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Full Moon Effects [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mer 10 Juil - 10:51




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​Je ne savais pas ce qu'il m'avait pris de faire demi-tour. Ou plutôt si, je le savais. Je n'avais pas supportée l'idée d'être loin de Camille alors qu'il allait si mal. Je m'étais torturée à l’imaginer faire face seul​ à la nuit et ses démons et je n'avais pas pu me résigner à rentrer chez Mak.

Camille avait besoin de moi et la vérité, c'est que j'avais aussi besoin d'être avec lui. Pour le rassurer, pour me rassurer. Je savais que je serais incapable de fermer les yeux si j'étais loin de lui et j'avais traversé assez de difficultés ces derniers mois pour ne pas m'infliger cette torture supplémentaire. A quoi bon me tourner et me retourner dans mon lit ? J'avais sentie son angoisse à l'approche des ténèbres et elle avait fait écho à la mienne. Je m'étais sentie incapable de retourner à Livingston.  Il se trouvait, par un incroyable coup du sort, que j'avais toujours le double de ses clés, datant de l'époque où nous étions encore voisins.

Alors j'avais repris la direction de son appartement. Je ne mis pas longtemps à me garer et me dépêchai de rentrer à l'abri dans le hall de l'immeuble. Je grimpai rapidement les marches jusqu'au deuxième.
J’eus un instant de doute alors que j’introduisais la clé -avait-il changé la serrure depuis ?-  mais le petit cliquetis familier se fit entendre et la porte s'ouvrit. Je poussais un soupir de soulagement. Rentrer dans l'appartement m'apaisa. J'avais déjà pratiquement tout rangé le matin-même, je n'avais donc rien pour m'occuper l'esprit. Je mis la télé en route pour me tenir compagnie et allai me glisser dans un des tee-shirts de Camille, le serrant contre moi pour respirer son odeur.
J'avais l'impression d'être devenue une droguée. Sa présence, son odeur, son sourire, tout était enivrant, exaltant, addictif. Plus je passais de temps avec lui, moins je supportais d'en être séparé, en dépit du bon sens et de la logique. Même si notre relation n'était pas des plus reposantes, nous allions dans la bonne direction. Oui, malgré les apparences, malgré les menaces de mort, les agressions en tout genre et les cauchemars, les choses s'amélioraient entre nous. Nous commencions à arriver de parler de nous, de notre passé, de nos secrets... petit à petit, nous laissions tomber le masque, et même si cela ne se ferait pas sans heurts, je savais que tout ça finirait par nous être bénéfique. Camille m'avait laissé voir ses faiblesses sans le vouloir, mais cela m'avait obligé à monopoliser toutes mes ressources pour l'aider. Je nous sentais constamment sur la brèche, mais il y avait toujours l'un de nous d'eux pour empêcher l'autre de tomber... il fallait juste espérer que cet équilibre perdurerait que nous ne finirions pas par sombrer tous les deux au même moment...

Camille ne reviendrait pas avant le milieu de la nuit et j'avais bien l'intention de l'attendre. Ne serait-ce que pour lui expliquer que non, je n'étais pas rentrée par effraction et que non, je ne le harcelais pas comme une groupie un peu trop zélée. Parce que bon, cela pouvait presque prêter à confusion.... Amusée par la bêtise de mes pensées, je piquai une couverture et m'installai sur le canapé pour regarder des rediffusions de vieilles séries. Je zappai, d'une chaine à l'autre, mais rien ne parvenait à retenir mon attention. J'étais moralement éreintée et mon corps lui-même ne s'était pas encore remis de mon manque de sommeil et de mes cauchemars à répétition des dernières semaines. Il était encore tôt, mais alors que mes yeux papillonnaient, fixant l'écran sans le voir, je sentis mes pensées s'effilocher et avant même que je comprenne ce qu'il m'arrivait, Morphée m'avait enveloppé de ses bras rassurants...


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 12:16




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Assurer ce service fût très laborieux. J’avais dû gérer l’ouverture et le peu de clients présent ne me donnait que trop de temps pour penser ce qui ne m’arrangeait pas tout à fait. J’étais tellement agité que je m’étais mis à réorganiser les bouteilles sur les étagères – un truc complétement inutile. Plus les heures passaient, plus je savais que la nuit à l’extérieur prenait doucement de l’ampleur. J’étais tendu, anxieux et relativement vaseux mais je ne pouvais rien en montrer. Je devais sauver la face devant les loups, assurer le rôle que je remplissais auprès des miens. Je ne pouvais pas me permettre de me montrer instable. Surtout que je ne comptais pas parler de ça à la meute. J’avais songé envoyé des sms à Enola et Alan, leur dire de redoubler de vigilance, de ne pas sortir la nuit mais faire ça reviendrait à avouer la raison de mon inquiétude soudaine. Je ne voulais pas qu’ils finissent par partager ma peur. A la place, je comptais leur envoyer un message demain matin pour m’assurer qu’aucun d’eux n’avait été en danger. Mais je ne pourrais pas éternellement répéter ce petit manège puis ça ne les sauverait pas si jamais… Ça ne servirait jusqu’à me rassurer, moi. Je devais leur dire de faire attention mais sans mentionner la lettre. Je ne pouvais pas réfléchir de façon cohérente ce soir. J’étais dans un état avancé de panique perpétuelle. Les heures défilèrent avec une lenteur horripilante et finalement, j’eus terminé au milieu de la nuit. A partir du moment où je mis un pied hors de la Lune Bleue, mes sens se mirent en état d’alerte maximal et je traquais les ténèbres déjà en quête de tout mouvement, bruit, odeur suspecte. Je m’avançais jusqu’à ma voiture en fit même le tour très rapidement et me glissa dans l’habitacle. Je percevais nettement la sueur froide perlant sur mon front, mon cou et les battements précipités de mon cœur. C’était vraiment mon cauchemar reprenant vie et forme.

Je rentrais chez moi, déjà terrifié à la seule pensée d’être confronté à mon appartement vide, à mon esprit et au spectre de la Reine hantant encore le lieu. Quel peureux je faisais, difficile à dire que sept années étaient passées depuis. J’allais devoir me ressaisir. Aussi obscure qu’était cette partie de mon passé, c’est en agissant comme je le faisais, en lui donnant trop de crédit que je reculerais au lieu d’avancer. Je n’étais plus le même. Le Monde, mon Monde non plus. Je me garais rapidement face à mon immeuble et grimpais très vite la cage d’escaliers, toujours à l’affût, sur le qui-vive. Le moindre craquement pourrait déclencher une transformation de ma part tellement je sollicitais en ce moment même ma part animale. J’arrivais devant ma porte d’entrée – au moins elle n’avait pas été fracturée, insérais la clé et la déverrouillais. J’entrais ensuite et referma bien vite derrière moi. Comme si la moindre serrure pourrait me protéger contre une nocturne – j’étais à même de bien savoir que ça ne serait jamais une protection sachant moi-même toutes les déjouer. Techniquement même sans ça, elle ne pourrait pas franchir le seuil, je ne l’avais jamais invitée. J’essayais de relativiser parce qu’être ici, seul me rendait encore plus malade. J’avais peur que ça recommence, que je refasse une nouvelle crise. Je ne savais pas trop ce qu’il m’était arrivé plus tôt ce matin mais… la violence de ce que j’avais ressenti m’effrayait autant que la nouvelle qui me l’avait provoqué. Qu’est-ce que je devrais faire si ça me retombait dessus ? Je me passais une main sur le visage, je me savais livide et aussi nerveux qu’une proie s’attendant à croiser son prédateur. Stupide, j’étais stupide. Tiens, ma télévision était allumée avant que je ne parte ? On l’avait oublié ? Je l’éteignis avant de me heurter à l’absence de son régnant sur mon deux pièces… Enfin absence de son ? Une respiration me parvenait. Une onde familière me parcourut l’échine. Le corbeau était déjà prêt à prendre la place pour fuir. L’humain se mit en quête de la source d’un pas souple, silencieux. Qui que ce soit, il avait soit de très bonnes compétences en matière de crochetage, soit il possédait un double de ma clé.

J’étais prêt à attaquer l’intrus quand je réalisais qu’il ne s’agissait simplement que de Rebecca, endormie sur mon canapé. Cette vision au lieu d’apaiser les pulsions de mon organe aortique, les accélérèrent un peu plus. Ma gorge se serra. Elle était revenue. Pourquoi ? Je ne sais pas mais elle avait dû le faire pour moi. La trouille ? Elle me disait que j’allais finir par le regretter. Mais dans l’immédiat, j’étais simplement touché et rassuré qu’elle passe la nuit ici, avec moi. Je pourrais veiller sur elle – à moins que ça ne soit l’inverse ? Au moins, je savais où se trouvait une des personnes qui m’étaient chères cette nuit. Je me baissais vers elle machinalement. Mes doigts effleurèrent sa tempe droite, remontèrent à ses cheveux. Je ne voulais pas la réveiller mais ça semblait inévitable vu que je devais  la faire dormir ailleurs que sur ce divan inconfortable. Je posais très prudemment ma bouche sur la sienne et lui murmurais pour ne pas qu’elle sursaute. « Ma belle au bois dormant… Referme tes yeux, je vais juste te border. » Je la pris dans mes bras à la suite pour l'amener jusqu'au matelas. Je tirais sur les draps et la fis  glisser doucement à l’intérieur avant d’ôter ma veste, de retirer mes fringues ne gardant que mon caleçon pour dormir puis de me faufiler avec elle sous la couette. Nerveusement, j’étais complétement crevé et même si je restais partiellement parano, Morphée semblait bien décidé à ne pas me lâcher. Je collais contre moi la jolie brune, mes lèvres s’égarèrent sur les siennes furtivement. Je soupirais déjà à moitié dans les limbes « Ma Becky… » et réussis à m’endormir très rapidement bercer par sa présence, sa chaleur et son arôme. Aujourd’hui de bout en bout, elle avait été le fil de ma cohérence, quelque part ma force mais aussi ma faiblesse. Seulement aujourd’hui ? Je ne voulais pas en savoir plus pour le moment.  



Dernière édition par Camille Fontayn le Sam 13 Juil - 12:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 16:18




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Un doux baiser, léger comme un papillon, me fit légèrement ouvrir les yeux et un sourire se dessina sur mes lèvres quand je reconnu la voix de Camille qui me disait de me rendormir. Je me laissai faire lorsqu'il me prit dans ses bras et me blotti contre lui, encore toute endormie.

- Tu es rentré… murmurai-je, simplement heureuse qu'il soit là. Désolée je ne voulais pas m'endormir avant que tu arrives…

Il me déposa entre les draps et je soupirai d'aise. Sans conteste ce lit était bien plus confortable que le canapé. Il ne fallu pas longtemps pour qu'il me rejoigne et je me collai contre lui, mes yeux luttant déjà pour se refermer. Une seule pensée parvint tout de même à franchir mon esprit embrumé par la fatigue :

- Je ne pouvais pas être loin de toi cette nuit…

J’accueillis son baiser avec un nouveau sourire et c'est à peine si je l'entendis dire mon nom que j'étais déjà retombée dans le néant, au comble du bien-être dans la chaleur de ses bras.

La nuit fut calme et si je fis le moindre rêve, il ne m'en resta aucun souvenir.
J'ouvris les yeux, collée à un dos musclé que je reconnu immédiatement comme étant celui de mon Camille. Je souris avant de froncer les sourcils. Comment avais-je atterri dans son lit ? J'avais dû m'endormir sur le divan avant qu'il n'arrive. Quel idiote… moi qui avait voulu l'accueillir à son arrivée ! Il avait dû être un peu déboussolé de me voir là ! Mais bon, il s'était adapté visiblement. Pour l'instant, il dormait toujours paisiblement, je pouvais l'affirmer à sa respiration lente et profonde. C'était presque un miracle qu'il ait pu dormir après ce qui était arrivé la veille…  

Je m'étirai comme un chat et posai un léger baiser sur son dos avant de me lever. Il avait besoin de repos et j'espérais qu'il pourrait encore profiter de quelques heures de sommeil supplémentaire. J'allai pour ma part prendre une douche et renfilai mon short en repiquant un autre tee-shirt à Camille que je nouais au-dessus de mon nombril. Nous étions dimanche, il faisait un temps magnifique et le soleil me donnait du baume au cœur, éloignant avec lui les ténèbres de la nuit et les frayeurs des jours passés. Aujourd'hui était une nouvelle journée, une belle journée, et je me sentais incroyablement optimiste ! Il fallait que j'en profite, ce n'était pas si souvent !

Camille étant toujours endormi, je pris les clés et sortit pour aller nous acheter un bon petit déjeuner. Il ne me fallu pas longtemps pour trouver une petite boulangerie accolée à une supérette et j'en profitai pour faire quelques courses. Je revins moins d'une heure plus tard, les bras chargés de bonnes choses. Bon j'avais peut-être un peu exagéré sur les quantités, mais les placards et le frigo de Camille commençaient à être sérieusement vides. En m'arrêtant dans le hall d'entrée, je me figeais un instant et mon regard se posa sur les boîtes aux lettres. Je posai me sacs sur le sol et cherchai la bonne clé afin de vérifier que la reine des pouffi…vampires n'y avait pas déposé une nouvelle missive empoisonnée. Rah rien que de penser à elle je me sentais énervée et j'avais envie de l'insulter de tous les noms. Il me fallait tout mon sang froid –sans jeu de mots- pour ne pas me laisser envahir par ma colère dès qu'il s'agissait d'elle. Je m'étais trouvé une nouvelle Némésis et j'avais tapé dans le haut-de-gamme…  

Je poussai un soupir en ouvrant la boite mais par chance, il n'y avait rien et je me promis de faire les vérifications moi-même le plus souvent possible. Il était hors de question que je laisse cette salo… cette sale…. Sangsue ! recommencer à terroriser mon petit-ami. Merde. Pas petit-ami… oui bon peu importe, c'était ce que nous étions finalement, non ? Même si ni lui ni moi ne le dirions de cette façon, surtout pas lui, mon esprit lui semblait avoir compris, intégré et digéré l'info. Après tout, Camille était mon ami, mon amant et j'étais amoureuse de lui… et c'était probablement réciproque…
BREF.
Il était hors de question que je laisse Camille refaire une crise d'angoisse à cause de cette péta…  peste.

Je récupérai mes sacs et rejoignit l'appartement où mon barman préféré dormait toujours. Il avait changé de position et je voyais ses paupières closes depuis l'entrée. En faisant le moins de bruit possible, je rangeais les courses, déballait nos viennoiseries sur la table et lançai la cafetière. Je m'interrompis pour me masser le poignet et remarquai alors quelques bleus autour de celui-ci. Je grimaçais en comprenant pourquoi j'avais mal. Le loup du concert n'y était pas allé de main morte…  

Je jetais un regard à Camille dont le torse nu ressemblait à une invitation à venir le toucher et l'embrasser. Je ne résistai pas plus longtemps et retirai mes vêtements pour revenir me glisser sous les draps contre lui. J’enfouis mon visage contre son torse, y déposant un tout petit baiser et de profiter de son odeur quelques instants mais je sentis qu'il se réveillait. Je relevai la tête alors qu'il ouvrait les yeux et j’eus une petite moue désolée:

- Bonjour toi… souris-je en l'embrassant tout doucement. Désolée je ne voulais pas te réveiller.

Je débarrassai ses yeux d'une mèche de cheveux tandis que montre main venait se poser en bas de son dos pour l'attirer davantage contre moi.

- Bien dormi ?


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Juil - 22:11




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Le paradoxe voulut que je parvienne à atteindre un sommeil profond comme rarement atteint la nuit où la menace venait d’être lancée. Ma crise de panique m’avait complétement tué et ça malgré ma sieste. Mon stress m’avait complétement bouffé du matin jusqu’au soir, pas étonnant que je sois éreinté. J’avais compilé nuits blanches et nuits courtes également. L’un dans l’autre, ça n’était pas plus mal que je sois complétement cassé. Mes rêves furent relativement angoissants mais ils s’évaporèrent aussi vite qu’il perçait la brume de mon esprit, ne m’en laissant aucune trace marquante. Je crus percevoir le bruit d’une porte mais les limbes me ramenaient directement dans leur antre. Je finis par émerger péniblement plusieurs heures plus tard quand un baiser fût posé sur mon dos. Je remuais alors difficilement quand la voix de Rebecca acheva mon passage du monde inconscient au monde conscient. Je murmurais d’une voix enrouée « ‘jour… »  Je baillais et m’étirais douloureusement avant de rapprocher instinctivement le corps de mon amie contre moi. En guise d’acquiescement, j’ajoutais un « Mmmmh. »  avant de venir embrasser son cuir chevelu. Les angoisses de la veille revinrent doucement mais sûrement se planter dans ma poitrine mais j’accusais le coup pour l’instant. Je gardais toujours la jolie brune contre moi quand j’articulais toujours de façon aussi enraillée « Quelle heure est-il ? » J’avais l’impression d’avoir dormi une décennie, ça m’avait même donné la migraine.  Je devais m’enquérir de la santé d’Alan et d’Enola. Je jetais un regard vers ma table de chevet mais pas de portable en vue. Il avait dû rester dans la poche de mon jean et je n’avais pas encore assez de force pour m’y rendre. Je peinais vraiment à rester à la surface, j’avais trop dormi. Mon nez glissa jusqu’au creux de sa nuque et j’humais son odeur qui me semblait six fois plus forte que d’ordinaire. Le toucher de sa peau me semblait aussi légèrement différent tandis que j’appliquais mes mains sur ses hanches et les remontais jusqu’à son dos. Je ne me rappelais pas de l’avoir quitté dans ses sous-vêtements – voilà un fait qui réussit à attirer suffisamment mon attention pour que je ne re-sombre pas dans les bras de Morphée. Mes lèvres glissèrent jusqu’à son oreille et je lui murmurais alors très doucement. « Intéressante ta tenue. »  Mes lèvres vinrent trouver les siennes et très vite, je l’embrassais à pleine bouche. Je m’embrasais instantanément.

Je me décollais d’elle afin de reprendre mon souffle et un peu de cohérence avant d’articuler.   « J’aimerais bien me faire réveiller comme ça plus souvent… »  Je lui servis un sourire un peu enjôleur avant de revenir l’embrasser. La journée s’annonçait meilleure que la veille – heureusement pour nous. Je restais de longues minutes près d’elle profitant encore de sa chaleur avant que mon estomac ne crie trop famine et que je réalise quelle heure il était. Je me détendis en me rappelant que nous étions dimanche.

Je sortis du lit en me dirigeant très nonchalamment jusqu’à mon jean que j’avais abandonné près du canapé à la va vite hier soir et en sortit mon téléphone. Bon pas de nouvelles… Bonne nouvelle ? Je l’espérais. Mes inquiétudes m’oppressèrent furtivement la poitrine. Je composais deux textos et le déposa à sa place habituelle près de ma lampe de chevet avant de revenir près de Becky. Je jouais nerveusement avec ses cheveux avant de vraiment ne plus pouvoir ignorer ma faim et dans la suite logique, il fallait d’abord que je file sous la douche. Je fis alors glisser mes doigts sur le bras de la jeune femme et ajouta « Tu me rejoins sous la douche ? » Je m’extirpais à nouveau des draps et gagnais la salle de bain. J’actionnais le jet et me glissa à l’intérieur de la cabine. Même la température de l’eau me semblait différente, je devais délirer. J’avais rattrapé tout mon sommeil en une seule nuit, ça devait jouer. Puis avec toute la folie d’hier… Je ne savais pas mais peu importait. J’attendais Rebecca avec une sorte d’impatience incompréhensible. J’étais nerveux, voir limite agité, j’éprouvais le besoin d’être en mouvement constant. Le contre coup sûrement d’hier… Oui sûrement.
 

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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Ven 12 Juil - 13:14




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La voix enrouée de Camille au matin avait quelque chose d'incroyablement sexy et adorable à la fois.  J'aimais cette proximité, cette intimité que seule une nuit passé avec l'autre sous les draps pouvais provoquer. Se réveiller près de lui était une expérience dont je ne me lassais pas. Pire, j'en redemandais. J'avais cette envie inavouable d'être auprès de lui chaque nuit et chaque matin... difficilement réalisable quand j'habitais à plus d'une demi-heure de là et que mon amant paniquait au moindre signe d'engagement. Pourtant, je sentais qu'il en avait envie autant que moi, qu'il en avait besoin, peut-être même encore plus que moi. Mais la bataille entre lui et sa conscience n'était toujours pas achevée et c'était un challenge quotidien d'essayer de le convaincre que j'étais à ma place à ses côtés. Ce n'était pas évident de le rassurer, de gérer ses angoisses en plus des miennes, d'être avec lui sans vraiment l'être officiellement, tout ça en essayant d'ignorer mes propres failles. Mais pour l'instant, je trouvais que je m'en sortais plutôt bien. Depuis la lettre de... l'autre... j'étais deux fois plus prudente et attentive. Je le sentais capable de replonger d'un moment à l'autre dans une de ses crises où il tenterait alors à nouveau de me repousser. Et à chaque tentative, il me fallait plus de force et de détermination pour m'accrocher et le convaincre d'en faire autant.
Il me demanda l'heure et je haussai les épaules:

- Aucune idée... pas loin de midi j'imagine.

Je souris tandis qu'il m'attirait contre lui et enfouissait son visage dans mon cou. J'adorais quand il faisait ça. Ses mains se posèrent sur mes hanches et remontèrent lentement dans mon dos me faisant frissonner. Je me sentais électrisée par son contact et mon sourire s'agrandit lorsqu'il complimenta ma tenue -ou mon absence de tenue plutôt.

- Ho ça ? Trois fois rien...

Ses lèvres s'emparèrent des miennes et très vite la douceur avec laquelle il m'embrassait laissa place à de fiévreux baisers. Mon corps tout entier répondu à l'appel du sien tandis qu'il me plaquait plus fort contre lui, ne me laissant rien ignorer de son état et de ses désirs.  Sa bouche me dévorait et je me consumais sous elle alors qu'il me faisait fondre un peu plus à chaque fois que sa langue m'effleurait. I

Camille a écrit:
 « J’aimerais bien me faire réveiller comme ça plus souvent… »

Je lui rendis son sourire, encore un peu dans les vapes, et le laissait cueillir mes lèvres:

- Je n'y vois pas d'inconvénients...

Je me restai contre lui de longues minutes, encore groggy, et l'observai tandis qu'il se levai et cherchai son portable. Cette vision me serra le cœur. Malgré son air nonchalant, je savais qu'il s'inquiétait déjà à nouveau. Au moins ne semblait-il pas y avoir eu d'autre catastrophe pendant la nuit alors je fis comme si je n'avais rien remarqué.

Il revint jouer un peu avec mes cheveux et me caressa doucement le bras. Bon sang, je n'avais jamais été aussi affamée de quiconque. Malgré l'intensité de la partie de jambe en l'air que nous venions d'avoir, j'avais encore envie de lui. Encore, et encore. Cette attirance entre nous était totalement enivrante et je m'y complaisais avec délice, consciente que je pourrais totalement m'y perdre. Rien ne me faisait me sentir plus vivante, plus heureuse, ou plus... humaine, que d'être dans ses bras... et bon sang, quand il murmurait mon prénom, haletant, en sueur, c'était la chose la plus excitante et la plus gratifiante que je connaissais.  

Son invitation me fit lever les sourcils, intéressée. Je les admirai -lui et son magnifique fessier- alors qu'il se rendait dans la salle de bain et je ne tardais pas à le rejoindre.

Je me glissai sous le jet brûlant et me mordis la lèvre d'une façon suggestive alors que son corps réagissait déjà à la vue du mien. Humm... qu'il était beau... je ne sais pas ce qu'il y avait de différent chez Camille, aujourd'hui, comme une aura de puissance, quelque chose de sauvage, presque animal qui me mettait en émoi. Mon corps ne voulait plus quitter le sien.   Je me retournai pour m'adosser au mur et l'attirer contre moi, le souffle court. Je ne comprenais pas ce qu'il nous arrivait, cette passion dévorante qui nous animait encore et toujours et peut-être même plus fortement aujourd'hui, mais je n'en avais cure.
Il pouvait bien m'épuiser, me briser même, vraiment, je m'en moquais. J'étais sienne, quoi qu'il advienne.
Cela avait été incroyable, mais je n'avais même pas la force de lui dire. Il le savait, de toute façon.

Nous restâmes silencieux. Mes doigts jouaient avec ses cheveux mais je n'osais plus toucher sa peau de peur de m'enflammer à nouveau. Il fallait déjà que mon rythme cardiaque redescende et que mon souffle se calme. Je me sentais toujours en ébullition, mais j'étais aussi affamée, n'ayant rien avalé depuis la veille. Je terminai rapidement ma toilette et l'embrassai avant de sortir de la douche et de partir à la chasse aux vêtements. Je remis rapidement culotte et soutien-gorge, petit short et tee-shirt de Camille noué au dessus du nombril avant de nous servir deux grandes tasses de café et de m'installer à la table du petit déjeuner, rêveuse. Oui, la journée avait vraiment incroyablement bien commencé... pourvu que ça dur...

Je levai les yeux vers lui quand il me rejoignit, un sourire tendre sur les lèvres :

- Quelque chose de prévu cet aprèm ?

J'espérais bien que quelque soit le programme, il pourrait y avoir une petite place pour moi...


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Ven 12 Juil - 14:21




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Rebecca ne tarda pas à me faire le plaisir de sa compagnie. Bordel, ce qu’elle était belle cette femme. L’eau glissait sur son corps avec délice et je la dévorais à nouveau des yeux alors qu’elle s’avançait vers moi. Elle se retourna et je la laissai m’amener contre elle. Mes lèvres chatouillèrent son épaule et je me laissais être imprégné par sa fragrance. Tout semblait tellement intense aujourd’hui. Mes émotions, les sensations qu’elle me procurait. En temps normal, ce qu’il se passait entre nous était déjà dévastateur, alors là... J’étais complétement enivré.

Le silence s’étalait entre nous, je ne comprenais pas ce qu’il se passait encore aujourd’hui entre elle et moi mais je comptais calmer un peu l’histoire, je ne voulais pas l’achever. Ce n’était vraiment pas le but. Elle joua avec mes cheveux et je me contentais de mon nez sur sa nuque. Une fois qu’elle fût plus ou moins apaisée et lavée, elle sortit et je pris mon temps pour finir mes ablutions analysant mon comportement du jour et toute cette bestialité que… Bestialité ? Mais oui… Putain… la pleine Lune, c’était pour ce soir. Hé merde. D’habitude, je faisais en sorte de trouver des excuses pour ne pas voir Rebecca... Bordel, j’allais être infernal toute la journée avec elle, je me tapais le front de mon poing et m’insulta. C’est pour ça que tout me semblait décupler, pour ça que j’étais si nerveux. Olalala… Je m’habillais très vite, t-shirt, jean. Il fallait qu’on sorte d’ici sinon j’allais vraiment devenir … lourd ? Je ne pouvais pas décemment passer ma journée à lui sauter dessus. De un, ça l’intriguerait, de deux, humainement, elle risquait de ne pas tenir la distance et de trois, je risquais de la lasser, de l’énerver… Déjà comme ça d’ordinaire, l’attraction qu’elle exerçait sur moi frôlait l’indécence, alors là… Je la retrouvais dans la salle principale, habillée avec un de mes dessus. Je sentis tout mon corps se tendre. Maintenant que j’en connaissais la cause, je pouvais un peu mieux la gérer. Un peu… Elle me sourit, je crus que j’allais mourir d’une crise cardiaque. Mon ouïe aussi s’était affinée et sa voix coula comme du chocolat chaud au fond de mon estomac. Merci charmant satellite de réveiller tous mes instincts bestiaux tous les mois.

Je bu ma tasse de café debout d’une seule traite pratiquement pour me calmer. La caféine, pour me calmer ? Mais enfin, je réfléchissais parfois ? Non, pas aujourd’hui apparemment. Je vins poser mon récipient vide sur le plan de travail avant de m’approcher d’elle. Impossible de rester à une distance appréciable. Mes doigts caressèrent sa joue, je me perdis dans ma contemplation de ses yeux avant de répondre enfin à son interrogation. « Merci pour le café… Mmmh rien de prévu non… » Je vins poser mes lèvres sur les siennes à la suite et l’embrassais avec fougue avant de m’arrêter brutalement et de reculer de quelques pas. Il fallait qu’on s’extirpe d’ici. « Enfin je me disais, il vaudrait mieux… Enfin je veux dire, on pourrait sortir. » De toute façon, j’allais soit lui bondir dessus, soit m’agiter dans tous les sens. C’était bien le seul moment mensuel où mon appartement s’apparentait à une véritable cage pour moi. J’attendis qu’elle boive son breuvage en m’obligeant à m’occuper les mains. J’ouvris les placards pour découvrir une foule d’aliments que je ne me rappelais avoir acheté. « T’as fait des courses ? » Je levais un sourcil interrogateur. Je trouvais ça étrange et particulier. Depuis quand Becky s’occupait de remplir mes armoires ? Et surtout quand avait-elle opérer dans l’ombre sans que je ne m’en rende compte ? Hier soir ? J’abandonnais cette découverte quand elle semblait être prête à démarrer. J’attrapais très vite mes clés et la pressais à sortir. Parce que je croyais que l’extérieur me calmerait ? Bah oui, je l’espérais. L’exhibitionnisme, ce n’était pas vraiment mon truc. Je dévalais presque les escaliers et m’allumais aussi rapidement une cigarette une fois dehors. Je savais que plus la journée allait décliner, plus ma nervosité allait être croissante. J’aurais dû sauvegarder cette clope pour la soirée... D’ailleurs, il fallait que je trouve le moyen de congédier mon amie avant la nuit. Je fumais compulsivement alors qu’on gagnait ma voiture puis écrasais ma clope dans le cendrier de la voiture quand je m’installais dans l’habitacle. J’avais incroyablement faim – après j’avais plusieurs jours à rattraper question nourriture. « Un petit restaurant dans le centre-ville, ça te plairait ? » Là où il y a assez de monde pour que je ne tente pas de te faire sauvagement l’amour. Je me mis en route. Ma conduite était précise mais bien plus brutale que d’habitude. J’étais en train de me trahir mais comment vouliez-vous que je garde ma concentration en étant confiné dans un espace exigüe avec une femme aussi superbe ? Il fallait vraiment que je trouve une excuse pour ne pas qu’elle reste cette nuit. Pour son bien.

 

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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Ven 12 Juil - 17:25




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Je regardai Camille boire son café d’une traite et aller reposer sa tasse avant de venir me caresser la joue. J’étais ravie d’apprendre qu’il n’avait rien de prévu. Ça tombait bien : moi non plus ! Il se pencha pour m’embrasser fougueusement avant de reculer et de me proposer de sortir. Je fronçais les sourcils, surprise. Notre seule tentative de sortie depuis que nous… étions amants avait été le concert deux jours plus tôt et cela ne nous avait pas vraiment réussi. Cela dit, je n’étais pas contre retenter l’expérience, surtout si cela pouvait apaiser un peu le souvenir de cette soirée. Nous avions bien besoin de distraction.

- Bonne idée, laisse-moi juste finir mon café.

Tant pis pour le petit-déjeuner que je nous avais prévus. Enfin, rien ne nous empêchait d’aller manger quelque part.

Je trempai mes lèvres dans le breuvage tandis qu’il ouvrait le placard. Je failli m’étouffer avec mon café quand il me demanda si j’avais fait des courses et rougis. C’est vrai que ce n’était pas vraiment mon rôle et j’avais peur qu’il le prenne mal.

- Ho oui, je me suis un peu emballée ce matin… et vu que j’ai failli mourir de faim hier avec ce qu’il restait dans ton frigo… !

Je pris un air innocent et vidai mon café d’un trait avant de lancer :

- On y va ?

J’attrapai mon sac et le devançai dans les escaliers. Une fois dehors, je mis mes lunettes de soleil. Je ne fis aucun commentaire lorsqu’il alluma sa cigarette, pas plus lorsqu’il tira dessus comme un drogué avant que l’on rentre dans sa voiture. Il faisait une chaleur insoutenable et je m’empressai d’ouvrir la fenêtre pour profiter d’un peu d’air.

Camille a écrit:
« Un petit restaurant dans le centre-ville, ça te plairait ? »

- Ho oui, volontiers, je meurs de faim !

Décidément j’allais de surprises en surprises aujourd’hui avec Camille. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Je le sentais étrangement nerveux depuis notre interlude dans la douche. Je lui jetai un regard en coin, intriguée. Peut-être n’avait-il pas tant aimé que ça ? Étais-je trop demandeuse ? Est-ce qu’il commençait à se lasser de moi ? Je sentis mon cœur s’affoler à cette idée et je me crispais sans m’en rendre compte sur mon siège. S’il y avait bien une chose avec laquelle je ne pouvais pas lutter c’était bien les sentiments de Camille. Tant que j’étais convaincue de ce qu’il ressentait pour moi, que ce que nous avions était réciproque, je pouvais lutter, mais si je venais à douter ou à me rendre compte qu’il ne voulait vraiment plus de moi… mon dieu, je n’osais pas imaginer l’état dans lequel je serais.

Je m’efforçai de rester détendue. Cela ne voulait rien dire. On était épuisé, on avait été dans un véritable ascenseur émotionnel ces derniers jours et nous n’étions probablement pas encore tout à fait remis malgré ce que nous prétendions. Peut-être que ma présence n’était pas une si bonne idée que ça finalement, ni pour lui, ni pour moi. Je ne voulais pas gâcher cette belle journée avec mes inquiétudes.

- Alors, où est-ce que tu m’emmènes ?

Il ne fallut pas longtemps pour que je découvre l’adresse qu’il avait choisie : un charmant petit restaurant italien. Il se gara non loin de là et je lui jetai un regard admiratif, le cadre avait l’air très agréable.

- Chez Tony… ? Hum…Très bon choix, Fontayn… minaudai-je en posant un instant ma main sur son genou pour me pencher et l’embrasser.

Je sortis du véhicule la première et l’attendis :

- On s’installe sur la terrasse ? Proposais-je avec un sourire rayonnant.

Avec ce soleil, ce serait criminel d’aller s’enfermer à l’intérieur. On s’installa à une table pour deux et un serveur vint nous apporter deux cartes. Je la dévorais littéralement des yeux.

- Hum, tout a l’air absolument délicieux ! Qu’est-ce que tu me conseilles ?

J’avais envie de quelque chose de frais, mais ce serait vraiment un sacrilège de prendre une salade dans un restaurant italien ! Pas grave, je me rattraperai en prenant une glace au dessert. J’essayais de garder ma bonne humeur et mon sourire même si Camille n’avait pas vraiment l’air de vouloir discuter. Je refermais mon menu au moment-même où le serveur réapparaissait :

- Ce sera une assiette de vos spaghettis maisons pour moi, s’il vous plaît.

Je laissai Camille choisir son plat et nous nous retrouvâmes seuls en tête-à-tête. Je n’arrivais pas à savoir ce qu’il avait, ce qu’il voulait et je n’osais pas lui demander.
Nos commandes arrivèrent vite et on se mit à déguster notre repas.

- Humm…

C’était encore mieux que ce que j’avais espéré ! Bon sang, depuis combien de temps je n’avais pas mangé un vrai repas ?
J’aspirai un spaghetti un peu trop vite et il rebondit sur mon nez y laissant une petite trace de sauce tomate. Je me mis à rire, amusée par ma maladresse. Je glissai mon doigt sur mon nez pour m’essuyer et le mis ensuite dans ma bouche par gourmandise. Puis je captai le regard de Camille et je rougis en retournant à mon assiette. Je levai les yeux vers lui régulièrement, papotant pour nous deux puisqu’il ne semblait pas vraiment vouloir le faire et que je ne supportais le silence. Camille avait l’air préoccupé par quelque chose dans mon dos mais je me faisais violence pour ne pas me retourner. Je ne m’étais pas vraiment attendu à ça lorsqu’il m’avait proposé de sortir. Et pourtant, tout était réuni pour passer un bon moment, tout sauf Camille, qui ne semblait pas dans son état normal. Était-il nerveux d’être dehors avec moi ? Avait-il honte ? Était-ce la raison pour laquelle il m’avait gardé chez lui depuis tout ce temps ?
Bon sang, j’étais ridicule ! Et pourtant, je ne pouvais pas m’en empêcher…
Je finis par déposer mes couverts dans mon assiette totalement vide. Mon inquiétude quant à l’attitude de Camille ne m’avait pas pour autant coupé l’appétit, ce qui était aussi bien, je ne voulais pas qu’il se pose des questions.

Le serveur revint et je commandai une énorme glace de compétition. J’allais compenser ma frustration avec mon péché mignon glacé. Je souris d’un air bravache à Camille, essayant de continuer notre petit jeu habituel même si le cœur n’y était pas :

- Un commentaire ?

Il n’avait pas intérêt !
Quelqu’un s’approcha de notre table et je pensais que le serveur était déjà de retour, mais c’était un homme d’une trentaine d’année qui s’adressa à moi :

- Excuse-moi, je te regarde depuis tout à l’heure et il fallait vraiment que je te dise que tu es magnifique…

Je le dévisageai éberluée et embarrassée :

- Pardon ?

- Tu as un sourire à tomber…je peux te laisser mon numéro ?

Sous le choc, je mis quelques secondes avant de secouer doucement la tête :

- Ho… heu…c’est gentil mais je ne suis pas intéress…

Il m'interrompit en se penchant sur moi, posant sa main sur mon épaule. Je me raidis tandis qu'il posait malgré tout sa carte près de mon verre et me susurrait à l'oreille, d'une manière dérangeante :

- Prends-le quand même, ok, on ne sait jamais, si tu te sens un peu seule… Il coula un regard insolent vers Camille. Ça ne t’engage à rien…  

- Je ne…

Je tournai un regard mortifié à mon compagnon. Comment osait-il agir ainsi alors que Camille était juste là ? D’ailleurs, c’est vers lui qu’il se tourna ensuite, avec un air suffisant et sûr de lui qui me laissa sans voix.

- Toi aussi je t’ai observé. Tu devrais prendre un peu plus soin de ta copine si tu ne veux pas qu’on te la pique… crois-moi, je ne suis pas le seul sur le coup…

Bon, voilà, c'était sûr à présent, j'étais maudite.


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Sam 13 Juil - 11:41




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Et donc, Rebecca avait réapprovisionné mes placards et me justifiait ça avec une explication que je continuais à juger bancale et d’où en émerger divers sous-entendus qui me firent carrément peur. Mais je n’avais pas le temps pour m’occuper de ce détail logistique dans l’immédiat. Je comptais bien revenir là-dessus et lui rembourser tout ça. Pas question que nous prenions des habitudes… de couple ou de jeunes mariés. J’étais trop nerveux de base pour avoir cette conversation ou pour assumer les causes et encore plus pour endurer les conséquences. J’étais trop content à l’idée de sortir de mon appartement pour chasser tout ça d’un bon coup de balai. Ma comparse avait enfilé ses lunettes de soleil et profita de la bise en ouvrant la vitre. Le vent me portait les effluves de son parfum et je les reçus de plein fouet. Je me crispais sur mon volant un peu plus et n’entendit même pas son interrogation. Bon sang, vite qu’on arrive. Je ne supportais plus sa proximité. Je me garais en quelques manœuvres un peu brutes sur un emplacement de parking libre avant de me noyer dans les yeux de ma passagère. Je n’identifiais pas le sentiment qui logeait dans ses prunelles mais il était aussi addictif que l’arôme qu’elle dégageait. Sa paume franchit la limite, la barrière invisible séparant nos deux sièges pour se poser sur mon genou. Je me mordis si fort l’intérieur de la joue que je me l’entaillais légèrement. Qu’est-ce qui m’empêchait de faire demi-tour et de… La ferme, saleté de volatile. Je répondais d’un léger rictus à la réplique de ma voisine et la laissa s’échapper de l’habitacle. Je me laissais une seconde seul ici pour retrouver un peu de calme puis la suivis à l’extérieur. J’acquiesçais à sa requête et tirais une chaise en terrasse en bon gentleman que j’étais ( Tu parles, mes pensées n’avaient rien de… Bref.) pour qu’elle puisse s’y asseoir avant de prendre moi-même place. Je devais rester concentré sur la retenue et apaiser la foule de sensations qui m’agressait. L’odeur de la rue, la sienne, les sons grimpants et descendants, la texture des objets, les rayons du soleil. Tout était exacerbé, exagérément amplifié, plus net, plus précis. J’étais habitué à ça mais les perturbations de la veille et la présence de mon amante me rendaient moins maître de ce corps court-circuité par l’animal.

Le serveur apporta les cartes, j’en profitais pour ne plus fixer avec trop d’intensité la jolie brune face à moi, me perdant dans la foule de plats. Ce que je voulais ? Aucune idée. Je lisais à peine les inscriptions, mon esprit était attiré par tout sauf le bout de papier. Je peinais vraiment à retenir mon attention. Aussi, quand elle me demanda ce que je lui conseillais, je ne lui répondis que « Honnêtement, je pense que tous les plats se valent. » Je n’en savais rien à vrai dire. Enfin j’étais déjà venu ici plusieurs fois et j’avais testé pas mal de plats différents mais de là à avoir fait tout le tour de la carte. Ne parvenant pas à faire fonctionner mes neurones intelligemment, je pris la même chose que la jeune femme. Le silence retomba brusquement entre nous, l’électricité filtrait tellement entre elle et moi. Mais je devais être le seul à le ressentir. Je faisais pianoter inconsciemment mes doigts sur la table, comme marquer de l’impatience alors que c’était plutôt mon seul moyen actuel pour évacuer ma nervosité. A quoi je pensais ? J’aurais dû lui dire que j’avais un truc de prévu, écourter la journée et puis attendre la nuit pour aller voler simplement. Nos assiettes furent disposées sous nos yeux me déviant de ce constat. Mon estomac criait famine depuis mon réveil, la première bouchée fut une vraie délivrance. Je n’avais plus rien englouti de convenable depuis un sérieux moment. Je savourais chaque parcelle de ce repas, le goût roulait sur mes papilles, je pouvais séparer chaque saveur, chaque épice utilisée.  Je relevais mon regard pour m’apercevoir que mon amie retirait un peu de sauce sur son nez – adorable, avant de planter son doigt entre ses lèvres. Elle voulait vraiment que je perde le contrôle ? Je savais très bien que je la fixais sans masquer mes intentions à son égard et ça la fit rougir. Je me mordis l’intérieur de l’autre joue en essayant vraiment de me focaliser sur autre chose.

C’est là que je le vis. Ce pauvre con qui lorgnait avec insistance ma Becky. Oui, MA. Je m’en fichais d’être possessif aujourd’hui. Et de toute façon, elle avait déjà établi ce fait. Qu’est-ce que je racontais encore ? Peu importait, ce mec n’avait pas à la reluquer comme ça. Parce que moi j’avais le droit ? Plus que cet inconnu en tout cas… J’étais de plus en plus sur les nerfs. L’oiseau me picorait le crâne à m’en donner la migraine. Je ne le lâchais pas des yeux, écoutant distraitement ce que ma belle brune me racontait. Elle commanda une glace, je pris un café bien que j’étais un grand amateur de ce type de dessert. Je lui offris l’ombre d’un sourire quand elle me demanda si je voyais quelque chose à redire sur son appétit gargantuesque. Le pervers ( parce que moi je ne l’étais pas ? ) se leva et vint à notre rencontre, quel culot. Putain. Il avait de la chance de ne pas être tombé sur un métamorphe violent… Il commença sa tirade, posa sa sale paume sur son épaule et je me raidis sur ma chaise afin de ne pas tout simplement l’agresser que ça soit verbalement ou physiquement. J’observais les réactions de mon ancienne voisine, elle semblait complétement perdue alors qu’il insistait toujours un peu plus bien qu’elle le repoussait. Ils se tournèrent vers moi tous deux. A ma grande surprise, plutôt que de lui dire d’aller se faire voir, je lui servis mon vieux sourire d’arrogant, un sourire purement provocateur. « Vu que tu as le temps d’espionner et d’emmerder les gens avec tes conseils de merde… » Je me penchais vers le verre de ma voisine de table pour m’emparer de sa carte, je la déchirais et lui tendis les bouts de papiers. « Tu as le temps d’aller jeter ça. » Je ne m’arrêtais pas là. J’étais aveuglé par ma colère, les mots coulaient tous seuls. Je savais que le corbeau étendait déjà son influence invisible sur le crétin qui nous fixait. La menace était plus que perceptible.  « La prochaine fois que tu poses tes mains sur ma copine, assure-toi que je sois pas dans ton champ visuel. Parce que je te le ferais vraiment regretter. » J’attendais que ça pour avoir un bon prétexte pour frapper sa sale tête. Merde, je commençais vraiment à perdre le contrôle. Le serveur débarqua au bon moment chassant malgré lui cet abruti en demandant s’il y avait un problème.  « Non, monsieur s’en allait. » Ça força la main à ce dragueur de seconde zone. J’étais dans un état second quand il nous quitta,  ils avaient tous décidés de me la piquer ou quoi ? C’est là que mes prunelles furent attirées par le poignet qui remua devant moi pour attraper la coupe de glace. Je n’avais pas vu ce bleu, le bleu causé par le loup. Je me refermais complétement sur moi-même pour ne pas péter les plombs. J’avalais mon café en deux gorgées et demandais l’addition. Le temps qu’elle termine son dessert, je payais. Sortir était l’idée la plus stupide que j’avais eu.

Je regagnais ma voiture, gardant toujours un œil sur ma compagne au cas où un autre tenterait sa chance. Apparemment, ça se bousculait au portillon. Pourquoi ça m’énervait autant ? J’étais jaloux, ouais, ok. C’est bon, je le savais et j’avais pas la force de me mentir. C’était vraiment ridicule. Mais après tout, qu’est-ce qui l’empêcherait d’aller voir ailleurs ? Je ne lui avais jamais rien promis, apportais que des ennuis et ne lui avais même pas juré l’exclusivité. On n’était même pas un couple. Bon sang. L’imaginer dans les bras d’un autre, ça me foutait hors de moi et l’ecchymose sur sa peau me donnait vraiment envie de vomir. J’entrais dans l’habitacle et restais immobile derrière mon volant. On faisait quoi maintenant ? Je me tournais vers elle, cette nana était un vrai aphrodisiaque et  ça ne m’étonnait pas qu’elle ait autant de succès. Et encore, il s’arrêtait à  son physique, ils ignoraient à quel point elle était intellectuellement et humainement formidable. La vision qu’elle m’offrit me retourna le cœur. « Bon sang, Becky, arrête de te mordre la lèvre… » Pourquoi est-ce que je lui parlais aussi durement ? Je me jetais sur sa bouche et l’embrassais sans retenue avant de me rappeler qu’on était en plein centre-ville. Je reculais alors pour poser mes paumes sur mes paupières et rejeter ma tête en arrière contre le dossier. « Il vaut mieux que je te ramène chez toi. »


 

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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Sam 13 Juil - 16:35




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Je dévisageai Camille sans rien dire, complètement sous le choc de la violence de ses mots. Il vibrait littéralement de rage et pendant un instant je cru qu'il allait sauter à la gorge de l'inopportun tant tout son être était tendu. Il dégageait une puissance qui me coupait le souffle. Exactement comme avec le loup au concert. Quelque chose de dominant, quelque chose de sauvage. Mes yeux se posèrent sur ses mains tandis qu'il s'emparait de la carte de visite de l'homme et la déchirai en morceau. Le petit air suffisant de mon dragueur sans scrupules s'envola alors que Camille le menaçait. "Ma Copine". Mon entrejambe se contracta douloureusement à ces mots de pure possessivité. Bon sang, je ne m'étais pas trompé en imaginant à quel point Camille pouvait être sexy quand il était énervé. Et je ne comprenais pas pourquoi cela me faisait un tel effet.  Il n'était pas dans son état normal, lui qui était un pacifique dans l'âme et qui cherchait toujours le meilleur moyen de faire les choses bien. Et pourtant, j'étais complètement retournée par ses mots, totalement chamboulée par la jalousie et la colère qui irradiait de lui. Je la savais non dirigée contre moi et pourtant… je m'inquiétais. Malgré mi, j'en étais responsable cela me peinait. Je n'avais jamais voulu le mettre dans un état pareil. Ou peut-être que je le voulais au fond, et que c'était la raison pour laquelle je me sentais si coupable. Sa jalousie n'était-elle pas la preuve qu'il tenait à moi ? Mais je n'avais pas besoin de preuve, je le savais déjà… j'étais une véritable idiote pleine de contradictions. Tout ça ne m'aidait pas à réfléchir calmement.
Je déglutis et me tournai avec soulagement lorsque le serveur arriva, mettant fin à l'échange entre les deux hommes.

Je remerciai le serveur du bout des lèvres et attirai doucement la coupe de glace vers moi. J'avais l'estomac tellement noué par ce qu'il venait de se passer que je me sentais incapable d'en avaler la moindre bouchée. Pourtant je pris ma cuillère et le trempai dans la boule de vanille. Je n'osais pas regarder Camille car j'ignorais ce que j'allais voir dans ses yeux. M'en voulait-il ? Me pensait-il responsable ? Il but son café d'une traite et demanda l'addition. Je n'eus même pas le courage de me battre pour payer ma part. La tête baissée, les yeux rivés à ma glace, je me forçai à en ingérer quelques cuillerées. Quel gâchis…

Camille se buta dans son silence et alla payer, je m'emmurai dans le mien et repoussai ma coupe avant de me frotter les yeux. Décidemment, sortir ne nous apportait rien de bon. Peut-être étions-nous destinés à ne pouvoir nous voir que dans l'intimité d'un appartement ?   Cela me déprimait totalement… Je me levai pour le rejoindre. Vu son état de nervosité, je m'attendais à ce qu'il s'énerve ou qu'il sorte une cigarette à tout moment. Il rentra dans la voiture et s'assit derrière le volant, en proie à une agitation toujours plus grande. Je m'installais à côté de lui, hésitante. Et maintenant ?
Je glissai une mèche de cheveux derrière mon oreille et me mordit machinalement la lèvre. La situation m'échappait, nous échappait totalement. Il m'avait transmis sa nervosité et son agitation, je ne savais plus où j'en étais.
 
Camille a écrit:
« Bon sang, Becky, arrête de te mordre la lèvre… »

Je tressaillis et le regardai, surprise avant de surprendre son regard qui me fit frissonner. Je ne pouvais rien ignorer de son désir. Non, définitivement non, il ne s'était pas encore lassé de moi… je voulus m'excuser mais il s'était déjà jeté sur mes lèvres pour m'embrasser férocement.

- Cam… murmurai-je contre ses lèvres.

Il se recula brusquement et posa ses paumes sur ses paupières, rejetant la tête en arrière contre son siège.  

Camille a écrit:
« Il vaut mieux que je te ramène chez toi. »

J'eu l'impression qu'on me déversait une carafe d'eau glacée sur la tête. Je ne comprenais pas son empressement à se débarrasser de moi alors que de toute évidence, il désirait la même chose que moi.  Je me sentais blessée, vexée, déboussolée. J'avais du mal à le suivre aujourd'hui mais je ne voulais pas le contrarier davantage.

- Ho… d'accord…

Je mis ma ceinture et m'enfonçai dans mon siège, me tortillant nerveusement les doigts alors qu'il mettait le véhicule en route. Je remis mes lunettes de soleil et tournai les yeux vers la fenêtre dans un silence obstiné. Je me sentais furieuse et je savais que c'était idiot. Mais c'était lui l'idiot ! Pourquoi continuait-il de me repousser ? Ne lui avais-je pas déjà assez prouvé que je voulais tout ça ? Que j'étais prête à me battre pour ça, pour lui ? A l'assumer? De quoi avait-il peur ? De me briser ? De m'épuiser d'avoir trop fait l'amour avec lui ? Non mais quel crétin ! Sous le coup de la colère il avait même avoué en public que j'étais Sa copine ! Si cela ne voulait pas tout dire, je ne comprenais plus rien. Cela commençait à bien faire !

Ma frustration m'empêcha d'essayer de faire la conversation, du moins les premières minutes. Je boudai, voilà, c'était dit. J'étais totalement ridicule. Mais s'il n'était pas fichu de me décrocher deux mots, je n'allais pas faire l'effort de faire la conversation toute seule. Mais au lieu de m'apaiser le silence m'angoissa encore davantage. J'avais peur sans m'expliquer pourquoi. J'étais mal à l'aise aussi, lasse. Je n'avais vraiment pas envie de me battre avec lui… et pourtant, je voulais comprendre, je voulais lui expliquer –même si je ne savais pas quoi- je voulais…  j'avais besoin d'en discuter.

- Est-ce qu'on va parler de ce qu'il vient de se passer ?

Camille a écrit:
" Je pense qu'il n'y a rien à dire"

- Vraiment ?

C'était ce qu'il pensait ? Non mais il se foutait de moi ! Quel crétin ! Qu'avais-je fait pour tomber amoureuse d'un crétin menteur égoïste et allergique à l'engagement ? Ho oui, c'est vrai j'étais la fille d'un démon. Au temps pour moi !

Camille a écrit:
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise? "

La vérité ! Je voulais la vérité ! Je voulais qu'il se livre à moi, qu'il me parle, qu'il se confie et pas qu'il se bute dans son silence, qu'il arrête de se renfermer sur lui-même et qu'il arrête de me repousser. Car j'en avais marre d'être repoussée, je n'en pouvais plus d'être rejetée. J'avais mal à chaque fois qu'il se taisait, car ses silences l'éloignaient de moi et que je ne pouvais rien y faire. Bon sang, j'étais en train de suffoquer… la chaleur, la colère, l'angoisse, tout se mêlait alors que je répondais avec agacement :

- Je sais pas... quelque chose, n'importe quoi... ton silence me tue ! Je suis en train d'étouffer dans cette bagnole !

Je retirais mes lunettes de soleil et me frottai le visage, j'étais tellement… tellement en colère ! Tellement frustrée, tellement… effrayée, surtout. Pourquoi ne disait-il rien ? Est-ce qu'il m'en voulait ?
J'étais en train de me noyer dans son silence, sa colère nourrissait la mienne, je me sentais mal et pourtant je continuais à tempêter, je n'allais pas lâcher ! J'en avais plus qu'assez de tout ça ! Plus qu'assez de lui ! Bon sang, n'importe quoi… j'en aurais presque ris tant c'était tout sauf vrai. Voilà pourquoi c'était si difficile d'accepter son silence, sa colère, car je percevais ce qu'il y avait derrière et qu'il refusait de dire à haute voix.

- Bon sang, mais dis quelque chose ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu réagis comme ça ? C'est à moi que tu en veux ?

Me tenait-il responsable du comportement de l'autre abruti ? Croyait-il que cela m'amusait ? Que je cherchais les drames partout où j'allais ? Même quand je faisais tout pour les éviter, ils semblaient toujours réussir à me trouver.

Camille a écrit:
"Non, oui, je sais pas putain je sais pas."

Sa réponse me laissa sans voix quelques instants. Camille ne jurait jamais. Presque jamais. C'était dire à quel point il était sur les nerfs. Et surtout, il semblait perdu, déboussolé. Je me calmai un peu, essayant de le rassurer:

- Tu sais que j'avais aucune intention d'accepter... je ne l'avais même pas remarqué avant qu'il ne débarque à notre table !

Je ne comprenais même pas pourquoi je me justifiais.  Il était là, avec moi, il avait bien vu que j'avais refusé ses avances. Et alors que je voulais seulement le faire parler pour extérioriser ça, pour qu'on puisse le laisser derrière nous et avancer, il se crispait un peu plus sur le volant à chacune de mes phrases et comme je m'y étais attendu, il voulu à nouveau prendre la fuite :

Camille a écrit:
" Laisse tomber. C'est bon, on a pas besoin d'en reparler."

Moi j'avais besoin d'en parler ! Il ne fuirait pas ! Il n'avait nulle part où aller ! Je savais ce qu'il avait ressenti, je savais pourquoi il avait réagi comme ça, et il allait me l'avouer ! Maintenant !

- Non, non ce n'est pas bon ! Criai-je. Dis-le bon sang, Camille, crache-le une bonne fois pour toute que tu es jaloux !

Mon dieu, je n'arrivais pas à croire que je l'avais dit. Que cela avait traversé mes lèvres. Je venais de le bombarder de ses propres contradictions… sa réaction ne se fit pas attendre et je poussai un petit cri de surprise quand la voiture fit une embardée pour prendre un chemin de traverse.
Il s'arrêta au milieu de nulle part, fou de colère et se tourna vers moi, une lueur rageuse dans le regard et il répondit violemment:

Camille a écrit:
" Ouais, je supporte pas qu'un autre te touche, t'es contente? "  

Je restai abasourdie alors qu'il sortait en claquant la portière. Oui j'étais contente. Et je savais que c'était mal. J'avais presque honte de lui avoir forcé la main. Mais est-ce que ça l'avait tué de l'avouer ? Non… mais cela n'avait pas l'air de l'avoir soulagé pour autant. Je sortie à mon tour pour lui courir après et je criai:

- Mais j'en ai rien à foutre des autres !

Je le rattrapai et le pris par le bras pour qu'il se retourne. Sa colère avait laissé place à cet air torturé que je commençais à bien lui connaître. Il se pinça l'arrête du nez. Ce geste aussi je le connaissais par cœur désormais.

Camille a écrit:
"Je sais."

Son ton était douloureux, irrité, comme s'il ne savait pas lui-même quel orientation donner à ses mots et à sa voix. J'en avais mal pour lui. Il fallait que cela cesse, il fallait mettre les choses au clair, maintenant. Du moins, une partie.

- Alors, écoute-moi.

Je pris son visage entre mes mains et plongeai mon regard dans le sien. Je ne pouvais plus faire marche arrière et je n'en avais de toute façon aucune envie. Mon cœur battait à tout rompre, mon souffle s'était accéléré lui aussi et je le dévisageai ne rêvant déjà plus que de ses lèvres.
D'une voix basse, douce mais ferme, je mis alors des mots sur ce que nous savions déjà tous les deux :

- Je ne vois pas d'autres hommes, et je n'en verrai pas d'autres que toi... Et tu ne verras pas d'autres femmes que moi. Toi et moi. Et personne d'autre. C'est clair ? Et ce n'est pas négociable.

Voilà, c'était dit. L'exclusivité de ce que nous avions, peu importait qu'il refuse de définir ce que c'était. Je lui avais déjà dit, j'étais sienne. Cela avait peut-être été trop abstrait. Maintenant, il ne pourrait plus dire qu'il ne savait pas.


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Sam 13 Juil - 18:06




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Tous mes sens étaient tournées vers elle, sa respiration, ses mouvements, les sons qu’elle produisait malgré elle en se tortillant dans le siège, les pulsations de son cœur, son arôme. Je devais mobiliser toute mon énergie pour conduire, ce qui était éprouvant nerveusement. Toutes les particules de mon corps voulaient que je me concentre uniquement sur elle, que j’arrête de conduire et que je… Bordel, des images obscènes se superposaient déjà dans mon esprit bien embrouillé par la rage. Je n’osais même pas la frôler des yeux. Un panel d’émotions diversifiées se heurtait dans ma poitrine, chaque heurt me faisait un peu plus perdre patience alors que nous nous consumions dans un silence terrifiant. J’étais heureux qu’elle ne parle pas et qu’elle ne me regarde pas. Encore mieux, elle ne me touchait pas. Je ne pourrais pas suivre ce chemin si elle commençait à m’effleurer. J’étais tellement en colère contre ce mec, bon sang. Parce qu’il me forçait à voir la vérité en face ? Probable. Oui, je savais bien que je ne remplissais pas un bon rôle auprès de Becky et elle allait finir par être enlevé par quelqu’un qui lui offrirait une vraie relation, pas que du sexe et des problèmes. J’étais l’amant, pas le petit ami. Pourquoi j’avais dit au gars qu’elle était ma copine alors ? Parce que ce type m’avait tapé sur les nerfs, tout simplement. Et parce que j’adorais me mentir aussi. Bordel, je ne savais vraiment pas où on allait comme ça tous les deux mais ça prenait tellement d’ampleur. Les intonations de ma passagère me sortirent de ma torture interne et me plongèrent dans une autre dimension de cette hargne irrationnelle, démesurée. « Je pense qu'il n'y a rien à dire. » Elle s’attendait à quoi sérieusement ? Oh ma précieuse Rebecca, je suis désolé de m’être emporté ? A moins qu’elle ne veuille que je l’avoue que j’avais eu envie de casser la gueule du mauvais dragueur ? Elle voulait quoi savourer ma jalousie ? La fêter peut-être ? Je me crispais un peu plus sur le volant alors qu’elle insista. Je lui répondis encore plus abruptement. « Qu'est-ce que tu veux que je te dise? » Parce que c’est de ça qu’il s’agissait non ? Ce qu’elle voulait entendre sortir de ma bouche. Elle ne se rendait pas compte dans quel état j’étais, je pouvais très vite m’emporter.

Son agacement se percuta âprement à ma mauvaise humeur et je serrais la mâchoire sans pour autant répondre à ses attentes. J’en étais incapable. Je n’étais pas prompt au dialogue, pas prompt du tout à acquiescer et à me plier à ses exigences. Moi aussi, j’étouffais ici dans cette bagnole à la con avec toutes mes pulsions et mon besoin violent de les épancher. Bon sang, elle ne réalisait même pas que je voulais la préserver en me taisant, de mon amertume et de ma frustration. Nan, elle ne pouvait pas comprendre parce qu’elle se butait à ce qu’elle ressentait, elle. Son insécurité revenait toujours sur le tapis. Et la mienne ? Que ma conscience aille se faire foutre.  Et elle reprenait avec plus d’interrogations, plus de raisons pour moi de la fermer. Pourtant ma voix sortit malgré moi, les mots se bousculèrent sans que je les contrôle et j’articulais sur un ton rude « Non, oui, je sais pas. Putain je sais pas. » Et ça y est, maintenant elle se justifiait. Ça me saoulait à un point inouï qu’elle continue malgré que je lui fasse clairement comprendre que je ne voulais pas de cette conversation. Je sentais de plus en plus ma colère prendre le dessus. « Laisse tomber. C'est bon, on a pas besoin d'en reparler. » Il fallait qu’elle mette ça de côté, qu’elle me lâche une bonne fois pour toute. Mais elle fit pire. Elle me hurla dessus et me mit pieds au mur. J’étais calé entre mon exaspération, la sienne et l’animal. Celui-là même que me fit faire un coup de volant brutal sur la gauche pour quitter la route. Je fonçais droit dans un chemin sinueux à peine adapté pour les véhicules, à travers une forêt quelconque. Je m’arrêtais en plein milieu, hors de moi, je lui criais dessus à mon tour. « Ouais, je supporte pas qu'un autre te touche, t'es contente? » Puis j’ouvris la portière et la claqua durement. Je m’éloigna de quelques mètres de ma voiture et me mis à faire les cents pas de façon incohérente. Putain, j’étais dans un tel état de rage, il était rarement atteint comme ça. Je devais passer mes nerfs sur quelque chose, je devais me calmer, redevenir moi-même.

La jolie brune me rejoignit et me prit par le bras, ce contact m’arracha des frissons complétement insensés. C’est le désir qui l’emporta brièvement sur le reste avant de laisser place à la douleur de la situation. Je me pinçais l’arête du nez, j’étais tellement paumé – pour changer. « Je sais. » Je savais bien, oui. Elle me l’avait déjà dit plus ou moins deux jours auparavant. Ses mains trouvèrent mes joues et je fus forcé de la fixer. Sa détermination brûla mes entrailles et je devais rationnaliser mes envies pour vraiment percuter le sens de ce qu’elle me demandait. Un engagement ? Enfin, une sorte en tout cas. « D’accord. » Non, ça ne pouvait pas être ma voix ça. Non, je n’avais pas osé tout de même… « C’est d’accord. » Quel con. Je venais d’accepter l’exclusivité, je venais de devenir l’homme d’une femme. Merde, qu’est-ce que je foutais là ? C’était vrai que finalement j’acceptais quelque chose que j’avais déjà mis en pratique même sans faire de promesse. Promesse ? Etions-nous un couple ? Est-ce que c’était ça à ses yeux refuser de coucher avec d’autres ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Nous parlions de corps, pas de cœur. Oh et puis merde, j’en avais marre. Ras-le-bol.

En décidant de couper mes pensées, je coupais aussi mes bonnes résolutions et je la pris abruptement par les épaules pour écraser mes lèvres sur les siennes. Je la soulevais alors sans lui demander son avis et la ramena à la voiture.


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 10:26




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Je m'étais tellement attendue à ce qu'il proteste, qu'il argumente, qu'il se batte, cri et s'énerve, que je restais figée face à son assentiment.

Camille a écrit:
« D’accord. C’est d’accord. »

Je le dévisageai, sous le choc, incrédule d'avoir obtenu son accord aussi vite, aussi facilement. Et la réalité me frappa brutalement tandis que ses mots se répétaient dans mon esprit. Cette fois, il était à moi. Ce n'était pas juste une demi-victoire. Il n'y aurait plus aucune autre femme dans son lit tant que je le partagerais avec lui… Cette idée me fit tourner la tête. Je n'arrivais pas à le croire. Je n'étais pas sûre d'avoir bien compris. Mais il ne me laissa pas le temps de vérifier. Il me prit brusquement par les épaules pour m'embrasser avec bestialité. Ma colère, ma peur et ce qu'il restait de mes interrogations s'envolèrent et je lui rendis sa ferveur alors qu'il me soulevait pour me ramener à la voiture. Il me déposa sur la banquette arrière et me rejoignit immédiatement pour se mettre à nous retirer nos vêtements sans ménagement. Son empressement ne me laissait pas le temps de réfléchir, mais j'étais de toute façon déjà à mille lieux de là.  



J'étais toujours incapable d'émettre le moindre son alors que son corps m'écrasait de tout son poids. Je ne voulais pas qu'il se retire déjà alors je passai un bras autour de ses hanches pour le serrer encore davantage si c'était possible. J'embrassai son épaule et posait mon front contre celle-ci le temps que je retrouve mes esprits et l'usage de la parole. Je connaissais Camille par cœur. Il allait flipper. L'intensité, la brutalité de ce que nous venions de faire allaient le frapper et j'allais devoir gérer une nouvelle crise si je ne désamorçais pas la situation tout de suite.
Je souris contre son épaule et vint l'embrasser tendrement.

- Si j'avais su que ça te ferait cet effet-là, j'aurais proposé plus tôt, murmurai-je avec un sourire malicieux.  

Il n'y avait aucune raison d'avoir peur ou de regretter. Certes cela avait été… extrême, inhabituel même alors que nos ébats ne manquaient déjà jamais de passion, mais je mentirais en disant que cela m'avait déplu. J'étais de toute façon tellement grisée par lui aujourd'hui que je me sentais capable de dire oui à tout. Je ne me reconnaissais pas. Je me sentais aventureuse, libertine, et l'excitation qu'il provoquait en moi atteignait des sommets inexplorés. Bon sang, jamais notre attraction l'un pour l'autre n'avait été aussi forte, douloureuse presque au point que ne pas céder à nos pulsions était une torture. Je ne me souvenais pas avoir été autant hypnotisée par lui… à part peut-être lors de notre première fois… cela me rappelait la sensation totalement inédite que j'avais ressentie alors, celle que c'était mon corps qui menait la danse et plus du tout ma tête. C'était un comble quand on savait déjà à quel point Camille était un véritable aimant pour moi en temps normal. Je ne savais pas ce qu'il y avait de différent aujourd'hui. Était-ce les évènements successifs des derniers jours ? Le concert, le loup, la lettre de la Reine, sa crise de panique, le sexe à répétition. Je n'en avais fichtrement aucune idée. Je fonctionnais à l'instinct depuis quelques temps et mes pensées m'encombraient plus qu'autre chose.

Je le laissai finalement se redresser et nous nous rhabillâmes à la va-vite avant de ressortir de la voiture. Sans lui laisser le temps de s'éloigner ou de s'inquiéter, je me glissai contre son torse, mes bras entourant sa taille et je levai le visage vers lui. Je ne voulais pas me séparer de lui. Mon envie de lui n'avait d'égal que ma tendresse et mon amour à son égard. Il me faisait totalement perdre la tête. J'étais sur un petit nuage, pire, j'étais probablement déjà dans une autre galaxie. J'allais finir courbaturée de partout, mais cela n'avait vraiment aucune espèce d'importance. J'aurais pu faire cela toute la journée et cela ne m'effrayait même pas.

Doucement, l'une de mes mains quitta sa taille pour venir se perdre dans ses cheveux et je me perdis dans ses yeux. Savoir qu'il n'était qu'à moi faisait grimper ma libido en flèche. A moins que ce soit autre chose, toujours était-il que j'avais du mal à m'arrêter de le toucher. Ce n'était absolument pas raisonnable.

Je l'embrassais à nouveau, lentement, langoureusement et lui offris un sourire radieux.

- "Sexe sauvage dans les bois", ça c'est fait. Je vais pouvoir cocher ça sur ma liste…

Haha, je n'avais bien évidemment aucune liste, mais cela m'amusait beaucoup qu'il s'imagine que c'était le cas. Une liste de fantasme à réaliser, voilà qui aurait de quoi occuper ses pensées. J'étais de toute façon partante pour toute sorte d'expérience, du moment que c'était avec lui.

Je l'embrassais encore, riant à moitié et retournai m'asseoir sur le siège passager. On reprit la route. Mes doigts vinrent se glisser dans son cou alors qu'il conduisait, caressant machinalement les cheveux au bas de sa nuque. Mais cela ne suffisait pas. Ma main finit par redescendre sur son genou et je me mis à le caresser, traçant de petites arabesques sur son jean.  

Le son de sa voix me fit tressaillir et j'ôtais brusquement ma main, les joues rosies. Non, décidemment, je n'étais pas moi-même aujourd'hui. Il valait mieux que je le laisse se concentrer sur la route.
Je me mordis la lèvre et glissais mes mains entre mes jambes pour éviter la tentation de le toucher.
Je me mis à rire à sa seconde réflexion et posais ma main sur ma bouche :

- Désolée !

Puis je remis mes lunettes de soleil pour me donner contenance et tournai les yeux vers la fenêtre. Il valait mieux que j'arrête de le regarder, comme si cela pouvait m'empêcher d'y penser….

Le chemin jusque Livingstone se fit dans le silence, mais dans une ambiance un peu moins stressante qu'avant notre arrêt. Je le sentais toujours nerveux, mais au moins n'était-il plus en colère et moi non plus.

Il se gara près de l'appartement à Makayla et je sortis de la voiture. Je l'observai à travers la fenêtre. Il était hors de question qu'il reparte maintenant, alors je demandai, l'air de rien.

- Tu montes ? Je t'offre un verre.

Puis, réalisant qu'il pourrait hésiter, j'ajoutai :

- Mak n'est pas là.

On rejoignit l'appartement et je me tournai vers lui

- Vin rouge ? Proposai-je.

Je savais que ma colocataire avait quelques bouteilles et je n'attendis pas sa réponse pour en sortir et en déboucher une. Il avait besoin d'un remontant. Moi aussi, mais j'avais surtout besoin de me changer. Cela faisait plus de deux jours que je portais ces fringues et je n'en pouvais plus.
Je lui servis le verre et l'embrassai furtivement:

- Je vais me changer, je reviens tout de suite.

Je me rendis dans la chambre d'amis, préparai une nouvelle tenue, puis me dirigeai vers la salle de bain. Je pris une douche rapide qui me fit un bien fou, m'attachai les cheveux et me glissai dans un de mes plus beaux ensemble de lingerie. Mais j'avais oublié les vêtements dans la chambre alors je traversai le couloir et en profitai pour m'assurer que Camille était toujours là:

- J'ai presque fini !

J'attrapai la robe que j'avais choisie et tressaillit en me retournant alors que Camille me faisait face, le regard brûlant. Ses yeux voilés par le désir déclenchèrent des étincelles dans tout mon corps et ses mains finirent de m'embraser en se posant sur mes hanches. A nouveau, je me laissai happer par sa bouche et ses caresses.
C'était tout bonnement de la folie. De la folie pure et simple et pourtant il ne me serrait pas venu à l'esprit une seule seconde d'y mettre un terme alors qu'il me basculait sur le lit.
N'avais-je pas souhaité que jamais cela ne s'arrête ? Mon vœu le plus cher était en train de se réaliser…

Il nous fallu un peu plus de temps pour nous remettre de ce nouveau corps-à-corps, et cette fois je restai plus longtemps blottie contre son torse. Je ne voulais pas qu'il s'en aille.
Jamais, ni ce soir, ni aucun autre soir. Je n'avais aucune envie de le laisser partir. Je déposai un baiser sur  son torse et quémandai d'une petite voix innocente:

- Ne me laisse pas ici… Mak ne rentrera pas ce soir et je ne veux pas être toute seule cette nuit…

Je lui jetais mon regard de chien battu et soudain, un détail me revint. Alors, au cas où cela ne suffirait pas j'ajoutai :

- Et puis… ma voiture est restée chez toi…


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 12:48




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Elle m’arrêta quand je voulus reculer, ce qui m’arracha un frisson. Bon sang, cette fille me rendait complétement dingue – un fait carrément inquiétant. Ses lèvres me touchèrent l’épaule, je fermais les paupières et essayais de retrouver mon souffle. Elle me suivait dans cette intensité sans réfléchir, sans comprendre, ça me dépassait. J’avais eu pas mal de conquêtes lunaires mais avec Rebecca… Enfin même sans la pleine Lune, avec elle, c’était toujours … extrême. Notre première nuit avait été tellement indescriptible, orageuse. Elle savait me mettre dans un état pas possible. Je pensais que si elle ne l’avait pas encore compris, aujourd’hui lui ferait ouvrir les yeux. Coucher comme ça dans ma bagnole au milieu d’un bois… Ça ne me ressemblait pas étonnamment. Enfin, jurer l’exclusivité niveau partenaire, non plus. Je n’avais plus eu de relation qui se rapprochait de près ou de loin à ça, avec quelqu’un ces dix dernières années, mais ça elle ne le savait pas. Du coup, elle ne savait pas non plus qu’en mentionnant cet sorte d'engagement dans l’immédiat, elle me foutait plus que mal. Est-ce que notre décision de ne toucher à personnes d’autres m’avait poussé à faire ça sur la banquette arrière ? Rien n’était moins sûr. Mais vu que j’avais l’esprit en coton et que j’étais partiellement moins agité, je ne voulais pas rouvrir un débat ou une polémique. Je ne disais rien, je taisais les conséquences pour le moment de cet accord. Est-ce qu’en étant dans mon état normal j’aurais accepté ? Honnêtement, je n’en savais rien et ça valait peut-être mieux comme ça.

Finalement, elle me laissa me relever pour me rhabiller le plus vite possible. Encore une chance qu’on ne soit pas tombé sur des promeneurs… Ils auraient eu droit à un sacré spectacle. Cette pensée m’arracha un sourire amusé au lieu de m‘angoisser. Je n’étais vraiment, vraiment, vraiment pas moi-même aujourd’hui. Je sortis de la voiture pour regagner le siège conducteur quand elle m’harponna et m’enlaça. Les mains de Becky s’emmêlèrent dans mes cheveux, ses yeux brillants ne lâchaient pas les miens, elle semblait être aussi secouée que moi. Et ce fait ne m’aidait vraiment pas à calmer ma libido. Elle m’embrassa et je me demandais ce qui me retenait de… Non mais c’était infernal. Je devais la ramener chez elle, le plus rapidement possible. Sa phrase déposa un rictus purement provocateur sur mes lèvres. « Mmmh pas tout à fait, techniquement c’est sexe sauvage dans une voiture perdue dans les bois. » Je glissais mes doigts sur sa joue et sur sa nuque. « Faudra qu’on reparle de cette liste… » Ma bouche heurta son cou très furtivement avant qu’elle ne m’embrasse à nouveau et que nous regagnâmes l’habitacle. J’étais plus détendu mais toujours nerveux paradoxalement. Je n’étais plus en colère, juste confus, affreusement confus et partiellement enfiévré ce qui ne faisait qu’empirer à mesure que la journée déclinait.

Ma passagère se montra bien dissipée, ses paumes jouaient avec moi. Si déjà supporter le contact sur mon cou fut très perturbant, qu’elle s’amuse à faire courir ses doigts sur mon jean fut pire. Il ne m’en fallait pas plus pour m’enflammer. Je retins ma respiration incohérente et déglutis difficilement. Ma voix sortit rauque et dure. « Bordel, Becky, tu veux qu’on ait un accident ? Arrête ça. » Elle voyait bien que j’étais trop perturbé, pas possible de passer à côté. Je m’en voulais un peu d’être aussi peu conciliant avec elle, de me montrer aussi sévère aussi je détournais un instant les yeux de la route pour la regarder afin de m’excuser quand je vis son expression. Les joues rosies, la lèvre mordue… merde alors. Je revins bien vite poser mes yeux sur la route, je ne savais déjà plus comment faire pour coordonner les battements de mon cœur. « Et tu te mords la lèvre en plus. Si on meurt, ça sera ta faute, je te préviens. » Et elle s’excusait en plus. Je me mis à rire silencieusement – finalement, je retrouvais peu à peu ma bonne humeur. Parce qu’elle m’appartenait d’une certaine façon ? La ferme. Le silence suivit, j’activais la radio pour combler le vide de nos voix et tentais tant bien que mal de ne pas trop dériver mentalement sur les courbes de ma voisine. Elle m’indiqua le chemin pour atteindre son immeuble et je me garais devant. Je ne voulais pas la laisser filer – c’était clair mais je le devais. Quand elle me proposa de la rejoindre, mes entrailles se contractèrent d’envie et de contradiction. Non mais elle vivait en colloc avec Makayla, je ne pouvais pas… Ah mais elle n’était pas là. L’animal ricana et se demanda ce que j’attendais pour accepter l’invitation. Au point où on en était… Je partirais avant la nuit. C’était tout ce qui importait. Je sortis et l’accompagna à son appartement. J’analysais distraitement le lieu bien que j’appréciais de découvrir son nouvel environnement. J’étais tellement braqué sur tout ce qu’elle suscitait chez moi. C’était de plus en plus fort, je pouvais de moins en moins lutter. Je devrais me jeter sous un jet d’eau froide en rentrant ou me taper la tête contre un mur – ça pourrait marcher. J’hochais la tête quand elle me proposa mon breuvage préféré. Ca me détendrait peut-être ? Ahahah. L’ivresse, il ne manquait plus que ça en fait. Enfin, ça ne restait qu’un verre, Dieu merci. Je me rappelais de l’épisode de la vodka…

Je bus lentement mon verre, jetant des regards plus ou moins curieux sur l’intérieur. Dire que Mak la sanguinaire habitait ici, je n’arrivais pas à m’y faire. Je tentais de me distraire quand elle revint hanter la pièce furtivement dans un ensemble complétement... Je n’avais pas de mots pour le décrire. Bordel, c’était fichu. Je ne me vis même pas me lever pour la rejoindre dans sa chambre. J’avais été trop vite, le corbeau avait pris le dessus. Je n’observais même pas son nouveau cocon, j’allais directement à sa rencontre. Nous restions, j’ignore combien de temps dans cette position, allongés l’un contre l’autre à nous repaître de baisers et à chercher notre souffle. J’allais devoir partir. Mais elle me retenait de sa petite voix. Je fronçais les sourcils durement, non je ne pouvais pas décemment… Ah merde, sa voiture. Je me mordis l’intérieur de la joue encore une fois. Tout m’échappait, je n’aurais pas oublié ça si… Enfin… Je crois. Je jetais un regard rapide sur l’horloge la plus proche. Ok, il y avait moyen qu’elle fasse l’aller-retour sans que la lune ne soit là. Concernant l’absence de la blondinette… En fait ça m’inquiétait. Avec Krystel à ses trousses, je n’aimais pas la savoir seule. Mais je ne pouvais pas non plus la ramener chez moi. Purée, j’étais perdu. Bon, une chose à la fois. « On va aller récupérer ta voiture, on verra pour le reste. » j’allais devoir trouver une solution. Je ne sais pas comment mais…

Je m’extirpais des draps à regrets et me rhabilla en évitant de trop la regarder. Je me demandais si j’avais encore une limite et pire si elle, elle en avait ? J’étais en train de l’épuiser et elle ne semblait pas en avoir cure. Je repassais par la cuisine pour terminer mon vin très rapidement. Il fallait qu’on soit en mouvement, je ne pouvais pas rester en place. « Je t’attends en bas. » Je sortis rapidement dehors et alluma une seconde cigarette. Bon sang comment j’avais fait pour arrêter ? Je m’adossa à mon véhicule et pris le temps de la savourer le temps que Rebecca me rejoigne puis j’écrasais le mégot dans mon cendrier comme toujours. Je mis les clefs dans le contact et laissa ma paume dévier sur la cuisse de ma passagère. Je la gratifiai d’un petit sourire en coin. « Ce détour fût enrichissant. » Allez, ça suffisait. Je la relâchais et pris la route pour Glasgow. Bon, j’allais faire quoi du coup ? Une nuit de pleine Lune avec elle, ça suffisait comme ça non ? Je pouvais pas lui faire revivre ça, surtout que j’avais un meilleur contrôle de moi à ce moment-là ( quel paradoxe ! ) Aujourd’hui, c’était un peu la somme de tout ce que nous avions vécu les derniers jours et je ne parvenais plus à rien contenir. Le chemin se déroula toujours dans le silence teinté par la radio et j’essayais de ne pas trop dévier mon attention de l’asphalte. 18h03 et nous étions devant mon immeuble. Je n’avais trouvé aucune solution viable, aucun compromis. J’avais quatre heures devant moi pour résoudre le problème. Nous montions les escaliers, j’ouvrais mon antre et essayais de me décrisper. Avant qu’elle n’ait envie de se rapprocher de moi, je filais droit dans la salle de bain. Une idée, une idée vite. Parfois, j’arrivais mieux à réfléchir quand je réalisais une activité physique. Oui, bon, pas celle qui me vint en tête là… C’était ça que je voulais éviter et puis on ne pouvait pas dire que ça me remettait les idées en place… Je me changeais, passer un jogging, un autre t-shirt et sortis. « Je vais aller courir un peu si ça ne te dérange pas… Fais comme chez toi, enfin tu sais bien. » Elle devait me prendre pour un fou mais tant pis. J’enfilais très vite une paire de baskets et sortis à la hâte en fixant mes écouteurs sur mes oreilles. Je me mis à courir comme un dératé, en quête de sérénité. Avec un peu de chance… Je serais crevé en rentrant. Rien n’était moins sûr.


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 19:12




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Camille consentit à m'amener avec lui afin que nous allions récupérer ma voiture. Je remis mes sous-vêtements et enfilai ma petite robe tandis qu'il se rhabillait lui aussi. Il termina son verre de vin et sortit en me prévenant qu'il m'attendait en bas. J'acquiesçai. Je me dépêchai de nettoyer et de ranger le verre, préparait quelques affaires dans un sac que je laissai pour plus tard dans ma chambre (il fallait vraiment que je pense à garder des vêtements de rechanges dans ma voiture) et laissai un mot à Mak pour lui dire de ne pas m'attendre. En même temps, elle ne m'avait pas vu depuis le concert, et je pense qu'elle en avait tiré les conclusions qui s'imposaient. Je le retrouvai en bas, adossé contre sa voiture à fumer. Je ne dis rien et il écrasa son mégot dans le cendrier pendant qu'on s'installait. Sa paume glissa sur ma jambe et je lui rendis son sourire. Effectivement, enrichissant était le mot. Cela avait encore été une journée riche en animation. Je l'embrassais sans rien dire et le laissai se concentrer sur la route, cette fois sans faire de diversion, fredonnant de temps en temps les paroles des chansons qui passaient à la radio. Il était tout juste 18h00 lorsque la voiture se gara devant chez lui. On rejoignit son appartement et il s'éclipsa dans la salle de bain pendant que je déposais mon sac sur le comptoir et me servais un verre de soda.
J'allumais la télé et zappai un peu quand il réapparut, changé.

Camille a écrit:
« Je vais aller courir un peu si ça ne te dérange pas… Fais comme chez toi, enfin tu sais bien. »

Tiens ? J'avais peut-être surestimé mes capacités –et les siennes- à gérer tout ça. Il préférait de toute évidence fuir plutôt que de se retrouver à nouveau seul avec moi. Bon et bien, ce n'était pas vraiment une surprise, même si l'air sur mon visage devait dire le contraire.  Ca ne pouvait pas vraiment lui faire du mal, et le soleil n'était pas encore couché, et puis, je n'allais pas partir tant qu'il ne serait pas revenu. Je pouvais mettre ce temps à profit pour essayer de remettre de l'ordre dans mes propres pensées. Je le dévisageai et secouai la tête, en souriant :

- Ho. Non, non, non, pas de soucis, vas-y.

Je l'attrapais tout de même avant qu'il ne file et déposai un baiser au coin de ses lèvres.

- Sois prudent. A tout à l'heure, beau brun.

Il enfila rapidement ses chaussures et ses écouteurs et quitta l'appartement, me laissant seule avec moi-même. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire. Tendu comme il était, je me doutais qu'il ne partirait pas un petit quart d'heure, et il me fallait m'occuper. Je changeai de chaîne pour une qui diffusait des clips musicaux et augmentai le volume pour passer un coup d'aspirateur. Une fois fait, j'empruntai le pc de Camille et vérifiai mes mails avant de surfer un peu sur le net, regarder quelques vidéos et consulter les dernières actualités. Fantastique, pas de drame majeurs ces derniers jours, à peine quelques faits divers et un petit article sur le festival. Il n'y avait pas eu de problème après notre départ, voilà qui me rassurait. Je me perdis dans mes pensées en repensant au concert et machinalement mes doigts entreprirent une recherche google sur les loups-garous. Le site de la PES contenait toutes les informations officielles, mais rien de plus et je me demandais si d'autres faits n'étaient pas tenus secrets du grand public. Je fouinais donc dans des forums et autres sites un peu plus obscures, qui ne m'apprirent pas grand-chose de plus que ce qu'il me semblait déjà savoir. Les loups-garous et les vampires étaient incompatibles… même au niveau cellulaires, tout les séparait. Il aurait été mortel pour un loup de coucher avec la reine des Vampires… Pourtant… je fronçais les sourcils, essayant de mettre des pensées précises sur mes idées plus que floues. J'avais l'impression que quelque chose m'échappait, mais quoi ? J'essayai de remettre dans l'ordre toutes les pièces des puzzles en ma possession. L'attitude de Camille avec le loup, ses secrets, ses inquiétudes constantes quant à ma sécurité, tout coïncidait avec une nature de lycan. Tout sauf sa crise d'angoisse avec la lettre de la Reine… s'il était un loup, elle n'aurait pu ni boire son sang ni… lui faire quoi qu'elle lui ait fait…

Mon regard se posa machinalement sur l'heure et m'apporta une distraction bienvenue. Il serait bientôt 20h et mon estomac commençait déjà à réclamer des forces après les activités de l'après-midi… J'allais nous faire à manger. J'effaçai l'historique et rabattu le clavier du pc portable pour le poser sur la table basse.
Me dirigeant vers la cuisine, j'ouvris les placards pour essayer de trouver l'inspiration. J'avais envie de sucré. Tiens, de la farine, des œufs, du lait, du sucre… parfait, j'allais nous faire des crêpes ! Tandis que je réalisais machinalement la recette, mon esprit revenait sans cesse à cette histoire de loup-garou. Est-ce que c'était vraiment si important ? Je n'avais pas l'intention de lui en parler de toute façon. Et ça ne changeait rien à mes sentiments pour lui. A quoi cela m'avancerait-il de le savoir ? D'en avoir la certitude ? Et pourtant, cela continuait de me perturber. Quelque chose clochait. C'était ça qui me perturbait en fait. J'avais l'impression que j'avais compris quelque chose puis oublié et c'était cette information que mon esprit semblait rechercher avant tant d'opiniâtreté. Je finis par soupirer et abandonnai pour ce soir. Je faisais un blocage et me buter ne servirait à rien. J'y reviendrai à tête reposée. En attendant, j'entrepris de sortir une poêle pour faire cuire notre repas.  
La porte d'entrée s'ouvrit et je me tournai vers Camille. C'est à peine s'il me regarda avant de me dire qu'il allait se doucher et de rejoindre la salle de bain. J'entendis le jet se mettre en marche.
Bien.
Courir ne lui avait pas fait tant de bien que ça finalement…
Je soupirai et continuai à cuire le reste de pâte en attendant qu'il air terminé. Je mis rapidement la table, sortit Nutella, confiture et sucre et apportai le plat de crêpes à table. J'avais laissé la télé allumée sur les clips, sentant qu'il ne serait pas d'humeur très bavarde. La musique nous tiendrait compagnie et m'éviterait peut-être de dire des bêtises.
Lorsqu'il sortit de la salle de bain je fis l'effort de lui offrir mon plus beau sourire et lui montrait la table :

- Je nous ai fait des crêpes !

Il me remercia et s'installa à table, son regard fuyant toujours le mien. Note pour plus tard : télé = mauvaise idée. Je lui avais donné la meilleure excuse possible pour m'ignorer. Je mangeai quelques crêpes, en silence, mal à l'aise face à son propre mutisme. Je n'aurais pas dû insister pour qu'il me ramène avec lui. On aurait peut-être pu s'arranger autrement. J'aurai pu prendre le train pour Glasgow le lendemain et récupérer ma voiture à ce moment-là. J'avais espéré passer la nuit avec lui, mais de toute évidence, ce n'était pas dans ses plans et ma présence le gênait plus qu'autre chose. Je m'en voulais de lui avoir forcé la main.
Mon regard se perdit par la fenêtre. Le jour sombrait petit à petit, mais si je partais maintenant, je pouvais arriver avant que la nuit soit totalement tombée. J'attendis qu'il ai terminé pour débarrasser la table et m'efforçai de prendre un air nonchalant en récupérant mon sac. Je me tournai vers lui avec un sourire un peu forcé, mais je n'étais pas sûre qu'il puisse faire la différence vu sa nervosité presque palpable. Je posai ma main sur son épaule et me penchai rapidement pour l'embrasser.

- Je vais y aller…

Il était temps que j'arrête un peu d'être égoïste et que je le laisse souffler…


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Dim 14 Juil - 21:14




Full Moon Effects

Je maintenais le même rythme depuis un bout de temps, j’évoluais dans Glasglow sans trajet prédéfini et heureusement pour moi, je connaissais la ville comme ma poche. Je focalisais mes pensées sur mes pulsations en essayant de faire abstraction de tout le reste. Tout le reste ? Rebecca pour commencer, Krystel pour terminer et Alan entre les deux. Tout se mélangeait dans mon crâne et je tentais de tout démêler avant de m’attaquer à mon plus gros dilemme du moment. Comment faire pour placer ma jolie brune en lieu sûr, loin de moi et de l’animal ? Je ne voyais pas comment faire pour qu’elle ne soit pas seule mais sans être sans moi. Depuis quand m’inquiétais-je autant de sa solitude ? Depuis qu’on l’avait mordu et surtout depuis qu’on m’avait – on l’avait aussi -  ouvertement menacé. Même si sa colloc’ était louche, je la jugeais à même de la protéger. Becky était humaine, elle n’avait rien à craindre de Makayla après tout. Je n’étais vraiment pas tranquille de la laisser seule, en plus avec tous ses loups libérés… Je me mis à courir plus vite – comme si ça allait m’aider à y voir plus clair ou à me faire semer mes ennuis. Si elle restait, j’allais sûrement devenir … Je n’avais pas envie qu’elle me revoit dans cet état. Enfin, si j’avais été dans de meilleures dispositions, je n’aurais pas autant rechigné à ce qu’elle partage mon lit. A vrai dire, j’avais peur de la créature qui logeait dans mes entrailles et peur de ne pas parvenir à compiler avec ma part d’humanité ce soir. Ça ne m’était jamais  vraiment arrivé, j’avais déjà perdu le contrôle mais pas de cette façon-là. J’étais effrayé à l’idée de justement lui foutre la trouille. Quand nous étions mêlés à encore plus d’intensité, ça finissait toujours par mal finir. Ça allait la bouffer, nous bouffer. Je ne savais pas trop ce que je craignais en dehors de ça. Peut-être que finalement, j’avais peur que ça l’éloigne. C’était gonflé venant d’un mec qui l’avait repoussé à maintes reprises et qui gardait constamment ses distances avec elle. Oui, c’était vrai. Je ne faisais que passer d’un tableau à l’autre sans répit. La garder, la rejeter. Pourquoi était-elle restée ? Je ne me l’expliquais pas.

Je rentrais à l’appartement quand je pris conscience de l’heure avancée. Je n’avais rien trouvé comme solution, rien trouvé qui me préserve de mes peurs et j’étais relativement tendu par l’arrivée de la Pleine Lune. Je mis à peine un pied dans mon appartement que mes sens ne trouvèrent que dans l’air le parfum de mon amante. Ça commençait fort. « Je vais prendre une douche. » Je traversais à la va vite sans la regarder la salle principale. Je m’effondrais contre la porte en entrant dans la salle de bain. Merde, merde, merde. Je n’allais jamais être assez fort pour lutter contre ça. Je me jetais presque sous le jet d’eau qui je mis froide. Ça m’aida à peine à me calmer. Après être lavé, j’enfilais les premières fringues à ma portée, je me forçais à prendre une grande respiration et sortis la retrouver. J’étais pire que nerveux ou distant, je devais constamment l’éviter. Je la remerciais pour les crêpes tout de même mais m’installa et ne fit plus aucun bruit. La télévision fut un bon prétexte pour ne pas engager la conversation. J’avalais ce qu’elle nous avait préparé avec appétit tout de même. Dans une heure, il ferait nuit totalement. Le Soleil commençait déjà à disparaître. Je me mordis la lèvre me sentant de minute en minute plus agité. Le corbeau commençait à étendre ses ailes et prêt à prendre la place. J’étais tellement stressé que je ne me rendis même pas compte que Rebecca ramassait son sac. Quand sa voix perça ma brume, je relevais enfin mon regard pour percuter le sien. Elle ne devait rien comprendre à mon comportement. Je venais sûrement de la blesser sans le vouloir – une fois de plus, une fois toujours de trop. Quand elle fit mine de partir,  je su que le combat avait toujours été perdu et ça d’avance. J'éteignais la télé dans un premier temps pour couper ce trop plein de bruit qui m'empêchait de me concentrer. Puis, je fis quelques enjambées jusqu’à me poster face à elle.  Je ne pouvais pas la laisser regagner une pièce vide mais… Non, le danger c’était moi aussi. Ce que je risquais de provoquer.

Je la détaillais. J’allais lui dire Becky, ne « Reste »  … Pas. Quoi ? Mais ? Ma main se leva, s’agrippa à son bras, je fis tomber son sac pour marquer le coup. L’oiseau avait le dessus et bientôt, il n’y aurait quasiment plus que lui ici, avec elle.  Ma voix raisonnait grave, presque lointaine. « Reste avec moi. »   Je la fixais durant plusieurs secondes intensément sans bouger, respirant à peine. Je ne luttais plus contre ce que j’étais, j’étais plus… serein ? Mes doigts roulèrent sur ses épaules. Je me sentais tellement confiant tout à coup, tellement… entier. Je semblais étrangement calme quand je lui murmurais en me penchant. « Tu restes ici. »  Ça ressemblait plus à un ordre qu’à une requête et je n’en avais rien à faire.

J’étais aussi cassé qu’elle mais si elle parvenu à apaiser sa respiration et à sombrer dans le sommeil, je ne parvenais pas à chasser l’animal. Je crevais d’envie de voler mais je ne pouvais pas décemment faire comme à mon habitude. Ouvrir la fenêtre et partir… J’échafaudais alors à toute allure un plan. J’attendis qu’elle soit vraiment endormie avant de récupérer mes fringues éparpillées en quatrième vitesse, de prendre mes clés, de verrouiller derrière moi la porte puis de filer jusqu’à ma voiture. Je l’amenais au port avant de me déshabiller sur un quai vide, délaissé. Je calais mon trousseau entre le pneu et la jante avant de me transformer dans un coin où il fut impossible pour quiconque de m’apercevoir. Le corbeau exultait dès les premiers battements d’aile. Je fendis l’air et me laissais porter par le vent. Je ne pensais plus, j’existais. J’existais, oui à travers les yeux de l’oiseau. Demain matin, nous verrions ce qu’en pensait cet abruti d’humain.    
 

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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 8:54





Full Moon Effects



Quand je fis mine de partir, il m'arrêta dans mon élan et sa voix provoqua un looping dans mon bas-ventre. Décidément, je n'arrivais pas à le suivre. Je ne comprenais pas ce qu'il avait, ce qu'il voulait. Sa main attrapa mon bras, faisant tomber mon sac à main.
Camille a écrit:
« Reste avec moi. »
 
Son regard me liquéfia tandis que ses doigts venaient caresser mes épaules. Quelque chose venait de changer dans la physionomie de Camille. Quelque chose que je n'expliquais pas. Il semblait moins tendu, tout à coup et ses yeux brûlaient d'une lueur que je leur connaissais bien. Celle du désir pur et simple, sauvage, entier, intransigeant. Celle de la passion sans limite.
Je déglutis alors qu'il se penchait vers moi. Je n'osai pas bouger, c'est à peine si j'osais respirer.
Camille a écrit:
« Tu restes ici. »

J'acquiesçai doucement, comme hypnotisée et frissonnai alors que ses doigts effleuraient ma bouche, juste avant que ses lèvres les remplacent. Il m'embrassa avec tendresse, mais très vite ses mains entourèrent ma gorge pour me pencher en arrière et approfondir ses baisers. J'agrippai ses mains des miennes et me laissai électriser par ses baisers langoureux, profitant de chacun d'entre eux tout en attendant désespérément plus.
Le temps semblait déjà s'être figé, en tout cas j'en avais déjà totalement perdu la notion. Je sentis ses doigts remonter le long de mon dos qui fut parcouru de frissons. Sa bouche se rapprocha de mon oreille, son souffle vibra contre ma peau.
Camille a écrit:
« J’espère que tu ne tiens pas trop à cette robe. »

Je n'eus pas le temps d'analyser ses mots que ses dents sur ma peau me les firent oublier aussi sec. Il me plaqua contre le mur et je fermai les yeux alors qu'il m'embrassait dans le cou. Il s'empara de ma jambe et sa main glissa le long de ma cuisse jusqu'à mes fesses. Je le sentis tirer sur le tissu de ma robe et laissai échapper un petit cri de surprise lorsque je l'entendis se déchirer. Mais je n'eu même pas l'occasion d'y réfléchir que déjà il me soulevait et me plaquai à nouveau contre le mur en continuant à me dévorer de baiser. Je n'étais plus capable de penser, mon cerveau s'était mis en pause et je vivais tout ça d'une manière incroyablement détachée. La seule chose dont j'avais conscience c'était les sensations qu'il provoquait en moi, les réactions de mon corps entre ses doigts et le rythme déjà totalement désordonné des battements de mon cœur.

J'étais incapable de penser, incapable de parler, alors je me contentais de l'embrasser une dernière fois et de me blottir dans le creux de son épaule. J'étais brisée, physiquement, mentalement, et pourtant comblée, indescriptiblement heureuse et en paix. Malgré mon pouls affolé et ma respiration irrégulière, je n’eus pas la force de lutter et je sombrai presque immédiatement dans un profond sommeil on ne peut plus mérité...

Je sentis bouger sous moi et me retournai pour enfouir mon visage dans l'oreiller avec un petit gémissement. Le bruit de la porte d'entrée pourtant sembla atteindre la partie consciente de mon cerveau et j'entrouvris les yeux pour constater que j'étais seule dans le lit. Intriguée, je me redressais. Camille venait de s'en aller. Qu'est-ce que ça voulait dire ? S'était-il passé quelque chose ? Il ne pouvait pas partir comme ça au beau milieu de la nuit ! Une pensée folle me traversa l'esprit : et s'il était allé retrouver la Reine des Vampires ? Et si tout ce sexe débridé n'avait été qu'une pathétique tentative de retrouver ce qu'il avait éprouvé avec elle ?  Et si je n'étais absolument pas à la hauteur ? Je sentis mes yeux s'embuer et je me débattis dans les draps pour sortir du lit, horrifiée, au bord de la panique. Bon sang, il fallait que je me reprenne. Rebecca, tu es ridicule, une pauvre idiote sans cervelle, calme-toi, retrouve ton sang-froid ! Mais c'était le sang de Camille que j'imaginais déjà aspiré entre les lèvres de Krystel Rembrandt, la beauté glaciale des suceurs de sang.
- Non !
Je trébuchais et m'effondrai sur le sol où je restai recroquevillée quelques instants en me mettant à pleurer. Je finis par me calmer toute seule, consciente que c'était le trop plein de sensations des dernières heures qui me rendait tellement émotive. Je subissais le contrecoup de nos ébats en craquant nerveusement. Camille n'était pas allé retrouver la Reine. Il ne ferait jamais une chose pareille volontairement. Je perdais totalement la boule.

Je me redressais en essuyant gauchement mes joues, grimaçant à chaque mouvement tant mon corps tout entier souffrait le martyre. Le plaisir sans limite avait un coût et je risquai fort d'en payer le prix fort le lendemain matin. Pour l'instant, j'avais la gorge sèche et les reins en feu, aussi me servis-je un verre d'eau glacé que je vidai d'un trait. Cela me fit du bien et parvint à percer l'épaisse muraille qui avait emprisonné mon bon sens. Il fallait que je dorme. Camille finirait par revenir, il n'y avait rien que je puisse faire de toute façon.

Je me dirigeai vers le lit mais stoppais avant de m'y recoucher. Surprise par la clarté ambiante, je tournai les yeux vers la fenêtre pour voir la pleine lune me narguer de ses reflets nacré, majestueuse dans sa traîne d'étoile. Et quelque chose se déverrouilla en moi. Soudain, la brume de mon esprit n'était plus qu'un mauvais souvenir et les rouages se remettaient en marche à toute vitesse. On était le soir de la pleine lune… toutes mes théories, mes interrogations, mes indices semblèrent s'emboiter sous mes yeux. Camille n'était pas un loup-garou. Si l'épisode de la Reine m'en avait fait douter, j'en étais maintenant persuadée. J'avais été avec lui ici toute la soirée et il ne s'était pas transformé en loup. En revanche, il avait été intenable toute la journée et l'explication en était parfaitement évidente… Camille n'était pas plus humain que moi. Mais s'il n'était ni un lycan ni un vampire, qu'était-il ? Sûrement pas l'un des miens, car son comportement ne ressemblait à aucun de ceux attribué à mon espèce, même si cela aurait pu expliquer l'incroyable attraction entre nous. Notre compatibilité n'était plus à prouver. Je l'avais vu en plein jour, je l'avais vu tenir tête à un loup-garou…

Son côté animal, bestial, avait été à son comble tout le week-end… je repensais au loup et à ce qu'il avait dit, je repensais à la lettre de la reine… "Tu crois que les moineaux me font peur ?"  "Mon cher oiseau"…"Mon bel oiseau…"

Je m'assis sur le lit, sous le choc. Camille était… quoi au juste ? Un oiseau-garou ? De toute évidence, cela devait avoir un rapport quelconque avec les volatiles. Je glissai mes mains sur mon visage pour essayer de remettre un peu d'ordre dans tout ça, mais je me sentais affreusement mal, mal de connaître son secret sans qu'il en soit conscient, mal d'avoir percé ses mystères alors que les miens restaient entier. J'avais envie de vomir, j'avais envie de me remettre à pleurer. Mais au lieu de ça, je me laissai retomber entre les draps et serrai la couette contre moi pour essayer de me rassurer. Tout allait bien, tout ça n'avait aucune importance. Cela ne changeait rien. Camille était toujours le même, mes sentiments pour lui n'avaient pas changé. Je venais simplement de comprendre qu'il existait encore bien des choses que j'ignorais sur le monde qui nous entourait lui et moi. Personne ne devait se douter de l'existence d'une autre espèce et j'imaginais à quel point cela devait être délicat et stressant pour Camille. Toutes ses mises en gardes me revinrent en tête. Il m'avait prévenu, il avait essayé de me préserver, et pourtant j'avais tout découvert toute seule, comme une grande, par le hasard des derniers évènements. Il n'allait pas aimer, ce qui était exactement la raison pour laquelle je n'allais rien lui dire. Pas alors que je commençais seulement à lui montrer les bons côtés de notre rapprochement. Il n'avait pas à s'inquiéter davantage pour son secret, il ne craignait rien avec moi. Tout irait bien.

L'angoisse laissa place à une sérénité presque surprenante. Maintenant que je savais de quoi il retournait, j'allais pouvoir gérer tout cela avec plus d'efficacité et surtout savoir, avoir enfin compris ce que mon cerveau tentait si désespérément de me faire comprendre semblait l'avoir apaisé. Je sentie la fatigue retomber sur mes épaules et mes paupières comme une chape de plomb. Le message était clair : j'avais suffisamment cogité pour l'instant, il fallait que je dorme à présent. Je ne me dis pas prier et me laissai totalement sombrer dans un sommeil qui fut peuplé de rêves abstraits.

Je sentis une chaleur rassurante m'entourer et mon esprit se reconnecta juste un instant pour comprendre que Camille était revenu. Dans un état de semi-éveil, je souris et me blottie contre lui avec un petit soupir d'aise avant de retomber dans l'inconscience presque aussi sec.

Il y avait un moineau. Ou peut-être était-ce une autre espèce, je n'avais jamais été très douée en ornithologie. Planté sur le rebord de ma fenêtre, j'avais l'impression qu'il essayait de me dire quelque chose. Manque de chance, je ne comprenais pas ses piaillements.
- Qu'est-ce que tu veux ?
Le volatile cligna de ses petits yeux et pencha la tête sur le côté:
- Je ne suis pas celui que tu crois.


Je me réveillai brusquement. Bon sang, quel rêve bizarre. J'étais épuisée par ma nuit et par la soirée qui l'avait précédé. Les rêves étranges s'étaient succédés et j'avais l'impression de ne pratiquement pas avoir dormi. Camille était toujours là et dormait profondément. Je l'observai silencieusement un moment. Il avait l'air tellement paisible, loin de tous les soucis qui lui barraient les traits lorsqu'il était éveillé. Je me détachais précautionneusement de ses bras et attrapai le portable sur la table de chevet. 08h15. Parfait, j'avais rendez-vous à l'Université de Glasgow à 10h00. Je pouvais encore profiter un peu du lit et des bras de Camille, puis le temps de prendre une douche, de m'habiller et…
Ho merde.
Je me souvins tout à coup que ma robe avait fini en morceau et je sentis mon visage s'échauffer. Bon sang, cela avait été tellement… excitant, sauvage, je n'avais même pas pensé une seule seconde que je n'aurais plus rien à me mettre. Je ne pus m'empêcher de sourire. Je comprenais mieux maintenant. Camille avait été sous influence lunaire toute la journée hier et celle-ci avait du atteindre son apogée avec la nuit… mon dieu heureusement que la pleine lune n'avait lieu qu'une fois par mois, car je n'aurais pas pu supporter un tel rythme plus souvent… Enfin, aucune importance, cela valait largement l'embarras…Je n'avais plus qu'à faire l'aller-retour à Livingstone pour me trouver une tenue pour mon entretien.  

Je me levai silencieusement, grimaçant à chaque mouvement. Holala… j'avais mal partout. A croire que j'avais couru un marathon… ce qui n'était pas si loin de la réalité d'ailleurs ! Nous avions sûrement battu des records cette nuit !
Je ramassais ma robe toujours à terre pour la déposer sur le dossier d'une chaise, puis j'attrapais mes sous-vêtements que j'enfilai à la va-vite et fouillai dans l'armoire à Camille pour trouver quelque chose à porter. Bon. Je pris une chemise que, une fois n'est pas coutume, je boutonnai de haut en bas. Elle cachait à peine mes cuisses mais cela devrait suffire pour atteindre la voiture.  Il me fallait vraiment, VRAIMENT, un sac d'affaires de rechange dans mon coffre.

Il ne me fallu pas longtemps pour être prête à partir. Je regardai encore Camille et m'approchai pour déposer un léger baiser dans ses cheveux. Je n'avais pas cœur à le réveiller tant il semblait en paix. Et puis, j'ignorais quels autres effets pouvait avoir la lune sur lui et son organisme, mais il devait sûrement avoir besoin de repos, lui aussi.
Me sentant coupable de l'abandonner, j'attrapai une page de carnet y notai un
Petit mot pour Camille:
 
avant d'y laisser les empreintes de mes lèvres et la laissai en évidence sur la table.

Puis je quittai l'appartement le plus rapidement et le plus silencieusement possible.  
La journée passa à toute allure et je n'arrêtai pas de courir. Je fis l'aller-retour jusque chez Maka, pris une douche, choisie une tenue pour mon rendez-vous, remplit un sac d'affaires en tout genre que je jetai dans mon coffre et prit tout de même le temps de prendre un copieux petit-déjeuner. Après la nuit que je venais de passer, mon corps tout entier réclamait une dose conséquente d'énergie. J'arrivais à l'heure à mon entretien qui se passa si bien qu'en quittant l'université, un petit peu avant midi, j'avais la garantie d'un job à la rentrée. L'ami d'Alan avait été absolument charmant et très enthousiaste à l'idée d'avoir une assistante qui reprendrait parallèlement ses études. Il m'avait même proposé des cours d'été pour me remettre à niveau ce que je m'étais empressée d'accepter.

J'avais laissé un message vocal à Alan pour le remercier, puis j'étais rentrée chez Mak pour le reste de l'après-midi et en avait passé une partie sur internet pour chercher quelques informations sur les hommes qui se transformaient en oiseau ou en autre animaux. Je ne trouvai aucun renseignement, comme je m'en étais douté. La seule référence à une quelconque transformation de ce genre était un article de wikipedia concernant la thérianthropie, soit le fait de se transformer en animal, mais pas forcément un oiseau. Et cela n'était relié qu'à des légendes et des mythes. Mais bon, l'existence des loups-garous avait longtemps été considérée comme tel alors…  Internet ne m'aiderait pas, j'allais devoir me débrouiller toute seule. Je fis un peu de ménage et préparai le repas pour partager le dîner avec Makayla. Puis avant la nuit, je repris la route de Glasgow. Camille travaillait, mais j'irai l'attendre chez lui. Mon corps criait grâce, mais je n'avais pas l'intention de réitérer les exploits de la veille. Je voulais juste être avec lui alors qu'il faisait nuit à l'extérieur. Et puis, nous n'avions pas pu parler de ce qu'il s'était passé entre nous et je voulais savoir comment il allait. Je m'inquiétais un peu. Je ne savais pas à quel point la Lune avait pu le perturber et je voulais constater moi-même qu'il allait bien et le rassurer le cas échéant. Il se faisait tellement de soucis parfois…  

Encore épuisée par le week-end de pure folie que nous avions vécu, je ne cherchais même pas à me mettre devant la télé. Juste vêtue d'une nuisette, je me glissai dans les couvertures et sombrai très vite. J'avais du sommeil à rattraper…


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 16:29




Full Moon Effects

Tout s’était simplifié et dans ma cage thoracique, et dans ma boîte crânienne, tous les concepts s’étaient rationalisés. Je n’étais qu’instinct et intuition.  Voler m’apporta la sérénité absolue et l’oiseau ne perdit pas une seule miette de sa liberté avant que rassasié des cieux, il me laisse regagner mon lit. Je rentrais silencieusement sur la pointe des pieds dans mon appartement, le soleil n’avait pas encore percé l’horizon. Mon regard ne s’attarda que sur les lueurs projetées sur le corps encore allongés là de mon amante. Je me déshabillai et me glissa dans les draps. Ma jolie brune retrouva bien vite sa place aux creux de mes bras et je m’assoupis aussi rapidement. Je dormis sans rêver ou du moins, sans m’en souvenir, profondément, détendu. Absolument rien ne vint perturber mon sommeil de plomb. J’ouvris péniblement mes yeux une décennie plus tard, avec la drôle impression de sortir d’un coma sordide. Quel jour ? Quelle heure ? Je refermai mes paupières et hésita même à re-sombrer. Je me retournais alors et étouffa un gémissement. J’avais mal partout. Qu’est-ce que j’avais encore foutu la veille ? Ma main chercha méthodiquement Rebecca, déjà bien trop habitué à sa présence - son odeur chatouillant en plus mes narines -  mais se heurta à du vide. Ah ? Je me forçais à rouvrir mon champ visuel et à émerger. Tout me revint alors par vagues. Le réveil de la veille, la douche, le restaurant, le dragueur, la voiture, les bois, son appart, ma course, sa bouche, son corps, la nuit entière. Merde. Je me relevais d’un coup le cœur battant dans les oreilles. « Becky ? » Le silence me répondit, strident, horriblement insupportable. Je restais figé, le regard dérouté alors que je me rappelais de mieux en mieux ce que je lui avais fait vivre la veille. Putain, je l’avais fait fuir à tous les coups. Je m’assis et passa une main sur mes traits. J’étais complétement cassé, je ne m’étais pas du tout ménagé et voler après l’épisode charnel n’avait pas été ma meilleure décision du jour. J’allais avoir besoin de café pour gérer ça mais avant, je consultais l’heure de mon portable. Midi passé. Eh ben. Je me relevais péniblement et accusais les conséquences de ma démence passée. Chaque pas était quasiment une douleur supplémentaire. Je m’orientais vers la table en y voyant un morceau de papier. Avais-je envie de lire ce mot ? La trace de rouge à lèvre m’y encouragea. Je restais interdit le temps de parcourir l’écriture de mon amie et sentis un léger soulagement décrisper mes traits. Léger parce que tout ne semblait pas solutionné. La première fois que nous avions couchés ensemble, elle m’avait aussi filé entre les doigts dès le réveil. Et si, elle m’avait menti ? Je devenais… Ok, j’étais trop parano. Peut-être qu’elle avait trouvé un vrai prétexte pour me laisser ? Honteuse de ma conduite ? Je savais que mes perceptions étaient altérées lors des pleines lunes et même si mes souvenirs étaient affreusement divins... Peut-être que ça avait été atroce pour elle et que je ne m’en sois pas rendu compte sur le moment ?

Je m’emmêlais déjà les pinceaux dans des angoisses irrationnelles. Je devais d’abord me réveiller et puis aviser. Je lançais le café bien vite et filais sous la douche. J’essayais de me détendre afin de dénouer mes muscles bien endommagés. J’avais vraiment fait fort… Je me mordis plusieurs fois l’intérieur de la joue en m’exhortant au calme. Plutôt que de m’enchanter de tout ce que j’avais vécu, je me torturais sur ce qu’elle en avait pensé. C’était toujours comme ça de toute manière, dès que je devais d’une manière ou d’une autre confronter ma vraie nature à quelqu’un, je flippais. Je pourrais analyser ça de diverses façons mais ça serait long et ennuyeux. Pour tout dire, je n’avais même pas la patience de me perdre sur ce chemin. Je me séchais, m’habillais et allais boire mon breuvage déjà tiède. Mes doigts tombèrent sur sa robe déchirée, je fronçais les sourcils. J’avais vraiment perdu tout contrôle. Je jetais un œil à l’étiquette et retins sa taille. Vu que je ne bossais pas avant ce soir, j’allais devoir m’occuper les mains et l’esprit d’ici là. J’avais plusieurs pistes. Je fis quelques recherches rapides sur internet, récupérant le numéro de compte de l’association dans le besoin qui avait attiré mon attention pour lui effectuer le versement. J’allais faire un saut par la banque, ça me forcerait à bouger. Je pris mon téléphone mais avant de l’embarquer, je tentais de composer un message « Hey Becky ! J’ai bien vu ta note… » Non, trop impersonnel… J’effaçais. « Salut Becky ! J’espère que tu vas bien. » Humpf, pas sûr que ça soit le cas. Je supprimais tout. « Désolé pour hier. » Je ne pouvais pas l’accabler de mes excuses d’emblée comme ça. Qu’est-ce que je voulais vraiment lui dire ? « Becky, tu m’as manqué ce matin. » J’écarquillais les yeux devant ma propre audace. Allez Camille, tu réalises ce que tu écris aujourd’hui ? J’abandonnais l’idée en soupirant et rangea mon portable dans la poche de mon jean. J’enfilais des chaussures, emporta mes effets personnels et sortit. Je fumais une cigarette le temps de retrouver ma voiture comme toujours et m’installa dans l’habitacle. Je tournais la tête vers la banquette arrière. Mes pensées hissèrent sur mon visage un demi-sourire, une demi-grimace avant que je ne démarre vraiment.

J’effectuais ma transaction anonymement et puis ayant encore un paquet d’heures à combler, je décidais de flâner dans un quartier commercial. Je comptais réparer une partie des torts – ceux que j’avais anticipé et peut-être imaginé, et décidais de racheter une robe à mon ancienne voisine. Je réalisais bien que l’idée de se racheter une conduite avec du matériel et de l’argent était juste odieuse, j’étais le premier à le reconnaître et à détester ça mais je ne savais pas comment exprimer autrement pour l’instant mon embarras et mon pardon. J’entrais dans quelques boutiques et opta pour quelque chose d’assez similaire à ce que j’avais détruit. J’étais instinctivement entré dans une boutique assez luxueuse – vieilles habitudes de gosse de riche peut-être ? Je ne me voyais pas lui acheter un truc de qualité médiocre. La vendeuse minauda autour de moi et tenta de façon peu subtile de savoir à qui je comptais l’offrir – je ne lui fis pas le bonheur d’une réponse claire. Je payais le plus vite possible et sortis rapidement. Je rentrais chez moi, déposa mon paquet dans l’entrée et me retrouva face au silence encore une fois ce que je n’avais jamais supporté. J’allumais la télévision et essaya de voir si au niveau de la communauté certaines choses restaient à régler. Je consultais mes mails, passais quelques coups de fil. Finalement, je me mis à cuisiner avant de partir au travail et engloutis mon repas. Je balançais l’assiette et les couverts dans l’évier avant de filer. La soirée fut pénible. J’étais encore éprouvé de la veille à l’instar de mes collègues, nous fermions tôt ce soir heureusement et je fus heureux à l’idée de retrouver mes oreillers.

Je passais le seuil de mon appartement en baillant, refermais la porte derrière moi et buta dans mes achats de l’après-midi. Je posais le sac sur la table de la salle à manger en grommelant des phrases incompréhensibles dans mes dents. Je n’allumais même pas les lumières, me dirigeant dans la pénombre dans la salle de bain, à peine attentif à ce qui m’entourait. Je troquais mon jean et ma chemise contre un pantalon de survêt et un t-shirt avant de me diriger enfin vers mon lit et apparemment une personne. Je sursautais presque en voyant la silhouette déformer les plis de la couette. J’avais oublié, j’oubliais tout le temps qu’elle possédait un double de mes clés. Ça me dérangeait ? Je ne savais pas m’exprimer là-dessus, j’étais vraiment partagé. Toujours était-il qu’elle était revenue… Je me glissais dans les draps à ses côtés, je n’osais pas la réveiller. Je me contentais alors de l’observer dormir sans venir me coller à elle. Je m’étais déjà juré mentalement de ne plus tenter quoique ce soit après la nuit d’hier, trop conscient d’avoir abusé. Je craignais toujours les retombées. Mon portable se mit à raisonner dans la pièce et je jurais. Ce n’était pas le personnel mais celui que j’utilisais exclusivement pour les métas. Je me relevais en hâte. Ça devait être une urgence pour qu’on me sonne aussi tard. Je décrochais sans même analyser le numéro. Apparemment, la sœur d’un des nôtres n’était pas rentrée après la pleine lune hier soir. Inutile de préciser qu’elle avait 16 ans et que son frangin était gravement paniqué. Je repassais en mode professionnel, l’image même de la sérénité quand je déclarais d’une voix neutre. « Calme-toi. Et réexplique-moi. » J’analysais la situation sous plusieurs angles tandis qu’il se confondait en scénarios catastrophes. « Tu n’as pas alerté la police je suppose ? ... Ok… Ecoute… Je peux… » Il me dit de laisser tomber quand au loin une voix féminine l’appela. Ça raccrocha soudainement. Je restais perplexe. Peut-être qu’elle venait de rentrer ? Hum. Je soupirais en rangeant le téléphone dans le tiroir de la commode du salon et revins près de mon invitée. Je n’osais même pas la toucher toujours désolé de la veille, je lui offris un sourire compatissant. « Désolé que ça t’ait réveillé. C’était un ami paniqué. Tu peux te rendormir. » J’espérais qu’elle n’ait pas compris le coup des deux téléphones, au pire, je saurais quoi prétexter. Je m’allongeais gardant mon visage dans sa direction mais en ne comblant pas l’espace entre nos deux corps.


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Lun 15 Juil - 21:37




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Un bruit désagréable me fit froncer les sourcils au beau milieu de mon sommeil. Je ne voulais pas être réveillée. Je ne voulais pas ouvrir les yeux. Le bruit –non, la sonnerie ?- continua et je tentai de l’ignorer, sans succès. Avais-je mis mon réveil ? Non, ça n’y ressemblait pas. Mais alors quoi ?  Je poussai un soupir et ouvris les yeux au moment même où la mélodie cessait et où résonnait à la place la voix de Camille. Je restais prostrée dans les draps et me tournai juste pour pouvoir observer mon amant. Mon amant exclusif. Un sourire se dessina sur mes lèvres. J’étais encore trop embrumée de sommeil pour comprendre ce qu’il disait, mais je me sentais bien, simplement parce qu’il était juste à côté.  
Il se rapprocha de moi et son petit sourire contrit me fit craquer. Je secouai doucement la tête, faisant virevolter mes cheveux indisciplinés lorsqu’il s’excusa :

-          ‘pas grave…

Je me redressais légèrement quand le reste de ses mots atteignirent mon cerveau.

-         Paniqué ? Répétai-je, inquiète. Tout va bien ?  

Je n’avais pas l’intention de me rendormir, pas tout de suite, alors qu’il était là, juste à côté de moi. Il s’allongea face à moi et je vins me couler dans ses bras, glissant mes mains autour de sa taille. Je levai le visage pour déposer un petit baiser sur ses lèvres avant de poser ma tête contre son torse.

-          Mmmmh… soupirais-je en me détendant à son contact.

Il m’avait manqué. Comment était-ce possible ? Après la nuit que nous avions passée, après le week-end presque non-stop où nous avions été ensemble, comment une petite journée sans lui pouvait-elle m’avoir paru si longue ? N’avions-nous pas assez profité du corps de l’autre ? Abusé même ? Tous mes muscles clamaient clairement que si, et pourtant…. Il n’y avait qu’une explication : j’étais bel et bien une droguée, intoxiquée, accro.  C’était bête, mais je m’en fichais. Je réalisai que j’avais attendu de le voir pour lui annoncer la nouvelle qui avait éclairé ma journée. Je souris et annonçai innocemment :

-          Devine qui a décroché un job ?

J’étais tellement excitée et enthousiasmée par la nouvelle que je ne tardais pas à lui donner des détails :

-          J’ai eu un entretien avec l’un des professeurs de l’université de Glasgow grâce à Alan. C’est un de ses amis qui va me prendre pour assistante à la rentrée. Tu verrais son bureau… je vais avoir du travail pour les trois prochaines années, au moins !  Et en attendant, il va me donner des cours de remise à niveau pour que je puisse reprendre mes études en parallèle.

Je me redressai pour l’embrasser à nouveau et plongeai mon regard dans le sien en souriant, reconnaissante :

-          Tout ça c’est grâce à toi, merci…

Camille avait vraiment été mon port d’attache depuis mon retour, même s’il avait tout fait pour ne pas tenir ce rôle et que je m’étais cramponnée à lui avec une détermination qui frôlait l’obstination.
Mais cela ne servait plus à rien de me mentir. J’étais revenue pour lui. Si ça n’avait pas été pour le retrouver, j’aurais probablement laissé cette vie-là derrière moi et fuis le pays comme toute personne censée aurait dû le faire.  Mais j’étais là, de retour depuis à peine plus d’un mois et je retrouvais enfin mes repères les uns après les autres. D’abord lui, puis une voiture, puis un travail, et bientôt, enfin un appartement. Ce qui me faisait penser…

-          D’ailleurs, on va pouvoir programmer mon déménagement maintenant ! Ta proposition de me prêter tes muscles tient toujours ?

Livingstone était de toute façon trop loin. Faire les allers-retours m’ennuyait et même si le dernier trajet en sa compagnie avait pris un tournant totalement… inattendu et débridé, nous étions capables de ce genre de prouesse n’importe où. Le reste de la soirée l’avait prouvé… Et en ce qui concernait Makayla, je l’adorais, mais j’avais vraiment besoin de mon espace.
J’étouffais un bâillement contre son torse et sentis mes yeux se fermer. J’étais exténuée et il n’était pas raisonnable de veiller plus longtemps alors que mon corps réclamait désespérément de longues heures de sommeil.
Je réajustais ma position dans les bras de Camille et déposai un baiser sur sa clavicule:

-          Bonne nuit, Cam’…

Et il ne me fallut pas longtemps, bercé par sa respiration, pour retomber paisiblement dans le sommeil.  
L’arôme du café me sortit doucement des bras de Morphée. Je m’éveillais lentement, m'étirant comme un chat, ronronnant presque du plaisir d'avoir pu dormir tout mon saoule.  Je n'avais aucune idée de l'heure, mais le soleil était déjà haut dehors, et Camille était adossé contre le comptoir et me regardai en sirotant son café. Je lui souris et glissai une main dans mes cheveux ébouriffés:

- Déjà debout ?

Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était, mais habituellement, c'était moi qui me réveillais la première. Je me mordis la lèvre en m'étendant avant de me lever pour le rejoindre et de l'embrasser tendrement. J'étais déjà moins courbaturée aujourd'hui, bien qu'encore raide, je n'aurais pas dit non à un petit massage.

- Un homme sexy, du café, et du soleil… soufflai-je contre ses lèvres. Mmmh je dois être au paradis…

Sans me départir de mon sourire j'attrapai la tasse qu'il me tendait et la portai à mes lèvres. Oui exactement, au paradis, ce café était divin. Le sexe et le café risquaient bien d'être les seuls moyens pour moi, pauvre semi-démone, d'atteindre le septième ciel alors autant en profiter. Haha. Même cela ne pouvait entamer ma bonne humeur. Je rigolais toute seule et m'adossait près de lui avant de remarquer un paquet sur la table.

- Qu'est-ce que c'est ? Demandai-je, curieuse, en posant ma tasse et en me penchant pour m'emparer du sachet.

Je fronçai les sourcils en reconnaissant la marque. Camille était allé faire les boutiques ? C'était… surprenant. Je me demandais ce qu'il avait bien pu s'acheter.
Je plongeai la main à l'intérieur et en ressorti le morceau de tissu. Je le dépliai et découvrit une petite robe.

- Ho.

Je lançai un regard interrogateur à Camille qui se transforma en surprise quand je percutai qu'il s'agissait du même genre que la mienne, et que c'était ma taille.

- Ho ! C'est… pour moi ?

C'était tellement… inattendu et… adorable. Je lui souris, encore, cette fois plus timidement et me penchai vers lui, glissant ma main sur sa joue pour l'embrasser:

- Tu n'étais pas obligé. Elle est parfaite, merci.

Au-delà du fait qu'il avait du la payer bien plus chère que ma petite robe en solde, l'attention me touchait profondément. C'était probablement la première fois que Camille m'offrait quelque chose, et cela avait beau être en remplacement de ce qu'il avait détruit, cela ne me laissait pas indifférente.

- Je devrais peut-être l'essayer tout de suite…

Je retirai innocemment ma nuisette et lui tournai lentement le dos pour me glisser dans la robe avant de tourner sur moi-même:

- Alors ? Verdict ?

J’aperçus un morceau de papier qui avait du tomber quand j'avais sorti la robe du sachet et m’accroupis pour le ramasser, me redressant en déchiffrant la carte. Un numéro de téléphone…  je compris immédiatement ce qu'il s'était passé. Non mais la garce ! Il y avait vraiment des gens qui ne doutaient de rien ! Camille et moi étions exclusifs !
A moins que… n'avait-il pas pris cette décision en étant sous l'influence de la lune ? Etait-il vraiment en possession de tous ses moyens dans ces moments-là ? Se souvenait-il de tout ? Je sentis une bouffée d'angoisse et de jalousie me vriller l'estomac et je tentai de garder un air impassible. Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. Je plongeai mes yeux dans son regard océan et lui tendis la carte, faussement décontractée :

- Il semblerait que la vendeuse t'ai trouvé à son goût…


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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mar 16 Juil - 12:14




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J’appréhendais les réactions de Rebecca. C’était le premier vrai retour de sa part depuis la folie de la veille. Est-ce que sa présence ici n’en était pas déjà un ? Je ne savais pas trop. Je restais distant, en réserve, le temps qu’elle réagisse à mes mots et ma présence. Sa petite voix ensommeillée m’arracha un léger rictus. « Oui tout va bien, c’était rien de grave. Ne t’en fais pas, ça va, plus de peur que de mal. » Elle se rapprocha finalement et m’enlaça. Mon corps se détendit grandement quand elle trouva refuge dans mes bras. Je ne la répugnais donc pas. Elle cueillit mes lèvres et se colla contre moi, je passais rapidement un bras autour d’elle avant de respirer sa fragrance. J’avais l’impression qu’un millénaire s’était écoulé depuis le délire lunaire et je pouvais enfin me sentir partiellement rassuré maintenant qu’elle acceptait encore de se retrouver ici seule avec moi, près de moi, contre moi. J’aurais pu rester une éternité juste comme ça à profiter de sa chaleur. Ses intonations reprirent de plus belle. Ah oui, son mot de ce matin ! J’étais honteux, noyé dans mes propres angoisses, j’avais complétement zappé qu’elle avait cet entretien. J’étais d’un égoïsme impensable et je me serais gifler pour ça. Je la laissais continuer, l’écoutant attentivement. Son sourire fit naître le mien. Enfin une bonne nouvelle, peut-être que je ne lui aurais pas apporté que des soucis. Quoique rien n’était moins sûr, c’était bien grâce à Alan et à ses compétences qu’elle l’avait décroché. Les perspectives d’avenir de ma jolie brune me consolèrent des dégâts que je lui avais causés à maintes reprises.  « Tu pourras même reprendre tes études ? Tu te comptes te diriger dans quoi? C’est super Becky ! Félicitations. On devra fêter ça dignement ! » Nos lèvres se trouvèrent au milieu de la nuit avant qu’elle ne capture mes yeux. Ses mots contractèrent mon cœur et je lui offris une grimace à la place d’un rictus. Elle ne devrait pas me remercier pour ça. «  Techniquement c’est à Alan que tout le mérite revient et à toi aussi. » Mes doigts glissèrent sur sa joue, je déposais ensuite ma bouche quelque part au milieu de sa crinière emmêlée. « Bien sûr, il suffit que tu me dises quelle date je dois bloquer. » J’avais pensé ramener peut-être d’autres personnes pour le déménagement mais ce n’était pas une bonne idée car ce serait d’office des métamorphes et il fallait toujours écarte Rebecca autant que possible du surnaturel. Puis, cette situation risquait de provoquer embarras et quiproquos. Je préférais encore être seul.

Mon amie étouffa un bâillement, je commençais moi-même à éprouver des difficultés à garder les yeux ouverts. « Bonne nuit Becky. » Morphée nous étreignit et nous nous endormions aussi sec. Je me réveillais relativement en forme et pour une fois, avant la créature qui était venu hanter mon lit cette nuit. Je me détachais d’elle prudemment et m’étira une fois hors des draps. Je me frottais les yeux. J’avais encore trop dormi – ça arrivait souvent quand elle restait ici. D’ailleurs, cela faisait combien de fois qu’elle s’était assoupie sur mon matelas ? Je n’osais faire le compte et préféra me rafraîchir les pensées en filant sous la douche. Je fis le moins de bruit possible et me lava rapidement. Je changeais de vêtements histoire d’enfiler un jean. Je retroussais les manches de ma chemise et marchais pieds nus jusqu’à la cuisine. Je fis alors le café, l’esprit un peu moins confus qu’au réveil. Maintenant que Becky avait  décroché un job, nous allions sûrement vivre à des rythmes totalement différents. Ca nous forcerait à nous voir moins. Ce n’était pas forcément une mauvaise chose, j’avais conscience que depuis son retour, notre relation avait vachement évolué. J’avais du mal de tenir la distance en ce moment, de comprendre ce qui m’arrivait, ce qui nous arrivait. Même au niveau charnel, ça me semblait avoir pris une dimension complétement hallucinante et je ne parlais pas bien sûr que de notre petite aventure lunaire. Je lui avais juré l’exclusivité, bon sang qu’est-ce qui m’avait pris ? Je savais bien que finalement, j’appliquais déjà le concept mais … Enfin entre l’accepter et l’appliquer inconsciemment.  J’étais vraiment largué dans ce qui se passait et prendre du recul serait sans doute une bonne chose autant pour moi que pour elle. Après la succession d’événements, menace, morsure, crise, rejet, sexe débridé, tout être normalement constitué aurait dû fuir, avoir peur. Pourquoi était-elle encore là ? Cette question revenait de plus en plus me hanter. Peut-être que je ne voulais pas deviner la réponse.

Je m’étais machinalement adosser au comptoir et la regardais dormir, ma belle au bois dormant. Tout ce qu’elle avait subi dernièrement avait dû l’épuiser. Je m’en voulais tellement. Je chassais l’expression douloureuse de mes traits quand elle remua. Inutile d’en rajouter après tout. « Eh oui, une fois n’est pas coutume. C’est toi la marmotte aujourd’hui. » Je me retournai pour prendre une tasse et lui servit également son café le temps qu’elle se réveille correctement. Elle s’approcha et je lui tendis son breuvage en me penchant sur ses lèvres pour l’embrasser. Je souris à sa remarque et la laissa prendre place à mes côtés. Sa réplique me força à décrocher les yeux de son visage et je balayais les environs pour tomber en effet sur le paquet. Ah merde, je l’avais laissé là. Zut, je n’avais pas encore réfléchi à comment lui présenter cette histoire. Je ne lui avais jamais rien acheté, enfin je n’avais rien acheté ces dix dernières années quoique ce soit pour une femme. Je ne voulais pas en faire une affaire d’état, ça me mettait tellement mal à l’aise. Elle plongea sur le sac alors que je restais terriblement aphone, embarrassé. Merde et si ça ne lui plaisait pas ? Et si c’était déplacé ? Et si …? La robe fût tirée de son emballage sous mes yeux, je me mordis la lèvre frénétiquement. Je devais dire quelque chose mais je n’arrivais pas. J’acquiesçais juste quand elle se retourna vers moi pour me demander si j’avais acheté ça pour elle. Elle m’embrassa et je retrouvais enfin l’usage de ma langue. « De rien. Je suis… désolé pour l’ancienne. » Bon finalement, j’avais réussi à m’excuser. Elle semblait lui plaire ce qui dénoua une partie de ma nervosité. Elle parla de l’essayer et j’espérais qu’au niveau de la taille, je ne m’étais pas trompé. Elle ôta sa nuisette devant moi ce qui réussit à me distraire grandement. Ça allait être laborieux de ne plus venir la titiller comme je me l’étais promis la veille. Mais je comptais m’en tenir à cette décision et la laisser venir me trouver la prochaine fois. J’eus du mal de retrouver un semblant de concentration mais parvins tout de même à articuler. « Tu es sublime. J’ai des bons goûts finalement et je ne parle pas que de la robe. »  Je lui fis un clin d’œil et me congratula de parvenir encore à savoir rester léger.

Elle se baissa alors et ramassa un bout de papier alors que je reposais ma tasse vide dans l’évier à côté de la vaisselle que j’avais employé le jour précédent. Il faudrait que je pense à nettoyer tout ça avant de partir ce soir. Je me tournais vers elle quand sa voix m’interpella. Je pris ce qu’elle me tendit intrigué et lu le numéro de téléphone. Ah ouais, quand même. «  Ah… ok. » Il était vrai qu’elle avait pas mal minaudé autour de moi mais je ne pensais pas qu’elle serait aussi sérieuse que ça. Machinalement, sans même réfléchir, je le déchirais et le jeter à la poubelle sans même en parler. Pour moi, ça ne nécessitait même pas une explication. De toute façon, j’en avais rien à faire et elle le savait, pas vrai ? Je m’approchais d’elle et glissais mes paumes sur sa nuque. Mon regard fut attiré par la cicatrice que sa rencontre avec un vampire avait laissée – ça me donnait encore la nausée. Je passais au-dessus de ça et continuais sur mon idée d’alléger la journée – pour une fois, ça ne pourrait pas nous faire de torts. « Si ça te dit, on pourrait fêter ton nouveau job et étrenner cette robe en ville dans la foulée ? » Je fis coulisser le dos de ma main sur sa tempe droite. « Dis-moi ce qui te ferait plaisir aujourd’hui ? » Oui, je restais bloqué dans l’optique de me racheter pour tout ce que je lui avais fait subir ces derniers temps. Comme si ça allait être aussi simple que ça…



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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mar 16 Juil - 23:41




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Camille a écrit:
«  Ah… ok. »

La carte fut déchirée et jetée en moins de temps qu’il fallait pour le dire. Parfait. Exactement ce que j’avais eu l’intention de faire. Avec un poil plus de hargne de ma part peut-être.  Mais je n’eus pas le temps de m’épancher sur ma jalousie car ses mains venaient se glisser sur ma nuque, me faisant oublier tout le reste. C’était à moi qu’il était… et il n’y aurait que moi…  Je due avoir l’air surprise lorsqu’il me proposa d’aller fêter mon nouveau travail. Camille me proposait de sortir ? D’aller fêter mon job, étrenner ma nouvelle robe ?

-          C’est une super idée ! Fis-je avec enthousiasme.

Il me caressa la joue et sa prévenance me laissa toute chose. Il me laissait choisir ce qu’on allait faire ? Bon sang, on avait dû me l’échanger pendant la nuit ! Je souris, attendrie. Je n’allais pas me plaindre, j’aimais assez cette nouvelle version de mon amant. C’était suffisamment rare –une première même si on oubliait le désastreux restaurant italien- pour ne pas laisser passer une chance pareille.
Je me mordis la lèvre en réfléchissant. Ce qui me ferait plaisir ? Etre avec lui, peu importait où, peu importait comment.

               -  Mmmh…  Ça veut dire que je vais t’avoir rien qu’à moi toute une après-midi ? Tu vas sûrement le regretter… prévins-je, amusée. Alors on devrait peut-être commencer par aller manger quelque part, qu’en dis-tu ?

Puis j’eu soudain une idée et lui attrapai la main en sautillant presque :

-          Hooo, je sais où aller ! On prend ta voiture ou la mienne ?
Demandai-je avec un sourire ravageur.

Aussitôt dit, nous étions partis et j’emmenai Camille dans un petit restaurant français de l'autre côté de la ville. Cela allait nous changer de la nourriture anglaise qui était si souvent insipide. J’en avais l’eau à la bouche rien que d’y penser.

Le repas fut excellent, sûrement aidé par l'ambiance beaucoup plus détendue que l'avant-veille. Je fis la conversation et Camille y participa volontiers, me gratifiant même plusieurs fois de son rire et de son sourire. J'avais du mal à croire que j'avais le même homme en face de moi. N'y avait-il eu que l'influence de la lune, ou autre chose le tracassait-il ? Il était en tout cas d'une prévenance et d'une gentillesse exacerbée aujourd'hui. Il était presque…docile, et ce n'était pas peu dire quand on réfléchissait à combien je devais toujours me battre avec lui pour avoir le dernier mot.
Quand il me demanda quel serait la suite des évènements, je fis mine de réfléchir. Le soleil si radieux de ce matin commençait à se cacher et j'étais persuadée qu'il allait se mettre à pleuvoir avant la fin de la journée. Et il y avait une activité que je n'avais pas faite depuis des lustres…

- Un petit cinéma ? Je n'ai pas vu un film depuis une éternité !

Et pour cause…  Mais mieux valait ne pas se pencher sur le sujet.
Je lui fis un petit regard de chien battu et mon sourire s'agrandit quand il accepta. Je me sentais comme une gamine le jour de son anniversaire aujourd'hui, comme si tout était permis !
J'entrelaçais mes doigts aux siens et nous marchâmes jusqu'au complexe qui n'était qu'à quelques pâtés de maison. Il me laissa choisir le film et je pris soin de ne rien prendre de trop ambiguë, c'était la première fois que nous allions au cinéma ensemble, je ne voulais pas le faire baliser en l'emmenant voir une comédie romantique. Je pris un film d'aventure, à la synopsis plutôt sympathique et très vite, nous nous asseyions côte à côte dans la salle obscure, ma main toujours dans la sienne. L'heure et demi de pellicule passa assez rapidement, même si je sentis Camille remuer plusieurs fois à côté de moi. Je ne m'étais pas penchée vers lui, à part pour faire quelques remarques –supposée humoristique- sur le film, et j'avais même fini par retirer ma main pour la plonger dans le pop corn et ne pas l'embarrasser davantage.

Et pourtant, quand la lumière se ralluma, Camille avait réinstallé une certaine distance entre nous. Ma bonne humeur s'essouffla comme un ballon de baudruche. J'avais encore commis un impaire sans m'en rendre compte… moi qui avait parfois l'impression de le connaître par cœur, je réalisais bien, dans ces moments-là, que j'étais encore loin du compte… sa nature –encore floue dans mon esprit- et son ancienne relation avec la Reine des Vampires, n'étaient pas les seules choses qui l'éloignaient de moi. Il devait y avoir d'autres blessures que je ne pouvais pas voir et il ne me laissait pas assez approcher pour que je puisse l'aider à les soigner et à les oublier… à la place, je subissais ses sautes d'humeurs… au moins, n'étaient-elles, aujourd'hui du moins, pas dues à la pleine lune.    

On attendit la fin d'une averse pour courir jusqu'à la voiture, puis on reprit la direction de chez lui. L'après-midi était bien entamée et je sentais qu'il était vraiment temps pour moi de m'en aller. J'étais épuisée moralement et je n'étais pas sûre de pouvoir contenir les angoisses de Camille en plus des miennes ce soir. Son comportement avait tendance à réveiller mes propres doutes, toutes mes incertitudes et mon manque de confiance en moi que je tenais si fermement en laisse habituellement.
Mon barman préféré fit quelques efforts mais je n'étais pas dupe. Notre petite parenthèse de bonheur était terminée et je ne savais même pas pourquoi.

Je me sentais totalement démoralisée quand on rejoignit son appartement. Je me servis un verre d'eau et m'assis à table. Mes yeux se posèrent sur ma robe déchirée toujours sur le dossier et je la pris entre mes doigts. Bon sang ce qu'il s'était passé cette nuit-là… Mes craintes nocturnes, celles qui m'avaient fait paniquer lorsque je m'étais réveillée et qu'il n'était pas là, revinrent au galop et je cru que j'allais suffoquer si je ne les extériorisais pas. De toute façon, Camille avait déjà replongé dans son mutisme, je n'étais plus à ça près….

- Camille ?

Je détachai mes yeux de la robe que j'avais dans les mains et les plongeai dans son regard agité.

- Ce qu'il s'est passé… entre nous, ce week-end…

J'hésitai, je ne savais pas comment formuler tout ça… bon sang, comment avais-je pu en arriver à parler de ça. Je sentais que la couleur avait déserté mes traits.

- Est-ce que c'était une tentative de ressentir ce que tu ressentais avec… elle… avec la reine ?

Toute cette intensité, toute cette sauvagerie ? N'était-ce pas ce que la reine avait dû lui donner à chaque fois ? Qui étais-je pour rivaliser avec elle ? J'avais mal à la poitrine tellement j'avais lutté pour sortir ces mots. Je me levais soudain et lui tournai le dos pour poser mes mains sur ma bouche. Je me sentais bouleversée et les images que j'avais tant essayé de repousser, de lui et d'elle, ensemble, vinrent hanter mes pensées. Ma voix tremblait malgré mes tentatives pour la maîtriser.

- Je sais que je ne devrais pas te demander ça… je sais que tu ne veux pas en parler… mais, je ne peux pas m'empêcher d'y penser… de me torturer pour savoir si tu penses encore à elle, si… si tu préférerais être avec elle, si… ho mon dieu, je suis tellement stupide…

Je cachais mon visage dans mes mains et secouai la tête. J'avais honte d'avoir mis ce sujet sur le tapis, honte de lui laisser voir que cet épisode m'avait davantage traumatisée que je ne l'avais prétendu.

- Excuse-moi… pardon… je sais pas pourquoi j'ai dit ça, je ne veux pas savoir…



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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 1:22




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La laisser mener la dance, c’était inédit pour nous deux. A voir son enthousiasme, je ne regrettais pas dans un premier temps d’avoir proposé ça.   « Je t’en prie, je te laisse gérer l’après-midi. » J’avais envie d’être simplement humain aujourd’hui, envie de réparer mes torts et de la remercier finalement. D’être restée principalement, surtout après mes 24 heures lunaires mouvementées… J’aurais dû l’effrayer depuis longtemps, je me demandais quand même ce qui clochait chez elle. Et si ses secrets étaient aussi gros que les miens – son absence de six mois restait toujours un mystère après tout - ? Ça aurait dû la faire fuir encore plus vite à mon avis. Elle m’entraîna donc dans un restaurant de son choix et je parvins à faire abstraction du surréalisme dans lequel nous avions été projetés ces derniers jours. Mon cerveau s’était mis tout seul en pause, je pense qu’il était d’accord avec moi sur ce coup. J’avais besoin de décompresser et j’accueillis la bonne humeur de ma comparse avec grand plaisir. Le repas fût plaisant autant au niveau de la nourriture que de la compagnie. Rebecca et moi étions enfin détendus à tel point que je  redécouvrais même mon aptitude à rire.  Tout semblait à nouveau facile, je ne cherchais pas à me butter à l’avenir et j’en arrivais presque à oublier qu’à la base, tout ce petit manège servait à me racheter de ma conduite antérieure. Une fois que nous fûmes repus, je me tournais vers mon ancienne voisine. Je lui avais promis de me plier à ses exigences – enfin à quelques mots près, c’est pourquoi je ne bronchais pas quand elle proposa le cinéma. De toute manière, pourquoi pas ? Ça faisait plusieurs années que je n’y avais pas mis les pieds. Je ne savais même plus dire si j’avais déjà mis un orteil dans une salle écossaise – c’est pour dire…  Le temps se couvrait qui plus est, le vent ne pouvait pas me tromper cette fois-ci. L’averse nous guettait. Son regard suppliant acheva de me convaincre. « Je t’ai déjà dit, aujourd’hui, je te laisse décider. Alors allons-y. »  Ses doigts se nouèrent aux miens, je me mordis l’intérieur de la joue. L’animal se releva, alerte. J’avais l’impression qu’à chaque manifestation de cet acabit quelqu’un était là pour le voir, pour l’analyser et pour mieux m’attaquer, nous attaquer. Ma parano aurait dû rester au placard. Je fus plus qu’enchanté à l’idée d’arriver rapidement au lieu convoité.  Elle choisit le film tandis que discrètement, j’observais les environs. M’afficher publiquement avec elle… On était plus à ça près mais…

Je lui achetais du popcorn et nous partîmes nous installer dans les fauteuils. La cécité ne tarderait pas à me frustrer et j’allais devoir m’appuyer sur mes autres sens pour rester vigilant. A force de me concentrer sur une menace potentielle, j’en avais oublié la situation actuelle. Une fois que le film débuta et que nous fûmes plongés dans le noir, je réalisais petit à petit ce que nous faisions aujourd’hui. A quand remontait la fois où j’avais offert un truc à une femme ? Rachelle. A quand remontait la dernière femme qui m’avait pris la main dans la rue ? Rachelle. Et à quand remontait mon dernier ciné avec une femme ? Rachelle. Merde. Je lui promettais l’exclusivité et puis j’additionnais ça à une sortie et un cadeau. Elle allait tout interpréter de travers, nous agissions comme un vrai couple. Je dû calmer ma panique face à cette révélation sinon je me serais enfui aussi sec. Sa main était encore dans la mienne, tout ça ressemblait trop à un rencard. Mais non, ça n’en était pas un. Nous étions juste des amis. Des amis qui couchaient ensemble c’était vrai mais qui passaient du temps ensemble parfois tout simplement. Fallait-il absolument parler directement de plus ? Je cherchais à me convaincre et honnêtement, ça ne fonctionnait pas. Elle retira son emprise sur ma paume et je réajustais ma position. Mes pensées divergeaient vers ma seule ex malgré moi et je me forçais à me rappeler ce que j’avais vécu pour mieux gérer la suite de cette histoire. Mes doigts jouèrent machinalement avec mon bracelet durant toute la séance et je ne suivis absolument rien de ce qui se joua devant mes yeux. Je me perdais entre mon passé et ce présent bien trop similaire à mon goût. Non, je savais que je ne pourrais jamais comparer Becky à l’adolescente que j’avais connu. Ça ne serait pas juste pour mon amante. Disons juste que c’était plus la situation sortie de son contexte qui… Je m’imposais à nouveau mes distances de sécurité, conscient de les placer entre nous bien trop tard.

Je tentais de meubler mes silences avec des phrases insipides alors que nous regagnions mon appartement en sachant très bien que je n’avais jamais été doué pour ça et ne le serais sans doute jamais. Nous arrivions bien vite dans ma pièce principale. Mon amie se servit un verre d’eau et s’assit à la table. Je profitais de ce moment de confusion pour faire ma vaisselle tranquillement. J’étais en train de m’amuser avec la casserole quand sa voix m’interpella. Je relâchais l’ustensile pour me tourner vers elle en prenant un torchon sur ma gauche afin de m’essuyer sommairement les mains. La robe en lambeaux reposait entre ses doigts, je su donc de quoi il allait en retourner. Elle mit des mots sur mes craintes et je déglutis douloureusement. Ça devait bien arriver après tout, nous étions forcés d’en reparler à un moment ou un autre, je ne pouvais pas être surpris.  Mais ce fut le cas parce qu’elle parla d’une chose à laquelle je ne m’attendais pas le moins du monde. Mon cœur remonta dans ma gorge et je restais un long moment sans voix. Elle invoqua à nouveau le spectre de mon ancienne maîtresse ainsi que tous mes ratés. Je l’écoutais partir dans ses délires à la suite alors qu’elle me faisait désormais dos. J’étais … choqué ? Je n’en savais rien. Je n’étais pas apte à parler de Krystel Raybrandt mais ça me décevait qu’elle pense que notre passion soit une recherche de ma part de mon ancienne relation avec une nocturne.  Ça me mettait aussi en colère qu’elle me juge d’une façon si… Non, elle avait raison, j’étais tordu. Pas étonnant qu’elle ait une si piètre opinion de moi après tout ce que nous avions vécu. Au final, j’étais simplement triste qu’elle prenne tout ça de cette façon et que nous en revenions au sujet de la Reine – autant dire que ça ne serait jamais mon préféré. Mes pêchés me semblaient tellement lourds à porter et je comprenais qu’elle ait du mal elle-même de les endurer d’une certaine façon. « Bien sûr que non, enfin ce qu’il… s’est passé n’a rien avoir avec... elle. »

J’étais livide quand je décidais de tirer une chaise pour m’y asseoir. Je posais mes deux mains l’une contre l’autre, à plat,  à la verticale juste devant mon regard et mon nez puis fermais les paupières quelques instants.  « Rebecca… Je … Je me doute bien que ça a dû te déstabiliser ce qu’il … S’est produit. Mais…» Au final, je m’en voulais. Comme d’habitude. Ma culpabilité me reprit de plus belle, je la torturais sans cesse avec le poids des non-dits et de mes erreurs. Je ne comprenais vraiment pas ce qu’elle fichait encore ici avec moi. Cette femme méritait autre chose. Et même si ça me semblait évident que j’aurais dû cesser nos petits jeux depuis longtemps, je ne voulais pas laisser la laisser dans le doute. Pas au sujet de la vampire, surtout pas à ce sujet. Je m’étais tellement battu pour en arriver là et Rebecca était la dernière personne qui devait penser que je voulais revenir en arrière. « Becky… Ecoute… Je… Non, ça n’avait rien à voir avec elle. Ce qu’on a… vécu, c’était… enfin… »  Bon sang, je me remettais à ne plus savoir parler et repenser à nos ébats récents ne m’aidait officiellement pas. Je ne voyais toujours pas son visage et ça commençait à m’inquiéter. Est-ce que je l’avais encore fait pleurer ? Je me levais pour me donner de la contenance et finalement, vins la prendre par le poignet pour la forcer à me faire face. Je plantais mon regard dans le sien et y puisa toute la force dont j’avais besoin. Je m’emparais du tissu déchiré et le brandis sous ses yeux.  « Elle n’a rien avoir avec ça. C’est avec toi que j’ai couché, d’accord ? Et ça… c’est bien à toi que je l’ai arraché, ok ? » Je réalisais que ma phrase n’avait pas forcément de quoi la rassurer. « Ce que j’essaie de te dire c’est que Rebecca, au cas où tu l’aurais pas remarqué… Tu me fais complétement perdre tous mes moyens. Et c’est bien de toi qu’il s’agit.  »  Putain, qu’est-ce que je venais d’avouer là ? Sonné par ma propre formulation, je reculais de plusieurs pas. Toute mon audace retomba d’un seul coup et je la délaissais pour reprendre ma tâche là où je l’avais laissée, à savoir dans l’évier. J’articulais alors dos à elle. « Excuse-moi pour ce week-end. J’ai dépassé les bornes. » Voilà, il n’y avait rien de plus à dire, pas vrai ? Plus ça allait, plus je me disais qu’il fallait qu’on se voit moins et qu’on se recentre tous les deux. Tout ça allait trop vite pour moi et ça me faisait sincèrement plus peur que jamais.






Dernière édition par Camille Fontayn le Mer 17 Juil - 22:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 10:50




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​J'étais une véritable idiote. Il n'y avait pas d'autres explications. Je ne savais pas pourquoi j'avais remis le sujet de la Reine sur le tapis, à part peut-être pour faire taire définitivement mes peurs à ce sujet, mais c'était particulièrement injuste pour Camille. Il s'était assis et essayait laborieusement de me répondre. Ses affirmations étaient hésitantes et cela me fit me sentir encore plus mal. Il prétendait que ça n'avait rien avoir avec...elle, mais pour quelle raison m'aurait-t-il dit le contraire même si cela avait été le cas ?

Déstabilisée ? Est-ce que j'étais déstabilisée ? En partie oui, mais pas par nos ébats. J'avais compris ce qui les avait rendu plus sauvages et intenses et cela ne m'inquiétait plus. C'était le passé de mon amant qui m'inquiétait. Son passé affectif, sentimental, charnel... et j'avais honte de ma faiblesse. Bon sang, je me débattais déjà tellement avec ses angoisses pourquoi devais-je y ajouter les miennes ? Il tenait à moi, je le savais pertinemment. Il m'aimait même, j'en étais persuadée, je le sentais de tout mon être. Et pourtant...  il avait réussi à instiller le doute dans ma détermination et dans mes convictions. J'avais à nouveau peur de le perdre, encore plus au profit d'une sale nocturne suceuse de sang...

J'entendis sa chaise racler sur le sol et sa main entoura mon poignet pour m'obliger à lui faire face. Mes yeux se perdirent dans les siens tandis qu'il s 'emparait de ma robe en lambeaux avant d'essayer péniblement de me faire  comprendre quelque chose.
Les subtilités de la langue française, d ordinaire si nombreuses, manquaient cruellement lorsqu'il s'agissait de sexe et d'amour. Alors qu'on aurait pu se contenter d'un "have sex" avec la langue de Shakespeare, en français, nous passions immédiatement à "faire l'amour" ou, plus prosaïquement, baiser et coucher. Et c'est ce dernier terme que choisit mon compagnon. Je ne voyais pas où il voulait en venir et il sembla le comprendre, alors il ajouta :

Camille a écrit:
​" Ce que j’essaie de te dire c’est que Rebecca, au cas où tu l’aurais pas remarqué… Tu me fais complétement perdre tous mes moyens. Et c’est bien de toi qu’il s’agit. "

Je lui faisais perdre ses moyens ? Bon sang, cela n'aurait jamais dû me réjouir autant que ça le faisait. Mais ça me faisait plaisir, ça me rassurait aussi. J'aimais avoir cet effet, ce pouvoir sur lui. Le problème, c'était que la réciproque était on ne peut plus vraie et que c'était probablement l'une des raisons de nos problèmes.  Je voulus dire quelque chose mais ses mots semblaient l'avoir encore plus perturbé et il se détourna de moi pour reprendre la vaisselle.

Camille a écrit:
​ « Excuse-moi pour ce week-end. J’ai dépassé les bornes. »

Mon cœur se serra et je m'en voulu encore plus. Ses excuses n'étaient pas nécessaires.Je posai doucement ma main sur son dos, incertaine. Je faisais vraiment n'importe quoi ces temps-ci. Je ne voulais pas qu'on en arrive là, je n'avais pas voulu le brusquer, je n'avais pas voulu l’embarrasser. Mais au moins, je venais de comprendre en partie son comportement de la journée. Camille se sentait coupable... c'était le comble ! Bien sûr, il ne savait pas que j'avais compris l'influence lunaire dans ses actes, mais tout de même... il avait bien du se rendre compte que j'avais aimé ce qu'il s'était passé. Pas une seconde je n'avais essayé de le repousser, pas une seule fois je ne lui avais demandé d'arrêter. J'étais au moins aussi fautive que lui, si faute il y avait. Et ce n'était pas ce que je pensais.

​-​ Je ne vois pas pourquoi tu t'excuses.  Je me suis laissée faire, et avec plaisir en plus.

J'eus un petit sourire et m'emparai du torchon pour l'aider dans sa tâche.

- J'ai vraiment... aimé
*et le mot était faible* ce qu'on a fait. C'était...

Je n'avais même pas de mot. Je laissai échapper un petit rire tandis que j'essuyai une assiette, sans le regarder, concentrée sur ce que je faisais, et sur ce que je disais :

- C'est sûr que je ne pourrais pas tenir ce rythme-là très souvent et que la plupart de mes muscles sont encore endoloris mais... c'était bon, Camille, incroyablement bon.   ​

Je ne remettais absolument pas ce qu'il s'était passé en question. Et je ne savais pas comment lui expliquer.

- C'est juste que... avec cette histoire de lettre... je...

J'avais flippé. C'était aussi simple que ça, finalement. Mais je ne voulais pas lui dire ça. Il stressait déjà assez tout seul. Je finis d'essuyer le dernier verre et soupirai avant d'enfin oser tourner les yeux vers lui avec un sourire timide.

- Tout s'est un peu précipité ces derniers jours, pas vrai ?​ ​Je crois que je n'étais pas... préparée à ça.

Je m'essuyai les mains et reposai le chiffon. Je me mordis machinalement la lèvre et glissai une mèche de cheveux derrière mon oreille. Il fallait que je calme le jeu.

- Je vais y aller, maintenant.

Il ne lui restait plus que quelques heures avant de reprendre le travail et ce laps de temps seul lui ferait sûrement du bien. Passer quelques jours loin de lui me semblait nécessaire, pour son équilibre, comme pour le mien. Même si j'avais eu l'impression d'avoir digéré l'essentiel, je savais qu'il me faudrait un peu de temps pour que ce soit effectivement le cas. Le concert, la lettre de la reine, la pleine lune... tout ça c'était trop, pour lui, pour moi. J'avais eu peur de le laisser seul après cela, résultat, cela faisait 5 jours et 4 nuits... nous n'avions jamais passé autant de temps d'affilé l'un avec l'autre. Bien sûr, quand j'habitais en face, les choses étaient très différentes. La nature même de notre relation était différente à l'époque. Aujourd'hui... tout avait changé, tout était chamboulé. Nous les premiers.

Je récupérai la robe déchirée et la jetai à la poubelle puis me tournai vers lui. Je comblai l'espace entre nous et posai mes mains sur son torse, levant la tête pour croise son regard. J'aurais aimé lui dire que malgré tout ce qu'il s'était passé, j'avais été contente de passer ces quelques jours avec lui. J'aurais voulu lui dire qu'il allait me manquer Mais bien sûr, je n'en fis rien.

- On s'appelle, d'accord ?

Je lui souris et déposai un petit baiser sur ses lèvres :

- Encore merci pour la robe. Bon courage pour ce soir et fais attention à toi.

Je l'embrassai une dernière fois et ne tardait pas à disparaître de son appartement et de sa vie, pour quelques temps du moins. Il allait falloir que je sois forte car le sevrage ne serait pas aisé. Heureusement, Makayla serait à la maison ce soir et je connaissais déjà le programme : film et glace vanille noix de pécan. Et puis, j'avais un déménagement à préparer et des cours à prendre. Je n'allais pas avoir le temps de trop me torturer, même si j'allais sans aucun doute m'ennuyer de lui...



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MessageSujet: Re: Full Moon Effects [Livre II - Terminé]   Mer 17 Juil - 19:41




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Tout s’entrechoquait sans répit dans mon esprit et je peinais vraiment à relativiser. La main de Rebecca me tira de cette torture mentale et je m’arrêtais un instant de faire la vaisselle pour la fixer du coin de l’œil. Sa phrase me laissa perplexe et cela dû se lire sur mon visage car elle reprit de plus belle. Nous n’avions jamais parlé sérieusement de ce qui se passait entre nous – même à ce niveau. Ca restait des boutades la plupart du temps, on plaisantait sur le sujet, on n’en parlait pas de cette façon. Ses mots roulèrent dans mon estomac et me réconfortèrent. Peut-être que j’étais pas tout à fait un raté, qui sait ? Le malaise filtrait entre nous et je repris mon assiette pour finir de la laver tandis qu’elle se mit naturellement à mes côtés pour m’aider dans cette corvée.  Je n’osais plus trop la regarder pour le coup. Elle continuait ses confessions. Je fronçais les sourcils quand elle m’avoua avoir été éprouvée par ces accès de folie sexuelle – si déjà moi j’avais été cassé… Je m’excusais mentalement à nouveau alors qu’elle finit sa tirade sur une note plus que positive. J’esquissais le début d’un sourire. Au moins, elle n’avait pas totalement détesté ça – apparemment pas du tout même. Ma joie fugace s’évanouit quand elle m’expliqua le vrai problème. Je me mordis l’intérieur de la joue, elle me rappelait vraiment pourquoi j’avais toujours évité de lier avec d’autres femmes. Je craignais autant de souffrir que de faire souffrir. Mon passé serait toujours une entrave, il serait toujours insoluble et déterminant. La preuve, il s’alignait entre moi et elle à l’heure actuelle et je ne pouvais rien y faire. Elle n’acheva pas sa phrase mais je la complétais sans mal intérieurement. Un poids vint se loger dans ma poitrine alors que ses yeux venaient à ma rencontre. J’hochais de la tête à sa remarque, le cœur serré. Qui aurait pu être préparé à ça en même temps ? Je voulus avancer ma main jusqu’à la sienne mais m’abstins car elle venait d’imposer une certaine distance entre nous. Elle allait, elle voulait partir. Je comprenais, il fallait qu’elle assimile tout ça. Finalement, elle réagissait enfin d’une façon censée. Je ne parvenais pas à articuler quoique ce soit, sans que je comprenne pourquoi ma gorge s’était serrée. Je rangeais ce que nous venions de laver pendant qu’elle jetait la robe. Je ne comprenais pas pourquoi mais j’avais la sensation que nous allions nous dire au revoir pour un bout de temps. Il y avait quelque chose dans l’air d’assez pesant et je ne savais même pas dire s’il émanait de moi ou d’elle.

J’eus droit à son regard, son sourire et ses lèvres de façon furtive. Je parvins tout juste à faire émerger ma voix. « D’accord. Sois prudente, ne reste pas seule la nuit. » Un dernier baiser et elle prit la porte me laissant complétement désœuvré au milieu de mon appartement atrocement vide et silencieux. Je savais que c’était une bonne chose, qu’on prenne du recul et qu’on digère. Tout ce qu’il se passait entre nous s’était accéléré sur peu de temps. Une partie de ce que je voulais lui cacher s’était dévoilée, elle m’avait vu paniqué, nous nous étions promis l’exclusivité et … puis la Pleine Lune. Je m’adossais au plan de travail et essayais de me calmer. Je ne savais même pas dire pourquoi je flippais. Non, je savais pourquoi. J’avais peur de ne plus la revoir. Si elle disparaissait à nouveau, je devrais réagir comment ? Qu’est-ce que je devrais faire ? Pour quelqu’un qui jugeait cette relation d’un point de vue strictement amicale et sexuel, je me trouvais bien impliqué. Rebecca avait pris de l’importance dans mon quotidien depuis son retour, je ne parvenais pas à me rappeler si c’était déjà le cas avant son départ. Pour la simple et bonne raison que nous vivions dans le même immeuble. On se voyait de façon régulière sans que ça ne me frappe forcément. La démarche actuelle était tellement plus poussée que… Je me passais une main sur le visage. Je ne savais définitivement pas dans quoi je m’embarquais. J’étais tellement chamboulé qu’elle m’ait laissé aussi soudainement après tout ça que ça en devenait ridicule. Allez, il fallait que je m’active. Je n’avais pas de temps à perdre, pas de temps à consacrer à mon incohérence. Je décidais de mettre de la musique et de faire quelques exercices pour m’occuper l’esprit jusqu’à ce que l’heure de travailler sonne. La nuit fut tranquille.  Je rentrais chez moi tard. Je ne compris pas pourquoi mais j’éprouvais une sorte de déception devant mon lit vide. Depuis quand serait-il devenu naturel d’y retrouver ma jolie brune ? Deux sentiments connus se disputèrent le terrain – la peur et l’attente, aucune d’entre elles ne gagna. Je me rongeais les sangs à son sujet, j’espérais qu’elle était en sécurité et avec quelqu’un, Makayla peut-être, sûrement. Le sommeil finit par me gagner sur le matin mais les cauchemars me retrouvèrent sans grand mal et cette nuit, je n’eus pas le luxe de retrouver la chaleur de mon humaine préférée près de moi pour me rassurer.

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