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« I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Ven 22 Avr - 3:09

    Il avait été incapable de rentrer travailler, aujourd'hui. En fait, il avait passé toute la journée à vélo, non pas pour profiter des paysages anglais, mais tout simplement pour s'enlever de la tête les scènes brutales, animales de la veille. Le chaos et carnage de l'annonce des droits des vampires, le sexe avec Isadora, le sang, le sexe avec Isadora, et encore le sexe, le sexe, le sexe. Il avait sillonné sa ville de long en large, puis avait pédalé jusqu'à Edimburgh, à une vitesse phénoménale, dans ses habits moulants de cycliste. Pédalé jusqu'à ce qu'il entre presqu'en rampant dans un restaurant pour demander de l'eau, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus trouver un centimètre carré de sec sur ses habits, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'une flaque de sueur et de douleur musculaire, jusqu'à ce qu'il réussisse à ne plus penser à cela. À tout cela.
    Jusqu'à ce qu'il soit assez calme pour penser à sa rencontre du soir avec Andréa.
    Après réflexion, le fait qu'elle ne soit pas venue le soir d'avant, donc le soir même du carnage de la fête, était tout de même une bonne chose. Il n'aurait pas été lui-même et il aurait été confus, hors de ce monde. La journée lui avait fait du bien et lui avait permis d'évacuer plusieurs tensions de natures différentes en les expulsant dans le sport.

    Il était tout de même là.
    Changé. Lavé de frais. Les cheveux encore humides et à peine trois steaks saignants et épais dans le corps, les canines encore allongées de ce lourd repas. Des jeans, pas de chaussettes, un chandail à manches longues, rien pour dévoiler son corps.
    Et il tournait en rond.
    Chaque bruit le faisait sursauter de se précipiter à la porte de son appartement. Il avait même fait un effort de ménage, rangeant ses livres éparpillés et ses vêtements qui traînaient, faisant une pile nette avec sa vaisselle sale -toute tachée de rouge sanglant- pour même oser faire son lit. Une merveille, cet homme.

    Johan s'assit brutalement sur son sofa, tapant du pied, avant de se relever pour aller regarder par la fenêtre si la blonde arrivait. Rien. Il croisa accidentellement son regard dans la fenêtre, le détourna, rabaissa le rideau. À quoi ça servait de ne pas avoir de miroir dans cet appartement pour pouvoir se voir dans les foutues fenêtres ? Il retourna à son fauteuil, prit une gorgée du verre d'eau qu'il avait préalablement posé sur la table basse, se releva encore, se rassit, alla ouvrir son réfrigérateur pour prendre, dans un contenant fermé, une languette de boeuf crû et baignant dans son sang. Il avait besoin de manger pour se calmer, le goût du sang animal le calmait, tout en lui rappelant douloureusement le goût savoureux et inimitable de celui d'Isadora.
    Sans qu'il puisse se retenir, un gémissement passa ses lèvres.
    Isadora.
    Le lycanthrope posa ses doigts pleins de san de boeuf sur ses tempes, inconscient, tentant encore une fois de faire partir de son esprit les images qui y venaient. Les sons. Isadora qui criait de plaisir, son sexe en elle, la jouissance, son sang, sa poitrine, tout. Encore son souffle qui s'accélère. Il posa ses deux mains de chaque côté de son évier, tentant de reprendre le contrôle sur ses pensées ; encore son reflet, dans l'inox de son évier, le sang le long de ses tempes. Merde. Johan ouvrit le robinet et passa de l'eau fraîche sur son visage, ne voulant pas apparaître à Andréa avec du san de boeuf partout. Classe.

    Soudainement, le loup-garou se raidit. Rapidement, il alla ouvrir la porte de son appartement, à l'instant où Andréa arrivait devant. Toujours l'oreille vive. Un sourire bref.

    « Entre. »



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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Sam 23 Avr - 6:04

J'avais reçu un message laconique sur mon téléphone. J'étais planquée avec Torben dans un trou perdu de la banlieue d'Édimbourg en attendant que les patrouilles policières s'espacent, et voilà que mon ami me contactait, accusateur. « Je sais ce que tu as fait la nuit dernière. » Bon. Mais quoi au juste ? Il m'avait vue frapper un homme pour faire diversion, d'accord. Mais je n'étais pas certaine qu'il m'ait vue tirer dans la foule, ni étrangler un deuxième homme avec mes menottes, ni en égorger un troisième sans pitié. Encore moins fuir par les égouts, couverte de sang, agrippée à Torben – l'homme qui avait commencé à tirer dans le tas. Mais il en avait sûrement vu assez pour se poser des questions. Après tout, à ses yeux, j'étais cette petite chose blonde fragile et délicate. Il ne savait rien d'HCV, rien des chasses, rien des massacres ni des tueries de vampires en groupe ou en solo.

Il voulait des explications, en tout cas. J'aurais préféré rester tapie dans la planque de Torben un moment, mais quelque chose me disait que l'air de Glasgow était plus sûr pour ma santé que celui d'Édimbourg ces temps derniers. Je ne pouvais pas retourner au Saint Edward's, c'était le premier endroit où l'on me chercherait – alors autant tenter de me mettre au vert quelque part ailleurs le temps que la crise passe. J'avais donné rendez-vous à Johan dans la soirée, le temps de faire le trajet sous déguisement. Cheveux teints, vêtements de rechange – je ne ressemblais plus à la femme recherchée par les forces de l'ordre. Trois ans à jouer les soldats de Dieu m'avaient dotée de ressources insoupçonnées. Désormais, j'étais brune. Un dernier adieu à Torben, la promesse de nous tenir informés, et nos routes se séparaient à nouveau. Il allait je ne savais où, et moi je partais pour Glasgow.

J'y arrivai en fin de journée. Tendue, sur les nerfs, et épuisée. Le contrecoup de la soirée de la veille me rattrapait et j'avais du mal à accepter les vies humaines qui pesaient sur ma conscience. Certes, j'avais agi pour me défendre et sauver ma vie. Mais... J'avais tué des innocents. Des agents de la loi qui ne faisaient que leur devoir, des pères de famille peut-être. Pensée difficile à supporter. J'avais presque envie de planter la voiture dans la première rue venue et de me mettre à hurler, mais... La guerrière en moi m'en empêchait. Trois années de formation m'avaient endurcie. L'épreuve qui m'attendait requérait toutes mes facultés et je me devais d'être forte. Je toquai à la porte de Johan alors que le crépuscule s'installait, et il ouvrit instantanément. A croire qu'il m'avait entendue arriver. Son sourire, bref et distant, me glaça les sangs. Il m'invita à entrer et je m'exécutai, réprimant un frisson d'angoisse. Sois forte, Andréa. Il sait que tu n'as pas envie de parler de tout cela, mais il le fera quand même. Affronte ça. Tu n'as pas le choix... Un rapide coup d'œil sur sa personne m'apprit qu'il allait bien et qu'il n'avait apparemment pas souffert de l'émeute de la veille. Une vague de soulagement me traversa, et je me sentis autorisée à me montrer revêche.

« Me voilà. Tu imagines bien que le moment n'est pas idéal pour que je m'attarde, alors va droit au but. Qu'est-ce que tu veux ? »
J'avais à peine dépassé l'entrée, et je le toisai d'un regard polaire, les bras croisés et le menton levé. Je n'avais pas l'intention d'affronter un flot de reproches et de questions – je détestais qu'il ait été mêlé à ça. Johan, c'était mon ami, un havre de paix dans la tourmente de ma vie, un être que je ne voulais pas blesser, ni moralement, ni physiquement. Et j'espérais ardemment ne jamais devoir en arriver là...
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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 26 Avr - 19:49

    Brune. Il aimait bien cette couleur. Ça lui allait bien, tout de même, ça changeait du blond. Ce n'était quand même pas le temps de faire un compliment sur sa nouvelle couleur de cheveux : elle entra sans faire de chichis et il eût à peine le temps de refermer la porte derrière elle qu'elle l'apostropha avec froideur, accompagnant le tout d'un regard qu'elle n'avait jamais posé sur lui. Il en était presque perdu, mais il comprenait tout à fait son attitude. Elle lui avait clairement fait comprendre qu'elle ne désirait pas parler de ça et lui allait la forcer. Mais en parallèle, aurait-il réellement désiré rester ainsi dans l'ignorance face aux agissements de son amie ? Il avait été mêlé à tout cela, bien contre son gré, et curieux comme il était, il ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur ce qu'il avait vu. Elle avait agressé un homme pour aider le tireur inconnu, elle avait délibéremment frappé sur un homme de loi pour cela, peut-être même l'avait-elle tué -il entendait encore le sinistre craquement de la pomme d'Adam de l'homme- par ce geste, elle était en cavale pour Dieu sait quelle raison, et lui arait dû faire comme si tout était normal ? Nous avons tous nos petits secrets, Johan était en excellente position pour en parler, mais quand ces secrets sont exposés... il faut les assumer.
    Le lycanthrope marcha jusque dans son salon, ne voulant pas rester dans l'entrée. Les rideaux étaient fermés, personne ne pouvait voir à l'intérieur, et l'endroit était quand même pas trop mal isolé, en terme de son. Pas trop de craintes d'être entendu... Quelques secondes pour réfléchir à la formulation correcte de ses interorgations, avant de se lancer :

    « C'était qui, lui ? Et pourquoi l'as-tu aidé, pour l'amour de Dieu ? Est-ce que ça valait la peine de tuer des gens ? Sérieusement. »

    Droit au but ?
    Avait-il été assez direct pour elle ?
    Johan avait réussi à dire le tout sans lever le ton, gardant un calme qu'il voulait total, mais penser aux évènements de la veille secouait les puces de son loup, qui ronronnait encore à penser à ses ébats sexuels, baignés de douleur, de sang, de chair et d'une autre louve. En même temps, ça avait été la peur de se transformer, la panique, la nouveauté et la surprise de cet environnement qui s'était soudainement révélé hostile. La journée avait eu beau l'aider à évacuer ses tensions, il restait à cran. Il tira sur les manches de son chandail, cachant sa peau meurtrie jusqu'à la moitié de ses paumes ; l'utilisation de sa lame de rasoir, hier, pour autre chose que tenter de se sortir de sa dépression par de trop drastiques moyens l'avait troublé. Surtout par le fait qu'elle veillait encore dans son porte-feuille, maintenant rejointe par la balle retirée de l'épaule d'Isadora. Isadora.
    Un étrange rougissement envahit le visage du loup, qui croisa ses bras sur son torse en attendant la réponse de son amie. Elle avait l'air fatiguée ; il le voyait, maintenant qu'il attendait. Le brun faisait ressortir la pâleur de son teint, ses cernes légers, le rouge de ses yeux et, à quelque part, il comprit qu'elle ne rigolait pas du tout. Au moins, elle n'avait pas été blessée pendant l'attaque... Même s'il l'avait été, lui, il aurait guéri rapidement ; elle, probablement que non, à moins qu'elle ne lui cache également des pouvoirs surnaturels.
    Ils seraient deux, quoi.



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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Mai - 5:36

La plaie de ma cuisse me lançait douloureusement. Je pouvais sentir le sang pulser dans les veines de ma jambe, irriguant la zone sensible autour de la déchirure. Une balle perdue qui n'avait fait que m'effleurer – mais la blessure me faisait souffrir et cela n'arrangeait pas mon humeur. N'importe quel vampire aurait senti l'odeur de mon sang et décidé de m'attaquer pour me saigner sur place. Heureusement, j'étais en présence de Johan, et j'étais relativement certaine qu'il ne m'agresserait pas. Sa force physique était impressionnante, mais il n'en avait jamais usé contre moi, ni pour me menacer, ni pour me contraindre. Et si jamais il s'en prenait à moi, ma foi... la dague minuscule logée dans mon décolleté ferait son office. J'adorais Johan, positivement : il était ce que j'avais de plus proche d'un ami, mais je ne me laisserais pas aveugler par mon attachement. Certes, nous nous connaissions depuis un bon moment maintenant, mais ce n'était pas une raison. Mes récentes mésaventures m'avaient appris la prudence, et dans une certaine mesure, l'égoïsme.

Directe. Sa question ne laissait place à la moindre zone d'ombre dans laquelle me cacher. Je le suivis au salon, m'adossai au buffet pour me donner une contenance, et surtout me ménager le temps de réfléchir à ce que j'allais dire. Il m'avait vue tuer des gens. Un instant, je me revis en pleine mêlée. Le sang sur mes mains. Le regard perdu de cet homme que j'avais égorgé pour m'enfuir avec Torben. Torben. L'arme à la main. Tirant dans la foule. Torben couvert de sang, Torben qui m'entraînait dans les égouts. Je chassai de ma mémoire le souvenir de la nuit – il serait bien temps d'y penser plus tard. A la place, je reportai les yeux sur Johan, qui ne me quittait pas des siens, attentif à ce que j'allais répondre. Je soupirai, et les belles phrases que j'avais préparées s'évaporèrent en fumée. La franchise, voilà ce qu'il méritait.

« Lui, c'est Torben. Un frère d'armes. Il était en danger, je l'ai aidé. Il aurait fait pareil, et d'ailleurs, il s'est mis en danger pour éviter que je ne sois arrêtée. Johan, je préfère vraiment ne pas parler de ça... Tu ne sais rien de ce qu'a été ma vie pendant les trois années écoulées. »
Lui dire que j'aimais Torben et que j'avais agi autant en sœur d'armes qu'en femme amoureuse, qui voit son mâle en danger et réagit primitivement ? Certes pas. D'une part parce que je ne désespérais pas de ne plus aimer Torben un jour, et d'autre part parce que cela ne regardait Johan en rien. Il avait l'air tellement mal à l'aise, à attendre en tirant sur les manches de son chandail. Manches. Poignets. Mon œil exercé avait capté quelque chose que j'identifiai immédiatement. Je bondis en avant, ignorant la douleur sourde de ma plaie qui avait dû se rouvrir, agrippai ses bras et remontai ses manches de force. Trop surpris sans doute, il ne se défendit pas immédiatement, et j'eus le temps de voir les marques sur sa peau. Des marques récentes, fraîches. Des coupures.

« Johan ? Mais c'est quoi, ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ? On t'a agressé ? »
J'étais soudain terriblement inquiète pour lui. Nous étions peut-être en désaccord sur certains points, mais il restait mon ami. C'était mon tour maintenant de le tenir prisonnier sous la force de mon regard – à mon tour de l'interroger. Donnant-donnant.
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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Mai - 6:16

    La question avait été directe et Andréa avait semblé quelque peu sonnée par l'avalanche de réponses possibles. Il n'espérait qu'une seule chose de sa part : la franchise. Il croyait, à juste titre ?, être assez important à ses yeux pour mériter la vérité et c'est donc elle qu'il attendait en silence, les yeux attentivement fixés sur la blonde. Non, brune. Un soupir et la jeune femme osa répondre, d'une traite, à ses interrogations, finissant tout de même sa réponse par une énième demande de ne pas parler de tout cela. Ça, il ne voulait pas l'entendre. Sa réponse alimentait de nouvelles questions dans son esprit : frère d'armes ? Elle, être arrêtée ? Qui était-il réellement, cet homme auquel elle volait au secours ? Et pourtant, Johan savait parfaitement que jamais ces questions n'allaient franchir ses lèvres, en partie parce qu'il respectait le silence et la pudeur d'Andréa. Le lycanthrope baissa la tête pour réfléchir à ce qu'elle venait de dire et ne la vit donc pas s'avancer vers lui, enfin, s'avancer, bondir vers lui plutôt, pour agripper ses poignets et remonter ses manches.

    Les questions.

    Il entrouvrit sa bouche, mais pas un mot ne sortit. Que dire ?
    Il n'avait rien à dire. Il avait seulement l'obligation urgente de retirer ses bras de son emprise pour ne pas qu'elle voit les coupures se guérir en live sous ses yeux. Johan retira ses poignets et rabattit les manches dessus, incapable de s'exprimer.

    « Du verre brisé. La soirée d'hier a été plutôt mouvementée, j'ai pris les grands moyens pour régler ça. C'est rien, ça va partir, je guéris rapidement. »

    Pieu mensonge, Johan O'More ; oui, tu as chuté sur du verre brisé, oui tu as passé toute ta douche à tenter d'en retirer tous les éclats de ta paume, oui tu t'es charcuté à la lame de rasoir pour tout sortir, mais surtout oui, tu t'es coupé pour goûter ton sang et calmer le loup en toi. La lame qui glisse sur ta chair déjà abîmée par ta dépression et ton accident, ta bouche et ta langue sur ta peau blanche, le goût rassurant de l'hémoglobine. Et pourtant, ce goût était si loin de celui délicieux de la louve que tu as goûté hier. L'homme détourna le regard, croisant ses bras pour empêcher Andréa de pouvoir poser à nouveau ses yeux sur ses blessures. Il avait si bien dit la chose, en plus. « Je guéris rapidement », et oui, c'était un fait. Il s'appuya contre le mur, incapable de dire quoi que ce soit de plus. Elle n'était pas ici pour parler de lui, là ! Mais bien d'elle. Qu'on ne tente pas de détourner le sujet !

    « Je ne veux pas te brusquer, ou fouiller dans ta vie. Je ne sais rien de ta vie avec les... dans la...enfin, dans l'église, ou peu importe. Et je ne te juge pas non plus. Mais est-ce que le but de ton machin est de tuer les vampires ? »

    Ce n'était qu'une confirmation, qu'il attendait, puisque la réponse était d'une évidence flagrante. Il avait vu cet homme tirer sur les vampires, puis Andréa le défendre. N'importe qui pouvait tirer des conclusions simples de toute cette mascarade. Peu importe le côté duquel elle se trouvait, il l'aimerait autant comme amie, mais il avait seulement besoin de s'assurer de ce fait. De cette idée. Qu'elle avait bel et bien été à cette fête pour y massacrer du buveur de sang. Et de constater qu'à chaque fois qu'il avait osé s'extasier sur l'avancement des lois en matière de vampires, ainsi que des montées scientifiques, elle avait probablement grincé des dents plus que nécessaire. Génial.
    Ses yeux clairs se baissèrent sur Andréa. Un sourcil froncé.

    « Tu veux quelque chose, pour ta blessure ? »

    Il avait dit cela naturellement, sans même savoir où était la blessure de la jeune femme. Ça sentait le sang, de façon claire, le sang doux, et bien qu'il ne voyait pas de tache de sang sur elle, il savait, tout simplement.

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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Mai - 7:06

Du verre brisé. Bah tiens. Johan était bon comédien, mais j'étais prête à jurer qu'il me cachait quelque chose. Il m'avait dit la vérité, oui oui, absolument : je ne remettais pas en doute le fait qu'il se soit blessé avec du verre brisé. Mais il y avait autre chose. Quelque chose qu'il ne me disait pas – qu'il refusait de me dire. Et je ne pouvais guère y trouver à redire : j'avais fait pareil en lui taisant la majeure partie de mes activités. J'étais contrariée par son attitude, mais je ne pouvais que l'accepter et ravaler ma frustration. Je n'avais pas mon mot à dire. Il arracha ses poignets à mes mains, croisa les bras, renfermé sur lui-même. Ainsi soit-il. Je n'allais pas non plus lui arracher une confession de force.

Ouch. Question délicate. Est-ce que le but de mon « machin » était de tuer des vampires ? Hum.. Il allait être difficile pour moi de biaiser. Je savais combien il s'était réjoui de toutes les avancées des droits des vampires ces derniers temps. J'allais vraisemblablement élever une barrière entre nous en me montrant honnête, mais s'il apprenait un jour que je lui avais menti, je perdrais également son estime et son amitié. Être franche, et jusqu'au bout. Pas d'autre choix. Pas d'autre choix... Je ravalai mes doutes et plantai mes yeux dans les siens. Qu'il y lise l'honnêteté et la droiture absolues que j'allais lui réserver, pour un temps limité, mais sans aucune restriction.

« Oui. Je vis au sein de l'Église HCV depuis trois ans. Je suis une soldate de Dieu, Johan – je suis une guerrière du peuple. Pour ma foi, je tue des vampires. »
Je passai sous silence ma récente addiction au sang de vampire et les galipettes effectuées en compagnie de l'un d 'eux. Cette partie de ma vie était loin derrière moi maintenant et je devais me focaliser sur l'avenir. Ce qui viendrait ensuite. Pour le moment, ce qui comptait, c'était ma sécurité immédiate, et celle des miens. De mes camarades soldats. De l'HCV toute entière. Nous étions connus – il ne fallait simplement pas que mon nom leur soit associé. J'avais foi en Johan, il ne me trahirait pas, mais il fallait bien qu'il comprenne une chose : je ne tolèrerais aucune fuite d'information. Pas le moindre petit commérage...

« C'est un secret absolu. Si jamais on venait à savoir que j'appartiens à HCV, je saurai que cela vient de toi, Johan. Tu es mon ami et je ne veux pas te faire de mal. Mais si tu me trahis, je te tuerai. Ma mission est plus importante que toi ou moi, cela nous dépasse. Si je dois te sacrifier pour continuer à me battre au nom de l'humanité... je n'hésiterai pas. »
Il m'en coûtait de lui dire ça. Mais il fallait qu'il sache. Qu'il comprenne. Que sa petite Andréa fragile et vulnérable était morte depuis longtemps, et que j'étais devenue une femme, forte, indépendante, et déterminée. Qu'il voie que j'avais changé. Après, libre à lui de l'accepter – ou de le refuser. Machinalement, je secouai la tête lorsqu'il me proposa quelque chose pour panser ma plaie, qui se faisait de plus en plus douloureuse – lorsque mon sang se glaça dans mes veines. J'avais été blessée au moment où nous nous échappions, Torben et moi. Johan ne l'avait pas vu. Comment savait-il... ? Comment ? Mon ton était accusateur, mais j'avais besoin de savoir. Moi aussi, j'aimais les vérités et ces instants où les êtres et les choses se dépouillaient de tout faux-semblant.

« Toi aussi, tu as des choses à me dire, je crois. Tu n'as pas pu renifler mon sang à la manière des vampires, alors comment sais-tu que je suis blessée ? »
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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Mai - 7:56

    La bombe.
    Johan ouvrit grands les yeux, choqué par son aveu. HCV. L'église HCV. Pas n'importe quelle église : non, la HCV, celle qui était critiquée partout, celle aux actions extrémistes, celle qui butait du vampire point ! Ses mots étaient si simples, si directs, et ils bouleversaient totalement tout ce qu'il avait pu penser d'Andréa. Jamais il n'aurait pensé cela ; en même temps, c'était logique. Elle ne parlait jamais, quand il lui parlait de vampires. Jamais rien. Et parfois, elle revenait avec cette mine fatiguée, défaite, et jamais il ne s'était douté de tout cela.
    Il hocha mécaniquement la tête quand elle le prévint que s'il parlait, elle allait le tuer. Il la crût, mais il n'eut pas la force de lui dire qu'il était excellent pour garder les secrets. Non seulement il avait déjà le sien, mais en plus, il n'avait personne à qui révéler quoi que ce soit. Perosnne ; il était seul avec lui-même. Donc, un aveu grave de plus ou de moins... Le lycanthrope déglutit bruyamment, tentant encore une fois d'assimiler l'information que venait de lui révéler son amie.

    HCV, voyons ! Il avait une grande difficulté à imaginer Andréa frappant des gens, tuant des gens. Son Andréa délicate et fragile transformée en guerrière. En meurtrière ? Son esprit refusa net l'assimilation de ce mot ; il secoua négativement la tête et passa la main dans ses mèches blondes et humides, avant de l'essuyer sur ses pantalons. Johan l'avait dit : il n'avait pas à juger Andréa et il ne le ferait pas, mais il avait tout de même un chemin à faire dans sa tête avant d'accepter tout ce que sous-entendait cette révélation. Au moment où il ouvrit la bouche pour dire à son amie qu'il n'allait jamais rien dire à qui que ce soit, elle pouvait compter sur lui, elle s'emporta en mettant très précisément le doigt sur un détail... gênant. Johan referma la bouche, encore une fois incapable de répondre.
    Le sang. Il l'avait senti. Merde.
    Pourquoi donc avait-il encore parlé ?
    Le libraire se gratta la nuque nerveusement, baissant les yeux sur le sol. Il ne pouvait pas lui dire. Il ne pouvait juste pas lui dire, ce n'était même pas envisageable, c'était totalement saugrenu. En même temps, il n'aimait pas mentir à Andréa alors qu'elle était si honnête avec lui, qu'elle avait osé lui avouer qu'elle faisait partie de l'Église HCV.

    Mais impossible de lui dire qu'il était un loup-garou.

    Rapidement, il improvisa une réponse logique, tentant de la prononcer avec assurance :

    « Ta, euh, ta dé-démarche, quand t'es venue vers moi. T'as mal à la, mmmm, la cuisse, ça se voit, t'es pas super à l'aise. Enfin, genre, tu boites pas-pas-pas encore, mais tu-tu courerais pas. Et puis, tu le sais, que, euh, bien, que j'ai l'odorat développé. N'empêche que tu ne m'as p-pas répondu : tu veux quelque chose, pour ta blessure ? »

    Aucune subtilité. Il n'avait pas envie d'aborder le sujet de ses sens surdéveloppés, de sa capacité à guérir à une vitesse surnaturelle, à mentir comme un pied. Elle était blessée, il devait la soigner, et elle changeait de sujet sans cesse. Il avait eu sa réponse et, pour être honnête, même s'il avait envie de poser des questions à la demoiselle, il ne le ferait pas. Par respect. Et peut-être également par peur de savoir ce qu'il en retournait véritablement... Une inspiration.

    « Andréa... ne pose pas de questions. S'il te plaît. »

    Il avait dit ça à voix basse, presque suppliante. Il ne voulait pas répondre à ses interrogations. Si elle chassait des vampires pour le bien de l'humanité, que ferait-elle en sachant qu'il était à moitié homme, à moitié bête ? Qu'il avait un contrôle précaire de son état, qu'il était un danger pour tout le monde, y compris elle, mais surtout lui ? Elle le tuerait peut-être sans aucune autre forme de procès, le casant dans la même case que les vampires qu'elle détruisait. Johan tira encore les manches sur ses poignets et ses paumes, il sentait distinctement les blessures se refermer et la peau reprendre son apsect normal, en évitant soigneusement le regard inquisiteur et accusateur de la brunette.



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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 2 Mai - 8:42

Il était choqué, clairement, par mon aveu improvisé. Je pouvais presque lire le cheminement de ses pensées sur son visage alors qu'il tentait d'intégrer ces nouveaux faits. J'imaginais bien que cela devait être compliqué pour lui : après tout, l'image qu'il avait de moi venait d'être radicalement chamboulée et je ne pouvais pas lui tenir rigueur de ce bouleversement de ses repères. Je ne savais pas exactement ce à qui je m'étais attendue : de la déception, de la colère, de la déception, de l'incompréhension, de l'horreur, du mépris... Sûrement un mélange de tout cela réuni. En tout cas, pas à ce regard choqué un peu égaré qui visiblement ne savait trop quoi penser de tout cela. Il hochait mécaniquement la tête, tentant apparemment d'intégrer tout cela, et je me sentis navrée pour lui. Qu'aurait pensé Torben s'il avait su que je confiais ce secret à une personne étrangère au cercle des initiés d'HCV ? Il se serait fâché, sûrement. Tant pis, ma foi : lui aussi avait un énorme secret en la personne de Jana. Chacun sa croix...

L'attitude de Johan devint suspecte uniquement lorsque j'abordai le sujet de ma blessure. Brusquement son regard se fit fuyant, son discours haché et bégayant. Il me mentait – oh oui ! Et sans même essayer de faire semblant. Il y avait là quelque chose de caché qui lui tenait très à cœur, un secret si énorme qu'il l'enfouissait au plus profond de lui et ne le laissait jamais sortir. Une part de moi fut blessée par ce manque de confiance. Je lui avais remis le plus gros secret de mon existence, et lui me refusait le sien... Ma foi, tant pis. Advienne que pourrait. Étrangement, sa supplique murmurée me convainquit bien plus que tout le reste que quelque chose de tragique se jouait là. Quel que soit le fardeau de Johan, il était bien lourd. Je ne m'attardais même pas sur le fait qu'il me demande de ne pas insister, alors que lui n'avait pas hésiter à me pousser dans mes retranchements. Je n'allais pas lui arracher une confession de force, encore une fois... Avais-je besoin de quelque chose, pour ma blessure ? De pansements, oui, même de bandages, mais ça pouvait attendre. J'avais surtout besoin de réconfort, et cela, c'était quelque chose que mon ami avait toujours su m'apporter. Maintenant, savoir s'il... voulait encore de moi... c'était une autre histoire. Je fis quelque pas, m'approchai de lui, posai les mains à plat sur ses épaules.

« Soit. Je ne te poserai pas de questions. Mais si jamais tu veux m'en parler, un jour... Je ne te trahirai pas. Tu le sais. »
Un profond soupir m'échappa. Je n'étais jamais vraiment entrée en conflit avec Johan auparavant et cela me pesait quelque peu. J'aurais voulu alléger toute cette tension insupportable qui planait entre nous – j'aurais voulu qu'il ne soit jamais venu à Édimbourg, qu'il ne m'ait pas vue accomplir mon devoir – qu'il ne m'ait pas vue tuer des humains pour être en mesure de poursuivre ma mission sacrée. J'étais blessée, moralement épuisée, mais j'avais terriblement besoin de réconfort et de chaleur humaine, et l'être mal à l'aise qui se trouvait là était mon meilleur ami. Alors je le pris dans mes bras, posai la tête sur son épaule, et humai son odeur un peu particulière de bois sauvages et d'herbe humide. Un peu de cette tendresse qui régnait toujours entre nous, en temps ordinaire. Ça ne pouvait pas faire de mal, et j'en avais besoin. Comme si le câliner pouvait me permettre, en quelque sorte, de me le réapproprier.

« C'est dur tout ça, je sais. Est-ce qu'on ne peut pas oublier ces tracas un moment, dis... ? »
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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 3 Mai - 5:45

    Il aurait tant voulu lui dire ce qui le travaillait, ce qu'il cachait depuis trop longtemps. Mais l'enjeu était tellement différent que celui de l'Église HCV ! Leurs révélations étaient toutes deux graves, mais différentes au point qu'il ne pouvait même pas envisager de lui révéler cela maintenant. Il avait déjà trop de difficulté à s'avouer sa nature à lui-même... Oh !, il avait honte. Honte de ne pas être aussi fort qu'Andréa, aussi ancré dans ce qu'il était. Il n'osa même pas la regarder quand elle posa ses mains sur ses épaules, hochant faiblement la tête à ses paroles. Difficile de la croire quand elle venait de lui avouer ses opinions extrémistes sur les créatures surnaturelles, vous en conviendrez. Toutefois, il appréciait le fait qu'elle accepte de ne pas lui poser de questions : elle était une amie. Une vraie. Et ça lui faisait chaud au coeur.
    Johan accepta volontiers son câlin ; il en avait bien besoin.
    Besoin d'oublier ce qui se passait, ces obsédantes pensées, les révélations, sa position dans l'eau bouillante des choquantes vérités, la traque, les loups, lui-même.
    Il serra bien fort ses bras autour du corps de la brunette, se penchant pour mieux enfouir son visage dans ses cheveux odorants, et hocher de la tête cette fois de façon plus vigoureuse. Oui, oublier un peu de tout cela, même si des milliers de questions tournaient encore dans sa tête. Et sans doute qu'elle aussi en avait... Le lycanthrope aurait nettement préféré tout régler maintenant, d'une traite, mais il comprenait qu'elle n'avait pas la tête à subir un interrogatoire.

    « D'accord, mais... non, enfin, rien du tout, finalement. Je suis content de voir que tu vas bien. Allez, enlève tes pantalons, que je puisse voir tout cela de plus près. »

    Oui, il s'était ravisé. Il avait pensé à une énième question, mais il avait préféré changer de ton, passant du sérieux à la blague, et faire un petit clin d'oeil à la jeune femme. Pour voir quoi de plus près, donc ? Sa blessure, évidemment, voyons ! Il n'était pas homme du genre à profiter de la nudité inopinée d'une jolie jeune femme. Sauf si elle est consentante.
    Hin hin.
    Un baiser rapide sur les lèvres, affectueux, et Johan la laissa et alla à la salle de bains chercher sa trousse de Premiers Soins, cachée dans le haut de son placard, sous une serviette. Normalement, il avait des bandages à l'intérieur, des ciseaux, du ruban, des compresses... et il avait sa formation en Premiers Soins. Normal quand on gère une librairie : les normes du travail demandaient une formation, au cas où des accidents arriveraient. Ça allait enfin être utile. Discrètement, le blond jeta un coup d'oeil à ses poignets. Touché : ils étaient parfaitement guéris. La peau avait reprit son aspect lisse, enfin presque vu qu'elle était parcourue de cicatrices blanchâtres, neuve et saine. Bon. Maintenant, il allait devoir éviter de montrer tout cela à Andréa, au risque de se faire menacer sinon. Il se lava les mains rapidement, les sécha, puis retourna au salon, trousse en main. Un petit travail de soin ne ferait pas de mal à Andréa ; ça, ainsi qu'un petit moment de relaxation entre amis. Un tout petit moment, sans rien de plus, tout à fait chaste et sans arrière-pensée. Pff. Lui-même n'y croyait pas.

    « Prête à souffrir ? »

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MessageSujet: Re: « I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]   

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« I know what you did last night. » [Livre 1 - Terminé]
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