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Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben
MessageSujet: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Dim 13 Déc - 22:01

Adossée contre le mur, les bras croisés, je gardais le silence, le visage fermé. De temps à autre, je levais les yeux en direction de la vitre sans teint qui se tenait à ma droite. Un des infirmiers était en train de rafistoler tant bien que mal Badenov, même s'il avait affirmé qu'il valait mieux l'emmener à l'hôpital, que son genou risquait d'être foutu et je ne sais quoi dans le même genre. Autant être honnête, je ne l'avais pas vraiment écouté. Outre le fait que je n'étais plus à ça près et que je savais que ça aussi me retomberait sur le coin de la tête à un moment ou à un autre, une part de moi, celle particulièrement mesquine que je m'efforçais la plupart du temps d'occulter autant que possible, était particulièrement satisfaite de le voir grimacer de douleur alors que l'infirmier s'était contenté de nettoyer la plaie, la balle était sortie sans qu'il n'ait à faire quoi que ce soit et qu'il l'aspergeait de je ne sais quel liquide tout en grommellent sur l'inconscience de la PES.

Il pouvait en rajouter une couche sur l'incompétence aussi d'ailleurs. Parce que les faits étaient là. Je baissais les yeux, regardant mes mains rougies par le sang de Badenov alors que je sentais mes mâchoires se contracter bien malgré moi. Je n'avais aucune preuve tangible que l'homme qui se trouvait devant moi avait bien fait tout ce dont on l'avait accusé. Des années de recherche, d'enquêtes minutieuses, de preuves plus ou moins flagrantes, moins que plus d'ailleurs à bien y réfléchir, pour arriver à quoi ? A rien. Rien du tout. Tout était parti en fumée à cause de l'incompétence de je ne savais même pas qui et, bien entendu, les gens s'étaient bien gardés de m'aider à faire le rapprochement entre les évènements de l'an dernier et le fait que l'un des dossiers sur lequel j'avais passé le plus de temps s'était envolé corps et bien. Ne manquait plus que la même chose n'arrive à Maryana et c'était parfait. Oh mais, attendez, la jeune femme était devenu un démon à part entière, pourquoi s'inquiéter des preuves quand on ne pouvait de toute façon même pas l'arrêter.

C'était définitif, j'allais devenir dingue. Je me demandais de plus en plus pourquoi je ne lui avais pas tiré dans la tête et, surtout, pourquoi je n'allais pas le faire maintenant. Au pire, on m'arrêterait et je finirais en retraite anticipée suite à un SPT trop sévère pour qu'on puisse faire quelque chose pour moi.
L'idée n'était pas si déplaisante là, tout de suite et je commençais à lorgner sur la porte qui menait à la salle d'interrogatoire quand l'autre s'ouvrit.

Je levais les yeux en direction de la nouvelle arrivée, presque soulagée qu'elle soit là avant que je ne fasse vraiment la pire des conneries. Je l'avais fait appeler dès mon arrivée au bureau, ignorant les regards éberlués des hommes qui passaient de Badenov à moi. Le reste de l'équipe qui m'avait accompagnée ne cachait pas sa satisfaction de l'avoir enfin arrêté et je ne me voyais pas leur dire qu'il était plus que probable que, dans quelques heures, il nous échappe à nouveau. Pas encore.

"Ah Lehtinen. Vous êtes là. Bien."

Brillante déduction Sasha, c'était bien comme ça que j'allais m'en sortir. Je laissais échapper un profond soupir, me pinçant l'arrête du nez alors que je désignais la vire d'un mouvement du menton. L'infirmier était parti, laissant Badenov seul qui était, mine de rien, d'une pâleur presque inquiétante J'espérais qu'il n'allait quand même pas me crever entre les doigts. Enfin quand même, mourir d'une balle dans le genou, ce serait le comble, même pour lui.

Alors j'avais appelé la dernière arrivée, la moins impliquée émotionnellement dans cette affaire et qui pourrait peut-être nous aider à voir les choses d'un nouvel œil. D'un angle qui nous permettrait de lui faire payer tout ce qu'il avait fait.
C'était peut-être utopique, certainement même, mais le choix était mince sinon. Et puis, une part de moi voulait aussi voir comment elle s'en sortirait face à un taré comme lui, autant être honnête.

Je tapotais alors la vitre, comme pour lui rappeler que j'étais là, avant de me tourner à nouveau vers la jeune femme.

"Vous avez entendu parler de la Mort ?"

Au moins, on ne pouvait pas dire que je perdais du temps et que je faisais dans la dentelle. Je ne savais pas encore sur quels dossiers elle avait pu travailler et si elle était au courant de ces enquêtes. C'était peu probable au vu de la discrétion qui avait suivi nos échecs successifs. Personne n'aimait se vanter d'avoir laisser filer un tueur multirécidivistes à plusieurs reprises et encore moins quand on étouffait l'affaire quelques mois plus tard.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Jeu 17 Déc - 11:02


J’écrase ma cigarette du pied dans un soupir retentissant. Fais chier.
J’ai horreur qu’on me dérange pendant ma pause, si ce n’est pas pour urgence. Sauf qu’au sein des services de police que j’ai intégré jusqu’à maintenant, j’ai l’impression que c’est le principal qu’on se retrouve à gérer. Tout est urgent. Tout est important. Je comprends mieux pourquoi mon ancien coéquipier pestait, déçu de ne pas s’occuper simplement de la circulation. Parce qu’il n’avait pas vraiment prévu de se faire réquisitionner pour les années sanglantes, à devoir se servir de son arme de fonction plus dans sa première année de service qu’en une vie entière de flic. Et maintenant, il est mort. Et moi, je risque de l’être bientôt aussi si je ne me dépêche pas de retrouver Sasha Oppenheimer.

Je rentre dans le bâtiment et suis dans les couloirs celui qui est venu me chercher. Je n’arrive pas à me souvenir de son nom, mais ça va finir par me revenir… Il faudrait vraiment que je fasse un effort à ce niveau, histoire de bien m’intégrer. Ce n’est pas uniquement avec un joli sourire que je vais me les mettre dans la poche, quoique … Avec certains, c’est plutôt efficace.
Je ne comprends pas grand-chose aux rares explications qu’il daigne me fournir sur le cas qui nous intéresse aujourd’hui. Et quand je lui demande de pouvoir consulter son dossier au préalable, sa réaction m’arrache un froncement de sourcils profondément perplexe. Comment ça, la PES vient de procéder à une arrestation mais n’a pas monté de dossier sur la personne incriminée ? Ca sent mauvais, très mauvais.

Je me passe une main sur le visage et respire un bon coup avant de pousser la porte. Je délaisse l’agent derrière moi pour me présenter devant la directrice de la PES, qui avait l’air de m’attendre avec une certaine impatience. Tout du moins, c’est ce que je déduis du soulagement qu’elle semble éprouver à ma simple vue. Je ne pensais pas déclencher un tel effet chez elle, et ne suis pas encore décidée si c’est bon ou mauvais signe. Quoi qu’il en soit, son manque de répartie flagrante m’informe immédiatement qu’elle est encore assez chamboulée après ce qu’il vient de se passer… J’oriente mon regard vers la vitre qu’elle me désigne du menton, avant de m’en rapprocher. Je reste ainsi à détailler bras croisés l’homme en piteux état assis sur cette chaise. Je connais ce visage… Non, ce n’est pas moi qui le connait à proprement parlé, mais le Cercle des Illuminati oui. Il me laisse une impression mitigée, d’un mystère qu’il va me falloir résoudre au plus vite. Peut-être est-il important, ou le sera-t-il bientôt. Peut-être devrais-je l’éliminer parce qu’il représentera une nuisance pour la cause que je défends. J’ai cette sensation qu’il peut influencer nos projets… En bien comme en mal. L’avenir me le dira.

Je me retourne vers Sasha quand elle reprend la parole, penchant la tête avec une mine interrogatrice.

- Si vous parlez de ce dossier vide… Ca ne risque pas, patronne. Je vous écoute, qu’avez-vous à m’apprendre à son sujet ? Je suppose que vous avez eu de très bonnes raisons de l’arrêter sans prendre le temps de remonter un dossier. Vous l’avez pris en flagrant délit ?


La Mort… Un nom charmant et plutôt révélateur de ses activités. Je garde ses pensées pour moi, me doutant bien que ma supérieure n’appréciera aucun trait d’humour concernant son spécimen de foire. Je n’attends pas qu’elle me détaille les informations en sa possession pour entrer dans la salle où nos services le retiennent. Autant qu’il entende tout, s’il veut pouvoir protester et donner sa version des faits. Cela le sortira peut-être de son état catatonique de le mettre en confrontation direct avec notre directrice, et moi de mieux cerner le cœur du problème. C’est une stratégie comme une autre… Même si, vu son état, je ne suis pas sûre que j’arrive à en tirer grand-chose.

Je baisse le regard sur son genou enroulé dans un épais bandage qui commence déjà à se colorer de rouge. Je reviens ensuite à ce visage familier, avec une expression neutre que l’on peut interpréter de bienveillante ou de méfiante selon l’état d’esprit dans lequel on se situe. Mitigé, encore. On dirait un cadavre ambulant, un homme déjà mort depuis longtemps. Je prends mes aises et m’assois sur un coin de la table qui lui fait face, sans le quitter du regard.

- Comment va votre genou ?

On pourrait croire que je me contente de lui demander s’il va bien, mais j’ai plutôt des doutes sur le fait qu’il tienne le choc sans que je n’intervienne. Au moins, avec les premiers secours qu’on vient de lui fournir, il ne pisse plus le sang au sol. Je rajoute, sur ce même ton neutre, allant direct à l’essentiel :

- Je suis Astrid Lehtinen. PES. Vous avez quelque chose à dire ?

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Dim 20 Déc - 0:03

J'avais un lmal de chien à mon genou, c'était incroyablement douloureux que de se prendre une balle à ce niveau là du corps. Mon lien avec Krystel me permettrait de guérir plus vite, mais je ne tirais pas dessus pour commencer dès à présent à m'en remettre, car je ne sentais pas très bien, à cause de la douleur, comment elle se trouvait elle-même en cet instant précis. Alors, j'encaissais pendant tout le trajet, et une fois ou deux, je tournais de l'oeil. Quelques secondes ou quelques minutes, je serais bien en peine de le dire. Je serrais les dents, cassant les bonbons à la directrice de la PES autant que possible. Au bout d'un moment, je n'aurais pas su dire non plus combien de temps, je me retrouvais assis sur une chaise. Salle d'interrogatoire. Je riais avant de me rendre compte que trembler d'hilarité me faisait encore plus mal. Un type vint me soigner, et je le dévisageais. IL était un peu intimidé. Jeune, et la rumeur de ma présence ici devait déjà se répandre. Au temps pour ma « mort », c'était foutu maintenant, plus personne ici ne croirait à ça. Le type commença à me bander alors que j'étais menotté à la chaise ; ils n'avaient rien laissé au hasard. Je le dévisageais si intensément, malgré la douleur, qu'il était clairement mal à l'aise, maintenant.


| Je veux mon coup de téléphone. |


Et je le répétais, inlassablement, sur différents modes. Tantôt avec entrain, à d'autres moments avec un ton lourd de menaces. Je ne savais pas vraiment ce que je pouvais faire, sinon que je devais attendre. Ils n'avaient rien et Oppenheimer l'avait reconnu. Autant ne pas se laisser abuser par tout ce qu'ils pouvaient faire pour me destabiliser ; ils n'avaient pas de quoi me faire peur. Franchement, j'avais été torturé jusque bien au delà de la folie par Krystel, bien des années plus tôt, et j'avais été capturé puis battu tant de fois que je ne voyais pas comment quelques flics pourraient me faire craquer. Ok, je ressentais de la douleur, et je grimaçais dans le type me nettoya et me banda la plaie, mais franchement... Au pire du pire, je pouvais tirer sur mon lien avec elle, m'évader dans sa conscience. Ca n'aiderait pas à éliminer la souffrance, mais ça aiderait bien à endurer tout le reste. J'attends un moment et même seul, je continue à fixer la glace en réclamant mon coup de téléphone. Finalement, une fille rentre et je la fixe. On dirait une gamine, tout juste sortie de l'école. Je la regarde intensément. Putain, je donnerais tout pour un verre ou une clope, là, je douille sévère.


| Je veux mon coup de téléphone. Je ne l'ai pas eu. J'y ai droit, alors je le veux. Je veux mon coup de téléphone. |

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Jeu 24 Déc - 13:56

Autant être parfaitement honnête avec moi-même. J'étais dans la merde. Oh pas jusqu'au cou, j'avais déjà connu des situations bien pires mais je n'aurais jamais du l'embarquer. Le laisser se vider de son sang à la limite, lui en coller une avant de partir auraient pu aussi être des options tout à fait envisageables, mais l'arrêter était de loin la pire décision que j'avais pu prendre, surtout en cet instant précis.
Je n'avais absolument rien à lui présenter sous le nez mis à part un pauvre délit de fuite que l'on pouvait facilement contrattaquer avec la peur de voir l'équipe de la PES débarquer dans le quartier.

Et, manque de bol, impossible de mettre en avant le délit de sale gueule. Outre le sang qu'il avait perdu, il avait vraiment l'air d'être dans un pire état que la dernière fois où je l'avais croisé. Voilà qui n'allait pas particulièrement arranger nos affaires.

Lehtinen ne me laissa même pas le temps de lui répondre ou de lui présenter un peu plus en avant la situation que déjà, elle entrait dans la salle d'interrogatoires. Merveilleux. Ne sachant pas trop à quel jeu elle comptait jouer, je la suivis et, après un regard un rien dépité en direction de Badenov, je soufflais, le plus naturellement du monde.

"Vous supposez mal. Je lui ai tiré dessus après qu'il ait fui suite à l'arrivée de la PES en bas de son immeuble au lieu de rester sagement répondre à quelques questions. Mais aussi parce qu'il me l'a demandé et qu'il y a depuis plusieurs années une fâcheuse tendance à me porter sur les nerfs. Il m'a ensuite proposé deux options, le tuer ou l'arrêter. A choisir, j'ai préféré lui laisser encore une chance."

Mais quelle idée stupide. J'aurais du lui tirer une balle dans la tête pendant que j'en avais encore l'occasion. Et il était là, à réclamer ce foutu coup de téléphone qu'on ne pourrait pas lui refuser bien longtemps. A dire vrai, j'étais en train de me repasser mentalement les dernières procédures qu'on nous avait envoyés pour les garde-à-vues. On avait de la chance dans notre malheur, la situation chaotique de l'Ecosse nous avait valu quelques dérogations vis-à-vis de la présomption de culpabilité et ce genre de choses dont la plupart de mes confrères ne s'inquiétaient de toute façon pour ainsi dire jamais. J'avais plus d'une fois grincé des dents en voyant les conditions dans lesquelles ils s'étaient parfois permis d'interroger un suspect mais, maintenant que j'étais à leur place, je me rendais compte qu'il était particulièrement tentant de faire la même chose.

Alors qu'il continuait avec sa litanie et que c'était visiblement la seule réponse qu'il avait à offrir aux questions de Lehtinen, je lâchais, d'un ton tranquille.

"Nous pouvons informer ton avocat de ta présence ici. Mais tu n'auras pas ton coup de fil, on est pas dans un film américain. Et tu ne verras personne avant six heures. Ou pas d'ailleurs, vu qu'il parait que, depuis les évènements de février, on a le droit de garder des suspects sans appeler leur avocat si l'on considère qu'ils peuvent représenter un danger réel pour le pays."

Je me tournais alors vers Astrid, reprenant d'un ton neutre.

"Monsieur Badenov ici présent a été l'une de nos cibles principales durant plusieurs années. Il a décimé nombre de vampires considérés comme dissidents par la monarchie vampirique de l'époque et d'humains mais a toujours brillamment réussi à passer entre les mailles du filet. Mais toutes les preuves que j'avais pu amasser contre lui ont mystérieusement disparu il y a quelques temps, comme il me l'a confirmé tout à l'heure. Comme c'est pratique n'est pas ? Je suppose que c'est la même chose pour tout ce qu'il pouvait y avoir dans les dossiers que je garde chez moi et que ce n'est même pas la peine que j'aille y jeter un coup d'œil. Est-ce que j'oublie quelque chose ?"

Autant le dire tout de suite, j'avais du mal à garder mon sang froid et mon impassibilité habituelle. Astrid, qui m'avait vu dans d'autres circonstances, s'en apercevait certainement.

De nouveau, je reportais mon attention sur Torben. Le connaissant, il était capable de passer les six prochaines heures à répéter inlassablement la même chose jusqu'à ce que je sois obligée de le laisser voir son avocat et qu'il s'en sorte en me brandissant une plainte totalement justifiée. Bien. Tout allait parfaitement bien.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mer 30 Déc - 11:29


Dans quel merdier ma cheffe venait-elle de m'entraîner ? Je la sentais mal, cette histoire, très mal. Ce type a l'air d'avoir bien dégusté, et je suppose qu'il était en bien meilleur état avant que la PES ne fasse irruption. Ils devaient avoir une bonne raison de lui tirer dans la jambe... Il a dû fuir après un délit commis, et d'envergure si j'en crois le surnom dont on l'affuble. La Mort... Ça me dit vaguement quelque chose, mais je suis incapable de le resituer.

Je cache sans peine l'étonnement que me suscitent les propos de Sasha. Je me contente d'hocher la tête, comme si tout était normal, et qu'il s'agissait de la procédure habituelle. Il est là, devant moi, et je ne vois aucune raison de contredire ma patronne devant un criminel en fuite, enfin... Potentiel. J'aurais presque envie d'en rire, tout de même.

- Et le prochain qui me porte sur les nerfs, ça ne vous gêne pas si je lui tire aussi une balle dans la jambe ?


Je me fends d'un bref sourire en coin, à cette pensée. Si elle me dit que non, je sens que je vais vraiment l'aimer.

- Et bien, je suppose que vous l'avez arrêté pour prendre le temps de lui poser ses fameuses questions ... Quelles sont-elles ?

J'ai hâte de les connaître, et surtout la réponse qu'il pourrait lui fournir. Seulement, notre spécimen n'a pas l'air d'être très ouvert à la discussion et s'il continue de réclamer son coup de téléphone encore une fois, ça va sérieusement me démanger de prendre le combiné pour lui éclater la tronche avec. Restons calme... Je ne vais pas m'agacer pour si peu, non ? De toute évidence, il n'a rien d'autres à me dire que ça. Je l'informe avec une politesse presque dérangeante, en me penchant vers lui :

- J'avais compris la première fois.

Je n'ai pas le temps d'en rajouter plus que Sasha reprend la parole, s'adressant directement à lui. Le pauvre doit être déçu d'apprendre qu'il n'aura pas son fameux coup de téléphone... Enfin s'il s'attendait vraiment à l'avoir. Il ne doit pas être aussi crédule, c'est seulement pour temporiser. J'hausse un sourcil quand elle parle de "danger réel pour le pays". Voilà qui m'intéresse bien davantage, et comme si elle lisait dans mes pensées, elle reprend immédiatement pour m'expliquer son cas.

La Mort... Monsieur Badenov... Voilà un nom qui correspond déjà mieux. Un assassin à la botte de la monarchie vampirique ? Intéressant. Je ne crois pas que les miens aient le moindre intérêt à voir la monarchie être retournée, et encore moins à éliminer quelqu'un qui est prêt à faire le ménage, ce qui signifie que je suis déjà plus disposée à son égard que je ne l'étais en entrant dans cette pièce. Je ne vais pas le tuer, pas immédiatement en tout cas. J'hoche à nouveau la tête. Il faudrait que je trouve quelque chose d'intelligent à dire sans que cela ne contrarie ma cheffe, et plutôt que de remettre en question les raisons qui l'ont poussé à l'arrêter, je préfère me renseigner davantage.

- Et toujours en exercice, à servir les intérêts de la monarchie vampirique dans l'ombre ?


J'adresse cette question ouverte au premier qui daignera me répondre. Je reporte ensuite mon attention sur Badenov, qui a l'air d'avoir un mal de chien. Je sors mon paquet de cigarettes de ma veste et m'en allume une, même si on est dans les locaux de la PES. J'en sors à moitié une deuxième et le fixe un temps, un léger sourire flottant sur mes lèvres.

- Tu en veux une ?


Je suis presque gentille, presque. Qu'il réponde à mes questions... Sinon je range le paquet.

- Je crois que tu peux oublier ton coup de téléphone pour l'heure... Mais ma cheffe n'aura aucune raison de te garder si tu prends la peine de répondre à ses questions, pas vrai ? On pourra t'emmener à l'hôpital pour faire soigner cette vilaine plaie. Ou alors, tu peux rester à en baver ici, c'est comme ça t'arrange.

J'ai plein d'autres idées en tête, bien moins sympathiques pour lui. Et j'ai l'impression qu'il va me servir une bonne excuse pour que je sois dans l'obligation d'en faire usage...
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Sam 2 Jan - 19:58

Les ordures comme moi devraient être crevées en premier. Il ne peut pas y avoir d'alternative. C'est comme ça et puis c'est tout. Ne pas nous abattre reste un acte d'une profonde stupidité, sinon de la plus pure inconscience, alors que je me rends bien compte que je n'aurais probablement hésité qu'une demie seconde, moi. Si j'avais hésité tout court. On pouvait me brosser comme la pire crapule oeuvrant en Ecosse, la pire des pires qui pouvait orchestrer bien des tragédies dans ce pays oublié de Dieu. Ouais. Sans doute. Encore que j'étais simplement le plus public de tous les salopards du secteur. Et pourtant, il y en avait la blinde d'autres, des fils de pute bien en place dans la société. Tous les membres du gouvernement vampirique ? Des tueurs de masse. Tous. Si si. Par action directe ou complicité. Vous n'en tuez qu'un par décennie, un par siècle... Et vous êtes toujours une ordure pire que beaucoup des sociopathes dont je fais partie. Et combien sont ils à n'en tuer qu'un par siècle, ou à n'imaginer en tuer qu'un, en y participant plus ou moins activement ? Pas si nombreux. Morgane, peut être. Mais elle avait pris des cours de rattrapage. A sa place, je me ferais assassiner au plus vite. Moi, pas elle.


Les gens comme elle n'ont pas ça dans le sang. Ils peuvent tuer, violer même, si les circonstances les poussent physiquement à le faire. Moi, ce n'était pas le cas. Je ne violerais jamais personne. Je ne volerais jamais personne. Personne de vivant en tous cas. Moi mon truc, je pouvais le nier autant que je le voulais, c'était de flinguer des gens. Eux tous étaient des moutons. A ce stade, j'étais même plus un loup. J'étais le croque-mitaine des légendes, le wendolls, peu importe la bête immonde que vous imaginiez, c'était moi. Quand je rencontrais un type, je savais évaluer à la cadence de battements de sa jugulaire s'il avait peur, s'il était excité, ou si vous ne l'impressionnez pas. Je notais la peur dans le regard, l'hésitation. Je n'en souffrais aucune. Cela ne me rendait pas moins fragile, croyez moi. Et j'étais là, assis sur une chaise, un bandage pourri sur la jambe, une blessure déjà sale et la blinde de sang perdu. En Ecosse, on avait tous ces joyeux drilles politiques qui tapaient du poing sur la table parce que des vampires baisaient leurs filles, des immigrés volaient leurs caisses et des loups garous chiaient dans leurs parterres. Le même genre de délires qu'on retrouvait partout dans le monde, où on aimait bien accuser les autres plutôt que se regarder dans un miroir et se dire que vraiment, ce qu'on voyait, c'était de la merde. Avant, c'était les étrangers, puis les surnat'. Prochainement, je savais pas ce que ce serait. Mais l'individu moyen continuerait de chier dans les bottes des autres en disant que le connard irresponsable, c'était l'autre et pas lui. Ce qui me différenciait de tous ces gens, car j'assumais totalement ce que j'étais.


Tous ces râleurs, opposition, extrêmistes, surnat', citoyens en ayant « marre »... Je continuerais de les baiser, jusqu'à la fin. Parce que les premiers reportaient la faute sur les autres. Les suivants le faisaient aussi. Les premiers accuseront les secondes de reporter la faute sur d'autre, et les suivants les accuseront de xénophobie. Et pendant ce temps là, Satan bouffe des Fingers et moi, je tue des gens. Le plus rigolo c'est que les gens honnêtes se fichaient bien qu'il y ai des meurtres, des violes, des rapines, des représailles, tant que ça ne touchait que les « mauvais » de la population. C'était tellement rigolo. Moi aussi, je prendrais bien quelques fingers.


Les radasses se pointent. Je sens la colère et la haine, mais Dark Vador ici, c'est moi. Ok. Six heures sans rien. Je sens que j'allais me marrer. J'étouffais un rire fièvreux quand la pute qui me voulait à poil me dit que j'avais réussi à « échapper brillamment »... Blablabla. J'avais plutôt échappé « bruyamment » que « brillamment ». Ce n'était pas ma faute si les flics de ce pays n'étaient que de grosses tapettes et qu'en plus, avant la guerre, ils n'étaient même pas tous armés. Les clampins. Dossiers chez elle ? Caca ! Les gens comme elle n'avaient pas de chez soi. Et l'autre qui se la joue gentil flic...Allez, j'mets ma bite sur la table et on rigole?



| Je fume pas, merci. J'essaie de prendre soin de moi ces derniers temps. |


Ah ah ah. Si elles savaient comment je m'en fichais d'avoir pris une balle, d'avoir mal, faim ou froid. Dans quelques heures, quelques jours... Je serais plus jeune et plus entier qu'elles. Et quand on voyait la gueule d'Oppenheimer, on se disait que c'était pas dommage.


| Autant pour la compétence de vos services, cible principale pendant plusieurs années... Alors que je suis qu'un simple commercial en imprimerie. Et puis franchement, vous me voyez, moi, flinguer des vampires ? Ce serait pas votre boulot plutôt, de chasser ceux qui sont méchants. Bah. Encore parce que je suis ukrainien en vrai? |


Je m'amusais beaucoup en tous cas, même si en sang et en sueur, j'étais moins reluisant encore que d'habitude. C'est dire.


| J'aimerais bien exercer les intérêts de la Monarchie Vampirique. Quand on voit un peu la tronche de leurs têtes couronnées, admettez que c'est autre chose que votre vieille couronne frippée, hein ? |


Ca va être long, six heures. En même temps, j'aurais fait quoi autrement ? C'était mieux que la télé.


| Bon allez, qu'est ce que vous voulez entendre ? |


Je ferme les yeux une seconde, tapote la table dans un rythme de furieux puis inspire.


| L'agent Oppenheimer ici présent me harcèle depuis un moment, maintenant. Oui, je brise le sceau du silence. Je ne serais pas une victime. J'ai déjà eu du mal à repousser sa dernière tentative de viol. Alors qu'elle se servait de son arme pour faire pression, nom de dieu ! Mais j'avais pas envie de lui sucer l'machin, moi ! On peut pas simplement me laisser tranquille ? Et voilà que je suis peinard chez moi, tout un régiment débarque en mode « on le tient pendant qu'elle l'encule » et paf, elle m'attend au coin de la rue... Et qu'est ce qu'elle fait ? Je lui dis que je suis pas ok, et elle elle me tire dessus ! Dans la jambe, comme ça ! « Suce ou crève » qu'elle m'a dit. Franchement, j'ai bien fait d'appeler à l'aide, non ? Et voilà qu'elle me traite de terroriste. De tueur ! Moi ! J'aime bien jouer à call of truc et j'ai déjà tiré, mais seulement des coups ! Déséquilibrée ! Je croyais être harcelé que sur mon lieu de travail. Maintenant, désolé agent Oppenheimer mais vous me laissez pas le choix. C'est ma vie qui est en jeu. Je tiens à porter plainte contre elle pour harcèlement sexuel. Tentative de viol, même. Cette barbare m'a craqué mon calebut' star wars la dernière fois alors que je lui avais dit niet camarade, tu remballes tes mains j'en aime une autre. |


Je souris comme un bienheureux vers son acolyte, l'espèce de nain aux cheveux gras. Je suis filmé, tout le monde m'a vu en entrant... Peut être que je serais buté mais n'empêche, ça sera tellement rigolo de devoir les voir s'expliquer. Surtout si Morgane a toujours les mêmes agents que ma Reine dans la bâtisse. Ah ah. Youtube, 10 milliards de vue. Je vais devenir célèbre, ci cette connasse me fume.


| Vous devriez faire gaffe, elle va aussi vous menacer, si vous combler pas un peu son énorme manque d'amour. |


toujours pas cap de me flinguer, maintenant qu'elle sera filmée. Ah ah. On va se marrer. Et p'tet mettre un p'tit coup d'pression à McBorough, je veux mon fric.

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mar 5 Jan - 22:49

Je me demandais, l'espace d'un instant, si j'avais bien fait de dire à la jeune femme de venir participer à cette petite sauterie. Je ne la connaissais pas encore vraiment mais, après tout, peut-être pourrais-je avoir une image bien plus réaliste de sa personnalité que lors de notre entretien où elle avait fait ce qu'il fallait pour paraitre comme la parfaite petite agent.

Levant un index dans sa direction, je soufflais à sa réplique, avec un léger sourire même si je commençais à bouillir à l'idée de ce qui allait surement être un des interrogatoires les plus foireux de mon existence.

"Uniquement s'il vous a vraiment tapé sur les nerfs Lehtinen. Je n'ai pas particulièrement envie de me coltiner des dizaines de rapports pour essayer de justifier tout ça. Je peux vous accorder un quota si vous voulez."

J'évitais tout juste une grimace quand Astrid évoqua le fait de lui poser des questions. En fait, très sincèrement mis à part lui demander des comptes à propos de tous ces gens qu'il avait tué et pour lesquels je n'avais plus la moindre preuve, j'étais quelque peu dans l'impasse. Mais, en voyant la mine de Torben, je réalisais que, de toute façon, les questions seraient probablement superflues. Il ne répondrait à rien et je devais probablement m'estimer heureuse qu'il n'ait pas encore simulé un arrêt cardiaque ou une connerie dans le genre. Il en était tout à fait capable en plus.

Sans faire de commentaire lorsqu'elle se pencha vers lui pour lui rappeler qu'elle avait bien compris son histoire de téléphone, je me lançais, essayant tant bien que mal de poser les choses et de résumer la situation. Je la regardais alors lui proposer une cigarette, ma foi, ça pouvait marcher. Ou pas avec ce taré, tout ce que j'avais pu apprendre durant mes années d'étude, d'analyse ou autre ne s'appliquait de toute façon pas avec lui. Je l'avais déjà compris quand je l'avais croisé dans le club et là, j'avais comme l'impression que ça ne ferait que se confirmer.

Elle continuait, avec le coup de la compassion et je guettais la réaction de Badenov, cachant mon scepticisme. Je réprimais difficilement un ricanement quand il parla de prendre soin de sa santé mais je le fixais toujours, attendant le moment où j'aurais probablement envie de le flinguer à nouveau.

Et bien évidemment, ce qui devait arriver arriva. Commercial en imprimerie ? Bin voyons. J'essayais de ne pas trop me focaliser sur le reste, sentant que ça n'allait pas me plaire. Et, allez savoir pourquoi, je fixais mon attention sur ses doigts tapotant la table alors qu'il partait dans le monologue le plus dingue que j'avais jamais entendu.

Je laissais alors filer un long silence, levant les yeux pour le fixer, les bras croisés tout en essayant de prendre de profondes inspirations pour ne pas lui éclater la tête contre la table. C'était tellement tentant, ne serait-ce que pour ne plus voir cet espèce de sourire de merde qu'il avait sur le visage maintenant qu'il avait fini son petit délire.

Décroisant les bras, je me pinçais l'arrête du nez alors que je cherchais des mots qui ne soient pas des insultes ou qui ne se résument pas à lui demander s'il était complètement taré. Je jetais un regard en direction d'Astrid, me demandant bien ce qu'elle pensait de tout ça et si elle allait le croire. Si elle le faisait, là j'aurais vraiment plus qu'à poser ma démission. Ou à le flinguer. Ou me flinguer. Ou peut-être un peu tout ça.

Il fallait pourtant bien que je me décide à rompre le silence, ne serait-ce que pour éviter de péter un câble pour de bon et je n'étais pas persuadée que la jeune femme le ferait avant moi. Alors, je lâchais, d'une voix étonnamment calme au vu de mon état de nerfs.

"Vraiment ? C'est ça que tu décides de nous sortir ? T'aurais pas pu trouver quelque chose de plus crédible, qui donne au moins l'impression que tu t'es creusé les méninges pour vraiment me mettre dedans jusqu'au cou ? C'est presque insultant en fait."

Je laissais échapper un soupir et je m'installais sur la chaise en face de lui et que j'en désignais une autre à Lehtinen.

"Et donc, on joue au jeu de l'histoire la plus débile c'est ça ? Ou t'as quelque chose de vrai à nous raconter ?"

Non parce que sinon, son caleçon star wars là, j'allais lui faire bouffer à ce rythme-là. Mais pas tout de suite. Surtout pas tant que les caméras étaient toujours en marche.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mer 13 Jan - 23:33


Je range mon paquet de cigarettes dans ma poche de veste. Ingrat. Tant pis pour lui. Je vais me contenter de l'enfumer sans la moindre gêne dans cette salle parfaitement isolée. Je suis certaine que cela ne lui fera ni chaud ni froid, rien qu'au ton ironique qu'il prend pour me répondre. Est-ce là le ton qu'il veut donner à cette interrogatoire, si persuadé qu'il est inatteignable ? La suite des événements risque d'être bien désagréable, autant pour lui que pour nous. Mais après tout, je connais peu d'interrogatoires qui se déroulent sans heurt, sans rébellion insensée de l'autorité. Ceux qui finissent entre ces quatre murs le sont pour une bonne raison.

C'est peut-être aussi ce qui m'incite à poser cette question à ma supérieure, jaugeant sa réaction. Je veux savoir jusqu'où elle est capable d'aller au nom de ses convictions. Et visiblement, très loin. Elle n'a pas hésité à tirer sur ce pauvre type sans la moindre preuve, seulement parce qu'il le méritait. Je serais capable de le descendre s'il représentait la moindre menace pour ma cause... Donc elle me plaît, à sa façon, encore une fois.

- C'est la paperasse qui vous gêne ? Je peux vous la fournir et vous vous contenterez de signer, c'est la moindre des choses. L'idée d'un quota me plaît assez. Et lui...

Je désigne Torben Badenov, d'un signe du menton, avec un fin sourire flottant sur mes lèvres.

- C'est quota illimité, je suppose ?

Ce n'est qu'une question pour la forme. Je le vois bien, à sa grimace, qu'elle lui a tiré dessus sans réel motif. Il ne dispose d'aucune information qui l'intéresse, mais elle n'a pas eu le courage de finir le travail proprement. C'est bien dommage... Maintenant qu'il est dans ses locaux, ce sera plus compliqué pour elle d'expliquer une quelconque bavure. Mais personnellement, j'aurais de nombreuses questions à lui poser. Ma curiosité n'a pas de limites pour ce genre de spécimens. Je veux savoir s'il me faut le ranger dans la case des utiles... Ou nuisibles à l'ordre que l'on instaure. Je n'ai rien contre les nettoyeurs, ou contre quelques déglingués isolés, mais on dirait qu'il est bien plus dangereux que ces deux cas précédents réunis.

... Et je suis bien loin de la vérité quand il se décide enfin à parler. Et il se déchaîne cette fois, lâche tout son fiel. Des paroles sans queue ni tête... Ou avec beaucoup de queue et assez peu de tête en l'occurrence. Je me perds rapidement dans son discours. Ukrainien. Commercial en imprimerie. Victime d'harcèlement. Tentative de viol... Il en mène une sacré couche.

J'aurais pu me contenter de rester stoïque, à le toiser comme le timbré qu'il est, du haut de mon mètre soixante et quelques... Mais je pars sur la réaction qui me paraît la plus crédible après une telle tirade. Je lâche prise. Un rire m'agite les épaules avant de me tordre en deux. Ca y est. Et je ne cherche même pas à me retenir alors que j'en suis presque à en pleurer de rire, tellement j'ai mal aux côtes. Et la tête de ma patronne, ce regard qu'elle me lance, n'arrange en rien mon hilarité. Ca valait le coup d'être présente, juste pour écouter pareilles conneries sortir de la bouche d'un fou. Ce mec est totalement déséquilibré, même si une certaine vérité filtre derrière ses paroles qui paraissent si incohérentes. Et à cette pensée, je retrouve progressivement mon calme. Il va vraiment me poser problème.

- Donc, si je comprends bien, tu n'as rien à voir avec la Monarchie Vampirique.


Je suis vraiment à tenter d'instaurer un semblant de discours avec ce timbré ? Je perds mon temps. Six heures. Je ne sais pas qui va en souffrir le plus, de ces six heures.

- Ce qu'on veut entendre ? La vérité, même si tes conneries sont très divertissantes... Elles ne sont pas au goût de ma patronne. Je peux imaginer que ça t'excite de te retrouver seul, avec deux magnifiques créatures, entre quatre murs, mais tu pourrais au moins garder un minimum de tenue, calbut' star wars inclus. Je peux comprendre ton désarroi... Ma patronne a préféré te tirer dessus, et toi, tu n'as pas pu tirer ton coup. C'est frustrant, mais c'est comme ça. Il ne faut pas t'en vouloir, ça arrive même aux meilleurs. Maintenant, si on pouvait éviter d'en faire tout un drame... Sinon je vous laisse régler vos problèmes entre vous et je repasse un peu plus tard. Oh, mais laissez tourner la vidéo. Comme ça, si tu en as d'autres de ce style à sortir, je pourrais les regarder en remplacement de mon feuilleton débile et comique du soir. Ce serait vraiment très gentil.


Je me glisse en bas de la table pour lui faire face, avec un sourire aussi doux qu'emprunté. Je lui tapote l'épaule, avec cet air presque compatissant, comme celui qu'on adresse aux chiots perdus qu'on ne peut malheureusement pas ramener chez soi. Puis mon sourire s'étire un peu plus quand je pose mes mains sur ses genoux pour appuyer de tout mon poids en continuant de lui faire face. Je me demande s'il va se contenter de se laisser faire et d'hurler sa douleur, ou s'il serait capable de rendre les coups. Peu importe. Si je le crois bien au-delà de sa propre souffrance, je compte le ramener bien vite à cette première préoccupation. J'introduis insidieusement mon pouvoir pour bien marteler là où ça fait mal.

- Et donc on disait... La vraie version ?

Au pire, il ne dira rien, et ça m'aura fait plaisir tout en me permettant de gagner des points auprès de ma patronne. Dans les deux cas, je devrais être gagnante. La paperasse ? Ce n'est pas moi qui vais la gérer de toute façon.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mar 19 Jan - 17:33

Ma couverture était depuis longtemps connue, fuitée, vérifiée et détruite. Mais je n'avais qu'elle. Et grâce aux complicités tant internes qu'institutionnelles et publiques, je n'avais pas eu à rougir qu'on découvre la véritable histoire. Les Russes avaient perdu toutes leurs données ou presque avec les "incidents" des Années Sanglantes et même avant cela, la complicité retorse de plusieurs pontes m'avait de toute manière permis de rayer les mentions adéquates de l'état civil. Cet Etat en déliquescence ne s'était jamais relevé de la mainmise des oligarques vampiriques qui avaient gangréné sa société de l'intérieur. Bref. Tout ça pour dire que les nénettes de la PES avaient sans aucun doute de quoi trouver que ce que je racontais n'était que des mensonges, mais sans pour autant rien avoir de tangible pour autant. De quoi sans doute reconduire ma garde à vue, me faire chier pendant longtemps. Mais dans cette histoire, il s'agissait plutôt d'eux qui perdaient le plus de temps, et pas moi.


Mon petit numéro blase totalement les deux pouffes qu'il y a assises face à moi. Tiens, j'ai moins mal à la chambre. La douleur est toujours brûlante, lancinante, mais elle me tire. Merci la vampirette pour tout ce pouvoir, toute cette puissance. Si je prenais garde et si je me maintenais au calme un petit moment, il n'y paraîtra plus. Ni cicatrices, ni rien. Banco ! La directrice semble complètement perdue, paumée devant tant d'infamie et de mensonges, et moi, eh bien je m'en branle le coquillard. Je sens que des mots bien amers qui se bousculent dans sa bouche alors qu'elle tait ce qu'elle aimerait beaucoup m'envoyer en plein dans la tronche. Elle reprend la parole, blasée, patiente, comme auprès d'un enfant ou d'un ado qui déçoit, qui blase, qui tourmente plus qu'il n'énerve vraiment. Ce qui me va tout aussi bien; méfiez vous de l'eau qui dort. Quelque chose de vrai à leur raconter? La blinde de trucs. Mais pourquoi? On m'a pas dit pourquoi je devais parler. Pour me faire arrêter? C'était déjà fait. Emprisonner? Même si je disais toute la vérité, certains gouvernants écossais avaient passé quelques pactes avec qui il fallait pour me l'éviter. Alors quoi? Renseigner le monde juste pour le rendre un peu moins con? Fallait pas pousser. J'attendais donc l'intervention de la seconde radasse. Qui me tutoie. Qui joue mon pote. Elle a pas été briefée? J'ai pas d'amis. J'en ai plus depuis des années. J'ai eu de tout dans ma vie, mais rarement d'amis. Erin avait été ce qui en approchait le plus, mais même ainsi elle restait différente. Bref. L'autre tordue manque de se pisser dessus de rire, avant de parvenir tant bien que mal à se calmer. Je haussais les épaules quand elle me dit que je n'avais rien à voir avec la monarchie vampirique.



| Ouais, tout à fait. Enfin, pas grand chose. Des clients comme les autres. Pour l'imprimerie, je veux dire. On est pas des racistes, nous! |


Et voilà qu'elle veut la vérité, elle. Je souris, guoguenard.


| C'est ça. Deux magnifiques créatures. Et moi, je suis Brad Pitt. Enfin, avant que ce connard hurle à la Lune. |


Je continue de sourire comme un bienheureux.


| Bien vu comment je suis ficelé, va d'abord falloir me tirer la braguette, fillette, sinon ta patronne va encore essayer de s'en prendre à ma superbe garde robe. |


Et voilà que cette grosse salope presse sur mon genou, qui se mue aussitôt en un gouffre de douleur. Par réflexe plutôt qu'hurler, je me mords la langue si fort que le sang inonde ma bouche. Je serre les dents, ferme la bouche et ravale en contenant un grognement de souffrance. Et cette migraine qui me choppe, je me rends compte que je vais finir par tomber. Ce serait rigolo quand même, les conséquences que ça aurait que Torben Badenov soit retrouvé claqué dans sa salle d'interrogatoire. Mon regard devient franchement mauvais. Mais j'inspire. Je souffle. Je me calme comme je peux. Ma voix se fait plus fraîche. Enfin un peu de sport.


| Putain, j'suis vraiment chez des comiques. |


Je crache un glaviot de sang par terre, sur le côté. De toute façon, ils ont déjà récupéré mon ADN, sans aucun doute. Avec tout ce que j'ai pissé dans la bagnole... Même s'ils ont pas le droit, ils le garderont sans doute. Alors je lâchais cette info là des deux mains.


| La vérité, mais sur quoi? Si vous me présentiez plutôt le motif de mon arrestation? |

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Lun 1 Fév - 15:15

La répartie de Lehtinen avait quelque chose d’amusant ou, en d’autres circonstances, de particulièrement glauque. J’avoue, je n’étais pas totalement décidée, mais je lâchais tout de même, pince-sans-rire.

"J’avoue, j’ai du mal avec la paperasse. Mais on pourra trouver un compromis."

Quand elle me désigna Badenov, je laissais échapper une grimace à sa question.

"Non, lui c’est un cas particulier, même pour le quota."

A dire vrai, je n’arrivais toujours pas à comprendre pourquoi j’avais autant pris cette histoire à cœur. Enfin si, je le savais très bien, si tout ce qu’il m’avait dit était vrai, il remettait tant de choses en cause dans mon fonctionnement, dans ma façon de penser et d’agir dans mon boulot que j’allais avoir du mal à m’en remettre. Qu’on efface des preuves, passe encore, qu’on me demande d’arrêter de mener une enquête, j’avais eu du mal à digérer mais je l’avais fait. Mais là, il cumulait beaucoup trop de casseroles, beaucoup trop de yeux qui s’étaient fermés sur son dossier pour que j’aie encore le sentiment que le travail pour lequel je me démenais en valait encore la peine. Ou alors, il fallait vraiment que je le fasse autrement pour être sure d’arriver à quelque chose.

Et là, voilà qu’il se mettait à raconter n’importe quoi. A mon avis, ce que je pensais de lui en cet instant devait se lire sur mon visage. J’aurais aimé être à la place de Lehtinen, capable d’éclater de rire devant tant d’absurdité mais non, j’étais tout simplement dépitée. Mais au moins, elle prenait le relai, quand bien même j’aurais du être capable d’intervenir de façon plus efficace, ce que j’aurais certainement fait si je n’étais pas face à cet homme-là précisément.

Alors que je les écoutais échanger, je baissais les yeux, fronçant les sourcils devant mon téléphone qui se mettait à sonner. Mc Borough. Il voulait quoi celui-là ? Préférant me dire qu’il ne s’agissait là que d’une vulgaire coïncidence, je reportais mon attention sur le suspect et Lehtinen, quelque peu curieuse de voir sa façon d’agir avec lui. Même si le fait que le voir souffrir m’apportait une satisfaction tout sauf neutre et objective, elle ne semblait pas bien plus efficace que moi. Il était probablement beaucoup trop taré pour qu’on en tire quelque chose et j’allais bientôt me retrouver avec une plainte sur les bras.
Qui serait foutue d’aboutir. Et cette idée me dérangeait passablement. Je secouais la tête, essayant de garder mon sang-froid et me contentant de souffler, de marbre face aux grimaces qu’il nous imposait, ignorant totalement le crachat et le sang par terre qui ne m’avait raté que de quelques centimètres. A croire que c’était volontaire et, pour un peu, je me demandais à quel point il aurait été prêt à me cracher dessus.

"Des comiques ? Et pourquoi donc ?"

Pas le temps de répondre à sa dernière question, qui de toute façon aurait été des plus délicates vu que délit de sale gueule ne serait probablement pas un motif suffisant pour lui avoir tiré dessus, qu’on frappait à la porte. Je me levais dans un claquement de langue agacé avant d’ouvrir d’un geste brusque.

"Patronne… je sais que c’est pas le moment mais, téléphone pour toi. Parait que c’est urgent."

Alors qu’il parlait, impossible de voir qu’il n’était pas en train d’essayer de voir ce qui se passait à l’intérieur. Je soupirais avant de secouer la tête.

"Tu lui diras que je suis occupée et que s’il veut me parler, il a qu’à se ramener ici. Il connait très bien le chemin."

Et, sans lui laisser le temps de répondre, je claquais la porte. J’embrassais la salle du regard avant d’attraper une chaise que je déposais juste sous la caméra de surveillance. Me hissant sur la chaise, je fixais l’objectif d’un air mauvais avant de lui adresser un signe obscène et de débrancher le tout. Ca ne manqua évidemment pas, mon téléphone se remit à sonner au même moment. De nouveau notre cher Mc Borough. Je m’arrêtais alors, hésitante, me demandant si je devais mêler ou pas la nouvelle recrue à tout ce joyeux bordel. Bon, il était un peu trop tard pour faire marche arrière, surtout après ce que je venais de faire et, au pire, j’aurais un témoin dans l’histoire si je finissais par flinguer ce dingue. Ou mon ancien patron. L’un dans l’autre, je n’étais pas tout à fait encore décidée.

M’installant à nouveau face à Badenov après un regard en direction de la jeune femme, je laissais filer, après un profond soupir et après avoir tendu mon téléphone à la nouvelle recrue. Qu’elle s’amuse à lui répondre, je n’étais plus à ça près de toute façon.

"Bien. Qu’est ce que le premier ministre pourrait avoir à dire à un … un quoi déjà ? Commercial en imprimerie c’est ça ?"

A ce rythme-là, j’allais voir débarquer ce connard de Mc Borough dans moins d’une heure. Mais, s’il faisait ça, il allait m’entendre. Il allait réussir à me faire saturer et, à train-là, il allait se retrouver à gérer la PES comme un grand s’il continuait à me faire des crasses pareilles. Tiens, mon téléphone sonnait à nouveau.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mar 9 Fév - 11:00


Quelque chose me dit que nous allons avoir, bien au contraire, beaucoup de paperasses à gérer dans les prochains jours. Je devrais peut-être éviter de le préciser à ma patronne qui semble, de manière assez alarmante, sur la brèche. De ces deux-là, je n’ai pas la moindre idée de qui serait le plus dangereux pour la cause que je défends. J’ai l’impression de me retrouver subitement dans un asile de fous, et si une chose est sûre, c’est que je n’apprécie pas les détraqués. Je devrais peut-être leur rendre service en leur tirant une balle dans la tête à tous les deux, et rendre service au monde entier par la même occasion. Une fervente de l’Ordre et un tueur en repentir dans l’imprimerie… Je pense que les choses pourraient bien s’équilibrer de cette façon. L’autre solution était de le prendre de manière bien plus détachée pour régler cette situation épineuse, avant qu’ils ne me tapent tout deux sur le système. J’avais certainement trouvé le moyen rêvé de renvoyer ma Directrice et de monter rapidement en grade, mais n’était-ce pas plus avantageux de la soutenir et de s’attirer ses bonnes faveurs ? En soi, l’équation n’était pas différente. J’avais dû faire le pire choix possible en décidant de la soutenir contre ce taré et lui donner raison.

- Tu n’as pas un peu l’impression de te foutre de notre gueule ?

Et lui qui a l’air de s’amuser comme un fou, c’est peut-être ce qui arrive à me convaincre de le remettre à sa place. Il ne me fait pas le plaisir d’hurler sous cette décharge de douleur qui émane de son genou. Dommage, mais au moins son regard à changer. Là, je vois davantage celui du tueur que me décrivait Sasha Oppenheimer. Ce type est bien trop résistant à la douleur pour ne pas être ce qu’elle prétend qu’il est. J’en ai vu des plus grands et costauds chialer comme des fillettes après ça.

- Oh, désolée… Je suis tellement maladroite. La braguette, tu disais ?

Je vais vraiment lui envoyer une nouvelle décharge directement dans l’entrejambe s’il continue à me chauffer. Il veut porter plainte pour harcèlement sexuel ? J’aurais bientôt un dossier long comme le bras à lui renvoyer dans la face s’il continue son petit jeu. Là, je suis en train de perdre patience, et c’est mauvais. Mais il a de la chance, ce vieux porc… Je me redresse quand quelqu’un frappe à la porte, me tournant vers mon collègue qui vient de faire irruption dans la pièce. Je viens d’entendre le téléphone de ma cheffe sonner, et ça recommence. Sa réponse sèche avant de claquer la porte me met sur la voie. Ce ne serait tout de même pas… ?

J’ouvre de grands yeux quand elle s’empare d’une chaise pour débrancher la caméra, après un beau doigt d’honneur devant l’objectif. C’est pas vrai… Ils doivent avoir plus de dix ans de plus que moi tous les deux, et c’est moi qui ai la cruelle impression de gérer deux gamins. Je me retiens au dernier moment de le lancer, ou de lui demander, à elle, de sortir de la pièce, de prendre des vacances… Va savoir. Je prends le téléphone qu’elle me tend, par réflexe, et reste deux secondes bloquée à lire le nom de « McBorough » à l’écran. Je réalise subitement que je suis dans les emmerdes jusqu’au cou.

Je me rassois tranquillement sur la table et décroche. Je crois qu’il s’était déjà fait une raison quand ce n’est pas la voix de Sasha qu’il entend au bout du fil, mais la mienne. Je ne prends pas la peine de me présenter, n’étant pas suicidaire à ce point. Si je peux me couvrir assez et faire en sorte qu’il m’oublie au plus vite…

- Oui, elle est ici. Elle est occupée à… Interroger un commercial en imprimerie pour harcèlement sexuel.

Je les regarde tour à tour.

- Oui. Compris. Je lui transmets le message.

Je crois avoir évité le plus gênant, mais vu le ton employé par le premier ministre, il était plus occupé à hurler des ordres plutôt que de poser des questions. Je décolle le portable de mon oreille et prends une longue inspiration avant de résumer ma conversation en quelques mots à peine, avec le ton le plus placide que je me connaisse :

- Il demande à ce que Torben Badenov soit relâché, immédiatement.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Ven 12 Fév - 23:43

| C'est comme ça qu'on appelle les gens qui font marrer, les comiques. Non? |


La torture. Franchement, en comparaison des trempes que j'avais subies pendant dix ans, ce que je venais de sentir, c'était atrocement douloureux... Mais les deux pucelles sous mes yeux allaient rendre leurs tripes bien avant que je ne me chie dessus. J'avais été formé par les meilleurs, et donc les pires. Passez donc des semaines enfermé et drogué par des substances hautement hallucinogènes qui vous empêchent en plus de dormir. Privé de nourriture, presque totalement d'eau, juste de ces drogues. Ajoutez à ça des apparitions faites exprès pour vous retourner l'esprit et encore un peu plus de souffrance, cette fois directement infligée, et vous verrez à quoi ressemble la vraie torture. Dans son genre, Augustus King avait aussi été un maître en la matière. Même s'il n'avait pas le temps, il était excellent pour vous démolir tout en vous gardant en vie. Sinon, il y avait toujours cette bonne vieille balle pour vous crever l'abdomen et vous laisser là, à gémir comme pas permis en attendant la mort.


Cela n'empêchait pas que je transpirais. Mon front était moite d'une sueur glacée. J'avais mal à la jambe, et j'avais perdu pas mal de sang. Sans eau, sans bouffe et sans repos, je finirais par m'effondrer comme une merde. J'avais déjà tourné de l'oeil en arrivant, et mon lien avec Krystel n'était pas assez fort pour me permettre de tenir ; si je tirais sur ses forces, ça risquait de faire plus de mal que de bien. N'empêche qu'à l'idée qu'elle ressente ma douleur et se précipite jusqu'ici comme une tornade indiscernable à l'oeil nu, pour estourbir tout ce joli monde et éclabousser les murs de torrents de sang, ben je devais reconnaître que ça avait le sexy d'une idée alléchante. Mais je me retenais, malgré tout. Tout juste lui faisais je ressentir que je ne risquais rien pour le moment, qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Confiance était le nouveau mot au centre de notre relation.



| Ah, chienne de vie, si tu m'ouvres la braguette, tu vas t'assommer avec ce qui va en sortir! |


Nous sommes interrompus par un coup de téléphone. Tiens, la délivrance. Dix balles que l'autre pétasse joue la forte tête encore un moment, avant de s'avouer vaincu. Qu'elle sera douce, sa gueule, au moment où elle aura compris que je l'ai baisée, et sans les mains en plus ! Je peux pas m'empêcher de me marrer quand la garce fait son numéro avec la caméra, et me questionne sur Mc Borough. Je souris de toutes mes dents.


| Ben... Je sais pas. Il veut peut être que je lui fasse les tracts de sa prochaine campagne? Ou alors un calendrier avec plein de femmes à poil dedans. |


Ah ah ah, j'suis trop drôle. Malgré les liens qui m'entravaient, j'avais juste assez de mou pour claquer des mains, alors que l'autre radasse illumine ma soirée.


| Ah, ben voilà ! Mais reste le problème du trou que j'ai dans la jambe. Je me contenterais d'un chèque plutôt que de vos carrières à toutes les deux. J'aime bien rigoler et on ne voudrait pas foutre à la porte deux recrues aussi prometteuses que vous deux, pas vrai ? Allez, je sais comment ça marche, vous avez un fond pour vos conneries, et là dans le genre bavure, c'est pire que Kevin qui se fait repérer par maman en pleine branlette. |


Je vais vraiment finir par tourner de l'oeil. Et merde. J'ai envie d'un sandwhich.

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Jeu 25 Fév - 15:43

Dire que j'étais à deux doigts d'étrangler Badenov pour lui faire passer l'envie de se foutre de moi était un doux euphémisme. Pour être totalement honnête, c'était peut-être pour ça plus que pour le reste que j'avais fait venir la nouvelle recrue. Pour éviter de le buter. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Je n'en savais rien du tout en fait. Je me contentais de lever les yeux au ciel à la réplique de l'autre con, préférant secouer la tête, la mine atterrée, comme pour lui rappeler que le comique c'était lui, pas moi. C'était pas mon genre.

Et voilà que la jeune femme faisais écho à mes propres pensées. Pour un peu je me serais dit qu'elle pouvait lire dans mon esprit mais, si c'était vraiment le cas, elle m'aurait probablement déjà fait enfermée. En tout cas, c'était ce que j'aurais fait à sa place. Je réprimais un soupir et je fronçais les sourcils, me demandant à quoi elle jouait en s'appuyant sur ses genoux. Elle ne devait pas lui faire bien mal mais, si c'était le cas, je ne devrais pas mettre un frein à ce qui s'apparentait tout de même à de la torture ? De toute façon, il n'avait pas l'air d'avoir bien mal mais difficile à deviner avec ce sourire à la con qui continuait de flotter sur ses traits.

J'assistais tout de même un rien médusée à leurs échanges quant au contenu de la braguette de Badenov, me retenant de balancer une réplique qui n'aurait fait qu'attiser les tensions. Et puis, nous n'avions pas besoin de ça, le passage de l'agent et le coup de fil qui suivit ne me laissant guère le temps de souffler pour réfléchir avec la jeune femme à la meilleure stratégie pour obtenir quelque chose de lui. Ma réaction primaire était probablement la pire à avoir mais je ne voulais pas lâcher l'affaire, pas maintenant.

Mais les choses ne se passaient jamais comme je le voulais. Je laissais claquer ma langue sur mon palais en réponse à la énième connerie de Badenov, lâchant, d'un ton blasé.

"Un calendrier ? Sérieusement ? T'aurais pu trouver plus classe le concernant non ?"

Et puis, évidemment, un nouveau coup de fil. Je fixais la jeune femme et pour un peu, sans bien savoir pourquoi, j'aurais éclaté de rire à sa façon de décrire ce semblant d'interrogatoire. Ou ce pitoyable raté. Un de plus dans ma liste.
Parfait, c'était tout simplement parfait. Seule la neutralité de la jeune femme m'empêcha de renverser la table, d'étrangler le prévenu pour de bon. Elle avait quelque chose de totalement surréaliste au vu de la situation absurde et je poussais une profonde inspiration, réussissant à me calmer, cherchant les bonnes options… avant que Badenov ne foute tout en l'air une fois de plus.

Chacune de ses paroles ne pouvait faire qu'écho dans mon esprit déjà totalement en bordel. Plus rien ne semblait être à sa place, j'étais incapable de savoir à qui me fier, que faire quand les gentils appelaient pour libérer les méchants dans un claquement de doigts ? Oui, c'était manichéen mais, en cet instant, j'avais du mal à faire la part des choses, encore plus que d'habitude. Je réalisais que j'avais du garder le silence un peu trop longtemps et je lâchais un toussotement, me relevant, bras croisés.

Je désignais alors Lehtinen d'un mouvement de la tête avant de hausser les épaules.

"Elle s'est contentée d'obéir à mes ordres alors ne va pas mêler sa carrière à ce qui s'est passé. Quant à la mienne… Quand je vois comment des connards comme toi pourraient s'en sortir après un simple coup de téléphone, c'est à se demander si ça vaut la peine de faire quoi que ce soit pour éviter d'être foutue à la porte. Parce que tu n'as rien d'innocent et tu le sais."

Alors oui, ce n'était probablement pas la réponse la plus appropriée ni la plus éloquente mais l'appel de Mc Borough était décidément la goutte d'eau d'un vase déjà bien trop plein. Le pire c'est qu'il y avait réellement un fond pour ce genre de choses et que, si ce n'était pas le cas, je faisais confiance à notre vénérable premier ministre pour trouver un montant suffisant pour qu'il ferme sa gueule. Mais en avais-je réellement envie ? C'était peut-être le moment parfait pour tout envoyer bouler pour de bon, pour en finir avec ces conneries.

Lehtinen pourrait témoigner de mon pétage de câble, de mon burn-out, de mon SPT… ah non je ne revenais pas de la guerre, ça ne pouvait pas marcher. Enfin, elle pourrait bien dire qu'elle avait vu la façade se craqueler au fur et à mesure.

Mais pas encore. Pas tout de suite en tout cas. Et encore moins devant ce connard.

Tendant la main pour attraper mon téléphone, je laissais échapper un soupir et je me contentais de rappeler le dernier numéro avant de lâcher, sans même laisser le temps à mon interlocuteur de parler.

"Je ne débourserais pas un centime pour lui. Ni la PES. Vous vous démerdez. Je suis sure que vous avez son numéro de compte sous le coude. Ca paiera peut-être en partie ce que vous me devez. Si cette histoire s'ébruite, je ferais ce qu'il faut pour que ce soit vous qui trinquiez. Et il va falloir qu'on ait une discussion. Et vite."

Même si on était loin du compte. Entre ses mensonges, sa surveillance, sa façon de me manipuler, j'en connaissais un qui allait devoir supporter de sacrés éclats de voix quand on se verrait. Et qu'il ne songe même pas à me faire porter le chapeau sinon, j'allais finir en tôle pour homicide à ce train-là.
Je me passais une main derrière la nuque, fermant les yeux quelques instants avant de reprendre, du ton le plus posé possible.

"J'imagine que tu n'as rien à ajouter Badenov."

En ce qui me concernait, j'avais juste envie de hurler un bon coup, de frapper quelqu'un, lui si possible mais c'était visiblement exclu. La nouvelle recrue devait avoir maintenant une super image de moi et je ne pourrais pas y faire grand-chose.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Lun 7 Mar - 19:36

J'ai soudainement un bon aperçu de pourquoi la PES est rarement prise au sérieux. Lui, est un bon exemple. C'est certainement un criminel que nous devions arrêter pour qu'il ne poursuive pas ses forfaits... Je ne remets pas en cause la parole de Sasha Oppenheimer sur ce point, mais la méthode n'est pas la bonne pour le faire chuter. De toute évidence, ma cheffe a perdu les pédales et je ne peux pas me fier à elle. Pour autant, en bon petit soldat, je ne me permets pas de la remettre en cause ouvertement devant cet abruti, ni celui que j'ai eu au téléphone d'ailleurs. A quoi bon ? Elle se compromet très bien sans moi, et le pire, c'est qu'elle m'entraîne dans sa chute. Je n'avais vraiment pas besoin de ça. Je retiens un rire nerveux en songeant que c'est peut-être simplement le bizutage qui est ainsi à la PES. Oui, mieux vaut le prendre ainsi. Ma carrière m'importe, parce qu'elle me permet de récolter de précieuses informations pour les Illuminati. Je ne peux pas échouer aussi bêtement à cause de deux instables qui ne peuvent pas se piffrer. Je devrais vraiment songer à les tuer tous les deux plus tard, mais pour le moment... Je me range plus volontiers à l'avis du premier ministre, parce qu'il est nécessaire de les séparer au plus vite.

Je passe au-dessus des nouvelles conneries que déblatèrent notre blessé, à propos de sa braguette, de calendriers... S'il continue sur cette lancée, c'est plutôt moi qui vais l'assommer. Qu'est-ce qu'il veut ? De l'argent, évidemment. C'est basique, mais assez vital dans notre société actuelle. Je me contente d'un bref sourire, polaire. Je me moque pas mal des fonds de la PES, mais si nous sommes obligés de piocher dedans, on ne s'en sortira pas sans qu'on nous réclame des comptes. Et le pire dans tout ça ? C'est qu'on peut me réaffecter très facilement à un autre service et se passer de mon concours, contrairement à Sasha Oppenheimer. C'est moi qui vais trinquer en premier, en tant que petite nouvelle fraichement débarquée. C'est bien ma veine...

Je ne sais pas pourquoi la Directrice se sent le besoin de défendre ma carrière auprès de ce cinglé et de prendre tout pour elle, même ces quelques initiatives malvenues pour lui plaire... Ca ne va rien changer. Si elle avait plus de poids que ça, Torben Badenov ne serait pas en mesure de la faire plier grâce à un simple coup de téléphone. Mais son influence à lui est bien plus grande que la sienne, et les jeux sont déjà faits. Quoique... Elle me détrompe en me prenant le téléphone des mains pour lâcher quelques paroles bien senties à McBorough. Voilà qui, à défaut de coincer ce type, nous permettrait de nous en tirer sans en perdre quelques plumes.

- Tu devrais peut-être justement plus te soucier du trou que tu as dans ta jambe et non de nos carrières ou de ton fric. Ca serait con de clamser dans une salle d'interrogatoire le temps qu'ils discutent de ton sort...

Je descends de la table pour me rapprocher de la Directrice en quelques pas, lui glissant quelques mots à voix basse :

- Vous devriez vraiment prendre des vacances, Cheffe. Je dis ça pour vous. Et je suppose que, vu que son dossier est totalement vide, ça ne gênera personne que l'enregistrement de cet interrogatoire disparaisse aussi.

Puis je gagne la porte, pour m'occuper de le supprimer immédiatement. Et surtout, il n'est pas question que je reste ici une minute de plus si c'est pour ensuite devoir adresser des comptes au premier ministre. Quelque chose me dit que ce sera très peu au goût de McCarthy. Non, je n'attends pas que Sasha me donne l'autorisation de sortir de la pièce, parce qu'elle n'a vraiment rien pour me retenir. C'est à cause de leur différent que nous sommes dans la merde jusqu'au cou. Je vais déjà devoir adresser de beaux sourires à mes collègues et quelques paroles rassurantes pour faire passer la pilule.

- Je vais en profiter pour appeler une ambulance pour venir le chercher, si l'affaire est entendue. Cher tueur en série... Je suis sûr que nous aurons l'occasion de nous revoir rapidement, si tu ne te reconvertis pas réellement dans l'imprimerie. Au plaisir.

Et je referme la porte derrière moi, les laissant seuls.
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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Mer 9 Mar - 21:54

J'ai faim. Je me sens mal. Fièvreux. J'ai perdu pas mal de sang. Je le sens, Krystel va me permettre d'encaisser la suite sans défaillir, mais je me refuse à trop prélever, trop présumer, de ses propres forces. Je ne tiens pas à ce que les choses n'empirent à nouveau. Alors je continue de me payer la tête de ces deux salopes, le temps qu'elles comprennent que c'était pas avec ces moyens-là qu'elles pourraient m'avoir. Oh, allez, je suis sûr qu'Oppenheimer l'a déjà saisi. Elle avait dû faire partie de l'équipe de McBorough qui avait flingué Cora et provoqué le bordel monstre du St James Center. Elle sait qu'on arrête pas les gars comme moi avec un mandat. Les mecs dans mon genre, on les attend dans leur planque, et on fait tout péter. Ensuite, on arrose le tout à l'arme automatique, et on passe contrôler dans le détail que le type n'a pas survécu, si possible en lui rajoutant un plomb ou deux dans le dentier, juste au cas où. Jouer dans les règles leur suffira jamais. Les semi-démons leur pisse à la raie, les vampires et les loups garous sont de base incontrolables. Comment la population pouvait elle accepter que des vampires et des lycanthropes ne se mettent à les protéger alors qu'il y avait trois mois de ça, ils participaient au grand carnage ? Les humains sont de gros teubés, des branleurs qui ne comprennent jamais rien à rien. J'allais me tirer moi, aller picoler dans un coin, bien au chaud entre deux cuisses, et je m'en foutrais de tout ça. Je lâche, dédaigneux, quand on me parle de McBorough.


| Quoi, il est classe, lui? |


Je pourrais lui raconter à son sujet des choses qui pourraient l'horrifier, l'estomaquer. Mais je ne le ferais pas. Car McBorough était la meilleure de mes assurances vie en dehors de Krystel. Il avait tout intérêt à me laisser peinard s'il voulait pas partir en confettis et moi, c'était tout pareil. Non pas que je risquais comme lui de voir ma carrière brisée, mes rêves anéantis et tout le pataquès, mais je tenais quand même à la vie. Après toutes mes tentatives pour la réduire, pour la perdre même, je n'avais jamais pu totalement m'y résoudre. J'avais essayé, pourtant. Mais l'instinct de préservation était le plus fort. Je laissais Oppenheimer à toute sa rancoeur. Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'elle ne digérait pas une seule seconde de se retrouver dans cette posture, dans cette impuissance. Sa collègue prenait un peu mieux les choses, je ne savais pas pourquoi et je m'en fichais. Tout ce qui comptait, c'était que je n'allais plus trop tarder à sortir, maintenant. Oh, je comptais sur eux pour bien me faire chier jusqu'au bout. N'empêche que j'avais raison. Ils n'avaient rien sur moi. Ils avaient eu des tas de meilleurs occasions de me chopper mais cette fois-ci c'était mort. Je haussais les épaules à la diatribe de la directrice.


| Prouvez le contraire. |


Elle reprend le téléphone et crache son venin sur McBorough. Toi mon gars, tu vas avoir un problème assez sérieux, si tu ne fais rien contre ça. Il a ces deux radasses au colback, de ça j'en suis plus que certain, vous pouvez me croire. Je reporte mon regard sur l'autre, la plus jeune des deux.


| J'en ai connu de pires, en me rasant le matin... |


Et paf ! Celle là,elle l'a pas vue venir. Bon c'est pas tout ça mais faut que je me casse. Je me sens mal, putain de merde. Je lâche à la grognasse qui m'appelle une ambulance.


| Pas besoin, on va passer me chercher. Et arrêtez de me calomnier, ou je rajoute un procès en prime. |


Sans déconner... Je manque de tourner de l'oeil trois fois quand qu'on vienne effectivement me trouver pour me ramener. Les hopitaux et moi, ça fait jamais très bon ménage. Et j'ai un ange gardien qui sait toujours où je me trouve, et qui est bourré de ressources...

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MessageSujet: Re: Let's have a little talk... or not... | Astrid & Torben   Jeu 10 Mar - 15:05

Il y avait des jours comme ça où il valait mieux rester couché. Et bien je pouvais vous garantir un truc, c’est que ce jour était arrivé pour moi. J’étais partagée entre l’envie de me barrer cet endroit et de ne plus jamais y mettre les pieds et celle, de plus en plus croissante, d’achever cet abruti.

Mais même mort je pouvais parier qu’il serait capable de trouver de quoi me prendre la tête encore et toujours. J’avais du mal à cerner Astrid ou ce qu’elle pensait. Enfin si, j’vais une vague idée et à mon avis, ce n’était pas particulièrement glorieux pour mon image. Je réprimais un profond soupir et me contentais de lui fusiller du regard alors qu’il me demandait si Mc Borough était classe.

Celui là allait aussi me le payer. Je ne savais pas trop encore comment mais c’était une certitude. Je fixais Badenov dans les yeux avant de souffler, d’une voix tranquille.

"Je le ferais. Et cette fois-ci, y aura personne pour te couvrir je peux te le garantir. Et Lehtinen a raison, tu devrais plutôt te soucier de ta jambe au lieu de nos carrières, on s'en sortira très bien sans toi."

Au reste des propos de la jeune femme, difficile de retenir une grimace. C’était définitif, elle devait me croire cinglée.

Merveilleux. Je me contentais de hocher la tête au reste de ses propos avant de souffler, toujours sur le même ton.

"Ca ne gênera personne effectivement. Comme s’il ne s’était rien passé."

Je commençais déjà à réfléchir à la meilleure façon d’expliquer au reste de l’équipe qu’une fois de plus, la Mort nous filait entre les doigts. Et sans impliquer notre cher premier ministre. Je n’avais pas particulièrement envie de jeter de l’huile sur le feu. Enfin si, mais pas comme ça, pas à cause d’un élan de colère incontrôlé. Si je devais vraiment arrêter de jouer dans les règles, ce serait comme je le voudrais et pas en fonction de leurs humeurs. La jeune femme avait quitté la pièce sans demander son reste et, à la réflexion, j’aurais probablement fait exactement la même chose à sa place. Je me demandais vaguement, l’espace d’un instant, à quel point notre prochain tête à tête serait gênant mais, après tout, chaque problème en son temps n’est-ce pas ?

Je reportais alors mon attention sur Badenov et je soufflais en secouant la tête, sans cache ma mine dépitée.

"Je t’attends pour le procès, pas de soucis. "

Et je quittais la pièce sans un regard en arrière. Je m’adossais alors contre le mur, à coté de la porte de la salle d’interrogatoire pour attendre. Pas longtemps à mon grand dam, à croire qu’ils n’attendaient que ça, qu’ils étaient déjà devant l’immeuble à attendre les ordres du grand patron. Cette pensée, autant le dire tout de suite était pour le moins désagréable et n’aidait en rien à gérer cette espèce de paranoïa grandissante. Je ne connaissais pas les deux hommes et j’arquais un sourcil alors que je les observais avec attention, leur indiquant la pièce où ils pouvaient récupérer leur colis.

Un dernier regard en direction de Badenov qui s’éloignait et, ignorant les mines interrogatives de mes hommes, je claquais la porte de mon bureau, attrapant mon téléphone. Cette fois-ci, ce connard, premier ministre ou pas, allait m’entendre.
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