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Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyMer 23 Mar - 16:06

Le même homme, toujours dans un bar. Feet Torben Badenov

Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] 71394782 Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] 87255416

Le Charming Strip est un bar très fréquenté et très apprécié d’une sorte de clientèle. On y retrouve autant d’hommes que de femmes. Ce bar de strip-tease n’est pas spécialement réputé pour accueillir des âmes puritaines mais on pouvait y voir cependant de nombreux curieux. Curieux d’apercevoir quelques vampires où de seulement se rendre dans une ambiance chaude et branchée. Pour ma part ce bar était l’un de mes endroits préféré de la ville pour exercer ma profession de prostituée, et je n’étais d’ailleurs pas la seule à profiter de ce lieu pour exercer mon métier. Nous étions que quelques jeunes filles et le patron nous tolérait, nous apportions un petit plus à ses affaires et ramenions quelques clients, tant que ce bar ne devenait pas un QG à la prostitution nous pouvions venir.

Ma longue chevelure noire était relevée au dessus de ma tête nouée par un élastique noir de sorte de pas l’apercevoir, et elle descendait en boucles le long de mon dos. Je m’étais vêtue d’une robe noire voilée laissant apercevoir mes courbes et ma lingerie en dentelle. Je portais des escarpins gris clair à mes pieds. Mon visage était maquillé avec attention sans pour autant être trop voyant, seules mes lèvres étaient peintes d’un rouge vif. Je me devais de soigner ma tenue, de me rendre sensuelle, désireuse sinon je ne pourrai pas attirer de nouveaux clients. J’avais un faible pour les vêtements cher et je passais presque pour une prostituée de luxe. Je n’avais pas énormément de clients réguliers, les trois quarts de ma clientèle mensuelle était des hommes qui souhaitaient s’envoyer en l’air une fois comme ça avec un prostituée pour X ou Y raison.

J’entrais dans le bar, le son de mes talons raisonnant contre le sol de la boite, mon cœur battait au ralenti à mesure que je sentais quelques regards se porter sur moi. J’avais pris l’habitude de mon statut et je gardais un étrange sans froid. Quelques hommes se demandaient qui pouvait bien être cette belle femme, et alors qu’ils saisissaient mon métier par ma tenue baissaient leur regard, honteux. D’autres au contraire laissaient leur visage posé sur moi, essayant sans doute de m’imaginer sans vêtements. Je n’avais que faire des ces personnes, je les méprisais, je les détestais. Si j’en étais là aujourd’hui c’était à cause de cette société et de ces mentalités. Mais ce soir j’avais autre chose à faire qu’à ruminer, j’avais terriblement besoin d’argent, et pour cela je devais mettre tout mes charmes en avant pour trouver LE client. J’avais un retard de loyer et mon vieux propriétaire aigri risquait de m’expulser du jour au lendemain.

Je pris place au bar, sur un tabouret en hauteur. Le barman me fit un clin d’œil suivit d’un « salut ma belle. ». Je connaissais bien ce type, il servait ici depuis plusieurs années, c’était d’ailleurs le frère du patron de la boite, à ce qu’il m’avait raconté. Cela faisait bientôt plusieurs mois qu’il me voyait ici et nous avions sympathisé. Je le considérais presque comme un ami, c’était l’une des rares personnes que je connaissais à éprouver de l’empathie pour moi et il n’avait jamais manifesté la moindre attirance sexuelle à mon égard. Je le soupçonnais d’être homosexuel.
Je passais commande, un gin tonic, histoire de me mettre dans l’ambiance de la soirée. Je devais consentir à être étrangement de bonne humeur. Un jour sans déprime, et je n’avais même pas consommé de drogue de la journée. Je gardais cependant un peu d’herbe dans mon sac pour la fin de soirée, ou dans le cas où je ne trouverai pas de clients.

J’embarquais mon verre et partais m’asseoir sur un fauteuil en cuir dans le but de jeter un coup d’œil aux hommes présents ce soir. La musique raisonnait dans mes oreilles, mon corps se déhanchait seul à son rythme. J’espérais faire un gros coup, histoire de pouvoir payer entièrement mon loyer sinon je me verrai dans l’obligation de demander de l’aide à Hannah et elle m’avait déjà rendu de nombreux services.
J’étais tellement contradictoire dans ma personnalité, j’adorais me plaindre ou du moins je ne pouvais m’empêcher de le faire et pourtant je ne supportais pas que l’on veuille m’aider dans la mesure où les personnes s’y proposant étaient des membres auxquels je tenais. Après l’argent des inconnus je n’avais aucuns remords à l’accepter et là était le but de ma soirée, trouver un âme généreuse prête à me sauver.


Dernière édition par Cora McLensfield le Lun 4 Juil - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 27 Mar - 1:07

[HJ ne t'inquiètes pas ton rp est très bon. Je garantis pas le mien, je suis raide claqué >>]


    J'avais bu encore un coup de trop, aujourd'hui. Une réunion de plus auprès des instantes dirigeantes de la HCV qui avait mal tournée. Par instances dirigeantes, je parlais d'une rencontre avec Radanti. Le vieil homme m'avait pris en pitié et voulait m'aider, me soigner, me pousser à devenir quelqu'un de meilleur. N'avait il pas compris que je n'aspirais plus à rien depuis des mois? Je prenais la vie comme elle venait. Elle était chienne, j'avais tout perdu, tant pis. Je ne faisais plus de plans d'avenir. Je ne me projetais plus dans le futur. Je ne réfléchissais plus. On me donnait des indications sur les cibles à abattre, je les massacrais, et je repartais. Je vivais même dans une sorte de pauvreté extrême, à tous points de vue. Je n'avais plus aucun contact avec ma famille, plus aucun contact d'aucune sorte. Je n'avais pas plus d'amis. Thomas peut être un peu quand même, mais on se voyait vraiment rarement maintenant que je passais le plus clair de mon temps à Glasgow et que lui était resté à Edimbourg. Les choses étaient ainsi. De fait, la majorité de mes relations étaient celles sans lendemain, avec de parfaits inconnus avec qui je buvais quelques verres, accoudés dans un bar à poivrots. Ou quelques filles de petite vertu, que je payais contre un peu de chaleur humaine, parodiant l'affection que me portait jadis mon épouse. J'étais égaré et damné, si totalement et irrémédiablement que j'en étais arrivé à ne plus rien espérer que ces choses jusqu'à la fin de mes jours. Fin de plus en plus proche; je le sentais jusque dans mes tripes.


    Peu importait, de toutes façons. J'avais encore du sang sur les mains, ce soir. Un informateur, que j'avais dû malmener. Pas jusqu'à le tuer, mais je n'avais fait preuve d'aucune pitié ni d'aucune compassion pour ce suppôt de l'engeance du diable. Des coups, beaucoup de coups. Il n'avait pas voulu dire qui l'avait payé pour revendre sa came, son V. J'avais dû le persuader de me donner les informations. Sa mâchoire, ses lèvres, son nez, s'étaient vus imprimer mon poing sur sa peau. J'espérais ne pas y être allé trop fort. Un passage à tabac se résultant par un passage à l'hopital risquait d'attirer l'attention sur ce petit imbécile. Cela m'ennuierait énormément de finir en prison pour le seul enjeux d'avoir dû faire parler une petite frappe sur son supérieur. J'arrivais finalement à des toilettes publiques. Je me penchais sur le lavabo, courbaturé par les coups que j'avais donné. Mes jointures étaient abîmées, un peu à vif. Cela n'avait guère d'importance. J'avais droit à quelques secondes d'eau dans le petit lavabo contre une pièce de monnaie. Je me lavais le sang de mes mains, les frottant l'une contre l'autre. Ensuite, je sortis. Réfléchissant à ce que je pourrais faire, je convenais que trouver le sommeil malgré la lassitude, serait horriblement compliqué. Je sortais ma flasque de ma veste. Que devais je faire?


    Sans trop y penser ou y réfléchir, je me mis en direction des nouveaux quartiers, j'y connaissais quelques adresses. Noyer ma solitude et mon chagrin dans l'alcool et la dépravation. Me souler et coucher avec des femmes que je ne connaissais pas, jusqu'à être si las que je m'écroulerais de moi même. Cela me semblait être un bon plan. Ou tout du moins, le seul envisageable. Je trouverais sans doute un peu de réconfort dans la suante proximité des bordels et des boîtes à fille. Je ne me sentirais pas mieux, mais je savais que pouvoir être proche d'une femme pendant quelques instants me ferait oublier tout ce qui faisait ma vie aujourd'hui. Alors, je me dirigeais directement vers l'endroit idéal pour ce genre de choses. Le Charming Stripe. Quand j'y entrais, ça sentait le parfum, l'alcool, et l'ambiance. Je me dirigeais droit vers le bar. Je levais deux doigts, et on me servit un verre de whisky. Verre que je portais à mes lèvres et vidais d'un trait, payant juste ensuite ma consommation. Payer au fur et à mesure était une sauvegarde contre un barman verreux qui profiterait plus tard de mon ébriété pour me soutirer plus que je n'aurais dû lui donner. Mais alors que je m'apprétais à commander de nouveau un verre, je remarquais une silhouette que je connaissais par coeur. Je souris d'un pâle sourire, tout de même un peu joyeux. J'abandonnais mon verre pour me diriger vers Cora, la douce et jeune Cora. J'arrivais juste derrière elle, un petit sourire aux lèvres.



    | Tiens, si je me serais attendu... Cora Mc Lensfield... Si tu travailles ce soir, ma douce, je serais prêt à te donner ton dû pour la dernière fois... et la prochaine... Ravi de te revoir en tous cas. |

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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyMar 29 Mar - 21:30

Assise sur le fauteuil moelleux je regardais en direction de la scène. Des femmes d’environ mon âge dansaient en petite tenue, se trémoussant autour d’une barre métallique. Des tas d’hommes fixaient leurs jambes, leur poitrine. Seul ou en bande ils étaient pour moi tous insignifiants. J’espérais que l’un deux m’accoste. Pas que je sois en manque de sexe, pour ça j’avais ma dose, mais en manque d’argent ça oui. En théorie j’étais censée aller vers eux, proposer gentiment mes services, mais sans bien savoir pourquoi je préférais la tranquillité de ce coin et la fraicheur de mon verre. J’avais l’impression d’être une jeune femme comme les autres, qui prenait en verre dans un bon bar, attendant un ami. Et ce soir là j’allais me comporter comme si c’était le cas. Ou du moins j’allais me forcer à être mentalement comme quelqu’un d’épanoui, heureuse et de bonne humeur. Ces temps ci je ressemblais tellement à une dépravée que mes clients se faisaient rares. Je déconnais sérieusement. Mais peut être que je n’y arrivais plus, je ne pouvais tout simplement plus être une prostituée, vendre mon corps à tout ces porcs ? Je devrai peut être chercher une formation, trouver un métier, être quelqu’un de bien ? Non ce n’était pas possible, jamais je ne saurai me satisfaire de ce genre de vie, je finirai par la détruire d’une quelconque façon, que ce soit avec de la drogue, où en allant voir un vampire, pour changer de registre.
Je soupirais et chassais ces mauvaises pensées d’un revers demain. Je fini mon verre d’une traite et jouais avec la paille et les glaçons tout en écoutant la musique.

Alors que mon esprit se vidait peu à peu et que je commençais à sérieusement me déconnecter du monde je sursautais en entendant mon prénom. Revenant peu à peu à la réalité, je pensais en une fraction de seconde qu’un de mes clients « régulier » m’avait trouvé et c’est en tournant la tête que je reconnu cet homme. Torben, Torben comment déjà ? Merde je crois qu’il ne m’a jamais dit son nom de famille. A vrai dire, on peut le considérer comme un client ( et le client ne précise que très rarement son identité), mais j’aime à me dire que ce n’en est pas un. Surement parce qu’il ne m’a pas payé, et que pour moi c’était autre chose qu’une de mes parties de jambes en l’air habituelle. J’avais rencontré cet homme, une nuit, alors que je déprimais, remettant une fois de plus ma vie toute entière en question. On avait passé une nuit très … intense. Et j’ai appris oh combien une petite voiture pouvait être très pratique et très amusante. Nous avions couché ensemble et étonnamment, j’y avais pris du plaisir. Je l’avais perçu comme un amant plus que comme un client, et il ne me paya pas pour cette soirée.
Mais en y repensant, j’éprouvais une certaine culpabilité à avoir donné mon corps à cet homme sans rien en échange. J’avais beau l’avoir perçu comme un amant, j’étais persuadée qu’en retour je n’avais été qu’une distraction d’un soir, une compensation lui faisant oublier une femme perdue, une femme qu’il aime. Je ne pouvais m’empêcher de le stigmatiser d’une telle façon, pour moi tous appartenaient au même panier. Mais d’un autre côté j’aimais à croire que je me trompais. Et c’est pour cette raison que quand je l’aperçus, je ne pus m’empêcher de sourire.

« Quelle étonnante surprise ! Torben … Si je m’attendais à te voir, en fait tu arrives pile au bon moment, je commençais à me sentir seule dans ce bar. »

Les paroles sortaient toute seule de ma bouche sans que je puisse me controler. J’aurai du réfléchir un peu avant de l’ouvrir. J’avais cette habitude à allumer les hommes, à les provoquer, à leur tendre une perche pour les inviter gentiment dans mon lit. J’étais trop stupide. Je n’aurai pas pu me contenter de lui demander ce qu’il faisait ici, s’il allait bien ? Malgré tout j’enchainais le plus naturellement possible, un grand sourire aux lèvres.

« Comme tu l’as deviné je suis effectivement en service. Et ce soir j’opte pour prostituée de luxe. Je suis ravie de te revoir également, les beaux mâles se font rares en ce moment.»


Je ponctuais ma phrase d’un petit rire, mon humour tendait vers un humour noir dans la mesure où j’avais cette tendance à m’auto insulter, à rappeler mon statut sans cesse.

« Tu te joins d’abord à moi pour boire un verre où tu es plutôt pressé ? Personnellement j’ai tout mon temps. »

Ou plutôt quelques jours avant de me faire expulser de chez moi, mais ce n’était qu’un insignifiant détail. J’espérais qu’il allait se joindre, qu’il me parle de lui, qu’il soit sobre aussi parce que notre dernière rencontre avait réuni un cocktail explosif entre un alcoolique et une droguée. Et pour ma part j’étais tout à fait clean. Mais ces mots avait suggérer un rapport et même si la dernière fois il avait pris son temps, rien ne me garantissais que ce soir il ne venait pas à moi en coup de vent. Si jamais ça devait se passer vite, j’aurai peut être le temps de chopper d’autres clients, mais en aurais-je l’envie ?


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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 3 Avr - 16:02

    Le visage de la jeune femme s'illumina, et je fus une fois de plus frappé par la jeunesse de ce visage. Je ne devais pas avoir loin de dix ans de plus qu'elle, et je savais qu'elle faisait ce boulot depuis pas mal de temps déjà. Un instant, je m'interrogeais sur les raisons qui avaient poussé Cora Mc Lensfield à prendre métier de fille de joie, mais je savais que le monde était moche depuis toujours, et qu'avoir la réponse à ces questions ne ferait que l'assombrir un peu plus, sans aucun doute. Je ne considérais pas la prostitution comme quelque chose de fondamentalement maléfique. Mieux valait ça que mourir de faim sans doute, non? Je ne sais pas si j'aurais pu moi même m'y résoudre, si j'y avais été contraint et forcé. La vie avait fait de moi un tueur et un meurtrier, et les gens sachant se servir d'une arme avec efficacité ne connaissaient ni crises économiques ni chômage de longue durée. Et même les alcooliques tels que moi pouvaient toujours se trouver quelque chose. Je fus cependant surpris que la jeune femme se rappelle de mon nom. Certes, nous nous étions en quelques sorte liés quand nous avions parié sur notre petite partie de jambes en l'air, mais je n'avais jamais été qu'un « client » comme un autre. Et des clients, je savais que les prostitués pouvaient en avoir une bonne demie douzaine par journée ou par nuit de travail, si ce n'était plus. Là en tous cas, elle était seule. C'était bien ma chance, en quelque sorte, car je savais que me mettre la tentation d'un peu de chaleur humaine sous le nez était le meilleur moyen pour m'y faire succomber. Elle me tutoyait directement, et me surpris d'ailleurs à en faire de même avec elle. Ce n'était pas pour autant un manque de respect de sa part comme de la mienne. Sans doute ce drôle de lien qu'il y avait eu entre nous depuis la dernière fois, qui nous avait plus rapprochés que cela n'aurait été possible en d'autres circonstances.


    Cora me confirma qu'elle était seule et qu'elle commençait à s'ennuyer. J'observais par la même occasion son aptitude à entrer parfaitement dans son rôle à la première occasion. C'était comme allumer un interrupteur, et cela eut d'ailleurs pour effet de provoquer une sensible augmentation de ma chaleur corporelle. Elle faisait son travail, si bien qu'elle ne s'en rendait probablement même plus compte. Je pouvais me sentir insulter de pareille attitude, mais cela n'était pas le cas. Comme tout le monde, elle avait besoin de casser la croûte pour survivre, sinon elle ne serait pas là. Nous étions après tout dans une sorte de relation commerciale, avec tout ce que cela impliquait. Elle me dit qu'elle jouait la catin de luxe ce soir; elle me dit ça avec un naturel qui en aurait choqué plus d'un, mais j'étais toujours franc dans mes conversations et il n'y avait aucune raison pour que mes interlocuteurs ne le soient pas ce soir avec moi. Cora me confirma qu'elle était heureuse de me voir, et me fit même un compliment à sa sauce. Je souris faiblement. Je n'étais pas un beau mâle, non. L'alcool avait laissé sa marque sur moi, ainsi que trop de blessures et de vieilles cicatrices. Elle me demanda si j'avais le temps de boire un verre. Ca tombait bien, c'était pour ça que j'étais venu, principalement.



    | [color]Je suppose que si je dois dépenser le reste de mon salaire dans l'alcool et les femmes, autant le faire pour une prostituée de luxe, comme tu le dis si bien. Et parce que je suis content de te revoir, les consommations sont pour moi, d'accord?[/b]


    Bien sûr qu'elle le serait; elle ne devait pas faire comme si elle avait un tas de pognon à dépenser en boissons avant même d'être certaine d'être payée. Je fis signe à l'une des serveuses en petite tenue de nous amener une bouteille, elle me sourit, signe qu'elle avait compris. Je me laissais tomber dans l'un des canapés rembourré de la boîte.


    | Autant y aller sans détour, ma jolie. Combien ça va me coûter, et pour avoir quoi exactement en échange? | lui dis je en lui tendant la main, de sorte à ce qu'elle s'asseoit à côté de moi

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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyLun 25 Avr - 17:01


Je pouvais lire dans les yeux de Torben une détresse évidente voir même une souffrance. Je ne l’avais pas réellement remarqué lors de notre première rencontre. Sans doute parce que j’étais bien trop droguée pour remarquer quoi que ce soit. Mais ce soir, je ne sais pas si c’était le fait de le regarder à nouveau mais, je pouvais voir qu’il avait ce même regard triste. Et on aurait presque dit qu’il m’appelait à l’aide, comme s’il se réfugiait dans la prostitution pour oublier les terribles aléas de sa vie. Qu’est ce qui pouvait bien conduire un homme à être dans un tel état ?

Mon regard se portait au-delà de la salle, je faisais abstraction du bruit et je me focalisais sur le duo que nous formions à cet instant. Pourquoi je me souciais de sa condition ? Je devrais être heureuse et me réjouir de son malheur qui allait me permettre d’empocher une belle petite somme, ou du moins assez pour vivre encore une petite semaine.
J’étais tellement compliquée, quand je reconnaissais un connard je m’apitoyais sur mon sort, sur le moment sans plaisir que j’allais passer avec lui et quand je pouvais enfin reconnaitre quelqu’un de vrai c’est sur son sort à lui que je me focalisais. Je me devais de prendre de l’assurance, d’arrêter les tortures incessantes que je ne cessais de m’affliger.

Le passage de musique d’ambiance à une danse endiablée me fit sursauter et par la même occasion sortir de ma rêverie. Mon visage reprit l’assurance qu’il avait quelques minutes plus tôt et je décidais que je n’étais pas assez décontractée pour la soirée.

« Si tu régales j’accepte ! J’aimerai boire quelque chose de fort, de très fort. A m’en bruler la gorge. Tu crois que tu peux réaliser ce souhait ? »

Je m’approchais de lui, me laissant glisser contre le cuir de la banquette, ma robe se levant en son contact laissant apparaitre mes bas en dentelle bon marché. Je posais ma main délicatement sur sa cuisse tout prêt de son entrejambe. Je portais mon visage près de lui et battais des cils puis lâchais dans un murmure :

« S’il te plait … »

La température venait de monter d’un cran, je voyais parfaitement ce qu’il attendait de moi et j’allais jouer mon rôle à la perfection. Je me devais de rendre l’ambiance propice au rapport sexuel. De l’exciter au maximum et de lui faire passer un moment qu’il n’oubliera jamais. A tel point qu’il en verserait une somme que plus importante. Du moins je l’espérais. Outre le gain que mon attitude me permettrait d’empocher, jouer le jeu de la séduction me permettait de prendre un minimum de plaisir avec un client.
Avec Torben la situation était quelque peu différente, je ne me sentais pas réellement forcée. C’était un sentiment idiot, parce que je restais qu’une simple prostituée à ses yeux. Mais au fond de moi je me sentais traitée plus comme une personne qui lutte pour survivre que comme une idiote que se réfugie dans la prostitution, ce que j’étais finalement.

J’entendis une chanson que j’appréciais, je commençais à chanter à tue-tête, finissant dans le même temps le fond de mon verre, pressée de pouvoir en entamer un autre. Torben était curieux de ce que ça allait lui coûter. Je n’en savais rien, le plus possible ? Je ne pouvais pourtant pas exiger une somme exorbitante. J’exerçais cette « profession » depuis maintenant un bon moment mais je ne m’occupais pas d’une clientèle aisée. Contrairement à une infime partie de certaines prostituées que l’on pourrait qualifié de chanceuse, je tirai la langue malgré mes nombreux clients. Ils me payaient une misère. C’était ça ou rien.

« Ca dépend, tu es disposé à mettre combien ? Plus tu paies, plus je te promets une soirée, hm, hors du commun. »

Les belles promesses font partie du business, je savais que je devais faire attention à ne franchir aucunes limites sinon Torben finirait par détaler. Il pouvait quand même s’estimer heureux, je ne lui imposais aucun prix, ce qui était déjà bien trop bon de ma part.


Dernière édition par Cora McLensfield le Lun 4 Juil - 14:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyLun 25 Avr - 20:01

    La jeune femme semblait quelque peu perdue. Difficile de déterminer clairement la cause de tout cet embarras, mais elle ne semblait elle aussi pas au meilleur de sa forme, comme si me voir la taraudait. Je ne savais absolument pas de quoi il en retournait, mais cela devait avoir un rapport avec moi, vu qu'elle avait un peu bloqué sur mon visage. S'était elle rendue compte que je n'étais jamais qu'un connard d'alcoolique? Je n'en savais rien. Pour tout ainsi dire, je m'en fichais. J'avais pris l'habitude qu'on me dévisage. Plus personne n'avait à se préoccuper de moi, et c'était tant mieux ainsi. Et je me forçais de ne pas m'impliquer, me rappelant mentalement que je n'étais jamais qu'un simple client parmi tant d'autres aux yeux de Cora. Elle avait besoin de moi pour manger, et j'avais besoin d'elle pour satisfaire mes désirs de compagnie féminine et les quelques pulsions refoulées qui m'habitaient toujours, malgré la destruction systématique de tout ce que je faisais par le biais de l'alcool. Il n'y aurait rien de plus que du sexe, d'autant plus que nous n'étions pas dans un endroit approprié pour autre chose. Et voulions nous autre chose? Cela m'étonnerait grandement. Et de mon côté, c'était niet. J'évitais de trop m'attacher aux gens que je pouvais rencontrer, j'avais pris l'habitude du déracinement et de tous les inconvénients liés à ce type de situation. Quand la musique changea, la jeune femme semblait réagir, comme si je l'avais tirée de sa torpeur. Cela me fit sourire doucement. J'avais oublié qu'elle se droguait, et comme tous les camés, elle avait ses moments d'absence. J'étais bien placé pour en parler.


    Cora me dit qu'elle souhaitait boire quelque chose de très fort. Elle s'assit près de moi et montra sans doute volontairement ses bas en dentelle. Cela excita mon désir masculin, et je me sentais frémir intérieurement. Elle savait parfaitement y jouer, même pour une professionnelle du sexe. Ce fut pire lorsqu'elle posa sa main sur ma cuisse, près de mon entrejambe. Presque instantanément, j'eus envie de plus de proximité; qu'elle arrête donc de m'effleurer et qu'elle y aille tout à fait, j'étais venu pour ça après tout. Cependant, nous savions l'un comme l'autre que c'était ce genre de petit geste qui définirait notre relation de ce soir, et qui nous mettrait en condition pour la suite. Elle se rapprocha de moi et battit des cils pour me dire « s'il te plaît »; Cela aurait pu paraître anodin, mais là encore, tout était calculé. Elle voulait me charmer. Un client satisfait paye bien. Elle ne se doute sans doute pas déjà que je lui suis déjà tout acquis pour ce soir. Je laissais échapper un petit rire. Autant installer une bonne ambiance tout de suite.



    | Parce qu'il faut que je te soule pour que tu couches avec moi? Mauvais plan ça, de me faire comprendre que je sois si repoussant... | lui lançais sur le ton de la taquinerie


    Je hélais une serveuse, et lui fit signe d'apporter deux whisky. Ainsi, elle serait servie en matière d'alcool fort. Et étant catin, elle devait avoir l'habitude de cet alcool de prédilection pour les trois quarts des poivrots ici présents, moi y compris. Quand je lui demandais son prix, Cora semblaait réfléchir. Comme si elle n'avait pas l'habitude, ce qui était forcément faux vu la situation et la profession qu'elle exerçait. Alors qu'elle me dit que plus je donnerais, plus ce serait bon, je sortais mon porte feuille de la poche intérieure de ma veste. Je regardais et je vis que j'avais dû râcler les fonds de tiroir avant de venir. Heureusement, quand on a un peu bossé dans le recel dernièrement, on a beaucoup de liquide sur soi. Mais c'est à peu près tout ce qu'on a. Net d'impôts. Je regardais la liasse de billets, et je la regardais elle. Qu'étais je prêt à mettre pour un peu de compagnie. Je la détaillais du regard. Cora était jeune. Et elle faisait le trottoir. Souvent, d'après ce que j'avais pu comprendre. Probablement son activité principale. Que ferais je de toute façon de cet argent, sinon le boire? Assez ironiquement, ce qui me tira un sourire cynique, je me dis que me payer cette prostituée pour ce soir me permettrait de faire un peu attention à ma santé, et de picoler un peu moins faute de moyens. Je sortais trois billets et les tendais à la jeune femme


    | Et avec trois cent livres sterling, je peux t'avoir toute la nuit, et espérer tes attentions jusque demain matin? Peu importe ce à quoi ça me donne droit, même si c'est pas grand chose. Ce serait juste trop déprimant d'aller me coucher seul, ce soir. |

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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyVen 27 Mai - 21:13

Regard aguicheur et sourire ravageur ; rouge à lèvre envoutant et décolleté plongeant telle était la recette miracle pour parvenir à ses fins. De manière plus précise pour parvenir à ses fins avec un homme. Le mâle est très sensible aux atouts féminins et ça les femmes l’ont bien compris. Pour ma part cette attitude est le moteur de mon gagne pain. Comme le boulanger à besoin de farine, j’ai besoin de charme. Ce soir là j’étais à mon maximum. Le rentre dedans à son summum. Seulement pour une des rares fois j’avais affaire à un client particulier. Torben, je le considérais assurément comme un client, qui cette fois pourrait m’aider à vivre mais au-delà de ça je prenais un certain plaisir à nos petites rencontres.

Ma main était toujours posée près de son entre-jambe, je le caressais légèrement et la retirait. Il était trop tôt pour ça. Ce soir je voulais passer quelques minutes au moins à me détendre. Mais je ne pouvais prendre le risque d’abuser. Comme dans un restaurant le mot d’ordre reste « le client est roi » et prendre le risque de l’ennuyer signifierai prendre le risque de perdre de l’argent. Je ne cessais de me rappeler que j’avais trop besoin de fric pour flancher.

« Tu sais bien que non Torben, mais je sais à quel point un bon verre te fait plaisir et ce soir … ça me tente bien aussi. Mais si tu veux … »

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que Torben appela une serveuse. Parfait il était partant pour boire un verre en ma compagnie. Cette action permettrait d’installer l’ambiance progressivement. D’abord, un verre, puis deux, une caresse, un baiser, et hop un coin à trouver pour nos ébats.

« Un Whisky oui, parfait. »

Je posais mes coudes sur la table et appuyais ma tête entre mes mains puis je tournais mon regard vers Torben. Nous venions d’entamer la discussion du prix. Fâcheux moment mais une fois négocié nous pourrions entamer la soirée de manière naturelle, dans la mesure où l’on peut qualifier la prostitution de naturelle. Je craignais que Torben soit à court d’argent, ça consommation d’alcool laissait imaginer le budget qu’il y consacrait mais ça réponse fusa et me laissa bouche bée. Bien plus que la somme qu’il me proposait le fait qu’il me veuille pour la nuit entière me surpris. J’étais totalement troublée et surtout touchée.

« Torben … »

J’avais du mal à trouver mes mots. Essentiellement, il payait pour du sexe. S’il était venu ici c’était dans ce seul et unique but. Mais il laissait entendre le dépassement du simple acte. Ce serait une petite attention d’une nuit, et ma naïveté laissait entrevoir ce geste comme un cadeau.

« Alors marché conclu, je serais à toi jusqu’au matin. »

Je m’en voulais un peu d’accepter tout cet argent mais il en allait de ma survie. Ce soir je n’aurais aucuns scrupules.

« Pour que ton argent soit un bon investissement, je vais te faire passer la plus belle nuit de toute ta vie. »

Sur ces belles paroles plein de sous entendu, le barman arriva, plateau en main, et nous servit nos deux verres de Whisky. J’attrapais le verre et le levait légèrement au dessus de moi.

« Santé, à notre nuit ! Cul-sec ? »
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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptySam 28 Mai - 21:09

    Elle savait à quel point un bon verre me faisait plaisir… M’étais je trop dévoilé, la première fois où nous nous étions vus ? Faisais je partie de ces pochtrons dans sa clientèle, qui ne venaient voir les filles qu’avec un coup dans le nez ? Cette bien piètre opinion m’aurait sans doute révulsé, jadis, et je me serais battu pour ma fierté. Mais comment aurais je pu donner tord à cette jeune et frêle créature. Je n’étais jamais qu’un client, et pas le premier ni le dernier d’une liste probablement longue comme le bras. Elle me dit que pour ce soir, ça la tentait bien, si je le voulais aussi. C’était triste à dire, mais pourquoi venir sinon pour ça ? Jamais n’aurait elle pu perdre son temps avec un type comme moi en dehors de son travail. Trop jeune, trop jolie. Et moi, trop vieux, trop alcoolique aussi sans doute, et surtout, aucun de nous deux n’aurait la tête à un véritable rendez vous galant. Je n’étais plus fait pour ce genre de choses ; je devais me cantonner maintenant aux choses qui convenaient le plus à ma situation. Un verre en bonne compagnie. Et si le prix n’est pas trop exorbitant, une petite chambre qui permettait de passer un bon moment avec une jeune fille canon, qui n’était pas non plus forcée jusqu’au bout de mes ongles de me prendre. Quoiqu’il en soit, la jeune femme accepta le whisky. Je me sentais soudain coupable. Quel âge avait elle ? Je la faisais boire, et j’allais coucher avec elle, selon toute vraisemblance. Quelle vie qu’était la mienne, avec toutes ces choses que j’infligeais aux gens que je rencontrais. Mais je ne changerais pas Cora. Je savais que rien ne pouvait sortir une prostituée de son circuit infernal, autrement qu’un passage douloureux. Je remarquais bien vite la réaction de la fille de joie à ma proposition. Bouchée bée. Elle allait accepter. Cet argent lui servirait probablement plus qu’à moi, aucun doute là-dessus. Elle hésita un moment semblait il, sans doute calculait elle intérieurement le prix usuel pour son nombre de passes de la nuit. A priori, j’étais à peu près sûr de remporter la mise. Triste constat, la mise. Mais c’était ainsi que cela se passait, et je n’étais jamais que Torben. Les choses sont ce qu’elles sont, et elles n’allaient certainement pas changer avec moi. Elle accepta finalement. Je lui levais mon verre pour la remercier.


    | Ne te figure pas que je te fais une fleur, ma jolie, j’en ai vraiment besoin. |


    Petit sourire forcé. Je lui faisais une fleur, vraiment. Je n’étais pas obligé de lui donner autant. Mais elle n’était pas forcée de le savoir. Ma vie m’avait appris au moins une chose ; le principe de précaution. Je ne voulais pas compliquer les choses. Ni avec elle, ni avec qui que ce soit. J’étais attiré par elle, vraiment. Je ne voyais pas en elle qu’un exutoire pour ma frustration et ma solitude. Elle était douce, jeune, gentille. Elle n’était rien pour moi, mais dire que je me désintéressais totalement du sort de Cora Mc Lensfield aurait été bien mensonger. Elle était humaine, elle souffrait, elle devait vendre son corps. Ma situation me rapprochait d’elle, en fait. Je souffrais aussi, et mon corps ne m’appartenait plus non plus, je l’avais aliéné à l’Eglise et à la guerre, j’avais forgé ce corps pour la guerre, et je ne me débrouillais pas trop mal de ce côté. Par contre, quand je disais que j’en avais vraiment besoin, je ne mentais pas. Elle me fit sourire quand elle me dit qu’elle allait me faire passer la plus belle nuit de ma vie. C’était faux. Les plus belles nuits de ma vie étaient derrière moi, quand je dormais simplement contre le corps de celle que j’aimais encore aujourd’hui. Mais ce qu’elle m’offrait, je ne le refusais pas. J’en avais besoin.


    | Je te crois | mentais je parfaitement


    La jeune femme leva son verre et me demanda si on trinquait cul-sec. Je levais le mien en retour, plongeant mon regard dans celui de ma cadette.


    | Za Zdarovie |


    Autres sonorités, autre époque. Je buvais mon verre d’un coup, après avoir hésité un instant à la pensée de ma femme. Je terminais mon verre, plein de haine pour cette vie qui m’avait séparé d’Elle. Je reportais le regard vers mon accompagnatrice pour la soirée. Je passais doucement un bras derrière elle, lui signifiant le manque de force, qu’elle pouvait refuser. Je l’attirais à moi, pour lui chuchoter quelques mots à l’oreille.


    | Tu es aussi belle que la dernière fois. J’espère que mon argent te tiendras à l’écart de tout ça un petit moment. Promets moi d’essayer, d’accord ? Je n’ai aucun droit sur toi. Mais crois moi. Se prostituer, par les temps qui courent, est devenu extrêmement dangereux. Si tu promets d’essayer, je te promets que moi, je vais faire de cette nuit une nuit inoubliable pour toi. |


    J’insistais bien sur chaque mot, sans être troublé du double sens de mes propos. Les vampires saignaient les catins, et des humains plus vils encore mettaient leurs crimes sur le dos des vampires. Inverness, quatre filles de joie disparues. Je me sentais redevable envers Cora pour cette proximité, à moi de la mettre en garde. Avant des choses plus plaisantes.


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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyVen 22 Juil - 0:40

Torben n’était pas obligé de préciser qu’il ne me faisait pas une « fleur ». Au fond, combien d’hommes seraient prêts à donner, par pur sentiment de générosité, de l’argent à une prostituée ? Peu, voir même aucun. Ces types qui viennent se jeter vulgairement dans les bras de filles comme moi, c’est à eux-mêmes qu’ils font une fleur ! C’est comme craquer devant un gâteau dans une vitrine de boulangerie. Un jour on se dit que ce n’est pas bon pour notre régime et le lendemain on craque. Et bien là c’est la même chose. Un jour l’homme se dit que ce n’est pas acceptable pour son couple, et vint un soir où il succombe. Mais comme de nombreuses prostituées j’ai de mon plein gré choisi la voie de la perversion. Je sais pertinemment que je ne suis pas innocente et jamais je n’essaierai de passer pour la victime. Alors oui, je me devais de tenter l’homme à son summum, pour qu’il craque. Et ce soir là, pour la deuxième fois Torben allait craquer dans mes bras.

    « Alors nous sommes deux à en avoir besoin. C’est si noble de s’aider mutuellement.»


Je savais pertinemment que cet homme qui me faisait face n’avait pas besoin de passer la nuit à mes côtés. Je ne connaissais pas sa vie, ni même son nom de famille et au fond le savoir ne m’apporterait rien. Je ne savais pas ce dont il avait réellement besoin. La seule chose que je pouvais réellement lui apporter reste quelques heures de distractions. Le sexe avait l’incroyable avantage de déconnecter les hommes du monde, oubliant les contrariétés de la vie aux profits de la jouissance.

Nous trinquâmes, tout deux prêts à entamer une soirée de débauche. Torben émit quelques mots dans une langue qui m’est étrangère, trahissant quelques origines lointaines. Je ne cherchais pas à en savoir la signification, l’anonymat restait une de mes règles d’or.
J’enchainais un deuxième verre aisément. Je ne cherchais pas à être ivre, seulement à me faire tourner la tête, histoire d’apporter un peu de gaité dans ma vie. Pourtant alors que l’heure semblait à la rigolade je perçus beaucoup de sérieux dans le regard de Torben. Il m’attira contre lui et me chuchota quelques mots au creux de mon regard. Là où son souffle aurait pu m’exciter le sens de ses paroles me percuta de plein fouet. J’étais naïve mais à quel point ? Est ce qu’en me demandant de me mettre à l’écart de tout ça il agissait par simple humanité ? Non. Tout ce que je pouvais lire dans son regard c’était de la pitié. Ce sentiment, je le haïssais. Je me sentais à présent plus bas que terre. Réduite à l’horreur de mon métier, au dégoût qu’il pouvait inspirer.

    « Mais merde Torben, qui es-tu pour me dire tout ça ? Un bon samaritain ? Sérieusement si tu me souhaitais autant de bien tu m’y encouragerais pas avec tout ce fric. Tu ne serais pas là à me payer quelques verres et on ne passerait pas la nuit à venir ensemble pour que demain matin on se quitte sans jamais se revoir. »


Ces propos m’avaient blessé. Pas dans le sens où je ne supportais pas qu’il se mêle de ma vie mais parce qu’ils me rappelaient alors ce que j’étais, une prostituée qui mène une vie sans attaches, dont personne ne se soucie vraiment. A qui personne ne se confie. C’était le premier client à chercher à me dire ces mots. Intérieurement j’en étais touchée mais je préférais croire à de la pitié. Qu’est ce que ça pourrait être d’autre ?
J’essuyais une larme de rage au coin de mon œil et avalais un peu plus d’alcool. Je détestais la tournure des événements. Je me rendais compte de mes agissements me trouvant bien sotte. Il était le seul client à m’avoir proposer une telle somme d’argent et moi je le remballais, impunément.

    « Excuse-moi Torben, je suis usée et ce bruit ça me tape sur les nerfs. Merci de t’inquiéter pour moi. Je te promet d’essayer. Mais maintenant tu ne veux pas qu’on aille dans un endroit plus tranquille ? Pour que l’on puisse passer cette excellente nuit qu’on s’est promis.


A tête reposée je savais que je devais tenter de sortir du cercle infernal de la prostitution, mais en avais-je vraiment le courage ?


Dernière édition par Cora McLensfield le Mar 16 Aoû - 20:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé]   Le même homme, toujours dans un bar. [Livre 1 - Terminé] EmptyDim 24 Juil - 17:46

    J’eus un petit sourire cynique aux paroles de la jeune femme. S’aider mutuellement. La base de toute relation commerciale, parce que ce que nous allions faire en était justement une. C’était incroyable comment on pouvait percevoir les choses. Mais je jouais le jeu. C’était ça aussi, recourir aux services d’une prostituée. Un jeu fait de faux semblants, de non dits et de séduction. C’était à la base de beaucoup d’autres choses, mais cela me semblait particulièrement approprié à la situation actuelle. Et dans ce petit jeu, la fille de joie n’était pas la seule à pouvoir réellement s’amuser. Normalement, c’était à moi de le faire. Je rentrais donc un peu plus dans cette partie que nous étions en train de commencer.


    | C’est si noble à toi de me prêter un peu de ton temps. Entre autres choses. |


    Je ne me serais jamais douté que mes paroles suivantes auraient dépassé une limite. Pourtant, j’aurais dû, parce que c’était bel et bien le cas. Ne jamais parler à une fille de joie des activités qu’elle fait et de ce qu’elle pourrait faire à la place. C’était quelque chose de fonciérement tabou. La jeune femme se dégagea de moi. Elle explosa d’une fureur que je n’aurais pas pu lui prêter en temps normal. De toute évidence, j’avais sous estimé la nature de son caractère. Cela pouvait bien sûr enflammer des ébats, mais là, c’était rapé. Qui étais je ? bonne question. Un ivrogne. Un tueur. Un homme seul, qui se sentait désespérement isolé. Que pouvais je lui dire de toute façon ? Elle ne pouvait pas comprendre le véritable sens de mes paroles. Elle en avait bien sûr la capacité, mais elle n’avait pas toutes les informations. Cora ne pouvait pas deviner les dangers auxquels elle s’exposait elle-même par ce métier, en traînant les trottoirs de nuit. Il y avait un regain d’activité chez les vampires. Sans cesse mieux organisés, mieux structurés. Bientôt, ils n’auront même plus besoin de se cacher. Et il y avait toutes ces disparitions. Quelque part, la jeune prostituée n’avait pas tord. J’avais joué au bon samaritain plus que je n’en étais un cela dit. Elle avait raison. Je ne l’encouragerais pas à continuer. Je ne la pairais pas. Là seulement, elle pourrait prendre l’initiative d’arrêter. J’avais pris toute cette colère comme une douche froide. J’avais dégrisé, d’un coup. Je n’aimais pas être sobre. Ennuyeux. Déprimant. La solitude. La souffrance. Tout cela remontait avec tant de force que je me sentais perdu, désorienté.


    Tout ce que j’avais gagné, c’était à me foutre mon plan de bonne compagnie de ce soir à terre. En sus, Cora pleurait. Je ne la réconfortais pas. J’en avais fait bien assez. De toute façon, je n’aurais même pas su comment m’y prendre. Alors je restais là, interdit, sans rien faire. Ne sachant pas ce qu’elle allait faire. L’instant d’après Cora s’excusa, invoqua le bruit, la fatigue. Elle me promit d’essayer. Elle me remercia et me demanda si je voulais pas sortir. Je prenais ma veste, et allais me lever. Mais je me stoppais. Je laissais un billet sur la table, pour les consommations.



    | Nan désolé. Tu as raison, je n’aurais pas dû. De toute façon, je suis mort, et toi aussi. Fais juste attention, dehors. Il y a des choses qui rôdent, la nuit. Alors gaffe. Allez, bonsoir. Gardes le pognon. Une avance, pour une future. A une prochaine. |


    J’embrassais Cora sur le front. Puis, je me levais, et sortis. Ce soir, j’irais boire seul. Chez moi, pour une fois. Et je m’endormirais seul


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