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"Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]
MessageSujet: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Mer 23 Déc - 0:46


Cette odeur emplit l'air, entêtante, irrésistible...
Je me pose finalement le long d'un mur, mes ailes habituellement bleutées rendues quasiment invisibles par le manque d'éclairage, dans ce crépuscule naissant. Je devrais me hâter de rentrer, déjà avoir quitté ses environs depuis longtemps. La nuit est devenue mon ennemi, depuis cette fameuse nuit où je me suis réveillé au fin fond d'un cercueil, pris au piège. J'ai eu ce besoin irrémédiable de me mettre en chasse, en sachant pertinemment que ce serait une bien mauvaise idée. J'ai cru me tromper moi-même un temps, en me contentant d'arpenter les rues de jour à la recherche de cette odeur si convoitée. Et maintenant que les derniers rayons du soleil disparaissent au lointain... Elle est partout, absolument partout. Je suis quasiment aveugle, papillon de jour qui ne saisit plus que les mouvements dans les rues et les éblouissants réverbères qui me font l'effet de flambeau dans les ténèbres. Je n'ai pas tellement envie de changer de forme, au risque de constater de mes propres yeux ce que mes autres sens me signalent déjà : Ma traque s'achève, avec une rare facilité. Les vampires marchent dans les rues en conquérant de la nuit. Je saisis leur présence par tâche dans cette mosaïque humaine. Je ne me rends compte que maintenant, à quel point je parviens sans difficulté à les repérer contrairement à autrefois. Avoir goûté au sang, ça change tout.

Ca change aussi le sens de ma traque. J'ai cette voix stridente qui me pousse à fuir sans me retourner, et celle plus insidieuse qui m'incite à planter mes crocs dans le premier imprudent qui passerait à proximité. Parce que ce sang me paraît aussi nécessaire que de boire ou manger. C'est quelque chose que je n'arrive plus à refouler pour passer outre. Cette sensation d'impuissance contre mes propres pulsions me tuera plus sûrement que des crocs plantés dans ma carotide. D'autant que j'ai ce désir brûlant de leur faire payer au centuple ce que j'ai pu subir dans cette petite boîte bien trop étroite...

J'en aperçois un qui s'engage dans la rue parallèle où je me trouve. Je ne sais depuis quand j'attends ainsi, en embuscade, mais je suis capable de le faire pendant des heures avant de me décider. Je continue de réfléchir en toute hâte sur ce qu'il conviendrait de faire... En sachant que c'est un combat perdu d'avance. Je le suis le long du mur puis me stoppe pour une forme bien plus agressive... Celle d'un Loup, propre à coller une bonne frayeur aux vampires les moins prudents. Il sait que je suis là, même s'il ne me voit pas. Il sent ce parfum qui l'interpelle, comme je peux sentir le sien qui chante à mes sens. Mon poil gris-blanc est collé par les sueurs froides qui me traversent par intermittence. Je respire difficilement, le pouls encore trop rapide. Le manque me guette et est un ennemi dont je peux plus difficilement me débarrasser que ce jeune vampire imprudent. Je ne suis pas sans ressources, et il va vite s'en rendre compte.

Je m'élance, tous crocs sortis, avant qu'il ne songe à regarder au-dessus de sa tête. La puissance de ma chute compense amplement la force qu'il peut m'opposer, et l'effet de surprise fait le reste. J'entends les os craquer, le sang couler avec un soulagement non feint dans ma gorge... Puis un cri suit. La peur prend le dessus sur toute volonté de riposter et de me rendre la pareille en goûtant le mien. Je suis proprement éjecté dans la panique et atterris contre des poubelles plus loin. Le temps que je me relève, je m'attends à devoir livrer bataille mais... Rien. La panique incontrôlable, de celui qui croit que sa longue vie troquée va bientôt s'achever par le poison des lycanthropes. J'en rirais presque... Si je n'étais pas si occupé à m'en lécher les babines. Il m'en faut beaucoup plus. Je tourne la tête au dernier moment alors que j'entends le cliquetis caractéristique d'une arme à feu, et une autre odeur qui est portée à mes sens... Tout aussi alléchante. Mais plus familière, et unique.

Je me fends d'un sourire carnassier. Une toute autre drogue, capable de m'arrêter en pleine course pour me forcer à me retourner. Je perds de vue ma cible assez rapidement, car j'en ai trouvé une toute autre. Tania.
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Mer 23 Déc - 20:11

Aucun bruit autour de moi. Pas même celui de mes pas, que j'ai l'impression de rendre chaque jour un peu plus discret par ma nouvelle nature. Nature ? Je ne sais si on peut appeler cela ainsi, mais passons. Je ne suis plus humaine, si encore je l'avais été un jour, mais j'étais toujours aussi loin d'être vampire. J'avais l'impression en fait d'avoir cumulé les avantages de chaque espèce. Pourtant... je m'étais rarement sentie aussi perdue. Je ne méritais pas ça, cette force, cette considération. Morgane méritait mieux que moi. Et moi... Je méritais sûrement d'errer sans fin dans le chaos de ce monde dont j'étais devenu l'un des rouages, peut être malgré moi, mais je n'y ferai rien. Le destin de cette terre commençait à m'être totalement indifférent. Ce qui m'importait, c'était de passer le temps. J'avais vécu pour une seule chose jusqu'à aujourd'hui, je ne pouvais concevoir d'en faire une autre. Je n'étais pas... programmée pour. Servir. Obéir à des ordres, peu importe le sens, peu importe le pourquoi du comment. Réfléchir à toutes ces questions existentielles, ce n'était pas pour moi. Alors je errais, ombre dans la nuit, un rien, un souffle, une illusion au milieu de l'éternité. Hantée par tant de nuits, tant de morts, tant de coups de feus. Je n'avais pas de remords. Cela ne servait à rien. Seulement des plaies, ouvertes à jamais. Seulement l'incertitude, et la nuit pour alliée. La mort, aussi. Elle suivait mes pas ou je suivais les siens, peu importait. Un jour elle me prendrait. Jusqu'à ce jour là, c'était à moi de la donner. Entre autres. Tuer ne me procurait rien. Aucune satisfaction, aucun dégoût. Rien. Juste le fait accompli devant le cadavre, la vie envolée à jamais.

Je me perds toujours dans mes pensées, arpentant les rues, enveloppée dans l'obscurité. Pas un chat. Pas un rat. Pas un soupir, pas un souffle, pas un bruit de pas. Rien. Je dois surveiller Bryne, cette saleté de semi démon qui prétend nous servir d'informateur. Quelle belle connerie. Morgane n'est pas complètement dupe ; elle ne lui fait pas confiance le moins du monde, et c'est pour cela que je suis là. Mais s'il n'en tenait qu'à moi, le type serait déjà étalé dans son sang, au fond d'une des cellules du manoir. Mais non, il était vivant, et mieux, en liberté. Relative, certes, mais en liberté. Cela suffisait. Après son insolence, après nous avoir salement amoché des gardes alors que lui même était prisonnier, ce type courrait dans la nature. Les tueurs à gages fonctionnent à l'argent, mais je crois que pour un semi démon, l'appel des siens et du Chaos surpasse bien toutes ces choses futiles. On pourra le payer ce qu'on voudra... Passons. En attendant, il fallait que je le tienne à l'oeil, prête à l'abattre. Car un jour, il nous en donnerait l'excuse et l'occasion, j'en étais certaine. Pour l'instant, pas encore. L'humain que je viens de rencontrer autour d'un verre et que j'avais chargé de le surveiller cette nuit ne m'a pas fait un rapport qui me permette cela. J'ai horreur de déléguer, mais force est de constater que personne n'est capable de se dédoubler. Et que je fais tout cela par résignation, par ennui, parce que je n'ai rien d'autre à faire. Plus par foi et par détermination. Tout cela s'est envolé. Même si... Non. Elle était au fond d'un cachot. Encore. Et cela me faisait trop mal de l'imaginer là. Alors non. Je chassais cela de ma tête, comme tout le reste. Comme tout ce qui revenait, dès que j'étais seule.

Alors que je marche d'un pas silencieux et déterminé, me faufilant habilement entre les rues, de gros bruits attirent mon attention, non loin. Je me colle contre le mur, le rasant de près, me dirigeant vers la source de bruit, à l'angle de la ruelle. Je ne bifurque pas complètement, me contentant de pouvoir voir. Pas grand chose... Et ça passe très vite. Une masse sombre, poilue, lupine, se bat avec une autre semblant plus humaine. Mais vu à la vitesse à laquelle elle disparaît deux secondes plus tard... je dirai plutôt vampire. Je me mords la lèvre, m'engage complètement dans la ruelle. Un loup ici, dans un quartier à vampire. C'est ce qui s'appelle être suicidaire. Pour autant, quelque chose me gêne. Le Loup semble astiquer ses babines avec avidité... Je croyais que le sang de vampire était toxique pour eux. Et quelque chose d'autre me gêne. Une impression. Un sentiment. Un déjà vu. Je le braque, alors qu'il tourne son regard perçant sur ma fine silhouette au cliquetis de mon arme. Je ne le lâche pas du regard. Je le connais. Je le connais. Je le sens dans mes tripes. Je lâche, sur le ton le plus calme et le plus glacial du monde.

« Sous forme humaine. Vite. Je ne me répète jamais deux fois. »

Que ça le rende nu ou pas, je m'en fiche complètement.

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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Lun 28 Déc - 23:04


Tania. Elle est ici.
Je me permets un coup d'œil furtif vers ma proie qui vient de se fuir à la vitesse de l'éclair. Les effets que l'on peut obtenir par un simple bluff sont souvent hallucinants. Je ne suis pas sûr que ce vampire fera demi-tour pour se venger, mais il va vite se rendre compte qu'il n'ait pas empoisonné. Au moins, l'instinct de survie prend toujours le dessus sur cette envie débordante de planter leurs crocs dans ma chair. C'est jouissif, de leur faire payer, presque autant que de goûter leur sang... Même si je n'en ai ingurgité que si peu, et qu'il est loin d'égaler celui de mon bourreau. Je veux la retrouver, absolument. J'en ai besoin, comme de respirer. Ca devient totalement intenable... Je suis incapable de me la sortir de l'esprit, ni même de mes songes. Je vais deviner fou, si je ne le suis pas déjà.

Et là, ne suis-je pas encore en train de rêver ? Tania se tient devant moi, braquant cette arme sur ma tête. Elle me paraît si réelle qu'elle en occulte presque la vampire. Je n'ai pas tenu ma promesse, finalement... C'est elle qui m'a retrouvé. Le sang m'a fait perdre mes priorités, et mes repères. Est-elle seulement une vue de mon esprit pour me les rappeler ? Peut-être. Parfois, il me prend l'envie de le penser. A croire qu'elle a fini par s'imposer à mon esprit comme un incontournable, comme un palliatif. Malgré cette arme... C'est bien du soulagement que j'éprouve à sa vue, et un désir enfoui, renouvelé. Je suis presque déçu de me présenter à elle sous cette forme, avide de sentir cette excitation naître en retour en elle. Je l'écoute me donner des ordres, et lui montre immédiatement les crocs en représailles.

Il me paraît approprié de rétablir la situation, et lui faire comprendre que je ne suis pas un vulgaire chien qui va se coucher tranquillement à ses pieds. L'un de nous deux finit toujours par ouvrir les hostilités, à un moment ou l'autre. Je bondis sur le côté, à l'angle de la ruelle, et entends le tir se répercuter au plus près de mon oreille. On dirait qu'elle a de sacrément bon réflexes maintenant... Une vraie tueuse. Je ne la sous-estime jamais, mais je reste étonné de ses progrès fulgurants qui tendent à faire pencher désagréablement la balance. Seulement en cette nuit, je la combats bien différemment, suffisamment pour garder l'effet de surprise de mon côté. Je m'envole, dans un éclair bleuté, et me soustrais à sa vue le temps de reprendre ma forme lupine dans son dos. Je suis déjà sur elle quand elle se retourne pour me faire face. Je la renverse au sol, sa tête tapant dur contre la rue pavée. Je gronde bassement, au plus proche d'elle... C'est son parfum qui m'interrompe. Si proche, si entêtant sous cette forme. J'hume et m'en imprègne. J'ai envie de la dévorer, autant que ce vampire l'instant d'avant... Non, bien plus.

Je bloque son bras avant qu'elle ne me tire une balle en pleine tête. Je me suis à peine rendu compte que j'ai, d'instinct, rebasculé sous forme humaine. Je lui lèche le cou avant de goûter ses lèvres, pris d'une envie tout aussi fiévreuse d'en découdre, d'une bien autre manière.

Je renoue avec une autre drogue qui m'est bien plus chère et tout aussi nécessaire.


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Mar 29 Déc - 14:31

Un loup. Un loup dans une ruelle des quartiers vampiriques d'Edimbourg. Mes yeux ne peuvent quand même pas me jouer de tour, je sais ce que je vois. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Rien qu'avec l'odeur, les vampires auraient dû le sentir. C'était du suicide... Mais non, il était encore en vie. Tranquillement assis à quelques mètres de moi. Enfin, tranquillement... Il n'est quand même pas content qu'on lui pointe un flingue dessus, ce qui est compréhensible. Mais j'ai envie de tirer tout ça au clair. Pourtant, cette affaire ne me concerne pas, je pourrais très bien passer mon chemin... Non. C'est étrange. Il y a quelque chose qui me fait tiquer. Une impression, une sensation. Un rien. Je dois devenir folle. Non, pas devenir. Ca doit faire bien longtemps que je le suis, d'une manière ou d'une autre. Au moins depuis que Krystel m'avait enfermé dans cette cage en verre, m'avait ouvert les yeux. Depuis sa disparition, encore plus. Et quand je l'avais vue, quand elle m'avait touchée de ses crocs, n'en parlons pas. J'avais senti sa morsure, bien que légère, j'avais senti Morgane en moi, à travers notre lien. Et j'avais tué Jana. Jana, non. Ne pas y penser. Ne pas penser à tout ça. Juste la bestiole, la fixer, réagir. Je connais assez le tempérament de ces bestioles pour me douter qu'elle ne fera pas ce que je lui demande, pas tant qu'elle n'aura pas vraiment un couteau sur la gorge pour le faire.

Et en effet. Le loup saute, et par réflexe, je tire. Tout en suivant son mouvement rapide, mais moi aussi maintenant, je suis rapide. Ma balle part, siffle dans les airs, menace de mort. Et elle rate, de peu. Mais alors que je m'apprête à tirer encore coup sur coup, n'ayant pas grand chose à faire pour ajuster mon tir, le loup disparaît tout à coup. Et merde... Un papillon. C'était pas un loup garou ma grande, c'était un métamorphe. Tout s'explique. Pas la même odeur, et un sang même meilleur que celui des humains pour les vampires. N'empêche qu'il y avait encore quelque chose qui me gênait. Mais savoir ce que c'était... Je n'y arrivais pas. La raison de sa présence, sûrement. Pourquoi le vampire s'était il enfui si vite, alors qu'il ne m'avait même pas vu ; ce n'était donc pas moi qui l'avait fait fuir. Oui, sûrement, ça devait être ça. Ou alors, cette désagréable impression de déjà vu... Un mouvement dans mon dos m'alerte juste à temps pour que j'ai le temps de me retourner et que le loup me plaque au sol. C'est traitre, les métamorphes. Extrêment dangereux. Ils n'ont pas les mêmes capacités que les loups, pas la même résistance, mais cette capacité à changer ainsi de forme est bien plus vicieuse et toute aussi dangereuse. Il grogne. Il grogne, mais semble s'interrompre. Qu'est-ce qu'il fiche ? Je profite de l'instant pour tenter de lui tirer en pleine tête, qu'il laisse ainsi exposée, mais je n'en n'ai pas le temps. Mais ce n'est pas une grosse patte pleine de poil qui m'intercepte.

C'est un bras humain.

Mes yeux le fixent, comme s'il arrivait d'une autre planète. Mon visage n'est qu'à quelques centimètres du sien. Je lâche, entre mes dents.

« Toi. »

C'était la meilleure. J'avais presque envie de rire. Et de l'embrasser. L'embrasser comme une démente, écorcher sa langue jusqu'à sentir son sang envahier ma bouche. Le tuer, pour de bon. Notre combat change de nature, alors qu'il me hume, me lèche, comme le vulgaire animal qu'il est. Je l'embrasse, aussi, comme si je voulais bouffer sa langue et ses lèvres. Puis je coince ses jambes entre les miennes, le renverse de toutes mes forces pour avoir le dessus. Je m'assois au niveau de son bassin, le serrant entre mes jambes repliées. Toujours très rapidement, je reprends mon flingue bien en main. Oui, j'ai envie de lui. Mais je veux aussi des réponses. Je pose le canon entre ses deux yeux.

« Maintenant, tu vas m'expliquer ce que tu fiches là. T'as bu du V, hein ? Ca se voit. »

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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Mer 30 Déc - 15:39


Je me perds, dans ces sensations avec lesquelles je renoues agréablement. Elle m'a manqué, presque autant que le sang peut me manquer depuis que je me suis échappé des griffes de la vampire... Mais l'un comme l'autre, ça m'est difficile de l'avouer. Et pourtant, elle a dû hanter mes nuits presque autant que cette créatures des ténèbres. Et ce n'était pas le sang qui me faisait délirer, éprouver des envies auxquelles je cherchais à me défendre, que j'aurais bien voulu oublier. Tania est autant un poison dans mes veines que cette drogue peut l'être. Elle est tout autant capable de me tuer, et ça m'est tout aussi difficile de m'en défaire. Je l'aime, la désire et la hais avec la même force de conviction. Je l'embrasse férocement, comme la bête assoiffée que je suis... Et elle me le rend avec la même hargne. J'en oublie tout, même ma soif, sauf celle que j'ai envers elle. Je m'abandonne à l'instant présent.

J'ai dû baisser ma garde une seconde de trop, parce qu'elle en profite pour coincer mes jambes et inverser les positions. Avant même de comprendre ce qu'il vient de se passer, mon dos et ma tête touchent le sol froid de la rue et ce pistolet est à nouveau braqué sur moi, bien trop près pour que j'arrive à me dérober. J'ai un mal de crâne atroce, et elle vient de me foutre le tournis. Je ne suis vraiment pas dans mon assiette, et certainement pas en état de me battre contre elle. Surtout que... Elle est forte. Ca m'avait déjà interpellé la dernière fois, mais c'est encore pire qu'avant. Comment un si petit corps arrive si aisément à me maîtriser ? Je suis dans un état pitoyable... Je souffre du manque, je ne vois que ça. Et cette faiblesse passagère me dérange presque autant que le reste. Je n'ai pas eu le temps d'en boire assez, juste ce qu'il faut pour arrêter de trembler et d'être agité par ses sueurs froides. J'ai encore le pouls trop rapide, mais ce ne doit pas être à cause du sang là...

Je me mets à rire comme un dément, alors que je sens le contact froid du canon contre ma peau. Je perds totalement les pédales. Je me suis donné beaucoup de peine dans le passé pour éviter qu'elle ne me repère en tant que métamorphe... Et voilà que je lui sers sur un plateau toutes les raisons pour lesquelles je lui ai toujours échappé. Ca, et notre faiblesse l'un envers l'autre bien sûr.

- Tu aurais dû voir ta tête...

Je ris encore, rien que de repenser à sa première réaction. Elle est bien trop calme, mais comme toujours, c'est empreinté. Je n'arrive plus à en faire autant. Mon rire finit tout de même par se perdre, et mon souffle se fait difficile.

- Qu'est-ce que t'attends pour tirer, ma belle ?

Je pose une main sur le canon du pistolet. Je continue de la fixer de ce regard polaire... Je ne cherche pas à la faire lâcher prise. J'ai bien trop appelé la mort ces derniers temps pour que la folie ne me guette pas. Je suis épuisé. J'ai rendu les armes et cessé de me battre au moment où j'ai commencé à chasser du vampire. La Meute ne me pardonnera jamais un tel écart. Je suis foutu, alors pourquoi elle ne tire pas ?

Mon souffle se calme enfin, mais je n'arrive toujours pas à réunir mes pensées. Et qu'elle me chevauche ainsi, alors que je suis entièrement nu, ne va pas franchement m'aider.

- Je chasse...

Putain... J'ai vraiment pas envie de parler. Et d'habitude, on ne prend jamais la peine d'interroger l'autre. Je ne sais même pas si Tania est son vrai nom, et je ne suis même pas sûr de lui avoir dit le mien un jour. Je ne sais rien d'elle, alors que j'ai terriblement besoin de sa présence. C'est peut-être ce qui me pousse à lui donner satisfaction, qu'elle pose son arme et qu'on reprenne ce que l'on vient de commencer.

- J'en ai bu... On m'en a fait boire. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je dois avoir une sale gueule je présume... Ce vampire ne va pas mourir. Je l'ai à peine esquinté. Je n'en ai pas bu assez... Et toi, tu joues les justicières maintenant ?
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Dim 3 Jan - 13:47

Lui. Encore lui. Toujours lui. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il fait là, encore ? Le destin se fout vraiment de ma gueule. Je ne comprends pas. Je ne comprends plus. Ca n'a pas de sens. Qu'est-ce qu'il fait là ? Un métamorphe. Ca ne m'étonne même pas, même plus. Qu'est-ce qui pourrait bien m'étonner, maintenant, de toute façon ? Pas de savoir qu'il est un surnaturel, ou je ne sais pas quoi. Même s'il avait été un semi démon, je crois que ça ne m'aurait pas étonné. Peut être que ça m'aurait donné la raison qu'il me manquait pour le tuer, ce qui me retenait encore. Cette chose qui retenait mon doigt d'appuyer sur la détente. Qu'est-ce que c'était, pourquoi ? Il fallait que je le tue. Que je m'en débarrasse pour de bon. C'était simple, si simple. Ca l'avait toujours été. Une petite pression, et la balle partait. Elle dévastait tout sur son passage, emportait sa vie, son cœur qui battait. Il n'existerait plus. Il ne me ferait plus souffrir. Son odeur, son souffle, ne me donneraient plus envie de l'embrasser comme une folle, de le faire souffrir en retour, le faire saigner, hurler, jusqu'à ce qu'il en meure. Il devait mourir. C'était le seul échappatoire. La seule possibilité qui s'offrait à moi. C'était lui ou moi. Un jour, il faudrait trancher. Un jour, il faudrait venir à bout de ce conflit qui durait depuis des mois, sans victoire, sans attaque directe. Il avait tenté de me tuer, à plusieurs reprises, mais il ne le voulait pas. Je le savais, je le sentais. Il n'en n'était pas capable. Il essayait, il se battait, juste pour se donner contenance. Juste pour se dire qu'il n'était pas totalement dépendant de moi. Nous le savions très bien.

Et c'était la même chose pour moi. Exactement la même chose. C'était une évidence. Pourtant je le cachais, je restais de marbre, froide. Je l'embrassais juste un instant, laissant éclater toute cette rage, toute cette folie, ce feu noir qui m'emplissait dès qu'il se trouvait près de moi. C'était horrible, une vraie torture. Toujours pas pire que celle que m'avait fait subir Krystel, mais tout de même. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais ainsi. Ca n'avait aps de sens. Il était une cible, rien qu'une cible, et je devais le tuer. Je reprenais contenance, après cet échange, ou du moins je tentais. Aucun de nous n'était dupe, au final... Mais je pointe ce flingue avec assez de détermination pour me convaincre moi même que je serais capable d'appuyer sur cette putain de détente. Sauf que non. Entre être convaincue et devoir passer à l'acte, ordonner à ses muscles de bouger, esquisser un geste, même aussi minime... Il y avait un monde. Il rit. Je me mords la lèvre, fort, très fort, jusqu'à sentir un peu de sang, pour ne rien dire et pour rester toujours aussi inexpressive. Il rit comme un fou, comme un dément. Presque comme Torben, les dernières fois où je l'ai vu. Je le fixe, sans bouger, sans broncher. Il se paye ma gueule, mais je m'en fiche totalement. Je veux qu'il me réponde. Non, nous ne nous sommes jamais posés de question, vraiment. Je ne connais même pas son nom. En quoi ça m'importe ? Moi j'en saurais sur lui, mieux ce sera. Et mettre un nom sur cette figure n'arrangerait en rien la situation, ne m'aiderait pas plus à le tuer. J'esquisse un sourire, lâche un rire.

« Tu chasses. Tu chasses les vampires ? En te transformant en loup dans leurs quartiers ? »

Enfin, vu comme il avait l'air détraqué... Et il faisait ce qu'il voulait, de toute façon. J'en avais rien à cirer. Pourtant... Pourtant, oui, je lui posais des questions. C'était normal. Je voulais savoir ce qu'il foutait là, pourquoi il tombait encore sur ma route. J'avais pensé m'en débarrasser, après l'avoir baisé comme je l'avais fait la dernière fois ? Raté, ma poule. Je quitte mon masque de glace, me mets à rire alors qu'il me parle de faire les justicières.

« Est-ce que j'ai vraiment la gueule de l'emploi ? Je m'en fiche de ce vampire, du moment que c'est pas quelqu'un d'important. C'est entre toi et lui. Il est assez grand pour se défendre tout seul. »

Je desserre un peu mes jambes, enlève mon flingue mais le garde à la main, pointé sur lui, mais de loin.

« Je passais juste, et je pensais pas trouver un lupin par là, tu vois. Encore moins toi. Si j'avais su, je t'aurais laissé te régaler tout seul avec ton V. C'est bon. On se sent bien après. Tout puissant. »

Je repars d'un petit rire. Sa proximité me donnait envie d'envoyer tout exploser. De frapper, de rire. De tuer. de le tuer. Oh oui, le sang de vampire pouvait être délicieux, surtout quand on boit le bon... Ca faisait longtemps maintenant, que je ne m'étais plus droguée. Elle m'avait sevré. Mais j'avais aussi goûté à celui de Morgane, lorsqu'elle m'avait lié à elle.

« Mon pauvre petit chou, maintenant que tu es tombé là dedans, bon courage pour t'en sortir... »

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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Sam 9 Jan - 13:23


Elle se contient parfaitement bien. J'admire tous les efforts qu'elle est capable de déployer pour ne pas lâcher prise, ne pas s'abandonner à l'instant sans songer aux conséquences. Lesquelles ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je ne la connais pas assez pour le savoir. Je me rends seulement compte qu'elle se moque pas mal que je sois humain ou non. Cette donnée-là l'importe peu, ou alors elle cache bien son trouble derrière un aplomb sans faille. Une vraie tueuse, qui n'arrête jamais de me surprendre. J'en connais plus d'un qui a paniqué et perdu ses moyens en étant témoin de mes métamorphoses. Difficile de savoir quelle forme un métamorphe peut revêtir, et le danger peut venir de partout, même d'en haut. L'effet de surprise a toujours été mon meilleur atout, plus encore que ma force ou ma vitesse. Je viens de le gâcher bêtement contre elle, et je risque de m'en mordre les doigts dans toutes nos prochaines confrontations. Parce qu'il y en aura d'autres, bien sûr... Elle est incapable de tirer, de me tuer pour de bon, tout comme je le suis. Ce flingue pointé sur moi n'est là que pour conserver un minimum de contrôle, de distance. Ca fonctionne un tant soit peu parce que, quand elle se met à sourire et lâcher ce rire... Je ne vois pas bien ce qui aurait pu m'empêcher de la prendre dans cette ruelle froide hormis cette arme qui nous sépare.

Je me moque de tout. Je me sens détaché de ma propre condition, comme si elle posait ses questions à quelqu'un d'autres. Aligner deux idées dans mon état, c'est pénible. J'ai besoin de sang. J'ai besoin d'elle. Je ne sais pas tellement dans quel ordre de priorité. Si elle était moins forte, moins armée, je ne me serais pas encombré de détails. Ca m'aurait traversé l'esprit de la forcer. Mais c'est justement parce qu'elle l'est que j'éprouve assez de respect pour elle pour ne pas le faire. Je pousse un profond soupir et me résigne. Je tourne la tête sur le côté et hésite un instant à prendre mon envol, me barrer loin d'ici, ne pas prendre la peine de lui répondre. Je suis quand même bien avec elle au-dessus. Putain, comment elle veut que j'arrive à lui répondre dans mon état, dans cette position ?

- Impulsion bestiale. Il y avait trop d'odeurs, ça me rendait fou. T'imagines, le sentir, l'entendre chanter, avant même de le boire ?

Je devrais rester humain, finalement. Ce serait moins pire... Si on exclue que ça va être compliqué de retrouver ma route et qu'il va me falloir des vêtements. Je doute qu'elle puisse comprendre, à vrai dire. J'ai l'impression qu'elle me prend pour un fou rien qu'à l'entendre me parler. Elle n'aurait pas totalement tort... Et surtout, elle est encore là malgré tout. Pourquoi ça l'importe tellement ? On a dépassé le stade du "on baise pour se défouler", maintenant on se décide à parler ? Ce n'est vraiment pas le moment.
Elle me force à revenir à elle, par ce simple rire qui filtre. Un peu plus et je serais capable de croire qu'elle me trouve drôle. Un sourire de travers étire mes lèvres en retour.

- T'as clairement pas la tête de l'emploi, la tueuse. Alors qu'est-ce qui importe, si ce n'est pas ce vampire ?

Elle desserre sa prise. J'arrête enfin de la regarder de l'autre côté de ce canon braqué sur moi. Je ne me sens pas moins ni plus menacé qu'avant, seulement c'est plus difficile de la lâcher du regard maintenant. Surtout à l'entendre parler du V comme si elle en avait déjà goûté... Je fronce les sourcils, un rien perplexe, et elle arrive enfin à accrocher mon attention plus durablement.

- T'en as déjà bu.

Ce n'est pas une question, mais une affirmation. On ne peut pas savoir quel effet cela fait sans avoir déjà goûté à ce doux nectar. Je lâche un nouveau rire qui secoue mes épaules, incontrôlable. Je ne cherche pas à me relever. Je reste au sol à la fixer avec ce sourire étrange aux lèvres.

- J'y crois pas... La reine du contrôle a déjà bu du V. Tu continues ? Non, ça m'étonnerait venant de toi, même si ça expliquerait pourquoi t'es subitement si forte... T'as arrêté alors ? Impossible.


Je repars d'un rire, un peu plus dément.

- Sauf si je suis plus irrésistible que du V pour toi.


Je me calme subitement. Le rire s'arrête, tout comme mon souffle durant une seconde. J'aurais envie de la buter sur l'instant juste pour me traiter avec autant de pitié. Je lui lance un regard meurtrier et me redresse en l'espace d'un battement de cils, ma main droite repoussant son arme encore pointée sur moi. Je la renverse, l'autre portée à sa gorge. Je pourrais serrer, me battre, mais ce serait sans conviction, surtout contre elle. La vérité est blessante, difficile à encaisser, encore plus sortant de sa bouche. Rien de plus qu'un écho de mon propre dégoût. Putain, je vais tout perdre à cause du V. Tout ce à quoi j'arrivais à me rattacher ces dernières années. Si ça arrive, plus rien ne me retiendrait de buter qui je veux, quand je veux, à commencer par elle. Plus rien n'aurait d'importance.

- Sérieusement ? C'est juste pour ça toutes ces questions, ça t'amuse ? Putain, mais va crever !


Je la soulève en la prenant par le cou, juste assez pour lui fracasser à nouveau contre les dalles. Ouais, le sang rend plus fort, plus puissant sur l'instant. Et je vais me sentir bientôt mieux. Ce bruit-là me plaît bien plus que celui de mes griffes brisées contre le haut du cercueil, à gratter pendant des heures, des jours, pour regagner ma liberté. Je ne veux plus entendre ce bruit qui menace de me rendre fou pour de bon. Je préfère celui de ce crâne qui s'explose à répétition contre le sol. Son crâne, jusqu'à ce qu'elle arrête enfin de bouger ou qu'elle reprenne le dessus, encore une fois. Son défouloir. Mon défouloir.
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Ven 15 Jan - 21:34

Il était nu, bon sang. Il avait atterri à poil sur moi comme ça, alors que je ne me doutais même pas que c'était lui. Comment voulez-vous que je garde mon calme et mon sang froid comme ça ? Pourtant, il le faut. Je l'ai embrassé, longuement, avec autant de force et de violence, passion et haine mêlés. Je m'étais lâchée sur ses lèvres, un instant. Ensuite, non. Je devais garder la tête froide. Je devais le regarder comme ça, son torse éclairé par la pâle lueur de la lune, tout en braquant mon flingue sur son front. J'y arrivais plutôt bien, pour l'instant. Pour l'instant. Parce qu'en moi, je sentais encore tous ces courants contraires me tirailler, m'attirer du côté de la haine, de la violence, de la passion, de l'envie de le baiser, là, tout de suite, tout en écorchant sa chair, en frappant son crâne contre le sol dur et froid. Envie de lui faire mal. Envie d'avoir mal, aussi, pour pouvoir le haïr encore plus. Et finir par le tuer. Y arriver, enfin... Pourquoi ? Depuis quand étais-je aussi faible, aussi... humaine ? Alors qu'au contraire, je ne l'étais plus totalement, et plus seulement au niveau de ma personnalité. Et pourtant, pourtant... Ca n'avait pas de sens. Si, un seul, qui disait qu'il n'y en avait pas : je devenais folle. Il me rendait folle. Lui, un simple tueur à gage. Que j'aurais pu tuer à plusieurs reprises, comme il aurait pu le faire. Que j'avais envie de tuer. De toutes mes forces, de toute ma volonté. Sauf que mon corps ne voulait pas suivre. J'aimerais le voir souffrir, hurler, saigner, souffrir le martyr, dans une longue et lente agonie, sombre descente aux enfers dont je jouirais doucement. Et bien non. Non.

Il fallait que je sois là, à califourchon, lui nu sous moi, et que je le fixe, sans oser appuyer sur la détente. Je m'obligeais à caler ma respiration sur un rythme posé et lent, pour garder la tête froide. Je ne peux pas m'y laisser aller. Pas avec Morgane. Elle était peut être le seul fil qui me maintenait encore à la raison et à la vie... Je ne devais l'entrainer avec moi. Ell ene devait payer pour mes écarts, mes faiblesses. Je fixe l'homme. Le métamorphe, plutôt. Encore ces sales bestioles... Lui me fuit, tournant la tête. Je lâche un éclat de rire. Froid, tranchant.

« J'imagine surtout le sifflement que fera ma balle le jour où j'appuierai sur cette putain de détente. »

Oui, j'avouais mon incapacité à le faire tout de suite. Mais il le savait. Il le savait. Comme je savais qu'il serait capable de me faire endurer beaucoup, mais pas de me tuer. Parce qu'il était un grand sadique, mais qu'il ne pouvait se passer de moi. Nos faiblesses, nos failles, tout se reflétait. Sauf que je n'avais que rarement pris du plaisir à tuer. Ca me laissait totalement indifférente, sauf rares exceptions, comme là. Il me renvoyait toujours tout à la figure, toutes ces vagues émotionnelles qu'il déclenchait en moi, qui ne devraient pas exister. Alors pourquoi je restais là ? Pourquoi je me barrais pas ? Ca me ferait strictement rien de le laisser à poil par terre dans une ruelle. De toute façon, il reprendrait forme animale, et il se débrouillerait très bien. Je ne bougeais pas. Je lui parlais. Putain. Je lui tapais plus ou moins tranquillement la discute.

« J'en sais rien, figure toi. Il faut croire que ça m'amuse, que tu m'amuse. Ca me change un peu les idées. »

Je finissais même par sous entendre que je m'y connaissais en V, et bien sûr, il ne passe pas à côté de l'info. Je vais pas lui raconter ma vie non plus, lui donner ma première identité, mon identité actuelle, où j'étais née, comment j'en étais arrivée là.... Moi, je ne savais rien sur lui. Certes, cela m'importait peu, mais j'aimais aussi quand les infos allaient dans les deux sens. Métamorphe, tueur à gage. Plutôt pratique, pour prendre ses cibles par surprise. Je ne réponds rien, alors qu'il me balance que j'en ai déjà bu. Mon regard d'ébène est fixé sur le sien, ne le lâche pas, même si pour le reste, je desserre un peu mon emprise. Il va en profiter, je le sais... Mais je ne suis pas du genre à tenir une conversation des heures, alors qu'il y aille. J'ai envie de frapper. De le frapper. De frapper le monde entier. Et de crever, alors que je ne le mérite même pas. Juste de errer, comme l'âme damnée que je suis d'une déesse éteinte. Un rire m'échappe encore.

« Je ne pourrais pas trop te dire si la période de sevrage était pire que la période de drogue, mais c'est pas mal aussi. »

Et non, il n'était pas plus irrésistible que du V. Mais quelqu'un d'autre l'avait été à ce moment là, le possesseur du sang en personne. Bref. Passons. Je n'ai pas envie d'y revenir... Sur cette cage en verre, sur ce sevrage. Folle, oui, je l'avais sûrement été pendant cette période. Sûrement l'étais je encore. Mais plus en surface, désormais, la folie devait être ancrée en moi, au plus profond, comme un gêne indéfectible.

Il agit rapidement. Me renverse, me prend à la gorge. J'éloigne ma main qui tient l'arme, pour qu'il ne s'en saisisse pas. Il est à deux doigts de m'étrangler. Ne le fais pas. Il tient bien trop à moi... Je ris, encore, d'un rire dément, incontrôlé, mais enraillé par sa main qui me tient à la gorge.

« Vas-y, je t'en prie, tue moi. A toi l'honneur. »

Et je joue avec le feu, aussi. Parce qu'il est drogué actuellement, encore sous l'emprise du sang qu'il a ingéré quand je l'ai surpris. On se sent bien trop puissant en général, dans ces situations là. Mon crâne heurte le sol. Je lâche un cri étouffé, serre les dents. De toute mes forces, je me jette à contre sens, le frappe à la tête avec mon arme, tente de balancer plus ou moins mon genou entre ses jambes, à la partie sensible de ceux de son sexe. Je me jette contre lui, tente de le bousculer. Je le renverse, mais sa main ne lâche pas ma gorge, et nous nous retrouvons tous les deux à terre.

« Moi, c'est à ton sang que j'ai envie de goûter. D'y goûter, ou de repeindre la ruelle avec. »

Je passe brutalement une main derrière sa tête, empoigne son cuir chevelu et presse mes lèvres contre les siennes, les écorchant au passage. Je lâche un grand sourire mauvais.

« Qui est donc le grand méchant qui a ruiné ton avenir en te condamnant à te noyer dans le V jusqu'à la fin de tes jours... »


Tue le Erin, tue le...

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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Lun 18 Jan - 0:19


Je ne peux pas m'empêcher de rire, encore et encore. Ca n'a pourtant strictement rien de drôle de se trouver braquer par un flingue, avec quelqu'un au bout de la détente qui hésite entre vous tuer tout de suite ou plus tard. J'ai la conviction qu'elle ne le fera pas, même si le doute persiste toujours... Ce léger doute qui induit le danger, et m'excite encore bien davantage. Comme si j'avais besoin de ça pour la trouver terriblement désirable... J'en oublie même le V. A tel point que l'idée m'effleure de ne plus la lâcher, pour en faire mon remède. Je pourrais passer mes journées entières sous ma forme favorite, toujours dans son sillage, à la suivre inlassablement. Il m'est arrivé de le faire pour d'autres, afin de réussir des missions délicates qui nécessitaient un peu de finesse et beaucoup d'informations. Je serais capable de ne pas me faire repérer, même par elle, mais l'idée qu'elle y parvienne tout de même ne fait que renforcer encore mon envie de le faire, et de passer à l'acte. Merde. Elle me rend totalement fou, et il me restait déjà assez peu de présence d'esprit ces derniers temps.

- T'imagines plutôt ce qu'il risque de se passer si tu arrêtes de brandir ce flingue comme un bouclier, et ce que tu rates à continuer de le faire ma belle.


Toujours des vaines menaces, pour compenser le fait qu'elle ne parvient pas à presser cette détente. On est bien trop semblable pour que je ne sache pas exactement ce qui lui traverse l'esprit, mais j'avoue qu'elle est plutôt endurante. J'aurais été incapable de me contrôler si elle m'avait sauté dessus de la sorte. Je n'aurais même pas cherché à comprendre avant de la prendre sur le champ, à vrai dire. C'était peut-être bien notre seule véritable différence... Elle essaie sans arrêt de se planquer derrière ses masques de froideur, alors que j'assume pleinement l'être que je suis. Une bête, parfois un monstre.

Je lâche encore un rire, quand elle m'avoue ne pas savoir pourquoi elle s'attarde ici. Sauf qu'elle le sait pertinemment.

- Ca tombe bien, moi aussi, ça me change les idées. Ca marche même sacrément bien pour que je ne pense à rien d'autres.

Mais pas totalement, parce qu'on finit tout de même par évoquer le V. Elle ne répond rien quand je pointe du doigt qu'elle en a déjà bu. Qui ne dit mot consent, comme on dit. Je me fends d'un large sourire, satisfait. Les pièces du puzzle commencent à s'agencer à une vitesse incroyable, et j'arrive peut-être enfin à la cerner un peu, au-delà de ses émotions qui nous transcendent, de ses corps qui ne veulent que s'entrechoquer. Elle, son passé.

- J'aurais dû m'en rendre compte avant. Aussi loin que je me souvienne, t'as toujours traîné dans mes pattes sur mes missions les plus périlleuses, et ce sont généralement celles qui concernent des putains de sangsues. Comme dans cet entrepôt. Ne me dis pas que c'est à cause du V que t'es devenue pote avec eux...


Ce serait possible pourtant. Je n'ai jamais autant côtoyé de sangsues de ma vie que depuis que ce sang m'est devenu aussi nécessaire que de boire ou manger. Je préférais vraiment quand il me suffisait de les tuer, d'une balle en argent en pleine poitrine, planqué sur un toit. J'aimais cette période de ma vie où il me suffisait de prendre quelqu'un en filature, des heures durant, jusqu'à saisir la bonne fenêtre de tir... Et en quelques secondes, tout bascule. C'était encore plus jouissif quand Tania était de la partie, à mes trousses. L'adrénaline coulait à flots, jusqu'à ce que je décide de rompre les hostilités en revêtant ma forme favorite.

On peut dire que les choses ont pas mal évolué depuis. Enfin pas tellement... On est juste passé au corps à corps, ce qui a tous les deux tendance à nous rendre déraisonnable. Je me passerais bien de ses sarcasmes, à se croire ainsi supérieure sur moi pour... Pourquoi ? Parce qu'elle avait réussi à se sevrer du V ? Visiblement.

- T'as qu'à me dire ton truc, miss parfaite. Parce que là, franchement, je vois pas.

Putain, qu'elle m'énerve à la ramener ! Comment c'est possible de me faire perdre mon calme aussi rapidement ? La violence a beau être ancré en moi depuis toujours, elle est vraiment la seule qui soit autant capable de me faire perdre de pied, juste avec un regard. J'aurais mes lames que je la clouerais au sol pour la baiser tranquillement. Il faudra que je songe à les amener, la prochaine fois que je chercherais à croiser sa route, histoire qu'on s'amuse bien tous les deux...

Elle me fait rire, à tenir son flingue au plus loin de moi comme si je risquais de m'en saisir. J'ai le bras plus long qu'elle et je pourrais bien m'y risquer, mais ce bout de métal ne m'intéresse pas quand l'arme, c'est moi. J'entends son rire me répondre, avec une démence égale à la mienne. Elle me provoque. Elle s'amuse comme une folle, et je sens les barrières qu'elles dressent sans arrêt s'effriter à mesure.

- Je préfère prendre mon temps, on commence à peine à s'amuser toi et moi.

Je mets fin à son rire de manière brutale, en lui enfonçant le crâne contre le sol. Voir la douleur crisper ses traits est presque aussi jouissif que de me la faire... Mais l'instant m'échappe bien trop vite alors qu'un éclat métallique passe sur le côté de mon champ de vision. Je suis à moitié sonné par la crosse de son flingue qui vient me cueillir sur la tempe, mais pas assez pour me faire avoir deux fois par la même coup. Je commence à comprendre où elle a l'habitude de viser, bien dans l'entrejambe, depuis notre dernière altercation. Je me jette sur le côté le temps de reprendre mes esprits, mais je suis trop déséquilibré pour ne pas basculer quand elle se jette sur moi. Je n'ai pas relâché ma prise sur son cou, même si les positions sont à nouveau inversées, et que je ne serre qu'avec très peu de conviction quand ses lèvres viennent chercher les miennes. Je gronde, comme l'animal que je suis, quand le goût de mon propre sang me vient en bouche.

Je lâche un bref rire quand elle s'arrête pour reprendre avec ses éternelles questions. Merde. On invite une nouvelle dimension dans nos corps à corps, en plus de se baiser et de s'écorcher, on va vraiment causer en prime ?

- Laisse-moi rire... Les gens comme toi et moi n'ont aucun avenir. Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Je suis certainement ni le premier ni le dernier qu'une putain de sangsue a cherché à rendre dépendant pour avoir son petit animal de compagnie. Je me moque de savoir qui c'est. Un nom, c'est donné une emprise.

J'ai encore une main de libre. A défaut d'atteindre son flingue qu'elle place volontairement le plus loin possible de moi, j'accroche ses vêtements pour déchirer son haut par l'avant. Si elle a des armes cachées là-dessous, elle a plutôt intérêt à ce que je ne m'en empare pas, dans le cas contraire... C'est de sa chair que je vais m'emparer. Je l'étrangle à moitié alors que je la ramène contre moi et la force à conserver cette proximité. Je passe mes dents et ma langue là où ma main n'est pas, avant de venir accrocher son oreille. Je me fends d'un large sourire alors que je réalise... Et ramène à notre propre situation. Je l'impose à son esprit comme j'ai pu m'imposer à son corps la dernière fois.

- Et le mien, c'est Malcom.

Je l'empêche de reprendre de la distance, et revient l'embrasser comme un enragé, à lui donner ce sang qu'elle guette comme un vampire assoiffé de celui d'un métamorphe. Je me répands en caresses fermes, descendant toujours un peu plus, jusqu'à ce que j'attrape sa cuisse. Je l'empêche de conserver son appui et bande tous mes muscles pour inverser à nouveau nos positions. Je pèse tout mon poids sur elle pour la maintenir au sol et l'empêcher de bouger davantage, même si elle a désormais le passage libre pour ramener son flingue contre ma tempe.
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Dim 24 Jan - 16:48

Chaque seconde est une épreuve de plus pour mes nerfs, alors que rien ou presque n'avait jusque là pu venir à bout de ma froideur et de ma patience. IL rit. Il rit encore. Son rire me galvanise autant qu'il m'énerve. Il sait très bien que je n'appuierai pas, que je n'en n'ai pas la volonté, alors que le voir mort serait la chose la plus jouissive de ma vie. Il se moque, et je déteste cela. Pourtant, je ne tire pas. Je ne le violente pas. Je pourrais, je devrais le tuer. Je ne m'en suis jamais retenue, aujourd'hui, pourquoi ? Faible. Pauvre loque soumise à des pulsions qui me dépassent totalement, qui m'empêchent d'accomplir la chose la plus naturelle du monde entre deux ennemis mortels. Mais à quel point étions nous encore ennemis mortels, alors que nous ne faisions que tourner autour de cette mort, ne pouvant nous résoudre à en finir totalement ? Si je ne pouvais le tuer, je voulais au moins le lui faire payer. Il ne pouvait pas ainsi se rire de moi, me mettre à nu, me jeter mes faiblesses à la figure, sans que j'en fasse de même. Plus rien ne m'importait, de toute manière. A part la vie de Morgane, ou sa non vie, plutôt. Donc ma vie. J'étais condamnée à vivre, c'était tout. Je pouvais le provoquer, le baiser, le saigner, l'égorger, du moment que je restais en vie. Pour elle... Dont j'avais toujours l'impression d'être diamétralement opposée. Je me ferme. Je bloque la vanne de notre lien. Ce qui est en train de se passer ne doit pas l'impacter... Ca a déjà été le cas la dernière fois, et si le vampire en question m'en remercierait s'il savait, je n'ai pas envie de la pousser à nouveau à libérer ses pulsions parce que moi je le fais. Parce que moi je n'ai pas le choix, tro pfaible, trop humaine. Je lui lance un sourire carnassier :

« Oh si, bien sûr que je le sais. N'oublies pas que tu as déjà cédé et que tu m'as déjà tout montré. »

Tout, je n'en savais rien, étant donné ce que je venais d'apprendre sur sa nature. Mais oui, il avait cédé, il était faible, tout autant que moi. Sauf que lui, il semblait qu'il n'avait rien à perdre, rien à protéger. Qu'il était libre de toute contrainte, comme je ne l'étais pas par ce lien. Libre de sombrer dans la folie... Morgane était ce lambeau de raison qui me permettait encore de m'accrocher face à lui. Je ne dois pas la couler. Il faut aussi que je fasse attention à ce que je lui dis, tout de même. Parce qu'il n'est pas un allié, pas un ami, même si nous nous sentons toujours un peu plus proches l'un de l'autre. Cette proximité qui fait augmenter la haine, la rage, l'envie de nous étriper. Je m'en fiche, qu'il sache que je me suis droguée, mais dans les grandes lignes. Un tueur, avec des contrats. S'il sait que je suis proche de la monarchie vampirique... je ne peux le laisser m'utiliser si jamais ma position peut lui être utile pour atteindre l'une de ses cibles. Alors que concrètement, tout ça m'importe peu. Mais j'ai tellement échoué, j'ai tellement besoin d'un repère, de quelque chose, même si ce quelque chose est absurde... Sinon, je ne sais ce que j'aurais fait, en l'instant. Je ne l'aurais sûrement pas tué, je n'en n'aurais pas plus eu la force. Peut e^tre serais-je morte, ou totalement folle. Et merde. Merde. T'es contente de toi maintenant ? Je me contente de rire. Encore. Ne pas lui montrer que je me maudis de l'avoir mis sur cette piste.

« Pote ? J'ai pas de pote, voyons. On voit bien que t'as pas les idées en place, mon chou. »

Pas plus que moi. Ou si, quand même, moi, je n'étais pas droguée. C'était censé me faire peur, sûrement.... Me sentir aussi folle alors que j'étais totalement sobre, de tout points de vue. Lui, il avait son excuse, encore qu'elle ne tenait pas tellement face à moi. Parce que je savais bien que c'était ma présence qui le mettait dans cet état, pas le V. C'est moi ta drogue. C'est moi dont tu ne peux te passer. Et c'est réciproque, même si je ne l'avouerai pour rien au monde. Je me l'avoue déjà difficilement à moi même ; mais il est dur de fermer les yeux sur le fait que je n'arrive pas à le tuer. Je serais capable de lui faire endurer toutes les souffrances du monde ; c'est d'ailleurs tout ce que je désire. Mais pas jusqu'à la mort. Que quelqu'un le tue. Oui, c'est ça. Je devrais trouver quelqu'un pour faire le boulot à ma place. C'est sale, dégradant, humiliant, mais ai-je d'autre possibilité ? Un jour, je vais me perdre, si je ne suis déjà en train de le faire.

« Et puis quoi encore ? Ca serait trop facile, si je te disais toutes mes astuces. »

Mon cul, oui. On m'avait sevrée de force, comme on m'avait drogué de force. Non, pas on. Elle. Elle s'était imposée à moi, Elle avait fait de moi le simple objet de sa volonté. Elle m'avait donné une raison, un but valable, m'avait fait croire en quelque chose. Aujourd'hui effondré, en miettes, cendres. Comme ma raison. Il fallait bien que je fasse, que je dise un truc pour me sauver la mise. Je pouvais pas lui dire tout ce qui me dépassait, tout ce pour quoi je devais me forcer à garder ce masque, cette retenue, cette contenance. Toute relative... J'avais du mal. Alors je sauvais les meubles. Je n'avais autrement guère le choix...

Je me retrouve malmenée, mon crâne heurtant le sol dur et froid de la ruelle. J'arrive à reprendre le dessus, un instant, inversant le rapport de force. Pas le temps de répondre à sa provocation, encore une. Pas la peine. Je lui répond en reprenant le dessus, c'est tout. S'il veut s'amuser... Il ne veut pas répondre à ma question. Ne veut pas, ou s'en fiche réellement. Je vais devoir laisser la dimmension professionnelle de côté... J'ai envie de rire aux éclats, rire à m'en étouffer, alors qu'il me dit que les gens comme nous n'ont aucun avenir. Non, je n'en n'ai pas vraiment. Je suis juste condamnée à errer sur cette terre aux côtés de Morgane jusqu'à ce que nous mourrions toutes deux, et je prends même cela à cœur malgré moi.

« Non. Un nom, c'est pas une emprise. C'est rien, c'est du vent Une étiquette que tu colles sur quelqu'un juste pour te donner un repère. Tu peux l'effacer, le changer, en faire ce que tu veux à tout moment. »

Le commun des mortels avait besoin de ça. Moi aussi, mais je pouvais en jouer plus facilement, n'aillant finalement plus aucune véritable identité. Un fantôme, une ombre, un souffle. Une illusion. Le nom avec lequel j'étais née, plus personne ne savait qu'il existait. J'employais Erin avec si peu de gens, finalement, qu'on ne pouvait pas non plus dire que c'était là mon véritable nom... Ses mains viennent agripper, déchirer mon haut. De mon côté, c'est plus simple, je n'ai rien à enlever... C'est encore plus dur de garder contenance comme ça. Je l'embrasse, sauvagement, alors qu'il m'oblige à me tenir contre lui. J'ai envie de m'y presser jusqu'à lui broyer les côtes, la cage thoracique, l'embrasser jusqu'à lui couper le source. Je ris, alors qu'il me dit s'appeler Malcom.

« C'est moche pour un tueur. Ca me fait plus penser à un ado boutonneux. »


Je me fends d'un large sourire, qui ne dure cependant qu'une poignée de secondes, car il revient à l'attaque. Je goûte à son sang, qui perle dans ma bouche, y déposant une effluve d'amertume, de fer. Pire qu'un vampire. Je me coupe encore plus de Morgane, car je sens que je vais déraper pour de bon. Au beau milieu de la nuit, dehors, dans une ruelle heureusement déserte. Je suis folle. Je suis foutue. J'hésite un instant, puis me résous à lâcher mon arme, essayant tout de même de la mettre le plus loin possible de nous deux pour ne pas qu'il puisse s'en servir contre moi. Plaquée au sol, je fourre mes mains dans ses cheveux, dans sa nuque, mes jambes entourent les siennes, l'emprisonnant. Et je me perds dans sa bouche, dans son cou que je baise, mords sans retenue. Je murmure, un instant, un sourire carnassier aux lèvres.

« Une bonne méthode pour se sevrer d'une drogue, c'est sûrement de la remplacer par une autre... »

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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Sam 30 Jan - 22:31


Céder... Ce mot qui veut en dire si long sur ce qu'elle ressent. Céder à ses pulsions. Elle est métamorphe, à sa façon. A chaque fois qu'elle cherche à lutter contre ses instincts primaires, à se garder consciente de ce qu'elle fait comme on reste la tête hors de l'eau... Elle est à cette même image. Sauf qu'elle désire un contrôle bien trop absolu, et qu'il est parfois nécessaire de lâcher la bride si on ne veut pas se mettre à l'agonie. Il faut vraiment aimer se faire du mal pour agir comme elle le fait, alors même qu'il n'y a jamais eu de mal à se faire du bien.

- J'ai seulement pris ce qui m'intéressait, et ce flingue ne m'empêchera pas de recommencer.


Je ne la quitte pas une seconde du regard, la fixant sans même voir cette arme. Je sais qu'elle ne va pas tirer, et elle aussi le sait pertinemment. Elle se raccroche uniquement aux dernières parcelles de son être qui veulent me haïr pour tenir bon. Si son désir est vraiment à hauteur du mien... C'est peine perdue. Je l'admire, à continuer de se battre, à ne jamais s'avouer vaincu. Je n'ai pas cherché à mener un tel combat bien longtemps. Je suis dans l'acceptation, même si ce que j'éprouve pour elle m'apparaît quelque peu nouveau... Car bien trop intense. Ce n'est pas seulement du sexe, c'est un tout. Et l'affrontement ne fait que renforcer ce besoin. Besoin d'elle.

Je laisse encore échapper un rire. Je suis, effectivement, entièrement nu sous elle ou sur elle, en fonction du moment de nos échanges. Ca ne laisse pas beaucoup de place à l'imagination.

- Tout montré ? Ca dépend de quoi tu parles... Mais aucune situation ne se ressemble, non ? Et je crois que, parmi nous deux, tu es surtout celle qui craint le plus de se dévoiler. T'as peur que j'en sache trop sur ton compte, et que tu ne puisses plus te défaire si facilement ? Ou t'as peur que ça t'oblige à enfin presser sur cette détente ? Tu sais que je peux te retrouver, peu importe où tu iras. Tu sais même comment, maintenant. Je suis un traqueur implacable, mais toi, tu devrais t'épargner de jouer les proies, parce que ce n'est pas un rôle qui te convient si bien.

Je ris à nouveau, mais c'est bref et dans un souffle, presque moqueur à nouveau. Elle essaie gauchement de me faire croire qu'elle n'a aucun lien avec les vampires, en sachant pertinemment qu'elle s'est déjà trahie. Je ne sais pas lequel, ni comment, mais elle me donne subitement l'envie de creuser à chercher à faire diversion. La suivre, jour comme nuit, d'un vol discret et azur... Ce serait une idée bien plus amusante pour passer mes journées que ressasser sans arrêt. Elle ne devrait pas me fournir d'aussi bonnes raisons de m'intéresser plus à elle, et de la prendre comme une cible. Je ne suis déjà pas très éloigné de l'obsession...

- On passe déjà aux petits surnoms affectueux ? T'aurais pu éviter les associations avec de la bouffe, on croirait entendre tes chers amis là...

J'enfonce le clou. J'ai l'impression de commencer un nouveau bras de fer avec elle, verbal cette fois. Elle lâche des informations au compte-goutte, et je m'en empare. Je cherche à recouper les éléments. Techniquement, je devrais m'en foutre totalement. C'est juste que c'est elle, et que tout m'intéresse en elle. Oui, pas que son cul, même si ça aurait été préférable que ce soit le cas, et qu'il est toujours aussi horriblement désirable bien sûr. Elle n'aurait pas dû commencer à poser des questions, parce qu'elle a de suite modifié nos rapports.

- T'en sais rien, c'est ça ?

Comme si ce problème pouvait être résolu avec une simple astuce... Je la provoque, mais je m'interroge aussi. Elle essaie d'en dire le moins possible, à chacune de ses réponses, mais comme avec cette arme constamment braquée sur moi, elle n'appuie pas sur la détente... Elle ne rompe pas subitement les échanges, même si elle le pourrait. C'est moi qui m'en charge, à ma façon. Parce qu'elle commence vraiment à m'énerver, avec sa suffisance. Et le pire ? C'est qu'elle continue. Si bien qu'elle réveille mes envies plus primaires, à vouloir la violenter, la baiser dans cette ruelle humide et sombre.

- Je sais bien que Tania n'est pas ton vrai nom. T'en joues, et à force d'en jouer, on se perd.

Je pèse sur elle, pour qu'elle arrête de se débattre, tout en souhaitant ardemment qu'elle continue de le faire. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle finisse par céder, envoyant son arme au loin. Nos échanges vont rapidement prendre une toute autre tournure... Je lui rends un sourire torve, lui lâchant à l'oreille à sa nouvelle moquerie :

- Attends que je te le fasse crier...

Et la propre prison de chair que je lui impose se referme à son tour sur moi. Ses jambes m'enserrent. Ses mains s'attardent sur mes cheveux, mon cou, avant que ses lèvres n'en fassent de même... Et je perds les pédales pour de bon, à ce murmure qui m'invite à bien davantage. Elle est ma drogue, et il me faut ma dose immédiatement.


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Dim 7 Fév - 20:26

Autant m'amuser un peu de la situation. Elle me torture, elle me tiraille, je n'y peux rien. Il en sera ainsi quoi que je fasse. Et je ne peux m'en extirper, je n'en n'ai aps la force et il ne m'en laissera pas l'opportunité. Je le sais très bien. Alors, autant jouer un peu... Autant que je peux. Tout en gardant la tête froide, un peu, au moins le temps de me couper à Morgane comme il faut... Après, quand les choses déraperont vraiment, je ne pourrais avoir de l'emprise sur ce lien, et je ne veux pas lui nuire. Pas plus que je ne le fais déjà, en étant si faible, si incompétente. Je l'étais. Il n'y avait aucun autre mot pour me qualifier, surtout en ce moment. Lui se laissait aller, ivre, fou, provocateur, violent, comme toujours. N'avait il donc rien à garder, aucune responsabilité à tenir ? Je pouvais presque envier cet état, mais je sais que je ne pourrais y vivre. Je devais me raccrocher à quelque chose, même quelque chose de débile. Je devais avoir une voie, un but, une injonction, quelque chose. Sinon... J'étais une arme, rien d'autre. Une arme sans aucune main pour la tenir ne peut rien faire, est inutile, inexistante. On parle de mon flingue, justement...

« Je peux tirer par inadvertance, tu sais ? Tu peux me faire toi même appuyer sur la détente, et pof, ça part. Que ce soit sur toi ou pas, ça fera du bruit. T u imagines si quelqu'un se pointe et te trouve tout nu par terre ? »

Mais volontairement, non, je ne tirerai pas. Pas à des endroits vitaux, quoi qu'il en soit. Il le sait. Il le sait, et cela me fait mal de le savoir. Mais comment pourrait il en être autrement ? Il est le reflet de ma propre faiblesse, qui n'existe que face à lui, qu'il me renvoie, qui ne le blesse pas, lui. Pas autant que moi. Mais j'aime lui faire mal, de la manière dont je peux. Physiquement, mentalement. Même s'il s'en fout plus que moi, j'y arrive tout de même... Je le fixe. Putain, qu'est-ce que j'ai envie de lui. De le faire hurler, de l'égorger, de le baiser, de me perdre dans l'odeur de son sang. Il me voulait. Désir signifiait que je pouvais avoir de l'emprise. Si j'avais du contrôle, ce qui était loin d'être prouvé. Quoi qu'il en soit, il avait envie, besoin de moi. Comme une drogue. Comme sa drogue. Maintenant encore plus, pour se soulager du sang de vampire, sans même savoir que j'en avais moi même un peu dans les veines, depuis qu'on m'avait lié à Morgane. Heureusement. Heureusement que je m'y accroche. Même si de ce côté là aussi, c'est infiniment compliqué...

Et il frappe juste, encore. Pas totalement, mais en partie, et c'est assez pour me donner envie de l'étriper, de lui fermer sa gueule ou de le planter là. Je ne fais rien du tout, je le regarde, sourire narquois au lèvres. J'ai envie qu'il continue, qu'il m'énerve jusqu'au bout, qu'il me fasse péter les plombs, pour que je le butte dans un accès de colère avant même de me rendre compte de ce qu'il se passe. Oh oui, ça serait tellement plus simple... Je lâche un rire.

« Je prends ça comme un compliment. Mais toi, tu es fichtrement prétentieux. Me retrouver partout, vraiment ? Tu te surestime un peu. Et tu penses être capable de retrouver tout le monde, comme ça ? Ou c'est juste parce que tu ne peux pas te passer de moi... »

Je mêlais l'utile à la provocation. Je voulais en savoir plus sur lui, oui. Il prétendait être capable de me retrouver n'importe où. Provocation ou vérité ? Un métamorphe pouvait certes passer inaperçu, mais de là à retrouver quelqu'un d'habile comme moi, dans le périmètre écossais qui restait assez large... je voulais qu'il m'en dise plus. Je voulais peut être aussi savoir si je pouvais l'utiliser... Quitte à me dévoiler un peu. C'est trop tard, de toute façon. Trop tard. Il me questionne, et je ne lui mens pourtant pas vraiment en lui disant que je n'ai pas d'amis. Les vampires ne sont pas mes amis. Je sers Morgane, je servais Krystel avant elle. Pas les vampires. IL n'y a aucune cause valable, aucune cause bénéfique, dans ce monde. Il n'y avait que Krystel. Maintenant, il me reste l'éternité aux côtés de Morgane, parce que j'étais trop fidèle envers ma Reine pour ne pas faire ce qu'elle attendait de moi avec sa fille. Je ris, encore. Un seul éclat, tranchant, moquer.

« Tu m'connais vraiment mal, on dirait. J'ai pas d'amis, je t'ai dit. J'ai pas de cœur, j'ai rien. Juste une arme. »

Je ne m'énerve pas, je lui lance ça de manière très calme, presque rieuse. Je niais pas être liée aux vampires, j'en parlais pas. Je niais avoir des liens amicaux avec qui que ce soit, nuance. Ok, je jouais avec les mots aussi, mais peu importait. Je sens son corps, là, tout proche de moi. Je le vois, nu, sous la faible lueur de la lune, qui m'attire, qui m'appelle. Et moi, là, à le questionner, à me défendre un peu, aussi. Parler pour oublier le reste. Parler pour oublier ce fabuleux corps qui m'appelle, qui m'appelle pour que je le baise et pour que je l'ouvre à grands coups de poignards, faisant gicler le sang, sortir les tripes, les organes, lâcher de grands cris à ses pauvres cordes vocales qui ne tiendraient pas longtemp. Comme le reste. Mais là, tout de suite, me jeter sur lui. Non. Il parle. Me nargue encore. Je souris, nullement décontenancée.

« Bien sûr que si, puisque je me suis sevrée. »

Qu'il en pense ce qu'il voudra bien, ça m'est totalement égal. Qu'il aille se faire foutre tout court, de toute façon. J'aimerai bien qu'il y aille. Ca me foutrait la paix. Mais non. Non, il est là, il me provoque, et son corps m'appelle douloureusement. Je respire. Je réfléchis à notre discussion. Un barrage et une nouvelle manière de se battre, moins dangereuse dans l'immédiat, qui pouvait l'être tout autant. Car elle dévoilait des pièces des puzzles que nous étions. Et savoir des choses sur l'autre, c'est avoir des poignards à lui planter dans le cœur.

Les noms. Ca aussi, une drôle d'histoire. J'avais toujours eu des drôles de rapports avec les notions d'identité, puisque je n'en n'avais pas. J'étais morte deux fois, et une fois que ma première moi était morte, je n'étais devenu plus qu'un caméléon. On avait fait de moi quelque chose sans nom, qui s'adaptait chaque jour, qui n'avait pas d'attache, pas de nom, rien. Je m'appelais Erin pour les quelques personnes avec lesquelles je travaillais, infiniment moins nombreuses que toutes celles pour lesquelles je m'appelais autrement. Alors au final, qu'est-ce qui compte ? Un grand sourire se dessine sur mes lèvres.

« Tu veux tout savoir, vraiment ? Je n'ai pas de nom. Tu te perds, parce qu'il n'y a pas de repères, c'est tout. Je donne un nom différent à à peu près chaque personne que je rencontre ; je n'ai aucune identité fixe. C'est plus clair, comme réponse ? »

Ca en soi, ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait utiliser contre moi. S'il s'y perdait, c'était tant pis pour lui, mais je ne lui mentais pas. Je n'étais rien, personne. Une ombre, un souffle, une lame, une balle. Rien d'autre. Pas un nom. Je l'enserre, lui rends son étreinte, alors que je sens qu'il vient à bout de ma résistance. Que là... Je n'ai envie que de l'entendre hurler. Et de sentir son corps contre le mien, mais c'est déjà le cas. Encore plus... Viens me chercher. Donnes moi tout, donnes moi envie de tout te prendre, jusqu'à la vie. Permets moi d'y arriver...


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Dim 14 Fév - 20:32


- Alors, tire. Donne-moi une bonne raison de planter mes crocs dans ta chair. Et si quelqu'un se pointe, je serais déjà loin.

Je n'ai plus besoin de me cacher. Je n'ai pas à craindre ce secret maintenant. Je lui ai dévoilé bien plus que je ne l'espérais, mais elle le prend incroyablement bien, comme si c'était normal ou... Comme si elle le savait déjà. C'est possible. J'ai pu manquer de prudence par le passé, même si je ne m'en souviens pas. Au bout d'un moment, quand je parviens sans arrêt à lui échapper de manière inexplicable, il est normal qu'elle se pose des questions, et qu'elle se renseigne. C'est une tueuse. Elle ne laisserait rien au hasard, mais je n'apprécie pas l'idée d'avoir fait une erreur de calcul... Encore, avec elle. Toujours avec elle. Je peux bien accuser le V de me faire perdre tout contrôle, mais lui montrer ce que je suis vraiment est loin d'être prudent. Je perds l'avantage et l'initiative ainsi. Par contre... Elle est bien la première humaine que je croise qui n'éprouve pas le moindre dégoût en l'apprenant. Savannah mise à part, mais c'est la fille-louve, elle ne compte pas vraiment. Les autres m'ont toujours considéré comme une bête de foire en l'apprenant, ou comme un monstre, si je remonte encore plus loin dans l'histoire. C'est vraiment étrange... Ca aurait dû changer la donne, mais non. Rien. Et cette absence de réaction me galvanise, alors qu'elle ne devrait pas. Lâcher prise. Et qu'elle en fasse autant.

Je rigole encore, simplement parce qu'elle me fait rire avec ses sarcasmes et son ironie perpétuels. Plus elle en fait preuve et plus le masque me semble se fissurer. Elle se laisse entraîner dans cette douce torpeur et n'offre de la résistance que par jeu, parce qu'on ne sait pas faire autrement que de se heurter l'un à l'autre... Trop similaires pour s'accorder. Et pourtant, je suis incapable de faire autrement que de succomber à chaque fois à mes pulsions, aujourd'hui plus que jamais. J'ai envie de l'écorcher vive, en parfait miroir de ses propres envies, simplement pour me prouver que son emprise n'est pas si forte qu'elle y paraît. Seulement... C'est ma drogue, autant que ce sang. J'ai besoin d'une dose qui surpasse les autres pour me le sortir de la tête. Et elle. Elle... N'a cessé d'hanter mes nuits aux côtés de ces vampires. Eux, illusions sanglantes. Elle, désir constant et réel. Je préfère céder face à cette réalité qu'à ces illusions, choisir ce moindre mal et m'y abandonner. Ne jamais la perdre de vue, elle, au risque de me perdre moi-même.

Je ne me connais que trop bien pour ne pas la connaître. Je vise forcément juste, et c'est clairement visible dans son regard, mais ce masque reste gravé sur son visage. Elle m'énerve autant que je l'énerve, et j'ai cette envie de lui faire ravaler son sourire. Je me contente de rire à nouveau, comme autant de parades à ses interrogations. Comme toujours, elle ne répond pas, ravale sa rancœur et répond par d'autres questions. Je serais moins malin que je lui offrirais les réponses, simplement pour me vanter ou me moquer d'elle. Mais on ne vit pas longtemps en temps que tueur à gages en lâchant si facilement des informations.

- C'est donnant-donnant, dans le métier. Tu devrais le savoir. Une information se monnaie.

Son rire à elle a le son d'une lame. J'essaie d'insister, mais elle répond toujours de manière égale. J'aurais dû lui percuter la tête plus sauvagement contre le sol pour qu'elle mette plus de convictions dans ses paroles. Je préfère voir sa hargne que cette froideur calculatrice.

- Pas de cœur... Arrête, tu vas me fendre le mien.

Je me moque ouvertement, mais l'instant d'après, je lâche avec sérieux :

- Une arme doit toujours avoir quelqu'un pour la tenir, et pour désigner la cible.

Juste une arme, c'est bien ce que nous sommes dans la profession. Elle ne m'apprend rien. La pitié n'existe pas pour nous, mais certains ont des allégeances, des attaches, des causes à défendre... Des faiblesses, selon certains. J'ai connu les deux. Je sais pertinemment que de ne pas en avoir rend fou et incontrôlable. Je suis sur la brèche depuis que j'ai l'impression de perdre ce pourquoi je me bats. Et elle ? Juste une arme, l'une des plus froidement mortelles que je connaisse même.

Et elle m'énerve encore, par ce sourire... A m'envoyer dans la gueule qu'elle a réussi à se sevrer. Et comme à chaque fois que la colère menace de me retirer toute raison, mes sens me rappellent à sa peau et ce besoin impérieux de la prendre, de la dévorer. C'est intenable. J'aurais cru qu'après avoir succombé une fois, ce serait plus facile, mais c'est toujours pire. Comme une drogue... Dès qu'on y goûte, impossible de s'en passer ensuite.

- Je devrais te crever si tu ne m'es d'aucune aide.

Je ne sais pas si la savoir là, tout contre moi, m'aide vraiment ou m'entraîne toujours plus par le fond. Je sais seulement que c'est plus facile d'oublier le reste quand elle est là, à mes côtés. Ca risque d'être compliqué de suivre en permanence une ombre, mais je serais prêt à ce jeu-là. Elle se rendrait compte par elle-même que je suis effectivement capable de la traquer n'importe où, tant qu'elle ne s'embarque pas pour l'autre bout du monde. J'ai besoin d'une occupation, non... Une autre obsession plutôt.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle réponde sincèrement à une seule de mes questions, mais elle le fait pour celle-ci... Peut-être parce qu'elle ne prête pas à conséquence à ses yeux. Un caméléon. Marrant...

- Ca me va de baiser une fille différente à chaque fois, tant qu'elle a ce même corps de rêve.

J'éclate de rire. Tania me va très bien. Qu'elle le croit ou non, mettre un nom donne déjà un repère, même si c'est un nom différent pour chaque personne. Et ce nom-là, finalement, ne pourrait appartenir qu'à moi. Ca me va aussi.

- T'as besoin d'un repère ? J'ai besoin d'une drogue. Tu vois, on peut s'entendre.

Si je trouve des lames planquées sous ses habits, je jure de lui planter dans les mains pour gagner ce bras de fer. Oh non, je ne la tuerais pas... Je n'essaie même plus. J'ai trop essayé pour ne pas me faire une raison, et c'est bien la seule défaite que j'admets face à elle, parce qu'il s'agit d'un match nul. Si j'essaie de la tuer, je vais hésiter. Si j'hésite, je perds. C'est aussi simple que ça.


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Jeu 18 Fév - 18:12

Il avait raison. Si quelqu'un avait le malheur de passer par cette ruelle, ça serait pour moi. En deux secondes, il ne redeviendrait qu'un joli petit papillon qui passerait totalement inaperçu. C'était décidément bien pratique, d'être métamorphe. Pas étonnant qu'il ait pu m'échapper autant... Et j'avais du mérite, aussi, d'être restée en vie avec une bestiole pareille qui en veut à ma peau. Enfin, je sais très bien que je suis en vie surtout parce qu'il n'a pas le culot de me tuer. Pas plus que moi. Métamorphe ou pas, je m'en fiche. Ce monde est assez un bordel et j'ai déjà eu assez de déconvenues pour que plus rien ne m'étonne. Sauf moi même, peut être. A chacune de nos entrevues, je me demandais encore pourquoi je réagissais ainsi, pourquoi je ne le plantais tout simplement pas sur place, ou pourquoi je n'arrivais pas à le tuer... La seule réponse que je trouvais n'était pas satisfaisante. Je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais pas, moi ? On ne m'avait pas appris l'échec. On ne m'avait pas appris l'hésitation. Je n'avais jamais su ce que c'était que d'avoir un cœur, ou alors dans un passé tellement lointain qu'il appartient à une autre vie. On m'avait forgé, détruite à plusieurs reprises pour reforger une arme plus puissante, plus efficace, plus solide. Qui se heurtait à un obstacle bien plus dur qu'elle, aujourd'hui. Pas parce qu'il était une créature surnaturelle, j'en avais déjà descendu à la pelle, mais bien parce qu'il m'attirait. Il m'obsédait. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Je cherchais toujours. La réponse ne devait pas exister. Au fond, pourquoi la chercher ? Elle ne m'aiderait pas à résoudre le problème. Non, le seul moyen était d'en finir. De le tuer. Le seul moyen était un moyen impossible. Je n'arrivais pas à faire la seule chose que je savais faire. Autant dire que j'étais une véritable incapable, sur le coup.

Par haine envers moi même, je ne pouvais faire autrement que de lui renvoyer coup sur coup tout ce qui pouvait me rappeler ma faiblesse. Prétendre, encore, que je pouvais le tuer, que je pouvais au moins faire quelque chose contre lui pour donner moins d'emprise à cette obsession. Il fait pareil. Nous faisons pareil. Miroirs identiques, que pouvions nous faire d'autre ? Je considérais ce que je faisais comme bien au dessus qu'un simple tueur à gage, mais excepté cela, force était de constater que nous étions semblables. Et que c'était cela, notre faiblesse. Qui nous attirait, nous repoussait en nous rappelant notre rivalité dès que nous nous approchions de trop près.

Nous parlons. Ce qui est rare et nouveau. Il fallait bien que cela arrive... Mai sje me maudissais toujours des bribes d'informations que j'avais laissé passer, qui pouvaient bien lui donner une vue globale de ma personne. N'était il pas préférable de continuer nos activités bêtes et méchantes de tentatives de meurtre et de baise ? C'était simple. Enfin pas vraiment, mais c'était moins dérangeant, à long terme, que de divulger des informations qui pouvaient nous compromettre sur le long terme. Mais si un vampire s'en est vraiment pris à lui, l'a vraiment drogué et torturé intentionnellement, cela peut intéresser Morgane. Comme si la vie et la santé mentale de Malcom n’importaient... La seconde est déjà bien entammée, de toute façon, comme la mienne. Et pour la sienne, je plaide coupable, tout comme il l'est pour la mienne réciproquement. Discuter me donne envie d'en savoir plus. De glaner des infos, de démêler la provocation de la vérité dans ses propos. Qui sait, peut être peut il être utile. Lui, utile, putain.

« Une information se monnaie ? Je suis en train de me sacrifier pour te faire oublier ta vilaine addiction, si ça ce n'est pas suffisant... »


J'étais sa drogue, dès le départ, de toute façon. Je le savais. J'en jouais, j'appuyais là où ça faisait mal. IL me le rendait à la perfection, alors que continuais. Surenchérir, jusqu'à ce point de rupture que nous devrions bien finir par atteindre un jour, où il n'y aura d'autre solution que de nous entre tuer. Je ne peux plus risquer autant, aujourd'hui. J'ai envie de lâcher prise, m'adonner à toutes les horreurs et douleurs qu'il m'inspire, mais je ne peux plus. Je ne peux infliger cela à Morgane. Moi qui lui ai juré de ne plus être un poids... J'acquiesce, à ses paroles. Oui, une arme doit être tenue. Ou elle sombre. Comme j'avais failli le faire. Morgane me tenait, un peu maladroitement, sans trop d'assurance, mais ce lien vital qui nous unissait me suffisait désormais à ne pas lâcher prise. Sans idéaux, sans rien. Je ne croyais en rien. Krystel était morte. Morgane ne pourrait jamais la remplacer ; mais les choses étaient ainsi faites. Il me fallait mon fil pour m'accrocher jusqu'à ce que la Mort décide de venir me chercher.

« Je sais. »

Me contentais-je de répondre. Je souris, je le cherche. J'ai mal. Je veux lui faire payer cette douleur dans mon crâne, mon haut déchiré sous le clair de lune. Je veux lui faire payer. Je suis ta drogue et tu es à moi. Je suis à Morgane. Pas par volonté, pas par désir. Par nécessité. Mais ça sera tout. Il est plus faible que moi. Même si je succombe... Ce ne sera jamais définitif. Cette pensée ne fait qu'agrandir mon sourire. Et j'éclate à nouveau de ce rire dément, lorsqu'il parle de me buter.

« Oh oui, tu devrais. Pas que pour ça, d'ailleurs. Mais nous savons très bien toi et moi ce qu'il en est. »

Tu ne me tueras pas. Tu ne feras rien de mortel. Tu me tortureras, tu me saigneras, tu me baiseras, je te rendrais folle comme tu me rends fou. Mais c'est tout. Nous sommes condamnés à ce statu quo. Il faut bien se faire une raison, non ? Ce que je sais, en ce moment, c'est que j'ai envie de lui. Terriblement envie de lui. De sa chaleur, de son corps, de sa chair, de son sang. De lui. Je mordille doucement le lobe de son oreille, alors que nous évoquons le rôle des prénoms. Je me dévoile, oui. Mais ce n'est pas un secret. Pas pour lui. Je murmure.

« Tâche de ne pas trop l'abîmer, alors. »

Parce que je savais qu'il n'était qu'un gros sadique en puissance, qui ne rêvait que de m'écorcher. Et je n'en n'avais pas spécialement envie. Je n'aimais pas quand il était sur moi, d'ailleurs... Le contraire, c'était mieux. Dix fois mieux. Il restait un danger. Pas mortel, mais tout de même assez important pour être gardé à l'esprit. Je lâche un nouveau petit éclat de rire. Moi, besoin d'un repère ?

« La cohabitation ne serait pas de tout repos...Et si tu comptes vraiment essayer de me suivre partout, tâche aussi de ne pas trop te faire remarquer. Sinon, ça va vite m'énerver. »


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Lun 7 Mar - 19:07


Tania... Pourquoi ça ne m'étonne même pas ? Quand elle ouvre la bouche, ce ne sont que de nouvelles lames qui en jaillissent. Elle essaie de se défaire de moi, par tous les moyens envisageables, comme si une parole pouvait me faire fuir, comme si elles ne sonnaient pas faux venant d'elle. Son corps m'a déjà montré à maintes reprises à quel point ce désir viscéral la contrôle autant que moi. Sauf qu'elle n'est pas aussi animale que je peux l'être, à plus souvent réfréner ses pulsions qu'à les laisser s'exprimer. Je lui donne l'occasion d'évacuer, de se défouler... Mais elle continue d'offrir de la résistance, simplement parce qu'elle ne veut pas s'avouer vaincu. Voilà, ce que l'on fait. On continue de se battre, dans un violent corps à corps totalement différent de ceux dont nous avions l'habitude. Et on apprend l'un de l'autre à force de se heurter, comme deux adversaires qui ont bien trop souvent tendance à se croiser pour ne pas retenir les techniques qu'emploient l'autre. Des coups, des failles, des parades... Alors pourquoi, quand nous nous décidons enfin à parler, ne serait-ce pas semblable à ces confrontations incessantes ?

- Quel sens du sacrifice ! Arrête de te mentir, Tania. Tu te serais déjà évaporée dans l'ombre si tu n'avais pas envie d'être là.

Comme je l'aurais certainement fait, en revêtant ma forme favorite, si je n'en avais pas envie non plus. Inutile de lui préciser ce qu'elle sait déjà, même si j'ai l'impression de ne faire que ça. Chercher à ce qu'elle avoue, non... Plutôt à ce qu'elle accepte. Autant se heurter constamment à un mur, alors c'est peut-être le mieux à faire, de livrer des évidences en permanence.

- Mais t'es encore là, parce t'es tout aussi accro.

Et la tueuse est plus sage qu'elle ne l'était autrefois, plus modérée étrangement. Je n'arrive pas à percer ce mystère, surtout qu'elle a moins de mal qu'avant à prendre le dessus, sauf comme aujourd'hui où je triche allègrement en passant d'une apparence à l'autre. Elle a changé, même si elle reste la même.

Elle me sourit, sans que je n'en devine la raison. Je me contente de froncer les sourcils en retour. C'est aussi désarmant que l'un de ses pires revers. Elle sait, évidemment. Nous exerçons tout deux le même métier, et nous savons pertinemment comment les choses doivent être, tout comme nous savons que ce que nous faisons là va certainement à l'encontre de tout ce qu'on a pu nous apprendre. Je ne sais pas comment elle est devenue tueuse à gages. Je ne sais, à vrai dire, strictement rien d'elle ou presque.

- Alors si tu veux une information, il va falloir en donner une autre équivalente en retour.

A quoi on joue, maintenant ? La connaître, c'est prendre des risques. Je ne parle pas par rapport aux secrets qu'elle doit chercher à dissimuler, mais à l'emprise qu'elle pourrait avoir. Ca devrait m'effrayer ? Peut-être. C'est plus facile d'accepter des chaînes quand on les choisit, et non quand on vous les impose. J'ai envie de tout lui dire, sans rien attendre en retour. Je change, moi aussi. J'ai besoin d'un ancrage pour ne pas perdre définitivement les pédales, et m'imposer à elle m'aiderait à l'avoir. La meute en est un, mais dès que je m'en écarte, mes anciens fantômes reviennent à la charge. J'ai soif. Et elle... Elle est bien capable de supplanter cette soif par une autre, définitivement. Je la veux mienne. Aucune autre qu'elle.

Elle me provoque encore, ce qui ne fait que renforcer ce sentiment. Ce besoin de faire plier l'autre... Alors qu'au final, nous cédons. Oui, nous savons très bien ce qu'il en est tous les deux. On est l'un contre l'autre, dans les deux sens du terme, à tirer sur ces chaînes pour vouloir s'en défaire, mais sans la conviction suffisante pour y parvenir. J'ai eu cette conviction pour creuser du bois durant des jours jusqu'à m'en extraire. Je peux être beaucoup plus fort que ça, si je le veux, mais pas avec elle.

- Et ça ne va qu'empirer, ma belle.

Je sens ses dents contre mon oreille. J'écoute son murmure... Putain, j'ai tellement envie d'elle. C'est encore plus implacable que mon addiction au V. J'ai partagé une étreinte avec beaucoup de filles dans ma vie, et même des louves qui ont l'avantage d'être bien plus endurantes, bestiales... Et aucune ne peut l'égaler, parce qu'aucune n'est capable de me coller de frissons aussi violents. Tout est amplifié, avec elle. C'est même meilleur qu'une fusillade. Je suis incapable de lui résister. Je finis toujours par rendre les armes, et la prendre une fois ne m'a pas passé l'envie de recommencer. C'est même l'inverse. J'en veux plus, toujours plus. Ne pas l'avoir constamment avec moi me frustre, tout comme l'attente qu'elle impose à chercher à se dérober inutilement.

- Comment t'as deviné ?

Je lâche un bref rire. Je me fais avoir, encore une fois, et elle reprend le dessus sur moi. Je préfère quand les positions sont inversées, et j'ai la conviction qu'elle aussi. Voilà bien un point où on va diverger, parce qu'aucun de nous ne se satisfait de cette position-là.
Et merde. Je crois bien qu'on commence à se connaître, à notre façon. Ce ne sont pas les paroles qui nous trahissent le plus, mais bien tout ce qu'on se garde de dire. Je peux voir clair en elle comme elle le peut en moi, simplement parce que nous sommes trop similaires pour ne pas nous en apercevoir.

- Parce que tu crois que c'est du repos qui m'intéresse quand je suis avec toi ? Le défi est intéressant, surtout que t'as pas l'air de dire non. Je suis sûr que ça occupera bien mes mornes soirées... Et les tiennes.




Dernière édition par Malcom Hastings le Sam 12 Mar - 11:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Jeu 10 Mar - 19:40

Les quelques lambeaux qui me maintenaient à la raison étaient maigres. Si maigres. Il y avait ce lien qui m'unissait à Morgane, auquel je devais me fermer pour ne pas l'impacter, tout en m'y accrochant pour ne pas sombrer. Je ne sais pas comment je vais faire. Je ne sais plus. Je perds déjà le sens commun alors que nos sangs se mêlent dans nos bouches, l'adrénaline montant autant chez l'un que chez l'autre au contact. Non. Je ne sais pas. Je ne peux pas tenir en perdant le contrôle. Pourtant, c'est ce qui est en train de se passer... Il ne faut pas. Je ne dois pas. C'est si dur... je lâche, je me laisse aller, tout en gardant dans un coin de mon esprit cette accroche, cet attache, cette petite voix qui me dit que je ne dois pas tout abandonner... Alors je pare en l'attaquant. Pas physiquement, alors que c'est ce que nous aurions fait d'habitude. Je sais avoir des mots aussi tranchants que mes lames. Surtout avec lui... C'est facile. C'est facile pour lui de m'attaquer, de me blesser, ça l'est aussi dans l'autre sens. Jeu de bas étage, sans aucun mérite pour l'un de nous deux. Toutes les armes à notre disposition sont quoi qu'il en soit totalement dérisoires... Nous sommes deux tueurs, forts, sûrs de nous. Incroyablement vulnérables l'un face à l'autre. Toute faille, je devrais l'éliminer... Je n'y arrive même pas. J'aimerais simplement pouvoir le fixer et lui dire : « Je ne veux pas de toi et je n'ai pas besoin de toi ». Quelque chose dans le genre. C'est débile, ça me fait rire comme phrase tellement c'est débile et inutile. Mais ça serait déjà un début de victoire sur ces blessures qu'il m'inflige à répétition, un premier pas avant d'arriver à le tuer... j'en rêve. Ce serait jouissif, à coup sûr, mais je n'y arrive pas. Alors je ris, je me moque, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour garder ce masque qui l'exaspère. Oui, ça l’exaspère, je le sais, je le vois. J'en ris un peu, il le faut bien. Je ris, à ses paroles. Moi, accro ?

« Je sais simplement que tu es tellement accro que tu ne me laisserais pas filer, tu te transformerais vitesse grand v et tu serais sur moi avant que je ne sois bien loin... C'est pas moi la droguée dans l'histoire, je te signale. »

Je lui décoche un sourire. Je l'aurais évité, si j'en avais eu la possibilité. Il m'avait surprise, et maintenant, il me tenait contre lui. A poil. Et ça ne lui faisait rien de se trimballer à poil dans une ruelle. Je ne dis pas non, c'est son problème. Il reprendra forme animale et partira bien vite quand nous en aurons fini, je le sais bien... Sauf que nous n'en finirons jamais véritablement, et c'est bien là le soucis. Encore et toujours, je le hanterai, il me hantera. Jusqu'à ce que je le tue, et après encore, sûrement, sauf que la tentation ne sera plus matérielle. Il faudrait que j'y arrive, vraiment...

En attendant, je m'informe. Je m'informe ? Comme s'il avait un intérêt quelconque à mes yeux, autre que l'immonde attirance qu'il représente. Mais cette histoire de vampire, ça m'intéresse, et penser à quelque chose de type « mission » m'aide aussi à garder pied dans la réalité. C'est aussi dévoiler certaines de mes cartes que de faire cela, et j'ai déjà l'impression d'en avoir trop dis.. Tant pis, il est trop tard. Je ne sais même pas si j'ai e nvie de continuer cette discussion finalement, elle me semble absurde et sans intérêt. Autre celui que de penser à autre chose qu'à son corps si près du mien... Ou pas. Parce que c'est inévitable, et que je sais faire deux choses en même temps. Je lâche un rire, le regardant de bien.

« Équivalente ? Mais les équivalences, c'est très subjectif petit animal. »

Je jouais encore, finalement... Je recommençais. Je ne savais rien faire d'autre que de le provoquer pour rester forte, attaquer plutôt qu'encaisser, blesser plutôt que de voir mes propres blessures. Jusqu'au point de rupture, que je ne verrais fatalement pas venir. Qui vient. Il entre dans mon jeu, lui aussi, répond à mes provocations. Alors que je sais qu'il bouillonne de me prendre, de me mordre, de me blesser, de me faire hurler, comme je bouillonne de l'écorcher vif, de lui vider ses tripes, de le baiser tout en lui cognant la tête contre le mur, pour qu'il finisse par en crever. Ce serait la seule solution, mais nous sommes tous deux bien trop frileux pour oser sauter le pas. Tout, toutes les souffrances de la terre, mais jamais la seule qui sera définitive. Toujours continuer ce jeu, cette course poursuite insipide et éternelle. Je n'en peux plus. J'en ai marre. Près de son oreille, je murmure, esquisse un sourire à sa réponse.

« Oh. Je devrais avoir peur... ? »

Qu'il essaye de me filer ou de me mettre des bâtons dans les roues, il aura de mes nouvelles. Il y a certaines choses avec lesquelles on ne rigole pas, même lorsque l'on ne croit plus à rien comme dans mon cas. Il s'en souviendra assez. Mais qu'il le fasse... Peut être que finalement, à trop devenir un danger, il ne me laissera d'autre possibilité que de le tuer, et j'y arriverai. Peut être. Ce n'est qu'une supposition hasardeuse... Et finalement, si je n'en suis pas capable et qu'il en sait trop, je serais dans de beaux draps. Je réfléchis un instant à ses paroles. Est-ce que j'ai dit que j'étais pour ? Non, mais je n'ai pas dit que j'étais contre. Merde.

« Mes soirées sont loin d'être mornes, ne t'en fais pas. Je ne suis pas une pauvre junkie qui erre pour avoir sa dose. »

Nouveau sourire en coin. Ok, c'était pourri ça, mais peu importe.


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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Dim 20 Mar - 21:13


On continue de se battre, comme des bêtes, comme des tueurs. A ne rien faire d’autres que ce pourquoi on est forgé, dans une danse macabre. Deux lames qui s’entrechoquent, échangent des parades, à désarmer l’autre sans que rien ne soit définitif. On attend tout deux celui qui se brisera le premier, dont le fer ne sera pas assez solide pour endurer un nouveau coup. Ni elle ni moi n’avons la réponse à cette question muette qui nous anime. Je me souviens simplement d’une règle immuable : Ce qui naît dans la violence meurt bien souvent dans la violence. Je crois que ce monde aura ma peau avant qu’elle ne se décide à me l’arracher, qu’un jour nous cesserons finalement de se brûler l’un l’autre. L’un de nous périra dans un caniveau, sans que l’autre n’en soit jamais informé. A constamment jouer avec la mort, elle finit par nous rattraper. Et c’est bien parce qu’on aime évoluer dans son ombre que nous sommes incapable de se passer de l’autre, quoi qu’elle en dise.

- Je rêve… Tu ferais presque passer ça pour un viol.

Elle m’énerve, encore. Je ne sais pas ce qui me donne le plus envie entre lui foutre mon poing dans la gueule ou la foutre tout court dans l’immédiat. Elle me provoque, à me traiter de drogué. Elle essaie simplement de me rendre complètement fou et incontrôlable pour ne pas voir qu’elle l’est elle-même, que son masque s’effrite à mesure qu’elle passe du temps avec moi. Je gronde bassement, quand elle continue sur sa lancée, à me traiter de petit animal. La mordre jusqu’au sang, pour lui faire passer l’envie de continuer de jouer. Faire sortir la bête pour lui donner de bonnes raisons de me traiter ainsi. Je cours. Je le sais. Tout est plus intense avec elle, et je peine à réfréner mes pulsions… Le comble pour un métamorphe. La pire des conneries était bien de céder une première fois, comme lorsqu’on goûte à une nouvelle drogue. C’est à mon tour de rire quand je recueille ce murmure à mon oreille, plein de non-dits qui en disent long.

- Errer pour avoir ma dose ? Mais je serais là, au plus proche, sans que tu ne le saches. Je guetterais l’instant propice, ou je le provoquerais. Tu ne pourrais pas m’échapper. Je choisirais, selon l’envie du moment. Et toi, tu subiras cette traque. Si tu devrais avoir peur ? Ouais. Parce que tu ne contrôleras plus rien de ta propre vie, et c’est bien ce qui te terrifies.


Il faudrait que je parte maintenant, et j’enrage de lui donner raison en restant à ses côtés. Je ne sais s’il me faut la haïr ou la remercier quand elle m’empoigne au cou pour me faire lâcher prise. Elle essaie encore de reprendre l’ascendant, et même en bandant mes muscles, je sens cette force démentielle qu’elle m’oppose en représailles. La fureur reprend le dessus sur l’envie, et je me retiens de me transformer pour reprendre l’ascendant de manière définitive, à lacérer sa chair pour de bon. Toujours cette même part de moi qui me l'interdit formellement.

Elle se détache, se relève. Je lâche un rire bref alors qu’elle me lâche une évidence. Mon regard ne quitte pas ses formes du regard. J’ai bien malmené ses vêtements pour pouvoir m’approprier sa chair en effet.

- Si tu faisais moins de résistance aussi…

J’ai bien envie de lui dire de se démerder et de la planter là. Avec n’importe qui, je l’aurais fait… Mais un élan de possessivité qui m’est bien étranger m’incite à ne pas le faire, ne pas la laisser se balader ainsi dans la rue, à la portée de n’importe qui, même si elle sait se défendre. J’écorcherais vif le premier qui aurait son odeur sur lui, alors la toucher… Je pousse un soupir, de dépit.

- Deux minutes, bouge pas.

Deux minutes, pour voler la première boutique de fringues que je trouve. Je tiens un bon record. Je suis moins vigilant qu’à l’accoutumée, mais les bonnes vieilles habitudes se perdent difficilement, même quand on est en manque de sang, et fatigué. Je repère les caméras potentielles, une sortie à l’arrière… Je n’étais pas certain de parvenir à changer encore. Ma forme de puma me permet de regagner les toits avec mes trouvailles dans la gueule. Je bondis, pour revenir à mon point initial, et les balancer depuis les hauteurs. Je vais éviter de descendre dans la rue sous cette forme. Je sens encore l’odeur de quelques sangsues dans les parages, et il doit en être de même pour eux en retour. Mais, pour la première fois depuis bien deux semaines, cette odeur ne suffit pas à me donner l’envie de les prendre en chasse pour m’abreuver comme eux peuvent le faire.
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MessageSujet: Re: "Il n'existe qu'une drogue capable de surpasser toutes les autres." [Livre III - Terminé]   Mer 23 Mar - 17:39

Nous sommes des armes. Des machines à tuer. Vivre pour la mort, c'est tout ce que nous connaissons. Nous nous heurtons l'un à l'autre, nous nous heurtons à nos similitudes qui nous révèlent nos faiblesses, notre humanité. Si nous ne pouvons nous éliminer l'un l'autre, il faut alors trouver le moyen d'avoir tout de même l'ascendant, d'une manière ou d'une autre. Faire souffrir l'autre. Le faire souffrir, car je n'aime pas l'image qu'il me renvoie. Ce qu'il me montre de moi, cette image qui ne me correspond pas. Parce qu'il me fait douter alors que je dois m'accrocher à ce qu'il me reste de raison pour ne pas sombrer, pour avoir un but, un quelque chose à faire jusqu'à ce que la Mort vienne me faucher à mon tour. Je souris, je ris, je rattrape le coup pour ne pas tomber totalement. A chaque fois, c'est pareil. On en revient toujours là, et ce sera toujours pareil. Cercle infini jusqu'à ce que l'un de nous deux disparaisse. Cela devra bien arriver, un jour... Oui, mais quand ? Jusqu'où seront nous allés, d'ici là ? Nous avons commencé à céder la dernière fois. Nous avons commencé à parler, aujourd'hui. Le cercle est aussi une pente, mais je n'arrive pas à savoir à quelle vitesse je glisse. Tout ce qu'il me faut savoir, c'est où je peux m'accrocher. A Morgane, mais pas directement. Elle est elle même trop faible, n'a pas besoin qu'on lui rajoute un poids. C'est simplement à ces responsabilités qu'elle me donne.C 'est maigre, sachant que je ne crois plus vraiment à rien. Mais ça doit suffire, il le faut. Je laisse filer ses paroles dans la nuit ; je suis presque lasse de cette discussion sans fin. Est-ce qu'il pourrait me servir ? Je n'arrive même pas à le savoir. Il faudra que je vois par moi même, pas en essayant de lui soutirer ainsi des informations ; il ne marche pas. Il gronde, s'échauffe. Je souris, alors qu'il me menace presque. Ne plus rien contrôler de ma vie ?

« On voit qu'il te reste encore quelques petits détails à apprendre sur moi... »


Je me rapproche encore de son oreille, y murmure plus doucement :

« Ce n'est pas toi, vulgaire petit métamorphe, même si tu es un tueur et que tu me tentes, qui va m'effrayer ou me faire subir quoi que ce soit. »

Ma vie ne m'appartient déjà pas, mais ça, je ne pouvais le lui dire. Elle ne m'a jamais appartenu. C'est bien pour cela que j'ai été aussi désorientée lorsqu'Elle a disparu. Parce qu'elle me tenait, parce qu'elle dirigeait ma vie, mes idées, parce que j'étais sienne, entièrement. Bref. Passons. S'il met à exécution sa petite idée, je m'en apercevrai et me débrouillerai pour régler le problème d'une manière ou d'une autre. Je ne doute pas de ses capacités, mais je sais aussi repérer les filatures, encore plus lorsque j'en suis prévenue. Je m'arrangerai avec Morgane, au pire, même si j'aimerai éviter d'avoir à lui parler de cela. Pour le coup, ce serait lui avouer définitivement que je ne suis qu'un être faible qui ne lui servira à rien.

Il me fait souffrir, me maltraite comme un dément sur le sol de cette ruelle. Je le lui rends bien, autant que je peux. Je ne suis pas en reste. Les dernières barrières se brisent, et je me perds en lui, me perds dans ma folie, quelques minutes seulement, pour me dire que je pourrais tenir droite après, jusqu'à la prochaine rencontre... Ce sera toujours ainsi. Sauf qu'à céder, on en veut plus. Sauf qu'à chaque fois, c'est toujours plus terrible. Je le hais, je le désire ardemment. Je désire sa souffrance. Mais cela ne peut durer. Je mets fin à ce savoureux supplice autant pour lui que pour moi, me relevant, non sans quelques douleurs supplémentaires. Sauf que je suis nue, mes vêtements à terre, mais surtout mon haut déchiré. Je ne traverserai pas le quartier dépoitraillée jusqu'à ma voiture... Et j'en profite pour le taquiner une nouvelle fois, le regardant de haut dans toute ma nudité. La lune au dessus de ma tête éclaire de sa lumière ténue son corps solide et musclé, mais suant et stigmatisé. Je souris.

« Tu t'ennuierais. »

Bien sûr qu'il s'ennuierait. C'est parce que je lui résiste et que je lui fais mal qu'il m'aime, qu'il me désire, me hait. C'est pour cela qu'il revient vers moi à chaque fois. Avec résignation, il me dit d'attendre ici. Je hausse les sourcils, mais il s'est déjà volatilisé. J'attends quelques secondes, me demandant pourquoi je ne déguerpis pas aussi. Pourquoi je l'attendrais ? Peut être parce que je sens que cette fois, ce n'est pas un coup bas qu'il me prépare. Pourtant, cela me répugne de me faire aider par lui, de me faire aider tout court. J'enfile mes sous vêtements et mon pantalon, avant de me rendre compte qu'il a aussi été pas mal abîmé au passage. Je soupire, essaye de voir comment je peux arranger le haut, jusqu'à ce qu'une masse noire et légère me tombe dessus. Des habits. Je regarde autour de moi ; il s'est déjà volatilisé. Je regarde un instant ce qu'il m'a apporté, fringues volées de toute évidence. Je les mets, mais répugne à les porter. C'est comme si mon corps était marqué, comme si je portais quelque chose de lui sur moi. Je rejoins vite la voiture, puis le manoir, pour me débarrasser de ces habits là et pouvoir remettre les miens.

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