AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
« Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 16 Jan - 17:44

    La nuit. Pas la pleine lune, à peine un croissant en fait. Mais cette lune n'empêche rien, oh que non. Cette lune en forme de faux ne peut que bien cacher la forêt et ses ombres, ses ombres à peine troublées par celle, courante, mouvante, fugitive, d'un animal. Un animal qui s'arrêta sur un petit piton rocheux pour regarder vers la lune, celle-ci se reflétant dans ses yeux étonnamment pâle pour être ceux d'un loup, d'un vert tendant sur le bleu délavé. Le loup au pelage gris clair se figea en entendant un bruit dans la forêt, tendant l'oreille, puis quitta rapidement son perchoir de roche pour courir dans la forêt.
    Il adorait être un loup.
    Jamais Johan n'aurait pensé qu'être loup-garou permettait d'éprouver ce plaisir, ce sentiment incroyable de liberté et de puissance qui le prenait à chaque fois qu'il se promenait sous sa forme lupine. Lors de sa première transformation, il avait pensé mourir tout simplement -vous n'imaginez même pas la douleur que procure celle de s'arracher soi-même sa peau, mais depuis, il avait apprivoisé l'animal, il avait appris à exploiter ses pointes de vitesse, ses sens aiguisés, sa force surhumaine et suranimale, tout ce qui faisait de lui un prédateur redoutable dans cette forêt. La bête se tapit dans un buisson en entendant un nouveau bruit, comme un craquement ; un autre animal. Pas un loup, il en aurait senti l'odeur. Il avait beau être une quiche pour rep.rer les autres loups quand il était sous sa forme humaine, la forme lupine ne trompait pas... et pas seulement parce qu'il avait déjà eu son lot de confrontations avec d'autres loup-garous. Le loup bondit subitement de sa cachette, courant derrière un lapin qui avait osé remuer le nez hors de son terrier. Il n'allait pas l'attraper : il voulait seulement sentir l'euphorie grisante de la course et de la chasse, sentir la peur qui émanait du lapin, sentir son coeur et son sang battre à ses tempes dans un battement qui rendait toute autre sensation dérisoire. Finalement, ses crocs se refermèrent tout de même sur le lapin effrayé, en broyant les os avec satisfaction. Le sang qui coula sur son museau le ravit, il lécha le tout avec bonheur, aussi heureux qu'un louveteau. Tout à coup, un craquement plus fort et plus lointain l'immobilisa dans le nettoyage de son museau. Ses pupilles s'agrandirent, réduisant son iris à un mince cercle verdâtre, et sa tête se tourna vers l'origine du bruit. Oh, ça, ce n'était pas un lapin... c'était un loup. Un autre. Une autre bête comme lui qui avait osé s'aventurer sur le terrain sur lequel il était -et il avait fait attention en plus, il s'était assuré qu'aucun autre loup-garou n'avait marqué le territoire.

    Curieux, Johan s'avança vers l'origine du bruit. Les oreilles dressées et le museau alerte, il essayait de capter l'odeur de cet autre loup, de se diriger vers lui. Il savait qu'être aussi curieux n'était pas nécessairement sécuritaire, mais il avait besoin de rencontrer d'autres de sa race... même s'ils ne lui étaient pas nécessairement favorables. Il avait seulement besoin de se sentir moins seul. L'odeur qui lui vint au nez ne lui était pas inconnue ; femelle, apparemment. Sûrement celle avec laquelle il s'était déjà battu dans ces mêmes bois... Le loup s'immobilisa au milieu de la forêt, le silence agressant ses oreilles.
    Elle l'avait senti.

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 0:20


    Une légère brise soufflée à travers les banches des arbres. Je levais mon museau, fermais mes prunelles de louve et laissais le vent déposer sur mes poils les restants de la pluie de la veille. Le mouvement des feuilles était apaisant, sonnant à mes oreilles comme une douce mélodie. Je pouvais sentir à travers mes coussinets la course de divers animaux, partis se nourrir, ou courant pour leur survis. Toute la nature se réveillait la nuit, et la louve que j’étais y était plus que sensible. Je me sentais libre, calme, dans mon élément, en accord avec chacune des parties de mon être. Le paradis sur terre hésitait, et je le trouvais en me transformant en canin. Toutes ces sensations n’était saisissable que son forme lupine, si bien qu’il m’était devenu impensable de renoncer à mon côté « monstre ». Aussi détestable que pouvait être ma condition d’être mi-Homme mi-Animal, après avoir gouté aux plaisirs de la nature, je ne pouvais plus m’en passer.

    Il était temps de me mettre en mouvement, d’épouser l’air et de me confondre avec lui. J’hurlais quelques instants, effrayant les créatures les plus petites, avant de me mettre à courir. Mes pattes foulaient qu’un quart de seconde le sol avant de retrouver de nouveau dans les airs. J’allais vite, très vite, évitant avec une aisance sans pareille chaque obstacle qui se présentait devant moi. Je claquais des dents à chaque fois que j’approchais d’un animal, lui faisant comprendre qu’il était sur ma route, et donc génant. Je n’avais pas envie de chasser, pour l’instant en tout cas, mais juste courir, jusqu’à en perdre haleine, jusqu’à ce que mes pattes ne sont plus capables de me porter. Je m’amusais à faire la course avec des cerfs qui me pensaient à leur poursuite, les déplaçant toujours dans un grand plaisir. Ma course folle s’arrêta dans une rivière. Je me roulais dans l’eau, savourant le contact du liquide sur moi. Je plongeais, essayais d’attraper en vain des poissons passant non loin de ma gueule. Je finis par en saisir un, que je relâchais. Il m’avait donné faim, mais faim de viande rouge, et non pas de vulgaire poisson. Je ressortais, secouais chaque partie de ma fourrure blanche et grise, tout en guettant le moindre signe de vie. Je repérais un faon et une biche, à ma droite. Plus loin, plus un groupe de sangliers mangeaient. Je me décidais pour ces derniers, plus dangereux, plus excitant, et surtout dans ma ligne de conduite. Nathanaël, mon ancien ulfric et compagnon de chasse et de ballade, m’avait fait promettre de ne pas m’attaquer aux jeunes des espèces, afin que cette dernière ne s’éteigne pas. On était des loups, des prédateurs oui, mais nous devions quand même veiller à préserver la faune et la flore qui nous entoure, pour ne pas lui nuire.

    Je me lançais à la poursuite des sangliers. Trois. Il me fallait être prudente. Je devais d’abord les séparer, faute de quoi, je n’aurais pas la puissance nécessaire pour les vaincre. Je tournais autour d’eux, mes pattes brisant les brindilles pour leur signaler ma présence et leur faire peur. S’ils se mettaient à courir, avec un peu de chance, ils ne s’enfuiraient pas en groupe, mais chacun de leur côté. Ce fut quasiment le cas. Deux partirent ensemble, et un autre s’élança dans une toute autre direction. Je n’hésitais pas une seconde avant de le prendre en chasse, essayant de l’amener jusqu’à la rivière dans laquelle je m’étais baignée. Il serait bloqué, et je pourrais en faire mon casse-croute.

    Je m’arrêtais en pleine course, abandonnant ma proie. Mes babines se rétractèrent et je laissais sortir un grognement de ma gueule. Un homme-loup était sur mon terrain de jeu. Un male, sans aucun doute, vu l’odeur qu’il dégageait. Je me tournais vers sa direction, en position d’attaque. Encore ce cabot, pas de doute la dessus. Il n’avait rien à faire ici, rien à faire dans cette ville. C’était le territoire de Nathanaël et de sa meute. Il n’était pas un des notre, il devait partir, c’était la règle. Mes griffes tâtèrent la terre, prêtes à venger l’affront qu’il faisait en se baladant impunément sur nos terres. Malgré tout, je finis par adopter une attitude plus calme, arrêtant de grogner dans un premier temps. Je me terrais dans un buisson, sans un bruit, à contre sens du vent pour que ce dernier ne porte pas mon odeur. J’attendais quelques instants avant de bondir sur le loup, le renverser quelques secondes et repartir me cacher. Je n’étais pas en position d’attaque, je ne lui avais fait pas de mal. Mes griffes avaient été toutes rentrées, et mes crocs n’avaient fait que lui chatouiller le dos. Quitte à ne pouvoir lui ôter la vie, je comptais tout de même battre contre lui, jouer d’une certaine manière. Je ne devais pas, je n’avais pas le droit. Il n’était pas de ma meute, il était donc un danger potentiel contre cette dernière, mais je préférais laisser cette dernière de côté, le jeu étant trop attrayant.






_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 11:01

    Il n'avait pas eu le temps de réagir qu'un amas de fourrure se jeta sur lui, à peine quelques secondes, avant de se sauver et de le laisser là, pantois. Le loup se remit sur ses pattes, alerte, le coeur battant fort à se soreilles. Il détestait quand ça arrivait : ça lui rappelait toujours l'attaque qui avait fait de lui ce qu'il était, quand il avait sentit une boule immense de fourrure le plaquer au sol pour le mordre, quand il n'avait su réagir. Mais là, rien. Que le corps chaud de la louve -c'était bien elle, son odeur était reconnaissable entre mille, en plus de son pelage particulier- et la sensation de ses pattes sur lui. À peine un effleurement de crocs contre son dos. Comme si elle voulait... jouer. Johan dressa ses oreilles en regardant le buisson dans lequel elle s'était cachée, ne se souciant pas cette fois de savoir s'il allait sentir son odeur. Elle voulait jouer. Les loups de la meute n'avaient jamais eu ce comportement avec lui, simplement parce qu'il ne faisait pas partie des leurs -et il avait beau faire attention de ne pas marcher sur leur territoire, de changer régulièrement de terrain de chasse, il avait toujours l'impression vive d'être dans les pattes des autres qui peuplaient ces forêts. Mais lui aussi avait besoin de vivre son lycanthropisme ! Et puis, jouer avec un autre loup... il n'avait jamais eu la chance de vivre cela. C'était nouveau, pour lui, et pas du tout déplaisant, en y réfléchissant bien.
    Un regard de côté, comme pour être certain qu'il n'était pas pris dans une embuscade, gardant toujours une oreille tournée vers la louve cachée. Son pelage à elle, bicolore, ne passait pas inaperçu, au contraire du sien, d'un brun clair à la banalité absolue et qui lui aurait permis de passer pour n'importe quel loup... si les loups l'approchaient, au moins.
    Fou comme tous les animaux ne pouvaient supporter sa présence depuis presque dix ans.
    Johan se cabra et, après un instant où il avait fait presque mine de partir pour de nouveaux horizons ou même de laisser le terrain libre à la représentante de la meute, il sauta dans le buisson où s'était tapie la louve, prenant la même attitude joueuse qu'elle avait eu précédemment. Son corps fit tomber le sien, plus léger que la masse qu'il formait, ses pattes effleurant à peine ses flancs, griffes rentrées. Il ne voulait pas la blesser, vu qu'elle avait eu le bon goût de ne pas le faire avec lui... Une seconde d'immobilité, comme pour la provoquer, et il la poussa de son museau avant de s'échapper de quelques pas.

    Mine de rien, il se demandait pourquoi elle était là.
    Sûrement comme lui : un moment de liberté tant apprécié.

    Les oreilles toujours dressées en une attitude alerte et curieuse, Johan se recula encore d'un pas, le museau bas, les yeux fixés sur la louve. Ses griffes grattaient la terre et les feuilles mortes révélées par la fonte de la neige. Un buisson le cachait à demi, mais il en s'en souciait pas. Il voulait seulement savoir si elle allait continuer leur petit manège, partir, l'attaquer, ou...
    ... ou quoi ?

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 21:34


    Jouer… J’adore jouer, non j’aime jouer. La louve qui sommeille en moi ne vit que pour la chasse et les jeux. Me promener dans cette forêt me rappelait toujours tous les moments passés avec mon Ulfric. Nous aimions aller loin des sentiers battus de la meute, se retrouver juste tous les deux, sans personne pour venir nous interrompre. C’était notre moment à tous les deux, ce qui rendait hors d’elle Mary… Mary, si elle avait la moindre idée de tous ce que nous avions pu faire Nathanaël et moi, elle m’aurait éliminé depuis longtemps de jalousie. Pourtant, il ne s’était jamais rien passé entre son ancien compagnon et moi. Il était un peu comme un père qui m’éveillait à mon loup, un frère qui me protégeait, et un amant qui ne m’abandonnait pas. Oui, il était un mélange de tout cela, sans que jamais notre relation n’aille plus loin qu’une étreinte ou un sommeil commun. Il était resté fidèle à Mary, jusqu’à la fin. Je dois l’avouer, je n’aurais sans doute pas dit non à partager plus avec lui, mais je n’avais pas besoin de ça pour m’épanouir en sa compagnie… Maintenant qu’il n’était plus, j’étais seule, très seule. Tous ses jeux entre lui et Mary fait qu’elle me repousse à présent. Je ne suis pas un membre de sa meute, je suis juste un insecte un peu trop collant. Les autres loups me fuient ou essayent de me dominer.

    Il ne restait plus rien de cette ancienne époque où je me sentais une louve à part entière. Je me cachais de tous, je fuyais les miens. J’en étais réduite à cette pitoyable situation. Pire encore je m’amusais avec un cabot. Je n’aurais pas pu faire un plus grand sacrilège, mais c’était plus fort que moi. J’étais si coupée des miens que la présence d’un autre loup me manquait affreusement. Ce loup, ce Johan, sur qui je venais de renverser avant de me tapir de nouveau dans un buisson, je lui étais redevable. Il était un cabot, mais j’avais une dette de vie envers lui. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés sous forme lupine, je l’ai attaqué. Il était sur les terres de la meute, il n’avait rien à y faire. Le problème était que je venais tout juste de m’arracher des griffes d’un autre loup qui m’avait blessé. Et ce fut sans surprise que le cabot avait prit le dessus sur moi. Pourtant, il ne m’avait pas tué, comme il aurait du le faire. Il me laissa partir, et panser mes plaies. En le laissant en vie à cet instant, je remboursais la dette que j’avais envers lui.

    Il était plus malin que je ne l’aurais pensé. Ou je n’avais pas fait assez attention. Quoi qu’il en soit, il me trouva, me bascula de tout son poids, supérieur au mien. Je me relevais rapidement, bondissant quelques mètres plus loin quand son museau me poussa. S’il voulait me mettre au défi, c’était la chose qu’il fallait faire. Je tâtais le sol, repérant à ses mouvements sa position. Intérieurement, je souris à la direction qu’il prenait. Cela pourrait s’avérer très… Intéressant. Tel un prédateur qui chasse sa proie, je courrais vers lui, sautais au dessus de son corps, et continuais à courir. Sans aucun prendrait-il cela pour un signe de faire la course… Je ne ralentissais pas, prenant de la distance, tout en restant dans le sens du vent, afin que mon odeur lui parvienne. Puis je me stoppais net dans la petite clairière qui bordait la rivière. Je me tapissais un peu en retrait, revenant sur mes pas. Je me roulais dans la terre, masquant mon odeur, et teintant mon pelage blanc. Il passerait sans aucun doute devant moi sans me voir, et j’en profiterais pour le pousser dans l’eau claire qui brillait sous la lumière de la lune.



_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 23:42

    Après un instant de flottement, Johan prit l'initiative de partir dans la direction opposée à la lycanthrope, toujours prudent. Son pas était rapide, mais il ne courait pas pour autant : il se contentait d'écouter. Il en fut aucunement déçu : un bruit de pattes et la louve sauta par-dessus lui, partant dans une course qu'il prit tout naturellement pour un autre jeu. C'était étrangement grisant. Il se lença à sa suite, ses pattes frappant le sol dans un cliquement de griffes, de cailloux et de feuilles séchées, son corps mince évitant habilement buissons, branches et racines diverses. Elle prenait toute fois une nette avance sur lui, celle-ci connaissant probablement mieux ces bois que lui, qui changeait souent de place pour ne pas trop déranger. Il continua tout de même de courir, suivant l'odeur qu'elle laissait derrière elle, se fiant autant à cette marque de sa présence qu'aux signes infimes indiquant son chemin. Une branche cassée, des traces de pas fugitives sur une terre battue et mouillée, l'ombre d'une queue touffue se profilant derrière des arbres au loin. Et bien qu'il l'ait perdue de vue, il continua de courir, jusqu'à s'arrêter avant de faire irruption dans une clairière. Cette clairière ne lui disait rien qui vaille... Le lycan resta donc quelques minutes tapit dans les bois, essayant de capter l'odeur de la louve. Elle semblait avoir disparue, remplacée par l'odeur terreuse et douce de la forêt. Un écureuil sauta d'une branche à l'autre, attirant brièvement son attention.
    Précautionneusement, Johan entra dans la clairière. Sous la lune et son croissant de lumière scintillait une rivière, dont le glougloutement tranquille camouflait les autres sons possibles. Le loup s'avança vers L'eau courante, la lapant avec plaisir pour se rafraîchir. La rivière avait craqué il y avait de cela peu de temps, charriant morceaux de glace dans son lit, et garantissant une eau glaciale et délicieuse. Le loup lécha les gouttes d'eau perlant son son museau et il retourna vers la forêt, bien décidé à inspecter un peu les alentours. Son manque de sens de l'observation lui fit manquer les yeux brillants de la louve maculée de terre, bien cachée dans son déguisement naturel et capable de faire oublier sa présence ; il voulait simplement la retrouver et ne voyait donc pas ce qu'il y avait sous son nez.

    La vie de meute, il aurait bien voulu connaître. Il s'était déjà posé la question : « Comment vivent-ils, dans la meute ? » Et jamais il n'avait eu de réponse. Peut-être idéalisait-il un peu la chose, mais il avait l'impression que tout était mieux en bande. Peut-être aussi parce qu'il était de nature profondément sociable... Toutefois, la hargne avec laquelle la louve avait défendu son territoire la première fois qu'ils s'étaient rencontrés indiquait à quel poitn cette famille lui tenait à coeur. Si elle avait eu le dessus, sans doute l'aurait-elle tué -il avait pu voir dans ses yeux l'étincelle de rage, de hargne, de protection. Heureusement pour tout le monde, il avait réussi à l'immobiliser, ses crocs sur la gorge, ses yeux pâles plantés dans les siens. Et cette dette étant maintenant en train d'être remboursée, par un simple jeu liant une louve reniée et un cabot qui n'avait jamais eu de place.

    Le loup planta son museau au sol, reniflant en essayant de trouver une trace de l'autre animal. Il espérait tout de même qu'elle n'était pas partie... Il laissa échapper un petit jappement bref, comme un chiot particulièrement joueur, en sentant une piste infime. Oh ! Elle n'était peut-être pas loin... Il s'éloigna de la rivière, toujours en reniflant autour de lui, essayant de capter plus précisément d'où l'odeur venait. Non, elle devait être proche. Il l'espérait.

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 18 Jan - 16:35


    Encore un petit peu… Oui encore un petit mètre et ce sera bon. Me préparant à bondir sur le loup, j’attendais le bon moment. Pourquoi ? Parce qu’il était beaucoup plus amusant de le pousser dans les eaux de la rivière. Elle ait pas très profonde, bien qu’il n’ait pas pied. Je me demandais d’ailleurs s’il lui était déjà arrivé d’aller se baigner sous sa forme lupine, ou s’il paniquerait comme un chien goutant pour la première fois aux joies de la baignade. Je le laissais s’abreuvoir, sans venir le prendre à revers. Cela n’aurait pas du tout était marrant. Non je voulais qu’il me voit le contraindre à reculer, menaçante à souhait, et sans qu’il ne s’en aperçoive, qu’il glisse dans l’eau. Il ne craignait rien, si ce n’était une légère frayeur. Au pire s’il ne savait pas nager, je pourrais le repêcher, ce qui serait encore plus marrant d’ailleurs. Tapie dans mon buisson, le pelage maculé de terre, j’attendais quelques minutes qu’il se rapproche de moi, à l’endroit où la rivière rejoignait dangereusement la lisière du bois. Je calculais exactement mon cout, au millimètre près, comme me l’avait apprit Nathanaël. J’avais pris en compte tous les paramètres, toutes les options envisageables, et toutes conduiraient inévitablement le loup dans l’eau. Cela me réjouissait énormément !

    Je bondis soudainement, juste en face de lui. Adoptant une posture d’attaque et non plus de jeu, je grognais et sortais les crocs. Je fis mine de lui attaquer les pattes pour le faire reculer de deux-trois pas. Puis je le bousculais assez fortement, de tout mon poids. Il fut tout de suite rejeté en arrière, le flanc le premier vers l’eau douce et clair de la rivière. Il venait de gagner un bain gratuit, le tout offert par mes bons soins. D’ailleurs en parlant de bain, j’en avais bien besoin d’un. La terre collait sur mon pelage, le rendant moins souple et plus lourd. Je me lançais donc à la « poursuite » de Johan que j’avais contraint à aller faire un tour dans la rivière. Je bondissais dans l’eau, éclaboussant tout ce qui m’entourait. Je plongeais sous l’eau, revenant à la surface pour reprendre ma respiration, et les oreilles levées et yeux attentifs, je cherchais où se trouvait l’arrosé… J’espérais qu’il n’est pas regagné la rive, et s’il l’avait fait qu’il n’ai pas rejoint le mauvais côté du rivage. Car au-delà de la rivière se trouvait le territoire de la meute, et la présence de Johan sur ce dernier entrainerait de lourdes conséquences. Il avait du le sentir d’ailleurs, les odeurs de loups ne trompant pas, mais il paraissait si… « mal éduqué » ?! en temps que loup que l’on pouvait présager le pire… Super Isadora ! A jouer de surcroit avec un cabot, tu vas peut-être déclencher un conflit…


_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 18 Jan - 20:16

    Sans qu'il s'y attende le moins du monde, quel loup-garou pitoyable il faisait tout de même, la louve sortit d'il ne savait où et se posta devant lui, dans une attitude qui le déconcerta... D'attaque. Ce moment de surprise lui fut fatal, vu qu'il n'eut même pas le temps de lui-même montrer les crocs, occupé qu'il était à éviter qu'elle lui attaque les pattes. Distrait, le plan de la lycane réussit à merveille et il ne le comprit que lorsqu'il tomba dans la rivière, l'eau glacée le mordant aux oreilles et aux flancs. Heureusement, l'eau n'était pas profonde et il put donc se relever rapidement pour s'ébrouer avec un jappement de surprise, des frissons se promenant sous sa fourrure épaisse. La coquine. Elle avait osé... Elle se jeta à sa suite dans l'eau et il s'en éloigna, histoire de peut-être lui aussi la surprendre. Ce n'était pas sa première baignade sous sa forme lupine : en presque dix ans de lycanthropie, il avait bien volontiers essayé ce genre de loisir. C'était assez amusant, enfin, quand on ne se faisait pas pousser de force dans une eau glaciale, conséquence des crues printanières... Les yeux, le museau et les oreilles sortant de l'eau, il se maintenait en nage sur place du mieux qu'il pouvait, bien campé derrière la louve. Elle guettait autour d'elle, le cherchant probablement. Aussi silencieusement qu'il pouvait, chose assez difficile quand on est dans l'eau, il s'approcha d'elle et alla plus sur le bord de l'eau pour l'éclabousser, reprenant pied dans la rivière. Un jappement joyeux et il courut un peu dans l'eau, en profitant pour envoyer le plus d'eau possiblement sur l'autre bête, avant de se décider à cesser la glaciation de ses pattes.
    Heureusement, il avait choisi le bon côté de la berge.
    Les odeurs des loups qui lui étaient inconnus attisaient sa curiosité, mais il savait que ce n'était pas son territoire, tout comme aucun territoire ne serait jamais le sien. Les loups le toléraient avec une certaine difficulté déjà, il n'allait pas en plus leur faire l'affront de marcher directement sur une terre qui leur appartenait et qui était maqruée par leurs bons soins. Il se connaissait des droits, mais aussi des devoirs, et un instinct de survie indéniable également.

    Johan sortit de l'eau en s'ébrouant, son poil clair expédiant de l'eau autour de lui. Il n'aimait pas tant être mouillé, mais ce n'était pas non plus le comble du désagréable... et puis, même si elle l'avait pris par surprise, il avait bien aimé se faire pousser dans l'eau. Mais il avait totalement conscience que cette louve avait le dessus sur lui, son inexpérience de bataille jouant contre lui. S'il se retoruvait contre un loup mâle en pleine forme de la meute, il n'allait avoir aucune chance... c'était bien sa veine, quoi. Un regard vers l'eau, où la louve était encore, la lune jouant de reflets dans son poil mouillé et sur l'eau claire de la rivière. Ses yeux clairs gardaient cette étincelle de curiosité et de jeu qu'ils arboraient précédemment, mais aussi d'incompréhension. Il avait beau savoir qu'elle avait une légère dette envers lui, il ne comprenait pas totalement son attitude. Il ne pouvait savoir ses problèmes avec la meute, ni tout ce qui se passait dans sa vie -il ne savait même pas s'il connaissait cette louve sous sa forme humaine, c'était pour dire ! Le lycanthrope s'éloigna un peu et s'ébroua une nouvelle fois, ses yeux clairs se dirigeant cette fois sur la berge opposée, territoire de la meute.
    C'était une torture, d'être aussi curieux et de ne pouvoir assouvir sa curiosité sans en subir de possiblement fort fâcheuses conséquences.
    Un autre regard sur la louve, alternance entre elle et la berge opposée, et il finit par s'asseoir au bord de la rivière, dans une position d'attente.

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 18 Jan - 22:47

    C’était très amusant de voir Johan se faire surprendre par l’eau froide de la rivière. J’étais très fière de mon coup je l’admets. Ce n’était pas tous les jours en même temps que j’avais l’occasion de surprendre d’une telle manière un loup plus âgé. Car, tout avait beau laisser croire le contraire, Johan se mouvait comme un loup avec une expérience, certes limitée, mais une expérience quand même de la forêt de la nature. C’était un lycanthrope de morsure de plus de trois ans je dirais, mais je ne pouvais pas deviner exactement depuis combien de temps il l’était. Normalement, quand un humain est mordu par un loup, ce dernier a pour charge de l’éduquer, de lui apprendre les rudiments de la chasse, et du combat. Ni l’un ni l’autre n’était le fort du male en face de moi. Il n’était pas un très bon pisteur – il ne m’avait pas repéré après tout quand j’avais camouflé mon odeur et mon pelage sous de la terre – et pas franchement un bon combattant non plus. Il savait plus ou moins se défendre mais contre le plus jeune loup de la meute, il ne faisait pas le poids. J’en déduisais qu’il avait toujours été un cabot, et que sa morsure avait été accidentelle ou prémédité en terme de vengeance. Ou l’un ou l’autre. Si je n’avais pas été recueillie par Nathanaël, sans doute aurais-je fini comme lui, à errer loin de tous les autres loups, à ne par pouvoir entrer sur leur territoire, ne pas pouvoir compter sur des compagnons. Car les membres de la meute avait beau ne pas me porter dans leur cœur, si un cabot s’en prenait à moi, ils me défendraient crocs et griffes, tout comme je le ferais pour eux.

    Je plaignais Johan d’une certaine manière. Sans doute se rendait-il compte qu’il lui manquait quelque chose, mais n’en avait pas –heureusement pour lui– pleine conscience. Les loups sont faits pour vivre en meute, et non pas seul. Ils s’épaulent, ils s’aident, ils forment une famille. Le cabot sous mes yeux qui sortaient de l’eau, du bon côté du rivage n’avait rien. Il était seul avec sa condition et cela n’avait pas du être facile à accepter. Et pour cela, je l’admirais d’une certaine manière. Quoi qu’il en soit, je ne pourrais pas lui faire du mal s’il ne me forçait pas à lui en faire. Je voyais en lui ce que j’aurais pu devenir sans mon Ulfric, et me sentais proche d’une certaine manière de lui. C’était étrange, je le reconnais et vous le concède. Je restais encore quelques minutes dans l’eau, frottant mon pelage contre des pierres ensevelies sous l’eau, pour bien nettoyer ce dernier. Je m’arrêtais soudainement, sentant une nouvelle odeur que je connaissais très bien. Sortant de l’eau côté meute, je ne pris pas la peine de m’ébouriffer, me tenant en position de défense. Deux yeux brillèrent à travers les arbres, et je me mis à grogner. Un homme sortit des feuillages, nu comme un verre : Alexandre. Un des males les moins insupportables de la meute. Je cessais tout de suite de montrer me montrer agressive, le laissant venir jusqu’à moi. Je n’avais rien à craindre de lui, il n’était pas venu pour se battre. Si cela aurait été le cas, il serait toujours sous sa forme lupine, ce qui n’était pas le cas. Son regard ne quittait pas le cabot de l’autre côté du rivage, alors que sa main caressa mon pelage mouillé.

      Je savais que je te trouverais ici, mais pas en compagnie d’un… autre loup... Je suis venu te prévenir que des braconniers rodent. Andy s’est prit une patte dans un piège. Ce ne sont pas mes affaires mais tu devrais faire attention à tes fréquentations Isadora. Mary ne l’admettrait pas….


    Mes yeux n’avaient pas quitté l’homme quand il me parlait, jusqu’à ce qu’il n’évoque mes fréquentations. Je m’écartais alors de lui, prenais un peu d’élan et traversais le rivage. Je vins vers Johan, me frottais contre lui, défiant du regard l’homme en face, qui se contenta d’ajouter avant de repartir de là où il était venu.

      C’est toi qui voit. Tant qu’il ne met pas les pieds sur nos terre, il ne risque rien…


    Au moins mon message avait été clair : mes fréquentations ne le regardaient pas. Je faisais ce que je voulais tant que cela n'avait pas d'impact sur la meute. Et comme il venait de le dire, Johan ne craignait rien tant qu’il ne s’aventurait pas de l’autre côté du rivage. Je tournais la tête vers lui, lui donner un léger coup de museau, avant de m’ébouriffer juste à côté de lui. Non je ne l’avais pas fait exprès… Pas du tout même. Ce n’était pas du tout mon genre après tout.





_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 19 Jan - 6:45

    Il observait la louve se frotter contre les pierres de la rivière quand une odeur différente, plus oftre, se manifesta. Instinctivement, il se recula d'un pas, tandis que l'autre prenait une position de défense. Un homme nu fit irruption au-travers des arbres, causant une certaine gêne chez Johan, qui détourna la tête. S'il n'était pas à l'aise avec sa propre nudité, qu'il considérait comme un affront à l'esthétisme, la nudité des autres ne le confortait pas non plus... en fait, ça le gênait encore plus. Il osa poser ses yeux à nouveau sur l'homme quand la bête osa aller le retrouver, se faisant caresser d'une main qui se voulait protectrice.

    « Je savais que je te trouverais ici, mais pas en compagnie d’un… autre loup... Je suis venu te prévenir que des braconniers rodent. Andy s’est prit une patte dans un piège. Ce ne sont pas mes affaires mais tu devrais faire attention à tes fréquentations Isadora. Mary ne l’admettrait pas… »

    Un bond et la louve se retrouva de son côté de la berge, se frottant contre dans une attitude provocante destinée à l'homme de la meute, dont les propos ne manquaient pas de blesser l'homme en la bête qu'il était, mais surtout la bête non exploitée à son plein potentiel qu'il était. Cette apparition ne faisait que renforcer son statut d'ostracisé et la défense de la louve enfonçait le clou. L'homme ajouta quelque chose qu'il n'écouta pas, trop occupé qu'il était à analyser ce qu'il avait précédemment. Isadora. Ce prénom... Sa tête se tourna brusquement vers la louve. Isadora. Il se rappelait de ce nom sur une facture de la librairie, d'un regard rageur qui ressemblait exactement à celui-ci, d'une voix douce qui se cassait en lui faisant des menaces, mais aussi à la gentillesse soudaine.
    Isadora.
    C'était donc elle ?
    Un coup de museau lui fit reprendre conscience d'où il était... ça et l'eau que la louve lui avait envoyé dessus en s'ébrouant volontairement à ses côtés. Oui, volontairement, il aurait pu le jurer ! Cette femme, qui avait maintenant un nom dans sa tête, était le diable en personne. Un diable bien gentil, ceci étant dit... Cette façon de revenir vers lui indiquait tout de même une grande indépendance, un désir de s'affranchir hors de la meute, et, quoi, une certaine compassion envers lui ? Il ne pouvait dire. Johan se leva et s'avança vers elle, lui donnant un nouveau coup de museau, plus doux, un peu pour chahuter, mais surtout pour attirer son regard vers le sien. Il ne savait comment agir avec elle et en quelque sorte, être sous forme de loup empêchait une certaine sorte de communication...
    ... franchement, être télépathe serait utile, parfois.
    Le lycanthrope lui donna un coup de pattes, puis un autre, se reculant ensuite avec toujours cette étincelle joueuse et amusée dans l'oeil, assortie cette fois d'une reconnaissance qu'il ne pouvait exprimer qu'en prenant cette attitude de louveteau envers elle, de cabot mal éduqué qu'il était. Il s'avança rapidement et lui donna un autre coup de pattes furtif, avant d'aller derrière elle, comme pour se cacher. Toutes oreilles dressées et queue relevée, il était aux aguets d'un bruit inconnu et d'une réaction de sa part.

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 19 Jan - 23:53

    Je n’aimais pas que l’on me dise ce que je devais faire. Un peu d’une manière d’adolescente rebelle. Sans doute cela m’était-il resté de cette époque ? Quoi qu’il en soit, j’étais persuadée que le loup de la meute avait trouvé la moindre excuse pour venir me voir. Manque de pour lui, je n’étais pas seule. Pour une fois ais-je envie de rajouter. Alex’ était le loup le plus…Supportable ? Il n’essayait pas de me nuire, ni de me violer, un bon point pour lui en somme. Seulement… Il avait tendance à vouloir prendre la place que Nathanaël avait laissé vacante, sans le côté « je m’en fiche de l’opinion de Mary ». Mary… S’il y avait bien une personne devant laquelle je pliais sans brocher, c’était bien elle. Elle est ma Lupa, et par consequent, je lui devais obeisance. Ma vie lui appartient et si elle m’attaque hors du contexte d’un défi, je ne peux que croiser les doigts de la lasser à esquiver. Jamais un membre de la meute ne porterait un coup à notre Reine. Ils ne se rebellaient pas déjà, alors l’attaquer… Alexandre était le genre de lui à s’écraser devant elle, à la laisser me rabaisser, avant de venir me voir d’une manière un peu hypocrite. Soit disant il se soucie de moi… Peut-être est-ce le cas ? Je n’y croirais pas. Je refusais toujours poliment d’aller courir avec lui, bien que j’étais obligée de temps à autre d’accepter une partie de chasse. Il n’était pas loin. Il s’était éloigné, mais son odeur planait à travers les buissons. Sans doute s’était-il mit à contrevent pour que ce dernier ne trahisse pas sa présence ? Sans doute oubliait-il que ce domaine était celui de Nathanaël et que j’étais la seule à m’y rendre encore ? Ainsi le moindre changement dans cet environnement me sautait aux yeux, enfin ici au museau. Etait-ce importante ? Non. Qu’il m’épit si cela lui fait plaisir, je n’en avais cure.

    Johan me donna à son tour un petit coup de museau, me faisait détacher mon regard de la forêt vers lui. Ses yeux étaient lipides et reflétaient ses pensées : il avait des questions, il aurait voulu communiquer avec moi, sans doute à l’aide de paroles. En avais-je envie ? Non. Tout était plus simple lorsqu’on est loup, plus simple que sous forme humaine. Et puis, il ne fallait pas oublier quelque chose : je suis plus vulnérable en temps qu’humaine qu’en temps de louve. Raison de plus de ne pas aller me transformer pour discuter avec lui. On m’avait apprit à être méfiante en toute circonstance. Ne dit-on pas chassé le naturel, il revient au galop ? Le temps que je pousse cette réflexion, le cabot me donnait de léger coup, adoptant l’attitude que pouvait avoir les plus jeunes louveteaux de la meute. Je souriais intérieurement, décidant de bailler à grande babines, avant de frotter une nouvelle fois mon flanc contre le sien. Seulement j’en profitais pour venir mordiller les pattes et de le faire bousculer sur le dos. Je me couchais juste à côté, attirant son attention d’un nouveau coup de museau, vers la lune. Le ciel était dégagé et plus qu’agréable à regarder. Tout était si paisible, si serein. Il y avait un temps à tout : un temps pour jouer, et un temps pour contempler « la mère » des loups. Je levais le cou vers elle, et poussa alors une légère complainte, douce mélodie, d’une certaine pleine de tristesse.







_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 25 Jan - 23:18

    La louve bâilla en seule réponse à sa provocation légère, comme s'il n'était qu'un moustique présent pour l'ennuyer dans une activité très importante. Un peu décontenancé, il s'immobilisa jusqu'à ce qu'elle revienne frotter son flanc contre le sien, lui mordillant les pattes au passage. Surpris, il se laissa basculer sur le dos et tenta de se remettre sur le entre, mais il arrêta net sa tentative quand il vit la bête se coucher à ses côtés dans l'herbe, l'intimant d,un doux coup de museau à regarder la lune. C'est vrai qu'elle était belle, avec son croissant élégant haut dans le ciel. Un vent léger dans les arbres, agitant leurs pauvres feuilles mortes encore accrochées aux branches, une caresse dans son pelage brun, l'odeur humide de la nature le clapotis tranquille de l'eau et la chaleur qui se dégageait d'Isadora, rassurante et réconfortante. Ce moment était sans doute une des plus beaux depuis qu'il était lycanthrope.
    La lune qui se reflète dans ses iris pâles.
    Ses oreilles se tournèrent vers la louve quand elle poussa un cri long et doux, comme une triste mélopée, à l'adresse de la lune, rendant cette nuit encore plus sombre que ce qu'elle était de par la faible lueur que leur « mère » dégageait. Johan se poussa un peu vers elle, lui donnant un peu plus de sa chaleur, comem pour la rassurer. Ou se rassurer ? Ce triste chant avait éveillé en lui l'envie de faire de même, de joindre son hurlement rauque et triste au sien, de mêler leur complainte à cette lune si injuste par moment. Impossible de résister : une plainte s'échappa de son gosier, plus basse que celle de la louve, mais tout aussi profonde et mélodieuse. Il se tut toutefois rapidement, peu habitué à laisser s'échapper sa voix de cette manière. Le lycanthrope se sentait toujours comme un imposteur quand il osait hurler à la lune : il n'avait rien à voir avec tout cela, rien du tout.

    Johan se retourna sur le ventre et posa son museau dans l'herbe, fermant ses yeux. Cette nuit inattendue choquait actuellement toutes ses présomptions sur les loups, tous les contacts qu'il avait précédemment eux avec la meute. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais jamais il n'oserait le demander à Isadora. Surtout pas en humain : ils étaient si vulnérables, sous cette forme, si timides, si gênés, si cruels, si... humains, tout simplement. Une expiration de dépit, un petit bruit de chiot décontenancé et il se releva, s'ébrouant une nouvelle fois pour bien faire partir les gouttes d'eau de son pelage. Il ne savait pas quelle heure il pouvait bien être, mais il allait devoir rentrer chez lui.
    Dans son appartement vide.
    Seul.
    Froid.
    Le loup tourna la tête vers Isadora, ne sachant que faire. Tenaillé entre le devoir de retourner chez lui et le désir de continuer à vivre sous cette forme lupine cette nuit si confortable, il se sentait piégé dans ses propres émotions. Il s'éloigna tout de même un peu, se rapprochant de la forêt au point de sentir sa silhouette engloutie par le noir. Le pas lent, la tête basse, la queue basse également. Un regard derrière lui, captant celui de la louve.

    Juste un peu encore, peut-être ?

avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mar 15 Fév - 23:17


    Restée avec Johan n’était pas la meilleure décision que j’aurais pu prendre. C’était un choix un peu inconsidéré, qui allait m’apporter des problèmes si cela s’apprenait dans la meute. Moi qui pourtant faisait tout pour ne pas leur nuire, j’avais tout de pris la décision de ne pas fuir le cabot et de partager ce moment simple en sa compagnie. Je vous avoue que cela faisait longtemps que je n’avais pas acceptée la présence d’un loup à mes côtés, et que la présence d’un des « miens » m’avait affreusement manqué. Je ne me souvenais plus combien c’était agréable de partager des choses si banales avec quelqu’un d’autre. Je prenais du plaisir à courir en sa compagnie, à jouer avec lui, et, je l’avoue, à défier un membre de la meute en préférant la présence d’un cabot que la sienne. Tout cela avait quelque chose de fou, et depuis la mort de Nathanaël, je n’avais plus pris aucun risque. Je m’apercevais que ma vie en étant devenu bien vide, creuse et sans joie. Grâce à sa simple présence, Johan, sans s’en douter, m’avait remis les idées un peu au clair. J’étais certes un monstre, mais cela ne m’obligeait pas à vivre reclus et de m’obliger à ne plus avoir d’autres plaisirs qu’une bouteille de Vodka. Si mon ancien ulfric me voyait, il serait sans aucun doute déçu. Il était temps que je reprenne le contrôle de ma vie, que je m’y « impose », même si cela ne serait pas simple. Et je savais pertinemment que ça passerait par le fait de reprendre une place en temps que membre à par entière au sien de la meute, et de ne plus craindre Mary d’une quelconque manière. C’était mon droit, et il était temps que je lui fasse comprendre qu’aussi jalouse soit-elle, elle n’avait pas le pouvoir de m’éjecter. Cela n’allait pas être facile, mais peu importe.

    Toutes ses pensées se bousculaient et s’agitaient alors que je chantais une ode à la lune. Je sentais Johan se collait un peu à moi, ne le repoussant pas comme j’aurais du normalement le faire. Je le laissais hurler à mes côtés, quelques secondes, une minute tout au plus, avant que son cri ne se meurt dans la gorge. Je fus étonnée qu’il ne « tienne » pas la note. Ce n’était pas un jeune loup après tout. Sans doute s’était-il souvent interdit de le faire ? En y réfléchissant bien, il ne faisait pas parti d’une meute, et n’avait surement jamais fait parti d’un groupe de loup. Ceci expliquait donc cela… Par respect pour lui, je laissais un dernier son s’échapper de ma gueule, avant de me taire. Il laissa s’échapper un petit jappement, s’ébouriffa et s’éloigna. La réalité le rappelait sans aucun doute, et j’étais étonnée de me sentir aussi déçue qu’il veuille s’en aller. Mais c’était son choix, et je ne pouvais pas l’obliger à rester en ma compagnie. Je m’ébouriffais alors à mon tour, et me relevais. Il était temps que je rentre aussi, plus rien ne me retenais ici. Alors, sans un regard pour le loup – après tout c’était lui qui avait décidé de partir – je m’élançais en direction de la rivière, et la traversais après un grand saut, que je n’aurait pu réaliser sans élan. Je m’enfouissais dans les bois, ne m’arrêtant qu’une fois que j’eu atteints ma voiture. Je repris alors forme humaine, récupéra mes clefs que j’avais caché sous une pierre, et sortais mes vêtements éparpillaient dans mon coffre. Je me rhabillais rapidement et me mit au volant pour rentrer chez moi.



_________________



avatar

Journal Intime
Spécialisation:
Points de vie : 19/24
Coups du Destin: voir profil Persé
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Messages : 1226
Membre du mois : 0
Je crédite ! : Avatar © pink friday
Localisation : Avec Hayden, ou Savannah
Caractère : Forte - Courageuse - Combative - Meurtrie - Endurante - Haineuse
Vos Liens :
Spoiler:
 


Humeur : Indescriptible
Autres comptes : Perséphone Gallagher
Double compte de Perséphone - Fondatrice
N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Mer 16 Fév - 5:12

    Son espoir fut vain : comment pouvait-il espérer que cette louve espère de lui quoi que ce soit ? Elle partit sans même lui jeter un dernier regard, sans même un coup d'oeil, traversant la rivière d'un bond puissant pour le laisser là, seul sous la lune. Le loup s'assit et, la tête levée vers l'astre nocturne, poussa un long cri déchirant, un véritable hurlement, plus fort que celui qu'il avait précédemment poussé avec la louve. Johan se tut finalement, les yeux fixant l'astre pâle dans le ciel. Il avait mal au coeur, mal à sa petite vie triste et tranquille dans laquelle il allait se morfondr eun peu plus le lendemain en arrivant à la librairie, cette existence humaine qui lui semblait si pâle et dépourvue de tout sentiment honnête face à la simplicité et la franchise de sa forme lupine. Sa tête se baissa et il resta encore quelques minutes immobile, dans le noir des arbres, à écouter le clapotis tranquille de l'eau. Cette soirée avait été magique, inattendue, et il savait qu'il en pourrait avoir qu'un doux malaise sympathique quand il allait revoir Isadora à la librairie, quand elle allait ramener son joli minois dans sa boutique.
    Il savait ce qu'elle était.
    Et elle aussi.
    Le lycanthrope revint tranquillement jusqu'à l'endroit caché où il avait caché ses vêtements, ses vêtements de sortie admettons puisqu'ils étaient forts loin des habits élégants et bien coupés qu'il portait pour travailler, et son vélo. Il se transforma sous sa forme humaine, dans le sous-bois toujours, renfilant rapidement jeans élimés, chemise vieillotte aux couleurs pâlies, casquette sombre pour cacher sa chevelure claire et ses chaussures de sport. Un jeune homme sans histoire, sans âge et sans particularité, semblait-il. Il attrapa son vélo et le sortit du bois, l'enfourchant avec énergie et pédalant à grande vitesse pour revenir à la ville. C'était son moyen de se garder en forme et d'avoir encore l'ivresse de la vitesse, de l'air fouettant son visage ivre et triste de la nuit. Il ne porta pas attention à la voiture qui le dépassa sur la route de terre battue, ne reconnaissant pas le visage aux cheveux sombres, la jeune femme au volant, trop perdu dans ses pensées pour réellement prendre conscience du présent. Cela aurait pu lui être fatal, n'avait-il pas eu son lot d'accidents dans sa courte vie ?, mais c'était seulement triste.

    Comme il était seul.



SUJET TERMINÉ
avatar
Invité
Invité
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
« Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Promenons-nous dans les bois... [Livre 1 - Terminé]
» C'est un charnier sentimental que je laisse derrière moi [Livre 1 - Terminé]
» Ce n'est qu'un détail. [Livre I - Terminé]
» Mission Intrigue "Le Pacte des Loups" [Livre 1 - Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
†Priez pour nous † :: 
Bienvenue à Glasgow
 :: Alentours :: Forêts
-
Sauter vers: