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Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 3:42

Rendez-vous sur le fil du rasoir


Heureusement que j'avais toujours eu un caractère enjoué car cette journée promettait d'être longue ! Voilà ce que je pensais alors que je regardais l'édition matinale du journal télévisé en buvant mon thé vert à la menthe. Depuis mon arrivée à Glasgow, qui datait d'un mois, j'avais passé de nombreuses soirées à distribuer mes cartes professionnelles. C'était un moyen comme un autre de me faire de la publicité mais aussi de faire des rencontres. Je ne dis pas que cela n'avait pas fonctionné car je commençais à avoir des rendez-vous ! Je me rendais parfois au domicile de la personne ou certaines fois le soin se faisait chez moi. Mais mes heures de travail étaient éparpillées, une heure par ci, une heure par là ! Il me tardait d'avoir une clientèle plus fournie. Cependant, je devais faire preuve de patience ! Et aujourd'hui, davantage car je n'avais qu'un seul rendez-vous et il était fixé en soirée avec Monsieur... Je regardais de nouveau mon agenda... Monsieur Rawne ! Je souris en relisant ça. Pourquoi ? Parce qu'il allait être mon premier client. Jusqu'à présent mes soins n'avaient concernés que des femmes. Un peu de changement ! J'aimais ça. Après, je dois avouer que je ne me souvenais pas du personnage. J'avais distribué tellement de carte qu'il m'aurait été impossible de reconnaître tous les visages.
Ma rêverie terminée, je filais sous la douche qui fut rapide mais énergisante. Je jetais un coup d'œil dehors pour voir que le temps mitigé de ce début septembre ne m'aidait pas à choisir des vêtements. J'optais alors pour un top bustier turquoise, une petite jupe en jeans brut et une paire de bottes. Plantée devant mon miroir je me faisais une petite mise en beauté discrète tout en constatant que ma couleur noire commençait à passer... Pas grave, je repasserais en mode blonde d'ici quelques semaines. Une fois prête, j'enfilais une veste en cuir et sortais passé la journée dehors. J'avais quelques achats à faire concernant mon rendez-vous de ce soir. Des bougies parfumée principalement ! Cela permettrait d'instaurer une ambiance paisible pendant que je ferais mon soin à ce monsieur.

Cette journée de liberté me permit de faire un peu, beaucoup de shopping pour moi en plus des bougies ! Mes nombreux sacs prouvaient que j'étais une vrai fille lorsque je rentrais au alentours de 17h. Je prenais le parti de poser mes achats en vrac et de me faire un thé. Je l'appréciais en regardant la télé, la chaine nippone de manga ce coup-ci. Ce moment de détente fut appréciable et c'est pleine d'une énergie nouvelle que je rangeais mes achats et installais mes affaires dans la deuxième chambre qui me servait d'espace spa. Une fois les bougies mises à leur place et allumées, j'observais les lieux. J'adorais ce décor zen. La table de massage dans le fond ne me serait d'aucune utilité ce soir. Mais le confortable fauteuil et le lavabo autonome dont j'avais fait l'acquisition en arrivant allaient être utilisé.
Je décidais ensuite d'aller me changer. J'enfilais un pantalon noir et gardais mon top turquoise. Cela faisait plus professionnel et je le serais davantage lorsque j'enfilerai ma blouse d'esthéticienne inspirée des tenues japonaises. Avant de sortir de mon espace spa, j'allumais la chaine hifi qui libéra des mélodies de légères cascades, de vagues ou autres sons de la nature.



- Me voilà 'fin prête pour l'arrivée de Monsieur, dis-je gaiement pour moi même.


J'enfilais mes ballerines noires et retournais devant la télé dont je baissais légèrement le son. Je n'eus pas à zapper bien longtemps car la sonnerie de ma porte se fit entendre. Je coupais la télé ! Mon client devait attendre derrière la porte car mon immeuble n'avait pas d'interphone. Mais le West End était un quartier plutôt tranquille à ce que j'avais pu constater depuis mon arrivée. Bref, je me dirigeais, souriante, vers l'entrée tout enfilant ma blouse pour ouvrir à l'homme. Je le reconnus dès que je vis son visage ! J'avais maladroitement renversé son verre lors d'une soirée et malgré ma proposition de lui en offrir un autre, il avait refusé. Cependant, il avait pris ma carte de visite et l'avait conservé à ce que je pouvais constater. Avec un sourire à son attention, j'ouvris la porte en grand et me décalais pour lui laisser la place de passer dans l'entrée.


- Monsieur Rawne je suppose ! Entrez je vous prie.


Tandis qu'il entrait je constatais que ma première impression du bar concernant le quarantenaire n'était pas infondée. Il dégageait un charme indéniable et beaucoup de charisme. Mais bon, le professionnalisme reprit le dessus et je m'adressais de nouveau à mon client de ma voix enjouée.


- Je vous débarrasse, dis-je en indiquant sa veste.






Dernière édition par Dafné O'Connell le Sam 14 Sep - 22:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 11:48

[HJ je glisse quelques élément d'intrigues tant qu'à faire]


    Je transpirais fort peu. Je restais maître de ma respiration. Mes pieds frappaient le béton avec une régularité digne d'un métronome, et les secousses de ces chocs ultra rapides se répercutaient dans tout mon corps. Le soleil se levait à l'horizon. Le type courait toujours devant moi. Il était à cinq mètre environ, et courais vraiment vite. C'était de plus en plus rare que l'on parvienne à me tenir à distance. Depuis que j'avais repris l'entraînement de manière forcenée en entrant au service de la Reine voici de années, et plus encore depuis que j'étais devenu son servant humain. J'avais gagné en force, en endurance, en finesse dans la perception de mon environnement. Je n'étais pas un vampire, mais je n'étais plus tout à fait humain non plus. Je respirais bien mieux que le type qui s'échappait. Il sauta une grille, nous amenant dans le secteur des entrepôts du port abandonnés depuis les carnages des Années Sanglantes qui s'y étaient déroulées. Passer par ici me rappela des souvenirs. Moi, en tenue noire, à la tête d'hommes et de femmes, humains, vêtus de la même façon, coiffés d'un béron sombre et armés jusqu'aux dents. Traquer les loups garous nouveaux nés. De nombreuses nuits avaient résonné du bruit des hurlements des bêtes que nous traquions tout autant que des miliciens que j'avais perdu. Mais tout cela appartenait à une autre époque, même si dans le fond rien n'avait vraiment changé. J'étais toujours habillé un peu trop bien pour sauter par dessus des grillages, et courser des mecs pour finir cette équipée dans le sang. Je continuais de courir. Mes perceptions améliorées me permirent de sentir, bien que trop tard, qu'il y avait d'autres personnes derrière le coin de mur où le type avait tourné. Un bruit, une odeur, quelque chose m'avait indiqué l'information, mais j'étais en pleine course, et tombais dans un piège stupide. Ils étaient trois à se cacher là, dans les anciens box de rangement de l'allée numéro 15. Il ont leurs flingues, j'ai aussi le miens. Contrairement à eux, qui sont d'anciens agents renégats de la brigade PES ou des extrêmistes religieux, je suis un tueur. Mon métier n'est pas d'arrêter des gens ou de me battre pour une idéologie ou une race. Mon métier consiste à gérer ce genre de situations. Je ne perds pas de temps à dégainer alors qu'ils portent tous la main à leur pistolet. Le premier est renversé par ma charge, je me retourne sur le second et le force à baisser son flingue. Le tir part et la balle ricoche sur le sol. Le troisième m'aligne, mais c'est trop tard.


    J'ai bloqué le poignet du second et le lui ai brisé d'une clef vicieuse que je termine d'un coup de poing terrible sur son coude. Son bras et en miettes, il hurle et je suis dans son dos quand le troisième tire, tuant le second de trois balles en pleine poitrine. Balles en argent. Efficaces contre les vampires, mais qui ne traversent pas un humain comme des balles perforantes classiques. Je suis sauf, et abandonne le corps du second qui tombe par terre. Celui que je poursuivais a pris un tube en fer, qu'il essaie d'utiliser pour me fracasser le crâne d'un coup descendant. Je pars, bloque son arme sous mon aisselle, et lui brise le nez d'un coup de tête. Il me faut quand même en garder en vie. Ils sont trois, encore. Ils changent de tactique quand je plante mon couteau dans le sternum de mon captif, et le vrille pour l'achever. Les deux derniers se jettent sur moi, et le corps que j'ai entre les bras m'empêche de réagir assez vite. Un coup dans le visage, un autre dans l'abdomen. Je m'effondre et suis roué de coups. Cela semble durer une éternité. Un coup vicieux m'emplit la bouche de sang tandis que mes côtes sont fragilisées. La tempête s'arrête et j'entends le cliquetis d'un flingue dans lequel on chambre une balle. Je me redresse d'un bond, puisant dans les forces de Krystel pour être plus fort et plus rapide. Tout est fini en quelques instants. L'un est frappé au visage, l'autre s'effondre à terre, le genou en miettes par un coup de talon par le travers. Ils hurlent, ils appellent à l'aide. Essouflé et sanguinolent, j'active mon oreillette.



    | Ghost à Avalon 1. Paquet bien reçu, moitié du contenu total seulement. |


    On accuse réception de mon message, et il ne faut pas cinq minutes pour que mon équipe, larguée en milieu de nuit, ne parvienne jusqu'à nous. Ils emmènent les blessés et feront disparaître les morts. Moi, je rentre chez moi, blessé et éreinté. Le soleil monte déjà haut dans le ciel quand j'arrive au manoir, où les gardes humains m'ouvrent et me laissent entrer. Krystel n'est pas là, sinon je serais allée la voir malgré son sommeil. Un déplacement à l'étranger. Je file sous la douche. Me débarasser du sang prend un moment. J'ai une coupure sur l'arrête du nez, et de gro ecchymoses violacés sur les épaules, les côtes ou les genoux. J'en ai pris plein la gueule, encore une fois. Et seul le manque d'entraînement réel des cibles m'a permis d'en réchapper. Je dois être plus prudent. Si je meurs, la Reine risque d'y passer. Impossible. La prochaine fois, je ne pars pas sans l'équipe, on ne se sépare pas. Je n'ai plus le droit de jouer avec ma vie comme avant. Propre mais endolori, je fini par m'endormir dans mon lit sur ces considérations.


    Quand je me réveille, mon portable sonne. Je vois l'alarme d'un rendez vous prévu dans peu de temps. Ah oui... Je me rappelle. Un cadeau pour Cora, pour ne pas faire la même erreur que moi. Privilégier la mission par dessus tout. Elle en oublie de se détendre, de se reposer. Je voulais lui prendre un rendez vous chez l'esthéticienne, puisque c'est un truc qu'au poste de garde un vampire avait pris pour sa copine humaine. Et que c'était super, pas abordable. En mec pragmatique que j'étais, j'avais décidé de tester le service par moi même avant d'y envoyer celle qui serait peut être un jour ma future femme. Cela me semblait encore insensé, impossible, dangereux. J'en parlerais à Krystel. Impossible pour moi de suivre ce genre de voie, Cora méritait mieux qu'un fantôme dans sa vie. Je m'habillais rapidement, jean sombre, chemise gris clair, et veste noire. Non armé, sauf dans ma voiture, que je garais d'ailleurs en bas du bâtiment. Un instant plus tard, je sonnais, et la jeune femme que j'avais rencontré peu de temps auparavant m'ouvrit, tout sourire. J'entrais à son invitation, alors qu'elle me prenait ma veste.



    | Oui, c'est bien ça, je vous remercie. Et merci aussi pour ce rendez vous aussi tardif, j'ai un rythme d'enfer en ce moment au travail et... Enfin, merci. Chez vous, en plus. Vraiment désolé du dérangement. |


    Je regarde autour de moi... Et aperçois une cuisine, tout est propre, bien rangé. Je me rappelle que je n'ai rien mangé depuis presque vingt quatre heures. Incroyable, ce pouvoir que j'ai sur mon propre corps. Tant que la mission est en cours, je suis tellement concentré que je parviens à me détacher totalement de mes besoins physiologiques.


    | Votre appartement est très joli, mademoiselle. |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 14:10

Rendez-vous sur le fil du rasoir


S'il faut une première à tout, ce soir ce serait le cas puisque j'allais testé mes talents d'esthéticienne sur un homme ! J'étais impatiente de voir ce que cela pourrait donné car j'aimais la nouveauté. Mais... oui, il y avait un mais ! Je ne savais absolument pas ce que j'allais lui dire. Comment ça ? Bah, comme toute esthéticienne ou coiffeuse qui se respecte, j'étais bavarde. Et la plupart de mes clientes aimaient cancaner ! Mais qu'est-ce que je pourrais trouver comme sujet de conversation avec un homme que je ne connaissais pas ? Je pouvais rayé de ma liste tout ce qui concernait les chaussures, les potins peoples et autres sujets destinés aux fifilles ! Hmm... Qu'est-ce qu'il me restait ? C'était une bonne question. Et bien il me faudrait improviser car mon client était là. Une fois ma blouse bien boutonnée, je l'avais accueilli en souriant. Un sourire enjoué et naturel ! La joie de vivre était un trait dominant de ma personnalité et le drame de l'année dernière, aussi triste soit-il, n'avait rien changé à ça.
Tandis que je débarrassais Monsieur Rawne de sa veste, ce dernier me remercia d'avoir accepter un rendez-vous si tardif et surtout chez moi ! Il est vrai qu'étant vendredi soir, j'aurais pu vouloir sortir ; mais non... Mon travail me plaisait et n'était pas une corvée ! Et puis, j'avais toute la nuit pour sortir non ? Après, pour ce qui était de faire le soin à mon domicile, je trouvais ça normal et comme je vivais seule cela ne risquait pas de déranger grand monde. J'accrochais le vêtement sur le porte-manteau se trouvant dans le cellier.



- Un travail d'enfer ? répétais-je. Vous auriez du prendre un massage relaxant alors, déclarais-je en souriant. Mais le rasage à l'ancienne, bien que différent, est un bon moyen de se détendre. Je marquais une légère pause. Mon logement est aussi mon lieu de travail, les mères au foyer aiment s'évader de chez elles. Il est donc hors de question de parlé d'un quelconque dérangement.


C'est alors que je lui parlais que je remarquais la coupure qu'il portait sur l'arrête du nez. Ma curiosité me poussait à lui demander comment il s'était fait ça ou qui lui avait fait... mais mon professionnalisme fut le plus fort. Je gardais ma question pour moi et je jetais un coup d'œil à mon salon lorsqu'il me complimenta sur mon logement. On ne pouvait pas ignorer le fait que la décoration était un appel au voyage ! J'avais ramené le Japon avec moi lorsque j'avais emménagé ici. Le dépaysement n'avait donc pas été total et de ce fait, moins difficile.


- Merci ! J'ai fait en sorte qu'à chaque fois que je rentre j'ai l'impression d'être de nouveau dans mon pays.


Je ne pensais pas qu'il comprendrait à référence à mon pays de naissance. Car j'étais certes née au Japon mais d'un père écossais et d'une mère française donc rien ne laissait paraître où j'avais vu le jour. Cependant, j'avais toujours été amusée de constater que j'avais la morphologie androgyne des nippones, ainsi que les yeux en amandes. A croire, que le simple fait d'être née là-bas avait modifié mes gênes. Bref, je ne pouvais pas me permettre de rêvasser.
Je portais de nouveau toute mon attention sur mon client. Je devais savoir s'il connaissait le déroulement du soin qu'il avait choisis ou si c'était la première fois qu'il avait recours à ce genre de service. Au même moment, une légère odeur alléchante se fit sentir... Le robot de cuisine que j'avais programmé devait être en train de faire chauffer le wok de pâtes japonaises au bœuf, courgettes et carottes que j'avais préparé. Mais je n'avais pas à me soucier de ça et m'adressais à Monsieur Rawne.



- Voulez-vous que je vous explique comment va se passer le soin avant de commencer ? demandais-je. Certaines personnes préfèrent savoir, d'autres non... ou bien avez-vous déjà profité de rasage à l'ancienne auparavant.


Le client était roi ! Voilà pourquoi je l'interrogeais sur ses souhaits avant de commencer la séance. S'il voulait des détails avant que je débute, je lui proposerais de s'installer dans le salon pour commencer ; sinon, nous pourrions nous rendre directement dans mon espace spa.



Dernière édition par Dafné O'Connell le Sam 14 Sep - 22:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 14:41

    J'avais l'impression de me livrer à une espèce d'expérience sociologique, un truc sur le dépaysement. Associer un tueur froid et solitaire à un environnement aussi exotique que chaleureux, ce n'était pas commun du tout. Sans compter que je n'avais pas pour habitude de venir dans ce genre d'endroits faire ce genre de choses. C'était même une première. Et si l'ancien Torben, ivre mort du soir au matin, aurait probablement adoré venir dans ce genre d'endroit et pourquoi pas, de masser la masseuse pour débuter des préliminaires corsés, ce n'était absolument pas quelque chose que j'avais à l'esprit. Ce n'était pas une question d'hygiène. J'en avais une irréprochable ; le plus souvent rasé de près, je n'avais jamais qu'une barbe de quelques jours au pire. Les cheveux propres, le corps aussi, le ongles coupés ras pour ne pas m'emmerder quand il s'agissait de se battre... Mais avoir un certain niveau d'hygiène n'avait pas grand chose à voir avec réellement « prendre soin de soi ». je ne connaissais pas ce terme, ou plutôt si, je savais ce que les gens entendaient par là. Mais je n'avais jamais rien fait qui ressemble de près ou de loin à ça. Quand j'étais jeune, j'étais un gamin des rues. Commencer à jouer a beau gosse n'était pas dans ma culture. Quand j'ai grandi, ça a été l'armée. Et tout ce que cela impliquait. Et au milieu des tirs et de la fumée tchétchènes, je n'avais pas non plus pris le temps de faire quoi que ce soit pour mon corps, qui avait sans doute été privé de tout comme jamais. Ensuite, rentrer... Quelques années de quiètude avec Jana. Puis, on m'avait enlevé ça. Et j'avais fini alcoolique et assassin, massacrant vampires et collaborateurs humains. Jusqu'à ce que je rencontre Krystel, et qu'elle me force à rompre plutôt qu'à plier. Prendre soin de moi, je n'en avais jamais eu le temps ni même l'idée. Ce soir, c'était un peu par dévouement pour Cora que je me sacrifiais à ce petit procédé que je jugeais aussi futile que coûteux. Mais la jeune femme avait bien droit à une récompense, pour tous les sacrifices consentis, n'est ce pas ?


    La veille, ou plutôt ce matin, je me faisait passer à tabac par des terroristes en herbe. Et ce soir, j'allais me faire raser par une jolie nénette qui pensait que je venais ici pour me faire beau. Me faire beau. Je crois qu'en fait, c'est ça le problème. Etre beau signifie attirer l'attention. Attirer l'attention est dangereux. Je suis une ombre, je me bats mieux quand j'ai l'air le plus anodin possible. On se méfie moins. On garde la surprise plus longtemps... et vouloir être beau, en plus de ces inconvénients, dénote une posture particulière qui vise à séduire, ou au moins subjuguer. Je n'ai aucune vocation pour la séduction, ni pour l'apparât. Dans la cour et l'entourage de Krystel, je ne suis pas le courtisan ou le diplomate. Je suis le tueur, le bourreau. Je souris aux paroles de la jeune femme, de manière très avenante. Ce soir, je ne suis pas moi même. Moi même n'avait rien à foutre ici.



    | Oui, je bosse dans l'import export. On bouge beaucoup, c'est assez stressant... Du coup, je veux bien le supplément pour le massage. Ca ne peut pas me faire de mal. Par contre je vous préviens, je pratique aussi le rugby avec quelques collègues, et j'ai pas mal subi pendant le dernier match. Je suis couvert de bleus... En tous cas, je vous remercie. |


    Sous entendu, allez y doucement. Frottez ou appuyer sur une ecchymose grosse comme le poing et violet foncé, et vous allez voir comment vous allez douiller. La douleur voire la torture, j'avais été entraîné par la force des choses à y résister. Mais si je pouvais y couper... Je tournais mon regard vers elle. J'avais comprit ce qu'elle voulait dire. Je connaissais le Japon, un peu en tous cas. J'avais déjà dû m'y rendre pour la Reine, quand il était venu l'heure d'assurer une bonne fois pour toutes nos approvisionnements en True Blood.


    | Je ne sais pas trop ce que c'est, je suis moi même assez peu attaché à mon pays d'origine. J'y tiens, mais j'ai tendance à y penser de moins en moins avec le temps. Je suis Russe, et vous Japonaise, alors. Et j'imagine que nous n'avons pas vraiment l'air d'être ce que nous sommes... |


    Petite plaisanterie gentille. Incroyable. J'avais l'impression de jouer le même rôle avec Victoria, même si cela remontait à plus de sept ans. Mentir par biais de demies vérités était une de mes spécialités... D'où l'importance de ne pas avoir de vraie vie à devoir dissimuler à tout prix. Je sentais alors une odeur de cuisine. Cela me rappela que j'avais faim ; je mangerais en ressortant.


    | Je vous laisse seul maître à bord, capitaine. Je vous fais confiance pour ne pas me rendre ridicule avec ma barbe, et pour me délasser avec vos massages. Vous pourrez me raconter comment vous avez attéri ici pendant que vous officierez. |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 18:03

Rendez-vous sur le fil du rasoir


La vilaine coupure que portait mon tout nouveau client me donnait envie de lui poser des questions. Mais non ! Mais est-ce qu'elle était du à une bagarre de rue ? Non, je ne pensais pas. Ou bien la blessure avait-elle un rapport avec son travail ? Peut-être ! Après tout, je ne savais pas ce qu'il faisait de sa vie. Bref, alors que diverses interrogations me venaient à l'esprit, je choisissais de ne rien demander. Pour le moment ! Car il faudrait bien que je lui demande par la suite si la blessure était douloureuse. Sûrement, car à première vue elle semblait récente ! Enfin, c'est ce que je pensais mais je n'étais pas médecin et pouvais très bien me tromper. Il faudrait juste que je fasse attention de ne pas faire mal à mon client lorsque je lui ferais le soin hydratant finalisant le rasage.
Cependant, je n'en étais pas encore là et j'écoutais avec attention les paroles du quarantenaire. Il en avait de la chance de pouvoir bouger ! J'entendais par là qu'il n'avait pas l'air de s'ennuyer et qu'il devait faire plus d'heures en une journée que je ne devais en faire en une semaine. Mais je ne désespérais pas, ma clientèle se faisait petit à petit. Il fallait juste que je sois patiente... Enfin, c'était plus facile à dire qu'à faire car je n'avais jamais été d'un caractère passif et je n'aimais pas attendre. Je pourrais demander aux autres méta de me faire de la pub auprès de leur connaissances ; après tout on était censé s'entraider.

Je souris à mon client en l'entendant dire qu'il acceptait un massage mais me prévenait que son dernier match de rugby entre collègues ne l'avait pas laissé sans bobos. Là encore je devrais faire attention ! Je ne pensais pas qu'il apprécierait que le massage se transforme en séance de torture. Mais j'avais exactement ce qu'il lui fallait... Il s'agissait d'une huile non grasse de massage décontractant musculaire. Le produit parfait pour détendre des muscles noués et contractés par un effort ou une longue journée de labeur.



- C'est noté, je veillerais à ne pas transformer cet instant de détente en un moment de supplice. Et je sais déjà quelle huile je vais utiliser, expliquais-je. C'est une véritable merveille pour dénouer les tensions musculaires.


Le quarantenaire avait ensuite complimenter mon intérieur... Mon refuge à vrai dire ! C'est lui qui me rappelait mes racines. Et le déracinent était encore récent et je l'avoue, il m'arrivait de regretter mes amis, mon boulot et ma ville. Mais comment aurais-je pu continuer à vivre là-bas sans eux ? C'était impossible surtout que j'avais toujours vécu sous le même toit que mes parents. Mais non ? Ne pensez pas que je déprimais. Nostalgique peut-être ! Mais déprimée ? Sûrement pas ! J'aimais trop la vie pour ne pas la croquer à pleines dents !
Mon client m'expliqua alors qu'il n'était pas très attaché à son pays ! Je fus surprise de l'entendre me dire qu'il était russe car il n'en avait absolument pas l'air. Et j'eus un léger rire lorsqu'il évoqua le fait que nous étions différents de ce que nous semblions être.



- Effectivement, les apparences sont souvent trompeuses, avouais-je. Jamais je n'aurais imaginé que vous puissiez être russe. Je vous aurais plutôt vu natif du Royaume-Uni. Et oui, je suis bien une japonaise... originale je vous l'accorde.


Originale oui ! Et encore plus avec mon statut de métamorphe... Mais ça je ne pourrais jamais le dire à voix haute, surtout pas devant un étranger. Étranger qui était un client dans le cas présent ! Ce dernier m'informa d'ailleurs que je pouvais faire comme bon me semblait concernant le soin et je pris le parti de débuter ce dernier de suite... Surtout qu'il serait suivi d'un massage ! Avec un nouveau sourire, je passais devant l'homme avec l'intention de le conduire dans la chambre qui était devenu un espace spa zen.


- Dans ce cas Monsieur Rawne, je vous laisse me suivre. Je me dirigeais vers la pièce préparée plus tôt. Au fait, moi c'est Dafné. Je le précise car il n'est indiqué que par une initiale sur ma carte. Je vous laisse vous installer, dis-je en indiquant le fauteuil confortable tandis que nous arrivions dans la pièce. Je vais faire chauffer la serviette qui va me servir à  préparer votre peau, expliquais-je en faisais couler l'eau.


Je me souvenais alors qu'il m'avait que je pourrais lui raconter comment j'avais atterri en Écosse ! L'histoire était bien loin d'être joyeuse et était beaucoup en rapport avec les métamorphes car c'est eux que j'étais venue chercher ici après le décédé de mes parents et après avoir appris que le cousin écossais de mon père avait lui aussi quitter ce monde. Cependant, j'avais vu l'Ecosse autre que comme une terre d'exil il y avait quelques années.


- Vous avez-vous déjà eu un coup de foudre ? demandais-je spontanément avant de continuer. Moi oui, lorsque je suis venue voir la famille de mon père, ici, en Écosse. Je suis tombée amoureuse de ce pays si différent de mien. Et il y a un an, quand j'ai eu un besoin vital de changement, je me suis souvenue de ces terres qui m'avaient tant émerveillées.


Souriante je revenais auprès de mon client, une serviette chaude à la main.



Dernière édition par Dafné O'Connell le Sam 14 Sep - 22:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 19:27

    Mon hôte était très souriante, mais très jeune aussi. Probablement que ces deux caractéristiques allaient ensemble, tout du moins il me semblait que c'était le cas. Mieux valait ça que l'inverse, qu'elle ne soit pas aimable et qu'elle tire une gueule de dix pieds de long. Ce qui m'étonnait le plus à vrai dire, c'était cette jeunesse en Ecosse (d'ailleurs pas forcément issue de ce pays) qui se montrait vive et entreprenante, clairement pas désillusionnée alors qu'on réchappait tout de même d'un conflit vieux de presque sept ans qui avait été destructeur et terrible pas tant par son ampleur que par son intensité. Après tout, ce n'était pas une guerre comme le monde en avait déjà connu. Pas de réelle ligne de front, pas de positions établies ni d'idéologiques politiques. On en était revenu aux fondamentaux de la conquête territoriale par la terreur, par la contamination biologique. Des espèces qui tentent de se supplanter mutuellement. Qui s'écharpent une fois la nuit tombée, et qui font chuter gouvernement après gouvernement. Les humains avaient servi de base commune à la contamination et donc au renouvellement des protagonistes. Leur mort servait les démons à appeler d'autres de leurs congénères tandis que les loups garous et les vampires en avaient transformé à tour de bras pour remplacer leurs pertes. Les humains avaient fini par se reprendre, et un important effort politique et industriel avait permis à l'armée de regagner le terrain perdu en massacrant le personnel des autres factions. Les rues avaient parfois été recouvertes de corps et les maisons criblées d'impacts. Mais aujourd'hui, près d'un an après la fin, les destructions mineures et le morts avaient été déblayés. Il ne restait aucune trace du récent carnage, les lieux commémoratifs n'étant même pas encore décidés politiquement parlant. Incroyable donc, de voir des gens sourire quand on voyait le contexte qui les avait vu grandir et vieillir. Dénouer les tensions musculaires ? Ce genre de conversation me semblait totalement surréaliste. Krystel éclaterait probablement de rire en me voyant de la sorte, un peu perdu et ne sachant pas quoi faire ni quoi dire, et pire encore, je ne savais même pas quelle posture adopter dans ce genre de situation.


    | Hum et bien... On verra ça. Je ne suis pas non plus en sucre, faites ce que vous avez à faire, je m'en accomoderais très bien. Je suis là pour ça, après tout. |


    Un peu stupide quand même. Je la prévenais que j'étais blessé un peu partout, et donc qu'elle devait faire attention, tout ça pour lui dire d'y aller comme elle devait le faire juste après ! J'étais vraiment déplacé dans ce genre d'environnement bizarroïde. L'esthéticienne se marra quand je lui dis que j'étais russe et non anglais, et que ni l'un ni l'autre n'étions semblable à ce que nous paraissions. C'était vrai. Elle devait être née de parents européens, ce qu'elle me confirma très vite. Pourtant, son apparence avait quelque chose d'exotique au delà même de son tablier. Je la regardais, dubitatif.


    | Vous êtes du Japon et vous avez trouvé le moyen d'échouer ici ? Vous avez l'air impayable, c'est bien la première fois que je rencontre quelqu'un qui est venu en Ecosse de bon cœur après tout ce qu'il s'y est passé. |


    Bon, la guerre était mon quotidien mais quand même. Là, je ne m'attachais finalement qu'à dire quelque chose d'anodin mais il fallait que je prenne garde à ne pas trop faire dériver la conversation. Souriante comme toujours, la jeune femme passa devant moi et je lui emboitais le pas. Elle me fit entrer dans la pièce où elle bossait, et je sifflais. C'était sympa. J'entrais peu à peu dans la peau du personnage que je me créais ce soir.


    | Enchanté. Moi, c'est Philipp. |


    Ma fausse identité me servait une fois encore. Torben était sensé être mort. Philipp était le nom de son fantôme polymorphe. Je m'installais sur le siège, me demandant si je devais faire autre chose pour me préparer. Peut être plutôt pour le massage, non ? Quand Dafné revient, je suis sous le choc de sa question. Je n'en montre rien, mais je suis troublé. Un coup de foudre ? Je ne dis rien tandis qu'elle prépare le truc. Elle me parle de l'Ecosse. Je soupire doucement.


    | oh oui, j'en ai eu un. Mais c'était il y a longtemps, et ça n'était jamais qu'un mirage. Puisse le vôtre durer plus longtemps. L'Ecosse est un beau pays, les gens sont biens... Quand ils s'entendent. En tous cas, ça va vous changer! |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 10 Sep - 22:01

Rendez-vous sur le fil du rasoir


Je me rendais vite compte que mon nouveau client allait me demander une attention toute particulière. Déjà, il semblait de plus en plus évident qu'il n'était pas un habitué de ce genre de service. Peut-être aimait-il découvrir de nouvelles choses, un peu comme moi quoi. J'étais une curieuse immodérée ! J'aimais découvrir et tester la nouveauté. Bref, revenons-en à mon client. Je disais donc que je devrais lui apporter une attention particulière à cause de son manque d'expérience dans le domaine du bien être mais aussi parce qu'il avait l'air amoché plus que je ne l'avais pensé. Je ne devinais pas cela, c'est tout simplement lui qui venait de me parler des séquelles de son dernier match de rugby. Autant dire que j'allais devoir innové car je n'avais jamais masser une personne couverte de bleus et ecchymoses. J'espérais juste que je n'allais pas me loupé car je ne voulais pas lui laisser une mauvaise impression. Bah oui quoi ! Mauvaise impression égal mauvaise publicité pour ma pomme. Je lui avais donc confirmé que je ferais attention et là, il changeait d'avis ? Euh... Oui, c'est ce que l'on aurait dit !
Je voulais bien croire que ce bel homme n'était pas en sucre mais je voulais faire en sorte que cette séance se passe bien. Donc, maintenant qu'il m'avait prévenu, j'allais forcément faire attention. Et puis, des bleus ou ecchymoses ne passent pas inaperçus et dans tous les cas je n'aurais pas effectué mon massage comme je le faisais habituellement. Je prenais le parti de répondre à mon client de façon sincère et spontanée. De manière très Dafnéique quoi !



- Oui, vous verrez. Et concernant le fait que vous n'êtes pas en sucre, je veux bien vous croire, répondis-je en l'observant. Vous n'avez nullement l'apparence d'un homme frêle.


Oui, j'avais toujours tendance à dire ce que je pensais et surtout comme ça me venait. C'était selon moi le meilleur moyen de se faire comprendre sans qu'il n'y ait des quiproquos qui viennent semer le doute. Après, j'espèrais que mon franc parlé serait aussi bien accepté ici que par mes anciens amis ou clients nippons.
D'ailleurs la conversation en était venue à nos origines originales. Je n'aurais pas parier un cent sur le fait que Monsieur Rawne est pu être russe. Bien sûr, j'aurais pu avoir un doute vis à vis de son nom de famille qui n'avait aucune connotation anglophone. Mais je l'avoue, je n'ai pas eu ce déclic. Son apparence faisait trop britannique pour que je puisse l'imaginer venir d'ailleurs. Lui aussi paraissait dubitatif par rapport à moi et cela m'amusa. Il reprit alors la parole pour évoquer d'un sujet assez sérieux, du moins de mon point de vue. J'étais venue m'échouer ici pour retrouver une famille ! Pas celle qui partage les liens du sang car j'étais maintenant seule mais celle qui partageait les mêmes gènes... Je faisais bien entendu allusion aux méta mais ça je ne pouvais pas lui dire. Je me contentais de sourire une nouvelle fois avant de dire simplement.



- Les choses de la vie nous font parfois agir de façon étonnante... Et ça a été mon cas ! En plus, en arrivant en Écosse je pensais retrouver quelqu'un mais ça ne s'est pas fait !


Bah oui ! Le cousin de mon père, métamorphe bison, avait été tué à la toute fin des années sanglantes. Je ne savais pas par qui, ni où, ni comment et je me doutais bien que jamais je n'aurais ses réponses. Cela étant dit, je n'avais pas voulu parler de décès à mon client car il était là pour se détendre et non pas pour entendre les tristes anecdotes de ma famille disparue.
Sur ce, je conduisis mon client dans mon espace spa en prenant soin de me présenter. Je trouvais qu'avec « l'intimité » qu'imposait les soins il étaient plus logique que l'on s'adresse à moi comme à une amie, c'est à dire en usant de mon prénom. Je souris en l'entendant siffler à la vision de la pièce. Oui ! C'est vrai que j'avais fait un bon boulot dans cette ancienne chambre. Ainsi donc, il s'appelait Philippe. Hmmm... Étonnant ! J'aurais pensé à un prénom plus... plus original sûrement. Je ne lui faisais pas part de cette pensée et lui retournais un
« Enchantée aussi ! » Je vaquais ensuite à mes occupations alors que le quarantenaire s'installait. Je lui posais une question concernant les coups de foudre pour lui expliquer que le mien avait été l'Écosse, sans préciser qu'il datait d'il y avait déjà plusieurs années. Tandis que je revenais auprès de lui avec la serviette chaude, il me parla d'un coup de foudre qui s'était révélé être un mirage. Tout en l'écoutant, je fis légèrement bascule le fauteuil en arrière et protégeais les vêtement de Philippe.


- Je vais préparer votre peau maintenant, la serviette est chaude mais juste ce qu'il faut, expliquais-je avant de la passer délicatement sur le visage du quarantenaire. Ce n'était peut-être pas qu'un simple mirage à son commencement, dis-je simplement. Pour ce qui est du coup de foudre, il est toujours éphémère selon moi. Intense mais court. Le mien m'aura permit d'accéder à une nouvelle vie... Une complètement différente de la première !


Oui, voilà quelle était ma façon de penser depuis le décès de mes parents ! J'ai eu une vie avec eux et une nouvelle après leur mort... Dans la première, j'étais couvée, chérie et surtout protégée au-delà de toute espérance et j'avais maintenant cette vie en Ecosse. Et dans cette dernière, je devais me débrouiller et survivre comme une grande. Cependant, je n'étais pas tout à fait seule ! Les autres métamorphes avaient créé une communauté et j'en faisais partie depuis peu, quelques jours à vrai dire.
Je posais la serviette et prenais en main mon blaireau et le savon. Avant de commencer je préciser à mon client.



- Le savon va être un peu froid.


J'agissais comme on nous l'avait appris à l'école car je trouvais ça logique. Le bel homme avait vu sa peau être réchauffée et la différence avec le savon allait se faire légèrement sentir. Je ne voulais pas qu'il soit surpris. Une fois l'information fournie, j'appliquais la crème tout doucement, en effectuant des mouvements circulaires.



Dernière édition par Dafné O'Connell le Sam 14 Sep - 22:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mer 11 Sep - 0:26

    Dafné se fit rassurante par rapport à ce que je lui dis sur mon état et ma condition physique, amoindrie par quelques mauvais coups. S'imaginait elle seulement qu'elle avait sous son toit un tueur renommé, l'âme damnée de la Reine des vampires en personne ? Clairement pas. Je lui avais donné une fausse identité, et elle venait d'arriver. Il y avait encore moins de chances d'être reconnu ici qu'ailleurs, ce qui était assez précieux pour quelqu'un dans ma position. Quoiqu'il en soit, j'écoutais ce qu'elle avait à me dire de sorte à pouvoir comprendre un peu mieux ce qui allait m'arriver. Entrant totalement dans la peau de mon personnage, je lui souris d'un air charmeur et satisfait quand elle me complimenta sur mon apparence, de manière détournée certes mais c'était sensé faire plaisir à tous les hommes, non ? Je n'avais pas besoin de chercher bien loin ma réponse. SI je n'avais plus les memes réflexes de conquistador dont j'avais pu autrefois disposer, je n'étais pas un gamin naïf et innocent. Je savais très bien ce qu'il se passait dans la tête des adultes. J'étais même forcé de le savoir, pour la simple et bonne raison que cela me permettait de mieux faire mon travail. Comme le matin même, quand j'avais compris en un instant que les types allaient dégainer plutôt que se défendre physiquement. Ce genre de compréhension de la pensée humaine était précieuse, même si elle n'était pas la même chez moi en dehors d'une situation de combat ou de danger qu'en compagnie d'une femme qui devait pas avoir loin de deux fois mon âge et dont j'ignorais presque tout.


    | Je vous remercie du compliment, je fais ce que je peux pour garder la forme... Et vous n'êtes pas mal non plus, si vous permettez ! |


    Ok, l'ancien Torben était un gros lourd. Ce qui me sauvait à chaque fois à l'époque c'était mon sourire, qui étrangement accompagnait avec brio les trucs les plus horriblement lourdingues que j'avais pu sortir à des femmes juste pour qu'elles et moi faisions un peu de rodéo sauvage. Dafné piqua un peu ma curiosité naturelle et professionnelle aussi quand elle me dit qu'elle était venue en Ecosse pour retrouver quelqu'un. Est ce que cela avait un rapport avec les pertes engendrées par les Années Sanglantes, ou quoi d'autre ? Cela dit, elle ne semblait pas y attacher tant d'importance que ça. La personne qu'elle était venue retrouver ne devait pas compter tant que ça pour elle en parle de manière aussi désinvolte. A moins qu'elle était excellente actrice, ce qui pouvait forcément arriver quand on exerçait un métier aussi social que celui qu'elle faisait.


    | Ah oui ? Un homme, peut être ? |


    Je me faisais indiscret mais mon ton aussi bien que mon regard indiquaient que ma question était détournée, et qu'elle sonnait comme une plaisanterie ou une taquinerie bien innocente (ou alors pas du tout). En tous cas, elle ne pouvait se formaliser de la forme qu'avait pris mon interrogation. Quand elle revint et que je restais un instant méditatif quant à son interrogation sur les coups de foudre, Jana, tout ce qui avait suivi. Me détacher du passé n'avait dans le fond servi à rien. J'y étais toujours ramené d'une manière ou d'une autre. Peu importait, Dafné protégea mes vêtements et m'expliqua qu'elle allait me préparer. J'hochais la tête à se explications tandis qu'elle m'humidifia la peau avec la serviette chaude. Elle me fait part de ses considérations sur le coup de foudre, et sur son existence.


    | Non effectivement. Mais ça ne l'est jamais au début. Pourquoi vous dites ça ? C'était quoi, votre vie d'avant l'Ecosse? |


    La jeune femme me prévint de la fraîcheur du savon avant de m'en étaler sur le visage.


    | Je suis content que vous ayez trouvé le temps pour moi. J'adore me faire raser, je préfère ça à presque tout le reste. Et pour l'intant, je dois dire que c'est plutôt agréable, avec vous. |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mer 11 Sep - 21:37

Rendez-vous sur le fil du rasoir


Dès le début de cette rencontre avec Monsieur Rawne je notais une différence qui me prouvait qu'un client homme n'impliquait absolument pas le même comportement qu'avec une femme. Il n'était pas rare que je complimente mes clientes sur leur tenue, sur leur coupe de cheveux mais jamais sur leur physique. Avec le quarantenaire, c'est ce qui venait de se passer ! Mais c'est lui qui m'avait tendu une perche en déclarant qu'il n'était pas en sucre. Et s'il était indiscutable qu'il avait probablement le double de mon âge, cela me m'avait pas empêcher d'observer mon client et de constater qu'il avait un physique fort agréable à regarder. Et puis, si j'ai des yeux, c'est pour regarder non ? Alors ne commencez pas à cancaner à mon sujet ! Bref, ne nous égarons pas.
La réalité était assez intéressante pour que je ne me perde pas dans mes pensées, surtout que Monsieur Rawne venait de me complimenter à son tour après m'avoir expliqué qu'il faisait son possible pour garder la forme. Je faisais moi aussi du sport pour être en bonne condition physique. Je n'avais jamais aimé le laisser-aller et n'étais pas assez calme pour rester à ne rien faire. Le sport était donc un bon défouloir selon moi.



- Je vous remercie, dis-je tout naturellement. Et vous concernant, ce que vous faite vous réussi très bien !


D'ailleurs, je me demandais s'il s'adonnait à d'autre sport en dehors du rugby entre collègues. J'imaginais qu'il devait, en plus de ça, s'exercer quelques fois par semaine à la musculation et au renforcement musculaire. Entre deux rendez-vous sûrement car il m'avait dit qu'il avait un emploi du temps très chargé. Après, il pouvait pratiqué un tout autre sport s'il était en couple ou même s'il ne l'était pas ! Quand on le regardait bien, il était évident qu'il ne devait pas avoir de mal à séduire ces dames. Euh... Je m'égarais encore là. Un peu de professionnalisme non mais ! J'aurais eu l'air fine s'il avait été télépathe tiens ! D'ailleurs, ça je ne pouvais même pas le savoir mais j'imaginais que non. Dans le cas contraire, cela aurait- voulu dire que je recevais sous mon toit un semi-démon ! Quelle horreur, je n'osais même pas y penser.
Mon client m'avait ensuite interrogé sur le pourquoi du comment j'avais atterri ici. Je me rendis bien vite compte que je devrais rester vigilante dans mes réponses car ma venue n'était pas hasardeuse. Non, elle était née de mon envie de retrouver d'autres métamorphes. Je n'avais visiblement pas l'habitude de me retrouver isolée ! Mais quoi de plus normal lorsque l'on a vécu pendant 22 ans sous le même toit que ses parents méta ? Je mentis donc légèrement mais cela sembla attiser davantage la curiosité du quarantenaire qui voulu savoir si j'étais venue pour un homme. J'eus un léger rire cristallin.



- Oui ! Je suis venue pour retrouver un homme... mais rien à voir avec une quelconque romance, précisais-je amusée. Je suis arrivée ici avec l'idée de faire la connaissance d'un membre éloigné de ma famille. Un cousin de mon père que je n'avais jamais vu ! Malheureusement j'ai appris qu'il n'était plus de ce monde depuis peu.


J'avais eu un ton sérieux sur la fin de mes explications avec une pointe de tristesse mais je ne pouvais pas être malheureuse ! Cela ne l'aurait pas fait devant mon client et je ne connaissais pas ce fameux cousin. Je trouvais triste de ne pas avoir eu l'occasion de le connaître mais je n'arrivais pas être à triste à proprement parler. Il est impossible de pleurer la perte d'une personne que l'on ne connait pas selon moi. Mes explications terminées, j'avais conduit Philippe dans l'espace spa et le soin avait pu commencer.
Le sujet de notre conversation était un de ceux qui concernent les femmes comme les hommes. Les coups de foudre ! J'avais un avis bien arrêté à ce sujet et mes paroles durent peut-être le prouver car le quarantenaire m'interrogea de plus belle. Il était presque aussi curieux que moi ma parole ! Mais je ne m'en plaignais pas, j'avais toujours aimé discuter pendant mes séances. Tandis que je préparais le savon, je lui avais répondu...



- Le coup de foudre est, pour la plupart du temps, trop intense dès le début et surtout il ne laisse voir que ce qu'il y a de plus beau. Le temps amène les défauts qui n'étaient pas visible au premier abord et c'est souvent à ce moment que les choses tournent mal... expliquais-je. Ma vie au Japon, c'était celle de l'innocence et de la non-responsabilité ! J'habitais chez mes parents et j'étais chouchoutée comme pas permis puisque fille unique.

J'avais été vague concernant ma réponse quant à ma vie d'avant et avait pris soin de ne pas laisser entendre que mes parents étaient décédés. Je ne voulais pas passer pour la pauvre petite orpheline.
Mon client réussi à me faire sourire une nouvelle fois en se disant content que j'ai pu lui proposer un rendez-vous. Posant le blaireau et le savon, je récupérais le rasoir et revenais près de Philippe. Je lui dit que j'allais commencer le rasage...



- Vous êtes un client plaisant, dis-je sincèrement. Je suis ravie d'apprendre que vous appréciez mes compétences et j'espère qu'il sera de même pour le résultat final.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 17 Sep - 22:12

    La jeune femme semblait plus qu'intéressée par le spectacle tout relatif que je lui offrais ainsi sapé. J'étais habillé de façon totalement anodine et n'était pas rasé de près. J'avais un corps neuf cependant, totalement débarassé des cicatrices d'autrefois. L'avantage d'avoir eu à reformer un corps à partir de presque rien question apparence. Baigner dans une cuve de sang de vampire constamment réapprovisionnée aux frais de la Reine était un traitement spécial, qui n'avait jamais été tenté qu'avec moi j'en étais convaincu. Cela faisait il de moi l'humain le plus précieux à avoir jamais servi la Reine ? Peut être, peut être pas. Ce n'était pas la vraie question. Celle que je m'étais posée par la suite, avait été de savoir s'il avait fallu aller jusqu'à tuer un vampire pour récolter autant de sang, et combien Krystel avait elle elle même sacrifié pour me voir revenir au lieu de mourir. Biologiquement, j'étais donc comme neuf à l'extérieur, puisqu'il avait fallu que mes muscles se regénèrent ainsi que la quasi totalité de ma chair et de mon épiderme. Je n'avais plus de masses de tissus cicatriciels là où j'avais autrefois subi des coups de feu, des morsures de vampire – pas pour se nourrir mais pour tuer, autrement plus dangereux –, coups d'armes blanches, brûlures, blessures diverses. Les shrapnels et autres éclats de Tchétchénie ou des attentats en Ecosse. Plus rien de tout cela. Krystel avait fait de moi un homme neuf sous son emprise. Nous avions pu nous mettre d'accord sur l'ensemble de ce que ma renaissance devait comporter, de ce que cette résurrection devait amener. J'étais devenu sien, mais elle ne serait jamais mienne au même point. Je l'avais accepté pour avancer. Mais depuis que les germes portées par la fielleuse voix de Caim avaient pénétré mon âme alors que j'aidais le Roi à le bannir de notre réalité, je ne pouvais nier que je me découvrais parfois des... Impulsions. Des désirs personnels, en permanence contrebattus par ma force d'âme et ma probité. J'étais un tueur, pas un courtisan. Un outil. Voilà ce que j'étais et ce que je m'attachais à être. J'avais depuis longtemps saisi qu'il existait un ordre naturel aux choses. Quelle était la place de ma partenaire?


    | Arrêtez donc de me flatter, je suis déjà conquis aucun besoin d'en rajouter! | dis je en la taquinant de toute évidence.


    Comme si je rougirais de compliments. Je m'en fichais totalement, pour la simple et bonne raison que je ne me définissais pas en tant qu'individu. Qu'on vante mes compétences était quelque chose, mais les compétences ne sont pas des caractéristiques propres à un individu ; leur principale caractéristique est justement qu'elles peuvent être partagées. Bref. Tout ça pour dire que mon physique ne m'intéressait pas autrement que par son apparente banalité. Un type aux traits un peu durs, au regard sombre et à la barbe de trois jours cheveux souvent ramenés sur l'arrière, ça court les rues. Et ce qui court les rues a moins de chances d'être identifié et tué pour ce qu'il est vraiment au fond de lui, sous ce masque permanent parfois impossible à conserver. La jeune femme rit à mes paroles, m'expliquant avec humour les raisons de sa venue.


    | Oh, je suis sincèrement désolé. C'est vrai qu'avec tout ce qu'il s'est passé ici depuis dix ans... Beaucoup de gens sont morts. |


    Et beaucoup de mon fait, directement ou non. Dafné m'expliqua son existence d'avant. Si seulement elle avait la plus petite idée de la mienne...!


    | Tout change... Avant, j'étais marié, j'avais des projets. Mais ma femme est partie, elle a disparu pendant des mois. Je devenais fou, je ne savais plus quoi faire. Ca a été pire quand j'ai appris qu'elle se remariait. Son troisième mariage à venir sans doute, me laisse plus indifférent. J'ai appris à ne plus trop attendre après les gens en règle générale. |


    J'avais donné des détails circonstanciés dans mon récit de vie, ce qui rendait le mensonge qu'était mon personnage autrement plus convaincant ! Les choses étaient notablement plus compliquées ; ma folie m'avait fait commettre des meurtres de masses et un véritable nettoyage ethnique anti-vampires, avant de me mener au delà du royaume de la folie. Et Jana ne m'était jamais revenue. Je souris à ses paroles suivantes. D'un air un peu séducteur, mais l'air du quarantenaire qui ne sait pas s'y prendre, je lui lachais une réplique phare


    | Et encore, j'ai hâte de voir ce que valent vos mains dans un massage... Je vous préviens, je suis très noué... |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Ven 20 Sep - 0:16

Rendez-vous sur le fil du rasoir


Le rendez-vous version « mâle » se passait plutôt bien, pour ne pas dire très bien ! J’avais craint de ne pas savoir de quoi parler avec Monsieur Rawne mais je m’en sortais plutôt pas mal. Enfin, je n’avais pas dit grand-chose excepté quelques compliments parfaitement sincères. D’ailleurs, je me rendais compte que tenir ce genre de propos n’était peut-être pas très professionnel ; mais mon client ne s’en plaignait pas cela étant dit ! Enfin, je me promis de devenir un peu plus sérieuse dans la suite de la discussion. Je n’étais pas très douée pour placer la limite avec mes clientes et j’avais tendance à débordé sur l’amical. Elles ne s’en plaignaient pas car la plupart d’entres elles aimaient me parler de leurs enfants, d’un futur mariage ou même d’une peine de cœur. Cependant, c’était peut-être par la bonne manière d’agit avec un homme ! Tout aussi séduisant qu’il fut…
Je souris à sa taquinerie qui consista à me demander d’arrêter de le flatter car il était déjà conquis. Je ne répondis pas de suite, trop concentrée sur le rasage. Certaines zones demandaient plus de maîtrise, surtout au niveau de la gorge. Une lame aiguisée comme je l’avais entre les mains pouvait très vite devenir dangereuse pour une jugulaire. Je rinçais le rasoir et passais de l’autre côté.



- La flatterie c’est essayé de plaire en usant de louanges excessives, déclarais-je souriante. Pour ma part, je me contente de dire comment vous m’apparaissez, je n'y peux rien si vous êtes charmant !


Euh… ? Est-ce que c’était plus sérieux ça ?! Je n’en étais pas vraiment sûre et je me re-concentrais donc sur le visage de Philippe. Je venais de terminer le premier passage au rasoir et il me fallait changer l’eau du bol. Tout en m’activant à cette occupation j’écoutais l’homme me dire qu’il était désolé d’apprendre le décès de la personne que j’étais venue retrouver. Je revenais vers lui, et posais le bol sur la tablette près du fauteuil.
Je continuais mon travail tout en prenant la parole. Mon client n’avait pas à être désolé ! Je voulais qu’il soit détendu et ravi d’être ici, à se faire bichonner par ma petite personne.



- Merci, dis-je simplement. C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de gens tués durant ces dernières années, j’en ai entendu parlé même à l’autre bout du monde ! C’est triste. Je marquais une pause. J’espère que cette paix va perdurer !


Et que cette soirée chaotique à Glasgow n’était qu’un fait isolé ! Mais ça, bien sûr, je n’en parlais pas… Il n’y avait rien de relaxant à parler de morts et autres horreurs. Philippe reprit très rapidement la parole mais pour me parler de sa vie personnelle. Alors comme ça sa femme était partie ! J’étais étonnée d’entendre cela car le quarantenaire avait l’air d’être un homme gentil… un peu trop peut-être ? Qui sait ? Il n’avait peut-être pas fait preuve de la fidélité qu’impose le mariage !
Ou alors, c’était sa femme qui avait été volage ! Et à entendre les paroles de Philippe, il me semblait que cette éventualité était la plus envisageable. Mais je ne dis rien à ce sujet !



- Il ne faut pas dire ça ! Toutes les personnes ne sont pas à mettre dans le même sac. Je marquais une pause en m’affairant de nouveau du côté de la jugulaire. Je suis sûre qu’une séduisante femme est là, quelque part, à attendre de vous rencontrer.


Bah oui, un homme tel que lui ne pourrait pas finir sa vie tout seul… Sauf s’il le décidait bien entendu ! En tout cas, il aimait se montrer séduisant. Je n’allais pas m’en plaindre car je préférais ça à un homme qui aurait fait la tête tout le long du soin. Je posais enfin le rasoir ! J’eus un léger rire en l’entendant dire qu’il était noué…


- Et bien je vais dénouer tout ça dans quelques minutes. Vous aurez l’impression d’avoir eu une semaine de vacances relaxante, déclarais-je. Mais avant cela, je vais finir le rasage par un soin hydratant.


Passant près de mon client, je pris les produits nécessaires à l’élaboration du soin en question.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Dim 22 Sep - 20:01

    J'étais sur la bonne voie, semblait il. La bonne voie pour quoi exactement je n'en savais rien encore, mais je me sentais encore en position de force, suffisamment en tous cas pour me sentir plus qu'à l'aise pour ce qui pourrait se passer ensuite. Etre le seul à chercher à dominer un échange, à retenir ses propres informations tout en essayant de connaître celles d ela personne que j'avais en face de moi. Fondamentalement, il n'y avait aucun enjeu particulier à cet échange que nous avions. Mais ma nature elle même en plus des prérogatives dûes à mon statut et à mon rang me poussaient fatalement à vouloir dominer tout le monde en toute chose. Parce que c'était le seul moyen de conserver la vie, et de ne pas trop perdre de temps et de précautions à faire des choses qui, en étant en tête, allaient de soi. Bref, tout ça pour dire que je me sentais bien à cette position. Elle me rasait, mais elle n'avait aucun pouvoir sur moi. C'était rafraîchissant pour moi de rencontrer quelqu'un qui ne cherchait en aucune manière à me dominer de quelque manière que ce soit. Quoiqu'il en soit, j'étais satisfait de la tournure que prenaient les choses. Cora serait satisfaite, encore que je n'avais essayéque le rasage. Mais comment cela pourrait il être mauvais, quand on voyait déjà comment Dafné maniait une lame de précision plutôt que des bandes de cire et autres joyeusetés féminines ? La jeune femme continua à me complimenter, ce qui me laissa dire qu'effectivement je ne la laissais pas indifférente. Je voyais Dafné se concentrer et nettoyer le rasoir à intervalles réguliers pour pouvoir couper les poils qui poussaient sur la peau de mes joues, de mon menton et de mon cou. Elle continua d'ailleurs de me faire du charme. Etrange comment cette rencontre évoluait, moi qui n'avait jamais rien de ce genre d'ordinaire. Non pas que je ne le voulais pas, simplement que ce n'était pas dans mes objectifs et qu'en sus, je passais plutôt mon temps à tuer des gens qu'à essayer de m'en faire des amis.


    | Si vous continuez comme ça, je vais finir par vous inviter au restaurant... Ce n'est pas fort dans mes habitudes de me faire complimenter de la sorte. |


    Illustration parfaite de ce que je disais un peu plus tôt sur la performance de ma couverture. Celle ci était si élaborée que personne ne parvenait à voir au travers, et surtout que je parvenais tout à faire à rebondir selon les évènements sur les paroles de mes interlocuteurs. Il me semblait primordial de souligner que je devais être cohérent avec cette couverture sous peine de la perdre : je m'étais montré ouvert et intéressé par les compliments de Dafné j'étais fondamentalement obligé de poursuivre sur cette voie maintenant. Je ne souris pas aux paroles de la jeune femme lorsqu'elle évoqua la guerre. J'aurais pu sortir un mensonge, bien sûr, mais rien ne serait plus efficace que le silence pour me la mettre dans la poche. Si j'aurais dû dire la vérité... Je lui aurais sans doute dit que la paix durera aussi longtemps que les vampires ou les loups garous n'aient recomplété leurs forces, ou que les humains ne se soient décidé à enfin exterminer leurs ennemis. Dans un cas comme dans l'autre, la reprise des hostilités me détruira probablement pour de bon. Dafné rebondit sur ses paroles. Comment réagirait elle si elle savait que j'étais lié à la Reine des vampires, la plus belle femme du monde, ainsi qu'à une ancienne prostituée que j'avais moi même formée à devenir une tueuse et une espionne pour la dite Reine ?


    | Sans doute, mais je ne pense pas que ça soit aussi simple, malheureusement. |


    Ca ne l'était jamais. Je la taquinais quand elle me parla du massage.


    | C'est con comment l'image qu'on a de la masseuse, c'est la fille sous les tropiques, qui va s'occuper de ces messieurs dames sous leurs parasoles en bikini.. J'aurais ça, moi aussi? |


    Je la taquinais, bien sûr. Mais j'avais quand même hâte qu'elle me remette le tout en place.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Lun 23 Sep - 21:55

Rendez-vous sur le fil du rasoir



De mon point vue, je commençais à penser qu'il était tout aussi agréable d'avoir une clientèle se composant de femmes et d'hommes. J'avais été incertaine quant au déroulement du soin mais maintenant que j'étais en pleine action je devais reconnaître que je n'avais rien à redire ! J'espérais même que mes clients futurs seraient tout aussi agréable et séduisant que Monsieur Rawne mais je savais d'avance que je rêvais. Nous ne vivions pas dans le monde merveilleux des Bisounours et j'avais moi aussi mon lot de clients bizarres, désagréables et autres... C'est donc sûrement pour ça que j'en profitais ce soir ! Le premier homme que je recevais était canon, gentil et séducteur... La chance quoi !
Car oui, j'aimais le jeu de la séduction... C'était l'un de mes préférés ! Cependant, il fallait tout de même que je ne m'égare pas trop car j'étais en train de bosser. C'est sûrement le fait d'être chez moi qui me faisait oublier ceci. J'avais toujours travailler en salon et aucune de mes clientes qui étaient venues ici n'avaient eu assez de sex-appeal pour me séduire ! Je souris au bel homme lorsqu'il parla d'une invitation au restaurant et j'eus un léger rire en l'entendant dire qu'il n'avait pas l'habitude de faire complimenter. Je m'arrêtais dans mon occupation pour bien l'observer...



- Je ne pense pas qu'il serait sérieux de ma part d'accepter une invitation d'un client, déclarais-je en souriant. Et comment faites-vous pour échapper aux compliments de ces dames ? Vous ne travaillez qu'avec des hommes et courrez vous enfermez chez vous une fois le boulot fini ? Parce que sinon, je ne vois pas ? A moins que les anglaises ne sachent pas reconnaître un bel homme !


Bon, je vous l'accorde ! Je ne savais vraiment pas où se situait la limite du professionnalisme et de la drague aujourd'hui... Mais ce n'était pas de ma faute ! Oui, j'étais en charmante compagnie et à une heure tardive. Heure à laquelle j'aurais du être dehors en train de boire un verre. Donc, ce n'était pas de faute !
La guerre fut ensuite un sujet qui ne s'éternisa pas et cela m'arrangea. Je n'aimais pas aborder ce sujet, surtout avec des personnes que je ne connaissais pas. Et puis je n'avais pas vu la guerre de mes propres yeux et je n'étais donc pas en mesure d'être objective sur ce qui c'était passé ici même si j'avais obtenu des informations de la part d'Hayden et de la communauté.

Mon client agit ensuite comme j'avais l'habitude... C'est à dire en me parlant de sa vie qui n'avait pas été des plus heureuse ! Cependant, je ne doutais pas qu'il puisse retrouver quelqu'un et je lui fis par du fond de ma pensée. Mais il doutais de ce que je lui disais. Je souris alors à l'homme...



- C'est une façon très pessimiste de voir les choses ! Moi je reste persuadé d'avoir raison, déclarais-je.


Une fois la rasage terminée, je m'attelais à préparer le soin hydratant. Je le finissais lorsque Philippe m'expliqua comment la plupart des gens, lui compris apparemment, imaginaient les masseuses. Je me mis à rire... Je retournais près de mon client, et commençais à appliquer la touche finale tout en reprenant la parole.


- Disons que le climat Écossais est loin d'être favorable au port du bikini, répondis-je amusée. Cela étant dit, si vous partez en voyage d'affaire dans les îles, je vous laisse le droit de me contacter pour un soin !


Tout en discutant je massais le visage du quarantenaire pour rendre le soin d'autant plus efficace. Je souris à ce que je venais de lui dire ! Cela devait être génial d'avoir des clients fortunés... Si riches qu'ils pouvaient se permettre d'emmener leur coiffeuse, esthéticienne, cuisinier et autres avec eux. Mais bon, je n'avais aucun contact de ce genre dans mon agenda et je ne pensais pas en avoir un jour !
Le massage hydratant du visage terminé, je redressais lentement le fauteuil et saisissais un petit miroir. Je viens me poster devant Philippe.



- Le rasage est terminée Philippe, déclarais-je. Je vous laisse vous rendre compte par vous même, dis-je en lui tendant le miroir.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mer 25 Sep - 13:33

    Chassez le naturel et il revient au galop, j’avais à peine commencé à laisser quelqu’un me toucher sans que cela aie le moindre rapport avec une mission ou des objectifs à court terme, que je pensais déjà à ce que j’aurais pu faire en me trouvant ailleurs. Il n’y avait pas de secret, ma véritable nature était toujours bien présente malgré le fait que j’étais tout à fait capable de revêtir à peu près n’importe quel masque. Et alors que je sentais le fil aiguisé d’une lame en acier me parcourir la peau du coup, je pensais à des situations où j’avais pu moi-même aie ce genre de choses… Même si cela n’avait jamais été pour combattre un excès de pilosité. Combien de fois avais je été éclaboussé du sang de mes victimes, ou submergé par un raz de marée de sang et de viscères en mettant un vampire à mort ? Beaucoup plus de fois que je ne saurais les dénombrer. Je me surprenais moi-même à penser au meurtre et à la manipulation, aux missions et au devoir, alors qu’une jeune femme jolie et professionnelle s’occupait de me délasser. Peut être était ce de ce genre d’attitude que Krystel évoquait quand elle me disait que je devais me construire une existence ancrée dans le réel, sur des choses très concrètes. Peut être une rupture somme toute provisoire avec mon « travail » était elle nécessaire pour que je continue d’exercer celui-ci dans des conditions d’efficacité à long terme les meilleures possibles. Quoiqu’il en soit, Dafné prit sur elle de refuser mon invitation ; mais cela ne pouvait entamer le sourire du Philipp Rawne jovial que j’incarnais ce soir, qui ne se laissa pas désarmer pour si peu.


    | Pas sérieux ? Non, ça ne l’est pas. Mais ça fait du bien quand même, non ? En fait, j’ai un boulot très contraignant, et je nai pas beaucoup le loisir de sortir de chez moi pour autre chose que pour les affaires… |


    La deuxième partie de ma phrase était décidément beaucoup plus innocente que la première, et encore une fois très ancrée dans la réalité de mon existence ; je n’avais pas eu besoin de mentir sachant que c’était la vérité. Ce que j’avais volontairement omis, par contre, c’était le fait que je tuais des gens ou que j’en suivais, manipulais et complotais pour le compte de la Reine des vampires, et que c’était ce genre de tâches bien précis qui me prenait autant de temps. Je laissais la jeune femme me confirmer qu’elle était sûre d’avoir raison. Encore une fois, elle ne pouvait se douter de ce qu’était réellement ma vie, et quel rapport aux femmes compliqué je pouvais entretenir depuis bien des années. Je me contentais simplement de lui sourire, visiblement ravi d’être là et ravi de ce qu’elle pouvait me dire. Alors qu’elle entamait un rasage hydratant, la jeune femme me dénia aussi la proposition outrancière qu’elle s’occupe de moi en bikini. Mais pareil qu’auparavant, rien ne pouvait miner l’enthousiasme d’un Philipp Rawne particulièrement dans le coup.


    | Dommage, vous feriez vraiment fureur… |


    Petite et menue, elle était moins pulpeuse que les femmes auxquelles j’étais habitué etqui concentraient la majorité de mes goûts esthétiques. Pourtant, elle était charmante et séduisante, et ce genre de tenue ne pourrait que mettre dangereusement à mal la retenue de n’importe quel représentant de la gent masculine. Me regardant dans le miroir, je sifflais mon approbation.


    | Superbe, ça fait du bien, je vous remercie ! Pour le massage, vous commencez par quoi ? Vous avez besoin que je retire ma chemise ? |


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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mer 25 Sep - 19:15

Rendez-vous sur le fil du rasoir



Ma curiosité vis à vis de mon client était belle et bien réelle. Mais quoi de plus normal puisque je me trouvais en face d'un quarantenaire plus que séduisant et qui semblait en très bonne condition physique ! D'ailleurs, je me rendais compte à cet instant que je n'avais jamais d'aventure avec de partenaires de ce genre... Quand je dis « ce genre », entendez par là ''un homme ayant quasiment le double de mon âge''. Non, plus je réfléchissais et plus j'en étais persuadée. La plus grande différence d'âge n'avait pas excédée onze ans et à l'époque j'en avais dix-huit. Bref, le moment était mal choisi pour que je me remémore l'âge de mes anciens partenaires ! J'avais du boulot. Mais il m'était difficile de rester concentrée puisque nous avions commencé un petit jeu de séduction tout à fait intéressant mais auquel j'avais dû mettre un terme, malheureusement. Oui ! J'avais trouvé plus logique de refuser une éventuelle invitation au restaurant même si j'aurais bien dit oui dans le fond... L'occasion se représenterait peut-être un jour. Qui sait ?
Philippe reprit la parole en souriant pour me dire qu'effectivement ce n'était pas sérieux mais que cela pouvait bénéfique... Après réflexion, il avait sûrement raison et cette pensée me fit sourire. Mon client m'expliqua ensuite que j'avais, en quelque sorte, vu juste. Il ne sortait pas souvent de chez lui ! Je prenais le parti de lui répondre...



- Oui, je pense que ça peut être agréable, dis-je à propos de son premier commentaire. Vous n'avez pas le loisir, répétais-je en levant les yeux au plafond avec un sourire. Il faut le trouver... Et puis, il y a tellement d'occasion de séduire ! La serveuse au restaurant, la guichetière à l'aéroport et j'en passe. Mais il faut mettre le travail de côté quelques instants pour s'en rendre compte, finis-je par ajouter souriante.


Tout en parlant ou en séduisant, comme vous voulez, j'avais terminé le rasage et m'étais attaqué au soin hydratant. C'est un peu avant ça que la conversation s'était orientée sur la vie personnelle de mon client mais elle ne m'avait pas appris grand chose ! Il aurait été une femme que j'aurais eu droit à tous les détails de sa vie de couple, de sa séparation et de l'après-mariage. Mais non, apparemment Philippe n'avait pas trop envie d'étaler sa vie passée au grand jour. Dommage ! J'aurais bien aimé avoir plus de détails moi. Bah oui ! Je suis une vraie curieuse.
Au lieu de ça, le séduisant quarantenaire en était revenu à parler de moi puisqu'il évoqua l'idée que les gens se faisaient des masseuses. Des jeunes filles en bikini ! J'avais eu une proposition d'emploi de ce genre dans mon pays de naissance... Le patron m'avait dit que la clientèle était fortunée et masculine mais aussi que les masseuses devaient travailler en petite tenue. Le salon avait tout d'une maison close ! J'avais refusé le job bien entendu. Délaissant mes pensées, je souris à mon client. Amusée, je me reculais légèrement et fis un tour sur moi-même telle la ballerine que j'avais été un temps. Je regardais ensuite l'homme.



- Et je ne fais pas fureur dans cette sublime tenue ? demandais-je en riant.


Je plaisantais car la tenue que je portais n'avait rien de très séduisant, elle faisait surtout très professionnelle... un peu trop même ! Mais je n'avais pas encore eu le temps d'en commander d'autres, me ressemblant plus et faisant moins stricte.
Le soin terminé, je donnais le miroir à mon client et attendais de voir sa réaction. Apparemment, il était satisfait et je lui souris en reprenant la petite glace. Il me demanda ensuite comment allait se passer le massage. Devait-il enlever sa chemise ? Ouuuuiiii ! Par contre, il n'avait pas précisé s'il voulait un massage intégral. Dans un tel cas, il lui faudrait également se débarrasser du pantalon. Je rangeais mon matériel de rasage tout en lui répondant...



- Oui, il va falloir abandonné votre chemise. Après, vous ne m'avez pas précisé si vous vouliez un massage simple du dos ou intégral ! Dans le dernier cas, il faudra aussi vous séparer de votre pantalon. Je vous laisse choisir !


Je me dirigeais ensuite vers la table de massage pour la décaler du mur contre lequel elle se trouvait.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Ven 27 Sep - 19:57

    La jeune femme continuait sur sa lancée, mais je commençais à suspecter que son apparente ouverture n'était qu'une feinte pour me pousser à parler et à accepter la qualité de ses prestations en me mettant dans de meilleures dispositions que ne l'était sans doute le businessman classique. Il fallait quand même avouer qu'elle avait des arguments, mais sa jeunesse et son inexpérience dans de nombreux domaines rendait le tout plus savoureux. Il restait de l'innocence chez cette personne, chose de plus en plus rare de nos jours lorsqu'on se rendait compte que la plupart des personnes que l'on pouvait rencontrer avaient connu au moins de loin la fureur des combats des Années Sanglantes, et que par conséquent ils étaient désillusionnés sur la qualité de l'existence, sur la richesse de la vie. Je ne dis pas que l'Ecosse abritait une nation de déprimés, mais les gens étaient tout simplement bien plus terre à terre après avoir connu l'horreur à différents niveaux. Il suffisait simplement d'observer les gens dans la rue pour s'en rendre compte ; beaucoup préféraient se raccrocher à de menus mais éphémères plaisirs plutôt que de s'impliquer dans quoi que ce soit. Il y avait somme toute un certain désespoir à entamer ce genre de démarche ; c'était un peu comme si les gens savaient que tout allait recommencer mais que cette fois ils n'en réchapperaient pas, alors ils faisaient tout ce qu'il pouvait pour jouir de leur semblant de vie en attendant ce moment fatidique. De toute évidence, la jeune femme devant moi ne s'inscrivait pas dans cette posture... Jeune et candide, voilà ce qu'elle était. Je pensais d'instinct qu'être jeune et candide diminuait drastiquement son espérance de vie dans le genre de monde dans lequel nous vivions. Mais cela ne m'importait guère ; tout le monde doit mourir un jour. Et même si on me surnommait « la Mort » pour mes actions dans les ténèbres, j'avais terriblement conscience de ma propre mortalité. Elle me rebiffa encore ; elle ne voulait visiblement pas aller plus loin. L'ancien Torben était un alcoolique notoire et un adepte du rentre-dedans, mais il n'avait jamais été un violeur.


    | Sans doute sans doute... Mais mon travail est devenu ma vie avec le temps. Et j'ai énormément de mal à m'en décrocher. |


    La preuve, même dans un moment pareil j'étais tout simplement encore en train de raisonner comme si j'étais en mission, comme si je m'adonnais à mon passe temps favori. Mon emploi était devenu l'alpha et l'oméga de mon existence toute entière ; je réfléchissais sans cesse aux opportunités tactiques, aux conséquences de mes moindres actions, à tout ce qui pouvait me mettre en danger, ainsi qu'au calcul des risques acceptables de chaque situation dans laquelle je me trouvais. Ce qui rendait la détente presque impossible, illusoire, mais qui me garantissait en règle générale un degré de réussite acceptable dans tout ce que j'entreprenais. Dafné retourna ma proposition contre moi, et je lui offris un sourire franc en apparence. Touché. Elle avait au moins un peu de répartie, ce qui était toujours plus que la majorité des bécasses que je rencontrais. Je lui offrais un vieux regard de pervers, comme un Torben qui a son whisky à la main et qui se cherche une minette pour la nuit. Incroyable comment ces vieux réflexes restaient mobilisables malgré tout ce temps passé!


    | ... On imagine surtout ce qu'il y a en dessous ! |


    Voilà c'est dit... Madame, baffe dans la gueule s'il vous plait, calmez donc ce petit effronté ! Intérieurement, j'étais hilare. Comment était ce possible de se montrer aussi bête et stupide ? Avec le recul, je me rendais compte à quel point j'avais été perdu et puéril quand Jana m'avait été enlevée. J'ochais la tête aux paroles suivantes de l'esthéticienne, et profitais qu'elle aie le dos tourné pour retirer ma chemise, que je posais sur le dossier du siège à côté. Tirant sur ma ceinture, je me défie de mon pantalon, de mes chaussettes. Et me couchais sur le ventre pour lui offrir mon dos et le derrière de mes jambes. Je lui offris un sourire quand elle revint.


    | Vous avez deviné ce que j'ai choisi? |


    Cora allait adorer...

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Ven 27 Sep - 22:43

Rendez-vous sur le fil du rasoir

 
Je constatais à quel point le professionnalisme pouvait être ennuyeux… surtout face à un homme tel que Philippe ! J’aurais volontiers accepté une invitation au restaurant en compagnie de ce séduisant quarantenaire même si je m’étais parfois surprise à penser à Hayden. Mais j’aurais dit oui si je n’étais pas en train de travailler ! Je m’étais déjà laisser beaucoup de liberté dans les paroles que j’avais adressées à mon client et ce n’était pas sérieux. Après, il avait ma carte, s’il voulait vraiment m’inviter il saurait comment faire ! Enfin, encore faudrait-il qu’il trouve le temps ? Car comme il me l’expliquait, son travail était devenu sa vie… Mentalement, je baillais ! J’espérais que je ne penserais pas de cette façon en vieillissant. Parce que sérieusement, sa vie ne devait pas être très joyeuse si elle se cantonnait au travail, à sa demeure et aux quelques matchs de rugby qu’il pouvait faire ! Lui n’avait pas l’air de s’en plaindre mais je ne me voyais pas devenir comme ça. Non ! Il fallait toujours que je bouge… C’est d’ailleurs pour ça que j’avais choisi de devenir esthéticienne à domicile. Ne jamais aller au même endroit, le même jour, à la même heure… Cela tuait la routine qu’un salon m’aurait imposée !
Bref, je n’allais pas répondre à mon client ce que je venais de penser à son égard et son mode de vie car il n’aurait sans doute pas apprécié. Si j’étais franche, je savais aussi quand il ne fallait pas dire le fond de ma pensée. Je souris à Philippe et lui répondais simplement.

 
 
- Il arrive que le travail se transforme en passion et dans un tel cas je veux bien croire qu’il soit difficile d’en décrocher… Pour ma part, j’adore mon job mais ce n’est pas toute ma vie non plus ! J’aime trop sortir et faire la fête, ajoutais-je sincèrement.
 
 
Et oui, j’étais encore dans la jeunesse de l’âge et il était évident que j’aimais faire la fête ! Cependant, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de m’amuser depuis que j’étais arrivée car je ne connaissais encore personne. J’avais fait la connaissance d’autres membres de la communauté des métamorphes mais je n’étais pas encore intime avec eux ; du coup je ne me voyais pas en train de les inviter à sortir en boite avec moi. Sans m’en rendre compte, la bavarde que j’étais reprit la parole.
 
 
- Enfin, quand on ne connaît personne il est difficile de sortir faire la fête ! Toute seule, c’est moi amusant, ajoutais-je en souriant. Mais je ne vais pas vous embêter avec la difficulté que cela peut-être de débarquer dans un pays où l’on ne connaît personne.
 
 
Et oui, mon client n’était pas là pour que je l’ennuie avec mes ‘‘soucis’’ d’intégration. Et puis les conservations qu’il lançait avaient tendance à me faire oublier les légers tracas qui pouvaient me venir à l’esprit. Personnellement, je me serais bien imaginé en bikini à masser un client avec pour horizon une mer turquoise et une plage de sable blanc ! Oui, je sais… C’est beau de rêver !
Mon client me complimentait donc et je répliquais sans me laisser démonter. Cependant, sa dernière remarque failli presque me faire rougir et je dus faire preuve d’une grande concentration pour que cela n’arrive pas ! Je souris de nouveau au quarantenaire et choisissais de répondre du tact au tact.

 
 
- Vous n’auriez pas à imaginer si me donniez rendez-vous pour un soin sur une île paradisiaque ! Dans un tel cas, le bikini s’imposerait de lui-même…
 
 
« Mais oui bien sûr ma fifille ! Non mais c’est un client là… pas un pote ! » Mais bon, ce qui était dit ne pouvait pas être effacé et il n’y avait rien de choquant ! Si ? Mais non, enfin je crois. Je décidais donc de ranger le matériel de rasage et tirait la table de massage pour la décaler du mur après avoir demandé à Philippe quel soin il désirait. Tandis que je cherchais l’huile de massage adéquate, aucune réponse ne vint de la part de mon client. En me tournant vers lui, je remarquais qu’il avait choisi l’intégral et c’est ce qu’il me dit de manière détournée. Je souris en retour…
 
 
- Allons-y pour l’intégral, déclarais-je en m’approchant que mon client et une fois à ses côtés... Oh mon dieu !
 
 
Son corps ! Oui, oui, il était super bien bâti ce beau Philippe mais ce n’était pas la vision de ce corps sublime qui m’avait fait m’exclamer ainsi. C’était plutôt le fait qu’il avait effectivement pas mal de bleus et d’hématomes ! D’accord il m’avait prévenu mais voilà quoi… Je n’aurais pas de problème pour lui masser le dos mais pour le reste je craignais déjà de lui faire mal. Je me dépêchais d’ajouter quelques mots…
 
 
- Désolée ! Pour cette réaction… C’était pas très pro je vous l’accorde !
 
 
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Sam 28 Sep - 19:11

    Je souris intérieurement quand la jeune femme me dit qu'un travail pouvait se transformer en passion. Si je voulais être honnête, je pouvais dire sans trop de problèmes que mon travail se situait bien au delà de la pratique d'un hobby, d'un emploi qu'on aimait. Le mien, j'étais né pour le faire. Je ne savais faire que ça, et toutes mes tentatives pour avoir une existence plus commune à ce que connaissait le reste de l'humanité s'étaient soldées par des échecs particulièrement cuisants. J'avais perdu femme, maison, espoirs d'avoir une situation stable et des enfants. Même si la Reine m'en laissait l'opportunité auprès de Cora, je ne préférais pas présumer de l'avenir, tout simplement parce que les choses pouvaient très rapidement se compliquer, et je préférais clairement éviter d'en arriver là. Parce qu'aimer, partager la vie de quelqu'un même, plus simplement, cela poussait forcément à prendre des risques, à manquer de prudence et donc à se faire tuer à plus ou moins brève échéance. Mon travail me permettait de me blinder un maximum, et s'il apportait son lot de dangers j'étais tout de même nettement moins vulnérable que la majorité des personnes que je rencontrais, qui n'avaient pas la moindre idée de ce que le monde leur réservait à leur envoyer dans la face à la moindre occasion... Dafné me dit qu'elle aimait son travail, mais qu'elle préférait sortir et faire la fête. Comme beaucoup de jeunes gens. Beaucoup d'entre eux avaient d'ailleurs finis six pieds sous terre à l'occasion des Années Sanglantes. Mais ça, c'était une autre histoire.


    | Faut en profiter tant qu'on peut. Après, le temps passe, passe trop vite pour qu'on parvienne à saisir l'occasion de s'amuser comme quand on était jeune. |


    Ca faisait très vieux con comme réflexion. Le Torben d'autrefois aurait sans doute applaudi des deux mains ma réflexion sur mes propres paroles, mais le Torben d'autrefois était une épave alcoolique et suicidaire qui n'avait que trente deux ans. Aujourd'hui j'avais plus de responsabilités que jamais auparavant, j'avais quarante ans, plus vraiment de perspectives individuelles d'évolution... Je n'avais plus vraiment d'intérêt à me conduire comme autrefois. L'alcool affaiblissait mes sens, et me rendait plus brouillon, donc plus vulnérable. Le sexe induisait des complications de divers ordres, ce qui pouvait aussi m'amener à devenir plus vulnérable. Et dans une branche où restait dur pour soi et pour les autres est primordial, on ne me prendrait pas à faire ce genre d'erreurs. La jeune femme me parla de ses difficultés à rencontrer des gens avec qui faire la fête. Ne m'aurait elle pas rembarré juste avant que je lui aurais sans doute fait de nouvelles propositions, mais maintenant, je savais à quoi m'en tenir. Ou en tous cas, je le pensais.


    | Il y a des coins sympas ici. Si vous aimez le danger et les sensations fortes, il y a la Pomme du Diable, une boîte branchée de vampires. C'est ambiance plutôt... Sexy. Et sinon, la Lune Bleue, des loups garous. C'est beaucoup plus trash niveau consommation d'alcool, mais plus classique dans son fonctionnement. Pour le reste... J'ai peut être les moyens de partir aussi loin, mais mes responsabilités me retiennent ici... Mais vous verrez, le bikini au bord d'un loch, c'est agréable... |


    Moi qui conseillait quelqu'un de vingt ans de moins sur les meilleurs façons de passer son temps libre en sorties diverses, si ce n'était pas un comble ça ! Allongé sur le ventre, j'entendis la belle jeune femme lâcher une exclamation mêlant surprise et choc ; elle venait de voir les dégâts sur mon corps. Je me retournais vers elle, faussement inquiet.


    | Il ne faut pas, ça fait moins mal qu'il n'y paraît! Vous commencez ? |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Dim 29 Sep - 23:28

Rendez-vous sur le fil du rasoir

 

Visiblement le quarantenaire n’était pas du genre à sortir prendre du bon temps ! Non, il préférait son travail et cela me désola pour lui… Qu’est-ce qu’il deviendrait s’il venait à se faire licencier ? Non pas que je lui souhaitais, loin de là ! Mais tout était envisageable de nos jours et même un contrat à durée indéterminée pouvait malheureusement avoir une fin parfois. Enfin, il devait bien s’octroyer quelques sorties tout de même, le temps d’un match par exemple !
De mon côté, ce n’était absolument pas ce que je voulais ! Si je travaillais c’était pour pouvoir me faire plaisir, sortir et même voyager pourquoi pas ? Mais ça, ce ne serait pas pour tout de suite et j’avais bien assez de découverte à faire dans les alentours. Mais avant toute chose, je souhaitais faire des connaissances ! J’avais toujours été entourée d’amis et ma venue ici me changeait grandement. Voilà pourquoi il fallait que je me crée un nouveau cercle de potes dans le coin et de préférence dans mes âges… Quoique ! Philippe était d’accord avec le fait qu’il fallait savoir s’amuser tant qu’il était encore temps. Je souris ! A quel moment était-il trop tard pour s’amuser ? Selon mon point de cela arrivait lorsque l’on en décidait ainsi et que l’âge n’avait rien à voir là-dedans… Enfin, c’était mon avis et mon client n’avait pas l’air de le partagé. Je l’interrogeais tout de même à ce sujet…



- Il n’y a pas d’âge pour faire la fête, déclarais-je en souriant. L’âge n’est pas vraiment une barrière je pense ! Elle ne fait que changer la façon de s’amuser. Vous ne croyez pas ? Je marquais une pause pensive avant d’ajouter. Mes parents sortaient plus que moi, c’est pour dire ! Mais je pense qu’ils étaient restés d’éternels ados… alors leur cas est peut-être pas un bon exemple, dis-je avec un léger rire.


Une personne me connaissant bien aurait noté la pointe de tristesse dans ce rire mais je ne pensais pas que cela serait le cas de mon client. Mes parents… Ils avaient été mon modèle et l’étaient encore sur bien des plans ! Ils m’avaient tout appris sur notre condition particulier mais pas que… Ils m’avaient enseignés les choses de la vie d’une manière originale qui m’avait toujours plu même si j’avais parfois prétendu le contraire. J’aurais vraiment donné n’importe quoi pour les revoir ! Mais l’heure n’était pas à la nostalgie car mon beau quarantenaire me donnait des noms de lieux où je pourrais sortir.
Je rayais illico le premier de la liste… Je me voyais mal aller dans une boite aussi branchée soit-elle si elle était un repère à vampire ! Par contre, la deuxième m’intéressait davantage puisque j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer un loup et qu’il s’était montré fort intéressant… et séduisant ! Mais, concernant les vampires, étaient-ils vraiment dangereux ? Je veux dire, maintenant la paix était instaurée non ? Et puis eux aussi avait eu quelques soucis il y avait peu. Je ne savais pas que penser et mes parents m’avaient toujours dit de les éviter. Mais à cette époque, les Années Sanglantes faisaient rage. Tout était peut-être différent maintenant !



- La Pomme du Diable, répétais-je. Je ne vois pas où c’est ! Vous y êtes déjà allé ? Vous connaissez des vampires ? Je réfléchis pour être sûre. Pour ma part, je n’en ai jamais rencontré, avouais-je. J’en ai aperçu lorsque je vivais au Japon mais toujours de loin. J’me demande s’ils se font masser, m’interrogeais-je en posant mon index sur mon menton quelques secondes. Enfin, quelle pipelette je fais ! Vous avez le droit de me le dire si je vous ennuie hein ? précisais-je avec un clin d’œil.


L’heure était ensuite arrivée au massage et j’avais été surprise en voyant Philippe allongé sur la table. Dans un premier temps, l’étonnement avait été agréable parce que voilà quoi… J’apprécie regarder de belles choses ou personnes et là c’était le cas ! Mais ensuite, la stupeur avait été moins marrante pour la masseuse que j’étais. Comment est-ce que j’allais faire pour lui faire du bien sans pour autant lui faire mal ? Il était couvert de bleus et d’hématomes !
Philippe répondit de lui-même suite à mon étonnement. Mouais, je n’étais pas certaine de ses dires mais bon. Je me frictionnais les mains pour les réchauffer, ajoutais ensuite de l’huile et posais mes mains à plat au niveau des reins de mon client pour remonter doucement mais fermement et les faire glisser vers les côtes.



- Enfin, j’veux bien vous croire mais si je vous fais mal, vous me le dites, dis-je en effectuant un palpé-roulé du bas vers le haut du dos.
 
 
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Lun 14 Oct - 20:34

    Je la pressais doucement et poliment pour entamer la suite du programme, parce que mine de rien j'étais tout de même assez pressé. Enfin, pas pressé, ce n'était pas vraiment le mot... Simplement, il fallait quand même avouer que j'étais plutôt quelqu'un qui n'aimait pas attendre, car attendre sans rien faire c'était végéter, perdre du temps. C'était dangereux. Optimisateur. Oui, c'était ce que j'étais ; je faisais en sorte de ne jamais perdre une minute. Je faisais toujours quelque chose d'utile, et patienter n'avait de sens que lorsqu'il y avait une finalité particulière à atteindre, un but à poursuivre. J'étais capable de patienter des heures durant, seul dans le noir, totalement immobile ou presque. Mais pour autant, ce genre de cas permettait simplement de patienter en attendant le moment idéal pour agir. La patience est une vertu, l'indolence était un vice. Je travaillais actuellement à me faire violence pour ne pas montrer la moindre impatience à la jeune femme. Ce n'était guère compliqué ; j'avais depuis longtemps appris à contrôler les plus petites réactions de la vie quotidienne, et je gérais sans problème la moindre de mes humeurs, l'écrasant sans pitié sous la botte de la nécessité. J'avais toujours été relativement pragmatique, enfin, j'entends par « toujours », depuis que je m'étais mis au service de Krystel. Les choses avaient changé du tout au tout avec elle. Je souriais aux paroles de la jeune femme. Si elle pouvait s'imaginer, encore une fois, à quel point que je pouvais « m'amuser » … Cela nécessitait invariablement de fortes doses d'hémoglobine, d'adrénaline, de sueur, et de larmes. Mais ce n'était jamais que dans ce seul univers que je me sentais totalement à ma place. Et ce n'était pas peu dire...


    | Ah ça, c'est certain. Je ne m'amuse plus du tout comme je pouvais le faire il y a vingt ans... On peut dire que j'ai bien changé avec le temps. Je ne fais plus les mêmes choses, et plus avec les mêmes personnes. Tout change avec le temps. Et à la fois, on reste un peu pareil. Paradoxal, non ? Vous vous voyez comment dans vingt ans, vous ? Je suis sûr que ça n'aura rien à voir avec ce que vous imaginez aujourd'hui. Ca a été le cas pour moi, en tous cas. |


    C'était le cas de le dire. Je me serais vu fonctionnaire vieillissant, avec Jana, des gosses qui grandissent et que je guide sur le chemin de l'âge adulte. Eloigner les garçons comme ce que j'avais été de mes filles, encourager mes p'tits gars à suivre les traces de leur père et de leurs grands pères... Et en aucun cas seul et isolé, tueur solitaire au service de celle qui pouvait prétendre à la domination de ce monde. Je pense qu'à posteriori, ce serait cette solitude intense qui aurait le plus effrayé le Torben d'autrefois, ce jeune gars jovial qui faisait ses classes dans l'armée russe et qui se sentait déjà marié avec sa copine. Ouais, sans doute. Aujourd'hui, cela ne me faisait ni chaud ni froid. Et pour être honnête, c'était le cas de beaucoup de choses... Impossible à prévoir, n'est ce pas ? Je conservais le fantôme d'un sourire lorsque ma jeune compagne me questionna à propos de la Pomme du Diable et des vampires, et elle même n'en avait pas rencontré beaucoup. Je me rappelais qu'au Japon, la crise avait été circonscrite très tôt pendant les dix dernières années, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait que très peu voire pas du tout de loups garous, exterminés là bas depuis des siècles. Sans doute y en avait il toujours quelques uns qui traînaient, mais ils s'étaient faits discrets.


    | J'en connais quelques uns. Assez bien même. Pour ceux que je connais, je sais qu'ils aiment bien se faire masser...Et qu'ils aiment bien la compagnie des humains. Et non, vous ne m'ennuyez pas. Je m'imaginais pas faire du benchmark ce soir... J'ai signé quelques gros contrats avec de gros bonnets chez les vampires, si jamais vous voulez que je passe votre carte de visite au manoir royal, c'est possible. Clientèle nombreuse, fortunée, exigeante. Et qui vous demandera sans doute une certaine... Polyvalence. |


    Je souriais intérieurement. Si Krystel se faisait par une si charmante humaine, nul doute que ma Reine la séduirait et la mettrait dans son lit. Comme tant d'autres. Difficile de résister à une séductrice et une manipulatrice hors pair. Je serrais ensuite les dents au contact des mains de la jeune femme. Cela me faisait mal, mais me faisait du bien aussi. Incroyable comment les choses pouvaient être aussi ambivalentes, n'est ce pas?


    | Du tout... Ca me fait énormément de bien. Ca faisait longtemps que l'on ne m'avait pas touché. |


    Aucune plainte ni tristesse, simple constat. On ne me touchait plus depuis longtemps. La Reine, parfois. Mais toujours de manière fugace. Les seuls contacts physiques que j'avais été les coups que je recevais.

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Sam 19 Oct - 23:44

Rendez-vous sur le fil du rasoir

 

Plus le temps passait, plus nous changions ! C’est ce que je comprenais dans les propos de mon client. J’étais d’accord avec lui car il était impossible de rester tel que l’on avait été à vingt ans lorsque l’on en avait quarante ans ! Et puis, certains événements modifiaient parfois notre caractère, notre comportement… La perte d’un être cher, la maladie ou la guerre ! Tout cela changeait les gens et je ne l’ignorais pas. En revanche, ce que je ne savais pas c’est ce que je ferais dans vingt ans ! Est-ce que j’allais retourner au Japon une fois mon deuil loin derrière moi ? Peut-être ! Cette idée me plaisait. Mais peut-être que j’allais rester ici, en Ecosse, y fonder une famille ! A vrai dire, je n’avais jamais été du genre à me projeter très loin dans l’avenir… et le seul moment où j’avais dû faire des projets sur un lapse de temps plus ou moins long était lorsque j’avais décidé de quitter mon pays d’origine pour m’installer en Ecosse.
J’avais dû vérifier si je pourrais me lancer à mon nom et où… J’avais ensuite dû trouver un logement capable de me servir, parfois, de lieu de travail. Je m’en étais plutôt bien sortie mais ce n’était pas moi du tout ! Moi j’étais un peu du genre à vivre au jour le jour et si certains parents le reprochent à leurs enfants, les miens ne m’avaient rien dit. Il faut dire que les Années Sanglantes faisaient pas mal de dégâts et ils devaient avoir peur que cela ne s’étende. Ils m’avaient peut-être laissé vivre ma vie comme je l’entendais par peur qu’il soit trop tard par la suite. Aussi, je ne réfléchissais pas plus sur ce qui avait conduit mes parents à se comporter ainsi avec moi et répondais à mon client.



- Oui, j’imagine qu’on ne pas être la même personne à quarante ans que celle que l’on a été à vingt, répondis-je en souriant. Cela donnerait des choses très étranges si les parents se comportaient comme leurs enfants. Je marquais une pause en ayant une pensée triste pour les miens. Mais au fond, l’on reste toujours nous même ! ajoutais-je. Pour ma part, je ne sais pas comment je me vois dans vingt ans, ni même où. J’ai toujours tendance à vivre au jour le jour et le seul moment où j’ai fait des projets c’était quand j’ai planifié ma venue en Ecosse après le… que j’ai décidé de changer d’air.


J’avais failli parler du décès de mes parents mais avais rectifié ça juste limite ! La conversation s’était ensuite orienté sur les sorties qui pouvaient être faites dans le coin et Philippe me donna le nom de plusieurs endroits branchés. Bien sûr, même si je posais des questions sur la boîte de vampires je savais que je n’y mettrais jamais les pieds ! C’était bien trop risqué pour moi puisqu’il semblait que les nocturnes avaient tendance à apprécier notre sang plus que de raison.
Aussi je souriais à mon client lorsqu’il me parla de ses connaissances vampiriques ! Je ne laissais jamais paraître ce que je ressentais vraiment pour ces créatures pour la simple et bonne raison que l’on ne pouvait jamais savoir l’avis de la personne nous faisant face. Et justement, le beau quarantenaire semblait avoir des rapports amicaux et professionnels avec ces derniers. Cela était donc une raison de plus pour ne pas donner mon avis.

Mon client me demanda ensuite si je voulais qu’il fasse circuler ma carte professionnelle au sein du manoir royal. La première réponse qui me vint à l’esprit fut non mais je ne pouvais pas la lui donner pour la simple et bonne raison que cela aurait paru louche ! Je lui souris tandis qu’il continuait en me parlant de cette clientèle nombreuse, fortunée, exigeante et qui pourrait, éventuellement, me demander une certaine polyvalence !!! Je le regardais alors en arquant un sourcil et la question qui me vint à l’esprit fut
« Quel genre de polyvalence ? »
Je choisissais donc de ne pas laisser cette interrogation en suspens et reprenais immédiatement la parole lorsque Philippe eut terminé de parler.


- Si ça ne vous dérange pas de me faire de la publicité, je ne vais pas dire non, répondis-je sans le penser mais avec le sourire. Mais qu’est-ce que vous entendez par une ‘‘certaine polyvalence’’ ?


J’avais ensuite commencé mon massage de l’homme couvert d’hématomes et priais pour ne pas lui faire mal. Cependant, il ne fit pas la moindre grimace et je continuais de masser mon client avec un peu d'huile en insistant sur les zones de tension telles que les épaules, la nuque et le bas du dos. Au fil du massage, les tensions musculaires devraient se dénouer. Je me concentrais alors que Philippe m’avoua que cela faisait longtemps que l’on ne l’avait pas touché.


- Dans ce cas il faudra venir vous faire masser régulièrement à moins que vous ne trouviez une jeune femme qui se dévoue bénévolement, répondis-je avec un sourire tout en continuant mon massage.
 
 




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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Dim 20 Oct - 21:10


    Notre discussion était un peu étrange, c'était comme si auprès de cette jeune femme, presque une gamine pour moi, je prenais enfin le temps de me poser et de réfléchir très concrètement à tout ce que j'avais fait et ce que je pouvais faire. Je prenais conscience de certaines choses, des choses que j'avais peut être un peu trop bien intériorisé au lieu de me poser et de réfléchir dessus. Je me rendais compte bien sûr que j'étais terriblement seul. Cela ne voulait pas dire que je ressentais cela comme un vide, un véritable manque affectif, mais il fallait dire tout de même que je ne pouvais pas compter sur le moindre appui de l'ordre de l'affection. Krystel en nourrissait pour moi à sa manière, mais c'était bien tout. Jana, peut être ? Et encore. J'étais convaincu qu'elle ne faisait jamais qu'aimer l'idée même de l'amour que nous nous étions portés, et dont elle ne se rappelait pas vraiment. Cora ? Oui. C'était peut être chez elle qu'il y avait potentiellement le plus de liens. Mais Cora avait été changée à tout jamais par l'entraînement et par l'endoctrinement que je lui avais fait subir. Cora ne m'aimait pas pour ce que j'étais personnellement, elle m'aimait pour ce que j'incarnais pour elle ; l'éternelle bouée de sauvetage, un mentor et un soutien pour tous les coups durs. Le protecteur dont elle avait besoin. J'avais délibérément choisi de m'écarter de toutes les personnes que je connaissais, de me forger une armure pour ne plus jamais subir la folie et la détresse ressentie quand je perdais un être cher. Avec le temps je relativisais ; je ne ressentais plus aucun besoin de l'ordre de l'émotionnel, mais j'avais compris depuis un moment qu'il fallait que je me lie à des gens pour pouvoir être plus efficace. Krystel était le choix le plus optimal, puisque je partageais ses rêves, ses pensées, sa façon de voir les choses. Comme un prédateur. Mais Krystel était déjà prise. Problème insoluble, et je n'étais pas sûr que ce que voulait ma Reine soit l'optimal pour moi. Je notais que la jeune femme devait avoir pensé à quelque chose d'assez dramatique pour lui avoir fait changer de vie à ce point là.


    | Oui, vous avez raison. Dans le fond, on reste toujours un peu pareil. Ce que nous sommes à vingt ans reste toujours bien présent ; après on est soit poussé à accepter ce que l'on est au fond de soi, soit on essaie de changer. Dans les deux cas, je pense qu'on peut s'attendre à des difficultés et à des déceptions. Et aussi, parfois, le long de son chemin, à un certain bonheur. |


    Je lui proposais de venir au manoir. Il y avait un vrai filon à exploiter à l'intérieur. Entre les serviteurs humains et vampires, les pommes de sang de la Reine, ses maîtresses et amants, les gens qu'elle voulait impressionner par le faste de sa puissance et le luxe de son train de vie, voir aussi elle même, il y avait forcément de quoi faire, et de quoi devenir riche. Pour le moment, ce genre de personnel était soumis à un turn-over assez important. Parce que Krystel n'avait jamais vraiment trouvé chaussure à son pied en terme de personnels de soins et d'esthétisme. Mais je savais aussi que la majorité des soins qu'elle recevait. La jeune femme me demanda ce que j'entendais par polyvalence. Je lui souris.


    | les services de jour et de nuit vont s'alterner, parce qu'il y a au moins autant d'humains que de vampires dans la structure. Des hommes, des femmes. De tous âges. De tous horizons. J'imagine que certains auraient le front de vous demander s'ils peuvent vous payer pour vous sucer le sang, et d'autres peuvent aussi essayer de vous charmer. Mais vous n'avez aucune obligation dans ce domaine là. |


    Le but n'était pas tant de lui faire peur que de la préparer à ce qu'elle pourrait connaître. Quoiqu'il en soit, je continuais de la laisser me masser. Je souris de côté à la jeune femme.


    | Ca ne vous tenterais pas, vous? |

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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Lun 21 Oct - 21:59

Rendez-vous sur le fil du rasoir

 

Être ou ne pas être ? Telle était la question selon Philippe. D'après lui nous avions le choix entre rester soi-même du début à la fin ou bien de changer ! Mais dans les deux cas, il nous faudrait nous attendre à des difficultés, des déceptions mais aussi du bonheur... A l'entendre, je sus qu'il savait de quoi il parlait et moi aussi je le savais ! Je ne le laissais peut-être pas paraître mais j'avais du franchir des obstacles inattendus pour me retrouver ici, en présence de mon client. Le décès de mes parents était le pire de tous et je ne m'en étais toujours pas remise ! Mais cela ne faisait qu'à peine un an que j'avais perdu mes parents, il était donc logique que la douleur soit toujours aussi présente.
Je me demandais ensuite comment c'était imaginé Philippe quand il avait 20 ans ! Il m'avait dit que cela était très différent mais ne m'avait pas apporté plus d'informations à ce sujet. Peut-être s'était-il vu comme un marié avec des enfants et non pas comme un divorcé accaparé par son travail ! Je n'en savais rien mais je n'hésitais pas à lui poser la question car tel avait été mon comportement depuis le début.



– Des difficultés, des déceptions, du bonheur... La vie tout simplement, déclarais-je. Vous m'avez dit que votre vie n'était pas celle que vous aviez imaginée quand vous aviez mon âge. En quoi diffère-t-elle ? Si ce n'est pas indiscret.


Ce genre de question était toujours légèrement indiscrète puisqu'elle concernait l'intimité des personnes. Mais certaines d'entre elles y répondaient sans problème ! Jusqu'à présent mon beau quarantenaire n'avait pas éludé une seule de mes questions... aussi j'en avais déduis que cela ne le dérangeait pas de parler de lui. Ma curiosité était donc satisfaite... Le problème était que de mon côté je n'appréciais pas vraiment être interrogée ! Enfin, tout dépendait du sujet. Mais j'avais toujours peur de commettre une erreur, un faux pas qui pourrait mettre en danger mon secret ! Je devais cacher que j'étais une métamorphe et cela coûte que coûte. Aussi je prenais soin de ne jamais montrer ma haine envers les vampires ou ma curiosité envers les métamorphes lorsque je discutais avec des inconnus, des clients ou n’importe qui que je ne connaissais que très peu. J’acceptais donc la proposition de Philippe concernant une éventuelle publicité de sa part au manoir vampirique pour ne pas éveiller d’éventuels soupçons. J’imaginais qu’il m’avait dit ça comme ça et qu’il oublierait une fois sorti d’ici…

Cependant le beau quarantenaire continua sur sujet puisque ma curiosité m’avait poussée à lui poser une question. Il m’expliqua que le manoir était habité de vampires mais d’humains aussi et que les heures de rendez-vous pouvaient se tenir de jour comme de nuit. Pour ma part, je n’écoutais que d’une oreille et je massais ses jambes depuis quelques minutes…
Tandis que mes mains remontaient le long de ses hanches, je me stoppais légèrement tandis qu’il déclara sans le moindre mal que certains vampires proposeraient sûrement de me payer en échange de mon sang ou essaieraient de me charmer ! Raison de plus pour ne pas y aller. Je ne disais donc rien à m’appliquais à ce que je faisais mais mon client m’interpella pour me demander si ça ne me tenterais pas. Il m’avait posé cette question avec un sourire mais elle me parut effrayante ! Bien sûr, je lui rendis son sourire et repris enfin la parole…



- Je m’étais attendu à entendre la deuxième réponse mais je suis surprise pour ce qui est du sang acheté, avouais-je. Je marquais une légère pause. Et à vrai dire je n’ai jamais réfléchi à cette question de savoir si je serais tentée par ça, répondis-je pensivement.


S’il était vrai que je n’y avais jamais pensé, je savais d’ores et déjà que la réponse serait non ! Me rendre au manoir avec comme statut « distributeur de sang » équivalait avec une tentative de suicide.
 
 
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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 22 Oct - 13:33

    Mon discours pouvait sembler particulièrement négatif mais il ne l’était pas vraiment dans le sens où il ne s’agissait jamais que d’un constat que j’avais pu faire et poser sur ma propre existence, une réflexivité a posteriori sur tout ce que j’avais enduré ou commis dans mon existence. Le poids des joies et du bonheur pur était déclinant, ne restait plus rien de positif dans mon existence que l’acceptation totale de ma nature profonde, ce qui n’était déjà pas si mal. Ce n’était tout de même pas tous les jours que l’on pouvait observer dans la vie de tous les jours ou dans la pratique d’un métier comme le mien, des gens qui étaient heureux et satisfaits, et surtout qui acceptaient pleinement la vie qui était la leur et les contraintes auxquelles ils étaient soumis. Moi, j’acceptais tout. Ce n’était pas forcément positif en soi mais plutôt bénéfique, ce qui n’était déjà pas si mal. Cela me permettait d’être plus concentré, plus efficace, totalement indestructible. Je pouvais mourir, mais jamais je ne pourrais faiblir dans l’exécution de ma tâche. La jeune femme me dit que c’était cela, la vie. La sienne n’avait de toute évidence pas grand-chose à voir avec la mienne, mais je me gardais bien de le dire, profitant encore un instant de ses mains sur mon corps et de ses massages qui avaient un effet apaisant sur mon état physique ; plutôt malmené ces derniers temps. Je laissais ses paroles glisser sur moi, sans me laisser impacter par elle. Cela faisait longtemps que j’avais fait la paix avec ma vie et avec ma propre histoire, que j’acceptais pleinement. Mieux, que j’utilisais désormais pour atteindre mes objectifs.


    | Oh, eh bien, je me voyais heureux, marié, avec des gosses et une maison. Pas ici, sans véritable attache ni loisir véritable, seul avec mon travail. Cela ne veut pas dire que je suis mécontent de ce que je suis devenu. La jeune tête brûlée que j’avais été dans le passé ne s’accepterait pas beaucoup aujourd’hui. |


    Mais j’avais changé, terriblement changé. C’était le cas de le dire ! Je n’avais tout simplement plus rien à voir avec le jeune homme que j’étais alors. Je n’étais plus passionné, ce désenchantement progressif s’était finalement mû en une concentration de glace. Je haussais les épaules aux paroles suivantes de la jeune femme, me redressant alors que le massage était terminé.


    | Oh, comme tout le monde, croyez moi. Ne foncez jamais tête baissée dans rien. |


    Je me rhabillais précautionneusement, prenant soin de ne rien oublier. Je lui serrais finalement la main, sourire aux lèvres.


    | Eh bien, je vous remercie, vous m’avez convaincu. C’était très plaisant. Je referais appel à vos services dans le futur. |


    Je lui laissais le prix de sa prestation en liquide et partais ; Cora serait contente de venir ici, j’avais ma réponse.


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MessageSujet: Re: Rendez-vous sur le fil du rasoir [Livre II - Terminé]   Mar 12 Nov - 0:13

Rendez-vous sur le fil du rasoir

 

Mon rendez-vous touchait à sa fin comme la discussion qui avait lieu. J’avais cependant demandé à mon client en quoi différait sa vie actuelle de celle qu’il s’était imaginée. Sa réponse me parut des plus sincères et il était rare d’entendre dire que la personne que l’on avait été autrefois n’aimerait pas celle qu’elle devenue. Mais malgré cela, Philippe déclara qu’il n’était pas mécontent de son mode de vie actuel. Genre de vie que je détesterais mais cela était autre chose ! Je souris alors au quarantenaire.


- L’essentiel c’est que votre vie vous plaise, dis-je simplement.


Je m’étais ensuite attelée à finir le massage tandis que mon client me parlait des boites de nuit à la mode. Je fis mine de m’intéresser à ce qui concernait principalement les vampires ! Pourquoi ? Mais pour savoir où je ne devais absolument pas aller bien sûr. D’ailleurs, lorsque l’homme me parla du manoir et des habitudes qui avaient certains vampires, je réprimais un frisson. Coucher avec vampire ou lui vendre du sang… Quelle horreur ! Et cela signerait mon arrêt de mort puisque le fluide vital des métamorphes était très recherché par les nocturnes.
Je finissais donc le massage en disant à mon client que je n’avais jamais pensé à vendre mon sang à des vampires et n’ajoutais pas que je ne le ferais jamais. Mon client se redressa alors et me dit qu’il ne fallait jamais foncer tête baissée. Je souris de nouveau ! S’il avait su.



- Je suis devenue quelqu’un d’assez réfléchi depuis mon arrivée en Ecosse !


Je n’avais pas le choix… Mes parents n’étaient plus là pour prendre les bonnes décisions à ma place ! Je devais donc faire preuve de la maturité qui m’avait souvent fait défaut jusque là et pour le moment je me débrouillais plutôt bien.
Je laissais mon client se rhabiller et commençais à ranger ce dont j’avais eu besoin pour ce rendez-vous. Lorsqu’il fut prêt, je le raccompagnais à la porte et lui serrais la main en souriant à ses propos.



- Vous m’en voyez ravie, répondis-je. Je vous dis à la prochaine fois alors.


Lorsque je refermais la porte derrière lui je filais ranger ma recette dans mon petit coffre se trouvant dans le placard de ma chambre. Je finissais ensuite de ranger et aux vues de l’heure je choisissais de me poser devant la télé.


FIN
 
 
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