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Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 28 Aoû - 16:00


Après être revenu de mon bref entretien avec l’humain je m’étais donc de nouveau assis face à Leslie et écoutais à présent sa réaction quant à mes paroles. Sa théorie aurait pu être convaincante s’il était davantage au fait des habitudes de Renard, et s’il en savait un peu plus à propos de l’HCV. Car même s’il n’avait pas prononcé son nom, usant de sous-entendu, j’imaginai qu’il parlait d’elle. Bien que je ne connaisse pas réellement l’assassin, et que je n’avais aucun moyen de m’assurer sa loyauté, je ne pensais pas qu’il soit à la recherche de l’humain de Krystel par contrat avec la traître. A mon sens il agissait simplement suite aux ordres de l’HCV mais le plus important actuellement allait être d’observer la réaction de Leslie. Pour l’heure je décidai de lui répondre en lui apportant quelques précisions.

Tu es encore jeune Leslie mais tu découvriras par toi-même un jour que chacun de nous se sert de quelques humains à ses fins. Il t’arrivera toi aussi de recourir à eux pour accomplir l’une ou l’autre de tes tâches. Quant à ta théorie, bien qu’elle soit tout à fait logique, je ne pense pas qu’elle soit pour autant effective. L’HCV est suffisamment aux abois ces derniers temps pour commanditer un tel meurtre, simplement pour pouvoir affirmer qu’ils sont encore présents, comme un acte de propagande, et aussi pour rassurer leurs troupes. Ne sous-estime pas cette organisation car ils sont capables de tout.

Sur ces mots je me tus alors que l’humain entrait à présent dans la pièce. Sans aucune formalité, comme à son habitude du moins ce que j’avais pu en apercevoir lors de notre première rencontre, il parla sans préliminaire et alla droit au but. Je jetai un coup d’œil à Leslie comme pour lui dire de garder son calme et de penser à ce que je lui avais dit avant de répondre à l’humain sans sourire et d’un ton neutre.

Je suis désolé mais je n’ai rien d’autre que du sang ou du whisky à vous proposer et aucune autre forme de nourriture. A propos de l’éventuel risque de vous garder en vie et qui plus est de vous amener ici, je vous assure qu’il est calculé et bien utile. Enfin sachez que j’ai largement les moyens de la faire remettre à neuf et remeublée. Quant à vos collègues de l’HCV, ils ne sont pas mon souci pour l’heure. Dis-je avant de faire une courte pause et de reprendre. Moi aussi je suis plein de ressource jeune homme, je pourrais très bien vous capturer à nouveau pour ensuite faire circuler le bruit que vous avez déserté pour servir mon espèce et ensuite vous libérer avec vos anciens collègues à vos trousses. Vous ne seriez d’ailleurs pas le premier à quitter l’église pour nous servir.

Je fis une nouvelle pause, me levant pour prendre une bouteille de whisky dans ma cuisine américaine avec un verre, ainsi que deux nouvelles poches de sang. Je déposai le tout sur la table basse devant les fauteuils puis en tendis une à Leslie, demeuré silencieux jusque là, avant d’indiquer à l’humain qu’il pouvait s’asseoir lui aussi et se servir un verre s’il le souhaitait puis repris la parole.

Je ne vous donnerai qu’un minimum de détail car vous savez aussi bien que moi que moins nous possédons d’informations l’un sur l’autre, plus nous sommes en sécurité. Néanmoins si lors de notre précédente rencontre nous avons conclu un accord commercial, je viens d’apprendre ce soir que vous êtes payé pour éliminer Torben Badenov, selon moi par vos commanditaires de l’HCV notamment parce qu’il a quitté leurs rangs pour servir notre Reine. Vous comprendrez sans mal que je ne peux laisser faire cela. Aussi vous êtes là pour que nous trouvions un terrain d’entente à ce sujet. Quel serait le prix à payer pour que vous rompiez ce contrat, du moins sans que l’HCV le sache et vous croit toujours sur la piste de votre cible ? Je ne ferais aucun détour et serait clair avec vous. Vous ne sortirez pas d’ici vivant tant que je ne vous aurai pas convaincu, d’une manière ou d’une autre, de mettre fin à ce contrat dès à présent. Bien entendu tout cela ne change rien à notre précédent contrat ni au reste de vos affaires. Il s'agit juste du contrat sur Torben Badenov. dis-je d’un ton des plus sérieux. Pour le moment Leslie n’avait pas pris la parole et je souhaitais que cela continue, toutefois il pouvait parler s’il ne commettait pas d’erreur. Dans le cas contraire je me verrai dans l’obligation de le reprendre, et peut-être moins doucement qu’à l’habitude.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 31 Aoû - 8:02

Alors que je songeais à la rapide ascension qui m'était promise si je satisfaisais aux exigences de Guillemaud, mon attention fut attirée dès l'entrée de l'humain dans la pièce. Normalement, j'aurai bondi sur mes pieds mais étant trop faible, ma réaction fut réduite à de l'étonnement. Finalement, ça tombait bien, je parus sans doute ainsi bien plus calme que je ne l'étais en réalité, et parfaitement maître de mes émotions. Le type déclara tranquillement qu'il avait faim et se conduisait ici comme chez lui -serviteur zélé et invisible ? depuis combien de temps ? avais-je gaffé en interrompant son geste ? était-ce l'ancien shérif, son maître, qui lui avait ordonné d'abattre Torben ?- Ce flot de questions désordonnées ne faisait que grossir et je sus que j'avais mis le doigt dans un engrenage dont je ne sortirai pas indemne ! moi, si droit dans mes bottes, si respectueux des usages et des lois. J'en savais trop désormais. Beaucoup trop et si je ne jouais pas le jeu, je ne sortirai jamais de cette pièce. Tous mes rêves de gloire s'écroulèrent !!!

Mon visage se rembrunit alors que je songeais à tout ce que m'avait pourtant dit Guillemaud sur la manipulation des humains au service des vampires et tout ça. Je suivis avec un certain intérêt, bien que d'apparence fort détaché -puisque visiblement, plus personne ne faisait attention à moi, j'en profitais pour fouiller les détails de ce que je voyais et en tirer un maximum d'informations-. Julien n'était pas arrivé à ce poste en respectant scrupuleusement les lois, et son image lisse et parfaite commença à se fendiller. Désillusion. Tout à coup, une méchante idée me vint :

*Et s'il se servait de moi comme de cet humain ?!!! après tout, je ne suis qu'un neonat' de trois ans ! je ressemble tant à ce cinglé de l'HCV... tout à la dévotion de William, je me trouve sans défenses face à un si prestigieux prédateur...*

Un truc que disait mon grand-père était de ne jamais acculer une bête, car sa réaction serait violente et incontrôlable. Ainsi en était-il donc de l'HCV et de ses tueurs professionnels ? je les croyais totalement acquis à leur cause... et voilà que déjà j'en connaissais deux qui servaient des immortels : Torben et maintenant, celui-là.

*Mes certitudes n'ont plus lieu d'être. Désormais, je voyage sur terrain mouvant. Mais qu'ai-je fait en me confiant autant à Julien ?!!! n'ai-je pas trahi, sans le vouloir, le Prince ? en clair, le maître vampire se sert-il de moi comme de l'assassin de l'HCV ? que lui a-t-il promis ? l'immortalité ? la vie ? un bon contrat ? sur qui ?*

Je cachais soigneusement toutes ces questions au fin fond de mon coeur mort, me contentant pour l'instant d'être simple spectateur et, comme me l'avait judicieusement conseillé Guillemaud, de ne pas trop en dire. Ce conseil là au-moins était bon à suivre à la lettre. Au pire, je donnerai l'impression de demeurer sans voix face à tant de puissance de la part de l'ancien shérif, non ? et il apprécierait. J'observais la main de maître qui dirigeait désormais le pantin humain, c'était magnifique ! et tout s'éclairait pour moi aussi... visiblement, j'appréciais ce que je voyais.

*Comme il est convainquant... "vous ne sortirez pas de là..." "sans que l'HCV...". *

Vraiment, il était indéniable que Julien Guillemaud était un grand vampire et visiblement, j'avais bien fait de m'adresser à lui pour me soulager de mon encombrant "paquet". Je changeais de position en me faisant le moins remarqué possible, bon sang que j'avais mal ! C'était vraiment pénible de se faire tirer dessus et je me promis de mettre la main sur le complice de la marionnette de Guillemaud pour lui faire payer ça.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 4 Sep - 15:53


      Je suis désolé mais je n’ai rien d’autre que du sang ou du whisky à vous proposer et aucune autre forme de nourriture. A propos de l’éventuel risque de vous garder en vie et qui plus est de vous amener ici, je vous assure qu’il est calculé et bien utile. Enfin sachez que j’ai largement les moyens de la faire remettre à neuf et remeublée. Quant à vos collègues de l’HCV, ils ne sont pas mon souci pour l’heure. Moi aussi je suis plein de ressource jeune homme, je pourrais très bien vous capturer à nouveau pour ensuite faire circuler le bruit que vous avez déserté pour servir mon espèce et ensuite vous libérer avec vos anciens collègues à vos trousses. Vous ne seriez d’ailleurs pas le premier à quitter l’église pour nous servir.


    Un fin sourire s’étira sur mes lèvres contre ma volonté. C’était si… ce vampire était en quelque sorte mon double, et quelque chose comme de… hum… non, pas de l’admiration, mais quelque chose que je ne connaissais pas jusqu’à présent, se développait entre nous. Le vampire semblait être sur la même longueur d’onde que moi, et je le considérais comme un réel professionnel, alors que l’autre ne représentait rien pour moi pour le moment, rien d’autre du moins qu’un danger potentiel qui avait du mal à se remettre de la blessure que mon arme lui avait infligé un peu plus tôt dans la soirée. Le Maître Vampire reprit ce qu’il avait à dire et m’exposa tranquillement les faits. Ainsi donc, l’homme que j’étais apparemment sensé tuer était un dénommé Torben Badenov. Celui qui, si mes recherches étaient vraies, avait connu mon frère et donc qui constituait le premier jalon vers Sergeï. Ah et bien… il n’était plus vraiment à l’ordre du jour de l’éliminer en fin de compte. Visiblement, le maître vampire n’était pas vraiment d’accord pour que je tue Badenov. Je n’avais aucune loyauté envers l’HCV, aussi ça ne me posait pas de problème d’ignorer le contrat. Toutefois, je risquais de ne plus avoir de contrats, et donc plus d’apports d’argent. Et sans argent, il était dur d’arriver à quoi que ce soit, je l’avais bien compris dans mon enfance. Il me fallait cependant mettre plusieurs choses au clair. Plusieurs choses, mais la plus importante était évidemment le fait de récupérer mes armes. Ils n’en avaient, ni l’un, ni l’autre, touché mots, et ce n’était pas pour me plaire. Je comptais bien, moi, remettre le sujet sur le tapis. D’un pas nonchalant, je m’approchai de la table, saisis la poche de sang, et me mis à la suçoter. Ce n’était pas nourrissant, et ça laissait un goût amer en fond de gorge, mais bon, au moins, ça m’apportait ce qu’il me fallait pour rester conscient. Je regardai le vampire, Leslie, lorsque je grommelai, m’adressant au Maître Vampire.

      « Si je n’exécute pas les contrats pour lesquels on me paie, je deviens totalement inutile pour l’organisation qui me louait jusque là. D’autant plus lorsqu’ils savent où va ma loyauté. Ne pas liquider ce Badenov, ça revient dans mon cas à me désengager auprès de mes employeurs, et ne plus avoir d’employeurs directs, ce n’est pas une situation stable. Il me faut autre chose. Une assurance. »


    Je posais la poche de sang, et je me tournais finalement vers le Maître Vampire. Mes yeux gris étaient d’acier lorsqu’ils se posèrent dans ses yeux à lui. J’avais l’intention d’être le plus clair possible, afin, aussi, d’être compris le mieux possible. J’espérai qu’il avait compris que je n’avais nul considération pour ma vie, pour l’honneur, la loyauté et tout ce dont s’embarrassaient les autres êtres humains. Sur ce plan là, il était clair que j’étais proche des vampires. J’essuyai une goutte de sang qui avait coulé sur mes lèvres.

      « Si vous avez du whisky, j’en veux bien. Et si vous avez un contrat de longue durée à m’offrir, j’en veux bien un aussi. Avec logement, salaire régulier. A partir du moment où je n’ai plus la possibilité d’exécuter les cibles pour lesquels on me paye, je n’ai plus d’obligations. Et je veux bien récupérer mes affaires. Certaines armes ne se trouvent pas facilement à Glasgow. Ni en Angleterre. »


    Je savais bien que pendant ma courte formation à l’HCV, on m’avait fortement déconseillé de parlementer, de sous estimer, de se moquer des vampires, puisqu’ils étaient « bien plus puissants et sournois que l’on pouvait se l’imaginer », mais je savais aussi que le Maître Vampire n’allait pas voir dans mes propos une remise en question de son autorité naturelle ou autre. Et puis… il était l’une des rares personnes qui m’avaient marqué par leur caractère, et ne serait-ce que par ce fait, il avait, chose étrange que je n’avais jamais pensé pouvoir dire ni même penser, mon respect. Il était ce que j’étais, et ce que j’acceptais : force, charisme, tranquillité, neutralité, et maîtrise de soi. Je méprisais ceux qui se laissaient emporter et contrôler par leurs émotions. Bien que mon mépris ne dépassa pas la simple ignorance et le juste dédain.

    Finalement, je m'adressai à ce "Leslie", que j'avais blessé. Comme un scientifique faisant un constat intéressant sur des cultures de cellules, avec la même voix déclarative, et descriptive, je fis la remarque:

      « L'argent vous blesse vraiment en fait. Etonnant. Ce serait intéressant d'étudier un cadavre de vampire pour analyser ses cellules et leur réaction face à ce métal. »

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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 5 Sep - 12:13


Tout en écoutant les paroles de l’humain, je jetai un œil sur Leslie, demeuré muet jusqu’à présent. Sans interrompre l’assassin, je demandai au vampire d’un léger mouvement de tête si ça blessure s’arrangeait, attendant de sa part une réponse tout aussi muette. Après avoir reçu celle-ci, je reportai mon attention sur le tueur. Son récit n’était que bonnes nouvelles, néanmoins parsemé de quelques nuances dont il nous faudrait parler lui et moi lorsque nous serions seuls. Car malgré le fait que j’ai pris plus ou moins Leslie dans mes filets, je ne voulais pas pour autant qu’il en sache trop, de manière à ce qu’il ne puisse rien rapporter d’important à mes ennemis si jamais il retournait sa veste.

L’humain continuait de se dévoiler, m’expliquant que sa loyauté allait au plus offrant avant de demander du whisky. Je me levais donc pour sortir une bouteille d’un pur malt, 20 ans d’âge, ainsi qu’un verre et posai le tout sur la table basse devant nous, l’invitant à se servir par lui-même. Au passage j’avais aussi pris deux nouvelles poches de sang, déposées près de la bouteille d’alcool, au cas où le jeune vampire en voudrait encore. Pour ma part je n’en vidai pas une nouvelle, et me concentrai sur les suites des dires du tueur jusqu’à ce qu’il parle à nouveau de ses armes. Je ne les avais ni vu à l’arrière dans la voiture, ni dans le coffre. Je supposai donc que Leslie les avais laissé sur le toit. En même temps il avait bien fait, cela aurait été une perte de temps inutile de les ramasser. Je décidai de répondre à présent à l’humain après une courte réflexion.


Tout d’abord à propos de vos affaires, vu l’urgence de la situation lorsqu’il s’est rendu compte de votre signal de détresse, Leslie les a laissé sur place. Si jamais vous ne les y trouvez pas, nous verrons comment vous en procurer de nouvelles au plus vite. Bien entendu pour cela, il nous faut avant tout parler de votre situation. Si vous consentez à abandonner le contrat sur Torben Badenov, je serai votre assurance et vous propose dès à présent un contrat longue durée, à savoir tant que vous me serais loyal. Car il me faut vous prévenir d’une chose jeune homme : avec moi il est impossible de faire machine arrière. J’ai bien cerné votre fonctionnement et suis conscient que vous travaillerez pour moi tant que l’argent sera là, cependant trahissez-moi et je vous tuerai sans aucun remord.

A présent que cela est clair pour tout le monde, considérez donc dès maintenant que je suis votre seul employeur. J’ai bien noté vos exigences de salaires et de logement et cela sera fait. Nous en étudierons les détails plus tard toutefois. D’ailleurs je vous proposerai un nouveau rendez-vous via nos moyens habituels pour cela et quelques autres choses aussi.
Dis-je d’un ton neutre en jetant un regard à Leslie. J’espérais qu’il comprenne que mes paroles quant aux traîtres s’appliquaient aussi à lui et qu’il n’avait pas intérêt à retourner sa veste. Car malgré tout ce que je faisais pour lui je le sentais comme quelqu’un de versatile, aussi ne voulais-je prendre aucun risque. Et lorsque l’humain s’adressa à lui, je fus curieux de voir sa réaction, aussi l’observai-je en silence. J’analyserai tout ceci et lui ferai un rapide débriefing lorsque l’assassin serait parti.


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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Jeu 6 Sep - 6:48

Je perçus la demande muette de Julien du coin de l'oeil. Comment répondre ? Jamais encore auparavant je n'avais été blessé aussi grièvement. Humain, je serai sans doute mort ou au bord du gouffre. Que je sois aussi "vaillant" me surprenait déjà alors... je me contentais d'un faible haussement d'épaules (qui ne me fit pas mal ! ce qui prouvait que je me régénérais vraiment : j'en étais surpris mais gardais cette découverte pour moi). Le type de l'HCV, qui ne paraissait pas content de me voir là (ah ah ah !!!), apparaissait désormais plus comme un mercenaire que comme le membre d'une secte. Cela aussi me surpris. Jusqu'à présent, j'avais été persuadé que les adaptes de l'HCV étaient des fous extrémistes et racistes, mais je m'étais trompé.

*Encore tant de choses à apprendre...*

Mon ignorance m'apparut abyssale ! d'abord, chaque fois que je rencontrais Julien, j'apprenais quelque chose sur la non-vie et sur lui, sur sa manière d'agir qui me désarçonnait tant maintenant, n'étant plus très sûr de la justesse de son action envers mon Prince. Ensuite, en observant ce mortel, j'étais scié par son aplomb !!! il parlait comme ça, sur un ton presque badin mais très, très professionnel, de son hypothétique futur au service d'un.... vampire !!!??? Alors c'était vrai ? Julien pouvait influencé à loisir ceux qu'il voulait manipuler ? la question se reposait pour moi, dans mon rôle à jouer auprès de William et un frisson me parcouru :

*Et si je devenais un traitre malgré moi ?*

La traitrise envers William ? impossible ! d'un autre côté, il m'avait maltraité, dénoncé au nouveau shérif. Alors, lui non plus n'était pas blanc comme neige ! Un nouveau monde, véritable nuancier de gris, m'apparut. Au risque de passer pour un glouton, je pris lentement une poche de sang, même si le maître des lieux avait choisi de ne pas y toucher. Mon regard semblait totalement ignorer l'humain, comme s'il n'était pas là, alors qu'en fait, je ne perdais aucun de ses gestes de vue et notais chacun des accents de ses rares phrases en tentant de les analyser. J'observais également Guillemaud dans sa manière de mener l'entr
etien et de prendre littéralement possession d'un nouvel outil. C'est alors que deux choses me firent sursauter :

avec moi il est impossible de faire machine arrière. J’ai bien cerné votre fonctionnement (...)cependant trahissez-moi et je vous tuerai sans aucun remord.
et me rappelèrent terriblement mon propre cas !!!

*Le Maître vampire me manipule !!!*

Le pire était qu'il se trouvait tellement sûr de son action qu'il ne me le cachait plus, me laissant apparaître une nouvelle facette de sa personnalité et, qui sait, me faisant peut-être aussi passer un message à mon intention ! Je me souvins aussi qu'à moi aussi il avait promis de l'argent et tout ça... j'avais poliment refusé, ne souhaitant agir que dans le bien de mon Prince, son ami. S'en rappelait-il ? que c'était la seule condition pour que j'agisse les yeux fermés pour lui ? Il s'en moquerait complètement, car une fois qu'il aurait mis la main sur le prince, le fait que je trahisse celui qui m'avait engagé pour ça lui importait peu et je me retrouverais dans la peau de Judas, sans les 30 deniers, et n'ayant plus qu'à me pendre.

*Je dois absolument reparler de tout ça avec lui !!! dès que l'humain sera parti !*

Je passais une main hagarde sur l'une de mes plaies et découvrit avec stupeur qu'elle avait enfin cessé de saigner. Je bus encore quelques gorgées à même la poche et tous ces gestes me donnaient contenance tout en masquant mes pensées, me faisant passé peut-être pour un hédoniste, bien content d'être encore en vie ! tant mieux. Personne ne faisait jamais attention à un "idiot" : c'était donc une bonne couverture. Je perçus aussi le regard à la menace à peine voilée que me lança délibérément Julien et je soutins son regard, tout à fait prêt à l'affronter. J'avais tant de choses à éclaircir avec lui !!! je voulais qu'il sente toute ma détermination. Alexei choisit ce moment là pour me lancer, sans doute avec une pointe d'humour :

« L'argent vous blesse vraiment en fait.
Etonnant. Ce serait intéressant d'étudier un cadavre de vampire pour
analyser ses cellules et leur réaction face à ce métal. »


Je tournais lentement la tête vers lui, me remettant à téter ma poche de sang avec une visible satisfaction alors que le sang dégoulinait au fond de ma gorge.

*Un peu froid, mais tout à fait potable... j'irai faire un tour à l'hosto pour m'en procurer quelques unes.* me promis-je. J'avais délibérément adopté une lenteur agaçante pour bien montrer à ces deux là que je menais, moi aussi, mon propre jeu et que j'étais capable de leur en remontrer, malgré mes blessures : j'avais toute ma tête. Après un claquement de langue satisfait, je répondis, goguenard.

-
Oui... ça fait mal. Très mal. Pourquoi nier l'évidence ? surtout qu'en lui donnant raison, il baisserait sans doute sa garde. Pourtant, en disant cela, je semblais me moquer de lui. Etudier un cadavre de vampire ? il ignorait que la deuxième mort entrainait la mise en cendre ? quand au prélèvement de cellules... oui, ça me paraissait possible. Je pourrais même connaître la généalogie des vampires m'entourant... grâce aux labo de la police scientifique... si je parvenais à influencer certains de ses employés, ce qui semblait possible, surtout si je continuais à apprendre ces techniques de Julien.

-
Je pourrais aussi expérimenter certains trucs sur vous...

Mais ces entrées en matière ne servaient qu'à cacher ma véritable question :

-
Dites-moi, vous êtes un tueur né, n'est-ce-pas ? et vous trainez dans des endroits, disons... peu fréquentés et peu fréquentables... n'auriez-vous jamais croisé plus grand prédateur que vous, par hasard ? un truc qui vous fasse froid dans le dos, ou qui pue le chien mouillé ?

Ma tête s'était penchée à droite dans l'attente de cette réponse et dans cette position, Julien ne m'apparaissait plus que comme une ombre sur ma droite. Je portais de nouveau la poche à mes lèvres et la suçais avec lenteur et ravissement. Blessé ? oui. Mais maintenant, je pouvais reprendre la main sur ce type et cette conscience me rassura grandement.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 7 Sep - 11:49

    Je considérai le whisky que le Maître Vampire avait posé devant moi. Avec un verre. Ca ne me gênait absolument pas de boire à la bouteille, mais visiblement le fait qu’il ait ajouté des verres sous entendait qu’il était plus poli que je m’en serve. Je ne comprenais pas vraiment les subtilités du « savoir-vivre » (c’était comme ça qu’ils l’appelaient non ?), mais je me servis tout de même un verre que je vidais cul sec, puis un autre que je buvais un peu plus lentement, en écoutant ce qu’il avait à me dire avec la plus grande attention.

      Tout d’abord à propos de vos affaires, vu l’urgence de la situation lorsqu’il s’est rendu compte de votre signal de détresse, Leslie les a laissé sur place. Si jamais vous ne les y trouvez pas, nous verrons comment vous en procurer de nouvelles au plus vite. Bien entendu pour cela, il nous faut avant tout parler de votre situation. Si vous consentez à abandonner le contrat sur Torben Badenov, je serai votre assurance et vous propose dès à présent un contrat longue durée, à savoir tant que vous me serez loyal. Car il me faut vous prévenir d’une chose jeune homme : avec moi il est impossible de faire machine arrière. J’ai bien cerné votre fonctionnement et suis conscient que vous travaillerez pour moi tant que l’argent sera là, cependant trahissez-moi et je vous tuerai sans aucun remord. A présent que cela est clair pour tout le monde, considérez donc dès maintenant que je suis votre seul employeur. J’ai bien noté vos exigences de salaires et de logement et cela sera fait. Nous en étudierons les détails plus tard toutefois. D’ailleurs je vous proposerai un nouveau rendez-vous via nos moyens habituels pour cela et quelques autres choses aussi.


    Je pris un instant de silence, pour assimiler ce que le vampire m’offrait. Un emploi, de l’argent, et une promesse de mort si je m’avisais de le trahir comme j’avais « trahi » l’HCV en me joignant à lui. Ne comprenait il pas que ses paroles coulaient sur moi comme de l’eau sur une toile cirée ? Sans avoir le moindre impact ? Visiblement, il était buté, et se surestimait. Il n’avait pas compris mon « fonctionnement ». L’argent n’était pas la seule chose qui pouvait m’acheter, et la crainte n’était pas le seul moyen de m’attacher à quelqu’un. Pas du tout. On pouvait m’acheter avec ce que je cherchais, et on pouvait avoir ma… hum… ce qui se rapprochait le plus à de la loyauté comme elle était humainement définie, en œuvrant dans mon sens. Bien sûr, j’étais aussi conscient que le simple fait de refuser ou de poser d’autres conditions pouvait l’amener à se débarrasser de moi d’un claquement de doigt. Mais étrangement, ça ne pesait pas lourd sur la balance de mon raisonnement. Je gardais ce fait en mémoire, mais je ne m’en servais pas pour faire un choix. Finalement, je déclarai :

      « Tant que vous me donnez ce que je veux, et des instructions claires, vous pouvez faire ce que vous voulez de moi. Mais sachez que s’il vous arrivait de ne plus être à la hauteur de mes attentes, je me débrouillerai pour trouver quelqu’un d’autre. Pour mes affaires, il faudra aussi que j’aille chercher mon chien, et mes affaires personnelles, si je me retrouve à déménager quelques parts. »


    Je me resservis d'alcool, et le vampire que j'avais blessé, et qui sirotait de son côté une énième poche de sang (je comprenais que je l'avais gravement blessé, pour qu'il régénère aussi lentement), en profita pour me répondre, et reprendre une certaine emprise sur moi. Il ne devait pas me considérer au même niveau hiérarchique et intellectuel que moi.

      Oui... ça fait mal. Très mal. Je pourrais aussi expérimenter certains trucs sur vous...


    J’avais l’impression que l’autre vampire essayait de reprendre l’ascendant sur moi, vu qu’il avait été un peu écarté de la discussion. Mais il pouvait toujours essayer, ses paroles avaient le même effet sur moi que les menaces du Maître Vampire proférée un peu plus tôt. Exactement le même effet : le néant. Mon attitude ne changeait pas, mon regard non plus. J’étais toujours le même roc de glace face à toute flatterie, agression, tentative d’intimidation.

      Dites-moi, vous êtes un tueur né, n'est-ce-pas ? et vous trainez dans des endroits, disons... peu fréquentés et peu fréquentables... n'auriez-vous jamais croisé plus grand prédateur que vous, par hasard ? un truc qui vous fasse froid dans le dos, ou qui pue le chien mouillé ?


    J’haussai un sourcil. Et j’assimilai instantanément plusieurs choses : il savait des choses que j’ignorais, ce qui ne me surprenait pas, il cherchait des informations sur ces choses en employant un pseudo langage codé sous entendant que je pouvais savoir des choses sans savoir de quoi exactement il en retournait. Et surtout, il pensait réellement avoir l’ascendant sur moi. Pourtant, je me contentais de lui répondre, assez mécaniquement :

      « Pour les expérimentations, faut demander à lui, je désignais le Maître Vampire d’un geste de tête, et sinon, je doute qu’il existe des tueurs nés. Considérez moi plutôt comme quelqu’un qui a des compétences dans plusieurs domaines et qui sait les mettre à profit en cherchant des employeurs. »


    Je fis une pause pour terminer mon verre et assurer ma poigne autour de l’objet assez lourd. Avec ma musculature, ma force, et ma rapidité, je pouvais facilement assommer, et pour longtemps, quelqu’un avec un objet pareil. Mais le plus intéressant serait bien sûr de l’ébrécher pour obtenir une lame de verre bien plus utile pour égorger un vampire qui devenait trop insistant. Je considérais cette éventualité, avant de revenir la question que m’avait posée ce Leslie. Si j’avais croisé un prédateur. Oui, forcément, il était dans mon dos. Mais étant donné que je me considérais moi aussi comme un prédateur, nous étions à jeux égaux. Qui pue le chien mouillé ? C’était cette partie de la question que j’avais nommé « pseudo langage codé ». Mais bon, ça ne me coûtait rien de répondre.

      « Et pour répondre à votre question : non. A dire vrai, les seuls personnes que j’ai rencontrées et qui pourraient me faire rétrograder au rang de proie dans certaines conditions sont dans cette pièce. Et encore. Quand au chien mouillé, si vous ne vous exprimez pas plus clairement je ne peux vous répondre. »


    Je reculais jusqu’à un mur de la pièce pour m’y adosser, une jambe repliée pour me stabiliser, et toujours le verre à la main. Ne pas avoir à me soucier de mes arrières était l’une des premières leçons que j’avais apprises dans la vie. A l’orphelinat. Et cette pensée me ramena à mon frère. Mes recherches s’étaient montrées assez infructueuses, et je n’avais rien trouvé sur lui après son bref passage dans l’armée russe, où il avait côtoyé ce Torben Badenov. Apparemment, il avait déserté. Et ne brillait pas dans les mêmes domaines que moi, puisqu’il s’était avéré meilleur fantassin que stratège. Mon regard se posa sur la bouteille de whisky qui était posée sur la table basse, hors de ma portée. Dommage.


Dernière édition par Alexei R. Ivanov le Ven 7 Sep - 13:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 7 Sep - 12:53


Plus l’assassin parlait et plus il confirmait que j’avais trouvé mon pendant humain avec quelques nuances cependant. Il exprimait tout haute ce que je faisais avec mes pions, les utiliser tant que nécessaire puis les jeter sans scrupule ni remord. Toutefois contrairement à lui, j’essayais autant que possible d’être plus subtile avec ceux que j’utilisais à mes fins, mais avec lui nul besoin de s’embarrasser de la sorte.

Nous sommes bien d’accord. Affirmai-je en affichant un léger sourire. J’appréciais son aptitude à ne pas mettre de forme dans ses paroles, bien que cela puisse lui être préjudiciable. J’admis ce paramètre comme une donnée immuable de sa personne, adaptant mes plans en fonction tout en poursuivant. Concernant vos affaires et votre chien, faites comme bon vous semble, je vous sais professionnel et ne doute pas de votre capacité à agir comme il se doit. A propos de vos instructions, je vous contacterai demain afin de vous en donner de nouvelles, ainsi que quelques détails quant à votre nouveau contrat avec moi. Dis-je d’un ton neutre afin de lui indiquer que les détails de sa vie quotidienne ne m’intéressaient pas tant qu’il n’empiétait pas sur son travail à mes ordres.

Puis je décidai de me taire et de les observer, Leslie et lui, pendant qu’ils discutaient. Je savourais la situation, réfléchissant à certaines actions à venir dans les prochains jours, tandis que Leslie tentait d’affirmer sa position face à l’humain. Son ego devait avoir été touché par sa blessure que lui avait infligée le tueur. Le connaissant je pressentais que cette soirée devrait l’avoir encore perturbé dans ses croyances, notamment à mon sujet, comme à son habitude lorsqu’il ne comprenait pas toutes les données. Je savais d’ors et déjà qu’il me faudrait prendre du temps une fois l’humain parti pour le rassurer et le convaincre à nouveau de ma bonne foi et de mes « nobles » intentions à l’égard de William. C’est alors que m’apparut une nouvelle image de Leslie. Il ne valait en somme guère plus qu’un humain instable que je devais ré-hypnotiser à chacune de nos rencontres. Néanmoins je ne le lui dirais jamais, du moins pas tant qu’il me serait utile de l’avoir sous ma coupe.

Malgré sa naïveté juvénile le nocturne posait de bonnes questions, du moins intéressantes, bien que maladroites et j’étais curieux de voir comment il allait développer leur discussion sans pour autant trop se dévoiler. Lorsque son interlocuteur lui répondit sans pincette, ce dernier s’éloigna pour s’adosser contre un mur de la pièce, tout en regardant la bouteille d’alcool dont il venait de s’éloigner par la même occasion. Les laissant parler un peu je décidai néanmoins de tenter d’en apprendre davantage à son sujet, et notamment à propos des informations qu’il possédait et m’adressait donc à lui.


Que savez-vous de votre désormais ancienne cible, Torben Badenov ? Etant donné votre ancienne affiliation à tous les deux, se pourrait-il que vous vous connaissiez ? A moins que votre recrutement par l’église ne soit postérieur à sa désertion. En attendant sa réponse, je pianotai sur mon smartphone afin d’envoyer un sms. Son destinataire n’allait probablement prêter que peu d’attention à ce dernier mais cela me permettrait d’ouvrir une nouvelle stratégie sur l’échiquier des intrigues.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 9 Sep - 10:43

Sans m'en rendre compte, et je devais trouver comment (!!!), j'avais du inquiéter l'humain qui s'était adosser au mur pour éviter toute attaque à revers. Tacticien né ? habitude de lui-même attaquer par derrière ? peu importait : quelque chose dans mes paroles ou mon attitude l'avait alerter. J'étais rudement embêté de ne pas savoir ce que c'était, car j'aurai pu m'en servir à nouveau mais en le contrôlant...

*Mince alors !*

Peut-être mon inclination de tête ? le ton utilisé ? lent et posé ? Je bougeais légèrement en grimaçant, comme si j'avais encore mal, alors que je me sentais seulement encore un peu faible. En aucun cas ce type ne devais se douter que je récupérais si vite. J'en étais étonné moi-même, mais jouer la comédie pourrait me sauver la vie un jour. Ou celle d'un autre vampire. Le tueur serait persuadé que notre capacité à nous rétablir était certaine mais relativement "longue"... disons, plusieurs jours... Au risque de paraître glouton, je pris la dernière poche. Non que j'en eus vraiment besoin, quoique... chaque gorgée m'apportait des forces, mais toujours dans le but de leurrer le mortel. Ainsi, il en déduirait qu'il fallait beaucoup de sang et du temps pour une guérison vampirique. Mes gestes étaient toujours lents et calculés, comme si je souffrais encore (un peu quand même !) et que je cherchais à dissimuler cette douleur par une relative aisance de mes gestes. De mon côté, je ne parvenais toujours pas à deviner ce que pensait vraiment l'invité du Maître vampire. Il était étonnamment froid et distant :

* Incroyable. un calculateur, un tueur en série...*

Pour moi, ancien flic, avoir un tel spécimen à observer était une aubaine et je ne m'en privais pas. D'habitude, quand on les trouvait, ils étaient "mûrs" : là, il était en "gestation". Mais en fait, il ne semblait pas, contrairement aux serials killers, être obnubilé par quelque chose. Sauf l'argent. Un mercenaire assassin : c'était fascinant. Vraiment. Un type dangereux mais efficace : un coup d'oeil à Julien, qui semblait parfaitement maîtriser la situation, comme s'il avait trouvé la perle rare et se délectait à l'avance de sa nouvelle arme secrète. Sans doute, dans sa longue non-vie, avait-il eu le temps d'en rencontrer d'autres, de les manipuler à sa guise, peut-être avec quelques ratées.

*Toi, mon coco, quand Guillemaud t'auras mis la bride... *

sous entendu : "tu t'en sortiras pas comme d'hab' par une petite pirouette". A l'allusion aux armes restés sur place, je plaçais, laconique :

-
Votre "pote" était un peu pressant...

Mais je sentis bien que j'aurai au-moins dû prendre le carnet...

*Merde !*

Ma réponse clouerait le bec à l'impertinent mais soulèverait une possible incompétence aux yeux de l'ex-shérif. Pas bon pour moi. Cette saloperie mortelle allait me griller face à celui qui devait me donner mes premiers galons ! Je tiquais, mais ça pouvait passer pour de la souffrance. Cette dernière ne convaincrait certainement pas notre hôte, mais l'important, c'était le mec de l'HCV. Lui pensait qu'il n'y avait pas de tueurs-nés : j'étais pas d'accord avec lui.

"Dans le ventre de ta mère déjà, tu étais serpent" nous rappelait la Bible. Disons qu'à défaut, il avait fréquenté la "bonne" école : HCV. Cà faisait un peu hautes études élitistes, vu comme ça...

*Mouais*

J'arrivais doucement au bout de la dernière poche et me demandais pourquoi Alexei ne se resservait pas à boire, vu comme il regardait la bouteille : il craignait donc tant que ça une attaque ? *idiot... on parle affaires...* A moins qu'il ne se donne contenance : il aurait l'air plus sérieux à jeun... Si Julien me demandait le remboursement, j'étais mal. A moins de braquer l'hosto du coin... J'observais en me tenant en retrait autant que possible, mais il fallait avouer qu'Alexei faisait tout pour me remettre au centre :

*Quel emmerdeur !*

Du coup, c'était le maître vampire qui nous observait. Il me testait sans doute. Je devais faire gaffe...

-
J'ai croisé des types qui me semblaient douteux, mais avec un air sauvage, proches de la nature, type "chasseurs", vous voyez ?... Le genre à inquiéter même s'ils n'ont encore rien tenter contre vous. A vous faire hérisser les poils dans le dos, quoi ...

C'était carrément un ton de conversation, comme si je posais mes cartes dans une partie de poker. Ce qui était relativement vrai. Je disais ce que je savais, c'est à dire ici, pas grand chose, en espérant que l'autre en face fasse de même et partage de possibles semblables expériences. Le tueur devait avoir un certain instinct pour repérer ses "semblables", mais aussi ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre. Lui-même se prenait pour le top du top des assassins humains, avec un petit compliment bien discret et bien placé à l'attention des vampires, y compris moi qui n'avait que trois ans. Le savait-il ? ma tête avait été à la Une de bien des journaux, avec des interviews en veux tu en voilà de mon père, de mes amis, de mes collègues, qui tous m'avaient lâchés. Pas un seul soutien. J'eus mal au coeur, au ventre. Vampire, au-moins, je le serai jusqu'à ma seconde mort. Pas d'autre "transformation" à venir. J'appartenais à un groupe, à moi maintenant de surfer sur la bonne vague.

*William est-il la bonne ?*

Je jetais un coup d'oeil à Julien : il avait l'air beaucoup plus puissant, et surtout, beaucoup moins impulsif, plus réfléchi. Mais moins magnanime aussi... calculateur en diable.... L'idée d'abandonner le prince déchu alors qu'il n'avait déjà plus personne ne me plaisait pas. Mais franchement, préférer une planche flottant entre deux eaux à un paquebot filant vers de nouveaux cieux... je devais être devenu fou. Mon problème principal maintenant qu'il me semblait mieux connaître Guillemaud était : "est-il sincère quand il prétend vouloir aider le prince ?" ou était-ce encore une manipulation de sa part, soit pour le livrer, soit pour le perdre définitivement, soit pour l'opposer au pouvoir en place et s'en saisir une fois débarrassé de tout le monde. Maintenant, je le croyais capable de tout !

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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 9 Sep - 18:38

      J'ai croisé des types qui me semblaient douteux, mais avec un air sauvage, proches de la nature, type "chasseurs", vous voyez ?... Le genre à inquiéter même s'ils n'ont encore rien tenter contre vous. A vous faire hérisser les poils dans le dos, quoi ...


    Il était étrange pour moi de me sentir pris entre deux feux. J’avais l’habitude de rester dans l’ombre, invisible, hors de portée de mes cibles, et là j’étais la cible de deux discussions différentes. Ca ne me posait aucun problème de les suivre sans faillir, mais c’était une situation nouvelle comme il m’en arrivait peu. Il était aussi intéressant d’analyser les deux discussions séparément. D’un côté, Leslie me prenait pour un gamin, ou l’un de ces enfants à qui on doit parler en image et qu’on essaye de mettre en avant pour les déstabiliser. De l’autre côté, le Maître Vampire me considérait exactement comme ce que j’étais, et notre discussion était plus d’égal à égal. Je m’accommodais sans difficultés de ces différences, mais il allait sans dire que les réponses m’étaient plus naturelles lorsqu’il s’agissait de répondre à mon nouvel employeur. Je déclarais toutefois à Leslie, pour interrompre la discussion que je jugeais hors de propos :

      « Ah. Pensez à sortir accompagné la nuit dans ce cas. Ou ne sortez pas. »


    Puis je me tournai vers l’autre vampire, sans pour autant décoller le dos du mur. J’avais conscience que je pouvais à tout moment offenser une fois de trop le vampire que j’avais blessé, et n’ayant aucune idée de la limite, je pouvais sans le savoir la franchir allégrement. Et me retrouver avec un ennemi sur le dos. J’en avais sûrement beaucoup dont j’ignorais l’identité et/ou l’existence, vu le nombre de personnes qui avait péri de ma main, ou plutôt de mes balles. Je n’étais pas du genre à attaquer de front, mais plutôt dans le dos ou de là où on ne pouvait me voir. Mais bon, mes techniques de frappe n’étaient pas le sujet de conversation. C’était plutôt ce qu’elles frappaient qui était à l’ordre du jour, et le Maître Vampire était au courant.

      Que savez-vous de votre désormais ancienne cible, Torben Badenov ? Etant donné votre ancienne affiliation à tous les deux, se pourrait-il que vous vous connaissiez ? A moins que votre recrutement par l’église ne soit postérieur à sa désertion.


    Il me paraissait bien renseigné sur ma cible, et à dire vrai, ça intriguait mon intellect. Je n’étais pas sans savoir qu’il avait trahi, je pensais à Torben bien sûr, l’HCV avant moi pour rejoindre les Vampires, et que je suivais ses traces. Mais ce qui m’intriguait, c’était qu’un humain comme lui soit sous une pareille protection. Je n’avais visiblement rien compris à l’organisation vampirique, puisqu’elle protégeait certains humains, chose que l’on ne m’avait pas dit dans ma formation de base. J’avais bien sûr aussi conscience que cette dite formation de base était plus qu’incomplète, et chaque minute passée en compagnie d’un vampire me le faisait davantage comprendre. Pourquoi cherchait il à en savoir plus sur l’humain ? Pourquoi voulait il savoir ce que je savais de ce Torben ? Je fronçais les sourcils, ce qui accentuait mon air grognon et renfermé.

      « Je n’ai rien cherché à savoir sur lui de plus que ce que mes employeurs m’avaient fourni, autrement dit sa description approximative au moyen d’une photo. Je n’ai su son nom que lorsque vous l’avez prononcé devant moi. Et je ne suis en Ecosse que depuis… hum… »


    Je calculai rapidement. J’avais entendu parlé des problèmes anglais et d’une possible rémunération, début 2010. Ah, et j’avais accepté un contrat de l’HCV en juillet de la même année. Nous étions en octobre. Quatre mois, maximum cinq… j’avais l’impression que cela faisait plus que cela. J’avais quitté l’armée russe depuis moins d’un an, et je venais juste de m’en rendre compte. Je terminais ma phrase, un peu ailleurs.

      « cinq mois au maximum. »


    Je considérai Leslie du regard, et je me décollais finalement du mur pour aller remplir mon verre de Whisky. J’avais soif, et ma tête me faisait mal. Je n’avais pas la capacité de me régénérer, moi, et j’avais perdu beaucoup de sang. Ca ne m’étonnerait pas de savoir que j’aurai du avoir sept ou huit points de sutures si on m’avait conduit à temps à l’hôpital. Mes yeux gris se posèrent sur le bandage qui entourait ma main blessée. Il fallait que je l’enlève, puisque le garder risquer d’aggraver les choses. Mais pour le moment, il renforçait mes poings et maintenait mon poignet, ce qui était l’idéal si je devais placer un crochet du droit. Je vidais mon verre assez rapidement et rejoignis le mur, la bouteille à la main cette fois.

      « Et sinon, vous n’auriez pas un médecin à portée de main ? »


    Je ne précisais pas qu’il était pour moi. Il était évident que l’autre blessé de la soirée allait très bien à présent, bien qu’il tentait de me faire croire le contraire. Vu la quantité de sang qu’il avait ingurgitée par rapport à ce qu’avait bu l’autre vampire, il serait étonnant qu’il soit encore pénalisé par la balle en argent. Sinon, le Maître Vampire s’inquiéterait davantage selon moi. Il était dans son intérêt que ses pions soient en bonne santé.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 19 Sep - 14:26


L’observation de mes deux pions m’apporta quelques informations supplémentaires. Par exemple j’appréciais la stratégie de Leslie de tenter d’en apprendre davantage quant à certaines personnes, et sa description me fit penser aux métamorphes, ou plutôt à l’un d’entre eux en particulier, Irving. Ce pourrait-il que Leslie l’ai rencontré, ou bien un de ses congénères ? Si tel était le cas alors il me faudrait l’interroger à ce sujet afin de déterminer l’importance de ce qu’il sait. Il était intéressant de noter l’évolution de l’ancien flic depuis que je l’avais pris dans mes filets. Tant qu’il me serait utile je le garderai près de moi, et peut-être même que je lui confierai un rôle plus honorifique sous mes ordres. Mais avant cela je devais continuer à lui faire croire que je voulais aider William, et dans ce but j’allais l’inclure dans ma traque aux dissidents, sans pour autant le mettre au fait de l’ensemble de mon plan, question de sécurité.

Quant à mon autre pion, l’humain que je venais d’embaucher, il venait de répondre par la négative à ma question quant à son éventuel lien avec le serviteur de Krystel et me dit n’être dans le coin que depuis quelques mois. Il me fallait en apprendre davantage à son sujet afin de pouvoir user de ses capacités au mieux. J’avais compris que pour lui la loyauté n’avait aucun sens, il lui fallait de l’argent et aussi que je le considère comme il était, une arme. Si je l’avais chargé d’éliminer l’humaine qui avait tenté de nous infiltrer, c’était autant pour le mettre à l’épreuve que pour attirer l’attention des autorités sur l’HCV. Si je pouvais leur mettre une épine dans le pied autant en profiter. Et puis peut-être que l’assassin pourrait aussi former Shane à son art, mais cela n’était pas à l’ordre du jour. Aussi lorsque ce dernier demanda un médecin je pris à mon tour la parole.


Les médecins sont rares car quasiment inutiles dans ce quartier où ne résident que les vampires, néanmoins si vous le souhaitez je peux vous appeler un taxi afin que vous en trouviez un. Après tout vous avez peut-être besoin de prendre un peu de repos ? Quoi qu’il en soit je vous contacte dès demain afin d’organiser une nouvelle rencontre et vous mettre plus au fait de votre nouvel emploi. Lui dis-je avant de me lever et ouvris l’un des tiroirs d’un meuble de la pièce et en sorti une liasse de billets avant de les tendre à l’humain. Voici 2000 livres afin de couvrir vos frais en attendant notre prochaine rencontre. Cela vous suffit-il ? demandai-je à l’humain avant de tourner mon regard vers Leslie pour lui parler d’un ton cordial mais pas moins autoritaire.
Quant à toi Leslie je souhaite que tu restes avec moi lorsque notre ami sera parti, j’ai quelques questions à te poser. Ne t’inquiète pas, rien de grave. Dis-je pour le rassurer, connaissant sa propension à s’emballer un peu.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 21 Sep - 7:21

Je me contentais de noter au passage la moquerie de l'humain en lui adressant en retour un sourire amusé : il ne croyait pas si bien dire. Les vampires ne manquaient pas dans le coin, et même moi, du haut de mes trois ans, j'aurai pu le croquer aisément, tout grand tueur qu'il était. Sentait-il seulement qu'il ne devait sa survie qu'à son utilité pour moi ? En l'ayant rapporté au Maître vampire, je ne pouvais que grandir dans l'estime de ce dernier... Mais le mortel était froid et parfaitement insensible aux nuances : nul doute qu'à ce train là, il ne ferait pas long feu. Il était terrifiant pour les autres humains, car si différent d'eux. Mais pour nous, c'était du pain béni ! enfin, sauf qu'il était parfaitement comestible ! Je posais devant moi la poche de sang vide, repu et toujours aussi surpris de mon si prompt rétablissement. Ne restait de "l'aventure" que quelques sensations d'abeilles tournoyant autour de mes blessures, en profondeur. Ce n'était pas désagréable, et même, à bien y penser, carrément rassurant. Que se passait-il dans mon corps ? Existait-il des médecins vampires ?

*Question stupide : aucun vampire n'avait besoin d'un docteur !* mon sourire s'effaça et je regardais Julien. Quel manipulateur. Se jouait-il de moi comme de cet Alexei ? sans doute. J'en étais persuadé maintenant. Mais comment ? où mentait-il ? Je cherchais les points sur lesquels il avait le plus insisté lors de nos entretiens, car c'était sans doute sur eux que Guillemaud s'appuyait pour me mobiliser à son service. J'avais parcouru un bouquin vite fait à la librairie, sur les manipulateurs une nuit de repos. Souvent, ils avaient été rejetés d'une manière ou d'une autre par leur maman. Cependant, la conversation entre le vampire et le tueur avançait et ils en étaient aux questions d'argent. La facilité avec laquelle Julien distribuait les livres m'atterrait et l'image s'afficha en gros devant mes yeux : la différence si flagrante entre le tueur et moi ! lui, vénal, froid, détaché, et moi, loyal, désintéressé et si empressé qu'on m'aime, qu'on m'apprécie !!! je me fis l'effet d'un être pitoyable dans ce monde si différent de celui dans lequel j'avais grandi, et que j'avais quitté depuis si peu de temps. Confusément, je sentais que je ne devais plus intervenir et laisser Guillemaud finir ce qu'il avait à faire. C'était un peu comme si je devenais adulte, comme si mon côté primesautier disparaissait au bénéfice d'une certaine forme de sagesse -ou de calcul ?!!!- : je préférais "sagesse", sagesse vampirique peut-être... Allais-je vraiment résister à une vie ou l'honneur, la loyauté, le désintéressement n'avaient aucune place ? Là aussi, la réponse s'imposa :

*NON.*

tranchante comme un couperet. Je n'étais plus à ma place ici. Julien voulait me parler ? je n'avais pas le choix, je resterai... mais je ne pensais plus qu'à une seule chose à cet instant précis : partir. Alexei n'avait jamais rencontré plus dangereux que lui et il était inutile d'insister sans le braquer définitivement. Je devrais, moi aussi, apprendre à manipuler avant de me servir d'humains comme le faisait le Maître vampire. Combien de temps lui avait-il fallu pour acquérir une telle dextérité ? J'inclinais la tête et répondis poliment :

-
Oui.

mais sans parvenir à ajouter un "monsieur", "monseigneur" ou tout autre titre. Doué comme il l'était, il devait sentir mon embarras, mes questions à répétitions. Mais apparemment, pour le moment, il suivait son chemin, jaloux de parvenir au plus tôt à un but désiré ardemment. Contre qui se battait-il ? y avait-il une compétition sourde entre les puissants ? sans doute... Je me demandais comment Alexei prendrait congé, alourdi de sa liasse de billets et ne bougeais pas de mon fauteuil, n'ayant nullement l'intention de lui marquer une quelconque marque de respect en me levant. Je ne l'aurai déjà pas fait humain, alors, maintenant que j'étais de l'autre côté du miroir... Mon visage resta froid, avec un regard scrutateur et désintéressé, curieux mélange destiné à le destabiliser. A moins que ce ne fut parce que je ne savais que penser de ce dont j'avais été le témoin cette nuit.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 23 Sep - 15:22

      Les médecins sont rares car quasiment inutiles dans ce quartier où ne résident que les vampires, néanmoins si vous le souhaitez je peux vous appeler un taxi afin que vous en trouviez un. Après tout vous avez peut-être besoin de prendre un peu de repos ? Quoi qu’il en soit je vous contacte dès demain afin d’organiser une nouvelle rencontre et vous mettre plus au fait de votre nouvel emploi. Voici 2000 livres afin de couvrir vos frais en attendant notre prochaine rencontre. Cela vous suffit-il ?


    Evidemment… s’il n’y avait que des vampires, il était logique que peu de médecins fréquentent l’endroit. Vu les capacités régénératives que j’avais vues à l’œuvre à l’instant, sinon comment expliquer un tel rétablissement chez le vampire que j’avais salement amoché ?, ils étaient bien plus qu’inutiles. Sans un regard pour la liasse de billets, je mis les 2000 livres dans ma poche, et acquiesçai sans un mot à la question de mon nouvel employeur. Au moins, avec lui, je n’avais pas à réfléchir sur mes dépenses, puisque visiblement il couvrait tout. C’était l’idéal, en fait, dans mon métier. Il allait m’être très difficile de trouver mieux, aussi je mis de côté la moindre idée de trahison. Je ne connaissais pas meilleur employeur que le Maître Vampire pour le moment. Je me resservis un verre en attendant que le Maître Vampire ait terminé de parler avec Leslie. Je n’écoutais que d’une oreille distraite, réfléchissant aux jours qui allaient venir. Aux heures aussi. Déjà, aller aux Urgences, expliquer la raison d’une plaie à la tête et les bleus sur mon corps, accessoirement expliquer aussi une brûlure à la main. Puis rentrer à l’appartement, vider les lieux, récupérer Piotr, couper les ponts avec l’HCV et refaire mon stock d’armes et de matériel s’il n’était plus sur le toit. Donc aller sur le toit récupérer mes affaires, terminer mes prises de notes sur la meilleure manière d’abattre Badenov, ça pouvait toujours être utile, et préparer le terrain pour ma prochaine cible, la fille que m’avait indiqué le Maître Vampire à notre première entrevue. Ca me fit aussi penser à l’attitude que j’allais devoir avoir avec l’HCV. Après tout, je passais « à l’ennemi »… Interpellant le Maître Vampire, mon ton était interrogatif lorsque je demandai :

      « Hum… tant que j’y songe. Quelle devra être mon attitude envers mes anciens employeurs. Je n’ai pas encore rompu officiellement mon contrat avec eux. Je vous le dis en revanche, je ne sais pas feindre, mentir ou quoique ce soit dans ce genre. »


    Il devait déjà s’en douter, mais il me semblait important qu’il le sache. C’était peut être quelque chose d’étonnant venant de quelqu’un comme moi, mais c’était un fait : le mensonge m’était hors d’atteinte. Pas pour des raisons de conscience, non pas du tout ! Ni pour des questions de stress, de tension, bref de toutes ses attitudes qui pouvaient vous trahir lorsque vous feignez mais… en fait, ce devait être de la conscience. Je ne savais pas trop… peut être était-ce parce qu’il serait trop simple pour moi de mentir, étant donné ma capacité d’abstraction totale de mes sentiments. Ou plutôt leur inexistence. Je réfléchissais trop finalement. Ca avait toujours été l’un de mes « défauts ». Je me servais beaucoup plus de mes cellules grises que de mon cœur, étant donné l’absence de ce dernier.

      « Ah. Je ne me suis pas présenté au final si mes souvenirs sont bons, puisque mes précédents employeurs m’avaient demandé de rester dans l’anonymat. Alexei Rubens Ivanov. Nous allons avoir beaucoup de points à régler demain. »


    Ainsi, j’avais presque tout donné de moi à mon nouvel employeur. Une identité, quelque chose à laquelle je ne tenais pas plus que ça pour être franc. Ivanov en fait, c’était la seule chose importante. Qui pouvait me mener à Sergueï, mon frère. La notion de frère m’était étrangère, mais j’avais envie de l’apprendre. J’avais envie de comprendre pourquoi j’étais ainsi, sans pour autant désirer changer quoique ce soit à cet état de fait. Et je réfléchissais de nouveau un peu trop. Je cherchai mon téléphone avant de me souvenir qu’il était mort pendant mon « enlèvement ». J’allais devoir en racheter un, mais dans l’immédiat, je me trouvais dans l’obligation d’accepter que ce soit le Maître Vampire qui appelle un médecin. Ou les Urgences. Il n’avait qu’à faire ce qu’il voulait.

      « Je veux bien que vous appeliez un médecin. Puis-je aller me reposer dans la chambre en attendant ? »


    Par cette simple demande d’autorisation, je montrais à mon nouvel employeur qu’il était désormais aussi mon maître, mon seigneur, bref quel que soit le terme choisit, le fait était le même : tant qu’il payait et subvenait à mes besoins, je lui obéirai au doigt et à l’œil. J’étais à côté de la porte, m’étant déplacé en parlant. S’il ne disait rien de contraire, j’étais prêt à aller me reposer dans la chambre d’amis, mes yeux tombant de fatigue. Ironique pour un insomniaque, mais compréhensible vu mon état.

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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 28 Sep - 18:39


Alors que Leslie me répondit d’un simple oui, je reposai mon regard sur l’humain qui posa une question des plus intéressantes. Nul doute qu’une fois son contrat ouvertement rompu avec eux, l’HCV enquêtera et découvrira qui l’emploi. Ils ne s’attaqueront pas directement à moi mais mon nouvel outil serait sûrement leur nouvelle cible, parmi tant d’autres. Quelle était la meilleure attitude à adopter ? Je réfléchis quelques secondes avant de lui répondre posément.

Coupez les ponts avec eux. A partir d’aujourd’hui vous n’existez plus pour l'HCV, l’idéal étant qu’ils vous pensent mort bien qu’ils ne croiront pas bien longtemps à cette idée. Néanmoins demeurez invisible à leurs yeux, autant que faire se peut. Pour l’heure ne dîtes à personne que vous travaillez pour moi, si vous ne savez pas mentir et bien vous n’aurez qu’à ne pas répondre si l’on vous interroge à ce sujet. Enfin soyez prudent car ils chercheront à savoir si vous vivez encore, et lorsqu’ils auront découvert que vous n’êtes pas mort ils tenteront de vous tuer. Dis-je d’un ton calme.

Il reprit alors la parole pour m’indiquer son identité. Alexei Rubens Ivanov. Encore un slave, et bien... L’Europe de l’Est est à l’honneur en ce moment. J’acquiesçai d’un geste de la main lorsqu’il demanda à se reposer dans la chambre du rez-de-chaussée et un médecin. Puis lorsqu’il fut sorti de la pièce je pris mon smartphone et appelai un médecin que j’avais à ma botte. Un humain que j’avais corrompu à une époque pour accéder comme je le souhaitais à une banque de sang. Je lui avais permis d’ouvrir son propre cabinet à Edimbourg et grâce à moi sa salle d’attente ne désemplissait pas. Néanmoins il savait qui j’étais et qu’il avait tout à perdre à oublier ce qu’il me devait. Une fois cette formalité accomplie, je me dirigeai vers mon frigo et en sorti deux nouvelles poches de sang puis vint m’asseoir face au vampire après lui avoir envoyé l’une d’elles.


Et bien Leslie, qu’est-ce qui te met dans cet état ? Lui demandai-je en conservant un visage neutre. Est-ce cet humain ou autre chose ? Je peux ressentir ton trouble, que crains-tu ?

Bien que ne lui ayant pas beaucoup adressé la parole depuis que l’humain était entré dans la pièce, je n’avais pas manqué de l’observer et de voir cette attitude spécifique chez lui. Celle qui le montre si… fragile, si versatile. A mes yeux il n’était qu’un moyen de trouver William et de ce fait Renard et tout autre éventuel traître à mon espèce. Si la vengeance de William était une donnée immuable, le reste n’en était pas moins crucial. Mon objectif était de trouver les preuves de la trahison de la fourbe et de ses complices, si complices il y avait. Leslie n’était qu’un pion dans tout cela, mais en fonction de son comportement il pourrait acquérir certains bénéfices, ou au contraire s’attirer mes foudres. Je n’avais aucun moyen de m’assurer de son engagement tant il était instable mais cela n’était en soit pas gênant, juste un paramètre à prendre en compte. Pour l’heure je me tus quant à la raison de ce que je voulais lui dire, préférant voir ce que lui avait à dire, histoire de le situer un peu mieux sur l’échiquier.

HJ:
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Dim 4 Nov - 15:14

Tout en observant la scène se dérouler lentement devant mes yeux, je me demandais ce que je devrais en tirer. Pour moi, d'abord, et ensuite qu'en dire à Julien. Car il me jugerait sur ma capacité d'analyse... Je n'avais pu m'empêcher de sourire quand l'humain prétendit ne pouvoir mentir ou feindre. C'était bien le premier ! mais bon, pourquoi pas. Moi aussi, j'étais entier. Si entier que cela pouvait me coûter la vie à tout moment. Je le savais à présent. En regardant le Maître vampire, je me demandais encore comment il ferait pour sortir le Prince de l'impasse dans laquelle il s'était enfoncé. Mais bon, comme je n'en avais aucune idée, autant que ce soit lui qui s'en occupe. Vu ma position, je ferai un excellent exécuteur, ce qui me permettrait d'apprendre le métier. J'imaginais sans mal que trois ans dans une éternité, n'était rien. Cette prise de conscience de mon ignorance fut brutale autant que soudaine et me sonna un peu. Je demeurais silencieux et immobile, là, planté sur mon fauteuil, dans le salon de Guillemaud, alors qu'il réglait les derniers détails avec son nouveau joujou...

*S'il arriver à descendre Torben, je lui paie une nuit de cuite !*

Car toucher à l'esclave chéri de la Reine, c'était l'atteindre dans sa chair ! quelle vengeance !!! surtout après qu'il eut brutalisé William en public !!! en plus !!! Un sourire mauvais déforma mon visage et l'idée de la vengeance me plut, finalement. Surtout que je n'aurai rien à y voir. Ben si, je savais. Non....

Perso, j'avais du mal à imaginer qu'Alexei rompe tous liens avec l'HCV et je me demandais comment Julien pouvait y croire un instant...

*Alexei Rubens Ivanov...* ce nom se grava dans ma mémoire, sans aucun mal. Je savais pouvoir l'y conserver autant de temps que nécessaire, avec le visage juste au-dessus, la manière de se déplacer, de parler... même déguisé, il ne m'échapperait pas. Quant au fait qu'il s'invite comme ça chez son employeur, cela ne me surprit pas. Du tout. Après tout, il ne devait plus exister pour son église, alors, autant avoir un logement sur place, non ? La balle était dans le camp du Maître vampire et je tenais à apprendre comment me conduire en telle situation. J'attrapais au vol une nouvelle poche de sang, refuser eut été grossier, non ? et observait Julien s'installer en face de moi. Nous étions seuls, désormais, l'humain n'était pas là, j'en étais certain, je ne le sentais plus, et avec tout le sang séché sur lui... aucun doute, nous étions seuls, Julien et moi... Bizarre... comme je devenais soupçonneux tout à coup.


Et bien Leslie, qu’est-ce qui te met dans cet état ? Est-ce cet humain ou autre chose ? Je peux ressentir ton trouble, que crains-tu ?

Ne sachant trop que répondre, je dis d'une voix neutre, en débouchant la poche :

-
Je vais retourner sur ce toit, récupérer les affaires d'Alexei. Mais à mon avis, son pote aura tout récupéré... à votre avis, dois-je l'éliminer, afin qu'il n'aille pas tout raconter à l'HCV ? si ce n'est pas déjà fait ?

Je bus à même la poche, ce sang froid dont je n'avais pas besoin, mais qui me ravit néanmoins. C'était une bonne maison que celle de Julien Guillemaud, on n'y mourrait pas de soif.

hrpg : désolé, toujours mes pb de connexion. mon ordi coupe sans cesse... d'où des envois "hachés"... et encore désolé du retard !

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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Jeu 15 Nov - 11:29


J’écoutai la réponse du jeune vampire et notai que ce dernier avait choisi de me servir une réponse des plus évasives. Soit il ne voulait pas me faire part de son trouble, soit il n’en ressentait aucun. Une troisième hypothèse était possible, qu'il soit aussi un pion de la dissidence. Si je pouvais le manipuler, nul doute que la fourbe Renard forte de son âge soit en mesure d’en faire de même, voire même plus efficacement que moi vue son expérience. Bien que je n’avais pour elle qu'une haine et un mépris sans nom, force m’était d’admettre qu'elle avait néanmoins un certain talent. Preuve en était qu'elle était certes surveillée mais libre de ses mouvements. Bien entendu je n’étais pas au fait des plans d’Augustus et de Krystel à son sujet, cependant je ne m’en plaignais pas. Eux seuls pouvaient décider de ce que doit savoir tel ou tel d’entre nous.

Leslie proposa de retourner sur le toit de l’immeuble où il avait eu maille à partir avec l’assassin de l'HCV puis son collègue ensuite. Mauvaise idée si l’on faisait le bilan de son action où il avait fini blessé par balles en argent. Néanmoins bien que peu probant il était tout de même parvenu à capturer un agent de l'HCV. William lui avait-il prodigué un quelconque entrainement ? J’en doutai aux vues de ses actions.


Non. Oublie le toit et l’autre humain Leslie. Qu'il aille rapporter cet évènement à l'HCV est une bonne chose. Il est temps que ces vermines comprennent qu'ils ne peuvent s’attaquer à nous sans conséquence. Les priver d’un de leurs tueurs sera un nouvel échec cuisant pour eux après la désertion de l’humain de la Reine. Aussi méprisable soit-il, ce Badenov est un outil efficace aux ordres de Krystel sinon elle l’aurait déjà tué. Je ne pense pas pouvoir faire de cet humain un outil comme Badenov, néanmoins il pourra m’être utile contre nos ennemis bien qu'il ne soit qu'un sniper. Que penses-tu de lui Leslie et quelles sont tes impressions à son sujet, ou tes craintes ?

Je me tus à nouveau le temps pour moi de réfléchir rapidement tout en l’écoutant. Il fallait que je reste prudent avec le jeune vampire car je n’étais pas à l’abri qu'il change son fusil d’épaule. Son côté versatile était une plaie néanmoins il pouvait aussi être un avantage sous réserve d’un peu de réflexion.

Te concernant Leslie j’aurais une proposition à te faire mais la décision ne dépend pas de moi. Depuis la chute de William tu es le seul sur qui je peux compter et je veux te récompenser. En plus de poursuivre ton enseignant quant à nos us et coutumes, je te propose de travailler pleinement à mon service, de manière officielle à présent. Toutefois ton emploi actuel dépend de la Princesse Jana aussi je ne peux lui demander de te prendre à mon service sans ton accord. Bien entendu ma proposition n’est pas une obligation aussi tu as le droit de la refuser.

Le prendre à mon service aurait plusieurs avantages malgré quelques risques. S’il acceptait mon offre, et sous réserve que l’ex-épouse de William donne son accord, il pourrait avoir accès à quelques informations sensibles qu'il serait susceptible de transmettre à des tiers. Néanmoins si je contrôlais celles auxquelles il pourrait avoir accès, je serais en mesure de repérer une éventuelle fuite et surtout d’identifier les tiers en question. Bien entendu il était aussi possible qu'il me devienne fidèle, mais je n’y croyais pas vraiment tant son adoration aveugle pour le prince déchu était forte. Je pense même qu'elle est telle que si William en venait à le lâcher, le jeune nocturne lui trouverait une quelconque excuse et son adoration n’en serait pas ébranlée.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Ven 16 Nov - 10:40

A présent, je sirotais cette boisson offerte et en goûtais davantage le goût. C'était bien meilleur que le True auquel je m'étais limité jusqu'à présent. Mais moins bon que le sang frais de cette tordue d'Hannah que j'avais du protéger envers et contre tout.

*Pfuuuuuhhhhh*

Enfin, j'étais délivré de cette mission impossible, puisque... William avait disparu de la circulation et que sa "Pomme" avait été mise à disposition d'un autre. Je souris brièvement à cette pensée, souhaitant tout les maux possibles à l'humaine. Mon visage redevenu lisse et sérieux, j'observais la moitié restante de la poche, songeur. Il me semblait que j'avais tout mon temps, bien que tout indiqua le contraire. J'étais à la fois immortel et toujours au bord du gouffre. Pour Julien, la disparition d'un nouveau tueur était un échec pour l'HCV. Pour un peu, j'aurai haussé les épaules, mais ne le fis pas. Il se pouvait aussi qu'elle prenne très mal la chose et décide de mesures de rétorsion, pourquoi pas un enlèvement ou un truc comme çà ? Vraiment, je me demandais comment le Maître vampire pouvais se trouver tout aussi simplement satisfait de cette affaire : peut-être, après tout, qu'avoir acquis (pour combien de temps ?!!!) les services de l'autre girouette (le tueur), suffisait à faire taire toute alarme. Je me doutais aussi que je pouvais paraître instable à ses yeux. J'inspirais profondément, bien que n'en ayant nul besoin, conservais de cet air inutile dans ma poitrine gonflée, que je relâchais ensuite lentement en un long et silencieux soupir qui me détendit tout à fait. Comme j'aurai apprécié de déglutir, bailler ou tout autre truc tellement humain et mortel... Je fronçais seulement les sourcils en songeant :

*Pense-t-il vraiment pouvoir se comparer à la Reine en ayant son propre tueur de l'HCV ? et va-t-il l'en informer ou garder la chose secrète ?*

Je n'osais poser la question, ne me sentant pas suffisamment proche de lui. J'avais tout perdu avec William : protection, amitié, une certaine chaleur/camaderie que je ne retrouverai pas de sitôt, et pleinement conscient de ma profonde solitude, et par conséquent de ma présente faiblesse. Je devais assurer mes arrières. Il me fallait répondre, car si je ne servais à rien, je disparaîtrais, purement et simplement. Je regardais donc mon hôte droit dans les yeux pour ce faire :

-
Avoir retourné cet agent de l'HCV est une incontestable victoire.

Le ton était sérieux et plutôt satisfait, avec une voix posée et presque profonde, celle de quelqu'un ayant un minimum de maîtrise de lui-même. Il me rassura et je pu poursuivre :

-
Si l'argent suffit à le tenir à votre service, cela signifie qu'il n'a aucune conscience et sera par conséquent plus facile à utiliser.

*Ouais... ça, c'est pas vraiment mon cas, avec toutes ces questions que je me pose sans cesse...*

Quelque chose me dérangeais, mais j'ignorais quoi.

*Après tout, si Serguei avait réellement été convaincu de la nature diabolique des vampires, ou mauvaise en général, il n'aurai fait que jouer la comédie et représenterait un danger...*

-
Cependant, il serait bon de s'assurer que ce n'est pas un cheval de Troie...

Le doute que j'insinuais devrait suffire à éveiller l'attention d'un vieux vampire, non ? et puis, il avait vraiment l'air de savoir manipuler son monde. Et s'il manipulait si facilement, qu'étais-je moi, entre ses mains ? une marionnette ? Je me tus, rattachant mon regard à cette couleur rubis du liquide épais et froid avec lequel mes doigts s'amusaient à travers l'épais plastique de la poche, et il ne fallut pas longtemps avant que mon vis à vis ne me parle à nouveau. Cependant, cette fois, le sujet me mis encore plus mal à l'aise : quelque chose n'allait pas et j'étais presque contrarié de la tournure de la conversation, comme si, après Sergueil, Guillemaud s'occupait à présent de moi.

*Comment peut-il me comparer à William ?!!! le seul sur lequel il pouvait compter ?!!!*

Etais-je étonné, étourdis, abasourdis par cette déclaration sans ambage ? je ne savais que dire et encore moins penser : je me tus. Pour la récompense, je comprenais mieux : je lui avais apporté une proie de premier choix. Sans doute pouvais-je m'appuyer là-dessus pour une première reconnaissance. Qui ne serait certes pas éternelle, mais tout de même.... Là, poliment, j'acquiesçais, ne doutant pas que ma retenue serait perçue (mais comment) par mon interlocuteur. Bref, j'avais une carte à jouer ! un renvoi d'ascenseur ? Ce puissant nocturne pouvait être mon nouveau "parrain" et aider à mon entrer dans ce monde que je fréquentais depuis seulement trois années.

*Mais cette "position"... que pouvait-elle m'autoriser à demander ?*

Je ne devais pas trop demander, ni trop peu, car nul doute que je serai jugé sur cela. Et je voulais faire bonne impression, autant qu'en tirer un max de profit. Tout cela était si... rapide !

-
Je ne connais pas la princesse... j'avoue que je ne l'ai jamais rencontrée.

La commissure droite de mes lèvres s'étira en un tic nerveux vite passé, au point, peut-être, que Julien ne l'aura point remarqué. Je jouais gros en avouant une pareille lacune dans mes connaissances. Et aussi que Jana ne s'était jamais intéressée à moi. Je me jetais quasiment dans la gueule du loup !

-
Et si je la rencontrais tout de même avant de me décider. Ce serait mieux vis à vis de vous...

J'avais l'air un petit garçon intimidé, ce que j'étais, finalement, quand on pense aux âges canoniques de ces vampires. Pourtant, il devenait visible que je ne voulais pas être un simple pion. Attirer l'attention n'était pas une bonne chose, pas plus que se "vendre" si facilement.

-
Je suis extrêmement flatté de l'honneur que vous me faîtes de vouloir me prendre à votre service, bien sûr.

Mais en même temps, je voulais voir toutes mes cartes ! mince alors ! on ne me manipulerait pas si facilement tout de même !!! et après tout, Julien n'y semblait pas opposé. Le savoir désireux de m'avoir, je me sentais plus fort : j'avais une valeur sur le marché de l'immortalité !

-
Peut-être qu'en parlant à la princesse, je pourrais découvrir une nouvelle facette de la vie nocturne. Pouvez-vous m'apprendre quelque chose sur elle avant que je ne la rencontre ?

Je tournais la chose de telle manière qu'à présent, ce serait lui qui me donnerait des infos nécessaires à mon futur, ce qui m'aiderait à mieux cerner Jana, à savoir la prendre. Voire... à décider de rester avec Julien. Ainsi ne refusais-je ni n'acceptais-je la proposition de Julien en lui montrant que je n'étais pas coincé au point de me jeter sur la perche qu'il me tendait, mais au contraire, pouvais vraiment lui apporter beaucoup plus... en me faisant proche de la princesse. J'avais hâte d'entendre ce qu'il avait à dire d'elle, pour me faire une idée plus précise de ses rapports réels avec elle et par là, avec les souverains. Après tout, j'avais déjà eu un "mauvais cheval" avec le prince, il était normal, dès lors, que je prenne en considération le suivant, non ?!!!
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Sam 17 Nov - 10:16


Bien que toujours aussi instable Leslie semblait évoluer peu à peu au fil des jours. Ses remarques à propos de l’assassin de l’HCV n’étaient pas dénuées d’intelligence néanmoins il était encore trop faible pour être utilisé de manière plus risquée. Ce qui ne m’empêchait pas de le mettre à l’épreuve pour autant histoire de le tester un peu. Sa remarque à propos d’un éventuel cheval de Troie ne me fit réfléchir que quelques instants. Au vue de sa nature si particulière le sniper ne semblait pas prompt aux missions d’infiltrations toutefois l’ennemi pouvait jouer là-dessus aussi devais-je intégrer ce paramètres dans mes plans.

L’éventualité qu’il soit envoyé en mission auprès de nous n’est pas à écarter en effet, c’est pourquoi nous devons nous montrer prudents vis-à-vis de lui. As-tu une suggestion à ce sujet Leslie ?

Son expérience en tant qu’humain pourrait s’avérer utile car il est possible qu’à l’époque où il était flic il ait eu à dénicher une taupe dans ses services. Cela n’était pas forcé cependant il pourrait avoir quelques idées sur la question. Tout en l’écoutant parler je fis attention à ses tics, ses petites expressions dissimulées, afin de percevoir s’il me mentait ou tentait tout au moins de me dissimuler certaines de ses facettes. Car aussi fidèle semblait-il être pour l’heure, je ne pouvais être certain que sa loyauté ne soit aussi versatile que lui. Il n’avait beau être qu’un pion entre mes mains, je n’étais pas à l’abri que d’autres le manipulent aussi.

Lorsqu’il évoqua ensuite la Princesse Jana pour m’avouer qu’il ne l’avait jamais rencontré cela ne m’étonna pas. Qu’un néo natus n’ait jamais rencontré la Princesse n’était pas surprenant, néanmoins ce qui me surprit tenait plutôt du comportement de l’ex-épouse de William même si je n’en laissai rien transparaitre. Nul n’ignorait la teneur du lien entre Leslie et son ancien maître et j’aurais imaginé qu’après la chute de son époux, la Princesse irait à la rencontre de Leslie pour en apprendre plus sur les manigances du prince déchu. A moins qu’elle ne soit déjà au fait de celles-ci… Malgré cela je devais demeurer prudent au sujet de la pupille de Krystel aussi gardai-je mes interrogations dans mon esprit, mais repris-je la parole pour répondre au jeune vampire.


Tu es le seul qui m’aide à traquer ceux qui ont manipulé William, aussi il est normal que je te récompense. Je punis les traîtres et les faibles mais je sais récompenser la loyauté et l’efficacité Leslie, je ne suis pas un monstre sans cœur. dis-je en esquissant un léger sourire, m’autorisant un trait d’humour avant de poursuivre. La Princesse Jana mérite tous les honneurs dû à son rang. Respecte le protocole à le lettre en sa présence, agis avec réflexion et respect. Si tu manques à l’étiquette tu mourras sans l’ombre d’un doute car tu encourras la colère d’Augustus et Krystel. Montre à tous que tu progresses Leslie, que tu apprends et est prêt à évoluer au sein de notre espèce.

Lui faire de telles recommandations n’était pas un simple chapeautage de ma part mais bien un test. Allait-il savoir tenir sa langue face à la Princesse ou sa personnalité allait encore prendre le dessus ? J’étais curieux de l’impact de mes paroles sur lui, curieux de voir sa réaction ou sa non réaction justement. Si je commençai à l’éprouver c’était dans le but d’estimer s’il était prêt ou non à être envoyé chez l’ennemi.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Sam 24 Nov - 13:07

- Non...

Comment surveiller l'humain ? le faire, c'était lui montrer qu'on n'avait aucune confiance en lui. Et cela pouvait le conduire et retourner à ses anciens maîtres. Ne pas le faire était de la folie pure. Je tiquais, remontant le côté droit de la commissure de mes lèvre brièvement et plongeant la tête en avant.

-
Une filature demande beaucoup de monde et du personnel habitué à cela.

Nous n'avions rien de tout çà sous la main, d'autant que nous étions ici à Glasgow et que mes anciens contacts dans la police se trouvaient à Edimbourg. Et encore ! ils m'avaient tourné le dos après mon Etreinte. Pas d'indics non plus. D'un index gauche distrait, je me grattais deux fois le dessus de la lèvre supérieure du même côté, inspirait un grand coup, réfléchissant...

-
Le mieux et de lui laisser la plus grande impression de liberté possible, mais sans le lâcher comme ça dans la nature non plus...

Il y avait pourtant bien une option... que j'exposais après un bref haussement d'épaules :

-
Peut-être une Pomme de Sang ?

Après tout, ces humains là faisaient n'importe quoi pour les vampires, et avec plaisir... pourquoi ne pas les utiliser à plein. Pas pour suivre le tueur à la trace, mais juste de point en point, de quoi nous donner des éléments quant à ses déplacements... Pour la suite, je me surpris moi-même.

J'avais osé !!! osé ne pas dire "oui" immédiatement !!! et que se passerait-il maintenant ? Julien deviendrait-il furieux ? se jetterait-il contre moi ? Mon imagination erra, voyant tout en noir. La réponse fut celle d'un vampire à un pair et je me sentis mieux. Il me prenait pour un adulte !!! enfin !!!! pour un peu, j'aurais bondit sur mon siège, fêté ma victoire en égorgeant encore un humain dans une ruelle sombre. Mais je jouais un personnage, désormais et demeurais de marbre -en apparence !-, sans mon coeur pour me trahir par des battements précipités : quelle chance ! Je répondis poliment :

-
Je ferais de mon mieux, et je suis conscient de ce que cette rencontre impliquera pour moi.

Après tout, j'avais entretenu d'excellentes relations avec William, enfin, avant qu'il ne pète un câble pour sa Pomme de Sang, cette démone qui l'avait ligué contre moi ! Mais il s'agissait d'une relation entre hommes... désormais, mon patron était une femme et Dieu seul sait comment elle allait réagir : n'était-ce pas une pièce rapporté ? quelle influence cela pouvait avoir sur elle ? J'osais encore :

-
Pardonnez-moi, mais avant de devenir l'épouse de William, qui était-elle ? d'où venait-elle ?

Peut-être avait-elle entendu parlé d'un trouble entre son mari et moi à cause de la soeur de Torben... ce qui pouvait me servir. Si elle était une femme jalouse.



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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 19 Déc - 13:17


A l’évocation de l’idée d’une filature, je réfléchie brièvement à cette éventualité. Si pour un humain ordinaire cela pourrait être faisable sans trop de peine, concernant le cas de l’assassin je pensais le contraire, principalement parce que je le savais professionnel et bien plus attentif à son environnement que nombre de militaires entrainés. L’autre point qui me gênait dans cette idée c’était de lui attribuer un vampire en filature, je ne pouvais pas me le permettre parce que je n’avais pas de vampire d’une confiance suffisante à qui confier cette tâche et que je ne voulais pas prendre de risque pour l’heure.

Leslie avait juste évoqué cette possibilité sans la définir comme adaptée, faisant preuve d’une certaine clairvoyance bienvenue. Mais loin de parler vainement il fit cette fois une proposition en parlant de l’utilisation d’une Pomme de sang. Cette fois l’idée était plus séduisante bien que non sans risque. Si je donnais à Shane sa première mission, à voir si je la mettrai au courant de la teneur de celle-ci ou du moins de sa totalité, cela me permettrai certes de commencer à la préparer à son rôle, néanmoins l’humain connaitrait l’identité de ma Pomme et donc de mon point faible. Je ne voulais pas d’une Pomme que je devais cacher pour ne pas la mettre face au danger. Bien au contraire je souhaitais d’elle qu’elle sache se défendre, qu’elle soit digne de moi et en mesure de savoir comment agir en présence de mes ennemis aussi je débutai la construction d’un plan d’action dans mon esprit tandis que je m’adressai au jeune nocturne avant qu’il ne continue de parler.


La première option ne me parait en effet guère adaptée à cet humain, contrairement à ta seconde proposition qui pourrait être efficace. Je suis heureux de voir que tu t’améliore au fil de nos rencontres Leslie. dis-je en le gratifiant d’un léger sourire, signe de ma sincérité car bien qu’il ne soit qu’un pion dans mes projets, je le voyais évoluer suffisamment dans le bon sens pour peut-être projeter d’en faire un outil régulier s’il continuait à me satisfaire.

Je l’écoutai ensuite parler et acquiesçai d’un signe de tête lorsqu’il exprima être conscient de l’importance de sa rencontre prochaine avec la pupille de Krystel et qu’il ne m’interroge à son sujet. S’il voulait en apprendre davantage à son sujet, je n’allais guère pouvoir le renseigner car aussi désagréable que cela me soit-il j’ignorai tout de la princesse. Et bien que cela puisse être un nouveau risque de trahison, je ne pouvais me permettre d’enquêter sur l’ex épouse de William pour des raisons évidentes.


Un grand mystère entoure le passé de la Princesse, et malgré mon statut je ne suis pas en droit d’en savoir plus à son sujet. Un conseil Leslie, ne cherche pas dans son passé si tu ne veux pas être exécuté, mais contente toi de l’observer lorsque tu la rencontreras. Lorsque l’on ignore quelque chose, l’observation est la meilleure solution.

N’oublie pas d’être des plus respectueux à son égard car l’étiquette ne doit pas être négligée. Je ne sais si William a pris le temps de te faire part de l’attitude à adopter en présence d’un membre de la famille royale ou un de ceux à leur service, toutefois je m’en vais te faire un rappel au cas où afin que tu sois en mesure de leur être présenté.

En présence d’un membre de la famille royale, tu ne dois parler que s’il t’y invite clairement. S’il t’ait demandé ton avis et que tu penses que ce dernier peut froisser ton interlocuteur, demande lui si tu peux parler franchement et même dans ce cas use de politesse et de respect mais sans pour autant basculer dans la flatterie. Exprime ton respect et ta loyauté simplement et pèse bien le pour et le contre avant d’exprimer tes doutes quant à un ordre que l’on te donne car cela peut t’être fatal si tu l’exprime d’une manière maladroite.
dis-je avant de faire une brève pause.

Voilà pour la base mais tu devras être en mesure d’observer ton interlocuteur afin de déterminer la meilleure attitude à adopter. Pour cela tu dois poursuivre tes efforts pour rester maître de tes émotions et de tes paroles. Lorsque tu t’entretiendras avec la Princesse Jana, libre à toi de lui dire ou non que tu m’aides à traquer ceux qui ont poussé William à trahir Augustus et Krystel car elle sait déjà que je m’attèle à cette tâche, à toi de sentir ce qui te semble le mieux. Je vois cette prochaine rencontre comme un bon moyen de montrer à tous quels progrès tu as fait et que tu es digne de servir nos Maîtres.

HJ:
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mar 25 Déc - 18:05

J'avais acquiescé à la réponse de l'ancien shérif concernant la conduite à tenir vis à vis du "chasseur" humain, songeant qu'il savait mieux que quiconque comment le tenir et sentant confusément une envie de tester sa "Pomme" au cours d'une mission, sans vraiment savoir pour quelles raisons. Peu m'importait en fait... la suite m'intéressait bien davantage :

(...)Lorsque l’on ignore quelque chose, l’observation est la
meilleure solution.


Je saisissais de loin en loin quelques conseils qui me serviraient non seulement à avancer dans mon enquête, mais aussi pour sauver ma tête. Un passé mystérieux, des secrets... pour un peu, cette princesse était un personnage de roman !!! mais je me tus et ne montrais rien du trouble qui m'agitait, laissant parler encore et encore un vampire puissant qui d'habitude était bien moins bavard. Un tel épanchement ne pouvait signifier qu'une chose : il me faisait confiance, désormais, mais surtout, attendait beaucoup de ma "mission". Désormais, j'avais une chance d'occuper une place dans cette hiérarchie vampirique fermée, guindée et suffisante. Comme je me trouvais condamné à l'immortalité, autant la vivre pleinement et de manière agréable !!!!

En présence d’un membre de la
famille royale, tu ne dois parler que s’il t’y invite clairement. S’il
t’ait demandé ton avis et que tu penses que ce dernier peut froisser ton
interlocuteur, demande lui si tu peux parler franchement et même dans
ce cas use de politesse et de respect mais sans pour autant basculer
dans la flatterie. Exprime ton respect et ta loyauté simplement et pèse
bien le pour et le contre avant d’exprimer tes doutes quant à un ordre
que l’on te donne car cela peut t’être fatal si tu l’exprimes d’une
manière maladroite.


J'écoutais attentivement, montrant parfois d'un mouvement de tête sentencieux, que je suivais bien.

Lorsque tu t’entretiendras avec la Princesse Jana, libre à toi
de lui dire ou non que tu m’aides à traquer ceux qui ont poussé William à
trahir Augustus et Krystel car elle sait déjà que je m’attèle à cette
tâche, à toi de sentir ce qui te semble le mieux. Je vois cette
prochaine rencontre comme un bon moyen de montrer à tous quels progrès
tu as fait et que tu es digne de servir nos Maîtres.


Demeurer maître de mes émotions serait le plus difficile à tenir. Je tenais à William et me trouver face à son épouse pouvait me déstabiliser et je le savais. Donc, je devais me méfier de moi, et m'adapter à une situation qui m'était jusqu'à présent totalement inconnue. Le Prince avait été cool avec moi, qui n'avait jamais insisté sur l'étiquette, sachant que mes origines modestes, roturières, ne me portaient pas au respect désuet de nobles empoudrés. Cependant, savoir que je n'aurai pas à cacher mes liens avec l'ancien shérif me rassura, car elle me donnait une légitimité... je travaillais pour la couronne, bien qu'indirectement. Je ne serai pas seulement le videur de La Pomme du Diable. Non... Je me sentis mieux... face à des gens bardés de titre, comme il était confortable d'en avoir un soi-même, quitte à ce qu'il soit tout petit, pourvu qu'il soit en lien avec un "puissant". L'impression de débuter une nouvelle vie avait quelque chose de grisant et d'inquiétant que je savourais secrètement. Avant, je n'étais qu'un videur, à l'abri d'un Prince. Maintenant, je prenais part à une histoire dont je ne connaissais ni les tenants ni les aboutissants, et qui, par conséquent, serait bien dangereuse. Finalement, l'immortalité n'avait rien d'un long fleuve tranquille où l'on avait tous les pouvoirs, non. Je n'avais, au final, rien d'un de ces supers héros de Marvel bardés de dons -en l'occurrence l'immortalité, des capacités de chasseur hors du commun,...- puisque lancé dans des histoires bien banales de cours.

Tout cela ressemblait à des conseils avant une fin d'entretien. Je me félicitais encore de mon flair d'avoir porté à ce puissant, un instrument humain, puisqu'il me confiait bien plus désormais. Devais-je prendre congé maintenant ? je n'osais en prendre l'initiative. Gorgé de sang, les forces m'étaient revenues et j'avais envie de gambader de les restes de nuit qu'il me restait plutôt que de demeurer là, dans ce salon emplit de causeries empreintes de calculs....

-
Je vous remercie, Julien, de votre confiance et m'en montrerai digne.

finis-je par dire d'une voix grave et d'un ton posé. Après tout, c'était mon entrée dans la cour des grands, non ? Et dans tout cela, que devenais le Prince déchu ? simple objet de convoitise, prétexte d'évolution dans la hiérarchie ? Tout à coup, il ressemblait à un palet dans un match de hockey, filant de crosse en crosse... que chacun se refilait comme une patate chaude.

-
Dites... La Princesse sait-elle quelque chose sur cette Angeline Renard dont vous m'aviez parlé ? Ne serait-elle pas en bonne place pour la rencontrer, prétextant d'être une épouse éplorée...

Car après tout, si.... cette princesse s'entourait de tant de mystères... en avait-elle aussi pour Angeline ou non ? sinon, je pourrais trouver cette dernière pour en apprendre sur l'épouse de William, puisque Julien ne voulait rien m'en dire !


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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Jeu 10 Jan - 12:25


Tandis que mes paroles sortaient de ma bouche, égrenant les conseils quant à nos us et coutumes dont le respect pourrait lui sauver la vie, j’observais Leslie. Il semblait engranger l’ensemble des informations que je lui transmettais, voyant là une nouvelle erreur de William lorsqu’il n’avait pas jugé utile d’utiliser son jeune videur. Mais à bien y réfléchir si le prince déchu n’avait pas trahi mes Maîtres, il était fort probable que jamais je ne pose mon attention sur le nocturne. Pouvait-il réellement être un serviteur fidèle ou ne devrait-il pas demeurer un pion sur lequel je ne pourrais jamais compter réellement ? La tâche que je lui confiais me permettrait notamment d’éclaircir ce point, bien que d’autres chez lui devront être élucidés par la suite par exemple de savoir si son amour pour William ne pourrait pas être un frein à son évolution à mon service.

Pour l’heure je décidai de lui fournir encore quelques détails avant de le congédier à son tour. J’accueillis ses remerciements d’un signe de tête avant de reprendre la parole afin de lui prodiguer encore quelques conseils.


J’y compte bien Leslie, l’acquittement de ta mission en sera la première preuve. Je dis première car je n’accorde ma confiance qu’à de rares personnes et celle-ci n’ai jamais acquise. Car la trahison peut se dévoiler en chacun et je n’ai qu’une seule certitude : je suis le plus fidèle serviteur de nos souverains et c’est pour cela que je veux traquer tous les traitres, ceux-là même qui sont responsables de la chute de William. Accompagne-moi dans ma mission et tu seras récompensé.

Un brin théâtral mais ma ferveur est parfois difficile à canaliser, néanmoins il était important que Leslie ait conscience de l’opportunité que je lui offrais à lui et à nul autre. Mon interlocuteur choisit de m’interroger sur Renard, cette trainé, posant une question plutôt intelligente et judicieuse. Officiellement l’ex-épouse de William m’a indiqué n’avoir eu que de brefs contacts avec la traître mais être disposée à s’en rapprocher pour m’aider dans ma quête. Toutefois me concernant je la soupçonne d’en savoir bien plus à son sujet sans pour autant n’avoir aucune autre preuve que mes soupçons.

Bonne question Leslie,dis-je en esquissant un léger sourire, mais la réponse est non à ce qu’elle m’a dit. Elles ne se seraient rencontrées qu’en de rares occasions, et la Princesse a de plus l’interdiction formelle de s’en approcher, ordre du couple royal, et tu sais tout comme moi ce qu’il en coûte de leur désobéir. Néanmoins j’ai quelques alliés qui te sont inconnus pour l’heure qui ont pour tâche de se rapprocher de la félonne et d’en apprendre davantage à son sujet mais ils ont pour ordre d’agir avec prudence car elle est aussi intelligente que fourbe.

Néanmoins je suis étonné qu’elle n’ait pas encore cherché à te rencontrer, toi l’ancien serviteur loyale de William. Il me faut découvrir au plus vite ce qu’elle trame à présent aussi soit des plus prudents si elle vient à te trouver. Il serait mieux qu’elle ne sache pas que tu travailles pour moi, néanmoins considère qu’elle le sait, sa grande expérience ne me laisse aucun doute là-dessus. Aussi si tu dois converser avec elle, ne dévoile rien mais imagine qu’elle sait ce que tu sais et tente d’analyser ses réactions.
dis-je avant de faire une pause.

As-tu d’autres questions Leslie ? Si tel est le cas pose-les dès à présent car nous allons devoir bientôt clore cet entretien. Notre mission m’appelle en d’autres lieux car l’ennemi est partout. dis-je d’un ton solennel.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Mer 6 Fév - 18:43

Je jugeais inutile de protester de ma loyauté à ce Maître Vampire, tant cela était évident ! il voulait la chute des traitres qui avaient réussi à chasser William. Nous poursuivions donc le même but. Julien était puissant, ami du Prince, et me voyait d'un bon oeil... que demander de plus. Je pourrais, grâce à lui, m'élever, ne fut-ce qu'un peu, en tout cas, apprendre plus qu'auprès d'un William trop précautionneux à mon égard. Je mettais cela sur le compte de sa protection dans un monde sans pitié : après tout, lorsqu'il m'avait récupéré, c'était à la petite cuillère. William avait prit le temps de me (re)construire.

*Etrange comme je passe d'un sentiment extrême à l'autre lorsque je pense à lui...*

A cet instant, par exemple, je m'en voulais de ne l'avoir vu que comme un profiteur tout juste bon à me dénigrer, refusant de faire de moi un vampire libre mais m'a assujetissant à lui pour mieux m'écraser. Oui... tels étaient les impressions que me laissaient le Prince. Guillemaud, lui, faisait tout pour m'élever, quitte à se servir de moi. Un coin de mon esprit tiquait encore au souvenir de sa promotion le jour du renvoi infâme de William, mais je le balayais d'un revers de main agacé. Gardant le silence, j'écoutais, j'apprenais. Non... la princesse n'avait jamais fréquenté la gueuse, évidemment... Mais peut-être que Renard l'avait approchée en grand secret.

*Des alliés secrets, hein ?*

Je ne posais aucune question, bien sûr, mais ceci ouvrait la porte à mes propres secrets : ils seraient mon sauf conduit au cas où.... Je sus à cet instant que je ne devais pas tout dire à Julien, et suivre ainsi les traces de mon maître. Cloisonner, cloisonner est un bon moyen de parvenir plus vite sain et sauf, au sommet, à l'autre bout, à...

-
Non... aucun signe d'elle à ce jour.

Je souris, désabusé.

-
Lorsque je la cherche, nul ne la connait. Et je n'ose trop m'avancer, car cela pourrait aussi causer ma perte.

Il comprendrait. Et je savais qu'en cas de rencontre, je devrais le lui dire. Quitte à taire une partie de la conversation, selon ce que je sentirais de la situation.

-
Comment saurait-elle que je travaille pour vous ? c'est impossible !

m'écriais-je en balançant le buste au-dessus de mes genoux, me redressant ainsi d'un coup. Heureusement que je m'étais bien nourri. D'ailleurs, il ne paraissait plus rien de mes blessures que quelques tiraillements. A bien y penser, que de retournements ce soir. Comme quoi une petite balade anodine sur un toit, en quête d'un peu de calme pour réfléchir à loisir pouvait conduire loin, si loin des bases habituellement fréquentées. Quant à deviner les intentions d'une vieille vampire frondeuse comme Angeline... je me demandais si Julien se moquait de moi en disant cela et je tournais vers lui un regard éberlué. Tout était fini. Je me levais en m'aidant de mes mains posées sur les genoux, n'osant pour autant m'étirer pour décontracter les muscles encore froissés par cette guérison ultra rapide (c'était la première fois que je vivais cela, jamais auparavant, je n'avais été blessé), et me tournant poliment vers mon hôte :

-
Non, Monseigneur, je n'ai aucune autre question pour le moment.

Je devais dire autre chose, non ? euh.....

-
Je vous recontacterai dès que j'aurai du nouveau. Comptez sur moi.

Accent volontaire, regard franc droit dans ses pupilles, je ne cillais pas. Je partais, assuré du soutien de ce puissant parmi les puissants, certain de faire toute la lumière sur la disparition catastrophique de William.
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MessageSujet: Re: Mon insomnie cesse à l'aurore [Livre I - Terminé]   Jeu 7 Fév - 10:38


J’écoutais avec attention le jeune vampire qui prenait de l’assurance au gré de nos rencontres, ainsi qu’une maîtrise de soi en évolution perpétuelle. Malgré son inexpérience au sein de notre espèce il semblait avoir de la motivation et une certaine volonté. Toutefois rien ne pouvait m’assurer de sa complète loyauté, d’autant plus si son amour pour William était toujours aussi… fougueux. Je notai, non sans satisfaction, que Leslie apprenait à user de prudence notamment lorsqu’il énonça agir modérément conscient des risques d’un comportement inadéquat. Alors que je me contentais d’acquiescer à ses paroles, l’une d’entre elles me fit intervenir non sans un léger sourire.

La félonne est bien plus âgée que la grande majorité d’entre nous aussi ce qui nous semble impossible à nos yeux l’est peut-être moins aux siens, il ne faut en aucun cas la sous-estimer. S’il y a un risque infime pour qu’elle le sache nous devons considérer qu’elle le sait, car de la même manière que nous avons quelques alliés secrets sur ses traces, nul doute que les siens sont aussi sur les nôtres. Son expérience fait d’elle un ennemi puissant aussi soyons prudents et disciplinés.

Lorsqu’il reprit la parole ce fut pour répondre à ma question et m’indiquer qu’il n’avait plus de questions à me soumettre. J’accueilli ses paroles avec un petit rire, sans moquerie mais plutôt surpris du terme employé. « Monseigneur »… C’était la première fois que l’on m’appelait ainsi et bien que je n’appréciais pas ce titre, lui préférant Maître, je notai néanmoins son désir de se montrer respectueux. S’il s’avérait aussi efficace qu’il l’exprimait il se pourrait bien qu’il devienne un homme de main utile, à voir comment il s’en sortait avec sa mission.

Parfait Leslie. Traquons les, réunissons les preuves et ils seront jugés. Le sang appelle la justice, soyons en le digne glaive. Lui dis-je enfin pour conclure notre entretien avant de l’accompagner jusqu’à la porte de ma demeure pour l’inviter à partir. Une fois le jeune nocturne dehors, je pris mon smartphone pour passer un coup de fil. J’avais d’autres pions à déplacer, d’autres plans à mettre en place pour servir mes Maîtres. Quelque part sur mon domaine s’ébattaient les traitres dans leur félonie. Et s’ils le faisaient ailleurs cela n’avait aucune importance, où qu’ils demeurent je les traquerai et les présenterai face à Augustus et Krystel afin qu’ils paient pour leurs crimes.

Mais pour l’heure j’avais besoin de chasser afin de reposer l’espace d’un instant mon esprit. Etablir des stratégies et rester concentré pour déceler celles de mes ennemis n’étaient pas chose aisée, encore moins reposante aussi m’était-il utile de m’aérer la tête en tuant quelques humains, en toute discrétion tout de même.


Hrp :
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