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Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Jeu 26 Jan - 22:55

« Hé merde. »

Le volatile fixait son paquet vide, continuant de fouiller le carton du regard comme si une de ses clopes allait apparaître d'un seul coup. A force de se concentrer sur sa boîte, il en oublia la route et prit conscience qu'il fonçait droit vers la mort à ce train là. Il vira dangereusement vers la droite, évitant de justesse une collision frontale avec une Suzuki. Il analysa les lieux qu'il traversait à bord de sa Porche, il ne connaissait rien de cette partie d'Edimbourg. Enfin rien, c'était abusé, il savait où se trouvaient les commerces mais quant à savoir de quels commerces il s'agissait. Normalement, il devrait trouver son bonheur. Alors qu'il observait les vitrines des premiers magasins, il fut à deux doigts d'écraser une petite vieille traversant lentement un passage clouté. Il freina abruptement et de justesse, il ne faucha pas la petite femme. Son pouls avait fait une embardée qui ne s'atténua pas de sitôt quand il réalisa que le conducteur le talonnant à bord de sa Fiat s'énervait de façon perceptible derrière son pare brise. Il lui adressa même un geste grossier. Camille serra si fort son volant qu'il crut que ses jointures allaient se briser. Il ne fallait pas se fâcher pour si peu, ce gars avait failli le percuter, c'était sa faute. Sa faute. Le riche héritier grinça des dents et lutta contre son envie d'aller frapper ce type, ou d'emboutir sa voiture, au choix. Il n'eut pas le loisir de peser le pour du contre, la fiat partit et lui se trouva une place de parking facile. Il se gara en deux, trois mouvements un peu trop brut et sortit du véhicule. Il appuya plusieurs fois sur la télécommande afin que l'engin soit verrouillé. A force d'enclencher le mécanisme, sa voiture se verrouilla, se déverrouilla pour après se verrouiller. Il devait rester zen. Il s'enfonça dans la ville et accessoirement dans la foule, cherchant frénétiquement des yeux le lieu convoité. Il bouscula quelques personnes en s'excusant à moitié. Dès qu'il aperçut la bonne boutique, il se jeta à l'intérieur.

Deux personnes devant lui, youpie. Le jeune homme dû contenir son envie oppressante de secouer le premier client qui hésitait entre deux sortes de chewing gum. Oui, vous avez bien lu du chewing gum. On aurait dit qu'il faisait l'achat du siècle. C'est sûr que de l'acquisition de pâte à mâchée est différente si celle-ci se présente en goût mentholé ou fruité. Camille fut reconnaissant que le second client mette moins de temps à se décider. Ses nerfs à vifs sans aucunes raisons, il faillit se ridiculiser à force de s'emporter pour rien. Dans un premier temps, il manqua de casser la fermeture éclair de son portefeuille et dans un deuxième temps, son argent manqua de fendre les airs. Le voleur s'autorisa deux, trois inspirations mesurées afin de se calmer sous les yeux interloqués du vendeur. Il pinça correctement les coupures voulues et fourra les billets sur le comptoir sans vraiment chercher à les défroisser. Le vendeur lui tendit ses cinq paquets de cigarettes – oui, bon, disons qu'il faisait ses réserves et un nouveau briquet. Le métamorphe dispersa l'ensemble de ses achats dans son manteau et sortit avant que l'homme n'ait eu le temps de lui rendre la monnaie. Aussitôt qu'il fut dehors, il alluma sa dose de nicotine ce qui l'apaisa grandement. Un vrai drogué. Surveiller sa consommation de goudron, n'avait-il pas parlé de ça ? Impossible, lui ? Il grignota le filtre nerveusement tandis qu'il arpentait les rues sans vraiment accorder de l'importance à l'agitation urbaine. Il ne se retourna qu'une fois sur une jolie femme qui lui avait adressé un sourire sympathique. Mais qu'est-ce qu'il fichait ? Le corbeau se gifla intérieurement. Sérieusement, ça ne devait pas tourner rond dans sa caboche aujourd'hui. Il arrivait déjà au bout de sa première clope, il s'arrêta pour l'écraser et en reprit une seconde aussi sec. Fumeur psychopathe. De mieux en mieux. Les effluves d'odeurs grasses et saturées lui parvinrent par grandes bouffées. Génial, il avait fait une halte devant le Mcdo. Peut être que c'était son côté bourge qui s'exprimait mais les fast food ça n'avait jamais été son truc. Son regard s'attarda cependant sur une silhouette familière. Comme si une force magnétique le forçait à pousser la porte pour la rejoindre, il fut attiré inexorablement dans ce lieu où se mêlait nourriture infect' et personnes bruyantes. Il jeta sa cigarette et pénétra dans l'affreux fast-food.

A l'intérieur, c'était pire, il coupa son odorat comme il put. Tous ses sens semblaient disjoncter et s'amplifier. En plein Mcdo, ça lui foutait la nausée et la migraine. Il s'assit directement face à la celte et analysa le monticule d'hamburgers qui se pressait entre eux. Aucune introduction, il fit comme un vieil ami de longue date en prenant place.

«  Hé bien on peut dire que t'as faim, toi ! »

Camille la regarda relever les yeux et il arriva à la trouver plus belle que jamais alors qu'elle dégustait de la bouffe immangeable. Il se mit à chipoter à son briquet, le faisant tourner nerveusement dans sa paume. Il la détailla avec insistance avant de détourner le regard. Il n'avait pas envie qu'elle le surprenne à la dévisager de la sorte. Bordel, qu'est ce qui lui arrivait aujourd'hui.

«  Pourquoi ils interdisent toujours aux gens de fumer ici... »

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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 27 Jan - 18:46

N'avez-vous jamais entendu dire que "Le monde appartient à ceux qui n'ont pas d'heure fixe pour les repas"? Quel manque de culture! En plus d'être mauvais vous êtes benêt! Ignorez vous donc qui est Anne Jules de Noailles? Ce fameux maréchal Français n'eut pas moins de dix huit enfants et ce avec la même épouse! Vous ne savez pas? Vraiment? Moi non plus, je vous l'admets. Je viens tous juste de faire sa connaissance. Je recherchais une jolie petite citation pour vous introduire la scène qui se déroule devant nous et voilà qu'il m'apparait avec toute sa sagesse! Vous trouvez ses dires un brin grotesque? Vous manquez d'originalité tout simplement. Ou vous faites partis de ces êtres ennuyants qui ne cessent de faire attention à ce qui franchissent leurs lèvres. La demoiselle que vous voyiez ici se moquerait de vous sans retenue. Vous le savez? J'oubliais que vous l'observiez depuis un certain déjà. La voir manger si tôt ne doit guère vous surprendre alors. Non, je reprend ma phrase. Qu'elle soit là encore à avaler un quelconque aliment ne devrait vous étonnées. Que la demoiselle ne le fasse pas serait bien plus étrange. D'accord, il y'avait de nombreux moments où sa panse n'était pas remplie alors qu'elle ne réclamait rien. Des instants de répits pour ce pauvre organe. Mais il faut admettre que l'inspectrice grignotait souvent. Parce-qu'elle aimait manger? Plus ou moins, mâcher, détruire lui permettait de canaliser une énergie qu'elle ne pouvait dépenser. Il en était de même pour ses angoisses. Présenter de la nourriture à un chien et il ne saura y résister? Exactement! Ah vous ne vous doutiez pas que je serais en accord avec vous! Pourtant cette remarque n'était que des plus véridiques. Ce n'était pas exactement son instinct animal qui la rendait si gloutonne en tant normal, je vous renverrais à quelques phrases au-dessus. Ce jour était différent, comme à chaque nouveau cycle. Ne pas pouvoir prendre sa forme canine l'énervait ou plutôt la mettait sous une tension intense. Sa faim s'accroissait. Son côté bête? Allez savoir! Non, un steak ne l'attirait pas forcément! Quoi que..Tiens! Bonne question! Est-ce qu'un métamorphe volatile désirait un ver même lorsqu'il était sous-forme humaine? Répugnant.

Si ce mystère saugrenue venait de la perturber sans véritable raison apparente? Arrêtez de la fixer et poser votre regard sur celui qui venait de lui faire face. Ce cher Camille...Une bonne surprise. Ce n'était pas vraiment le genre d'endroit où la jeune femme aurait pensé le rencontrer. L'avoir aperçu? Il n'y avait aucun doute que cela était sa motivation, après tout il n'avait aucun plateau dans ses mains. Pas assez distingué pour lui? Vu la respiration étrange qu'il avait, la demoiselle ne doutait guère que même les effluves de graisses et de fritures devaient l'écoeurer. Son sourire s'agrandit de plus bel. Oh non! Elle même n'appréciait que très peu ces odeurs fortes mais elle savait passer outre. À force d'habitude. Oui! L'agent se moquait mais un autre comportement aurait été étrange. Vous l'avez percée à jour. Sa mauvaise humeur n'était pas exactement la même que celle qui la perturbait le matin. Ce n'était qu'une impatience difficile à gérer. Quand les rayons nocturnes viendraient éclairer la ville , alors elle se transformerait. Mais ce ne pouvait être maintenant.La jeune femme devait apprendre à se canaliser. Et un immense chien n'était que dès plus repérables. Je me suis éloignée, pardonnez moi. Les lèvres de Tanwen ne s'étaient pas étirées juste pour rire du canari. Il y'avait derrière un plaisir de le voir. Et qu'il puisse braver ces miasmes peu ragoûtant juste pour lui parler était... flatteur? Il était vrai que le voleur faisait décalé dans ce fast-food mais cette originalité ne faisait que le rendre plus séduisant. Et il n'y avait pas que ses dents qui dévoraient, ses yeux aussi. D'autres pulsions qui s'exprimaient? Ou cachait-elle derrière un envie plus humaine? Non! Mieux valait penser à autre chose! Le monticule d'hamburgers était parfait et son regard se reporta sur celui-ci. C'est alors que son attention fut captée par une boite différente des autres.

"Je devrais peut-être mettre ça hors de ta vue."


Et avec une fausse gêne, l'agent vint cacher les nuggets sous diverses serviettes. Comment ça elle recommençait avec son humour vaseux? Elle cherchait juste à détendre l'atmosphère! Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer que le damoiseau était tendue. La lune pleine ne lui allait guère. Son stress était presque communicatif. Vous vous trompez, ce n'est pas sa main que l'écossaise allait venir attraper. Le désir de le faire? Il était présent. Les conséquences seraient pitoyables. Non, le briquet venait de changer de propriétaire. Le canari l'angoissait à le faire tourner en tous sens. Puis ne cherchait-elle pas à le calmer? Et ce non pas seulement parce-que sa tourmente atteignait la flic. Du moins pas dans le même sens que celui dit précédemment. La jeune femme n'aimait le voir ainsi. Et la raison ne vous en est plus inconnue. Si l'agent de police continuait à se mentir sur ce sujet? Non, plus vraiment sauf quand sa mauvaise foi décidait d'être plus forte que sa sincérité. Vous vous l'entendre? Vous êtes épuisant. Tanwen tenait à lui, cela vous convient ainsi? Je vois la lumière dans vos yeux. Vous vous moquez? Je ne vous dirais cette fois-ci, je suis agacée de m'énerver contre vous.

"Je suis spécialiste en canardologie. Tu devrais arrêter de fumer, tes petits poumons vont grillés...Tu veux que je t'offre un Happy Meal? Le jouet pourrait t'occuper."

Dans un élan enfantin, Tanwen lui tira la langue avant de prendre un autre hamburger. Si cela la répugnait? Certes, peut-être qu'un restaurant lui aurait été plus appréciable mais ce n'était pas de la bonne gastronomie qu'elle recherchait, juste de quoi mastiquer.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 27 Jan - 21:38

Alors qu'elle dissimulait les preuves de son crime, Camille jetait des regards frénétiques sur les gens entrant et sortant à leur guise du fast-food. Un sourire aurait dû s'afficher sur le visage tendu du jeune homme car il trouvait cette remarque particulièrement amusante. Pourtant, quelque chose l'empêchait de se relaxer. Mais quoi ? Il l'ignorait encore. Ne pouvant dérider ses traits, il opta pour la voix.

« Je comprends pas comment tu peux manger mes congénères de la sorte, panés, frits et bourrés d'additifs... »

Il se retint - de justesse d'ajouter que si elle voulait de la volaille saine il suffisait de demander, qu'il se portait volontaire. Mais où avait-il la tête ? Pour la tête, il n'en savait rien. Pour ses yeux par contre... Ils grignotaient les contours des lèvres de sa charmante compagnie. Le corbeau se força à concentrer son regard sur la table, réalisant qu'il perdait peu à peu le contrôle de son fichu esprit. Elle en profita pour lui dérober son briquet. Décidément, tout le monde aimait le lui prendre. Après Raybrandt, Tanwen. Sa réflexion lui valut un léger rictus à peine esquissé tandis qu'il se tournait vers le présentoir dévoilant le contenu du merveilleux happy meal. Génial des animaux en plastique qui se mouvait si on actionnait leur mécanisme. Quel innovation et quelle créativité. Alors qu'il s'apprêtait à répliquer, elle lui montra sa langue ce qui eut le don de le détourner de ses pensées actuelles. La tentation le chatouilla et il dût carrément respirer à pleins poumons l'air vicié pour s'en dissuader. Au moins avec un arôme pareil dans les alentours, il pouvait retrouver rapidement le chemin vers la Terre ferme. Il reprit son raisonnement là où il en était, à peu de choses près.

«  J'ai une chance sur cinq de tomber sur le petit chiot. Ça n'en vaut pas le coup. A moins que tu ne voulais avoir la nourriture à l'intérieur ? Si c'est le cas, je peux toujours aller te chercher ça. »

Lui ne prenait rien. Rien que la vue de cette nourriture le dégouttait. Pas qu'il n'aimait pas la malbouffe ou les choses trop grasses, juste que le concept du Macdo le répugnait. Franchement, y avait qu'à observer le choix des couleurs. Jaune et rouge vifs ça te saute à la gorge, te tue la rétine au passage et puis te donne des hallucinations. Criard et de mauvais goût. Ok, pour la tranche populaire, c'était peut être juste joyeux et festif, invitant aux retrouvailles familiales. Un beau marron aurait fait l'affaire pourtant. Le volatile faisait pianoter ses doigts sur la surface lisse de la table. Sortir fumer ou non ? Franchement de ses deux envies, il ne percevait pas laquelle le rendait captif de son état actuel. L'envie d'inspirer du goudron ou bien l'envie de rester près la celte. Enfin rester... Il envisageait d'autres choses que celle de demeurer sagement attablé. Il coula un regard plutôt significatif à la métamorphe avant de se reprendre. Le riche héritier décortiqua mentalement son comportement affligeant et nota la présence de plusieurs défaillances. Il calcula intérieurement le nombre de jours écoulés depuis la dernière... pleine lune. Camille dû blêmir à vue d’œil quand il identifia la raison de sa nervosité. Non, non et non. Il fit reculer sa chaise et hésita même à quitter le lieu en focalisant ses prunelles sur la sortie. L'ampleur de cette attirance commençait à l'achever. Fichu instinct animal.

« C'est la pleine lune ce soir ?»

Oui, il avait besoin d'une confirmation, pour être certain que son calcul mental n'était pas le résultat de sa démence intérieure. Franchement, l'attraction qu'elle exerçait sur lui n'avait rien de nouveau. Bon, là, c'était clair que ça prenait des proportions un peu plus démesurée... Même la frousse ne l'atteignait plus. Oui ça pouvait devenir dangereux si la peur n'intervenait pas...

« Je devrais peut être pas rester si c'est le cas... »

Le danger ? Le danger c'était qu'il finisse par lui sauter dessus. Il savait que la retenue qu'il conservait s’effondrerait bel et bien quand l'astre lunaire s'épancherait. Peut être même avant. Pas sûr qu'il voulait atterrir dans le lit de l'agent de la sorte. Pas sûr qu'il soit prêt à assumer cet écart. Ses sens lui dictaient l'inverse. Une lutte inégale. Le voleur ne bougea pas d'une plume. Conscient que ça pouvait ne pas finir comme ça. Ah, si il avait eu plus confiance en lui, il ne se serait pas remis en doute aussi aisément. De toute façon, ça n'était pas parce qu'il la désirait, qu'elle le désirait en retour. Est-ce que c'était censé le rassurer ? Franchement, ça ne le réconfortait en rien. Au contraire, il aurait aimé susciter chez elle une réaction qui lui montre ou démontre ce qu'elle en pensait. Bon sang. Le corbeau se prit la tête entre les mains. Il se sentait comme le Docteur Jekyll and Mister Hyde, s'acharnant à délimiter ses deux personnalités qui se débattaient dans sa cervelle. L'un des deux finirait par l'emporter et avec l'approche de l'astre lunaire, on savait sur qui on devait parier. Elle s'essuya la bouche de façon anodine offrant à Camille un peu plus de braises pour préparer son bûcher. Poulet rôti. Complètement cui. Il voila ses yeux de sa main qu'il cala sur son front. Le métamorphe aurait voulu lui reprocher son état mais ça n'était pas de sa faute à elle. C'était lui le soucis. Clairement. Il aurait aimé se taper le crâne contre la table afin de s'ôter tout ça de la tête. Mais soyons raisonnable, il risquait d'effrayer les mômes qui gloussaient autour d'eux. En parlant des gosses, autant dire que le jeune homme avait envie de les étouffer avec leurs frites tant ils hurlaient et faisaient des caprices pour peu de choses. En temps normal, il s'en serait accommoder. Un enfant vivait, on ne pouvait pas l'interdire de s'exprimer. Seulement là, il ne se trouvait pas dans son état normal et ses seuls besoins étaient de les faire taire coûte que coûte. Quitte à ce qu'ils avalent leur saleté de jouets en PVC provoquant des couinements atroces quand ils se déplaçaient au sol. Démoniaque ? Il préférait dire sur les nerfs. Chaque son, chaque odeur s'amplifiait et devenait incommodante. Il finirait par filer pour se transformer de toute manière. Il avait du boulot pour ce soir mais ça attendrait. Si il avait vérifié le cycle lunaire, il n'en serait pas là. Non, il aurait sûrement tout fait pour l'éviter, elle en particulier.

« T'as des projets pour cette nuit à part dévaliser les fast-food ?»

Ça lui avait échappé. Un sourire tordu fit son apparition. Il avait intérêt à sortir de là. Incapable de la planter là, incapable d'échapper à ce magnétisme. Tant pis. Trop tard.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 27 Jan - 23:15

Quel être cruel que voilà! Dévorer une famille entière était tellement...Désolée, l'émotion me fait perdre les mots. Tant d'ignominie si peu dissimulée! En plus ce bourreau osait sourire! Amusé par la remarque de la pauvre victime. Que quelqu'un lui coupe la tête! Tiens vous! Non vous ne voulez pas? Comment? Je vous effraie? Mes délires vous dépassent? Alors qu'en seraient-ils de ceux de la jeune femme? Je ne suis sûrement que le pur produit de son esprit. Ou je vous le décode, je n'arrive toujours pas à savoir qui je suis. Crise identitaire sans nul doute. On en passe tous par là un jour ou l'autre. Même Camille avait du le faire! Un être déjà si perturbé juste par une petite lune ronde avait du avoir une adolescence terrible. En était-il sorti? Peste que voilà! Elle recommençait à se moquer. Effet de l'astre nocturne? Tout à fait possible. Il pouvait très bien accroitre ses plaisanteries et ainsi les rendre plus intenses. Balivernes? La celte était toujours ainsi? Oui, elle n'avait eu de cesse de vous le prouver. Mais peut-être qu'elle calmait ses pulsions trop ardente de cette sorte. L'envie de manger? Vous êtes restées sur celle-là? Ne seriez vous pas un peu lent? La policière avait déjà presque oublié celle-ci, dérangé par un désir tout autre. Je suis étonnée que vous n'aviez remarqué celui-là, généralement le sexe vous fascine. Crue? Moi? Non juste que je ne mâche pas mes mots, tout comme Tanwen. Posséder le poussin était devenue intense. Ses yeux naviguaient entre ses lèvreset son sandwich, la volonté de tester leur saveur la tracassait. Sa peau semblait délicieuse et la jeune femme se voyait déjà découvrir le goût de sa gorge nue. Meilleur que l'hamburger? Mais vous êtes encore plus étrange que moi! L'idée ne lui aurait même pas traverser l'esprit à cette petite celte. Mais maintenant que vous venez d'en parler, vous ne faites qu'encore plus la tenter de faire cette étonnante comparaison.

"Tu l'as déjà le chien, ou presque. Je crois qu'il t'attend."


Une allusion perverse? Plus ou moins. Comme souvent, l'écossaise n'avait guère réfléchi à ses paroles. Oh tant pis! Camille devait parfaitement savoir dans qu'elle état elle devait être. Où alors était-il trop centré sur sa personne? La jeune femme n'en aurait guère été étonnée, les riches sont si égocentriques. D'accord, encore un préjugés mais elle n'avait envie de gérer sa façon de percevoir le monde ce soir. Tant pis pour les convenances sociales! Elle n'en avait pas? Vous exagérez! Je dirais plutôt que la demoiselle n'en possédait presque pas. Il y'a toute une nuance derrière. Laissons de côté ce sujet si ennuyant. Il y'avait plus intéressant. Le canari lui donnait un spectacle des plus....originales. Etait-il toujours ainsi à chaque nouveau cycle? Si cela était le cas, Tanwen se ferait le plaisir de lui rendre visite ce jour là dans le mois. Non, en aucuns cas elle ne se délectait de son tourment, il ne lui était guère inconnu puisqu'elle vivait le même. Mais l'intensité semblait moins forte. Ou alors la demoiselle savait mieux se contrôler. Normal après tous, les hommes sont des bêtes, les pulsions du canard devaient être plus grandes et difficile à gérer. Ou alors ce n'était qu'une petite nature mais cette option ne plaisait aucunement à l'écossaise. Alors autant ne pas la garder non? Elle se moquait déjà bien assez de lui alors pourquoi l'humilier? Même intérieurement, cela ne se faisait pas.

Ronds comme des billes seraient le terme approprié pour décrire les yeux de Tanwen. Il ne savait pas que c'était la pleine lune? Camille avait réussi à y oublier? Etait-il un vrai méta? Peut-être était-il vraiment encore un poussin qui ne savait ce qu'il lui arrivait? Un pauvre oisillon tombé du nid auquel personne n'avait rien apprit et qui n'avait pu trouver une aile protectrice et formatrice. Oui bon d'accord, l'huile commençait à l'atteindre plus que de l'alcool.Sûrement avait-il eu d'autres préoccupations. Comment ça? La celte ne faisait que le défendre à présent? Aïe. Décidément, l'attirance qu'elle avait envers lui ne lui allait pas. Mais rassurez vous, la flic n'en était pas encore arrivé au point d'excuser ses larcins. ou plutôt le fait qu'il l'empêche de le mettre derrière les barreaux. Si elle le souhaitait encore? Je crois que nous avons déjà eu ce sujet! Il se fait tard, ma mémoire se fatigue. Je n'évite pas le sujet! Enfin si et je continuerais à le faire! Cessez d'insister et apprenez à devenir moins capricieux.

"Ce que je fais ce soir? Comme toujours lorsque la déesse de la nuit nous dévoile toute sa rondeur, je comptais calmer ma faim de loup en dévastant chaque restaurant qui passait sur mon chemin. J'ai presque fini, plus que quelques nuggets et j'achèverais ma mission. Après, mon énergie se devra d'être extériorisée. J'irais peut-être m'amuser sous ma forme animale. Ah et je choisirais le premier homme qui se présentera à moi pour assouvir sauvagement ma libido. En l'occurrence, ce soir ce sera toi. Pas de chance!"

Méchante? Presque! Lance de tels dires ne laissait de marbre. Et restreindre son imagination n'était que peu aisé. Mais Tanwen savait que les pulsions sexuelles du jeune homme devait être comme les siennes, en recherche d'amusement. Alors pourquoi ne pas le titiller dessus? Si elle pensait ne pas lui plaire? La celte n'en savait rien à son plus grand damne. Mais pareille remarque ne pouvait que l'agiter.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Dim 29 Jan - 19:11

De ses deux remarques, la dernière gagnait haut la main le palmarès de réplique déstabilisante. Le riche héritier serra les dents , à mi-chemin entre la fureur et le désir. Bon sang, si il n'avait pas oublié ce fichu satellite, il aurait pu s'y préparer. D'habitude, il semble plus normal que ça. Oui, bon, d'accord en règle général, il s'enferme chez lui et tente de limiter ses interactions avec l'extérieur jusqu'à ce que la pleine lune le rattrape. Au moins, il conservait plus de retenue. Là, il parvenait tout juste à retenir ses actes. Oui, il savait contenir un minimum de bienséance, sinon il aurait déjà atteint la bouche de la jeune femme. Seul son regard devait trahir cette perte de contrôle, bien conscient de cette faille, il préférait ne pas accrocher ses yeux. Sa nervosité avait redoubler tandis qu'elle avait fait naître milles & une images dans son crâne. Des scénarios pour le moins osés. Camille se mordait l'intérieur de la joue avec un peu trop d'intensité pour maîtriser son trouble, un goût de sang s'épancha sur ses papilles. Ridicule. Il ria silencieusement de sa propre bêtise avant de se pencher vers la métamorphe. Non, il aurait dû s'en tenir à son plan initial, échafaudé entre deux pulsions. Sortir, se taire et prendre l'air. Malheureusement, sa tête passait déjà outre l'océan de déchets et s'arrêta à quelques centimètres de Tanwen.

«  J'aurai pu te dire que je ne voulais pas être que le premier venu. Mais là franchement, je m'en fiche, tant que tu me laisses être ce gars.»

Le jeune homme avança sa main jusqu'à la sienne. Si résister sans qu'aucuns contacts physique ne s'opèrent, était déjà laborieux, je vous laisse imaginer ce que c'était alors qu'une partie de sa peau se serrait contre la sienne. Sa paume enveloppa celle de la celte, elle irradiait. On ne pouvait dire qu'il avait particulièrement froid mais l'épiderme de son interlocutrice dégageait un peu plus de chaleur. Ce geste chaste n'aurait pas dû provoquer en lui cette envie d'en susciter d'autres. Ses prunelles vinrent enfin percuter les teintes chocolats émanant de ses yeux à elle. C'était une mauvaise idée de jouer sur ce terrain. Pourtant, il le fallait. Jouer avec le feu pour se sortir de cette situation. Peut être se brûlerait-il ? Il l'espérait.

« La seule chose qui me retient c'est ce lieu et ces gens. »

Parler ne faisait pas parti de ses projets et il ignorait même pourquoi il avait prononcé ses mots. Son pouce caressa la ligne de son poignet jusqu'à atteindre ses doigts, il les noua au sien de sorte qu'elle fut forcée d'ouvrir sa paume et de lui présenter l'objet qu'elle avait retenu en son sein. Le briquet. Le voleur laissa son autre main récupérer l'objet et le remettre en place dans sa poche. Maintenant, il ne restait plus qu'à franchir la porte. Il ne restait plus qu'à... Ca semblait si simple quand il se projetait cette stratégie mentalement. Pourtant, ça ne l'était pas. Pas du tout. Il n'arrivait pas à ôter ses doigts, pas plus qu'à se décrocher de son regard. Aucune issue à cette attirance. Ce qu'il le retenait ? Le lieu évidemment. Aussi démente que soit son envie, jamais il n'aurait flirter effrontément dans un fast food. La bienséance et le bon sens avaient quand même une certaine emprise sur son esprit. Heureusement d'ailleurs. La main de Camille se détacha de la sienne pour frôler son bras et son avant bras. Il aurait aimé gagner sa nuque, sa joue, ses lèvres, juste les parcourir du bout des doigts. Les cris des enfants le ramenèrent à l'endroit, aux conditions et puis à sa conduite. Il se leva aussi sec et d'un pas enragé, prit la sortie. Il fit quelques enjambées de sorte à ne plus faire face aux vitres et à être voilé en partie par les ombres.

Fébrilement, il amena une cigarette à sa bouche et entreprit de l'allumer. Il dû s'acharner sur sa source de chaleur qui refusait de provoquer une étincelle. La première bouffé détendit quelque peu les muscles de son dos noués sous la pression qu'il exerçait. Tous ses efforts pour ne pas exagérer l'avait laissé endolori. La nicotine atténuait vraiment sa nervosité. Il ne savait pas si il parviendrait à regagner son appartement en laissant Tanwen là où elle était. Franchement, sa provocation ne l'aidait pas à se décider. Ses phrases ne cessaient de gigoter dans son esprit le rendant captif de son avidité. Bordel, il ne voulait pas finir dans son lit comme une aventure d'un soir particulier. Ils n'étaient qu'instincts, ils ressemblaient davantage à des animaux qu'à des êtres humains. Regardez, même la peur de s'engager dans quelque chose de plus sérieux ne pouvait retenir ses pensées. Tout partait en diagonale. Cette nana allait finir par lui faire perdre la tête. En fait, c'était déjà fait. Sinon, il se serait déjà rendu à l'évidence que fuir était sa seule solution. L'obsession le tiraillait continuellement. L'approcher, la frôler, la toucher. Le corbeau passa ses paumes dans ses cheveux, cherchant presque à les arracher tandis que ses lèvres se pressaient contre sa clope. Une bourrasque lui offrit un peu de douceur au milieu de ses cogitations enfiévrées, régénérant un peu de son sang froid. Le vent lui rafraîchit les idées et il finit par relativiser. Elle le cherchait aussi – du moins si ça n'était pas le cas elle jouait bien la comédie. Si il finissait par se produire quelque chose, hé bien ils seraient tous les deux responsables et tant pis. On verrait pour la suite. Il pariait qu'il finirait par regretter même si tout son corps et ce qu'il restait de conscience lui dictaient le contraire. Partir maintenant ne pouvait même plus être envisagé. Il la désirait trop pour ça.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mar 31 Jan - 21:57

Doucement, ses mains étaient venues se poser sur sa nuque. Une peau dont la fraicheur contrastait avec la chaleur que son propre corps dégageait. Sa douceur invitait à la caresse. Laisser ses doigts la parcourir devait être un délice. Comme lors d'un premier contact avec la plus raffinée des soies. Le plaisir devenait indescriptible, trop intense pour qu'un mot ne puisse le qualifier. La tentation ne se permit pourtant de se permettre tel plaisir. Quelle frustration! Vexant! Irritant! Si elle ne pouvait se contenter d'un contact aussi bref? Seriez-vous un brin idéaliste? Résisteriez-vous dans pareille situation? Oui? Menteur! Orgueilleux! Vous vous surestimez. Ce que la jeune femme ne faisait pas. Pour une fois? Je vous l'accorde. De toute façon ses facultés cognitives n'étaient-elles pas toutes annihilées? Plus aucune réflexion ne venait la déranger. L'instinct l'animait. Il lui parlait, la guidait dans ses actions. Ses choix? Il les prenait à sa place, sans même la consulter. Et toutes raisons avaient été enchainées là où nul ne pourrait les délivrer. Leurs cris étaient inaudibles. Les pulsions, dans leur sadisme, les avaient rendus muettes. Maitresses, elles contrôlaient la celte comme la plus pitoyable des marionnettes. Les ficelles qu'elles tiraient l'avaient amené à prendre contact avec son épiderme. Son désir était loin d'être satisfait. Avec une certaine vélocité qui n'était dénuée de délicatesse, ses lèvres vinrent se déposer sur celles adverses. Une étrange sensation vient à l'envahir. Un mélange d'excitation, de soulagement et un tant d'autres que l'écossaise ne pouvait décrire. En restez là? Ce que la demoiselle aurait fait si sa conscience n'avait été éteinte. Ce qu'elle faisait? Voulez-vous mes lunettes? La saveur du Français n'avait eu tôt fait d'être découverte et elle lui plaisait. La cigarette? Elle rendait ce baiser quelque peu plus pimenté. Moins anodin. Difficile de s'en tenir là. Il devint plus fougueux, sa langue venant caresser son palais et...Arrêtez ce fantasme? Je suis fascinée, vous arrivez à présent à vous plonger dans ses rêves?

Revenons donc à cette triste réalité où ses lèvres ne faisaient que se déposer sur cette paille. Son repas ? Fini. Alors qu’attendait l’inspectrice ? Elle n’en savait rien . Que le canari s’en aille ? Qu’il parte suite à ses provocations ? Tiens, Tanwen les avaient-elles trouvé sa réaction amusante ? Un premier temps oui mais voilà qu’il lui rendait la pareille. Dans le même but ? Qu’en pensez-vous ? Vous aussi songez que le volatile avait été sérieux. Cette étincelle taquine n’avait éclairé son regard. Il était sérieux. L’arroseur arrosé ? Je n’ai jamais eu d’affinités avec cette expression mais oui, elle était appropriée. L’esprit de la jeune femme n’avait pu s’empêcher alors de divaguer dès lors que le criminel l’avait touché. Un contact qui n’était pas sans conséquence. Ridicule ? Je ne pense pas, langues de vipères. La lune faisait son effet sur la demoiselle même si elle essayait de le refreiner. Mais soyons honnêtes, l’astre nocturne n’était pas le seul fautif. L’attraction que le poussin avait sur elle était importante. Devenait-elle canarophile ? Vous m’effrayez de plus en plus. Vous n’êtes pas seulement surprenant, vos remarques deviennent de plus en plus déplacées et tordues ! Auriez-vous trop lu Freud ? Ah ? Vous n’en êtes pas adeptes ? Alors je suppose que vous avez préféré Mélanie Klein. Un mauvais jugement de valeur ? Vous ne pourriez pas reporter votre attention sur l’agent de police ? Observer ce gobelet qui se tordait sous une pression trop forte. Elle tentait de se contenir. Tâche ardue. Mais ce n’était pas le plus compliquée. Que faire ?

Sa chaise venait d’être repoussée avec brutalité, attirant le regard des clients dont la celte se moquait éperdumment. La discrétion n’avait jamais été son fort. Avec une certaine hésitation qui ne lui allait guère, la jeune femme repoussa les portes de l’ersatz de restaurant. Non ! Elle n’était en aucun cas en train de réaliser son fantasme. Vous croyiez vous dans un roman Arlequin ? D’accord, je vais arrêter de faire les mauvaises fois, on en était pas loin. Ses mains sur les épaules de ce cher Camille, son visage venait de se rapprocher du sien. Ses lèvres ne se contentèrent d’effleurer sa joue cette fois. Ce fut un doux baiser que Tanwen déposa sur sa fossette. Elle aurait en finir là mais non ! Sa bouche vint prendre contact avec celle du continental. Est-il utile de vous précisez que s’en séparer sans aller plus loin fut difficile ? Un petit sourire qui se voulait amusé naquit alors que la policière se reculait.

« Woah j’en aurais presque eu la chair de poule ! Pas toi ? Ah non, excuses moi, tu es toujours ainsi. J’ai vraiment parfois une cervelle de moineau. »

Voilà que la jeune femme recommençait ! Son humour redevenait un bouclier pour cacher son embarras . Si ses envies s’étaient calmées ? À votre avis ? Son idée avait été mauvaise, ses désirs n’étaient devenus que plus important. Une stratégie ? D’accord, plus ou moins mais taire certaines de ses pulsions avaient bels et biens été là. Et comme l’affirmait Wilde « le meilleur moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder ». Certes, certes…Cet écrivain n’était pas des plus sages mais vous ne pouvez lui reprochez de ne pas avoir eu de bonnes pensées. Tanwen n’aurait pas acquiescé à cette pensée en temps normal mais elle lui convenait parfaitement ce soir. Tenter de toutes les mettre à exécution ? Quelque chose la gênait, il n’était pas un de ces hommes pour qui elle n’avait aucune estime. Il était plus. Malheureusement ? Oh arrêtez de chercher la petite bête ! Quand au fait que Camille aurait pu la repousser à nouveau ? Cette crainte l’effrayait et pourtant…Ne lui avait-il pas déjà montré qu’elle lui plaisait ? Non ! Les femmes ont tendances à trop interprêter. Son côté animal n’avait fait que s’exprimer ce soir ! Et pourtant…

« Si je dois un jour finir dans ton lit, je préférerais que ce ne soit pas comme une de tes aventures. Tu vois c’est réciproque ! Tu n’es pas un vulgaire morceau de bœuf pour moi, enfin de poulet.Je vais te dire un secret mais évite d’aller le piailler ! J’ai de l’estime pour toi. Mon côté flic se corromps pour un rien, j’ai même pas encore reçu ton matelas ! ».
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mer 1 Fév - 1:38

Les ténèbres avalaient peu à peu sa silhouette, ouvrant à la pleine lune, ce nouveau royaume qu'elle s'apprêtait à gouverner. L'astre n'ajoutait que du trouble à son état, il s'amusait à chambouler ses raisonnements. Soyons plus clair, cette saleté de satellite ôtait une bonne partie de son humanité. Il détestait ça, devenir captif de pulsions et d'instincts primaires. Toute liberté présente des chaînes. Être métamorphose avait bel et bien un prix. Il aurait juste aimé payer la note plus tard, quitte à ce qu'on lui fasse crédit. Ce soir, pour la première fois, il aurait aimé être un humain normal. Peut être, aurait-il pu être plus préparé à ce qu'il allait suivre. Du moins, aurait-il pu analyser la situation avec un semblant de recul ce qu'il ne possédait pas à l'instant même car chacune de ses pensées dérivaient sur des scènes plus ou moins osées. Quand il l'aperçut hors du fast food, il comprit qu'il était fichu. Deux espoirs avaient martelés sa carcasse. Le premier, qu'elle ne le voit pas, dissimulé par l'autre bâtiment, qu'elle s'en aille puisque lui n'en avait pas la force. Oui, bon, soyons sérieux, il n'aurait pas parier sur sa bonne conduite, il l'aurait à tous les coups poursuivie mais écartons ça pour le moment. En ce qui concernait sa seconde attente, hé bien, elle se mua en réalité. Elle amena ses paumes sur ses épaules alors qu'il abaissait sa cigarette de sorte qu'elle ne soit plus une barrière entre leurs deux corps. Ses lèvres rencontrèrent d'abord sa fossette – ou devrions nous dire sa balafre ? Mais c'est une autre histoire. Ce simple toucher abolit tout signe de cohérence, le voleur n'était plus qu'un amas de sens. Camille ne bougea d'un iota, il préférait savourer cette sensation. Elle dévia sa trajectoire pour venir cueillir sa bouche. Il cessa de respirer le temps que dura ce contact. La main qui ne tenait pas sa clope voulut partir, retenir la nuque de la celte, prolonger ce baiser, le faire muer en quelque chose de plus intense. Avant qu'il n'esquisse le mouvement, elle avait déjà réajusté sa position et reculé. Le corbeau cligna des yeux, ahuri. Même son corps accusait quelques frissons de retard. Il la fixait en ne comprenant pas ce qu'il venait de se produire. Produit de son imagination ? Non, même dans ses fantasmes, le goût de ses lèvres n'avait pas autant de finesse, autant de saveur. L'oiseau écouta sans broncher le discours qu'elle lui servit après l'assaut. Elle faisait de l'humour, ça aurait pu, ça aurait dû lui arracher au moins un sourire. Alors pourquoi cette absence de réactions ? Il était tout bonnement perdu et ça n'était pas avec ce qu'elle amenait oralement qui allait l'aider à s'en sortir. Elle lui resservait ses propres excuses désormais. Comment pouvait-elle lui offrir sa bouche pour après lui faire comprendre qu'il n'aurait rien d'autres cette nuit ? D'accord, c'était bien fait pour lui. Il avait à peu près eu ce genre de réactions après son baiser avorté. Néanmoins, il avait bien été avorté ce baiser. Là il avait un échantillon, il voulait plus. Il désirait tellement plus. Et lui faire un coup pareil alors que la lune les observait en se délectant de ses effets, tout bonnement indigeste. Cherchait-il des excuses ? Oui, un milliard, à peu près. Peu importe ce qu'il trouverait, il allait devoir justifier ses actes le lendemain matin. Pas sûr que ça tienne la route.

Lutter contre ses envies l'écrasait littéralement. Si il continuait à rester là, paralysé face à Tanwen, il risquait de commettre d'autres stupidités. Ses fichus yeux l'enfermaient dans ses hallucinations, lui promettaient de nouvelles illusions. Après un ultime effort, il parvint à se détacher de son magnétisme. Non, ne voyons pas trop gros, il parvint juste à décoller son regard de ses prunelles chocolats. Le métamorphe reprit une nouvelle bouffée de nicotine anéantissant quelque peu l'arôme qu'elle avait laissé. Dommage. Il indiqua d'un signe de tête les rues qui s'alignaient devant eux, l'invitant à le suivre. Il se mit à marcher. Oui, c'était la bonne attitude. Bouger lui permettait de canaliser toute sa frustration, il cherchait à oublier à quel point, il avait envie d'elle, à quel point, elle le fascinait. Aucun mot ne sortit de sa gorge pour la simple raison qu'il préférait garder chaque parcelle de son énergie active dans le maintien d'une certaine retenue. Tandis qu'ils évoluaient sans but précis dans les chemins d'Edimbourg, le volatile ressassait son monologue, s'arrêtant sur les parties qu'il jugeait importante. Estime ? Oui bien sûr mais pas seulement. Lit et matelas faisaient bien aussi parti du lot ainsi que frissons. Le riche héritier mordait son filtre à défaut de trouver un autre défouloir pour l'instant. Si elle parlait ? Il n'aurait su le dire. Sa conscience se focalisait actuellement sur sa démarche, le nombre de pas qu'il effectuait et la mesure de ceux-ci. Facile à garder en tête, facile pour se couper du reste. Un pas, deux pas, un coup d’œil vers le ciel, la pénombre gagnait sa combat. Trois pas, quatre pas, sa veste effleura le bras de Tanwen. Cinq pas, six pas, le regard définitivement baissé pour ne pas être tenter. Sept pas, huit pas, son parfum lui chatouillait les narines. Neuf pas, dix pas, presque plus personne à l'horizon. Dix... Onze pas, douze pas, les rues serpentaient ci et là donnant accès à des ruelles. Quatorze pas, seize pas. Ses yeux détaillèrent la courbe de sa nuque, mince. Vingt pas, trente pas. Il aspira nerveusement le goudron restant. Cinquante pas et puis peu importe, ça devenait n'importe quoi. Cette situation était un grand n'importe quoi. & elle valait largement tous les risques.

Camille jeta sa cigarette à terre et prit le poignet de la brunette d'un même mouvement jusqu'à l'amener dans un coin tranquille, désert à quelques enjambées de là. Au coin d'une ruelle, proche de ce qui devait ressembler à un parc, à l'abri de toute civilisation, il lâcha la main de la métamorphe. Ses yeux s'enfoncèrent dans les siens une demi seconde puis il plaça sa paume contre sa nuque laissant son pouce courir sur la courbe qu'empruntait son cou. Il pencha sa tête pour laisser ses lèvres rejoindre ses doigts. Elles remontèrent jusqu'à gagner sa mâchoire puis le coin de sa bouche. Là, il prit le temps de respirer, réalisant qu'il avait de nouveau aboli l'existence d'oxygène dans ses poumons. Il couvrait la commissure de ses lèvres de son souffle. Percevait-elle son pouls ? En tout cas, lui en avait un aperçu. Sous la paume qui retenait sa nuque, sa veine palpitait. Camille glissa sa bouche jusqu'à la sienne. Il se contenta de ce contact durant quelques secondes. Puis, il entrouvrit lentement ses lèvres, récoltant peu à peu la saveur de son souffle. Ensuite, il laissa sa langue atteindre la sienne, il ne fit que la frôler dans un premier temps avant de raffermir ce contact. Si ce baiser s'était voulu doux au début, presque contenu, il avait gagné en audace à mesure qu'ils s'embrassaient. Les pans de sa retenue longeaient son exaltation et l'indécence grignotait leur échange. Le voleur s'était refusé à enrouler la taille de la jeune femme. La serrer contre lui risquait de le rendre davantage fou. Il aurait aimé l'étreindre cependant. Enlacer cette réalité. Un bruit détourna leur attention. Le français ignora complètement le son et prolongea leur baiser avec un peu plus d'intensité cherchant à les ramener pleinement à cet instant. Il finit par braver son interdit et laissa son autre bras se poser dans son dos afin de la maintenir contre lui. Un vacarme suivi et il ne put davantage ignorer la source de ce chaos. Le métamorphe ôta sa bouche de la sienne et observa les environs. Un groupe de jeunes allait bientôt entrer dans leur champ de mire. Camille lâcha sa prise et se redressa. Il observa l’attroupement d'écossais filer devant eux tout cherchant à se calmer. Sa respiration hachée et ses muscles crispés ne trompaient personne.

Une fois, qu'ils furent à nouveau seul, le jeune homme s'autorisa un sourire qu'il communiqua à sa voisine. N'allez pas croire que l'envie l'avait déserté. Bien au contraire, son avidité atteignait des sommets et son seul désir était de replonger aussi sec sur les lèvres de la celte. Seulement... seulement quoi ? Hé bien voici la réponse.

« Au fait, moi aussi, j'ai beaucoup d'estime pour toi. »

Ça suffisait pour ce soir. Non ? Bien sûr que non ça ne suffisait pas du tout mais elle avait raison. Ils avaient déjà franchi une limite autant ne pas toutes les enfreindre en une seule nuit dans l'ivresse du moment. Des mensonges gros comme ce maudit satellite ? Oui, possible. Camille s'alluma une autre cigarette. Encore ? C'était ça ou se taper la tête dans un mur pour s'ôter des images obscènes du crâne. Le tabac semblait plus conventionnel non ? Tout en fumant tranquillement, l'oiseau défit les premiers boutons de sa chemise. Il surprit le regard de sa compagne ce qui élargit amplement son rictus. Que croyait-elle ? Ah, il aurait préféré l'ignorer car cela suscitait d'autres scénarios. La meilleure question à se poser était plutôt ce qu'elle espérait ? Il ne détenait pas cette réponse mais ça faisait parti du jeu.

« Ça te dit une virée nocturne ? Je n'ai pas encore eu le plaisir de te croiser sous ta forme canine. »

La seule issue à cette envie. La transformation. Au moins, il ne risquerait plus de craindre chacune de ses décisions. Décision qui pourrait l'amener à froisser les draps de la partie adverse.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Sam 4 Fév - 23:04

Vicieux! Voilà ce que vous êtes. Et je restes polis. Comment? Si la scène qui se déroule sous nos yeux me plait? J'avoue mon péché, j'ai toujours eu un faible pour les histoires à l'eau de rose. Contrairement à l'héroïne de cette aventure. De la romance? Drôle d'idée rejetée par la demoiselle. Ou qu'elle aurait fait taire si sa raison l'avait animé ou si elle avait été apte à réfléchir. Mais elle ne l'était plus, devenant qu'un être de sens et de désirs. Toute lucidité l'avait quitté lorsque le jeune homme était venu poser sa main sur sa nuque. Un geste pourtant si simple...Il fallait peu pour la déstabiliser? Détrompez-vous. Ce Français l'a changeait et elle s'en maudissait. Et elle n'aurait de cesse de le faire quand leur échange se finirait. Pour l'instant, l'inspectrice ne pensait plus à rien d'aussi dérangeant. Le contact de sa peau contre la sienne et la chaleur de son souffle étaient centre de son attention. Le repousser ? Elle aurait du. Et pu ? Vous le devinez. La seule étincelle de volonté qui régissait en elle venait de s’envoler aux baisers qu’il déposait dans son cou. Des frissons la parcouraient. Tout son être se languissait d’autres caresses, espérant qu’elles viennent à choisir telles ou telles parties de son corps. Ses lèvres furent prises pour cible et elles ne tentèrent de s’échapper de cette capture. Elles vinrent participer, venant savourer celles adverses. Leurs saveurs n’étaient que des plus délicieuses et elles se délectaient de ce goût si doux. Une certaine avidité ? Effectivement. Elles voulaient plus. Oui, qu’elles ne furent pas leur contentement lorsque la langue du continental vinrent les frôler pour se poser sur sa consoeur. Un ballet de plus en plus intense commença, tandis que les bras de la celte venait s’entourer autour de lui. Si Tanwen tentait de l’emprisonner dans ses envies ? Vous êtes difficiles à comprendre mais je dirais que oui. Elle ne voulait que Camille s’en aille et cesse ce contact qu’elle avait tant désiré. Souhait qui s’amplifia quand il vint déposer sa paume contre son dos. Ce que l’agent aurait aimé ? Qu’il n’y ai aucun tissu pour faire barrage et sentir son épiderme, sûrement froid, contre le sien si chaud. Que cette retenue qu’on aurait pu appeler pudeur les abandonne, partant hanter d’autres âmes qui se voulaient amantes. Mais ce ne serait pour ce soir, les liens qui les enchainaient à eux n’étaient qu’à peine rongés.

Avec regrets, l’inspectrice le laissa se séparer d’elle. Avait-il honte de se montrer publiquement aussi intime avec lui ? Ou profitait-il de cette diversion pour ne pas vouloir aller plus loin ? Lui en vouloir ? Non, Camille ne l’avait vexé. Elle comprenait que le poussin ne veuille d’une histoire d’une nuit. Il le lui avait dit. Et il en était de même pour elle. Encore de la mauvaise foi ? Oui et pour une fois l’inspectrice essayait de se mettre sur le même ordre d’idée qu’autrui. Pourtant vous l’avez compris,il en était tout autre. Ne pas passer la nuit dans ses bras ? Pour ne pas s’attacher ? De toute façon, n’était-ce pas déjà fait ? Plus ? Peut-être mes ses pulsions tentaient de continuer d’avoir une emprise sur elle. Tel Satan mentant à Eve sur le fruit défendu, elles osaient lui dire que rien de néfaste n’arriverait. Que leur relation était indescriptible. Elle ne le perdrait pas, et l’attachement qu’elle avait pour le canard ne s’intensifierait. Vous ne comprenez-rien ? Moi aussi. Mais ne vous montrait-elle pas à quel point son esprit était torturé ? L’inspectrice ne savait plus que penser et l’attitude correcte qu’elle aurait due avoir. Une difficulté n’arrivant jamais seule,une céphalée s’annonçait. Se masser les tempes ? Et montrer sa souffrance ? Encore un grand mot certes. Ah. Vous l’avez remarqué ? Ses yeux n’avaient quitté ses lèvres. Non ! À quoi jouait-elle encore ? Son regard était plus intéressant. Mais tellement tentant…Son cœur continuait à battre si fort. Et sa vélocité ne fit que s’accentuer lorsque ce cher Camille affirma qu’il l’estimait. Oh le poussin ne devait chercher qu’à combler ce lourd silence, la jeune femme en avait conscience. Mais pareille affirmation était si agréable à attendre. Voilà que l’inspectrice niaisait comme une vulgaire adolescente ?

Que faisait-le corbeau ? Ses doigts venaient de défaire sa chemise…La déstabiliser était la réponse. Son rictus venait de lui faire comprendre. Les yeux de la jeune femme se plissèrent, il avait réussi son coup. Pourquoi ne pas continuer à jouer ? Avec une certain douceur, Tanwen vint pousser le voleur contre le mur auquel il faisait dos. Tout en lui lançant un regard aguicheur, elle vint continuer ce qu’il avait commencer. Petit à petit, son tors vint à se dévoiler et sa paume vint l’effleurer. Oui, la jeune femme réavivait le brasier qui animait ses pulsions bestiales et ne pas penser à ses images déplacées étaient difficiles. Mais sa taquinerie était plus forte que tout. Et toujours dans cet élan de plaisanterie, sa bouche vint se rapprocher de son oreille pour y sussurer quelques mots.

« J’avais envie qu’on attende d’être chez moi avant de nous révéler dans notre plus simple appareil mais ton impatience m’atteint. »

Un rapide baiser vola sur sa joue avant que la jeune femme ne s’écarte en riant. Rire forcé ? Bien sûr que non ! Même si l’envie de dévorer Camille était ardente. Avec des oranges ? Canard aux oranges ? Là je ne sais plus quoi dire. Vous me répugnez ? Vous me choquez ? Un mélange de tous ça et j’en passe. Même Tanwen n’avait eu une pensée aussi….gloque ? Bref passons, je tenterais d’oublier les drôles d’images qui se sont imposés à mon esprit.

«Et bien j’attend la suite. Si tu me fais attendre trop longtemps, je risque d’aller trouver un autre poulet à déplumer. »
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Dim 5 Fév - 1:29

Le mur comme appui, ce contact brut avec la brique aurait dû avoir un effet dissuasif. Pourquoi en était-il autrement ? Il l'observait achever le travail qu'il venait de commencer en gardant sa cigarette hors de leur espace. Pourquoi s'entêtait-elle à réaliser la plupart de ses fantasmes avant qu'il ne les exprime? Oui, bon, d'accord, il était en partie responsable de ses réactions. Ça ne retirait rien au fait qu'elle le bousculait de son propre chef. Son désir faisait échos au sien pour la millième fois ce soir. Cette lutte devenait vaine de toute manière, la celte s'acharnait à anéantir tous ses efforts à mesure qu'il les déployait. Regardez la, elle pénétrait sur une autre zone à risque avec amusement en plus. Un autre échelon dans cette démence qui engendrait bien d'autres schémas si proche, trop proche pour qu'ils ne puissent se réaliser. Pour l'instant, ses doigts irradiaient son torse l'obligeant à crisper ses muscles afin de canaliser les frissons cherchant à l'envahir. Résister devenait définitivement inutile. De toute façon, il suffisait de l'écouter parler pour que toute bataille cesse alors que son souffle chaud caressait le creux de son oreille. Trop d'images se fracassaient dans son crâne, trop de sensations le parcourraient. Plus rien ne l'obligeait à jouer cette comédie car toute barrière s'effritait à mesure que la lune étalait son influence. Dans une heure, ils ne seraient plus que l'ombre d'eux même. Raison pour mettre un terme à cette scène et de fuir aussi sec. Mais ne venait-il pas de s'avouer la triste vérité ? Ce combat avait déjà cessé dans son esprit, à quoi bon se voiler la face ? Le jeune homme la dévora des yeux tandis qu'elle finissait sa phrase. Avait-elle conscience qu'il abandonnait pour de bon ses résolutions, leurs résolutions ? Peut être, peut être pas. Si elle le repoussait, il parviendrait sûrement à s'en aller mais si elle continuait sur sa lancée, il ne s'arrêterait pas. Les conséquences ? Fallait-il préciser que cet aspect ne l'atteignait plus ? Il se redressa, cala un peu plus son filtre entre son index et son majeur avant d'amener ses paumes sur les épaules de son interlocutrice. Il la fit pivoter de la sorte en exerçant assez de pression pour qu'elle ne tente pas de se défiler tout en faisant attention aux braises s'échappant de sa clope. Cela aurait été fort gênant qu'elles viennent dissoudre les vêtements ou les cheveux de la jeune femme. Quoique pour ses vêtements... Camille posa sa main ne tenant pas le tabac contre le mur et se pencha vers l’inspectrice. Situation inversée. Les doigts ne retenant pas sa cigarette se posèrent sur le bras de l'agent.

« Tu crois que je vais te laisser me regarder aussi facilement ? Qu'est ce que j'y gagne en retour ? »

Le corbeau s'abaissait lentement vers ses lèvres puis dévia le cours de sa trajectoire pour atteindre le lobe de son oreille. Il posa ses lèvres entre ce dernier et la naissance de son cou.

« Si on en revenait à ce que tu viens de me dire. Tu semblais avoir des plans pour ce soir. Cette escapade peut attendre.  »

Le volatile recula les cheveux de Tanwen de sorte qu'il pu poser sa paume contre sa joue sans craindre de la brûler. Pourquoi ne pas jeter cette fichue clope ? A vrai dire, même lui ne savait pourquoi il s'obstinait à la tenir. Son attention n'était fixée que sur la bouche de sa voisine qu'il s'empressa d'approcher et de cueillir. Sa langue joua à nouveau à titiller la sienne. D'autres personnes défilèrent dans son dos et cette fois-ci, il ne put couper court à la situation. Les passants pouvaient glousser ou les accoster. Il n'en n'avait cure. Leurs envies saccageaient bien des choses et sa pudeur n'en faisait malheureusement pas exception. Leur baiser devenait plus pressant, plus fiévreux. Bientôt, il ne suffirait plus. N'allez pas croire que le voleur se lassait de l'embrasser car c'était loin d'être le cas. L'avidité le poussait à vouloir plus, à faire d'autres pas dans cette nouvelle direction. Il s'écarta à regrets de ses lèvres, en gardant toujours sa proximité néanmoins. Son pouce caressait la pommette de la policière.

«  Tu habites dans le coin si je ne m'abuse. Est-ce que ton invitation tiens toujours ? »

Bien sûr qu'il lui laisserait le choix. Son désir avait beau annihiler sa décence, il ne lui ôtait pas toute son humanité. Rien ne la forcer à le suivre dans cette déchéance, rien ne l'obliger à être aussi peu raisonnable. Bien sûr qu'il souhaitait qu'elle soit aussi insolente que lui et qu'ils s'avouent vaincus. De la même manière qu'elle eut répondu à ses attentes antérieures, elle donna son accord. Camille posa une dernière fois sa bouche sur la sienne furtivement et recula enfin, se détachant d'elle avec beaucoup de difficultés. Il profita de cet éloignement pour tirer une bouffée de nicotine et répandre l'amas de cendres au sol. Il pinça ses lèvres de sorte que sa cigarette reste bien à sa place le temps qu'il reboutonne sa chemise. Quelle idée ? Se balader torse nu était ridicule. De plus, pourquoi se retirer le plaisir de lui laisser une seconde chance de le déshabiller. A présent, si ils voulaient évoluer jusqu'à son appartement, il allait devoir garder ses mains dans ses poches. Plutôt difficile comme démarche. Tout en continuant de fumer, il reprit leur marche là où ils l'avaient laissé. Alors qu'ils empruntèrent une autre voie, il ne pu résister à l'envie de passer son bras autour de ses épaules. Au moins, cette distance était déjà plus bien convenable pour ses nerfs... Enfin, peut être pas. Ses lèvres s'égaraient dans ses cheveux par moment, à d'autres sur sa nuque ralentissant quelque peu leur progression mais qui s'en souciait ? Ils avaient la nuit devant eux. N'était-il pas pressé de céder à ses pulsions ? Oui et non. Savourer cet instant semblait aussi primordial. Peut être même plus important. La métamorphe n'était pas n'importe qui et malgré qu'il se refuse l'évidence, une partie de lui était déjà bien attachée à elle. Chacun de ses moments ne devait pas être bêtement gâché par ce besoin oppressant. Chaque caresse revêtait cette notion de préciosité et il en était bien conscient.

Ils finirent par atteindre sa résidence. Il guetta les premiers signes trahissant une quelconque peur mais jamais elle ne vint l'effleurer. Alors qu'elle cherchait ses clés, le métamorphe écrasa sa clope au sol. Il la suivit ensuite dans les escaliers. Une fois qu'ils furent face à sa porte, il la prit par la taille l'obligeant à lui faire face. Il planta ses yeux dans les siens.

«  Si tu préfères qu'on en reste là. Dis le moi franchement, maintenant.  »

Pas sûr qu'une fois franchi le seuil, ils puissent se rétracter. Pourquoi leur laisser le temps d'hésiter ? Pourquoi piétiner cette succession d'événements ? La trouille ? Pas vraiment. Juste qu'il ne voulait pas forcer les choses, il tenait déjà trop à elle pour ne pas se soucier de ce qu'elle ressentait réellement. D'un autre côté, son corps et son esprit ne voulaient que céder, ne pas s'accorder cette interruption. Si il s'était écouté, ils seraient déjà à l'intérieur.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mar 7 Fév - 23:29

Une scène si courante, un schéma qui ne faisait que se répéter. Trop commun, il aurait pu paraitre des plus fades. Pourtant il lui plaisait, il faisait palpiter ce petit cœur qui ne s’emballait plus pour rien désormais. Fatigué de battre pour des causes qui n’en valaient plus la peine, il ne faisait que répondre à des attentes de l’organisme qu’il devait maintenir. Liens qu’il avait lui-même créé ? Asthénie programmée ? Exact. Mais un virus avait du l’atteindre, à moins que son système de sécurité devenait obsolète. La situation était différente ? Il ne savait pas comment la gérer ? Je serais assez d’accord avec vous. Oh enlevez-moi ce sourire suffisant qui illumine votre visage, ne commencez en aucun cas à croire que ceci se reproduira souvent. Vous n’avez rien de sage croyiez-moi. Que l’éclat de la perspicacité vous ai traversé n’est que miracle. Et il en était de même pour ce qui se passait sous nos yeux. Hein ? Je crois que vous n’avez pas tous suivi. Où étiez vous lorsque…Bref ! La voir avec un homme n’avait rien de surprenant ! Comme la jeune femme avait déjà pu l’affirmer, ces aventures ne se comptaient plus. D’accord, ses propos n’étaient encore une fois qu’exagération. Mais ils n’étaient pas dénués de vérité. Il n’y avait rien de profond dans la relation rapide qu’elle entretenait avec ces…amants. Juste de quoi s’amuser dont l’existence se détruisait dès qu’ils avaient répondu à ses désirs. Rien de passionnant, juste les objets de réalisations de pulsions primaires. Derrière cette ridicule attirance physique ne se cachait que du mépris pour ces êtres. Rien d’aussi niais que ce que je vous ai décri avec tant de splendeur n’arrivait. La modestie ne me connait pas non plus mais ce n’est pas à ma personne que vous devez vous intéresser. Même si cela est des plus flatteurs. Aussi séduisants pouvaient-ils être, la celte restait de marbre. Ce qui ne se produisait avec ce cher Camille. La raison ? Pourquoi chercher vous sans cesse les causes ? Ne venez pas la perturbée. Trop de réflexion l'aurait mise mal à l’aise et elle ne le souhaitait. Pas maintenant. Il la dévorait des yeux et elle en faisait de même. Etrange n’est-ce pas ? Cette volonté de lui plaire autant qu’il lui plaisait. Ce respect qui ne voulait la quitter et la crainte que ce criminel puisse penser qu’il n’était qu’un vulgaire amusement. Tanwen ne comptait l’oublier après cette nuit. Si c’était ce qu’il voulait ? Allez le lui demander ! Je ne suis pas le reflet de ses pensées !

Sa taille fine avait été enlacée afin que son corps vienne se retrouver contre celui du Français. Une proximité loin d’être désagréable. Tous en plongeant son regard dans le sien, l’écossaise était venu déposer la paume de sa main sur la joue du criminel, la caressant de son pouce. La fossette ? Ah vous avez remarqué que cette dernière faisait partie des charmes du jeune homme. Du moins pour l’inspectrice. Qu’elle n’est aucune consoeur d’assymétrie la rendait originale. Son manque de conformisme ne rendait que son possesseur hors norme. Et la celte aimait ce qui se dénotait. Ses lèvres ne tardèrent pas à revenir se poser sur cette intéressante caractéristique physique avant de se glisser sur leurs adversaires pour les capturer dans une étreinte passionnée. Si Tanwen ignorait la question que Camille venait de lui poser ? Pardi ! Non ! Mais une parole spécifique tentait de refaire surface dans son esprit. L’embrasser était une diversion en attendant que celle-ci réapparaisse dans son intégralité ? Avez-vous déjà pensé à consulter ? Vous devriez, conseil d’ami. Son désir de posséder le corbeau devenait de plus en plus ardent et se détacher de son contact devenait des plus difficiles. N’était-ce pas sa faute si la saveur de sa peau était des plus exquises ? Rendant l’écossaise impatiente d’y goûter à nouveau et ce avec une gourmandise à peine dissimulée ? Le baiser fini tout de même par s’achever. La jeune femme se recula que légèrement, juste assez pour lui lancer un regard amusé.

« Voulez-vous coucher avec moi ce soir ? »

Encore du français ? Oh allez ! Avouez que la situation s’y prêtait ! Et oui, le sens des paroles n’étaient pas ignorés de la métamorphe. Soyez un brin logique. Pourquoi les aurait dit si tel n’était pas le cas ? Son accent ? Affirmer qu’elle n’en avait pas serait mensonger mais il n’était pas incompréhensible. Du moins le supposait-elle. Au pire Camille se contenterait de rire non ? Tout comme elle qui avait laissé fusé quelques éclats avant d’entrainer avec douceur le jeune homme dans son appartement. De simples baisers devinrent plus fougueux et langoureux lorsque le seuil fut passé. Et sa pudeur s’échappa lorsque la porte fut refermée. Avec une avidité flagrante qui n’entrainait pourtant en aucun cas une précipitation, ses doigts vinrent à nouveau déboutonner la chemise du voleur pour venir parcourir son torse. Sa bouche décida alors de découvrir cette peau froide qui s’offrait à elle. Elle vint sussurer son cou, caressant de sa langue celle-ci. Ce fut avec une certaine surprise qu’elle découvrit une différence de texture qui fit s’écarter l’inspectrice. Des cicatrices qu’elle vint effleurer de sa main. Des morsures ? Alors il était adepte des petites sangsues ? Comme beaucoup d’ailleurs. Il n’y avait pas meilleur amant que ces suceurs de sangs. Des reproches ? Non pas vraiment, l’écossaise n’avait rien contre les créatures de la nuit. Ce qui la dérangeait était tout autre. S’était-il donné à un vampire ? Serviteur humain ? Ceux-ci vivaient généralement avec leurs…maitres. Et leurs vouaient une importante fidélité sous peine de représailles sûrement sanglante non ? De bonnes questions qui pourtant ne faisaient que l’effleurer. Autres malaises la tracassait.

« Je n’ai aucune sensualité surnaturelle…Me crois-tu capable de bâtir des ponts entre nous et le ciel ? »
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mer 8 Fév - 0:11

Aucune réponse dans l'immédiat mais soyons réaliste juste un instant. Ses actes laissaient supposer qu'ils n'en resteraient pas là alors avait-il besoin qu'elle le formule clairement. A moins que ça soit une façon bien tordu de lui dire bonne nuit. Etait-elle capable de se jouer de son envie ? Franchement ? Oui. Elle devait être capable de tout. Si il était pendu à ses lèvres ? Il buvait chaque syllabe qui s'y échappait. Cet accent irrésistible coula sur sa peau à la manière d'une onde diffuse embrasant ses veines. Fallait-il mentionner que jamais on ne lui avait fait une proposition pareille d'une manière aussi originale que savoureuse ? Un sourire se hissa sur la bouche du voleur. Il avait comprit que ses paroles n'étaient pas dénudées de sens, elle savait ce qu'elle venait de lui dire, son regard ne pouvait pas le tromper. Le désir dans son plus simple appareil le contaminait sans plus aucunes retenues désormais et il murmura un oui inutile dans sa langue maternelle qui s'évapora aussi sec dans l'encre de la nuit et dans les rires de la jeune femme. Il avait envie de la toucher, de l'embrasser, de goûter sa peau, de ne respirer que son odeur, de ne bouger que pour se rapprocher davantage d'elle, de regarder droit devant lui pour ne voir qu'elle. Pourquoi attendre plus longtemps ? Leurs baisers se faisaient de plus en plus insolents à mesure qu'ils franchissaient le seuil. Une fois qu'elle eut refermé son antre, elle délaissa le reste des barrières morales que la décence impose dans des lieux publics. Pour les barrières physiques, ça ne tarderait pas, elle s'occupait déjà de sa chemise. Alors que sa langue parcourrait son épiderme, il en profita pour faire glisser la veste de la celte de ses épaules jusqu'à ce qu'elle finisse sa chute au sol. Elle s'écarta alors soudainement et plaqua sa paume contre un endroit particulier de sa peau. Evidemment, il savait ce qu'elle venait d'observer. Une piqûre de rappel incommodante à vrai dire. Le corbeau se figea instantanément. Il n'y avait pas pensé une seule seconde, un oubli regrettable. Ses morsures s'exposaient sans grandes subtilités sur sa chair offrant un spectacle pitoyable aux yeux de sa compagne. Il lisait dans les lueurs fracassant ses prunelles qu'elle n'était pas ravi de cet étalage.

Krystel aimait marqué son territoire, ses traces signifiaient plus que ce qu'il ne voulait s'avouer et surtout que ce qu'il avouerait à celle qui venait de le dévisager à l'instant même. A vrai dire, le visage de sa maîtresse seul aurait dû le dissuader de mener à bien leurs ébats et en temps normal, il aurait réussi à congédier sa conquête aussi rapidement. Depuis qu'il était à son service, il avait amoindri jusqu'à cesser ses aventures avec la gente féminine. Une de ses inquiétudes avait été de la mettre en pétard en agissant de la sorte. Naïf ? Pas de méprises. Il savait qu'elle était mariée et qu'elle devait collectionner les amants. Mais ça n'était pas comme si il avait pu lutter contre ce besoin, cette nécessité de n'appartenir qu'à elle. Enfin jusqu'ici, il ressentait les choses comme ça... Avant que l'agent ne débarque, avant qu'elle ne chamboule plusieurs de ses concepts. Il se disait que de toute façon, il n'appréciait pas ses nanas et il ne ressentait pas le besoin de continuer cette mascarade. Mais la métamorphe n'était pas une de ses filles, elle n'était pas insipide,ni considérée comme une aventure éphèmére. Tanwen était bien plus que ça. Elle serait toujours plus que ça même après cette nuit. Son attirance n'était pas que physique, elle transcendait ce désir primaire.

Ne comprenait-elle pas ça ? Qu'il se languissait d'elle autant physiquement qu’intellectuellement ? Que sa seule présence comblait des vides qu'il n'avait jusque là pas discerner ? Bien sûr qu'elle avait le droit d'être en colère. Mais il avait également le droit de répliquer. Alors qu'elle achevait sa phrase sur ses intonations terriblement irrésistibles, il la prit brusquement par la taille et la souleva jusqu'à la déposer sur le plan de travail séparant le salon de sa cuisine. Elle était assise, lui debout calé entre ses deux jambes ballottant dans le vide. Il colla ses paumes de part et d'autre de son corps sur la surface glacée de la table, l'encadrant de la sorte et mit sa tête à la hauteur de la sienne. Il planta ensuite ses yeux dans les siens et parla sérieusement, sur un ton un peu sec.

« On ne va pas faire que les bâtir. On va les traverser. »

Il se pencha sur elle, posa ses lèvres dans son cou jusqu'à gagner son oreille. Il fit courir sa langue sur son lobe avant de laisser son souffle porter une derrière parole à son tympan.

« Ne te sous estime pas. »

Il ne lui offrit pas le loisir de méditer sur ça ou même de répondre car il plongea rapidement sur sa bouche tandis que sa main se posait au creux de ses reins afin de la rapprocher. Il délaissa ses lèvres pour continuer sa route vers sa clavicule, il tira sur son t-shirt de sorte que son épaule lui soit dévoilée. Déformait-il le tissu? Le textile pouvait déjà s'estimer heureux de ne pas avoir été arraché. Il fit courir sa bouche sur ses parcelles de peau tout en remontant la main posée au bas de son dos. Camille laissa lentement le bout de ses doigts caresser son échine, il pouvait presque sentir les frissons de la jeune femme galoper à son contact. Sa chaleur semblait irradier à mesure qu'il effectuait ses mouvements ce qui avait le don de l'enivrer. Ses lèvres revinrent aux siennes, sa langue observa le contour de sa bouche avant de frôler son palais. Il finit par enrouler sa taille et la souleva pour la seconde fois. Il laissa sa seconde main fourrager dans sa chevelure tandis qu'ils s'embrassaient de façon de plus en plus désordonnée. Il profita un peu de cette étreinte interdite avant de la déposer sur le sol et de la plaquer contre le mur proche. Sa paume se cala sur sa hanche tandis qu'il continuait lentement de relever son t-shirt de l'autre. Sa bouche couvrait sa nuque, cueillant la saveur de sa peau. Deux envies se partagaient la scène. Celle de lui ôter toutes ses fichus barrières et celle de faire perdurer cet instant. Parfois l'une prenait le pas sur l'autre mais ces deux là s'activaient afin qu'il trouve le juste équilibre. La pleine lune dans tout ça ? Elle se délectait du spectacle perchée dans le Ciel. Son influence abolissait tout raisonnement et à vrai dire, c'était grisant. Plus de questions, plus d'hésitations, cette nuit leur appartenait pleinement.


Dernière édition par Camille Fontayn le Mar 13 Mar - 23:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Sam 11 Fév - 1:39

Etonnant n’est-ce pas l’effet de simples mots ? Telle une douce caresse, ils avaient parcouru le corps de la celte, générant des frissons de plaisir et illuminant son visage d’un éclatant sourire. De l’incompréhension ? Voilà que votre mesquinerie se réveille. La demoiselle n’ignorait pas la signification de ces paroles. Les aurait-elle aimés si tel n’avait été le cas ? Rassurer sa jalousie ? Vous l’avez vu comme ça ? Ne croyiez-vous pas qu’il était un peu trop tôt pour que pareil sentiment ne vienne la taquiner ? Et sûrement ne viendrait-il jamais, il n’avait pas sa place et ce qui l’entourait n’était guère attendu. Vous ne comprenez de quoi je parle ? Ce n’est pas bien grave. Et non, nous n’aurons jamais le loisir d’en reparler. Du moins l’espérait-elle. Si, l’entendre parler français n’était que des plus irrésistibles. Tout comme son accent. Mais même si cette simple brindille avait alimenter le brasier de son désir, le sens de ces dires n’avaient fait que le rendre plus ardent. Ne la comparait-il vraiment pas à cette, ou ces amantes à la sensualité démoniaque ? Ne la trouvait-il pas face à côté de ces créatures si charmantes ? Vous êtes surpris ? J’admets, je le suis aussi. Le manque de confiance ne lui allait et pourtant…il faisait partis intégrante de son quotidien. Mais parler de ses faiblesses ne nous intéressent guère. Si ? Tant pis, vous n’en saurez rien. La crainte d’être insipide l’avait quitté. La logique ? Mais tout raisonnement s’était depuis longtemps enfui. Elle, si perspicace aurait du comprendre que peut-être ce cher Camille n’aurait été là si elle ne l’avait un tant soit peu plu. Mais son esprit tortueux l’amenait à de nombreuses questions qui n’avaient d’utilité. L’instinct qui régissait son âme n’avait rien d’un être intelligent…il était seulement fait de sens et de pulsions après tout. Pourquoi trop attendre de lui ?

Ses lèvres revinrent prendre contact avec les siennes. Pour un cours instant . Camille venait lui aussi d’abandonner toute pudeur, libérant ses envies de toutes contraintes aussi bien physique que morale. Et cela lui plaisait. Un amant timide l’aurait agacé ? Détrompez-vous, elle aurait trouvé cela attendrissant. Mais ce n’était pas dans ce rôle que son imagination avait perçu le criminel. Ses attentes n’étaient pour l’instant déçues. Le corbeau l’avait à nouveau soulevé sans grande difficulté à son plus grand étonnement. D’accord, pas le sien mais le votre langue de vipère. Vous jugez trop sur les apparences. Puis n’aviez vous pas remarquez lors de sa rencontre avec le volatile qu’il était loin d’être un gringalet ? Tanwen l’avait vite vu, elle est bien plus observatrice que vous. Ou perverse ? Peut-être. Quoi que n’aimait-elle pas les beaux hommes ? D’accord, elle n’était pas superficielle. Pourtant elle se délectait du contact qu’avait sa paume contre le torse de ce cher Camille. Ses doigts parcouraient ses muscles tandis que ceux adverses parcouraient son échine, lui procurant d’autres de frissons qu’elle ne cherchait à dissimuler. Un contraste la rongeait. Faire durer ce plaisir ou assouvir ses pulsions ? La première solution lui plaisait. Ce languir de baisers qui ne tarderaient à venir et d’un futur proche qui ne serait que des plus plaisants, se délecter de ce contact la rendait ivre. Elle en voulait toujours plus sans pour autant que cela ne s’arrête. Leur danse passionnée ne cessait de répondre à ses attentes d’ailleurs. Il déposa ses lèvres dans son cou, elle vint mordiller son oreille. Doucement, le manteau du français glissa de ses épaules . Pourvu que cela ne le gêne pas de laisser bout de tissu aussi cher sur le sol ! Encore une futilité je vous l’accorde. L’inspectrice ne s’en souciait guères. La chemise, aussi appétissant fut-il avec celle-ci dévoilant son corps, ne tarda pas à rejoindre sa sœur alors que la langue de la demoiselle revenait titiller sa maitresse. Une de ses mains vint caresser son bras, redessinant la forme de ses biceps. L’ascension continua jusqu’à sa chevelure. Des mèches venant s’enrouler autour de son index, majeur et leurs compères.

« Tu veux qu’on utilise mes menottes ? J’avais cru comprendre que c’était un de tes fantasmes. »

Un éclat de rire se fit entendre avant que sa bouche ne fonde sur celle de Camille pour lui arracher un langoureux baiser. Bien sûr que l’agent de police plaisantait ! Vous n’avez aucun sens de l’humour. Etrange ? Tout comme elle non ? Vous ne devriez être surpris de ses remarques douteuses, n’en avez-vous pas l’habitude ? Les bottes de la demoiselle ne tardèrent pas à quitter ses pieds, la faisant rapetisser de quelques centimètres. D’accord, ceci est encore un détail inutile mais sachez qu’il est difficile de se délester de ses pires défauts sans qu’ils ne reviennent aussitôt. En parlant de lestes, le t-shirt de l’écossaise venait lui aussi d’être abandonné. Tout en continuant de l’embrasser fiévreusement, la jeune femme attira le bel homme jusqu’à sa chambre. Je vous entend déjà me dire de me taire vis-à-vis du matelas ! Je n’allais pas faire de réflexion dessus ! Même si cette pensée avait furtivement traversé l’esprit de la métamorphe. Bon d’accord, je mens comme souvent. Oui ! L’inspectrice allait se taire. D’ailleurs l’avez-vous entendu prononcer quoi que ce soit ? Alors arrêter donc de piailler ! Avec délicatesse, la celte vint faire s’assoir le français sur son lit. Un genou de part et d’autre du corps de son amant, elle vint se poser sur ses jambes pour continuer de venir savourer son épiderme. Ce fut avec la même douceur pourtant éprise de passion que la demoiselle fit en sorte qu’il s’allonge sur la couverture qui ne devait avoir le même confort que celles dans lesquelles il dormait. Sa bouche se décolla alors de ses lèvres pour venir à nouveau susurrer son cou, sa langue s’amusant parfois avec ses marques, et parcourir ce torse qui s’offrait à elle. Vous la trouvez un brin dominante ? Qu’attendiez vous de la part de Tanwen ? Mais ne vous emballez pas, elle n’avait encore rien d’une amazone.


Dernière édition par Tanwen S.Manawyddan le Mer 14 Mar - 23:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Dim 12 Fév - 23:32



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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 17 Fév - 2:12

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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mar 21 Fév - 23:52

Son corps s’alignait toujours près du sien, son épiderme projetait sa chaleur sur sa peau, l'enserrant un peu plus dans l'ivresse du moment. Les pulsions assouvies, il aurait été plus commun que Camille se détache de sa partenaire pour achever sa nuit par une cigarette. Généralement, ça finissait plus ou moins comme ça avec ses conquêtes lunaires. Il faisait tout pour ne pas s'attacher et les fuir aussi sec. Pourquoi la gardait-il au creux de ses bras ? Honnêtement, il ne trouvait pas de réponses envisageables pour l'instant. Il ne faisait que suivre son intuition et ça suffisait amplement. Elle atterrit à nouveau sur sa bouche prolongeant l'attraction qui aurait dû être moins accablante. Ses quenottes vinrent mordiller ses lèvres avant de les déserter toutes deux – dommage. Alors que l'oxygène s'engouffrait dans sa gorge, prête à couper le silence, à les extirper de leur mutisme, le voleur se redressa un peu. De quoi parlait-elle ? Dieu seul savait. Et comme il était athée, autant dire que personne ne pouvait le deviner. Il semblait à des kilomètres de sa réalité à elle, celle dans laquelle elle parvenait à sortir des choses incohérentes pour couper l'aspect peut être trop solennel de ce moment. Avec un peu de recul, il comprit où elle voulait en venir, ingénieux de sa part. Son humour imprévisible était une de ses caractéristiques appréciables. Le début d'un rictus se coinça à la commissure de ses lèvres. Son sourire resta bloqué quelque part entre une certaine inquiétude et un peu de frustration. Les deux prenaient racines dans ce besoin oppressant de déterminer dans quelle mesure elle avait apprécié leurs ébats. Néanmoins, cela fut relayer au second plan par la suite des événements. Tandis qu'elle fendait l'air pour s'occuper de sa nuque, le jeune homme prit le temps de lui répondre, mettant sa contrariété de côté. Il verrait ça plus tard.

« Trouve moi des cobayes pour tester la théorie. »

Une fois, qu'elle eut cessé de s'occuper de son cou, elle le délaissa sur des mots qui cette fois-ci lui furent compréhensible du premier coup. Quand elle le mentionna, il réalisa à quel point ses instincts animal le sollicitaient depuis plusieurs heures. Elle se changea en canidé sous ses yeux. A vrai dire, la transformation le laissa un peu stupéfait. Pas que la forme poilue de sa compagne soit troublante, pas de méprises, peu commune certes mais rien de réellement perturbant. Même si il fallait franchement l'avouer, il ne s'attendait pas à voir cette race précise. Il l'imaginait plus en quelque chose de plus orthodoxe comme... un labrador ? Camille dissimula son envie de rire derrière un rictus. Plus sérieusement, la voir se transformer rendait cette dimension concrète. Celle dans laquelle il n'était plus le seul métamorphe que l'Histoire ait jamais connu. Prétentieux ? Sûrement. Partager ce secret et ces aptitudes se révélaient aussi déstabilisant que grisant. Mais nous avons déjà parlé de ça précédemment, alors autant ne pas s'attarder là dessus. Le français l'observa se délecter de sa métamorphose avant de revenir à lui sous forme humaine. Sa silhouette ondulait à nouveau près de la sienne. Le regard du riche héritier s'égara une dernière fois sur les courbes de son amie avant de gagner ses prunelles.

« Je te suis. »

Le jeune homme bascula vers le rebord du matelas et se mit debout. La frénésie courrait sur ses membres, ils désiraient laisser place à la créature qui se relevait déjà en lui. Il traversa la pièce et ouvrit la fenêtre. La brise glacée coula sur sa peau, une invitation à la liberté, un appel. Il se retourna une dernière fois sur sa complice et lui servit un sourire franc. Très peu de mots à nouveau, ce qu'il ressentait prenait trop d'ampleur pour que les paroles trouvent encore leur sens.

« On se retrouve en bas. »

Plus pratique que de voler ou planter ses serres à travers l'immeuble. Si ils croisaient les voisins cela pourrait être plutôt dérangeant. Bien sûr, il aurait pu prendre la forme d'un chat pour accompagner l'inspectrice mais il ne le souhaitait pas pour plusieurs raisons. L'une d'entre elles était tout simplement lié au fait qu'il voulait qu'elle le voit dans son élément, celui des airs. Puis voler semblait trop tentant pour se contenter de la Terre ferme. Plusieurs spasmes l'animèrent et rapidement, il devint corbeau. Étrange de se changer devant témoin, c'était bien une première. Même Krystel n'avait assisté à l'une de ses transformations. Partager cela semblait plus intime encore que ce qu'ils venaient de vivre un peu plus tôt. Il dévoilait un pan de son existence qu'il ne pouvait exposer aux autres. En quelque sorte, il se liait dangereusement avec Tanwen. Il allait finir par s'en mordre les doigts. Cependant, ce soir, il ne pouvait pas vraiment réaliser les retombées de ces rapprochements interdits. Il savait juste qu'il aimait ce qu'il s'était passé et continuait de se produire. Le volatile posa ses prunelles ébènes vers les nuages ne rêvant que d'une seule chose, prendre son envol. Ses ailes martelèrent le vide et en quelques battements il se fraya un chemin jusqu'au ciel. Délivré de toutes ses tensions bestiales, il se délecta de chaque mouvement effectué. Le vent chatouillait son plumage, l'obligeant parfois à réajuster l'angle de ses ailes. Mais cela faisait parti des sensations agréables liées au vol. Après avoir tourbillonner un peu, il s'accrocha à une branche près de l'entrée du bâtiment et attendit patiemment que l'agent sorte son museau. Peut être adopterait-il sa forme féline pour la suivre. A contre cœur néanmoins. Il se sentait tellement plus libre en oiseau. Il croassa pour indiquer sa position au chien, histoire qu'elle le situe rapidement. Ensuite ? Hé bien, ils iraient flâner dans les quartiers avoisinants jusqu'à ce que l'aube vienne les surprendre. Pour l'heure, ils oubliaient leur part d'humanité pour se consacrer entièrement à celle animale, tirant leur révérence à la pleine Lune, instigatrice de ce chaos et de cette exaltation.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Jeu 1 Mar - 0:08

Non pour une fois je ne me moquerais pas de vous. Si je me sens d’humeur clémente ? Pas exactement mais disons que ma mauvaise foi vient de s’envoler. Si elle a trouvé meilleur amant ? Vous peut-être ? Cela ne m’étonnerait pas ! D’accord d’accord je recommence. Je vais tenter de rester sur ma bonne résolution et me montrer….courtoise ? Je comprends tout à fait votre réaction. Et la surprise est normale. Tordue ? Vous croyiez ? Je vous le concède bien que je ne l’aurais pas vu ainsi avant que vous ne prononciez ce mot. Ce que j’en aurais pensé ? Rien à vrai dire, vous la connaissez autant que moi . La suivre relève des tâches les plus ardues. Sa logique n’était la même que celle des autres. S’il y’en avait une derrière pareille proposition ? Evidemment ! Du moins je le suppose. Réfléchissons y ensemble ! Oui je vous propose un travail d’équipe, j’ai décidé de vous laisser votre chance. Non ne me remerciez pas ! Comment ça je recommence à délirer ? Comme elle ? Vous ne croyiez pas que vous sauter vite aux conclusions ? Ce n’était la folie qui l’avait fait parler. La lune ? Ah, encore lui faire porter le chapeau ? Vous savez que les couvre-chefs ne vont pas souvent aux têtes rondes ? Encore mes préjugés idiots je vous l’accorde et inutiles. Ne vous êtes vous en aucuns dis que la celte tentait de détendre l’atmosphère ? D’étouffer cette culpabilité naissante ? Ses pulsions assouvies, la raison revenait. Et ses murmures ne lui plaisaient guère. Ne te mens pas, et ne condamne pas cet astre. Tu sais que ce n’est pas lui qui t’as poussé dans ses bras. Il n’a fait que rendre plus fort ce désir. Et tu sais que celui-ci se serait accru de lui-même sans aucune aide. Juste celle du temps peut-être. Ce n’est pas dans tes habitudes de rester dans les bras d’un amant alors pourquoi ne l’admet-tu pas ? Ce Poussin te plait plus que tu n’aimes te le dire. Et ces propos ? Tu ne cherches qu’à camoufler cette vérité ! Passer à autre chose pour qu’il ne se doute de rien et que tu puisses penser à autre chose ! Et tu recommences aussi à te parler toute seule, comme chaque fois où quelque chose te tracasse. Ainsi tu…Hein ? Mais je ne vous le permet pas ! Ce n’était pas une déséquilibrée ! Tanwen réfléchissait trop, vous le savez pertinemment !

Un sourire amusé s’était affiché sur son visage. Son canari acceptait donc son étrange proposition. Oui, nous en revenons enfin au sujet principal. Je suis lente à démarrer, veuillez m’en excuser. Se transformer avait été la seule idée potable qui lui avait traversé l’esprit pour quitter ce lit. La salle de bain ? Le salon ? Des schémas bateau qui n’auraient peut-être coupés cet envie d’affection qui la brûlait avec ardeur. Le voir sous une forme animal casserait ses pensées perverses qui ne l’avaient pas entièrement quittés. Vous êtes répugnants, vous le savez ? Après je ne vous critique pas, ou presque. Nous avons tous nos propres fantasmes. Mais l’inspectrice ne partage pas le votre . Non mais ne cherchez pas à vous justifier, vous faites bien ce que vous voulez. Du moment que vous ne m’en parlez pas…En revenir à l’écossaise ? Oui mieux vaut en revenir à cette demoiselle, elle est moins étrange…Prendre sa forme canine ne la motivait guère. Le confort, même minime, de son appartement l’intéressait. Après tout, il ne pleuvait même pas dehors ! Certes, un bon point pour le volatile mais la policière préférait quand les cieux versaient des larmes. Pas un chat dans les rues. Personne ne s’étonnait de voir un immense chien se promener seul. Devenir un autre animal ? Les plus discrets étaient les chats, les petits rongeurs ou les oiseaux. Et la celte n’avait aucune affinité particulière avec celles-ci. Oh la celte savait prendre pareil aspect mais elle ne s’y sentait pas autant à l’aise. Bonne question ! Si une virée nocturne avec autrui était innovant ? Pas spécialement, ce n’était pas sa première fois. Une rabat-joie ? D’accord ! Le faire avec ce cher Camille lui semblait aussi amusant. Allait-il se sentir gêné ? Je vous vois venir, on ne peut pas lire ce sentiment sur la face d’un corbeau mais dans son comportement ?

L’oiseau quitta le nid pour s’envoler. C’était si facile pour lui. Faire de même ? Vous aimeriez tellement la voir tenter de comprendre comment fonctionnaient ses ailes. Peu débrouillarde ? On ne peut pas être parfaite ! Elle ne faisait que frôler la perfection et ceci lui convenait ! Mais cesse de bêtise. L’immense dogue réapparu et il ne lui fallu guère de temps pour quitter cet appartement qui n’était à présent qu’une vulgaire cage. Et comment elle reviendrait ? Vous verrez bien pardi ! Vous voilà curieux à nouveau ! La demoiselle vint donc rejoindre le canari et lui lança un fort aboiement. Un petit effet de surprise. Allait-il s’envoler comme un pigeon face à un danger ? Malheureusement non. Après l’avoir poussé du museau pour lui indiquer qu’elle n’avait envie de devenir statue, elle partie gambader dans les rues, s’amusant à émettre quelques petits grognements pour effrayer les passants qui changeaient de trottoir. Mauvaise ? Mais non ! Juste taquine même sous forme quadripède ! Finalement elle fini par s’amuser à courir après le jeune homme en tant que chat prenant parfois l’aspect d’un moineau. Oh que non, elle ne tentait pas de décoller ! Ce cher Camille s’en serait moqué. Et elle ne pouvait lui tendre pareille perche . Son égo est démesuré. Trop ? Un point pour vous ! Encore un autre et je vous donnerais une image.
L’escapade ne s’éternisa pourtant pas. Bientôt ils furent de nouveau de retour dans sa sombre chambre d’où elle attrapa la chemise du jeune homme, trainant entre deux pièces et l’enfila. Sans son accord ? Evidemment, ce n’était que de la pure provocation à nouveau et elle espérait qu’il lui fasse une remarque. Le meilleur tissu qu’elle ne porterait jamais ? Pas faux. Ce vêtement devait valoir bien plus que tous ses meubles réunis.

« Si je peux me permettre, tu étais chaud comme une caille ma colombe. J’espère que fautes de grives, tu ne t’es pas mis à manger des merles. Je me sentirais si blessée ! Quoi qu’à la place de grives, je pourrais mettre grues. Blondes décolorées avec diamants au doigt.J’avais cru comprendre que tu les affectionnais. Une petite préférence pour les dindes ? J’espère que tu ne me considère pas ainsi !»
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 2 Mar - 1:49

Se faire un peu chamailler par un dogue fut une expérience pour le moins déconcertante... En fait, c'était faux, il avait trouvé ça amusant. Si elle avait arboré différentes formes, lui n'avait changé qu'à quelques reprises pour prendre uniquement son apparence féline. Partager ces aptitudes et ces émotions était une grande première pour le corbeau. Il n'en éprouvait que de les effets bénéfiques jusqu'ici. C'était plaisant de se sentir en quelque sorte compris et sûrement accepté. Leur promenade se termina rapidement et il regagna la fenêtre en quelques battements d'ailes. Profitant du fait, qu'il faille un peu plus de temps à sa partenaire pour rejoindre l'appartement, il s'empara d'un de ses vêtements échoués- sous vêtement à vrai dire, afin de l'enfiler. Pudique ? Peut être bien et alors ? Inutile de jouer le mystère alors qu'elle avait déjà tout vu un peu plus tôt ? Oui mais non. Ça n'était pas parce qu'elle avait pu l'observer dans son entièreté qu'il fallait continuer de tout lui dévoiler. Laissons son imagination et ses souvenirs faire le reste après tout. La jeune femme entra dans la chambre alors qu'il venait tout juste de remonter l'élastique de son caleçon. Il l'observa s'enrouler dans sa chemise avant de lui couler un regard un peu provocateur. L’astre effilochait toujours les ténèbres plus loin, ne l'oubliez pas. Si il était rassasié d'elle ? Du tout. En fait, il se demandait si il y avait une limite à ce qu'il éprouvait ce soir. Mais qui en avait encore quelque chose à faire ? Le voleur ne pu que la dévorer des yeux depuis sa position, admirant les ondulations que le textile observé sur son corps, réalisant que la fibre côtoyait sa peau nue, la veinarde. Il pouvait aisément anticiper ce qu'elle laisserait sur cette parcelle de tissu. Son odeur. Il pourrait s'en délecter une fois qu'elle lui rendrait son bien. Enfin si elle lui rendait. De toute façon, elle pouvait le garder si ça lui chantait. Les deux solutions lui convenaient largement. Au moins elle aurait d'autres fringues masculines que celles laissées par une de ses relations antérieures. La seule option qui n'était pas envisageable était celle de maintenir cette distance tout bonnement aberrante entre eux. Camille traversa les quelques mètres les séparant en écoutant distraitement ce qu'elle projetait dans l'air. Franchement, pourquoi fallait-il toujours qu'elle revienne avec la même histoire. Ça en devenait quasiment vexant. Non seulement, elle le jugeait superficiel mais en plus, elle le prenait presque pour un con. Rien de vraiment folichon en soi. Mais il ne se vexa pas pourtant bien qu'il eut du mal de saisir ce manque de confiance soudain en elle ou en lui ? Enfin bref, un truc comme ça pour sûr.

«  Je pourrais aussi bien m'inquiéter de tes standards habituels. Dans le genre armoire à glace, je peux pas vraiment rivaliser je pense.»

Il soupira à cette seule pensée. On ne pouvait pas vraiment dire qu'il soit bodybuildé, il était musclé mais sans exagération. Il se trouvait dans de bonnes proportions, du moins fallait-il l'espérer. Bref. Si elle aimait les grands costauds qui finissent videurs de boite de nuit comme le laisser suggérer ce qu'il avait porté lors de son dernier passage... Lui aussi pouvait avoir du soucis à se faire. Camille passa vite à autre chose et revint sur les paroles qu'elle avait prononcées.

« Il me semblait qu'on avait déjà abordé ce sujet la dernière fois. Mais apparemment, t'as pas du tout saisir. Pas grave. Laisse moi te ré-expliquer ça. »

Le riche héritier se pencha alors lentement vers son cou, remonta sa bouche jusqu'à son oreille & chuchota doucement près de son lobe. Il passa en même temps sa paume dans les cheveux de la métamorphe.

« Cette chemise te va ravir. Même si je trouve dommage qu'elle cache bien des choses qui sont plus exquises encore. »


Le jeune homme posa sa seconde main sur la nuque brûlante de la celte et déposa à nouveau ses lèvres sur les siennes. Assez de baisers pour la nuit ? Vous avez sûrement raison. Mais tant qu'il pouvait faire porter le chapeau au satellite autant en profiter. D'ailleurs, pourquoi ne faire que l'embrasser furtivement alors qu'il pouvait encore goûter à la fougue ? Ses mains commencèrent à glisser le long de ses hanches mais il finit par s'arrêter là. Il fit courir une dernière fois sa langue sur sa bouche puis se força à reculer. Il avait assez tirer profit des circonstances, devenir lourd n'était pas vraiment son style alors... D'un sourire un peu tordu, il s'éloigna d'elle prenant pas après pas le chemin vers l'issue proche. Ses yeux la fixaient toujours, il était tout simplement incapable de les détourner.

«  Je vais chercher mes clopes, je reviens. »

Bonne diversion. Un peu de nicotine le calmerait avec un peu de chance. En tout cas, ça ne pouvait pas lui faire de mal. Enfin... oui bon, pas vraiment. Le français gagna alors le living, s'abaissa afin de ramasser sa veste, fouilla ses poches et se heurta à tous ses paquets. Il en sélectionna un et s'empara du briquet. La première bouffée dénoua à nouveau ses muscles. Saleté de dépendance. Il jeta son manteau sur le fauteuil tandis que d'une main, il tenait sa cigarette et de l'autre son paquet et briquet. Au cas où. Il apporta l'ensemble dans la chambre et déposa le tout sur le meuble le plus proche avant de gagner la vitre et de l'entreouvrir, il devait bien jeter ses cendres quelque part, elles basculeraient bien dans l'air. Le changelin se cala contre le mur près de la fenêtre et admira la créature qui se présentait à lui. Allongée en travers du lit, la jeune femme semblait faire étalage de sa beauté. Enfin, du moins, c'est comme ça qu'il le percevait. Comment avait-il réussi à atterrir ici et à coucher avec elle ? Franchement, il aurait la migraine rien que d'y penser le lendemain matin. Pour l'heure, il se contenta de lui offrir un autre sourire qui en profita pour creuser un peu plus sa fossette.

« Au cas où t'aurais toujours pas saisi. Sache que je suis pas ici parce que je t'ai prise pour un merle, une grue ou une dinde. Ou que sais je. Je pense que tu sais aussi bien que moi, que tu m'as jamais laissé indifférent et ce bien avant, la pleine lune. »

Un euphémisme contenu de sa conduite lors de leur seconde rencontre. Si elle savait qu'il avait carrément chercher à pénétrer dans sa chambre alors qu'elle était blottie dans ses draps. Allez comprendre, cette histoire semblait bien sordide. Ils se connaissaient à peine, elle voulait le foutre en taule et il avait fini dans ses draps. Dis comme ça, ça ressemblait à un drôle de pacte pourtant, il n'y avait rien qui s'apparente à un quelconque soudoiement ou à quelque chose de plus pervers. Si le fait qu'il soit voleur avait provoqué leur rencontre, il n'était pas intervenu dans la suite de leurs échanges – ou si peu qu'il eut été futile. Camille ne s'expliquait pas cette alchimie et c'était bien mieux comme ça.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Jeu 15 Mar - 0:25

Ah ? Vous aussi vous souriez ! Oh non,cela ne sert à rien de tenter de le dissimuler ! Je l’ai vu, ne me prenez pas pour une idiote ! La crainte de subir mes moqueries ? Que de stupidité ! Je ne suis pas ainsi. D’accord je mens, c’est mon principal défaut. Mais vous critiquez révèlerait d’en faire de même avec la demoiselle. Ses lèvres ne venaient-elles de s’étirer pour laisser briller ses dents ? Parfaitement alignées. Trace du passage d’une torture de fer et d 'une adolescence de ce fait douloureuse ? Secret ! Je ne divulguerais pas ! Puis qui cela intéresse que la celte ai pu porter un appareil dentaire ? Non je ne suis pas niaise ! Je trouvais ce fait tellement amusant. Peste ? Vous ne pouvez m’en vouloir, vous aimez aussi ce genre d’information croustillante. Sur ce point nous nous ressemblons. Mais nous commençons encore à nous égarer. Pourquoi tant de joie sur ce sublime visage ? Pour la même raison que vous. À quelques nuances près. Si vous vous extasier devant des paroles semblant tout droit sorties d’un roman à l’eau de rose et oser en faire la comparaison, ce n’était que le sens de celles-ci qui illuminait son regard. Vous l’avez aussi saisi ? Quelle vivacité d’esprit. Vous progressez de jour en jour. Si Tanwen aussi se méfait ? Ne la penser pas niaise, l’ombre du doute planait sur ce que venait de lui dire le jeune homme. Elle lui plaisait bien avant ? Et elle était sensée le savoir ? Se moquait-il d’elle ? Certes, ceci était doux à l’oreille et avait glisser sur elle comme le plus mielleux des rayons de l’astre nocturne. Mais pourquoi l’écossaise n’arrivait-elle pas à le croire ? Du moins ! Une partie d’elle voulait penser qu’Arsène Lupin disait vrai tandis que son éternelle méfiance lui disait de faire attention. Ne l’avait-il pas repousser ? Pour une excuse des plus mauvaises, vous devez parfaitement vous en souvenir. Non ? Quelle mauvaise mémoire ! Tanwen ne l’avait oublié, ses capacités mnésiques étant plus impressionnantes que les votre apparemment. Une frustration et de la rancune ? Vous avez sûrement raison. Elle-même le savait après tout. Si son manque de confiance en soi la faisait aussi douter de l’attirance que ce cher Camille pouvait avoir pour elle ?Excusez moi de ne pas chercher de synonyme mais quel manque de confiance en soi ? Vous l’offusqueriez si elle vous entendait ! D’autant plus que l’inspectrice était dans le dénie totale de ce trait de personnalité. Tanwen ne faisait que reporter les doutes qu’elle avait sur elle-même sur ce damoiseau ? Peut-être…Sûrement se tracassait-elle trop. Ne devait-elle pas se contenter de profiter de cet agréable moment ? Demain apporterait son lot de soucis. Autant les faire attendre n’est-ce pas ?

« Et moi qui craignait que l’influence de la lune t’es poussée dans mes bras…Tu flattes mon ego. Je ne me pensais pas aussi séduisante. Je devrais peut-être apprendre à jouer de cet atout. »

La demoiselle prit une pose aguicheuse des plus exagérée avant d’éclater de rire. Bien sûr qu’elle plaisantait ! Jamais il ne lui aurait traversé l’esprit de se faire sal*pe pour arriver à ses fins. Ce qu’elle pouvait haïr les arrivistes . Lasser de ne faire qu’admirer le jeune homme ? Il était des plus agréables de ne le goûter qu’avec le regard. Il était même des plus délectable. Mais la celte préférait le contact. La chaleur humaine ? Assez de bêtises, l’heure vous fait délirer mes pauvres…Sans dire mot, la métamorphe vint poser sa tête contre le torse nu du Français passant ses bras autour de lui. Un geste qu’elle regretterait et sa conscience ne l’ignorait aucunement. N’avait-elle pas été bravée depuis le début de la soirée ? Alors pourquoi se laisser envahir par la raison ? Et pareille étreinte était confortable. Un comportement non adapté pour de simples amants mais en étaient-ils ? Tanwen ne l’espérait pas, du moins pour l’instant. Oh oui vous vous en doutez qu’elle regretterait son comportement dès lors que la lune décroisserait. Pour l’instant la policière profitait et savourait la douceur de sa peau, la température de son corps bien qu’un peu froide. Sa tête ne tarda pas à se relever et sa main venir stopper le trajet de la cigarette pour lui voler sa place sur la bouche de l’oiseau. Ses lèvres vinrent à nouveau se mêler aux siennes. Si Tanwen en avait assez ? Question idiote ! Vous voyiez bien que non pardi ! Des baisers langoureux qui ne cessèrent que lorsque la jeune femme se recula.

« Tu es plus confortable que ton matelas. Et crois-moi, je l’ai en haute estime. » Elle afficha un autre de ses sourires « Tu m’as plus directement ! J’imaginais avoir affaire à un vieux coq et voilà qu’Apollon m’ouvre sa porte, prenant une pause dans sa dégustation d’hydromel. Quelle honneur ! Je me suis sentie si…heureuse? »

Petit tirage de langue avant que la jeune femme ne s’allonge à nouveau dans son lit, de façon conventionnelle cette fois. Tiens …Son plafond aussi était ennuyant à observer. Aucunes craquelures ni tâches...

« Les armoires à glaces n’ont d’intérêt que leurs muscles. Et encore se blottir contre eux équivaut à câliner son mur. Crois-moi, même le béton est plus tendre. Ils ne sont là que pour le plaisir des yeux. Aucunement des oreilles en tous cas. Même des piaillements sont plus agréables à l’oreille. »

Si Tanwen le cherchait ? Evidemment que oui ! Oubliez vous que plaisanter faisait partie intégrante de son être ? Comme une essence vitale ? Ce fut d’ailleurs le sourire aux lèvres que son esprit se mit à vagabonder allant d’idioties à rêves. Ce travail épuisant fini par lui faire fermer les yeux l’enveloppant alors dans des mondes oniriques qu’elle ne contrôlait plus. Et je vais vous dire un autre petit secret qui risque de vous décevoir. Non la demoiselle ne ronflait pas .
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Jeu 15 Mar - 23:21

Venait-il de se vendre ? Assurément. Le pire dans cette histoire, c’est qu’il s’en fichait complètement. Le mensonge ou la tromperie n’avaient pas leur place dans cette espace confiné, au creux de cette nuit. Qu’ils aillent voir ailleurs, qu’ils trouvent d’autres pigeons pour leur mascarade. Ce soir, cette envie de tricher se noyait un peu plus loin avec la peur panique de l’attachement. Du répit éphémère, certes. D’ailleurs, les deux métamorphes n’ont cessé de le faire remarquer à travers leurs élucubrations. Ils semblaient conscients que cette fuite aurait tôt fait de les précipiter dans l’embarras une fois que les premières lueurs solaires dissiperaient tous les travers de sa jumelle. Ils réalisaient cela mais pourtant, rien ne les retenait réellement. La jeune femme le prouva en s’approchant. Camille la laissa faire avant de passer lui-même un bras autour d’elle. Si jusqu’ici, leurs échanges n’avaient été manifestement motivés que par leur désir réciproque, celui-ci semblait bien plus affectueux. Oui, il l’avait enlacée après leurs ébats mais cela avait encore un sens justifiable vu ce qu’ils venaient de vivre. Là, le geste semblait relever de la pure tendresse. Le corbeau attendit sagement qu’un semblant de trouble lui fractionne l’aorte, que la frousse enchaîne sur d’autres dégâts. Mais rien ne vint si ce n’est un sentiment s’apparentant davantage à la sérénité qu’au chaos intérieur. Il ne chercha pas plus loin profitant de cette étreinte. Un sourire se hissa sur ses lèvres malgré lui alors qu’il portait sa cigarette à sa bouche. La celte l’arrêta en plein mouvement pour lui offrir de nouveaux baisers. Ils allaient finir par se consumer au travers de ses échanges, finirent par se perdre pour de bon s’ils continuaient à s’embrasser de la sorte. Stupide car ils ont fait bien pire ? D’accord mais personne n’a encore songé à l’éventualité qu’un certain manque s’opère par la suite. Recevoir autant en si peu de temps pour se replacer dans les rôles conventionnels le matin venu. Si nous sommes sûr que le voleur sera submergé par l’inquiétude, il est bien moins sûr qu’il le regrette ou qu’il ne veuille plus de cette relation-là. D’ailleurs, comment pouvaient-ils qualifier leur relation ? Amis, amants, plus que ça ou moins ? Personnellement, le riche héritier n’appréciait pas toujours les choses bien classées dans des catégories préétablies alors pourquoi s’encombrer d’un terme. Il ne désirait pas mettre les choses aux claires de toute façon. Quoiqu’il en était, l’agent finit par le laisser sur quelques mots. Regrettable. Le français aurait bien passé le restant de la nuit sur ses lèvres, sans problèmes. Il en réclamait toujours de trop ? Oui, carrément. Il ne semblait pas pouvoir se lasser de ses contacts, de son corps, de sa voix et de tout le reste. Qu’elle parle toute la nuit, qu’elle l’embrasse, qu’elle pose ses paumes où ça lui chantait. S’il fut frustré qu’elle s’allonge et dorme par la suite ? Pire que ce que vous vous imaginez. Le corbeau soupira lourdement avant d’écraser sa clope sur le rebord de la fenêtre puis d’envoyer paître le mégot en contre bas. L’écologie, non plus n’avait pas de place dans son esprit pour le moment. Il n’avait pas loupé ses derniers monologues mais que pouvait-il répondre ? La moitié semblait flatteuse et l’autre complètement vexante, alors démêler l’un de l’autre… Néanmoins, il en retira le positif car c’était ce qui l’arrangeait.

Lentement et sans bruits, il s’approcha du matelas et s’y assit délicatement, il observa la cage thoracique de sa compagne se mouvoir. Elle respirait déjà profondément, définitivement plongée dans les limbes. Le riche héritier ne put retenir un autre rictus. Elle savait s’assoupir si rapidement, la chance. Sa main voulut l’approcher, l’effleurer mais il se retint.

«
A moi aussi, tu m’as plu directement et je crains que l’ivresse ne soit pas prête de me passer.»


S’il venait de parler à quelqu’un d’endormi ? Tout à fait. Il lui fût trop simple de déclarer ça si directement car il savait qu’elle ne pouvait l’entendre. Il déposa ses lèvres quelque part entre son front et ses cheveux puis la laissa en paix. Il la scruta encore quelques instants avant de se lever et de quitter la chambre. Insupportable de rester à son chevet en ne pouvant l’approcher ou la toucher. Cette attraction devenait ridicule. Il savait que la plupart de ses sensations n’étaient que le reflet de celles qu’il avait déjà éprouvées auparavant. Elles n’étaient qu’amplifiées, pas inventées. Complètement aberrant. Le volatile traversa le salon et s’installa dans le divan. Le silence l’entourait et il n’aimait vraiment pas ça. Rien de pire pour qu’il se mette à cogiter. Il se releva aussi sec et prit le chemin jusqu’à la salle de bain. Tout en pesant chaque mouvement, chaque son émit, il se fit couler un bain et s’immergea dans l’eau bouillante. Il prenait un peu trop ses aises dans un lieu qui n’était pas le sien, pas vraiment son genre. Mais il l’avait fait en sachant que la propriétaire n’y verrait pas d’objections. Au pire, il lui rembourserait cette dette plus tard d’une quelconque manière. Drôle de pensées ? Tout était bon pour ne pas réfléchir à ce qui pourrait le préoccuper. A côté d’elle, de sa chaleur, les perspectives s’effaçaient au profit de l’instant présent. Loin d’elle, les vérités s’alignaient lentement et l’alibi tanguait déjà. Le métamorphe finit par sortir de la baignoire, se sécha rapidement et réenfila ses sous-vêtements. Il n’osa jeter un regard à son reflet de craintes d’y voir ce qu’il cherchait vainement à ne pas constater.

Camille atterrit à nouveau dans le salon. Il resta planté au milieu de la pièce tandis que ses yeux suivaient la suite de fringues qui gisaient toujours au sol. Les événements revinrent d’eux même se planter dans son esprit et les scènes se rejouaient dans son crâne sans qu’il puisse les refouler. Si au début, ses souvenirs étaient empreints d’une certaine euphorie, ils devinrent un peu plus âpre alors que la nuit se déclinait pour atteindre peu à peu sa funeste heure. Pourquoi ne pas s’allonger près de son amie et de s’assoupir à son tour ? L’insomnie le grignotait et c’était mieux comme ça. Se réveiller à côté de Tanwen ajouterait de l’angoisse et puis… Krystel avait fait en sorte qu’il se souvienne d’elle pour les mois à venir, en rêves. Il n’avait pas vraiment envie de vivre ça ici, près de l’inspectrice. Pas vraiment de la trahison, enfin si peut être un peu. En tout cas, cela semblerait souillé tous ce qu’ils venaient de partager et ça il se le refusait. Pour tenter d’éradiquer sa trouille grandissante, il alluma le téléviseur et régla le son à son minimum. Il discernait à peine les dialogues de la série devant laquelle il était planté mais peu importait. Les images suffisaient à calfeutrer les premières failles de l’idylle nocturne. Il alluma plusieurs cigarettes les unes à la suite des autres, sa nervosité prenait du terrain. Les premières lueurs ne tardèrent pas à le percuter et déjà, une amertume lui colla le palais. Doucement, les réalités s’enchaînaient car la transe se dissolvait pour de bon. Il ignorait vraiment quoi faire de toutes ses questions qui se mettaient à fuser dans sa boîte crânienne. La télévision ne put retenir plus longuement ses songes, aussi, il la coupa.

Partir ? Non. Il ne pouvait pas se résoudre à cela. Apparemment, il était déjà trop attaché pour ça. Hé merde. Qu’est ce qu’il avait encore foutu… Trop de cheminements se dessinaient, des raisonnements incohérents. Le voleur fit quelques pas vers la cuisine. Du café, il allait en avoir besoin pour tenir la suite. Ce qu’il ressentirait en la voyant ce matin ? Hé bien, il allait vite le savoir car elle approchait. Quand elle passa sa tête, Le jeune homme lui servit un sourire un peu trop tendu. Plusieurs émotions se disputaient dans sa poitrine, la lutte n’aurait de fin précise.

«
Bonjour. »


Une fois qu’elle prit le chemin de la douche, il mit la cafetière en route. Il devait s’occuper les mains pour ne pas virer à la panique. En ouvrant les armoires, il eut une drôle d’idée. Avant de vraiment y porter plus d’une seule pensée, il s’agita et se retrouva en train de faire des crêpes. Le timing fut serré mais il parvint à les préparer avant qu’elle ne sorte de la salle de bains. Il installa deux assiettes et apporta la nourriture ainsi que le café. Il ne parlait pas dans un premier temps car il ne savait pas quoi dire. Après avoir soigneusement évité son regard durant le temps que durèrent les opérations, il abandonna ce combat inutile et laissa ses yeux se mêler aux siens. S’il regrettait cette nuit ? Non mais ça ne l’empêchait pas d’éprouver un sentiment de frayeur à cette idée. Se lier davantage l’un à l’autre ne leur apporterait rien de bon. C’était s’engager sur la mauvaise direction, prendre les mauvaises décisions. La considérait-il que comme un coup d’un soir ? Non et c’était ça le soucis. Des images lui revenaient par vague à nouveau et il allait finir par devenir fou à force d'être tirailler entre trop de choses différentes. La peur, l’envie, la frustration.

«
Bien dormi ? »


Une banalité, c’était bon à prendre. Il ne supportait pas le mutisme et tout était mieux que cette constante remise en question.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Mai - 1:32

    Ôtez-moi ce petit sourire en coin. Si ! Ne me mentez pas ! Je sais parfaitement que vous vous amusez de cette situation. Vous êtes mauvais, je ne vous connais que trop bien. Vous aimez vous complaire de son malheur. Ses doutes ne sont pour vous qu’un doux breuvage venant vous enivrer. Pourquoi tant de mesquinerie à son égard ? Que vous à t’elle fait ? Bien des réponses me viennent à l’esprit. En discuter ? Avec vous ? Depuis quand êtes-vous assez ouvert d’esprit pour entendre des reproches ? Puis vous n’avez rien de passionnant, j’admets ne pas souhaiter trop réfléchir à votre sujet. La créature allongée dans ce lit me préoccupe bien plus. C’est ce regard qui vous procure tant de satisfaction n’est-pas ? Ce reflet de l’angoisse dévoilant une intensité trop importante pour n’être qu’une simple ombre. Les oiseaux auraient dus chanter ? Sans mauvais jeu de mot nous nous y entendons. N’importe quelle demoiselle aurait senti une certaine légèreté en se levant ce matin. Les pulsions animales évincées. Mais son palpitant ne battait avec aucun soulagement. Un poids s’étant installé sur lui. Et son aura obscure avait gagné tous son organisme, venant faire ravage sanglant dans son encéphale. Tétanisée ? Oh n’exagérez rien ! L’inspectrice ne savait que penser, ni que faire. Et cette incapacité germait rage folle en elle. Tout comme ces sentiments qu’elle commençait à sentir percer en elle. Débutaient-ils vraiment ? J’émettrais aussi certains doutes à ce sujet. Sa raison avait du les étouffer, tel un tyran empêchant la liberté d’expression. Mais la frustration les avait gagnés. Se cachant sous ses pulsions, ils avaient percés cette glace qui la perdait. Trop de métaphore ? J’admets vouloir me tenter à la poésie. Vous en pensez quoi ? Je m’y attendais, vous n’êtes jamais agréable après tout. Votre mère vous aurait-elle si peu soutenu étant enfant que vous devez retransmettre cette frustration sur autrui ? Je ne peux que me douter d’un conflit relationnel avec. Vous en avez chacun des aspects . Je m’égare ? Ne pensez pas y échapper, je reviendrais sur ce sujet tôt ou tard.

    Ah ! Enfin un peu d’action. Non, gardez vos commentaires tordus. Même si je viens aussi de le penser je ne peux que l’admettre. Se mouvant avec une énergie qui lui était propre, la demoiselle s’engouffra dans la salle de bain, se moquant éperdument de devoir passer par le salon. Le canari ne l’avait-il pas découverte dans toute son intimité quelques heures auparavant ? De la pudeur ? Vous avez décidément envie d’être désagréable ce matin. Je vais donc maintenant vous ignorer. Vous m’agacer. Revenons-en donc à l’écossaise. En entrant dans cette pièce, elle n’ignorait aucunement qu’elle mettrait en conflit deux éléments. Mais n’était-elle pas ici pour apaiser le brasier de son âme ? L’eau venant éteindre et dissoudre ces flammes qui embrasaient son palpitant tout autant que son esprit. Oh Tanwen n’avait pas la naïveté de croire que ceux-ci s’en iraient, emportés par la violence du syphon. Juste de se calmer. Un mal être qui ne ferait que revenir à l’instant où elle croiserait son regard. Pas le sien pardi ! Êtes-vous stupides à ce point ? Voir ses yeux dans le miroir ne lui ferait aucunement peur. Ceux du jeune homme ne la laisserait de marbre. Tous comme sa chemise qu’elle venait à nouveau d’enfiler. Une odeur enivrante vint la caresser, réveillant quelques désirs que la policière tenta d’oublier. D’autres effluves ? Vous aussi sentez ce doux parfums de crêpes ? La curiosité de la celte se réveillait ? Certes, à quoi jouait le rossignol ? Tous ces amants n’avaient fait que l’abandonner une fois l’acte accomplis. Que lui soit encore ici, lui préparant un petit déjeuner était…déroutant. Touchant ? Chut ! Ne la perturbée pas plus que ne l’ai déjà . Peste que vous êtes !

    Ce n’était qu’un masque qu’elle endossait à présent. Un rôle qu’elle allait jouer. Du moins tentait elle de se le persuader. Le sourire que Tanwen venait de lui offrir n’était que mensonge . Vous le savez tout aussi bien, la flic était heureuse de le voir. Mais certaines vérités la terrorisaient. Tout en passant derrière lui, déposant sa main sur son épaule, l’inspecteur rapprocha ses lèvres de son oreille. À quoi jouait-elle ? Bonne question. Sûrement cherchait-elle à le déstabiliser, qu’ils soient deux dans cette gêne qui la rongeait tant. Une pimbêche vous osez me dire ? Non, ce réflexe n’était qu’humain. Et si on avait inspecté son inconscient ? Une idée ingénieuse dont je m’étonne qu’elle soit votre. La celte ressentait le besoin ardent de ce contact . Comme victime d’une attraction à laquelle elle ne pouvait résister. Pittoresque ? Je ne l’aurais pas dit ainsi mais vous voilà à penser comme la demoiselle.

    « Je pensais me réveiller au chant du coq mais il ne s’est fait entendre. Serait-il trop fatigué de sa nuit mouvementée ? N’aurait-il plus assez d’énergie pour pousser la chansonnette ? Quelle déception. »


    Et tout en affichant un de ses sourires moqueurs et après avoir déposer un baiser dans son cou, la demoiselle vint s’installer en face de lui. Attrapant évidemment au passage quelques crêpes . Comme chaque matin, n’avait-elle pas une faim de loup ?
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 11 Mai - 16:27

Cherchait-elle sa mort ? Assurément. Tout s’entremêlait assez dans son crâne pour provoquer son décès par rupture cérébrale. La neurologie ne devint plus le souci majeur cependant car c’était sûrement son cœur qui allait lâcher le premier. Ou les deux finiraient par s’auto détruire d’un seul écho. Car c’était de ça qu’il s’agissait. La logique, les faits et puis les émotions, l’irrationnel. L’un se fracassait contre l’autre dans un désordre proche du chaos. Pourquoi n’aurait-elle pas cherché à le provoquer ? Aller savoir pourquoi Camille avait cru qu’il en serait différent. La celte agissait toujours de la même façon. Comme si rien n’avait changé ? Pas vraiment et pourtant, le voleur n’appréciait pas sa manière de gommer quelque peu les événements. Oui, bon, elle ne venait pas vraiment de virer le sujet. Mais elle ne semblait pas perturbée, elle. La peur le grignota davantage à cette pensée, une piqûre de rappel. Il se confondait entre des angoisses de nature différente. Enfin… Peut-être avaient-elles toute la même nature ? Le riche héritier n’en pouvait plus de se sentir tirailler, de se sermonner, de s’exalter et de sombrer. Il fit le vide dans sa tête, du moins, il tenta. Il fallait avouer que la main de la jeune femme sur sa peau, son souffle contre son oreille et surtout ses lèvres dans son cou, n’allaient pas forcément l’aider à garder un calme olympien. Une partie de son être voulait aller encore plus loin dans ce jeu et l’autre lui disait d’arrêter là la casse. S’il franchissait encore plus de limites, en plein jour, il finirait par se briser une aile. Il ne réagit pas à ses contacts laissant donc le deuxième point devenir sa ligne de conduite. Il s’empara d’une des crêpes en méditant sur les paroles de sa compagne. Comme toujours, elle l’attaquait sur des choses délicates. Elle ne s’encombrait pas de fioritures pour le taquiner, il s’y était déjà accoutumé. Ses mots n’étaient pas le souci, ses actes par contre… Le jeune homme prit sa tasse de café et en but une longue gorgée avant de mordre une seconde fois dans ce qui était son petit-déjeuner. Ses yeux restèrent accrochés inconsciemment à ceux de sa voisine. Le silence qu’il imposait, ne résultait pas de la fatigue. Malgré sa nuit blanche, il ne ressentait en rien les effets néfastes de l’épuisement. L’adrénaline le maintenait alerte et c’était bien mieux comme ça. Il se résolut à mettre fin à son mutisme au bout de quelques secondes. Il ne voulait pas qu’elle remarque son chamboulement interne. Si elle parvenait à vivre la situation avec sérénité, il devait en faire de même, non ? Trahir ses états d’âmes le mettrait en position de faiblesse et il ne pourrait pas encaisser ça. D'ailleurs, pourquoi autant de troubles pour une histoire aussi banale finalement. Banale? Ne cherchez pas, il tentait juste de rationaliser les faits. Tout avait bien trop le goût de l'inédit...

« Ne sous-estime pas la vitalité des oiseaux. J’ai juste migré pour la nuit. Tes glapissements m’empêchaient de faire mon nid tranquillement. »

Il tenta un sourire dénudé de failles mais il ne parvint tout juste qu’à produire une grimace un peu tordue. Bon sang, il fallait qu’il se reprenne. Pourquoi cette déception ? Pourquoi ce soulagement ? Lequel des deux dominaient ? Nom d’un chien, il allait virer fou. Une fois qu’il eut terminé avec sa nourriture, il partit vers la chambre sans rien ajouter tout emportant avec lui son précieux nectar. Il posa le récipient sur la commode avant de s’emparer de son jean et de l’enfiler. Plus, il serait couvert, mieux ça vaudrait. Ou peut-être pas. Oui, non, peut-être. Il fallait que cela cesse à la fin ! Il referma le bouton de son pantalon et reprit sa boisson puis regagna la cuisine. Le français s’approcha de l’agent graduellement, prenant démesurément son temps afin de la détailler. Mortellement dangereux pour ses résolutions, fatal même. Elle portait toujours sa chemise et malgré la largeur du tissu, le métamorphe n’avait aucun mal à imaginer ce que cachait le textile. Il dû respirer profondément pour chercher à rétablir un semblant de cohérence dans ses songes. Le fait qu’elle porte ses vêtements le terrorisait mais pas seulement. Il adorait ça en vérité. Le fumeur se força à engloutir le restant de caféine pour retrouver ses esprits. Mais non, il ne pouvait pas aimer ça car cela voudrait dire que d’une certaine façon, elle se l’appropriait. Les fringues et lui par extension. C’était un lien… Matériel certes mais un lien tout de même. Paradoxalement, il se plaça face à elle et observa son visage. Pourquoi fallait-il que même le matin elle soit aussi attirante ? Un vrai rictus finalement se pointa sur les lèvres du volatile alors que tous ses raisonnements se taisaient d’un seul et même coup. Ses doigts partirent vers l’avant pour se perdre dans la crinière de la brunette avant de bifurquer vers sa poitrine où il entreprit de déboutonner exagérément lentement la première attache de sa chemise. Il se pencha ensuite vers son oreille. Ses lèvres effleuraient presque son lobe tandis que sa joue frôlait la sienne.

« Il faudrait que tu me la rendes. A moins que tu ne désires me garder en otage. »

Il avait prononcé tout cela en s’attaquant au second bouton mais il s’arrêta là aussi net et recula. De son autre main, il porta la tasse à sa bouche puis s’éloigna de son hôte. Oui, il n’y avait plus une goutte dans le récipient mais il jouait la comédie. A vrai dire, le contenant servait aussi de rempart et de retour à la raison. Il ne devait pas finir par dépasser les barrières car là, maintenant, désormais, il n’y avait plus d’excuses derrière lesquelles il pourrait s’abriter pour se réconforter. Il ne restait plus que les vérités et quelques hypothèses bancales. L’une d’elles n’était fondée que sur le concept de désir et rien d’autres. Mon œil. Le corbeau se resservit du café mais ne toucha pas à la pile de crêpes, il n’avait pas faim. Sa constante agitation lui ôtait toute forme d'appétit - alimentaire évidemment. Il finit par s’asseoir et posa ses couds sur la table.

« Tu bosses aujourd’hui ? »

Histoire de savoir à quel moment il devrait partir exactement. Il savait qu’il valait mieux ne pas s’attarder trop longtemps ici. Il sentait qu’il pouvait flancher d’une minute à l’autre. Si cela se produisait, sa trouille n’en serait que plus intense et il finirait par s’énerver. Il se connaissait assez pour être au courant de son mode de fonctionnement. Il ne voulait pas gâcher sa relation amicale avec Tanwen. Il finirait par la blâmer injustement, il finirait par se disputer parce qu’il aurait trop peur. Froussard, lâche et hypocrite, bravo. Un peu tard pour avancer ça ? Oui et non. Ils avaient leur alibi, il suffirait juste de se mentir. Réellement ? Oui, bon, il désirait toujours plus que cette sorte d’amitié mais… Non. Rien de sérieux, pas de sexe et pas séduction, point et il devrait s’y tenir. Ça commençait maintenant. Il détourna son attention de l’inspectrice et fixa le fond de sa tasse. Il aurait aimé s’y noyer.


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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mar 26 Juin - 18:28

    Quel talent ! Quel génie ! J’en verserais une larme d’admiration. Jamais je n’avais pu voir tel prodige. Mon âme en est toute perdue. Regardez mes mains ! Ne voyez-vous pas qu’elles en tremblent d’émotions ? Thalie est sous vos yeux, exprimant son art tel que ne l’avait encore fait. Comment pouvez-vous y être insensible ? Ah ? Je pars à nouveau dans mes excès ? Je ne vous crois aucunement ! Pareille comédie se devrait d’être récompensée ! Regardez ! Douée, la petite policière est tout aussi bien capable de duper le volatile et sa propre personne. En seriez-vous capable ? Votre mauvaise foi peut-être. De la dissonance cognitive ? Mais de quoi me parlez-vous ? Je ne fais que m’approchez de la science infuse, je ne le suis malheureusement pas encore. Certes, se mentir ainsi n’était que pour apaiser une psychée en pleine ébullition mais la demoiselle pourtant si honnête avec elle-même se laissait avoir. Non ! Je ne fabule aucunement ! La celte connaissait ses capacités et ses limites ainsi que son foutu caractère. Capable de s’adapter à toutes situations sans se sentir noyée dans une quelconque gêne, elle devenait autre quand des sentiments qui l’effrayaient se réveillaient. Quels étaient-ils ? Laisser là d’abord les admettre et nous en reparlerons. Mais oui, nous pouvons évidemment discuter sur les raisons qu’elle se donnait. Et je sais que vous devinez son principale accusée. Non ! Ce n’était pas Camille bien que cela aurait pu…Je parlais de l’astre nocturne ! De ce satellite qui influençait ses humeurs. Idiot je ne peux que l’admettre, elle avait elle aussi parfois une cervelle d’oiseau. Jamais l’écossaise n’avait ressenti pareilles émotions après avoir assouvis ses pulsions. Il fallait dire que l’inspectrice n’était en aucun cas attachée à ses jouets. Un simple attachement ? Etait-ce la raison qui la torturait. Tous à fait possible, elle n’avait plus aucun mal à l’admettre, elle respectait ce voleur à plume. D’où le mal aise sans aucun doute. Elle ne voulait qu’il devienne un vulgaire morceau de viande blanche, là pour répondre à ses désirs. Mais n’était-ce pas contradictoire avec ses plus profondes convictions ? Un début d’estime et l’affection ne tardait pas à apparaitre. Et en lien avec ce dernier, ne craignait-elle pas qu’il ne puisse plus vouloir la voir après pareille nuit ? Une idée qui lui était difficile…Mais pourquoi continuait-elle de se prendre la tête ? N’était-ce pas le propre de sa personnalité, de ne jamais s’en faire ?

    Tenter de rester fidèle à elle-même, voilà ce qu’elle devait faire vous ne pensez pas ? Comment ça ? Un chien est toujours loyal et fidèle et surtout à son propre être! Vous faites dans l’humour vaseux. Vous à t’on déjà dit que vous étiez surprenant ? Bien plus que la celte ! Quoi que…Vous trouvez le sien tendancieux ? J’admets que j’en reste sans voix moi aussi. Mais à quoi jouait-elle ? Si l’écossaise se moquait de lui ? Evidemment mais ne répondait-elle pas aussi à un certain désir ? Assise sur lui, une jambe de chaque côté des siennes, Tanwen venait d’écarter la tasse de café de sa trajectoire pour venir occuper les lèvres du français. Le taquiner ? La demoiselle ne doutait un seul instant qu’elle le perturberait. Elle le ressentait et pourtant il y prenait tout autant plaisir qu’elle. Du moins le supposait-elle. Un monstre ? Bien des humains l’appelleraient ainsi. Après tout, une femme se changeant en chien n’a rien de correct non ? D’accord je m’écarte du sujet volontairement mais ne pourriez-vous pas arrêtez de la juger ? Elle-même ne savait exactement à quoi elle jouait ! Malgré le malaise, cette impression étrange de mal se conduire elle se sentait bien en sa compagnie. Qui aurait pu croire que c’était vrai, que les canaris étaient d’excellents animaux domestiques ?

    « Elle à bâtit des ponts entre nous et le ciel et nous les traversons à chaque fois qu’elle ne veut pas dormir. » La jeune femme afficha un sourire moqueur. « Proposition indécente envers un agent, as-tu consciences que cela est réprimandable ?»

    Oh non ! La demoiselle n’avait pas parlé français du jour au lendemain. Curieuse comme elle l’avait toujours été, la celte n’avait pu s’empêcher d’aller fouiner pour connaitre ce que ces propos voulaient bien pouvoir dire. Puis la flic espérait tellement qu’il s’en sente dérangé. Après tout, n’avait-il pas cherché à dissimuler ses propos par le biais d’une langue que la policière ne connaissait guère ?

    « Les Français sont d’une vulgarité ! Affligeant ! »

    Ne pas répondre à ses questions, ce n’était que volontaire. Tanwen irait bien travailler tôt ou tard et tant pis si elle était en retard. Ne passait-elle pas la majorité de son temps à bosser ? Quant à la chemise…Oh elle pouvait encore s’amuser encore un peu non ? Doucement elle vint dégrafer les premiers boutons. Le provoquer ? Vous commencez sincèrement à la connaitre ! Mais ne faisait-elle pas que rentrer dans le jeu de Camille ? Oui c’était sa faute !

    « Puisque tu la veux de suite. Moi qui espérait pouvoir abuser de mon pouvoir pour te la garder. Brutalité policière en quelque sorte.»
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mar 26 Juin - 21:38

Vœu d’abstinence et promesse sommaire de bonne conduite, un repli stratégique, un repli nécessaire. L’œuvre d’une volonté vacillante mais forcée par la situation. Ah, il pouvait déjà sentir le venin pulser contre ses veines, l’angoisse le paralysait finalement. Tant mieux, il ne faisait qu’enchaîner les bêtises, un bon vieux retour à la réalité comme il se doit. Et la suite alors ? Allaient-ils se revoir après cette nuit ? Arriveraient-ils à trouver un semblant de cohérence au milieu de ce chaos provoqué par l’astre lunaire ? Car oui, cette saleté de satellite portait toujours les marques de sa culpabilité. Pourquoi avoir peur après tout ? Ils savaient tous deux qu’ils n’avaient cherchés que la même finalité, sans serments, sans rien d’autres pour entraver cette aventure incongrue. Ils pourraient redevenir ce qu’ils étaient avant ça. Mais qu’est-ce qu’ils étaient au juste ? Et comment y parvenir ? Tant de questions et tant de chemins envisageables. Et toute cette frayeur à l’idée de s’agripper à la vérité. Non, non et non. Il ne désirait rien de plus, il n’y avait rien de plus et il n’y aurait rien de plus. Pour le moins alors ? Il ne le digérait pas non plus. Finalement, oui, le manque s’opérait silencieusement, en bête sournoise. Mais il y avait toujours aussi cette trouille bleue. Camille dans tout ça ? Quelque part au milieu de ce marée, à s’enliser dans ses réflexions, ses émotions, il devenait carrément muet et distrait aussi d’ailleurs. Il ne remarqua pas le soudain rapprochement de l’inspectrice. Il ne prit conscience de sa proximité que quand elle se mit à lui barrer l’accès à la table et à sa tasse. Ses lèvres vinrent alors piocher les siennes et toutes les interrogations se turent d’une même voix. Les baisers de la veille avaient tout un tas d’excuses parfaitement raisonnable mais ceux-ci ? Comment pourrait-il justifier l’effet que sa bouche avait sur lui ? Comment pourrait-il prétendre que les sensations éprouvées actuellement étaient moindres comparées à celle d’hier ? Comment pouvait-il supposer que seul le désir animait la scène actuelle ? Elle apportait d’autres difficultés dans ses cheminements, d’autres dimensions à son effroi. Pourtant, il ne cherchait même pas à la repousser. Pire, il en voulait toujours plus. Et ses jolies déclarations plus haut ? Elle l’avait cherché, elle se jouait de lui, comment pourrait-il tolérer encore ses engagements internes ? Il n’avait rien signé semblait-il. Oui, tout ce babillage mental l’arrangeait toujours au final. Le voleur posa d’abord ses paumes sur la courbe de ses reins afin de la stabiliser dans sa position un peu bancale puis il lui renvoya son sourire. Elle savait donc de quoi il en retournait, bien. Par contre en ce qui concernait l’indécence, il fallait plutôt chercher du côté de sa beauté mais il se garda de le dire.

« Indécente ? Ma suggestion n’était qu’une alternative profitable pour vous comme pour moi. Mais si vous jugez que j’ai dépassé les limites, inspecteur, alors, j’accepterais n’importe quel blâme de votre part. Evitez seulement de me menottez au radiateur, ce cliché n’a rien d’enjôleur. »

Il dérivait ? Totalement, en plein délire. Bien sûr, une partie de son cerveau s’appliquait toujours à cogiter dangereusement et elle avait beau le rappeler à l’ordre, le reste de son corps n’en avait franchement plus grand-chose à faire. En déconnexion complète. Un stade déjà exploré sous l’influence de la pleine lune mais un nouveau palier dans une parfaite maîtrise de sa conscience – du moins, il aurait dû en être propriétaire. Le français ne put s’empêcher de rire à la réflexion de l’agent avant de se pencher sur son cou afin de laisser ses lèvres décrire la courbe de sa nuque. Au point, où ils en étaient de toute manière. Autant en profiter avant qu’ils cessent ce jeu stupide. Jeu ? Stupide ? Il valait mieux envisager les événements sous cet angle sinon il ne pourrait pas continuer dans la lignée de ses envies.

« Mais vous, n’êtes-vous pas en train de pactiser avec un criminel ? De vous laisser soudoyer ? »

Il plaça une de ses mains sur la gorge de la celte avant de la faire revenir jusqu’à ses cheveux. Pendant ce temps, elle ouvrait un peu plus sa chemise. Sa ? A qui appartenait-elle ? A qui vous voulez ! Ce tissu était dérangeant, peu importait son appartenance. Ah non, cette récréation devenait trop sérieuse, il fallait que ça cesse avant qu’ils ne finissent pas pousser cette histoire grotesque plus loin. Alors pourquoi son bras enlaçait la taille de l’inspectrice ? Que sa bouche cueillait la sienne ? Il trouva même le culot d’avancer sa langue jusqu’à celle de sa voisine permettant à leur baiser de gagner en démence. Puis, aussi subitement, dans un sursaut, il arrêta la main de la métamorphe, celle qui dégrafer les parcelles du tissu, l’empêchant de se déshabiller. Il se détacha alors de ses lèvres. Furieux contre sa raison et soulagé à la fois d’avoir réussi à stopper la folie, il ne cessa pas de l’étreindre pour autant.

« Tu peux la garder. La chemise. »

Franchement n’avait-il rien de mieux à dire ou à faire qu’arrêter là si abruptement? Pourquoi devrait-il être le plus raisonnable des deux ? Peut-être qu’il était celui qui avait le plus à perdre ? Serait-ce de l’égocentrisme ? Tout devenait justification, tout s’apparentait à une façade derrière laquelle se planquer. Il ôta sa prise sur le corps de la policière et ne trouva rien pour compléter le fond de sa pensée. A savoir, qu’ils valaient mieux en rester là. Il se retrouva donc à débiter la réalité sur un ton monocorde, peu convaincu par la véracité de ses propres propos.

« On ne devrait pas… »

Seulement, plus son regard se perdait sur son visage, plus ses yeux s’égaraient aux limites du vêtement, plus il perdait le fil. Ariane allait devoir gérer ça, il voulait briser ce fichu lien. Ses doigts parcourraient toujours la chevelure de son interlocutrice et désormais ils redescendaient sur son épaule. Il laissa sa paume retirer le textile à cet endroit précis avant de poser ses lèvres sur le morceau d’épiderme qu’il avait dévoilé. Hey ! Et sa résolution alors ? Tanwen devrait se débrouiller, il avait essayé de son côté et l’échec commençait à s’étaler de la même manière qu’il apposait sa bouche sur sa clavicule. Détruit et construit de la même façon, finalement, il était fichu pour de bon.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Mer 11 Juil - 3:43

    Ouvrir des paris ! Mais quelle idée saugrenue vous pouvez bien avoir ! Je ne vous imaginais pas si joueur…Après tous, n’incarnez-vous pas l’ennuie le plus profond ? Une forme anthropomorphique de l’emmerdement ? Une petite envie de folie ? Oh je vous vois venir ! Ne tentez pas de me mentir ! La fin du mois est rude et vous craigniez que le ciel ne devienne votre nouveau toit n’est-ce pas ? Ah je le savais ! Bingo ! J’aurais du jouer au loto. Juste par pitié j’accepte votre défi ! Mes prédictions ? Que leur jeu de séduction prendrait bientôt fin. Des animaux…Quel terme dur vous employez donc même si je ne peux nier qu’il n’y a pas une part de vérité. Mais la Lune n’apparaitrait plus dans son plus bel apparat avant un mois alors pourquoi encore la prendre comme responsable ? Vous ne parliez pas d’elle ? Au temps pour moi. Ils n’étaient totalement humains et leurs instincts primitifs étaient ainsi plus exacerbés ? Votre théorie est loin d’être inintéressante. Cela expliquerait pourquoi la celte aime autant manger. Et je ne parle pas d’appétit sexuel même si cette thématique serait plus d’actualité. J’affirmerais que vous leur enlevez leurs facultés cognitives ainsi que leur conscience. Tous deux savaient gérer leurs pulsions depuis bien des années…Et ils sauraient s’arrêter. Du moins je le pense ! Oui je crois que vous aussi avez du remarquer le désir dans les yeux de la flic mais surtout une sorte de…bonheur ? Une hyperbole sans nul doute…Du moins l’aurait-elle espéré si elle avait tenté d’analyser un tant soit peu ses sentiments. Car oui, plus la peau du jeune homme venait caresser son corps et plus toutes ses pensées néfastes s’effaçaient . Cet oiseau était étonnant. Il l’apaisait. Bon j’admets, Tanwen n’avait jamais été de nature anxieuse mais n’avait-elle pas ressenti jusqu’à présent une tension interne ? Une pression irritante qui la rongeait ? Et le canard l’avait chassé d’un simple coup d’ailes. Des ailes aux plumes d’une infinie douceur. Chacuns de leurs effleurements lui auraient donné la chair de poule. Mauvais jeux de mots ? Vous n’avez aucuns goûts ! Je ne trouvais pas mon humour vaseux. Cette fois-ci…

    Ses lèvres s’égaraient dans la chevelure du Français, respirant avec avidité le doux parfum qui en émanait. L’odeur de son shampoing ? Ah je vois où vos idées vont et elles me semblent encore une fois un brin trop tendancieuses. Et étranges…Seriez vous de la famille de ce cher Freud ? Il n’y aurait eu que lui pour sous-entendre qu’elle ne faisait que se désirer intensément et projetait son propre corps dont elle ne pouvait entièrement profiter dans celui du jeune homme. Comment ça je m’égare ? N’était-ce pas ce dont à quoi vous pensiez ? Non ? Passons…Tant de délires m’effraient . Tanwen en aurait rit si elle vous avait entendu. Et ce n’était nullement car elle partageait votre avis qu’elle venait de sourire. Cette chemise…Au fond qu’avait-elle de si spéciale ? Ce n’était qu’un bout de tissu, certes de grande qualité. Et pourtant la jeune femme ressentait en elle la profonde envie de la garder. Comme un trophée ? Depuis quand était-elle une chasseuse ? Elle ne collectionnait aucunement les vêtements de ses amants. Bien que peut-être aurait-elle du ? Elle aurait ainsi pu se refaire une garde-robe sans dépenser un sou ou au contraire y revendre et arrondir ses fins de mois. Une bonne astuce si la celte viendrait à manquer d’argent…Cessez d’avoir ses grands yeux ronds elle plaisantait ! Bien que sans gêne, elle ne se serait abaisser à ceci. Puis elle était loin d’avoir ses comptes bancaires vides. Une fourmi ? Pas exactement mais elle n’avait jamais été une grande dépensière. Vous la connaissez, la demoiselle n’aimait être extrême, démesurée.

    « Quelle générosité mon canari. Te voilà oie blanche qui tente d’habiller une pauvre jeune femme sans le sou ? Réchauffant son corps tout autant que son cœur… »


    Tiens et lui d’ailleurs ? Ne l’entendez-vous pas s’accélerer ? Et ce n’était pas le stress même si il deviendrait le pauvre accusé quelques heures plus tard. Il semblait à présent régir le moindre de ses actes. Il lui demandait de laisser parcourir ses doigts sur son corps, explorant la moindre petite parcelle de peau nue. Il l’incitait à venir prendre contact avec ses lèvres, se délectant de leur saveur. On ne devrait pas…Son palpitant le savait et pourtant ses paroles ne lui parurent que comme un vague murmure dénué de toute volonté. Il n’écouterait ce conseil quitte à perdre Tanwen dans un labyrinthe d’émotions dès qu’elle se retrouverait seule. Une véritable saleté vous ne trouvez pas ? Pire que vous ! Oh oui je vous insulte mais pensez-vous que je n’ai pas entendu vos paroles ? L’écossaise n’avait qu’à être plus raisonnable ? On est toujours punis de ses péchés ? Vous voir vous nourrir de ses souffrances me dégoutera toujours autant. Pourtant je suis surtout surprise de ces médisances. Avez-vous déjà oubliez votre paris ? Ne devriez-vous pas vous satisfaire de son incapacité à réfléchir convenablement ?

    « M’emmerde… »

    J’aime cette moue apeurée qui vient de passer sur votre visage. Vous voyiez la défaite approcher ! Certes, je pensais que la jeune femme se lèverait, animée par un éclair de lucidité. Mais était-ce le sort qui venait de lui donner une échappatoire ? Pour que ses angoisses ne deviennent plus intenses ? La flic ne croyait pas au destin mais ce coup de pouce ne pouvait être ignoré. La sonnerie du téléphone l’avait extirpé de sa folie, la ramenant sur Terre assez brutalement. Oui, le poids des anxiétés était revenu, plus brutale qu’avant. Il fallait dire que la voix qui venait de s’échapper du répondeur aurait rendu frigide n’importe qui. Son patron venait de l’engueuler, lui reprochant un retard mais surtout l’incitant à venir urgemment. Une affaire des plus sordides selon lui…Oh rassurez vous ! Je ne vous demanderais pas votre argent ! Je me sens d’humeur clémente.

    « Va falloir que j’y aille ma caille. Le devoir m’appelle. »


    Et dans un mouvement plus que théâtrale, la demoiselle parti s’habiller . Si elle réfléchissait à ce qui venait de se passer ? Oh son esprit tentait de réfléchir à autres choses. A l’engueulade qu’elle aurait avec son patron, cherchant déjà des répliques. Non elle ne les préparait que rarement à l’avance, seulement quand cela l’amusait ou l’occupait. La chemise ? Ne venez vous pas de voir qu’elle l’avait déposé sur son lit. Il était libre à lui de la reprendre, jamais elle ne se serait fait voleuse ! Ce rôle était déjà pris.

    « Je te prierais de nettoyer tes plumes avant de t’en aller ! »

    Ce fut sans dire mot de plus que Tanwen quitta l’appartement, son casque à la main. La journée s’annonçait éprouvante psychologiquement, elle n’en doutait guère.et le tonnerre, grondant, venait rajouter sa touche dramatique.
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MessageSujet: Re: Moonlight sonata [Livre 1 - Terminé]   Ven 13 Juil - 2:58

Par pitié, il fallait espérer que ça soit une autre de ses blagues. Devenait-il complétement aliéné ? Depuis le temps que ce fait s’était avéré de lui-même… Elle prenait la bonne route, la voie du Salut. Il devait s’inspirer de sa force et se réjouir d’écourter ces jeux obscènes, irréfléchis. Quelle joie, oui, Ô joie. La voix de ce détestable patron emplissait leur air de façon tout à fait inappropriée, hissant aussitôt un mur fictif entre leurs deux corps. Il pouvait la sentir basculer du bon côté, celui de la raison tout en insérant de nouvelles briques entre eux. La distance prenait déjà de l’ampleur. Mais lui restait perdu quelque part entre les deux. Conscient que la situation ne pouvait durer, qu’elle devait même cesser mais tellement enseveli sous un tas d’envies & de sensations qu’il se refusait tout changement. D’ailleurs, Camille manqua de la retenir quand elle se décolla de lui pour reprendre de la hauteur, sa main partit vers l’avant mais se referma sur du vide. Franchement, qui était-il pour l’empêcher de se présenter à son boulot ? Le type avec qui elle avait passé la nuit peut-être ? Ah ce crétin là ? Alors oui, en fait, il ferait mieux de la fermer et de rentrer aussi sec chez lui. Prendre une douche froide s’ajoutait naturellement à la liste des actions à mener pour la journée. Il ne se sentait pas assez courageux pour prétendre l’indifférence face aux derniers événements de la matinée alors il laissa son hôte prendre ce rôle avec perfection. Si cela l’irritait de la voir si imperturbable ? Normal qu’elle réagisse de la sorte. Vraiment ? Ca ajoutait un peu de piment à sa colère interne, voilà tout. Mais non, il ne pouvait pas être énervé alors qu’il avait filé sous ses draps une décennie plus tôt. Il n’était pas en droit de réclamer quoique ce ne soit, pas vrai ? Nom d’un chien, cela en devenait ridicule. Toute cette frustration et ces émotions tordues, que lui arrivait-il ? Le riche héritier se prit la tête entre les mains et chercha à comprimer son crâne entre ses paumes, incapable de canaliser toute cette hargne. Contre qui était-elle seulement destinée ? Allez savoir. Heureusement durant cet instant de réelle dérive, l’agent se changeait, elle ne put assister à cette crise évidente de nerfs. Quand elle revint hanter la pièce, il avait déjà repris un peu de contenance et s’occupait de vider sa tasse de café. Et donc, elle le quitta sur une unique phrase sans autre forme de procès. Fâcheux, regrettable et tout ce qui s’en suit. Il n’ajouta qu’un grognement en guise d’au revoir, incapable d’aligner plus de deux syllabes sans craindre un emportement déplacé. Capricieux le corbeau ? Ca allait avec ses antécédents de gosse de riche. Il n’avait pas l’habitude que les femmes se défilent ? N’en croyez rien. Il s’agissait d’une autre situation et d’une nana bien trop spéciale.

L’appartement n’abritait plus que sa pauvre carcasse désormais et il ne comptait pas s’y attarder. Chaque fragrance entretenait sa frénésie et titillait sa mémoire. Le français nettoya sa tasse sommairement et la plaça en évidence sur l’évier. Il prit alors le chemin vers la chambre en grommelant des paroles incompréhensibles. Comme prévu, il y trouva sa chemise et durant une infime minute et quelques battements de cils, il hésita sur son sort. Son manteau avait assez de hauteur pour camoufler son torse, il pourrait se balader ainsi sans s’attirer de drôle de regard. Maintenant, pourquoi voulait-il la lui laisser ? Non seulement, cela attesterait ce qu’il refusait d’admettre mais en plus, après le petit manège, cela n’avait pas de sens. Pourquoi se laisserait-il dominer de la sorte ? Elle venait de se foutre royalement de sa tête et il allait lui laisser ça en guise de remerciement ? Dans un mouvement tout à fait rageur, il s’empara du textile et l’enfila. Ah l’odeur sur le tissu lui lacérait l’aorte tant elle s’était agrippée aux fibres du vêtement. Ça n’allait pas l’aider ça, à remettre de l’ordre dans ses pensées et à se sortir du pétrin dans lequel il commençait sérieusement à s’enfoncer. Une aventure, il devait le voir comme ça, voilà tout. Une fois habillé, il regagna la cuisine en ne prêtant même pas un dernier regard au lit. Une fois dans le living, il analysa l’endroit en quête d’un moyen efficace pour calmer sa tension. C’est alors que d’un autre geste sec et hargneux, il s’empara d’un vieux stylo bille traînant et inscrit sur un papier quelconque « Si tu veux récupérer la chemise, il faudra venir la chercher toi-même ». Puéril ? Une invitation ? Il n’en savait foutrement rien, il laissait son instinct parler – il ne lui restait plus que ça depuis l’épisode de ce matin. L’oiseau plaça stratégiquement sa note sur le frigo avant de mettre ses chaussures et de passer sa veste autour de ses épaules. Il ne balaya pas l’endroit et ne vérifia même pas s’il n’avait rien oublié derrière lui. Il sortit du lieu en prenant soin de bien claquer la porte derrière lui. On ne sait jamais si un voleur rôdait dans le coin, hein !? Humour pourri ? Il était plutôt mauvais pour ça quand il était dans une phase aussi acariâtre. Il s’alluma docilement une cigarette tout en dévalant les escaliers. Une fois, dehors, l’air frais prit le parti de l’apaiser quelque peu. Bon, la première question à se poser était… où s’était-il garé la veille ?
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