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Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]
MessageSujet: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Jeu 10 Mar - 23:17

Savannah avait été trainée de force chez Sasha. Qu’elle le veuille ou non, c’était comme ça. Parce qu’entre copines, on se soutenait. Une pour toutes, et toutes pour une. Je grimaçais quand même, à la pensée d’Eilih, que j’allais appeler dès que possible. Pour lui dire, le plus succinctement possible et pendant que Sav prenait un bain chaud avec des huiles essentielles et tout pour la délasser et se préparait pour la nuit, que les parents de Savannah et beaucoup des gens qu’on connaissait étaient présents lors des explosions. Ma voix s’était serrée, même si j’aurai voulu paraître forte et impassible. C’était très difficile pour moi, aussi. J’avais perdu mes parents il y a peu, et c’était grâce à Hayden et Isadora Valentyne que j’avais trouvé une nouvelle famille en la meute… Mais Sav’ avait besoin de moi, et il était hors de question que je laisse passer mes propres sentiments avant les siens. Non, elle avait besoin de nous, et puis c’était tout. Et j’espérais qu’Eilih saurait le comprendre, même si elle avait pas très bien pris l’annonce de ma nature… Enfin, elle était de retour avec Caël, donc elle pouvait me pardonner aussi, non ? Je savais pas trop quoi penser de sa voix au téléphone, mais elle m’avait dit qu’elle arrivait, de toute façon. Le temps de venir d’Edimbourg, quoi.

Sasha avait été gentille et m’avait acheté ce dont j’avais besoin pour la soirée, quand on avait été faire les courses. Je lui rembourserai, pour sûr, mais dans l’immédiat… Mes économies étaient sur moi, mais elle avait pas voulu que je les dépense tout de suite. En tout cas, on avait de quoi faire du vrai chocolat chaud, du thé, du café – même si je savais pas me servir de la machine -, du thé glacé, des trucs sucrés à boire, à manger, des cochonneries salées… Enfin bref, on manquerait de rien. Même si on parlait pas de la soirée, on serait là pour Sav et puis c’était tout. J’allais allumer la télé et mettais des dessins animés débiles en fond, en espérant que rien de triste ne passe, juste quand la sonnette retentit.

Je me dépêchais, pour pas déranger Sav qui descendrait quand elle voudrait, et ouvrais la porte pour voir Eilih. J’hésitais un instant, puis la serrais dans mes bras, comme si je m’accrochais à elle comme une naufragée. Je savais pas comment elle le prendrait, mais une fois que Sav descendrait… je pourrais plus, je ne devrais plus faire ça. Lui souriant de manière pas très convaincue, je m’effaçais pour la laisser entrer. « Merci d’être venue… si vite. Je… Elle a besoin de nous. »

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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Ven 11 Mar - 18:27

    J'avais été folle d'angoisse. Quand j'avais apprit que la lune bleue avait explosé, j'avais eu peur pour Alexis et Savannah. Évidemment, il avait été hors de question que je vienne avec elle dans un mieux peuplé de loups garous et de vampires. Ce n'était pas parce que j'avais digéré le fait que Lexie était une métamorphe comme Caël et que Savannah était fille de loups et protégée par la meute que j'avais subitement envie de faire de tous ces nuisibles mes amis. Je n'étais qu'humaine, j'aurais trop eu l'impression d'être un repas servi sur un plateau parmi tous ces prédateurs qui pouvaient me tuer en un claquement de doigts.

    J'avais apprit pour Lexie quand j'avais eu besoin des deux filles suite à ma rupture avec Caël. Je me sentais terriblement mal. Je m'étais montrée dure et injuste avec lui et je le regrettais, mais j'avais des difficultés à voir clair dans tout cela, à concilier mon cœur et mon cerveau. De fil en aiguille, Lexie et Sav en étaient venues à me confier leurs propres secrets... Quitte à ce que cela me heurte et que je ne décide de couper les ponts avec elle. Pourtant, je ne m'étais pas mise en colère. J'avais juste ressenti une grande lassitude de constater que finalement, tout le monde avait des secrets... même mes amies. Peut-être que je devais accepter de ne pas pouvoir tout contrôler et que le monde n'était pas tout noir ou tout blanc, mais nuancé de gris...

    J'avais recollé les morceaux avec Caël. Je ne me morfondais plus. Jusqu'à ce que j'apprenne pour les attentats... Le repère de la meute avait explosé. Une partie de moi, celle qui s'était vue arracher son fiancé par un loup se réjouissait qu'il y ai eu des morts... Des prédateurs en moins. Et puis, l'autre, celle qui avait pour amie Savannah, avait été horrifiée en imaginant son chagrin de perdre des amis, des proches. Je savais ce que c'était... mais quel monstre étais-je pour me réjouir de morts massives ? Je me haïssais... J'avais tenté de les joindre, sans succès. C'était Lexie qui m'avait appelé et j'avais sauté sur mon portable, folle d'inquiétude. J'avais compris à sa voix que le pire était arrivé. Elles, elles étaient en vie et n'étaient pas blessées. En revanche, Savannah avait perdu ses parents, ses frères... C'était horrible. Comment se relever de ça ?

    Je n'avais pas hésité une seconde, sautant dans ma voiture pour rouler jusqu'à Glasgow. Je dus même faire des excès de vitesse, tant j'étais pressée d'arriver. Les filles avaient été là pour moi et mes pathétiques peines de cœur et questions existentielles. Cela me semblait tellement ridicule comparé à ce qui venait d'arriver... Quelle idiote. J'étais la plus âgée des trois, mais sur le coup, je m'étais vraiment comportée comme une gamine. Je finis par me garer, me dépêchant d'arriver jusqu'à la porte. Ce fut Lexie qui m'ouvrit. Et qui se jeta dans mes bras, me serrant avec force. Je sentais bien qu'elle se faisait violence pour garder la tête haute et être forte pour Savannah, qui elle, avait tout perdu. Lexie avait perdu des amis, des substituts de famille. Sav avait perdu des liens de sang... De façon si brutale. Qui avait fait cela ? Que s'était-il donc passé ? Je caressais un instant ses cheveux, avant qu'elle ne s'écarte et me laisse entrer.

    « J'étais obligée de venir. Vous avez été là pour moi pour des peine de cœur ridicules... Je serais là pour vous dans ces terribles moments. Je ferais tout ce qu'il faut pour vous aider et vous soutenir. Je suis tellement désolée pour vous deux, Lexie... »

    Je refermais la porte, avant de murmurer :

    « Dans quel état est Sav ? »

    Hystérique ? Mutique ? Détachée parce qu'elle ne réalise pas ? En pleurs parce qu'elle réalise trop ? Il y avait tellement de façon de vivre un deuil...

    « Et toi ? »
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Sam 12 Mar - 22:21

Je regarde ma peau rougie à travers l’eau parfumée du bain que m’a préparé Lexie. L’eau était trop chaude quand je suis rentrée, mais j’avais froid, j’ai tout le temps froid, alors c’était pas bien grave. J’avais mal. La brûlure de l’eau avait à peine réussi à me faire sortir de ma torpeur. Pourtant, il le fallait bien. Il le faudrait bien.
La musique tourne sans que j’y prête encore une fois réellement attention.
Une partie de moi essayait de me faire réagir, de me faire lever, bouger, parler, vivre. Et je savais bien qu’il fallait que je l’écoute elle. Mais elle demandait tellement d’efforts.
Une autre partie me disait qu’il fallait que je pleure, que je crie, que je remue ciel et terre pour faire entendre ma douleur et ma propre agonie. Mais j’avais déjà donné, j’avais déjà fait, et non seulement cela ne changeait rien, la douleur restait omniprésente, mais elle me demandait également trop d’efforts et d’énergie. Et je n’avais pas la force d’essayer.
Je plonge la tête sous l’eau, regardant le plafond à travers le voile flou de l’eau.
Une autre partie essayait juste d’atténuer la douleur, tentait de faire revenir plutôt les souvenirs, les images de ceux qu’il me restait encore, de ceux qui s’inquiétaient. Cette partie rejoignait la première en réalité, en essayant de s’appuyer sur mon optimisme et mon positivisme démesurée. Sauf qu’ils s’étaient éteints en même temps que ma famille ceux-là.
Et la dernière partie m’anesthésiait tout bonnement. Et ça, c’était cool.

Non, ça ne l’était pas vraiment, je sais. Je luttais chaque minute qu’il passait pour ne pas juste me dire que c’était un mauvais rêve, que j’allais me réveiller et que je sentirais l’odeur des cookies de maman dans l’air. Ce serait tellement facile. Mais je cherchais pas vraiment à oublier et à effacer… Même si j’en étais tellement tentée, tellement… Mais ça ne m’aiderait pas. Je le sais. Tout comme je sais que ce n’est pas forcément malin de juste tenter d’être juste indifférente. Mais je le suis pas. Tout est juste trop fort, trop présent, trop étouffant. Pleurer ne m’aidera pas, hurler ne les ramènera pas. Et pourtant…
Et pourtant, la tête toujours sous l’eau, je hurle, je hurle jusqu’à ce l’air me manque. Et je me redresse rapidement, reprenant ma respiration, me calmant pour faire cesser les larmes, traitresses scandaleuses à mon indifférence factice. Je replie les jambes, passant mes bras autour, posant mon front contre mes genoux. J’ai tellement mal. C’est insupportable. Je finis pourtant par reprendre le dessus, par respirer lentement, sans davantage pleurer, alors que la douleur lancinante, terrible et accablante est toujours présente en arrière-plan. Mais à nouveau, je parviens à anesthésier un peu tout cela. Je ne sais combien de temps je suis restée, mais l’eau est froide, alors…

Je me relève difficilement, et sort en attrapant des serviettes. J’en enroule une autour de mes cheveux, par pur automatisme, avant de me sécher rapidement, d’éteindre la musique, et de retourner dans la chambre de Lexie, où elle m’a préparé un pyjama en pilou… Je m’habille avant de rester assise sur le lit. Je devrais descendre, pas vrai ? Descendre, et subir l’excessive gentillesse, la douceur infinie de Lexie. Et je ne demande que ça. Mais… je veux pas encore pleurer. Je veux pas encore m’apitoyer. Je veux pas encore entendre que ça passera, que ça ira mieux, que… Toute la Meute a perdu des personnes qu’elle aimait… Et je…

J’inspire profondément, les yeux fermés, avant de soupirer et de rouvrir les yeux. Allez. Ça va aller. Je grimace. Je finis par atteindre les escaliers, en pilou, pieds nus, une serviette sur la tête. Je fronce les sourcils une seconde en entendant des voix, et je me fige, une fois en bas de l’escaliers, alors que j’aperçois Lexie et Eilih. Je le regarde à tour de rôle, en clignant des yeux. J’ouvre la bouche… et rien. Mes lèvres tremblent et je serre la mâchoire, en inspirant profondément, pour chasser les larmes qui menaçaient. Je me dirige vers elles, finissant par me raccrocher à elles, les laissant faire, alors que je refuse toujours de pleurer. Mais je suis pas assez forte. Pas pour ça. Et je me retrouve accrochée à elle, pleurant, pleurnichant, sanglotant comme une enfant. Je voulais pas pourtant.


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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Jeu 17 Mar - 19:02

Je ne voulais pas que Sav se sente oblige de quoi que ce soit, c’est pour ça que je ne l’avas pas prévenue. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de penser à elle, là-haut. Elle a si peur, elle est tapie dans le noir, elle tremble comme une feuille. Ou je la vois comme ça. Peut-être ais-je tort, je crois qu’il se fait tard, je ne suis plus sûre de moi. Mille et une pensées se bousculent, et plus rien n’a de sens. Plus rien ne va, non plus. Je ne vois que du noir, je ne vois que de l'effroi. C’est pourquoi j’ai appelé Eilih. Parce que… J'ai beau lutter, rien n'y fait. Mes idées, mes pensées me ramènent à l'écueil. Et Savannah a besoin de notre aide, mais toute seule je n’y arriverais pas. Toute seule, je ne pourrais que m’écrouler, et ne lui être d’aucune aide. Je m’en voulais, de ne pas pouvoir faire plus. Je m’en voulais, d’être prête à imposer un tel fardeau à Eilih, mais je ne pouvais pas faire autrement. Moi, je pleure sur mon sort, je ne pardonne pas à la mort. Et elle, je lui demande de m’aider à veiller sur Sav’. De l’aider à avancer, à sortir de sa torpeur. Parce que moi, j’en suis incapable. Je l’aime, mais j’ai perdu ma famille aussi. Oh, ça ne doit même pas être comparable, la douleur que je ressens ne doit être qu’infime par rapport à la sienne. J’ai perdu mes parents, il n’y a pas si longtemps, mais… non, ma peine est incomparable et bien moins importante que Savannah.

Je pouvais pas me laisser y succomber. Quand je serai toute seule, peut-être pourrais-je broyer du noir, et encore. Mais pas maintenant. Non, maintenant, je devais être fort, juste forte. Mais je crois que je pouvais pas vraiment, en vrai. Sinon, pourquoi me serais-je blottie dans les bras d’Eilih, comme ça, alors que je m’étais promis de pas le faire ? Pourtant, j’y restais un peu, un peu trop longtemps, surement, avant de la laisser entrer. Il faisait pas si froid, mais assez pour qu’elle le ressente un peu quand même. Enfin, il était tard, il faisait toujours plus froid la nuit. Je devais avoir une tête de déterrée, mais c’était pas grave. Parce que Sav s’en rendrait pas compte, je crois. Je hochais la tête, juste brièvement. Je lui en voulais pas, et j’aurai voulu lui dire qu’on était ses amies et que c’était normal qu’on ait été là pendant ses peines de cœur, mais j’en avais pas du tout la force. Pas du tout du tout. Je reprenais un peu contenance, alors qu’elle murmurait elle-même pour me questionner sur Sav’. Normal, elle était là pour elle, c’est pour ça quej e l’avais appelée. Juste pour ça…

« J'ai lu dans son regard tout à la fois. La terreur, la fuite et puis le deuil… »

Oui, c’était cela. Ni plus, ni moi. Je grimace, malgré moi. « Elle est renfermée sur elle, et… je sais pas. Elle est triste, mais… Elle veut rien ressentir, je crois. »

Elle verra, quand Savannah nous rejoindra. Si elle nous rejoint. Peut-être. Je frissonne, en l’entendant me questionner sur moi. J’aurai tellement préféré qu’elle ne le fasse pas. Je murmure d’une voix aussi basse que la sienne, serre mes bras autour de moi, comme si ça allait changer quelque chose.

« J’ai peur, j’ai peur en permanence qu’on m’annonce une catastrophe ou qu’on m’appelle des urgences… »

Oui, j’avais dit la même chose, exactement, à Sasha. Mais c’était vrai à ce moment là, et ça l’était encore. J’étais pas bête, on nous avait ciblés, alors… Alors j’avais peur.

Un bruit me changea les idées. Sav’, ma copine, mon amie, l’une des personnes les plus chères à mes yeux. Je la laissais venir à nous, et la serrais un peu plus fort contre moi. Je voulais lui construire un cocon, aussi longtemps que nécessaire.

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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Dim 20 Mar - 14:30

    Je hochais la tête doucement à la réponse de Lexie. J'avais mal pour Savannah. Je savais ce que c'était que de perdre tragiquement un proche, alors que rien ne vous y préparait. J'ignorais si c'était différent quand la personne était malade, condamnée et qu'on savait où cela allait mener... Papa avait été tué par des vampires, Robbie par des loups... tous les deux alors qu'ils étaient en excellente santé. Et il en allait de même pour les parents de Savannah, violemment fauchés alors que rien ne le laissait présager.

    « C'est plus facile de ne rien ressentir... »

    J'avais grimacé de concert avec Lexie. C'était bien aussi, cette sorte d'anesthésie bienheureuse qui engourdissait la douleur. C'était un bon refuge et je comprenais que Savannah préfère y demeurer plutôt que de ressentir le manque, si violent. Mais quand la douleur se réveillerait, quand elle réaliserait qu'elle ne pourrait plus parler à ses parents, ni les serrer contre elle, alors la souffrance l'écraserait, suffocante... il m'avait fallu des mois pour cesser de me réveiller la nuit en hurlant après mon père que j'avais pu étreindre dans mes rêves et qui m'échappait sitôt le réveil venu. Mais si Sav était la plus directement touchée, je n'oubliais pas pour autant que Lexie était là elle aussi, qu'elle avait probablement perdu des amis, voire une famille de substitution et à sa façon de me serrer dans ses bras, j'avais deviné combien elle était prête de partir à la dérive, mais se le refusait, pour Savannah. Sans doute pensait-elle ne pas avoir le droit de laisser son chagrin s'exprimer, parce qu'il lui semblait ridicule comparé à celui de Sav... Elle avait moins perdu qu'elle, alors elle ne pouvait pas s'effondrer, elle devait être forte pour elles deux. Sauf que cela ne fonctionnait pas ainsi. Qu'aucun chagrin n'était comparable à un autre.

    Elle m'avoua vivre dans la peur constante. Peur d'une catastrophe, peur de perdre encore quelqu'un. Je pinçais les lèvres. Ces attentats n'avaient pas été perpétrés au hasard... La Lune Bleue, Wolfheaven... Deux lieux fréquentés par les garous... et apparentés. Pour quelles raisons, cela demeurait un mystère. Qui serait peut-être élucidé un jour. Ou pas du tout. La Meute avait été décapitée violemment et le désordre le plus complet devait régner chez les survivants. Mais ce n'était pas ma préoccupation. La mienne, c'était d'être là pour mes deux amies orphelines.

    « Ça va aller Lexie. Si tu as besoin d'être réconfortée, je suis là. »

    Je ne mentionnais pas Savannah, mais j'avais bien compris quel rôle Alexis était prêt à jouer avec elle. D'ailleurs, la jeune fille finit par descendre. Son air hagard me mortifia. Et les larmes vinrent sitôt qu'elle se retrouva dans nos bras. Je les entraînais toutes les deux vers le canapé, y prenant place, alors que j'incitais Savannah à s'allonger et poser sa tête sur mes genoux à ma gauche, et que Lexie se trouvait à ma droite. Je l'entourais d'un bras, ma tête contre sa joue, tandis que je jouais avec les cheveux mouillés de Sav, la serviette s'étant dénouée. Je lui caressais les cheveux en des gestes doux et apaisants. J'adressais un regard désemparé à Lexie. Sincèrement, je n'avais aucune idée de la façon dont on gérait une situation de cette ampleur. Je soufflais doucement à la rouquine :

    « Il y a quelqu'un pour s'occuper d'elle ? »

    Lexie était majeure, elle n'avait probablement besoin de personne, mais...

    « De vous ? »

    Je reportais mon attention sur Savannah, continuant ma lente caresse un peu hypnotique. Cela marchait toujours quand ma mère me le faisait. Je la copiais totalement.

    « Pleure Sav, toutes les larmes ne sont pas un mal. »
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Sam 26 Mar - 15:57

Interminable. Quoique je fasse, j’avais l’impression constante d’être dans une boucle sans fin. Tout me paraissait passer au ralenti. Mais c’est juste moi. Moi, ou mon cerveau, qui a un peu de mal à fonctionner. Comme si le monde allait trop vite et qu’il fallait le réguler pour que je puisse le comprendre et essayer d’avancer avec lui. Mais je ne voulais pas avancer avec lui. J’avais bien trop mal pour songer sérieusement à me relever, alors avancer… Non, rester là où j’étais valait mieux. J’arrivais à… oublier la douleur. Pas tout le temps, mais assez souvent pour ne pas juste devenir totalement folle. Assez longtemps pour parfois arriver à me dire qu’il restait encore des trucs cools. Pour me dire que je n’étais pas seule. Pas vraiment. Mais quand je pensais à ces personnes, à celles qui m’aimaient et me supportaient encore, la douleur me submergeait à nouveau et me noyait littéralement.
C’était injuste. Je sais. Les choses de ce genre ne le sont jamais, justes. N’importe quelle mort accidentelle ou inattendue est injuste. Alors quand ça découle d’une action volontaire et criminelle… Mais cela restait injuste. J’avais déjà tout perdu une fois. J’avais déjà perdue une famille. Et je m’étais relevée. J’étais toujours là. Debout, souriante, enjouée. J’avais déjà été anéantie et pourtant j’avais réussi à avancer. Mais comment réussir une seconde fois ?? Perdre tout encore… Perdre maman… Perdre encore… c’était injuste. Je ne méritais pas ça. Oui, pensée bien égoïste, mais dans un sens, eux ne souffraient plus, alors… alors que moi… je n’étais plus rien. Je n’étais plus la fille de… Je n’étais plus la sœur de… Je n’étais plus le trésor de… Je ne suis plus rien.

La souffrance, le désespoir et l’angoisse me submergent encore et toujours quand je réfléchis et essaie de dépasser un peu cet état catatonique. Parce que je sais bien qu’il faudra que j’en sorte. Mais pas tout de suite. C’est trop tôt. Ce sera toujours trop tôt. Même si je sais qu’ils s’inquiètent pour moi, quand bien même ont-ils aussi perdu des êtres chers. Mais ça ne suffit pas. Je crois. Je sais pas trop. J’arrive pas à savoir. Et je déteste cette petite voix qui me dit que je suis encore et toujours un fardeau, quoique je fasse. Peut-être a-t-elle raison. Mais j’ai perdu ma famille, les gens que j’aimais… J’ai bien le droit de… tout ça. Je sais pas. De ne rien ressentir. De trop ressentir. De hurler. De pleurer. De les haïr. De les aimer. D’être indifférente. De me plaindre. D’avoir mal. De refuser d’avoir mal. Je sais pas.

Et j’ai beau dire, ou plutôt, j’ai beau essayer de claquemurer tout ça, il suffit que je les voie pour que tout s’effondre. Parce qu’elles sont là. Pour moi. Parce que même Lexie qui doit souffrir aussi essaie de m’aider. Parce que même Eilih était venue, alors que je savais que les Loups pour elle…
Et je tente quand même, une dernière fois, de refermer tout ça. Mais je n’y arrive pas et m’écroule à moitié dans leurs bras. Les laissant me serrer contre elles, à tenter de me consoler.
Je les suis sans m’en rendre compte, laissant Eilih m’installer et prendre soin de moi. Je me recroqueville, les genoux ramenés contre moi, agrippant son pantalon malgré moi. Les larmes coulent sans que je n’y prête attention et je ferme les yeux, me focalisant sur les mouvements de sa main sur ma tête. Elle parle, mais ne s’adresse pas à moi. Sans doute parce que je serais incapable de répondre réellement. Pour s’occuper de nous ? Lexie vivait avec Sasha. Heureusement. La partie encore lucide en arrière-plan était plus que rassurée de cela. De moi ? Y avait-il encore quelqu’un ? Avais-je besoin de quelqu’un pour s’occuper de moi ? Je rirais presque de cette question. Il suffit de me regarder deux secondes pour avoir la réponse.

« Sarah. J’ai Sarah. » Un murmure un souffle m’échappe, alors que je reprends ma respiration sous ses caresses apaisantes. « Et Malcom… Je crois que je vais… avec Malcom oui… » Je serre le tissu dans ma main. « Et vous. Vous vous êtes là. Vous deux. »

Et à nouveau, les larmes et la peur et la tristesse reprennent le dessus. Plus rien, je veux juste ne plus rien ressentir.


Dernière édition par Savannah Valentyne le Mar 10 Mai - 13:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Jeu 31 Mar - 19:18

« Moi aussi j’aimerai ne… »

Je m’arrêtais d’un coup, consciente de ce que j’avais failli dire. Eilih était pas bête, mais j’avais quand même pas le droit. Pas le droit, parce que Sav’ était là-haut, parce qu’elle devait souffrir tellement plus que moi. Parce qu’elle avait bien plus besoin de réconfort que je ne pourrais en avoir besoin. J’étais égoïste de dire ça, et j’aurai pas du. J’aurai même pas du dire que j’avais peur. Et si Sav’ était descendue, si elle m’avait entendue ? Elle m’aimerait plus, c’était certain. Je devais arrêter de penser comme ça, arrêter de me laisser aller à mes angoisses, arrêter d’admettre que j’étais pas bien non plus. Je devais l’être, et puis c’était tout. Alors même si je hochais la tête alors qu’Eilih me disait qu’elle était là, même si je devais avoir l’air déboussolé, même si je devais sembler complètement fantomatique, j’irai bien et puis c’est tout.

Et heureusement que j’ai rien ajouté, parce que Sav descendait, elle descendait, et elle se blottissait contre nous, laissant enfin voir que ça allait pas. Ça me fendait le cœur de la voir comme ça et de me sentir aussi démunie, alors qu’elle avait juste besoin de nous et que je pouvais pas ne rien faire. Je voulais la prendre dans mes bras, lui coller du sparadrap partout, l’aider à aller mieux, et je me sentais incapable de savoir quoi faire. Incapable de trouver les mots, les gestes. J’allongeais ses jambes en me levant, à la suite d’Eilih. J’avais l’impression qu’elles étaient froides. Est-ce que c’était dans ma tête ? Est-ce que c’était juste pour me prouver que je pouvais servir à quelque chose et que j’étais pas juste capable de laisser ma copine toute seule ? C’était nul, de se dire ça, vraiment nul. J’allais quand même lui chercher une couverture, que je déposais doucement sur elle, et même une deuxième en même temps que je rapprochais un fauteuil pour m’asseoir à côté d’Eilih et elle.

Je hochais la tête, à la question de notre amie. « Une amie de sa mère, mais… Elle la connaît pas très bien je crois. Je suis pas sûre qu’elle veuille y rester. Et puis, elle est majeure… Et il y a Malcom, aussi, un… un métamorphe comme moi. S’il… Enfin, s’il est possible qu’elle reste à ses côtés. »

J’avais failli dire « s’il le voulait bien ». Mais s’il voulait pas, je lui ferai la misère, jusqu’à ce qu’il accepte. Il aurait pas du tout le choix, voilà. Ce que Sav’ voudrait, Sav’ l’aurait. C’était décidé. Sauf si elle voulait rester toute seule, parce qu’elle se ferait du mal. Beaucoup trop de mal. Enfin, je pensais. Et on abandonnait pas ses copines.

« Je vais chercher à boire, et vérifier ce qu’il y a dans le four. »

Oui, dans le four. J’avais fait des mini tartes. Elles avaient franchement une sale tête, les salées comme les sucrées mais… Bah, j’espérais qu’elles seraient bonnes. Au pire, j’avais aussi des cochonneries et tout, mais bon. Je mettais tout dans un plat, et les déposais sur la table basse. Je manquais de faire tomber les bouteilles de trucs sucrés avec ou sans bulles, mais je me rattrapais de justesse au dossier du canapé. Souriant de manière confuse, je posais tout, reprenant ma place, et la main de Sav’ instinctivement. Je revenais juste à temps pour écouter les réponses de Sav’, sa voix me brisant le cœur. Et me regonflant d’espoir, en l’entendant dire qu’on était là. Oui, c’était vrai.

« On sera toujours là, Sav. Toujours. »

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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Sam 7 Mai - 14:39

    Lexie ne semblait pas se donner le droit de ressentir de la peine. Elle voulait être forte pour Savannah. Elle n'avait pas perdu ses parents, elle. Mais cela avait-il réellement de l'importance ? J'aurais aimé pouvoir lui dire qu'elle pouvait se laisser aller, mais Savannah arrivait déjà, pâle et défaite. On aurait dit un zombie. Ou une somnambule. Son esprit ne semblait pas tout à fait avec nous d'ailleurs. Normal. Elle ne s'autorisait pas à ressentir toute la violence de sa douleur au risque d'étouffer. Je connaissais cette douleur. Elle ne m'était que trop familière. Il n'y avait rien qui puisse la diminuer. Seulement le temps qui la rendait plus supportable. Et l'amour des proches. Sans que leur présence ne devienne étouffante pour autant. C'était le risque : que vos amis, votre famille restante ne décident de vous couver, de vous surprotéger et ainsi vous étouffer et vous rendre plus faible encore. Il fallait être présent sans être intrusif. Je n'avais aucune parole de réconfort pour mes deux amies. Juste quelques câlins.

    Pour le moment, cela semblait suffire et je les câlinais toutes les deux avant de m'interroger sur leur avenir... je n'étais pas très au fait de leur vie auparavant et de ces trucs de meute. Cela ressemblait à une grande famille. Sauf que la maison avait été détruite, ainsi que plusieurs membres... Du coup, qu'advenait-il des survivants ? Lexie et Savannah étaient jeunes encore, pas indépendante financièrement. La première n'avait plus de parents depuis un bail et la seconde... à l'instant. Est-ce qu'il y avait quelqu'un pour s'occuper d'elles ? Sinon, j'étais prête à les loger chez moi. Ma mère ne refuserait pas de tendre la main à deux orphelines.

    Cependant, Savannah me répondit qu'il y avait Sarah. Et aussi Malcom. Deux noms que je ne connaissais pas. Je me rendais compte que si toutes les deux avaient bien des amis en commun et vivaient dans le même univers, ce n'était malheureusement pas mon cas. Des pans entiers de leur vie m'échappaient totalement. Je n'avais pas cherché à en apprendre davantage. Fallait-il connaître les gens parfaitement pour les aimer ? Je ne le pensais pas. Même si j'avais été profondément ébranlée d'apprendre que Lexie pouvait se transformer en animal, comme Caël. Et que Savannah était la fille de deux loups. Si cela m'avait choquée, cela m'avait aussi amenée à réfléchir et à en conclure que j'avais été bien naïve et obtuse de mettre tout le monde dans le même panier, de séparer le monde en deux catégories : les gentils humains et les méchants monstres... Il y avait des salopards chez les premiers et des gens bien chez les seconds, tout simplement.

    Lexie m'expliqua alors que Sarah était une amie de la mère de Savannah. Mais que ce n'était pas forcément la meilleure solution, Sav ne la connaissant pas spécialement. Oui, elle était majeure, mais trouver un logement demandait de l'argent... Peut-être avec l'assurance vie de ses parents ? J'imaginais que ce n'était pas vraiment le sujet que la préoccupait le plus. Il y avait Malcom aussi, un métamorphe donc. Avec qui Savannah préférerait aller. Lexie se décolla alors du canapé, pour aller chercher à boire et aller chercher un truc dans le four. Elle revint en posant un plateau avec des petits fours sur la table basse. J'ignorais si elles avaient faim. Le chagrin avait tendance à occulter ce genre de choses. Je lui rendis son sourire, piochant alors dans le plateau et goûtant un petit four brûlant alors que Sav ajoutait qu'elle nous avait toutes les deux. Je hochais la tête à la réponse de Lexie, avant d'ajouter :

    « Si jamais ça vous dit, il y a de la place pour vous à la maison. Le temps que vous voudrez, pour vous retourner. »

    Je ne pouvais que leur proposer cette option, même si j'étais quasiment certaine qu'elles allaient refuser. Mais l'invitation était lancée.

    « Humm, Lexie, c'est toi qui les a fait ? C'est trop bon ! Sav, faut que tu goûtes. C'est moche, mais bon. Faut pas se fier aux apparences ! On peut aussi se saouler et refaire le monde. »
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Mar 10 Mai - 15:17

Je me laisse bercer, je laisse Eilih me caresser les cheveux, comme si j’avais encore 6 ans, comme si tout pouvait se résoudre à coup de chocolat chaud et de marshmallow. Je laisse Lexie me couvrir, comme si cela suffirait à me réchauffer et me faire aller mieux.
Et c’est le cas, dans un sens. Pas tant pour les caresses et les couvertures. Enfin si. Pour ce que les gestes représentent. Parce qu’elles sont là. Parce qu’elles le font pour moi. Et pourtant… pourtant, je veux pas non plus qu’on s’occupe de moi comme si j’étais soudain devenue une petite chose fragile et délicate. Oui, bon, j’ai toujours été plus fragile et délicate que la plupart des gens que je côtoie… côtoyais. Mais je suis, j’étais forte. Enfin, je… Je suis celle qui sourit et encourage. Qui motive et entraine… enfin, ça c’était avant. Ouais, moi aussi je pense à la pub maintenant en le disant… Je veux pas qu’on est pitié de moi. Quand bien même, je suis actuellement devenue une caricature pour l’apitoiement et le tourment… j’ai pas envie qu’on s’adresse à moi comme si j’étais débile, j’ai pas envie qu’on me regarde comme si j’allais me briser, j’ai pas envie qu’on pense à moi comme si je l’étais déjà, brisée. Même si je le suis. Même si tout ça est sans doute vrai. Mais si les gens commencent à le faire, à me le montrer, à me faire ressentir tout ça, je sais que j’y arriverais pas. Sarah, elle, n’est que douceur, patience et indulgence. C’est insupportable. Je sais. Je l’aime beaucoup. Mais là, c’est plus que je ne peux en supporter. Tout comme je ne supporter absolument pas Hayden après être revenue avec maman… Et merde. Je serre la couverture dans mes mains, alors que les larmes coulent toutes seules. C’est sans doute pour ça que j’aime autant aller chez Malcom que chez Sarah. S’il est maladroit ou brusque, c’est cool. Parce qu’au final, c’est lui.
J’essaye de me calmer et de respirer alors que Lexie parle.

« Je la connais, elle… est gentille… trop en fait… je peux pas, c’est… trop. Je veux pas… Elle… »

Je hausse doucement les épaules. Peut-être qu’elles comprendront. Je suis pas la seule à déjà avoir perdue quelqu’un…. Je suis pas la seule à trouver que trop de gentillesse, c’est insoutenable… Pas vrai ?
Je regarde Lexie et esquisse un début de sourire.

« Malcom m’a proposé. Ou ça vient de Sarah, je sais pas. Mais… Il veut bien… me supporter. Je lui ai dit qu’on se ferait des séances Disney et autres pourtant… »

Pas comme si je l’avais pas prévenu. Pas comme s’il me connaissait pas ou savait pas à quoi s’en tenir…
Je reste immobile quand Lexie se lève et s’absente, me contentant de garder ma respiration, et de ne pas, surtout pas, encore pleurer. Je l’entends revenir, et je sais que je me serais sans doute gentiment moquée d’elle et de sa maladresse, parce que bon, quand même, Lexie se pose dans le genre maladroit. Sauf que là, j’ai pas le courage.
J’ai pas envie de bouger. Je suis bien. Enfin, on se comprend. Mais je me redresse pourtant, gardant les couvertures autour de moi, ramenant mes jambes pliées sous moi. Je serre la main de Lexie en retour.

« Je sais... Je sais bien. »


J’inspire et regarde Eilih, avant de sourire. Enfin, ça doit être un sourire, ou ce qui s’en rapproche. Je secoue la tête. Et dans un rare éclair de lucidité, ou de gentillesse, ou je sais pas quoi, j’attrape la main d’Eilih de l’autre côté.

« Merci. C’est vraiment gentil Eilih…
Merci à toutes les deux. Je… »
J’ai tellement mal. « J’ai pas envie de… d’en parler. Vous êtes là, ça me suffit. Juste euh… soyez pas… trop gentilles. Enfin, vous voyez. Je veux juste… »

Je soupire et lâche leur main pour essuyer les larmes qui roulent à nouveau. Je sais pas si je veux qu’elles me consolent, qu’elles agissent normalement, qu’elles… Je sais même pas. Comment elles pourraient comprendre ? Comment est-ce que je peux… C’est tellement difficile de rester simplement là… Faut que je m’occupe. Faut… quelque chose. Ou pas. Je sais pas. J’ai l’impression d’être tellement paumée. D’être tellement... seule. Et cette impression, leur absence me broie le cœur. C’est… Respire.

« Je vais aller chez Malcom je pense. Et euh… Enfin, ça devrait le faire. Il va avoir du mal. mais… il est super gentil. Même si on dirait pas. Je sais qu’il m’adore. Même s’il le nierait même sous la torture. »

Je souris, un peu. Lexie sera d’accord, elle le connait aussi.
Je tourne la tête vers Eilih, puis les pâtisseries qu’elle désigne, mon sourire s’agrandissant légèrement. J’avais pas faim. Vraiment vraiment pas. Je secoue la tête.

« Non merci. Même si j’espère sincèrement qu’ils sont meilleurs que ce qu’ils semblent… » Je souris à Lexie. « Se saouler me tente… mais j’ai peur de… pas être vraiment au top… ça risque d’être encore plus… pire. »
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Jeu 2 Juin - 20:45

Je savais bêtement pas trop comment me comporter, avec Sav. Ni avec Eilih, qui semblait voir aussi bien que moi je le voyais sur Sav combien j’étais affectée et triste, même si je faisais semblant que non. Mais elle pouvait faire semblant avec moi, non ? Si je faisais semblant pour le bien de Sav, alors elle comprendrait aussi, j’en étais sûre. Même si je lui étais reconnaissante de me dire qu’elle était là pour moi aussi. Même si elle avait eu peur, quand… enfin, quand elle avait appris ce que j’étais, au moins, elle avait bien voulu venir là tout de suite, pour nous. Enfin, pour Sav. C’était tout ce qui comptait. Et puis des fois, j’avais peur de moi-même, alors je pouvais pas vraiment l’en blâmer non plus. De toute façon, je voulais pas l’en accuser, elle était coupable de rien du tout. Donc c’était très bien comme ça.

Je hochais la tête, en tout cas, en entendant Sav. Je souriais un peu, en l’entendant parler de séances Disney. Elle était plus positive que moi quand… quand papa et maman, les adoptifs, étaient morts. La preuve, j’avais fuit dans la forêt, et je m’étais cachée dans des maisons vides pour les vacances, ou je le supposais en tout cas, et j’avais voulu voir personne. J’avais arrêté l’école, arrêté de parler à mon frère, tout… Donc bon. Elle était plus courageuse que moi.

« Tu peux faire tout ce que tu veux, de toute façon. Et si Malcom râle, j’irai lui coudre la bouche, promis. »

Je secouais la tête, me tournant vers Eilih.

« Sasha m’avait proposé de venir ici, des fois, et… on a emménagé ensemble officiellement. Enfin, je crois. Mais ça serait bien, de venir chez toi, parfois, pour avoir un… enfin, quelque chose de normal. D’aussi normal que possible. Si ça ne pose pas de problème. »

J’avais pas connu une vie normale pendant longtemps. Des fois, en allant chez Darren. Darren… Mon cœur se serrait, en pensant à lui. Il fallait me résigner, mais… Je secouais la tête, évitant de penser à papa et maman, et à Darren, et à… à tout. Mon cerveau pouvait pas s’éteindre, un peu ? Ou juste pour la partie qui poussait à réfléchir ? Je riais légèrement, en écoutant Eilih. D’un rire sans réelle joie, mais un rire quand même. C’était mieux que rien, non ?

« Je te permets pas ! J’ai fait de mon mieux, mais… »

Mais j’étais pas très réveillée, et j’avais pas trop la tête à ça. Je m’arrêtais, et terminais pas la phrase.

« Enfin bon, heureusement qu’ils sont bons ! C’est pas comme si vous connaissiez pas mes gâteaux et tout ! Vous savez que je sais cuisiner, quand même ! »

Je lui tirais la langue, me forçant un peu à agir comme ça, mais bon. Je faisais de mon mieux.

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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   Mar 28 Juin - 17:49

    Savannah n'était pas seule. Même si ce qui avait été prévu pour elle ne semblait pas lui convenir tout à fait. Cette dénommée Sarah, que je ne connaissais pas, avait été choisie, mais elle était trop gentille. Des attentions qui risquaient d'étouffer Savannah. Ce n'était pas facile de se comporter correctement avec les gens qui avaient subi une perte. Parfois, on se montrait étouffant à force de vouloir être gentils. Dans le cas contraire, on s'éloignait, parce que justement, on ne savait pas quelle attitude adopter. J'avais subi la douleur de la perte d'un être cher. Mais nous ne réagissions pas tous de la même façon. Et alors que je câlinais Savannah, je savais qu'il ne fallait pas l'envelopper dans du papier bulle. Cela ne servirait à rien. J'abordais des questions pratiques concernant son avenir, celui de Lexie, de leur... meute, même si cela me mettait encore mal à l'aise. Le couple alpha avait été tué, ce n'était pas rien. Savannah vivait un drame personnel, mais c'était une race entière qui en était affectée.

    Elle parla alors de Malcom. Encore un nom inconnu pour moi. Mais il semblait moins prévenant que Sarah. Et à les entendre, j'avais l'impression que c'était presque incongru qu'il s'occupe d'une jeune fille. Je souris malgré moi à sa remarque concernant les séances disney. Je ne connaissais pas cet homme. Il faudrait que je me renseigne un peu à son sujet. Au sujet de l'univers de mes deux amies. J'avais trop longtemps fait la sourde oreille, me voilant la face parce qu'elles appartenaient à un univers qui m'effrayait. J'en avais encore peur, mais je savais aussi que je ne pouvais pas ignorer cet univers là. Je devais apprendre à le connaître, afin de m'armer contre lui quand il le faudrait. Mais il me suffisait de regarder Lexie, de penser à Caël pour comprendre qu'il y avait du bon aussi chez les créatures surnaturelles.

    Je proposais spontanément aux filles de venir chez moi si cela leur disait. Ma mère ne serait pas contre cette idée, loin de là. Elles avaient un endroit où dormir, mais ma porte leur était grande ouverte et elles acceptèrent toutes deux ma proposition, de temps en temps.

    « Ça marche, vous venez quand vous voulez ! »

    Savannah nous remercia, avant de nous demander de ne pas nous montrer trop gentilles. Je souris, hochant la tête en comprenant de quoi elle voulait parler. Savannah prit sa décision concernant l'endroit où elle allait habiter dorénavant et je décidais de changer de sujet en goûtant la cuisine de Lexie, afin d'amener un poil de légèreté, même si c'était une bien piètre tentative. Savannah n'avait pas faim. Elle n'avait envie de rien, naturellement. Pour elle, Lexie et moi fîmes semblant que les choses n'allaient pas si mal.

    « Ah ben là, j'aurais presque des doutes, je pense qu'il faudra nous le rappeler... souvent. »

    Mon regard pétilla d'amusement quelques secondes alors que je venais de suggérer à Lexie de cuisiner souvent pour nous. Histoire de se régaler gracieusement, c'était de bonne grâce non ? Finalement, je repoussais doucement Savannah, me levant pour aller jusqu'à la télé et les dvd, choisissant un disney. Rien de mieux pour se remonter le moral. Et j'optais pour Zootopi pour commencer, avant de venir me réinstaller avec mes deux amies, les cajolant l'air de rien pendant les heures qui suivirent et me comportant le plus naturellement possible dans le but de leur changer un peu les idées... une soirée pyjama en gros, même si le contexte était des plus sombre.

    Mais il y aurait des jours meilleurs.
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MessageSujet: Re: Let's the sky fall, when it crumbles... [Livre III - Terminé]   

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