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Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]
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MessageSujet: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 15 Mai - 8:49

Il arrivait que j'ai des nuits de repos... oh... pas autant que les humains avaient de jours de congé, mais ces nuits là, étrangement, je me trouvais désarmé. Normalement, les vampires avaient des quartiers réservés et ne devaient pas en sortir, mais j'étais jeune et souvent, je poussais le bouchon un peu loin. Si rien de fâcheux ne m'était encore arrivé, je le devais sans doute au fait que mon employeur soit le Prince William Raybrandt. Cette nuit, donc, devait bénéficier d'un repos bien mérité, car l'emploi de videur usait les nerfs des plus endurcis. Mes yeux se fermèrent alors qu'une brise marine apportaient quelques nouvelles de ma marée. Le ciel au-dessus de moi se trouvait blanchi par le reflet des lumières de la ville sur la couche nuageuse basse et inquiétante. Glasgow... J'y avais trouvé refuge après avoir perdu parents, amis et collègues, au seul motif que j'étais passé de l'autre côté. Cette mort -à leur yeux-, ce rejet... me faisait cruellement souffrir. Autrefois commissaire émérite, je me retrouvais dans le monde de la nuit et ses plus basses turpitudes, loin de la loi et de l'ordre que j'avais toujours servi. Presbytérien pratiquant, honnête et droit, un peu barbant dirait certain, je me trouvais propulsé dans un milieu qu'a priori j'abhorrai. Les trois années écoulées ne m'avaient pas beaucoup changé. Etant passé d'un état de choc du à la violence de mon Etreinte, à un faible espoir lorsqu'une vampire m'avait tendu la main et confié au Prince, ce William cassant et attachant que je servais de mon mieux, tentant de lui éviter les pièges de la politique où de trop nombreux vampires semblaient vouloir l'attirer, mais avec de si faibles armes que c'en était risible... Je me remis à marcher silencieusement, et me faufilait à la suite d'un locataire dans une montée inconnue en feignant visiter quelqu'un. La femme, d'une cinquantaine d'années, fatiguée, portait des paquets trop lourds pour elle, je l'aidais et poursuivit mon ascension des escaliers après avoir déposé ses courses sur le palier du troisième. Finalement, je débouchais sur l'un des rares toits plats de la ville et humais l'air en fermant les yeux.

Mes pas muets me conduisirent au parapet, et de là j'observais le panorama qui s'offrait gratuitement : à gauche, le port, puis la ville, et tout à droite, un peu derrière moi, l'immense parc. Le calme que je cherchais depuis mon réveil me tomba dessus sans prévenir et j'en goûtais à loisir le bien-être qu'il m'apportait, ne me lassant pas de regarder la ville, devinant ses innombrables escaliers, ses rues montant et descendant les replis de terrains, et plus loin, le vieux volcan endormi. Un sourire satisfait s'afficha sur mes lèvres et mes traits figés parurent s'animer enfin au plaisir d'être seul ici. Stop. Lentement, je tournais la tête et observais un homme visiblement occupé à trouver le meilleur point d'observation possible... silencieusement, je bondis sur la cabine de ciment donnant accès aux escaliers et le regardais d'en haut, accroupi, tentant de deviner ce qu'il cherchait...

* Le meilleur angle de tir ! *

Mon instinct de flic m'ordonnait d'intervenir, pourtant, le videur lui, imposa le silence et l'immobilité. Finalement, je pris le parti de m'asseoir en laissant pendre mes jambes et de regarder ce que faisait au juste ce curieux humain.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 15 Mai - 9:21

    Le silence… Il était maître dans ma vie et j’étais son plus fidèle serviteur. Pourtant, il ne suffisait pas, ce soir là. J’avais besoin d’autre chose mais je n’arrivais pas à mettre la main sur ce qu’il me manquait. Et mes yeux gris se plissaient sous la réflexion. Etais-je en colère ? Frustré ? Bonne question. Agacé peut être, mais ce sentiment était si faible qu’on pouvait le dire inexistant. Je sortis mon 9mm et commençai à jouer avec lui, mes muscles agissant d’eux même tendis que je visais, sans balle, différents endroits de la chambre d’hôtel que j’avais louée à Glasgow en attendant de trouver un appartement bien situé. Je me savais le meilleur, et je savais que c’était incontestable. Je refis quelques séquences de tirs, m’échauffant de cette manière, alternant tir simulé, roulades, esquives et respirations calmes. L’insomnie me prenait régulièrement, comme si j’attendais quelque chose. Et cette chose ne venait pas. Je ne savais pas pourquoi. Un grognement attira mon attention et je mis son auteur en joue… avant de m’apercevoir que c’était Piotr, le berger allemand que j’avais recueilli dès sa naissance pour avoir de la compagnie. Etrangement, les gens me fuyaient assez rapidement, sûrement à cause de mon « handicap ». Les émotions et les sentiments étaient si faibles chez moi qu’ils passaient pour inexistants et les sourires qui naissaient parfois sur mes lèvres étaient toujours voulus ou calculés.

    « Insomnie, mon chien ? C'est normal. Dors ou je t'endors. »

    Je caressai nonchalamment Piotr avant de poser mon 9mm. Je m’étais un peu dérouillé et vu que je n’allais pas trouver le sommeil de toute la nuit, il était stupide de ne pas mettre ce temps à profit. L’Eglise HCV m’avait envoyé une photo d’une cible à abattre, à Glasgow. La photo était si floue que je n’arrivais pas à distinguer les yeux de la bouche, mais c’était visiblement la seule photo qu’ils avaient. Dommage. J’allais devoir faire avec. Je passai une main nerveuse dans ma barbe de deux jours avant de me décider. La nuit était parfaite, avec une lune brillante. C’était le moment idéal pour aller faire une reconnaissance nocturne des champs de tirs possibles. En quelques mouvements, je me changeai et revêtis une tenue noire et grise, pour mieux me mêler aux ombres de la nuit. Mon holster tenait mon 9mm à portée de main, 9mm chargé avec des balles en argent, au-cas-où. Le couteau donné par l’HCV était glissé dans un étui sur ma cuisse, à portée de main lui aussi, mais je préférais ne pas avoir à l’utiliser. Je n’avais jusque là pas rencontré de vampire de nuit, puisque depuis mon entrée dans l’HCV, et le début de mon contrat, je n’avais eu droit qu’à des formations sommaires sur leurs points faibles et toutes ces sottises. Une balle tirée avec un bon fusil faisait éclater la cervelle de n’importe quelle créature à plus de 1000 mètres… que ce soit un vampire ou autre chose, dans tous les cas ça avait mal. Et le mieux, c’était que 1000 mètres de distance, c’était un sacré fossé entre l’agresseur et l’agressé. Dans tous les cas, j’étais gagnant. Je sortis par la fenêtre, escaladant souplement la façade de l’hôtel. Une autre manière de m’échauffer. Le toit était en pente, mais ce n’était pas très grave. J’observais, j’assimilais les différents endroits que je pouvais toucher à partir de ce point de tir. L’hôtel était mal situé. D’un saut, j’atteignis le toit suivant. J’observais et je prenais des notes. De toit en toit, je parcourus ainsi une bonne partie de la ville avant d’apercevoir celui qui était idéal. Un toit plat, apte à offrir une stabilité et une dissimulation parfaite. Et un poste de tir en hauteur. Je descendais de mon perchoir et me glissais dans l’ombre jusqu’au toit où le vent soufflait lentement et sifflait légèrement. Je m’allongeai, tranquille, calme mon cœur jusqu’à avoir une respiration imperceptible. Je sortis mes jumelles et commençai à inspecter tous les angles de tirs possibles. Ce toit était une pure merveille. Avec un bon fusil, j’avais un angle de tir jusqu’à plus de 900 mètres, ce qui était déjà une bonne distance.

    Un grincement me troubla légèrement mais j’achevai de prendre mes notes. Quelqu’un avait eu l’idée saugrenue de monter observer les étoiles. Quelqu’un… quelque chose ? Je l’ignorai. Mon cœur battait toujours régulièrement. Je n’avais pas peur. J’étais juste… étonné. L’immobilité dans laquelle j’étais me conférait une invisibilité théoriquement, mais je n’allais pas non plus rester là jusqu’au lever du jour. Il était trois heures du matin. Et il faisait frais. Normal. Mes bras pâles étaient cachés sous un pull noir et des gants. Lentement, je finis mon observation et je me retournai vers l’arrivant. Ca devait faire bien vingt minutes qu’il attendait. Ce qui voulait dire que, soit il m’avait vu et attendait que je m’aperçoive de sa présence, soit il ne m’avait pas vu et ne comptait pas s’en aller avant longtemps. Dans les deux cas, mon invisibilité ne servait plus à rien. Je me levai lentement en détendant avec précaution tous mes muscles. Mes yeux gris se fixèrent sur l’inconnu. Qu’est ce que quelqu’un de normal aurait ressenti dans une situation pareille ? De la peur, de l’anxiété ? De l’étonnement ? Je misais sur la curiosité, chose que j’arrivais le mieux à appréhender et à imiter. Et j’y insufflai un peu d’anxiété, quand même. C’eut été étonnant qu’un humain ne soit pas anxieux, dans le noir. Je devais me trouver une raison d'être là, et l'idéal était de dire la vérité... ou une partie.

    « Bonsoir. Insomnie vous aussi, j'imagine ? »
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 15 Mai - 10:06

Mon regard allait de la ville à la forme allongée en contre-bas, vêtements noirs de camouflage, jumelles, observation silencieuse et détaillée du lieu. Vraiment, il était intéressant de l'observer tout en riant intérieurement que, grâce à mon état de vampire, j'étais plus silencieux que lui. En tout cas, je fus surpris aussi que son instant ne l'avertisse pas de ma présence, sans doute parce que j'étais "mort"... J'avais déjà remarqué çà avec d'autres humains. Seule leur vue les instruisait de ma présence. Enfin, il se redressa et me fit face, un peu surpris de me trouver perché là-haut, je pus détailler son visage : jeune, blond, type slave, probablement un militaire ou ancien militaire...

* Qui venait-il exécuter ? sur qui a-t-il un contrat ? *

Il me salua, simplement, maîtrisant son trouble si parfaitement -si trouble il y avaitt eu que je songeais me trouver en présence d'un pro. En tout cas, ce type était d'un calme olympien, et donc particulièrement dangereux. Le vent siffla, faisant voler un journal qui alla se plaquer contre le mur de l'endroit où j'étais posté.

« Bonsoir. Insomnie vous aussi, j'imagine ? »

- Oui... répondis-je simplement en jetant un coup d'oeil à la ronde, sur cette ville qui m'accueillait depuis trois ans.

-
Jolie vue, n'est-ce-pas... on ne s'en lasse jamais.

Lieu calme, à l'abri des curieux, y trouver la paix était aisé. Y accomplir des actes répréhensibles aussi. Je pointais un doigt sur ses jumelles :

-
On peut y voir quelque chose en pleine nuit, avec çà ?

simple curiosité révélée d'un promeneur du soir. Je savais confusément que ce n'était pas pour observer les jeunes femmes dénudées chez elle que l'inconnu se servait de çà. Cette simple question pouvait d'ailleurs provoquer de la colère ou tout autre réaction désagréable de sa part à mon encontre. Mais... bah... pourquoi pas. Abandonné par mes amis d'antan, incompris des hommes et des vampires, j'éprouvais le besoin de me lier à quelqu'un qui voulu bien mettre ma singulière différence entre parenthèse et ne voir en moi que celui que j'étais toujours : Leslie.

* Est-ce trop demander ? *
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 15 Mai - 13:25

    - Jolie vue, n'est-ce-pas... on ne s'en lasse jamais.

    Je faillis lâcher un rire moqueur. Jolie vue ? Poste de tir parfait, c’était une certitude mais joli ? Un pincement d’agacement me surprit une nouvelle fois en moins de deux heures. Qu’est-ce que le mot « joli » pouvait il qualifier ? en vérité ? Je n’avais jamais su exactement et ça faisait partie des rares émotions que je ne savais pas mimer tant je ne les comprenais pas. Il y en avait peu, mais elles étaient bien là et au cœur, ça je l’avais compris, des vies sociales : l’amour, la haine… l’appréciation de la m’était impossible. N’en connaissant rien, je n’avais pas l’impression de manquer de quoi que ce soit mais voir les autres l’apprécier… Ce que je ressentais s’apparentait à ce que l’on pouvait appeler de la jalousie, mais je savais que le léger trouble que je ressentais n’était rien comparé à la réelle émotion. Je ne quittai pas l’homme du regard tout en acquiesçant de la tête, prudemment. Peut-être que la vue était jolie, mais comme je n’avais jamais rencontré de vampire en chair et en os, je me méfiais de lui et refusais de le lâcher du regard. Certes, j’avais vu et revu toutes les photos et vidéos que possédait l’Eglise HCV, et qu’elle acceptait de me montrer, mais je me fiais à mes yeux, mon ouïe (cet homme était si discret que même sa respiration échappait à mes oreilles), et mon cerveau. Mon instinct était là lui aussi, comme celui d’un prédateur. Mais il était faible, très faible. Comme les émotions, ces rares émotions que je ressentais parfois. L’inconnu tendit un doigt vers les jumelles autour de mon cou et je déplaçai instinctivement justement mon centre de gravité pour renforcer ma garde.

    - On peut y voir quelque chose en pleine nuit, avec ça ?

    Je savais qu’il voulait ainsi que je baisse les yeux vers mes jumelles et que j’arrête ce faisant de le surveiller. Mais je n’allais pas le faire. Parce que l’envie n’avait pas de prise sur moi, comme l’agacement ou la colère. Ne pas quitter un potentiel adversaire des yeux ; c’était la première leçon d’arts martiaux que tout apprenti assimilait. Un mouvement fugace et déterminant pour la suite pouvait m’échapper et il n’en était pas question. J’étais calme, comme toujours. Sans peur, sans crainte, sans rage comme les autres, il était facile de conserver un calme exemplaire. Je jaugeai le jeune homme sans me presser, assimilant son gabarit, sa musculature et les émotions qui l’étreignaient (et que je reconnaissais) avec le même détachement que lorsque j’observais la ville quelques minutes auparavant. Finalement, après un long silence que j’ignorai, je répondis d’une voix atone :

    « On peut, si on a de bons yeux. La lune éclaire bien, sans trop accentuer les ombres. Lueur pâle, peu de vent au ras du sol. On peut voir quand on sait ce qu’on cherche. »

    Je ne savais pas quelle attitude tenir. J’essayai de deviner ce que pouvait ressentir quelqu’un de normal. C’était un des désavantages de mon « handicap » si on pouvait le nommer comme ça. J’avais du mal à deviner ce que je ne connaissais pas. Fallait-il que je simule la joie ? l’agacement ? La colère ? L’agacement était le sentiment que je préférais imiter, puisque c’était l’un des rares que je savais ressentir exceptionnellement. Je fronçais les sourcils. Colère. Si mes souvenirs étaient bons, j’avais noté ce que je savais de la colère dans mon calepin. Je ne voulais pas commettre d’impair, et sortir mon calepin là, maintenant, pour vérifier que le mode d’emploi du sentiment « colère » était bien celui que je m’apprêtais à faire, ce n’était pas très malin. Je me concentrais et les étapes me revinrent. Tout d’abord, respiration accélérée. Puis mouvements brusques, saccadés, dénués de toute fluidité. La voix, forte, stressée, coupée. Et une réplique inutile et dangereuse qui montre que la personne ne réfléchit plus. C’était la colère telle que je la concevais. Je me concentrai de nouveau sur ces différentes étapes de « mise en colère » mais j’échouai dès le stade de la respiration. Je n’avais que la réplique inutile et dangereuse qui me venait à l’esprit, mais je n’arrivais pas à imaginer avec quelle voix la dire. Bon. De ma voix si… particulière, atone et froide, je tentai :

    « Et ca ne vous regardait pas. »

    La phrase sonnait creux, surtout à mes oreilles, et je sentais qu’il manquait l’émotion de base. Encore une tentative loupée. Ce n’était que la cinquième tentative après tout. Il fallait juste que je m’entraîne. J’avais mis une bonne dizaine de mois à acquérir le rire. Un pincement de frustration me fit hausser un sourcil. Peut-être que la frustration allait être la première émotion réelle que j’allais ressentir un jour. Deux fois en une soirée, c’était un record. Il ne fallait pas non plus que je tombe dans la mièvrerie. Je choisis de retenter une nouvelle fois. Respiration accélérée tout d’abord. Mon cœur battait la mesure, comme un automate. Mouvements saccadés ? Je levai le poing, l’observai et le serrai. Espérons que ça suffise. Voix forte… c’était une chose stupide, au milieu du silence de la nuit qui était un ami. Je sautai cette étape. Et la phrase inutile, de nouveau :

    « Vous ne voulez pas descendre, ça m’énerve. »

    L’émotion n’était toujours pas là. Dommage.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 15 Mai - 23:11

Je me demandais qui passait dans cette rue, habituellement ou exceptionnellement, une personnalité sans doute, dans son domaine, politique ou homme 'état, à ma connaissance la Reine d'Angleterre ou autre membre de sa famille ne comptait passer par là. L'homme demeurait circonspect, lointain, inexpressif, renforçant par là même l'impression de rencontrer un tueur professionnel et froid. Savait-il ce que j'étais ? à voir son expression, oui. Pourquoi alors n'avait-il pas peur ? parce qu'il n'était pas un simple humain. J'avais entendu parlé de loup-garous, inquiétant mais ennemi héréditaire, "connu" et dont l'imprévisibilité était légendaire. Des animaux devenant parfois humains, haïssant les vampires. Mais... lui, là... avait l'allure d'un prédateur, pas d'un loup sûr de sa force et pourtant étrangement poussé à éviter les ennuis. Non, celui-là fonçait droit dedans.

* Peut-être aurais-je mieux fait de ne pas me faire remarquer et de filer... à l'anglaise, évidemment !*

Ce constat tardif, je le faisais en observant l'homme qui levait les yeux vers moi pour m'évaluer. Je lui rendis le même regard, comme si j'étais son égal. Mon habitude de mener les interrogatoires me servit bien.

« On peut, si on a de bons yeux. La lune éclaire
bien, sans trop accentuer les ombres. Lueur pâle, peu de vent au ras du
sol. On peut voir quand on sait ce qu’on cherche. »


Cette réponse me laissait dubitatif... il parlait d'avoir de "bons yeux", mais maintenant que j'étais vampire, et que je savais ce qu'était "bien voir", je me demandais s'il était sérieux... Quant il évoqua la lune, je la regardais alors que parfois, les lourds nuages se déchiraient de manière fugace pour la laisser apparaître un court instant, puis revint vers ses yeux, "peu de vent au ras du sol" :

* Tu parles ! un tireur d'élite !!! y en avait à la police... *

Quant à savoir ce qu'il savait chercher... pas de doute... sa voix atone me marqua, comme l'absence totale de sentiments qu'il avait dû perdre des années auparavant. Cà pouvait faire froid dans le dos, mais pas à moi, pas après des années passées dans la police, y compris comme capitaine.

* Photo ? *

Etrangement, l'inconnu sembla mal à l'aise. Parce que j'agissais comme lui ? que, comme un miroir, il voyait un autre "chasseur" ? Il semblait surtout plongé dans une sorte d'analyse approfondie qui ralentissait ses réponses et lui donnait un air saccadé de robot auquel on aurait collé un programme qu'il relisait à chaque sollicitation, impression renforcé par le peu de mobilité corporelle et de son visage.

« Et ça ne vous regardait pas. »

* Hein ? de quoi parle-t-il ? * j'étais pris au dépourvu et un instant de flottement s'ensuivit. qu'entendait-il par là ?

-
Mouais, c'est vrai... je demandais juste... moi, je suis là pour me détendre, vous savez... alors que vous avez l'air hyper tendu, là... Faut vous décontracter.

Je plaisantais, ouvertement. Etais-je devenu fou, face à un type pareil. Tout à coup, je compris que j'étais un vampire et certains humains ne m'aimaient pas, seulement à cause de çà. Cela me fit drôle de ressentir à nouveau ce rejet, ce racisme primaire, seulement parce que j'étais... moi. Un peu différent, seulement, mais j'avais été comme lui, là, qui levait la tête vers moi. Et ce qui m'était arrivé pouvait lui advenir aussi soudainement qu'à moi : que ferait-il alors ? ses amis, sa famille, ses connaissances, tous se détourneraient de lui, la peur lue dans leurs yeux était le pire. J'avais l'air "cool", pas agressif du tout, plutôt genre type sûr de lui, de son bon droit quant au fait d'être ici, sur ce toit, à contempler la ville scintillante à mes pieds, aussi loin que portait mon regard. Etonnant de constater qu'autant je cherchais à regarder au loin, il s'attachait à la proximité des lieux grâce à ses jumelles. Finalement, cela nous séparait, non ?

* Les jumelles, c'est fait pour regarder loin, non ? *

Maintenant, il prenait une pause théâtrale et je me demandais ce qu'il allait bien pouvoir me sortir...

« Vous ne voulez pas descendre, ça m’énerve. »

Il jouait un rôle.
Mais pourquoi ? Que cachait-il donc ?

* Et allez !!!! vas-y ! cherche, bon inspecteur, bon commissaire, bon flic ! *

Je sautais le rejoindre, et me tenais maintenant à deux bons mètres de lui. Il était armé, je devinais un flingue.

-
Me voilà. dis-je simplement. Je voulais savoir à présent, ce qu'il venait chercher à cet endroit... qui il voulait descendre. Alors... vous matez les gonzesses ? je savais bien que non. Beau comme il était, il n'avait aucun mal. J'étais près de lui, trop pour qu'il se serve de son arme contre moi, car même neonat, je le tuerai sans peine de là où je me trouvais. Nous le savions tous les deux. La lune disparut derrière ses rideaux sombres et fantasques : s'il n'y avait pas de vent au sol, ce n'était visiblement pas le cas là-haut...
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 16 Mai - 8:51

    - Me voilà. Alors... vous matez les gonzesses ?

    Comment ça, j'étais tendu ? Je me passai une main interrogative dans mes cheveux coupés ras et en la faisant retomber, je caressai mon 9mm facilement accessible. Tendu... non. Je n'étais pas tendu. Ou peut être que si. J'essayai d'analyser tous les signaux que m'envoyait mon corps, mais je ne parvins qu'à un mal carabiné. La douleur était là, me prouvant que j'étais capable de ressentir quelque chose, même si ce n'était pas émotionnel. Le fait que je sois déconcerté aussi, était là. Et l'homme, en face de moi, qui m'était impénétrable. Oh, on voyait bien dans son attitude, que je n'étais pas le seul de déconcerté, sur ce toit. Apparemment, ma tentative de colère avait été si pathétique que ça avait attisé sa curiosité. Grand bien lui en face. J'étais en Angleterre en toute légalité, au chômage officiellement. Bon, j'avais cinq ou six armes à feu et le double d'armes blanches dans mon appartement, mais c'était auxiliaire. Je fis un pas en arrière, par précaution, pas par peur. Je me demandai si je ne tenais pas ma chance de poser des questions sur les comportements humains. Je n’arrivais pas à comprendre la logique du comportement de l’autre homme. Tout d’abord, monter sur un toit en pleine nuit. Poser des questions sur mes jumelles. S’approcher de manière à ce que je ne puisse théoriquement pas moralement lui tirer dessus à bout portant. Et cette confiance en soi… Je savais que je devais exprimer la même. Une confiance en soi inébranlable. Les rouages de mon cerveau fonctionnaient à plein régime, validant ou écartant des hypothèses nouvellement créées, en créant d’autres justement, recoupant toutes les données déjà admises et validées… Le silence pouvait s’installer des heures sans que je ne le remarque, lorsque j’étais en train de réfléchir. C’était comme si une bulle me coupait du monde… je restais dans un état de semi-attention comme les chats dans leur demi-sommeil, même s’il était un peu plus facile de m’atteindre. Mon analyse finie, ce gars était un tueur qui n’avait rien à faire et qui cédait à l’appel des hauteurs, comme moi je pouvais le faire parfois, je me replongeai dans l’analyse de sa dernière phrase. Mater les gonzesses ? Je n’arrivais pas à comprendre cette partie… Mon anglais, pourtant excellent, me la laissait obscure, tout comme le russe et l’arabe (langue que j’avais appris récemment pour m’occuper l’esprit). Si le gars était un tueur, comme je le suspectais, peut être voulait il dire que je regardais les champs de tir de la ville et du quartier. Mais… quelque chose dans sa voix me faisait écarter cette possible signification. Avec un haussement de sourcil, je me décalai vers le centre du toit. Être dos au vide n’était pas conseillé lorsque l’on vous menaçait. Et je prenais l’attitude de l’autre homme comme une menace potentielle. Je venais de remettre la main sur le maillon manquant de ma chaîne d’analyse : si cet homme n’avait pas été un tueur, il aurait eu « peur » de moi depuis bien longtemps et serait parti sans demander son reste. Là, il devait penser que j’avais sur moi un contrôle parfait de mes émotions.

    « Je ne comprends pas votre question. J’observe ce que l’on peut voir et atteindre depuis ce toit. Si vous êtes comme moi, vous devriez le sentir, vous aussi. »

    Peut-être qu’à ses yeux je m’étais détendu. Il était vrai que j’avais amoindri ma garde, la distance entre lui est moi étant suffisante pour que je réagisse assez vite… si ce n’était pas un vampire. Mais comme je n’en savais rien, je me fiais aux traces d’instinct que j’avais en moi. S’il avait voulu m’attaquer, il l’aurait fait bien plus tôt, lorsque j’avais encore le dos tourné, que j’étais allongé au sol sans champ de manœuvres et que mon flingue était coincé sous moi. Non. Il ne voulait pas me tuer.

    « J'ai pas à vous tuer. Ce que je vais faire peut vous paraître étrange. Attendez. »

    Je préférais le prévenir, car je comptais lui demander un service involontaire. Puisqu'il semblait si... humain - plus que moi -, alors pourquoi ne pas prendre des notes sur les effets de ses émotions. Je pouvais toujours le mettre en état de "peur" en sortant mon pistolet. J'avais tout mon temps. Je n'arrivais pas à dormir et mes repérages étaient finis. Je ne le quittai toujours pas du regard et ma main gauche alla chercher dans une des multiples poches de mon treillis mon calepin et mon crayon. Normalement, je n’étais pas sensé le revoir d’ici un petit bout de temps, puisqu’une fois mes repérages terminés, je devais m’être en branle mon plan pour atteindre ma cible. La photo, d’ailleurs, atterrit dans ma main et j’en profitai pour la comparer à l’homme en face de moi. Elle était tellement floue que ça pouvait être lui. Mais il n’était pas du bon gabarit. Je rangeai avec soin la photo et pris en main le petit crayon gris. J’ouvris une nouvelle page de mon calepin et je notai ce que l’autre homme faisait.

    « Vous avez peur ? Vous êtes en colère ? »
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 16 Mai - 9:38

J'offrais l'image d'un type venu se détendre un peu sur un toit, la nuit, qui ne cherchait pas les ennuis, se trouvait satisfait de se trouver là, simplement, et curieux d'y trouver quelqu'un d'autre. Ni franchement amical et surtout pas antipathique, je m'étonnais tout de même de cet étrange inconnu. A la fois si visiblement professionnel et totalement déconnecté de la réalité, se pouvait-il qu'il se fut échapper de quelque institut ? Personnellement, je penchais plutôt pour le genre orphelin placé, puis une carrière militaire-ratée ? puisqu'il n'était plus en uniforme-, à moins qu'il ne travaille pour une organisation gouvernementale ou non. Maintenant que je me trouvais face à lui, à même hauteur, je me sentis tout à fait humain -après tout, je n'avais été étreint que trois ans auparavant...-. Cela me fit du bien, même si ce type me paraissait de plus en plus suspect. Je pouvais tout à fait ressembler à un inspecteur de police en vadrouille... Tout dépendait de lui, de cet étranger, de ses fréquentations. Il fit un pas en arrière.

* tiens, tiens, tiens... aurais-tu quelque chose à te reprocher, toi ? *

En tout cas, il n'était vraiment pas à l'aise, d'ailleurs, bientôt, il changea de poste et se plaça au centre du toit, pour écarter tout risque de chute. Mais ce faisant, il s'éloignait de la porte menant aux escaliers. Je me dis que, définitivement, le solitaire se tenait sur ses gardes, surement parce qu'il faisait quelque chose de répréhensible. Cà, c'était mon domaine... traquer le moindre écart à la loi, pourtant, rien ne parut sur mon visage de la satisfaction que cela me procura. Mon état de videur de boîte de nuit fut submergé par celui d'avant, quand je me trouvais à la tête de la police d'Edimbourg.

« Je ne comprends pas votre question. J’observe
ce que l’on peut voir et atteindre depuis ce toit. Si vous êtes comme
moi, vous devriez le sentir, vous aussi. »


* Ben non, justement. J'ignore qui tu chasses, petit... * sans doute devais-je être plus explicite.

- Vous agissez comme un pro, certainement avec un contrat. Votre attention à l'absence de vent au sol, votre analyse du lieu, vous attendez quelqu'un.

J'avais de plus en plus l'air d'un flic, bien content d'avoir une nouvelle piste à suivre, et me demandais quelle serait l'attitude de l'individu ainsi apostrophé. Pourtant, je ne lui demandais pas ses papiers, étant donné qu'intègre jusqu'au bout, je ne me sentais pas le droit de les lui réclamer. Ce détail pouvait lui mettre la puce à l'oreille, bien que je me demande jusqu'à quel point il savait qui j'étais, compte tenu du fait qu'il se positionnait de manière à pouvoir me shooter avec un maximum de chance. Je sentais quelque chose.

« J'ai pas à vous tuer. Ce que je vais faire peut vous paraître étrange. Attendez. »

Content de savoir qu'au-moins, le contrat n'était pas sur moi... quant à l'étrangeté de son comportement, c'était une évidence.

* Attendre ? attendre quoi ?... *

Je souris, semblant me détendre à cette annonce, afin de lui donner de quoi comprendre mon attitude.

-
Puis-je vous demander qui vous visez ?

Autant savoir si c'était mon Prince, les autres, je m'en foutais.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 18 Mai - 21:23

    - Puis-je vous demander qui vous visez ?

    Il ne m’avait pas répondu. Il n’avait pas répondu à ma question et je notai cette nouvelle donnée qui constituait en soi une réponse pour moi. J’inscrivis la nouvelle donnée sur mon calepin, me demandant au passage ce que j’allais pouvoir en faire. Je rangeai lentement mon cahier et mon crayon, analysant ce que j’allais bien pouvoir faire, et dire. Il avait bien sûr le droit de me poser cette question, c’était à coup sûr précisé dans la Déclaration des Droits de l’Homme, mais… ce n’était pas pour autant qu’il devait attendre une réponse de ma part. Dans tous les cas, était-ce réellement important qu’il ignore que je ne visais personne ? Il ne devait pas être très observateur, ou pas très au fait des habitudes de tueurs à gages, ou tireurs d’élite au choix des nomenclatures… Il était donc possible que j’ai fait une erreur sur son identité. J’étais incertain, chose extrêmement rare chez moi. Ca ne s’apparentait pas à une émotion quelconque, non, et c’eut donc été logique que ça m’arrive comme aux autres êtres humains normaux, mais ce qui raréfiait les incertitudes chez moi, c’était mon esprit d’analyse et de logique. Ce que je ressentais à cet instant, c’était de la perplexité. Et c’était suffisant pour que je me sache vulnérable et qu’il me soit logique de déguerpir au plus vite. L’autre attendait une réponse, et j’allais lui en donner une. Mais avant, il me fallait reprendre pied et mes sourcils froncés étaient le signe d’une concentration intense. Mon cerveau reprenait tout depuis le départ, analysant et recoupant tout ce que je savais de l’inconnu. Ignorer son nom était dérangeant parce que je comptais faire des recherches sur lui dès mon retour à l’hôtel. C’était un point à éclaircir. Je me repassai toute la discussion dans ma tête, en cherchant où j’avais bien pu faire une erreur. Finalement, sans réellement penser à ce que je disais, je répondis tout en poursuivant ma réflexion interne :

    « Je ne visais personne, j’observais la ville avec des jumelles. Pourquoi cette question ? »

    À cet instant, je me rendis compte que ça devait sembler étonnant à l’autre que je ne sois pas nerveux. Plus encore, ça devrait me sembler étonnant que lui soit parfaitement à l’aise. Et ce n’était pas un tueur, pas comme moi. Une vibration dans une des poches de mon pantalon m’avertit que j’avais un nouveau message. Une nouvelle cible donnée par l’HCV ou des précisions sur la photo donnée ? La deuxième possibilité était la plus probable vu la piètre qualité des informations que j’avais reçues pour le moment. Enfin, si on pouvait parler de qualité. La nuit était bien avancée. Visiblement, j’étais condamné à parler avec cet homme plusieurs minutes encore. Il valait mieux les perdre à apprendre des informations qu’à parler du beau temps et de la pluie pour passer les minutes le plus rapidement possible. J’envisageai aussi la possibilité de partir, de suite, mais d’un point de vue sûreté, il était plus prudent qu’il soit le premier à déguerpir. D’autant plus qu’en m’éloignant du bord, je m’étais aussi éloigné de la sortie. Ma voix n’exprimait rien d’autre qu’une logique incomparable lorsque je repris :

    « Bon. Je propose que l’on cesse de tourner autour du pot. Vous êtes avec qui et contre qui ? »

    C’était direct, certes, et un peu brutal. Mais je n’avais pas envie de perdre du temps. Même si ça ne me faisait rien, il était préférable de couper court à cette conversation stérile à première vue. Le vent commença à se lever, et j’enregistrai en un clin d’œil les nouvelles données, même si ça ne changeait rien à bout portant. Le journal qui s’était retrouvé plaqué contre le mur s’en décoinça et partit vers mon visage. Avec la souplesse acquise par la maîtrise des arts martiaux, je l’esquivai mais poursuivant mon mouvement, je me mis en garde pour parer un coup qui aurait pu venir. On m’a souvent fait la remarque, quand j’étais dans l’armée, que j’étais un robot conditionné pour tuer. Ca ne m’avait rien fait ressentir de particulier, ni de la colère ou de la satisfaction, mais je comprenais à présent à quel point c’était vrai. D’autant plus que je n’étais pas bridé, attaché, par les vains sentiments de culpabilité ou de remords. C’était l’avantage de ma condition qui me servait le plus.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 22 Mai - 11:07

L'inconnu me donna l'impression d'être pressé, tout à coup, sa hâte de me quitter me fit immédiatement songer au fait que, sans doute, je l'avais surpris dans une activité peu avouable. Mon instinct de flic se remit étrangement en route, après trois longues années de mise en veilleuse -j'avais du en rabattre, après être devenu vampire, puis videur de boîte de nuit, puis garde du corps d'une gamine trop gâtée !-. Je fus même surpris que mes capacités n'avaient non seulement pas été altérées, mais se trouvaient comme décuplées (!!!). Les détails étaient comme notés en surimpression d'un écran, comme dans une série télévisée, genre "perplexité", "indécision", "nervosité", "regard d'acier", "précision des gestes", "notes" = "tueur à gages" (!). Ma tête pencha légèrement sur la gauche, car je demeurais perplexe face à la précision des informations brutalement recueillies. Mais du coup, une question explosa dans ma tête :

* QUELLE EST SA CIBLE ?!!! *

Il était évident qu'il ne m'en dirait rien, alors quoi ? le frapper et fouiller ses poches à la recherche d'une photo, d'un indice, pour lire son calepin ? Une rafale de vent m'apporta l'odeur caractéristique d'une arme bien entretenue, sans doute cachée sous ses vêtements, dans son dos (?), je redressais la tête quand il ouvrit la bouche pour dire :

« Bon. Je propose que l’on cesse de tourner autour du pot. Vous êtes avec qui et contre qui ? »

Mes yeux s'agrandirent de surprise et pour un peu, ma mâchoire m'en serait tombée...

-
Pardon ? je ne suis pour personne et contre personne. Je me balade. Je vous vois préparer un mauvais coup, je vous questionne. C'est tout.

(sourire amusé)

Maintenant, je jouais.

-
Vous me semblez mal à l'aise, donc, vous préparez un acte illégal, n'est-ce-pas ?

La page de journal tournoya devant nous, offrant le spectacle d'un spectre venu s'inviter à une danse macabre en devenir. Mon regard se fit plus perçant, se fixant, à l'instar d'un grand fauve, sur une possible proie, bien que je n'eus à cet instant aucune intention de boire quoi que ce soit. Je devais plutôt avoir l'air d'un flic étrange et aimant perdre son temps sur les toits au lieu de patrouiller dans les bars : simple question de préférence, à moins que je ne cherche moi-même un boulot... Le papier se plaqua au mur, puis le vent le reprit pour le précipiter sur l'homme. Sa déclaration abrupte en disait long sur son incapacité à communiquer et peu à peu, l'étau se resserrait sur son identité et surtout sur ses possibles activités :

* Homme de main, à la base, pas un chef, exécutant scrupuleux et précis... qui ne saura rien de la véritable raison et moins encore des conséquences de l'acte qu'il s'apprête à commettre. *

Oh ! j'en connaissais combien, de ce qu'on appelait vulgairement "piétaille" dans les commissariats... L'arrêter lui ne conduirait à rien, non, ce qu'il me fallait était au-moins l'échelon au-dessus. (moue sur mon visage)

- Cà paye bien ton boulot ? parce que là, je suis en rupture de banc... et je me débrouille pas mal. Je sais me taire aussi. Et obéir, bien sûr.

Comme le journal lui revenait dessus, il prit une position de close combat qui me renforça dans mon opinion à propos de l'inconnu : conditionné à l'extrême, il pouvait s'avérer dangereux plus que la plupart de ses contemporains. Mon instinct vampire s'en irrita pendant que le flic en moi était content d'avoir si bien cerné le personnage.

-
Eh... oh... du calme... je suis pas là pour me battre... à moins que ce ne soit un test avant embauche, bien sûr...
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 23 Mai - 9:50

    - Ca paye bien ton boulot ? parce que là, je suis en rupture de banc... et je me débrouille pas mal. Je sais me taire aussi. Et obéir, bien sûr.

    C'était quoi, ça ? Une tentative de me mettre hors de moi en me tutoyant d'un coup et en jouant au flic ? Et bien raté... J'eus la surprise toutefois de sentir poindre un sentiment que je n'avais presque jamais ressenti. C'était de... je n'arrivais pas à cerner ce que c'était. Je classai cette information dans un coin de mon esprit, me concentrant sur la personne, l’étrange personne qui était devant moi. Je ne savais même plus si je devais penser « l’homme » ou « le vampire ». Mais dans tous les cas, c’était un de ses flics de bas étage. Je commençai à me sentir très nettement menacé. Et l’attitude de l’autre n’aidait en rien à atténuer ce sentiment. Contrairement à ce qu’on pouvait penser à cet instant, mon cœur battait toujours aussi régulièrement, et j’étais toujours très calme. Seulement, j’étais passé en mode de combat, même si la différence avec mon attitude habituelle était infime. Je n’aurai aucune hésitation à éliminer ce gêneur s’il faisait un geste trop rapide. Mon pistolet était accessible en quelques centièmes de seconde, et l’autre était si proche qu’à mes yeux, ça ne s’appelait pas viser, mais tirer en faisant confiance en ses réflexes… De toute manière, ça devait bien faire trois ans que je ne visais plus une cible à moins de cinquante mètres. Mais j’atteignais toujours le cœur ou la tête.

    - Eh... oh... du calme... je suis pas là pour me battre... à moins que ce ne soit un test avant embauche, bien sûr...

    J’analysais la situation, comme toujours. Ainsi, il n’était pas là pour se battre ? Tant mieux, moi non plus. Je n’étais sorti que pour faire un repérage ; le meurtre, c’était demain ou après-demain, pas ce soir, théoriquement. Et ce gars, ce n’était pas ma cible première. Le tuer n’allait pas me rapporter d’argent, que des ennuis supplémentaires, et si c’était un agent de l’HCV, de gros ennuis. D’autant plus, qu’il se pouvait que ce soit un vampire, et tenter de tuer un vampire à bout portant n’était pas la meilleure des idées. Un test avant embauche ? Un rictus involontaire s’étira sur les lèvres, tranchant avec l’indifférence de mes yeux gris clair. Je me détendis imperceptiblement, conservant toutefois une garde parfaite, au cas où.

    « Moi non plus. Pourquoi passer à ce tutoiement ridicule ? Vous ne savez rien faire d’autre que votre job de flic frustré… »

    Un flic frustré. C’était ce que j’avais conclu de son attitude étrange et de sa volonté de faire ami-ami comme si nous étions tous les deux des racailles des bas quartiers de Moscow. Un flic… c’était un excellent point de départ. Nul doute qu’il allait tenter d’en apprendre le plus sur moi par rapport à mon attitude. Il devait savoir que j’étais un soldat d’élite, sûrement me considérait-il comme un tueur à gages, ce qui n’était pas tout à fait faux. Mais… il ignorait sûrement tout le reste. Je réfléchis brièvement à ce qu’il pouvait savoir de moi : maîtrise parfaite de mes émotions (et pour cause !), en train de faire quelque chose d’illégal (forcément, pour un flic, on ne se promenait jamais innocemment…), avec une parfaite maîtrise des armes à feu et tout le reste. Peut être un peu méfiant, et conditionné pour tuer, mais ça ce n’était pas sûr, puisqu’après tout, ce n’était apparemment pas non plus dans les mœurs écossaises de conditionner les soldats pour qu’ils ne soient plus que des machines à tuer. Bon. Ma nationalité ? S’il était un peu futé, il devait pencher pour slave, vu mon accent et mon facies. Mais, s’il savait reconnaître des slaves, parlait-il russe ou arabe, comme moi ? On allait bien voir… de toute manière, je n’avais strictement rien à perdre.

    نسعى دائما لحماقة، وهذه الشرطة ليخدع.

    Mon arabe coulait comme de l’eau de source, appris pendant quelques missions à l’étranger, pour éliminer des cibles gênantes. D’autant plus que j’avais des facilités pour les langues, comme le montrait mon apprentissage rapide de l’anglais dès mon arrivée à Glasgow. Ca faisait du bien de dérouiller un peu cette langue que je n’avais pas parlé depuis longtemps. Quelques mots peinaient à trouver leur chemin, mais j’avais la patience suffisante pour ne pas m’agacer de cela.

    это беспокоит вас, да! не понимает меня!

    C’était méchant de ma part de parler ainsi dans des langues que l’autre ne devait sûrement pas maîtriser. Mais bon, même si je dévoilais quelques cartes, je le condamnais à se demander exactement qui j’étais. Finalement, je cessais de jouer.

    « Si vous savez vous taire, tant mieux. Si vous savez obéir, c’est bien pour vous. Je n’emploie personne alors allez vous adresser autre part »

    Je n’étais pas un employeur, il devait déjà s’en douter, alors je me demandais à quoi rimait cette tentative de… d’intimidation ? Finalement, cette discussion allait vraiment durer bien plus longtemps que ce que je voulais au départ. Je n’étais pas de nature à m’impatienter, aussi, simulant un profond relâchement de ma vigilance, je m’adossai à la cabine de ciment menant aux escaliers, celle même sur laquelle il était assis au début de notre altercation. La retraite m’était toujours coupée par ce côté, mais je ne comptais pas, au début, passer par là pour redescendre. Si grimper une façade était physique, la descendre par le même chemin l’étant deux fois plus, et me fatiguer me permettait de trouver plus facilement le sommeil qui me fuyait trop souvent.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 25 Mai - 22:36

Ce type était indéniablement un tueur professionnel, comme on les
voyait au cinéma, capable de sourire tout en conservant un regard
neutre. Une telle différence d'expression avait de quoi inquiéter,
non... j'en conclus que je devais le tenir à l'oeil. En tout cas, il
avait mordu à l'hameçon !!! et qu'il me voit comme un flic raté était
donc une bonne chose, au moins, il ne cherchait plus ce que j'étais.

-
Mouais... c'est sans doute pour çà que je cherche l'aventure,
un p'tit boulot pour arrondir mes fins de mois. Et puis, avec ces
nouvelles lois qui nous obligent à tolérer ces maudites sangsues !


Maintenant, je m'étais parfaitement coulé dans le personnage, en imitant
un de mes anciens inspecteurs, un macho fini, trop sûr de lui et à la
veine insolente.

-
Sans déc' ! on tolère trop de trucs !N'importe quoi. Sûr que nos dirigeants touchent un max de la part des morts-vivants, non ?Et puis, que dire des dernières élections ! tu vas voir qu'il vas bientôt falloir bosser jusqu'à 70 ans !

Je balançais des trucs au hasard, genre Watcher. Etonnant comme ce type
était facile à imiter, et surtout, qui eut dit qu'un jour je
l'apprécierais ! En plus, comme tout le monde le sait, un salaire de fonctionnaire, c'est du genre minable. Alors que "flingueur"... et puis, je pouvais rencarder. J'espérais bien faire parler mon suspect en l'attirant sur ce terrain là. Une brise plus forte se leva, apportant des odeurs de pluie, j'en déduisis qu'il pleuvait sur le vieux volcan, et donc, bientôt sur nous. J'eus l'air désabusé mais toujours attentif à ce que dirait ou ferait l'étrange observateur nocturne. Au-moins, je savais où il agirait. Manquait quand et qui. Avait-il une photo sur lui ou des ordres écrits, avait-il noté des coordonnées intéressantes sur son calepin rangé si soigneusement tout à l'heure ? Je me grattais lentement la base de la mâchoire inférieure droite en attendant sa réponse. Normal qu'il ne m'embauche pas...

-
Mais... vous avez sans doute un contact, quelqu'un, non ? à qui j'puisse proposer mes services. J'peux filer des infos, et j'tire bien, aussi ! ah ah ah !!!

Je la jouais cool, vieux routier de la rue, flic à la diot, genre Watcher.

{hors rpg : attention !!! j'ai tout réécrit !!! désolé, mais je pense que c'est mieux comme çà}
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 29 Mai - 18:54

    Mouais... c'est sans doute pour çà que je cherche l'aventure, un p'tit boulot pour arrondir mes fins de mois. Et puis, avec ces nouvelles lois qui nous obligent à tolérer ces maudites sangsues !

    Ce gars devenait gênant, puisqu’il m’empêchait de partir. En fait, ce n’était pas de l’agacement que je ressentais, mais plus… je savais qu’il était gênant, et je savais qu’il fallait que je règle vite le problème. Ce n’était pas une question d’émotion ou quoique ce soit, puisque j’étais toujours très calme, mais ça relevait de la nécessité. Mes yeux gris se fixèrent des repères et je jaugeais l’homme à sa musculature ; j’étais observateur, et je savais donner à une silhouette une vitesse de réaction, et une force et une souplesse. Si je n’étais pas aussi précis que dans mes tirs ou mes estimations météorologiques à cet exercice, je me savais proche de la vérité lorsque je jaugeais des humains et celui là ressemblait fort à un humain. Un vampire m’aurait à coup sûr sauté dessus dès mon arrivée. Je ne connaissais d’eux que ce que je savais de l’HCV, et j’avais donc conscience que c’était dénaturé par leurs pensées fanatiques et aveugles, mais il devait y avoir une part de réalité. Au moins au niveau de leurs compétences. Et ce gringalet ne devait pas avoir la puissance que l’on prêtait aux vampires.

    Sans déc' ! On tolère trop de trucs ! N'importe quoi. Sûr que nos dirigeants touchent un max de la part des morts-vivants, non ? Et puis, que dire des dernières élections ! Tu vas voir qu'il va bientôt falloir bosser jusqu'à 70 ans !

    J’haussai un sourcil. Très discrètement, le mouvement était si travaillé et si précis qu’il était invisible, je récupérais mon 9mm chargé de balles d’argent et me passant une main dans les cheveux. Ma veste était mise de telle manière que j’avais accès à mon flingue sans la bouger outre mesure et mon mouvement, qui avait nécessité des heures de pratique dans mon appartement, était fluide. J’avais mon flingue dans la main, son contact éclairant davantage ce que je devais faire. J’entendais encore les voix de mes formateurs. « Les gêneurs, vous les dégagez avant qu’ils ne vous gênent réellement. Vous êtes couverts par les autorités et si vous faites ce qu’on vous dit, il n’y aura pas de problèmes. » Le problème, c’était que maintenant je n’avais pas de filet. Je n’étais pas un tireur d’élite mis en duo avec un observateur pour couvrir le repli de l’armée ou envoyé pour éliminer un gêneur occasionnel. L’HCV n’était pas là pour me couvrir, et cet homme allait être un mort inutile. Mais je ne m’embarrassais pas pour autant de considérations. C’était un gêneur, et les gêneurs étaient faits pour être éliminés. Ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

    Mais... vous avez sans doute un contact, quelqu'un, non ? à qui j'puisse proposer mes services. J'peux filer des infos, et j'tire bien, aussi ! Ah ah ah !!!

    C’était le moment, puisque visiblement, le flic avait arrêté de parler. Enfin, il avait fini de parler très précisément. J’hésitais entre le tuer maintenant ou lui demander de s’écarter. Dans un sens, il ne m’avait rien fait. Bon si, il m’avait fait perdre mon temps, mais ce n’était pas le plus dérangeant. Il était juste dans mon chemin, et c’était un gêneur. Ma main serra sporadiquement le 9mm, sans que ce soit signe de nervosité ; C’était pour me dérouiller les doigts et fluidifier davantage mon mouvement. J’étais toujours adossé nonchalamment au mur, et c’était impossible pour le flic de savoir ce que je préparais. A dire vrai, mon regard gris était toujours aussi inexpressif, de même que mon visage. Cette absence parfait d’émotions devait être suspecte. Dommage, il fallait que je fasse avec. Ma voix était traînante, volontairement. Il fallait que ce clown comprenne que je me fichais absolument de ses propos et surtout que je n’allais pas entrer dans son jeu. Ses tentatives de manipulation auraient pu marcher sur d’autres personnes mais c’était vain sur moi. Dommage pour lui cette fois. J’avais les bras le long du corps. L’obscurité derrière l’abri était parfaite, et mon 9mm était masqué.

    « Vous avez fini votre comédie ? C’est bon ? Je ne suis l’employeur de personne. Si vous tirez bien, tirez vous d’ici. Vous avez des infos ? Parfait, parlez… mais ne me faites pas croire que vous savez vous taire. »

    Oui, j’essayai de faire de l’humour, mais ça ne me faisait pas rire. Apparemment, ça facilitait les relations sociales, mais je ne comprenais pas en quoi. D’après un livre que l’on m’avait donné à l’HCV, faire de l’humour ou des jeux de mots pouvait apaiser la tension créée par ma simple présence dans une pièce. Apparemment… Si je pouvais faire déguerpir le flic, ce serait bien. S’il pouvait déguerpir sans balle dans le cœur, ce serait mieux pour lui.

    « Bon. Dégagez. »

    Le ton de ma voix ne laissait suinter aucune menace, juste un conseil. J’avais tenté la diplomatie finalement.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 29 Mai - 21:15

L'agacer n'était peut-être pas le meilleur moyen d'en tirer quelque chose, surtout si c'était un type froid et déterminé... On a des trucs, dans la police, pour faire craquer ce genre d'individu, mais en général, on était deux, le bon et le méchant. Là... ce n'était pas facile... Comme je n'étais pas encore parvenu à tirer quoi que ce soit de lui, je tentais de le destabiliser en le provoquant, en le poussant dans ses retranchements. Je songeais que l'amadouer ne servirait à rien : c'était un solitaire froid probablement peu sensible à ce genre de démonstration, mais le pousser à bout était ma dernière chance, avec le problème était : comment réagirait-il ?!!! A cette fin, je me tenait prêt à tout. En attendant, donc, il jouait les décontractés, mais je sentais confusément que la sauce montait et que bientôt... oui... bientôt... il y aurait une réaction. C'était toujours comme çà avec les suspects.

Vous avez des infos ? Parfait, parlez…

C'était le moment... je tentais donc ma chance, alors que je ne savais rien de ce qu'il cherchait... pour gagner un peu de temps, je ris, un rire détendu, à gorge déployée, vers le ciel -mais je gardais un oeil sur le type quand même- : après tout, n'avait-il pas fait de l'humour... je devais répondre à son invitation, non ? c'était humain... et je l'étais encore un peu. Disons plus exactement que je me rattachait à cette humanité fuyante qui m'échappait malgré tous mes efforts. Ma réaction était tout de même inespérée, non ? Quand je le regardais de nouveau dans les yeux, il ne riait pas du tout.

« Bon. Dégagez. »

Cette fois, c'était clair : le jeu était terminé. Game over. Le "suspect" s'attendait donc à ce que je bouge, que j'obéisse à son ordre. Une moue ennuyée et je m'exécutais. Mais pas dans le sens qu'il voulait. A vitesse humaine, mais de manière à le surprendre, je me jetais sur lui afin de me saisir de sa gorge, la serrer jusqu'à ce que ce type me dise exactement ce qu'il cherchait ici.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 1 Juin - 9:40

    Cet homme était clairement fou… ou totalement dérangé. Dans un sens, ça ne me surprenait pas puisque rares étaient les personnes saines d’esprit à sortir à une heure pareille taper la causette à un tueur à gages… J’attendais donc que le flic se déplace. Si je l’avais bien jugé, il ne voulait pas d’ennuis. Il essayait juste de jouer au plus malin, de m’intimider, ce qui ne pouvait pas fonctionner avec moi. Bien sûr, il ne pouvait pas le savoir, mais il aurait été avisé de s’en apercevoir rapidement. Le flic commença à se déplacer, sous mon regard attentif. Cependant, son mouvement n’était pas celui que j’avais demandé. Loin de s’éloigner de moi pour emprunter la cage d’escaliers, il se rapprocha… non, se jeta sur moi ! Je cessai de réfléchir, ne devenant ainsi que réflexes. Mes mouvements étaient si prévisibles qu’ils en devenaient imprévisibles de rapidité, et avant que le flic, ou qui qu’il soit, ne soit sur moi, j’avais déjà entré la séquence d’appel d’urgence de l’HCV, sortit mon 9mm de sa cachette et dégainé mon poignard. J’esquivai le premier coup d’un mouvement souple, me jetai sur le côté dans une roulade parfaitement exécutée et tirai une première balle vers l’homme qui bougeait plus rapidement que prévu.

    Si j’avais lancé l’appel d’urgence, ce n’était pas parce que c’était un homme normal. Ce n’était même plus un humain. C’était un de ces vampires que je n’avais jamais réellement côtoyé en combat, et visiblement je l’avais très nettement sous-estimé. Comment j’avais deviné que ce n’était pas un humain ? La sensation de prétention et de confiance en soi qui émanait de lui lorsqu’il s’était jeté sur moi, quand bien même ce fut à vitesse « humaine ». Ce n’était pas normal. Même moi, et je savais être un modèle en indifférence, je n’avais pas ce dédain de l’autre… cette certitude de l’emporter. Sur les tirs à longue distance, même des tirs rapprochés, il était rare que je loupe ma cible. Mais à bout portant, je n’avais pas le temps d’assimiler toutes les données de tir, et puisque les blessures infligées par balle à une telle distance étaient, dans presque tous les cas, mortelles, je n’avais pas besoin d’être aussi précis. Je me mis en garde, cherchant le vampire du regard. Un mouvement, et je tirai une deuxième balle dans la poitrine. Dans ma poche, mon portable était sensé émettre des signaux de détresse captables par les autres membres de l’HCV. Sensé. Je n’avais jusque là pas eu l’occasion de remettre en doute la technologie fournie par mes employeurs, et si j’étais familiarisé avec toutes les armes existantes, ce qui était portable et ordinateur me laissait un peu perplexe. Mon cœur avait accéléré, sûrement sous l’effet d’une montée d’adrénaline. C’était étrange de ne plus sentir ce rythme posé dans sa poitrine, mais je savais que ça ne signifiait rien de grave. J’avais beau être insensible aux émotions humaines, j’étais tout de même capable de ressentir la douleur, la surprise et l’essoufflement. Bien que pour ce dernier point, mon endurance était là pour pallier ce problème. Je n’avais pas peur d’être blessé mais je savais quel impact ça pouvait avoir sur mon corps pourtant résistant, et je voulais mieux éviter d’être ralenti.

    Le silence de la nuit était retombé sur l’immeuble depuis plusieurs minutes selon mon cerveau, mais je le savais parfaitement capable de se leurrer. Je m’étais aperçu qu’en combat j’avais une notion du temps très différente du reste des personnes ; le temps semblait se distordre, ralentissant dans les moments ou je devais analyser ce qu’il se passait, comme brièvement avant les combats, et accélérant lorsque j’entamai une séquence de tir, d’esquive ou de parade. Mon couteau étincela dans ma main droite, qui servait de stabilisateur pour ma bras gauche, armé lui de mon 9mm. J’ignorai où était le flic, et je m’en remis à mon ouïe. Je ne savais pas si je l’avais tué, chose qu’aurait du faire mon premier tir, ou blessé, ce qui était le deuxième objectif de la seconde balle d’argent.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 3 Juin - 9:37

J'avais agi comme si, flic et humain, je m'étais trouvé face à pareille tête de bois, avec la ferme intention d'en extirper des renseignements.

* Non, c'est faux. * me repris-je. Humain, je l'aurai filé et ainsi obtenu toutes infos sans bruit et sans fracas. Là, je suis coincé par le temps. Quand il fera jour, je ne pourrais plus rien et si ce type comptais vraiment buter quelqu'un, avec ses prises de marques et tout... je serai pas content de lire çà dans un journal alors que j'aurai pu l'empêcher. Donc non, mon comportement n'était pas semblable à celui que j'aurai eu, humain....

* J'ai déjà changé... * et ce constat me fit mal. En attendant, le type s'était barré, ayant une vitesse de déplacement peu banale chez les humains, sans doute le résultat d'un sur entrainement de l'armée, il tirait déjà un 9mm qu'il pointait sur moi *Quoi ?!!!!* et tirait. Cette fois, je bougeais à vitesse naturelle vampirique pour éviter la balle. Le coeur de l'humain s'emballait, l'adrénaline... Je souris. Cette hormone que je n'avais plus et me procurait tant de joie quand j'étais vivant, je la lui enviais. Moi, je me déplaçais vite, sans adrénaline, donc, sans grande excitation, ou joie ou autre sentiment, c'était comme çà, un point c'est tout. Cette nouvelle découverte m'interpela. *Et je vais vraiment vivre l'éternité sans plus rien ressentir d'excitant ?!!! mais je vais m'ennuyer à mourir !!!* Le problème étant que, pendant que j'épiloguais sur l'adrénaline et la vie, l'autre agissait et je dus replonger brutalement dans la réalité, mon escapade mentale m'ayant rendu trop faillible. *Ainsi, t'es gaucher, toi... ou ambidextre, plutôt...*. Je pris conscience d'une blessure à l'épaule droite, qui m'avait brûlé en entrant : une balle... *Cà m'apprendra à vouloir être gentil.* En effet, les autres vampires lui auraient sauté à la gorge et s'en seraient repus... Mais moi, je voulais qu'il me croit humain : visiblement, j'avais raté mon coup. L'analyse de la situation me disait que ce type n'était pas banal, loin de là. Il appartenait visiblement à une organisation et son regard froid me fit penser à ces gens qu'on avait arrêté une fois... Impliqués dans une secte, et ayant décidés de tous mourir le même jour, nous étions intervenus avec la police d'Edimbourg que je dirigeais alors. Juste à temps pour éviter l'irréparable. Mais le mois suivant, tout le monde ayant été relâché avec une bonne poignée de main du juge et le feu vert d'une armée de psychologues à la con, ils s'étaient retrouvés dans la lande. Et s'étaient tous tués. Bravo... et ben ce type, là, en face de moi, me donnait cette impression d'embrigadement. Il n'agissait pas de lui-même pour lui-même, non... c'était bien plus complexe que çà. Le type était un pantin aux mains d'autres personnes qui le manipulaient à leur guise. Cela me fit froid dans le dos :

*Julien, le shérif d'Edimbourg, m'a assuré de mon égalité face aux autres vampires, de mon indépendance de jugement, tout çà... * Mais j'avais pu constater que chez certains non-morts aussi, certains étaient très attachés à tel ou tel "grand", shérif, prince ou roi, plutôt qu'à d'autres, quitte à perdre une partie de leur indépendance dans une guerre qui ne le concernait finalement que très peu... sauf s'ils voulaient en tirer bénéfice (pécunier ou moral). Je réfléchissais ainsi, dos contre le mur de la cage d'escalier menant au toit. Plus un bruit, mais en tendant l'oreille, le "ta-doum, ta-doum" du battement de coeur du chasseur. Je l'imaginais tendant l'oreille -en vain- de son côté aussi et pris conscience de ma supériorité sur lui : je me déplacerai sans aucun bruit, il ne m'entendrait pas et l'obscurité le gênerait : pas moi. Donc, je bondis en silence sur le toit de l'escalier, distinguais clairement mon agresseur, bondis sur lui en me contentant de l'assommer. En effet, comment me permettre que tout cela dure, surtout que ce type avait un entrainement poussé, comme j'avais déjà pu le constater... Le corps vide de toute conscience qui gisait à mes pieds me parut tout à coup bien moins dangereux. Un coup d'oeil alentour, et aussi pour guetter toute possible approche, puis je m'accroupis, prêt cependant à mettre un vrai coup de poing vampirique à l'homme s'il se réveillait, et lui fit les poches après avoir écarté ses armes de lui en les balançant à l'autre bout du toit. Mes mains tâtonnèrent à la recherche d'un portefeuille, de papiers d'identité, de quelque chose, et trouvèrent les jumelles, un carnet de notes, et un téléphone portable. Difficile de connaître le réglage des jumelles, ma vision vampirique ne m'apprendrait rien, faudrait demander à un mortel ayant une vue normale à combien il pouvait voir avec, donc, je ne touchais pas le réglage. Un coup d'oeil au carnet : vitesse du vent, de la balle,... j'en concluais que l'inconnu était un tireur d'élite, mais rien sur sa cible. Le portable, enfin... dernier coup de fil, *HCV...?* Je me redressais, brutalement inquiet, conscient que ce type était affilié à ces tarés voulant notre peau à tous ! mais il dormait bien, le petit... coup d'oeil inquiet pourtant, autour de moi. Moi, le vampire, je devenais une proie potentielle... *Ben mince alors !* et puis, en fouillant un peu, je découvris une photo, très floue... mais je reconnu parfaitement le visage ! celui qui avait conduit à ce que je sois placé sous tutelle par la reine elle-même ! et provoqué la chute du Prince !

-
Salopard ! lâchais-je entre mes dents. J'avisais ma ceinture, liais les mains dans le dos de mon suspect, mis les pièces à charge dans mes poches, chargeait l'énergumène sur l'épaule, direction... le manoir !

Je voulais ma revanche, je voulais retrouver le Prince. Parce que je l'aimais (comme un homme, pas comme un amant !), parce que de grands dangers le menaçaient, comme m'en avait informé Guillemaud, et que ma tutrice, l'étrange miss Willoughby était un frein à ma veille sur lui, et que je voulais... je disparus dans les escaliers, enfermais le type dans le coffre de ma voiture et filais dans la nuit, indécis encore : où l'emmènerais-je ? chez la reine ? c'était plus que gonflé, mais c'était son esclave en photo... ou chez le nouveau shérif ? ce salopard de Français, ou chez le Prince, pour qu'il éclate la saloperie qui l'avait jeté hors du manoir ? J'étais gêné dans mes mouvements à cause de la blessure à l'épaule et une fois assis devant le volant, décidais de fouiller la blessure à la recherche de la balle. Les doigts de la main gauche s'enfoncèrent dans la plaie, me tirant des grimaces de douleurs -ben oui ! un vampire peut avoir très mal !- et finirent par ressortir l'objet que je contemplais un instant à la lumière des réverbères. N'ayant nulle idée de tout çà, je passais un coup de fil pour prendre conseil auprès du seul vampire en qui j'ai confiance à ce moment précis : Julien Guillemaud, le shérif d'Edimbourg... (de toute manière, j'ignorais où joindre William, alors...)


Dernière édition par Leslie Ryan Anderson le Dim 3 Juin - 18:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 3 Juin - 15:29

Armé jusqu’aux dents, vêtu comme un professionnel, j’arpentais les rues de Glasgow tel une ombre à la recherche de la mort. Je portais des vêtements aussi sombres que la nuit, plutôt moulants, ils épousaient les formes de mon corps à la perfection. A mes pieds je portais des grosses chaussures noires, des chaussures d’interventions semblables à celles que portent les militaires. Elles combinent à la fois protection et légèreté et me permettent de me déplacer aisément dans la ville mais aussi sur toutes les surfaces possibles. Autour de ma taille une épaisse ceinture en cuir noir également contenait des supports abritant deux pistolets automatiques, à ma gauche mon colt 45 gold cup, fragile mais précis et à droite mon Heckler und Koch P7, discret et pratique. En haut je portais un épais blouson noir qui me permettait tout de même d’effectuer tous les mouvements nécessaires au combat et au pistage tout en me protégeant du froid. Je protégeais mes coudes avec des coudières et mes genoux avec des protèges genoux. Mon couteau entièrement en argent fournit à tous les soldats de Dieu par l’HCV reposait tout contre ma cuisse de façon à pouvoir être dégainé rapidement.
J’avais démarré ma nuit ainsi préparé, paré à mener l’enquête sur les vampires de Glasgow. Vif, précis, presque invisible, je me glissais entre les rues de la ville en prenant garde de ne pas attirer l’attention préférant marcher dans l’ombre. Cette nuit-là je ne l’avais pas commencée comme les autres, avec une tournée des bars à vampire dans le but d’en apprendre plus sur ces derniers. Au contraire je savais ce que je cherchais, un fameux vampire que l'HCV m'avait désigné comme cible. Une cible que j’avais étudié notamment à la Pomme du Diable, ce bar affreux que je devais fréquenter tout en gardant l'anonymat. J’avais son portrait en mémoire et non sur moi, pour éviter qu’il tombe entre de mauvaises mains. Dangereux comme tout ceux de son espèce, ce vampire était une menace pour l’humanité et une abomination. Je m’étais alors préparé à le traquer bec et ongles et à en finir le plus tôt possible.

Cela faisait plus de deux heures que je le traquais dans la ville, le suivant à une distance raisonnable et attendant le bon moment pour lui tomber dessus et lui arracher son immortalité indésirable. Ce démon avait habitude de passer ses nuits à l’extérieur et je le soupçonnais de se nourrir fréquemment d'humains. J’espérais qu’il s’attaque à une pauvre créature de Dieu afin de le surprendre par derrière alors qu’il aurait baissé sa garde pour se nourrir. Souhaiter une telle diversion n’était pas pour me plaire, car le risque était grand pour la victime mais c’était l’un des moyens les plus sûr pour venir à bout de la créature. Malheureusement l’occasion ne semblait pas se présenter et j’allais devoir me passer d’une diversion. Je jetai un vif coup d’œil à ma montre, sans perdre ma cible de vu. Il était temps de passer à l’acte. J’étudiai vivement la configuration de la ruelle dans laquelle je me trouvais. Elle était vide et étroite et le vampire s’apprêtait à bifurquer sur la droite. La carte de la ville sur mon téléphone portable m’indiquait qu’il allait tomber sur une impasse bloquée par un muret. J’allais devoir l’abattre avant qu’il ne saute par dessus le mur. A pas de loup, coller au mur je m’approchais de plus en plus de ma cible tout en dégainant mon colt lorsque que mon portable émit le son du signal de détresse. Tout mes muscles tendus, je n’espérais même pas que le vampire n’est pas entendu la sonnerie. Mon plan tombait à l’eau, il ne me restait plus qu’à fuir pour espérer survivre. Je fis alors demi tour avant de courir en silence et de me réfugier dans une ruelle. Heureusement pour moi, au moment de la réception du signal j’étais suffisamment éloigné du vampire pour pouvoir le semer. Le cœur battant je regardai l’origine du signal :

Alexei R. Ivanov a écrit:
Emission d'un signal de détresse avec coordonnées géographiques

Emetteur: Portable d'Alexei Rubens Ivanov - Tireur d'élite de l'HCV

Localisation: Immeubles / Glasgow

Tendu je constatai que l’un de mes coéquipiers, Alexei Ivanov était l’emetteur du signal. Mon portable de fonction m’affichait sa localisation : les immeubles de Glasgow. Je n’avais d’autre choix que de lui apporter mon aide. Je ne portais pas Alexei dans mon cœur mais il était un camarade et un être humain, de ce fait je devais lui porter secours. Cette situation n’était pas sans m’inquiéter car Alexei se trouve être une excellent élément mais même un soldat tel que lui pouvait se retrouver piégé.
Fort heureusement j’étais mois aussi en centre en ville et je pus me retrouver près des immeubles en une dizaine de minutes. Je me posai un instant tentant de réfléchir à la localisation précise d’Alexei. Je me repassais en mémoire les informations que j’avais réuni sur Alexei, assemblant les pièces du puzzle. C’était un tireur d’élite, l’HCV m’en avait informé. Il n’était certainement pas dans la rue mais sûrement sur les toits ! A grande enjambé j’entrai dans une immeuble, montai les marches quatre à quatre avant de me retrouver sur le toit. Je sortis de mon sac à dos des jumelles et repérai bien vite Alexei sur le toit d’en face, une ombre au dessus de lui. Je sautai sur le toit suivant m’avançant prudemment vers son agresseur. Il était penché sur le corps inerte d’Alexei, vivait-il toujours ? Je refusais de penser le contraire. Il se saisit d’Alexei, le soulevant comme un vulgaire chiffon et se retourna. Avec automatisme je me saisis de mon pistolet et visai celui que j’avais reconnu comme un vampire. Une balle en argent dans le ventre, l’autre en direction de ses jambes. J’aurai voulu le viser à la tête, et tuer cette chose mais s’il bougeait ma balle pourrait se loger tout droit dans le corps de mon coéquipier.

HJ : j'espère que ça convient ! Je l'ai écris avec beaucoup de monde autour alors pardonnez moi pour les éventuelles du fautes et pour les phrases pas trop correctes Very Happy .


Dernière édition par Anton Paragrieneri le Mar 24 Juil - 13:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Lun 4 Juin - 1:28

Ces dernières nuits n'avaient pas toutes été des plus calmes en émotions. J'avais par exemple reçu dans mon nouvel appartement Evey puis Jana, ayant pour chacune un objectif bien particulier. Concernant la première j'avais marqué mon ascendant sur elle et sur le fait que j'avais gagné notre compétition du temps où nous étions shérif. J'étais devenu Maître vampire et elle était à présent seule à la tête d'Edimbourg, au final chacun y trouvant son compte. Concernant l'ex-épouse de William mon invitation avait un tout autre but, celui d'évaluer sa personne. Même si en apparence elle était en tout point parfaite, j'émettais quelques réserves quant à sa position préférée vis à vis de la royauté. Après tout elle avait tout de même été mariée avec le prince déchu et je trouvais étrange qu'elle n'ait rien vu quant aux agissements de son époux. C'est pourquoi ce soir je décidai de me reposer dans mon appartement de la capitale en compagnie de ma Pomme de sang depuis peu, Shane.

Alors que nous jouions sur la terrasse de mon logement mon jouet et moi, mon téléphone se mit à sonner. Au vue de la mélodie qui résonnait j'identifiai immédiatement l'auteur de cet appel étant donné que je lui avais désigné une chanson particulière
(celle-ci), qui lui correspondait bien du fait de son aptitude à se mettre dans la mouise. Soit il m'appelait parce qu'il avait oublié l'adresse mail que je lui avait ordonné d'utiliser comme seul moyen pour communiquer avec moi, et dans ce cas il méritait que je le remette en place. Soit il s'était mis dans une situation périlleuse et nécessitait mon aide. Si tel était le cas j'irai alors l'aider, non pas que je me souciais spécialement de son sort, mais cela le lui laisserait tout de même penser que c'était le cas. Je déposai un baiser sur les lèvres de Shane en décrochant l'appel sur mon smartphone.

Leslie Ryan Anderson a écrit:
- Shérif, c'est urgent.
j'ai dans mon coffre un humain qui visiblement projetait un attentat contre Torben, l'esclave de la Reine. Il appartient à l'HCV à laquelle il a eu le temps d'envoyer un message de détresse. son portable est à présent désactivé et je suis en voiture.
je vous en supplie, dites-moi où l'emmener ? au manoir ? chez le nouveau shérif, ou auprès de notre ami commun afin de l'aider à remonter dans l'estime de sa mère ?
ah... au fait... j'ai aussi une balle dans l'épaule droite, çà me lance et n'arrête pas de saigner... je comprends pas...


Décidément ce jeune vampire avait de nombreuses choses à apprendre. Comment s'était-il trouvé face à un membre de l'HCV? Malgré ses nouvelles aptitudes de vampire, il n'était pas préparé au combat. Il n'avait même pas assimilé que je n'étais plus shérif mais Maître vampire, ce n'était qu'un détail mais cela montrait bien qu'il naviguait dans un autre monde.

Comment t'es-tu mis dans cette situation Leslie? Tu aurais dû m'appeler plus tôt. Ne bouge pas j'arrive. Enlève la balle de ton épaule et trouve du sang à boire. Si tu as toujours la poche de sang que je t'ai donné l'autre fois bois la, même s'il est un peu faisandé. Je coupai la communication et m'adressai à Shane tout en passant quelques vêtements sombres, mon jeu avec Shane m'ayant laissé en partie dénudé. J'ai une urgence ma belle, reste ici et si tu as besoin sers toi.

Je quittai immédiatement l'appartement pour atteindre la sortie de l'immeuble et ordonnai aux agents de sécurité de ne laisser entrer personne jusqu'à mon retour et m'engouffrai dans ma voiture garée juste devant. Tout en descendant les escaliers du bâtiment j'avais utilisé une application de mon smartphone qui permettait de localiser nos contacts, me permettant de savoir à peu près où Leslie se trouvait. Une fois ma destination trouvée je fis hurler le moteur et me dirigeai dans la ville, n'étant pas à plus de quelques minutes du jeune vampire.

Lorsque je fus arrivé à l'endroit indiqué par l'application je garai ma voiture et me mis à marcher plus ou moins discrètement, préférant les quelques zones d'ombres, afin de trouver l'imprudent. Alors que je crus apercevoir la voiture avec Leslie à l'intérieur, à quelques mètres de moi, quelqu'un déboula dans la rue en sortant d'un immeuble, une arme à la main et s'avançait vers son véhicule sans que le jeune nocturne ne semble le voir. Etait-ce déjà un membre de l'HCV venu en renfort de la victime de Leslie?

Au vu de ce que m'avait dit l'ancien employé de William, nul doute que celle-ci devait utiliser des balles en argent et peut-être même possédait-il d'autres armes en argent sur lui aussi je ne devais pas prendre de risque. Sans plus attendre je m'élançai vers cet humain aussi vite que me le permettaient mes capacités de vampire et attrapai son bras qui tenait l'arme. Je brisai l'os de son avant-bras d'un coup de main et jetai le pistolet au loin avant de l'attraper par le col et de l’envoyer valser sur le trottoir d'en face. Nous ne devions pas perdre de temps, je devais emmener le vampire loin de cet humain. Aussi j'ouvris la portière de la voiture pour pousser Leslie côté passager et enfonçai la pédale de l'accélérateur afin de mettre le plus de distance possible entre l'homme que j'avais attaqué et nous. Je n'avais pas frappé assez fort car ce dernier s'était déjà relevé et tirait à présent sur le véhicule, il avait apparemment une autre arme à feu sur lui. Quelques balles se logèrent dans la carrosserie et brisèrent une vitre mais aucune ne me toucha.

Tandis que nous roulions sans nous arrêter, je décidai de sortir de la ville plutôt que de prendre le risque de nous faire suivre et d'amener l'homme de l'HCV jusqu'à ma demeure. Tout en roulant j'envoyai un sms à Angela, lui ordonnant de se rendre immédiatement chez moi afin d'assurer la protection de Shane en mon absence. J'apprendrai par la suite que ma fidèle garde du corps se trouvait déjà dans mon appartement avec ma Pomme. Pour l'heure je m'adressai à Leslie surveillant dans les rétroviseurs que nous n'étions pas suivis.


Comment t'es-tu mis dans cette situation Leslie? Raconte moi tout afin que je puisse t'aider au mieux. En tant que Maître vampire je peux te sortir de là. Qui est cet humain dans ton coffre et comment l'as-tu rencontré?



HJ:
Spoiler:
 


Dernière édition par Julien Guillemaud le Mar 7 Aoû - 14:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Lun 4 Juin - 15:36

    Je guettais un signe du vampire. Mes oreilles étaient les seuls organes sensoriels qui pouvaient me servir, et j’avais fermé les yeux pour accroître leur sensibilité. Malheureusement, je perçus trop tard le frottement dans l’air et me retournai une seconde avant de me prendre un violent coup sur la tête, coup qui me plongea dans les vapes sans totalement sombrer dans l’inconscience. C’était comme si mon corps était dans du coton, paralysé et amorphe. J’étais encore là sans y être, aussi impotent qu’une poupée de chiffon, tous les sons me parvenant inaudibles car assourdis, la vision si floue qu’elle n’était plus… et pourtant j’étais encore là. Hébété. Ce n’était pas la première fois que j’étais dans une telle situation, après tout je n’étais pas un dieu, un immortel, un super soldat… J’avais été blessé deux trois fois en opération, même si j’agissais le plus souvent sous couvert et à plus de deux cents mètres de distance. La douleur avait été là, l’hébétude aussi. Mais pas ce que je ressentais actuellement. Oui. Je ressentais quelque chose. De la surprise, et de l’incompréhension. La première balle que je m’étais pris dans l’épaule me revint en mémoire. Plus précisément, ce que j’avais vécu lorsqu’elle m’avait blessé. C’était en Côte d’Ivoire. Non. En Afghanistan. La localisation importe peu. Nous étions en mission de reconnaissance et pour couvrir le repli de nos troupes. Piotr n’était déjà plus là, mon observateur était un novice, mais mon expérience compensait largement son inaptitude. Jusqu’au moment où il n’a pas vu un groupe de terroristes qui nous avaient approchés par derrière. J’étais avec mon arme, occupé à viser les troupes qui menaçaient le repli des forces russes, et c’était à lui de nous couvrir. Il est mort d’une balle dans l’épaule, j’ai eu le temps d’abattre les cinq terroristes avant de me prendre cette fameuse balle qui a laissé sa cicatrice. Même si j’ai été blessé plusieurs fois après ça, je ne pensais pas qu’un jour je retrouverais les sensations d’impuissance, d’immobilité et, peut être, de peur ?, que j’avais ressentis en sentant mon épaule se disloquer et en sombrant dans l’inconscience.

    Le vampire, le deuxième que je rencontrais, et moins cordial que le Vampire avec un grand V, me lia les mains et me chargea sur son épaule comme un vulgaire sac de farine. Je n’en ressentais pas de honte, pas d’agacement. Mais je plongeai plus profondément dans l’inconscience. Lorsque je revins à moi, ce fut sur les mouvements brusques d’une voiture conduite à vitesse rapide dans les rues d’une ville. Je savais que je saignais à la tête. C’était fort probable, puisque toute blessure à la tête, même bénigne, saignait rapidement à flots. Mes mains étaient attachées dans mon dos, avec l’expertise d’un professionnel. Ce gars, ou ce vampire plutôt, était bel et bien un flic, je ne m’étais pas trompé. Ma seule erreur avait été sur sa nature. J’étais contorsionné de toutes parts, visiblement mis dans un coffre de voiture. Que comptait-il faire de moi ? Me « manger » ? Ou me boire, si le terme était plus adapté ? J’ignorais les intentions du vampire. Mais je trouvais stupide de sa part de ne pas m’avoir tué. En même temps, s’il ne m’avait pas tué, c’était qu’il ne me considérait pas comme une menace, ce qui excusait un peu son attitude, toujours stupide bien sûr. Et s’il ne me considérait pas comme une menace, c’était que je l’avais loupé à deux reprises. Mon cœur qui battait jusque là toujours comme un automate dans ma poitrine s’accéléra un peu. Mon cerveau peinait à assimiler la chose. Si je n’avais pas d’émotions, je les remplaçais sans soucis par mon intelligence et ma capacité d’analyse qui était au niveau de ma capacité d’apprentissage. Il m’arrivait de manquer ma cible, mais c’était rare. Et c’était un loupé sur une série de dix tirs enchainés. Là, je n’avais tiré que deux fois… Je me tortillais pour libérer mes mains mais peine perdue. Il fallait que je sache. Il fallait que je sache si j’avais blessé le vampire. Ne serait que pour satisfaire mon cerveau qui n’acceptait pas d’avoir été leurré. Je sentis quelque chose de poisseux couler de ma tempe. Je saignais bel et bien. Avec un vampire dans la voiture. Je me sentis soudain nauséeux, contre coup de mon inconscience. Je ne voyais rien, mais sans nul doute, même s’il y avait eu de la lumière, j’aurais tout vu flou pendant quelques heures. Il fallait quelque chose pour attirer mon cerveau qui tournait en bourrique sans rien à grignoter. Une voix me parvint :

    Comment t'es-tu mis dans cette situation Leslie? Raconte-moi tout afin que je puisse t'aider au mieux. En tant que Maître vampire je peux te sortir de là. Qui est cet humain dans ton coffre et comment l'as-tu rencontré?

    Cette voix… elle me rappelait quelque chose. J’avais mal à la tête, et la nausée empirait à chaque seconde. J’avais du mal à réfléchir, et je savais que s’ils ne me sortaient pas rapidement de ce coffre exigu, j’allais de nouveau sombrer dans l’inconscience, voire le coma. Un cahot un peu plus fort que les autres me tira un gémissement incontrôlé. J’essayai toujours de me dégager les mains, ignorant la douleur. Je n’arrivais toujours pas à trouver qui était le propriétaire de la voix.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 5 Juin - 13:56

Je roulais toujours, car en mouvement, je faisais moins cible qu'arrêté, logique, non ? J'allais dans le flot régulier de voiture, sans trop de but, me laissant porter par les artères de cette ville, coulé dans l'anonymat rassurant des files de voitures. Ce devait être une sortie de cinéma ou d'un autre spectacle, car d'habitude, il y avait moins de circulation à cette heure. Une fois au bout de la ville, je fis demi tour pour ne pas être seul. J'avais l'air calme au volant, comme écoutant de la musique, mais le sang qui coulait encore de ma plaie commençait vraiment à me faire peur. Guillemaud m'avait dit de boire du sang, mais j'en avais pas là, à par le cinglé attaché derrière, mais si je l'avais pas tué avant, c'était pas pour le faire maintenant. Quelque chose me disait qu'il pourrait être important pour la suite, mais là, je ne voyais pas en quoi (seul mon instinct de flic le hurlait)... Au feu rouge (sanglant) suivant, je saisis pourtant une bouteille de True que je bus avidement, espérant bien que les choses s'arrangeraient rapidement. J'entendis le coeur de mon "otage" battre plus vite et compris qu'il était réveillé (et que son sang se trouvait propulsé plus rapidement, d'ailleurs, je l'avais dans le nez, ce qui m'ouvrait l'appétit). Dans ma tête, tout allait très vite maintenant...

A vrai dire, le type dans mon coffre était une aubaine et j'avais agi sur un coup de tête en téléphonant au Maître vampire...

* D'ailleurs, quel titre je dois lui donner en lui parlant ? * nouvelle inquiétude -stupide ?- qui s'ajoutait à celle d'une blessure ne se refermant pas. La balle, je la regardais parfois rouler sous le tableau de bord et son apparence me fascinait : je savais que c'était de l'argent, que c'était çà qui avait provoqué tant de douleur et m'avait brûlé les doigts quand je l'avais extraite. Je songeais que toucher ce métal plus longtemps devait vraiment être horrible et tout mon corps frémis.

Donc, le type dans mon coffre voulait abattre Torben, qui certes était l'esclave de la reine, mais aussi celui qui avait éjecté William comme un malpropre. Le toucher était impossible, mais l'autre là, le déséquilibré de l'HCV s'apprêtait à le flinguer. La bouteille de True vide roula sur le plancher côté passager alors que je tournais à gauche. J'en aurai bien pris une autre... et me demandais à combien j'étais d'un bar susceptible d'en vendre...

* Si j'avais su... je l'aurai laissé faire... * pourquoi je l'avais ramassé après avoir pris connaissance de sa cible ? ni vu ni connu... l'HCV est l'ennemie héréditaire des vampires. Personne n'aurait trouvé à redire à ce "meurtre". Je haussais les épaules et la douleur revint, le sang dégoulinait le long de mon bras et gouttait sur mon jean où j'avais posé mon avant-bras afin de me soulager. La tâche sombre s'étalait peu à peu, comme les ténèbres sur... Je pilais de justesse et klaxonnait : le crétin devant moi avait freiné d'un coup : heureusement, pas d'accident, je repris la route, doucement, me fondant dans la masse... Le temps s'allongeait dangereusement et l'impression de m'affaiblir me tenaillait maintenant. D'un coup, la portière s'ouvrit brutalement et je me retrouvais sur le siège passager avant d'avoir eu le temps de réaliser que Julien venait de prendre ma place de chauffeur. Surpris, je ne dis rien : désormais, il prenait tout en main... *ouf !* Vraiment, ce vampire me sauvait, là... un vrai ami ! malgré la situation, j'éprouvais joie et soulagement, me contentant pour le moment, de ne rien montrer de ma souffrance quand il accéléra et me baissais pour éviter les balles tirées... *par qui ?... probablement un autre de ces dingues de l'HCV pardi ! moi qui n'en avais jamais vu... c'était le baptême cette nuit !* Le calme revint et pour un peu, j'aurai respiré. Julien passait un sms en conduisant, ce qui était une infraction grave -j'étais flic !-, mais je ne dis rien.

Comment t'es-tu mis
dans cette situation Leslie? Raconte moi tout afin que je puisse t'aider
au mieux. En tant que Maître vampire je peux te sortir de là. Qui est
cet humain dans ton coffre et comment l'as-tu rencontré?


Si je voulais aider William, que je n'avais toujours pas retrouvé à ce jour, je devais, je devais absolument faire tout ce que Guillemaud me dirait, puisqu'il était le seul ami du prince déchu maintenant. Mettant de l'ordre dans mon récit, le passager clandestin gémis et moi, je dis simplement :

-
C'était ma nuit sans travail à la Pomme du Diable, j'en ai profité pour me balader... Ce type, je l'ai observé bien vingt minutes, puis on s'est parlé un peu, il me paraissait bizarre. Mais il ne parlait pas de son boulot -je me doutais que c'était un tueur-. Puis, j'ai profité d'un moment d'inattention de sa part pour le neutraliser. Une fois assommé, je l'ai fouillé : rien sur son identité, à part ses plaques militaires, un vrai pro, une alerte HCV et une photo floue : celle de Torben. Ah, oui ! un carnet de notes sur la vitesse du vent, la distance, tout pour les calculs précis nécessaire à un tir avec fusil à lunette, et un autre, curieux, sur ses absences de sentiments, des trucs délirants...

C'était là un rapport circonstancié, professionnel et détaillé pourtant, qu'apprécierait certainement l'ami du prince. Mais devrais-je m'ouvrir à lui sur l'utilité qu'il pourrait avoir pour William ? non, il devait avoir compris avec ce que j'avais dit au téléphone moins d'une demi-heure avant. Alors, je me tus, attendant ma réponse et fouillant la nuit à la recherche de l'autre membre de la HCV qui aurait réussi à me buter, si Guillemaud n'avait pas été là. Je me mordis la lèvre inférieure en me rendant compte de mon "amateurisme" en matière vampirique : personne ne m'a jamais rien appris.

* Je pourrais même être un danger pour mon prince, sans le savoir !*

J'eus peur, tout à coup, et même la présence rassurante de l'ancien shérif d'Edimbourg à mes côtés ne suffit pas à l'éloigner.

-
Dites, que faire maintenant ? Pensez-vous que j'ai bien fait de garder cet humain vivant ? vous sera-t-il utile dans la défense du Prince ?
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 7 Aoû - 16:56


Tandis que je dirigeai le véhicule à toute allure, usant de mes réflexes de vampire pour éviter un accident j’écoutai l’autre nocturne de la voiture et je n’en fus pas déçu. En effet il me raconta avoir capturé, non sans être blessé au passage, un assassin de l’HCV. J’identifiai ce dernier lorsqu’il me précisa le manque de sentiments de ce dernier. Se pourrait-il qu’il ait rencontré l’homme que j’avais engagé au parc il y a quelques temps ? Je vérifierai ce point ultérieurement car pour l’instant je devais m’assurer de trouver un endroit sûr et adapté à un interrogatoire poussé en toute tranquillité si jamais l’humain dans le coffre n’était pas mon assassin. Autre information importante que m’apporta Leslie, ce fut la cible du tueur. L’humain de Krystel, cet agaçant Torben Badenov qui nous avait repris William et moi lors de la soirée qui m’avait vu élevé au titre de Maître vampire. Tout en écoutant son récit, je sentais le sang de l’humain alors que ce dernier restait silencieux malgré la position inconfortable qui devait être sienne. Après avoir jeté un œil dans le rétroviseur central si nous étions suivis, j’écoutai Leslie me poser ses questions avant de lui répondre d’un ton serein.

Tout d’abord il te faut reprendre ton calme Leslie, ne cède pas à la panique. N’oublie pas ce que je t’ai dit lors de notre première rencontre. Quoi qu’il en soit à propos de l’humain qui est dans ton coffre, dis m’en plus quant à la raison de votre affrontement, et ton épaule ? Et ne t’inquiète pas, il me sera utile, d’une manière ou d’une autre, pour l’aider fais-moi confiance.

Pour le moment je continuai à rouler en direction de la sortie de la ville, qui n’était plus qu’à quelques minutes à présent. Si je voulais sortir de Glasgow, c’était pour m’assurer que l’humain que j’avais blessé dans la rue plus tôt n’était pas à nos trousses, et les apparences me confortèrent sur ce point. Une fois que cela sera certain je les conduirai, lui et notre prisonnier, en ma demeure d’Edimbourg. Là-bas je pourrai aisément faire un léger briefing au jeune vampire et m’occuper de l’humain ensuite. Au bout de quelques minutes nous arrivâmes enfin aux portes de la capitale aussi me garai-je sur le bas-côté afin de lui faire une petite précision de sécurité au cas où l’humain dans le coffre ne soit pas mon tueur à gage.

Il nous faut être prudent Leslie car pour l’heure nous ignorons tout de celui qui se trouve à l’arrière de ton véhicule, c’est dans ce but que je nous amène dans un lieu sûr et jusqu’à nouvel ordre nous devons garder le silence car rien ne nous dit qu’il n’a pas un micro sur lui ou qu’il n’est pas marqué d’une balise. Avait-il un portable sur lui ? Si c’est le cas donne le moi, ainsi que ce que tu as trouvé dans ses poches, je vais en avoir besoin afin de savoir comment m’occuper de lui. Dis-je d’un ton autoritaire qui n’appelait à aucune contestation, tandis que le nocturne s’exécuta. Je pris l’appareil, le brisai entre mes doigts avant de le jeter par la fenêtre et fourrai le reste dans mes poches. N’apercevant toujours aucun véhicule je remis le moteur en marche et pris la route de mon logement d’Edimbourg après avoir allumé la radio, en mettant mon doigt sur ma bouche en regardant Leslie afin de lui rappeler qu’il devait garder le silence malgré la musique qui résonnait dans l’habitacle.

Et pour une fois le jeune nocturne parvint à se tenir à cet ordre clair tout au long du trajet de quelques minutes jusqu’à notre destination. Une fois arrivée dans la rue de mon ancien logement je garai la voiture un peu plus en amont par rapport à mon adresse et inspectai la ruelle du regard avant de sortir l’humain du coffre. Il semblait inconscient, ou du moins faisait semblant mais était vivant comme me l’indiquaient les battements de son cœur, à un rythme plutôt lent, signe de son inconscience ou d’une maîtrise de son rythme cardiaque. Quoi qu’il en soit je le pris sur mon épaule avant de remonter la rue déserte, Leslie sur mes pas, avant d’entrer dans la demeure que j’occupais étant shérif.

J’indiquai à Leslie d’un geste de la main de s’asseoir sur un des fauteuils du salon tandis que je descendis l’humain dans ma cave, dépourvue de toute ouverture sur l’extérieur. Ce dernier semblait encore inconscient aussi le déposai-je dans un coin de la pièce. Celle-ci était entièrement insonorisée et ne comportait que ma baignoire à acide en faïence, seulement utilisée pour me débarrasser de cadavres d’humains. L’humain ne pourrait se détacher ou s’enfuir, d’autant que l’odeur d’acide sulfurique ambiante devrait l’en dissuader. Après avoir déposé mon colis donc, je remontai pour rejoindre le vampire dans mon salon et m’assis face à lui après avoir fait un tour par mon frigo pour en sortir deux poches de sang.


Ne te soucie plus de l’humain car je m’occuperai de lui après ton départ. Pour l’heure il va te falloir être des plus prudent et discret afin de te faire oublier de l’HCV. Ces fanatiques doivent à présent être à ta recherche suite à ce qu’il vient de se passer, aussi tu iras au plus vite à la Pomme du Diable et tu y resteras pour quelques jours. Ne parle à personne de ce qu’il s’est passé, je m’occupe de tout.

Bois ceci, cela aidera ton épaule à cicatriser complétement malgré la balle en argent qui t’a touché tout à l’heure.
Dis-je en lui tendant une poche de sang avant de vider la mienne. Que penses-tu de ce qu’il s’est passé ce soir Leslie, donne-moi tes impressions je te prie.




HJ:
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 12 Aoû - 12:32

Je ressentais la fatigue, à présent, lourde, assommante. J'aurai voulu dormir, tout simplement, mais au lieu de cela, je notais la maîtrise du volant du shérif. Mes yeux se fermèrent à demi me se rouvrirent lorsqu'il évita une voiture qui s'arrêtait brutalement devant lui. Instinctivement, ma main s'accrocha à la ceinture de sécurité, geste parfaitement stupide, puisque j'étais déjà mort. Ben oui... petit soupir (de soulagement ou de lassitude ? je ne le savais pas moi-même) à peine audible. Je repensais à cette folle nuit, qui aurait du être une nuit calme, à contempler les rares étoiles visibles depuis une ville illuminée.

*Tu parles... pour la tranquilité, tu repasseras !*

Quant à reprendre mon calme, il en avait de bonnes ! lui ! moi, j'étais à la place du mort, n'avais plus aucun contrôle ni sur ma voiture, ni sur ma vie, ni même sur ma mort, d'ailleurs. Garder mon calme ?.... mais qui s'était fait tiré dessus ?!!! Mes doigts fouillèrent mes vêtements à la recherche des plaies, à tâtons : je saignais toujours. Quelque part dans un coin de mon cerveau, je remerciais le dieu des vampires : se boire entre nous ne se faisait pas : c'était du cannibalisme. Cà a du bon, les croyances... Je me demandais d'ailleurs ce que ça faisait de boire "son prochain"... Est-ce qu'il avait peur ? est-ce que sa peur était plus grande encore que celle des mortels ? Sans m'en rendre compte, ma langue passa lentement sur mes lèvres desséchées, mais ce geste inconsidéré pouvait aisément passer pour une autre raison que se trouverait le shérif. En espérant qu'il ne lise pas dans les pensées. Je les chassais donc rapidement au cas-où. Je repris ses mots :

-
Notre affrontement... bah... rien de spécial. Mais finalement, je me demande si je n'aurai pas du le laisser faire et nous débarrasser de ce maudit Torben. Après ce qu'il a fait subir au Prince.

On sentait une animosité palpable alors que je prononçais ces mots, et du regret, aussi, comme un gamin qui aurait agit trop vite, sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes. Après tout, Torben serait certainement mort, vu le professionnalisme de ce membre de l'HCV... Je n'avais vu que le bénéfice hypothétique de sa capture pour que les anciens shérifs aient une carte de plus à leur jeu. Je me tournais vers Julien :

-
Vous croyez que j'aurai du me contenter de l'observer et le laisser faire ?

Tout à coup, son opinion prit une importance démesurée pour moi. Comme si j'attendais une sentence de vie ou de mort sur ma personne. Mais je fus rapidement rassuré : Guillemaud savait déjà comment l'utiliser ! ouf ! de ce côté là au-moins, tout allait bien. Mon épaule me lança et je grimaçais : tu parles, être vampire et souffrir comme çà ! quelle gabegie ! En fait, être vampire était comme être humain, sauf que tout se trouvait décuplé en sus d'une vie interminable. Plus de douleur, plus de chagrin, plus de forces, plus d'envies... On sortait de Glasgow, direction Edimbourg... retourner dans cette ville me fila le bourdon et je me laissais aller sans retenue contre le siège fatigué de la vieille voiture que ma mère m'avait donné juste après ma première rencontre avec Julien. Lieu sûr. Silence. Bien sûr, je comprenais, lui lançant un regard discret éclairer par les seuls lampadaires avant de retomber dans mon mutisme de douleurs et de fatigue. J'avais mal et sentais la vie s'échapper en tâchant mes vêtements. Tirer les affaires de mon "chasseur" de mes poches fut un véritable supplice, mais peu à peu venaient le portable, le calepin,... Quelque part, j'eus pitié de ce pauvre type à l'arrière : si l'ancien shérif "s'occupait" de lui... ce n'était pas un bon présage. Le répit fut de courte durée car la voiture redémarra bientôt. Même rouler me faisait mal.

* Bon sang ! c'est si loin que çà Edimbourg ?!!! *

Sans doute la douleur, les mauvais moments paraissant toujours plus longs que les autres. La prudence du vampire me fit penser à toutes mes imprudences, celles qui, au quotidien, pourraient me coûter la vie en cas de "conflit"... Mes lèvres se serrèrent à ce constat et je me promis de mieux faire. J'avais reconnu la rue de l'ancien domicile de Julien et pensais que j'avais du m'assoupir un moment... Une fois dans l'appartement, je m'assis sagement là où on me l'indiquais et regardais disparaître Julien avec son fardeau : à la cave ? Le gars n'en ressortirait probablement jamais, à moins d'avoir l'intelligence de savoir composer avec le maître du jeu, de se montrer très utile et... je m'arrêtais brutalement :

*Comme moi ?*

Mon sang ne fit qu'un tour : comme moi ?!!! j'avais su me montrer utile à Julien !??!!! il se servait de moi ?!!! non. Je refusais de le croire. Nous voulions tous deux sauver William : cette pensée me calma, mais des vapeurs d'acides sulfuriques m'alarmèrent encore. Qu'est-ce qu'il y avait là-bas ? Il me parla et une expression fugitive de surprise passa sur mes traits :

*Quoi ?!!! l'HCV s'intéresserait à un vampireau comme moi ?!!! waouh !*

Sauf que çà ne sentait pas bon du tout... rester à La Pomme... bien sûr. J'acquiesçais en silence sans vraiment prendre la mesure de cette nouvelle vie, me disant que je verrais bien après. Je vis les poches de sang et sentis la faim sourde qui me tenaillait sans que je puisse la cerner avant la vue de ces remontants. Je dis simplement "oui" à toutes ses demandes de conserver le silence et de rester tranquille. C'était si facile d'obéir à quelqu'un d'aussi sûr de lui que Julien. Je bus une poche, d'un trait, comme un mort de faim, en espérant que çà ne ressortirait pas aussi sec par mes plaies ! (sourire sardonique fugace) J'aurai bien bu l'autre aussi, même si c'était vraiment froid -j'aurai préféré tiède-... mais le maître vampire la sirotait de son côté... déjà sympa de sa part de m'en filer une gracieusement. Quant à ce que je pensais de tout çà...

-
Je pense qu'il y a eu un contrat sur Torben. Qu'il vienne de l'HCV me sidère : cette église de fanatiques n'en veut qu'aux vampires. S'en prendre à l'humain qui sert la reine... est stupéfiant. A moins que ce ne soit pour provoquer une "guerre".

Je me tus et repris :

-
Mais franchement, je trouve le procédé beaucoup trop évolué pour ces gens là.

Je pressais la poche pour vraiment ne rien laisser dedans avant de ficher le clou :

-
Cà vient d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 21 Aoû - 10:12

    Il nous faut être prudent Leslie car pour l’heure nous ignorons tout de celui qui se trouve à l’arrière de ton véhicule, c’est dans ce but que je nous amène dans un lieu sûr et jusqu’à nouvel ordre nous devons garder le silence car rien ne nous dit qu’il n’a pas un micro sur lui ou qu’il n’est pas marqué d’une balise. Avait-il un portable sur lui ? Si c’est le cas donne le moi, ainsi que ce que tu as trouvé dans ses poches, je vais en avoir besoin afin de savoir comment m’occuper de lui.

    J'étais sur mes gardes, ignorant avec difficulté les multiples signaux de détresse que m'envoyaient mes nerfs malmenés. Celui qui conduisait la voiture était celui qui parlait, vu qu'il coupait un peu ses phrases juste avant d'accélérer ou de ralentir, de tourner ou de faire des à-coup avec le volant. Sa voix me disait réellement quelque chose mais j'étais tout à faire incapable de remettre un nom ou un visage dessus. Je ne comprenais tout ce dont il parlait, mais une chose était sûre: il n'était pas un bleu, pas un novice... et c'était un vampire confirmé, pas comme l'autre qui me semblait jeune et inexpérimenté. S'il y avait une faiblesse, pour une éventuelle fuite, elle proviendrait de celui qui s'appelait Leslie. J'enregistrai toutes ces informations en un clin d'oeil, prêt à utiliser à profil la moindre ouverture. Soudain, la voiture pila. Un bruit de craquement, et je compris avec indifférence que mon téléphone venait de rendre l’âme. Soudain, l’image de Piotr laissé seul dans mon appartement me frappa avec stupeur. Il était impératif que je le rejoigne rapidement. Il n’était pas habitué à être seul, et bien que je le sache suffisamment autonome et sauvage pour se débrouiller par lui-même, je ressentais de la… peur ? à l’idée qu’il lui arrive quelque chose. L’image du cadavre d’un chaton surgit dans mon esprit, et je me sentis nauséeux, cette fois pas seulement à cause de tout le sang perdu. La voiture redémarra, mais seulement pour quelques minutes. J’entrepris de ralentir mon rythme cardiaque pour être prêt à réagir au quart de tour si jamais une opportunité s’offrait à moi mais un nouveau cahot frappa ma tête contre le coffre de la voiture et je sombrai de nouveau dans l’inconscience.

    Lorsque je repris conscience, je m’aperçus que j’étais balloté comme un vulgaire sac de pomme de terre sur l’épaule d’un des deux vampires, et je restai immobile, mon rythme cardiaque toujours aussi lent pour ne pas éveiller les soupçons. Il me fallait apprendre le plus possible sur ces deux vampires, histoire de vendre chèrement ces informations au HCV ou avoir une monnaie d’échange si jamais je me trouvais une nouvelle fois en fâcheuse posture. Le Vampire qui me portait me déposa dans le coin d’une pièce sombre, froide et humide, une cave si mon intuition était bonne. L’odeur de l’acide sulfurique acheva d’éveiller tous mes sens et je papillonnai des yeux pour m’éclaircir les idées. Il fallait que je mange quelque chose rapidement, sans quoi je risquai de sombrer dans l’inconscience de plus en plus régulièrement. Celui qui m’avait attaché savait comment s’y prendre visiblement car je n’arrivais pas à dégager mes mains, et plus j’essayais, plus les liens se resserraient. Un fin rai de lumière éclairait la cave et m’indiquait la position de la seule porte. Je me mis debout avec une lenteur prononcée. Les gestes brusques étaient tout à fait inutiles dans ma situation. L’odeur d’acide me fit éternuer mais, plus que ça, me donna une piste pour sortir de là. A tâtons, mes yeux distinguant quelques formes puisque s’étant habitués à la faible luminosité, je distinguai des armoires, une sorte de baignoire d’où sortait l’odeur et je me dirigeai vers elle. Visiblement, elle servait à dissoudre certains objets dont je ne connaissais pas la nature. Je savais cependant que l’acide sulfurique était des plus corrosifs. Je me retournais et posais mes mains liées sur le bord de la baignoire, me retenant de hurler lorsqu’une goutte d’acide attaqua ma peau. Ni une, ni deux, mes mains étaient libres, et accessoirement brûlées. J’arrachai le bas de ma chemise salie et malmenée pour le faire des bandages de fortune. Tout cela avait eu le mérite de me réveiller, et je grimpai silencieusement les escaliers, espérant que ce soit suffisant pour leurrer les sens aiguisés des vampires. Je devais retrouver Piotr. C’était comme un impératif dont je ne pouvais faire fi. J’entendis vaguement les voix des vampires dans ce qui devait être un salon : la pièce était suffisamment grande vu l’ampleur que prenait la voix et le son caractéristique qu’elle prenait. Le « Maître Vampire » n’avait visiblement parlé à personne d’autre que ce « Leslie » et ça me conforta sur le fait qu’il ne devait y avoir personne d’autre dans la demeure. Je trouvais rapidement une chambre vide de tout objet personnel. Ce devait être une chambre d'ami. Un frigo me tira un haussement de sourcil et je l’ouvris dans l’espoir de trouver de la nourriture. Il n’y avait là que des poches de sang, ce qui ne m’étonna pas plus que cela. Des rations de survie eurent été préférables, mais je ne pouvais pas non plus demander l’impossible. Le sang était composé de sucre, de globules rouges et m’étant renseigné sur les techniques de dopage lorsque j’étais entré dans l’équipe nationale du biathlon, je savais que plus nous avions de globules rouges dans notre corps, plus nous pouvions faire des performances sportives ou quelque chose dans le genre. Dans tous les cas, ces poches de sang étaient tout ce que j’avais sous la main pour me sustenter et j’en ouvris une pour la boire sans état d’âme. Je fouillai le plus discrètement possible mais je ne trouvais rien d'intéressants en dehors d'un vulgaire stylo bic et de feuilles de papier. A moins d'égorger quelqu'un avec une feuille, ça ne risquait pas de me servir. Je pris tout de même le stylo et le mis dans ma poche. Puis les draps achevèrent de me bander les mains. J’ignorais ce que les vampires voulaient faire de moi mais je ne voulais pas m’attarder dans la demeure lugubre. Plus silencieux qu’une ombre, je me faufilai dans les couloirs et me figeai juste avant un rai de lumière provenant d’une porte grande ouverte.

    - Je pense qu'il y a eu un contrat sur Torben. Qu'il vienne de l'HCV me sidère : cette église de fanatiques n'en veut qu'aux vampires. S'en prendre à l'humain qui sert la reine... est stupéfiant. A moins que ce ne soit pour provoquer une "guerre". Mais franchement, je trouve le procédé beaucoup trop évolué pour ces gens là.Ca vient d'ailleurs.

    Ainsi ma cible s’appelait Torben. Et c’était un des serviteurs de la reine des vampires. Les Vampires avaient une reine ? Peut être. En tout cas, ce Leslie et ce Maître Vampire avaient une vision bien… minime de ce qu’était réellement l’HCV. Ils considéraient cette organisation comme un groupuscule de fanatiques n’en voulant qu’aux vampires, alors qu’à mes yeux, c’était un réseau bien plus complexe au bord du gouffre réduit à employer des tueurs n’ayant aucunes convictions. Tuer Torben risquait de déclencher une guerre ? Y avait il donc des dissensions au sein des Vampires suffisamment établies pour que ça s’enflamme aussi… rapidement ? Voilà qui allait plaire à mes supérieurs. Je trouvais pour ma part stupide venant de ce Leslie d’évoquer aussi haut et fort les faiblesses de ses pairs, bien que ça me soit utile. J’étais souvent étonné de voir à quels points les gens, qu’ils soient humains ou vampires, étaient si peu soucieux de leur propre sécurité. Il y eut du mouvement et je fis un pas en arrière pour rester dans l’ombre. C’était sans compter faible craquement du parquet que je ne pouvais prévoir. Je me figeai instantanément, sachant pertinemment que l’immobilité parfaite était le seul moyen de mettre à profit l’ombre, et accessoirement ma seule chance d’être invisible. J’agitai brièvement mes mains bandées qui me brûlaient toujours. J’espérai brièvement que l’odorat des vampires ne soit pas aussi évolué que leur vue et leur ouïe, sans quoi ils risquaient de repérer le sang qui avait coagulé sur ma plaie à la tête, et celui que je venais d’ingurgiter.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 24 Aoû - 16:27


Tandis que je vidais ma poche de sang j’écoutais avec attention le jeune nocturne me donner ses impressions quant à ce qu’il avait vécu cette nuit. Bien évidemment qu’il y avait un contrat sur Torben , sans cela l’humain de l’HCV ne l’aurait pas attaqué sans raison. Il aurait pu en être autrement s’il s’agissait d’un autre assassin, mais celui que j’avais ramené dans ma cave était le même homme auprès de qui j’avais passé moi-même un contrat. Du peu que j’avais pu comprendre de son fonctionnement j’estimais qu’il ne tuerait pas sans commanditaire, mais il était possible malgré tout que je me trompe à ce sujet. Quant au fait que l’HCV paye un assassin pour éliminer l’humain de Krystel n’était en soi pas si surprenant. S’attaquer directement à la Reine était folie pour l’église car malgré tous leurs moyens ils n’étaient pas en mesure de le faire. Mais il en était tout autrement à propos de son humain. Et puis rien de tel pour semer le trouble qu’un assassina visant l’entourage de la Reine même si personnellement j’aurai tenté d’éliminer son fils si j’avais fait partie de l’HCV, d’autant qu’il était plus simple de l’approcher maintenant qu’il était exilé. Quant à provoquer une guerre, il aurait fallu que Torben soit tué comme par un vampire, mais éliminé par balle cela montrerait bien que l’assassin serait humain. Mais Leslie ignorait encore tant de chose qu’il n’était guère surprenant qu’il pense que l’attaque vienne d’ailleurs.

Ne sous-estime jamais cette organisation Leslie, aussi méprisable soit-elle, car bien que la majeure partie de leurs membres disent agir au nom de leur dieu, nul ne connaît le véritable dessein de ceux qui la dirigent. A travers les âges et même de nos jours encore, bon nombre d’humains ont affirmé agir au nom d’un dieu car ils n’assumaient pas leurs actes et ceux sont bien souvent les plus dangereux. Mais selon toi si cela vient d’ailleurs, peut-être penses-tu à quelque chose en particulier, ou quelqu’un ? Demandai-je à l’attention du jeune homme, je voulais néanmoins déterminer s’il avait une piste susceptible de représenter une autre menace pour notre espèce.

Sans attendre sa réponse je me levai à nouveau pour prendre deux nouvelles poches de sang et lui en tendis une afin qu’il récupère. Alors que j’allai m’asseoir à nouveau j’entendis un bruit dans le couloir séparant le salon et l’entrée du reste du rez-de-chaussée.


Spoiler:
 

Lorsque j’ouvris la porte donnant sur ce fameux couloir, l’odeur du sang me vint aux narines ainsi que celle de l’acide si familière. Si je la sentais aussi forte c’était sans aucun doute que l’humain s’était libéré de son entrave et était remonté du sous-sol. Bien que n’entendant pas les battements de son cœur malgré le silence qui régnait je plongeai mon regard dans les coins les plus sombres du lieu et c’est ainsi que je trouvai l’humain immobile. Ne laissant aucun répit je m’approchai de lui aussi vite que me le permettaient mes capacités de vampire, et le bloquai contre le mur entre les deux escaliers de sorte à ce qu’il ne puisse bouger le temps que je lui parle.

Ne faites rien d’inconsidéré et souvenez-vous de ma voix car vous me connaissez. Je ne suis pas votre ennemi, néanmoins nous devons parler. Retournez dans la chambre que vous semblez avoir déjà visité, et rejoignez-moi si vous êtes d’accord dans le salon avec mon invité d’ici cinq minutes. Dans le cas contraire si vous préférez écourter votre soirée ici, sortez par la fenêtre de la chambre. Je vous contacterai par les moyens habituels. Dis-je d’un ton neutre mais qui laissait comprendre que je ne plaisantais pas.

Une fois le dernier mot prononcé je reculai et retournai dans le salon en refermant la porte du couloir puis m’assis en face de Leslie qui me fixait d’un regard interrogateur. Je ne sais s’il avait entendu ma brève conversation avec l’assassin mais je décidai de prendre les devants et de m’adresser à lui.


Nous allons peut-être avoir un invité Leslie, et je sais que sa venue va te surprendre et qu’une foule de questions va surgir dans ton esprit. Néanmoins prends ce qui va suivre comme un test capital pour ce que nous avons à faire à propos de notre ami commun. Prends garde aux informations que tu laisseras transpirer, autant dans ce que tu diras que dans ce que tu tairas. Entraîne-toi à répondre rapidement de telle manière que ton interlocuteur ne doit pas deviner que tu réfléchis à ce que tu dis. Même si je te demande de t’entraîner au cours de cette visite, n’oublie pas que tu dois rester prudent, tu vas vite comprendre pourquoi. Dis-je au jeune nocturne qui semblait commencer à comprendre. J’attendais de lui qu’il se montre efficace mais prudent car malgré le fait que je travaillais avec le tueur de l’HCV, il ne devait rien apprendre d’important cependant je savais qu’il allait probablement analyser la moindre parole et le moindre geste afin d’engranger un maximum d’informations. Si je mettais ce soir à l’épreuve Leslie, j’allais tenter dans le même temps d’en apprendre davantage à propos de l’assassin. Comment allaient-ils réagir ? Bonne question…

HJ:
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 26 Aoû - 8:32

Julien me tendit une poche de sang tandis que je considérais ses dires. Effectivement, ce pouvait aussi être une action punitive à l'encontre d'un "traitre", un humain passé aux vampires, mais cette explication ne me satisfaisait pas. Je réfléchis un instant, faisant le tour de ce qui pouvait bien faire que l'HCV soit mêlée à la mort de l'humain de la reine et pas.... je relevais les yeux brutalement. L'ancien shérif avait disparu !!!??? Je me levais d'un bond et fit quelques pas silencieux vers la porte du salon demeurée ouverte. Chuchotements ? il y avait quelqu'un ? je retournais vite à ma place et sirotais ma poche de sang. waouhhh ! bon sang ! mon petit déplacement m'avait coûté et me laissait épuisé. Quand le Maître vampire revint, il me trouva profondément enfoncé dans le fauteuil, presque vautré, ayant déjà sucé un bon tiers de son cadeau. En le voyant, je fis un effort pour me redresser. Il était évident que je n'étais pas là par loisir, mais pour le boulot, et ce vampire là avait un rang qui m'était bien supérieur. Peu à peu, je commençais à comprendre mes intérêts, d'autant que mon bienfaiteur était toujours d'excellent conseil. Je décidais donc de mettre toutes mes connaissances en matière de crime pour l'aider à mon tour, dans mes faibles moyens. Mes lèvres lâchèrent donc la poche -à regret !- pour répondre à la question :

-
Et bien... je comprends pour la guerre. Et ce n'est jamais une bonne chose que ce moyen, hormis si l'on veut tout détruire dans un chaos brouillon et parfaitement désorganisé, au risque de briser des choses, ou des gens, que l'on souhaite conserver pour en user à son tour. Cependant, si l'on veut réutiliser les institutions en cours... Tandis qu'un contrat, effectué par un humain...

Je me souvins des conseils de prudence énoncés peu avant et baissais la voix de manière à n'être entendu que de Julien, et me penchais au-dessus de la table basse, pour annoncer la suite :

-
...éloignerait tout risque de destruction massive, de recherche contre le commanditaire, même, puis que l'HCV serait immédiatement mise en cause. Les puissants ont l'esprit retord mais la vue courte : ils s'arrêteront à cela, prendront quelques décisions pour écharper quelques églises un peu partout, simples coups de semonce pour éloigner ces curieux, mais, satisfaits d'avoir trouvé le coupable, ils n'iraient pas chercher plus loin. Surtout pas parmi les leurs... car quel vampire s'abaisserait si bas, au point d'utiliser un mortel ? aucun.

Je retrouvais le dossier de mon fauteuil, pris deux ou trois gorgées de sang et maîtrisait tant bien que mal la faiblesse qui ne me lâchait pas. Surtout ne laisser transparaître aucune faiblesse et bien montrer qu'on est en pleine possession de ses moyens, que tout cela n'est pas que le délire d'un blessé ayant perdu trop de sang ! Je poursuivis donc bravement, en regardant gravement l'ami de William :

-
Sauf s'il s'en trouvait un, désireux de prendre une place importante, très importante, voire primordiale, sur l'échelle vampirique. Un qui aurait échappé à la grande distribution de promotions, par exemple...

La sentence était tombée comme un couperet, lentement amenée par des déductions y conduisant tout droit. Le pouvoir aveugle ne chercherait pas plus loin, mais avec l'aide de Julien, nous pourrions démasquer le coupable !!! D'autant qu'il connaissait bien plus de monde que moi, et donc de jaloux qui auraient aimé avoir et n'aurait rien obtenu du Roi.

*Et en retirer de grands bénéfices ! comme la reconnaissance éternelle des souverains ! même moi j'en tirerai grand bien !!!*

Maintenant, j'attendais bien sagement si l'ancien shérif pouvait apporter quelque crédit à mes déductions toutes policières. Il était visible que j'avais l'habitude de mener à bien des enquêtes complexes, et si je me montrais assez habile, peut-être même que, déjà, je gagnerai du galon chez lui ! J'attendais sans boire ce qu'il me dirait. Tout en me demandant tout de même qui était là ? L'un des souverains ? non. Ils seraient tout à fait déplacé ici. Alors, l'un de ses lieutenants ? c'était plus probable, et bientôt, très bientôt, j'en serai. Ou simplement un vampire de main ?

*Vampire de confiance de Julien Guillemaud : ça sonnait rudement bien !*

En tout cas, je n'allais pas tarder à savoir qui s'était, puisque le Maître vampire avait annoncé qu'il y aurait peut-être un invité... Etait-il là à m'épier, mesurant mes déductions et déterminant dans ma promotion ? Le mieux était sans doute que je n'ajoute rien à ma brillante déduction. En même temps, l'idée qu'un vampire s'abaisse à faire appel à un humain me turlupinait. Mais après tout, les humains n'avaient-ils pas utiliser des dauphins pour faire sauter des navires ennemis ??? Donc, c'était tout à fait possible. Et celui qui faisait ça était extrêmement machiavélique... Belle Renard ? Pour éloigner les pistes de la sienne ?
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 26 Aoû - 15:42

    Je n’eus pas le temps de respirer que j’étais plaqué contre le mur, en ayant l’incapacité de faire un geste pour me défendre. Visiblement, mon immobilité ne m’avait pas servir à grand-chose et en considérant le vampire du regard, je compris que j’avais à faire avec l’un des très vieux vampires dont on m’avait mis en garde. Sa rapidité m’avait laissé bouche bée, puisque j’étais conscient des limites du corps humain. J’avais fait en sorte tout au long de ma vie de les repousser après tout. J’entendis mon cœur battre dans ma poitrine. Ma tête qui avait été violemment plaquée contre le mur, devait être en train d’y laisser une belle trace de sang et je me re-sentais partir dans les vapes. Le Vampire resserra sa prise et me dit :

    « Ne faites rien d’inconsidéré et souvenez-vous de ma voix car vous me connaissez. Je ne suis pas votre ennemi, néanmoins nous devons parler. Retournez dans la chambre que vous semblez avoir déjà visité, et rejoignez-moi si vous êtes d’accord dans le salon avec mon invité d’ici cinq minutes. Dans le cas contraire si vous préférez écourter votre soirée ici, sortez par la fenêtre de la chambre. Je vous contacterai par les moyens habituels. »

    Ce fut à cet instant que je le reconnus. Et dire que je pensais ma mémoire à toute épreuve… Je dardai mes yeux gris vides de toute expression dans les yeux du Vampire, un Maître Vampire ainsi donc, j’avais ferré un gros poisson le soir dernier dans le parc, et ne fis pas un geste lorsqu’il me libéra. J’avais déjà du mal à rester debout pour être franc. Le Vampire ne dit pas un mot de plus et repartit dans l’autre pièce, me laissant là. Je n’avais rien à penser de tout cela, et je clopinai vers la chambre que j’avais en effet déjà visitée. Je considérai la fenêtre que j’ouvris d’un violent mouvement. Ce n’était plus le moment de faire de la finesse. Je m’apprêtai à la franchir lorsque je fus pris d’un nouvel étourdissement. Je n’étais pas en état de partir, j’en étais parfaitement conscient. Je m’allongeai alors sur le lit, essayant de faire le compte rendu de ce que je savais le plus clairement possible. Un, j’étais dans un endroit non identifié, sans mes armes, blessé et constamment au bord de l’évanouissement. Deux, deux vampires discutaient dans la pièce adjacente avec des informations vendables à un prix d’or à l’HCV. Trois, l’un d’eux était mon employeur, et j’étais plus ou moins sous sa protection. Quatre, l’autre était potentiellement blessé. Cinq, il me fallait urgemment manger quelque chose, voire des soins. Je laissais les autres chiffres de côté, ayant fait le tour du principal. Il n’était pas question pour moi de partir, je m’en rendais bien compte. Quoique… le vampire avait une voiture. Soit.

    J’avais quelques temps devant moi si j’avais bien tout saisi, et n’étant pas une personne qui tergiversait pendant des heures, je pris la décision de rejoindre les vampires dans le salon. Il était évident que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Mais il me fallait m’armer avant. L’absence de mon 9mm, voire d’une quelconque arme blanche se faisait sentir. Je pris mon temps pour visiter les autres pièces, après m’être levé, un peu chancelant. Une salle de bain faisait face à la chambre où je m’étais reposé. Parfait. Toujours avec la même discrétion, je fermai la porte et mis l’eau à couler pour apaiser les brûlures de mes mains. Elles n’étaient pas très graves, mais une goutte d’acide avait coulé le long de mon avant bras droit. Avec les bouts de draps arrachés plus tôt, je me confectionnai un bandage plus efficace, et entrepris aussi de renforcer mes poings si j’avais à me battre à mains nues. Je n’étais pas un expert pour rien. J’avais pris soin de tremper les bandages, pour que le tissu ne colle pas à ma peau. Avoir mal me laissait indifférent, mais la guérison risquait d’être beaucoup plus longue que nécessaire, et ce n’était pas bon. Enfin, je sortis de la salle de bain et, les cheveux trempés après m’être rincé la tête pour me rendre plus alerte, j’arrivai à la porte de ce que l’autre avait désigné comme étant le salon. Je n’hésitai pas une seule seconde, sachant que de toute manière, il ou ils, m’attendai(en)t. Je poussai la porte et, réflexe de longue date, me coulai dans la pièce comme une ombre ou une inondation. Oui, le verbe couler convenait bien pour décrire mon déplacement. Furtif au point que mes camarades de l’armée se demandaient si je levais les pieds. Souple comme un prédateur. Sans attendre quoi que ce soit, je pris la parole, m’adressant au seul vampire que je connaissais, si on pouvait utiliser le verbe connaître…

    « Je suis là, mais ce n’est pas ce pour quoi vous pensez, Maître Vampire. Il faut que je récupère mes affaires et de quoi me nourrir. Le sang ne va pas subvenir à tous mes besoins. »

    Je survolai la salle du regard en passant sur le vampire nommé Leslie comme s’il n’était qu’une tapisserie. Il ne m’était pas utile, puisque je ne savais pas quelle position il tenait à mon égard. Pour le « Maître Vampire », au moins, j’étais fixé. Il s’était plus ou moins engagé à ce que je ne risque rien en étant là. Je ne lui faisais pas confiance, mais j’admettais cette vérité comme ce qu’elle devait être. Et je n’avais pas d’autres choix. Je continuai à survoler la pièce du regard cherchant mon holster, mon 9mm, et le couteau en argent qui était auparavant attaché à ma cuisse dans un étui fait pour. Finalement, ne les trouvant pas, mes yeux gris retombèrent sur le Maître Vampire.

    « Qu’attendez vous de moi exactement ? Et pourquoi me laisser en vie ? C'est courir un risque inutile. Je pourrais trouver le moyen de mettre le feu à ce bâtiment, prévenir accessoirement certaines personnes intéressées, je pourrais même essayer de vous éliminer avec l’acide que vous possédez à profusion dans votre cave. »

    Mes doigts jouèrent avec le stylo bille que j’avais récupéré dans la chambre un peu plus tôt. J’avais du mal à suivre le cheminement de pensée des vampires, et ça ne m’étonnait pas plus que cela. Déjà que je ne suivais pas celui des humains normaux. Mais j’avais pensé que le Vampire que j’avais rencontré était plus… professionnel. Or j’avais démontré à plusieurs reprises que j’étais quelqu’un de dangereux. Si j’avais été dans sa position, il serait clair que j’aurai éliminé vite fait bien fait le gêneur avant qu’il ne me cause du tort. D’ailleurs, si j’en avais la moindre opportunité, je savais qu’il était dans mon intérêt de l’éliminer, lui et son acolyte. J’étais debout, bien campé sur mes positions, toujours prêt à me battre si on m’attaquait et à laisser jaillir mes réflexes, puisque l’intellect n’était pas envisageable face à la rapidité des vampires. Je savais qu’avant même que je m’aperçoive de quoique ce soit, je pouvais être sur le point de mourir. Ou presque. Mais… ça ne m’inquiétait pas. Rares étaient les choses qui m’inquiétaient. En fait… je découvrais l’inquiétude depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes, lorsque je songeai à Piotr.
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