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my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]
MessageSujet: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Sam 14 Mar - 18:28

10 février 2018

Plus que quelques jours avant les élections. Les discours de Hood et de McBorough me résonnent encore dans la tête, remplis d’une promesse de paix entre toutes les espèces. Ou presque. Je crache sur leur envie de mettre humains, vampires et lycanthropes sur un pied d’égalité, pour autant qu’ils s’allient contre le Mal. Celui avec un grand M. Le mal, c’est justement cette alliance. C’est d’être con au point de donner territoire et droit. Car je le sais, je le sens : la prochaine chose qu’ils prendront, ce seront nos vies. J’en souffle une nouvelle fois. L’énervement se fait naissant, presque palpable. Mon palpitant s’emballe lentement – mauvaise habitude. Si la révélation de 2007 m’avait laissée de marbre dans un premier temps, la lente décadence et supposée mort d’Aonghas m’avait profondément marquée, attisant une haine plus que virulente envers les vampires. Raciste des temps modernes, je me sais espéciste (en quelques sortes). Je n’avais pas voté pour Hood, ne voterai sûrement pas cette fois encore. J’avais travaillé un tant soit peu avec McBorough, du temps de HCV. Je dois d’ailleurs le voir demain. Mais à présent, mon opinion diverge de la sienne et il me semble inconcevable que je vote pour lui. Dilemme.

Je passe à la page suivante, espérant que mes pensées fassent de même et restent à la page précédente. Je laisse mes yeux parcourir le journal, distraitement, sans succès. Une tête chauve se penche par-dessus mon épaule, me demandant si elle peut m’emprunter les news. Lentement, je lui cède mon dû alors que l’homme s’empresse de feuilleter. J’en souffle une fois encore, me retrouve nez à nez avec mon Scottish Coffee (café avec scotch et liqueur de citron, une variante de l’Irish), récupérant la chantilly de l’index. Voilà une éternité que je n’avais pas pris de boisson alcoolisée, les moyens m’ayant manqué. Voilà une éternité que je n’étais pas sorti de mon atelier, aussi. Je passais le plus clair de mon temps enfermée entre quatre murs, ne souhaitant pas mettre le pied dehors sauf exception. La paix de mai me semble encore irréelle ; je n’y crois toujours pas. Ne veux pas y croire. Quelque chose me dérange, m’irrite – et ce n’est pas qu’une question de vengeance. Après sept ans de guerre, je ne conçois pas l’arrêt des attaques, ça ne fait pas de sens. Pourtant, force est d’avouer que je savoure cette trêve. Ce moment de calme dans un présent que je n’imagine que trouble. Cette possibilité de reprendre le travail, lentement, de penser mes plaies. L’homme de tantôt, à ma gauche, s’exclame et ajoute le journal sous mon nez, me montrant la photo d’un rescapé. Je penche la tête en sa direction, découvrant le visage d’un jeune homme qui sort d’un coma de onze ans. Putain. Pendant onze ans, le trentenaire n’avait fait que dormir et d’échapper au monde actuel. Onze ans de repos. Onze ans de tranquillité. Aonghas n’avait pas eu le droit à ça, non. On l’avait trompé, on l’avait fait tombé, on me l’avait enlevé. Je serre les dents, me dis que cet énervement, ce ne sont que les effets du café, de l’alcool et des élections arrivant.

D’une traite, je finis le breuvage avant de reposer la tasse d’un coup sec sur le comptoir du bar. Pas grand monde en pleine journée à Adam’s Dancing. Juste le vieux. Moi. Et un mec à une table voisine. J’attrape ma veste, l’enfile tant bien que mal, m’échappe vers la sortie. C’est là que son visage m’interpelle, celui du mec « à la table voisine ». Je m’arrête aussitôt, le dévisage sans aucune honte, alors qu’il lève finalement les yeux sur moi.
Je craque.
J’essaie de ne pas craquer, plutôt. Mais tout se mélange, en haut, dans ma tête. Alors, je me contente de pincer les lèvres et de le regarder avec tout mon mépris.
- Jaeger. Il s’interroge, ne comprend pas. Quel nom à la con, ça aussi. Pas dans mes habitudes d’arrondir les angles. J’amorce le pas, amorce ma sortie. Je sais que je ferai mieux de me taire – j’ai réussi à longer les murs pendant sept ans, pourquoi sortir de l’ombre ? Mais quelque chose me retient. Je reviens en arrière, dents et poings serrés, l’incendie du regard d’un prime abord. L’incendie tout court par la suite.
- Comment as-tu osé ? Comment as-tu osé de ne pas crever ? Voix tremblante et légèrement dans les aigus. Je sais que c’est insensé, cette question, qu’il n’a pas choisi. Mais ai-je choisi, aussi, d’avoir perdu mon frère ?
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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Lun 16 Mar - 0:52

"Un dernier effort Thane ! Tu as presque terminé la série, lâche pas maintenant !" l'encouragea Williams, alors qu'il devait soulever avec ses jambes un plateau assez lourd pour re-muscler celle-ci. Le coma lui avait en quelque sorte atrophié les muscles, sa masse musculaire était très faible et s'il voulait pouvoir remarcher et courir pendant des heures, il doit continuer les exercices. Will était impressionné, car son patient préféré pouvait marcher avec les béquilles alors que dans un cas comme lui, il faut plus de temps. Peut-être que sa nature de changeur l'a aidé. Quoi qu'il en soit, il fait des progrès énormes, c'est ça l'important. Grimaçant, il poussa la charge encore deux fois et s'arrêta, Will ayant un grand sourire. "Dis-moi plutôt combien t'as parié au lieu de me féliciter pour mes efforts !" lança Thane, sachant très bien que son kiné à tendance à parier avec les autres sur la réussite de ses patients. Ce n'est pas vraiment très éthique, mais il dit ne parier que sur la réussite, jamais sur l'échec pour justement encourager tout le monde. En somme, il pense que c'est une forme de thérapie qui peut pousser les gens à ce motiver et se dépasser à chaque fois. C'est assez peu orthodoxe tout de même. "Tu sais quoi Thane, t'es vraiment pas drôle ! Moi qui comptait te filer la moitié des gains... tant pis pour toi !" s'amusa-t-il à dire en lançant une serviette propre à l'ancien comateux. "On a fini pour aujourd'hui. On se voit ce soir à la maison !" Jaeger se passa la serviette sur le visage en regardant son kiné voir un autre patient. Heureusement, cette fois-ci, il ne lui a pas demandé de préparer le repas. Williams l'héberge chez lui, le temps qu'il trouve un endroit où vivre. C'est sympa de sa part, sans lui il serait à l'hôpital ou dans la rue...

Il alla prendre une douce après tous ses efforts et s'habilla normalement. Un jean, un t-shirt bleu marine à manche courte assez simple, une paire de chaussure de ville et une veste. Avec les l'aides de ses béquilles, il quitta l’hôpital ayant pour objectif de rentrer chez lui... enfin chez Williams, car lui n'a plus de maison. En passant devant un restaurant qui fait également bar, il se dit qu'il avait le droit à un petit café et ça lui évitera de se morfondre trop tôt. A cette heure-là, il n'y avait pas trop de monde, il trouva une table, s'y installa et posa ses béquilles juste à côté de lui. Un serveur arriva rapidement pour lui demander ce qu'il voulait. Celui-ci lui rapporta son café en moins de cinq minutes. Alors qu'il buvait tranquillement, ne demandant rien à personne, une femme passa à côté de lui et s’arrêta. Il lui sembla qu'elle le dévisageait. Thane leva son regard vers elle et là, elle l'agressa sans qu'il comprenne pourquoi. Elle l'insulta... enfin pas une insulte comme on l'imagine du genre "connard, salopard" ou n'importe quel autre sobriquet de ce style. Non, elle insulta son nom de famille. Le pauvre écarquilla les yeux d'incompréhension. Comment connait-elle son nom ? Comment sait-elle qui il est ? Son visage lui est inconnu à moins que ce ne soit son coma qui ait altéré sa mémoire. C'est peut-être également une raciste ou un truc comme ça pour s'en prendre à son nom. Jaeger est Allemand. Juste après, elle passa son chemin. Lui, resta là s'en rien dire, ni bouger juste sous le choc d'une telle agression. Le monde est fou !

Avant qu'il n'ait eu le temps de reprendre contenance, elle revint à l'attaque, le faisant presque sursauter quand elle l'accusa d'être vivant. Non, mais qu'est-ce que c'était ces accusations ? Le pauvre ne comprenait rien. Les autres personnes présentent les regardaient avec des regards pleins d'incompréhension également. Pourquoi n'est-il pas mort, hein ? Sincèrement, que devait-il répondre à ça ? Surtout qu'il ne comprend rien. Qui est-elle ? Qu'est-ce qu'il lui a fait ? Est-ce un membre de la famille de sa défunte femme ? Est-ce qu'elle lui en voudrait, car lui il s'en est sorti alors que Cassandra est morte dans l'accident ? N'est-ce pas évident qu'il s'en veut d'avoir conduit trop vite et de ne pas avoir pu freiner a tant pour éviter l'arbre qui s'était écroulé sur la route... Bon sang, il a tué sa femme et le futur nouveau-né, n'est-ce pas la pire des choses pour un homme ? Visiblement non, car des gens viennent l'accuser de vivre. Si elle savait à quel point c'est dur pour lui de se réveiller chaque matin en se rappelant que sa femme est morte et que son enfant n'a même pas vu le jour. "Je... je... vous croyez que ça m'amuse d'avoir survécu à mon accident ? D'être resté dans le coma et de mettre réveillé seul... ? parvint-il enfin à dire. N'aimant pas la position qu'il occupait en étant assis, il se leva pour être à sa hauteur et ainsi pour ne pas se sentir inférieur à elle. "J'ignore qui vous êtes et ce que vous me voulez. Je ne sais pas c'est pas pourquoi vous me détestez... Mais sachez que je n'ai jamais demandé de survivre à tout ça. J'ai tout perdu dans cet accident ! déclara-t-il en ne pouvant contrôler une larme qui roula sur son visage. "J'ai perdu la femme que j'aimais et mon enfant... Je n'ai pas besoin qu'on vienne me rappeler tous les jours que j'ai survécus et pas eux !" gronda-t-il en s'emportant légèrement. Mais qu'espérait-elle ? Qu'il reste assit sans rien dire ?
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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Ven 27 Mar - 21:03

Les mots m’échappent, me roulent sur la langue avant de venir s’éclater par vague sur la table de Jaeger. Ils s’enveniment par la pensée, soutiennent une sourde rancœur, s’échappent dans le seul but de choquer. Secouer. J’ai l’étrange envie de prendre le jeune homme par les épaules et de lui crier ma haine et ma désillusion. Pourtant, je ne fais que de l’épier du regard, vacillant d’un pied à l’autre, me demandant si je ne ferai pas mieux de m’éclipser sans réclamer mon dû. Le silence s’impose peu à peu entre nous. Pesant. Dérangeant. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, me demande si je ne devrais pas présenter mes plus plates excuses. Mais un « désolée », susurrer à voix basse, se suffirait-il à lui-même ? Suffirait-il, aussi, à recouvrir le malaise qui s’insinue lentement entre nous ? J’en doute. L’homme me regarde bouche bée, ne sachant pas comment réagir, ne sachant pas où se mettre. Qu’il le sache : je ne savais pas non plus. Si je le domine du haut de mon mètre soixante pour le moment, je ne suis pas mentalement présente. Mon esprit divague peu à peu, me dit de prendre mes pieds à mon cou et de ne pas me retourner.

- Je... je... vous croyez que ça m'amuse d'avoir survécu à mon accident ? D'être resté dans le coma et de mettre réveillé seul... ? A chacun des « je », j’ai l’impression de rapetisser. D’avoir jeté un pavé dans la mare sans aucune raison ne serait-ce que le coup de la colère. Je me mordille la lèvre inférieure suite à sa remarque, prise par l’envie de m’excuser et de fondre dans le décor. Sorcha, qu’est-ce qu’il t’a pris ? La question résonne dans mon esprit embrouillé alors que Jaeger se lève tant bien que mal. Je remarque les béquilles à ses côtés, me rends de plus en plus compte de la stupidité de mes actes. Pourtant. Pourtant…
- Oui. Oui. Ca ne doit que l’amuser. Ça doit être tordant, n’est-ce pas, de voir que tout son monde s’est écroulé alors qu’on a passé onze ans dans le coma. Tordant de douleur. Je serre le poing, lâche des yeux les béquilles pour me mesurer au jeune homme – j’ai besoin de lever la tête. Même s’il ne parait pas très stable, le mec a une carrure impressionnante et bien 2 têtes de plus que moi.

- J'ignore qui vous êtes et ce que vous me voulez. Je ne sais pas ce n’est pas pourquoi vous me détestez... Mais sachez que je n'ai jamais demandé de survivre à tout ça. J'ai tout perdu dans cet accident ! Je tourne la tête alors qu’une larme roule le long de sa joue. Pauvre homme. Triste homme que de ne pas voir la vérité : il n’a pas tout perdu. Il a gardé la vie. Cette pensée me coupe le souffle ; je tente de la chasser. Mais elle reste bien présente, s’incruste à mesure que j’essaye de la faire disparaître.
- J’ai perdu la femme que j'aimais et mon enfant... Je n'ai pas besoin qu'on vienne me rappeler tous les jours que j'ai survécus et pas eux !Après la larme (distraction), le voilà qu’il s’emporte à son tour. Je serre le poing, serre le haut de ma veste autour de mon cou, effectua un pas vers la sortie. Je n’ai pas envie de discuter. Pas comme ça. Pas dans nos états. Dans ma tête, j’ai l’impression que le temps s’est arrêté, qu’il m’a fallu une éternité pour poser le talon au sol, que le barman et le client de tantôt sont accrochés à nos lèvres afin de récupérer le moindre ragot.

Ils ne m’auront pas.
Quoique.

Je refais un pas en arrière – retour à la position initiale. Puis un autre pas en avant, comme ça, pour réduire la distance entre nos deux visages. Il est plus grand que moi, certes, mais j’ai la sagesse des Années Sanglantes derrière moi. Des années de souffrance, une souffrance qu’il n’a pas connu. J’en serre le poing, encore, le regarde droit dans les yeux. La tension de tantôt semble s’abattre de nouveau sur mes épaules. J’ai la gorge nouée et le palpitant qui s’emballe. Lentement, la colère gronde de nouveau au fond de moi, me dit de l’incendier une nouvelle fois. Mais les regards insistants des personnes présentes dans le bar m’en dissuadent. Je me laisse tomber mollement sur la chaise, à la table de Jaeger.
Toujours pas de mots de ma part, plus de regard.
J’ai le regard vitreux et distant, tentant de me rattacher au monde présent qu’il vient de déglinguer en deux instants.

- Oui. Je me répète, c’est le oui d’avant. Le oui de « ça doit être amusant ». J’en souffle et garde mon calme. Pourtant, mon esprit s’emporte. Et mon corps n’attend que la première occasion pour que je me laisse aller à la colère.
- T’as perdu ta femme. Ton mioche. Tout cela à cause de … à cause de toi. Tu vois ? Les mots sont blessants, je sais, j’en conviens. Mais pour une raison que je ne m’explique pas, j’ai seulement envie de le blesser à mi-mots. T’as merdé. Ils sont morts. T’es vivant. Beau comme tableau, hein ? Mon plus grand défaut : une sur-honnêteté sans aucun arrondissement d’angles. Même Aonghas me l’avait reproché plusieurs fois. Il m’avait répété de faire plus attention, de jauger mon interlocuteur avant de faire des reproches. Mais le brun n’était plus là. Et c’est là qu’était tout le souci.
- Mais Aonghas, lui, tu vois. Il n’a pas merdé. Il a vécu sa petite vie. Et comme ta famille : il est mort. Vampires ou incompétences : du pareil au même. J’te paie un café qu’on discute de pourquoi t’as pas été sympa pour crever sur place ? Insolence ou les mots d’une personne blessée. Peu à peu, je me rends compte de ce que je lâche, de ce que je lui raconte.

- Bon alors … tu t’assois ?J’hausse la voix, lui lance un regard avant de me de reposer mon front au creux de mes mains, coudes sur la table. A sa larme de tantôt, j’oppose une voix tremblante. Que je m’excuse.

HJ - désolée du retard, sérieusement !
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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Mer 1 Avr - 1:54

Vivre avec la mort de sa famille sur la conscience c'est très difficile, mais voir une parfaite inconnue vous accuser d'être vivant, c'est simplement terrible. Thane ne demandait rien, c'est simplement devenu un pauvre type au coeur brisé, se demandant encore pourquoi il est de ce monde et si ça vaut encore le coup de vivre vu ce qu'il est devenu. Comment se défendre face à de telle accusation ? Le pauvre ne le sait pas, il est désemparé devant... devant quoi ? Tant de lâcheté où de vérité ? Non... non il ne peut pas penser ça et surtout pas la croire. S'il est vivant, ce n'est pas de son ressort, les docteurs l'ont sauvé, lui n'a pas eu son mot à dire. N'oublions pas qu'il a perdu onze années de sa vie en étant dans le coma. Il aurait très bien pu ne jamais se réveiller. Depuis qu'il est de retour, il se demande parfois si ça n'aurait pas été mieux de rester dans le sommeil, de ne jamais ouvrir les yeux de nouveau... Pourtant, il est bien là, conscient et parfaitement vivant. Un coup du sort ? Le hasard ? Le karma ? Le destin ? On peut donner de noms tellement différents de ce qui lui est arrivé... Mais pour le moment, ça ressemble plus à l'enfer. Un monde qui lui est devenu totalement étranger et surtout la solitude. Qui voudrait ça ? Qui pourrait vouloir se réveiller pour constater qu'il a tué sa femme et que son enfant n'a même pas pu voir le jour. Personne ne peut désirer une chose pareille... absolument personne !

A cause de cette inconnue, tout ceci lui revenait en plein visage. Oh, il ne l'avait pas oublié, mais il ne pouvait pas y penser constamment sinon il ne pourra jamais avancer. Sauf que quand on vient lui rappeler, c'est comme se prendre une brique sur la tête. Tout lui revient en pleine face sans même qu'il puisse se protéger. Malgré la gravité de ce qu'il disait, elle persistait dans son idée de l'accuser. Ceci ne fit qu'empirer sa douleur. La larme qui avait roulé sur sa joue n'était que la face visible de l'Iceberg. Peut-elle imaginer en ce moment la douleur qui est en train de déchirer son cœur ? C'est une douleur vicieuse qui s'insinue dans tout votre être, dans chaque cellule de votre corps rappelant le choc de perdre les personnes qui vous sont les plus précieuses. Thane était encore debout, mais sincèrement, il se demandait comment il faisait pour ne pas s'écrouler. Tenir tête à cette idiote n'était pas évident. Est-ce que seulement, il veut lui tenir tête ? Son regard à l'air tellement rempli de haine et sans la moindre compassion pour lui. Elle lui en veut alors qu'elle ne le connait pas et que lui-même ignore tout de son histoire. Comment peut-on s'en prendre à une personne qui ne vous a rien fait ? Ça semble tellement impossible !

La jeune femme semble vouloir partir. Qu'elle le fasse, il ne va pas la retenir. Finalement, elle recule se plaçant de nouveau devant lui. Est-ce une blague ? Sincèrement, tout ceci n'a rien de risible. Plus il la voit, plus il se sent coupable de ne pas être mort ce soir-là, il y a onze ans. C'est à peine s'il la regarde s'asseoir à sa table, tout ceci à l'air d'être une blague. A quoi joue-t-elle ? Puis, elle continue, en rajoutant une couche qui l'acheva presque sur place. Elle venait de l'accuser de la mort de sa femme et de son bébé. Sa faute... c'est sa faute ! Sa main gauche lâcha sa béquille qui tomba sur le sol avec un certain fracas sinistre et dérangeant. Sa main monta lentement tout en tremblotant vers sa bouche. Des flashs de l'accident lui revenaient et c'était horrible. Thane se trouvait derrière le volant, il conduisait trop vite vu le temps très pluvieux et le manque de visibilité sur la route, mais sa femme était sur le point d'accoucher. L'excitation de ce jour et l'urgence de la conduire à l’hôpital lui ont fait oublier d'être prudent. Puis, il y a ce tronc d'arbre en travers de la route, son coup de frein inefficace à cause de l'eau, l'avant de la voiture percutant le tronc et le véhicule passant au-dessus pour finir plus loin en faisant des tonneaux. Pendant ce souvenir, il eut l'impression d'entendre des cris, ceux de Cassy... Non, ce n'est pas possible, tout ceci était un cauchemar ! Ses jambes commencèrent à trembler, elle donnait l'impression de se transformer en coton.

La jeune femme continuait de parler, mais ces mots ne l'atteignaient plus, il ne l'écoutait plus. A présent, il était perdu dans sa douleur, le monde se trouvant autour de lui s'était brisé comme un miroir. Sa main droite finit par lâcher son autre béquille et l'instant d'après il se retrouva à genoux sur le carrelage froid. Ses deux mains, elles aussi en contact avec le sol. Sa respiration était devenue lourde et douloureuse, d'ailleurs, il commençait à avoir l'impression de ne plus pouvoir respirer c'est pour ça qu'il porta une de ses mains sur sa poitrine espérant que ça puisse l'aider, mais en vain. Ce n'était pas tout, il fut pris de sueur froide et d'une horrible sensation de vertige alors qu'il était à genoux sur le sol. S'il aurait pleinement conscience en ce moment, il pourrait déclarer qu'il a une crise d'angoisse, mais hélas, il ne peut pas. C'est étrange, car il n'a jamais eu ce genre de crise avant. Mais le traumatisme de l'accident et bien trop fort et les paroles de la jeune femme ne l'ont pas aidé.

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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Sam 8 Aoû - 19:48

hoses, mes propos sont venus s’envenimer, déchargeant une dose de plus en plus puissante à mesure que la discussion avance. J’ai l’impression d’avoir les crocs enfoncés dans la chaire du jeune homme, à l’affût de la moindre faiblesse de son côté, prête à croquer plus fort. Encore plus fort. Pour oublier la douleur qui est mienne, pour intensifier la sienne. Je ne sais d’où vient ce désir malsain, cette envie de vengeance infondée, cette haine sans nom – mais je les sens gronder en moi. La mâchoire serrée, je ne scille pas lorsqu’il laisse échapper une larme. Je ne scille toujours pas lorsque ses jambes tremblent, ne pouvant supporter son corps un instant de plus. Je le regarde perdre pied, les yeux perdus dans le vide, à tenter de renflouer des souvenirs. Il m’agace à jouer son rôle de victime, alors que je tente de m’excuser – bien que je n’en ai pas réellement l’intention. Il m’agace à accaparer l’attention des autres, faisant claquer sa béquille tandis qu’il tombe à genoux. Assise à sa table, je le dévisage d’un œil mauvais, l’interroge du regard. Vraiment ? Il venait réellement de faire ça ? J’en souffle, lève les yeux au ciel avant de croiser le regard paniqué du barman. Quelques têtes sont également tournées en notre direction, avisant Jaeger. J’entends leur murmure, leurs questions, leur appréhension. Qu’est-ce qu’on fait ? Rien, pardi. Rien. N’ont-ils pas compris que ce n’était que du cinéma ? Qu’une feinte pour échapper à la discussion pour ne pas qu’il confirme ses proposes : qu’il est coupable. Coupable de la mort de sa femme et de son enfant. Coupable par un méchant coup du destin. Mais les faits sont là : ce n’est pas lui qui aurait dû survivre.

Le toisant depuis mon siège, j’attends. J’attends qu’il se calme, lui et sa respiration. Sans succès. Il a de plus en plus de mal à aspirer l’air. Son inspiration est rauque et difficile. Et si je tente de me convaincre qu’il le fait exprès, je commence à m’inquiéter. Un peu. Pas plus que ça : je n’ai aucune compassion envers les « meurtriers ». Le barman a tôt fait de nous rejoindre en clopinant. Il traîne de la patte, se balance d’une jambe à l’autre, lentement. L’air renfrogné, il m’empoigne par le chemisier, me remettant debout. « Qu’est-ce que vous avez fait, gamine ? » Je me libère de son emprise, le défi du regard quelques instants avant d’être rattrapé par la situation et l’état de Thane. Peu à peu, je me rends compte de ce que j’ai fait. Ou, plutôt, de ce que je n’ai pas fait. Je prends conscience de toute cette haine, contenue, qui n’attend que la première occasion pour se libérer. Destructrice. A bien y réfléchir, c’est assez flippant. « Ri…ien », finis-je par lâcher, hésitante. Après la rage, la culpabilité. Celle d’avoir été trop loin. Je m’accroupis aux côtés du jeune homme, pose ma main sur son front en sueur. Il ne feinte pas ; j’ai dû le pousser trop loin. Avec l’aide du barman, je le tire en direction du mur, pour qu’il ait un appui. Ses yeux ont l’air déphasé quand bien même je me tiens en face de lui. Il n’est pas là, pas tellement là. Mon esprit, lui aussi, s’est fait la malle, tentant de trouver le juste équilibre entre la colère et le sentiment de prise en faute. J’en ai le cœur serré. « Allez donc me chercher un verre d’eau », lancé-je en direction du barman, battant l’air des mains pour le chasser de là.

« Jaeger, déconne pas. » Ne me lâche pas dans les bras, fais toi une raison. Je récupère une serviette en papier de la table où il était installé ainsi que les glaçons de sa boisson. Passant ma main dans ses cheveux, je tente de le calmer comme je peux. Pas très bien, il faut avouer : je n’ai aucune compétence en la matière. « Ecoute, je suis désolée. » D’avoir dit à voix haute ce que certains pensent tout bas. D’avoir laissé déferler mon ressentiment de la sorte. D’avoir été moi-même. D’avoir preuve d’honnêteté. « Mais tu ne peux pas te fermer comme ça dès qu’on parle de cette histoire. Tu ne peux pas ! » Les derniers mots se sont révélés plus puissant que les premiers – déjà, l’énervement reprend le dessus. D’un coup d’épaule, le barman me pousse sur le côté pour donner plus d’air à Jaeger. Plus de confiance, aussi, pour ne pas que ce soit ma tête qu’il voit mais la sienne. Agacée, j’en souffle, m’adosse aussi contre le mur. J’en souffle alors que le vieux clopinant tente de faire son miracle : ramener Thane à la raison. Parce que, c’est clair, ce n’est pas moi qui vais réussir.
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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Ven 14 Aoû - 0:56

Avec les gens, il y a des choses à ne pas faire. On peut penser des choses, mais sont-elles bonnes à dire ? Non, pas tout le temps. Il faut parfois apprendre à rester silencieux et garder certaines choses pour soi-même. La haine de cette jeune femme était comme un poison, elle l'avait déversé sur lui comme si elle avait une arme pour l'abattre. Est-ce qu'il avait besoin d'entendre qu'il était coupable de la mort de sa femme et de son futur enfant ? Non, il n'en avait pas besoin, car il sait très bien qu'il est le fautif. Depuis son réveil, ça le ronge bien assez pour qu'une tierce personne vient l'accabler de ce qui lui fait déjà du mal. Les mots si violent de cette fille, de cette inconnue était douloureux. S'en était trop pour lui, beaucoup trop pour son esprit encore fragile. Sa conscience ne pouvait pas supporter ce genre de brimade. C'est pourquoi, il sombra dans une sorte de vide, surmonté par une angoisse qu'il n'a jamais connue. Son corps ne semblait plus vouloir lui obéir, ses jambes déjà fragiles ne pouvait plus le supporter. A terre, il devait avoir l'air faible, son corps tremblant, sa respiration devenant difficile. L'environnement autour de lui était devenu secondaire, ses pensées étaient fixées sur les paroles qu'avait prononcées la jeune femme. Ses pensées se trouvaient hantés par l'accident et ça n'aidait pas. Thane eut à peine conscience que la jeune femme se trouvait devant lui, voulant le faire revenir à la normal. Malgré tout, il sentit du froid sur sa tête, mais ce ne fut pas suffisant pour faire passer cette crise d'angoisse. Son corps fut déplacé, Jaeger se laissa faire sans rien dire, toujours plongé dans son angoisse comme s'il était en train de s'y noyer. Des paroles, non plutôt des mots atteignaient ses oreilles sans vraiment être descriptible. On aurait dit qu'on secouait doucement son corps, mais ceci n'y fit rien. Des mots furent prononcés de manière un peu plus abrupte, ce qui ne l'aida pas. Il se mit à gesticuler, on voulait le toucher, mais lui ne voulait pas. Bon sang, qu'on le laisse tranquille, qu'on lui fiche la paix. Pourquoi est-ce qu'on le torture ainsi ? Sa douleur n'est-elle pas suffisante ? N'est-il pas déjà assez accablé pour qu'on en rajoute ? Sans vraiment le vouloir, il gesticula davantage frappant la personne se trouvant devant lui, ignorant que c'était le barman. Sa crise avait l'air d'un coup bien plus violent et avant de le calmer, ça risque d'être difficile.


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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Lun 26 Oct - 3:03

Il tremble. Jaeger tremble alors qu’il est dans les vapes – ou en passe de l’être. Adossée contre le froid du mur, j’entends sa respiration s’accélérer, se faire plus chaotique. Pourtant, je ne fais rien. Je n’en fais rien, plutôt. Le barman m’a mis de côté, a pris le relai après m’avoir poussée d’un coup d’épaule. Perdue dans mes pensées, je me dis qu’il a dû en voir, des situations similaires. Je me dis qu’il sait comment les gérer, les cas comme Thane. Les merdeux comme moi qui crachent à la gueule des autres pour exprimer le dégoût qu’ils portent et supportent, sans trop savoir comment s’en débarrasser. Sans trop savoir comment ne pas blesser. Je n’ai pas su comment retenir mon venin, l’ai lâché en pleine gueule à ce miraculé de la vie et lui, il n’a pas su qu’en faire sinon trembler. Putain Jaeger, ce que t’es con : si t’as voulu crever, t’as eu onze ans de coma pour le faire. Et t’as préféré attendre que je vienne de secouer pour lâcher les amarres. Ce que t’es con.

J’en souffle de plus belle, remet le destin de l’inconscient dans les mains du barman, tente de chasser l’ennui. L’ennui et l’énervement. L’idée me traverse de prendre mes cliques et mes claques, de laisser Jaeger derrière moi, de partir en claquant la porte. Mais je me connais – j’imagine déjà mon subconscient de me dire que je l’ai abandonné. Je m’imagine déjà me retourner à chaque coin de rue, persuadée d’être suivi par les clients du pub. Pire même, je les imagine murmurer à mon passage, me pointer du doigt, me rappeler toutes ces fois où je n’ai pensé qu’à ma survie. Prendre mes jambes à mon cou et me planquer : une constance McCabéenne. J’en rigole presque. A quelques mètres de moi, Jaeger se met à gigoter de plus en plus. Il reste à un poisson qu’on aurait arraché de sa vie aquatique : il cherche de l’air et se débat. Il cherche de l’air et me fait pitié. Pitié. Dans un état second, il parvint à frapper le barman à la tête – il en tombe sur le cul, affiche un air absent. Le patron des lieux se retrouve sonner ; quelques clients s’occupent déjà de lui, regardant Thane d’un œil défait. Allongé au sol, il bouge toujours. Respire toujours. Mais mal. Je me décolle du mur pour lui attraper tant bien que mal les bras. « TU TE CALMES MAINTENANT, JAEGER » finis-je par lui cracher au visage alors que son corps est parcouru de tremblement. Une rouquine retient un hoquet de surprise face à mon haussement de voix – je lui lance un regard noir. Trois. Deux. Un. Je prends une profonde respiration, serre les dents. « Jaeger, tout va bien » lui annoncé-je d’une voix plate, bien loin de l’effervescence ambiante et de ce qu’il se passe dans ma tête. « Respire lentement. Inspire. Expire. Concentre-toi sur ta respiration. Concentre-toi sur ma voix. » ajouté-je tandis que la rouquine hoche la tête d’encouragement. Assise à ses côtés, j’ose enfin lui relâcher les bras pour qu’il se sente moins oppressé avec la vague impression qu’il revienne peu à peu à lui.

Il a intérêt. Sinon, je le laisse crever sur le champ.
Façon de parler.
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MessageSujet: Re: my voice is twisted, guilty goes the tongue [Livre III - terminé]   Ven 30 Oct - 0:19

Thane n'a plus vraiment l'impression d'être lui-même. Non, cette crise lui donne l'impression d'avoir disparu, de n'être qu'une âme perdue, un morceau de quelque chose qui flotte au vent s'en pouvoir reprendre prise. Oui, c'est comme s'il n'était qu'un bout de tissus flottant à la surface de l'eau, subissant l'assaut répété des vagues encore et encore, toujours de plus en plus violente. Son corps ne parvenait pas à se reprendre, cette crise de panique, de tétanie venait de le plonger dans un autre monde. C'est à peine s'il voit les gens autour de lui, c'est à peine s'il entend les sons. Tout vient à ses oreilles telles un écho lointain et assourdissant incompréhensible. Qu'est-ce qu'il lui arrive... Petit à petit il se perd, il sombre, il tombe, il chute... Tout ceci lui fait peur, qu'est-ce qu'une perte total de conscience va bien pouvoir lui faire ? Un nouveau coma ? Non, il ne pense pas. Il était médecin et ce n'est pas une crise de panique qui va le faire rechuter. Non, il a peur pour autre chose, pour les autres. Son pouvoir est tellement hors de contrôle depuis son retour à la vie. Si jamais cette panique le transforme ? Si cette panique devient une sorte de barrière défensive et que son profond instinct animal s'éveille pour venir à la rescousse ?

Hélas, il ne peut plus rien contrôler. Bien que son corps de calme et tremble moins que quelques minutes auparavant, il sait que c'est perdu d'avance. Thane ne peut pas le voir, mais ses pupilles sont déjà en train de changer, perdant leur nature humaine pour virer à un aspect félin. Une bille noire, cerclé de bleu. Son corps continue de changer, se déformant et perdant ainsi sa nature humaine. Un pelage blanc tacheté de noir prend place sur sa peau et ses membres devenus des pattes. Voilà qu'il s'est transformé en Once, une magnifique panthère des neiges. Son regard assassin parcoure l'assemblée visiblement effrayé par cette transformation imprévu. Certains fuit, d'autres restent immobiles imaginant peut-être qu'un effet Jurassic Park puisse marcher sur la bête comme sur un T-Rex. Ses babines se retroussent, dévoilant de longues dents pouvant se planter et arracher la chair de n'importe qui. La bête n'attaque pas, elle se focalise sur cette femme qui s'est attaqué à elle. Son dos se fait bien plus rond et son poil se hérisse tandis qu'il s'abaisse sur ses pattes avant prêtes à bondir. La bête pourrait attaquer, lui sauter à la gorge, la lui arracher et la laisser se vider de son sang. Un pas léger et l'animal se rapproche en grognant, un autre pas et là quelque chose tombe devant elle, la faisant bondir en arrière tout en rugissant. L'un des clients à attraper la première chose qui lui passait sous la main pour le faire reculer. Un autre fait de même et jette un verre ce qui le fait reculer encore. La bête rebrousse alors chemin, recula, mais lâchant un dernier regard assassin à la jeune femme. Oui, il aurait voulu la tuer, la faire souffrir... Mais ce ne sera pas pour aujourd'hui... Sans attendre, l'animal saute sur le comptoir et passe par une fenêtre ouverte avant de disparaitre dans la rue.

[Fin pour Thane ]



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