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Origines [Livre I - Terminé]
MessageSujet: Origines [Livre I - Terminé]   Dim 25 Sep - 9:10

J'avais un peu de temps ce soir et décidais de le consacrer à la lecture. En fait, pour une obscure raison, William n'avait pas besoin de moi, et du coup, j'avais choisi de rester cloîtré à la maison, vu que, lorsque je croisais des humains, j'avais de plus en plus de mal à me retenir, sans avoir jamais encore cédé à la tentation. Une bouteille de True trônait sur le guéridon hors d'âge, sous une lampe au pied de bois brut cérusé gris, le reste de mon salon plongé dans l'obscurité. J'y voyais bien, inutile donc d'éclairer davantage... et puis, cela laissait une part de mystère que j'appréciais alors que j'étais humain. Ce n'était pas si vieux que çà, et les souvenirs, les sensations me restaient, un peu à la manière d'un homme devenu aveugle suite à un accident brutal. Je frémis au souvenir de mon Etreinte, si sauvage... de ma détresse. Mon livre terminé posé sur les genoux, et bien décidé à oublier ce mauvais souvenir, qui ne tarderait pas à attirer les autres, mon bonheur en famille, ma réussite au boulot, tout çà, je me dressais d'un coup sur mes pieds, le bouquin allant s'écraser à terre en un bruit sourd. Je le regardais, surpris de sa présence, le ramassais pour le poser sur le guéridon abîmé de tâches d'eau, d'atteintes à son bois, quelque peu vermoulu aussi, ce qui donnait au décor un air d'éternité... Tous mes meubles, je les avais choisi ainsi, de manière à ne pouvoir situer aucune époque dans mon deux pièces à demi-enterré... Une veste de cuir noir sur le dos, sur un tee-shirt élimé et un jean rapé, de vieilles tennis de cuir éculées, j'en avais rien à foutre de mon apparence, ce soir. J'allais à la librairie, me réfugier dans un des petits coins où l'on pouvait lire tout à son aise, avant de décider d'acheter ou non un bouquin. Je savais que l'ambiance y serait feutrée, alors que mes pas résonnaient dans la rue déserte qui rejoignait une artère commerçante, ce qui me tira un sourire de satisfaction. Je ne serai plus seul, là-bas, et en même temps, j'y serai tranquille...

J'entrai par la plus petite des entrées de la librairie, une jeune femme m'accueillit mais ne demanda pas ce que je cherchais, me connaissant pour être quelqu'un de solitaire dans ses recherches. Mais cette fois, j'évitais les romans, biographies et autres romans historiques... cette fois, je me dirigeais vers le rayon "ésothérisme". Je voulais trouver les origines des vampires... et peut-être trouver le moyen de redevenir humain, ne me faisant toujours pas à ce nouvel état qui avait fait cesser les battements de mon coeur et refroidit mon corps, qui m'ordonnait d'égorger mes anciens compatriotes pour me nourrir, et à qui le True blood ne suffisait plus à calmer les impérieux commandements de satisfaction de mon appétit grandissant. Bien sûr que je pourrai demander à William ! mais il me raillerait sans doute... Je savais qu'il voulait changer de bord. Cà me gênait, et je savais que je ne serais pas obligé de l'y suivre, mais au fond de moi, je savais que c'était ce que je désirais !

* ETANCHER MA SOIF ! connaître enfin l'apaisement après un bon repas... *

Mes tourments vrillaient mon corps et mon âme, devenaient obsessionnels... Mon regard parcouru les tranches des livres parlant d'âme, d'aura, de sorcellerie, d'OVNI, de cercles, d'anciennes civilisations englouties,...

* Ah ! vampires ! *

Voilà... maintenant, je ralentis et lisais précisément chaque titre, dans l'espoir d'en trouver un plus prometteur... et m'arrêtais finalement sur : "Vampire, la vérité occulte", dont les premiers mots semblaient montrer une étude sérieuse sur la question. Récent (2009), je me laissais tenter, le sortis lentement, comme à regret -voulais-je vraiment savoir ?!!!!- et me dirigeant finalement dans un recoin où m'accueillis un fauteuil club en cuir havane, tout près d'un autre, vide lui aussi... j'y déposais ma veste de cuir pour signifier que je ne voulais personne près de moi, et m'installais, ouvrit le bouquin, et commençais ma lecture. J'allais vite, maintenant, parcourant les grandes lignes, et ralentissant enfin à l'abord de la question des origines présumées des vampires... Totalement absorbé par mes découvertes, et sachant ne rien craindre ici, je n'entendis pas le vampire approcher... Ce ne fut que lorsqu'il se dressa devant moi que je le regardais, encore absorbé par ma lecture.
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Lun 26 Sep - 20:46

    Je n’étais pas un vampire. Pourtant, dans ce quartier cette nuit là, j’en croisais beaucoup. Le couvre feu était toujours bien présent depuis mon entrée dans le monde réel, mais cela n’empêchait finalement ni les humains ni les nocturnes de sortir de chez eux. La tolérance des autorités était pathétique. Les jeunes de la race humaine étaient raccompagnés chez eux, ou fouillés et emmenés au poste. Les adultes eux, se faisaient contrôler leur identité. Parfois, emmenés, parfois raccompagnés dans des secteurs autorisés… Parfois, les patrouilles laissaient vaquer directement les gens à leurs occupations. Incroyable. Je discernais pourtant tant de présence dans les alentours, tant d’émotions contradictoires dont je me nourrissais… le monde était comme une cocotte minute dont la pression n’arrivait tout simplement pas à redescendre, et allait bientôt exploser. Les victimes de toujours étaient les humains. Faibles, corrompus, dissociés les uns des autres, ils étaient aisément corruptibles, ou alors restait toujours l’opportunité de les détruire, les rayer de la carte. Les vampires patîront bientôt de tout cela, lorsque leur cheptel quasiment bovin se verrait drastiquement réduit. Par défaut, les autres espèces suivraient dans leur déchéance. En même temps, j’allais moi-même essayer de mener tous ces hybrides à la guerre. Moyen le plus rapide et le plus efficace pour amener le monde à sa ruine, et de provoquer la fin de tout. Quelle agréable perspective, que de renommée et de puissance la dégustation de ce monde allait m’offrir. Le massacre de milliards d’humains, de millions de vampires et de créatures diverses me permettrait de gagner à mon tour le rang des sombres puissances. Oui, décidément, je sentais comme l’odeur de la victoire dans l’air, alors que je cheminais dans les rues de la ville.


    Je finissais par arriver dans les rues du centre ville. Je ne savais pas vraiment ce que j’y faisais. Quand on est immortel et qu’on vient de la dimension du chaos, on s’en fiche bien de ce genre de pérégrination au hasard. Bien sûr, j’avais eu l’âme des gens de l’endroit en visuel, un peu comme un sonar. Le vent ouleva du papier journal du sol, et plutôt que de me le prendre dans la figure, je faisais disparaître en un instant jusqu’à la plus petite molécule de l’objet avant qu’il n’atteigne mon visage. Pénétrant dans la boutique, je fus ravi de constater que je parvenais toujours avec brio a distinguer les vampires des humains rien qu’en sondant leur trace psychique. Toujours bien utile. J’avais envie de m’amuser ce soir, envie de rendre ce monde un peu plus chaotique encore, si c’était possible. Je me rapprochais du vampire. Un homme, habillé d’une façon que je ne parvenais pas encore à identifier. Tant de siècles avaient passé depuis ma dernière incursion dans ce monde, que je ne savais pas encore remettre chaque rôle à sa place, chaque type de personne. Je m’approchais et lu sur la tranche du livre son titre. Je ne comptais pas me révéler, du moins pas de suite. Bien qu’un peu de panique dans le camp d’en face pouvait s’avérer assez jouissive.



    | « Vampire, la vérité occulte »… Vous cherchez à connaître l’origine de la malédiction qui vous frappe ? Où serait ce pas pure distraction ? |

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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 27 Sep - 7:11

Par dessus mon livre, donc, j'aperçus un homme brun au regard tranchant, vêtu de sombre et je me demandais pourquoi je pensais que c'était un vampire... J'étais encore jeune dans cet état et cela me jouait souvent des tours. Alors pourquoi pensais-je que c'était un vampire ?

* Ben... parce qu'il n'est pas humain ! *

Quelque chose de malsain en lui, l'instinct de flic, sans doute, mais je n'eus pas le temps d'approfondir qu'il me questionnait déjà :

« Vampire, la vérité occulte »… Vous cherchez à connaître l’origine de la malédiction qui vous frappe ? Où serait ce pas pure distraction ? |
Deux jeunes femmes passèrent derrière lui en chuchotant et en tentant de cacher leur intérêt pour nos personnes. J'avais hâte qu'elles s'en aillent, et, comme si elles m'avaient entendu, elles disparurent derrière les rayonnages. J'eus donc tout le loisir -je les avais suivi des yeux- de revenir à l'importun qui troublait ma lecture et ce qui me chagrinait était que tout ce que je savais de lui était qu'il savait qui j'étais ! A moins que ce ne soit du bluff... mais je n'y croyais pas vraiment. D'une voix lente et pesante, je demandais :

- Et qu'est-ce-qui vous fait dire que je suis un vampire ?

tout en baissant mon livre, allant jusqu'à le poser nonchalamment sur mes genoux d'une main, tandis que l'autre se posait dessus. Ma posture devait faire savoir que je ne craignais rien ni personne, que je n'étais pas agressif non plus. Mais me faire surprendre comme un bleu à lire ce genre de bouquin était plutôt ennuyeux. Et par dessus tout, je ne voulais pas que mon chef le sache. Et lui, là, en face, avait l'air d'un sacré fouteur de merde...

* Moi qui étais parti pour une soirée pépère, loin du boulot, loin de William et loin des emmerdes, voilà qu'ils menaçaient de me poursuivre jusque dans mes loisirs... *

J'avais des envies de me demander "pourquoi moi ?" mais me retins, et à la place, je répondis ensuite à sa question :

- Simple curiosité. Plus on en sait, mieux c'est... non ?

La curiosité, maintenant, me piquait de savoir ce que ce type allait répondre à çà... Donc, je savais déjà que ma soirée tranquille était derrière moi, alors, autant en apprendre plus de cet inconnu... Depuis combien de temps était-il en ville ? (à voir son comportement...) pourquoi était-il là ? quel était son camp... bref, le flic revenait à tout allure sans que je produise le moindre effort pour çà.
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Jeu 29 Sep - 13:36

    La question du vampire me fit vaguement sourire. Lui ne savait pas qui j’étais ni ce que j’étais mais il était clair qu’il pensait que j’étais quelqu’un de plutôt atypique. Je me doutais qu’il ne devait pas être assez âgé pour m’avoir connu lors de mes précédentes incursions dans le monde matériel. Il ne devait plus y en avoir beaucoup, des suceurs de sang multiséculaires ou millénaires. Je savais que malgré leur apparente force et immortalité, l’immense majorité des nocturnes rouges mourrait dans leurs premières années ; ils finissaient sans aucune gloire. Rendus fous par le manque de sang, mélancoliques du passé, finir brûlé au soleil ou un pieu dans le cœur la nuit tombée. Oui, il était de notoriété au sein de cette espèce que la majorité de leurs nouveaux nés soient destinés à mourir la première année de leur soit disant immortalité. A mes yeux, leur existence n’était que le reflet du caractère éphémère des hommes. Ils étaient tout autant frappés par la fatalité de l’existence, soumis au bon vouloir de puissances qui dépassaient leur entendement. Pathétique existence, uniquement vouée à être le jouet d’individus nettement plus puissants qu’eux. A jamais les jouets des ténèbres. Je pourrais presque les plaindre si je me souciais de leur existence, mais ce n’était pas le cas. Je ne les voyais jamais que comme des objets. Des pions, inanimés et dont la vie ou la mort ne faisaient que me servir. Je m’étais gargarisé et nourrit de la mort et de la souffrance de millions, voire de milliards d’individus. Les créatures du chaos n’étaient certes pas des philanthropes, sauf si l’on considérait comme moi le destin de l’espèce humaine et des autres créatures de ce monde comme étant intimement lié au service de nous autres entitées démoniaques. Je finis néanmoins par répondre au vampire.


    | J’en ai rencontré beaucoup au cours de ma vie, des nocturnes rouges. Et tous ont la même allure que vous. Teint hâle, yeux vifs et pupilles dilatées, démarche, façon de se tenir. Une certaine langueur dans les gestes, quand vous ne bougez pas trop rapidement pour que le regard accuse votre présence… Tout le monde est capable de savoir qui est un vampire aujourd’hui. |


    Le vampire me fit part à son tour de sa curiosité. Il me dit que plus on en savait mieux c’était. Mon sourire s’accentua un peu plus.


    | Croyez vous ? Vous pourriez découvrir que vous êtes le fruit d’une malédiction antique ou l’objet de propagation d’une maladie inconnue ? |

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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Sam 1 Oct - 22:47

J’en ai rencontré beaucoup au cours de ma vie, des nocturnes rouges. Et tous ont la même allure que vous. Teint hâle, yeux vifs et pupilles dilatées, démarche, façon de se tenir. Une certaine langueur dans les gestes, quand vous ne bougez pas trop rapidement pour que le regard accuse votre présence… Tout le monde est capable de savoir qui est un vampire aujourd’hui.
Je trouvais sa réponse bien tranchée... et pourquoi utilisait-il le terme "nocturne rouge" que je n'avais jamais entendu auparavant ? qui était-il donc ? Avant que je n'ai pu m'en empêcher, un air interloqué vint s'afficher sur mon visage, que je parvins cependant, en quelques micro secondes à retravailler en un masque plus présentable d'assurance et de questionnement, mais sans plus. Ce qu'il décrivait était incontestablement le fruit d'une longue expérience et d'une observation poussée... la langueur dans les gestes, plus particulièrement, qui était propre aux grands prédateurs et les révélait si certainement aux âmes éveillées, rendant suspect leur propriétaire...

- Tout le monde, tout le monde... comme vous y allez....

Me permettais-je de relever, avant de poursuivre :

- Pour vous, "tout le monde", englobe qui ?

C'était une question qui me dérangeait, en vérité, mais cet homme avait l'air si sur de lui que je voulais démasquer ce qui le rendait si certain de son fait. Et d'où il tirait son expérience...

- Vous avez un bouquin à me conseiller ?

Ou peut-être même qu'il en avait écrit un... car à la réponse qu'il me fit ensuite,

Croyez vous ? Vous pourriez découvrir que vous êtes le fruit d’une malédiction antique ou l’objet de propagation d’une maladie inconnue ? |

je ne pus que rétorquer :

- Et bien, il se trouve que je veux savoir, moi, et que la réponse ne m'effraie pas.

La lampe qui éclairait mon livre laissait le haut de mon corps dans la pénombre, mais ainsi de l'inconnu que je distinguais pourtant fort bien, puisque ma vision nocturne me le permettait. Une jeune femme passa derrière lui, laissant un parfum suave de règles qui éveilla soudainement mon appétit, mais je savais me tenir et pensais immédiatement à une bonne bouteille de True. En attendant, peut-être bien que mon attitude pouvait paraître quelque peu fanfaronne, mais n'empêche que ce type m'intriguait et que j'aurai bien voulu savoir d'où il sortait et pourquoi il était là....

-
Vous êtes en ville depuis longtemps ? demandais-je candidement.
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Dim 2 Oct - 14:46

    l’homme fut particulièrement étonné, l’espace d’un court instant en tous cas, avant de reprendre une impassibilité toute digne du vampire qu’il était et de l’espèce qu’il incarnait. Il se reprenait assez habilement, je devais au moins lui accorder cela. Bien entendu, cela ne faisait pas pour autant partie d’un plan quelconque ; il ne savait pas trop où il allait de toute évidence. Je l’avais pris à contrepied, et je n’étais pas vraiment persuadé qu’il s’en sortirait s’il voulait chercher la confrontation au final. Je ne savais pas non plus comment il réagirait le cas échéant. Je ne craignais rien, de toute manière. Les individus dans mon genre ne peuvent pas mourir. Ils ne peuvent pas non plus souffrir d’une quelconque manière, sinon quand leur arrogance et leur fierté sont bafouées. Le vampire me fit relever mes propres paroles, comme s’il était assez sceptique dans ce que je disais. Je le comprenais tout à fait sur ce point ; il était on ne peut plus normal que de douter de mes paroles alors qu’on pouvait voir dehors, des dizaines d’humains, des centaines voire la majorité, ne pas savoir reconnaître un vampire quand ils en voyaient un. L’être humain a des œillères qui lui empêchent de voir la véritable nature de ce monde, et ce n’est pas sans défaut pour eux ; cela leur fait jouer le rôle du bétail dans tous les plans, réels ou immatériels. Ils sont des proies, des cibles. Les plus faciles et les plus délectables qui soient. Je décidais cependant de jouer le jeu qui commençait à s’instaurer, quand il me demanda ce que je voulais dire. J’avais noté le côté inquisiteur de son ton, voire de sa question. Nul doute qu’il était sûr de lui, ou qu’il avait l’habitude de poser des questions. Un fouineur ou un vampire de main ? A déterminer.


    | J’avoues exagérer, mais les hommes avertis sont de plus en plus nombreux à fouler cette Terre, croyez moi. Et les vampires ne font plus rien pour se cacher depuis qu’ils se sont révélés au public en 2007 |


    Il me demanda ensuite si j’avais un bouquin à lui conseiller. Je souris à nouveau, alors qu’une réponse toute prête bousculait mon esprit, mais je n’eus pas le temps de répondre qu’il embrayait déjà sur d’autres paroles, me disant que chercher ses origines ne l’effrayait pas et qu’il désirait les connaître. Il n’y avait que les démons pour savoir comment ils étaient « nés », toute autre race n’avait pas la moindre idée de comment se déroula le tout premier jour de leur existence. Les humains étaient très forts pour se perdre en conjectures, cependant, mais cela ne leur avait toujours pas apporté de réponses définitives. D’autant que dans le débat, intérêts politiques et religieux étaient en œuvre, ce qui venait un peu plus leur compliquer la tâche. Pathétique.


    | Lisez Stolker, son Dracula est pas mauvais, ne serait ce que pour en savoir plus sur votre nature. Ou rencontrez vos anciens, qui eux, n’ont pas perdu de temps à relayer les légendes de votre existence dans les livres. Quant à moi, je vis ici, depuis toujours. Mais vous-même ? |

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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 25 Oct - 9:16

Il avait raison... Les vampires avaient fait leur "coming out" depuis plusieurs années et entre les fans et les anti, nombreux étaient désormais les humains à les repérer facilement... Et moi, je ne me cachais pas. Sans doute à cause de la publicité faite autour de ma transformation. Moi... le commissaire si prometteur... rejeté de ma famille. Heureusement que, parmi les vampires, une femme m'avait aidé à surmonté çà, sinon, je serai descendu dans le Midi de la France, pour goûter enfin au soleil...

Stolker... "Dracula"... j'avais lu ce bouquin en 2007, pour me documenter, et vu le film de Coppola, mais n'en avait rien tiré de bon... sauf sur la nature profonde des vampires, leur inconscience totale face à l'humanité désormais réduite pour eux à un passe-temps sexuel, nourricier ou distrayant. Quant à la perspective d'aller trouver des Anciens pour leur poser une telle question, elle ne m'effleurait même pas l'esprit. Pour la plupart des vampires, je n'en étais même pas un, trop jeune, étreint hors de toutes règles, trop médiatisé... Du coup, je laissais tomber l'idée même de demander d'où je venais et posais le livre sur le guéridon, près de moi, préférant poursuivre sur une autre piste que mon vis à vis prit soin de lancer lui-même :

Quant à moi, je vis ici, depuis toujours. Mais vous-même ? |

- Moi ?

J'étais un peu surpris qu'il s'intéresse à moi :

-
Non, je suis d'Edimbourg.

Pourquoi, le cacher ? tout le monde le savais.

-
Vous êtes né à Glasgow ? et qu'y faites-vous donc ?

C'était vrai, çà ? pourquoi je serai le seul à me dévoiler ? après tout, je ne savais rien sur lui. Et il venait pourtant traîner dans le rayon ésotérique de cette librairie :

-
Vous lisez quoi en ce moment ?

C'est fou ce qu'on peut apprendre des gens d'après leurs lectures.... Cet homme me paraissait étrange, son regard et son aura semblaient si sombre, mais pourtant, il paraissait relativement sympathique, ce qui jurait avec cette attitude grave qu'il avait. Mon instinct de flic se mit en marche, alors que la certitude d'être un vampire semblait me mettre à l'abri de tout danger. D'ailleurs, il n'y avait aucun danger ici.... Mais mon côté policier me disait tout le contraire, et que cet homme était fort intéressant... oui... fort intéressant. N'avait-il pas pris soin de rester hors du cercle de lumière, de sorte que je ne voyais de lui qu'une ombre, que me permettait de détailler ma vision vampirique, humain, je n'aurai rien perçu d'autre de lui que sa stature. Mais là, son regard parlait pour lui... ou plutôt, contre lui, contredisant tout ce qu'il me disait, et son affabilité, aussi.

[hrpg : désolé du retard et merci de m'avoir contacté !]

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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mer 26 Oct - 10:37

[HJ : pas de souci!]


    Le type semblait fort étonné de se rendre compte que je m'intéressais à lui avec autant d'insistance et lui posais des questions. Ce n'était pas quelque chose qui me rebutait, pour la simple et bonne raison que le savoir avait toujours été le pouvoir, plus encore que l'argent. Logique, bien que les deux étaient entremêlés. Si on avait pas de savoir on ne pouvait avoir d'argent, et bien souvent, pour les moins dégourdis et les plus manichéens, l'argent prédestinait au savoir. Dans les deux cas, tout savoir sur à peu près tout était une source d'un pouvoir immense. La base de celui qui serait mien lorsque viendra l'heure de prendre le pouvoir sur ce monde. Le savoir créait des réseaux, des complicités, des regroupements d'intérêts ou servait à identifié des ennemis. On ne pouvait rien faire si on ne connaissait rien à rien. Et même la rencontre suivie d'une simple discussion avec un vampire lambda pouvait s'avérer importante, en particulier pour que je puisse prendre le pouls de la situation dans le pays. J'avais connu déjà les librairies, je ne m'étonnais donc plus que l'être humain diffusait son savoir et son manque de savoir au travers de ces endroits. Par contre, que les vampires soient présents dans ce genre d'endroits, cela était très révélateur d'une intégration toujours plus forte des bêtes à crocs dans la société, ce qui était à la fois une bonne comme une mauvaise nouvelle. Car qui dit brassage de populations, paradoxalement doit parler de montée de l'individualisme, d'une fragilité plus grande des deux espèces car elles se privent l'une l'autre de leurs plus grandes forces, tout en restant plus puissantes car soudées. Si ce brassage restait la norme dans le pays, j'avais déjà commencé à réfléchir à un plan. Ce qui était sûr, c'était qu'écarter les vampires du pouvoir formulerait un nouveau défi difficile et compliqué à réaliser. Avant, il suffisait de trouver leur tannière et de les détruire en quelques instants. Là, j'allais devoir la jouer plus en finesse, ce qui n'était pas un mal en soi, cela dit. Le vampire me confirma donc qu'il était d'Edimbourg, avant de me demander si j'étais né à Glasgow et ce que j'y faisais. Nul besoin de mentir. Le bon de la possession était justement d'endosser la vie et la personnalité de l'humain dont on se servait, ce qui était déjà amusant en soi.


    | Oui j'y suis né, et j'ai repris l'affaire familiale dans l'immobilier. Je vends, j'achète, je gère pour des investisseurs. Et vous, un métier? |


    Il me demanda ensuite ce que je lisais, ce qui me fait plisser les sourcils. Je me méfie, j'ai l'impression de subir un interrogatoire. Pas forcément au sens des questions, mais plutôt du ton et de l'attitude. On devait bien entendu se méfier, surtout dans mon cas. Je décidais de rester un peu évasif, de me faire passionné. Je devais tout faire, tout rendre compte de la façon la meilleure possible.


    | La bible, en ce moment. Et sa lecture m'a fait pensé à beaucoup d'ouvrages portant sur l'ésotérisme, les sectes et la religion. Toutes ces questions m'intéressent, quelque part je suis à la recherche des mes origines, tout comme vous. Mais je pense être potentiellement moins effrayé que vous face à ce que je risque de découvrir. |



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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Ven 28 Oct - 9:13

Oui j'y suis né, et j'ai repris l'affaire
familiale dans l'immobilier. Je vends, j'achète, je gère pour des
investisseurs. Et vous, un métier?


- Mouais... si on veut, je suis videur dans une boîte de nuit...

Pour le moment, c'était de la conversation pour la conversation, même si çà nous permettait d'en savoir plus l'un sur l'autre. Ainsi, lui, c'était un fils à papa... Je me souvins de la fierté de mon paternel quand j'avais réussi tous mes concours, que j'avais été nommé commissaire, et aussi... et aussi... c'était terrible... son regard accusateur et plus que réprobateur lorsque j'avais été étreint malgré moi. Je me souviendrai toujours de ce rejet de sa part et le souvenir suffit d'ailleurs à faire saigner davantage cette plaie pas encore fermée. Ce type, sans le savoir, avait tapé juste là où çà me faisait le plus mal : j'avais honte d'être ce que j'étais. Un vampire. Un vampire malgré lui. Un vampire abandonné par sa Sire. Un vampire par basse vengeance.... Drôle de vampire, quoi...

* Vampire, vampire... *

Ce mot tournait encore et encore dans ma tête et je répondis, plus par automatisme que par intérêt pour la conversation :

-
Et c'est bien, çà l'immobilier ?

Je me forçais à penser à mon mini deux pièces en semi enterré, un truc un peu minable mais où je me sentais bien. Lui devait vivre dans un super truc, hyper design et tout, ou à tout le moins, entouré de beaux objets, peut-être que c'était un collectionneur... il en avait bien la tête... à garder de vieux trucs super longtemps. Il m'impressionnait un peu, sans que je puisse dire pourquoi, et il m'inquiétait vraiment. Pourtant, quand il me révéla sa lecture de prédilection, je me relâchais :

-
Ah... c'est bien... La Bible... çà fait un bout de temps que je ne l'ai plus ouverte...

Je n'ajoutais pas que... je n'osais pas... du fait de mon nouveau statut... Vampire.

* Un vampire peut-il vraiment lire la Bible ? en est-il digne ? et Dieu n'en prendrait-il pas ombrage ? *

Je souris poliment :

-
Vos origines ? vraiment ? mais vous êtes une créature de Dieu, non ?

Quant à être moins effrayé, c'était normal : il était humain, lui ! C'était d'ailleurs ce qui m'inquiétait en ce moment, cette sorte de supériorité qu'il avait sur moi : il venait de Dieu... mais moi, alors, d'où venais-je ? du diable ?

-
Mais moi... où sont donc mes origines ? de Caïn, s'il faut en croire tout ce qu'on dit... ce n'est pas très reluisant...

J'étais un peu démotivé... en fait, chercher mes origines était idiot : au plus profond de moi, je le savais. Je n'étais pas bon. J'étais un morceau du mal. Mais mon esprit se rebella :

* Non ! j'aime toujours la justice, et je la sers... à ma manière... *

Quelle dualité terrible en moi... j'étais comme sur le tranchant de la lame et bien incapable de m'en ouvrir à quiconque... alors, à un inconnu... c'était hors de question. Pourtant, ces considérations commençaient vraiment à me pourrir la vie. Enfin, la non-vie... et çà allait durer éternellement... ?

* Quelle plaie ! *





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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Jeu 3 Nov - 15:23

    L'homme n'acquiesça que mollement à mes paroles alors que j'apprenais qu'il était videur dans une boîte de nuit. Je restais un instant muet d'incompréhension, devant fouiller dans la mémoire de mon hôte afin de savoir de quoi il parlait. Une boîte de nuit ? Cela ne voulait rien dire au sens littéral. La seule indication que j'avais sur l'utilité et la valeur de l'endroit, c'était que j'estimais assez juste qu'il s'agissait d'activités nocturnes. Je trouvais bien vite. Boîte de nuit. De ce à quoi cela ressemblait de mon point de vue, c'était à quelque chose de bien plus commode qu'une orgie romaine, sans pour autant que ce soit totalement anodin. Terrain de chasse des séducteurs, refuge des toxicomanes, alcooliques et prostituées même, dans certains cas. Il y en avait de différentes sortes, cela dit, des plus huppées comme on disait aujourd'hui. Toujours les mêmes séparations bien humaines et terriblement anciennes entre ceux qui ont de quoi payer et ceux qui n'ont rien. Séparation bien pratique pour des entités telles que moi, qui permettait de rendre la société tellement plus malléable... Cela me permettait de faire un certain parallèle avec la situation chez les démons. Chez nous, c'était l'influence et la dotation en pouvoirs issus des sombres puissances qui découpaient notre monde. Mais c'était différent. Ici, il y avait une société. Dans la dimension infernale n'existait que le chaos, et cela bouleversait tout. Et c'était ça qui allait nous amener à régner sur ce monde, et à se gorger des âmes des vivants comme celles des morts. Je souris vaguement à cette idée. Une autre émerge dans mon esprit, celle qui voudrait que l'habitude des humains (et de leurs dérivés surnaturels) se regroupent entre eux pour chacune de leurs activités. Je serais curieux de voir si c'était ici aussi la règle, avec les suceurs de sang.


    | Ca l'est. Ca marche très bien, et on travaille avec les gens, donc c'est sympa. Et vous même, votre boulot ? Bosser de nuit, ce ne doit pas être facile. Votre lieu de travail est-il... réservé aux vôtres, aux vampires ? |


    Je laissais échapper un petit éclat de rire quand le vampire me révéla qu'il n'avait plus lu la bible depuis un moment déjà. Mon rire n'avait rien eu de péjoratif pour le coup, mais je trouvais cela risible dans le sens où j'imaginais fort mal une bête à crocs commencer à s'intéresser à toutes ces sornettes sorties par quelque fanatique antique ou moyen ageux. Il me demanda comment je me considérais vis à vis de la création.


    | Je ne suis pas spécialement croyant, alors je reste ouvert à toute suggestion. |


    Je ris doucement à nouveau suite aux paroles du vampire. Ses origines, de Caîn ? J'avais entendu cette histoire il y a déjà bien longtemps. Légende relayée par l'ésotérisme, le sectarisme et la littérature classique ou contemporaine de cette époque. Aucun fondement historique. On avait attribué à ma propre personne la naissance d'une race maléfique de démons assoiffés de sang. Manque de pot, je n'étais pas représentant d'une quelconque espèce, n'en ayant pas vraiment moi même. J'étais une entitée, quelque chose d'intangible ayant possédé une âme humaine. Mais que mes activités passées aient engendré cette légende et cette réputation me convenait.


    | J'ai ouï dire que Caïn n'était qu'une figure démoniaque de l'antiquité, chez les celtes. De là à dire que vous êtes son descendant... |
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Dim 6 Nov - 12:59

- Mouais... bien piètre consolation... Qu'en pensez-vous ?

Après tout, comme il se disait libre de tout çà, et qu'il lisait (peut-être ?) beaucoup, pourquoi ne pas profiter de son "savoir". Ce qui me faisait penser cela ? cette espèce d'insouciance bordée d'insolence. Bien sûr que cela m'agaçait passablement, mais... tout me semblait bon à prendre dans mes recherches, et aussi... aussi... Son visage, son regard me fascinait malgré moi et j'aurai bien aimé réussir à me dégager de ce curieux sentiment. Ne sachant quelle attitude adopter, je repris le livre, en explorant la tranche, à la recherche d'un je ne sais quoi qui aurait pu m'éclairer. Bien évidemment, je savais que ce n'était pas sur la couverture d'un livre qu'on pouvait trouver le savoir ! Mais en tout état de cause, j'étais bien content d'avoir un objet à observer, afin de me détacher du regard noir de mon vis à vis. Le silence de la librairie n'avait rien d'inquiétant, bien au contraire, parfois tinté de la clochette d'entrée annonçant la sortie ou l'arrivée de clients, quelques pas feutrés, des chuchotements... non, en fait, ce silence n'en était pas vraiment un : ce lieu existait, vivait, et nous en faisions parti, nous, les êtres statufiés. Pourquoi pensais-je cela ? alors que, manifestement, le type en face de moi n'avait rien d'un vampire... Pour meubler un peu tout çà, j'ajoutais finalement :

-
Très visiblement, vous ne mettez pas votre foi dans la religion, mais ne croire en rien... est-ce possible ?

Ce rappel à la Bible me plongeait dans une profonde réflexion, qui s'avérait être, finalement, un tourment. J'étais tourmenté... pourtant, j'offrais toujours le visage d'un mec calme et sûr de lui, cette image rassurante que je renvoyais aux autres, et qui me trompait moi-même. Mais en fait, maintenant que je posais la question à cet inconnu, je me demandais en quoi je croyais désormais. Définitivement viré par une Chrétienté qui ne voyait en moi que le descendant de Caïn, premier meurtrier de l'histoire humaine, qui en plus n'avait pas tué pour se défendre, non, mais par jalousie, et pas n'importe qui : son propre frère ! mais ce qui mettait un peu de baume sur mon coeur solitaire, c'était que c'était parce qu'il demandait de l'amour, de l'attention, c'était pour bien faire, en quelque sorte.... mais bon, il avait tué quand même. Et Dieu, dans tout çà ? il ne quittait plus Caïn de l'oeil, même la nuit, même enfoui sous terre et interdisait aux hommes de le punir, de le pourchasser, de le tuer, brisant l'impossible loi du Talion, loi qui n'existait pas encore, en fait. Perdu dans mes pensées, j'en oubliais presque la présence sombre et inquiétante de mon interlocuteur :

-
Croyez-vous au diable, monsieur ?

J'avais une idée en tête : le prendre à son propre jeu, car s'il croyait au diable, il croyait implicitement en Dieu.
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 8 Nov - 18:30

    Qu'en pensais je de quoi ? Je lui avais fait part de mes doutes quant à sa prétendue ascendance avec Caïm. Forcément, vu que Caïm, c'était moi, et que je n'avais rien d'une bête à crocs. Cela dit, si les vampires avaient soif de sang, mon propre bétail était également constitué d'humains. Mais moi, c'étaient leurs âmes qui m'intéressaient. Cela dit, je ne savais pas exactement de quoi il m'avait parlé, dans le sens où je lui avais également demandé s'il bossait des vampires. De toute évidence, il avait omis de répondre à ma question. Peu importait, maintenant que je connaissais l'existence de tels endroits, je saurais les retrouver. Et les utiliser. Que pensais je réellement de son ascendance ? Malgré ma connaissance encyclopédique de l'existence des différentes races foulant ce monde, je devais bien avouer que je n'avais pas connu le tout premier vampire ; ils avaient toujours existé. Peut être avant même que je ne pénètre cette réalité. Peut être avaient ils toujours été là, parmi l'espèce humaine, comme un cancer qui lentement mais surement, vampirisaient et sapaient les forces de l'espèce humaine. Cela ne m'aurait même pas étonné de la part de ces parasites. Étaient ils eux aussi issus du chaos ? Aucun moyen de le savoir. Ils n'avaient en tous cas pas été façonnés par les puissances bénéfiques que vénéraient les humains, Dieu et toutes ces bêtises. Eux avaient leur influence, qui était certaine, mais ils étaient incapables de voir du gris dans le noir comme dans le blanc. Avec eux, tout était soit bon, soit mauvais. Pour tout vous avouer, je partageais intégralement ce point de vue. Il n'y avait pas de demie mesure en ce monde.


    | Je n'en pense rien, à dire vrai. Comment remonter à un ancêtre commun, en tant qu'individualité ? Les humains ont été capables de dépasser, pour la plupart, le mysticisme de leur naissance. La votre doit certes être atypique, mais j'ignore s'il a existait un premier vampire, comme il n'a pas existé de premier humain à part entière. |


    Ne croire en rien ? Assez ironiquement, je croyais en l'Homme, l'être humain, le genre humain plutôt, dans sa globalité. Je croyais en l'Homme, car c'étaient ses passions dévorantes qui avaient amené à créer le Chaos dont j'étais issu. Les émotions humaines avaient une résonnance toute particulière dans mon univers, et l'humanité créait ses propres démons, au sens littéral. Les pulsions humaines de violence, de haine, d'ambition, de luxure, d'envie, tous les péchés de ce monde, m'avaient modelé dans mon émergence. Mon entité était marquée au fer rouge par les désirs les plus sombres des humains, crée pour les y faire succomber avec encore plus de facilité, de consumer et de consommer ce monde illusoire qu'ils s'étaient si innocemment crée. Quant à croire en la religion, j'y croyais aussi, pour ce qu'elle était vraiment. Un formidable instrument de domination par la conscience. Les humains, dans leur folie, avaient crée leurs protecteurs au panthéon, mais que faisaient ils réellement ? Parfois, je me disais que les rares manifestations divines que j'avais pu rencontrer sur ce monde n'étaient en fait que le résultat des machinations des déités du Chaos, les rivaux de mon propre maître, qui s'efforçaient de faire capoter mes projets.


    | Je crois à la religion comme construction humaine et comme grande administratrice des consciences. Je crois en l'homme pour sa nature profonde, sa psyché si étonnante, qui donne naissance aux choses les plus magnifiques et insensées de ce monde. |


    Autrement dire, moi. Sa dernière question orna mon visage d'un sourire sauvage.


    | Je ne crois pas au diable comme entité unique. Il serait plutôt multiple, tapi dans chaque être de ce monde, les côtés sombres et refoulés de l'âme de chacun. Vous voyez de quoi je parle? |
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 22 Nov - 10:17

Il avait raison, quelque part... pourquoi je cherchais çà ? Un ancêtre commun à tous ? Je devais avoir l'air perplexe et ne répondis rien à çà. Seulement, je baissais la tête. Ce type ne pensais pas à ses origines : il vivait comme un animal et s'en portait visiblement très bien. Alors, pourquoi, moi, nouveau vampire, neonat tout juste sorti des crocs de sa Sire, je me posais ces questions. Je connaissais même pas le nom du Sire de ma Sire ! Cette constatation me vida et mes épaules s'affaissèrent. De la main droite, je me grattais la nuque et çà me détendit au-moins autant que çà me donnait contenance. C'était si silencieux ici... Quelques pages qui se froissaient en tournant, quelques pas feutrés, la couverture d'un livre se frottant aux autres alors qu'on le sortait d'un rayonnage, des lumières tamisées, une ambiance studieuse... parfois, quelques mots chuchotés pour échanger un propos devenu trop urgent pour attendre d'être partagé. J'étais bien, ici. En relevant la tête, je constatais que l'étranger était toujours là, devant moi, avec son air maussade et son regard indéfinissable. Je n'aimais pas cette manière qu'il avait de me regarder, mais ses réponses semblaient me convenir.

* Comme s'il faisait tout pour que cela soit ainsi... *

Mais non, je délirais complètement, là. C'était juste un type qui avait beaucoup lu et avait une tête de déterré, normal pour un rat de bibliothèque, tentais-je de me convaincre.

-
En tout cas, il y avait des humains avant d'y avoir des vampires... une évolution naturelle, peut-être... plutôt qu'une punition divine ? ce qui expliquerait les propos apaisant de Dieu et l'interdiction faite aux hommes de toucher un cheveu de nos têtes... comme on le ferait d'un petit frère fragile exposé aux velléités d'un grand frère trop fort.

C'était le monde à l'envers, quoi... car Dieu n'interdisait en rien à Caïn de revenir... car il fallait bien qu'il se nourrisse, et pour cela, le Seigneur lui avait donné son troupeau, ses brebis. Ou ses boucs ? Difficile de savoir, maintenant, tout cela s'était passé il y avait si longtemps. Et a priori, le plus faible était tout de même l'humain, non ? Toutes ces questions tourbillonnaient sans cesse dans ma pauvre caboche, sans trouver d'issue, et semblaient se renforcer à chaque tour, amplifiant ainsi mon problème et mes questions !

-
Oui, je suis d'accord avec vous : l'église, la religion, tout çà est purement humain. Et postérieur à notre création à nous. Etait-ce là le moyen de diriger des hommes oublieux de leur Créateur ? ou une protection contre un ennemi dangereux et imprévisible, au point qu'il faille créer une structure pour le contrer ?

Mon regard plongea dans le sien, épiant la moindre de ses réactions. C'était d'ailleurs bien dans les yeux qu'on les trouvait le mieux, pour peu qu'on sache les déchiffrer, plus que dans les attitudes, où elles trouvaient néanmoins parfois une échappatoire, et ce fut là, dans son sourire, que je trouvais toute la cruauté de mon interlocuteur !!!! j'en étais certain : ce type était un assassin ou en tout cas n'était pas ce qu'il prétendait être par des manières plaisantes, une conversation bien tournée, et une allure se voulant banale, mais distinguée !

(...) les côtés sombres et refoulés de l'âme de chacun. Vous voyez de quoi je parle? |

Je frissonnais malgré moi, moi qui était déjà tout froid... peut-être bien que je voyais de quoi il voulait parler... pourtant :

-
Non. Pas du tout. A quoi faites-vous donc allusion ? A votre capacité à impressionner en regardant ainsi les gens ? A ce côté obscure que nous combattons à chaque instant pour nous libérer de son étreinte ? Tout cela n'est qu'invention de psychiatres pour dédouaner "d'honorables" tortionnaires et autres assassins, en nous repaissant d'excuses bidons quant à leur comportement. Voilà ce que je crois. Mais ces gens là le font en toute connaissance de cause et s'en délecte. Pas moi. Moi, je les arrête. Enfin, je les arrêtais...

* Au fait, maintenant, avec ma nouvelle puissance, pourquoi je leur faisais pas la peau ? *

N'empêche qu'il demeurait en moi une culpabilité qui me pourrissait ma non-vie, moi qui n'en était nullement responsable, et je me demandais pourquoi Dieu m'avait fait çà ? pourquoi il l'avait permis ?

* Certainement parce qu'il attend quelque chose de moi. * décidais-je pour me rassurer.

-
Ne croyez-vous pas ? que cette facilité, tout le monde la prend pour argent comptant et se dédouane grâce à elle ? il est bien plus difficile de se diriger et d'opter pour une certaine pureté que de s'abandonner aux bras de ces démons... qu'au demeurant, vous décrivez si bien... Y cédez-vous souvent ?

Là, j'allais bien trop loin et en étais parfaitement conscient. Mais... Je devinais aussi que cet homme pourrait apporter un éclairage nouveau sur ma condition actuelle, et aussi, probablement, sur mes origines. Enfin, mes nouvelles origines. Comment se faisait-il qu'il faille naître homme pour devenir vampire. Pourquoi ces derniers ne pouvaient-ils se reproduire ? parce qu'ils étaient morts, et que pour avoir un Infant, ils lui offrait une sorte étrange de mort, les menant dans l'immortalité, mais au côté des mortels. Que tout cela était compliqué !
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 22 Nov - 18:33

    Le vampire poursuivit sur les thèses évolutionnistes. Je connaissais, tout ça. Depuis Darwin, Spencer, tous ceux là. Des Anglo-Saxons, pour le départ de cette pensée. Cela semblait être une évidence même. Comment pouvait on créer des monstres parodiant une espèce sans que celle ci n'existe ? Pour qu'il existe un prédateur, il devait exister une proie. Bien souvent, la proie préexiste au prédateur. Ce n'est certes plus une obligation, mais dans le cas des vampires ça tombait sous le coup de l'évidence. Je ne voyais absolument pas comment nous pourrions arriver à la conclusion que les vampires étaient nés naturellement. Le seul biais possible était peut être celui de vieilles tribus anthropophages ? Aucune chance. Les vampires n'avaient pas de cœur qui battait, ils se regénéraient, ils avaient une culture du silence et du mystère. Ne pas non plus tomber dans l'absurde et les prendre pour des dieux ; j'étais moi même bien plus près de ce qualificatif puisque j'étais une créature par essence intangible, que j'avais le pouvoir de subornation en plus de quantité d'autres. Non, les vampires n'étaient qu'une erreur, selon moi. Malédiction ? Je ne crois pas. Je suspectais des expériences de la part d'autres entitées démoniaques en des temps reculées ; une manière comme une autre de lâcher une horde de créatures assoiffées de sang sur le monde et de faire plonger celui ci dans le chaos. C'était à mon sens l'explication la plus probable. Pourquoi Dieu aurait il maudit le premier vampire, lui aurait donné le pouvoir de se nourrir de ses gens et de les convertir à la même parodie de vie ? Aucune idée. Mais le bonhomme me semblait assez tordu pour y avoir pensé, même s'il n'était pas directement impliqué.


    | Evolution naturelle ? Je ne pense pas. Vous êtes des individus morts, mon ami. En cela, j'en suis certain. Pas de cœur qui bat, pas de capacité de reproduction. N'y voyez nulle insulte, mais vous êtes plus proche, philosophiquement et idéalement, d'une maladie. Vous contaminez des individus sains et vous vous nourrissez de leur force vitale. De là à dire qu'il s'agit d'une punition divine, j'imagine qu'elle serait bien injuste, vu les innombrables transformations d'innocents au cours des millénaires. Vous même, vous n'avez pas l'air d'un meurtrier psychopathe en puissance, et pourtant, vous êtes transformé. |


    La dernière idée que j'avais énoncée était incomplète. Bien sûr qu'il était désormais un meurtrier psychopathe en puissance. Il le savait déjà, ou il pouvait ne pas s'en douter. Mais c'était pourtant là, bien en lui. Peut être assez profondément pour que ses pulsions de meurtre ne mettent des décennies à émerger complétement. L'homme, ou plutôt le vampire, était d'accord avec moi. Les humains avaient crée la religion. De mon avis, ils avaient crée Dieu aussi. S'ils avaient pu, par l'émergence de toutes les pulsions malsaines et assassines qui les habitaient, produire ma dimension, alors ils avaient été capable, par leurs bons aspects, de créer Dieu. Après tout, nous n'étions jamais que les manifestations de la nature profonde des hommes, nés dans leurs envies, leurs plaisirs, leurs pulsions. Un ennemi dangereux et imprévisible ? Oui, toujours d'un point de vue philosophique, si la religion avait été créée pour combattre quelqu'un, c'était les démons de l'Homme. Dont je faisais partie, manifestation psychique de tout ce que j'avais précédemment cité. Si je lisais entre les lignes, le vampire avait été policier avant d'être transformé.


    | Précisément. Les mauvais penchants de l'homme sont bien présents, croyez moi. La morale ne fait que nous dresser, mais l'homme est naturellement capable de tout. Du pire, comme du meilleur, parfois les deux alternativement. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un combat individuel et personnel. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une maladie. Je pense cependant que même le meilleur d'entre nous peut faire les choses les plus extrêmes, pourvu qu'il y trouve un intérêt particulier. L'amour, la vengeance, l'honneur même. |


    Je souriais de plus belle. Brave petit vampire, je le sentais en passe de comprendre.


    | Toujours, dans les limites que la société pose à tout un chacun... |


    Autrement dit, aucune limite de tangible.


    | Je pense que l'homme est faible, car dominé par ses instincts. Et malgré toute leur force, leur résistance, leur ruse, les vampires le sont encore plus. Faibles. Dominés par le besoin pressant de sang, de sexe, de meurtre. Vous verrez un jour, si ce n'est pas déjà fait, ce que je veux dire. |
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Dim 11 Déc - 20:23

Notre conversation prenait un tour nouveau... il me semblait de plus en plus que l'homme qui se trouvait face à moi était un érudit qui en savait bien plus qu'il ne le disait en réalité... combien de ces livres avait-il lu, me demandais-je en regardant brièvement les bouquins ésotériques qui nous entouraient. Et ce qu'il me dit alors me conforta dans mes nouvelles suppositions :

Evolution naturelle ? Je ne pense pas. Vous
êtes des individus morts, mon ami. En cela, j'en suis certain. Pas de
cœur qui bat, pas de capacité de reproduction. N'y voyez nulle insulte,
mais vous êtes plus proche, philosophiquement et idéalement, d'une
maladie. Vous contaminez des individus sains et vous vous nourrissez de
leur force vitale. De là à dire qu'il s'agit d'une punition divine,
j'imagine qu'elle serait bien injuste, vu les innombrables
transformations d'innocents au cours des millénaires. Vous même, vous
n'avez pas l'air d'un meurtrier psychopathe en puissance, et pourtant,
vous êtes transformé.
|

Ne pas avoir d'enfants.... jamais.... Ce rappel "insignifiant" me pinça le coeur, me serra les entrailles. Idiot de penser à cela ? non... cet instinct de reproduction devait être viscéralement ancré en chaque homme, et je n'étais un vampire que depuis trois petites années. Un neonatus. Et la suite acheva de me jeter dans les limbes de l'errance éternelle : "malades", se nourrissant de la force vitale des autres...

-
Peut-être sommes-nous alors des créatures de Dieu ? Peut-être nous a-t-il voulu plus forts que nos frères les hommes dont nous sommes issus, puisqu'il a pardonné au premier d'entre nous, Caïn ?

Cette perspective en amenait une autre, évidemment !

-
Mais alors, puisque nous pouvons nous nourrir librement sur le troupeau du Seigneur... peut-être que nous avons à le défendre d'un ennemi bien plus puissant, à l'instar de ces chiens de berger lâchés dans les troupeaux dont ils se nourrissent et qu'ils gardent envers et contre tout...

Je me demandais ce que l'inconnu trouverait à redire à cela. Mais pour le coup, je trouvais mon raisonnement assez acceptable. Et aussi, je me disais qu'ayant la chance de rencontrer un érudit, je devais en profiter pour tenter d'en tirer quelque chose d'acceptable pour moi.

Précisément. Les mauvais penchants de
l'homme sont bien présents, croyez moi. La morale ne fait que nous
dresser, mais l'homme est naturellement capable de tout. Du pire, comme
du meilleur, parfois les deux alternativement. Je ne pense pas qu'il
s'agisse d'un combat individuel et personnel. Je ne pense pas qu'il
s'agisse d'une maladie. Je pense cependant que même le meilleur d'entre
nous peut faire les choses les plus extrêmes, pourvu qu'il y trouve un
intérêt particulier. L'amour, la vengeance, l'honneur même.
|

Là, je pouvais contre-attaquer !

-
Pas forcément, connaissez-vous le mythe du bon sauvage ? précisément celui qui n'a pas été "gâté" par trop de "culture". Qui certes occis son prochain, mais ne se plaît pas à le torturer plus que nécessaire, ou seulement pour en tirer autre chose que le plaisir de le voir souffrir ?

Décidément, cet homme semblait trouver plus d'ombre que de lumières en l'humanité... qu'avait-il donc subit pour être arrivé à de telles conclusions ?

-
Non, je ne crois pas, on est bon ou mauvais. Un bon peu devenir mauvais, mais un mauvais ne peut devenir bon. Comme si, une fois la pente dévalée, il était impossible de la remonter...

J'étais songeur. Un peu comme moi, maintenant que j'étais un vampire, je ne pouvais redevenir un humain. Comme ces violeurs et ces assassins que j'avais épinglé, quand j'étais commissaire, et qui retournaient toujours à leurs penchants, même après des années et des années de prison, et même parfois de conversation à une religion. Rien ne parvenait jamais à les "blanchir" et tout recommençait dès leur sortie. Je secouais la tête, désabusé. Par contre, je comprenais tout à fait qu'un parent ayant vu son enfant disparaître par la faute d'un fou devienne la pire furie que la Terre puisse porter... oui, c'était possible, mais cette personne n'était pas mauvaise. Non. Elle se rendait la justice que la justice des hommes n'avait pu lui donner, volant au passage celle de Dieu. A moins qu'elle ne l'accomplisse...

-
Oui... l'homme est faible. C'est en effet parfois, et seulement parfois, un animal gouverné par ses instincts. Et pour les vampires... on dit que tout est décuplé, le saviez-vous ? je suis sans doute trop jeune pour avoir "cédé", comme vous dites. Mais je sais parfaitement me conduire et pourrais vous prouver que ces sombres instincts dont vous parlez, ne m'atteindront pas.

Présomptueux ? non. J'étais un presbytérien -autant dire un raseur pour la plupart des humains !- et depuis toujours, je m'astreignais à toujours plus de discipline. Sans doute était-ce un sacré avantage sur la plupart de ceux qui avaient été transformés alors qu'ils étaient déjà truffés de défauts...

-
Je pense que ceux qui avaient des travers, humains, les voient se démultiplier, sans aucun doute. Mais pour les autres... il y a des vampires très droits, vous savez, comme chez les humains, tout y est représenté... ne pensez-vous pas ?

ps : c'était un peu long, mais j'ai du donner mon pc à réparer : pb Windows...
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Mar 20 Déc - 17:41

    Qu'il était amusant de converser avec un individu qui ne semblait rien savoir de son passé ni de sa nature profonde. Un nouveau né. Un individu récemment transformé, qui pose un regard neuf sur le monde. Je savais que beaucoup de vampires avaient des difficultés à effectuer la transition entre leur vie d'avant et l'existence nouvelle qui s'ouvrait à eux. Créatures du diable, s'il aurait existé tel que les humains l'avaient imaginé. Le diable n'était jamais qu'un agglomérat d'entités, dont je faisais moi même partie. Mais cependant, les humains n'étaient pas tombés bien loin en tentant de définir la nature de la bête. Ils avaient dit que Satan avait en lui chacun des vices des hommes, qu'il les exacerbait, et poussait les hommes au vice plutôt qu'à la vertu. C'était précisément mon rôle sur cette terre, mais ça, personne n'était capable de le savoir mieux que moi. Et surtout pas un vampire nouveau né qui croit être le seul à vivre ce genre de passade compliquée dans une existence, tandis qu'il me semblait certain qu'il pensait aussi qu'il n'y avait en ce monde pas d'autres créatures étranges que celle qu'il était devenu désormais. Cependant, je devais avouer que ce vampire là avait de la suite dans les idées. Je ne savais pas réellement où il voulait en venir, mais je me plu à comparer son idée à un combat hypothétique entre vampires et démons pour la possession du cheptel qu'était l'humanité au regard de nos différentes espèces. Combat hypothétique, hypothétique... Je savais bien qu'imaginer cela n'avait rien d'irréel. Depuis combien de siècles étais je pour la première fois entré en conflit avec les vampires ? Fondamentalement, nos espèces ne pouvaient qu'être ennemies. Nous nous nourrissions des âmes des humains et eux de leur sang. Et partager notre nourriture n'était pas une option que l'on suivrait tout particulièrement ; il n'en avait jamais été question et ne le serais jamais. Je haussais les épaules devant la proposition d'explication historique qui m'était faite.


    | Je ne crois pas que ce soit le cas. Sinon, ce combat aurait déjà eu lieu depuis bien longtemps. |


    J'écoutais ce que le vampire pouvait bien me dire. Il semblait réellement persuadé qu'il trouverait une légitimation positive à ce qu'il était devenu, à ce que sa nature avait impliqué pour lui comme pour les autres. Je connaissais suffisamment les vampires pour savoir qu'en fait, ils n'étaient pas si différents que ça des hommes, tout en sachant bien sûr qu'ils étaient à la fois plus et moins que de simples êtres humains. Pour lui, qui semblait avoir une conception du bien et du mal très traditionnaliste et religieuse, les gens ne pouvaient pas changer. Un prédateur de l'humanité tel que moi avait une longue expérience de la traque des hommes, et je savais aussi que leurs pires penchants n'étaient pas forcément motivés que par la sainte justice et l'abjuration du mal et de la haine. Je souriais.


    | Le repenti existe... Tout comme la déchéance et l'abaissement moral des grands hommes. Aussi fort que vous pensez l'être, tout un chacun est un jour confronté à ce genre de chose. Tout le monde, aucune exception. Ne disait on pas que certains grands personnages de l'histoire étaient en fait perclus de vices ? Jusque là, je n'ai jamais rencontré un vampire qui ne soit pas au moins un ancien meurtrier. L'éternité les rend fou, tout comme la vulnérabilité et la précarité de leur existence rendent fous les humains. Ils perdent le contrôle, se laissent aller à leurs pulsions... Ainsi va le monde. Et c'est ainsi qu'il finira par se terminer, un jour. |


    Il en était assez. J'avais le temps pour palabrer, mais je souhaitais désormais changer de perspective ; je devais aller glaner des informations. Voir si les anciennes races existaient toujours, et où elles se cachaient. Mais en bonne entité que j'étais et en adepte du chaos, je lançais un dernier sourire de prédateur au vampire. Et en partant, une simple pensée fit éclater toutes les ampoules du bâtiment. J'éclatais de rire avant de me fondre dans la nuit.
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Je n'ai pas encore de Rang, mais ça arrive !
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MessageSujet: Re: Origines [Livre I - Terminé]   Jeu 12 Jan - 11:36

Jusque là, je n'ai jamais rencontré un vampire qui ne soit pas au moins un ancien meurtrier. L'éternité les rend fou

Je sursautais en entendant cela et répliquais vertement :

-
Je n'ai rien d'un assassin. Avant, j'étais commissaire de police, et maintenant, je suis videur dans une boite de nuit. Jamais je n'ai porté atteinte à qui que ce soit à part des emmerdeurs, des assassins, des petites frappes, des grands costauds, tous ceux qui se croient plus fort que l'ordre et la justice.

Ma réponse ressemblait plus à un grondement féroce qu'à un outrage fait à ma personne et j'en fus le premier surpris. Ma nouvelle nature avait-elle pris le pas finalement, sur mes vestiges d'humanité ? J'observais avec une certaine curiosité l'effet que cela produirait chez mon interlocuteur. Bien sûr qu'il avait l'air sentencieux d'un professeur spécialisé dans le comportemental. D'ailleurs, il parlait avec cet air détaché des doctes se plaçant hors du cercle de leurs observations, comme s'ils étaient au-dessus... Ne parlait-il pas, d'ailleurs, d'humains et de vampires, comme s'il s'excluait de deux bouges ? pour qui se prenait-il au final ? Une colère sourde filtra par chacun de mes pores, mes yeux et je poursuivis, debout à quelques centimètres de lui :

-
Et vous, simple humain, tout savant que vous vous prétendez être, savez-vous que vous ne représentez rien pour quelqu'un comme moi ?

Et voilà ! je l'avais dit ! j'en étais venu à cette idée si courante chez les vampires que nous étions magistralement supérieurs à ce que nous avions pourtant été, tous, avant notre étreinte. Voilà que moi aussi, j'écraisais de ma puissance cet homme qui, pour sombre qu'il était, n'en demeurait pas moins homme et ne représentait, pour moi, guère plus qu'une cannette sur pattes !

-
Vous êtes un imbécile, cultivé, certes, mais un imbécile quand même. Et tout votre savoir ne vous sert à rien.

Je perdais mon temps avec lui. Je sentais l'envie de sang me prendre, mais je savais ne devoir boire que du True. La morsure cruelle de la soif me tenaillais à présent. Personne autour de nous, j'aurai pu me jeter sur le "superbe" mais ne le fis pas, j'étais bien élevé, moi, bien au-dessus de lui. Tout n'était donc qu'une histoire de hiérarchie ? et maintenant que j'étais en haut, par rapport à lui, voilà que je me comportais avec lui comme William le faisait avec moi ! J'en étais dérouté, m'imaginant incapable de tant de mauvaise foi l'instant auparavant, et devenu maître, en un rien de temps, de l'art de la supériorité affirmée.

Finalement, je le toisais, ne lâchant rien à son regard tranchant et ténébreux. Comment osait-il ainsi me défier ? moi ?!!! J'aurai pu... j'aurai pu.... le jeter de l'autre côté du bâtiment et le regarder s'écraser comme une merde sur le mur d'en face avant de l'essuyer et de fracasser le sol, ou alors, l'étrangler en un rien de temps, ou le boire... cette dernière perspective me fit reprendre le contrôle d'émotions déchainées. Jamais auparavant je n'avais ressenti autant de colère, de détresse aussi. Il était temps que tout çà s'arrête.
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