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"Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]
MessageSujet: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Mar 1 Déc - 10:23


La porte s'ouvre à la volée. Je me réveille en sursaut, avant de resituer où je me trouve. Des piles de dossiers amoncelés à ma droite et ma gauche, des chiffres qui dansent juste sous mes yeux et l'écran lumineux de l'ordinateur un peu plus loin. Le retour à la réalité est assez brutal... Je suis bien dans mon bureau. Ca faisait longtemps.

Mon assistante me jette un regard assassin, depuis le seuil de la porte. Quelle plaie. Elle m'a donné tout un livret sur la comptabilité à me rentrer dans le crâne, mais je suis tellement claqué qu'après quelques dizaines de pages, j'ai sombré direct. C'est peine perdue. Quoi qu'elle fasse, il m'est impossible d'ingurgiter autant d'informations pour rattraper le retard de longues années à ne pas étudier. J'ai appris sur le tas, et certainement pas dans des livres. Au moins, elle a arrêté de me considérer comme un arriviste parfaitement inutile pour faire tourner cette entreprise... Non, elle essaie d'inverser la tendance. Par contre, elle m'en veut toujours pour mes absences prolongées, même si Nolan lui a expliqué la situation. C'est vrai, c'est un peu elle qui fait tourner la boîte à plein régime. Je suis là, c'est déjà une nette progression. Je me passe une main sur le visage quand elle dépose de nouveaux dossiers sur mon bureau.

- Encore de la paperasse à signer, sérieusement ?
- Ce sont les CV des personnes que nous allons rencontrer aujourd'hui... Que tu vas rencontrer aujourd'hui, pour être exact. Je t'ai préparé une liste de critères, des questions évidentes à leur poser et...
- Ok, ok.
- Rends-moi service et ne les fais pas fuir. Tu prends des notes et tu t'en tiens au discours, ça devrait aller non ?


Je lui rends un regard sceptique, depuis le fond de mon fauteuil. Elle me prend vraiment pour le dernier des abrutis. Je fais l'effort surhumain de ne pas répondre, pour éviter de recevoir un nouveau coup de fil de Nolan pour mettre les choses au clair. Franchement, il a mieux à faire... Et je reçois assez de coups de fil de sa part ces derniers temps, à parler de la sécurité qu'il veut constamment renforcer. On a eu plutôt de la chance. Les locaux ont tenu bon et les travaux pour réparation ne nous ont pas coûté bien cher. Il faut dire que les ateliers de production sont à l'étranger, alors on n'avait pas grand-chose à perdre. La drogue peut-être, mais elle ne transite pas directement ici et ils sont plutôt rapides dès qu'il s'agit de tout embarquer et de débarrasser le plancher. Après trois mois, tout est donc comme neuf, et les affaires n'ont jamais cessées d'être florissantes depuis les années sanglantes. Evidemment, tout le monde a besoin de se fournir en médicaments, comme en drogue d'ailleurs.
Alors, même si mon assistante a cette attitude revêche de la parfaite maniaque du contrôle contrariée dans ses plans, elle ne peut décemment rien dire. En soi, ce sera plus épanouissant de faire passer des entretiens que de me farcir encore ce livret de compatibilité. Même sans toutes ses grilles préparées à l'avance, ce n'est pas bien difficile de comprendre qui fera l'affaire ou non.

- T'as qu'à appeler la première, et tu verras bien si elle ressort en pleurant.

Je tourne le CV pour lire son nom. Gabriel Hudson... Aucune photo, dommage. Enfin, je vais vite me rendre compte de la marchandise. Voilà de quoi me changer les idées de ces dernières semaines de calvaire finalement. Je prends le sourire du parfait commercial quand on la laisse entrer dans mon bureau... Sourire que je perds bien vite en reconnaissant ce joli minois. Pour une coïncidence... C'est possible d'avoir autant de malchance ? Mon regard passe du CV à elle en une fraction de secondes. Il colle bien au phénomène qui se tient en face de moi, à bien y regarder. Je lâche un bref rire. Mon assistante va vraiment me tuer si je la fais partir en courant, je suis pourtant sûr que Gabriel en meurt d'envie avant même que je ne prononce un mot. J'hésite à lui dire de repartir direct, de ne pas se fouler parce qu'elle ne sera pas prise pour ce poste... Mais j'ai envie de m'amuser un peu aussi. Je repousse les grilles de critères, sors tout de même mon carnet pour prendre des notes.

- Ravi de te revoir... Gabriel Hudson, c'est bien ça ? Je te laisse prendre place et me faire ton petit speech de présentation, ou tu veux qu'on rentre direct dans le vif du sujet ?

Moi qui pensais m'ennuyer dans ces bureaux aujourd'hui... Je ne vais pas être déçu de m'être pointé.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Mar 1 Déc - 14:52

Je regarde ma montre, assise sur la petite chaise presque inconfortable de la salle bien décorée. Je ne suis pas seule à attendre. Bien entendu, c’était une stratégie basique que de mettre tous les concurrents dans la même salle pour faire monter la pression. Ils se jaugeaient les uns les autres, se lançant des regards assassins. Stupide. Je n’étais pas du genre à me stresser sur ce genre d’entretient. Peut-être était-ce pour cela que personne ne m’avait encore embauché, même si je persistais à penser qu’il ne s’agissait là que de malchance. Alors, les voir jouer des mécaniques histoire d’intimider les autres ne me m’impressionnait franchement pas le moins du monde. Il faut dire qu’avec la proposition de Luke, plus la sécurité amenée par ma cousine. Niveau perspective d’avenir, je n’étais pas trop incertaine, se voir refuser cette place non vitale n’était par conséquent pas un problème. Mais voilà, je préférais mettre toutes les chances de mon coté et j’avais accepté cet entretient avant ma rencontre avec Luke.Je me devais d’être présente, c’était une question de respect.

Ce qui semblait être la secrétaire arrive dans la salle. Sa mine est indéniablement contrariée, mais son ton reste très professionnel. Tirée à quatre épingles, droite comme un « i », elle demande au premier de s’avancer et d’aller dans la salle du fond. La première devrais-je dire. C’était à moi d’inaugurer les hostilités. Je sens les regards se poser sur moi, lourds de reproches silencieux. Je les ignore, ces abrutis n’ont vraiment aucun intérêt à mes yeux. Je suis la femme, dont j’aime les manières, et rentre dans la salle indiquée pour me stopper net. Qu’importe la déco, le bureau bordélique, les belles étagères de bois, la seule chose que je vois, qui occulte tout le reste, c’est lui.
La porte claque dans le silence qu’aucun de nous ne semblait vouloir briser. Il faut dire que c’était… simplement… impossible ?
Je veux dire comment pouvait-il se trouver là, lui ? Cette espèce de singe débile et sans manière. Mes yeux prennent une lueur mauvaise, tandis que je le toise.

-C’est une blague ? Ma voix est tranchante. Bien plus que je ne l’aurais pensé.

A peine sort-il trois mots que j’ai déjà envie de lui arracher la langue. Il est hors de question que j’accepte ce travail. Que j’ai de quoi me retourner ou non, je ne travaillerais pas avec cet animal. Sans parler du fait qu’il avait mentionné la meute et qu’il y avait bien peu de possibilité quand à la signification de ce mot. Je ne voulais clairement pas me vautrer dans une situation qui risquait de devenir intenable. Tant à cause de son caractère insupportable que pour ces fréquentations douteuses.
Pourtant, il n’était pas non plus question de perdre la face. Alors je prends la chaise pour m’asseoir face à lui. Rien que de le voir m’énerve.
Je me rappel la mine agacée de la secrétaire et tout devient alors limpide. Certain attirait les gens par un charisme naturel. Lui, les faisait chier. C’était physique, il n’y avait pas d’autre explication possible. Il s’appelait donc Malcom, je ne pense pas m’amuser à le nommer. Je sens que lui, par contre, prendra un malin plaisir à le faire dès que l’occasion se présentera, juste pour s’amuser à m’énerver un peu plus. Il faut dire que notre première rencontre n’avait pas été bien glorieuse et j’en gardais d’assez mauvais souvenirs. Lui aussi d’ailleurs, à en juger par les tâche rouge qui avait sali son pantalon lorsque nous nous sommes séparés.

Il ne serait pas violent ici, je ne pensais pas, mais sans nul doute qu’il allait se venger… tsss, comme si j’allais me laisser faire.


-Je crois que les présentations sont inutiles, non ? A moins que tu ais déjà des troubles de la mémoire. Rassure moi, dis moi que tu es un remplaçant….

Oui j’espérais encore, je n’arrivais tout simplement pas à comprendre comment cet énergumène c’était retrouvé à ce poste. C’était impensable qu’un homme avec si peu de finesse et tant de violence arrive ici, comme une fleur. Il y avait une erreur quelque part.
Sans surprise, son bureau était un bordel sans nom, les dossiers s’entassaient, les feuilles se mélangeaient. Cela ne faisait que confirmer mes doutes.
C’était une blague.


[hrp: Youhouuuu ]
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 5 Déc - 11:19


Gabriel me fixe, avec ce regard mauvais, avant de lâcher des premières paroles bien senties qui ravivent aussitôt mon rire. Elle a dû comprendre immédiatement que ce poste lui échapperait, dès que nos regard se sont croisés, et perdre tout sens des convenances. Oui, parce que pour un entretien d'embauche, ça se pose-là.

- Je me posais la même question. Qu'est-ce que tu fous ici ? Enfin... Quelles sont tes prétentions pour ce poste ?

Je manque à nouveau exploser de rire en relisant cette phrase toute faite sur la fameuse antisèche que m'a rédigé l'assistante. Ca colle parfaitement bien à la situation. Non sérieusement, c'était trop tentant de lui sortir comme si de rien n'était, surtout quand ce regard ne me lâche pas. En cet instant, elle doit avoir bien davantage des yeux de meurtrier que je n'en aurais jamais. J'hausse un sourcil étonné quand elle se tire une chaise pour s'installer en face de moi. J'aurais parié qu'elle filerait vers la porte sans demander son reste... Bon, si elle compte jouer le jeu, autant ne pas la décevoir. Je me penche sur le bureau, les mains croisées devant moi.

- Je crois, au contraire, qu'il serait intéressant de reprendre depuis le début, mademoiselle Hudson.

Elle serait étonnée de voir à quel point je peux donner le change, à condition que je m'en donne la peine. C'est comme partir en chasse avec tout l'équipement nécessaire au bon tueur à gages, enfiler un smoking peut vous faire drastiquement changer de comportement. Je suis rarement le même, quand je dois faire tourner cette entreprise, que quand je suis au sein de la meute ou en chasse après un contrat. Seulement, plusieurs univers se confrontent subitement à la voir se tenir devant moi, comme cela peut arriver avec mon assistante, qui est bien l'une des rares employées à connaître mes occupations nocturnes... Et devoir s'échiner à trouver des justifications plausibles pour mes absences.

- Malcom Hastings, enchanté.

Je tends la main en avant, mais je parie qu'elle ne va pas la prendre.

- J'espère que tu as un minimum révisé ton dossier avant de venir... Suffisamment pour que ce nom ne te soit pas inconnu.

Et non, je ne suis pas un remplaçant. Cette firme est celle de mon père adoptif, et c'est moi qui fait tourner les affaires ici puisqu'il se trouve à Londres. Oh bien sûr, ce n'était bien qu'une couverture à la base... Et c'était vraiment mon assistante qui se chargeait de tout. Mais avec le temps, on a fini par trouver un équilibre, même si elle refuse toujours de me faire le café, et que j'ai toujours interdiction de la toucher.

J'arbore un sourire presque serein, en faisant des piles un peu plus propres sur mon bureau pour me libérer de la place. Ce même sourire quand je réfléchis par où commencer, quand j'ai envie de faire souffrir quelqu'un. Oh et, pendant que j'y pense...

- Un café, ça te dit ?
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 5 Déc - 20:45

Mes prétentions pour ce poste ? Si je devais travailler avec lui, strictement aucune. Je ne lui ferais pas le plaisir de tourner les talons pour qu’il puisse se rengorger dans son égo de grand mâle dominant. Je ne voulais pas, plus, de ce boulot. Ce n’était pas pour autant que je le laisserais gagner. Quoi je n’en avais pas la moindre idée, mais cette étincelle qui dansait dans le fond de ces yeux avait le don de m’exaspérer plus que ça n’aurait dû.
Comment était-il arrivé à ce poste… La question tournait dans mon esprit sans réussir à en trouver la réponse. Il n’avait, à mon sens, aucune qualification pour s’occuper d’une telle entreprise. A moins qu’il ne soit juste qu’un taré étant entré ici par inadvertance et se faisant passer pour le patron. Oui, j’étais sérieusement en train d’envisager cette possibilité. Je m’installe et je le sens surpris. Mon chaton, ne croit pas me faire peur, je ne vais pas simplement partir en te laissant ce foutu sourire aux lèvres. Je joue avec le feu, je m’en rends bien compte. Mais, certaines fois, la fierté prévaut et remettre cet imbécile à sa place est bien trop tentant. Quel était sa place d’ailleurs ? Dans une porcherie certainement.

La brulure allait être sévère…


-Gabriel Hudson. Tu ne m’en voudras pas si la réciproque n’est pas là.

Je lui souris, glacial. Je regarde un moment sa main hésitant à la prendre ou non. Au moins, semblait-elle propre. J’en étais venue à douter qu’il connaisse la notion même de la douche. Finalement, je l’empoigne, ce faux sourire qui m’écorche les lèvres toujours là. S’il se montrait courtois, autant jouer le jeu, même si je savais que le masque cachait un bien piètre cavalier.
Un soupir silencieux traverse mes lèvres, mon esprit me hurle de me barrer d’ici, ma fierté m’en empêche et son visage commence déjà à me déprimer. Ou est-ce son arrogance ? J’hésite. Il semblerait qu’il est bien à la place où il doit être, le singe a un nom et pas n’importe lequel. Je le toise avec une expression que je sais hautaine. Il avait ce mérite d’avoir réussi récolter une rancœur que je ne soupçonnais pas. Forcément ça laisse des traces, surtout s’il commençait à me prendre pour une débile.

-Ais-je l’air aussi stupide ? Je suppose que tu n’as même pas lu le miens de dossier, alors arrête cette tentative de me narguer. Bien sur que je connais ce nom.


Je n’allais pas postuler n’ importe où. Peut-être était-ce la raison de son comportement d’enfant capricieux. J’en doutais cependant, il était trop violent pour que ça colle totalement. Une aura d’animal, ce genre d’impression qu’il pouvait vous sauter à la gorge n’importe quand, lui collait trop à la peau pour qu’il endosse le rôle du gosse de riche pourrie gâté et délaissé par ces parents. Je n’arrivais simplement pas à le voir à ce rôle. Pour moi, il n’était qu’un usurpateur, son visage angélique aux sourires de fauves n’avait rien à faire derrière ce bureau.

-Non, merci.

C’était étrange de le voir ainsi. Avec des manières, presque un semblant de politesses, alors que c’était justement ce qui avait provoqué notre altercation, son manque de respect. Je n’étais cependant, pas encore prête à me laisser servir quoi que ce soit. Je me méfiais trop. Je ne voulais rien venant de lui et pourtant…, J’étais là, assise, à discuter.
Pourquoi ?
N’y avait-il réellement qu’une question d’égo ? Comme s’il pouvait y avoir autre chose. C’était stupide.

-Un conseil, n’appelle pas ta secrétaire pour ça. Elle a l’air d’avoir aussi peu de sympathie pour toi que moi.

Et si une dispute devait éclater, je serais de son côté. A celui la secrétaire, pas de Malcom.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Dim 6 Déc - 19:43


Je lâche un bref rire. Décidément, elle n'en rate pas une...
Je m'entends à ce qu'elle refuse de se saisir de ma main tendue, mais elle me surprend sur ce coup-là. Je ne pensais pas qu'elle allait jouer le jeu, même si elle a ce sourire atrocement crispé au visage, capable de raviver mon rire à lui seul. Que j'adorais la faire chier.

Lui révéler mon nom a son petit effet. Je me renfonce dans mon siège, les mains croisées devant moi. J'ai ce sourire qui ne me quitte pas alors que je la sens hésiter. J'ai besoin de me passer les nerfs sur quelqu'un, et Gabriel est la cible idéale pour ce faire. J'espère réussir à la faire partir en pleurant de mon bureau, même si cela risque de jeter un froid auprès des autres prétendants au poste. Au moins, ils sauront à quoi s'en tenir avec moi. J'avais tendance à vite jouer les requins dans le domaine professionnel.

- Voyons voir...

Je laisse de côté la grille de critères pour m'attarder avec plaisir sur le dit dossier. Rien ne m'étonne, dans ce qui est écrit sur ce bout de papier.

- Ecole de comptabilité... Voilà qui n'a rien d'étonnant, venant de ta part. Travail dans une librairie... Je m'en serais douté aussi. Tu as typiquement le profil auquel on peut s'attendre, aucune surprise. Ah tiens... De l'escalade et du tir à l'arc, vraiment ? Tu passes ton temps à des activités d'extérieur ? Pour un rat de bibliothèque, au moins un point qui dénote avec le reste. Je me suis peut-être trompé sur ton cas. Je parie que tu es... Un métamorphe écureuil. C'est typiquement un animal qui aime bien organiser ses trouvailles, monter partout, et qui tient un peu du rat avec juste le poil plus touffu. J'ai vu juste ?

Je referme le dossier et la fixe intensément. Est-ce qu'elle va encore me faire le coup de ne pas comprendre de quoi je parle ? Ce n'est pas comme si elle pouvait se défiler aussi aisément que la première fois. On dirait que c'est l'évocation de la Meute qui l'a refroidi. Quelque part... Tant mieux. Je préfère éviter de ramener un cas comme elle parmi les Loups, déjà parce que je risquerais de me la coltiner au quotidien, ensuite parce qu'elle ne s'intègrerait jamais. Les Loups sont trop bestiaux pour elle, qui a l'air de vouloir se montrer raffinée et supérieure à sa condition. Dans mon langage, on appelle ça péter plus haut que son cul.

Elle est néanmoins sensible aux politesses, comme si lui parler en mettant la forme rattrapait tout. Je comprends qu'elle éprouve de la sympathie pour Brigit, elles ont l'air d'avoir en commun la manie du contrôle et de l'organisation. Chaque chose doit avoir sa place... Et ce qui la dérange chez moi ? Certainement la même chose que ma secrétaire : L'impression que je ne suis pas là où je devrais être.

- Oh mais elle m'aime bien, à sa manière... Ce qu'on appelle l'amour vache. Brigit est une douce tortionnaire, mais elle sait se montrer indispensable. Par contre, elle ne sert jamais le café.


J'hausse les épaules, nonchalant. Je continue de la fixer depuis mon fauteuil, avant de désigner d'un mouvement de tête son dossier.

- Je l'ai lu. J'attendais simplement que tu m'en dises un peu plus sur toi, l'écureuil.

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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Dim 6 Déc - 20:58

Mes doigts pianotent sur l’accoudoir de mon siège. Seul signe de mon irritation, je savais pertinemment que ce simple geste devait le faire jubiler. C’était le genre de personne malsaine qui aimait se repaître des sentiments négatifs qu’elle provoquait. Un charognard porcin, merveilleux. Mon dossier sur son bureau, il prend un malin plaisir à le lire et le commenter. Comment un si brillant parcours pouvait sonner si pitoyablement dit avec cette bouche méprisante. Il devait avoir des années d’entraînement à n’en pas douter.
Gosse de riche, gosse de rue ?
Décidément, rien ne lui collait vraiment à la peau, il prenait le plus mauvais côté de chaque cas de figure pour en faire un amalgame difforme. Je retiens un sifflement mauvais, je tente de lui répondre, mais il me coupe l’herbe sous le pied.

Métamorphe.

Encore ce mot, stupidement incompréhensible. Je passerais sur le fait qu’il me traitait, à demi mot, d’écureuil, de rat à poil. Je le retiens, je gueulerais plus tard pour cet outrage. Pour le moment, mon cerveau déconnecte un instant, je sais l’expression que j’ai. Les sourcils légèrement froncés, le nez retroussé par des lèvres pincées. C’était la raison qui l’avait fait m’aborder la dernière fois, c’était ensuite qu’il avait mentionné la meute. Je ne comprenais pas ce terme, ce qu’il cachait pour qu’il en vienne à s’identifier, d’une manière ou d’une autre, à moi. La première fois, la colère ne m’avait pas fait relever, pas tant que ça. Cette fois, c’était différent.

-Tu peux arrêter de faire l’enfant et d’utiliser des termes obscurs, pour ne pas dire inventés. Sans parler du fait que… Un métamorphe ? Un écureuil ? Sérieusement ? Tu n’aurais pas pu trouver mieux comme insulte.

Oui, plus tard, voulait approximativement dire une seconde après avoir éclairci la situation. J’avoue, ma défense était bien molle, outre le fait que c’était la première fois qu’on me comparait à un rongeur roux et poilu. Les mots qu’il employait me perturbaient. Un écho dérangeant faisait remonter à la surface un malaise bien plus ancien que la simple rencontre avec cet abruti. Des bulles tentaient de crever la surface de ma conscience et mon esprit se rebellait avec violence. Un début de panique pointait, je la jugule sans trop de mal, muselant la boule qui voulait entraver ma gorge. Il n’y avait pas de danger ici, la connerie n’était pas contagieuse.

-Raison de plus pour refuser, je n’ai pas envie d’être empoisonnée. Mais, désolé de te décevoir, je pense qu’il n’y a aucun amour dans votre relation don juan. Le visage ne fait pas tout.


Je m’installe dans le dossier de ma chaise. Avec un sourire mauvais. Qu’il me traite encore d’écureuil et je jure que je reviendrais le lui en faire bouffer un. Simplement par principe, l’insulte n’était pas si blessante.

-Alors comme ça, tu sais lire. Félicitation. Mais, je n’avais aucunement l’intention de te raconter ma vie. Tu en sais déjà plus que nécessaire. Si tu y tiens tant que ça, c’est donnant donnant. Les informations sont une monnaie comme une autre.

Il voulait jouer, jouons. Je n’étais pas assez frileuse pour courber l’échine et puis ne disait-on pas qu’il fallait connaitre ses ennemis encore mieux que ces amis ? Les proverbes se trompaient rarement, dans mon cas, j’étais clairement désavantagée par ce bout de papier.
Finalement, je ne savais rien sur lui.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Mar 8 Déc - 22:52


Gabriel n'essaie même pas de dissimuler l'agacement que je peux lui inspirer... Tout comme je ne prends pas la peine d'arrêter de lui sourire avec cet air provocateur qui me colle à la peau. Elle m'amuse. C'est un véritable plaisir de retourner ce cerveau si bien rangé, et on dirait que je mets encore dans le mille en l'attaquant de front sur sa nature. Je me souviens très bien de sa réaction, la première fois, à nier l'évidence avant de laisser place à la confusion la plus totale. Point sensible, de toute évidence.

Je lâche un bref rire et secoue la tête, quand elle me traite d'enfant et réclame des explications. J'hausse un sourcil, subitement perplexe. Le voilà le problème, elle doit en être au même stade que je l'étais, à mes douze ans, quand Nolan Hastings est venu me confier que je n'étais pas seul dans mon cas. Et c'est moi qu'elle traite d'enfant ? Je m'avance dans mon siège, posant mes mains croisées sur la table, le temps de l'étudier du regard.

- Tu ne connais rien sur ta nature ? Aucun parent pour te guider correctement ?

Je marque un silence et continue de l'observer. J'afficherais presque une mine compatissante si ce n'était pas elle que j'avais en face de moi. C'est vraiment le rôle que je dois prendre aujourd'hui, à documenter un métamorphe sur sa nature ? J'ai l'impression de devoir faire aussi attention que si je devais annoncer un décès à une famille... Oui sauf que, je ne m'amuse pas à prendre des pincettes non plus dans ces cas-là.

- Le terme "métamorphe" désigne une espèce à part entière. Nous naissons d'un ou de parents métamorphes qui nous transmettent ce gêne, celui qui permet de se changer en animal, n'importe lequel à partir du moment où on a étudié son mode de fonctionnement. On n'a pas pour l'habitude de vivre ensemble, en dehors de ceux qui ont rejoint la Meute, même si on sait se reconnaître entre nous.


Je lui rends un mince sourire, après avoir pris cet air de professeur qui me va terriblement mal.

- Mais je ne t'apprends rien, non ? A moins que tu sois encore au stade du nourrisson balbutiant et que tu ne t'es même pas rendu compte que tu parlais à un de tes semblables, et là, ça va devenir atrocement compliqué pour nous deux...

Je lui laisse le temps de digérer l'information, mais on dirait qu'elle n'en a pas besoin. La moindre remarque que je peux sortir me revient illico en pleine figure, avec l'attitude la plus condescendante que je connaisse. C'est une information qu'elle aurait dû rajouter sur son CV, tellement elle l'élève au rang d'art. Impossible de rivaliser sur ce plan-là, mais par contre, ses insultes ne volent jamais haut... Elle cherche à se montrer propre sur elle-même, mais c'est surtout un vieux cache-merde.

- En effet, et les informations se méritent ou se monnaient. On évite de se vanter d'en savoir tant quand on en sait aussi peu... A moins que tu te foutes ouvertement de ma gueule et là, ça va vraiment mal finir pour toi. Pigé ?

Je n'ai pas envie de me lever de mon siège, mais je vais finir par m'y résoudre si elle continue de me faire chier, pour lui apprendre un peu la vie. Ça n'a déjà plus tellement l'allure d'un entretien, surtout quand c'est moi qui subit finalement l'interrogatoire. Elle mériterait que je lui colle une bonne frayeur. Ouais, pas plus... Parce que ça me ferait encore plus chier de devoir payer pour repeindre les murs de ma propre société.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Dim 13 Déc - 12:14

Son rire résonne dans la salle et je me renfrogne un peu plus. Ce n’est qu’après lui avoir demandé des explications qu’il change enfin d’attitude. Une attitude qui se fait plus sérieuse, l’atmosphère devient un pesante et ses questions tombent. Elles m’oppressent, m’écrasent les poumons, je me sentais en porte à faux alors que je ne comprenais pas ce qu’il me disait. C’était perturbant, j’avais l’impression que le sens de cette conversation me filait entre les doigts. Ma nature ? J’étais une femme en parfaite santé, je veux dire, me confondait-il avec l’un de ces monstres ? Pourquoi me confondrait-il lui aussi avec ces choses ? Je n’avais aucun pouvoir, aucune capacité particulière, si ce n’était dans mes rêves. Dans ma tête ça gratte et ça frotte, la panique tente de fissurer mon calme apparent.

-Ecoute en fait, je ne veux même p…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’il enchaine. Mes yeux s’arrondissent, je réussis plus ou moins à contrôler le reste de mon corps. Ce qu’il était en train de me sortir était tellement énorme. Je ne connaissais rien de la sorte, se moquait-il, était-ce réel? Il n’y avait aucun moyen de le vérifier, il faut dire que ces arguments étaient caducs parce que je ne m’étais jamais transformée en quoique se soit. Dans mes rêves, Ce n’était que des chimères, rien de plus, pas la réalité… J’avais envie de me boucher les oreilles pour ne plus l’entendre parler. Peut-être qu’il tait simplement complètement cinglé après tout.

-Je crois que c’est, déjà, atrocement compliqué tu sais…

Je me masse les tempes, soudain exténuée. Ces propos me donnaient mal au crane, alourdissait ma poitrine. Mon esprit semblait se déchirer à chacun de ces mots, augmentant progressivement la douleur. Cet état de mal être n’était bon qu’à faire ressortir une peur primale. Il fallait fuir, il fallait fuir, mais merde, cette putain de fierté me clouait sur cette foutue chaise, ainsi que la quasi certitude qu’il se moquait de moi. Il n’était pas une espèce de créatures pouvant se transformer en animal et fricotant avec des garous. C’était une histoire tout droit sorti d’un livre qu’un esprit malade avait assimilé comme étant réel. Il n’y avait pas d’autre alternative.


-Tu dois faire erreur, ce genre de choses n’existe simplement pas. Tu devrais peut-être aller voir quelqu’un.

Pour une fois, je ne me moquais même pas de lui. Rire d’un esprit dérangé n’était certainement pas la chose à faire. Surtout que pour une fois dans cette conversation, il n’y avait eu, presque, pas de provocation. J’étais un peu trop occupée à juguler la panique qui montait en moi pour m’en préoccuper.

-Arrête un peu ton cinéma d’intimidation, ça ne marche pas avec moi. Je me fou de ta gueule concernant ton attitude que je trouve odieuse, pas sur ce que je ne connais pas. A la rigueur, je le ferai avec plaisir sur un sujet sur lequel je détiens, justement, plus d’informations parce que tu serais un ignorant. Mais clairement pas en te faisant croire que je suis une cruche. Crois-moi ou non, ce n’est pas vraiment une image que j’aime renvoyer.


Je ne savais même pas pourquoi je prenais encore la peine de lui répondre. Cet entretient n’en était plus un depuis notre première rencontre. Il avait, comme avant, des propos incohérents et franchement terrifiant. Comme si je ne me connaissais pas moi-même. Il n’y avait aucun intérêt à continuer ainsi. Le mieux était certainement de l’ignorer, le plus sage était de mettre de côté ma fierté mal placé. Je voulais partir de cet endroit oppressant, de ces phrases farfelues. Je n’étais pas une créature au pouvoir mythique. J’étais simplement moi…

-Ca ne sert à rien de continuer cette conversation. Je ne suis pas ce que tu t’amuses à penser que je sois. Pour peu que ça soit réel. Je ferais mieux de partir avant que tu invente acore d’autre idiotie. Ce n’est pas comme si tu avais la moindre preuve de ce que tu avançais.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Lun 14 Déc - 14:03


Il m'est difficile de suivre tout le cheminement de son esprit bien ordonné, mais je n'ai aucun mal à imaginer que ses belles fondations risquent sous peu de s'écrouler. Gabriel me renvoie une expression confuse, comme si elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle entend, ou plutôt, comme si elle refusait d'y croire. Je me tais, et lui rends un regard profondément sceptique. A la lumière de ces informations, elle aurait dû comprendre qu'elle n'était pas seule, et que ce terme "métamorphe" désigne bien ce qu'elle est, ce que nous sommes... Mais non, elle se rétracte. J'ai l'impression qu'elle va finir par se décider, et prendre la porte juste à sa droite pour ne jamais revenir. C'est couru d'avance, parce qu'elle cherche à rationaliser une information qui ne peut l'être. La fuite est souvent la première réponse d'un métamorphe. C'est parfois dur à encaisser, même si on finit toujours par revenir sur ses pas. Toujours.

Je souffle un rire bref à sa remarque, alors qu'elle nie l'évidence et me prend pour un fou. J'aurais dû me douter qu'elle réagirait ainsi, à croire que c'est moi le problème et non elle. Fou, je le suis peut-être bien, mais là il s'agit de faits avérés. Elle est métamorphe. Elle cherche à le nier, et donc à rejeter sa propre nature. Est-ce vraiment possible ? Ce n'est pas quelque chose que l'on peut contrôler, à chaque pleine lune... C'est sûrement ce qui la dérange dans le fond, et la pousse constamment à vouloir ordonner son univers, de constamment perdre le contrôle sur elle-même sans rien ne pouvoir y faire.

- Je ne pense pas avoir besoin de consulter, ça fait plus d'une vingtaine d'années que je me suis fait à cette idée... Ce qui n'a pas l'air d'être ton cas. Mieux vaut tard que jamais, non ?

La discussion prend une toute autre tournure. Elle paraît subitement si impliquée. A croire que, contrairement à ses dires, elle prend très au sérieux ce que je viens de lui avancer. Aucune moquerie. On dirait qu'elle n'a vraiment pas conscience de ce qu'elle est. Impossible. On finit toujours par se transformer dans l'enfance, sous le coup d'une émotion vive... A moins qu'elle ne croit dur comme fer que rien de tout cela n'est arrivé. Se mentir autant à soi-même ne me paraît pourtant pas concevable. Je pousse un profond soupir... Vraiment, pourquoi c'est à moi de m'y coller ?

- C'est vraiment une preuve que tu veux ? Okay ...

Je me décide à quitter le renfort confortable de mon siège. Je retire ma veste et la repose sur le dossier. Je m'avance vers les fenêtres pour en tirer les rideaux, même si je les laisse grandes ouvertes au risque d'étouffer littéralement dans le cas contraire. Je ne suis pas aussi guéri que je voudrais bien le croire, et peut-être que je vais devoir finir par consulter pour d'autres sujets que ma nature de métamorphe. Impossible de me résoudre à fermer la porte d'ailleurs, même si ce serait plus prudent. Je me contente donc de me placer devant et de faire au plus vite. Je déboutonne ma chemise et la jette en boule au sol, avant de retirer le bas sans la quitter du regard. Je suis entièrement nu à lui faire face, avec ma peau si couturée de cicatrices plus ou moins récentes qu'il serait difficile de faire l'amalgame avec ma couverture d'homme d'affaires maintenant. Malgré mon expression sérieuse, je risque de m'écrouler de rire à malmener si bien ses chères convenances... C'en est si jouissif que je m'arrête un instant, pour vérifier si elle essaie de se ruer vers la porte, avant de me décider enfin à lui fournir cette preuve qu'elle attendait.

Je me métamorphose sous ses yeux, prenant la forme d'un puma. Difficile de nier l’évidence devant un spécimen aussi imposant, et qui n’a rien de lupin. J'aurais pu me contenter de guetter sa réaction, à se regarder dans le blanc des yeux... Mais quitte à prendre cette forme, autant qu'elle se décide à en faire de même. Je dévoile mes crocs et, d'un bond puissant, la cloue au sol, mes pattes reposant lourdement sur ses épaules. Une bonne frayeur pour se décider, voilà ce qu'il lui faut !
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 2 Jan - 20:50

- C'est vraiment une preuve que tu veux ? Okay ...

Je ne sais pas pourquoi, un frisson parcourt mon dos. Annonciateur de mauvais présages. Je n’ai même pas le temps de lui dire que je ne veux aucune preuve. Pour dire vrai, j’ai juste envie de couper court à cette conversation surréaliste et de m’en aller. Mais non, Malcom en avait décidé autrement, Malcom était, un poil, acharné. C’était une des rares choses sur lesquelles je ne pensais pas me tromper le concerner. Je le vois se lever et tirer les rideaux.
Je ne suis pas certaine de le suivre, je ne crois pas en avoir envie.
Il commence à déboutonner sa chemise. Il ne va quand même pas ? Hé bien si … il va. Donc singe, sociopathe et exhibitionniste. Ce chien en rut me bloque la sortie en s’installant devant la porte. Il est bien fait de sa personne, je ne peux le nier. Pourtant, l’admirer est un peu difficile au vu des circonstances. La situation était grotesque. Il était nu, fièr comme un paon devant moi. Ok bien, et donc ? Je reste de marbre, le regardant comme l’attardé qu’il était.
Malcom allait vraiment beaucoup trop loin. J’allais me lever pour sortir et ce n’était pas sa nudité qui allait m’impressionner. Pourtant, je ne bouge pas…Je suis littéralement coupée dans mon élan par la secrétaire qui était venue jeter un œil à travers la porte ouverte. Je la vois s’approcher légèrement pour vérifier qu’elle est bien en train de voir ce qu’elle pense voir. Se stopper, pousser un soupir pour finalement repartir en secouant la tête.

Et… ?

C’était tout ?


Etait-ce là, la normalité dérangée de cet homme ? Elle n’avait même pas fait un commentaire, même pas tenté de m’aider. Non, elle était juste repartie en me laissant seule avec ce débile malsain… Je me lève de mon siège prudente, bien décidé à partir de cet asile de fous.
La bonne décision aurait été de partir avant qu’il ne se déshabille, qu’il me bloque le passage, qu’il me parle de ces chimères, que son corps se transforme atrocement… de quoi ? Je le regarde médusée tandis que ces articulations prennent des angles improbables à une vitesse phénoménale. Je n’arrive plus à bouger, déconcertée. A la place de l’homme se tient, non pas un loup comme j’aurais pu m’y attendre, mais un félin.
Existait-il des chat-garous ?

J’avais la tête qui tournait, un voile rouge devant les yeux. Rationaliser ce qui venait de se passer devant moi était impossible. Mes pensées étaient incohérentes s’entrechoquaient les unes aux autres. Il n’y avait qu’une certitude, il fallait fuir ce félin insupportablement proche. Sa confiance m’irritait, ses muscles me terrorisaient. Alors que je me savais en danger, pourquoi diable regardais-je amoureusement le haut de ces étagères et le vide abyssal sur lequel s’ouvrait la fenêtre? Le rideau n’arrivait pas à cacher la brise réconfortante du vent.

Malcom, ou ce qui en restait, grogne et feule en montrant les crocs. J’ai peur et je panique, définitivement. Une digue se brise dans mon esprit, alors que ma tête cogne contre le sol. Ce n’est qu’avec la vision de la gueule béante de l’animal que je comprends qu’il m’a sauté dessus.
Des crocs, des babines et des poils. Des énormes pattes pèsent sur mes épaules. Il n’y a plus personne dans cette pièce à part moi et cette bête.
J’ai beau me débattre, il ne bronche pas. Mes os vibrent en rythme de ces grondements. La menace est assez claire pour que les mots soient vains. Oserait-il ? Ses pupilles n’avaient plus rien d’humain.

Allais-je mourir comme ça ? Aussi improbablement qu’avec la gorge déchirée par un homme devenu fauve ? Pourquoi moi ? Je n’avais rien à voir avec lui…pourquoi diable.

La panique crève mes défenses et infecte mon esprit. Je ne sais pas pourquoi, je repense à ces rêves stupides d’enfants, ceux où je n’étais plus qu’une âme insouciante dans une enveloppe de plume. Non, il n’y avait pas moyen, je n’étais pas comme lui, ce n’était que des songes de gosses, des songes persistants et récurrents. Simplement des rêves…

Ça ne pouvait pas…

Et si…


Je me débats et je cris. Mon cœur tambourine contre ma poitrine dans une cavalcade qui m’empêche de réfléchir. J’étais, contre toute attente, très en colère, très effrayée aussi, mais aussi en colère. Pourquoi ?
La panique animait mes membres de mouvements désordonnés, certainement ridicule à voir. Un de mes pieds se dégage de sa torpeur et je sens mon genou heurter le flan de l’animal. Comme dans un cauchemar, comme si je regardais la scène de l’extérieur et que je ne maitrisais plus rien. Je sens à peine ces côtes encaisser le coup, comme ma jambe retomber un peu trop violemment sur le sol.
Il ne bouge pas pour autant, ces griffes s’arriment un peu plus dans mes épaules et je m’entends glapir, sa gueule se rapproche dangereusement.
Comprenait-il mes insultes ?

Je sens plus que je ne vois ces horribles crocs se rapprocher.
Flash et sensations inconnus enflamment mon esprit. Foutu félin de merde, dégénéré. Pourquoi avais-je, cette soudaine haine envers lui, Malcom, le gros chat impertinent ?

-Enfoiré…

Les crocs effleurent ma gorge et la seconde d’après je me retrouve à le toiser sur le haut d’une étagère, le narguant et lisant les plumes qu’il avait osé souiller…. Une minute… lisser ..mes plumes ? Pourquoi le monde était-il soudain si grand, pourquoi ce foutu matou galeux était il en bas et moi en haut ? Pourquoi DES PLUMES !
Mon esprit disjoncte un instant, un flottement, un raté. Des souvenirs que je prenais pour des rêves reviennent par flopée et je dois faire face à l’évidence. Il n’y avait jamais eu de rêve, il n’y avait toujours eu que la réalité.
Je sais ce que j’étais, un oiseau, je n’arrivais cependant pas à me résoudre à l’admettre. J’étais un monstre… Comment était-ce possible ? Comment avais-je pu me voiler la face et surtout pourquoi ne pouvais-je pas continuer ? Pourquoi avait-il fallu qu’il se mêle de mes affaires ? Je le lui lance un regard noir, inutile, mais qu’importe. Cela me fait du bien de le regarder de haut. Je savais pourquoi il l’avait fait, parce qu’il trouvait ça drôle. Moi, beaucoup moins. Je ne savais pas comment ce truc marchait, comment redevenir normal. Enfin… façon de parler, mon corps me semblait tout à coup difforme et insupportable. Mes plumes se gonflent sous l’émotion. Nom de dieu, des foutues… plumes….

J’avais envie de me cacher, j’avais honte, j’avais envie de me pendre, de pleurer, de hurler. Et je ne pouvais rien faire de tout cela, pas devant lui, surtout pas devant lui. Sans compter sur le fait que j’étais un…oiseau…un putain de minuscule poulet volant…Je ne savais si c’était dû à ma condition de volatile, mais en cet instant, je le haïssais de tout mon être. Lui ce foutu emmerdeur qui avait brisé mon petit monde si bien réglé.
Tout volait en éclats et j’étais… un …putain ….d’OISEAU !
Faite que je sois en train de dormir, pitié, faite que je me réveille de ce cauchemar….et la fenêtre était ouverte, étrangement séduisante.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 9 Jan - 11:43


Gabriel Hudson.
Je sais qui elle est, ou plutôt ce qu'elle est... Mais elle prend le parti de tout rejeter en bloc. Il est temps de rétablir la vérité en la secouant un peu. Une métamorphe qui renie sa propre nature est autant un danger pour elle que pour les autres. Mais en réalité, ce n'est pas pour son bien et celui des miens que j'agis. La situation m'amuse au plus haut point, comme un chat coursant une souris. Ma forme féline répond à sa peur par des instincts de prédateur, de chasseur. Il m'est compliqué d'éviter de la blesser pour simplement la malmener, ne cherchant généralement pas à exercer un tel contrôle sur le puma. Je sens son besoin viscéral de me fuir comme un étau qui se referme sur sa gorge. La panique prend enfin le dessus chez elle, et la voir ainsi à ma merci est des plus jouissifs. Elle se débat, ce qui alimente mon désir de jouer avec elle.

Je suis en équilibre instable quand son genou percute mes côtes. Je gronde de plus belle mais sa vaine tentative ne lui permet pas de se dégager de mon emprise. J'enfonce mes griffes dans ses épaules par pur réflexe, pour me maintenir en place. Je pèse lourd sur elle. Je l'entends crier, et bientôt glapir. Ce son m'écorche les oreilles autant qu'il me galvanise. J'approche mes crocs de son cou pour donner la dernière impulsion. Allez, petit écureuil... Transforme-toi et essaie de m'échapper pour voir. J'ai hâte de te voir sous ta nouvelle apparence...

J'aurais dû m'attendre à retomber sur le sol, avec plus que ses vêtements sous les pattes. Nous sommes arrivés au point de non-retour. Pour autant, il est toujours aussi déconcertant de batailler avec un autre métamorphe, et je comprends la frustration que je peux parfois susciter, quand on ne sait pas qu'elle sera la prochaine forme que je compterais revêtir, et par quel angle je risquerais donc d'attaquer. Sauf que Gabriel a retenu la solution de la fuite. Je ne peux pas l'en blâmer, c'est bien le premier réflexe qui me vient dès que je suis trop acculé. Mais rien ne me garantit qu'elle ne ripostera pas par une autre forme, bien plus agressive, comme j'ai l'habitude de le faire.

Je la cherche du regard, orientant mon regard en tout sens, et même en hauteur. Je la repère enfin, en haut de cette bibliothèque, à me toiser d'un œil mauvais. C'est bien ce que j'avais cru apercevoir avant qu'elle ne me vole à la figure et ne me dépasse : Un oiseau. Un putain d'oiseau contre un grand félin. La situation devient de plus en plus cocasse. Elle sait donc voler, et connaît les joies de la liberté. Ca ne l'a pas empêché de résister à l'appel jusqu'au dernier moment, quand sa vie est menacée de mort. Elle n'a pas dû souvent se retrouver dans cette situation, et je crois la deviner assez décontenancée pour ne pas décoller immédiatement. Je ne compte pas lui laisser le temps de réfléchir trop longtemps. Je bondis sur mon bureau et, dans le même élan, me projette contre la bibliothèque. Le meuble est trop instable et l'espace en hauteur trop restreint pour accueillir un puma, si bien que les étagères entières me tombent dessus. Je la vois s'envoler, certainement en direction de cette fenêtre encore ouverte. C'est ce que je ferais à sa place...
Je suis encore un peu sonné par les livres et copies qui viennent de me tomber dessus, mais fort heureusement, ma bibliothèque est bien trop vide pour que je me prenne un dictionnaire trop volumineux sur le coin de la tête. Il faut que je retrouve mon calme, même si tout son comportement me pousse au jeu. Je bondis à nouveau vers la fenêtre et l'intercepte dans ma gueule de justesse. Gagné.

Que croyait-elle ? On dirait qu'elle manque d'entraînement sous cette forme, comme si elle se contentait de ne la revêtir, que contrainte et forcée, lors de chaque pleine lune. Je me suis entraîné à tuer pendant de très longues années, et mes premières proies d'entraînement sous cette forme n'étaient que des rongeurs ou... Des oiseaux. Je la sens se débattre et me décide enfin à la relâcher, son pelage couvert de bave. Je ne l'ai même pas esquinté, mais la connaissant, elle va trouver ce simple geste parfaitement odieux.

Je reprends apparence humaine dans la foulée, pour cesser ce petit jeu que nous avons commencé. Elle aurait le temps de passer par la fenêtre, peut-être... Parce qu'il est clair que je ne la refermerais pas, ou attendre de connaître le fin mot de l'histoire. Je ne suis pas sûr qu'elle en ait envie. Si elle s'enfuit, je ne la poursuivrais pas. Pas aujourd'hui en tout cas. Mais il sera temps de faire face pour elle, maintenant ou plus tard. Parce qu'il n'existe désormais plus de retours possibles.

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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 9 Jan - 19:20

Mes plumes se gonflent et je bats des ailes maladroitement. Je n’aime pas ce gros chat qui me toise avec facétie. Je perds pied, qui de l’humain ou de l’animal est la vraie version de moi ? L’instinct noie mes pensées. Je suis consciente sans réellement l’être. Reliquat d’année de dénis qui peine à effacer un comportement conditionné. J’étais très en colère contre ce matou au poil rêche qui m’avait arraché un équilibre que j’avais mis tant de soin à construire. Aussi malsain fusse-t-il. Je ne sais pas trop jusqu'à quel point la part du volatile influe sur mes sentiments négatifs à son égard.
J’ai peur, je me méfie, je le hais, comme j’aimerais lui crever les yeux.
 
L’oiseau a sa fierté tout de même.
 
 
Malcom s’approche, bande ces muscles. Une trille d’avertissement est lancé à son égard. Je mets du temps à comprendre que c’est moi qui aie émis ce son étrange. Je ne suis pas habitué à mon corps. Le réveil est difficile et mes membres sont alourdis par une toute nouvelle conscience de mon état. Le fauve saute, se réceptionne et entraine par son poids mon perchoir. Je piaille, furieuse. Mes réflexes me sauvent certainement la peau. Les étagères m’auraient broyé si je m’étais retrouvée dessous. Je vole, cette connaissance me fait perdre contenance un instant. Je rate un battement, dérape, perds de l’altitude avant d’en reprendre. Je sais voler, je le sais, dans ma chair et mes os, dans mes plumes. Je me sais capable de pouvoir faire mieux, mais je n’arrive simplement pas à m’y faire. Je m’enchaine toute seule, je n’arrive qu’à me raccrocher au vent qui porte mes ailes. La sortie n’est plus loin. Le cauchemar sera fini une fois dehors, c’était sûr… presque sûr ?
J’étais à un cheveu de m’échapper de ce mauvais rêve. A…une plume ?
Et le noir devint mon royaume. Une caverne puante et minuscule, poisseuse. Je piaille, tente de griffer et de donner des coups de bec dans les parois de cette prison visqueuse.
 
Une éternité passe et je revois enfin la lumière du jour. Mes plumes sont souillées de bave. Je me secoue et bats des ailes, rageuse. M’envoler aurait été futile, le tremblement discret de ses muscles indiquait le début de la transformation. Je ne sais pas pourquoi je le savais, mais je le savais… Je sautille jusqu'à son bureau, laissant trainer mes ailes salies sur ces papiers. Il est désormais nu devant moi, sous son apparence humaine, moi sur ses dossiers. Je les déchire avec minutie, avec mes pattes minuscules. Le geste est nerveux, mais l’aurais-je fait exprès que je ne m’y serais pas mieux prise. Je suis encore indécise sur la marche à suivre, mon regard oscillant entre la fenêtre et l’homme. L’homme et mes habits. Au moins a-t-il la décence de me laisser quelque seconde de répit. Même s’il est un peu ridicule debout dans cette pièce dévastée.
 
L’animal en moi frisonne et ne demande qu’a s’envoler ailleurs. Loin de cette folie, au dessus de tout. L’humaine s’éveille soudain, comme sortie d’une torpeur douloureuse. Des pensées plus terre à terre m’envahissent, scindent mon esprit en deux. Mes émotions sont bloquées derrière une frontière érigée par ma raison. Ma poitrine est soulagée d’un poids face à cette certitude. Je ne flancherais pas, pas maintenant du moins. Pas devant lui.
Tranquillement, je me pose vers mes habits. Je sens mon corps se tordre, je le laisse faire. Je penserais à ça plus tard. D’abord, il fallait m’habiller, récupérer les clés dans la poche de mon pantalon et filer dans mon appartement. Après, je pourrais laisser libre court à la marée qui allait m’anéantir. Ca aussi, c’était une certitude. Mais une chose à la fois, me focaliser sur ces étapes éloignait le désespoir.
 
Je suis de nouveau moi, plus un piaf. Une moi accroupie en train de ramasser mes vêtements et de fortes méchantes humeurs. Comme tout le reste, je cloisonne ce détail insignifiant qu’est ma nudité devant un inconnu que je détestais.
Pouvais-je encore le traiter d’inconnu à ce stade de notre… relation ? Sans doute pas.
Je ne lui adresse pas la parole pour le moment, j’occupe mon esprit à des taches simples. Mettre mes affaires sur la chaise, prendre ma culotte pour l’enfiler. Mes cheveux effleurent les épaules qu’il a blessé. Cela me rappel à quel point j’ai envie de lui en mettre une.  
Mon soutien-gorge en main, j’arrête soudain mon geste. Un regard noir se pose sur Malcom.

-Je te préviens. Si qui que se soit me voit nu, je fais passer ça pour une tentative de viole.
 
Nous étions seules, nos vêtements dispersés, dans une salle à la paperasse éparpillée et aux étagères éclatées sur le sol.
Des bruits de pas et une rumeur montante se dirigeant dans notre direction. Avec le raffut que nous avions fait, il n’y avait pas énormément de doute quand à la destination de toutes ces personnes.
Il était hors de question qu’on se fasse des idées me concernant, il était hors de question que qui que se soit voit ce corps monstrueux et informe.
Sans compter sur le fait que je voulais entendre les réponses que je savais qu’il me donnerait. Cela brillait dans son regard, comme lorsqu’il m’avait aperçu sous sa forme de félin.



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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Dim 17 Jan - 0:30


Je n'aime pas les oiseaux, pour une raison aussi évidente que primordiale. Les oiseaux bouffent les insectes, et donc les papillons. Je n'ai pas tenté le diable en prenant cette apparence devant elle, surtout qu'elle est, semble-t-il, bien rouillée. A force d'être dans le déni, on a une maîtrise toute relative de ses formes animales... C'est certainement ce qu'il m'a permis de l'attraper dans ma gueule, mais j'ai la présence d'esprit de la relâcher. Si j'avais écouté mes instincts, nul doute que j'aurais refermé mes crocs sur ce petit corps qui s'agitait dans ma gueule...

Je reprends forme humaine et constate bien vite qu'elle a décidé de rester... Pour pourrir mes dossiers. Non, sérieusement ? Je vais devoir expliquer à mon assistante qu'un oiseau est venu me déchiqueter mes dossiers ? C'est encore moins crédible que l'excuse du clébard qui les a bouffé. Je passe mon pouce sur mes lèvres, sentant une légère douleur à la commissure. Je crois que son bec m'a un peu esquinté, mais rien de grave.

On vient de mettre un bordel pas possible dans mon bureau. Il ne manquerait plus que quelqu'un rentre pour apprécier l'ampleur des dégâts, à nous retrouver nu au milieu de ces dossiers étalés par terre et de cette étagère retournée. Je ne peux pas m'empêcher de rire aux éclats devant le comique de la situation. Et elle, qui se montre si stoïque... Elle est plutôt endurante face à l'étrange, et aux déconvenues. Je pensais qu'elle peinerait bien davantage sur ce plan-là.

Je la suis du regard, toute à ses petites affaires. Je me rince l'œil, sans mot dire, avant qu'elle ne décide de rompre le silence avec ce même regard noir que me lançait l'oiseau depuis le haut de mon étagère... Elle ne manque pas de cran, de vouloir faire passer notre petite entrevue pour une tentative de viol. Okay, elle serait certainement crédible. J'avance rapidement vers la porte pour la fermer à clef, avant même de songer à ramasser mes propres fringues.

Je prends mon temps pour me rhabiller, à tenter de me reconstituer mon image de parfait homme d'affaires. Généralement, quand je me doute que je vais me transformer, j'évite les cravates... Enfin je me contente même d'un t-shirt et d'un jean, sans plus de cérémonie. Là, ça me prend assez de temps pour que j'entende frapper à la porte. Quelqu'un tente timidement d'ouvrir, et se retrouve bloqué par le verrou.

- On va bien trouver un moyen de s'arranger...

Je réfléchis en toute hâte avant de débloquer le verrou et d'ouvrir la porte, dès que je suis sûr qu'elle ait au moins habillé, à défaut que mon bureau ressemble à quelque chose. Je me glisse dans le couloir et referme derrière moi pour éviter que les autres candidats n'avisent le désastre.

- Je suis au regret de vous annoncer que les entretiens sont reportés. La première candidate a eu... Un malaise. L'ambulance est en route. Je vous invite à vous rapprocher de mon assistante pour définir une nouvelle date qui pourra vous convenir.

J'entends quelques protestations s'élever, des soupirs, des déceptions... Mais personne ne remet en doute mes paroles. Il faut croire que mon ton de parfait commercial a réussi son petit effet. Je vais encore me faire tuer par Brigit pour avoir si bien mis à mal son organisation, mais peu importe. Je reviens dans mon bureau et referme derrière moi avec un bref soupir de soulagement.

- Ca devrait être réglé. Alors... Pas d'écureuil, finalement, hein ? Je suis déçu.


Je me retourne et m'adosse à la porte, lui rendant un sourire torve.

- Je devine que tu as beaucoup de questions à me poser pour que tu te sois ravisée et que l'envie débordante de passer par la fenêtre te soit passée... Pas trop déçue que je ne sois pas juste un fou sociopathe ?

Ok. Je le suis peut-être un peu tout de même, mais là n'est pas le sujet.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 23 Jan - 16:27

On va bien pouvoir s’arranger… je souffle avec dédain. Il avait intérêt. Son regard lubrique ne m’avais pas échappé. En sous vêtement, mon jean dans les mains, je ne savais même pas ce qui me retenais de hurler à m’en briser les cordes vocales. J’en avais envie en plus, j’en avais besoin. Mais les larmes couleraient, je ne le voulais pas. Je n’aurais aucun problème à me faire passer pour la victime – que j’étais dans tout les cas- ni même à paraitre bouleversée. Je l’étais vraiment… J’étais à deux doigts de laisser filer le peu de contrôle que j’avais encore sur mon corps. Ce corps… ce monstre… Je baisse la tête en grognant des mots inintelligibles, laissant Malcom à ses propres problèmes. Il fallait m’habiller d’abord, une jambe et puis l’autre. Des actions simples, à ma porté, habituels, normal. Oui, une chose après l’autre, sinon j’allais finir par me jeter par la fenêtre en hurlant comme une folle.

Dire que je ne savais même plus ce que j’étais…

Un bras après l’autre, on lisse la chemise et on se recoiffe un minimum. Je démêle mes cheveux avec mes doigts. Le grand méchant chat est parti, je l’entends sortir une excuse bidon. Pourtant, sa voix paraissait tellement calme, professionnel.
Un vrai manipulateur.
Un mal aise ? Sérieusement ? Quel genre de malaise pouvait faire un tel vacarme ? Ils n’allaient certainement pas gober une ineptie pareille. La porte est fermée, j’ai presque envie de l’ouvrir et de frapper sa gueule de singe avec. Cette vision carnassière, inhabituelle, me met pourtant du baume au cœur. Je ne veux pas qu’il s’en sorte aussi facilement, il serait tellement simple de crier, de demander de l’aide. Ils sont à côtés, juste à côté, si proche….

Malcom refait son apparition. Je les entends repartir. J’ai le cœur aux bords des lèvres. Mes doigts s’affairent dans ma chevelure, enlevant les nœuds méthodiquement. Ce contacte me calme. Je me raccroche à la colère qu’il m’inspire. C’était toujours mieux que de véritablement faire un mal aise. Sa remarque attise ma furie. Mes doigts se crispent. S’ils n’avaient pas été occupés sans nul doute qu’ils seraient allés lui foutre un pain.

-Ne pense pas savoir ce dont j’ai envie ou non. D’ailleurs, ils ne sont pas si loin que ça. Si tu veux éviter des complications, essaie d’être un peu moins désagréable.

Mes paroles glisseront certainement sur lui. Quoi que je dise, je doute que cela l’affecte, cette situation l’amusait bien trop.
Que quelqu’un me sorte de ce cauchemar… Je voulais me réveiller dans mes draps, comme toutes ces autres fois. Pourquoi étais-je donc persuadée de la réalité de cette comédie tordue ?

Comme il le faisait si justement remarqué j’avais besoin de réponse. Un minimum, je me raccrochais aux branches comme je pouvais. J’avais plus l’impression de tomber et de me ramasser toutes les ramures plutôt que de réussir à m’en servir pour amortir la chute. La réception serait plus que douloureuse, mais en attendant je pouvais encore encaisser, juste un tout petit peu, un peu plus, un peu plus longtemps. Il le fallait.

J’avais tellement envie de sortir de ce corps malsain… une chose après l’autre. L’hystérie serait pour plus tard. Encore un peu plus, un peu plus longtemps. Après ca serait bon. Après j’aurais le droit de craquer.

-Que tes propos aient un soupçon de justesse ne retire pas le fait que tu sois fou et un sociopathe. Ce n’est qu’un détail. Je soupire, comme pour expulser la boule qui grossit dans ma gorge. Ça ne marche pas.
Écoute, je n’ai vraiment plus envie de me battre avec toi. Tout ceci me fatigue, donc dis ce que tu veux et je me débrouillerais bien toute seule par la suite.


De toute façon ce n’étais pas comme si j’étais capable de lui faire cracher le morceau. Peut-être en d’autre circonstance, mais pas aux bords de la crise de nerfs comme ça. Je n’étais même pas sure de la véracité de ce qu’il allait me dire. Tout ça était peut-être vain, ce n’était peut-être qu’une perte de temps prodigieuse.
Je n’étais même pas sure de vouloir savoir.
Seul le bon sens me faisait rester.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 30 Jan - 12:32


Elle répond à ma tentative d'humour par une réplique cinglante, mais elle ne trompe personne. La métamorphe tente tant bien que mal de cacher le trouble qui l'envahit à mesure qu'elle prend conscience de sa propre nature. J'ai mis du temps à comprendre ce qu'il en était, tellement son cas est singulier... Hors norme, même. Comment peut-on ignorer sa propre nature, se mentir autant à soi-même ? Si les raisons ne m'échappent pas, la façon d'y parvenir le fait bien davantage. Elle n'a pas pu résister à l'appel de la lune et doit être atteinte d'un profond déni pour rejeter tout d'un bloc chacune de ses nuits depuis... Quel âge a-t-elle déjà ? J'ai cru le voir sur son CV. Bien trop vieille pour ne pas avoir eu le déclencheur de sa première transformation, à moins qu'elle n'ait grandi dans un doux cocon toute sa vie...

J'hausse les épaules, pour toute réponse. Je pourrais certainement me fendre d'une nouvelle remarque humoristique, mais elle ne ferait rire que moi dans cette pièce, et ce n'est pas une raison suffisante pour prendre le risque qu'elle me crève les tympans et rameute l'immeuble entier dans mon bureau. J'aurais du mal ensuite à expliquer à mon père pourquoi son personnel peine à me faire confiance...

- Hm... Ouais. Mais un conseil, évite de crier au viol... Je dis ça pour toi. Si je dois être accusé de viol, autant que je profite de toi une ou plusieurs fois plutôt que ce soit sans raison.

C'est tout ce que je me contente de dire avant de m'approcher d'elle, puis la dépasser. Je soulève l'armoire qui a chuté et la fait basculer à nouveau à la verticale. Génial... Tellement de paperasses disséminées et mélangées au sol que j'en ai pour des jours à tout trier. A moins que mon assistante ne s'en charge, ça... Je ne suis même pas sûr que j'aurais besoin de la forcer, tellement elle est maniaque du rangement. Par contre, elle va être encore plus insupportable dans le mois à venir. Je repousse quelques dossiers du pied dans l'étagère du dessous avant de me tourner vers Gabriel.

- Tu te transformes à chaque pleine lune, à la manière des loups, mais en ta forme favorite... Si c'est bien l'oiseau, tu as dû parcourir des belles distances au-dessus des lumières allumées de la ville avant de regagner ton lit. Je ne vois pas autrement...

Je me passe une main sur le visage, subitement sérieux, alors que je réfléchis à ces possibilités.

- La première transformation est toujours provoquée par un choc émotionnel, vers l'âge de six ans, dans ces eaux-là. Je serais étonné que tu n'en aies pas eu.

Je marque un silence et la fixe un temps, alors qu'elle a l'air au bord de l'implosion en prenant conscience de sa véritable nature. J'aurais pu me moquer d'elle, mais on est tous passé par là et je n'avais pas une meilleure image de moi-même à mes débuts. Mon père s'était assuré que je m'identifie en tant que monstre avant même de me croire humain.

- On reste parfaitement humain, jusqu'au bout des ongles, quand on est sous cette forme. Simplement, on est capable d'en revêtir d'autres en... "Copiant" l'image d'un animal. On est alors envahi par ses instincts, ses besoins, ses ressentis, à tel point qu'il est aisé de se perdre. Tout l'apprentissage d'un métamorphe réside dans le contrôle de ses formes alternatives.

Je reviens pour m'appuyer contre le bureau, les bras croisés.

- Je fais partie de la Meute, comme je te le disais. Nous sommes un certain nombre de métamorphes à l'avoir intégré après les années sanglantes... Si tu as besoin d'en parler avec d'autres que moi, de chercher un quelconque soutien, ils pourront t'aider. Tu peux t'adresser à Roxane Emerson.

Roxane... Ca sera plus simple pour Gabriel de s'adresser à elle. Comme les louves s'adressent plutôt à leur Lupa, enfin quelque chose dans ce goût-là. Je lui fais signe de la tête, vers la porte.

- T'es libre de partir quand tu veux, ma belle. Je te retiendrais pas cette fois.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Mar 2 Fév - 16:47

Je crois que j’aurais pu difficilement paraitre plus blazée qu’en cet instant. Malcom avait un humour pourri. Ca lui allait bien, finalement, ça collait parfaitement à l’image pitoyable que je pouvais avoir de lui. Ce corps était devenu tellement dégoutant à mes yeux, comment pouvait-il s’amuser de la sorte ? Mon regard était lourd de toutes ces pensées, mes bras se croisent sur ma poitrine en attendant qu’il ait fini de faire l’enfant. Il ne pousse pas la plaisanterie plus loin, ne dit rien de plus sur ce qui venait de se passer. En ça il remontait un petit peu dans mon estime. Mais rien qu’un peu.

-Il n’y a rien dont tu puisses profiter… Soufflais-je doucement.

En attendant qu’il replace ces meubles, je vais m’adosser contre un des murs, non loin de la porte. La pièce était devenue un vrai champ de bataille, à l’image de ce que nous y avions fait. J’ai encore envie de croire que tout ceci n’était pas réel, mais l’étau qui comprime ma poitrine et remonte dans ma gorge m’empêche de remettre des œillères.
Au bout d’une éternité, il daigne enfin lâcher quelques informations. La pleine lune… Oui j’aurais pu faire la corrélation avec la récurrence de mes ‘’rêves’’… Mais quelle cruche… Et mes parents qui m’avaient fait voir un psy pour ça… Comment ne s’étaient-ils aperçus de rien eux aussi ?
La réponse n’était pas si dur à trouver, le travail, les sorties, jamais là. Je n’avais pas été abandonnée, mais l’un et l’autre avait toujours été très pris. Aujourd’hui n’était que la résultante d’une suite d’évènement improbable qui m’avait évité de faire face à la réalité. J’aurais voulu avoir de la chance jusqu’au bout, ignorer, oublier… C’était beaucoup moins effrayant… écœurant.

-Tu ne m’en voudras pas, mais je n’ai pas spécialement envie de chercher à partir de quel moment tout ceci a commencé…

Je ne sais pas pourquoi il se sent obligé de préciser sa pensée sur sa nature…notre nature. Je serre les mâchoires. S’il est assez stupide pour se croire … humain… quelqu’un de normal ne pouvais pas faire ce genre de choses. J’étais certaine que même mes parents n’accepteraient pas ma nature… Surtout eux en fait. Il ne faisait aucun doute que cette tare me venait de mon père biologique, il n’y avait pas d’autre alternative… Ma mère, cette abrutie inconséquente. Il n’y avait pas intérêt à ce qu’elle vienne me faire la morale après ce qu’elle m’avait infligé. N’aurait-elle pas pu faire plus attention… a quelque mois près j’aurais pu être normal ou ne pas être. Ça aurait certainement mieux valu en fin de compte...

-Je retiendrais ce nom.

Mais je doutais fortement que j’irais m’y frotter. La meute, les loups-garous, des métamorphes. C’était irréaliste. C’était beaucoup trop pour moie t pourtant…et pourtant. Un détail m’empêchait de me jeter hors de cette pièce avant que mon sang-froid ne décide de m’abandonner définitivement. Un souvenir plus qu’un détail. Les paroles d’Oppeinheimer, l’intérêt morbide du cadavre. L’ignorance aurait ma peau maintenant que je savais. Autant essayer d’en savoir un peu plus. Juste à peine pour être fixée et après je sortirai de ce cauchemar.

-Une dernière chose. Il y a quelque chose en particulier avec les vampires ?

La formulation n’était peut-être pas des plus pertinentes, mais je ne savais même pas ce que je demandais ou l’information que je cherchais. J’avais passé tellement de temps à m’éloigner de ce monde que je pensais ne pas être le mien que j’étais aussi perdue qu’un nouveau née. Dans le fond ce n’était pas comme si je m’attendais à avoir une réponse…
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 6 Fév - 10:59


Toujours cet air hautain et suffisant qui ne me donne que l'envie de la contrarier... Mais il est altéré par une nouvelle prise de conscience. Je ne peux pas m'empêcher de sourire avec satisfaction, à la regarder se chercher vainement une nouvelle contenance. La mettre à mal m'a fait le plus grand plaisir, même si c'était aussi lui rendre service. Elle va sans doute en garder rancune un moment avant de songer à me remercier.

- T'es en pleine crise existentielle, ma pauvre. Je peux t'aider à retrouver goût à ton propre corps, si tu veux.


Je me fends d'un sourire torve. Elle va certainement me servir une nouvelle soufflante, mais c'était plus fort que moi. Inutile de s'appesantir sur le dégoût qu'elle éprouvait subitement pour son propre corps... Je ne suis pas psychologue pour petite fille parfaite, par contre ça ne m'aurait pas dérangé de lui prouver qu'elle avait tort. On pouvait largement trouver de quoi profiter.

J'hausse les épaules, quand elle préfère continuer de tout rejeter en bloc. Elle écoute, ne pète pas un plomb, n'explose pas en larmes... C'est déjà un bon point. Les filles qui pleurent devant moi, ça me donne envie de les consoler à ma façon ou de les mettre à la porte.

- Ca n'a pas fondamentalement une importance, sauf pour savoir quel animal est venu le premier. Je suppose que, dans ton cas, il s'est toujours agi de l'oiseau.

Elle aurait dû avoir un métamorphe pour la guider un minimum... Un parent, par exemple. La plupart se fiait à leur famille pour surmonter pareille épreuve, mais si elle s'était arrachée assez tôt à eux comme j'avais pu le faire, ce n'était plus qu'une question de chance avant de croiser un autre de ses semblables. Nolan m'avait trouvé à mes douze ans, mais elle... J'étais le premier. Et elle n'avait même pas eu encore de prise de conscience. Un beau calvaire. Qu'on ne compte pas sur moi pour jouer les tuteurs, je préfère confier cette tâche à Roxane. Elle est plus douce, plus raisonnable, plus... Entre femmes, le courant passera bien je suppose.

- Fais-en ce que tu veux, mais qu'on ne m'accuse pas de t'avoir laissé en plan.

Je marque un temps d'arrêt quand elle mentionne les vampires. Une grimace mauvaise déforme mes traits. Ah oui, bien sûr... J'avais oublié ce léger détail. Pour qu'elle pose la question d'elle-même, c'est qu'elle a dû être confronté à leur engeance à un moment donné, sans savoir que sa véritable nature pouvait signer son arrêt de mort.

- Les sangsues... Evite-les si tu tiens à rester en vie. Notre sang est irrésistible pour eux, et les plus jeunes ne résisteront pas à son appel. Ils se jetteront sur toi pour te vider jusqu'à la dernière goutte de ce délicieux nectar. Pigé ?

Je marque un temps d'arrêt. Je me rapproche d'elle, sans la toucher. J'ai comme la certitude que si je me risquais à le faire, une bombe allait subitement se déclencher. Et j'aurais du mal à dire ce qui est le plus dangereux entre une arme braquée sur soi ou une femme en pleine crise de panique.

- Tu n'as vraiment aucune autre question, Gabriel ? Tu n'es pas curieuse d'en apprendre plus ? Tout ce que tu te refuseras de me demander, tu devras l'apprendre à tes dépends lors de la prochaine lune tu sais. Alors, dernière chance...


Elle peut choisir de partir ou de rester, d'affronter ou de fuir. Ce choix, nous l'avons tous eu un jour. Je ne cherche plus à jouer les chats devant une souris, même si j'aurais tôt fait de la retrouver si l'ennui m'incite à venir la tourmenter.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Sam 6 Fév - 16:36

Je laisse Malcom à ces divagations morbides. Je me retiens de justesse de lui envoyer mon poing dans la figure. La simple pensée d’avoir des mains pouvant parcourir ce corps me donnait des nausées, alors si en plus ce devait être les siennes. Il y perdrait sa virilité si je pouvais le faire. L’homme était attirant, il le savait. Mais ce n’était clairement pas suffisant. Pas avec ce caractère, cette suffisance… pas après ce qui venait de se passer. Et je n’étais pas en état pour écouter la raison qui me soufflait qu’il s’agissait d’un mal pour un bien. Non, il était trop content de son coup pour qu’il ait été guidé par un quelconque sentiment de bienveillance.
Il avait voulu me faire du mal et il avait parfaitement réussi. Comme ce vampire… sans même avoir eu à me toucher.

Quelle merde….

Les vampires. Je crois que j’avais touché un point sensible. Son visage est déformé par la haine ou la colère. Peut-être aurais-je eu ce même visage à son égard si je m’étais laissé allée. Les mots coulent dégoulinant d’amertume, l’avertissement est suffisamment clair. Au moins avais-je ma réponse, j’avais menti, sans même le savoir, à la directrice de la PES. En fait, oui, j’étais de ces monstres que je honnissais et c’était surement la raison du petit jeu malsain qui s’était mis en place avec cette sangsue.
Je me voyais tellement revenir au bureau de la PES pour lui fournir cette information.
Plutôt crever.

-Merveilleux…

Malcom se rapproche et mon corps se tend. Je ne sais qui de l’humain ou du volatile provoque cette réaction. Sans doute les deux. L’image de ces crocs sur ma gorge, enserrant mon corps, souillant mes plumes sont encore vivaces. Je me refuse cependant à fuir son regard.
Qu’il était sûr de lui, c’en était vraiment énervant. La colère était un merveilleux moteur, je me l’étais déjà dit. Je m’y raccroche comme à une bouée, elle m’empêche de sombrer. Etrangement, les prunelles de cet enfoiré aussi. Peut-être parce qu’il attisait cette colère. Je n’avais pas la réponse à cela, je ne voulais même pas l’avoir en fin de compte.

Ces mots sonnent juste. Mais sa proximité m’étouffe. Je ne savais même pas quoi demander, mais il semblait enclin à me répondre. Je ne voulais pas savoir, je ne voulais vraiment pas plus m’impliquer….Mais… Avais-je le choix ? J’aurais voulu l’être, vraiment…Assez stupide pour sortir de cette pièce, pour me dire que je me débrouillerais bien seule.
Mais ce n’étais pas le cas…

-Très bien… Laisse-moi juste un moment seul s’il te plait. Va te chercher ton café ou t’occuper de ta secrétaire dont les envies de meurtres se sentent jusqu’ici... Il faut que je réfléchisse.

Il fallait surtout que je prenne le temps de relâcher la pression. Sinon j’allais simplement hurler, pleurer et je ne savais encore trop quoi devant cet homme. Et ça je ne le voulais pas. Je n’étais pas si forte que ça, je finirais bien par craquer, je les sentais, derrière la colère, la fierté, le bon sens. L’angoisse, la panique, le dégout… tout ces sentiments qui n’attendaient que la moindre petite faille pour m’engloutir.

A mon grand étonnement, il accède à ma demande et se retire. J’attends que la porte se ferme derrière moi. Je ne sais pas pourquoi, mais j’actionne le loquet.
La pièce me semble terriblement vide tout d’un coup.
Mon dos heurte la porte et glisse jusqu'à ce que je touche le sol. Ce n’est qu’a ce moment que les larmes se mettent à couler. Mes genoux se recroquevillent contre ma poitrine, mes bras les enserrent. J’ai l’impression d’être de nouveau une enfant, prostrée de la sorte. Pleurant à chaude larmes, des hoquets silencieux agitant ma gorge.

Je l’avais bien dit, il n’aurait pas suffit de grand-chose. J’aurais préféré pourvoir résister jusqu’au bout, ne pas pleurer. Mais c’était au-dessus de mes forces. Comme l’immonde sentiment d’être sale et repoussante. La pensée que finalement, ma mère aurait mieux fait d’avorter. Si c’était pour enfanter un monstre, elle aurait mieux fait. Peut-être qu’elle aurait eu l’enfant parfait qu’elle n’avait pas eu avec moi.

Je me sentais tellement minable…

Ce sociopathe était disposé à me donner des réponses à des questions que je n’avais même pas. La seule chose qui me venait à l’esprit était combien cette histoire était risible, à quel point j’étais passée du statut d’humaine sans histoire à celui de créature qu’il aurait mieux fallut éradiquer. Et malgré ça, je restais dans cet enfer, auprès du bourreau qui avait provoqué ma chute. Pour en savoir plus, par instinct... Pour tenter de survivre là ou où la raison aurais simplement voulu que je disparaisse.

Je n’avais vraiment rien à faire ici.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là à chouiner, mais il fallait que je me ressaisisse, il n’allait pas me laisser tranquille indéfiniment. J’essuie les larmes, je dois avoir une mine affreuse désormais… j’avais presque envie de m’enfuir discrètement juste pour éviter qu’il ne voit ça et me fasse une remarque… J’étais tombée bien bas.
Je débloque doucement le verrou pour qu’il ne claque pas dans le silence qui s’était installé et je commence à ramasser le plus gros des papiers. C’était stupide, je l’aidais certainement ainsi, mais cela m’aidait à réfléchir. J’installe une pile sur son bureau, il restait encore beaucoup à faire, mais je n’étais pas femme de ménage et le singe était déjà de retour. Je n’avais toujours pas la moindre idée de ce que je voulais savoir. J’espérais que les questions viendraient d’elle-même.


Je vais m’adosser contre un mur. Je n’avais aucun envie de m’assoir et j’étais d’un coup très lasse de tout ça. Le fait d’avoir pleuré sans doute.

-Peut-on éviter les transformations ? Même pendant la pleine lune ?

Finalement, ce n’était pas si compliqué. Il fallait juste faire les choses dans l’ordre. Du plus simple au compliqué. Celle-ci ne devait pas être trop technique.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Dim 14 Fév - 20:22


J'ai ce sourire qui ne me quitte pas, comme à chaque fois que je parviens à faire naître une étincelle de colère en elle. Gabriel se retient clairement de me frapper, alors que tout dans mon comportement l'inciterait à le faire. Je ne bouge pas. J'attends... Et une légère déception m'étreint en la voyant se ressaisir. Je me souviens de plus d'une Louve avec qui je me suis bien fritté avant que notre corps à corps ne se finisse d'une toute autre manière... Une autre fois. Difficile d'être ouverte à cette éventualité après une telle révélation, surtout quand il s'agit d'elle. J'ai plutôt été conciliant jusqu'à maintenant, mais uniquement car j'ai déjà eu la satisfaction d'avoir réussi mon coup. A quoi bon pousser le jeu plus loin quand elle a déjà rendu les armes ? J'aurais pu simplement me casser, mais elle était dans mon bureau et ce n'était pas à moi de partir le premier, d'où mon invitation... Ou elle pouvait rester, mais l'issue ne serait pas à son goût.

Quand les vampires sont mis sur le tapis, je n'ai aucun mal à deviner que Gabriel a déjà eu des démêlées avec eux... Mais pas suffisantes pour en avoir fait l'expérience elle-même. Grand bien lui en fasse. Je n'avais aucune bienveillance envers elle, mais je ne souhaitais à aucun métamorphe de se retrouver aux prises avec ces morts assoiffés. Elle le prend avec son calme habituel, et je croirais presque qu'elle a réussi à se bricoler à nouveau ce masque de propreté et de contrôle... Avant qu'elle ne me demande poliment de la laisser un moment.

J'ai un sourire carnassier quand elle se tend à ma seule approche, se raccroche étrangement à cette colère qu'elle éprouve envers moi pour ne pas se laisser succomber. Elle a plongé dans mon regard et l'envie me prend de mordre plutôt que d'accéder à sa requête... J'aurais envie de la voir s'effriter sous mes yeux, péter un plomb pour de bon et hurler de terreur. S'abandonner, tout simplement.

Le choix qu'elle fait m'étonne. Abandon ? Fuite ? Attaque ? Rien de tout cela. Elle temporise, pour reformer sa carapace peut-être... Mais elle ne cherche pas à se soustraire de mes attentions. Etonnant. J'hausse un sourcil, curieux, et me décide à jouer le jeu parce qu'elle a réussi à me prendre à contrepied. Sans un mot ni plus un regard, je sors de mon bureau en refermant la porte derrière moi. Un sourire en coin étire mes lèvres en entendant le loquet s'enclencher peu de temps ensuite. Ce n'est pas ce qui pourrait m'arrêter si je me décide à rentrer, mais pour le moment, j'ai le cas Brigit à régler... Et vu comment elle est plantée à l'autre bout de couloir avec ce regard assassin braqué sur moi, ça risque de me prendre un peu de temps pour lui expliquer la situation.
Fort heureusement, elle n'est pas assistante uniquement pour ses qualités d'organisation et de gestion d'entreprise, même si elle excelle dans ce domaine. Mon assistante fait surtout partie des associés de mon père, et même si l'envie de me sauter à la gorge est forte... Elle se contente de renfoncer cette lunette et de prendre note avant de se détourner. Oui, Brigit est aussi présente pour me couvrir en cas de besoin, voir de gérer les bavures, même si elle préfère qu'aucune ne se révèle, et que la moindre est automatiquement rapportée à mon père. Enfin, les problèmes de Gabriel... Je crois qu'il s'en moque complètement.

Je fais un détour au distributeur pour me prendre un café blindé de sucre et des cochonneries à grignoter. Quand on se transforme trop souvent, on a constamment la dalle, et que ce soit dû ou non à ma forme favorite, c'est toujours du sucre que je recherche. Je reviens dans mon bureau peu après, toujours aussi détendu. La porte est entrouverte, comme si elle me laisse rentrer presque à regret. Je la pousse et la referme derrière moi pour la voir s'activer avec mes papiers. J'hausse un sourcil avec un sourire amusé.

- J'aurais peut-être dû t'embaucher finalement. T'es plutôt efficace dans ton genre.

Je lui balance une barre chocolatée sur le bureau, qui atterrit en haut d'une pile de papiers nouvellement constituée.

- Tiens. Ca creuse, de se transformer.


Je la détaille un temps, tandis qu'elle s'adosse au mur pour se donner une certaine contenance... Alors que ses yeux sont rouges d'avoir pleuré. Elle ne trompe personne dans cette pièce, mais je n'ai vraiment pas envie de m'attarder là-dessus, et la remercierait presque de m'avoir épargné ça.

- Si tu apprends à te transformer à l'envie, tu sauras comment éviter de le faire dans les pires moments. Tu auras toujours envie de te transformer si tu es en danger, pour fuir ou attaquer... Mais tu peux te contrôler. La pleine lune, par contre, c'est différent. Elle exerce son pouvoir sur nous de la même manière que sur les Loups. On ne peut pas résister à son appel, et durant cette nuit-là, on s'abandonne à sa forme favorite. C'est une habitude à prendre.

Je marque un silence. Elle pose les bonnes questions finalement, donc je poursuis :

- Si tu n'as pas envie d'apprendre d'autres formes, tu n'en connaîtras qu'une : Celle que tu emploies depuis le premier jour, sous le coup d'une vive émotion. Ce n'est pas toujours celle qui te correspond le mieux, mais surtout celle dont tu avais besoin à ce moment-là. C'est en essayant d'autres formes que tu peux trouver celle qui sera vraiment la tienne, ta favorite. Tu auras moins de mal à la contrôler. Tu te sentiras mieux sous cette forme que sous les autres, et plus proche de ce que tu es vraiment.

Même si, dans son cas, je crains qu'elle ne sache plus vraiment qui elle est. Crise d'identité, quand tu nous tiens... Bon, j'ai fini mon exposé. Je savoure mon café et me rapproche de la fenêtre. J'attends de voir ce qu'elle me réserve ensuite, pour mon plus grand plaisir.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Lun 15 Fév - 11:30

-Je ne travaillerais pas pour un patron incompétent. Dis-je alors que je lui tourne le dos et que je m’éloigne.

Peut importe comment il était arrivé à cette position. Ce n’était clairement pas par ses diplômes ou encore son travail acharné. Je ne sais pas, je le voyais très mal assis derrière ce bureau en train de remplir avec sérieux sa paperasse ou tenter de négocier je ne savais quel contrat. Quelque chose me disait que sa secrétaire avait un rôle bien plus important que de la simple organisation. Vu la dégaine du patron, c’était même une évidence.

Il lui manquait une case, ça aussi c’était une évidence, mais sa folie était bien plus insidieuse que je ne l’avais cru de primes abords. Il était capable d’avoir des propos cohérents en fin de compte et c’était bien plus effrayant.
Il n’était pas normal. Sa … condition mise à part.
Était-ce simplement parce que je l’avais en horreur, ou y avait-il effectivement autre chose ? Je n’avais pas vraiment envie de creuser pour le savoir. Je m’y brulerais les ailes. J’étais déjà bien pathétique, si je pouvais éviter d’en rajouter. Au moins ces pensées superficielles me raccrochaient à une réalité que je connaissais. Un point d’encrage bienvenu dans ce cauchemar grotesque.

Par réflexe j’attrape ce qu’il me lance et hausse un sourcil. De la nourriture ? Il s’explique.
Ce gars est étrange. Il se sent le besoin d’humilier ces congénères et leur témoigne une certaine attention par la suite. Savait-il au moins ce qu’il voulait ? J’ai du mal à croire que cela ne cache pas quelque chose. Mais que pouvais-je y faire ? Rien du tout, alors j’attends et j’écoute.

-C’est impossible hein…dommage… Je parlais plus pour moi que pour lui. A part le danger, y-a t-il d’autre facteurs qui pourrait favoriser … ces changements intempestifs ? … Si je te comprends bien, une fois cette forme particulière trouvée, la maitrise est meilleure. Que peut-on faire pour travailler cela ? Les autres formes ect… Enfin pour peu que ça ne soit pas propre à chacun.

Penser en termes d’animal plus que d’humains m’aidait. Oublier pendant un temps que je faisais partie des dits animaux. Le sucre adoucit la bile qui se déverse sur ma langue. Ce taré congénital pouvait être utile de temps en temps. Comme quoi, j’allais de surprise en surprise.
Le stresse continue de contracter mes muscles, mais je savais la crise de larmes passé. C’était déjà ça de pris. Réfléchir lorsque qu’une boule écrasait votre gorge en vous empêchant de respirer était tout bonnement impossible. Le mal être était toujours présent, battant cotre mon crane, oppressant ma poitrine, mais au moins pouvais-je le gérer. Un minimum.

-Des faiblesses dont je devrais être au courant ?


On passait du documentaire animalier à celui de solutions pour jeux vidéo. C’était merveilleux comme cette conversation me paraissait stupidement illogique. Je voulais aller vite, éviter de m’étendre plus amplement sur le sujet. Le sourire de Malcom me tapait sur les nerfs, ces insinuations graveleuses encore plus. Il se moquait de moi ouvertement, je n’aimais pas cela, surtout quand je me sentais si mal dans ma peau, étrangère à moi-même… vraiment il me donnait une furieuse envie de lui envoyer un coup dans les bijoux de familles. Personne ne m’en voudrait, je veux dire, il fallait éviter que ce genre d’individu ne puisse se reproduire, non ?

Je me masse les tempes, le sang battait, me donnait mal à la tête tandis que j’organisais les informations qu’il me donnait. Je devais procéder avec précaution, évacuer les pensées superflues. Celles qui briseraient le semblant de stabilité que j’avais réussi à récupérer. La fatigue n’aidait pas, j’avais envie de me rouler en boule quelque part pour ne plus en bouger. Il fallait que j’assimile ces nouvelles connaissances, que je les digère… Mais cela ne se passerait pas sans heurts, pour le moment, je me contentais de les retenir.
C’était déjà suffisamment pénible d’avoir cette discussion avec un mec aussi antipathique que lui. Friandise offerte ou non.

-Comment as-tu su que j’étais comme toi ?

J’étais assez contente de moi. Les mots ne butent pas, même si mon égo s’offusque de la phrase. Je n’étais pas comme lui…enfin si peut-être un peu. Mais je valais mieux que lui…

Enfin certainement…

Hé merde….

Je détestais ce sentiment, cette nouvelle conscience qui me chuchotait méchamment que je ne valais pas grand-chose. Que le petit jeu avait assez duré, que j’étais…un monstre. Je faisais ce que je pouvais pour l’ignorer, pour ne pas la laisser m’envahir et parasiter la logique dont j’avais besoin pour poser les bonnes questions. Mais elle restait là quand même, comme un bruit de fond désagréable et malsain.
Mes bras se croisent sur ma poitrine comme pour me protéger de moi-même. Je me sentais si stupide… tellement vulnérable.
Quel enfer.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Lun 7 Mar - 18:45

Je lâche un bref rire, à sa répartie. Sérieusement, pourquoi je m’attarde avec une fille pareille ? Peut-être parce qu’elle arrive à m’amuser, ou parce que comme tout grand félin qui se respecte, j’aime bien jouer avec mes proies avant de les tuer. Elle ne se rend pas compte que chaque pique risque de lui être rapidement très dommageable…

- Evite de me provoquer, gamine. Je pourrais te le faire amèrement regretter plutôt que de te donner un coup de patte. On dirait que tu ne saisis pas la chance que tu as d’avoir quelqu’un pour t’expliquer suite à ta première transformation… On n’a pas tous été dans ce cas-là.

C’est peut-être bien parce qu’elle avait raison sur le fond que je me sens obligé de la rembarrer. Je ne ramerais pas autant à assurer mes fonctions si j’avais eu l’occasion de faire des études, mais on n’avait pas tous vécu dans le même cocon doré qu’elle. Voilà certainement la raison qui m’avait poussé à mettre le bordel dans son existence si bien ordonnée, d’un simple déclic. Un jour, elle remercierait pour ça… Ou pas. J’aurais la satisfaction de la voir vivre chaque seconde avec elle-même à supporter.

- Ce qu’on peut faire pour le travailler ? Aller au zoo.

Je lance le papier de la barre chocolatée dans la corbeille, lui répondant avec flegme. Je me retiens de rire à nouveau devant ce sérieux qu’elle affiche, comme réalisant progressivement que sa nouvelle condition est bien réelle, et inévitable.

- Ça te dit une petite sortie ?

Un peu plus et on croirait que je lui fixe un rencard. Ouais… Sauf que je la connais bien la finalité. Elle n’a pas envie de coucher, et même si ça me démange de la forcer pour lui faire passer l’envie de se servir de sa langue autrement, je m’en garde pour le moment. Elle rejoindra peut-être la meute d’elle-même, et je n’ai pas envie de me créer des problèmes inutilement… Pas dans l’état actuel des choses en tout cas. Merde, la meute commence à faire de moi un mec bien rangé. La faute aux Valentyne, tout ça.

- L’argent. C’est un véritable poison pour nous. Tu peux le toucher, bien sûr. C’est bien pour ça que tu n’as pas dû t’en rendre compte, mais s’il passe sous ta peau la réaction va être très violente.

Elle en avait subitement pas mal des questions à poser, le temps d’assimiler sa nouvelle nature en un éclair… Gabriel s’adapte bien plus vite que je ne l’ai espéré. Peut-être qu’elle avait pris le temps de péter son câble pendant que je me prenais un café, mais chez elle ça signifiait visiblement ranger mon bureau. On n’était vraiment aux antipodes, tous les deux.

Et pourtant… J’éclate d’un rire violent en me prenant la tête à une main quand elle me demande avec l’innocence incarnée comment j’ai pu savoir que nous étions pareils. Oui, que nous étions pareils. Elle l’avouait d’elle-même. Il me faut un peu de temps pour me calmer, alors que sa gêne apparente ne fait que renforcer mon hilarité. Putain, j’en peux plus… C’est encore plus jouissif de piétiner ses chers principes du pied que de me la faire.

- Ah, c’est trop bon… Je te laisse expérimenter par toi-même, oiselle.

Je m’approche d’elle pour lui tapoter l’épaule, puis sors mon téléphone de ma poche.

- Bon alors, on a fait le tour là ? On se fixe ce rencard au zoo, ou pas ? Je te donne mon numéro, tu feras comme tu veux après. Ce sont tes problèmes maintenant, plus les miens. Je te propose mon aide pour apprendre à te maîtriser, à prendre ou à laisser. Mais ne tardes pas trop sinon je te ferais payer les frais de dépassement.

Je lui décoche un sourire charmeur, de toutes mes dents. Je vais trop rire si elle accepte… Le pire ? C’est qu’elle serait capable de me prendre au pied de la lettre et me demander la facture.
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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   Lun 7 Mar - 21:46

Son rire me hérisse les poils. Les plumes auraient été plus exactes, mais je tue cette pensée sitôt sortit de mon inconscient. Je me haïssais des fois. Aujourd’hui plus que jamais. Je le toise, mon regard est chargé d’un mépris sans nom. Il pensait réellement me faire peur ? Il avait déjà saccagé ma vie, bien plus qu’il ne pouvait se l’imaginer, alors je n’allais pas me mettre à le remercier des larmes de reconnaissance des les yeux. Et puis quoi encore.
La seule chose que j’avais, présentement, envie de lui démontrer, c’était la colère qu’il pouvait m’inspirer. Enfin, il était peut-être fort dans sa violence, il n’en restait pas moins incompétent, à mes yeux, au poste qu’il occupait et il n’avait rien fait pour m’en démontrer le contraire. La manipulation n’était pas un critère de choix, je précise.

Je fronce les sourcils en le regardant, est-ce qu’il se foutait de ma gueule ? Le zoo, vraiment ? Son air était sérieux. Je pensais comprendre ce qui était sous-entendu par là. Il n’était clairement pas un bon professeur, enfin ce n’était pas comme s’il était de bonne volonté aussi. Pour je ne sais quelle raison, il répondait juste à mes questions. L’interprétation restait néanmoins à ma charge. Il ne fallait pas trop en demander avec un porc décérébré comme lui.

-J’espère que c’est une blague.

C’en était une, il ne pouvait pas me blairer, c’était réciproque. Même si son sadisme transformait cette aversion en plaisir. Je le laissais avoir trop d’ascendance sur moi… Mais comment pouvait-il en être autrement. Situation de merde, réalité chaotique. Comment tout ça a pu arriver. C’était impossible, impensable.

Je mémorise mentalement les informations qu’il me donne. Enfonce mes ongles dans mon bras. J’étais un monstre, un putain de monstre. L’argent, ca ne sortait pas d’un conte de fée ce genre de chose, non ? Et j’étais obligée de rester là, avec le plus grand sérieux, le plus grand calme. Sinon, il en serait trop satisfait, sinon j’allais fuir comme une greluche épouvantée par le noir. Sauf que le croquemitaine était à mes portes et manque de bol, il s’avérait que je faisais partie de la famille. Je m’en serais bien passée. J’avais l’impression de haïr tout et tout le monde, comme si la terre entière était responsable de mon état et qu’ils se moquaient bien de moi. Je ne sais pas si c’était vraiment le cas, mais Malcom, lui, il prenait son pied.

-Range ta langue, tu vas finir par baver.

Je me soustrais à sa main. Son contacte me laisse une sensation étrange sur l’épaule. J’ai envie de gratter, laver, nettoyer. C’était comme s’il m’avait souillé, une fois de plus, une fois de trop.

-Oui, on a fait le tour. Et pas de rencard, merci.

D’une petite impulsion, je me décolle du mur. Sans le regarder, je vais récupérer mes affaires. Seulement mon sac que j’avais replacé sur ma chaise avant que le monstre ne revienne. Je le sens, son regard sur moi, derrière mon dos. Même ça, ça m’énerve.

-Comme tu le dis, ce ne sont pas tes problèmes. Même si tu as pris un malin plaisir à me les refiler. Ne pas le remarquer aurait été de l’aveuglement. Et c’est ça qui aurais été dangereux avec ce genre de personne. Je te laisse à tes obligations. Vu le bordel, tu risque d’être occupé le reste de la journée.

Je me retiens de rajouter l’évidence. Il ne s’en occuperait pas, il déléguerait. Cependant, s’il le faisait, j’espérais bien que sa secrétaire lui ferait regretter ce geste. Ce que moi, j’étais présentement bien incapable de faire.

- Amuse-toi bien.


Alors que je franchis le pas de la porte, la boule revient, comprime ma gorge et fait battre mon cœur. Il fallait que je sorte d’ici et vite.

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MessageSujet: Re: "Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]   

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"Le hasard fait mal les choses." [Livre III - Terminé]
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