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« Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]
MessageSujet: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Dim 16 Jan - 17:44

    La nuit. Pas la pleine lune, à peine un croissant en fait. Mais cette lune n'empêche rien, oh que non. Cette lune en forme de faux ne peut que bien cacher la forêt et ses ombres, ses ombres à peine troublées par celle, courante, mouvante, fugitive, d'un animal. Un animal qui s'arrêta sur un petit piton rocheux pour regarder vers la lune, celle-ci se reflétant dans ses yeux étonnamment pâle pour être ceux d'un loup, d'un vert tendant sur le bleu délavé. Le loup au pelage gris clair se figea en entendant un bruit dans la forêt, tendant l'oreille, puis quitta rapidement son perchoir de roche pour courir dans la forêt.
    Il adorait être un loup.
    Jamais Johan n'aurait pensé qu'être loup-garou permettait d'éprouver ce plaisir, ce sentiment incroyable de liberté et de puissance qui le prenait à chaque fois qu'il se promenait sous sa forme lupine. Lors de sa première transformation, il avait pensé mourir tout simplement -vous n'imaginez même pas la douleur que procure celle de s'arracher soi-même sa peau, mais depuis, il avait apprivoisé l'animal, il avait appris à exploiter ses pointes de vitesse, ses sens aiguisés, sa force surhumaine et suranimale, tout ce qui faisait de lui un prédateur redoutable dans cette forêt. La bête se tapit dans un buisson en entendant un nouveau bruit, comme un craquement ; un autre animal. Pas un loup, il en aurait senti l'odeur. Il avait beau être une quiche pour rep.rer les autres loups quand il était sous sa forme humaine, la forme lupine ne trompait pas... et pas seulement parce qu'il avait déjà eu son lot de confrontations avec d'autres loup-garous. Le loup bondit subitement de sa cachette, courant derrière un lapin qui avait osé remuer le nez hors de son terrier. Il n'allait pas l'attraper : il voulait seulement sentir l'euphorie grisante de la course et de la chasse, sentir la peur qui émanait du lapin, sentir son coeur et son sang battre à ses tempes dans un battement qui rendait toute autre sensation dérisoire. Finalement, ses crocs se refermèrent tout de même sur le lapin effrayé, en broyant les os avec satisfaction. Le sang qui coula sur son museau le ravit, il lécha le tout avec bonheur, aussi heureux qu'un louveteau. Tout à coup, un craquement plus fort et plus lointain l'immobilisa dans le nettoyage de son museau. Ses pupilles s'agrandirent, réduisant son iris à un mince cercle verdâtre, et sa tête se tourna vers l'origine du bruit. Oh, ça, ce n'était pas un lapin... c'était un loup. Un autre. Une autre bête comme lui qui avait osé s'aventurer sur le terrain sur lequel il était -et il avait fait attention en plus, il s'était assuré qu'aucun autre loup-garou n'avait marqué le territoire.

    Curieux, Johan s'avança vers l'origine du bruit. Les oreilles dressées et le museau alerte, il essayait de capter l'odeur de cet autre loup, de se diriger vers lui. Il savait qu'être aussi curieux n'était pas nécessairement sécuritaire, mais il avait besoin de rencontrer d'autres de sa race... même s'ils ne lui étaient pas nécessairement favorables. Il avait seulement besoin de se sentir moins seul. L'odeur qui lui vint au nez ne lui était pas inconnue ; femelle, apparemment. Sûrement celle avec laquelle il s'était déjà battu dans ces mêmes bois... Le loup s'immobilisa au milieu de la forêt, le silence agressant ses oreilles.
    Elle l'avait senti.

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MessageSujet: Re: « Keep on burning. » [Livre 1 - Terminé]   Lun 17 Jan - 0:20


    Une légère brise soufflée à travers les banches des arbres. Je levais mon museau, fermais mes prunelles de louve et laissais le vent déposer sur mes poils les restants de la pluie de la veille. Le mouvement des feuilles était apaisant, sonnant à mes oreilles comme une douce mélodie. Je pouvais sentir à travers mes coussinets la course de divers animaux, partis se nourrir, ou courant pour leur survis. Toute la nature se réveillait la nuit, et la louve que j’étais y était plus que sensible. Je me sentais libre, calme, dans mon élément, en accord avec chacune des parties de mon être. Le paradis sur terre hésitait, et je le trouvais en me transformant en canin. Toutes ces sensations n’était saisissable que son forme lupine, si bien qu’il m’était devenu impensable de renoncer à mon côté « monstre ». Aussi détestable que pouvait être ma condition d’être mi-Homme mi-Animal, après avoir gouté aux plaisirs de la nature, je ne pouvais plus m’en passer.

    Il était temps de me mettre en mouvement, d’épouser l’air et de me confondre avec lui. J’hurlais quelques instants, effrayant les créatures les plus petites, avant de me mettre à courir. Mes pattes foulaient qu’un quart de seconde le sol avant de retrouver de nouveau dans les airs. J’allais vite, très vite, évitant avec une aisance sans pareille chaque obstacle qui se présentait devant moi. Je claquais des dents à chaque fois que j’approchais d’un animal, lui faisant comprendre qu’il était sur ma route, et donc génant. Je n’avais pas envie de chasser, pour l’instant en tout cas, mais juste courir, jusqu’à en perdre haleine, jusqu’à ce que mes pattes ne sont plus capables de me porter. Je m’amusais à faire la course avec des cerfs qui me pensaient à leur poursuite, les déplaçant toujours dans un grand plaisir. Ma course folle s’arrêta dans une rivière. Je me roulais dans l’eau, savourant le contact du liquide sur moi. Je plongeais, essayais d’attraper en vain des poissons passant non loin de ma gueule. Je finis par en saisir un, que je relâchais. Il m’avait donné faim, mais faim de viande rouge, et non pas de vulgaire poisson. Je ressortais, secouais chaque partie de ma fourrure blanche et grise, tout en guettant le moindre signe de vie. Je repérais un faon et une biche, à ma droite. Plus loin, plus un groupe de sangliers mangeaient. Je me décidais pour ces derniers, plus dangereux, plus excitant, et surtout dans ma ligne de conduite. Nathanaël, mon ancien ulfric et compagnon de chasse et de ballade, m’avait fait promettre de ne pas m’attaquer aux jeunes des espèces, afin que cette dernière ne s’éteigne pas. On était des loups, des prédateurs oui, mais nous devions quand même veiller à préserver la faune et la flore qui nous entoure, pour ne pas lui nuire.

    Je me lançais à la poursuite des sangliers. Trois. Il me fallait être prudente. Je devais d’abord les séparer, faute de quoi, je n’aurais pas la puissance nécessaire pour les vaincre. Je tournais autour d’eux, mes pattes brisant les brindilles pour leur signaler ma présence et leur faire peur. S’ils se mettaient à courir, avec un peu de chance, ils ne s’enfuiraient pas en groupe, mais chacun de leur côté. Ce fut quasiment le cas. Deux partirent ensemble, et un autre s’élança dans une toute autre direction. Je n’hésitais pas une seconde avant de le prendre en chasse, essayant de l’amener jusqu’à la rivière dans laquelle je m’étais baignée. Il serait bloqué, et je pourrais en faire mon casse-croute.

    Je m’arrêtais en pleine course, abandonnant ma proie. Mes babines se rétractèrent et je laissais sortir un grognement de ma gueule. Un homme-loup était sur mon terrain de jeu. Un male, sans aucun doute, vu l’odeur qu’il dégageait. Je me tournais vers sa direction, en position d’attaque. Encore ce cabot, pas de doute la dessus. Il n’avait rien à faire ici, rien à faire dans cette ville. C’était le territoire de Nathanaël et de sa meute. Il n’était pas un des notre, il devait partir, c’était la règle. Mes griffes tâtèrent la terre, prêtes à venger l’affront qu’il faisait en se baladant impunément sur nos terres. Malgré tout, je finis par adopter une attitude plus calme, arrêtant de grogner dans un premier temps. Je me terrais dans un buisson, sans un bruit, à contre sens du vent pour que ce dernier ne porte pas mon odeur. J’attendais quelques instants avant de bondir sur le loup, le renverser quelques secondes et repartir me cacher. Je n’étais pas en position d’attaque, je ne lui avais fait pas de mal. Mes griffes avaient été toutes rentrées, et mes crocs n’avaient fait que lui chatouiller le dos. Quitte à ne pouvoir lui ôter la vie, je comptais tout de même battre contre lui, jouer d’une certaine manière. Je ne devais pas, je n’avais pas le droit. Il n’était pas de ma meute, il était donc un danger potentiel contre cette dernière, mais je préférais laisser cette dernière de côté, le jeu étant trop attrayant.






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