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In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Dim 18 Sep - 21:12

Sasha Oppenheimer a écrit:
Une voix un peu aiguë, mal assurée, se fait entendre au bout du fil :

"Salut, Tolin, c'est Sasha, tu te souviens de moi ? Je... je voulais savoir si tu allais bien, et si ça te dirait d'aller boire un verre avec moi ?"

Une expiration et puis :

"Oh, je sais pas trop ce que je dis, j'ai un peu bu, ça m'arrive de plus en plus, mais je suis pas alcoolique hein ! Enfin, voilà, si ça t'intéresse, fais-le moi savoir. Bonne soirée"

La voiture bleue foncée se gara un peu brutalement et le serveur parti fumer sa clope leva les sourcils quand une jeune femme rousse en sortit, claqua la porte, et se dirigea vers lui. Il la regarda un peu bizarrement, car ses cheveux en bataille, semblaient des chevaux échappés et il eut l'envie subite de les retenir et d'y glisser ses doigts.

"Vous pourriez me prêter une cigarette s'il vous plaît ?" s'enquit la chevelure de feu.

Sasha fumait très rarement, seulement quand elle sentait qu'une situation lui échappait, et plus particulièrement ce soir-là, où elle avait fait le premier pas envers un homme, en lui demandant très explicitement de venir boire un verre avec elle. Elle avait besoin de se remettre de ses émotions.
Le serveur obtempéra et elle tira une bouffée, moitié toussant, moitié respirant. Elle vit le sourire de l'homme en face d'elle et ajouta :

"J'ai besoin de me calmer !"
"Je vois ça. Mais je doute que vos cheveux soient du même avis."
"Comment ça ? Qu'est ce qu'ils ont mes cheveux ?"
"Euh... Rien, ils ont rien. Bon, veuillez m'excuser, faut que je retourne au bar."

Sasha passa une main sur ses cheveux, cherchant ce qui pouvait motiver la remarque de l'homme. Elle termina sa cigarette et entra dans l'Adams Dancing. Elle croisa le regard du serveur et s'adossa au bar, essayant d'éviter ses coups d''oeils amusés. Elle ne savait pas s'il se fichait d'elle ou si elle avait vraiment quelque chose dans les cheveux. Elle espérait que non, elle voulait faire bonne impression devant lui. Tolin... Son esprit partit vers leur nuit ensemble, et elle resentit une bouffée de chaleur quand elle repensa au regard si tendre et admiratif qu'il lui avait lancé, tout le temps où elle était dans ses bras...

"Vous savez, ils ont rien vos cheveux. Ils sont juste super beaux... et indisciplinés. Mais cela fait tout votre charme..."
Revoilà le serveur ! Elle l'avait oublié, toute au beau visage, volontaire et calme, de Tolin. Mais on dirait qu'il la drague ! Il est mignon et a l'air sympa, mais sans plus. Elle aimerait pouvoir lui rendre sa cigarette, pour être quitte avec lui. Mais en attendant Tolin, elle pouvait essayer de savoir si elle était vraiment jolie ou non.

"Ah oui ? Vous me trouvez charmante ?"
*Là, il va vraiment croire qu'il a une touche avec moi. Tant pis, quand Tolin arrivera, il déguerpira. Si Tolin arrive...*
Et s'il lui posait un lapin ?
"Bah... oui"
Voilà qu'elle l'avait déstabilisé ! *Pff, allez, mec, un effort, je vais pas te manger !*
"Je suis bien habillée ?"
Elle avait mis la fameuse petite robe noire, qui soulignait ses jambes plutôt fines et ses talons qu'elle aimait porter haut. Un collier argent et des boucles d'oreilles toutes simples. Elle misait sur sa couleur fauve pour capter l'attention et apparemment ça marchait.
"Euh je dois retourner bosser. Excusez-moi."
*Voilà qu'il a vraiment peur ! Pff... *Elle commanda un apéritif pour faire bonne figure. Le barman s'approcha d'elle : il avait tout entendu de leur échange avec le serveur.

"A votre avis, est ce que je fais fuir les hommes ?" demanda t-elle, ragaillardie par ses premières gorgées.
"Si celui qui vient d'entrer vient pour vous, essayez de le garder, ok ?"
Sasha faillit s'étouffer dans son cocktail. Tolin était entré. Elle le voyait dans la glace en face. Elle fit celle qui ne l'avait pas vu. Allait-il la remarquer ?


Dernière édition par Sasha Oppenheimer le Lun 17 Sep - 20:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Mar 20 Sep - 12:49

Depuis deux jours je ne pensais plus qu’à ça. Je me trouvais dans un état de nervosité dangereux, un rien me faisait réagir, et je manquais même de me transformer hier matin à cause d’une petite contrariété. Mais le moment n’était pas approprié pour penser cela. Des choses plus importantes requéraient mon attention. Mes mains un peu trop sales par exemple, malgré les cinq minutes passées sous le robinet à frotter énergétiquement. Que voulez-vous, le cambouis ça ne part pas comme ça, d’un claquement de doigt ! Quelle idée j’avais eu aussi de proposer un rendez-vous à cette charmante jeune femme juste après un dépannage en ville ? Et vu l’heure, il n’était même pas envisageable pour moi de faire un petit saut par mon garage histoire de prendre une douche et de me changer. Au volant de mon pickup je grommelais, ou plutôt je grognais comme un chien contrarié. Une déformation supplémentaire, je prenais bien trop les tiques lupins à mon goût. Que pouvait-elle bien me trouver elle ? N’avais-je pas l’air d’une bête dangereuse ? N’étais-je pas aussi repoussant qu’un forçat sorti de prison ?
En arrivant près du parking du bar où j’avais l’habitude de passer après un boulot en ville, je pris le virage un peu trop sec provoquant la réaction immédiate de la voiture à qui j’avais coupé la route. Je pris juste la peine de lui renvoyer ses noms d’oiseaux et arrêtais mon véhicule dans un coin un peu reculé du parking. Pourquoi une telle précaution ? Oh, avec l’habitude des départs précipités et des embrouilles de comptoir, j’avais appris à prendre certaine précaution…Mieux valait s’assurer une retraite un peu à l’écart, dans la partie la moins éclairée du parking, un endroit pour se dissimuler et partir sans trop de spectacle.
Sasha devait déjà être là, j’avais reconnu sa voiture bleue garée devant l’entrée. Une déformation de mon métier cette fois, je suis étonnamment capable de me rappeler exactement chaque voiture sur lesquelles j’ai travaillé. Parfois d’ailleurs, je reconnais plus les voitures que leurs propriétaires. Pourtant, je ne sorti pas tout de suite. Je devais d’abord calmer ma nervosité et me décontracter un peu. Après tout, ce n’était qu’une jeune femme, qu’un seul verre…Je ne risquais pas grand-chose. Et puis il y avait le souvenir de cette soirée qui me restait dans un coin de la tête. J’avais envie de sentir à nouveau dans ses regards, dans son odeur, cette douce sensation d’humanité que j’avais retrouvée dans ses bras. Après un rapide coup d’œil à mon rétroviseur je décidais d’ouvrir la portière et de me diriger vers l’entrée. De toute façon, je ne pouvais plus rien faire pour mes mains encore un peu noires au niveau des ongles. A dire vrai, ça faisait longtemps maintenant que je ne me souciais plus vraiment de mon apparence, certes ça n’aidait pas à me sortir de cette bestialité que je sentais couver en moi, mais le renoncement avait été l’une de mes premières étapes dans ma descente aux enfers. J’étais un monstre, pourquoi vouloir se voiler la face hein ?

Je poussais finalement la porte de l’Adam’s, c’était un endroit plus sympathique, chaleureux et coloré qui sentait la bière, le whisky et le bois. Je ne fréquentais que le bar certes, laissant la salle de danse pour les autres, mais après le boulot c’était plutôt agréable de venir là boire un verre en « société ». Des moments rares où je venais prendre un bain de foule pour ainsi dire.
A peine je m’engouffrais dans le lieu, qu’une vague d’odeurs différentes m’enivrèrent de même qu’un immense brouhaha bourdonnant. Il ne me fallut pas plus d’une seconde cependant pour repérer la jeune femme accoudée au bar. Sa chevelure rousse se distinguait des autres couleurs de l’endroit et son odeur était plus forte que toutes les autres, sans doute parce que je la connaissais, que je la désirais, qu’elle m’habitait depuis cette nuit là. Les battements de mon cœur s’accélérèrent un peu malgré mes tentatives pour le calmer. Bien que j’avais passé la nuit dernière à courir comme un dément pour me vider le plus possible de toute cette formidable énergie, je devais rester sur mes gardes. Je ne pouvais pas me permettre de risquer de me transformer ici, et encore moins face à elle.
Ma vue plus aiguisée que la normale me permis de voir qu’elle me regardait dans le miroir qui lui faisait face, pourtant elle ne se retourna pas. Sans me formaliser de ce détail je m’approchais à mon tour du comptoir le plus naturellement possible. Il faut dire, je suis passé maître en matière de neutralité, depuis dix ans les traits de mon visage, qui n’avaient jamais été très expressifs soit dit en passant, s’étaient fermés plus que jamais.

Arrivé au bar, je m’accoudais à mon tour, à côté d’elle et commandais un coca au barman qui me regardait par ailleurs avec un drôle d’air. Je me tournais alors vers la jeune femme :


-Bonsoir Mademoiselle, je peux me joindre à vous ? Lui demandais-je avec un semblant de sourire

Elle était plutôt jolie dans la petite robe noire. Je ne pu que remarquer la douceur de sa peau et l’élégance de sa tenue, simple, mais efficace. Je me trouvais bien rustre et déplacé à côté d’elle. Je détournais mon regard et m’excusais dans un grognement.


-Pardon pour ma tenue, c’est pas vraiment adapter à l’endroit…Ni à la situation…


En réalité, j’aurais pu penser à prendre une chemise de rechange en partant. Je l’aurais fait même, si je n’avais pas perdu l’habitude de ce genre de chose. Me faire beau tout ça, ça avait de l’importance dans mon ancienne vie, maintenant…Je me contentais de peu.
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Dim 2 Oct - 19:42

A la vue de Tolin, le coeur de Sasha s'accéléra et un léger frisson en naquit. Il descendit le long de sa colonne vertébrale pour aboutir au creux de ses reins. C'était un très bel homme, mais dont la tenue - elle ne s'en rendit compte qu'après - dépareillée, ne convenait pas vraiment à un deuxième rendez-vous. Qu'importe, le regarder était un vrai plaisir pour ses yeux. Son coeur battit plus fort quand elle le vit la remarquer et se diriger vers elle, sans détours.

Bonsoir Mademoiselle, je peux me joindre à vous ?
Il avait une voix grave, délicieuse. Sasha n'était pas une femme superficielle, attachée aux apparences, quoiqu'on puisse la prendre pour une femme coincée, car cultivée, et hautaine, avec une longueur d'avance sur les gens. Heureusement, Tolin semblait avoir su lire derrière les premières impressions qu'elle suscitait généralement, et qui l'empêchaient d'établir de vrais liens avec les autres. Il avait dit "Mademoiselle" au lieu de Sasha, c'était touchant et troublant.
*Se le réserve t-il pour quand il m'aura toute entière dans ses bras, toute à lui ?*
Bien qu'ils n'avaient passé qu'une nuit ensemble, Sasha lui était restée fidèle, même si elle n'avait aucune obligation envers lui. Le fait qu'ils se revoient pour un autre rendez-vous indiquait quand même qu'il y avait quelque chose de plus fort entre eux.

"Bonsoir Monsieur, je vous attendais." Elle lui désigna un tabouret de bar à côté d'elle.
"Que désires-tu prendre ?" Elle était vite passée au tutoiement, pressée déjà de l'entendre dire son prénom, et d'employer quelques "familiarités" avec elle.
Quoique les familiarités allaient devoir attendre, vu l'état de ses vêtements.

On aurait dit qu'il venait de réparer une voiture, et qu'il s'en était mis partout ! Il n'y avait que ses mains pour être à peu près propres, mais l'oeil de Sasha décela quelques noirceurs sous les ongles. On aurait aussi dit qu'il avait oublié leur rendez-vous et qu'il ne s'en était rendu compte qu'à la dernière minute.
Cela révélait beaucoup de choses sur le genre d'homme qu'il était et Sasha se demanda s'il valait mieux pour elle de tout arrêter là. Ce qu'elle commençait à ressentir pour lui dépassait la simple attirance ; elle avait envie de le connaître mieux et de partager des moments autre que des nuits avec lui. Mais il paraissait être un homme peu tenté par les relations avec les femmes : un homme libre, aimant vivre seul et sans contraintes, passionné par son travail - et elle n'avait rien contre - mais elle avait le souvenir de la passion de ses parents l'un pour l'autre, allié à leur passion pour leur travail. On ne pouvait pas conjuguer les deux : sinon, on devenait fou.

Sasha ressentait une envie folle de l'analyser un peu, mais en même temps, prise d'affection pour lui, elle ne voulut pas l'embêter avec des questions vaines.

"C'est moi qui doit m'excuser ! Si j'avais su, j'aurais mis une salopette ! J'en ai une très tendance ; je l'aurais parsemée de tâches de cambouis, et je n'aurai pas paru dépareillée à tes côtés !" s'exclama t-elle pour essayer d'effacer les remords qui se lisaient sur le visage de Tolin.

"Non, ajouta t-elle d'une voix plus basse en lui posant la main sur le bras, Tolin, je comprends. Tu as un boulot prenant et je suis persuadée que la réparation de cette voiture, de ce camion ou de tout ce que tu veux était imprévue. Et puis, tu n'as pas voulu me faire attendre, aussi tu as sauté dans ta voiture, sans trop réfléchir... C'est gentil de ta part."*Un mix d'analyse et de bonnes pensées. Espérons que cela ne va pas le faire fuir.*

"Tu peux me raconter tout ça autour d'une bière ? Si c'est le genre de boisson que tu aimes bien sûr... C'est moi qui invites ce soir..."
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Ven 28 Oct - 17:40

Ne pas la dévisager constamment allait être très dur, mes instincts bestiaux avaient en quelque sortes multipliés mes pulsions sexuelles hors Sasha savait se mettre en valeur, et le souvenir de notre nuit ensemble me hantais plus que jamais. Son odeur m’enivrait dangereusement et je me devais de garder un certain contrôle sur moi-même pour ne pas commettre l’irréparable et rester le plus correct possible envers la jeune femme. Je me présentais déjà en face d’elle dans une tenue plus que déplorable, il était de mon devoir, de mon honneur, de me comporter comme n’importe quel autre homme. Pour éviter de montrer un intérêt trop déplacé pour sa personne, sa peau et son corps entier je me contentais de détourner mon regard vers le bar, sur le bois qui avait perdu toute odeur de nature, sur le regard un peu réprobateur du mec derrière le comptoir. Il faut dire qu’il me connaissait pour mes penchants bourrus et râleurs du type renfermé qu’il ne faut pas déranger sous peine de se retrouver avec un bras tordu et la tête dans le tapis.
La jeune femme me répondit par un « monsieur » en échos au « mademoiselle » que je lui avais adressé. Elle enchaîna rapidement sur la principale question que tout le monde posait dans ce genre de situation. Une question à laquelle j’étais préparé, une question anodine pour n’importe qui, stupide et même commune. Et pourtant je mis quelques secondes à répondre, quelque secondes de trop pour la normal. La raison est que je ne bois pas d’alcool. Comment pouvait-elle le savoir ? Aucun moyen bien sûr, et surtout à voir ma tête et mes habits, le stéréotype voulait que je fasse parti de la grande communauté des buveurs de bière. Et pourtant, cela faisait près de dix ans maintenant que je n’avais presque pas touché une goutte d’alcool. Un peu comme un croyant en quelque sorte. Faut dire que dans mon cas leur discours disait plutôt vrai. De telles boissons réveillent l’animal qui est nous. En effet, je peux confirmer preuve à l’appui, la colère, l’abolition des limites, tout ce qu’un verre peut apporter à l’esprit humain comme sensation ou plutôt comme absence de contrôle sur elles, c’est comme ouvrir grand les portes au monstre qui grogne dans les recoins les plus sombres de mon être.
Mon regard se dirigea machinalement vers la carte comme si j’avais du mal à faire mon choix, mais heureusement pour moi la conversation dévia presque aussitôt sur autre chose de tout aussi gênant, à savoir ma tenue déplacée pour le rendez-vous. Visiblement la jeune femme semblait comprendre la situation dans laquelle je me trouvais. Lorsqu’elle posa sa main sur mon bras, une vague d’une douce chaleur m’envahie et je détournais immédiatement mes yeux pour les poser sur sa main. Une si jolie petite main…Le contact de sa peau sur la mienne m’arracha un léger et agréable frisson, je ne savais pas comment elle s’y prenait, mais elle réveillait en moi un je ne sais quoi de doux et d’humain.
Un léger sourire désolé se glissa sur mes lèvres le temps de quelques secondes puis s’effaça à nouveau. C’était pas vraiment dans mes habitudes non plus de sourire ainsi…Mais il faut dire qu’elle avait le don pour me calmer et me détendre avec ses beaux yeux et son air doux et amical.


-Je suis sûr que même une salopette tu serais la porter avec classe, ajoutais-je entre deux de ses phrases avec un air amusé sur le visage. Les traits de ceux-ci se détendaient, je le sentais. Je retrouvais cette sensation que j’avais rencontrée la première fois qu’elle avait poussé la porte de mon garage. En un mot, je me sentais bien. Ajoutez à cela que je n’avais eu aucun mal à l’imaginer dans un tel accoutrement, et en raison de mon état actuel, dans mes pensées, elle portait la salopette, que la salopette…Il est inutile de vous faire un dessin ni de vous expliquer les pulsions qui animèrent une telle vision plutôt dénudée.
Je continuais à l’écouter, elle parlait de réparation imprévue, que ce n’était pas ma faute etc. On aurait juré qu’elle était entrain d’essayer d’analyser mes actions, comme si elle voulait par là arriver à me comprendre. Je ne pouvais pas l’en blâmer, mais comment Sasha pourrait-elle jamais arriver à le faire un jour ? Elle ne savait pas ce que j’étais, ce que je cachais, pourquoi je fuyais ainsi la civilisation. J’aurais pu lui dire que je savais très bien au contraire que j’allais devoir mettre les mains dans le cambouis cette après-midi, certes je n’avais pas prévu que ça dure aussi longtemps…Mais je n’étais en rien excusable pour mon manque de tact. Mais ça non plus elle n’était pas en mesure de le comprendre, à vivre dans en pleine nature pendant des années, on oublie toutes les civilités ancrées dans l’éducation citadine. D’un coup, je me sentis extrêmement seul. J’étais habitué à la solitude, mais là c’était différent. Je me sentais seul dans mon être, qui pouvait comprendre ce que ressentais au fond de moi ? Ce dégoût, ce renie de tout, cette solitude dans sa propre âme quand son corps ne lui appartient même plus ? Je détournais à nouveau la tête pour rencontrer mon reflet dans le miroir. Je me faisais honte et horreur à moi-même. A regarder le couple que nous formions ainsi, il était clair que la jeune femme avait tout intérêt à partir dès maintenant. Je ruminais ainsi des pensées sombres si bien que je prêtais à peine attention à sa deuxième demande. Visiblement elle n’attendait que ça, qu’on se laisse aller, qu’on face connaissance, comme deux être humains normaux. Mais qu’avais-je moi, à lui offrir si ce n’était de l’absence, du mystère, de la peine et de la douleur ? Pourtant diable que j’avais envie d’elle, envie de l’enlacer à nouveau dans mes bras…


-Je ne suis pas sûr que les systèmes de refroidissements parviennent à te passionner tant que ça ! Lui répondis-je en me retournant vers son beau visage. Puis, me saisissant du coca que j’avais demandé en arrivant, je levais le verre entre nous deux avant d’ajouter avec une petite moue désolée : Je ne vais pas te mentir dès le début, aussi étonnant que tu puisses trouver ça, je n’aime pas la bière, ni le vin, ni tout autre boisson avec une goutte d’alcool.

Une petite étincelle amusée perça mon regard sombre, avouez que c’est cocasse quand même.

-Par contre, je tiens à t’offrir ta bière, je ne tiens pas à passer encore plus rustre que j’en ai l’air. Ajoutais-je enfin. Autant jouer la carte de l’honnêteté tout de suite non ? J’avais aucune envie de lui mentir, or je savais déjà que j’allais être obligé de le faire sur bon nombres de points, autant profiter de petits détails presque insignifiants pour repousser cette échéance.

-Plutôt que parler voiture et saleté, racontes-moi ce que tu fais toi à part accepter de boire un verre avec des mecs qui passent leur vie le nez dans le capot ?
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Mar 1 Nov - 1:50

Sasha se sentait délicieusement bien, et chose étonnante, en sécurité. Cela avait été la presse depuis quelques jours, le coup de stress énorme, quand elle avait reçu un message anonyme dans sa boîte aux lettres, un message lui recommandant de se méfier de Maryana. Pourtant, elle l'avait rencontrée, elles avaient discuté et elle pouvait attester de sa bonne volonté et peut être de son innocence ... Mais pas la Profiler. La Profiler aurait du n'y voir que du feu et creuser plus loin. Mais Sasha avait baissé les bras. S'était-elle laissée amadouer par cette séductrice et manipulatrice ? Toujours est-il que le message l'avait prise au dépourvu, et que maintenant elle doutait. Avait-elle pris une bonne décision en ne se confiant pas à Jack ? Ni sur sa "virée shopping" avec Maryana, ni sur le message. Elle considérait la première comme faisant partie de sa vie personnelle, et le deuxième comme ... une menace. Une menace sur sa vie professionnelle. Elle avait laissé Maryana courir, sans trop chercher à rentrer dans son personnage et à analyser sa vie. C'était une faute sérieuse, et Sasha repoussait le moment où il faudrait bien en parler à son patron. Et puis il y avait le mariage, où elle était conviée pour assurer la sécurité des futurs époux. D'ici là, elle avait besoin de se reposer et de penser à autre chose.
Et penser à Tolin était une occupation très reposante !

"Tu serais étonnée d'apprendre que j'en sais long sur les voitures !" s'exclama t-elle en rigolant, en ajoutant vite que c'était une plaisanterie. C'était un peu la vérité, mais elle était plus spécialisée sur les voitures volées, les échanges de voitures, les courses illégales... Bref, sur un tout autre thème que les réparations de jantes et de moteur !

Se trouver près de lui était encore plus déstressant. Leur première rencontre avait été si hallucinante. Elle venait de commencer son travail et avait passé une mauvaise journée. Quand il était arrivé, elle n'avait pas remarqué qu'il ne buvait pas, prenant ses manières cavalières pour une légère ivresse. Elle avait aimé ses manières cavalières, elle avait aimé son regard, sa voix, ses paroles... Bref, elle l'avait aimé lui, et elle aimait encore lui, même si leur relation allait peut être prendre un nouvel envol, ou s'enterrer net.

"C'est ... Non, ce n'est pas étonnant. Tu es tout bonnement sain d'esprit et de corps, quelle chance !" répliqua t-elle sincèrement, mais sur le ton de la plaisanterie, encore. Elle avait envie de le faire sourire car elle le sentait tout gêné et honteux, et n'avait pas envie que cette soirée soit gâchée par des considérations superficielles. Ce qui importait était leur conversation, et puis ensuite, quand la nuit avancerait un peu...

"Merci pour la bière. Trinquons à une deuxième rencontre, je l'espère, aussi... réussie que la première..." ajouta t-elle d'une voix basse, séductrice.
Il était, mais vraiment, trop canon. Sasha se sentait glisser vers lui, millimètre par millimètre, mais Tolin sans le savoir l'acheva avec LA QUESTION. Que tout homme civilisé pose à la femme qu'il veut, que ce soit pour une nuit ou pour la vie. Elle se résume à ça : Que fais-tu dans la vie ?
Heureusement, Sasha avait une réponse toute prête et elle prit un air désolé :

"Oh je crois que tu vas préférer parler "saletés". Moi, je suis plutôt branchée "poussières". Je fais des fouilles sur de sites archéologiques, puis je rentre au bureau pour me cloîtrer et compiler mes recherches. Ca parait passionnant, mais mon boulot est composé de 20% d'extérieur et de 80% de paperasses. On ne trouve pas tous les jours des squelettes de dinos ! Résultat, je passe beaucoup de temps chez moi, devant mon ordinateur. Oh mais je viens de monopoliser la conversation, excuse-moi. Ton coca est-il bon ?"

*J'ai la tête qui tourne et ce n'est la bière. C'est moi ou il fait chaud, et il sent terriblement bon, et il est terriblement beau, et je viens de parler terriblement longtemps ?*
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Ven 25 Mai - 19:45

Pourquoi cette jeune femme avec son joli sourire et ses beaux cheveux soyeux me faisait-elle cet effet là bon Dieu ? Ces dernières années j’avais pourtant réussit à dépasser cette envie primaire et avilissante. J’avais tiré un trait sur les femmes et tout rapport amical pouvant mettre en danger l’autre. Certes il y avait Andrew mais lui c’était encore une autre histoire. Il savait, et ça changeait tout. Peut-être que j’aurais mieux fait pas de venir ce soir finalement, de l’oublier, d’oublier l’odeur de sa peau, la courbure de ses reins, la douceur de son touché. Seulement tout son être charnel c’était imprimé dans mes sens depuis cette nuit fusionnelle. Et malgré toutes mes résolutions je dois bien avouer que je commençais peu à peu à me laisser submerger par un violent désir. Il y a certaines choses qu’on ne peut pas réprimer indéfiniment, et j’ai beau dire, une belle et longue course folle dans la forêt, aussi plaisant que ce soit, n’équivaut en rien une embrassade passionnée. Seulement, toute cette excitation là restait bien cachée derrière un visage bourru et contrarié. Je m’en rendais pas vraiment compte, mais je ne devais pas être très engageant pour lancer la conversation, et pourtant elle, Sasha, ne s’en privait pas. Au contraire, je sentais son désir à elle perler tout le long de son corps, je devinais la tension qui l’animait, si elle continuait à me regarder ainsi, avec ses yeux de braises, il est inutile de vous préciser ce que je ferais si la soirée se prolongerait.

Alors que la bête commençait doucement à grogner en moi je tâchais de concentrer mon regard sur les bulles qui remontaient à la surface de mon verre. Elle me parla de voiture, en plaisantant, affirmant qu’elle s’y connaissait plus que je ne le pensais. Involontairement, je tiquais à cette remarque. Bien qu’elle l’ait ponctué d’un agréable sourire et de remarques qui ne laissait aucun doute sur la nature de cette affirmation, je tournais la tête vivement vers elle. Je ne pu m’empêcher de la dévisager longuement. Ca y est ! J’y étais. Elle ressemblait énormément à celle qui fût ma femme et la mère de mon enfant, dans mon ancienne vie. Si je ne m’en étais pas fait la réflexion lors de notre première rencontre, c’est parce que la ressemblance n’est pas physique, loin de là, mais plus corporelle, gestuelle. Sasha avait la même façon de se comporter avec moi que Rosalie le faisait lorsque nous parlions en tête à tête. Et cette phrase « Tu serais étonné d’apprendre que j’en sais long sur les voitures » avait été à quelques mots près celle employée lors de ma première rencontre avec mon premier amour. C’était la même légèreté, une sorte de candeur faussement innocente. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale.
Une nouvelle douceur, venue du plus profond de mon âme, remonta lentement dans mes veines, une amère douceur teintée de la douleur d’une blessure à jamais ouverte. Je me contentais de lui adresser un léger signe de tête muet, j’étais en réalité incapable de lui répondre à cet instant, troublé par cette illumination.
Je me rattrapais en lui offrant son verre de bière et, au pris d’un effort assez incroyable de ma part, de relancer la conversation. Cette jeune femme avait la capacité de toucher ce qui restait d’humain en moi, auprès d’elle je sentais le pouvoir démoniaque de mon loup affaibli, presque terrassé par sa douceur et ses sourires charmeurs.

A ma remarque que je ne buvais pas d’alcool, elle répondit par le fameux adage « un esprit sain dans un corps sain ». J’en souri ironiquement intérieurement. Un corps sain, peut-être, mais un esprit sain…Surement pas ! Quand on a un loup garou qui partage votre vie comme une double personnalité, autant vous dire qu’on en prend un coup. Tu parles d’une chance…Mais je ne pouvais pas lui répliquer cela. Pas à elle. Je voulais la protéger le plus longtemps possible de ma réelle nature. Certes, en faisant cela je jouais avec le feu. Pour deux raisons. La première, je la mettais en danger en la fréquentant. Imaginez qu’une fois je n’arrive pas à maîtriser avec elle, submergée par toutes ces émotions qu’on peut éprouver lorsqu’on partage des choses intimes avec une personne particulièrement délicieuse, si vous suivez mon idée. La deuxième raison, peut-être moins rationnelle, je vous l’accorde, était que Sasha, en découvrant la vérité, fuie oui, mais surtout me reproche de lui avoir mentie. Dans un monde où les vampires vivent aux yeux de tous, l’existence loup-garou ne paraîtrait pas si folle que cela. Et d’après le peu que j’avais pu juger et surtout de l’idée que je me faisais de la jeune femme, elle se formaliserait sans doute plus du fait que je lui avais caché qui j’étais vraiment, que de s’étonner de cette monstruosité qui était la mienne. Tout en me faisant cette réflexion, je prenais peu à peu conscience des raisons initiales pour lesquelles j’avais aussi refusé toute relation avec une femme et évités celles avec des hommes. Il n’y a rien au monde de plus malsain, enfin si mais c’est une formule tout faite qui correspond bien à ce que j’en pensais, que les relations bâties sur un mensonge. C’est la porte ouverte à toutes les trahisons, tous les malentendus et les ennuis inimaginables. Un mensonge en entrainant forcément un autre. Et devoir mentir, toujours, tout le temps, échafauder des récits rocambolesques crédibles pour tout et rien, c’est fatiguant à la longue…

A ma question sur son activité professionnelle, Sasha sembla faire un léger, très léger mouvement de recul, trop léger pour qu’un humain normal ne le remarque. Cependant je n’y prêtais pas attention, je n’avais par ailleurs aucune raison de le faire, il pouvait être du à des centaines de raisons différentes et rien ne me permettait de croire qu’il s’agissait en réalité le recul d’une personne sur le point de raconter un mensonge répété depuis trop longtemps qu’il en devient impersonnel. Et pourtant, je l’écoutais ce joli mensonge qu’elle me servait avec grand sourire et regard pétillant. Je sautais dans le panneau des deux pieds pour ainsi dire. Archéologue hein ? Je m’attendais à quelque chose de plus…Plus classique peut-être ? Non, en réalité je ne m’attendais à rien en particulier. La ville regorgeait d’une ribambelle de métiers que des fermiers de l’Est américain n’avaient jamais entendu parler, et en avait cure.
L a jeune femme parlait avec une certaine vivacité qui la détendait les traits de son visage. Sa bière ferait-elle déjà effet sur elle ? Mon regard se posa rapidement sur son verre tandis que les effluves de fermentation me remontaient les narines. A la belle époque, toutes les raisons étaient bonnes pour s’en ouvrir une entre deux tours de vis. Mais vu les ravages que cette boisson faisait sur nos pulsions…Je l’avais définitivement bannie de mes habitudes, elle et tout autre sorte d’alcool. Dire que son goût ne me manquait pas était tout de même un peu exagéré…
Je reportais mon regard sombre vers le visage de Sasha, remontant par sa main, son bras blanc, son épaule. Je me surpris à repenser à son corps nu contre moi, à la douceur de sa peau, à…Je me forçais à penser à autre chose. Décidemment, ce soir je n’arrivais pas garder mon esprit en place, à le diriger comme je le voulais, comme d’ordinaire. A dire vrai je n’avais qu’une envie, replonger dans creux de son cou, sentir la douceur de ses caresses. Et je ne m’en détestais que plus, bête que j’étais devenu.

Quand je reportais finalement mes yeux sur son visage, elle s’excusait d’avoir monopolisé la conversation dans une sorte de léger affolement dont seules les femmes ont le secret. Son air mi-désolé, mi-enjoué avait quelque chose d’enfantin, de léger, d’innocent. Je me surpris à sourire alors qu’elle me demandait si mon coca était bon. Peut-être était-ce cette fraîcheur qui m’avait attiré chez elle la dernière fois…



-Aussi bon qu’un coca de grand cru ! Frais comme il faut. Répondis-je oubliant que je souriais toujours légèrement, du coin de la bouche. T’en fais pas, tu n’as pas du tout monopolisé la conversation, au contraire, c’est sympa de savoir la réalité de ce métier souvent idéalisé.Ajoutais-je. Je me sentais un peu mal à l’aise, sans trop savoir quoi dire mais n’en laissait rien paraître. J’étais pas l’homme le plus bavard et je cherchais tant bien que mal quelque chose à dire.

-Mais dis-moi, que peux-tu bien avoir à fouiller ici en Ecosse à part le monstre du Loch Ness ?

Ok, parfaitement stupide et inutile, je m’empressais d’enchainer :

-Enfin tu veux surement pas parler boulot plus que moi !
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Ven 25 Mai - 21:52

Aussitôt après avoir déclaré qu'elle était archéologue - métier qui fascinait autant les enfants que les adultes - Sasha regretta son mensonge. Certes, il était tout prêt, tout cuit, pas besoin de le réchauffer, et elle avait appris à le sortir sans trop avoir l'air de réciter un texte. Mais mentir à Tolin ne lui paraissait pas honnête. *Soyons franche Sasha : tu voudrais pouvoir lui dire la vérité, toute la vérité, mais tu as peur de ce que cela impliquerait, le chambardement que cela créerait dans ta vie, si rangée et si ordonnée.*

Il y avait tant de détails bien précis et menés de la même manière dans la vie de la jeune femme. Y ajouter un peu de folie n'était pas une option. D'un autre côté, Sasha avait de plus en plus envie de tout envoyer en l'air. De se mettre à boire par exemple, de se comporter comme une adulte irresponsable, de sortir dans la rue en mini-jupe... Embrasser Tolin aussi pouvait compter dans les folies du soir.

Quand il lui demanda sur le ton de la plaisanterie, ce qu'elle pouvait bien avoir à fouiller en Ecosse, elle se surprit à repenser à son vrai métier. Oui, étudier la vie des Ecossais ni enterrés ni fossilisés était passionnant et il y avait beaucoup à découvrir. De plus ou moins joyeux. Ce qu'elle lui répondit alors était à mi-chemin entre la vérité et son mensonge :

_ Il n'y a pas que les morts qui ont beaucoup à dire, tu sais. Les vivants aussi, et mon boulot entre autres choses, consiste à fouiller dans leur passé, pour les comprendre, si possible.
Elle avait dit cela d'une voix rêveuse, les yeux dans le vague. Non, elle n'avait pas osé le regarder en disant cela. Elle avait fixé son verre de bière. Son coeur se mit à battre plus fort. Et s'il comprenait ? Bon, c'était vraiment bizarre comme réponse. Il fallait être dans sa tête pour piger ce qu'elle avait voulu dire. Non vraiment, il ne fallait pas avoir peur qu'il attrape la perche et se lance dans ce thème-là. Mal à l'aise, gênée de s'être laissée aller à des confidences, Sasha changea vite de sujet:

_ Non, comme tout le monde, j'aime penser à autre chose une fois la journée finie. Tu... tu fais quoi de ton temps libre ?
Oui, le lien entre les deux idées n'était pas très net, mais il fallait absolument changer de sujet. Sasha leva enfin les yeux de son verre et croisa le regard doux et profond de Tolin. Elle laissa échapper un soupir de contentement. Il était si proche, si charmant ; son expression respirait la tranquillité et en même temps, elle le sentait fébrile, prêt à s'approcher d'elle à tout instant. Elle but une gorgée de sa bière, et le liquide la réchauffa tout autant qu'il la grisa.

_ Je suis contente que tu sois là, Tolin, que tu sois venu. Même si tu te sens gêné par ton apparence. Tu m'as manqué.

Tout en disant cela, elle posa sa main sur celle de Tolin. Le contact la fit frissonner.
*Embrasse-moi* le pria t-elle en silence. *Dis-moi que je t'ai manquée aussi.*
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Dim 27 Mai - 12:10



A peine avais-je posé ma question, qu’une autre question me vint subitement en tête. Une question à laquelle je n’avais jusqu’alors, jamais pensé. Comment se faisait-il que les humains soient restés coupés du monde animal parallèle qui se révélait à présent de lui-même à leurs yeux ébahis ? Pourtant les archéologues ne manquaient pas, des squelettes on en trouvait à la pelle. Et si Sasha passait son temps à dépoussiérer ceux présents sur ces terres celtiques, il était troublant qu’elle ou ses collègues, n’aient jamais découvert aucun indice leur permettant de leur mettre la puce à l’oreille. Une canine de vampire par exemple, très différente de toutes celles d’un animal commun. Certes, quand on y réfléchissait un peu, ça pouvait être parfaitement logique, ces cadavres vivants ne mourraient sans doute pas comme tout le monde non plus, mais tout de même...
Plus j’y pensais, plus je me rendais compte que cette absence de trace du passage de monstre comme nous sur terre était plus logique qu’il n’y paraissait dans un premier temps. Les loups garous, ne se distinguaient pas des autres hommes ni des autres loups. Une ossature plus imposante peut-être, mais rien d’anormal. Pas de troisième bras par exemple ! Et même ça aujourd’hui pouvait être considéré comme une mal formation génétique…Et puis…Les meutes devaient aussi effacer tout risque de ce côté-là, d’un moyen ou d’un autre.

Après cette rapide constatation qui se révéla au final parfaitement inutile, je reportais toute mon attention sur la jeune femme qui répondait à ma question d’une façon énigmatique et d’une voix comme à des kilomètres du bar où nous nous trouvions. Ce changement me rendit perplexe, bien que je n’en montrais rien. A dire vrai, c’est son comportement qui me focalisa sur ses paroles. Avais-je rêvé ou bien venait-elle de me parler de fouiller le passé des vivants ? Certes, mes études s’étaient arrêtées assez tôt, mes je pensais tout de même me rappeler assez bien que les archéologues étudiaient des ossements de personnes mortes depuis parfois des siècles, voire des millénaires. Soit, elle me parlait de nos amis buveurs de sang, morts mais toujours vivants. Soit elle me cachait quelque chose…Sans vraiment m’en rendre compte, je la fixais profondément, comme pour essayer de percer le mystère de ses pensées, derrière sa jolie petite tête. J’entendis son rythme cardiaque prendre un rythme endiablé tandis que ses yeux fuyaient mon regard. Tant de signe révélateur d’un discours pas complètement sincère. Me mentait-elle vraiment ? Et pourquoi cela ? Qu’avait-elle peur que je découvre sur elle ? Pourtant, tout chez la jeune femme trahissait son humanité, son odeur et les battements de son cœur entre autre. Etait-ce un élément de sa vie personnelle qui la gênait ? Un travail, une religion, ou tout autre chose dont elle ne voulait pas parler, ne pouvait pas parler ? Quoi qu’il en soit, ce fléchissement dans son attitude me dérangea et me rendis mine de rien un poil suspicieux. Surtout qu’en agissant ainsi, elle me renvoyait mon propre mensonge pour la protéger elle…


-Les vivants ? Je ne doute pas qu’ils aient beaucoup de choses à dire, mais…T’es pas sensée fréquenter plus des squelettes toi ? A moins que tu fasses une autre sorte d’archéologie que la normale.

Ajoutais-je en la fixant toujours, pour mieux observer le moindre de ses réactions. Pourtant, la curiosité n’était pas mon fort. En général, je laisse plutôt les gens dans leurs coins avec leurs secrets s’ils ne veulent pas les faire partager. La vie des autres, je n’en ai cure. Mais voilà, Sasha n’était pas « les autres ». Je me sentais attirée vers elle, je l’avoue pleinement. Son odeur me grisait plus que ne pourrait le faire n’importe quel alcool. Et j’avais envie de la connaître mieux, au-delà du plaisir charnel. Elle méritait qu’on s’intéresse à elle, du moins de mon point de vu.

Changeant rapidement de sujet, elle me demanda ce que je faisais de mon temps libre. A cette question, j’émis un petit son qui se rapprochait du rire. J’avalais une gorgée de coca avant de lui répondre.



-De mon temps libre ? Pas grand-chose de bien folichon. Après une journée de travail comme tu dis, ça m’arrive d’aller faire un tour au bar quand je ne reste pas simplement posé au garage à retaper quelques vieilles carrosseries. J’ai quelques vieux modèles a qui je redonne vie, pour la joie de quelques amateurs.

Voilà que je me remettais à parler voiture. En même temps, j’allais pas lui dire que je le passais à courir par monts et par vaux sous ma forme lupine pour chasser quelques cerfs pour mon repas du soir. Et puis…En soit c’était aussi la vérité ! Depuis l’époque où je vivais en homme, j’avais toujours affectionné les vieilles voitures, avec de bons moteurs, rien à voir avec les bagnoles qui sortaient maintenant, tout confort, silencieuses avec même boite automatique. Sérieusement…

J’allais lui retourner la question quand je sentis le contact doux de sa main sur la mienne. Pris de court ses mots résonnaient à mes oreilles comme le son cuivré d’une cloche. En quelques seconde ma tête c’était instinctivement tournée vers elle et mes yeux sombres s’attardèrent sur son visage aux courbes si douces. Comment vous dire dans quel état j’étais à ce moment là ? Au simple contact de sa peau, tous mes sens avaient comme explosé de sensations les plus diverses. Elle me regardait aussi et ses yeux semblaient brûler d’un désir secret. Elle était si jolie, si désirable à cet instant que je du faire un effort sur lupin pour ne pas lui sauter dessus !
Pas très doué comme d’habitude pour trouver les mots qu’il faudrait, comme une femme sait si bien le faire, je me contentais d’un léger sourire et, sans en demander plus, je passais ma main libre derrière sa nuque et l’attirait à moi pour l’embrasser en guise de réponse, dans une explosion de sensations.
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MessageSujet: Re: In The Air tonight [Livre 1 - Terminé]   Lun 18 Juin - 21:50

-Les vivants ? Je ne doute pas qu’ils aient beaucoup de choses à dire, mais…T’es pas sensée fréquenter plus des squelettes toi ? A moins que tu fasses une autre sorte d’archéologie que la normale.

Manque de bol, Tolin attrapa la perche et se lança dessus. Après tout, il était en droit de se poser des questions sur le véritable sens de ses paroles. Sasha, après un long moment passé à fixer sa bière d'un air absent - voire d'un air anxieux ! - releva la tête et le contempla du mieux qu'elle pouvait. Elle laissa ses yeux se balader sur le front haut, les cheveux noirs fins coupés, un peu en brosse, les joues mal rasées, les yeux noirs de jais, si expressifs qu'elle dut les quitter bien vite. Elle le voyait s'étonner de cet examen attentif. Elle-même ne savait pas trop ce qu'elle cherchait en le fixant ainsi ; une confirmation peut-être, la confirmation qu'elle avait raison de lui accorder sa confiance. Qu'elle avait raison de lui dire la vérité. Elle passa furtivement sur son nez et surtout sur sa bouche. Elle devait garder les idées claires pour ce qu'elle était prête à faire. Faire des confidences. Elle en avait assez de ces faux-semblants, assez de jouer. Tolin, malgré tous ses côtés sombres, lui paraissait être un roc solide, sur lequel on pouvait s'accrocher jusqu'à ce que les vagues s'apaisent.

Mais pas encore. Elle changea vite de sujet, voulant garder un peu de contrôle d'elle-même. Elle avait failli répondre tout de suite à sa première remarque . Devait-elle vraiment se jeter dans la gueule du loup, tout révéler d'un coup et briser peut-être un début de relation amoureuse ? Comme il ne lui demandait pas en retour ce qu'elle faisait de ses loisirs, elle décida de rester silencieuse. Pas pour longtemps. Gênée par l'atmosphère tendue que son absence de réponse avait provoquée, elle lâcha bientôt d'une voix précipitée, comme si le danger se pressait aux portes du Adam Dancing :

"Tu as raison, Tolin, je ne fais pas un métier normal. Je ne suis pas archéologue, je viens de te mentir, parce que j'ai l'habitude de le faire. Je le fais à tout le monde et tout le temps. J'ai un métier en rapport avec les évènements bizarres qui se déroulent en Ecosse depuis quelques temps. Ceux pour lesquels l'Eglise s'est mise en branle, avec lesquels les vampires jouent et oeuvrent pour être acceptés. Ceux qui ont provoqué des morts, et ceux qui ont réveillé des puissances endormies."

Sasha ne savait pas bien d'où lui venaient toutes ces idées ; de sa discussion avec Johan le libraire, peut être. Ils avaient évoqué ensemble l'existence d'autres créatures. Sasha lâcha d'un coup sa bière. Elle l'avait gardé dans sa main posé sur la table tout le temps du discours. Le verre froid et la buée firent remonter un frisson dans son corps. Elle eut envie de chaleur et de douceur. Ses paroles chaudes et douces vinrent briser la résistance timide de Tolin, et il vint près d'elle poser ses lèvres sur les siennes, en un long baiser hésitant, puis de plus en plus fougueux.

Reprenant ses esprits, Sasha s'écarta de lui. Elle avait envie de parler, encore envie de se confier, même si dans le corps de Tolin, il y avait maintenant un autre besoin, plus impérieux, qui n'avait pas besoin de mots. Pressée par le temps, elle ajouta vite près de sa bouche :

"N'aie pas peur, je ne suis pas une espionne ou un agent double. Je fais partie d'Interpol. Je suis... on appelle ça une "Profiler" : j'étudie les comportements des suspects et détermine s'ils sont ou non coupables."
Ses propos devaient sans conteste choquer Tolin ou au moins le perturber dans l'image naïve qu'il devait avoir d'elle : elle recula, lui laissant le temps d'assimiler.

"Ça sonne moins bien qu'archéologue, hein ?" ajouta t-elle sur le ton de la plaisanterie.
"Tolin" reprit-elle sur un ton plus sérieux, "je t'ai dit ça parce que je ne veux plus qu'il y ait de secrets entre nous. Je veux te donner confiance en moi et je veux te connaître mieux aussi. J'espère que tu comprends mon silence de naguère et que tu réussiras toi aussi à me parler."
Elle ne souhaitait qu'une seule chose : l'entendre dire qu'il comprenait et qu'il avait aussi envie de se confier. Qu'il n'y ait pas que du sexe entre eux, mais aussi de l'écoute, des mots, de la tendresse.

Mais Sasha ne devait pas voir ses souhaits se réaliser. Brusquement, alors que tout semblait se passer pour le mieux, Tolin recula, s'écarta d'elle. La seule excuse qu'elle obtint de lui fut :
"Je dois y aller, j'ai quelque chose d'urgent à faire. Désolé."
*Quoi ? Mais nous sommes en rendez-vous, tu ne peux pas...*
Il se leva et s'enfuit littéralement du bar, la laissant seule. Sasha crut que le ciel venait de lui tomber sur la tête. UnE seule question demeurait : Pourquoi ?

FIN
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