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L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]
MessageSujet: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 21 Nov - 12:12

    Le poids sur les épaules, immense, gigantesque. Je sais à présent ce que cela fait. Une semaine que j'ai ce poids constant, presque grandissant à chaque instant. Nous avions tellement de choses à faire, des choix à prendre ainsi que des décisions qui constitueront l'avenir de notre espèce même. Mais pas seulement, l'avenir de l'humanité. Nous avions déjà nos propres lots de problèmes. Nous avions eu vent du meurtre de Mary supposément fait par des vampires même. Alors que nous étions à peine nommées Reines, les ennuis nous tombaient dessus et nous n'avions pas de temps pour penser au deuil. Bien sûr, il y a eu la cérémonie en hommage à Augustus où une statue lui avait été faite pour commémorer son règne d'antan. C'était là le choix de Krystel, nous devions le faire. Je me souviens aussi de nos maisn liées avec ma sœur, la pression que j'exerçais dans sa paume pour échapper toute cette souffrance. Morgane devait être autant, si ce n'est plus, affectée que moi, elles deux avaient un lien que je n'avais jamais eu avec Krystel. Pour autant, je souffrais du même vide au plus profond de moi et cette tristesse qui ne me quittait pas. Quand bien même j'avais vu l'urne funéraire, je n'arrivais toujours pas à y croire. Pourtant, l'événement du bal au soir du 31 décembre restait un souvenir douloureux. Choses certaine dans ma tête comme celle de ma sœur, nous voulions les têtes de ces deux traites qu'étaient Julien et Constance, mais pas des mains d'une tierce personne non, de nos propres mains.

    Ma tête se redresse et je la tourne pour m'observer dans le miroir non loin de mon bureau. Tant de changement depuis que nous étions au pouvoir. Morgane et moi nous étions mises d'accord sur la hiérarchie et l'Ost Eternel fraichement créée. Plus de place pour les traites, malgré le fait d'un changement immense, nous étions encore très peu, mais j'osais espérer que les rangs seront gonflés petit à petit. Nicolas est de taille, je le sais, je me dois d'être intransigeante cependant. Je me lève, sors de ce bureau pour pénétrer dans les couloirs. Nous avions revisité la demeure Raybrandt, la sécurisant un maximum. Je n'avais plus mon appartement, j'avais déménagé aussitôt après le bal, c'était ce qui était le mieux à faire. Les décisions devraient être prises à deux, et si nous étions jamais au même endroit, ça allait devenir compliqué. De plus, ici se faisait les réunions du Conseil Royal. Le conseil sanglant n'existant plus, malgré que nous allions à l'encontre du testament de notre mère, mais j'étais certaine qu'elle comprendrait notre procédé. Nous faisions tout le nécessaire pour éviter de se faire évincer de l'intérieur. Je prends le grand escalier, ma marche est lente et gracieuse malgré le fait que je suis en pleine réflexion. Je passe devant des gardes qui m'observent et me saluent, mais je suis à mille lieux de la réalité. Mais je sais où je vais, je ne l'ai pas vu depuis notre dernière rencontre, j'ai encore du mal à y croire également. Ce pourquoi j'ai mis autant de temps, mais aussi le fait qu'il était très faible, trop faible. Je ne voulais pas que je puisse le perturber d'une quelconque façon, et après tout, il avait été « donné » à Morgane, tout comme Erin m'était confiée. Je passerais au-delà de ça, tout comme je l'avais fait avec Krystel, Morgane avait le droit. Ce droit précis, je n'étais finalement qu'une adoption. Je chassais mes pensées, me dirigeant vers cette fameuse porte pour rester à un mètre d'elle pendant un temps qui me paraissait infini. Nous l'avions convié à rester dans cette chambre, en même temps, au vu de son état, il ne pourrait pas s'y échapper, mais il y resterait le temps nécessaire, comme un congé forcé.

    Mes yeux sont fixés sur la porte, comme si je pouvais voir à travers. J'entends sa respiration ample et profonde, son cœur encore faible selon moi. Après quelques instants, je m'avance et ouvre la porte. Si je n'étais pas venu le voir avant, c'était peut-être pour éviter de le voir dans un si piteux état et de ne pas me permettre d'y croire tout simplement. Je rentre aussi silencieuse que possible, ayant déjà compris qu'il n'était pas éveillé. Ce n'était peut-être pas plus mal, je pourrais simplement l'observer, et puis m'en aller par la suite. Je referme la porte derrière moi en prenant soin de ne pas faire de bruit, puis je m'avance vers lui et m'arrêtais à ses côtés. Mes doigts glissent dans sa main, autant pour sentir sa peau que pour vérifier sa température, encore le fait d'être dans un rêve... ou un cauchemar. Puis il glisse de son bras à sa joue, ses cheveux, avant que je ne me stoppe dans mon élan. Ma main se replace à côté de mon corps et je souffle quelques mots, presque imperceptibles. « Tu es en vie... mais à quel prix... » J'avouais que le voir, sentir même son état ne me permettait pas d'être enthousiaste, de me réjouir pour lui. Le mieux aurait peut-être été qu'il succombe à ses blessures. Je l'observe encore quelques instants, et bientôt, je quitterais la pièce.
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 21 Nov - 12:34

J'entends les coups de feu, les explosions dans le lointain. On a repéré la veille quantité de loups garous récemment transformés qui migraient vers le sud. Pauvres âmes esseulées qui refusent la Meute et la guerre. Valentyne a mal calculé son coup. Il pensait que transformer tous ces gens lui permettrait de recruter une vaste armée, mais finalement le plus grand danger vient toujours de Lilith et de sa coterie démoniaque. Ses loups garous sont décimés par le conflit. Comme nos vampires. Je reste dans mon 4x4 qui me sert de poste de commandement. On avait accès aux véhicules de nos fournisseurs russes, mais j'ai préféré qu'ils nous ravitaillent en priorité en armes et en munitions, le matériel lourd suivra par la suite. Je n'ai pour l'instant qu'un bataillon à deux compagnies de combat et une de dépôt qui sert de cadre d'entraînement pour les nouvelles recrues. Je n'ai pas de véritable armée, juste une force paramilitaire compétente dans le cadre de notre conflit limité. Si l'armée britannique devait revenir en force... Mais pour le moment, les humains ont leurs propres problèmes. Vampires, loups garous et semi-démons sèment le chaos partout et la Royal Army en est encore à essayer de maintenir l'ordre dans les grandes villes du sud. Ici, en Ecosse, la chasse est ouverte. Des communications radios nous parviennent sans arrêt ; ma première compagnie a traversé le mont 204 et a repéré la colonne de réfugiés lycanthropes en contrebas. Je leur communique que je les rejoint. La deuxième compagnie fait le tour par l'ouest, pour les prendre en sandwich et les exterminer depuis les hauteurs. Quand je pose le micro, je vois Son visage, j'entends Sa voix. Flash éphémère, et le souvenir reprend son cours.


Nous progressons en vitesse, avec ma section de commandement. Et en silence. Je souris. Je les ai correctement formés ; ils sont particulièrement discrets. L'avantage de ne recruter qu'une unité restreinte est qu'on peut les trier sur le volet et surtout, les former avec attention. Cette unité d'élite servira de cadre à la formation d'une véritable force humaine au service du Roi dans les années à venir. Nous évitons un massif de fougères et slalomons entre les arbres à toute vitesse. Lorsque nous arrivons aux côtés de la première compagnie ; je note encore une fois avec statisfaction que mes hommes utilisent correctement le couvert de la forêt. On ne voit dépasser que leurs casques camouflés et leurs armes brandies, autant dire qu'on ne saurait les voir... Mais peut être les sentir. La manœuvre en tenaille n'est pas subtile contre les lycanthropes. Ils nous ont senti. Ils paniquent, en bas. Au moment où je me lève pour tirer et ordonner aux autres d'ouvrir le feu, je revois Son visage et Son sourire. Puis les hurlements des loups. Bien au delà de la pente, de la colline voisine. Derrière elle. La radio crisse et les hurlements de mes hommes de la seconde compagnie se font entendre. Les coups de feu, très vite. En bas, les loups gaous se transforment. Ma seconde compagnie est prise en tenaille. Valentyne a utilisé les loups garous récemment transformés par ses rabatteurs comme appât, pour isoler mon autre unité. Nous nous jetons dans le combat, j'ordonne de charger. On progresse et on tire, on extermine ces « nouveaux » transformés. Je me réveille en revoyant Son visage, avant de découvrir les pertes subies par notre seconde compagnie, secourue juste à temps. Je me réveille en sursaut.


Il me faut quelques instants pour reprendre mes esprits, reconnaître l'endroit où je me trouve. Je sursaute, mon cœur douloureux s'emballe lorsque je La reconnais. Mon regard s'embue de larmes de soulagement. Avant que mes yeux ne s'habituent à la pénombre, et que les restes de mon rêve ne s'échappent. Mon cœur se fige, j'ai horriblement mal à cette partie de mon esprit qu'on m'a amputé. J'ai mal à en crever. C'est Jana. Je suis heureux de la revoir, mais la souffrance et la détresse que je ressens m'empechent de m'en satisfaire simplement. Je la regarde un instant, et lui parle d'une voix mal assurée, la gorge nouée.



| Je te présente mes respects, Majesté. Je... Je suis désolé... J'ai échoué dans ma mission. J'ai échoué à la protéger. |


Pour la première fois depuis des années, mon cœur s'emballe à nouveau, et je ferme les yeux pour m'empêcher de pleurer, de craquer. Je ne suis plus moi même. En s'arrachant de mon esprit, Krystel a arraché toute une partie de ce que j'étais. Et j'ai mal, qu'est ce que j'ai mal.


En me retirant ce qu'était ma vie, j'ai tout perdu. Je n'ai plus rien, je ne suis plus rien.

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 28 Nov - 20:25

    Ce n'était pas mon désir que de le quitter aussi vite. Je voulais rester à ses côtés encore un peu, mais j'avais un certain pressentiment, et j'avais sans doute peur aussi de voir véritablement son état. Lorsqu'il était endormi, de la sorte, allongé sur le lit, je pouvais encore me dire qu'il était encore comme avant. Toujours un combattant, toujours le servant de la Reine. J'aimais me voiler la face, resté encore dans ce rêve éphémère. C'était ma première visite, même si j'avais beaucoup pensé à lui. En vérité, je ne devais pas être aussi délicate, aussi soucieuse de son état. Après tout, c'était à Morgane de le protéger, il avait été donné à ma sœur. Je me devais aussi de respecter cela, d'autant plus que ma sœur ne le laisserait pas, il était peut-être le seul homme en qui elle pouvait avoir confiance. Et elle avait bien raison. Non, j'étais venue ici, avais passé cette porte, tant de fois observée, pour le voir véritablement. Cela ne me rassurait guère, je sentais cette atmosphère, j'entendais son cœur et son souffle faible. Il n'était pas rétabli, loin de là, et en une semaine, c'était un miracle qu'il soit encore en vie. Qu'est-ce qui le raccrochait donc à la vie ? Ne m'avait-il pas dit qu'il partirait avec Elle ? Que c'était là seul son souhait ? Alors pourquoi diable était-il encore en vie ? Je me surprenais à le haïr parce qu'il était encore en vie. Les mots qui m'échappèrent ne révélèrent que d'autant plus mes plus profondes pensées.

    Mes pieds se décalent, je l'observe encore et mes yeux glissent sur le sol, prête à franchir de nouveau la porte. Mais quelque chose m'arrête, je me retourne aussitôt, ma paume de main saisit délicatement son épaule autant pour le rassurer que de l'inciter à ne pas se lever. J'imaginais fort bien que son sommeil n'était guère serein, son sursaut en était la preuve. Mes sourcils trahirent un moment la tristesse sur mon visage, l'inquiétude aussi, avant que je ne reprenne un visage presque impassible. Il se faisait presque bienveillant, mais j'aurais préféré sincèrement quitter la pièce avant qu'il ne se réveille. Ses mots me font l'effet de balles argentées dans ma poitrine. Je n'arrive toujours pas à m'en remettre, mais je sais encore palier à mes émotions, les enfermant au plus profond de moi. Je n'allais pas non plus céder et craquer devant lui, il était bien plus mal présentement. Je me devais de rester la plus calme et sereine possible. Je me surprenais moi-même, alors que ses mots résonnaient dans ma tête continuellement. Je décidais de m'asseoir sur le bord du lit, enlevant ma main sur son épaule pour qu'elle rejoigne son homologue sur mes cuisses.

    « Tu n'es pas obligé de m'appeler ainsi, nous ne sommes pas dans une cour, nous sommes tous les deux seuls. » Mon ton était étonnamment posé, mais je compensais en serrant fermement mes deux mains. « Tu n'aurais rien pu y faire, sa décision était prise. Et tu sais comme moi que nous n'aurions pu changer son choix. » Sortir ces mots oralement me déchiraient les entrailles, mais je continuais. « Je sais que c'est facile à dire, mais ne culpabilise pas, t... » Je m'arrêtais dans ma lancée, alors que moi-même, je culpabilisais finalement de n'avoir rien pu faire pour l'aider. Pourtant, mes paroles étaient sincères à son égard. Il ne fallait pas qu'il s'auto-flagelle, il était déjà bien mal en point physiquement pour s'infliger encore des tortures mentales et psychiques. Je pouvais me le permettre, lui absolument pas. Il ferme les yeux, je desserre lentement mes mains et l'une d'elles se pose sur son avant-bras. « Tu as le droit de tout lâcher, si tu ne veux pas le faire devant une personne, devant moi, je peux te laisser. Tu es encore faible, je ne voudrais pas user le peu d'énergie qu'il te reste. Et puis, ma première intention était de simplement te voir... » Je ne savais pas trop comment m'y prendre avec lui, je ne pouvais pas totalement comprendre ce qu'il ressentait, ce qu'il endurait. Personne encore n'avait réussi à survivre, aucun servant humain n'aurait survécu, alors j'osais seulement imaginer ce qu'il pouvait endurer au plus profond de lui. Si la douleur, la souffrance était mille fois pire que la mienne, je me demandais comment il pouvait rester en vie. Je fixais son visage blafard, ses yeux inhabités, alors que j'étais partie dans mes pensées. Qu'est-ce qui le retenait vraiment en ce monde pour qu'il s'accroche encore ?
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Mar 2 Déc - 15:26

Trop tard. La douleur est trop forte. J'ai mal à la tête. J'ai mal à l'âme, à ce qu'il me reste de personnalité, d'individualité dans ce corps en miettes. Une larme solitaire passe entre mes paupières close, elle épouse et serpente sur le coin de mon visage, coulant dans le creux de mes rides au coin des yeux pour s'engouffrer sur le côté de mon cuir chevelu, et mouille mon oreiller. La sensation est désagréable, honteuse, comme manifestation éphémère d'une douleur infiniment plus grande. J'étouffe le cri qui germe dans le fond de ma gorge, lamentation d'un prédateur blessé à mort, devenu inutile et brisé, impotent. Je me laisse aller un moment à ce désespoir lancinant, incapable de reprendre force et courage en m'imposant la plus exigeante des auto-disciplines. Je ne suis plus que l'ombre de ce que j'ai été. Je le sais, elle le sait. La princesse, la Reine devant moi. Elle est venue se recueillir sur la dépouille qui symbolise la grandeur et les errements d'une période désormais révolue. Elle est peut être venue pour me juger. Mon comportement relève de la haute trahison. Je n'ai pas le courage d'en finir, pourtant, malgré ce poids qui me pèse. Quelque chose de ténu, d'inconnu, me maintient malgré tout en vie. Je ne sais pas comment. Je ne sais pas pourquoi. La mort aurait été cent fois préférable. Je n'arrive pas à me calmer. La machine bipe alors que mon cœur s'emballe. Je ne laisse échapper un seul bruit de mes lèvres closes,mais j'en tremble de tous mon corps, secoué de sanglots dérisoires et pathétiques. Je ne sais pas ce que j'ai, et je m'en fous. Je pensais avoir déjà tout perdu dans le passé. J'étais bien loin de la vérité, bien loin de m'imaginer que je n'avais jamais perdu le plus important, cette flamme qui m'avait guidée toute ma vie. La flamme était morte, n'en restait plus que des braises et cendres fumantes, le vent balayant la poussière de mon reliquat d'existence. Je ne sais pas ce qu'en pense Jana ; je n'ai même plus ni la force ni le courage pour affronter son regard. Jana me lâche, et je sens un creux se dessiner là où elle s'asseoit, sur le bord du lit.


Je rouvre des yeux rouges et embués, et je fronce les sourcils.



| J'aurais pu vérifier l'appel que j'ai reçu. J'aurais pu la contacter Elle, avant de partir de mon côté faire notre travail. Si elle a choisi d'y aller seule, c'est parce qu'elle ne pensait pas que je puisse lui servir. Si elle a choisi d'y aller seule, c'est parce que je n'étais pas assez fort pour elle. |


Je hausse les épaules, réfrénant ce besoin presque irrépressible de pleurer à nouveau. Mon visage se tord en une grimace de dégoût, que je ressentais envers ma propre personne


| Pourquoi ne pas avoir fait de moi un exemple ? Je n'aurais jamais dû lui survivre. Nous le savons. Vous et moi, Majesté. |


L'appeler comme ça était trop. Je pleurais silencieusement, le regard rivé au plafond.

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Dim 7 Déc - 12:17

    Cette décision, cette attente insoutenable, ce sentiment d'impuissance. Démunie, je l'étais. Et puis sa mort. Tout cela m'affectait peut-être autant que cela l'a affecté, mais pas sur le même plan, la même profondeur. Tout compte fait, je me demandais pourquoi Erin s'était acharnée sur sa vie, alors que sa mort aurait été tellement plus douce. Je pouvais comprendre, mais j'aurais peut-être fait autrement si j'avais été à sa place. Je l'aurais laissé filer entre mes doigts, pour un monde meilleur, qu'il puisse enfin trouver un peu de paix. J'étais certaine que c'était ce qu'il voulait, maintenant que Krystel n'était plus là. Le voir ainsi... j'avais presque pitié de lui, mais je gardais cette émotion au plus profond de moi, cachée, pour ne pas qu'il la perçoive, car je savais très bien qu'il ne supporterait pas. Je ne pouvais que le comprendre, il était alité, ne pouvant rien faire, ne se retrouvant plus. Finalement, nous n'avons jamais été proches, nous n'étions pas prédestinés à avoir un avenir ensemble. Le passé s'était déjà fracturé, m'avait complètement changé, contre mon gré presque, mais avec mon amnésie, j'étais bien heureuse de n'avoir plus aucun souvenir. Ça m'aurait été plus difficile d'avancer dans ce cas. Il me fallait simplement gérer mes sentiments et mon impulsivité, chose que j'arrivais de mieux en mieux à maîtriser. Ce que j'essaie de faire devant lui, dans cette situation, alors qu'en réalité, je ne m'étais pas confiée depuis la mort de ma Mère. Je n'avais fait que retarder l'échéance, retarder le jour où je craquerais. Je ne pouvais pas me le permettre, tout simplement, j'avais d'autres choses à gérer, tout une espèce à gouverner, en plus de tout un tas de problèmes associés. J'étais loin de pouvoir faire mon deuil tranquillement, alors je le laissais de côté.

    Cela ne se voit pas, mais je suis vraiment concentrée pour être aussi sereine et savoir bien choisir les mots à prononcer face à lui. Je me suis fait une place sur le bord du lit, mes yeux l'observant, silencieuse, alors que je sens très bien sa souffrance. Elle se lit dans ses yeux. Et je ne pouvais rien faire pour cela. Rien. J'étais à la base venue simplement pour le voir, pour me mettre face à la réalité, car j'avais tant de fois détournées le pas de cette porte. Je n'aurais pas dû le toucher, ni même rester aussi longtemps. Et désormais, je suis là, encore impuissante comme je l'avais été pour Krystel. Je ne fais que prêter une oreille attentive. Je l'écoutais, comprenant sans nul doute ce qu'il voulait dire, mais j'étais décidément par la bonne personne. J'essayais de mettre tout de côté, pour choisir de nouveaux les bons mots. Réflexion intense, concentration au maximum. Mes mains se joignent sur mes cuisses et s'enserrent.

    « Ne t'automutiles pas pour une décision qu'a pris seule Krystel. Tout était déjà très clair dans sa tête, c'était son combat, son dernier, le seul et l'unique. Ne te blâme pas, tu as fait tout ce que tu as pu. J'ai aussi ma part de responsabilité. » Je faisais référence à cet appel bien entendu. Je me penche un peu vers lui, plonge mon regard dans le sien. « Ça n'a rien à voir avec ta force, elle nous a tous mis à l'écart. » Je voulais qu'il l'entende, j'insistais bien sur le mot, sur le fait que nous avions tous été mis à l'écart, alors il fallait simplement qu'il cesse de se torturer. Je vois de nouveau son visage se crisper et puis ses mots m'éclaircissent les pensées. Plus rien ne le raccroche au monde présent, pourquoi donc est-il encore parmi nous ? Je me redresse, mon regard quitte son visage pour balayer la pièce du regard. Pensive un moment, avant de me tourner de nouveau face à lui. Je me devais d'être franche, je me devais d'être un peu directe.

    « Que souhaites-tu Torben ? Si c'est la mort que tu veux, si tu n'éprouves plus rien, si tu veux te sentir libéré, te reposer pour toujours... saches que je peux le faire, moi ou quelqu'un d'autre. » Je ne voulais pas le pousser vers la mort, mais en le voyant dans cet état, je me demandais presque comment il avait fait pour survivre à ses blessures. Bien sûr, il y avait le sang de Krystel qui aidait beaucoup, mais s'il n'avait plus rien qui le raccrochait à la vie, pourquoi continuer de lutter ? Je ne voulais, ne pouvais pas le voir dans cet état continuellement. Égoïste, je l'étais. Sans aucun doute. Je lui offrais la solution de facilité, autant pour lui que pour moi.
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Jeu 11 Déc - 21:00

[16 minutes hinhinhin]


Oui, nous le savions. Il y avait tant de choses qui devraient être et qui ne sont pourtant pas. Dépitant. Pire, désastreux. Pour tant de choses, tant de raisons. En ce qui concernait notre mission, déjà. Je n'aurais pas dû m'en tirer. Pour une fois, la providence m'avait sauvé de mon empressement à accomplir mon devoir. Ce destin, force invisible et capricieuse, m'était apparu sous le forme d'Erin Danvers. Une jeune espionne américaine, devenue elle aussi main noir des desseins royaux. Krystel m'avait sauvé une première fois, en me liant à cette alliée puissante, déterminée, véritablement la seule amie que j'avais. Nous ne parlions que rarement de nous, mais nous étions efficaces, et l'un était le plus grand soutien de l'autre, c'était certain. Erin m'avait tiré des griffes de ma téméraire bêtise ; elle avait traîné mon corps jusqu'à un véhicule et était partie in extremis d'un champ de bataille synonyme de défaite. Sans Erin, je ne serais plus. Mais plus sûrement que cela, je n'étais pas sensé survivre à Krystel. L'histoire le prouvait, quoique ma Reine ai pu en dire avant de partir pour de bon. Même le grand Roi Augustus King avait eu du mal à survivre à la mort de son humaine, et celle ci aurait été en totale incapacité de survivre à quoi que ce soit sans ce lien. Le roi s'était lui même débarrassé de sa propre faiblesse. Incroyable assassin qu'était ce vieux vampire. Krystel ne s'était pas débarrassée de moi. J'étais toujours en vie. Et bien plus que ça, finalement. Mon premier réflexe au réveil avait été de penser que ma Reine était toujours en vie. Mais non, je ne ressentais rien. Tout ce qui faisait que j'étais moi juste avant sa mort avait disparu, était chamboulé ou douloureux. Je n'étais plus que des ruines, au sens littéral. Les restes de sa présence sur terre, et de ce que je fus autrefois. Ne restait plus rien. Et au delà même de la nécessité psychique de ma mort, j'avais l'obligation morale et sociale même de mourir avec ma suzeraine. Ca ne s'était jamais vu. J'étais peut être diminué, mais je n'aurais pas dû survivre. Les implications de ma survie étaient trop graves ; elles risquaient de chambouler les convictions de certains vampires vis à vis des humains. Je n'aurais pas dû survivre, pour tout un tas de raisons physiques, psychiques, sociales et culturelles.


Jana ne me demande pas de comptes. Elle justifie ce que Krystel a choisi. Elle aussi dit avoir fauté. Nous savons ce qu'il s'est passé, mais cela ne retire rien à ma propre culpabilité. La proposition de Jana tombe comme un poids de plomb. Je la regarde, la dévisage. Le silence s'installe.


J'ai envie de lui répondre oui. J'ai envie de mourir dans ses crocs. Une dernière étreinte, fatale et réconfortante. Mourir dans les bras de celle qui avait toujours tant représenté pour moi, pour rejoindre celle qui avait compté le plus. On ne pouvait pas rêver de mort plus honorable, n'est ce pas ? Pourtant, je sentais quelque chose en moi. Une force, une volonté. Le sang de Krystel, sans doute. Je ne pouvais pas mourir. Pas si elle avait réussi à tromper le destin, pour que je lui survive. Mon regard se crispe, je ferme les yeux. J'en tremble, des larmes coulent de nouveau sans un bruit sur mes joues. Je réfléchis. J'essaie de la percevoir, de la ressentir. Rien. C'est à cette existence qu'elle m'a condamné. Mais aujourd'hui comme hier et pour toujours, je suis sien.



| Je ne peux pas la trahir en rejetant ses volontés. Elle voulait que je vous serve. Elle s'est condamnée, mais elle ne faisait jamais rien au hasard. Elle pensait que j'aurais plus à apporter à ses héritières qu'à elle même pour un dernier combat. Je ne sais pas en quoi pourrais je vous être utile. Mais c'est mon devoir. Et seule la mort met fin au devoir. Tant qu'elle ne me prendra pas, je ferais honneur à cet idéal que j'ai défendu avec elle. Même si par la sienne, de fin, j'ai perdu tout ce qui faisait mon utilité, mes compétences. Je suis vôtre, comme elle voulait que je le sois. |

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Sam 13 Déc - 15:49

    Hj::
     

    Ma proposition, bien qu'elle semble peut-être inadéquate, est cependant bien réelle. Un homme complètement détruit, démuni, ne trouvant plus de vie nulle part, ni même un semblant de courage au plus profond de lui, n'était définitivement plus rien. Je ne le reconnaissais plus, c'était évident. Je préférais me souvenir de notre dernière rencontre, si intense et mouvementée soit-elle, mais au moins elle me paraissait bien mieux à me remémorer que de le voir ainsi dans un lit. Je ne supportais pas de le voir dans cet état, tout simplement, et je ne pouvais rien faire pour l'aider malheureusement. Sauf peut-être ce que je faisais déjà depuis que j'étais arrivée, alors qu'à la base je ne souhaitais simplement que l'observer, le voir de mes propres yeux, ne pas le réveiller et partir aussitôt, comme si je ne lui avais jamais rendu visite, comme si je n'avais guère franchi cette porte, pourtant de nombreuses fois observée. Comment pourrais-je exprimer tout ce que je ressentais, il n'y avait pas de mots assez forts, assez précis pour définir avec exactitude mon état actuel. J'essaie de tout intérioriser en bloc, ce n'est pas la meilleure méthode, mais elle fonctionnera. Elle fonctionne présentement alors que je tente d'adoucir la douleur de cet homme brisé. J'avais raison de lui avouer que j'avais ma part de responsabilité, il savait de quoi je parlais bien entendu, car c'était la pure vérité. Un simple appel, et tout avait basculé déjà pour lui, tandis que moi j'étais à me prélasser dans un bal des plus incorrects et qui s'était avéré mortifiant. Heureusement finalement que Nicolas était présent pour me couper dans mon élan, sinon j'aurais bien cru pouvoir déchiqueter cette tête que je connaissais sous tous ses angles... et ses aspects désormais. Que le diable l'emporte, il avait fui, comme Constance, mais j'espérais pouvoir bientôt avoir le plaisir de le revoir, juste pour pouvoir le faire souffrir.

    J'arrête mes pensées vengeresses, le voile devant mes yeux s'échappe et cette flamme dans mes yeux semble s'adoucir. Je vois dans ses traits un semblant de réponse, il en avait envie, mais quelque chose le retenait. Je lui offrais la facilité, l'abandon total pour une éternité de répit. Je le faisais pour lui avant tout, pour qu'il puisse y réfléchir, pousser dans ses retranchements presque. La seule réponse serait celle qui viendrait immédiatement. Il ne fallait pas qu'il laisse le silence peser plus longtemps, sinon le doute l'accule. Je ne veux qu'une seule réponse Torben, et c'est en pensant cela que je le fixe d'un regard intense mais sensiblement doux. Il ferme les yeux, il tremble, les larmes coulent et je réfrène un geste pour les accueillir et les sécher sur mes doigts. J'attends la réponse, patiente et je l'écoute attentivement alors qu'il prend la parole. Je cache ma déception dans une certaine sérénité que j'ai réussi à garder. J'ai l'impression que tout n'est pas encore très clair dans sa tête. J'inspire, puis souffle lentement, presque imperceptiblement pour me permettre de réfléchir à mes prochains mots. Puis je m'approche un peu plus de lui. « Je sais que rien n'est jamais donné au hasard. Mais tu dois aussi avoir le choix. Comme tu le dis, tu n'es rien si tu n'as aucune conviction, aucune volonté à vivre. Tu peux nous servir, servir Morgane comme Elle le voulait, mais il faut que ce soit aussi ta volonté, ton choix, ton désir. Je sais parfaitement que rien ne pourra combler le vide qu'Elle t'a laissé, et même si elle avait des projets pour toi, saches que tu as la possibilité de te retirer. » Je fais une pause, me penche un peu plus avec l'aide d'une de mes mains sur l'oreiller pour approcher mon visage du sien. Mon autre main épouse la forme de sa joue et je capte son regard. « Tu auras de nouveau ta place, Torben. Si tu rassembles tes forces, si tu es patient, de nouveau, tu pourras faire ce que tu désires tant et reprendre la place qui est tienne. Tes compétences sont toujours présentes et ton utilité sera toujours primordiale. Il faut simplement... que tu le veuilles. » C'est la première fois que je fais preuve d'autant de douceur avec lui. Mes doigts effleurent une dernière fois sa joue et je me recule de quelques centimètres. « Et Morgane sera toujours à tes côtés... » soufflais-je pour finir, car il savait parfaitement qu'il lui était donné. Il sera sien, comme il l'avait été pour Elle.
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Mer 17 Déc - 18:37

De toute manière avais je vraiment le choix ? La tentation d'en finir tout seul, rapidement et proprement, m'avait plus d'une fois taraudé l'organe moribond qui pulsait dans ma poitrine. Cela aurait été si simple, ils n'avaient pris aucune précaution. Je savais d'expérience que les câbles qui me reliaient aux machines me surveillant et m'aidant à rester en vie surtout pendant mon sommeil, étaient suffisamment costauds pour que je m'étrangle avec. Rien à quoi s'accrocher dans le plafond ? Pas grave. Un nœud coulant d'un côté du lit, et je me laisse tomber de l'autre. Cela aurait été fini en quelques longues secondes. Ou alors, l'un de ces appareils pour m'ausculter. De toute manière, on ne peut jamais empêcher un homme de se supprimer. Je savais d'expérience depuis le conflit tchétchène, qu'on pouvait même s'ouvrir les veines avec les dents si la volonté était suffisamment morte. Dans mon cas, aucun besoin de recourir à de telles extrêmités. Je savais fort bien que je n'avais qu'à attendre, et voir. Quand Krystel n'aura plus rien à me donner, quand j'aurais épuisé jusqu'à la dernière goutte de son sang... Parfois, je me sens partir, la nuit. Ma respiration se fait ardue, je sens une boule terrible dans ma poitrine et j'ai tellement mal au crâne que je pense en mourir. Mais très vite, la médication prend le relais, et dans les crises les plus graves, toute une équipe arrive. Je me demandais, presque curieux, s'ils arriveraient toujours à temps, si le moindre petit grain de sable ne viendrait pas bloquer toute cette infrastructure élaborée autour du concept simple de ma survie. Ce serait si facile. Si aléatoire. Mais je n'ai jamais pu me résoudre, me décider pour de bon, à m'ôter la vie de ma main. Pas que j'y tienne particulièrement, pas que j'hésitais devant la mort. Mais je n'avais toujours pas su régler le dilemme qui s'imposait à moi. Devais je soulager ma conscience et les pathétiques lambeaux de mon âme et de mon humanité en me supprimant pour de bon, ou devais je affronter ces tortures permanentes pour continuer d'oeuvrer pour ma Reine, même si celle ci n'était plus ? Parfois, je pensais opter finalement pour cette solution, ou plutôt celle ci. Jana m'aidait à trancher. Jamais je ne vivrais le déshonneur qu'on m'aide à me suicider, jamais je ne laisserais à quiconque ce pouvoir sur moi, cet aplomb sur mon honneur et sur celle à qui je restais lié... Même si ce lien rompu donné sur le néant. Ce lien existait toujours pour moi. Il donnait sur le vide, comme une artère sectionnée éclaboussant le vide alentour. Mais l'artère continuait de faire partie d'un tout. Et si elle ne pouvait peut être plus être colmatée, elle n'empêchait pas forcément le corps de s'illustrer dans un dernier élan.


Ma résolution restait somme toute bien fragile, mon cœur s'emballait à nouveau et j'essayais de me discipliner à nouveau, me maudissant pour cette réminiscence physique enfantine, pour ce caprice d'un corps qui avait enduré bien plus. Jana revient à la charge. Je laissais échapper un éclat de rire ironique.



| La possibilité de me retirer ? Je savais ce pourquoi je signais quand je rejoignais votre mère. Je savais que cela m'amènerait à la mort ou à la damnation, et peut être les deux. Le destin a opté pour la seconde voie, mais je ne rechignerais pas devant la première. Je n'ai plus envie, plus de courage. Mais je reste lié à mon serment. Je reste lié à votre mère. Si je ne dois survivre que dix ans, dix jours ou dix heures, elles appartiennent à ses desseins. |


Je détournais le regard, quand elle évoquait mes compétences.


| Mon corps me trahit et on m'a prévenu qu'il ne sera plus le même qu'avant. J'ai encaissé des dommages psychiques ou je sais pas quoi, trop importants, et ça se répercute sur mes forces, sur mes muscles, sur mes réflexes. Ma vie de combattant est derrière moi. Il n'empêche que je reste un pion sur l'échiquier. Ce n'est pas à moi mais à vous, selon votre bon vouloir, de me trouver une utilité. Qu'elle soit grande ou petite, irremplaçable ou sacrifiable, je m'en fiche. Seule compte mon utilité. Sinon, survivre n'aura servi à rien. |


Et j'aurais enduré tout ça sans elle pour rien.

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Jeu 18 Déc - 13:28


    Je faisais preuve de compréhension, d'écoute et de patiente, chose qui m'était cruellement difficile d'avoir en temps normal mais surtout présentement, alors que tout se bousculait à l'intérieur de ma poitrine et de ma tête. Était-ce parce que c'était simplement lui, Torben, que je me comportais de la sorte ? Aurais-je eu un discours différent s'il ne m'importait pas un minimum ? Je ne saurais dire, quoi qu'il en soit, même si je me retenais un peu, je parlais pour le moins à cœur ouvert. Je ne lui dévoilais pas tout, cela n'était pas nécessaire, et puis, il n'était pas dans un état pour tout accuser. Comment lui dire qu'il aurait mieux valu qu'il soit mort ? Autant pour lui que pour nous. Il était vrai que dans son état, il ne valait rien, mais je n'étais pas d'accord sur sa façon de voir les choses. Il pouvait être encore utile. Je lui avais laissé le désir de choisir entre la vie et la mort. Il avait choisi de survivre, ou au moins il m'avait répondu dans ce sens. Je ne savais pas trop si c'était son réel désir, mais il ne m'avait pas répondu qu'il voulait en finir. Il n'avait pas l'air d'avoir compris non plus où je voulais en venir lorsque je lui parlais de se retirer. Ce n'était pas par lâcheté, il avait déjà bien vécu, voilà tout, et parfois, le désir de sérénité l'emporte sur le reste. Encore plus lorsque l'on est plus qu'une demi-moitié de quelque chose de mort. Je sens son cœur s'emballer, je m'inquiète quelque peu oui, car je ne voudrais pas le malmener alors que ce n'est clairement pas mon intention. Je voulais juste revoir cette flamme dans ses yeux, cette petite étincelle qui change tout. Sauf que j'étais peut-être bien trop égoïste, trop optimiste aussi. Son rire éclata le silence et résonna dans toute la pièce. Ce son parvint à mes oreilles si perceptiblement qu'un voile de surprise transparaissait durant quelques secondes sur les traits de mon visage. Je l'observe parler, toujours penchée vers son visage. Je l'écoute sans l'interrompre, même lorsqu'il détourne le regard. Je dois avouer avoir du mal à savoir comment bien lui répondre, trouver encore les bons mots. Il est vrai que j'avais déjà parlé avec les médecins, je savais déjà ce qu'il en était. Et grâce à mes capacités vampiriques, je pouvais très bien percevoir tout ça. Je le voyais et le sentais très nettement.

    Je soupire, ferme les paupières quelques instants avant de les rouvrir. Je prends le menton de Torben doucement pour l'amener à me regarder.

    « Tu ne m'as pas compris Torben. Tu es le seul à avoir survécu en tant que servant. Le seul et l'unique. Normalement, tu devrais être mort, reposer en paix à ses côtés. Ne me dis pas que ce n'est pas ce que tu désires le plus. Quand je parlais de te retirer, ce n'était seulement pour te libérer de toute cette souffrance. Si tu ne penses qu'à la mort, tu ne nous serviras à rien, et tu affaibliras Morgane. » Je fais une pause, avant de reprendre, un ton un peu plus autoritaire, mais non agressif. « Rester lié à ton serment et ne plus avoir d'envie ou de courage, c'est incompatible... et dangereux. Nous ne pouvons pas nous le permettre. Torben... » J'hésitais, le regard perdu dans ses yeux. Puis je m'approche doucement, mes lèvres vinrent se poser sur les siennes, tranquillement, mais aussi furtivement. Je reste quelques secondes à peine, mais je me redresse presque aussitôt, brise cette proximité qui m'avait paru bien éphémère sur le moment. Mon regard se perd un moment, ne visualisant plus son visage. « Prends le temps de te reposer, retrouve toutes les forces que tu peux retrouver... et à ce moment-là seulement nous verrons ce qu'il pourra en être de toi, si c'est seulement ton utilité qui t'intéresse... » Je ne savais plus trop quoi dire, quoi penser. Il n'était pas le même, j'étais même un peu perdue dans tout cela, ce baiser en était la preuve. Un acte que je n'aurais dû faire, car il n'était ni mien, ni en réel état physique et psychique. Je laissais le silence prendre place, avant de le briser par une simple question, pour changer de sujet peut-être, ou simplement éviter qu'un silence pensant ne se fasse sentir. J'étais peut-être un peu mal à l'aise, oui, depuis que mes lèvres avaient touchés les siennes, mais ce n'était qu'une émotion qui se surajoutait à celles déjà présentes et intenses confinées en moi. J'avais du mal à tout gérer en réalité, et je commençais à sentir le déséquilibre, la confusion. « Morgane a déjà dû te rendre visite et parler un peu avec toi de ton avenir justement, puisqu'elle doit veiller sur toi comme je veille sur Erin. »
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Jeu 25 Déc - 15:51

Se raccrocher à un élément, ténu ou important peu importe. Je suis blessé à mort, abandonné dans une mer de sang en train de m'y noyer. Si je ne me raccroche à rien qui pourrait passer à ma portée, je vais couler à pic sans aucun espoir de remonter un jour à la surface. Je fais donc ce que j'ai appris à faire depuis des années. Me forger un cadre de vie à partir d'un idéal. Je me sens seul, horriblement seul sans mon lien avec Krystel. Seul, dans mon propre monde en ruines. Blessé et abandonné, je n'ai plus qu'à me forger une nouvelle conscience, un autre idéal. Il faut que je me rattache à cette idée, que j'avance, que je progresse. Je ne sais pas ce que cela donnera à l'avenir mais je n'ai d'autre choix que d'essayer. Je serais bien incapable de me suicider, même si l'idée me tente et me prend aux tripes à intervalles réguliers. Jana m'aide et me contraint, elle m'a forcé à prendre une décision après m'avoir amené au pied du mur. Me retirer... Cela voulait dire renoncer à l'homme que j'avais été dans la dernière décennie, ces sept dernières années en tous cas. Cracher sur mon œuvre et sur la véritable divinité qui avait élevé ma condition. Je ne savais pas si j'aurais la force d'aller au bout de cette conviction, mais je me devais d'essayer, de persévérer. Je devais avancer ou mourir. J'avais déjà fait ce choix à plusieurs reprises dans mon existence, et si à chaque fois la situation m'était apparue comme étant de plus en plus désespérée, il y avait toujours eu de l'espoir. Là, que me restait il, sinon mon devoir envers ma partenaire, ma compagne, ma maîtresse ? Je n'avais plus rien d'autre. Mais cela suffisait. Cela devait me suffire.


Sa main douce mais froide vient me saisir le menton pour me forcer à la regarder. Grande, belle, forte. Désirable. Jana était tout cela. Mais il y avait quelque chose de neuf, chez elle. Comme une résolution particulière, quelque chose que je n'avais encore jamais vu auparavant dans ses prunelles sombres. Je comprenais ce qu'elle me disait. Ses paroles entraînèrent chez moi un sursaut de fierté, ce qui était presque douloureux.



| Je ne laisserai jamais mes sentiments personnels empiéter sur mon devoir. Soit j'oeuvrerai à vos côtés et serai efficace, soit je ne participerais pas du tout. Mais il ne peut y avoir d'entre deux. |


Elle m'embrasse doucement. Je ferme les yeux. Mon cœur ne bat pas plus rapidement. J'ai toujours aimé Jana, à ma manière. Mais la plaie béante, blessure invisible que la disparition de Krystel m'a causé, m'empêche d'en profiter, d'en jouir. Ce manque de réaction, de palpitations, me fait mal lorsque je m'en rends compte. Il va me falloir du temps. Je ne serai peut être plus jamais celui que j'ai pu être dans le passé, pas même un petit peu. Je déglutissais, toujours aussi péniblement. Le contact m'avait fort perturbé.


| Mon utilité a toujours été la chose la plus importante, en cela rien n'a changé. Et oui, votre sœur m'a rendu visite. Elle non plus ne sait pas trop quoi faire de moi. Erin aimerait que je reprenne mon ancienne place, tout en sachant que c'est impossible. |

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Jeu 8 Jan - 18:54


    J'aurais dû me cantonner à mon idée première, à cette impression que j'avais à chaque fois que mes yeux trouvaient cette porte, à chaque fois que je passais devant. La franchir m'avait paru un très mauvais choix. Je l'avais pourtant fait, après quelques jours oui, mais j'avais franchi le pas, ouvert cette porte comme si ce qui se trouvait derrière était quelque chose de dangereux. Dans un sens, cela l'était pour moi, je ne voulais pas voir ce qu'il était devenu, surtout après notre dernier échange. Je ne voulais plus ressentir cet ébranlement en le voyant, et chose certaine, je ne ressentais plus la même chose envers lui. C'était simplement différent. Quelque chose avait changé, bien sûr, il avait souffert de la mort de Krystel, il souffrait toujours. Le fait de le voir m'avait permis de briser ce voile que je m'étais fait le concernant. Était-il vraiment vivant, dans quel état ? Je m'étais toujours fermée à entendre quoi que ce soit venant de cette chambre, et lorsque j'y étais entrée, je m'étais dit que je ne ferais qu'un aller-retour en quelques secondes à peine. Mais il avait ouvert les yeux, et j'avais bien dû rester. Me voilà à présent assis au bord du lit, essayant de lui faire recouvrer le brin de vie qui émanait de lui, l'aider à choisir entre deux choix qui n'étaient pas optionnel. Aurais-je pu lui donner la mort comme je le lui avais dit ? Certainement, s'il me l'avait demandé. Il était inutile vivant s'il ne donnait aucun sens à sa vie après la mort de Krystel. Je ne voulais pas non plus qu'il soit pessimiste. Il avait déjà survécu, c'était quelque chose d'exceptionnel, alors pourquoi ne croirait-il pas en son rétablissement permanent ? Avait-il déjà pensé qu'il pouvait choisir également l'immortalité. Je souris moi-même à ses simples mots. Un sourire amusé, idée absurde. Ce que je voulais de lui, c'était qu'il pense à se rétablir, nous verrons par la suite.

    J'étais d'accord avec ses paroles, pourtant, je me contentais de rester silencieuse. Un brin d'égarement, et je lui vole un baiser. Je ne sais pas comment il le prendrait, je ne sais moi-même pourquoi ce geste est apparu. Il est seulement apparu de lui-même, sans que je ne puisse y réfléchir. J'espérais qu'il le tranquillise un peu, mais au lieu de ça, lorsque j'avais brisé la proximité, je percevais très nettement que je n'avais réussi qu'à provoquer l'inverse. Ma présence n'était finalement peut-être pas en sa faveur, même si mon intention n'était en rien lié à le faire davantage souffrir. Je l'entends déglutir, difficilement, avant que mes yeux ne perçoivent les traits de son visage. Je l'écoute de nouveau, il me parle de la visite de Morgane, mais aussi d'Erin. Je lui avais explicitement dit qu'elle pouvait le voir quand elle le voulait dès le premier jour. Ça avait été un peu un message, et j'étais ravie qu'il ait eu au moins quelques visites.

    « Je pense surtout qu'elle attend de voir ton rétablissement final pour pouvoir prendre une réelle décision. Krystel voulait que tu sois son servant, mais il ne faudrait pas que ce lien l'affaiblisse, tu le sais naturellement aussi bien qu'elle doit précisément le savoir. Surtout en ces temps. » Je fais une pause, me demandant s'il était judicieux de partir sur tous les problèmes qui nous entouraient. « Je n'ai pas pris le temps de la revoir depuis notre dernière rencontre, mais il faut qu'elle comprenne que tout repose sur ses épaules désormais. Je lui rendrais visite pour que l'on puisse parler de tout cela. » Je fais une nouvelle pause alors que je quitte le bord du lit, me levant presque trop rapidement. Je me dirige vers un meuble où mes doigts effleurent le bord de celui-ci tranquillement, avant de me retourner. « Qu'en est-il de Tom ? J'ai personnellement fait appel à lui, alors j'espère qu'il peut au moins... t'aider. » J'avais difficilement cherché le bon mot, mais il n'y en avait pas en vérité. Mais c'est vrai qu'il m'avait été recommandé, il était passé au crible, mais finalement, il s'avérait compétent. Je voulais seulement avoir le point de vue de Torben.

    Hj:
     
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 9 Jan - 14:07

Je commençais à me dire que jamais Jana ne pourrait s'empêcher d'avoir cette attitude ambiguë avec moi. C'était, je le savais, quelque chose qui la rebutait autant qui l'attirait, et elle essayait de faire en sorte de se contrôler tout en en étant incapable. Je ne savais comment me positionner moi même. Oui, nous aurions pu continuer à nous voir, être amants, partager des choses. Mais maintenant, tout avait irrémédiablement basculé vers autre chose. Je ne savais pas de quoi était fait l'avenir, mais je savais simplement que je n'étais qu'un outsider, plus partie prenante que décideur désormais. Elle était au premier rang. Elle ne pouvait plus se perdre dans ce genre d'histoire, que ce soit symboliquement ou simplement pour lui éviter de subir pareille déperdition d'énergie. Autant dire que les choses n'étaient pas bien parties, et voir Jana n'était que douleur. Moi aussi, je devais la faire souffrir en égale mesure, c'était même certain. J'étais responsable sinon fautif de la mort de sa mère adoptive. Sa mère tout court, si on considère que la vie de Jana ne remonte qu'aux seuls souvenirs qu'elle a gardés, huit ans plus tôt. La situation est trop compliquée, trop douloureuse, pour que nous laissions nos sentiments prendre le dessus et rendre le tout plus indigeste et plus dangereux encore. Nous n'étions plus des enfants ni des ados. Nous n'étions plus ce couple de jeunes mariés, ni de jeunes agents pour le compte d'une puissance supérieure. Elle était Reine, et moi je n'étais plus rien. Au sens littéral. Je ne parlais pas de perte de possessions terrestres. J'étais riche maintenant, m'avait on dit.


Cette pensée me fit partir d'un petit rire que je ne contrôlais pas, ce qui devait désappointer Jana.


Je me reprenais pour opiner du chef à ses paroles.



| Elle ne devrait pas me prendre comme servant quoi qu'il arrive. J'étais le servant de sa mère, pas le sien. Elle ne m'a pas choisi, et même en me remettant cela n'arrangerait rien. C'est à elle de prendre ce qu'elle veut. |


J'acquiesce concernant Erin. Oui, tout reposait sur ses épaules. Et si elle même en doutait, je pensais de mon côté qu'elle avait les reins suffisamment solides pour affronter cette situation. Je ne savais pas, cependant, que Tom avait été recruté personnellement par Jana.


| Il m'aide, oui. Plus que quiconque. Mais ce n'est pas lui qui fera de moi celui que j'étais. |


J'hésite avant de poursuivre.


| Quoi que je devienne, Majesté, je ne serais plus le même. Je le dis et le répète. Vous ne devez plus m'embrasser. Nous ne pouvons plus être intimes. Parce que je suis sensé devenir le servant de votre sœur, parce que vous me rappelez trop votre mère, parce que cela vous affaiblirait. Prendre la succession ne signifie pas tout reproduire à l'identique. Maintenant, vous devez penser à votre pouvoir et au bien de votre espèce avant tout. |


Si n'importe qui savait qu'elle nourrissait de l'attirance et des sentiments pour un handicapé comme moi, ses ennemis vampires se gausseraient et entreraient immédiatement en rebéllion. Déjà que certains nous considéraient comme du bétail, alors du bétail inutile...

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 9 Jan - 17:34


    Ma conscience flotte, stagne quelque peu en me rendant tantôt étourdie, tantôt concentrée. Je n'aimais guère l'atmosphère que dégageait cette pièce, je n'aimais guère non plus visualiser Torben dans ce lit. Mais je l'avais fait pour me confronter à la dure réalité, celle de Krystel morte, de lui à moitié en train de sombrer et du poids sur mes épaules. J'aurais pu indéfiniment mettre de côté cet homme, j'aurais pu lui faire porter le poids de la culpabilité, remettre toutes les causes sur lui, mais cela n'allait pas faire avancer les choses. J'avais déjà réussi à l'obliger à faire un choix, entre la mort et la survie. Je n'étais pas tout à fait médiocre dans ce que j'entreprenais avec lui, si ce n'est que ma seule erreur fut celle de mes lèvres touchant les siennes. J'aurais pu nier totalement que cela n'était que pour lui apporter un peu de bien-être dans sa souffrance, mais je savais au plus profond de mon être que ce n'était pas vrai. Une demi-vérité, en somme, qui se traduisait et cachait indéniablement un mensonge. Torben n'était pas dupe, même dans son état, mais j'essayais de mettre toujours plus de distance après cela. Son rire me perce presque les tympans, me provoquant étrangement une douleur qui se dissipa la seconde d'après. Je m'interrogeais sur ce qui pouvait le faire rire ainsi, à quoi pouvait-il penser, et cela ne m'incitait pas à le rejoindre, bien au contraire, c'était plutôt tout l'inverse. Je l'écoutais, et je me surpris à avoir un air presque amusé que je masquais.

    « Et bien justement, et comme tu l'as si bien dit, ce n'est pas à toi de décider, mais bien à Morgane. Si elle décide de te prendre comme servant, comme l'ancienne reine rouge le voulait, tu te devras d'accomplir ce devoir. » ajoutais-je, plus sèchement que je ne l'aurais souhaité. Je lui retournais ses mots, alors qu'il m'avait si bien dit qu'il ferait ce que les Reines Rouge lui ordonneront, et bien voilà. Sa vie était entre les mains de Morgane, elle seule pourrait décider de son sort, tout comme son futur. Même si j'omettais le fait que nous avions déjà parlé de son cas et que nous en reparlerions avant qu'il ne soit remis d'aplomb. Je m'arrêtais sur ma lancée avant de jeter des paroles acides à son égard. Je savais que cette entrevue ne devait pas s'éterniser, je n'aurais pas dû rester plus d'une seconde en vérité. J'aurais pu partir dès lors que j'avais senti le tressaillement de ses paupières, et il n'aurait vu qu'une pièce vide, ne pouvant percevoir mon odeur, mon parfum dans son état actuel.

    Je me redresse, fait quelques pas avant de lui révéler que j'ai moi-même fait appel à Tom, je ne le sais cependant pas. Je sais pertinemment qu'il ne peut l'aider totalement, mais s'il peut l'aider d'une quelconque façon, cela ne peut que l'apaiser un tant soit peu, non ? Je fronce très légèrement les sourcils. « Ce n'est pas ce que j'attends de lui. » Une seule phrase pour lui exprimer ce que je pensais. Décidément, il était encore raccroché à celui qu'il était, je ne pouvais pas le blâmer, mais quand bien même il m'avait déjà répondu, j'étais certaine qu'il hésitait encore face aux choix qu'il avait à faire. Oui, il n'était plus le même, mais ça, je l'avais su dès lors que l'image de cet homme allongé dans ce lit s'était incrustée dans ma mémoire. J'entends de nouveau ses mots, étrangement, je revois un instant l'ancien homme qu'il fut, et tout me paraît très clair à peine avait-il eu fini son petit discours. Je me sens étrangement grandit, ma tête se relève, je m'avance vers lui, mais reste debout alors que mes yeux transpercent les siens et se font puissant.

    « Parce que cet effleurement te fait penser à un baiser ? » Un demi-sourire atteint mes lèvres. « Ne t'en fais pas, cela ne se reproduira pas. Ma venue dans cette pièce n'aurait pas dû atteindre tes sens, sois sûr que tu ne me verras plus que dans de rares occasions. Je voulais simplement m'assurer de ton état, te voir en personne. C'est chose faite, et ne penses pas que je ne fais pas déjà mon devoir. » Me voilà un peu plus sûr, un peu plus hautaine aussi, même si le qualificatif n'est pas si exact et radical. Dans un sens, il m'oblige lui-même à faire un choix, que j'avais déjà fait, mais qui s'éclaircit dorénavant très nettement. « Mais réfléchis-y encore, si ma simple vision te rappelle notre ancienne souveraine, te fait souffrir, si tu hésites constamment, comme je te le disais, tu ne nous serviras à rien. Si tu penses que tu m'affaiblirais, penses que tu affaiblirais bien plus Morgane. Ne crois pas que je ne sais pas prendre de décision, que je ne vois pas que tu n'es plus le même homme. J'ai les sens développé, ne l'oublie pas, Torben. » Je m'arrêtais, me demandant comment il allait prendre tout mon discours. Je n'étais pas venue ici pour le malmener, car c'était ce que je faisais présentement, même si ce n'était guère physiquement – mise à part le baiser, qui n'en était pas vraiment un – je le bousculais psychologiquement. J'inspirais, puis soupirais lentement. « Je n'ai pas envie de te bousculer, Torben, et encore moins être à l'origine d'une quelconque détérioration de ton état. Je n'étais pas venue dans ce but, mais simplement pour m'assurer que tout allait pour le mieux. »
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 9 Jan - 18:19

Comme si j'avais eu l'illusion d'avoir à un moment donné le contrôle, je suis sûr et certain désormais que ce n'est plus le cas. Je suis cuit, et nous nous en rendons tous les deux compte. La Reine se fait sèche. Son rôle refait surface, ça me semble évident. Elle s'imprègne rapidement de son nouveau statut, de ses nouvelles fonctions. Elle est une reine et elle le fait savoir. Elle a raison. J'ai poussé Jana dans cette direction. Franchement, quoiqu'elle choisisse de faire peu m'importe maintenant. Je ne me sens plus concerné par les choix qui sont pris. Je ne me sens pas en dehors, je suis toujours concerné. Mais franchement, je suis fatigué de tout ça. Je n'ai plus la même passion pour les événements depuis que Krystel n'est plus. Ce n'est plus ma vie que je joue. Elle a déjà été jouée. Je fixe Jana du regard quand elle me parle de devoir. Peut être avais je failli dans mon devoir qui me liait à Krystel, mais quoiqu'il en soit, j'estimais que j'étais bien la dernière personne à qui l'on pouvait parler de devoir, d'obligations.


| Je sais bien. Seule la mort met fin au devoir. Et contre toute attente, je n'ai pas succombé à mes blessures. Mon devoir continue, je n'ai jamais prétendu le contraire. Et si je ne dois servir à rien et à personne, ainsi soit il. |


Je suis fatigué de tout ça. Que croit elle ? Que je prends plaisir à cette situation ? Que je suis satisfait de ce que j'ai ? Qu'en me provoquant, je vais rugir et me redresser sur mes pattes, la fleur au fusil ? Je pense avoir déjà assez donné. Je suis fatigué, mal en point, et la seule personne qui me rendait utile à quoi que ce soit s'est fait tuer parce que moi, je n'étais pas présent. Vous parlez de perspectives d'avenir. Et la voilà qui redevient mauvaise. Je le vois à son regard. Je laisse couler ses attentes vis à vis de Tom. Franchement, ce qu'elle veut ne les regarde que tous les deux, je ne vais pas m'occuper de ça. Et la voilà qui revient, me domine de sa hauteur, de son regard pénétrant. Je ne cille pas.


| Parce que vous allez prétendre le contraire ? Depuis quand on effleur les lèvres des gens si c'est pas pour les embrasser? |


Elle voulait une réaction, elle l'avait eu. Qu'elle ne me prenne pas pour un con. Je sais très bien ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent. Et tant pis, si ce que je dis ou ce que je fais ne lui plaît pas. De toute manière, que peut elle me faire ? Me retirer Tom, m'interdire de voir Erin, me tuer ? Peu m'importe. Je devrais déjà être mort de toute façon. Je la dévisage. Mais pourquoi me balançait elle que si je n'étais plus bon à ce que je faisais, j'aurais droit au placard ? Je le savais déjà, et je lui avais déjà dit.


| « Que tout allait pour le mieux »... « Que tout allait pour le mieux », rien que ça ! Krystel est morte, c'est ma faute et je suis là comme un putain de cul-de-jatte incapable de pisser debout, et « tout va pour le mieux » ? |


Je détourne le regard.


| Bonne soirée, Majesté. Que votre règne soit long et prospère. |

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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   Ven 9 Jan - 19:20


    Je reprends un air plus grand, plus élevé, oui, mais cela me permet également de mettre de la distance vis-à-vis de lui. Encore une fois, j'aurais dû rester les pas derrière cette porte, ne pas m'arrêter, juste l'observer, jeter un coup d'œil sans importance. J'étais niaise de penser que ma présence, mes gestes ou même mes mots pouvaient lui faire un quelconque bienfait. Finalement, je suis heureuse que Krystel ne me l'est pas attribuée, je suis heureuse d'avoir Erin à mes côtés, même si pour le moment, nous étions toujours que de lointaines connaissances, bien loin d'être intime l'une et l'autre ; et je ne parle pas de sexualité, mais de bien plus que cela. Je repensais à la lettre de Krystel, à ses mots concernant le guide que pouvait être mon cœur. Je m'amusais à en rire intérieurement, car je me dois de le fermer justement. À ses mots concernant Torben son amour pour Augustus, et le fait que tout cela n'amène qu'à perte et chaos. Je me souvenais de chaque mot de cette lettre, un à un, ils défilaient dans ma tête, comme si sa voix me guidait encore, me susurrant au creux de mon oreille. Un voile de sérénité passa sur mon visage, mes paupières se ferment lentement, un fin sourire étire mes lèvres, avant que la réalité ne reprenne le pas sur mon inconscience, que la voix de Torben s'élève dans la pièce. Je l'écoute, silencieuse, mais je ne riposte pas, rien ne m'en donne l'envie ni le désir. J'ai déjà parlé, il m'a simplement répondu.

    Il ne cille pas à mes autres paroles, le fait d'avoir effleurer ses lèvres ne devaient pas le mettre sur cette voix. C'était mon erreur, soit, mais je décidais de le détourner à ma façon. Je souris légèrement alors qu'il semblait m'avoir déchiffrée, une nouvelle fois. Mais il avait raison, mon rang était autre, et même si j'éprouvais toujours de l'attachement pour lui, je pourrais avec le temps l'annihiler intégralement. Le remplacer par autre chose, je trouverais, j'ai toujours trouvé jusque-là. « J'ai eu tort de penser que ce geste aurait pu t'apporter quelque chose de bénéfique. » Je ne pouvais rien lui répondre de plus, le ton était donné, mes pensées également. Je frôlais toujours cette demi-vérité, mais je ne voulais pas replonger dans cette discussion qu'il avait entamée suite à mon erreur. Cependant, je ne pensais pas qu'il allait réagir ainsi à mes propos. Je ne pensais pas les avoir mal choisi, mais il me semblait que j'avais fait une seconde erreur. Il avait mal identifié mes mots, je ne voulais absolument pas dire ce qu'il vient de me cracher. Je reste silencieuse un moment, l'observant alors qu'il détourne le regard. Je n'allais pas me rapprocher, l'obliger à me regarder comme mes gestes l'ont fait plus tôt. Je veux juste qu'il sache que pour une fois, là n'était pas mon intention.

    « Ce n'était pas ce que je voulais dire, Torben, je ressens et comprends très bien ton mal-être. » Ceci encore une fois, grâce à mes sens. Je ne trouvais rien d'autre à dire, car nous avions tous deux clôturé les choses, nous nous étions fermés, moi la première, mais il s'était fermé également. Rien de plus à ajouter, il comprendrait ce qu'il voudrait, comme quoi, il ressemblait encore un peu au Torben d'avant.

    « Adieu, Torben. »

    Cela aura été ma première et dernière visite, il comprendrait par ces deux simples mots. Dorénavant, ces visiteurs ne seraient que Morgane, Erin ou Tom. Je ne me permettrais plus de franchir cette porte, ou d'avoir un semblant geste d'affection envers lui. Je me retourne et quitte la pièce aussi silencieusement que j'étais arrivée.
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MessageSujet: Re: L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]   

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L'illusion n'est qu'éphémère. [Livre II - Terminé]
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