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Into Dust [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Jeu 1 Déc - 22:02

    Elle m'avait laissé sortir, ce soir. Sans tuer qui que ce soit. Je me sentais pris de violentes nausées. A quoi m'étais je abaissé ? Je ne voulais plus y penser. Son sang parcourait mes veines, je me sentais plus en forme que ces dernières semaines. Mais cela ne changeait rien à cet intense sentiment de mal être que je pouvais ressentir. J'étais à Edimbourg. Je lui avais dit que je ne rechignerais plus à utiliser le présent qu'elle m'avait fait, en m'offrant le nectar pluri-séculaire qu'était son sang. Je devais l'utiliser. Je devais le faire. Mais je n'étais pas de ce genre là. Mon âme était souillée, mon cœur était honteux. Je savais que je ne serais plus jamais le même. L'ennemi m'avait corrompu, m'avait sali. Je n'étais plus le même combattant que j'étais avant. L'ombre vengeresse que j'avais incarné chez les vampires était morte en même temps que mon cœur. Je n'étais plus qu'une arme, une arme dont je n'avais même pas le contrôle. Quand je pensais à tout ce que j'avais pu faire ou penser, depuis des mois. J'avais tout renié. Tout. Juste pour Elle. Je me sentais physiquement remis des épreuves subies après le mariage, mais je savais que les cicatrices psychiques mettraient du temps à se refermer, si jamais elles y parviendraient même un jour, d'ailleurs. Mais je devais continuer. Parce que j'avais durement appris la véritable valeur de l'existence. La vie est une maladie tenace, avais je lu un jour je ne sais où. La vie est une maladie tenace. Comme moi. J'avais été frappé, torturé, violé dans mon corps et mon esprit, mon âme était désormais le jouet de puissances qui me dépassaient de très haut. Pourtant, j'étais encore là. Bien présent. Et je savais ce que je voulais. Du moins, si c'était parfois flou, je savais ce que je devais faire, et je me tenais à cet objectif ultime. Mettre en sécurité tous ceux qui avaient souffert par ma faute, et ceux qui ne méritaient pas le destin cruel auquel j'avais moi même été soumis malgré mes efforts.


    Je me savais surveillé. J'étais un ancien militaire, plusieurs années de service dans une des zones de combat les plus chaudes du monde. Ensuite, j'avais passé un an et demi à traquer et assassiner les pires prédateurs pour le genre humain. Je sentais ce genre de choses ; mes sens décuplés par Son sang m'y aidaient encore un peu plus. Il était derrière moi. Pas plus de vingt mètres. Je le sentais pour ce qu'il était. Un des laquais de ma maîtresse, sur mes traces, surveillant mes allées et venues, et toutes mes conversations. Malgré ma conversion à l'ordre vampirique des choses, je savais qu'Elle ne me faisait pas confiance. Elle savait qui j'étais au fond de moi, et je l'ennuyais autant que je la divertissais. Elle ne me faisait pas confiance ; je lui avais pourtant dit que j'avais besoin de satisfaire mes pulsions physiques, et que je quitterais son manoir pour fuir un moment à ce cadre qui me rappelait encore trop de douloureuses expériences. Elle avait obtempéré, en s'assurant que je coucherais bien, que je me libérerais de ma « pathétique morale humaine ». Mais Elle m'avait fait suivre. Je souris. La défier, même malgré moi, me donnait le sentiment de ne pas être qu'un jouet inutile et brisé entre ses mains. J'étais un réel défi, une arme à double tranchant. Autant je pouvais lui servir, autant je pouvais lui nuire.


    Ce soir, j'allais voir une vieille connaissance. Je montais quatre à quatre les escaliers de son HLM tout pourri. Je ne craignais rien. Même si on ne m'avait laissé aucune arme de peur qu'on me fouille, je saurais me défendre. Son sang m'y aiderait le cas échéant, et le vampire chargé de ma surveillance aussi. Mais je n'avais pas besoin de tout ça. Malgré tous les traitements subis, j'étais resté ce pourquoi j'étais fait. Un tueur. Et un bon. Je toquais à sa porte ; elle était au courant de ma venue. Pourtant, il n'y avait aucune lumière qui glissait depuis le dessous de sa porte. Lorsqu'elle m'ouvrit, je ne la regardais pas ; je ne savais pas si elle semblait aller bien ni ce qu'elle portait. Je savais juste que c'était elle. Et que mon garde chiourme était dans le bâtiment d'en face et m'épiait depuis la fenêtre d'étage. Je me jetais sur elle, et l'embrassais, jouant mon rôle à la perfection. Je ferais en sorte que l'importun Lui envoie les informations que j'aurais fabriqué de toutes pièces, et la rassure sur ce que je faisais. J'embrassais Cora avec passion, la repoussant à l'intérieur sans prendre de gant, sans me préoccuper de quoi que ce soit. Je pressais mon corps contre le sien, mes mains la couvrant de caresses brûlantes, s'aventurant sous le tissu sur sa peau douce. Je reclaquais la porte derrière moi, et éteignais un instant la lumière, pour être sûr de pouvoir prendre toutes les dispositions de sécurité qui s'imposaient, si je voulais parler en paix à la jeune femme. J'arrêtais finalement de l'embrasser, pour lui glisser à l'oreille:



    | Tu es seule ? Tu as bien eu mon message ? Il faut vite qu'on ferme volets et fenêtres. Allumes de la musique. Je ne veux pas qu'on nous entende... |

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Ven 2 Déc - 21:37

Allongée de mon long contre mon lit je fixais le plafond, totalement perdue dans mes pensées, dans mon désarroi. J’étais seule, depuis plusieurs jours. Depuis le mariage royal auquel j’avais assisté, conviée par mon tortionnaire. Je n’avais vu personne, absolument personne, j’étais bouleversée et retournée. Je ne pouvais rien, rien pour personne. Je n’avais pas la capacité d’aider mes proches. Je n’étais plus informée de la vie que menait Hannah, je m’étais juste rendue compte qu’elle était enfermée dans un cercle vicieux que je ne pouvais pas pénétrer. Elle ne m’avait adressé qu’à peine quelques mots, mots que je me repassais dans ma tête alors que je me visualisais encore l’image de Nikos. Après le mariage j’avais satisfait ses désirs, sexuels mais plus encore. Il s’était nourrit de mon corps et de mon sang, j’en portais même encore les marques sur ma nuque, puis m’avait déposé au bas de mon immeuble avec la même froideur que je lui connaissais. Seul nos ébats semblaient contenir quelques émotions, et pourtant, je me voilais la face et me raccrochais à ces quelques minutes.

Je n’avais plus le courage d’exercer mon métier. J’avais réduit les clients si bien que cette semaine j’étais complètement fauchée. J’avais repensé à l’offre d’Hannah mais je me savais incapable d’accepter un boulot. Pour ça il aurait fallut que je change radicalement, que je me désintoxique de la drogue que je consommais toujours un peu plus. Mais elle était mon seul remède, ma dose d’oxygène. Les traces de cocaïnes sur ma table de nuit traduisaient clairement ma dépendance. Au moins j’étais posée, calme et je n’avais pas envie de pleurer. Bien sur l’effet de la drogue était limité. Je n’avais plus assez de liquide pour payer mes fournisseurs et je ne pouvais pas me permettre de devoir de l’argent à l’un d'eux, pas encore. Mais c’était si tentant. J’aurai pu me mettre à genoux pour une seule dose d’héro, je l’aurai supplié de mettre un terme à mes souffrances, de me laisser souffler. Mais les paroles de Torben m’empêchaient de m’y réduire. Il m’avait dit qu’il viendrait me chercher, qu’il viendrait me voir, il allait avoir besoin de moi et je ne pouvais pas me permettre de le décevoir, de me décevoir une nouvelle fois. Alors j’étais restée cloitrée chez moi, à peu près clean. Si d’ici la fin de la semaine il n’était pas passé alors peut être que je commettrais l’irréparable. En attendant, j’espérais.

J’avais abandonné tous mes artifices. J’étais simple, démaquillée, ma peau respirant à l’air libre, mes cheveux lâchés, ondulants de manière désordonnée. Je ne portais qu’un boxer et un débardeur. Je ne voyais pas l’utilité de m’habiller, pour qui le faire ?
La télé était éteinte, aucune envie de savoir ce qui se passait dans le monde, la détresse des autres ne m’était d’aucun réconfort. Le calme de mon appartement était déroutant. Je n’arrivais pas à dormir, trop habituée par ma virée nocturne, alors je ne faisais rien, parce que je n’avais rien à faire. Les tambourinements contre ma porte me firent sursauter. J’aluminais ma lampe, et me précipitais pour ouvrir sans même craindre qui pouvait se trouver de l'autre côté, sans même me méfier. Il se jeta sur moi. Je n’avais pas besoin de le regarder, ses mains posées sur moi me suffisaient à l’identifier. Je me rappelais ce qui s’était passé il y a quelques mois. Les caresses d’un homme qui sait comment traiter une femme se reconnaissent. Je le laissais m’embrasser alors que nous reculions dans la pièce jusqu’à atteindre mon lit, qui faisait aussi office de canapé. Je répondais à ses ardeurs. Si je pouvais lui être utile de cette façon je le ferai. J’y étais habituée et pour une fois je n’offrirai pas mon corps à contre cœur.

Alors que je sentais mon désir s’accroitre Torben cessa de m’embrasser. Je reculais alors que je m’apprêtais à me rapprocher un peu plus de lui. Je l’écoutais attentivement et m’exécutais sans me poser de questions. Je lui faisais confiance et il devait avoir ses raisons. Je fermais les volets qui étaient restés ouverts et allumais ma vieille chaine hifi. Une compilation débuta. Je montais le son et une chanson de Bob Marley se fit entendre. C’était parfait.

    « Oui je suis seule, personne de caché dans le placard. J’ai reçu tes messages. J’avais… j’avais peur que tu ne viennes pas. En fait j’avais peur qu’il te soit arrivé quelque chose. Je ne sais plus à quoi m’attendre. Parle moi… »

Je jetai un coup d’œil vers la porte. Je comprenais petit à petit alors mes esprits se remettaient en place, que Torben avait surement été suivit. Il avait même peut être pris des risques pour venir jusqu’ici. Je passais ma main dans mes cheveux, les tirant au passage pour me réveiller. J’avais envie de le harceler de questions sans pour autant savoir lesquelles poser. Alors j’attendais, assise, chétive, qu’il m’explique.
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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Dim 4 Déc - 18:12

    Sur le coup, j'eus un doute. Cora semblait mettre tant d'ardeur et de passion quand elle me répondait que je me demandais si elle avait réellement compris mon attitude sur le coup ou si elle se laissait entraîner par la proximité et le désir charnel que j'avais institué entre elle et moi sitôt la porte ouverte. Ses lèvres vinrent caresser, embrasser les miennes, et sa ferveur et sa façon de prendre les choses à son compte me poussèrent à me montrer plus vif, plus pressant. Le désir, qui n'avait été qu'une fragile étincelle au départ, était en train de littéralement me faire prendre feu. Tous ces sentiments, ces pulsions que j'avais refoulées pendant un long moment... Je n'y tenais plus, ou presque plus en tous cas. Je m'étais abstenu pendant un long moment. Six mois maintenant, alors que j'étais possédé depuis plus de deux par un sang vampirique qui me dévorait de l'intérieur, mettais des choses sensuelles, inavouables, dans ma tête à longueur de temps. J'avais eu la force d'âme et de caractère de repousser toutes les terribles et magnifiques créatures qu'Elle m'avait mis sous les yeux. Je n'avais jamais rien fait avec ces esclaves ; je n'avais jamais voulu m'abaisser ou me déshonorer avec des femmes forcées, même si mon corps possédé m'en faisait trembler de désir. Mais là, avec Cora, c'était différent. Cet échange bref mais passionné eut tendance à combattre ma frustration physique de ces derniers mois, tout comme cela l'entretenait finalement. Il me semblait dangereux de continuer, pourtant quand nous nous détachâmes l'un de l'autre, je ne m'empêchais pas de regarder ses cuisses, ses jambes, son corps. Je me forçais à reprendre mes esprits, même si le sang de ma maîtresse me poussait à me jeter contre elle. Ce sang, de façon insidieuse, agissait comme une seconde conscience. Il me soufflait qu'en ce moment même, Jana était probablement en train de bien prendre son pied avec son nouveau mari.


    Cette seule pensée me donna la nausée.


    Je me reprenais, alors qu'une musique douce, rythmée mais entraînante, s'élevait. Je reconnaissais ce chanteur que je pensais jamaïcain, même si en Russie il n'était pas trop écouté. Je savais que j'avais déjà entendu cette chanson dans des films américains. Cora revint bien vite chez moi alors que j'avais collé mon oreille contre la porte. Aucun bruit sourd de pas dans l'escalier. Je n'avais pas été suivi jusqu'ici. Les volets étaient fermés, musique allumée. Je ne serais pas vu, ni entendu, malgré l'extrême sensibilité sensorielle des vampires. Cora semblait un peu apeurée, mais je pouvais reconnaître dans son regard l'étincelle que j'avais senti dans notre étreinte. Cela ne fit évidemment rien pour calmer le sang de Krystel, qui continuait de pulser à mes oreilles. Elle me dit qu'elle avait bien reçu mes messages, mais qu'elle avait peur que je ne vienne pas. Qu'il me soit arrivé quelque chose ? Je souriais tristement. Je ne me sentais pas prêt à raconter ce qu'il m'était arrivé à Cora.



    | Oui, il m'est arrivé quelque chose. Et ça continue. Et ça continuera encore et encore. On doit se débarasser d'eux, Cora. C'est pour ça que je suis venu. Tu dois déjà savoir que le volet, c'était pour ne pas être vus. La musique, pour ne pas qu'on soit entendus. J'ai pu sortir parce que j'ai abdiqué ma volonté à ma maîtresse. Cela m'a évité le pire, ou en tous cas le pire du pire. Je suis venu ici sous prétexte de m'adonner aux vices qui sont les leurs. Il faudra probablement que tu joues la comédie, que tu cries et qu'on fasse du bruit. Je ne peux me permettre le moindre écart ; on ne me fait pas encore confiance. A juste raison, en fait. |


    Je m'assis à côté de Cora, alors que je m'efforçais de chasser de ma mémoire les sévices que j'avais subit pour pouvoir être là ici, aujourd'hui. Je me reprenais. Je devais me reprendre.


    | Et toi, comment vas tu? |

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Dim 4 Déc - 20:16

Finalement toutes ces caresses, ces baisers, ce n’était qu’une mise en scène. Mise en scène obligatoire pour me rendre visite. Du moins à ce que j’avais compris. D’un côté j’avais du mal à calmer mon désir, mais d’un autre j’étais heureuse. Heureuse qu’un homme vienne à moi pour autre chose que pour le plaisir charnel. C’était peut être pitoyable mais depuis quand quelqu’un ne c’était pas intéressé à moi ? Longtemps. En entrant il avait dissipé le silence de mort qui régnait dans mon minuscule appartement et avait kidnappé ma solitude. A tel point que ma seule angoisse à présent était qu’il s’en aille. J’en avais marre d’être seule, marre de combler le vide en me détruisant. Mais j’étais devenue l’esclave de tellement de chose, de la drogue, des vampires, du sexe. J’avais du mal à penser qu’un jour il puisse en être autrement.

J’étais assise sur mon lit en tailleur, une bretelle de mon débardeur pendait sur mon épaule mais je ne m’en rendais pas compte, je regardais Torben et surtout je l’écoutais attentivement. Je ne savais pas après quoi il courrait, ni après qui. Je ne savais pas qui il était ni pourquoi il n’était plus libre de ses actes. La seule chose que j’avais compris c’est qu’il était lié autant que moi, voir même plus, aux vampires. Ces êtres semblaient attirer toujours un peu plus d’humains entre leurs griffes. Je perdais chaque jour un peu plus Hannah à cause d’eux et j’avais moi même perdu un semblait de vie, mais je l’avais choisi et j’étais la seule responsable.

Torben voulait se débarrasser des vampires. Je comprenais sa haine. Sa femme lui avait été volé par une de ses créatures et s’était mariée avec l’un deux. Mais la vie est cruelle, elle n’a pas de sens. Si elle pouvait ne serait-ce que signifier quelque chose les vampires n’existeraient pas. Mais ils sont bel et bien parmi nous. Ils nous dominent, nous exploitent et nous rendent dépendants d’eux malgré nous. Comment deux simples et imbéciles humains auraient-ils pu lutter ?

    « Oui on doit se débarrasser d’eux. Oui ce serait génial un monde sans vampires. Mais après quoi ? Si je perds Nikos je deviens quoi, je reprends ma petite vie misérable, talons aiguilles et jupes courtes sur le trottoir ? Je ne suis même pas sûre d’avoir la force de me battre, je n’ai pas de cause à défendre, rien à préserver… Pourtant j’aimerais réellement t’aider, j’aimerais aider Hannah mais comment veux-tu que l’on fasse ? Ils vont nous écraser comme des fourmis. Ils vont nous laminer. Enfin bon… je suis prête à te suivre, quoi que tu souhaites faire. »


J’étais suicidaire, mais la réalité à laquelle j’étais confrontée m’avait faite réaliser certaines choses, que j’en avais marre d’être un objet. Pourtant c’était dur d'y remédier, mais bon s’il me suffisait de suivre le mouvement, de suivre Torben peut être que ma vie aurait un sens… Vraiment je ne savais plus quoi penser ni même comment penser. Je devenais folle, ce monde de dingue m’avait rendu complètement névrosée.

    « Je vais tout faire pour que tu ne te fasses pas repérer. Tu sais j’ai largement appris à simuler, alors autant que ça serve. Et puis… si avant de partir tu veux vraiment le faire, tu sais c’est toujours possible. »


Je repliais mes jambes contre mon buste et lui souriais. Un sourire faible, presque gêné. Oui j’étais définitivement accro à tout ce qui ne fallait pas. Mais il avait posé ses mains sur moi, et il resterait peut être plus longtemps à mes côtés.

    « Sinon ça peut aller, enfin tu sais ce que c’est. Rien n’est facile. En fait je ne vais pas tarder à devenir folle. Je suis fauchée, j’ai diminué ma consommation de drogue. Tu vois j’ai essayé, de me prendre en main je veux dire. Mais les effets se font ressentir. Je commence à être en manque et je suis incapable de trouver de l’argent autrement qu’en faisant le tapin. J’ai jamais travaillé et j’ai peur de faire une connerie, les dealers ici ils rigolent pas. Mais tout ça ce sont mes soucis, tu es là pour me parler alors moi je suis là pour t’écouter. Je dois arrêter de me lamenter. »

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Dim 4 Déc - 21:04

    La jeune femme était assise près de moi, sur son lit. Elle était en tailleur, et son fin débardeur pendait d'un côté. Je m'efforçais de ne pas faire trop attention à ce genre de détails ; sinon ma main irait bien vite sur sa cuisse, tandis que l'autre lui retirerait pour de bon ce sacré haut qui semblait vouloir se faire la malle tout seul. Je me contrôlais. J'inspirais profondément, mais en silence. Je ne voulais pas passer pour plus dérangé que je ne l'étais aux yeux de la jeune femme. Je savais que toutes ces pulsions étaient exacerbées par le sang que j'avais ingurgité. Ce sang qui faisait enfler mes fantasmes, qui me fouettait le sang, qui me rendait hors de contrôle. Je devais pourtant continuer à m'auto discipliner. Je savais qu'il s'agissait probablement d'un combat perdu d'avance, mais je savais aussi que je voulais porter cette lutte le plus loin possible, ne serait ce que par fierté, mais aussi par nécéssité. Quel intérêt de venir ici dans l'esprit de résister à ces putains de bêtes à crocs, si au final je leur laissais un ascendant chaque fois plus fort sur mon corps et mon esprit ? Je devais repousser toutes leurs saletés, je devais être fort. Pour moi, pour Jana, pour Cora, pour tout le monde. Je devais faire en sorte de redevenir autant que possible ce parangon d'honneur, de principes et de haine que j'avais été. L'image de Krystel me faisant signe d'avancer chercher son sang s'imprima dans mon esprit. Je savais que j'étais corrompu, je savais que ce serait en moi à tout jamais désormais, mais je comptais pourtant sur le fait de résister autant que possible. Je me plaisais dans l'idéal de repousser les ténèbres par la seule force d'une volonté en acier trempé. Alors l'image de Jana m'embrassant s'imprima de nouveau dans ma mémoire. Cette volonté ne restait que vacillante, au final. Je n'étais qu'un homme.


    Cora semblait tellement emprisonnée dans son destin, dans son existence toute entière, que cela me faisait de la peine.Elle n'envisageait aucun échappatoire, aucun plan B si elle finissait par se tirer de ses addictions. Pour elle, il n'y aurait jamais que la rue, la misère et les problèmes. En cela aussi, je voulais croire. Je voulais croire que ce Dieu froid et distant pouvait aussi se montrer miséricordieux avec ses enfants. Que le combat de la jeune prostituée serait récompensé. J'étais prêt de mon côté à accepter toutes les bonnes volontés, mais quel homme serais je si je devais penser qu'une victoire sur les vampires ne devrait servir qu'à conserver l'ordre et les structures établis depuis tant d'années ? Je pensais qu'il faudrait tout changer. Bouleverser la société. La mettre en situation de guerre totale, contre les vampires, mais aussi contre elle même. Elle était jeune, et déjà si désabusée, trahie elle aussi par l'existence. Tous, à notre manière, souffrions de cette chienne de vie. Je voulais croire qu'il était possible de tout changer. Cora avait quoi, dix ans de moins que moi ? Elle devrait faire des études, avoir un travail honnête, des gens qui l'aiment. Elle ne devait pas se retrouver aussi seule à son âge, aussi blessée par la vie et tous ces connards qui en profitaient. Je passais un bras autour de ceux de Cora, l'attirant contre mon torse.



    | Tu dois garder espoir. Tu sais ce qui fait notre force, ce qui nous fera prendre l'ascendant ? Nous n'avons plus rien à perdre. Toi, tu penses ne pas pouvoir tomber plus bas. Moi, je le sais aussi. Ils nous ont tout pris. Mais tu sais le plus dramatique ? Ils nous ont volé nos espoirs et nos aspirations. Ne reste qu'un monde creux, stérile. Le leur. Nous devons le détruire. Et si nous mourrons, au moins que cela serve à l'humanité plutôt qu'à satisfaire simplement les penchants sadiques de ces détraqués. Tu sais, je pense vraiment qu'en nous détruisant, les vampires ont crée les meilleures armes contre eux mêmes. Pour ce que ça vaut, mon offre de t'aider à t'en sortir tiens toujours, pour quand tout sera fini... Il faut qu'on fasse en sorte que ce combat aie un sens, sinon, il ne sert à rien. |


    Cora se replia ensuite sur elle même, et me sourit de façon gênée. Je trouvais qu'il y avait un intense côté dramatique à ses paroles. Elle avait appris à simuler. Appris. Elle avait tellement intériorisé le fait qu'elle devait avoir du plaisir durant l'acte avec ses clients qu'elle avait machinalement appris à laisser déborder une jouissance excessive. Ses paroles cachaient cependant une solitude cruelle. Cruelle, parce que je la ressentais aussi. Je savais ce que c'était, que ce sentiment cuisant. Je l'avais connu, et je le connaissais toujours. Toutes ces filles, que j'avais payées ou non, les premières semaines de ma vie ici. Avant Andréa et tous les problèmes qui avaient suivis. Et avant Jana. L'amour de ma vie, revenu dans mon existence sous la forme d'un de ces démons que j'avais si souvent mis à mort. Je souriais à Cora. Je l'embrassais, n'y tenant plus. Je passais mes mains sur son bassin, tirais son corps contre le mien. Le contact ne dura qu'un instant, mais si je cessais de l'embrassais, je plongeais mon regard droit dans le sien, gardant son corps collé contre le mien.


    | Je ne suis pas sûr que ce soit excellent pour ce qu'on a tous les deux, mais tu sais que je ne veux pas te causer plus de problèmes que je ne t'en pose déjà. |


    j'écoutais l'exposé de situation de Cora. Je fronçais les sourcils.


    | Ecoutes, c'est pas grave, je suis là pour ça. Et tu te lamentes pas du tout. Je ne vais pas te mentir, je ne vais pas te manipuler. Si on résiste aux vampires, ta place est déterminante. Tu as accès à toutes les rumeurs, tu peux surveiller tes clients, tu peux obtenir des infos. Tu as la meilleure place. La plus dure aussi. Mais on aura besoin de ce que tu pourras glaner comme infos. Je vais te demander un sacrifice ; celui de continuer ton activité le temps nécessaire, quoiqu'il arrive. Et en retour, je te prouverais que je serais prêt à tout pour te sauver la mise en cas de problème, et je te garantirais que les informations que tu auras transmises seront utilisées pour notre cause. Je ne te demanderais pas des sacrifices que je serais incapable de faire. Moi aussi, je me plierais aux vampires, et surtout à ma maîtresse. Ce sera déterminant. Tu es prête pour ce genre de chose? |


    je me mis à partir d'un petit rire.


    | Un esclave drogué et un meurtrier, allié à une prostituée, ensemble, pour sauver le monde. |


    J'embrassais de nouveau Cora.


    | Je dois le faire. Je suis au delà de toute rédemption, mais je dois le faire pour Jana. Et toi, tu dois le faire pour toi. |

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 13:22

Je me sentais comme une petite fille, fragile et sans défense. Je m’étais mise à nue, j’avais dévoilé tout ce que j’étais et finalement face à Torben je n’avais plus cette carapace que je m’étais construite, j'avais pu m'en séparer même pour un court instant et à nouveau respirer, être moi. Quand je me prostitue je ne suis qu’une pute, c’est la seule et unique vérité. Les hommes avec qui je perdais chaque fois un peu plus ma dignité ne me connaissaient pas et je ne savais rien d’eux non plus. Parfois un nom sur un visage mais souvent aucun indice sur l’identité du client. Je ne voulais rien savoir, ça ne m’intéressait pas, ça n’avait aucune utilité à part à déclencher chez moi des remords. Et s'il avait une femme, et des enfants?
Cette nuit je me sentais une autre personne, toujours cette femme, un peu trop jeune, qui se prostitue pour pouvoir vivre mais une femme qui pouvait peut être bien devenir autre chose. Je regardais Torben avec les yeux d’une enfant, une enfant qui a grandi un peu trop vide mais qui n’a pas encore suffisamment découvert de la vie. Je n’avais aucune idée de la souffrance de Torben, ni même de ce que cet homme avait pu vivre et endurer mais quelque chose me disait qu’il souffrait peut être encore plus que moi. J’avais toujours eu du mal à accepter mon propre supplice et il était difficile d’être confronté à la réalité de ma vie.

Il m’attira contre lui, je me laissais faire, même plus je me pressais contre son torse, m'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage lancée quelques minutes avec la fin de tout espoir de survie. J’avais tellement besoin de réconfort, tellement besoin d’être rassurée, mais surtout je me devais de croire en quelque chose, n’importe quoi juste histoire de trouver la force de survivre. Torben avait raison, ni lui ni moi n’avions plus rien à perdre. Je n’avais pas de métier à préserver, ni famille à chérir. Mais nos vies étaient différentes. Les vampires lui avaient tout pris, femme, vie et espoir. Alors que moi la vie m’avait tout volée, sans m’avoir laissée la moindre chance. Les vampires avaient constitué pour moi une échappatoire, la possibilité d’avoir le temps, le loisir de tout recommencer. Au fond j’avais peut être espérée devenir comme eux. Mais avec le temps j’avais compris, qu’ils ne souciaient ni de la vie, ni des hommes et qu’eux non plus ne me laisseraient aucune chance. Seule je n’aurais jamais eu l’idée de mener un combat contre eux, parce qu’ils n’étaient pas vraiment à l’origine de tout ce qui m’était tombé dessus. Mais ils avaient fait ce qui était de pire, ils m’avaient exploités, s’étaient servis de mon malheur. Comme ça devait être risible de contempler la souffrance humaine …
Au fur et à mesure qu’il me parlait je prenais conscience de la réalité de toute mon existence. Ca me faisait mal, terriblement mal. Je ne m’en étais pas rendue totalement compte, j’étais toujours bien trop défoncée pour voir la vie telle qu’elle était réellement. Comme un boomerang ma souffrance me percutait en pleine figure. Je laissais échapper une larme, pure. Etonnamment ça me fit du bien, je n’osais plus pleurer, même cette qualité humaine était devenue trop dure.

    « Tu as raison … Ils m’ont arraché la seule chose qui me restait, IL a voulu me priver de mon humanité et même si c’est dur je veux la garder ! Bon sang, nous sommes complètement timbrés. »


Je passais presque des rires aux larmes, j’entrevoyais pour la première fois la mince lumière au fond du tunnel. Torben me donnait ma chance et aveuglément j’allais la saisir de pleine poigne. C’était la seule chose que je pouvais encore faire.
Torben m’embrassa, je passais machinalement mes bras autour de son cou. J’avais l’impression qu’il me faisait un cadeau, celui de croire en moi. J’étais surement naïve mais j’avais toujours ce besoin de croire en l’avenir. J’y avais cru quand j’avais quitté ma petite campagne, quand j’avais rencontré Nikos… Peut-être que cette fois ce serait la bonne. Surtout que pour la première fois de ma vie je m’apprêtais à ne pas opter pour la facilité.

    « T’en fais pas je ne me sens pas obligée de t’aider mais j’y tiens. »


Je me serrais un peu plus contre lui, presque honteuse d’avoir dévoiler mon quotidien. C’était si dur de se confier mais en même temps je savais qu’il pouvait me comprendre.

    « Tu veux que je continue à faire ça ? Tu veux que je reste sur le trottoir. »


Je me retirais de contre lui et porta un lui portais un regard à la fois perdu et accusateur. Mais je réfléchissais à ses paroles. Il parlait avec tant de force et de convictions, à tel point que je me surprenais à admirer tant de courage. Je comprenais finalement qu'il avait raison. Ses années de prostitutions, de calvaire, se réseau que j'avais tissé, il allait peut être me servir. Je me récolais tout contre lui et adoptais une voix calme et réfléchie.

    « Je peux le faire oui, et si je ne t’avais rencontré à l’heure qu’il est je serais sûrement avec un client… Je te fais confiance Torben mais pour continuer tu dois me promettre d’être là, je sais que tu as de gros problèmes qui t’empêchent de faire tout ce que tu veux mais juste un petit message de tant en tant tu vois. Parce que tu sais que je suis instable. A tout moment je peux commettre l’irréparable si je ne tiens pas le coup. J’ai vraiment besoin d’avoir autant de force que toi, et ça je n’y arriverai pas toute seule. Je ne peux pas m’impliquer sans soutient derrière. Au fond j’ai un peu peur mais je ferais ce que tu me demandes, je le ferais pour moi oui, tu peux en être certain. Mais j’ai besoin que tu m’éclaires, je dois savoir à quoi je dois être attentive exactement. »
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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 14:16

    J'avais vraiment l'impression que ce que je disais comptais. Je savais aussi que j'y croyais dur comme fer. J'avais senti, tout au long de mon existence, que je serais toujours bon à une unique chose. Pendant longtemps, j'avais cru que tuer était ma seule compétence qui pouvait apparaître comme naturelle, la seule chose innée chez moi. Plus que l'amour, plus que la haine, plus que n'importe quoi d'autre. Je tuais depuis plus de dix ans maintenant. Et je tuais vite et bien si la situation faisait sentir ce besoin. Ou alors, je pouvais m'avérer brutal et sanglant. C'était selon. Mais au final, je n'étais pas bon pour cela. Les remords me travaillaient sans cesse ; surtout quand il s'agissait d'humains. Je n'avais jamais vraiment été guérit de la tchétchénie, et pis encore depuis la catastrophe d'Edimbourg en mai dernier. Il était véritablement inconvenant de se rendre compte à quel point j'avais pu priver ce monde d'existences humaines. Si je n'étais au final pas le plus doué qui soit en ce qui concernait le carnage, j'étais doué pour autre chose. Pour le combat. La guerre totale. Je ne parlais pas ici en terme de meurtres ou de sang, mais de la portée idéologique et symbolique de ce genre de combat. Combat total, qui engloutissait tout sur son passage. L'âme de ceux qui y participaient, l'âme de ceux qui la subissaient. Je ne m'en étais pas rendu compte tout de suite, mais mes actes avaient toujours eu une haute portée symbolique. Quand il s'agissait devant les caméras du monde entier de blesser et de tuer des vampires, de dévoiler la véritable nature de Jana devant tout le monde... Ou encore, continuer de me battre contre celle qui me possédait déjà. Non, décidément, c'était vraiment pour ça que j'étais bon, et pas simplement pour tuer. Je ne savais pas si on pouvait dire que j'étais un leader, un meneur d'hommes. La plupart de mes actions avaient été individuelles. Mais l'impact psychologique de mes actions était parfois tellement plus important qu'une campagne vampiricide de plusieurs semaines.


    A cet instant, je sentais cette étincelle conquérante dans le regard de Cora. Je savais nourrir ma haine, et j'apprenais de toute évidence à nourrir celle des autres. Je savais que la jeune femme était liée à un vampire en particulier : j'avais réussit à la voir avec lui au mariage du Roi. Il avait l'air grand, sec, puissant. Dur aussi. Brutal ? Je n'imaginais que trop bien Cora se complaire dans le sang, le sexe et la violence avec son amant. Comme me l'avait montré ma maîtresse voici des mois, les vampires corrompaient si aisément les humains que ça en devenait même risible parfois. Ces clichés qu'elle m'avait montrée, sur les ébats entre ma sœur et le prince des vampires. Cela me hantait encore, et je savais que je ferais tout pour lutter contre ce genre d'influence. Moi même était soumis à une tentation terrible, même si pour le moment la situation n'avait jamais dégénéré sur cet aspect en particulier. J'avais été battu, brimé, torturé, mais je n'avais pas encore eu à subir cette corruption terrible dont je savais pertinemment qu'elle porterait un coup terrible à ma résolution. J'essuyais la larme de Cora du puce en caressant son visage, et je ris doucement avec elle.



    | C'est parce qu'on l'est qu'on a une chance, tu sais. |


    la jeune femme, faible et fragile, se blottit un peu plus contre moi en passant ses mains de chaque côté de mon coup. Elle me dit qu'elle ne se sentait pas du tout obligée de m'aider. Je le savais. Et je l'escomptais. Un allié qui était forcé ne servait à rien ; il risquait de produire plus de mal que de bien au final, et je n'étais pas du tout certain que c'était quelque chose que je souhaitais que d'entraîner quelqu'un qui n'était pas concerné, dans toute cette histoire. Parce que le danger était bien présent, et le danger était plutôt sérieux, même. Mieux que ce que je pensais, Cora tenait même personnellement à m'aider, ce qui ne pouvait assurément pas me faire de mal. Mais soudain, la jeune femme se détacha totalement de moi et me regarda d'un air peut être un peu blessé. Je soutins son regard. Pas avec indifférence, mais avec force. Je voulais qu'elle comprenne que j'étais sérieux, mais aussi que je ne comptais pas pour autant de l'utiliser.


    | Oui, c'est ce que je veux. C'est ce qu'il faut plutôt, plus que ce que je voudrais pour toi. |


    Elle me confirma qu'elle le ferait, m'avançant que sa raison en tenait au fait que je ne l'avais pas laissée dans sa merde, toute seule. Cora me parla ensuite de la valeur de son engagement et de sa nature même. Elle voulait que je sois là, derrière elle. A veiller. J'y avais déjà réfléchi, bien avant qu'elle ne me le demande. Elle continua en me demandant à la fois plus d'infos, mais aussi de l'attention. Elle en avait besoin. Je pouvais sentir que le caractère de la jeune prostituée était plutôt instable, je l'avais toujours su. Elle exerçait un métier rigoureux dans des circonstances difficiles. Forcément, elle ne pouvait que se planter à un moment ou à un autre. Je posais mes mains de chaque côté de son bassin, m'enfonçant plus loin avec elle dans son lit. Je soutenais son regard, je voulais qu'elle soit consciente que je sois honnête.


    | Je te le promets, jeune fille. Tu le mérites en t'impliquant. Je serais là, dans le secteur. Je pourrais te surveiller et te voir de temps en temps ; la justification est déjà toute prête auprès de ma maîtresse. Elle croit que je viens te voir pour tes services ; la... la consommation de son sang me pousse à certains besoins, et ça fait trop longtemps que j'y résiste. Elle sait que je vais y succomber, et je ferais en sorte qu'elle soit certaine que ce soit avec toi. De plus, j'établis un lien entre elle et toi ; il ne pourra rien t'arriver de mauvais. Question de fierté de la Reine, vois tu. Il n'arrive rien à ses objets, et rien aux objets de ses objets. Je serais là, Cora. |


    Je lui souris doucement.


    | Tu devras sélectionner ta clientèle. Je sais ce que ça va impliquer pour toi, c'est pourquoi il te faudra du courage et une arme que je te fournirais. Tu devras coucher avec des vampires. Les plus hauts placés possibles, mais aussi leur bas peuple. Tu dois glaner des informations sur à peu près tout. Leurs noms, leurs coordonnées, leurs liens, les rumeurs, leur organisation, leur rôle dans leur société. Tout. Tu dois tout savoir. |


    Je me sentais de plus en plus mal ; j'avais besoin de relâcher mes pulsions. Je les calmais en tirant ma flasque de la poche de ma veste. Une petite habitude que j'avais jugulée, mais qui faisait du bien de reprendre de temps en temps. Je proposais la flasque à Cora.


    | Moi, tu peux me demander ce que tu veux. Pour assurer ta protection, ta sécurité. Tu as besoin d'argent, d'armes, d'un nouveau logement ? Tu peux me le dire, et j'essaierais de faire ce que je peux pour toi. |


    Après un bref silence, je reprenais, d'une voix plus froide, plus détachée.


    | Il faut aussi que je te prépare, que je t'entraîne. Parce que ma position me fera tuer bien avant la tienne, à mon avis. Tu devras être capable de continuer sans moi, si possible avec d'autres personnes. |

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Lun 5 Déc - 20:10

Cette nuit avait très mal commencé. J’étais au bord de la dépression, toute proche de sombrer, à deux doigts de craquer. Et pourtant la noirceur laissait place à la lumière. Une lumière si sombre pourtant, à portée de main et si difficile à atteindre. Je cherchais la force au fond de moi. Cette force qui je savais, existait. Elle s’était manifestée à plusieurs instants de ma vie. J’avais eu le courage de quitter mon foyer pourtant si confortable pour tenter ma chance dans la grande ville. J’avais eu la force de vivre, de créer des liens malgré la dureté de mon quotidien. Mais est ce que j’étais capable de franchir un si grand pas ? D’aller plus loin et de défendre une cause qui a si peu de chances de réussite ? Je me rappelais que les vampires étaient critiqués, l’existence de ces églises qui luttent avec acharnement contre ces créatures immortelles. Je n’avais jamais pris le temps d’avoir un avis sur ces mouvements pour la simple et bonne raison que je n’étais croyante. Mais au delà de la dimension religieuse une chose était vraie. Les vampires se servaient de nous et nous exploitaient et je n’avais pas eu besoin de me rendre à l’Eglise pour le comprendre, j’en avais fait la dure expérience. Je m’étais jetée dans les bras de Nikos. Il m’avait parut si charismatique, si différent… Il représentait la tentation à l’état pur. C’était presque impossible de résister à tant de prestance. Tout chez lui créait le désir, et il suffit d’y gouter une seule fois pour être malgré nous dépendant. Il s’était emparé de moi d’une force même supérieure à la drogue qui pourtant m’avait sacrément amochée. C’était une accumulation de choses qui m’avaient rendues totalement folles. Et comme disait Torben c’est cette folie qui constituait finalement notre meilleure arme. Et ça aussi j’étais suffisamment névrosée pour le croire.

Torben me promit d’être là à mes côtés. J’y comptais bien, sinon je n’aurais jamais la force de continuer. On pourrait même se voir, j’étais contente, c’était ce que j’espérais. Même si ce que je m’apprêtais à faire était peut être dingue au moins je ne serais pas seule dans mon délire. J’allais faire quelque chose avec quelqu’un et j’y mettrais tout mon cœur. Au fur et à mesure qu’il parlait je commençais à me rendre compte d’à quel point il était impliqué. Impliqué dans le monde vampire, et il était dans une sacré position. Je n’avais aucune idée de comment il avait pu atterrir dans cette voie là. Et je n’étais peut être pas prête de le savoir. Il goutait au sang de vampire, mais pas à celui de n’importe quel vampire, celui de la reine. Reine que j’avais vue au dit mariage. Mariage que Torben avait perturbé. Je constatais avec horreur que le pauvre avait du être sacrément puni. Cette femme me faisait froid dans le dos, elle m’avait parut si froide, et majestueusement cruelle.

    « D’un côté c’est suicidaire ce que l’on fait. C’est pas n’importe quel vampire que l’on côtoie… Mon vampire, il s’appelle Nikos. Et à ce que j’ai compris il est hautement placé. Je ne sais pas trop ce que ça implique, en fait il ne me dit pratiquement rien. Je n’ai aucune idée quant à leur système. Mais nous avons une place de choix, on peut dire qu’on est au cœur de tout. Si seulement il pouvait m’en dire plus… »


Mais la seule chose qu’il faisait c’était jouer avec moi pendant quelques heures. Je satisfaisais ses moindres désirs et je ne pouvais ni renoncer ni m’en passer.
Torben me dit que j’allais devoir sélectionner ma clientèle. Je fronçais les sourcils et l’écoutais avec attention. Alors il voulait que je couche avec des vampires. Effectivement s’était possible. Je fréquentais pas mal de bar à vampire et il me suffisait d’offrir gentiment mon sang comme une fanatique dévouée. Mais ça impliquait deux choses. La première le danger, mais je n’étais plus à ça près… mais aussi ça pouvait me rendre encore plus accro que ce que je l’étais déjà.
Le visage de Nikos m’apparut en pensées. Qu’est ce qu’il ferait s’il me découvrait au bras d’un autre vampire ? Peut être qu’il le tuerait et moi avec. Au moins je mourrais en défendant une noble cause… Au fond j’avais toujours rêvé d’être une héroïne. Une héroïne qui meurt à cause du sexe, c’était peut être pas aussi exceptionnel que dans les films mais au moins j’aurais peut être servis.

    « Je peux faire ça, j’ai quelques contacts mais si Nikos le découvrait ? Quoi que… il a bien trop à faire que de me surveiller. »


J’acceptais la flasque d’alcool que me proposais Torben. Je me rendais compte qu’il n’avait pas abandonné cette habitude. Je pris un gorgée, puis deux ou trois autres avant de la lui tendre à nouveau. Peut être que ça m’aiderait à me détendre, j’étais un peu tendue et le manque dû à la drogue commençait à se faire ressentir. Je me sentais beaucoup moins calme et j’avais du mal à tenir en place. Je me levais et fit quelques allez retour dans l’appartenant alors que je réfléchissais à la proposition de Torben de m’aider.

    « Je ne sais pas trop. Mon appartement me suffit, je m’y suis habituée. Tout ce qu’il me faudrait c’est de pouvoir le payer, je ne peux pas me permettre de me faire expulser, je n’ai nul part où aller… »


Je regardais la trainée de poudre sur ma commode. Est ce que j’allais tenir sans me fournir en drogue ? Est ce que je pouvais arrêter tout en menant ce projet … Non je ne pouvais pas m’arrêter, si Torben pouvait m’aider pour mon loyer alors j’aurai toujours l’argent de mes clients.
Il m’annonça ensuite qu’il fallait m’entrainer, que je devais pouvoir continuer sans lui. Cette phrase me perturba. J’avançais en pressant le pas jusqu’à lui tout en écarquillant les yeux. J’étais maintenant assise sur le lit, à genoux et tout près de Torben. Je lui portais un regard accusateur.

    « Non, ne parle pas de ça, tu ne vas te faire tuer, non. Je ne pourrais pas continuer sans toi, et penses à Hannah elle serait brisée. Non Torben je ne permettrai pas que tu te fasses tuer ! Ne me laisses pas seule… »
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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Mer 7 Déc - 17:32

    La jeune femme semblait confirmer mon propos. Elle semblait prête même si d'apparence elle était peu sûre d'elle. J'avais déjà entendu dire qu'il n'y avait rien de plus solide que le cœur d'un volontaire. J'espérais de mon côté que cet adage n'était pas mensonger, et que je ne m'étais pas confié à la mauvaise personne. Si Cora laissait échapper quoique ce soit, alors Krystel mettrait probablement fin à mes jours. En soi, cela ne me semblait pas le moins du monde être un drame. Tant pis, je ferais avec le jour où le cas se présenterait, inutile de trop anticiper. La jeune femme avait raison. Notre entreprise était suicidaire. Mais comment pourrions nous nous regarder encore en face après tout ce que nous avions subi, si nous ne réagissions pas. Comme pour se rappeler à mon bon souvenir, l'image mécontente de Krystel flasha ma mémoire, et je me rendais compte de ce que tout cela impliquait. Je ne la trahissais pas vraiment. Pas au sens littéral. J'avais depuis longtemps compris que tuer tous les vampires sur cette Terre était illusoire, impossible d'y arriver dans tous les sens du terme. Et puis, n'y avait elle pas une chance de rédemption, pour Elle aussi ? Après tout, elle n'avait jamais connu que le sang et les carnages. Tout ça, c'était la faute du Roi. Je pourrais toujours me prémunir de ma maîtresse en argumentant avoir voulu la protéger. Et ma position auprès d'elle nous avantageait ; j'étais intouchable parmi les vampires. Aucun d'entre eux n'oserait jamais lever la main sur moi. Et Elle même, saurait lire dans mon regard l'exacte teneur de la vérité. J'étais prêt à tout pour lui plaire et retrouver Jana, mais je savais aussi que les vampires en tant qu'espèce unie étaient un obstacle.


    Suicidaire ? Je ne pensais pas qu'elle avait tord. Mais qu'est ce qui n'est pas suicidaire de nos jours ? Opposez vous aux vampires, vous mourrez rapidement et de façon horrible. Rejoignez les et vous mourrez quand même, et pas forcément de façon plus plaisante. C'était un fait, tout le monde était en train de mourir. Impossible dans ces conditions de mener un front uni contre cette espèce terrible. Mais Cora avait raison sur au moins un point. Nous ne nous attaquions pas à n'importe quel vampire. La « mienne » était la plus puissante, de très loin. Elle était reine, elle pouvait imposer sa volonté et sa domination à qui cela lui plairait. Le sien semblait l'être tout autant, puissant. A jeune femme me dit ensuite qu'elle ne savait pas concrétement ce que faisait le sien de vampire, qu'il ne lui disait rien. J'imaginais que ce n'était pas totalement anodin comme paroles. De toute évidence, elle devait être en train de se rendre compte que son vampire l'utilisait véritablement comme un objet, en refusant tout net de lui parler plus que nécessaire. Je compatissais à ce qu'elle devait ressentir, que ce soit en bien ou en mal. Impossible de s'y tromper ; elle souffrait de cette relation, de cette mise à distance opérée par son vampire. J'essayais de la faire rebondir.



    | Il faut que tu fasses ce qu'il faut. C'est dur, je le sais. Oser parler, oser poser des questions qui peuvent sembler anodines mais qui en disent long. Voir les papiers qu'il peut avoir sur lui, le cas échéant, ou les gens qu'il peut fréquenter. S'il est haut placé, il y a de fortes chances qu'il aie un chauffeur ou des gardes du corps. Rien que mémoriser et restituer leur physique peut nous aider. C'est un travail difficile Cora, j'en ai conscience. Mais c'est le nôtre. Celui qui nous incombe. |


    Cora semblait un peu démunie face à ma proposition de l'inciter à coucher aussi avec des vampires, si besoin était. Je m'en voulais de lui demander des sacrifices pareils, mais j'avais besoin d'elle. Je ne pouvais pas accomplir ce genre de travail moi même. Krystel, immédiatement au courant, m'aurait probablement émasculé. Pas que coucher lui causerait un problème, mais de le faire contre de l'argent alors qu'elle m'avait marqué comme sien, là ce serait autrement plus dramatique.


    | Je ne te le demanderais pas si c'était peu important. Je ferais tourner l'info de mon côté que tu es ma maîtresse. Les vampires n'oseront pas te toucher. Ils me connaissent, vois tu. J'en ai tué beaucoup. Et là, je suis sous la protection de la plus sanguinaire d'entre eux. |


    Je regardais Cora prendre plusieurs longues gorgées de Whisky avant de me retendre ma flasque. Elle semblait stressée, d'un coup. Aurais je surestimé la pression qu'elle serait capable de supporter ? Je n'espérais pas. Mais elle semblait tendue, difficilement contrôlable. Je connaissais cette sensation, je connaissais ces façons de réagir. Elle aussi, souffrait du manque. Je me sentais pris d'un nouvel élan de compassion pour elle.


    | Je peux faire le nécessaire. Tu as besoin de combien ? J'avais prévu déjà cent livres pour tes « services » de ce soir, mais si tu as besoin de plus, je peux m'arranger. |


    Cora arriva d'un pas vif face à moi. Surprise, les yeux exorbités par la surprise. L'avais je choquée ? D'un côté, j'espèrais que ce fut le cas. Ainsi, j'aurais pu plus facilement lui faire comprendre les rigueurs de notre voie, désormais. Elle m'accusait du regard, et se posa à genoux sur le lit, près de moi. Cette proximité refit sortir à la surface toutes ces sensations que je refoulais, dûes au sang de ma Maîtresse qui coulait dans mes veines. Elle n'était de toute évidence pas d'accord avec l'idée que je finisse les doigts de pied en éventail. Je me mis à rire à cette idée, alors que je replaçais une mèche de cheveux de la jeune femme derrière son oreille. Mon visage près du sien.


    | Tu n'es pas seule, Cora. Tu as Hannah. Tu ne la connais pas encore, mais tu peux compter sur Jana. J'ai aussi des contacts auprès de la HCV ; je peux te donner leurs coordonnées si tu as un souci. Ils pourront te protéger. |


    Je la serrais contre moi.


    | Te protéger comme je le ferais moi même. Ca ira. Tout ira bien, d'accord? |


    Combien de fois m'étais je moi même répété ce mensonge jusqu'à y croire?

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Lun 26 Déc - 20:57

Tout contre Torben je reprenais mon souffle en m’agrippant à lui. L’idée de pertes humaines m’avait toujours mise dans tout mes états, étrangement celle de ma propre perte ne me dérangeait pas. J’avais toujours l’impression d’être de trop dans ce monde, de ne pas trouver ma place. Voilà pourquoi je courrais sans cesse vers le danger, vers l’impossible. Je testais les limites de mon corps et de mon esprit, peut être pour trouver ma véritable place. Voilà pourquoi même si les idées de Torben m’effrayaient j’étais prête à les suivre aveuglément, sans vraiment me soucier de ce qui pouvait m’arriver à moi. J’avais eu peur des vampires, et aujourd’hui encore ils me terrifiaient, Nikos lui même me terrifiait. Malgré ce fait je me jetais dans ses bras comme j’aurais pu me jeter d’une falaise bordant la mer. C’était dangereux, risqué et peut être même mortel mais ça ne m’empêchait pas de foncer tête baissée. Qu’est ce que je risquais à combattre les vampires ? la mort ? Je la risquais chaque jour quand je me droguais, chaque nuit quand je vendais mon corps à des inconnus. J’avais pour le moment échappé à l’overdose, à la rencontre d’un malade mental j’échapperai peut être aux vampires. Je n’étais pas consciente de ma folie, ni des risques que j’entreprenais. Je risquais sûrement bien pire que la mort mais je ne percevais pas cette vérité. Néanmoins cette folie aveugle allait me servir de force, la force d’entreprendre le combat, la force de me battre.

    « Je vais oser, je vais le faire et j’en suis capable. Mais je t’avoue que je n’ai jamais cherché à savoir quoi que ce soit sur mes clients, qu’ils soient humains ou non. Habituellement je fais mon affaire et je m’en vais, généralement dans des motels ou dans n’importe quel lieu qui ferait l’affaire. Mais je suppose que pour optimiser les résultats je devrais peut-être allais chez les clients, pour peut qu’un vampire m’invite chez lui. Ce serait mieux pour récolter des infos. Après je sais être persuasive… »


Je le regardais, d’un air un peu perdu, décontenancé. Malgré mes relations avec Nikos j’avais l’impression de plonger dans un gouffre inconnu. Et j’avais aussi l’impression que Torben en savait beaucoup plus que moi.

    « Je veux juste que tu me promettes de me tenir au courant de tout ce que tu sais. Parce que maintenant on est dans le même bateau, et je tiens vraiment à t’aider du mieux que je peux et le meilleur moyen c’est qu’il n’y ai pas de secret entre nous. Moi je ne te cacherai rien. Comme ça si j’ai un problème je saurai que tu pourras m’aider. »


Je rapprochais mes jambes tout contre ma poitrine. J’avais un peu froid, j’essayais d’économiser le chauffage du mieux que je pouvais, c’était horriblement cher.
Torben me dit qu’il ferait tourner l’information comme quoi j’étais sa maitresse. Je ne savais pas trop en quoi cela consistait aux yeux des vampires mais ça allait m’assurer une certaine protection. Il fallait quand même que j’arrive à m’endormir le soir sans craindre la visite d’un vampire fou.
Je commençais à me sentir un peu mieux au fur et à mesure que le whisky pénétrait dans mon corps, j’avais moins froid, une bonne chose de faite, et je ne semblais plus réellement affolée. Non je recommençais à croire que c’était possible, parce qu’à deux on serait plus fort.
Torben me proposa de me donner plus d’argent, je répondis à sa proposition avec un sourire de gratitude.

    « Non je n’ai pas besoin d’argent, ce que je veux c’est me sentir bien, détendue juste quelque instant. Depuis que tu es là ça va déjà beaucoup mieux. »


Je plongeais mes yeux dans son regard en prononçant cette phrase et baissais la tête. Je ne voulais pas qu’il se sente obligé de rester avec moi mais je n’avais pas envie de le voir partir. En même temps je n’avais pas envie de lui inspirer de la compassion mais c’était déjà le cas n’est-ce pas ?
Par la suite il m’assura que je n’étais pas seule, mon dieu si je l’étais, Hannah ma chère Hannah m’avait été violemment arrachée, ma seule amie et confidente. Mais je ne rétorquais pas.

    « J’espère que ça ira, pour moi mais aussi pour toi. Et j’aimerai tellement qu’Hannah soit libre elle aussi, tu penses qu’un jour ce sera possible ? »


Je soupirais, je posais cette question plus pour moi même que pour Torben. Je ne pensais pas la libération d’Hannah possible. Surtout parce qu’elle souhaitait être aux côtés de William. Egoïstement j’avais envie qu’elle ne le souhaite plus, parce que moi Nikos ne se souciait pas de mon bien être.

    « On est peut être trop calme, ça risque pas de faire louche. Je ne voudrais pas qu’un gros bras pénètre dans mon appartement. On pourrait simuler, ou alors on pourrait se détendre, tu sais je suis là pour ça… ».

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Mar 27 Déc - 1:03

    J'appréciais que Cora me fasse part de ses craintes et de ses faiblesses. Je savais que ce ne serait pas quelque chose de facile, ni pour elle, ni pour moi. J'avais conscience que cela nous demanderait beaucoup d'efforts, mais que nous restait il ? Krystel et Jana étaient ce pourquoi je me battais aujourd'hui. Pourtant, je ne ressentais plus ni amour ni passion, en tous cas, je ne me sentais plus vraiment vivant. Mais j'avais un but, et ce but restait la petite étincelle qui gardait les lambeaux de ma conscience à distance de l'abandon total. Je ne vivais plus pour moi, je ne vivais plus pour les autres. Je n'avais plus ni joie ni espoir. Je n'avais que le but mécanique que l'on attribue d'ordinaire dans des lignes de code pour un robot, une parodie d'être humain. Je n'étais plus un individu complexe, doté d'un libre arbitre tout ce qu'il y a de plus individualiste. Je n'étais plus grand chose, à dire vrai, et même cette pensée ne semblait plus être capable de m'émouvoir. Faire son affaire. Dit d'un ton si froid, si détaché ; je me sentais réellement proche de Cora en ce sens. Faire son affaire. Si nous mettions un sens différent sur cette phrase laconique, cela n'en était pas moins lourd de sens. Nous n'aurions pas su être plus éloignés du commun des mortels. Nous faisions ce qu'il fallait, ni plus, ni moins. Sans tenir compte d'intérêts ou de goûts personnels. Cora pensait tout haut à quelques pistes d'idées qu'elle avait quant à la situation, de sorte à tirer un maximum de profit de sa position.


    | C'est une solution. Mais si tu fais ça, tu t'exposeras aussi bien à des avantages qu'à des inconvénients. En t'impliquant plus profondément, tu risques de montrer ta curiosité aux autres. Tu devras passer par là si tu veux être pleinement efficace, mais il faut que tu te prépares mentalement. Arriver dans la vie privée de tes clients, je sais que tu es au courant de ce que ça implique. De te donnerais un numéro où me biper et qui me donnera tes coordonnées, si besoin est. |


    Cora semblait perdue, mais rassénérée. Un peu étrange, comme sensation, mais c'était ce que cela m'inspirait. Elle ne voulait pas de secret. Je n'hésitais pas un seul instant. Je ne lui faisais pas confiance ; je ne l'accordais à personne de façon entière et irrémédiable. Je ne pouvais plus me le permettre dans ma situation. Mais je savais en quelque sorte, de manière purement mathématique et rationnelle, que je devais en quelque sorte acheter celle de Cora. Sinon, rien ne saurait fonctionner. Je me penchais sur le côté, et repliais le col de ma veste. Je dévoilais la peau nu de mon cou, et on y voyait indistinctement des traces de dents sur ma chair, empruntes rosies par une cicatrisation précoce. J'y apposais les doigts, effleurant doucement les rides de la peau autour de ces cicatrices.


    | Je suis à la reine, Cora. Elle m'a brisé, elle m'a reconstruit aussi, en quelque sorte. Je suis à elle, elle m'a marqué comme son serviteur. Si je me bats, c'est autant pour elle que pour assurer une bonne vie à Jana. On ne peut éradiquer tous les vampires, tu sais. On ne peut pas réussir sans appuis. Si on aide les vampires à faire le ménage chez eux, peut être que l'on pourra s'affranchir des travers de leurs brutes. Ma Maîtresse n'est pas bonne, mais elle est juste. Elle tue les vampires qui échappent à leurs lois, et celles ci impliquent qu'il ne faut pas massacrer les humains à tout va. Je sais que tu vas peut être me prendre pour un fou, et tu aurais surement raison, mais je suis réaliste. On ne peut réussir seuls, et tant que mes plans serviront ma Maîtresse, nous aurons accès à ses formidables ressources. Crois moi, c'est le seul moyen. |


    Je recachais mes stigmates, conscient d'avoir peut être mis Cora mal à l'aise. Néanmoins, mon assurance ne m'avait pas quittée. J'avais été honnête. Je ne pensais plus en terme de bien ou de mal ; mon esprit n'était plus qu'une masse froide. Je pensais au meilleur calcul à faire. Tuer tous les vampires, et condamner les humains de leurs représailles ? Contre productif. S'allier et servir celle qui se rapprochait de la divinité par ses pouvoirs et ses connaissances, pour assurer la survie de ma propre espèce ? J'y voyais le meilleur des deux sorts possibles pour les miens. Qui plus est, cette solution n'impliquait pas que je sois séparé de la reine, ce que j'estimais être impossible ; elle m'avait par trop aliéné pour que je sache faire machine arrière. Je répondais aux paroles avenantes de Cora avec un petit sourire. J'étais content si je pouvais lui servir. Mon âme était peut être froide et brisée, j'éprouvais tout de même beaucoup d'affection pour elle, sentiment lié à la proximité que je ressentais vis à vis de nos situations respectives. Je posais ma main sur la sienne, attitude réconfortante que je visais avant le reste. Elle avait du courage. Petite chose qui se laisse écraser par le monde à rebelle en herbe qui prenait son destin en main. Une grosse partie du chemin était déjà entamée pour sa libération. Il était possible de vivre avec les vampires, de ne pas être leurs prisonniers. Je l'avais senti, et c'était ma conviction. Quand la jeune femme me parla d'Hannah, ma conscience se replia sur elle même. Je ne savais pas quoi lui répondre, hormis la vérité.


    | Tu sais, je ne crois pas qu'elle veuille vraiment l'être. Elle semble réellement entichée de son vampire. Le même qui a épousé ma femme. |


    J'avais lâché ces derniers mots avec une indifférence totale. Elle n'était plus ma femme. Il ne restait plus d'espoir que l'on soit ensemble. Je l'aimais encore même si je me le cachais, car je souhaitais après tout son bonheur, mais la torture infligée par ma Maîtresse avait brisé tous mes espoirs insensés, pour ne laisser que le seul réalisme. Elle était devenue immortelle, et moi je n'étais qu'un homme. Je souris aux paroles de Cora. Comment voulait elle que je domine les pulsions nées de mon ingestion de sang de la reine, si elle me tentait de la sorte ? Je passais ma main sur le côté de sa joue, lui replaçant derrière l'oreille une mèche de ses cheveux.


    | Non, tu n'es pas là pour ça. Tu es là parce que tu as la bonté de m'aider. |


    Je me glissais contre elle, l'embrassant dans le cou, de manière fugace, à deux ou trois reprises.


    | J'ai quartier libre jusqu'à la fin de la nuit. | lui murmurais je à l'oreille


    [HJ : maintenant que mon frangin est là pour m'espionner, je vais plus trop écrire de conneries, je passe sous hide héhéhé!]



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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Mer 28 Déc - 11:03

J’allais devoir me préparer mentalement, ou peut être que je ne le ferai pas. Pour sûr ça n’allait pas changer grand chose, j’allais faire la même chose que d’habitude, rencontrer des hommes et les servir du mieux que je pouvais. Sauf que désormais j’allais devoir faire attention au moindre détail et au moindre indice qui pourrait m’aiguiller sur l’identité du client. Ca pouvait être dangereux, je pouvais tomber dans une situation que je n’allais pas maitriser mais je croyais en ma capacité de parvenir à ce but. J’ai souvent appris à mes dépends l’identité de certains de mes clients, un nom, un numéro de téléphone glissé entre deux vieux billets. Il suffirait que cette fois je sois plus attentive, que je face en sorte de parvenir à ce résultat. La seule difficulté, qui n’était pas des moindres, était que j’allais devoir revoir ma clientèle pour m’attaquer aux vampires. Et pour connaître Nikos je savais que ces derniers n’étaient pas très bavards quand à la réalité de leur existence. Je savais aussi qu’ils représentaient une grande menace et que tout ce que j’apprendrai pourrait se retourner contre moi.

    « Je saurai être efficace, je pense, je sais à quoi m’attendre avec les vampires, je pense avoir vu le pire d’entre eux, ou l’un des pires si tu veux mon avis. Je suis prête à en rencontrer d’autre. »

Je soupirais, prête oui mais ça ne signifiait pas que j’avais pas peur. L’idée de rencontrer des vampires ne m’effrayait pas en soit, j’en voyais régulièrement dans les bars et j’avais déjà passé la nuit avec l’un d’entre eux mais ce qui me terrifiait c’était que Nikos l’apprenne. Même s’il lui était égal que je pourrisse dans la rue je connaissais son caractère possessif et il se sentirait sans doute rabaissé de me savoir dans les bras d’un des siens. Qu’importe je prendrais le risque, s’il me tue c’est que je représente pour lui encore moins que ce que je m’imaginais, et là au moins je serai libre.

Torben compris mes propos et dévoila sa nuque. Je portais mes doigt tout contre la cicatrice encore fraiche, la morsure. Je savais ce que ça faisait d’être mordu, ce que l’on ressentait, la sensation de notre être qui sert de nourriture à un tyran et en même tant le désir que cet acte peut provoquer. Ca nous rend fou malgré nous, l’espace d’un instant on perd toute raison. On se sait objet et l’on attend seulement d’être cueillit. Ce que je sais aussi c’est ce que l’on peut ressentir plus tard, quand on y repense, de la culpabilité mêlée à de l’envie.

J’écoutais les paroles de Torben, surprise. Je tentais de le comprendre. Il y a quelques minutes je pensais qu’il voulait éradiquer toute trace des vampires sur cette terre et maintenant je n’en étais plus très sûre. La reine des vampires l’avait aliéné et j’avais l’impression qu’il ne pourrait pas se résoudre à l’éliminer. Bien plus encore il voulait solliciter son aide. Alors la reine des vampires voulait sans prendre à ses propres confrères ? Et Nikos dans tout ça ? Où est ce qu’il se situait, chez les vampires que l’on doit préserver ou ceux que l’on doit éradiquer ?

    « Mais alors comment savoir à qui l’on doit s’en prendre ? Et Nikos, on doit le tuer ? »

Je n’attendais pas vraiment de réponse à ma question. Quelque chose me disait que Nikos était à éliminer, je me rappelais qu’il ne portait pas vraiment les autres dirigeants dans son cœur. L’idée de sa mort me figea. Est ce que c’était ce que je souhaitais vraiment ? Non, bien sûr que non… Peut être que sous la menace d’une mort imminente il serait prêt à changer, à se plier aux exigences des autres vampires, et qu’il me traiterait enfin comme je l’espérais. Je n’attendais pas de lui qu’il m’aime, seulement qu’il me traite avec dignité. Je rêvais toute éveillée, sa fierté sans limite l’emportera sur tout et il sera sacrifié.
Je tentais de paraître stable et détachée aux yeux de Torben, si je me souciais trop de Nikos il n’aurait pas suffisamment confiance en moi. Pourtant je n’étais pas encore prête à me séparer de mon vampire, pas si tôt, pas si vite … Je lui laisserai une chance. Et au fond sans lui j’allais me retrouver à nouveau seule, bien que peut être que le fait d’entreprendre cette folle quête allait rétablir l’estime que j’ai de ma propre personne et alors je serai à même de me reprendre en main.

Torben dit tout haut ce que je pensais tout bas, Hannah ne voulait pas être sauvée. Je ne devais pas y penser, pas ce soir, je voulais juste oublier cette vie le temps de me ressourcer. Il colla son corps contre le mien et je compris que ma proposition n’était pas pour lui déplaire, il me le confirma.


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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Jeu 29 Déc - 20:11

    J'imaginais déjà Cora prendre des risques pour la cause que nous avions choisie. Je savais que je ne pouvais pas faire en sorte qu'elle n'en prenne pas ; c'était même le fait de s'exposer qui pouvait produire les meilleurs résultats. Je craignais pour sa sécurité, mais je savais surtout que je préférais la sacrifier si le besoin s'en faisait sentir, pour le bien de la cause. Il fallait que le jeu en vaille la chandelle bien sûr, et ne me considérez pas comme un enfoiré de première, bien que c'était ce que j'étais tout de même au fond de mon être. Non, ce que j'attendais d'elle, je l'attendais de moi aussi. Si me tuer d'une façon ou d'une autre servirait à atteindre notre but, je le ferais sans hésiter. Quelle autre alternative avions nous, de toute manière ? Comme l'avait dit Cora, c'était ça, ou retourner comme avant. Pour moi, c'était impossible, mais je ne désespérais pas qu'un jour, d'autres que moi auraient une seconde chance d'avancer comme ils le désiraient dans leur existence. Je ne pouvais que le souhaiter ; je n'y parviendrais pas moi même. La seule certitude qu'il me restait. La seule, avec le fait que j'étais convaincu que je resterais jusqu'au bout l'homme de la reine. Elle m'avait marqué, si profondément que je ne pourrais plus jamais me défaire de son emprise, quand bien même je le voudrais, ce qui n'était absolument pas le cas. Je savais que je devais faire ce qu'il fallait. Me limiter à ça était ce qu'il me restait de ligne de conduite ; je ne changerais plus. J'écoutais Cora quand elle me dit qu'elle avait rencontré le pire. Je me voyais forcé de la contredire. Il y avait toujours pire ; j'étais prêt à le lui montrer si elle le désirait vraiment. Les vampires étaient en fait bien plus proches de nous autres humains que ce que j'avais toujours imaginé. Sauf que quand ils étaient pires que nous, ils l'étaient totalement. Leurs travers étaient exacerbés, de sorte à parodier les pires tueurs en série et tortionnaires de l'histoire de l'humanité.


    | Crois moi, la Reine ou le Roi sont bien pires que Nikos, si c'est à lui que tu pensais. Ils se sont hissés envers et contre tous durant des siècles jusqu'au pouvoir absolu ; ils ont tué un sacré nombre de maniaques et de rivaux. Ils sont relativement stables et ne sont pas les tyrans génocidaires que j'avais imaginé. Ils ont besoin de nous. C'est un avantage dont nous disposons sur eux. |


    J'en étais convaincu, le destin des vampires était à jamais lié à celui de l'humanité. Il n'y avait qu'en disparaissant totalement que l'homme entraînerait les nocturnes rouges dans la tombe comme je l'avais jadis imaginé. Ensuite, Cora vit mon stigmate, et je perçus le subtil changement d'attitude qu'elle avait. Je savais que je l'avais induise en erreur par mes propos et par mes attentes. Je savais aussi qu'il nous faudrait probablement faire le point sur nos objectifs véritables, de sorte à savoir clairement ce à quoi nous devions nous attendre quant à l'avenir incertain qui se déroulait devant nous. Je devais maintenant savoir jusqu'à quel point je ferais confiance en Cora. Elle était la pomme de sang d'un des vampires les plus dangereux qui soient, et je le savais, d'un des propres rivaux de ma maîtresse. Je décidais d'en appeler à sa rationalité ; je faisais confiance en son esprit pour passer outre les sentiments ambigus qu'elle devait nourrir envers son possédant. Il me semblait intenable de lui mentir, mais il fallait que j'arrondisse les angles autant que possible pour ne pas risquer la catastrophe. Je risquais mon va-tout, choisissant précautionneusement le moindre des mots que j'allais employer.


    | Je connais ton vampire de réputation. Un tueur, un violeur, un pervers qui a ruiné l'humanité des siècles durant. Toi même, tu subis son joug. Je ne te mentirais pas ; la Reine que je sers est aussi un prédateur pour les nôtres, mais sa posture est différente. Vois tu, quand j'étais de la HCV, elle m'a brisé, totalement et m'a fait subir toutes les horreurs que tu pourrais imaginer. Maintenant que je suis sien, elle m'héberge, me nourris, me donne un travail, elle s'occupe de moi à sa manière. Est ce que ton Nikos t'as sorti de la prostitution ? Nous devons commencer par les vampires les plus dangereux, avant de remonter plus haut dans la hiérarchie. |



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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Sam 21 Jan - 20:48

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   Sam 18 Fév - 20:18

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MessageSujet: Re: Into Dust [Livre 1 - Terminé]   

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