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"Même l'enfer possède ses propres plaies."
MessageSujet: "Même l'enfer possède ses propres plaies."   Dim 5 Juin - 16:20


J'ouvre les yeux, à nouveau sur ce mur blanc. Un fin soupir s'échappe de mes lèvres, lassée par cet environnement monochrome. Je risque un regard sur le côté pour apercevoir le siège vide, et la veste de Noah qui trône encore sur le dossier, comme pour me signifier qu'il n'en a pas pour longtemps. Je résiste à l'envie de tendre ma conscience à travers le lien pour toucher la sienne. Je veux savoir où il est, ce qu'il fait, ce qu'il pense et ce qu'il ressent. Depuis qu'il a laissé entrouvert cette porte en permanence, il m'est difficile de ne pas céder à cette pulsion et de m'engouffrer toute entière à sa suite. C'est imprudent, encore plus depuis qu'il m'a révélé dans quelle situation précaire nous nous retrouvons. Je ne veux pas que mon besoin irrémédiable de lui m'en prive définitivement. Ce serait pire que tout... Et ils en sont capables. C'est bien là ma plus grande crainte, avec celle de le perdre. Je souris intérieurement à cette pensée. Cette seconde option ne risque pas d'arriver. Il m'a encore prouvé à quel point il brillait par sa force et sa résolution, là où j'ai chancelé et mis à mal notre mission. Je ne peux pas m'empêcher de songer que j'aurais dû tirer la première, ne pas attendre que l'on me porte le premier coup pour réagir. Mon hésitation aurait pu nous faire tuer... Elle ne m'a coûté qu'un bras, finalement.

Je me redresse lentement dans mon lit d'hôpital, m'aidant de mon bras valide pour coulisser sur les coussins jusqu'à m'assoir. J'ai une grimace mauvaise alors que mon bras m'élance. Je me sens plus réveillée aussi, signe que les produits ne doivent plus vraiment faire effet. Ca faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi lucide, ce qui n'est pas si bon signe. Face à ce mur blanc, seule, je reste livrée à mes pensées et ne cesse de ruminer en permanence. Je baisse le regard sur mon bras gauche qui est bandé et entravé de l'épaule jusqu'au poignet. Je serais bien incapable de le bouger, et combien de temps me faudra-t-il pour être à nouveau opérante ? Je ne pourrais pas être sur le terrain avant un moment, ce qui va largement compromettre l'aide que je peux apporter pour rétablir notre situation à tous les trois. J'ai envie de hurler, de rage, d'impuissance. A défaut, je me contente d'être exécrable quand les infirmières passent pour vérifier mon état. On m'a changé de service, signe que mon état s'améliore. La bonne nouvelle, c'est que je retrouverais normalement la pleine maîtrise de mon bras. Encore heureux... Les Illuminati sur place se sont chargés de stabiliser mon état avant même que l'on m'amène ici. Mon état aurait été bien plus critique sans leur intervention. De manière officielle, je me suis faite agressée par un lycanthrope rendu fou, qui m'a d'abord poignardé avant de me charcler l'épaule de ses griffes sous sa forme animale. Je l'ai tué, d'une balle dans la tête. C'est presque la vérité, si on ne retient que le tout début de notre soirée de lutte contre le Chaos. Au moins, les événements à la Lune Bleue et à Wolfheaven légitimisent largement mon intervention, et mes collègues me prennent pour une héroïne qui a sauvegardé le secteur d'une attaque lycanthrope en ordonnant l'évacuation. Je veux éviter de leur dire que c'était surtout pour avoir le champ libre... Je me suis retrouvée avec des bouquets de fleurs et des mots de bon rétablissement. Génial. Mes collègues m'adorent un peu trop. Ce n'était pas du tout volontaire de ma part, bien entendu... Voilà qui me venge un peu du comportement de Noah et de ces infirmières que j'ai toujours envie d'étrangler avec le fil de ma perfusion quand elles s'approchent de lui avec leurs beaux sourires. S'il leur rendait un peu moins aussi... Enfin, la manipulation est sans doute un trait de caractère commun à tous les Illuminati.

J'allais finir par me rendormir quand j'entends un brancard à l'approche, avant qu'on ne pousse ma porte précipitamment pour amener quelqu'un dans ma chambre, de l'autre côté du paravent. Un voisin... Ca se lit sur mon visage, à quel point je suis ravie ? J'entends vaguement les conversations des aides-soignantes qui se plaignent du manque de place et de la quantité phénoménale de blessés. Apparemment, cette fameuse soirée a été compliquée pour beaucoup de monde. Celui qui se tient à côté de moi est presque dans un pire état que moi, c'est pour dire. Et surtout...

- Hey ! C'est quoi ce bordel ? On fait chambre mixte maintenant ? On empiète sur mon intimité là !

Je suppose que le choix était limité, mais ça ne m'empêche pas de rechigner et de râler pour la forme... Dans le vide, bien entendu. Je lâche quelques insultes bien senties en norvégien, avant de rabattre le paravent pour faire face au nouveau venu. J'arrête mon geste sous le coup de la surprise. Je n'ai pas reconnu immédiatement ce solide gaillard qui me draguait en boîte de nuit, ainsi couché et malmené dans son brancard... Mais lui comme moi devons tirer de belles têtes de zombies qui nous mettent moins en valeur que cette soirée à s'enivrer et danser.

- Si je m'attendais à te revoir dans de pareilles circonstances, Dante...

Je lâche un soupir, qui se mue en sourire.

- J'ai failli ne pas te reconnaître, avec la sale tête que tu tires. Tu as vraiment perdu de ta superbe, désolée de te le dire... Sérieusement, qu'est-ce qui t'es arrivé ?
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MessageSujet: Re: "Même l'enfer possède ses propres plaies."   Ven 29 Juil - 17:23


Groggy.

Il était groggy.

Pas étonnant. Il avait fallu l'anesthésier pour opérer d'urgence et extraire les balles qu'il avait reçues. Sans compter les transfusions sanguines. Il avait perdu bien trop de son propre sang. Il avait failli y passer. Il s'en était fallu de peu. Encore quelques minutes sans secours et c'en était terminé. Tout ça parce que le petit show de Mia avait viré au drame. Non seulement, ses deux petites marionnettes lui avaient échappé. Et autant dire qu'un loup et un vampire en colère, ça faisait des dégâts, mais en plus, des abrutis avaient décidé d'en profiter pour s’entraîner au tir sur l'assemblée. Et pas de chance, Dante avait été sur la trajectoire... Deux fois. C'était la balle reçue dans son flanc qui avait été la plus grave. Mais par un miracle (ironique en étant un démon), elle n'avait touché aucun organe vital. Pas de façon à le tuer en tous les cas. Pour le coup, il pouvait remercier sa bonne étoile, mais aussi sa solide constitution. Mais cela faisait un mal de chien. Il n'était pas une petite nature, mais il n'aimait pas non plus particulièrement souffrir. Bien qu'il ai eu un aperçu de l'enfer quand il était enfant... Sans doute que les machines pouvaient détecter son degrés de douleur quand bien même il ne disait rien et serrait les dents, car il sombra de nouveau dans le sommeil sans même s'en apercevoir. Il ne voulait pas être aussi vulnérable. Il ne voulait pas dormir. L'inconscience avait quelque chose de dérangeant. Il aurait pu se servir de son pouvoir pour veiller, mais autant l'avouer, les batteries étaient à plat.

Si bien qu'il ne se rendit même pas compte qu'on le déplaçait.

En fait, ce furent des cris féminins qui le tirèrent de son sommeil artificiel. Et peut-être son instinct également, qui semblait lui envoyer de furieux signaux de détresse. Réveille-toi, réveille-toi ! Et il ouvrit les yeux, plus péniblement qu'il ne l'avais souhaité. Merde, dans son esprit, c'était instantané et direct aux aguets. Mais ils avaient mis quoi dans sa perf, putain ? Il avait l'esprit totalement dans le coton. Et il faillit pousser un gémissement de désarroi en avisant la jeune femme qui venait de tirer le paravent avec une certaine violence pour le regarder. Elle avait dit quelques paroles dans une langue qu'il ne connaissait pas. Ou qu'il n'identifiait pas plutôt. Il n'était pas forcément très doué en langues. Hormis l'anglais... Et encore, son accent américain ne s'était toujours pas totalement estompé après toutes ces années en Écosse.

Astrid.

Et merde. Quelle farce cruelle. De toutes les personnes à côté de qui on pouvait le déplacer, il fallait que ce soit celle là. Cependant, son cerveau se remit en marche. Elle était dans cet hosto, le même jour que lui, blessée elle aussi. Elle n'aurait pas été là si cela était une maladie. Mais elle n'était pas présente à cette fameuse réunion... Alors où était-elle ? Elle était flic. Elle avait pu être blessée lors de son boulot, tout simplement. Mais bon, Dante ne croyait plus aux coïncidences depuis un moment. Il avait bien moins fière allure que la dernière fois. Pâle comme un mort, les traits tirés, son grand corps musclé allongé dans ce lit qui semblait trop étroit et relié de partout à des perfusions et des machines... Gravement blessé donc. Elle rompit le silence surpris et il esquissa un sourire. Bien faible.

« Ouais, le destin est un petit marrant. »

La vache, il avait la voix toute éraillée. Il avait l'impression d'avoir bouffé du verre pillé.

« Stop Astrid, trop de compliments me font tourner la tête. »

Il aurait pu prendre ombrage de sa réflexion sur son apparence, mais ce n'était pas son genre, il lui avait déjà montré.

« T'es pas mal non plus. »

Il soupira, essayant de se redresser un poil dans le lit, mais abandonnant alors qu'il serrait les mâchoires à se péter les dents. Sérieusement, cela faisait un mal de chien. Il ne pouvait pas se servir de son bras, qui était en écharpe et son flanc le brûlait à crever...

« On aurait pensé que flic c'était plus dangereux que patron de casino hein ? Quoique, je suis sûr que tu as des préjugés à ce sujet. Genre que je fraye avec des gars dangereux, que j'ai pris une paire de balles suite à un accord crapuleux qui a mal tourné. Tu ne me croirais pas si je te disais que j'étais au mauvais endroit au mauvais moment, hum ? »

Il y avait de l'humour dans sa voix, mais difficile de masquer la douleur sur ses traits, malgré ses efforts. Le pire, c'est qu'effectivement, il avait été au mauvais endroit au mauvais moment. Il n'avait rien fait durant cette réunion. Pour une fois, il était une victime. Ironique.

« Et toi ma belle ? T'as l'air un peu plus en forme que moi. »
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MessageSujet: Re: "Même l'enfer possède ses propres plaies."   Sam 13 Aoû - 18:07


Je me suis retrouvée dans un sale état, mais lui... Je l'observe longuement, alors qu'il peine seulement à ouvrir les yeux. Des fils courent dans tous les sens, et c'est même étonnant qu'il parvient encore à faire de l'humour. Il a perdu beaucoup de sang, et doit tout juste revenir d'une opération en urgence. Ce n'est tout de même pas une coïncidence que nous nous retrouvions dans le même hôpital, en si peu de temps. Accident de voiture ? Je ne crois pas un seul instant à cette hypothèse. Le chaos était omniprésent, cette fameuse nuit, et de nombreux incidents ont éclaté en plusieurs endroits différents. Les choses se sont tassées depuis que nous avons refermé la faille, mais... Se peut-il que Dante se trouvait à la Lune Bleue ? Je n'ai pas pu me retenir de l'interroger immédiatement sur les circonstances tragiques qui l'ont mené au fond de ce lit d'hôpital, avant même de savoir s'il pouvait aligner deux pensées cohérentes.

- Je ne crois pas au destin, ni aux coïncidences...

Je m'accoude à la barrière de son lit, de mon unique bras valide, l'autre étant parfaitement immobilisé dans ce plâtre qui me grimpe jusqu'à l'épaule. J'arrive à afficher un mince sourire, malgré mes traits tirés. Il a la voix totalement éraillée, ce qui ne l'empêche pas pour autant d'avoir de la répartie. Je serais presque impressionnée, à voir comment il prend les choses. Pas vraiment du genre à se lamenter, non ?

- Merci, mais toujours mieux que toi Don Juan. Je n'ai que le bras qui ressemble à un vaste gruyère... Pas tout le corps. Je te rassure, les cicatrices sont souvent sexy, quand on est un mec.

Surtout si ce sont des impacts de balles, des griffures ou... Bon, ça reste classe de dire que je me suis faite déchiquetée par un vampire sur le côté droit, et un lycanthrope sur le côté gauche. Même le FBI ne peut pas se gausser d'en avoir d'aussi belles.

J'hausse un sourcil, quand il essaie de jouer son mystérieux. Voilà encore une nouvelle facette de sa personnalité... Qui se marrie certainement très bien avec le côté charmeur. C'est vrai qu'il aime susciter l'intérêt, mais je me serais attendue à ce qu'il saute sur l'occasion pour me narrer ses exploits, à moins qu'il préfère s'en garder parce qu'il aurait failli y passer pour des raisons... Débiles.

- En temps normal, oui. Un règlement de compte, c'est souvent le plus probable, dans ton cœur de "métier" ... Mais je veux bien te croire, si c'était le 16 mai 2018, comme j'aurais tendance à le supposer. Il s'est passé une série d'événements tragiques durant cette nuit, et ça ne m'étonnerait pas que tu fasses seulement partie des dégâts collatéraux, même si j'aurais eu tendance plus naturellement à dire que tu es allé chercher la merde.

Mon sourire s'étire, amusé. Je pose un doigt sur sa tempe, seulement pour l'agacer un peu avant de le retirer. Je fronce le nez, quand il me questionne en retour, me redressant un peu. Je peux m'en tenir à la version officielle, qui ne m'engage à rien.

- Ce n'est pas différent. Mauvais endroit, mauvais moment... Sauf que chez les flics, c'est souvent ce qui est recherché. J'ai dégommé un lycanthrope qui a perdu les pédales en pleine rue, à agresser la population sous sa forme animale. J'ai eu de la chance... Un peu plus, et j'aurais senti le chien mouillé pour le restant de mes jours.

J'amène un deuxième doigt contre sa tempe, avec cette expression malicieuse, et le pousse gentiment en imitant le bruit fait par un pistolet.

- D'une balle en pleine tête.

Je m'en vante, contrairement à lui, pour justement ne pas avoir l'air de faire le moindre mystère. Et puis, ce meurtre de lycanthrope s'est même réalisé... Mais la soirée ne s'est pas arrêtée là. Seulement, personne n'était présent pour le voir, et les Illuminati se sont empressés de tout nettoyer. Les corps, les organes... L'enfant déchiqueté, et cette petite démone qui s'en nourrissait. Son regard, dépourvu d'orbites, rivé sur moi quand elle s'est retournée. Je cille, réintégrant la réalité que tardivement, la mine assombrit. Je lui rends finalement un sourire, lâchant sur un ton léger :

- Tu as soif ?
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MessageSujet: Re: "Même l'enfer possède ses propres plaies."   Mer 17 Aoû - 11:14


« Ah ouais ? Hum, ça ne m'étonne pas de toi en fait. »

Mais il s'était sans doute mal exprimé. Il aurait peut-être du parler d'ironie du sort ? Il savait qu'ils seraient amenés à se recroiser. Mais il avait plutôt pensé que ce serait de son fait, qu'il aurait provoqué cette rencontre quand il l'aurait souhaité. Alors que là... C'était bien loin de ce qu'il avait pu envisager. Mais il n'avait pas non plus planifié de se retrouver pris au piège dans un règlement de compte de cet acabit. Tu parles d'un massacre... Mia avait voulu montrer l'étendue de son pouvoir, sans doute se poser en concurrente de Maryana bien qu'officiellement sous ses ordres et elle avait grave foiré son effet. Il allait lui falloir du temps avant de retrouver une quelconque crédibilité. Cela ne lui ferait pas de mal, elle avait un ego démesuré et il s'y connaissait à ce sujet en vivant avec une femme comme Evy. Mais la chanteuse, au moins, n'avait pas pour ambition de devenir la reine des démons, hein. Et Dante n'avait pas non plus l'ambition d'en prendre la tête un jour, très satisfait de ses petites magouilles individuelles.

« Donc t'as fait exprès de te retrouver à l'hosto pour le simple bonheur de me voir ? Je suis flatté. »

Une lueur de malice étincela brièvement dans le regard du semi-démon. Pour autant, difficile de ne pas constater que cela n'était qu'un pâle reflet de ce qu'il était d'ordinaire. La fatigue et la douleur voilaient son regard. Astrid prit ses aises et il jeta un coup d’œil à son plâtre, se demandant ce qui avait bien pu lui arriver. C'était sans doute lié au bordel auquel il avait assisté. Et dont il ne pouvait pas parler à une flic évidemment.

« Bah, le bras, le flanc et c'est tout. Faudrait pas que je devienne trop sexy, ce serait ingérable. »

Et bien sûr, Astrid n'allait pas manquer de poser des questions embarrassantes à ce sujet. Dante devança la chose, non sans ironie. Et un brin de sincérité. C'était la vérité. Il s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, invité par Mia, mais sans savoir que cela allait totalement dégénérer et que tout le monde allait y mettre son grain de sel. Au départ, cela n'avait rien de dangereux... Assister aux combats illégaux dans cet entrepôt. Point barre. Puis, tout était parti en couille. Elle semblait encline à le croire d'ailleurs. En tant que flic, elle avait naturellement été informée des différents événements étranges qui s'étaient produits. Il répondit d'un ton de comédien quand elle ajouta qu'il était sans doute du genre à chercher la merde :

« Je suis offensé, sache-le. »

Et c'était faux en plus. Il avait certes une grande gueule, mais il évitait les confrontations directes, malgré son physique athlétique. Il préférait faire ses coups en douce. De ce côté là, c'était un vicieux calculateur, à n'en pas douter. Il savait pousser les autres à bout, mais jamais quand il n'était pas en position de force. Et de répliquer. Mais ça, évidemment, Astrid ne pouvait pas le savoir. Il ne lui offrait que l'image d'un playboy amateur de femmes, dragueur et insouciant. Un peu dangereux. Mais rien de plus. Il grimaça quand elle tapota sa tempe. Elle faisait quoi là ? Elle lui apprit qu'elle avait tué un lycan qui avait perdu les pédales, non sans une petite mise en scène alors qu'elle recommence à le toucher. Il retint un mouvement d'humeur. Vu comment il était branché de partout, il ne pouvait pas vraiment agripper son poignet de sa main valide. Autant ne pas se ridiculiser. Mais il la fusilla du regard.

« Bien joué Lucky Luke, mais j'ai eu mon compte de flingues, même fictifs, pointés sur moi. »

Cela ne l'engageait à rien de lui révéler la nature de ses blessures. Pris dans une rixe, dommage collatéral et voilà. Les gens étaient devenus fous, fin de l'histoire. Pourtant, il se radoucit quand elle lui proposa de boire, non sans qu'un léger silence ne soit passé... Ainsi qu'une ombre sur le visage d'Astrid, sans doute en souvenir d’événements qu'elle ne lui confierait pas.

« Ouais. Je tuerais pour un truc frais. »

Il hésita à peine, avant que la curiosité ne l'emporte :

« Je sais pas ce que tu as vu, mais ça n'avait pas l'air joli joli... Je ne serais pas contre un whisky non plus. Mais je suppose que c'est trop demandé dans ce foutu hôpital qui n'est même pas foutu de laisser un grand blessé dans une chambre seule. »
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MessageSujet: Re: "Même l'enfer possède ses propres plaies."   

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