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Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]
MessageSujet: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Sam 17 Oct - 17:13

La chaleur qu'il dégage réchauffe doucement le bout de mes doigts. Bien à l'abri sous mes toiles étirées, capturé, enfermé, comme un insecte que l'on transperce d'une aiguille chauffée à blanc. Lentement, je souris avec quelque chose de sournois. La mort aurait sans doute été préférable pour lui non ? Mais la facilité n'est pas la mienne, quel dommage...Je me détourne dans un souffle, croisant les yeux sombres d'un homme qui demeure dans mon ombre depuis longtemps maintenant. Ses iris ne sont que questionnement, incompréhension sans doute. Mon sourire s'accentue, il ploie la nuque et disparaît comme une ombre. La porte sonne un étrange glas lorsqu'elle se referme doucement. Mon regard s' égare un instant dans l'absence avant de glisser sur l'ombre souillant mes draps. La tentation est immense, l'envie d'y céder...Divine.

L'iris de glace s'assombrit lentement lorsque la bête tire sur ses chaines. Sa grotte chimérique tremble et son rugissement retentit jusqu'au plus profond de ma psyché. Mais elle se taira dans un gémissement plaintif, parce que je ne lui en laisserais pas le choix. Il ne le sait pas, mais ce miracle, il ne le devra qu'a mon Soleil. Telle est l'ironie de la chose. La lune est encore haute, ma peau est redevenue soie marbrée et le velours d'un riche coton remplace l'espace d'un souffle le denim. Les corsets ne seront jamais un regret n'est ce pas ?

Puis, le geste est si rapide que la douleur explose à peine tandis que mes crocs empoisonnés déchirent ma propre chair. L'âge me donne la puissance et la force, la guérison éternelle et le sang n'aura qu'un instant pour s'écouler. Liquide mort et éternel. Addiction sans nom dont il n'est pas encore conscient. Mais une malédiction cache parfois une bénédiction, de cet enfer naîtra sa guérison et le début d'un jeu dont il n'a même pas idée.

Je souris lorsque le carmin franchit la barrière de ses lèvres. Que la nature l'oblige a se crucifier lui même. Je souris parce que cela ne fait que commencer et qui sait si je le laisserais vivre après ceci. Cela sera sans doute laissé a mes désirs sans fin. Le temps s'écoule avec une lenteur désespérante, mais qu'importe, je ne suis qu'une ombre qui observe avec cruauté l'éclat de ses propres méfaits.

« Quelle mort cela aurait été si je l'avais laissé faire...N'est ce pas ? »

Murmure qui sonne comme un chant éternel et sournois. Comme des notes jetées sans importance mais qui frappe toujours avec violence. Et le sourire est...Intemporel.


Dernière édition par Scylla van Heland le Sam 21 Nov - 0:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Sam 17 Oct - 19:28


Je devrais être mort... Alors pourquoi la souffrance m'assaillait-elle encore ?
Je sens tout mon corps qui me lance, me fait mal comme jamais. On m'a broyé, arraché les ailes dans une dernière tentative de réchapper au destin. Je savais que ce jour fatidique arriverait. Je ne m'attendais pas à vivre encore dix ans de plus, avec la vie que je mène. Les papillons sont ainsi, éphémères. A préférer se brûler les ailes à la lumière incandescente d'une lumière plutôt que de passer une existence entière dans les ténèbres. Je devais mourir dans un coup d'éclat. J'avais émis le souhait étrange de sacrifier mon existence pour en sauver une autre. Je crois que c'est à force d'être au contact de la Meute, de veiller sur les arrières d'Hayden, que j'avais fini par caresser l'espoir d'une belle mort, pour rattraper toute la vie sordide que j'avais mené jusque là. Ils avaient presque réussi à me faire oublier qu'on mourrait seul, au fond d'un caniveau, oublié de tous.

Je sens une froideur rigide m'étreindre, puis se substituer à une chaleur confortable. Je ne sens pas grand-chose d'autres, par-delà le voile de la douleur. C'est une lente agonie. J'ai rompu le combat, mais mon corps persiste à le livrer. J'avale du sang à intervalles réguliers, puis un autre à la saveur bien différente vient le remplacer. Une sensation qui embrase mes sens, réchauffe rapidement tout mon être. Je sens mes crocs qui cherchent la chair, en désirent toujours plus, en consommer jusqu'à la dernière goutte. C'est atrocement bon, et grisant. J'ai mal, encore. La douleur change, pourtant... Celle d'une guérison bien trop rapide pour être naturelle. Je respire enfin à plein poumons. J'en tousse, me tord sur le côté. Je rouvre les yeux sur le renfort de draps satinés, plongés dans la pénombre. Ma main brisée se referme dessus... J'en suis le premier étonné. La douleur persiste, mais plus qu'en tâche de fond. C'est un désir tout autre qui me prend à la gorge, vite muselé par une terrible vérité.
J'oriente mon regard vers la créature diaphane qui se tient à mes côtés. Elle est toujours là. Elle n'a pas achevé le travail. J'admire son contrôle que je n'ai encore jamais eu l'occasion d'observer chez aucun de ses congénères... Mais j'aurais préféré qu'elle tente de me déchiqueter pour s'approprier mon sang, plutôt que de chercher à me faire goûter le sien. J'aimerais tout recracher, mais c'est trop tard. Je sais les effets néfastes qu'une drogue peut occasionner sur un organisme... Pourquoi me soigner, si ce n'est pour me torturer davantage ?

Le papillon en moi n'attend qu'une opportunité pour prendre son envol et fuir. Le loup, lui, ne désire que planter ses crocs dans sa gorge... Mais je suis désespérément humain en cet instant, dépourvu de toutes pulsions animales. Je sais ce qui arriverait si je revêtais l'une de ses deux formes. Je ne les connais que trop bien, et me prive de ce réflexe si évident. Je dois attendre mon heure, agir en tueur et non pas en animal. Je me redresse pour lui faire face. Je sens mes muscles et mes os qui protestent encore envers chaque mouvement que je peux faire, mais mes plus vieilles blessures sont parfaitement résorbées. Enfin. Etrange de se sentir aussi bien dans l'antichambre du diable non ?

- Je te félicite, pour ce contrôle à toutes épreuves...

Je me donne un peu de temps, juste assez pour promener mon regard aux alentours, à cette pièce close qui ne comporte qu'une seule porte de sortie. Ca sent le vampire à plein nez ici, même l'humain peut s'en rendre compte par lui-même. Je dois attendre qu'elle s'en aille pour espérer gagner ma liberté, mais quelque chose me dit que ce ne sera pas si simple... Surtout si je me trouve dans le sous-sol d'un repère à sangsues.
Je reviens bien vite à elle, posant la question qui me brûle les lèvres :

- Et maintenant ? Quelle est la suite des réjouissances ?
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Mar 20 Oct - 20:25

Doucement sa voix s'élève et je m'en amuse ouvertement. Je n'ai nul besoin de prendre soin de son arrogance. L'enfant provoque toujours ce qu'il ne peut contrôler...Ce qui peut le tuer, insolence immature que voilà. Néanmoins, l'être est intriguant. Je souris avec la délicatesse du cristal, lui imposant l'éclat sombre d'un azur sans nom. Je le scrute avec une douceur trompeuse. Il cherche, il tâtonne, il est amusant.

« Je ne sais guère si tu dois m'en féliciter...Après tout, qui te dis que la mort n'aurait pas été plus savoureuse pour toi ? »

Il y a quelque chose de nébuleux qui danse dans ma voix. Ce n'est pas une menace. Ce n'est pas une injure, ce n'est qu'un fait. Sans doute est ce là le secret d'une peur sans fin. L'albâtre de mon corps erre et se love, image d'une fragilité cruelle entre les bras de velours d'un fauteuil carmin. Mon index s'amuse de ma lèvre alors que filtre l'azur dans un écrin de ténèbres. J'écoute ses mots, cette bravache jetée avec l'assurance d'une proie qui se débat encore. L'étincelle qui anime son regard ne trompe pas. Il ira jusqu'à la mort pour...vivre. Bien étrange combat que les mortels mènent.

« Dis moi...Que donnerais tu pour ta liberté ? »

Le venin contenu dans mes mots possède la saveur du miel. Doux, sucré, mais aussi sinuant qu'un poison injecté directement dans les veines. Mon sourire se pare d'angélisme mais il ne s'y laissera pas prendre. Il sait que sa survie peut se jouer sur un mot, un songe, un geste.

« Quel est le prix accordé à ta vie ? »

Cette vie pour laquelle ils se battent sans cesse. Ephémère. Souvent creuse. La mort les fauche dans les larmes hypocrites et ils hurlent de souffrance alors qu'ils ne peuvent plus combattre. Intéressant. Fascinant. Délicat. Mais eux...Si fragile et si faible, friable comme du plâtre, ont en -t-il seulement conscience ? Ma nuque ploie doucement, mon sourire se pare d'atroce et le regard d'impérial éclat.

« Alors seulement...Je déciderais. »
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Mar 20 Oct - 21:58


Je n'aurais pas le temps de passer la porte avant qu'elle ne me rattrape. C'est la première pensée qui me vient à l'esprit. Simple, pragmatique. La seconde est que mon flingue me manque cruellement. J'aimerais sentir ce poids familier logé dans son holster, sous mon épaule. J'avais des balles en argent, de quoi lui exploser le cœur dans une belle gerbe sanguinolente... Il doit être resté dans la ruelle, comme mon portable et mes vêtements d'ailleurs. Je baisse le regard sur les draps qui me recouvre. Comme c'est touchant, cette attention. Non sérieusement, je me retrouve vraiment dans le lit d'une sangsue là ? Je devrais être au fond de son estomac. Il me faut l'heure. C'est encore plus crucial que mon arme, mais je n'y songe que maintenant. La nuit était déjà bien avancée, quand j'ai quitté l'appartement de Tania... Combien de temps suis-je resté inconscient ? Je pourrais peut-être parler assez longtemps pour la retenir jusqu'à l'aube, et enfin partir... Mauvaise idée. Je suis bien incapable de tenir une discussion sur une longue durée, alors avec une de ses sangsues vieilles de quelques siècles... Mais putain, il me faut un plan. Là, de suite.

Je reviens bien vite à elle, quand elle prend enfin la parole. Elle a ce regard de chat qui observe une souris. J'ai horreur de me savoir proie, et non chasseur. C'est rare que ça m'arrive, et j'aurais préféré que ça reste le cas. Elle pose des questions étranges... A croire que je l'intrigue. C'est possible. Elle n'a certainement encore jamais rencontré de métamorphe. C'est même presque sûr en fait.

- Savoureuse ? Je sais surtout qu'elle l'aurait été davantage pour toi ma belle. Qu'est-ce qui t'as retenu de boire jusqu'à la dernière goutte du meilleur cru que tu auras l'occasion d'avoir ? Ca t'intéresse de le conserver dans ta cave le temps de le partager avec tes petits copains peut-être ?

Elle n'a aucune raison de s'être autant fait force pour me garder en vie, jusqu'au point de soigner mes plaies pour me préserver. Ce n'est pas par charité qu'elle l'a fait. Je me garde bien de l'en remercier, me doutant déjà que la suite ne va pas me plaire. Elle s'est peut-être ravisée dans l'espoir de gagner une pomme de sang et d'avoir boisson illimitée... Sauf qu'on ne peut pas me forcer. A la moindre opportunité, je me tire.
On en vient rapidement à en parler, de cette liberté que je ne brûle que de retrouver. Je me demande si ça se lit sur mon visage, à quel point je supporte mal le confinement. J'ai besoin de tout le ciel pour voler. Je ne peux même plus le voir d'ici : Aucune fenêtre. Je sens l'air me manquer, et pourtant, je suis sûr que mes côtes vont parfaitement bien. Merde. Aussi loin que je me souvienne, depuis que la chenille est devenue papillon, j'ai toujours eu cette fenêtre entrebâillée comme échappatoire. Je lâche un rire, qui n'a rien d'amusé. Je ne trompe peut-être personne, mais elle non plus.

- Ne te moque pas de moi. Tu as déjà décidé, à l'instant même où tu as refusé de prendre cette vie. Je t'en ai donné l'occasion. Tu ne te serais jamais donné autant de mal si c'est pour finir le travail maintenant. Quel gâchis ce serait, n'est-ce pas ? Je vous connais assez pour savoir que cette faim te tiraille, et quels efforts colossaux tu as dû fournir pour y résister. La question est donc plutôt de savoir quel prix tu accordes à ma vie, car il doit être assez élevé pour te faire autant force...

Je me lève et quitte le renfort des draps. Je veux voir comment elle réagit dès que je me décide à bouger, même si ce n'est pas pour gagner la porte. Je suis nu comme un ver, mais ce n'est pas moi que ça va gêner le premier. Je reprends, sur le même ton acerbe :

- Assez pour que ça t'emmerde de me laisser partir sans que je paie un droit de passage. Tu me forces la main pour qu'on conclut un marché. Tout ce qui peut t'intéresser est mon sang, rien d'autres. Rien ne t'empêchait de te servir... T'avais pas besoin que je sois réveillé pour ça. Alors accouche, ou prends ta dose et arrête de te donner du mal pour rien.

Je donnerais tout pour regagner ma liberté, même ma propre vie. J'ai cette résolution froide en tête, alors que je la fixe avec conviction. Elle va peut-être bien encore cherché à me briser. Je dois endurer, comme avant, comme toujours. Je dois le faire, sans céder. Car céder, ce serait déjà m'imposer des chaînes à ma volonté.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Mer 28 Oct - 16:48

Il y a une chose en ce monde qui m'agace encore. Je ne m'en doutais pas. Les morts qu'il prononce s'égrainent au diapason de la noirceur qui envahit mes iris. Arrogance. Encore. Toujours ! Les mortels ne vivent ils que par cela ? Espèrent ils une quelconque porte de salut ? Le regard de Dieu attiré par leur suffisance ?

Il n'y a qu'un feu bleuté qui s'évade de mon visage. Méandres de ténèbres colériques. Or, il n'est jamais conseillé de provoquer ce sentiment en moi. Je ne suis pas une tigresse qui déchiquette les chairs jusqu'à être couverte de sang. Je ne suis pas une meurtrière qui se satisfait de l'éclatement du cœur d'une étreinte noire. Je suis bien pire que tout cela...Ma bouche dessine lentement un sourire. Volute d'ombres sans fin. Nuances qu'il ne pourra véritablement comprendre, du moins...Pas avant qu'une lanière faite d'éclat argentés et de cuir de fende l'air dans un sifflement rageur. Le geste est si rapide qu'il ne devient qu'un souffle, qu'une image biaisée d'une réalité déjà dépassée. Mon sourire s'accentue...La pointe d'argent mord la chair de son bras, s'y enroule telle une amoureuse passionnée...Avec la fermeté d'une amante délaissée...Etrange image qui me hante...

Un soupir me traverse lorsque la violence l'attire sur le sol, qu'il glisse avec une violence matinée de tendresse jusqu'à moi. Les lignes délicates de mon pieds nu stopperont sa course. La plante déposée avec force et suavité au creux de son cou.

« Tu n'es qu'un enfant immature, arrogant et pathétique. Tu n'es ni juge, ni bourreau entre ses murs. Tu n'es devin pour prétendre savoir ce qui m'anime, ni même ce à quoi je pense. Il serait terriblement facile de briser cette conscience primaire, d'en faire des éclats sans consistance tant ta bêtise n'a de limite. »

Mon regard l'écrase autant que mon pied sur sa gorge.

« Tu joue le bien précieux qu'est la vie sans même en comprendre son importance. N'espère pas une mort rapide ou même une lassitude de ma part car ma patience est infini, je ferais de toi ce que je veux et il me plaira de te voir contempler toute la splendeur de ton impuissance. »

Mon poignet danse un instant et la morsure s'enfuit, suave caresse qui laissera une plaie rougeâtre sur sa peau glabre. Mon talon enfonce sa pomme d'Adam, lentement, lui laissant tout le loisir d'en apprécier la sensation.

« Tu sortiras d'ici en vie, mais son goût aura changé sur ta langue. »

Mon rire accompagne mon corps qui s'élève, le libérant avec une tendresse feinte.

« Ta haine deviendra désir puisque tu l'auras décidé ainsi. »
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Sam 31 Oct - 12:47


J'aurais dû me taire. Je le savais pertinemment, mais il faut croire que je n'ai pas pu m'en empêcher. J'ai d'excellentes raisons de vouloir enfoncer mes crocs dans la chair froide de cette sangsue, pour voir de quel couleur est son sang... Mais défier une créature aussi ancienne qu'elle était terriblement idiot. Elle ne manque pas l'occasion de me le rappeler, alors même que ses mouvements se floutent par la vitesse d'exécution. Je lève les bras, dans un réflexe conditionné à maintes reprises, juste à temps pour que le fouet ne m'écorche pas un œil. Ce serpent s'enroule autour de mon bras, et avant même que j'ai le temps de sentir la douleur remonter, je suis à terre avec son pied contre mon cou. J'étouffe, sous ce poids qui compresse ma gorge, assez pour que je sois incapable d'émettre un son. C'est en silence que je déguste, sentant le venin de l'argent s'infiltrer par cette fente laissée à mon bras. Je ne me souviens que trop bien de cette sensation pour ne pas l'associer immédiatement... Et moi qui pensait en avoir fini avec pour un moment. Cette folle compte me dresser avec un fouet en argent !

Ce n'est rien de plus qu'un grognement qui filtre entre mes lèvres. J'ai envie de me transformer en loup et de lui arracher ce minuscule pied à la force démesurée... Je pourrais certainement m'extraire de sa prise ainsi, mais ce ne serait que pour prolonger mes tourments. Je ne peux pas vaincre. Je ne peux pas fuir. Je me suis rarement senti aussi acculé, à devoir me contrôler pour ne pas riposter. Ce serait pire. Mieux vaut m'éviter une série de coups de fouet, si je le peux, et me réserver pour l'instant où la vampire devra regagner le sommeil des morts. Je dois rester calme. C'est difficile, à l'écouter. Une mort rapide, c'est bien ce que j'avais souhaité. Je lui rends un regard de parfaite incompréhension quand elle parle de me libérer... Avant que la lumière ne se fasse enfin sur mon esprit. Elle veut me rendre dépendant d'elle, et me relâcher seulement ensuite, pour mieux me voir revenir. Réclamer comme un drogué d'avoir sa dose. Putain de merde !

Quand elle relâche enfin la pression, mon souffle me revient, laborieux. Je me masse d'une main la gorge en m'écartant prudemment d'elle pour me mettre hors de portée du fouet. Je sais pertinemment que c'est inutile, mais j'ai la certitude de ne plus avoir envie de la contrarier. Chaque blessure sera un frein à ma fuite, et une goutte de plus envers ce besoin impérieux de disposer de son sang. Je ne la quitte pas du regard, l'arrogance s'est substituée à la méfiance. Je dois simplement gagner du temps, et ne pas lui donner plus encore l'envie de jouer. Difficile de réfléchir...

- Je suppose qu'on risque d'en avoir pour un moment...

C'est une façon comme une autre de poser cette question détournée. Je sais bien qu'elle ne me relâchera que quand elle aura obtenu ce qu'elle veut... A condition que je ne parvienne pas à m'enfuir avant.

- Je n'ai rien décidé. Je n'ai rien pu décider. A t'entendre, on dirait que tu manques de jouet dans ta chambre... Ou d'un animal de compagnie pour réchauffer ton paillasson.

Je lâche un rire amer, sans joie.

- Tu ne préfères pas en trouver d'autres plus dociles qui feront l'affaire ? Ca peut se faire assez facilement.

Je troque volontiers ma place contre n'importe quel métamorphe solitaire... Mais c'est surtout une excuse pour sortir de là et m'évader. Un coup dans l'eau, je parie. Autant tenter un coup de bluff, même si je sens d'avance qu'il sera compliqué de berner une créature aussi ancienne. Peu importe. Je n'ai plus rien à perdre.

- Surtout que je ne vois pas comment tu comptes t'y prendre, ma belle. Ton sang ne fait bien d'effets qu'à l'engeance humaine et je n'en fais pas partie. Oh et je ne doute pas que ce joli corps peut-être très alléchant du peu que j'en vois par ce décolleté plongeant mais j'ai pas encore l'envie de me lancer dans quelques expériences SM avec le fouet en prime.

Merde. Je crois avoir fait pire qu'escompté finalement.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Lun 2 Nov - 13:35

Ma main danse un instant dans l'air, balayant ses mots comme des fétus de paille. Les écrasant avec un sourire qui n'a d'égal que l'étendue de ma propre dualité. Le bleu glace de mes pupilles s'évade avec quelque chose d'orageux, une étrange saveur qui n'a de sens que la profondeur de mes songes les plus noirs.

« Un jouet se détruit totalement, il n'en reste que des miettes, qu'une conscience effritée et morne, une coquille remplie de néant et d'oubli. Tu seras cela ou tu seras bien plus, cela reste à admirer. L'on dit qu'il faut mourir une fois pour connaître la valeur de ce que l'on est réellement... »

La mort, spectre terrifiant pour ceux doté d'une vie si courte qu'un souffle divin n'en voit que trop rapidement la fin. Une vibration fragile qui se brise sur le verre de l'existence. De quel airain sera-t-il lorsque le marteau de ma volonté l'aura réduit à si peu qu'il disparaîtra si il n'y prend garde ? Le sourire qui me hante s'éprend d'une cruauté bien douce.

« Irais tu jusqu'à trahir aussi légèrement pour ta propre sauvegarde ? Alors que je viens même de te garantir la vie ? »

Mes pas voltent sur le sol velouté, leur chant étouffé par la douceur d'un coton précieux alors que je l'accule, statue de chair nue aussi friable que la porcelaine, pourtant je me dois de lever le regard pour croiser le sien. La glace se jumelle mais l'une est déjà pervertie d'éternité lorsque l'autre ne devient qu'ironie. Ma paume se dépose, aussi légère qu'un souffle de vie sur l'endroit où repose son cœur, j'en ressens les battements, une danse sans rythme, s'affolant, se calmant, comme l'orage qui ne sait avec quelle colère il doit s'abattre sur le monde. Les corps se frôlent tout en se haïssant. Mon rire l'enveloppe d'une chaleur trompeuse. Ah ce parfum enivrant...L'iris s'abreuve de ténèbres.

«Ne sois pas arrogant. Tu n'es qu'un reflet bien terne face à qui enchante mes nuits et bien incapable de t'y confronter. Ta vertu restera ce qu'elle est... »

Ma main glisse, caresse glaçante, jusqu'au creux de sa vie. Ce cou affriolant, bien plus que ce que la nature lui à offert à mes yeux biaisés d'éternel.

« Je prendrais bien plus que cela. »

Soupir sulfureux et promesse dangereuse qui vient de s'échouer sur la courbe arrogante de son visage. L'azur tourbillonne, prémices d'une tempête à laquelle il me faudra tenir une bride d'airain. La saveur qu'il dégage n'a pas d'égale, j'y résiste depuis longtemps maintenant, comme si le temps pouvait ralentir sa course pour me soumettre à une torture et en rire. Il me laissera faire parce qu'il sait que les serres déposées sur son cœur peuvent à tout moment étouffer ce qui fait son existence. Je goûte avec une langueur qui n'a de jumelle que ma voracité le parfum même de sa peau, traçant une ligne empoisonnée là où bats sa vie, protection si tendre et si douce qui s’effritera lorsque j'y planterais ma faim dévorante. Pour l'heure, je lui offre la douceur venimeuse tandis qu'il abdique.

Extase.

Une folie des sens, un ciel qui se déchaîne dans ce qu'il a de plus terrifiant, de plus savoureux. La valse divine d'un poison au goût d'ambroisie, les rênes lâchent, subjuguées, cette poigne de fer qui demeure socle de ma volonté frémit. Je sais. Je devine. Je sens. L'embrasse morbide d'une condamnation cruelle dans sa perfection.

Mes doigts se resserrent, mes ongles percent la peau, l'avidité se fait reine, menaçant de se couronner impératrice. Il y a une violence presque désespérée au creux de mon âme, la bête que je cache rugit de se voir arracher ce qui la ravit.

Je le repousse telle une chose immonde et je ris. Je ris à n'en plus finir. Des éclats si percutent les murs avec une brutalité bestiale...

« Il y a longtemps que je n'ai éprouvé ce par quoi je fus forgée...Je suis faite d'une volonté sans limite... qui aurait dit qu'un simple mortel serait à même de la faire frémir ? »

Il y a une folie bien trop violente dans mes iris, je le sais, je la sens. Elle tire sur mon âme. Un battement de cil la fera disparaître du devant de la scène, mais je sais qu'elle demeure, quelque part et chaque regard que je jetterais sur ma proie en sera un rappelle constant...Le rire se fait silencieux, presque un soupir....

« Qu'es-tu ? »
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Mer 4 Nov - 0:18


Mon sourire s'étire, une lueur amusée dans le regard. Je ne devrais pas l'être quand on parle de mon propre devenir, mais j'ai cette sensation d'être un étranger qui observe la chute d'un autre. C'est seulement une image de mon esprit, qui me permet d'encaisser la vérité empoisonnée qui filtre depuis ses lèvres... Comme un suicidé qui saute depuis le dernier étage, et déclare à chaque fenêtre qui passe : "Jusqu'ici, tout va bien." Je peux m'en sortir. Je dois m'en sortir. Je m'accroche à cette volonté ferme d'en découdre, sans oublier cette prudence si vacillante dans ces éclats de folie.

- Je me disais bien que tu étais du genre à casser tous tes jouets... Tu espères me briser ? M'asservir ? En retirerais-tu de la satisfaction ? L'on dit que, ce que la chenille appelle "mort" le papillon l'appelle "renaissance".

Je laisse mes paroles flotter dans l'air comme elle a pu le faire juste avant moi. Elle aime répandre insidieusement ce poison, se draper de mystère pour garder l'intérêt vif. J'ai en face de moi une intrigante qui a aperçu une opportunité et réfléchit encore à comment l'employer habilement. Je ferais mieux de la prendre à contre-pied que de tenter d'entrer dans son jeu.

- Pour trahir, faut-il encore avoir un sentiment d'appartenance assez fort...

Je donne l'illusion. Les papillons sont doués pour le faire. Peut-être croira-t-elle ainsi que je suis ignorant de ma propre condition, ou que je ne pense pas que d'autres comme moi existent, à moins que je ne sois tout simplement une engeance démoniaque. Ca peut marcher. J'ai bien grandi dans cette ignorance pendant longtemps, avant de croiser Nolan... Et je parie que certains métamorphes le font encore. Je n'ai pas envie de les protéger, eux, les solitaires. Je cours le risque qu'elle me trouve bien plus unique que je ne le suis, mais elle n'essaiera pas de remonter à d'autres par mon biais, comme à la Meute.

- Garantir ma vie... Tu serais embêtée si je venais à mettre fin à ton petit jeu de manière radicale.

Je vais devenir fou, à rester enfermé. Autant se tirer une balle dans la tête que de la perdre d'une autre façon. Je dois simplement rester calme et attendre son départ avant de songer à des solutions concrètes pour me sortir de ce mauvais pas. Je commence à être en panne d'idées pour temporiser, et je m'en rends vite compte alors qu'elle se rapproche dangereusement. Le fouet ne claque pas dans l'air, et c'est peut-être la seule bonne nouvelle. Je ne recule pas. C'est inutile... Où irais-je ? Je ne peux pas fuir. Le contact de sa paume froide contre mon torse m'arrache un frisson sans que je ne parvienne à en saisir la provenance exacte. Tout se confond. J'ai ce dégoût en moi, de ceux de sa race, qui affronte un désir ardent pulsant dans mes veines. J'ai envie d'elle, d'une foutue sangsue. Je sais pertinemment que cette pensée ne vient pas de moi, mais elle me dicte ma conduite. J'aurais dû rompre le contact aussitôt, quitte à endurer le fouet à nouveau.

- Ma vertu ?

Je tousse un rire qui soulève ma poitrine sous sa main. Je la sens poindre entre nous, ma vertu. Je ne peux strictement rien y faire, hormis maudire les effets du sang des vampires. Ce n'est pourtant pas suffisant pour qu'elle ait elle-même conscience de ces effets néfastes. Je pourrais tout aussi bien être attiré par elle... Après tout, elle n'est pas désagréable à regarder, si elle n'était pas aussi froide que la pierre.

Quand sa main remonte vers mon cou, je sais pertinemment ce qui m'attend. J'aurais envie de lui arracher, de me débattre et de lui donner toutes les peines du monde à prendre son dû. Je pourrais me transformer là, maintenant, et rompre le contact. Je décide de ne pas prendre ce risque... Non par peur, mais seulement pour m'économiser. Elle l'aura, d'une façon ou d'une autre, et si céder m'est difficile, je sais sur quoi joue ma survie. Je dois lui donner le moins d'excuses possibles pour se servir de son sang ou décider de me délaisser avec les deux bras brisés. J'en aurais besoin pour m'évader. Je me raccroche à cet espoir et encaisse. C'est presque agréable, mais toujours aussi humiliant. Je n'arrive pourtant pas à m'en défaire, resserrant son étreinte plutôt que de la repousser. Je la sens s'abandonner à sa faim, s'extasier de mon sang. J'ai envie de l'accompagner et de la prendre moi aussi. Je sens ses ongles labourés ma peau et me procurer une sensation agréable... Avant que la douleur ne me réveille. Je me crispe en réalisant ce que je suis en train de faire. Je perds totalement les pédales. J'aurais pu la tuer sans plus tarder si j'avais eu encore mon arme sur moi. Elle doit le savoir. Elle a choisi son moment pour s'adonner à son vice, alors même qu'elle sait que je ne tenterais rien. J'ai presque envie de la détromper, pour le simple plaisir de le faire... J'ai du mal à me tenir à ma discipline alors qu'elle est si proche. Je suis persuadé que cette attirance ne m'a pas autant tiraillé dans cette ruelle sombre. Ce ne peut-être que le sang.

... Le sang qui commence à me manquer. C'est long. Ca finit par être douloureux. Je me sens pourtant presque mieux, ainsi vidé de mon fluide vital. Je chancelle quand elle me repousse, posant une main contre le mur pour ne pas tomber. Je porte rapidement l'autre à mon cou, sur les traces de la morsure. Je sens une pointe de colère monter immédiatement, agacé de ces marques sur ma chair, de cette odeur de sangsue qui va prendre un moment à me quitter. Qu'il est difficile de ne strictement rien faire... J'ai l'impression de régresser, de revenir de nombreuses années en arrière alors que je ne pouvais qu'endurer les coups et rester enfermer, avant que le papillon ne sorte de son cocon.

C'est à mon tour de rire quand elle pose cette simple question, cherchant à mettre un nom sur cette faim qui la dévore de l'intérieur. J'aurais de nombreuses réponses à lui donner, mais une seule me paraît réellement appropriée en constatant à quel point cette dualité la tiraille, entre contrôle et voracité :

- Le fruit interdit de ta propre tentation.

Elle veut me faire chuter, mais elle chutera avec moi en essayant.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Jeu 5 Nov - 19:27

Cela subsiste et vit encore sur ma langue. La saveur incomparable, enivrante d'une ambroisie a nulle autre pareil. Créature inconnue, étrange, intrigante. Son rire n'est guère une insulte à mes oreilles et l'iris de glace s'enchante d'étincelle victorieuse a son murmure :

« C'est un fardeau qui se doit d'être partagé tu ne penses pas ? »

Pauvre petite chose affaiblie. Il se bat encore, cela m'amuse. Il ne sait rien de ce que je peux faire, ni même prédire mes désirs. Personne ne le peut. Il se leurre. Il se trompe. Il se ment. Il désire tellement m'enfermer dans un cercueil forgé de ses jugements erronés.

« Il existe maints récits sur le papillon, j'espère que tu en seras digne comme tu me le dis avec tellement d'arrogance, mais qu'attendre d'autre de la part d'une légende ténébreuse. »

Les murmures de la nuit, accusés de mensonge, d'illusion, ils résonnent à mon oreille, autant de voix que de vies. Souvenirs flous et passés d'une éternité errante. Cela n'a pas de réelle importance pour l'heure.

« La question est de savoir si tu as les moyens de tes prétentions... »

C'est un chuchotement de velours, aussi rocailleux qu'une promesse infernale aussi délicat que les pas qui me portent vers lui. L'éclat d’albâtre de ma nature perce avec violence ma propre chair. Le flot carmin envahit mon palais et je souris avec lenteur. Oui ce fardeau sera partagé je n'accepterais rien d'autre. Équité malsaine d'un jeu dont il ne connaît les enjeux. La plaie se referme, langoureuse scarification qu'il ignore.

Je forcerais la barrière de sa bouche de mes lèvres, y verserais le poison douceâtre de ma mort, maîtrisant son corps avec une facilité démoniaque, créature bien trop faible pour m'opposer une résistance efficace. Le sang possède sa propre saveur, sa propre texture, attirance et répugnance sont ses compagnons. Il me haïra et je n'aurais que faire de sa haine. Il me haïra et il me voudra, je le condamne à des tourments atrocement délicieux et il ne tiendra qu'a lui de s'affranchir des chaînes que je lui appose avec cruauté.

Je le libère de l'étreinte empoisonnée de mes lèvres, effleure les siennes du bout des doigts, rougies de la mort éternelle, la glace de mes yeux s'enivrant d'une jubilation endiablée.

« Donnes moi tord en te défaisant des laisses que je noue à ta gorge, sinon...Et bien tu apprendras a payé le prix de tes mensonges. »
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Ven 13 Nov - 17:57


Asservir. J'ai ma réponse... Et elle est loin de me plaire. Je sens cette colère qui me prend aux trippes, menace de me faire perdre la raison. J'ai besoin de sortir. Je ne supporterais pas de rester enfermé plus longtemps. Je préfère contempler ma mort que d'accepter ses chaînes qu'elles tentent d'imposer à mon esprit. Je grogne, comme un animal, en réponse à son murmure plein de promesses.

- Ce fardeau n'appartient qu'aux tiens. Les siècles t'accordent bien trop de certitudes... Que je me ferais un plaisir de contrarier.

Elle veut que je goûte à nouveau son sang, jusqu'à m'en enivrer à mon tour, comme elle a pu le faire avec le mien. M'en abreuver, encore et encore... A attendre le moment fatidique où je le réclamerais de moi-même, où elle n'aura plus besoin de cage pour me retenir. C'est une drogue à laquelle je refuse de m'adonner volontairement. Lutter contre ? Ce sera bien pire... Sauf si je suis assuré de pouvoir la tuer. Une créature aussi vieille, aucun humain ne le pourrait à moins de bénéficier de l'effet de surprise. Je ne l'ai plus depuis longtemps et il devient difficile de feinter sur ma condition. Je sens la pierre froide du mur sous mes doigts. Je suis dans une impasse, peut-être bien pour la première fois de ma vie. Aucune issue.

Je respire profondément pour m'inciter au calme, non sans difficulté. Je ne réponds pas à ses invectives et reste sur la défensive quand elle s'avance vers moi. Je sais ce qu'il m'attend, alors pourquoi je ne me détourne pas ?

- Tous les récits s'accordent pour dire que l'existence d'un papillon est aussi intense qu'éphémère. Tu voulais savoir ce que je donnerais pour ma liberté : Tout, même ma propre vie. Personne ne me met en cage.

Des paroles, ce ne sont que des paroles lancées avec la force du désespoir. Je me raccroche à cette parcelle de mon être qui ne veut pas lâcher prise, à celle qui s'est éprise de la liberté d'un simple papillon. J'ai acquis tellement de réflexes de survie avec mes longues années de tueur à gages... Mais je savais que ce jour arriverait, ce jour où elles ne suffiront plus à me maintenir en vie. Et libre, surtout. J'aurais pu gagner encore du temps, mais à quoi bon ? Je n'en aurais jamais assez avant que l'heure fatidique n'arrive.

Je me fige quand sa bouche vient chercher la mienne. Mon corps tressaille malgré moi, recherchant cette proximité avec elle, cette saveur inestimable sur sa langue qui enivre mes sens. Cette envie atroce d'en avoir plus, de la prendre, de la dévorer... Des chaînes qui se referment, m'étranglent pour de bon. Ses mains m'empêchent de me soustraire à cette prise, alors que ma volonté vacille... Et pourtant je lui recrache ce sang au visage. Je m'évade... Sa poigne se referme sur du vide. Mon vol me porte, en quelques battements d'ailes rapides, juste derrière le meuble auquel je me maintenais. Le sang pulse dans mes veines d'un désir sans cesse refoulé. J'en ai avalé une partie, bien malgré moi... Mais je lui souhaite bien du courage pour me forcer à en boire plus sous cette forme. Elle risque d'adorer ce jeu de cache-cache auquel je risque de m'adonner, à fuir dans le moindre interstice dès qu'il lui prendra l'envie de soulever ce meuble.

Je compte bien lui donner tort, avant qu'il ne soit trop tard. Je dois me préparer, réfléchir posément. C'est extrêmement compliqué alors que mon instinct est autant contrarié. Sombre. Enfermé. Les pires conditions pour qu'un papillon n'essaie pas désespérément de sortir, quitte à se heurter sans cesse au renfort du bois de la seule sortie possible. Je ferme les ailes et me contrains à attendre à mon heure.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Sam 21 Nov - 0:41

Mes lèvres se dessine de rire silencieux :

« Les siècles m'accordent la vérité de chacune de ces certitudes, Dyrebar et ton plaisir restera vain, je le crains. Tu n'es pas de taille et tu le sais. Mais j'admire ta ténacité. »

La ligne bleutée de mes iris tranche les ténèbres de mes cils avec l'acuité d'un couperet d'argent. Je ne le tuerais pas, cela est une certitude qui ne doit rien aux siècles. Il tient à sa vie, a ce fil si court pour eux.

« Tout le monde possède ses propres barreaux et tu n'échapperas pas à cette règle. »

Ma malédiction sera bien plus pernicieuse que de simple tuyaux de fer. La bête en moi rit dans mes ténèbres, elle sait déjà, elle sait et s'enivre de ce qui l'attend. L'âme est une création perverse, malicieuse et démoniaque. Nous portons tous en nous la destruction, peu importe la race. Nous sommes la destruction, nous le serons toujours. Lui, comme moi. Mais vole cette question, qui détruira l'autre ? La puissance est mienne et l'impulsivité immature qui orne son front sera sa faiblesse. Il ne le sait pas encore, mais cela viendra, au rythme du poison que je lui inflige. Une étreinte oscillant entre langueur brûlante et voracité acide.

« La prison....elle est déjà en toi, n'entends tu pas le claquement sinistre de son verrou ? »

Un murmure délicat, presque trop léger qui charrie les mots avec une force insoupçonnée. Valse en ré mineur dans lequel ronronne un ténor affamé. Il se débat encore, il se débattra toujours, je ris doucement alors même que sur mon visage s'affiche les perles carmines de ma vie. Il est déjà perdu, dois je lui susurrer le destin sans nom qui l'attend ? Peut être, que sais je, je ne suis qu'un monstre qui vogue sur sa survie et en arrache les moindres parcelles. Il m'échappe. Il me nargue et je glisse sur le sol, silhouette fragile qui se coule sur le sol...Le bleu de mes prunelles accroche les reflets de ses ailes...

« Ma patience est infinie, Dyrebar et il est amusant de te voir essayer d'en atteindre les frontières... »

Ma main vole avec la rapidité d'un serpent et ma paume devient un dôme de glace autour de son être indéfini. Il est devenu cristal entre mes doigts, une prison de chair immortelle. Il est magnifique ainsi paré. Je scrute le temps d'un souffle l'apparence qu'il m'oppose, mes doigts s'habillent d'une poudre irisée. Ma bouche sourit avec quelque chose d'étrange alors même que j'ouvre les doigts...

« Je t'accorde un espoir...Mais peut être sera-t-il un venin bien plus dangereux que ce que je ne serais jamais... »

Allongée sur le sol, les ondes noires de mes cheveux déployées comme une aura, je souris. Et ce sourire, cela fait longtemps que le temps ne l'a pas vu sur mes lèvres.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Lun 23 Nov - 0:18


Dyrebar... Ce mot aux accents étrangers ne m'est pas familier. J'ai l'impression qu'il ne s'agit que d'un mot, venu d'une autre langue, glissé dans une phrase au hasard, avant de comprendre que c'est ainsi qu'elle me qualifie. Je n'ai pas envie d'en connaître la signification. Je suis quasiment sûr qu'il se rapproche d'un terme pour désigner une bonne vendange tardive... Sérieusement.

Elle est si confiante en ses capacités que je n'ai qu'envie de lui prouver le contraire, et pourtant, elle a de bonnes raisons de l'être. Je n'arrête pas de me demander quel âge peut avoir cette créature des ténèbres. Bien trop âgée. Elle aurait dû pourrir au fond d'un tombeau et n'être plus qu'un squelette à moitié décomposé à l'heure qu'il est, mais elle se tient devant moi et désire ardemment ce qui coule dans mes veines, ce liquide de vie qui alimente la sienne. Très honnêtement, je ne sais pas combien de temps je peux tenir face à elle. Je peux me révéler borné, mais si elle fait encore claquer son fouet d'argent dans l'air, je ne sais pas si je tiendrais. Je veux le croire. Simplement, cette cage m'étouffe toujours plus. Aucune issue. J'ai ces mots qui me tournent dans la tête en permanence, comme un poison plus à même de me tuer qu'elle. J'ai du mal à respirer, et quand je revêts ma forme favorite pour mieux fuir, je sens l'instinct du papillon me tirailler si fort que je risque de me perdre pour de bon. Il m'hurle de trouver une sortie par tous les moyens, de ne pas me laisser mettre en cage définitivement.

Elle parle, encore. Elle ne s'arrête jamais de parler de barreaux, de prison, d'échappatoires inexistantes... Comme si elle savait parfaitement ce qui est capable de me rendre fou. Je me ferme. Quand je ne suis plus que cet insecte aux ailes d'un bleu métallique, je suis capable de m'oublier. Je ralentis le mouvement de mes ailes et m'immobilise. Elle s'est couchée au sol, son regard de glace rivé sur moi. Je dois bouger, mais impossible d'être aussi rapide. La main s'abat et referme davantage l'étau. Patience... Ce sont ses propres mots. Je dois simplement tenir jusqu'à l'aube. Que peut-elle me faire, sous cette forme, hormis me tuer ? M'arracher les ailes ? Je lui souhaite bien du courage pour m'éviter d'y passer sur le coup. Le contact de ses doigts contre mes ailes m'est désagréable. L'instinct me tiraille à nouveau, intransigeant comme jamais. Je ne peux pas passer entre, c'est impossible, et pourtant il m'intime d'essayer tout de même.

L'espoir... Sa main s'ouvre et me rend une liberté provisoire. Ce n'est qu'une prison plus vaste, mais je n'attends pas pour prendre mon envol et m'écarter d'elle. Je vois le seuil de la porte d'où je suis. Il me serait si facile de me glisser sous l'embrasure... C'est ce qu'elle attend que je fasse pour mieux m'attraper, mieux me briser mentalement. Je me contrains à trouver d'autres solutions. Mes ailes me portent jusqu'en haut du meuble, puis je me glisse derrière un tableau. Je sens le chasseur aux aguets qui s'empressent de me faire quitter mon refuge. Je ne suis qu'un éclair bleuté qui fuit l'inéluctable. Je tente ma chance près d'une cheminée... Fausse, bien sûr. Mon vol compliqué me permet d'échapper à une attention et de gagner le haut du lit, à défaut de passer en-dessous. Qu'est-ce que ces rainures signifient, là, en bas ? Je crains le pire en réalisant... Non, les vampires ne dorment pas dans des lits à baldaquin et cette chambre garde bien trop son odeur pour qu'elle ne soit pas une de ses demeures habituelles. Merde.

J'éprouve seulement une once de soulagement, car ma traînée bleutée et transparente a fini par perdre son regard une fraction de secondes, suffisante. La sangsue n'est pas idiote et porte son regard vers l'unique sortie possible, s'attendant à ce que j'en profite pour filer. J'en meurs d'envie, mais je dois me contraindre à attendre jusqu'à l'aube. Je n'arriverais jamais à passer cette porte assez vite avant que le chasseur ne m'enferme dans l'étau de sa poigne.

Je prends mon temps, dans le renfort des tissus, pour revêtir une forme qui m'est moins habituelle que le loup mais tout aussi efficace quand le besoin se fait ressentir. La forme de l'assassin, que je n'ai pas utilisé depuis que j'ai intégré la meute... Et pourtant, elle revête un intérêt tout à fait stratégique dans cette situation précise. Je bondis hors de mon abri pour tomber lourdement sur elle, les griffes sorties. Le rugissement du puma éclate comme un tonnerre dans le silence de la chambre. Je cherche à mutiler, planter mes griffes au plus profond d'elle, jusqu'au cœur si je le peux. Ce n'est qu'un assaut désespéré, je le sais, celui d'une bête acculée qui ne rêve plus que de gagner sa liberté... Par la vie ou la mort.
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Ven 27 Nov - 20:55

Le prisonnier n'attend que ce souffle. Je souris doucement, plissant langoureusement les paupières, étouffant presque l'étincelle irisée du bleu de mes prunelles. Mes lèvres bougent doucement pourtant aucun son n'en sort. Vole. Vole et espère la fuite couronnée de succès. Mais cela ne sera pas. Je ne le permettrais pas. Je le lui interdis. Chacun de mes gestes, de mes actes est pensé, distillé par un murmure éternel au cœur de mon âme. Il ne peut en deviner la consistance, ni même la saveur. Mais le veut il seulement ? J'en doute.

Il fuit. Il devient une proie. Cette fois, il accepte ce costume impie pour son arrogance sans nom. Il fuit ce qu'il ne peut combattre réellement sans mourir. Peut être devine-t-il que je ne lui ôterais pas le souffle ? Après tout, je le lui ai avoué. Je me relève avec la lenteur d'un cobra, suivant la trace infime et nacrée de bleu qu'il laisse derrière lui. Il existe une certaine beauté dans ce qu'il est. Etre bien étrange dont je n'ai pas encore percé les secrets. Ma langue se joue de mes lèvres. Il me tarde de tous les découvrir.

Il danse dans l'air. M'échappe pour mieux me revenir. Il dessine des arabesques sans sens mais terriblement charmeuses. Il me prend presque l'envie de valser avec lui. Et puis tout cela cesse. Un instant. Une seconde. Le temps d'un soupir. Le temps d'un mot. Le temps d'un silence. L'instinct l'a-t-il poussé jusqu'à la seule issue possible ? Peut être. Mais non, il a été bien plus sournois.

La douleur lacère mon dos. La musique d'une déchirure enchante un instant mes oreilles. Cela remonte de mes souvenirs. Le sifflement du cuir et sa morsure sans nom. Un sifflement de colère passe mes lèvres. Il réveille ce qu'un autre cherche encore et toujours à endormir. Il éveille ce qu'il ne pourra maîtriser. La cruauté, la bestialité dans ce qu'elle a d'essentiel. Quelque chose contre la quelle il n'est pas prêt. Mon rire devient quelque chose de caverneux qui résonne et se répercute infiniment. L'odeur du sang se fait maître de la pièce, envoûtant de son parfum cuivré soûlant de sa saveur acide. Mes membres se jettent, mes doigts s'enfoncent au cœur d'une douceur bien étrange, ils se referment sur l'appendice qui danse avec fureur.

L'armoire explosera, sera détruite sans vergogne. Il ne me suffit que d'un battement d'aile pour que ma paume s'enivre du cuir et la lanière siffle avec fureur.

« Puisque tu choisis cette voie.... »

Le venin s'écoule et je tire. Le cuir embrasse la gorge duveteux et le feulement me laissera de marbre. Le bleu de mes iris s'agite sans cesse.

«  Je ne peux que te satisfaire n'est ce pas ? »

La bouche carmine s'enchante d'un pli ombrageux, comme une noire promesse...La tiendrais je ?
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MessageSujet: Re: Until Dawn...| Malcom [Livre III - terminé]   Lun 30 Nov - 13:35


J'ai un bref sentiment de satisfaction en sentant les tissus se déchirer sous mes griffes, puis le sang perler sur cette peau de nacre. Je pèse lourdement sur elle et les enfonce profondément dans sa chair pour lui rendre cette souffrance qu'elle m'a infligée. La vampire se mouvoie avec rapidité et je sais que mon instant est passé. Je l'entends siffler de colère, comme un serpent, avant que la bête en elle ne réponde à l'impulsion de la mienne.
J'appréhende. Je sais qu'elle va me le rendre au centuple, et que je n'ai plus les moyens de lutter contre. Le puma en moi refuse pourtant de lâcher sa proie et je me sens bien plus en communion avec cet animal que les autres formes que j'ai pu revêtir. Le papillon est saisi d'une panique incontrôlable quand le loup ne parvient pas à raisonner cette solitude, acculé, sans griffes pour m'empêcher de goûter à nouveau à ce liquide carmin qui me donne tellement envie... Et m'empoisonne, m'emprisonne un peu plus. J'ai décidé de lutter et de rompre les échanges à partir du moment où ses motivations me sont apparues clairement. Je refuse d'être mis en cage. Je n'accepte qu'une seule soumission, et c'est celle qui va à mon Ulfric.

J'entends son rire qui sonne comme le glas de ma propre fin. Je n'ai pas le temps d'avoir peur avant que sa main ne m'attrape férocement au niveau du ventre. Je sens le puma en moi s'agiter, protester contre cette atteinte directement à son point faible. Je n'ai pas le temps de reprendre ma forme favorite, ou peut-être que je l'aurais eu si je n'étais pas si épuisé. Je percute violemment un des meubles et retombe au sol, à moitié sonné. Je commence à avoir mal partout. J'ai perdu bien trop de sang entre notre première confrontation et celui qu'elle m'a volé. J'ai atteint mes limites, depuis longtemps à vrai dire. Je ne me pensais pas capable de résister si longtemps... Mais l'aube est encore loin.

Je plante mes griffes rougies par le sang dans le sol. Je tente de me relever, en vain. Le serpent est plus vif et m'attrape à la gorge. Je gronde, feule de mécontentement. Je roule et me débats, ne faisant qu'aggraver mon cas. Je la fixe de mes pupilles rondes et félines. Je la vois bien plus clairement que sous mes autres formes. Je grave ses traits dans ma mémoire. J’emporte cette vision avec moi. Je sens la morsure de l'argent qui a mordu ma clavicule, et ce boa qui s'enroule et m'enserre jusqu'à m'étouffer. J'entends à peine ce qu'elle me susurre. Mes mouvements ralentissent, se font plus difficiles jusqu'à ce que je finisse par m'immobiliser, vaincu. J'aurais dû me transformer, encore une fois. Impossible. Je n'y arrive plus. Je n’ai plus la force.

Je sens le souffle me manquer. Je reste, à terre, haletant, à quêter la moindre parcelle d'air... Jusqu'à ce que ma vision se floute encore. Je sombre à nouveau, cette fois avec soulagement.

~~~~~~

La douleur lancinante des blessures à l'argent me réveille dans un grondement mauvais. C'est moins exacerbé que ça ne devrait l'être, et je crains avoir été à nouveau abreuvé du sang de cette vampire contre ma volonté. Je rouvre les yeux sur des abysses sombres et inquiétantes. Je sens le renfort des couvertures juste sous moi et me retourne, dans l'intention de me relever... Quand je percute avec violence une surface lisse. Du bois. Je suffoque aussitôt et martèle contre de toutes mes forces.

Enfermé. Elle m'a enfermé vivant dans un cercueil.
J'oscille entre fureur et panique incontrôlables. Le silence m'oppresse bien vite... Alors j'hurle à plein poumons. Un long hurlement qui se mue bientôt en celui du loup qui appelle sa meute. Je rue contre le bois. Je gronde. Je vole, à chercher la moindre interstice... Inexistantes. Je suffoque encore, avant de me réfugier dans la dernière forme que je connaisse, à griffer le bois.

Retrouver un semblant de calme...
Ne pas succomber au désespoir.

Les griffes chuintent contre le cercueil dans une mélodie dérangeante. Les prochaines nuits risquent d'être longues.
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