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Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]
MessageSujet: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Ven 22 Avr - 17:05

Je suis figée dans l’allée, les yeux rivées sur la porte, ma main serrant la lettre. Je vais m’en vouloir de l’avoir ainsi abîmé, mais pour le moment, je n’y prête aucune attention. Je ne sais depuis quand je suis là. Depuis un certain temps sans aucun doute vu que le soleil s’est couché il y a peu.
Il va m’en vouloir. S’il apprend… Et il apprendra certainement s’il parle à Lexie. Mais je n’ai pas eu d’autre idée sur le moment. Et il fallait que je vienne. Et je ne voulais pas qu’il soit là. Personne en vérité. Même si je sais que ça aurait été plus facile. Peut-être parce que je suis maso et que je ne veux pas que ce le soit, facile. Parce que ça ne doit pas l’être. Parce que c’est trop douloureux. Et que je dois… encaisser. Ou subir, je sais pas trop. Mais je peux pas juste passer au travers. Même si j’ai essayé. Et que j’essaye encore.

Je me sens vide. Et je n’ose bouger, ni même trop respirer. Comme si par un simple mouvement, j’allais tout réduire en cendre. Pourtant… tout à déjà disparu. Pourtant, il ne reste déjà plus rien. Ce n’est que la carcasse vide et sans vie de ce qui faisait mon bonheur… avant… là… il ne reste plus que l’ombre insipide et déserte. Et je suis immobile devant, les clefs dans une main, la lettre de ma mère dans l’autre, et je n’ose bouger. Quand bien même je commence à avoir mal aux jambes de rester ainsi.

Elle a tort. Dans sa lettre. Je n’ai ni Niahm, ni Kean à protéger, à surveiller, à aimer. Hayden et elle ont disparu en même temps, les jumeaux aussi. Ils comptaient sur moi, mais je n’ai pas été là. Ils sont morts avant même que je ne puisse essayer d’être présente pour eux. Tous seuls.
Et je n’ai pas besoin de tutrice. Je suis majeure, je peux tout à fait… et je peux faire confiance à Lexie. Et à Leah. Et à Eilih. Et… J’inspire.
Elle n’avait pas le droit. D’écrire tout ça. D’écrire en se disant que peut-être, elle me laisserait seule. Elle n’avait pas le droit d’imaginer que je puisse être assez forte pour continuer, et vivre, et rire, et être heureuse, sans elle, sans eux. Je serre les dents et secoue la tête.

Et moi je suis là. J’aurais dû être avec eux. Ça aurait été tellement plus simple. Je n’aurais pas à supporter tout ça. Je n’aurais pas à essayer. Je n’aurais pas à avancer, à endurer cet abime sans fond de douleur.
Et je m’inflige davantage. Je sais, c’est contradictoire. Je suis là, devant ce qui fut notre maison. Ce qui est à priori maintenant ma maison. Alors que j’ai déjà tellement de mal ailleurs. Si je suis submergée, peut-être que je ne m’en relèverais pas. Ou peut-être que ça s’annulera, je sais pas.
J’esquisse un sourire, avant de soigneusement essayer de remettre la lettre d’aplomb. Je sais pourquoi je suis là. J’ai besoin de photos. J’ai besoin de mon violon. J’ai besoin… j’ai pensé à ce qu’elle avait laissé au frigo, et aux oranges, et je me suis stupidement dit qu’elle n’aimerait pas que ce soit gâché… même si je doute que tout soit encore en état. Et même si ce n’est pas vraiment, au fond, la raison de ma présence. Peut-être que j’arriverais à les sentir. Encore un peu. Ici. Peut-être que pour mon faible odorat d’humaine, ce sera malgré tout suffisant. Peut-être que… je sais pourtant, que ça va être trop difficile. Que de voir le canapé sur lequel je faisais des soirées plateau-télé avec Hayden va me faire mal. Que de voir la cuisine où je regardais si souvent maman préparer ses cookies va m’empêcher de respirer. Que de voir les chambres des petits va me broyer le cœur. C’est pourquoi je suis toujours dehors je crois. Parce que je sais tout ça. Pourtant, je ne fais pas demi-tour pour autant. Parce que j’ai besoin de ça. De me raccrocher à si peu. De me dire que peut-être, ils ont raison. Maman, Hayden, Malcom, Sarah. Peut-être que je suis assez forte. parce que je veux pas les décevoir.

Je replie la lettre, les yeux rivés dessus, et me fige à nouveau en entendant de pas. Durant quelques folles secondes, j’imagine maman qui rentre de son jogging, ou qu’ils reviennent tous de Wolfheaven pour être avec moi. Mais… non. Je sais bien que non. Je me tourne lentement et le dévisage. Les mots de maman reviennent, et je fais un pas en arrière sans le quitter des yeux. Je devrais avoir peur, je devrais partir, je devrais être en colère, je devrais hurler. Mais je suis toujours vide et ce n’est qu’un murmure qui franchit mes lèvres, et pas du tout ce que je souhaitais dire.

« J’ose pas entrer. »

Je déglutis et fronce les sourcils.

« C’était vous ? C’est à cause de vous ? Tout ça ? C’est à cause de vous que je me retrouve seule ? »

Bien. De mieux en mieux. Ils ont pourtant dire que ce n’était pas sûr. Et ce n’est pas comme si je pouvais attendre un oui en réponse. Et je n’aime pas cette voix faible et fragile et hésitante que j’ai. Et je n’aime pas être aussi indifférente au final à tout ça. Mais… plus rien n’a vraiment d’importance d’un autre côté…
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Sam 7 Mai - 15:57

J'ignorais quel étrange tour du destin me poussait à venir traîner ici. Je ne m'étais rendu en ce lieu qu'une fois, charmé et envoûté par les accords déchirants d'un violon et j'y avais rencontré un ange. Je savais aussi que ma présence en ces lieux, à l'époque, aurait pu me valoir des ennuis et passer pour une provocation aux yeux d'une meute un peu trop rigide et aux idées bien trop arrêtées, malgré les efforts consentis pour une alliance qui n'avait jamais vu le jour. En apprenant la mort du couple dominant de la Meute, j'avais, évidemment, ressenti un cuisant échec dans tout ce qui avait été entreprit et les efforts consentis jusqu'ici, mais d'un point de vue plus... humain, j'avais aussi eu une pensée pour la petite musicienne optimisme rencontrée une nuit et revue lors de la soirée où sa vie avait irrémédiablement basculée. Elle était si tolérante et idéaliste alors... Que pensait-elle désormais qu'elle avait tout perdu ? Qu'était-elle devenu ? Il était des rencontres qui vous marquaient et ne s'oubliaient pas. Celle-ci en faisait partie. Sans doute que ce petit prodige du violon avait su ranimer les cendres d'une humanité depuis longtemps laissée derrière moi... Quelque chose en elle m'avait touché. Je pouvais être froid et impitoyable, mais je n'avais pas perdu toute empathie. Ni le sentiment de pouvoir encore être surpris. Ou touché.

Et ce soir, je la vis. Frêle silhouette plantée dans l'allée. Délicate statue prête à se briser à tout moment. Elle ne pouvait pas m'entendre approcher si je désirais demeurer discret. Elle avait eu peur de moi à l'époque, mais s'était rapidement ravisée, trop prompte à faire confiance sans doute. Je l'avais mise en garde à ce sujet. Il peut se cacher le pire des dangers derrière une apparence gentillesse. Fort heureusement pour elle, je n'avais aucunement l'intention de lui nuire. Trop charmé par son don. Et parce qu'elle était la fille de la Lupa et de l'Ulfrik. Cela était assez dissuasif. Plus maintenant. Elle était une orpheline. Une orpheline livrée à elle-même et toute seule dans un endroit désert et détruit, à la nuit tombée... Quelle folie ! Mais le besoin de se recueillir avait du être plus fort que la plus élémentaire des prudences.

Elle tenait une lettre dans une main. Elle ne bougeait pas. J’ignorais quelles pensées l'agitaient, même si je pouvais en deviner la tournure. Elle n'était pas la première à vivre le deuil. Les souvenirs douloureux qui vous coupaient le souffle alors que vous saviez que jamais plus cela n'arriverait... Je la laissais se recueillir pendant un long moment, totalement immobile. J'hésitais d'ailleurs à troubler son silence. Je pouvais tout aussi bien disparaître et la laisser avec ses souvenirs et ses fantômes. Mais je sentais que je ne devais pas laisser passer ce moment, qu'il ne se reproduirait sans doute jamais. Alors j'avançais, de manière à ce qu'elle détecte ma présence et elle se retourna, lentement. Trop. Je m'étais attendu à ce qu'elle fasse volte-face, affolée. Ce ne fut pas le cas. L'expression de son visage était bouleversante. Rien à voir avec la jeune fille d'avant. La vie l'avait rattrapée.

Je remarquais son pas en arrière, dans un éclair de lucidité face au danger. Pourtant, elle m'a fait signe à la Lune Bleue, absolument pas effrayée le moins du monde, quand son amie était bien plus circonspecte. Ce pas en arrière était révélateur de son état d'esprit. Et si les vampires avaient tué ses parents, avaient décimé la Meute ? C'était une hypothèse à ne pas écarter, naturellement. Mais elle se ravisa, sa voix, prête à se briser, venant briser le silence dans un aveu déchirant... Avant que ne viennes les interrogations. Qui avaient un fort relent d'accusation. C'était là un jeu dangereux. Je pouvais me débarrasser d'elle en un éclair. Lui éviter la souffrance des disparus. Ne serait-ce pas charité ? Mais à peine avais-je songé à cela que je trouvais cette idée totalement ridicule.

Je la quittais des yeux pour regarder la maison dévastée qui alimentait ses angoisses. Et je me montrai honnête avec elle :

« Je n'en sais rien. Je peux juste t'assurer que cela ne s'est pas fait sur ordre de la reine. Nous avons œuvré pour une alliance. Nous n'avions pas l'intention de prendre les loups en traître. Malheureusement, je ne peux pas garantir les actes de mes homologues. Nous enquêtons de notre côté. Certains comportements sont inadmissibles et doivent être punis. Ils ne sont que le reflet de pensées gangrenées... Je n'ai pas de réponses à t'apporter. »

Je marquais une pause, n'approchant pas encore d'elle.

« Je suis désolé. Crois-le ou non, mais j'ai pensé à toi en apprenant leur mort. Quelque part, j'espérais bien pouvoir te revoir seul à seule. »

Cela pouvait sans doute être inquiétant de se rappeler ainsi aux bons souvenirs d'un vampire quasiment inconnu. Mais rien dans ma voix ou dans mon attitude n'était fait pour l'effrayer. Au contraire, je cherchais à la rassurer.

« J'ai fait bien des rencontres au cours de ma longue vie. Certaines sont demeurées inoubliables. Je suppose que ton don pour le violon en est l'explication. Et cette candeur qui se dégageait de toi. »
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Mar 10 Mai - 12:01

Douleur insupportable et intolérable. Et j’arrive pourtant à vouloir faire pire. Sans même savoir pourquoi exactement. Quelle que soit la véritable raison, je doute qu’elle soit véritablement saine. Ou bonne pour moi. Sinon je serais déjà à l’intérieur pas vrai ? Mais je sais ce que je vais trouver, ce que je vais voir… Ou plutôt ce que je n’y trouverais pas justement. Il n’y aura que le vide et le silence, rappels odieux de ce que je n’ai plus.
Alors je veux, mais je veux pas en même temps. J’en ai besoin. Peut-être. Je crois. Je sais pas. Mon cœur bat trop vite alors que je suis simplement dehors. J’ose même pas imaginer ce que ça peut donner à l'intérieur. Ou peut-être que j’anticipe trop. Peut-être qu’en réfléchissant moins. Peut-être… mais je peux pas en même temps, ne pas réfléchir. Pas alors que je suis devant la maison. J’aurais pas dû. J’aurais dû essayer de rester dans ma bulle et m’acharner à effacer toutes traces de souffrance… super solution, je sais. Mais la lettre de maman a légèrement cassé le peu que j’avais réussi à construire autour de moi. Je lui en veux. Vraiment. D’être partie. De m’avoir laissé ça. De plus être là. Je sais que c’est stupide, enfin, une partie de moi le sait. Mais elle n’avait pas le droit de me laisser seule. Ils n’avaient pas le droit.

Mais je suis interrompue dans mes pensées par des pas. Et ce n’est pas ceux, celui, celle que j’attendais ou espérais. A vrai dire, c’est sans doute l’une des dernières personnes que je pensais pouvoir croiser à nouveau. Je le dévisage, avant de reculer. Pourtant je n’ai pas réellement peur, il ne m’a jamais fait peur, aussi stupide que ce soit. Mais… et si maman avait raison ? Si les journaux et les autres avaient raison ? En même temps, s’il avait voulu me faire du mal… s’il voulait encore me faire du mal, rien ne pourrait l’en empêcher, certainement pas moi. Mais les interrogations franchissent mes lèvres avant même que je me rende compte qu’il pourrait ne pas apprécier, avant même que je ne pense que l’accuser n’était pas forcément une idée lumineuse.
Pourtant, je ne bouge pas et reste à le dévisager. Et contre toute attente, il me répond, doucement. Et… j’en sais rien s’il est honnête ou pas, c’est pas comme si…

« Vous le sauriez si elle en était responsable, la reine ? Vous êtes qui au juste ? Je connais même pas votre nom.
Et de toute façon, même si vous dites le contraire… »
Je fronce les sourcils et déglutis. « Si c’était vous, vous me le diriez pas… » Je lui jette un coup d’œil. « En même temps, oui, vous pourriez juste… me tuer aussi si… »

Je secoue la tête. Je sais pas. Maman a tort pour mes amis, je peux leur faire confiance. Je sais qu’elle n’aimait pas les vampires. Et peut-être que c’est eux. Mais…
Je le fixe et mon regard se durcit un peu.

« Si ce sont les vôtres… des vampires… Ils ne s’en sortiront pas. Pas vrai ? Vous les trouverez ? Je me fous de ce que vous direz aux autres, aux flics, à la PES… Je veux juste… Je veux… » Je sais pas trop ce que je veux. Enfin si. « Vous me le direz ? A moi ? Que vous les avez trouvés et qu’ils ont été punis ? Qu’ils sont morts pour ce qu’ils ont fait ? »

Je me fous tellement de la justice et des autres conneries. Ce n’est pas inadmissible comme il a dit. C’est impardonnable. C’est trop. Ils n’avaient pas le droit. Que ce soit lui, les autres, n’importe, je m’en fous. Je… J’inspire profondément, avant de le regarder à nouveau quand il reprend la parole. C’est des condoléances ça ? Je cligne des yeux et fronce les sourcils. Je devrais flipper encore là non ? je dois vraiment avoir un truc qui coince. Parce que non seulement j’ai pas peur, mais… pas que ça me fasse plaisir, c’est pas vraiment ça…

« Merci. » Murmure à peine audible, qu’il n’aura sans doute aucun mal à entendre lui. Je souffle un rire sans joie. « Même si je comprends pas. Je suis pas… »

Je secoue la tête. Je suis loin d’être inoubliable. Mais on s’en fout un peu là.

« Pourquoi vous êtes pas venu me voir alors ? »

Et à nouveau, la question franchit spontanément mes lèvres. Question tout aussi stupide que les premières, plus même peut-être oui. Comment pourrait-il ? Même s’il avait su. Alors que je suis entourée de loups et de métas qui les pensent peut-être, sans doute, responsables.
Je reprends, comme si de rien n’était, comme si je ne discutais pas de nuit avec un prédateur, comme si je ne me tenais pas seule face à l’un des potentiels responsables de la destruction de ma vie.

« Il est dedans. Mon violon. Je suis venue pour ça. Entre autre. Et pour… je sais pas trop. Pour les retrouver un peu. Mais ça va être pire, je sais. Pourtant. Il le faut. Et je voulais des photos. Et puis. Je sais pas. J’ai peur. »

J’ai un léger sourire perdu, flippé, alors que mon regard se pose sur la porte. Je suis terrifiée en vrai. Pas par lui. Par ma maison. C’est d’un ridicule…

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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Mar 10 Mai - 13:55

Peut-être qu'un autre que moi aurait prit ombrage qu'une gamine se permette de lui parler ainsi. Mais j'étais bien loin de ce genre de fierté depuis longtemps. Cela me déplaisait quand ça provenait de quelqu'un d'importance qui me devait le respect. Mais Savannah ignorait effectivement qui j'étais et ne me devait rien de toutes façons. Il y avait trop de questions sans réponses et malheureusement, je n'avais rien à lui donner pour apaiser ses tourments. J'avais autant d'interrogations qu'elle. Mais j'étais sûr d'une chose : cela n'émanait pas de Morgane.

« Oui je le saurais. »

J'avais répondu avec une assurance tranquille. Je demeurais néanmoins surpris qu'elle ne connaisse toujours pas mon identité. Qu'elle ne l'ai pas apprise lors de la soirée. Et bien, autant y remédier, cela ne changeait rien de toutes façons.

« Nicolas de Valombre. Je suis le général de la reine. Et son conseiller. Alors oui, je peux t'assurer que jamais il n'a été donné l'ordre de tuer les loups cette nuit là. »

Savannah ignorait si elle devait me croire sur paroles ou non. Je haussais les épaule :

« Quel intérêt aurais-je à te mentir, Savannah ? En quoi ton avis peut-il changer quelque chose ? Je n'ai pas besoin de te persuader que nous sommes innocents, cela ne nous sert pas. »

Il fallait se rendre à l'évidence, elle était une orpheline et son avis n'avait que peu d'importance et sa voix que peu de poids. Mais je venais ici de façon plus personnelle. Il me déplaisait qu'elle puisse m'associer à cet attentat alors que j'étais innocent. J'ignorais pourquoi, mais c'était ainsi. Je me fendis d'un petit sourire carnassier quand elle se reprit et me demanda de punir les coupables, et de la tenir au courant quand ce serait fait. Je hochais la tête.

« Nous n'avons de compte à rendre à personne. Nous ferons justice nous-même. S'il s'avère que les coupables sont des vampires, ils seront exécutés pour trahison. Et tu le sauras. »

C'était une promesse. Je la tiendrais. Elle avait le droit de savoir qui avait exterminé les siens et surtout qu'ils avaient été punis pour leurs méfaits, que ses parents avaient été vengés. C'était un sentiment que je connaissais bien et comprenais, même si c'était étrange d'entendre cette sentence de la part de cette innocente jeune fille. Étrange, mais légitime. Je lui présentais alors mes condoléances, avant de lui expliquer la raison de ma présence ici. Il est vrai qu'il devait être inquiétant de tomber nez à nez avec un vampire rôdant auprès d'une maison désormais abandonnée... Alors qu'elle était seule et totalement vulnérable. Sa question me fit sourire... pourquoi n'étais-je pas venu la voir ?

« Parce que j'ignore où tu loges désormais ? Et que je n'ai pas eu spécialement le temps d'enquêter à ce sujet. Sans compter que tu dois être bien entourée et que je doute qu'un vampire soit le bienvenu. »

C'était l'évidence même. Et elle devait bien en avoir conscience.

« Je suis d'ailleurs étonné que tu sois ici, toute seule. Mais je suis venu te voir ce soir. »

Elle m'avoua alors être venue ici parce qu'il y avait son violon. Et des souvenirs. Beaucoup de souvenirs. Mais c'était difficile d'affronter ce passé qui venait de s'envoler.

« Tu aurais peut-être du venir avec quelqu'un pour faire ça. Pour t'accompagner et te soutenir. Même si on a souvent l'impression d'être totalement seul, même entouré. »

Ce n'était certainement pas la meilleure idée que j'ai pu avoir de ma longue vie. Mais c'était dicté par un sentiment purement altruiste. Et très humain. Rien de calculé là dedans. Sa peine me touchait. Son deuil me touchait. Comme cela pouvait arriver parfois dans un univers de noirceur et de sang. Elle était une lumière... Éclatante la dernière fois. Tellement vacillante cette fois. Je lui demandais alors avec douceur :

« Tu veux que je t'accompagne ? »

Mais si elle acceptait, elle devrait m'autoriser à rentrer dans la maison. Elle n'y était peut-être pas prête. Un vampire au sein même de la demeure Valentyne, c'était inimaginable. Du moins quand le couple était en vie... maintenant... mais peut-être aurait-elle la sensation de trahir ses parents en agissant ainsi.
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Jeu 12 Mai - 19:22

La prudence et la défiance n’avait jamais oh grand jamais été mes points forts. J’avais même plutôt tendance à sauter dans les bras des gens un peu trop rapidement. Et si là, je l’étais un peu, ça devait vraiment pas être beaucoup non plus. Malgré les attentats. Malgré la lettre. Malgré tout. Peut-être que ça allait venir. Peut-être que je n’étais pas comme ça. Pas encore. Mais pour le moment, les questions franchissaient mes lèvres et je ne cherchais même pas à les retenir. Je fronce légèrement les sourcils alors qu’il me répond si tranquillement. D’accord il le saurait. Soit. Et je cligne des yeux quand il continue. Général ? Conseiller ? Merde.

« Je savais pas. Désolée. »
Je crois. Ou pas. Mais bon. C’est quelqu’un d’important non ? Carrément ouais. Merde. « Je dois vous appeler Général ? Monsieur de Valombre ? »

Je grimace malgré moi, oubliant momentanément, encore une fois, à qui je parle. Ah oui. Non, effectivement, mon avis ne compte pas vraiment. Peut-être qu’avant… Mais là… Quoique peut-être que Malcom ou d’autres m’écouteraient… Peut-être. N’oublie pas de respirer.
Je hausse les épaules, mon regard se perdant dans le jardin.

« Peut-être. »
Mais je suis pas seule pour autant. Je sais, c’est pas ce qu’il dit, mais… « Mais ils continuent de veiller sur moi… et ils m’écoutent… »

Non, c’est pas vraiment important, je sais bien. C’est juste que… qu’ils sont là. Pour moi. Alors… Si c’est important. Enfin, je sais pas trop.
Mais s’il est général ou truc… Il saura forcément si les siens trouvent les coupables. Pas vrai ? Et moi, j’ai besoin de savoir. J’ai besoin de savoir que non seulement ils seront trouvés, mais qu’ils seront punis. Je le fixe, et je suis sans doute totalement crédule, mais je le crois. Et aussi bizarre et malsain que ce soit, mon cœur s’allège un tout petit peu. Non, ça ne change rien, non, ça ne changera rien. Je n’ai pas moins mal et je n’aurais pas moins mal. Mais ils sont… morts, alors, il faut bien que les coupables soient punis. Non ? Je hoche doucement la tête.

« Merci. »
J’ai un silence. « Vous croyez que c’en est ? Des vampires. Qui sont responsables ? »

Peut-être que non. Enfin, vu comme il parlait, il ne repousse pas non plus totalement cette possibilité. Je sais pas si c’est bien ou pas. Enfin, peut-être est-il sincère du coup. Et comme il a dit, quel intérêt de me mentir ? Après tout, je ne suis personne. Mais le fait est qu’il est là, devant chez moi. Parce qu’il pensait à moi… Il s’inquiétait pour moi ? Ça s’inquiète un vampire ? Ou c’est juste une curiosité morbide comme chez les humains ? Ou oui peut-être pour le morceau de violon. Je sais pas si c’est important. J’ai du mal à savoir dernièrement. A y voir clair. Ou même à penser un peu logiquement je crois. La preuve en est quand je lui demande pourquoi il n’est pas venu me voir…
Je lui retourne un léger sourire, en secouant la tête. Evidemment, je sais bien. C’était con comme question. Je grimace et détourne les yeux un instant. Oui, je suis seule… Avant de le fixer à nouveau.

« Oui, c’était idiot comme question je sais… Je suis bien entourée oui… Rarement seule. Je… Je leur ai pas dit. J’ai dit que j’allais chez une amis et je… mais je… Je me suis sauvée pour venir. »

Voilà, voilà. Personne ne sait que je suis là. C’était un peu le but aussi. Et je lui dit ça comme ça, tranquille. Normal. Mais ils vont bien deviner où je suis, j’en ai déjà parlé à Malcom, qu’il faudrait que je vienne, il est pas con. Et puis, je vais pas m’attarder… Normalement. Je secoue la tête un peu trop énergiquement.

« Je sais que je suis pas seule. Même si parfois je… je me dis que si. Souvent même. Mais je sais que… que c’est pas vrai. Qu’ils sont là. Pour moi…
Je euh… »
Je baisse la voix sans même m’en rendre compte. « J’avais besoin de venir. Mais pas… pas avec eux. Ils auraient été trop inquiets, trop présents, trop… trop… J’aurais peut-être pu avec Malcom, mais je… Non. Je voulais être seule en fait. Sauf que c’était con aussi parce que j’ose pas entrer du coup. Alors oui. J’aurais sans doute dû venir avec quelqu’un… »

Je ris un peu nerveusement. J’ose pas. Et pourtant j’en ai envie. Mais j’ai tellement peur. J’ai déjà si mal. À être juste là, planter devant la maison. Enfin non, même pas, j’ai mal tout le temps. Mais si je rentre… ça va être pire. Je hausse les sourcils en le regardant.

« Mais je vous aurais pas vu. Si j’avais pas été seule. Pas vrai ? »

Ouais, bon, c’est pas primordial. Je devrais être affolée, ou terrifiée, ou inquiète de sa présence. Surtout avec la lettre. Que je serre dans ma main. Mais, non, ça me fait plaisir. Je crois. Qu’il ait cherché à me voir. Qu’il soit gentil. Et oui, c’est sans doute affreux, mais je crois que j’ai confiance en lui. Oui, je sais, je sais.
Je relève la tête vivement et le dévisage. Avant de cligner des yeux. Je tourne la tête vers la maison, et le regarde à nouveau.

« Je peux ? » Je grimace devant ma stupidité continuelle. « Enfin je veux dire… Ils vous auraient tué s’ils vous avaient su dans le jardin. » Je lève un peu la lettre. « Et maman était persuadée que ce serait vous si quelque chose… vous, les vampires, pas vous, vous… »

Je me mords la lèvre, et regarde la maison durant quelques secondes. De quoi me maudire de là où ils sont. Et les larmes montent. Plus là, ils ne sont plus là. Ils m’ont laissé. Je me dirige vers la maison, le cœur battant trop vite encore, et ouvre la serrure.

« Ils ont eu peur qu’il y ait aussi des bombes ici… Vous croyez que c’est possible ? »

Je pose la question, mais à vrai dire, ça ne me fait ni chaud ni froid. Ce serait quand même très con. Mais, d’un autre côté… ce serait tellement… facile. Les autres seraient tristes, mais moi, je serais… Je secoue la tête. Malcom me tuerait une nouvelle fois. Et Lexie aussi. Et Eilih, et Leah, et Sarah, et…
La main sur la poignée, j’inspire profondément et l’ouvre, laissant le battant s’ouvrir sur ce vide béant. Et je me sens déjà paniquer, alors j’hoche faiblement la tête

« Vous entrez avec moi ? Faut que je vous le dise ? Comment je dois dire ? Juste vous pouvez entrer ? »
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Sam 14 Mai - 9:46

« Et comment l'aurais-tu su ? »

J'avais répliqué avec un petit ton amusé. Je ne m'étais pas présenté à elle après tout, préférant demeurer l'inconnu amoureux de son talent, plutôt que le général vampire. Cela avait tendance à biaiser les rapports avec les gens. Et cela ne manqua pas quand elle me demanda alors comment elle devait m'appeler.

« Nicolas, c'est possible ? »

C'était sans doute un peu trop demandé. Mais je n'avais pas envie de ce rapport de force avec Savannah. Il n'y avait aucun intérêt. Je ne cherchais pas à lui imposer quoique ce soit. J'étais un mélomane et elle aussi, voilà tout.

« Si j'avais voulu que tu saches qui j'étais, je te l'aurais dit. Cela me plaisait bien de n'être qu'un inconnu appréciant les accords de ton violon. »

Elle me submergea alors de questions, concernant cet attentat, me demandant très franchement si les vampires étaient à l'origine de tout cela. Je me montrais très sincère avec elle. Non sans lui faire comprendre que je n'avais de toutes façons aucun intérêt à lui mentir. A mon degrés de responsabilités, les choses étaient souvent calculées et je ne faisais rien de façon anodine. Sauf éprouver une certaine fascination pour cette petite humaine aux allures d'ange et aux doigts de fée, cette petite virtuose orpheline. Cela était purement personnel et ne venait en rien entrer dans mes fonctions de général. Voilà pourquoi je préférais n'être que Nicolas pour elle. Mais c'était trop compliqué à lui expliquer. Pourtant, je lui promis de l'informer si les coupables étaient trouvés parmi les vampires. De m'en charger moi même. Cela m'incomberait de toutes façons. Et je savais quel besoin elle éprouvait de connaître ce genre de détail. Un silence accueillit sa question concernant les coupables alors que je réfléchissais. Sincèrement ? Oui, je pensais que c'était là l’œuvre de certains des nôtres... Après tout, certains s'étaient montrés ouvertement hostiles à Morgane et donc à sa politique. Beaucoup auraient voulu que nous revenions à des âges plus sombres, où nous étions au sommet de la chaîne alimentaire, terrorisant les humains qui étaient incapables de nous arrêter. Mais c'était avant... Avant l'invention de certaines armes, avant la technologie, internet, des moyens de communication sophistiqués. Avant que notre existence ne soit connue et reconnue. Il n'était plus possible de revenir en arrière.

« C'est fort possible... Certains n'ont pas l'ouverture d'esprit nécessaire pour comprendre où sont nos intérêts et ne voient pas la nécessité de s'allier à d'autres races... loups, humains, qu'importe. Ils sont persuadés d'être tout puissants. C'était le cas il y a quelques siècles. Mais ils ont oublié d'évoluer. »

C'était le cas dans le siècle qui m'avait vu naître et ceux qui m'avaient vu grandir en tant que vampire. Mais j'avais assisté à l’émergence des technologies. Toujours plus poussées. L'obscurantisme était derrière nous. Il fallait faire avec ou mourir, tout simplement. Même si je ne pouvais nier regretter ces années où chasser était possible, où les disparitions de quelques paysans n'inquiétaient personne. Il était facile de se nourrir et de ne pas laisser de traces... J'avais toujours aimé chasser. Mon instinct était bridé désormais. Et la frustration souvent présente.

Pour autant, je n'avais pas envie de goûter à cette jeune fille. Premièrement, j'étais nourri ? Deuxièmement il aurait été sacrilège que de le faire. Elle l'ignorait sans doute, mais de par sa virtuosité, elle avait gagné un ange gardien de plus. Bien étrange et indésirable pour ceux qui l'entouraient, mais qu'importe. Je le lui avouais d'ailleurs en expliquant ma présence ici, mon inquiétude pour son sort, aussi incroyable cela puisse paraître. Elle devait se penser bien insignifiante pour un vampire de ma trempe. Cela aurait du être le cas. Et pourtant...

Elle m'avoua sans y prendre garde qu'elle était venue ici sans que personne ne le sache. Oh, ce manque cruel de prudence... Je soupirais. Et bien, ceux qui veillaient sur elle avaient bien du pain sur la planche en tous les cas.

« Ils ne peuvent pas comprendre ta peine. Ils peuvent essayer, ils peuvent tenter de la partager, mais elle n'appartient qu'à toi... Le temps fera son office. Je sais que c'est là une phrase qui peut paraître toute faite et difficile à croire, mais... crois-en l'expérience de quelqu'un qui a vu défiler les siècles et mourir nombre de personnes autour de lui. »

Et des personnes chères. Même avant de devenir vampire d'ailleurs. Je notais le nom de Malcom. Malcom, genre le drogué au V qui était venu me dénicher chez moi, m'avait donné une fausse identité et que j'avais recroisé à la soirée ? Qui avait attiré un vampire avide de goûter ce met délicieux ? CE Malcom ? Intéressant comme le monde était petit. Je ne relevais pourtant pas, avant de rire légèrement quand elle conclut qu'accompagnée, elle ne m'aurait pas vu.

« En effet. Je pense que tes amis ou tuteurs, verraient d'un très mauvais œil qu'un vampire t'approche. Je pense d'ailleurs avoir croisé ce fameux Malcom à la Lune Bleue, ce soir là. Il était avec un ami à lui, John, si je me souviens bien. La soirée a failli mal finir pour lui quand un vampire a regardé d'un peu trop près son cou... Je pense que du coup, il doit avoir certaines raisons de ne pas nous apprécier. »

J'avais parlé de tout cela naturellement, comme une anecdote. Cherchant à confirmer mes doutes l'air de rien. Et alors qu'elle n'osait rentrer dans la maison, je lui proposais de l'accompagner. Je n'y ferais rien, mais je serais simplement présent, l'encourageant silencieusement. Une proposition qui la surprit. Je souris quand elle ajouta que ses parents m'auraient probablement tué en me voyant dans le jardin.

« Très probablement. Enfin, ils auraient essayé. »

Non parce que même si c'étaient des loups, j'étais un vampire, âgé de plusieurs siècles, et je leur aurais filé entre les doigts avant qu'ils n'aient achevé leur transformation. Je n'étais pas si aisé à tuer.

« Elle n'avait sans doute pas tort. Même si j'ai compris que ta mère n'aimait pas du tout les vampires et était loin d'être ravie de cette alliance. »

J'avais croisé Isadora ce soir là. Et nos échanges n'avaient pas été très cordiaux. Enfin du moins s'était-elle montrée sous un jour peu favorable. Je m'étais montré le plus respectueux possible. Je sentais bien que cela l'énervait. Je m'étais bien amusé à ce sujet. Mon regard se porta sur la maison à la question de Savannah, avant que je ne secoue négativement la tête.

« Non, cela aurait sans doute déjà explosé. »

La jeune fille se décida alors à ouvrir la porte, mais n'avança pas, se demandant comment m'inviter à l'intérieur.

« Voilà, simplement. »

Je posais doucement ma main dans son dos, l'enjoignant à entrer. Elle ne devait rien y voir. J'y voyais comme en plein jour, mais ne la brusquais pas, lui laissant le temps de trouver le courage d'entrer totalement.
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Mer 18 Mai - 11:52

J’esquisse un sourire sans réellement y prêter attention alors qu’il répond. Ouais, comment… Et puis, surtout… même si cela m’avait travaillé la première fois que je l’avais rencontré et que j’avais espéré en savoir plus en le croisant à nouveau à la Lune Bleue, c’était passé plus que rapidement aux oubliettes.
Mon sourire s’agrandit légèrement, se faisant plus sincère.

« Oui. Nicolas j’aime bien. »

S’il me proposait je pouvais non ? Même si c’était pas euh… protocolaire ? C’est ça qu’on dit ? Peu importait en fait. Ce n’était qu’un détail, même si j’appréciais de pouvoir l’appeler ainsi plutôt que de lui donner du Général oui…

« Oui, c’est vrai… Mais autant mon vampire mélomane inconnu, ça fait très romanesque, autant c’est pas vraiment pratique en vérité. »

Je hausse doucement les épaules, avant qu’un mélange de ma curiosité naturelle et de ma… tristesse, de ma colère récentes prennent le dessus. Je ne devrais peut-être pas. Mais j’ai besoin de savoir. De savoir que si ce n’est pas lui, ou ceux qu’il connait, ils les trouveront quand même. S’il s’agit de vampires. Je sais bien que Malcom, Roxane et les autres cherchent de tous les côtés aussi. Je sais que la PES est aussi dessus… Mais si ce sont des vampires… s’il est Général… Ce sera plus facile non ? Enfin, peut-être pas. Mais ça laisse plus de chances. Parce que je me raccroche aussi à ça. A l’idée que les coupables seront retrouvés et punis. Et pas par une peine d’emprisonnement. Enfin… Je sais pas. Je sais pas ce que je veux vraiment. Si on me demandait là, je répondrais sans hésiter, tout comme je lui ai demandé. Mais… est-ce mieux ? Je sais pas. Et dans l’immédiat, je m’en fiche. Etre en colère m’aide un peu. Alors…
Je le fixe, alors qu’il semble réfléchir. Réfléchir si ça peut être des vampires ou réfléchir s’il doit me le dire ? Les deux peut-être. Quoique d’un autre côté, il a déjà dit qu’il n’avait aucun intérêt à me mentir… Je penche la tête sur le côté en l’écoutant.

« Oui, je comprends… Enfin, je euh… Il y a de quoi penser ainsi quand on peut vivre indéfiniment. » Je le regarde. « Vous avez quel âge ? »

Si, je suis véritablement curieuse, même si ça se fait pas de poser ce genre de questions… ça se fait ? Non, je pense pas, mais bon, tant pis. Mais si la reine a évolué, et que d’autres veulent…. Non, c’est presque plus logique de s’en prendre aux autres, à ceux d’une possible coalition, qu’à elle directement… Plus facile aussi peut-être… Et puis… ça affaiblit les ennemis, s’ils pensent ainsi, pas vrai ? Ennemis… les miens. Ma famille. Les gens que j’aime. Et à nouveau la douleur m’enserre la poitrine, m’empêchant presque de respirer. Concentres-toi sur autre chose. Lui, ouais, c’est cool, parles-lui. Bon, non, c’est pas forcément cool, je sais. Malcom va criser, je sais. Et ce sera pas le seul. Pourtant, je sais qu’il ne me veut pas de mal. je note son soupir quand je dis que je suis venue en secret. Ah vous voyez, il désespère… A un autre moment, ça me fera peut-être rire de savoir que le général vampire est aussi épuisée par moi que Malcom. Et qu’il semble s’inquiéter autant.
Je le dévisage, avant de reprendre doucement.

« Ils ont perdus aussi des gens qu’ils aimaient. Leur famille. Et certains ont déjà perdus des êtres chers auparavant… même si ce n’était pas aussi… brusque et violent… aussi… absolu… » J‘inspire profondément.
« Je sais. Ça finit par s’atténuer. Et on finit par trouver d’autres raisons d’avancer et de vivre et de sourire et… » Je baisse la tête. « Je le sais déjà. J’ai déjà perdu… ma famille… dans un incendie… Mais… ça reste… c’est…. Pas juste… et maman… »

Je déglutis. Oui, la petite fille à sa maman. Mais je m’en fous. C’était ma mère. C’était… tout. Et Niahm et Kean… Et Hayden… Comment je peux faire sans eux ? Hein ?
Mais je reprends et poursuis avant de me retrouver à pleurer devant lui. Même si ça ne changerait sans doute pas grand-chose… lancinante et entêtante…
Mes yeux se posent sur lui. Il s’était fait attaqué ? Non, parce que c’est après que ça a mal tourné… pas de suite…

« Je suis majeure, j’ai pas besoin de tuteurs. » Légalement. Après moi, moralement, c’est autre chose. Mais c’est pas de tuteur dont j’ai besoin. « Oui, il euh… été avec maman… Et John sans doute oui. Il est cool. Même si on dirait pas. »

J’ai un léger sourire, parce que non, clairement on dirait pas. Et puis, il est pas forcément gentil avec tout le monde non plus, loin de là. Mais il l’est avec ceux de la Meute, avec Lexie, et puis, il l’est avec moi, et égoïstement, dans l’immédiat, c’est tout ce que je demande.

« Je sais pas s’il… Il a pas accusé directement… Enfin il vous a pas forcément accusé. Il veut juste trouver les coupables. Protéger ce qu’il reste de la Meute… et moi. Je reste avec lui pour le moment, il le dira pas, mais je sais qu’il m’… » M’adore. Tu parles trop là non ? Je fronce les sourcils. « Vous…et lui, enfin, et les loups…. vous trouveriez plus vite… ensemble non ? Si… Si je faisais le lien… si vous voulez pas ou s’il veut pas… enfin… je sais pas… ce serait possible non ? Ce serait mieux ? »

Je le regarde, espérant un peu que oui, ce soit plus efficace, et que oui, peut-être que je pourrais peut-être faire quelque chose. Aussi idiot que ce soit… Même si là, entrer dans la maison me semble déjà insurmontable. Je grimace un semblant de sourire.

« Oui. Essayés. Ils vous auraient traqués en vous voyant discuter avec moi… »

Je hausse les épaules. Ça n’a plus vraiment d’importance, pas vrai ?

« Elle a été désagréable ? Maman était parfois… » Je déglutis. « Horriblement têtue et protectrice. » Je ris un peu. « Tout le temps en fait. Elle…
Et les vampires n’ont jamais été réputés pour être des amis des Loups. Alors…
Mais ils le faisaient quand même. Parce que c’est… c’était ce qui avait de mieux à faire. Après février… »


Même si ni maman ni Hayden n’étaient convaincus par l’alliance. Les vampires étaient mieux que les semi-démons, voilà tout. Et puis, ils essayaient vraiment non ? De s’intégrer, d’être plus… Enfin, les Loups ne le voyaient guère comme cela. Normal sans doute après ces années de guerre… Et je ne parle pas des métas…
Je finis par revenir au sujet principal et je me contente de hocher la tête. Oui, ça aurait déjà volé en éclats comme le reste. D’accord. J’ouvre, mais ne trouve pas le courage de faire plus. Et je sais, enfin, une partie de moi sait que je devrais arrêter. Non seulement de vouloir entrer. Mais de vouloir entrer avec lui. Pourtant… sa présence et sa main légère dans mon dos me rassure. Non, j’étais déjà pas nette avant, ça n’avait pas dû s’arranger, parce qu’être rassurée par la présence d’un vampire… J’inspire lentement et regarde autour de moi sans même avancer. Je fais lentement un pas, avant de m’arrêter à nouveau.

« Vous entrez pas vrai ? Vous venez hein ? »

Murmure lancé au milieu du silence. Et je n’ai pas besoin d’allumer, pas vraiment, je connais tellement… Je me tourne finalement légèrement, et allume une des lumières, sans réellement oser regarder. Et telle une enfant effrayée par l’orage, j’attrape le pull du vampire d’une main sans même y penser. Allez encore un pas. Et je relève la tête. Et je sens les larmes me monter aux yeux. Je cille, mais je me force à respirer calmement.

« C’est ridicule. Ce ne sont que… Ce n’est que… »

Notre maison. Je secoue la tête et cligne des yeux pour en chasser les larmes avant qu’elles ne coulent. Je me dirige vers la commode, saisissant la main de Nicolas de la mienne qui tremble tant. J’ai une seconde d’hésitation, comme si la sentir si froide me faisait revenir à la réalité. Mais non. Je continue, et je m’empare d’une des photos posées sur le meuble. Une photo de nous tous.

« Ce n’était que des enfants… ils sont si… Je... »

Les larmes commencent à couler, tombant sur la vitre, pendant que je contemple ce qui était mien et qui a si violemment disparu. Je serre sa main à m’en faire mal, avant de relever la tête et de regarder la pièce. Vide et sinistre. Enfin non. J’ai toujours adoré le salon. Mais…
Je lâche le cadre qui retombe sur le meuble, et je me détourne, attrapant à deux mains le pull du terrifiant vampire qui m’accompagne, me réfugiant en pleurant contre cet effrayant monstre.

« J’suis désolée…. Désolée… Deux minutes…. Juste… Désolée… »

Et j’essaie. J’essaie. J’ai voulu venir. Je savais pourtant. Je vais me reprendre. Juste un peu. Parce que c’est tellement… trop… juste un peu. Je me force à respirer lentement, reprenant peu à peu le contrôle.

« …Tellement ridicule. Je devrais avoir peur de vous…. Pas… Maman m’a dit de vous éviter. De ne faire confiance à personne… Que les vampires… et je… Vous… » Je ris nerveusement. « Je me retrouve à pleurer et vous… vous, vous êtes dans sa maison… dans ma maison… »

Je me recule un peu, sans oser le regarder. La douleur me submerge et m’écrase, m’empêchant de respirer normalement. Mais j’arrive à ne plus pleurer, ou je n’ai simplement plus de larmes, je sais pas trop. Je me sens à la fois vide et dévastée.
Je bouge sans m’en apercevoir, parce que sinon je vais simplement m’effondrer pour de bon et je… Je monte et ne m’arrête pas avant d’avoir atteint ma chambre. Non, si je regarde ailleurs, je vais voir un truc genre les fantômes de Shining qui vont m’inviter à jouer avec eux pour l’éternité, ou les sculptures de guis qui vont se rapprocher pour me dévorer. Non, je ne divague pas, pas du tout… Mon cœur ralentit un peu sa course folle alors que je suis dans cet environnement familier, qui n’est presque que mien. Et mon violon, posé sur le bureau, l’étui encore ouvert, l’archet posé en travers. Et je me rends compte que j’ai repris sa main et que je ne l’ai pas lâché pour monter. Et que je ne peux pas. Qu’est-ce que je fais là hein ?

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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Jeu 2 Juin - 0:02

A ma grande surprise, Savannah accepta de simplement m'appeler par mon prénom, sans s'effrayer de manquer à un quelconque respect. Et j'appréciais son naturel. En fait j'appréciais cette petite humaine fille de loups. C'était étrange, mais cela arrivait, je ne m'arrêtais pas à la race des autres pour éprouver quoique ce soit à leur encontre. Évidemment, il était bien plus difficile d'éprouver de la sympathie pour des loups au vu de l'inimitié profonde entre nos races. Sans oublier leur nature même. J'en avais affronté lors de la Guerre et j'avais même conçu un certain respect pour certains. Mais Savannah n'était pas une louve. Elle était humaine, mortelle, banale. Délicieusement normale et d'autant plus touchante. Elle se démarquait du lot, par l'innocence qui émanait d'elle et surtout ce don prodigieux de virtuose.

« TON vampire mélomane inconnu ? »

J'avais relevé ses paroles avec une touche d'amusement. La formulation ne manquait pas de charme effectivement. Je lui adressais un sourire, nullement vexé de cette appellation. Au contraire, j'appréciais. Mais Nicolas serait plus simple. En espérant qu'elle aurait l'intelligence de ne pas me nommer auprès des siens qui risquaient de ne pas apprécier que je tourne autour de leur petite protégée, même si c'était sans aucune mauvaise intention. Les loups avaient tendance à être chatouilleux à ce sujet. Pour ne pas dire stupides. Mais si Savannah était une innocente, elle n'avait pas sa langue dans sa poche et sa tristesse se muait en colère, lui donnant le courage de me demander des comptes. Une audace qui aurait aussi bien pu précipiter son trépas. Pourtant, pas à un seul moment je ne vis cela comme une provocation. Ce n'était qu'une orpheline qui avait besoin de réponses. Que je ne pouvais lui fournir. En revanche, je pouvais lui faire une promesse. Si cela pouvait apaiser ses tourments... Et tenter de la réconforter. J'avais de l'expérience concernant les deuils, malheureusement. Sa question m'arracha un sourire... Mon âge.

« Beaucoup trop. Désolé Savannah, c'est là une information qui n'est déjà pas connue de tous les vampires. J'ai quelques siècles au compteur, sans pour autant être aussi âgé que la reine. »

Cela lui donnait une vague idée, sans pour autant en dévoiler trop. Je n'étais pas un jeune vampire de quelques dizaines d'années. Ni même de cent ans. Assez vieux pour être puissant et dangereux. Néanmoins, peu savaient de quelle époque j'étais issue... Krystel, Morgane, Scylla... Voilà tout. Je tenais à conserver mon passé le plus secret possible. Ainsi que mon âge, mon éducation et tout ce qui aurait pu avantager n'importe qui sur moi. Et même si j'ai une certaine affection pour elle, je ne peux courir ce risque. Moins elle en sait, mieux cela vaut tout simplement. Et sa naïveté a même quelque chose de désespérant alors qu'elle m'apprend être venue seule, et en douce. Rien que ça. Personne pour venir la chercher... Tellement dangereux.

« Tu as déjà perdu ta famille ? »

Là, j'étais surpris. Réellement. Et c'était une vraie question. Isadora était sa mère mais... Qui avait-elle déjà perdu auparavant ? Elle était trop jeune pour avoir connu tant de tragédies... La vie ne l'avait pas épargnée. J'espérais pourtant qu'elle saurait en faire une force et ne pas se perdre en route, il serait dommage qu'une telle flamme ne s'éteigne. Je souris quand elle me corrigea en me rappelant qu'elle était majeure et n'avait pas besoin de tuteur.

« Oh pardon. »

Et je profite de cette conversation pour tâter le terrain concernant le fameux Malcom. Capturé par Scylla, drogué, enfermé... Qui s'était échappé pour mieux venir ensuite chercher sa drogue auprès de son bourreau. Dont l'odeur était chez moi. Et voilà que je l'avais délivré de son emprise à elle en lui donnant mon sang. Je n'en était franchement pas fier et n'avais pas envie que cet incident ne s'ébruite. Ce qui ne semblait pas être le cas pour le moment.

« Non, on ne dirait pas. »

On ne pouvait pas vraiment dire qu'il se soit montré cool lors de notre première rencontre. Ni la seconde d'ailleurs. Trop nerveux. Je m'étais montré civilisé pourtant, si on oubliait le léger dérapage en le mordant... Sa faute s'il sentait si bon et venait me surprendre au saut du lit aussi. C'était une agression d'entrer chez moi ainsi, ni plus ni moins. Enfin vues ses déconvenues avec les vampires, pas étonnant qu'il ne nous porte pas dans son cœur. Moi, encore moins qu'un autre. Il deviendrait fou s'il savait que j'étais en compagnie de sa petite protégée. Bien que le fait que je ne l'ai pas vidé de son sang et l'ai fait emmener à l'hôpital ensuite indiquait clairement que je n'étais pas incontrôlable. Seulement je doutais qu'il pense ainsi.

« Oh non, je crains que toute collaboration entre nos deux races ne soit vouée à l'échec. Il est temps d'arrêter les frais. Et te mettre au milieu n'est sans doute pas l'idée du siècle. »

Ce n'était pas un manque de confiance en ses capacités, mais mieux valait qu'elle reste en dehors de tout cela. Elle ne pouvait pas concilier nos deux races. Nous avions essayé. Nous avions échoué. Et il valait mieux qu'elle reste irréprochable aux yeux des survivants. Si ils apprenaient qu'elle s'acoquinait avec un vampire... Elle en avait assez bavé. La preuve en était que si ses parents avaient su que j'étais dans son jardin l'autre nuit, ils m'auraient traqué.

« Désagréable... On va dire ça. Elle n'était pas ravie d'être là et ça se voyait, c'est tout. »

Je soupirais, le regard dans le vague.

« Oui, c'était le mieux à faire... Mais est-ce que cela suffit pour construire quelque chose ? Apparemment pas. »

Février... Je réprimais ma colère en songeant à ces événements, à la façon dont j'avais été... possédé, dépouillé de toute lucidité, de toute volonté... j'avais attaqué ma reine. Jana était morte... Je fermais les yeux, chassant ces pensées avant de revenir à Savannah et sa peur de rentrer chez elle, la rassurant et l'accompagnant jusqu'à la porte. Sa façon de me demander comment procéder pour me laisser entre m'amusa. Amusement qui disparut quand elle me demanda si je la suivais.

« Oui. »

J'avais murmuré aussi, restant derrière elle et lui laissant le temps. Ma nature m'avait rendu patient. Je fermais un instant les yeux devant le soudain afflux de lumière quand elle appuya sur l'interrupteur, observant l'entrée, avant de me figer quand elle attrapa mon pull, inconsciemment. Il était tellement étrange qu'une jeune fille fragile ne tremble pas de peur en connaissant ma nature et se comporte si... naturellement avec moi. Et elle continua en prenant ma main pour me faire entrer plus avant, cherchant du courage alors qu'elle avait envie de fuir devant les souvenirs qui l'assaillaient violemment. Je jetais un regard à la photo qu'elle tenait. Une famille heureuse et unie. Il ne restait qu'elle.

« Au moins, il te reste des photos pour te souvenir de leurs visages... »

Je n'avais pas eu cette chance et avec les siècles, les traits s'estompaient, se faisaient moins précis... Tout se brouillait et je n'y pouvais rien. Mais oui ce n'étaient que des enfants innocents... Je refoulais mes propres souvenirs. Ce n'était vraiment pas le moment. Et soudain, Savannah se retrouve dans mes bras, à sangloter. D'abord immobile, je finis par passer une main dans son dos, la laissant pleurer sans éprouver la moindre impatience. En fait, ce contact était même... agréable. Si on oubliait sa tristesse qui me percutait de plein fouet évidemment. Mais c'était délicieusement normal. Elle se fichait de ma nature, ne tremblait pas de peur. Ce qu'elle remarqua elle aussi, trouvant tout cela ridicule.

« Cela ne manque pas d'ironie en effet... Tu devrais sans doute suivre son conseil et ne faire confiance à personne mais... ce n'est pas dans ta nature. Et la paranoïa n'est pas une vie. »

J'avais parlé d'une voix douce, glissant une main dan ses cheveux d'ébène alors qu'elle s'écartait, ayant repris contenance. De nouveau, sa main si chaude se glissa dans la mienne. Il me semblait que j'étais avide de cette chaleur. Du fait qu'elle soit vivante tout simplement. Je la suis à l'étage avant de découvrir sa chambre. Mon regard se posa sur le violon, immédiatement. Je m'en approchais, l'effleurant à peine du bout des doigts et lui jetais un regard interrogateur :

« Je peux ? »

C'était là la moindre des politesses, on ne s'emparait pas d'un instrument sans demander la permission avant. Je savais détester cela personnellement.
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Sam 4 Juin - 15:34

Je cligne des yeux. Ah j’ai dit ça ? Bon, ça a pas l’air de l’énerver, donc ça va. Vu qu’il sourit, non, ça a l’air de l’amuser un peu. Tant mieux. Je hausse doucement les épaules.

« C’était mieux que le vampire qui trainait dans le coin… » Ah ‘MON’ … Je grimace un peu. « Et oui… Mon… enfin… parce que vous…. Avez atterri chez moi… alors…c’était pas euh… plus facile que de dire euh…
Bref, Nicolas, c’est très bien. Si ça ne vous gêne pas, moi je préfère. »


Bon, d’accord, je m’enfonce là non ? Oui, sans aucun doute. On va se taire alors, ou changer de sujet, c’est une bonne idée ça. Même si oui, c’était cool de pouvoir l’appeler par son prénom et pas par un sobriquet ou un truc genre Général. Bref. Mais pourtant, en tant que Général… Il doit avoir accès à pas mal de trucs non ? De renseignements, de données, de pistes ? Non ? Logiquement. Et il me promet. Alors… oui, je sais. Je ne devrais surtout pas le croire, encore moins avoir confiance. Mais… c’est pourtant le cas. C’est peut-être idiot. Mais je sais… Comme pour Malcom… Malgré tout ce qu’il a pu faire avant, je m’en fiche. J’ai confiance, je l’adore et voilà. Bah Nicolas, c’est pareil. Oui, non, je l’adore pas. Et j’ai pas autant confiance. Mais Malcom, je le connais plus et puis il faisait partie de la Meute. Mais bref. Tout ça pour dire, que oui, je le crois quand il dit qu’il me préviendra s’il a une piste, quelqu’un, quelque chose. Je veux juste… me raccrocher… enfin… savoir que les coupables… ça fera moins mal vous croyez ? Non, je pense pas non plus. Mais ça m’aide pour le moment.
Je le fixe, avant de cligner des yeux. Oh merde. Sérieux ? Oui, bon, ok, il est Général, quoique ce soit exactement chez les vampires… faudra que je me renseigne tiens d’ailleurs. Mais… quelques siècles ? Et la reine, elle avait quel âge ? Oui, en soi, je m’en fous, c’est juste pour savoir pour lui…

« Oh. Je savais pas. Que c’était un secret.» Je reste à le regarder et esquisse un sourire. « Sans eau courante ? Sans électricité ? Sans machine à vapeur ? » Je stoppe une seconde et reprends, les yeux un peu écarquillés. « Avant l’invention du violon ? » Oui, m’sieurs, dames, je connais la date de l’invention du violon. Et je baisse les yeux et fais une moue désolée. « Pardon… j’arrête. »

Oui, bon, si c’est une information secrète, il va peut-être en avoir marre, donc on va arrêter avant. Ouais, bonne idée. Mais si ça se trouve, quand il est né, y avait pas de violons… l’horreur… Bon soit dit en passant, il n’y avait ni télé, ni ordi, ni téléphone non plus, ça devait déjà être glauque même sans ça… Oui, mais je peux me passer de télé et d’ordi et du reste… oui, enfin, tu peux pas regretter quelque chose que tu n’as jamais connu… Concentres-toi. Un peu, pas trop. Si c’est trop, c’est… oui, ça fait mal. Horriblement. Beaucoup trop pour que je songe à essayer de me relever. Quand bien même je parviens maintenant à parler, le reste est toujours aussi lourd, et douloureux, et insupportable.
Et à nouveau, je le regarde en clignant des yeux, comme une biche prise dans les phares d’une voiture.

« Oh, euh… J'ai vécu un peu avec mon père à un moment et je… et sa femme. Anton et Clayton… Mes… Mes petits frères. Il y a… 4 ans. Dans un incendie. Je… j’étais chez une amie ce soir-là et… et… »

Je fronce les sourcils et déglutis. Et ça fait encore mal. Et j’ai perdu Niahm et Kean. Et Hayden. Et maman. Aussi. Encore. Toujours. Comment voulez-vous… Non, tu ne vas pas pleurer. Non, tu es plus forte que ça. Elle le dit dans sa lettre non ? Oui. Tout comme elle dit de ne faire confiance à personne. Et de se méfier de tout le monde. En particulier des vampires. Oui. Je euh… Du coup, je… sais pas.

Changes de sujet. Un peu, dévies. Sujet plus abordable. Un peu. J’esquisse un sourire alors qu’il confirme l’impression que laisse Malcom. Bah, dans le fond, moi, je sais bien. Qu’il est super gentil quand il le veut. A sa façon maladroite. Certes, c’est pas souvent, et pas avec beaucoup de personnes. Mais ça me va.
Et je comprends, pour de vrai, que Nicolas ne veuille plus tenter d’alliance ou dans le genre avec les loups. Mais… pourtant… je baisse les yeux, hochant lentement la tête.

« Si vous le dites. Pourtant… avec un genre euh d’arbitre, d’intermédiaire neutre… ça aurait peut-être plus de chance et euh… »

Même s’ils n’étaient pas enchantés, c’est ce que veulent… voulaient les parents, non ? C’était pas ce que voulait ceux qui avaient fait tout ça ? Ceux qui m’avaient tout pris ? C’était pas pour anéantir cette alliance ? Peut-être juste pour la Meute, sans eux, elle… ça changeait quelque chose, le pourquoi du comment ? Oui. Sans aucun doute.
J’ai un sourire alors que je le regarde.

« Merci. De ne pas en rajouter. Elle… »

Je secoue la tête, alors que déjà j’ai les larmes aux yeux pour quelques mots. Non, pas parler d’elle. Surtout pas de maman.

« Et si c’est toujours le mieux ? Et si il fallait juste un peu plus d’efforts, de… euh… je sais pas…. Je… Faut pas que ça ait servi à rien. Faut pas que… ça soit juste démoli… Je… »

Je dois faire quelque chose non ? Ça peut pas juste être arrêté comme ça. Je… Laisse tomber. Et puis, t’as plus important à gérer là, non ? Genre entrer. Réussir à entrer. Ne pas t’écrouler. Oui, ça, ça va être plus compliqué. Surtout que plus je m’approche, plus c’est difficile. Et j’ai beau essayer, c’est tellement… partout que je peux pas. Alors je prends appui où je peux, sur qui je peux. Et lui, il est là. Silencieux et présent. Et il pourrait me rabrouer ou j’en sais rien, malgré tout ça. C’est vrai quoi, c’est pas un doudou. Mais il n’en fait rien. Et me laisses me raccrocher un peu à lui. Et je ne le lâche pas en avançant, comme un point d’ancrage. Je me fige une seconde, avant de le regarder et de souffler, les yeux un peu écarquillés, alors que mes doigts vont fugacement lui frôler la joue.

« Je suis désolée. »

Désolée de l’entraîner là-dedans. De lui en demander tant. De lui rappeler sans doute de mauvais souvenirs. Qu’il n’ait pas de photos des siens… parce que c’est ça non ? Entre autre. Je serre sa main plus fort. Pour lui comme pour moi. Ou plus pour moi, je sais pas trop. Mais c’est trop. Trop pour moi. Et je craque. Et je me retrouve à pleurer contre lui. Et si j’étais en état de penser correctement, je me dirais que pleurer dans les bras d’un vampire, c’est non seulement un peu louche, mais que ça risque de le saouler non ? Pourtant, non, il finit par me serrer un peu contre lui, sans rien dire, sans rien faire de plus. Alors je continue de pleurer. Un peu. J’essaie de me reprendre. Un peu. Et je finis par parvenir à me calmer, du moins à ne plus pleurer. A parler même. J’ai la lèvre qui tremble mais j’acquiesce alors que sa main passe dans mes cheveux.

« Et j’ai raison, pas vrai ? De vous faire confiance. Vous n’êtes pas méchant. Pas avec moi. C’est comme Malcom. »

Je sais pas trop si je lui parle à lui ou pas. Non, je crois que c’était une question rhétorique. Ce n’est pas dans ma nature. Sans doute. Je sais pas trop si c’est une force ou une horrible faiblesse. Disons une force pour le moment. Je m’empare à nouveau de sa main sans même y réfléchir, et je l’entraine à ma suite jusque dans ma chambre. Et là, je stoppe enfin. Sans m’écrouler à nouveau. Pour le moment. Je le regarde, alors qu’il avance lentement vers mon violon. Je le dévisage une seconde. Et me dirige vers mon lit ou je m’assois en tailleur sans le quitte des yeux. Je hoche la tête, prenant mon coussin pour le serrer contre moi.

« Bien sûr, je vous en prie. »

Et j’esquisse même un sourire. Oui, ça c’est une bonne idée. Une très bonne idée même. Si je me perds dans la musique, j'oublierais tout non ? Au moins quelques instants…
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Mar 28 Juin - 21:53

C'était presque mignon de la voir bredouiller pour tenter d'expliquer ses paroles. Heureusement, je n'étais aucunement en colère contre elle. J'étais d'humeur indulgente ce soir. De bonne humeur en fait, depuis que j'avais croisé le chemin de ce petit prodige du violon. Elle était une parenthèse bienvenue dans un quotidien plus que stressant et tendu ces derniers temps. Scylla n'était pas disponible pour me détendre malheureusement. Sa mission était plus importante que mon bien être. Et il y avait cette innocence chez Savannah qui était un souffle d'air frais. Même si ce soir, c'était sa tristesse qui primait et que je me retrouvais à accueillir son chagrin. Je souris simplement quand elle conclue qu'elle préférait donc m'appeler par mon prénom.

Vinrent ensuite les questions, inévitables, concernant le drame qui l'avait frappée et avait chamboulé le monde lycanthropique. Je ne pouvais malheureusement pas promettre que ce n'était pas là l’œuvre d'un vampire. Je pouvais simplement lui assurer que ce n'était pas la mienne, ni celle de ma reine. Les dissidences étaient nombreuses au sein de notre régime. Les points de vue sur la façon dont nous devions évoluer parmi les humains s'affrontaient depuis de nombreuses années. Pourtant, Savannah semblait encline à me croire. Je ne lui offrais rien d'autre que ma parole. C'était bien maigre, mais la jeune femme n'était pas du genre méfiante. Cela lui jouerait sans doute des tours et je plaignais les personnes qui l'entouraient et devaient se faire des cheveux blancs la concernant.

Au fil de la discussion, je fus amusé par son insatiable curiosité et sa franchise. J'étais un mystère pour elle. Et elle s'enhardissait au fil des questions. Sans aucune limite que celles que je pourrais lui imposer. Je me montrais aimable dans ma réponse concernant mon âge, mais n'y répondis pourtant pas. Elle n'était sans doute pas un danger, mais moins elle en savait, mieux cela vaudrait de toutes façons. Et qu'est-ce que cette information pouvait lui apporter de toutes façons ? Je devinais que pour les simples humains, ce concept de longévité avait quelque chose de fascinant. A tort selon moi. C'était long de traverser plusieurs vies humaines en demeurant immuable. Je hochais la tête alors qu'elle énumérait toutes les choses que je n'avais pas connues en étant humain. Et davantage encore. Un sourire plus prononcé répondit à sa question concernant ma naissance antérieure à l'invention du violon.

« Bien tenté petite futée. »

Pourtant, je lui concédais au moins cette réponse là :

« Mais oui, en effet, j'ai connu d'autres instruments avant de tomber sous le charme du violon et surtout d'un stradivarius. »

La jeune fille se modéra elle-même avec une petite moue contrite. Cela devait être difficile pour elle de s'imaginer la vie à une époque où toute cette technologie n'existait pas, une absence de confort moderne qui pouvait horrifier ceux qui n'avaient connu que cela. Je ne crachais pas sur les avancées de l'humanité, loin de là, mais il m'arrivait d'être nostalgique de l'époque qui m'avait vu naître. Même si c'étaient des temps difficiles. Les gens mourraient jeunes, parce que les médecins étaient encore des incapables avec de vieilles croyances qui précipitaient souvent la mort de leurs patients.

« Ce n'était pas si terrible, tu sais. Même si cela peut sembler l'horreur à une jeune fille moderne. »

Après avoir parlé de moi, nous parlâmes d'elle. Je m'étonnais de ses propos et elle m'expliqua alors les particularités de sa famille. Et je m'étonnais alors qu'elle ai déjà perdu toute une famille y a 4 ans de cela. Ma surprise dut se lire un instant dans mon regard, je ne cherchais pas à la masquer après tout. Si jeune et déjà tant de fois endeuillée. Elle avait perdu une première fois son père, sa femme et ses frères et elle perdait sa mère, son mari et ses frères. Encore... Je ne dis pourtant rien, me contentant de hocher la tête gravement. Il n'y avait rien à dire et les mots auraient sonné creux. Ce sujet mourut de lui-même, remplacer par un autre, plus intéressant de mon point de vue. Malcom. Mon fameux métamoprhe drogué au sang de vampire et venu en chercher chez moi, totalement en manque. Qui avait bien failli finir en repas pour vampire à la Lune Bleue, son odeur alléchante le mettant en péril. Je ne pouvais pas dire à Savannah la nature de notre relation, si tant est que l'on puisse appeler cela ainsi, mais lui livrais mes impressions à son sujet... Comme le fait qu'une alliance avec les loups n'était plus envisageable. Les métamorphes et les loups survivants soupçonnaient trop fortement les vampires de toutes façons. Il n'y avait plus rien à entreprendre de ce côté là.

« J'en doute. »

Cela avait été une entreprise nécessaire mais qui ne plaisait pas à grand monde. La lupa en personne avait clairement montré qu'elle nous méprisait. Je n'étais pas prêt d'oublier notre petit échange avant qu'elle ne disparaisse, même si je me montrais laconique à ce sujet face à sa fille. Un reste de décence sans doute. Et il n'y avait rien de glorieux à taper sur le dos des morts.

« Il faudrait déjà que la Meute se reforme, qu'un alpha, un Ulfrik reprenne les rênes. Cela risque de prendre du temps. Une alliance avec quelques membres épars ne servira à rien de toutes façons. »

Je tempérais mon opinion à ce sujet même si je ne pensais pas qu'il y aurait de nouveau une tentative entre loups et vampires... Elle prit appui sur moi pendant un petit moment et je la laissais faire patiemment. Elle retrouva son courage et entra alors que je l'y aidais doucement, avisant la décoration de la maison, ainsi que les photos, ce qui attira des excuses de la part de Savannah. Je secouais doucement la tête.

« Il n'y a pas à l'être. Tu te rappelles ? La photo n'existait pas à mon époque. »

J'avais adopté un ton moins sombre et plus malicieux. Pas besoin d'alourdir sa peine avec mes propres regrets. Je sentis sa poigne se raffermir sur la mienne et continuais de la suivre tout en détaillant l'intérieur du regard. Je reportais mon attention sur la petite humaine qui combattait ses souvenirs et finit par rendre les armes en pleurant dans mes bras. Sensation étrange que d'être le protecteur d'une demoiselle vulnérable, d'une race qui avait tendance à ne jamais baisser ses garde en ma présence et à me considérer avec circonspection... Cela ranima quelques sentiments oubliés en moi et je restais là à la bercer doucement en attendant que les larmes se tarissent. Sa mère lui avait intimé de ne faire confiance à personne et elle pleurait dans les bras d'un vampire. Un vampire puissant. Effectivement, cela ne manquait pas d'ironie.

« Je ne sais pas si tu as raison de me faire confiance. Mais non, je ne suis pas... méchant. »

Ce choix de terme m'amusait. C'était quelque peu simpliste. Mais je ne me considérais effectivement pas comme quelqu'un de mauvais. Je faisais ce que je devais faire, tout simplement. Mais je n'aimais pas faire le mal pour faire le mal. Pas comme les semi-démons. Sans doute que sa conception de méchanceté n'était pas tout à fait la même que la mienne.

« Je peux juste t'assurer que je n'ai aucune intention de te faire du mal Savannah Valentyne. »

Cette déclaration avait quelque chose de solennel. Cela dut lui suffire alors qu'elle reprenait son exploration, jusqu'à l'étage. Jusqu'à sa chambre. Après avoir parcouru la pièce du regard, j'avisais le violon. Il m'attira comme un aimant. Je n'avais pas les mots pour réconforter ce cœur blessé. Me restait la musique pour suspendre la course du temps... Je lui demandais la permission, qu'elle m'accorda et m'emparais avec délicatesse du violon. Je le testais avant de finalement jouer pour de bon, sans réfléchir. Je n'en avais pas besoin. Il y avait bien longtemps qu'il n'y avait plus rien de scolaire dans ma façon de jouer. J'avais une excellente mémoire, une dextérité qu'aucun humain n'aurait jamais et une sensibilité accrue depuis ma transformation en vampire. Les notes s'envolèrent, envahissant l'espace confiné de la chambre. Il n'y avait rien à comprendre ou analyser. Juste écouter et ressentir. Durant quelques minutes de grâce.
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Dim 17 Juil - 16:25

Je sais pas trop comment j’ai fait pour en arriver là. Ou pour qu’on en arrive là. A parler de son prénom, de son âge, de ce qu’il fait. Peut-être que c’est plus facile de lui parler, parce que je le connais pas. Ou parce qu’il a dû connaître lui-même beaucoup de drames. Ou parce qu’il me promet de me tenir informée s’il découvrait quelque chose. Ou parce qu’on parle de tout et n’importe quoi. Sans doute un peu de tout ça. Et j’aime bien parler avec lui, il me donne pas trop l’impression d’être un truc sur le point de se casser, même si je dois être bien plus fragile à ses yeux que pour Lexie ou Malcom.
C’est bizarre non ? D’être… aussi à l’aise avec lui. Ouais, carrément, surtout avec la lettre de maman que je tiens à la main et qui devrait plutôt me faire m’éloigner de lui. Mais elle n’est plus là. Elle m’a laissé. Alors elle… Et puis, il m’a toujours pas tué, c’est plutôt un bon point non ? Si ça avait été le but, j’aurais même pas eu le temps de l’entendre venir. Ils ne sont pas tous mauvais. C’est juste… compliqué, surtout entre les Loups et les vampires. Mais moi, je… ne suis pas eux. Je suis personne moi. alors je peux bien parler avec lui non ? Même si je sais que ça ne va pas plaire à Malcom quand il le saura. Et il le saura non ? Il le sentira sans doute. Mais je m’en fous, j’aviserai plus tard.

Je le fixe une seconde une seconde, avant de détourner les yeux. Sérieux ? Ça fait quoi, au moins 450 ans non ? Oui, enfin, après, il a dit qu’il avait connu d’autres instruments, ça veut pas dire que… Bah si, un peu quand même. Pis il a un rôle important non, c’est logique qu’il soit âgé… Mais sérieux, plus de 4 siècles ? Je grimace un peu, avant d’esquisser un léger sourire.

« Oh, je n’ai pas dit que… Oui, bon, ça me parait terrible. Parce que j’ai toujours connu tout ça et… » Je le regarde. « C’est pas trop dur ? De s’habituer aux changements ? »

Et s’il m’est facile de parler de lui, même si je sais que je flirte avec des limites peut-être dangereuses, parler de moi est bien plus délicat. J’avais fait mon deuil pourtant de mon père, de Melisa et des petits. Mais revivre encore une pareille horreur ravivait beaucoup trop tout le reste. Et c’était maman. Ça fait de moi quelqu’un de mauvais si je pense que la… mort de maman est beaucoup plus dure à vivre, à endurer que celle de papa ? Je sais pas trop, mais c’est pourtant ce que je ressens. C’est horrible hein ? Et je m’en veux d’oser me dire… Mais c’était maman. Et s’il semble surpris un instant d’apprendre que j’ai déjà perdu nombre de gens que j’aimais, il ne dit rien. Et j’aime autant. Ça n’aurait servi à rien, ça n’aurait fait qu’alourdir ma peine et… c’est bien comme ça.
Parler d’autres choses, c’est mieux. De la Meute pourquoi pas. Bon, d’accord, plus d’alliance entre les deux. Je fronce les sourcils. Parce que ça voulait dire que tous les efforts réalisés étaient balayés et que ce qui avait été entrepris avec Hayden ne voulait plus rien dire. Mais c’était important pourtant non ? Et je tique quand il reprend la parole. Et mon cœur se serre douloureusement. Oui, il faudrait sans doute un autre Ulfric. Pas Hayden. Un autre… Et l’image de James vient légèrement effleurer la surface. Oui, lui pourrait. Mais… ce n’est pas Hayden. Je finis par hoche la tête.

« Oui, vous avez raison. Il faut que la Meute se remette debout avant de pouvoir envisager quelque chose. »

Et puis, ce ne serait pas comme si j’aurais le moindre poids dans quoique ce soit la concernant de toute manière. Autant ne pas trop s’appesantir là-dessus non plus. Toute façon quel que soit le sujet, tout me fera penser à eux. Surtout maintenant que je suis entrée dans la maison. Que nous sommes entrés. Et sur sa présence non plus, je ne m’étendrais pas, parce que maman aurait hurlé avant même que j’y songe.
Je me contente d’acquiescer lentement quand il répond à mes excuses sans doute déplacées, jetant un coup d’œil à la photo, alors que je sens déjà les larmes s’emparer de ma gorge. Et je me finis par me laisser aller quelques instants contre lui, oubliant presque à qui j’ai à faire. Mais il ne me repousse pas, au contraire, se montre plus… doux que je ne l’aurais pensé, me berçant doucement en attendant que je me calme. J’inspire profondément, forçant les larmes à cesser, reprenant ma respiration et essayant de me calmer tout court. Je souris un peu et hoche la tête contre lui, murmurant entre deux respirations.

« Je vous crois. Et qu’importe si j’ai raison ou non, c’est comme ça… » Je relève un peu la tête pour le regarder. « Je sais que j’ai raison. Et c’est gentil. »

De ne pas me mentir. D’être là. De me laisser être totalement idiote. De pas me vouloir de mal ouais aussi accessoirement.
Et je m’écarte de lui, plus ou moins assurée, reprenant ma route jusqu’à ma chambre. Je m’installe sur mon lit, alors que je le laisse s’emparer de mon violon et qu’il commence à jouer. Quoique… Jouer n’est pas le terme approprié. Moi je joue. Lui… c’est simplement… J’ai pas vraiment de mot pour le décrire. Je reste à le regarder, les yeux légèrement écarquillés, alors que la musique prend tout son sens et devient encore plus belle que tout ce que j’ai jamais entendu. Il m’arrive d’être ensorcelée par une musique, par un musicien hors norme, mais là… J’étais plus hypnotisée et fascinée que s’il avait cherché à le faire volontairement.
Je ne sais combien de temps il a joué. Je ne sais même pas quand il s’est arrêté. Je reste à le fixer, osant à peine respirer de peur de rompre le charme ainsi créé. Et je me rends compte distraitement que je souris, d’un sourire que je n’ai pas eu depuis des jours. Mais qu’est-ce que vous voulez que je dise après ça ?
J’ouvre la bouche, mais rien ne sort, parce que je sais vraiment pas quoi dire.

« Merci. »

Soufflé dans un murmure à peine audible qu’il entendra malgré tout sans peine je sais. Parce que c’était tout simplement incroyable. Parce que j’en ai encore des frissons. Parce qu’il a juste joué pour moi sans se préoccuper du reste. J’ai le droit de dire encore ? Non, peut-être pas non plus, faut pas pousser. Je déglutis, tout en me disant que je vais plus oser jouer tellement je me sens grossière comparée à lui. Non, commence pas, ça n’a rien à voir. Et voilà, je sais plus quoi dire. Quoiqu’en ce moment, c’est moins étonnant qu’avant, que je ne parle pas beaucoup. Mais là, c’est juste… si tu tends l’oreille, tu entends encore les notes résonner.

… Et mon téléphone vibre. Je fronce les sourcils, et encore heureux qu’il joue plus, je l’aurais balancé par la fenêtre sans réfléchir sinon. Ah, Malcom… Merde.



Dernière édition par Savannah Valentyne le Sam 6 Aoû - 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Sam 30 Juil - 12:28

Cette petite était intelligente. Candide, mais intelligente. Et cultivée. Du moins, en ce qui concernait la musique. Je pus presque voir les rouages de son cerveau se mettre en branle pour effectuer un rapide calcul de mon âge, alors qu'elle ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes. Ce n'était sans doute pas tous les jours qu'on se retrouvait à discuter avec un vampire de presque cinq siècles. Les plus anciens semblaient intouchables. Cela n'avait jamais été mon cas. Du moins, j'essayais de ne pas me retrancher derrière tous ces siècles qui me séparaient de l'époque actuelle. Quand bien même ces centaines d'années ne pouvaient être effacées de mon regard qui en avait trop vu. Sa question concernant mon adaptation me fit légèrement sourire. Je haussais les épaules, avec un petit air désinvolte :

« Au début. Et puis on comprend vite qu'il faut s'y faire ou tomber dans l'oubli. Le plus difficile a pourtant été récemment. Avec le développement de toute cette technologie... Ordinateurs, téléphone, internet. Cela s'est développé très rapidement, comparé à tout ce qui a précédé. Mais certains vieux vampires s'en accommodent parfaitement. »

Comme Scylla, par exemple, qui en faisait son fond de commerce.

« L'humanité a des ressources insoupçonnées... »

Et de brillants cerveaux. Capables du pire, comme du meilleur. Et c'était bien pour cela qu'il ne fallait pas sous estimer les humains. Une erreur que beaucoup commettaient encore. J'avais vu une partie de cette évolution, je m'étais émerveillée de certaines découvertes et inventions. Et j'en avais conclu que le pire ennemi des humains était ses semblables. Ils n'avaient pas besoin de vampires, de loups, ou de démons pour se détruire... Au fil de la discussion, j'appris quels deuils émaillaient déjà sa jeune existence. Elle était orpheline. Elle les avait tous perdu, en deux vagues semblables à des raz de marée. C'était brutal. Un incendie, un attentat. Et plus rien. Et pourtant, cette douce jeune fille de 16 ans restait debout. Elle ne semblait pas dépressive. Triste, effondrée, naturellement. Mais elle ne sombrait pas dans la mélancolie. Si fragile et pourtant si forte. Je n'ajoutais rien au sujet de ces deuils, parce qu'il n'y avait rien à dire.

Nous revînmes sur un sujet plus neutre. La Meute. Une alliance entre loups et vampires n'était plus d'actualité. Nous allions chercher de notre côté le ou les responsables de ces morts, comme la Meute le ferait et il serait puni. Mais nos objectifs communs s'arrêtaient là. Nous avions un pouvoir à consolider. Eux avaient tout à reconstruire. Cela prendrait du temps. Encore fallait-il qu'un loup avec une âme de chef se démarque des autres. Et s'impose. Je ne voulais pas anéantir ses espoirs, mais je me devais d'être honnête à ce sujet également. Et elle sembla abonder dans mon sens. C'était étrange de voir cette jeune fille se confier à moi et s'abandonner ainsi. Comme si je n'étais pas un dangereux prédateur qui pouvait la vider de son sang en un instant. Non au lieu de cela, elle me parlait et venait même chercher du réconfort dans mes bras. Une chose qui n'était plus arrivée depuis bien longtemps. Pas avec une humaine. Je lui accordais donc ce qu'elle recherchait, conscient du fait que mon odeur allait l'envelopper. Je soupirais intérieurement. Tant pis. Je n'avais rien à me reprocher, mais des loups et métamorphes aux esprits échauffés par le besoin de vengeance risquaient de ne pas du tout apprécier.

« Ne l'ébruite pas trop, j'ai une réputation à conserver. »

Je lui adressais un clin d’œil de connivence. Si on commençait à dire que le général des armées de la reine était gentil, où allait le monde, hum ? J'espérais lui arracher un petit sourire, une étincelle de vie. Je la suivis ensuite jusque dans sa chambre. Et mu par une impulsion, mon instinct, je me saisis de son violon, non sans lui avoir demandé l'autorisation avant et me mis à jouer. C'était le meilleur moyen que je connaissais pour atténuer la peine. La mienne en tous les cas. Et quelque chose me soufflait que Savannah y serait sensible. Parce qu'elle était musicienne et sensible. Parce qu'elle se rendrait rapidement compte du cadeau que je lui faisais, plus sincère et juste que n'importe quelles paroles. Je nous enveloppais dans cette bulle de musique envoûtante. Pendant quelques minutes. Avant que le silence ne retombe et que je la regarde, ne manquant pas son air émerveillé et ce joli sourire à ses lèvres.

« De rien. Cela faisait une éternité que je n'avais pas joué devant un public... »

Hormis Scylla. Mais cela ne comptait pas. Elle me connaissait par cœur, connaissait mes qualités, mes défauts, mes aspirations, mes dons. Mais cela faisait bien des décennies, voire des siècles, que je n'avais pas joué ainsi devant une tierce personne. J'espérais qu'elle comprendrait que je venais de lui livrer un secret précieux me concernant par ce simple aveu et qu'elle saurait en prendre soin, quand bien même il ne me nuirait pas forcément une fois éventé. Et un discret bourdonnement rompit le charme. Je reposais le violon et l'archet et la regardais avec curiosité.

« On dirait que quelqu'un a remarqué ta petite escapade... Des ennuis en perspective ? »
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Ven 12 Aoû - 19:15

Une partie, infime partie, savait qu’un jour cette curiosité et cette franchise, dont je faisais trop souvent preuve, allaient me jouer des tours. Pourtant, avec lui, je savais que ça ne serait pas le cas. Enfin, pas aujourd’hui au moins. Et peut-être jamais si je faisais un minimum attention, pas vrai ? Je le regarde alors qu’il parle de lui et de tous ces changements. Je penche la tête sur le côté tout en réfléchissant. C’était le principe de base de l’évolution ça non ? S’adapter ou disparaître ? Mais en soi, les vampires étaient trop… forts pour réellement pouvoir tomber ainsi dans l’oubli non ? Je hoche la tête. C’est vrai que le dernier siècle avait eu plus d’avancées que… bah que vachement plus de siècles précédents.

« Oui, je comprends. Je sais pas si je pourrais me faire à tant de changements… enfin, de modifications de façons de faire, d’interagir, de… tout. Mais c’est cool si vous y arrivez. Enfin, je veux dire, tant mieux. »

Constructif et tout ce que je dis oui. Et je suis pas persuadée que beaucoup de personnes trouvent ça réellement bien que les vampires parviennent à s’adapter… Et je pars dans des délires toute seule sur les vampires. Tout va bien. Normal. Oui, c’est plus facile de penser et de parler de ce genre de chose, à n’importe quoi en fait, que de penser à moi… A ce que j’avais, à ce que j’ai perdu… Et à ce que ça implique. Parce que ça, j’y arrive pas. Pas sans m’effondrer.
Alors on parle de tout et de rien. De la Meute entre autre. Et si je comprends qu’il faut effectivement que la Meute se rétablisse et se soigne… sans Ulfric et sans Lupa… je peux pas m’empêcher d’être en colère… Parce que même si maman n’était pas ravie, ils avaient quand même beaucoup travaillés sur cette alliance… et là… Tout avait été soufflé et personne ne voulait essayer de reconstruire… C’était pas juste… Mais rien de tout ça n’est juste.

Et j’ai beau essayer, je finis par craquer. Ce qui pourrait être drôle en d’autres circonstances, vu que je le fais auprès d’un vampire vieux de plusieurs siècles, mais en vrai, perso, je m’en fous. Le pire étant sans doute qu’il cherche à m’apaiser. Enfin, non, ça c’est cool, et tant pis pour ceux à qui ça ne plaira pas. Bon, d’accord, je vais en entendre parler, n’empêche que j’en avais besoin et qu’il parvient à me calmer.
Je lui souris alors qu’il me demande de garder ce fait pour moi. Genre j’allais aller gueuler sur les toits que je m’étais réfugiée dans les bras du général des vampires et qu’il m’avait consolé. Les gens me regardaient déjà avec pitié et tristesse, si on rajoutait soit la peur, soit le dégoût, j’aurais le combo. Parce que venant des Loups, j’aurais rarement autre chose. Peur que je devienne folle ou qu’il en profite pour me manipuler au choix.

« C’est promis, je dirais rien. »

Ou juste à… non, Lexie allait flipper, Sarah aussi sans doute, tout comme Eilih, Leah et les autres… Malcom, il allait le sentir de toute façon, alors il faudra bien… plus tard… là, pour quelques instants, alors qu’il s’empare de mon violon et commence à en jouer, je perds toute notion du temps et de ce qui m’entoure. Il ne reste que lui, ce dangereux prédateur, qui joue la plus belle musique que j’ai jamais entendue. Juste pour moi. Pour me faire aller mieux je crois, à sa manière. Et j’en suis infiniment touchée. Je cligne des yeux, comme pour reprendre pied dans la réalité, et je le dévisage quelques secondes, un sourire toujours aux lèvres.

« C’était un cadeau d’autant plus précieux alors… Merci de l’avoir partagé avec moi. »

Toujours un murmure, comme si j’avais du mal à réellement briser ce qui restait encore de sa musique. L’enchantement se termine alors que mon téléphone vibre. Je grimace et relève la tête vers lui.

« Malcom. Il ne va pas être content…» Je hausse une épaule en guise d’excuse. « Il est… pas mal protecteur avec moi. Il ne va pas être ravi de sentir votre odeur ici, mais… c’est pas important. C’est chez moi après tout... »

Chez moi. Non, n’y pense pas. Je réponds rapidement à Malcom, avant de déplier lentement mes jambes et de me lever.

« Je vais bien, il ne s’énervera pas trop. »

Je me dirige vers lui, hésitante, me mordant la lèvre.

« Je veux pas vous chasser, mais… il vaut mieux éviter qu’il vous trouve ici… non ? Mais vous êtes le bienvenu, si vous voulez… euh… enfin… jouer quelque chose, ou plutôt m’entendre jouer, même si après vous avoir entendu vous, ça perd un peu de… Bref…
J’ai été contente de vous revoir Nicolas. »


J’esquisse un sourire, avant de me hisser sur la pointe des pieds et de déposer un baiser sur sa joue.

« Merci pour tout. Vraiment. C’était… Je garderais pour moi que le Général est un gentil et incroyable mélomane, c’est promis. »

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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   Mer 17 Aoû - 12:08

Un sourire énigmatique répondit aux paroles de la jeune fille :

« Qui sait ? Peut-être y assisteras-tu toi aussi. Va savoir ce que les scientifiques nous réservent. Ou les chercheurs. »

Il n'y avait pas forcément besoin de vivre 400 ans pour assister à de sévères bouleversements. Comme je venais de le préciser, cela avait été extrêmement rapide au cours du 20e siècle. Savannaha était encore jeune. Il pouvait arriver bien des choses au cours des prochaines décennies. Aussi bonnes que... mauvaises. La civilisation pouvait s'effondrer. Nous pouvions revenir à un temps où l’électricité ne fonctionnerait plus. Plus de gadgets. Alors oui, nous arrivions à nous adapter... Certains mieux que d'autres. Et c'étaient ces autres qui posaient problème et réclamaient un régime totalement obsolète. Triste réalité.

Et voilà comment s’enchaînèrent discussions politiques, sérieuses et émouvantes. Comment je recueillais les larmes de chagrin de cette petite humaine qui avait déjà été dépossédée de tout ce qu'elle avait deux fois. Qui devait se reconstruire, avoir de nouveaux repères. Qui avait le droit de s'effondrer, mais qui se relèverait. Une petite humaine qui m'avait déjà touché quand je l'avais écoutée jouer, quand tout allait bien dans sa vie. Et qui me touchait encore à se laisser aller dans mes bras avec une confiance aussi spontanée et candide. Comme si je n'étais pas un vampire. Haut placé. Vieux de plusieurs siècles. Qui avait tué nombre de gens. Pour elle, j'étais donc... gentil. Et pour elle, je jouais afin d'apaiser son âme tourmentée de la meilleure façon que je connaisse quand on était mélomane. Petit concert privé. Souvenir à conserver précieusement. Et il me sembla que cela lui fit du bien. Comme j'étais conscient de la valeur qu'elle accordait à ce présent. Je hochais la tête à son remerciement.

Et un vibreur de téléphone fit voler en éclat cette petite bulle de sérénité. Trop temporaire. Je retins un sourire quand elle m'apprit que le sms venait de Malcom. Il allait être fou de rage en sentant mon odeur sur Savannah. En comprenant qu'elle s'était retrouvée seule, vulnérable, avec un vampire qui l'obnubilait. Qui avait bu son sang et lui avait donné le sien. Qui était amant avec celle qui l'avait enfermé et rendue accroc au V... Ouais, dire qu'il n'allait pas être ravi était un sacré euphémisme quand même. J'étais presque tenté de l'attendre ici avec elle mais... Cela risquait de dégénérer et Savannah n'avait pas à devoir s'interposer. Parce que je ne doutais pas que le métamorphe allait se montrer vindicatif. Il était du genre à tirer avant et demander des comptes après. Il était terriblement agaçant.

«Tu vas te prendre un sacré savon. »

En espérant qu'il n'aille pas jusqu'à l'enfermer pour l'empêcher de faire de mauvaises rencontres. Pour son propre bien. Cela la tuerait sans doute.

« Je vais partir. Il a le sang trop chaud pour accepter ma présence sans avoir envie de me loger une balle d'argent dans le cœur. Même si cela me dérange de te laisser lui expliquer ça. Mais je serais ravi de t'écouter jouer de nouveau. Ne te compare pas à moi, je triche bien malgré moi. »

Mais son baiser spontané coupa court à mes explications, me prenant par surprise alors que je la dévisageais. Un lent sourire naquit sur mes lèvres à ses dernières paroles.

« Ce sera notre secret alors. A bientôt Savannah. Et courage avec ton chien de garde. Transmet-lui mes amitiés. »

J'avais conclu avec malice, avant de quitter la maison et de disparaître dans la nuit, d'humeur sensiblement meilleure qu'en arrivant, même si je sentais toujours des sentiments trop souvent réprimés s'agiter en moi suite à ce moment passé avec cette petite humaine.
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MessageSujet: Re: Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]   

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Quand un ange s'égare dans les ténèbres [Livre III - Terminé]
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