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Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Dim 20 Mar - 17:56

Je ne me sentais pas bien. Pas bien du tout, ainsi environnée de vampires de toutes parts. Je détestais ça, en fait. Le soleil s'était couché et ma nuque me titillait nerveusement, signe incontestable que l'impression de danger que je ressentais était fondée. Trois années passées à traquer et abattre les créatures du diable m'avaient laissé des réflexes presque irrépressibles et j'étais à deux doigts de faire un massacre. Même les derniers mois sous l'influence du V ne m'avaient pas adoucie – c'était même plutôt le contraire. Léopold d'Aubusson avait bien profité de ma faiblesse et j'avais une envie démesurée de le lui faire payer, mais il n'était pas là, apparemment. Mon regard passait sur tous les visages et je ne reconnaissais pas le sien. Plus loin, la reine vampire que j'avais aperçue lors du bal, cette Krystel Raybrandt qui m'avait si fort traumatisée dans cette ruelle en s'en prenant à Torben, était arrivée, suivie d'un cortège qui l'escortait. Non ma petite Andréa, réprime tes instincts ! Je serrai la bride à l'impulsion de me jeter sur eux pour en abattre quelques-uns et elle d'abord – la voix de Johan dans mon dos arriva à point nommé pour focaliser mes idées sur autre chose. Une étreinte, la chaleur affectueuse et bon enfant de mon ami – mais je n'étais pas spécialement d'humeur à me montrer câline, d'autant qu'il semblait profondément ravi de cette victoire des vampires. Un point sur lequel nous ne serions vraisemblablement jamais en accord... Je lui répondis d'un sourire.

« Salut Johan ! Tu es venu alors... »
Je ravalai le reste de ma phrase. Lui dire que ça m'ennuyait qu'il soit là, même si c'était vrai, n'aurait pas été très charitable, alors qu'il était visiblement content de me trouver là. Je l'aimais bien, ce grand fou, mais savoir qu'il évoluait ce soir parmi les vampires que je voulais massacrer, c'était inquiétant. Je ne voulais surtout pas qu'il se retrouve mêlé à ça, au conflit général entre les vampires et l'Eglise HCV. Puis sachant Torben dans le secteur... je savais que la subtilité n'était pas son point fort, et que même s'il limiterait les pertes humaines, sa manière un peu brutale de faire les choses risquait de mener mon ami au-devant de blessures plus ou moins sévères. Idiot de Russe. J'étais plutôt persuadée que, comme moi, il était là pour faire couler du sang vampirique. Je le savais, sans l'ombre d'un doute. Et si moi je comptais le faire avec délicatesse et discrétion, je redoutais quelque coup d'éclat fanfaron et déraisonnable – surtout s'il avait bu. Torben ivre réfléchissait avec moins de clarté et je ne tenais vraiment pas à ce que cet imbécile se fasse tuer sans autre forme de procès, jetant l'opprobre sur HCV. Peut-être devais-je tâcher de le rejoindre ? Histoire de voir ce qu'il faisait là et s'il était possible de le ramener à la raison, c'est-à-dire un plan d'action moins évident ? Oui. J'allais faire ça. Non, ce n'était pas une excuse pour me rapprocher de lui et lui parler, pas du tout. J'adressai un sourire éclatant à Johan, jetai les bras autour de son cou, l'enlaçai fort et claquai une bise sonore sur la joue.

« Je suis contente de te voir, mais suis mon conseil et ne reste pas là, d'accord ? Je dois filer, mais je t'appelle bientôt. Sois sage ! »
Je le lâchai et pivotai sur mes talons, prête à me glisser dans la foule et à le planter sur place sans autre forme de procès. Je voulais vraiment qu'il aille se mettre en sécurité – mais je savais bien qu'il resterait là à se mêler aux vampires et aux humains, profitant des réjouissances. Pour ma part, j'allais retrouver Torben et tâcher de garder les choses sous contrôle – même si la perspective d'abattre Krystel Raybrandt m'appelait, insupportable sirène de la tentation. L'attaquer, la blesser, la tuer pour de bon pour tout ce qu'elle m'avait fait, tout ce qu'elle avait pu infliger à Torben et aussi à Hannah, pour tout ce qu'elle représentait de menace pour les humains. Mais NON. Pas maintenant, pas à la vue de tous. Je repérai Torben plus loin dans l'assemblée – il était en pleine conversation avec une femme que je ne connaissais pas. Mmm. J'allais le tenir à l'œil depuis ma position, guettant le moment où il s'isolerait. Si seulement Johan voulait bien suivre mes directives et s'en aller pour libérer mon esprit de toute préoccupation parasite...
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Mer 23 Mar - 19:58

Je prenais les paris , avec moi même, si je vous jure, je me pariais un tas de truk, sur plein de choses, genre qu'est ce qui allait se passer, pourquoi, qu'allait-il nous arriver cette fois,serai-je blesser ... ? Une angoisse montait en moi, une grosse angoisse ! Il allait forcément, mais forcément se passer un truk, c'était obligé, vraiment obligé...
Bon pour l'instant j'avais encore croisé de vampire, ils sont où d'ailleurs, en fait, ils étaient en bandes, ceux qui se mêlait à la foule s'était trouver particulièrement, un partenaire humain pour certains... Ça me faisait penser à beaucoup de chose louche tout ça et je repensais maintenant à une conversation que j'avais eu plus tôt dans l'année avec David, on s'était toujours dis que le "True Blood", c'était comme une bière sans alcool, un soda à la spartan, vous savez, ce truk qui vous donne le goût du sucre dans les boissons light, mais qui en réalité, lorsque votre corps se rend compte qu'il a été duper, bah, demande du vrai sucre, si si, y'a plein de mecs aux States qui sont devenu gros à cause de sa, sans s'en rendre compte, et qui après ont porté plainte, fin, bref, je vais arrêter mes discours type documentaire sur la bouffe et plus particulièrement le sucre.


D'ailleurs, j'arrêtais maintenant d'y pensé car sans le savoir je me dirigeai vers une tête connue, non, pas la blonde, mais une autre une femme que j'avais rencontré de manière particulière...
Malheureusement, j'aimerai lui parler sous la forme d'un humain, et non celle d'un toutou, car oui la pauvre ne comprend guère les aboiements d'un chien...
Pourquoi ne pas engagé le dialogue ? C'est vrai, je pourrai la surprendre par derrière, genre faire le type qui veut foutre la trouille à une amie, et qui d'un coup se rend compte que c'est pas elle, s'excuse, et trouve le moyen d'engagé la conversation .
Mais je serais surement pas crédible, et mon talent d'improvisation est trop incertain pour ce genre "d'abordage" . Enfin bref...


Avec David et sa copine, nous nous dirigeâmes vers le "clou du spectacle" un discourt de la très belle, et très glaciale Krystel Raybrandt, je sais plus qui sait exactement en fait, mais une personne très importante parmi les vampires !
C'est moi ou il y'a de plus en plus de policier partout... Je crois qu'on s'est trop approché, et maintenant c'est trop tard, on est prit dans le mouvement de la foule, pourvus qu'il nous arrive rien...
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Ven 25 Mar - 0:20

    Je n'aimais pas voir mes enfants discutaient ou ne serait-ce saluer cette Belle de pacotille. Elle en voulait à ma position et il n'était pas question que ma lignée se laisse approcher de près ou de loin par cette vampire de pacotille. Mon message avait été clair : ils n'avaient pas le droit de côtoyer la nocturne. Faute de quoi, ils seraient reniés, et punis pour cela, qu'il s'agisse de mon propre fils, de ma propre fille ou de Jana. Je n'aurais aucune clémence. Je n'en avais guère déjà en temps normal, mais envers mes enfants aucun compromis ne sera pris, peu importe que je les ai enfanté ou non. J'avais pris Jana sous mon aile, et elle était traitée de la même manière que les deux autres vampires qui portaient mon nom. D'ailleurs, c'était une des raisons pour laquelle je voulais qu'elle s'unisse à William. Ils auraient tous deux de grands avantages, et leur seule obligation serait de travailler ensemble. Bref, rien qu'ils ne faisaient pas déjà. Et le fait aussi que la jeune vampire porte le nom de Raybrandt officialiserait sa place au sein de notre communauté. J'avais déjà tout prévu et le moindre contretemps serait des plus… Enervant, nous allons dire cela comme ça. Je voyais dans le regard d'ailleurs de la suceuse de sang qu'elle ne me disait pas tout. Cependant ce n'était pas le moment d'en parler. On m'interpellait, du fait de mon rang de soi-disant Reine des Vampires, et je me devais de me montrer disponible. D'ailleurs, j'avais bientôt quelques mots à prononcer donc il n'était vraiment pas question d'interroger tout de suite Jana. Elle gagnait un répit, un court répit certes, mais un répit quand même.

    Quand Morgane monta sur scène, je m'excusais auprès de grands fervents – naïfs et manipulés – de la cause des vampires, et arriva bien vite non loin de l'extrade. D'un signe de tête, je demandais à William d'aller surveiller Jana, Morgane ne craignant rien du fait de ma présence non loin d'elle. Elle m'annonça et je montais la rejoindre, touchant discrètement son bras pour lui faire comprendre de ne pas s'écarter trop loin. J'étais certes rapide, mais pas au point de couvrir une longue distance en cas d'attaque. Il ne faisait pas de doute que ma fille faisait une proie des plus faciles, et très peu… Battante pour s'en sortir. Elle me paraissait sur bien des aspects beaucoup plus jeune que Jana… Si seulement… Me tenant droite devant le micro, j'arborais mon sourire le plus chaleureux et le plus sincère –si seulement ils savaient-. Je profitais quelques instants des applaudissements et des cris "aimant"? envers ma personne, avant de prendre la parole

      Merci à tous d'être venu si nombreux ce soir, humain comme vampire. Aujourd'hui, grâce à vous tous, nous avons fait un pas de plus vers l'égalité et le combat contre les injustices. Les nocturnes ne sont pas des êtres différents de vous et par cette réforme, vous nous permettez de participer activement à votre communauté. Merci à tous de nous permettre d'être des citoyens comme vous, et au nom de mon espèce, je peux vous garantir que nous ferons tout notre possible pour ne pas vous décevoir. Nous saurons nous montrer dignes de votre confiance, et encore une fois, je vous remercie du fond du cœur de nous accorder cette dernière. Je ne vais points monopoliser plus longtemps l'attention. Car ce soir ce n'est pas ma victoire, ou celle des miens, mais la notre. Bonne soirée à tous


    Grand sourire, ton enthousiaste, petite pointe d'émotion sincère et up le tour était joué. Je m'inclinais légèrement devant mon public, leur faisait un dernier sourire avant de m'éloigner et de laisser la place à un groupe de musicien. Je retournais auprès de ma fille et quand tous furent occupés, je lui dis sur un ton des plus sérieux en faisant signe à mes "protecteurs" de se tenir prêt

      Il semblerait que nous ne sommes pas les seuls prédateurs présents ce soir… N'en montre rien, sourie et reste prêt de moi et de t'éloigne pas


    Je jetais un regard à William, qui comprendrait mon message. Il allait devoir se tenir sur ses gardes et prendre soin de Jana. Des ennemis étaient présents dans ce lieu et pas des moindre. J'avais sentie et reconnue l'odeur de Torben, d'Andréa, et d'autres qui n'avaient rien d'humaines. Quelque chose se tramait, et cette fois-ci, je n'en étais pas la commanditaire.


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Cassiopeia Johnson

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Ven 25 Mar - 1:01

    Toutes les personnes présentes attendaient avec impatience la suite de la soirée. Certains, pour faire la fête, d'autres, pour révérer les vampires, tandis que les derniers étaient animés de sombres intentions. Les discussions vont bon train, dans l'assistance, et de nombreuses personnes reconnaissent des amis ou des connaissances dans la foule. C'est le cas de Torben et Isadora, ou encore de Peter. Mais à côté de cela, des inimitiés vont croissantes, alors que Belle et Krystel se défient ouvertement. Celle qui se fait appeler la reine des vampires remet d'ailleurs un peu d'ordre dans sa lignée, et elle fait aussi l'annonce d'une union prochaine entre son fils William et sa pupille Jana! D'autres se font plus discret. Brooke et Laura en sont de parfaits exemples, tout comme Maryana. Celle ci s'apprête cependant à réitérer ses macabres exploits, semble t'il, et la question demeure. Qui fera ce soir les frais de sa vengeance? Andréa, elle, surveille la situation, et sent déjà que celle ci ne tardera pas à déraper. Mais trop tard. L'échiquier est en place, les pièces avancent. Morgane débute le discours qu'achève Krystel. La musique éclate alors, et la fête commence. Des couples de vampires et d'humains se mettent déjà à commander des boissons ou à danser sur la place, alors que la liesse populaire s'apprête à connaître une nuit d'effervescence. Comment tout cela va t'il se terminer? Les sensibilités seront froissées, et le sang, comme toujours, sera au centre de toutes choses.

    Ordre de passage
    Maintenant, il ne sera plus possible que de répondre une unique fois durant l'ordre de passage, qui va durer une semaine. Il faudra impérativement que vous décriviez la fête qui s'installe sur la place. Sinon, aucun mot d'ordre particulier... Les surprises commenceront à arriver, ainsi que l'action, donc de nouvelles directives seront mises en place au prochain ordre de passage si la situation l'exige! En attendant, amusez vous, pendant que vous le pouvez encore... L'ordre de passage dure donc une semaine. VU qu'il va se passer des choses (non, je ne dirais rien, hinhin ), je vous laisse en fait huit jours, donc jusque vendredi prochain minuit! N'hésitez pas à ajouter votre grain de sel à la mission...


    [i]Je précise une fois encore que les absents ne sont pas pénalisés; tous ceux qui ont posté une absence mais n'ont pas répondu aux premiers ordres de passage peuvent tout de même poster; vous ne serez pas pénalisés!



    bon jeu à tous, et si vous avez des questions, mpottez Torben!
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mar - 15:42

    Je remarquais au premier coup d'oeil que ma chère voisine ne semblait pas si ravie que cela de me voir; elle me jetait le regard noir d'une personne dérangée en pleine colère. Je ne savais pas ce qu'il se passait, mais son attitude défensive ne m'incitait pas vraiment à pousser la discussion, ce qui était clair pour moi. Elle eut un rictus que j'interprétais immédiatement comme ironique, alors qu'elle répondait à mes interrogations concernant les vampires. Sa formulation, bien que sensée être une plaisanterie plus qu'autre chose, en disait cependant long sur ce qu'elle pensait. Suceurs de sang était un terme plutôt péjoratif, que n'employaient que ceux qui avaient quelque chose contre les vampires. Bien sûr, cela pouvait simplement être dû à la colère qui semblait habiter la jeune femme. J'en étais réduit à des suppositions, ne la connaissant pas du tout assez pour pouvoir la sonder plus avant. Sa voix était emplie de cynisme et d'ironie, à tel point que je pu tout de même me rendre compte qu'elle n'était bel et bien pas une amie des vampires. Au moins, c'était toujours ça de gagné. Isadora ne montait pas un cran au dessus dans mon estime, mais il était clair qu'au moins, elle ne faisait pas partie de ce troupeau de moutons qui ne faisait que suivre les vampires comme un effet de mode. Je pris aussi son ton pour ce qu'il était; une façon plus ou moins habillée de me rembarrer. Je ne me formalisais pas. J'étais moi même le plus souvent désagréable avec les gens que je pouvais côtoyer, et j'avais de toutes façons bien trop de choses à penser que ça. Mon estomac me faisait souffrir; j'avais sans doute trop bu sur la route, cet après midi. J'aurais dû faire plus attention, mais au moins étais je lucide, c'était déjà ça.


    | Je vois que vous ne comptez pas parmi leurs amis... |


    Je perçu le soupir de la jeune femme. Elle s'en voulait peut être de se montrer sous un jour aussi agressif, ce qu'elle me confirma juste après. Je remarquais que nous en étions naturellement revenus au vouvoiement, alors que nous avions promis de gommer cette distance entre nous lors de notre dernière rencontre. Chassez le naturel et il reviendra au galop. Isadora me reparla de notre rendez vous manqué de la veille au soir, et s'excusa. Je n'entendis que fort peu la suite de ce qu'elle me dit. Mon regard s'était braqué sur le sol. Hier soir. Le jour où mon existence précaire a basculé à nouveau. Le jour où j'avais vu l'impossible. Où j'avais fait l'impossible. Où j'avais vu l'horreur d'une destinée sans nom. Ma femme était toujours en vie. Vampire. Elle n'était plus la même, mais je l'aimais toujours. Seigneur Dieu, prends moi en pitié... Si j'avais un temps réussit à éloigner ces considérations, ce n'était plus le cas maintenant que la discussion m'y faisait penser à nouveau. Je finis par reprendre un minimum mes esprits, alors qu'Isadora venait de me poser une question.


    | Ah, euh, oui oui. Bien sûr. A l'occasion sans doute, on pourra se refaire ça. |


    Je me sentais immensément seul et perdu. Comme si je n'étais plus humain, que j'avais été dépossédé de ce monde. Je me demandais ce que je faisais là. Je me sentis mal, très mal, tout à coup. Un voile de sueur froide apparut sur mon front et mon regard se fit fébrile. Jana...


    | Euh, une entreprise vous dites? Pourquoi vous demande t'on d'être présente? |


    Je n'avais rien compris à ce qu'elle m'avait dit. Je me sentais ailleurs. Je ne savais pas encore ce qu'il m'arrivait, mais je sentais bien que cela se jouait au niveau de mon coeur tout comme de mon âme. Ma main droite se remit à trembler, et la cachais machinalement dans ma poche. Je me sentais mal, comme si je couvais quelque chose de grave et que j'avais de la fièvre. Je savais à quoi c'était dû, mais le savoir ne me suffisait pas pour me calmer. Je m'efforçais de garder contenance, alors que le mal être grandissait en moi. Je fus de nouveau tiré de mes pensées par des paroles prononcées par le micro, résonnant sur toute la place. Je connaissais cette voix. Relevant les yeux, je ne pouvais qu'identifier la personne. Cible numéro trois sur la liste de la HCV. Morgane Raybrandt, porte parole des vampires et fille de mon bourreau. Je la regardais jubiler, et j'eus un peu plus envie de vomir. Ma main droite se fit moins tremblante alors qu'une haine glaçait coulait dans tout mon corps. Si la fille était présente, la mère n'était pas loin. Cette catin du diable qui retenait ma soeur, qui avait séduit Andréa et qui m'avait tant de fois blessé. Je m'avançais sans réfléchir, et abandonnant là Isadora sans lui souffler mot, comme si elle n'existait plus. En cet instant, ne comptait plus que cet instinct meurtrier qui me guidait. Mon corps, faible, tremblant et malade, se mouvait avec rapidité et précision. Je n'étais plus un homme à l'agonie. J'étais une bête sauvage, un tueur. Je m'avançais encore, bousculant plusieurs personnes.


    Mes sombres espoirs furent récompensés. Elle grimpa sur la scène, fière et terriblement magnifique. Elle remercia une foule qu'elle saignera ce soir, dans l'obscurité. La haine et la colère contractèrent mes muscles. J'irradiais le mal à son encontre, et je pressais le pas. Je ne me rendis pas compte qu'un groupe de policier m'avait repéré, mais la foule était trop dense pour que je sois dérangé avec un moment. Le court discours fut très vite terminé et Krystel se retira sur le côté. Je regardais sur le côté de l'estrade. Jana. Jana. Mon dieu! Que fait elle ici? Je vois ma némésis lui jeter un regard entendu. Et là, je comprends. Je comprends tout. J'essuie du revers de ma manche une larme de rage qui allait couler de mes yeux. Je comprenais. Je savais que Krystel m'avait tout pris, que c'était elle la responsable. Ma soeur et ma femme. Elle m'avait pris tout ce qui avait pu compter pour moi. Le rôle de Jana était clair. Elle servait Krystel. C'était la raison de ce travail « provisoire » au Crazy Fish. C'était la raison de son chaperonnage. C'était la raison de tout ce que j'avais pu vivre. Jana m'avait mentit. Elle ne m'avait rien dit. Je ne lui avais pas demandé. Elle servait ma pire ennemie, une enfoirée de tueuse... Je crus devenir fou. C'était tout l'équilibre précaire du monde construit la veille au soir qui s'écroulait comme un château de cartes dans la tempête. Je faillis tirer mon pistolet et tirer. Je n'étais pas fixé sur le rôle de Jana dans cette histoire, mais si j'apprenais qu'elle était partie prenante de l'enlèvement et de la séquestration de ma soeur... Je ne saurais plus répondre de moi. Je devais agir. Je ne pouvais pas laisser faire ça.


    Comme à l'accoutumée, mon instinct agit pour moi. Je frappais violemment au visage un des agents municipaux qui gardait le pied de l'estrade; j'enjambais les barrières alors que seuls mes voisins immédiats avaient pu voir la scène. Des murmures angoissés très vite suivis de cris puis de hurlements accompagnèrent ce qui serait sans doute les dernières foulées de mon existence. Je n'avais aucun regret, alors que je me propulsais vers la mort et la vengeance. Rien ne valait plus la peine, si Jana avait rejoint mon ennemie. Tout se passa comme au ralenti. Repéré par la police, j'entendais sur ma droite le bruit des chaussures de sécurité qui courraient dans ma direction. Ils ne seraient pas assez rapides. Aussi vifs que l'éclair, le petit groupe de vampires se tourna vers moi. J'étais déjà en train de tirer mon arme de l'intérieur de ma veste. Tout se passa comme au ralenti... Je tendais l'arme droit vers Krystel; je n'avais pas le temps de viser, mais mon arme était braquée en direction de son ventre. La tuer me serait sans doute impossible. Un millimètre à côté la raterait. Ce qui était important était de la faire saigner, de montrer qu'elle était mortelle, et vulnérable. Qu'il ne fallait pas avoir peur d'eux. Quand je serais mort, on s'intéresserait aux raisons de mon geste. Des journalistes, des enquêteurs, trouveront Jana et Hannah. Et alors, la vérité éclaterait au grand jour. Mon arme s'aligna dans la direction de Krystel; je jetais un dernier regard à Jana, et me stoppais à deux bons mètres d'eux.



    | Pour l'honneur. |


    Et mon doigt pressa la détente.


    [HJ; je laisserais Krystel considérer de l'efficacité de mon geste, mais aussi du fait que je sois touché ou non par les tireurs de la police placés dans le secret sur les toits, pour prévenir tout acte de terrorisme. Oui oui, j'aime vivre dangereusement xD]

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mar - 17:14

La sagesse de Morgane avait une fois de plus frappé soit de ne pas se mêler des potentiels problèmes reliant Krystel Raybrandt à Bella Evangeline Renard. Le jeune homme en soupira. Curieux de nature, il aurait voulut en connaître plus. Peu importe, on pourrait bien demander des informations pertinente à la concernée durant un moment … Privé. Oui, pourquoi pas.

* Ah Morgane. Arrête de me faire cette morale. Normalement … Normalement, on doit avaler du véritable sang et non ce truc fabriqué par les Humains. *

Peu importe, il se tourna machinalement vers la scène écoutant le beau discours de sa sœurette alors que Jana revenait calmement vers lui. Un sourire en coin, William devait au moins avouer que Morgane assurait sur la scène. Pour sa part, il ne saurait pas si le tract s’emparerait de l’entièreté de son corps si besoin était de se retrouver au-devant de tous ces gens. Mémorable … Absolument Morgane. Dorénavant, les Humains verraient leur espèce sur un nouvel œil. Ou pas ? Alors que Krystel montait sur scène et lui fit signe de se rapprocher de Jana, William frissonna. De peur ? Non, pourtant un vent frais venait de s’engouffrer tout autour de son corps. Néanmoins, le Vampire ne pouvait pas ressentir beaucoup. Obéissant comme toujours, mais devenant légèrement nerveux il se rapprocha de Jana. Certes, William murmura à l’oreille de cette dernière en penchant légèrement le torse.

- Jana. J’ai un mauvais pressentiment. Tiens-toi sur tes gardes.

Sa phrase terminée, William n’écoutait dorénavant qu’à moitié le discours de sa mère. Digne de confiance … la nôtre … William n’écoutait plus rien. Son corps tremblait légèrement. Quelque chose allait se passer, mais quoi ? Ses jambes firent quelques mouvements vers l’avant. Certes, il s’arrêta bien vite conscient de devoir protéger Jana dans toute cette foule. Ses yeux profonds restèrent sur Krsytel alors que toute la foule applaudissait le discours. Tout à coup, le sang de William se figea dans son corps … Tout sembla se mouvoir au ralentit.

Ce n’était pas Jana qui était en danger, mais Krystel!

- Restes ici !

Criant ces ordres, l’oreille déjà tendue au maximum de William entendit le hurlement d’une balle tirée de son socle. Sans raisonnement quelconque, – non, le Vampire ne raisonnait plus – il s’élança à une vitesse folle, plus vite que ce que la vue humaine pouvait apercevoir. Il ne voyait pas la balle … Non ! Il n’arriverait pas trop tard ! William tendit le bras à tout hasard devant lui et subitement quelque chose de dur le frôla laissant un liquide rouge sortir des doigts du Vampire. Celui-ci avait certainement dévié légèrement la course de la balle, mais pas assez fort probablement. Cette douleur le fit arrêter net et les humains autour durent se demander d’où venait ce jeune homme apparut devant leurs yeux du sang glissant doucement de son index et majeur droits. Des cris de terreur s’élevèrent tandis que William poussa un court regard en direction de Krystel.

- Qui a fait ça ?

Un ton sortit tout droit de sa plus forte démence. Un sadisme, une colère toute autre que celle dévouée à sa sœur s’emparèrent des membres de William. Il scruta tous les visages présents cherchant en droite ligne sa vengeance. Passant sa langue dans sa bouche, il tentait de ne pas sortir ses canines, ses armes. La tentation était forte toutefois. William Raybrandt devait avoir un visage intimidant actuellement, car les humains l’entourant étaient morts de peur.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Sam 26 Mar - 20:38

Torben me faisait devenir complètement folle, j’avais tutoyé Krystel ? J’avais osé faire cela ? Je ne savais plus ce que je savais, je ne m’en étais même pas rendu compte… Le mal était fait de toute manière et pas qu’un peu. Je jouais avec le feu, et à force de jouer avec le feu j’allais me brûler. Il y avait eu un certain laisser aller en l’absence de Krystel, certes… Et pas qu’en ce qui me concerne. William m’avait-il mal surveillée ? Non… j’avais été volage lors d’une mission c’était tout. Ce n’était pas de sa faute, il m’avait confiée pendant quelques heures à un autre vampire que lui. Hum… je ne voulais pas que mes erreurs lui fassent du tort. Krystel allait me sermonner, cela aurait pu être pire si nous avions été au manoir. Là, nous étions au milieu d’humains et surtout en public en somme nous devions avoir une certaine retenue. Heureusement pour moi. Il fallait que je me reprenne sérieusement et que je ne mette pas longtemps à me remettre de tout ça. C’était urgent sinon Krystel allait me tomber dessus et cela ferait très mal.

    « Excusez-moi ».


Krystel me regardait fixement, j’étais sincère en disant cela. Je n’aurais pas du me conduire de la sorte. J’écoutais Krystel attentivement sans broncher, elle scrutait chacune de mes émotions. J’étais parfaitement calme et prête à suivre ses futurs ordres. Je n’étais pas maitre de mon destin mais j’étais destinée à faire de grandes choses et juste pour cela je devais me montrer digne et loyale envers elle. Krystel pouvait se montrer un peu trop sévère, stricte, et sans cœur parfois mais était-ce peut-être ça les vampires ? Des êtres sans pitié ? J’avais remarqué cela dés ma transformation et cela continuait au manoir Raybrandt, il n’y avait pas de place pour les faibles alors. Pourvu que l’on n’aborde jamais ce qui s’est passé pendant son absence… Les mots de Krystel eurent un effet d’une bombe à retardement. La compagne de William, il me manquait plus que ça tiens. Lui qui me considérait comme sa sœur de cœur, et moi je le considérais comme le frère que je n’avais « jamais » eu. Je cachai ma surprise, je ne m’attendais pas à ça. William, était-il au courant ? Connaissait-il la décision qu’avait prise sa mère ? En tout cas s’il le savait, il l’avait bien caché car je n’avais rien soupçonné.

    « Qu’il en soit fait selon vos ordres ! »


Je restai sobre dans ma réponse, si Krystel pensait que c’était le mieux pour moi alors soit ! Je me plierai à sa volonté. Cela n’arrangeait pas mon affaire ça, mais bon je ferai avec. L’idée de refuser de devenir la compagne de William ne m’avait pas vraiment traversée l’esprit, il était le compagnon idéal en y réfléchissant un peu. Certes, ma conduite n’avait pas été toujours exemplaire j’avais fais quelques erreurs mais rien de trop grave. J’étais toujours aussi prometteuse et je comptais bien faire tout ce que je pouvais pour rattraper mes faux pas. Une pensée pour Torben me traversa quand même la tête car sauf erreur de ma part j’étais encore sa femme. Faire comprendre ça à Krystel était complètement impossible, donc je me pliais à ses ordres sans rien dire. Ce fut Mme Fisher qui me sauva la mise, Krystel devait aller la saluer. Sauvée par le gong ! De toute façon ce n’était qu’une question de temps avant que je sois obligée de lui parler de ce qu’il s’était passé au Crazy Fish. Sur les ordres de Krystel, j’allai rejoindre William et Morgane. Je ne les avais pas quitté très longtemps, je fis en sorte d’avoir un air neutre. J’espérais que ni Morgane, ni William n’auraient l’idée de me demander ce que Krystel m’avait dis. William … si tu savais.

Le temps d’arriver calmement vers William que Morgane était déjà sur l’estrade accompagnée de Krystel. Elle récitait un petit discours. Nous étions tous sur la défensive. Morgane était une proie de choix, même si Krystel était là pour la protégée. William se rapprocha de moi pour ma sécurité. Il avait un mauvais pressentiment… moi aussi. J’acquiesçai d’un signe de tête. J’étais sur mes gardes comme un vampire de mon âge pouvait l’être. Je me sentais en sécurité auprès de William. Il fit quelques pas en avant, je le regardais intriguer. Il sentait quelque chose, je le rattrapai par le bras délicatement. Le discours de Krystel se termina, je l’avais écoutée d’une seule oreille. William me préoccupait. Il me cria un ordre violemment, je restai immobile. Figer. Je ne comprenais pas, mais lui savait visiblement ce qu’il faisait. Il dévia une balle destinée à toucher Krystel avec son doigt. Il était touché. Torben … Dans un cri, je me précipitais sur William. A la même vitesse, j’arrivai au milieu d’humain au même niveau que William. J’étais un peu paniquée, mais William avait l’air d’aller bien. Il s’en remettrait rapidement. Rester à savoir si son acte de bravoure suffirait à « sauver » Krystel. J’étais penchée à côté de lui, ma main sur son épaule.

    « William ! Tu es blessé ? Ca va aller ? »


Je n’attendais pas de réponse, je voyais qu’il survivrait. Il était déjà prêt à prendre sa revanche, il allait riposter je le savais. J’aurai voulu le retenir, l’empêcher d’aller tuer Torben … Car j’aurai mis ma main au feu que cette balle provenait d’une de ses armes. Je ne faisais pas le poids face à William. J’aurai tant voulu faire quelque chose mais Torben m’avait dis de prendre soin de moi, si je faisais quelque chose contre William, contre Krystel je devrais assumer mes actes. Je ne m’en sentais pas le courage. Je ne pouvais pas parier sur mon passé, mon futur était incertain. Cependant, un futur avec comme pire ennemie Krystel Raybrandt n’était pas envisageable. Je laissais William, tant pis Torben répondrait de ses actes seuls. Je l’aiderais si je pouvais, plus tard… En un mouvement, je lâchai mon futur compagnon, et je vins me positionner juste devant Krystel.

Tout se déroula très vite, j’eus à peine le temps d’aller voir William et de lui lâcher une phrase en passant que je me retrouvais à défendre ma « mère adoptive » par fidélité. Et aussi car j’avais des choses à me faire pardonner… Torben ne comprendrait surement pas mon geste, il devait haïr Krystel au point de vouloir la tuer. Et moi je mettais interposer entre eux. Je prenais le risque de perdre ce qu’on avait réussis à sauver la vieille. Après tout, il avait essayé de me tuer pour ensuite être proche de moi. J’étais prête à recommencer s’il le fallait. Aider Krystel, celle qui m’avait sauvée et hébergée me paraissait plus logique sur le moment. Je n’avais pas pris le temps de réfléchir aux conséquences. J’assumais mon acte quoi qu’il advienne de moi par la suite. La balle vint se loger dans mon ventre, je fus déséquilibrée. Je tombai à terre alors que ma main vint se poser machinalement sur la plaie pour arrêter la douleur. Le sang commençait à couler. Une douleur insoutenable envahit tout mon être, celle là je l’avais senti passée et je ne l’oublierai pas.


Dernière édition par Jana Pfeiffer le Lun 4 Avr - 17:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Dim 27 Mar - 23:33

Le charme, la séduction, les regards langoureux. Quiconque l’aurait croisé depuis les six dernières années ne l’en aurait pas cru capable. Elle était depuis une demi-décennie cette femme. Belle mais froide. Qui repoussait presque à cause de sa beauté figé, qui effrayait les hommes. Qui les maintenaient à distance. Oui, n’importe qui aurait juré ne plus jamais la voir agir de la sorte. A exhiber ses atours féminins, à faire du gringue. Même elle n’osait croire ce qu’elle était en train de faire. La voilà qu’elle se rabaissait au rôle de catin. A celui qu’elle haïssait par-dessus-tout. Mais elle se mettait cette phrase en tête, ne la quittait jamais. La fin justifie les moyens. Oui, elle avait une raison plus que louable d’agir tel qu’elle le faisait. Une fois de plus vint s’afficher sur ses lèvres un sourire qu’elle feignait. Hypocrite, menteur. Mais ça fonctionnait. Bien mieux que se qu’elle n’aurait jamais espéré. Un regard pervers et lubrique traversa le regard de la sangsue en se plongeant dans le décolleté de la semi-démone. Elle bouillait de rage, elle désirait écraser cette vermine qui osait la dévisager ainsi. Cette créature dépourvue de bienséance et de morale. Oh oui, elle imaginait le sang de la bête se répandre sur le sol encore immaculé de la salle. Elle imaginait les regards horrifiés des spectateurs de la scène morbide. C’était comme appel venu du plus profond d’elle-même. Elle en rêvait, elle le désirait. Mais au lieu de cela elle tourna le visage jouant les effarouchées, laissant une fois de plus l’effluve dont elle s’était aspergée atteindre les narines de sa victime.
Il se rapprochait. Elle le sentait venir presque contre elle. Elle sentait l’expiration moite et saccadée atteindre sa nuque. Un dégoût profond la saisit. Elle serra les dents. Tentant de contrôler ses nerfs. Dans son esprit, elle se matérialisa tenant à nouveau au creux de sa main sa paire de canine. Sa si merveilleuse arme. Oui, pour ça, pour la justice et la liberté, elle pouvait supporter une haleine fétide et excitée contre sa peau.

La main du buveur de sang se saisit de la sienne. Il se mit à sourire. Le dégoût se fit d’avantage sentir. Presque comme une envie d’hurler à l’agression. Mais une fois de plus, elle fit abstraction de ses pulsions. Un verre qui se tend vers elle. Elle le saisit entre ses doigts sentant le liquide pulser. Contact rassurant et sain. Désinfectant. Toujours ce regard lubrique qui l’incite, qui l’encourage à boire. Aucun doute, il espère l’affaiblir. Sauf qu’il ne sait pas. Personne ne sait. Que boire ne lui fait rien. Pas à cette dose du moins. Mais une fois de plus elle se mit à feindre. Pour le bien de sa mission. Pour le bien de tous. Jouer, mentir. Actions qu’elle avait jugées hors de sa portée jusqu’à présent. Mais les convictions qui sont en elles lui permettent d’avancer. De faire plus pour gagner plus. La fin justifie les moyens.
Elle leva son verre et plongea son regard dans celui du vampire. Faisant abstraction de ce qui la révulsait. Oh oui. Elle devait se montrer convaincante. Là était la clé. Il était attentif. Il voulait la voir flancher. En profiter. D’elle, du sang qui coulait dans ses veines. Il n’aurait que ce qu’il méritait. Comme tant d’autres. Comme tous les autres. Tous ces êtres qui nuisaient et profitaient de la crédulité de leurs prochains. Mais ce soir, elle allait remettre les choses à leurs places. Il prit sa main et la tira afin de s’éclipser alors que la musique se taisait et qu’une voix se mettait à retentir. D’ici peu.

Les sanitaires. Lieu de débauche dans lesquels les mâles cédaient à leurs pulsions. Soumettaient des femmes qui auraient pu être réticentes. Lieu maudit. La sangsue s’appuya sur elle. Totalement excitée. Plus qu’attirée. Il était totalement à sa merci. Il allait avoir bien des surprises. Depuis le temps, elle avait appris. Elle s’était entraînée. Tuer, assommer, rendre inconscient. Rien de plus simple. Tout serait silencieux. Personne ne saurait. Personne ne comprendrait. Et son travail reprendrait. Elle se laissa entraîner dans une cabine. Il lui facilitait la tâche. Il la plaqua contre une des cloisons, passa sa main le long de sa cuisse dénudée. Elle sentit le souffle rauque dans sa nuque. Les canines qui se dévoilaient. Elle agit. Déchaîna le pouvoir qu’elle gardait enfoui. Usait de la puissance qu’elle avait accumulée depuis le début de la soirée. Ce fut bref. Le sang qui monta au cerveau. Qui créa une pression telle qu’il sombra dans une sorte de coma. S’écroulant comme le déchet qu’il était. Elle l’étendit et posa la tête sur la cuvette, ouvrit son sac et en sortit la pince. Précaution. Méticulosité. Ça la connaissait. Avec méthode et patience elle parvint à extraire l’une après l’autre les canines, puis se dirigea vers les vasques afin de nettoyer instruments, mains et avant-bras. A temps. Une ribambelle de midinettes pompettes entra. Lui offrant l’occasion de s’enfuir quelques minutes après.
Avant d’atteindre la salle elle prit quelques secondes. Quelques secondes à apprécier le contact dur et froid entre ses phalanges. Son arme, son outil le plus précieux à nouveau possédé. Un bien-être l’envahit, comme lorsqu’elle voyait les criminels, les ordures se vider de leur sang et comprenant leurs erreurs. Elle sourit. Réellement. Plus de raisons de feindre. Elle rejoignit la salle.

Sang qui pulse à une vitesse incroyable, adrénaline, excitation, colère. C’est fou ce qu’un liquide peut donner comme indication. Par réflexe elle tourna son regard vers la personne qui en était à l’origine. Elle le reconnu. Torben Badenov, arme à la main. Le coup parti, les hurlements retentirent. Tueur un jour, tueur toujours.
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Lun 28 Mar - 18:56

    S‘agrippant toujours à l‘espoir de ne pas finir la soirée seule, Laura désespérait d‘avoir perdue cette femme à qui elle faisait signe. Elle commença à se demander si rentrer chez elle s‘avérait être la solution à son problème d‘intégration. Jamais auparavant, elle n‘avait autant galérer pendant une soirée. D‘ordinaire, c‘était elle la vedette, celle qui attirait l‘attention, celle dont on parlait jusqu‘au petit matin. Attristée par ce manque d‘intérêt à son égard, elle enchainait les verres, les uns après les autres, sa vison devenait floue et les personnes présentes, aussi bien humaines que vampires, commencèrent à devenir toutes d’ éventuelles conquêtes potables. Elle trouvait un charme assez déroutant aux rides des vieux monsieur présents et les jeunes hommes à peine majeurs excitait le bas de son ventre. Le feu de l’envie était tel, qu’elle gigotait sans aucun contrôler sur ses pulsions délirantes. Ses canines sortaient sans qu’elle le souhaite, elle les cachait tant bien que mal à la vue des passants et se sentait affreusement frustrée.

    Tout à coup, le micro sur l’estrade laissa s’échapper des ondes avant qu’une voix remplie d’assurance viennent mettre un terme à sa folie passagère. La prostitué la reconnut immédiatement. Krystel Raybrandt. Femme vampire à son apogée, respectueuse et respectée de tous les nocturnes. Enfin, c’est du moins l‘idée qu‘elle s‘en faisait. Elle lui vouait un culte sans pareil, tout chez elle était moteur d‘inspiration et de confiance. Cruelle et magnifique, sadique et si sociable à la fois. Dans ses discussions, si le sujet Krystel était abordé, elle la défendait coute que coute contre les jaloux de son pouvoir détenu. Son modèle, c’était elle. Elle comptait bien tout mettre en œuvre pour atteindre un jour son niveau et qui sait, peut être pourrait-elle s’en faire une alliée, une amie… Elle rêvait toute éveillée.
    Son discours fût court et précis. Guidée par le vin parcourant ses veines, elle leva les mains bien haut dans la masse d’humains l’entourant et applaudit de toutes ses forces cette magnificence accompagnée de sa progéniture. Tous la dévisageaient, ils la jugeaient surement mais son attention se porta sur tout autre chose.

    En effet, un bruit assourdissant résonna dans la foule. Des cris, des pleurs envahissaient les lieux. On la bousculait, elle s’entrechoquait parmi les nombreux corps. Elle se dégagea à vive allure de cette agitation et atterrit face à la scène principale. Un vampire surgit de nulle part, essaya d’intercepter la balle tirée plus tôt; un autre vint à sa rescousse avant de s’interposer entre le canon et la belle reine. Willoughby en resta bouche bée, elle ne réagissait pas, elle n’en avait pas la force et il aurait fallu qu’elle comprenne ce qui était en train de se passer. Elle qui redoutait l’émeute ou la guerre n’avait d’autres choix que d’affronter la situation. Sa vue, se détourna machinalement en direction de cet homme qui venait de tirer. Beau mâle, brun aux cheveux courts, musclé; elle en aurait fait son affaire si jamais celui-ci n’avait pas traqué son idole.
    Spectatrice malgré elle, elle se précipita à côté de lui, indiquant du doigt aux forces de l’ordre qui accouraient en sa direction ou l’inconnu se tenait. Elle voulait se rendre utile, mais comment?

    Elle devait faire preuve de discrétion malgré l’ambiance. Tant qu’à risquer sa vie, il fallait le faire de manière intelligente. Son cerveau bouillonna quelques secondes mais l’alcool n’aidait pas à sa cogitation.
    Elle repéra un homme attisé par la curiosité de ce drame. Un de ces pauvres bouffons qui passaient leur vie sur le canapé devant des séries débiles, se jouant analyste ou simple consommateur. Il devait surement être accompagné, chaque soir, de son paquet de chips ou de son pot de Nutella; se gavant de toutes ces conneries télévisuelles. Une mort lente par excellence pour un être humain misérable.
    Elle saisit son visage, lui ordonna de la protéger, de lui servir de bouclier, au prix de sa vie. Elle dût s’y reprendre à deux fois à cause de l’affolement soudain mais parvint tout de même à ses fins. Elle le dirigea face à l’assassin, se tenant en sécurité derrière sa graisse flasque et molle. Laura craignait une nouvelle attaque de balle et crut bien faire en protégeant celle qu’elle admirait. Elle aurait pu s’échapper rapidement mais l’envie de se divertir, de casser la routine, était bien présente et dans ce bain de sang qui se préparait, peut être pourrait t’elle en profiter pour se nourrir gratuitement, sans l’obligation de se vendre pour une fois…
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Lun 28 Mar - 19:07

Mais... Mais ?! Quelle folie avait pris Torben ?! De là où j'étais, j'assistai à toute la scène. Sans oser croire ce que je voyais. Comme au ralenti, je le vis s'éloigner d'Isadora, porter la main à l'arme que je devinais sur sa personne. La sortir. Un sombre pressentiment me glaça les sangs. Je savais ce qu'il allait faire. Tenter d'atteindre Krystel, tenter de l'abattre. Tenter, car cela échouerait, c'était sûr : la diablesse était très bien défendue et il n'avait presque aucune chance de la toucher. Et s'exposer, au milieu de cette foule... J'hésitais entre crier au fou et au génie. Il allait se faire descendre, bêtement, c'était sûr. Mais d'un autre côté ! Si les vampires régissaient violemment et en profitaient pour le massacrer au lieu de le remettre intact entre les mains de la justice, respectant la nouvelle loi... alors le monde entier verrait ce qu'ils étaient vraiment, et c'en serait fini de leurs mensonges. Je doutais fort que l'alcoolique dont je m'étais stupidement entichée ait eu ce savant calcul à l'esprit avant de dégainer, mais les faits étaient là.

Il tira. L'un des vampires dévia la balle, une autre la prit. Raté. Krystel s'en sortait. Torben, par contre, allait être en sévère difficulté si personne ne volait à son aide. Mort ou emprisonné, il ne servait plus à rien, et HCV avait besoin de lui vivant et bien portant. Alcoolique, d'accord, mais doté du nombre réglementaire de bras, jambes, et tête, c'était mieux. Que dire, que faire ? Je n'avais pas d'arme à feu et la présence de Johan m'empêchait de partir dans un trip barbare de massacre vampirique par égorgement à la dague. Dans la fraction de seconde qui me resta avant les premiers hurlements, mon esprit de guerrière entraînée tourna à plein régime. Réflexe, action. Je n'avais pas le temps de considérer ma propre sécurité et certains civils allaient peut-être déguster, mais il fallait bien casser des œufs pour faire une omelette et tant pis pour les dommages collatéraux. Les civils, paix à leur âme, ils n'avaient qu'à pas se pâmer d'admiration devant les vampires, après tout ! Maintenant, tout ce qui comptait à mes yeux, c'était laisser à Torben une ouverture pour qu'il se tire de là, et en vitesse encore. Son coup loupé, il devait se focaliser sur sa vengeance future et se sauver là où il pourrait réfléchir sereinement à la suite des opérations.

Quoi faire ? Je virevoltai sur mes talons, poussai violemment Johan hors de mon chemin – ouah, il était fort, le bougre ! Plus que je ne le pensais. Les gardes de la sécurité commençaient à s'élancer vers Torben – j'en interceptai un au passage d'une violente manchette sur sa trachée. Un craquement sinistre m'informa que j'avais touché quelque chose de sensible et il s'effondra en crachotant, à moitié étouffé. Il survivrait s'il restait tranquille. « Occupe-toi de lui ! » hurlai-je à Johan pour couvrir le vacarme – et je me saisis de son arme à feu. Modèle classique, chargeur plein. Trois secondes à peine s'étaient écoulées. Je n'avais pas la rapidité surnaturelle des vampires, mais j'étais une soldate, entraînée pour ça, et trois années de service faisaient agir mon corps sans que je n'aie trop à m'en préoccuper. L'adrénaline courait à flot dans mes veines, et je sus ce que j'avais à faire. Une main dans mes reins – la longue dague sortit de son fourreau alors que je tirais un premier coup en l'air, histoire de bien paniquer la foule.

« Ils sont armés ! Foutez le camp ! »

J'avais braillé de tous mes poumons, comptant sur le confusion pour provoquer un mouvement de foule. Gagné. Les hurlements s'intensifièrent, et les civils commencèrent à se marcher dessus pour rejoindre les sorties, contrariés dans cet instinct par les gardes et les vampires qui eux tâchaient de converger dans l'autre sens. Je me faufilai vers l'une des brèches de sécurité du périmètre que j'avais repérées – je pouvais sauver ma peau, mais il restait Torben. Je pointai théâtralement l'arme nouvellement acquise droit devant moi. Un concert de cris s'éleva de plus belle, et les civils s'écartèrent fébrilement de la trajectoire que ma balle emprunterait – traçant un merveilleux corridor droit vers Torben. S'il le désirait, il pouvait prendre ses jambes à son cou et me rejoindre – ou rester sur place et mourir, ou se faire arrêter. Moi, je pouvais m'échapper : j'avais une dizaine de secondes devant moi pour m'enfuir et prendre mon ticket de retour vers HCV.

« Pour Hannah, Torben ! »
Il ne m'entendait peut-être pas, mais peut m'importait. Il fallait qu'il vive pour avoir une chance de sauver sa sœur... Je relevai légèrement le canon de mon arme, ne visant plus Torben mais l'estrade où se tenaient les vampires, et tirai dans le tas. Ce n'étaient pas des balles en argent, mais ça les ralentirait au moins un peu, tout en continuant d'affoler la populace. Puis je me retranchai à couvert derrière un stand, histoire de ne pas me faire abattre pendant le court de laps de temps où j'attendrais la décision de Torben. Advienne que pourrait. Plus que cinq secondes avant de devoir courir...
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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Lun 28 Mar - 22:44

    Fou comme elle semblait peu enthousiaste à l'idée de le voir ici... Sa bonne humeur fondit quelque peu l'espace d'un instant. La fin de sa phrase, abrégée, il ne la connaissait pas, mais il avait l'impression qu'elle n'était pas très heureuse d'être ici. Peut-être ne partageait-elle pas son point de vue sur les vampires ? En fait, probablement : elle avait été dans une église. Les prêtres ne sont pas amoureux de ce genre de créatures, normalement. La jeune femme acheva de l'embrouiller en passant les bras autour de son cou, donnant un baiser sur sa joue en même temps qu'une recommandation plus qu'étrange. Sans comprendre, Johan murmura :

    « Mais je viens d'arriver ! »

    Une protestation dite en vain puisque la jeune femme lui faisait maintenant dos et que les clameurs de la foule devenaient plus grandes, toujours plus vives, maintenant que les vampires envahissaient l'espace. Il pouvait reconnaître leurs visages, placardés mille fois sur les potaux téléphoniques et passant trop souvent à la télévision. Sur l'estrade monta Krystel Raybrandt, magnifique de froideur et imposante de beauté, près de ses enfants, de ses frères, de ses soeurs, hypnotisante pour quiconque était humain. Il ne savait pas de quoi il en retournait pour les autres lycanthropes, mais pour sa part, il la trouvait certes jolie, mais sa peau manquait de couleurs, à son humble avis... un peu plus de chaleur aurait été al bienvenue. Mais Johan voyait pourquoi elle faisait une splendide reine : ses mots étaient articulés et posés, sa voix charmeuse, son sourire large et lumineux et quelque chose dans sa voix semblait si vrai. Si « présent ». Le lycanthrope rajusta sa cravate en écoutant le court discours, détourna les yeux et vit Isadora plus loin. Elle parlait avec un homme qu'il ne connaissait pas et elle ne semblait pas non plus bien heureuse de sa présence ici. Il leva la main pour essayer d'attirer son attention, mais soudainement, l'action s'envenima.

    Comme dans un film au ralenti, il vit tout. L'homme qui la laissait, s'avançait vers l'estrade, les policiers, l'arme, puis le coup. La balle qui résonna comme... comme quoi ?
    Comme le sang à ses tempes alors qu'Andréa le poussait avec force, réussissant à peine à le faire bouger -il était lourd, le bougre. Comme le craquement de la pomme d'Adam de l'homme qu'elle frappa pour lui prendre son fusil. Comme le souffle rauque de policier alors qu'il le prenait dans ses bras pour l'emmener plus loin, obéissant sans y penser à l'ordre donné par la jeune femme. S'occuper de lui. Le monde était emprisonné dans un immense bocal et les sons en parvenaient pas à ses oreilles, se syeux clairs cherchaient des repères. Le lycanthrope traîna le policier plus loin et le plaça en position de sécurité sur le sol, pour ne pas qu'il s'étouffe avec son sang, toujours enfermé dans son bocal.

    Et subitement, les sons revinrent.
    Ils frappèrent ses tympans avec force et Johan dû mettre ses deux mains sur ses oreilles pour ne pas pleurer de douleur. Il ne se rappelait plus de la dernière fois qu'il avait perçu les sons avec autant de clarté, comme s'ils étaient des milliers d'aiguilles qui venaient transpercer ses oreilles. Ça n'augurait rien de bon. Tout ce sang, ce sang sur ses mains, ce sang au sol, de sang partout, cette folie, cette panique, échauffait ses sens et faisait bouger la bête en lui.
    Non, pitié.
    L'homme quitta le policier au sol, cherchant dans la foule Isadora. Isadora. Elle allait pouvoir l'aider. Son contact allait l'apaiser, le maîtriser, il avait besoin de quelqu'un pour pouvoir planter ses yeux dans les siens et être capable de garder le contrôle sur la bête qui se mouvait en lui. Où était-elle, bon Dieu ? Où était-elle passée ?

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MessageSujet: Re: Mission Intrigue : "On ne récolte que ce que l'on sème'" [Livre 1 - Terminé]   Mer 30 Mar - 0:19


    Mary n'était pas prête de faire amie-amie avec moi. Elle s'était bien fichue de ma tête, et c'était la goute d'eau qui faisait débordé le vase déjà bien plein. Elle était peut-être ma Lupa, mais là, elle était allée trop loin. Elle venait de déclencher une guerre. Oui je resterais dans la meute, et je me battrais jour après jour pour qu'elle ne m'évince pas. j'avais juste là accepté ses coups bas, n'avaient jamais répliqué, par respect envers la mémoire de Nathanaël. Maintenant c'était finit. Je lui rendrais ses coups, et le jour où un Ulfric reprendrait la tête de la meute, je la demanderais en combat. Peu importe que j'y perdre des touffes de fourrures ou des morceaux de chair. La satisfaction de pouvoir la faire souffrir serait plus grande que toute. Mary ne pourra jamais me tuer. Sinon elle l'aurait fais depuis bien longtemps. J'avais été la protégée de Nathanaël, et cela représentait quelque chose pour les plus anciens loups de la meute. De plus, notre clan ne pouvait pas se permettre de perdre un de ses membres. Ainsi je ne craignais pas de succomber sous les coups de la reine des lycanthropes. J'allais trinquer et sortir de ce combat en perdante, mais au moins je lui aurais montré qu'elle ne pouvait plus se fiche de ma tête impunément. Je faisais partie de ma meute, et elle me devait le respect. Je murissais ces pensées quand Torben vint m'interrompre. Lui non plus ne semblait pas enchanté de se trouver ici. Au moins, je n'étais pas seule. Je l'écoutais parler, lui fit un vague sourire avant de lui dire

    Disons que les vampires sont à l'origine de mon divorce… Longue histoire… Et toi, que fais-tu ici? Pour ce qui est de ma société, je n'en ai pas la moin… Torben, youhou?

    Mon voisin sombra dans ses pensées en voyant quelqu'un dans la foule. Et me planta sur place sans un mot. Hein? Ok… Dans le genre poli, on ne pouvait pas faire mieux. Qu'il est vu quelqu'un dans l'assemblée qu'il eut envie de saluer, j'aurais compris, mais qu'il me plante comme ça alors que j'étais en train de lui parler, sans un mot, alors que c'était lui qui avait engagé la conversation… Je le prenais très mal. D'ailleurs je me décidais de partir de cet endroit. Je n'avais vraiment rien à y faire. Je saisie une coupe de champagne qui me passa sous le nez, servi sur un plateau, la buvait d'un trait, avant de me diriger vers la sortie, d'un pas on ne plus colérique. Et puis je m'arrêtais tout à coup. Je venais de passer à côté des toilettes et une odeur vint attirer mon attention. Du sang?! Oui, cela sentait le sang humain, et non pas le truc synthétique. Je le savais parce qu'à chaque fois, ma louve s'excitait en moi quand elle la sentait. Elle aimait l'odeur de la chair, et du sang, et les humains avaient quelque chose de… tentant? Oui c'était le mot. Nous autre les loups-garous, nous n'avons pas le droit d'attaquer les humains. Mais il reste pour nous des "proies alléchantes". Nous sommes des prédateurs, comme les vampires, à la différence que nous nous mangeons des animaux et non pas des êtres que l'on côtoie tous les jours.

    J'étais comme figée entre mon envie d'aller fouiner et de trouver la source de l'odeur alléchante et m'en aller. Je n'eu pas le temps de me décider, qu'on le fit pour moi. Un coup de feu éclata. J'avais reconnu la voix de Torben. Bon sang, mais dans quoi il s'était fichu celui-ci? Je regardais une dernière fois les toilettes, avant de me diriger en contre-sens de la foule. Je relevais en chemin une jeune adolescente qui s'était faite piétinée par la foule en furie qui s'enfuyait du lieu au plus vite. Bon sang, mais les gens n'avaient-ils pas honte. Je la confiais à une dame qui passait par là et continua à jouer des coudes pour avancer. Je passais soudainement devant un vampire, et une douleur vive se fit sentir dans mon épaule. Un trou venait de transpercer ma veste imitation cuir. Je n'avais pas le temps de m'appesantir sur la blessure que je venais d'avoir. Les vampires sont excités par le sang et il était hors de question qu'il goute le mien. Je trouvais plus loin la tireuse et eut une furieuse envie de me jeter sur elle pour déchirer sa peau de mes crocs. Mais non, je ne pouvais pas me permettre. Je m'arrêtais quelques instants, respirée l'air et repérer plusieurs odeurs familière, distinguant vampires et humains. Sans hésitation je jouais un peu plus des coudes, - comprimant ma plaie de ma main pour limiter la perte de sang- et arrivée jusqu'à Torben. Il ne se trouvait pas loin du cabot avec qui j'avais sympathisé. Il était entouré d'humains, qui criés à la vue de son arme. Je pris sa main sans qu'il est réellement le choix, et l'entrainé plus loin. Tout en marchant, je lui disais :

    Bon sang mais pourquoi…? Les questions pour plus tard. Si vous voulez sortir d'ici vivant écoutez moi bien. Rangez votre arme, et ne la perdez pas, car elle peut mener jusqu'à vous, de part vos empruntes. Tenez.

    Je m'arrêtais une fois que nous étions de nouveau entourés d'humains. A présent je pouvais voir Johan, et je me rapprochais de lui. J'ôtais ma veste avec un peu de mal et la tendez à Torben.

    Elle est un peu petite, mais elle couvrira votre odeur. Mes clefs se trouvent dans la poche intérieure. Ma voiture est une clio bleu électrique de 2000, garé en face de la boulangerie. Dans la boite à gant, il y a un GPS. Allez dans votre appartement, et videz le de tout objet suspect. Ensuite, suivez les instruments du GPS jusqu'à la dernière adresse entrée. Il y a une pelle dans mon coffre. Enterrez-y vos affaires ainsi que ma veste le temps que ça se tasse, et rentrez chez vous. O'More, donnez lui votre veste s'il vous plait et suivez moi. Bonne chance Torben…

    Johan n'était pas dans son état normal. Tous ses mouvements, toutes ses odeurs, toute cette pagaille, toute cette panique… Son loup s'animait et semblait prendre le pas sur son côté humain. Nous n'avions pas besoin de ça, surtout pas en cet instant. Je l'éloignais de l'humain, puis posais une main sur son torse bouillant en lui chuchotant :

    Calmez vous sinon vous allez muter. Respirez lentement et pensez à quelque chose qui vous apaise. Chassez tous les bruits qui nous entourent. Sentez l'odeur de la forêt et de la nature nous loin. Sentez l'odeur de l'herbe fraichement tondu, des feuilles tombées à terre. Concentrez-vous sur ces senteurs familières, sur celle de le meu… sur celles que je dégage. Fermez les yeux, et inspirez à fond.

    Je ne savais pas trop quoi lui conseiller d'autre. Quand j'étais soumise à une grande pulsion, c'était les choses auxquelles je pensais. Je tenais ses conseils, ses enseignements de Nathanaël. J'avais mis du temps à arriver à me contrôler, mais j'avais fini par y arriver. Grâce à la sagesse d'un grand chef. Que je regrettais vraiment le temps où il était encore en vie. Il savait toujours quoi faire dans des périodes de crises. D'ailleurs, s'il était là, il m'aurait sans doute engueulé. Je m'occupais d'une part d'un cabot et en plus, au détriment de ma santé. Ce n'était sans doute pas une bonne idée de perdre du sang sous le nez d'autres prédateurs, mais c'était le cadet de mes soucis. De toute façon leur reine les tiendrait surement en laisse. Le plus grand danger était pour l'instant que Johan ne se transforme pas, et vu l'odeur que dégageait son loup, c'était mal barré.


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