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Promentory [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: Promentory [Livre II - Terminé]   Jeu 21 Nov - 18:47

    Arrangement avec Erin ; ce soir je sors seul. Je me suis fait déposer par mon Ombre un peu plus loin ; je trouve les voitures encombrantes, et trop visibles. Je ne veux en aucun cas me faire repérer, que ce soit par des amis ou des alliés. Vêtu sobrement comme d’habitude, je passe presque totalement inaperçu, malgré le fait que la rue soit assez largement illuminée. Une veste noire, légère malgré le temps de plus en plus frais. En dessous, une chemise d’un gris/vert assez classe mais sans fioriture. Un jean une taille plus grande, d’un bleu foncé, et des chaussures de ville avec lesquelles je peux courir. Rien qui n’entrave ma liberté de mouvement, et rien qui attire l’œil. Je me suis rasé avant de venir, et me suis coiffé. Je représente la Reine, après tout. Je suis armé aussi, bien entendu. Un flingue dans un holster d’épaule sous ma veste, un neuf millimètres chargé de balles en argent. Je sais que je n’en aurais pas besoin, mais je ne lésine pas sur ma protection depuis que j’ai pris conscience de la vulnérabilité accrue que je faisais peser sur les épaules de ma « compagne » vampire. J’étais plus fort, plus rapide, plus résistant, plus en phase avec mon environnement. Mais si je claquais, je l’affaiblirais suffisamment pour la tuer, ou au moins la rendre très vulnérable à une attaque. Je savais aussi que la personne que je venais rencontrer ce soir ne se formaliserait pas de me voir armé. Je sens un regard derrière moi, rivé sur mes épaules. Erin. Elle ne fait que son travail, et elle obéit à Krystel. Nous avons trouvé une sorte d’arrangement ; elle ne me suit plus de trop près et me laisse une certaine latitude d’action. En contrepartie, je ne me formalise pas de sa surveillance. Après tout, elle est là pour m’empêcher de trop me mettre en danger, ou d’être pris pour cible par des assassins.


    Je contourne une allée où on voit encore distinctement des impacts de balles datant des Années Sanglantes. Je prends l’entrée principale, et choisis cette fois ci de ne pas cacher ma présence à la sécurité pour les tester, ces gardes. La dernière fois j’ai pu entrer et sortir sans me faire détecter, en vrai fantôme. Cette fois ci, je ne m’embarasse pas de fioritures. Cette fois ci, je ne désire plus la surprendre. Notre dernière rencontre s’est faite en présence de la Reine et du général Guillemaud. Et lors de la précédente, je me présentais à elle pour l’informer que j’étais toujours en vie, et non tué comme la Reine l’avait annoncé. Elle avait plutôt mal pris le fait que je sois devenu le servant de la Reine, et donc que je devienne intime avec Krystel comme nous ne le serions plus jamais ensemble. Comme d’habitude, notre entrevue s’était terminée sur une certaine ambivalence. A deux doigts de succomber à notre attirance mutuelle, mais trop de fierté, et aussi, trop de rancœur par rapport au passé. Je pris l’ascenseur. En haut, on m’accueillit. On ne me demanda pas qui j’étais ; on le sentait clairement du fait de la puissance que je dégageais grâce à mon lien privilégié avec la Reine. Deux gardes m’encadrèrent et m’escortèrent jusqu’à la porte d’entrée de l’immense appartement, et l’un des deux gorilles vampires sonna. Un serviteur vampire vint ouvrir, et m’amena dans le salon. Puis, l’espèce d’intendant me demanda les raisons exactes de ma venue pour prévenir la princesse.



    |`Je suis venu pour m’entretenir avec elle sur différents sujets. Son état de santé après le dernier attentat que nous avons subi. La mort de son beau frère, Leopold, et les bouleversements hiérarchiques qui découlent de cette situation. Et enfin, de l’actualité de son projet d’union. |


    On me proposa un verre que je refusais, et attendais, debout, immobile et patient. Personne n’aurait sur dire que j’allais me retrouver dans quelques instants devant celle qui fut la femme de ma vie, et on n’aurait su dire non plus que j’allais rencontrer la troisième personne dans la hiérarchique vampirique. Le calme que j’affichais n’était que pragmatisme.

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Jeu 21 Nov - 23:12


    L’enseigne reflétait tout ce qu’on pouvait trouver à l’intérieur. C’était un vrai paradis autant pour les habitués que pour les premiers visiteurs. J’observais un moment cet belle enseigne avant que mes gardes ne me rappelle à l’ordre pour entrer à l’intérieur. J’étais accompagné de mes deux plus fidèles gardes et c’était eux que j’amenais avec moi pour tout évènement extérieur. Il savait être discret tout en étant d’une minutie incroyable lorsqu’il s’agissait de sécurité. Je pouvais me défendre, sinon je ne ferais pas honneur à mon statut de Chef des Chevaliers de la Reine, mais je ne pouvais en aucun cas sortir sans escorte. Surtout suite aux événements récents. J’entrais donc à l’intérieur de la Pomme du Diable. L’ambiance et l’atmosphère me détendit, j’appréciais aussi voir les vampires me saluer très honorablement. C’était tout de même plaisant et je ne cachais pas ma satisfaction. Ce qui me dérangeait en ce moment était plus la fusillade du Kelvingrove Art Museum où j’étais seule responsable. La sécurité y avait été des plus médiocres et je devais m’entretenir avec l’un des gardes qui y était. Histoire de comprendre un peu plus la situation, désormais remise de ma blessure qui n’était en soit pas très grave, juste affreusement douloureuse. Je montais à l’étage tranquillement et me dirigeais vers une pièce privé, spécialement aménagée pour moi, très luxueuse et confortable, avec une porte au fond où il y avait un bureau où je pouvais m’isoler et où moi seule avait accès.
    Je saluais le garde qui était déjà présent et l’incitait à s’assoir alors que je faisais de même dans l’immense canapé en cuir qui régnait en maître dans la pièce. De ce fait, je l’incitais également à prendre la parole sur le manque cruel d’organisation qui avait terriblement manqué durant l’événement. Je n’y allais pas par quatre chemins, lui avouant qu’il n’y aurait pas de seconde discussion sur son échec, qui était aussi le mien par ailleurs. Je détestais désapprouver ma Reine, encore pire lorsqu’il s’agissait de la sécurité vitale de notre race. Je ne digérais toujours pas la mort de Leopold, si terrible et brutale soit-elle. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Morgane qui était désormais veuve. Je n’avais pas encore pu la voir, mais je me doutais dans l’état où elle devait être.

    Je m’y fin à la discussion et pris congé alors que ce que j’étais venue faire ici était terminé. Il s’était passé presque une heure, une autre où je fis le tour pour être persuadé qu’il n’y avait aucun problème dans mon établissement. Tout allait pour le mieux apparemment et j’en fus satisfaite. Le début de soirée commençait positivement et j’espérais que le reste de la nuit le soit tout autant. J’avais envie de sang frais mais l’interdiction édictée par mes soins en ces lieux m’en empêchait. Je ne voulais pas briser mes propres règles et être tournée en ridicule. D’autant plus que je pourrais tuer de mes mains un vampire qui oserait me défier et briser cette loi. Non, mauvaise idée, bien que la tentation était intense. Je me nourrirais une fois rentré chez moi. Je ris d’ailleurs la direction de la sortie, avant d’être ramené en voiture jusqu’à mon appartement dans le centre-ville de Glasgow.

    Je claquais la porte avant même que mon serviteur ne puisse la refermer lui-même et parti directement dans la salle de bain pour me faire couler un bain avec un verre que mon serviteur me servi aussitôt. L’eau chaude me faisait du bien, j’avais attaché mes cheveux en chignon pour éviter de les tremper. Je restais un moment en immersion alors que je pensais à plein de choses en même temps, avant que soudainement mon ouïe ne me déconcentre. Je me relevais et quittait mon bain alors que je savais déjà qui avait pénétré dans mon salon. Inutile de préciser que je ne pouvais le recevoir en serviette de bain. J’avais donc convié mon serviteur pour le faire patienter le temps que je me change. C’était vite fait, je détachais mes cheveux, enfilais une longue robe beige à dos nu et glissais mes pieds dans des escarpins de la même couleur. J’arrangeais mes cheveux devant le miroir et quittais enfin la salle de bain pour me diriger dans le salon. D’un geste de la main, le serviteur s’en alla.

    « Je vois que tu as emprunté le bon chemin cette fois-ci. Aucune envie de tester de nouveau ma sécurité ? »

    Je m’avançais de plus en plus vers lui avant de m’arrêter à un mètre, sourire aux lèvres malgré le fait que je sentais l’odeur de la Reine en sa présence.

    « Que me vaut se plaisir ? » Je fis volte-face pour marcher à l’opposé en direction des canapés et me retournais vers lui « Si tu es venu voir comment j’allais et bien… » j’indiquais ma personne entière avec mes mains avant de finir « … vois par toi-même, tout va pour le mieux. »

    Il y avait un brin de sarcasme dans ma voix. Ce n’était pas contre lui, mais mes pensées étaient plus qu’accaparées ces temps-ci et tous mes seuils de limites étaient descendus d’un cran.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Ven 22 Nov - 11:18

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Je n’attendais qu’un court instant, regardant un peu autour de moi. Le tout était décoré avec classe, comme la dernière fois d’ailleurs les choses n’avaient pas changé en si peu de temps. La fois dernière j’avais emprunté les faux plafonds des toilettes et était monté par la cage d’ascenseur, or ascenseur bien sûr. Puis, infiltration dans le faux plafond de l’étage impliqué. Beaucoup de temps, de patience dans le noir le plus complet. Mais j’avais réussi à entrer jusque devant sa porte sans me faire voir. Au-delà, je n’aurais pu entrer de toute façon. Je me rappelais encore de la mine qu’elle avait affiché en me voyant sur le pas de sa porte, m’ayant cru mort après la bataille qui avait mis fin par chaos mutuel aux Années Sanglantes. Mais très vite, la discussion avait évolué. On avait parlé du passé, de l’avenir. De moi, d’elle, de la Reine. Je savais que ça ne plaisait pas à Jana que je puisse être plus proche de quelqu’un d’autre qu’elle-même, sans pour autant qu’elle ne se rappelle de notre passé commun. Cette ambivalence, je la partageais. Je ne désirais partager l’existence de quiconque, mais je continuais de me sentir attiré par Jana, par ce qu’elle était autrefois. J’oubliais parfois qu’elle ne serait plus jamais la même. Restait son caractère éminemment séducteur, sa combativité, mais c’était tout. Maintenant, c’était une prédatrice, une guerrière, et je savais qu’elle était devenue beaucoup plus « vampire » que nombre de ses congénères plus modérés. En somme, Krystel avait fait un excellent travail sur elle. Je vis Jana arriver, je la sentis même, avant qu’elle n’arrive. Je posais mon regard sur elle. Grande, svelte, cheveux sombres, un corps tout en forme. Une robe qui dévoilait beaucoup de sa chair, des escarpins qui augmentaient artificiellement son importance physique. Une lueur dans le regard, une lueur qui n’était pas là la dernière fois que je lui avais dit que je l’aimais. Une lueur animale, sombre, mystérieuse, comme tous les vampires. La couleur beige de son accoutrement faisait ressortir son regard, ses cheveux, et le rouge de ses lèvres. Désirable et elle en jouait, comme toujours. Là encore, Krystel avait fait son office. La princesse me souriait et s’arrêta à distance respectable, me saluant avec une certaine ironie taquine.


| Non, aucune. Je risquerais de voir des choses qui ne me satisferaient pas. |


Taquinerie aussi, mais lourde d’implications puisque l’allusion aux déficiences de la sécurité orchestrée par Jana lors de l’attentat du Kelvingrove était presque directe. Je savais qu’elle n’avait pas à porter l’entière responsabilité sur ses épaules, étant moi-même présent. Mais comme ça, elle identifierait un peu plus le camp dans lequel je me trouvais depuis toujours ; celui de la Reine bien évidemment. Légèrement aguicheuse mais surtout ironique, Jana se dirigea vers ses fauteuils, détaillant sa silhouette que j’analysais de mon regard calculateur. Je connaissais parfaitement ce corps, même si ce n’était plus la même personne qui l’habitait. Je la suivais et m’assis confortablement.


| Je vois que ta forme olympique t’es revenue. Tu es magnifique, comme d’habitude, princesse. heureux de voir que boire mon sang t'as été utile... |


Je laissais passer un court instant pendant lequel je déboutonnais ma veste, avant de reprendre.


| Je suis venu te voir pour faire le point. Le général d’Aubusson est mort, ta demie sœur est veuve. L’autre général veut t’épouser et nous devons faire face à de nouvelles menaces. Plus sérieusement, comment vas-tu ? Comment gères tu tout ce qui nous est tombé dessus récemment ? |
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Ven 22 Nov - 16:00


    Je ne pouvais pas dire que sa présence me dérangeait, j’étais heureuse de le voir. Mais il fallait que je garde mes distances pour ne pas perdre de vue mes objectifs. Dont celui de me marier avec le Général des Armées, Julien Guillemaud. Je me rappelais de notre conversation, le jour où il avait fait un grand pas vers moi. Car oui, disons-le, j’aurai très bien pu refuser catégoriquement sa demande. Etant donné que j’avais l’air d’avoir un problème niveau compagnon et surtout mariage ; je ne m’étais en rien préoccupée de cette tâche. Je n’avais pas encore envisagé le mariage car pour moi je pouvais très bien assumer seule mes responsabilités. Je l’avais découvert alors que je m’en étais sortie seule suite à l’emprisonnement de William. Comment ne pas l’oublier ? Ceci dit, il m’avait convaincu et je n’étais pas restée perméable, bien au contraire. Nous avions trouvé des accords qui nous permettraient d’avancer ensemble. Le plus dur restait à convaincre la Reine et à mettre de côté Torben. Autant dire que nous avions du pain sur la planche. D’ailleurs, il fallait très prochainement que j’envisage de le rencontrer de nouveau pour régler notre problème majeur et commun.

    Mon sourire se pinça alors que je comprenais tout le sens de sa phrase. J’assumais entièrement la responsabilité, j’avais déjà accepté les paroles de la Reine, ça n’allait pas être lui qui allait me remettre en place. Ceci étant, il était bien difficile pour moi de ne point riposter.

    « Pourquoi donc venir dans ma demeure ? Tu aurais tout aussi bien fait de me rencontrer dans un autre endroit. »

    J’étais presque cinglante, mais même si j’assumais la responsabilité de la sécurité médiocre de l’autre soir, je n’arrivais toujours pas à digérer se combat soudain, même si nous nous attendions tous à quelque chose du genre. Il me suivit et s’assis avant que je ne pose aussi mes fesses sur le canapé. Je croisais les jambes et observait intensément Torben alors que je me satisfaisais de ses compliments.

    « Tu ne devrais pas être aussi content, c’était la première et dernière fois. »

    Je restais presque impassible alors que j’avais aimé sentir son sang chaud couler dans ma gorge. Si je n’avais pas autant de respect pour ma Reine, je me le serais déjà accaparé. C’était une évidence et je ne me voilais pas la face. Je savais ce que je ressentais et il valait mieux pour moi que tout soit clair dans ma tête, histoire de pouvoir me défendre si le sujet venait à pointer le bout de son nez. J’appelais mon serviteur tandis que j’écoutais attentivement ce qu’il avait à me dire.

    « Tu ne m’apprends absolument rien. Je gère au mieux au vu des circonstances. J’ai personnellement interrogé chacun de mes hommes. Nous savons qu’il y avait un grand nombre de traite parmi les membres de la PES. Quand est-il de notre espèce ? Je ne me voile pas la face, il y a des traites dans chaque camp. »

    Je fis une pause alors que j’observais mon servant arriver le plus silencieusement possible.

    « Je t’offre un verre ? » lui demandais-je alors que je m’installais plus confortablement dans le canapé, m’adossant à celui-ci. Je savais pertinemment que j’avais omis volontairement une de ses questions.

    « Es-tu le porte-parole de ma mère ? Es-tu venu porter un message ou es-tu venu de ton plein gré ? »

    Ceci étant pour satisfaire ma curiosité. J’avais eu immédiatement un entretien avec elle concernant les déficiences de la sécurité et surtout sur le fait que je m’étais abreuvée de son servant. Je voulais simplement savoir si elle souhaitait m’envoyer un quelconque message, j’étais assez débordée ces temps-ci et n’avais pas pu aller la revoir. Je ne voulais pas non plus venir à elle en n’ayant aucune autre information que celles qu’elle possédait déjà. Bien que le voir me réjouissait – je ne l’exprimais d’ailleurs pas – je voulais savoir le fin mot de cette rencontre ; s’il voulait savoir autre chose que ma gestion de la situation et comment j’allais -  une question que j’avais expressément évité.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Sam 23 Nov - 19:22

    Insulter une jeune princesse vampire et venir d'opposer à elle sur le terrain de la sécurité n'était pas forcément la chose la plus avisée qui soit quand on connaissait son caractère et sa manière de faire. J'allais probablement me l'aliéner et la braquer dès le début de la conversation mais d'un autre côté je tenais à marquer la différence, la rupture en quelque sorte. Je n'étais pas là pour être son ami ni son allié, j'étais le servant de la Reine avec tout ce que ça impliquait. Et Jana avait grillé son avantage de la dernière fois par son rapprochement avec Julien. Plus que jamais, je me méfiais de l'alliance de ces deux là. J'avais tout simplement peur, ou plutôt avais je l'appréhension, de voir ce couple princier outrepasser le prestige de la Reine en s'accordant une clarté médiatique que l'on n'observerait pas pour d'autres hauts responsables. Pour en avoir été un moi même, je savais très bien que les humains, mais plus largement les êtres doués de conscience, ne réagissaient jamais aussi bien que face aux évènements les plus surprenants, les plus clinquants. Et un mariage princier dans une société démocratisée était forcément un événement de ce genre. Je comprenais assez mal la manœuvre. Voulaient ils s'utiliser l'un l'autre ? Je n'en savais rien. S'ils le faisaient, ils devaient s'attendre à des problèmes pour la simple évidence qu'ils étaient bien trop « dominants » dans leur manière d'être pour souffrir du fait de devoir subir la concurrence d'un autre comme eux. Leur couple, je ne savais pas à quoi il ressemblerait. Et je n'étais pas sûr de le savoir. Je savais ce que j'étais, quelle était ma nature profonde. J'étais en paix avec ça. Avec mes désirs, avec mes quelques aspirations. Mon pragmatisme forcené m'avait aidé à faire la part des choses. Notamment vis à vis de Jana. Qui ne m'épargna pas par le ton qu'elle utilisa vis à vis de moi. Une lueur amusée passa sur mon visage.


    | Mais venir chez toi alimentes tellement d'ambiguités que je ne saurais m'en priver... |


    Vis à vis d'elle, de moi, de la Reine, de son général, de ses serviteurs, de tout le monde. Je me plaisais à brouiller mon jeu, déjà parce que cela rompait la routine de mon existence autrement morbide, et aussi parce que cela m'aidait à avoir une longueur d'avance sur tout un tas de gens. Je ne m'en privais donc pas, et soutenais le regard de celle qui fut jadis ma femme alors que ses yeux, rivés sur moi, mettaient mon âme à nu. Jadis, ce regard m'aurait fait me jeter sur elle, lui arracher ses vêtements, et lui montrer combien son corps m'inspirait. Ce n'était plus tout à fait ainsi que je gérais les choses aujourd'hui... Je savais qu'elle avait bien plus apprécié boire mon sang, et je me contentais de grogner un assentiment ironique d'un « hmm-hmm » qui voulait tout dire et son contraire, même si le « geste » montrait à quel point elle m'avait peu convaincu. Je savais que mon sang l'excitait, et je savais que le sien me rendrait fou. C'était comme ça. Lorsqu'elle parlait de traîtres au sein de « notre » espèce, je rivais de nouveau un regard clairement amusé dans le sien. Des traîtres, vraiment ?


    | Oh oui, il y en a assurément... Qui sait jusqu'où la gangrène a-t-elle progressé depuis la fin d'Augustus ? |


    Je partais d'un rire léger et totalement artificiel quand elle me demanda pour qui j'étais venu.


    | Krystel et moi sommes indissociables, de fait. Je sais qu'elle aimerait venir s'entretenir avec toi, mais c'est bien de ma propre part que je suis venu. Qu'est ce que cela change ? Oui, je veux bien un verre. Tu connais mes goûts. Si nous en revenions à mes questions que tu as savamment esquivées ? J'ai besoin de savoir comme tu vas, princesse. Et comment tu gères toute cette montagne de merde qui risque de nous engloutir. Après, si tu préfères consacrer cette entrevue à d'autres sujets, je suis tout ouïe... |

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 11:17


    Cette soirée allait fortement représenter mon asociabilité. Si j’avais pu avoir de la compagnie ne serait-ce qu’un peu, j’aurais peut-être été plus agréable en termes d’hôte. J’aurai peut-être dû rester un peu plus longtemps à la Pomme du Diable et satisfaire des besoins primaires pour ne serait-ce que penser à autre chose ; sauf que je n’aurais pas donné cher de la vie de l’homme que j’aurai pris. Autant réprimer pour le moment mes instincts, surtout que je m’étais énormément maîtriser pour ne pas arracher la tête à mon homme pour un manque cruel d’information. Enfin, autant dire que j’avais les nerfs à vif et que mon impulsivité pouvait revenir à la charge à tout moment. Je changeais de côté ma jambe pliée et mes lèvres s’étirèrent quelques peu en entendant la réponse de Torben. C’était bien vrai, cela faisait deux fois qu’il venait ici, même si la première je ne m’en doutais absolument pas. J’étais peut-être un peu moins aimable, mais beaucoup de choses avaient changés et depuis que j’avais bu son sang, il me fallait redoubler d’effort pour éviter de refaire une telle erreur. J’avais cruellement aimé, et c’était à cela dont je devais me méfier. Peut-être fallait-il que j’envisage de me trouver une belle pomme de sang…

    « Grand bien t’en fasse. Maintenant, arrêtons les petites subtilités pour se concentrer sur l’essentiel. Cela terni mon humeur qui n’est déjà pas merveilleuse. »

    Je passais outre son soudain amusement. Je ne voulais pas jouer ce soir, et j’espérais qu’il aurait compris. Dans le cas contraire, je pense bien devenir de moins en moins amusante pour lui. J’aurais voulu qu’il vienne pour autre chose, mais ce n’est qu’un rêve éphémère que j’écartais aussitôt. Mes pensées restaient privées, même si je soupçonnais clairement que Torben n’était pas si idiot que cela. Il avait sûrement dû comprendre à quel point cela m’avait comblée et rendue folle. Je l’aurais eu pour moi par la suite, s’en était certain. J’écartais une fois de plus cette pensée alors que je tiltais sur les quelques mots qu’il avait prononcé et surtout concernant Augustus.

    « Cela veut-il dire que tu considères Augustus comme mort et enterré ? Il reviendra parmi nous. » Je fis une pause en repensant brièvement au Roi. «Et concernant la gangrène, je la chasse avec avidité, j’espère qu’il est de même te concernant. »

    Histoire qu’il comprenne qu’il était un peu dans le même bateau. Il devait protéger la Reine et pour cela c’était aussi son devoir. Je me demandais aussi comment allait être le retour d’Augustus, que deviendrait Torben ? Toujours le petit servant tant aimé de sa Reine ? Je laissais de côté ses autres pensées alors que ça ne faisait que me rendre plus folle. Il fallait que je reste impassible, complètement vis-à-vis de lui. Ma dernière question était plus par simple curiosité et le fait qu’il me dise que lui et sa Reine était indissociable manqua de me faire rire. J’étais soudain emplit de sarcasme que je gardais à l’intérieur de moi. J’étais décidemment d’une humeur plus que massacrante.

    « Ça ne change rien, ça alimente ma curiosité voilà tout. » lui offrais-je simplement comme réponse. Puis vint de nouveau les questions qu’il m’avait déjà posées. Comme quoi, il était un homme intelligent, je ne l’avais jamais nié. C’était parfois très agaçant, simplement. Je soufflais légèrement avant d’être entièrement franche envers lui.

    « Comment je me sens ? Est-ce utile de le préciser ? » Mes yeux plongèrent dans les siens que je fixais intensément « Je ressens une colère profonde que je ne parviens pas à désamplifier. Leopold est mort sous les yeux de Morgane et d’autres victimes sont à déplorer ; j’aurais pu perdre la vie également. » Je fis une pause « La seule chose qui me satisferait serait de prendre de mes mains la vie des coupables. »

    Au moins ça avait le mérite d’être clair, mais n’avait-il pas insisté ? J’avais une envie cruel de meurtre, de sang. Morgane était veuve et c’était entièrement ma faute. Je ne saurais dire dans l’état dans lequel elle était car je n’avais pas été la voir. J’espérais qu’elle s’en sorte, qu’elle aille de l’avant même si je ne m’en faisais pas trop pour cela. Je serais toujours là pour elle, comme elle l’avait été pour moi durant ses années. Je me levais soudainement, indisposait mon serviteur alors que je me dirigeais vers un grand meuble où il y avait divers alcool dont le whisky dix ans d’âge que je pris immédiatement. Je n’avais nul besoin de réfléchir, je savais quelle était sa boisson favorite. Je pris un verre tandis que mon serviteur m’amenait un récipient en verre rempli de glaçons avant de disparaître presque aussitôt. Je versais le liquide ambré dans le verre avant de mettre trois glaçons et de me retourner pour me diriger vers Torben et m’arrêter pile devant lui.

    « Je pense que tu es assez intelligent pour le savoir. Je ne préfère personne d’autre. »

    Je lui tendais son verre de whisky avec un regard plus que perçant.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 15:47

    Jana laissait tomber tout subtilité pour se concentrer sur l'essentiel, en disant d'elle même que les ambiguités soulevés par nos retrouvailles n'étaient pas forcément ce que j'en pensais, ou alors si c'était le cas elle l'assumait elle même. Sans doute fallait il trouver un équilibre, mais ce mot semblait bien peu adapté à notre propre situation. Il ne fallait pas que je ternisse son humeur, selon l'expression consacrée. N'est ce pas ? Voilà qui me faisait une belle jambe. Si Jana me pensait être n'importe lequel de ses exécutants, elle se trompait lourdement. Je n'avais rien à voir avec ceux qui se pliaient à ses quatre volontés, je n'avais tout simplement rien de commun avec ceux qui avaient l'habitude de traiter avec elle dans une relation de subordonnés/maîtres. Dans le cas présent, en tant que représentant de sa mère et Reine, c'était moi son supérieur. Bien sûr, sa propre éducation vampirique l'empêchait de me montrer la déférence née de mon statut, elle même se devant de se faire la place du lion dans nos relations. Mais si elle pensait vraiment en ces termes, elle se fourrait les doigts dans l'oeil jusqu'au coude. Je restais parfaitement immobile, silencieux, froid, lorsqu'elle me fit part de son désintérêt pour les menus amusements des personnes riches et puissantes du monde de la nuit, voulant de toute évidence se concentrer sur l'essentiel. La belle me parla d'Augustus. Savait elle seulement que j'aurais pu le tuer moi même, et que je le désirais plus que tout, pour m'approprier Krystel ? J'en doutais. Il n'y en avait qu'une qui soit au courant. Et Jana m'assurait de sa propre fidélité comme elle le pouvait.


    | Il est fini. Son Empire est fini, terminé, dévasté. Il a laissé ses exécutants, y compris moi même, entraîner l'escalade. Ses plans n'étaient pas mûrs. Je sais qu'il aurait préféré que cette guerre attende dix ans pour se déclencher. Il reviendra, c'est certain. Mais quand, dans quel état d'esprit ? Peut être as tu oublié ce qu'il était. Pas moi. Un être aussi divinement puissant ne va pas s'embarasser de principes lorsque viendra l'heure de sa vengeance. Je sers la Reine, et uniquement elle. |


    Je tenais à ce que ce soit bien clair, quand bien même ces propos pouvaient semblaient séditieux. Cela ne me dérangeait pas outre mesure, somme toute. Krystel était au courant de mes allégeances, de leurs motifs. Nous avions mis les choses au clair depuis bien longtemps. Sa curiosité ? Jana l'avait toujours été. Même humaine. C'était quelque chose d'imparable ; elle n'avait tout simplement jamais pu maîtriser ce trait de caractère. De même, sa manière d'inviter à entrer le vampire qui l'a tuée découlait de cette même curiosité. Quelque chose de profondément malsain. Mais quoi de plus ? Jana avait désormais ses propres buts, ses propres aspirations. Et je savais que chez ces dieux potentiels qu'étaient les vampires se cachaient autant d'ambitions que de déités. C'était même quelque chose qui menaçait clairement l'ensemble. La rigueur et l'absence totale d'humanité de Jana ne me frappèrent pas lorsqu'elle évoqua les récentes pertes, les évènements tragiques subis par les vampires ces derniers temps. Savoir que je n'avais pas pu les empêcher me coûtait beaucoup à moi aussi.


    | Je sais ce que tu ressens. Mais la perte de d'Aubusson n'est pas le pire. En tous cas, pas sa mort en elle même. D'Aubusson n'était un opportuniste, qui s'intéressait aux mêmes choses que ton défunt mari... Ne sachant accepter la place qui était la sienne. Sa mort, elle, est problématique. Tout le monde se tire dans les pattes pour sa place. Et ta future alliance complexifie encore plus les enjeux politiques. La Reine est politiquement isolée, le comprends tu ? La paix ne tiens qu'à un fil. Et les entreprises de ses proches mettent un peu plus à mal la situation... |


    Elle comprendrait aisément l'allusion, je ne m'en faisais pas. Je la regardais, accrochant son regard. Les germes de la discorde, une arme dangereuse et instable, mais puissante. Je relevais un regard amusé avec Jana quand elle me tendit le verre.


    | Des glaçons. Es tu sérieuse ? |


    Je quittais ma place pour m'asseoir à côté d'elle, ne la touchant ni ne la frôlant, mais restant fort proche, quasiment collé. Je plongeais mon regard dans le sien, contre le dossier du canapé.


    | Pourtant, c'est encore avec un autre que tu veux te marier. Qu'ais je fait pour mériter pareil traitement? La Reine n'a fait aucun secret là dessus. Si tu me voulais, tu pouvais me demander. Si tu me veux, tu peux m'avoir. Et si je te veux malgré ton futur mari, je peux t'avoir aussi. N'est ce pas? |


    Je la frôlais de plus en plus, frôlant es lèvres, mêlant mon souffle au sien.

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 20:50


    Il y a neuf ans, j’étais en admiration devant cette femme qui m’avait sauvée la vie et dont je n’avais absolument pas conscience de son statut à cette époque. J’avais l’impression d’être une petite fille qui observait quelque chose de magnifique alors que la Reine en personne m’avait prise sous son aile. Elle m’avait entrainé comme sa fille et je m’étais alors découvert des capacités qui allaient être plus que bénéfiques au fil du temps. J’avais d’ailleurs eu du mal à satisfaire tout leur désir. Je ne voulais pas les décevoir et donc j’obéissais à tout leur ordre. Même lorsqu’ils me marièrent au Prince William, j’accusais un peu les coups même si espionner au début pour la Reine ne me déplaisait guère. Je me souvenais de mon premier meurtre, comment j’avais aimé et c’était après cela que j’en étais ressorti grandi. Je me savais séductrice, intelligente et terrifiante et cela me plaisait de plus en plus. J’étais passée de quelque chose à quelqu’un et ce grâce à la Reine. Jamais je ne l’oublierais et jamais je ne me permettrais de changer d’opinion et de me retourner. J’avais une soif de pouvoir mais j’étais encore sensé. Elle n’était pas si grande tout compte fait.

    Il parla d’Augustus et je fus assez surprise qu’il me confie son point de vue si radical je trouvais. Je n’avais jamais osé demander à ma mère adoptive comment elle voyait son mariage, si elle se sentait mieux désormais seule. Ce n’était pas à moi de lui demander, mais je savais qu’Augustus avait un grand pouvoir, un désir d’assouvissement. Je le connaissais également, mais pas aussi bien que ma Reine. J’essayais de garder la tête froide et de répondre d’une manière détachée.

    « Nous le saurons au moment venu. Je ne peux pas savoir ce qu’il fera lorsqu’il se réveillera, mais pour le moment, nous avons d’autres problèmes à régler. Je sais déjà que tu restes et resteras fidèle à la Reine, j’en suis totalement convaincue. »

    Je n’envisageais pas comment pouvait être son retour car j’avais toujours d’autres problèmes en tête. Et surtout, désormais que j’avais trouvé ma vraie place et que je me satisfaisais pleinement. Ou presque depuis l’obstacle du mariage, mais ceci n’était qu’un détail. J’acceptais et comprenais ses réserves, mais il fallait que je sois, que l’on soit plus convaincant, voilà tout. Mais le pire était que Torben se mettait également en travers. Il fallait donc que je le gère également, mais sous mes grands airs se trouvait toute la difficulté.
    Il comprenait ce que je ressentais. Peut-être un peu, mais pas la totalité. Ma colère était telle que je pouvais prendre n’importe qui au hasard et déferlé ma colère sur cette personne. Fort heureusement je me conservais et je n’envisageais guère de sortir, ou alors juste pour prendre un homme au hasard et me satisfaire de ses atouts masculins. Le sexe aidait bien parfois, il fallait bien l’avouer. Il parla de William puis de ma future alliance et je fronçais les sourcils.

    « Crois-tu que je ne comprends rien à la situation ? Je sais qu’elle est isolée, je sais également que la paix ne tient qu’à un fil. Tu ne m’apprends absolument rien. »

    Un pli sur mon front prouvait que j’étais agacée. J’avais l’impression que tout tournait autour du futur mariage que l’on avait envisagé avec Julien alors qu’il y avait des choses bien dissociable. Je devais avoir des failles très certainement. J’étais convaincue de n’être pas parfaite, sinon le dernier événement ce serait dérouler sans encombres. Hors il ne l’était pas. Je gérais déjà l’échec difficilement, je ne voulais pas en plus de Torben dans les pattes. J’aurais préféré quelqu’un d’autre, un homme dont je n’aurais pas un passé commun, même si je ne m’en souvenais guère, et pas d’un homme où son sang m’avait été absolument goûteux. Je le savais, et plus dur, il le savait également. Il fallait que je mette les choses au clair, qu’il voit ma vision des choses. Cela aiderait ? Je ne savais pas. J’en oubliais presque qu’il m’avait parlé des glaçons dans son whisky et le fait qu’il vienne s’assoir à côté de moi ne me gênait point pour le moment.

    « Pour moi, tu appartiens à la Reine. Je ne veux pas de divergence avec elle. J’ai déjà fait quelque chose qui l’a plus qu’offensée. Je ne souhaite plus la décevoir. »

    Je fis une pause en repensant à ce que je venais tout juste de dire, mes quelques mots. Je ne pourrais jamais l’avoir totalement en vérité, même si la Reine approuvait, il restait son servant et lui-même le disait. Je savais que je pourrais si je voulais, sauf que voilà, c’était dangereux pour moi maintenant que j’avais déjà goûté à son sang. Je ne savais guère si je pourrais résister à l’envie de le goûter de nouveau si je le voyais en permanence. Je devais donc rester de marbre et faire attention à mes paroles, ce qui était plus dur.

    « Ne te méprends guère sur mes paroles, j’insistais seulement sur le fait que tu sois plus ingénieux et plus intelligent que les autres servants… »

    Je finissais ma phrase dans un souffle – ne pouvant poursuivre – alors qu’il s’approchait dangereusement de moi et de mon visage… de mes lèvres. Je pouvais entendre son cœur battre de par le battement des carotides sur son cou que j’observais brièvement. Son odeur m’enivrait car je ne pouvais oublier le goût somptueux de son sang. J’essayais de rester impassible, ce qui n’était guère facile. Il savait comment tourner ses phrases et ses mots, c’était certain ; et vraiment très énervant.

    « Tu as peut-être l’espoir de retrouver celle que j’étais avant, mais tu oublies que ma naissance remonte à neuf ans pour moi. Je n’ai rien avoir avec celle que tu as connu auparavant car je ne la connais pas, c’est bien simple. Alors désolé que tu ais à souffrir mais ce n’est en rien voulu. » je marquais une bref pause alors que mes yeux le défiait soudainement « Mais pourquoi me veux-tu Torben ? Pourquoi t’accroches-tu à une illusion ? »

    Désormais c’était moi qui m’approchais de lui, le défiant encore plus alors que quelques millimètres nous séparaient seulement. Je fixais ses yeux et ne les quittais point. J’attendais une réponse de sa part, car tout était vrai. La première fois que je l’avais vu était pour moi notre première rencontre. Je n’avais pas conscience de tout ce qu’on avait traversé, même s’il me l’avait raconté. Je n’avais rien en moi, seulement ses sentiments qui me faisaient sans arrêt obstacle.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 22:13

    Elle parle, et je l'écoute avec attention. Parce que je sais que pour les vampires comme pour les humains, les choix de mots sont assez symptomatiques d'un état d'esprit et de motivations particuliers. Je ne voulais pas passer à côté de tout ce que les éléments de langage de la jeune vampire pouvaient m'apporter, ce serait comme renoncer à la finalité de tous les efforts faits pour obtenir un gain, une récompense. C'était stupide. Je notais dans sa manière de parler qu'elle me considérait bel et bien comme acquis à la Reine, comme étant un tout indissociable avec celle ci. Elle savait que mon allégeance était fixée et serait forcément stabilisée dans le temps. Elle avait également raison ; en attendant nous avions d'autres problèmes à régler. Ce n'était pas pour autant que je négligeais Augustus. Pour l'avoir connu pendant un bon moment, je savais qu'il ne fallait pas le prendre à la légère. Si je considérais Krystel comme une déesse sans concession mais avec un objectif et une manière de faire clairement définis, ce n'était pas le cas pour le Monarque Suprême de la Race vampirique. Augustus était capable de tuer quelqu'un sous le coup semble t'il d'un caprice, alors qu'en fait cela n'avait rien à voir. Tout ce qu'il faisait ne semblait pas toujours avoir de sens, car cela entrait dans un schéma aux proportions gigantesques. Il ne faisait rien au hasard, et ses plans s'écoulaient sur des générations. Lui aussi était un Dieu, plus encore que sa fille. Mais comme les dieux des panthéons humains, il était brutal, cruel, et sans concession aucune. Il était l'être le plus puissant de ce monde, et il le savait. Jana ne l'était pas, mais cela ne l'empêchait pas elle non plus d'avoir un sacré caractère ; une vraie dominatrice. Elle me rembarra sèchement, et je lui concédais ce point. Elle savait sa mère isolée. Cela voulait elle dire qu'elle voulait pousser son avantage ou la supporter ? Impossible à savoir par le simple jeu de ses mots. Le reste des paroles de la princesse se perdit dans mes pensées, lorsqu'elle aborda le fait que j'espérais retrouver celle qu''elle était il y a neuf ans. Le voulais je vraiment ?



    Non.


    J'y avais depuis longtemps renoncé.


    Je me rappelais de la souffrance. Jana pensait me faire souffrir. Je ris intérieurement. La vraie souffrance, je l'avais déjà expérimentée tant de fois !


    Quand je la vis mourir des crocs d'un vampire, qui but son sang devant mon corps brisé. Quand je m'étais engagé dans une quête vengeresse, qui faillit me noyer dans de véritables torrents de sang. Quand la Reine m'en remontra et me laissa brisé, pulvérisé, dans son sillage. Quand j'expérimentais la souffrance indicible du manque, qui me dévorait de l'intérieur et rongeait mon esprit, quand je resté trop longtemps éloigné d'elle et de son sang après cette rencontre fatidique. Tant de douleur... Et le summum. Dans cette prison de verre. Ce manque atroce. L'absence d'information, de nourriture, d'eau. Son sang, qu'en quantités et en périodes épisodiques, singulières. Je me mourrais à petit feu, ravagé par un corps qui s'autodétruisait et un esprit qui chancelait de plus en plus jusqu'à basculer. La voulais je ? Une partie de moi la voudrait toujours. Mais je n'avais plus besoin d'elle. La douleur avait tout effacé hormis le devoir et la mort. Jana n'était pas une passade, elle n'était pas un amour. Elle n'était plus que l'expression d'un corps et d'un esprit autrefois ravagés par la folie, et de nouveaux appétits nés de ma condition, lié à jamais avec une vampire cédant régulièrement à ses propres pulsions.


    Je n'étais pas un amant, un politicien ou un artiste. Ou plutôt si.


    J'étais un artiste de la mort.


    Je redressais le regard vers Jana.



    | Tu es naïve. La femme que j'ai aimé plus que ma propre raison est morte le jour de ta naissance, et je n'ai pas la candeur d'esprit que d'imaginer son retour possible. Tu es une autre conscience, qui n'a rien à voir avec celle que j'ai autrefois connue dans ce corps. Tu es une vampire, un nouvel être. Amnésique. Tu es une nouvelle âme, tu n'es pas ma Jana, c'est la réalité. |


    Je vins renifler son cou, humer son parfum.


    | Je ne pourrais jamais retourner en arrière... |


    Je l'embrassais dans le cou. Doucement d'abord. Puis, je laissais de plus en plus traîner mes lèvres sur cette peau glaciale mais délicieuse, la mordillant très légèrement.


    | Car vois tu, moi aussi, je suis tout aussi mort que la femme que j'aimais. Je suis mort ce 31 décembre 2008, en même temps que ma propre raison. | je lui soufflais ces autres mots | Maintenant que je suis mort, la vie est à moi. |



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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 23:07

    Aucun souvenir perlait ma mémoire. Il ne restait rien, absolument rien. C’était peut-être mieux ainsi car je ne m’attachais pas au passé. Peut-être aurais-je été encore plus perturbée par l’arrivée de mon ex-mari. De même que peut-être que je ne serais pas Princesse et n’aurait pas autant de prestance si j’avais ce passé apparemment douloureux et joyeux s’accrocher à moi. Finalement, je ne savais rien de cela et n’avait souffert dans mon corps et mon esprit que du vampire qui était mort désormais. Torben m’avait raconté comment ça l’avait détruit aussi. Je pouvais le comprendre, je n’étais pas sans cœur même si je n’en avais plus, seulement voilà, c’était comme si on me racontait une histoire d’un roman. On l’écoute, on s’imagine dedans mais on ne peut pas le vivre vraiment. C’était tout à fait ça, sauf que depuis j’avais cette attirance physique pure et ce trop-plein de tout. J’arrivais à gérer, mais comme de par hasard, une simple blessure, un besoin irrésistible de sang. Il a fallu que ce soit le sien. Réprimander sévèrement par ma mère par la suite. Le sang était plus que précieux à ses yeux. Je la comprenais dans un sens, mais s’il était mon servant, j’aurai réagi de la même manière, sauf que je me le serais totalement accaparé, dominé. Fort heureusement, il ne lisait pas dans mes pensées. J’avais au moins ça pour m’étaler un peu.

    Je fus surprise qu’il me traite aussi franchement. Naïve ? Je n’étais pas d’accord avec lui. J’aurais souhaité qu’il me sorte autre chose, d’autre mot. Mais c’était tout à fait lui, toujours à choisir spécifiquement les bons mots soit qui m’agaçaient au plus haut point, soit qui me mettait dans un état où je devais entièrement me maîtriser. Il me faisait énormément travailler, sur moi-même également.

    « Tu me vexes vraiment. » il devait savoir que son premier mot m’avait tout bonnement froissé « Mais je suis contente que tu ais remarqué ce changement, même si pour moi je ne connais que lui. Ravie donc que tu ne te voiles pas la face, mais tu es toujours accroché non ? »

    Je ne tournais pas autour du pot, je voulais vite fixer ce qu’il y avait entre nous, ce qu’il pouvait y avoir ou ce qu’il n’y aurait jamais. Mettre les points sur les i. Pourtant, il m’avait dit que sa Jana avait disparu, qu’est-ce qui le retenait ? Etait-ce de la jalousie car mon regard se tournait vers un autre homme ? Etait-ce juste ce mariage avec Julien ? Quoiqu’il en soit, je commençais sérieusement à me demander si je n’étais pas réellement maudite. Une princesse vivant seule pour l’éternité au risque de saccager tout un tas de choses autour d’elle. Ca m’exaspérait vraiment. De voir que je ne pouvais avancer sans obstacles. Pour une fois, j’avais envie que tout aille pour le mieux, avoir un chemin en ligne droite et non des grands virages mortels. Je ri intérieurement alors qu’il me fit redescendre à la réalité en sentant son souffle sur mon cou. Je me crispais alors que je sentais ses lèvres dans mon cou. Jouait-il à un jeu ? Voulait-il jouer au mien ? Si seulement tout cela avait un sens. Sa phrase m’avait laissé presque en suspens, avant que je ne lui réponde dans un souffle.

    « Ne me dis pas que me voir ne te fais pas repenser à ta première vie… »

    Encore une fois je plantais peut-être le couteau dans la plaie. Mais la suite de ses mots me confirma qu’il était passé à autre chose. Alors quoi ? Il m’aimait en vampire ? Qu’appréciait-il chez moi dans ce cas ? J’étais belle et intelligente, soit. Il m’avait dit au tout début que j’étais magnifique. Je savais me mettre en valeur depuis fort longtemps et grâce aux atouts vampiriques mon charme était aphrodisiaque. Je me demandais s’il ne cherchait juste pas à me charmer, et j’essaie d’avoir les idées claires et de rester impassible à ses lèvres qui parcouraient mon cou, me mordillant quelque fois. Je décidais de glisser ma main sur son cou, pour enfin venir chercher son menton et le relever pour qu’il se reconcentre sur moi et qu’il m’écoute attentivement.

    « Nous sommes tous les deux morts. Que cherches-tu vraiment ? Est-ce seulement mon corps qui t’attire tant ? Dans ce cas, soit, faisons une partie de jambe en l’air qui nous satisfera l’un l’autre, et après ? »

    Mon regard se faisait dur, perçant. Il était indéniable qu’il était charmant, attirant même en voyant son corps musclé. Nous avions déjà baisé par le passé, car oui, ne dirons-nous pas que nous avions fait l’amour, ça n’avait rien à voir avec cela. J’avais des besoins également en tant que femme et il était sur que durant la soirée je me serais envoyé en l’air avec n’importe qui – du moins un homme choisi par mes soins. Ceci pour apaiser la colère dans une union féroce. Je voulais juste savoir ce qui traversait la tête de l’homme que je tenais en face de moi, à quelque centimètre de mon visage.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 24 Nov - 23:49

    Jana me demandait des explications, ce que j'étais bien en mal de fournir. Elle n'avait pas tout à fait tord quand elle disait que malgré que je ne la considère plus comme la même personne qu'autrefois, au sens littéral du terme, je restais accroché à elle, à l'image que j'avais d'elle. Bien sûr. Son corps était celui de la femme que j'avais aimé comme un fou. Et pour qui j'étais devenu fou, d'ailleurs. Mais les choses avaient changé. Etais je encore concrètement capable de me comprendre moi même ? J'en doutais. Les choses avaient changé, mais trop vite. Je ne comprenais pas toujours ce qui m'arrivait à la suite de ma transformation en servant humain. Je ne ressentais plus les mêmes choses. J'étais moins vide, moins dénué d'émotions, de sensations, de sentiments. Je redécouvrais la passion, les pulsions charnelles. Je ne dominais plus mon corps et mon esprit de la même manière qu'auparavant, et cela me destabilisait énormément. Après tout, il fallait tout de même préciser que j'étais maintenant habité par une partie de la psychée de la reine, et Krystel n'était pas connue pour être quelqu'un de calme, de serein. Non au contraire. Tout feu tout flamme, elle prenait ce qu'elle voulait, jouissait de ce dont elle voulait jouir, faisant en sorte de pouvoir goûter à tout ce qu'elle désirait. Cela n'avait jamais été mon cas. Cétait donc quelque chose de compliqué que d'actionner ce numéro d'équilibriste, entre ma propre attitude réservée, froide, pragmatique, et le côté éminemment pulsionnel qui dominait la vie de la Reine. Jana me demandait des explications. Je n'avais pas le droit de lui dire la vérité, parce que j'étais venu ici dans un but bien précis. J'allais alors me livrer à un jeu très nouveau pour moi ; l'habileté politique, l'équilibre entre mensonge, vérité, demie vérité et tout ce qu'il y avait entre ces différents termes. Je reportais mon regard dans celui de Jana, jouant ma partition naturellement. Arriverait elle à déceler du faux ? Et surtout, de le reconnaître du vrai?


    | Bien sûr, j'aimerais ma femme tout le reste de ma vie. Mon cœur ne bat plus comme avant. Quand nous formions un couple, autrefois, j'étais un homme passionné. Pour tout. Par toi, par mon travail, ma famille, par notre avenir. Je me donnais à fond dans tout. Je me suis donné à fond dans ma vengeance, je me suis perdu. Morceau après morceau, dans un sacré maelstrom de mort et de destruction. Je couchais à droite à gauche, pour combler une solitude effroyablement douloureuse, qui me laissait le cœur à vif. Je buvais comme un trou, pour oublier, pour atténuer la souffrance. Ca ne marchait jamais. Je tuais beaiucoup pour me soulager. La Reine a changé tout cela. Elle a fait de moi un homme nouveau. |


    Mon regard se perdit par dessus son épaule. Je repensais à tout ce que j'avais subi, à tout ce que j'avais traversé. La mort, encore et toujours. L'amour, qu'on m'avait parfois porté sans jamais le moindre retour. Cora m'aimait, je le savais. Elle m'aimait pour ce que j'étais, elle était la seule à le faire. Du moins, c'était ce que je pensais. La Reine macceptait, mais j'avais du mal à déceler la véritable affection dans nos rapports, qui ressemblait bien plus à un partenariat professionnel. Mary, bien sûr, elle aussi de feu, qui avait sans doute étreint que je rejoigne les siens. Il y en avait eu tant d'autres. Victoria, bien sûr. Et la mort, ma plus fidèle alliée, mon amante dévouée, l'ame sœur de tous les instants.


    | Mais elle a fait marche arrière. Je suis devenu trop froid, trop... mécanique. Elle veut que je me raccroche au monde. Elle m'envoie ses propres sensations, elle développe l'impulsivité sous jacente, qui se cache au plus profond de moi. Je deviens l'objet de mes désirs ; elle veut que je me raccroche au monde pour pouvoir être plus efficace. Passionné, en quelque sorte. Pour tout donner à notre cause, plutôt qu'une âme froide, sans scrupule, sans remord. |


    Je plaçais ma main sur la cuisse de Jana, remontant doucement en allant de l'extérieur vers l'intérieur, vers son entrecuisse.


    | Tu peux pas le nier, princesse, et moi non plus. On se désire. On est un peu pareils, depuis notre renaissance. Deux tueurs, deux prédateurs pour les autres. Avec toi, je me sens en danger, et rare sont les vivants qui me procurent cette sensation. Avec toi, je me sens vulnérable. Tu pourrais me tuer, parce que tu as été formée et éduquée depuis ta « naissance » à ça. |


    Ma main remonta encore, tandis que l'autre caressait son dos nu. Je soufflais dans son cou.


    | Et toi aussi, tu adores cette sensation. |


    Je l'embrassais. Qu'est ce qui est vrai, qu'est ce qui est faux ? Et surtout... Pourquoi?

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 15:12

    Je ne lésinais pas sur mes paroles, j’allais droit au but et ma franchise était implacable. Je me savais séduisante, pire même j’en jouais à bonne escient depuis que je l’avais découvert, mais je préférais ne pas sortir le grand jeu devant Torben. Je savais qu’il avait un gros faible pour moi, que ce soit par rapport à la femme que j’avais été ou tout simplement pour mon physique. Sûrement les deux cumulés, tout comme notre union sauvage, tout comme ses regards perçants. Le fait qu’il vienne seul ici-même lui donnait peut-être une ouverture. Cependant, je voulais le percer à jour, savoir pourquoi il n’était pas d’accord pour ce mariage avec Julien, tout comme la Reine d’ailleurs. Je voulais qu’il s’explique à haute voix et j’essayais de ne pas mâcher mes mots, de trouver à chaque fois quelque chose pour rebondir dessus. A chaque mot qu’il prononçait j’essayais de lire entre les lignes, mais c’était très difficile sur lui. Les gens en général n’étaient pas aussi compliqués, il ne fallait pas bien longtemps pour qu’ils sortent ce que je voulais entendre, tout comme lorsque je souhaitais quelque chose d’autre, de plus… physique.

    Il me répondit alors, et pas par une simple phrase. Je l’écoutais tandis que j’essayais de distinguer la moindre chose dans ses yeux, dans ses gestes. En tout cas, ses premiers mots m’intriguèrent, ou pas d’ailleurs. Il réalisait qu’en me disant qu’il aimerait toujours sa femme qu’il m’aimerait aussi toujours ? N’étais-je pas sa suite dans l’histoire ? Bien que j’étais morte mais n’en avait absolument pas conscience. C’était peut-être cela qui le dérangeait d’ailleurs, que je n’ai aucun souvenir de se que nous avions partagé. Sauf que pour moi, c’était plus simple. Je n’aurais point goûté son sang ça l’aurait été encore. Il m’avait tendu son bras, non ? Qu’en retirait-il pour sa part ? Je ne me laissais pas plus distraire par ce qu’il me disait et tentais de tout enregistrer pour pouvoir encore plus pousser avec lui.

    « Sauf que tu oublies que ça reste tes souvenirs. Pour moi tu n’es qu’un homme parmi tant d’autres. »

    Déjà je commençais bien, par quelque chose qui était vrai mais faux également. La fin de ma phrase notamment qui n’était absolument pas vrai. Ça aurait été un simple homme qui ne me faisait absolument rien, je n’aurais pas tant de difficulté et ne me laisserais pas partir sur autant de réflexion et de questionnement. Je l’aurai peut-être déjà pris depuis bien longtemps, il aurait déjà connu mon lit et mes crocs sans même qu’il ne s’en rende compte. Mais voilà, il n’était en rien comme les autres.

    « Un homme nouveau oui, un bon servant également. Comment expliques-tu qu’avant tu étais contre les vampires, contre moi ? Ne te rappelles-tu pas notre rencontre ? Qui fut la première pour moi d’ailleurs… »

    Je laissais en suspens alors que j’avais fait exprès de faire ressurgir ce souvenir. Ceci pour qu’il comprenne que malgré qu’on se soit envoyer en l’air violemment, rien n’avait changé. En même temps, tout avait changé depuis également. J’avais pris du pouvoir et un statut bien défini, et lui avait l’air d’être bien en nouvel homme. J’étais encore incapable de l’accepter finalement, au fond de moi je le savais.

    « Oublie mes paroles, elles ne valent rien, tout a changé depuis. »

    Un brin d’impulsivité me faisait parler sans vraiment réfléchir, la proximité qu’il avait avec moi jouait grandement aussi. C’était pour cela que je n’aimais guère que nos entretiens s’éternisent. Je me forçais à rester de marbre, malgré le fait qu’il me parle par la suite de ma mère, de leur lien également. Le fait qu’il soit devenu presque trop mort. J’aurais peut-être préféré qu’il le soit resté. Mécanique et froid, il ne se serait alors pas interposé pour mon mariage, déjà que la Reine s’y était opposé. Il fallait que je vois Julien dans les jours qui viennent, pour pouvoir parler de tout cela en privé et voir comment on ferait. J’étais occupé pour le moment avec tout le bordel qu’avait occasionné la fusillade, mais je me laissais un temps libre pour aller le voir personnellement.

    « Et je te sers de cobaye ? »

    Inutile de préciser que ça ne me convenait guère. C’est la que sa main se fraya un chemin sur ma cuisse tranquillement, tandis qu’il reprenait son petit discours. Je ne niais rien, je faisais en sorte de choisir parfaitement chaque mot pour éviter de faire une gourde. Je ne voulais pas faire un seul faux pas avec lui, malgré le fait que je lui avais presque ouvertement dit que je n’étais pas contre m’envoyer en l’air avec lui. J’étais assez heureuse de l’entendre dire qu’il était vulnérable avec moi, c’était un bon point que j’appréciais pleinement. En effet, je pourrais en finir avec lui et le tuer, mais cela m’était impossible, de par la Reine déjà, mais tout ce que je pouvais ressentir. Son autre main caressait mon dos nu et inutile de préciser que j’étais entièrement nue vêtu seulement de cette robe et de ses escarpins. Il m’embrassa et je lui rendis son baiser avant de l’arrêter en plein milieu, m’écartant légèrement.

    « J’adore qu’on me regarde, qu’on me désire, ce n’est nouveau pour personne. J’ai des besoins primaires à satisfaire comme toute femme en plus du sang. » je fis une pause alors que j’espérais qu’il comprenne tout le sens de mes mots. Je voulais le faire reculer. « Seulement, je doute que tu puisses être capable de subir la chute de l’après-coup. Tu seras un homme de plus dans mon lit… »

    Je laissais en suspens volontairement. Je ne savais guère comment il le prendrait. Je voulais qu’il recule, qu’il arrête de faire naître un désir certain en moi et inévitable. Il était assez intelligent pour savoir lire entre les lignes, entre les mots, tout comme je le faisais. Il n’était en rien comme les autres hommes, il était unique, cela va s’en dire. Mais comment le mettre échec et mat ? Je ne voulais pas qu’il devienne une faiblesse, je devais la contrer coûte que coûte.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 16:19


    Jana avait raison. Elle faisait partie intégrante de ma vie, de mes souvenirs, alors que je n’étais rien pour elle. Rien sinon le lointain écho d’un passé depuis longtemps révolu, d’un épisode étrange de son existence, de réminiscences qui remettaient parfois en danger sa course vers le pouvoir et sa démarche symbolique de renforcement de son statut. Pour moi, elle n’était plus que le reflet brisé qu’elle avait été autrefois. Elle n’était plus douce, ne pensait plus à avoir une descendance. Comme je l’avais dit, je n’étais pas fou au point de penser qu’en acceptant l’offre de Krystel, je me marierais à une femme capable de me massacrer juste pour croire que je pourrais de nouveau mener la parfaite petite vie de couple que j’avais autrefois, un train train quotidien fait de soirées télévisées, de sorties chez des amis, de repas en tête à tête et de nuits effrénées. Non, tout cela était définitivement derrière moi. Pourtant, je ne pouvais nier sans me traiter moi-même de menteur, que Jana exerçait sur moi un intérêt particulier. Mais contrairement à ce qu’elle pensait, ce n’était pas pour des sentiments morts et depuis longtemps assumés, mais pour ce qu’elle était devenu. Pour le tueur que j’étais devenu, une compagne séduisante, vénale et dangereuse me stimulait au plus haut point, et j’admirais la terrible intelligence qui se cachait parfois sous le vernis réducteur des pulsions charnelles qui obsédaient les vampires. Elle répondit à mon baiser alors que j’analysais tout ce qu’elle me dit sans jamais daigner lui répondre, la laissant dérouler avec une franchise que j’estimais d’une fiabilité relative tout ce qu’elle pensait de cette situation, des avances bien franches que je lui faisais et ce que cela lui inspirait. Son baiser avec le goût du sang, de la vie, et il me semblait incroyablement dangereux de continuer. Lorsqu’elle rompit l’étreinte éphémère, je me relevais et lui tournais le dos, écoutant la fin de ce qu’elle avait à me dire les bras croisés dos à elle, faisant face à la grande baie vitrée de son appartement. Je décryptais ses paroles.


    Cobaye ne lui suffisait pas ; cela écorchait plus sa fierté sans être un symptôme de possessivité profonde et assumée.

    Flattée de mes attentions, me désirant elle aussi.

    Je ne serais un amant que parmi tant d’autres.

    J’avais ma réponse et ma confirmation, et un sourire se dessina sur mes traits. J’inspirais profondément, fermant les yeux un instant, rassemblant chaque parcelle de ma personnalité. Je contenais le fantôme, le muselant. Ce soir, j’étais là pour apprendre, pour repousser mes propres limites. Je fermais les yeux, me concentrant pour accentuer le moindre des traits que je m’appropriais, pour ne pas effrayer ma compagne ni pour nuire à ce moment. Je finissais mon verre d’un trait, et le reposais sur la table basse avant de me rassoir près de Jana, un sourire charmeur en coin. Je me replaçais contre elle, enfonçant un regard de braise dans ses prunelles où l’on décelait sans mal les ténèbres insonsable d’une soif perpétuelle de vices et de carnages. Satisfait, ma voix prend le temps de la confidence, forçant légèrement le trait.



    | Et ton général ? Quelle place a-t-il, lui ? |


    Je me penche sur elle, lui vole un baiser fugace. Mes mains se places sur chacune de ses cuisses, remontant le tissu de sa robe et s’infiltrant par-dessus, caressant sa peau froide comme la nuit, les réchauffant, remontant lentement, langoureusement, dévoilant ses cuisses, puis son bassin et son intimité. Je remonte encore légèrement le tissu, et je sens le souffle de la vampire au creux de mon cou. Je bascule légèrement sur le côté, à mi chemin entre son flanc et son corps, et lui souffle au creux de l’oreille.


    | Aurais tu le front de me dire qu’il compte plus que moi, que tu te satisfais plus de sa proximité que de la mienne ? |



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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 20:01

    Je lui faisais croire qu’il n’était rien pour moi, pour m’éviter un éventuel problème. C’était dangereux, trop même. J’avais également des besoins primaires que j’assouvissais régulièrement. Cela me permettait de décompresser, de passer ma colère sur autre chose, une autre émotion et m’y dévouer corps et âme pendant des heures… au possible du dit humain que j’avais habilement et minutieusement choisi. Ce n’était pas le premier en effet, je ne lui avais pas menti là-dessus, il y en avait eu beaucoup d’autres. Je gérais les informations que je lui donnais comme bon me semblait. Je préférais m’arrêter sur celles qui étaient meilleures pour moi et qui ne susciteraient pas trop l’attention de Torben. Je voulais que cette attirance soit tourné en haine, en dégoût, pourquoi n’était-ce pas aussi simple ? Il se leva, m’offra un court instant de solitude sur le canapé, croyant pendant un moment que j’avais pu le faire fuir, le faire réfléchir aussi. Il me tournait le dos et je me demandais ce qu’il faisait. Je repensais au baiser que j’avais rendu sans aucune réflexion. Il savait que mon désir était au moins aussi intense que lui, mais je voulais lui faire croire que cela passait d’abord par un désir primaire, physique et pur. Le sexe. Autant dire qu’il était succulent. Je l’appréciais presque aussi férocement que mes crocs dans la chair d’un humain lambda. Mes yeux ne le quittèrent pas tandis qu’il restait statique devant ma baie vitrée qui était juste magnifique en ce milieu de soirée. Il faisait totalement nuit dehors mais je me plaisais à voir une telle vue, de telle lumières un peu partout. Ce n’était rien, mais c’était quelque chose que j’appréciais. Mon regard se tourna de nouveau vers lui alors que je sentis son inspiration profonde. IL finit son verre d’un trait et je compris là tout le reste. Echec cuisant, mais il finirait par comprendre. Je pouvais tout aussi bien me retirer avant même qu’il ne puisse faire quoi que ce soit. Mais je restais assise et totalement immobile alors que son sourire ne me fit que comprendre davantage ses pensées. Mes yeux plongèrent profondément dans les siens lorsqu’il croisa mon regard, encore un air de défi. C’est là qu’il prit la parole. Je n’étais en rien étonnée, j’étais même flattée car dans un sens il s’inquiétait finalement de la place que j’avais pour lui. Un sourire en coin brisait mon visage impassible alors que je savais déjà dans quoi l’embarquer.

    « Le Général te dérange-t-il autant ? Ou est-ce parce qu’il a osé me prendre avant toi ? »

    C’était encore une fois pour le faire réfléchir, réagir à mes mots, alors que j’avais soigneusement choisi chacun d’eux. Il pouvait comprendre tout ce que son imagination lui faisait croire. Que Julien me satisfaisait peut-être plus que lui, même si nous n’avions rien fait encore, et que lui n’avait peut-être pas autant de couille que le Général. De quoi peut-être revigorer un peu plus son égo ou lui permettre de relâcher sa colère. Je ne savais jamais comment il allait réagir à l’avance, c’était aussi cela qui m’exaspérais quelque peu. Il me vole un baiser, rapide, pour s’enfuir autre part. Je sens son odeur qui m’enivre complètement pourtant j’essaie de tenir malgré mes sens surdéveloppés qui ne m’aidaient en rien. Je n’avais pas pour habitude de garder ce désir en moi, j’assouvissais tout ce que je désirais la plupart du temps, et encore plus lorsqu’il s’agissait de sexe. Je ne m’étais jamais autant contrôler. Je gérais également mes crocs tandis que ses mains remontaient doucement mais sûrement ma robe. Il découvrirait bien assez tôt mon corps totalement nu et serait sûrement ravi de l’apercevoir. J’observe son cou et mes paupières se fermèrent doucement alors que mon self-contrôle commence à se perdre dans ces différentes vagues de désir. Il cherche mon oreille et je souris à ses mots que j’entendis très perceptiblement. J’avais l’impression qu’il voulait concurrencer le seul qui était sur son passage. Je laissais faire et mes yeux l’observèrent, comme si j’avais des doutes sur ses intentions, comme s’il allait arrêter à mi-cuisse, maintenant qu’il voyait son but tout proche. Il ne recule pas, et au moment même où il devait sentir toute mon excitation je ne pu tenir plus d’une minute. Tout ce fit dans une rapidité à toute épreuve. Je le saisi fermement, le repoussant avant de le plaquer sur le canapé, me mettant à califourchon au niveau de son bassin les doigts de ma main droite serrait son cou. Ma prise était ferme et il ne pouvait pas échapper à mon emprise. Il pouvait voir également mes crocs. Je ne pouvais mentir, pas après que ses lèvres aient goûtés le fruit de mon intimité. Mes yeux captaient les siens, je me faisais plus sensuelle alors que mes doigts se décrispèrent au niveau de son cou, l’autre restait sur son épaule.

    « T’attends-tu à une réponse positive ou négative ? Fais attention avec tes questions, tu pourrais regretter de les avoir posées… » je fis une pause « Et si je te disais oui, quelle serait ta réaction ? » un autre moment de silence alors que je me penchais vers lui et susurrais au creux de son oreille « S’il était plus expérimenté que toi… »

    Je jouais un peu avec lui, aimant frôler les limites du vice, j’adorais ça même ! Je le mettais toujours à l’épreuve, mais désormais, j’étais certaine qu’il n’allait plus s’arrêter dans sa lancée.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Lun 25 Nov - 22:03

    Le général me dérangeait il ? Bien sûr. Je savais ce qu'il convoitait, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Et je ne le laisserais pas faire. Est ce que c'était par rapport à Jana ? Je me sondais, et mon âme sombre et froide, esseulée, ne me permettait pas de trouver rapidement une réponse à cette question. J'essayais d'y déceler la plus petite chaleur. Quelue chose en rapport avec Jana ? Vraiment ? Non. Si je regardais dans le fond, ce n'était pas le cas. Pas directement. Depuis que j'étais le servant humain de la Reine, j'avais tendance à considérer que les choses m'appartenaient de plein droit. Cela recoupait forcément la situation de la princesse. Ex femme, attirée par moi, elle était à moi. En fait, si j'aurais voulu être honnête j'aurais volontiers reconnu que le fond de ma querelle avec Guillemaud concernant Jana était le fait qu'il prenait quelque chose que j'estimais posséder. C'était ça, le problème. Mais il y avait bien d'autre chose, je raisonnais désormais à l'échelle d'espèces entières, de tensions politiques importantes. Je n'aimais pas Guillemaud, même si je lui reconnaissais un certain courage et une certaine intrépidité. Mais il était en travers de ma route, et il allait l'être de plus en plus. Je ne saurais le tolérer bien longtemps, pas plus que je ne pouvais encadrer ses propres aspirations. Et puis quoi encore ? Il fallait aussi que je le laisse supplanter le Roi, baiser la Reine et voir ce monde se consumer du fait de sa propre ambition ? Krystel m'avait formé, elle m'avait fait renaître dans l'unique but d'être un soldat indomptable, inaliénable par quiconque qui n'était pas elle. J'en avais peut être conscience mais pas lui, mais j'étais en guerre contre Guillemaud et ce qu'il présentait. Il ne fallait pas que je perde de vue mon objectif, et c'était précisément ce pourquoi j'étais ici ce soir.


    Jana ne fit que réagir physiquement à ma manœuvre, se laissant faire sans le moindre problème. Je la sens réagir ; je l'excite il n'y a pas de doute, je sens son côté vampire prendre le dessus. Elle profite, elle veut me mordre sous l'effet du désir. Et du plaisir, qui très vite, doit la submerger par vagues. Je la possède, je l'aguiche, je la contrôle. Son goût submerge ma bouche et ma langue, son odeur emplit mes narines, la chaleur de son corps monte en flèche. Je sens la partie en passe d'être remportée. Mais la belle n'a pas dit son dernier mot, et utilisant sa force et sa vitesse décuplés, elle se jette sur moi. Sous la rapidité de l'attaque je n'ai ni le temps ni le loisir de réagir à cette attaque en règle mais déjà tous mes sens sont en éveil, et mon instinct de tueur reprend le dessus. S'il le faut, je me battrais jusqu'à la mort, autant pour moi que pour la Reine. Dos au canapé, la beauté féline et dangereuse sur moi, crocs sortis et sa poigne d'acier me serrant le cou. Très vite, je manque d'air. Les bras laissés de chaque côté de mon corps, je serre les poings. Qu'elle me donne le plus petit indice qu'elle ne me remet pas seulement à ma place mais attente à ma vie, et donc à celle de la Reine, et je la mets en pièces, ou du moins je meurs en essayant. Sa prise se dessera, et je vis du plaisir dans ses yeux, et de l'intérêt. Elle avait aimé ça, et elle aimait aussi que ça soit brutal, sans concession ni compromis. Je compris alors que la Belle jouait, et qu'elle se satisfaisait autant du plaisir charnel que de ma résistance et de son emprise physique. Je la laisse dominer physiquement l'échange au moins pour un instant, et me redresse au niveau de son visage, vint frôler ses lèvres, mêlant mon souffle au sien. Elle sentirait ma force, ma chaleur, ma vie. Et elle sentirait aussi la mort.



    | Crois tu seulement que je m'arrête à ça ? Il veut te baiser, et pas que dans le sens où il veut ton cul. Tu n'es qu'une passerelle. Et tu le sais. |


    Mes mains remontent à nouveau sa robe, caressant sa peau, la palpant avec force, possessivité même.


    | Crois tu vraiment soutenir la comparaison avec la Reine, jeune nocturne? |


    J'enfonce doucement ma tête dans son cou. La mordant, l'embrassant. Je hume l'odeur de ses cheveux.


    | Moi, tu ne m'as toujours pas confondu de ton intérêt dans ce mariage. Et le fait que tu me chevauches, et que je vois cette lueur dans ton regard, me souffle que tu ne le fais ni par désir, ni par amour. Quel intérêt y as tu, vampire? |


    Mes mains rebasculèrent vers le bas de son corps, sur ses cuisses, entre elles. S'affairent déjà à la taquiner, pour faire monter son désir.


    | Etait ce pour attirer mon attention? Celle de la Reine? |

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Mar 26 Nov - 20:25


    J’étais sans scrupules dans mes paroles, ça l’était moins de certaines choses, mais je répondais presque aussitôt aux dires de Torben. Faut dire qu’il me laissait quand même un gros doute quant à son désir pour moi. On ne peut jamais oublier sa première femme, comme on ne peut oublier son premier mari. Sauf que de ce point de vu là, mon premier mari avait été William, et que lui en effet je ne pourrais jamais l’oublier, mais il n’y avait pas de désir si fort entre nous. Non, je ne comprenais pas tout à fait ce que Torben avait sur moi, il ne me laissait pas indifférente même si je supportais sa proximité. Jusqu’à une limite quand même. Il avait dû le sentir mais je ne savais guère s’il se servait de cela pour ses fins personnelles ou s’il le faisait juste par plaisir. Si je pouvais sonder son corps, m’introduire dans ses pensées, je le ferais sans aucune hésitation. Je n’étais pas adepte des hommes qui avait une quelconque emprise – quelle qu’elle soit – sur moi, et pourtant lui me rendait juste folle. J’étais en train de bouillir alors que je l’avais laissé s’introduire dans mon entrejambe. Je n’avais guère eu la possibilité de le laisser continuer, j’avais été un peu… brutale. Oui c’était cela. Mes crocs désormais présent, mes doigts sur son cou alors qu’il n’avait en rien pu riposter. Ce n’était pas une attaque en soit, juste une brusque émotion qui s’était traduit en mouvement violent. Il aurait pu croire que j’attentais à sa vie, mais il comprit bien vite mon regard et mes doigts se détendaient bien assez tôt.

    J’étais devenue plus sensuelle et mes paroles n’étaient pas restées sans réponses. J’entends ses premières phrases et intérieurement tout se fracasse, tout s’entrechoque alors qu’un bouillonnement profond naissait en moi. Il était aussi franc que moi je l’étais, ce n’était pas pour me déplaire mais j’accusais difficilement. Qu’il n’apprécie pas Julien était une chose, qu’il considère qu’il avait des ambitions. Un putain de Général qui se retournerait ? J’avais du mal à y croire mais il ne fallait pas que je perde de vu cette possibilité. Mon regard lui donna sa réponse alors qu’il se fit plus menaçant. Je sentis de nouveau ses mains qui remontaient ma robe, plus férocement. Puis vint son autre phrase qui était de trop. Soit, je l’avais provoqué en première, je ne pouvais que m’en prendre à moi-même, mais là ça effaçait tout ce qu’il s’était passé. Ma sensualité redescendit comme si j’avais subi une douche froide. Je ne l’écartais pas alors qu’il s’engouffre de nouveau dans mon cou. Mes pensées sont bien loin, je repense à la fois où Krystel m’avait donné une leçon et où Torben avait entièrement subi ses coups de reins devant mes yeux. Pour me réprimander, certes, sauf que impossible, cela en revenait à mes premières pensées. Tout ceci ne rimait à rien finalement car il n’y aurait aucun futur, aucune finalité de ce que nous ferions. Et il n’arrangeait en rien la situation. J’acceptais très mal qu’il soit le servant de la Reine, j’étais sûr qu’il l’avait compris, pourquoi en rajouter si ce n’est pour me rendre encore plus en colère que je ne l’étais déjà avant qu’il arrive ? Autant dire que je m’efforçais de lui arracher la chair de son cou alors qu’on pouvait percevoir dans mon regard la soif de sang et de rage profonde.

    « Pourquoi ne pas la rejoindre dans ce cas pour satisfaire tes besoins ? J’irais voir ailleurs, il y a  beaucoup d’autres hommes plus charismatique et plus charmant. »

    Il posait ensuite beaucoup trop de question, tout comme l’avait fait la Reine. Je n’aimais pas la tournure que cela prenait, et je devais confronter Julien pour lui dire qu’il fallait soit redoubler d’effort soit arrêter tout de suite. Il me parlait d’amour, de désir, que savait-il au fond ? Absolument rien. Je ne lui devais rien, pas même en tant que servant de la Reine, je n’étais plus sa Jana d’avant, je ne serais pas celle de son futur. Il m’avait froissé, et alors que j’entendais ses derniers mots et que ses mains s’infiltraient de nouveau vers mon intimité, me chatouillant déjà, je ne pu que me mettre en travers de sa route. Mes mains prirent ses deux mains fermement, manquant peut-être de lui casser un ou deux doigts, avant de les plaquer sur son torse. J’approchais ma tête de la sienne doucement, et parti dans une vérité peu vraisemblable.

    « Tu n’aimes pas le Général, je l’ai bien compris. Et même si je ne le fait pas par amour, je le fais par désir, sinon pourquoi je m’aventurerais dans un nouveau mariage sachant que mes deux précédents se sont conclu par un pur échec ? »

    Je fis une pause avant d’annoncer très distinctement et avec un ton plus sec.

    « Je ne veux pas de ton attention et en ce qui concerne la Reine c’est tout autre chose, elle reste ma mère adoptive. »

    Je quittais ses jambes et lâchais ma prise alors que rapidement je fus debout devant la bouteille de whisky encore ouverte. Je verse le liquide avec un calme et silence absolu alors que tout est carnage et folie à l’intérieur, puis je le porte à mes lèvres avant qu’il ne se brise violemment sous la force de ma main qui reflétait là toute la puissance de ma colère et de ma frustration. Je ne desserrais pas ma prise qui enfonçait un peu plus le verre brisé dans ma chair, alors que mon sang coulait désormais le long de mon avant-bras, se frayant un chemin jusqu’à se fracasser goutte par goutte sur le sol. La douleur ne me faisait ni chaud ni froid, elle me permettait de reprendre un peu le contrôle de moi-même alors que j’avais un désir de sang intense.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Mar 26 Nov - 22:04


    Plus je regardais cette femme, et plus j'en arrivais à l'évidence que plus rien ne me rappelait l'ancienne Jana. Tous ses anciens traits semblaient comme exacerbés. Elle avait aimé avoir raison. Ici, cela prenait la forme d'un égocentrisme important, assumé. Volontaire. On aurait eu du mal à imaginer qu'il puisse en être autrement avec l'une des héritières potentielles à la destinée du commandement de plus qu'une nation, une espèce toute entière, dépositaire d'une tradition monarchique, presque despotique, d'une tradition vieille de millénaires et de millénaires. Parfois, je pensais avoir tout vu, tout vécu. Blasé d'une vie qui me retenait sur ce monde alors que je n'en sentais plus ni goût ni attrait, plus rien qui symbolise la plus petite découverte. Comme si plus rien ne pouvait me surprendre, me blesser, m'émouvoir. C'était faux. Même si plus rien ne me touchait comme avant. Côtoyer de si près la mort faisait tout relativiser. Je parlais de Jana, et de ce qu'elle était devenue. Autrefois séductrice, elle avait franchi un cap. Elle ne séduisait plus. La vampire annexait plus qu'elle n'entrait dans un processus de gain d'affection. Elle était une conquérante des temps modernes. Je savais que cela voulait dire aussi que je n'avais plus du tout la même personne en face de moi. Naîvement ; on pensait à une évolution. En quelque sorte, à une extrapolation de la personnalité qu'elle avait eue autrefois. Cela ne saurait être plus éloigné de la vérité. Jana n'étais plus la même personne ; elle n'avait en fait plus rien de la personne que j'avais tant aimé. Assez cruellement et contre tout poésie, je n'avais plus rien non plus du jeune soldat brisé mais idéaliste que j'avais été autrefois. Non, je ne pensais pas qu'il y avait du bien en chacun, simplement une propension à accomplir des objectifs. Seuls les plus cruels et les plus déterminés, soit les plus anti-social pouvaient espérer dominer cet univers. Personnellement, je n'étais pas taillé pour ces conflits internes, pour ces manières de grappiller toujours plus de pouvoir. Jana l'était. Ce qui creusait un fossé fondamental entre nous, destiné autant à nous rapprocher qu'à nous désunir. J'avais fait prendre une douche froide à celle qui fut jadis ma femme, lorsque j'évoquais sa marâtre. Je dévisageais la vampire quand elle fit sa jalouse de manière presque exacerbée.


    Je la dévisageais, sans sourire, ni rire, ni m'offusquer comme elle, elle le faisait. Vexée, je l'avais poussée dans ses retranchements avant de découvrir ce qui m'intéressait vraiment, ce qui avait motivé ma venue ce soir. Brutalement, je fus repoussé et malmené. Egratignée dans son amour propre, je me rendais compte non sans déception que je n'avais pas encore été à la hauteur de Krystel. Confiez moi des tâches simples. Tuer ce député, faire chanter ce patron. J'y arrive sans problème. Liquider des renégats. Massacrer ou museler des opposants. Ok, aucun souci. Mais parvenir à mener une investigation poussée et intelligente ? Ma froideur externe ne signifiait pas intelligence et j'étais totalement démuni. Sans culture, ni attache, je ne parvenais toujours pas à être d'une quelconque utilité politique. De rage, de colère et probablement de haine, Jana me planta là et alla chercher la bouteille qu'elle brisa entre ses mains, répandant son sang. Je la regardais un instant, avant de la rejoindre. Je voyais une porte de sortie ; je n'avais pas réussi à percer et j'avais échoué, mais il y avait moyen de rattraper le coup. Je me relevais, tirant vers le bas me chemise, lissant mon pantalon. Il était temps de partir mourir ailleurs.


    Je m'approchais de Jana, m'arrêtant deux pas plus près de la sortie que sa propre situation. Je ne la regardais pas, je reprenais ma veste que j'enfilais, ajustant ma tenue en regardant fixement devant moi comme le soldat que je fus autrefois, et qu'il aurait sans doute fallu que je reste.



    | Je ne suis pas charismatique, je ne suis pas charmant. Je n'ai rien d'un maître de guerre, ni d'un prince charmant. Tes deux mariages précédents ont été un échec. Un faible, et un traître. On a connu meilleur palmarès. Mon seul mariage se résume à un échec et une honte, mon union à venir n'est que factice et la relation qui me maintient en vie n'a rien à envier à de la poudre aux yeux. Tu ne veux de mon attention, soit. Je ne suis qu'un objet pour les puissants. |


    Je tournais mon visage sur la droite. Le corps lâche, aucune rigidité source d'énervement, de tension, ou d'implication. Mon corps est détendu, mais prêt à l'emploi. Je reste immobile, la fixant du regard sans que ma poitrine ne semble s'élever sous l'effet d'une respiration ou d'une émotion.


    | Je ne suis pas ce qui importe, ce qui intéresse, ce qui séduit, ce qui attire l'œil. Comme tu l'as dit. Je ne suis pas non plus désirable, pas plus que je ne suis amical, ou cultivé. Je ne suis pas plaisant, pas plus que je ne suis divertissant. |


    Je fais un pas, raide, vers Jana, soutenant toujours son regard avec ma paire d'yeux sombres.


    | Seulement la mort, princesse. Seulement la mort. |


    Je me détourne d'elle, et me dirige vers la sortie.

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Jeu 28 Nov - 22:37

    Aucune réaction. Rien. Je ne l’avais pas fait exprès pour qu’il reste muet comme une taupe. Ou alors, je ne le connaissais vraiment pas et il n’était pas aussi désireux que moi. Je ne devais peut-être pas m’attarder comme je le faisais sur son cas, même si j’aimais cela. Il l’avait dit, je ne l’aurais pas chevauché ni même laisser goûter mon entrejambe si je n’avais pas un minimum de désir. J’avais réussi à garder la tête froide, ou presque car je l’avais violemment repoussé pour pouvoir me mettre pile à l’endroit qui aurait pu m’excité bien davantage. C’était décevant dans un sens, car il avait choisi les mauvais mots, peut-être l’avais-je un peu guidé dans ce sens mais j’aimais bien trop le petit jeu que j’avais instauré, que lui-même avais suivi d’ailleurs et peut-être même commencé. J’étais restée sur ma faim même si c’était moi qui avais tout annulé. Il me restait un semblant d’excitation qui n’était toujours pas redescendue. Il m’avait procuré une telle vague que j’avais failli le mordre sous le coup de l’immense plaisir. Il avait en même temps une langue bien habile. Le seul obstacle qui m’avait fait reculer avait été Krystel, ma mère adoptive et Reine. Il y avait aussi Julien, si je me mettais à penser à autres choses qu’à mes objectifs. Je me méfiais de lui, Torben pouvait avoir une grande prise sur moi. Si je pouvais l’avoir rien qu’à moi je lui ferais l’amour pendant des heures entière sans jamais m’arrêter. Si je pouvais aussi le rendre aussi immortel que moi. Que de rêves qui allaient rester éphémère. Et il le savait parfaitement, je n’avais jamais digéré son retour sous la forme de servant de la Reine. Etais-je obligé de lui spécifié ? Etais-je obligé de lui faire ouvertement une espèce de crise de jalousie ? Au moins ça avait été clair, il avait compris et j’entendis ses mots alors que mon regard se perdit dans le liquide rouge qui ne cessait de couler.

    Je fus surprise de ses mots, de ses conclusions. Finalement, il ne percevait pas plus que les mots qui sortaient de ma bouche. J’étais contente, mais horriblement déçue aussi. N’était-il qu’un homme comme tous les autres finalement ? Je le croyais spécial, de part ce que je ressentais aussi et qui s’était plus qu’intensifié au goût du sang dans ma bouche et le long de ma gorge. Je pensais qu’il avait compris. Peut-être pas finalement, cela m’était beaucoup plus facile soudainement et mon poing se desserra un peu.

    « La Reine ne t’a donc pas conseillé d’être plus passionné ? Je ne te reconnais pas sous ses mots Torben. »

    Il m’avait sorti tout un tas de débilité profonde. J’avais envie de lui dire que j’étais moi-même morte, mais ce n’était pas pour cela que j’étais aussi morte émotionnellement parlant, sinon comment éprouver un tel désir envers cet homme ? Je l’aurai juste pris volontiers, mais ayant fait un faux pas récemment je ne voulais risquer de le faire de nouveau, quand bien même ma mère adoptive n’en avait rien à faire que nous baisions jusqu’à pas d’heure. J’aurais pu le faire, seulement il y avait tout un tas de choses autour qui m’en empêchait. Ses paroles notamment, les miennes aussi. Je ne pouvais pas juste baiser et passer à autre chose. J’avais peur de ne as pouvoir et ne pouvais pas m’engager là-dedans. J’avais été à deux doigts de flancher. Sinon je lancerais toute ma rage sur un homme choisi au hasard comme je le fais habituellement et comme j’allais le faire très certainement ce soir.
    Ses quelques mots parvinrent très distinctement à mes oreilles et je souris à ses propres mots car c’était aussi les miens. La mort m’entouraient également, mais cela ne me dérangeait pas, je n’avais connu que cela, ce qui n’était pas le cas de Torben. Je me retournais alors qu’il se dirigeait vers la sortie et m’attendait bien évidemment à la scène qui suivi. J’avais déjà arrêté d’un geste mon servant qui s’était précipité. Et alors que mes doigts s’effleuraient les uns les autres en touchant ce liquide rouge dans ma main, j’entendis distinctement mes deux gardes rentrer aussi vite qu’ils le pouvaient et maîtriser Torben tout aussi rapidement. Ils étaient de part et d’autre, maintenant fermement ses bras, appuyant sur son cou pour qu’il s’agenouille avant que tout deux me regardent en attente d’un ordre. Je m’avançais lentement, retirant le bout de verre dans ma main et le laissais tomber par terre. Je m’arrêtais à deux mètres et mon épaule vint se poser sur l’encadrement du mur avant de regarder Torben avec un léger sourire.

    « Et maintenant ? »

    Pas un mot de plus, je le mettais peut-être un défi aussi, pour le voir combattre. Cela satisferait mes yeux à coup sûr. Je patientais donc, attendant de voir ce qu’il se passerait avant même que j’intervienne à mon tour. Il est vrai que j’aurai pu les stopper net avant qu’il ne le prenne comme cela, mais je me faisais un malin plaisir de le voir à genou devant moi.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Ven 29 Nov - 12:11

[HJ décompression de réuniooooooon]


    Je n’avais pas anticipé ce qui allait suivre. Rapidement, d’une vitesse qui dépassait tout ce que l’être humain était capable de mettre en œuvre, des vampires firent irruption dans le couloir et se jettèrent sur moi. Bien que prévenu par mes sens décuplés via mon lien avec Krystel, je n’eu le temps de faire quoi que ce soit d’autre que de lever mes bras en une posture défensive. Aucun juron ni cri de surprise, rien. J’encaissais, mais les deux étaient bons ; parfaitement coordonnés. Chacun me prit un bras, m’empêchant de frapper, et ensemble me firent une clé en tirant sur mes bras et en me retournant le poignet dans un angle qui, s’ils forçaient, me briserait les os en un élancement de douleur atroce. Toujours parfaitement en phase, ces deux connards m’appuyèrent sur le cou pour me forcer à m’agenouiller, ce que je fis, non sans résister à l’inverse de ces mouvements de torsion pour essayer de me dégager. Mais leur prise était solide. Relevant le regard, je vis arriver Jana, d’une démarche que je jugeais provocatrice, presque lascive. Soutenant son regard amusé ; je me rendais compte que la vampire s’amusait de la situation, et sa question ne fit que renforcer cette sensation. Elle me testait, sûre de sa supériorité. J’accrochais toujours son regard du miens, sans âme et sans émotion. Au bout d’un court instant, j’ouvris la bouche.


    | Et maintenant, je me libère. |


    Tant d’aplomb, d’assurance. Je puise dans mes forces, par extension dans celles de Krystel, alors que les deux gardes desserrent machinalement leur emprise de manière infime ; suis-je un simple rigolo présomptueux ou un vrai danger ? D’un coup, je bondis sur mes pieds en tirant mes bras vers moi, vers mon corps. Me relever les déséquilibre dans leur prise, leur relâchement sur mes bras me permet de me redresser tout à fait. Tout se passe très vite. En me relevant, je fracasse la mâchoire d’un de mes gardiens, le faisant basculer en arrière en un cri. L’autre se jette sur moi et essaie de me maintenir les bras. Je bascule en avant, jambe droite tendue et le fait valser en tirant sur ses bras. Il passe par-dessus moi et avant même de se relever, je lui expédie un vicieux coup de pied en plein visage ; j’entends distinctement et je sens même, ses os craquer sous la violence du coup. Je me retourne vers le premier, qui crache du sang mais déjà se soigne. Son poing vole vers mon visage. Je bloque avec mon avant bras, il m’agrippe, je sers la prise et d’un coup descendant de l’autre bras, lui brise le poignet. Il crie de douleur et mon genou vient le frappe dans l’abdomen, avant qu’un puissant direct de l’envoie ad patres en arrière. Sa tête percute violemment le mur et il ne se relève plus. Je sais que je n’ai que quelques secondes avant que leur régénération de facultés leur permette de revenir dans le combat. Ostensiblement, je me frotte les mains, et reporte mon regard vers Jana, retrouvant un calme de respiration certain. Je m’arrête juste devant elle.


    | Je me dois de vous informer, princesse, des failles persistantes dans votre système de sécurité… |


    Ironique, un fantôme de sourire se dessine sur le coin de mes lèvres.


    | Rien de mieux à m’opposer ? |


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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Dim 1 Déc - 19:59


    Patiente. Immobile. J’attendais qu’il fasse quelque chose, un quelconque geste pour me permettre de me distraire un petit peu. Je le défiais, l’humiliais un peu dans un sens en l’agenouillant de la sorte. Je n’aurais pas pu accepter que mes gardes lui fassent du mal car ils en feraient également à ma mère. Chose que je n’apprécierais guère et qui leur en couterait la vie. Sauf que là, il n’avait qu’une clef au bras manquant de briser ses os et une prise au cou qui le laissait genou à terre. Il n’avait pas bien réalisé la situation tellement elle avait été rapide et soudaine ; moi je l’avais déjà en tête depuis que mon sang avait coulé sur mon avant-bras. Ils avaient pensés que j’avais été attaqué dans mes propres quartiers, dans mon propre appartement. Sauf que rien de tout cela n’était vrai. Je voyais qu’ils étaient tout de même compétents, même s’ils avaient été lents à sentir mon sang. J’entendis les mots de Torben et je compris tout de suite que j’allais avoir le spectacle que j’attendais. Il avait tellement d’assurance. Mes yeux ne le quittaient pas alors qu’il réussissait plutôt fort habillement à gérer ces deux gardes qui étaient en train de baisser dans mon estime. Moi qui gérais l’armée, peut-être devrais-je moi-même cibler mes gardes pour les entrainer personnellement. Ils étaient juste pitoyables de ne pouvoir le maîtriser. Il était tout de même seul, et même à deux ils n’arrivaient pas à le toucher. En même temps, ils n’étaient pas idiots, je les voyais mal attenter à la vie du servant de la Reine. Mais c’était plaisant, énormément plaisant pour mes yeux. Pour mes oreilles aussi, qui entendait bien distinctement tous les coups que portait Torben.

    Les deux gardes désormais à terre, il ne leur faudrait pas longtemps pour qu’ils se relèvent. Notre faculté à nous régénérer ne durait pas très longtemps. Ma main avait d’ailleurs guéri, même si j’étais salie de tout mon sang, de même que certaine partie du tissu de ma robe. Je devrais m’en trouver une autre qui avait également un magnifique dos nu. Torben s’avança vers moi et je ne reculais pas.

    « Pourquoi ne pas y remédier dans ce cas ? Ah oui c’est vrai, tu ne peux pas. »

    Que de sarcasme, avant que je ne reprenne.

    « Mais au moins je suis ravie que ma mère est un aussi bon combattant. Avec toi à ses côtés, il ne lui arrivera jamais rien, du moins je l’espère pour toi. »

    Je ne pensais pas qu’il soit inapte à protégé ma mère, bien au contraire. Et puis elle était tout aussi apte que moi à se défendre s’il le fallait. Je ne la sous-estimais pas, c’était elle qui m’avait tout appris. Elle était forte et talentueuse, j’essayais d’en faire autant et de ne pas la décevoir. Seulement ce petit écart m’avait non seulement amener à la décevoir, mais également fait grandir ses sentiments que j’essayais de contrer. Putain même sans souvenirs il m’emmerdait jusqu’au  bout. Pourquoi n’était-il pas resté mort ? J’avais fait mon deuil, puis l’avait retrouvé. J’avais été heureuse, mais maintenant il me compliquait énormément la tâche. Et dans tout ça il fallait que je tienne jusqu’au bout.
    Je souris à ses mots.

    « Oh je pourrais t’en mettre une dizaine sur le dos, seulement je n’aimerais pas blesser ma mère. »

    Je glissais sur le côté en l’effleurant de mon corps et de mon visage. Me dirigeant vers mes gardes qui se réveillaient doucement. Je n’avais pas besoin de les toucher, ils comprenaient parfaitement mon regard.

    « Nous parlerons en privé de votre inefficacité. »

    Quelques mots avant de leur tourner le dos. Ils ne ripostaient pas et se remirent à leur poste devant ma porte. Je m’approchais silencieusement vers Torben qui était de dos, le touchais presque avant d’approcher mes lèvres de son oreilles et de lui souffler quelques mots.

    « C’était plaisant de te voir combattre… »

    Mon côté séductrice ne me quittait pas. En même temps j’avais du mal à le cacher en sa présence. Je l’avais rejeté effectivement très puérilement mais je ne pouvais contenir en permanence ce désir grandissant en moi. Je pourrais en effet le prendre, me satisfaire de son corps, avant même que je ne sois marié et que e ne puisse plus à cause des termes de l’accord passé avec Julien. Je savais qu’ils ne s’aimaient guère, et dans ce cas je me protégeais moi-même, mais également lui. Je ne voulais pas de cette faiblesse, je ne pouvais pas tout simplement.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Lun 2 Déc - 22:35

    La respiration à peine chamboulée, une douleur diffuse dans les os de mes mains et sur un coude que je maîtrisais, je m'en tirais à bon compte. Bien mieux que les deux vampires. J'étais plus habile qu'eux parce que je me contrôlais bien plus. Maîtriser sa douleur, l'accepter. L'épouser presque, en faire son alliée intime. Faire de même avec la mort demandait un basculement psychologique qu'il fallait parfois mettre en œuvre pendant longtemps pour qu'il soit pleinement efficace. Jana restait plantée devant moi. Je ne savais pas si elle était impressionnée ou juste excitée par le spectacle que je lui avais proposée, mais il y avait un intérêt certain dans ce regard de flammes qu'elle m'avait lancé. Je ne savais pas si j'avais ravivé son attrait pour ma compagnie ce soir, ou si elle s'amusait simplement de la situation. Quoiqu'il en soit, cela ne l'empêcha pas le moins du monde de se montrer sarcastique, ce qui n'avait rien d'étonnant quand on la connaissait un petit peu. Y remédier ? Ce n'était pas mon travail, mais il y avait des choses à redire à son installation. Avait elle pensé, d'ailleurs, à prendre des fenêtres pare balles ? Après tout ses immenses baies vitrées facilitaient le travail d'assassins au dehors, qui se posteraient sur le toit ou dans les appartements de l'immeuble d'en face. Il était aussi possible avec des fenêtres plus fragiles de risquer une infiltration par une équipe bien entraînée qui partirait du toit, peut être plus accessible que cet étage protégé. Je ne savais pas encore ce que je pouvais dire d'autre, mais elle me coupa en me lançant une autre pique. Je haussais un sourcil en la dévisageant.


    | Ta mère adoptive a ce qu'elle a choisi d'avoir. Je donnerais ma vie sans hésiter pour elle, parce que le lien que nous partageons ne peut m'orienter vers aucune autre solution. Pour ta propre sécurité, je peux te faire quelques recommandations, bien sûr... Mais je ne voudrais pas avoir l'air présomptueux auprès d'une experte... |


    Sarcasme à mon tour, pique à mon tour. Elle m'a attaqué sur mes compétences et mon lien avec Krystel, je l'attaque une fois encore sur les problèmes qui émergent de ses dispositifs de sécurité. Inutile de dire que cela risque encore de la braquer, mais je tenais à cette espèce de réciprocité dans nos échanges. Cela comptait clairement beaucoup pour moi. La belle vampire me dit ensuite qu'elle pourrait m'envoyer une dizaine de vampires sur le dos, c'est à dire qu'elle avait quelque part à cet étage une véritable salle de garde, sous une forme ou une autre. Je ne pensais pas que c'était à ce point, mais j'étais satisfait d'apprendre qu'elle avait un petit régiment pour la protéger personnellement. Pas que je tenais particulièrement à sa sécurité en elle même, mais par extension à celle de Krystel. Et perdre sa fille adoptive et chef de ses armées ne ferait rien pour affermir sa position, ça au moins c'était clair dans mon esprit. Me frôlant, elle éveilla en moi un désir pulsionnel, que j'affectais sur le compte du désir sexuel que Krystel insufflait en moi via notre passerelle psychique, notre échange de personnalité en quelque sorte. La vampire congédia ses sous fifres, sèchement. De mon avis, ils ne méritaient guère mieux. Dans ma milice pendant la guerre, ils auraient sans nul doute encouru des punitions corporelles pour leur inefficacité, quand bien même un bon chef aurait reconnu leur bon travail d'équipe. La belle revint vers moi, s'arrêta derrière moi en me frôlant et en me disant implicitement combien ce combat avait pu l'exciter. Je me tournais vers elle, et posais mes mains de part et d'autres de son mince bassin, l'embrassant. Doucement d'abord, puis plus vigoureusement. Je me séparais de ses lèvres alors que mes mains se glissaient sous sa robe, longeant sa colonne vertébrale jusqu'à ses fesses que je palpais sans vergogne. J'embrassais son cou, fébrile, m'abandonnant à la pulsion et à l'adrénaline.


    | Pas autant que te voir tenter de me résister, vampire. |


    Je l'embrassais à nouveau, cherchant sa langues, tandis que mes mains entreprirent de la déshabiller.

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Mar 3 Déc - 21:35


    Si j’avais aimé le voir combattre ? Oui c’était vrai. Il était bon, il n’y avait pas à dire. Il s’était bien entrainé, nous avions eu le même maître peut-être ? Très certainement. Egalement j’avais tout appris en un rien de temps, un record car j’étais une jeune vampire. Je n’avais pas des centaines d’années derrière moi et n’avait rien vu de grandiose. J’étais juste née à 31 ans, je ne connaissais rien d’autre et me plaisait désormais dans ce statut de Princesse. J’avais persévéré, quand bien même cela m’était difficile. Au final, je restais fière de mon parcours, aussi petit et court soit-il. J’avais aussi mon caractère, et je m’enflammais un peu en présence de Torben. Ce pourquoi j’avais été ravie de le voir dans mon salon, mais aussi hésitante. Je savais que je pouvais basculer à tout moment, il était doué aussi pour parler. Il m’irritait au plus haut point, me frustrait, mais finalement j’étais persuadé qu’il n’était pas dupe, malgré tout ce que je faisais pour l’inciter à reculer. Soit, je lui avais déjà rendu son baiser, mais je doutais qu’il ne sache pas mon côté séductrice. J’aimais les hommes, j’aimais me mettre en valeur pour que l’on me regarde. Torben était un homme comme un autre après tout. Devant un tel corps comment  rester insensible ? C’était pareil pour moi lorsque j’observais un homme tout à fait charismatique, aimant prendre soin de son corps. Torben faisait partie de l’un d’eux, même si je lui avais ouvertement dit le contraire. Je me devais de garder un peu de distance, même si mon impulsivité me faisait parfois défaut.

    Ses paroles ne me surprirent guère. Je lui avais fourni un brin de sarcasme voulu, quelque pique par ci par là, comme je le faisais depuis tout à l’heure. Pourquoi ? Je ne savais pas. J’aimais jouer peut-être ? Mais il y avait sûrement une part de vérité dans ce que je disais…

    « Tu as raison. Et comme je ne suis pas prête à partager ma chair… »

    Je laissais les sous-entendus en suspens volontairement. C’était vrai que si j’avais eu la possibilité de lui sauver la vie, je l’aurai fait. Je ne m’y faisais encore pas tout simplement. Pourtant je me le répétais sans cesse, il fallait que je fasse avec, que je me concentre sur mon futur mariage qui avait plutôt des bâtons dans les roues. Tout comme cette affaire de fusillade qui me pesait énormément mine de rien. Cette envie de meurtre et de sang n’avait pas disparu d’ailleurs ; Torben ne faisait que me distraire finalement, et ça me satisfaisait. Quand bien même il avait du répondant. Ce n’était pas non plus un homme d’une banalité terrifiante. N’empêche, qu’il m’affirme qu’il ne pouvait que faire avec, j’étais en train de me demander s’il ne jouait pas encore ou si c’était vraiment une information de sa part. N’y trouvait-il pas sa place ? Pourtant ma mère était une créature de la nuit terriblement charismatique. Je n’oubliais pas qu’elle m’avait fait découvrir mon côté séductrice, mon côté femme. Je n’avais fait que subir les sévices du vampire qui me retenait et jouait avec moi. Désormais, j’étais tellement fière de me regarder devant un miroir…

    « Mais ne t’en fait pas, je choisi personnellement mes gardes et s’ils me déçoivent, je m’en charge personnellement. » terminais-je alors que je lui laissais le loisir de supposer ce que je pouvais bien leur faire. En tous les cas, j’avais déjà réfléchi à toutes les possibilités, sinon on m’aurait déjà attaqué depuis lors, non ? Il ne fallait pas qu’il remette en cause non plus sans cesse ma sécurité. C’était presque irritable.

    Je changeais encore d’attitude. Mes lèvres à côté de son oreille, lui susurrant quelques mots quant au fait que j’avais aimé le voir combattre. C’était ce désir profond qui se jouait de moi, encore une fois. Il se retourna, et de nouveau s’empara de mes lèvres. Je ne pouvais dire que j’étais surprise, il l’avait déjà fait auparavant. C’était surtout qu’il n’avait aucune retenu. Non pas que ça me déplaise, je ne pouvais qu’aimer ses lèvres contre les miennes, sans pour autant trop me dévoiler. Ses mains se faufilaient encore une fois sous ma robe, je sentais ses doigts frôler mon échine et j’intériorisais mes tressaillements soudain. Il m’empoigna les fesses et je retins de nouveau mes crocs tout comme cette pulsion soudaine qui m’envahissait. Il ne pouvait savoir le combat intérieur qui existait en moi en cet instant même, alors que ses lèvres parcouraient mon cou et soufflais quelque mot. J’affichais un fin sourire avant qu’il ne reprenne mes lèvres, enfouissant sa langue également et j’y mettais un peu plus du mien désormais, ne pouvant résister trop longtemps. C’était terrifiant, tout mon corps le voulait. Je savais que ça n’allait rien donner de bon au final. Et pourtant…
    Ma main glissa de son torse jusqu’à son bas ventre avant de se balader sur son entrejambe, à travers son pantalon.

    « Résister ? Qui te dit que je ne joue pas avec toi ? Je sais que ton désir est là. »

    Et oui, je ne pouvais pas m’en empêcher. J’étais désireuse mais je savais que la fin serait une grande chute. Ma main s’aventura un peu plus, ne me préoccupant guère de son pantalon. J’avais une réponse claire entre mes doigts. J’avais senti qu’il tentait de me déshabiller et à vrai dire il n’y avait pas grand-chose à faire. La robe glissa sur ma peau pour s’effondrer au sol, à mes pieds. J’étais totalement nue. Mon regard ne quittait pas ses yeux, alors que je me décalais.

    « Satisfait de ton geste ? »

    J’étais alors habillé que de mes escarpins. Ma main avait quitté son sexe, je m’écartais de lui, partie sur la droite avant de m’arrêter à un autre encadrement. Ma main agrippait le mur et je tournais ma tête alors qu’il ne pouvait voir que mon dos, mes jambes et mes fesses.

    « Seras-tu capable de survivre à ce qui va arriver ? »

    Seulement une simple phrase, avant de disparaître de son champ de vision. Je jouais de ma rapidité pour me mettre sur mon lit d’une dimension plus qu’immense. Je m’allongeais, pliant la jambe opposée, tandis que ma main tenait ma tête et l’autre jouait avec le pli des draps. J’attendais. J’attendais qu’il prenne conscience de ce que je lui avais dit.
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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Mar 3 Déc - 22:07

    J'envoyais au diable toutes mes suppositions, toutes mes paroles et les siennes. Je la touchais et elle me touchait, dans ces conditions peu importaient nos conditions de sécurité finalement, puisque nous nous mettions mutuellement en danger. Inutile de préciser que je ne me balançais absolument pas de nos paroles échangés en mon for intérieur, puisque c'était en partie la raison de ma venue. Tout le reste n'était que jeu, illusion et pulsion. Jana me renseignait, et je la savais elle même en train de s'expérimenter au petit jeu de la manipulation. Autant dire que je restais sur mes gardes, et ce n'était pas parce que je l'embrassais que je nourrissais la plus petite confiance à son égard. Après tout, elle était une ennemie potentielle, elle était une rivale probable pour la Reine que je servais, et elle ne devait pas obtenir de moi le plus petit crédit. Ce n'était pas le cas, quand bien même je me sentais irrésistiblement attiré par elle en cet instant précis. Jana répondit à mon baiser, ce qui ne fit qu'enflammer mes sens de manière un peu plus brûlante. Il semblait que ma partenaire se plaisait à ce jeu de séduction des plus malsains, comme si elle jouissait de me voir jeter aux orties nos différences et nos divergences, comme si elle se plaisait à me corrompre. Quelque part, ne ressentais je pas ce type de plaisir aussi, de mon côté ? Bien sûr que si. C'était l'évidence même, je ne pouvais le nier. Et c'était aussi un peu pour ça que j'étais venu ce soir, même si ce n'était que l'emballage de quelque chose de bien plus important, du présent que je lui réservais. Jana ne pouvait pas avoir la plus petite idée de mes motivations réelles, et c'était aussi ce qui me plaisait dans nos échanges. Je sentis très vite la main douce et délicate de la vampire glisser sur mon torse jusqu'à mon entrejambe, glissant sur le tissu alors qu'elle sous entendait qu'elle était finalement peut être en train de me manipuler. Je lui souris, sans doute le premier sourire franc et spontané que je lui offrais depuis longtemps. Sa main empoigna mon organe par dessus mon pantalon tandis que je faisais glisser sa robe sur ses épaules, dévoilant son corps nu. Je n'étais pas surpris, beaucoup de vampires étaient comme ça. Vu qu'ils ne ressentaient ni le froid ni l'inconfort propre aux humains... La Reine était pareille, et ne portait des dessous que pour la séduction. Et encore. Je vins lui susurrer à l'oreille.


    | Marché de dupes. As tu la plus petite idée de ce que je pense réellement de tout ceci ? Laissons parler l'artifice, ma douce vampire. Le reste attendra. |


    Ces mêmes paroles n'étaient elles pas encore une tentative de manipulation ? Jana ne pouvait que s'en douter sans avoir aucune certitude. On se perdait l'un avec l'autre, et c'était quelque chose de dangereux, aux gains difficiles à entrevoir mais qui pourtant nous motivaient. Je souris à nouveau quand elle accrocha mon regard.


    | Je ne fais jamais rien au hasard... |


    Si seulement elle pouvait retenir cette leçon implicite que je lui apprenais... Je ne me plaignais pas du contraire, et la détaillais ostensiblement du regard alors qu'elle s'éloignait, pour finalement adopter une pose langoureuse et lascive dans l'encadrement de la porte. Ses escarpins lui remontaient le bassin, accentuant un peu plus la courbe de ses fesses. Je faillis perdre le contrôle, combattant la passion de la luxure que la Reine avait instillé en moi en ouvrant sa personnalité à la mienne, mais je ne pus détacher mon regard de ce corps parfait, svelte et à la peau légèrement bronzée. Son défi ne me laissa pas indifférent, et je la suivais bien vite. Sans me précipiter, sans accourir. Je n'étais pas séduit mais séducteur, et je venais chercher le gibier que j'avais acculé. J'entrais pour la première fois dans sa chambre aux proportions dantesques, avec un lit monumental en son centre. La belle m'attendait là, entièrement nue. Je laissais ma veste, déboutonnais ma chemise en ne la quittant pas des yeux.



    | J'ai survécu à la mort elle même, Princesse. Et tu ne m'as pas encore démontré que tu étais un défi plus dangereux encore... |



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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Mer 4 Déc - 22:20


    Mes sens étaient décuplés. Je brûlais intérieurement et j’avais énormément de mal à contenir toute cette ferveur tellement je n’étais pas habituée de la maintenir de la sorte. Je prenais tout ce que je désirais, ne me contenant absolument pas quand je prenais avec moi un homme, et surtout sans me poser de questions. Le problème avec Torben, c’était qu’il y en avait justement. Il y avait des avantages, commun aux deux j’imaginais, c’était de baiser et de trouver du plaisir charnel. Mais de l’autre côté il y avait tout un tas de raison, beaucoup plus que le seul avantage qu’il y avait. Je voulais juste que tout soit clair entre nous, que tout ceci n’était que pulsion. J’aimais le sexe, presque autant que le sang. Qu’une femme me dirait qu’elle n’était pas intéressée je la mettrais au défie. Je mentais ouvertement par rapport à ce que je ressentais au plus profond de moi depuis tout à l’heure face à Torben. L’avantage lorsqu’on a de l’expérience dans l’infiltration, dans la séduction et la manipulation – même si cette dernière n’était que très récente – c’est que l’on croit presque nos propres mensonges. Ça ne me dérangeait aucunement. Je ne voulais pas qu’on se serve de cette faiblesse qui était pour moi bien définie. Qui sait ce que je pourrais faire si on attentait à sa vie ? En même temps, j’avais désormais une raison de m’en faire, c’était qu’il était lié à ma mère. Je pouvais donc aisément m’inquiéter pour lui sans qu’il ne soit ciblé prioritairement. J’aimais ma Reine, comme tous les vampires qui lui faisaient allégeance. Le fait qu’elle soit ma mère adoptive n’y changeait rien, j’avais un immense respect pour elle. Quand bien même nos opinions divergeaient quelques fois. Je n’oublierais jamais la vie qu’elle avait emporté la première fois que je l’avais rencontré…

    Comme il me l’avait si bien dit, tout ceci n’était qu’artifice, poudre aux yeux. Je savais pertinemment qu’à la fin de cette partie de jambe en l’air, tout serait fini. Qu’il y est encore présence de désir ou non, j’y mettrais fin définitivement. Pourquoi diable continuer dans ce cas ? Je voulais gouter à sa chair, sentir son corps brulant sur mon corps mort et gelée. J’appréciais la chaleur corporelle humaine, j’adorais ça même. Et j’avais cet homme qui se consumait, qui avait un réel désir, pourquoi sans arrêt le repousser alors qu’il pourrait me procurer tout ce que j’attendais d’un homme ? En tous les cas, j’étais désormais nue, l’ayant laissé en plan nécessairement pour qu’il ait le choix, qu’il envisage les possibilités et surtout la dangerosité finalement de ce que nous nous apprêtions à faire. Je ne l’envisageais pas me laisser en plan, quand bien même il l’avait fait il aurait fait le bon choix. Autant pour moi que pour lui-même… ou bien je ne savais pas. Il était difficile à percer, et c’était surtout cela qui me dérangeait le plus. Il serait normal et banal il ne serait point dans mes appartements et je ne serais pas étendue nue sur mon lit. Il était d’ailleurs immense, plus que la normal. J’aimais la démesure et j’en profitais ouvertement, sinon pourquoi accepter l’éternité ? Je laissais libre court à mes pulsions, mes envies, mes désirs et mes fantasmes les plus fous. Alors j’avais en effet un peu de mal à retenir le mien en ce moment.

    J’avais écarté sa dernière phrase de mes pensées sans pour autant la faire disparaître de ma tête. J’avais bien compris là tout le sens de ses mots, mais j’étais bien plus distraite et concentrée par mes doigts qui jouaient sur le drap et l’attente certaine de voir Torben franchir la porte de ma chambre. Je n’étais pas nerveuse, pas le moins du monde. Et lorsque mon regard sombra dans le sien alors qu’il s’avançait dans la chambre, mon corps s’enflamma. Je savais désormais l’aboutissement final. Je ne reculerais pas, lui non plus apparemment alors que je l’observais se déshabiller. Je souris à ces mots.

    « Il y a pire que la mort… Ne le sais-tu pas encore ? » lui répondis-je alors que je pénétrais son regard de mes yeux qui se voulaient insistant. Je voulais qu’il réfléchisse lui-même à cette question, car oui, la mort ne me faisait pas peur. Pas parce que j’étais un être douée et infiniment supérieur, mais parce qu’un jour ou l’autre je savais qu’elle frapperait. Je ne l’attendais cependant pas pour les dizaines d’années à venir, mais de toute façon elle n’hantait pas mes pensées. J’avais bien d’autre priorité, d’autre obligation et d’autres plaisirs à satisfaire. Et pour l’instant, c’était mes yeux qui se régalaient. Je m’efforçais de garder mes crocs rétractés, il ne fallait absolument pas que je le morde car je n’accepterais pas un autre échec de ce genre. Quand bien même il me tendrait de nouveau son  bras. Sur ce point j’avais bien compris, et c’était aussi pour cela que je ne me permettais aucune faiblesse vis-à-vis de lui. Il l’était déjà bien assez pour moi comme ça. C’était un des points positifs du mariage que j’envisageais et dont je ne souhaitais pas parler avec lui. Remarque ça pourrait être amusant de voir sa réaction…

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MessageSujet: Re: Promentory [Livre II - Terminé]   Jeu 5 Déc - 14:12

    Je franchissais une ligne rouge, non pas de ce que j’avais prévu de faire avec Krystel, mais par rapport à ma propre conscience. Cela dit, toute cette affaire n’avait finalement pas grand-chose d’étonnant ; j’avais appris depuis bien longtemps à franchir chacune limite qui m’était fixée, que j’avais mis en place à l’intérieur de ma propre conscience. De ce fait, on ne pouvait pas dire que je sois totalement plongé dans l’inconnu. La première limite grave que j’avais franchi et outrepassé dans mon code de vie, c’était de céder à la vengeance en utilisant mes compétences d’ancien militaire en pays occupé. J’avais toujours eu un idéal de justice ultra-développé et j’avais toujours vu d’un mauvais œil les pâles tentatives de vengeance. Pourtant, lorsque Jana m’avait été retirée et qu’elle avait été tuée, c’était ce même idéal exacerbé de justice qui m’avait jeté sur les routes, survivant au jour le jour, pour me plonger dans une quête sanglante et brutale, sans concession ni pitié, qui m’avait fait sillonné l’Europe en laissant des flots de sang derrière moi. Ensuite, j’avais eu pour ligne de conduite de ne jamais m’associer ou pire, me compromettre, avec des vampires. J’avais finalement été plus loin avec l’une d’entre eux qu’avec n’importe quelle autre femme dans ma vie, et sans retour en arrière possible. Finalement, j’avais pensé, depuis ma « renaissance » sous l’autorité de Krystel, que je ne pouvais pas me permettre de me compromettre avec mon passé. Ce que j’étais présentement en train de jeter aux orties pour répondre aux impératifs de l’instant, aux nécessités de la poursuite de mes objectifs. Jana me regarda me déshabiller, avec le regard serein d’une personne qui est sûre de son autorité et de son contrôle de la situation, comme si la légitimité de sa position de sûreté ne pouvait être remise en question par la sensualité de l’instant. Elle commettait ici une grave erreur, même si je ne pensais pas à ça quand je continuais l’épluchage systématique des différentes couches de vêtements que j’avais sur le dos. Quand elle me parla de la mort, je redressais mon regard droit dans ses yeux. Fixe, pénétrant. Froid comme la mort au travers laquelle j’avais traversé. Parfaitement immobile, je la regardais.


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