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"Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]
MessageSujet: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Dim 27 Sep - 23:28


Aujourd'hui est un grand jour. Je dois rencontrer la directrice de la PES, une certaine Sasha Oppenheimer. On peut dire que ce nom est très évocateur... Et je lui envie d'en avoir un qui claque autant. J'aimerais bien pouvoir donner du "Agent Oppenheimer" lors de mes arrestations, de quoi donner un petit effet atomique sur l'assemblée. J'ai déjà un bon à priori sur ma collègue d'Ecosse, d'autant plus que c'est une femme. Je l'imagine avoir de la poigne pour tenir une telle équipe, surtout par les temps qui courent... Il en faut vraiment. Surtout que, chez moi, on se contente uniquement de "parquer" les surnaturels pour prévenir tout conflit. Je n'ose pas imaginer l'ampleur de la tâche quand il faut gérer un mélange de créatures de tout horizon grouillant dans le même secteur, avec les derniers événements de Février qui risquent de mener à une escalade de la violence. Autant dire que j'ai hâte de la rencontrer, ce qui m'incite à venir avec une nette avance plutôt que celle simplement recommandée. Je commençais à tourner en rond, dans mon appartement, à attendre mon changement d'affectation. Ce n'était bien qu'une poignée de jours, que l'on m'avait présenté comme des jours de repos, le temps de mon déménagement... Sauf que ce dernier s'est réalisé bien plus vite que prévu avec la tornade Noah prête à vider les cartons pour que tout soit en ordre au plus vite, et capable de transporter à lui seul à peu près tout ce qui est nécessaire pour vivre, y compris l'électroménager. Les déménageurs se sont contentés de le regarder avec des yeux ronds comme des soucoupes, de quoi bien me faire rire. Je souris un peu, à cette pensée, ce qui m'aide à afficher un visage avenant à mes futurs collègues. J'en vois plusieurs se retourner sur mon passage, sans savoir combien ont été capable de deviner mon affiliation à la police d'un simple coup d'œil. J'ai beau me présenter en parfait civil, il paraît que nous avons une démarche qui ne trompe pas, pour certains.

Je me présente au bureau et me rend rapidement compte de la difficulté que l'on peut avoir à naviguer dans le commissariat. Ils ne rigolent pas avec la sécurité et me demandent un nombre impressionnant de justificatifs. Je commence à me demander s'ils vont me réclamer une pièce que je serais incapable de leur fournir quand on me fait signe que c'est bon. Tant mieux. J'allais finir par préciser à celui à l'accueil qu'il avait intérêt à être plus discret avec sa fenêtre de solitaire ouverte sur son ordinateur... Surtout quand on voit avec qui j'ai rendez-vous. Mais on dirait que c'est finalement inutile de passer par des chemins détournés... Je lui offre mon plus beau sourire quand il m'indique le chemin à prendre pour... Rejoindre la salle de tirs. Parfait. Je pouvais me douter que j'aurais affaire à une femme d'action, ce qui va souvent de paire avec la poigne.

Je prends mon temps pour arpenter les couloirs, mémorisant les noms affichés sur chaque bureau en même temps que le plan des lieux. Ca va rapidement me servir. Je n'ai pas besoin d'ouvrir la porte de la salle que je vois un officier en sortir, ayant visiblement fini son entraînement. Il s'arrête pour me regarder quelques secondes. J'échange à peine quelques politesses avant d'entrer. La femme est seule, désormais. Je prends un casque et le met sur mes oreilles. Je m'avance à sa rencontre sans l'interrompre tandis qu'elle tire à intervalles réguliers, avec des gestes automatiques dignes d'une machine bien rôdée. Je m'adosse au mur pour la regarder mettre dans le mille, jusqu'à ce qu'elle profite d'un temps mort pour recharger son arme, et voir par la même occasion que je suis ici. Je laisse retomber mon casque sur mon cou et lui offre un sourire, cette fois de circonstances. Je m'approche et lui tends la main.

- Astrid Lehtinen, de la brigade du contrôle des créatures surnaturelles, aux Etats-Unis. Ce n'est pas exactement les mêmes abréviations ni le même travail que vous fournissez ici... Mais on peut dire que c'est sans doute ce qui se rapproche le plus de la PES par chez nous. Je suis heureuse de vous rencontrer, Directrice Oppenheimer.

Je marque une pause, le temps de la détailler. Je reste très professionnelle dans mon approche, avenante mais disciplinée, sans en faire trop.

- Avez-vous bien reçu la lettre émise par mes supérieurs ? J'ai cru comprendre que vous aviez bien besoin de renforts...

... Et que personne ne se bouscule pour être affecté à leur service. J'évite de le rajouter. J'ai confiance en mes capacités et en mon expertise. Et, pour couronner le tout, la prime de risque est loin d'être dégueulasse. Ils ont certainement dû lui mentionner que j'étais, moi aussi, vétéran des années sanglantes. Je n'ai certainement pas son expérience pour diriger, mais on ne me demandera pas de le faire. Simplement, je n'ai pas froid aux yeux... Même si je ne suis pas retournée au combat depuis. J'attends de connaître son verdict et de savoir comment elle compte réellement m'accueillir, afin de m'adapter rapidement à un changement de situation.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Lun 28 Sep - 19:53


Depuis combien je n'étais pas sortie de ces bureaux ? Quand est-ce que j'avais dormi chez moi pour la dernière fois ? A dire vrai, dans l'immédiat, j'étais tout simplement incapable de répondre à cette question. Le canapé de mon bureau était devenu mon nouveau meilleur ami et de toute façon, je n'avais pas la moindre envie de retrouver mon appartement vide où je n'aurais fait que tourner en rond en me demandant le but de tout ça. Alors, à défaut d'avoir une vie, j'essayais tant bien que mal de courir après le retard accumulé de tous les cotés.

Mais là, j'avais eu ma dose. J'avais manqué de balancer la pile de dossiers sur mon bureau et avant de songer à y mettre le feu histoire de voir si ça ne réglerait pas définitivement la situation, je m'étais dirigée vers le stand de tir.
C'était bien la seule chose qui me calmait vraiment ces derniers temps. Je ne sais pas trop depuis combien de temps j'étais là quand je sentis une présence dans mon dos. Ne prenant pas le temps de me retourner tout de suite, je continuais à viser ma cible, prenant une profonde inspiration et sentant mes muscles se détendre à chaque nouveau coup de feu.

Reposant mon arme et le casque, je finis par me retourner et je fixai la jeune femme avec curiosité, me demandant l'espace d'un instant comment elle avait pu atterrir ici, à une heure aussi matinale. Je n'eus pas à tergiverser bien longtemps vu qu'elle me tendit rapidement la main, se présentant avec un formalisme qui m'arracha un sourire. Il y avait bien longtemps que la plupart des gens qui travaillaient encore ici avaient perdu cette façon de faire. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose Je n'aurais pas trop su le dire mais je n'étais guère à cheval sur les titres ou les fonctions. Tant que la boutique tournait et qu'on finissait la journée avec autant d'hommes qu'on l'avait commencée, autant être honnête, je n'en demandais guère plus en ce moment.

Je serrai néanmoins la main tendue, prenant la mine que je jugeais être de circonstance, alors que je lâchais, d'un ton tranquille.

"Sasha. Pas la peine d'user du Directrice, j'ai l'impression que vous vous adressez à quelqu'un d'autre. Certains m'appellent patronne mais quand je l'entends, je cherche encore Mc Borough donc ne vous étonnez pas si je ne réponds pas à chaque fois."

J'esquissai un bref sourire en voyant qu'elle me détaillait avec une retenue certaine mais sans pouvoir cacher sa curiosité. C'était normal après tout et je me demandais quelle idée elle commençait à se faire de sa nouvelle patronne. La première impression qu'elle-même dégageait était pour le moins positive, elle avait l'allure d'un flic c'était une évidence, mais elle semblait posséder quelque chose de plus qu'il serait peut-être intéressant d'exploiter avec sa venue à la Brigade.

"Avoir besoin de renforts est un doux euphémisme pour dire que nos rangs ont été littéralement décimés ces derniers mois. Et, étonnamment, voir que les hommes tombent comme des mouches n'est pas la publicité la plus vendeuse pour nos services."

Je n'ajoutais pas que je me demandais ce qui avait bien pu la pousser à demander à venir à la PES mais, si elle ne crachait pas le morceau d'elle-même, il était évident que je poserais la question, quitte à mettre les pieds dans le plat.

Je déposai le chargeur vide en équilibre à coté des autres et j'en attrapai un nouveau, chargeant la première balle avant de tendre l'arme en direction de la jeune femme.

"J'ai bien reçu votre lettre. Mais je vous avoue que je n'aime pas qu'on m'impose des gens sans que je sache ce qu'ils valent. Vous avez survécu aux années sanglantes, c'est déjà un très bon point pour vous mais reste à savoir si c'était parce que vous étiez bien planquée derrière vos collègues ou parce que vous avez mis dans le mille quand c'était nécessaire."

Je me reculai d'un pas, attendant de voir ce qu'elle allait bien pouvoir faire, la main toujours tendue. Dire que courrier que j'avais pu lire ne tarissait pas d'éloges à son propos était un doux euphémisme et on m'avait clairement fait comprendre que je n'avais guère le choix quant à son acceptation dans mon service. Peu importait. Si elle était compétente, je m'accommoderais une fois de plus de toutes les manigances politiques mais une part de moi était tout de même curieuse de voir comment elle avait réussi à obtenir autant d'éloges, même si je ne pouvais guère faire la fine bouche quant à la moindre nouvelle recrue, c'était une évidence.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mer 30 Sep - 16:45


Pendant un instant, je faillis croire que la directrice de la PES ne me serrerait pas la main en retour. Oh… Certainement pas à cause d’un manque de considération, mais on dirait qu’ils ne sont pas si protocolaires en Ecosse. A mes yeux, c’est pourtant juste la base. Je suis certaine que Noah s’hérisserait devant un manque aussi flagrant du respect des conventions. J’ai un petit sourire encore gravé au visage, à cette simple pensée. Je dois avoir l’air presque trop détendue pour un entretien, mais ce n’est pas comme si elle pouvait se permettre de me renvoyer. Ce n’est bien qu’une formalité, pour faire connaissance. Je donnais seulement le change avec ces quelques politesses… Autant arrêter, il semblerait que ce soit inutile.

- Quand vous entendez « patronne », vous cherchez votre ancien supérieur ? Il me semblait pourtant que le premier ministre était un homme… Original.

Je me fends d’un léger sourire, enjoué. Je ne sais pas si elle est réceptive à l’humour, mais je vais bientôt le savoir. Je reprends, sur un ton plus sérieux :

- Vos hommes vous apprécient et vous estiment, ça se sent. Ils doivent croire à ce qu’ils font, et surtout croire en vous pour continuer de vous suivre malgré les démons en vadrouille.

Tandis que je me livre à une rapide étude de sa personne, on dirait bien que Sasha Oppenheimer en fait autant avec moi. Je sens que nous sommes sur la même longueur d’ondes… Et qu’aucun détail n’échappe à son regard. Ca peut-être gênant, mais je ne lui aurais pas fait l’affront de la prendre pour une imbécile. Je l’écoute placer des mots sur ce que sous-entendaient mes paroles. Ah, ce n’est pas moi qui viens de le dire…

- Pour être tout à fait franche avec vous, nous étions trois en lice pour cette réaffectation… Mes collègues se sont habilement défilés et étaient bienheureux que je saisisse cette opportunité qui avait des allures de sanctions pour eux. J’ai écopé d'un joli surnom de la suicidaire avant de partir… Donc non, vous n’avez pas une très bonne publicité, à l’étranger en tout cas. Enfin, je ne risque pas de m’ennuyer avec vous, n’est-ce pas ?

Je suis ses mouvements du regard, comprenant bien vite ce dont il allait être question. Elle ne m’a pas convié dans une salle de tir pour que je la regarde faire sagement, bien évidemment. Je vérifie le modèle avant de prendre l’arme en main. Un Glock 17, moins compact que celui que j’utilise habituellement, mais la prise en main est en tout point identique.

- Survivre est le bon terme à employer. Et pour vous répondre…

J’enfile le casque et me campe sur mes appuis. Je lève l’arme à hauteur de mon visage et la stabilise de mon autre main. Je laisse filer quelques secondes, sans me presser, avant d’appuyer sur la détente. La balle part se ficher au centre, légèrement à gauche, là où est supposé se situer le cœur. Le mannequin se rejette un peu en arrière avant de reprendre sa position initiale. Je garde l’arme en main, mais l’abaisse en même temps que le casque.

- La deuxième option. On vise toujours dans le cœur pour tuer sur le coup, avec une balle en argent. On a rarement le loisir d’hésiter, surtout vu leur capacité hors norme à se relever si on tente de faire dans la demi-mesure.

Je ne souris plus. Je fixe encore la cible alors que je reprends la parole, toujours prête au combat. Je veux qu’elle aperçoive cette froide résolution qui m’anime et me motive. Toujours être convaincante, toujours.

- Enfin, cette cible est immobile. Vous devriez me tester avec des conditions plus proches de la réalité pour vous faire une meilleure idée. Vous en avez qui sont en mouvement ? Aussi rapide qu’ils peuvent l’être ?

Je suis peut-être trop entreprenante, mais j’aime bien relever les défis. Sasha doit pouvoir me faire confiance et me considérer comme l’un de ses meilleurs éléments si je veux pouvoir être de tous les fronts. Et on ne peut pas servir correctement la cause si on ne l’est pas.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Ven 16 Oct - 16:04

La jeune femme ne semblait pas vraiment au fait des us et coutumes écossais. Ou alors c'était uniquement les habitudes de la PES qui sortaient quelque peu de l'ordinaire ce qui, à la réflexion, n'était pas totalement improbable. Plus rien ne semblait être réellement comme avant, si ce mot avait encore vraiment un sens. Avant quoi ? Le retour en force du chaos ? Ma nomination à la tête de ce joyeux foutoir ?

"Je… pardon ? Ah oui…"

Je la fixais alors quelques instants, pensive, me demandant quel devait être le genre le réaction que je me devais d'avoir au vu de mon rang et de ce qui devait vaguement s'apparenter au protocole qui allait de mise. A défaut de rire, je me fendis d'un sourire et d'un haussement de sourcils, gageant que ce serait un compromis comme un autre entre l'hilarité et ce visage neutre que j'abordais bien souvent.

"Mc Borough ne manque effectivement pas d'originalité et il a souvent des idées… particulières. Si vous ne les avez pas encore expérimentées, nous subissons souvent leurs conséquences alors ça ne saurait tarder. Quant au reste…"

Je laissais filer quelques instants de silence, haussant brièvement les épaules. Je n'avais pas besoin de savoir si les hommes m'estimaient ou pas, nous avions vécu suffisamment de choses pour que je n'ai pas le moindre doute à ce sujet, d'autant que c'était plus que réciproque. J'eus tout de même un hochement de tête à ses propos avant de répondre, t'un ton tranquille.

"Croire en ce que nous faisons est bien la seule chose vraiment essentielle ici. Notre mission ne laisse guère la place au doute ou à l'hésitation, ce sont des brèches dans lesquelles le chaos s'amuse à s'engouffrer sans le moindre scrupule…"

Je laissais alors échapper un rire en secouant la tête.

"Désolée, je dois passer pour une illuminée à parler de la sorte. On va mettre ça sur le compte du manque de sommeil, je suis pas du genre à tenir ce type de discours en temps normal. Je préfère de loin agir que de palabrer pendant des heures."

Je continuais de la fixer avec attention, guettant la moindre des ses réactions pour me faire une idée de celle qui allait bientôt travailler à nos cotés. Elle commença à expliquer comment elle avait pu atterrir ici et je la fixai, agréablement étonnée par la franchise dont elle semblait faire preuve.

"Et bien, au moins, si je pouvais espérer avoir tort quant à l'image que pouvait générer la PES, me voilà tombée des nues. Je devrais arriver à m'en remettre quand même malgré tout. Et quel motif vos collègues ont trouvé pour se défiler ? Quant à votre nouveau surnom de suicidaire… j'ose espérer qu'il ne reflète en rien la réalité. Je n'ai pas besoin de têtes brûlées dans l'équipe, il y a suffisamment à faire sans en rajouter une couche."

J'esquissai une moue alors que je préparai l'arme pour voir comment elle serait capable de s'en servir. C'était probablement peu commun pour une première rencontre mais, après tout, le job qui l'attendait était tout sauf habituel. Et elle se servirait probablement bien assez tôt de son arme pour que je sache rapidement si elle serait capable de veiller sur le reste de l'équipe ou si elle serait un poids que je devrais supporter pour faire plaisir à je ne sais quelle haute instance supérieure.
Décidément, je n'arrivais pas à comprendre comment Mc Borough avait pu apprécier la politique à ce point pour finir par se présenter comme premier ministre. Il y avait vraiment là quelque chose qui m'échappait totalement. Peut-être qu'un jour, j'irais lui poser la question, dans un moment d'égarement, si j'arrivais déjà à survivre à tout ce qui se passait en ce moment. En attendant je regardai la jeune femme se saisir de l'arme alors que je soufflais, pensivement.

"Nous avons de toute façon tous fait guère mieux que de survivre à cette période…"

Je hochai alors la tête, attendant de voir ce qu'elle savait réellement faire et je m'adossai contre le mur tandis qu'elle tirait avec précision et sans la moindre hésitation. C'était déjà un bon début. Enfin, si elle visait totalement à coté, elle aurait beau avoir l'air la plus concentrée du monde, ça ne serait guère utile. Mais elle avait visé juste et ça, c'était quelque chose qui ne pouvait que me plaire.

Fixant le mannequin quelques instants en silence alors que je gardais les bras croisés, je détachais finalement mon regard pour poser les yeux sur Astrid, avant que mon visage ne s'illumine d'un sourire satisfait.

"Bien. Au moins, vous n'avez pas deux mains gauches."

Au reste de ses propos, j'arquai un sourcil, amusée de la voir aussi prompte à vouloir prouver sa valeur. Peut-être qu'elle voulait réellement être là et pas uniquement parce que ce serait une ligne de plus sur un CV qui lui serait utile ailleurs. Je commençai à la regarder d'un autre œil, sans cacher mon intérêt.

"Il y a des silhouettes mobiles dans la pièce d'à coté, si vous tenez me donner un premier aperçu de vos capacités. Ca ne vaut bien évidemment pas un lycan lancé en pleine course ou un vampire se cachant dans l'ombre mais ça permet de se faire une première idée."

Je laissais filer quelques secondes avant de reprendre, sans même songer à prendre de gants.

"D'ailleurs, avant de me montrer comment vous arrivez à sauver les otages dans une semi-pénombre en vous débarrassant uniquement des suspects… vous avez déjà travaillé avec des surnats ?"

Autant le savoir tout de suite, avant qu'elle n'ait de mauvaise surprise. Et que je sache quoi faire si elle se montrait réticente ou si elle commençait à monter sur ses grands chevaux. Lutter contre eux c'était une chose, le faire avec eux serait une toute autre histoire.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Ven 16 Oct - 18:49


Ok. Je note dans un coin de ma tête que ma nouvelle patronne n'a pas le moindre humour. C'est vraiment dommage, mais pas insurmontable. Elle doit bien avoir de nombreuses autres qualités pour compenser... Comme Noah. En voilà un autre qui n'a pas le moindre humour, tellement que je dois toujours le préciser quand c'était une blague. Ils devraient bien s'entendre, à vrai dire... Mais non, hors de question que je les présente. Je ne comptais pas partager. Je lui rends un mince sourire devant sa mine pensive, pour lui faire comprendre que ce n'est pas bien grave si elle n'a pas compris ma touche d'humour. Je vais simplement m'adapter à mon auditoire.

- Maintenant qu'il est premier ministre, nous sommes tous aux premières loges pour expérimenter ses idées novatrices... Au moins votre ancien supérieur n'appréciait guère que les choses restent en l'état, ce qui me paraît essentiel dans le domaine du surnaturel. On ne cesse jamais de devoir s'adapter à la nouveauté dans de tels services...

Je note aussi qu'elle n'est pas sensible à la flatterie. Mince... Les femmes-flics étaient toujours difficile en affaires. Il me restait encore le numéro du bon petit soldat en réserve. Je souris intérieurement, parce que je l'apprécié déjà, d'une certaine manière. Elle ne veut garder que les bons et les volontaires, pas les autres. C'est tout à son honneur.

- Non, c'était intéressant. L'on dit de vous que vous êtes une spécialiste en... Démonologie ? Je suis certaine que je pourrais en apprendre beaucoup à votre contact. J'ai rarement été confronté à cette engeance, ou alors, sans bien le savoir.

Je me rends bien vite compte que le moindre de mes mouvements ne lui échappe pas. Elle est vigilante, toujours prête à agir si la situation l'exige. Je suis quasiment sûr qu'elle est ainsi avec tout le monde, et de fortes chances qu'elle ne s'en aperçoive même pas. Au moins, elle apprécie que je me montre directe. D'accord. Brute de décoffrage, sans humour, sans jouer dans la finesse.

- L'un d'eux est un père qui élève seul sa fille. L'autre... Il a trouvé des excuses tellement minables qu'il en a perdu toute crédibilité. Mes supérieurs préféraient envoyer quelqu'un de motivé pour ce poste, tout simplement.

Je lui rends un sourire, qui reflètent une certaine froideur, avant de reprendre d'un ton neutre mais déterminé :

- Je ne suis pas suicidaire. Je suis une survivante d'une brigade décimée. J'ai frôlé la mort, durant les Années Sanglantes... Ca ne m'intéresse pas de recommencer. Je ne vais pas éviter le terrain, non... Mais je compte bien nous éviter de nouvelles Années Sanglantes, effectivement. C'est pour cette raison que je veux vous apporter mon aide.

Je suis restée en position après mon tir, les jambes campées et les mains encore refermées sur la crosse de l'arme. J'attends son verdict. Je reste de marbre, comme un bon petit soldat, même si je suis dépitée d'entendre ce "au moins". Ok... Ca veut tout dire. Le reste ne serait pas brillant, c'est ça ? Je dois avoir rattraper le coup avec mes capacités physiques. Sois belle et tais-toi, Astrid. Voilà, voilà.

- Ok.

Je m'apprête déjà à me rendre dans la pièce d'à côté pour affronter de nouveaux mannequins et prouver à nouveau ma valeur quand elle m'interrompt. Je me fige sur place, dos à elle. Je tourne un peu la tête pour la regarder du coin de l'œil. Question difficile... Mais prévisible.

- Je m'occupais des réserves de lycanthropes, aux Etats-Unis. Vous devez bien le savoir, mais les surnaturels sont parqués chez nous afin de prévenir tout conflit. Mes supérieurs m'avaient affecté aux lycanthropes car je m'étais révélée capable, durant les Années Sanglantes, de les neutraliser si cela était nécessaire... Mais aussi car les vampires avaient manqué de me rayer de la carte pour de bon. Ils n'ont pas voulu prendre le risque de me confronter trop tôt à eux, alors même qu'ils avaient décimé tous mes camarades.

Je tire sur le col de mon chemisier pour lui révéler les cicatrices à mon cou. Cela vaut mieux qu'un long discours, rien qu'en constatant cette boucherie qu'ils ont laissé. Les crocs avaient creusés des sillages profonds sur une bonne vingtaine de centimètres. Je me devais de lui dire, car elle m'évitera de me retrouver en fâcheuse posture. Je ne suis pas encore certaine de mes réactions si je venais à croiser un vampire. Mieux vaut que ma patronne ne l'apprenne pas à ses dépends et me reproche ensuite de lui avoir caché certaines informations. Et puis, ce n'est pas comme si c'était un entretien comme les autres. D'un coup d'épaule, je remets mon vêtement en place et me dirige vers l'autre pièce.

- Allons-y.

Il fait vraiment sombre, ici. Tout est gris ou presque... Je perçois de légères notes de couleur qui différencient les otages des preneurs d'otages parmi les mannequins. Tout est fait pour que la confusion soit facile... Et ça bouge vite, en effet. C'est déjà un exercice bien plus intéressante que le précédent, qui demande des réflexions, de la précision et un minimum de mémorisation.
J'attends qu'elle m'ait rejointe avant d'ouvrir le feu sur ma première cible. Je prends mon temps pour tirer, peut-être plus qu'il ne le faudrait, mais je préfère lui paraître plus lente que la plupart de ses vétérans plutôt que de risquer un impact de balles en pleine tête d'un des témoins. Ca risquerait bien de jeter un froid... Je tire, à plusieurs reprises, jusqu'à utiliser ma dernière balle. Je recharge sans tarder, en quelques secondes. Je me souviens encore de mon instructeur qui m'agaçait horriblement à nous chronométrer ainsi, pour vérifier que nous faisions au plus vite, au plus efficace. A cause de lui, sa tête me revient sans arrêt en mémoire quand je recharge mon arme, mais au moins, je n'oublie rien. Je continue de tirer jusqu'à ce qu'une balle soit logée dans chaque preneur d'otages sans exception. Je retiens un soupir de soulagement en retirant mon casque, me détendant quelque peu. Je n'en laisse rien paraître et attend tranquillement ce qu'elle a à me dire, même si je suis contente de moi. Je crois avoir perdu deux balles bêtement, mais je n'ai pas effleuré le moindre otage.

- Verdict, patronne ?
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mer 28 Oct - 23:13

Visiblement, elle avait tout de même l'air d'attendre une autre réaction que la mienne. Après, je ne pouvais pas dire que je n'étais pas habituée à ce genre de regard, je réagissais souvent à coté de la plaque quand on tentait de faire de l'humour ou de briser la glace d'une façon ou d'une autre. Oui, pour une profileuse ça se posait là une fois de plus mais peu importait vraiment, tant que mon interlocuteur ne s'offusquait pas de mon attitude.

Quand elle évoqua Mc Borough en écho à mes paroles, je ne réussis pas à masquer une grimace peu convaincue.

"Quand vous aurez aussi à essuyer certains plâtres du fait de ses décisions et des conséquences qu'il n'avait pas prévues, ou dont il se moque, je ne suis pas encore totalement décidé quant à ce qu'il pensait réellement, nous en reparlerons. Et cela ne tardera pas, pas seulement parce qu'il est notre nouveau chef du gouvernement."

Je soupirai, repensant à ce moment où Mc Borough avait songé à employer des criminels comme pommes de sang pour les vampires. Il avait frôlé l'incident diplomatique et je redoutais encore le moment où je me prendrai à nouveau cette initiative dans les dents. Mais je notais tout de même qu'elle appréciait le changement et qu'elle avait conscience de la nécessité de s'adapter. C'était plutôt une bonne chose, surtout au vu des circonstances actuelles.

Au reste de ses propos je la fixai en silence, esquissant un sourire au mot intéressant, me demandant s'il était sciemment employé ou si elle cherchait uniquement à répondre quelque chose de pertinent à ma petite envolée. Ce n'était pas réellement important, le principal était qu'elle semblait avoir compris ce qui m'animait et l'ambition que j'avais pour ce service.

"Et bien, on dirait que vous vous êtes renseignée à mon propos. C'est plutôt une bonne chose. Je suis effectivement une référence dans le domaine. Je ne sais pas si je peux me qualifier d'experte, je vous avoue qu'avec tout ce qu'on a pu voir ces derniers mois en Ecosse, j'ai largement du revoir ma copie. C'est un intérêt général que vous portez sur le sujet ou il y a une raison en particulier ?"

Je continuai de l'observer avec attention, plutôt satisfaite de l'image qu'elle s'efforçait pour l'heure de me donner. Il était aisé de duper son monde mais j'avais depuis longtemps appris que la première impression était décisive et manifestement, la jeune femme cherchait vraiment à laisser une empreinte positive. Et, pour l'heure, c'était plutôt efficace.

Quand elle évoqua ses différents concurrents en lice pour venir travailler ici, je l'écoutai avec attention, curieuse des candidats que l'étranger pouvait envisager pour notre charmante petite brigade.

"Je vois. Et bien, gageons que vous garderez votre motivation le plus longtemps possible et qu'elle ne vous sera pas fatale."

C'était malheureusement souvent l'une ou l'autre des options qui se présentait le plus souvent ces derniers temps, à mon plus grand regret. Autant il était possible de remotiver des éléments qui avaient perdu foi en ce que nous faisions, autant réanimer des morts était nettement plus délicat. Je grimaçai à cette pensée pour le moins saugrenue avant de sourire.
Visiblement, j'avais touché une corde sensible et elle n'appréciait pas l'idée que je puisse la targuer de suicidaire. Et sa réaction était pour le moins intéressante.

"Voilà une réponse qui me plait nettement plus miss Lehtinen. Voyons ce dont vous êtes capable maintenant."

Elle se débrouillait bien. Très bien même, si on omettait le fait que tirer sur des cibles immobiles sans autre pression que celle de plaire à son nouveau supérieur n'avait rien à voir avec un combat en pleine rue, cerné par des créatures de tout bord sans même savoir qui était l'ennemi et surtout, où il pouvait bien être. Alors que je lui désignai la prochaine pièce où elle pourrait faire ses preuves, ne m'inquiétant pas plus que ça de sa réaction pour le moins stoïque, je l'interrogeai sur les créatures surnaturelles. Question qui ne devait probablement pas l'étonner au vu du travail qui l'attendait et elle devait avoir soigneusement préparé une réponse qui me conviendrait en théorie parfaitement.

"Vous étiez capable de neutraliser les lycans ? De quelle façon ? Et oui, j'ai entendu parler du système de parquage, j'ai même eu l'occasion de visiter une de ces réserves, je vous avoue réserver encore mon jugement quant à leur réelle efficacité."

Je fixai alors son cou, hochant brièvement la tête sans pour autant paraitre choquée ou laisser échapper la moindre grimace de compassion. Nous étions tous des survivants, sans exceptions. Certains avaient des cicatrices physiques mais, la plupart du temps, c'était le mental qui avait été le plus sérieusement touché. Pour autant, elle ne semblait pas trop mal s'en sortir, surtout si elle était volontaire pour remettre ça.
Mais il fallait aussi qu'elle comprenne ce qui l'attendait réellement.

"Je vois. Vous avez donc été confrontée aux lycans et aux vampires. Mais si demain je vous annonce que vous avez un nouveau coéquipier et qu'il fait partie d'une de ces races, que feriez-vous ?"

Je désignai alors la porte de la salle avant d'ajouter, d'un ton tranquille.

"Je vous laisse un peu de temps pour trouver la bonne réponse si vous voulez."

J'assistai alors à sa petite démonstration. Elle n'hésita pas un seul instant, ne rata jamais sa cible et, mieux encore, ne toucha aucun des otages. Je retirai mon casque à mon tour, croisant alors les bras et esquissant un sourire satisfait à son attention.

"Bien. Très bien même. Pensez juste que si nous avons des balles en argent ou bénites, il vaut mieux éviter de gâcher des balles. Mais il m'est arrivé plus d'une fois de rater lamentablement ma cible dans le feu de l'action, je ne vous tiendrais pas rigueur pour ça, ne vous en faites pas."

Oui, dans le genre expansif, je me posais là. Mais autant qu'elle soit prévenue dès le départ non ?
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Jeu 12 Nov - 15:42


J’ai hâte de rencontrer mes nouveaux collègues. Qui sait, ces derniers seront certainement sensibles à mon humour contrairement à ma supérieure, non ? Au moins à mon charme… Plus difficile de jouer sur ce tableau avec une femme. J’ai une petite pensée pour Noah en songeant que je vais certainement encore me trouver dans une équipe entièrement masculine ou presque. Ca risque d’être amusant, plus que lui avec ses chers amis aux canines un peu trop longues...

En attendant d’en savoir plus sur la manière dont elle compte réellement m’employer, et avec qui, je l’écoute me parle de son ancien supérieur qui semble constituer un épineux problème. Je la fixe en silence, sans mot dire, hochant lentement la tête. Mc Borough… Ce serait intéressant d’en savoir plus sur cet homme qui avait rapidement pris de l’importance dans le paysage écossais, mais je ne suis pas certaine que Sasha soit disposée à en parler plus en détails dans l’immédiat. Je ne préfère pas forcer ma chance, surtout qu’elle me laisse l’occasion de bien me faire voir. Je lui rends un sourire de parfaite commerciale en retour.

- C’est naturel de se renseigner sur les personnes avec qui nous serons amenés à travailler, vous ne pensez pas ? Et, pour vous répondre : Un peu des deux. Je n’aime pas savoir que je peux être en confrontation avec un semi-démon sans m’en rendre compte. Je veux être en mesure de les identifier pour mieux me préparer à cette éventualité… Leurs motivations sont différentes des nôtres, tout comme leurs moyens pour y parvenir. Les événements de Février nous ont donné un bel avant-goût de ce qui nous attend. L’Ecosse est en première ligne. Nous serons amenés à les combattre bien plus vite que de nouveaux lycanthropes ou vampires… Alors autant en savoir le plus possible sur ces nouveaux ennemis.

Nullement besoin de forcer pour faire ressortir le sérieux et la sincérité de mes propos. Ces créatures de l’enfer vont poser un problème à l’ensemble de l’humanité… Et menacent tout aussi dangereusement l’équilibre, ce que je ne pouvais permettre.

Je lui rends un regard en coin quand elle met en doute ma capacité à survivre ou à garder ma motivation intacte. Elle craint que je me brise, physiquement ou mentalement. Je suppose que la directrice de la PES en a vu de nombreux passer ainsi dans son service… Et repartir. Je ne peux pas lui certifier que je ne flancherais pas, et elle n’attend pas de moi que je lui réponde. Alors je m’en garde. Ce n’est pas comme si je pouvais lui souffler que j’ai de meilleures capacités que les autres pour survivre, non ? Un pouvoir de guérison, tout un réseau d’information direct et même la capacité de prévoir certains dangers…

Je cille, reviens au présent. Elle vient de me féliciter, à l’instant ? Décidément, difficile de savoir sur quel pied danser avec elle… Le mieux reste certainement encore de lui prouver ma valeur par les actes que par les paroles, ce que je m’applique ensuite à faire. Mes premiers tirs portent, sans grande difficulté. Les cibles immobiles ne représentent une véritable épreuve que pour les débutants, ce que je ne suis plus depuis les années sanglantes. Sa question sur les lycanthropes me laisse au dépourvu. Je ne lui cache pas ma perplexité… Comment croit-elle qu’on les neutralise ?

- En cas d’extrême nécessité, on leur tirait dessus avec des balles en argent pour les incapaciter sévèrement. De préférence, on prévenait les autres lycanthropes pour qu’ils s’occupent eux-mêmes de gérer leurs dissidents. Ils se contiennent plus facilement en meute, alors les parquer n’était pas une si mauvaise idée en soi. Ils ne me posaient pas tellement de problèmes, la plupart du temps.

Je vais éviter de lui expliquer par A + B tout l’intérêt des réserves et les bienfaits qu’elles ont eu sur la population, ce serait pointer du doigt tout le chaos ambiant en Ecosse et leur signaler clairement qu’ils ne contrôlent rien ici, contrairement à mon ancienne brigade. Je vais peut-être éviter de froisser d’emblée ma supérieure et de ruiner tous mes efforts jusqu’à maintenant.

Quand je lui montre ma cicatrice, elle paraît attentive, mais ni choquée, ni compatissante. Tant mieux. Je n’en attends pas moins de la directrice de la PES… Et je prenais assez mal la première comme la deuxième réaction. J’ai déjà Noah pour me donner l’impression des fois déjà d’être en sucre. Par contre, je ne m’attendais clairement pas à ce qu’elle me parler de travailler avec les créatures surnaturelles. Je marque une demi-seconde d’arrêt avant de reprendre tranquillement ma route. Je suis glacée d’effroi rien qu’à cette idée. Je ne réponds pas immédiatement, cherchant inconsciemment le réconfort du calme à toutes épreuves de Noah de par notre lien. Je peine moins ensuite, à répondre posément, mais si j’en suis venue là, c’est que ça ne va pas du tout aller. Encore plus parce que Noah a dû le sentir et risque de se montrer un peu trop attentif…

- Je pourrais travailler avec un lycanthrope, à condition qu’il se contrôle sans grande difficulté. Je n’ai pas envie de devoir surveiller mes arrières sans arrêt, au cas où mon coéquipier perdrait son sang-froid et déchiquèterait tout sur son passage. Quant aux vampires… Navrée, mais non. Je ne serais pas en mesure de leur faire confiance. Je ne peux pas travailler en me disant que le plus grand danger ne se trouvera pas en face de moi, mais à mes côtés.

Je suis parfaitement sincère, et sérieuse aussi. Je la fixe longuement, cherchant à comprendre ce qu’elle a en tête. C’est plus compliqué ensuite de se concentrer correctement sur les cibles, mais j’ai appris à tirer même en période de stress intense. Le résultat est très bon, sauf que je comprends vite que ma supérieur est avare en compliments. Rien ne sera jamais assez parfait pour elle, n’est-ce pas ?

- Compris, patronne. Je ferais de mon mieux, comme toujours.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mar 17 Nov - 14:44

Je ne m’étais pas encore bien décidée sur le rôle que j’allais attribuer à la jeune femme. Outre le fait qu’elle m’avait été imposée sans que j’aie mon mot à dire, je voulais tout de même savoir ce qu’elle valait réellement avant de la balancer sur le terrain. Si je me souciais pour l’instant pas réellement de ce qui pouvait lui arriver, ce n’était pas le cas pour les hommes qui seraient à ses cotés. Mais, plus les minutes passaient, plus l’impression générale qu’elle dégageait jouait en sa faveur. Elle semblait savoir ce qu’elle voulait et ne mâchait pas ses mots. Il lui faudrait au moins ça pour tenir dans cette brigade et encore, j’avais quelques doutes quant au fait que ce soit suffisant.

Parler de Mc Borough me hérissait un peu, comme toujours. Je n’arrivais pas vraiment à garder la retenue que j’aurais dû avoir face à notre nouveau premier ministre, mais les derniers évènements ne m’avaient pas vraiment aidée à le voir objectivement. Et j’avais comme l’impression que les choses n’iraient pas en s’arrangeant. L’espace d’un instant, j’eus l’impression qu’elle voulait en savoir plus à son sujet mais elle n’insista pas. Tant mieux, elle savait contenir sa curiosité ce qui n’était pas un mal.

"Je suis assez d’accord avec vous. Et ça ne concerne pas forcément que les gens avec qui on va travailler. C’est une curiosité toute naturelle. En tout cas, je pourrais effectivement vous apprendre des choses sur les semi-démons. Si vous trouvez vraiment un intérêt à ce sujet, je pense qu’on pourra vous trouver des occupations en ce sens."

Avec tout ce qui pullulait un peu partout, la chose serait plutôt facile. J’étais même en train de me dire qu’il serait de bon d’avoir quelqu’un d’autre de spécialisé là-dedans et surtout, de capable de mener de front l’étude des démons tels que Maryana. Parce que là, ce n’était même plus un cas d’école, je ne savais même pas comment je pouvais qualifier ce qu’elle était devenue. Enfin si, le mot monstre me venait tout naturellement à l’esprit. Pour autant, je ne le trouvais pas suffisamment fort.

"Toujours est-il que je ne suis même pas sûre qu’on puisse tenter de se comparer à eux. Leurs motivations, leur façon d’agir… tout diffère tellement, ils ont une échelle de valeurs qui ne correspond pas du tout à la nôtre et qui empêche la plupart du temps de comprendre la base même de leur fonctionnement. Pour arriver à la suivre, à essayer de les cerner, il faudra déjà vous débarrasser de tout ce que vous pensez connaître sur ce genre de créatures ou ce que vous pouvez supposer à leur propos. Parce qu’il n’y a rien de rationnel, de ce que nous pourrions qualifier de logique dans leur façon de faire."

Je laissais filer un silence pensif alors que je me remémorais mon dernier affrontement avec Maryana. Sentant mes mâchoires se contracter, je cillais, me focalisant de nouveau sur la jeune femme qui ne semblait guère apprécier que je doute de ses capacités. Peu m’importait à dire vrai, je n’étais pas du genre à chercher à ce que les gens m’aiment mais à ce qu’ils soient efficaces. Si elle devait m’en vouloir pour la façon dont j’avais parlé et tout faire pour me prouver qu’elle se débrouillait aussi bien, voire mieux que les autres, c’était très bien comme ça.

Je laissais échapper un bref hochement de tête à ses propos sur les lycans, laissant alors filer quelques instants de silence.

"La meute d’Ecosse fait normalement ce qu’il faut pour calmer les ardeurs de ses membres. Le problème des lycans isolé n’est cependant pas simple à régler et il y en a tout de même un nombre certain."

L’évocation de la méthode américaine pour contenir les créatures surnaturelles me déplaisait fortement, autant le dire tout de suite. Mais pour autant, j’essayais de rester mesurée dans ma position, ne voulant pas la braquer dès le départ. Je soufflais pourtant, la mine pensive.

"Parquer les gens, que ce soit les lycans ou les vampires doit effectivement paraitre une bonne idée quand on voit la situation actuelle en Ecosse. Mais vous pensez qu’ils réagiront comment s’ils s’échappent ? Tout se passe bien tant que les choses sont sous contrôle. Mais elles finissent toujours par déraper. Et, personnellement, si on m’a considérée comme un prisonnier ou une menace pendant des mois voire des années et que je finis par m’échapper…"

Je grimaçais, me demandant si les Etats-Unis avaient réellement pris la mesure entière des conséquences de leurs choix. Bon, les nôtres n’étaient peut-être pas des plus judicieux mais je n’étais pas du tout convaincue qu’ils tenaient là la solution à tous nos problèmes vis-à-vis des créatures surnaturelles.

Elle se révéla particulièrement douée avec une arme, que ce soit sur cible mobile ou non. Encore un bon point elle, quand bien même le stress d’une mission n’avait rien à voir. Enfin, au vu du boulot que nous avions, elle serait rapidement dans le bain et moi tout aussi rapidement fixée quant à ses réelles capacités.

Commenter sa cicatrice aurait été pour le moins malvenu, même si elle devait avoir pris cher pour garder un souvenir aussi vivace. J'avais eu de la chance, je m'en étais tirée physiquement indemne de mon coté. Et je pensais assez stupidement que le pire était derrière nous. Mais ça, c'était avant février. Avant que le cauchemar ne recommence de plus belle et avant cette pensée lancinante qu'on ne s'en sortirait peut-être pas du tout cette fois.

Il était évident que ma question la dérangeait. Je n’en doutais pas, elle ne serait pas la dernière à tiquer à ce propos et il allait falloir que je m’habitue à trouver des arguments pertinents pour éviter de faire fuir le peu de personnel qui parvenait à se maintenir en vie.

"Bien, au moins, vous êtes franche, c’est plutôt un bon point pour vous. Vous ne pourrez donc pas travailler avec des vampires. Et s’il y en a dans l’équipe ? Si vous en croisez au quotidien, est-ce que ça vous semble jouable ?"

J’avais gardé un ton neutre même si elle devait bien se douter que la question était des plus importantes. Je hochais alors doucement la tête au reste de ses propos, laissant filer quelques instants de silence.

"Faire de son mieux, c’est le plus important."

Ca ne suffisait pas toujours, loin de là même. Mais c’était déjà un bon début.

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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Dim 22 Nov - 21:04


Je me doutais bien que Sasha Oppenheimer ne prendrait pas mal ma curiosité à son égard. Pour une enquêtrice comme elle, elle doit apprécier que l'on fasse preuve de soucis du détail. Ne surtout rien laisser au hasard pour ne pas être pris au dépourvu... Ce n'était pas vraiment parmi les flics que j'avais appris aussi bien à anticiper, mais les compétences des Illuminatis se marient souvent bien avec mon travail. Après tout, nous étions prédestinés à un métier ou un autre qui devait servir la cause, selon nos propres compétences. Je me sens à ma place, dans les rangs de la PES. Il faut simplement que je lui prouve suffisamment ma valeur pour qu'elle me fasse confiance, juste assez pour ne pas rechigner à me mettre sur des missions à risque et me révéler des éléments compromettants.

- Je suis certaine que vous pourrez m'apprendre beaucoup de choses à leur sujet. A vous de choisir ensuite ce que vous estimez le mieux, ce qui pourrait réellement vous aider.

Je vais éviter d'enfoncer le clou sur mon intérêt pour les semi-démons, sinon elle va croire que j'en fais trop, et pas vraiment à tort. Tout est question de dosage, comme d'habitude. Je l'écoute sans mot dire, alors qu'elle commence déjà une première leçon à ce sujet. Elle me demande clairement de faire table rase de mes à priori. Je n'en ai pas tellement sur ces créatures, hormis que je sais pertinemment qu'il va me falloir être sur mes gardes et m'en méfier comme de la peste. Je lâche une unique question, que j'estime suffisante pour relancer la machine :

- Pourtant, ils restent à moitié humain, non ?

Plus j'en apprends, mieux je serais préparée. La directrice de la PES semble bien moins avare de paroles dès qu'il s'agit de parler d'eux, même si j'ai l'impression qu'elle est loin de tout me dire. Elle laisse filer des silences équivoques, toutes à ses réflexions. Elle a dû en voir des choses, en Février ... J'ai la nette impression que cet événement précis est celui qui a entraîné un si net déséquilibre. Je dois vraiment en savoir plus, quitte à me montrer un peu plus entreprenant que je ne le voulais... Et lui laisser entrevoir un peu plus que je ne le voudrais aussi.

- Ce sont les événements de Février qui vous tracassent, pas vrai ?

On en vient à parler des lycanthropes, un sujet bien moins sensible que le précédent. J'hoche la tête, tandis qu'elle me parle de la Meute d'Ecosse. Je n'ai pas eu l'occasion de les rencontrer, mais j'ai presque l'impression de déjà les connaître. C'est ainsi qu'ils agissent, en tout cas... Même si des cas isolés restent toujours : Les cas à problèmes, comme on les appelait, avec l'Ulfric en Amérique. J'hausse un sourcil quand elle mentionne notre système, utilisant des mots dont la signification me laisse perplexe.

- S'ils s'échappent ? Des prisonniers ? Nous avons établi ce système d'un commun accord pour stopper la guerre. Cela n'a jamais posé de problèmes aux lycanthropes, d'avoir une grande réserve naturelle rien que pour eux, à chasser sans se préoccuper d'humains qui viendraient perturber leurs rites ancestraux. Alors peut-être que les vôtres ont bien davantage évolué à vos côtés... Qu'ils ont trouvé un autre équilibre. Je l'espère. C'est tout ce qui importe, non ?

La finalité, pas la méthode pour trouver ce dit équilibre. C'est ce que nous pensons. Je ne suis pas mécontente du travail que nous avons fourni en Amérique, mais je prends relativement bien sur moi. Je me contente de chercher à débattre plutôt que de faire jouer ma susceptibilité. C'est un peu tout mon travail qu'elle remet en cause... Mais passons. Elle ne peut pas réellement savoir ce qui motive ma venue en Ecosse, et je ne compte pas lui dire après tout. Je n'ai nullement l'intention de parquer des lycanthropes ou des vampires, mais ils doivent encore trouver leur équilibre ici, bien plus que dans mon pays d'origine.

Je tique encore davantage quand elle me parle d'une collaboration poussée avec les vampires. Voilà quelque chose qui risque fortement de me déplaire... Elle trouve vraiment que je suis franche, là, de suite ? J'ai envie d'exploser. Je m'accroche au calme relatif de Noah comme à une bouée de secours. Je repose lentement mon arme avant de lui rendre un demi-sourire.

- Ca dépend combien. Je dois pouvoir en gérer un seul à la fois, s'il ne me suit pas durant mes missions. Vos autres hommes seraient prêts à tolérer ça, eux aussi ? Après que les créatures surnaturelles aient perdues le contrôle en Février ?

Je peine à comprendre où elle veut en venir. Si elle veut recruter des créatures surnaturelles pour renforcer son équipe... On n'est pas dans la merde.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mer 25 Nov - 20:55

La jeune femme posait les bonnes questions. En tout cas, celles qui m'intéressaient, autant être honnête. Si elle cherchait à gagner ma sympathie ou mon assentiment, elle le faisait assez subtilement pour que je n'ai pas l'impression d'être prise à la gorge, ou au pied du mur, chose qui m’insupportait au possible. Enfin, difficile d'aimer ça non ? Et elle semblait réellement intéressée par les semi-démons. La plupart des gens songeaient plutôt à vider leur chargeur plutôt qu'à essayer d'analyser de façon réfléchie la meilleure façon de se débarrasser d'eux. Difficile de leur en vouloir, c'était un réflexe de survie on ne peut plus naturel. Pour autant, ce n'était pas ce qui permettrait vraiment de les faire disparaitre pour de bon. Il fallait creuser, savoir quelles étaient vraiment leurs faiblesses et où frapper pour être sûrs de ne pas tirer dans le vide.

"Nous ne savons pas grand-chose d'eux malheureusement. Il est difficile de distinguer les semi-démons parmi la masse des humains s'ils ne montrent pas leurs capacités et rares sont ceux qui se prêtent volontiers au jeu de l'analyse."

J'esquissais un mince sourire à sa question et je haussais les épaules, la mine pensive.

"Ils le sont oui. Physiquement tout du moins. Je vais paraitre manichéenne mais je pense que leur moitié démoniaque prend largement le pas sur tout le reste. Mais on peut effectivement essayer de viser cet aspect pour trouver leurs faiblesses. Quant aux démons à part entière… vous en avez déjà vu ?"

Je grimaçais à la pensée de Maryana avant de hocher la tête à son autre question.

"L'Ecosse est plongée dans le chaos depuis longtemps déjà. Les années sanglantes n'ont pour autant pas été pires qu'ailleurs mais j'ai toujours eu l'impression qu'il y avait un goût d'inachevé, qu'il ne s'agissait que d'une accalmie. Et j'ai vu la faille en février. Elle était juste sous mes yeux. J'ai vu une semi-démone que je traquais depuis des années mourir sous les balles et revenir à la vie, encore plus forte qu'avant et sans ces faiblesses humaines qui nous auraient donné une chance. C'est un ennemi nouveau contre lequel nous ne sommes pas préparés. Et j'ai l'impression que les gens n'en ont pas vraiment conscience."

Je laisse échapper un rire sans joie avant de soupirer.

"En résumé oui, les évènements de février me tracassent."

A l'évocation du système américain je ne cachais pas mon scepticisme. Même si ses arguments n'étaient pas infondés, impossible de m'ôter de la tête l'idée que les lycans et autres n'avaient pas forcément eu le choix entre le parquage ou une guerre jusqu'à la mort. Les options étaient limitées et pour moi, la notion d'équilibre n'était même pas à l'ordre du jour. Tenir les meubles, empêcher que tout ne s'écroule, voilà ce qui avait été fait et qui, d'après moi, n'était pas viable sur le long terme.

"L'équilibre n'est pas encore trouvé en Ecosse. Je ne sais pas si ça viendra un jour et, à dire vrai, ce n'est pas mon problème. Je suis là pour protéger les gens, pour éviter que les innocents paient parce que nous sommes incapables de veiller sur eux. Le reste viendra s'il doit venir."

Et je ne savais même pas si je serais là pour voir ça de toute façon. L'urgence n'était pas à philosopher sur ce qui permettrait à chacun de vivre en harmonie mais plutôt de savoir si chacun allait survivre à tout ce qui se passait. C'était peut-être un peu dramatique vu comme ça mais je n'avais guère de raisons d'être optimiste ces derniers temps.
Forcément, j'abordais le sujet des vampires. Elle ne semblait pas avoir de souci en matière de lycans et travailler avec eux ne serait probablement pas un problème. Mais pour les autres, c'était visiblement une toute autre histoire. Je laissais filer un silence pensif avant de répondre, d'un ton tranquille.

"Vous n'aurez pas à travailler avec eux si vous ne le souhaitez pas. Au départ en tout cas. Rien n'est encore défini pour le moment de toute façon, le projet est en… négociations si l'on peut dire. Je ne sais pas encore ce qui en sortira ou pas."

J'enchainais alors au reste de ses propos, d'un ton plus sérieux.

"Certains sont prêts à le faire. D'autres n'auront pas le choix. Vous l'avez bien vu en proposant votre candidature, les gens ne se bousculent pas pour venir. Et je suis déjà contente quand ceux qui sont là rentrent entiers à la fin de la journée. Ils nous faut des alliés et je vais les chercher là où je peux. Et où je sais qu'il y aura des compétences que nous n'avons pas forcément."

Je laissais alors s'installer le silence, guettant sa réaction alors que je me rendais compte que la discussion que j'allais avoir Astrid ne serait certainement pas la dernière du genre. J'allais devoir justifier de mes choix à de nombreuses reprises dans les semaines, les mois à venir et, surtout, j'allais devoir me tenir prête à assumer, surtout en cas de dérapage.


Dernière édition par Sasha Oppenheimer le Lun 7 Déc - 13:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mer 2 Déc - 14:25


La discussion commence à prendre une tournure intéressante... Je la fixe longuement, tandis qu'elle me confie un peu plus de son savoir sur les semi-démons. Je ne cherche pas à cacher ma surprise quand elle me révèle que l'un d'eux est mort, que le sol s'est ouvert sous leurs pieds pour la voir renaître... Entièrement démoniaque. Je tiens une information capitale, un déséquilibre qui me saute aux yeux. Si nous devons commencer nos recherches pour le rétablir, c'est sur cas-là que je dois me pencher. Je reste songeuse un moment à ses paroles, mais en vérité, je m'empresse de relayer l'information. Sasha Oppenheimer était présente sur les lieux, et traquait plus spécifiquement cette démone, ce qui signifie que la PES doit tenir un lourd dossier à jour sur elle. Je dois vraiment mettre la main dessus, dans les plus brefs délais.

- Je leur trouve une forte ressemblance avec n'importe quel terroriste, à préparer scrupuleusement leur coup à plusieurs, avant d'éclater au grand jour de la pire manière imaginable.

Je marque une pause, toutes à mes réflexions.

- J'ai eu la chance de ne jamais croiser de démons à part entière, mais ce que vous me dites est des plus troublants... Me laisseriez-vous étudier ce dossier ? Je verrais peut-être des éléments qui vous ont échappés, en posant un regard neuf sur cette affaire.

Je suppose qu'une campagne d'information pourrait porter ses fruits, pour que tout le monde ait conscience du danger que les démons peuvent représenter... Mais je n'émets pas cette idée, précisément parce que je me montre assez frileuse avec ce type de campagne, propre à rompre un équilibre à grande échelle à toute vitesse. Je devrais demander à Eva ce qu'elle en pense exactement. Pour le moment, autant ne pas se prononcer et ne pas insister outre-mesure.

J'ai presque envie de rire quand la Directrice de la PES me précise que l'équilibre n'est pas encore trouvé en Ecosse. Oui, c'est précisément ce pourquoi nous sommes ici. Ce n'est pas son problème ? Quelle tristesse. Les humains sont parfois d'un tel égoïsme, incapable de se détacher de leur propre existence pour voir plus loin. C'est ce qui a toujours causé leur perte. Protéger l'innocent, c'est bien beau, mais ce n'est pas ce qui aide à rétablir la balance, loin de là.

- J'espère bien qu'à terme nous trouverons le juste équilibre qui nous permettra d'éviter des morts inutiles. Nous devons arrêter cette escalade de la violence avant que la situation ne dégénère pour de bon. Dans cette optique, je comprends votre désir de travailler main dans la main avec les créatures surnaturelles pour arrêter ce fléau.

Que tu es hypocrite, Astrid... Mais je suis certaine d'avoir l'air convaincu par ce que j'avance. J'ai toujours l'air convaincu. Ca m'intéressait plus de revenir à notre premier sujet que de jouer les parfaits petits soldats, mais il fallait faire le nécessaire. Au moins, je n'avais pas besoin de sourire avec elle. J'aurais eu un peu plus de mal à le rendre crédible alors qu'elle me parlait des vampires.

J'hoche la tête, répondant par l'affirmatif.

- Je suppose que vous me tiendrez au courant de vos avancées dans ces négociations. Cela risque fortement de chambouler nos habitudes de travail...

La PES... Ca vendait du rêve. Elle aurait fait fuir n'importe qui avec ce simple discours, à dire qu'elle était déjà heureuse que son personnel rentre en un seul morceau à l'issue de la journée. J'espère que Noah n'est pas attentif à ma discussion, sinon il risque de vouloir m'enfermer à double tour dans le placard dès que je serais rentrée ce soir. Et le pire, c'est qu'il en serait capable.

J'hausse les épaules. Je ne retiens pas ce ton un peu forcé qui me vient naturellement :

- La fin justifie les moyens, comme on dit... Patronne.

Que dire de plus ? J'étais en entretien. Je n'allais pas taper du pied et me plaindre à quel point c'était horrible de m'infliger ça. C'était elle qui était aux commandes. Moi ? J'allais devoir encaisser.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Lun 7 Déc - 15:37

Visiblement les détails de ce qui s’est passé en février n’ont pas été si ébruités que ça. J’aurais cru le contraire pourtant, persuadée que les survivants s’empresseraient d’aller raconter le cauchemar qu’ils avaient vécu. Mais ils avaient peut-être été comme moi, à essayer tout simplement d’occulter la violence ce qui s’est passé pour se concentrer sur ce qu’il fallait faire pour ne plus que ça se reproduise. A dire vrai, je n’en savais rien mais je continuais tout de même à me réveiller en sursaut en pleine nuit, les images de la brèche flottant dans mon esprit.

A sa réplique, je grimaçais, secouant légèrement la tête avant de souffler en direction de la jeune femme.

"Les terroristes ont généralement un but précis, autre que faire régner le chaos partout où ils interviennent j’entends. Cette impossibilité de savoir ce qui peut les motiver réellement est probablement le plus compliqué à gérer. Difficile d’anticiper quand on se sait pas ce que va faire l’adversaire."

Je laissais filer un silence, avant de reprendre, la mine pensive.

"La démone dont je parle a fait un véritable massacre dans une école et ce, très récemment. J’étais une fois de plus aux premières loges et elle a pris un malin plaisir à décimer toute l’équipe qui m’accompagnait, juste pour le plaisir de me voir me décomposer ou perdre pied, je ne saurais trop vous dire. Vous en entendrez surement parler, surtout si vous vous penchez sur ce dossier-là. Alors, pour ce qui est de leurs motivations…"

A dire vrai, j’aurais préféré de loin de « simples » terroristes à cette créature. Au moins, j’aurais su par quel bout commencer et il aurait été plus facile d’occulter le fait que certains de ses actes n’étaient probablement commis que dans le but de me rendre dingue. Et que j’avais probablement plus d’une mort sur la conscience par le simple fait de tenir mon rôle.

"Vous pourrez jeter un œil au dossier… dès que je vous aurais vue à l’œuvre, sans vouloir vous offenser bien évidemment. Ce sera toujours intéressant de voir ce que nous avons manqué dans l’histoire. Je vous préviens, il y a de quoi occuper de longues soirées d’hiver."

Même si, dans le fond, rien de tout cela n’avait une réelle utilité tant qu’on ne découvrait pas la manière d’éradiquer Maryana de la surface de la terre. Mais qui sait, peut-être que la jeune femme qui me faisait face aurait une idée de génie.
Tout pouvait arriver après tout, même si je n’étais pas du genre à devenir optimiste à ce point-là. Je fixais alors Astrid alors qu’elle évoquait l’idée de retrouver l’équilibre non sans curiosité. C’était quelque chose qui semblait lui tenir à cœur, sans que j’arrive vraiment à saisir pourquoi. A dire vrai, j’étais devenue bassement pragmatique à ce sujet, sans chercher à voir plus loin que les urgences et le bout de mon nez. J’en avais parfaitement conscience mais, au vu des circonstances actuelles, il était difficile de voir au-delà.

"Peut-être. Seul l’avenir nous le dira. En tout cas, je ne serais pas de ceux qui affirmeront connaitre où se trouve ce juste équilibre. Je laisse ça à d’autres."

J’esquissais un mince sourire après son discours avant d’ajouter, d’un ton amusé.

"Mais n’en faites pas trop. J’ai bien tenu compte de votre peu d’entrain à travailler avec les vampires. Je ne vous forcerais pas la main sauf si c’est absolument nécessaire."

Je savais qu’elle ne serait pas la seule tout comme le fait que le chemin serait délicat avant d’arriver à ce que je voulais. Si j’y arrivais un jour. Mais il fallait bien que je me fixe des objectifs, ne serait-ce que pour essayer de voir au-delà du court terme justement. Je hochais brièvement la tête au reste de ses propos, non sans une moue.

"J’attends encore des retours de la part de la monarchie vampirique. Mon premier contact a été plutôt prometteur mais il leur faut aussi peser le pour et le contre. Il n’y a pas que nos habitudes à nous qui vont changer s’ils acceptent de collaborer. Et ils ont tout autant de détracteurs de leur coté que du notre, si ce n’est plus."

Son bref haussement d’épaules ne faisait que me confirmer que la partie est loin d’être gagnée. Mais j’esquissais un sourire en réponse.

"Il parait oui. Reste à voir si la fin sera celle que nous voulons tous."

Je me reculais alors d’un pas, jaugeant la jeune femme avant de reprendre, toujours sur le même ton.

"Je crois que c’est le moment où je vous souhaite la bienvenue parmi nous officiellement. Enfin, vous avez encore le temps de changer d’avis ou de me poser toutes les questions qui vous viennent en tête avant que je vous donne la panoplie du parfait petit agent."

Et que je ne réfléchisse sérieusement au service où j'allais l'affecter.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   Mer 9 Déc - 15:55


Je l’écoute longuement nous parler de nos ennemis. Oui, les nôtres… Sasha Oppenheimer met en évidence le fait que la PES et les Illuminati risquent de combattre sur le même front dans les mois prochains. Cette faille a permis à un démon de venir sur nos terres, et de rompre ainsi l’équilibre établi entre les forces déjà en présence. Si les créatures surnaturelles font partie de notre monde, les démons n’ont pas leur place de manière permanente sur notre plan d’existence. J’ai l’impression de nager en pleine fiction, mais n’est-ce pas le cas depuis la révélation, il y a déjà de nombreuses années ? Plus rien ne devrait me surprendre, et pourtant…

- A vous entendre, leurs motivations me paraissent pourtant évidentes. Ils cherchent à créer une brèche pour que les démons affluent sur terre. Ils ont trouvé le moyen en Février d’en ramener un, mais manquaient peut-être de la puissance nécessaire pour parvenir à leurs desseins… Je pense qu’ils retenteront leur chance, mais à plus grande échelle. Nous devons craindre le pire.

J’écarquille les yeux, sans retenir ma surprise, quand elle mentionne l’attaque de la démone sur une école. Les enfants ne doivent pas être pris… Serait-il possible que… ? Non, c’est bien trop simple. Pourtant ces mêmes mots continuent de tourner en boucle dans ma tête. Il faudra que j’en réfère à mes supérieurs au plus tôt, et que je mette vraiment la main sur ce dossier.

- Ce qui m’intrigue vraiment, c’est la raison qui les pousse à viser une école…

J’aurais aimé savoir me bloquer, comme le fait si bien Noah, en écoutant la suite. Son équipe entière, décimée, par simple envie de la torturer. Ce n’est pas suffisant pour m’effrayer, mais je crains que Noah ne le prenne pas avec la même facilité. Je pensais qu’il serait plus exposé que moi… Alors que je vais devoir courir après des démons capable de massacrer une brigade entière, en collaborant avec des vampires et des lycanthropes. Merde… On dirait que le cauchemar se répète indéfiniment. J’ai le cœur qui bat un peu trop vite et le sang qui a quitté mon visage. Je ne dois pas craquer, pas pour si peu. J’ai ces images qui me reviennent en tête, alors que je les vois tomber un par un sous les crocs des vampires avant que ce ne soit mon tour… Et Sean. Ce silence oppressant, quand notre lien s’est subitement brisé. Le sang… Puis plus rien.

Je cille. Je réintègre la réalité, quand elle me parle du dossier. Il faut absolument que je reste concentré, que j’occulte mes propres ressentis pour me concentrer sur l’essentiel : La sauvegarde de l’équilibre, rien d’autres. Je prends une lente inspiration pour m’inciter au calme.

- Oui, bien sûr. Je me tiens à votre entière disposition.

Je suis un peu trop froide et formelle, subitement. C’est étrangement ce qui me revient le premier, à ériger une barrière pour éviter que tout ne déborde. Un peu plus et je craindrais de m’inspirer des manières dérangeantes de Noah de faire quand un problème se pointe à l’horizon… Il faut vraiment que j’arrête de penser à lui, sinon ce serait comme l’appeler, et je n’ai pas envie qu’il soit dans les parages.

- J’ai hâte de débuter ma première mission.

Là, je mens ouvertement… Et n'importe qui peut s’en apercevoir. Génial, vraiment. Vivement que cet entretien se finisse, vu la nausée qui me guette. Je n’ai plus tellement envie de me plonger dans ce dossier… Ou j’ai intérêt à ne pas manger avant de regarder les clichés. Je suis bien obligée de le faire, surtout. Je me reconstitue un masque assez rapidement, et lui rends un mince sourire.

Brave Sasha. Je ne sais pas comment elle fait pour encaisser sans rien dire… Il faudra vraiment qu’elle me partage son petit secret. En attendant, elle me met du baume au cœur en reconnaissant son incapacité de savoir où se trouve l’équilibre et de laisser d’autres s’en charger. Tant mieux, c’est mon travail. Et c’est vraiment bien de le reconnaître. Je préfère ne rien dire de plus à ce sujet, au risque de paraître louche. Pour elle, ce ne doit être qu’une simple métaphore, et c’est mieux ainsi.

J’hoche la tête, et grimace juste ensuite.

- J’espère au moins qu’ils nous fourniront des personnes qui ont une formation correspondant … Ca nous évitera bien des déconvenues, surtout si on peut éviter un choc des cultures en plus des natures.

On dirait que nous arrivons sur la fin de cet entretien. Je sens encore son scepticisme, mais elle semble plus encline à me faire confiance, ou au moins, à me juger compétente dans mon métier. Tout ne se fera pas en un jour, j’en ai bien conscience. Et pour une première entrevue, elle fut des plus enrichissantes… Je ne vais certainement pas m’ennuyer au sein de la PES. Oui… Allez, tentons de faire bonne figure et de continuer de lui montrer un entrain particulier pour se mettre au travail, c’est sans doute le mieux à faire.

J’incline la tête en réponse, parce qu’elle n’a pas l’air d’être familière des poignées de main ou des saluts formels.

- Nous ferons en sorte que cette fin soit favorable pour le plus grand nombre. Je vous remercie pour votre confiance, Directrice Sasha Oppenheimer. J’espère faire honneur aux services de la PES et ne pas vous décevoir. Si d’autres questions me viennent, je n’hésiterais pas à revenir vers vous.
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MessageSujet: Re: "Comme deux faces d'une même pièce." [Livre III - Terminé]   

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