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Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]
MessageSujet: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mar 15 Sep - 14:27

Ces derniers temps l’humeur n’était pas aux réjouissances. J’étais dans une mauvaise période, je me rendais bien compte que j’étais rarement de bonne humeur et la gueule de bovin décérébré de l’homme qui me faisait face ne faisait rien pour arranger mon affaire. Si j’avais pu simplement rentrer chez moi, dormir et oublier toute cette histoire, tout aurait été beaucoup plus simple. Le mieux aurait été qu’elle n’est jamais eue lieu. Mais voilà, ce n’était pas le cas et les évènements avaient tourné en boucles dans ma tête jusqu'à ce que je me rende à l’évidence. Tous n’étaient pas en ordre, un vampire qui arpente les rues pour faire ce qu’il voulait était inconcevable pour moi. Pas étonnant certes, mais j’avais été devant le fait accompli. Il était dur d’ignorer les faits lorsqu’on était les pieds en plein dedans. Le seul moyen que j’avais trouvé pour tenter de récupérer un semblant de normalité avait été d’oublié cette rencontre. Pour cela, il fallait avant que je fasse les choses dans l’ordre, comme elle devait être faites. La case PES m’avait semblé indispensable.
Ils étaient là pour ça, pour fouiner dans les affaires des autres, dans un monde qui n’était pas le leur. Ils liaient notre réalité à la présence de ces aberrations. Pour cette raison, je ne les aimais pas. Pourtant, ils n’en restaient pas moins indispensable.
Quoique… je commençais sérieusement à douter de leur utilité vu l’intelligence de celui qui me faisait face, j’avais beau tenté de lui expliquer avec tout le calme dont je disposais qu’un de ces foutus vampires s’amusait dans les rues en toutes impunité, il continuait à me regarder comme une hystérique en manque d’attention.

Foutu misogyne.

Bon, il ne l’était peut-être pas. Mais j’avais du mal lorsque les gens ne me prenaient pas au sérieux. Surtout quand j’abordais un sujet qui d’ordinaire était évité avec un soin quasi-religieux. J’étais douée quand il s’agissait d’être méthodique, concernant mon déni du surnaturel, je pense m’en être pas trop mal sortie. Imaginez donc mon mal aise alors que j’étais dans un bâtiment pour ainsi dire lui étant dédiée, en train de raconter une histoire pour faire peur aux enfant à un homme qui prenait un malin plaisir à me torturer en faisant tout son possible pour ne pas me croire. La colère faisait tranquillement son bonhomme de chemin, je la sentais faire rougir mes joues. Avec un peu moins de tenu, j’aurais pu me donner en spectacle et me mettre à faire un scandale, au lieu de ça ma voix commençait à devenir dure et claquante. Elle se réverbérait étrangement contre les murs blancs du bâtiment.

Il me coupa pour la énième fois, répondant au téléphone. Ses yeux étaient cernés, la fatigue tirait ces traits. Peut-être avait-il passé à nuit ici ? C’est vrai qu’il était tôt. Un peu d’indulgence calma mon énervement. Je savais ce que cela pouvait faire de passer une nuit blanche travailler… Mais tout de même…

De mon côté, je restais volontairement très vague, l’ami d’un ami, vous voyez le genre. Il faut dire que ce charmant cadavre avait été assez clair sur le sujet. Si je m’amusais à prévenir qui que ce soit, je finirais en casse croute. C’est ainsi que je m’étais retrouvée avec un cas de conscience sur les bras. Je ne voulais pas obéir sagement non plus et j’avais fini par me rendre ici. Sans trop savoir ce que j’allais raconter à l’avance.
Il était hors de question que je me mette en danger en narrant mon histoire, mais au moins aurais-je essayé. Chaque chose à sa place vous vous rappelez ? Un credo obsessionnel tournant en boucle dans mon esprit. Ors ces derniers temps rien ne l’était vraiment. Je ne pouvais maintenir un semblant d’œillère pour me protéger dans ces conditions. Alors je tapais du poing contre le comptoir de l’accueil pour récupérer son attention. Un « excusez-moi » acerbe sortant de ma bouche.
Je voyais à ses yeux qu’il n’en avait rien à faire, que je le faisais chier. C’était ma dernière tentative. Au moins pourrais-je retourner l’esprit tranquille chez moi. Enfin tant qu’il faisait jour. J’avais pris ma décision concernant cette rencontre fort désagréable. Ne plus jamais, au grand jamais, mettre un doigt de pied dehors la nuit.

Je voulais juste vivre tranquillement loin de toutes ces histoires abracadabrantes.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mar 22 Sep - 20:26

La nuit avait été particulièrement longue. Je ne m'étais rendue compte que l'heure avait filé que quand j'avais vu le jour pointer par la fenêtre alors que j'étais encore le nez penché sur une montagne de dossiers qui ne semblait pas avoir la moindre envie de descendre.

Poussant un profond soupir, je me laissais basculer en arrière sur mon siège, fermant les yeux quelques secondes tout en me pinçant l'arrête du nez. L'espace d'un instant, l'idée un peu folle de faire un petit somme me traversa l'esprit alors que songeais que, sans ça, il serait peu probable que j'arrive à tenir toute la journée. Et pourtant, avec tout ce que j'allais avoir à faire, je risquais en avoir besoin. Je poussai un profond soupir et je me relevai doucement, m'étirant de tout mon long avant de sortir du bureau et de plisser les yeux devant la lumière artificielle des néons. L'ancien bureau de Mc Borough avait ça de bon, les lampes étaient tamisées et on pouvait y rester des heures sans avoir mal au crâne.

Alors que là, d'un coup, je sentais une migraine pointer le bout de son nez. J'hésitais un instant à retourner m'enfermer dans mon bureau mais ça faisait probablement pas très sérieux, surtout que, visiblement la nouvelle équipe était en train de prendre la relève. Les discussions qui allaient bon train s'arrêtèrent brusquement alors qu'ils me regardaient tous à la dérobée et je songeais, l'espace d'une seconde, que je devais avoir l'air encore plus crevée que je ne l'avais supposé. N'osant même pas jeter un œil sur mon reflet, je traçai directement ma route vers la machine à café, tout près de l'accueil.

Alors que j'attendais que le café coule, j'essayais de ne pas songer à tout ce qui m'attendait aujourd'hui. Pour le faire, je reportais mon attention sur ce qui se passait autour de moi. Un gars endormi sur une banquette, le téléphone qui sonnait sans arrêt, une vieille femme qui avait alpagué un collègue pour lui expliquer qu'elle savait où sont toutes ces saloperies de créatures du démon. Rien que de très habituel en somme. Et puis une jeune femme qui semblait s'énerver à l'accueil, sans bien que je n'arrive à saisir pourquoi.

Le gobelet chaud entre les mains, je fixai la scène, un rien perplexe. Je ne savais pas si c'était parce que j'étais épuisée ou si j'étais totalement à coté de la plaque, mais je n'arrivais pas à saisir pourquoi la jeune femme semblait perdre patience à ce point-là, comme si elle était face à un mur d'incompréhension. Il fallait dire que Carl était déjà de service quand je m'étais enfermée dans le bureau hier soir. Dire qu'on manquait d'effectifs était un doux euphémisme, j'avais l'impression que les recrues disparaissent au moindre battement de cil. L'espace d'un instant, j'eus un flash et les images de ma dernière rencontre avec Maryana se bousculèrent dans mon esprit. Mes mains se crispèrent sur le gobelet et j'entendis le plastique craqueler doucement alors que j'essayai de garder une mine impassible.

Difficile avec ces regards constamment braqués sur moi. J'avais beau savoir qu'ils essayaient de faire mine de rien, de ne pas prêter attention à mon visage et à mon nez qui commençait à peine à redevenir comme avant, mais je savais qu'ils ne pouvaient pas s'en empêcher. Il fallait dire que personne ne savait ce qui s'est passé et, comme toujours dans un cas pareil, les spéculations allaient bon train. Mais, ma mine peu avenante quand l'un d'eux osait me poser la question avait vite coupé court à toute tentative d'information de ma part.

J'hésitais un instant et la mine de Carl quand la jeune femme monta d'un ton me décida finalement à intervenir. Je fis quelques pas, fixant l'inconnue de lâcher, d'une voix forte.

"Je peux vous aider ?"

Je jetai un bref regard à Carl avant de souffler, d'une voix douce.

"Je prends le relai. Va voir si la machine a café a encore de quoi te faire tenir la dernière heure avant que la relève n'arrive."

M'appuyant contre le comptoir, j'attendis de voir ce qu'elle allait bien pouvoir me dire. Au pire, si elle me jetait le même regard furibond qu'à l'agent je retournerais sagement à mes papiers. Je voulais bien faire des efforts pour lui mais pas pour une inconnue qui était là uniquement pour verser sa mauvaise humeur sur les rares hommes qui tenaient encore le coup.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mer 30 Sep - 10:25

Je le sentais rouler dans ma gorge, remonter, tenter de forcer le passage de mes lèvres. Une fois ce dernier soupir sortit, je tournerais les talons. Après tout que m’importait ? J’étais en vie et je la risquais inutilement en venant ici. Rester plus que nécessaire ne serait finalement qu’une perte de temps. Mes doigts pianotaient sur le comptoir, seul signe de mon impatience. ‘’clic, clic,clic’’. Mon interlocuteur avait le regard dans le vague, les tempes battantes d’une irritation mal cachée.
Quelle triste destinée. Je n’avais, dans le fond, aucune envie d’endosser le rôle du messie, du martyr. C’était ce que je risquais, tout ça pour quoi ? Avoir la mine de dog mal réveillé d’un fonctionnaire colérique.

L’homme était pratiquement sur le point de s’endormir sur place et j’allais partir. C’est alors qu’une jeune femme intervint pour mettre court à la conversation, renvoyant gentiment l’homme et prenant le relais. Sa mine était affreuse. Le destin se faisait taquin quand à me faire perdre mon temps. La teinte bleutée qui colorait le pourtour de ces yeux me donnait un bon indice sur mes chances de me faire entendre. Elle devait être aussi élevée qu’avec mon ancien et charmant collègue. Prévenir la médecine du travail quand aux excès d’heure supp qu’ils pouvaient faire leur seraient peut-être salvateur.

J’espérais que les reliquats de tuméfaction qui courait sur son visage n’était du qu’a une mauvaise chute. J’avais un mauvais rapport avec la violence. Essentiellement, car j’étais bien incapable d’y faire face. Ignorant avec brio ces bleus, je me contentais de fixer ses yeux, ils étaient fatigués, mais beau. Assez pour que je puisse m’y concentrer dessus et oublier tout ces petits détails dérangeant.

-M’aider est peut-être un bien grand mot. Disons que m’écouter serait déjà intéressant.

Je passe mes mains sur mes lèvres avant de la laisser retomber mollement de manière bien inconsciente alors que je cherche la manière la plus claire de formuler mes phrases sans trop m’impliquer. J’aimerais éviter une vendetta vampirique. Ce genre de déboires ne m’intéressait nullement. Devrais-je me reconvertir en éleveuse de chèvre dans le Tibet ? Il ne devait pas y avoir beaucoup de ces monstres là-bas, non ? Non ?

-J’étais simplement venu vous dire que vous devriez simplement faire attention la nuit. Il semblerait que certain ne s’encombre pas d’enfreindre les lois, encore moins de se cacher. Ca serait dommage d’avoir une accumulation de cadavre et une surcharge de travail en plus… Vous semblez en avoir déjà bien assez comme ça.


Je me mords la lèvre, bien consciente que ma tirade risquait surtout de me faire éjecter du bureau. C’était assez pitoyable. J’aurais tout aussi bien pu leur dire qu’ils ne faisaient pas leur travail correctement. Oui, j’avais envisagé cette approche là. Le souci était que je n’avais vraiment pas la moindre idée de comment les prévenir sans me mouiller dans l’affaire et je tenais encore à mon intégrité sanguine. Alors je tournais en rond, comme un chien stupide tentant d’attraper sa queue. Je passe ma main dans mes cheveux pour enlever les quelque mèche qui s’étaient place devant mes cheveux, j’étais soudain très fatiguée. Cette histoire ne menait vraiment à rien, c’était idiot.

-Bon écoutez, je laisse tomber, je n’arriverais pas à me faire comprendre. Désolé de vous avoir dérangé, au revoir.

Non, décidément, je ne voulais pas risquer de tout déballer au premier venu et possiblement d’y perdre la tête, littéralement. Autant continuer à faire l’autruche, comme je l’avais toujours fait finalement. D’autre viendront surement se plaindre à ma place, ou les cadavres chanteront. Dans tous les cas, ils finiront bien pas s’en rendre compte… Non ?
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Jeu 15 Oct - 21:12

D'aussi loin que je me souvienne, je n'avais jamais été quelqu'un de particulièrement diplomate. Plutôt étonnant quand on sait que ma spécialité c'est le profilage. Et pourtant, il m'était arrivé à plus d'une reprise de braquer un suspect en pointant du doigt avec justesse un trait de son caractère qu'il essayait de cacher ou en mettant en lumière sans mettre de gants les raisons de son comportement.

Mais, avec le temps, j'avais appris à prendre sur moi. Par nécessité, évidemment, mais aussi par confort. Il était bien plus simple de garder pour moi ce que je pouvais deviner du comportement des gens et le réutiliser à bon escient. C'était probablement en partie pour ça que je m'étais retrouvée propulsée à la tête de la PES. Ou parce que j'étais punie, ou qu'il n'y avait personne d'autre pour le poste. Probablement un savant mélange de tout ça qui ne m'enchantait guère, surtout après une nuit pareille. Et pourtant, à voir les visages de ceux qui continuaient de tenir bon coûte que coûte, j'arrivais à me persuader que tout cela en valait la peine. J'avais beau entendre encore et toujours le discours de Maryana dans mon esprit, je n'en démordais pas. Nous nous en sortirions c'était la seule option envisageable. Dans quel état par contre ça, c'était une autre histoire et, à voir Carl, j'avais de sérieux doutes quant à la façon dont tout ça se passerait.

Je me focalisais sur la jeune femme, préférant éviter de me perdre totalement dans des divagations qui ne me mèneraient nulle part alors qu'elle, au moins, offrait visiblement quelque chose de concret. Enfin, pas tant que ça finalement. Elle avait l'air agacée. Je ne pouvais pas le lui reprocher, elle semblait avoir passé du temps à faire le pied de grue. Mais les bureaux de la PES n'étaient guère faits pour accueillir le public, nous n'étions pas un poste de police même si tout le monde semblait décidé à croire le contraire ces derniers temps. Est-ce que c'était parce que nous étions tout aussi efficaces qu'un simple commissariat du coin de la rue ou parce que personne ne faisait plus confiance aux forces de l'ordre ? Voilà encore une question à laquelle il valait mieux que j'évite de réfléchir si je ne voulais pas péter un plomb pour de bon.

Je soupirais à sa réponse et je haussais brièvement les épaules avant de lâcher, d'un ton aussi neutre que possible.

"Bien, vous écouter alors. Si vous pensez que ça peut vous servir à quelque chose."

M'adossant au guichet, je la fixais alors qu'elle partait dans un monologue aussi court qu'obscur. Elle parlait des vampires, des loups, des semi-démons ? Comment savoir ? Chacun d'eux pouvait se targuer, d'une façon ou d'une autre, de correspondre au descriptif qu'elle venait de faire. Je lâchais alors, le plus sérieusement du monde alors que je croisais et décroisais mes bras pour les étirer. J'étais vraiment fourbue après la nuit que je venais de passer et ma patience n'était pas à son paroxysme, autant être parfaitement honnêtement.

"Je suis d'accord avec vous, trop de cadavres n'est jamais une bonne choses. Trop de travail non plus d'ailleurs et, souvent les deux vont de pair dans notre travail."

Pas le temps d'en dire plus que déjà, elle enchainait, visiblement prête à partir sans même avoir eu le temps de vraiment dire ce qui lui était arrivé. Elle avait en tout cas l'air d'être en un seul morceau, c'était toujours un bon début. Et son regard ne semblait trahir aucune prise de drogue ou de substance du même genre. En bref, elle avait l'air en pleine possession de ses moyens. Ce fut probablement la seule chose qui m'incita à lui répondre, laissant filer un sourire alors que mon ton se faisait un peu moins neutre.

"Si vous vous obstinez à raconter ce qui vous est arrivé à demi, c'est sûr, on arrivera à rien et on peut effectivement laisser tomber. Maintenant, on a deux solutions. Je peux faire comme si je vous avais pas vu, tracer en direction de la machine à café et je n'en dormirais ni mieux ni plus mal. Et vous rentrez chez vous en ressassant cette histoire et en vous demandant ce qui aurait pu se passer si vous n'aviez pas totalement vidé votre sac."

La fixant quelques secondes, je laissais filer un silence avant de reprendre, toujours sur le même ton.

"Ou vous pouvez me suivre. On prendra un café ensemble et vous me raconterez ce qui s'est passé. Si quelqu'un peut vous aider ici c'est bien moi."

Je lui tendis alors la main après avoir soufflé sur une mèche qui me barrait le visage.

"Sasha Oppenheimer, directrice de la PES. Je ne m'occupe pas des gens qui viennent se plaindre à l'accueil en général alors, je serais vous, je profiterais de l'occasion avant qu'elle ne s'envole pour de bon."

La balle était dans son camp. Restait à savoir ce qu'elle en ferait.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Sam 17 Oct - 16:27

Une moue perplexe pince mes lèvres devant la tirade de la jeune femme. Elle n’avait pas tort dans le fond, mais les circonstances étaient bien plus compliquées qu’elles n’y paraissaient. Vider totalement mon sac serait risqué de me vider totalement de mon sang. Je n’y tenais pas tellement pour tout vous dire. Pourtant, savoir que ce cadavre ambulant arpentait les rues de la sorte faisant comme bon lui semblait…. C’était inadmissible. Un véritable chaos embrouillait mes idées, je ne savais pas vraiment quoi faire, oscillant entre instinct de survie et ce besoin viscéral de tout remettre en ordre.
Quel casse tête, vraiment…

Son offre me prends un peu au dépourvue. Je pensais qu’elle avait finit de parler contente d’avoir délivré sa moral à deux sou, mais non... Si j’étais mal à l’aise, je n’en montrais rien. Je savais que mes yeux ne me trahiraient pas, ne laissant transparaitre qu’un calme vaguement irrité. C’était très bien ainsi. Je m’étais suffisamment humiliée ces dernier temps pour continuer devant des inconnus.
Je marquais un temps d’arrêt que les mots prirent un sens dans ma tête. La regardant sous un jour nouveau, je n’avais absolument pas soupçonné qu’elle était le patron ici. Peut-être était-ce n mensonge, mais je voyais mal un agent de la PES faire ce genre de blague.

Je décidais donc de la croire, c’était certainement la première erreur d’une longue liste, en continuant par ma main empoignant la sienne en guise de salut plus formel.

-Gabriel Hudson.

Une petite voix dans ma tête me souffla, un peu tard, qu’il avait peut-être été plus prudent de ne pas donner mon nom. Si Constance venait à l’apprendre, cela lui serait d’autant plus facile de venir me chercher. Néanmoins, c’était une prédatrice méticuleuse et je doutais qu’elle ait laissé un quelconque témoin de cette rencontre malsaine. Donc s’il y avait un mouchard, elle saurait pertinemment qui.

Mm Oppenheimer, passa devant me montrant le chemin que je suivis docilement. Intérieurement, j’étais persuadée d’avoir fait le pire choix possible concernant la situation. Pourtant, j’estimais ne plus pouvoir faire demi-tour, j’avais décidé de le faire, il fallait que je le fasse correctement. Tout en essayant de garder une certaine marge d’erreur.

La machine à café était fièrement dressée contre son mur, coincée entre deux étagères surchargées. Je regardais d’un œil critique cette paperasse entassée, me retenant de justesse de faire un remarque sur l’organisation qui laissait à désirer et sur le gain de place (et certainement de temps) qu’un bon ménage pourrait faire. J’attendis que le premier café soit prêt pour relancer la conversation. J’étais heureuse d’entendre ma voix parfaitement poser, alors que je n’avais qu’une envie : fuir et m’enfermer dans mon appartement.

-Pour commencer, si cela pouvait rester entre nous, ça m’arrangerais beaucoup. La délation et sécurité ne va pas vraiment de pair.


Pendant le cours trajet, sillonnant entre les bureaux, qui m’avait amené à notre lieu de conversation, j’avais noté le peu de monde encore présent dans la salle et surtout les mines exténuées de la plupart. Nous étions assez tranquilles pour être à l’abri des oreilles indiscrètes. Ce n’était pas une certitude, mais c’était mieux que rien.

-Surtout que vider mon sac, comme vous dites, me mets dans une situation assez délicate.

Je regarde un instant le liquide noir oscillait dans le gobelet que j’avais pris un instant plus tôt. La chaleur qui s’en dégageait me donnait un peu de courage. Je devais avoir l’air d’un vrai frigo de l’extérieur, mais chacun gérait ces émotions comme il le pouvait. C’était ma manière à moi de le faire.

-Excusez cette question, peut-être stupide, mais connaissez-vous une certaine Constance ? Je veux dire dans la catégorie des personnes à éviter. Car si c’est le cas, je pense que cela pourrait m’éviter de trop en dire et de risquer un peu moins gros. Si je peux éviter les situations périlleuses, autant le faire, vous comprenez.


Je pense qu’elle comprendrait, on ne fait pas ce genre de métier sans en avoir gouté au préalable les conséquences. Surtout que je ne devais pas être la première personne dans ce cas de figure à venir frapper à leur porte… J’espérais ne pas être la première… En tout cas, si cette femme était déjà connue de leur service, peut-être étaient-ils au courant de ces agissements, auquel cas autant repartir tranquillement pendant qu’ils s’amuseront aux chats et à la souris.
Sans moi.
Ce n’était pas mon truc.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mer 28 Oct - 23:50

Visiblement, mon petit speech faisait son petit effet sur la jeune femme. En bien ou en mal, difficile de le deviner dans l'immédiat, elle semblait passablement partagée sur la marche à suivre. Je pouvais la comprendre, il devenait de plus en plus difficile de faire confiance à qui que ce soit et les récents exploits de la PES ne jouaient probablement pas en notre faveur. Décidément, il allait vraiment falloir songer à faire quelque chose pour remonter notre cote de popularité parce que, dans l'immédiat c'était pas franchement gagné.

Je réprimai un soupir, attendant sa décision finale et je me contentai d'un bref hochement de tête sans faire le moindre commentaire quand elle se décida à serrer ma main et à me donner son nom. Impossible de savoir si c'était vraiment le sien ou si elle l'avait inventé, les deux options étaient tout aussi plausibles l'une que l'autre même si j'avais tendance à pencher pour le second choix.

"Je vous dirais bien enchantée mais j'ai comme un doute sur le fait que ce soit réellement réciproque."

Je la dirigeai alors vers la machine à café et glissai une première dans la machine, la fixant avec un rien de perplexité alors qu'elle recommençait à trembler. Un jour, j'en étais sure, elle nous exploserait littéralement à la figure et, avec ma chance actuelle, ça tomberait sur moi, j'en étais persuadée.
Tapotant la machine comme pour l'encourager, je me retournai ensuite vers la jeune femme, remarquant qu'elle jetait un regard critique aux alentours. La pièce n'était pas réputée pour son ordre mais, avec les récents travaux, difficile de faire mieux et, plus important encore, ce n'était pas franchement ma priorité. Je n'avais déjà pas assez de personnel pour tenir l'accueil, je n'allais pas en plus leur demander de ranger. Peu importait à dire vrai. Je tendis le gobelet à Gabriel, lui désignant une petite table juste à coté de nous.

"Il y a du sucre et du lait si vous voulez. Quant au fait que cela restera entre nous… je vous mentirais si je vous disais que cela ne posera pas de problème. S'il y a un réel problème de sécurité, que ce soit pour vous ou pour n'importe quel humain qui pourrait être concerné par ce qui s'est passé, je serais obligée de prendre les mesures qui s'imposent et d'en parler à mes agents. Mais vous vous doutiez que ça serait le cas en arrivant ici non ?"

Je glisse une nouvelle pièce avant d'attraper une tasse fumante dans laquelle je verse un nombre de sucres pour le moins impressionnant.

"Vider votre sac vous permettra d'avoir l'aide que vous êtes venue chercher. Vous êtes déjà dans une situation délicate, sinon vous n'auriez pas mis les pieds ici. Personne ne vient volontairement à la PES, en tout cas pas pour raconter quelque chose qu'il peut régler de lui-même."

Ou alors il s'agissait d'illuminés et de personnes qu'il était impossible de croire. Les bons samaritains, ceux prêts à fournir gratuitement des informations, à apporter leur aide étaient soit inexistants soit dangereux s'ils se mettaient en travers de notre route. Dans tous les cas, je ne leur accordais que peu de crédit, voire aucun, ne prenant même pas la peine de les recevoir moi-même. C'était généralement la corvée lorsque l'un de mes homme perdait un pari en fait.

A sa question, je la fixai quelques instants, curieuse, me décidant par souffler, non sans sourire.

"Je connais un nombre certains de Constance, même si le prénom n'est pas des plus communs. Reste à savoir si vous parlez d'une humaine, d'une vampire ou d'autre chose encore. Mais, au vu de votre mine, je pense qu'on peut déjà exclure la première option n'est ce pas ? Il va me falloir plus de détails si vous voulez que je comprenne ce qui s'est passé."

A dire vrai, je n'avais pas la moindre idée de la personne à qui elle pouvait bien penser mais ça, inutile de le lui dire tout de suite en tout cas. Et, au vu de ma mine neutre, impossible pour elle de deviner ce que je pouvais réellement penser ou savoir. J'étais assez rompue à ce genre d'exercice pour être capable de leurrer bien des gens sans trop de difficulté.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Lun 2 Nov - 17:59

La donzelle avait de la répartie, c’était certainement une qualité au vu du métier et de la place qu’elle avait. Cependant, je n’allais clairement pas me sentir mal à l’aise par ces piques puériles. Je me contente de la regarder froidement et de la suivre à travers les couloirs de bureau. Sasha Oppenheimer répondait brillamment à toutes mes questions, comme les gens de sa trempe savaient si bien le faire, c'est-à-dire de manière parfaitement évasive. J’avais beau faire un peu pareil, je n’en appréciais pas la manœuvre pour autant. Je n’avais aucune garantie, aucune sécurité. Je comprenais mieux pourquoi personne ne devait venir ici, la promesse d’un fauve semblait beaucoup plus réelle et dangereuse que leur capacité d’action. Bon dieu, ce n’était pas si étonnant que nous nous fassions mener ainsi par le bout du nez. Au moins pouvait-elle avoir la décence d’être franche.
Je risquais gros, peut-être trop pour un simple état de conscience. Je me doutais que la situation serait ainsi, mais naïvement j’avais voulu croire que nous étions un peu plus performants que ça, que de jouer au jeu du chat et de la souris pour tenter de faire céder l’autre. J’avais l’impression d’être prise dans une conversation dont le sens était tellement caché qu’elle en devenait incompréhensible.

-Oui, mais ce n’était pas tout à fait ce que je demandais. Il est certain que vous en parlerais à vos supérieurs si vous le jugez utile.


Je demandais simplement un peu de finesse, il y avait une différence entre dire qu’un témoin avait vu telle scène et que la victime, nom, prénom et photo à la clé était venue la rapporter. Je perdais mon temps, je ne voulais pas laisser la main à ce cadavre ambulant et pour ce faire j’étais obligée de concilier avec des rustres. Génial… Si je devais mourir suite aux maladresses de cette femme, je reviendrais la hanter, c’était certain.

-Il n’y a plus vraiment d’aide à avoir.


Je revoyais encore ce pauvre homme à genoux sur le pavé, immobile et docile et cette femme à la démarche félin, un air joueur accroché à son visage. J’étais en vie, je ne sais toujours pas comment, mais je croyais dur comme fer qu’elle viendrait me retrouver une fois que j’aurais enclenché le processus. J’espérais que la PES était plus fiable qu’elle n’en avait l’air, sinon j’étais bonne pour le cimetière et c’était … effrayant.
Mais voilà, j’étais assez stupide pour ne pas aimer lorsque me dictait la conduite à avoir, pour avoir ce besoin obsessionnel, viscéral de tout voir mis dans les tiroirs correspondant. Un sociopathe sanguinaire ne faisait pas partie des gens à laisser en tout anonymat en pleine nuit d’après moi.

Mon soupir est audible alors que je regarde la jeune femme d’un air blazé. Encore ces réponses évasives, me prenait-elle pour une abrutie ? Sérieusement ? Elle aurait pu trouver mieux.

-Vous savez, ça ne marchera pas avec moi. Je vais vous raconter ce qui s’est passé, mais ayez au moins la décence de me répondre franchement. Je voulais avoir une certaine garantie de sécurité. Chose que je n’aurais vraisemblablement pas, tant pis je me débrouillerais bien autrement.

Je n’avais pas la moindre idée de comment, mais je commençais à en avoir marre de tourner autour du pot avec une personne volant absolument me faire croire que le vinaigre était du miel. Ils avaient beau être surchargés de travail, être crevés, j’aurais apprécié un peu plus de respect. Prendre les gens pour des imbéciles, le ton doux pour les rassurer, ce devais être certainement nécessaire pour la plupart des gens, mais j’étais trop intelligente pour tomber dans un cadre si ridicule.

-Nous parlons donc d’un vampire, Constance, je ne connais pas son nom.

Il n’était même pas sur que son prénom soit le bon. Pourtant, je ne pensai spas que ça soit le cas, je ne pense pas quelle me considérais comme étant une quelconque source de menace, sinon, jamais elle ne se serait amusée de la sorte. J’avais été la souris, du début à la fin.

-Elle se nourrit d’humain, non consentant. Je ne pense pas qu’elle s’amuse à laisser ses proies en vie par la suite, ça ne semble pas être son genre. Bref, une charmante rencontre vous en conviendrait.

Consentant ou non, se nourrir d’humain restait illégal. Je préférais rester le plus vague possible concernant la rencontre, inutile de dire que nous avions taillé le bout de gras à coté d’un repas à la silhouette musclée. J’avais encore la naïveté de croire qu’en évitant les détails, je pourrais toujours éviter le pire. Stupide, mais humain, qui irait me jeter la pierre parce que je tentais de survivre ? Seuls les hypocrites certainement.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mar 10 Nov - 20:22

Difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir ce qui pouvait bien passer par la tête de la jeune femme. Elle avait besoin de parler mais envie, ça c'était visiblement une autre histoire. Pourtant, je ne l'avais pas si mal accueillie que ça non ? Je n'avais pas fait preuve d'une extrême diplomatie, c'était un fait, mais c'était moins pire que d'habitude, d'autant que je prenais de moins en moins de gants lorsque j'étais au bureau, gardant mon énergie pour les moments où je devais me confronter aux grandes instances supérieures. Et pour ça, il fallait vraiment que je déploie des trésors de diplomatie pour arriver à ce que je voulais et surtout, pour gérer cette sensation croissante d'être sur un siège éjectable face à un énorme bouton rouge, me demandant qui finirait bien par appuyer dessus.

Son regard froid ne me déstabilisa pas le moins du monde. Il m'en fallait bien plus, surtout ces derniers temps et je n'en prenais pas particulièrement ombrage alors que je l'entrainai vers la machine à café. Je me servis sans même regarder ce que je faisais, par automatisme pur et, à sa répartie, je lui jetai un regard en coin, la jaugeant quelques instants avant de souffler, pensive.

"Sans vouloir vous offenser, je verrais une fois votre histoire racontée ce qui vaut la peine ou non d'être rapporté à mes supérieurs. Enfin, il y a bien des choses que je peux régler par moi-même déjà de base de toute façon."

J'étais tout de même quelque peu sceptique quant à l'intérêt réel de ce qu'elle allait me raconter. J'avais vu tellement de gens défiler pour me raconter ce qui pour eux était de la première importance, alors qu'en réalité, rien de ce qu'ils avaient à dire ne faisait avancer la machine. Et c'était précisément ce dont j'avais besoin ces derniers temps. Avoir l'impression que les choses pouvaient avancer et que nous allions quelque part.

Je laissais filer un temps avant d'ajouter d'un ton neutre, en réplique au reste de ses propos.

"Le seul moment où on a plus besoin d'aide c'est quand on est six pieds sous terre. Ce n'est pas encore votre cas à ce que j'en vois."

Je commençais à siroter mon café, me contentant d'un vague haussement de sourcil à son soupir. Là encore, je n'étais pas particulièrement touchée par son attitude. Elle avait l'air entière, en pleine possession de ses moyens, c'était bien plus que bien des gens que j'avais pu croiser. Je pouvais comprendre son état et sa mine blasée alors que, pour l'heure, je ne montrais pas vraiment réceptive à ce qu'elle pouvait me raconter.

"Des garanties de sécurité ? Dans quel monde vous vivez ? Plus personne n'est en sécurité depuis longtemps sinon je serais au chômage et je vous avoue que j'en serais particulièrement heureuse."

Je secouais la tête, sans cacher mon agacement, la mine la plus sérieuse du monde. Tout le monde se débrouillait comme il pouvait ces derniers temps et si la PES faisait ce qu'elle pouvait, il était difficile d'être partout à la fois et de lutter contre toutes les menaces qui pullulaient de toutes parts. Nous n'étions pas assez nombreux, le temps manquait et je pouvais dresser une liste sans fin des raisons qui faisaient que rien ne s'arrangeait. Mais ce n'était pas vraiment une excuse valable et je réprimais un soupir à cette pensée avant de reporter mon attention sur la jeune femme qui semblait de plus en plus à bout.

"A quoi ressemble-t-elle ? Est-ce qu'elle a des signes particuliers qui vous permettrait de la reconnaitre facilement ? Certains vampires ont un style vestimentaire très personnel, un phrasé parfois un peu ancien… vous voyez ce que je veux dire ?"

J'avais tout de même repris un ton aussi professionnel que me le permettait mon état de fatigue. Elle avait des choses à raconter alors que je l'écouterais, quelle que soit mon humeur. Au reste de ses propos, je regardais brusquement son cou, par réflexe, ma posture se figeant quelque peu alors que je continuais de l'écouter avec une attention accrue.

"Avez-vous été une victime ou un témoin de ses activités… illicites ? Enfin dans la mesure où vous parlez du fait qu'elle ne laisse pas ses proies en vie, j'imagine que c'est plutôt la deuxième option. Quand est-ce que les choses se sont passées ?"

Au moins, elle ne pouvait pas dire que je ne l'écoutais pas. C'était exactement le genre de choses qui pourrait risquer de mettre en péril l'alliance que j'espérais voir naitre avec les vampires. Et, s'il y avait une vampire qui faisait n'importe quoi dans les rues de la ville, il allait rapidement falloir quelque chose avant que les humains n'aient une raison de plus de vouloir se venger et tirer dans le tas. A bien y réfléchir, ce serait exactement le genre de choses dont les semi-démons pourraient être friands. Un peu plus de chaos dans un pays qui n'en avait pas besoin le moins du monde.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Sam 14 Nov - 18:22

L’atmosphère était loin d’être à la détente. L’une et l’autre étions peu encline à la patience, chacune frustrée pour des raisons qui nous étaient propres. Difficile d’avoir une conversation à cœur ouvert dans ce genre de cas. Bien que… peu importe la situation, les mots étaient durs à trouver. Il y avait une espèce de rapport de force qui était en train de s’établir entre nous. De quoi être parfaitement productif... J’avais du mal à entrer dans le vif du sujet, jaugeant encore ce qui devait être dit ou non. J’étais dans le rôle de la souris, du messager qui, au moindre faux pas, risquait de se faire dévorer vivant. Quelle désagréable sensation.

Finalement, je lui cède du terrain, Mrs Oppenheimer troc son visage fatigué contre celui plus dur de celle qui entame son travail. Je pourrai presque en rire si je n’étais pas aussi tendue. Qu’avait-elle cru ? Que j’étais une droguée en manque d’attention ayant eu des hallucinations dont je m’étais fait un devoir de venir partager à la PES. Voyons… J’étais agitée, mais j’espérais sincèrement ne pas renvoyer cette image là…
J’avais indéniablement ferrée le poisson, les questions n’avaient pas attendu après que je me sois livrée. Il était désormais évident qu’elle ne connaissait pas ce vampire, merde… vraiment ça n’arrangeait pas mes affaires. J’avais crée mon propre piège toute seule, comme une grande. Vraiment, je n’avais pas été bien fine sur cette histoire du début à la fin. C’était bien trop le bordel dehors pour que ce genre de comportement ne cache pas une baleine sous un caillou… Dans quoi m’étais-je fourrée, avais-je eu raison de venir ici ? Cette question ne m’avait pas lâché depuis mon entrée dans le bâtiment.

-C’est une femme assez grande et svelte, elle est très attirante avec des cheveux longs et … Brun. Ses manières sont très élégantes, c’est un peu étrange à dire, mais honnêtement il n’y a pas d’autre mot. Concernant son phrasé, nul doute qu’elle ait eu une éducation assez poussée, elle sait parler. De là à en déduire son âge, je ne pense pas que je puisse être utile. Mais en tout cas, elle avait assez confiance en elle pour laisser des témoins, ou le sens du jeu. A vous de voir.

C’était en réalité un savant mélange des deux. Le jeu et la confiance, celle de savoir que peu importait lorsque les pièces se mettront à bouger, elle aurait de toute façon le dessus. Comment pouvait-il en être autrement ? Je pouvais comprendre cela, je revoyais très bien le pauvre homme agenouillé devant elle, immobile. Avec de telles possibilités, comment ne pas croire que le monde était à ses pieds ? Mes doigts pianotent sur mon gobelet chaud, seule signe de mon mal aise.
En fait c’était plus que ça. J’avais l’impression de m’embourber dans un marasme inextricable, ou de me mettre à la corde au cou. Consciente d’être l’initiatrice de ma propre fin tout en étant incapable de faire autrement, comme possédée par une volonté autre.

Tout ça devant une femme que je ne connaissais pas, qui m’avait pris pour une hystérique, droguée ou que savais-je encore. Je ne voulais pas être rassurée, mais si j’avais pu être prise aux sérieux dès le départ, peut-être le vivras-je un peu mieux ?
Ou l’art de se voiler la face….

Les yeux de la jeune femme me scrutent avec plus d’attention. Je ne bronche pas, cette attitude me dérange, c’est une tentative grossière de violer mon intimité. Mes cheveux détachés font rempart à son regard indiscret. Quel manque de savoir-vivre… J’avais de moins en moins envie d’être ici. Foutue esprit de contradiction va, pourquoi n’avais-je pas pu rester tranquillement chez moi et me la fermer…

-Il y a un peu plus d’une semaine. Disons simplement que, d’une manière ou d’une autre, j’ai été un jouet assez intéressant pour mériter de ne pas être cassé tout de suite.


Un sourire sans joie étire mes lèvres devant cette réalité bien triste. J’élude un peu volontairement, les termes employés n’étaient pas les bons. Vu son regard curieux, sans doute voulait-elle savoir si j’avais été le repas. Je n’avais aucune envie de répondre à cette question. Le simple fait d’être en compagnie d’un de ces monstre, de rentrer dans sa danse macabre ne faisait-il pas de vous une victime ? Ou cela se résumait à une simple morsure pour eux ? Tant qu’il n’y avait pas de mort, pas de sang, alors ce n’était pas grave ?

-C’était à Edimbourg. Il n’y a plus grand monde qui s’amuse à se balader la nuit. Mais, honnêtement, n’importe qui aurait pu tomber sur elle. Elle ne se cachait clairement pas. Après ce qui c’est passé avec les semis-démons, si les vampires s’y mettent, on risque vraiment de ne pas s’en sortir.

Pour le moment je préférais éluder la présence de mon compagnon d’infortune. J’aurais bien le temps d’en parler en temps voulus. Surtout si l’ombre d’une nouvelle guerre devait ce profiler à l’horizon. Nous n’avions, au final, jamais été en paix.
Quelle illusion stupide.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mer 18 Nov - 15:30

Autant être franche, je ne lui faisais pas vraiment de cadeau. Je n’étais pas particulièrement affable, je ne cherchais pas spécialement à la mettre à l’aise, mais j’étais tout de même passablement sceptique quant à l’intérêt de cette conversation. Pourtant, en temps normal, j’étais plutôt avenante. Quand je le voulais en tout cas. Et quand j’avais réussi à dormir plus de trois ou quatre heures dans les dernières 48 heures. Elle n’était pas tombée au bon moment mais, à bien y réfléchir, je n’étais pas persuadée qu’il y ait réellement un bon moment pour parler de ces choses-là.

Plus je l’écoutais et plus je me rendais compte qu’elle avait visiblement passé un sale quart d’heure et, qu’au fond, son histoire méritait tout de même que je me fasse plus attentive. M’adossant contre la machine à café, je restais tout de même attentive au moindre de ses faits et gestes, guettant le moment où elle lâcherait totalement le morceau. Pour le moment, elle restait sur ses gardes et il était évident qu’elle choisissait soigneusement ses mots. Il ne fallait pas être aveugle pour voir qu’elle ne me disait pas tout ou, en tout cas, qu’elle n’avait pas la moindre confiance dans ce système qu’elle était venue trouver.

Sa description était plutôt précise, autant que possible au vu des circonstances en tout cas. Mais ça ne m’évoquait absolument rien de familier, pour le moment en tout cas. J’allais fatalement devoir mener une enquête même si l’idée ne m’enchantait guère, d’autant que je ne savais encore même pas ce qui allait se passer avec la monarchie vampirique.

"Ce n’est donc de toute évidence pas une jeune vampire qui aurait un moment d’égarement et ne saurait pas se tenir. Et elle avait visiblement une large maitrise d’elle-même. Bien."

Dire que c’était intéressant aurait été probablement déplacé. Pourtant, ça l’était. Les vampires essayaient général d’être discrets et de ne pas laisser de témoin du genre de la jeune femme qui me faisait face. Je ne savais pas si je devais me réjouir ou m’inquiéter de la situation et, le reste de ses propos ne m’aida en rien à éclaircir ce point.

J’arquais alors un sourcil, la dévisageant de bas en haut sans même chercher à m’en cacher, me demandant ce qui avait pu faire d’elle un jouet suffisamment intéressant pour être encore en état de raconter ce qui s’était passé. La vampire avait fait preuve d’une grande imprudence. Ou tout simplement s’estimait-elle au-dessus des lois, pensait-elle que jamais la jeune femme n’en parlerait ou quelque chose dans le même genre.

"Et qu’est-ce qui fait de vous un jouet si précieux qu’elle vous laisse en pleine possession de vos moyens ? Non pas que je n’accorde pas d’importance à votre existence, toute vie est précieuse. Mais ce n’est pas généralement ce que pensent les vampires."

Je laissais filer un instant de silence, le temps de réfléchir à la façon dont j’allais tourner le reste de mes propos avant de me décider et d’y aller franchement.

"Vous n’êtes pas simplement humaine c’est ça ?"

Puis, reprenant toujours sur le même ton sans même lui laisser le temps de respirer.

"Elle s’est nourrie de votre sang ou pas ? Que je sache si vous êtes réellement vous-même ou si vous avez déjà un lien avec cette Constance. Auquel cas, je ne pourrais pas agir de la même façon."

Au reste de ses propos, je laissais échapper un soupir sans même réussir à le retenir. La vie nocturne à Edimbourg n’était plus, depuis les Années Sanglantes, quelque chose de calme. Ca n’était plus à prouver. Mais ces derniers mois, les choses étaient allées en empirant. A chaque nouvel incident, je m’attendais à ce que tout explose, à ce qu’on m’annonce le pire. Mais non. Le jour se levait, la vie reprenait jusqu’à une nouvelle agression, un nouveau fait divers qui ferait la joie des journaux les plus glauques et celle des détracteurs de notre système. Ils n’avaient peut-être pas tort dans le fond, quand on voyait notre manque d’efficacité.

"Vous voulez dire qu’elle n’était pas à la recherche d’une poche de sang précise et que vous avez juste manqué de chance ? Vous pourriez affirmer qu’elle était vraiment en chasse donc."

L’idée me déplaisait fortement. Que la jeune femme ait été une cible d’occasion, que la vampire ait cédé à une pulsion temporaire était nettement plus gérable que si la fameuse Constance était plutôt du genre à se balader tous les soirs pour chercher qui croquer. Et les conséquences seraient loin d’être les mêmes.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mer 25 Nov - 21:38

Je tique, elle avait beau prendre des pincettes, elle était clairement en train de dire que je n’étais que quantité négligeable. Dans un sens, elle avait raison, dans l’autre, j’avais du mal à panser ma fierté devant l’évidence. Au lieu de s’offusquer de la situation, ou de se réjouir de ma survie, Mlle Oppenheimer se demandait à la place pourquoi… Comme si moi, je n’avais aucun intérêt. Je n’étais qu’une inconnue à ses yeux, mais … Merde, un peu de tenue. N’était-elle pas sensée protéger les gens ? Comment réussir quand nous n’étions qu’un vulgaire steak à ses yeux ? Vraiment, c’était frustrant.

Je reste calme malgré tout, mais j’avale de travers alors qu’elle continue. Je tousse, les joues rougis par l’effort, ou la colère je ne sais pas trop. Je la regarde furieuse, encore incapable d’aligner trois mots. Je n’étais pas un de ces monstres de contes de fées, sinon pourquoi serais-je venue la rencontrer ? Était-elle stupide ? Mes poumons retrouvent un fonctionnement normal et je suis toujours en colère.

-Pardon ? Non, je ne suis pas un de ces choses, non … Je viens vous parler d’une nocturne qui agresse les gens dans les rues et vous, vous tentez de trouver le vilain petit canard dans les victimes….

Pourquoi étais-je venue déjà ? Elle devait se foutre de ma gueule, à ce stade ça devenait presque risible. Je ne comprenais pas comment elle avait pu en venir à cette conclusion. Les vampires n’étaient-ils pas assez capricieux pour simplement laisser une proie morte de trouille derrière eux à harceler par la suite ? C’était tout aussi probable que de tout de suite trouver des causes surnaturelles…

-Non elle ne s’est pas nourri de mon sang. Je ne pense pas qu’elle se serait amusée à me laisser en vie sinon. Pourquoi gâcher la nourriture ? Vu que je ne semble pas être beaucoup plus à vos yeux.

La dernière remarque m’avait tout simplement échappé. Je n’avais pas réellement compté la dire à voix haute. Il faut dire que se faire traiter de monstre de la manière la plus normale qui soit avait de quoi faire perdre ses moyens. Enfin, heureusement j’avais encore assez de sang froid pour que mon timbre, bien qu’un peu froid, ne soit pas trop agressif. J’étais en colère, elle en manque de sommeil. La conversation pouvait par conséquent s’envenimer très rapidement. Trop même.

-Comprenez, peu importe votre ouverture d’esprit, j’ai ces monstres en horreur. Donc j’aimerais autant éviter qu’on me prenne pour l’un d’eux…

Si elle était assez compréhensive (ou folle) pour travailler avec des bombes à retardement, avec de la chance, elle le serait assez pour saisir mon agacement. Moi, je n’arrivais pas à voir pourquoi vouloir s’entêter à intégrer toutes ces fables dans nos vies, alors que tout n’avait fait qu’empirer depuis leur révélation.
Enfin bon, l’heure n’était pas au débat de toute façon. Je pense que nous avions un point de vue bien trop éloigné pour aborder ce genre de sujet sereinement. Sans parler de la fierté.

-Elle n’était pas à la recherche d’une poche de sang précise comme vous dites. J’ai précisément manqué de beaucoup de chance. Enfin, il m’en restait assez pour que je reste en vie. Peut-être n’avait elle simplement plus faim. Elle était en train de se nourrir quand je l’ai croisé. Sans chercher de raisons surnaturelles peut-être n’avait-elle simplement plus faim ?


J’aurais préféré garder cette information pour moi. Au fil de la conversation, je voyais mal comment j’aurais pu continuer à garder le secret. En toute honnêteté, je n’aimais pas vraiment me rappeler de cette nuit et de ce pauvre homme. Du jeu mesquin qu’elle avait entamé. Enfin bref, moins je donnais de détails et plus je serais en sécurité, mais de là à être étiquetée « monstre »…non vraiment, ça n’en valait pas la peine.

-Ce n’est pas tant que je cherche à vous cacher des informations. Je tente plutôt d’assurer mes arrières. Parce que si effectivement c’est plus de l’intérêt plutôt qu’un manque d’appétit qui l’a fait m’épargner. Il y a fort à parier que je recroiserai sa route. Ce genre de bestiole doit vite s’ennuyer au bout d’un moment, donc quand il trouve quelque chose pour l’occuper…Il serait assez stupide de penser qu’elle me laissera simplement passer sans y revenir plus tard.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mer 2 Déc - 16:12

Maintenant qu’elle avait su capter mon attention, j’écoutais ce qu’elle disait et décortiquait chacun de ses paroles. Ce qu’elle racontait ne me plaisait guère. Il y avait déjà suffisamment de problèmes en ce moment pour qu’on ait en plus une vampire prête à faire mumuse avec n’importe qui sans le moindre contrôle de personne. Retenant une grimace à la pensée de tout ce qui allait en découler si je n’arrivais pas à trouver une raison valable à cette agression, je continuais d’échanger avec la jeune femme, cherchant, sans même m’en rendre compte, une faille à son argumentation. Mieux valait gérer une timbrée qui racontait n’importe que la vérité qu’elle m’apprenait.

Je réalisais alors qu’elle semblait en colère. Enfin, encore plus que ce qu’elle était en arrivant et ce n’était pas peu dire. Cherchant quelques instants ce que j’avais pu faire ou dire qui l’aurait agacée au point de me fusiller du regard de la sorte, je m’apprêtais à l’interroger mais elle me devança.

Je soufflais alors, en réponse à ses inepties, d’un ton bien plus sec que celui que j’avais habituellement.

"Qui a parlé de vilain petit canard ? J’ai juste demandé si vous étiez humaine ou non, inutile de vous montrer offusquée pour si peu. Les vampires ont un attrait tout particulièrement pour certaines … races. Je m’interrogeais donc."

Je me retenais de lever les yeux au ciel face à une réaction que je trouvais pour le moins disproportionnée. Je savais que bien des humains avaient les autres races en horreur mais là, elle allait un peu loin. Au reste de ses paroles, je laissais claquer ma langue sur mon palais, ne cherchant pas à cacher mon agacement.

"Ecoutez, je pose des questions pour arriver à cerner la personne qui vous a attaquée. Si vous comptez prendre chacune de mes phrases comme une attaque personnelle, prévenez-moi tout de suite, qu’on arrête les frais. Certains vampires laissent leur victime en vie. Il est plus facile de se justifier d’une morsure que d’un meurtre, tout simplement. Ou pire encore, elle aurait pu vous laisser en vie parce qu’elle adore jouer avec la nourriture."

J’avais bien insisté sur le dernier mot, gardant la mine la plus sérieuse du monde. Le manque de sommeil jouait beaucoup à ce que je sois moins patiente que d’ordinaire mais l’agressivité dont elle faisait preuve dépassait ce que j’avais déjà du mal à supporter en temps normal. Elle venait chercher de l’aide et mordait la main qui tendait de lui porter secours. Voilà une réaction qui était pour le moins originale mais qui ne m’amusait pas vraiment.

"Il ne s’agit pas de mon ouverture d’esprit mais d’un constat. Il n’y a pas que des humains et des vampires dans cette ville. Il n’est pas écrit sur votre visage à quelle catégorie vous appartenez. Je peux comprendre que vous n’aimiez pas qu’on vous assimile à eux mais, dans l’immédiat, c’est nécessaire si vous voulez qu’on arrive à faire quelque chose."

Et que ça lui plaise ou pas n’était pas mon problème. Elle semblait de toute façon avoir décrété qu’on se moquait de son sort et de ce qu’elle pouvait penser. Alors, un peu plus ou un peu moins… J’arquais un sourcil pensif au reste de ses propos avant de reprendre, reprenant un ton neutre.

"Elle était en train de se nourrir vous dites ? Et vous avez vu ce qui est arrivé à sa proie ? Où est ce que tout ça s’est passé exactement ?"

L’idée qu’elle ait pu assister à ce genre de scène devait lui déplaire fortement. Et ça, je pouvais le comprendre. Voir un vampire se nourrir n’était pas franchement le truc le plus glamour du monde et, autant l’avouer, j’étais quelque peu étonnée de voir qu’elle en parlait sans s’énerver encore plus. Je laissais filer un silence à sa dernière réplique avant de soupirer et de reprendre la parole, plus doucement.

"Je ne vous mentirais pas en disant que ce n’est effectivement pas une possibilité et il se peut que vous soyez en vie non pas par chance mais parce que ça l’amuse. Mais ce n’est pas auprès de moi qu’il faut couvrir vos arrières. Je sais que vous n’allez pas me croire et je pourrais difficilement vous en blâmer mais si nous avons suffisamment d’informations nous pourrons vraiment vous aider."

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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Sam 5 Déc - 20:04

Ça chicane, ça grogne. La balle rebondit de l’une à l’autre dans une conversation stérile. Le café refroidit prenant un arrière goût pour le moins immonde. Je me vexe, je la vexe. Quel était le sujet de la conversation avant qu’elle n’en vienne à m’insulter de monstre ? Les pas de danse sont mous, l’image de madame Oppenheimer oscille entre celui de la dirigeante qu’elle doit être et la femme désobligeante aux propos stupides. Je me retiens de lui dire combien elle est difficile à cerner, ou plutôt combien j’ai du mal à décider dans quelle case la ranger. Je me vexe et je la vexe, cependant il était inutile d’envenimer la conversation plus profondément. Nous avions assez de mal pour articuler deux mots à la suite sans que l’évidence de notre antipathie ne nous saute à la gorge pour corser encore un peu plus l’exercice. Au moins nos sentiments étaient réciproques, enfin, c’était ce qu’elle me laissait penser. Sa fatigue laissait transparaitre trop souvent son exaspération. Promotion trop rapide, inattendue, d’oreiller ?
Je laisse mes pensées dans un coin, elles parasitaient mon attention, souillaient ma réflexion.

-Il est légitime de s’offusquer lorsqu’on se sent insultée, mais soit. Nous n’avancerons pas si nous continuons ainsi.
Je me calme et reprends dans la seconde pour pouvoir lui répondre.
- J’en ai bien conscience, c’est pour ça que je suis venu vous trouver. Je n’ai aucune envie d’être retrouvée vidé de mon sang dans un caniveau.


Je me mords la langue pour stopper le reste des mots qui tressautent dans ma gorge, furieux de n’avoir pu sortir. Il faut dire que lui faire remarquer que j’avais sûrement fait une bourde monumentale, que leurs locaux étaient un capharnaüm inacceptable mettant en évidence une rigueur qu’ils se devaient d’avoir et j’en passe ne ferait que provoquer des gestes malheureux. Ne lui avais-je pas dit que j’essayais de m’assagir ? La provoquer satisferait mon égo, mais ces jeux d’enfant étaient trop puérils en rapport du sujet sur lequel nous tentions de mettre de l’ordre. Je faisais donc l’adulte, je me taisais et ravalais ces milles et une lettres, ces mots, qui voulaient tant aller l’aiguillonner.

Il est dur de garder le silence lorsqu’elle expose la nécessité de m’assimiler à des monstres répugnants, des monstres qui n’auraient jamais du sortir des livres d’où ils étaient les protagonistes. Je ne suis pas d’accord avec elle, mais nos intérêts, surtout le mien, résidait dans mon silence. Le problème n’était pas là, plus vite nous auront fini cette conversation et plus tôt je pourrais me délester de cette compagnie grossière, si prompte à me prendre pour une créature légendaire.

-Dans les Jardin de Prince Street. Je passais par là pour rentrer plus vite chez moi après un rendez-vous qui avait duré trop longtemps. J’ai tout d’abord cru à un couple. On se rétracte assez vite quand on voit le sang couler. Après elle m’a vu, et c’est devenu beaucoup plus glauque.

Il faut dire que mettre en jeu ma capacité d’oratrice pour la convaincre d’épargner ce pauvre bougre avait de quoi être sacrément malsain. Vouloir appuyer sur des points sensibles, me faisant croire que si mort il y avait ce serait de ma faute l’était encore plus. Si elle avait cru que j’avais été aussi stupide pour prendre à cœur ces conneries. Elle était le monstre, la meurtrière, seule sa décision, peut importe les circonstances, était responsable de vie ou de mort.

J’avale le reste de café désormais froid. L’amertume me fait serrer les dents, ou peut-être était-ce les souvenirs ?

L’important était que notre petite discussion soit de nouveau portée sur mon problème. Franchement quel intérêt avait-elle de vouloir me démasquer cauchemars ou réalité ? Un petit sourire désabusé assombrit mon visage. Elle ne se mouillait pas, je venais lui apporter des informations pouvant certainement lui éviter quelque problème d’ordre public. Et la seule affirmation qu’elle m’apportait était son incapacité à protéger celle qui venait réclamer de l’aide. Finalement, cette débauche devenait évidente. S’il ne pouvait assurer la sécurité de personne, il était normal que le rêve l’emporte sur la réalité, la transformant en un cauchemar. J’avais de plus en plus de doute sur notre capacité à nous sortir de ce traquenard.

-Qui aurait-il fallu que j’aille voir ? Je sais bien qu’il y a de fortes chances que j’ai de ces nouvelles, alors qui est la personne à voir pour couvrir mes arrières si ce n’est la PES ? Enfin bon, je n’aurais pas dû m’attendre à quoi que ce soit, c’est toujours décevant d’avoir des espoirs.


Je passe la main dans mes cheveux, les ramenant en arrière. Mes yeux ne quittent pas les pupilles de la femme. Elle avait du caractère, cela durcissait son regard, ce n’était pas assez pour m’impressionner ni même me mettre en confiance. Elle n’avait rien apporté à cette situation tordue. Mais je me prête au jeu, j’en avais, de toute façon, trop dit désormais. Autant finir ce que j’avais commencé. Je tâcherai de penser à un moyen de me protéger plus tard.

-Et avant que vous me posiez la question, non il n’était pas consentant. On ne l’est jamais quand on fait le pot de fleur agenouillé sans bouger sur le chemin pendant que sa ‘’copine’’ papote avec une inconnue. Le deal était le suivant, si je trouvais les arguments appropriés, il avait la vie sauve, sinon c’était la mort pour lui.


Je ne laisse rien transparaitre, mais mon esprit cogne et se révolte. Pourquoi diable vouloir faire remonter à la surface une situation tellement incohérente. Les vampires, les loups-garous. J’avais mis tellement de soins à éviter leurs histoires, à les renier, que j’avais encore du mal à me rendre réellement compte de la vérité. Une nocturne avait joué avec moi, avec cet homme, comme si ça avait été le comportement le plus naturel du monde. Mon cerveau voulait oublier, voulait enterrer cette nuit dans un abîme. Dans un sens c’était bien ce qui avait porté mes pas jusqu’ici, la possibilité de mettre un point à cette histoire, ainsi je pourrais la déchirer, la brûler et continuer à prétendre que ma vie est normale, que le croquemitaine n’existe pas.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mar 15 Déc - 10:56

Si ce qu’elle racontait était intéressant et surtout, promettait de rajouter une couche dans les soucis que nous avions actuellement, la jeune femme commençait à doucement mais surement à me porter sur les nerfs. Je comprenais son inquiétude, son agacement, son impression que personne ne l’écoutait mais ce n’était pas de cette façon qu’elle pourrait améliorer les choses. Surtout en se montrant aussi agressive quand les questions que je lui posais ne lui plaisaient pas.

Je laissais échapper un soupir sans même chercher à le retenir avant de souffler, d’un ton un peu las.

"Comme vous le dites si bien, il est certes légitime de s’offusquer si vous vous sentez insultée mais ce n’était en rien une insulte de ma part. Nous vivons entourés par les créatures surnaturelles et il n’est pas écrit sur votre front que vous êtes simplement humaine."

Décidément, niveau diplomatie et courtoisie, j’avais déjà fait bien mieux. Mais je trouvais sa réaction un rien disproportionnée à une question somme toute légitime. Et le reste de sa répartie me semblait être plus de la provocation inutile qu’autre chose. Ou alors, je prenais tout ce qu’elle disait de travers ce qui, vu mon humeur, était une possibilité à ne pas négliger.

Me retenant de lui dire qu’en vivant dans un pays en plein chaos, finir vidée de son sang était malheureusement une option qu’elle ne pourrait jamais mettre totalement de coté quelle que soient ses velléités de ne pas croiser d’être surnaturels, je me doutais que ce genre de réplique ne lui plairait guère, je l’interrogeais plus en avant pour avoir certains détails. La localisation, le contexte, ce genre de choses qui pourrait permettre à un de mes hommes de mener une enquête.

Visiblement, ce qu’elle avait vécu la troublait profondément et, l’espace d’une seconde je regrettais presque de l’avoir un peu malmenée verbalement. Je hochais la tête à ses propos, fronçant les sourcils à ce qu’elle racontait mais elle jeta une nouvelle fois de l’huile sur le feu. Je laissais filer quelques secondes de silence avant de lâcher, d’un ton neutre alors que mon regard soutenait le sien sans ciller.

"Quand je parle de couvrir vos arrières je ne parle pas de sécurité mais du fait que ce n’est pas en vous méfiant de moi que les choses avanceront. Nous pouvons vous aider et nous le ferons, si vous le souhaitez. Mais pour ça il faut arrêter de donner l’impression que vous allez me coller votre poing dans la figure parce que vous n’aimez pas les questions que je vous pose."

Avant que je n’aie le temps d’ajouter quoi que ce soit, elle reprit son histoire et je grimaçais, imaginant bien malgré moi la scène. Je soufflais alors, à mi-voix, d’un ton bien plus amical que le reste de mes propos jusque là.

"C’est ça qui vous met tellement en colère ? De ne pas avoir trouvé les bons mots pour arriver à le sauver ? Vous savez pourtant que c’était impossible non ? Qu’elle n’a fait ça que pour s’amuser avec vous."

Ca pouvait expliquer bien des choses effectivement. Et ne faisait surtout que confirmer que la vampire qui avait fait tout ça pouvait représenter un réel danger pour les civils.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Sam 9 Jan - 19:00

Décidément, nous n’étions pas sur la même longueur. Si je conçois qu’elle ne cherchait pas à m’insulter, elle devrait aussi être capable de comprendre que je l’ai pris comme telle. Qu’importe, nous n’étions plus des enfants et chipoter sur ces détails sans importances ne ferais pas avancer notre affaire. Cette femme avait été employée pour travailler avec ces monstres, dans un sens il était normal qu’elle les ait assimilé à son mode de vie. Je n’étais pas encore prête pour ce genre de marché.
Traiter le mal par le mal…. Je n’étais pas certaine que cette idée soit judicieuse, mais je les laissais juge de cela. Je n’étais clairement pas assez compétente pour me permettre de faire la moindre remarque. Le fait que Madame Oppenheimer soit toujours en vie était un exploit en soit. Elle devait savoir ce qu’elle faisait, non ?

Si je voulais rentrer chez moi et oublier tous ces tracas, autant se la fermer pendant cinq minutes et museler mon ego. Je devais en être capable… Tout comme je réussissais (assez mal) à ne rien dire concernant ce désordre ambiant. Vraiment, comment faisait-il pour travailler dans un tel environnement.

-Si ça peut vous rassurer, je ne suis pas violente.

Sauf lorsqu’une espèce de singe machiste venait me draguer avec lourdeur et une impolitesse digne d’un ivrogne. Et encore, ce n’était pas tant de la violence, c’était simplement que j’avais sous-estimé l’étendue de sa blessure. Donc, théoriquement, je ne mentais pas.
Peut-être devrais-je apprendre à le devenir, violente, peut-être serais-je plus à même de me défendre, de ne plus me sentir inutile ?
Je retiens un rire dédaigneux. La jeune femme risquait de le prendre pour elle alors que je ne faisais que me moquer de ma propre naïveté. On ne pouvait rien face à ces monstres. Qu’est ce vous pouviez faire face à des immortels capable de vous immobiliser d’un simple regard ? Je ne voulais vraiment pas vivre dans un tel monde.
C’était beaucoup trop effrayant et hors de contrôle.

Mes mâchoires se crispent, presque douloureuses. Pourquoi voulait-elle mettre des mots sur mon malaise ? Je ne le voulais pas. L’oublie était tellement plus attirant que de devoir sans cesse se remémorer cette nuit. L’odeur de la terre humide, la sueur qui coule sur la tempe d’un homme qui se sait condamner et n’a même pas le loisir de hurler sa détresse ? Et moi au milieu de tout ça, comme une intruse. Une tache sur un tableau trop complexe.

-Je n’ai…pas vraiment envie de m’appesantir dessus, si ça ne vous dérange pas. Je suis fatiguée, comme vous je m’en rends bien compte. Stressée, avec une histoire macabre sur les bras et possiblement un vampire sur le dos. Disons simplement qu’il y a de quoi faire grincer des dents.

Je me trouve déjà beaucoup trop bavarde pour mon propre bien.
Sa pitié écorchait mon ego, je préférais de loin subir son courroux. La colère était tellement plus simple à gérer que les regards compatissants. C’était comme si leurs compassions m’écrasaient.
Il y avait des choses comme ça, anodines, que je n’arrivais simplement pas à gérer. C’est pour ça que je n’aimais pas trop parler avec les gens. Les mots partaient dans tous les sens. La cohérence devenait douteuse tandis que les sentiments changeaient le concept des phrases. C’était pénible.

-Je ne suis pas de ces personnes qui aiment l’aventure. Alors tout ça, c’est un peu trop pour moi.

J’étais plutôt du genre à lire un livre devant une cheminée qu’à crapahuter dans la forêt. Même si, je devais l‘admettre, les grands espaces à ciel ouvert avaient le don de faire chanter mon cœur. Les paradoxes menaient ma vie.

-Surtout quand on m’ignore en me prenant pour une hystérique.

Il ne l’avait pas dit, mais je l’avais clairement vu dans ces yeux. Les mecs et leurs misogynies. Sous prétexte qu’avoir un utérus nous n’étions, à leur yeux, pas capable d’être cohérentes. Il faudrait d’abord qu’il se regarde dans un miroir.
Je me mords l’intérieur de la joue. J’espérais qu’elle ne prendrais pas encore cette remarque pour elle. Sinon, nous n’allons vraiment pas avancer d’un pouce…

-Honnêtement, je n’ai aucune idée de ce que je dois faire. Je n’ai pas l’habitude de me frotter à ce genre de… situations.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Lun 25 Jan - 14:49

Ma patience avait atteint ses limites depuis longtemps et pourtant, j’étais toujours là à fixer la jeune femme visiblement prête à s’offusquer au moindre de mes propos, sans bien savoir pourquoi. C’était probablement toujours mieux que de me plonger dans cette montagne de paperasses et autre joyeusetés qui m’attendaient dans mon bureau. Encore que, à la réflexion, je n’en étais plus aussi sure. D’autant qu’il n’est pas difficile de voir qu’elle se retenait et qu’elle avait visiblement bien d’autres choses à dire. A propos de quoi ? Aucune idée et je n’avais pas franchement envie de le savoir à dire vrai. Et puis, si elle voulait s’exprimer, qu’elle le fasse, je n’avais pas la moindre attention de la questionner plus en avant vu qu’elle semblait mal prendre ce que je lui demandais.

J’arquais tout de même un sourcil à sa réplique, me demandant ce que je devais bien comprendre de ses propos.

"Je ne suis pas sûre que ce soit rassurant mais passons. Ce n’est pas le sujet si ?"

Elle se mit alors à évoquer réellement ce qui s’était passé et d’agressive, voilà qu’elle se faisait perdue. Le changement était suffisamment flagrant pour que je ne puisse pas faire mine de l’ignorer et je soufflais quelques mots à ce propos, m’attendant tout de même à me faire renvoyer dans les brancards assez vertement.

Mais en fait non. Oh, elle n’avait pas envie d’en parler et était bien claire à ce sujet mais, au moins, il y avait un mieux dans sa façon de me répondre. L’épisode l’avait vraiment marquée, bien plus qu’elle ne voulait le dire, mais il était trop tôt pour savoir si tout ça pourrait être exploité d’une façon ou d’une autre.

"Il faudra tout de même en parler si vous voulez qu’on en tire quelque chose. Mais plus tard, si vous le souhaitez. Je peux comprendre qu’il ait de quoi faire grincer des dents. Beaucoup d’entre nous sont habitués à bien pire depuis les Années Sanglantes mais nous avons parfois tendance à oublier que ce n’est pas le cas de tous."

Qu’elle considère ça comme une forme d’excuse, c’est ce qu’elle aurait de plus approchant venant de moi. J’avais presque pitié d’elle en fait mais j’étais persuadée que c’était bien un sentiment qu’elle ne supporterait pas, surtout venant de moi.

Je laissais alors échapper un mine sourire au reste de ses propos. Difficile de ne pas comprendre l’attitude de l’agent à l’accueil, si elle avait été aussi agressive avec lui qu’elle avait pu l’être avec moi, il était peu probable qu’il ait eu envie de l’écouter jusqu’au bout.
Surtout que son histoire n’était pas des plus claires et qu’il fallait lui tirer les vers du nez avec difficulté. Mais ça, inutile de le lui dire, elle avait déjà assez morflé pour la soirée et je n’avais pas envie d’en rajouter une couche, je l’avais déjà fait.

"Dites vous que nous sommes tous partis du mauvais pied dans cette histoire. Ca ne peut que s’arranger maintenant. Les cartes sont entre vos mains. Vous pouvez porter plainte et je m’engage à m’occuper personnellement de l’affaire et je verrais ce que je peux faire pour vous. Vous pouvez aussi ressortir de là en nous maudissant de tous les noms et en nous traitant d’incapables, vous ne serez ni la première ni la dernière. Il fait jour, vous ne craindrez pas de faire de mauvaises rencontres."

Il n’y avait guère d’autres alternatives. J’étais déjà bien sympa de lui proposer de m’occuper de son cas, j’aurais pu le refiler à n’importe qui d’autre de suffisamment patient pour la supporter plus de trente secondes. Bon, au vu de mes hommes, l’exercice aurait été quelque peu difficile. Mais pas impossible. Enfin, je l’espérais. A voir ce qu’elle déciderait maintenant.


Dernière édition par Sasha Oppenheimer le Jeu 25 Fév - 12:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Lun 1 Fév - 18:44

Quelle journée… Longue, inutile et sans intérêt. Je n’étais même pas capable de me faire comprendre correctement… le temps perdu ne reviendrait pas et toute mon énergie avait été balancée dans des futilités. Nous avions tourné en rond trop longtemps. Il fallait avancer et il semblait qu’une possible entente était à envisager, malgré leurs manières déplorables. Enfin je n’allais pas de nouveau m’étendre sur le sujet, j’avais déjà suffisamment bavassé. C’était à eux de voir s’il voulait prendre en compte mes remarques ou non pour améliorer leurs services.

La tension retombe, Mlle Oppenheimer se fais plus conciliante. Est-ce la fatigue qui lui a cet effet ?Mais cela se ressent autant au niveau de sa posture autan que de sa voix. Par contre, je pourrais largement m’offusquer de ces propos. Se faire dépeindre comme une acariâtre sans gène et vulgaire. Pourquoi donc croyait-elle que j’étais restée ? Ce n’était pas pour prendre le temps ou le plaisir de médire sur leurs compétences. D’ailleurs, je me fichais bien de ce qu’ils pouvaient faire, comment et pourquoi. De par la nature même de leurs exactions, frayer avec le surnaturel était malsain. Je ne voulais pas rentrer dans cette danse et risquer de m’y noyer. On m’y avait invité sans mon consentement et c’était pour y mettre fin que j’étais venue. Sinon jamais, je n’aurais mis un pied ici.

-Je ne suis pas venue pour le simple luxe de vous pourrir la vie et vu le temps que j’ai passé ici, je ne repartirais pas sans y avoir fais quelque chose. Donc oui, je porterais plainte.

Même si mon esprit me hurlait que c’était une mauvaise idée, une résolution stupide. Je n’étais pas une justicière, pourquoi donc ne pas simplement se terrer en attendant qu’il retrouve le corps ? Que l’affaire éclate au grand jour. Cela arrivera tôt ou tard non ? Mais voilà le souci, c’était ce même esprit qui tournait, retournait en une boucle infinie cette rencontre, ces paroles, ces images. J’étais incapable de m’en défaire, il fallait que je fasse quelque chose. N’importe quoi, pour briser ce cycle insupportable. J’étais peut-être d’une frêle nature. Je n’avais pas participé, comme d’autre, aux années sanglantes. J’avais été relativement épargnée par ces horreurs. Pourtant, ce n’était pas une excuse pour prendre à la légère ce qui m’était arrivée.

-Du coup, qu’est ce que je dois faire ? De quoi avez-vous besoin ?


J’avais de toutes les façons déjà beaucoup trop parlé. Que je porte plainte ou non, il y aurait des fuites, si fuites il devait y avoir. Il n’y avait plus de raisons de faire des manières. J’espérais simplement que cette créature ne s’amuserait pas à me chasser une fois la nuit venue, si elle avait vent de ce que j’avais fait. Enfin non, c’était stupide. Il me tuerait forcément si elle en avait vent. Elle me l’avait dit et je la croyais sur parole.
L’occasion serait bien trop belle pour ne pas en profiter.

Le sang battait à mes tempes. La migraine allait pointer le bout de son nez. C’était toujours comme ça quand je faisais quelque chose que je savais stupide. Enfin c’était surtout que je cogitais beaucoup trop dans ce genre de cas. Je pose le gobelet de café, vide et masse mes tempes distraitement.
C’était toujours mieux que de demander combien de leur victimes avaient survécus après être venues les prévenir que l’un de ces monstres avaient dérapé. Il ne fallait jamais poser de questions dont on ne voulait pas connaitre la réponse.

-Même si je doute qu'elle ait laissé quoi que ce soit pouvant l'incriminer. Même avec ce que je peux vous dire.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Jeu 25 Fév - 12:24

La jeune femme semblait à bout, encore plus que moi. Et pourtant, on pouvait dire que j'avais atteint mes limites. Comme quoi, il y avait toujours largement pire à gérer en fait. Mais, finalement, nous avions l'air de trouver un terrain d'entente, un début de conciliation en tout cas. Elle avait besoin d'être entendue, d'être sûre qu'on ne se moquait pas d'elle et qu'on essaierait de faire quelque chose.

Et, au fond, c'était un peu notre boulot non ? J'avais parfois tendance à l'oublier, toute focalisée que j'étais sur la chasse que je faisais de mes propres démons. Il était temps de se recentrer un peu et d'aider quelqu'un, dans la mesure du possible en tout cas.

A sa réplique, toujours un rien acerbe, je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire à la fois amusé et fatigué.

"Si vous voulez réellement me pourrir la vie, il va falloir faire la queue. Il y a bien du monde qui a envie de le faire et vous êtes loin d'être aussi insupportable qu'eux, ne vous en déplaise. Mais porter plainte est un bon début."

Elle n'était pas entièrement convaincue et je ne pouvais guère lui en vouloir. Après tout, elle n'avait pas été particulièrement bien accueillie, son histoire était un peu trop compliquée et il était difficile de lui extirper les détails. Arriver à quoi que ce soit dans ces conditions était vraiment compliqué mais, avec un peu de bonne volonté, au moins arriverions-nous à une description concrète, quelque chose sur quoi je pourrais m'appuyer pour aller demander des informations aux vampires.
Parce que je devrais forcément passer par là, que ça me plaise ou non. Réprimant un soupir, je sursautais à sa question, réalisant que j'étais déjà plongée dans mes pensées, dans l'après et dans les conséquences de ce rendez-vous.

"Et bien, il va falloir raconter à nouveau ce qui s'est passé. Avec tous les détails. Vraiment tous. Tout ce qui vous viendra à l'esprit, ce que vous avez vu, pensé, ressenti. Même si ça peut vous paraitre anodin, ça peut être capital pour nous. Je pourrais m'occuper de relever votre témoignage ou vous pourrez en parler à quelqu'un d'autre, à vous de me le dire. Il vous faudra ensuite passer un moment avec un de mes agents pour faire un portrait robot de votre agresseur. Là encore, même si vous n'êtes pas capable de vous rappeler de tout, chaque information a son importance. Je pourrais me servir de ça pour mener le reste de l'enquête."

Ou pour agiter le dessin sous le nez de Morgane. En voilà une idée lumineuse. Je laissais filer quelques instants, l'observant alors qu'elle semblait brusquement avoir mal au crâne et je soufflais, d'une voix tranquille.

"Vous devriez manger quelque chose aussi. Ne vous inquiétez pas pour les preuves, ça c'est notre boulot. Votre témoignage sera déjà une base très importante."

Bon, j'avais été diplomate non ? Pour une fois, c'était à noter. Surtout avec une nuit blanche et des heures incalculables de boulot dans les pattes. Surtout que cette histoire allait surement m'attirer plus d'ennuis qu'autre chose me soufflait mon instinct. J'aurais peut-être mieux fait de rester cloîtrée dans mon bureau en fait.
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MessageSujet: Re: Mauvaise ou bonne résolution ? [Livre III - Terminé]   Mar 1 Mar - 21:03

Ca cogne encore et encore, une pulsation rythmée, douloureuse. J’en viens à oublier le reste, ce pourquoi j’étais venue, ce bazar innommable. La douleur avait de ça de rassurant qu’on la connaissait, elle était presque rassurante dans tout ce climat de peur et d’atrocité.
Bon, on était loin des atrocités, je n’avais qu’entraperçue l’une d’elle. Tel un secret de polichinelle, il avait été à peine effleuré, juste suggéré. C’était bien assez. Je ne pouvais pas oublier, pas ces yeux apeurés, seul signe qui avait trahit que cet homme avait tout compris, tout suivit. Que ne se lui était pas leurré sur l’issue de la situation. La faucheuse l’avait déjà accueillit en son sein.
Je tente de me raccrocher au discours d’Oppenheimer, listant tout ce qu’il fallait faire. Des directives, quelque chose de claire, enfin ! Mais… Cela semblait interminable et tellement surfait.

Ils avaient affaire à un monstre, comment des choses si banales qu’une déposition pourrait y faire quoi que ce soit ? Je ne sais pas, c’était étrange, mais je m’étais attendue à quelque chose d’un peu moins… routinier ? Une déposition, ça sonnait un peu comme ces tragédies absurdement banales qui ne trouvent jamais de conclusions satisfaisantes. En même temps à quoi m’étais-je attendue ? Rien… vraiment, je n’y avais même pas pensé et maintenant que j’y étais… J’avais un arrière goût amer qui me restait sur la langue. Enfin, ce n’était pas comme si elle pouvait y faire grand-chose. Malgré leurs manières déplorables, il n’avait pas les mêmes… capacités que ces créatures. Nous avions réussis à élaborer des armes pour détruire les montres et vaincre la nuit, mais c’était tout. Les armes, c’était pour la guerre et nous n’étions plus sensés être entre train de jouer cette danse.
Il fallait donc agir autrement, même si cet autrement paraissait tellement dérisoire… insuffisant.

Comment pouvait-elle pour faire un travail si frustrant ? Il semblait qu’un dénouement était tout bonnement impossible. Réussissait-elle au moins à clore ne serait-ce qu’une affaire ? Avec des simples armes de guerre, un outillage inadapté à ce qu’on lui demandait. C’était une vaste blague, dont elle n’était que le pion et finalement nous finissions par tous en pâtir.

Je comprenais un peu mieux la situation, elle ne m’était pas forcément plus sympathique pour autant, mais comprendre aidait toujours. C’était comme si on demandait à un chien de préparer un diner de mariage. Rien de bon n’en ressortirait.

-J’irais manger un bout une fois que ça sera finis.


Le café que j’avais ingurgité n’était pas suffisant pour mon estomac, mais c’était mieux que rien. En attendant, je me dirigeais sans grande conviction à l’endroit indiqué. Trainant à moitié la patte, démotivée par cette prise de conscience –une quasi certtitude- que cela ne servirait simplement à rien. Que je venais de me mettre en danger pour rien. Mais qu’aurais-je dû faire ? Simplement rester assisse, me cloitrer et me terrer sans plus oser mettre un pied dehors ? Ce n’était pas non plus une vie, au moins avais-je l’impression d’avancer, c’était déjà pas mal.

-Merci de m’avoir donné de votre temps. Au revoir.


Je salut et je quitte la jeune femme pour de bon. Qu’elle me soit antipathique ou non ne changeait rien au fait qu’un minimum de bienséance était toujours appréciable.
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