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L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Mer 15 Juin - 2:12


L'ordre pour la sagesse

Augustus King & Léopold Thomas d'Aubusson



(c) ithika // (c) WiltedFlower



Quel honneur ! Jamais dans ma pauvre existence je n’aurais songé être ainsi convié dans le manoir de mon Roi et maître suprême. Ma gratitude est telle que je n’arrive à l’exprimer. Et blablabla… Léopold était dans le hall majestueux d’Augustus King. Convoqué pour il ne savait quelle obscure raison. Enfin quoi qu’il en soit il était d’une importance capitale de donner une bonne impression. De montrer du respect à son supérieur. Non, vos yeux ne vous trompent aucunement. Il avait dans l’intention de faire preuve de discipline et de dévoiler sa bonne éducation. Parce qu’il en a reçu une. Ne vous méprenez pas.
Enfin en attendant, poireauter dans le hall ne lui plaisait pas réellement. A dire vrai, on pouvait même avouer que ça l’agaçait particulièrement. Mais ce n’est pas de sa faute si la patience n’a jamais été son fort. Pas vrai ? Oui on va dire. Mais bon. Il allait garder ses ressentiments pour lui et être bien sage. Il cessa de tourner en rond et se stoppa dans le centre de la pièce. Bras croisés contre son torse –musclé cela va de soit-.

Il y a quelques semaines de là, jamais vous n’auriez trouvé le vampire aussi tranquille. Silencieux. Non il aurait parlé avec une voix bien forte, dans le but de se faire admirablement remarquer par tout le personnel. Il ne se serait pas contenter de regarder les quelques objets qui ornaient l’entrée. Il les aurait pris en main, les aurait manipulés sans aucune gêne. Mais voilà qu’il était désormais devenu une sorte de petit toutou obéissant. Changement de comportement radicale dut –rendons à César ce qui est à César- à la charmante et divine Krystel Raybrandt. Disons qu’elle avait trouvé les bonnes paroles gestes afin de l’inciter à se calmer. C’est qu’elle en avait des moyens de persuasions ! Et il ne songeait pas spécifiquement au début de la soirée qu’il avait passé en sa compagnie.

Bref, il était quoi qu’il en soit immobile et attendait. Quoi ? Il aurait bien aimé le savoir tiens ! Vous en avez de bonnes de questions vous. Il y avait diverses possibilités. Soit il s’agissait de la découverte récente d’un cadavre dans son domicile –qu’il avait oublié là avant de partir s’exiler après quelques évènements que nous ne citerons pas-. Découverte qui amenait irrémédiablement à un entretien en vue d’une correction. Et ça il espérait que ce ne serait pas le cas. Merci, il avait déjà donné. Ou alors… Ou alors il n’en avait aucune idée.
Oh non. Dans sa tête, le vampire se mit à imaginer divers moyens de le torturer. Instinctivement, il mit une de ses mains devant son entrejambe. Geste protecteur. Forcément, des bribes de souvenirs s’infiltrèrent dans sa boîte crânienne, lui rappelant les lourdes épreuves qu’il avait du subir. Le sang qui coulait ; la douleur insupportable. La sensation de finalement être vulnérable. Hors de question qu’il revive tout ça. Si jamais c’était le cas, il ne se laisserait pas faire.
Ras le bol de ces « pseudos-autorités ». Après tout il était un prédateur, et il assouvirait ses besoins si le désir l’en prenait. Il était un vampire non de non. Un suceur de sang, un bouffeur de chair fraiche. Un chasseur d’humains. D’humaines de préférence. Alors quoi. Oui il en capturait certaines, jouaient avec elles. Et ? Des disparitions ça arrivait régulièrement pas de quoi en faire tout un plat. Hum. Pas si discipliné que ça Léopold si vous y regardez de plus près. Enfin, on vint le chercher afin de le conduire au Roi des êtres de la nuit. Augustus King.

Comme il le faisait à l’époque où il était humain, il s’inclina.

- Très cher Roi. Je vous remercie amplement de l’honneur que vous me faites. Peu de mes confrères et mes consœurs connaîtront un jour le privilège de bénéficier de votre accueil.

Hop là là. On va s’arrêter ici. Sinon des paroles malheureuses risquaient d’être prononcées. L’esprit rebelle avait beau être revenu au grand galop, Léopold n’était pas dénué de bon sens pour autant. La provocation sans même avoir entamé un dialogue aurait été malvenue.
Le vampire attendit les mots de son Roi afin de pouvoir se redresser.
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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Lun 20 Juin - 0:34

    Je froissais le document avant de le jeter dans la poubelle d’un geste rageur. Tous les rapports concordaient. Présence démoniaque. Réaction du Vatican. Ces vieillards séniles avaient enfin compris la menace que je faisais peser sur eux et leur religion pathétique, mais ils avaient aussi pris conscience du danger qui les menaçait depuis l’affaire de Glasgow. Que n’avais je été sur place en personne pour rencontrer cette douce Maryana Watheerey ? La petite garce aurait pu m’apprendre l’origine de tous ses petits tours. Je ne m’en faisais pas trop. J’étais insensible aux pouvoirs les plus anciens, alors pourquoi pas aux siens. Ceux qui avaient été déchainés étaient cependant effrayants, je devais en convenir. Improbables, même. Pourtant, ils n’avaient pas été exagérés, de toute évidence. Pas avec tous les documents que j’avais pu récupérer sur le sujet. Les démons. J’avais longtemps soupçonné leur existence. J’avais fait venir à grands frais et à toute vitesse ma collection d’ouvrages d’ecclesiastiques sur le sujet. Et les nouvelles allaient de mal en pis. Non seulement il s’avérait qu’il existait bel et bien une tierce faction, mais totalement hors de contrôle, qui plus est. J’avais cependant réfléchit toute l’après midi à ce que je pouvais bien faire. Réagir, c’était primordial. Mais comment ? Proclamer notre solidarité avec les humains me semblait être un bon départ. Faire front commun avec eux les diminuera plus que nous niveau pertes, et cela les fera tomber un peu plus sous notre coupe, si nous passons d’amis à alliés. Me marier avec Krystel dans un édifice religieux avec tout le décorum semblait aussi un bon moyen de mettre la population humaine derrière nous. Dans le même temps, je pourrais me contenter dans un premier temps d’actions molles contre ces créatures à pouvoirs. Le temps de les jauger, voir leurs forces et leurs faiblesses. Et s’il s’avérait que toute tractation était impossible… Alors les vampires extermineront une espèce de plus, comme cela fut le cas des millénaires plutôt avec les loups garous.


    Je laissais échapper un petit grognement alors qu’une de mes esclaves humaines vint toquer à ma porte pour m’annoncer l’arrivée de notre invité. Je tapais ensuite dans les mains un instant, satisfait de la nouvelle en me remmémorant l’identité de la personne que je recevais ce soir. Là encore, mes informateurs n’avaient pas chômé. J’avais des yeux et des oreilles partout, dans toutes les villes importantes du globe. Rien ne pouvait m’échapper bien longtemps. Et encore moins le fait que ma future reine s’était fait tringlé par ce parvenu qui me déplaisait au plus haut point. Je n’aimais pas cela. Etre possessif était un trait de caractère relativement récent chez moi ; j’étais libertin depuis ma naissance et avais toujours accepté cela chez mes partenaires. Mais plus depuis plusieurs années, voire même quelques décennies. Krystel était à moi. S’amuser elle pouvait, mais sagement. Pas s’adonner à des vices écoeurants avec des écrivains ratés, des vampires de bas étage, voire même son propre fils. Si elle devenait ma femme véritable, elle devrait sélectionner avec plus de soin ses amants. Et venir avant tout satisfaire son roi, avant d’aller s’amuser ailleurs. Il était d’ailleurs temps que je constate par moi-même le degré de sédition de ce sombre individu. Malgré tout, si j’étais quelque part impatient de me retrouver face à cet inférieur, je le fis attendre un bon moment. Avant de finalement descendre le rejoindre. J’étais habillé à mon habitude. Costume français hors de prix, chaussures italiennes qui l’étaient tout autant. J’étais un roi, pas un manant.


    Quand je le vis, je devais reconnaître qu’il était effectivement du goût de Krystel. Elle avait toujours aimé les jeunes, et les bruns. Mais il avait ce petit air insolent, même en s’inclinant devant moi et en me déversant tous ses boniments. Je me plantais à distance royale, un peu devant lui, et croisais les bras d’un air souverain.



    Je ne vous le fais pas dire, d’Aubusson. Votre réputation vous précède. On dit que vous êtes intime de la future reine, que vous avez quelques talents à l’écriture, mais aussi que vous êtes un séditieux. Est-ce exact, Aubusson ?

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Ven 24 Juin - 16:29

Le moins qu’on pouvait accorder à sa majesté Augustus King, c’est qu’il avait extrêmement bon goût en ce qui concernait son style vestimentaire. Cette coupe, ce tissu. D’une élégance sans pareil. Enfin du moins autant qu’il pouvait l’apercevoir puisqu’il n’en avait qu’un vague aperçu, au vu de la posture qu’il avait adopté lorsqu’il avait entendu arriver son supérieur. Position qu’il ne souhaitait pas garder indéfiniment, disons-le. D’une part parce qu’il avait l’affreuse sensation d’être vulnérable, offert à il ne savait quel courroux, d’autre part et surtout parce qu’il se sentait d’un échelon inférieur. S’incliner de la sorte était selon lui une façon d’atteindre sa fierté, de le blesser dans son orgueil. Et il en avait suffisamment pris dans son matricule pour les siècles à venir.
Pire que tout, il se revoyait humain, faible, incliné devant son général lors de la bataille des Ponts-de-Clé. Bon finalement il avait désobéi. Mais il y avait eu des conséquences. Lorsqu’il était devenu vampire, être de la nuit il avait réellement pensé que tout ça, c’était du passé. Mais non. Voilà qu’il avait encore des comptes à rendre. Que la vie pouvait paraître injuste. Non attendez, elle l’était ! Du moins de son point de vue à lui.

Bien sûr, il aurait pu fuir l’Ecosse, se refaire une vie ailleurs. Mais voilà, il s’était habitué à son petit confort. A ses nuits torrides avec la maître vampire Krystel Raybrandt aussi. Et puis il ne s’était jamais autant amusé que dans ce pays. Il ne tuait plus parce qu’il s’agissait de guerre mais simplement parce que ca le détendait. L’amusait aussi. Etait-il capable de faire des concessions pour garder son petit train de vie ? Peut-être, mais il n’aurait pu l’affirmer à cent pour cent. A soixante-quinze, c’était faisable par contre. Oui bon ratio. Tout dépendait de ce qui lui était exigé.
Du moins si quelque chose lui était demandé. Parce qu’à sa grande surprise, le roi ne fit aucune réprimande. Pour le moment. Un test ? Chic, il adorait se justifier. Hum du calme d’Aubusson. Tu commences à te connaître non ? Quand tu parles un peu trop tu finis toujours par dire quelque chose de déplacé. Et il avait payé cher pour le comprendre. Nul doute qu’il oublie. Dire que sa pseudo-soumission était partie de trois ou quatre phrases prononcées de travers. Par ailleurs, il aurait bien aimé le savoir. Histoire de ne pas commettre deux fois la même erreur. Parce que si sa maîtresse avait trouvé un intérêt à l’épargner, il n’en serait certainement pas de même pour le roi Suprême. Quoi que… il ne connaissait pas personnellement ses goûts.

Il prit le risque de se relever. De regarder enfin le visage de celui qui –était sensé- les gouvernait-er- tous. Bon, il ne pouvait le nier, il y avait de la sagesse dans les traits d’Augustus King. Une certaine froideur qui l’incitait à rester le plus calme possible. Il n’était pas là pour rigoler et il était inévitable d’échapper à ce constat. Ça rendrait les choses extrêmement difficiles pour Léopold. Lui qui avait l’habitude de toujours parler avec une pointe de désinvolture et de sarcasme. Mais aux grands moyens, les grands remèdes comme on le dit sans cesse. Il serait sage. Comme s’il avait réellement le choix de toute manière. Calme, un deux, mesurer ses paroles. Il pouvait le faire ! Mais oui c’était dans ses cordes. Le tout était de se persuader. Comment on appelait ça déjà ? Ah oui la méthode Coué.

- Que votre majesté est entendue parler de moi, m’emplit de ravissement. J’aurais cependant souhaité que cela se fasse dans d’autres conditions. Je ne peux réfuter ce que vous avancez pour être honnête. Ecrivain je le suis, les nuits en compagnie de la charmante Raybrandt sont toutes aussi vraies. Je me soigne quand au reste et soyez certain que la thérapie que j’ai entamé est très… efficiente.

Puis un cheminement s’est fait dans les méandres que représentait la cervelle du vampire. Future reine. Il n’avait pas réellement entendu ces mots auparavant. Tout de suite il s’était représenté sa maîtresse. De toute façon, elle était la seule vampire qu’il côtoyait régulièrement, il n’avait donc pas réfléchi. Une fois de plus. Il s’éclaircit la gorge.

- Toutes mes félicitations pour vos noces prochaines mon Roi.

Il s’inclina une fois de plus. Bravo, t’as encore fait mouche d’Aubusson.
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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Mer 29 Juin - 0:35

    Le vampire réagit de façon excellente à mes propos. Je pouvais comprendre ce que ma future reine avait pu lui trouver. Même ces quelques instants de silence m’en apprenaient suffisamment sur lui pour que je commence à le cerner. De sa démarche transpirait une très importante confiance en ses propres capacités. Sans compter qu’il semblait se targuer de sa position privilégiée via Krystel, même s’il le faisait de façon implicite. Ils étaient rares à faire les paons devant leurs supérieurs, dans notre société de l’obscur. J’étais bien plus habitué aux affectations les plus extrêmes, presque ridicules même. Mais pas lui. Lui se ramenait ici plein de cette déférence que je sentais quelque part autant amusée que meurtrie. Amusée de devoir jouer à ce petit jeu des ronds de jambe devant moi, se complaisant à défier mon autorité de par la signification de ces regards insolents. Sûr de lui, trop sûr. Krystel avait dû adorer. Et moi, je ne savais pas encore vraiment ce que j’allais lui réserver. Bien entendu, j’avais quelques petites idées. L’éloigner de ma compagne était ce que me dictait mon sang quasi divin, alors que la jalousie empourprait mes pensées. Par contre, mon esprit froidement calculateur m’incitait quant à lui à m’évertuer à trouver une utilité à tout ceci, pour éviter de laisser se gâcher du temps dont pourtant j’étais le détenteur quasi-illimité. J’étais ravi de voir que mes paroles, et la dure révélation de l’étendue du savoir que j’avais de ses activités, avaient pu avoir comme impact sur sa réaction.


    De suite, ce petit air rieur et plaisantin avait quitté son visage, qui semblait s’être fait plus sérieux. Changement probablement imperceptible à l’œil nu pour tout autre que moi. Mais j’avais côtoyé des dizaines, des centaines de générations de vampires et d’humains avant de tomber face à cet écrivain de pacotille, et je savais de toute manière déceler tout changement d’attitude. Même le bruissement de ses pensées parvint presque à mes oreilles. Le vampire choisit ses mots avec tact, comme s’il espérait pouvoir s’en tirer en choisissant les bonnes tournures. Pas de doutes à y avoir, il était bien écrivain celui là ! Il commença par me brosser autant qu’il le put dans le sens du poil, sans que cela puisse avoir réellement d’incidence sur la suite des évènements. Même lui en était convaincu, j’aurais pu le parier. Ensuite, il choisit une voie courageuse tout autant que dangereuse. Au moins n’était il pas le dernier des poltrons. Il voulait s’en sortir. Il voulait vivre. Oui, Krystel avait terriblement dû s’amuser avec son petit jouet à crocs. J’en étais ravi, d’une certaine façon. Il me confirma tout, de son statut à ses parties de jambes en l’air avec ma propre compagne. Pour le coup je me trouvais désemparé, j’avais imaginé que mon sang se serait échauffé et que je l’aurais châtié, ou bien que j’aurais pu lui trouver de suite une utilité quelconque à mes plans. Mais rien de tout ceci n’arriva. Je me sentais juste froid, insensible. D’Aubusson n’était qu’un pion de plus entre mes mains expertes. Ensuite, il me congratula pour mon mariage prochain. A ses traits et à la confusion que je semblais lire en lui, je pu deviner qu’il venait de faire le rapprochement entre Krystel et mes noces. Je souris d’un air vaguement amusé.



    je vous remercie, mon bon. Ces noces seront les plus formidables qu’aura connu l’Angleterre depuis des siècles, je vous le garantis. Quant au reste…


    je le toisais avec un petit sourire plein de menaces.


    Vous avez couché avec l’élue de votre nation, avec la compagne de votre Roi, et avec votre supérieure hiérarchique. Je serais en droit de vous faire éxecuter sur le champ. Je serais tout autant en droit de vous demander réparation face à face, de vampire à vampire. Mais le fait que Krystel aie choisit de s’amuser de vous plutôt que de vous tuer m’interpelle. Je vais me fier à elle, si vous me convainquez. Quelle utilité pourriez vous donc avoir, -non-vivant plutôt que mort ? Je vous écoute. Et je dirais même, je vous écoute très attentivement…

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Mer 29 Juin - 14:16

D’où lui venait donc ce besoin maladif de parler pour ne rien dire ? Cette suffisance qui était simplement bonne à échauffer les esprits de ses supérieurs ? Il se le demandait régulièrement ces temps-ci. Un philosophe –Freud ? Oui ca devait probablement être lui- disait que les tares apparaissant à l’âge adulte venaient de traumatismes subis durant l’enfance. Mais oui ! Bien sûr ! Tout s’expliquait. Celle qui s’était fait passée pour sa mère était complètement fêlée. Et puis c’est elle qui avait commencé son éducation vampirique. Doublement perturbé. Voilà ce qu’il était. Mais le fait était là. Il n’y était pour rien. Constat un peu trop rapide et bien trop facile pour qu’il ne soit vrai, mais de se dire qu’il n’était pas responsable de ses actes et faits le rassurait. Toujours plus facile de condamner un autre que soi. Il ne se stoppa cependant pas. Préférant axer ses pensées sur celle qui lui avait pourrie l’existence plutôt que sur ce qui allait se passer dans les secondes à venir.
La fin ? Voilà qui serait fort dommage. Et encore à cause d’une parole déplacée. Elle n’aurait pas pu lui dire elle qu’elle était fiancée au roi des Vampires ? Lui qui avait pensé que passer ses nuits avec la maître lui aurait apporté des bons points. Tout faux. Encore tout faux. Mais surtout condamner à répéter les mêmes erreurs encore et encore.

Une sorte d’effroi se mit à s’infiltrer en lui. L’amusement s’en était allé. Et s’il était réellement en sursis ? Il hésitait à se relever, à regarde Augustus King. Parce qu’un visage pouvait dire énormément de choses. Un peu comme cette fille qu’il avait torturée à l’Eternal Rest. La peur, la soumission. Etait-ce ce qu’affichaient ses propres traits à l’instant présent. Hum non. Peu probable. Il avait beau ne pas être tranquille –loin de là même- et posséder une sorte de respect pour son supérieur, il ne pouvait avoir ce regard emprunt de pitié qu’elle lui avait servie. Pas lui. Pas Léopold Thomas d’Aubusson troisième du nom. Il était un noble et il avait appris à agir comme tel. Qu’importe si nous étions au XXIème siècle. La bourgeoisie ne se perdait pas. Elle restait dans les veines, dans l’âme. Alors oui, là tout de suite maintenant ca ne se voyait pas. Ca n’était pas palpable. Mais il possédait encore une certaine fierté. Et il ne lâcherait pas la bride. Fin tireur qu’il était, il avait encore des cordes à son arc.

Doutes confirmés, c’est bien de Raybrandt dont il s’agissait. Crainte justifiez, il était mis à l’épreuve. Et il ne faisait nul doute qu’à la moindre erreur… Il se représenta l’image du roi baissant le pouce afin d’ordonner son exécution. Schéma un peu théâtrale certes, mais assez représentatif de ce qu’il se passerait s’il échouait dans son argumentaire de vente. Parce que c’est exactement de ca dont il s’agissait. Il devait se vendre auprès du roi afin de justifier son existence. Mais avant, il devait gagner du temps histoire de pouvoir réfléchir.


- Je ne doute point que ces noces seront grandioses. Digne de vous et de votre élue. Si je pouvais néanmoins m’aviser d’un conseil, prenez garde au Prince William et à cette chère Kate Middleton. On annonce leur union comme un évènement majestueux. Cependant, je ne doute pas que les vôtres seront d’avantages majestueuses.

Bravo. Encore une fois tu as fait un carnage d’Aubusson.

- Quant au reste comme vous l’avez si bien fait remarquer… Je vous remercie de m’accorder cette chance qui n’est probablement pas digne de mon statut. J’ai fait fis de nombre de vos avertissements, mais comme je vous l’ai évoqué un peu plus tôt, j’ai pris la décision de me ranger. De me soumettre aux lois si justes que vous avez édictées dans notre but à tous. Je peux vous offrir cette obéissance, mon respect absolu. Mes services. Une utilité particulière ? Ce n’est pas de la vantardise mais un fait avéré, je suis séducteur. Mon accent français je pense attire nombre d’hommes et de femmes dans ma demeure. Pourquoi pas des ennemis à vous que vous souhaitez interroger sans éveiller de soupçons ? Le sang ne me fait pas peur. Encore heureux pour un vampire me direz-vous. Je peux être redoutable en termes de tortures et effacer des gêneurs occasionnels avec simplicité. Et pourquoi pas… m’occuper de rédiger une biographie vous concernant ou concernant la future reine.


Rond de jambe, inclinaison. Il ne manquerait plus que le chapeau doté d’une plume.
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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Sam 2 Juil - 18:37

    Malgré le souci qu’il avait de garder contenance, je percevais clairement l’espèce de confusion qui s’était emparée du vampire. Il savait que je savais, et d’un coup cela changeait tout. Anticipait il le fait que je le tue pour son outrecuidance ? Je savais que Krystel, ma future reine, m’en tiendrait rigueur, et que notre relation en pâtirait quelque peu. Pourtant, je savais tout autant que j’étais et je resterais son maître, et qu’elle se plierait à ma volonté. Il n’y avait plus aucun vampire suffisamment ancien sur Terre, pour que je sois menacé directement. Et ne craignant ni les rayons du soleil ni l’argent, ni aucune autre chose que ce soit, je ne pouvais pas dire que je sois privé de ma puissance, bien au contraire. Peut être Leopold lui-même anticipait la nature de l’aide que ma reine pourrait lui apporter ? Tout était une affaire de pari, lui-même dû à nos perceptions. Soit il décidait de prendre le risque de me braver, confiant dans la protection de sa grande maîtresse, soit il préférait jouer la prudence et faire autant que faire se peut amende honorable de sa rouerie, et implorerait mon pardon. De toute mon existence, je n’en avais pas connu des masses, de vampires ou d’humains prêts à s’opposer directement à moi. Et je n’en avais plus rencontré de sérieux depuis tant d’années maintenant… J’étais quelque part impatient de voir le visage de Leopold, avec toutes ces petites expressions qui trahiront la décision qu’il aurait pris quant à la suite à apporter à mes menaces à peine voilées.


    Quand il commença à me répondre, je fus cruellement déçu. Moi qui m’attendait de la part d’un écrivain un peu plus de verve… C’était gâché. Encore des boniments, toujours des boniments… Croyait il que j’étais parvenu jusqu’à ce rang par la seule force de savoir bien m’entourer ? Ne me pensez t’il pas prédateur plus rusé et puissant que lui ? Je n’étais pas du genre à me laisser caresser dans le sens du poil par n’importe qui, c’était un fait. Et qu’il me parle de mariage humain était véritablement désolant. Comment pouvait il seulement comparer mon règne à ces roitelets de pacotille ? Ils ne régnaient sur rien, et leur fortune familiale avait été acquise par le vol, le rançonnage et le pillage en règle du monde entier. Jusqu’à l’accession sur le trône de leurs ancêtres n’était jamais qu’une vaste plaisanterie. Je fis preuve d’une froideur véritablement glaciale à son égard, quand je lui répondis sur ce point.



    Vous me parlez de rois mortels, de rois qui ne sont jamais que des moins que rien, se gargarisant de leur fortune et d eleur gloire alors que le mérite en revient à d’autres ? C’est bien mal parti pour vous, mon cher, si vous n’êtes pas capable de faire mieux que ça. Gardez en tête que je ne suis pas un chien galeux que l’on peut caresser de compliments.


    Je l’écoutais encore. Cela puait littéralement l’esbrouffe. Cependant, je devais avouer qu’il était un séducteur, comme il le disait. Krystel était tombée dans ses bras, bien que je me doutais fort que ce n’était pas par sentiments… Mais quand même. Qui plus est, il avait un physique qui plaisait sans nul doute aux femmes. Cela me fit sourire. J’avais déjà ce genre d’agent, mais qui sait si je ne pouvais pas utiliser celui-ci à d’autres fins ? Je savais que mon entourage ne m’était pas totalement acquis. Je devais aussi m’assurer de la fidélité de Krystel en tous moments. Je ne doutais pas de son attachement à mon encontre, mais je savais par contre que, le pouvoir corrompait tout autant vampires qu’hommes. Je devais prendre garde à la transition. M’assurer que ma reine ne prenne pas trop de libertés avec le pouvoir que je lui conférerais sous peu. Je me mis à le tutoyer.


    Un séducteur et un français. Voilà ce que je te propose. Je te laisse à ta vie de Bohème. Je te laisse aussi à tes activités. Tu peux continuer de coucher avec ta reine, si cela te dit. Tu peux tout garder comme avant. Ta liberté sera la contrepartie. Officiellement, tu rentreras au service de ta reine, elle fera de toi son homme de main d’après ce que j’ai pu comprendre de la situation. Tu le seras, et tu obéiras à chacun de ses ordres tant que ceux-ci ne me concernant pas. En contrepartie donc, tu viendras me signaler chaque nouvelle tête que ta maîtresse rencontrera, chaque discussion qu’elle aura. Je veux savoir ce qu’elle fait à toute heure de la nuit. M’as-tu bien compris ? Bien entendu, il est exclu que tu lui parles de notre petit arrangement. D’un, elle ne te croirait pas et te ferais violer par des chiens pour te punir de ton mensonge éhonté. De deux, si tu en parles je t’assurer de te réserver un destin pire encore. |

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Jeu 7 Juil - 18:59

Poltron ? Non. Il s'agissait simplement d'une bonne dose de bon sens. Bien sûr il aurait pu se montrer arrogant, sourire de manière effrontée comme il en avait l'habitude depuis.... eh bien depuis toujours. Mais il tenait à la vie, aussi simple et stupide soit-elle. Une fois qu'on a goûté à l'immortalité, difficile de s'en passer. Et Léopold s'accrocherait à son existence de n'importe quel moyen. Quand bien même il devrait renier ce qu'il était et jouer la comédie la plupart du temps. La comédie... Oh oui, il aurait fait un fabuleux acteur. Après tout, il avait déjà toutes les caractéristiques principales. Orgueilleux, égocentrique, narcissique même. Le charisme, la beauté, l'éloquence. Il avait décidément tout pour réussir cette carrière. Pourquoi diable n'y avait-il jamais songé ? Il se voyait d'ores et déjà placardé dans toutes les rues d'Ecosse. Médecin... La blouse blanche lui irait à ravir. Mieux... Titulaire en cardiologie... Imagination débordante que la sienne, il fut déconnecté quelques instants de la réalité; Celle dans laquelle il venait de mettre sa vie en jeu à travers un discours qu'il espérait convaincant.

Mais quelque part il était soulagé. Et fier. Du moins de son second monologue. Sachant pertinemment que ses premières paroles avaient une fois de plus dépassées sa pensée. Instinctivement, il s'était mis à trembler lorsque le roi des roi le lui avait fait remarqué. Colère ? Il n'aurait su le dire, mais un frisson l'avait traversé. Terreur qui ne pouvait passée inaperçue lorsque l'on avait la sagesse d'un homme âgé de plusieurs centenaires. Combien au fait ? Bien plus que lui, il n'y avait aucun doute là-dessus. Vantard oui il l'était mais il y avait des limites. Contrairement à ce quiconque pouvait penser à son sujet. Il pouvait faire montre d'un certain respect lorsque la situation le lui imposait. Justement lorsqu'il n'avait pas d'autre choix. Attente difficile, le vampire avait grandement envie de retomber dans son naturel, de ne plus user de flatteries à outrance afin de s'exprimer réellement. D'ôter une partie de ce qui accompagnait ce... stress. Peut-être n'était-il tout compte fait pas destiné à une grande carrière de comédien. Rêve si vite tombé dans l'oubli et échoué. S'en serait presque triste.

Enfin, le maître absolu donna son verdict. Tout d'abord vint le soulagement intense d'être encore en vie, de rester en vie. Tout simplement. Car son arrêt de mort n'était finalement pas signé comme il l'avait craint depuis leurs premières paroles. Il aurait presque entamé une petite danse pour célébrer le tout. Mais il se rendit compte que ça ne serait pas sans obligations. Après tout, il n'avait pas vanté ses qualités -quelques unes, elles étaient si nombreuses- pour la décoration du manoir ou le personnel. Situation gênante. Que fallait-il faire ou répondre. Accepter bien entendu. Il avait beau vouer une admiration sans complexe à sa maîtresse, elle n'était pas celle qui était présente face à lui en cet instant. Pas celle qui déciderait de son existence ou non. Et puis il n'avait jamais été l'homme d'une seule femme. Ce n'est pas en cette nuit que cela commencerait. Agent double... Rien que la notion lui fit monter un sourire aux lèvres. Finalement, on le jugeait suffisamment doué pour entretenir l'illusion. Hollywood me voilà !

-Si je vous suis parfaitement votre majesté, vous me demandez d'espionner celle qui sera votre épouse à votre compte. Future qui est et restera avec votre permission ma propre amante. Femme que je respecte et admire autant que cela se peut pour des "hommes" de mon genre. Bien entendu j'accepte puisque le choix ne m'est pas réellement laissé si je ne m'abuse. Je me posais simplement quelques questions. Des clauses à notre accord pour être tout à fait exact. Je tenais tout d'abord à savoir la façon dont se feront ces rapports. Une fréquence ou à l'occasion. Face à face ou cursive... Toutes ces petites questions techniques. Puis, j'ai bien compris que je n'avais aucun intérêt à parler de notre entrevue à quiconque, mais qu'en est-il de votre coté ? Je ne remets aucunement en cause votre discrétion, mais vous pourriez tout aussi bien me vendre d'ici quelques années. Et en ce cas je crois bien que le sort que vous me réservez sera plus clément que le sien. Bien que je n'en mettrais aucunement ma main à couper.

Diarrhée verbale. Encore et toujours, comme s'il ne savait faire autrement. Paroles qui se suivent les unes des autres et s'entassent telles les coulées de lave d'un volcan en éruption. Peur soudaine qui l'anime. Il ne peut s'empêcher d'en rajouter une couche. Histoire de bien tout lisser.

- J'espère, mon roi, que vous ne voyiez nulle insolence dans mes paroles. Il est simplement que je fais preuve d'une certaine minutie quand aux conséquences de mes engagements afin de nullement décevoir le second partie. Vous, dans le cas présent.

Oui, bon avec un peu de chances, ça passe. Non beaucoup de chance.
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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Dim 17 Juil - 17:23

    Je savais que je nageais en eaux troubles. Mes mensonges commençaient à se surposer les uns aux autres et la spirale de la malhonnêteté semblait plus que jamais abyssale. Mais une suele chose comptait à mes yeux. Le pouvoir absolu. Je devais savoir ce que ma fille allait faire de cette part de ma puissance que j’allais lui procurer en l’épousant. Je devais tout savoir d’elle. Elle m’obéirait, cela s’entend. Mais elle allait prendre des initiatives. C’était quelque chose d’incontrolable, et nous ne pourrions assurément passer à côté. Je la connaissais. Même en pensant à bien, même en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour s’en tenir au rôle que je lui confiais, je savais qu’elle ne tiendrait pas en place. Krystel était ainsi. Elle allait me faire gagner une image publique et un contrôle accru de l’ensemble de notre espèce. Mais je savais qu’en parallèle, ses actions lui vaudraient de se constituer sa propre faction. Les fidèles de la reine. Toute reine en avait eue. Toute reine humaine, et toute reine vampire. Je devais faire en sorte de contrôler cette faction, pour éviter que celle-ci ne contrôle Krystel. Je sais, j’essayais de me convaincre que je n’espionnais pas ma douce enfant par simple souci de tout vouloir contrôler, mais je pensais réellement que cette union apporterait son lot d’imprévu. Ma chère petite ne me doublerait jamais, mais elle va bientôt acquérir un grand pouvoir. Et si celui-ci ne la rend pas corruptible, alors il la rendra d’un certain point de vue, autrement plus indépendante que maintenant. Ceux dont je me défiais le plus étaient les factieux, les individus théoriquement aux ordres de Krystel mais qui pouvaient le cas échéant la retourner contre moi. Je parlais notamment de son fils. Cet ambitieux. Ou encore de ses propres serviteurs. M’aliéner Leopold était déjà un début. Je mettais les pieds dans le plat. Et pour les mettre, je mettais les deux sans aucun problème.


    D’Aubusson me demanda d’éclaircir en quelque sorte les directives que je venais de lui donner. Que cherchait il ? Je n’aimais pas son ton, ni son insolence. Il avait très bien compris, que cherchait il ? M’humilier d’une certaine façon, propre aux écrivains ratés dans son genre ? Oui, il avait compris. Et plutôt deux fois qu’une, ce petit avorton. Des clauses ? De quoi me parlait il ? Lui avais je seulement donné l’impression qu’il était possible qu’il gagne quelque chose à cette tâche que je lui donnais ? Quel toupet… mais j’avoue que pour le coup, cela me plaisait. Il me semblait d’un coup un peu moins idiot et stupide, bien que tout aussi indigne de confiance. Le vampire me dit qu’il voulait savoir de quelle façon nous allions nous rencontrer et rendre compte de ces séances d’observation. N’en avait il donc aucune idée ? Bien sûr que j’avais prévu cela. Sinon, je ne lui aurais pas donné cette tâche. A sa charge bien sûr de ne pas se faire découvrir, même si cela me semblait tout bonnement évident. Il tournait encore ça se sorte à se dédouaner des conséquences de ses paroles. Ce type me rendait vraiment en rogne. Toujours à parler, alors qu’il lui suffisait tout bonnement d’obéir.



    Vous avez compris. Ne vous faites pas plus bête que vous ne l’êtes, d’Aubusson. En clair, vous allez surveiller mon épouse. Me rendre compte de ses mouvements, des gens qu’elle voie. Eventuellement des décisions qu’elle prendrait en votre présence. Je veux aussi connaître l’ensemble des rapports que vous aurez ensemble. Même sexuels, je veux tout savoir au fur et à mesure. Je veux savoir de qui elle s’entoure. Vous me rendrez compte de vos investigations quand je vous demanderais dans votre bureau. Officiellement, vous écrirez pour moi les articles que je veux voir paraître dans les journaux humains. Quant à votre sécurité… je ne vous en garantis aucune. Déplaisez moi à une seule occasion, et votre mort sera lente et douloureuse. Précédée d’un internement de plusieurs siècles sous terre, sans un cercueil fermé à l’aide d’argent. Me suis-je bien fait comprendre ?

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Sam 30 Juil - 14:49

Question qui ne lui avait jusqu’à présent pas réellement traversé l’esprit. Que pensait-il réellement de cette directive ? Certes il était obligé de l’accepter. Mais lui. Quel était son avis ? Etrangement, il ne se sentait nullement coupable d’espionner sa maîtresse. Rancœur peut-être. Après tout, elle l’avait fait atrocement souffrir il y a de cela quelques jours. Bon, et il avait pris aussi beaucoup de plaisir cette nuit là. A maltraiter cette petite humaine, à jouer avec sa nourriture. Sa gouvernante à l’époque où il était enfant lui aurait tapé sur les doigts s’il s’était amusé avec son repas. Quand bien même ce dernier était d’une nature tout à fait différente de ceux qu’il ingurgitait étant humain. Alors que Krystel Raybrandt, elle, l’encourageait à laisser parler sa soif de sang et de violence. En serait-il toujours le cas ?
Oui, la réponse était oui. Puisque les paroles du « bon » roi étaient claires. Etre son espion mais agir comme si de rien n’était. Oh, il allait s’amuser comme un petit fou durant les années à venir. Le fait d’agir pour quelqu’un et non pour lui-même le chiffonnait un peu et heurtait son orgueil. Mais il ne pouvait décemment pas s’opposer aux ordres qui lui étaient donnés. Et puis après tout, ça n’était pas comme si on lui avait ordonné de se planter un objet contendant dans cœur. Il pourrait sûrement y trouver ses propres intérêts en fin de compte. Certes, au fond de lui il ne prêterait allégeance à personne, mais suivre des instructions de cette nature n’était pas si dérangeant que cela.

Regain d’énergie, il était débordant de confiance en lui désormais. Vous vous rendez compte, espion pour le compte d’Augustus le grand roi et bras droit de la future grande reine. Ah ! Il en ferait des envieux. Lui, le noble vampire français échoué en Ecosse venait de franchir les échelons de manière fulgurante. Bon la réalité n’était pas la copie conforme du rôle qu’il se donnait, mais autant rendre le travail attrayant. D’autant plus qu’il n’y avait pas de réelle contrepartie. Si ce n’était de rester en vie et d’échapper à des moments qui promettaient d’être forts désagréables en cas d’échec. Echouer ? Lui ? Le grand Léopold Thomas d’Aubusson troisième du nom ? Voilà un mot qu’il ne comptait pas insérer dans son vocabulaire anglophone.

Comme il s’en doutait légèrement, son blabla ne fut pas accueilli de la meilleure manière qui soit par son maître si supérieur. Mais il commençait à s’habituer au fait que personne n’apprécie à leur juste valeur ses discours qu’il jugeait pourtant de bien monté. Mais étant donné qu’il était fier de toutes ses productions, son avis n’était pas réellement impartial. Durant quelques secondes, la fierté fut remplacée par une légère angoisse. Celle de décevoir. Parce que les menaces prenaient désormais tous leur sens. Qu’il se fasse attraper par sa maîtresse ou qu’il trahisse le roi, les années qui précèderaient son trépas ne seraient absolument pas plaisantes. Il se savait d’ores et déjà en équilibre sur une limite à ne pas franchir, l’agacement du maître absolu pointant dans ses paroles. Alors, une fois n’est pas coutume, il quitta le ton arrogant qui était le sien.

- Vous avez été parfaitement clair. Plus que cela même. Je m’acquitterai de mon travail avec minutie. Soyez-en certain. Je ne vous épargnerai aucun détail, comme vous me le demandez. Quand bien même à défaut d’expressions appropriées je me verrai dans l’obligation d’utiliser un vocabulaire plutôt cru. J’ai bien noté que mon attitude semblait quelque peu vous irriter votre majesté. Je tâcherai à ce qu’il en soit différemment lors de mes rapports. Cependant il ne sera pas rare que le naturel revienne au galop. Que je ne mâche rien, et que j’agisse de manière excentrique. Cela n’empêche pas que vous pouvez me faire confiance. Je ne vous décevrai pas. Que ce soit pour la mission initiale ou pour la couverture que vous m’avez octroyé.

Parce que cette indication n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Journaliste. Déjà il imaginait son nom au bas de la une, sa nouvelle acquisition immobilière remplie de femmes, hommes et vampires. Des débauches en suivant d’autres dans un tourbillon infernal. Esprit fantasque attiré par la renommée et la gloire. Il se mit à sourire, oubliant les règles qu’il s’était imposées quelques instants plus tôt.

- Je savais que mon talent finirait par être reconnu. Mais que ce soit vous… Je ne sais que dire. Je suis transcendé de joie. Mon propre bureau. Merci votre majesté. Vous verrez je ne vous décevrai pas. Nous ferons les meilleures ventes du pays. Je vais exploser les quotas. Par simple curiosité et j’arrêterai de vous importuner par la suite, où vais-je désormais exercer ma profession ?

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Dim 28 Aoû - 14:36

    Mes paroles étaient aussi dures et inflexibles que l’argent pour les vampires. Leopold était prévenu, il savait que je ne menaçais ni ne parlais à la légère. J’étais un roi. Le roi de la non vie, le maître de l’immortalité, seigneur d’une faction de bouchers sanguinaires et de sadiques en puissance. Il savait de quelle carrure j’étais pour être à même de mener pareille clique au pouvoir suprême plutôt que dans l’oubli de l’histoire. Je savais que le message serait reçu chez ce pâle type, et il me confirma d’ailleurs son allégeance, me rappelant les qualités de son travail à venir et augurant déjà de son efficacité. De ce côté-là, j’étais plus circonspect. Je n’étais pas un imbécile, je savais qu’un jour ou l’autre, toute cette histoire tomberait dans l’oreille de celle qui partagerait très vite mon pouvoir et mon influence. A moi de faire en sorte de retomber sur mes pattes du mieux possible, comme je l’avais toujours fait. J’augurais de mon propre côté, que Krystel serait tout sauf quelqu’un de facile à manipuler. Elle avait elle-même appris l’art de la tromperie et de la manipulation auprès d’un maître de cet art. l’avais je trop bien formé ? Je ne pensais pas. Sa tâche à venir allait requérir très vite tous ces talents que j’avais mis des siècles à lui inculquer. Krystel était la rose empoisonnée par excellence, et je l’avais entourée d’un joli ruban avant de la projeter dans le monde des hommes. Un ruban de tromperie et de dissimulation entourant une beauté et une grâce infinie, au cœur empoisonné par l’ambition et le pouvoir. Je savais que je n’avais pas manqué mon coup. Les arcanes de mes plans millénaires étaient lentement en train de se mettre en place, et l’attachement que j’avais établit entre moi et cette humaine de jadis allait bientôt prendre tout son sens. Bientôt, tout serait définitivement en place, et j’aurais un rouage de plus dans des plans aux proportions épiques pour la prise du pouvoir total. Leopold provoqua rapidement un sourire sauvage.


    Vous voulez dire que vous ne me passerez les détails de votre prochaine émasculation, suivie bien vite de coucheries avec celle qui partagera mon nom, mon pouvoir et ma gloire ? Qu’il en soit ainsi. Je connais déjà beaucoup de choses, mais ce n’est pas suffisant. Il me fout tout savoir, absolument tout. Je pense que de toute façon, je ne peux etre plus clair, et que cela n’est de toute façon pas nécéssaire.


    Je posais un regard mi-amusé mi-méprisant alors que le jeune vampire me posait à nouveau une question. Pouvait il vraiment ne pas se douter de l’environnement de travail que je lui réservais ? Je me levais de mon siège, pour me positionner face à lui.


    Ici, bien sûr. A côté du bureau de la sécurité. Comment voulez vous ne pas éveiller les soupçons, autrement ? Tout sera rapidement prêt et en place, je vous ferais chercher par un serviteur lorsque tout sera disponible. Vous trouverez à l’intérieur de quoi travailler, ainsi qu’une liste de vos correspondants humains dans tous les plus grand journaux humains, y compris à l’étranger. Si vous aurez des demandes concernant votre travail, adressez vous au chef de la sécurité, sis à coté de vous, dans l’autre pièce.


    Je tendais ma main droit devant lui, lui présentant une chevalière d’argent, symbole de mon pouvoir. Cela ne lui échapperait pas que j’y étais insensible, et que lui, non.


    Embrassez ma main, jurez moi allégeance, et partez d’ici.

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MessageSujet: Re: L'ordre pour la sagesse [Livre 1 - Terminé]   Lun 12 Sep - 20:09

P arfois, il fallait se sacrifier pour la juste cause. Bon d’accord, pour sa propre cause puisque quand il s’agissait de Léopold, tout se ramenait nécessairement à lui dans ses pensées. Alors il s’était incliné, face au pouvoir du roi des Vampires. Quand bien même il n’aimait pas l’autorité et avait juré de ne jamais courbé l’échine devant qui que se soit, il y avait parfois des concessions à faire si l’on souhaitait avoir la vie sauve. Alors il parti dans un petit rire forcé -mais amer lorsque son supérieur parla de ses déboires précédents avec sa future femme. Une des règles d’or ça. Que ce soit pour un rendez-vous galant ou une rencontre avec son boss. Même si chacun d’eux a parfaitement conscience que tout n’est que du chiqué et du paraître. Rien de tel qu’une couche de faux-semblant et d’appréciation simulée pour lisser le tout avant de partir.

Bien entendu, tel que vous connaissez le petit Léopold, il avait encore bon nombre de choses à raconter, des arguments aussi inutiles que les autres à prononcer. Mais il s’était rendu à l’évidence. Cette entrevue n’avait que trop durée. Son roi semblait fatigué de sa présence, et il n’était pas assez dingue pour la lui imposer et provoqué -peut-être- un accès de colère. D’autant plus qu’il s’était levé afin de répondre à sa dernière question et le surpassait d’une bonne demi-tête. Sagement et silencieusement, il écouta ses dernières paroles et se baissa respectueusement afin de baiser la chevalière qui lui était tendue.
Geste qui le rabaissait, qui lui donnait envie de tout envoyer balader, mais que voulez-vous. Rien n’est trop beau pour préserver sa petite existence. Il se releva. Parti à reculons -cela lui sembla d’usage- et s’inclina une nouvelle fois en quittant la pièce.

- Je vous souhaite une agréable nuit mon roi, et vous félicite encore pour vos noces prochaines.


Bienvenu ou malvenu étant donné la tâche qui venait de lui être confié, il n’en avait aucune idée puisque les portes se refermèrent sitôt ses paroles prononcées. Il se releva donc de toute sa hauteur et bomba le torse. Il s’était attendu à de nouvelles remontrances, à ne plus jamais voir la lumière du jour et voilà qu’il ressortait avec de nouvelles responsabilités. Incroyable. Mais après tout, lorsque l’on avait son charisme de duc français, rien n’était vraiment impossible. Il sourit fièrement à ses congénères. Se sentant désormais plus puissant que jamais. Et pourtant nul n’aurait cru que l’on puisse être plus orgueilleux qu’il ne l’était déjà, avant de franchir les portes du manoir d’Augustus King.
La nuit ne faisait que de commencer. Il avait bien mérité de fêter le tout.



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