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When the stars go blue [Livre II - Terminé]
MessageSujet: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Sam 21 Sep - 22:12

Avec fin août vient la rentrée des cours. Hayden s’approchait de cette fatalité avec une aisance impressionnante. La raison : il donnait des cours d’été, du coup il n’arrêtait jamais vraiment le boulot. Alors, actuellement, contrairement à ses compères, il était préoccupé par bien des choses, mais complètement différentes de l’université. Camille. Voilà ce qui retenait toute son attention. Quelques jours plus tôt on Mary avait autorisé sa sortie de Wolf heaven et Hayden avait comme ordres de le protéger. Seulement comment protéger quelqu’un efficacement quand on ne l’a pas tout le temps sous les yeux ? Le loup était surement bien trop protecteur, mais Camille était son meilleur ami, et surement l’un de ses seuls amis à connaître qui il était vraiment. A savoir que derrière cette carapace d’homme je m’en foutiste et charmeur se trouvait un individu à la psychologie compliquée et observatrice, mais surtout un homme avec beaucoup d’espoirs pour l’humanité. Trop même. Espérer la paix inter race à l’heure actuelle des choses relevait surement de la pire des folies, pourtant, Hayden l’entretenait. A la fois dans son quotidien mais aussi dans ses cours qu’il donnait avec passion.

D’ailleurs, c’était ce qu’il faisait actuellement en enseignant à Mademoiselle Gillian, comment évoluaient les Egyptiens au temps des pharaons et la signification de leurs rituels ainsi que l’impact de l’étude de cette civilisation sur la civilisation actuelle. Un sujet fort passionnant, qu’il appréciait plus que tout et qu’il enseignait toujours avec passion quel que soit le nombre d’élève dans son cours et le fil de ses pensées. La preuve, il n’avait qu’une hâte, finir sa journée pour aller voir son ami et en profiter pour lui ramener sa voiture. L’avantage d’être un loup. On pouvait se transformer et profiter de l’air pur pour aller plus vite.

~~~~~

17h00. La journée se finit en beauté et avec un beau vingt sur vingt donné à son élève qui avait tout compris. Il aimerait en avoir plus des comme ça, malheureusement, pendant l’été venaient que les élèves qui rataient leurs partiels conventionnel. Rares étaient les passionnés. Bref, il pouvait désormais se rendre à Wolf, déposer ses affaires, récupérer la voiture de Camille et se rendre chez lui. Avant toute chose, il prit une douche bien méritée. Il ne savait pas exactement ce qu’il ferait de sa soirée, mais après être passé voir son ami, il sortirait surement histoire de se détendre. Sachant que chez Hayden, détente égale à drague. Souvent en tout cas.

Toc.Toc. Toc. Il était 18h00 et Hayden n’avait pas prévenu. Il aurait peut-être dû. Mais il n’avait pas pris la peine tout simplement parce qu’il aimait bien les imprévus, c’était durant ces instants là qu’on s’amusait le plus bien souvent. C’était sans compter sur les impondérables bien sûr, ou bien les notions éventuelles de famille ou couple. Hayden n’avait jamais réalisé que Camille ne draguait plus depuis quelques temps.

Toc. Toc.Toc. Personne ne répondait. Peut-être n’était-il tout simplement pas chez lui. Pourtant le loup voyait les lumières. Il se mit alors à laisser libre court à son odorat. Il sentait plusieurs effluves mais pas vraiment distinctement. En tout cas il aurait mis sa main à couper qu’il y avait plusieurs personnes entre ces quatre murs. Qui d’autre ?

Soudain la porte s’ouvrit et Hayden accrocha son sourire Colgate aux lèvres pour montrer à quel point il était ravie de cet instant.
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Sam 21 Sep - 23:45




When the stars go blue.

Les choses vont en s’améliorant. Je perçois quelques petites notes assez positives qui annoncent un mieux et pas que d’un point de vue purement médical me concernant. Rebecca me semble doucement retrouver un peu plus d’entrain, un peu plus de couleurs. Ou bien c’est mon esprit qui l’invente de toute pièce pour que j’arrive encore à rester optimiste. Les jours déclinent et le 30 approche. Mettre les choses à plat et au clair avec les miens sur le fond n’est pas le plus stressant – nous en avions vu d’autres. Laisser Becky seule en sachant que je pourrais très bien me refaire attaquer au cours de cette réunion, l’est bien plus. Nous sommes en plus petit comité et aux aguets compte tenu des récentes attaques mais néanmoins, il y a une part d’imprévu que je sais ne pouvoir contrôler. Dans mon état, je ne peux même pas me transformer. Je dois m’appuyer sur les autres et il n’y a rien de plus frustrant que ça. L’impuissance et l’incompétence devant assistance. Je fais un piètre leader et même si je tente de me distraire pour mon bien – et par extension celui de ma copine, ce fait revient régulièrement me marteler le crâne avec son implacable réalité. Je ne suis pas fait pour ça. Je n’ai pas la carrure, je n’ai pas voulu que ça me tombe dessus et finalement, je vais seulement nous conduire droit dans un mur avec juste sept années de retard. Mes angoisses affluent et me désertent à intervalles quasi réguliers. J’ai réussi à préserver ma jolie brune jusqu’ici de cette remise en question complétement destructrice et espère pouvoir tenir la distance jusqu’au trente. Je sais que tout ça la travaille autant que moi. Je suis déjà complétement anéanti à la simple idée de devoir la laisser seule avec ses craintes et mes incertitudes. Mais il le faut. J’ai déjà fait trop souvent passer ma vie privée avant ma place au sein de la communauté ces derniers temps. Alors je me suis juré de ne jamais en arriver là. Mais bon il y a des phénomènes qu’on ne peut s’expliquer ou même excuser. Rebecca en est un.

Il faut dire que depuis son retour, tout s’est accéléré. L’avoir perdue de vue a significativement augmenté la valeur de sa présence ou du moins, me l’a-t-elle révélé quand je me butais à fermer les yeux pour ne pas le voir. Et puis, il y a eu la séparation. Elle a dû partir deux fois pour que je réalise la place qu’elle pouvait prendre. Je le réalise là maintenant ? Non, c’est faux. J’ignore encore tout de ce que je peux mobiliser, l’espace que j’ai à lui offrir. Il me semble que toutes mes limites ont été franchies. Nous sommes déjà bien loin, au-delà des sentiers battus. Je ne peux plus rien affirmer. Juste que nous sommes ensembles et qu’après la série de catastrophe ainsi que ma presque-mort, je ne veux pas passer un seul jour sans elle. Ça finirait sûrement par passer ou peut-être. Je ne me pose pas de questions à ce sujet pour le moment. Seule importe, notre convalescence commune d’un point de vue émotionnel et physique. Le reste peut attendre. Le plus urgent, c’est de se rééquilibrer. Ma conscience bosse pas mal là-dessus et même dans mes instants d’égarement, je veille à ne pas trop perdre le Nord. J’ai envisagé les pires scénarios possibles cela dit sur ces derniers jours pour en arriver à la conclusion que je ne peux rien faire dans plus de la moitié des situations. Parce que tout simplement, la plupart des décisions ne sont pas de mon ressort. Mon ancienne voisine me jauge, je lui souris légèrement en veillant à effacer la ligne qui barre mon front. C’est un combat constant et épuisant que de lutter contre mon esprit et mon apparence. Je veux la protéger à tout prix de ce que je suis.

J’effleure ses lèvres avant de la laisser filer sous la douche. Il est bientôt 18h00 et je profite de son absence pour fureter du côté des offres d’emploi sur mon pc portable. Rien de concluant jusqu’ici. Des boulots minables, pas bien payés, presque dégradant. J’envisage par deux fois, de postuler dans des boîtes en faisant valoriser ma licence oubliée mais le simple fait d’atterrir là où je n’ai jamais voulu finir – derrière un bureau, me répugne. Avoir parcouru tout ce chemin pour en arriver là risque de me déprimer. Vraiment. Je soupire devant mon absence de perspectives professionnelles avant que quelqu’un ne sonne inopportunément à la porte. Je hausse un sourcil et regarde machinalement par-dessus mon épaule. Rebecca n’est pas encore là. Je me lève péniblement après la deuxième sonnerie en me passant une main distraite sur la cage thoracique. Les lacérations me tiraillent moins mais l’épaule, même si je me force à la remuer bien plus, ce n’est pas encore la grande joie. J’ouvre la porte pour accueillir avec surprise un visage familier. « Ah ben, Hayden ! » Son rictus franc et bien à lui m’arrache un léger sourire. Il ne prévient pas toujours et si d’ordinaire, cela ne pose pas problèmes, ma situation a évolué désormais. J’essaie de gérer mon malaise à l’idée qu’il rencontre et sache pour Becky. Je suis stupide, les gens finiront par le savoir. J’aurai peut-être juste voulu qu’on commence avec Alan et Kate. Plus facile ? Sûrement pas mais dans la logique. Non, je ne suis surtout pas préparé à ça. Mais il est là et je ne peux pas lui claquer la porte au nez alors qu’il est sûrement venu pour prendre de mes nouvelles. Je me décale en ajoutant sur le ton de la plaisanterie. « T’es venu t’assurer de ma survie ? » Je ne pense pas qu’il vienne de la part de la Lupa. Je n’espère pas… « Entre, je t’en prie. » Mes yeux fouillent déjà le coin droit de la pièce principale, la porte de la salle de bain. Elle doit avoir entendu ma voix et comprit que quelqu’un venait d'arriver. Faites qu’elle ait compris.



Dernière édition par Camille Fontayn le Lun 23 Sep - 19:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Lun 23 Sep - 18:46




When the stars go blue.



L'eau ruisselle sur mon visage tendu vers le ciel. Les yeux fermés, je profite de cette petite parenthèse de détente et de la chaleur des gouttes d'eau qui glissent sur ma peau, entraînant avec elles ce qu'il reste de mes soucis. Mes traits s'apaisent, mon dos se détend. Ces derniers jours avec Camille m'ont aidé à retrouver un peu de sérénité. Peut-être parce que nous sommes de plus en plus proche, parce qu'il s'ouvre davantage à moi, même si ça lui coute. J'ai vraiment l'impression que notre relation évolue à une vitesse fulgurante depuis notre séparation. Ça devrait me faire peur, mais ce n'est pas le cas. C'est presque normal, naturel. J'ai toujours espéré qu'il en serait ainsi, même si je me rends compte aujourd'hui que je n'avais jamais réellement imaginer que ça puisse arriver. Je m'étais battue tout en croyant que ça n'arriverait jamais. Dieu seul sait comment je suis arrivée à ce miracle, encore que pour être honnête je doute qu'il s'agisse de mon œuvre. Je n'ai pas cette prétention. C'est Camille qui a évolué, qui a changé. Il s'est découvert une force que ni lui ni moi ne soupçonnions et chaque jour passé auprès de lui est d'un véritable réconfort. Pourtant, le spectre de son départ plane sur nous et je redoute la date fatidique du 30 août qui se rapproche inexorablement.  Nous ne nous sommes pas quittés ces trois derniers jours et envisager une séparation m'est encore intolérable. Je ne veux pas y penser et je fais tout mon possible pour me distraire. Camille m'y aide fortement. Nous savons, sans avoir besoin d'en parler, que cela va être difficile pour nous deux, mais il faudra bien que l'on reprenne une vie normale un jour ou l'autre. Et une vie normale implique qu'on ne peut pas passer 24h sur 24h 7jours sur 7 avec la personne qu'on aime. Nous devrons en passer par là, nous n'avons pas le choix, alors nous y arriverons...

J'entends des voix dans le salon et intriguée, je mets fin à ma douche et éteint le robinet en tendant l'oreille. A priori, Camille n'est pas tout seul. J'espère pour elle que ce n'est pas cette fichue voisine ! Comme si je n'avais pas été assez claire la dernière fois !
Je me sèche rapidement et enfile un jean et un tee-shirt à manches longues. Je me maquille en vitesse, m'attache les cheveux en un chignon lâche et ouvre la porte de la salle de bain pour rejoindre Camille : "Tu as de la visite ?"
Mon regard croise celui de mon petit-ami et glisse vers celui de son interlocuteur. Mon sourire se terni légèrement sous la surprise et je me fige soudain au beau milieu du salon en reconnaissant ce visage que je n'ai pas vu depuis des années. Je ne m'attendais pas à le revoir un jour, en réalité, surtout pas ici.
"Hayden ?"
Mon Dieu cela fait combien de temps ? Sept ans ? Comme dans un mauvais film, je revois en flashback des scènes de mon passé, de notre passé à Hayden et à moi. Je revois notre rencontre dans ce petit bistro où j'étais serveuse, je revois son flirt assidue, nos débuts, sa passion pour l’anthropologie, sa fascination pour les créatures surnaturelles, notre rupture. Tout, tout me revient en mémoire alors que mon esprit carbure à toute allure. Sa présence n'a pas de sens mais mon subconscient sait qu'elle représente un problème. Hayden est un loup et il connait Camille. Hayden est un loup et il connait mon secret. Hayden est mon ex petit-ami et il est ami avec mon petit-ami... Au secours ! Quelles étaient les probabilités pour qu'une telle chose arrive ? Je suis maudite, MAU-DITE ! Ou c'est un cauchemar tout simplement...

Consciente que ma réaction doit paraître étrange, je comble l'espace entre Camille et moi et glisse mon bras autour de sa taille pour m'entourer de sa chaleur rassurante. Je suis sous le choc. La présence de ce fantôme de mon passé me rappelle que rien ne sera résolu tant que Camille ne connaîtra pas mon secret. Tant que je craindrai que quelqu'un le dévoile à ma place, tant qu'il y aura ce risque, je ne serai jamais totalement rassurée en présence d'étrangers. Il y a trop de paramètres hasardeux pour que je me sente en confiance. J'espère simplement qu'Hayden ne fera pas d'impaires... en attendant, je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'il fait là et quelle est sa relation avec mon petit-ami en titre... Etait-il avec lui le soir où il s'est fait attaquer ? Vient-il prendre de ses nouvelles ou l'achever ? Je frissonne et resserre machinalement mon étreinte. Je ne peux même pas lui demander ce qu'il fait là car cela est sûrement en rapport avec ces informations que Camille n'est pas encore tout à fait prêt à partager avec moi... Je suis perdue. Et surtout, je ne suis pas chez moi, alors je ne dis rien et je laisse aux deux hommes le soin de m'expliquer la situation. Ou pas....





Dernière édition par Rebecca Scott le Mar 22 Oct - 20:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Dim 29 Sep - 19:24

Hayden et ses sourires Colgate. Il en avait pour tout le monde et tant qu’il en arborait un nous n’avions rien à craindre, il agissait en tant qu’ami ; il était parfois dur de cerner ce loup qui était plus observateur et objectif que passionné et amoureux, mais quand on le connaissait on savait tout de suite la raison de sa présence ou bien ce qu’il voulait obtenir par tel ou tel geste ; il n’était pas prévisible mais il avait des comportements explicites. Il avait d’ailleurs engagé un geste pour prendre Camille dans ses bras avec une accolade qui se voulait masculine, cependant il n’avait aucune idée de où en était la cicatrisation alors il s‘était vite ravisé optant pour une bonne poignée de mains.

« Et bien si j’avais dû cogner une nouvelle fois je me serais posé de sérieuses questions mon ami. Comment vas-tu ? »

Il emboita alors le pas à Camille vers l’intérieur de son antre. Il était vrai que le loup n’avait pas spécialement l’habitude de prévenir de sa venue, mais cette fois ci il y avait une part de méditation dans le sens où il voulait protéger son ami de la meilleure façon qui soit et ils avaient bien convenus de se prévenir l’un l’autre des déplacements de chacun pour agir en conséquence.  C’était une façon de tester Camille. Cependant, la première chose qu’entendit Hayden en entrant dans la pièce fut l’eau de la douche qui heurtait les parois.

« Oups, pour le coup j’aurais peut-être dû t’appeler avant. Alors t’as ramené une jolie petite demoiselle ? Future Fontayn ? «

Il n’y avait rien de moqueur dans la voix d’Hayden. Il s’informait. Il désespérait de voir Camille avec la bonne. Il n’attendait que ça pour cet ami qui méritait un peu de bonheur, ces derniers temps ayant plutôt été funestes.  Lui-même savait qu’il ne finirait pas ses jours avec une belle petite famille, du moins il en doutait fortement, cependant il espérait, et il savait que pour Camille avec qui il avait passé de nombreuses soirées au bar à épiloguer sur les nanas qui les entourait c’était plus son destin. La famille faisait partie de lui. C’était ainsi que l’anthropologue qu’il était lavait toujours ressenti.
Par contre il n’avait pas ressenti que ce serait avec…

« Becca ? »

Le choc. Son ex. Cela faisait sept ans. Sept ans qu’ils avaient eu cette histoire achevée de la plus stupide des manières mais qui n’aurait de toute façon pas pu durer de par leurs caractères et leurs espérances ainsi que leur nature des plus opposés. Cependant, Hayden, non content de la revoir ne put s’empêcher de s’approcher et de la prendre brièvement dans ses bras, dans une accolade qu’il avait l’habitude d’offrir à Camille.

« Ça fait un moment !!  Content de voir que tu vas bien ! Alors comme ça tous les deux, vous nous prévoyez une équipe de football ? »

Hayden et son tact légendaire. Un nouveau sourire Colgate vint s’ajouter à sa réflexion avant qu’il ne se tourne à nouveau vers un Camille aux allures étranges pour le coup.

« Tu ne pouvais pas choisir meilleure fille Camille ! Je vous souhaite longue vie, prospérité et tout ce qui va avec ! »

Le loup enthousiaste, Absolument pas, ce n’était qu’une illusion crée par un taux de testostérone trop élevé ? Impossible ? Bon d’accord, il était content pour eux parce qu’il avait bien vécu sa séparation d ‘avec Becca, sept ans auparavant et qu’elle était, à l’époque une fille géniale, et il en était de même pour Camille, ils ne méritaient donc que ça. Il préférait en plus savoir son meilleur ami avec quelqu’un qu’il connaissait qu’une parfaite inconnue sortie d’on ne sait où.
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Dim 6 Oct - 11:38




When the stars go blue.

Comment peut-on en arriver à craindre trois petits mots aussi innocent et pourtant aussi écorchant ? Cette question commence sérieusement à devenir redondante et légèrement pesante. Ce n’est pas comme si je pouvais lui offrir une réponse sincère de toute façon. Enfin, je pourrais mais je n’en ai pas envie. Dans l’absolu, ça va mieux, non ? Je ne sais pas, je ne sais plus parce que quand je le fixe, ce sont les souvenirs de Wolfheaven qui défilent dans ma tête. Ce n’est pas de sa faute, il fait juste parti de la meute. Je m’accroche à son sourire en essayant de refreiner cet amalgame de sensations négatives et le laisse entrer bien entendu en marmonnant. « Ça va. Et toi ? » Il atterrit dans la pièce principale et moi, je me contente de compter dans ma tête les secondes en songeant à cette bombe à retardement qui va sous peu exploser ici-même. J’exagère ? Si peu, ce n’est pas absolument pas dans mon tempérament. Comment on est censé présenter sa copine d’ailleurs ? Mon esprit devient opaque quand il engendre déjà cette discussion. Je ne suis pas habitué à parler de ça, à parler tout court mais de ça plus particulièrement. Je ne suis même prêt à le vivre. La trouille reviendrait Fontayn ? De toute évidence, oui. Je ne peux pas rentrer dans ce jeu. Non, si ? Ce n’est pas une fille de passage. Je me crispe malgré moi et ne trouve absolument rien à rétorquer. Moi qui pensais que ça ne pouvait pas être nerveusement pire. Je me trompais sur toute la ligne. Je reste donc là muet comme un abruti à sourire à défaut de pouvoir parler quand Rebecca débarque. Quand elle reconnait et prononce le prénom d’Hayden malgré moi, mon cœur se met à accélérer. C’est ridicule n’est-ce pas ? Mais c’est quand même le délire, Makayla et maintenant lui ? « Eh bien, le monde est vraiment petit. » Trop petit, je me sens à l’étroit ici quand je vois le visage de mon ami s’illuminer brièvement.

Il la prend instinctivement dans ses bras et une part de moi s’interroge, une autre se morcèle en plusieurs parts perplexes. Et ce qu’il reste ? Il vaut mieux ne pas le mentionner. C’est absurde, tellement absurde. Les derniers vestiges de mon rictus meurent cependant. Les femmes et lui… Je connais ce chapitre. Je le connais lui et je la connais, elle. Sa façon de venir de coller à moi juste derrière est plutôt parlante. J’ai l’irrésistible envie de la repousser parce que ça me met hors de moi. Elle n’a pas besoin de… C’est excessif, c’est… Tout s’emmêle dans ma tête pour changer et je me raidis malgré moi. La réplique du loup me fait serrer la mâchoire. Je ne sais plus ce qui est le plus grave là que je sois en face de quelqu’un qui compte à devoir lui présenter Becky ou leur passé nébuleux potentiellement à deux. Ce qu’il ajoute me fusille sur place. L’oiseau soupire devant mon appréhension et la violence de ce qui s’agite déjà en moi. C’est un ami proche. Et tu ne sais rien. Arrête d’anticiper. Mon réflexe fut de poser mes doigts sur mon poignet et je me rappelle alors que oui, j’ai retiré ce foutu bracelet. Quelle ironie. J’essaie de me gifler mentalement. Je ne peux pas rester aphone même si ce n’est pas l’envie qui me manque. Je bredouille à mi-chemin entre plusieurs émotions « Merci. » Merci ? Qu’est-ce que je peux ajouter à ça ? Je veux savoir. Non, je ne veux pas savoir. Mais c’est étrange de ne pas leur demander, non ? Quelque chose me dit que c’est mieux de ne pas connaître les faits. « Tu peux t’asseoir.. » Même si j’ai plutôt envie de me barrer d’ici, de me faire un trou et d’arrêter de penser. Bordel Fontayn ! Tu es puéril. Je désigne les fauteuils d’un coup de tête avant de m’écarter de Rebecca parce que ça m’insupporte sa façon de me serrer. C’est un peu de la grosse démonstration comme si il fallait … Prouver quelque chose et je trouve ça terriblement déplacé. Je suis presque impassible quand je demande à mon invité. « Tu veux boire quelque chose ? » Il doit me rester du whisky quelque part. Je vais en avoir besoin si on continue cette discussion. Je me dirige vers les placards parce que j’étouffe inconsciemment entre eux deux - excessif ? Probable. J’utilise et lève complétement stupidement mon bras droit pour ouvrir l’armoire. La douleur me fait me mordre la lèvre et fermer les yeux. Heureusement je suis dos à eux. Je fais retomber doucement ma main droite contre moi. Super. Je suis un con ridiculement jaloux avec une épaule déchiquetée. Jaloux ? Je pense que ça ne sert à rien de se voiler la face.

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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Dim 6 Oct - 15:13




When the stars go blue.



Oui le monde est petit, trop petit, incroyablement trop étroit et étriqué. Je me sens tout à coup de trop dans cet appartement.
Je suis encore sous le choc lorsque Hayden vient brièvement me serrer dans ses bras.
Je bredouille, mal à l'aise : "Oui.. ça fait un bail… " Je ris nerveusement lorsqu'il parle d'équipe de foot et rejoins Camille. Son visage s'est refermé et je le sens tendu. Super… exactement ce dont nous avions besoin, comme si tout n'était pas déjà assez compliqué. Qu'est-ce qu'il prend à Hayden de parler de gamins en plus ? Camille va flipper encore plus et ce n'est vraiment pas le moment.  "On en est pas encore là !" Non, on en est même très loin. Ca fait à peine un mois qu'on est officiellement ensemble et Camille a disparu pendant 10 jours… on est loin de l'image du couple modèle et stable...
Le compliment d'Hayden me met mal à l'aise et je suis presque reconnaissante de ne pas pouvoir voir le visage de Camille à cet instant. Je force un sourire sans faire de commentaire alors que mon petit-ami le remercie d'une voix étrange. Je grimacerai presque tant je sens, viscéralement, que tout ça risque de nous emmener droit dans le mur.  
Alors qu'il invite Hayden à s'asseoir, Camille s'éloigne de moi dans un mouvement que j'identifie tout de suite comme une fuite et ça me fait mal. Je croise les bras sur ma poitrine et recule jusqu'à être adossée au mur, comme pour prendre moi-même mes distances avec tout ça. La situation est affreusement gênante. Mon ex, mon actuel, tous nos secrets mélangés là au milieu… c'est forcément mauvais, ça va forcément mal finir… il faut que je…
Je me mords la lèvre en voyant Camille utiliser son bras droit et détourne les yeux pour ne pas qu'il remarque que je l'ai vu. Il ne veut pas que je le materne, il ne veut pas que je sois témoin de ses faiblesses. Je l'ai compris, et même si c'est dur pour moi, je fais au mieux pour respecter ça. Mais malgré moi, son comportement m'agace. Est-ce que c'est ma faute si Hayden débarque là ? Je ne crois pas non ! Je ne lui ai pas adressé la parole depuis 7 ans ! De quel droit Camille réagit-il comme ça ? Est-ce que je lui ai donné la moindre raison de craindre quoi que ce soit ? Bon sang, je lui ai avoué que je l'aimais ! De quelle preuve supplémentaire a-t-il besoin ? Je ne vais pas le quitter, surtout pas pour un autre, encore moins pour Hayden ! Je reporte mon attention sur ce dernier.C'est un loup, et il y a fort à parier qu'il a un lien avec ce qu'il s'est passé et la blessure de Camille. Ils ont l'air ami, en tout cas. Je pourrai me contenter de me taire mais tandis que Camille nous tourne obstinément le dos, je décide de tenter le coup, innocemment : "Tu as l'air en forme en tout cas. C'est dingue, cette coïncidence... Ça fait longtemps que vous vous connaissez Cam et toi ? Comment vous vous êtes rencontrés ?"
Et bien quoi ? On ne sait jamais… j'aurais peut-être une info intéressante à me mettre sous la dent. Et puisque mon petit-ami avait décidé d'être associable, l'un de nous devait bien faire la conversation.



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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Mer 9 Oct - 13:15

« Ca ne va pas parce que je sais que tu me mens. »

Hayden n’était pas anthropologue pour rien. Il avait passé de longues minutes à observer son ami et il avait lu au premier regard après sa question que la réponse relevait plus du négatif que du positif.

« Mais je ne t’obligerai pas à parler. »

Les dés étaient jetés. Le loup était honnête. Pourquoi forcer quelqu’un à dire la vérité. Mentir sur son état était une manière de se protéger et il respectait ça. Pourtant il avait tenu à lui montrer qu’il savait qu’il en était tout autre. Bref, il entra avec joie dans la demeure de Camille, dans le but de voir si tout allait plus ou moins bien et surtout peut être celui de le divertir avec une petite soirée entre potes. Mais non, c’était foutu ! Une femme s’était immiscée entre eux. Et quelle femme ! Hayden était content de la revoir, même après sept ans, même chez Camille. Au contraire d’ailleurs. Voir qu’elle était en de bonnes mains lui donnait un coup de chaud au cœur ! Ils s’étaient quittés mais il ne lui en voulait pas et il l’avait toujours respectée. Puis depuis le temps il avait largement évolué.

D’ailleurs, il sentit que la tension de la pièce augmentait. Camille jaloux ? Ah flûte il n’y avait pas pensé à cela. Par respect il n’avait pas trop faite durer l’étreinte, cependant, il l’avait provoquée. Il se laissa tout de même inviter à s’assoir et boire un verre. Ce ne serait pas de trop, ne sachant que dire au reste pour le moment. C’étaient dans ces instants là que le loup laissait son métier prendre le dessus et l’observation devenir son crédo. Cependant, il ne pouvait pas se contenter de rester mué pendant que les autres bouillaient de l’intérieur.

Le monde était vraiment tout petit, mais Hayden estimait qu’il ne fallait pas non plus se ronger les sangs de la sorte. C’est alors qu’il attendit que Camille soit revenu de sa recherche d’alcool pour répondre à Becca qui était contre le mur et il en profiterait pour ajouter quelque chose de plus personnel en quelques sortes.

« Les années sanglantes séparent mais unissent parfois. » répondit-il énigmatique.

En réalité il allait finir par essayer de les mettre d’accord. Il avait bien compris que Camille n’était pas au courant pour Becca et lui et de même Becca ne savait pas qu’ils étaient amis. Ce qui d’un certain côté le décevait un peu, lui qui considérait Camille comme son meilleur ami. Celui qu’il protégeait et avec qui il faisait des soirées démentes.

« Bon écoutez les enfants. Suffit cette tension à la chicorée ! Visiblement Camille ne sait pas que nous nous connaissons et Becca ne sait pas que nous nous connaissons tous les deux. Alors Camille détend un peu ton string. Vous êtes ex-æquo. Ca fait septs longues années que ne nous sommes pas vus avec Becca. Je suis content que vous vous soyez trouvés en tout cas. Alors le Don Juan que tu connais ne va pas marcher sur tes plates bandes si c’est que tu crains. Alors soit vous vous détendez tous les deux, soit je fais augmenter la tension pour avoir le loisir de vous observer et de présenter votre cas à mes étudiants. »

Il finit sur un grand sourire. Quel ultimatum. Il pourrait aussi partir. Mais bizarrement il n’en n’avait pas envie. Il n’avait pas obtenu ce pourquoi il était venu pour le moment. A savoir comment allait Camille, comment étaient ses blessures et lui annoncer son futur planning pour la protection. Le choix leur revenait à présent.
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Ven 11 Oct - 2:18




When the stars go blue.

Quand je m’abaisse pour attraper ma vieille bouteille au fin fond de mon armoire sous l’évier, l’envie d’éclater de rire au nez de l’ironie me titille un peu trop. Non, je ne peux pas perdre le contrôle et laisser mes nerfs complétement lâcher. La situation est déjà assez folle comme ça et je ne fais que des suppositions sur base de mon instinct – qui ne se trompe que très rarement d’ailleurs. Ma propre stupidité m’afflige, je n’ose pas imaginer ce qu’il en est de Rebecca. Je suis vraiment quelqu’un d’épuisant nerveusement. C’est comme si il fallait que j’entraîne le monde entier dans ma propre fatigue mentale et dans ma lutte constante avec mon esprit. Plus je m’ouvre aux autres et pire c’est pour eux. Je suis une vraie menace émotionnelle. C’est ce songe qui me porte jusqu’à la table de la salle à manger où je dépose verres et nectar que je tiens maladroitement en équilibre entre mes bras. Becky se met à parler et je ne sais pas pourquoi chaque interaction entre eux amplifie nettement les battements de mon cœur. J’ignore la cause ? Pas vraiment bien entendu. Rebecca n’est pas Rachelle. Je ne dois pas commencer à craindre que chaque mec qui est passé ou passera dans sa vie, me l’arrache. Restons rationnel pour une fois, pas vrai ? En plus, il s’agit d’Hayden, un de mes amis les plus proches – ce qui est plutôt rare dans mon cas surtout pour un membre de la meute. Je le connais, il ne me ferait pas ça non plus. Je sais tout ça et je me le répète alors que je nous sers très lentement l’alcool depuis mon pan de cuisine, en veillant précautionneusement aux mouvements que j’exécute. Ça me force à rester concentré sur chaque geste, je ne peux pas dévier la course de mes yeux pour fixer mes deux invités.

Les questions de ma jolie brune sont légèrement inquiétantes mais ma jalousie passagère – passagère vraiment ?, occulte un peu les potentielles conséquences. Une partie de moi s’est un peu faite à l’idée qu’elle connaisse tôt ou tard – tard de préférence, ce que je lui cache. Hayden élude juste après ce qui finalement me soulage un peu. Pas de nouveaux pans de secret révélés, pas de nouveaux indices et il n’a pas menti de surcroît. Sans l’alliance, nous ne nous serions jamais autant rapprochés. Le champ de bataille fait ressortir le pire de ce que nous sommes et parfois le meilleur. Il a été un vrai allié, un véritable ami durant les pires moments. La guerre tisse des liens qui défient l’entendement. Alan en est également la preuve. Je cesse de philosopher quand j’apporte les breuvages, je demande silencieusement d’un regard l’aide de Rebecca pour les porter jusqu’à la table basse. Je frôle sa main discrètement pour m’excuser de mon comportement antérieure et sûrement futur avant d’atteindre le salon. Je dépose mon chargement et m’installe dans le canapé. Je suis toujours tendu, c’est plus fort que moi. Etre dans l’ignorance est bien mais aussi terrifiant pour quelqu’un qui anticipe autant que moi. J’ai déjà envisagé plus de cinquante scénarios désormais et ça me fait angoisser. Face à la tension, notre interlocuteur décide d’y aller franchement en mettant les pieds dans le plat. J’aime sa franchise habituellement, là où je me contente toujours de détours et pirouettes. C’est un vrai fonceur là où je suis un vrai peureux mais dans cette situation, enfoncer les portes ne rime à rien. Au contraire, ses paroles me font me crisper un peu plus et je sens mon teint basculer de partiellement blanc à livide. Ex-aequo ? En quoi on est ex-aequo ? Je n’ai pas potentiellement couché avec Hayden moi. Sept ans, je calcule mentalement l’âge de mon ancienne voisine et me mords la lèvre. Je me sens encore plus con et en même temps, encore plus heurté dans mon orgueil. Je suis quasi convaincu qu’il s’est passé un truc plus ou moins fort entre eux. Quelle chance pour moi… Je déglutis douloureusement alors que sa dernière réplique m’arrache un sourire à demi-tordu. J’ajoute d’une voix assez lointaine. « Les temps ne sont pas vraiment propices à la détente, tu m’excuseras. » Je sais que j’en rajoute par pur orgueil mais tout de même. Je ne sais plus rien gérer dans ma vie depuis l’attaque à Wolfheaven. C’est un bric-à-brac infernal dans mon crâne. Et il en connait les causes, il a assisté à tout ça.

Je me penche très vite pour attraper ma boisson et avale une longue gorgée. « Loin de moi l’idée de priver tes élèves de notre cas mais je pense qu’il est inutile d’en rajouter. » Je finis le reste de mon récipient d’une traite avant de le faire rouler dans mes paumes par habitude. Je compte y mettre un peu plus du mien à partir de maintenant même si… Même si c’est compliqué. Je tente de clore le débat et de nous éloigner des causes de ma nervosité en ajoutant. « Tout va bien à…» Wolfheaven ? Merde, même si je veux savoir, il ne faut pas qu’il en dise de trop. Faites qu’il comprenne que Becky ignore tout sur moi, la communauté, l’alliance… Je rectifie pour lui faire subtilement deviner. Subtile ? Je fais comme je peux. « Enfin tout va bien ? » Je réajuste ma position en sentant ma plaie à l’épaule se réveiller. Trouver des sujets de discussion non épineux va s’avérer relativement difficile entre leur passé nébuleux et nos secrets communs.

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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Ven 11 Oct - 16:13




When the stars go blue.



Hayden a écrit:
« Les années sanglantes séparent mais unissent parfois. »
J’observe Hayden sans rien dire. Bien évidemment qu’il n’allait pas me fournir une réponse détaillée, mais j’espérai un peu plus d’informations que ça.  Les années sanglantes, c’est tellement vague… il s’est passé tant de choses en sept ans… Mon instinct me crie que tout cela a un rapport avec la meute, que Camille est lié à eux par bien autre chose que par son "ancien" job de Barman à la lune Bleue. Mais je suis simplement incapable de comprendre dans quelle mesure. J’ai dit à Camille que j’attendrais, que je pouvais vivre sans savoir, mais heureusement qu’il m’a assuré qu’il finirait par m’avouer la vérité, car tous ces mensonges et ces non-dits me sont de plus en plus pénibles.

Alors que je garde un œil sur Camille, nos regards se croisent et je le rejoins pour l’aider à apporter les boissons sur la table basse. Sa main effleure la mienne et mes yeux accrochent les siens. J’aimerais dire quelque chose. J’aimerais pouvoir le rassurer, lui faire comprendre qu’il n’a rien à craindre, mais je réalise que cela n’arrangera rien. Pas plus qu’une quelconque démonstration d’affection de ma part. Mon étreinte tout à l’heure lui a déplu, je l’ai senti et je n’ose plus tenter quoi que ce soit, alors je me contente d’un petit sourire timide. Camille n’est pas à l’aise. Pire que ça, il doute. De moi, de son ami, de lui. Les récents évènements n’ont rien fait pour l’apaiser il faut dire. Il est loin d’être remis, que ce soit physiquement ou psychologiquement et cette situation l’inquiète. Il n’est pas prêt pour ce genre de contrariété.  Je me sers un peu d’eau mais reste debout. Je suis peut-être trop dure avec Camille. Moi aussi je trouve la situation dérangeante et mal venue, mais nous n’avons pas le choix, autant essayer de rendre ce moment le moins désagréable possible.

L’intervention d’Hayden me fait presque m’étouffer et je tousse en reposant mon verre en tournant les yeux vers mon petit-ami. Il est devenu livide.
Je fronce les sourcils et lance un regard d’avertissement à Hayden. Est-il obligé d’être aussi brutal ? Son sourire m’irrite. Cela l’amuse peut-être mais ce n’est pas mon cas, et à priori, pas celui de mon copain, non plus. Ex-aequo ? Qu’est-ce qu’il en sait ? Non, nous ne le sommes pas vraiment. Camille ne sait rien de ma nature alors que je devine presque la sienne… mais sur le fond, le loup n’a pas tort. Il ne sert à rien de s’inquiéter pour le passé et la tension qui habite la pièce est difficile à supporter. Nous ignorions tous deux que nous avions Hayden comme connaissance commune, mais comme ce dernier l’a très justement expliqué, nous n’avions pas eu le moindre contact en sept ans. J’ai du mal à comprendre la réaction de Camille. Je me sens épiée et jugée et je ne le vis pas bien. Moi aussi, il faut que je me remette des épreuves que nous avons traversées ces dernières semaines et la présence d’Hayden m’en empêche. La vérité c’est que je ne suis pas prête à revoir des gens, à ce que le monde extérieur vienne bouleverser la petite bulle protectrice que j’ai essayé de mettre en place autour de moi, de nous.  

Je m’apprête à rétorquer quelque chose à Hayden mais Camille me devance alors je me tais. Non, il est vrai que l’ambiance actuelle n’est pas vraiment propice à la détente. Son ton est un peu dur, mais tout à fait justifié à mon sens.  Nous sommes en crise et Hayden arrive comme un indésirable, sans même avoir prévenu et s’amuse de notre embarras à Camille et à moi.  De quel droit prétend-il nous connaître tous les deux mieux que personne et savoir ce qui est bon pour nous ? Nous avons peut-être été proches, mais c’est du passé. Il ne sait rien de moi et je trouve sa nonchalance déplacée.  Si nous étions chez moi, je ne me gênerai pas pour le mettre à la porte, mais ce n’est pas le cas. C’est "l’invité" de Camille, pas le mien, même si c’est lui qui s’impose. Je retiens difficilement un soupir. J’observe sans rien dire Camille attraper son verre et le vider rapidement alors qu’il demande à son ami de ne pas en rajouter. C’est le problème avec les anthropologues, les sociologues, les psychologues –et probablement avec la majorité des métiers finissant en –logue- non seulement leur curiosité est sans limite, mais ils ont une notion très personnelle de "l’intimité".

Quelque chose me gêne dans le comportement de Camille, même si j’ai du mal à définir ce que c’est. Les propos d’Hayden me poussent à me confronter au nœud du problème. Camille est-il jaloux ? Est-ce que c’est cette vieille relation qui l’inquiète ? Nous n’avons pas parlé de nos ex, de nos histoires passées parce que quand j’ai essayé d’en discuter avec lui il s’est renfermé sur lui-même. Je repense à cette discussion sur skype, à cette rouquine qui va se marier et que j’ai reconnu des vieilles photos qu’il a dans sa chambre. Elle avait évoqué son bracelet et j’avais cru comprendre qu’il s’agissait d’un cadeau. Cela ne m’avait pas plu. Quel genre d’homme garde un bijou offert par son ex ? Mais finalement quand j’y pense…  avant moi, je n’ai jamais connu Camille avec aucune fille, est-ce que c’est lié à tout ça ? Qu’a-t-il pu bien vivre pour manquer tellement de confiance ? De quoi a-t-il peur ? Est-ce cette sorcière rousse qui lui a fait du mal ? Je me souviens encore de la façon dont Camille avait pâlit en la voyant et avait ensuite éludé mes questions. A cette pensée, mes yeux dévient vers le poignet de mon petit-ami. Le bracelet n’y est plus. Mon cœur rate un battement. Depuis quand est-ce qu’il l’a enlevé ? J’ai toujours connu Camille avec ce bracelet. Qu’est-ce que ça signifie ? J’essaye de me souvenir de quand je l’ai vu avec la dernière fois mais je suis incapable de le dire. Je ne sais pas pourquoi ça me perturbe autant.

Je secoue distraitement la tête pour me concentrer sur la conversation mais l’hésitation de Camille ne fait qu’empirer les choses. Je sais de quoi il parle, bon sang ! Je sais qu’il a été là-bas pendant 10 jours ! Ne se souvient-il pas m’avoir appelé pour me le dire ? Bien sûr que je sais que tout ça a un rapport avec les loups, avec la meute et la présence d’Hayden ici ne fait que confirmer tout ça... Je croise les bras pour contenir la colère sourde qui monte en moi et je lance à Hayden, agacée, autant par lui que par Camille ou par la situation toute entière : "Oui, Hayden, dis-nous, tout va bien à Wolfheaven ?"




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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Dim 20 Oct - 14:26

Hayden n’aimait pas les ambiances tendues. Cela lui rappelait les années sanglantes et surtout les récents problèmes liés à l’alliance. D’autant qu’il n’y avait vraiment pas lieu d’être aussi tendu. Les deux agissaient comme des enfants, et ce n’était pas ce pourquoi il était présent. Il essaya alors de mettre les pieds dans le plat pour essayer de leur faire comprendre qu’il y avait pire que d’apprendre soudain que la copine de l’un est l’ex de l’autre, d’autant qu’Hayden a rencontré quelqu’un qu’il espère ne pas tromper cette fois ci. Enfin, ils ne sont pas ensemble, il peut donc vaquer à ses occupations. Il espère juste que cette histoire le mènera plus loin. Enfin, il secoue la tête est revient à la scène présente.
Camille ne comprenait pas. Personne n’essayait de comprendre. Ils étaient ex aequo de toute manière dans le sens où Camille n’avait pas parlé d’Hayden à Rebecca et idem du côté de Rebecca. Et son ami l’énervait à être si méfiant, tant sur la défensive alors qu’il était surement le seul a réellement le connaître.

« Rebecca sait que je suis un loup Camille. Tu n’as pas à lui cacher quoi que ce soit. Et si vous voulez savoir tout ne va pas bien. En ce moment on cherche les traîtres, et je vous avoue que je les cherche aussi. L’injustice qui a eu lieu ne restera pas impunie quoi qu’il faille que je fasse pour que les choses avancent. »

Son regard s’était assombri. Il savait que toute cette merde venait de la Meute, il le sentait et le voyait aux comportements mais la frustration grimpait car il n’avait pour lors, aucune réponse. Rien. C’était le néant, et l’accueil qu’il avait eu chez Camille ce soir ne l’aidait pas. C’était comme s’il était coupable. D’habitude Hayden s’en foutait mais là il s’agissait de Camille et Rebecca. Ils avaient beau s’être quittés, jamais il ne lui avait voulu de mal et il l’avait vraiment aimée fut un temps. Enfin oublions ce petit point et revenons à la réalité.

« Avant de vous montrer si ingrats et si peu accueillant à mon égard vous feriez mieux de discuter tous les deux. Au moins, je ne vous cache rien, même si j’en ai fichtrement rien à foutre des autres. Estimez-vous heureux qu’un loup de la Meute soit assez con pour vous protéger tous les deux. »

Il s’enfila son verre et se releva. Il n’aimait pas faire ce qu’il faisait car les deux allaient surement avoir une discussion houleuse après ça, mais les temps ne laissaient pas place aux secrets surtout ceux que tous les deux se cachaient. En évaluant les comportements des deux tourtereaux, il avait bien compris que ni l’un ni l’autre ne savait pour leurs natures.

« Enfin voilà je voulais savoir comment tu allais Camille, et te prévenir que Mary souhaite encore que je traîne dans les parages. Maintenant que c’est fait, je m’en vais rejoindre ma propre compagne. »

Il ramassa son manteau qu’il avait ôté entre temps et se dirigea vers la porte. Il espérait juste que ni l’un ni l’autre ne ferait une connerie pour animer l’animosité des deux camps. Seulement rien que le fait de savoir un métamorphe avec une semi-démone promettait d’être plus compliqué que prévu. Hayden secoua la tête, imaginant déjà les soucis qu’ils allaient avoir avant de passer le pas de la porte.
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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Lun 21 Oct - 16:16




When the stars go blue.

Plus je cherche à contrôler quoique ce soit, plus la situation m’échappe. J’aurai dû le savoir pourtant. C’est toujours comme ça que ça se passe avec moi. Je suis doué pour tout empirer et pour tout saccager sur mon passage. Je n’ose même pas relever vers Rebecca alors qu’elle complète ma phrase en vociférant à moitié. Je l’énerve. Mes secrets l’énervent. C’est prévisible. Je pâlis néanmoins un peu plus quand mon ami reprend la parole. Donc Becky a été suffisamment proche de… Hayden n’est pas vraiment le genre à cacher ce qu’il est sauf que… Bien vite, le souci de leur proximité est relégué au second plan alors qu’il donne plus de détails sur les événements de Wolfheaven devant ma jolie brune – à mon insu. Traîtres, injustice… Je me mords l’intérieur de la joue et essaie de surveiller ma respiration. Je me noie littéralement dans les secrets et la tension, me murant toujours plus derrière mes barrières fictives. Je ne l’interromps pas même si il est en train de foutre en l’air tout ce pourquoi je me bats. La préserver encore un peu de ce que je suis, de ce qu’il se passe. Je me sens encore plus stupide quand il nous traite d’ingrat. Il ne mérite pas un tel accueil, c’est vrai. Il a toujours été là pour moi et je fais un bien piètre ami. Ce qu’il ajoute me fait serrer la mâchoire néanmoins. C’est quoi ce qu’il sous-entend ? Qu’est-ce qu’il sait sur Rebecca que j’ignore ?  Ou bien il parle juste de leur relation ? Ma culpabilité est sommairement dissoute par de la simple colère. L’arrogance lupine reprend encore le dessus de toute évidence. Un loup de la meute nous protège, quelle chance. Nous ? Je ne lui ai jamais demandé de veiller sur MA copine surtout qu’il l’a perdu de vue à la base, non ? Mon regard s’assombrit. Je sais que mes réflexions sont déplacées et que j’ai beaucoup de choses irrésolues avec la meute. C’est pour ça en grande partie que je suis autant irrité. J’aimerais que nous soyons moins faibles, plus à même de savoir nous aussi être fort et moins dépendant. Je n’ai pas envie qu’il me remette ça en pleine figure maintenant, comme ça, ici avec ce prétexte.

Je me tais toujours quand il finit son verre d’une traite et se relève. Je reste assis alors qu’il embraie. Le simple prénom de la Lupa suffit à contracter encore plus les traits de mon visage. Elle me fait suivre ? Ça part d’une bonne intention. Ça part forcément d’une… Je n’aime pas ça. Me faire pister, qu’on m’observe, qu’on me… Je suis étouffé - littéralement. Je vois à peine du coin de l’œil le loup quitter mon appartement. Je me redresse quand je réalise après m’être partiellement égaré dans mes songes. Je passe devant mon ancienne voisine sans rien ajouter pour rattraper Hayden dans les escaliers. Sauf que le temps que je mets pour dévaler les marches et me retrouver devant l’immeuble est trop long.  Il est déjà parti. « Merde. » Je me pince l’arête du nez. Je ne veux pas être en froid avec lui, pas après tout ça. C’est le seul lycan qui ait totalement ma confiance, le seul avec qui j’ai pu vraiment tisser des liens. Je fous tout en l’air pour des conneries, comme d’habitude. J’ai vraiment besoin de prendre du recul par rapport à la meute et par rapport à lui aussi… Sûrement. Je profite de cette sortie pour m’allumer une cigarette et perdre du temps. Je sais ce qu’il m’attend quand je remonterai. Une nouvelle discussion, de nouvelles prises de tête, tout un tas de problèmes que je ne suis clairement pas à même de régler dans mon état. Cette visite m’a rendu plus amer, plus pessimiste et surtout plus agité. Tout me semble perdu là, l’alliance, le pacte, notre anonymat,  la communauté… Et je suis incapable de tout gérer. Chaque bouffée de nicotine est une libération éphémère de cette nervosité. Je finis par écraser le mégot à terre avant de prendre le chemin menant au deuxième étage.

Sur le palier, je m’accorde deux secondes pour simplement respirer. Je suis tellement épuisé physiquement et psychologiquement. Dès que je reprends un peu le dessus, un incident vient tout ébranler. Je commence à me dire que rien n’ira jamais dans le bon sens, que ça sera toujours une succession d’emmerdes et que ma capacité à les encaisser déterminera tout ou presque. Autant dire que je ne parierai jamais sur moi concernant ce dernier point. Je passe l’entrée en étant à mi-chemin de la culpabilité, de la rage et sûrement aussi de l’accablement. Je m’oriente directement vers mon portable sur la table basse et compose un message que j’envoie avant de m’asseoir dans le fauteuil, coudes sur les genoux, légèrement penché vers l’avant. La guerre froide reprend entre nous et je ne peux vraiment pas y survivre. Elle doit me détester après tout ce que je lui fais vivre. Rien n’est jamais simple avec moi. Je cherche quoi dire pour améliorer tout ce foutoir mais tout ce qui tourne et chemine dans mon crâne devient trop vite un épais brouillard rempli d’éclair et de nuages noirs. Je fixe toujours un point précis au sol quand j’articule très posément malgré ma hargne et tout le reste de mes émotions. « Si t’as envie d’être seule, de partir… Je le comprendrai. » Est-ce que je formule ce que je veux moi ? Peut-être un peu. Je n’ai pas envie d’être sans elle mais je ne sais pas assumer sa présence et tout ce qu’à soulever Hayden en ces lieux - le passé comme le présent. Je n’envisage pas le futur et comme d’habitude, j’ai plus envie de fuir que de combattre. Je lui ai promis de faire des efforts mais si pour une fois, je n’y arrivais juste pas ? Ça  va mal finir. C’est pour ça que je lui laisse, que je nous laisse une porte de sortie. Je lui remets encore les cartes dans les mains ? J’en ai conscience. Je suis lâche, un lâche qui ne sait pas compiler avec autant d’émotions.

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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Lun 21 Oct - 19:30




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J'écoute la réponse d'Hayden sans vraiment la comprendre. Trahison, injustice ? Que s'est-il donc passé ce soir-là à Wolfheaven ? Quel rapport cela a-t-il avec les loups et avec Camille surtout ?  Je vois la colère assombrir les yeux du loup et me mords la lèvre. Je me sens idiote et coupable, sentiments qui empirent encore lorsqu'Hayden se lance dans une leçon de morale dont je me serais bien passée. Mais la culpabilité s'efface au profit de la colère. De quel droit se mêle-t-il de nos affaires ? Je n'arrive pas à croire qu'il remette nos secrets sur le tapis. Je tourne les yeux vers Camille, en pure perte car il ne me regarde pas. Hayden connaît donc bien son secret, tout comme il connaît le mien et l'agacer n'était peut-être pas la meilleure chose à faire. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Sa présence n'est pas la bienvenue actuellement. Camille et moi avons trop de choses à penser pour se préoccuper d'une tierce personne et il vient encore empirer les choses ! Je ne lui ai rien demandé ! Je n'ai pas besoin qu'un loup surveille mes arrières ! Surtout pas lui !
Mary ? La lupa ? Est-ce elle qui a ordonné que Camille soit surveillé ? Je ne comprends rien…
Je l'observe vider son verre et prendre la porte. J'hésite à dire quelque chose mais me tais finalement, il est préférable qu'il s'en aille oui.

Je sursaute presque quand mon petit-ami se lève pour suivre Hayden et laisse échapper un soupir. Bon sang, je ne comprends vraiment rien à ce qu'il se passe. Je me sens accablée, mais aussi incroyablement énervée. Contre Hayden et ses réflexions, contre Camille et son silence, contre la terre entière qui semble avoir décidé que nous ne pourrions jamais vivre en paix… et mes pensées continuent à tourbillonner à toute allure. Ce qui est arrivé à Camille, cette nuit-là, continue à m'obséder et ça me tue de ne pas pouvoir lui poser de questions car il ne me répondra pas. Je suis troublée par son comportement, par ses réactions. Tous ces secrets sont en train de nous dévorer… Alors même que je suis bien placée pour comprendre et accepter qu'il n'ose pas tout me dire, je n'arrive pas à le dépasser. Pas parce que je ne sais pas, mais parce que je vois bien qu'il est toujours perturbé et que ça me rend folle de ne pas pouvoir l'aider ou l'apaiser. Je me prends la tête entre les mains et essaye de faire taire mon angoisse.

Les minutes s'égrènent et je commence à me demander si Camille n'est pas parti faire un tour, quand la porte s'ouvre finalement. Je me redresse pour le regarder mais il ne s'occupe pas de moi. Il prend son portable et écrit un sms avant de s'asseoir sur le fauteuil, évitant toujours mon regard. J'ouvre la bouche pour dire quelque chose mais il me devance et ses mots me laissent muette de surprise pendant quelques secondes avant que je ne reprenne mes esprits. Je le regarde sans y croire, comme s'il m'avait giflée. "Quoi… ? Mais…"
N'est-ce pas une façon détournée de me faire comprendre ce qu'il souhaite ? Que je m'en aille ? Que je le laisse seul ? Et puis soudain, je réalise que c'est pire que ça : il m'en veut. Même si j'ignore pourquoi. A cet instant précis, ma présence ici lui est intolérable, il a des reproches à me faire qu'il ne veut pas prononcer à voix haute et il n'a même pas le cran de me demander de partir. Il veut éviter une confrontation. C'est bien mal me connaître. La colère prend le pas sur la stupéfaction et je secoue la tête en pointant mon doigt vers lui: "Non. Non, non, non, non, ça ne va pas se passer comme ça ! Tu ne vas pas rejeter cette responsabilité sur moi ! Dis-le, admets-le, plutôt, que tu veux que je m'en aille ! Que ca t'arrangerait que je parte pour ne pas avoir à me parler !"
Je me lève et m'éloigne de quelques pas en secouant la tête, une main dans mes cheveux. Mes pensées sont désordonnées mais ça n'a pas d'importance, j'ai commencé, je ne peux pas m'arrêter maintenant. Il n'aurait pas pu mieux faire pour provoquer la dispute qu'il voulait tant éviter. "Je vois bien que tu m'en veux… Alors, bon sang, Camille, dis-le ! Je ne suis pas devin, je ne peux pas deviner ce que tu penses ! Tu es en colère, alors dis-le ! Dis-moi ce que tu me reproches ! Explique-moi !"
J'ai conscience que ma propre colère n'est pas justifiée, mais c'est la preuve que je suis encore loin d'avoir réussi à gérer les évènements de ces dernières semaines. J'ai tenté, désespérément, de dépasser tout ça, mais cela revient me heurter à la moindre insécurité. Et je crois que niveau insécurité, la visite d'Hayden et le comportement de Camille battent des records.
"Tu vois c'est exactement ça ton problème ! C'est tout ce qui ne va pas entre nous ! Est-ce que je dois te rappeler de la dernière fois que j'ai franchi cette porte parce que tu refusais de me parler ? Je suis partie en croyant que je ne te reverrai plus jamais ! Que je ne comptais pas assez pour toi ! Et quand toi tu es partie, je t'ai attendu, et tu n'es jamais revenu ! Je t'ai cru mort ! Alors oui, peut-être que je réagis mal, que c'est excessif, injuste et égoïste de te demander de me parler, mais ce n'est que ça, Camille ! Parler ! De quoi as-tu si peur ?"
J'ai les larmes aux yeux mais j'ignore si c'est de colère ou de tristesse, je me sens abandonnée, à nouveau seule à lutter contre lui et moi. Et je me sens encore moins capable qu'autrefois de gérer cette situation. Pourtant, je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Lun 21 Oct - 21:33




When the stars go blue.

Sa voix m'annonce la suite. Je n'ai pas la force de revivre un nouveau cataclysme et pourtant, c'est ce qu'il se passe. Le pire ? Je l'ai moi-même invoqué en agissant comme le dernier abruti. J'ai beau être conscience de ça, de mes erreurs, de ma bêtise, je suis buté sur ma ligne de conduite, aveuglé par tout ce que je ressens. J'aimerais savoir me détacher de tout ce que je vis mais j'en suis tellement incapable. Je n'ai même pas envie d'essayer. Je ne veux pas faire d'efforts, je n'ai plus d'énergie à gaspiller là-dedans. La tempête débute, son doigt s'oriente vers moi et m'oblige à relever le regard vers elle. J'y lis la colère, j'y puise bêtement la mienne. La pression qu'elle exerce sur moi s’additionne à toute celle qui me tombait déjà sur les épaules. Je serre la mâchoire pour canaliser mon sang-froid que je sens déjà s’éroder à mes dépends. Elle parle inlassablement, elle me presse et je me replie. Plus elle insiste, plus je me referme. Elle n'a pas encore compris ça ou elle s'en fout. Ouais, elle s'en fout. Pourquoi elle peut pas respecter une fois, une SEULE fois mon silence ? Je sais que je suis pénible mais si elle me donnait juste un peu de temps pour me calmer, faire le vide...   C'est là qu'elle ramène son départ dans  cette histoire et ensuite le mien - involontaire. C'est un coup bas, un coup de poing. Elle pique ma culpabilité à vif et la haine que je nourris déjà tout seul à mon encontre. J'ai l'impression qu'elle balaie tous mes efforts d'une main comme si ils n'avaient jamais existé, comme si... elle ne les avait pas vu. Je trouve ce sentiment insupportable. De toute manière, tout ce que j’entreprends ne mène nulle part, pas vrai ? Ça peut largement s'appliquer à tous les secteurs de ma vie. Je suis tellement énervé contre elle, contre moi, contre tout. Je veux juste qu'on me foute la paix, merde ! Personne n'est fichu de le comprendre. Personne.

Je me prends la tête entre les mains et essaie de rassembler mon calme déjà dispersé. « Et si j'ai pas envie de parler ? » Ma voix est moins neutre qu'auparavant. Je plonge mon regard froidement dans le sien. Le corbeau s'est redressé, il a pris le contrôle. C'est comme si mon instinct de survie se mettait en marche, comme si il se sentait assez menacé cette fois-ci par mon instabilité pour réagir avec force. Je m'écoute articuler avec agacement. « Tu vas faire quoi dis moi ? Me poser un nouvel ultimatum et te barrer ? » Je cale mes bras contre ma poitrine l'espace d'un instant. « C'est tellement ce dont nous avons besoin, bien entendu. » Je me relève finalement parce que je ne peux pas rester là bêtement assis alors que l'oiseau fait des ronds dans mon crâne comme un animal emprisonné dans sa cage. « Tu crois que ça nous mène où de me refoutre tout ça en plein visage ? Ok, je sais que j'étais un pauvre con et que je t'ai laissé filer. J'essaie de me racheter depuis au cas où tu l'aurais pas remarqué ! Je voulais pas d'une discussion parce que regarde comment ça tourne là ! Tu crois qu'on a besoin de s'énerver ? Tu crois franchement qu'on peut encore encaisser ça ? Regarde nous un peu, merde ! On est des fantômes, à peine capable de bouger et de manger. J'y peux rien si j'ai une putain de vie trop compliquée pour pouvoir te la résumer. Tu savais à quoi tu t'engageais ! Tu savais à quel point ça allait pas être facile. » Je fais les cents pas entre la cuisine et le salon en lui lançant des coups d’œil irrités. La bête raisonne toujours avec plus de force en moi, toute la frustration que j'ai accumulée me fait complètement disjoncter. Le pire ? Je m'en fiche. « Tu sais au moins pourquoi je la ferme ? C'est pour te préserver ! Je ne veux pas que tu sois mêlée de près ou de loin à ce qu'il m'arrive pour le moment. Et je m'en fiche de ce que tu en penses, que ça te plaise ou non. C'est comme ça. Tu peux comprendre que je veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit ? Du moins, pas tant que tout ça... » Je m'égare complètement et m'arrête à temps.

Je tourne les talons pour lui faire face et la dévisage avec dureté. « Tu attends quoi de moi exactement là ? Qu'on discute gentiment de ce qu'il vient de se passer ? Il n'y a rien eu. J'ai juste pas de chance. Fin de la conversation. » Je croise à nouveau les bras devant moi et m'accole au comptoir. Mon ton baisse d'un cran quand j'ajoute sur un air de défi avec beaucoup de cynisme. « Mais vas-y toi qui aime tant que ça, parler. Je t'en prie continue à me balancer des reproches. Je suis plutôt habitué à être une déception alors, n'hésite pas. » La créature dans ma poitrine siffle toujours sa hargne et l'humain plie toujours sous sa domination, il l'apprécie en partie. Il a besoin de ça. Et je perds le contrôle en le sachant, en l'observant et en n'y faisant rien. Rien d'autres que de contempler les dégâts que j'occasionne. Tout ça parce que je suis jaloux ? Non, pas que. C'est tout ce que j'ai voulu éviter qui me revient en pleine face. Mes secrets, mes crimes, ma rédemption et ce que nous sommes devenu.

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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Lun 21 Oct - 22:40




When the stars go blue.



L'irritation de Camille s'accentue. Je sens sa colère et sa frustration irradier dans la pièce et je ne fais qu'empirer les choses en m'énervant contre lui. Sa voix perce enfin le silence. Son ton est dur, mais pas autant que ses yeux lorsqu'ils croisent froidement les miens. Je suis tellement surprise que je fais machinalement un pas en arrière alors qu'il me demande si je vais lui poser un nouvel ultimatum et m'en aller. Ces mots me pétrifient. C'est ce qu'il pense ? Que je m'amuse ? Que c'est une technique quelconque pour le manipuler ? Mon Dieu, comment peut-il penser une chose pareille ? Jamais je n'ai tenté de… jamais je n'ai voulu… "Tu es injuste…" Il se relève à son tour tandis que cette fois les reproches fusent et qu'il m'accuse de lui renvoyer ses erreurs au visage. Ce n'était pas ce que je voulais dire, il ne comprend rien ! Je ne suis pas préparée à tant d'agressivité de sa part et prise au dépourvu j'essaye de répondre à ses accusations, alors même qu'il ne m'écoute pas. "Je n'ai pas voulu… je sais bien que… ce n'est pas ce que j'ai d… Camille, non, je n'ai pas…"
Mais il n'a que faire de ce que je dis, il n'a même rien compris au message que j'essayais de lui faire passer. Je ne voulais pas l'accabler au sujet de ce qu'il s'est passé, simplement lui faire comprendre que tout ça ne nous mène à rien, que nous passons à côté de l'essentiel, que sa colère n'est pas justifiée et que son silence n'arrange rien… Il tourne en rond comme un lion en cage et sa virulence m'impose le silence. Il dit qu'il fait ça pour me protéger, qu'il ne veut pas que je sois mêlée à tout ça. Encore une fois, il n'a rien compris, mais que puis-je répondre à ça ? Je lui ai demandé de se confier, il m'a lui-même encouragé, supplié presque d' être honnête avec lui, et pour quoi ? Pour qu'on recommence à zéro à la première difficulté ? Je sais qu'il est mal, frustré, épuisé, dégouté, mais quel rôle ai-je à jouer là-dedans ?
Je tressaillis lorsqu'il me fait face et me dévisage durement. Même dans les moments les plus sombres, même lors de nos disputes les plus graves, jamais il ne m'a regardé comme ça et j'ai l'impression que mon cœur se brise face à tant de colère. Et pendant un instant, je me demande si tout ça en vaut la peine... je ne suis peut-être pas celle qu'il lui faut... lui qui est si calme, si doux et si posé, quelle horrible personne suis-je pour le mettre dans un état pareil ? Je suis perdue, confuse. Ce que j'attends de lui ? Je ne sais pas… je veux qu'il arrête de nier ses sentiments, je veux qu'il arrête de prendre des décisions arbitraires sans m'inclure, je veux qu'il… je veux qu'il aille bien, mais et si tout ce dont je suis capable c'est d'empirer les choses ? Et si je me trompais depuis le début ? Cette pensée est trop affreuse pour que je m'y arrête...
Il ne s'est rien passé ? Je répète dans un souffle, incrédule : "Il n'y a rien eu ?" Vraiment ? Non mais de qui est-ce qu'il se moque ? J'ai vu sa réaction, j'ai senti sa jalousie, son aigreur, ses inquiétudes… et dire qu'il se targue de ne jamais mentir…   Mais il n'a pas fini. D'un air cynique il m'invite à continuer mes reproches avant d'arguer que de toute façon, il est habitué à n'être qu'une déception. J'écarquille les yeux, horrifiée : "Camille, bon sang, arrête ! Tais-toi ! Je t'interdis de dire ça ! Tu racontes n'importe quoi !" Une déception ? Quand diable a-t-il été une déception ? C'est n'importe quoi ! Jamais je n'ai pensé ça ! Je secoue la tête et reprends : "Alors c'est ça, c'est moi la méchante maintenant ? C'est comme ça que tu me vois ? Tu m'as dit que tu allais gérer ça ! Tu m'as dit que je pouvais compter sur toi. Qu'est-ce que tu gères, hein, là, dis-moi ? Tout ce que tu fais c'est continuer de fuir !" Rien n'a changé finalement, nous en sommes toujours au même point, avec encore plus d'inquiétudes et de soucis sur les épaules… mais nous, où on en est, là dedans ?  J'ai l'impression qu'on se perd au milieu de tout ça, qu'on se déchire alors qu'on devrait s'épauler. "Quand tu fais ça… A chaque fois que tu t'éloignes de moi, à chaque fois que tu me repousses, j'ai l'impression que je vais te perdre… et je ne PEUX pas te perdre, Camille ! Quand est-ce que tu vas finir par comprendre que c'est tout ce qui compte ? Tu es le seul qui compte !" Je suis tellement en colère ! Je l'aime !  Comment ne peut-il pas le voir ? C'est la seule chose dont je suis certaine dans mon existence, la seule qui ai de l'importance. J'ai envie de pleurer tellement je me sens impuissante et pourtant mon ton monte. "Je comprends pas pourquoi tu m'en veux tellement ! Qu'est-ce que j'ai fait ?" Son insécurité fait ressortir la mienne. La jalousie, moi aussi je connais, mais je lui épargné ce sujet. Jusqu'à maintenant.  "Bon sang, comment tu peux me faire une crise au sujet d'Hayden ? Je ne l'ai pas revu depuis sept ans ! Je n'avais pas imaginé le retrouver ici. Moi au moins, je n'ai pas de photos de lui dans mes affaires et je n'ai pas gardé un foutu bracelet pendant des années autour du poignet ! Tu crois vraiment que je n'ai pas compris ? Que je ne m'en suis pas rendue compte ? J'étais là quand tu as appris qu'elle allait se marier ! J'ai vu l'expression sur ton visage ! Comment tu crois que ça me fait me sentir ?"
Le sujet semble poindre de nulle part et pourtant rien n'est plus faux. La jalousie est le dernier de nos problèmes mais il vient s'ajouter à la trop longue liste de nos frustrations, de nos peurs, des traumatismes dû aux derniers évènements. Alors si on ne peut pas régler tout le reste, au moins, nous allons régler ça ! Il est temps.



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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Mar 22 Oct - 20:20




When the stars go blue.

N'importe quoi ? Pas tellement au fond. Je suis superbement en phase avec ma réalité, bien au contraire. Tout est tellement limpide pour moi. Et c'est reparti. Encore toujours plus de reproches, de responsabilités et d’attentes. Je croule sous le poids qu’elle inflige toujours plus sur mes épaules. Je veux juste tout foutre de côté, je veux juste pouvoir respirer sans me sentir opprimé. C’est trop lui demander ? C’est peut-être une fuite mais c’est pour ma survie. Elle ne sait pas le dixième de la crise que je traverse. Je la laisse volontairement dans le secret, oui mais même sans ça, elle devrait pouvoir me laisser le droit à quelques silences. Je ne peux pas changer totalement et elle est peut-être incapable de m’accepter comme je suis. Elle m’a dit m’aimer, est-ce qu’elle m’aime pour moi ? C’est une vieille question, un vieux démon qui s’insinue en moi malgré tout mon bon sens. L’animal rejette cette interrogation pour mon bien. Je la range dans un coin de mon esprit. Encore plus de mots, je suffoque définitivement. Je me sens vraiment piégé ici dans ce foutu appartement entre sa vie que j’ai l’impression d’avoir entre mes mains et toutes les autres, celles des miens. C’est trop à porter pour une seule personne. Je lui scande d’une voix dématérialisée et grave. « Arrête un peu ! C’est pas parce que je me tais que forcément je m’éloigne ! Arrête de toujours TOUT dramatiser ! T’as si peu confiance en moi que tu penses que je vais te laisser au moindre silence ? Moi non plus, je peux pas me permettre de te perdre bordel ! »  Je reprends ma marche entre le salon et la cuisine pour évacuer ma nervosité toujours plus croissante. Si je ne fais pas gaffe, les picotements au bout de mes doigts pourraient s’étendre. Je sais me contrôler, je le sais mais je laisse trop la place au corbeau dans mon organisme - la vigilance me semble requise.

Ce qu’elle a fait ? A part provoquer cette putain de discussion, pas grand-chose. Je le sais mais ça ne me calme pas de le constater. Je n’arrive plus à être rationnel, à retrouver mon bon sens, à la rassurer. Parce que je ne le suis pas. Je ne suis pas rassuré. Je sais que je vais la perdre. D’une façon ou d’une autre, aujourd’hui, demain, dans deux mois, je ne sais pas. Et Hayden est bien mieux que moi. Il arriverait à la rendre heureuse, à être… celui qu’il lui faut - malgré la meute, malgré sa nature. Ma conscience se manifeste sommairement pour me rappeler qu’ils se sont bien séparés une fois, qu’il y avait sûrement une raison. Mais je ne l’écoute pas. C’est là que tout dérape totalement quand elle invoque de la rouquine ici. Je m’arrête de m’agiter dans tous les sens et recule même de plusieurs pas. « Quoi ? Comment ? Parce que tu crois que… ? »  Je me mets à rire avec amertume très nerveusement. Toujours imbibé de ma rage incohérente, je me dirige vers la commode en quelques enjambées et en sors la fichue boîte. Je fonce vers mes placards, manque de me déchirer l’épaule à plusieurs reprises en cherchant un nouveau sac poubelle. Je parviens à remettre la main dessus, en arrache un, l’ouvre et jette tout le contenu – bracelet compris, à l’intérieur. Tous les clichés s’effondrent dans le plastique – avec ou non Rachelle. De toute manière, tous ces souvenirs sont empoisonnés, ce n’est pas ma famille, pas ma vie. C’est une façade, c’est une erreur. Toute mon existence est une grosse farce et ma relation avec la rousse n’en est pas exempte. Je ramasse rageusement les quelques photos qui ont atterri à l’extérieur sans les regarder pour les mettre avec les autres avant de balancer le sac dans un coin de la pièce. « Ok, voilà, maintenant les choses sont claires. J’en ai strictement rien à foutre d’elle. »  Je défie quelques instants Rebecca du regard.

C’est trop simple d’avoir tout détourné sur moi. Ma jalousie m’écrase toujours la cervelle. Je m’avance vers elle en laissant un bon mètre tout de même entre nos deux corps. Mes intonations sortent toujours aussi vivement, brutales. Je ne maîtrise pas grand-chose. « C’est pas elle qui va débarquer du fin fond de la France après dix ans pour venir me prendre dans ses bras et m’offrir sa protection. C’est même pas comparable. » Je finis par abolir la distance entre nous de plusieurs pas pour me retrouver presque nez à nez avec elle. L’humain tente de retenir la créature qui est blessée, arrogante et possessive mais la manœuvre échoue complètement. Je m’entends alors articuler avec dureté. « Je veux rien savoir. Je veux pas en parler. Je veux même pas qu’il ait existé. Tu comprends ? »   Je l’agrippe par l’épaule, la force à se rapprocher et écrase ma bouche contre la sienne, l’obligeant à m’embrasser même si elle n’en a pas envie, calant même sa nuque pour qu’elle ne puisse pas m’échapper avant de la relâcher aussi soudainement. Je sais que je dépasse toutes mes limites et que je suis en train de la revendiquer comme … Comme… Je me passe une main sur le visage. Je suis confus, je suis perdu. J’ai juste peur, peur de souffrir à nouveau, d’être poignardé dans le dos. Quand je relève les yeux vers elle, je sais que je superpose mes histoires d’une façon complétement stupide et injuste alors je tourne les talons et m’isole comme je peux dans la chambre en appuyant mes paumes devant moi contre le mur du fond. J’ai envie de m’enfermer à double tour dans la salle de bain mais je reste là. C’est trop tard pour envisager le repli. J’ai déjà été trop loin pour battre maintenant en retraite.

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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Mar 22 Oct - 23:29




When the stars go blue.


Sa colère, ses mots, son rejet, tout ça me heurte de plein fouet. J'ai l'impression de tomber en morceaux. Je dramatise tout, moi ? Et si c'était vrai, au fond ? Est-ce que je n'amplifie pas le problème, finalement ? Pourquoi est-ce que je crains tellement son silence alors que cela semble être tout ce qu'il désire ? Il m'accuse de ne pas lui faire confiance et je le dévisage, horrifiée. Est-ce que c'est la vérité ? Est-ce que c'est pour ça que réagis si mal ? Non, non, ce n'est pas vrai, j'ai confiance en lui, simplement… non, je ne sais pas, je ne sais plus, il est en train de complètement me retourner l'esprit tandis qu'il crie presque qu'il ne peut pas se permettre de me perdre.
Les larmes embuent mes yeux et je reste pétrifiée. "Non, je… Camille…" Je ne comprends rien à ce qui nous arrive. Je sens bien que je suis responsable, que j'ai dit ou fait quelque chose qui l'a mis dans cet état mais je ne peux même plus réfléchir, je ne sais pas quoi dire, pas quoi faire. Son énervement nourrit le mien alors que je voudrais juste pouvoir me calmer et analyser tranquillement la situation, mais je ne peux pas. Il ne répond pas à mes questions, il ne me dit pas ce qu'il ne va pas, comment suis-je censée réagir ?

Sa jalousie infondée a réveillé la mienne et je plonge au cœur du sujet avec hargne. Parce que c'est une rivale, parce que ignorer le passé sentimental de Camille ne fait qu'encourager mon imagination déjà débordante à faire mille et unes spéculations. Et les questions se multiplient, les scénarios aussi, sur ce qui est arrivé, sur ce qu'il ressent pour moi, pour elle, sur les raisons qui l'ont poussé à garder ce bracelet pendant des années. Qu'est-ce que je viens faire là-dedans ? Quelle est ma place ? Je ne sais pas ce qu'il veut, ce qu'il attend de moi, je suis complètement larguée, je suis en colère, je suis terrorisée, je souffre.

Je vois bien que parler d'elle lui a fait un choc. Il cesse de faire les cent pas et me dévisage, incrédule. Son rire, amer, désabusé, me fige toujours plus sur place et je l'observe s'activer rageusement. Je pose ma main sur ma bouche alors qu'il jette agressivement la boite et son contenu dans un sac poubelle avant de le balancer au loin.
Son regard me défie, ses mots m'agressent et pourtant, oui il a raison, le message est clair. Je suis complètement sous le choc. Je ne l'ai jamais vu comme ça. C'est moi qui l'ai rendu comme ça, c'est ma faute s'il est dans cet état…  Je tressaillis presque lorsqu'il se rapproche de moi et m'accable davantage. Je n'ai rien demandé pour Hayden, je n'ai jamais voulu ça… mais je comprends que sa jalousie l'aveugle et que rien de ce que je dirais n'y changera quoi que ce soit.

Ma colère s'est envolée et ne reste que l'inquiétude. Comment j'ai pu nous laisser en arriver là ? Je me mords la lèvre alors qu'il se rapproche encore de moi mais ses mots, eux, mettent toujours plus de distance entre nous. Il ne veut pas savoir, il ne veut pas en parler, il ne veut même pas que ça ait existé… oui je comprends. C'est ce que je voudrais moi aussi…  

Avant que j'ai pu dire ou faire quoi que ce soit, sa main m'agrippe et il m'attire brutalement contre lui pour m'embrasser si durement qu'il me fait mal. Et pourtant je me laisse faire, je ne tente pas de lui échapper, je lui rends même son baiser, parce que cette violence, c'est tout ce qu'il peut m'offrir pour l'instant. Puis tout aussi brusquement, il me relâche, passe une main sur son visage et relève les yeux vers moi. J'ai l'impression qu'il ne me voit pas, qu'il est perdu dans des pensées et des souvenirs qui le dépassent, qui creusent encore le fossé que ces dernières semaines ont créé entre nous.

Quelques larmes s'échappent de mes yeux pour rouler sur mes joues alors qu'il s'éloigne et me tourne le dos en allant se réfugier à l'autre bout de la pièce. J'ai mal… j'ai tellement mal… Alors oui, j'ai compris… je comprends. Tout ce qu'on ressent est trop fort, ce que nous vivons est trop intense, les derniers évènements trop traumatisants, cette dispute, ces cris, tout ça n'est que l'expression de nos frustrations et de nos peurs. Trop, tout ça est juste… trop.
Nous sommes deux idiots.

Je voudrais m'excuser, j'ai envie de m'effondrer au sol et de sangloter en le suppliant de me pardonner. Mais cela n'aurait aucun sens. Nous n'avons pas à nous pardonner… nous faisons de notre mieux, tous les deux. Sa colère n'est pas vraiment dirigée contre moi, pas plus que la mienne ne l'était contre lui… Mais elle est la preuve qu'il est en vie, et c'est tout ce qui compte. Nous sommes à bout… Je reste un moment là à pleurer silencieusement, observant son dos tendu alors que je retrouve peu à peu mon calme et mes esprits.

J'essuie discrètement les vestiges de mes larmes et le rejoins. Ma main se pose sur son bras et je le force à se retourner pour me regarder. Je plonge mon regard amande dans ses précieuses prunelles bleues et y puise, autant que j'y déverse, toute la force et le courage dont je suis capable. Je l'ai poussé à bout en essayant de le forcer à parler. Je vais devoir prendre sur moi, apprendre à le laisser confier ce qu'il se sent capable de partager. Parce que sinon… à trop le pousser, je vais finir par le perdre… et c'est inconcevable… J'ai égoïstement l'impression de toujours devoir faire des efforts, mais je sais que c'est faux, je sais qu'il en fait constamment. Nous traversons une période difficile. Ce qu'il a vécu ces derniers mois… mon dieu, jamais je n'aurais la force de supporter tout ça, alors je dois être indulgente, je dois le soutenir, je dois… nous mettre de côté, moi, mon insécurité, mes doutes. Au moins pour cette fois. Au moins pour ça. Oui, tout ça doit cesser. Il a raison, c'est vrai, on ne peut pas tout régler en parlant. Même si, à mon sens, on ne règle rien en se taisant, je vais respecter sa volonté, quoi que ça me coute.

Il ne veut pas savoir, il ne veut pas en parler, il ne veut même pas que ça ait existé…? Très bien, alors, qu'il en soit ainsi. Je ne peux pas le perdre, ni maintenant, ni jamais, et surtout pas ici, dans son foutu studio pour un passé nébuleux sur lequel ni lui ni moi n'avons la moindre prise. Tout ça, c'est trop bête, bien trop bête…
J'encadre doucement son visage de mes mains légèrement tremblantes et acquiesce. "D'accord… d'accord." Puis mes lèvres viennent s'emparer des siennes avec douceur, longuement...


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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Mer 23 Oct - 13:07




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Focalise-toi sur ta respiration, efface le reste. Il faut que tu reprennes le dessus. L’humain se débat toujours avec l’animal. C’est une lutte abstraite et futile, la première part à laisser la seconde prendre le relais pour ne pas devoir gérer ça de manière juste, équitable. Maintenant, elle revendique le bon sens. C’est tellement facile, tellement puéril. Je n’ai pas changé, je ne changerai sûrement jamais. Je suis une cause perdue d’avance. Chaque son qu’elle produit est un témoin supplémentaire de ma connerie. Je sais qu’elle pleure mais je ne parviens pas à me retourner pour la réconforter. Je dois déjà combattre mon envie maladive de me barrer de là. Combien de minutes s’échappent comme ça ? Je me force encore à expirer de façon rythmée pour me calmer quand ses pas raisonnent. Je perds rarement le contrôle, j’atteins rarement cet état alors c’est d’autant plus compliqué pour moi d’atterrir après et de faire face à ce type de conséquence. La violence qu’elle soit physique ou verbale m’insupporte, je déteste m’énerver et pourtant, je suis complétement parti en diagonale en peu de temps – le pire ? Tout ça pour des raisons irrationnelles.  Rebecca vient à moi pourtant et elle doit me prendre par le bras pour que je daigne lui faire face. Je ne suis toujours pas apaisé, loin de là. Elle, par contre, me semble mieux tenir la distance. Je ne sais pas comment elle fait. Je fuis comme je peux ses yeux, incapable de jauger à nouveau les dégâts que j’y ai causé. Ses mains trouvent mon visage, j’ai envie d’y échapper mais je parviens à ne pas remuer d’un pouce. Elle acquiesce, je ne comprends pas trop à quoi. J’ai déjà oublié mes dernières paroles et mes dernières incohérences. Quoique j’ai pu dire, ça m’étonnerait qu’elle ait pu être d’accord avec ça. Elle ne peut pas adhérer aux paroles d’un fou. Je fronce les sourcils et avant que je puisse répliquer, elle se retrouve sur mes lèvres.

Ce contact réveille en moi autant mes sentiments à son égard, autant mes angoisses et mon insécurité. J’ai tellement besoin d’elle, j’ai besoin de la sentir proche, qu’elle soit là- enfin pas juste là, là avec moi. Tout ça nous a séparé sans que je le veuille réellement, que ça soit par mon attitude, par mes démons ou par mes craintes. Je prolonge ce baiser en l’intensifiant, mes bras s’enroulent autour de sa taille. Je la colle contre moi avec le peu de force qu’il me reste. Je ne cherche pas tellement à me faire pardonner en étant tendre, non. C’est bien plus égoïste que ça. Je veux juste me rassurer. Et je ne connais qu’une seule façon de l’être. Ma paume glisse sous son t-shirt, remonte son dos tandis que mes lèvres dévient leur course sur sa mâchoire, sa nuque. Je n’ai pas touché son corps depuis une éternité. Elle me manque et toute cette distance imposée par les circonstances, a engendré un peu plus mes appréhensions finalement, je n’en avais juste pas conscience. C’est ma seule, notre seul façon de communiquer justement nos émotions. Mais c’est une erreur. Une erreur de provoquer ça maintenant. Je ne la mérite pas et elle ne mérite pas ça. Je me recule brutalement avant qu’elle ne puisse réagir d’une quelconque façon à mes avances et sans chercher son regard, file droit vers la salle de bain. Je me plante devant l’évier et actionne l’eau froide avant de passer ma tête en-dessous pour sortir de ma transe. Il faut que je retrouve mon sang froid et je ne vois pas d’autres solutions là. Quand je juge avoir suffisamment les idées claires, je coupe le robinet et attrape une serviette. Je la passe sur mon crâne et sur mon visage tout en frissonnant désagréablement. Je prends une dernière fois une profonde inspiration avant de revenir dans la pièce principale.

Je vais m’asseoir sur le bord du matelas toujours sans oser la fixer, trop honteux de ma conduite du jour. Je frictionne encore mes cheveux avec le textile, perdant du temps dans la manœuvre pour rassembler mes pensées avant d’enfin réussir à parler. Je ne suis pas encore prêt à m’excuser, mon orgueil, ma fierté rôde encore dans les environs même si la bête, plus docile, s’est tapie au fond de son trou, vexée d’être chassée. Ma voix est enfin posée, normale. Je suis redevenu à quelques détails près moi-même. « Je te l’ai déjà dit… Je ne suis plus habitué à tout ça, à être en couple, à… » Ressentir ça. Ça ? La jalousie ? Seulement ça ? Je pose ma main contre mon front, la laissant voiler mes yeux de la sorte. « C’est beaucoup à gérer d’un seul coup. Tout est tellement… violent. » Je finis par laisser ma paume retomber sur le tissu humide posé nonchalamment sur mes genoux.« Je sais que c’est difficile pour toi de… de continuer à endurer mes silences. Mais j’ai … J’ai parfois besoin d’un peu de temps pour … » Pour, je ne sais pas. Digérer, encaisser, comprendre… Je déglutis douloureusement et soupire lourdement. « Il y a beaucoup de choses que je dois régler, accepté et … Ça prendra du temps. Tu penses pouvoir … » Je viens très prudemment fouiller ses prunelles. « … pouvoir supporter ça ? » Je retiens mon souffle à la suite et la jauge très calmement avant d’observer le sac qui git dans un coin de la pièce avec toutes les photos à l’intérieur. Ressortir les fantômes des placards… Il ne manquait plus que ça à vrai dire pour compléter le tableau de cette mini apocalypse. Je sais que je devrais un jour lui parler de Rachelle. Je le sais et je le redoute. Je ne veux pas susciter la pitié ou bien paraître … Je ne sais pas. Quel idiot s’arrêterait à une expérience d’adolescent pour ne plus jamais revivre une autre histoire ? Un idiot qui a couché avec une vampire, vendu son espèce et est à la tête d’une communauté, peut-être.  



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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Mer 23 Oct - 21:39




When the stars go blue.



Notre baiser me réveille, mon cœur s'emballe et je frissonne alors qu'il me sert plus fort contre lui. Je ferme les yeux quand ses mains glissent sous mon tee-shirt et que sa bouche se perd dans mon cou. Mon Dieu qu'il m'a manqué… j'essaie de me souvenir de la dernière fois que nos corps se sont retrouvés, unis avec cette harmonie qui les caractérise, mais je ne parviens même pas à m'en rappeler. Longtemps, bien trop longtemps, assurément... Je tremble encore mais sa chaleur réussi à m'atteindre, juste quelques secondes avant qu'il ne s'écarte brutalement me laissant haletante, seule, confuse. Je m'appuie contre le mur tandis qu'il se réfugie dans la salle de bain, sans même un regard pour moi. J'entends l'eau couler et passe ma main dans mes cheveux, déboussolée. Je dois respecter son silence. Je dois moi-même réussir à prendre un peu de distance avec tout ça, même si c'est difficile, même si… même si la distance est justement la chose qui m'effraie le plus en ce moment… d'ici deux jours il s'en ira et j'ai beau essayer de ne pas y penser, j'ai beau me répéter que tout ira bien, je suis terrorisée. Je ne veux plus revivre ça, je ne sais pas si je suis capable de survivre à ça une nouvelle fois… il faut que je sois plus forte, comment puis-je devenir plus forte ? Je ferai tout ce qu'il faudra, mais il faut que je m'endurcisse, il faut que… non mais qui est-ce que j'essaye de convaincre ? Je sais bien que rien n'y changera quoi que ce soit. Seul le temps guérira cette blessure. Le laisser partir et me revenir, c'est la seule chose que je peux faire. Et quand il sera revenu, une fois, deux fois, cent fois, peut-être que j'arrêterai de craindre qu'il m'abandonne. Ce n'est pas juste pour lui, je dois seulement lui faire confiance. Il m'a promis de tout faire pour me revenir et je le crois, je veux désespérément le croire. Il n'y a que cela qui compte… le reste n'est pas de son ressort, ni du mien.

Je relève les yeux lorsqu'il revient dans la pièce et part s'asseoir sur le lit. Je l'observe silencieusement se sécher les cheveux. Quand il reprend la parole, toute colère semble s'être envolée. Il cherche à se justifier, il me répète qu'il n'est plus habitué à tout ça, à être en couple, il avoue à demi-mot qu'il ne sait pas trop comment gérer tout ça. Il lui faut du temps, dit-il et je comprends ce qu'il veut me faire comprendre. Moi aussi, j'ai besoin de temps, nous devons tous les deux être patients et ne pas laisser tout ça nous détruire.

Il tourne finalement la tête vers moi en me demandant si je pense pouvoir supporter ça. Un petit sourire vient se dessiner sur mes lèvres alors que je me perds dans l'océan de ses yeux et j'acquiesce sans un mot. Bien sûr que je peux. Pour lui je pourrais endurer n'importe quoi. Pour lui, je vais y arriver.
Son regard glisse vers le sac poubelle et je me mords la lèvre avant d'aller m'agenouiller pour le ramasser et le traîner jusqu'à la table sur laquelle je le vide. Sa réaction était disproportionnée mais c'est moi qui l'ai provoquée. C'est à moi de régler ça. Doucement, je ramasse les clichés et les remets dans la boîte. Le bracelet finit entre mes doigts et je l'observe quelques instants avant de le faire rejoindre les photos. Je referme la boîte et vais la ranger à sa place avant de rejoindre Camille et de m'asseoir près de lui sur le lit. Je pose doucement ma main sur la sienne et sourit bravement. "Ma mère disait toujours "Un problème à la fois…". Je pense que c'était plutôt sage comme philosophie. Il ne faut pas prendre de décision importante quand on est en colère. Laissons ça de côté pour plus tard, tu veux bien ? Un seul problème à la fois."
Ma main glisse jusqu'à sa joue et je me penche pour l'embrasser à nouveau, tendrement. Puis je l'invite à se coucher et me blottis contre son flanc valide. Je dépose un baiser sur sa clavicule avant d'y enfouir mon visage et laisse ma main venir dessiner de petites arabesques sur sa peau. De la tendresse, du calme, voilà ce dont nous avons besoin. Un problème à la fois.


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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Ven 25 Oct - 0:16




When the stars go blue.

Je m’accroche au décor qui nous entoure en y cherchant toujours un semblant de raison, de cohérence à ma folie antérieure. Je sais bien que le paysage n’abrite aucune réponse au fond, je connais exactement le pourquoi du comment et je ne sais juste pas lutter contre ça. Je suis sans défenses et sans énergie. J’ai juste besoin d’une pause, d’un répit. Une accalmie au milieu de la tempête dans laquelle je suis emporté depuis que j’ai posé le pied en Ecosse. Vraiment ? Bon ok, depuis que j’ai forcé le manoir Raybrandt. Je réalise vraiment à quel point j’ai provoqué ma propre malédiction et que je l’entretiens allégrement. Parce que je n’arrive pas à me le pardonner et parce que je suis un lâche qui n’assume pas ses faiblesses. Je reviens poser mon regard sur la seule silhouette qui hante la pièce en dehors des dizaines de démons que je traîne. Elle se dirige précisément vers une partie d’entre eux et les rassemble alors que je les ai éparpillé au fond d’un sac que j’ai jugé être un trou noir. Elle les collecte précieusement, elle ne les craint de toute évidence pas. Je ne bouge pas, je ne dis rien - même si je n’approuve pas son comportement. Je ne bluffais pas avec ça. Elle remet le tout dans la boîte mais c’est comme pour Pandore, tout est encore dans l’air. Ce n’est pas aussi simple que d’aller les enfermer dans un placard. Je me passe une main sur le visage. J’aurais dû virer tout ça de ma vie il y a une décennie. Je ne comprends pas pourquoi ma … Louise a tenu à ce que j’ai ça. Je suis confus entre tout ce passé fragmenté par le mensonge, les restes de ma colère et ses conséquences ainsi que des réactions bien trop posées à mon goût, de Rebecca. Comment peut-elle toujours tout pardonner comme ça silencieusement ? Ça me dépasse.

Elle me rejoint, sa main franchit les Océans que j’ai construit entre nous pour me trouver échoué sur mon morceau de rivage. Je plonge mes yeux dans les siens et attend qu’elle s’exprime – ce qu’elle fait juste à la suite. Un problème à la fois ? Oui. Mais quel est le plus urgent ? Je n’arrive même pas à les démêler. Tout s’est tellement imbriqué ces derniers mois, la communauté, l’alliance, la menace d’une guerre, ma relation avec elle, Alan, Kate, Krystel. Je fronce les sourcils et soupire lourdement face à cette conclusion. Je suis complétement noyé. Sa paume effleure ma joue, ses lèvres, les miennes. Elle me fait basculer et se blottit contre moi tendrement. Sa bouche croise ma clavicule, je ferme les paupières et écoute le bruit de sa respiration. Mon bras enroule sa taille, mon nez se perd dans ses cheveux. Plusieurs minutes s’écoulent dans ce silence quasi religieux. Pour autant, il n’est pas dérangeant comme d’habitude car il est teinté de sa respiration, c’est le seul son qui ait une quelconque importance en ce moment. J’essaie d’être apaisé et de suivre son conseil, de reporter ça à plus tard mais ses mots raisonnent encore dans mon crâne. Son insécurité me fait autant peur que la mienne finalement. Je ne veux pas qu’elle pense que… elle puisse douter de moi. Je lui ai donné un nombre incalculable de raisons de le faire, je ne lui offre que des demi-promesses et sème le mystère sur le reste. Je me sens con. Je réalise qu’elle est dans la même position que moi – enfin presque. La nuance reste que là où elle est Rachelle aurait du mal de revenir pourrir mon existence. Mais je comprends. Je peux largement le comprendre.

Très doucement, malgré l’embardée que mon cœur endure quand je m’apprête à remettre ça sur le tapis, je lui murmure d'une voix basse et grave. « Tu… Tu as vraiment cru que… »  J’aspire un peu de son arôme pour mieux reprendre. « Rebecca, je préfère que tu m’en parles directement si jamais… Si jamais, je te donne l’impression de m’éloigner ou que tu puisses douter de … » Je glisse mes doigts dans sa chevelure pour me donner un peu de contenance. « Ce n’était pas un show, même si j’ai pu donner cette impression. Il n’y a que toi qui compte. » Mon souffle meurt contre sa crinière alors que j’y dépose mes lèvres. « Tu es la seule qui m’ait vraiment donné envie de… prendre le risque en dépit de tout le reste. Tu n’as sûrement pas conscience de ce… que ça représente pour moi mais… » Ma main remonte dans son dos alors que je la serre un peu plus fort contre moi sans me soucier de mes blessures ou des tiraillements qu’elles me procurent. « Je… Je n’arrive plus à envisager… la suite sans toi. Je ne sais pas vraiment où on va à deux comme ça mais … J’ai …. J’ai besoin de toi comme j’ai besoin de te savoir en sécurité et relativement … heureuse. » Je m’écarte d’elle un instant et affronte ses yeux tout en posant très doucement ma paume sur sa nuque. Mon pouce roule sur son épiderme alors que je mobilise un peu de mon courage. « Je sais qu’on a déjà discuté de ça. Que les conditions ne s’y prêtent peut-être pas. Mais… Becky. Si un jour, tu es malheureuse avec moi. Je t’en supplie dis-le moi et pars. Laisse-moi si je finis par te détruire. Ne t’enchaîne pas à moi à n’importe quel prix. » Le spectre de la rouquine flotte, oui. Je veux m’assurer comme je peux que le schéma ne se reproduise même si je sais que rien n’est comparable à commencer par la personne qui est allongée près de moi.

Était-ce moi le vrai problème alors ? J’ai du mal de l’envisager autrement tout en sachant qu’elle a mal agi et que rien ne justifiait ça. C’est compliqué. Ou je suis juste terrorisé à l’idée d’avoir été du début à la fin, était manipulé. Cela dit avec la Reine… Ma connerie ne connait pas de limites. Je veux juste, cette fois-ci, ne pas être le dernier au courant. Je veux savoir, qu’on me dise la vérité. Je ne veux plus jouer à un jeu que je ne maîtrise pas du tout et dont je ne connais même pas les règles. La trahison est trop douloureuse à envisager chez ses amis mais si ça touche la famille… Et … Elle, je ne pense plus être en état de le tolérer, de l’encaisser. Je place trop d’espoirs en elle, en … nous et ça me fait flipper, ça me fait carrément péter les plombs même. Mais ça c’est le prix à payer pour tout le reste. Le reste ? C’est la sensation d’être en vie, d’avoir une raison de se lever le matin, de ne plus se sentir tout à fait seul et de puiser un peu plus de courage dans un simple sourire. Elle est une faiblesse sans précédent, que je ne pouvais pas me permettre mais étrangement, elle se transforme aussi en une force que je ne peux m’expliquer. Je me penche et cueille ses lèvres. Je l’embrasse longuement avant de me décoller légèrement pour la détailler. Il y a tant de choses que j’ai envie de lui dire mais rien ne parvient à émerger alors je me contente de me réapproprier sa bouche pour me faire entendre. J’espère que ce que je ne dis pas lui parvient dans son entièreté.



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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Ven 25 Oct - 12:49




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Camille me rend mon étreinte et cela apaise une partie des angoisses qui dansent encore sous mon crâne. Nous restons ainsi, enlacés paisiblement, un long moment. Difficile de croire que peu de temps auparavant nous nous criions dessus. Nous sommes tout deux tellement… meurtri par le passé, je me demande parfois comment on va réussir à concilier tout ça. Je doute, et j'ai peur, parce que j'ignore si ce que je ressens pour lui sera suffisant. Sa voix me sort de mon apathie et je me mords la lèvre face à son interrogation. Sa main glisse dans mes cheveux tandis qu'il me demande de lui parler, de lui confier mes doutes et mes peurs. Je souris tristement. C'est tellement étrange que ce soit lui qui m'encourage à lui parler. D'une petite voix je confirme ce qu'il a déjà deviné : "Je… c'est ce bracelet… quand j'ai su que c'était elle qui te l'avait offert alors que tu le portes depuis des années… puis… tu ne voulais pas en parler et.. tu ne voulais pas t'engager ni avec moi, ni avec qui que ce soit.. alors je.. j'ai cru que..que tu l'aimais encore… "
Je ferme les yeux et me nourris de sa chaleur alors qu'il me déclare qu'il n'y a que moi qui compte. Tant de douceur de sa part me fait presque mal mais je l'écoute, émue, m'avouer, à sa façon, ce qu'il ressent pour moi, quelle place j'ai pris dans sa vie. "Camille…" Il a raison, je n'avais pas réalisé à quel point tout ça était inédit et difficile pour lui. Enfin, bien sûr, je le savais, au fond, qu'en revenant me chercher, qu'en nous proposant d'être un couple il sortait des terrains battus, de sa zone de sécurité. Cela fait plus de trois ans et demi que je le connais et jamais il n'a eu une relation stable et durable. Je me souviens encore des avertissements de Mme Maxwell à son sujet. Mon Dieu comme tout ça me semble loin…  Il me sert plus fort contre lui et je souris, les larmes aux yeux alors qu'il me dit ne plus pouvoir envisager la suite sans moi… Il a besoin de moi, de me savoir en sécurité et heureuse. Il ne comprend pas que je suis heureuse s'il est et que ma plus grande crainte est justement de ne pas être celle qu'il lui faut. Il s'écarte de moi pour plonger ses yeux dans les miens et sa main se perd sur ma nuque dans une caresse d'une tendresse insoupçonnée. J'acquiesce à sa requête. Oui, nous avons déjà parlé de ça et je suis déjà partie quand j'ai su que je ne pourrais pas en supporter davantage. Je n'ai plus peur qu'il me brise, c'est autre chose qui m'inquiète. "Je ne sais pas où on va non plus… mais je sais que je serai heureuse avec toi, Camille, n'importe où, n'importe comment… du moment que tu l'es aussi…" Je ne doute pas de ses sentiments à mon égard, j'ai juste peur que ça ne suffise pas… J'ai du mal à soutenir son regard alors que j'exprime ces doutes qui me hantent. "Mais Camille… et si c'est moi qui te détruit… ? Et si je ne suis pas celle qu'il te faut ? Si je ne suis pas à la hauteur…?" Parce que oui, le fait qu'il prenne le risque avec moi, cela me met une telle responsabilité sur les épaules ! Si j'échoue ? Si à cause de moi il perd toute confiance en l'amour ? Je baisse les yeux et confesse cet aveu que je garde en moi depuis une éternité : "J'ai peur.. de ne pas être capable de te rendre heureux…" Toutes les épreuves qu'il traverse, toutes les choses qu'il ne peut pas me dire et qui l'accablent, est-ce que moi je peux vraiment lutter contre tout ça ? J'ai tellement besoin qu'il soit heureux… j'aimerais tellement pouvoir être son roc, son rempart contre le monde, être celle qui le fait sourire quand il ne va pas bien et la raison pour laquelle il arrive à continuer malgré tout… mais si j'échoue ? Si l'amour que j'ai pour lui n'est pas assez fort pour repousser ses démons ? Je croyais que l'amour pouvait tout surmonter, mais je perds mes certitudes à mesure que le sort s'acharne contre nous. Doucement, je pose mon front contre son torse. "Je sais que je ne suis pas toujours facile, et que je t'en demande beaucoup. Mais... je vais faire des efforts. Je te le promets. Je veux que ça marche, Camille. C'est la seule chose dont je suis vraiment certaine : je veux que ça marche entre nous et je ferai n'importe quoi pour ça…"
Je le laisse s'emparer de mes lèvres et son baiser me réchauffe, me console. Il me regarde encore et je le détaille amoureusement, mes doigts venant doucement caresser sa joue. Je l'aime tellement que j'en ai mal. Je lui souris tendrement et lui rend à nouveau ses baisers. Et il n'a pas besoin de mots pour me faire comprendre quelle place j'ai pris dans sa vie. Je sais qu'il m'aime, je n'ai pas besoin qu'il me le dise, parce qu'il me le prouve, à chaque seconde, à sa façon parfois maladroite. A travers ses silences, sa jalousie, son inquiétude, je sais qu'au fond, il veut me préserver et qu'il ne cherche que mon bonheur…


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MessageSujet: Re: When the stars go blue [Livre II - Terminé]   Jeu 31 Oct - 18:42




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C’est perturbant qu’elle pense que… Tout est très clair dans mon esprit concernant Rachelle et je pense pouvoir comprendre pourquoi elle a pu se méprendre. Je déglutis difficilement et articule un faible sourire à peine posé sur mes lèvres. Qu’elle doute de moi n’est pas vraiment une grande surprise, je lui donne toutes les raisons de penser que je ne suis pas… attaché à elle. J’essaye toujours de me protéger, de ne pas être atteint, de ne pas lui retourner la moitié de ce qu’elle m’offre. Je suis un piètre petit ami. Je la fais plus s’inquiéter que s’épanouir. Elle pourra dire ce qu’elle veut, c’est la vérité. Je l’ai laissé partir, je suis revenu, je suis parti, j’ai disparu. Je suis à nouveau revenu et elle m’a attendu. Finalement, ce que j’avais prédit se produit. Elle subit ma vie plus qu’elle ne la partage d’égal à égal. Je savais très bien ce que ça donnerait. Pourquoi je ne parviens pas à me détacher ? Pourquoi, malgré tout, égoïstement, je suis là à entretenir cette relation ? Parce que justement, elle m’a accepté, elle m’a repris et surtout… Elle m’a attendu. Elle m’a sauvé plusieurs fois. Elle est un point d’ancrage quand je me perds. Ça me terrorise de le reconnaître mais je ne peux pas me voiler la face.  Le jour où tout ça finit par bien dérailler, je sais dans quel état je vais encore me retrouver. Je suis un adulte maintenant et je peux plus fuir éternellement. On verra. En attendant… « Non, Rebecca. Je n’éprouve plus rien pour elle. » Mes lèvres glissent sur son front. C’est étrange de le dire. Bien sûr, je le pense et le sais depuis longtemps mais le dire à voix haute donne une dimension tellement concrète à ce passé, au fait qu’elle y appartient bien. Je ne comprends pas moi-même pourquoi son écho a autant régi ma vie actuelle. Parce que je suis peureux sûrement.

Elle semble tellement convaincue de son bonheur à mes côtés. C’est comme si elle oubliait ses crises de larme et mon comportement parfois abjecte. Je me demande comment elle voit les choses de son côté pour être aussi déterminée à se détruire. Je caresse doucement sa pommette alors qu’elle continue à parler. Elle inverse les rôles soudainement, me désarçonnant complètement. Je la laisse finir son petit délire interne en fronçant les sourcils durement. « Je ne te suis pas Becky. C’est moi qui te fais toujours pleurer, moi qui t’aies laissé… partir, qui t’aies poussé à bout. C’est moi qui amène les problèmes constamment. Comment peux-tu assumer que c’est moi qui peut ne pas être heureux et qui me laisse détruire. Je refuse que tu penses l’inverse ou que tu crois que... C’est moi le responsable.» Je soupire contre ses lèvres avant de la coller toujours plus contre moi. « Je sais que je n’ai pas l’air… Enfin… Je suis … bien avec toi. Ne t’en fais pas pour ça. Moi aussi … Je veux que ça marche. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et à … gérer mais… » Je glisse ma bouche contre la sienne et l’embrasse tendrement avant de me reculer légèrement pour articuler dans un souffle. « Je n’ai pas l’intention de te quitter. Je suis à des années lumières de ça. Donc oui, ça risque d’être souvent difficile, compliqué et parfois même pénible vu ma façon d’être et tout ce qui… nous sépare mais… On trouvera toujours un moyen pour que ça fonctionne. En tout cas, tant qu’on le souhaite et tant que… toi aussi, tu es … bien avec moi. » Je ne sais pas ce que je lui apporte au fond mais peu importe ce que c’est, pourvu que ça suffise encore un peu parce que j’ai besoin de temps pour accepter, pour avancer et pour réaliser ce qu’on vit depuis un moment ensemble. Je suis du genre lent, prudent et peureux. Je me suis réveillé déjà une fois trop tard et j’ai failli la perdre définitivement. J’espère ne jamais plus reproduire ce schéma. Espérer. L’espoir. Tant qu’il y en reste entre nous quel que soit sa forme, ça vaudra la peine de se battre, pas vrai ? Rebecca m’enseigne ça. Elle m’apprend ce que c’est que de vouloir quelque chose - pas seulement par obligation ou par défaut. Elle m’apprend à m’accrocher, à persévérer. Oui. Elle fait de moi quelqu’un de mieux ou du moins… Elle me force à me dépasser pour tenter de le devenir. Et rien que pour ça, je ne la remercierai jamais assez. Mes lèvres trouvent les siennes encore une fois et apaisent mon rythme cardiaque un peu ébranlé.  Tant qu’elle est là, je sais que je peux garder le bon cap. Elle est ma raison, ma conscience et sûrement le meilleur sens que je donne à mon existence.




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