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« Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 12 Fév - 22:44


Ma chair brûlait de plus en plus. Cela faisait des heures que j’étais piégée, sans pouvoir trouver de solution. Le soleil était levé depuis longtemps, réduisant les zones d’ombres dans lesquelles je pouvais me tapir de plus en plus. Nikos avait tout prévu pour m’importer avec lui. Mes yeux, ma bouche, et mes oreilles saignaient. Mon dos et l’arrière de ma tête brulaient à petit feu à mesure que la lumière se posait sur eux. J’étais collée contre un mur, ne pouvant pas faire un geste en arrière sans risquer de brûler un peu plus. Même si la situation était on ne peut plus désespérée, je continuais à lutter pour ma survie, même si je sentais les ténèbres m’envahir de plus en plus. Malgré mon vieil âge, je ne pouvais pas me régénérer. Mes blessures étaient trop profondes et surtout trop nombreuses. Je me concentrais pour préserver mon cœur, pour préserver ma vie, mais cela n’était qu’une question d’heure. Lorsque le soleil aurait envahi tout l’espace, mon corps partirait en cendre et il ne resterait plus rien de moi. Mais en attendant que cela arrive, je me battrais. Je n’étais pas une vulgaire vampire après tout. J’étais la Reine et je ne pouvais pas laisser un maitre vampire aussi ingénieux soit-il venir à bout de moi. Non jusqu’au bout je lutterais. Mon regard se posait sur un espace quelques mètres plus loin ombragé par un arbre. Autant tenter le tout pour le tout au stade ou j’en étais non ? Oui il n’y avait que cela à faire. Je pris appui contre le béton et sauta…

♦ ♦ ♦


Nikos m’attendait. Il savait très bien que son heure était venue. Tout ce qu’il avait entreprit ses dernières semaines n’avaient pas étaient irréfléchies. J’étais entrée sans mal chez lui, percer sa défense n’avait pas été un problème. Il m’attendait sur sa véranda, le regard tournait vers les étoiles, allongé sur un canapé. Nous avions le temps avant d’en finir, deux bonnes heures encore avant que le soleil de se lève. Il n’était pas un vampire comme les autres et son statut de maitre lui conférait l’opportunité de se reprendre, de se repentir avant que je vienne attenter à sa survie. Nous discutâmes quelques instants, avant qu’il ne se décide à se montrer agressif et sortir une lame en argent. J’avais tout de suite compris qu’il préparait un mauvais coup. Sa manière de se battre était plus défensive d’offensive. Il fit prendre part à notre combat à plusieurs de ses gardes, me blessant sans grande gravité, essayant de gagner un maximum de temps. Je n’avais pas compris pourquoi avant de sentir l’attraction du levée du soleil de plus en plus forte. Je m’étais trop dispersée ses derniers temps et n’avais pas vérifié les horaires du soleil. Ce dernier, brûlant par ses rayons arriva plus tôt que je ne me l’étais attendu, me bloquant la sortie très vite. Soit. De toute manière je ne comptais pas m’enfuir avant d’en finir avec lui. Il s’amusa au chat et à la souris autant qu’il put, laissant les rayons pénétraient un peu plus dans la pièce, me condamnant à brûler. Enragée de m’être fait piégée comme une débutante j’avais plongé sur lui, laissais sa lame s’enfoncer juste en dessous de mon cœur pour lui arracher le sien. C’était fini, tout était fini. Je tombais à genou, retirer l’arme avant de crier ma frustration

♦ ♦ ♦


Mes forces m’abandonnait je le sentais. Elles essayaient de puiser un peu de pouvoir à mon créateur et à mes créatures mais je bloquais aussitôt les liens qui me liaient à Augustus, William et Morgane. Je doutais qu’ils s’en soient aperçus qu’un court instant, une seconde à peine, leurs forces avaient dansé vers moi. Je ne comptais pas emporter les miens dans ma chute. Il s’agissait de mon erreur et j’en assumais complètement les conséquences. Je sentais mon esprit défaillir. Jamais encore je n’avais ressenti cela de ma vie de vampire. Mes blessures n’avaient jamais était aussi importante. Mes jambes n’étaient plus et une partie de mon visage avait brûlé. Mes bras bientôt allaient disparaitre, le soleil les transperçant de plus en plus. Et ensuite ce serait au tour de mon cœur. Au moins ma tâche était accomplie. J’avais tué le maitre vampire qui s’était opposé au pouvoir de mon maitre. Mon esprit finit par complètement divaguait, mes yeux par ne plus rien voir. C’était la fin, il n’y avait plus rien à faire, plus aucun espace où me réfugier, plus aucune chance de survivre.

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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 13 Fév - 0:00

    Je l'avais senti. Un bref instant seulement, mais la sensation, l'impression, le pressentiment, m'avait percé l'âme comme nulle épée n'avait réussit à le faire depuis des centaines d'années. Je l'avais senti. Cela me suffisait. J'abandonnais directement la réunion à laquelle j'assistais avec les représentants d'une délégation humaine de Russie, venue signer d'importants accords sur l'extension des droits commerciaux des vampires dans leur pays. Je ne leur parlais pas, je n'avais même pas pris congés. En un clin d'oeil, j'avais tout abandonné, tout plaqué. Je sortais d'un pas vif, d'une foulée visuellement impossible à détecter pour le commun des mortels. Je m'arrêtais à quelques centaines de mètres de mon manoir, pupilles dilatées et narines froncées. Je reniflais sa piste, essayant physiquement même de nous relier de nouveau psychiquement. Elle n'était pas morte. Non, elle ne pouvait pas mourir. Pas tant de siècles d'élaboration de plans, de complots, de toutes ces choses que nous avions fait ensemble, non, tout ne pouvait pas être démoli en un éclair. La colère enflamma le moindre de mes muscles. Badenov ?! Etait cet enfoiré qui avait trahi sa nouvelle maîtresse ? Je fusais, avant de m'arrêter. Non, ça ne devait pas être ça. Qu'avait elle encore fait, tête brûlée qu'elle était ? Je savais de source sûre qu'elle s'intéressait via son humain à ce que pouvait faire Nikos, je savais aussi, car je savais lire entre les lignes de son discours, qu'elle comptait bientôt régler le problème que le vieux grec nous posait. Mais était elle passée à l'action dès ce soir ? D'où, de fait la fulgurance que j'avais ressenti, et pourquoi plus rien depuis ? Je m'inquiétais. Pire, je me glaçais littéralement, je ressentais de la peur. Après tous ces siècles. Peur que tout ce que j'avais entreprit soit vain, peur que le rouage qu'elle était dans mon organisation allait provoquer l'effondrement de tout mes plans. Peur que tout ce que j'avais prévu pour elle, et que tout ce que j'attendais d'elle, soient morts à tout jamais. Et plus singulièrement encore, j'avais peur pour elle tout court.


    Krystel n'était pas qu'un élément essentiel de la hiérarchie vampirique, elle n'était pas que mon amante et celle qui exécutait mes ordres. Elle avait été ma compagne de tous les instants, du treizième siècle à aujourd'hui. Peu de jours, sur ces dizaines de milliers, nous avaient vus séparés. Ensemble à tout jamais, je ne la concevais à nul autre endroit qu'à mes côtés. Que je prenne ou qu'elle prenne des amants, des maîtresses, cela m'importait peu. A dire vrai, cela n'avait aucune importance. Je l'avais créée dans le sang et dans le vice, je l'avais élevée, je l'avais éduquée. Aurions nous été humains qu'elle aurait porté ma progéniture. Et du point de vue vampirique, elle avait été à la clé de ma lignée, la perpétuant en transformant ses propres enfants, et en prenant sous son aile une pupille prometteuse. Tout ce qu'elle avait fait des siècles durant, de l'amour lascif aux boucheries sanguinaires, elle ne l'avait fait qu'avec mon nom sur ses lèvres délicates. Sacré nom de Dieu. Si quelqu'un avait eu le malheur de me l'enlever, je jurais devant tous les enfers que je noierais cette misérable planète dans son propre sang. Aucune créature vivante, ni humain, ni vampire, ne s'en sortirait. Je ferais dégueuler l'univers et le teindrais de rouge. Je hurlerais ma haine des vivants comme des morts. Mais non, elle n'était pas morte. Je m'y refusais. Je me mis à sa recherche, la connaissant que trop bien. Elle avait eu des difficultés, elle avait été blessée, mais elle s'était montrée suffisamment maligne pour couper le lien psychique qui nous unissait. Pour me protéger, ou me masquer quelque chose ? Quelqu'un la retenait elle en otage, dans le but de m'amener dans un piège ? Dans ce cas qu'il soit exaucé, je m'y jetterais tête baissée.


    Je me rendais au manoir. Personne ne savait où elle était, ni dans ma partie du personnel ni dans la sienne. Le jour se levant, je ressentais toujours plus d'urgence, et plus un vampire ne pourrait me renseigner. Exit Morgane ou William. Je me rendais dans toutes les résidences qu'entretenait Krystel, croisant même son larbin de Badenov. Je le laissais dans une mare de sang, après l'avoir interrogé de sorte à être persuadé qu'il ne m'avait menti. Au vu de l'urgence, ma Dame me ferait l'indulgence de me pardonner. S'il le fallait, j'étais même prêt à dédommager l'humain en or, en femme, peu importe. Il m'avait appris que sa maîtresse comptait régler son compte à Nikos mais l'avait formellement interdit de la suivre. J'avais lu dans son regard qu'il aurait aimé être à ses côtés, mais qu'il s'était résigné pour lui complaire. Foutredieu d'humain stupide. Fatigué, éreinté, je ne prenais pas garde. Ma vitesse et mes sens, de sorte à nourrir leur acuité, nécéssitaient de formidables quantités de sang. Je tuais trois personnes sur ma route, en périphérie des grandes avenues et en plein jour, masquant mon forfait en réduisant les humains à l'état de pulpe. J'étais finalement couvert de sang quand je la découvrais. Fumante, en loques, les lambeaux de ses vêtements fondant et cuisant sur sa chair à vif. Ses cheveux avaient brûlé, de même que ses lèvres. Son corps tout entier était menacé de désintégration. J'eus presque la sensation que mon cœur mort et froid s'était mis à battre la chamade, et je ne prenais pas garde d'essuyer les stries sanglantes qui me coulaient des yeux, en autant de larmes de désespoir et de rage que je ne contenais pas. J'arrachais les rideaux de l'entrée de la demeure, pulvérisais l'argent et le jetais au loin. Elle pouvait mieux respirer. Elle avait besoin de tenir, pour survivre. Je m'arrachais littéralement un morceau de bras, et, conscient qu'elle ne saurait déglutir pour avaler, versais le liquide rouge foncé couler sur son visage, sur sa gorge à nu, sur son corps tout entier et tout meurtri. Je lui murmurais dans les vestiges de son oreille que tout irait bien, avant de lui glisser un baiser ensanglanté sur son front décharné, la chair dégoulinant, brûlante. Je l'enroulais littéralement dans le rideau que j'avais prélevé dans les vestiges de la demeure, de sorte à la protéger des rayons du soleil. Par chance, le tissu me semblait suffisamment épais. Je ne partais pas sans laisser un glaviot sanguinolent sur les restes de Nikos. Enfoiré, qui avait enfermé ma Dame dans une pièce à l'aide d'argent, l'avait mortellement blessée, et condamnée à pourrir au soleil.


    Je courais pour rentrer au manoir. Courais comme je n'avais jamais couru. Combien de temps m'avait il fallu pour rentrer chez moi ? Aucune idée. On se pressa autour de moi au manoir, tout le monde semblait terrifié par mon regard ou mon apparence. Je congédiais l'ensemble de la maisonnée, priant le chambellan de me trouver dans la demie heure une cinquantaine de vierges, et une cinquantaine d'autres avant la fin de la nuit qui pointait déjà. Je couchais les restes de Krystel en contrebas de la grande et large baignoire de ma chambre privée, et dépliais le rideau. La peau s'était décollée par endroits, et il ne restait plus grand chose sur ses os. Si on regardait bien, on pouvait presque distinguer ses organes. J'entendis le grand chambellan arriver plus que je ne le vis. Je me mis à gronder, à grogner comme un prédateur sauvage, alors que tant bien que mal rentrait une preière vingtaine d'humaines dans la salle de bain, pourtant aux larges dimensions. Un un éclair, je les égorgeais, je les équarissais, multipliais les déchirures à l'aine ou à la gorge. La baignoire se remplissait. J'achevais la cinquantaine en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, et rejetais les corps désarticulés sur le côté, alors que mes serviteurs s'efforçaient de tout nettoyer et d'emporter les corps qui obstruaient l'entrée. Je pris délicatement Krystel dans mes bras, et pénétrais nu dans le bain de sang, avec elle. Je la soutenais pour qu'elle flotte dans le liquide carmin. Ainsi, je stabiliserais tout à fait son état. Elle ne mourrait pas. Son corps commençait déjà lentement, très lentement, à se régénérer. Je la seconderais dans son rétablissement jusqu'au bout. Je pressais le chambellan de me trouver suffisamment d'anticoagulants pour éviter le sang de la baignoire de sécher ; je dus même faire couler de l'eau pour le fluidifier à plusieurs reprises. De grands pots arrivèrent et furent déversés dans le bain. Le sang redevint liquide pour longtemps. De mon côté, minutieusement, maintenant le corps de la Reine à flot, je cherchais de ma main libre chaque trace d'argent ou d'agent extérieur, et je l'ôtais précausionneusement. Puis, finalement, sacrifice ultime, je rejetais la lame que me tendait le chambellan pour me mordre à nouveau. A l'autre bras, et un flot de sang ininterrompu de plusieurs minutes vint inonder le corps de ma Dame, et je pouvais voir que le sang, non content de couler contre elle, était absorbé par son organisme. J'attendais. Je laissais finalement couler son corps, alors que je m'asseyais dans la baignoire, dos à la bordure. Je maintenais l'ensemble de son corps submergé, sauf son visage délabré que je gardais contre mon cou.


    C'est ainsi que je m'endormis finalement, après trois jours de veille, qu'on ponctua uniquement de nouveaux sacrifices sanguinolents...
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 13 Fév - 0:48


Les vampires ne rêvent pas. Lorsqu’ils s’endorment, quelque part ils « meurent ». Rien ne vient troubler leur sommeil, et ils s’éveillent, au lever du soleil, avec une impression de repos. Mais dans leur esprit, il ne s’est écoulé qu’une ou deux minutes à tout casser. C’est étrange je sais et je n’ai jamais pu l’expliquer malgré toutes mes centaines d’années d’existence. Imaginez donc la réaction on ne peut plus instinctive que j’ai eu en me réveillant dans une baignoire pleine de sang humain on ne peut plus alléchant, un vampire à mes côtés. Je ne réalisais pas tout de suite qu’il s’agissait de mon roi. Ma main avait déjà commencée à écorcher la chair au niveau de son cœur avant que je ne m’arrête. Mon dernier souvenir avait conduit ma main à s’en prendre à l’homme à côté de moi. J’avais encore l’impression que je brûlais au soleil, et que mon corps disparaissait petit à petit. J’avais mal en bougeant, et le sang était aussi agréable que douloureux. Je ne savais pas ce que je faisais ici, ni comment j’étais arrivée là, ni à qui appartenait tout ce fluide vitale humain et vampirique. Parce que mon odorat ne me trompait pas : tout n’est pas qu’humain. J’avais donc plongée vers la personne qui me maintenait dans tout le liquide prête à épuiser le peu de force que j’avais récupéré. Je me sentais encore faible, mais hors de question que je serve d’appât ou d’otage aux gens de Nikos. Peu importait mon existence, je ne vivais que pour une chose : protéger la personne en qui je venais d’enfoncer mes doigts.

Lorsque je m’aperçue qu’il ne s’agissait pas d’un ennemi mais de mon créateur, je m’écartais de lui. Que faisait-il ici ? Pourquoi ? Que c’était-il passer par les cornes de Satan ? J’étais plongée dans l’incompréhension totale, j’avais faim, j’étais fatiguée et donc sur les nerfs. Il faisait jour, je le sentais. Le soleil n’était pas encore couché et cette pensée me fit frissonner, sans que je puisse m’en empêcher. Jamais encore ce dernier ne s’était posé sur moi. Et à présent que j’avais gouté aux rayons du brûlant, l’idée de me retrouver de nouveau en plein jour ne pouvait que me faire peur. Jamais je n’avais eu mal comme ça. Jamais je n’avais ressenti un tel sentiment d’impuissance. C’était différent de tout ce que j’avais connue par le passé, et cette nouvelle expérience m’avait on ne peut plus marquée. La grande Krystel Raybrandt n’ayant peur de rien me semblait bien loin. Mon visage me tirait, et lorsque mes doigts se posèrent dessus, je sentis que ma peau était encore marquée. La vision que j’eu de moi dans le reflet du miroir me poussa à sortir de la baignoire et à cacher mon aspect à mon Roi. J’étais hideuse et lorsque j’eu réalisé qu’il avait dû me voir jusque après que le soleil est brûlé ma chair, je me sentais honteuse et blessée dans mon orgueil. Il préférait déjà une vulgaire humaine sans intérêt, et au physique banal, aussi blonde et niaise que j’étais brune et mauvaise. Il avait finis par se lasser de moi dans mon esprit et après m’avoir eu dans un tel état, pour sure, il me rejetterait un peu plus. Cela n’était pas sans raisons que je m’étais mise à ne plus le consulter et à m’en aller de ma nouvelle demeure dès que le soleil se couchait pour ne pas le croiser. J’avais tout fait pour qu’il comprenne que j’étais en colère, et que je ne lui étais pas acquise, même si je lui restais toute dévouée. Il avait froissé mon égo, ainsi avais-je décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce et de froisser également le sien en ne me tenant plus à ses côtés. J’avais voulu faire naitre en lui de la colère, et je n’avais eu qu’indifférence. Oui j’étais devenue fade à ses yeux, et à présent il devait me montrer monstrueuse et faible.

Des goûtes de sang mêlée à de l’eau glissait sur moi et venait s’écraser par terre. Je posais mes yeux – qui mirent un peu de temps à s’éclaircir– sur le reste de mon corps. Mon torse comportait encore quelques plaies, qui ne mettraient pas beaucoup de temps à se soigner après quelques repas. Oui quelques repas, parce que je me sentais affamée comme jamais. Mes jambes mettraient un peu plus de temps, tout comme une partie de mon visage. Mes bras quant à eux semblaient totalement guéris, comme si rien n’était venu les meurtrir. Enfin étrangement, mes cheveux avaient retrouvés leur longueur, alors que je me rappelle très bien les avoir senti bruler et même temps que ma peau / Cette pensée m’arracha un frisson. Je bougeais chacun de mes doigts, vérifiant que je n’avais perdu aucune motricité. Jamais encore je n’avais subit autant de dégât, si bien que j’avais peur qu’il ne me reste des séquelles. Je ne connaissais aucun vampire qui avait échappé aux rayons du soleil. Ainsi n’existait-il aucun récit sur les dégâts que cela pouvait engendrer. Je me sentais courbaturée, comme du temps où j’étais encore humaine, mais en dehors de cette étrange sensation que je redécouvrais, de quelques plaies que je devais encore guérir, de cette faim qui me tiraillait, je ne semblais pas avoir de séquelle. Cet examen fini, poussée par une honte sans mesure, je voulu quitter la pièce au plus vite, ne pas exposer plus ma monstruosité à mon seigneur. Ce dont je n’avais pas pensé, c’était que la chambre de mon maitre, adjacente à la salle de bain était baignée dans un flot de lumière. J’avais tout juste entrouvert la porte que je poussais un crie et me réfugiais dans le coin le plus éloignée de la pièce toute recroqueviller sur moi-même, tremblante de peur. Je ne réalisais pas, mais ce mal, cette peur de revivre cette expérience serait ma plus profonde blessure.




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 14 Fév - 15:00

    Je fus tiré de mon sommeil de mort en sursaut par un cri strident que j'entendis, alors que je sentais d'un coup la chaleur du soleil sur ma peau frigorifiée. Je vis sa silhouette se découper dans lentrebaillement de la porte. Tendant le bras vers ma Dame, je hurlais.


    | Non! |


    Je sortais du bain, couvert du sang qui coula le long de ma peau, nu comme au premier jour. Elle se retrouvait, nue et regénérée de façon pleine et entière, dans le coin le plus opposé à la lumière, tremblant, alors que je ressentais une intense terreur dans la moindre parcelle de son corps. Je m'avançais vers elle, alors que le sang coulait le long de mon corps et gouttait sur mon corps. Je la regardais, d'apparence fragile et chétive. Quels dégâts son supplice avaient occasionnés à sa psychée ? Je savais que le corps d'un vampire avait beau rester intact, son esprit quant à lui ne cessait de se modifier, encore et encore, comme du temps de notre humanité, et un vampire pouvait théoriquement traverser les siècles grâce à sa santé physique, mais je savais de même que ce n'était pas le cas de son esprit. Un vampire pouvait vivre éternellement, mais avoir de même l'esprit brisé, bref, ne plus être qu'une coquille vide. Je vins m'asseoir près de ma dame, la prenant dans mes bras pour l'attirer contre moi. Geste de tendresse et de proximité rare, mais assumée. Je tenais à avoir une reine forte, pas une de ces femmes qui vit soit disant d'amour et d'eau fraîche. J'espérais que l'effet bénéfique de l'étreinte ne ferait que se renforcer de ce même état de fait, et je déposais un baiser sanglant sur ses cheveux, ayant repoussé pendant la convalescence de mon épouse. Je la regardais finalement, et pris d'une voix que j'espérais avenante.


    | J'ai cru que je t'avais perdu, ma petite, tu n'as pas idée. |


    Ma gorge se serra une infime seconde alors que je me remmémorais la galère que cela avait été de la retrouver, de la ramener ici et de la soigner. Pendant tant d'heures, j'avais cru que je ne la reverrais plus, qu'elle m'avait arraché par ce monde. Devais je lui avouer que j'avais remué ciel et terre pour la retrouver, et que j'avais juré sur les enfers que je noierais ce monde dans son propre sang si elle avait été tuée alors que j'étais toujours moi même en train de parodier la vie ? Non, je ne pouvais pas me permettre pareille aveu de faiblesse émotionnelle. Ce n'était pas de tenir à elle qui m'affaiblissait, c'était le fait d'en faire ma priorité envers et contre tout. Avait on déjà brûlé le monde par vengeance ? Je n'en savais rien, mais je m'étais moi même senti proche de provoquer le chaos le plus indescriptible. Non, je ne l'avouerais pas à Krystel, elle le devinerait de toute manière. Elle me connaissait comme un père, comme un frère, comme un amant et comme un mari. Il était impensable qu'elle ne sache ce qui s'était passé dans ma tête, bien qu'elle fut elle même confuse. Je ne pouvais m'empêcher de revenir à des choses nettement plus terre à terre. Lui faire part de ce qu'l s'était passé pendant et après sa disparition. Elle était Reine, et je devais voir comment elle s'était mentalement sortie de l'épreuve qu'elle venait de traverser.


    | J'ai dû molesté, j'en ai peur, ton cher serviteur humain Torben Badenov, pour qu'il daigne m'avouer que tu lui avais interdit de te suivre, alors que tu irais régler son compte à Nikos. Je dois finalement reconnaître que tu t'es attaché les services d'un humain qui me paraît compétent. Je ne lui ai pas donné de mon sang pour le soigner, ne voulant pas te priver de sa fidélité, et j'ai envoyé les meilleurs médecins s'occuper de lui. Nikos est mort, donc, et ce n'est pas sans nous causer quelques soucis d'organisation. On se bat déjà pour prendre sa place, vois tu. Autres nouvelles, je suis désormais convaincu que ton fils a pris ma petite fille de force dans son lit. Il était plus que temps, mais nos craintes à ce sujet n'ont plus lieu d'être. Tu devrais encore te reposer, ma douce amie, avant que je me laisse emporter par ma verve. Veux tu manger ? Tu n'a pas encore totalement récupéré. |


    Je me relevais pour appuyer sur un bouton non loin de la baignoire, et deux humaines vinrent, deux jeunes, encore frâiches et dénuées de marques. Elles étaient aussi nues que nous, et vinrent se mettre à genoux au milieu de la pièce, refermant la porte derrière elles. Je tendais la main vers la première.


    | Ton met préféré... |
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 15 Fév - 22:42


J’étais pathétique… Mais je ne pouvais pas décemment m’en rendre compte. Tout était encore trop frais dans mon esprit et la peur du soleil trop présente encore. J’avais l’impression que mon corps était toujours en train de brûler, que rien ne pourrait m’enlever cette sensation. Je m’étais réfugiée le plus loin possible de la porte illuminait, recroquevillais dans un coin, tremblante, comme une enfant venant de voir sa mère se faire trancher la gorge par un prédateur. Je frottais la peau de mes bras essayant de faire disparaitre cette sensation mais en vain. Elle ne voulait pas s’en aller, continuant à me meurtrir. J’avais pu voir au fils des siècles les ravages que pouvaient provoquer l’esprit et son imagination. Détruisez la psyché d’un être et même si physiquement il est en pleine forme, il sera semblable à un légume. Si je pouvais raisonner normalement, je me serais reprise parce qu’être aussi faible n’aurait pas été acceptable. Cependant je n’étais pas dans mon état normal et me reprendre était beaucoup trop me demander. Il n’y avait que deux obsessions qui m’envahissaient : une faim sans limite et une terreur de la chaleur. Même la présence de mon créateur n’y changeait rien. Je continuais de trembler alors qu’il venait me cueillir dans le coin de la pièce et m’enlacer. Il se voulait réconfortant mais ses paroles s’écoulaient sur moi sans que je ne puisse réellement les saisir. Non je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je n’avais plus rien d’une reine, au point de ne même plus être capable de m’apercevoir de ce fait. Je me berçais, effectuant un léger mouvement de va et vient alors que mes bras continuaient d’essayer de chasser cette sensation de brulure sur ma peau.

Je n’étais pas capable de répondre, de saisir le sens des mots d’Augustus. J’avais fini par le regarder à travers le voile de cheveux qui s’était placé devant mes prunelles. Je savais qui il était : mon créateur. Mais ce pour quoi il était là et ce qu’il essayait de me dire m’arrivaient pas à m’impacter. Je me détournais de lui lorsqu’une odeur humaine, non deux odeurs se firent sentir. Je poussais un grognement de faim, on ne peut plus primitif, et sans même avoir besoin de demander à mes membres de se lever, j’étais déjà en train d’arracher la gorge de l’AB négatif et de me boire son sang. Je n’avais sans doute jamais bu aussi vite depuis que j’étais née vampire. Je sentais des parties de mon corps se régénérait un peu plus, légèrement abreuvées par ce met. Mais il n’était pas suffisant. Je venais d’ôter la vie d’une femme, de la vider de son sang, sans me sentir satisfaite par mon repas. J’avais encore faim et me jetais tout aussi vite sur la deuxième. Elle essaya de se débattre, poussa des gémissements de peur qui ne firent qu’existaient un peu plus ma faim. Son sang affluait beaucoup plus vite dans ma gorge, à mesure que son cœur s’emballait et qu’elle appelait à l’aide. Je la gardais vivante et consciente de tout ce qui était en train de lui arrivait, maintenant son dos contre ma chair alors que je m’abreuvais à sa clavicule. Elle se fit plus docile, avant que sa tête ne penche vers l’avant signe qu’elle venait de succomber à ma morsure. Je finis de la vider avant de repousser son corps plus loin.

Faim. J’avais encore faim. J’en voulais plus, j’en voulais encore. Je léchais mes babines, le contour de ma bouche, pour ne gâcher aucune particule de sang. Je me relevais et contournais le plus soigneusement possible ma porte, que je gardais dans mon champ de vision. Je guettais qu’elle ne s’ouvre pas et ne laisse pas le pire démon possible entrer dans cette pièce. Je m’approchais finalement de l’autre créature présente dans la pièce. Je n’avais pas rentrée mes crocs non. En temps normal jamais je ne me serais montrée aussi menaçante envers mon Roi. Mais j’avais faim et je ne raisonnais plus comme une créature réfléchie, mais comme un prédateur on ne peut plus primitif. Je m’approchais lentement, essayant de trouver la meilleure approche possible pour venir le mordre. Son odeur… Elle était glaciale mais spéciale… Elle était attirante, et pleine de pouvoir. Oui, je sentais au plus profond de mon être que je devais me nourrir de lui. J’allais me jeter sur lui lorsque des pas me firent tourner la tête. Un être entra et parla. Il s’adressa à moi, se disait ravi de voir que sa Reine était rétablie, mais j’en avais que faire de la sollicitude du chambellan de mon créateur. Tout ce que je voyais c’était sa clavicule et que même s’il ne ferait pas un repas satisfaisant ni aussi intéressant que mes deux précédents repas, il ferait un repas quand même, beaucoup moins dangereux que celui que j’avais eu envie de mordre quelques secondes plus tôt. Je guettais ses mouvements, attendant qu’il entre un peu plus dans la pièce et s’éloigne de la porte dangereuse. Encore trois pas, deux pas, un pas… Je me léchais les babines, et il s’arrêta en me dévisageant. Bon sang qu’attendait-il pour avancer un peu ?


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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Jeu 16 Fév - 13:40

    Pleine de grâce et féline, elle était magnifique. Une déesse du sang, une déesse du meurtre et du carnage. Elle était revenue aux origines de la nature vampirique. Krystel se tenait nue, ruisselante de sang et une lueur féroce et sauvage dans le regard, alors que les deux humaines que j'avais demandé étaient entrées dans la pièce. Je savais déjà comment ça allait se passer. Tous points de caractère s'étaient effacés pour privilégier la bestialité de la nature de ma Reine. Les deux humaines avançaient, pleines de peur mais aussi de désir pour nos deux corps dénudés. Elles ne virent que trop tard le funeste destin qui les attendait. D'un bond vif et rapide, la Reine des vampires se jeta sur la première représentante de mon bétail humain. L'humaine gémit et poussa un cri de pure terreur, et je m'en délectais comme si je me serais moi même nourri à sa gorge. Mon épouse ne lui laissa pas l'ombre d'une chance. Elle la maintint dans une poigne de fer, ne lui laissa aucune opportunité de s'échapper ou de survivre de n'importe quelle manière. Je sentais l'odeur cuivrée du sang humain, et je me rendais compte aussi que les plaies et cicatrices sur le corps de celle qui était sensée réchauffer ma couche, étaient en train de disparaître, au fur et à mesure qu'elle se nourrissait des bouillons carmins qui inondaient sa bouche et sa gorge. J'entendais le bruit régulier et impressionnant du rythme de ses déglutitions, au même rythme d'ailleurs des battements cardiaques de l'animal humain qui commençait lentement mais sûrement à mourir par exsanguination. Krystel laissa finalement son corps choir sur le sol, et toute vie l'avait quittée. Mais je la sentais gronder, la belle n'était pas encore suffisamment rassasiée pour qu'elle renonce à sa seconde proie. Seconde proie que j'avais pensé à l'origine m'attribuer moi même, mais pouvais je ôter la nourriture de la bouche de ma propre femme ? Je la laissais faire, le regard amusé et quelque peu excité par toute cette débauche de violence qui aboutissait sur le sang.


    Elle s'attaqua à ma seconde esclave, et la vida tout aussi rapidement de son sang. Elle était l'avatar de notre espèce toute entière ; nue, sauvage, indomptable, soumise à des impératifs de sang et de violence, mais surtout d'une certaine luxure. Une sensualité mêlée à une grâce sanguinaire que personne ne pouvait lui nier ou lui retirer. Elle lécha le pourtour de ses lèvres avec la même langueur qui me donnait envie d'autre chose que de son sang ou de n'importe quelle humaine. Je me rappelais plus ardemment encore ce qui m'avait poussé vers elle quand elle n'était encore qu'humaine, et comment on pouvait ressasser à ce point un passé qui n'était jamais aussi intéressant qu'aujourd'hui, une fois bien vécu. Elle se retourna vers moi, la lueur de la prédation n'avait pas quitté son regard. Je souris. Voulait elle jouer ? Je bandais chacun de mes muscles, un sourire de plus en plus franc se peignant sur mes traits. Si c'était mon sang qu'elle voulait, elle allait être servie. C'est sur ces entrefaites que le chambellan vint bouleverser notre petit tête à tête. Il se répandit en politesse, mais je connaissais suffisamment l'instinct de tueur du vampire pour anticiper ce qui allait se passer sous peu. Je reportais mon sourire vers lui.



    | Ce sera tout, merci |


    L'homme s'inclina et sorti, refermant la porte derrière lui. J'entaillais la chair de mon avant bras, laissant goutter un peu de mon sang multi séculaire, coulant le long de mon bras jusqu'au sol. Je la toisais. Le gagnant allait se nourrir de l'autre, avant que nous ne nous nourrissions mutuellement.


    | Comme au bon vieux temps, ma petite, n'est ce pas ? N'oublies pas que c'est moi qui t'aie créée. Je sais la soif qui t'habite. Je sais ce dont tu as besoin. Viens donc le chercher, et nous verrons si tu en es toujours autant digne... Mais gare, j'ai moi aussi des crocs. |


    Je dévoilais mes propres canines, partant d'un petit rire.
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Jeu 16 Fév - 16:42


Encore un tout petit pas. Il n’aurait fallu qu’un tout petit pas avant que ne sonne sa mort. Mais on en avait décidé autrement. Le prédateur derrière moins congédiait le nouvel arrivant sans me laisser le mordre et déchiqueter sa chair. Je grognais de mécontentement face au repas qui se faisait la male. Et puis une odeur de sang, celle là même qui m’avait fait tourner le regard sur l’homme toujours présent dans la pièce. Je vis des goûtes de sang couler par terre, et le long de son bras, attisant ma soif, la narguant. Il sortit les crocs, et le message était clair. Si j’en voulais, j’allais devoir me battre. Dans l’état actuel des choses je n’étais pas capable de résister et de me formaliser du fait qu’il s’agissait de mon créateur et non pas d’une vulgaire proie. Jamais je n’aurais pu envisager de lui faire autant de mal en étant en pleine possession de mes moyens intellectuels. Sa vie plutôt que la mienne, son sang plutôt que le mien. C’était mon crédo. Là, je ne m’en souvenais pas, ou du moins mon esprit sauvage l’annihilait. Je sentais qu’il était plus fort que moi, que je ne devais pas lui faire de mal. Mais la tentation était trop forte, si douce à mes narines, si enivrantes. Comment renoncer ?

Je l’observais cherchant la faille qui pourrait me permettre de déchiqueter sa chair et de me repaitre de son sang. Je fis quelques pas sur le côté, tournant en demi-cercle autour de lui sans le lâcher du regard. Lui nous plus d’ailleurs ne semblait pas vouloir me quitter des yeux. Installé dans un coin de la pièce, il m’empêchait de l’assaillir comme je le voulais. Au moins était-il piégé et cela était un avantage. Il ne pourrait pas s’enfuir. J’avançais vers lui lentement, toujours en effectuant un mouvement circulaire de plus en plus petit à mesure que je m’avançais vers lui. Je saisissais un objet contendant le plus discrètement du monde. Une arme en plus de mes crocs était la bienvenue. Il me fallait me servir de mon environnement si je voulais faire couler un peu plus son sang, le blesser et ne lui laisser aucune chance de me résister. Et puis, lorsque le moment fut opportun, lorsque de nouveau, on vint frapper à la porte de la pièce je sautais sur le vampire, lame dans le creux de ma paume pour ne la dévoiler qu’une fois qu’elle entaillerait sa chair.

Je m’arrêtais. Alors que j’allais ouvrir sa chair, et lui faire mal, je m’arrêtais. Nos corps étaient très proches l’un de l’autre, se frôlant. Non je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas m’en prendre mortellement à lui. Cela n’était pas pour me plaire. Je voulais son sang, je voulais le sentir couler dans ma gorge. Je sentais que j’avais besoin de ce dernier. Mais je ne pouvais pas le prendre de force. Plus fort que tous mes instincts primitifs, un autre prenant le pas, et m’empêcher toute acte pouvant être nuisible d’une quelconque façon à l’homme. On dit qu’un corps reste marqué par les anciennes habitudes, par les anciennes mœurs qui le régissaient. C’était ce qui était en train de se passer. « N'oublies pas que c'est moi qui t'aie créée ». Cette phrase vint raisonner dans mon esprit. Un ordre, que je ne pouvais pas braver, qu’un part de moi ne voulait pas braver Je lâchais la lame, la laissant tomber à terre et faire un bruit malte sur le sol carrelé. Je restais figée devant lui, sans pouvoir avancer, sans pouvoir reculer, sans pouvoir esquisser le moindre geste. Ma faim me poussait à avancer, à ne pas lâcher ma proie des yeux. Mais ma fidélité m’empêchait d’avancer plus et d’attenter à la vie que celui qui m’avait créé, que je n’arrivais pas en cet instant à identifier ainsi.



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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Jeu 16 Fév - 17:40

    Elle me tournait autour, je la voyais faire alors que je restais froid et immobile. Je la regardais, amusé par la façon qu'elle avait de se mouvoir. On aurait plutôt dit un félin qui attendait que sa proie fasse une erreur, un mouvement, pour se mouvoir elle même. Sa nudité ni l'obscurité ne semblaient la gêner réellement dans son mouvement, et elle me toisait comme le chat observe l'oiseau qu'il a choisi pour proie. Je vis du coin de l'oeil qu'elle se saisissait d'un objet pointu et tranchant, un ciseau servant à tailler poils, cheveux ou ongles. Elle le cacha précautionneusement dans le prolongement de son bras, mais je la connaissais mieux que quiconque, et je savais de quoi elle était capable, tout comme je savais comment elle fonctionnait. Si elle devait venir me prendre mon sang, elle ferait tout pour obtenir l'ascendant, d'une manière ou d'une autre. Pas de sentiment ni d'honneur. Quand le prédateur veut se saisir de quelque chose, il le fait, et ne s'embarrasse pas de principes ou de morale. Elle était pareille, ma Reine. Mortelle et aiguisée, elle était dominatrice et m'imposait en apparence la cadence de nos rapports. Mais en fait, ce n'était pas ainsi que les choses se passaient. Passif, c'était moi qui dominait. Elle réagissait par rapport à moi, elle anticipait, je le voyais dans son regard, le moindre de mes mouvements. Pour achever de la perturber, je ne bougeais pas d'un pouce, hormis mon regard qui la suivait bien minutieusement de sorte à bien faire preuve de mon ascendant sur elle. Je me tendais tout entier, prêt à lui sauter dessus comme un serpent, aussi vif en tous cas.


    Je n'avais pas anticipé d'être dérangé dans ce moment de face à face, et je tournais le regard vers la porte, criant un « laissez nous » retentissant. Quand je reportais tout aussi rapidement le regard vers la Reine, je remarquais qu'elle s'était tendue, mais je voyais de l'incompréhension et de l'hésitation dans son regard. Elle se tendait au point qu'elle en tremblait presque. Ma compagne allait me sauter dessus tout en s'empêchant elle même de le faire. Elle laissa tomber son arme, et j'éclatais de rire, mais un rire froid, glacé. Déçu, presque. Son expérience au soleil l'avait elle à ce point traumatisée qu'elle en avait oublié des siècles d'accouplements fébriles, de jeux sanglants, de bals enfiévrés ? Je m'approchais d'elle, lui caressais la joue et l'embrassais doucement sur le front. Ma plaie au bras s'était déjà arrêtée de couler, et s'apprétait à cicatriser. Une santé de fer toujours, malgré mon âge. J'en vins à lécher les stries de sang quasiment séché sur sa joue, sur son cou, avant de revenir directement face à elle. Je la giflais violemment d'un revers de la main, lui ouvrant la lèvre. Le mouvement était brutal, mais pas haineux. Le reste de mon corps restait immobile, de la sorte que mon geste puisse sonner comme faux, incongru. Mais pas à tout le monde, Krystel savait comment je fonctionnais.



    | Tu es la Reine d'une espèce brutale et sanguinaire. Tu es la Reine Sanglante, celle que j'ai choisie pour gouverner à mes côtés. Tu as montré ta force face à un grand maître, mais je suis ton roi, et tu te dois de me montrer ta force et ta légitimité à te tenir à mes côtés. |


    Je la giflais de la même façon, de l'autre côté du visage.


    | Tu es la Reine, Krystel Raybrandt. Ce que tu veux, tu le prends. |


    Je léchais le sang qui coulait de sa lèvre, je vins à suçoter la plaie et sa lèvre, avant de l'embrasser à pleine bouche.
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 19 Fév - 23:09


Je voulais le mordre, je voulais m’attaquer à lui et lui sucer son sang jusqu’à ne plus avoir soif. Une opportunité s’était offerte à moi et je l’avais saisi. Mais mon corps s’était finalement stoppé alors que j’aurais pu planter mes crocs dans sa chair. Je ne pouvais pas m’attaquer à lui. Je sentais au plus profond de moi que je ne devais pas blesser cet homme qui, qui plus est, avant prit soin de moi. Aussi primitif que soit mon esprit, il n’arrivait pas à me commander de lui faire du mal. Cette situation de dualité ne dura finalement pas longtemps. Au moment où sa main s’abattit sur mon visage et vint m’entrouvrir la lèvre. Je portais ma main à cette dernière et lorsque se porta à mon regard une trainée sanguinolente je poussais un grognement féroce, un avertissement. S’il recommençait… Et c’est ce qu’il fit avant de venir lécher la plaie qu’il venait de me faire et plonger sur mes lèvres. Il n’en fallait pas plus. Mes crocs vinrent se planter dans sa lèvre inférieur et l’entailla profondément. Je le repoussais violement contre le mur qui émit un son de craquement lorsque le corps de l’homme le heurta. Je léchais mes canines pleines de ce sang qui semblait si divin à ma bouche, si indispensable à mon corps. Il avait attaqué en premier. A présent plus rien ne me retenait de lui faire du mal. Il avait voulu ce combat, il l’aurait et pour sûre, je n’allais pas renoncer et le laisser l’emporter.

Je lui sautais tout de suite dessus, lui assenant des coups qu’il arriva à parer. En tout cas une partie. Il était fort oui, mais moins rapide que je semblais l’être en cet instant. Ma corpulence était un avantage on ne peut plus conséquence qui me permettait ainsi de lui griffer les bras, le torse et une fois le visage. Certes ses plaies se refermaient tout e suite, mais je le touchais et là était le plus important. Nous entamâmes une sorte de danse, dans un tourbillon de vitesse. Un œil humain n’aurait pas pu suivre les gestes et les blessures que l’on se portait mutuellement. Plusieurs plans de mur se retrouvaient légèrement déformés par l’impact de nos corps sur ses derniers. Aucun de nous ne voulait lâcher en premier. J’avais beau avoir très faim et ressentir de plus en plus de faiblesse physique à mesure que s’éterniser notre « guerre », je refusais de lâcher. Je tentais de lui porter mon poing au visage, mais ce dernier s’enfonça dans le mur. Il avait esquissé mon geste. J’eu alors une idée. Cela marcherait ou sonnerait ma défaite, que bien sûr, je ne concevais pas. Nous continuâmes encore un moment de « danser » dans un même mouvement. Je comptais me servir de ma vitesse légèrement supérieure pour le surprendre mais pas seulement. Je feignais de plus en plus des marques de faiblesse. Je me montrais moins réactive, arrivant moins à le toucher, comme si je commençais à lâcher et ne plus pouvoir tenir le rythme. Il porta un nouveau coup à mon encontre que je fis mine d’évitais mais qui arriva tout de même à l’effet désiré par l’homme. Je me retrouvais de nouveau envoyée contre le mur. Je ne fis pas le moindre geste, et laissais mon corps retomber par terre comme une vulgaire poupée de chiffon. Une trainée de sang était venu tâchée le mur. Je restais sur le sol froid, ne montrant pas le moindre signe de vie. Je voulais qu’il me pense sonner, qu’il baisse sa garde, et que dès qu’il serait à porter, je viendrais glisser rapidement dans son dos et planter mes crocs dans sa clavicule pour m’abreuver de lui, mettre un terme à ce combat, et surtout le gagner




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 19 Fév - 23:40

    Je savais que j'avais réussi à la pousser dans le petit jeu que j'avais instillé entre nous. Je le sentais, je savais qu'elle allait succomber à la tentation. Je le savais, parce que c'était ma fille. Elle était forte, mais elle était encore plus sauvage que tous ceux que j'avais pu rencontrer, en matière de vampires. Krystel avait toujours été ainsi, femme libérée avant l'heure, et une dominante comme on n'en faisait qu'une sur dix millions d'individus de son sexe. Elle se mit à me mrodre violemment la lèvre inférieure, déchirant la chair qui se mit à pisser le sang dans sa bouche. Etrangement, la morsure me provoqua une intense souffrance, mais réchauffait aussi de désir mon corps tout entier. La Reine allait affronter le Roi, et rien ni personne ne pourrait nous rejoindre sans risque, désormais. Elle me repoussa d'une violente pichenette contre le mur derrière moi, et j'y enfonçais les carreaux dans le plâtre, alors que les débris écorchaient ma peau. Il ne nous en fallu pas plus pour nous jeter dessus comme les animaux que nous avions oublié d'être pendant si longtemps. Nous préférions cacher notre nature au grand jour, nous revêtir du manteau de la probité, du devoir et du sérieux. Mais au fond de nous, de Krystel et de moi même, nous étions restés les mêmes bêtes, avec les mêmes instincts que le jour de notre renaissance. Nous étions en train d'étancher notre soif de sang, et plus que tout, notre soif de violence et de combats épiques. En parlant de combat épique, s'en était bien un qui se déroulait maintenant entre nous. Esquives, blocages et coups féroces, rien ne nous arrêtait.


    Je lui claquais un coup de dents sur l'avant bras qu'elle me giflais violemment, je bloquais un coup de genoux qu'elle me frappait dans le cou, je lui claquais son visage contre le mur, fracassant un peu plus la décoration luxueuse de la salle de bain, qu'elle peinait à bloquer le coup suivant. Plus vive, elle l'était assurément, je reconnaissais bien là son style pour se battre. Le mien était directement issu de mon école, alors que Krystel avait su créer sa propre façon de se battre. Elle virevoltait en tous sens, elle se démenait, prenait appuis contre les murs, utilisais son environnement. Quant à moi, je privilégiais la force brute et l'endurance physique, bien conscient de mon avantage naturel à ce propos ; quoiqu'elle fasse j'étais capable d'endurer plus de coups qu'elle, mais elle même était capable de me frapper aux endroits les plus douloureux sans que je puisse la saisir dans la vivacité de ses gestes. Nous continuions à nous battre de toutes nos forces, n'épargnant aucun coup et ne retenant aucun de nos gestes. Je la sentais cependant se fatiguer, peut être n'avait elle pas encore totalement repris de ses blessures ? Elle se fit plus lente, plus malhabile. Un coup féroce la fit reculer, alors qu'elle bloquait difficilement le suivant. Krystel ne parvint pas à arrêter le troisième alors que je l'envoyais contre le mur, d'où elle tomba inerte, couverte de mon sang et du sien. Suspectant une ruse, je ne m'approchais pas d'elle et ne desserais les poings. Je me rendais compte, connaissant la drôlesse, qu'elle me menait peut être en bateau ; ce ne serait pas la première fois. Mais je ne pouvais pas pour autant museler mon inquiétude à son encontre, alors qu'elle réchappait tout juste d'une fin qui aurait pu tourner de façon bien plus dramatique.


    Je m'approchais d'elle, vif comme l'éclair. Je la toucher du bout du pied, remuant son corps. Pas de mouvement. Pour être certain qu'elle ne jouait pas la comédie, je fis aller mon propre avant bas ravagé de griffures et de plaies, et surtout couvert de mon sang, et l'agitais sous son nez. Pas de réaction. Je la retournais sur le dos, dévoilant son corps nu, pressant mon avant bras pour que le sang s'écoule de la blessure jusque dans sa bouche.



    - Sa Majesté aurait trop présumé de ses forces? Me reconnaît elle comme son seigneur et maître ? |
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 20 Fév - 0:10


Je ne pouvais pas venir à bout de sa force physique. Il me fallait me montrer plus maligne que lui et me vêtir d’escobarderies si je voulais l’emporter. Voulais ? Non j’allais l’emporter coute que coute. Je ne lâcherais pas tant qu’il ne sera pas à ma merci. Il m’avait poussé à lui faire du mal, en engageant cette mêlée, j’y mettrais fin en tenant sa clavicule par mes crocs. Je savais comment faire : jouer sur sa lenteur et sur son affection. Même si je n’arrivais pas à raisonner humainement, j’avais remarqué l’attention qu’il faisait preuve à mon encontre. Feindre une faiblesse, le laisser porter un coup magistral, me laissait retomber comme une poupée de chiffon inanimée était la solution qui s’était imposée à mon esprit comme ma meilleure chance de le dominer. Non je ne pourrais pas le battre, cependant je pouvais m’imposer et le dominer. Si je le mordais à l’endroit le plus vulnérable de son cou, alors j’aurais remporté cette manche, sans avoir à le tuer ; du moins si j’arrêtais de le boire à temps bien qu’il ne faisait aucun doute que lorsque je me montrerais trop gourmande, il saura reprendre le dessus et m’arracher à son corps et mon repas.

Je ne bougeais pas. Il s’approcha lentement, redoutant une supercherie. Il dépendait de ma victoire que je ne le laisse pas apercevoir que sa prudence était fondée. Il me bouscula avec son pied, remua mes membres, mais je ne fis rien. Le plus dur fut de résister de sauter sur son bras ensanglanté, qu’il agita sous mon nez. Ma soif de sang était on ne peut plus importante à l’instar de mon envie de gagner. Non j’aurais tôt fait de me repaitre de lui. Il me retourna sur le dos et je laissais mon corps se déplacer sans intervenir. Bientôt, oui bientôt. J’entendais chacun de ses mouvements, me concentrant sur ces derniers pour ne pas me laisser surprendre. J’entendis la chute de son sang dans ma bouche avant que la première goute ne m’atteigne. Je laissais une nouvelle fois difficilement ce dernier couler sur le côté et entre mes lèvres. Je ne déglutissais pas, gardais les yeux fermés, sans que mes pupilles ne montrent la moindre réactivité. Il parla, mais il ne me tira encore une fois aucune réaction. Encore un petit peu et il serait mien. Encore une petite minute et sa garde sera entièrement baissée. Alors je pourrais me jeter à son cou et remporter cette danse, avant qu’il ne puisse esquisser le moindre geste pour me contrer. Je ne pouvais pas par contre le contourner. Il n’était pas assez proche. J’allais devoir me jeter contre lui, le faire chavirer avec toutes les forces qu’il me restait pour qu’il s’étale sous moi contre le sol. Je maintiendrais ses bras contre le carelage, et enfoncerais mes crocs dans sa chair.

Dix… Neuf… Huit… Sept… Je faisais le décompte dans ma tête pour être sur d’agir au bon moment. Six… Cinq… Quatre…Trois… Je me concentrais on ne peut plus, revoyais mon attaque dans ma tête une dernière fois avant de me lancer. Deux… Un… Zéro. Je lui sautais dessus dans plus de cérémonie. J’arrivais à le faire basculer, mais ma prise sur ses mains ne fut pas bonne. Tant pis, je n’arriverais pas à l’immobiliser comme je l’avais désiré et calculé. Il me restait moins de force que je ne me l’étais imaginée. Cependant je fonçais vers mon cou et vint enfoncer, non sans ressentir un profond plaisir dans cette action, mes crocs dans sa clavicule. Ma bouche se remplie de son sang, que je vins boire à grand goulot. Combien de temps me laisserait-il le boire ? Essayerait-il de me repousser ? Accepterait-il ma victoire et donc de me laisser savourer ma récompense ? Je n’en savais rien. Et pour vous dire, je m’en fichais. Tout ce qui comptait, c’était que je me gorgeais de son pouvoir et que je le sentais couler le long de ma trachée, refermer toutes les plaies qui ne s’étaient pas soignées plus tôt, faire disparaitre toutes les cicatrices et les tissus abimés de mon être. Je regagnais physiquement, mais également psychiquement. Je redevenais peu à peu la créature réfléchie et vivace que j’étais et pas seulement une simple prédatrice qui ne pensait qu’à mordre et se nourrir.




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 20 Fév - 12:48

    J'aurais dû m'en douter, la garce me sauta dessus au moment où je m'y attendais le moins. La férocité de son attaque fut telle qu'elle me renversa sur le sol, mon assise étant d'autant plus gênée que je devais faire face à un sol glissant car détrempé d'eau et de sang. Je m'écroulais de tout mon poids, le choc à l'arrière de mon crâne manquant de peu de m'assommer totalement. Par chance, je fus juste sonné, et l'impact de son corps sur le mien ne fit rien pour arranger les choses. J'eus au moins la chance que mes mains et mes avants bras, eux aussi trempés de sang, échappèrent à la poigne d'acier de ma Reine alors que celle ci plongea sa dentition de prédateur dans mon cou, plus bas même, presque au niveau de ma clavicule. Je laissais échapper un grognement de plaisir mêlé à la souffrance alors qu'elle me me pompait mon énergie vitale, suçotant la plaie béante qu'elle avait ouvert, non loin des artères principales de mon corps. Je ne pouvais rien faire contre, et l'espace d'un instant, je m'abandonnais à elle, la saisissant de mes mains, caressant les côtés de son buste, frôlant sa poitrine, massant son cou pour ensuite passer dans ses cheveux. Je sentais le transfert de puissance s'effectuer ; au fur et à mesure que j'en perdais, elle en gagnait d'autant plus, jusqu'à ce qu'elle soit gorgée jusqu'à plus soif. Connaissant la faim ardente qui habitait mon épouse, je savais pouvait s'avérer longue à se sustenter, mon sang multi séculaire la gorgeant d'une vigueur extrême, lui faisant ressentir son corps comme durant son infime jeunesse. Je passais mes mains dans ses cheveux, embrassais sa tempe, alors qu'elle continuait de se nourrir.


    | Vas y, Reine des nocturnes rouges, viens prendre ce qui t'es acquis. |


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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 21 Fév - 0:31


J’avais gagné. Je me gorgeais de son sang, victorieuse et me savourais le bon goute de cette bataille que j’avais mené à bien. Il me reconnue comme sa supérieure sur ce terrain, n’essayant pas de me repousser alors que je levais boire à sa cou, faisant couler son liquide divin dans ma trachée. J’étais épuisée, mais étrangement, je me sentais de plus en plus forte en parallèle. Je calmais à chaque lampais la bête furieuse en moi, gagnant mon intelligence et ma vivacité d’esprit. Je me fis beaucoup moins gourmande, mais tout aussi violente. Il n’était pas question que je me montre plus douce. Il avait engagé le combat pour me voir dominante, brutale et primitive. Même si redevenais peu à peu sa créature consciente, je restais toujours aussi indomptable. Il m’avait éduqué ainsi et j’étais arrivée à surpasser ses attentes, en les respectant tout en me forgeant un caractère propre. Un part de moi lui était acquise et protectrice. L’autre était sauvage, imprévisible et bestial. Il me voulait pour la seconde en cet instant, je n’allais pas le décevoir, ni me forcer à me contenir alors que j’en avais aucune envie. Ses mains vinrent caresser ma peau. Je le laissais faire. Non pas que la concentration sur mon repas m’empêchait de le contrer. J’appréciais ces marques d’affection même si je ne voulais pour rien au monde lui faire savoir. J’avais retrouvé un peu de ma lucidité, et je me sentais toujours en colère contre lui. Parce qu’il m’avait délaissé pour une autre, parce qu’il m’avait fait passé après une vulgaire humaine. Je n’étais pas encore assez sensée d’esprit pour me rendre compte que sa manière de s’être occupée de moi rachetait pour sur tous ses comportements que je n’avais pas apprécié. Alors je le laissais me toucher s’il le désirait, sans répondre et me contentant de me nourrir de lui.






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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 22 Fév - 11:04

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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 28 Fév - 22:34


Je me sentais éreintée comme jamais, et mes oreilles se mirent à saigner ainsi que mes yeux, signe de ma grande fatigue. Pourtant je ne voulais pas encore laisser mon organisme me plonger dans un long sommeil. J’avais besoin de savoir… J’avais besoin qu’il me le dise, peu importe que cela soit mal venue. J’étais poussée par les paroles qu’il m’avait dites quelques minutes plus tôt.

Promettez le moi mon Roi. Promettez-moi que nul ne pourra compter à vos yeux autant que moi.

C’est osée comme demande, mais peu importe. Déjà mes paupières commençaient à se fermer et je me sentis basculer vers les ténèbres. Je n’aurais pas eu ma réponse, la promesse que je lui avais demandée sous le coup de l’émotion. Je ne la réitèrerais pas à mon réveil, je n’aborderais pas non plus ce sujet. Je ferais comme si je ne l’avais jamais posé parce que telle était ma place. Lui seul pouvait décider de me l’accorder ou non.

♦ ♦ ♦


Je ne savais pas quel nuit nous étions, ni combien de temps je m’étais reposée. La nuit était déjà entamée lorsque je fus de nouveau capable de réfléchir. L’horloge de ma chambre indiquée trois heures du matin. Je me levais fraiche comme au premier jour de mes draps et me prit place dans la salle de bain. On m’apporta un humain pour me nourrir. Je ne pris pas le temps de coucher avec lui, n’ayant pas toutes les heures devant moi. Je buvais à son cou une quantité raisonnable de sang et le congédier afin de me laver et de m’habiller. J’avais revêtit un robe de l’époque qui m’avait vu naitre, plutôt discrète, étant donné qu’elle n’était pas de couleur vive, mais d’un bleu pale. J’attachais mes cheveux en chignon strict, me maquillait, avant de rejoindre « la salle du trône ». Les vampires gardant cette dernière annoncèrent mon arrivée et dès que je fis dans la pièce, je m’agenouillais devant mon Roi, comme je l’avais toujours fait en me présentant à lui.




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 29 Fév - 22:27




    Elle saignait du nez, et des oreilles et des yeux. Pareil pour moi. L'effort que nous venions de faire avait brûlé toutes nos forces, sans compter tout le sang que nous avions tous deux versé en tribut. Je ne regrettais pas, attention, mais je me sentais défaillir, et j'avais horreur de la faiblesse. Pis encore quand elle émanait de mon propre corps. Ma Reine me posa alors une question, la plus sérieuse du monde malgré les circonstances. Elle n'eut pas de réponse, déjà endormie et plongée dans les limbes du sommeil des morts. Je souriais et la laisser glisser sur le sol, la posant doucement. Je sortis prévenir ma maisonnée. On prépara la chambre de la Reine, on l'y amena. On la lava de son sang et des humeurs diverses qui souillaient son corps tout juste régénéré, et elle dormit du sommeil de ceux qui sont morts jusqu'au lendemain soir. Je m'effondrais moi même, sur le siège de mon bureau, dormant moi aussi, bien que les rayons du soleil m'atteignaient dans le dos, inefficaces. Je me réveillais alors que le soleil terminait sa course vers l'horizon. Frais, je pris rapidement une douche, et me changeais pour mettre un de mes costumes les plus onéreux. Je vins ensuite dans la salle principale, siège de mon royaume des ténèbres, attendant celle qui partageait mon éternité. Celle ci ne tarda pas. Propre, magnifique dans une de ses robes hors de prix de son époque, coifée et maquillée de sorte à lui donner toujours la même sensualité extrême, elle s'agenouilla devant moi. Je souriais doucement en m'approchant d'elle, posant ma main sur sa nuque.[/i]


    | Tu m'as posé une question, avant de t'endormir, ma douce. La réponse est oui, toujours. Je te le promets. Lèves toi. Nous devons discuter. |


    Je passais ma main sous son menton, lui intimant l'ordre implicite de se redresser. Je déposais un fugace baiser, sur ses lèvres. Autant que les choses soient claires jusqu'au bout.


    | Je sais que mon humaine ne te plait pas. Tu éprouve de la jalousie et de la rivalité envers elle, de la rancoeur envers moi. Saches seulement que si elle me distrait et accroî ma force, je ne compte pas la transformer, ni te supplanter. Tu restes la seule à pouvoir satisfaire ma solitude, je te prie de le croire. Espérons qu'il en aille rapidement de même entre ton fils et ta pupille... Au moins ont ils fait l'effort de consumer le mariage, c'est toujours ça de pris. Toi même, tu ne t'es jamais empêchée de goûter aux hommes, voire de les garder proche de toi. Je ne t'en ai jamais tenu rigueur. Même aujourd'hui, maintenant que j'ai pu … « éprouver » la loyauté de ton homme de main pendant ta disparition, cela ne changerait rien entre nous que tu le prennes plus proche de toi et te le garde pour ce que tu veux. Je t'ai toujours voulue libre. Conçois que je puis l'être aussi, sachant que tu restes la seule à me donner goût à l'immortalité. Est ce entendu? |
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 6 Mar - 23:42


Je ne savais pas combien de temps s’était écoulé depuis que j’avais mis fin aux jours de Nikos. Il avait été rusé et m’avait plus blessé que je ne l’aurais imaginé. J’avais pensé à beaucoup de chose, mais aucunement à la menace du soleil. Rien qu’à me remémorer ce moment… J’en avais des sueurs froides et des frissons. En me réveillant je ne me sentais pas pleinement en possession de mes moyens. Toutefois, je n’allais pas me cacher jusqu’à la fin de temps. J’avais une dette envers mon créateur qui avait sans doute pris énormément de risque en venant me sauver la vie. Je me sentais honteuse, au point que j’aurais préféré ne pas survivre plutôt que d’affronter son regard qui serait sans doute on ne peut plus déçu. Parce que passait la peur qu’il aurait pu ressentir, il serait sans aucun doute fâché et déçu que sa créature ne se soit pas montrée à la hauteur. Ainsi accepterais-je sa sentence et sa punition sans me battre. Je méritais qu’il me punisse et que je sois torturée. J’étais certes sur papier sa Reine, je resterais cependant son bras droit et sa créature. Jamais je ne serais son égale, jamais. Se mentir n’était pas un luxe que je pouvais me permettre, même si cela pouvait préserver mon égo et ma fierté. Au service de notre Roi à tous, je n’étais qu’un instrument qui se devait d’être efficace. Et je ne l’avais pas été.

Je pensais qu’il n’allait pas se montrer clément, et que de mon échec il ferait un exemple. Parce que si j’avais été à sa place, j’aurais agi ainsi avec une créature qui n’était qu’un pion entre mes doigts. Encore une fois, je ne me leurrais pas sur les sentiments que mon Maitre avait envers moi. Ce n’était pas de l’affection, mais de l’utilité. Je le servais et il me récompensait en m’accordant de son temps et de son attention. En me laissant piéger par Nikos, j’avais perdu sur les deux tableaux : parce qu’après ça, il préfèrerait encore plus sa pomme de sang, sa blondasse de servante humaine à ma présence. Oui il m’avait affirmé le contraire, mais de l’eau avait sans doute coulé sous les ponts depuis. Et je ne venais pas tout juste de lui donner du plaisir comme seule moi le pouvait. Sur ces pensées, j’arrivais dans la salle de son trône et me mettait à genoux devant lui. Je m’implorais pas son pardon, ni même une quelconque clémence. Je ne faisais que respecter le protocole qui incombe les inférieurs envers leurs supérieurs. J’entendais ses pieds fouler le sol jusqu’à moi, mais ne relevait la tête que lorsqu’il posa sa main sous mon menton. Je restais quelques instants à terre ne réalisant pas tout de suite la promesse qu’il venait de me faire. Je ne pouvais le croire, pas après l’imprudence que j’avais commit. Et pourtant. Il déposa même un baiser très léger sur mes lèvres comme pour sceller ses paroles. La gorge serrée, je ne pu lui que répondre, en m’inclinant légèrement et en lui présentant ma nuque :

Mon Maitre

Je relevais complètement l’échine pour regarder mon Seigneur parlait. J’avais du mal à croire qu’il prononçait les paroles qu’ils énonçaient. Parce que c’était tellement irréel qu’il le fasse. Pendant toutes ses siècles, il n’avait jamais eu de tels mots, ne s’était jamais exprimé ainsi envers ma personne. Je savais très bien que je comptais pour lui, mais en tant que pion et non en tant que… Créature à part entière ? Je me sentais encore plus coupable d’avoir laissé Nikos m’atteindre autant qu’il l’avait fait. Et je devais lui confesser. De nouveau je lui présentais ma nuque

Je ne pus mériter telle attention de votre part. Veuillez me pardonner d’avoir échoué et n’être su me montrer assez vigilante. J’ai mis votre existence en péril et j’aurais dû vous préserver de la moindre sensation pouvant vous être fatale. Je ne vis que pour vous servir mon Seigneur, et mon affection pour vous ne saura être remplacée par une autre que je pourrais accorder à d’autres hommes. Soyez assuré que Torben m’est fidèle, comme vous en avez fait l’expérience. Cependant je ne me lierais point plus avec lui. Jamais je n’introduirais le moindre danger dans votre proximité. Jamais plus je ne laisserais une créature inférieure nuire à mon rôle comme jadis. Enfin, soyez assuré également que je ne désire point vous ravir votre liberté mon Roi. Je n’oserais jamais même la réclamer. Je n’aspire cependant qu’à avoir quelques marques d’affections de votre personne. Permettez-moi d’ailleurs de vous faire part d’une doléance, concernant mon fils. Il est de mon devoir de lui assurer une place, en tant que mère, mais également de créatrice. Je ne puis le libérer et soulager la pression que notre lien entraine, parce qu’il n’est pas près. Je doute encore de Jana, et je redoute qu’elle se montre une mauvaise graine si elle n’est pas bien éduquée. William n’est pas encore prêt à devenir maitre de son propre destin, et je ne pus le laisser s’enfoncer sans rien faire. Je ne puis cependant vous cacher que votre interdiction envers mon fils me contraint fortement. Je ne l’ai jamais fait passer avant votre personne, et je pense l’avoir prouvé le jour de notre union.




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 7 Mar - 0:18

    Je venais de terminer mon long laïus alors que la vampire qui se tenait devant moi multipliait les marques de féauté à mon encontre. Je ne tardais pas à me rendre compte qu'elle montrait tant d'humilité, mais pour la simple et bonne raison qu'elle était de fait en tord dans son esprit. Je ne tolérais pas l'échec, mais je savais nuancer ma vision du monde. Krystel manquait toujours, en tous cas occasionnellement, de cette subtilité. Elle ne semblait pas voir les choses autrement qu'en blanc, ou en noir. Elle était parfois sensible à quelques nuances de gris, mais les plus évidentes. Elle devrait apprendre à jouer son rôle et ses relations beaucoup plus en profondeur, ne pas se servir uniquement de la passion de ses partisans à son encontre et du bellicisme de ses ennemis, mais de se servir aussi des rivalités, des obsessions, des pulsions d e tous ceux qui croiseraient sa route. Krystel pourrait faire une Reine de la nuit des plus formidable, si elle gagnait en pragmatisme. Je savais cependant que le processus était enclenché depuis des siècles, je devais continuer de m'armer de patience pour en voir la fin. Déjà, bon point pour elle, elle avait cessé de se comporter en animal féroce et sanglant en massacrant sa maisonnée humaine tous les trois soirs. C'était toujours une bonne chose, cela renforçait les fidélités, et cela coûtait moins cher en personnel et ameublement de remplacement. Je la toisais toujours alors qu'elle semblait sincèrement du mal à croire tout ce que je venais de lui dire. De toute évidence, ma vampire de compagne avait toujours du mal à digérer la finalité de sa petite excursion qu'elle avait mené seule contre les possessions de Nikos. Etait elle fière à ce point qu'elle ne semblait pas pouvoir faire amende honorable de ses quelques erreurs, en particulier le fait d'y être allée seule, mais de voir en parallèle les succès qui avaient été réalisés. Si j'avais été partisan d'une approche plus en douceur avec le grand maître d'origine grecque, je devais reconnaître les bienfaits de la justice expéditive de ma Reine. Maintenant, ceux qui me croiront faible devront réviser leur copie. A moins que le pire ne se produise, et qu'on craigne plus Krystel que moi. Dans ce cas, je devrais inverser la vapeur.


    | Cesse donc de te fustiger de la sorte, de me vouvoyer et de m'appeler ton seigneur. Je suis ton époux, désormais. Je t'ai hissée à mon rang. Comportes toi en égale, mais conserve toujours ce respect dû à ton créateur. Aller en plein soleil ne m'a rien fait, et j'aurais été capable tout seul d'écraser ces misérables. Mon seul désagrément est de te voir agir imprudemment. Tu es une Reine, désormais. Si tu appliques la justice, penses à ce qu'elle soit fatale du premier coup. Mais uniquement pour ton adversaire. La prochaine fois, embarques quelques vampires, ou quelques humains bien entraînés de ta suite. Ce sera plus sûr. N'oublies pas qu'en plus de ce que je ressentirais s'il t'arrivait quelque chose, notre royaume et tout ce que nous avons bâti depuis mille ans serait démoli. |


    Ma voix avait tranché son propos, mais je pensais chaque mot que je venais de prononcer. Il était temps d'aller de l'avant ensemble, je savais par expérience que les relations maritales basées sur le pouvoir et pire, sur la hiérarchie, ne pouvaient rien amener de bon, ni au niveau personnel, ni à un degré plus professionnel. Krystel m'expliqua ensuite sa relation avec Badenov, et le fait qu'elle ne souhaitait pas me voir privé de ma liberté. Je ne savais quoi en penser. Devais je tenter de la raisonner, qu'elle prenne l'instable Badenov comme servant pour gagner en puissance, et être une fois pour toutes capables de résister à n'importe quel défi ? Non. Je devais lui laisser son libre arbitre. Elle était Reine, désormais. Je ne répondais rien à ce sujet. Il s'agissait de sa vie privée. Qu'elle continue donc à démolir son humain, à s'amuser de sa ruine. Si ça pouvait la détendre, je n'y trouvais rien à redire, disposant de mes propres moyens pour ce faire. Par contre, je me sentis gronder d'une colère croissante alors que Krystel me demandait une faveur pour son fils. Ainsi donc, elle n'avait pas compris ? Je vibrais d'une rage difficilement contenue. Ne pouvait elle choisir n'importe quel autre vampire, autre que son fils, pour suppléer à mes devoirs conjugaux quand je n'étais pas disponible ? Même cette taupe de d'Aubusson conviendrait mieux! Je toisais froidement Krystel, pesant le pour et le contre, me forçant à la tempérance, à nuancer ma vision des choses, à entrevoir chacune des possiblités et des conséquences possibles.


    | Si tu te remets à baiser ton fils, tu perds quelques atouts. Jana déjà, si prometteuse, qui incarnait notre ouverture sur l'époque actuelle et les vampires « opprimés » et « victimes » de ce monde. Tu nous fais perdre un visage précieux pour nous aliéner tous nos nouveaux nés. Ta fille fait l'affaire avec les humains, mais elle n'est pas considérée comme le messie par ceux de notre espèce. Ca, tu le perds. Ton jouet de Badenov risque de mal prendre aussi que ton fils baise et sa femme, et sa maîtresse. Mais en ce qui le concerne, tu peux aussi bien l'achever que ça prendrait moins de temps et d'énergie qu'à le contrôler. Enfin, si tu baises à nouveau William, que soufflera t'on, dans mon dos ? Que je suis cocu. Qu'une Reine et son Roi soient volages est une chose. L'inceste en est une autre. Je perdrais toute crédibilité, tu risques de renforcer des soutiens autour de ton fils au détriment de mon propre côté. Et s'il partage de nouveau ta couche, quels avantages ? Il recommencera à se comporter comme notre héritier principal, quelqu'un à qui tous doivent lui manger dans la main. Non du fait de ses accomplissements personnels, mais parce qu'il baise la Reine sa mère. Tu penses que c'est important ? Soit. Je ne m'y opposerais pas. Tu es la Reine et il est temps que tu fasses l'expérience du gouvernement réel. Vas y. Vas dans le lit de ton fils. Nous en reparlerons plus tard. |


    Oui, je bouillonnais de fureur devant ce que je considérais comme un véritable camouflet, un passage en force. Pour qui passerais je, si je lui refusais ce présent alors que je venais de me révéler comme jamais à elle ? Bien sûr, elle me connaissait, et elle serait du genre à faire machine arrière même dans mon dos. Mais elle l'avait demandé, c'était ce qu'elle voulait. Qu'elle ose seulement me dire que par respect pour moi qu'elle s'abstiendrait de son fils, et j'envoyais sur le champ un courrier à William qui ne laisserait plus le choix à Krystel.
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 12 Mar - 23:46


Je relevais la tête vers mon créateur, scrutant son visage. Je ne comprenais pas vraiment la nature de sa demande. Pourquoi rompre de vieilles habitudes que lui-même avaient instauré ? Je ne voulais pas me comporter d’une manière différente avec lui parce que même s’il m’avait prise pour épouse, je ne me considérais pas à son niveau. Il était supérieur à moi sur bien des égards pour ne pas dire tous et je n’avais point l’envie de voir les choses changées. Je ne vivais que pour le servir lui et non pour me servir moi-même. Oui j’avais mes petits plaisirs, cependant ma priorité était mon Roi, et elle l’avait toujours été. Je faisais tout pour lui. J’étais déconcertée par sa demande, bien que je ne pouvais que me sentir honorée par cette dernière. Malgré tout cela me mettait mal à l’aise de me comporter avec lui comme je pouvais le faire avec mon fils par exemple, en le tutoyant, et l’appelant par son prénom. C’était gênant pour un créature aussi âgée que moi de c changer ce fait. Je le devais pourtant et sans doute y arriverais-je dans la durée ? Pour l’instant je ne pouvais pas toute chambouler d’une seconde à l’autre. J’inclinais de nouveau l’échine devant lui, moins bassement que précédent tout de même, tenant en compte ce qu’il venait de me demander.

Je ne voulais pas que l’on pense votre pouvoir faible et notre hiérarchie instable. Il me fallait m’occuper de cette tâche toute seule et faire un exemple : même si tous se soulèvent contre nous, aussi nombreux soient-ils, ils ne pourront pas venir à bout de votre pouvoir. Je voulais faire passer un message et je pense que ce dernier a bien été compris. Je ne pense pas que l’on essayera de nous ébranler de ci-tôt. J’ai pris des risques en effet, mais je pense qu’ils étaient nécessaires. Chacune de mes actions sont les extensions de votre bras et tous le savent. Notre espèce avait besoin de se rappeler pourquoi elle devait vous craindre.

Je n’avais pas pu m’empêcher de le vouvoyer. C’était une habitude, une norme que j’avais intégré depuis toujours. Même s’il était mon époux, il restait un homme et donc par définition un être supérieur à ma personne. Non je ne considère pas toute la gente masculine comme supérieure à moi, mais mon créateur si. Il est celui qui m’a offert cette vie éternelle. Il était toujours resté à mes côtés, m’avait éduqué, élevé, apporté beaucoup d’affection. Je n’avais pas eu de compagnon comme lui et il était le seul pour qui je pouvais me damner. Si je l’aimais ? Bien entendu, cela ne fait aucun doute. Certes je ne suis pas constamment à me jeter à son cou, ni à « montrer » mon affection pour lui. Je viens d’une époque où les sentiments sont des choses pudiques que l’on n’étale pas en public et rarement en privée. Il n’en reste pas moins qu’ils soient présents. Je rajoutais cependant, pour ne pas le froisser

Pardonnez-moi, mais il me faudra du temps pour m’accommoder de vos demandes. Je ferais cependant tout ce qui est en mon pouvoir pour vous satisfaire.

Je ne savais pas comment je devais l’appeler. « Augustus » serait déplacé. Mon Roi, mon Maitre, mon Seigneur ou mon Créateur le gênait. Je ne savais pas du coup comment je devais m’adresser à lui si bien que je ne l’avais donc pas fait. Tant que je n’étais pas fixée, je ne prendrais pas d’initiative. Enfin si. Vu la requête que je venais de lui formuler. Je me doutais très bien qu’il ne serait pas vraiment satisfait par cette dernière. Je m’attendais à recevoir sa colère, et je m’y étais préparée. Je restais face à lui, comme il venait de m’en faire la demande. Je ne baissais pas les courbes de mon corps, ni mon regard. Je venais de lui faire une demande que je me devais d’assumer jusqu’au bout. Fuir n’était pas une solution acceptable pour mon Créateur, ni même pour ma personne. Je n’osais cependant pas faire le moindre geste, le moindre pas pour essayer de calmer sa fureur. Je restais sur mes positions, la plus calme possible. Dire que je ne le redoutais pas serait un mensonge, cependant je resterais digne et forte, comme la Reine qu’il voulait que je sois. J’attendais qu’il finisse et très calmement je lui répondais

Il ne s’agit point de coucher avec mon fils, mais de pouvoir lui offrir quelques attentions. Je suis sa créatrice et mon lien avec lui passe par ses dernières. Il ne s’agit pas d’affection mal intentionnée. Il est mon fils, mon héritier et non un compagnon, ne serait-ce que potentiel. Si je lui ai offert Jana, c’est pour qu’il prenne conscience de ce fait. Il reste cependant mon héritier, ma créature et je dois le garder son mon contrôle. J’en ai fait un loup et je ne veux pas qu’il n’en vienne à me mordre. Si cela arrivait je prendrais bien entendu les mesures nécessaires. J’aimerais cependant à ne pas venir à un tel extrême. Concernant Torben, il n’est qu’un humain, mon jouet du moment. Sa voix ne compte pas et ne comptera jamais sur ce fait. Je ne suis engagée qu’auprès de vous, et soyez assurée que vous êtes le seul qui possède mon affection. Vous nous avez fait libertin, et notre espèce connait très bien ce fait. Si tel est votre désir, je mettrais fin à mon libertinage. Il n’est point dans mes intentions de vous décrédibiliser et vous le savez très bien.

Je n’avais pas pu m’empêcher de froncer les sourcils. C’était injuste de sa part de me reprocher d’être une femme aimant les hommes et les autres femmes. Il m’avait fait ainsi après tout. Cependant je pouvais comprendre qu’à présent cela pose un problème, même si je ne l’avais jamais vu dans ce sens-là. Soit, je ne partagerais la couche d’aucun autre être. Même s’il m’assurait le contraire, je ne m’adonnerais plus à cela. Sa réputation était très importante, chose que je comprenais même si cela me contraignait énormément. Je n’étais pas femme à appartenir corps à un seul homme. Soit, si le fait d’être affublé du terme « cocu » le dérangeait… Cependant j’allais devenir très désagréable avec toutes celles qui choisiraient et je risquais de demander la même exclusivité qu’il venait de me sous-entendre dans ses paroles, y compris concernant sa blondinette de servante humaine. J’étais contrariée tout à coup, mais je passais outre pour aborder un sujet plus important.

Adrian fera un nouveau maitre vampire parfait. Nous avons toujours pu compter sur sa fidélité. Je vais lui ordonner de prendre cette place vacante et d’écraser toute résistance. Il fera table rase du passé, de tous les gens de Nikos et imposera sa volonté et donc la nôtre. Lorsqu’il aura pris cette place, il réitèrera sa fidélité envers votre personne et vous devrez lui accorder votre bénédiction. Cela fera également réfléchir nos shérifs et leur faire une piqure de rappel concernant leur loyauté. Je pense qu’il serait bon d’ailleurs de donner la place que j’occupe pour l’heure en tant que maitre vampire à l’un d’eux, en les mettant bien entendu en compétition. Julien, Evey et William devront faire leurs preuves et le plus compétent et loyal serait récompensé. Nous devons resserrer notre étaux autour des nôtres pour resserrer celui sur les humains. Concernant le premier, il a été approché par la fille du ministre Carmichael . Cela peut-être un bon test pour Julien.




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 13 Mar - 23:54

    Elle ne voulait pas que l'on pense notre pouvoir faible et la hiérarchie instable ? C'est effectivement une attention de tous les instants qu'il faut porter à ce genre de choses. Je ne pouvais pas dire que ses actions seraient sans conséquences, c'était vraiment présumer de l'avenir alors que rien ne pouvait pour l'instant nous informer sur la perception que les vampires auront de l'exécution que la Reine avait mené en personne. Je ne savais pas encore si mon propre pouvoir s'en retrouverait renforcé, ou au contraire mis à mal. Je ne voulais pas faire de plan sur la comète, mais il fallait bien que je me tienne prêt et paré à toute éventualité. Je pensais tout de même qu'elle avait commis une imprudence concernant Nikos. Elle n'aurait jamais dû y aller seule. Déjà, elle avait compromis sa propre sécurité, mais elle avait aussi laisser supposer que nos positions de monarques se situaient en quelque sorte pas au même niveau ; moi au dessus et elle en dessous, qui exécutait mes ordres. Ce n'était pas comme ça que je comptais que l'on adhère à mon emprise et à ma domination. Je voulais que les choses se passent plus en douceur. Privez de liberté tout un peuple en une seule fois, et vous êtes un tyran. Privez le de liberté en douceur, et personne ne verra la différence. Pire, certains nous apprécieront même pour cela. Le monde à l'envers, vraiment. J'avais beau dire que les humains n'étaient que du bétail, il semblait en aller de même pour les vampires, à qui on pouvait vraiment faire avaler à peu près tout et n'importe quoi. Plus le mensonge était gros, et plus il avait tendance à passer. C'était assez incroyable, quand on repensait au nombre de couleuvres que j'avais déjà fait avaler à la populace... Mais là, ça risquait de se passer autrement. Agir sous le couvert des ténèbres avait bien entendu ses avantages, mais aussi ses inconvénients, et nul retour en arrière ne serait possible en agissant de la sorte. Je savais que Krystel avait voulu bien faire, et peut être que ses efforts se révèleront payants. Peut être, mais pas sûrement. Il nous appartenait de deviner la suite, et de réagir en conséquence.


    | Oui, peut être as tu raison ma douce. Peut être que le monde verra dans ton action l'expression de ma volonté. Espérions simplement que d'autres n'y verront pas les discordances de notre politique, espérant voir dans ton action isolée une preuve que nous ne communiquons pas, que tu es ambitieuse et veut le pouvoir pour toi seule, ou encore que je te manipule. Sinon, les gains de ta petite expédition seront bien vite perdus, tu peux me croire. Enfin, nous verrons bien les résultats de tout ceci. Dans l'immédiat, au moins n'avons nous pas à nous préoccuper du problème récurrent qu'était Nikos Panapopoulos. |


    je ne doutais pas que la Reine était sincère quand elle me dit qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour me satisfaire. Elle l'avait déjà fait d'une certaine manière, la nuit dernière notamment. Mais pour passer à des choses moins terre à terre que le sang et que le sexe, il fallait aussi avouer comme je le pensais, que bouleverser presque un millénaire d'habitudes ne se fasse pas du jour au lendemain. Ce qui était assez rassurant, somme toute. Je ne désirais pas comprendre qu'elle s'accomodait trop facilement de sa nouvelle position, cela aurait un effet assez peu rassurant au final.


    | Je t'en sais gré. Tu n'es plus seulement ma fille aujourd'hui. Serions nous encore humains que nous devrions procréer. Il n'est d'ailleurs pas trop tard pour prendre nouveau ou nouvelle pupille et l'élever ensemble. Ce genre de chose nécéssite du temps et de la concertation, nous aurons tout le temps d'en parler. |


    Prendre un héritier qui nous serait légitime à tous deux. Pas ses enfants, qui n'étaient jamais que mes petits enfants au sens vampirique du terme, tandis que Jana avait elle même refusé de faire le lien entre mon parrainage et les Raybrandt. Je ne voulais pas qu'en cas de véritable mort qui me concernerait ou concernerait la Reine, que le trône échoit en l'Etat à des William ou des Nikos, comme on en trouvait en pagaille. Non, je voulais une poigne forte, solide, que j'aurais moi même élevé, conjointement avec la Reine. Et pas ceux qu'elle avait élevé de son côté. J'y avais pensé depuis que William se montrait un peu trop entreprenant vis à vis de sa position. Je n'étais pas à l'abris des ambitieux, et je savais à quel point ce jeune chien fou aimait sa mère. Trop, ce qui pourrait me mettre en danger un jour ou l'autre, et mettre en danger sa mère par extension. D'ailleurs, je remarquais aussi que Krystel était plus que jamais consciente de ma colère à propos du sujet que nous venions d'aborder, car elle restait figée, de marbre même. De toute évidence, elle ne voulait pas jeter de l'huile sur le feu, même si en tant que Reine, elle ne pu s'empêcher de répondre à mes propos. Je la trouvais très changeante. Si elle ne voulait pas coucher avec William, pourquoi me parler de libertinage ? Cela me semblait décidément bien trop ambigu. Elle était sûre d'elle, elle voulait gouverner de fait et non de droit ? J'allais lui laisser la main libre, mais j'étais bien conscient que cela allait remettre quelques tensions entre nous. Des tensions importantes. Je lui répondais d'une voix maitrisée, un peu trop peut être.


    | Restons donc comme nous en étions restés durant des siècles. Carte blanche avec ton fils. Fais ce que tu veux de lui. Mais ne sens pas son odeur quand tu viens me voir, je ne le tolèrerais pas. Que tu ailles voir ailleurs, d'accord, que je le fasse aussi, pourquoi pas. Nous avons nos existences. Mais que dirais tu si je prenais Morgane et Jana ? Comprends donc ma réserve. Réserve ne veut pas dire interdiction. Fais ce qu'il te plaît. Uses de toutes les ressources qui te paraissent nécéssaires à son sujet. Le sujet est clos. |


    Oui, je n'avais absolument aucune envie de m'appesantir sur le sujet, c'était un fait. Krystel me parla ensuite de ses différents points de vue sur la situation qui immergeait de la mort de Nikos. Adrian. Oui, pourquoi pas. Je n'avais jamais eu à m'en plaindre, au moins était il fidèle ce qui me semblait être le principal. Compétent et capable, aussi. Cela je pouvais me reposer dessus. Mais le reste ? Le doigté nécessaire pour diriger toute une région, et des milliers de vampires ? Peut être, à voir dans un avenir proche. J'étais bien entendu d'accord pour mettre en compétition les individus restants.


    | Oui, un bon test. Ne faisait il partie de tes réguliers, Julien ? Il me semble tout aussi capable qu'Adrian, mais je ne sais pas ce qu'il donnerait à un grade supérieur. Ton fils... ne me semble absolument pas près. Il a déjà du mal à tenir sa propre femme, alors si c'est pour lui confier la moitié de l'Ecosse... Je pencherais plutôt pour Evey. Cette petite est une ambitieuse, je le sens. Elle veut du pouvoir. On peut se servir de ça, l'ambition est un des moteurs les plus puissants pour avancer. |
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 18 Mar - 15:52


Je me sentais comme obligée de justifier mes actes devant mon Roi. Je ne l’avais pas averti, ni demandais son consentement pour les accomplir. Pourquoi ? Parce que lors de ses faits j’étais en colère contre lui, en colère qu’il me délaisse. Nous avions convenu de régler le problème de Nikos mais je ne l’avais pas averti de quand ni de comment. J’avais voulu lui prouver quelque chose en agissant ainsi. J’avais recherché sa fierté, son admiration quelque part. Il y a-t-il besoin de préciser que j’avais échoué ? Je n’avais pas su m’en sortir seule et une part de moi ne pouvait pas s’empêcher de regretter que mon créateur soit venu me sauver. La honte que je ressentais face à cela était très forte et elle était très dure à digérer. Je n’avais cependant pas le choix, et devais voir les bons aspects de cette situation : mon Roi m’avait certifié avoir de l’affection pour ma personne et qu’aucun être ne pourrait me remplacer à ses yeux. De plus nous avions pu prouver la puissance de notre position. J’imaginais sans mal les rumeurs qui pouvaient circuler dans les sphères vampiriques. Il avait été impératif qu’on leur rappelle qui étaient les dirigeants et ce qu’ils risquaient à nous tenir tête. Nikos avait servi d’exemple, et un bien bel exemple lorsqu’on prenait en compte la puissance dont il était doté. Cela n’avait pas suffi face au courroux de son Roi. Il n’avait finalement pas ébranlé notre base de pouvoir, mais au contraire, avec sa disparition, il l’avait rendu plus forte encore.

Je ne vis que pour vous servir mon Roi. Et si mes actions viennent à vous nuir d’une quelconque façon, je vous offre ma vie en compensation. Vous êtes notre seigneur à tous et votre puissance ne connait aucun égal. Si cela puisse servir votre Majesté, ce sera un honneur pour moi de servir à mon tour d’exemple et de succomber sous votre pouvoir

Je m’étais mise à genoux devant lui, lui prouvant ma dévotion totale. Je n’avais personnellement que peu d’ambition, pour ne pas dire aucune. Mon unique but était de servir mon Créateur, et uniquement le servir. Je ne voulais que son ascension, que son bonheur. Je passais complètement en dernière face à sa personne et je ne pourrais jamais être son égal. C’est d’ailleurs pour cela que sa requête était difficile à mettre en place. J’avais passé toute mon existence vampirique à le servir, à le traiter comme mon supérieur. Ne plus lui montrer les marques de respects que j’usais depuis toujours était un vrai défi. Je suis femme du moyen-âge, qui a été éduquée d’une manière très spécifique : les hommes comme maitre des femmes, et vouvoiement obligatoire. Certes je n’avais jamais considéré d’être masculin supérieur à ma personne, avant ma rencontre avec Augustus. Il était le seul homme à qui j’étais soumise corps et âme.

Serions-nous encore humain, il aurait été un honneur de porter votre enfant. Je ne pus m’empêcher de penser cependant que si nous aurions tous deux étaient humains à la même époque, je n’aurais pas posé le même regard sur vous qu’en cet instant. C’est en renaissant à vos côtés qu’il m’a été donné la possibilité d’admirer quel être vous étiez. Aucune créature ne peut vous égaler à mes yeux et je ne pus que me sentir flattée que vous m’ayez choisi parmi tant d’autres.

Il était indéniable que je ne me serais pas comporté avec mon Créateur comme je le faisais actuellement si nous avions été deux humains à mon époque. J’étais indomptable et ne recherchais qu’avoir une assisse plus importante dans le monde dans lequel j’évoluais à l’époque. J’en étais même venue à côtoyer un membre proche de ma famille pour me rapprocher de mon objectif. J’avais même eu une fille avec lui, l’obligeant quelque part, même s’il ne pouvait la reconnaitre en tant que telle, d’être toujours lié à moi. Et puis mon chemin avait croisé celui de mon Souverain et plus rien n’avait semblé compter à côté de lui. Tout était devenu fade et sans saveur, jusqu’à ce qu’il me redonne la vie, qu’il me fasse renaitre en tant que créature suprême. Pour cela, je lui serai toujours éternellement redevable et son inférieur. Même s’il m’avait élevé à son rang, je ne pourrais jamais me sentir comme son égal. C’était tout simplement impossible. Essayer de ne plus lui montrer autant était dans mes cordes. Pour le ressentir, cela ne serait sans doute par une partie de plaisirs simples. Je ne pouvais pas m’empêcher de me plier à ses ordres, et à ses envies. J’étais sauvage et indomptable pour tous, sauf pour lui. Oh bien sur cela ne m’empêcher de lui tenir tête lorsque je jugeais cela nécessaire, ou encore, comme je l’avais fait, le punir par mon indifférence et mes fuites incessantes d’une action qu’il aurait accomplie et qui n’aurait pas été à mon gout. D’ailleurs, je prenais au pied de la lettre sa colère envers ma demande et lui assura donc

Aucune odeur si ce n’est la vôtre, celle de femmes et le sang d’humain ne se fera désormais sentir lorsque je viendrais vous rendre visite. Vos intérêts et votre réputation passent avant tout batifolage. Soyez ainsi assuré que je ne nuirais à votre image

Même s’il avait clôturé le sujet, j’avais tenu à cette remarque on ne peut plus rebelle et impertinente. Il ne m’avait pas interdit la couche d’autres mâles, mais sa colère disait cependant le contraire. Ou du moins décidais-je de la prendre et la comprendre ainsi. Je savais pertinemment que seul William lui posait un problème. Du fait que je ne le considérais pas différent des hommes qui pouvaient m’entourer, je les englobais tous. Le message que je voulais faire passer à mon Roi était clair : mon fils n’était pas quelqu’un de spécifique en termes de coucherie et il est à la hauteur de tous. Tant qu’il ne pouvait pas accepter cela, je lui serais totalement fidèle dans le domaine de la luxure. Cela allait avoir des conséquences bien entendu. J’allais sans doute devenir très possessive, très jalouse, très haineuse envers toutes personnes le rejoignant dans son lit. Tant pis, il avait quelque part cherché ce fait.

Nous changeâmes de sujet pour parler des successions à venir dans le monde vampirique. J’avais de nombreuses idées qu’il me fallait faire part à mon Roi.

Passage sous hide Et oui, sinon ce n’est pas drôle




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 19 Mar - 16:47

    Bien sûr, Krystel me réitérait ses serments de fidélité et de dévouement. J'hochais la tête. Je ne me montrais pas encore impatient, mais cela n'allait plus tarder. Elle m'avait assez rassuré sur ses bons sentiments à mon endroit pour que je ne m'en fasse plus pendant des années, c'était assez suffisant comme cela. Bien entendu, je devais faire en sorte de continuer à lui prêter une oreille attentive. Elle continuait d'ailleurs de me brosser dans le sens du poil, mais je savais aussi qu'il ne s'agissait pas réellement de flatteries mais totalement de la vérité ; elle ne perdait pas de temps en balivernes et ne comptait pas non plus me faire perdre mon temps à moi. Cela dit, Krystel en faisait trop. Avec le mal que j'avais eu à trouver une humaine qui m'intéresse et que je transforme, voici bientôt neuf siècles, elle voulait que je recommence tout le processus ? Sans compter que j'avais désormais des millions de vampires à gérer de part le monde, et qu'une paire de crocs supplémentaires n'était pas de trop. Je devais rester concentré sur les choses qui en valaient vraiment la peine, et elle devait faire de même. Faire de ma Reine un exemple serait le pire calcul politique qui soit, à fortiori dans la position qui était actuellement la mienne. Je devais d'abord renforcer et consolider mon pouvoir avant de prétendre faire autre chose. Et toutes ces considérations ne tenaient même pas compte de la charge émotionnelle, disons plutôt affective, qu'il y avait dans nos rapports pour que je me retrouve privé d'elle. Non, je ne voulais pas que l'on tombe dans ce genre d'extrémités. L'urgence de mon enquête pour la retrouver lorsqu'elle avait disparu devrait lui paraître suffisante pour la pérénnité de ce que je comptais construire avec elle. Je ne me serais pas donné tout ce mal si je comptais vulgairement l'exécuter en place publique.


    | Terminons avec ceci ; je n'ai pas vécu toutes ces choses avec toi pour mettre ta tête au bout d'une pique, sois donc rassurée. |


    Elle s'était mise à genoux devant moi. Ce n'était pas pour me déplaire mais c'était décidément trop formel. Nous étions mari et femme, nous devions pouvoir nous parler sans avoir l'impression de s'adresser à Dieu le père, cela me semblait un peu dangereux même, ce genre de choses. Krystel appuya mes dires en disant que concevoir un enfant ensemble aurait été pour elle un véritable honneur. Elle me parlait toujours avec franchise, et elle parlait même de la renaissance tant physique que spirituelle qu'avait été sa transformation en vampire. Je souris. Je savais que je l'avais touchée, et que sa nature n'avait pu pleinement s'exprimer qu'en revenant de chez les vrais morts. Arpentant les terres des vivants sans avoir réellement de comptes à donner à qui que ce soit, elle avait pu développer son potentiel au fil des décennies d'abord, puis des siècles. Je n'avais jamais eu à rougir de mon élève, elle se montrait naturellement douée pour la politique et pour la domination, en cela mais aussi en tout ce qui faisait que la vie de vampire valait la peine d'être vécue. J'avais passé tant de siècles à errer dans la solitude... Certes, j'avais toujours été entouré d'amis, de profiteurs et d'ennemis, et j'avais pris auprès des femmes ce que je désirais. Mais cela n'avait jamais vraiment suffit. J'avais moi aussi ressenti pendant quelques siècles la lassitude terrible de la vieillesse de l'esprit alors que le corps restait jeune. Jusqu'à ce que, déboussolé, je tombe finalement sur cette humaine à l'ambition démesurée et au charme sensuel rare pour son époque.


    | Je te retourne le compliment, Krystel. Tu as été le phare dans mon existence, et dès que je t'ai vue, je savais déjà tout ce que j'allais te faire. Un espèce de coup de foudre, quelque part. Je ne savais pas à l'époque qui tu étais ni ce à quoi tu aspirais, mais c'est l'étincelle dans ton regard qui m'a fait basculer dans le choix de te faire devenir mienne. Choix que je n'ai jamais regretté, sois en assurée. Tu t'es toujours avérée être un... Défi intéressant. |


    Je savais que Krystel était obéissante, c'était même quelque part une des bases les plus solides de notre relation. Je n'avais pas le droit de me laisser aller, mais je ne comprenais pas l'intérêt pour son fils. Les accusations de consanguinité et d'inceste ne manqueraient pas de fuser. Pour des vieux vampires tels que nous, cela n'avait pas la moindre importance, pour l'immense masse de nos congénères, ceux nés au cours des dernières décennies... Pas si sûr ? Je ne voulais pas faire de mauvais calcul politique par des choix guidés par l'organe reproducteur de ma fille et de mon petit fils. Qui plus est, si l'idée qu'elle aie des amants m'indiffère, l'idée qu'elle se fasse prendre par son fils me semblait déplacée. Je ne l'aimais pas, comme je le répétais. Il ne faisait pas ses preuves, se contentais de ses acquis, et ce n'étaient pas les petites douceurs que lui procureraient sa mère qui y changeraient quelque chose. D'un ton monocorde, mon épouse me répondit qu'on ne sentirait sur elle aucune autre odeur, et tentais de me rassurer. Je tenais cependant à ce qu'elle exécute réellement mes directives.


    | Mais tu tenais tout de même à ce genre de choses avec ton fils. Si la colère de ma réaction t'as fait penser que j'étais contre notre libertinage, ce n'est pas le cas. Je t'ordonne en tant que créateur de continuer comme avant, et de réinclure William à tes réguliers. Je te l'ordonne, car je sais qu'autrement, ta colère t'empêcheras de le faire. Quand tu penses que tu dois faire quelque chose, fais le. Tu as bien fait de m'en faire part avant. Je suis heureux que les choses soient claires entre nous. Je ne te défends pas les amants et le libertinage, mais je ne veux pas que cela nuise à notre emprise sur le monde. Tu n'as jamais senti l'odeur d'une autre femme sur moi, n'est ce pas ? Pourtant tu sais que j'ai moi aussi mes maîtresses. Gardons cet arrangement et tout se passera pour le mieux. |


    Je n'en étais pas clairement persuadé, parce que je soupçonnais qu'il y avait plus que du sexe dans la tête de William lorsqu'il pensait à sa mère. Il l'aimait oui, mais pas comme un fils devrait aimer sa mère. Il me semblait qu'il y avait plusieurs différences fondamentales entre ce qu'il aurait dû ressentir et ce qu'il ressentait effectivement. Cet homme semblait tout de même insatiable, si ce n'est libidineux. Je n'avais aucune régulière à part Krystel et ma servante humaine. Lui avait sa femme, sa mère, sa servante, et d'aucun disait qu'une vampire traînait parfois dans ses pattes. Bref, il fallait que nous passions tous les deux à autre chose.


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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 20 Mar - 16:05


Je m’inclinais quelques secondes une nouvelle fois devant mon Roi, lorsqu’il m’assura qu’il ne voulait pas voir ma tête sur une pique. Je le savais très bien. J’avais eu la preuve de son affection envers mon encontre lorsqu’il était venu me tirer du mauvais pas dans lequel m’avait mis Nikos. Il avait employé les grands moyens pour me retrouver et panser mes plaies. Il aurait très bien pu profiter de ma mort pour prendre sa servante comme nouvelle fille dévouée. Il ne l’avait cependant pas fait. Cela me suffisait amplement. Parce qu’il n’avait jamais agi de la sorte avec aucun autre vampire. Faire tomber des têtes n’était pas un acte qui le répugnait, pas même de changer des positions qui n’étaient plus fortifiante pour son pouvoir. C’était un grand dirigeant et il savait faire ce qui était le mieux pour son royaume. Certes cela aurait un peu ébranlé son gouvernement que je ne sois plus, mais cela aurait pu lui permettre d’acquérir de nouveaux alliés qui ont plus d’un croc contre moi. J’incarnais la justice vampirique à la perfection et la mort des nôtres. Beaucoup voulait me voir disparaitre parce que j’étais trop dangereuse pour eux, ne prenant pas en compte que j’étais l’extension du pouvoir de notre seigneur à tous. N’oubliez pas que le premier à être tué est le messager et non l’expéditeur. Et dans cette histoire je suis la messagère, même si je n’étais pas limitée à cela. Je participais plus que l’on ne pouvait se l’imaginer aux décisions que pouvaient prendre notre Roi. J’avais un grand rôle de conseillère en plus de celui de main noire, et à présent de Reine. Déjà humaine je ne pouvais pas me contenter d’un rôle mineur, et d’après ce que venait de me dire mon Créateur c’était ce qui lui avait plu chez moi. Je ne m’étais jamais vue comme une sorte de « lumière » pour lui avant cet instant. Il avait fallu que je passe à pas grand-chose de la mort pour le découvrir. Comme nous le disions souvent, mieux vaut tard que jamais. Cela ne changeait rien sur le papier, mais beaucoup de chose pour moi. J’étais d’autant plus flattée de son choix et surtout je regagnais une grande confiance en moi. Le vampire était l’être le plus important à mes yeux. Savoir que ce fait était réciproque était très gratifiant. Je savais qu’il avait toujours eu de l’affection pour ma personne, mais jamais à ce point là.

Et vous un challenge à relever on ne peut plus motivateur.

Je lui fis un sourire plein de sous-entendus, et de malice. Je m’étais approchée de lui d’un pas et avais pris la liberté d’encadrer son visage de mes mains. Je les noyais quelques secondes dans ses cheveux, avant de le lâcher. Je n’avais pas l’habitude de le toucher sans permission –trait que j’avais humaine, et qui s’était renforcé à son contact-. Je me dirigeais vers l’un des nombreux meubles de la pièce pour sortir deux calices, et une bouteille de sang frais, prélevé quelques heures plus tôt. Je nous servais de ce dernier dans les coupes que je venais de sortir, puis apporta l’un d’eux à mon Roi. Je buvais une gorgée de sang, me revigorant du nectar qui coulait dans ma gorge. Je m’empêcher de le recracher aux paroles de mon Seigneur et surtout à l’ordre qu’il me donnait. Je fis une grimace en disait long sur ce que je pensais de ce dernier. Je lui dis d’ailleurs, parce qu’après tout, c’était son désir que je ne me taise pas

En tant que votre créature, je ne peux vous désobéir. Cependant ne pas me laisser la possibilité d’en décider n’est pas un aspect que j’apprécie et vous le savez très bien. N’avez-vous donc pas assez confiance en moi ? Je sais ce qui est bon ou non de faire et cet ordre ne va pas du tout dans ce sens. Je refuse de partager la moindre chose avec mon fils si cela n’est pas nécessaire. Votre ordre va me contraindre à le faire lorsque je ne le désirerais pas. Désirez-vous vraiment m’écœurer ou me punir de ma demande ? Il n’a jamais été un de mes réguliers, et je ne désire pas qu’il le soit.

J’étais légèrement en colère de son action. S’il ne voulait pas revenir sur ce dernier et bien je trouverais un moyen de la contourner en ne m’approchant plus par exemple de mon fils ou en donnant un ordre contradictoire à ce dernier. J’étais sa créatrice et j’avais tout droit également sur lui et sur ses actions. Ce pouvoir, je ne l’usais qu’en cas de nécessité, comme me l’avais appris mon seigneur. Contraindre les siens ne permettait pas d’acquérir leur affection et surtout leur fidélité. Je n’aimais d’ailleurs pas qu’Augustus use de la sorte de ce dernier. Je n’étais plus une jeune vampire irréfléchie qui ne pouvait pas se retenir de se contrôler sans ordre direct de son créateur. J’étais maitresse de mes pensées et de mes actions et je n’aimais pas que l’on ne me laisse pas mon libre arbitre. J’avais toujours servi les intérêts d’Augustus sans qu’il ne me l’ordonner. Pourquoi le faisait-il à présent ? Non je n’aimais pas ça, pas du tout ça et mon regard pouvait lui faire part de ce mécontentement. Je quittais sa proximité pour me poster devant la fenêtre et admirer les lueurs de la lune. Mon verre toujours à la main je bus une gorgée avant de lui exposer mes idées concernant les shérifs vampires. J’en avais beaucoup, il était important que nous évoquions ce sujet. Je fis un signe affirmatif de la tête quand à ses réponses puis répondis à sa suite

Passage sous hide Et oui, sinon ce n’est pas drôle




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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 20 Mar - 22:14

    J'espérais que cette fois ci, les choses avaient été vraiment mises au clair avec Krystel. Je ne voulais pas lui faire de mal. Concrétement, je ne voulais pas non plus porter atteinte à ses enfants ; ce n'était pas parce que je les considérais comme incapables de soutenir une politique expansionniste des plus agressives que je comptais pour autant leur porter atteinte de quelque manière que ce soit. Je ne voulais pas leur tête à eux non plus. De quoi aurais je l'air, si on apprenait que je venais à massacrer toute ma lignée ? Non, c'était inconcevable, rien que ce calcul politique m'empêchait de leur porter atteinte, sans compter aussi les questions d'honneur et de justice. S'ils contournaient trop sévèrement la loi que j'avais édictée, par contre, je me verrais bel et bien forcé de les sanctionner aussi sévèrement que possible. Bien entendu, il ne s'agissait pas non plus de les assassiner en cas de meurtre d'humain ou ce genre de choses, mais je devrais me montrer ferme. Si les vampires savaient que je faisais le ménage chez moi, le message tel qu'ils le recevraient serait alors autrement plus clair ; ne me les brisez pas, sinon c'est votre tête que j'aurais ; voyez ce que j'aurais fait à untel rien que pour ce seul motif. Voilà, comment on gouvernait. D'une main de fer certes, mais en se montrant exigeant avec tout le monde.


    Bien sûr, les lois que je faisais ne me concernaient pas directement. J'étais un monarque absolu, le potentat de toute une espèce, et invincible qui plus est. Je n'avais pas à me retrouver entravé par quoi que ce soit, hormis par l'intérêt supérieur de l'épanouissement de l'espèce, ce qui passait par une lignée tentaculaire que je développais peu à peu, ayant déjà mis des siècles avant de trouver ma première et unique humaine à transformer. Je n'en avais jamais plus touché de la sorte depuis tout ce temps, et ne comptait pas le refaire de sitôt. Non pas que je porte ainsi un jugement péjoratif sur celle qui partageait mon existence, mais une c'était bien assez, et je redoutais la tension qu'il y aurait entre un nouveau venu et Krystel, voire même la jalousie que je pourrais ressentir en cas de rapprochement entre mes deux enfants de ligne successorale directe. Déjà que j'avais toujours du mal avec le fait que ma créature se laisse toucher par la sienne... D'accord, cela semblait logique pourtant, dit comme ça, mais ce n'était pas quelque chose que j'adorais tout particulièrement. J'aimais l'exclusivité de cette relation, et je savais qu'entre la Reine et son fils, il y avait plus que du sexe, et cela ne me plaisait pas outre mesure. Je me méfiais plus de lui que d'elle, il me fallait pourtant le préciser. Même si Krystel elle même ne le comprenait pas forcément de la sorte, il s'agissait pourtant de la vérité vraie. Je souris à ses paroles.



    | Tu me flattes. Tu aurais presque pu me vaincre, hier. Tu es plus belle et plus forte que jamais, je suis fier de ma création. |


    Parce que création, elle l'était vraiment, sans ambiguité aucune. Comme un artisan créature façonne son objet, j'avais fait de la même manière pour la Reine. Je l'avais fabriquée d'abord, en utilisant un matériau bien particulier ; sa personnalité de l'époque. Puis, je l'avais transformée, au delà même de sa métamorphose en vampire, alors que je l'avais façonnée, reconstruite en entier. Une base existante avait permis l'épanouissement de cette véritable œuvre d'art qui se tenait aujourd'hui devant moi. Déesse du meurtre, de la luxure et de l'intrigue politique. Elle était parfaite, elle était comme je l'avais toujours désirée. Je finissais cependant par devoir reconnaître que la belle avait raison, concernant son fils. Que je fasse tout l'un ou tout l'autre, cela allait lui poser un problème. Bah, n'avais je pas dit qu'elle devait faire comme elle l'entendait, se mettre à régner en bonne et due forme ? Je n'étais pas homme à revenir sur ses paroles, assurément. Et je pensais bien que j'aurais peut être un souci un jour, si je ne lui laissais pas les mains libres à ce niveau là. J'étais roi absolu certes, mais il fallait bien que je lâche un peu de mou à celle qui partageait bien plus que mon existence. Elle devait faire ses propres choix, et le cas échéant, ses propres erreurs. Je ne devais pas avoir plus de contrôle que nécessaire sur ce point en particulier. Je la regardais droit dans les yeux avant de lui répondre.


    | Fais comme tu l'entends en ce cas. Je te laisse les mains libres, tu devras choisir par toi même. Saches que je ne suis pas opposé à ce que tu choisiras de faire, peut importe ce dont il s'agira. Je ne désire ni t'écoeurer ni te punir. J'accède à ta demande. Ce que je t'ordonnerais néanmoins de faire, c'est de te comporter comme ton instinct le pousse à le faire sur ce sujet bien précis. Je ne veux pas que tu retires de choses négatives de notre conversation. Fais comme tu l'entends, je sais que tu feras au mieux. |


    Je le savais... Et elle le savait aussi. Krystel était intelligente. Elle savait que je n'en avais pas après elle, ni fondamentalement contre son fils. Je ne voulais pas la brimer, parce que si je l'avais élevée à son statut actuel, c'était aussi pour qu'elle apporte son point de vue et ses méthodes, de sorte à contribuer pleinement à l'exercice de notre autorité sur le reste de la nation vampire. J'allais donc lui lâcher la bride, voir comment elle se débrouillerait et les conséquences de ses actions. Je ne voulais pas que l'on en reste là, cependant. Je lui demanderais probablement des nouvelles de ce qu'il y aurait entre elle et son fils. Pas par jalousie ou par désir de contrôle, simplement parce que je ne pouvais pas me refaire et que je considérais toujours la maîtrise de toute information me concernant de près ou de loin comme une priorité absolue. Je ne pouvais pas passer à côté ; si elle avait ses responsabilités j'avais les miennes, et entrevoir d'éventuelles opportunités ou au contraire des dangers, en faisait partie. J'écoutais attentivement ce qu'elle avait à me dire.





    Je me redressais sur mon siège, me mit debout et vint embrasser ma Reine à pleine bouche.


    | Tu devrais rentrer, maintenant. Il reste beaucoup à organiser, et tes serviteurs doivent se languir de ta divine présence. Reviens me voir quand tu le pourras, ma douce. |


    Je lui caressais la joue avant de sortir de la pièce, et d'aller épancher ma soif de sang comme au bon vieux temps.
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MessageSujet: Re: « Soleil, feu et pensées n’ont point de fin. » [Livre 1 - Terminé]   

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