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Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas
MessageSujet: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Lun 22 Déc - 21:26

L'index volte et épouse la bouche qui s'apprête a s'ouvrir. Mes lèvres esquissent la délicatesse d'un sourire amusé.

"Inutile. Il saura très vite que je suis là."

Ne brise pas la danse des notes qui s'égrainent. L'azur scintille au travers des cils. Oeil devient rêveur alors que j'avance, caressant, effleurant, le bois ancien, le métal froid.

Je n'ai qu'a me laisser guider, enveloppée de mélodie étrange. Un frémissement dans l'air trouvant un écho dans la noirceurs dormant au coeur de ma poitrine. Il sera serviteur zélé en ramassant l'étole satinée que je laisse sur le sol. La bête s'hypnotise, vacille avec langueur au fond de sa caverne de vice, ses yeux serpentins mis clos, la voracité endormie, envoutée. Des siècles qu'aucune musique n'avait pu ravir mes oreilles Des notes nées de tourments qui peuvent parfois le hanter encore. Ce sont des larmes, des rires, un gémissement ou un hurlement. C'est un camaïeu d'étranges sentiments qui éveille l'écho amnésique des méandres de ma psyché.

Ma paume caresse le battant de bois, s'imprègnent des vibrations qui s'échappent. Je suis une ombre à peine visible lorsque je pénètre ce sanctuaire. Juste un souffle délicat, mais je ne pourrais jamais lui cacher ma présence, quoique je fasse. En avais je seulement envie ? Rien n'est moins sûr. Je glisse au coeur d'un fauteuil et m'y love, abandonnant mes hauts talons sur le sol, le froissement de mon pantalon de lin sera le seul intrus.

Je ferme les yeux...Les parois rocheuses de mes limbes se couvrent de soie et d'extase. Un abandon que je ne permet qu'avec lui, qu'avec ses songes qui le hantent et son regard perdu dans ses chimères...Je ne suis qu'une présence silencieuse, impérieuse mais effacée. Juste un souffle qui se brise parfois au rythme de sa valse intime et délicate.

Il m'a tellement manqué.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mar 23 Déc - 20:07


    S
    cylla n'avait pas besoin de s'annoncer pour que je sache qu'elle était dans les parages. J'avais laissé des instructions la concernant. Je n'avais rien à craindre d'elle. Pas pour le moment, et pas tant que je ne lui déplairais pas. Il s'avérait que je n'avais aucune intention de lui faire ombrage ou même de la blesser. Je l'avais fait, cruellement et en toute inconscience il y a de cela des siècles. Quoique j'étais sans doute malhonnête envers moi-même en songeant ainsi. A l'époque, j'avais voulu lui faire mal, lui rendre la monnaie de sa pièce, lui infliger ma douleur au centuple. J'avais sans doute réussi au delà de mes espérances, mais qu'avais-je donc fait au final ? Je n'avais fait que l'entraîner sur un pente dangereuse, ténébreuse, inexorable. Je la pensais déjà un monstre à l'époque. Je m'étais fourvoyé, ce n'était que le début. Et j'avais été son artisan.

    Mes doigts pinçaient les cordes de l'instrument avec dextérité, mon esprit vagabondait alors que je la sentais approcher. Je ne m'interrompis pourtant pas. Peu étaient ceux qui pouvaient se glisser ainsi dans mon intimité et me voir autrement que comme ce courtisan impeccable ou ce général austère. En cet instant, il n'y avait plus que moi, Nicolas, un homme de plusieurs siècles, qui n'avait pas oublié son goût pour l'art et se réfugiait souvent dans la musique. Une facette que je conservais jalousement. L'avantage de tous ces siècles était que j'avais pu me familiariser avec quantité d'instruments, que je n'aurais jamais connu si j'étais demeuré mortel. De même, ma nature vampirique me rendait plus sensible encore à la musique. J'étais doué en étant humain. J'étais prodige en étant vampire.

    La guitare était bien un instrument qu'elle ne l'avait jamais vu tenir. Elle m'avait déjà entendu au piano, ou au violon. D'ailleurs, les deux instruments trônaient dans mon bureau, d'un style ancien. Le piano à queue dans un coin. Quant au violon, c'était un authentique stradivarius, qui valait une fortune et qui se trouvait sur un petit tabouret tapissé de velours. Son étui était au sol. Ce n'était pas un objet de collection, il m'arrivait encore d'en arracher des plaintes déchirantes.

    Je ne levais pas le regard quand Scylla entra dans la pièce, tout à fait à l'aise, comme si elle était habituée à venir ici alors que c'était la première fois qu'elle entrait chez moi. Elle s'installa confortablement dans un fauteuil. J'étais terriblement conscient de sa présence, de son regard sur moi. Pendant quelques instants encore, la mélodie s'éleva dans la pièce, avant que le silence ne s'installe et que je ne relève le regard vers elle. Adieu beaux costumes hors de prix, je portais un jean et un t-shirt. Ma main lâcha l'instrument alors que je repoussais mes cheveux de mon visage, m'appuyant finalement sur la guitare, un sourire amusé sur les lèvres. Je ne l'avais pas revu depuis la soirée de nouvel an. Depuis, j'étais assez occupé. Consolider le pouvoir des deux princesses n'était pas une mince affaire.

    « Je me demandais combien de temps il te faudrait pour venir. »

    J'aurais aussi bien pu aller la trouver, mais je n'en avais pas eu le temps et puis... Inconsciemment, j'aimais aussi qu'elle se languisse de moi et vienne à moi, la première. Voir une femme comme Scylla plier devant moi, c'était flatteur.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Sam 27 Déc - 17:50

L'ombre peint un sourire sur mes lèvres. L'écarlate s'incurvant avec lenteur et langueur. L'amusement brille dans mes iris tandis que mes paupières s'ouvrent paresseusement. L'ironie l'habille de soie et la sensualité égrène ses propres notes au coeur de cette valse lorsque je le regarde.

"Vraiment ?"

Le rire roule, silencieux mais si visible.

"Allons, je sais le poids qui vient de poser ses serres sur tes épaules, serais je l'égoïsme personnifié de t'accaparer au détriment des autres ? Sans doute oui, mais vois la volonté qu'il m'a fallu pour ne pas te détourner de tes devoirs. J'avais mes propres affaires à mener à bien aussi."

Il est difficile de savoir si je m'amuse de la situation ou non. Qu'importe les têtes couronnées, elles ne seront que passage si elles n'y prennent garde. Enfants qui s'amusent d'un pouvoir obtenu par le sang et la facilité. Oh je vois au travers des fils tendu, prévois les amusements et les murmures qui s'élèvent déjà. J'effleure, presque ensommeillée, les tissus qui le couvre et je ris.

"Le denim est sans doute l'une des meilleures inventions humaines..."

Moquerie flatteuse et véridique bien que l'image du conquérant s'efface pour ne laisser qu'un jeune homme longuement admiré en silence avant que ne se déchaine l'enfer...Il y a si longtemps maintenant.

"La guitare aussi, bien que je te préfère au violon...Cela t'a toujours permit d'oublier...La question étant de quoi veux tu t'affranchir durant quelques heures."

La noirceur qui erre dans ses iris m'est aussi étrangère que familière. Ce sont des reflets apaisés comme tourmentés. Une danse contraire qui pourtant devient harmonie. C'est étrange et fascinant. Mais en lui, ne voyais je que la fascination ? Sans doute.

"Les enfants royaux te posent quelques soucis n'est ce pas ?"

Cette fois, l'amusement s'éprend de ma voix. Il est en droit de m'opposer le silence comme l'éclat d'une sonate outrée. Que va-t-il choisir ? Etrange question qui volte un instant dans mon esprit...
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Sam 27 Déc - 21:01

    « Et je ne peux que louer ton abnégation. »

    Je me fendis d'un petit sourire en coin alors qu'elle m'avouait avoir attendu un peu que je m'occupe des affaires d'état au lieu de me distraire. Même si elle avoua avoir ses propres affaires à régler. Des affaires qui attisaient forcément ma curiosité. Je savais Scylla intelligente et avisée, bien que parfois trop impétueuse. Même si je devais admettre qu'elle ne perdait tout sens de la mesure que quand cela me concernait. Maintenant qu'elle était de retour, j'avais quelques appréhensions concernant les affaires qu'elle pouvait bien mener de son côté. Mais quel droit avais-je de l'interroger à ce sujet ? Aucun. Et je refusais de lui demander si je devais m'inquiéter de cela. Je ne voulais pas lui montrer ma défiance à son égard et je décidais de lui donner sa chance. Secrètement, j'espérais bien sûr qu'elle œuvrait dans l'intérêt de la nouvelle royauté, même si je ne me faisait aucune illusion concernant sa loyauté après ce qu'il s'était passé au nouvel an. Elle n'avait pas une opinion très haute des nouvelles reines. Pas plus que de Julien. Scylla avait soufflé le chaud et le froid, mais je devinais qu'elle avait été sincère. Elle était in électron libre. Elle se fichait de qui régnait, elle n'avait pas de maître, et de comptes à rendre que si elle le voulait bien.

    « J'espère que tes affaires te rendent moins soucieuses que les miennes. »

    Ce serait le seul commentaire que je ferais à ce sujet. Et je ne lui en demandais pas davantage. Sa main vole vers moi, m'effleurant alors qu'elle semble alanguie et il me faut une poignée de secondes pour comprendre ce que ses paroles sous entendent. Et je me découvre ravi de la voir si... taquine ? Légère ? Une complicité qui me plaît, loin de nos différends, de nos griefs, de nos combats.

    « Je reconnais que cette époque a bien des avantages. Même si je regretterais presque que trop de choses soient visibles et ne laissent plus la place au plaisir de la découverte. »

    Ma voix était devenue plus basse alors que je la regardait d'un air entendu. Je l'avais connue à une époque où elle portait quantité de tissus. Seule sa gorge était visible, déjà très attirante à l'époque. Sa taille mise en valeur par les robes guindées et étouffantes. Aujourd'hui, elle était habillée comme n'importe quelle femme moderne, mais en conservant cette élégance qui m'avait tant séduit. Jamais je ne pourrais la trouver vulgaire au contraire de bien des femmes de maintenant.

    « Mais je suis ravi de constater que tu as de l'attrait pour certaines parties de l'anatomie masculine moulées dans un jean. Une vue que je ne t'ai pas encore offerte d'ailleurs. »

    Il m'était aisé de badiner avec elle, en ce lieu qui était mon refuge. Et elle n'était absolument pas déplacée dans ce décor, au contraire. Je trouvais cette scène normale. C'était rendre un peu d'insouciance à notre histoire mouvementée. Saupoudrer de jeunesse nos longues existences. Il était heureux que je sois encore capable de me sentir... jeune ? Je ne me targuais pas d'être sage. Mais je savais ne pas être fou. Et espérais ne jamais laisser l'ennui dicter ma conduite. Elle commenta alors mon choix d'instrument, bien qu'elle regretta le violon.

    « Et bien, le violon a une âme que je n'ai retrouvé dans aucun autre instrument, même si j'ai mis à profit ces siècles pour me... diversifier ? »

    Je souris, mais elle avait raison et me connaissait trop bien. La musique était une évasion. Un baume sur une âme écorchée vive, sur une personnalité trop sensible et entière, bien que peu puissent le deviner. Sa question amena un pli soucieux sur mon front. Mais je ne songeais pas à esquiver.

    « Naturellement. Entre autre. Beaucoup de choses me posent soucis. La situation est trop instable, prête à exploser à tout moment. Julien est un animal blessé, qui a perdu le soutien des siens et va en chercher ailleurs. Les loups sont aussi un problème et je ne parle pas des semis-démons. Nous ne sommes pas prêts à affronter autant d'ennemis. Le pouvoir est affaibli avec la mort de Krystel et malheureusement, Jana et Morgane n'ont pas le temps d'affermir leur position convenablement. »

    Oui, j'étais soucieux. J'avais posé la guitare contre le tabouret et me levais alors pour me rapprocher d'elle, m'accroupissant à sa hauteur.

    « Il est heureux que finalement, ta volonté n'ai pas été plus forte encore. »

    Aveu à mots voilés que sa présence me faisait du bien. Je souris de nouveau, avec quelque chose de taquin dans le regard :

    « Serais-tu venue pour entendre mes états d'âme ? »
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 28 Déc - 13:36

"Pour l'heure, je ne saurais dire si elles le deviendront ou pas. Une couronne ébranlée n'aide pas à la confiance vois tu. Il faut rebatir."

L'azur vibre le temps d'un battement d'aile. Mais qu'importe, je mettrais mes pièces en place en piétinant suavement ce qui se dresse devant moi. Egoïste déesse qui obtient toujours ce qu'elle veut. Image si peu flatteuse mais terrifiante si l'on n'y prend garde. Mais en ce temps suspendu, je ne suis pas ce monstre qui dort, alanguie, au fond de ma mémoire.

Le rire roule au fond de ma gorge et le bleu glace se couvre de soie.

"Mon imagination est fertile et compense assez efficacement ces quelques inconvénients."

L'arc délicat d'un sourcil se hausse, l'amusement en habit de velours.

"La vue n'est qu'un sens parmis tant d'autre tu sais..."

Juste l'effleurement d'une plume trop légère avec pour compagne les roulements sombres d'un rire. Je me détourne d'un pas, le regard attiré malgré tout sur le bois vernis aux rondeurs presque équivoques de son Stradivarius. Mon ongle arrache une note presque muette.

"C'était l'instrument des rois, encore maintenant sa maitrise échappe si facilement aux hommes. Je serais presque jalouse d'un tel talent."

Mais l'azur ne brille d'aucune envie vorace. Je possède mes propres talents. Dont celui d'avoir toujours su ce qui se cachait derrière les ombres opaques de ses iris. Ses mots m'arrachent un soupir presque ironique.

"Ce sont des enfants. Leur position n'est pas enviable et le seul pivôt de leur puissance n'est autre que toi. Ceci est risible mais bien réel. Ôte leur ton soutiens et la royauté s'effondrera. Ce serait facile. Mais tu ne seras jamais traitre. Quelle chance ont elles !"

Les lianes de mes doigts effleurent les boucles qui sèment son front de nuages.

"Je suis ce que je suis, Nicolas mais je serais sans doute la seule capable de les entendre sans les enfoncer profondément dans ta chair par avidité. Et, crois moi, le temps des tempêtes n'est pas encore arrivé."

Non. Pas encore. Il attendait, vorace, dans l'ombre. Ses crocs empoisonnés déjà ouverts. Puis la danse des gestes qui m'emmène au creux de son giron, comme une petite chose de cristal lovée contre le roc.

"Evidemment, il y a aussi le plaisir coupable de ta présence."

Le rire coule, silencieux au creux des mots. Une musique muette qui éclate pourtant comme une explosion.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 28 Déc - 14:09

    Je hochais simplement la tête à sa réponse concernant ses affaires, mises en danger par une royauté vacillante. Mais je ferais tout pour que cela ne dure pas. Néanmoins, je balayais un instant les soucis alors que Scylla m'exprimait sa joie des nouvelles inventions humaines, notamment le denim, donc. Il était amusant de la découvrir aussi intéressée que les simples humaines par la vue d'un fessier moulé dans cette matière. C'était presque incongru. Je décidais de badiner à ce sujet et lui susurrais :

    « Tu crois que ton imagination est à la hauteur de la réalité dans ce cas ? »

    Prétentieux ? Pas vraiment. Ce n'était là qu'un jeu. Sans compter qu'elle connaissait mon corps et qu'il n'y avait rien de prétentieux dans cette question. Son rire, si rare, mais si sincère en cet instant, n'avait pas grand chose à envier aux plaintes d'un violon. Mon instrument de prédilection, elle ne l'avait pas oublié et regrettait presque de ne pas m'entendre en jouer en cet instant. Sa main vola vers le précieux instrument, introuvable désormais et ayant atteint une valeur inestimable. Je ne tremblais pas qu'elle le touche, elle savait la valeur d'un tel instrument et elle ne fit que l'effleurer, songeuse. Je fus touché par son compliment, même si je savais qu'elle avait toujours aimé ce talent chez moi.

    « Il n'est jamais trop tard pour apprendre et ce n'est pas comme si le temps nous était compté pour le maîtriser. »

    Mais Scylla déclinerait sans doute la proposition. En jouer vraiment ne l'intéressait pas spécialement et elle pouvait toujours apprendre, il y avait une différence entre maîtriser un instrument et en faire de l'art. Un musicien acharné pouvait ne jamais être un artiste. Parce qu'il manquait quelque chose... Un don, tout simplement. Ce don, je l'avais eu, j'ignorais encore pourquoi et d'où il venait... De mon expérience ? De mes blessures ? De mes faiblesses ? Aucune importance finalement. Elle s'enquit de mes soucis et je lui répondis franchement, à quoi bon le lui cacher. Mon expression se fit sombre quand elle affirma que sans mon soutien, il n'y aurait plus de royauté. Sans doute exagérait-elle mon rôle là dedans, il y avait d'autres fidèles, heureusement. Mais je faisais partie des plus importants. Je lui lançais un regard perçant quand elle conclut que je ne serais jamais un traître, pour leur plus grande chance. Sa main vola vers mes cheveux et je réprimais un soupir de bien être à son contact. J'en avais besoin. Retranché dans ma solitude, j'avais besoin d'elle, tout simplement. Même si je plaisantais sur son envie de m'écouter me confier sur mes tracas inhérents à ma fonction. Je savais que sa réponse était sincère et je m'emparais de sa main, baisant doucement la chair tendre de son poignet.

    « Je sais. »

    Scylla se rapprocha alors, se retrouvant dans mes bras, que je refermais autour d'elle, riant alors qu'elle avouait qu'il y avait aussi le plaisir de se retrouver en ma présence. Je la soulevais, faisant quelques pas pour m'asseoir dans le fauteuil, Scylla toujours contre moi.

    « Et bien, oublie toute culpabilité. Tu es une distraction bienvenue. »

    Je caressais son épaule, avant de corriger :

    « Bien que distraction ne soit pas un terme très approprié. »

    Je marquais une pause, hésitant à en dire davantage. N'était-ce pas lui donner tout pouvoir sur moi désormais que de lui avouer ce que j'éprouvais à son contact ? N'était-ce pas me rendre avant même de me battre ? Et quel combat étais-ce censé mener contre elle ? Je ne savais plus... il me semblait avoir déjà déposé mes armes... Dés le moment où nos corps s'étaient retrouvés, ou je lui avais tout donné et tout offert.

    « Malgré ma place, toutes les personnes qui gravitent autour de moi, je suis seul... Et il n'y a que toi qui sait percer cette solitude. »

    Un aveu qui me coûtait, lui donnant encore davantage de pouvoir, mais je prenais le risque.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 28 Déc - 15:54

Le feu bleu filtre entre le sombre de mes cils. Mais l'amusement se peint avec langueur sur mes lèvres.

"Il est des choses qu'il faut sans cesse redécouvrir..."

Le murmure s'éprend de velours, d'un rire qui se tait mais demeure. La musique fut toujours son refuge. Je l'envie. Comme un murmure moqueur qui étreint ma conscience. Mon seul refuge sera son sourire. Privée de lui, je serais ce qu'il hait le plus au monde.

"Apprendre ? Sans doute as-tu raison mais, las, je n'ai aucun talent pour la musique. Mais je l'apprécie pour ce qu'elle est."

Surtout naissant de ses doigts. Elle révèlait ce qu'il ne voulait dire. Ce qu'il ne pouvait dire. Ce qu'il cachait et dissimulait. Comme les tourments, les pleurs...Les tourments d'une royauté enfantine, fragile, pathétique. Je n'avais cure de qui reignait. Il le savait. Mais si je ne pouvais être une loyale servante, je serais ce qu'il voulait que je sois.

Ma peau frissonna sous la caresse de ses lèvres. L'ombre de mes cils s'étendit sur l'azur de mes iris.

"Distraction ? Oh Nicolas, prends donc garde à tes mots, je pourrais presque en prendre ombrage."

Mais il n'en sera rien et il le sait. Cachée, presque dissimulée par ses bras. Le monstre s'endort si profondément qu'il ne reste que moi. La puissance réduite à néant juste par sa présence. Juste sa voix. Un aveu terrible et délicieux. Juste quelques mots qui s'écoulent telle une chape de velours écarlate sur ma psychée.

"Ils ne savent rien de qui tu es. Ignore ce dont tu es capable. Oublie tes rêves pour ne voir qu'une seule chose...Le pouvoir qui dort entre tes doigts. Tu as choisis un monde de défiance et de trahison. Mais je refuserais à jamais ta perdition."

Et je serais la pire malédiction jamais proférée sur le monde dans ce cas précis. Mon diamant le plus précieux. Juste un monde qu'il m'ouvre sans jamais le savoir, sans le deviner. L'araignée tisse sa toile en silence, derrière un sourire de joie et de servitude.

"Je serais ton conseil si tu me le demande."

Juste un chuchotement délicat, une promesse ensommeillée dans les mots. Juste cela.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 28 Déc - 20:51

    A ma provocation, elle répondit simplement qu'il y avait des choses qu'il fallait redécouvrir et j'acquiesçais avec bonne humeur.

    « Nous sommes d'accord. »

    Voilà qui promettait encore de nombreux, délicieux et sulfureux ébats entre nous. Comment avais-je pu me priver de cela pendant tout ce temps ? Ses bras avaient un goût de paradis. Je me damnais chaque fois davantage, conscient de sombrer dans l'étreinte d'un démon. De la plus irrésistible des succubes... Qu'une telle femme ai jeté son dévolu sur moi avait quelque chose de flatteur, non ? Ou bien étais-je aveuglé par son aura ? Par un sentiment que je refusais de nommer ? Tout ce temps, cette haine n'avait été qu'un écran de fumée, si facilement dispersé sitôt qu'elle fut de revenue... Balayé par ses mains, par son souffle, par sa simple présence. Il était aisé de me draper dans ma rancœur loin d'elle, mais une fois confronté à elle, cela n'avait pas tenu et je m'étais confronté à mes propres erreurs, à ma propre monstruosité... Je m'étais perdu avec délice, tout simplement. Je n'avais jamais été fait pour la lumière, qu'importe ce qu'avait essayé de faire Gabrielle de moi. J'avais tout balayé pour retourner aux ténèbres et malheureusement, je m'y complaisais. Et c'était cette vérité que je haïssais, bien au delà des mensonges de Scylla, de ses manigances, du sang d'innocents qu'elle avait sur les mains...

    Alors qu'elle s'extasiait de mon don pour la musique, je lui proposais de lui apprendre à jouer, sachant pourtant que ce n'était sans doute pas là le but de sa réflexion. Et je ne fus pas surpris qu'elle refuse, arguant le fait qu'elle n'avait pas de talent pour la musique, mais savait pourtant en apprécier toute la beauté... Tout ce qu'elle pouvait receler, ce langage bien particulier, inaccessible aux profanes. Mais Scylla m'avait compris, il y a déjà bien longtemps de cela. Elle savait voir au delà des apparences, ayant une sensibilité bien plus grande ce qu'elle pouvait laisser penser.

    Je pris sa main, baisant son poignet tout en m'estimant heureux qu'elle soit là, la qualifiant de distraction, un terme que je corrigeais assez rapidement alors qu'elle me faisait remarquer qu'elle pourrait se vexer de ce qualificatif.

    « Presque. Mais tu sais que les mots sont parfois maladroits. Surtout qu'aucun ne saurait décrire réellement ce que tu m'inspires. »

    Même venant de moi, même si je les maniais mieux que la plupart des gens. Et je me surpris à un aveu de faiblesse alors que nous nous retrouvions lovés l'un contre l'autre, terriblement proches. Pas de pulsions sexuelles pour le moment, même si le désir était toujours présent. Juste un échange, une intimité qui n'avait pas besoin de la fusion de nos corps et c'était bien là ce qui était dangereux... S'il n'y avait que que du désir entre nous... Mais il n'en était rien, il y avait tellement plus. Tellement que je pouvais me confier à elle et jouir de sa conversation toute la nuit sans m'en lasser. J'eus un sourire las à ses paroles.

    « Tu sais que je n'ai jamais couru après le pouvoir. »

    Même si effectivement, j'en détenais davantage que je n'en aurais jamais rêvé. Mais ce n'était pas cela qui me motivait à continuer à avancer, à soutenir la royauté, à devenir un conseiller, un proche.

    « Et toi, sais-tu qui je suis ? »

    Probablement... Qui j'étais en tous les cas. Je souris de façon bien moins amère quand elle assura qu'elle refusait ma perdition.

    « Je ne me perdrais pas. »

    J'avais toujours suivi une ligne de conduite jusque maintenant et n'en dérogerais pas. Et après tout, n'avait-elle pas constater que j'étais fort et droit, malgré toutes ces années ?

    « Mon conseil... D'aucuns verraient là une menace... J'espère que jamais notre lien réel ne sera découvert, car alors, tu deviendras un réel danger. Tu as sans doute déjà trop d'importance... »

    J'avais murmuré les derniers mots, comme une fatalité. Je relevais les yeux vers elle, cherchant son regard clair.

    « Peux-tu me promettre de ne jamais rien faire pour nuire à la royauté que je sers, Scylla ? Puis-je avoir confiance en toi pour te faire gardienne de mes tourments, de mes doutes, sans jamais craindre, qu'un jour, tu ne dévastes ce en que je crois ? »
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mar 30 Déc - 16:46

Ma nuque ploie doucement. Et les lanières sombres de mes cheveux englobent d'une caresse aérienne l'arrondit de ma joue. Lire l'azur serait impossible et délicat dans le même temps.

"Flatteur..."

Souffle fragile résonnant d'un rire éthéré. Image trompeuse pour qui me connait. Il nit savoir le faire mais parfois, le reflet qu'il me renvoi brille d'une vérité dérangeante.

"Il est inutile de le vouloir pour l'avoir. Mais il est infidèle et meurtrier, le tenir avec des chaines d'or sans cesse refondue dans la volonté et l'ambition. Je me suis souvent amusée des travers qu'il faisait naitre chez les hommes et les femmes."

Et j'avais ricané sur le chemin destructeur qu'il traçait derrière lui. L'ambition est une compagne avide et traitresse. Il m'était arrivé d'en être la plus précieuse alliée. Le bleu se mêle de ténèbres lorsque je le regarde.

"Parfois je crois saisir les contours mais cela s'effrite entre mes doigts."

Il n'existe pas d'amertume dans mes mots. Et j'aimais réécrire ce que je pensais savoir. La fascination demeurait toujours présente, forte et à jamais affamée. La ligne rosée de mes lèvres s'incurve lentement, paresseuse petite fleur qui ne s'ouvre qu'à peine.

"Une menace ? Tu sais pourtant que lorsque je le fais, c'est une évidence. Ce qui nous lie restera enfoui profondément, n'ai crainte de le voir révéler, sauf si tu te pique de trop d'honnêteté. On me sait proche de toi et la question me fut déjà posée. Dis moi Nicolas, sauras-tu mentir à tes propres reines ?"

Mesquinerie en filigrane d'une voix douce. Moquerie car il sait que je n'ai de loyauté que son nom. Le reste m'importe peu. Il le devine et ne peut s'empêcher de craindre. La cruauté étend un instant ses bras au coeur de mes iris. La voracité aussi.

"Je ne dévasterais que lorsque tu n'y croiras plus. Quant à tes reines...Nous verrons si elles sont à la hauteur des attentes de leur mère. Je ne les ai pas choisis par choix et croyance, Nicolas."

Je les ai choisis parce que lui croyait en elles. Erreur ou non, seul l'avenir posera les pavé d'un futur bien sombre.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mer 31 Déc - 19:32

    « C'est si facile de l'être avec une telle muse. »

    Oui, j'étais un beau parleur, oui je savais flatter pour amadouer. Mais Scylla savait que je n'avais pas besoin de cela pour elle. Elle était déjà amadouée de toutes façons, mais quelques compliments n'étaient jamais superflus auprès d'une telle femme ? Je n'étais pas adoration devant elle, et je n'avais sans doute pas besoin de mots pour qu'elle sache ce qu'elle pouvait m'inspirer. Je ne portais plus de masques en sa présence et elle savait lire au fond de mes iris sombres. Elle savait la poésie, comme la violence, l'insouciance comme la noirceur... Les tourments qui avaient agité mon âme. Qui l'agitaient encore parfois, retranché dans la solitude. Mais ainsi serrés l'un contre l'autre, nous nous prenons à discuter. De ma position notamment, du pouvoir qui est mien, malgré tout, même si je ne l'ai pas brigué. Certains en rêvent et ne l'obtiennent jamais. D'autres y parviennent mais ne savent le conserver. L'avenir seul dira ce qu'il adviendra pour moi.

    « Penses-tu que tu t'amuseras de ce qu'il fera naître en moi ? »

    Penses-tu que j'y céderais comme les autres, que je m'enivrerais et désirerais le garder ? Crois-tu que je sois du bois du commun, que je me laisse si facilement distraire et détourner de mon objectif ? Crois-tu Scylla que je changerais, corrompu par lui ? Non. J'espérais qu'elle croyait assez en moi pour savoir que cela ne me changerait pas. Et quand je lui demandais si elle me connaissait vraiment, sa réponse amena un sourire matois sur mes lèvres, ravi qu'elle ne soit certaine de rien, qu'il y ai encore des zones de mystères et des choses à découvrir.

    « Tu es pourtant celle qui s'approche le plus de la vérité. »

    La personne la plus proche de moi, celle qui m'a fait naître à la nuit. Elle a eu accès à mon âme. Qui est sans doute dangereusement proche de l'effleurer encore. Je m'inquiétais pourtant que nous soyons si proches et surtout, que cela se découvre. Car l'on pourrait penser que Scylla soit un danger, compromettant ma loyauté envers la royauté. Cela est sans doute le cas, si l'on se mêle de cela, si on l'écarte, si l'on m'interdit de la compter dans mon entourage. Avec moi, le montre est assoupi et elle n'est que femme. Privée de moi... La bête se déchaînerait. Une chose que je ne peux expliquer quand confirmer qu'elle est dangereuse, quand bien même je maîtrise la situation. Et au delà de ça, sa présence m'apaise et j'ai l'impression d'être complet, en paix... Je lui lançais un regard sombre quand sa question vint me piquer. Elle savait mordre.

    « Qui t'a donc interrogé ? »

    Je préférais savoir qui était déjà soupçonneux.

    « Il existe bien des vérités et la frontière est parfois mince avec le mensonge. Les mots sont à double sens, ce n'est pas à toi que je l'apprendrais. Je protégerais ce que nous sommes. »

    Il n'y avait pas d'autre choix. Il me faudrait déployer tous mes talents pour noyer le poisson et si la question était finalement posée... Mais pourquoi le serait-elle ? Pourquoi penser que parce que Scylla était proche de moi, elle soit ma créatrice et pas simplement une maîtresse chère ? Il n'y avait pas de raison de penser à ce lien si spécial. Et quand je lui demandais si elle serait un jour une menace je soupirais à sa réponse. Elle me suivrait moi, tout simplement, n'ayant que faire de qui régnait.

    « En quoi crois-tu Scylla ? »

    Si elle ne croyait pas en la royauté, si elle se moquait du pouvoir... Que voulait-elle ? Qu'est-ce qui motivait son existence ?
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Ven 2 Jan - 20:45

Sa question fait naitre un sourire presque sournois sur mes lèvres. Et la pulpe de mes doigts suit lentement la ligne des siennes.

"Tu n'es pas un terrain fertile pour ce genre d'oubli, Nicolas. C'est sans doute ce qui te rend précieux pour la royauté."

Parce qu'il ne sera jamais le murmure de la traitrise. Ni le receptable de l'envie pernicieuse qui corromps. Et malgré cela, il demeurait une ombre que j'effleurais sans jamais réellement l'étreindre. Un cauchemar sans cesse renouvelé. Esquisser aux doigts des ténèbres.

"Cela est sans doute vrai..."

Il était né de mes désirs égoïstes, forgé dans la maladresse d'une cruauté encore futile. D'un besoin étrange et que je n'avais jamais réellement compris.

Un ricanement cristallin m'échappe lentement. Comme une arythmie étrange. Son regard fait de nuit m'épingle. Il nait un frisson.

"Il semblerait que le chien de la reine n'ai pas toujours eu la truffe dans son giron."

L'azur s'affine lentement. Une lame glacée recouverte de velours.

"Mais je peux comprendre ce réflexe protecteur. Tu as raison, Nicolas, je suis un danger...Seulement se prévaloir de connaitre mes intentions est difficile."

Pour ne pas dire impossible. Mais le chien possède un nez fin. Sans doute était ce pour cela qu'il pouvait se prévaloir d'une certaine affection de ma part. Pathétique non ?

"Alors...Il n'y a pas de raison que la connaissance soit n'est ce pas ? Du moins....Jusqu'a ce que je te libère."

Et je ne savais si ce jour viendrait. Égoïste monstre de ténèbres. Possessive. Exclusive. Je n'étais qu'un diamant de défaut passionné.

"En toi. Il me semblait que c'était évident. Les reines ne sont que des enfants, leur pouvoir n'est rien. Comment y croire ?"

Je ris parce que je n'ai pas cru dans le pouvoir de leur mère d'une certaine façon.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mar 6 Jan - 20:10

    Délicieuse caresse qui me fait frémir alors que sa réponse a tendance à me gonfler de fierté... Voilà un péché que j'essayais de tenir éloigné le plus souvent possible. C'était bien la vanité, l'orgueil qui conduisait à la perte. Et je ne me laissais pas ainsi enivrer par la flatterie, essayant de ne pas oublier d'où je venais, ce qui m'avait forgé. La vie avait puni l'insouciance et l'arrogance, je refusais de l'oublier. Malgré tout, je souris aux compliments de Scylla parce que je savais comme ses compliments, rares, n'étaient que sincères. Et comme elle était celle qui me connaissait le mieux, devinant des pensées et des tourments qui échappaient aux autres, quand bien même je les avais fréquenté plus longtemps. Parce que Scylla m'avait connu quand j'étais humain, parce qu'elle m'avait vu naître vampire. Elle avait vu ma douleur mes égarements... Je lui avais tout offert, tout donné, dans ma naïveté béate. Et aujourd'hui, je craignais que notre intimité ne devienne un problème pour celles que je servais. Elle ne devait pas être considérée comme un danger, ni comme une distraction. Ni une rivale à ma loyauté. Et je ne pourrais pourtant blâmer Jana ou Morgane de s'interroger à ce sujet... Ce serait même intelligent. Moi-même, je ne savais si je pouvais faire confiance à Scylla ou pas. Elle était trop secrète pour que je devine ses intentions.

    Malheureusement, on s'était déjà interrogé la concernant. Nous concernant. Et quand je demandais à Scylla qui l'avait pistée, je ne retins pas un soupir fataliste quand elle m'apprit qu'il s'agissait de Torben. Le limier de la reine oui. Espion, assassin... Il ne pouvait que remonter à elle et s'interroger. L'interroger.

    « Non en effet. Lui as-tu menti ? »

    Probablement. Sinon, les reines sauraient déjà. Il n'appartenait pas à Torben de conserver ce genre d'informations pour lui. Elle m'annonça alors qu'il était difficile de deviner ce qu'elle désirait faire et je ne pus qu'acquiescer.

    « Je n'ai pas cette arrogance. »

    Je caressais distraitement sa hanche.

    « Et je regrette de ne pas savoir lire en toi comme il peut m'être aisé de le faire avec d'autres. »

    Si j'avais su... Bien des quiproquos auraient été évités. Mais non, Scylla était de la fumée qui me filait entre les doigts et que je ne savais retenir. Et quand je pensais savoir... je me trompais le plus souvent. Peut-être cela changerait-il désormais. Je savais pourtant être le seul à détenir les clés de son passé, l'essence de son âme. Restait à apprendre à m'en servir. Et quand elle me demanda si moi-même, je saurais mentir à celles que je servais, je biaisais, redoutant la réponse et ne pouvant la prévoir. Elle parla alors de me libérer de ce lien qui m’enchaînait à elle et que je n'avais pourtant jamais ressenti. Elle n'en avait jamais usé...

    « Le poids de ces chaînes n'est guère lourd à porter... Jamais tu ne t'en es servi contre moi... Pourquoi ? »

    Cela aurait été si facile de me forcer à rester avec elle, de me forcer à être ce qu'elle voulait que je sois... Mais elle ne l'avait pas fait, avec sagesse d'ailleurs. Les choses n'auraient pu être ce qu'elles étaient en train de devenir si elle avait fait cela, si elle n'avait laissé l'eau couler sous les ponts.

    « Aurais-tu peur de m'en délester ? Craindrais-tu qu'alors, rien ne me retienne auprès de toi ? Que c'est là une menace planant sur ma tête ? »

    Je lui demandais alors en quoi elle croyait et sa réponse ne me surprit pas. Un sourire malicieux orna mon visage alors que je répliquais :

    « C'est que je n'ai pas encore vu d'autel pour me vénérer vois-tu. »

    Puisque j'étais sa croyance. Mais je repris un peu de mon sérieux.

    « Morgane est pourtant plus âgée que moi. Et nous savons tous deux que ce n'est pas le nombre des années qui impose le respect. Elles réussiront. »

    Je haussais les épaules.

    « Crois-tu en un monde où il n'y aurait aucune autorité pour nous régenter ? »
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 11 Jan - 15:30

La danse d'un sourire s'anime. Douceur englobée de mensonge et de vérité. Lui ais je mentis ?

"Non. Je ne lui ai pas mentit. Mais les mots possèdent une telle nuance que la vérité fait parfois office de mensonge ou le contraire."

Et les mots me font rire. Ils sont faux et vrais tout à la fois. De sa caresse nait un frisson atrocement délicieux.

"Parfois tu ne gouterais guère ce que tu y lirais, Nicolas."

Parce que j'étais ce qu'il ne serait jamais. J'étais un dés de diamant avec tellement de facettes, tellement de reflets. J'étais maudite, bénie, tout à la fois. J'étais un monstre à bien des égards. Et mes pensées n'étaient pas que sérénité. Comme mon égoïste, ma voracité, ce poison qui courait dans mes veines, ravivé par son regard, bouillonnant sous sa voix. L'azur se pare d'ombres délicates, ces chaines d'or, elles dorment entre mes griffes. Monstre d'égoïsme, il me suffirait d'un mot pour les laisser échapper et ce mot...Je hais ce mot...Pas encore, pas maintenant. Peut être jamais...Et pourtant, il a raison, jamais je ne l'ai étranglé.

"Veux tu le voir comme une menace Nicolas ? Voudrais tu que ce le soit ? Sache le, ce collier m'a été gardé si serré autour de mon âme qu'il me vient parfois la haine de le détruire. Un mot apporte le soulagement et en même temps, la perdition. Il n'y a pas de raison, n'en cherche pas."

Il n'y a que moi. Moi et ma faim dévorante. Moi et ce regard vipérin. Moi. Et le rire coule, comme un nectar qui s'abreuve d'ambroisie.

"Te vénérer ? Défends toi de cette arrogance Nicolas, cette nuit n'est encore pas venue."

Et le bleu s'affine, perçant, brulant :

"L'une est inexpérimentée, protégée par sa mère, mariée puis veuve sans éclat sur la scène. L'autre n'est qu'un éclat incontrôlable et irréfléchie. Le respect peut se feindre mais je souhaite pour toi que tes paroles se révèlent vraies."

Auquel cas....Rien ne serait plus.

"Non et oui. Nous sommes une race qui ne reconnait que la force, Nicolas. Et celle de tes reines est bien faible, tu ne peux le nier. Morgane est agée mais si peu connue, si peu présente que son pouvoir n'est rien. Jana ? Elle n'est qu'une enfant dans la pensée de beaucoup et tu ne peux le nier. Si tu dois en faire des reines...Il te faudra une force les dépassant."

Sombres présages ou expérience ? Qui sait. Constance elle même a révélé ses crocs par ennui, insatisfaction. Et rien ne dit que, dans l'ombre, Julien ne s'essaye pas a d'autre projets.

"Julien a échoué parce qu'il a été trop pressé...Mais si il avait attendu, posant ses pièces lentement mais surement sous le mensonge d'une loyauté sans faille...Dis moi Nicolas, qui serait roi ?"
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mar 20 Jan - 17:52

    Pourquoi n'étais-je pas étonné de la réponse de Scylla ? Elle n'avait pas besoin de mentir pour embrouiller les esprits, je le savais mieux que personne. Elle avait ce talent de manier les mots et de laisser entendre exactement ce que l'on désirait. Pas besoin de mentir ouvertement. C'était de la manipulation, et Scylla élevait cela au rang d'art, à part entière.

    « Et tu es passée maîtresse dans cet art. »

    Juste une constatation. Pas un reproche, ni de l'admiration. En fait, j'étais assez partagé... Intellectuellement, je devais saluer sa capacité à demeurer nébuleuse, à tromper ainsi les gens, serpent sinueux. D'un point de vue plus intime... Elle avait su me manipuler pour ne pas que je devine la vérité, elle m'avait fasciné... Elle plaidait que je n'avais pas réclamé la vérité mais... Je me demandais si tout ce qu'elle faisait n'était pas simplement inconscient. Sa façon d'être... une protection pour continuer à vivre malgré les horreurs vécues. En tous les cas, elle ferait une politicienne redoutable. Il était heureux qu'elle ne s'y intéresse pas. Si c'était pour ne pas être dans notre camp, c'était pour le mieux. En revanche, quelle ambassadrice elle aurait fait... Et quelle reine également, bien que cette pensée soit absurde et proche de lèse majesté. Mais elle avait une présence, une grâce naturelle qui en imposaient, malgré son désir de demeurer une ombre dans cette société. Et je savais que c'était là le discours d'un homme totalement sous le charme d'une femme.

    Je lui confiais alors mon regret de ne pas être capable de lire dans son esprit. J'étais assez intuitif avec les autres, j'arrivais généralement à les cerner, à deviner ce qu'ils désiraient cacher, mais avec Scylla... Je me heurtais à un mur. Quand je pensais la comprendre, elle me surprenait encore. Elle était un diamant aux milles facettes et je n'avais pas fini d'en faire le tour. Elle était imprévisible également. Elle me rétorqua que je n'aimerais sans doute pas ce que je pourrais y lire.

    « Je suppose. »

    Je ne me faisais pas vraiment d'illusion à ce sujet. Elle avait raison. Il y avait dans son esprit des ténèbres que je préférais sans doute ne pas connaître. Notre relation était déjà tellement complexe... Et cette confiance bien fragile. Nous étions en train de tout construire. Mieux valait que certains secrets demeurent cachés. Mais quand nous abordâmes le sujet de notre lien, de ces chaînes invisibles dont elle aurait pu se servir pour me faire obéir, je lui demandais naturellement pourquoi elle ne l'avait pas fait alors qu'elle détenait ce pouvoir. Sa réponse me satisfit à peut prêt. Soit j'acceptais l'idée que parce qu'elle avait été étranglée, elle n'ai pas désiré faire de même avec moi. Je déclarais alors gravement :

    « Il est malheureux que celui qui t'a créé ne soit plus. Je me serais fait un plaisir de lui rendre au centuple ce qu'il a pu t'infliger. »

    Et j'étais sincère. C'était un tel gâchis... Une telle cruauté. Cela ne devait plus exister. Malgré tout, je me permis une petite touche d'humour et la réponse de Scylla ne fit que gonfler mon rire.

    « Mais elle viendra. »

    Le regard que je lui lançais en disait long. Ah il serait flatteur d'être vénéré par quelqu'un comme elle. Je n'avais pas cette prétention, mais le jeu guidait mes paroles. Même si le sujet des nouvelles reines était épineux et que j'étais blessé que Scylla se montre si dure dans ses propos. Elle n'avait pas forcément tort et était sans doute le porte parole de la population qui ne connaissait pas Jana et Morgane et ne devinait pas leurs ressources et leurs qualités. Au discours de Scylla, je soupirais et rejetais la tête en arrière. Son regard critique était sans doute judicieux, mais pas réconfortant.

    « Je sais... »

    Julien n'avait pas eu tort. Il avait commis l'erreur d'être trop rapide, mais il avait des arguments recevables. Il fallait apprendre de cette erreur et corriger le tir. Il fallait que Jana et Morgane en imposent, rayonnent de charisme comme leur mère avant elle.

    « Une petite dose d'optimisme serait la bienvenue, j'ai l'impression que ma mission est vouée à l'échec. »

    Sauf que je détestais perdre. Rien que pour cela, je redoublerais d'effort. Mais en cet instant, l'idée de filer d'ici avec Scylla, de m'éloigner, juste pour une nuit et de tout oublier avait quelque chose de terriblement tentant.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mer 21 Jan - 4:01

Le monstre se repaît du chaos et cela sera toujours. Qu'importe, rien ne m'inquiètes car les rênes sont bien tenues, glisser entre ses doigts, envoûtées par ses lèvres. Parfois la sauvagerie s'ébroue et montre les dents...Pourtant il n'y a qu'une douceur vorace qui nage dans mes iris.

"Nul ne peut être sûr de sa disparition. Ce ne fut pas sa mort qui m'a libérée..."

Peut être erre-t-il encore, peut être la mort l'a étreint. Je ne sais que souhaiter. La douleur et la souffrance en compagnes éternelles. Le lent poison de l'immortalité...Mais ces pensées s'éloignent doucement alors qu'il n'existe plus que lui et les sombres tourbillons de ses iris.

Si droit. Si pur...Dis moi Nicolas, quelle lumière as-tu projeté sur ma nuit ? Le vénèrerais je un jour ? L'idée est rieuse, étrange et sensuelle. Une pensée diffuse...Une saveur sucrée. Le jour de mes lèvres esquisse un sourire nébuleux. J'oppose a son regard l'atroce vérité d'une royauté qui se meurt. Je lacère des rêves sans doute, des croyances, qu'importe, il doit savoir.

La pulpe savoureuse de ma bouche se pose un instant sur la gorge offerte. Un parfum entêtant, exhaltant...

"Tu n'es pas un homme d'échec Nicolas... Demande mon aide et tu l'obtiendras, tu le sais."

Juste la caresse de sa peau sur ma bouche au gré de mes mots...

"Le feras tu ?"

L'azur étincelle de rire mais d'attente aussi. Une douce mélodie qui s'éveille à la glace...

"Je suis la noirceur, Nicolas...Je ferais ce que tu répugne à faire..."

La pureté d'une canine affamée s'éprend du carmin...Une perle rouge, écarlate que je recueille si délicatement qu'il n'est qu'un souffle au crépuscule. Le frissonnement délicat qui apaise l'ombre qui me hante.

"Je ne saurais jamais si je dois embrasser ce que tu provoque en moi ou le tuer à jamais..."
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Jeu 22 Jan - 20:40

    La réponse de Scylla me surprit et cela dut se voir dans mon expression. De la surprise qui se mua en désir de vengeance, en une résolution inébranlable. Alors s'il n'était pas mort... Si je croisais sa route, je lui ferais regretter ce qu'il avait fait d'Ada. Il avait été l'artisan du monstre tapi en elle. Il n'était pas le seul, mais sa mère était à jamais hors de portée.

    « Comment cela est-arrivé ? »

    J'avais posé la question d'une voix douce. Je découvrais son passé par quelques pans qui se levaient lentement, quand elle acceptait de me livrer ses bribes d'histoire. J'en savais bien davantage qu'à l'époque, mais il en demeurait encore beaucoup à découvrir. Notamment les détails. Je ne m'étais jamais posé la question concernant son créateur et quand elle m'avait évoqué sa façon de la traiter, j'en avais conclu qu'il était mort et qu'elle avait ainsi été libérée de son influence néfaste. Apparemment, je me trompais. Alors pourquoi lui avait-il rendu sa liberté ? S'était-il lassé de son jouet ? Avait-elle réussi à le manipuler pour arriver à ses fins ? La curiosité me dévorait.

    La suite de la conversation était infiniment plus déprimante. Scylla pointait avec lucidité et cruauté les défauts de ce régime, des défauts imputés principalement aux deux reines qui avaient leurs preuves à faire et n'en avaient malheureusement pas le temps. J'en arrivais presque à souhaiter qu'il y ai une crise, un événement grave, pour qu'elles se révèlent et gagnent ainsi le respect de leur peuple. C'était un pari risqué, car elles pouvaient se tromper et provoquer tout l'effet inverse, mais je demeurais un rêveur et un utopiste et moi, je croyais en elles. Malgré tout, j'étais las et je laissais voir cette lassitude à Scylla. Je frissonnais quand ses lèvres effleurèrent ma gorge ainsi offerte et ne bougeais pas, savourant cette sensuelle caresse. Ainsi que la proposition ainsi faite.

    « S'il le faut oui, même si je préférerais te tenir éloignée de tout cela. »

    Pourquoi ? Je ne savais pas... je ne voulais pas l'impliquer dans les tourments du pouvoir, elle qui s'en était toujours tenue éloignée. Et je grimaçais quand elle m'assura qu'elle ferait ce qu'il me répugnerait. Je tressaillis sous la légère morsure, mais redressais la tête pour la regarder, presque sévèrement :

    « Non. Non, je ne veux pas que tu tiennes ce rôle. Je cherche à chasser la noirceur, je ne saurais... t'utiliser de cette façon. »

    Intellectuellement, je reconnaissais la justesse de cette proposition et toutes les possibilités qui s'offraient à moi. Le rôle que Scylla pourrait jouer à mes côtés. Mais... De façon égoïste, et irraisonnée, je voulais la tenir éloignée de cela. Ma mission était de chasser les ténèbres, pas de m'en servir. Je sentis malgré tout mon désir s'éveiller sous sa caresse d'apparence si innocente. Je resserrais mes bras autour d'elle.

    « Si tu veux, je te mets sur la voie. »

    Je l'embrassais alors, mon désir s'embrasant à ce contact.

    « Dis-le. Dis-moi ce que je provoque en toi. »

    Je chuchotais contre ses lèvres, avide de ses aveux.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Sam 24 Jan - 23:53

L'azur glisse un instant entre les ténèbres de mes cils...

"Qui sait...Il n'y a jamais eu de réalité avec Rociel. Du moins autre que la sienne, une fois qu'il n'y a plus rien a briser...Il disparait."

Il y avait eu la fascination de l'être qu'il était. Quelque chose que rien ne pouvait réellement touché. La jeunesse, la dépravation, l'amertume et la haine qui me gardaient dans leur tenèbre...Il n'avait jamais su les chasser, il ne l'avait jamais voulu. Cultiver leur racine l'amusait bien plus. Qu'importe, la nuit l'a engloutit depuis bien longtemps et son parfum ne me parvient plus depuis des siècles.

Lui proposer le gouffre de ma noirceur en esclave n'est qu'une suite adorée. La surprise imprime un instant sa marque au coeur du ciel de glace et l'écarlate s'incurve un peu plus alors que s'adoucissent les gestes...

"Tu le feras si le choix ne t'ai pas offert...Ne t'inquiètes pas, il me suffira d'un regard..."

Ce regard presque sévère qu'il me glisse, que je souligne d'un pouce amusé et moqueur. Aérienne je me fais conquérante, laissant mes paumes se perdent de chaque côté de sa tête, plonger dans ses cheveux au gout de soie alors que s'incline la reine que je peux être sous le joug qu'il m'impose. L'azur chavire lentement, sûrement, apaisant les ombres qui nagent sans cesse dans leur coeur.

"Les mots...n'ont parfois pas de pouvoir, Nicolas."

Un murmure qui se perd dans mes propres cauchemars tandis que je le regarde. L'éclat dansant au creux de mes mains...Des traits qui ont tellement hanté mes nuits qu'ils en deviennent presque irréels même présents. Même me faisant face...

"Je n'ai pas appris comment faire..."
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 25 Jan - 17:23

    Je fronçais les sourcils alors que Scylla me répondait simplement ne pas savoir pourquoi elle avait été libérée de ses chaînes. Apparemment, son créateur était encore plus insaisissable qu'elle. Et bien plus fou. Je ne pensais pas Scylla folle, pas dans le sens péjoratif du terme, mais il était évident que sa psyché avait été malmenée, abîmée. Et c'était à moi de la réparer, c'était pour cela qu'elle était revenue vers moi. Sa façon d'en parler, ce qui émanait d'elle, ce que j'imaginais être arrivé suite à ses récits minimalistes provoquaient en moi une bouffée de tendresse et un puissant désir de la protéger. C'était sans doute idiot, Scylla n'avait pas besoin d'être protégée, elle avait survécu jusque là sans moi, elle survivrait encore. Pourtant... Elle avait peut-être trouvé ses limites. Peut-être était-ce cela qui l'avait conduite à moi il y a quelques semaines. Elle n'avait jamais répondu à ma question du pourquoi maintenant. A vrai dire, elle répondait rarement à mes questions de façon tranchée.

    Mais quand elle m'assura de son aide si je lui demandais et surtout d'accomplir les basses besognes que je ne saurais employer, je me rebellais, renâclant à l'idée de me servir de cette noirceur qu'elle affichait en étendard, alors que je désirais justement ramener un peu de lumière au creux de son âme. Même si je devais reconnaître que sa proposition était séduisante... Krystel avait eu Torben. Scylla pouvait tenir ce rôle auprès de moi. Elle me l'offrait sur un plateau. Je refusais pourtant. Elle ne s'en formalisa pas, assurant que je le ferais si je n'avais pas le choix, ce qui était sans doute vrai.

    « En dernier recours... »

    J'avais murmuré, ne refusant plus d'un bloc, mais n'acceptant pas non plus vraiment. Autant laisser cette proposition en l'air. La question ne se posait pas encore. Quand elle se demanda si elle devait adorer ou étouffer ce que je faisais naître en elle, je l'embrassais pour lui donner un début de réponse. Ses mains glissèrent dans mes cheveux. Tout était tendresse, alors que la passion s'invitait subtilement sous sa délicate morsure.

    Et quand je lui demandais ce que je lui inspirais, elle sembla se troubler, incapable de trouver les mots, incapable de décrire ses sentiments qu'elle ne comprenait pas. Je souris alors que ma main glissa jusqu'à sa poitrine, se posant à l'endroit de son cœur.

    « Il est encore temps d'apprendre... »

    Je ne la quittais pas du regard.

    « Ah qu'il est surprenant de te voir user des mots jusqu'à noyer tes interlocuteurs dans les méandres de ta rhétorique et d'être incapable de décrire ce que tu ressens... en toute simplicité. »

    J'enfouis mon visage dans sa gorge, humant son effluve unique, léchant la peau d'albâtre et soupirant, enivré. Je commençais alors à lui livrer mes propres émotions.

    « Je suppose que pour apprendre, il faut un exemple... Je m'en veux tu sais ? Je m'en veux d'être là avec toi alors que tu es l'instigatrice de mes maux. C'est idiot. Idiot de penser devoir être fidèle à une femme morte il y a plus de 400 ans. Idiot d'avoir l'impression de la trahir en me trouvant avec la femme qui l'a tuée. Ma haine à ton égard trouve sa source dans ce sentiment de culpabilité, dont je commence à me débarrasser. J'ai voulu m'y raccrocher, mais il a suffit que tu reviennes pour que je comprenne que c'était vain et que ce n'était là qu'un écran de fumée. Je te désire. Je t'ai toujours désiré. Mais au delà de ça, j'apprécie ta compagnie, je la recherche même... Tu es un refuge dans une époque tourmentée. J'aime ce rôle qui devient tien. Et toi ? »

    J'avais cessé de lui embrassé la gorge pour la regarder de nouveau.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Ven 13 Fév - 18:50

"Parce que je ressens est bien trop nuancé pour supporter le poids d'un mot...Chacun d'entre eux se heurterait a ce qu'il ne peut définir."

Un tourbillon intense de lumière, de ténèbres. D'envie, de haine, de jalousie...De douceur, de tendresse...Tous ces contraires qui ne forment qu'une seule tempête, m'arrachant des lambeaux de raisons, de conscience.

La glace s'embrase le temps d'un souffle de la noirceur de mes cils. La gorge ploie et s'offre. La vie. La mort... Que sont ses mots en vérité ?

"Il fut une époque où il n'y avait que rage, revanche et regret...Maladresse aussi...Comprends tu ? Je n'étais qu'une enfant égoïste, terrifiée par ce que tu étais, par ce qu'elle était. Envieuse sans aucun doute. La lumière dans tes yeux lorsque tu la regardais...Combien l'ais je haït. Je ne regrette pas non...Mais si la patience avait été mienne, aurais je pu éviter tant de blessure ? Je ne sais pas, Nicolas."

L'azur affronte la noirceur sans flaibir. Je sais depuis longtemps ce que sont mes péchés. J'ai piétiné des vies, des existences.

"Je suis capable d'une cruauté que tu préfère oublier mais qui s'endort lorsque je te regarde. Ce que j'ai voulu, je l'ai obtenu. Par venin, par haine, par destruction...Car là sont mes armes les plus affûtées et que je ne connais rien d'autre...Je le savais déjà à l'époque...Que tu serais ce lien qui me rapelle sans cesse qui je suis...Ce reflet que je hais mais que je dois regarder pour ne pas oublier. Voilà pourquoi je t'ai voulu....Mais je n'ai jamais sût te mentir. Je n'ai connu la paix qu'avec ton sourire, c'était étrange. Le son de ta voix, juste un reflet dans tes iris, quelque chose d'infime et qui ne porte pas de nom et cette vague si paisible, comme étrangère au tumulte qui l'entourait...Fascinant et haïssable. La noirceur est confortable, Nicolas. Elle ne s'émeut pas de conscience ou de remors...Elle est une sirène qui ne cesse de chanter pourtant chaque mot que tu as prononcé et que tu prononcera encore surpasse ce chant horrifique. C'est un poids sans nom que je place sur tes épaules, un piège aux crocs acérés sur ta gorge, parce que je ne sais pas aimer."

Parce que parfois venait l'envie de le détruire. De le vénérer. De l'aimer. Il était une pierre noire enchâssée au creux de mes limbes. je ne pouvais l'arracher sans m'y perdre. je ne pouvais l'accepter sans en mourir.

"Ma malédiction. Mon miracle...S'il te plait Nicolas...Ne quitte jamais mon regard..."

Parce que sinon...Il n'y aurait plus que cris, plus que souffrance...Une douleur sans nom dont je jouirais sans fin...Il était cet ancre qui me ramenait sans cesse au port...
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Jeu 19 Fév - 13:59

    Il n'était pas aisé de la faire parler. De lui permettre de poser des mots sur le chaos de ses émotions. C'était déjà un exercice difficile pour moi et je n'avais pas l'âme aussi tourmentée qu'elle. Mais j'étais assez honnête avec moi-même pour savoir faire le tri et reconnaître que finalement, j'éprouvais davantage de sentiments positifs que négatifs à son encontre. Ce qui était négatif était ancien, né de notre passé commun, tourmenté et chaotique. Depuis qu'elle était revenue, je n'avais pas grand chose à lui reprocher et elle semblait chercher la rédemption auprès de moi. Pourtant, je la poussais dans ses retranchements, je la poussais à l'analyse en me prêtant au même exercice. Un exercice difficile, où je n'excellais pas non plus.

    J’accueillis ses confessions dans un silence attentif. Je me contentais de hocher la tête quand elle me demanda si je comprenais que j'étais né dans la maladresse. Elle s'était totalement laissée guider, submergée par ses sentiments et avait agi comme une enfant qui désire un jouet et qu'on lui refuse. Elle avait tout brisé sur son passage pour obtenir cet objet tant convoité. Cet objet fascinant, nouveau, terrifiant et si séduisant. Je ne saisissais toujours pas ce qu'il y avait de si spécial en moi qui ai réveillé un tel cataclysme chez elle. Scylla n'était déjà plus une jeune vampire quand elle avait croisé ma route, elle avait du voir défiler toutes sortes d'hommes, aussi bien mortels qu'immortels et pourtant, c'était moi qui avais attiré son attention. Même cette attraction, elle ne savait l'expliquer.

    Jalouse de celle que mon cœur avait choisi, de cette lumière qu'elle avait su faire naître en moi... Ah. Que répondre ? Gabrielle avait été la lumière qui m'avait sorti des ténèbres. Je l'avais aimé, profondément. Scylla était ma damnation... Et j'étais son salut. C'était cela la différence : Gabrielle m'avait sauvé et j'étais celui qui pouvait faire de même avec Scylla. C'était sans doute présomptueux et inexact, mais c'était une analogie qui tenait la route. Je ne serais jamais la lumière de Scylla comme Gabrielle avait été la mienne, car je n'avais rien d'un ange. Mais j'étais droit. Et entier. Je savais qui j'étais, où j'allais et ce que je désirais. Si la patience avait été sienne, les choses auraient-elles été différentes ? Difficile à dire.

    « Je n'ai pas de réponse non plus... Si tu avais laissé le temps faire son œuvre... Marie serait morte de cette maladie dont j'ignorais l'existence et que tu avais décelé. Cela m'aurait-il éloigné de Gabrielle pour me rapprocher de toi ? Je n'en sais rien... Je l'aimais. Réellement. A cette époque, mon cœur était trop plein d'elle pour te laisser une place. »

    Ce n'était que l'exacte vérité, aussi douloureuse soit-elle. Scylla avait été la tentation, l'obsession. Que j'avais combattu. Parce que je ne voulais pas trahir mon ange. Ni la blesser. Elle était trop pure pour oser la salir ainsi. Si elle avait usé de patience... Aucune garantie que je ne lui cède. Et quand bien même j'aurais été infidèle, je n'aurais pas délaissé mon épouse et elle aurait du partager de toutes façons. Or, ce n'était absolument pas dans le caractère de Scylla d'agir ainsi. Elle continua son explication, mettant des mots sur ce qu'elle avait ressenti, sur le pourquoi elle m'avait choisi. Des mots qui me frappèrent... Un lien qui lui rappelle sans celle ce qu'elle est... Haï et adoré. Que de sentiments contradictoires. Une confession qui me frappa en plain cœur alors qu'elle me mettait en garde, avouant ne pas savoir aimer. Et puis vint la supplication.

    « Ne me donne aucune raison de le faire. »

    Elle me connaissait, mieux que personne sans doute. Elle savait ce qui pouvait me faire me détourner d'elle.

    « Tu sais ce que je ne saurais te pardonner. »

    Je passais une main dans sa longue chevelure d'ébène, si soyeuse, au parfum enivrant.

    « Je ne t'abandonnerais pas, Ada. »

    Je la mettais en garde concernant ses actions et pourtant... je lui pardonnais le meurtre de ma famille... De quel crime plus horrible encore pouvait-elle se rendre coupable ? J'avais l'horrible sentiment que je pouvais peut-être bien tout lui pardonner finalement... Je pris une ample inspiration, alors que ma main s'immobilisait derrière sa nuque et que je soufflais, conscient d'abaisser totalement toutes mes défenses et de lui donner accès à mes faiblesses...

    « Gabrielle a été l'amour de ma vie mortelle. Je crains que tu ne sois celui de ma vie immortelle. »

    Ma voix était douce, basse, alors qu'un léger sourire ourlait le coin de ma lèvre. Un aveu chuchoté d'une voix calme. Une fatalité. Amoureux d'elle ? C'était possible. Plus que possible. Comment expliquer autrement que je sois si permissif avec elle, prêt à tout lui pardonner, prêt à mettre ma propre existence en jeu pour la sauver ? J'étais terriblement conscient de ses défauts. De ses qualités. Du danger qu'elle était pour les autres, pour moi, pour elle-même. Lui faire confiance, c'était prendre le risque de tout perdre si elle me trahissait. Tout mon intellect me hurlait que c'était prendre un risque bien trop énorme... Et je le prenais pourtant.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Lun 23 Mar - 20:10

La cruauté des mots. Un glaive enfoncé toujours plus profondément. L'iris s'abreuve de flamme noire, une explosion silencieuse qui brise l'azur avant que le calme trompeur d'une sirène outrée ne s'installe entre les cils. Regard changeant, mouvant, comme peut l'être la mer du Nord aussi démoniaque qu'angélique. Je n'aime ce prénom dans sa bouche. Je hais cette silhouette au fond de sa conscience, effleurant ses souvenirs, mais qu'y puis je ? Ce qui n'est plus ne peut subir le courroux.

"Oui je le sais. C'est un chemin qu'il m'a été difficile d'éviter."

Tant mon désir fut de le détruire, tant mon envie fut de le haïr comme de l'aimer. Il étreint une femme aux natures étranges et voraces. Cruelle et adorant. Qu'étais je au final lorsqu'il me regardais ? Qu'importe le coeur noir offert même la bête ne peut que soupirer avec extase l'apaisement qu'elle rejette tout en la désirant si fort. Juste ses mains dans mes cheveux. Juste sa voix dans mes ombres. Pathétique faiblesse, vérité détestable. Alors me viennent les mots d'un prêtre depuis longtemps oublié.

"Alors qu'il en soit ainsi."

Sois à moi. Je suis déjà à toi, ainsi le clame l'étincelle avide et passionnée de mes iris lorsque je le regarde. Juste à moi alors que je plonge sans vergogne sur ces lèvres et aime la saveur sans pareil que lui seul possède.

Il m'arrachera tout ce que je suis, tout ce que je n'aurais pas dût être. Je lui prendrais ce qu'il a toujours été. Cruelle femme qui referme ses crocs sur un rêve affamé.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Mar 31 Mar - 20:28

    S'il était difficile de cerner Scylla, son regard, lui, pouvait parfois être très expressif. Et il ne me fut pas difficile de voir ce que ma confession pouvait provoquer comme sentiments. Pourtant, elle devait comprendre pour que les choses fonctionnent. J'avais mis du temps, beaucoup de temps, à comprendre pourquoi je haïssais Scylla, pourquoi je la désirais, ce que je lui reprochais... bien sûr, elle serait toujours la meurtrière de mon épouse. Sa rivale. La jalousie l'avait aveuglée. Et la rongeait encore alors que je parlais d'elle, de cette lumière qui avait accompagné ma vie pendant plusieurs années quand j'en avais eu besoin. Je ne pourrais pas l'oublier, ni la dénigrer. C'était ainsi, et Gabrielle appartenait à ma vie, comme Scylla. Cette dernière devrait apprendre à partager et je craignais que cela ne prenne du temps. Voir ne se produise jamais. Elle était possessive, jalouse. Je le savais. J'avais conscience de ses défauts, de ses travers, du danger qu'elle pouvait être... un danger que je prenais le risque de côtoyer. Une personnalité que auprès de laquelle j'acceptais de demeurer... Voire même de tomber amoureux.

    Parce que ce qui me liait à elle, ce n'était pas le désir, ce n'était pas le fait qu'elle m'ait connu humain, qu'elle m'ait transformé en vampire. C'était parce qu'elle était une femme au charme magnétique, d'une redoutable intelligence, éclairée... Avec laquelle je me plaisais à passer du temps, auprès de laquelle je trouvais un certain réconfort. Ses bras étaient un refuge bienvenu, sa conversation un continuel régal. Nous nous complétions. Et j'aimais penser qu'il était encore possible de la tirer de la folie qui semblait refermer ses griffes sur son âme. De la... contrôler, même si le terme n'était pas judicieux.

    Elle me demandait de ne jamais lui tourner le dos, je lui rétorquais de ne me donner aucune raison de le faire. Elle me connaissait suffisamment pour savoir ce que je ne saurais lui pardonner. Et elle eut l'honnêteté d'admettre que c'était un chemin tentant qu'il lui était difficile d'éviter.

    « Mais tu l'as fait et tu le feras encore. Parce que tu es capable de mettre dans une balance les bénéfices et les risques de tes actions. Tu m'as perdu il y a 400 ans... Mais tu sais apprendre de tes erreurs et ne pas les répéter n'est-ce pas ? »

    Qui essayais-je de convaincre ? Elle ou moi ? Les deux peut-être. Si Scylla s'en prenait à quelqu'un que j'appréciais, elle prendrait le risque que je me détourner. Et alors... Sans doute ne supporterait-elle pas un second abandon et me détruirait-elle. Elle en avait le pouvoir en étant mon sire. Je pensais alors à Krystel et Augustus. Quand bien même elle aurait gagné la bataille, elle n'avait pas l'intention de lui survivre et je la comprenais de mieux en mieux. Alors, j'allais au bout de mes confidences... osant lui offrir mon cœur sur un plateau en lui avouant qu'elle pouvait bien être la femme de mon immortalité. C'étaient là des mots puissants, réfléchis. Je prenais le risque de lui confier un amour étrange, dont je prenais peu à peu conscience. Un amour qu'elle ne saurait me rendre, pas de la même façon, mais je ne lui demandais pas. Je devinais que je la touchais, alors qu'elle scellait mon aveu de façon solennelle.

    « Ne me trahis pas Ada. »

    Menace ? Supplication ? Un mélange des deux. Mais désormais, nous avancerions à deux sur le même chemin, il n'y avait plus de retour en arrière possible.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Jeu 7 Mai - 15:54

L'azur se teinte de sombre, d'une langueur vorace qui n'a de limite qu'une cruauté sans fin. Je connais la souffrance infinie de la perdition et la saveur d'y céder. Se réfugier dans les limbes d'une torture éternelle. Je ne suis pas sainte, chaque marque de péchés inscrit dans mes chairs, lézardes blanchâtres qui ne s'estomperont jamais.

Comme ses traits dans ma mémoire hivernale, sa rage et sa colère, les mots lancés comme des piques venimeux. Des souvenirs atroces qui s'entremêlent et se mélangent...Qui s’essoufflent lentement, sûrement.

" Je te l'ai dis...Je ne te laisserais pas partir."

Promesse sucrée ? Vengeance mesquine ? Les éclats bleutés s'entrechoquent pour n'être que mystère sans nom, sans consistance, quelque chose qui ne peut être qualifiée. Pourtant, je ne peux nier la perdition de son absence, la cruauté de ses mots que j'écoute parce qu'il ne m'en laisse pas le choix. La conscience est là, délicat petit papillon, déposé au coeur des griffes d'airain de la sauvagerie.

La douceur est une invite bien fade tandis que je couvre la ligne épurée de ce qu'il est, de ce qu'il sera toujours. Intemporelle damnation que je me suis moi même infligé, la seule blessure qui me fait sourire. Le seul poison qui me fait frémir. Les seules chaines que je n'accepterais jamais sur mon âme pervertie.

L'albâtre tranche l'écarlate à sa requête et fait naître toute l'étendue de l'avidité qui est et sera toujours mienne, le carmin enchante et enivre, de lui nait le désir, l'envie farouche et délicieusement douloureuse, une souffrance accueillante et cruelle. Le dos ploie lorsque je me redresse, farouche cavalière d'un espoir encore sauvage. La lèvre se fait sirène empoisonnée dans un sourire tandis que les doigts s'évadent sur la soie de ma mise.

Juste le marbre mis à nu dans un soupir vorace.
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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Lun 1 Juin - 17:20

Je hochais la tête, conscient de la portée de ces mots... Et de la menace sous jacente. Dans sa bouche carmine, les mots pouvaient avoir bien des significations mais je n'étais pas assez naïf pour ne pas y voir aussi le pire. Parce que je savais de quoi elle était capable, quel genre de femme jalouse et possessive elle pouvait être. Je l'avais fuie pour cela. Et je retournais dans ses bras en ayant tout cela en tête. Maintenant, je savais à quoi m'attendre. Le voile des illusions s'était déchiré et je voyais Scylla telle qu'elle était : dangereuse, excessive, avec une vision du bien et du mal quelque peu... biaisée par son parcours. Mais c'était aussi une femme d'une beauté renversante, à la sensualité mystérieuse, terriblement intelligente. Ce qui m'avait attiré d'abord chez elle. Une femme fragile également. Qui s'était inventée une carapace pour survivre aux épreuves qui auraient détruit n'importe qui... Une mère... folle et totalement fanatique, qui avait vu en cet enfant une punition, un rejeton du diable et le lui avait fait payer... Un créateur qui n'avait vu en elle qu'un jouet. Et malgré cela, je ne décelais pas un manque de confiance en elle naturel en ces circonstances.

Elle me fascinait.

Elle me fascinerait à jamais. Et malgré ses défauts... Qui auraient rebuté les sains d'esprit, je savais qu'elle s'était infiltrée dans mon âme et dans mon cœur et que même le passé ne pouvait l'en déloger. Rien ne le pouvait. A quoi bon lutter contre elle ? Il était moins épuisant d'avancer à ses côtés. Et de lui apprendre à considérer la vie d'une autre façon. Elle ne savait dire je t'aime... Mais elle était obsédée par moi. Amour ? Possession ? Fixation ? Je l'ignorais encore. Mais nous avions le temps de l'apprendre.

Non, elle ne me laisserait plus partir. Mais je ne pensais pas le désirer. La seule chose dérangeante étant ce lien, ce fil qui me retenait à elle et qu'elle pouvait choisir d'utiliser pour forcer ma volonté. Si elle en arrivait là... Elle me perdrait sans doute. Et elle le savait. Obsessionnelle, jalouse, possessive, mais pas idiote. Quand bien même elle pouvait se montrer impulsive dans ses colères et ses envies.

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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   Dim 7 Juin - 21:34

Possessivité. Désir. Tentation. Il est tout et son contraire. Il est ce que je hais, ce que j'aime follement. Le miroir saint des ténèbres qui sont miennes.

J'offre mes traits au néant sous l'étreinte de son éternité. Le parfum du sang s’abîme en nous. Une morsure que je ne veux que de lui, qui seul m'arrache des soupirs éternels. La blessure purulente qu'il sera toujours et que j'adorerais. Cette vie qui n'est plus depuis longtemps...Je l'embrasse en glissant mes bras autour de lui. Parce que lorsqu'il envahit mon ventre, je sais. J'oublie. Une perdition sans fin. Une damnation venimeuse. Juste la perfection qu'il fait naître.

Je suis à lui.

Il le sait. Il se brûlera peut être à mes nuits. Mais je serais son éternité. Monstre ravageur. Mythique créature de sang et de carnage. Prise dans ses rets, pris dans mes rêves. Me laisser prendre par sa lumière et m'y aveuglée. N'être plus rien d'autre qu'a lui alors que je danse doucement. Que je me fonds dans ses soupirs, que je le vénère de gémissements. Ce corps ravagé, profané, violé, qui renaît sous sa possession.

Ce plaisir voulu, désiré et adoré qui devient maître et dieu, se déversant encore et encore. Jusqu'a ce qu'il n'y ai plus rien. Plus de douleur. Plus d'horreur. Plus rien que son amour et sa chair en moi. Il était ce que je ne serais jamais. Il était mien. Autant que j'étais sienne. Une bride qui me déchirait mais que j'acceptais.

Seul l'oubli, mon soleil. Sois juste mon oubli et ma vie. Ma lueur et ma perdition alors que je ne suis plus qu'a toi...

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MessageSujet: Re: Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas   

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Chut, il est des songes que l'on ne peut briser | Nicolas
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