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I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]
MessageSujet: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 0:57




I chase your love around a figure 8

On m’avait toujours appris qu’à la naissance d’une conséquence, il subsistait une cause et que chaque problème trouvait sa solution. On m’avait souvent répété que rien n’arrivait par hasard et que les coïncidences étaient souvent bien plus rares qu’on pouvait le croire. A vrai dire, j’avais été forgé à ces images, je pensais pouvoir tout contrôler. Tout avait donc une suite logique. Un point de départ et forcément une arrivée. Les douleurs étaient donc fugaces, les sentiments tout autant que les possessions matérielles. J’avais vécu dans l’insouciance la plus totale en me complaisant de ces concepts à outrance parce que ça m’arrangeait bien finalement et que ça me préservait des désagréments que la conscience pouvait occasionner. Depuis que j’avais posé le pied en Ecosse, les fondements même de mes principes s’étaient écroulés et je m’étais bien vite retrouvé désarmé loin de la France, de la présence protectrice de mes parents. Avant d’être confronté à la réalité, je croyais bien souvent avec arrogance que je pourrais me sortir de n’importe quelle situation.  Pas forcément en invoquant mon nom et ma famille mais simplement par mes propres moyens. J’avais vite désenchanté et j’en payais encore le prix. Si j’avais tout remis en question et m’appliquais à le faire quotidiennement de façon obsessionnelle, je ne parvenais toujours pas à engranger certains mécanismes et certaines façons de percevoir le Monde. Ce qui n’avait pas changé ? Mon regard critique sur la société et la misère dans laquelle la moitié de la planète devait vivre à l’heure actuelle. Ce combat que j’aurais vraiment voulu mené s’il en avait été autrement. Bien sûr, cette histoire n’était pas un tort – je l’espérais, pour mon esprit. Ce qui l’était davantage, c’était ma perception des émotions - fragiles, versatiles, incertaines. Je ne pouvais tout simplement pas faire confiance à ce que je ne pouvais pas palper et voir. Je ne pouvais pas non plus savoir ou comprendre ce qui m’animait la plupart du temps. Dans le domaine de l’affectif, j’étais toujours aussi largué qu’avant. Dans de moindres mesures, cela affectait mes relations amicales. Mais évidemment, ça n’était pas de ça qu’il s’agissait dans ce cas précis.

Rebecca. J’avais passé sept jours à essayer de faire le vide afin de visualiser mieux ce qui se passait, de me permettre d’avoir une vue d’ensemble sur ce que nous avions vécu. Au final, je me sentais encore plus confus qu’auparavant. Je n’étais pas parvenu à la sortir de ma tête et avais dû résister à l’idée de l’appeler, d’entendre sa voix ou même de la voir. Je m’étais déjà habitué à sa présence et le vide qu’elle avait créé dans mon lit ne m’avait jamais paru aussi accablant. Le paradoxe habituel se rejouait bien entendu, ça me faisait peur de penser tout ça et de ressentir autant de choses contradictoires. Je m’étais même mis à instinctivement compter les jours qui me séparaient de son déménagement. J’étais aussi impatient qu’effrayé. Je ne savais plus trop où nous en étions l'un par rapport à l'autre, ça avait été une longue suite de dégâts et de caresses. Les ecchymoses fictives longeaient facilement nos baisers et même si nous ne nous voulions aucun mal, nous le provoquions. Ou plutôt je le provoquais inconsciemment, quand ça n’était pas un concours de circonstances. Je sabotais le bonheur quand il franchissait ma porte en bon trouillard que j’étais. Je m’étais déjà mis d’accord là-dessus, je ne la méritais pas. Et pourtant, nous revenions toujours à ce même point, celui où je finissais par dévaler les marches des escaliers afin de la rejoindre. Pour l’occasion, j’avais enfilé de vieilles fringues délavées sans valeur – j’avais pioché dans le tas des vêtements sacrifiable en cas de métamorphose subite. J’étais bien placé pour savoir à quel point les déménagements étaient salissants et puis de toute façon, j’étais plus à l’aise dans des tenues plus décontractées. Je fis comme à mon habitude et alluma la cigarette du jour devant mon immeuble. J’avais plusieurs bonnes minutes d’avance sur le programme mais je me sentais comme un gosse à la veille de noël – aussi nerveux que ça. Je n’attendais rien de cette rencontre et j’avais abandonné l’idée, l'espoir même, de trouver des réponses. De toute manière, je savais pertinemment que je ne me posais pas les bonnes questions. Ça fonctionnerait pendant un moment avant de finir par m'exploser en plein visage.

J’écrasais mon mégot au sol – à regret, n’ayant rien d’autres à portée de main pour le déposer. Rien que pour ça, j’aurais vraiment dû arrêter de fumer. Enfin, j’avais toute une liste écrite soigneusement à la main dans un de mes tiroirs sur le pourquoi du comment je devais stopper la nicotine. Mais une seule suffisait à faire tomber toutes ces bonnes résolutions, le stress. Et en ce moment, il régnait en maître sur mon existence. Il monta d’ailleurs en flèche quand j’aperçus ce qui ressemblait bien à la description que je m’étais faite de la camionnette dans laquelle ma belle brune devait parvenir jusqu’ici. Pourquoi appréhendais-je autant cette entrevue ? C’en était tout simplement aberrant. Mon attitude contrastait sévèrement avec mon état d’esprit et heureusement pour moi, d’ailleurs. Je m’avançais nonchalamment sur le trottoir, les mains dans les poches jusqu’à atteindre le véhicule. Je ne laissais pas à mon ancienne voisine le temps de sortir du véhicule pour me saluer. J’ouvris la porte et entrais aussi sec dans l’habitacle. Je plaçais automatiquement mon regard dans le sien, laissant mon sourire creuser ma fossette. Mon bonjour mourut dans ma gorge alors que je me laissais complétement absorbé par ses yeux. Je me penchais vers elle pour cueillir ses lèvres et l’embrassa tendrement durant une bonne minute avant de reculer et puis de retrouver alors l’usage de la parole. « Salut. » Même avec toute ma mauvaise foi et ma mauvaise volonté, je ne parvenais pas à le nier. Elle m’avait terriblement manqué.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 21:21




I chase your love around a figure 8



La semaine avait été interminable. S'il m'avait été très difficile de rester loin de Camille, il m'avait en revanche été impossible de ne pas penser à lui. Constamment, sans prévenir, mon esprit s'égarait vers lui, et je m'étais torturée pour ne pas le contacter. J'avais espéré que les différentes démarches de mon déménagement m'occuperaient suffisamment, mais cela avait été tout le contraire. J'avais passé mon temps à attendre, à la mairie, au téléphone, et à chaque petit moment d'inactivité, mes pensées m'avaient ramené à mon barman préféré.

Dès que tout fut réglé, j’eus enfin une bonne raison de l'appeler et ma déception fut sans borne quand je tombai sur son répondeur. D'autant qu'il me répondit par un sms… j'étais frustrée, et cela ne faisait pourtant que quelques jours que nous ne nous étions pas vue. Mais j'avais déjà accepté le fait qu'il était mon addiction et c'était en toute logique que j'étais sévèrement en manque. Pourtant, j'avais conscience qu'il avait besoin de ce temps là. Si lui ne m'avait pas contacté, c'était probablement parce qu'il n'en ressentait pas encore l'envie ou le besoin.
Je ne voulais pas paraître faible en craquant la première. Je savais que c'était ridicule. Déjà parce que nous n'étions pas en compétition, ensuite parce que je savais que J’ÉTAIS faible. Mais une petite voix sournoise m'avait fait remarquer que l'absence attisait le désir et que cela lui ferait peut-être réaliser que je lui manquais.
Visiblement, ça ne fonctionnait pas.
Parce que si je lui manquais au moins à moitié autant qu'il me manquait, il aurait déjà dû revenir vers moi. Or, il ne l'avait pas fait et je ne savais pas vraiment quoi en penser à part que j'étais définitivement une idiote. Si je ne l'appelais pas, il n'y avait pas de raison qu'il le fasse, pas vrai ? Après tout, c'était moi le moteur de notre couple et de notre histoire, si j'attendais sur lui, nous en serions encore au même point dans 5 ou 10 ans.

J'avais décidé de lui laisser du temps, et je m'y tenais, même si c'était horriblement difficile. Cela me permit tout de même de faire le point moi-même sur ces derniers jours et sur toutes les révélations qui les avaient jalonnés. La véritable nature de Camille m'intriguait, mais ne m'inquiétait pas. Quant à son histoire avec la Reine, je le croyais lorsqu'il disait que ce que nous avions n'avait rien à voir avec elle. Il fallait simplement espérer que ce que nous vivions était plus fort et que ses sentiments, quels qu'ils soient, pourraient le protéger de l'influence de la vampire. C'était sûrement ce que je redoutais le plus. Krystel Rembrandt et Maryana Watheerey hantaient mes nuits à tour de rôle, parfois de concert. Car oui, ne plus dormir enveloppée dans la chaleur des bras de Camille avait également ce désagrément: les cauchemars étaient revenus. Rien que pour cela, il était temps que j'ai mon propre appartement. Je craignais chaque nuit de réveiller Makayla tant mon sommeil était agité. Je m'étais méchamment cogné au milieu de la nuit précédente et je m'étais réveillée en criant. Aujourd'hui, un beau bleu ornait mon bras. J'avais l'air maligne.

Bref, autant dire que j'étais plus qu'enthousiaste à l'idée de ce déménagement, en partie pour mon indépendance, mais surtout parce que cela signifiait que j'allais voir Camille. Je me sentais excitée comme une puce et j'avais passé la matinée à fredonner en finissant de mettre les derniers cartons dans la camionnette. J'avais enfilé un minishort noir et un vieux tee-shirt kaki et m'étais attachée les cheveux en queue de cheval avant de prendre la route, continuant à chantonner tout le trajet jusque chez Camille.

Mon sourire s'agrandit quand je l'aperçu m'attendant sur le trottoir. Il me rejoignit d'un air nonchalant, les mains dans les poches et mon cœur s'accéléra. Bon sang, il était toujours aussi… quoi exactement ? Canon, sexy, beau à tomber ? En même temps cela ne faisait qu'une semaine, je ne sais pas à quoi je m'étais attendu. Je coupai le contact mais avant même que j'ai pu sortir, il s'était installé à mes côtés et me regardait en souriant. Je me sentis fondre presque aussitôt. Ce sourire finirait par me tuer…
Son regard océan plongea dans mes yeux, comme s'il pouvait lire jusqu'aux tréfonds de mon âme. Il se pencha sur moi et m'embrassa longuement. J’eus l'impression de me réveiller d'un long et pénible sommeil, mon corps réagit immédiatement et bien que ses lèvres me manquèrent à l'instant même où elles s'éloignèrent, je lui souris. Décidemment, ce n'était pas un mythe, l'absence amplifiait tout.
- Salut toi… répondis-je sur le même ton.
J'avais attendu ce moment pendant 7 jours, 7 interminables journées pendant lesquels j'avais désespérément essayé de ne pas penser à Camille, à sa bouche, à ses mains, à son odeur, au timbre de sa voix. Tout ça balayé en un seul long et langoureux baiser. Camille était pire qu'une drogue. Et j'en voulais plus, encore plus, toujours plus. J'étais une calamité…
- Prêt pour le déménagement le plus rapide de ta vie ?
J'aurais probablement pu me débrouiller seule, ou convaincre mon ancien proprio de me donner un coup de main, après tout, j'avais quelques atouts, mais cela avait surtout été une occasion pour nous retrouver tous les deux toute une après-midi. Je comptais bien faire traîner ce déménagement éclair plus longtemps que nécessaire…

Ce trajet était également l'occasion pour moi de voir combien de temps il me faudrait pour me rendre chez Camille. Je jetai un coup d'œil à l'heure avant de redémarrer et posai ma main sur le genou de Camille, l'air de rien, en chantant à tue-tête le dernier tube qui passait à la radio. Bon sang, j'étais d'excellente humeur. Je priais pour que rien ne vienne gâcher cette journée.

13 minutes plus tard, je garai la camionnette devant l'ancien immeuble où Maka et moi avions cohabité. Une foule de souvenirs me revint à la vue des fenêtres qui donnaient sur la rue. J'avais passé de bons moments ici. Nous avions passé la veille, elle et moi, à ressasser de vieux souvenirs et à parler de tout et rien, cela nous avait fait du bien.

Je sautai presque en bas du véhicule et en profitai pour venir enlacer Camille. Hum.. je ne me lasserai jamais d'être blottie contre lui.
- Merci de venir m'aider ! Souris-je en me mordant la lèvre.
Je déposai un rapide baiser sur sa bouche et ouvrit les portes arrières de la camionnette pour lui montrer le contenu :
- Tadaaaaa ! Toute ma vie tient dans… 16 cartons… Enfin, le double si on rajoute les fringues, mais ça ne compte pas !
Je me dirigeai vers la porte d'entrée et tâtai mes poches pour trouver les…
- Ho c'est pas vrai !
Incrédule, je jetai un regard penaud à Camille.
- Tu vas me détester.
Je me mordis la lèvre et posai ma main sur ma bouche. Mais quelle crétine !
- J'ai oublié les clés chez Mak… holala, je suis désolée ! J'avais la tête ailleurs.
Il y en avait pour une heure à faire l'aller-retour ! J'étais tellement excitée à l'idée de retrouver Camille que j'avais oublié le plus important. C'était bien beau d'avoir toutes ces choses à déposer dans l'appartement si je ne pouvais pas rentrer à l'intérieur.
Bon il n'y avait pas grand-chose à faire, je n'avais pas le choix, alors autant prendre les choses à la légère:
- Quand je te disais, que je portais la poisse !


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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Juil - 22:57




I chase your love around a figure 8

Les effluves de son parfum m’enrobaient déjà les poumons au moment où sa voix faisait échos à la mienne. J’avais l’impression qu’une décennie s’était écoulée depuis que nous nous étions quittés, son absence avait pris une telle proportion qu’elle en avait déformé ma conception temporelle. Je détaillais ses traits soigneusement en appréciant chaque détour avant de répondre très calmement malgré mon agitation intérieure « Plus que prêt. » J’avais tellement attendu de la revoir. Sa paume se perdit sur mon genou alors qu’elle se mit à chanter en chœur avec les chansons de la radio. L’image m’arracha un autre rictus et je me tus durant tout le trajet pour apprécier ses intonations. L’avantage de ne pas être le conducteur c’est que je pouvais ne pas détacher mon regard d’elle. Je venais régulièrement mais avec parcimonie poser mes prunelles sur son visage, sa nuque et sa silhouette de façon générale. A défaut de pouvoir la toucher, je parvenais au moins à me complaire visuellement de sa présence et de sa proximité. Je ne savais pas exactement où elle comptait emménager – je réalisais que je ne lui avais même pas posé une seule question à ce propos. Je ne comprenais définitivement pas pourquoi elle continuait à revenir vers moi alors que je … bref. Je ne voulais vraiment pas encore gâcher une journée avec elle, pas après sept jours de quasi-silence. Ma conscience devrait la fermer aujourd’hui, qu’elle prenne des vacances. Ma belle brune se gara devant un immeuble que je reconnus très rapidement, j’avais une bonne mémoire visuel et puis pour y être venu deux fois, je m’en rappelais. Non ? Elle allait emménager dans l’ancien appartement de Makayla ? Je masquais habilement ma surprise derrière un nouveau sourire en sortant du véhicule. Je me souvenais à peine de mon dernier passage ici. Enfin, je me souvenais surtout du réveil chaotique et de l’angoisse que j’avais eue en ne sachant même pas où j’avais atterri. Rebecca m’extirpa de mes réminiscences en venant m’enlacer. « De rien. » Sa bouche effleura à peine la mienne et elle se détacha déjà de mes bras. Cette étreinte fut trop courte à mon goût mais je ravalais mes envies pour me concentrer sur la tâche du jour – enfin autant que possible, elle ne me simplifiait pas la vie dans cette tenue.  

Elle ouvrit les portes arrière et j’admirais le tas de carton qui nous attendait. J’haussais un sourcil et la regardais du coin de l’œil. « Que des cartons ? T’as pas de meubles ? » J’en savais si peu sur son retour, son passage à l’hôtel, sa colloc avec Maka, la perte de son emploi. Une boule se forma dans ma poitrine et je cherchais à la dissoudre en me focalisant sur le présent, sur ce que je pouvais faire pour elle dans l’immédiat. A savoir décharger cette camionnette. Du coup, je comprenais mieux pourquoi elle n’avait pas eu besoin de moi au départ de chez son amie. J’étais déjà en train de ramener vers moi un des cartons pour le porter quand elle m’annonça ne pas avoir les clés sur elle. J’abandonnais ma corvée pour m’approcher d’elle et glissais mes doigts sur sa tempe afin de la réconforter. « Ne dis pas de bêtises. Pour te détester déjà, il me faudrait bien plus qu’un oubli de ce genre. » Quand bien même, je ne pensais pas possible être capable un jour de la haïr. Et si quelqu’un devait porter la poisse de nous deux, je décrochais la palme. Une heure de trajet au moins juste pour ça alors que je pouvais nous faire facilement entrer sans aucun dégât. Mais ça demandait alors que je livre un autre secret à Becky. Dans l’absolu, savoir crocheter une serrure, c’était révélé le dessus de l’iceberg. Elle ne pouvait pas déduire que j’avais été… Non ce que j’étais toujours quelque part, un voleur hors pair. Tant qu’elle ne me demandait pas de désactiver une alarme complète – bien que je sache également désactiver les systèmes de sécurité. Cela attirerait bien trop ses soupçons… Après comment justifier mon petit penchant pour les serrures ? Je trouverais bien une histoire. Je prenais le risque. Comparé à la révélation sur la Reine, après tout, ça n’était rien.

Je respirais un grand coup avec de lui déclarer « Et si je te disais que je peux résoudre le problème sans aller-retour ? » Je lui fis un clin d’œil, plantais un baiser sur son front avant de me diriger à l’intérieur du bâtiment. Une fois devant le seuil de la porte, j’articulais « Je suppose que c’est ici ? » Devant son incompréhension, j’ajoutais très vite « Tu n’es pas la seule à avoir connu Maka à cette époque. » Je ne m’étendais pas volontairement sur le sujet et sortis de ma poche un kit de crochetage minuscule mais terriblement pratique pour ce genre de situation. Ça n’était pas le meilleur outillage que je possédais mais au moins, il avait la décence d’être discret. Pouvoir exercer mon art me rendait particulièrement guilleret. Je m’amusais encore à m’entraîner et je veillais à ne rien perdre de mes années de pratique. Savoir s’introduire dans un endroit sans se faire repérer et sans que ça se sache, ça resterait sans doutes mon meilleur atout. « Tu peux commencer à décharger les cartons légers, j’en ai pour quelques minutes. » Je ne lui donnais pas plus d’explications et m’accroupis afin de me mettre au travail. Le système était très basique en comparaison à ce que j’avais déjà pu croiser sur « le terrain ». Le manque de challenge me décevait presque, j’étais un vrai gamin. En vérité, ça me manquait vraiment de ne plus jouer à Arsène Lupin. L’adrénaline, la succession de défis, mon amélioration dans ce domaine, la satisfaction tordue que j’en retirais, l’impression d’accomplir quelque chose de bien même si la manière de l’obtenir était douteuse. En à peine deux minutes, j’avais ouvert l’antre de mon ancienne voisine et je me relevais au clic familier qui me l’annonça. Je rangeais mon ensemble de crochets sagement à leur place et vins à la rencontre de ma comparse. « Alors, dis-moi quels sont les trucs les plus lourds. Autant faire bon usage de mes muscles. » Ne pas parler de ce que je venais de faire risquait d’attirer ses soupçons c’est pourquoi face à son expression incrédule, je complétais par « Oui, je sais, mes passions sont étranges. Je n’ai jamais aimé le foot enfant, ça explique beaucoup de choses chez moi.». Un peu maigre et trop léger peut-être. J’arriverais à étoffer ça par la suite, à ne pas en douter. Je m’emparais bien vite d’une caisse lourde afin de ne pas devoir subir dans l’immédiat un possible interrogatoire et la transportais jusque dans le salon, je la déposais dans l’entrée sans m’attarder sur le décor. Je me demandais pourquoi la blondinette possédait deux appartements. Pourquoi ne pas avoir revendu celui-ci ? Ça ne me regardait pas du tout  après.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Ven 19 Juil - 11:44




I chase your love around a figure 8



Camille a écrit:
« Que des cartons ? T’as pas de meubles ? »
- Si, si, mais pas grand-chose, genre mon lave-linge, ​mon lit, mon ordinateur, une ou deux étagères. Vu que l'appart est déjà en partie meublé, je n'ai pas repris toutes mes affaires !
Je me maudis intérieurement, puis à haute voix, lorsque je compris que j'avais oublié les clés à Livingstone. Mon déménageur personnel vint caresser ma joue pour me consoler et je souris. Finalement, une heure de trajet avec lui, ce n'était pas une si mauvaise idée… mon inconscient l'avait peut-être fait exprès !
Mais à priori, cela n'allait pas arriver. Je fronçai les sourcils lorsqu'il lança qu'il pouvait peut-être résoudre le problème. Son clin d'œil et son baiser me laissèrent interloquée et je le suivi à l'intérieur de l'immeuble.
​A ma grande surprise, i​l s'arrêta juste devant la bonne porte.
           - Comment est-ce que tu sais que…?  
Camille a écrit:
« Tu n’es pas la seule à avoir connu Maka à cette époque. »
Oui, il est vrai qu'ils se connaissaient de longue date, mais pourquoi connaissait-il son appartement ? Ne m'auraient-ils finalement pas tout dit ? Est-ce qu'ils avaient tout de même couché ensemble ? Je fus très vite détournée de ces pensées désagréables quand je le vis sortir une sorte de petit couteau suisse et qu'il s'accroupit devant la porte.
-          Tu vas crocheter ma serrure ? Demandai-je incrédule, un sourire amusé sur les lèvres.
Camille a écrit:
« Tu peux commencer à décharger les cartons légers, j’en ai pour quelques minutes. »
Et bien ! J'étais stupéfaite, mais en bonne fille obéissante, je retournai au camion pour en sortir deux petits cartons. Je n'eus​ même pas le temps de les ramener à l'intérieur que quelques instants plus tard, il me rejoignait.  
Camille a écrit:
« Alors, dis-moi quels sont les trucs les plus lourds. Autant faire bon usage de mes muscles. »
- Quoi,​tu as déjà fini ? M'exclamai-je, impressionnée.
Sa tirade sur ses passions me fit rire. J'imaginais parfaitement le petit Camille que j'avais vu sur les photos partant à la chasse aux secrets de ses parents plutôt que tirant dans un ballon.  
Il prit l'une des plus grosses caisses –remplie de livres- et je le suivi jusque dans l'appartement. La vue de la porte entrouverte me réjouit et je déposai mes cartons à l'intérieur. J'entrepris d'ouvrir tous les volets et toutes les fenêtres pour aérer un bon coup. J'ignorais depuis combien de temps Makayla n'avait pas mis les pieds ici, mais j'allais devoir donner un bon coup de ménage tant la poussière semblait tout avoir recouvert. Heureusement que des bâches recouvraient les meubles.
Une fois la lumière retrouvée dans mon antre, je revins vers Camille et me pendis à son cou avec joie.
-          Mon sauveur ! Tu es le meilleur…. Soufflai-je en venant l'embrasser tendrement.
J'allais avoir du mal à me décoller de lui et à me concentrer à la tâche qui nous attendait, c'était certain.Je frottais doucement mon nez contre le sien et levai les yeux vers lui, sans me départir de mon sourire:
-          Une chose est certaine, Monsieur Fontayn, vous êtes un homme plein de surprises…  
Je l'embrassai encore, profitant quelques instants supplémentaires de ses bras et me détachai de lui à regret.
-          J'ai prévu un peu de musique pour nous motiver !
J'ouvris l'un des cartons que j'avais apporté et en sorti ma station d'accueil. Je la branchai sur la prise la plus proche et y installai mon ipod pour lancer ma playlist en montant généreusement le son​. Par chance en ce début d'après-midi, nous ne gênerions personne.
J'avais envie de rire, j'avais envie de danser, j'avais envie de l'embrasser. Je fis un peu les trois à la fois en rejoignant Camille pour lui prendre les mains et faire mine de danser avec lui. Le rire au bord des lèvres je l'embrassai, encore, et reculai,l'entraînant avec moi​ sans le quitter des yeux, en ondulant sur le rythme de la musique:
- Au travail, beau gosse !
Il ne nous fallu pas très longtemps pour rentrer tous les cartons, ou tout du moins, cela ne me parut pas long alors que l'on en profitait pour papoter, plaisanter et pour ma part chanter et me déhancher dès que le contenu de mes mains n'était pas trop encombrant.  Le moindre prétexte était bon pour l'effleurer, l'embrasser, et je le taquinais toutes les deux minutes, que ce soit avec mes mains, mes mots ou mes lèvres, sans jamais vraiment rester à sa portée assez longtemps pour qu'il puisse me rendre totalement la pareille. Je m'amusais comme une gamine !

Bientôt, il ne resta plus dans le camion que les meubles, montés ou à monter. Si j'aurais très bien pu le regarder faire en laissant mes pensées dériver vers d'autres activités, j'étais décidée à l'aider et nous nous miment à deux pour les monter dans les escaliers.
Je m'essuyai le front alors que nous venions de monter le dernier meuble.
J'enlevai la bâche du canapé et me dirigeai vers la glacière que j'avais apporté :
- On a bien mérité une petite pause, tu ne crois pas ?
Je lui offris une cannette de soda, déposai un baiser dans sa nuque et me laissai choir sur le canapé en lui tendant la main pour l'inviter à me rejoindre:
- Alors comme ça, tu es déjà venu ici ? T'as intérêt à me dire que ce n'était qu'une visite de courtoisie ! Le taquinai-je en posant ma tête sur son épaule en plongeant mon regard dans le sien. Raconte-moi ! C'était quand ?
Bizarrement, j'étais d'une sérénité et d'une bonne humeur à toute épreuve. Si aventure avec Mak il y avait eu, cela remontait à loin. Ça n'avait aucune importance. Maintenant, il était à moi et rien qu'à moi...  et il me semblait ne pas avoir été aussi joyeuse depuis une éternité...



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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Ven 19 Juil - 16:59




I chase your love around a figure 8

Le côté abandonné du lieu me laissait rêveur, rien ne semblait avoir bouger depuis mon passage – du moins de ce que je pouvais distinguer dans la pénombre. L'endroit abritait les vestiges d'une autre époque. Aussi quand Rebecca tira sur les rideaux, j'eus l'impression qu'elle secouait un vieux fantôme assoupi. La lumière perça et rendit l'espace moins lugubre. J'eus un sourire amusé en découvrant le canapé. Ça me semblait tellement loin tout ça – et ça l'était d'ailleurs heureusement. Je me souvenais bien des circonstances qui m'avait amené ici et j'étais bien content d'avoir su reprendre le contrôle de mon existence. Quand bien même j'étais menacé par Krystel Raybrandt, je savais que j'avais suffisamment évolué pour ne plus retomber dans cette boucle infernale. Optimiste, Camille Fontayn ? J'essayais en tout cas. J'avais passé mon temps à me convaincre que je n'étais plus le même et j'avais presque réussi à y croire – ce qui restait un grand pas en soi. Pour l'heure, ma jolie brune trouva naturellement sa place contre moi. Je rigolais contre ses lèvres en ajoutant « Pour vous servir, jeune demoiselle en détresse. » Son nez longea le mien, je me laissa être capturé par ses yeux et mon sourire fit facilement échos au sien. Si elle savait tout ce que je lui cachais encore. Légèreté, légèreté, mot d'ordre du jour. « Mmmh et tu n'as pas encore tout vu. » Elle m'embrassa et je fis coulisser mes mains sur sa taille avant qu'elle ne se détache. Heureusement qu'elle gardait le Nord pour nous deux. En plus, je m'étais promis de la laisser venir à moi, après tout ce que je lui avais fait subir lors de la Pleine Lune. J'allais devoir modérer mes envies bien qu'elle fit tout sauf me faciliter la tâche. Elle mit en route la musique et se mit à danser devant moi. Quelle impertinence, vraiment. Le pire ? Elle ne s'arrêta pas là. Plus nous vidions la camionnette, plus elle jouait avec moi. Cela ne me déplaisait bien évidemment pas. Elle faisait tout pour que je ne puisse jamais la toucher franchement ou répliquer à ses baisers. Avec tout son petit manège, nous mettions un peu plus de temps que nécessaire pour tout rentrer mais je ne le vis néanmoins pas filer. C'était sûrement le déménagement le plus agréable qui m'ait été donné de vivre. Quand ce fut autour des meubles d'être transporté, elle se fit néanmoins plus sérieuse et il valait mieux qu'elle évite de me distraire alors que je portais les plus lourds à l'étage. Elle participa à mon grand daim aux manœuvres et je veillais toujours silencieusement à ce qu'elle porte le moins possible d'objet trop imposant.

Après avoir finir de tout décharger et de tout monter, je m'appuyais contre l'armoire le plus proche de ma position et souffla un peu. Je l'imitais et passais distraitement mon bras sur mon front pour en retirer la sueur. Je crevais de chaud et de soif. Les conséquences de ma reprise quotidienne – bien que moindre, de nicotine commençaient doucement à se faire ressentir. J'allais devoir me reprendre en mains. Mon amante ôta la bâche du divan, envoyant valser dans l'air mille et une poussières. Le ménage semblait plus que de rigueur. Elle me proposa une pause et j'acceptais bien entendu sa main. Je m'installais à ses côtés et apprécia le poids de sa tête contre mon épaule. Sa question m'arracha un rictus amusé. Qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? L'idée qu'il puisse se passer quelque chose entre moi et Maka ne m'avait jamais vraiment effleuré. Bon j'avais bien eu peur d'avoir dépasser certaines limites bourré mais sinon, non définitivement, elle avait toujours été une amie. Je n'avais jamais envisagé plus. Et je pense que de son côté, ça avait été pareil.  Est-ce que Rebecca serait un peu jalouse ? Ca me plaisait un peu trop. Je n'étais pas un franc amateur de la vengeance mais vu qu'elle s'était bien amusé avec moi un peu plus tôt, je comptais lui laisser un petit suspens pas bien méchant. J'ouvris très rapidement la canette qu'elle m'avait offert et en bus une longue gorgée avant de répondre. « C'était en ... 2010 si je  ne me trompe pas. J'ai passé une nuit ici à vrai dire... » Je restais vague et j'avais volontairement détourné mon regard du sien comme si j'étais partiellement gêné par cette information.Je laissais plusieurs secondes filer comme ça «  Et pour être honnête tu sais... » Je revins poser mon attention sur ses yeux. « J'ai dormi sur ce canapé. En tout bien, tout  honneur. » Je gratifia cette réplique d'un sourire franc avant de lui donner un petit coup de coude amicale dans les côtes.  Afin d'officialiser mes propos, je déclarais solennellement. « Il ne s'est jamais rien passé entre Maka et moi. »  Puis mes doigts vinrent se perdre sur sa nuque – ce dont je rêvais depuis un sérieux moment. « Elle n'est pas comme une certaine personne à venir se trémousser devant moi d'une façon effrontée pour attirer mon attention. »  Je fis coulisser ma bouche sur sa mâchoire et dans son cou. Je m'autorisais uniquement cet écart qu'elle avait quelque part elle-même provoqué en s'attachant les cheveux de cette façon.

Je m'écartais d'elle alors avec beaucoup de difficultés, me rappelant mon serment de la semaine précédente et finis mon breuvage très rapidement. « Allez, on a encore du boulot. »  Je la laissais gérer l'aspirateur et me mis alors à  nettoyer meuble et étagères avant de vider ses cartons très tranquillement. Je  rangeais tout dans les meubles en demandant conseil à la propriétaire des lieux. Je me mis à faire des remarques stupides à mesure que je découvrais ce que contenait les caisses qu'elle possédait. Sortir comme ça ses affaires finalement m'ouvrait la porte de son intimité bien qu'après, les biens matériels n'étaient pas pour moi forcément représentatif. Lors du rangement des dvds je m'exclamais. « Hey j'ai jamais vu ce film et celui-là non plus d'ailleurs. Faudra remédier à ça !  » C'était une façon détournée de lui proposer de se revoir prochainement... J'étais assis en tailleur au sol près de la télé et venais d'en finir avec la partie films. Quand j'ouvris le  dernier carton restant sur ma droite à la suite, je me heurtais à des fringues et à de la lingerie. Je sortis une de ses culottes amusé et déclarais très sérieusement.« Ce carton est très intéressant mais je suppose que tu préférerais le ranger toi même. » Je le fis glisser jusqu'à elle avant de m'étirer. Bon finalement, ça avait été plus vite que prévu. Je balayais l'endroit des yeux une dernière fois avant de me relever. Becky devait encore organiser sa garde robe, je m'approchais d'elle et demanda très naturellement. « Si Madame n'a plus besoin de mes services et si Madame me le permet, j'aimerais me retirer dans la salle de bain afin d'être plus présentable devant Madame pour le reste de la journée. » Je m'inclinais devant elle à la suite de ses mots et finis mon show en sortant de la pièce pour gagner la salle de bain. Bien sûr, je n'allais pas l'inviter à prendre part à cette douche vu ce que j'avais décidé. Puis dans l'absolu, le mélange sueur et poussières n'avaient rien de glamour selon moi. Je pris une douche rapide et sortis torse nu, laissant à mon t-shirt légèrement humide un peu de temps pour sécher. Puis j'avais parlé de ne pas approcher moi Rebecca, je n'avais jamais dit que je ne la provoquerais pas. Je m'installais face à la vitre ouverte du salon et profitais de la brise salvatrice quelques instants.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Sam 20 Juil - 0:13




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​Camille ne répondit pas tout de suite, ouvrant sa canette pour se désaltérer. J'avais beau affirmer que la réponse m'importait peu, j'étais suspendue à ses lèvres. Autant pour moi et ma prétendue indifférence.  
Camille a écrit:
« C'était en ... 2010 si je ne me trompe pas. J'ai passé une nuit ici à vrai dire... Et pour être honnête tu sais... »
Il détourna le regard et mon cœur rata un battement. Non ? Ce n'était pas possible…
J'avais bien conscience que je devais lui jeter un regard incrédule, la bouche légèrement entrouverte de surprise, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.  Puis ses yeux revinrent se perdre dans les miens.
Camille a écrit:
« J'ai dormi sur ce canapé. En tout bien, tout honneur. »
Son sourire et ses mots me heurtèrent à retardement et je grimaçai lorsqu'il me poussa doucement pour se moquer de moi. Le sale petit menteur !  
- Han, Salaud ! Répliquai-je en riant et en faisant mine de le frapper à l'épaule. Ça t'amuse !
Oui ça l'amusait, et moi aussi à vrai dire. Je ne l'avais pas volé, je le taquinais dès que possible depuis que nous étions arrivé.  D'autant que comme pour finir de me rassurer, il ajouta, plus sérieusement, qu'il ne s'était jamais rien passé entre eux. Voilà qui me convenait davantage.
- J'aime mieux ça… marmonnai-je avec un sourire alors qu'il venait doucement me caresser la nuque.
Camille a écrit:
 « Elle n'est pas comme une certaine personne à venir se trémousser devant moi d'une façon effrontée pour attirer mon attention. »
- Qui t'a dit que c'était pour attirer ton attention ? Demandais-je, amusée. Tu n'as pas vu le voisin qui regardait par la fenêtre ? Il avait l'air d'apprécier le  spectacle... Après tout, tu sais, les voisins, c'est ma spécialité !
S'il voulait essayer de me battre à ce petit jeu, il allait devoir essayer plus fort. Je souriais, amusée par nos bêtises et ses lèvres descendirent le long de ma mâchoire pour glisser jusqu'à mon cou. Bon sang, ce que ses baisers m'avaient manqués… de puis combien de temps de nous étions-nous pas vu ? Six mois, un an ? Comment ça, sept jours ? Non ce n'était pas possible… le temps s'écoulait affreusement plus longuement quand il n'était pas là…  
- En 2010, tu dis ? Réalisais-je finalement. Mais... j'habitais ici, avec Maka en 2010 ! On a dû se croiser !
C'était dingue cette coïncidence ! Et dire qu'on aurait pu se rencontrer 4 ans plus tôt ! Vu notre discussion sur sa jeunesse dorée, c'était peut-être mieux que ce n'ait pas été le cas, mais c'était amusant à imaginer.
Il s'écarta de moi et je soupirai lorsqu'il nous encouragea à reprendre le travail. J'avais en tête de biens plus intéressantes activités, mais il avait raison. J'entrepris de passer l'aspirateur dans tout l'appartement pendant que Camille finissait d'ôter les autres bâches et commençait à vider mes cartons. A chaque nouvelle boîte, il tournait les yeux vers moi avec ce sourire craquant qui n'appartenait qu'à lui et je lui indiquais l'endroit où il devait en ranger le contenu. Bizarrement, cette intimité-là ne m'effrayait pas. Je n'avais rien à cacher, du moins rien qui puisse transparaître dans mes affaires. Au contraire, je m'amusai à l'espionner du coin de l'œil pour observer ses réactions. Là par exemple, il était assis par terre et rangeait mes dvds, lorsqu'il leva les yeux vers moi pour s'exclamer qu'il n'en avait pas vu plusieurs, je prétendis être occupée –j'avais en réalité terminé depuis quelques minutes et l'admirais depuis- et souris en plongeant mon regard dans le sien quand il estima qu'il faudrait y remédier:
- Quand tu veux, Fontayn.
Il ne restait plus qu'un carton et je rougis lorsqu'il sortit l'une des occupantes et me narguait avec :
-Donne-moi ça, petit pervers ! M'exclamai-je en riant et en venant attraper ma culotte. Il y a des choses là-dedans sur lesquelles aucun homme n'a jamais posé les yeux !
J'allais peut-être remédier à ça avec lui, mais ce n'était pas une raison pour lui gâcher la surprise…
Il poussa le carton vers moi et se redressa pour me demander l'autorisation d'aller prendre une douche.
Je me mis à rire et secouai la tête, entrant dans son jeu :
- Mmmh Madame n'y voit pas d'inconvénient !
Il s'inclina et quitta le salon pour la salle de bain. Je l'aurais bien accompagné, mais il me restait quelques cartons d'habits à ranger. Je m'occupai des sous-vêtements que je fourrai dans le tiroir de la commode de la chambre, et vidai les –nombreux- autres cartons de fringues entre l'armoire et le reste de la commode. Ça mériterait un tri supplémentaire le lendemain, mais au moins c'était fait.

Quand je revins au salon, Camille était installé devant la fenêtre ouverte, les yeux fermés. Je m'adossais au chambranle de la porte pour l'admirer silencieusement, un petit sourire tendre sur les lèvres. Non seulement il était beau à tomber, mais aujourd'hui il était détendu et souriant et ne pas voir littéralement le poids du monde sur ses épaules me faisait du bien. J'aurais aimé qu'il puisse être comme ça tous les jours. Il avait l'air heureux et j'espérais être l'une des raisons de ce bonheur. J'espérais même secrètement être la seule.
Je l'avais souvent vu le regard perdu au loin et je comprenais aujourd'hui beaucoup mieux pourquoi. S'il se transformait en oiseau, il devait rêver de grands espaces et de liberté. Son propre studio devait parfois lui paraître bien étriqué… je me demandais ce qu'il pouvait bien ressentir lorsqu'il volait. Il devait y avoir des moments où il ne voulait plus redescendre, où il devait souhaiter ne plus jamais redevenir humain… cette pensée me fit froid dans le dos et je la chassais assitôt. Je ne voulais pas penser à ça, maintenant.  Je le rejoignis et glissai mes bras autour de sa taille, embrassant son dos avant d'y poser ma joue:  
- Quelle tenue indécente… tu devrais avoir honte !
Oui, oui, je sais, je me moquais du monde. Mais c'était totalement mon intention !
- Tu sais tu n'as pas besoin de te donner autant de mal pour me séduire… un bouquet de fleurs suffirait. Des lys, blancs de préférence.
Encore qu'en réalité, il n'ait pas le moindre effort à faire, j'étais sous le charme depuis bien longtemps !
Je me glissai sous son bras pour me trouver face à lui et me mis sur la pointe des pieds, entrelaçant ses doigts aux miens. Tout doucement je l'embrassai avant de venir lui susurrer à l'oreille:
- Tu sais qu'on dit que pour porter chance à ses occupants, on doit faire l'amour dans toutes les pièces de la maison…?
Je me mordis volontairement la lèvre inférieure et le délaissai pour retourner m'adosser à l'encadrement de la porte de la chambre, malicieuse. Puis je glissai mon doigt dans ma bouche de manière suggestive et ajoutai innocemment :
- On devrait commencer toute de suite, tu ne crois pas ?


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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Sam 20 Juil - 1:58




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Les coïncidences. J’avais du mal à les gérer car je peinais à y croire. Après, je n’étais pas comme ces illuminés qui croient que le Destin est déjà tracé à l’avance et que des forces conspirent en silence sur chaque organisme vivant. Non merci, les sectes, ça ne me tentait vraiment pas. J’aurais pu donc croiser Rebecca à une des pires époques de ma vie. Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Elle ne m’aurait sûrement pas vu du même œil et je ne serais sans doute pas ici pour le penser. Les morsures de la vampire étaient encore visibles sur mon épiderme à cette époque, je l’aurais sûrement dégoutée. Et à juste titre. Je m’égarais ? Toujours quand j’appréciais la brise. C’était mon instant de liberté, en fermant les yeux, j’avais presque la sensation de voler. Le vent courant sur ma peau m’apaisait toujours grandement et même si mon esprit dérivait sur des anecdotes moins plaisantes, je n’en prenais pas ombrage pour le moment. C’était une accalmie au milieu de la tempête, aujourd’hui restait unique en son genre. Faire vraiment le vide loin de Rebecca n’avait au final servi à rien, je me sentais plus serein depuis que je l’avais retrouvé. Cette pensée aurait dû m’inquiéter mais dans l’immédiat, elle n’en fit rien. J’avais envie de profiter du peu de normalité que mon existence m’offrait. J’aimais être ici, être simplement humain. Le corbeau dans ma tête s’offusqua et je ne pouvais pas lui en vouloir. Nous formions un tout et je n’avais jamais eu de problèmes avec ça. Disons qu’un peu de tranquillité ne pouvait pas me, nous, faire de mal. Ma crise de panique en était la preuve, il fallait que je parvienne à me détacher un minimum. Je n’étais pas assez fort pour tout affronter d’un seul coup et j’avais beau m’être endurci, je ne serais jamais à la hauteur pour tout encaisser. J’étais toujours trop impliqué pour savoir faire la part des choses et ça me frustrait d’être autant … moi ?

Des bras me tirèrent de ma rêverie et automatiquement je posais mes mains sur son épiderme. Ses lèvres m’effleurèrent le dos, ça allait devenir difficile de tenir mes promesses si elle se mettait à rejouer avec moi. Elle me taquina ce qui m’arracha un sourire et je répondis sans réfléchir. « Vous êtes en train de me confondre avec un fleuriste mademoiselle, moi, je ne suis qu’un pauvre déménageur. Laissez-moi me rhabiller si ma tenue ne vous sied guère. » Je n’eus pas le loisir de mettre à exécution mes paroles car elle se glissa sous mon bras et noua ses doigts aux miens. Sa bouche trouva la mienne avant que sa voix ne froisse le silence. Elle se mordit la lèvre à la suite et je chuchotais à sa suite déjà interdit. « Là, c’est toi qui te montre indécente. » Elle me planta là et je la suivis très tranquillement du regard alors devant la chambre elle poussait le vice encore plus loin. Finalement, je n’aurais pas dû attendre si longtemps que ça. Je me dirigeais vers elle avec calme et sérénité. J’exagérais la lenteur de mes mouvements quand mon bras enroula sa taille et que je me penchais pour l’embrasser. Après quelques secondes, je décollais mes lèvres pour lui chuchoter amusé. « Si ça porte chance après tout… »



Je la gardais proche contre moi et vins poser ma bouche sur sa clavicule. Je restais un certain temps là à embrasser son épiderme de sa mâchoire à sa poitrine. Finalement, j’articulais en souriant. « La chambre, c’est fait. Il reste encore un paquet de pièces cela dit. Bon du coup, faudra que je pense à prendre de l’avance au cas où tu voudrais tenter l’expérience avec un autre voisin quand je ne serais pas là. Ça me fâcherait qu’un autre réussisse ton pari avant moi. » Je revins un peu plus à sa hauteur pour capturer ses lèvres et finalement, je me mis à l’embrasser langoureusement durant plusieurs minutes calant ma main sur sa nuque. Je me détachais finalement pour la regarder, mon pouce caressa sa joue. J’avais envie de lui dire qu’elle m’avait manqué mais les mots ne parvinrent pas à franchir ma bouche. Il y avait encore trop de raisons pour ne pas se lancer sur cette route. Je me contentais donc de plonger dans ses yeux et de me taire pour l’instant avant de l’enlacer un peu plus franchement, je caressais ses cheveux alors. Je n’avais pas envie de bouger dans l’immédiat, aussi je me mis à vouloir faire la discussion et lui posais une question qui me trottait depuis un moment dans la tête. « Ça ne… te dérange pas de revenir vivre ici seule ? Je veux dire, la colloc avec Makayla, ça ne va pas te manquer ? »  A vrai dire, j’étais content qu’elle soit plus proche de moi, de pouvoir passer à l’improviste sans croiser la blondinette mais en même temps, si danger il  y avait… Elle serait seule ce qui m’angoissait. Oui, je sais. On n’arriverait jamais à me changer.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Dim 21 Juil - 0:09




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Camille a écrit:
« Là, c’est toi qui te montre indécente. »
Je souriais, insolente. J'aimais qu'il rentre dans mon jeu, que nos taquineries ne soient que des préludes à bien d'autres choses… Ma proposition sembla l'intéresser car il se rapprocha lentement de moi et m'entoura de ses bras pour se pencher et m'embrasser. Son amusement faisait écho au mien et je me sentais tellement bien…
Camille a écrit:
« Si ça porte chance après tout… »
Ses lèvres revinrent se poser sur les miennes et il m'entraîna contre le mur pour refermer la porte de la chambre avec son pied. Mon visage entre ses mains, je fermais les yeux, profitant de chaque baiser et de chaque caresse. Il était d'une douceur que je ne lui avais même jamais soupçonnée. Ses mains parcouraient mon corps tendrement, et il prenait son temps, bien loin de la sauvagerie de nos derniers ébats. Il était attentif, prudent, incroyablement aimant. Sa bouche ne cessait d'apposer sa marque sur ma peau, comme pour en redécouvrir chaque centimètre carré.
Mon Dieu, comme il m'avait manqué… c'était tout bonnement inhumain. Quand j'y pensais, je n'arrivais pas à croire une seconde que je pourrais perdre tout ce qui faisait mon humanité. Tout ce que je ressentais à cet instant précis, chaque sensation, chaque émotion, comment pouvais-je finir par ne plus rien aimer, comment pouvait-il être possible qu'un jour plus rien n'ait d'importance à mes yeux ? J'essayais de m'imaginer regarder Camille et ne rien ressentir. C'était une pensée terrible, affreuse, oppressante. Et je ne voulais surtout pas que ça arrive, jamais. Ces moments-là m'aidaient à m'accrocher davantage, à me battre toujours plus contre ma double nature. J'aimais trop la vie, trop Camille, trop notre histoire pour risquer de tout perdre. Grâce à lui, grâce à ces instants partagés, je craignais moins l'avenir. Et à cet instant précis, l'avenir était le dernier de mes soucis. Je refusais de penser à plus tard, j'en étais de toute façon incapable. Tout ce qui comptait c'était son corps et le mien, en parfait accord.

J'avais l'impression d'être la chose la plus précieuse au monde entre ses doigts et cela ne rendait ce corps à corps sensuel que plus magique. Car ce qu'il me faisait ressentir était forcément de la sorcellerie tant c'était incroyable. Il détacha mes cheveux qui s'éparpillèrent sur l'oreiller tandis qu'il y glissait ses doigts. Mon corps tout entier n'était que frisson, je n'osais plus ouvrir les yeux, je me laissais totalement porter par toutes ces sensations enivrantes. Comment pouvait-il être si doux ? Cela me dépassait complètement. C'était si différent de ce que nous avions vécu lors de la pleine lune, ou même de ce que nous expérimentions d'habitude. C'était incroyable que chaque nouvelle fois soit différente, qu'aucune lassitude ne se fasse encore ressentir. J'avais toujours autant envie de lui et il me le rendait bien, ce qui ne me rendais pas peu fière. La pleine lune avait provoqué chez nous quelque chose d'incroyablement intense, d'incroyablement bestiale. Mais aujourd'hui, j'avais l'impression qu'il voulait me faire oublier cet épisode de pure passion par un autre, non moins agréable, de pure tendresse. J'en aurais pleuré tant cette attention me touchait.

J'étais vraiment sur mon petit nuage aujourd'hui et ce qu'il me faisait me faisait monter encore plus haut dans les cieux. Mes vêtements disparurent tandis qu'il continuait de me caresser avec une lenteur qui habituellement m'aurait rendue folle. Mais aujourd'hui, je voulais profiter de chaque seconde. Mon corps accueillit le sien avec délectation, dans une union tendre et divinement harmonieuse. Quoi qu'il fasse, quoi que nous fassions, notre entente charnelle était toujours à son beau fixe. Je n'allais jamais pouvoir me passer de lui. Bon sang, comme je l'aimais… j'aimais tellement tout chez Camille… et dans ces instants-là, quand il arrivait encore à me surprendre, quand il me traitait avec tant de prévenance et de délicatesse… j'étais la femme la plus heureuse au monde, totalement comblée…

Aucune fausse note ne vint gâcher ce moment, tandis que nous froissions les draps tout neufs de mon lit et nous perdions dans le plaisir de l'autre. Je restais étendue contre lui, mon visage enfoui dans le creux de son épaule alors qu'il continuait à m'embrasser. J'étais épuisée, sûrement parce qu'une semaine loin de lui avait signifié une semaine de sommeil erratique.

Je souris à sa remarque et me redressai sur un coude pour venir l'embrasser, glissant ma main de ses cheveux à sa nuque et de sa nuque à son torse:
- T'es bête… murmurai-je, amusée. Tu sais qu'il n'y a qu'avec toi que je veux inaugurer cet appartement… le voisin devra attendre…
Ses lèvres se posèrent encore sur les miennes et je laissai échapper un petit soupir d'aise. Je ne m'en lassais pas. Je ne m'en lasserai jamais. Quand il se détacha pour me regarder, ce que je vis dans ses yeux me laissa rêveuse. Cette journée était parfaite. J'avais l'impression, à travers le comportement de mon amant, que je lui avais manqué autant qu'il m'avait manqué. J'avais envie d'exprimer cela mais son pouce sur ma joue me distrayait et sa question m'obligea à me concentrer sur autre chose pendant quelques instants :
- Je ne sais pas trop… j'adore Mak, mais j'avais envie de retrouver un peu d'indépendance… et puis j'ai toujours adoré cet endroit !
Grand, lumineux, plutôt bien placé, je n'avais vraiment pas à me plaindre. Surtout au prix où Maka me le louait : une véritable affaire.
- Mais, je t'avoue que j'aurai préféré retrouver mon ancien appartement ! Répliquai-je en souriant. Le voisinage était.. plutôt sympathique…
Je laissai mes doigts glisser distraitement sur son torse alors que je glissai mes jambes entre les siennes pour me coller encore plus contre lui. Doucement, j'embrassai son torse:
- Ca me manque de ne plus vivre juste à côté de chez toi… cette semaine a été interminable… enfin, au moins ici, je ne suis plus aussi loin qu'à Livingstone… rien que pour ça, ça vaut le coup !
Oui, cette semaine avait été une véritable torture. J'espérais bien ne plus laisser autant de temps entre deux de nos entrevues.
- Je comptais te laisser un double des clés, au cas où je me retrouve dehors… mais il semblerait que tu n'en ais pas vraiment besoin… fis-je taquine en mordillant son oreille.
Cela me faisait penser qu'il faudrait tout de même que je retourne chez Maka chercher mes clés et malgré ma plaisanterie, j'avais bien l'intention d'en laisser le double à Camille. Je doutais qu'il vienne à l'improviste, ça c'était plutôt ma spécialité, mais j'aimais l'idée qu'il puisse venir quand il le souhaitait. Ce me rassurait quelque part mais je n'allais pas lui dire que j'avais besoin d'être rassurée. Je n'allais pas gâcher ce moment.
- Mais bon, ce serait peut-être mieux. Je m'en voudrais que tu te fasses arrêter en essayant d'ouvrir ma porte…
Mon estomac se mit à gargouiller et je ris contre son bras. Si ce n'était pas un rappel à l'ordre de mon corps, je ne savais pas ce que c'était !
- Et si on allait manger quelque chose ?
Je me levai à contrecœur, totalement nue et me tournai vers lui:
- Tu me rejoins ?
J'attrapai un nouveau tee-shirt, un peu long et très échancré sur les épaules et enfilai une culotte avant de retourner au salon.
- On commande ? Proposai-je en relevant la tête lorsqu'il entra à son tour dans la pièce.
Je n'avais pas encore fait les courses et mon frigo comme mes placards étaient vides. Et je n'avais franchement aucune envie de ressortir. Je pris mon portable et me mis à consulter les possibilités à emporter dans le coin:
- Thaï ?
Je consultai le menu et énonçai quelques plats à haute voix mais l'interrogation de Camille me fit rire:
- Bon ok… Indien ?
Nous réussîmes finalement à nous mettre d'accord et je lançai la commande. Camille était retourné s'asseoir sur le canapé et je vins l'imiter, m'agenouillant sur lui, entourant sa nuque de mes bras pour venir l'embrasser tout doucement. Mon corps se frotta contre le sien et ma bouche glissa dans son cou. Je me mordis la lèvre et susurrai, coquine :
- Et si on en profitait pour barrer le Salon de notre liste… ?


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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Dim 21 Juil - 2:28




I chase your love around a figure 8

Avoir son indépendance. Ça, je ne pouvais que le comprendre. J’avais envisagé la colloc’ au moment où mes parents m’avaient coupés les vivres mais j’avais fait en sorte de gérer autrement. L’idée de partager un lieu de vie avec quelqu’un d’autre m’était simplement inconcevable. Le gosse de riche s’exprimait sûrement à travers ses paroles, j’en avais conscience. J’aimais ma solitude ou du moins, je ne voulais pas la partager avec un inconnu. De toute manière vu ma somme de secrets, j’aurais toujours intérêt à vivre seul. Mais là n’était pas la question. Même si j’adhérais complétement à la démarche de Rebecca, je continuais à la fois de la déplorer au vu des récents événements. J’essayais de masquer un maximum mes inquiétudes et toutes leurs causes. J’y parviens avec brio, contrôlant parfaitement mes expressions grâce à cette journée de détente. Ça ne m’empêchait pas de partir un peu dans tous les sens intérieurement. Mais tant qu’elle n’en savait rien, je ne lui gâchais pas le peu de simplicité que nous ayons réussi à mobiliser. Ses doigts sur mon torse m’aidaient à m’en distraire qui plus est. J’aurais aussi préféré qu’elle récupère son appartement. Ça m’aurait peut-être rassuré ? A un certain niveau, oui sûrement mais sur tous les plans… J’en revenais toujours à ce trou de six mois que je ne parvenais toujours pas à combler de façon certaine. Ma logique se heurtait à mon ignorance et pour des raisons évidentes, je ne comptais pas la questionner.  Je ne changeais pas d’avis à ce propos, si elle voulait m’en toucher un mot, elle le ferait. J’essayais vraiment de chasser mon trop plein d’interrogations et mon lot de peurs quand elle manifesta de façon plus évidente son manque. Je savais que je lui avais manqué, enfin je l’avais déduit ou plutôt espérer en fait. Mais elle le confirmait. Dans ma contradiction habituelle, je ne parvenais pas à me situer émotionnellement par rapport à ce fait. Mon cœur loupa un battement et c’est bien la seule chose que je parvenais à observer rationnellement pour l’instant. Et encore, je n’aurais su dire si c’était positif ou non. Tout commençait à se remettre à tourner dans ma cervelle ou à dérailler, je n’aurais pas su le dire non plus. L’enchaînement me donnait le tournis. Elle, me laisser un double des clés alors que nous n'étions plus voisins, donc ça ne justifia pas ça… Elle, qui avait le mien et s’en était servi d’ailleurs à plusieurs reprises… Elle et moi qui nous étions mutuellement manqués…Moi, parlant de projets dvd… Moi lui jurant d’être son amant exclusif…

Je fus happé par une vague de panique mais réussis encore à en garder le contrôle et heureusement, elle n’y vit que du feu. Elle blagua sur mes capacités à crocheter, j’aurais dû continuer sur cette lancée. Mais dans l’immédiat, sa petite taquinerie sur ma possible arrestation ne suscita rien d’amusant. Mes pensées repartaient dans une mauvaise direction. La flic, Tanwen S. Manawyddan qui me rappelait encore combien je ne devais pas m’agripper à des esquisses de relation. Mes doigts jouèrent machinalement comme toujours avec mon bracelet et je ne trouvais toujours pas quoi répondre à Becky qui malgré être venue mordiller mon oreille, ne m’avait pas complétement ramené dans cette réalité. J’étais irrécupérable et je serais toujours un beau salaud. Je venais de vivre une après-midi parfaite en charmante compagnie. Elle ne méritait officiellement pas d’être allongée ici contre un type aussi con que moi. Bordel après ce délire interne, j’en venais à me dire que c’était d’ailleurs un problème que sa serrure soit aussi facile et à la portée du premier voleur venu. Bon peut-être pas… En plus, j’étais bien placé pour savoir que les systèmes de sécurité les plus sophistiqués ne servaient souvent à rien si la personne était vraiment déterminée. Bref. Je fus heureux qu’elle propose de commander quelque chose pour que je m’arrête de me perdre tout seul de mon côté. Je retrouvais enfin la parole. « Allons-y ! Je ne veux pas prendre le risque d’être dévoré par ton appétit d'ogre. » Je lui souris. Mascarade visant la légèreté, réussie. Je n’avais pas surenchéri ou réagis même à ses révélations et je craignais qu’elle n’en tire les conclusions inévitables. Mais je comptais bien l’occuper pour qu’elle efface ça de sa mémoire. Je n’avais vraiment pas envie de pourrir l’ambiance. Et malheureusement pour nous, j’étais trop doué dans ce domaine.

Je me relevais quand elle me demanda si je la rejoignais. « Bien sûr, ce lit, sans toi, n’a plus d’intérêt. » Tandis qu’elle enfilait un t-shirt, j’enfilais sous-vêtements et jean à la va vite. Je la suivis jusqu’au salon, acquiesça à sa troisième interrogation et ne put m’empêcher d’hausser des épaules à la suivante en répondant d’un air faussement irrité tout en agitant les bras autour de ma tête pour donner de la contenance à mon mauvais jeu d'acteur. « Que de questions Mademoiselle Scott, que de questions et en si peu de temps ! Autant d’emportement me confirme que votre estomac ne tient plus en place ! »  Je rigolais avant d’ajouter. « Attends, on va regarder ensemble ce qu’ils proposent. »  Des moules baignées dans de la sauce aux haricots rouges ? Vraiment? Le titre du truc me donna plus la nausée que faim. Je lui demandais alors d'un air apeuré. « Tu es sûre que tu as envie de manger Thaï sinon ? »  Son rire me réchauffa – je ne m’étais pas aperçu jusque-là que malgré mon apparence inchangée et nonchalante, ma bonne humeur s’était un peu affalée dans mes dernières répliques internes. J’hochais de la tête quand elle suggéra l’indien, choisis avec elle quoi commander et une fois que tout fût réglé, m’installais dans le fauteuil. Elle vint se poster sur moi et se montra alors très suggestive. Si je croyais que mon esprit se refermerait à ses mots, mon corps lui réagit au quart de tour. Il me serait, je crois, impossible de la repousser même dans des moments de doute extrême. Pour la simple et bonne raison qu’elle me rendait complétement dingue et qu’elle savait parfaitement ce qu’elle faisait avec moi. De toute manière, je voulais lâcher ma confusion et cette proposition allait très certainement m’y aider. « Mmmh ça serait toujours ça de pris sur ce satané voisin. »   Mes doigts s’enroulèrent dans ses cheveux alors que je l’embrassais à pleine bouche.



Je m’écartais bien vite d’elle autant que possible en me redressant sur un coude afin de la laisser respirer quand on sonna à la porte. Putain, le livreur. Le timing était très serré pour le coup ce qui m’arracha un rire franc. La situation était hilarante. Malgré tout, je fus plus rapide qu’elle cette fois-ci pour me rhabiller et pour aller ouvrir. De toute manière, hors de question qu’un autre mec la reluque en si petite tenue. Je réalisais bien que mon allure générale débrayée et mon essoufflement marqué seraient intrigants voir limite révélateurs pour cet inconnu et si en d’autres temps, ma pudeur m’aurait embarrassé, dans l’immédiat j’étais encore bien trop haut pour m’en soucier. Je payais le tout sans répondre à l’amusement palpable que manifesta l’étranger à mon égard avant d’apporter la nourriture dans la pièce principale. Je posais le tout sur la table puis retrouva mon amante sur le canapé. Je glissais mon pouce sur ses lèvres avant de les cueillir. « Au moins, j’aurais amusé quelqu’un aujourd’hui. Le livreur a dû bien se marrer. » J’essuyais d’un revers de main rapide la sueur sur mon front avant de me relever. « Tu viens ? »  Une fois qu’elle fût debout, j’ajoutais en me postant face à elle « Vous êtes bien provocante aujourd’hui,  il me semble, Scott ! Quelle impertinence ! ». Je lui tapais très doucement les fesses à la suite puis m’avança jusqu’à notre repas qui nous attendait toujours sagement. J’ouvris les paquets et les disposais devant nous. « Bon appétit. Je te rappelle juste au cas où que les couverts en plastique ainsi que l’emballage ne sont pas comestibles. Pas la peine d’essayer de les avaler aussi. » Je lui fis un clin d’œil taquin à la suite et entrepris de manger ensuite. Mes incertitudes et ma trouille ? Pas très loin mais sous scellé pour l’instant. C’était largement suffisant.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Dim 21 Juil - 16:50




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J'étais à mille lieux des interrogations et des doutes internes de Camille. Rien, pas même son silence à mes tentatives de donner un tournant plus intime à notre conversation, n'allait gâcher cette journée. Ne voulant pas davantage le mettre mal à l'aise, je repartis sur une touche plus légère et il finit par se dérider un peu. Bon sang que ce mec était compliqué ! Heureusement que j'étais bien accrochée. Si ma détermination était encore solide, il m'arrivait de me demander si je tiendrai sur le long terme. Combien de temps pourrais-je encore supporter que Camille refuse de voir la réalité en face ? J'avais été plus forte que lui jusqu'ici, mais je craignais de finir par m'empêtrer moi-même dans cette situation. Je me torturai de plus en plus. Cela ne faisait que quelques semaines que j'étais de retour, à peine plus d'un mois, et les choses avaient déjà grandement évoluées entre nous. Bien plus que ce que j'avais imaginé ou espéré. Et pourtant… ce n'était pas que je n'étais pas satisfaite. C'était autre chose, que je n'arrivais pas à identifier, comme un sentiment d'urgence. Oui, c'était cela. Malgré ce que je me répétais sans cesse, j'avais l'impression que le temps nous était compté.

Bientôt je serais officiellement intégrée au groupe de Maryana et cette perspective me terrorisait. J'avais peur de ce que cela impliquerait. Si Makayla allait m'aider, elle me l'avait promis, je n'étais pas certaine que cela allait suffire à contrôler ma nature semi-démoniaque. Et pire, je m'inquiétais de plus en plus de ce qu'impliquerait ma collaboration avec eux dans ma relation avec Camille. N'allais-je pas moi aussi le mettre en danger ? J'avais beau me répéter que les semi-démons pourraient me protéger de la Reine des Vampires, il fallait espérer que cela n'apporterait pas d'autres complications. Je ne pensais pas que Camille serait menacé, mais qu'en savais-je vraiment ? Après tout, nous étions en guerre avec le monde, les miens voulaient répandre le chaos sur terre, peu importait la nature de Camille, je doutais qu'il apprécie de découvrir la mienne. Bon sang, il fallait vraiment que je lui parle de tout ça. Mais comment faire ? Il s'inquiétait déjà tellement de tout ! N'allais-je pas le convaincre définitivement que nous étions une erreur ? N'allais-je pas le dégouter, le faire fuir ? Ne se sentirait-il pas trahi ? L'image que la PES donnait des semi-démons était affreuse mais je n'étais pas comme eux ! Je n'avais pas demandé à être celle que j'étais, je luttais contre tout ça ! Ces non-dits m'étaient de plus en plus pénibles. J'attendais tellement de la part de Camille, mais n'allais-je pas tout gâcher moi-même ?

Tout ça était trop compliqué et trop douloureux pour que je m'y intéresse maintenant. Je ne voulais pas assombrir cette journée qui jusque là avait été parfaite. J'étais en compagnie de l'homme que j'aimais, nous étions détendus, heureux, et lui comme moi essayions de ne pas nous laisser happer par nos vieux démons. Pas maintenant en tout cas.
Je sautais sur l'occasion de mon ventre criant famine pour me relever et rejoindre le salon. Je secouai la tête en riant aux bêtises de mon amant et on finit par se mettre d'accord sur le choix de notre commande. Mes pensées avaient du mal à s'arrêter de tourner en rond. C'était ma faute. Dès que je commençais à penser à tout ça, je perdais les pédales. Il fallait que je pense à autre chose, il fallait que je me distraie. Et la meilleure distraction au monde, en tout cas en ce qui me concernait, c'était Camille…  

Je vins me glisser contre lui sur le canapé et ma proposition coquine fut accueilli avec enthousiasme comme toujours. J'adorais l'effet que j'avais sur lui, j'adorais savoir que je pouvais le rendre fou de milles manières et que si je le désirais vraiment, il ne pouvait pas me résister. Ce pouvoir sur lui m'enivrait, me rassurait aussi. C'était la seule chose sur laquelle j'avais une quelconque emprise. S'il refusait de m'avouer –et de s'avouer surtout- ses sentiments, il ne pouvait nier notre alchimie à ce niveau-là. Cela me consolait un peu…

Notre corps à corps sur le canapé fut un peu plus passionné que celui dans la chambre. Tout était naturel, simple, facile, bon. Comme toujours.
Nous venions à peine de nous être envolés dans les hautes sphères de la jouissance, reprenant notre souffle et nos esprits, qu'on sonna à la porte. Le livreur ? Déjà ?

Le rire de Camille entraîna le mien et je me redressai en le laissant se rhabiller pour aller réceptionner notre repas. Il était encore essoufflé, luisant de sueur et je me mordis la lèvre, distraite, en entendant l'échange entre les deux hommes. Je le regardai revenir avec amusement et ris de plus belle quand il me tapota les fesses:
- Si mon impertinence et mes provocations te gênent tellement, il faut le dire, Fontayn… minaudai-je en venant l'embrasser. Mais est-ce que tu as vraiment envie que j'arrête ?
On s'installa à table pour manger et je le poussai avec un air faussement offusqué quant il fit l'une de ses habituelles réflexions sur mon appétit.
- La ferme, idiot !
Mais je n'arrivais pas à me départir de mon sourire. Je me moquai gentiment quand il se retrouva avec une trace de curry au coin des lèvres et me penchai vers lui pour lui retirer du bout du pouce avec de le glisser dans ma bouche.
- Moi au moins, je n'en mets pas partout !
Une fois le repas terminé, je vins m'asseoir sur ses genoux et passai mes bras autour de son cou, venant appuyer ma tête sur son épaule.
- Merci pour ton aide aujourd'hui…
Je l'enlaçai sans rien dire de plus, profitant simplement de sa présence et de sa chaleur. J'avais passé une excellente journée grâce à lui si bien que je n'avais pas vu le temps passer. Mais la fatigue accumulée ces derniers temps commençait à se faire sentir. J'aurais pu rester là des heures, mais ce n'était pas vraiment une très bonne idée de programme si je ne voulais pas déjà m'endormir.
J'embrassai sa nuque et murmurais:
- J'ai l'intention de te séquestrer ici avec moi jusqu'à demain… tu y vois un inconvénient ?
Même si c'était le cas, c'était moi qui avais les clés de la camionnette et je n'avais pas l'intention de le laisser s'en aller ce soir.
- Si tu as des objections, tu ferais mieux de me les donner maintenant, même si ça n'y changera rien… ajoutai-je en souriant avant de venir doucement l'embrasser.
Je finis par me décoller de lui à contrecœur et débarrassait la table. J'étouffais un bâillement et surpris son regard. Je ne voulais pas qu'il se serve de ma fatigue comme prétexte pour s'en aller, alors je proposai:
- Et si on se regardait une série au lit ?
Je savais que la série finirait par me regarder au lieu de l'inverse, mais je n'en avais rien à faire, je voulais juste être dans ses bras ce soir. J'installais le pc portable dans la chambre et attirai Camille avec moi sur le lit, lui torse nu et en jean, moi en tee-shirt et jambes dénudées. Nous formions vraiment un drôle d'assortiment. Je me glissai dos à lui et me laissai entourer de ses bras, mes doigts caressant doucement sa peau. J'aimais quand ses mains se perdaient dans mes cheveux, sa bouche dans mon cou.

La complicité de ces instants avait quelque chose d'encore profond que nos ébats. Ces petites parenthèses de tendresse nous rendaient plus proches et c'était dans ces moments-là que je prenais toute l'ampleur du sérieux de notre relation. J'avais beau savoir tout ça, parfois cela me surprenait encore. Puisque Camille refusait de voir la vérité en face, il m'arrivait moi-même de m'égarer et d'oublier, ou en tout cas de douter. Mais quand nous étions comme ça, simplement à profiter de l'autre, je savais que je ne me trompais pas. Que tout ça avait du sens. Le grand 8 de notre histoire était parfois difficile à suivre, mais ça en valait la peine…
Je ne prêtai qu'une attention très limitée à l'ordinateur et finis par me retourner pour enfouir mon visage contre son torse et humer son parfum. Déjà à moitié assoupie, je marmonnai, juste avant de sombrer :
- Me laisse plus jamais toute seule aussi longtemps…

*****

J'ouvris les yeux en laissant échapper un soupir de bien-être. Je n'arrivais pas à croire que j'avais dormi d'une traite jusqu'au matin. Pire, j'étais dans l'exacte position dans laquelle je m'étais endormie, blottie dans les bras de Camille. Incroyable pour moi qui avait passé ces dernières nuits à me tourner et à me retourner en tout sens toute la nuit. Mes lèvres vinrent embrasser son cou tandis que je le sentais se réveiller lui aussi.
- Je dors définitivement mieux quand tu es là… avouai-je d'une voix encore rauque de sommeil.
Je restai un long moment avec lui sous les draps, nous réveillant mutuellement avec douceur, caresses et baisers. Rien que du très tendre ce matin. Et j'étais encore physiquement trop cassée pour envisager un nouveau marathon. Les autres pièces de l'appartement devraient attendre un peu…
- Je vais prendre une douche… prévins-je finalement en l'embrassant avant de me forcer à quitter le lit.
Je m'autorisai un long moment de détente sous la douche et après avoir enfilé une petite robe légère pour la journée qui s'annonçait déjà torride, je rejoignis la cuisine où je pensais trouver mon amant, à tort. Je nous préparai rapidement deux cafés et fis un détour vers la chambre. Mon adorable compagnon s'était rendormi. Il était absolument craquant comme ça. Je ne savais pas si je devais le réveiller ou non, mais je ne savais pas ce qu'il avait prévu pour sa journée alors je m'agenouillai se le lit et me penchai doucement vers lui. Mes lèvres déposèrent un baiser léger sur son front et je chuchotai:
- Camille…
Il entrouvrit les yeux et je lui souris, retirant une mèche de cheveux de devant ses yeux. Je lui laissai le choix, d'une voix douce pour ne pas le brusquer:
- Il est 09h00… tu veux ton café ou tu préfères rester encore un peu au lit?
Je posai un nouveau baiser, sur son nez cette fois, et le laissai se réveiller tranquillement. J'en profitai pour grignoter quelque chose et me faire une rapide liste de courses pour remplir mes placards et mon frigo. J'avais déjà décidé qu'il me faudrait être raisonnable et que j'allais ramener Camille chez lui dès ce matin. Même si la semaine précédente sans lui avait été une vraie torture et que mon être tout entier ne désirait qu'être avec lui, nous avions besoin de respirer un peu. Enfin lui, surtout, du moins c'est ce que j'imaginais. Je n'avais aucune envie qu'il parte, mais nous n'étions –du moins pas dans sa tête- pas officiellement un couple et il était parfaitement déraisonnable de passer tout notre temps ensemble… du moins c'est ce que je me répétais pour me convaincre. Quand il me rejoignit dans la cuisine, je caressai sa joue et cueillie ses lèvres avant qu'il ne s'installe pour boire rapidement son café.
- Je te ramène ? Demandai-je en forçant un peu l'enthousiasme et le sourire.
Même si j'étais partante pour le kidnapper et le séquestrer ici indéfiniment, je me devais d'être forte. C'était moi la personne mature dans ce couple. Enfin… en théorie, je n'en étais pas toujours très sûre…


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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Lun 22 Juil - 1:33




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Son sourire et sa réplique m’arrachèrent un éclat de rire alors que je plantais ma fourchette dans ce qui ressemblait à une mixture mêlant viande et curry. J’avalais avec appétit le contenu de mon assiette déplorant encore une fois ma fâcheuse manie à sauter sans m’en apercevoir les repas. Pourtant, je voulais veiller à être physiquement optimal et pas que pour pouvoir tenir la distance avec la jolie brune bien entendu. Je devais prendre soin de moi au moins pour assurer un maximum mon rôle. L’ironie voulait que je me sois relâché avec la trêve. Reprise de la cigarette, reprise des nuits de sommeil trop courte, reprise des mauvaises habitudes alimentaires aussi. Et je venais de crocheter une serrure. Bien joué Camille… Les doigts de Rebecca trouvèrent leur chemin jusqu’au coin de mes lèvres et je relevais les yeux pour rencontrer les siens. Je troquais mon air amusé contre une moue boudeuse quand elle m’expliqua qu’elle, au moins, ne s’en mettait pas partout. Nous finissions de manger dans cette atmosphère légère et détendue. Je ne me rappelais pas avoir rempli mon estomac autant la semaine précédente. Il fallait avouer que sa gourmandise était plutôt stimulante et c’est un fait qui m’avait toujours plu chez elle. Je commençais à  m’interroger sur l’heure quand elle vint se glisser sur mes genoux. J’enroulais un bras autour de sa taille et posais l’autre main sur sa cuisse. « De rien. » Sa bouche se perdit sur mon cou, mon pouce machinalement se mit à effleurer son bras. Je n’avais pas envie de partir, sept jours m‘avaient séparé d’elle et très honnêtement, je ne voulais pas être re-confronter à mon appartement vide et à ma somme de doutes. J’avais vraiment besoin de me reposer et pour ça, rester ici demeurait ma meilleure option. Comme si elle avait lu mes pensées, elle se montra autoritaire et refusais de façon plus ou moins claire que je quitte les lieux. J’accueillis son baiser et lui répondis sereinement. « Si Madame veut m’accrocher au radiateur, je ne l'arrêterais pas. Après tout, je vous avais déjà alloué toute ma journée, la nuit est automatiquement incluse. Ce que Madame ordonne, je l'exécute. » Ce n’était pas une proposition, juste de l’humour pour de l’humour. J’étais crevé. En me levant pour l’aider à débarrasser, je surpris également son bâillement qui entraina d’ailleurs bien vite le mien. Pour une fois, nous n’étions nerveusement épuisés. C’était une véritable fatigue physique et elle valait mieux à l’autre. J’étais déjà assez las pour ne pas réfléchir à son projet pour la soirée et répondis d’un hochement de tête avant de la suivre.

Je la laissais installer le pc dans la chambre et m’assis, jambes allongées sur son lit. Je me sentais déjà somnolent. Elle m’attira plus près d’elle et trouva vite sa place entre mes bras. Je ne saurais même pas expliquer de quoi traitait la série devant laquelle elle m’avait mise. Je préférais venir embrasser sa nuque et caresser son épiderme. Je commençais déjà à piquer du nez quand elle se tourna vers moi. Je crus percevoir une phrase qui durant un instant me bouscula intérieurement. La seconde d’après, je dormais déjà. Avais-je rêvé ? Il valait mieux pour mon esprit. Morphée était toujours plus clément avec moi lorsque je partageais mes draps avec la jolie brune et je dormais profondément contre elle. J’eus quelques difficultés à ouvrir les yeux mais en sentant un arôme familier me chatouiller les narines, je me forçais à émerger. Les lèvres de ma compagne achevèrent de me convaincre. Sa phrase me fit partiellement sourire et partiellement grimacer. La réciproque était vraie ce qui était inquiétant. J’eus excessivement du mal à me réveiller complétement bien que ses baisers et sa douceur m’y incitait. Finalement, quand elle me délaissa pour sa douche, je replongeais à nouveau sans aucune résistance. J’avais tellement d’heures à rattraper… J’étais à mi-chemin d’un rêve étrange quand sa bouche rencontra mon front. Ses intonations  fondirent dans mes oreilles et je pris la décision de revenir dans le monde du conscient. Ses doigts écartèrent une mèche de cheveux tandis que la mélodie reprit. J’aimais tellement l’écouter parler. Je tirais lourdement mes bras vers moi afin d’apposer mes paumes sur mes yeux. Je grommelais avec une voix enroué et trop grave. « Je vais me lever. » Je craignais de pouvoir passer la journée là à dormir. Je me redressais peu après son départ de la chambre et m’étirais avant de me lever.

Je me déplaçais mollement jusqu’à la salle de bain afin de récupérer mon t-shirt que j’enfilais – je comptais prendre une douche chez moi afin de pouvoir enfiler des vêtements propres juste derrière. Puis, je vins à sa rencontre dans la cuisine et la prit par la taille pour la rapprocher. Un baiser rapide en guise de bonjour puis je m’installais pour boire mon café. Pourquoi tout raisonnait de cette façon ? Nous ressemblions tellement à … J’avalais très vite mon café et essaya de ne pas me miner le morale si tôt alors que j’étais toujours dans une phase nébuleuse du réveil. J’articulais d’ailleurs peu encore perdu à mi-chemin dans les limbes. « Ok. »  Je posais ma tasse sur l’évier, mes lèvres dans ses cheveux puis me dirigeais vers le salon afin d’enfiler mes baskets. Et c’est en relevant la nuque que quelque chose attira mon attention. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais l’impression de reconnaître la toile qui séjournait là, contre un mur attendant encore d’être installée sur un mur.  Je me déplaçais jusqu’à elle pour la contempler de plus près et analysa la signature. Joona ? Joona… Ce nom me disait quelque chose… Je me concentrais sur l’œuvre en fronçant les sourcils avant de me souvenir, le métamorphe dessinateur ! Comment mon ancienne voisine s’était procuré ça ? Je me redressais et la retrouva. D’un air innocent, je lui demandais « Pas mal ta toile. Tu l’as dénichée où ? »  Oui, oui, ma curiosité était toujours compulsive mais l’idée que nos deux univers s’entrechoquent sans le savoir m’intriguait pour ne pas dire m’inquiéter. Je ne comptais pas m’étendre trop non plus là-dessus.

Nous fûmes rapidement dehors et je pris place côté passager comme la veille. Une fois assis, je sortis mon paquet de clopes pour en jauger la quantité restante. Hum, plus que deux. Et je m’étais un peu juré de ne pas en racheter après celui-ci… Mouais. Je devrais les tenir en cas d’urgence. Je le replaçais dans mon jean et me rappela par un miracle inouïe qu’il faudrait penser à relever mon courrier. Pour être exact le cheminement fût cigarettes = stress = problèmes = Krystel = lettre, courrier. Et courrier quant à lui me faisait penser à un détail important que j’avais omis. Je me tapais le front et me traita intérieurement d’imbécile. A force d’impatience, j’avais complétement zappé ça. J’ajoutais très vite alors qu’elle prenait la route. Si mon ton était d’abord très léger, je me fis plus grave à mesure que je déliais les syllabes dans l’air. « Ah oui, Becky, si tu savais repasser par mon appart vite fait après. J’ai reçu une enveloppe… de mon ami. Il a réussi à enquêter sur ta famille. Je dois te donner ça… Si tu le souhaites toujours.»  Bon au moins, ça me donnait une bonne excuse pour prolonger notre temps ensemble. Je plaçais ma main sur son genou cherchant un peu à - je ne sais pas, sûrement l’apaiser. Je réalisais que ça devrait être perturbant de comprendre d’où on venait et ce qu’il s’était passé pour le foyer que l’on avait fui. Non en fait, je n’arrivais même pas à le réaliser tellement ce devait être douloureux. J’ignorais si ça avait été le meilleur moment pour lui en parler mais de toute manière, ça ne servait à rien de repousser l’échéance. Au moins, je serais là pour elle… Si elle en éprouvait le besoin. Je ne savais pas trop quoi dire et embarrassé finalement, je me tus durant le trajet.

Nous arrivions bien vite devant mon immeuble mais avant de sortir, je glissais ma paume sur sa joue avant de venir l’embrasser tendrement. « Tu es prête ? » Je m’attardais sur son regard puis descendis du véhicule très vite. Je passais devant les boites aux lettres du bâtiment mais ne m’y arrêta pas. C’était pas le moment d’angoisser pour ça, ce qui allait se jouer sous peu allait être assez difficile pour que je n’en rajoute pas. Nous montions jusqu’au deux-pièces et je lui ouvris la porte. « Assieds-toi, je vais t’apporter l’enveloppe. »  Je fis plusieurs enjambées – moi-même pressé d’en finir avec ça, tendu alors que je n'étais pas concerné. J’extirpais ses secrets toujours sous scellés d’un tiroir – bien sûr, je n’aurais jamais pris la liberté d’en connaître le contenu, et lui tendis la grande enveloppe plutôt épaisse qu’on m’avait remise. Avant de vraiment lui donner, ma paume s’empara de la sienne, la serra durant quelques instants et mes yeux s’agrippèrent aux siens. Le message silencieux que je cherchais à lui transmettre était que j’étais là avec elle pour vivre ça. Le paradoxe voulut qu’une fois remise, je me reculais symboliquement pour lui laisser un peu d’intimité et d’espace. Je n’avais pas à savoir le contenu, je n’avais pas le droit de m’immiscer là-dedans sauf si elle désirait que je le fasse. Je savais bien respecter la vie privée des gens, je connaissais bien les limites. Je m’imposais une distance raisonnable pour qu’elle puisse lire tout ça seule tranquillement et à la fois pas trop éloignée si jamais elle me réclamait. Je décidais pour lui donner un maximum d’aisance de réorganiser mes placards en la gardant toujours à l’œil depuis ma position.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Lun 22 Juil - 23:41




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Camille a écrit:
« Pas mal ta toile. Tu l’as dénichée où ? »  
Je me tournai vers Camille avec un sourire :
-          Tu aimes ? C’est un ami à moi qui fait ça, il expose bientôt à Glasgow, je t’emmènerai voir ce qu’il fait, c’est vraiment très joli !
J’avais précieusement gardé son tableau depuis mon retour, lorsque j’étais allée lui rendre visite. J’avais vraiment été touchée par ce cadeau et j’étais ravie de pouvoir enfin l’accrocher quelque part.
Il ne fallut pas longtemps avant que l’on soit installés dans la voiture et en route pour chez lui.
Camille a écrit:
« Ah oui, Becky, si tu savais repasser par mon appart vite fait après. J’ai reçu une enveloppe… de mon ami. Il a réussi à enquêter sur ta famille. Je dois te donner ça… Si tu le souhaites toujours.»  
Je me crispai sur mon volant et mon cœur s’affola alors que je tournais un regard surpris vers mon passager. Nous n’avions pas reparlé de tout ça depuis la nuit de mes cauchemars et si j’avais en effet espéré qu’il avait fait les démarches dont il m’avait parlé, je n’avais pas osé lui en reparler. Je me mordis la lèvre, nerveuse et acquiesçai, incertaine :
-          Oui, oui bien sûr que je veux toujours…
Sa main se posa sur mon genou et je lui offris un petit sourire pour le remercier de son soutien muet. Bon sang, je ne m’étais pas préparée à ça. J’avais évité d’y songer pour ne pas me torturer inutilement, mais maintenant chaque seconde qui me rapprochait de ces découvertes alourdissait le poids dans mon estomac. En même temps, je n’étais pas obligée de l’ouvrir tout de suite. Si jamais, je pouvais rentrer à l’appart, la mettre dans un coin et l’oublier le temps de me faire à l’idée. Non mais qui est-ce que j’essayais de berner ? Je serais bien incapable de ne pas en lire le contenu et puis, j’étais assez lucide sur le fait que je serais rassurée par la proximité de Camille. J’aurais probablement besoin de lui…
Le trajet passa lentement. Il passa à toute allure. Je ne savais pas ce qui de l’impatience ou de l’angoisse l’emportait. Je me garai devant son immeuble, terriblement tendue. Je tournai les yeux vers Camille lorsqu’il me caressa la joue avant de venir m’embrasser en me demandant si j’étais prête. Sa présence me donna du courage et j’acquiesçai en me forçant à sourire, puis je le suivi à l’extérieur. Une fois dans l’appartement, il m’invita à m’installer pendant qu’il allait chercher l’enveloppe mais je me sentais trop nerveuse pour m’asseoir. Il revint pour me la donner et serra ma main quelques instants dans la sienne, plongeant son regard dans le mien comme pour me rassurer. J’étais contente qu’il soit là.  

Il s'éloigna pour me laisser l'espace dont j'avais besoin. J'observai l'enveloppe grand format que je tenais entre mes doigts. Finalement mon agitation tomba brutalement et je me laissai choir sur le canapé, tournant et retournant l'enveloppe en me demandant encore si je voulais vraiment savoir.
Je levai les yeux vers Camille, qui s'occupait en vidant ses placards et me lançai. Je décachetai le rabat et en sortit deux dossiers. Sur le premier était écrit "Famille Matthissen". Cela me faisait vraiment bizarre de voir ce nom écrit sous mes yeux. Je me souvenais de toutes ces années à l'école où l'on remplissait les fiches familles et que je devais expliquer que j'étais orpheline et inscrire le nom de mes tuteurs légaux : Florine et Christian Matthissen. Ils n'étaient pas mes vrais parents, mais ils m'avaient élevés comme si cela avait été le cas. Et moi, je les avais remerciés comment ? En disparaissant, sans un mot, sans une explication.  8 ans que je ne les avais pas vu…et malgré mes tentatives, je pensais souvent à eux, au foyer qu'ils avaient été pour moi pendant presque 17 ans. J'avais été tellement stupide de m'enfuir… mais j'étais jeune, j'étais effrayée et plus le temps était passé, moins j'avais osé les recontacter. Je n'avais plus aucun droit de les appeler "ma famille", ni eux ni Adam et Noah, mes "frères" et pourtant j'avais toujours tant de tendresse et de reconnaissance pour eux.

J'inspirai profondément et ouvris prudemment le dossier. Il était rempli de documents, de quelques photos et sur le dessus du tas se trouvait une fiche récapitulative. Mes yeux la parcoururent rapidement et furent violemment attirés par le mot "décédée". Je posai ma main sur ma bouche et sentis mes yeux s'embuer. Florine était morte…  ? Je fouillai parmi les papiers pour trouver un rapport d'enquête agrafé à ce qui ressemblait aux résultats d'une autopsie. Je pâlis. Assassinée par des vampires, février 2011…  Mon dieu. Cela faisait plus de six ans qu'elle avait disparue… tout ce temps et je n'en savais rien…  Et les autres ? Ils avaient dû être dévastés… Mes yeux revinrent fébrilement à la première page. Aucune information particulière sur Christian, rien sur Noah, et un seul autre renseignement attira mon attention : le terme "loup-garou"… Adam avait été transformé ? Bon sang, mais qu'est-ce qui c'était passé là-bas ? Sous le choc, les mains tremblantes, je jetai un coup d'œil aux autres documents, il me faudrait des heures pour tout lire et je n'avais pas la concentration nécessaire pour faire ça maintenant. Il fallait que je bouge, que je me lève, rester ici était en train de me tuer.
Je fis mine de me relever mais le second dossier, celui que je n'avais pas encore regardé, m'échappa et je posai celui des Matthissen sur la table basse pour m'agenouiller et ramasser le contenu de l'autre. Sur la couverture était inscrit : "Madison Scott".  Madison ? Je ne savais même pas que ma mère s'appelait Madison…quel joli prénom. Était-ce elle qui avait tenu à ce que je m'appelle Rebecca ? Était-ce son choix ? Avait-elle pu me voir et me prendre dans ses bras avant de mourir ?  Quelques clichés s'étaient échappés et je les ramassais machinalement.
Je me figeais en découvrant pour la première fois le visage de celle qui avait perdu la vie en me mettant au monde. J'étais son portrait craché… c'était tout bonnement incroyable de la voir sur ces photos et d'avoir l'impression qu'il s'agissait de moi… Là, agenouillée entre le canapé et la table basse, j'eu une terrible et oppressante envie de pleurer. Je levai la tête vers Camille et en quelques pas, il me rejoignit. Je lui montrai la photo et murmurai, d'une voix presque incrédule:
- C'est ma mère…
Ma mère morte à ma naissance, à cause de moi, à cause du démon qui m'avait engendré. Madison Scott dont je ne savais rien, dont toute la vie tenait dans quelques feuillets que je n'avais même pas encore eu le courage de regarder. Et tout à coup, la réalité me heurta de plein fouet : je venais de perdre deux mamans aujourd'hui. J'eu un hoquet de douleur tandis que ma main lâchait la photo. Avant même que j'ai pu comprendre ce qu'il se passait, les bras de Camille m'entouraient et j'enfouis mon visage dans son cou, quelques larmes s'échappant de les yeux tandis que je les fermais avec force pour ne plus avoir à affronter l'odieuse vérité.
Mes mains se crispèrent sur son tee-shirt et je tentai de contrôler ma respiration pour ne pas me mettre à sangloter comme une idiote. Je savais que ma mère était morte depuis toujours, et Florine… même si je n'apprenais son décès qu'aujourd'hui, c'était également de l'histoire ancienne, pourquoi je me mettais dans un état pareil?  
- Pardon… soupirai-je sans oser pour l'instant quitter la chaleur rassurante de son étreinte. Je… je suis bête… c'est du passé… je ne peux rien y changer, pas vrai ?
J'essayais de m'en convaincre, mais pour une fois mon esprit ne voulait pas être mature, raisonnable, responsable. Il se torturait à imaginer l'avenir de ma mère si je n'étais pas née, ou de Florine si je n'étais pas partie… tout ça aurait-il été différent ? Tout n'aurait-il pas été beaucoup mieux pour tout le monde ? Où en serait Camille si je n'étais pas entrée dans sa vie ? Serait-il plus heureux ? Qu'apportais-je de bien autour de moi ? N'avais-je pas toujours été synonyme de destruction, de douleur, de peine ? N'était-ce pas ça ma malédiction finalement ? J'étais la fille d'un démon, comment pouvais-je espérer laisser un jour tout ça derrière moi et être heureuse ? Je me voilais la face… tout allait s'effriter entre mes mains, tout allait se briser, j'allais tout perdre, forcément…  je sentais la panique et la douleur m'écraser la poitrine et me monter à la tête. Je secouai doucement la tête, ma gorge se serra, mes larmes s'amplifièrent et je chuchotai, presque pour moi-même:
- Je n'aurais jamais dû naître… Je n'aurais jamais dû survivre…
J'étais une erreur de la nature, rien de plus, rien de moins. Une aberration qui avait déjà couté la vie à trop de personnes…  
- Je porte malheur, Camille…  c'est toi qui avais raison… je ne devrais pas être avec toi…
Parce que j'allais le mener à sa perte… Cette pensée acheva de briser ce qu'il me restait de bon sens et j'éclatais en sanglots.




Dernière édition par Rebecca Scott le Mer 24 Juil - 10:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Mar 23 Juil - 20:03




I chase your love around a figure 8

Ce que je foutais ? Si j’en avais la moindre idée déjà moi-même. Je regardais vaguement les dates de péremptions des condiments dans mes armoires et  les rangeais par ordre de grandeur après avoir placé les plus anciens devant les plus récents – le truc le plus stupide au monde que je ne faisais jamais. J’avais vraiment choisi une activité incroyablement idiote mais dans l’urgence et dans la confusion, je n’avais rien trouvé de mieux. Depuis ma position, je pouvais l’observer sans paraître insistant, un avantage assez conséquent selon moi. Je la vis se décomposer dans l’émotion alors que j’oscillais entre un paquet de pâtes et des conserves sans importance – d’ailleurs depuis quand mes placards contenaient des petits pois je n’aimais pas ça ? Je redoublais de vigilance en replaçant les aliments à leur endroit initial et ne quittais plus des yeux mon amante. Elle sembla vouloir se relever mais un des documents fondit au sol. Elle s’agenouilla, je me déplaçais un peu plus sur la droite pour la garder dans mon angle de vue. Chose que je ne regrettais pas le moins du monde quand son regard se releva pour s’entrechoquer au mien. Sa détresse m’appelait et il ne me fallut pas une seconde pour me poster à ses côtés. Je ne savais pas trop quoi faire, j’avais l’impression qu’elle s’effritait sous mes yeux et que la toucher la ferait se briser définitivement. Je me penchais sur le cliché qu’elle me montra, l’émotion qui l’étreignit créa très vite une boule au creux de mon estomac qui s’amplifia alors que je détaillais les traits de sa mère. C’était son sosie. Je voulais faire quelque chose mais je restais suspendu quelques instants au-dessus d’elle sans savoir quoi dire. Qu’est-ce qu’on pouvait dire à quelqu’un qui n’avait pas connu sa famille ? Qui découvrait le visage de sa génitrice après 25 ans d’ignorance ? J’étais maladroit quand les situations me dépassaient. Finalement, je n’eus pas le loisir de continuer à hésiter car un hoquet de douleur s’échappa de sa gorge. Mes pensées m’abandonnèrent au profit de mon instinct de protection, je posais mes genoux sur le plancher et l’entourais de mes bras. Ses doigts m’agrippèrent, sa respiration se fit incertaine avant qu’elle n’articule avec difficultés un pardon auquel je répondis simplement en caressant ses cheveux. Je ne parvenais pas à parler, ma voix refusait de se manifester alors qu’elle parvenait encore à produire des phrases qui me blessèrent autant que sa peine me heurtait. Je ne comprenais rien en dehors du fait que mes rejets constants revenaient hanter la pièce – je n’étais définitivement pas bon pour elle. Je voulais réagir et démentir ses mots, défaire cette horrible conclusion qui n’aurait jamais naître dans son esprit. Mais je ne parvins à rien faire d’autres que resserrer mon emprise sur elle alors qu’elle éclatait en sanglots contre moi. J’essayais de contenir contre moi toutes les parcelles de son être qui semblait s’être démantelé.  

Je restais sans voix durant plusieurs minutes me contentant de passer ma paume contre son dos et de la caler contre mon torse comme si je cherchais encore à être un rempart entre son passé et elle alors qu’il l’avait définitivement rattrapé. Je regrettais lui avoir proposé ça, je regrettais lui avoir donné cette enveloppe. Elle se portait bien jusqu’ici sans ça non ? Non, je ne pouvais pas penser ça. Ça avait dû la ronger, ça avait forcément dû la ronger. Si elle avait saisi cette opportunité sans hésiter, c’était qu’elle était sûre d’elle. A sa place, aurais-je voulu savoir ? Je n’avais pas la moitié de son courage. Et pourtant, c’était moi qui venais de la ramasser là. J’allais devoir être à la hauteur pour une fois. Je ne pouvais pas l’abandonner, je ne saurais pas de toute manière la laisser dans un état pareil. Il fallait que je fasse plus que lui prêter un peu de chaleur humaine, il fallait que je la raisonne sur ces dernières paroles. M’entendrait-elle ? Je l’espérais. Ma main circulait toujours de sa chevelure à son dos. « Becky…. Ma Becky… » Je stabilisais mes intonations avant de continuer. Je ne savais pas par où commencer, j’ignorais ce qui l’avait poussée à dire tout ça, ce qui avait provoqué cette douleur. Je n’avais pas lu les documents. De quoi se sentait-elle coupable ? J’allais devoir partir sur mes faibles connaissances et mes hypothèses pour la calmer avec la parole. J’avais réussi à retrouver mon timbre calme et apaisant quand je repris. « Ne dis pas des choses pareilles. Ta place est bien ici, sur cette Terre. Avec moi. » Je ne savais plus trop moi-même ce que je racontais, j’éprouvais énormément de mal au fait de m’exprimer alors que son chagrin m’écrasait littéralement. Je tentais de retrouver un peu de cohérence au milieu de ce que je savais. Sa mère avait dû avoir une vie tragique et elle s’en sentait responsable ? Pourquoi avoir parlé de survie ? Il me manquait tellement d’élément. J’affirmais avec le peu de choses en ma possession « Ne crois pas que ton passé définisse forcément celle que tu es. Ce sont les actes que tu poses qui restent. Peu importe ce qu’il s’est passé. Je te connais suffisamment pour savoir que ta mère aurait été fière de toi. »

Je me trouvais une confiance et une maîtrise qui ne se manifestaient généralement que pour les affaires non personnelles - concernant la communauté. Il émanait ce même besoin et cette même force qui s’était forgée chez moi ces sept dernières années, celle de protéger, de défendre. Je franchissais toutes mes barrières habituelles que ma pudeur m’imposait. « Tu es une femme brillante, drôle, forte, sensible. Elle n’aurait pas pu rêver mieux pour sa fille. » Je la pris par le menton, la forçais à rencontrer mes yeux et repris de plus belle. « Rebecca, écoute-moi bien. Je suis heureux que tu existes et ça, c’est une certitude que rien ne pourra jamais changer. La poisse, ça n’existe pas. Il n’y a que des circonstances et tu n’es pas responsable de ça. Par contre, tu peux choisir ta façon de réagir par rapport à ça. » J’avais l’impression de m’être complétement perdu dans mon propre discours et je ne savais même pas si ça avait servi à quelque chose. Je posais mes lèvres sur son front et ramassais d’une main le cliché de sa génitrice pour le poser sur la table basse proche de nous puis nouer mes doigts aux siens. « Le sol n’est pas très accueillant, viens. » Je me relevais et l’emportais avec moi jusqu’au fauteuil juste derrière nous. Devant sa tristesse, j’ajoutais ultimement « Prends ton temps, je suis là, je reste là. » et attendis désormais plus ou moins calmement qu’elle finisse d’épancher sa peine en continuant à remonter son dos en des gestes qui se voulaient rassurant. J’attendais également qu’elle me révèle ce qu’elle voulait sur ce qu’elle avait découvert voir rien si elle n’en éprouvait pas le besoin. Après toutes les fois où elle avait dû me relever ces derniers temps, le minimum était d’être patient avec elle. Et quand bien même, pour elle, j’étais prêt à n’importe quoi pourvu qu’elle arrête de pleurer et de souffrir.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Mer 24 Juil - 23:37




I chase your love around a figure 8


Sans un mot, sa main caressait lentement mon dos. Je me rendais bien compte que ma détresse l’inquiétait mais à cet instant, j’étais incapable d’être forte pour nous deux. Perdue dans le marasme de mon passé, dans les tourments de mes pensées, j’avais perdu toute certitude. J’avais l’impression d’avoir passé mon temps à fuir, ma vie à me voiler la face. Je me mentais à moi-même depuis des années, encore plus depuis mon retour. Je ne pouvais pas avoir une vie normale, car je n’étais PAS « normale ». Je m’étais laissée séduire par cette illusion rassurante, cette idée stupide que si j’essayais assez fort, que si j’y croyais vraiment, j’étais capable de faire abstraction de ma nature. Mais c’était une erreur. Mes premiers cris déjà avaient semé le chaos derrière eux. Qu’avais-je fait de bien dans ma vie depuis ? Y avait-il une personne au monde qui pouvait s’estimer heureuse ou reconnaissante de m’avoir rencontrée ? Avais-je changé la vie de quelqu’un au point que ma présence sur cette terre ait un sens ? Non, bien sûr que non. J’avais fait exactement ce pour quoi j’étais née : répandre le chaos, la misère et la destruction. A ma façon. Innocemment, l’air de rien. N’étais-je pas encore plus dangereuse que tous les autres ? Je ne méritais pas le peu de bonheur que je possédais, les quelques amis qui comptaient pour moi. J’étais un rebut de l’humanité, et encore je n’étais même pas vraiment humaine. Une moitié de femme, une moitié de démon, un ensemble chaotique, perturbé, évoluant à contre-courant, complètement dépassé. L’étreinte de Camille ne suffisait pas à apaiser mon angoisse grandissante. Je devais rester loin de lui, je ne méritais pas qu’il soit à mes côtés alors que je lui cachais le monstre qui sommeillait en moi. Je croyais qu’il avait besoin de moi, je m’étais convaincu que je restais pour lui, mais c’était faux. C’est moi qui avais besoin de lui, c’était moi l’égoïste ici. Je m’étais accrochée à lui avec tant de force, de désespoir même… et maintenant je réalisais avec horreur que cela ne le ferait que souffrir davantage quand ma véritable nature se révèlerait et que je lui ferai du mal comme j’étais destinée à le faire. Non, je ne méritais pas cette étreinte, la chaleur de ses bras et de ses caresses, son inquiétude, sa sollicitude, rien de tout ça. Je creusais chaque jour davantage le fossé qui mènerait à notre perte…
Camille a écrit:
« Becky…. Ma Becky… »
Un nouveau soubresaut douloureux me contracta la poitrine à ces mots. Pouvais-je être sienne alors que je ne m’appartenais déjà pas moi-même ? Je ne savais pas, je ne savais plus. Je ne pensais qu’à ma génitrice, à cette femme qui avait eu le malheur de croiser le chemin d’un démon, qui m’avait donné la vie en y perdant la sienne. Et à Florine, Florine qui s’était occupée de moi comme une mère et que j’avais abandonnée, que j’avais blessée et qui étais morte sans que j’ai pu m’excuser ou la remercier pour m’avoir accueillie dans son foyer… j’étais une ingrate. Tout chez moi me dégoutait, ma lâcheté, mes peurs, mes illusions.  
Camille a écrit:
« Ne dis pas des choses pareilles. Ta place est bien ici, sur cette Terre. Avec moi. »
Qu'en savait-il ? Est-ce qu’il disait la vérité ? Non, probablement pas, mais j’avais désespérément besoin d’y croire. C’est ce que j’avais tant voulu, ce que j’avais essayé de lui faire réaliser : que nous étions fait l’un pour l’autre… mais ce n’était qu’un autre mensonge, le pire de tous sans doute. Je secouai la tête malgré moi. Non, ma place n’était pas ici, pas avec lui. Elle était six pieds sous terre dans les flammes de l’enfer. Voilà où était ma place, dans le royaume de mon père…
Camille s’efforçait de trouver les mots pour me consoler alors même qu’il ignorait pour quelle raison j’étais dans cet état. J’étais touchée par ce qu’il disait, malgré moi. Mais je n’arrivais pas à le croire. Comment ma mère aurait-elle pu être fière de moi ? Qu’avais-je donc fait qui aurait pu susciter le moindre enthousiasme pour une mère ? Je ne savais rien d’elle de toute façon. Ni ce qu’elle avait fait, ni ce qu’elle avait aimé, je n’avais aucune idée de son caractère ou des aspirations qu’elle aurait pu avoir pour moi… sûrement pas la vie que je menais actuellement. Mais Camille était déterminé et son assurance, sa confiance même, à laquelle je n’étais pas vraiment habituée, ébranlaient les murs de ma prison de douleur.  
Camille a écrit:
« Tu es une femme brillante, drôle, forte, sensible. Elle n’aurait pas pu rêver mieux pour sa fille. »
Je sentis presque mon auto-apitoiement s’ébrécher. C’était tellement… gentil de sa part de dire ça. Je le connaissais assez bien pour savoir qu’il ne le dirait pas s’il ne le pensait pas. Et pourtant… pourquoi ne pouvais-je le croire ?  Pourquoi ma combattivité m’abandonnait-elle quand j’avais le plus besoin d’elle ? Je ne pouvais pas succomber à ce mélodrame, laisser tout ça me ronger. Ce n’était pas mon genre ! J’étais peut-être une trouillarde, mais j’étais une battante. J’avais peur mais je me lançai, je faisais de mon mieux pour avancer malgré mes angoisses. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui elles étaient en train de me détruire. Je devais absolument reprendre pied d’une manière ou d’une autre.
Camille sembla entendre mon appel au secours interne, car sa main attira mon menton pour me forcer à le regarder et j’eus l’impression de retrouver un peu de stabilité en plongeant dans ses yeux.  
Camille a écrit:
« Rebecca, écoute-moi bien. Je suis heureux que tu existes et ça, c’est une certitude que rien ne pourra jamais changer »
Le reste de ses mots n'atteignit pas mon cerveau qui préféra se concentrer sur ceux-là. Il était heureux de mon existence ? C'était le comble pour quelqu'un qui tentait désespérément de me repousser à la moindre difficulté…  mais il était là aujourd'hui alors que j'avais l'impression de toucher le fond, alors que de toute évidence j'avais besoin de lui pour remonter la pente, et il ne me repoussait pas, bien au contraire, il tentait de m'aider, de m'atteindre.
- Camille… protestai-je.
Je ne pouvais le laisser dire des choses pareilles. Il ne savait pas combien ca me faisait souffrir, combien ca me plaisait. Je n'étais pas en état d'entendre ces choses-là alors que je savais au fond qu'il prétendrait ne les avoir jamais dites lorsque la prochaine crise surviendrait. Bon sang, combien de crises avions-nous déjà traversées ? Et j'étais de retour depuis quoi, même pas deux mois ? Nous étions un véritable désastre tous les deux, j'étais un désastre pour lui, lui pour moi, et nous ne faisions que nous blesser mutuellement. Et pourtant, même en sachant tout ça, je ne pouvais pas le repousser. Je ne pouvais pas m'en aller. Ses bras étaient l'une des seules choses qui semblait encore capable de m'empêcher de sombrer. Ses bras, sa chaleur et sa voix…
Il déposa un baiser sur mon front et, entrelaçant ses doigts aux miens, m'aida à me redresser pour m'attirer sur le canapé avec lui.  Je me laissai bercer dans son étreinte, rassurée et réconfortée par ses caresses et j’enfouis mon visage contre son torse, humant son odeur, fermant les yeux alors qu'il me disait de prendre mon temps. Il était là, il restait là. Oui, mais pour combien de temps ?
Je m'agrippai à lui jusqu'à ce que la vague d'horreurs qui m'avait traversée reflue lentement, ne me concentrant que sur le souffle de Camille et les battements de son cœur. Je ne méritais pas tant d'attentions, tant de soutiens. Mais je n'avais que lui, chez qui d'autre aller pleurer ? Personne n'en savait autant que Camille sur mon passé, ce qui était triste au vu du peu de choses qu'il savait. Je ne sais pas combien de temps il me fallu pour me calmer mais au bout d'une énième inspiration profonde –j'avais perdu le compte- j'avais retrouvé mon sang-froid, ou du moins un ersatz de sang-froid. Cela ferait l'affaire. Maintenant que je me sentais –temporairement, j'en avais conscience- un peu mieux, je devais un début d'explication à Camille.
- Ma mère est morte, parvins-je à dire d'une voix encore un peu enraillée avant de me rendre compte de la stupidité de ce que je disais.
Bien sûr qu'elle était morte, je n'avais pas été élevée dans une famille d'accueil pour rien.
- Mes… deux mères en fait….
Je poussai un soupir et essuyai mes joues avant de me redresser légèrement contre le torse de Camille.
- Ma mère adoptive a été tuée par des vampires… il y a.. plus de six ans… et ma mère biologique… elle est morte en me donnant naissance… j'ai failli ne pas y survivre non plus… et puis… je ne sais pas, le destin a dû trouver drôle de changer d'avis…
Je me penchais pour récupérer la photo et posai ma tête sur le torse de Camille en la détaillant:
- Je n'avais jamais vu son visage, c'est…ça m'a fait un choc… et puis, je ne savais même pas comment elle s'appelait. Madison. Madison Scott. C'est tellement bizarre.
Je n'avais pas osé poser beaucoup de questions aux Matthisen à l'époque. Pour la simple et bonne raison qu'ils étaient ma famille et que je n'avais pas voulu les blesser.
Vu ce que j'avais découvert depuis, entre ma filiation démoniaque et le reste, j'étais bien contente de ne pas l'avoir fait. Vu comme cela me bouleversait aujourd'hui, je n'osais imaginer ce que cela aurait provoqué chez mon double adolescent.    
- Ca fait beaucoup d'informations d'un seul coup, et encore, je n'ai pas tout lu… dis-je avec un ton d'excuse. Je suis désolée, je ne voulais pas…
Quoi ? Pleurer ? Lui faire subir ça ?
- …te faire peur… je me sens pas très bien, je… il va me falloir un peu de temps pour digérer tout ça…  
Je me redressai et posai mon front contre le sien.
- Pardon… J'ai toujours le chic pour tout gâcher.
Ma main glissa sur sa joue et je me forçai à sourire.
- J'avais… j'ai besoin, de savoir tout ça… merci Cam… je sais que ça n'a pas l'air là tout de suite, mais c'est une bonne chose !
J'allais pouvoir me faire une raison et avancer. Doucement mes lèvres rencontrèrent les siennes avant que je me blottisse à nouveau contre lui.
- Tu voudras bien… rester avec moi quand que je regarderai le reste ?
J'allais avoir besoin d'en parler à quelqu'un. En fait, non. J'allais avoir besoin d'en parler avec lui. Je savais que les confidences le mettaient mal à l'aise, mais… ça n'avait pas d'importance, de toute façon, je n'allais pas regarder ça tout de suite, pour l'instant, j'avais encore besoin de l'étreinte de mon amant, ou de lui, plus vraisemblablement. Et cet épisode ne faisait que confirmer mes craintes : mes forces s'amenuisaient ; je n'étais pas certaine de réussir à le garder encore longtemps auprès de moi… j'allais le perdre… c'était écrit. Alors en attendant ce cataclysme, je voulais juste profiter de lui, encore un peu…  



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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Ven 26 Juil - 1:02




I chase your love around a figure 8

Combien de temps s’écoula de la sorte ? Je l’ignorais mais  chacune de ses larmes était un poids supplémentaire sur mes épaules et ma poitrine, aussi, ça me sembla être une éternité. Aussi insoutenable qu’il était ce spectacle n’était pas vraiment causé par moi pour une fois alors, je parvenais un peu mieux à l’encaisser. Je perpétuais toujours mes mouvements visant à la réconforter et veillais à la maintenir contre moi pour se faire. J’attendais qu’elle se calme. Sa respiration se fit un peu moins hachée et je réajustais un peu ma position pour mieux voir son visage. Sa voix –enfin, émergea et je m’y agrippais autant que possible, collectant toutes les précieuses informations qu’elle me donnait. Sa première phrase me contracta l’estomac, la seconde me fit resserrer ma prise autour d’elle. Je ne faisais plus un bruit et l’écoutais attentivement. Bordel, ces vampires encore… Je n’arrivais plus à trouver d’excuse à leur existence. Dire qu’à une époque... Non, pas le temps de diverger mentalement. Morte à sa naissance ? Je trouvais ça tellement… Je comprenais mieux le coup de la culpabilité et de la survie. Plus elle s’enfonçait dans son récit, plus inconsciemment je la plaquais contre moi comme si… comme si ça allait changer les événements qu’elle me récitait. En fait, j’étais un peu largué devant le poids de son passé et je ne savais pas quoi faire concrètement pour panser ses plaies. Dans l’absolu, je ne savais rien faire moi. Et l’impuissance me tétanisait sur place. Elle ramassa la photo de sa vraie mère et elle m’avoua n’avoir jamais vu son visage. Cela me fit froncer des sourcils, j’avais tellement de peine pour elle. Je glissais mes doigts dans ses cheveux encore une fois et grimaçais de plus belle quand elle se mit à s’excuser. Ça ne semblait pas juste qu’elle le fasse, après tout ce que je lui avais fait subir. Et surtout après tout ce qu’elle venait de me confier, ce qu’il venait de se passer là, ça me semblait dérisoire. J’acquiesçais bien entendu à sa dernière interrogation après qu’elle se soit redressée. Mon pouce caressa doucement sa joue, j’avais gardé le silence trop longtemps bien que mes expressions parlaient pour moi. « Prends ton temps, ok ? Et ne t’excuse pas. » Je me sentais tellement emporté par son émotion que je relevais ses doigts jusqu’à ma bouche et les embrassais. Tout se confondait dans mon crâne et avant que je puisse à nouveau méditer sur mes propos, j’articulais. « Je suis content d’être là. Je veux dire… Que tu l’aies ouverte ici. »

Au final, je ne savais pas ce que je pouvais dire de plus parce qu’il n’y avait rien à dire et que j’avais tellement peur de me montrer maladroit avec ses confidences. Je trouverais peut-être quoi dire mais là, elle n’avait pas besoin d’une discussion. Elle avait juste besoin de se rappeler à quelle époque nous étions, se souvenir se constituer sa vie actuelle malgré ça. Je ne voulais pas qu’elle se sente seule. Je la gardais contre moi durant quelques minutes et couvrais son cuir chevelu de baisers. Une idée loufoque me vint à l’esprit et avant que je n’ai le temps de définir si elle était censée ou adaptée, je me décrochais déjà d’elle pour la mettre en pratique. J’avais besoin de bouger pour tout dire parce que j’étais trop troublé et trop nerveux. Je pris le visage de Rebecca entre mes mains et venais doucement l’embrasser avant de poser mon front sur le sien. « Laisse ça un peu de côté, ok ? Tu liras ça après. Tu n’as rien avalé chez toi. » Je posais furtivement mes lèvres sur les siennes puis dans un espoir vain de dérider la pesanteur, lançais la radio depuis ma chaine hifi en m’emparant de la télécommande sur la table basse. J’ignorais si elle avait vraiment faim mais… Je me levais et me détachais d’elle pour se faire. Je me dirigeais vers le coin cuisine et sortis une poêle ainsi qu’un plat. Puis je sélectionnais les divers condiments nécessaires. C’était la première fois à ma connaissance que je lui faisais ça. Et pourtant, je me jugeais être un spécialiste. Ma mère avait l’art de passer les contrariétés, la mauvaise humeur ou tout simplement des mauvaises nouvelles avec ça et étrangement, ça marchait quand j’étais môme. Tout n’était pas aussi simple pour des adultes et surtout pas pour ma Rebecca qui venait d’en apprendre autant sur sa… Ses familles. Je réalisais à peine ce qu’elle venait de découvrir. Elle avait eu une existence compliquée et si elle avait vraiment la poisse, me rencontrer tombait vraiment dans le schéma.

Fontayn, tu la fermes. Tu te concentres. Je commençais à faire la pâte tranquillement en songeant quand même qu’il faudrait au moins que je file sous la douche à un moment ou l’autre. Je me mis à faire les crêpes une fois que les ingrédients mélangés et le goût de la mixture adaptée. Je jetais un œil sur Becky et la surveillais prêt à enjamber le peu d’espace nous séparant si jamais elle repartait dans une grosse crise de larmes. Je fis fondre du beurre avant de démarrer les hostilités. C’était souvent comme ça avec moi, quand je me sentais un peu trop emmêlé, j’avais besoin de réaliser une tâche simple pour remettre en ordre mon esprit. Comme si mon corps me bouffait tellement d’énergie nerveusement qu’il fallait le distraire pour m’occuper des pensées. J’étais vraiment une catastrophe. Dire qu’elle n’avait jamais vu sa mère, qu’elle devait se sentir coupable de sa mort. Puis sa deuxième mère, sa mère adoptive, morte de cette façon… C’était tellement tragique. Dès que j’y repensais, j’en avais des points à la poitrine mais je n’en montrais rien. Je servis le petit déjeuner retardé à mon invitée et posais le tout sur la table. J’apportais sucre et chocolat à tartiner puis nous servis deux grands verres d’eau pour changer un peu de la caféine avant de m’asseoir. « Moi non plus, je n’aime pas manger seul… » La situation et les rôles étaient inversés. Au pire, si elle ne mangeait pas beaucoup je tiendrais le reste, lui dirais de repartir avec une partie qu’elle consommerait plus tard, peu importait. Ça m’avait permis de retrouver le Nord. Je posais ma main sur la sienne après avoir terminé d’avaler ma première crêpe. « Becky… » Je plongeais mes yeux dans les siens mais fus incapable d’aller plus loin dans ce que je voulais lui dire au final, je lui offris un léger sourire et détournais la situation d’un « Sois honnête. Comment tu trouves ces crêpes? » J’en avalais encore deux puis m’arrêta là. Une fois que nous eûmes tout deux fini, j’emballais les restes pour les mettre au frigo – j’en avais encore fait pour tout le quartier - avant de revenir près d’elle. « J’aimerais prendre une douche mais si tu veux… continuer la lecture, ça peut attendre. » Cela dit, je me sentais moite avec un t-shirt poisseux sur moi en plus – rien de vraiment agréable. Je pris ses mains dans les miennes et réussis à mobiliser le courage qui me faisait défaut quelques instants auparavant. « Avant que tu reprennes … ces documents. Rebecca, il faut que… Tu saches que ce n’est pas ta faute. Ce qu’il s’est passé, tu n’es pas responsable de ça. » Je mettais autant de conviction et de fermeté que possible dans ma voix et dans mon regard avant de l’attirer contre moi. « Ta mère a donné sa vie pour sauver la tienne. Et si tu n’étais pas partie peut-être que tu aurais été aussi victime des… » Je trouvais ça encore plus horrible de le répéter de ma bouche. « Becky, ce que je veux te faire comprendre c’est que… Merci d’être en vie, d’être ici, avec moi. » Elle ne savait pas combien je devais la remercier. Pendant les dernières années du conflit, elle avait été une boule de lumière au milieu de la noirceur de la guerre. Je voulais être ça aujourd’hui pour elle, juste pour cette fois.
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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Sam 27 Juil - 11:35




I chase your love around a figure 8



L'étreinte de Camille m'avait fait du bien, son silence au lieu de m'enfoncer m'avait apaisé. Je savais qu'il m'avait écouté car à chaque phrase ses bras s'étaient resserrés autour de moi, comme pour me préserver de la douleur qu'elles provoquaient.  Le silence s'éternisa entre nous, mais il n'était pas pesant. Je savais qu'il m'avait comprise, je savais qu'il était là pour moi et il me le confirma encore en me répétant de prendre mon temps et de ne pas m'excuser. C'est vrai que j'avais l'impression de ne faire que ça depuis mon retour. Je ressentais pourtant ce besoin inexplicable de m'excuser, faire excuser mes paroles, mes gestes, jusqu'à mon existence même. Finalement, ça n'avait rien de nouveau. J'avais toujours eu ce problème, cette impression de n'être nulle part à ma place, d'être de trop. Avec Camille, cette horrible sensation disparaissait. Avec lui, je me sentais complète, sereine, car quand j'étais dans ses bras, j'étais là où je devais être. Du moins, quand il ne tentait pas de me repousser. Si je ne pouvais plus être avec lui, avec la seule personne au monde qui me faisait me sentir vraiment humaine, vraiment heureuse, que me restait-il ? Peut-être était-ce pour ça que je m'accrochais tellement à lui alors que nous savions tous deux que c'était une regrettable erreur. Il avait raison depuis le début. Tout cela allait mal finir. Mais je ne pouvais pas me résigner à partir, à le lâcher, à l'oublier. Sans lui, mon humanité ne me servait à rien. Autant sombrer dans les ténèbres et ne plus jamais souffrir. Cela sonnait sûrement horriblement fleur bleue, mais Camille faisait partie de moi, il était ma moitié. La meilleure des deux, la moitié humaine, celle qui aimait, qui pleurait, qui criait, qui se battait pour un avenir meilleur. Je l'aimais et quand il essayait de me convaincre que nous deux devions arrêter, c'était comme s'il m'arrachait le cœur, qu'il tentait de séparer mon âme en deux.  Je n'aurais pas supporté tant d'incertitudes et de lutte aujourd'hui. Mais par chance, Camille semblait l'avoir compris. Il porta mes doigts à sa bouche pour y déposer un baiser et exprima à haute-voix ce que je pensais tout bas.
Camille a écrit:
« Je suis content d’être là. Je veux dire… Que tu l’aies ouverte ici. »
Je réussi à lui sourire, un sourire encore un peu faible et timide, mais un sourire tout de même, et serrai sa main un peu plus fort dans la mienne.
- Moi aussi.
Ses baisers dans mes cheveux allégèrent peu à peu mon humeur  et je me laissai faire avec quand il prit mon visage entre ses mains pour venir m'embrasser. J'acquiesçai à ses propos. J'avais besoin d'une pause au milieu de toutes ces émotions. Je levai un sourcil amusé lorsqu'il parla de nourriture. Était-ce vraiment le seul moyen qu'il avait de me distraire ? Bon cela dit, je n'allais pas me plaindre. Cela m'amusa et j’accueillis une nouvelle fois ses lèvres avant qu'il ne s'écarte et allume la chaine hifi. Je me blottie dans le canapé, écoutant la musique alors qu'il se dirigeait vers le coin cuisine.
Avec étonnement, je le vis se mettre à préparer quelque chose et le regarder s'affairer à quelque chose d'aussi basique que de la nourriture remettait tout ça en perspective. Le monde n'allait pas s'arrêter de tourner. Je ne changerai rien à ce qui était déjà arrivé. Camille avait raison, je ne pouvais rien faire à part décider de quelle façon j'allais réagir. Il fallait que j'encaisse tout ça. Que je relativise.  Camille allait m'y aider. L'odeur des crêpes me chatouilla les narines et je tentai de lui sourire quand il jetait régulièrement des regards inquiets vers moi. Bon sang, j'étais une idiote. Comme s'il n'avait pas assez de soucis sans que j'en rajoute ! Il lui fallu du temps pour faire cuir la totalité de la pâte et je restai à la regarder en me laissant bercer par la musique. J'étais bien, je n'avais pas envie de bouger. J'essayais de ne pas laisser mon regard et mon esprit s'égarer vers les dossiers et les informations qui s'y trouvaient.  En parfait petit homme d'intérieur, il prépara la table et apporta l'énorme pile de crêpes au centre de celle-ci. Il était craquant.
Camille a écrit:
« Moi non plus, je n’aime pas manger seul… »
Je souris à sa réflexion et acquiesçai à l'invitation implicite en me levant pour le rejoindre. L'odeur alléchante ne parvint pourtant pas à me rendre l'appétit. J'avais l'estomac toujours noué et je tentai de grignoter une crêpe pour lui faire plaisir. J'étais concentrée sur ma façon de la dépiauter quand il posa soudain sa main sur la mienne en prononçant mon prénom, m'obligeant à relever les yeux vers lui.
Camille a écrit:
« Sois honnête. Comment tu trouves ces crêpes? »
Je me mis à rire doucement et haussai les épaules, taquine :
- Honnêtement ? Pas aussi bonnes que les miennes… mais tu t'en sors pas mal, ajoutai-je avec un clin d'œil.
Je n'avais pas faim mais je me forçai à en manger une deuxième pour ne pas qu'il s'inquiète. J'étais loin de mon coup de fourchette habituel, mais ce n'était pas bien grave. Je le laissai tout débarrasser, mon regard revenant plusieurs fois vers le dossier. Camille dû me prendre en flagrant délit, car il me dit :
Camille a écrit:
« J’aimerais prendre une douche mais si tu veux… continuer la lecture, ça peut attendre. »
Il s'inquiétait vraiment pour moi, au point qu'il n'osait pas me laisser toute seule même quelques minutes. J'avais dû lui faire peur. Je m'efforçai de prendre un ton léger pour dédramatiser et souris, moqueuse:
- Va prendre ta douche, je peux survivre sans toi pendant 5 min... peut-être même 10... mais ne tarde pas trop!
Je me redressai mais déjà il avait prit mes mains dans les siennes.
Camille a écrit:
« Avant que tu reprennes … ces documents. Rebecca, il faut que… Tu saches que ce n’est pas ta faute. Ce qu’il s’est passé, tu n’es pas responsable de ça. »
Je me figeais quelques instants, incertaine. Cela était-il si évident ? Pourtant il avait tort, j'étais bien responsable, malgré moi…  Pourtant il y avait tant de détermination dans sa voix que je n'eus pas le cœur de le contredire et il m'attira contre lui.
Camille a écrit:
« Ta mère a donné sa vie pour sauver la tienne. Et si tu n’étais pas partie peut-être que tu aurais été aussi victime des… Becky, ce que je veux te faire comprendre c’est que… Merci d’être en vie, d’être ici, avec moi. »
Mes yeux s'embuèrent à nouveau et je glissai mes bras autour de sa taille pour enfouir mon visage dans son cou. On ne m'avait jamais dit quelque chose d'aussi gentil. J'avais envie de lui dire qu'il n'y avait nulle part ailleurs où je voulais être…mais je n'osais pas. Je me sentais paumée. Paumée entre ce que mes larmes provoquaient chez lui et le discours contradictoire qu'il m'assénait quand il voulait me convaincre de partir. Je ne savais plus où j'en étais, où nous en étions. Mes convictions s'effritaient et avec elles revenaient la peur et les angoisses. Allais-je pouvoir garder Camille auprès de moi ? Pour combien de temps encore ? Quand allais-je enfin comprendre que tout ça n'avait rien de raisonnable ? Je n'en avais aucune idée. J'avais l'impression que s'il essayait encore de se débarrasser de moi, je n'aurais pas la force de m'accrocher. J'étais totalement larguée, mais je voulais essayer de le rassurer.  
- Ne t'inquiète pas pour moi, Camille… c'est comme ça que je fonctionne… je pleure un bon coup, et ça va mieux… c'est rien, rien du tout…
Ce n'était pas tout à fait vrai. Certes, pleurer me faisait généralement du bien et m'aidait à remettre les choses en ordre, mais aujourd'hui, heureusement qu'il était là…
Je relevai la tête vers lui pour l'embrasser tendrement et lui offris un sourire.
- Va te doucher, répétai-je en venant doucement effleurer sa joue. Je ne bouge pas d'ici.
Il se détacha de moi à contrecœur et s'exécuta. Pour ma part, j'en profitai pour déplacer les dossiers sur la table de la cuisine. Je repris l'une des photos de ma mère et me dirigeai vers l'une des fenêtres pour y observer mon reflet. Je relevai mes cheveux d'une main, observant le portrait dans l'autre. C'était incroyable cette ressemblance… je me mis à penser aux autres semi-démons et me demandai s'ils ressemblaient eux aussi tellement à leur parent humain. Il y avait encore tant de chose que j'ignorais sur les miens. Cela dit, rien de ce que j'avais appris ne me donnait envie d'en connaître davantage… Mon dieu, j'aimerais tellement n'être qu'une humaine… Je n'aurais jamais une vie normale, je ne serais jamais totalement libre, ni totalement moi-même à devoir me battre contre ce que j'étais… Holala, il fallait vraiment que je fasse quelque chose pour m'occuper, que j'arrête de ressasser tout ça où j'allais définitivement partir et ne jamais revenir.
Par chance, Camille revint rapidement. J'étais encore face à la fenêtre et me tournai pour l'observer. Je ne me lasserai jamais de cette vue et alors que mon cœur s'emballait généralement à cette simple idée, aujourd'hui il se serra. Je n'étais que trop consciente aujourd'hui que tout cela était éphémère et mon esprit se torturait, partagé entre la partie qui voulait profiter de lui jusqu'au dernier moment et celle qui voulait partir au plus tôt pour ne pas encore souffrir davantage. Mais c'était ridicule, j'allais souffrir quoi qu'il arrive… la question était, qu'en était-il de lui ?
- Tu te sens mieux maintenant que tu es tout propre ? Demandai-je avec douceur.
J’eus envie de retourner me serrer contre lui, de glisser mes mains dans ses cheveux mouillés, mais au lieu de cela, j'allai m'asseoir à table et vidai mon verre d'eau. Je le laissai s'habiller et inspirai profondément avant de rouvrir le dossier concernant ma mère. Puis je me mis à lire les informations que l'ami de Camille avait pu trouver.
Tandis que mon barman préféré revenait vers moi je levai les yeux pour croiser son regard et un sourire surpris se dessina sur mes lèvres :
- Ma mère était danseuse de cabaret !
Cette idée m'amusait et c'est avec un peu plus de légèreté que j'en appris davantage sur celle qui m'avait donné la vie. Je montrai les documents au fur et à mesure à Camille dont la proximité et la patience rendait tout beaucoup plus facile.
- Elle était fille unique et mes grands-parents l'ont eu tard. Mon grand-père était anglais ! D'où le nom de famille…
Ce qui expliquait pourquoi personne n'avait pu s'occuper de moi à la mort de sa Madison.
Il y avait toutes sortes de documents dans le dossier, des coupures de presse, des rapports hospitaliers, son certificat de naissance, des photos, une contravention pour stationnement gênant. Tant de choses qui me donnaient l'illusion que j'avais un lien, même tenu, avec celle qui m'avait donné la vie.
Une date attira mon regard et je murmurai:
- Ma mère avait mon âge lorsqu'elle est morte…
A peine 25 ans. La boule dans mon estomac revint mais je tentai de l'ignorer. Je levai les yeux vers Camille et me demandai ce qu'elle aurait pensé de lui, de nous, de ma nature de semi-démon. N'avait-elle pas été soulagée de mourir plutôt qu'avoir à élever un monstre ? Ou n'en avait-elle rien su ?
J'abandonnai le dossier concernant ma mère pour rouvrir celui sur les Matthisen. Et Florine, qu'aurait-elle dit de tout ça ? Elle qui m'avait mise en garde contre les garçons alors que j'avais tout juste 14 ans et qu'on me tournait déjà autour…  elle qui allait à l'église au moins une fois par mois et m'avait offert une croix que je n'avais jamais porté… je comprenais mieux pourquoi aujourd'hui…
- A part la mort de Florine, il n'y a pas beaucoup d'informations sur eux… à part qu'Adam semble être devenu un loup-garou… je n'ose pas imaginer ce qu'il s'est passé… je n'arrive pas à croire qu'il ait pu être volontaire pour ça et si ce n'est pas le cas ça veut dire que… en même temps, cela fait 8 ans… je ne sais pas à quoi je m'attendais.
Je soupirai en refermant le dossier et passai mes mains sur mon visage:
- Il n'y a rien sur Noah ou sur Christian… mais ils doivent au moins être en vie… ce n'est pas si mal. Il y a eu tellement de familles décimées par les années sanglantes... C'est presque un miracle qu'il n'y ait eu qu'une victime dans la leur…
Ou peut-être deux, si on comptait la transformation d'Adam. Je revins m'asseoir à califourchon sur Camille, mes jambes de part et d'autres des siennes, mon visage sur son épaule et mes bras autour de son cou. J'étais épuisée, je n'avais aucune motivation pour quoi que ce soit et si je m'étais écoutée je serais immédiatement rentrée pour aller passer la journée dans mon lit. Mais j'allais plutôt devoir trouver de l'occupation pour ne pas ruminer tout ça. Je déposai un baiser juste en dessous de son oreille. J'avais envie de le remercier d'être là avec moi, mais j'avais l'impression de ne faire que ça ces temps-ci, m'excuser et le remercier. Je savais qu'il comprenait, je savais qu'il était conscient de l'aide qu'il m'avait apporté aujourd'hui, et hier d'ailleurs, dans un tout autre registre. J'humais son odeur et souris malgré moi :
- Mmmhh, tu sens bon…
Intérieurement, j'étais toujours un peu éteinte et je cherchais un peu de tendresse et de douceur dans la chaleur de son étreinte. Dans des moments comme ça, je devais parfois aller jusqu'à me mordre la langue pour ne pas lui dire que je l'aimais. Mais j'avais assez de soucis sans rajouter une crise de panique supplémentaire de mon amant. Malgré toutes les gentilles choses qu'il m'avait dites aujourd'hui, il n'était toujours pas prêt… et je me demandais même s'il le serait un jour.
- A quelle heure est-ce que tu travailles ? M'inquiétais-je d'une voix boudeuse.
Je n'avais pas envie qu'il s'en aille, qu'il me laisse.
- Je peux rester encore un peu ? Demandai-je, tout doucement.
Je n'allais pas tarder à rentrer, mais j'avais envie, besoin même, d'encore un peu de temps avec lui. Je m'étirais avec une grimace, j'étais tellement tendue que j'étais courbaturée de partout. Puis je revins poser mes mains dans ses cheveux et l'embrassai amoureusement. Bon sang, qu'est-ce que j'allais devenir sans lui...?  



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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Sam 27 Juil - 23:52




I chase your love around a figure 8

Mes mots avaient provoqués de nouvelles larmes dans ses yeux amandes. Elles se compactaient difficilement à l’orée de ses paupières et ma jolie brune chercha sûrement à les refouler quand elle enfouit son visage dans ma nuque. J’étais vraiment maladroit avec laquelle, j’avais l’impression de provoquer plus de ravages que je n’en réparais. J’étais moi-même un désastre, ça n’était pas surprenant au final. Je faisais tout de travers avec elle alors je préférais me taire pour l’heure et me contenta de l’étreindre. Elle cherchait à me rassurer – malheureusement pour elle, j’étais loin d’être dupe et aussi loin d’être facilement apaisé. Pleurer, ça n’était qu’une expression de la peine, ça ne ressemblait pas pour moi au chemin d’une solution, pas plus qu’à l’ébauche d’un morale en reconstruction. Ses lèvres trouvèrent les miennes et je les réceptionnais avec autant de tendresse que possible. Elle me conseilla de prendre ma douche et malgré que je n’aimais pas la laisser seule même quelques instants, j’obtempérais. J’avais envie de me débarrasser de ses fringues et puis je n’avais pas envie qu’elle continue de me servir des mots creux pour me préserver d’une inquiétude justifiée. Je glissais ma bouche furtivement sur la sienne avant de me détacher d’elle et de me diriger vers la salle de bain. Je me dépêchais réellement une fois à l’intérieur, envoyant valser tout ce que je portais dans la manne à linge puis me plaçais sous le jet brûlant d’eau. Je me lavais le plus rapidement possible et en un temps record, je fus propre et sec. J’enfilais un caleçon avant de passer ma tête depuis la porte pour voir ce que faisait mon invitée. Elle était près de la vitre, je lui souris quand elle se retourna vers moi. « Bien mieux. » Je m’habillais à la suite et la rejoins à table en passant distraitement mes doigts dans mes cheveux encore humides. Il faudrait que je pense à les recouper à l’occasion. Je m’installais à ses côtés et accusa un rictus au milieu de ses découvertes. Hum. Un vrai ? Je ne savais pas. Elle me semblait tellement instable. Je lui rendis néanmoins alors qu’elle m’expliqua que sa mère était danseuse de cabaret. Je la laissais décortiquer son passé en me faisant silencieux mais présent tout de même, accrochant son regard dès qu’elle me l’offrait.

Elle me confia les documents à mesure qu’elle les parcourait et au final, je m’immisçais complétement dans sa vie privée. Ça ne me mettait pas forcément à l’aise mais ça allait. J’essayais de rendre ce moment naturel, normal bien qu’il ne l’était pas tellement. Pas pour moi en tout cas. C’était une sacrée histoire qui s’offrait à elle, à nous et l’ampleur que ça avait ne m’échappait pas. Je me tenais toujours prêt à intervenir en cas de sanglots mais elle n’en montra plus les signes. Elle m’expliqua son ressenti et ses conclusions par rapport à tout ça, je me contentais d’acquiescer. Adam, Noah, Florine. J’essayais de retenir leur prénom et de les associer à des termes. C’était un peu confus pour moi malgré que je restais un maximum concentré sur ce qu’elle me racontait et ce que je lisais. Ok, pour le loup je pourrais peut-être en savoir plus mais ça demanderait que j’en parle à la meute et… Trop risqué. Rebecca me coupa dans mon égarement mental en venant s’asseoir sur mes genoux. Ca faisait beaucoup d’informations à digérer d’un coup, j’ignorais comment elle faisait pour paraître encore si … « calme »? Je ne savais pas mais j’accueillis cette diversion avec plaisir. Je la regardais s’étirer mais sa voix continuait de me hanter. Ma mère avait mon âge quand elle est morte. Ça aurait peut-être été son cas si elle était restée en Belgique. Je déglutis douloureusement à cette pensée. Elle me disait que je sentais bon et je me forçais à feindre un sourire. Je fixais l’horloge quand elle me parla de boulot et de rester. « Ça va, je débute mon service qu’à 19h00. Et bien sûr, tu peux rester. » Mes mains glissèrent sur sa nuque avant que je ne me penche sur ses lèvres pour l’embrasser langoureusement durant de longues secondes. Je reculais et détaillais ses traits avant de me lever en la soulevant. Je m’assis avec elle sur le canapé sans lui laisser le choix et la força me tourner le dos. Je me mis à lui masser les épaules ensuite la sentant tellement tendue que ça en frôlait le ridicule. Je ponctuais mes gestes de baisers puis j’achevais tout ça par une étreinte et la plaça au creux de mes bras. J’attrapais la télécommande et nous mis devant une émission stupide mais distrayante. Je jouais avec ses cheveux et parler peu. L’après-midi mourut très vite dans cette ambiance plus ou moins décontractée. Quand l’heure de bosser pointa, je dû m’obliger à me bouger. Je quittais Rebecca sur un dernier baiser et sur un « Fais attention à toi, d’accord ? Si jamais… Enfin… Tu sais où me joindre, ok ? » Je la laissais partir, l’angoisse au ventre et me mit en route pour la Lune Bleue. Mon cerveau fourmilla ce soir-là et je dû me faire violence pour ne pas simplement débarquer chez elle en plein milieu de la nuit. Elle devait être seule, se retrouver avec elle-même et digérer tout ça. Enfin dans son cas, je crois que c’est ce que j’aurais voulu…

J’attendis le lendemain pour la contacter et m’assurer qu’elle allait bien. Bien sûr, je ne voulais pas qu’elle sache que je m’inquiète et je ne voulais pas… Enfin, je cherchais à rester léger et simple pour notre bien commun. Mon sms eut très rapidement une réponse et avant d’avoir le temps d’y porter un songe de plus, je me retrouvais dans ma voiture à foncer vers son immeuble. J’appuyais sur la sonnette et lui souris quand elle m’ouvrit. « T’as eu la décence de planquer le voisin, j’espère ? » J’entrais en l’embrassant et en la serrant contre moi, enroulant sa taille d’un bras. « Dis-moi quelles pièces il a osé me voler ce salaud ? » Je rigolais en refermant derrière moi la porte puis lui demandais sur un ton que je voulais neutre. « Comment ça va ? » Après tout, c’était la raison principale de cette visite….

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MessageSujet: Re: I chase your love around a figure 8 [Livre II - Terminé]   Dim 28 Juil - 15:06




I chase your love around a figure 8



Les mains de Camille sur mes épaules me firent du bien, même si elles ne parvinrent pas totalement à faire disparaître toute la tension qui les habitait. Il m'entoura de ses bras et on passa l'après-midi sur le canapé devant la télévision. L'heure de se quitter arriva et l'on se quitta sur un baiser et quelques recommandations de prudence. Je savais qu'il s'inquiétait mais je ne voyais pas comment remédier à ça, alors je me contentai d'acquiescer lorsqu'il me rappela que je pouvais le joindre en cas de besoin. Aussi paradoxal que cela pouvait paraître, malgré tout ce qu'il s'était passé entre nous, il serait toujours le premier que j'appellerai si j'avais des problèmes.
Le trajet du retour fut rapide, même si mes pensées s'éparpillaient à nouveau dans tous les sens. Je rentrai dans mon nouvel –ou ancien dépendait du point de vue- appartement et me retrouvai face au vide et au silence. La veille avait été une si bonne journée, j'avais du mal à croire que je puisse d'être humeur aussi morose à présent. Je déposai les dossiers sur la table du salon et mis les crêpes que Camille m'avait fait emporter dans le frigo. Je passai la soirée, malgré moi à lire et relire encore les documents qui contenaient les informations sur mes proches. Mais cette fois, Camille n'était pas là pour me prendre dans ses bras une nouvelle crise de larme me secoua lorsque je me fus glissée dans les draps, en proie à toutes les réflexions sordides que la nuit pouvaient apporter avec elle.  Je m'endormis en pleurant et mes rêves furent peuplés de visages étrangers et pourtant familiers.

Je dormis peu et mal mais à mon réveil, avec les premières lueurs du jour, j'avais repris pieds. Il allait falloir que je m'occupe un peu pour ne pas prendre le risque de replonger, mais je savais que j'allais gérer. Tout allait aller pour le mieux. C'était du passé, il n'y avait rien que je puisse faire. Il fallait que j'encaisse et que j'assume. Je rangeai les documents au fin fond d'un tiroir en espérant les y oublier puis j'entrepris de commencer ma journée. Après un petit-déjeuner léger –je n'avais rien avalé la veille au soir mais n'avais toujours pas beaucoup d'appétit- je pris mon temps pour me préparer et m'offris même le luxe de prendre un bain, parfumé et moussant avec un peu de musique en fond. Cela réussit presque à me détendre totalement. J'enfilai un jean et un tee-shirt, remontait mes cheveux dans un chignon lâche et consultai mes mails. Le professeur avec lequel j'allais travailler à la rentrée m'avait envoyé une liste d'ouvrage à consulter pour me remettre à niveau et suggéré quelques pistes afin de choisir le cursus que j'allais suivre. Il me demandait également de le recontacter afin que nous puissions établir le planning de mes cours de mise à niveau pour le mois d'août. J'allais l'appeler quand je reçu un message de Camille. Il m'arracha mon premier vrai sourire de la journée et je m'empressai de répondre en rentrant dans son jeu. Moins d'un quart d'heure plus tard, il sonnait à ma porte. Je souriais toujours quand j'ouvris la porte et ses mots me firent rire.
Camille a écrit:
« T’as eu la décence de planquer le voisin, j’espère ? »
- Le voisin, quel voisin ? Fis-je innocemment en écho à sa promesse de me faire oublier jusqu'à son existence.
Il entra et me serra contre lui en m'embrassant et ce qu'il restait de tension dans mon corps s'envola. Il n'y avait aucun remède plus efficace que ses baisers.
Camille a écrit:
« Dis-moi quelles pièces il a osé me voler ce salaud ? »
Son rire entraîna le mien tandis qu'il refermait la porte derrière nous. C'était fou comme depuis que nous avions établi notre exclusivité cela ne nous dérangeait plus du tout d'en plaisanter.
- La cuisine et la salle de bain… inventai-je en me mordant la lèvre de manière suggestive. Il va falloir remédier à ça…
Il me demanda comment j'allais et je sentis son appréhension sous-jacente. Mais il n'avait plus lieu de s'inquiéter, j'allais bien, il était là, tout allait bien.
- Beaucoup mieux. Et ça s'améliore de minute en minute… Répondis-je en souriant contre ses lèvres.
J'attrapai son tee-shirt pour le coller un peu plus à moi et me mis sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
- Et si on commençait par la salle à manger…?
Je n'allais pas lui laisser le temps de réfléchir davantage, je l'attirai jusqu'à la grande table du salon où je me tournai pour lui faire face. Toujours en l'embrassant, je l'obligeai à s'asseoir, puis à s'allonger et je grimpai sur la table pour être à califourchon sur lui. J'étais bien décidée à nous faire oublier les évènements de la veille et à nous rappeler plutôt le bon temps que nous avions passé lors du déménagement. Fini les drames, fini l'inquiétude, place à l'amour et au plaisir. Il n'y avait rien de mieux sur cette terre. Et tandis que nous testions encore et toujours les limites de notre attirance et de notre compatibilité –sans les trouver pour l'instant- toutes mes pensées moroses disparurent. Il n'y avait que lui pour me faire un tel effet.  Plus que jamais ces derniers temps notre relation ressemblait à un voyage sans fin sur des montagnes russes. Nous flirtions constamment avec les sommets et les profondeurs de nos états d'âmes, nous repoussant, nous attirant, nous déchirant et nous aimant dans un ensemble totalement chaotique et pourtant si délicieux. Plus le temps passait et plus je prenais conscience que j'avais besoin de lui, bien plus que je ne pouvais le supporter ou l'assumer. Mais mon instinct de survie était de plus en plus efficace et me permettait d'ignorer toutes ces questions, tout ces doutes et de ne me consacrer qu'à l'instant présent et donc à Camille. Camille Fontayn, l'ex voisin, le barman sexy, l'homme que j'aimais, qui se transformait en oiseau et qui n'était absolument pas prêt à accepter ce que j'avais finalement réalisé : nous ne pouvions plus faire marche arrière depuis longtemps… quoi que l'on fasse aujourd'hui, nos destins étaient irrémédiablement liés… pour le meilleur et pour le pire…  


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