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Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]
MessageSujet: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Lun 11 Jan - 3:58

J’avais faim. Encore. C’était insupportable. Ca faisait 40 jours que Lucy était enfermée, et qu’elle ne pouvait pas manger. Au début j’avais surtout souffert de son absence. Elle était loin physiquement. Mais elle était aussi loin d’une autre manière. Difficilement explicable. Ce lien qu’il y avait entre nous, et auquel je m’étais rapidement habitué, je ne le sentais presque plus. Il était là, mais c’est comme si il n’y avait rien au bout. Comme si je tirai sur une corde qui pendait dans le vide, sans personne au bout. Je le cherchais, souvent, ce lien. Mais elle l’avait fermé au maximum. Ce que j’avais mal pris, au départ. J’en avais parlé un peu avec Anna. Anna c’était une jeune vampire qui s’entraînait avec moi. Elle aussi elle avait été transformée pendant l’attaque du 25 février. On en avait parlé et elle m’avait dit qu’elle, elle aurait préféré être à ma place. Celui qui l’avait transformée n’avait rien à voir avec Lucy. Il était cruel. Et il jouait avec elle. Je comprenais qu’Anna aurait aimé que lui soit enfermé tout ce temps. Loin d’elle. Qu’elle puisse être libre pour un temps, et ne plus ressentir cette peur qu’il faisait naître dans son ventre. Mais c’était différent pour moi. J’aimais bien Lucy. Et ne plus la sentir près de moi ne me plaisait pas.

Jusqu’à ce qu’elle n’arrive plus à bloquer notre lien. J’avais reçu sa souffrance et sa faim alors qu’on s’entraînait. J’avais complètement perdu les pédales et avais failli me faire tuer par un humain faisant parti de la sécurité de la BACA en essayant de l’attaquer. Heureusement Nicolas avait réagi à temps et m’avait stoppé. L’arme de ma cible était déjà braquée sur moi, et tout ce à quoi je pouvais penser, c’était le sang qui battait en lui. Son odeur. J’avais faim. Tellement faim. Il m’avait fallu du temps pour me calmer. J’avais honte de ne pas avoir réussi à me contrôler. Et d’un coup je comprenais pourquoi elle avait cherché à m’épargner ça. Pourquoi elle avait essayé de couper ce lien entre nous. Je n’en avais pas parlé à Morgane. Mais elle l’avait appris, bien sûr. J’avais honte d’avoir été si faible, et je n’avais pas su quoi lui répondre. J’étais désolé d’avoir tenté d’attaquer l’un de ses gardes. Ca ne se reproduirait plus. Je me contrôlerai. La faim et la souffrance était devenus mon quotidien. J’apprenais à vivre avec, et j’arrivais à m’entraîner malgré ça. Mais je galérais. Je devais faire des efforts constants pour masquer ce qui se passait en moi, et pour me retenir de ne pas sauter à la gorge des humains qui passaient par là. J’étais le plus nul du groupe, et je ne pouvais pas m’empêcher de leur en vouloir d’être meilleurs, alors qu’eux ils n’avaient pas à endurer ce que j’endurais.

Et puis un soir, alors que nous rentrions de la BACA, la Reine me demanda comment j’allais. On discutait, parfois. J’étais un peu timide souvent. C’était une Reine. Une vampire très âgée et très expérimentée. Elle était d’ailleurs souvent occupée, même sur le chemin entre le manoir et la BACA, elle passait des coups de fil ou réfléchissait en silence. Mais parfois on discutait. Elle me donnait des conseils. Mais cette fois-là je n’étais pas d’humeur. Ca faisait plusieurs jours que j’y réfléchissait. Quand je pouvais réfléchir. Je buvais plusieurs bouteilles de Tru Blood par jour sans arriver à étancher ma soif. J’avais du mal à me comporter normalement. J’avais l’impression que ma peau me brûlait. Et ma gorge était comme emplie de sable. J’avais été désagréable avec tout le monde toute la journée.

« Ca va pas. »

Peut-être que ce n’était pas la réponse qu’elle attendait. Peut-être qu’elle voulait entendre que j’étais content de ma formation. Ou peut-être juste qu’elle posait la question par pure politesse. Mais j’en avais assez de faire semblant.

« Je n’en peux plus de cette douleur. Je… Je pensais que je pourrais supporter… Mais je peux pas, j’y arrive plus. J’ai soif. Tout le temps. Soif. Et ma peau brûle. Je sais que… Je sais que… Je sais que c’est dans ma tête. Que c’est pas vraiment moi qui ai soif. Et que ma peau ne me brûle pas pour de vrai. Mais pour elle oui. C’est insupportable. Je n’arrive pas à m’entraîner correctement à cause de ça. Et j’ai l’impression d’être nul. »

Des larmes coulaient sur mes joues à mesure que je vidais mon sac. Ma voix se faisait plus saccadée, et je m’énervais d’autant plus. Je m’en voulais de lui en parler. J’aurai tellement voulu être capable de tenir ces trois mois sans Elle. Mais je n’y arrivais tout simplement pas.

« Et j’ai peur de… de pas… réussir à me maîtriser. Je … ce que je peux, vraiment. Mais cette souffrance, c’est ... Je… C’est trop… difficile. »

Soudain je réalisais ce que mes paroles pouvaient vouloir dire.

« Mais je veux pas qu’il lui arrive quelque chose à cause de moi. Vraiment, je fais ce que je peux pour me maîtriser. Mais c’est difficile. Et je sais que vous n’y pouvez rien. Il reste encore 1 mois et demi, et il va falloir que je réussisse à me maîtriser. Je vous demande rien. En fait je sais même pas pourquoi je vous dis tout ça… Je… Vous m’avez demandé comment j’allais. Ben voilà… »

Il y avait du sang sur mon manteau maintenant. Je ne prenais même pas la peine de l’essuyer. Je regardais par la fenêtre, dehors. J’avais à peine conscience de ce que je venais de dire. C’était sans doute complètement décousu. Mais ma peau me brûlait et je n’arrivais pas à penser clairement.

-------------------------------------

J’étais avec Morgane. J’avais faim. Encore. Mais je venais de boire, alors j’essayais d’oublier cette impression de faim. C’était aujourd’hui. Lucy allait sortir de sa prison en argent. Toutes ces souffrances, c’était bientôt fini. Et dès qu’elle serait remise sur pieds on pourrait aller voir mes parents. On pourrait tout leur expliquer. Ma mère serait tellement contente. Je m’étais rejoué la scène des centaines de fois, pour me calmer lorsque les douleurs vives me réveillaient pendant la journée. Et aujourd’hui c’était le jour où Lucy allait sortir. Je suivais Morgane sans rien dire. Je portais un large sac avec des poches de sang. Du B+. Je crois que c’était son préféré. En tous cas c’était toujours celui-là qu’il y avait dans le frigo quand elle achetait du Tru Blood. Là c’était pas du Tru Blood, c’était du vrai sang. Je mourrai d’envie de planter mes crocs dedans d’ailleurs, mais je me retenais. C’était pas pour moi. J’avais pas vraiment faim, moi. C’était pour elle. Des gardes nous saluèrent. Ou plutôt saluèrent la Reine. Moi c’est presque comme si je n’existais pas à leurs yeux. Je n’avais jamais su où était enfermée Lucy. Je n’avais pas demandé, pour ne pas être tenté d’aller la voir. Je me contentais de suivre Morgane. J’avais envie de la remercier, encore une fois, mais je l’avais déjà fait, à de nombreuses reprises. J’avais même versé de nouvelles larmes, de soulagement cette fois-ci, lorsqu’elle avait accepté d’alléger la peine de Lucy. Et soudain on y était. Le cercueil était là. Devant nous. Je le fixais, essayant de m’imaginer Lucy là-dedans. Elle allait être tellement contente. D’ailleurs elle avait probablement senti qu’il allait se passer quelque chose. Si je sentais sa faim elle avait dû sentir ma joie. Est-ce qu’elle avait compris ce qu’elle signifiait ? Est-ce qu’elle avait au moins senti quelque chose, malgré ses souffrances ? Je ne savais pas, mais je saurai bientôt. Lorsque Morgane aurait ouvert le cercueil. Mes mains tremblaient, et je posais le sac au sol avant de le faire tomber.

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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Ven 15 Jan - 11:21

Vous avez déjà eu l’impression que le temps ne passait pas assez vite ? Que cela faisait 10h que vous étiez à votre taf et qu’en regardant la montre, vous vous apercevez qu’il n’est que 10h10 ?
Ouais ? Bon. Ben oubliez. Quand le temps ne passe pas, vraiment pas, ce n’est pas l’ennui qui vous guette. Plutôt la folie. Et c’est pas que je suis réellement claustrophobe hein, mais comment dire qu’au bout d’un moment, si, on le devient.
Le noir. Le silence. La douleur. La solitude. Non pas que la solitude me gêne en général, j’ai toujours même aimé plutôt ça. Mais là, c’était plus pareil. Etre coupé de Darren, c’était carrément plus douloureux. Oui, bon, non, je suis pas vraiment coupée de lui, si je veux, je le sens toujours, là, juste derrière mes yeux. Mais j’ai tentée au début de tout garder pour moi. Ça devait déjà être assez dur à gérer pour lui.
Sauf qu’au bout d’un moment, l’argent, même si tu le sens pas directement, encore heureux, tu sais qu’il est là. Comme un genre d’oppresseur invisible. Ça pèse. Une douleur lente et permanente. Insidieuse. Ça fait mal.
Et quand la faim vient s’ajouter au reste, ça devient ingérable.
Tu peux essayer de te débattre, de soulever ce putain de couvercle, parce qu’il faut pas se leurrer. Si au début, tu prends sur toi et tu joues limite au gros dur, genre je vais bien, tout va bien, cette phase passe mine de rien rapidement.

Après tu pètes un plomb. Même si tu sais que la punition n’est pas si lourde, même si tu sais que tu ferais bien de te calmer, que tu devrais t’estimer heureuse, que ça va vite passer…. Tout ça, ça finit aux oubliettes quand tu sens que qu’il devient plus difficile de rester éveillée, quand tu ne veux pas rester éveillée, quand tu sens que ta chair fond et que tu sens un peu plus tes os à chaque fois, quand la faim devient tellement intolérable que tu boufferais le premier quidam qui te tombe sous la main sans aucun remord…
Bon, ptre pas sans aucun remord, mais tu le ferais, parce que la faim est tout ce qui finit par rester. Tu n’as plus peur du noir, du silence, de l’absence de réponse quand tu hurles. Tu ne te dis pas que jamais ce couvercle ne se soulèvera, tu ne te dis pas que l’argent te bloquera quoi qu’il arrive, tu cherches à un moment ou à un autre à défoncer ce cercueil. Il n’y a plus rien. Juste un insoutenable et profonde besoin de bouffer. Et la douleur de ne pas pouvoir l’assouvir.
Et je sais que j’ai perdu le contrôle. Je sais, parce que j’ai senti Darren se tendre et j’ai senti ma faim s’emparer de lui sans lui laisser aucune échappatoire. Et même quand j’ai, vaguement, essayer de refermer le lien, pour ne pas lui imposer, j’ai eu bien trop de mal à ne serait-ce que l’amoindrir. Et envoyer des excuses en même temps, c’est un peu ridicule. Mais je l’ai fait quand même… la douleur, la faim, et un immense ‘Je suis désolée.’ …
Je ne sais pas comment faisait Nikos. J’avais déjà été punie avec lui. Et enfermée. Aussi longtemps ? Je crois pas non. Mais je sais qu’il ne ressentait rien. En même temps, il est bien plus vieux que moi. Etait. Il était. Moi, même si j’en ai l’air, je ne le suis pas. Morte. Pas encore. Même si j’ai l’impression de mourir chaque heure qui passe ouais. Et j’ai réussi à m’arracher un ongle. Ou deux. Et ça fait mal. Pas assez pour faire oublier le reste, mais quand même.

Et j’ai senti la joie de Darren. Un murmure me dit que je devrais être rassurée qu’il aille bien. Et je le suis. Mais une autre partie me souffle qu’il ne devrait pas, être aussi heureux. Alors pourquoi ?
Je me fige quand j’entends des pas, des bruits. Et je le sens. J’ai du mal, mais je tire sur le lien comme sur la corde d’une guitare. Darren ? Je cligne des yeux et me tends lorsque le couvercle bouge. Je sais que je n’ai eu aucun moyen de vraiment me rendre compte du temps qui passe, mais… Déjà ? Non que je me plaigne hein… Mais… Déjà ??
Je me redresse lentement, posant les mains sur les bords du cercueil, et essaie de me focaliser sur ceux qui me font face. Mais j’ai un peu de mal. Beaucoup. Je ferme les yeux, et je sens autre chose, qui sur le moment est beaucoup, beaucoup plus appétissant que mon infant. J’ouvre les yeux, le regard fixé sur le sac à terre, avant de difficilement le détourner pour revenir sur Morgane. Okay la reine, et des gardes pour la protéger au cas où je péterais un plomb. Je tourne légèrement la tête. Darren. Qui va bien. Et je dois vraiment le faire flipper non ? Enfin pour le moment, toutes ces pensées me traversent l’esprit sans que je ne m’y attarde.

« Lucy Matthews, votre sentence a été allégée suite à la demande de votre infant, Darren Stirling. »

Je reporte mon attention sur la voix, sur la Reine. Allégée ? J’ouvre la bouche, mais j’ai l’impression d’avoir du coton à l’intérieur tant elle est sèche. Avant que je ne parvienne à articuler quoique ce soit, elle reprend. Et elle a quelque chose dans le regard, mais je serais incapable de dire quoi. Et ce quelque chose s’est de toute manière bien trop rapidement effacé.

« Vous allez pouvoir vous nourrir, et je laisse votre infant s’occuper de vous dans l’immédiat. » Je ne sais pas trop ce que je devrais dire, et j’ai bien du mal déjà à me focaliser sur elle et sur le sens de ses paroles. « Nous discuterons d’ici quelques jours. Je vous convoquerais. »

Et elle sort. Sans plus attendre, sans autre rajout. Accompagnée de ses gardes. Me laissant seule avec Darren. Et le sang. Bouffer. Et sortir de là. Pendant quelques secondes, je ne sais pas lequel est le plus urgent dans mon esprit embrumé. Je me relève et passe tant bien que mal par-dessus le cercueil. Qui a dit que les vampires étaient agiles et gracieux ?
Et me dirige vers Darren. Ou le sang plutôt dans l’immédiat. Je lui jette un coup d’œil, sans m’y attarder parce que ouais j’ai un peu peur de voir l’image que je renvoie pour le moment. Je pose néanmoins ma main sur sa joue, avec toute la douceur et la tendresse dont je suis capable dans l’immédiat, avant de m’emparer du sac et d’aller me poser contre le mur. Je me retiens pour ne pas boire ça comme une barbare, et je finis par me laisser glisser contre terre alors que je sens enfin le liquide couler dans ma gorge. Je sais pas combien de temps il se passe, ni combien de poche je vide avant de m’arrêter, ou du moins de ralentir. Pas tant que ça non. Je fais craquer mon cou et pose ma tête contre le mur, les yeux fermés.

« Alors je dois te remercier gamin ? »

J’esquisse un sourire. Ouais, il aime pas je sais. Mais ça m’a manqué. Il m’a manqué.
J'ai la voix cassée, enrouée, d'avoir gueulé et de pas m'en être réellement servi depuis... depuis je sais pas quand d'ailleurs. Je me racle la gorge.

« Combien de temps ?
Ça a été pour toi ? Mise à part que j’ai dû être assez insupportable pour que tu parles à la Reine ? »


Ils se sont bien occupés de toi ? Tu y arrives ? Je bois à nouveau, avant d’ouvrir les yeux et de le regarder.

« Merci à toi donc. »

Je souris pour de bon. J’ai envie de tendre la main et de le toucher, mais je suis pas sûre de sa réaction…

« Je fais peur à quel point ? »


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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Mar 19 Jan - 16:43

La Reine demande aux gardes qui nous accompagne de rompre les scellés qui s’assurent que le cercueil n’est pas ouvert pendant toute la durée de la punition. J’ai l’impression qu’ils font exprès de mettre trois plombes. Je me balance nerveusement d’une jambe sur l’autre. Je sens la présence de Lucy. Je sais qu’elle est là-dedans, et que bientôt elle pourra sortir. Dès qu’ils auront fini d’enlever toutes ces chaines. Et enfin, ils ouvrent la boîte. Je suis heureux de la revoir et en même temps inquiet de l’état dans lequel elle sera. Je sais que ce sera pas terrible. J’ai senti sa douleur, sa faim. Elle va être dans un sale état. Mais elle sera libre. Et elle se remettra vite. Les vampires se remettent vite physiquement, donc ça va aller. J’ai envie de me précipiter pour me pencher sur le cercueil mais je me tiens droit sur mes jambes. Ce n’est pas le moment de faire une bourde. Je reste sagement à ma place, en retrait de la Reine.

Et je vois ses mains, puis son visage, alors qu’elle se redresse et nous regarde en ayant l’air de ne pas vraiment nous voir. Son visage est recouvert de restes de larmes de sang formant des lignes courbes sombres qui se craquellent. Rapidement son regard se tourne vers le sac à mes pieds, et je sens sa faim gronder en elle. Je me rends compte du regard que je dois avoir sur elle, et me force à lui sourire alors que ses yeux se posent sur moi. La Reine prononce quelques paroles pour expliquer la situation. J’ai toujours un peu en moi cette honte de n’avoir pas été capable de tenir ces trois mois, d’avoir dû en parler à Morgane. Mais je suis en même temps soulagé de l’avoir fait. Lucy ne répond rien à la Reine. Elle a l’air de comprendre ce qu’elle dit, mais parler doit être difficile. Et nous voilà seuls. Enfin. Ensemble. Je fais quelques pas vers elle mais m’arrête en voyant qu’elle fait de même. Enfin qu’elle essaie. Je la regarde galérer pour sortir, et je reste les bras ballants. Ouais j’aurai pu l’aider. C’est juste que ça m’a surpris. Je sais qu’elle est pas bien. C’est juste que même si je m’y attendais, c’est… bizarre de la voir comme ça. C’est tellement différent de la Lucy de d’habitude. Celle qui me fait perdre mes moyens à se balader à moitié nue devant moi en sortant de la douche et en me lançant des regards en coin. Elle s’approche de moi, et sa main se pose sur ma joue. Une main sale, dont les ongles habituellement si bien entretenus sont en lambeaux. Mais c’est sa main. Sur ma joue. Le lien était déjà ouvert entre nous. Il l’est depuis que sa faim et sa douleur ont eu raison de sa volonté et de son contrôle. Mais le contact me fait tellement de bien. Je pose ma main sur la sienne et la serre légèrement. Et puis elle me lâche et s’empare du sac à mes pieds pour aller s’asseoir avec, ou plutôt s’effondrer contre le mur le plus proche avant de commencer à boire.

Je souris et je la regarde en silence. Je m’attendais à ce que la soif s’arrête, et pourtant ce n’est pas le cas. Elle vide plusieurs poches de sang, et pourtant la soif est toujours là. Il faut peut-être du temps. Lorsqu’enfin elle prend la parole, c’est pour m’appeler gamin. Elle sait que je déteste ça. Pourtant je ne lâche pas mon sourire. Ca faisait plus d’un mois que je ne l’avais pas entendu m’appeler comme ça, et même si je le lui avouerai pas, ça m’avait manqué.

« Le gamin t’as sortie de là, alors un peu de respect. »

Ouais il t’a sorti de là en pleurnichant auprès de la Reine. Mais bon il allait pas le lui dire. Pas tout de suite en tous cas.

« Un mois et demi. Oui ça a été. C’était pas facile. Mais c’était pire pour toi. »

Elle me remercie, et je lui réponds un « de rien » accompagné d’un sourire franc. Et puis je me marre à sa question. Je rigole, en la regardant là, par terre. Ouais c’est pas cool de me marrer alors qu’elle souffre encore et que je le sens via le lien. Mais c’est l’émotion. Et puis c’est quand même comique, cette scène.

« Tu as vu le seigneur des anneaux ? Gollum, ça te rappelle un truc ? Parce que c’est à peu près ce à quoi tu ressemblais quand tu buvais. »

Je lui lance un regard malicieux, m’attendant presque à ce qu’elle m’étripe pour ce que je viens de dire. Bon encore faudrait-il qu’elle arrive à se lever bien sûr.

« Ah au fait, j’ai arrosé tes plantes. Par contre tu as manqué au Yucca. Il tire la tronche. »

Je m’accroupis pour me mettre à sa hauteur et remets une mèche de ses cheveux qui s’était collée à son visage derrière son oreille.

« A moi aussi tu m’as manqué Lucy. »

Sans dire un mot de plus je la prends dans mes bras, manquant de tomber en perdant mon équilibre. Je la serre contre moi, me fichant du sang séché qui macule ses joues et son cou, et de l’odeur. Ca fait tellement de bien de la sentir contre moi.

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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Jeu 21 Jan - 11:30

Difficile est un euphémisme. Laborieux, compliqué et confus résument déjà mieux le comment je me sens et me débrouille. Pas fameux quoi. J’ai l’impression d’avoir du carton-pâte dans la bouche et la tête dans du coton, comme le lendemain d’une cuite monumentale. Et j’ai tout aussi faim et soif que dans ces cas-là. Mon regard se focalise sur le sang. Même si je sens Darren et son soulagement. Ça, je comprends. Ça a dû être vachement dur pour un nouveau-né comme lui. Ouais, je m’en veux. Et pas qu’un peu du coup. Et je sens aussi… sa joie ? De plus avoir à endurer tout ça ? Ou est-ce qu’il est vraiment heureux de me voir ? Il fait quelques pas vers moi avant de se raviser et d’attendre. Sage décision, je l’aurais envoyé bouler. Ou pas, vu mon état.
Je m’approche et le touche sans même y penser. Sa main se pose sur la mienne et je peux pas m’empêcher de sourire quand il la serre. Je vais pourtant m’écrouler contre le mur avec les poches de sang.

Les yeux fermés, tachant de faire refluer la faim, je tire un peu sur le lien. Comme pour m’y réhabituer vraiment. Même s’il a toujours été présent, c’était lointain et secondaire, pour moi, quand j’étais là-dedans. Ça m’a aidé ouais. Même si je m’en veux, et que pour le coup, j’ai carrément été un poids pour lui.
Il sourit. Pas besoin d’ouvrir les yeux pour le savoir ça. Et son bonheur me fait sourire. Parce que oui, il est content de me voir. Et oui, c’est cool.
Et je sais que même lorsque je l’appelle gamin, ça lui fait plaisir. Il peut tenter de le cacher, je le sens quand même. Mon sourire s’agrandit à sa réponse, sans que j’ouvre pour autant les yeux.

« Y a rien d’irrespectueux. Que t’aime pas, c’est autre chose et c’est pas mon problème. T’es un gamin…
C’est affectueux. J’aime bien moi. »


Un mois et demi ? Et elle a accepté ? Putain, déjà que 3 mois je trouvais ça soft… Soit il a vraiment galéré, soit elle est presque trop gentille. Presque ouais. Parce que perso, je trouve ça super, super, super cool. Et à mon avis, il a bien dû souffrir pour qu’elle accepte…

« Sauf que moi, je l’ai cherché. Et c’était pas si terrible au vu de ce que j… »

De ce que j’ai fait. C’est-à-dire toi. Ça a été particulièrement doux comme punition. Enfin, ouais, non je me comprends. J’ai mal, j’ai encore faim alors que j’ai dû boire plus que de raison, je ressemble à rien et j’ai mal. Je l’ai déjà dit, je sais, mais c’est doublement vrai. Et encore, même quand j’aurais repris forme humaine, d’ici quelques jours quoi, tout ne sera pas redevenu aussi beau et lisse qu’avant. Mais bon, rien d’irrémédiable en soi.
Je soupire et le regarde.

« Désolée de pas avoir tenue. De t’avoir infligé ça… » Je fais un vague signe de la main, désignant les poches. « J’aurais dû tenir plus longtemps. »

J’inspire profondément. Juste pour sentir l’air remplir et gonfler à nouveau mes poumons. Je pourrais presque les sentir se décoller… et même si ça change que dalle, ça fait du bien. Même si c’est purement psychologique.
Je le remercie tout de même, parce que bon... Et je le fixe, lui et son sourire. Putain, il m’a manqué. C’est stupide ouais. Et ce petit con se marre. Je plisse les yeux et le dévisage. Il se fout de moi. Je lui lance la poche vide que je tiens, et fronce les sourcils.

« Je t’en foutrais des Gollum moi ! »

Je lui tire la langue. Avant de rire à mon tour. Je lui jette un coup d’œil.

« Sans déconner ? A ce point-là ? »


Ouais, ça doit pas être loin de la vérité quoiqu’il en soit. Je secoue la tête.
Avant de le regarder à nouveau et de sourire. Sourire qui se transforme en grimace à la mention du Yucca.
Il s’accroupit avant que je ne réponde et replace une de mes mèches. C’est rare, vraiment, qu’il prenne l’initiative d’un contact. En général, c’est comme s’il avait peur que ça le brûle. Et stupidement, je suis rassurée. De pas être la seule à en souffrir. De savoir que ouais, il m’aime bien.

Mes yeux s’écarquillent légèrement, alors qu’il ajoute quelques mots supplémentaires. Et beh, ça aura eu au moins ça de positif…
Je reste bloquée comme une conne durant une ou deux seconde quand il me prend dans ses bras.
Avant de souffler un rire léger. Mes bras passent sous les siens, autour de lui, et mon nez se niche dans son cou. Merde. Son odeur m’a manqué. Ça craint non ? Par contre, pour lui, ça doit être vachement moins agréable… mais je m’en fous ouais. Pour le moment. Et puis, il est pas forcé de respirer s’il veut pas hein.

« Je t’adore aussi gamin. »

Je souris malgré moi contre son cou. J’inspire. Et la tension qui m’habitait encore s’évanouit quelque peu. J’ai toujours mal. J’ai toujours faim. Mais ça va mieux. Je bloque le lien à nouveau, au moins pour ça, parce que je peux à nouveau. Moi, c’est déjà un peu mieux, le reste je saurais gérer, pas la peine qu’il prenne encore sur lui.

« C’est mieux ? »

Je ne bouge pas, profitant de quelques secondes supplémentaires. Avant qu’il ne se mette à nouveau à balbutier et à reculer.

« Ils ont été sympas avec toi ? »

Je me recule un tout petit peu, juste pour le regarder, ma main remontant jusqu’à sa joue. Je le détaille en souriant.

« Tu vas bien Darren ? Enfin, j’veux dire… Mise à part… moi… »

Je soupire, avec toujours un léger sourire aux lèvres.

« Jsuis contente que tu sois là. »


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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Sam 6 Fév - 22:35

Affectueux… Bien sûr que je le sais. Mais j’aime pas quand même. Enfin sauf là, parce que ça fait longtemps. Qu’elle m’a manqué. Mais j’aime pas quand elle m’appelle comme ça en public. J’ai déjà l’impression d’arriver à rien. L’impression que je suis nul, et que j’arriverai jamais à rien. Que je suis trop jeune. Et ça me rappelle aussi que maintenant, je resterai aux yeux de tous un gamin. Que je serai jamais adulte. En tous cas pas physiquement. Je garderai mon corps d’adolescent pour tout le reste de ma vie. Ou de ma non-vie. Je ne sais pas trop comment l’appeler.

Elle s’excuse une nouvelle fois, et je lui souris gentiment. Si elle s’était pas excusée je lui en aurait probablement voulu, mais à l’entendre se blâmer pour mes souffrances, j’ai envie de lui dire qu’elle n’a pas à s’en vouloir.

« T’excuses pas. Je préfère qu’on ait eus à endurer ça plutôt que d’être mort à Glasgow. Je sais que tu as fait ce que tu as pu. »

Lorsqu’elle me demande à quoi elle ressemble je peux pas m’empêcher de la charrier un peu. Faut dire qu’elle ressemble pas à grand-chose, après un mois et demis sous terre. Et qu’elle compte pas sur moi pour lui dire qu’elle est superbe même recouverte de terre et de larmes séchées. Je préfère me foutre un peu d’elle. Sa réaction ne se fait pas attendre et une poche de sang vide vole dans ma direction. Je l’esquive sans difficulté et la regarde en rigolant.

« Raté. Va falloir mieux viser si tu veux m’atteindre. Non, pas vraiment à ce point-là. T’as quand même plus de cheveux. Mais t’en es pas loin. Après une bonne douche ça sera mieux je suis sûr. »

Son contact m’a manqué. Je la serre dans mes bras, en lui disant qu’elle m’a manqué. C’était vrai, qu’elle m’avait manqué. Même si elle me perturbait et que je savais pas comment me comporter avec elle. Qu’elle me faisait rougir et perdre mes mots régulièrement. Et qu’elle m’appelait gamin. Je lève des yeux au ciel qu’elle ne peut pas voir en l’entendant, et je sens ses joues contre mon cou. Elle sourit. Elle le fait vraiment exprès. J’aurai dû lui faire promettre de plus m’appeler comme ça avant de lui filer les poches de sang. Je suis sûr qu’elle aurait accepté n’importe quoi pour pouvoir prendre une gorgée de sang. Bon c’aurait pas été très réglo, certes. Je sens sa faim s’atténuer. Elle reprend le contrôle sur le lien entre nous. Elle filtre. Je sais que ça lui demande des efforts, et qu’elle est épuisée. Ca me fait plaisir qu’elle essaie quand même, qu’elle se soucie de moi.

« Oui, c’est mieux. »

Je me recule un peu d’elle, sentant que je commence à rougir un peu.

« Oui ils ont été très compréhensifs. La Reine a été gentille avec moi. Elle est très occupée et tout, mais elle est gentille. En tous cas avec moi. J’aimerai pas être son ennemi… »

J’avais entendu malgré moi quelques conversations téléphoniques lors de nos trajets en voiture. Je savais donc qu’elle pouvait aussi se montrer dure. Mais avec moi elle était gentille.

« Et j’ai pris des cours et tout. Au BACA. Je te raconterai tout ça. J’imagine que tu as hâte de retrouver ton appart. Il y a un chauffeur qui nous attend dehors. On y va ? »

J’attrape sa main qui est posée sur ma joue. Je meurs d’envie qu’elle vienne frôler mes lèvres avec son pouce. Et ça me rend hyper nerveux. Je préfère changer de sujet.

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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Mer 10 Fév - 15:37

Ça fait du bien. D’être sortie oui évidemment. Mais qu’il soit là aussi, surtout. De pouvoir le taquiner et l’entendre sourire. Ouais, je l’entends sourire. Et je le sens sourire aussi, à travers le lien. Ça me fait du bien. Et j’en profite un peu, parce que je sais qu’il aime pas, mais là, dans l’immédiat, c’est pas grave.
Je grimace malgré moi.

« Ouais… mais ce que je peux n’est jamais suffisant quand ça te concerne on dirait.
Infant, Enfant… C’est chiant les gosses en vrai… trop de responsabilités et de demandes pour que dalle. »


Je souris. Je plaisante ouais. Même si ouais, il est et restera mon infant. Et que ouais, quoi que je fasse, ça suffit pas. Ça suffira jamais. Parce que ouais, il vaut sans doute plus que ça.
Et il se moque de moi à son tour. Il a bien raison, mais jamais je lui dirais ça. Raison de se foutre de moi, et sur le fait que je dois effectivement ressembler à un foutu squelette. Il se marre. Et à nouveau, je peux pas m’empêcher de lui sourire en retour.

« Me tente pas trop Darren. Je vise plutôt bien, méfies-toi. » Bon, c’était totalement faux, j’avais jamais su viser, je suis une quiche. Mais ça, il le sait pas. Enfin, je crois. Et je hoche la tête vigoureusement. « Oh putain, une douche. Brulante. Des heures. Ouais. Ce serait bien ça. »

Et comme quoi tout peux avoir de bons côtés, j’ai même le droit à un câlin. Un vrai. Pas forcé, pas demandé. Venant de lui. C’est rare ouais. Qu’il fasse alors que la plupart du temps j’arrive à le foutre mal à l’aise en moins de deux. Oui, bon, c’est peut-être pour ça qu’il demande pas. Parce que j’arrête pas de l’emmerder je sais. Mais c’est marrant. Et puis, ça m’empêche pas, même en temps normal, de l’avoir près de moi, donc bon…
Mais ça, encore plus que sa simple présence, me fait un bien fou. Et je me sens même assez bien pour reprendre le contrôle. Pour lui le gêner du moins.
Je le laisse reprendre un peu son espace, même si j’ai pas vraiment envie perso. Mais ouais, jsuis gentille. Et je souris un peu plus en voyant son air légèrement troublé. Ah, ça, ça faisait longtemps aussi. Ça m’a manqué aussi. Mais non, je vais pas le taquiner de suite là-dessus, mine de rien, je m’inquiète pour lui.

« Tant mieux. C’est bien. Ils avaient dit qu’ils prendraient soin de toi, je suis contente. »

Mon sourire s’agrandit en l’écoutant.

« Des cours ? Ça t’a plu ? »

Je sers sa main et me penche légèrement, venant déposer un baiser sur sa joue, à la commissure de ses lèvres. Quoi, j’ai rien dit ! J’ai pas dit que je ferais rien.

« Mais oui. Voir mon Yucca qui désespère de ma présence. Et prendre une douche ! »

Je me lève, sans trop ressembler à une vieille, le tirant vers le haut en même temps, et attrape le sac avec les poches restantes, sans lâcher sa main.

« Et si en plus on a un chauffeur… Tu me racontes en route, et on rentre à la maison. »

La maison. Ouais, la sienne aussi. Qu’il le veuille ou non d’ailleurs. Ou peut-être pas… Je me demande s’il préfèrerait pas rester ici. Il a dû loger ici ou pas loin non, durant tout ce temps ?
Je l’entraîne vers la sortie, avant de me rendre compte de un que je ne connais pas le chemin, et de deux, que je suis pas sûre de pouvoir sortir comme ça. Enfin, avec cette allure quoi. J’avais pas un manteau en arrivant ? Et des chaussures ?
Merde. Bon, c’est pas si grave hein. Je le laisse me montrer le chemin, serrant sa main plus fortement que je ne le voudrais. Mais si je me focalise sur lui et le lien, ça ira pas vrai ?

Bon, en fait non, ça va pas vraiment. Je sais pas trop s’il me parle vraiment ou pas, ça fait trop d’un coup, j’avais oublié comme c’est déstabilisant. Trop de bruits, trop de lumières, trop de monde, trop…
Je ferme les yeux et me réfugie contre lui, le visage contre son cou, respirant son odeur, ma main serrant son pull nerveusement. Et ça va mieux. Même si du coup, j’ai pas vraiment capté s’il m’avait parlé ou non. Non, je pense pas. J’espère pas. Dès que la voiture stoppe, je grommelle un merci et sors rapidement pour retrouver mon chez-moi avant de croiser quiconque. Et la tension se dissipe à nouveau.

« Désolée… C’était juste… un peu trop… »

Franchement, v’la l’image que tu donnes… Je soupire et me tourne vers lui. Ma main se pose sur sa joue, avant de glisser quand je reprends ma route vers la chambre et la salle de bain. J’esquisse un sourire, qui se fait taquin.

« Je vais me doucher. Je te dirais bien que tu peux me rejoindre, mais je vais éviter tant que je ressemble à Gollum… »

Pendant quelques jours encore donc…

Je me déshabille alors que j’avance dans la chambre, notant mentalement qu’il faudra cramer ses fringues. Ou juste les balancer ouais… J’allume l’eau et la laisse chauffer, alors que je m’examine dans le miroir. Non, je voulais pas voir, mais pas trop le choix en étant devant. Et c’est flippant. Et moche. Mais ça aurait pu être pire. Je m’engouffre sous la douche et jure malgré moi. Je ferme les yeux. Oui, j’ai des plaies, oui, ça fait mal, même si oui, je sens déjà la plupart qui commence à cicatriser maintenant que j’ai recommencé à me nourrir. Je lève la tête et reste un temps indéterminé et indéfini sous l’eau, avant de me savonner et de me laver les cheveux. Trois fois. Juste comme ça. Je finis par éteindre l’eau, maintenant que je sens bon le caramel, et me sèche rapidement, une serviette enroulée autour des cheveux. Je vais fouiller dans mon armoire, sortant un t-shirt rose pétant et un pantalon jogging élastique gris et rose. Non, j’ai pas l’intention de sortir, et de toute façon, même comme ça, on dirait un fantôme.

« Darren ? »

Tu crois qu’il s’est barré ? J’attrape un gros gilet noir et je retourne dans le salon.

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MessageSujet: Re: Libérée, Délivrée [Livre III - terminé]   Sam 27 Fév - 15:19

RP terminé, la suite (quatre jours après) ici

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