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if i stop trying, we start dying | joan
MessageSujet: if i stop trying, we start dying | joan   Ven 11 Mar - 2:14

le 21 mai 2018

Tête baissée, l’Ecossaise s’enfonce dans les ruelles du centre-ville. Ses pas, pressés, résonnent contre les murs recouverts d’affiches jaunies et déchirées. Ils claquent et résonnent dans les airs, faisant relever des têtes. De temps à autres, elle accroche le regard d’un passant avant de le fuir, gênée. Elle n’aime pas ça, regarder les autres. Et encore moins attirer l’attention – ce qui ne l’empêche pas de porter la sienne aux alentours, lui coupant le souffle. Pas dans le bon sens du terme.

Ils ont des yeux rougies d’avoir trop pleuré la mort de leurs proches ; elle affiche un pâle sourire.
Ils murmurent ; elle parle normalement, le ton plus enjoué que la normale.
Ils la dévisagent parfois ; elle porte son regard autre part.

Sorcha a l’impression de vivre en décalé, de ne pas partager le sentiment de deuil et la souffrance de ceux qui ont subi les explosions de la Lune Bleue et de Wolfheaven. Au contraire, la demoiselle voit les évènements comme une aubaine, comme une manière d’étouffer la gangrène du pays, de la limiter – bien que, pour elle, il s’agit plutôt des Nocturnes. Alors, elle déambule dans les ruelles pour gagner du temps, pour ne pas traîner dans les grands axes. Elle déambule et, aux alentours de Keats & Boots, elle revêt un masque de circonstance. Elle baisse les yeux pour ne pas voir les têtes fatiguées ; elle baisse les yeux pour ne pas voir les dégâts. L’explosion a soufflé détritus et autres dégueulasseries ; les ruelles en portent encore les stigmates. Un peu plus, un peu moins, a-t-elle envie de souffler, lasse. C’est triste de constater qu’à, un certain moment, cela n’a plus tellement d’importance.

Elle quitte les ruelles pour arriver dans une rue passante plus large, espérant laisser sa honte derrière elle par la même occasion. Ses sentiments la partagent depuis plusieurs jours. Passé celui de la peur, elle hésite entre la joie (vraiment) et l’inquiétude. Par habitude, elle sait qu’aucun acte ne reste longtemps impuni. Et que les loups ne sont pas les êtres les plus patients. Mais la honte est tenace, la prend aux tripes, ronge ses pensées. Est-ce enfin le moment tant attendu et tant repoussé, celui d’envie laisser son empreinte ? L’horlogère ne sait pas, ne sait pas en quoi elle peut aider. La seule chose dont elle a connaissance, c’est ce regain d’espoir. Cette voix, intérieur, qui lui souffle que rien n’est perdu. Que l’humanité prévaut, gamine, il te suffit de prendre les armes. Les armes, elle les a pris plusieurs fois – mais elle n’est pas une battante, non. L’Ecossaise préfère rester à couvert et observer dans l’attente du moment opportun pour prendre la fuite.

Parce que la fuite, la putain de fuite, c’est quelque chose de salutaire. Mais entre tuerie et explosion, ça lui semble tellement dérisoire de penser mettre sa vie et ses chapelets dans les mains de son prochain. Pour la première fois, Sorcha veut se redresser et brandir le poing. Elle ne sait juste pas … comment. Dans le pire des cas, elle est persuadée qu’elle peut trouver quelque chose. Ce soir, après la réparation d’une autre montre, elle va se pencher sur la question. Il ne lui faut que quelques pages blanches à noircir.

Cardigan en laine pressé contre sa poitrine, elle avance renfermée sur elle-même. Plus d’une fois, elle se cogne contre à passant avant de s’excuser et de disparaître aussitôt. Perdue dans ses pensées, elle n’a pas remarqué que le ciel commence à se couvrir et que, en toute logique, c’est la raison pour laquelle la plupart presse le pas.

Dans tous les cas, comme dit le dicton : pose toi au bar et attend que ça passe.

Dicton que’Aonghas avait l’habitude de prononcer. Sorcha ralentit, repense à son frère, se demande si elle le reverra un jour. Et, alors qu’elle s’arrête à entrer dans le parc pour écourter son chemin, elle remarque une tête familière. Elle cligne des yeux plusieurs fois, n’en revient pas. Elle cligne des yeux, pense rêver. Dans le pire des cas, c’est un sosie. Dans le pire des cas … Mais la démarche est la même, les bleus et les écorchures aussi. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Sorcha n’a jamais vu Joan « intouchée ».

Touchant la croix qu’elle porte au coup, l’horlogère se rapproche à peu feutrée de l’autre brune, l’associe à un signe du destin. De dieu ?. Pourquoi pas, de dieu. Après tout, elles se sont connues à l’Eglise HCV.

« Lombardi ! » Le visage de Sorcha s’éclaire – elle s’approche en ouvrant les bras. « J’te pensais en Italie, à poursuivre la voie du Seigneur. » Pause. Elle la regarde, donne un coup d’œil aux égratignures qu’elle a aux bras. « Encore un chat qui s’fait les griffes. » Sorcha, derrière ses airs souvent apeurés, c’est surtout quelqu’un d’un peu bourru, d’un peu décalé dans ses paroles.

Parfois, ça passe ou ça casse. Mais elle connait Joan et espère qu’elle n’a pas changé, qu’elles peuvent conserver ce côté bon enfant alors qu’elles le savent : il n’y a rien d’amusant.
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MessageSujet: Re: if i stop trying, we start dying | joan   Dim 27 Mar - 16:28

if i stop trying, we start dying



~~~~~~~~~

Tout a volé en éclats. Elle le sait, bien sûr. Comme tous ceux qui habitent ici. La Lune Bleue d’abord. Wolfheaven ensuite, ou quasiment au même moment. Joan ne peut pas dire qu’elle va pleurer les loups, bien au contraire. Mais tous ne sont pas comme elle. Certains se sont fendus de déclarations larmoyantes pour pleurer ces engeances démoniaques. Très peu pour elle. Tout semble encore une fois recommencer. Mort, destruction, désastre. L’humanité ne s’en sortira-t-elle pas ? A-t-elle à ce point offensée Dieu pour qu’il envoie sur elle ces fléaux ?

Joan arpente les rues de Glasgow, songeuse. Il s’est passé tellement de choses ces derniers temps qu’elle ne sait plus par quoi commencer dans ses réflexions. Peut-être est-elle maudite ? Elle n’exclue pas cette hypothèse, au contraire même.

Joan ne versera pas une larme pour les loups, non. Ces créatures ne sont pas l’œuvre de Dieu mais du Diable, tout comme les vampires et les semi-démons. Ils doivent être éradiqués par n’importe quel moyen. Parfois, la jeune femme regrette le temps où elle appartenait à l’ECV. Elle avait le sentiment d’œuvrer à la gloire du Seigneur, de propager la bonne parole et d’exécuter ses volontés. A présent, elle est perdue. Seule Mia la soutient et lui fait voir la bonne voie. Bien sûr, elle culpabilise souvent, lorsqu’elle se prend à massacrer un homme à mains nues pendant ces fameux combats illégaux. Sa foi s’en accommode très mal. Elle fait avec. Elle n’a pas le choix. Continuer à avancer, envers et contre tout. Avancer pourquoi ? Parfois, il vaut mieux ne pas se poser de questions.

Tandis que ses pas la mènent Dieu sait où, Joan réfléchit aux conséquences de la nuit passée. Les loups ont perdus leurs chefs, la Meute est dispersée et anéantie. Mais la vengeance fait partie de leur sang. Ils ne laisseront pas les responsables de l’attaque impunis. Que ce soit dans deux mois ou deux ans, ils frapperont, c’est certain. La mort de l’ancienne Lupa, Mary, avait déchainée une violence sans nom et il ne ferait aucun doute qu’ici ce serait la même chose qui allait se produire. Pour Joan, il était temps de frapper les loups, de détruire ce qui restait de cette sale engeance. Cela ferait toujours un problème de moins. Resterait les vampires. Ceux que Joan détestaient le plus. Ceux qui avaient pris sa famille et l’avait laissé seule. Elle les exterminerait jusqu’au dernier si elle en avait l’occasion.

Tout a toujours dérapé dans sa vie. Mettre de l’ordre, voilà ce qu’elle aimerait faire mais cela lui échappe, lui glisse entre les doigts comme de l’eau fraiche. Elle ne peut la retenir. La vie a été cruelle avec elle. Elle l’est avec bon nombre d’humains et même des créatures. Joan continue de marcher. Plusieurs personnes la dévisagent longuement mais elle n’en a cure. Des hématomes parsèment son visage et ses bras. Un peu de sang aussi. L’autre soir a été éprouvant. Torben. Un vampire et un loup. Des semi-démons. La totale quoi. Elle aurait bien besoin d’un peu de repos…

Ses pas l’amènent non loin du parc où elle pense souffler un peu. Alors qu’elle se dirige vers l’entrée, une voix familière l’interpelle. Et là, un fantôme des Noëls passés. Sorcha. Tout lui revient. L’ECV, les combats. Et finalement un sourire naît sur ses lèvres gercées tandis que la jeune femme lui ouvre les bras.

McCane ! Et non, tu vois. J’ai quitté mon Italie natale… Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Sorcha est une fille assez trouillarde mais d’une grande gentillesse, le cœur sur la main. Elle n’a pas manqué naturellement de remarquer les contusions sur le visage de Joan. La jeune femme hausse les épaules avec un sourire amusé.

Les chats sont de plus en plus tenaces ces temps-ci… Il faut aller jusqu’à faire exploser leur tanière pour avoir la paix…

Elle observe celle qui fut un temps collègue et proche.

Et toi, alors ? Qu’est-ce que tu deviens ?



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MessageSujet: Re: if i stop trying, we start dying | joan   Ven 15 Avr - 13:40

Contraires et oppositions : deux notions nécessaires pour parvenir au sacro-saint équilibre. Equilibre mince, ces derniers temps, souvent vacillant et ne tenant qu’à un fil. Equilibre qui a volé en éclat, quelques jours plutôt, en même temps que le repère des loups. Mais le concept d’opposition est toujours là, latent, dans l’attente du moment opportun pour venir frapper. Instinctivement, Sorcha le sait : une contre-attaque ne saurait tarder. Elle voit mal ces frénétiques se ronger les ongles, cachés dans l’obscurité et laisser couler. Que l’Ecosse se prépare à un nouveau bain de sang. Qu’elle profite de quelques morts çà et là…

Alors, dans l’obscurité – obscurité de l’esprit – Joan lui apparait comme une vision. Comme une indication vers le chemin à suivre. A croire que Dieu , encore une fois, a décidé de lui indiquer la voie en lui mandant de retourner à ses vieilles habitudes. Ou à ses anciennes intentions. Si Sorcha a toujours vu l’HCV comme la direction dans laquelle s’engager (ce qu’elle avait fait, tantôt), elle ne s’est jamais trouvé utile. Si elle partageait – et partage toujours – les idées, elle n’avait pas les compétences. Pas celles requises, en tout cas, pour frapper fort. Depuis toujours, elle préfère travailler dans l’ombre et laisser la lumière aux personnes les plus compétentes.

Joan, à ses yeux, est l’une d’elles. L’une de ces personnes compétentes et déterminées, à la ferveur tout autant poussée qu’elle peut en être inquiétante. Et, étrangement, c’est pour cette raison qu’elle l’a apprécié, Sorcha. Elle a apprécié cette manière d’aller de l’avant, sans retenir la moindre peur, sans s’en embarrasser. Alors, la voir devant elle, des années après et dans une période de remise en question : c’est un véritable coup du destin. L’horlogère acquiesce d’un signe de tête lorsque l’autre jeune femme finit d’étirer ses lèvres en un sourire gercé.

« Les voies du Seigneur sont impénétrables… » Reprend-elle à la suite, pensive, avant que Joan ne reparte sur son histoire de chat. Et le sourire qu’elle porte à la commissure des lèvres, lentement, ne fait que de s’étirer un peu plus. Face à la situation, Sorcha hésite à partir d’un petit rire. Mais elle sait aussi que, dans des temps pareils, ce n’est pas bien de rire du malheur d’autrui… pour autant que les loups puissent être considérés comme tel.

« Si paix, il peut avoir … », laisse-t-elle traîner. Sorcha n’est pas dupe, elle n’y croit pas à cette paix. Elle n’a pas pensé qu’elle puisse être possible avec les Nocturnes – ce qui ne l’a pas empêché d’aller à la Lune Bleue, quelques jours auparavant. Au moins, lors de la soirée, ses soupçons ont été confirmés, lui indiquant que tout n’a été qu’une belle gageure depuis le commencement.

« Je survis en m’enrichissant sur le dos des autres. L’atelier de réparation n’a jamais été aussi plein de choses cassées, transpercées, déchiquetées. C’est triste à voir... »

Soupire. Soupire. L’Ecossaise aime la complexité des mécanismes et des anciennes horloges. Mais, à la vue de la conjecture actuelle, elle en voit de moins en moins dans son atelier. Les anciens frigos et autres conneries, au contraire, remplissent peu à peu son atelier – le transformant en une décharge pour objet métallique. Et si cela ne la dérange pas – d’autant que ses prix sont relativement bas en ce qui concernent les nécessités – ça l’agace d’avoir à manier de la tôle.

« Comme ça, tu te bas encore ? », reprend-elle en donnant un coup de tête, rebondissant sur la phrase précédente de l’Italienne. « Toujours en train de prêcher la bonne parole, sauf que ca ne rentre pas dans les tetes, eh ? » Sorcha l’imagine, micro à la main, à réciter quelques psaumes avant de frapper. Sorcha l’imagine, simplement, avant qu’elle n’accroche le regard de l’autre brune et ne découvre (ou sente, plutôt), qu’elle a l’air aussi paumé qu’elle-même en ce moment.

Décidément, elles sont bien parties.
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