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It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Lun 11 Juin - 23:35

« Un autre. »

Le barman le dévisageait sévèrement, évaluait son expression et son degré de déchéance. Camille soutint férocement son regard avant de sortir son portefeuille et de glisser un autre billet sur le comptoir. Le soudoiement devait fonctionner, non ? Cela avait marché pour le whisky d’avant et celui d’avant encore. Combien de verres il avait enfilé ? Il avait arrêté de compter à partir de cinq.

« Un autre. »

Il avait repris cette phrase avec un peu plus d’insistance mais le gérant hésitait tout de même à prendre son argent, un air presque désolé figeait toujours son visage. Le voleur se racla la gorge en fronçant davantage les sourcils.

« Je sais ce que je fais. Servez-moi. »

Le serveur interpellé par la brute épaisse qui refusait de le resservir, passa près du comptoir et lui indiqua gentiment la sortie. Le métamorphe ne chercha même pas à lutter contre cette décision, il trouverait bien un autre bar. Il reprit sa coupure en soupirant lourdement alors qu’une paume vint se poser sur son épaule. Une vampire, brune, plutôt sulfureuse, elle souriait exagérément pour dévoiler ses crocs ainsi que ses intentions. Leriche héritier excédé, abaissa pesamment le col de sa chemise dévoilant sa morsure la plus récente, un peu effacée par le processus de cicatrisation mais toujours discernable.

« Désolé ma jolie mais je suis un terrain de chasse gardé. »

Arrogant et écœurant ? La sobriété lui réussissait plutôt bien d’ordinaire, ne croyez-vous pas ? Elle dégagea sa main contrariée et le jeune homme en profita pour quitter l’établissement. Ses pieds ne parvenaient plus vraiment à suivre les lignes qui serpentaient entre les dalles. Serpenter ? Anormal, vous dites ? Pourtant, ces interstices n’arrêtaient pas d’osciller sous ses pas, il ne parvenait plus à poser le bout de sa chaussure dessus. Pas grave, ça rendait cette marche un peu plus divertissante. Le corbeau voulut s’allumer une cigarette mais il ne parvint pas à remettre la main sur son paquet. Fichu blouson aux poches capricieuses. L’air ébouriffait ses cheveux – ce que ça pouvait être désagréable ce soir. Son regard se mit en quête d’un autre endroit pour finir la soirée en beauté, au fond d’un bon cocktail. Il repensa à la Pomme du Diable et à ce bon vieux William ! Pour sûr, ce gentil Prince allait le servir. Que cherchait-il à noyer ? Toute son existence à peu près. A peu près évidemment, il y avait deux, trois choses qui restaient potables, conservables. Depuis quand le pessimisme et la déprime l’entraînait dans une dépravation de ce style? Depuis qu’il avait voulu mêlé vampire-secret&femmes. Drôle de mélange sans parler de la communauté animale. Un charabia, il ne fallait pas s’en étonner. Cette explication chaotique résultait de cet esprit embrumé par l’alcool. Il tenait bien ce genre de breuvage d’ordinaire mais là, il avait exagéré. Il ne s’était pas permis une telle cuite depuis plusieurs mois déjà. Cela était-il déjà arrivé au moins une fois depuis son arrivée en Ecosse ? On s’en fichait tellement de cet historique. Ce qui comptait c’était de trouver le bar de ce bon Raybrandt. Le changelin arpentait les ruelles en vacillant d’un pied à l’autre quand une cascade de voix enrouées le désarçonna. Il se tourna pour trouver la source de ce bruit et tomba sur trois molosses rassemblés autour d’un type recroquevillé au sol.


« Hey ! Fichez-lui la paix ! »

Instinctif, stupide et irréfléchi, bienvenue dans la phase inconsciente de l’ivresse. Dans quoi, il s’embarquait ? S’il en avait la moindre idée. L’un de ses colosses lui ordonna de déguerpir de là – quelle gentillesse. Mais le français ne bougea pas d’un poil et réitéra même son ordre. L’un des types tenta de l’éloigner mais Camille le repoussa assez brutalement.

« Laissez-le partir et je m’en irais »

Requête honnête et légitime, n’était-il pas ? Les deux autres gars s’approchèrent de lui d’ un seul mouvement, aucun ne semblait être un nocturne, youpie. Le quatrième – la victime de premier abord, réussit à ramper quelques mètres grâce à la diversion héroïque du métamorphe. Le trio se rendit compte de l’absence momentanée de leur proie avant de le voir en fuite. Evidemment, ils n’étaient pas spécialement heureux de cette interruption et de cette complication. L’un s’occupa de rattraper leur cible première et les deux autres se chargèrent du fauteur de troubles. Sous la pâleur des lampadaires, leurs traits paraissaient exagérément anguleux. Le taux d’alcoolémie dont son sang était imprégné, faisait agir le fumeur plutôt que de le faire fuir – ce qui en temps normal aurait été sa première réaction. Dans un premier temps, il évita quelques coups avant de se manger une droite en plein visage. Il riposta en envoyant ses phalanges dans le ventre de son agresseur. Son autre assaillant profita de ce mouvement pour lui donner un coup de coud dans le dos et à l’épaule. Deux jours qu’il avait été raccommodé, deux jours durant lesquels il avait été cessé être au repos. Une semaine pour s’en remettre, les recommandations du toubib. Il n’en fallut pas plus pour le mettre K.O. que ces quelques coups. Il se laissa tomber contre le sol lourdement, sa tête cogna contre le bitume. Le duo d’imbéciles s’apprêtait déjà à l’achever à coup de pieds. Qu’ils se laissent tenter tiens, il n’en avait franchement plus rien à foutre. Ce qu'il avait cherché ce soir était l'oubli & l'inconscience et il l'obtiendrait! De manière moins plaisante, certes.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mar 12 Juin - 9:12

Je surveillais la foule habituelle qui se pressait à La Pomme du Diable, tout en songeant aux évènements qui se succédaient en catastrophes cumulées. Je menais pourtant une vie bien tranquille grâce à l'intervention d'Evey Mc Intyre. Cette vampire m'avait aidé après mon Etreinte sauvage, calmé mes alarmes, offert un peu de stabilité après le rejet de ma famille, de mes collègues, de mes amis humains.

* Tu parles d'amis... *

Je secouais la tête sans m'en rendre compte, mais les clients du bar ne me prêtaient aucune attention : je faisais partie du décors. Trois années comme çà, pendant lesquels je faisais le videur ici, puisque Evey m'avait présenté à William Raybrandt qui m'avait pris comme employé. Sourire désabusé : passer de commissaire de police à videur... une sorte de déchéance ? Regard sévère à un trublion qui ne manqua pas de le remarquer et se tint aussitôt à carreau. Le message était bien passé : j'étais sympa tant que tout se passait bien, après... un vampire qui tape fait toujours plus mal qu'un videur lambda. Et puis, à croire que les nouvelles circulaient vite... en tout cas, on avait remarqué que je consommais beaucoup moins de True qu'avant, ce qui voulait dire que j'étais passé à autre chose, et comme on ne me connaissait aucune pomme... Les gens se méfiaient. Ou alors se pressaient contre moi, pour m'inviter à les "prendre", à me "servir"...

Les ennuis, donc, avec ce mariage -William et Jana !-, ma mise sous tutelle de Miss Willoughby, ma dispute avec William -bon, d'accord, j'avais goûté Hannah, mais elle l'avait bien cherché !-... mais çà, c'était rien par rapport à la suite. Je fendis la foule car un type secouait une nana un peu trop fort à mon goût, et surtout, menaçait la "tranquillité" des autres clients. C'était pas bon pour les affaires (bien que désormais le bar soit à Jana, l'épouse du Prince, et qu'il n'ait même plus le droit d'y venir !!!). Je reconduisis l'homme manu-militari à l'extérieur et demandais -avec l'accord de la jeune femme en pleurs, un taxi-. Mon visage se crispa alors que je raccrochais le téléphone, face au mur, heureusement. Je me souvenais seulement de l'impudence de ce Torben que j'avais secouru et à cause duquel j'avais été puni par la reine... de sa manière de s'adresser aux vampires, y compris aux shérifs, cette impudence naturelle d'un esclave royal. Mon pied heurta si violemment le mur qu'il se fendit. Heureusement, la musique ambiante empêcha tout son de se propager et personne ne se rendit compte de ma rage. Il était tard... j'aurai bientôt fini mon service ici. J'avais hâte. Parce qu'ensuite, j'irai quelques heures à la recherche du Prince déchu. Je bouillais. Le shérif d'Edimbourg m'avait assuré que William était manipulé par Belle, mais elle s'était réjouie de sa chute ! tu parles d'une alliée !

* Quelque chose ne vas pas dans tout çà... je dois retrouver William. Et vite !*

Première trahison, puis l'autre, la plus difficile, Hannah hurlant sa soumission au roi (!!!) : *Quelle garce !* Jamais William n'avait voulu entendre de que je lui disait à propos de cette péronnelle, qui se pendait au bras d'Aubusson sans vergogne... d'Aubusson devenu shérif à la place du Prince ! Je ne comprenais rien à tout çà et l'agacement engendré me donnait un regard fou qui éloignait tout le monde de moi. Je goûtais pour la première fois la puissance du vampire. Jusque là, j'avais été un videur parmi d'autres... plus maintenant. On sentait qu'il ne fallait pas m'embêter. C'était bien plus facile comme çà. Je donnais quelques consignes aux autres videurs avant de retourner me percher près de la sortie : je là, je voyais tout. Pincement au coeur en regardant la porte de l'ancien bureau de William. Maintenant, c'était William Sans Nom, sans domicile fixe, un vampire fuyant, se fondant dans la masse... était-il seulement encore à Glasgow ? Un tremblement secoua mon corps, comme un frisson de froid. L'idée d'être à nouveau seul dans ce monde encore si étranger me fit peur. Je devais retrouver William, à tout prix. En faisant cela, en le suivant malgré l'opprobre qui l'accablait, je risquais gros, mais je m'en moquais. Beaucoup riront de mon attitude, mais pour moi, c'était de la loyauté. Le Prince était innocent de tout ce dont on l'accusait. Trahison... de Julien, son ami, d'Hannah, sa pomme, mais pas de moi ! jamais ! Pile à l'heure, je sortis, ayant fini mon boulot.

Et je repris ma longue errance dans les rues d'Edimbourg, montant et descendant inlassablement les escaliers, explorant les entrepôts, caves, tout ce qui était plus ou moins abandonné, évitant les loups garous, les fous de l'église HCV... et Dieu sait quoi encore. Je marchais ainsi, sans bruit, me glissant telle une ombre dans les rues sombres, inconnu, invisible. Personne ne prêtait attention à moi. C'était d'ailleurs ce que je voulais, ne pouvant crier sur les toits que je recherchais le prince déchu, le Sans Nom. Un type était en train de se faire achever à coup de pieds... L'instinct policier revint et je tuais les deux agresseurs : autant se nourrir, non ? Les canines encore à l'air, du sang tout au tour de la bouche, sur le menton, que j'essuyais d'un revers de main distrait avant de m'accroupir sur la "victime"... qui puait l'alcool, en agitant un peu son épaule. Tout çà pour çà ? bof... Machinalement, je le retournais pour voir sa tête...

-
Tiens, tiens, tiens... un client de La Pomme... çà f'sait longtemps qu'on t'avait pas vu, toi... tu nous préfères la concurrence à ce que je vois ?

Il était clair que je me foutais de lui, d'une voix à peine audible, tout encore à la délectation du sang ingurgité. Moi qui ne m'était pas nourri depuis un bout de temps. Le gars ne bougeait pas beaucoup, j'en profitais pour jeter les cadavres dans les égouts avant de revenir le voir, j'avisais une sorte de vase que je remplis d'eau trouvée dans un bidon rouillé. Debout, je le bougeais de la pointe du pied :

-
Allez, debout.

en versant le contenu de mon "vase" sur sa figure... Dans ma voix, pas beaucoup d'invitation à faire vite. Rencontrer ce type m'amusait, me distrayait de ma mission, j'avais aussi besoin de vivre pour moi. Autant m'amuser un peu... L'eau s'était écoulée, avait rebondit sur son visage tuméfié et je retournais en chercher pour recommencer, un sourire amusé sur les lèvres.

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mar 12 Juin - 21:49

Le bout d’une botte se fracassa contre ses côtes, un autre s’abattu quelque part près de son épaule – celle qui avait été recousue. Camille retint un grognement quand la douleur se réveilla, il se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas gémir. Oui, même trainé dans la boue et assaini de coups, il se devait de conserver un semblant de dignité. Il crut qu’ils allaient continuer leur piétinement jusqu’à ce que mort – ou presque- s’en suive et pourtant, soudainement, il ne sentit plus rien plus de chaussures au travers sa cage thoracique, plus de martèlement de semelles. Abruti par l’alcool et par sa mise à tabac, il ne réagit pas de suite à la présence proche d’un autre être. En tout cas, il avait neutralisé les deux dégénérés. Une paume se posa sur son épaule et il fut forcé de faire face à une tête qu’il ne connaissait absolument pas. Un vampire à voir les tâches d’hémoglobines sur sa dentition. Génial, peut-être qu’il allait le tuer. Mauvaise journée pour se prendre une cuite. Le métamorphe était à demi conscient aussi la proximité du nocturne ne l’affola en rien – au moins s’il devait mourir, il ne s’en apercevrait quasi pas, un bon point. Le vampire parla mais le volatile ne perçut rien de son discours. Le bruit lui arrivait de loin, des grésillements indistincts – son crâne le faisait atrocement souffrir. Ses paupières à demi closes, il ne capta pas tout ce qui se passait pourtant sous ses yeux. Un liquide froid soudainement percuta son visage se répandant rapidement sur ses cheveux, sa nuque, son dos. Désagréable, insupportable. Il frissonna et cligna des yeux à plusieurs reprises. A la seconde giclée d’eau, il se releva. A défaut de l’avoir dessaoulé, le flot l’avait au moins forcé à se remettre en mouvement. Grelottant à cause de l’humidité subie, il fixa le nocturne et toujours à demi assommé, il l’interpella, de peur qu’il ne recommence son cirque.

« Qu’est-ce que tu me veux ? »

Il ne saisissait pas le quart de la moitié de ce qu’il venait de vivre mais il ne voulait pas qu'on recommence à lui balancer de la flotte comme ça. C'était l'une des choses qu'il supportait le moins au monde. Pour l'instant, il savait juste que son épaule lui faisait un mal de chien, que ses flancs étaient meurtris et que sa mâchoire allait sûrement mettre un moment avant de redevenir ce qu’elle était. Il avait froid aussi mais rien d'étonnant vu ce qu'il venait de se prendre sur la tête. Dans un premier temps, il resta assis à terre à observer son étrange sauveur. Ses capacités cognitives mais également motrices restaient corrompues par l’ivresse, il ne faisait plus confiance à ses jambes pas plus qu’à sa langue mais tant pis, il ne contrôlait plus grand-chose de toute manière.

« Où sont passés les types ? »

Son regard balaya les environs en les cherchant frénétiquement. Plus rien. Les avait-il mis en fuite ? Et le sang alors sur ses lèvres alors ? La migraine assurée tout ça. Le riche héritier se redressa un peu et s’appuya sur ses paumes. Un autre lancement au niveau de sa plaie le désarçonna. Il passa lentement ses doigts à l’intérieur de sa chemise jusqu’à atteindre le pansement et comprit qu’un de ses points de suture avait dû se défaire durant la bataille. Merde. Le toubib n’en serait pas très content. Le corbeau ne lâchait pas l’inconnu des yeux. Même s’il ne parvenait pas à ressentir le danger, instinctivement, son regard se portait sur la silhouette qui perçait la noirceur environnante. Qu’allait-il se passer ensuite ? Nom d’un chien, il allait avoir des bleus. Il avait bien besoin d’un verre pour ne plus sentir toutes ses courbatures. Où était la pomme du diable d’ici ? Gauche, droite ? Et ces maux de tête qui n’allait pas en finir. Il en avait marre de traîner dans la poussière finalement, il se releva brusquement et dû se forcer à se rasseoir. Décidemment, le Monde tanguait dangereusement aujourd’hui. Des séismes s’occupaient de l’Ecosse en ce moment même. Vu qu’il n’avait rien d’autres à faire pour le moment que de rester sur ses fesses, il se focalisa sur les derniers instants et se rappela par flash indistincts qu’il y avait un troisième comparse quelque part dans les allées. Qu’avait-il fait de la victime ? Allait-il revenir pour retrouver ses potes ?

« Y en avait un troisième… Merde, le gars… »

Parler trop vite et pas assez réfléchi. Et puis zut à la fin, pourquoi fallait-il toujours penser et cogiter sur le pourquoi du comment. Le voleur se prit la tête entre les mains avant de se résoudre à s’allumer une cigarette. Il enfonça ses paumes dans ses poches et percuta son briquet puis son paquet. Il les extirpa difficilement, lutta un instant contre son blouson pour récupérer ses mains puis entreprit d’embraser sa clope. La nicotine, il n’y avait que ça de vrai. Il pinça son filtre entre son index et son majeur avant d’en tirer plusieurs bouffées. Pathétique spectacle ? Alors voir ailleurs si cela vous était inconvenant. Durant un instant d’absence aberrante, il tendit son paquet à la créature. Ah oui, c’était un vampire. Son trip c’était l’hémoglobine, pas le goudron. Chacun son pêché après tout. Et sa présence en ces lieux ? Vous croyez que dans cet état, le français s’en inquiétait ?


Dernière édition par Camille Fontayn le Mer 13 Juin - 22:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mer 13 Juin - 21:16

Cà me faisait bizarre de m'occuper de ce client en dehors du club. En fait, je n'aurai pas du m'en mêler, d'autant que j'étais occupé pour le moment à retrouver William et que j'étais pressé de le revoir, de me faire expliquer un tas de trucs. Ce qui avait provoqué son exile, la colère de sa mère, et comment il allait expliquer la valse des chaises musicales où tout le monde avait obtenu un paiement de leur loyauté envers les souverains. Mais en quoi le Prince avait-il fauté pour mérité d'être jeté dehors par l'esclave de la Reine ! Maintenant, l'inconnu était trempé, mais bougeait un peu, mais il râlait ? Je n'en revenais pas : ce type n'était pas content. De nos jours, les gens n'étaient jamais contents !

- beuh.... rien de spécial... regarder un soulot s'vomir dessus, par exemple...

J'avais dit çà en fermant à demi un oeil goguenard. Ma langue passa distraitement sur le croc droit et je faillis bien roter, sûrement à cause de la vitesse de me repas "sur le pouce"... J'avais jamais autant mangé non plus. En attendant, le gars se relevait péniblement, et surtout, il arborait un air pathétique, la déchéance humaine dans toute sa splendeur. Finalement, j'échappais à çà grâce à mon statut. Et puis, Julien n'avait-il pas dit qu'on était tous égaux ? cette perspective commençait à me plaire. Le gars, à terre, sentait le sang à plein nez. Heureusement que j'avais bien bu... Il se tâtait le corps, vérifiait je ne sais quoi...

-
Pfuiiiit ! envolés ! peur, sans doute...

Quelle question ? Pourquoi s'inquiétait-il d'ailleurs de ceux qui l'ont sauvagement agressé ? Je levais un sourcil surpris et haussais les épaules.

*Un troisième... bah... j'ai plus soif de toute façon...*

En tendant l'oreille, je ne captais rien à propos d'un autre larron. Le lampadaire au-dessus de nous choisit ce moment précis pour se mettre à clignoter dans un mélange d'ombres et de lumière tremblante à l'idée de s'éteindre pour toujours. Un peu ce que j'avais ressenti juste après mon Etreinte, cette peur panique de ce qui s'ouvrait devant moi : les ténèbres pour toujours, ne plus jamais sentir le soleil sur ma peau autrement que pour en mourir. Il n'était plus mon allié mais mon ennemi à jamais.

*Bizarre qu'un lampadaire me fasse penser à des trucs pareils... *

Le type à terre s'en grillait une, je le laissais faire : sans doute en avait-il besoin pour se rassurer, pour se remettre. Une minute passa ainsi sans qu'il ne se décide à faire autre chose que fumer sa clope, assis sur le bitume froid et humide -il n'était pas parvenu à se lever tellement il était cuit !-. La flotte ne l'avait pas dessoulé ni même vraiment réveillé, inutile, dès lors, de recommencer, je laissais tomber le vase de plastique qui rebondit deux ou trois fois sur le bitume avant de rouler en direction du caniveau à deux mètres de nous. Il s'arrêta sur la grille après une hésitation. Je fis mine d'inspirer profondément avant de l'interpeler une nouvelle fois alors qu'il terminait sa cigarette.

-
Où alliez-vous, dans un état pareil ?

Je me grattais l'arrière de la tête, lentement en attendant une hypothétique réponse dans le silence de la nuit. Je me penchais, finalement, et attrapais le type sous les aisselles pour le remettre debout. L'odeur du sang me sauta au nez, là... disponible. Et je distinguais nettement une trace de morsure :

*Ah ! Ah ! monsieur est déjà le biberon de quelqu'un ?... de qui ? *

Il avait probablement mal partout, à cause des coups qu'il venait de recevoir, aussi avais-je été doucement pourtant, et maintenant, je me tenais prêt à le rattraper pour lui éviter tout retour précipité au tapis.

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 14 Juin - 22:01

Insulté ? Pourquoi se sentirait-il injurié ? « Soulot qui s’vomit dessus », ça n’était pas de lui qu’il devait causer. Pas de traces de souillure autour ou sur lui. Il parlait de quelqu’un d’autre ou il faisait de l’humour ou de la métaphore. Ca amusait drôlement corbeau – son sens de l’humour avait tendance à s’élargir quand il avait plusieurs verres dans le nez. Même les offenses devenaient cocasses. Il se réserva un sourire cependant, sa joue le faisait trop souffrir pour se hasarder à un tel excercice. Envolés les brutes ? Parfait. Et voler, en voilà, une bonne idée. Non, non, il ne se transformerait pas devant ce gars, quelle idée ! Il faudrait être complètement c*n, il en était proche mais tout de même. Il n’avait pas réellement gobé les explications peu cohérentes du vampire mais il préférait accepter ça qu’une vérité embarrassante. Quelle gentillesse de la part du buveur de sang, il jeta le récipient qui avait amené l’eau. Dieu merci, il avait décidé d’en finir avec cette torture glacée. Camille aurait bien tué pour des glaçons d’ailleurs à placer sur mâchoire endolorie. Quelle heure était-il tiens ? Il faisait nuit, donc tard ou tôt. Quel sens de l’observation et de la déduction n’était-il pas ? Il divaguait entre cent milles cheminements – n’en soyez pas surpris. Une idée en accrochait une autre et il ne savait plus à laquelle il fallait s’agripper, alors il dérivait mentalement. Il aurait pu très bien se mettre à rire tout seul de sa médiocrité car après tout, il se tenait presque une conversation mentale avec lui-même. Aliéné ? Saoul, s’il vous plait, cela fait plus distingué. Il grignotait son filtre en comptant les étoiles au bout de la cinquième, il perdit le fil et inventa des chiffres pour combler le silence qui s’était emparé aussi bien de son atmosphère que de son crâne. Ce que ça pouvait l’agacer, la quiétude. C’était ennuyeux, prévisible et tellement rébarbatif. Sa cigarette répandait des cendres sur son jean et en fait, il fallait l’écraser. Il s’exécuta en fixant son interlocuteur. Toujours là lui, tiens ? Il avait peut-être soif. Sa maîtresse était bien obsédée par son sang, les autres l’étaient-ils tout autant ? Non, il valait mieux pas connaître cette réponse. En parlant de ça, une autre interrogation vint dérouter ses pensées. Où allait-il ? Bonne question. Quelque chose avec Diable. Ah oui, le Prince et ses cocktails.

« Le Prince du Diable… Pomme de William ?»

C’était quoi encore le nom du bar ? Il y avait songé un instant mais ça ne voulait plus revenir. Bof, pas d’importance. Il avait soif. Tiens et maintenant il prenait de la hauteur. C’était marrant ça, il n’avait pas levé le petit doigt. Enfin un peu moins amusant quand il sentit toutes ses courbatures et blessures s’extasiaient d’une même voix. Il lâcha un faible gémissement et ne fit rien pour retenir son poids alors que le buveur de sang le soutenait. C’était costaud ces bêbêtes-là de toute manière. Non, il ne fallait pas s’offusquer du terme employé, il était lui-même métamorphe. Des deux, il savait bien qui était le plus animal. Question de point de vue, pas de débat par pitié, il avait la migraine et une sale nausée désormais. Alors qu’il s’agrippait maladroitement à son sauveur, il tenta de trouver ses mots.


« T’es un brave type, toi. Je te paye un verre ? »

L’esquisse d’un rictus se dessina péniblement sur son visage meurtri et il finit par battre en retraite sur ce plan. Où est-ce qu’ils allaient finir la soirée ? Il espérait qu’il y aurait autre chose que du Whisky là où ils iraient. Il en était assez dégoutté pour le moment. Un cri raisonna quelque part à vous glacer le sang – Ah peut-être pas celui du nocturne par contre. Le riche héritier se rappela le visage de l’inconnu, de ce pauvre gars qui avait tenté la fuite… Son cœur se mit à faire plusieurs embardées alors que son esprit toujours brouillé lui disait déjà d’étouffer l’affaire. Ce qu’il fit avec joie. Il avait bu pour ne pas réfléchir, pas vrai ? Pourquoi gâcher tous ses efforts maintenant ? Des meurtres il y en avait partout à tous les coins de rue. Sujet clos. Il revint alors à cette paire de bras qui le maintenait toujours.

« Je peux marcher tout seul, tu sais. »

Il se détacha alors brusquement de son point d’appui et fit moins d’un mètre avant de s’affaler contre un mur tout en continuant de lutter contre la gravité. Son épaule semblait s’être déchirée tant la douleur devenait insoutenable. Depuis le temps, ça avait pas eu le temps de cicatriser cette saleté ? Il repassa ses doigts sur le bandage. Humide, ça ne présageait rien de bon. Hémoglobine ou eau ? Ah et si cette pesanteur arrêtait de le narguer un peu, même à l’arrêt et adosser à une façade, il vacillait sur place. Appeler quelqu’un, où était son portable ? Ah non, pas encore ces poches qui avalaient ses doigts pour ne plus les lui rendre. Est-ce que le vampire était toujours là ? Peut-être qu’il allait avoir besoin d’un coup de pouce finalement.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 14 Juin - 23:24

Mon corps se fit à la fois lourd, douloureux et terriblement... disponible ! Mon sang semblait inonder mes veines comme jamais auparavant, ou plutôt si, une fois... quand j'avais goûté Hannah, la pomme de William. A se souvenir, mon regard s'assombrit dangereusement. Pourtant, ce n'était nullement dirigé contre le type que j'aidais à tenir debout, non... mais contre cette humaine, ce tourment infligé à l'ancien shérif qui refusait toujours de voir en elle la principale source de ses ennuis. Dans ce silence qui tirait de l'éternité, j'avais tout loisir de vaquer à mes occupations, enfin plutôt à "mon" occupation : trouver William. Je passais donc en revue, pour la millième fois, tous les lieux où je pourrais le chercher encore, écartant ceux déjà visité. Le gars se décida quand même a écraser son mégot, comme à regret pourtant. Ma langue claqua comme pour saluer cette courageuse décision. On allait pouvoir passer à autre chose. J'allais lui demander où il habitait pour le ramener, au moins sur le bon chemin, et de finir ce que j'avais commencé. Mais :

Le Prince du Diable… Pomme de William ?»

d'abord interloqué, je répondis tout de même :

-
Oui, c'est là que je travaille.

Après tout, je l'avais bien remis, moi, peut-être que maintenant, il faisait de même avec moi, non ? Donc, cette sortie ne m'étonna pas plus que çà et je n'y prêtais pas attention :

T’es un brave type, toi. Je te paye un verre ? »

*Peut-être pas, finalement...*

Seulement la réminiscence d'un énième bar pour finir de se trouer le cerveau à force d'alcool. L'idée de prendre un True m'aurait fait vomir... un peu comme prendre un Gerlinéa liquide après un bon repas. J'en frémis d'horreur :

-
J'ai rien d'un brave type. Au cas où tu ne t'en sois pas aperçu, je suis un vampire. Et toi, t'es un client de "La Pomme du Diable" où je suis videur. Tu me remets maintenant ?

Bah... à le voir... c'était peu probable. Il était tellement imbibé que tout ce qui devait lui importer à cet instant, était... boire pour noyer son alcool. On n'en sortirait pas. Plus loin, un cri déchira la nuit, comme une souris aux pattes d'un chat, l'instinct de chasse me fit me tourner si vite que le pauvre gars en fut un instant destabilisé avant que je ne pense à le rattraper pour éviter une nouvelle chute : il avait l'air complètement cuit. Je souris, satisfait : mes deux canettes étaient là, sous la plaque d'égout dans l'ombre du lampadaire agonisant. Penser à cela me fit prendre conscience de la nouvelle force qui m'habitait... mais moi, j'aurai donné n'importe quoi contre une profonde inspiration, de l'air à m'en faire éclater les poumons. Comme c'était oppressant... cette cage thoracique à jamais vide, pas de respiration, pas de battements de coeur... rien.

-
J'suis pas sûr...

Mais je lâchais quand même le gars qui prétendait pouvoir marcher seul : j'avais envie de voir çà... histoire de m'amuser. Et le gars alla s'écraser contre le mur où il resta scotché comme un poster. Drôle oeuvre d'art... moi, au-moins, j'étais pas dans cet état...

-
Celle qui t'a mordu t'a pompé trop de sang... c'est pas gentil de sa part... à croire qu'elle ne tient pas à toi.

J'avais dit "elle" car en général, les vampires aimaient bien le sexe opposé pour leur poche de sang. Donc, je ne m'aventurais pas trop loin. En m'approchant, je discernais une auréole de sang sur l'épaule : il était blessé d'avant ? Comme il menaçait de tomber à nouveau, et disons... pour m'éviter de me baisser une deuxième fois pour le ramasser, je le chargeais sur l'épaule, comme un sac :

-
Allez, j'suis dans un bon jour : où habite ta suceuse ?
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Ven 15 Juin - 21:28

Attendez quand il parlait de travailler là. Il ne parlait pas de là, genre dans cette ruelle ? Camille balaya les environs du regard en quête d’un quelconque indice sur son métier. Eboueur ? Il faisait mal son job si c’était le cas vu le tas d’immondice qui jonchait le sol un peu plus loin. Sécurité des rues ? Non, ça serait le comble qu’un vampire s’occupe de gérer la sureté des lieux. Quelle bonne blague. Il pouvait bien bosser où il voulait, ça ne changerait rien à son existence de toute façon. Il fixait son sauveur avec insistance et pourtant, il eut l’impression de discerner deux de ses clones à ses côtés. Bizarre, il ne connaissait pas cette spécificité vampirique. Il cligna des yeux plusieurs fois avant de retrouver un semblant de logique dans le paysage à l’instar de leur conversation. Videur, possible. Il n’avait pas fréquenté cet établissement tant que ça en fait, il se souvenait pas du tout de sa tête. Lui avouer cette faute d’inattention serait vexant pour eux deux, il valait mieux se taire. Mais sinon cette révélation – parce que oui c’en était une, avait du bon, il allait pouvoir l’y emmener. L’idée d’un verre le motivait à tenter une autre avancée. Seulement, le sol continuait de jouer avec ses pieds, les dalles s’amusaient à s’entrechoquer pour le faire tituber – les saletés. Ses jambes tremblaient sous leurs impulsions et il manqua à plusieurs reprises de foncer visage en avant sur le plancher. Finalement, son pan de mur était plutôt sympathique, accueillant, il pourrait même être chaleureux s’il n’était pas essentiel composé de briques. Concernant les réflexions du buveur de sang à propos de sa moralité, le riche héritier décida de passer outre, non sans ajouter un soupir plutôt prononcé à la suite de ses paroles. Les nocturnes rouges, tous assassins, aucune âme et blablabla, un vrai discours de propagande pour l’HCV tout ça. Ce type n’avait rien d’anormal, il ne fallait pas qu’il se mette à culpabiliser. Il était sympa, il avait viré les mauvais gars, le changelin ne voyait pas où se situer le souci. Quel manque de confiance en lui !

« Sois pas si modeste. »

Est-ce qu’il s’agissait de modestie ? Bof, le mot lui paraissait tellement joli sur le moment que ça devrait passer. Il faisait chaud par ici, non ? Son interlocuteur reprit un autre discours. Il était sympa mais qu’est-ce qu’il causait, ça ne l’aidait pas franchement à apaiser cette migraine. Surtout, s’il se mettait à parler de la cause de cette conséquente désastreuse. Ca énervait le français de l’entendre mentionner Krystel – n’aurait-il pas dû être effrayé à l’idée qu’on ait découvert sa marque ? Pfeuh, il s’en fichait comme de sa première chaussette. Il l'avait bien montrée à la nana du bar un peu plus tôt, un de plus, un de moins. Au diable, les morsures secrètes. En parlant de Lucifer... Il foudroya le vampire du regard et serra les dents pour refouler cette haine incompréhensible qui affluait dans ses veines sans grande maîtrise de sa part. Aussi vite qu’elle fût apparue, elle se dissipa et il se surprit même à éprouver un abattement soudain. Oh non, et la magie du Whisky alors ? Il avait payé pour ça, pourrait-il réclamer une indemnité ? Avec de bons avocats ? Il renifla en pointant ses yeux sur le sol, un peu honteux. Étrange réaction.


« C’est pas sa faute cette histoire-là, elle doit pas savoir.»

Et elle ne doit sûrement pas tenir à lui, oh ça non. Surtout pas depuis leur dernière entrevue… Le fumeur projetait de se cogner le crâne contre la paroi proche afin de calmer sa névralgie ainsi que sa névrose mais la créature l’en empêcha - sans le savoir. Le temps qu’il pense au mouvement, le buveur de sang le portait déjà comme un sac sur son épaule. Le déplacement et la position arrachèrent des geignements plaintifs au voleur, il avait l’impression que ses os allaient se dissoudre tant ses courbatures et ses bleus grignotaient sa chair. Il allait encore plus souffrir le lendemain pour sûr mais nous n’y étions pas encore. Pas sûr qu’il y ait de lendemains si son bienfaiteur l’amenait à sa maîtresse. Il enfonça ses doigts par instinct dans le bras du gars histoire d’être certain qu’il comprenne le message. La manœuvre lui déchira un peu plus l'épaule et sa plaie, il frissonna sous l'onde de douleur qui le parcourut.

« Non, non… Pas chez elle. Surtout pas. Elle va nous étriper… Son mari va nous étriper. »

Il lâcha sa prise et s’affala un peu plus sur son nouvel ami. Il voulait boire, pas finir au funérarium. Il voulait pas mourir de cette façon là – cela aurait été trop risible. Le jeune homme finit par fermer les yeux tout en méditant sur comment éviter de trop souffrir dans cette position. Pas de remèdes ou de solutions dans l’immédiat. Il irradiait toujours, entre l’alcool et la lutte, il avait eu le temps de s’échauffer ce soir.

« Amène-moi chez William, son bar, s’il te plaît. J’ai soif. Je te dédommagerais, j'ai de l'argent, tu sais! »

Requête tout à fait censée. Vu que ce gars avait ramené les souvenirs dérangeants, il faudrait réparer ça avec d’autres breuvages. Plus de conscience, plus de problèmes. Une équation qui avait déjà fait ses preuves par le passé. Sa dernière alternative, la fuite, oui. Dernière, vraiment ? Allez voir ailleurs si il y est.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 16 Juin - 21:11

Quand même... le fait que la viande saoule me trouve "brave type" me fit réfléchir. Humain, je n'avais jamais trouvé un vampire "brave type" et je voyais plutôt cette engeance comme un nouveau problème à gérer, genre serial killer en puissance. Et lui, là, me trouvait "brave type". Y avait des limites à la familiarité. Je songeais à la noblesse certaine de William, à l'aspect impressionnant de Julien, à la terreur et au dégout inspiré par le roi, à la magnifique reine... personne n'aurait jamais l'idée de les traiter de "brave type". En clair, ce type se payait ma gueule ! mais bon, comme il était saoul comme un cochon... D'un autre côté, c'était rassurant, parce que je n'avais pas perdu mon humanité.

* Ouais... c'est pour çà que les autres vampires me considèrent comme... *

Mieux ne valait pas y penser. Surtout que, cette nuit, j'avais tué pour la première fois. Et deux fois encore !!! Je me redressais, sentant bien le sol sous mes pieds, certain d'être en train de m'affirmer. Et puis, ce sang qui dansait maintenant dans mes veines me donnait des idées de brasser. Retourner à La Pomme ? bof... j'en venais, et pour moi, c'était le boulot. A voir l'état du gars, c'était pas la meilleure direction. Lui, là, semblait amoureux de son mur et soupirait après lui.

*Pathétique... *

pensais-je en haussant les sourcils. Il avait même dit "
modeste* ! il poussait l'insulte un peu loin, mais... et s'il disait vrai ? lui, complètement saoul et qui le voyais pour la première fois. N'empêche que cette réflexion avait durci mes traits et qu'une flamme mauvaise s'allumait dans mes yeux tant j'oscillais entre l'envie d'écouter ce que me disait ce type et la colère qui sourdait en mois d'être pris pour un "brave, modeste type". En tout cas, il me foudroyai du regard et je perçus de la haine avant que l'alcool le fasse de nouveau sombrer dans une sorte d'hébétude. C'était de la honte maintenant ? on lisait en lui comme dans un livre et je me demandais si c'était mes repas qui produisaient cet effet où si c'était ce type...

*Au final, toi et moi, on est complètement bourré, non ?*

Une moue flotta sur mes lèvres qui s'effaça quand il dit :


« C’est pas sa faute cette histoire-là, elle doit pas savoir.

Ben voyons... y m'faisait le coup du syndrome de Stocholm maintenant ! J'entendais distinctement des coups portés sur un corps et l'odeur du sang me chatouilla dangereusement les narines. Je disparu un instant, la course était rapide, la première à cette allure là ! -moi qui ne buvait que du True, je sentais bien la différence maintenant- c'était donc ça ma "vraie" nature ? génial ! devant moi, un type à terre qui ne bougeait plus et l'autre qui s'acharnait dessus. Je n'hésitais pas longtemps, sautais sur la brute et le mordis à plusieurs reprises, m'amusant littéralement de sa douleur mêlée à la douleur qui donnait un goût extrêmement ferreux à son sang. L'autre à terre, là, bougea faiblement, je revins vers mon inconnu, çà m'avait pris moins d'une minute ! incroyable ! mais en arrivant, je rotais.

-
Oups... pardon...

J'avais bu trop vite.

-
Alors c'est "une" vampire ? humm humm... elle est pas délicate. Ou t'aimes quand ça fait mal ? vous faites ça souvent ?

En fait, je venais de tester un truc : quand on faisait mal à sa proie, elle dégageait une odeur, un goût si délectable.... sa vampire devait connaître çà. Probablement pas, vu qu'on devinait qu'une morsure... Je le chargeais sur l'épaule, donc, et marchais d'un pas long et élastique, le "sac" gémissait de douleur, mais pas moyen de faire autrement. Je passais un coup de fil aux urgences pour leur signaler la victime qui gisait là-bas, au coin de la rue. J'avais balancé le troisième cadavre dans les égouts. Il avait beaucoup plus et le corps devait déjà flotter au loin... déjà en mer ?

Non, non… Pas chez elle. Surtout pas. Elle va nous étriper… Son mari va nous étriper.

Un rire me secoua alors que j'avançais en remisant mon portable au fond de la poche arrière droite de mon pantalon.

-
Mariée ?!!! ah ah ah ! et le mari t'as vu sortir de chez sa femme ? t'aimes vivre dangereusement... et ce charmant p'tit couple s'appelle comment ? Roméo et Juliette ?

Mon chargement ballottait docilement en cadence, et j'étais content qu'il se laisse faire. A vrai dire, il semblait si faible. Je m'arrêtais net quand il dit :

Amène-moi chez William, son bar, s’il te plaît. J’ai soif. Je te dédommagerais, j'ai de l'argent, tu sais! »

et le laissais tomber sur le trottoir, sans ménagement, visage fermé, dur, j'éructais d'une voix basse et rauque :

Amène-moi chez William, son bar, s’il te plaît. J’ai soif. Je te dédommagerais, j'ai de l'argent, tu sais! »

-
William n'est plus propriétaire du bar. Je bosse pour son successeur. Sa femme.

Je n'avais pas réussi à cacher une certaine hargne tandis que je fouillais ses pupilles à la recherche du moindre indice.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mer 20 Juin - 21:54

Sa disparition éclaire échappa au voleur et ce dans son intégralité. Dans un sens, il valait mieux. Imaginons que sa conscience revienne le hanter une fois qu’il serait sobre. Lequel des deux crimes semblait le plus aberrant ? Assez d’interrogations internes, le buveur de sang en posait déjà assez oralement. Et que de questions indiscrètes en si peu de temps, quel grossier personnage. Ses pratiques sexuelles avec Krystel ne regardaient en rien ce vampire et ce malgré que toute inhibition soit abolie par la présence d’alcool dans ses veines. Pudique ? Là ne se situait pas le souci, vous faites erreur. Parler de leurs ébats ne semblait tout simplement pas approprier pour plusieurs raisons – et puis franchement, en discuter sous ce genre de termes rendrait la chose moins élégante et sublime. D’ailleurs, les demandes de son sauveur l’avait à nouveau mis en pétard mais la douleur l’empêchait d’agir. Il se contenta de se balancer sur l’épaule du gars en serrant la mâchoire tout en marmonnant des injures dans sa langue maternelle. A qui étaient-elles réservées ? A l’Univers en général. Non seulement, il souffrait physiquement mais en plus, son mystérieux bienfaiteur lui avait rouvert la plaie interne, fictive. Ne croyez pas qu’il fallait éprouver un peu de compassion envers ce saoulard, cette peine n’avait pas de si grande profondeur et elle se trouvait là par son unique faute. Deux faits qu’il ignorait complètement ce soir à cause de l’ivresse. S’apitoyer sur son sort, il en était donc réduit à cela ? Un verre, immédiatement, il devenait lamentable. Une idée stupide germa alors dans sa tête et il la vira aussitôt qu’elle fût arrivée – heureusement. L’hémoglobine de ses nocturnes se révélait être tout aussi savoureux qu’un bon breuvage alcoolisé. En plus, il pourrait même l’aider à cicatriser tout type de blessures. Il suffira juste se recroquevillé un peu pour atteindre sa chair et mordre. Mais il n’était pas assez fou pour ça et puis, croqué dans la peau d’un autre homme, sans façons. Ça lui faisait froid dans le dos rien que de l’imaginer. Pas les représailles de la créature mythique ? Hé non. Il se sentait un peu trop en confiance – méchant Whisky. A la suite, son interlocuteur reprit la parole. Il n’en avait donc pas fini avec sa maîtresse ? Roméo & Juliette, à ses mots, Camille partit sur un fou rire incontrôlable. Entre deux et trois phases de son hilarité, il réussit à glisser un bout de dialogue.

« Si son gars m’avait vu, je serais déjà dans le caniveau, décapité. »

Cette remarque fondée sur une réalité tangible ne le fit que davantage rigoler. Parler de sa mort certaine ne le rendait pas plus nerveux que ça. Il continuait toujours de s’esclaffer quand il fût projeté au sol. Le choc qu’il reçut en percutant le sol arrêta ses éclats de rire pour laisser place à d’autres gémissements. L’atterrissage lui laissa le bras écorchée sans parler des autres bleus antérieures à la chute ainsi que sa fameuse lésion dans l’épaule. Ça ne serait pas super beau à voir demain matin. Il parvint à s’asseoir sur le bitume au prix d’effort incroyable et palpa à nouveau la compresse. Il sentit avec plus d’insistance un peu de liquide sur le bout de ses doigts. Il évalua distraitement les éraflures et grogna d’indignation. Alors qu’il allait partir en esclandres pour un tel manque de douceur, le vampire le coupa dans son élan enflammé. William, plus propriétaire ? C’était bien la chose la plus triste qu’on lui ait dites depuis un moment. Une femme avait repris l’enseigne ? Pfeuh. L’horreur cette histoire ! Les nanas ne devraient pas gérer des bars. Certain qu’elle veillait à ce qu’il y ait moins d’ambiance, nul, nul et nul. Où est-ce qu’il irait boire maintenant ? Affligé, il venait de perdre sa seule chance de salut pour la nuit. Dans un dernier sursaut d’espoir, il releva péniblement la nuque vers son comparse et articula laborieusement l’ultime question.

« Il n’est plus le patron? Sérieusement ? Qu’estcequis’estpassé ? Il est où ? »

C’était quoi ce bordel ? Même les valeurs sûres ne l’étaient plus. Quelle époque maussade. Le corbeau voulait se relever et allait évaluer la situation par lui-même. Il était où Willy ? Le français ne parvenait même plus à prendre appui sur ses jambes tant il se sentait courbaturé et nauséeux. Sa valse jusqu’à l’asphalte lui avait définitivement ôté toute trace d’équilibre. Il devrait y aller en rampant ? Il ne se risqua pas d’emblée dans cette entreprise. Ses écorchures l’en dissuadaient. Il fixa un bon moment ses mains dans l’attente de Dieu seul savait quoi puis il replaça ses yeux sur la silhouette voisine.

«T’aurais pu être plus sympa en me reposant ! »

Sa voix n’avait rien d’agressif, elle était même plutôt neutre. Il voulait bouger de cet endroit nom d’un chien. Un taxi ? Oui, c’était joli comme idée mais il n’avait toujours pas résolu le souci de localisation du portable. Et puis zut, s’il s’ennuyait trop, il pourrait toujours alerter des passants. Où se situait la rue la plus fréquentée d’ici ? S’il ne faisait pas aussi noir déjà… Sérieusement, ce que ça pouvait être dérangeant cette absence de Soleil. Personne n’avait trouvé une parade contre ça. Ah si, l’électricité. Les lampadaires ne peuplaient pas cette ruelle de toute évidence. Génial, extraordinaire. Le fumeur cala sa tête contre le mur proche et soupira lourdement. Il avait soif.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 21 Juin - 15:38

Je lâchais un soupir malgré moi tout en m'étirant maintenant que
j'avais laissé tombé le mec à terre comme un gros sac. Il n'avait pas
bougé le temps de mon absence et cela me fascina : comment quelqu'un
dont le temps est compté, comme celui de ce mortel, pour ne citer que
lui, pouvait se contenter de rester là sans bouger, sans chercher à...
je sais pas, moi ! à vivre, à inter agir avec les autres, à réussir sa
vie, avant d'être trop vieux, avant de perdre ses rêves, ses
illusions...

*De toute évidence, celui-là les a déjà perdu... * nouveau haussement d'épaules.

C'était curieux, d'ailleurs, cette disparité entre le regard noir que je lançais à l'homme et cette désinvolture affichée, comme si l'un et l'autre n'étaient là que pour s'équilibrer, ou se disputaient la première place en moi, comme lorsque mon côté humain se démenait comme un diable contre mon côté vampire grandissant, nuit après nuit, refusant de capituler face à la noirceur annoncée de mon âme. Etait-ce à force de ne pas voir le soleil qu'elle s'assombrissait ainsi ? J'avais tout mon temps pour réfléchir, car mon esprit était clair et marchait à plein régime, maintenant que j'étais grassement nourri.

*Mais pourquoi je me suis entêté à boire du True tout ce temps ?!!!*

Je m'en voulais de m'être accroché au passé, à mon humanité. Mais cela ne semblait se produire que parce que je voyais la loque à mes pieds, et que ses sorties m'interpellaient, mettant en perspectives des pensées jusque là pudiquement jugulées et rejetées au loin. Le fait que j'ai refusé le sang, le vrai, le naturel, ne m'avait pas attiré les bonnes grâces des humains auxquels je tenais temps, non, ils m'avaient tourné le dos ! sauf ma soeur, et ma mère. Je ne leur devais plus rien. Sauf à elles deux ! Mais l'alcoolique parla et me tira de mes errances plus ou moins philosophiques :

Si son gars m’avait vu, je serais déjà dans le caniveau, décapité.

Finalement, il était assez lucide. Cependant, à la réflexion, une Pomme de Sang pouvait vite devenir pomme de discorde... donc, que le vampire de la maîtresse de l'épave ci-devant moi alcoolisée pouvait se comprendre, si la belle se détournait un peu de son éternel amant... qui n'avait au final rien d'éternel, non ? déjà qu'humain, toute une vie c'était la galère, alors, vampire !

*Quelle horreur ! j'avais jamais pensé à çà !*

Comme quoi, au final, l'éternité n'avait pas que du bon. J'oscillais donc entre découverte intéressée et semi-épouvante à mesure de l'avancée de cette réflexion. Ce type, avec son air aviné, devenait une mine d'information malgré lui et c'est ce qui me fit demeurer à ses côtés. finalement, je pris le parti d'en rire :

-
Ah ah ah ! et ce rire se répercuta contre les murs de briques qui nous cernaient. Il était franc et naturel, sans aucune retenue, mais je ne perdais pas le nord :

-
Et tu sais comment il s'appelle, Roméo ? histoire qu'on l'évite si je t'emmène à la Pomme. Faudrait pas que tu te trouves nez à nez avec lui...

Y avait du monde, à la Pomme du Diable, et si mon "sac" ne le fréquentait pas mis depuis un moment, vu le renouvellement de clientèle attirée par le changement de propriétaire -même si c'était la femme de William-, autant éviter toute mauvaise surprise. On était deux à rire, lui et moi, et si on nous voyait ? Et bien, nous passerions certainement pour deux compagnons de beuverie.

-
HIPs !

Je le contemplais là, au sol et observais ses gestes. Maintenant, il voulait savoir pour la Pomme. Je levais un sourcil, peu surpris qu'il ne soit pas au courant de ce qui s'était passé :

-
William a été viré. Viré de la cour des vampires, et viré de son bar : il est exilé. La nouvelle propriétaire -et patronne !- est sa femme.

Pendant que je disais çà, j'épiais le pantin s'écrouler lamentablement à mes pieds, incapable du moindre mouvement cohérent, mais allait encore assez bien pour me faire remarquer ma brusquerie. Je le rembarrais vite fait :

-
J'suis pas nounou.

Mais bon, j'étais plein de forces maintenant, et lui n'était qu'un humain. L'instant d'avant, je le chambrais sur la "délicatesse" de sa buveuse et moi, je me conduisais comme elle. Je haussais les épaules sans le quitter des yeux. Maintenant, on aurait dit un légionnaire perdu au fin fond du Sahara...

- Comment tu t'appelles ?


Ben, c'est vrai quoi ! ça fait une heure qu'on cause tous les deux, je lui ai sauvé la vie et il m'a pas demandé mon nom, ni moi le sien... A une bonne dizaine de mètres de là, des voitures se croisaient dans une rue passante aux réverbères moins avares de lumière, sans doute à cause de néons de magasins aguichants le client...


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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 21 Juin - 23:44

Mais c’est qu’il adorait se méprendre ce gars car il semblait évident qu’allongé dans la poussière et agité par trop d’ivresse, le voleur ne partageait rien avec le Montaigu. Ce qu’il détestait d’ailleurs cette histoire et cette fin absurde. Encore un ramassis d’idioties destinés à émouvoir la gente féminine. Quel horreur de déblatérer autant d’infamies à l’égard de Shakespeare ? Il ne fallait pas croire en tout point ce qu’il pensait dans sa démence passagère. Bien que le baratin sentimental ne serait jamais son fort. Bref, le vampire insistait un peu trop pour être honnête. Pourquoi cherchait-il à connaître l’identité de sa maîtresse ? Il voulait tenter sa chance peut-être ? Qu’il aille rôtir en enfer si c’était le cas, il n’allait pas lui donner l’occasion de se trouver des talents dans le domaine de la séduction. Pas avec elle du moins. Puis, qu’est-ce qu’il pourrait raconter au Roi franchement ? Le dénoncer ? Avec quelles preuves ? Fichu nocturne, il manigançait un truc, non ? Camille le foudroya du regard avant de réaliser qu’il lui avait parlé de retourner la fameuse Pomme – Oui bon, il mit une bonne minute avant de remettre le lieu sur le nom mais bon. Il n’avait pas précisé « du diable », il fallait avouer que ça portait à confusion ! S’il perdait le fil de ses songes ? Complètement. Enervé ou reconnaissant ? Il pourrait peut-être se décider à trancher entre ses deux émotions, une bonne fois pour toute. Non, en fait, ça ne serait pas marrant sinon. Le riche héritier haussa alors les épaules en guise de réponse avant de reprendre son rictus en coin.

« Il viendra jamais dans ce bar. T’en fais pas. »


Il voyait mal le Souverrain vampirique débarqué à ce genre de sauteries. Sa présence provoquerait des émeutes, c’est sûr. Il avait sûrement tout un tas d’affaires à traiter qui plus est et sûrement que Krystel était l’une d’elles. C’est que ça le rendrait presque malade dis donc. Pas question de jalousie avec sa Reine, il savait très où se situait les limites. Puis ça n’était pas une question d’amour mais pas non plus que de sexe. Allez chercher les réponses dans le crâne d’un autre, zut à la fin. Il était las de se disperser ainsi et il n’avait toujours pas de nectar entre les doigts. Quand est-ce que son interlocuteur se déciderait à mettre les voiles ? Ah, oui. Pas tant qu’il n’aurait éclairci quelques points déjà à demi-oubliés du français. Même dans son état de dépravation sévère, il réussit à saisir la teneur de ses propos et se surprit à écarquiller les yeux quand il apprit la nouvelle. Exilé ? Willy, le brave ? Destitué ? Mais enfin, que s’était-il passé ? La politique des nocturnes rouges était aussi complexe et incompréhensible que celles de mortelles – oui, d’accord elle demeurait aussi secrète, il ne voulait pas se lancer dans un interrogatoire. Bon, allez, peut-être juste une petite question, toute petite, petite.


« Qu’est-ce qu’il a fichu pour tout perdre comme ça ? Pauvre Will, je boirais à sa santé. »


Mais pour ça, il faudrait bien décoller de ce pan de l’Ecosse hein ! Qu’il soit ou non nounou, il devrait l’aider à s’extirper de la ruelle. Il lui payerait ce qu’il voudrait s'il l'amenait à bonne destination – enfin pas des filles quand même, cette pratique le répugnait trop. S’il voulait se servir à la source, il devrait les hypnotiser tout seul comme un grand. Certain qu’il en retirerait plus de satisfaction de toute manière. Ah, la fierté légendaire des vampires… Le métamorphe pencha à nouveau sa tête en direction de son sauveur. Qu’avait-il pu observer durant ce laps de temps ? Les pavés voyons – les interstices se révélaient fort intéressant à se mouvoir continuellement et à faire trembler le sol sous lui. D’ailleurs, l’être qui lui faisait face dansait aussi au rythme des mouvements du plancher. C’était harmonieux, de l’Art. Pour ce joli spectacle, il lui devait bien ça, de dévoiler son prénom.


« Roméo ! »


A force de se faire appeler de la sorte, il y avait pris goût. Alors oui, à partir d’aujourd’hui, il se ferait nommer comme ça. Ca raisonnait même mieux que Camille, ce prénom mixte à tendance plutôt féminine. Débarrassé des moqueries, c’était super ça tiens. Roméo Fontayn - ça le faisait un peu moins mais ça finirait par passer avec l'âge.


« Et toi ? Me dit pas que t’es un Capulet ! Je suis pas en état de combattre à la loyale. »


Partait-il dans un déluge de délires ? Oui et non. Il avait conscience de sa bêtise et ça l’amusait beaucoup. Y avait-il quelque chose de comique là-dedans ? Allez savoir. Le volatile mit son nez en l’air en quête des cieux et récita quelques lignes de poésie dans sa langue maternelle.


« Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures! Mais doucement! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre? Voilà l'Orient, et Juliette est le soleil! Lève-toi, belle aurore, et tue la lune jalouse, qui déjà languit et pâlit de douleur, parce que toi, sa prêtresse, tu es plus belle qu'elle-même! »


Evidemment qu’il avait pioché dans Roméo et Juliette. Se sentait-il d’humeur romantique ? Absolument pas. Il devenait fou à force de ne pas bouger de là, ça oui. Il voulut regarder l’heure mais s’aperçut que sa montre avait rendu l’âme au cours de la bataille. Bof, sans importance. Mesurer le temps ne l’aiderait pas, il filait trop vite pour qu’il puisse s’en jouer. Et il n’aimait pas participer à un jeu déjà perdu d’avance.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 23 Juin - 8:30

Il y avait au-moins une bonne nouvelle : le "mari" n'était pas client à La Pomme, donc, a priori, je ne le connaissais pas. Du coup, je me désintéressais de l'identité de la mordeuse et du mari, tout en souriant devant l'étrange identité dévoilée :

-
Je le savais. Moi, c'est Mercutio. Je te parle de Mab tout de suite ou on la garde pour plus tard ?

Après tout, ne venait-il pas de me sortir une tirade que je reconnus immédiatement, ayant joué dans Roméo et Juliette, comme tous les lycéens. Finalement, il commençait à bien me plaire, l'ami... Un instant, je me demandais comment il était, à jeun, mais finalement, renonçais en haussant légèrement les épaules : çà ne me regardait pas. Un petit vent froid força le passage, soulevant quelques papiers du sol pour les faire valser un peu plus loin. Un coup de frein, violent, klaxon et invectives dans une rue voisine : la vie ne s'était pas arrêtée pour nous regarder, Roméo et Mercutio de nouveau face à face, l'un tentant de résonner l'autre, en vain, évidemment. Visiblement, il tenait à se rendre à La Pomme -mais qu'avait-il donc à oublier pour boire autant ?!!!- mais pas moi, parce que je venais de finir mon boulot et n'avait, à la réflexion, aucune envie d'y retourner. Consultant rapidement ma montre, je sus qu'il était trop tard pour rechercher le Prince, maintenant, à cause de l'épave humaine, disons plutôt le "fou". Sourire esquissé, désabusé, qui me donna un air détaché.

-
Franchement, j'y bosse, à La Pomme... et là... j'ai pas envie d'y retourner.

Les heures sup' ? très peu pour moi. Je me sentais en pleine forme après mon repas gargantuesque et enivrant. Vraiment d'attaque pour plein de choses, mais pas un retour au bar. Quant à la question sur William, j'esquivais :

-
Je sais pas. Je suis pas dans les petits papiers de nos dirigeants.

Avouant ainsi ne pas me trouver dans les hautes sphères et apparemment peu concerné par ce qui s'y passait, sauf que je tenais vraiment à retrouver William. J'en crevais d'envie, mais ne le montrais à personne. A personne. Je relevais "Roméo" sans ménagement :

-
Allez, je te ramène chez toi.

Je ne lui laissais pas le choix, le traînant au besoin jusqu'à la rue plus animée et là, hélant un taxi, voiture noire et sobre qui s'arrêta docilement, dont j'ouvris la portière avant d'y pousser mon fêtard et de m'y engouffrer à mon tour. Restait plus qu'à espérer que Roméo n'ait pas oublié son adresse.

-
Alors ? on va où ?

J'avais vraiment la pèche, là. Même que j'aurai bien été danser ou un truc comme çà. Si j'avais su. Mais j'avais jamais été danser. Non. Ma vie s'était résumé aux études, au travail, à une conduite austère appropriée au presbytérianisme.

* Et si je rattrapais le temps perdu ? *

Je me promis, dès Roméo déposé chez Juliette, ou chez lui, de faire un tour en boîte pour autre chose qu'y arrêter des individus, comme quand j'étais commissaire, ou pour en virer, maintenant que j'étais videur. Qui sait ? peut-être qu'ainsi, je retrouverai William ?... Finalement, n'y tenant plus, je lui demandais à voix basse :

-
Qu'est-ce que tu fêtes ou fuis dans cette course à l'alcool ?

J'enfonçais mon index sur la gaze protégeant sa blessure à l'épaule, y prenant un malin plaisir, j'avoue.

-
Hein ? cachotier ? raconte-moi...

Puisqu'il était trop tard pour chercher le Prince, et que l'idée d'aller en boîte commençait à me botter, autant m'amuser un peu, non ? La voiture avait déboitée et roulait doucement sur les pavés d'Edimbourg. Une pluie fine et tenace se mit à tomber et les essuie-glaces raclèrent le pare-brise, y étalant une fine couche de poussière où se reflétaient les feux des autres véhicules. Un peu d'eau, une forte odeur d'alcool, et il n'y paru plus, le pare-brise était propre, maintenant. Et moi, je fixais Roméo, à quelques centimètres de son visage, inquisiteur, mais pas intimidant : çà se voyait que je voulais jouer. Oui. Finalement, j'avais besoin de compagnie pour décompresser. Je ne m'en étais pas rendu compte jusque là, toute cette solitude pendant trois ans, à me fuir moi-même, à me terrer chez moi dès ma sortie du boulot. Roméo avait l'air sympathique, pas comme Nathanaël qui m'avait fait une drôle d'impression, non... et puis, il semblait aimer faire la fête, peut-être que je m'amuserai bien avec lui, pour la première fois de ma non-vie. De ma vie, aussi ?

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Lun 25 Juin - 21:47

Mercutio, quel bon choix dans cette répartition de rôles. Encore fallait-il espérer que d’aventures il ne doive pas à son tour le venger. Quoique vampire, ses chances de survie avaient nettement plus de poids dans cette réalité. Néanmoins, Camille essayerait de ne pas le mettre en position fâcheuse à l’instar de son alter ego du soir. Mais trêve de divergences et illusions poétiques, ami ou martyr importait peu, la littérature ne pouvait prédire la suite de cette entrevue. Le corbeau ria à la remarque de son nouvel ami et haussa des épaules en réponse à son interrogation. Des bruits froissaient leur environnement et même si l’ouïe du métamorphe ne pouvait rivaliser avec celle de son voisin, elle dépassait très certainement les performances humaines. Donc, la circulation plus loin trahissait la proximité d’un grand axe, parfait, parfait. Il allait pouvoir gagner la Pomme avec ou sans l’aide de son acolyte. Il suffirait de capturer avec sa semelle les dalles mouvantes et le tour était joué. De toute façon, il n’avait plus trop le choix car son seul allié ne comptait pas y remettre les crocs cette nuit. S’amuser sur son lieu de travail ? Drôle d’idée en fait, un peu absurde, cela fit même sourire le volatile. Il lui était déjà arrivé de célébrer un événement sur un de ses lieux de cambriole. L’idée qu’on le connecte avec le vol le stressait tellement qu’il avait plus que jamais joué l’arrogant riche héritier. Il ne s’était pas spécialement amusé. Mais ne commençons pas avec ce type d’anecdotes rébarbatives et poursuivons les projets de cette soirée. En tout cas au niveau curiosité, le jeune homme se trouva vite à court de rumeurs croustillantes, il n’aurait pas le fin mot de cette histoire de Prince en exil. Pas grave, il finirait par l’apprendre, ça passerait bien au second plan pour l’instant. Alors qu’il s’apprêtait à tenter de reprendre de la hauteur, son sauveur le prit par les épaules et l’emporta. Chez lui ? Mais non, pas question. Le français chercha à se débattre mais à peine, eut-il cherché à filer un coup de coude au buveur de sang que son épaule lança sauvagement. Les autres courbatures achevèrent toute sa volonté et il se laissa traîner jusque dans un taxi quelconque. Ses chances de sortir de véhicule et d’échapper à Mercutio le chaperon ? Zéro. La lucidité désertait mais l’instinct de survie demeurait toujours – même s’il restait affaibli.

« On va dans un bar, le plus proche. »

Ses grommèlements inaudibles ne durent parvenir qu’à son comparse et pas au chauffeur. Il n’avait pas le choix de toute façon hein ? Il coula un regard suppliant jusqu’au nocturne rouge puis soupira lourdement. La détermination des morts vivants était tout bonnement terrifiante, inutile d’en rajouter. Il marmonna la destination avant de croiser les bras en signe de protestation silencieuse.


« Edimbourg, West end. »

Et c’est tout. Il n’en dirait pas plus sur son lieu d’habitation pour l’instant. Peut-être pourrait-il toujours attirer le videur dans un établissement quelconque de son quartier ? Trop d’espoir ? Pourquoi être défaitiste ? Alors qu’il comptait s’enfoncer un peu dans la somnolence partielle, le vampire reprit la conversation. Qu’il aille en enfer, il refusait de le laisser boire alors, non il ne dirait rien. Puis, le nocturne décida soudainement de poser son doigt à l’endroit précis où le pansement couvrait sa plaie à demi réouverte. L’oiseau étouffa un gémissement avant de grogner à l’encontre du gars. Il chercha à chasser sa main rapidement mais sa coordination de mouvement laissait bien à désirer et il ne fit qu’empirer la prise du descendant de Dracula sur sa blessure. De la torture ? Ici ? Dans l’habitacle ? Devait-il crier ou appeler de l’aide ? Dans l’immédiat, aucun vent de panique, seule une colère sourde.

« Mais qu’est-ce que tu fous ? Lâche-moi ! »

Le fumeur fronça les sourcils tout en serrant les dents. Il lui exhortait de manière détestable des informations d’une banalité affligeante, quel sadique celui-là ! Il pouvait pas mener une conversation saine franchement ? Non ? Au bout de plusieurs déglutitions douloureuses et de déchirures répétées dans l’épaule, il s’exécuta. On se croyait au Moyen-Age.

« J’ai des soucis comme tout le monde. Ce sont des histoires de nanas, me dit pas que ça t’intéresse ça ! »

A peu de choses près, il s’agissait en effet d’histoire impliquant la gente féminine bien que la racine du problème avait une autre profondeur et dimension. Mais il n’allait pas être assez dément pour en discuter tranquillement avec un parfait inconnu dans une voiture conduite par un humain tout aussi étranger. Dans ses rêves ! Le voleur agrippa son siège sévèrement afin de ne pas tourner de l’œil. Un drôle de vertige l’avait surpris, une bouffée de chaleur et sa nausée avait repris un peu de panache. Il ouvra à la suite un bouton de sa chemise et s’occupa de descendre la vitre de son côté afin d’inhaler de l’air – tout ça de son bras valide. Il dû s’y reprendre à trois fois avant de comprendre le mécanisme enfantin du carreau. Le conducteur se gara alors brusquement sur le bas-côté d’une route et les pria de dégager s’il comptait vomir dans son engin. Quelle bonne idée ! Ce voyage rendait un peu plus malade le jeune homme et il voulait terriblement sortir de là, arpenter les rues, trouver un endroit où échouer et où trouver d’autres verres. Camille avait déjà sa paume sur la portière, s’il parvenait à savoir comme la manipuler il pourrait s’échapper du taxi. Le tout résidait dans la difficulté de cette épreuve. Ah et celle de savoir marcher aussi. L'orientation? Il suffirait de toujours tourner à droite, si ça marchait pour les labyrinthes ça fonctionnerait bien pour le reste.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mer 27 Juin - 14:10

West End... pourquoi pas... il pouvait très bien ne pas habiter là-bas, car le métro en partance pouvait vous mener n'importe où... et je me doutais que celui qui était sensé me divertir ce soir y trouverait plus de whisky à ingurgiter que pour se faire ramener chez lui dans les beaux quartiers de Knightswood. Roméo gardait un silence boudeur, visiblement contrarié par mon comportement : il ne me donnerait rien si je ne cédais pas un minimum. Il donnait vraiment l'impression de s'endormir et j'en fus un peu dépité... Je voulais jouer, et pas lui ! il voulait boire, et pas moi ! quoique... y avait un Subway un peu spécial là-bas... qui servait du True.

*Mais je me suis trop nourri ce soir, et le True derrière le délice de mes repas serait un crime contre la gastronomie vampire ! *

Je levais un sourcil quand il me parla d'histoires de nanas...

-
Vraiment...

Plus pour lui dire que j'avais entendu que par véritable "adhésion", avec tout de même un air entendu : çà ne pourrait jamais égaler les emmerdes de William qui en connaissait un rayon sur ce plan là. Si la gravité ne commandait pas un minimum de tenue, j'aurai bien éclaté de rire. En attendant, je profitais du vent froid qui s'engouffrait dans la voiture. Je humais discrètement, arrêtant quelques odeurs : égouts, poubelles, cannelle, sauce à la menthe... autant de souvenirs désormais inaccessibles. Il profita de ce moment de flottement pour tenter une sortie, je le rattrapais par la manche gauche et le tirais violemment à l'intérieur avant de fermer la portière. Puis, à l'adresse du chauffeur : le gars se retrouva contre moi et je plongeais mon regard dans le sien :

- Toi, tu restes là.

Mon portable sonna et je décrochais, tout en faisant signe au chauffeur d'avancer. Il ronchonna, je fronçais les sourcils, il obéit : pas plus difficile que çà pour se réunir, la crise ne laissait plus le choix aux commerçants/artisants, qui s'adaptait de son mieux aux demandes de la clientèle.

-
On va où ? demanda, laconique et peu enclin à embêter un vampire en goguette, je le foudroyais du regard par l'intermédiaire du rétro, il baissa les yeux, gêné, les doigts s'ouvrant et se fermant sur le volant, geste trahissant l'ambiance du taxi.

- On va chez toi.

Avec cet air buté, borné et sans appel qui me caractérisait depuis peu, depuis que je cherchais William. Carré dans le coin, j'ouvris à mon tour la fenêtre et laissais le crachin sur mon visage, la main écrasant toujours le biceps que je sentais chaud et fin pour un homme : bah... il est jeune.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 30 Juin - 21:59

Les buveurs de sang n’avaient vraiment mais vraiment rien de marrant. Vivacité d’esprit, mouvement rapide et rabat joie avec ça. Sans compter d’autres adjectifs comme tortionnaire, railleur,… Toute une panoplie de termes plus ennuyeux les uns que les autres. Mercutio aurait pu être plus réglo, non ? Il lui froisse l’épaule pour après quasiment lui arracher sa manche ainsi que son bras. Il n’avait fait qu’ouvrir la portière, comment diable avait-il fait pour saisir ses intentions aussi vite ? Ah oui, le Diable justement. Pas que Camille gobe ces histoires de religion et tout ça mais bon. Lucifer, Satan et tout ce blabla était bien trop rattaché à l’imagerie des vampires pour lui échapper. Il imaginait son « sauveur » affublé de cornes et rien que d’y penser, il se mit à glousser même s’il venait d’être mal mené quelques secondes auparavant. Il ne saisissait pas ce qu’il se passait devant lui, l’échange visuel silencieux entre le chauffeur et le passager. Il s’en foutait complètement à vrai dire et il n’avait plus envie de sortir finalement. Il faisait terriblement froid dehors en fait. Il ne voulait pas risquer de perdre ses orteils à cause du givre. D’accord, même s’il était en Ecosse, on ne pouvait pas parler de gel à cette époque de l’année. Disons que l’exagération prenait de l’ampleur dans sa vision des choses ce soir, merci le whisky ! Cette phrase n’avait pas de sujet potable ? Il était déjà étonnant que le volatile parvienne à aligner les syllabes, à former des esquisses de conversation alors, il ne fallait pas trop lui en demander. D’un rictus, il porta sa main à son front en signe solennel et fit un salut militaire - peu vigoureux cependant.

« Bien mon c’ptain, je bouge pas d’ici. »

Une mélodie s’insinua entre eux et le français aurait bien siffloté avec elle s’il l’avait reconnue. Drôle de sonnerie, même pas familière. Il ne fut pas triste qu’il la coupe en décrochant, elle ne valait pas la peine d’être entendue. Le conducteur s’exprima ce qui manqua de faire sursauter le fumeur – il l’avait carrément oublié durant un instant. Il était débile ce mec ? On lui avait déjà dit où aller, non ? Et dire qu’on devait le payer pour ses services. Lamentable. Ils devraient porter plainte pour si peu de professionnalisme. Sûr que ça passera en cours martial ! Camille adorait le tribunal en plus, ça pourrait être drôlement amusant ! Pourquoi un cambrioleur ne pourrait aimer s’y trouver d’abord ? Préjugé ça ! S’il avait pu choisir sa propre voie, il serait devenu avocat. Mais aller expliquez ça à papa et maman Fontayn. Tant pis, Robin des bois avait plus de classe de toute manière. Sa carrière avait de l’originalité, du panache. L’adrénaline, la satisfaction et la précision, il n’en retirait que du bénéfice personnel sur tous les plans. Tiens, le mort vivant s’adressait à quelqu’un dans l’habitacle. L’oiseau se tourna vers lui tellement brutalement qu’il s’en fit mal à la nuque.

«On va chez ce gars ? »

Il pointa le chauffeur du doigt d’un air indigné avant de se pencher vers ce fameux type et de lui tapoter l’épaule en signe de compassion. Il ne fallait pas être si méchant avec cet étranger après tout, c’était pas de sa faute.

« Le prenait pas mal m’sieur mais on vous connait pas. Et toi, n’oublie pas que nous avons des ennemis partout dans cette ville, Mercutio ! Soyons prudents ! Les Capulets pourraient toujours nous débusquer au coin d’une rue. »

La fantaisie se superposait à la réalité ? Non, il n’avait pas non plus ajouté des drogues à l’alcool. Il cherchait juste à s’amuser. D’ailleurs ses propres remarques lui arrachèrent un sourire hilare. Rien de drôle de ses remarques ? Quand bien même. Il fallait animer un peu cette morne soirée. Ce taxi n’avait rien de très folichon pour lui. Il s’ennuyait déjà tant… Son regard se porta vers son interlocuteur et il se rappela alors qu’il était en ligne avec un étranger. Le métamorphe sauta alors sur l’occasion et se mit à le secouer faiblement – vu son état, ébriété et résultat de mise à tabac de son seul bras valide, histoire d’attirer son attention.

«C’est qui qui te téléphone ? Passe-lui mon bonjour ! Les amis de Mercutio sont mes amis ! »

Il lui tenait toujours le bras en fait, le nocturne, ça picotait même un peu. En fait, son sang ne devait plus trop circuler dans cette région à cause de la pression exercée, pas cool ! Franchement, pas cool !

« Si tu comptes me tenir encore longtemps, sois moins généreux sur la pression ! J’ai l’impression qu’une colonie de fourmis a élu domicile dans mon bras ! »

Saleté de petites bêtes, en plus, elles devaient avoir une reine. Et il en avait assez de la Royauté ces derniers temps. Le riche héritier se secoua un peu afin qu’il le relâche un peu. Il agissait comme un enfant ? Et toi, tu t’es vu quand t’as bu ? Cette créature des enfers cherchait encore à le blesser ou quoi ? La souffrance c’était peut-être son truc mais quand même, il pourrait être un peu plus indulgent. Zut à la fin. Il n’était pas une poupée avec laquelle on pouvait s’amuser, à le torturer. Krystel faisait déjà ce job là, désolé pour lui mais la place n’était donc plus à promouvoir.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Dim 1 Juil - 9:36

Bien mon c’ptain, je bouge pas d’ici. »

-
T'as intérêt.

Tout me paraissait si sombre maintenant. Je croyais flotter dans les ténèbres avant, depuis mon Etreinte.

* Je me trompais ! *

Oui, j'avais été bien loin du compte, noircissant le tableau, car après tout, je n'étais que devenu vampire ! changé de boulot, passant de la semi-lumière de la police à l'obscurité du videur, les dangers pouvaient paraître se ressembler, on fréquentait le même type de clients, pas de réel changement, donc, enfin, vue d'ici, de ce taxi qui filait dans la nuit écossaise, les lumières des lampadaires glissant sur sa carrosserie, sa pluie donnant une certaine splendeur à ses trottoirs, à ses immeubles, exaltant la lumière des néons et de l'éclairage publique. Qui pouvait penser qu'Edimbourg était triste et pluvieuse ? Tout était vert, quelques "folies" élevées par les nobles d'autrefois faisaient penser à un antique port grec dont quelques temples auraient survécus aux millénaires. Je soupirais, surveillant Roméo du coin de l'oeil, mais visage fermé, pour bien lui faire sentir que je ne rigolais pas. Me trouvait-il rébarbatif ? pas commode ? peu m'importait. en fait, si. Je voulais parler à quelqu'un. Oh... pas des soucis concernant mon prince, non ! je sentais que le secret sur ma fidélité à William devait être bien gardé, malgré mon peu de pratique des cours en général, et de celle des vampires en particulier. Je comptais sur mon jeune âge et mon humble tâche pour me dissimuler aux yeux des puissants.

*Bien maigres défenses...*

Mais puisque pour cette nuit, donc, les recherches lancées pour retrouver "Sans Nom" étaient fortement compromises, pourquoi ne pas donner une bonne raison à ceux qui voulaient sa peau de me voir comme un... vampire bien conciliant avec la nouvelle organisation du pouvoir. Ce qui m'étonnait et m'alarmait le plus était que la nouvelle propriétaire de la Pomme n'ait pas cherché à rencontrer ses employés. Etait-ce de l'indifférence ou une supériorité mal placée ? même pas un valet pour vérifier les comptes de la Pomme, rien.

Quand je vis la tête du chauffeur de taxi dans le rétro, j'eus envie de rire, mis un grand coup de pied dans le fauteuil avant, qui précipita le gars quasiment sur son volant, couvrit mon portable d'une main agacée et ajoutais :

-
Non, changement de cap, crétin, on va au Adam's. Mon pote et moi, on a besoin d'un p'tit remontant.

Puis je pris ma communication, c'était une fille qui avait eu mon numéro je ne sais comment et m'invitais chez elle... une humaine, probablement de celles qui voulaient se maquer avec un non-mort. L'idée de faire un écart à ma conduite jusque là impeccable vis à vis d'Alyah me plut, puis me déplut, puis me plut. Je répondis sèchement de me laisser son adresse par sms et raccrochais.

« Le prenait pas
mal m’sieur mais on vous connait pas. Et toi, n’oublie pas que nous
avons des ennemis partout dans cette ville, Mercutio ! Soyons prudents !
Les Capulets pourraient toujours nous débusquer au coin d’une rue.


Un frisson de terreur me parcouru. Pourquoi me disait-il ça, lui ?!!! lisait-il dans les pensées en mentionnant deux partis s'opposant en ville ? car nul doute que le prince ne partirait pas comme ça, sans se battre, non, il devait déjà être quelque part à se remettre et à préparer son retour.

*Et j'en serai !*

Je me tournais brutalement vers lui, plongeant mes pupilles acérées dans les siennes, noyées, diluées dans l'alcool en me souvenant tout à coup quel sort était réservé à Mercutio : la mort en duel, pour son ami... Moi, ce ne serait pas pour Roméo, bien entendu, mais pour William. Je déglutis, mal assuré, tout à coup
. Et je vis le sourire hilare sur ses lèvres, et je sus qu'il savait, pour moi, pour mes intentions les plus profondes : je devais le tuer ! une lueur assassine brilla dans mon regard alors qu'il ajoutait encore :

C’est qui qui te téléphone ? Passe-lui mon bonjour ! Les amis de Mercutio sont mes amis ! - Pourquoi tu dis un truc pareil ?

Se plaçait-il à mes côtés ? puisque je me croyais seul et qu'il parlait d'amis de Mercutio ? mieux, qu'il avançait que ceux de Mercutio étaient les siens ?!!!

*Non, impossible qu'un type dans son état soit capable d'aligner des pensées aussi sérieuse !*

Quoique l'alcool, parfois, au lieu de perdre l'âme, en révélait la profondeur cachée et insoupçonnée... Le taxi se gara le long du trottoir de l'Adam's Dancing. Je sortis, ouvris la portière de Roméo et le tirais dehors sans ménagement. On ne nous laisserait pas entrer comme ça, surtout lui, dans son état, mais je connaissais les videurs ici et l'un d'eux me fit entrer par la petite porte. Couloir glauque, moi toujours soutenant mon soiffard sous le bras gauche, lui donnant une allure de pantin désarticulé obligé de marché à demi porté par le vampire que j'étais. Je le lâchais sans ménagement à une table dans un coin obscure de la boîte où une serveuse nous apporta un whisky tout jeune, 15 ans... il y en avait de bien meilleurs, ici, mais pour commencer, çà irait tout à fait. Elle s'esquiva bien vite, et moi, à mon aise sur la banquette qui faisait face à celle de Roméo, je le considérais comme si j'allais l'acheter, je le jaugeais comme une bête de foire, un cheval de course, me demandant ce que je devais penser de lui.

-
Alors ?

Maintenant qu'il avait ce qu'il voulait depuis le début, me raconterait-il enfin un truc cohérent ? Le revirement brutal de ma position, d'abord pour le sauver de l'alcool, pour ensuite l'y plonger éveillerait-il quelques soupçons chez lui ? ou le whisky suffirait-il à lui faire délier la langue ?

*A moins que ça ne me l'assomme définitivement ?*

Une fille, mignonne comme un coeur, qui avait visiblement dansé avec beaucoup d'ardeur, vint le trouver, essoufflée, mais rayonnante :

- Salut Camille ! tu viens danser ?!!! allez !

Elle insistait, et moi, j'observais, silencieux, sirotant le whisky trop jeune à mon goût.

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 5 Juil - 0:34

Bousculer ce bon vieux chauffeur, quelle idée ! Pas que ça soit un tort, ce mec était complètement stupide, une secousse ou deux ne devraient pas lui faire de mal, histoire que tout se remettre correctement en place là-haut – dans son crâne. M’enfin de là à l’envoyer valser sur son tableau de bord, tout de même. Faisons preuve d’un peu de civilités ! Camille fit les gros yeux à son voisin vampirique, un peu vexé qu’il ne soit pas plus aimable. Mais bon, son manque flagrant de politesse fut rapidement pallié par l’annonce qui suivait. Rien que la consonance du nom fit sourire allégrement le corbeau. Il n’y avait jamais mis les pieds – il lui semblait du moins mais ça n’était pas chez lui. Et tout ce qui n’avait rien avoir avec son appartement ce soir s’apparentait à l’aventure. Et l’Aventure, mes amis, c’était tout ce qu’il désirait. Enfin ça et un verre. Cependant, le vampire avait mentionné remontant, non ? L’oiseau se sentait presque d’humeur enjoué tout à coup. Presque parce que oui tant qu’il n’aurait pas de quoi épancher sa soif entre ses paumes, il ne pourrait être pleinement satisfait. Des promesses sans suite, ça ne l’intéressait pas. D’ailleurs pourquoi son buveur de sang préféré semblait mal à l’aise aussi soudainement ? Le voleur lui fila un petit coup de coude très léger pour lui rappeler l’événement joyeux de cette soirée, leur virée dans un bar. Pas la peine de faire une mine aussi déconfite. Que lui avait donc dit ce mystérieux interlocuteur un peu plus tôt ? Foutu inconnu, il venait disperser un drôle de cocktail sur l’ambiance général. Son sauveur le dévisageait avec une insistance nouvelle en le pressant de répondre à une question tellement sordide qu’elle fit davantage sourire le riche héritier.

« Bah parce que t’es mon pote, non ? »

Le français se remit alors à s’émerveiller des couleurs de dehors, obnubilé par le spectacle qu’elles offraient. Les petites lueurs dansaient, un ballet gratuit et d’une beauté sans précédent. Oui, son humeur s’était nettement améliorée, merci à son compagnon d’infortune. Quand le véhicule s’arrêta, une frustration froissa les émotions du corbeau. Et la jolie danse alors ? Elle devait prendre fin comme ça ? Quand il vit l’enseigne et il se résigna. L’Art pour l’Art, voilà une philosophie bien trop bancale comparée aux promesses que l’Adam’s allaient sans doutes lui donner. De bonne grâce, il le laissa donc le trainer dans l’établissement. Ils empruntèrent même l’issue non réservée au public, ça, ça lui plaisait démesurément. Il ne devrait pas décliner son identité aux videurs, pas se vautrer de honte devant un part terre de gens plus décevant les uns que les autres. Ne l’était-il pas lui-même ? Allez, un verre dans le nez, ça n’avait rien de bien fou ou d’amoral. Ah, atteindre la banquette fut une délivrance. Pas que son ami le mort vivant soit pas serviable mais bon, être trainé ainsi par un autre gars… Le genre de proximité que d’ordinaire, il aurait refusé catégoriquement. Mais là, il fallait bien faire quelques concessions. Le plus important était qu’un récipient contenant du whisky atterri dans son champ de vision. Un rictus bien plus franc qu’auparavant pointa sur ses lèvres alors qu’il s’en emparait avidement. La première gorgée fut plus salvatrice que n’importe quel remède. Il lui sembla que ses douleurs musculaires s’estompaient déjà ! Miraculeux ce breuvage, mieux que de l’eau bénite. Oups, il ne fallait pas penser à ce genre de choses en présence d’un nocturne. Pendant un instant, il crut que son acolyte l’avait surpris à songer à ce fait. Pourquoi ajouter un « et alors ? » sinon ? Camille devait se justifier, non ? D’une pensée fugace ? Bah oui, pardi. Ca tombait bien sous le sens. Il agita sa main dans l’air comme pour chasser tout le malentendu.

« Je ne suis pas croyant moi tu sais. Leurs conneries sur l’enfer et tout le toutim… C’est juste pour asservir la conscience humaine. »

Philosophe à ses heures perdues ? Pfeuh, rien d’aussi profond. Il n’était pas le type de gars à se lancer dans des propagandes contre la religion, même s’il n’en pensait pas moins. Ses convictions ne regardaient que lui de toute manière, pas vrai ? Enfin bref, maintenant que le sujet avait été éclairci, il pouvait allégrement se concentrer sur son nectar. Il en avala une seconde flopée avant de presser la surface lisse et froide du contenant contre la partie de son visage qui s’était faites fracassée. Parfait, tout semblait parfait. Avant qu’une voix féminine ne vienne les déranger impunément. Passablement irrité par cette apparition, le fumeur ne lésina pas sur l’expression féroce qui crissait déjà ses traits. Plus de femme par pitié, il ne voulait plus entendre parler du sexe opposé cette nuit. Sauf si c’était le nom d’un alcool fort. Qu’elle connaisse son prénom ne le déstabilisait même pas car ce soir, il était Roméo. En plus, il ne la connaissait ni d’Eve, ni d’Adam – enfin maintenant pour le dernier point, il la connaissait de l’Adam’s. La qualité de son humour laissait de plus en plus à désirer. Peut-être avait-elle lu la presse people, la fameuse presse people où apparemment son visage ne faisait qu’apparaître – exagération, évidemment. Il la jaugea lentement en tentant de replacer son visage mais rien n’y faisait. Il se mit alors à froncer sévèrement les sourcils.

« Tu dois faire erreur, ma belle. Moi, c’est Roméo. Et si ça ne te dérange pas, je reste là. »

Il lui tourna aussitôt le dos. Danser ? A quoi ça servait ? A part pour draguer, ce qu’il n’avait pas du tout l’intention de faire. Pas sûr qu’il puisse aligner trois pas sans finir à terre de toute façon. Il fallait espérer qu’elle se tire aussi sec. A la rigueur si son camarade voulait s’en abreuver… N’était-il pas odieux de songer à ça ? Une autre pensée furtive et irréfléchie, il ne fallait pas lui en tenir rigueur. Une autre gorgée d’ivresse pour palier à ses insuffisances. Frôler le coma éthylique, une perspective qui le réjouissait étrangement. Se déconnecter, voilà ce qu’il cherchait. Et comme il n’avait pas l’habitude de ressentir ce type de besoin, il le gérait de la seule manière connue. Un peu de compassion ? Non, l’immaturité dans toute sa splendeur mais si ça dérangeait, il suffisait juste de détourner le regard.

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 7 Juil - 8:13

Nul doute que Roméo avait seulement besoin de boire, pour renvoyer une nana aussi mimi... Je lui souris, elle aussi, mais, intimidée.

-
Ne crains rien... j'ai déjà bu tout mon saoul...

lui sussurais-je en tapotant doucement la banquette près de moi. Elle rougit, ce qui lui allait à ravir et mon coeur mort bondit dans ma poitrine : je draguais, là, non ?!!! c'était bien la première fois depuis... Bon, il y avait bien Alyah... mais... notre "couple" connaissait des hauts et des bas... et cette petite avait l'air bien aimable : elle cherchait de la compagnie, alors, pourquoi la renvoyer à la solitude. N'était-elle pas aussi seule que nous ? Son attitude rigide, alors que la jeune femme venait de prendre place à notre table, en disait assez sur son malaise mêlé à une fierté qui ne m'échappa pas. S'asseoir près d'un vampire, de nos jour, s'afficher avec lui... c'était à la mode. Elle sentait bon, mais j'étais repu et l'idée de son sang doux et sucré ne m'effleura même pas. Je me demandais si mon affirmation sur le fait que je n'ai pas faim l'avait rassurée... pendant que j'observais Roméo s'abîmer dans le mauvais whisky. Un signe à la serveuse, qui revint avec un cocktail multicolor, multivitaminé et sans alcool pour ma conquête...

-
Tu t'appelles comment ? demandais-je en jouant le distrait.

-
Cindy. affirma-t-elle de son mieux, en prenant contenance en serrant le verre dans ses deux mains. Je me demandais si elle avait chaud, là, car je la sentais si... palpitante... que j'en eus des frissons dans le dos. Je souris, visiblement charmé :

- Et bien, Cindy, j'ai besoin d'aide pour regarder mon pote, Roméo, se noyer dans l'alcool à cause d'une gonzesse... ça te dit ?

Elle rougit, absolument charmante et répondit :

-
Oh oui.... (avec un peu trop d'impatience). Je suis en deuxième année de psycho, je peux vous aider ! au fait... tu t'appelles comment ?

-
Mercutio.

La réponse sembla la déstabiliser un peu et elle rit en mettant sa main fine devant sa bouche :

- hi hi hi...!.... j'aurai dû m'appeler Juliette alors...

Mon expression se ferma et elle eut peur, ça se voyait :

-
Non. Juliette meurt à la fin. Comme Roméo, d'ailleurs.

Ma déclaration plomba l'ambiance et Juliette se tut, visiblement terrifiée d'avoir contrarié un vampire, je la rassurais en posant ma main froide sur la sienne, doucement, de manière qu'elle put la retirer si elle se sentait mal : je me sentais si bien disposé à son égard... je voulais qu'on m'aime, ce soir. Je me demandais aussi si tout cela sortirait Roméo de sa torpeur. La serveuse posa une bouteille de whisky sur la table et je la remerciais, ainsi que Bob, le videur dont j'avais fait embaucher le frangin à La Pomme. Nos échanges étaient discrets, comme il se devait. Un service de ci- de là... j'étais bien content d'avoir des amis humains... mon réseau n'était pas bien étendu, tant je m'étais renfermé sur moi-même après mon Etreinte... Mais lui et moi nous étions rencontrés dans une salle d'art martiaux... Il n'avait pas peur de moi, me traitait comme son égal, ça m'allait parfaitement. Je me sentais humain quand je me trouvais avec Robert. Oui... humain... Cindy posa sa tête sur mon épaule et je vis un gamin de vingt ans frémir de jalousie... je lui souris, cruel, sans me cacher de ma véritable nature et il recula d'un pas. Pour la première fois, j'éprouvais vraiment le sentiment de puissance que m'offrais mon état. Oui... je pouvais prendre ce que je voulais, quand je voulais, comme je voulais... et la petite Cindy était toute chaude et palpitante... et elle était à moi, pas à lui ! Un rictus amusé me secoua pendant que je reservais mon pote :

- Alors, Roméo, c'est bon de s'autodétruire ?

J'échangeais un regard complice avec Cindy :

-
Et qui mérite que tu te suicides à grosses lapées de mauvais alcool ? hein ? une princesse, une reine ??

Je sortis un carnet de ma poche intérieure de veste, un stylo :

-
Ecris-lui plutôt un poème, à ta dulcinée, et envoie le lui. C'est ça, ce qu'il faut faire, pas vrai Cindy ?

Elle tourna des yeux perdus d'amour vers moi et répondit distraitement sans regarder Roméo :

-
Oh oui... un poème...

Ses lèvres pleines et rosées m'attirèrent comme un aimant et je posais délicatement ma bouche sur la sienne, me frayant un passage entre ses dents, ma langue enroulant la sienne, sans aucun scrupule pour ceux qui nous observait. Je sentis le liquide vaginal que sécréta instantanément la gamine et cela m'excita : j'appuyais mon attaque par une main remontant dans le dos décolleté de Cindy, sa peau douce... comment ce crétin qui nous observait encore pouvait-il avoir gâché ça ? il ne la méritait pas.



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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 14 Juil - 14:03

(HJ : Désolé pour le retard !)

Ca piaillait du côté des amoureux, Mercutio semblait bien s’en sortir et Camille en aurait presque été content pour lui. Bien sûr, il n’écoutait pas un traitre mot de ce qu’ils pouvaient raconter, trop concentré sur son verre et les effets bénéfiques qu’il engendrait sur sa carcasse échouée. A les voir, si soudainement souder, le corbeau s’interrogea sur sa place dans cette histoire. Tenir la chandelle, très peu pour lui. Il n’allait tout de même pas passer la nuit à observer le vampire emballer des nanas sérieusement ? Il leur jetait presque un regard noir désormais avant de balayer l’endroit en quête d’une autre table vide. Alors qu’il envisageait très certainement de ramper jusqu’à un autre coin de la salle, son ami le resservit en alcool. Comment pourrait-il se défiler après cette preuve évidente d’amitié ? Non, plus question de s’en débarrasser. C’était son pote, il se devait de rester à ses côtés coûte que coûte en compagnie ou non. Inséparables comme Shakespeare le racontait si bien. Saoulard qui restait près de sa corne d’abondance ? Soyez-pas si mesquins. Alors qu’il s’amusait à secouer sa soucoupe de sorte que quelques vagues animent un peu l’intérieur morne du récipient, le buveur de sang se souvint à nouveau de son existence. D’un regard hagard, le volatile le fixa plongé dans une perplexité sans noms. Autodestruction ? Parce qu’il s’enivrait un peu ? M’enfin, toute de suite les grands mots. Ce que les gens pouvaient être lassant et vieux jeu, sérieux. En plus, cette remarque venant d’un mort vivant avait quelque chose de paradoxale voir d’hilarant. Le voleur se mit alors à rire légèrement mais se stoppa net quand son interlocuteur ajouta une réplique qui le renvoya à nouveau en enfer. Une Reine ? Ahah. Il ne croyait pas si bien dire. Aussi maussade qu’il avait pu être amusé, ses épaules s’affaissèrent sous le poids de la culpabilité.

«Elles sont deux à vrai dire et je les mérite pas, aucune des deux. »

A la suite, il engloutit son verre d’une traite. Oublier, oublier, oublier ! Pourquoi ce gars lui donnait un stylo et du papier maintenant ? Ecrire ? Il se foutait vraiment de sa gueule là. Le riche héritier manqua de sortir de ses gonds mais il avait trop mal partout pour s’engager dans une lutte déjà bien inégale avec un nocturne rouge. A la place, il claqua son verre contre la table en signe d’indignation avant de pousser leur matériel dans leur direction.

«Je suis pas un crétin, merci.»

En fait si, il en était un mais pas de ce type-là. Les trucs niais et les sensibleries, très peu pour lui. Il voulut les planter là car il galérait vraiment à canaliser toute cette rage qui déferlait en lui sans raison potable. De plus, ils commençaient à se bécoter de façon franchement grossière et publiquement qui plus est. Tous les regards se concentraient sur eux, ça en devenait gênant. A ce stade, autant qu’ils louent une chambre d’hôtel! Devait bien y avoir ça dans le coin, non ? Dans tous les cas, il n’avait pas sa place au milieu de ce tableau, c’était sincèrement écœurant et inconvenant. Le français se leva alors et parvint à tituber sur quelques mètres pour finalement s’écrouler contre un mur. Ca ne tanguait plus, c’était bien pire que ça. Des tâches de couleurs lui collaient à la rétine et il chercha à les chasser en balançant ses paumes en l’air. Cet exercice l’épuisa et il rendit les armes. Désormais, il se trouvait à mi-chemin entre la somnolence et la nausée. Allait-il frôler le coma éthylique ? Quitte à l’effleurer autant l’embrasser définitivement et effrontément. Un des videurs l’avait aperçu, il allait sûrement se faire évacuer. Boh, tant qu’à faire. Il en avait marre d’être encore plutôt conscient et marre de cette nuit qui n’avait décidemment plus rien de drôle. Autant se faire jeter, ça serait d’autant plus comique, de bons souvenirs ! Un des gars de la sécurité l’empoigna et le métamorphe le laissa faire. Il lui adressa même un sourire en guise de remerciement. Pas commode le molosse, il n’avait pas l’air d’apprécier sa marque de sympathie, quel rustre. Le changelin adressa un signe de main à son coéquipier alors qu’on s’occupait de le traîner vers la sortie. Il cria dans sa direction, il n’était pas sûr qu’il intervienne ou qu’il vienne le retrouver dehors.

« A plus Merc’ ! »

L’employé tirait désagréablement sur sa veste emportant même son pull dans le mouvement, tirant de la sorte sur la compresse souillée. Il crevait de douleur et serra les dents pour contenir les larmes de souffrance qui lui grignotait les yeux. Le jeter dans le caniveau ? Ou l’emmener ailleurs ? Il n’en savait rien. Appeler les flics ? Pour un type bourré un peu extrême ! Ah les policiers… Tanwen serait peut-être de la partie… Ca serait sympa de la voir ! Mais à quoi pensait-il ?

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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Lun 16 Juil - 2:10

Tirer Roméo de l'alcool ?... une fille ne lui faisait aucun effet, non, il était en pleine perdition, vissé à son verre comme à une bouée de sauvetage et peu enclin à devenir mon ami.

*D'ailleurs, pourquoi l'aurait-il été ? *

Prendre soin de lui ? en l'amenant ici ? mauvais choix. Et puis, un type qui boit est un type qui boit : à part me saouler avec lui, je n'avais rien d'autre à faire. Alors, je lui avais tendu la perche... mais cela le déprima encore plus, sans compter que deux, et non une nana l'avaient jeté dans cet état. Je haussais les épaules, ne trouvant plus de réponse à lui apporter alors qu'il fixait l'oeil cyclope de son breuvage. La fille avait un goût fruité mais ne m'intéressait plus maintenant : c'était trop facile. Son mec avait osé s'approcher et je poussais vers lui sa nénette, visiblement lassé, avant de me concentrer à nouveau sur Roméo. Ce dernier se leva, fit quelques pas mal assurés et s'effondra lamentablement quelques mètres plus loin. Je laissais le videur faire le ménage, suivant la scène des yeux avant de sortir et d'attendre le héros du soir dans la rue.

Quand Roméo fut jeté dehors sans ménagement, il se retrouva dans mes bras. Ben oui, j'ai une propension à faire nounou. En me tournant, j'ouvris la portière du taxi que j'avais eu le temps de héler l'instant d'avant, fourrais mon paquet dedans, mais cette fois avec une sorte de délicatesse maternelle. J'étais froid, oui, mais pas aveugle et j'avais vu la souffrance se peindre sur les traits du buveur. Le véhicule nous arrêta à peu de distance, devant le porche sans prétention d'un de ces vieux immeubles si typiques de Glasgow, j'en tirais doucement mais surement le jeune homme, payais le taxi, appuyais sur la sonnette d'un quidam. Grésillement pour indiquer que la porte céderait sous un coup d'épaule, j'ai porté plus qu'autre chose, le paquet alcoolisé au premier étage, où un vieux bonhomme ouvrit sa porte, m'indiquant une table de cuisine dégagée où j'allongeais Roméo.

- Ben dis-donc...

Il dégagea les vêtements de gestes doux et assurés, saisis sa bouteille de whisky, en atteignit presque le fond, la reposa sans ménagement dans un bruit proche de la rupture dans l'évier derrière lui, et observa la blessure de l'épaule. Puis, il releva les yeux vers moi et :

- Mal soigné... ton pote fait n'importe quoi d'son corps, et v'là l'résultat.

Il reprit sa bouteille, la vida sur la plaie, et moi, je n'eus que le temps d'immobiliser le gars en sautant quasiment dessus, agrippant ses deux bras et plongeant mon regard dans le sien.

-
Ecoute, Roméo. Un, on te soigne, deux, je te couche dans ton lit. Alors maintenant, arrête d'en faire qu'à ta tête. D'accord ?

Je ne lui demandais son avis que par... pourquoi, d'ailleurs ? c'était idiot ! je lui laissais une porte grande ouverte pour un nouveau délire. Il aimait deux femmes, hein ?

-
Tu sais, une femme à la fois, c'est mieux... deux, c'est... compliqué. En plus, si elles apprennent l'existence de l'autre, ta vie devient un enfer.

Je parlais à voix basse, calmement, en cherchant son regard, tout le temps, comme pour le captiver, ou lui montrer que c'était bien à lui que je m'adressais et en me demandant si j'avais un quelconque pouvoir d'hypnotisme, comme les plus vieux vampires. Moi, je n'avais que trois ans... quelle chance pour moi de parvenir à un semblable résultat ? Et puis, je ne m'en étais jamais servi... Le plus étrange dans tout ça était sans doute que... je sois encore près de lui.

* J'ai donc tant besoin d'un ami ? de quelqu'un qui me regarde enfin ? qui n'ait pas peur de moi parce que je suis un vampire ? qui ne m'adule pas parce que je suis un vampire ? qui ne me méprise pas parce que je suis un vampire de trois ans ? *

Je voulais seulement qu'on me regarde, bien qu'à cet instant, je compris que ce ne serait jamais plus comme avant, quand j'étais humain. Alors, comment me verrait-on désormais ? N'aurais-je plus de relations que parmi les nocturnes ? Tant de questions pour un seul homme, c'était beaucoup, non ? Le vieil homme en avait fini avec la blessure et l'entourait d'un bandage immaculé après l'avoir couverte d'une compresse grasse. Je regardais notre hôte d'un air entendu, mon pote videur, qui m'avait donné ses coordonnées, le ravitaillerait en bouteilles. Il m'avait dit qu'avant, c'était un bon médecin... mais l'alcool le rongeait désormais. Je soulevais Roméo par les épaules, pour éviter qu'il ne déchire à nouveau cette blessure, et ne put empêcher le doc de tendre un verre de whisky à son patient.

*Mince !*
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Jeu 19 Juil - 23:58

Ce molosse n’avait pas volé sa place ici, ça non. Pour sûr, son cv devait correspondre avec les plus hautes attentes. D’ailleurs qu’est-ce qu’il devait mettre en avant là-dessus pour se vendre à un établissement ? Visite régulière en salle ? 120 kilos de masse musculaire ? Expérience, a déjà cassé des briques à mains nues ? Amusé, Camille regarda une dernière fois la brute avant d’être jeté sauvagement sur le bitume. Par réflexe, l’oiseau ferma les yeux et s’apprêta à sentir l’asphalte lui écorcher le visage. A la place, il atterrit dans sur quelque chose de moins grumeleux, tout aussi froid cependant. En voyant le vampire, le volatile ne put s’empêcher de sourire à nouveau. Quelle gentillesse, un vrai pote ! Le riche héritier fut plus qu’heureux de voir qu’il ne cherchait plus à le maltraiter. Le pire dans toute cette histoire de douleur physique, c’était qu’elle restait encore limitée. Il se trouvait dans un tel état d’ivresse qu’il la ressentait moins présente qu’à jeun. Parviendrait-il seulement à remuer le petit doigt le lendemain ? Pas dans ses préoccupations du moment. Ce qui traversait donc son esprit alors ? La petite mouche qui se heurtait toujours à la vitre en boucle. Tiens d’ailleurs depuis quand y avait-il un carreau entre lui et l’extérieur ? Il mit son doigt sur la surface lisse de ce matériau avant de se tourner vers son acolyte. Ah, il y avait même un toit ! Et un autre gars, des sièges… Un habitacle, dans un véhicule. Le français secoua sa tête en quête de réalité. Un moment d’absence entre son passage sur le trottoir et sa venue dans cet engin. Il commençait à se sentir mal là, il frissonnait à présent et ses vertiges devenaient moins marrants. Le temps de reprendre son souffle dans ce taxi moisi et devant lui une porte. Un autre trou noir. Quel mauvais film, trop de coupures, il perdait le contrôle. La sangsue leur créait une sorte d’issue, mais tout devenait incertain, flou. Il crut voir l’intérieur d’un appartement pourri qui empestait en plus. L’odeur manqua de le faire vomir pour de bon mais bravement, il retient ses hauts de cœur pour lui-même. Où se trouvait-il ? Tout devenait brumeux même le décor. Une table de cuisine ? On lui installait. Pourquoi faire ? A ce qu’il sache, personne de normal ne l’allongerait sur un meuble destiné à accueillir de la nourriture ? Nourriture et si ils… Le disséquer ? Oh non, Mercutio avait compris ce qu’il était, il voulait l’ouvrir et l’analyser. Savoir ce qu’il le rendait anormal. Un peu fort de café venant d’un mort vivant… Oh non, on lui calait les bras, non, non, non. Il ne voulait pas mourir comme cobaye d’une science imparfaite, pas comme un monstre éventré.

« Je ne suis pas une bête de foire, lâchez moi ! »

Il lutta férocement contre la poigne de fer du buveur de sang quitte à s’en déchirer complètement l’épaule. Ses membres hurlaient, il souffrait le martyr et ce fut bien pire par après pourtant. Sa plaie le brûla si vivement et si soudainement qu’il ne put retenir son cri. Ses tortionnaires jouèrent avec lui durant quelques minutes et il ne savait même plus dire quelle partie de son corps ils étaient en train de charcuter. A demi dans une somnolence douloureuse, il ne percevait plus grand-chose. Qu’on en finisse rapidement. Prêt à accepter son triste sort, il ne remua plus durant la dernière partie des opérations. Au moins, il aurait la paix. Mais au lieu de trouver la Faucheuse, lorsqu’il ouvrit les yeux, c’est un verre qu’on lui servit. Il le prit par instinct et l’engloutit d’une seule gorgée. La séance de torture ? Les soupçons ? Déjà oubliés ! Il s’accrochait réellement à son sauveur désormais car tout perdait sa contenance, même le sol. Sueur froide, bouffée de chaleur s’alternaient gaiement lui donnant tantôt l’aspect d’une tomate et tantôt celle d’un cadavre. Il basculait du mauvais côté de la débauche. Pas étonnant avec tout ce qu’il avait pu ingurgiter. Maudit, maudit whisky. Il n’avait même pas fait son job mais s’occupait déjà de le massacrer. Viré, il était viré.

« Rentrer chez moi… »

Le métamorphe répéta bêtement son adresse trois fois. Sortir de là. La nausée empirait. Loin de cette puanteur ambiante, vite. Il y parvint mais il ne savait même pas comment. Le ciel le réconfortait et l’air frais lui redonna même un peu de pêche. C’était qui cet ivrogne, qu’est-ce qu’il lui avait fait ? Oh non, encore du brouillard dans son crâne et sa vue qui faiblissait également.

« Faut que je rentre. Aide-moi, s’il te plait. »

Où était son nouvel ami ? Il n’en savait rien, il ne pouvait même plus discerner le bout de ses chaussures du reste. Dormir, urgent. Tout se mélangeait dans sa tête, il ne faisait plus la part des choses. Debout, assis ? Il n’en savait plus rien. Son lit, des draps, tout ce qu’il désirait ardemment.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 21 Juil - 9:30

Je pris Roméo dans les bras... oh, il ne pesait guère plus qu'une plume, fou comme on a de la force quand on est un vampire. Je sentais son poids, mais cela ne posait aucun problème de le transporter. Prudemment, je descendis les escaliers, ouvrit la porte cochère et finalement, débouchait dans la rue où une bise froide et coupante nous accueilli. Roméo ne voulait plus mourir. Roméo voulait rentrer chez lui... Je le déposais doucement sur un banc public en attendant un taxi que ne manquerait pas de lui envoyé la société contactée un instant plus tôt par téléphone. Le blessé avait fini par me donner son adresse et se répétait comme un disque rayé, usé, comme si je n'étais pas capable de comprendre ce qu'il disait. Il ne me regardait toujours pas, visiblement ses yeux vitreux, alcooliques l'en empêchaient. Et une fois à jeun, me regarderait-il enfin ?

*Non... Il m'aura oublié.*

Mes épaules, malgré moi, s'affaissèrent et je ne pus que constaté que désormais, je n'étais plus rien pour personne. A la recherche d'un prince déchu, travaillant pour l'épouse désormais riche et honorée alors qu'il était rejeté comme un paria, acceptant l'emploi car autrement, où aurais-je pu dormir ? sans plus personne pour me protéger mais au contraire devant, nuit après nuit, affronter les regards attentifs des vautours qui attendaient ma chute, certains qu'elle suivrait celle de mon bosse. J'étais si seul. J'aurai tout donné pour un regard amical, mais ne le trouvait nul part. Personne ne m'aidera dans ma quête, ne me soutiendra dans ma mission impossible : aider le prince déchu envers et contre tout ! qu'avais-je espéré ? que cet homme, insouciant, ignorant tout des intrigues vampires, me regarderait comme un nouveau né ? comme l'un des siens ? quel idiot j'avais fait !

Le taxi se gara devant nous et je chargeais mon paquet imbibé d'alcool et sentant désormais le médicament sur la banquette arrière avant de l'y rejoindre et de donner l'adresse d'une voix sèche au chauffeur qui démarra lentement. Sa conduite était douce et agréable, contrairement à celle de son prédécesseur et les lampadaires éclairaient notre route à allure régulière. Deux feux rouges seulement troublèrent la paix de notre voyage et finalement, la voiture glissa contre le trottoir devant chez Roméo. Je payais le taxi en fouillant mes poches, je sais, c'est moche, mais mon boulot payait mal et le changement de propriétaire, après ce qui s'était passé avec mon boss, ne m'incitait pas à demander une augmentation. Je tirai mon paquet de l'habitacle et le portais devant la porte d'entrée. Là, je secouais doucement Roméo qui s'était visiblement endormi :

-
Eh... Un petit effort... tu t'appelles comment pour que je trouve la bonne porte ? et la clef ? elle est où ?

Quand bien même il m'aura donné tout ça, je serai coincé sur le pas de la porte et devrais lui demandé de m'inviter à entrer.

*Quelle plaie !*

Là, tout contre moi, son corps tiède me faisait un drôle d'effet, que je n'aurai su définir, pas de l'amour comme pour une femme, ni de la faim, puisque j'avais trop bu déjà et me sentais limite mal, quoique bien, finalement. Sauf que submergeant tout ce fatras de sensation, l'odeur de médicament était si repoussante que tout le reste s'en trouvait remisé au troisième ou quatrième plan. Un couple d'amoureux gelés passa derrière nous en petits pas précipités, visiblement pressé d'entrer se mettre au chaud.


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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mar 24 Juil - 12:29

Une suite de mouvements, sûrement mais il n’était pas assez présent pour la suivre, il laissait complètement les commandes à son comparse. Entre deux assoupissements, il crut voir le décor bouger. Il restait à savoir si cela était dû à un déplacement ou seulement à ses vertiges mais il ne chercha pas à savoir. Rien que le fait d’aligner plus de deux lignes mentalement l’épuisait. Le sommeil lui épargnait tous les désagréments éthyliques, un coma choisi donc, une hibernation afin de se préserver. Pendant son absence, un fragment de rêve lui agita le cœur et il ne put refouler toute cette vague de frayeur. Aussi quand Mercutio tenta de le réveiller, il manqua de pousser un cri qui se mua davantage en gémissement au final. Même parler relevait de l’effort surhumain –tant mieux il n’en était pas tout à fait un. Il fixa longuement son acolyte avant de percuter le sens de ses gestes et de ses mots. A la suite, il tourna la nuque vers l’immeuble et par miracle, finit par le reconnaître. Face à la liste de noms qui s’alignaient, il chercha dans un premier temps à le pointer tout simplement mais il fut très vite face à son incompétence flagrante. Sa main tremblait trop et sa précision pour le moins affectée, restait complètement douteuse. Il allait devoir délier sa langue – au secours. Ça lui filait déjà la migraine cette histoire. Sa bouche pâteuse refusait presque de coopérer, il déglutit plusieurs fois et lourdement avant d’émettre le moindre son. Heureusement pour lui, seul un nom de famille suffisait, il pourrait au moins économiser un peu d’énergie pour le prénom.

« Fontayn. »

Après avoir donné cette indication nominale, il enfonça sa main dans son blouson mais ses doigts ne désiraient pas fournir un iota de volonté et il se retrouva vite face à l’évidence qu’il ne pouvait plus du tout coordonner ses déplacements – sans blague ? Dans un mouvement rageur, il ôta maladroitement sa veste et l’offrit au vampire. Retirer une couche eut au moins le mérite de faire baisser sa température volcanique. Il se sentait dangereusement fiévreux et nauséeux. Il devait rentrer chez lui au plus vite. Au prix d’un autre effort colossal, il réussit à nouveau à s’exprimer d’une voix toujours aussi rauque et lointaine.

« Clés, poche de droite. »

Le vampire le traîna jusqu’à son appartement – par chance, le bâtiment luxueux abritait un ascenseur. Une fois devant sa porte, il le laissa l’ouvrir avec son trousseau puis il regarda alternativement l’entrée et le buveur de sang. Il fit un pas vers l’avant pour l’inciter à pénétrer dans sa demeure mais la sangsue ne remua pas. Camille se sentait si las, il se décrocha du mort vivant et passa le seuil tout seul. Il ne fallut pas plus de deux pas avant qu’il s’écroule dans son hall près du porte manteau. Il observa son pote depuis sa parcelle et lui offrit un regard suppliant. Mais non, le bougre ne se décidait pas à le suivre à l’intérieur. Il avait peur ou quoi ? Pourquoi un nocturne craindrait-il l’antre d’un « mortel ordinaire » - il ignorait après tout ce qu’il était hein ? Le voleur lui fit signe de venir mais rien. Il allait se décider oui ou non ? Depuis qu’il était assis et surtout enfin entre ses murs, il se sentait déjà un tout petit peu mieux. Il réussit donc à créer deux phrases et à les débiter ! Prodigieux, presque irréel.

« Qu’est-ce que t’attends ? Allez viens entre ! »

Avec un peu de chance ça le débloquerait… Le français rejeta sa tête en arrière dans l’espoir d’écarter les mèches de cheveux qui collaient désagréablement à son front. Il avait besoin de boire … de l’eau. Il voulut ramper jusqu’au frigo, la cuisine se trouvait juste à droite mais il manquait cruellement de vitalité pour accomplir ce dessein. Le fumeur se contenta d’observer les environs bien qu’ils lui étaient plus que familiers. L’avantage de cet appartement c’était qu’il ne dévoilait absolument rien sur lui, il était quelconque. La modernité du matériel, la surface plutôt impressionnante dont il disposait et le confort général témoignaient de son appartenance à la classe bourgeoise ou du moins prouvait-il qu’il était plus que fortuné. Mais la déco rendait l’endroit impersonnel, dans des gammes de teintes froides du blanc au noir en passant par le gris. Volontaire de la part de l’oiseau, il ne voulait pas qu’on devine qui et ce qu’il était. Ca tombait bien vu qu’un étranger aux intentions obscures allait s’engouffrer ici. Une raison supplémentaire de ne jamais rien laisser de ses magots chez lui. On ne pouvait pas faire le lien entre le riche héritier et le Robin des bois. Enfin à part en ayant un flair canin ultra développé et des contacts avec la police – en gros, il n’y avait bien que Tanwen pour le retrouver à partir d’un seul indice. Mais n’atterrissons pas encore sur ce sujet épineux qui aura valu au volatile de se retrouver dans cet état pitoyable.
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Mer 25 Juil - 9:20

J'entendais leurs pas précipités derrière moi et souris en devinant ce qu'ils pourraient bien faire en rentrant : se déshabiller, prendre une douche, et puis ? ah ah ah... ou seulement boire une soupe en sachet, bien brûlante. L'odeur de ce truc de célibataire me revint en mémoire comme çà, brutalement, et je l'appréciais, me souvenant vraiment du goût, du bienêtre qu'on ressentait en buvant ce truc qui paraissait infâme à ma mère. Pour moi, il avait le goût de l'indépendance, de ma période d'étudiant en résidence universitaire, de mon premier logement bien à moi, lorsque, jeune inspecteur, je faisais mes premiers pas dans la "vraie" vie, le monde des adultes. Je posais l'homme sur ses pieds, le temps de trouver le moyen d'entrer chez lui, enfin, s'il arrivait à me dire son nom, quoi... Moi aussi j'avais ramené des "copines" chez moi, enfin, quelques unes, car je n'étais pas un grand tombeur, même si je n'avais pas eu la chance de trouver la bonne, celle qui serait restée rien que pour moi.

Les yeux mornes et délavés de mon "paquet" me firent douter de sa capacité à me répondre, mais il finit par articuler "Fontayn"... Je cherchais et trouvais le nom, puis sortis les clefs de la poche de la veste que Roméo me tendait :

-
Tu vas choper la mort... rentre.

A peine avais-je ouvert la porte que je repris Fontayn dans les bras pour le monter jusque chez lui : on aurait mis trop de temps autrement. Je me fis l'impression d'un fauve montant une gazelle sur une grosse branche d'arbre pour déguster tranquillement son festin (j'avais renoncé à l'ascenseur, préférant la lenteur rassurante des marches).

*Beuuuurk ! *

La seule idée de boire encore me souleva l'estomac, sans compter l'odieuse et tenace odeur de médoc que Roméo dégageait : un vrai répulsif. Fontayn de nouveau sur pieds, bien que titubant, j'ouvris la porte, clac, clac, dont le verrou sonna à chaque tour de clef et la poussait : Fontayn entra chez lui, hors d'atteinte de mes crocs, un peu comme si la gazelle était montée d'elle-même dans des branches trop fines pour que le fauve ne puisse l'y suivre. Il me regarda, hébété, avant de m'inviter à le suivre. Comme j'hésitais, peut être par peur d'être tenté de revenir une autre fois, et je n'aurai plus besoin d'invitation pour pénétrer ici, il insista :

Qu’est-ce que t’attends ? Allez viens entre !

Je haussais les épaules : il l'aura voulu, car après tout, il sait que je suis un vampire... pourtant, il m'invite. Je franchis le seuil, prudent, comme si le ciel allait me tomber sur la tête... Mais il ne se passa rien. Immédiatement, je captais toutes les odeurs de l'appartement, puis mon regard scruta les alentours : ce type avait du blé !!!! Perso, je détestais ce type d'intérieur froid et impersonnel. Je trouvais que ça faisait "hôtel de passage". Je fis quelques pas, vis la cuisine à droite, ouvrit une porte : les toilettes, une autres : placard, la troisième fut la bonne : salle de bain. Je sais pas pourquoi, mais j'avais envie de cela, me retournais vers Roméo et sans prévenir, fondis sur lui, le débarrassais de ses vêtements et quand, nu comme un ver, je le douchais à l'eau froide, je fus super content. Ensuite, sans qu'il puisse échapper à ma poigne, je le séchais, le repris dans les bras, cherchais et trouvais sa chambre et le couchais sans autre forme de procès. Le réveil indiquait quatre heure du mat'. Je soupirais : ce que le temps passais vite ! même pour un immortel. J'avais perdu ma nuit pour retrouver William, et, en regardant Roméo, je doutais avoir trouvé un ami, même si, de mon point de vue, je l'avais traité comme tel, en le lavant avant de le coucher d'office.

Je me laissais tomber sur une chaise pour le regarder dans son plumard... en regardant la porte de la chambre restée ouverte, je me dis que je devais y aller, avant que le jour ne se lève... mais... j'aurai tellement voulu un ami, cette nuit... Me raccrocher à cette épave me parut pathétique... Non ! puéril. C'était une faiblesse impardonnable de la part d'un vampire : s'accrocher comme ça à son humanité... je murmurais :

-
Dis... t'en as du fric... tu bosses ou c'est tes parents ?

Lui au-moins pouvait inviter sa maîtresse, c'était bien, ici, clair et tout. Pas comme mon deux pièces miteux que j'avais même du mal à payer avec ma paye de videur à trois francs six sous...
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MessageSujet: Re: It never gets better anyway [Livre 1 - Terminé]   Sam 28 Juil - 1:05

Enfin, Mercutio osait franchir le seuil ! Bien. Ainsi il pourrait peut-être… Peut-être quoi ? Un battement de cil, ou deux mais aucune suite. Aucune idée. Si quelqu’un a suivi le fil de ses songes qu’il s’exprime maintenant ou se taise à jamais. Le silence ? Parfait, ça le rendait apathique à tel point qu’il en oubliait presque son état maladif. Il crut vaguement sentir un bras mais tout devint à la limite du néant quand ses jambes le portèrent vers de nouveaux cieux. Le moment entre lequel il s’était vautré dans le hall et le moment où il atterrit dans ses draps devint un de ses fameux moments d’absence aberrant. Sommeil, déconnection, appelez ça comme vous voulez. Il ne se souvenait vaguement que de l’eau glaciale qui l’avait reçu sur la tête. Il devait bien avoir injurier la source en français et tenter d’éloigner le jet. Toute cette agitation lui paraissait tellement lointaine qu’il ne voulait même plus tenter d’en grappiller le souvenir nébuleux. Au moins, le contact des couvertures contre son corps eut le don de l’apaiser à défaut de réellement dissiper tout ce mal être qui pourrissait dans ses entrailles. Il resserra ses paumes sur les étoffes qui ornaient son lit. Plus jamais d’alcool, promis. Vous y avez cru ? Non, il n’en était pas encore au stade où il se mettait à proférer des serments qu’il violerait presque aussitôt. Il s’enroulait dans le textile et cala sa tête sur son oreiller. La sécurité et le confort opéraient déjà sur son métabolisme, il se sentait prêt à enlacer Morphée, pour de bon. Puis une voix caverneuse l’extirpa du sentier tracé adroitement par la Fée du Repos. Camille en fit un bond et se redressa. Le vampire était donc toujours là ? Ah, il ne s’attendait pas à ce que son pote de beuverie vienne le border. Quelle gentille attention ! Un peu glauque, certes – avoir un mort vivant inconnu qui vous surveille dans un coin n’a rien de réellement rassurant mais néanmoins, aimable. Enfin, s’il pouvait cesser d’harceler son esprit aussi abimé qu’épuisé… Ça serait encore plus sympathique ! Mais on ne peut pas tout demander hey !

« Mes parents. Ils n’ont pas un rapport très sain avec l’argent. »

Ces mots semblaient être sortis de sa gorge et pourtant, il aurait juré que c’était un autre mec qui venait de dépiter ses paroles incohérentes. Depuis quand nourrissait-il une opinion pareille à l’égard de ses géniteurs ? Y avait-il une profondeur à cette aberration ? Oh et zut, un psychiatre le savait sans doutes mais lui n’allait pas se mettre à analyser ses dires un soir où il ne savait même plus aligner ses pieds sur le plancher. Le riche héritier fixa son regard brumeux sur son acolyte qui semblait avoir pris place sur la seule chaise qui peuplait la pièce. Il lui sourit alors avant de dégager les affreuses mèches de cheveux humides qui lui collaient au front.

« Merci Merc’, t’as été un vrai pote. Je te rendrais la pareille dès que je pourrais.»

Pouah, parler autant lui avait lacérer la gorge. Ah oui, il avait soif, juste. Il songea une seconde à reprendre la route vers la cuisine mais à peine eût-il mis un orteil hors de sa couche que plusieurs choses l’obligèrent à se raviser. Tout d’abord comment avait-il fini nu ? Il ne voulait pas se pavaner devant cet étranger sans rien sur le dos – ah oui, il venait de passer d’ami à inconnu, la pudeur vous comprendrez. Puis, la voracité de ses hauts le cœur le forçait à ne pas abuser d’efforts physiques sans compter toutes ses petites douleurs corporelles et les vertiges permanents. Bref, pas envisageable. Pour la première fois de la nuit, il eut une réaction décente, il se remit au creux de ses coussins mais ne quitta pas le buveur de sang des yeux.

« Tu peux me rendre un dernier service ? Un peu d’eau, s’il te plaît. Je t’aurai bien offert un Tru Blood mais je t’avoue que j’en ai pas en stock, pas l’habitude de recevoir des invités aussi…. Enfin tu vois. »

Aussi… mort, voilà ce qu’il aurait voulu dire, même si cet aspect ne l’avait jamais dérangé pas aujourd’hui & pas hier non plus. Il n’avait vraiment rien contre les nocturnes, au contraire. Mais inutile que Mercutio entende ça, pas vrai ? Le fumeur colla sa joue contre un oreiller proche qui était plutôt froid. Sa tête bouillonnait, il n’aimait pas ça. Sans parler de cette nausée qui continuait de l’emmerder. Les promesses du lendemain se faisaient bien âpre, la gueule de bois assurée. Boh, heureusement pour lui, il n’avait pas d’horaire à respecter donc… Il s’en remettrait bien hein. Le volatile posa son regard sur l’heure avant de revenir sur son invité un peu anxieux – oui, ce terme ne s’accordait décidemment pas avec le métamorphe mais ce soir, il n’était pas dans son état normal, il n’était plus lui-même.

« Merc’ ! Surveille l’heure ! Tu dois pas te mettre en danger ! »

S’il avait pu, il l’aurait secoué à l’instant même pour le ramener à la raison afin qu’il regagne cave, cercueil ou ce qu’il voulait mais qu’il réussisse à se mettre à l’abri du Soleil à tout prix ! Il ne voulait pas commettre un homicide involontaire, ici dans cet appartement tout ça parce qu’il retenait sans le vouloir un pauvre type qui voulait l’aider. Brrr vivre avec ça sur la conscience. Dans une sorte de panique interne à ce sujet, l’oiseau s’empara d’un de ses coussins et le balança sur son comparse. Evidemment, il loupa sa cible à cause de sa faiblesse et de son ivresse. L’objet atterrit quelque part entre sa commode et la vitre.

« Hey ! Faut que tu partes avant que le soleil se lève ! »

Au moins, il ne pouvait être plus clair à ce sujet. Non mais voir un vampire se décomposer… Ah non, non, non, il ne pouvait le tolérer.
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