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Wake up and live | Astrid
MessageSujet: Wake up and live | Astrid    Mar 8 Mar - 18:52

Je déteste le bruit de cette machine. Ces bip-bip à intervalles réguliers qui vous rappellent à quel point la vie ne tient qu'à un fil. Et, quand c'est la femme qu'on aime qui est allongée là, sur ce foutu lit, dans cette pièce beaucoup trop blanche pour qu'on puisse imaginer que c'est autre chose qu'une chambre d'hôpital, je vous dis pas le prix du fil.

J'ai arrêté d'essayer de compter à combien de câbles Astrid peut bien être reliée. Parait que chacun d'entre eux a son utilité m'a affirmé le médecin que j'ai regardé d'un air mauvais lorsqu'il est venu brancher un énième truc. Il aurait été tellement plus simple de laisser les illuminatis s'en charger mais sa couverture aurait été foutue il parait. Enfin, ils se sont occupés d'elle, pour que ses blessures ne soient pas aussi graves et après nous avoir sauvés la mise mais il fallait l'emmener à l'hôpital. Pour que la PES le sache, surtout avec ce qui venait de se passer, les attentats. J'ai passé des heures à regarder la télé, allumée sans le son, à regarder encore et encore les images des ruines encore fumantes alors que ça fait déjà quoi ? Trois jours ? Quatre ? Je n'arrive même pas à m'en souvenir. Je n'ai pas encore eu d'échos de nos supérieurs, j'imagine qu'ils attendent qu'Astrid se remettent pour nous mettre sur le coup. Ou pire, j'en sais trop rien et, pour le moment, une seule chose m'intéresse vraiment.

Je n'ai quitté le chevet d'Astrid que pour me changer, j'étais couvert de son sang et visiblement, ce n'est pas particulièrement seyant et, à son réveil, il semblerait qu'elle aurait moyennement apprécié de me voir dans cet état. J'ai eu de la chance, j'ai eu quelques bleus, des bosses, mais rien qu'une bonne nuit de sommeil et quelques jours de repos ne peuvent arranger. Bon, pour la nuit de sommeil, ça attendra, je n'ai pas décollé de cette chaise de toute façon. J'ai passé un coup de fil à la sœur d'Astrid pour l'informer et qu'elle me rapporte des fringues et, si elle n'avait pas été là, je n'aurais probablement même pas pensé à manger.

C'est moi qui l'ait envoyée se coucher il y a quelques heures déjà et, depuis, je somnole, guettant la moindre de ses réactions. Quand elle a une inspiration un peu forte, je sursaute, espérant la voir ouvrir les yeux et j'en viens à me demander si je ne rêve pas ce que j'entends. Et, pourtant, depuis cette histoire, le lien que nous avons réussi à tisser n'a pas disparu. Il s'est fait plus ténu quand elle a sombré dans l'inconscience mais je la sens toujours là, près de moi.

C'est en partie pour ça que je ne suis pas parti. Parce que je ne me voyais pas le faire, après ce que nous avons vécu, que je lui avais promis de ne plus le faire mais surtout, parce que j'en suis de toute façon incapable.

Je m'étire et j'attrape la télécommande, zappant sans vraiment regarder ce que je vois. Les images commencent déjà à se répéter, à croire que personne n'a de nouvelle information sur ce qui s'est passé. J'ai du mal à croire à une coïncidence avec ce que nous avons nous-mêmes vécu de notre coté mais, pour l'heure, il n'y a rien qui le prouve. Et puis, j'entends un bruissement de draps. Je lève les yeux vers la jeune femme et j'ai un mince sourire qui se dessine en voyant son regard bleuté, un peu trouble, se fixer tant bien que mal sur moi.

Je reste aussi calme que possible alors que mon cœur a quand même un raté et je me rapproche, tirant mon siège jusqu'à elle. Je la fixe longuement en silence, remettant en place une mèche de cheveux sur son front avant de souffler, à mi-voix.

"Hey la belle au bois dormant, bien dormi ? Encore un peu et j'aurais cru que tu allais continuer toute la semaine."

Je la fixe et j'essaie de sourire de façon un peu plus convaincue. Je ne sais pas ce qu'on va devenir, ce qui va se passer mais au moins, une chose est sûr, nous sommes en vie et je suis resté. Je tiendrais bon, quoi qu'il arrive.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Lun 14 Mar - 14:22


Les trames… Je ne cesse de les visualiser, depuis cet instant précis où mes yeux se sont fermés. La faille était là, juste devant nous. Je sentais encore les présences d’Eva et de Noah s’activer contre, alors que tout me semblait plus lointain, inatteignable. On ne pouvait pas échouer si près du but, on ne pouvait pas… Je suis restée figée sur cette dernière image. J’ai sombré dans le vide, dans cette faille qui m’appelait. La fillette aux orbites morts me faisait face à nouveau, sa bouche ouverte sur des crocs qui n’avaient rien d’humain. Je les ai senti fourailler ma chair, encore et encore. Mon côté et mon bras gauche me lançaient, cette souffrance était réelle. Alors, j’étais encore en vie, non ? J’avais envie de crier, d’appeler à l’aide… Je me suis raccroché à ce fil d’or sur les trames, qui me tenait éloigné de mes fantômes. Cette main tendue, qui m’effleure doucement.

Ma conscience s’ébroue. J’ouvre enfin les yeux, sur un plafond blanc. Le bruit des machines m’informe rapidement où je me trouve, et sans les antidouleurs, je serais déjà à paniquer. Cette souffrance lancinante n’est qu’en tâche de fond, c’est une toute autre qui m’accapare. J’ai l’impression de revivre cette scène, ce réveil terrible où… Mais il est là, juste à côté de moi. Je le sais. J’entends la télévision qu’il a allumée, par-dessus les autres machines. Je quitte du regard le plafond pour croiser le sien, et le soulagement est de taille. J’ai l’impression d’être soudainement libérée d’un poids, légère et un rien euphorique… Parce que je n'aurais pas voulu avoir une autre vision à mon réveil, même s'il ne paie pas de mine.

- Noah.

Je cristallise sa présence, par ces deux syllabes seulement. J’essaie de bouger, m’approcher de lui et me crispe subitement. Impossible de me lever sur mon coude gauche, tout mon bras s’électrise d’une douleur qui me remonte jusque dans l’épaule. Je grimace et me laisse retomber, le quittant du regard un instant pour vérifier les dégâts.

- Ce n’est pas si terrible que ça… Si ?

J’ai une voix rauque, de celle qui n’a pas parlé depuis un moment. Je regarde autour de moi pour m’approprier mon nouvel environnement. Je fouille dans ma mémoire pour me souvenir des derniers événements. Difficile. J’ai encore envie de dormir, un peu. Plus tard.

- J’ai dormi combien de temps, Noah ? Et la faille… On a réussi ? Dis-moi.

Je tends ma main droite vers lui, avec un pâle sourire. J’ai envie de le toucher, comme si j’avais besoin de m’assurer qu’il est bien là. Inutile. Noah est avec moi, et l’a toujours été. Je n’ai pas senti ce lien se distendre, pas une seule fois, alors que… Il n’a pas cessé de le faire ces derniers temps. Mais plus maintenant. Je crois que… Même s’il m’annonçait un cuisant échec ou que la fin du monde approche, tout irait bien aujourd’hui. J’ai mal, mais je me sens étrangement bien. Je risque un sourire, lâchant d’un ton plus léger :

- Tu n’es pas censé me réveiller d’un baiser, si je suis la belle au bois dormant ?

Quoi ? On peut toujours rêver. Au pire, je peux me rendormir sans forcer.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Jeu 17 Mar - 18:57

A chaque fois que je ferme les yeux, j'ai des images bien précises qui me reviennent en tête. De cette nuit-là, des heures qui ont suivi. De l'arrivée triomphale de Mc Carthy et du reste. De cette créature qui nous attaqués. Du loup qui a failli dévorer les deux femmes qui étaient à mes cotés. De l'obscurité. De mes deux camarades, sur le point de faillir mais toujours là pour tenir bon, coûte que coûte. De ce lien que nous avons tissé et qui se maintient toujours, même avec Eva, même s'il pense que nous avons raté lamentablement notre mission. J'essaie alors de ne pas trop fermer les yeux et ça doit probablement se voir sur mon visage, même si je n'y fais pas vraiment attention.

Alors que j'attendais aussi sagement que possible dans les couloirs de l'hôpital, j'ai eu droit aux premières images choc. Les médias ont toujours été doués pour enjoliver les choses mais là, ils n'en ont même pas eu besoin. Je demande à quel point tout s'est passé au même moment et surtout à quel point tout est lié. Cette question ne cesse de se répéter dans mon esprit en boucle et je m'y accroche pour ne pas penser au reste et à notre échec.

Alors, quand je vois le regard azur d'Astrid se poser sur moi, je chasse tout ça sans scrupules et, quand elle prononce mon nom, je souris, laissant filer un silence alors que je savoure le fait que soit ce qu'elle a dit en premier.

"Bien. Tu te souviens de mon nom, c'est un bon début."

Est-ce que le reste a vraiment de l'importance ? A dire vrai, alors que je continue d'effleurer doucement son front, toutes les pensées qui m'ont traversé l'esprit depuis ces derniers jours ne me semblent d'un coup plus aussi importantes. Quand elle essaie de bouger, je me relève légèrement en secouant la tête.

"Hey, pas de conneries. T'es encore un seul morceau mais c'était limite alors t'enflamme pas."

Je ne réponds pas à sa question. Pas directement en tout cas. Je ne sais pas si elle parle de son état ou du reste et, à cette pensée, j'attrape la télécommande pour éteindre la télévision. Il s'est passé bien trop de choses ces derniers jours et j'avoue que je saurais difficilement par où commencer. Alors, tant qu'elle ne me demande rien clairement, je préfère éviter d'aborder certains sujets.

J'attends quelques secondes, m'assurant qu'elle se calme avant de froncer les sourcils.

"Tu as dormi trois jours. Enfin ils t'ont mise sous sédatifs les deux premiers et depuis hier, tu récupères naturellement. Les médecins sont confiants sur le fait que tu vas complètement récupérer mais on t'emmènera voir les nôtres quand ce sera moins… flagrant."

J'effleure son bras bandé, laissant filer un long silence avant de souffler, un peu à contrecoeur.

"… on a réussi oui. La faille est refermée."

Je me suis fait hésitant et je me demande s'il est pertinent ou non de lui dire comment les choses se sont vraiment terminées. Et, comme si ce n'était pas suffisant, il y a eu les attentats. Le chaos nous entoure de toutes parts et, l'espace d'un instant, j'ai envie très égoïstement de profiter de cet instant de répit qui nous est accordé l'espace d'un instant. Surtout qu'au final, de façon très objective, la faille est vraiment refermée non ? Je n'ai pas menti.

Et je ressens le bien-être d'Astrid que je n'ai pas la moindre envie de briser. Pas encore en tout cas. A sa remarque, je laisse filer un rire avant de me relever. J'embrasse son font longuement avant d'effleurer ses lèvres et de lui décocher un clin d'œil.

"T'es sous monitoring. Je m'en voudrais que ton cœur s'emballe, ça ferait débarquer les infirmières et je serais obligé de leur expliquer ce qui s'est passé."

Garder un ton léger, lui donner l'impression que tout va bien. J'en suis capable. Il faut que je sois fort pour nous deux, jusqu'à ce qu'elle soit en état d'affronter ce qui nous attend. Parce qu'il faudra qu'elle soit vraiment en pleine possession de ses capacités pour que nous ayons vraiment une chance de nous en tirer. Enfin, j'espère que nous pourrons vraiment le faire.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Dim 27 Mar - 13:29


J'aime ce sourire, celui qu'il me renvoie dès que nos regards se croisent. Je dois ressembler à une véritable épave, mais ça n'empêche pas mes lèvres de s'étirer pour le lui rendre en un parfait miroir. Je savoure ce silence, comme lui s'attarde à le faire. Je profite de cette sérénité qui m'envahit, nous envahit. Je ne suis même plus sûre de parvenir à faire la distinction entre ses émotions et les miennes en cet instant précis, mais ce n'est pas quelque chose qui me dérange, bien au contraire. Nous sommes en phase, le lien intact à mon réveil. Ce simple état de fait vaut toutes les paroles qu'il pourrait prononcé, et heureusement... Parce que Noah a le don de gâcher en quelques paroles tout instant romantique.

- Crétin.

Tiens, c'est le deuxième mot que je sors après son prénom. Coïncidence ? Il faut croire que l'un et l'autre vont souvent de pair. Je sais qu'il se contente de faire de l'humour pour détendre l'atmosphère, mais à vrai dire, Noah qui fait de l'humour... C'est rarement bon signe. Qu'il ne me dise pas que nous avons échoué à refermer la faille... Parce qu'il doit bien me cacher quelque chose pour agir ainsi, non ? Je suis encore bien trop abrutie par les médicaments pour prendre pleinement conscience de la situation... Mais je me rends vite compte que mon bras gauche n'est plus qu'une vaste plaie qui m'élance affreusement. Je me laisse retomber, la tête contre l'oreiller. Je sens sa main contre mon front, et l'envie de fermer les yeux me prend pour simplement profiter de sa présence sans un mot... Mais je risquerais de m'endormir, et ça, je ne le veux pas.

Je le fixe. J'attends qu'il parle, et il faut une poignée de secondes supplémentaires pour qu'il se décide. Je prends une longue inspiration. Trois jours ? Il a pu se passer tellement de choses en trois jours. Et j'expire lentement quand il m'assure que la faille a été refermée. Je commençais à réellement craindre qu'il m'annonce le contraire, en sentant cette pointe d'hésitation assaillir mon esprit.

- La faille est refermée.

Je répète ses propres mots, dans un souffle, comme pour leur donner davantage de consistance. Je ne peux pas oublier ce qu'il s'est passé cette nuit-là, et je crains que ces visions d'horreur envahissent encore longtemps mes nuits. Mais Noah... Il va bien. Qu'est-ce qui le préoccupe ?

- Tu t'es bien battu, Noah. Eva et moi, on n'arrivait pas à faire un pli devant la faille mais toi... Félicitations.

Je lui rends un nouveau un mince sourire. Je sais que nous avions mal débuté cette mission tous les deux, et que notre lien a bien failli nous perdre plutôt que de nous sauver... Mais dès que nous avons réussi à nous lier, grâce à Eva qui faisait passerelle, nous avons été un groupe de trois fortement soudés contre l'adversité. Alors, même si je me suis sentie sombrer, j'avais la sensation qu'ils allaient réussir.

- Je sais qu'on a fait des erreurs, mais l'essentiel c'est que vous ayez réussi malgré tout. Et je suis fière de toi, Noah. Tu as tenu bon jusqu'au bout, à défendre notre cause coûte que coûte, sans plus faillir. Je savais que tu en serais capable. J'espérais simplement que tu en prennes conscience...

J'étais à me vider de mon sang, à défaillir, que Noah n'a pas lâché prise et a continué de s'acharner sur cette faille démoniaque a refermé. Il a franchi un cap, et maintenant, il ne sera plus question de remettre en cause sa légitimité. Qu'il a enfin réussi à faire passer l'Equilibre avant moi est une bonne chose, et il ne doit pas ressentir la moindre culpabilité à l'avoir fait. J'ai l'impression que tout va enfin s'arranger.

Et je m'attendais à ce qu'il se fende d'une nouvelle remarque de mauvais goût sur ces contes de fées, mais on dirait que, pour une courte durée, j'ai bien le droit à un prince charmant. J'ai envie de bouger pour le suivre et garder un peu plus longtemps ses lèvres contre les miennes. J'affiche une moue contrariée devant son clin d'œil amusé.

- Je m'en fiche de ce que peuvent bien penser les infirmières, franchement...

L'épave que je suis va devoir s'en contenter. Je dois vraiment faire peur à voir, je suppose. Je n'ai même pas envie de me regarder dans un miroir, vu la tête que je dois tirer... Je parie que ma peau a fini par avoir un aspect translucide, que je dois avoir des fils dans tous les sens et des cernes bien marquées. Je mentionne aussi cette affreuse chemise d'hôpital ?

Je me fends d'un léger sourire en coin, amusée.

- Et ça fait trois jours que tu es là, à attendre ? Tu as pris le temps de manger, boire et dormir au moins ?
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Jeu 31 Mar - 18:39

Le fait de la voir ouvrir les yeux, parler, est un soulagement indescriptible. La paix qui émane d'elle quand elle pose les yeux sur moi me conforte dans le fait que j'ai bien fait de rester là, d'attendre jour et nuit qu'elle revienne à elle. Ca peut paraitre puéril, je n'ai servi à rien durant ces trois jours mais ça m'a soulagé. Et ça m'a évité de trop me focaliser sur le reste d'ailleurs. Enfin, pas trop.

Le deuxième mot qu'elle prononce m'arrache un rire et je souffle, la couvant toujours des yeux.

"Encore mieux, des petits mots d'amour. On est sur la bonne voie."

Il me faut un moment avant de répondre à son interrogation principale et encore, je n'énonce qu'une partie de la vérité. Mais c'est celle qui importe réellement, pour elle en tout cas, tant qu'elle ne sera pas en état de supporter le reste.

"La faille est refermée."

Je répète à nouveau mes propres paroles, au mot près, comme pour accentuer la chose. Je devrais me raccrocher au résultat final, ne pas me soucier du reste. Après tout, c'est ce qui compte non ? Le chaos n'a pas gagné cette nuit-là.

Je secoue brièvement la tête à ses propos avant de souffler, d'un ton très calme, trop peut-être. Mais je reste précautionneux, ne voulant pas lui donner trop d'informations d'un coup.

"Vous avez tenu bon, aussi longtemps que possible. Cette faille… c'était trop pour nous trois. Surtout comme ça, sans avoir jamais œuvré de concert, sans nous avoir laissé le temps de nous connaitre vraiment."

Je me rends compte que je ne fais que répéter à haute voix ce que je ressasse depuis trois jours maintenant. Si je suis proche d'Astrid comme je ne l'ai jamais été de personne dans toute mon existence, nous n'avions encore jamais été ensemble sur le terrain. Et pour une première, ce n'était pas des plus évidents. Mais il est vrai qu'on s'en est bien sortis. Enfin, qu'on aurait pu. Si on avait eu plus de temps, de chance, de je ne sais quoi.

"J'ai tenu bon jusqu'au bout oui."

J'ai un mince sourire au reste de ses propos avant de hausser les épaules et de reprendre, d'un ton un rien plus assuré.

"Tu as l'air d'en savoir plus sur mon compte que moi-même. Même en étant allongée dans un lit d'hôpital. Je suis impressionné."

Continuer dans l'humour, je ne suis pas persuadé que ce soit la meilleure des options. Elle va vite voir, si c'est pas déjà fait, que je fais ça uniquement pour gagner du temps, pour éviter de trop en dire. Mais elle va vite finir par me demander des éclaircissements alors, j'essaie de trouver les mots sans qu'elle commence à trop s'inquiéter. D'une certaine façon, elle a raison, ce n'est pas mon comportement qui nous met sur la brèche, j'ai réussi à prouver que l'Equilibre était pour moi plus important que le reste. Mais visiblement, Mc Carthy se délecte de notre incompétence, en tout cas c'est l'impression que j'en ai.

Quand elle parle de l'embrasser, je m'exécute avec grand plaisir d'ailleurs, mais j'y mets vite fin. A contrecoeur mais déraper serait une mauvaise idée, surtout ici. Je la fixe quand même avec un sourire en coin qui en dit long avant de rétorquer, l'air de rien.

"Et bien, tu devrais t'en soucier, il y en a une ou deux qui m'ont dragué pendant que tu dormais, persuadées que je t'abandonnerais à ton sort."

J'effleure sa mâchoire d'un baiser avant de hausser les épaules à ses questions.

"J'ai dormi ici. Ce fauteuil est très confortable. Et j'ai été obligé de quitter ton chevet, ta chère sœur était persuadée que tu n'aimerais pas me voir couvert de ton sang et sans avoir pris de douche pendant trois jours. Bon, je peux pas trop lui en tenir rigueur. Elle vient à peine de partir aussi, elle est restée là un bon moment. Elle va être contente de te voir. Pour le reste…"

J'agite un paquet de gâteaux au trois quart vide à coté d'elle. Le genre de trucs que je ne mange jamais en temps normal. Un truc louche de plus.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Dim 10 Avr - 15:28


J'ai un sourire qui me vient naturellement aux lèvres, juste à entendre ce rire qui avait réussi à me manquer en l'espace de si peu de temps. Il faut dire que je m'attendais à un réveil sur une scène apocalyptique, une salle vide ou... Mieux vaut ne pas y penser. Il est là, en vie, auprès de moi. Nous le sommes tous les trois. J'arrive même à sentir la présence d'Eva en fond, enchevêtrée parmi les trames qui me relient aux autres Illuminati. Mon réveil a dû se savoir, et je suppose que j'aurais bientôt des nouvelles de McCarthy, en espérant qu'elles soient bonnes.

J'ai presque envie d'insulter Noah à nouveau alors qu'il continue sur sa lancée, mais il crache enfin le mot et me confirme que la faille est refermée. Tout va bien, donc. Alors ce n'est pas ce qui le tracasse aussi. C'est autre chose, mais c'est forcément en lien. Je ne le quitte pas du regard, alors qu'il reprend la parole, avec ce ton si calme qu'il me fait craindre le pire.

Sous l'action des médicaments, il me faut un peu de temps pour enfin réaliser ce que laissent filtrer ses paroles. Il nous cherche des excuses. Les illuminati ont réussi, pas nous. Nous avons tenté de redresser la barre après notre première connexion foireuse, mais nous avons perdu un temps précieux. Je me demande s'il m'en veut pour ça et ne me le dis pas. Ce n'est pas dans son genre pourtant, et j'ai vraiment fait de mon mieux. J'ai tué ce lycanthrope pour protéger Eva. Elle a réussi à avoir une vision plus nette que quiconque de cette faille. Noah a tenu bon contre cette engeance du mal qui nous barrait la route. J'ai donné jusqu'à mes dernières forces pour nous permettre de la refermer avant que le pire ne se produise. Non, nous avons vraiment fait de notre mieux. Personne ne peut en douter, même pas lui, malgré ces débuts chaotiques.

- Les renforts sont arrivés juste à temps, n'est-ce pas ? Quand je me suis effondré, vous n'avez pas pu continuer... Tu as raison, nous n'étions pas correctement préparés, mais personne n'aurait pu l'être. Par contre, il va être nécessaire que nous apprenions à travailler ensemble, de concert. Nous serons encore plus efficaces à l'avenir. Mais nous sommes sur la bonne voie.

Je ne veux pas avoir à douter de lui, ni que lui ne doute de moi. Mais il est vrai que, si nous sommes un couple, nous n'avons jamais été une équipe auparavant. L'approche est totalement différente, et notre attachement peut autant nous nuire que nous galvaniser dans de telles circonstances. Il est important de jauger... Mais plus tard. Là, je suis sur un lit d'hôpital, à moitié comateuse, et pas en état de réfléchir à comment parvenir au meilleur résultat. Je peux simplement constater qu'il n'est pas si mauvais qu'on pouvait le craindre. Noah s'en est très bien sorti, bien mieux que moi, vu que c'est encore moi qui me retrouve allongée dans un lit blanc... Il ferait moins l'idiot si les positions étaient inversées. Parfois, il m'énerve. Souvent, en fait, mais c'est impossible que ça ternisse le tableau.

- T'as avalé un clown, Noah ? Arrête de détourner la conversation tu veux...

Je ne suis pas encore assez dans le coltard pour ne pas le remarquer, mais suffisamment pour que ma phrase meurt sur ses lèvres quand elles viennent se joindre aux miennes. J'oublie tout aussi vite, surtout quand il commence à me toucher deux mots sur ces infirmières. J'ai une grimace mauvaise avant de lâcher sur un ton qui est tout de même à moitié sérieux :

- Quoi ? Donne-moi des noms. Je vais les étrangler avec un de ces innombrables câbles... J'ai de quoi faire sous la main !

Noah est à moi, et je ne partage pas. Ses lèvres descendent vers ma mâchoire et je ferme brièvement les yeux pour savourer cette douce sensation chaleureuse qui s'éveille à son simple contact. C'est vite terminé, et je me rends bien vite compte, quand il reprend la parole, que sa dévotion n'a effectivement pas de limites. J'en suis infiniment touchée, et j'ai bien du mal à étouffer ce sentiment plus que ravi de savoir qu'il m'a veillé nuit et jour.

- Tu devrais sortir un peu t'aérer l'esprit Noah, et manger un vrai repas, pas des paquets de gâteaux. De toute façon je vais avoir besoin que tu me ramènes quelques affaires et que tu t'occupes de mes poissons... Oui, oui, tu m'as bien entendu.

Ca me fait de la peine de devoir le réprimander pour ça, et autant dire que je ne dois pas être si crédible, ayant bien du mal à dissimuler mon humeur joyeuse derrière une plus noire pour faire passer doublement le message. Ce crétin est bien trop adorable.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Ven 15 Avr - 11:57

La voir sourire comme ça ne m'aide pas du tout. Enfin si, je suis heureux de voir qu'elle va aussi bien que possible mais ça ne fait que me rappeler tout ce qui a pu se passer depuis trois jours. A croire que le monde a décidé de se fissurer pour de bon et que le semblant d'équilibre qui maintenait l'Ecosse encore sur pied s'effondre au fur et à mesure. Mc Carthy a certes réussi à fermer la faille et se comporte en grand gagnant mais avec les attentats, les choses ne vont pas aller en s'arrangeant, loin de là.

Je rechigne à lui parler mais elle va fatalement avoir rapidement des nouvelles des nôtres, sans compter qu'elle va finir par allumer la télé à un moment ou à un autre. Et qu'elle saura.
Mieux vaut que ça passe par moi que par les autres non ? Ce sera plus simple à digérer. Je crois en tout cas. Mais, pour le coup, je me contente de hocher la tête sans rien dire, cherchant les mots les plus appropriés alors que, dans le fond, elle n'a pas entièrement tort.

Enfin, elle a même totalement raison mais j'ai comme un doute quant au fait que les autres partagent entièrement son point de vue. J'ai un soupir alors que je préfère pour le moment ne pas trop m'attarder sur le sujet, préférant parler d'autre chose avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je cherche même à m'en cacher d'ailleurs et elle le voit bien mais je lui décoche un large sourire innocent quand elle m'interroge.

"Bouffer un clown ? Alors, autant le dire tout de suite, c'est pas franchement le genre de trucs qu'on trouve dans un hôpital. Enfin peut-être en pédiatrie mais c'est pas le sujet. Hum."

Je continue de détourner son attention comme je peux et là, bizarrement, ça marche un peu mieux. Enfin, il faut dire que j'aimerais bien continuer mais ce n'est pas le lieu le plus approprié et elle est pas vraiment en état pour que je commence à déraper.

Je tousse un rire quand elle fait mine d'être jalouse, à moins qu'elle le soit réellement, avant de secouer la tête.

"On étrangle personne, je veux que tu sortes là rapidement et pas pour finir derrière les barreaux. Mais sinon y avait la jolie petite rouquine du matin et… Bon, j'arrête."

Je la dévore des yeux sans même essayer de m'en cacher et, après l'avoir embrassée à nouveau, je reprends ma place, croquant dans un de ces fameux biscuits qui font mon quotidien depuis qu'elle est là. Mais j'ai aussi mangé des barres chocolatées, bref, le régime que je supporte pas en temps normal. A ses propos, je me dis l'espace d'une seconde que je pourrais gagner du temps mais ce serait reculer pour mieux sauter.

"Tes poissons, ta sœur s'en occupe. Comme ta chère tortue qui a essayé de me bouffer quand elle m'a vu, note-le parce que j'étais là en paix. Et elle m'a dit qu'elle te ramènerait un sac de fringues. Non pas que je sois mal à l'aise à fouiller dans tes sous-vêtements mais un peu tout de même. Bref…"

Je prends une profonde inspiration et je repose le paquet, me faisant à nouveau sérieux, comme à mon habitude.

"Astrid, il s'est passé pas mal de trucs ces derniers jours. Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moment d'en parler, mais à dire vrai, je n'ai pas envie que tu l'apprennes autrement. Et tu finiras par le savoir tôt ou tard."

Je me frotte la joue, réalisant qu'il serait plus que temps que je me rase et je reprends, d'un ton aussi tranquille que possible.

"Je ne sais pas trop par où commencer. Pour les nôtres, notre mission a été un échec. Nous n'avons pas su refermer la faille à temps et Mc Carthy en a profité pour rafler la victoire et se pavaner devant tout le monde. Nous sommes à nouveau sur la sellette. Enfin je l'étais déjà, mais ça n'a pas arrangé les choses. Je suis désolé."

Je pose les faits, calmement, sans me fermer ni chercher à me prendre la tête. Lui dire simplement ce qui se passe, rien de plus, rien de moins.

"Et la nuit où nous étions en train d'essayer de refermer la faille, il y a eu des attentats. La Lune Bleue a sauté ainsi que Wolfheaven, le repère des loups. Les deux dirigeants de la meute sont morts. Et autant te dire que c'est un sacré bordel. J'ai du mal à croire que ce ne soit qu'une coïncidence, d'autant que tout est tombé le soir où s'organisait la super rencontre entre loups, vampires et humains pour la réconciliation des peuples ou je ne sais plus quel truc dans le genre."

Bon, voilà, c'est lâché. Je sais pas si j'aurais pas mieux fait de mieux enrober les choses ou pas, de toute façon, c'est trop tard là pour regretter.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Ven 29 Avr - 22:21


Je crois sincèrement que Noah est un bon menteur, sinon, il serait un Illuminati mort. Seulement, il faut croire qu'en ma présence, ses capacités en la matière frôlent le néant. Je secoue négativement la tête, alors qu'il attrape la balle au bond pour sortir connerie sur connerie. Il m'agace, vraiment. En fait... Je suis encore bien trop fatiguée et abrutie par les médicaments pour qu'il m'agace réellement. Il a de la chance, quelque part. Je ne suis pas sûr qu'il apprécierait le résultat sinon. Quand il commence à me parler des clown en pédiatrie, je crois l'avoir perdu pour de bon... Mais en croisant mon regard, il a dû se rendre compte par lui-même que cela ne me fait plus rire. Je lâche, répétant ses propres mots comme pour les confirmer :

- Ce n'est pas le sujet, en effet.

Il soupire. Je sais qu'il essaie de détourner l'attention. Son rire, lui, est plus sincère. Je l'ai rarement entendu autant rire, et ce simple son me fait un bien fou. Il ne le dit pas de lui-même, mais cela signifie bien qu'il est content de me voir ouvrir les yeux, comme je le suis infiniment de le savoir à mes côtés au réveil. J'aimerais rester sur ce petit nuage, mais ni lui ni moi n'avons jamais été capable d'un tel exploit. Notre amour n'est pas un rêve que l'on cherche à vivre, c'est une seule vie, pleine et entière, partagée et sans la moindre frontière. J'ai besoin de connaître autant ses joies que ses tristesses, d'être présente en chaque instant pour le féliciter, comme je le fais maintenant, tout comme pour l'aider à surmonter ses difficultés. Lui aussi, car nous sommes bien plus complémentaires que notre expérience sur le terrain ne peut le montrer. Il n'est pas question d'appartenir l'un à l'autre, comme les couples aiment l'évoquer, mais d'être l'un l'autre.

Je fronce le nez. Je n'aime pas quand ils me parlent d'autres filles, même pour me taquiner. Ma jalousie doit le faire rire, mais ce sentiment déraisonnable ferait mieux d'être étouffé plutôt qu'entretenu. Je sais, pourtant, rien qu'en croisant ce regard, que les choses ne risquent pas de changer. J'ai un léger sourire, quand il reprend la parole.

- Ma sœur est pleine de bonnes intentions dis-moi... On dirait qu'elle a quelque chose à se faire pardonner. Je suis ravie d'apprendre que ma tortue est encore en vie même si je n'étais plus là pour la choyer. Et franchement, vu le nombre de fois que tu m'as vu en sous-vêtements, je vois pas pourquoi ça te dérangerait de les choisir... Je lave bien les tiens.

Je marque un silence. J'attends qu'il se décide. Il soupire encore, ce qui me donne un indice. Je ne l'ai pas quitté du regard. Il va finir par cracher le morceau. Je le vois dans sa gestuelle, plus même qu'à travers ses pensées qui s'agitent et s'ébrouent.

Je ne réponds rien, quand il commence. Etonnant... Il se sent obligé de me ménager en ne rentrant pas directement dans le vif du sujet. C'est grave, donc. Depuis combien de temps garde-t-il cela pour lui ? Peut-être bien depuis les événements se sont produits, à attendre que j'ouvre les yeux pour ne plus continuer à se murer dans le silence. Je respire calmement, lentement. J'essaie de garder mon calme et mon sang-froid, alors que ce qu'il me révèle suffirait à me faire bouillir de rage. L'appareil risque peut-être de s'affoler pour de toutes autres raisons.

- Je les ai prévenu que nous avions trouvé la faille, que nous aurions besoin de renfort. Ils ont eu le temps d'arriver, depuis le moment où nous avons réglé le cas de ce lycanthrope, à celui où nous avons commencé à nous activer autour de la faille. Trois personnes n'étaient pas suffisantes pour arriver à bout d'un obstacle de cette taille. J'ai tout donné. J'ai cru mourir, encore. Et on me le reprocherait ? D'avoir attenté à ma vie pour le bien de l'Equilibre, n'est-ce pas une preuve suffisante ?


Je prends une longue inspiration. McCarthy... Ce salopard. Je n'ai pas envie de laisser filtrer le moindre indice sur mon état émotionnel dans la toile des consciences enchevêtrées. Je suis l'eau qui s'écoule, qui se brise et continue sa route après avoir heurté le rocher.

- Il s'est joué de nous. Il a dû attendre son heure pour s'emparer de la victoire. Nous sommes des pions sacrifiables, et rien ne doit l'intéresser plus que... Lui. Oui, le problème est là. Nous œuvrons pour l'Équilibre, et nous nous retrouvons avec un hiérophante qui voit tout d'abord son intérêt. Je ne le pensais pas à ce point... C'est potentiellement un danger autant pour nous que pour la cause.

Je suis formelle. Nous risquons d'être étroitement surveillés, et ils me sépareront peut-être de Noah parce que... Quoi ? Nous avons bien agi. Nous avons réussi à nous surpasser, pour la cause, sans plus réfléchir à ce "nous" que nous construisons. Je suis fière de Noah, et cela malgré les mauvaises nouvelles qu'il m'annonce, même si on ne reconnaît pas sa valeur, encore une fois. McCarthy se sauve, et nous sacrifie sur l'autel de son ambition. Comment pourrait-il en être autrement ?

- Nous devons le confronter. Les choses ne peuvent pas rester en l'état.

Je ne vois pas d'autres alternatives pour nous. Bien entendu, nous pourrions nous taire et faire profil bas, mais nous avons déjà essayé cette stratégie et elle n'a pas payé. Mentir aux autres ne me pose pas de problèmes, mais j'apprécierais autant que les choses sont claires au sein de notre Cercle.

Je secoue négativement la tête. J'enregistre les informations qu'il me donne au compte-goutte. Mon cerveau peine à s'activer, mais ce coup d'adrénaline a quelque peu diminué mon état catatonique. Des attentats simultanément à notre action...

- Ce ne peut pas être un hasard, que ces deux événements se soient produits exactement au même moment. Les lycanthropes... Ainsi, nous avons rétabli l'Equilibre pour qu'il cède sur un autre front. Donne-moi mon portable, Noah. Ma supérieur doit se demander où je suis, dans tout ce tumulte... Au moins, je vais être aux premières loges sur cette affaire, dès que j'aurais quitté ce lit d'hôpital. Que McCarthy soit un véritable salaud ne doit pas me détourner de ce qui importe vraiment.

Je pousse un profond soupir, à mon tour. Je suis tellement lasse. J'aimerais dormir encore un peu, profiter de la présence de Noah et... Plus tard. Le devoir n'attend pas.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Les vampires devraient être étroitement surveillés. Ils seront les coupables tout désignés, tu ne penses pas ?
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Mar 10 Mai - 10:30

Je ne sais même pas pourquoi je lui mens aussi mal. Peut-être juste histoire de gagner un peu de temps parce que je sais que je vais finir par tout lui dire. Ou alors qu’avec elle c’est un exercice particulièrement difficile. Avec tout ce que nous avons pu vivre, lui mentir serait presque une insulte. Alors là, au moins, elle voit que quelque chose cloche mais que je ne suis pas prêt à en parler. Voilà un compromis, le seul dont je suis capable pour le moment.

Mais, bien évidemment, j’atteins rapidement mes limites en la matière, surtout que je n’ai pas joué sur le tableau le plus facile. Il faut dire que l’humour et moi, de base… J’ai une grimace à sa répartie, qui me confirme que j’ai épuisé mes ressources et je souffle, non sans un sourire cette fois-ci sincère.

"C’est vrai. Mais c’est plus facile pour moi de changer de sujet et de raconter n’importe quoi."

Plutôt que de devoir tout lui balancer. J’arrive quand même encore à grappiller quelques précieuses secondes, en évoquant d’autres sujets, même si la jalousie semble être un terrain particulièrement sensible. A son froncement de nez, je me relève, et je l’embrasse avant de reprendre ma place en secouant la tête.

"Ne t’en fais pas. Je serais incapable de me rappeler quelle tête elle a, il n’y a que toi qui importe, tu le sais déjà de toute façon."

Quand elle évoque sa sœur, la tortue, ses sous-vêtements, j’ai presque un soupir de soulagement et je suis un rien surpris de voir à quel point évoquer ces choses bassement pragmatiques peuvent m’arranger. Et encore plus quand on voit ce que c’est. J’ai une grimace avant de rétorquer, non sans ironie.

"J’espère qu’il ne faudra pas attendre que tu finisses à nouveau dans un lit d’hôpital pour que ta sœur se montre serviable. Sinon je risque de mal le prendre. Et tu t’attendais quand même pas à ce que je fasse des grattouilles à ta tortue, si ? Déjà, je la nourris, c’est pas mal. Quant à tes sous-vêtements… que veux-tu, je dois préférer te les enlever plutôt que les choisir."

Bon. Je crois que je n’ai plus le choix. Qu’il va falloir le dire ce qui s’est passé. Alors je me lance. Difficilement c’est un fait, mais je suis bizarrement soulagé de pouvoir lui en parler. Je sais qu’à deux, nous sommes plus forts, elle me l’a déjà prouvé. Et que je dois compter sur elle, quand bien même elle est loin d’être en forme.

"A croire qu’ils ont pris leur temps pour arriver. Et pour être juste là au moment du bouquet final. Je ne sais pas si j’aurais réussi à refermer la faille. Eva ne tenait presque plus debout elle non plus et le chaos avait atteint un niveau que je n’avais encore jamais vu. Mais si j’avais eu du temps, j’aurais peut-être pu. Enfin, je ne vais pas continuer à ressasser là-dessus. Je trouve juste que leur intervention est un peu trop tombée à point nommé."

Voilà bien quelque chose que je ne devrais jamais répéter, nous le savons tous le deux. J’ai réussi à faire taire mes doutes et à me fermer suffisamment pour ne pas qu’ils transparaissent et elle en fera tout autant quand elle sera sortie de là.

"Je ne pense pas qu’ils remettent en compte notre investissement. Plutôt nos compétences. Je n’en sais trop rien à dire vrai, j’ai eu droit à quelques jours de répit, le temps que tu te remettes probablement. Et j’ai tout de même été sérieusement secoué même si je m’en sors indemne. Je n’ai pas encore été convoqué pour raconter ce qui s’est passé et j’avoue que j’en suis soulagé. Ca me laisse le temps de me préparer pour présenter ça de façon aussi neutre que possible. Je ne veux pas pointer du doigt Mc Carthy et l’accuser sans avoir quelque chose de vraiment tangible et d’objectif. Et le fait que tu aies fini dans cet état ne les incitera pas à penser que j’ai su garder du recul. Alors que c’est le cas pourtant."

Etonnament. J'aurais probablement de nouveau pété un câble dans d'autres circonstances mais je m'en sors remarquablement bien je trouve. Surtout après l'avoir tenue dans mes bras alors qu'elle se vidait de son sang. J’ai un soupir alors que je suis plongé dans mes pensées l’espace d’un instant. Je n’envisage même pas qu’ils puissent songer à nous séparer, la question ne s’est pas posée. Probablement parce que j’ai réussi à garder mon calme, à ne pas flancher cette fois. Alors je reprends, toujours aussi calmement.

"Nous le ferons. Mais il faut qu’on soit parfaitement synchro et au clair là-dessus. Je vais parler à Eva aussi."

Parler des attentats est presque plus simple en fait et j’ai un bref hochement de tête. Le fait qu’elle soit aux premières loges me déplait forcément mais je ferais avec. Sans faire plus de commentaires que nécessaire car nous n’avons vraiment pas le choix. Et qu’elle peut faire beaucoup.

"J’ai eu ta cheffe, je lui ai dit que t’avais eu un accident et que tu la contacteras dès que tu seras en état de le faire. Cette affaire va faire beaucoup de bruit mais je n’ai pas encore eu de retour des nôtres à ce propos."

Je lui tends le téléphone sans même chercher à négocier ou lui dire que c’est une mauvaise idée dans son état. Si je l’avais pensé, j’aurais attendu avant de lui en parler. Et elle a raison. Il ne faut pas trop nous focaliser sur Mc Carthy sinon nous n’en sortirons pas.

"Je vais me rapprocher des vampires. J’ai eu plusieurs contacts autres que ceux que je côtoie en travaillant. Peut-être que j’arriverais à en savoir plus. Ils sont peut-être les coupables tout désignés mais c’est beaucoup trop facile justement. Mais les gens aiment céder à la facilité. Et ça ne va pas nous aider."
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Dim 22 Mai - 22:05


Je me demande si ce n'est pas sa façon bien à lui d'aborder un sujet délicat. Noah sait pertinemment qu'il s'enfonce et est loin d'être crédible. Peut-être en joue-t-il, finalement, comme quelqu'un de normal se contenterait d'introduire le problème en ménageant son interlocuteur. Lui n'a jamais su faire preuve de diplomatie. On dirait qu'il peine autant que lorsque je lui demande de me parler de ses sentiments. J'ai envie de le secouer pour qu'il arrête de me prendre pour une idiote et lâche ce qu'il a sur le cœur, mais je suis bien trop dans le coaltar pour faire preuve d'autant de véhémence. Il a bien de la chance... Alors qu'il la saisisse et arrête de faire l'idiot, sinon, il va en baver quand je serais remise sur pied.

- Hmm...

J'ai tout de même un mince sourire qui me vient naturellement quand il se lève pour m'embrasser à nouveau. C'est mignon, qu'il cherche à me conforter, à me dire que personne d'autres que moi ne compte pour lui... Bien sûr que je le sais déjà. Mais s'il peut encore me le dire la prochaine fois, je ne vais pas me priver de lui faire des scènes de ménage pour obtenir autant de spontanéité. J'ai le regard brillant, ce qui contraste avec mon ton un rien boudeur :

- C'est ça. T'as intérêt... Surtout pour son propre bien.


Parler de son régime alimentaire déplorable, des affaires qu'il faudrait qu'il me ramène ou d'autres banalités de ce style semble le détendre légèrement. Pour autant, je ne risque pas de lâcher le morceau si facilement.

- Elle est contente d'être là. Elle regrettait d'être sur l'autre continent la dernière fois qu'il m'est arrivé quelque chose, tu sais... Donc tu peux avoir de bon espoir que ça continue. Et tu n'as pas jeté ma tortue par la fenêtre pendant que j'avais le dos tourné ? Bien, il y a du progrès. Mais il faudra quand même que tu sortes t'aérer l'esprit, même si ce n'est pas pour mettre le nez dans mes sous-vêtements. Je vais te réclamer des fraises.

Non, je ne suis pas enceinte. Enfin... Aux dernières nouvelles. On dirait que ce trait d'humour suffit à le détendre assez pour qu'il aborde finalement le sujet. Je l'écoute attentivement et enregistre les informations qu'il me communique. Bien... Si la faille est fermée, c'est finalement le seul point positif de ces derniers jours. Je serre les dents, puis lâche d'un ton résolu quand il émet des doutes :

- Tu aurais réussi, Noah. Nous n'avons fait que t'apporter notre soutien sur la dernière ligne droite. C'est toi qui t'es débarrassé de la démone, toi qui a refermé la faille même si tu n'as pas pu aller jusqu'au bout... Je suis ulcérée qu'il remette en cause, encore une fois, ton investissement dans notre mission alors que tu t'es montré exemplaire.

Et une grimace déforme mes traits, mauvaise. Je viens de me crisper sans m'en rendre compte, et c'est bientôt tout mon bras qui me tire méchamment. J'ai le sang qui me bat aux tempes sous le coup de la colère... Et l'adrénaline ne fait pas bon ménage avec la morphine, visiblement. J'essaie de me calmer, d'ordonner mes pensées pour que rien ne filtre à travers le lien et ne trahisse mes envies de meurtre du moment. Je me concentre sur un autre point comme Nicholas me l'a appris, à rediriger ma colère autrement. La souffrance à mon bras me rappelle cette pétasse qui me l'a transpercé de sa lame, et ce n'est pas bien difficile de la canaliser sur elle.

Noah m'assure qu'ils ne remettent pas en cause notre investissement, mais nos compétences. Il n'a pas foncièrement tort. Je pousse un profond soupir et me renfonce dans mon oreiller.

- Tu fais bien de me le dire maintenant, ça m'évite d'avoir envie de cogner dans... Une convocation ? Si cela devait arriver, nous devrions nous présenter tous les trois, avec Eva. Je ne peux pas te laisser tout seul les affronter, Noah. Même si... Tu as raison, c'est sans doute la meilleure approche plutôt que de partir dans des accusations. Personne n'aurait pu s'attendre à ce que nous avons vu, et vécu, ce soir-là. Je ne saurais dire si un autre groupe d'Illuminati s'en saurait mieux sorti. Aucun de nous n'a de... Compétences en fermeture de faille démoniaque. Sérieusement, à quoi ils pensent, des fois ?

Et voilà, je m'énerve encore. Je sors lentement de ma torpeur, ce qui n'aide pas vraiment. Noah a eu plusieurs jours devant lui pour ressasser et étudier toutes les options qui s'offrent à nous. Je suis encore dans le ressenti, et il m'est difficile de garder la tête froide quand il s'agit de lui. Je lâche un bref rire, désabusé.

- Oui, finalement... Tu es devenu plus doué que moi pour ça.


Je suis fière de lui, vraiment. J'hoche lentement la tête quand il fait référence à Eva, à la nécessité de lui en parler aussi. Etrangement, je l'ai moins mauvaise contre elle depuis notre excursion. Je ne me risquerais pas à dire que je la comprends mais... Nous partageons plus que je ne le pensais, et elle n'est pas le danger le plus imminent pour Noah, même s'il me faut encore la garder à l'œil. J'ai besoin d'elle, nous avons besoin d'elle. Impossible de le nier.

- Okay... Je te laisse t'en charger. Dans l'immédiat, je crois que je ne suis plus bonne à rien alors...


J'ai un mince sourire, plus calme. Il a déjà pris les choses en main, alors à quoi ça me servirait de m'agiter dans mon lit d'hôpital ? D'ailleurs, il m'annonce même qu'il a eu Sasha au téléphone et a su trouver les mots pour qu'elle ne s'intéresse pas de trop près à mon "accident". La connaissant, c'est un exploit, mais Noah est doué pour jouer les types pas commodes. Je prends le téléphone qu'il me tend et pianote rapidement dessus, de mon bras valide, pour rédiger quelques texto rapides.

- Bien joué, Noah. L'essentiel est de conserver ma couverture intacte, surtout qu'on va avoir fort à faire du côté de la PES. Je vais avoir du mal à dissimuler ces traces de griffures, mais ce lycanthrope aura finalement du bon. Il ne sera pas difficile de justifier sa présence indésirable après les événements de la Lune Bleue, sans qu'il ne soit rattaché à une incohérence due au chaos ambiant.

Je retiens de justesse une grimace quand il me parle plus en avant des vampires... Et des contacts qu'il a pu avoir. Je sais que c'est strictement professionnel, et pour servir la cause, mais je n'aime vraiment pas ça. Il ne manquerait plus que l'un d'eux le prenne pour cible et s'imagine qu'il peut planter ses crocs sur... J'en ai des frissons rien que d'y penser !

Je me retourne vers lui, une expression sincère, d'inquiétude, gravée au visage.

- Tu fais attention, d'accord ?
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Dim 5 Juin - 18:30

Bon, c'est intéressant de le noter, tenter l'humour pour distraire Astrid est un échec cuisant. Enfin, j'arrive à gagner quelques précieuses minutes mais je me demande plutôt si ça n'a pas tendance à l'énerver en fait. Et pour ce que j'ai à lui dire, ce n'est pas franchement la meilleure des options. Sans compter le fait que mes mensonges sont tellement gros que personne n'y croirait, on peut dire que je me suis bien raté. Je sens son agacement monter d'un cran et je bénis tout de même ces médicaments qu'on lui a injectés. J'arrive certes moins à la capter et je lutte pour maintenir notre lien mais au moins, ça m'évite de la voir bondir de son lit pour rien. Enfin, pour rien… tout est relatif. Pour rien qui ne soit possible de résoudre dans l'immédiat en tout cas.

Elle marmonne un peu, pas du tout convaincue par ce que je lui raconte mais, au moins, elle semble décidée à attendre que je me décide enfin à cracher le morceau. Ca va venir, ce n'est pas comme si j'avais le choix. Et je ne l'embrasse même pas pour gagner du temps mais parce que j'en ai envie. J'ai encore failli la perdre, une fois de plus. Je n'ai pas encore vraiment réussi à l'assimiler ou alors, je l'ai trop bien fait, je n'arrive pas vraiment à faire la différence. Le résultat est là. Je refuse de quitter son chevet, de la perdre des yeux, même quand elle dort. C'est idiot, je ne sers à rien et je pourrais peut-être être utile ailleurs, mais je m'en moque. J'effleure ses lèvres du bout des doigts, comme pour effacer cette moue boudeuse qu'elle m'offre et je souffle, à mi-voix.

"Bien m'dame. C'est là que je dois te faire un compliment autre que même si t'es aussi blanche qu'un cachet d'aspirine ou que les draps de ce maudit hôpital tu restes la seule à qui je pense tout le temps ?"

J'esquisse un sourire alors que je me raccroche non sans soulagement à toutes ces banalités qu'il faut évoquer. A dire vrai, je me moque de ce que je peux manger ou d'avoir à fouiller dans ses tiroirs. Mais au moins, ça me permet de reprendre une contenance et qu'elle reprenne ses esprits assez clairement pour être apte à assimiler tout ce que j'ai à lui raconter.

"Oui, elle a l'air heureuse de se rendre utile. Et je peux comprendre ses regrets. C'est pour ça que je me suis laissé faire quand elle a décidé de me renvoyer prendre une douche, ce genre de choses. Je me dis qu'il n'y a personne de mieux placé qu'elle pour comprendre un peu ce que je peux éprouver en te voyant endormie dans ce lit. Je t'ai dit à quel point je déteste te voir dans un lit d'hôpital ? Je ne sais plus."

Et je grimace au reste de ses propos.

"Je lui ai même apporté une laitue à ta maudite tortue. Elle m'a mordu, probablement persuadée que j'allais profiter de ton absence pour en faire un ragoût et ma tentative pour l'amadouer s'est arrêtée. Et pour ce qui est de tes sous-vêtements, je maintiens ce que je dis. Rien d'autre que les enlever. Point."

Je me fige un peu quand elle parle de fraises et je dois avoir une drôle de tête. C'est… une blague j'espère. Ils me l'auraient dit de toute façon non ? Avec les analyses, tout ça. Et je l'aurais senti. Ca se sent non ? J'en sais rien en fait. Je ne me suis jamais posé la question en fait. Et je la fixe quelques instants, avant de souffler, dans un élan d'éloquence digne des grands jours.

"Hein ?"

Je secoue alors la tête, me focalisant sur le plus important. Enfin, si elle est enceinte, la faille j'avoue que… peu importe. L'Equilibre avant tout. J'inspire longuement, écoutant ses propos, me focalisant sur ses mâchoires serrées et secouant la tête doucement.

"Peut-être. Je pense que j'avais encore assez de forces pour tenir bon jusqu'au bout. Mais le fait est que nous n'aurons jamais de réponse à cette question et qu'ils se garderont bien de s'interroger. Ils m'ont félicité pour la démone. Plus ou moins. Disons que j'ai eu droit à une tape sur l'épaule et que personne n'a eu l'air de vouloir nous remettre réellement en cause. Sinon tu te doutes bien que je ne serais pas seul ici, voire carrément pas là, nous le savons tous les deux."

Même s'ils auraient probablement du me mettre KO pour m'empêcher de la voir. Certainement même en fait et elle le sait, j'espère en tout cas. Je sens la colère monter en elle et je peux difficilement lui en vouloir. J'ai eu plusieurs jours pour la laisser filer et pour me focaliser sur le reste, ce qui importe vraiment. Et la voir dans les vapes a beaucoup aidé à ce que je relativise la situation. Je pose doucement une main sur son bras, l'effleurant avec délicatesse, alors que mon autre main serre la sienne. Je lui laisse le temps de se reprendre et elle a l'air de trouver à quoi se raccrocher, comment se calmer vu qu'elle reprend, d'un ton bien plus calme, en écho à mes paroles.

"J'avoue que j'aurais préféré attendre que tu sois plus en forme pour te le dire. Ce n'est pas franchement la meilleure des nouvelles à avoir au réveil. J'en suis navré. Et je ne sais pas trop ce que ça va donner pour être honnête. Mais si ça arrive avant que tu sois en état de les affronter, je ne veux pas que tu risques quoi que ce soit à sortir trop tôt de cet hôpital. Je voulais retourner sur les lieux, avec Eva donc. Peut-être que ça nous permettra d'avoir un point de départ concert pour raconter tout ça aussi objectivement que possible. Comme tu le dis, personne ne pouvait savoir sur quoi nous allions tomber. Et, s'ils le savaient, ils va falloir qu'ils justifient pourquoi ils ont décidé de nous envoyer à trois dont une non combattante pour lutter contre ça."

Je soupire et je me pince l'arrête du nez, sentant la migraine qui essaie de venir depuis deux jours déjà. Au moins, quand j'ai parlé d'Eva, elle a pas tiré la gueule. Pas encore en tout cas. Je sais pas trop ce que ça va donner maintenant que j'ai été un peu plus précis sur ce qu'on va faire.

"J'ai tellement de questions qui se bousculent et de réponses qui me déplaisent que j'ai l'impression d'être sur le point d'exploser Astrid. C'est… épuisant en fait. Je ne suis pas devenu plus doué que toi. Cette fois tu étais… là. Le lien ne s'est pas rompu malgré tout, je ne me suis pas retrouvé dans le noir, c'est juste pour ça que j'ai tenu bon. Parce que tu étais toujours avec moi."

Je baisse les yeux, incapable d'arriver vraiment à mettre des mots là-dessus et je laisse filer un silence avant de reprendre, d'un ton un peu plus assuré.

"Je te tiendrais au courant de tout, de toute façon. Ne rêve pas, t'es pas prête de me voir décoller de ce siège avant que je puisse t'embarquer à la maison. Je déteste cet appart quand tu n'y es pas donc bon."

Je la regarde pianoter sur le téléphone sans faire plus de commentaire, soulagé qu'elle me demande pas comment j'ai pu envoyer bouler, ou pas, la directrice de la PES. Mais je m'en moque un peu à dire vrai, elle est vraiment le cadet de mes soucis. Pas de ceux d'Astrid, sinon je n'aurais pas fait le moindre effort, j'avoue. Et je hoche brièvement la tête au reste de ses propos. Evidemment qu'ils vont avoir fort à faire et je n'aime pas ça. Mais comme je vais avoir du boulot de mon coté de toute façon. Je ne peux pas me griller auprès des vampires et ils sont particulièrement nerveux depuis les événements. Ca va que j'ai argué avoir ma copine agressée, ils m'ont laissé en paix, mais je vais devoir concilier notre devoir et cette fichue couverture pour qu'on s'en sorte entiers. Ce dont je doute tout de même un peu. je vois à sa grimace qu'elle n'aime pas ce je lui dis, pas plus que je n'aime ce qu'elle va devoir faire de toute façon. On a pas le choix tout les deux et je souffle, avec un sourire en coin alors que je me repenche vers elle.

"Je fais toujours gaffe voyons, tu me connais. Et puis, j'ai peut-être envie de te tenir compagnie, mais pas à ce point-là."
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Dim 19 Juin - 19:26


Je prends mon mal en patience. Qu'il profite... Dans un état pareil, je me sens tellement vaseuse qu'il pourrait me clamer la fin du monde sans que je ne réagisse réellement. Bien sûr que non, cela ne le mettra pas à l'abri d'une colère foudroyante plus tard, mais quand même moins violente. J'aurais eu le temps de digérer l'information et de me faire à l'idée.

Je lui lance un regard noir quand il essaie de me... Complimenter, et que, comme d'habitude, Noah s'y prend particulièrement mal. Il aurait pu se passer de souligner mon teint de cachet d'aspirine, non ? Je m'en doutais, même sans qu'il me le signale, et je dois aussi avoir des cernes digne d'un véritable panda aux couleurs inversées. Je n'aime pas me retrouver dans un tel état de faiblesse, même si ce serait l'occasion de me faire choyer par Noah. C'est vrai qu'il est adorable à m'avoir veillé tous ces jours en mangeant que des gâteaux et en ne songeant même pas à se laver... En y repensant, ce n'est pas si adorable que ça, mais c'est du Noah tout craché. Et après ce que nous avons enduré, je suis ravie que la tendance s'inverse et de pouvoir l'avoir enfin auprès de moi au réveil, avec ce lien tenu mais présent. Je me sens incroyablement bien, si ce n'est son humour déplacé pour couvrir une vérité qu'il peine à me dire.

- Je n'aimerais pas te voir dans un lit d'hôpital non plus. Je suis heureuse que tu ailles bien, Noah. Surtout que tu étais constamment au devant du danger... Un vrai pro'.

Je lui rends un maigre sourire, un brin moqueur. Mais dans le fond, je suis fière de lui, je ne cesserais pas de lui dire. Il a tellement tendance à douter de nous, alors que pourtant... S'il arrêtait de le faire, il se rendrait compte qu'il ne se met que des entraves inutiles depuis le début. J'arrive même à rire un peu, quand il me parler de ses malheurs avec ma tortue, décidément plus empathique que je le croyais.

- Elle doit savoir que tu ne l'aimes pas.


Je ne sais pas comment on a dévié des sous-vêtements qu'il préfère retirer plutôt que choisir à... La possibilité que je sois enceinte. J'avoue que cet arrêt sur image qu'il vient de me faire est particulièrement comique, ce qui ravive encore mon rire. Il prend vraiment tout au pied de la lettre, mais ça valait le coup d'émettre l'hypothèse rien que pour voir sa réaction.

- Si tu voyais la tête que tu tires... Noah ? Je ne suis pas enceinte, pas encore. Même si ça me ferait vraiment plaisir d'avoir un enfant de toi...

Il faut croire que, quand c'est moi qui détourne l'attention de manière inattendue en juste retour des choses, il se rend compte de sa sottise et décide finalement de cracher le morceau. Ce qu'il me confie est dur à avaler, et ma mine s'assombrit à mesure que je constate l'ampleur des conséquences, non sur l'Equilibre qui est bien rétabli, mais sur nous. La mission est accomplie, et pour autant, nous sommes encore remis en cause. Je peste dans ma langue natale pour me faire passer l'envie de me déverser dans le lien. Ce ne serait guère prudent pour l'heure de l'employer à outrance.

- Je suppose qu'ils nous reconnaissent une certaine... Bonne volonté, même s'ils considèrent que nous ne nous sommes pas montrés à la hauteur et ne sommes alors pas dignes de confiance. L'essentiel, c'est que l'Equilibre soit rétabli, et que tu sois là à mes côtés. Je vais m'en contenter, pour le moment, mais McCarthy ne perd rien pour attendre. Tu devrais en parler à Eva.

Je ne peux pas bouger de ce lit d'hôpital, et je suppose qu'il a évité d'employer le lien jusqu'à maintenant, pour des raisons évidentes, ni de bouger de sa chaise pour d'autres qui me paraissent aussi évidentes... Mais au moins, il aura une bonne raison d'aller prendre l'air. Nous devons finalement nous soutenir dans cette épreuve que nous avons partagé.

Je sens sa main sur son bras, apaisante, alors que l'autre est dans ma main. Je m'extirpe de mes pensées pour le fixer longuement. Il est incroyablement tendre, ce qui me ferait presque apprécier ma place dans ce lit, tout compte fait. Je resserre mes doigts sur les siens et prends le temps de me calmer, de relativiser, comme il a bien dû le faire avant moi tous ces jours passés.

- La meilleure nouvelle à mon réveil, ce fut de te voir, Noah. Retourner sur les lieux est une bonne idée. J'espère que vous trouverez des éléments solides pour étayer notre thèse. McCarthy est nocif, et il vient à nouveau de nous le prouver. Il va falloir que nous redoublons d'efforts, mais ça ne me fait pas peur. Ne t'en fais pas, grâce aux nôtres, ce n'est qu'une question de temps pour que je sois sur pied. Le tout est d'agir avec discrétion...

Je ne croyais tout de même pas à un coup monté, mais que McCarthy ait profité de l'occasion pour nous enfoncer davantage... C'est plus que possible. Je serre encore un peu plus sa main, avec les maigres forces qu'il me reste, quand je le vois ainsi au bord de l'implosion. Je veux lui apporter mon soutien, même au fond de ce lit aux draps blancs.

- Nous sommes plus forts ensemble. Je te l'avais dit, malgré tes doutes. Je t'ai donné toutes mes forces... Jusqu'au point de rupture et même au-delà. Je ne voulais pas que cela se brise encore, et que cela entraîne notre chute par la réouverture de cette faille. Nous en sommes ressortis meilleurs, quoi qu'ils en disent, et malgré les difficultés que nous avons dû affronter. N'en doute pas, Noah.

J'acquiesce lentement quand il se calme, davantage résigné. Je n'aime pas le voir ainsi, c'est encore plus douloureux que cette pointe lancinante qui part de mon bras. Je risque un sourire quand il essaie de se montrer plus léger. C'est Noah... Difficile pour lui de parvenir à ce résultat, mais je note l'effort et fais comme s'il y parvenait.

- Tu me raconteras l'évolution... Ca occupera mes mornes journées à fixer ce mur blanc. J'espère bientôt pouvoir rentrer, sinon je risque de virer folle. L'inactivité, ce n'est pas pour moi.

D'ailleurs, je le prouve en lui reprenant mon téléphone dès le réveil pour envoyer quelques messages à la PES. Je ne voudrais pas être mise sur la touche à cause de ma blessure, alors que les enquêtes doivent fuser en tout sens. Je n'ai pas de réponses immédiates, imaginant sans mal que la Directrice doit être particulièrement occupée. Je le repose à côté de moi, tout de même à portée de main. J'en viens à songer à son propre boulot, auprès de ces suceurs de sang... Ca ne me plaît pas, surtout que les choses vont beaucoup évoluer dans les prochains jours et qu'il peut très bien se retrouver jeté dans une nouvelle guerre de l'ombre, à devoir rétablir l'ordre. J'ai un bref sourire quand il reprend sur un nouveau trait d'humour, étonnant de sa part.

- Et n'hésite pas à me solliciter, au moindre problème. J'en ferais de même... Au-delà de nos couvertures, on doit se soutenir si on veut s'en sortir tous indemnes. Tu n'essaieras pas de tout résoudre par toi-même et de jouer les supermans, ok ?

Même s'il en est un, parfois, mais bien plus sexy qu'avec ce slip rouge tout de même.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Lun 11 Juil - 22:46

Je trouve qu'elle prend les choses avec un calme presque olympien comparativement à d'habitude même si je sens tout de même un peu son agacement via notre lien. Pour un peu, j'en viendrais presque à demander ce qu'ils lui ont refilé pour prévoir le coup les jours où je vais réussir à l'agacer plus que d'ordinaire. Enfin, j'arrive tout de même à lui apprendre les dernières nouvelles. Ou plutôt à lui asséner avec une absence de subtilité qui m'est propre. Heureusement qu'elle me connait sinon elle serait probablement en train de péter un câble. C'est peut-être le cas remarquez, mais je reste toujours aussi tranquille. Il est rare que je m'énerve, pour ne pas dire que ça n'arrive jamais. Outre le fait que ce n'est pas dans mon caractère, je n'ai jamais réussi à obtenir ce que je voulais de cette façon, je ne vais pas commencer maintenant.

Je soutiens le regard noir qu'elle me jette quand je la complimente, sans bien comprendre pourquoi elle réagit de cette façon. J'ai dit quelque chose de travers ? Ou alors, elle n'a guère apprécié d'apprendre que j'ai passé tout mon temps libre ici. Il est vrai que j'aurais pu mieux l'employer, commencer à mener l'enquête et à essayer de trouver des réponses aux questions qui commencent déjà à se bousculer dans mon esprit depuis cette fameuse nuit.

"Je dois probablement être un malade affreux. Je ne supporterais pas de rester plus d'une journée allongé. Enfin, je vais bien, c'est tout ce qu'il y a à retenir. Tu dois juste te concentrer sur le fait d'aller mieux pour éviter que je passe le reste de ma vie à tes chevets. Quitte à t'avoir dans un lit, je préfère tout de même que ce soit le nôtre. Quant au reste…"

J'ai une grimace et je hausse les épaules, pas vraiment convaincu. Un pro aurait peut-être mieux réussi que moi. Réussi tout court. J'ai beau m'être convaincu à force de ressasser que personne n'aurait été capable de refermer cette brèche, en tout cas, pas dans de telles circonstances, j'ai tout de même une voix insidieuse qui me souffle que si nous avions été mieux soudés dès le départ, si je n'avais pas cherché à fermer notre lien aussi longtemps, nous nous en serions mieux tirés. Mais je ne préfère pas lui dire ça à voix haute, je préfère laisser ces sombres pensées de coté, en tout cas en attendant que nous ayons des réponses un peu plus claires.

Je lève un index dans sa direction et je secoue la tête, plutôt content de changer de sujet, même si c'est pour parler de cette fichue tortue.

"J'ai jamais dit que je ne l'aimais pas. Bon si, ok. Mais c'est réciproque ! Pour autant, je la supporte, elle pourrait en faire de même non ?"

Et là, elle arrive à me laisser bouche bée. Je la fixe, les yeux ronds, la mine éberluée, me demandant si elle est sérieuse ou pas. Elle plaisante ou quoi ? Ca ne se fait pas de plaisanter sur le sujet quand même. Pas avec moi. Pas maintenant. Enfin, je suppose.

"Ma tête ? Elle a quoi ma tête ? C'est juste que… le jour où ça arrivera, disons que j'aimerais que tu me l'annonces autrement. Et surtout pas dans un lit d'hôpital après ce que tu viens de vivre. Mais… j'aimerais beaucoup qu'on ait un enfant."

Même si je vais l'enrouler dans du papier bulle tout le temps de la grossesse, c'est une certitude. Et elle doit s'imaginer que je vais lui prendre la tête, à juste titre. D'un coup, je me dis que pour ça, il serait de bon ton qu'on soit mariés. Et que je pourrais lui demander. Pas maintenant, enfin, pas aujourd'hui quoi. Mais pourquoi pas ? Je cille, réalisant que je me suis un peu égaré dans mes pensées alors que le sujet se fait bien plus sérieux. A la mine qu'elle arbore alors que je lui raconte tout, nul doute qu'elle pense comme moi et que je n'aurais pas besoin de répéter les choses pour qu'elle comprenne les incidences sur nous, sur l'Equilibre et sur l'ordre. J'ai un bref soupir en écho à ses paroles et je hoche doucement la tête, jouant avec ses doigts quelques instants alors que je laisse filer un silence.

"Je pense qu'on peut dire ça comme ça. Ils ne nous reprochent pas d'avoir échoué. Pas ouvertement en tout cas. Dans la mesure où nous nous avons fait front commun jusqu'au bout. Et que notre relation n'a pas influé sur tout ça. Ou plutôt, pas de façon négative. Mais tu as raison, il ne faut pas oublier que l'Equilibre a été rétabli, pour le moment en tout cas. J'ai comme le sentiment que ça ne va durer et que les choses vont aller en empirant. La source du chaos et très forte en Ecosse, bien plus que je le soupçonnais. Et je ne suis pas persuadé que Mc Carthy était préparé pour ça lui aussi. Ou alors il cache très bien son jeu. J'en parlerais à Eva, je sais qu'on peut compter sur elle maintenant."

Elle m'a aidé à maintenir Astrid en vie et rien que pour ça, j'ai décidé de me fier aveuglément à elle. Je me rends compte que j'ai besoin de la toucher, même brièvement, ne serait-ce que pour m'assurer qu'elle est réellement là, réveillée, qu'elle va bien et que je ne vais pas revivre le cauchemar par lequel je suis passé il y a quelques années. Et j'ai un bref sourire quand elle serre mes doigts, me demandant si elle se rend compte à quel point ça me fait du bien.

"Je ne pouvais pas imaginer ne pas être là. Je n'ai pas assuré une fois, ça ne se reproduira pas. Quoi qu'il m'en coûte. Et disons que retourner au point de départ nous donnera un point de vue d'ensemble. J'ai hésité à me rendre aussi là où tu as affronté le lycan. Je ne sais pas si c'est judicieux mais il y a peut-être encore des traces. Tant que nous trouvons quelque chose à lui agiter sous le nez, je suis prêt à retourner la ville s'il le faut. Il ne peut pas s'en tirer comme ça. Et ou, tu seras bientôt sur pieds, mais je ne veux pas que tu te précipites la tête la première dans les ennuis d'accord ?"

J'ai du mal à rester calme, pour la première fois depuis longtemps. Probablement parce qu'Astrid est concernée. Et l'Equilibre aussi. Les deux seules choses qui importent réellement dans mon existence. Et que l'on puisse toucher à l'un ou à l'autre pourrait me faire réellement sortir de mes gonds, moi qui me vante d'être quelqu'un de stoïque. Je prends une profonde inspiration, embrassant ses doigts alors que j'arrive tout de même à sourire, un peu à contrecoeur.

"Nous avons réussi à dépasser le point de rupture ensemble et maintenant je n'ai plus aucun doute quant à nos capacités à être plus forts ensemble. Je suis désolé d'avoir cru le contraire mais j'étais persuadé que c'était pour ton bien. Pour que tu ne risques rien. Mais j'étais dans l'erreur. Je ne douterais plus jamais de nous. C'est promis."

Et je me contente de hocher à nouveau la tête lorsqu'elle reprend la parole. C'est fou de voir à quel point tout semble devenir simple maintenant qu'elle sait tout, que je sens sa présence pleine et entière et qu'elle est avec moi. Je n'en avais pas douté mais de l'entendre me confirmer qu'elle pense comme moi, qu'elle me suivra a quelque chose d'étonnamment rassurant. Et je m'y accroche, réalisant la puissance que peut avoir notre lien si j'arrête de le brider. Elle peut me rendre meilleur, bien plus que je ne le suis maintenant. Alors je souffle, d'un ton léger presque convaincant, qui ne va pas la leurrer mais qui fait partie du petit jeu que l'on joue lorsque l'on parle à une malade.

"Tu veux que je te ramène des bouquins ? Du genre guerre et paix, le pavé qui te prendra une éternité à finir ?"

J'attends sagement qu'elle écrive ses messages et j'arrive à nouveau à me faire… non pas drôle, ce serait exagéré, mais à la faire sourire. Et c'est ce qui compte, plus que le reste en cet instant précis.

"Je viendrais te raconter, ne serait-ce que pour avoir un point de vue objectif. Tu as une capacité d'analyse sur certains sujets que je suis loin d'avoir. J'ai tendance à foncer la tête dans la porte plutôt que d'essayer de la crocheter alors autant te demander avant non ? Je ne jouerais pas au superman, tu serais capable de venir me sauver et j'en entendrais parler pendant des siècles."

Je laisse filer un silence avant d'ajouter, me faisant plus sérieux.

"… tu sais que nous n'en sortirons pas indemne Astrid. Que ce soit physiquement ou moralement, avec tout ce qui nous attend, il y aura des conséquences."

Et j'ai un profond soupir, un peu inquiet de sa réaction.
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MessageSujet: Re: Wake up and live | Astrid    Sam 13 Aoû - 12:57


Il est calme, d'apparence seulement. Ses doutes et inquiétudes se révèlent d'une bien étrange façon cependant... A se fendre de remarques humoristiques à outrance, qui me portent davantage sur les nerfs qu'elles ne m'amusent vraiment. Je lâche un "hmm" perplexe, et surtout équivoque, quand il me parle de sa relation conflictuelle avec ma... Tortue.

- Je me demande encore comment tu peux à ce point détester un animal si placide. De là à me faire croire que c'est réciproque...

Je suis contente qu'il aille bien, même si c'est pour l'entendre clamer ineptie sur ineptie, parce qu'il peine à se contenir et rester en place. Oh, bien sûr, je n'ai pas le moindre doute qu'il ferait un blessé ou un malade exécrable. Je serais bien incapable de l'obliger à se reposer, mais heureusement, Noah fait rarement partie des victimes. Il est fort, presque invincible, mon Noah.

- Je vais me concentrer sur ma guérison, oui. J'ai hâte de rentrer... Chez nous.

C'est encore étrange de le dire, vu à quel point son emménagement est récent. Je me mords la lèvre, et pouffe un rire quand nous en sommes déjà au sujet bébé. J'arrête, quand je m'aperçois que cela ne le fait pas tellement rire. Je lève ma main indemne vers son visage pour caresser sa joue du bout des doigts, dans un geste doux. Il est parfois si attendrissant, sans s'en rendre compte... Mais mon expression s'assombrit aussitôt, en songeant aux conséquences.

- Mais tu sais bien que c'est impossible... Encore moins actuellement. Noah, il faudrait que les archontes consentent à notre union, à ce que nous ayons une descendance, et je crains que notre récent échec ne les incite davantage à... Que nous gardions une certaine distance. Et puis nous menons actuellement une vie qui ne nous permettrait pas de... Enfin, tu comprends ? Je suis désolée. Je n'aurais pas dû plaisanter à ce sujet... C'était idiot.

Je laisse retomber ma main, lasse, vidée de toute énergie. Je cille plusieurs fois, et me concentre sur les draps blancs de ce lit d'hôpital. J'ai cette pointe de tristesse qui me transcende, et que je noie progressivement en lissant mes émotions, pour qu'elle ne transparaisse pas. Ce n'est pourtant rien d'autres qu'une évidence dite, mais l'entendre me le confirmer, que lui aussi aimerait... Je ne voudrais pas avoir un enfant d'un autre que lui, et pourtant, les couples Illuminati se forment souvent par nécessité, par besoin. C'est rare que ce soit par amour, parce qu'ils doivent toujours être capable de faire passer la Cause avant tout, avant même leur propre famille. C'est ainsi... Et malheureusement, même s'il y a du mieux nous concernant, les causes de notre échec risquent de leur paraître un peu trop évidentes. Je tords le drap entre mes doigts, alors que je l'écoute m'exposer les conséquences de notre mission catastrophe.

- En es-tu sûr, Noah ? J'espère vraiment qu'ils n'auront rien à redire là-dessus, mais... Nous sommes surveillés maintenant. Enfin tu as raison, ce n'est que le commencement. Nous effleurons à peine la surface, et nous avons encore fort à faire. D'autres occasions nous seront laissés de prouver notre bonne foi.

Je sens sa main qui vient chercher naturellement la mienne, et stoppe ainsi mon geste. Je referme mes doigts dessus, et son sourire est comme une bouffée de fraicheur. Je lui en rends un, franc et véritable, en l'écoutant. J'ai subitement envie de l'embrasser, mais vu mon état, je vais devoir me contenter que ma pensée l'effleure.

J'acquiesce lentement, quand il m'expose ses projets à court terme.

- C'est une bonne idée. Je vous laisse gérer, avec Eva... Mais sois prudent, d'accord ?

Et j'ai mon cœur qui se gonfle à nouveau de joie alors qu'il m'avoue avoir eu tort pour nous deux, et enfin comprendre que nous pouvons être plus fort ensemble, que notre lien ne nous affaiblit pas, bien au contraire. Si lui parvient à en saisir la teneur, nul doute que nous sommes sur la bonne voie, et j'espère pouvoir le faire accepter à l'avenir. Ils n'auront pas à douter de lui à nouveau, pas à cause de moi, pas à cause de ce qui nous lie. J'en suis persuadée.

- Merci, Noah. Merci...

J'effleure des doigts ses lèvres, alors qu'il les porte à sa bouche pour les embrasser.

- Je t'aime.

Ce n'est pas si complexe, finalement, et même terriblement simple. Nous surpasserons tout, ensemble. Nous en sommes capables. J'ai cet espoir indicible qui me transcende, que je lui partage, sans modération aucune. Notre lien est plus fort que jamais.

Et il arrive à me faire rire, à introduire subitement cette note légère.

- Non, pas de livres. Je veux bien mon ordinateur, par contre. Je ferais des recherches. D'accord ? J'attendrais que tu reviennes, pour m'exposer ton avancée. Nous réfléchirons ensemble, et si tu ne prends pas de risques inconsidérés, je ne devrais pas avoir à me lever de mon lit avant l'heure.

Il reprend rapidement son sérieux. Son inquiétude me perce, subitement, alors qu'il cherchait jusqu'à maintenant à la dissimuler par quelques moyens détournés. Je sais. Ce ne sera pas évident, encore moins maintenant, mais... Je veux croire en nous. Je veux qu'il le sache, et même ces sentiments troubles qu'il me communique n'arrive pas à faire vaciller cette lueur d'espoir qui m'anime.

- Je suis déjà dans un lit d'hôpital, Noah. Pour la deuxième fois... Et ça s'est mieux passé que la première, non ? Nous progressons. Et nous sommes des durs à cuir, toi et moi. On n'arrivera pas à nous faire plier si facilement. Les conséquences, nous les affronterons. Et pour l'Equilibre, pour nous... Nous triompherons de tout. J'y croirais pour deux, s'il le faut. Pour toi.
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