaire... Du moins je l'espérais. Mais le Roi était friand des plaisirs de la chaire, ça je le savais, surtout qu'en plus, depuis qu'il a fait de moi sa servante, les choses sont encore plus... Intenses qu'elles ne l'étaient déjà auparavant. Une transformation, dans tous les sens du terme, même si mon esprit est resté le même. J'ignore si le fait qu'un vampire fasse d'un humain son servant le rend dévoué à sa cause malgré lui ou s'il faut l'être déjà auparavant pour que ça fonctionne. Dans la première possibilité, je crois que dans ma tête, j'avais déjà le comportement et la dévotion d'une servante. Le plus extraordinaire, c'est que c'est malgré Suzy.

Où est-elle d'ailleurs celle-là ? Je ne la sens plus vraiment... Peut être parce que je me suis tellement habituée à sa présence qu'elle passe inaperçu maintenant... Ou alors j'ai tellement pris en puissance avec cette transformation qu'elle est devenue insignifiante au point qu'elle n'existe même plus. C'est un certain soulagement, au début j'avais peur qu'elle ne réapparaisse et les choses seraient encore plus graves si elle le faisait maintenant. Ma vie compte à présent, car elle est reliée à celle du Roi, parce que je sais maintenant que ma mort l'affaiblirait. Je dois donc prendre soin de moi, faire très attention. Je n'ai d'ailleurs absolument pas l'intention de quitter la demeure du Roi, sauf à sa demande express. La nuit, je reste enfermée dans ma chambre, sauf si on me réclame. Je préfère de loin le jour, où les vampires sont endormis. Ce n'est pas le cas de mon maître et je peux ainsi le servir sans rien risquer. Du moins... En risquant le moins possible. Ce n'est pas de la couardise, encore une fois je serais prête à tout sur sa simple demande, mais je dois me souvenir qu'en me mettant en danger, ça vaut pour lui aussi.

Nous sommes en plein jour, je fais preuve de plus d'assurance, libérée par le fait que je n'ai pas trop de questions à me poser pour ma sécurité. Bien entendu je sais que je reste une proie... Si Krystel décidait... Enfin je ne sais pas si elle ferait ce genre de chose en sachant l'impact que ça aurait sur son époux. Mais vu le phénomène, je ne lui fais pas du tout confiance, elle serait bien fichue de vouloir me punir pour le simple fait de mon existence ! Je veux bien prendre, autant qu'elle veut, mais pas si ça affecte mon Maître. J'avoue que ça me chiffonne... Si j'aime par dessus tout ce lien étroit qui nous unit, cette partie n'est, à mon sens, pas vraiment des meilleures vu que ça le touche. Je suppose que les choses parfaites n'existent pas. Je n'ai pas trop envie de tirer de plans sur la comète et je préfère vivre au jour le jour. De toutes façons, je n'ai d'emprise sur rien et si la reine décide de me jouer un pied de cochon, je lui fais parfaitement confiance pour y arriver sans le moindre effort !

Mais en attendant, puisque nous parlons de pied, je suis concentrée sur une tâche bien plus agréable que ces pensées qui vagabondent souvent dans ma tête : J'essaie de faire prendre le sien à mon Maître. C'est assez sympa de me rendre compte que ce corps qui peut paraître si gauche se révèle sous un tout autre jour dès que la musique démarre. Suzy est plus souple que je ne le pensais... Et de toute évidence, le Roi semble aimer. Je lui ai demandé l'autorisation de prendre des initiatives, désireuse de me montrer moins... Soumise ? Moui... Enfin... Je le suis quand même, totalement même... Mais si je prends une attitude plus dominatrice dans les ébats qui viendront, peut être aimera-t-il cela ? Quoiqu'il en soit il est bien évident que s'il préfère autre chose, il me mettra dans la position de son choix et hors de question pour moi de résister. Après tout, tout cela n'a pour but que de lui faire plaisir, de l'émoustiller autrement, de lui proposer quelque chose de différent. Mais il reste le Maître, c'est bien évident et rien ne me plaît plus que de le combler.

La musique est terminée, les dés sont jetés. Je crois bien avoir réussi ma mission et fait monter le désir en lui... non, en fait, j'en suis sûre, je le ressens, tout comme il doit ressentir le mien. Cette nuit nous sommes dans un jeu et pour la première fois, je vais essayer d'un peu moins subir, de donner un peu plus, d'être moi aussi amante. La douce et tendre Suzy ne va pas disparaître pour autant, ce n'est pas quelque chose que je souhaite. Après tout, ça me rend très différente de Krystel, et je pense que c'est bien pour lui que nous ne nous ressemblions pas et que nous puissions lui offrir des choses différentes. Mais je voulais aussi qu'il sache que j'étais capable de tout autre chose s'il le souhaitait, quand il en aurait envie, parce que bien sûr, malgré les apparences, c'était toujours lui qui menait la danse... Je propose... Dieu dispose. Et là, comme toujours, il disposait merveilleusement bien. Moi d'abord... Sur le lit. Il y avait maintenant dans nos rapports quelque chose de plus construit, de plus impliqué et ça leur donnait une toute autre saveur.


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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 9 Déc - 19:16

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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Dim 11 Déc - 13:46


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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Mar 13 Déc - 22:40

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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Lun 19 Déc - 8:28

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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 23 Déc - 17:55

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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Jan - 23:48


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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Mar 3 Jan - 17:30

    Je lâche le corps de l'humaine, la laisse glisser contre moi jusque sur le lit. Je me laisse moi aussi tomber sur le côté, crispé encore par les émotions ressenties juste un peu plus tôt. Quand mon humaine avait atteint le summum de plaisir, je m'étais rendu compte que cela amplifié encore ce que je ressentais de mon côté. Comme si notre seul échange n'avait pas suffit, je l'avais presque vampirisée aussi de ses propres sensations, les détournant de son esprit et de son corps pour mon seul profit. Je savais que ce n'était qu'un impression, parce que je savais qu'en ce qui concernait le lien qui nous unissait, les débouchés étaient à double sens ; elle ressentirait aussi sûrement que moi ce que j'avais pu ressentir. C'était quelque chose d'étrange, une osmose presque surnaturelle de par son essence même. Je ne me l'expliquais pas, c'était comme ça, c'est tout. Je n'avais pas besoin de reprendre mon souffle, puisque je n'avais plus besoin d'air pour vivre. Cependant, chacun de mes muscles se retrouvait gonflé du sang de Suzy, et assez paradoxalement, j'en voulais plus. Il fallait me nourrir après pareils ébats, et même si je m'étais déjà sustenté durant notre échange, je ressentais encore les effets d'une faim dévorante ; mes muscles continuaient de me tirer, de me brûler presque, et j'avais comme une boule dans mon ventre mort depuis longtemps. Je me penchais vers Suzy alors qu'elle me demandait si mon cadeau de mariage m'avait plu. Je souriais, et lui caressais la joue et le menton, alors que ceux ci étaient couverts de sang et de sueur. Nous avions bien besoin d'un bain. Je l'embrassais plus doucement, déposant mes lèvres encore pleines de son fluide vital contre les siennes, mêlant nos corps en une dernière étreinte.


    | T'ais je déjà dit que j'adorais les cadeaux ? |


    Je souriais de ma propre bêtise. Elle n'avait pas besoin que je lui dise ; en apprenant à utiliser notre lien et à requérir ses informations, elle le découvrirait bien assez vite par elle même, comme quantité de choses me concernant. Je me redressais sur le lit, et appuyais sur le bouton à côté du lit, pour appeler mon personnel. Celui ci arriva très vite ; ils savaient ce qui leur en coûterait que de faire patienter mon auguste personne. Je faisais signe à Suzy de me rejoindre dans la salle de bain, alors qu'une de mes esclaves humaines s'accroupit devant moi. J'étais nu comme un ver, mais cela ne me dérangeait pas ; ils savaient qu'ils n'avaient ni le droit de toucher, ni de regarder, et encore moins de juger. Ils savaient tous quelle punition ils recevraient en cas de manque de détachement vis à vis de leurs tâches. Je regardais deux humains refaire le lit et changer les draps, les remplaçant par une soierie blanche, réhaussée de fils d'or. Oui, j'aimais le luxe depuis bien longtemps, mais n'en croyez pas pour autant que je néglige les choses uniquement fonctionnelles. Je reportais mon attention sur l'humaine.


    | Faites chauffer un bain, et amenez nous des rafraîchissements. Un repas chaud pour mon humaine, et une bouteille de vin. De l'eau, aussi. Et faites venir une femme de sang O négatif, j'ai grand faim. |


    L'humaine hocha la tête et acquiesça de façon aussi révérencieuse que possible, alors que j'entraînais Suzy dans la salle de bain. L'esclave avait déjà commencé à tourner les robinets, et de puissants jets d'eau emplirent la grande baignoire ronde, activant aussi la fonction remous et ajoutant des fleurs pour parfumer l'eau. Comme à mon lointain passé d'être humain ; je restais toujours attaché à ce que j'avais connu dans ma brève humanité. Je ne savais pas comment mon humaine réagirait à mon intrusion dans son espace et à la préférence accordée à mes propres goûts personnels, mais j'investissais pour autant sa salle de bain comme s'il s'agissait de la mienne. Je pénétrais dans l'eau bouillante, faisant signe à Suzy de me suivre.


    | Viens donc te délasser, ma petite. Tu es couverte de sang par ma faute ; lavons nous pendant qu'on nous apporte de quoi nous sustenter. Ainsi, tu as l'occasion de me raconter ta vie ici, ce qui te conviens, et ce qui te conviens moins... |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 16 Mar - 18:29

L’épanouissement est là. Vous sentez avoir accompli quelque chose de merveilleux quand vous sentez l’autre satisfait de vos échanges. Je n’osais pas dire comblé, car je n’avais pas cette prétention, en tant qu’humaine, de combler un être aussi parfait et puissant, mais le seul but de ma vie était de le contenter, par n’importe quelle manière, et c’est ce que je m’efforçais de faire, toujours.
Qu’offrir à un Roi qui avait tout, qui avait tout connu ? Réussir à encore le surprendre et simplement lui faire plaisir relevait presque de l’impossible à mon sens. Mais je ne pouvais décemment pas ne pas lui faire de cadeau de mariage, autant dire que j’avais ressenti une véritable fébrilité à imaginer sa réaction que j’espérais tellement être positive.
Les choses avaient semblé se passer le mieux du monde. En tout cas c’est l’impression que j’en avais eue. Son plaisir, je l’avais ressenti, et il avait sublimé le mien, mais étrangement, j’avais presque besoin de l’entendre, comme une élève qui cherche l’assentiment de son professeur. Il m’avait offert cette nouvelle vie, je lui devais absolument tout, et je voulais apprendre le mieux possible, ne jamais lui apporter le moindre souci. En fait, je voulais presque devenir une aire de repos pour lui. Quelqu’un avec qu’il pouvait passer des moments agréables, sans avoir à se tracasser de quoi que ce soit. Une bulle de tranquillité qui lui permettrait de s’évader de ses soucis ou de ce qui lui déplaisait quand il le voudrait. Autant vous dire que sa réponse, en confirmation de ce que j’avais pressenti, m’a arraché un grand sourire.



Ca tombe bien alors, parce que j’adore en offrir !


A lui en tout cas. Remarquez si Suzy était une femme qui aimait et était aimée de beaucoup de monde, moi je n’avais que mon Roi dans mon univers. C’était lui mon univers d’ailleurs, tout ce qui comptait, tout ce que j’avais. Enfin… Façon de parler évidemment. Mais je ne faisais pas de complexe à ce niveau là. J’étais bien à ma place, je la tenais, pouvais faire preuve d’humilité sans avoir à me forcer.
Avais-je été modelée à l’image qu’il souhaitait de moi ? Sans doute que oui. Je suis née de lui finalement, si je ne suis pas son infante, l’esprit que je suis et qui habite ce corps a émergé par son action, alors peut être que ceci explique cela. J’aime le penser en tout cas, je suis fière de cette origine.
Je me levais pour suivre mon Maître jusqu’à la salle de bains. Les esclaves étaient arrivés quelques secondes à peine après qu’il les ait fait appeler grâce au bouton prévu à cet effet et je me tenais sagement dans un coin de la salle de bains, ne le rejoignant qu’à son invitation dans la baignoire ronde. Bon sang ce que c’est chaud ! enfin je serre un peu les dents et en profite pour respirer la merveilleuse odeur qui sort du bain.



Vous permettez que je vous détende en vous répondant Maître ?


Euh… Pas sûre d’être claire.


Un petit massage ?


Voilà, là par contre, c’est beaucoup plus clair. Je me glisse donc derrière lui et commence à faire bouger mes doigts dans son dos. L’avantage d’être dans le corps d’une institutrice pour enfants handicapés et de garder ses souvenirs, c’est qu’elle a appris à faire de bons massages pour délasser les muscles des enfants quand ils en avaient besoin. J’utilisais ici ses connaissances, mais de façon plus sensuelle.


Je me sens vraiment bien ici. Je me sens chez moi. Enfin… Non, pas chez moi… Mais à ma place. J’aime particulièrement le jour car vous êtes le seul immortel que je peux croiser. C’est plus calme… J’en profite souvent pour aller admirer les galeries de portraits, ou alors je vais à la bibliothèque pour lire un peu. Pour l’instant je lis « Le paradis perdu » de Milton.


Ce qui me plaisait moins ? A part le fait que je craignais quelques immortels qui vivaient ici, Krystel en premier lieu, en qui je n’avais aucune confiance et qui, je le savais, me haïssait littéralement et ne manquerait certainement aucune occasion pour s’en prendre à moi, je ne voyais rien de déplaisant.


Ce lieu est vraiment rempli de merveilles et chargé de votre histoire, je ne voudrais pas être ailleurs.
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Lun 19 Mar - 15:07

    Le plaisir et la satisfaction de ma servante humaine faisaient plaisir à voir, en particulier dans le sens où cela semblait être réellement sincère. Je me rendais bien compte que physiquement, j'avais dû lui en faire baver, notamment du fait qu'elle ne pourrait jamais se montrer aussi endurante qu'un vampire dans le domaine des ébats charnels avec son monarque. Suzy me confia qu'elle adorait offrir des cadeaux, et je lui offrais un sourire en coin. On allait bien s'entendre, dans ce cas. Mais cela je le savais déjà. Mieux, je le sentais au sens le plus ambigu du terme, puisque le lien psychique qui nous reliait me permettait d'aborder une compréhension sans limite de son être dans son entier. Je savais comment elle était, je pouvais percevoir ses pensées, ses envies, ses pulsions, ses aspirations aussi. C'était assez grisant. Je souriais doucement alors que je la sentais se crisper quand elle entrait dans le bain brûlant. Elle parviendrait bientôt à se rendre compte qu'il s'agissait de quelque chose que j'adorais réellement, notamment pour la sensation de décaper le corps de fond en comble. Et voir la peau nue de son corps pénétrer et rougir dans l'eau brûlante, ce n'était pas désagréable non plus... voilà déjà que des pensées aussi lascives qu'obsédantes étreignent mon esprit, mais je ne peux vraiment rien contre. Elle est ma servante et je suis reliée à elle, nous partageons à peu près tout par la simple expérience que nous faisons de notre existence. Bien entendu, que j'ai envie d'elle. Même encore maintenant, alors qu'elle m'a pourtant rassasié par son numéro de strip tease sensuel. La petite coquine avait fait tout ce qu'il fallait pour me faire tomber dans ses filets ; elle ne pouvait dès lors que me plaire. La jeune humaine me demanda si je voulais qu'elle me détende en me répondant. Nouveau sourire, les doubles sens charnels se glissaient définitivement partout, alors qu'elle précisait justement qu'elle comptait me masser.


    | Je le permets oui... Si tu sais masser le dos et les muscles aussi bien que tu sais t'occuper de mon corps en règle générale. Vas y, je te laisse toute latitude pour me montrer ce que tu sais faire. |


    Je laisse ses mains se poser sur mon dos, ses doigts pétrir ma colonne vertébrale, mes muscles aussi, ce qui me faisait du bien. Je n'en avais pas réellement besoin au niveau physique, puisqu'à chaque fois que je prenais du sang humain, mon corps se reconstituait et se regénérait entièrement, de la plus petite fibre musculaire jusqu'à carrément mes os les plus importants. Cela dit, cela me faisait énormément de bien dans le sens où j'aimais que l'on s'occupe de moi. Ce genre d'attention prouvait mon ascendant et ma position sociale et hiérarchique, mais cela me permettait aussi de profiter de ne plus avoir de barrières ou physiques ou morales. Suzy me répondit qu'elle se sentait à sa place auprès de moi, et j'hochais la tête pour marquer mon accord. Je me rendais compte bien entendu qu'elle devait se retrouver un peu isolée, mais qu'y pouvais je ? Je devais trouver moyen de la sociabiliser à mon univers ; elle serait alors plus forte, plus efficace, et moins fragile car moins isolée. Elle en vint à me parler du bénéfice de ma présence, de celui de la grandeur des lieux, et aussi de ses occupations. Elle conclut finalement qu'elle ne voulait pas se retrouver ailleurs.


    | Milton ? C'est vrai que c'est un bon livre. Mes ouvrages de référence ? Tu trouveras toutes les clés de ma politique dans Clausewitz et chez Sun Tzu même... Je crois que j'ai encore une édition en mandarin quelque part, une vieille édition que j'ai trouvé jadis en Orient. Pas facile à lire malgré la traduction que j'en ai faite, je ne suis pas un expert en langue orientale. As tu pris quelques contacts avec le personnel, tant vampire qu'humain ? Il va être temps pour toi de commencer à apparaître de façon plus affirmée, dans notre univers. La Reine n'a pas perdu de temps avec son humain, Badenov, et il n'est même pas son servant humain. |


    Je réfléchissais quelques instants. Quel genre de tâche pouvais je confier à l'humaine ? Me représenter ? Oui, pourquoi pas. Elle était jolie, présentable, et elle avait de l'esprit. Peut être qu'il était temps de passer la vitesse supérieure... J'étais cependant curieux de ce qu'elle aurait à me dire.


    | Quelle type de tâches désirerais tu accomplir en mon nom? |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Mer 28 Mar - 2:19

Je ne pouvais guère imaginer de me contenter simplement du bain. Mon Roi était présent, j’étais là pour le servir, de quelque manière que ce soit, et je comptais bien remplir mon rôle de la meilleure façon possible. Je n’étais pas la servante de n’importe quel vampire, mon Maître était le plus puissant de tous et je devais me montrer à la hauteur de l’honneur qu’il m’avait fait en me choisissant pour devenir sa servante. J’en étais fière, heureuse, comblée, je me sentais parfaitement à ma place lorsque je le servais.
J’aimais ce moment où j’avais le loisir de prendre soin de lui tout en discutant. J’étais avide d’apprendre, je voulais en savoir toujours plus, et je gravais donc dans mon esprit les références dont il m’a fait part. Je saurai quoi consulter lors de mon prochain passage à la bibliothèque. Suzy aimait l’histoire, peut être que ce trait de son caractère se reflétait un peu sur moi. Quoique… je n’y verrais nul intérêt si ça ne me reliait pas d’une certaine manière à mon Maître. Je cherchais dans ses souvenirs et sa culture ce que je pouvais trouver et souris.



Clauswitz et Sun Tzu… Deux maîtres de la stratégie dont l’une consiste à ruser pour obtenir la victoire sans mal. L’intellect prévaut sur la force… Une merveilleuse référence pour quelqu’un d’aussi brillant que vous.


Maintenant que je m’intéressais à ce qu’il avait accompli, je découvrais jour après jour son intelligence et son charisme. Je n’en avais jamais douté, c’est vrai, mais on aurait très bien pu me prêter un certain manque d’objectivité. J’avais bel et bien la preuve maintenant qu’il n’en n’était pas question. La manière dont il avait mené sa barque, la finesse de ses actions, tout cela était admirable. Un vrai tacticien, un esprit sans pareil, tout me confortait dans cette idée si évidente : il était le plus grand, admirable.


Pas encore non. Je préférais savoir avant si vous aviez des instructions, des gens que vous préférez que j’évite, une attitude particulière à adopter pour ne pas commettre d’impair. J’ai à cœur de faire les choses correctement et avec finesse pour me montrer digne de vous servir.


J’étais très différente de Torben Badenov, la relation que j’avais avec le Roi était plus « saine » et plus forte. Il n’avait pas eu à me forcer à quoi que ce soit, dès le départ j’étais acquise à sa cause, l’humaine avait été enterrée et j’étais née de lui. Ca rendait les choses sans commune mesure avec la manière dont Badenov était arrivé au service de la Reine, et j’étais fière de cette différence. Je ne voulais pas rentrer tête la première dans quelque chose, à l’instar de mon Maître, je préférais que les choses soient étudiées. C’est peut être dû à notre lien, mais je ne voulais pas commettre d’impair et foncer tête baissée. Mes mains continuaient leur œuvre et se faisaient de plus en plus précises tandis que je réfléchissais à sa dernière question.


Et bien je n’y ai jamais vraiment pensé. En fait je ne sais pas trop quelles sont les possibilités. Je dirais que Suzy inspire la confiance. Elle est douce, fait un métier qui touche au social, sa réputation est sans la moindre tache. Cela pourrait vous être utile, non ?


J’étais quoiqu’il en soit prête à faire tout ce qu’il me demanderait. Je tâchais de trouver les atouts de Suzy qui pourraient être utilisés et sa réputation d’oie blanche honnête jusqu’au bout des ongles et aimantes était, dans une tactique de séduction, un plus qui pouvait s’avérer très utile. Si Suzy Swing Tannen croyait en cette cause, c’était rassurant non ?


Maître j’aimerais vous poser une question si vous le permettez… Voilà, vous m’avez demandé d’obéir à chaque ordre de la reine. Je ne compte absolument pas aller à l’encontre de ça évidemment, mais j’aimerais juste une précision car je n’étais pas votre servante à l’époque. Si elle me demande de faire quelque chose qui peut me mettre en danger ? Je sais que ça peut avoir des conséquences sur vu vi notre lien, ça change donc tout. De même, si elle me demande de faire quelque chose que je pense sera contraire à vos souhaits ? Ou bien si elle souhaite m’utiliser pour satisfaire un de ses… Suivants… ou un autre vampire… J’agirai comme vous le souhaitez, mais j’aimerais que vous me disiez ce que je dois faire alors. Je ne souhaite pas contrarier la reine, mais je ne veux pas faire d’erreur vis à vis de vous…
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 30 Mar - 14:58

    Je laissais libre cours, sans même trop m'en rendre compte, à l'expression d'une certaine affection vis à vis de la jeune humaine. Je ne parle bien entendu pas d'amour ou de sentiments de ce genre, mais la proximité induise par notre situation de maître et de servante était assez atypique, et cela avait contribué pour beaucoup à nous rapprocher. En même temps, il fallait avouer que cela avait été tout à fait le but recherché, je ne pouvais pas me retourner contre ce processus désormais. Je n'en avais d'ailleurs ni le temps, ni l'envie, ni même les moyens. J'étais convaincu que cette espèce d'alchimie physique et intellectuelle était suffisamment particulière pour qu'il soit plus ou moins impossible de revenir en arrière, même si nous y mettions tous les deux la totalité de notre énergie. Cela me semblait véritablement difficile à réaliser, même totalement utopique. Je n'étais pas du tout bon pour ce genre de chose ; revenir sur des décisions passées. D'autant que là, très honnêtement, quel espèce d'intérêt y aurais je ? Je me sentais plus fort, plus puissant, plus focalisé aussi. Comme si me lier à une créature à l'existence très éphémère était quelque chose qui me rapprochait un peu plus de la réalité de la vie. Cela me rapprochait, j'en étais sûr, du destin qui était le mien, à savoir faire tomber le monde tout entier sous ma mainmise. Assurément, ce n'était pas une mince affaire, mais quelque chose d'aussi anodin quelque part, que le lien que nous venions de lier, était pour beaucoup dans la réalisation des dernières étapes. Qui plus est, elle me faisait me sentir plus jeune aussi, à l'époque où je pouvais prendre tout ce que je voulais, où je pouvais aspirer à toujours plus et voir ces rêves se réaliser sans avoir à attendre des millénaires pour que mes plans s'exécutent. Et cette réalité de notre relation était assez nouvelle pour moi, donc je me sentais jeune. Etrange sensation, pour un esprit aussi vieux que le mien. Pas désagréable pour autant. L'humaine continua de me brosser dans le sens du poil, en faisant l'éloge de mes références littéraires.


    | Heureusement pour moi, ils ne furent jamais transformés en vampire. On a bien eu un pape nocturne rouge, mais j'avoue volontiers aujourd'hui que ce fut un bien mauvais calcul de ma part. Vampires et religion ne font pas assez bon ménage dans les sociétés occidentales. Cela dit, je préfére ces références pour une donnée essentielle ; cacher sa force et sa suprématie, en atteinte du moment et de l'endroit opportun pour dévoiler ses atouts. J'ai moi aussi une longue pratique du calcul politique et stratégique, au niveau mondial même depuis quelques siècles. La rançon d'une vie terriblement longue. A laquelle tu goûteras à mes côtés, en tant que ma servante. |


    Parce que c'était une réalité, la jeune femme allait vivre terriblement longtemps, cela au moins me semblait certain. C'était quelque chose que l'on ne pouvait nier que je n'avais pas pensé aux implications futures de cette union psychique entre Suzy et moi. Je la regardais alors qu'elle me disait qu'elle réfléchissait aux différentes postures qu'elle se devait d'adopter vis à vis de telle ou telle situation ou individu. J'y réfléchissais alors, comment devait elle se comporter tout en assumant être le reflet parfait de ma nature et de ma politique devant les autres ? Je prenais un instant pour y songer, conscient que je ne devais pas prendre de décisions à la légère. Elle me parla ensuite de ses compétences, tout en parlant d'elle même à la troisième personne. Je souris, j'oubliais parfois que ma jeune compagne humaine était bipolaire, avait un caractère tout ce qu'il y avait de plus intéressant au niveau psychologique. Ce charlatan de Freud aurait été ravi de mener ses expériences sur elle, tout comme le passionné et brillant Dr Jung. Ces deux là auraient fait la paire, avec un sujet comme Suzy à étudier, ça pas de doute à avoir!


    | Tu dois impérativement te montrer au dessus de la mêlée, tu es une intouchable, meilleure que tout autre de mes serviteurs, même vampire. Ca, je te l'ai déjà dit je crois. Mais tu dois garder à l'esprit que tu es l'égale de Badenov. S'il se montre trop brusque ou discourtois avec toi, n'hésites pas à le remettre à sa place, mais gardes toi bien d'afficher une moue supérieure ; on me reprocherait autrement un déséquilibre des pouvoirs et des statuts avec la Reine, alors que nous jouons actuellement la carte de l'unité. Je pense te charger de rencontrer des gens pour moi, de me représenter, et d'afficher un regard humain à ma politique. Tu pourrais gérer une partie de mes responsabilités de jour, si tu t'en sens capable. Peut être aussi, te déléguer à certaines tâches d'ordre familiale, tu as peut être remarqué que j'avais quelques soucis de discipline au sein de ma lignée, avec mon petit fils et ma petite fille. |


    Je la regardais attentivement alors qu'elle me fit part de ses réserves, elle semblait assez gênée par sa demande et par ce qu'elle avait à me dire. Autant aller directement au but. Je la prenais dans mes bras, avant de l'embrasser sur la peau mouillée de son cou, avant que mes mains ne glissent le long des courbes de son corps dénudé et à moitié immergé.


    | tu lui obéiras en toutes circonstances, à moins que cela ne compromette l'éthique vampirique, ma sécurité, la sienne ou la tienne. De quelque manière que ce soit, et elle ne pourra de toute manière pas t'y forcer, sans s'exposer à ma colère. Saches cependant que tu n'as rien à craindre d'elle. Elle jalouse ta place unique dans mon existence, mais elle n'est pas folle et sait très bien où se situe son intérêt. Elle est ma Reine et pas toi. Je ne dis pas pour autant qu'elle te porte dans son cœur, ou qu'elle ne cherchera pas à affirmer sa position auprès de toi... Peut être en t'envoyant son propre suivant, Badenov, dans les pattes. Il n'est pas son servant, mais je me méfie toujours de lui, à peu près autant qu'elle même se méfie de toi. J'imagine que t'introduire dans mon existence de la sorte a un peu bousculé des siècles de relation exclusive, vois tu. Enfin, exclusive, façon de parler. Nous avons toujours laissé libre cours à nos envies, mais sans jamais immiscer quiconque entre nous de quelque manière que ce soit. La Reine a besoin de s'accoutumer à ce changement, et moi aussi. As tu quelque chose à dire à ce sujet? |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Jeu 5 Avr - 23:29

Je ne m’accorderais pas de droit à l’erreur. C’était bien trop important, je n’étais pas la servante d’un vampire de bas étage, j’étais celui du plus puissant qui existe sur cette terre et je me devais de me montrer à la hauteur. Risquer de ne pas poser de question pour agir par instinct ne me semblait donc pas judicieux. J’avais besoin de temps pour agir naturellement et savoir ce que j’avais à faire sans qu’il ne me le confirme. J’en avais conscience, et je ne voulais surtout pas agir sottement à me croire trop intelligente pour tout comprendre d’un coup.

J’étais encore bien profane dans mon nouveau monde. Par exemple lorsque mon maître me parla de « longue vie », c’était un mystère pour moi. Je savais que j’aurais une vie plus longue, mais combien de temps ? Cinquante ans ? 100 ans de plus ? Deux cents ? Je l’ignorais. Et très franchement, je ne voulais pas lui faire perdre de temps à lui poser ce genre de questions, il avait bien d’autres choses à faire. Pourtant il y avait des points que je ne pouvais pas zapper et je profitais de cet instant que je pouvais passer avec lui pour lui en parler.

J’étais rassurée de savoir que je n’avais pas à me laisser faire si Badenov décidait de vouloir me dominer. Afficher un air supérieur, je crois que j’en suis incapable. Suzy semble m’avoir laissé quelques traits de caractère, dont son humilité. Ce n’était pas une mauvaise chose je crois, surtout que le Roi semble vouloir me voir le représenter dans le monde extérieur. Gagner la confiance des humains ne peut se faire que si on manœuvre bien, et la part d’humanité qu’elle m’a léguée devra être exploitée à son maximum. En gros, il va falloir que je la ressuscite… Enfin… Façon de parler, ça sera toujours moi, mais je jouerai son rôle car nul ne sait que j’existe à part quelques âmes.

J’étais on ne peut plus honorée de l’entendre me parler des responsabilités qu’il voulait me confier. Evidemment dans un certain sens, c’était un peu effrayant ! Serais-je à la hauteur ? La seule chose qui était sûre, c’est que personne n’aurait jamais autant à cœur que moi d’y arriver. J’allais tout donner pour ça, comme je le faisais toujours. Honorée donc, ravie de cette confiance qu’il m’accordait et dont j’espérais être digne, mais j’avais aussi besoin de savoir comment agir par rapport à la reine. Je lui devais obéissance, et je ne comptais pas remettre ça en cause, mais vu la manière dont les choses s’étaient passées la première et seule fois où nous avons été mises en présence l’une de l’autre, j’avais besoin de précisions, savoir ce que je devais faire exactement au cas où elle me donnerait un ordre qui me mettrait en porte à faux avec le Roi.

Comment me concentrer sur sa réponse alors qu’il opérait un rapprochement ? Je devais faire preuve de toute ma volonté pour ne pas céder au plaisir que je ressens. Mais ce qu’il dit est important. Allez, on se concentre ! Remarquez, ça devient un peu plus simple quand il m’explique le point de vue de la reine et pourquoi elle agit de la sorte avec moi. C’est assez… Déstabilisant. Tellement déstabilisant que j’en reste paf ! Alors là, si je m’attendais… Qu’est-ce que je peux bien dire par rapport à ça ? Bien des choses sans doute, mais pourtant la situation me semble si évidente !



Mais… Mais ça n’a rien à voir ! Notre relation… Votre relation… C’est… Je ne suis que votre servante, je suis là pour vous servir. Il n’est guère question de sentiments envers moi, je vous suis… Utile. Du moins je l’espère. Mais elle, c’est votre infante, votre épouse, elle est magnifique et puissante, c’est comme un aigle qui jalouserait un moineau !


Qui essayais-je de convaincre ? Car le Roi était bel et bien conscient de tout ça évidemment, et logiquement, la reine devrait le savoir également. Il s’agit ici sans doute d’une affaire de principe, mais je trouvais dommage que ce point de discorde apparaisse à cause de moi. L’unité, justement était importante. Je n’étais pas une ennemie, loin de là, je suis incapable de la moindre trahison envers mon Seigneur…


Je connais ma place Maître… Il n’est rien que je ne ferais pour vous mais je n’attends rien en retour. Vous m’avez créée pour vous servir et c’est le seul but de mon existence. Je ne suis pas entre vous, rien ne pourra jamais s’y placer. J’espère… J’espère qu’elle s’en rendra vite compte et pourra apaiser ainsi le malaise qu’elle ressent. Je ne suis ici pour contrarier personne.
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 6 Avr - 14:15

    De toute évidence, le fait que je mette cartes sur table était quelque chose que j'aurais dû faire depuis longtemps. Suzy semblait totalement étonnée ; mes attentions n'étaient plus à même semblait il, de la détourner de mes propos. La révélation faisait littéralement l'effet d'une bombe sur la jeune humaine ; elle ne semblait pas du tout s'attendre à ce genre de choses ; ça devait même lui sembler totalement surréaliste. Mais je n'y pouvais rien si c'était la vérité, il était même quelque peu rafraîchissant que d'avoir à faire à la réalité, et non pas à une manipulation de la vérité comme je pouvais parfois m'attacher à réaliser, pour servir des buts divers. Là non, j'y allais à « cœur ouvert » avec Suzy, et cela changeait tout. Elle devait être consciente des enjeux qu'il y avait autour de notre relation privilégiée, car notre lien produisait tout un tas de conséquences qui impactaient un nombre croissant d'individus, et forcément parmi les plus puissants au vu de ma position privilégiée. Suzy devait bien avoir conscience de ça, et elle devait aussi se montrer prudente, intelligente, et montrer son adaptabilité à tous les évènements imprévus qui pouvaient émerger du fait de notre situation actuelle. Il me semblait clair qu'elle en avait les capacités ; je ne l'avais pas choisie au hasard, sélectionnée selon ses forces et ses faiblesses. Je n'aurais pu laisser le choix d'une servante humaine entre les mains du sort ; c'était tout simplement quelque chose de trop important pour ne pas y avoir accordé la plus petite réflexion et pour avoir jeté toute ma prudence habituelle aux orties. J'avais donc choisi de lui révéler l'état d'esprit que je suspectais non sans raison chez ma consort. Là encore, je ne l'avais pas fait par hasard. Suzy devait avoir les informations nécessaires à sa survie, et croyez moi quand je disais que je n'exagérais pas en disant cela, dans le sens où quiconque contrariait la Reine risquait de le payer un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre. Bien sûr, l'humaine était protégée par son statut auprès de moi, mais il me semblait clair que l'on ne pouvait tout simplement pas uniquement se reposer sur une question de statuts ; ce serait un pari risqué, comme un simple jet de dé. Je n'étais pas prêt à prendre ce risque ; j'espérais donc que Suzy mesurait correctement la gravité de ces révélations.


    Cela semblait être le cas ; non seulement elle apparaissait comme étonnée, mais véritablement stupéfaite. Elle n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle ; elle était encore relativement innocente, c'était un fait ; elle n'imaginait pas encore tout à fait dans quel univers je l'avais plongée en faisant d'elle mon attachée à vie. Elle remettait son rôle en question, enfin disons plutôt qu'elle le redéfinissait à partir de mon point de vue. Intelligente, elle avait parfaitement cerné notre relation. Sauf un point de détail, que j'allais bientôt m'empresser de lui corriger.



    | Ne montres pas quand tu es perturbée, ou surprise. Tu peux te le permettre avec moi mais pas avec les autres. Il faut que tu renforces ta maîtrise sur toi même ; puise dans mon calme pour toujours en revêtir un de façade, même si tu bouillonnes à l'intérieur. Je ferme cette petite parenthèse. Pour le reste, tu sous estimes ta nature et la nature de ce que tu m'apportes. Tu m'es utile et il n'est pas question de sentiments. Mais nous sommes en fait au delà de ça. Notre lien nous unit, qu'on le veuille ou non. Les bénéfices qu'on peut en retirer sont d'autant plus forts que nous nous entendons bien, c'est tout. En ce qui nous concerne donc, nous sommes au delà de sentiments ; nous ne sommes qu'un, nos êtres se confondent. Tu as raison, elle est magnifique, puissante, elle a traversé avec moi bien des âges, nous avons partagé tant de choses... Mais elle, ne pourra jamais me sentir comme tu me sens. Là réside le point de friction. |


    Je partais d'un petit rire aux paroles suivantes de ma servante humaine. Elle était encore un peu naïve. Bien sûr qu'elle était un problème, un obstacle pour certaines ambitions, et elle serait constamment en danger quand ça se saura que j'avais pris une servante humaine. Le principal était qu'elle soit consciente des problèmes qui pourraient se poser dans son existence, et elle vivrait plus longtemps.


    | Ton existence, ta place à mes côtés, cause directement des tensions, cela ne peut être autrement. Ou alors, il faut bouleverser tes rapports avec elle. Tu sais, nous sommes vieux, elle et moi. On ne change pas rapidement, on devient têtu, obstiné, avec le temps. On pense que notre position est la seule viable. Tu dois faire le premier pas, ça compterait pour beaucoup. J'ai l'idée d'organiser une rencontre entre nous deux, Krystel et l'humain de son choix, Badenov je pense. Il faut établir les bases de la discussion avant d'espérer une avancée. Qu'en dis tu ? T'en sens tu capable ? |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 13 Avr - 0:32

La reine me jalouse ma relation avec le Roi ? C’est vrai, je ne pouvais que me montrer extrêmement surprise par cette révélation. Celle qui l’unissait à son époux était tellement plus forte ! Déjà à la base, elle est son infante… et je sais que les liens qui unissent un vampire et son infant sont extraordinaires. Ensuite, elle a passé des siècles à ses côtés, elle a partagé avec lui tant de choses, tant d’aventures… Leur complicité ne peut forcément qu’en être plus grande. Elle est son épouse, je suis sa servante, elle est absolument magnifique, je suis… commune. Que peut-elle m’envier là-dedans ?

Et bien visiblement ce qu’elle m’envie, c’est qu’aussi fort qu’est le lien qui l’unit à son créateur, il n’est pas le même, et contrairement à moi, elle ne peut pas partager ses émotions comme je le fais. Je n’avais pas vu les choses sous cet angle, je n’imaginais même pas que ce soit possible que je partage avec mon Maître quelque chose que la reine ne pouvait pas partager avec lui. Je suis encore jeune dans ma transformation, je n’ai pas encore saisi toutes les nuances de ma nouvelle nature.

J’écoute donc très attentivement ce que mon Maître a à m’apprendre. Beaucoup, ça je sais, et le fait d’avoir du temps ensemble nous permet aussi de parler et je n’en tire que des bénéfices. Ne pas montrer mes émotions. Rester calme en toute circonstance, garder une façade. Je hoche la tête. Ca, je l’ai déjà fait quand j’ai rencontré Krystel pour la première fois. Elle a tout fait pour me pousser à bout, m’a humiliée autant qu’elle a pu, et pourtant je suis restée stoïque. Je vais donc veiller à garder cette attitude avec tout le monde, comme il me l’a demandé.

« Nous ne sommes qu’un, nos êtres se confondent »… Quelle étrange notion à assimiler. Ca serait plus facile certainement si je n’avais pas cette admiration et ce respect sans borne pour mon Roi. Il est pour moi l’être le plus magnifique de la création, chaque parcelle de son être ou de son esprit est pour moi la perfection incarnée. Autant vous dire que cette phrase est loin d’être sans importance pour moi ! Il va falloir que je travaille à assimiler ça, ça me semble tellement extraordinaire !

Le Roi avait été amusé par ma remarque. Amusé que j’espère que la reine voie les choses avec objectivité et ne se voie plus contrariée par ma présence. Oui, bon… J’admets que je devais me leurrer sérieusement. Si c’était le lien que nous avions lui et moi qui la contrariait, ça ne risquait pas de s’arranger. Ce lien existait, on ne pouvait rien y faire… et pour être honnête, je n’y tenais pas. J’aimais ma vie ici, j’aimais être la servante d’Augustus King, avoir sa confiance, travailler à toujours la conserver et la renforcer, l’aider dans la mesure de mes moyens.

Je devais donc me montrer forte. C’était le moment de prouver que je méritais l’honneur qui m’avait été fait. Il me fallait œuvrer à faire en sorte que le Roi n’ait pas à perdre son temps à se poser des questions à mon sujet, ni au sujet de mes relations avec sa reine. Si je ne la portais pas dans mon cœur, je tiendrais toujours à tenir ma promesse de lui obéir comme il se doit et de lui montrer le respect dû à son rang. Alors quand le Roi m’a demandé si j’étais prête à une rencontre avec la Reine, j’ai eu un regard déterminé. Je savais qu’il ne serait pas facile pour moi de passer outre de ce que je ressentais pour Badenov, d’autant qu’il était considéré comme mon égal alors que lui n’était pas le servant de la reine, mais je n’étais pas celle qui mettait en place les règles du jeu. Je me devais de les respecter et je comptais bien le faire.



Oui Maître. Je suis prête à tout faire pour que les choses évoluent dans le bon sens.


Décidée, déterminée, j’avais vraiment à cœur d’y arriver. C’était dans l’intérêt de tout le monde après tout, et si je n’y mettais pas du mien, je ne voyais pas comment les choses pourraient évoluer ! Je penchais un peu la tête et prenais un air canaille.


Mais je ne trouve pas que vous soyez têtu et obstiné… Et vous ne faites vraiment pas votre âge !


On peut aussi se détendre un peu… Non ?
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Sam 21 Avr - 20:03

[HJ : désolé pour le retard, j'ai vraiment galéré depuis dix jours à trouver le temps!]


    Par le lien qui nous unissait, je continuais de percevoir a gêne, l'hésitation, que continuait de ressentir ma servante humaine. Quel petit lien délicieux qui pouvait donc nous unir... Je sentais tout, comme si à la périphérie de mon cerveau apparaissait les pensées de mon humaine. Comme un livre ouvert sur lequel l'écriture serait parfois à demie effacée où écrite dans une langue dont le sens nous échappait complètement. Je ne savais pas toujours ce qu'elle avait exactement en tête. C'était comme écouter une radio dans une langue étrangère que l'on maîtrisait un peu, mais pas encore à fond. Je saisissais le sens de ce qui se transmettait par notre lien, mais je ne pouvais pas prétendre pour autant que j'en saisissais toujours toutes les idées ou toutes les nuances. Je savais cependant que cela prendrait encore du temps avant que je ne soie pleinement opérationnel à ce niveau là. Techniquement, il y avait moyen de ressentir les désirs, les pulsions, les pensées, les humeurs et de nombreuses autres choses, peu importait même la distance ! Cela dit, de ce que j'en savais, cela prenait parfois des décennies, voire des siècles avant que pareil lien ne soit utilisé au maximum de sa capacité. Pour l'instant, les pensées et pulsions échangées restaient quelque peu confuses par moment, voire brouillonnes, mais j'en saisissais néanmoins l'essentiel, ce qui était toujours ça de pris. J'ai bien conscience quoiqu'il en soit d'être supporté par une humaine qui me laisse profiter de sa bonne volonté, de son corps et de son âme. Elle est d'accord, quand je lui dis d'adopter un profil bas. Comment pourrait il en être autrement ? Cela dit, elle se montre plus qu'attentive, car elle sait qu'il en va autant de sa survie que de la mienne. En parlant de survie, je me demandais si notre lien lui ferait profiter de pouvoirs comme ceux dont je disposais, ou si elle même n'allait pas m'en apporter de nouveau. Ce serait une piste bien intéressante à explorer, cela allait sans dire. Tout avantage sur le reste du monde était bon à prendre, et je n'étais pas vampire à délaisser la plus petite des opportunités. Suzy se faisait donc patiente et pressée d'apprendre ; elle ne m'interrompit pas. Je la sentais émotionnellement tout aussi studieuse que son apparence physique pouvait le laisser supposer.


    La jeune humaine adoptait maintenant une grande fermeté de visage et d'attitude, alors que je lui demandais si elle était prête à faire un sorte d'effort pour laisser les choses s'arranger, par son concours et son implication. J'optais moi même pour un air satisfait alors que la jeune femme me confirmait son assentiment pour mes projets. Bien. C'était vraiment une bonne chose, je ne pouvais guère penser le contraire.



    | Bien. Très bien. Tout est pour le mieux en ce cas. Je ne doute pas que nous parvenions à laisser nos quelques différents de côté, n'est ce pas ? Inutile de faire de ce manoir tout comme de notre existence, un terrain miné. |


    L'air qu'arborait désormais Suzy était équivoque ; une lueur de défi dans le regard et l'air quelque peu canaille. Cela ne fit que réveiller mon désir pourtant comblé plus tôt, notre lien n'allait pas tarder à lui faire ressentir ma pulsion. Mais pour le moment, je me contentais d'égratigner la peau de mon poignet, le sang coulant en filet, qui vint rougir l'eau. J'avançais mon poignet à sa portée, bien conscient de comment se terminerait encore cette prise de ce que les humains ressentaient comme une drogue.


    | Goûtes moi donc, et donnes ton avis d'experte. L'idée que je sois vieux me donnait l'avantage que tu devais normalement t'occuper de moi en toutes circonstances, vénérable millénaire que je suis. |
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MessageSujet: Re: Je vous ai entendu...[Livre 1 - Terminé]   Ven 27 Avr - 20:48

[HJ : aucun problème, je suis bien placée pour comprendre XD]


L’union fait la force. Voilà bien un dicton auquel je crois dur comme fer. Dans une équipe, la plus grande faiblesse, c’est un manque de coordination, de confiance. Les tensions qui peuvent apparaître gaspillent une énergie qui pourrait être utilisée à bon escient. Le fait était là : j’étais totalement et incommensurablement dévouée à mon roi, et alliée de tous ceux qui oeuvrent à son pouvoir. Je ne suis pas une ennemie pour la reine, je n’ai jamais eu la bêtise de convoiter sa place dans le cœur du roi. J’ai la mienne dans son existence, différente, j’ai pleinement conscience de sa grandeur, mais aussi de ses limites, je ne suis pas une naïve rêveuse, je suis là pour servir le Roi, lui apporter un maximum de bénéfices par ma présence, et en aucun cas avoir le culot d’espérer quoique ce soit en retour. L’esprit que je suis n’est pas humain comme celui de Suzy, l’intéressement m’est inconnu, si ce n’est sa satisfaction. Voilà la seule récompense qui peut me toucher, savoir qu’il est content de moi, que j’ai fait, dit, agis comme il le souhaitait.

Etrange, n’est-ce pas ? Intéressés, même les vampires le sont. Je me sens différente de toute créature qui vit ou existe sur cette terre. Ni humaine, ni vampire, ni aucune autre espèce. Mais alors que suis-je ? Je l’ignore, tout comme j’ignore s’il en est d’autres comme moi. Je suis un esprit, né au sein d’un corps qui m’est étranger mais dont je connais chaque détail, chaque pensée, par l’intervention du vampire le plus puissant de la création. Je suis son œuvre, sa création inédite, je n’existe que pour le servir.

Comment alors pourrais-je me réjouir de provoquer des tensions entre la reine et lui ? C’est loin d’être mon but. Nous sommes, je pense, animées de la même envie : l’aider à asseoir sa position et à conquérir le monde. Je crois que je peux être un atout. L’humaine qui m’abrite est une jeune femme dont l’honnêteté et la respectabilité ne sont plus à démontrer. Personne ne peut se méfier d’elle, Suzy a consacré sa vie à aider les autres, à faire œuvre de charité. Comment pourrait-elle donc s’associer à quoique ce soit de malsain, de malhonnête ? Jamais elle ne pourrait ! Elle serait donc une ambassadrice de choix et son sourire chaleureux ne pourra que convaincre les septiques. C’est à ça que je veux me consacrer. Aussi, je hoche la tête avec conviction aux paroles de mon Maître.

La meilleure des volontés m’anime, je ferai de mon mieux, c’est certain. Et pour la première fois je crois, je me permets de plaisanter. Jusqu’ici il me semble que les seules fois où je l’ai amusé, c’était un peu malgré moi. Je l’observais donc porter son poignet à sa bouche, fascinée par la liqueur rouge qui fit aussitôt son apparition. Mes mains, à son invitation, frôlèrent celle qu’il me tendait, mais je ne me jetais pas sur ce don inestimable sans la moindre révérence ou le moindre respect.



Il n’est rien qui me comble plus que de m’occuper de vous Maître.


Alors seulement je me penchais pour venir récolter le précieux fluide écarlate qui avait offert à ce corps une nouvelle existence, qui m’avait ancrée définitivement à lui. Ma langue passait avec une véritable douceur sur la plaie. Cet instinct de vouloir le boire encore et encore était présent, comme toujours, et comme toujours je le combattais avec hargne. L’acte était trop beau pour le vivre comme un animal se jetant sur sa pitance. Je relevais la tête, motivée à présent par une chose qui supplantait tout : le désir de mon Maître. Quel qu’il était, j’étais là pour l’assouvir, et j’avais ressenti au plus profond de mon âme cette envie qui grandissait en lui et qui agissait sur moi comme un appel. Ne pas avoir besoin de mots était fascinant.

Ainsi je m’avançais et venais me placer à califourchon sur lui. Une délicatesse humaine que je combinais bien souvent avec une passion, une rage presque vampirique, désireuse d’apporter à mon Roi un éventail d’émotions unique, et de le combler au plus avec la faiblesse de ma partie humaine. Alors que ma bouche, toujours colorée de son sang, venait chercher la sienne, mon bassin avait entamé une danse, prêt à suivre toute musique qu’il voudra imposer.

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