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D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]
MessageSujet: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Jeu 12 Nov - 23:22


J'étais restée en tailleur, au fond de mon canapé, à fixer l'écran de la télévision sans écouter vraiment ce qu'il se disait... Pas ici, tout du moins. Mon esprit était ailleurs, aux côtés de Noah, alors qu'il passait son entretien avec la cheffe de l'armée diurne vampirique. Je m'étais si bien noyée dans les émotions de mes semblables que je ne parvenais même plus à discerner les miennes propres. Je me sentais comme étrangère à cette scène, même si j'en connaissais l'importance capitale. Je ne devais pas interférer. La première sensation qui me revient quand j'ouvre enfin les yeux, après avoir si longtemps épié, est le besoin impérieux de casser quelque chose. Totalement déraisonnable. Je serre la mâchoire et bloque ma respiration, cherchant à retrouver ce silence salvateur... Mais impossible. J'entends les bruits dans la rue, entre les quelques fêtards qui arpentent le trottoir en parlant trop fort et les voitures qui ne cessent de passer. Je regarde l'heure sous le boîtier de la télévision et reste interdite un temps. Si tard ? Je ne pensais pas avoir passer autant de temps à solliciter les liens des Illuminatis. Il est temps que je bouge un peu.

Je me lève avec difficulté, les membres engourdis. Je soupire, agacée, puis me décide finalement à sortir. Je prends seulement ma veste courte et mon portefeuille que je glisse à l'intérieur. Il commence à faire doux, même le soir, en cette fin d'Avril. Je fais comme tout le monde, à rôder dans les rues à mon tour, les mains enfoncées dans mes poches. Je dois avoir l'air aussi peu avenante qu'une porte de prison... Jusqu'à ce que je finisse par repérer l'origine de tant de vacarme, en me rapprochant du centre-ville. Je bifurque dans une rue plus large, où les bars pullulent autant que les boîtes de nuit. Tiens... Danser, ce sera toujours mieux que de chercher à casser quelque chose. Le videur ne m'oppose pas la moindre difficulté avant de me laisser entrer, et bientôt, je suis contaminée pour l'ambiance des lieux.
La musique bat son plein, si bien qu'il est impossible de parler sans hurler. Il fait sombre, hormis ces lumières de couleur qui se projettent parfois sur moi, et c'est bien peuplé déjà. Je me glisse derrière un couple qui ne semble pas faire attention à moi pour atteindre le bar et commander un premier cocktail, histoire de me mettre en condition. Je le bois un peu trop vite, pressée de rejoindre la piste pour me déhancher au rythme de la musique. Je danse dans mon coin, ce qui a tendance à attirer l'attention de quelques inconnus, à qui je rends quelques sourires avant de partir plus loin, insaisissable. Je suis là pour me défouler, pas pour draguer.

L'heure est déjà bien avancée quand quelqu'un dans cette foule compacte finit par attirer mon regard. Je ne peux pas m'empêcher de rire, sans chercher pourtant à me moquer. Lui, il en a un sacré, de déhanché. Je suis sûre que toutes les filles doivent s'arracher ce visage d'ange... Mais je ne suis pas intéressée. Je comptais me détourner avant de me rendre compte qu'il me rend mon sourire. Il a envie de jouer ? J'ondule sous les projecteurs, tâchant de donner le change, avant de repartir d'un rire léger, qui ne s'entend même pas dans cette cacophonie. Après tout, je suis bien là pour ne plus penser à rien et m'amuser, non ?
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Dim 15 Nov - 19:40

    Tenir un casino n'était pas dénué de quelques responsabilités parfois trop lourdes à porter. Derrière son attitude désinvolte, Dante était un redoutable homme d'affaire, avec une poigne de fer. Il ne supportait pas le laxisme chez ses employés et n'était pas un patron spécialement compréhensif. Ajoutons à cela qu'il n'était pas très à cheval sur la légalité tout en évitant que cela soit trop visible. Dante avait des responsabilités, il avait un vaste terrain de jeux et de chasse, des proies prêtes à être plumées et en parallèle, la carrière d'Evy à gérer. Il devait organiser les événements, les soirées, les interviews pour elle et ce n'était pas toujours facile à gérer avec le caractère de diva de la démone.

    Alors ce soir, il avait décidé de sortir, de décompresser, d'oublier le costume cravate pour revêtir chemise et jean tout simple, histoire de se détendre, de se vider la tête, voire de trouver quelque petite innocente histoire de se défouler ce soir. Certes, l'innocence était quelque chose devenu rare désormais en Ecosse, et il ne pouvait jamais être certain de savoir sur quelle genre de créature il pouvait tomber... Vampire (bien que celles-ci étaient plus facilement repérables), louves, démones, humaines... il y avait un panel des plus intéressants et il ne craignait aucunement le danger, ayant assez de ressources pour pouvoir s'en tirer.

    Il commença par quelques bars, buvant peu, mais demeurant aux aguets, ne trouvant aucun intérêt dans les demoiselles (ou femmes plus mûres) qu'il pouvait suivre du regard. Dante marchait à l'instinct au... coup de cœur, si on pouvait s'exprimer ainsi. Il fallait que quelque chose titille sa curiosité. Il y avait bien quelques groupes de jeunes filles peu vêtues. Celles là, elles cherchaient à attirer les regards. Des jupes courtes, des talons aiguilles, des décolletés pigeonnants, des petites vestes qui ne les protégeaient même pas du froid. Cela se voyait à travers leurs petits hauts peu épais. Les soutiens gorges ne devaient pas l'être davantage... Voile ou dentelles peut être. Quoiqu'il en soit, elles se les gelaient, croisaient parfois leurs bras sur leur poitrine, faisaient quelques mouvements pour se réchauffer, mais ce n'était pas grave, elles étaient parées pour sortir et... Chopper ? Possible pour certaines. D'autres n'étaient que des allumeuses. Et venaient ensuite pleurer qu'on avait tenté de les violer (ou même réussi). Alors qu'elles le cherchaient bien ces petites dindes qui gloussaient.

    Des proies faciles. Trop. Dante n'était pas d'humeur à se faire chauffer par une gamine qui n'avait que de la gueule et n'allait pas au bout. Le semi démon supportait mal la frustration, même s'il avait un bon pouvoir de persuasion. Malheureusement, avec les récents événements, il avait plutôt intérêt à se tenir à carreau et ne pas faire de vagues. Alors prendre de force une de ces allumeuses, par exemple, était un mauvais plan. Et rentrer frustré aussi. Evy ne manquerait pas de le railler, elle savait comme personne lire en lui et deviner ses émotions. Elle se foutrait de lui et cela finirait en ébats violents. Cela ne lui déplaisait pas, cela dit.

    Il quitta les bars pour suivre un groupe de jeunes et se retrouver devant un des clubs de la ville. Pourquoi pas ? Il n'était pas le dernier pour s'amuser. Il pénétra à l'intérieur, non sans glisser un biller pour le videur, petite largesse qui ne lui coûtait pas grand chose. Dante présentait bien, même habillé simplement. Il était plutôt charismatique et avait une stature qui ne passait pas inaperçue. Il se retrouva à l'intérieur, ses yeux s'habituant à la lumière des néons et des spots, ses oreilles à la musique sourde. Il esquissa un sourire, s'approchant de la piste, avant de se laisser aller. Il n'avait jamais eu peur du... ridicule. Et de fait, il ne l'était même pas spécialement alors qu'il se déhanchait au rythme de la musique. Il pouvait faire le pitre, mais ne s'y était pas encore adonné ce soir. Il dénotait comparé aux mouvements plus mécaniques des mecs sur la place, qui dansaient de façon un peu raide. Lui, il s'éclatait et cela se voyait, attirant quelques nanas un peu chaudes qui ne manquaient pas de tenter de se frotter. Il en laissait faire certaines, en repoussaient d'autres, avant d'aviser, plus loin, une jeune fille qui elle, semblait éviter toute forme de contact avec la foule des danseurs. Ce qui était singulièrement différent des nanas qui se trouvaient à proximité de Dante.

    Il vit qu'elle le regardait et quand elle accrocha son regard, il sourit, ce qui semblait amuser la jeune fille qui se mit à danser et à le regarder, le mettant au défi de le rejoindre. Elle semblait priser sa « solitude » et il avait comme l'impression qu'en approchant, elle le renverrait proprement dans ses pénates... Bien bien... Le regard rivé sur elle, il fit son petit show, se moquant bien des regards alentours, faisant aller son bassin en rythme, avant de partir dans un petit solo de sa spécialité, qui prenait un peu de place, qui se démarquait clairement des mouvements uniformes autour de lui, puis il pointa un doigt vers la demoiselle, comme pour l'inciter à faire mieux.

    Une petite battle, cela pouvait être amusant non ? Voyons jusqu'où la miss avait envie de jouer. Elle l'excitait davantage que les nanas qui faisaient étalage de leur chair en ce moment et se trémoussaient en se pensant sexy.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Dim 22 Nov - 23:21




Je ne m'étais pas attendu à tomber sur quelqu'un... D'intéressant, dans cette boîte de nuit. Généralement, ce ne sont que des perdus qui viennent se déhancher jusqu'à l'aube, en bonne compagnie ou non, à venir draguer ou se laisser draguer, l'alcool aidant.
Lui, il dénote clairement avec le reste. Et je ne le dis pas parce qu'il est beau gosse, quoique ... Mais simplement parce qu'il n'a pas l'air d'être venu chercher la même chose que les autres. Les regards se braquent sur lui, parce qu'il sait bien danser, parce qu'il a clairement confiance en lui, est bien habillé, s'éclate sans même y penser, et occupe bientôt rapidement tout l'espace en captivant toutes les attentions. Je n'échappe pas vraiment à la règle, mon regard revenant à lui par moment. Je garde pourtant mes distances, avec lui comme avec les autres. Je ne suis pas là pour draguer, et je n'apprécie pas tellement qu'on vienne se frotter à moi. En jean, basket et débardeur simple, je devrais pourtant moins attirer que les mini-jupes et talons aiguilles de celles qui n'attendent que ça. J'ai assez de force pour être persuasive et leur faire comprendre que je ne rigole pas.

Sauf que lui, il me fait clairement rire. Je m'attendais à ce qu'il ose se rapprocher, mais on dirait qu'il est plus intelligent que la plupart et préfère conserver ses distances. On dirait un paon qui fait la roue, quand il se remet à danser. Je ne peux nier qu'il a la technique et sait comment faire. Quand il me pointe du doigt, me mettant au défi de faire mieux, je ne suis pas tellement sûre d'y parvenir mais je me prête au jeu.

Je me laisse aller au rythme de la musique. Je ralentis ma danse, qui se fait sensuelle et langoureuse, avant de reprendre dans une frénésie, déchaînée et hors de contrôle quand elle s'y prête aussi. Je tourne sur moi-même. J'oublie ce qui m'entoure et ne pense qu'à l'instant. Quand mon regard revient à lui, le vide s'est totalement fait autour de nous. Certains se sont arrêtés pour nous regarder ou nous encourager, quand d'autres se contentent de danser plus loin. Je lui rends un sourire provocateur et m'avance d'un pas résolu vers lui. Je pose ma main sur son torse, ancre son regard en le mien... Et le repousse subitement pour m'écarter en quelques pas de danse qui me permettent de m'évader. Je m'immobilise, une main sur les hanches, et lui fais signe pour voir s'il est capable de faire mieux.

Il a envie de jouer ? Qu'il me surprenne !


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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 9 Déc - 10:39

    Elle bougeait bien. Très bien même. Et pas pour aguicher les mecs (ou les nanas). Ni pour attirer les regards. Elle bougeait bien parce qu'elle avait le sens du rythme, ce que toutes les femmes présentes dans la salle ne pouvaient pas dire. Parce que franchement, il y en avait qui se pensaient sexy mais qui avaient le sens du rythme d'une crevette anémique. Et sourde. Affligeant. Dante aimait les proies faciles quand il n'avait pas envie de se fouler. Qu'il était fatigué et souhaitait juste un vagin accueillant. Ce n'était pas le cas ce soir. La jeune femme avait attiré son regard par sa... différence. Elle n'avait pourtant rien de remarquable. Elle était mignonne, mais il y avait une dizaine de nanas plus canons dans la salle. Elle était fine, bien proportionnée, avec un beau regard. Elle dénotait parmi les autres, voilà tout. Et c'était ce qui avait attiré l'attention du semi démon.

    Dante n'était pas fin psychologue, mais il observait beaucoup les proies qu'il se mettait en tête de chasser. Histoire d'adapter un peu sa technique d'approche. Quand il s'en donnait la peine. Parce que des fois, il prenait simplement de force et voilà tout. Cependant, il fallait être prudent dans ces cas là, les victimes ne se rangeaient plus à la loi du silence et il n'avait pas intérêt à être reconnu au risque de provoquer un énorme scandale. Non, le viol posait bien trop de problèmes quand on était susceptible d'être reconnu comme lui. Il n'était pas un petit malfrat sans envergure.

    Si la belle souhaitait rester discrète et danser dans son coin sans qu'on ne la remarque et vienne l'importuner, c'était raté. Dante n'avait même pas eu besoin de se rapprocher d'elle pour l'accoster finalement. Les autres danseurs l'avaient fait pour lui, en s'écartant naturellement pour laisser les deux danseurs donner le meilleur d'eux-même et s'accaparer la piste. Bien, ils étaient lucides au moins, ils voyaient qu'ils avaient à faire à des maîtres, une catégorie nettement au dessus d'eux. Et parce que la foule s'était écartée telle la mère devant Moïse (ahah petite référence biblique pour un démon ! ), la jeune danseuse finit par s'enhardir, approchant de son adversaire (ou partenaires ? ) de l'instant pour venir le taquiner un peu. Tiens donc, finalement, serait-elle moins farouche qu'elle ne s'en donnait l'air ? Allait-elle simplement venir se coller au semi démon pour se déhancher contre lui et provoquer son érection ?

    Ah ! Non ! Son corps en fut déçu, son esprit satisfait. Si elle approcha bien, le toucha de la main, ancra son regard au sien comme pour lui faire quelques promesses, elle s'échappa bien vite, avant de s'immobiliser et de le regarder avec défi. Hum... Impossible d'en rester là. Impossible de laisser filer cette fille ce soir sans en avoir apprit davantage sur elle. Elle était une cible. Qu'importe qu'il n'obtienne pas ce qu'il voulait ce soir. Il la reverrait. Il la chercherait. Il s'insérerait dans sa petite vie de tous les jours, l'air de rien. Mais pour le moment, elle n'avait pas l'air d'avoir envie de fuir. Parfait. Deuxième round. Avec un peu de chance, elle était suffisamment intriguée pour lui octroyer le privilège qu'elle avait refusé aux autres. Même si elle n'avait pas du être accosté par tous les mâles de la boîte de nuit. Il n'était pas clairement écrit « j'ai envie de baiser ce soir » contrairement à certains autres specimen féminins dans le coin. Et son venait rarement dans ce genre d'endroit pour nouer une relation stable, n'est-ce pas ? Du coup, que faisait-elle là ? Avait-elle juste besoin de se défouler et de se changer les idées ?

    Dante décida de laisser tout amour propre au placard. De jouer d'auto-dérision. De ne pas se prendre au sérieux. Il esquissa un léger sourire, annonçant qu'il allait faire un truc à la con, avant de mimer un lancer de lasso et de se rapprocher de la demoiselle provocatrice avec un déhanché de tous les diables. Il lui tendit une main, toujours avec un mélange de malice et d'assurance :

    « Tous les regards sont braqués sur nous ma belle, on a montré qu'on dansait comme des dieux l'un contre l'autre, je suis curieux de mélanger nos talents et qu'on fasse équipe pour une poignée de minutes. »

    Il marqua une pause, ajoutant dans un sourire :

    « A moins que tu ne craignes de ne pas être à la hauteur ? »

    Oui c'était de la provocation, oui, on le voyait venir à 10 kilomètres. Cela dit elle avait donné un aperçu de son potentiel, et il était réellement curieux de voir ce que cela donnerait. Mais pas en se la jouant collé serré et frotti frotta, c'était un peu trop limité.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 16 Déc - 16:44


Je m'amuse comme une folle, et c'est encore plus vrai quand c'est aux dépends de quelqu’un d’autres. Ce soir, mon dévolu s’est porté sur cet inconnu si confiant en ses charmes qu’il est persuadé de pouvoir se mettre toutes les filles dans sa poche. Je ne nie pas qu’il soit plutôt séduisant, mais ce n’est pas ce qui a attiré en premier lieu mon attention. Il danse vraiment bien en plus d’être agréable à l’œil. Contrairement à la plupart des spécimens masculins de cette salle, il n’est pas rigide dans ses mouvements et la peur du ridicule ne semble pas le guetter. Par contre, je devine sans mal que mon partenaire n’apprécie que peu que l’on se refuse à lui, certainement habitué à ce que la majorité des filles recherche ses attentions. Oui mais… J’ai déjà ce qu’il me faut à la maison. Le seul avantage significatif qu’il peut avoir sur Noah, c’est bien de savoir s’éclater et se déhancher sur une piste. Il ne me viendrait même pas à l’idée de demander une danse à l’ex-militaire…

Un sourire provocateur se dessine sur mon visage, face à la déception que je viens de susciter chez l’autre danseur, bien vite remplacée par une lueur d’intérêt naissante. Il ne compte visiblement pas s’arrêter là, surtout après que j’ai répondu à son défi par un nouveau. Mais non, il n’allait quand même pas oser … J’éclate d’un rire sincère alors que je l’observe manipuler son lasso invisible et se rapprocher de moi, en reproduisant ce même déhanché qui lui a permis d’attirer mon attention. Je suis obligée de reconnaître qu’il est drôle même si, devant cette main tendue, j’hésite un instant sur la marche à suivre. J’ancre mon regard en le sien et ne lui répond tout d’abord que par le silence, avant qu’il ne réveille cette part en moi qui a envie de relever le défi, de jouer encore un peu, l’instant d’une danse.

Je me laisse prendre à cette provocation, qui m’incite à me saisir de cette main tendue. Je supprime la distance qui nous sépare en un pas rapide, levant la tête pour ne pas le quitter du regard.

- C’est d’accord, Don Juan. Montre-moi ce que tu sais faire…

Je croise mes doigts avec les siens, lui rend un fin sourire… Et me détache de lui à nouveau. La musique a repris, avec un rythme vif et entraînant qui me convient parfaitement. Je bouge en tous sens, et me décide à lâcher prise. J’arrête de penser, et ne m’évade plus dans le lien qui m’unie au Cercle mais dans cette danse endiablée qu’il m’offre. Tout mon corps répond à l’impulsion, ne restant pas inerte une seule seconde. Je tournoie, passe devant et derrière lui en ne rompant que rarement le contact avec cette main qu’il m’a tendu… Et uniquement pour mieux y revenir. Il m’arrive de suivre ses pas un temps, pour briser cette monotonie l’instant d’après, par une de mes fantaisies. Je me mets à rire, sans raison aucune, parce que je m’éclate et qu’il m’en laisse l’occasion. Nous sommes comme des rois sur cette piste qu’on nous laisse, juste le temps d’une chanson. Je profite des ultimes notes pour donner tout ce que j’ai, avant de me retrouver contre lui quand la musique s’achève, mon souffle haletant soulevant ma poitrine.
Je relève le regard vers lui, alors que je réintègre l’instant, avec ce mélange de satisfaction et de déception… Mais l’inciter à danser toute la nuit ne serait pas bien prudent, et risquerait de l’inviter à bien plus sans que je ne le désire vraiment. Je lui rends un fin sourire et lâche finalement sa main pour reposer la mienne sur son épaule, juste le temps de me hisser à son oreille.

- J'admets que tu es doué. Merci pour cette danse endiablée, je me suis vraiment bien amusée.

Je lui tapote finalement l’épaule, comme pour signifier à ce bel inconnu que je compte en rester là, et m’apprête à me détourner pour me chercher un verre au bar.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mar 29 Déc - 12:11

    Alors, cette fille allait-elle se dégonfler face à un certain rapprochement ? N'était-elle sûre d'elle qu'à distance, fuyant la tête basse dés lors qu'on l'approchait ? Après tout, elle n'avait semblé s'intéresser à personne, se contentant de danser toute seule dans son coin, pour le simple plaisir de se vider la tête et sûrement pas de faire des rencontres, encore moins de finir dans le lit d'un inconnu. Et encore, ça c'était avec de la chance, parce qu'on pouvait aussi s'éviter le déplacement et faire ça rapidement dans des chiottes à la propreté plus que douteuse. Cela ne dérangeait pas spécialement Dante, qui avait évolué dans des milieux plus crades et glauques encore. Même si maintenant, il prisait plutôt un certain standing. Forcément, quand on évoluait dans le luxe ou du moins un milieu de vie assez élevé, on y prenait goût. De toutes façons, ce n'était sûrement pas le genre de cette fille là de se laisser prendre en vitesse dans des toilettes dégueulasses, déjà repeintes de toutes sortes de substances qu'il ne valait mieux pas identifier.

    Le semi-démon était sûr de lui. Un mélange d'arrogance et en même temps de dérision. C'était assez étrange. Dante n'aimait pas qu'on se refuse à lui, ni qu'on se moque de lui, mais il était le premier à ne pas se prendre au sérieux. La preuve en était cette façon... hum... ringarde ? Voire lourde, de se rapprocher de la jeune femme. Mais tout était dans la manière de le faire. Il l'avait fait avec auto dérision, et avec un touche sexy indéniable, si bien qu'elle avait ri, mais pas réellement à ses dépends, plutôt de la situation assez étrange. Et tout le monde connaissait le proverbe : femme qui rit...

    Bref.

    La jeune femme hésitait à se saisir de cette main tendue, comme si cela allait à l'encontre de sa ligne de conduite de la soirée. Et c'était sans doute le cas. Danser en solitaire, ne pas laisser un mec venir l'emmerder ce soir. Raté. Mais il le faisait avec un certain panache quand même ! Et il paria sur le défi pour la décider. Pari gagnant. Il éclata de rire quand elle l'appela Don Juan. Oh, que le terme était mal choisi. Don Juan aimait toutes les femmes d'où sa réputation. Dante n'avait qu'un besoin viscéral de domination sur ces êtres qui ne valaient rien et n'étaient bonnes qu'à écarter les cuisses. Mais il n'allait pas la tromper. Il comprenait que l'amalgame soit aisé. Il était beau gosse, assuré et semblait approcher les femmes comme si elles étaient incapables de lui résister. Ce qui était, le plus souvent, le cas. Celles qui se refusaient à lui ne le faisaient que parce qu'elles s'étaient mises dans la tête qu'elles valaient mieux que les autres et ne feraient pas partie du lot des conquêtes, mêmes si elles en crevaient d'envie. Celles là, Dante prenait un malin plaisir à les faire céder et les humilier davantage encore.

    De quelle trempe était sa danseuse d'un soir ? Sans doute de la seconde. Consciente qu'il était tout disposé à coucher avec elle, mais se disant que cela n'arriverait pas, parce qu'elle valait mieux que ça. Ou parce qu'elle était fidèle. Quel concept étrange que la fidélité, franchement. Cela dépassait le semi-démon. On devait se faire chier avec un seul partenaire quand même. Mais la danseuse se mettait déjà en mouvement, sans avoir décidé quel ton donner à leur danse. Cela se voyait. Elle se laissait juste guider par la musique, son instinct et ce que Dante pouvait décider. Ils se séparaient, se retrouvaient, s'effleuraient, sans que cela ne soit chargé de tension sexuelle. Non, elle, elle ne dansait pas pour l'allumer. C'était presque fascinant de la voir se déconnecter et juste... s'éclater. Et c'était un brin communicatif alors que Dante faisait de même, cessant le temps de quelques minutes de l'analyser et de chercher comment la piéger. Libérer son esprit, s'éclater, il savait faire, même s'il n'en avait pas souvent l'occasion.

    Et elle s'échoua contre sa poitrine, le cœur affolé, le souffle un peu court, les cheveux légèrement en bataille. Un brin sauvage, mystérieuse. Ah idiot était celui qui pouvait la trouver quelconque en cet instant alors qu'elle avait comme ouvert une fenêtre sur son âme, qu'elle s'empresserait de refermer. Elle se hissa alors à sa hauteur pour lui souffler quelques paroles à l'oreille et il se fendit d'un sourire.

    « C'est ce que j'ai cru remarquer. On dirait que tu avais besoin de te lâcher. »

    Comme si elle s'était trop contrôlée, ou qu'elle était obligée de jouer un rôle et que ce soir, elle pouvait relâcher la pression, être elle-même, juste se laisser guider par l'envie et pas la raison. Elle était déjà prête à filer, mais il n'était pas décidé à la laisser s'évaporer comme ça.

    « On a bien mérité un verre, je t'invite. »

    Il n'y avait aucune interrogation dans sa voix. C'était juste un fait. Il se dirigea vers le bar, passant devant la jeune femme, fendant la foule. Il en imposait et c'était assez aisé, si bien qu'elle pouvait se faufiler derrière lui. C'était un pari risqué encore une fois, elle pouvait très bien se dire qu'elle en avait assez et ne pas lui emboîter le pas. Il pouvait ainsi se retrouver à héler le barman débordé, se retourner vers elle pour lui demander ce qu'elle prenait et simplement trouver le vide. Mais cela ne se passerait pas ainsi. Elle le suivrait, parce que même si elle ne voulait pas aller plus loin avec lui, il avait suscité sa curiosité et de l'intérêt pour cette soirée chez elle.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 30 Déc - 17:07


Je n'étais pas assez idiote pour ne pas m'en rendre compte. Mon compagnon d'un soir cherchait une proie, et il en avait trouvé une qui lui donnait un peu plus de fil à retordre que les autres. On n'invite pas une fille à danser sans aucune arrière pensée, surtout une parfaite inconnue. Mais peu importe ce qu'il recherche en cette soirée, tout ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il a à me donner. Je me fiche de savoir qui il est et quelles sont ses intentions. Je prends ce qui me donne envie, même quand il s'agit d'une simple danse. C'est lui qui me l'a offerte après tout. Je m'éclate et profite simplement de l'instant. Mon partenaire en fait rapidement autant, même s'il ne devait pas s'attendre à une telle tournure. Ce n'est pas moi qui lui a cédé en prenant cette main, mais lui qui répond à mes propres envies. En a-t-il conscience, alors qu'il se laisse ainsi entraîner sur la piste ?

J'aime danser, encore plus quand mon partenaire se révèle doué et a suffisamment d'audace pour se laisser prendre au jeu. Tout s'achève un peu vite à mon goût, mais cette danse était parfaite. Je me fends de quelques mots qui font sens à son esprit. Je lâche un bref rire en retour, sans lui répondre. Je me contente de le faire pour ce sourire. Il a raison, j'avais vraiment besoin de me lâcher. Des fois, mes rôles m'amusent au plus haut point, et à d'autres moments, ils me pèsent. Ce n'était simplement pas la bonne journée, mais demain ? J'aurais déjà tout oublié. Peut-être bien jusqu'à lui. Il ne me restera que ce sentiment de bien-être qui me permettra de mieux attaquer mes premières heures à la PES, de mieux sourire et faire semblant si un vampire se présente au commissariat. Je passe mon temps à fissurer ce mur et le remonter différemment.

Et pourtant, j'aurais parié qu'il ne me laisserait pas là-dessus. Je me retourne vers lui avec un sourire mutin, alors qu'il me propose de me prendre un verre. J'allais me le payer moi-même, mais s'il me l'offre, tant qu'à faire... J'hausse les épaules et lui emboîte le pas, fine silhouette qui n'a aucun mal à se glisser dans l'ombre de la sienne. Il m'amuse, dans le sens où on dirait qu'il n'a pas l'habitude qu'on se refuse à lui. La chute va faire mal... Un verre et je m'en vais. Je ne le fais pas pour lui, mais pour moi. Il ne manquerait plus qu'il cherche à me retenir, mécontent que la soirée ne se finisse pas dans un hôtel ou... Ah, les mecs. J'en côtoyais bien trop souvent en tant que flics pour me faire avoir comme une novice. C'est quand, dans la conversation, que je vais devoir caser que je suis déjà en couple et nullement intéressée ? Peut-être que je devrais lui dire avant même de lui demander son nom, de quoi faire son petit effet. Non sérieusement, les filles ne manquent pas ce soir, alors pourquoi il s'est arrêté en si bon chemin ? Il aurait pu se trouver une autre reine de la soirée et poursuivre son show.

Je m'accoude au bar à côté de lui. J'ai noué ma veste autour de ma taille pour respirer un peu. Il se retourne vers moi, et je ne lui laisse pas le temps de me demander ce que je prendrais bien avant de lâcher :

- Whisky.

Je suis en Ecosse, autant en profiter. Je lui lance un regard de biais, alors qu'il est occupé à se faire entendre auprès du barman. Je finis par enfoncer mon menton dans le creux de ma main, sans le lâcher du regard quand il se retourne. Jouer les timides effarouchés, très peu pour moi. Je lui rends un bref sourire, trop bref pour qu'il signifie autre chose qu'un simple "merci".

- Je croyais que tu étais venu tirer ton coup ?


En un mot comme en mille : Tu ne perdrais pas un peu ton temps là ?

- Mais c'est sympa. Pour la danse je parle, et le verre.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Lun 4 Jan - 12:14

    Dante se fendit d'un petit sourire en coin quand la jeune fille commanda... un whisky ! Ah mais c'est qu'elle avait bon goût la petite. C'était sa boisson favorite, surtout dans ce pays où c'était une vraie ambassade. Même s'il se doutait que celui qu'il boirait ici ne vaudrait rien comparé au nectar qui l'attendait chez lui ou dans son bureau. Enfin, il ne pouvait se permettre d'avoir des goûts de luxe tout le temps n'est-ce pas ? Il réussit enfin à se faire voir du barman (que c'était rageant de devoir attendre quand même) et commanda deux whisky donc, le plus cher qu'ils avaient en stock, et donc, théoriquement, le meilleur.

    « Tu sais ce qui est bon on dirait. »

    Et elle devrait donc savoir que tirer son coup avec Dante lui assurerait une nuit exceptionnelle. En toute modestie bien sûr. D'ailleurs, elle ne tarda pas à parler justement des intentions de son partenaire d'un soir. Elle n'avait pas sa langue dans sa poche, ça lui plaisait. Surtout alors qu'elle pensait avoir le contrôle de la situation et le garder jusqu'au bout. Comme par exemple, accepter les largesses d'un parfait inconnu dont les intentions étaient limpides et l'envoyer bouler à la fin, parce qu'elle était une femme moderne, libre et indépendante. Quelles conneries.

    « C'est le cas. »

    Autant ne pas mentir, cela ne servait à rien. Dans le contexte actuel, passer pour un doux agneau innocent était impossible. Dante était doué pour jouer la comédie et passer pour ce qu'il n'était pas, mais là, quand même, il ne fallait pas pousser. Ou alors, compter sur l'absence d'intelligence de la jeune femme. Or, même si les femmes étaient plus stupides que les hommes, celle-ci avait tout de même un soupçon de jugeote. Il pouvait lui reconnaître ça au moins.

    « Ah ben je peux avoir envie de baiser et être sympa hein, les deux ne sont pas incompatibles. »

    Il se rapprocha alors légèrement d'elle pour lui souffler :

    « Cela dit, je compte bien te saouler pour avoir ce que je veux. A moins que je ne glisse un truc subrepticement dans ton verre pour aller plus vite, je ne me suis pas encore décidé. »

    Quoi ? Ce n'étaient pas là ce que craignaient toutes les filles qui se retrouvaient invitées par un inconnu ? N'était-ce pas ce que les parents leur serinaient pour qu'elles se montrent prudente ? Cela dit, ça arrivait assez souvent tout de même. Des gamines qui se laissaient griser et se retrouvaient saoules avant même de s'en rendre compte. D'autres qui étaient droguées et ne se rappelaient plus de rien le lendemain. Il le savait, il avait déjà expérimenté. Il ne fallait pas mourir idiot comme on disait. Mais bon, c'était moins drôle quand elles étaient totalement groggy quand même. Maintenant, restait à savoir si la jeune femme allait tiquer ou pas. Bien sûr, en annonçant ainsi ses intentions, elle croirait qu'il plaisantait. Ce qui était le cas, il n'allait pas la droguer, il n'avait pas ce qu'il fallait sur lui pour ça de toutes façons. Et la saouler... Hum, c'était-elle seulement du genre à se faire avoir de cette façon ? Il en doutait. Mais bon. Annoncer le pire ne pouvait que la détendre alors qu'elle trouverait tout cela stupide et le verrait moins dangereux qu'il ne l'était. En toute logique.

    « Il me semblait que tu étais venue ici seule et sans l'intention de te laisser emmerder par un mec qui a envie de... tirer son coup, pour reprendre tes mots, alors pourquoi ne pas m'envoyer bouler et retourner à ta bienheureuse solitude ? »
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 6 Jan - 15:54


J’hausse un sourcil, vaguement perplexe. Deux whiskies, le plus cher qu’ils aient en stock ? Voilà qui était intéressant… Je l’observe avec un mince sourire songeur, une lueur intriguée s’allumant au fond de mon regard. Je pensais être tombée sur un beau-gosse qui se la jouait simplement un peu trop, confiant en ses capacités d’obtenir tout ce qu’il voulait. Il fallait croire que je m’étais légèrement trompée. Il devait avoir d’autres atouts en poche que son physique et son déhanché, sauf si j’avais affaire à un gosse de riche… Ou à quelqu’un de vraiment motivé à tirer son coup ce soir et qui désirait m’en mettre plein la vue.

- Et je vois que monsieur a les moyens…

Je ne relève pas le sous-entendu que laisse planer sa phrase. Je me permets un bref rire devant l’assurance dont il se pare. On peut dire qu’il ne se démonte pas facilement… C’est impossible qu’il n’ait pas compris que je l’éconduisais gentiment. C’est bien d’avoir de la force de caractère, sinon on s’ennuie vite. Je dois admettre qu’il réussit le pari risqué d’être franc et direct sans se montrer lourd et agaçant. Peut-être que je devrais lui rendre la pareille, parce qu’il le mérite bien. Oui, peut-être. Je lui rends un sourire ambigu, aussi complice que provocateur et moqueur. Je sens qu’il a encore envie de valser, mais d’une façon bien différente. Assez pour que la question finisse par me venir naturellement…

- Alors, ton nom ?

Je récupère le verre de whisky que le barman pose devant moi et en prend une longue gorgée. Si je pensais boire un si bon whisky dans la boîte de nuit de mon quartier… Rien que pour cette raison, le déplacement valait le coup. Et pour la danse, bien sûr.

Je fronce les sourcils et lui rends un regard de biais quand il se permet de réduire la distance entre nous deux… Et pour dire des choses pareilles. Non, sérieusement… C’est pour voir si je me dégonfle ou simplement pour rigoler un peu ? Je souffle dans mon verre, et mon sourire se fait plus affirmé. Je penche la tête dans une expression mutine, portant mon verre à hauteur de mes yeux.

- Si je comprends bien… Il ne s’agit que du premier verre gratuit d’une longue liste ? Excellente nouvelle.


Et je reprends immédiatement une gorgée, comme pour souligner mes propos. Franchement, même un mec qui aurait les moyens ne s’attarderait pas si longtemps en ma compagnie, à payer des verres du meilleur whisky qu’ils peuvent avoir, sans la moindre garantie de pouvoir tirer son coup. Comment pourrait-il en avoir ? S’il comptait réellement glisser quelque chose dans mon verre, il ne l’aurait pas indiqué avec autant d’aplomb. Non, peut-être qu’il veut simplement me faire peur et voir si je cède à ses avances ou si je détale en courant. Ni l’un ni l’autre. C’est là toute la différence… Il espère une récompense, et moi je me contente de prendre comme ça vient. Je ne sais pas combien de temps me reste-t-il avant que Noah ne revienne de son entretien. Il a dû rencontrer Douglas McCarthy pour un débriefe sur sa mission… Qu’est-ce que j’en sais, après tout ? Il s’est totalement fermé dès que j’ai commencé à danser, comme s’il ne supportait pas l’idée que je puisse m’éclater pendant qu’il travaille avec les nocturnes rouges.

Mon partenaire de la soirée finit par me tirer de mes pensées en posant une question pertinente. Je me demande s’il attend vraiment une réponse ou si c’est seulement pour faire la conversation… Ça me paraît tellement évident.

- Pour le whisky, bien sûr.

Je repose mon verre et me retourne vers lui, un seul coude reposant encore sur le bar. J’ancre mon regard en le sien. Qu'est-ce qu'il espère que je lui dise ? Qu'il m'intéresse mais que je joue les farouches seulement pour me donner une certaine contenance ? Ca peut parfois m'arriver, pour ménager mon suspens, et il pourrait donc bien le croire même si ce n'est pas mon intention ce soir. Une danse, ce n'est pas suffisant pour cerner une personne. Je devrais me montrer plus franche avec lui, au moins pour le remercier d’avoir perdu un peu de son temps avec moi, alors qu’il a raté bien des occasions d’en mettre une autre dans son lit.

- Pourquoi je t’enverrais bouler ? Je me suis bien défoulée. Je finis sur une note agréable avec un bon verre en main, mais ça n’ira pas plus loin pour moi. Tu as bien cerné mes intentions, alors quelles raisons te poussent encore à t’attarder ?

J’hausse les épaules, avec une certaine nonchalance.

- Tu attendais que je te le dise franchement ? Non. Je n’ai aucune intention de coucher avec toi ce soir, j’ai déjà tout ce qu’il me faut à la maison. Je ne me fais pas de soucis pour toi, je suppose que tu me trouveras rapidement une remplaçante... Ou alors tu te fais à cette idée et on peut continuer de discuter autour d’un bon verre, parce que tu restes sympa même si t’as surtout envie de baiser. A toi de voir tes priorités.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Dim 10 Jan - 11:08

    Il haussa les épaules quand la jeune femme lui fit remarquer qu'il avait les moyens. Ouais, et il en profitait. Il n'allait pas se la jouer faussement modeste. Il ne faisait pas d’esbroufe, mais cet argent, il l'avait durement gagné. Pas honnêtement, il ne fallait pas déconner. Mais il était parti de rien, de moins que rien même, avant de se hisser là. C'était le fruit d'un dur labeur.

    « Monsieur s'en est donné les moyens, ouais. »

    D'avoir du fric. Et de s'en servir. Parfois, souvent même, les filles y étaient sensibles. Et paf, Dante passait pour un playboy. Un piège à filles. Il n'avait pas besoin de ça pour avoir son petit succès, mais c'était toujours un petit bonus. Et il n'avait pas l'intention de se laisser éconduire par la jeune femme. Non, elle n'avait pas envie de coucher avec lui, oui, il avait bien saisi le message, mais cela ne l'empêchait pas de boire un verre avec elle. Dante était obstiné. C'était autant une qualité qu'un défaut, c'était aussi ce qui lui avait permis de faire son petit bonhomme de chemin. Elle lui demanda alors son nom.

    « Hum, il ne me semble pas que tu m'ai donné le tien. Tu ne préfères pas que nous restions de parfaits inconnus ? »

    Il la fit attendre quelques secondes, avant de lâcher, tandis qu'il portait le whisky à ses lèvres :

    « Dante. »

    Bon le whisky était buvable. Pas excellent, tout juste bon. Ah dommage qu'elle ne veuille pas aller plus loin tiens, il se serait fait un plaisir de lui faire goûter le must du must. Mais cette jeune femme, qui osait se montrer farouche, tout en acceptant sa compagnie était un divertissement bienvenu ce soir. Peut-être n'aurait-il pas ce qu'il voulait ce soir et devrait-il passer sa frustration autrement, mais il avait peut-être gagné davantage qu'un coup vite fait d'une nuit. Une nouvelle proie, à traquer. C'était plus palpitant. Et il avait bien envie de la tester. Alors il ne se fit pas prier pour lui glisser ce qu'il pourrait bien faire d'elle, avec l'aide de la boisson ou de la drogue, le plus naturellement du monde. Du bluff pour ce soir. Il n'avait pas envie d'avoir recours à ses manières. Mais il le disait sur un tel ton affable que ça en devenait ridicule de nourrir ce genre de soupçon sur sa personne. Le sourire de la jeune femme s'agrandit alors qu'elle en venait à une conclusion un peu décalée qui fit rire Dante.

    « Et bien, je vois que tu vois le verre à moitié plein ! Excellente philosophie. Dommage que tu n'ai pas l'intention de rentrer avec moi, si tu aimes le whisky, j'ai des bouteilles qu'il faudrait vraiment que tu goûtes pour enfin en mesurer tout l'arôme. »

    Mais tant pis pour elle. Bien qu'il pouvait aussi l'inviter sans la baiser hein, il savait se tenir des fois. Surtout quand le non semblait aussi ferme. Pour le moment. Cependant, il s'interrogeait. Pourquoi accepter de passer du temps avec un mec aux intentions aussi claires si elle n'en avait pas envie et souhaitait sa précieuse solitude comme clairement affichée alors qu'elle dansait ? Sa réponse fut claire et précise, non sans qu'elle renvoie la même question à Dante qui n'eut pas vraiment le temps de répondre tandis qu'elle enchaînait déjà. On dirait que cette nana là était à ranger dans la catégorie des chieuses. C'était bien sa veine. Pourquoi est-ce qu'il avait tendance à accorder plus d'intérêt à cette race là ? Non parce que niveau chieuse, il avait déjà du haut niveau à la maison, merci.

    « Je vois. Et parce que t'as déjà un mec, tu te refuses de goûter à autre chose ? T'as peur de trouver mieux finalement ? »

    Il pencha la tête avec un léger sourire en coin. Il l'avait dit sur le ton de l'humour, mais c'était bien ce qu'il pensait. De toutes façons, le concept même de fidélité le dépassait. Il n'avait jamais testé et il n'avait jamais compris ce qui poussait une personne à ne se réserver qu'à une autre personne. Pour cela il aurait du connaître l'amour et la jalousie et ce n'était pas le cas. Pas dans le sens traditionnel en tous les cas.

    « Ma priorité n'est pas de tirer mon coup, malgré ce que tu penses. Elle est de m'amuser. »

    Bon les deux allaient souvent de paire, mais cette petite chieuse avait de quoi le divertir, alors le contrat était rempli au moins pour l'instant.

    « Alors, à la tienne. »

    Il leva son verre pour trinquer. Et puis, la nuit était loin d'être finie. Il ne fallait jamais désespérer. Même si pour elle, c'était râpé. Il savait sentir ces choses là et elle n'était pas du tout réceptive à son charme pour le moment.

    « Alors comme ça, t'as un mec ? Comment ça se fait qu'il n'est pas avec toi ? Il n'aime pas danser ? »

    Ben quoi ? Puisqu'ils étaient amenés à boire ensemble, autant faire un peu la causette et en apprendre un peu plus sur elle, il n'y avait rien d'indiscret ou déplacé là dedans. A moins qu'elle n'ai dit cela que pour avoir la paix et laisser planer la menace d'un copain jaloux qui lui défoncerait la gueule s'il osait quelque chose. Ce serait marrant ça tiens.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Dim 17 Jan - 18:26


J'hoche la tête, répondant par l'affirmative. Je réduisais immédiatement ma liste de possibilités jusqu'à trouver la version qui me paraissait la plus plausible. Un ambitieux qui a su faire fortune. C'est déjà plus intéressant... Mais ce n'est pas avec un portefeuille bien rempli qu'on peut tout se procurer.

- Homme d'affaires, à ce que je vois.


Je repose mon verre et lui rends un regard de biais quand il répond à mon interrogation par une autre. Un léger sourire vient ourler mes lèvres, parce qu'il ne cesse jamais de m'amuser. Il faut croire qu'il me tient autant par ma curiosité que moi par la sienne. J'ai enfin un nom à mettre sur ce visage... Ce qui change la donne, il a bien raison de le préciser. Ce ne sera plus le mec avec qui j'ai dansé un soir, mais Dante. Dante avec qui j'ai discuté autour d'un verre. De là à ce qu'on s'échange nos numéros ou que je lui propose de nous revoir... C'est un monde. Et puis, j'ai la sensation que chacun retournera tranquillement à sa vie après cette belle soirée, même si cette identité donne la possibilité d'un lendemain contrairement à l'inconnu.

- J'ai changé d'avis. On dirait que tu es parti pour rester, alors autant que tu satisfasses ma curiosité... Dante.

Je lève mon verre devant lui, puis en boit une gorgée. Je laisse passer quelques secondes, en parfait miroir, avant de lui lâcher sur le même ton flegmatique :

- Astrid.

Je m'amusais un peu à ses dépends, mais uniquement pour le jauger. D'ailleurs, il n'hésitait pas à me rendre la pareille, et sa petite remarque de parfait violeur ne servait à rien d'autres que mieux me cerner. Je ne sais pas à quoi cela pouvait l'avancer, mais quelque chose me dit que je risquais de bientôt le savoir...

- C'est la raison de ta venue en Ecosse, pour leur bon whisky ? Ma foi... Ca reste une raison des plus valables pour choisir un coin pareil.

Je lâche un bref rire, avant de reporter mon attention sur mon verre de whisky. On dirait qu'il s'est fait une raison et ne cherche pas à simplement m'appâter chez lui, avec du bon whisky, mais puisqu'il me demande de lui énoncer clairement les faits... Je rétablis rapidement la situation, afin que nous soyons au clair. Je m'attendais à ce qu'il supporte mal une telle soufflante et se détourne, en se drapant dans sa fierté, pour trouver une proie facile avec qui il pourrait se défouler. Mais non, il est encore là. Plutôt tenace... Ce qui pourrait surprendre.

Je penche la tête et le détaille longuement, alors qu'il parle comme... Comme un mec qui n'a jamais aimé personne, en fait. Un peu plus et il risquerait de m'inspirer de la pitié. Il va vraiment falloir que je lui explique le principe d'éprouver des sentiments ? Ca risque d'être long, puisque ce n'est pas quelque chose qui peut s'expliquer.

- Non, disons plutôt... Que je suis sûre de ne pas trouver mieux ailleurs. Tu as déjà eu uniquement une personne en tête, sans arrêt ? Avec ce sentiment que tu ne pourrais pas vivre sans elle, à ne penser qu'à elle, à ne désirer qu'être auprès d'elle et que ton monde entier viendrait à basculer si elle disparaissait ? Non, je me doute bien. Alors disons que... Quand tu ressens pareil sentiment, à être incapable de te la sortir de la tête, tu es dans l'incapacité totale d'imaginer passer du bon temps avec quelqu'un d'autres, et ce sera forcément moins bien qu'avec la personne. C'est la différence entre baiser et faire l'amour, mon grand.


Je reprends une gorgée et lui rends un regard compatissant.

- Je suis désolée pour toi, vraiment. Ca me fait de la peine quand je croise quelqu'un qui n'a jamais été capable d'aimer. Je me dis que sa vie doit être bien morne sans ce fil d'or pour faire vibrer son existence... Mais peut-être que ça viendra un jour, qui sait ?

On dirait que l'amusement va dans les deux sens. Intéressant. Ainsi, il préfère rester avec moi boire un verre au risque de ne pas tirer son coup ce soir, parce qu'il s'amuse bien. Je lève mon verre et trinque avec lui, ce sourire mutin gravé sur mes traits.

- Tu me vois ravie d'être une telle distraction pour toi. A la tienne, Dante.

Et je manque de m'étouffer avec mon whisky quand il relance la discussion sur... Sur mon mec, et ses capacités proches du néant à danser convenablement. Noah, danser... J'ai une vision plutôt comique en tête qui me vient, mais je ne comprends surtout pas pourquoi il amène la conversation sur lui. Parler de Noah avec un mec que je viens tout juste de rencontrer, après une danse endiablée dans une boîte de nuit, c'est plutôt étrange.

- Tu as déjà vu un militaire danser ? Non ? Bien... C'est dommage. Je suis sûr que ce serait vraiment drôle, si quelqu'un arrive à en convaincre un de monter sur la piste. Personnellement, même avec d'excellents arguments, je n'y suis jamais parvenue.

Je repose mon verre, déjà quasiment vide, et le repousse vers lui avec un léger sourire. Ben quoi ? Il comptait bien me rendre totalement saoule pour avoir ce qu'il voulait, non ? Alors j'espère bien qu'il va m'en commander un deuxième.

- En vérité, il travaille encore. Je passe le temps en attendant. Et toi ? Avoues que c'est un peu étrange de parler de mon mec avec toi, mais tant qu'on est sur cette lancée... T'as vraiment jamais eu autre chose que des histoires sans lendemain ?

Je n'allais pas lui demander s'il était en couple, après tout, il m'avait bien fait comprendre que la notion même de couples lui échappait. Par contre, ça n'empêchait pas d'avoir quelqu'un avec qui passer régulièrement ses nuits.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Lun 25 Jan - 20:51

    Dante se fendit d'un sourire carnassier quand la jeune femme déduisit d'où il tirait son argent. Même si elle ne se doutait pas du genre d'affaires dans lesquelles il pouvait bien tremper. Des affaires honnêtes de prime abord, même si Dante n'avait pas spécialement une réputation d'enfant de chœur, même en paraissant réglo. Diriger un casino, forcément, ça donnait déjà une image de mafieux. Il aimait bien. Mais il était pire. Plus amoral qu'un parrain de la pègre. Son âme était dévorée par le mal, par sa part démoniaque qu'il avait totalement décidé de suivre et contre laquelle il ne s'était jamais battu. Il livra son nom à la jeune femme. Un prénom qui était délicieusement ironique. Mais après tout, c'était lui qui se l'était choisi. Il donnait ainsi une indication sur ce qu'il pouvait être, sans que personne ne le soupçonne vraiment. Mais dans tous les cas, il avait su ferrer la jeune femme qui, plutôt que de le fuir et de retrouver son indépendance, décida de rester là à se faire payer des verres, tout en lui livrant son prénom. Astrid. Cela était suffisant. Elle nota le goût prononcé de Dante pour le whisky et il esquissa un fin sourire.

    « Je trouve aussi. C'est tellement banal de s'extasier devant les paysages... Je suis plus terre à terre et plus épicurien. »

    Il pencha légèrement la tête sur le côté, l'observant avec amusement tandis qu'il notait un détail :

    « Comment as-tu deviné que je n'étais pas né ici ? »

    Elle avait parlé de sa venue en Écosse, comme s'il était un étranger. Sans doute son accent américain, pas totalement gommé malgré les années passées ici. Ou son attitude. Mais si c'était le cas, elle était bien plus observatrice qu'il ne l'avait d'abord pensé. Prudence avec celle là. C'était toujours intéressant les filles intelligentes et perspicaces mais pas au point de se mettre en danger inutilement. Perspicace et franche également, alors qu'elle mettait les points sur les i. Pas de sexe ensemble, elle avait son mec à la maison, fin de l'histoire. Pas de quoi refroidir Dante, bien au contraire. Elle était piquante cette petite brunette. Mais il ne manqua pas de la provoquer en parlant de son mec à la maison et de sa fidélité. Il ne pensait pas déclencher un discours aveuglant de cœurs et de paillettes de la part de la demoiselle qui lui avait semblé plus... dure que ça. Sérieusement ? C'était quoi ce laïus sur le pouvoir de l'amour là ? Elle avait été trop bercée par Sailor Moon. Et en plus, elle se faisait moralisatrice. Il la regarda un instant comme si des cornes lui avaient poussé, alors qu'elle en rajoutait une couche en le prenant en pitié parce qu'il ne baignait pas dans la mièvrerie. Cette fois, il porta une main sur son torse et fit semblant d'avoir des nausées.

    « Ah pitié, arrête, je vais vomir des arcs en ciel, princesse. Tu as trouvé ma kryptonite, le pouvoir de l'amour, au secouuuurs. »

    Il fit semblant de défaillir, avant de se mettre à rire, ajoutant avec malice :

    « Fais gaffe, tu vas lâcher un nuage de paillettes dans pas longtemps. Ta pitié me fait chaud au cœur, vraiment, mais tranquillise-toi, ma vie est bien remplie, je n'ai pas besoin du... hum... pouvoir de l'amour pour la pimenter. »

    Il lui fit un clin d’œil complice, avant de trinquer avec elle. Oui, elle était une distraction, même si tant de naïveté chez cette nana était confondant. Il n'avait pourtant pas eu l'impression qu'elle était de ce genre là. Comme quoi... Elle devait vraiment être accroc à son mec. Qui n'était pas là d'ailleurs et Dante ne manqua pas de revenir sur ce sujet. Un militaire ? Ou était-ce juste une expression ? En tous les cas, il n'avait pas l'air du genre... fun.

    « Bourré, cela doit pouvoir se faire. Et il doit vraiment avoir un balai dans le cul pour résister à tes excellents arguments. »

    Astrid lui signifia alors qu'il était temps de lui payer une nouvelle tourner et il s'exécuta, appelant le barman, avant de carrément lui tendre des billets et récupérer la bouteille en entier. Voilà, comme ça, c'était fait. Astrid lui expliqua que son mec bossait et qu'elle, ben, elle s'occupait. Avant de s'intéresser à sa vie sexuelle. Nouveau sourire et regard pétillant.

    « Ah il y a eu des histoires avec deux ou trois lendemains quand même. »

    Et puis, il y avait Evy... Qui l'accompagnait depuis de nombreuses années. La seule vers laquelle il revenait toujours. Mais impossible d'appliquer la définition de l'amour made in Astrid à la semi démone.

    « Mais comme je n'ai pas de cœur, aucune n'a su et ne saura le capturer. Je crois que je suis condamné à une... comment tu as dit déjà ? Ah oui, une morne existence... Je m'ouvre les veines tout de suite ou j'attends encore ? Ah non, ne réponds pas, tu vas me dire d'au moins attendre de t'avoir généreusement abreuvé ce soir, je parie. Je sens que tu es une pragmatique. »
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Dim 31 Jan - 11:59


Dante. Celui qui n'était tout d'abord qu'un danseur de boîte de nuit se révélait bien plus intriguant que je ne l'avais cru... Assez pour que je décide de prolonger un peu ma soirée, plutôt que de lui fausser compagnie et prendre tranquillement le chemin du retour. Il était bien plus que le simple playboy qu'il laissait entrevoir. Chercher à mieux le cerner était un jeu auquel je me prêtais volontiers... Mais j'aurais peut-être dû faire en sorte qu'il ne s'en rende pas compte, afin de ne pas éveiller une méfiance malvenue. Même si, je ne pense pas que Dante soit le genre d'homme à se méfier. Avoir des secrets, oui, mais aimer le danger et la nouveauté aussi. Et épicurien, bien entendu.

- Ca, j'avais remarqué.

Je n'étais pas non plus venue pour les paysages - même si ça aurait pu me plaire - mais ça ne m'intéressait pas de lui livrer mes raisons, ou plutôt de fausses raisons. Si je peux m'éviter la peine d'inventer des mensonges crédibles, la soirée n'en sera que plus décontractée. Je pouvais d'ailleurs lui en raconter, quand il commence à me questionner sur le cheminement de ma pensée. Un fin sourire étire mes lèvres, un rien amusé. J'observe ses mimiques un instant, parce qu'elles me paraissent quelque peu animales sous ses apparences d'homme cultivé et soucieux de sa personne. Je me fais mes propres idées sur son compte, tout simplement. Mais est-ce que je suis prête à les partager avec le concerné ?

Je bois une nouvelle gorgée de mon verre. Je marque un blanc si long qu'il doit s'attendre à ce que je refuse de lui répondre. Je lui lance, sur un ton énigmatique :

- Je reconnais les miens.

Et j'éclate d'un bref rire, avant de secouer négativement la tête et reposer mon verre.

- Je suis américaine, tout comme toi. Tu dois être là depuis bien plus longtemps que moi, quelques années certainement. Et Dante... Ce ne doit pas être ton vrai nom, ou alors tes parents avaient un sens de l'humour assez particulier. C'est plutôt rare, et surtout, c'est italien, mais ça te va bien.

Je repousse finalement mon verre, un peu plus loin... J'ai quasiment fini le deuxième, et ses remarques me rappellent que l'alcool a tendance à me faire trop parler. Il serait peut-être temps de partir, même si j'ai trop de fierté pour tourner les talons et lui donner raison. Mon sourire se perd, simplement, parce que je me rétracte. Ok... Je l'ai bien cherché. Je n'aurais pas dû en parler, ni le provoquer sur ce plan-là. Je devrais en rire, pour dédramatiser et faire croire que ses paroles glissent sur moi comme de l'eau, mais je suis piquée au vif. C'est plus simple de simuler la froideur et l'indifférence.

Je lui rends un sourire froid et répond avec mordant :

- Tu viens de perdre ton pari, alors... Parce que tu peux t'ouvrir les veines tout de suite. Tu viens de payer la bouteille entière. J'ai de quoi m'abreuver pour toute la fin de soirée, merci bien.

Qu'il me parle encore d'arc-en-ciel et de paillettes... Je lui explose cette bouteille contre le crâne sans l'ombre d'un remord. Pas pour lui, bien sûr, mais pour le bon whisky que je viendrais de gâcher.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mar 16 Fév - 16:05

    Ah tiens, la demoiselle n'était pas plus écossaise que Dante donc. Et elle aimait ménager ses effets, laissant traîner un long silence avant de consentir à répondre avec un petit ton énigmatique du plus bel effet. Effet qu'elle rompit presque aussitôt en se mettant à rire et en s'expliquant. Américaine donc. Oh elle était loin de se douter de ce qui avait pu pousser Dante à quitter sa patrie. Même si, franchement, il se fichait bien de l'Amérique. Il ne se sentait pas davantage américain qu'écossais. Disons qu'il était devenu un autre homme en Écosse et avait laissé sa pathétique petite vie aux USA. Astrid était quelqu'un de vraiment pertinent. Trop pour son bien alors qu'elle soulignait que cela ne devait pas être son vrai nom. Voilà des hypothèses bien hasardeuses. Vraies, mais c'était un sacré coup de bluff. Il haussa les épaules, sans se départir d'un petit sourire amusé :

    « Parce que l'on fait encore attention à l'origine d'un prénom pour le donner à son enfant, maintenant ? Je ne crois pas, il suffit de voir les prénoms ridicules dont on affuble les gosses de nos jours... Pourquoi un sens de l'humour assez particulier, dis-moi ? »

    J'en avais une vague idée, mais j'avais envie d'entendre sa réponse, ce qu'elle pouvait penser de ça. Mon vrai nom était bien aussi, en réalité, je l'aimais beaucoup, mais il avait appartenu à un autre homme, qui ne savait pas encore ce qu'il était et ce qu'il voulait devenir, qui avait été élevé par une mère qui n'en avait que le nom et pas l'attitude, qui écartait les cuisses devant n'importe quel type avec quelques billets, qui avait été exorcisé par des grands parents bien trop croyants... Ils étaient tous morts. Par sa faute.

    Astrid repoussa son verre. Tiens, jugeait-elle donc qu'elle avait assez bu finalement ? Dante la découvrait volontiers bavarde maintenant. Et plutôt d'agréable compagnie en fait. Sa conversation était intéressante. Même si un peu... mièvre ? Alala ce discours sur l'amour, sur ce que cela pouvait bien provoquer chez les gens... Et surtout, sa commisération à l'égard de Dante qui ne l'avait jamais éprouvé. Non, ça, il ne pouvait pas laisser passer. De un, il ne croyait pas à son discours, ou du moins, laissait cela aux faibles et de deux, il détestait susciter la pitié ou la compassion, surtout à mauvais escient. Il se portait très bien comme ça, avec son cynisme. Mais Astrid ne prit pas les remarques du semi démon avec le même détachement. Oulala, susceptible la demoiselle, alors qu'elle se retranchait derrière une certaine froideur pour répondre avec une voix cassante.

    « Ahah, on dirait que j'ai touché un point sensible. T'aurais-je vexé Astrid ? »

    Oui, sans aucun doute. Elle s'était confié à lui et il s'en était moqué. Mais quelle idée aussi de livrer un discours aussi bisounours à un inconnu qui avait juste envie de baiser ? Pensait-elle le convertir à la sacro-sainte religion de l'amour ?

    « Ce n'est pas la peine de penser que je ne serais jamais heureux parce que, pauvre de moi, je ne saurais pas ce qu'est l'amour, je vis très bien sans. Et tant mieux pour toi, si tu trouves épanouissement dans les bras de ton militaire. Allez sans rancune ma belle. »

    Il lui décocha un clin d’œil. Ce serait dommage qu'elle se braque à cause de ces conneries quand même.

    « Cela dit, j'avais raison, tu es pragmatique, puisque la bouteille est payée, ma vie n'a plus aucune importance. »
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Lun 7 Mar - 19:24


Je lui rends son petit sourire en coin, quand il cherche encore à me prendre à contre-pied. Je ne l'avouerais pas, mais ce petit jeu m'amuse. Il m'amuse... Pourtant je devrais le trouver agaçant à la longue. Ce type est bien trop imbu de lui-même pour qu'il ne le soit pas. Je me demande s'il arrive réellement à conquérir toutes les filles qu'il veut avec un beau déhanché et ce petit sourire... Franchement, qui se laisserait avoir ? Il a tout de l'escroc quand même, non ? Je secoue négativement la tête et chasse ces quelques pensées d'un revers de main.

- Tu dois avoir quoi... La trentaine ? Peut-être un peu plus. Trente-cinq ans ? On se souciait encore de l'origine d'un prénom à ce moment-là. Et ne va pas me dire que tu ne sais pas d'où vient le mot "Dantesque". S'il te vient de tes parents, ils ont dû s'attarder sur Dante Alighieri et trouver que son œuvre t'allait à ravir... C'est plutôt lourd à porter, non ?

Je penche la tête avec une moue amusée. Je ne devrais pas m'aventurer sur les terrains où il m'emmène, à dévoiler mon jeu bien avant l'heure... Mais c'est ce jeu-là qui me plait, à jauger l'autre et tenter de le faire se découvrir un peu plus, par de nouvelles interrogations qui n'en suscitent que d'autres, pour si peu de réponses finalement.

Je dois avoir brisé cette ambiance avec mon beau discours sentimental, parce que c'est ainsi qu'il le perçoit. S'il m'a vexé ? Je lui rends un regard sans équivoque en me retournant vers lui, quand je délaisse mon verre. Je suis calme, glaciale même, mais je ne me démonte pas pour si peu. Il a fini par m'agacer, finalement, c'est tout. Est-ce que ça change la donne ? Pas tellement. Je ne compte plus le nombre de fois où Noah en a fait de même, et ça n'a jamais diminué mon intérêt à son égard.

- Tu n'as rien trouvé de mieux pour te défendre que de tourner mes propos en ridicule, n'est-ce pas ? Non, du tout. C'est juste pitoyable, un peu.

Je suis peut-être un peu vexée, exact. Il m'a forcé à l'avouer à demi-mots, mais c'est suffisant pour que je me détende légèrement à nouveau et... Je note un détail qui m'avait échappé dans son discours, comme quoi tout peut m'arriver. Ce n'est rien qu'il n'ait dit, mais plutôt ce qu'il s'est gardé de dire en agissant justement ainsi. Je lâche à voix basse, la mine interrogatrice :

- Personne ne s'est jamais vraiment occupé de toi, c'est ça ?

Je ne glisse pas ces mots pour le prendre en pitié, mais je suis curieuse de voir la réaction qu'ils peuvent lui susciter. Peut-être aucune, car il va encore se targuer de seulement effleurer la surface. Ceux qui font preuve de détachement le font bien souvent pour faire croire que rien ne les affecte, alors que c'est parfois tout le contraire. Je ne m'étais encore jamais attardée sur la psychologie des coureurs de jupons, car c'était une race que je fréquentais relativement peu en général. Dante faisait exception, même si je ne comprenais pas ce qui aurait pu l'attirer chez moi. Un défi à relever, peut-être ?

- Je suis toujours aussi amusante, Dante ? Ma vie ne t'intéresse pas. Mes sentiments ne t'intéressent pas. Ok... Mon cul t'intéresse peut-être, mais je crois m'être montrée suffisamment clair à ce sujet. Je suis épanouie dans mon couple, en effet, et toi ? Tu es si sûr de toi, si sûr de toujours obtenir ce que tu veux, alors qu'au final tu oublies l'essentiel.

Je prends la bouteille en main et lui remplis son verre avant de le pousser un peu plus vers lui, avec un air mutin. Je suis certaine qu'il va encore se moquer de moi et se défiler, parce que c'est bien plus facile pour quelqu'un comme lui d'agir ainsi.

- Alors dis-moi, pour quoi tu te bats ? Qu'est-ce qui arrive à te faire vibrer ?


Dernière édition par Astrid Lehtinen le Mer 23 Mar - 14:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Ven 11 Mar - 15:48

    « En fait, je dirais plutôt que je le porte à merveille, chérie. »

    Il se fendit d'un sourire rusé. Mais cette nénette en avait dans le cerveau, il ne pouvait pas dire le contraire. Cependant, il n'était pas un débutant décérébré non plus et même si la luxure était son péché capital, cela ne l'empêchait pas de réfléchir et de ne pas déballer toute sa vie à la première nana venue. Elle était perspicace. Il se demandait quel métier elle pouvait bien exercer. Soit elle avait développé ce talent pour l'exercer, soit cela lui était naturel, mais alors, cela aurait été dommage de ne pas l'exploiter.

    « T'es douée pour les âges en tous les cas. Pas facile avec toutes ces lumières artificielles de miser juste, t'es du genre observatrice. »

    Et peut-être pas aussi jeune qu'il avait pu le supposer de prime abord. Elle avait un visage délicat et jeune, mais c'était trompeur. Mais quelle ne fut pas la surprise de semi-démon de découvrir que cette fière jeune femme à l'esprit acéré avait un petit cœur tout tendre et un discours plein de naïveté et d'idéalisme concernant l'amour et la merveilleuse vie en couple. Un discours qui rentrait par une oreille et en ressortait par l'autre pour un type de la trempe de Dante évidemment. L'amour, il ne savait pas ce que c'était. Il n'avait connu celui ni d'un père, ni d'une mère, ni d'une femme. Le premier était une pourriture de démon qui avait fécondé une catin sans envergure et sans courage, sans dignité. Une femme qu'il avait méprisé dés qu'il avait été en âge de comprendre ce qu'elle faisait de son corps et de son cul. Quant aux femmes, il n'en laissait aucune approcher. Quand elles tentaient de le séduire, quand elles en tombaient amoureuses, il en riait et réduisait leur cœur en miette, sans un état d'âme. L'amour était une faiblesse, écœurante. Cela ne servait qu'à commettre des erreurs et permettre à quelqu'un de vous atteindre. Il se moqua du joli discours de la brunette qui se renfrogna derechef. L'avait-il vexé ? Il ricana quand elle contre attaqua en tentant d'analyser son comportement.

    « Erreur, je n'ai pas besoin de me défendre. »

    Ni même de se justifier en fait. Hum, comment en étaient-ils arrivés à avoir cette conversation déjà ? Il ne s'en souvenait pas vraiment. Il la draguait, elle avait décliné, parce qu'elle avait déjà son grand amour à la maison, il avait balayé cet argument et voilà. Elle avait défendu son point de vue, il avait exposé le sien. Mais elle avait du être piquée au vif qu'il se moque ainsi malgré tout. Elle avait sans doute commis l'erreur de se confier à un parfait inconnu qui n'avait rien de galant et chevaleresque. Gentleman seulement dans les apparences, mais fumier dans l'âme. Cependant, son petit air narquois disparut brièvement quand elle lâcha une question qui n'en était pas vraiment une dans son esprit. Trop perspicace, vraiment trop. Mais cela ne dura qu'une fraction de secondes. Il avait trop de vécu, il avait trop bien apprit à jouer la comédie pour se trahir si bêtement. Malgré tout, Astrid avait marqué un point.

    « Merde, t'es psy en fait ? J'te préviens, va falloir plus d'une séance pour me décortiquer ma belle. »

    Oh que oui... Quoique, une fois qu'on avait compris quelle enfance de merde il avait eu et quelle image de la femme il avait, il n'était pas bien difficile de comprendre son mépris pour le sexe faible. Il y avait aussi la composante démon qui entrait en jeu et l'abus de ses pouvoirs qui le rapprochait chaque fois davantage du chaos et lui enlevait son humanité. Mais ça, elle n'était pas prête de le savoir. Elle continua dans sa lancée, remplissant le verre pour le lui tendre avant de lui poser deux questions... Il prit le verre, le vidant d'un trait et le reposant avec force, avant de lui glisser d'un ton de connivence :

    « D'entendre crier, gémir et supplier les petites malignes dans ton genre qui pensent valoir mieux que les autres et ne pas céder si facilement aux avances d'un beau parleur. Tu te penses supérieure à toutes celles qui ont pu céder à mes charmes, n'est-ce pas ? Tu veux savoir pour quoi je me bats ? Je me bats pour profiter de chaque minute de cette vie à fond, pour qu'elle demeure un vaste terrain de jeu à ma disposition. Et toi Astrid, quel est l'essentiel à tes yeux ? »

    Pitié, quelle ne réponde pas l'amour, ou il allait s'étouffer avec le whisky.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 23 Mar - 14:29


Je ne réprime pas le sourire amusé qui me vient naturellement aux lèvres devant le ton condescendant qu’il emploie. Si fier et orgueilleux… Personne n’a réussi à le faire tomber de son piédestal jusqu’à maintenant ? Ou peut-être qu’il a cherché à s’arracher cette place par lui-même, à cacher sa merde bien en-dessous. Je devrais lui poser la question, à l’occasion. Et puis, la conclusion est pourtant facile. Je pourrais bien la garder pour moi mais j’ai comme la sensation que décortiquer ainsi son comportement l’amuse autant que ça l’agace. Et c’est plus fort que moi, cette envie de le sortir de sa réserve… Jusqu’à ce qu’il se décide à tourner les talons avant moi.

- C’est toi qui l’a choisi, donc.

Même si ce « chérie » m’hérisse bien plus qu’il ne devrait. J’en connais un autre qui l’emploie sur ce même ton, et trouver des similitudes entre Noah et ce pervers… C’est plutôt mauvais signe pour le premier. Je dois vraiment avoir une tête à me faire emmerder de la sorte, inutile de chercher plus loin. Je m’attendais à ce qu’il n’en laisse pas plus filtrer, à vouloir conserver un peu de son mystère, ou plutôt pour ne pas avouer que j’ai raison sur son compte… C’est pourquoi il me surprend un peu à lâcher un compliment voilé, qui semble bien plus sincère que ceux qu’il doit sortir à toutes les nanas qu’il cherche à mettre dans son lit. J’hausse un sourcil, puis me contente de sourire brièvement sans relever. Oui, je suis observatrice… Les Illuminati m’ont formé pour, à développer à l’extrême mes compétences en la matière. Je n’ai pas choisi d’être flic, c’est mon profil qui l’a défini pour moi, et les besoins du moment pour notre cause aussi… Mais j’aime bien ce boulot, et il le faut. On est toujours plus efficace quand on aime ce que l’on fait.

J’évite de surenchérir quand il me contredit. Ce serait parfaitement puéril. Cela ne vaut pas le coup de se disputer là-dessus, simplement parce que nous avons chacun une façon de voir les choses totalement différentes. Je m’assène cette pensée jusqu’à ce que la colère renfloue lentement. Je dois écarter cette pointe d’amertume qui me fait dépeindre un tableau bien moins élogieux de lui. Il ne l’était déjà pas beaucoup l’instant d’avant, autant éviter de forcer le trait. Seulement cette tête qu’il affiche l’espace de quelques secondes, alors que je pointe du doigt ce que révèle son discours… Je crois avoir touché dans le mille, et ça me fait un peu trop plaisir de le voir sans cet air narquois affiché. Le revoilà à se défendre par le sarcasme, qu’est-ce que je disais ?

- Non, je suis flic.

Je lui rends un sourire froid, la tête penchée sur le côté. Et là, il est censé fuir. Ce serait la réaction normale à laquelle je m’attendrais… Les femmes-flics font souvent mauvais effet, surtout quand on le glisse dans une conversation à l’ombre des spots de boîtes de nuit.

Je lâche un rire franc quand il se décide finalement à riposter, après avoir bu cul sec le verre que je lui ai tendu. Je crois que l’alcool commence doucement à me monter à la tête, mais voir cette couche de civilité s’effriter à mesure que je parle est comme une petite victoire.

- Attends, je t’arrête… Je crois qu’un détail m’échappe cette fois. C’est toi, le beau parleur ? Tu arrives vraiment à chopper avec ton beau sourire en leur servant juste un verre ? Et bien, tout s’explique. Si elles cèdent d’un seul regard, c’est juste ton physique qui les attire pour une nuit de débauche. Ce n’est pas très flatteur, non ? Ca fait quoi d’être considéré comme un simple objet de désir sexuel ?

Je commence à gratter le vernis, et il ne va pas tarder à sortir de ses gonds. Je sens une pointe d’agacement qui germe en lui. Il doit regretter d’avoir engagé la discussion avec moi plutôt que de trouver une autre proie pour sa soirée, mais il reste. Par fierté. Je ne le quitte pas du regard alors que je n’attends plus qu’une chose de sa part, qu’il arrive à me surprendre.

- Tu sais ce qu’on dit, Dante ? Il y a que la vérité qui blesse. Et ce n’est pas ainsi que tu vas m’atteindre. Toi, par contre, tu es bientôt sur la brèche. Tu voudrais me voir souffrir ? Tu n’aimes pas qu’on te résiste, n’est-ce pas ? A croire qu’on s’est rarement refusé à toi pour que ça te mette autant en rogne…

J’aurais dû m’attendre à ce qu’il me renvoie ma question en parfait miroir, mais il n’est pas prêt à recevoir la réponse. Je vis pour une cause qui le dépasse totalement, celles que les Illuminati défendent. Ce n’est pas quelque chose qu’on livre au premier inconnu, et je préfère tellement plus me pencher sur son cas que sur le mien.

- Une vie parfaitement égoïste… Il faut de tout pour faire un monde, n’est-ce pas ? Je me demande quel effet cela fait. Celui d’un papillon éphémère… Ça doit être beau, scintillant, avant de se brûler les ailes à la lueur de la première torche. Celui d’une pièce de théâtre dramatique où, quand le rideau se baisse, les personnages disparaissent dans le néant. On applaudit, et c’est fini.

Ce même sourire froid revient ourler mes lèvres. Je marque une pause avant de lâcher sur un ton énigmatique :

- Je suis la femme qui tient le glaive et la balance. Je te laisse méditer là-dessus.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Sam 7 Mai - 14:10

    Dante haussa un sourcil, une expression amusée sur le visage. Il était doué pour embrouiller les esprits des gens, les embobiner et obtenir d'eux ce qu'il voulait. Mais cette nana là était un peu plus perspicace que celles qu'il avait l'habitude de croiser dans ce genre d'endroits, même avec un verre dans le nez. Cela ne faisait qu'accentuer sa curiosité à son égard. Que faisait-elle dans la vie ? N'était-elle qu'une pathétique humaine ou bien autre chose ? Maintenant, il savait qu'il évoluait dans un monde bien plus complexe qu'il ne l'avait pensé. Les créatures légendaires, si rentables dans les bouquins et dans les salles obscures, malgré la médiocrité de la matière, existaient bel et bien. Pas exactement de la façon dont on les décrivait, mais cela importait peu. Loups-garous, vampires, suppôts du diable... Les humains demeuraient l'espèce la plus nombreuse, mais aussi la plus lésée dans l'histoire. Cette fille était-elle une louve ? Une vampire ? Difficile à dire avec les lumières aveuglantes de la boîte de nuit. Il avait deviné qu'elle était singulière. Elle avait attiré son œil parmi les bimbos décérébrées et ivres qui peuplaient la piste de danse. Ce n'était pas une proie facile, mais il y avait un temps pour la facilité et un temps pour le challenge. Même s'il était d'un naturel prudent et patient, il ne résistait pas aux défis et à l'adrénaline. Ce qui avait souvent le don de lui attirer les foudres d'Evy d'ailleurs, quand il se fourrait dans le pétrin.

    A sa réponse concernant son patronyme, elle déduit qu'il se l'était donc choisi. Bien vu, même si cela pouvait être erroné comme conclusion. Il aurait aussi très bien pu être nommé ainsi à sa naissance et que cela avait ensuite influencé son comportement. Après tout, les prénoms n'avaient-ils pas quelques significations ? Astrid devait bien être tiré d'un nom ancien qui signifiait un truc dans une vieille langue oubliée. Beaucoup s'amusaient à se demander si leur prénom correspondait à leur personnalité. Pour Dante... La question ne se posait même pas.

    « En effet. Même si cela aurait aussi pu m'influencer. »

    Il eut un sourire davantage carnassier qu'amusé. Avant d'ajouter avec humour :

    « Me voilà démasqué, je suis un gros geek fan de Devil May Cry. »

    Mais Astrid n'était pas loin de la vérité quand elle disait que si cela venait de ses parents, c'était lourd à porter. L'enfer de Dante... Mais par ironie, c'était lui-même qui s'était rebaptisé ainsi. Sa vie avait été un enfer quelque part. Un père démon qui avait violé sa mère, pauvre pute paumée et pitoyable qui n'avait pas su élever son fils. Qui ne lui avait jamais accordé la moindre affection. Avant de finir folle à cause de ce rejeton du diable. Ouais, pas étonnant qu'il ne soit pas totalement équilibré. Des humains devenaient des sociopathes ou psychopathes et de fameux tueurs en série pour moins que ça.

    Il ne chercha pas à mentir à la jeune femme. A quoi bon ? C'était plus drôle de la laisser effleurer quelques parts de vérités, même si cela pouvait s'avérer dangereux. Mais ainsi, il la laissait mordre à l'hameçon et chercher à percer le mystère de ce dragueur invétéré. Oui, elle était perspicace et douée d'un sacré esprit de déduction. Et elle était un minimum cultivée aussi, ce qui n'était pas négligeable. Dante était allé à l'école de la rue. Il n'avait pas fait d'études, faute de moyens, mais cela ne l'empêchait pas d'avoir quelques notions quand même. Son intelligence était ailleurs que dans les formules de mathématiques compliquées ou les cours de philosophie.

    Il toucha un point sensible en se moquant de l'image idyllique qu'Astrid avait de l'amour. Ils ne tomberaient jamais d'accord là dessus, mais là où cela l'amusait, elle, elle semblait en prendre ombrage, cherchant à le psychanalyser pour trouver quelle était la raison de son dégoût concernant la puissance de l'amour. Bon courage à elle, il y avait du boulot, mais c'était dingue de penser qu'il ne tournait forcément pas rond pour avoir cet avis là, comme si c'était le but ultime de la vie d'avoir un partenaire et de le chérir jusqu'à la fin de ses jours... un concept totalement abstrait pour le semi-démon évidemment.

    Mais devant la sagacité de la jeune femme, il ne put s'empêcher d'user de sarcasme en lui demandant si elle était psy... Et bien raté, elle était flic. Il l'observa un moment sans rien dire, cherchant à savoir si elle disait vrai ou si elle se moquait de lui. Et il en conclut que c'était le cas, ce qui expliquait son esprit de déduction. Même si, franchement, il avait croisé des poulets aussi cons qu'un balais. Fallait pas se leurrer. Mais la façon dont elle l'avait annoncé et sa façon de le regarder, semblait indiquer qu'elle espérait bien faire mouche avec cette annonce fracassante. C'était le cas, mais cela n'allait sûrement pas le faire fuir. Même si ce n'était pas très malin d'aller se foutre un flic à dos avec ses conneries... D'un autre côté, il pouvait aussi s'en servir. Comment, il l'ignorait encore. Parce qu'il était clair qu'il ne saurait pas la manipuler pour obtenir ce qu'il voulait. Il allait devoir user de patience et de doigté. Excitant.

    « Ça se tient. Même si je l'aurais pas forcément deviné. Les flics sont pas toujours des lumières. Mais c'est le moment où le type blêmit et prend ses jambes à son coup en apprenant que la frêle nana est un poulet ? »

    Raté, cela ne fonctionnerait pas sur lui.

    « Oh, ou bien c'est l'annonce qui permet d'éloigner les gros relous dans mon genre... »

    Auto-dérision. Heureusement, Dante en avait à revendre. Ce qui l'empêchait de se montrer trop susceptible quand on titillait son ego. Comme elle était en train de le faire en ce moment. Elle tentait de le vexer et de le faire sortir de ses gonds, mais le reléguer à l'état de sex toy ambulant n'était pas la bonne technique.

    « C'est sympa et ça prend pas la tête. Ça permet de passer du bon temps. Tu devrais essayer un peu, tu m'as l'air toute coincée. »

    Trop cérébrale cette nana. Et trop dans le trip de l'amour et c'est mal de coucher avec plusieurs personnes et bla bla bla. Chiante quoi. Il éclata de dire à la réponse de la jeune femme.

    « Ah poupée, c'est fou comme tu peux être perspicace à un moment et stupide la seconde d'après. Tu sembles tellement sûre de toi. Tu crois vraiment pouvoir deviner mes pensées et mes réactions après quelques minutes en ma compagnie ? C'est mignon. »

    Mais elle se trompait. Il en était presque déçu. Elle pouvait bien juger son mode de vie, le trouver éphémère, stupide, franchement, il se fichait de son avis comme de sa première capote. Mais c'était instructif de la voir tenter de deviner ce qui l'animait.

    « Et bien, on dirait que mon mode de vie t'intéresse pour en tirer de telles conclusions. Tu juges bien hâtivement... »

    Il pensait qu'elle n'allait pas répondre à sa question, après l'avoir assailli d'interrogations et de conclusions, mais elle le fit pourtant, d'un ton énigmatique. Il lui lança un regard perçant.

    « La justice et l'équilibre ? Rien que ça. Bon courage Supergirl, parce que t'as du boulot. Mais je crois que tu as choisi le terrain de jeu idéal. »

    Il n'oublierait pas ses paroles. Et il se demandait à quel point elles étaient sérieuses et d'importance. Ce n'était pas là juste l'idéal d'une illuminée. Parce que folle, elle ne l'était pas. Après tout, il y avait tant de créatures et d'organisations en Écosse qu'elle pouvait bien servir un idéal qu'il ne connaissait pas. Flic, mais pas que. Il n'était pas prêt de la lâcher.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Lun 23 Mai - 0:41


Je secoue négativement la tête, alors qu'il essaie de brouiller les pistes pour me mettre le doute sur mes propres conclusions. Je développe ma propre analyse, à continuer de le fixer en suivant le fil de mes réflexions :

- Je ne crois pas qu'un nom puisse définir une personne. Ce n'est qu'une étiquette, comme on en a de nombreuses, mais tu n'es pas du genre à t'en soucier et vouloir t'y conformer.

J'ai un mince sourire qui vient briser cette expression contemplative. Je comprends à peine à quoi il fait référence, ce qui a le don de m'amuser devant sa répartie, parce qu'il faut bien être un minimum geek pour saisir ce trait d'humour.

- Je suis déjà étonnée que tu connaisses un peu les jeux vidéos, à vrai dire...

Ca n'est pas non plus mon domaine, moi qui suis plus portée sur le cinéma et le théâtre. Seulement, on est obligé de s'intéresser un peu à la littérature et aux jeux vidéos, vu que ça devient courant de les retranscrire sur petit ou grand écran. J'ai fini par apprécier tout ce qui tenait aux jeux de rôles, en dérivés de mes passions premières, mais Devil May Cry... C'est plutôt bourrin, non ? Peut-être qu'il apprécie se poser avec un bon whisky devant sa manette à la marteler le soir pour se défouler. Mouais... Ca ne colle pas trop à l'image du personnage, tout de même. Il est plus à vouloir faire vivre un enfer de Dante aux autres pour extérioriser, non ?

Je reste à le fixer, le menton enfoncé dans le creux de ma main. J'ai fini par retrouver un semblant de calme après qu'il ait réussi à me vexer sur mes propres sentiments... Un sacré tour de force, d'ailleurs. J'ai envie de le faire plier en représailles, mais il n'est pas du genre à se démonter facilement. Je sais qu'il fera tout pour ne pas me donner satisfaction, et il me le prouve encore quand je lui annonce de but en blanc que je suis flic. Je vois, à son expression, qu'il se demande si je suis sérieuse ou non, avant de faire ses propres déductions... Et se rendre compte que je ne me moque pas de lui, pour cette fois. J'hausse un sourcil sceptique, face à sa réaction. On dirait que je déteins sur lui, car plutôt de prendre ses jambes à son cou, il préfère me poser la question sur la réaction que j'attendais de sa part. Pour un beau-gosse qui avait l'air bien parti pour de la drague lourde, il n'en a pas que en bas, visiblement...

J'ai un léger sourire, plutôt satisfaite de sa réaction, finalement. Il arrive encore à me prendre à contrepied.

- C'était l'effet recherché, en effet. On a déjà dû trop parler pour que tu commences à devenir si perspicace sur mes intentions...

Je lâche un bref rire.

- Et tu as raison, les flics sont parfois de beaux boulets. Surtout les mecs, ne le prends pas mal, la force du nombre...

Sans être particulièrement féministe, c'est simplement que des personnes en groupe s'alignent toujours sur le QI le plus bas. Et chez les flics, les filles sont plutôt rares, assez pour qu'elles aient le droit en permanence à des lourdingues de première qui viennent les chercher en permanence. Oh, bien sûr, il existe toujours des exceptions pour confirmer la règle. Je me souviens encore de Mike, mon ancien coéquipier, qui pouvait être un gros con quand il était avec ses collègues mais se révélait d'une efficacité redoutable quand nous travaillions uniquement tous les deux. Il est mort, maintenant. Les meilleurs partent en premier, dit-on.

Dante m'extirpe de mes pensées, à me provoquer. J'attaque en représailles, pour le faire sortir de ses gonds, mais il fait le dos rond. Intéressant... Je m'attendais à ce que son ego démesuré le pousse dans ses retranchements, mais il est doué d'une certaine autodérision qui contraste fortement avec les apparences... Trompeuses. En terme général, les types comme lui se sont déjà cassés depuis longtemps, avec ou sans me cracher leur haine au visage. Ils se rebiffent, aboient, et se retiennent de frapper soi-disant parce que je suis une fille. Ils ne prennent pas la peine de réfléchir aux raisons qui peuvent me pousser à agir ainsi. Décidément, il est plus cérébral qu'il en a l'air.

- Question de choix. Un seul partenaire, ça te force à te montrer créatif pour renouveler constamment ton quotidien... Et puis ça évite les déconvenues, comme les filles un peu coincées qu'on n'arrive finalement pas à se taper alors que la soirée continue à filer et qu'on aurait mieux fait de chercher ailleurs.

Il n'apprécie pas tellement mes conclusions, même s'il préfère en rire plutôt que de s'en offusquer. J'hausse les épaules, alors qu'il cherche à les tourner en ridicule. Sûre de moi ? Je réfléchissais surtout à voix haute, à chercher des comparatifs. C'est marrant, parce qu'il en existe peu. J'aurais pu prendre mon temps pour davantage analyser son comportement, parce qu'il est avant tout un sujet d'étude qui parvient à m'intéresser... Mais je sens comme une pression dans mon esprit. Je tourne la tête, comme si je venais d'entendre un bruit incongru, avant de me saisir du portable dans ma poche pour simuler la lecture d'un SMS. En vérité, je viens surtout d'avoir une image fugace de l'appartement, car Noah vient de rentrer au bercail. Je lis l'heure... On dirait que ça s'est beaucoup prolongé. Je sonde son état d'esprit, l'espace d'un instant, comme si j'étais perdue dans mes pensées. Il s'est fermé, comme bien souvent, même si c'est lui qui m'a cherché le premier en passant le seuil de la porte et en tirant sur notre lien. Je crois qu'il n'apprécie pas tellement que je m'éclate dans une boîte de nuit alors qu'il vient de passer un sale moment. J'avais besoin de me détendre pour deux, de toute évidence. Je cille, et laisse l'instant passer. Je relève la tête en me souvenant de qui se tient à côté de moi. Ca serait peut-être encore plus vexant pour Dante que mes paroles précédentes, à l'ignorer aussi proprement après qu'il vienne de m'envoyer bouler.

J'ai un mince sourire en réponse, en rangeant mon portable. Je descends de mon siège et lui embrasse la joue au passage, une main sur son épaule. Je suis peut-être un peu pompette, finalement, même si j'ai surveillé ma consommation.

- C'est mignon, de me prendre autant au sérieux, quand je te parle de Thémis. Je suis sûr que tu t'attendais à ce que je te serve des conneries sur l'amour, en vérité... Mais tu as raison, je ne suis pas dans cette ville par hasard. Enfin... Nous en reparlerons si l'occasion se présente, qui sait ? Je dois rentrer, superman. Trouve-toi une jolie minette pour égayer le reste de ta soirée.

Je lui tapote l'épaule. Je n'attends pas sa réponse pour m'éclipser, me fondant presque instantanément dans la foule pour gagner la sortie. L'air s'est rafraîchi au dehors, mais deux rues plus loin et je suis déjà face à mon immeuble. Je pousse le portail d'une main et tourne subitement la tête en sentant une présence dans la nuit noire... Rien que le fruit de mon imagination. Je referme derrière moi et grimpe l'escalier à toute vitesse pour rejoindre Noah. Mieux vaut que j'évite de lui raconter ma soirée, en comparaison à la sienne... Même si elle fut enrichissante. Je pense pas revoir Dante de si tôt, mais l'avenir nous le dira.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   Mer 1 Juin - 22:49

    Un fin sourire accueillit l’analyse de la jeune femme sur les noms. Elle avait raison. Cependant, il aimait encore bien se conformer à l'image qu'on se faisait de lui, pour justement davantage brouiller les pistes et tromper son monde. Ainsi, on se méfiait moins de lui. On le pensait plus idiot qu'il ne l'était. La preuve en était ce soir. Astrid avait du pensé que ce n'était qu'un beau gosse de plus, qui le savait et en jouait, qui n'avait aucune conversation et cherchait juste à baiser. Il était un peu plus complexe que cela (même si baiser restait effectivement la finalité de son approche quand bien même il savait que ce ne serait pas pour ce soir. Pas avec elle, en tous les cas). Pourtant il était loin d'être un intellectuel. Il n'avait pas fait de hautes études. Mais il était relativement cultivé, curieux de tout et avait l'intelligence de ceux qui apprennent à se débrouiller seuls et s'en sortent. Il eut un petit rire quand elle s'étonna qu'il connaisse les jeux vidéos.

    « Ah ouais ? Je n'ai pas le profil du nerd type ? Je t'accorde que les geeks passent rarement du temps à entretenir leur physique. »

    Parce qu'à le regarder, on était quand même assez loin du cliché du geek à lunette, coiffé n'importe comment tout maigrelet et sans aucun style, sinon des t shirts imprimés de licences connues. Quoique, Dante avait aussi quelques t shirts de ce genre, fallait pas croire. Il vivait dans son époque après tout, ce n'était pas un vieux vampire poussiéreux. Mais effectivement, il n'était pas du genre à passer des heures sur un jeu, même si cela avait pu lui arriver... De temps en temps, plus jeune. Il avait des loisirs plus adultes désormais. Et il préférait le réel au virtuel. Ce qui n'empêchait pas d'avoir une certaine culture et de toucher à tout.

    Le petit plan drague s'était mué en bras de fer entre eux deux, chacun cherchant à piquer là où ça faisait mal et à ne pas céder de terrain. Ils lâchaient chacun des petites bombes l'air de rien, voulant déstabiliser l'autre, avec plus ou moins de succès. Astrid tapait assez juste d'ailleurs, mais il le cachait soigneusement. C'était désagréable et excitant à la fois... Elle était perspicace. Trop pour son bien. Il ne montrait pas qu'elle visait juste, pour ne pas la laisser s'engouffrer dans une brèche. Elle n'était pas moins douée à ce jeu là, même s'il l'avait vexé en se moquant de sa fidélité amoureuse. Elle finit par lui balancer qu'elle était flic. Ah ouais. Cool. Tant mieux pour elle. Il n'allait pas se barrer pour ça, fallait pas déconner. Alors peut-être qu'elle adorait faire son effet en balançant ça, mais avec lui, c'était raté et il ne manqua pas de le faire remarquer.

    « Paraît que l'alcool délie les langues. »

    Il ricana quand elle abonda dans son sens concernant les flics.

    « Ah mais je ne me sens pas visé, j'suis pas un poulet. »

    Mais il était un mec, certes. Plus intelligent quand même que les comparses de la jeune femme. Même s'il y avait des flics qui valaient quelque chose hein, mais lui, il parlait des poulets de base qui se masturbaient rien qu'en se pensant représentants de l'autorité et avec un pouvoir quelconque sur les autres. Il s'esclaffa à la répartie d'Astrid. Décidément, elle y tenait à sa fidélité, c'était dingue ça.

    « Mais qui te dit que je suis déçu ? »

    Parce que même s'il ne la baisait pas ce soir, il avait quand même trouvé un moyen de se divertir ce soir. Et une proie qui ne savait pas encore qu'elle avait attiré un prédateur. Mais quelque chose divertit Astrid. Un sms apparemment. Dubitatif, Dante attendit qu'elle en eut terminé, à peu près certain que c'était là l'annonce de la fin. Et effectivement, elle se leva et... l'embrassa sur la joue. Sérieusement ? Il la laissa faire, non sans lui jeter un regard narquois. A quoi jouait-elle ? Il n'appréciait pas ce baiser. C'était... vexant. Comme si elle le trouvait mignon, mais que c'était fini de jouer. Bye bye. Il ne dit rien alors qu'elle prenait congé, avant de se lever pour aller aux toilettes. Les WC hommes n'étaient jamais aussi bondés que ceux des femmes, c'était bien pratique. Il s'enferma avant de prendre une profonde inspiration et de déclencher son pouvoir, projetant son double au dehors de la discothèque, cherchant la fine silhouette d'Astrid. Il la trouva rapidement, la suivant en silence, ombre fantomatique invisible... Pourtant, un sixième sens sembla alerter Astrid qui ne vit naturellement rien. Intéressant. Cette nénette était plus qu'elle ne le disait. Et il savait où elle habitait désormais. Il rouvrit les yeux dans les toilettes, alors qu'un sourire de mauvaise augure recourbait ses lèvres.

    Ils allaient se revoir et plus vite qu'elle ne le pensait. Il était en chasse.
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MessageSujet: Re: D'ombres et de lumières [Livre III - Terminé]   

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