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Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Mar 4 Jan - 16:03

Glasgow. Une ville étrangère à mon cœur. Mon foyer, ma maison, c'était Édimbourg. Je n'y étais pas née, je n'y avais pas grandi, mais j'y avais mûri et évolué vers la femme forte et redoutable que j'étais devenue au fil des années. Enfin. Forte et redoutable... ça dépendait des moments. Par instants, sous l'effet du V ou de l'alcool, je pouvais me montrer aussi faible qu'un nourrisson. Certains d'ailleurs n'hésitaient pas à en profiter. Léopold, par exemple... M'éloigner un peu de lui n'était sans doute pas un mal. Bien sûr ce faisant je me jetais droit dans les griffes de Krystel, mais je n'avais pas prévu de la voir pendant mon bref séjour. Je devais commencer à me montrer un peu plus comme la Andréa d'avant, un peu moins comme une ruine pitoyable. Un peu plus comme la soldate qui dormait en moi. Après tous, ces vampires, c'étaient des abominations, et m'envoyer en l'air avec certains d'entre eux tout en consommant leur sang, c'était... très limite. Je m'en rendais bien compte, dans ce rare instant de lucidité absolue si rare entre deux prises ou deux gueules de bois, qui avait été mon état habituel dans ma vie d'avant – ma vie d'avant Torben.

Torben. Douloureuse pensée. Les horreurs que je lui avais racontées, ce tissu de mensonges sans queue ni tête... J'étais bien consciente de la faille qu'il représentait pour moi. De ma lente glissade vers la folie. Sans même qu'il ne l'ait voulu. Ni même envisagé. Que c'était dur de revenir sur cette première nuit – cette nuit bestiale, cette nuit sauvage, cette nuit effrayante tant nous nous étions perdus l'un en l'autre, cédant à des instincts bien plus anciens que nous – une nuit qui m'avait vue démunie et totalement bouleversée, non pas devant nos actes, ni même devant mon avidité de souffrance et de douleur, ou bien devant le plaisir inouï que j'en avais tiré : non, bouleversée, devant les larmes d'un homme qui pleurait sur son âme dévastée. Mon monde intérieur, bien propre et bien net, s'était trouvé sens dessus dessous et ma perception de Torben avait basculé. Il avait bondi de la case où je l'avais étiqueté comme un diable de sa boîte, pour occuper soudain la place centrale dans mon esprit. J'avais eu peur. Peur pour moi, et peur pour lui. Je l'avais blessé. Meurtri. Tué cet embryon de sentiment qui était en train de naître entre nous, assassiné cette relation en devenir, avortée brutalement sous mes mots ignobles. Puis j'avais persisté et signé. Sali la mémoire de sa femme, blessé tout ce qu'il lui restait. Il avait semble percevoir que je jouais la comédie, mais Krystel Raybrandt était arrivée à temps pour contribuer à tuer tout ce qui avait subsisté. Torben avant brûlé la moindre parcelle d'affection et de tolérance qu'il aurait pu me conserver. Et il était parti...

Parti à Glasgow dont j'arpentais maintenant les ruelles. Je savais par Silviano qu'il s'était établi quelque part dans le cité et je m'attendais à le voir surgir de n'importe quel coin de rue. Il faisait nuit noire – je boitais légèrement. Ma mission avait été accomplie mais j'avais un peu dérouillé dans l'affaire : côtes douloureuses et un mollet froissé. Vampires éliminés, mais fierté égratignée... Bah. Si mon ex-collègue me croisait, il aurait ainsi une bonne raison de rire de moi avant de m'achever. Mais avant, je lui dirais ce que j'avais appris sur Hannah. Un informateur passé à tabac, quelques menaces bien senties, et l'oiseau avait chanté une bien jolie chanson, accompagnée de couplets inédits auxquels je ne m'attendais pas. J'avais non seulement obtenu quelques informations parcellaires sur Krystel, mais également sur une catin à vampire appelée Hannah Badenov, qui travaillerait apparemment dans un certain bar à vampires bien connu de Glasgow. Il fallait que Torben ait ces informations. Mais il ne répondait pas quand j'appelais sur son numéro pourtant confirmé par Silviano – et ce genre de choses ne pouvait être confié à une boîte vocale. Une fois de plus, je dégainai mon portable, composai le numéro et j'écoutai le sempiternel message habituel que je connaissais maintenant par cœur. Cette fois par contre, je devais laisser un mot à Torben, tout de même...

« Torben, j'ai des informations sur ta sœur. Rappelle-moi. »
Lui dire que j'étais à Glasgow ? Non pertinent et inutile. Je mourais d'envie de le voir, mais c'était ce satané sentiment mièvre qui parlait. Oui certes, il me manquait affreusement. Mais lui ne voulait pas me voir, c'était une évidence. Même si j'en souffrais comme une damnée, je savais que c'était le mieux à faire – et que je l'avais voulu ainsi. Pour le préserver du danger que j'incarnais. Pour le protéger de moi. Décidément, j'aurais vraiment dû me défoncer. La lucidité ne m'apportait que des tourments...
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Mer 5 Jan - 15:00

    J'écoutais de la musique. Mon âme était entrée dans une sorte de léthargie. Mon verre d'alcool était sur ma table de chevet. J'étais allongé par dessus ma couette, les bras croisés derrière ma tête, et je regardais le plafond. Je n'avais rien à faire aujourd'hui. Je vivais la nuit, et je ne parvenais plus vraiment à dormir le jour. Alors, j'attendais. Froidement, patiemment. Je ne mangeais presque plus. Je buvais toujours autant. Jana ne m'avait pas rendu visite depuis un jour ou deux maintenant, et les tremblements de ma main avaient tendance à s'estomper. Je me sentais en meilleure condition physique. Parfois, un frisson de fraîcheur agitait ma colonne vertébrale, mais c'était également dû à l'anticipation du combat à venir. Je m'apprétais à désobéir à tous les ordres de l'Eglise en matière d'intervention. Dans les caches sous le plancher de mon petit logement se trouvait de quoi faire sauter un bâtiment à deux ou trois reprises. Suffisamment de détonateurs pour provoquer une multitude d'explosions secondaires. Suffisamment d'armes à feu pour éradiquer une clique entière de vampires, et suffisamment de munitions pour recommencer. Il fallait maintenant que j'identifie clairement leur repaire. On m'avait parlé de l'un d'entre eux. Je devrais probablement m'y rendre en personne pour en être certain. Hannah n'avait que trop attendu sa libération. Je ne pouvais plus laisser traîner les choses; ce serait trop dangereux. Et pour elle, et pour le peu de santé mentale qu'il me restait. Je ne pouvais plus laisser traîner les choses en longueur.


    Un air s'éleva dans les airs, un air que je connaissais bien pour écouter souvent cette chanson. La musique commençait doucement, avec un rythme déjà définit. Puis, un autre instrument de musique que je ne connaissais pas venait ajouter un air par dessus le premier. Puis, le piano, qui gagnait lentement en puissance. Je fermais les yeux. Je me sentais en paix avec moi même, seul, avec un peu de musique. La voix du chanteur s'éleva, lentement. Je connaissais les paroles par coeur. Le refrain s'entama ensuite et la musique resta en retrait. Je revoyais l'extrait du film que j'avais été voir avec Jana à l'époque, et cette musique avait été la bande sonore de la bande annonce. Le chanteur laisse sa voix porter, le refrain se fait mélancolique. Je revois le regard du vieillard découvrant la fosse commune de ses amis et voisins. Je plisse les yeux. L'émotion est toujours restée la même. Le jeune homme découvre son histoire, et celle du vieil homme. Le violon ajoute la note dramatique de la fin de la chanson, et je me laisse doucement bercer. Mon esprit vagabonde. Je suis heureux, dans mon malheur. Jana est morte et ma vie toute entière m'a été retirée, mais je suis en paix avec moi même. En accord avec la fin que je me suis choisie. Je vais ensevelir les vampires sous une montagne de sang, et les noierait dedans.


    Mon téléphone vibre sur la table de chevet, je me relève d'un bond. Serait ce mon informateur? Non, je ne connais pas ce numéro. On me laisse un message. Je pense déjà savoir qui c'est. Je prends en main le prépayé. Je reconnais la voix, et mes entrailles se nouent. Andréa. Elle dit avoir des informations sur ma soeur. Dit elle la vérité? Je n'en sais rien du tout. Je ne le pense pas. Pourtant, mon intérêt est éveillé, et je sais que je n'ai pas le choix; je dois tout tenter pour sauver ma soeur. Je soupire bruyamment, attrapes ma flasque et avale une gorgée de la boisson limpide qui se trouve à l'intérieur. Je grogne sous l'effet dévastateur de la boisson. Puis, j'appuie sur la touche rappel. Elle doit déjà se trouver à Glasgow; elle sait que j'y suis et elle aura préféré à coup sûr le face à face à la conversation téléphonique.



    | C'est moi. Elm street, East End dans une demie heure. |


    Je raccroche. Le message était clair. Je prends mon arme, et enfile la gaine avec le hoslter autour de mon torse. Je cache le tout sous ma veste. Etre armé. Constamment prudent, éviter les traquenards. Je sors de chez moi, et prends bien soin de refermer derrière moi. Il ne me faut pas plus qu'un quart d'heure pour arriver au carrefour déterminé. Je me place en embuscade, en retrait. Quand je vois Andréa, le noeud de mes entrailles se ressert encore. Pourtant, je n'hésite pas. J'arrive derrière elle, et m'arrête à une distance de deux bons mètres. La prudence, toujours.


    | Des informations sur Hannah? Je suis preneur. Je te préviens, si tu as fait juste ça pour me revoir, ça va mal se passer. |


    Ce n'était pas une menace, mais une évidence. Je n'allais pas faire preuve de patience. Je n'allais pas faire preuve de compassion. J'avais affaire à une traîtresse. Je ne pouvais pas lui faire confiance. Qui savait ce dont elle était capable?

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Mer 5 Jan - 17:08

Soudain, le doute m'avait saisie. Avais-je eu raison de contacter Torben ? Il n'avait jamais répondu à mes appels – pourtant, si j'avais pu obtenir de Silviano son numéro, lui aurait pu remonter jusqu'à moi sans difficulté et identifier la source de ces appels répétés. Je ne voulais pas confier de message au prêtre. Cela aurait été d'un puéril accompli et surtout, ce n'était pas sa place. Torben et moi étions des adultes. Certes, des adultes ravagés, l'un par la drogue et l'autre par l'alcool, mais des adultes néanmoins, en pleine possession de nos moyens, et donc capables de se débrouiller avec quelque civilité. Nous devrions pouvoir réussir à nous entendre quelques instants, ne serait-ce que pour le bien d'Hannah... Pauvre Hannah. Il fallait impérativement la sauver.

Mon portable se mit à sonner. Le numéro qui s'afficha m'était désormais familier et je restais quelques instants figée, l'appareil en main, incapable de décrocher. Il le fallait pourtant. Je portai le téléphone à mon oreille. Sa voix. C'était vraiment lui. En chair et en os, à l'autre bout de la ligne. Toujours aussi aimable, il m'aboya sèchement un lien de rendez-vous et un délai, avant de me raccrocher au nez. Délicatesse et prévenance, c'était tout Torben ça... mais je devais bien admettre que je l'avais mérité. Elm Street... Je jetai un coup d'œil sur le plan de la ville que j'avais sur moi. De là où j'étais, j'avais juste le temps d'y aller pour arriver pile à l'heure. J'avançai d'un pas rapide en suivant les noms de rue et finis par déboucher au carrefour mentionné. Torben n'était nulle part en vue, mais tel que je le connaissais, il devait sûrement se tapir quelque tard en attendant de me voir arriver.

J'avais raison. Je perçus une présence dans mon dos, et je sus, avec cet instinct terrible que semblent partager toutes les femmes blessées au cœur, que l'objet de mes tourments n'était plus très loin. Et sa voix résonna à nouveau à mes oreilles. Cette fois cependant, elle n'était plus transmise par les merveilles de la technologie moderne, mais bel et bien véhiculée par l'air. Deux mètres de distance, environ, devaient nous séparer, à en juger par le son de sa voix. Son intonation était sèche. Glaciale. Terriblement distante. Je pouvais sentir l'agressivité rentrée et les envies de violence qui couvaient juste en dessous. Il me haïssait donc à ce point ? Bon. J'allais devoir me retourner et le regarder. Et ne pas craquer. Forte, Andréa. Sois forte. Pour lui, et pour Hannah.

Je pivotai. Effectivement, sa vue fit bondir mon cœur et les larmes me seraient montées aux yeux si je ne les avais pas aussi férocement jugulées. Un tourbillon de souvenirs déferla sur moi en une seconde et télescopa l'image qu'il offrait présentement. Dieu. Il avait changé. Yeux cernés, visage creusé. Le teint pâle, de cette nuance maladive que l'excès d'alcool induisait parfois. Trop de nuits blanches, trop de fatigue. Il avait des yeux brillants d'une sorte de fièvre que jamais encore je ne lui avais vue. Mais ce qui me frappa le plus, c'était le pli amer de ses lèvres, la barre verticale entre ses sourcils, la ligne carrée de sa mâchoire. L'aura terrible qui émanait de lui. Le danger. Palpable, intense, profond. Cet homme était dangereux – cela se lisait dans la ligne de ses épaules, dans sa posture, sa démarche, son regard. Torben n'était plus le soldat un peu porté sur la boisson mais néanmoins amusant que j'avais pu connaître quelques mois auparavant. A présent, c'était un homme dévoré par ses démons, aux abois, prêt à tout pour sauver la seule personne qui comptait pour lui : sa soeur.

Une impulsion dont je n'étais pas maîtresse me fit faire un pas en avant. Mes bras se levèrent à demi – mais je sus me réfréner avant de l'enlacer. Il m'aurait sûrement arraché les bras sans ciller et mon envie de le réconforter était certainement provoquée par ce maudit sentiment qui me brûlait l'âme. Pourvu qu'il n'en voie rien, pourvu que je sache le cacher. Je me remémorai les atrocités que j'avais dites, sur lui, sur sa femme, et la honte me déchira. Forte, Andréa, sois forte... Je braquai mon regard droit sur le sien, camouflant mon trouble avec habileté. Il n'y verrait que du feu. Il le fallait.

« Te voir ne me cause aucune joie. J'aurais préféré régler ça au téléphone mais je ne sais pas si nos lignes sont sur écoute. Il fallait pourtant que je te communique ces informations. Apparemment, il y a un bar à vampires bien connu dans cette ville, celui qui les attire tous. On parle beaucoup d'une des serveuses qui s'appellerait Hannah Badenov, et des fréquentations douteuses qu'elle y entretient. J'espère que ces détails te serviront. Je l'espère vraiment, Torben. »
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 0:06

    Mon regard se fit plus dur alors que je voyais qu'Andréa se permettait de me toiser, comme pour admirer la ruine de mon existence. Je ne peux pas dire que je suis parfaitement enchanté de la voir. Loin de là même, mais je fais ce que je peux pour paraître un minimum avenant. Effort futile, je n'y parviens pas le moins du monde. Et encore, c'est un euphémisme. Plus j'essaies de m'ouvrir à la discussion, et plus je me sens braqué contre la jeune femme. Pas la moindre once de mon âme ne me pousse à la discussion; elle m'a séduit alors que j'étais drogué. Puis, elle m'a violemment repoussé. Presque traité de violeur, comme si je l'avais salie. Et elle a craché sur le nom de ma femme. De ma douce Jana... Salie, bafouée... Et pire encore que toutes ces insultes, Donwood s'est corrompue, et a allié son âme avec le démon. Elle couche avec des morts, et j'ai encore à l'esprit les caresses lascives qu'elle s'est échangée avec Krystel... Je tremble sans même m'en rendre compte. Pas de crainte, ni même de répulsion, mais d'envie. Depuis que la vampire m'a offert son sang et que j'en eus pris pour guérir de mes blessures, je me mets à rêver d'elle, la nuit. Je n'aime pas ça, mais je sais que je serais assez fort pour résister à la tentation. Fruit du démon. Rien de tout cela ne serait arrivé si Andréa n'avait pas fait si tendre accueil à la vampire, alors forcément... Je la toise d'un air sévère. S'il ne se serait jamais passé quoi que ce soit entre elle et moi, je l'aurais sans doute dénoncée. Ou abattue moi même. Mais... Je ne pouvais pas. Malgré ce qu'elle en dise, nous avions partagé un moment, ensemble.


    Elle avait presque fait un pas vers moi, et sans même m'en rendre compte je m'étais presque aussi reculé. Son excuse ne tenait pas debout. Je n'utilisais qu'un téléphone prépayé, et on ne pouvait donc pas retracer mes appels. De plus, on ne pouvait pas non plus dire que nos portables avaient suffisamment traîné pour qu'on nous colle un micro. Déjà que le premier qui me bouscule dans la rue en règle générale manque de se prendre une bastos, alors venir farfouiller dans mes affaires... Par ailleurs, je n'imaginais pas non plus qu'on puisse approcher si facilement Andréa. A moins que j'en sache encore moins sur elle que ce que j'avais pu croire au début. Vu tout ce qui avait pu se passer, ce ne serait guère étonnant, c'était le moins que l'on puisse dire. Si je me rendais compte de la façon dont je considérais Andréa au début, et ce que je savais maintenant... Tout avait tellement changé... Je serrais les poings quand elle parlait de fréquentations douteuses. Qui était l'experte, en fréquentations douteuses, hein? Je me rapprochais d'Andréa et passais à côté d'elle.



    | Eh bien comme ça, nos appréciations l'un vis à vis de l'autre sont réciproques... Personne ne parle dans la rue, ne nous faisons pas plus remarquer. Je sais que le regard du public sur ton intimité te dérange pas, mais c'est pas le cas de tout le monde... |


    J'escomptais bien qu'elle soit suffisamment préparée, et qu'elle me suive. Une cinquantaine de mètre de faits, et je poussais la porte d'entrée du bar à strip tease. Je souris. Je me rendais compte de l'affront que je faisais à Andréa en l'amenant ici. Je posais un regard vaguement intéressé sur quelques danseuses présentes. Déjà aux trois quarts nues. Quelques pochtrons dans tous les sens. Et une foule de jeunes hommes en quête de sensations fortes. Nous serons tranquilles, ici, personne n'espionnerait les conversation; les hommes étaient trop souls et trop occupés par les femmes pour nous écouter, et celles ci devaient gagner leur vie. Nous prîmes une table, et je commandais deux vodkas. Je la toisais d'un air sévère, avant de soupirer.


    | Tu vas commencer par me dire de quel bar tu parles. Je me suis moi aussi renseigné, vois tu. Et équipé. J'attends le bon moment, et la confirmation de l'endroit. En ce qui concerne les... mauvaises fréquentations, j'imagine que tu en connais un rayon, n'est ce pas? Qu'est ce que tu sais à ce sujet. Qui la détient? Qui l'entoure? Je dois savoir tout ce que tu sais, Andréa. Tu sais combien c'est important. |

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 9:16

Son expression était vraiment terrible à supporter alors qu'il faisait peser sur moi son regard inflexible, chargé de toute la réprobation du monde. Il me méprisait. Il y avait de quoi, en effet. Savait-il seulement que tout cela n'était qu'une façade ? S'en doutait-il, un peu ? Une partie de moi se démenait pour qu'il ne soupçonne rien. Qu'il reste à mon égard tout aussi braqué et méfiant. Ma conduite devait à tout prix le répugner pour qu'il se tienne à l'écart de ma vie. Il en allait de sa propre sécurité... Mais cette bonne vieille excuse commençait à sonner faux à mes oreilles. Certes, je voulais qu'il soit protégé. Plus que tout. Mais l'autre part de moi-même, celle qui se dégageait petit à petit de l'addiction exercée pat la drogue, celle qui jetait un regard clair sur mes actions et qui contrebalançait la folie latente qui couvait dans mon esprit, celle-là commençait à sortir de l'engourdissement dans lequel le V et l'alcool l'avaient tenue. Celle-là me disait que les moments partagés avec Torben dans ce manoir maudit étaient plus que ce que je ne voulais bien l'admettre, et également bien moins que je ne le prétendais. Plus, dans le sens où nous n'avions pas simplement couché ensemble de la manière la plus primitive qui soit, augmentée d'une sérieuse dose de perversion – nous avions également, même d'une manière infime, lié nos êtes l'un à l'autre. Le partage né de l'intimité. Déroutant. C'était également moins que ce que j'affirmais. J'étais suffisamment lucide à présent pour voir que je n'avais pas lancé Torben sur la voie de la damnation. Il y avançait déjà très bien tout seul et n'avait pas attendu que je sois là pour s'y aventurer. Je voyais bien que cette nuit de pure folie n'avait été que le résultat de l'ingestion du sang de vampire, et de nos solitudes respectives. Voire, peut-être, en ce qui me concernait du moins, l'effet d'une inclination naturelle qui existait déjà. J'y voyais effectivement un peu plus clair dans tout ça. Je n'étais peut-être pas coupable. Juste faible. Ma décision de tenir Torben à l'écart était peut-être un peu excessive – mais je savais pertinemment n'avoir jamais été le type de femme qui pourrait le rendre heureux. Tout simplement parce qu'aucune femme ne le pourrait jamais. Pas après cette Jana si merveilleuse qu'il en gardait le souvenir intact après tout ce temps... alors je me tiendrais à ma résolution. Je continuerais à être odieuse pour ne pas qu'il soit tenté à nouveau de rompre son serment. Même si c'était dur. Que j'avais de hurler. Je m'y tiendrais.

Ses paroles me blessèrent, cruellement. Quelle image il avait de moi... Que croyait-il ? Que je passais mon temps à m'envoyer en l'air dans les ruelles ? A part Léopold, je ne couchais avec personne. Les attouchements de Krystel n'étaient qu'une manière pour elle de me manipuler et je n'y prenais plaisir qu'à cause de son sang que j'avais absorbé. Mon esprit lui n'y trouvait aucune source de joie. Il en allait de même pour Léo. Je savais très bien qu'il adorait me voir défoncée, soumise à sa volonté. Mais mon âme ne se réjouissait pas quand nous étions ensemble. Je savais très bien que le seul qui pourrait à la fois combler mon corps et mon esprit était le slave entêté qui me faisait face – mais que cela avait à peu près autant de chances d'arriver que Krystel Raybrandt de devenir pom-pom girl et éleveuse de lapins. Ledit slave m'entraîna une cinquantaine de mètres plus loin et poussa la porte d'une boîte de trip-tease. Je digérai sans mot dire l'affront qu'il me faisait et le suivis jusqu'à une table où deux vodkas vinrent bientôt se poser. L'interrogatoire commença.

Dans un premier temps, je ne répondis pas à Torben. La boisson claire dans mon verre me tentait affreusement, mais à jeun comme je l'étais, boire signifiait perdre le contrôle de mes instincts et face à Torben ne je pouvais répondre de rien. Il ne manquerait plus que je me retrouve totalement bourrée : la vérité m'échapperait fatalement à un moment ou à un autre et nous avions déjà bien suffisamment de problèmes sans que je n'en rajoute, n'est-ce pas ?

« La Pomme du Diable. Je n'en sais guère plus sinon que c'est en lien avec un vampire plutôt puissant parmi les anciens. Je suppose qu'il est bien placé dans la hiérarchie. »
J'avais braqué sur les siennes mes pupilles qui, exceptionnellement, n'étaient pas le moins dilatées. J'étais clean, j'étais sobre, totalement dégagée de l'influence de toute substance exotique et je devais bien admettre que mon attirance ne devait rien à ces sources extérieures mais qu'elle venait bel et bien de moi. Misère. Le sevrage ne m'en libèrerait donc pas. Inconsciemment, je crispai mes mains l'une contre l'autre pour m'empêcher d'en poser une sur le poing serré de Torben. Avant, ce geste aurait pu passer pour une expression de sympathie et de compassion entre collègues. Maintenant, il ne le verrait que comme souillure de la part d'une femme qu'il s'imaginait pervertie jusqu'à la moelle. J'avais simplement un problème de dépendance que j'étais d'ailleurs en train de régler – mais cela bien sûr, il n'avait aucun moyen de le savoir. Aucun.

« Torben... »
J'hésitai, une fraction de seconde. Sur mes lèvres les excuses et explications se bousculaient, mais il était hors de question que je les laisse sortir. Je changeai de phrase à mi-chemin, espérant qu'il ne remarquerait pas mon trouble.

« Laisse-moi t'aider. »

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 15:25

    Je scrutais Andréa un peu plus attentivement maintenant que nous étions à l'abri des regards, en quelque sorte. Elle semblait aller bien. Enfin, si on exceptait cet air fou à peine contenu de son regard. Elle semblait sobre, et cela me changeait. Depuis notre participation au bal des vampires, je n'avais encore jamais pu la voir dans un tel état de lucidité. C'était bien, quelque part. Mais les raisons d'un tel comportement m'échappaient encore; je ne savais pas du tout comment l'expliquer. Etait ce une pâle tentative de recouvrer un minimum de dignité? Etait ce une façon de me montrer qu'elle faisait des efforts pour bien se comporter? Ou alors, une explication en rapport aux vampires... Comme beaucoup de camés et d'alcooliques, elle connaissait peut être une phase hypothétique de tentative de rédemption. Je savais déjà qu'elle allait être déçue. Andréa n'était plus totalement saine d'esprit; j'en avais eu la preuve avec sa réaction à nos ébats, et ce qu'elle avait ensuite pu me dire en réaction. Elle n'était de toute évidence pas moins abîmée que moi, dans sa tête. Je me méfiais d'elle, de toute façon. J'étais venu armé, comme toujours. Non pas que je nous imaginais en train de nous tirer dessus, mais tout restait possible maintenant que son allégeance à notre cause était biaisée par son affection pour les vampires, et son goût certain pour leur chair...


    Andréa me parla alors de la Pomme du diable. C'est bien ce que j'avais cru comprendre... Ce vampire ne m'avait pas mentit. Je revoyais ce que je lui avais infligé. Sous une souffrance pareille, était ce seulement possible de résister? J'en avais pourtant la confirmation tacite. Il me faudrait sans doute me rendre sur place sous couverture très vite, éviter les surveillances et les caméras. Je devrais choisir avec soin ma présentation. Mais m'y présenter, si cela comportait des risques, était indispensable. Je devrais y aller. Ménager les sorties, trouver les issues, identifier les points faibles. Repérer la population présente et sa distribution spatiale dans les lieux. Tuer un minimum d'humains. Autrefois, l'idée de provoquer des dommages collatéraux dans les rangs de mes congénères m'aurait fait abandonner la tentative. Pourtant, je ne pouvais pas nier que j'avais changé. Pour combattre le mal, il n'y avait qu'un seul mot d'ordre, une seule directive; faire ce qui était nécéssaire. J'avais quelques idées pour empêcher ou en tous cas éviter les pertes humaines. Une bombe sur le parking. Prévenir d'une quelconque façon les vampires de mes intentions, et les berner. Il fallait que je voie les lieux...



    | C'est le lieu que j'avais identifié. Les vampires sont très bavards, quand on trouve les mots... Je n'ai pas su identifier non plus ce vampire. Je suppose qu'il s'agit du type que Raybrandt a eu au téléphone quand... Enfin bref. Je vais aller y faire une reconnaissance, bientôt. Je dois savoir combien ils sont, et qui ils sont. Je pense que le vampire qui dirige les lieux est directement sous les ordres de Raybrandt. Je pense que je vais aussi essayer de la faire venir... Tu rêves d'elle, toi aussi? |


    Changement subit dans la discussion. Je connaissais déjà la réponse. Mais je prenais un certain plaisir sadique à lui retourner la monnaie de sa pièce; elle m'avait spolié et insulté, et maintenant, elle devait en subir les conséquences. Rien ne serait jamais plus comme avant entre nous, c'était au moins ça de clair. Alors, Andréa m'appela par mon prénom, et me dit de la laisser l'aider. Je partis d'un petit rire dénué de joie. Elle me prenait vraiment pour un débile, ou quoi? Je voyais qu'elle ne buvait pas son verre. Tant pis. Si elle en voulait pas, j'allais pas laisser un de mes rares billets restants se gaspiller. Je vidais son verre d'un trait, et la toisais d'un regard clairement amusé.


    | M'aider? Et tu comptes t'y prendre comment. Je te remercie pour tes infos, Andréa, mais c'est tout. Tu m'as suffisamment aidé jusqu'ici, si tu vois ce que je veux dire. On sait l'un comme l'autre que tu es corrompue; je peux plus te faire confiance, et te confier ma vie et ma soeur comme j'aurais pu le faire avant. Ah si, tu peux aussi aller en reconnaissance à ma place, satisfaire un ou deux vampires, voire séduire leur chef..; T'es bonne pour ça, je crois. Séduire... |

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 16:54

Méfiance. Il se méfiait. Clairement. Comment lui en vouloir ? J'étais forcément un mauvais souvenir pour lui. Il m'avait certainement identifiée comme engeance démoniaque, et je ne pouvais l'en blâmer. Comment aurait-il pu en être autrement... Un tourbillon de regrets emporta mon esprit ailleurs, quelques instants. Cette nuit avait beau avoir été désastreuse pour le restant de ma vie, je ne parvenais pas à la regretter tout à fait. J'en avais tiré bien trop de plaisir et d'exaltation pour ça. Et même si je me maudissais de ma propre faiblesse, le sentiment inattendu qui était né en moi m'avoir rendu mon humanité. Je n'étais plus un robot sans âme. J'étais Andréa, de chair et de sang, capable de ressentir des émotions autres que la haine. Un peu de beauté née dans un champ de ronces. Serait-ce suffisant pour racheter une vie de péchés ? Certainement pas. Mais cela pèserait peut-être dans la balance, et à l'heure actuelle, me savoir amoureuse compensait largement mon inclination à l'auto-destruction. Le voyait-il ? Savait-il que son souvenir seul m'empêchait de sauter sous le premier train venu, que de le savoir en vie et déterminé à sauver sa soeur m'ancrait moi-même dans ce monde cruel ? Je voulais que Hannah Badenov soit sauvée. Si seulement Torben pouvait accepter mon aide – j'aurais alors l'impression d'avoir vraiment fait quelque chose de valable.

Je n'avais toujours pas touché mon verre. Il fallait que je garde les idées claires. Je repris le fil de la discussion alors que Torben confirmait mes informations. Il faudrait vraiment aller faire un tour dans ce bar à vampires... Son plan avait l'air minutieux, alors qu'il m'en parlait en quelques mots. Il semblait terriblement déterminé et je le comprenais. Si j'avais eu une soeur, ou un frère, ou un être cher ainsi inféodé aux vampires comme je l'avais moi-même été ces dernières semaines, si j'avais eu dans ma vie quelqu'un que je chérissais autant que Torben chérissait Hannah, j'aurais moi aussi tout fait pour le sauver. Je ne pus réprimer une pointe de jalousie typiquement féminine à cette pensée. Torben se battait cœur et âme pour sa soeur, mais pour moi il n'avait pas levé le petit doigt... Bon certes. J'avais tout fait pour éviter ça, et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi. Mais quand même... La partie de mon cœur qui ne raisonnait pas avec sagesse et pondération saignait de me voir ainsi repoussée. J'aurais tellement, tellement voulu que les choses soient différentes... Mais ce vœu ne me mènerait qu'à un océan de regrets. J'émergeai de mes pensées quand Torben mentionna, de manière tout à fait incongrue, les rêves de Krystel. Choquée, je ne lui répondis pas, concentrée immédiatement sur le mépris qu'il fit ensuite peser sur moi par ses mots froids, déguisant à peine l'insulte qui se tapissait derrière.

Il ne se rendait sûrement pas compte des ravages que ces petites phrases toutes simples produisaient sur ma résolution nouvellement forgée. Ne pourrait-il donc pas m'aider à résister au lieu de m'encourager à replonger ? Séduire leur chef, mais que s'imaginait-il, ce fou ? De quoi m'accusait-il exactement ? Je sentis le centre de ma détermination s'effriter lentement. De toutes les horreurs possibles, il me demandait de mettre les pieds dans un nid de vampires. D'y aller sans défense, et de replonger dans l'addiction. Seigneur Dieu. J'avais créé un monstre. Un être si froid, si inhumain, qu'il envoyait sciemment une femme qu'il avait autrefois considérée avec bienveillance droit vers la déchéance et la perdition. C'était tellement peu le Torben que j'avais connu, attaché à la protection des innocents et à la préservation de la vie de tous, que j'en perdis un instant le fil de mes pensées. Son esprit cachait de nouvelles blessures. C'était indéniable. Je voyais bien que la plupart n'étaient pas de mon fait, mais je pus m'empêcher de me sentir terriblement coupable de le voir ainsi malmené par ses démons. Il avait été brisé, encore. Il ne s'en rendait pas compte. Mais cette humanité que j'avais gagnée dans notre étreinte, lui l'avait perdue. J'espérais simplement qu'il n'était pas trop tard pour y remédier. Décidément, mon cœur était devenu bien trop sensible. Les paroles cinglantes de Torben, son air amusé – c'était trop après la fatigue de la nuit et je me sentais perdre pied.

« Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu me demandes ? Est-ce que tu ne vois pas combien c'est dur, là, tout de suite, pour moi ? Songer à aller là-bas – et le pire, c'est que c'est toi qui me le demande... Je ne rêve pas de Krystel. Je rêve de toi. »
Voix neutre. Sans émotion. Simple fait énoncé. Cela aurait été parfait sans la larme brûlante qui dévala ma joue en solitaire, pour s'écraser sur la table.
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 22:01

    Andréa ne fit rien pour cacher les sentiments que lui évoquaient mes paroles amères. Je ne me sentais pas coupable. J'avais beaucoup aimé Andréa, mais elle m'avait rejeté, insulté ma femme décédée, et avait tourné le dos à son camp, à ses idéaux. Même une fois suffit pour se parjurer devant le seigneur. Je me savais faible; sans doute serais je capable de la pardonner un jour. Mais Dieu Tout Puissant le pourrait il? Je n'étais même pas certain de le désirer. Des exemples devaient être faits. Mais qui étais je pour choisir qui était digne de l'absolution et qui ne l'était pas? Je n'étais pas l'être le mieux placé pour ça, c'est le moins que l'on puisse dire. Pourceau à l'activité sexuelle débridée après la mort de sa femme, connard d'alcoolique engoncé dans une perspective de sang et de massacre pour l'éternité de son existence. Je n'étais rien, et en tant que ce rien aux profondeurs abyssales, je n'avais guère droit à la parole. Je ne pouvais me permettre de juger qui que ce soit. Mais je le faisais quand même... Mais pas de façon totalement gratuite. Andréa était une traîtresse, c'était un fait. Je n'avais pas besoin de me montrer subjectif pour prouver cet état de fait. Elle m'avait de toute évidence trompée dans ses bonnes intentions, et sa faiblesse était prégnante. Si j'étais alcoolique et limite suicidaire, je me contentais de ma mission et était fidèle à tous mes engagements pris vis à vis du Seigneur, de Son Eglise, et de Ses Soldats. Je ne me déroberais pas à mon devoir, contrairement à cette jeune femme, qui reniait tout pour de minables délires comateux.


    Alors, je fus frappé par ses paroles. Prenait elle ma proposition pour argent comptant? Je ne pouvais pas le croire. Je n'avais même plus suffisamment confiance en elle pour lui demander ce sacrifice, c'était dire... Pourquoi me prenait elle au sérieux? Hannah, je serais seul à risquer ma peau pour elle. C'était mon combat. Et l'Eglise ne pouvait pas se permettre plus que moi; nous étions déjà si peu nombreux, à défaut d'être réellement irremplaçables. Et alors, Andréa me lâcha quelques paroles qui me firent l'effet d'une bombe. De … Moi? Rêver de moi? Je cherchais naïvement les signes de sa vengeance de mes mots sur son visage, mais je ne vis rien d'autre qu'un visage fermé, un visage sérieux. Pire même, elle pleure. Une larme strie sa joue et coule jusque sur la table. Je suis frappé par ce que je vois. J'en reste presque bouche bée. Comment ose t'elle me faire ça? Des tas de sentiments se mêlent dans ma tête et dans ce qui reste comme étant mon coeur. Je la regarde. Je ne vois nulle trace de mensonge.



    | Je... |


    Déflagration de l'esprit, de toute rationnalité. Je ne sais plus que faire. Je la regarde. Je regarde le bar. Je regarde les jeunes qui rient devant une fille qui leur offre ses services. Je regarde une autre fille qui se trémousse entièrement nue sur la scène. Je lève deux doigts, signe qu'on nous resserve un verre.


    | Je dois boire un verre. |


    Je réfléchis à une réponse. Je ne sais pas quoi dire à Andréa. Je ne l'aime pas; je ne nourris pas pour elle les mêmes sentiments profonds et sincères que j'ai encore pour Jana. Pourtant, je me suis sentit réellement blessé par son rejet après notre faute commune. Je finit par pouffer de rire. Rêver de moi. C'est si absurde. Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça? Et voilà que dans ma déchéance, j'entraîne Andréa. Tout s'explique. Son rejet, quand je lui parle de Jana. Son attitude ensuite, sa drogue, son V, son sexe. Son attitude avec Krystel. Et tout le reste. Je comprends tout. Et je ne comprends pas le mal que j'ai pu faire. Oh oui, la soif se fait forte. On m'apporte mon verre, mon âme tressaille en même temps que deux verres pleins qu'on entrechoque en mettant sur un plateau. Je regarde Andréa, et je me calme. Je ne voulais pas en arriver là, je n'avais jamais voulu ça. Oh, Jana... Ma main se remet à trembler, et je la cache prestement sous la table; le geste en est presque devenu machinal, naturel.


    | Tu ne dois pas, Andréa. Je ne dis pas que... Je ne t'aime pas, non, ce n'est pas ça. Simplement, je n'aurais jamais dû te parler de Jana. Je l'aime toujours tu comprends? Imagines perdre la personne que tu aimes le plus au monde sous tes yeux, dévorée par un suceur de sang. Je ne m'en remettrais jamais. Bordel, Andréa, il ne faut pas. Je deviens fou, tu vois? Complètement toqué. Je n'en peux plus, tu vois. Je ne pourrais jamais te donner ce que tu mériterais. On ne peut pas... Je suis désolé... Et ta situation, au sein de l'Eglise... |

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Jeu 6 Jan - 22:53

A peine l'aveu a-t-il franchi mes lèvres que je le regrette. Je m'étais promis. Juré. De ne pas craquer. De garder par devers moi toute confession toute aussi malvenue qu'importune. Torben n'avait pas besoin de savoir ça. L'ampleur de ma propre perdition m'effrayait moi-même. En amour comme dans le reste, je me montrais terriblement excessive. C'était là un trait de caractère qui se trouvait au centre de mon être : un engagement absolu dans tout ce que j'entreprenais, mission ou décisions personnelles. Il en allait ainsi de mon amour insensé pour cet homme brisé : je l'aimais totalement, définitivement, irrévocablement. Je devais apprendre à vivre avec ou mourir en essayant. Mais je n'avais jamais voulu lui imposer ce fardeau. Il n'avait pas à gérer mes propres faiblesses, d'autant qu'il n'en était nullement responsable, juste vecteur involontaire. Qu'il serait embarrassé, Seigneur ! S'il venait à savoir. A comprendre cet aveu à peine esquissé à demi-mots. Il m'en voudrait. Me mépriserait. Raillerait ma stupidité. Se moquerait de moi. Me frapperait de son mépris et de sa haine, et je le savais, ma raison n'y résisterait pas. C'était en partie une des causes de mon silence. Tant que je dissimulais cette vérité première, ce sentiment inavouable au premier concerné, je me préservais. Je protégeais cette perle de perfection apparue soudainement au milieu d'un champ de ruines et je la nourrissais en mon sein, cachée et à l'abri. Je la fortifiais, la regardais grandir et s'épanouir, rachetant petit à petit mes erreurs et mes fautes, m'éloignant doucement de la drogue et du vice.

Maintenant, il savait. Cela se lisait dans ses yeux, dans le regard choqué qu'il porta sur moi. Mes mains se mirent à trembler et je les cachai sous la table. J'attendis, pétrifiée. La châtiment Le rejet. La lapidation verbale qui me réduirait en charpie. Il me tenait prisonnière de son regard et je ne parvenais à détacher les yeux des siens qu'à grand-peine. Je ne supportais pas ce que j'y lisais. Tant d'incompréhension. De doute. De violence. De dégoût, aussi, peut-être. Mais aucun attachement. Aucune réciprocité. Nulle empathie, nulle inclination partagée. La douleur cuisante de l'humiliation me brûla l'âme et j'agrippai le verre qu'il fit resservir, avalant une lampée qui elle aussi me brûla la gorge. Je savais ce qui allait suivre – du moins je pensais le savoir. Je ne m'attendais pas à cette tirade toute faite d'excuses et de conseils. Seigneur Dieu. Il avait non seulement compris l'horreur merveilleuse qui me tenaillait le cœur, mais également la manière dont je m'étais jouée de lui. Le rejetant quand j'aurais voulu l'attirer contre moi, injuriant sa femme quand je n'avais pour elle qu'honneur et respect. Cherchant l'oubli de lui dans le V et les bras de Léopold alors que mon corps n'appelait que les siens et l'oubli induit par ses caresses. Ma reddition face à Krystel pour le sauver et ainsi offrir à Hannah une chance qu'il la retrouve. Tout. Il savait tout. S'il y avait eu un trou de souris à proximité, je m'y serais glissée pour périr de honte devant ma propre faiblesse.

« Je ne te demande rien. Torben, rien du tout, crois-moi. Je sais que tu aimes Jana. Qu'il en sera ainsi jusqu'à ton dernier souffle, et qu'à côté d'elle je ne suis rien. Tellement sale, tellement souillée, que je ne pourrai jamais prétendre à quoi que ce soit de ta part. Je sais bien que je suis indigne de toi, et rassure-toi, je ne tenterai pas de... je ne tenterai rien. Je regrette d'avoir perdu ton amitié mais c'est ainsi. Il le fallait. J'ai eu peur. J'ai préférer préserver ce qui pouvait encore être sauvé et m'enfoncer toute seule. J'ai l'habitude. »
Une nouvelle gorgée. J'ai besoin de m'étourdir. Si seulement je pouvais oublier. Mais perdre ça c'était perdre Torben une nouvelle fois, perdre ces instants partagés. La parcelle d'humanité qu'en moi il avait réveillée.

« De nous deux la toquée c'est moi, tu le sais. M'amouracher d'un homme qui me méprise. C'est ridicule, et je le vois bien. Je ne t'importunerai pas avec mes sentiments mal reçus, ce n'est pas la peine de t'empêtrer dans de fausses excuses. Ma position dans l'Eglise n'y changerait rien, ce n'est pas une question de pouvoir mais de volonté. Il suffirait de le vouloir pour que ce soit possible, mais tu ne veux pas et je comprends totalement pourquoi. Je ne mérite rien du tout de tel et nous le savons tous les deux. Moi je ne veux pas te contraindre. Te mener à te parjurer, encore. Je ne veux pas t'enchaîner à moi alors que je tombe dans l'abîme, Torben. Tu mérites tellement mieux que ça. Je veux simplement t'aider à sauver ta soeur, à sauver Hannah. Elle pourra te rendre la paix. Moi, je ne pourrai jamais... »
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Ven 7 Jan - 1:51

    La conversation avait pris un sens que je n'avais pas pu prédire, et cela n'était pas du tout de mon goût. Je ne pouvais pas dire que je n'y avais pas pensé, à une ou deux reprises en plein délire éthylique, mais jamais sérieusement. Comment cet accident avait il pu arriver? Non, je n'avais pas pu me montrer aussi bon que cela au lit... Bon, j'étais pas un incapable non plus, mais j'imaginais bien que cela n'allait pas être une simple partie de jambes en l'air sous l'effet de la drogue que j'allais pouvoir faire tomber quelqu'un sous l'emprise de sentiments, n'est ce pas? Cela paraissait si improbable que je n'osais vraiment y croire. Quand je lui avais parlé de Jana, alors? Quand Andréa m'avait pleuré dans les bras, que je l'avais réconfortée et que je lui avais parlé de mon épouse? Peut être. J'avais vu son regard si déprimé quand je lui avais parlé de ma femme. Non pas qu'elle déprime à cause du fait que j'aimais toujours ma femme, tout au moins pas à cette époque, mais il me semblait clair que ce récit avait dû éveiller quelque chose chez elle... Je me souviens de ce regard presque incrédule qu'elle m'avait lancé alors que je lui racontais la ruine qu'était ma vie. Elle avait été touchée? Sans doute. Je ne pouvais pas faire plus de digressions sans m'enfoncer dans les faux semblants et les mensonges. Bien sûr, j'aurais préféré savoir, mais je savais à quel point tout cela pouvait s'avérer vain. Alors, Andréa reprit la parole.


    Elle me dit qu'elle ne me demandait rien, mais je savais à quel point c'était faux. La demande, maintenant que ses sentiments étaient révélés, allait rester implicite pendant tout le temps qu'il nous restera à vivre. Je devrais vivre avec ça en plus du reste, et la jeune soldate de Dieu allait devoir vivre sans homme. Car mon amour était déjà pour quelqu'un d'autre, elle le savait déjà. Je tiquais quand elle tentait de se mettre de mon point de vue, et qu'elle se comparait à Jana. Même si la comparaison était flatteuse pour l'être aimé, il ne l'était guère pour Andréa, et je n'aimais pas le moins du monde l'entendre parler d'elle même en ces termes. C'était le moins que l'on puisse dire. Son « j'ai l'habitude » me fit tiquer à mon tour. Je n'aimais pas ça du tout, et je fronçais les sourcils. Difficile de s'attacher à nourrir de la compassion pour quelqu'un qui se charge de tous les péchés. Je faillis me lever de colère et exploser de fureur quand elle me dit que je la méprisais. M'en serais je autant voulu pour elle, autrement? Aurais je nourrit autant de haine pour ce qu'elle devenait si je ne l'aimais pas de la seule façon dont j'étais capable? Sentiments mal reçus? Fausses excuses? Je fronçais les sourcils et serrais le poing. Pour qui se prenait elle, la grande moralisatrice? Le vouloir pour que ce soit le cas? Je ne pus me contenir plus longtemps.



    | Que c'est facile à dire; me charger de reproches. Quelles fausses excuses crois tu que je veux invoquer? Je n'ai pas de fausses excuses. Si je ne suis pas avec toi, c'est parce que j'en aime une autre, et qu'elle ne soit plus ne change rien. C'est comme ça, et puis c'est tout. Renoncer à cet amour, c'est renoncer aux fragments qu'il reste de mon âme. Je ne peux vivre sans, tu comprends ça? Non, tu ne peux pas. C'est malheureux à dire, mais tu n'as jamais vraiment pu aimer. Ce n'est pas un reproche; c'est juste triste. J'ai toujours aussi mal, tu vois, mal à en crever. Je ne m'en remettrais jamais. Tu ne peux pas me demander de choisir, c'est pas comme ça que ça fonctionne. |


    Je fulmine. Je lui montre ma main droite, qui s'était remise à trembler. Je la pose sur la table, à plat. Ma main tremble violemment comme si j'étais aux prises avec un froid terrible. Je ne peux tout simplement pas lutter. Le reste de mon corps paraît normal. Seuls quelques doigts de ma main gauche tremblent également, mais cela reste léger.


    | Tu vois ça? Je suis en train de partir en vrille. Et tu connais la meilleure? Quand tu batifolais avec Raybrandt, dans la ruelle... J'ai vu Jana. Elle m'a encouragé à continuer, encore et encore, à ne jamais abandonner. Je vais aussi loin pour elle. Elle me parle, tu comprends? Au creux de l'oreille, comme autrefois. Je sais que c'est mon cerveau, mais c'est de pire en pire. Alors bordel, tu vas pas venir me faire la leçon, je n'ai même pas à choisir! Et arrêtes un peu de te considérer ainsi, nom de Dieu! Tu crois que je m'en suis voulu autant pourquoi, quand on a couché ensemble? Je te l'ai expliqué! Je suis attiré par toi, et contre ça non plus, je n'y peux rien! Mais je ne peux t'aimer, pas comme tu le désires! |


    Putain, qu'il faisait soif! J'appelais la serveuse, qui amena la bouteille, un peu anxieuse. Tant pis pour elle. Foutu pour foutu, autant le faire en beauté.

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Ven 7 Jan - 19:24

La conversation prenait un tour aussi inattendu que désagréable. Je ne voulais pas aborder ce sujet-là avec Torben et je regrettais déjà mes paroles – nos rapports déjà chaotiques allaient sûrement encore empirer. Pourquoi donc n'avais-je pas su me taire et garder pour moi ce sentiment qui l'embarrassait aussi visiblement ? L'exprimer avait été une regrettable erreur et je sentais que j'allais la payer longtemps encore. Il avait l'air presque choqué par ce qu'il venait de comprendre. Bravo, Andréa ! Tu as réussi à le perturber encore plus, comme s'il avait besoin de ça en ce moment, franchement. Je n'étais qu'une putain d'égoïste. J'aurais dû savoir me taire et encaisser – avec le temps c'était devenu une habitude de me débrouiller seule.

Puis il prit la parole. Répondit à mes explications d'un ton acerbe qui me prouva qu'il avait mal compris et mal reçu mes excuses. Fallait-il encore que nous nous déchirions pour quelque chose qui ne pourrait jamais s'arranger ? C'était bien la dernière chose que je voulais. Il semblait croire que j'attendais quelque chose de lui, que je réclamais. Que je lui demandais de choisir entre la femme qu'il aimait de tout son être et celle qui ruinait sa vie. Ridicule. Outre le fait que ce choix-là serait fait en une fraction de seconde et que j'en serais jamais sortie gagnante, il ne m'était jamais venu à l'esprit de le lui demander. Je me contentais de l'aimer de loin. Et je savais bien qu'il ne répondrait jamais à mes sentiments – pourquoi croyait-il que j'étais aussi malheureuse, aussi dépendante du V pour oublier ?

Il continuait son massacre verbal et mon cœur se tordait de plus en plus. J'approchais du point de rupture. Quand il me certifia être attiré par moi malgré tout, mais ne pas être capable de me donner ce que soi-disant je désirais, je craquai. J'avais voulu me montrer forte. J'avais voulu résister et garder mon calme, ma sérénité de femme en parfait accord avec elle-même. Évidemment, face à lui ça avait totalement foiré et je sentis des larmes brûlantes déborder et rejoindre celle qui s'était écrasée sur la table, signant ma reddition. Il fallait que je l'arrête – je ne supportais plus ce qu'il disait et je me sentais moralement lapidée par les pierres acérées qu'il me jetait. Il fit apporter une bouteille, et j'en profitai pour rassembler mes esprits et tenter de mettre fin à ce duel insensé entre nos deux esprits tout aussi butés l'un que l'autre.

« Arrête ! Torben, arrête. Arrête ! Ça ne te suffit pas que je sois malheureuse, il faut en plus que tu t'amuses à en rajouter ! Je te demande rien, bordel ! Je désire rien de toi. Évidemment que je voudrais avoir une chance d'être heureuse avec toi, mais je sais bien que c'est pas possible. Je vais me contenter de rester loin, et je te rassure tout de suite : je vais pas me mettre à te harceler. J'aurais jamais dû t'en parler. »
Sa main tremblait. Les deux, en fait, l'une moins que l'autre, mais néanmoins, je le sentais vraiment énervé. Je ne tenais pas à atteindre les limites de sa patience, et pour ce soir c'était fichu. On était au beau milieu de la nuit, il pleuvait des cordes, mais l'extérieur me paraissait soudain plus accueillant que ces lieux de luxure et surtout le regard courroucé de Torben. Je serrai nerveusement mes mains l'une contre l'autre, résistant à la tentation terrible de les tendre pour saisir les siennes, tenter de le calmer. Ce contact ne ferait sans doute que l'agacer un peu plus et je ne tenais pas à empirer encore les choses.

« Je peux supporter ça toute seule. Tu n'y es pour rien. C'est entièrement ma faute : je n'avais qu'à pas tomber amoureuse. Oui, c'est vrai, je n'en ai pris conscience qu'en te voyant pleurer, cette fameuse nuit – mais c'était là dès le départ et je n'ai fait que me mentir à moi-même depuis le début. Je regrette vraiment de te mettre dans une situation pareille, et si ça peut t'aider, sache que je ne ferai rien pour... augmenter ce désir que tu dis avoir pour moi. Voilà ce qui va se passer. Je vais me lever, je vais sortir. Je ne te contacterai plus. Je ne veux pas t'importuner de quelque manière que ce soit. Mais s'il y a une chose que je te demande, c'est celle-là : ne me laisse pas dans l'ignorance. Laisse-moi t'aider à sauver Hannah. Tu sais bien qu'à deux nous aurons plus de chances. Et si je parviens à atteindre Raybrandt... Nous ferons d'une pierre deux coups. J'ai besoin de la lutte, Torben, besoin de combattre pour ne pas perdre la raison. Si rien d'autre n'est possible entre nous, laisse-moi au moins être ta sœur d'armes. Je t'en prie. Tu sais que je peux t'être utile – et je promets que je ne chercherai rien d'autre. Juste la lutte à tes côtés. Je t'en prie, Torben. Pour Hannah. »
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Sam 15 Jan - 13:26

[Ayé. Bouffe finie, bouteille entamée, je suis prêt ]


    Elle pleurait. Je n'arrivais pas à y croire. Elle me donnait encore l'impression que j'étais le méchant dans l'histoire. Mais je lui avais fait quoi moi, bordel? Rien. Rien du tout. Le V, cette saloperie nous avait poussé à coucher ensemble de la façon la plus primale qui soit. Certes, j'en avais envie depuis longtemps, mais quel homme n'en aurait pas eu envie? Andréa était sexy; elle était l'archétype de la tueuse silencieuse, belle et redoutable à la fois. Elle excitait les passions. Même ici, même maintenant. Mais j'en aimais une autre. Mon âme se déchirait, littéralement. Du sang coulait de mon coeur alors que mon âme était à la dérive, perdue sans le phare qu'avait été Jana. Comment une grosse brute déséquilibrée et alcoolique telle que moi avait pu aimer si fort un autre être vivant? Je n'en savais rien, mais c'était ainsi. Et je n'étais pas le méchant de l'histoire. Qu'y pouvais je, si Andréa était tombée amoureuse de moi? Cela avait été si rapide, si inattendu. Elle se sentait sincère dans sa démarche. Pourtant, son coeur ne l'était pas. Je lui avais apporté proximité et passion. Son inconscient avait pris ça avec tendresse et amour. Et non, je n'étais pas responsable. Ce n'était pas moi. Putain, ce n'était pas moi... Andréa ne comprenais pas. Elle me prenait pour le méchant. Mais bordel, c'était qui, le méchant? Je me forçais à réfléchir. Mais l'attrait de la vodka était presque irrésistible. Je me taisais et la regardais. Je caressais du bout des doigts le bord de mon verre. Il me semblait clair qu'elle avait raison, quelque part. Mais j'avais raison aussi. Du moins étais je sincère dans ce que je lui répondais. C'était toujours ça, je suppose.


    | Que je m'amuse...? Pour qui me prends tu. Je suis plus vieux que toi. J'ai vécut au moins autant de crasses que toi. Et je n'en ai rien à foutre de mes sentiments ou des tiens. Seule compte la vengeance, point. Ca ne changera jamais. Je ne fais pas ça pour te blesser. Je te rends même service. Que les choses soient claires, et tu profiteras de ta jeunesse avec un autre homme que moi, quelqu'un qui te méritera plus, sans doute. |


    Je bus de nouveau dans ma verre. Alcool salvateur. Le seul goût que j'étais capable de discerner, ces derniers temps. Je savourais, ma langue brûlant au contact de la boisson acide. La vodka était ce qu'il y avait de mieux pour se mettre la tête à l'envers, et j'étais bien partit pour. Je réfléchissais à toute vitesse.


    | En d'autres circonstances... Bref. Tu as bien fait de m'en parler. Les sentiments doivent être connus dans notre travail. Cela risque d'affecter notre sécurité, et nos tâches. Je devais le savoir. Ne crois pas que c'est ta faute, Andréa. Ce n'est pas la mienne non plus, je pense. Dieu a d'autres desseins pour chacun de nous deux. Oui, ce doit être ça... C'est ça, même... |


    Je réfléchissais, le regard perdu au loin. Oui, Dieu devait avoir un plan. Pourquoi avoir seulement permis qu'on me retire Jana, sinon? Cruel... Mais je savais que je la reverrais bientôt. Dans cette vie ou dans l'autre mon amour, je te l'ai bien promis... Andréa m'avoue qu'elle est tombée amoureuse de moi lors de cette nuit où le sang de vampire avait corrompu nos corps et altéré nos âmes. Je me sentais touché, quelque part, qu'elle même soit sensible à la perte que j'avais ressentie. Pourtant, je ne pouvais pas admettre quelconque réciprocité de ces sentiments. J'aimais énormément Andréa, mais pas de l'amour véritable que je nourrissais pour ma femme. Elle me dit qu'elle ne ferait rien pour augmenter ce désir que je ressentais pour elle. Pour cela, je lui étais reconnaissant. Fermant les yeux, l'espace d'un instant, je me revis prendre si brutalement possession de son corps. Si totalement, si entièrement, que mon corps m'avait fait souffrir des jours durant. Pire qu'après une offensive, ou même d'un bombardement d'artillerie. J'avais donné tout ce que j'avais, ce soir là. Elle me supplia de la laisser être ma soeur d'armes. Je finis mon verre.


    | Si tu me prouves que tu n'es pas corrompue, et que tu as arrêté de coucher avec des vampires et de te droguer avec leur sang, alors on pourra peut être continuer de travailler ensemble. Et même comme ça, je ne suis pas certain. Comment pourrions nous agir efficacement ensemble? Nous avons partagé nos corps, et nous savons beaucoup de choses sur l'autre. Rien ne sera jamais plus comme avant, Andréa. En bien, comme en mal. On n'a plus vraiment le choix. Prouves moi que tu as tout arrêté, et on retravaillera ensemble. Mais Hannah et Raybrandt sont des affaires personnelles. C'est à moi de les régler. A moi, et à personne d'autre. Ton couteau me serait sans doute utile, mais je suis suffisamment équipé, et préparé... Il ne faut pas t'inquiéter. |[/b][/color]

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Dim 16 Jan - 2:22

Profiter de ma jeunesse. Il avait vraiment dit ça. Quel imbécile. Le seule qui avait « profité de ma jeunesse », c'était mon père. Moi, je n'en avais rien eu. Dans la rue à dix-sept ans, prostituée dans la foulée. S'il n'y avait pas eu Johan et son amitié sincère pour m'aider à supporter ça, je n'aurais sans doute jamais survécu jusqu'à ma rencontre avec Silviano. Je n'aurais jamais sacrifié ma jeunesse pour entrer dans l'Église HCV. De jeunesse, je n'en avais jamais eue, et je n'en aurais jamais, Torben le savait parfaitement. Je mourrais rapidement, fauchée par l'un de mes nombreux ennemis, ou de ma propre main si la situation devenait trop... pesante... pour mes nerfs de droguée dépressive. De cela, j'étais certaine, avec une absolue lucidité. Il me rejetait. D'un bloc, tout entier, sans me laisser la moindre chance d'espoir futur. C'était net, et définitif. Je ne recevrais jamais de Torben que cette froide tolérance. Pas une acceptation, encore moins le plaisir d'être en ma compagnie à discuter : juste être tolérée dans le même espace que lui. C'était dérisoire. Risible. Mais c'était déjà énormément. J'étais tellement pitoyable, dans mon addiction à lui, que j'étais prête à m'en contenter. Pathétique. Mais je l'aimais, vous comprenez. D'une manière toute aussi absolue que pouvait l'être son rejet de ma personne et de mes sentiments.

En d'autres circonstances... Que voulait-il dire par là ? En d'autres circonstances, il ne m'aurait pas laissée vivre ? Il aurait vengé cet affront que je lui faisais dans mon sang versé ? J'aurais aimé qu'il le fasse. Je savais que même en le souhaitant de toutes mes forces, je ne pourrais tuer cet amour insolite qu'en me tuant moi-même. C'était étouffant, ce sentiment : c'était envahissant, c'était primitif, et barbare. Pourquoi lui ? J'aurais pu tomber amoureuse d'un gentil garçon comme Johan. D'un mec mignon et adorable. Non, il avait fallu que ça tombe sur cet homme torturé qui brisait mon cœur comme si ça avait été un jouet. J'avais cru être vivante. Je m'étais trompée, amèrement. Le cœur qui battait dans ma poitrine était en train de redevenir de glace. L'Andréa humaine et dotée de sentiments commençait à s'effacer et à disparaître derrière la poupée de chair et de sang que j'étais devenue pour me protéger si longtemps avant.

Il sembla réfléchir à ma demande. En peser les mots. Et me livra ses conditions. Je retins un ricanement amer. Des preuves ? Quel grand seigneur que voilà. A croire que, puisque j'étais amoureuse, soudain je ne valais plus rien à ses yeux. Que la fière combattante que je restais malgré tout ne servait à rien si elle était handicapée par son humanité. Comment pourrais-je être efficace à ses côtés ? Mais en m'assurant que rien ne lui arrivait, pour qu'il arrive entier et vivant devant Hannah pour la sauver. Que dire, que faire ? Continuer sur ma lancée et laisser parler la vérité ? Non. Cela ne me servirait à rien. Il refuserait de l'entendre. Me mépriserait, encore. Et je savais que ma raison, du moins les bribes que j'en conservais, n'y résisterait pas.

« Te le prouver comment ? Regarde mes pupilles. Tu me trouves droguée ? Quant à coucher avec des vampires, tout ce qui intéressait Léopold c'était de me voir défoncée. Rassure-toi. Je n'ai l'intention de coucher qu'avec des humains à l'avenir. »
Avec toi, si possible, ajouta mon instinct en mon for intérieur. Sur la table, là – contre le mur, là-bas. Je m'assénai une claque mentale vigoureuse en chassant ces images perturbantes, et ce qui surgit des tréfonds de ma mémoire pour les remplacer, ce fut le souvenir de Johan, et de nos nuits passionnées d'autrefois. Mon ami saurait peut-être distraire mon corps l'espace de quelques heures – mon cœur, lui, resterait obstinément braqué vers Torben.

« Bien sûr que je m'inquiète, » émis-je entre mes dents serrées, « et contrairement à ce que tu crois, moi aussi j'ai des raisons de vouloir la mort de Krystel. Je la hais. Je la veux morte, et pour de bon. Peu m'importe le reste. Quelqu'un doit payer, et ce sera elle. Reine des vampires, ha. Bah qu'elle crève, pour les horreurs sur lesquelles elle règne. »
Bon. J'avais besoin d'un remontant. Tendant la main sans réfléchir, j'attrapai le verre de Torben – celui des deux avec lequel il jouait – et en engloutis le contenu. La brûlure intense de la vodka contre ma langue, dans ma gorge, puis dans mon estomac, me fit un bien fou. Même si après la tête se mit à me tourner quelque peu. Je reposai le verre d'un geste brusque. J'avais dit ce que j'avais à dire. Que Torben décide s'il voulait de moi à ses côtés pour cette mission, ou s'il préférait s'en occuper seul. Je me levai avec plus de difficultés que prévu : mon organisme à jeun avait rapidement assimilé l'alcool et j'y voyais un peu flou. Je bousculai la table en me dirigeant dans la direction approximative de la porte, mais n'y prêtai guère attention.
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Dim 16 Jan - 22:32

    Cette discussion partait totalement en cacahuète. Comme c'était le cas avec Andréa à chaque fois, quelque part. Heureusement qu'il n'y avait rien eu de plus que cette drôle de soirée au manoir, les choses étaient déjà suffisamment compliquées et douloureuses comme cela. Elle me dit alors qu'elle n'était pas droguée. Ce soir, je pouvais le croire. Mais je connaissais si bien les dégâts que pouvaient provoquer les alcooliques et autres drogués dans une situation mortelle et violente pour savoir qu'il ne fallait pas leur faire confiance. Ce principe s'appliquait à moi également. On ne pouvait pas dire que je sois particulièrement enclin à l'idée de me rebattre avec Andréa. Notre lourd passif en commun n'aidait pas, en premier lieu. Et je connaissais sa nature. Elle se damnerait pour sa dose au moindre problème. Je ne disais pas qu'elle était faible; je l'étais également. Mais je ne pouvais pas pour autant entrer en action aux côtés de quelqu'un envers qui je nourrissais des soupçons. Et la trahison d'Andréa me resterait probablement jusqu'à la fin de mes jours en travers de la gorge. Elle avait gâché tout ce qu'il y aurait pu y avoir entre nous, par le rejet, puis par la trahison, ce rapprochement avec les vampires, ce sexe et cette drogue, si écoeurants... je ne dis pas que j'aurais pu tomber amoureux d'elle, non. Nous aurions sans doute pu nous réconforter mutuellement, par le sexe ou la seule présence, l'amitié et la proximité de deux personnes qui se comprennent. Mais tout cela avait été chassé, et je n'étais pas stupide au point de penser que le passé pouvait redevenir d'actualité. A mon plus grand dam concernant Jana, d'ailleurs... Elle n'était donc pas si malheureuse que ça au final, alors qu'elle me dit qu'elle ne comptait plus coucher qu'avec des humains à l'avenir. Elle continuait d'envisager ce genre de proximité avec quelqu'un malgré toute la détresse qu'elle affichait. Peut être qu'elle était moins hypocrite que moi. Pourtant, même si j'avais comblé ma solitude avec bien des femmes ces derniers mois, je ne m'étais jamais projeté. Tout c'était fait sur le coup, je n'avais jamais rien anticipé. Je n'anticipais plus rien, hormis la mort.


    | Non, t'es pas droguée. Mais moi, je suis alcoolique. Et je sais ce qu'est une addiction. Tu n'est pas fiable, et je ne le suis pas. En travaillant ensemble, tu me mettrais en danger et je ferais de même pour toi, ce qui n'est pas très malin, on est d'accord... Si tu veux m'aider, convainc Silviano que je n'ai pas besoin d'aide et que je ne suis pas une source d'inquiétude, ni pour lui, ni pour toi, ni pour la HCV toute entière. Moins j'aurais de tiers dans les pattes, et plus j'aurais de chances de mener la mission à terme... |


    La mission. Je repensais en termes militaires. J'avais déjà tout un plan en tête. Il allait y avoir de la viande froide un peu partout après mon passage. Je repassais mentalement tout le déroulement de l'opération en tête. Je devais certes encore aller vérifier mes données sur le terrain, mais j'étais déjà presque totalement prêt. Diversion explosive sur le parking, près des réserves et des cuisines. Panique répandue, humains qui sortent. Arme automatique qui arrose les fenêtres de projectiles en argent. Un bon vieux fusil mitrailleurs alimenté par une bande de cartouches de quatre cent coups ferait l'affaire, pourvu que mon mécanisme de tir automatique fonctionne. Et enfin, le lourd. Bombe incendière pour les forcer à sortir. Bombe incendiaire? Rien de plus facile. Du carburant, de l'éthanol et du jus d'orange congelé, et vous avez du napalm artisanal, capable de brûler même aspergé d'eau. Je devais encore en produire suffisamment sans me faire repérer par Interpol. Et enfin, pour le dessert, il me restait une demie douzaine d'armes de poing, deux fusils d'assaut et tout le reste de mon matos. Ca allait saigner, c'était sûr.


    | Payer pour quoi? Et détrompes toi. Elle n'est pas reine des vampires, Andréa. Il existe plus dangereux qu'elle. Mais je crois qu'elle aime bien se considérer comme la patronne... |


    Tout bien considéré, j'aurais tout de même besoin d'Andréa.


    | Tu peux cependant m'être utile. Je vais aller en répérage sur les lieux. J'ai besoin d'une couverture. Ca te conviens de jouer la comédie une soirée? |

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 1:50

Qu'avait-il donc en tête, ce fou ? Quels plans sanglants, quelle vengeance terrible avait-il prévus ? Je savais qu'il se battrait jusqu'au bout pour sa sœur. Mais plus le temps passait plus j'en comprenais sur ce curieux phénomène qu'était Torben Badenov. J'avais toujours cru qu'il cherchait la revanche, l'expiation des crimes des vampires dans leurs vies qu'il prenait sans merci ni pitié. J'avais toujours cru qu'il se battait pour Dieu, pour un idéal. Pour une noble cause. Mais l'arrivée de sa Jana dans ce schéma mental avait tout bouleversé. Non seulement elle réduisait à néant toute chance que j'avais d'obtenir de Torben plus qu'un regard méprisant, mais elle plaçait son combat sous une autre lumière. A travers l'amour perdu et la perte de l'être qu'il chérissait, sa conduite apparaissait sous un jour nouveau. Certes, il cherchait la vengeance, certes il se battait contre les vampires par idéologie. Mais un instinct que je ne m'expliquait pas me soufflait qu'il cherchait aussi une bonne raison de mourir. Que son trépas ne soit pas vain. Torben crevait d'envie de rejoindre sa femme, c'était une évidence, je le voyais clairement maintenant que j'avais en mains les clés pour le déchiffrer. Il en mourait d'envie oui, mais il n'était pas de ces hommes qui se suicident pour rien. Il courait à la mort certes, il l'appelait de ses vœux, il l'attendait et s'élançait même à sa rencontre. Mais les armes à la main et la flamme au cœur. Déterminé à emmener le plus d'abominations avec lui. Et jusque-là, il leur avait toujours survécu. Combien de temps encore cette chance insolente allait-elle durer ? Combien de temps avant qu'il ne tombe sur plus fort que lui et ne rencontre enfin la délivrance qu'il cherchait ? J'étais peut-être un peu perturbée par les vapeurs de l'alcool que j'avais ingurgité, mais j'étais encore loin de l'ivresse et je ressentais avec authenticité l'angoisse de cette mort annoncée. J'espérais seulement qu'il parvienne à arracher Hannah au piège dans lequel elle s'était fourvoyée avant de trépasser aux mains de ses ennemis. Pour l'honneur. Pour la famille. Et pour l'amour de Jana. Une jalousie brûlante me dévora les entrailles. L'espace d'un instant, je ressentis l'envie démesurée d'avoir été un jour cette femme. Pas uniquement parce qu'elle avait eu le privilège d'être aimée de Torben, pas seulement, non. Mais parce qu'elle avait été aimée tout court, aimée intensément, aimée au point que l'homme en question était perdu sans elle, tel un navire sans capitaine.

J'étais à mi-chemin de la sortie, le pas un peu mal assuré, quand sa voix dans mon dos me fit stopper. Je retournai prudemment me glisser sur le siège que j'avais abandonné et tâchai de focaliser mes pensées sur sa proposition. Je guettai un instant la plaisanterie, guettai l'ironie, guettai la moquerie. Rien ne vint. Il était sincère dans sa demande. Qu'est-ce qui l'avait fait changer d'avis, si j'étais aussi peu fiable qu'il le disait ? Rien n'avait pourtant changé en cinq minutes de temps. J'étais toujours toxicomane, toujours cette même femme qui l'avait blessé et rejeté. Quand bien même elle n'aurait voulu que compatir et réconforter. C'était atroce, ce sentiment. Savoir qu'on aurait pu, peut-être, devenir amis. Si j'avais écouté mon instinct et offert ma compassion et mon soutien, au lieu de tenter de nous sauver tous les deux pour finalement gâcher irrémédiablement tout ce qui aurait pu être entre nous. Avait-il gobé mon mensonge ? Quand je m'étais projetée dans l'avenir au bras d'autres hommes... d'autres hommes que lui. Un mensonge éhonté – un de plus sur la longue liste de ceux que je lui avais déjà racontés. En tout cas, il demandait mon aide. Certes, ça ressemblait à un lot de consolation, au jouet que l'on donne au bébé pour l'occuper, à l'os que l'on jette au chien pour qu'il se tienne tranquille. Sans doute ne valais-je pas mieux que cela aux yeux de Torben. Mais tout de même. Il me proposait de l'aider, à mon niveau. Impossible de refuser. J'en brûlais d'envie et je l'en avais presque imploré.

« Sur le principe, je n'ai rien contre. En repérage, tu dis ? Qu'est-ce que tu as en tête ? Je ne sais pas à quel type de couverture tu penses, dis-m'en plus. Si tu penses qu'on peut arriver à tromper des vampires... Explique-moi ton plan. »
J'étais toute prête à lui venir en aide. Mais jouer la comédie ? De quelle comédie pouvait-il bien parler ? Une part de moi me soufflait que je n'allais pas vraiment apprécier ce qu'il proposerait. Mais j'avais terriblement envie d'être utile – alors je me contentai de remplir le verre que je lui avais volé, pour en boire une gorgée, attendant qu'il me dévoile son idée.
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 17:42

    Je vis Andréa s'éloigner. Je haussais les épaules, et reportais mon attention sur mon verre d'alcool. Je ne pouvais pas du tout perdre trop de temps ici à discuter. De nombreuses choses devaient encore être minutieusement préparées avant que je ne puisse passer à l'attaque. Je ne pouvais plus faire machine arrière maintenant et ne le souhaitait pas. Mais quitte à entreprendre une action aussi risquée, je pouvais tout aussi bien essayer de faire cela dans les règles de l'art, en quelques sortes. Dans une opération de cette envergure, le maître mot était l'anticipation. Savoir tout prévoir à l'avance, et même l'imprévu. L'implication de renforts policiers, voire militaires, au vu de la situation géographique du bar visé et de la surveillance toute particulière que réservait l'Etat à ces suppôts de Satan. Le plus difficile était que je devais provoquer les dommages les plus importants possibles aux infrastructures mais aussi et surtout aux vampires présents. Le tout, en évitant les humains et surtout, sans faire de mal à ma soeur. Tout cela s'avérait horriblement compliqué, et je devrais vite trouver une solution à tous les problèmes qui se posaient d'un point de vue opérationnel. Je remarquais du coin de l'oeil qu'Andréa avait été intéressée par ma proposition, et qu'elle revenait sur ses pas d'un air intéressé, comme si elle ne croyait pas trop bien la teneur exacte de ma proposition. Bah quoi, j'ai parlé chinois, pour qu'elle me regarde de cette façon? Je n'en savais rien du tout. Ce qui était sûr, c'est que ma proposition se conformait à la réalité de ses espérances.


    Elle posa son regard sur moi, comme si elle ne me croyait pas vraiment. Sacré bon sang, elle allait redescendre sur terre oui? Avais je tant que ça l'habitude de faire n'importe quoi, de dire des mensonges et de provoquer les gens sans le moindre scrupule? Bon, ok, je n'étais pas spécialement patient non plus avec elle. Mais au vu de la situation et de notre lourd passif, je pense que l'on peut considérer cela comme normal, n'est ce pas? De toute façon, je me foutais complétement de ce qui pouvait paraître normal et de ce qui ne l'était pas. Je faisais comme j'en avais envie, et puis c'était tout. Je n'allais pas prendre de gants, je n'allais pas habiller mes paroles pour leur donner meilleure tournure. J'allais surtout profiter de ce que la franchise et l'honneur avaient à apporter. Un peu plus de conflit, encore. Andréa m'interrogea alors sur ce que j'avais en tête. Je réfléchis un instant. Sa tournure de phrase n'impliquait pas que je lui parle encore du manque de confiance que je ressentais à son égard, manque de confiance qui se traduisait tout à fait par le fait que je n'avais pas la moindre envie de partager avec elle mon plan d'approche de l'endroit. Valait mieux limiter les risques, vous ne croyez pas?



    | C'est simple, on fait ce que j'ai fait à de nombreuses reprises avec Thomas. On se déguise en jeunes ayant soif de morsures et autres cochonneries. On y va ensemble, on est deux étudiants ou une connerie du genre, et on va à l'intérieur. On note tout. Nombre d'humains, nombre de vampires. Toutes les sorties. L'endroit du débit de boisson, l'emplacement exact des réserves. Tout ce qui peut servir en cas de défense ou d'attaque à l'intérieur de la place. Et surtout, ce qu'il y a à la cave du bar. Je veux savoir s'ils l'utilisent pour autre chose que des réserves. On se laisse malmener s'il le faut, mais on y va armés. Peut être pourrais tu même nous faire entrer via tes... connaissances? Cela peut s'avérer utile, finalement. On fait comme je le décide et comme je l'ordonne le cas échéant. Pas d'hésitation ni de discussions. |


    Je remarquais alors avec un certain étonnement qu'elle me pique mon verre. Ok, techniquement parlant ce n'était pas réellement MON verre, mais tout de même. Je n'étais pas particulièrement enclin à le partager, voyez vous? Elle en but même une gorgée. Je la toisais d'un regard noir, le regard que l'alcoolique réserve aux troubles fêtes qui viennent l'importuner de façon constante et régulière.


    | Touches pas à mon verre petite. J'aime pas ça. Si tu refusais de le boire ça ne te donne pas le droit de me le reprendre après. |

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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 21:25

Retour sur mon siège, boisson à la main. Nonobstant le cadre plutôt inhabituel, ça ressemblait à une réunion amicale autour d'un verre. De l'extérieur, c'était ce que l'on pouvait se dire en nous voyant, Torben et moi, attablés ensemble à discuter. De l'extérieur, uniquement. Un observateur averti aurait, lui, tout de suite remarqué la tension qui saturait l'atmosphère. Sa distance, sa méfiance, sa répulsion à peine voilée. Mon angoisse, mon désespoir, ma honte difficilement cachée. Tout ce passé accumulé en l'espace de quelques mois à peine – ce qui aurait pu devenir une amitié chaleureuse et réciproque s'était transformé en épine acérée aux deux versants diamétralement opposés : en moi l'amour l'avait emporté, tandis que de son côté la rancœur prenait le pas sur tout le reste. Néanmoins, j'avais atteint mon objectif en le détachant de moi irrémédiablement. J'aurais dû être satisfaite, une part de moi l'était – mais l'autre part, celle qui avait appris à redevenir humaine, celle-là saignait, à l'agonie. J'écoutai sa proposition sans ciller, concentrée autant sur ses mots que sur ce qui se passait dans ma tête de cinglée obsessionnelle.

« Malmener ? Tu veux dire qu'on doit se laisser mordre... Je ne sais pas si... D'accord. Je ferai ce qu'il faudra. Mais je n'emploierai pas mes « connaissances » pour entrer. Ils sauraient tout de suite que je suis là et j'attirerais l'attention sur moi – et sur toi par conséquence. Nous irons incognito, et crois-moi : on nous laissera entrer. Je te demande une seule chose, par contre. Ne me demande pas de prendre du V. Même si on nous en propose. Les laisser jouer avec moi, avec mon corps, pour les occuper pendant que tu fouines, si nécessaire je l'endurerai. Mais pas leur drogue. Ce serait trop dur d'arrêter de nouveau après, Torben. Je ne suis pas fiable, à tes yeux, je le sais. Je sais aussi que la femme saine et forte qui se battait contre ces horreurs il y a à peine quatre mois de ça est toujours là, quelque part en moi. Tout ce que je veux, c'est la retrouver. Aide-moi, s'il te plaît. Ne m'oblige pas à replonger. »
Il réclama ce verre que je tenais entre mes mains. Contrariée, je le reposai. Je voulais me vider un peu la tête et il ne m'aidait pas. Je repoussai le récipient dans sa direction et croisai mes mains qui tremblaient un peu sur le plateau de la table. Évitant son regard, j'étudiai soigneusement le bois du meuble, mes ongles, les veines fines sous ma peau, la marque des crocs de Léopold, cicatrice vieille de quelques semaines déjà et qui commençait à s'estomper et à disparaître. Il n'y avait rien de plus à ajouter. Le plan était bon. Nous nous glisserions dans la peau de deux curieux avides de sensations fortes, et je savais qu'on nous laisserait entrer. Proies faciles... Je pourrais peut-être même éviter des sévices trop intimes en jouant finement. J'avais déjà une vague idée de la topographie des lieux, je serais sûrement en mesure de relever tous les détails que Torben attendait de moi. Je croisai à nouveau son regard.

« Je me suis laissée emporter, Torben. Je me suis monté la tête. C'était ridicule de tomber amoureuse de toi et crois bien que je le regrette. » Petit mensonge. Je ne regrettais pas d'avoir pu à nouveau ressentir des émotions humaines. Je regrettais simplement d'avoir si mal placé mon affection. « C'est arrivé subitement. J'arriverai bien à tuer ce sentiment. Ne t'en fais pas, cette situation ne durera pas : considère-moi comme une enfant victime d'un coup de cœur hâtif. Feu de paille ne flambe jamais bien longtemps : crois-moi, ce sera vite réglé. Ce n'est qu'une passade après tout – les séquelles d'un instant de folie que nous avons partagé. Je regrette de t'avoir importuné. »
Deuxième petit mensonge. Même si le désespoir et la folie s'effaçaient, l'amour subsisterait. Mais il n'était pas obligé de le savoir. Mieux valait qu'il croie le contraire. Je me sentais reprendre contact avec la réalité, doucement. Me focalisais sur la mission – enfin, une mission. Une vraie. C'était ce qu'il me manquait pour compléter mon retour à la normalité. Bien sûr, je continuerais à vendre mon corps pour éponger mes dettes, pendant quelques temps : mais Torben n'en saurait jamais rien. Je paierais mon dû, je solderais mes emprunts, puis je redeviendrais Andréa Donwood. Insensible, froide, et frigide. Je saurais bien enfermer mon cœur quelque part où il ne serait plus jamais en danger, et la vie reprendrait son cours.

« Je suis prête à t'aider pour cette mission. Quand souhaites-tu appliquer ton plan ? »
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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Mer 19 Jan - 18:29

    Andréa semblait un peu hésitante vis à vis de ce que je lui demandais. Elle ne serait plus jamais la même, pas après toutes ses erreurs des dernières semaines. Elle avait par trop goûté au vice, à tel point qu'elle en resterait marquée au fer rouge tout le reste de son existence. Oh, bien entendu, c'était compréhensible. Mais elle allait connaître des réticences à accomplir son devoir comme il le fallait. Et cela, je ne pouvais pas le laisser faire. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison qu'un devoir parfaitement exécuté nécessite une parfaite maîtrise et une parfaite coordination de soi. Et cela implique de pouvoir faire des sacrifices. Andréa était elle seulement encore capable de les faire, ces sacrifices? Je n'en savais rien. L'hésitation n'était pas totalement éloquente. J'aurais pu croire qu'effectivement elle n'était plus capable d'assumer sa tâche et son travail, mais je savais tout autant quelle particule meurtrière habitait le plus souvent la jeune femme. Elle était capable de tuer, vite et bien. Ca ne s'inventait pas. On pouvait devenir tueur; mais malgré tout l'entraînement ou tout le contexte qui pouvait pousser au meurtre, ça ne venait pas naturellement. Le meurtre est une construction sociale, et Andréa semblait pourtant avant tout guidée par la nature quand elle tuait. Comme si elle avait ça dans le sang. Comme si tuer était inné, chez elle. Chez moi, ce n'était pas du tout le cas. J'étais un ancien militaire. Tuer avait quelque chose de mécanique, d'inéluctable et de profondément préparé. J'étais capable de tuer de sang froid, mais c'est parce qu'on me l'avait appris.


    | Je ne t'oblige pas à venir. On fait comme je l'ai dit. Rien ne compte plus que la mission. Si tu te sens capable de répondre aux impératifs du devoir tu peux venir. Si tu sais au fond de toi que tu risques de me faire défaut, alors ne viens pas. Tu nous mettrais tous les deux en danger. Et à travers nous, l'organisation toute entière. C'est pour cette raison que je serais seul le jour du lancement de l'opération. J'ai déjà bien assez à faire pour nettoyer les traces derrière moi sans que celles ci ne se dédoublent. Je sais que tu comprends. Mais une équipe, pour ce genre d'action, doit être prête à tout. C'est ainsi que je vois les choses, et c'est ainsi que j'ai toujours fait. |


    Andréa repoussa mon verre sur la table. Je souris et le pris entre mes mains, pour finalement le boire d'un trait. Je fermais les yeux l'espace d'un instant, le temps de pouvoir assimiler correctement le liquide. Quand je rouvris les yeux, je constatais que la jeune femme cherchait de nouveau à m'accrocher le regard. Je soutiens la pression du sien. Elle voulait me rassurer sur ses intentions et ses sentiments. Je ne savais trop quoi en penser. Je soupirais, et me frottais les yeux. J'avais besoin d'un peu de sommeil. Je devais impérativement faire le plein de mes batteries avant que les évènements ne se précipitent. Je ne pouvais décemment pas attaquer un endroit généreusement garni de vampires tel un zombi, n'est ce pas? Je devais me reprendre. Achever ma préparation, et axer la dernière ligne droite sur la préparation physique et mentale plutôt que matérielle, qui était terriblement plus au point que la précédente.


    | Je l'espère pour toi, Andréa. Je suis las de tout, vois tu. Qui plus est, je suis un homme de principe. Tu m'as rejeté, et j'ai horreur de ce sentiment. Tu as insulté ma femme. Tu serais déjà morte si tu serais un homme. Tu as tout foulé du pied. Et maintenant, me révéler tes sentiments ne fait que complexifier la situation. Mais je ne peux pas aller contre mes principes. Tu nous a trahis, Andréa, c'est un fait. Peu en importe la raison, tu l'as fait. Tout ce que tu peux faire, c'est te démener pour te racheter auprès du Seigneur. Moi, je suis trop bête pour pouvoir passer outre ce genre de chose. Alors donnes tout ce que t'as, et vas de l'avant. J'étais sincère quand je te parlais de ta jeunesse. Il n'est jamais trop tard pour en profiter. |


    Je réfléchis un instant quant à la date de notre infiltration.


    | Demain soir, 19 heures, devant le bar. |


    Je laissais un de mes derniers billets sur la table, alors que je me levais et me détournais d'Andréa. Sans lui accorder un regard. Elle avait voulu la haine, puis l'amour. Je lui offrais l'indifférence et le professionnalisme.



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MessageSujet: Re: Nothing Else Matters [Livre 1 - Terminé]   Mer 19 Jan - 22:29

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Derniers frémissements dans ma poitrine. Dernier souffle de vie. Un battement, deux battements – puis plus rien. Le noir, le vide, le néant. Plus d'espoir, plus de beauté. Un jardin à peine éclos, déjà figé par le gel et à jamais pétrifié. Ce n'était sans doute pas plus mal. Toutes ces émotions, c'était presque trop pour moi. Mon cœur déjà bien abîmé n'aurait pas résisté à la pression et au stress si Torben avait par miracle envisagé de me redonner son amitié. Oui, c'était mieux comme ça. J'allais faire taire ce sentimentalisme ridicule et m'en aller tromper la solitude dans les bras de Johan. Entre lui et moi, au moins, aucune ambiguïté : le sexe, l'amitié. Rien de plus. Cela me suffisait amplement et à lui également.

Il me mit en garde sur mon implication. Étais-je prête à tout ? Oui, sans l'ombre d'un doute. Pour tuer du vampire, pour sauver une pauvre malheureuse égarée dans les ténèbres, je ferais n'importe quoi. Pour lui, également, j'irais jusqu'aux portes de l'enfer et au-delà, s'il me le demandait. Mais il n'avait pas besoin de le savoir, ni de douter de ma motivation. J'étais déterminée, et je serais fiable. Je ne le décevrais pas, et je serais fidèle à mon serment. J'aiderais à détruire ces fichues créatures, et même si Torben monterait seul à l'assaut final, j'aurais contribué à son succès. Une mission comme une autre... Ce qu'il dit ensuite achever de figer mon âme. Je pouvais presque la sentir se racornir et s'effilocher au fil de ses pensées. Je répondis machinalement un « J'y serai » alors qu'il s'en allait. Je ne bougeai pas. Me forçai à ne pas le regarder s'éloigner. Je souffrais. Mon âme se délitait. C'était douloureux sur l'instant, mais je savais qu'après j'irais mieux. Le monde des sentiments, avec ses couleurs agressives et ses angles tranchants, c'était fini pour moi. Bienvenue dans le monde de l'indifférence, ses tons gris uniformes et le flou de ses contours.

Un instant, je demeurai assise sans bouger, avant finalement de me lever pour partir. Je devais me trouver un hôtel jusqu'à demain, appeler Silviano pour ne pas qu'il s'inquiète de mon retard – sans toutefois lui souffler mot de Torben. Si l'autre soldat voulait que l'Eglise soit informée de ses faits et gestes, il saurait bien les communiquer. Pour ma part, j'allais me trouver un lit, me rouler en boule dessus et attendre que le temps passe. J'avais décidé d'être forte, mais un peu de réconfort ne me ferait pas de mal, après cette éprouvante entrevue. J'avais besoin d'entendre une voix amicale...

Oui, j'allais rentrer. Et appeler Johan...
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