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A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]
MessageSujet: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Ven 19 Sep - 12:33

J'ai trouvé l'eau si belle...





Il y a de l'eau, partout autour de moi, je le sens. Lacs, rivières, ruisseaux, mares, l'élément liquide abonde dans le nord sauvage de Glasgow. Et cela m'apaise. Etrange sensation. Etre apaisée, cela ne m'arrive presque jamais. Enfin, plus depuis la mort de Jessica. Ce jour tragique, une flamme s'est levée en moi, et ne s'est jamais éteinte : c'était comme si la proximité de tant d'eau, sans la souffler tout à fait, la transformait en braise dont je pouvais presque oublier l'existence pour quelques heures.

C'est un dimanche. Je m'ennuyais dans une planque à Glasgow. Rien n'était prévu pour moi aujourd'hui dans le plan des semi-démons. Sortir en ville ? Hors de question. Trop risqué. On pourrait me reconnaître. J'étais censée prendre mon mal en patience et tourner en rond dans un lieu qui n'est même pas équipé comme une maison normale : pas de télévision, pas d'ordinateur... C'est juste un endroit pour dormir. Pas pour passer une journée.

J'ai alors repensé aux dimanches de mon enfance, en promenade dans la nature. Cela fait longtemps que j'ai rompu avec ce mode de vie, depuis que je me consacre aux semi-démons. Je n'ai jamais eu envie de le reprendre. Mais aujourd'hui, je m'ennuyais trop. Il y a peu de risques que je croise quelqu'un dans la lande. Alors j'ai pris la voiture, et je suis partie.  J'ai roulé. Je ne savais pas vraiment où m'arrêter. Tous les paysages étaient beaux dans ce coin, lequel choisir pour une unique excursion, probablement sans aucune suite ?

En fait, l'idée s'est imposée assez vite. La cascade. Je ne savais pas son nom, mais je m'en souvenais très bien, malgré les années. L'endroit où tout a commencé, où, pour la première fois, l'eau s'est pliée à ma volonté. S'il y a un seul lieu où je devais revenir, c'était celui-là. Peut-être était-ce dégoulinant de sensiblerie, mais tant pis. Ma décision était prise.

Je ne savais plus exactement où elle se trouvait. Cela faisait trop longtemps. Mais je m'en rappelais à peu près. Alors j'ai garé la voiture loin de tout, vérifiant avant de m'arrêter que personne ne se trouvait autour. J'ai enfilé des lunettes de soleil, par précaution, et je suis sortie. Mes chaussures se sont enfoncées dans la terre molle. Oui, l'eau imbibait vraiment ces paysages...

Et me voilà qui marche dans la nature, à la recherche d'un fantôme du passé. Cela fait plus d'une heure à présent. A chaque instant, je crois reconnaître une courbe du chemin, la forme d'un arbre, mais peine perdue. Les lieux ont dû bien changer depuis... Quoi ? Vingt ans ? Vingt-cinq ? Je ne sais plus exactement. Bien sûr, ce que je vois est beau, mais ce n'est pas ce que je cherche. Je commence à croire que ma quête est vaine, que j'ai fait ce chemin pour rien, que j'aurais dû rester en sécurité dans la planque à Glasgow.

Et puis soudain, je vois un rocher. Cette fois, j'en suis sûre. C'est là. C'est sur cette pierre que j'étais assise. La certitude coule dans mes veines plus vite que mon sang et me fait rater un battement. Un instant d'incrédulité. C'est là, c'est là, c'est là.

Lentement, je me dirige vers le rocher, et comme une petite fille, je grimpe dessus. La semelle de mes chaussures rape sur la pierre, ne parvenant pas à trouver l'adhérence nécessaire pour monter. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas pratiqué ce genre d'escalade... Mais finalement, une poussée plus forte que les autres me propulse, et je parviens en haut. Je m'asseois, jambes pendantes, et je contemple ce qui se trouve devant moi.

Une petite cascade, que rien ne distingue des autres qui abondent dans la région, si ce n'est mes souvenirs. J'ai l'impression qu'il y a plus de végétation que par le passé, mais je n'en suis pas sûre. Je regrette de ne pas avoir pris mon appareil photo. Je sais que quelque part, j'ai toujours les vieux clichés jaunis pris il y a des années. J'aurais pu comparer. Tant pis.

Je tends le bras devant moi. Je me rappelle la frustration que j'avais ressentie quand j'avais constaté que la cascade passait du mauvais côté d'un rocher, que je ne pouvais pas, d'ici, voir le bouillonnement qu'elle faisait en s'écrasant en sol. Mon espoir enfantin qu'en agitant la main, la situation changerait. Ma stupéfaction quand l'eau m'avait obéi. Difficilement d'abord : seul un filet s'était détaché de la masse de la cascade. Puis, avec de la concentration, le reste avait suivi. Cela m'avait demandé tellement d'efforts...

Aujourd'hui, il me suffit d'y penser, et toute la cascade m'obéit. Je me sais seule et je m'amuse un instant avec mes pouvoirs, faisant jaillir des jets d'eau avant de les faire retomber, dansant avec mes bras la danse de l'eau qui m'est soumise.

Puis je laisse retomber mes mains. Mon pouvoir m'est devenu si familier au fil des années... Il ne m'émerveille plus, plus autant que lorsque j'étais une gamine qui se croyait une fée. Je sais aujourd'hui que je peux manipuler tous les liquides. L'eau, je ne la touche presque plus. Désormais, c'est la danse du sang qui est mienne.

Oui, les choses ont bien changé. J'ai grandi. J'ai trouvé ma voie. Une voie différente de celle que se représentait la petite fille à l'appareil photo, assise sur son rocher. Mais cette enfant n'avait pas encore perdu la chair de sa chair, n'avait pas encore découvert que son Papa n'était pas son père. Que de chemins cachés s'ouvraient à elle, qu'elle ne soupçonnait même pas. Comme cela arrive parfois dans la lande écossaise, ils étaient masqués par des buissons que la vie s'est ensuite chargée d'écarter.

Est-ce qu'elle se serait effrayée, la petite Maryana, d'apprendre qu'elle était une semi-démone ? Probablement. Les démons, c'étaient les méchants des contes. Mais depuis, j'ai appris à réviser mes valeurs. A comprendre que le Paradis n'existe pas. Qu'il n'y a que l'Enfer, et que ce dernier est dominé par ceux qui ont la force de s'imposer. Et que c'est cette voie que je devais suivre si je devais imposer ma marque en ce monde.

Soudain je me crispe. J'ai cru entendre du bruit derrière moi. Est-ce qu'il y avait quelqu'un ? Est-ce qu'on m'a vue manipuler l'eau ? Mon pouvoir est précisé sur les avis de recherche : la plupart des gens feraient le lien immédiatement, et préviendraient les autorités. Ce qui me mettrait dans une mauvaise posture. Rien de terrible étant donné la masse de liquide qui m'entoure, mais tout de même. Pour en avoir le coeur net, je me retourne et je demande à la nature :



- Il y a quelqu'un ?
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Dim 28 Sep - 18:16

Je tournais en rond, à Wolfheaven. Pas littéralement, évidemment. Le domaine était grand, notamment pour permettre aux loups de s’y dépenser – ce dont ils avaient besoin, je m’en étais rendue compte, pour les avoir observés en essayant de me faire discrète. Mais malgré cela, je me sentais oppressée. Parce que j’étais différente, comme je l’avais toujours été. J’espérais m’intégrer davantage, avec des êtres semblables à moi, mais c’était une utopie. Et je n’arrivais pas à me concentrer, pour me transformer en louve. J’aurai du, pourtant, y parvenir plus facilement, parmi les odeurs de loups. Non ? J’enrageais, de ne pas y arriver. En même temps, Roxie m’avait dit que ça me prendrait longtemps. Ca ne m’empêchait pas de vouloir y arriver, et d’être frustrée que ça ne soit pas le cas. D’autant que je voyais mal ce que je pouvais faire de plus. Mes soirées, vu que j’étais consignée à Wolfheaven comme la nuit tombait tôt et que je fuyais encore Constance, je les passais à lire des bouquins sur les loups que j’avais volés à la librairie. Je me laissais déconcentrer par les odeurs, par ce qu’elles représentaient. Ce à quoi je souhaitais parvenir. Je devais m’isoler. Être en paix avec moi, et rien qu’avec moi. Ne pas sentir de pression, par la présence même indirecte des autres membres de la meute.

J’avais découvert une cascade, non loin de la forêt des loups, de la Meute, de notre forêt même si je n’intégrais pas réellement ce concept d’y appartenir pour le moment. Près d’un des nombreux lacs qui parsemaient le pays… Le bruit de l’eau, qui aurait pu me distraire, m’apaisait. Je préférais me trouver à la source de la cascade. J’y volais, métamorphosée, à distance, pour ne pas me laisser emporter, ne pas risquer de me noyer. Là haut, j’étais presque certaine que personne ne viendrait m’y déranger. J’avais tort. Combien de temps avais-je passé, sur le sol meuble, assise, les yeux fermés, ouverte à ce qui m’entourait ? Essayant d’en percevoir le moindre détail, alors que je m’imaginais me transformer en loup ? Que j’essayais de ressentir à nouveau la puissance qui m’avait habitée, et effrayée, l’unique fois où j’étais parvenue à mes fins, pour même pas une minute ?

L’eau, dont le bruit était puissant, avait masqué les sons, l’odeur, qui régnait alentour. Jusqu’à ce que le vent les fasse parvenir jusqu’à moi. M’avait-on suivie ? Etait-ce un des sbires de Constance ? Je levais instinctivement les yeux vers le ciel, aveuglée par le soleil, qui me fit monter les larmes aux yeux. Impossible. Elle ne s’associerait pas à des humains. Je pensais cela pour me convaincre, davantage que par conviction. Je ne pouvais prendre le risque de me transformer, si je ne le faisais pas en loup. Et je savais que si j’y arrivais, ça ne durerait pas. Je doutais pouvoir y arriver. Mais si tel était le cas, je pourrais m’éloigner rapidement, en une foulée, et sauter sans me briser le cou. Mon tigre aurait fait de même, mais je ne pouvais risquer d’être vue. J’inspirais fortement, ôtais mes vêtements, et m’imaginais me transformer. Remémorais tous les détails de l’espèce que j’avais appris. Je retins un hurlement de puissance et de réussite, quand je le devins. Une louve. Réellement. Je ne devais pas tarder, je ne savais pas combien de temps ça durerait. Je pris mes vêtements dans ma gueule, plus humaine que louve, et m’éloignais rapidement, sautais pour rejoindre le bas de la cascade rapidement par un chemin escarpé. Je me retransformais et me rhabillais, écartant ma joie d’avoir réussi, même si ça n’avait duré que deux ou trois minutes ou moins, m’approchant. Qui m’attendait, qui se trouvait là ?

« Bonjour. »

Je me figeais, en voyant le visage de la femme. Connu, diffusé à large échelle. Je ne m’avançais pas plus, mais ne reculais pas, essayant de maîtriser ma peur. Elle pourrait ne pas me faire mal. Je devais faire en sorte que ça ne soit pas le cas. Et je devais fuir, si ça arrivait. En louve. Pour ne pas trahir le secret des miens.

|HJ| Désolée pour l'attente

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Jeu 2 Oct - 22:33

J'ai trouvé l'eau si belle...




Il y avait bien quelqu'un dans les environs. Une jeune fille, au pied de la cascade. En entendant ma question, elle ne cherche pas à se cacher. Elle répond simplement, en me regardant :


- Bonjour.


Elle a l'air jeune, fragile. Ses cheveux blonds encadrent un visage fin. D'emblée, je la classe dans la catégorie de ceux qui ne représentent aucun danger pour moi. Même si elle a des pouvoirs de quelque nature que ce soit, elle n'est probablement pas assez âgée pour les maîtriser pleinement. Je n'ai donc rien à craindre d'elle... En théorie.

Car je lis dans son regard de la dureté. De la peur aussi. C'est quasiment évident. Elle m'a reconnue, et elle sait. Elle sait qu'elle est face à Maryana Watheerey, chef des semi-démons, psychopathe en puissance et probablement numéro 1 des criminels les plus recherchés d'Ecosse. Elle craint peut-être déjà pour sa vie. On s'emballe vite à cet âge-là.

Mais quand on est adolescent, on a aussi souvent un portable sur soi. Avec un excellent réseau. Un seul geste, et elle peut donner l'alerte. Et même si je me débarasse d'elle rapidement, des renforts risquent de revenir. Bien sûr, je suis confiante dans ma capacité à faire appel à l'eau pour l'immobiliser avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit en ce sens, mais une seconde de trop, et ce serait l'échec.

Je pourrais aussi la noyer dès maintenant. Comme ça, plus de danger. Je peux faire en sorte que l'eau s'infiltre dans ses poumons avec une précision chirurgicale. Elle ne souffrirait même pas, si je le voulais.

Mais je n'ai pas envie de la tuer. Etrange, de ma part. Que je veuille épargner quelqu'un. Cela doit être l'influence du lieu. Et puis sa jeunesse, aussi. Elle me rappelle l'enfant que j'étais il y a des années, venant me ressourcer à la beauté de la cascade. Je ne veux pas souiller cet endroit, en faire un havre de mort, en tout cas si elle ne m'y contraint pas.

Je vais donc être obligée de jouer un jeu inhabituel pour moi : celui de la gentillesse, pour essayer de la convaincre qu'elle s'est trompée, qu'elle a réagi trop vite en croyant voir Maryana Watheerey dans les traits de mon visage. Ca plairait à Pandore, qui voudrait que je sois plus subtile. En tout cas, c'est en tentant de chasser toute trace de tension ou d'animosité de ma voix que je lui réponds moi aussi un sobre :


- Bonjour !


Le mien se veut plus enjoué que le sien. Je ne suis pas méfiante, moi, je n'ai rien à me reprocher. C'est en tout cas l'impression que je veux donner. Je suis même amicale et disposée à discuter : j'engage en effet la conversation en demandant à la jeune fille :


- Qu'est-ce qui t'amènes ici ? Je croyais être la seule à connaître ce superbe endroit, mais apparemment, je me trompais !


Je m'en veux aussitôt. La question est peut-être trop brusque. Après tout, je n'ai pas à me mêler de ses affaires. Aussitôt, je change de direction, délivrant d'emblée une fausse identité avant qu'elle ne m'interroge, dans l'espoir de tuer ses soupçons dans l'oeuf :


- Je m'appelle Dana, au fait. Et toi ?


Sans doute suis-je trop familière. Quel âge peut bien avoir cette fille ? Dix-sept, dix-huit ans ? J'en ai au moins dix de plus. C'est sûrement trop pour essayer de me faire passer pour une camarade. Décidément, cette cascade me rajeunit. La plupart des femmes en rêvent, mais dans le cas présent, ce n'est pas forcément une bonne chose. Enfin, on verra bien si la jeune fille s'y laisse prendre. Si cela ne marche pas, j'ai des moyens plus brutaux à ma disposition pour faire en sorte que les événements se déroulent comme je le souhaite...
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Dim 5 Oct - 23:37

Je devais irradier la peur, même en essayant de la contenir. Je ne sais pas vraiment ce que la personne, la semi démone, en face de moi en perçoit. Je ne peux pas faire grand chose contre ça, sinon aller à son encontre, la surpasser. Je sais que je risque beaucoup. Que je peux apporter un danger à la meute, en restant là. Je pourrais fuir. Devrais, peut-être. Mais elle pourrait me traquer, me faire mal. J’ai entendu les gens en parler, dire ce qu’il s’était passé, au St James. Elle y était. Et elle était dangereuse. Je ne pouvais pas fuir, pas sans être acculée face au danger. Alors je devais résister, et ne pas m’emballer. Ne pas réagir excessivement. Ne pas la provoquer, ne pas la bousculer. Ne pas m’attirer le courroux de la tête pensante des siens. D’un de ceux déclarés ennemis numéro un. Non, je devais prendre sur moi, et l’affronter. La traiter comme quelqu’un de normal, en espérant qu’elle ne me blesserait pas, ne me ferai pas de mal.

Je grimace, en entendant son ton enjoué. Je suis perdue, ne sachant ce qu’elle veut faire. Ne sachant à quoi elle joue. Je suis, j’ai toujours été, naïve, mais plus maintenant. Plus autant. Plus depuis Constance, et le danger dans lequel je me suis trouvé, dans lequel j’ai mis Charlie. Le danger que je peux attirer, par son biais, sur la meute. Mieux vaut ne pas rentrer dans son jeu, mais ne pas faire preuve de trop d’animosité.

Je me détends, un peu. Plus sereine à l’idée de savoir ce que je fais, même si ça n’est pas concret, très détaillé. Je suis un peu fière de moi, de pas foncer tête baissée, de pas faire confiance sans réfléchir, même si je m’efforce de ne rien en montrer. Et puis, ça veut pas dire que je fais pas une bêtise. Mais la moins pire de toutes celles que je pourrais faire, je crois. J’espère. J’esquisse un maigre sourire. Pas enjoué comme sa voix, mais là quand même. S’il était convaincant ? Je n’en savais rien du tout. Mais j’espérais que oui, au moins un peu. Je haussais les épaules, à sa question. Avais-je réellement une réponse ? Je ne voulais pas lui dire que je décompressais. Je ne voulais pas me confier, et lui dire que je me sentais isolée, enfermée, et pas réellement à ma place. Non, je ne voulais pas. Prétendre être ici par hasard, c’était le mieux. Je crois.

« Prudence. »

C’était ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux. C’était mon deuxième prénom, même si je ne l’utilisais pas. Jamais. Même si je ne l’utiliserai jamais. Comme jamais plus je ne dirai m’appeler Alexandra. Ca n’était pas, plus, mon prénom. Je l’associais à bien trop de désagrément, et ça changerait pas. Je le haïrais toujours.

« Je me baladais par ici. C’est toujours agréable, d’être au milieu de la nature. Et toi ? »

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Sam 11 Oct - 14:58

J'ai trouvé l'eau si belle...




La jeune fille esquisse un faible sourire. Pas franc, mais c'est déjà ça. Elle ne panique pas, ne hurle pas. Elle répond à ma question, même si c'est sans la moindre fioriture :


- Prudence. Je me baladais par ici. C’est toujours agréable, d’être au milieu de la nature. Et toi ?


Son prénom lui va bien, vu son visage fermé. Un vrai programme. Certains disent que le choix du prénom à la naissance détermine la personnalité de l'enfant : je ne serais pas surprise qu'ils aient raison. J'ai souvent vu des gens se comporter exactement comme leur prénom le laisserait supposer... Qu'indique pour moi Maryana ? J'avais regardé un jour par curiosité.

C'est une individualiste qui est prête à fournir beaucoup d'efforts pour accomplir ses projets, sa volonté et son ambition étant à toute épreuve. Elle aime sortir des sentiers battus, intéressée par l'hétérodoxe, l'inhabituel, la nouveauté, la mode, l'avant-garde. Elle désire être la première en tout et est en quête de perfection et d'absolu, d'où une certaine tendance à être sélective dans ses approches. Diriger, commander, gérer, administrer, s'exprimer, communiquer sont presque aussi nécessaires pour elle que respirer. Elle rêve de grandeur et de réalisations personnelles car son ego est très puissant. Elle est attirée par les professions créatives.

Pas si mal, non ? Cela donnerait presque envie de croire à la Destinée...

Je me rends compte que je m'égare dans mes pensées, et je me concentre à nouveau sur la question de Prudence. Je lui réponds :


- Je me promenais moi aussi, ces beaux paysages m'apaisent.


Sur ce point, je peux me permettre de dire la vérité : je ne diffère pas des autres randonneurs... Mais je ne sais pas quoi ajouter. D'un côté, prolonger la conversation serait artificiel et suspect, mais de l'autre, je ne peux pas laisser partir Prudence tant que je ne suis pas sûre qu'elle n'appelera pas la police dès que j'aurais le dos tourné... Il faut donc que je la retienne ici jusqu'à avoir une confiance suffisante en elle, ou bien, si elle paraît rester méfiante, que je la supprime...

Pour le moment, je préfère la première option, et je lui pose une nouvelle question :


- Vu ton âge, tu es lycéenne, je suppose ?


Essayons de mieux la connaître... Et puis, lorsqu'elle me retournera les questions, je pourrai lui donner de fausses informations. Avec un peu de chance, ces dernières, ajoutées à mon ton sympathique, la convaincront que je ne suis qu'une illustre inconnue. Et puis, mentir me procure un plaisir certain, moindre que le meurtre, mais cela reste une pétillante excitation...
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Mar 21 Oct - 21:50

Je n’ajoute pas mot, me contentant de la regarder. Je suis sûre qu’elle ment. Je suis peut-être naïve, mais pas idiote. J’ai vu son visage à la télé, plus de fois que je ne peux le compter. Je suis persuadée qu’elle est la semi démone dont le visage est diffusé par la PES. Son pouvoir, en revanche ? Je n’en ai pas le moindre souvenir. Peut-être pourrais-je l’amener à me le dire. Ou pas, mieux valait qu’elle ne se dévoile pas. Si elle me mentait, ça voulait dire qu’elle ne m’attaquerait peut-être pas. Si elle en venait à me dire la vérité… Alors je serai morte. Peut-être. Je déglutissais, espérant qu’elle n’en verrait rien, essayant de sourire davantage en l’entendant.

« C’est vrai que c’est très beau, ici. Et pur. On pourrait presque croire que tous les dangers de l’extérieur ne sont plus. Je me sens un peu plus sereine, ici… »

C’était vrai et faux à la fois. Jamais je ne me sentirai protégée des dangers extérieurs, ou ne penserais qu’ils n’existaient pas. Mais j’étais bien plus détendue, là, même s’il s’agissait d’un ennemi public numéro un. Il faudrait que j’insiste là-dessus, si j’en parlais à Roxane. Ou que je me taise, car je me ferai engueuler, à coup sûr. Mais j’étais certaine que tant qu’elle faisait semblant d’être une autre, elle n’était pas une vraie menace. Elle voulait garder son secret, et sa liberté. Et je ne pouvais pas appeler qui que ce soit, sans risquer de compromettre la mienne. Non, il valait mieux que je rentre dans son jeu, définitivement. Mais sans nécessairement lui dire la vérité. Elle ne devait pas pouvoir retomber sur moi, plus tard, si elle le souhaitait.

« Non, j’ai arrêté les études. C’était pas pour moi. Je suis larbin dans un restaurant chinois… Ca paye pas bien mais bon…. Je suis jeune, et ils sont pas trop regardants… »

Ca aurait pu être vrai. Charlie m’avait proposé, après tout, un tel travail. Je supposais bien que ça voulait dire qu’ils s’en foutaient, de mon âge, du fait que je devais être au lycée, ce genre de choses. C’était tant mieux, d’ailleurs. Je souriais à nouveau à… Dina ? Dana ? Quelque chose comme ça. Un peu plus détendue, mais pas trop.

« Et toi, tu fais quoi ? Dinah, c’est ça ? Désolée, je suis nulle avec les prénoms. »

|HJ| J’espère que ça te va, je suis ultra désolée pour l’attente

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Ven 24 Oct - 17:55

Apparemment, Prudence est elle aussi sensible à la beauté de ce qui nous entoure, car elle s'exclame :

- C’est vrai que c’est très beau, ici. Et pur. On pourrait presque croire que tous les dangers de l’extérieur ne sont plus. Je me sens un peu plus sereine, ici…

Pour la première fois depuis que j'ai découvert sa présence, j'esquisse un vrai sourire. Ces mots, ce sont exactement ceux que j'aurais pu prononcer, et j'ai donc l'impression d'être dans une certaine communion de pensées avec cette jeune fille. Même si, bien sûr, je pense qu'elle n'a pas la tête pleine de meurtres et sang. Je l'espère pour elle en tout cas.
Je ne sais pas d'où me vient cette dernière pensée. Au cours des dernières années, j'ai retourné toutes mes valeurs, et je considère que tuer est l'acte nécessaire à l'accomplissement d'une vraie personnalité. Est-ce que cette bribe fugitive qui vient de flotter dans ma tête est un souvenir du passé ? Est-ce que je renoue avec la petite fille que j'étais avant de commencer à manipuler l'eau, dans ce lieu au carrefour des chemins ? Peut-être. Mais cela ne peut durer qu'un instant. Cela ne doit durer qu'un instant, car la voie de la compassion et de la bonté n'est pas la mienne. N'est plus la mienne.
Je n'ai pas le temps de m'attarder dans ces réflexions, car Prudence poursuit déjà :

- Non, j’ai arrêté les études. C’était pas pour moi. Je suis larbin dans un restaurant chinois… Ca paye pas bien mais bon…. Je suis jeune, et ils sont pas trop regardants… Et toi, tu fais quoi ? Dinah, c’est ça ? Désolée, je suis nulle avec les prénoms.

Ma méfiance revient d'un coup. Est-ce un piège qu'elle tente de me tendre en écorchant le nom que je lui ai donné ? Pour voir si je vais réagir ? Si c'est le cas, je l'évite, car je rectifie immédiatement :

- Non, moi c'est Dana.

Je réfléchis rapidement. Quelle profession puis-je me donner ? L'espace d'un instant, j'hésite à me dire photographe, ce qui était vrai autrefois, puis je me ravise. Cette information a peut-être été donnée aux journaux télévisés, je n'en suis plus sûre. Alors je choisis un métier que j'estime barbant au possible, afin de dissuader Prudence de me questionner à ce sujet :

- Je suis expert-comptable attachée à un cabinet d'avocats.

Si elle a arrêté ses études, elle n'aura probablement pas les notions suffisantes pour détecter un mensonge si je dois en venir là. Mais je préfère détourner à nouveau la conversation sur elle, et, si possible, la mettre en difficulté. Je la jauge de pied en cap et je lâche :

- Dans un restaurant chinois, vraiment ? Avec tes cheveux blonds et tes yeux bleus, comment dire... Tu n'as pas vraiment le physique de l'emploi.

Si elle cherche à se justifier, elle ne se penchera pas plus avant sur moi et ma fausse identité. Et ça me va très bien. C'est étrange à dire, mais cette jeune fille m'est sympathique, même si elle ne fait pas partie des miens. Et je n'ai pas envie de me retrouver contrainte à lui faire du mal...
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Nov - 23:15

Je la regarde me sourire, d’un sourire qui me donne envie de lui sourire tout aussi franchement. Même si je m’inquiétais de ce qu’elle pourrait me faire, si je trahissais que je savais qui elle était. Ca aurait été bête. Mais je n’étais pas la plus intelligente. Si je me trahissais maintenant, ça serait très dangereux. Mais je dirai, plus tard, que je l’avais vue. Parce que je me ferai déjà suffisamment engueuler, si je le faisais pas. C’est pas comme si je le faisais exprès, non plus. Mais en tout cas, pour le moment, elle semblait déterminée à ne pas me faire de mal. Alors je souriais, tant bien que mal. Je n’avais pas à compliquer les choses, peut-être pouvais-je seulement, un moment, même bref, envisager que les choses soient simples. Et sympathiques. Juste une fois. Le coup de bâton vengeur ne manquerait surement pas de me revenir à la figure, mais tant pis.

Je me déconcentre, et grimace en l’entendant me reprendre sur son prénom. Zut. J’ai même pas fait exprès. Je devrais faire attention. J’espère qu’elle le prend pas mal… Peut-être que c’est un vrai prénom pour elle ? J’en sais rien. Mais je dois pas la vexer ou quoi. « Mince… Désolée. Je suis vraiment pas douée. A l’école, quand j’y allais, tout le monde se moquait de moi… Parce que j’étais bête, et que j’appelais les gens pas par le bon prénom. De toute façon, les gens sont nuls… Tout ça parce que j’étais pas comme eux, que j’étais trop timide, ils se moquaient. Je suis mieux où je suis. Même si c’est dur. Au moins, je suis libre. »

C’était faux, évidemment. Mais je suis sûre que ça aurait été vrai, si j’avais vraiment accepté le travail que Charlie me proposait. Si j’avais pas eu peur de me faire retrouver par les services sociaux. Mais bon… Je grimaçais, en l’entendant. Bien sûr, elle était pas expert comptable. Ou peut-être que si, avant, avant qu’on la voit partout. Mais maintenant ? Surement pas. Mais ça devait être dur. « Ca doit être dur… Moi je suis trop nulle, pour ça. Je veux dire, je sais compter, mais les trucs faciles. Mais bon, de toute façon, j’en ai pas besoin. Et je doute travailler ailleurs, un jour. »

Je haussais les épaules, en l’entendant. Pas le physique de l’emploi ? Non, j’imagine qu’ils emploient que des chinois. Mais bon, Cha, c’est comme ma sœur, un peu, non ? Si elle leur disait, ils m’accepteraient, je crois. « Oui je me sens un peu à l’écart… Surtout qu’ils parlent que chinois. Même quand ils me parlent, des fois. Mais je comprends rien. Mais c’est une amie qui m’a permis d’y travailler. Je crois qu’ils me gardent que pour elle, je suis un peu trop maladroite. Mais bon… »

Je soupirais, m’approchant de l’eau pour la toucher, avant de m’éloigner en trébuchant. Je voulais pas tomber, et risquer de me faire mal. « Tu fais quoi, en dehors de ton travail ? Tu aimes bien la nature, du coup ? »

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Mar 11 Nov - 11:21

Quelque chose dans mes paroles ou dans mon attitude a dû mettre Prudence à l'aise, car elle commence à s'ouvrir. Au lieu de phrases brèves, elle se laisse aller à de plus longues répliques. Ai-je réussi à dissiper sa méfiance ? Elle s'excuse longuement de son erreur sur mon prétendu prénom :

- Désolée. Je suis vraiment pas douée. A l’école, quand j’y allais, tout le monde se moquait de moi… Parce que j’étais bête, et que j’appelais les gens pas par le bon prénom. De toute façon, les gens sont nuls… Tout ça parce que j’étais pas comme eux, que j’étais trop timide, ils se moquaient. Je suis mieux où je suis. Même si c’est dur. Au moins, je suis libre.

On dirait une confession à un journal intime. Est-ce qu'elle se confierait comme cela à quelqu'un qu'elle penserait être l'ennemi public n°1 ? Est-ce qu'elle lui avouerait sa faiblesse. Je ne pense pas. Elle poursuit en parlant de mon prétendu métier :

- Ca doit être dur… Moi je suis trop nulle, pour ça. Je veux dire, je sais compter, mais les trucs faciles. Mais bon, de toute façon, j’en ai pas besoin. Et je doute travailler ailleurs, un jour.

Je hoche la tête sans rien répondre. A vrai dire, moi non plus, je ne suis pas à l'aise avec les chiffres. J'ai pris le premier métier barbant qui me passait par la tête, pour éviter qu'elle m'interroge, mais je serais bien en peine de répondre à ses questions... Ou même de résoudre rapidement un calcul un peu complexe. Je suis donc soulagée qu'elle embraye sur son propre travail :

- Oui je me sens un peu à l’écart… Surtout qu’ils parlent que chinois. Même quand ils me parlent, des fois. Mais je comprends rien. Mais c’est une amie qui m’a permis d’y travailler. Je crois qu’ils me gardent que pour elle, je suis un peu trop maladroite. Mais bon…

Elle s'approche de moi, et de l'eau par la même occasion. C'est parfait : si besoin, j'aurais moins d'efforts à fournir pour la précipiter dans la rivière. Elle me pose une nouvelle question :

- Tu fais quoi, en dehors de ton travail ? Tu aimes bien la nature, du coup ?

Cela, elle l'a sans doute déjà remarqué, et je peux lui répondre avec sincérité. L'amour des beaux paysages n'est pas quelque chose qui peut trahir ma véritable identité. Je m'anime en lui expliquant :

- Tout à fait ! Je trouve les paysages d'Ecosse splendides. J'aime beaucoup me promener pour essayer de les voir sous toutes les lumières possibles. J'essaye de les capturer en...

Je peste intérieurement. Voilà que j'allais me laisser entraîner à parler de photographie. Alors qu'on sait bien que Maryana Watheerey était une célèbre photographe avant de devenir la criminelle que l'on connaît. Je ne dois pas baisser ma garde ! Je me reprends et termine ma phrase différemment :

- En me baladant aussi souvent que possible. Je vois que toi aussi.

J'espère qu'elle ne se posera pas de questions sur mon hésitation et mon changement de ton. Pour minimiser les risques, je reviens sur ce qu'elle m'a confié précédemment, espérant lui faire oublier ses soupçons en la faisant parler d'elle-même : il paraît que c'est un des sports favoris des adolescents. Je lui dis gentiment, sur le ton du conseil, comme si j'étais une grande cousine bienveillante :

- J'ai l'impression que tu te dévalorises beaucoup. Il ne faut pas, tu sais. Tu as sûrement de grands talents.

Puis je me rappelle qu'elle n'est qu'humaine, et je souris intérieurement. Elle a raison de se mépriser. Sa race est faible. C'est le pouvoir qui élève, et elle n'en a probablement pas. Ce lieu me pousse à me montrer sympathique, mais je n'oublie pas mes convictions : cette fille n'est que quantité négligeable.
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Nov - 21:07

J’ai encore oublié le prénom qu’elle m’a donné… Elle va vraiment croire que je me moque d’elle, ou que je me fiche de retenir son prénom. C’est absolument faux, mais je n’arrive pas à me sortir de la tête qu’elle est dangereuse, et qu’elle peut me tuer en une seconde. Enfin, si j’en crois ce qu’ils disent dans les flash infos sur les semi-démons… Et pourtant, elle n’est pas menaçante, là. Je le sens. Tout le monde me dirait que j’ai marché sur la tête, et qu’elle devait être terrifiante, avec de grandes dents limées et pointues, qu’elle devait m’avoir cognée à la tête pour que j’oublie qu’elle l’était, mais c’était pas le cas. C’était réconfortant, tout autant que ça me mettait mal à l’aise, parce que je ne savais pas comment agir. Alors je parlais trop. C’était pas vraiment dans mes habitudes, vraiment pas dans mes habitudes, même. Mais elle ne parlait pas, elle écoutait beaucoup. Et c’était gênant, aussi. J’étais plus habituée à l’inverse, à écouter, qu’à être écoutée. Mais je pouvais pas lui dire, c’était pas… correct, si ?

Mais bon. Elle se taisait pas non plus vraiment. Après tout, elle répondait à mes questions. Mentait-elle, comme moi ? Et croyait-elle à mes mensonges ? Au fait que je travaillais dans un restaurant chinois ? Que j’avais entièrement quitté l’école ? Il y avait du vrai dans le faux, on m’avait toujours dit que ça rendait un mensonge plus crédible. Mais on m’avait aussi dit que j’étais une très mauvaise menteuse. Je suis presque persuadée qu’elle n’envisage pas une seule seconde que je lui mens, pourtant. Est-ce qu’elle est tellement mauvaise, que ça ne peut même pas lui venir à l’esprit que quelqu’un puisse ne pas lui dire la vérité ? Je n’en sais rien. Mais je n’espère pas le vérifier. Elle joue un rôle, tout comme moi, et j’espère qu’elle ne se détachera pas de ce rôle, que je m’en sortirais vivante et pas blessée.

Je relève la tête vers elle, sans même m’être rendue compte que je l’avais déviée vers le cour d’eau, alors qu’elle parlait de magnifiques paysages. C’en était un. Probablement le plus beau que je n’ai vu, de tous les endroits que j’avais visités. A savoir pas beaucoup. Je ne relève pas sa légère hésitation, ni la fin étrange de sa phrase. Mieux vaut ne pas le faire, et risquer de la contrarier, n’est-ce pas ? Je suis naïve, elle doit l’avoir perçu, elle se doutera surement pas que j’y ai prêté attention, parce que j’écoute diligemment tout ce qu’elle dit, des fois qu’elle change et se fasse menaçante.

« As-tu beaucoup voyagé ? Moi je n’ai jamais vu que Glasgow et Edimbourg. Je suis jamais trop sortie. C’est compliqué, quand on a pas de famille, pas d’argent… »

J’avais une famille. Mon frère. Charlie. Roxane. La Meute. Quoi que j’ai du mal à être persuadée que la dernière le soit. Mais j’avais une famille. Mais pas réellement non plus. C’était le bordel, et je pouvais aussi lui dire ça sans mentir. C’est pas comme si mes parents adoptifs voulaient de moi, de toute façon. De moi, ou d’Elliott. Ils étaient loups, alors ils voulaient plus nous voir ? Ils étaient dans la meute, ils venaient à Wolfheaven, je les avais vus. Vus, et ignorés, même si ça me faisait mal. Je n’avais pas à aller vers eux. Ni à me soucier de la façon dont ils le prenaient. Mais ça n’était pas le moment d’y penser.

« Tu as peut-être raison. Je sais jouer du violon. Mais bon… Je ne l’ai pas fait depuis longtemps. »

Je reculais, m’éloignais encore davantage de l’eau, pour m’asseoir sur un rocher non loin, suffisamment haut pour que mes jambes touchent à peine le sol.

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Mar 25 Nov - 18:35

Alexis me pose une nouvelle question insignifiante :

- As-tu beaucoup voyagé ? Moi je n’ai jamais vu que Glasgow et Edimbourg. Je suis jamais trop sortie. C’est compliqué, quand on a pas de famille, pas d’argent…

Apparemment, elle n'a pas remarqué mon hésitation précédente. Tant mieux. Cela me fait bizarre de mener une conversation normale. Cela ne m'arrive pratiquement plus. Je n'ai plus de proches. Pandore est ma demi-soeur, mais surtout mon alliée. Ce dont nous parlons, c'est de stratégie. Pour les autres semi-démons, je suis une chef inaccessible. Au-dessus d'eux et de leurs faiblesses. Avec Fanny, je m'ouvre un peu plus. Mais cela reste limité. Et je ne vois personne d'autre, à part nos ennemis, avec qui je ne m'arrête pas à tailler la bavette. Je les taille, tout simplement.
Je sens en moi l'envie de mépriser cette Prudence, de ne pas m'en encombrer ainsi. De m'en débarasser. Mais j'ai l'impression que ce désir m'est extérieur, qu'il tente de s'imposer en moi alors qu'il ne m'appartient pas vraiment. Je le rejette et je laisse Prudence m'expliquer :

- Tu as peut-être raison. Je sais jouer du violon. Mais bon… Je ne l’ai pas fait depuis longtemps.

J'ai envie de lui parler de mon amour pour la photographie. Un vrai désir, cette fois-ci, même si je sais qu'il ne faut pas, qu'elle pourrait ainsi me reconnaître. Pour me laisser le temps de réfléchir, je commence par répondre à sa première question :

- Oui, j'ai un peu voyagé, même si on ne peut pas dire que je sois une globe-trotteuse. Je suis allée aux Etats-Unis, mais à part ça, je suis restée en Ecosse moi aussi.

Je ne précise pas que mon séjour en Amérique était plus qu'un voyage : c'est là que j'ai fait mes études... De photographie, justement. En parler me brûle décidément la langue.
Je regarde Prudence à nouveau. Elle a l'air innocent. Les questions qu'elle me pose ont l'air sincère. Je n'ai pas l'impression qu'elle représente une réelle menace. De toute façon, à ce stade de la conversation, soit elle m'a reconnue et ce n'est pas un élément de plus ou de moins qui changera les choses, soit ce n'est pas le cas et la photographie n'est pas un détail suffisamment énorme pour la faire tiquer. Et puisque j'en ai si envie...
Les mots sortent, doucement :

- Le violon ? Je n'en ai jamais fait, mais cela doit être sympa. Moi, mon truc, c'est la photographie. Capturer les plus belles apparences possibles des choses. C'est fascinant.

Je songe que cela fait des semaines que je n'ai pas touché à mon appareil. Depuis la mort de Jessica, de toute façon, l'inspiration ne me vient plus. Remplacée par la vengeance, par le meurtre. Ce n'est plus pour moi le besoin viscéral que cela a été par le passé. Ou alors, il s'est bien enfoui en moi.
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Déc - 22:08

Je fais bonne figure, je crois, mais la seule envie que j’ai est de fuir. De me transformer, et de partir loin d’ici. De retourner à l’abri au sein de la meute. J’avais naïvement cru que puisque Constance ne pouvait pas m’atteindre en journée, le danger était écarté. Ce danger là, celui des vampires, oui, peut-être. Mais ça n’était pas la seule menace. Je restais aussi stoïque que possible, essayant même de me convaincre que ça n’était qu’une camarade de classe avec qui j’essayais de discuter tout en étant gênée parce que j’étais moi… Moi, maladroite, timide, ignorante, mais pas effrayée plus que de raison. Pas effrayée parce que j’étais persuadée que, en moins de temps qu’il n’en faudrait pour le dire, la semi démone en face de moi pourrait me tuer, après m’avoir fait souffrir plus que nécessaire.

Je luttais contre l’envie de me retourner face au cours d’eau, de lui tourner le dos à elle. Ce serait pire, surement. Plus dangereux. Profiterait-elle de mon aveuglement temporaire, si j’agissais ainsi ? Peut-être. Je ne savais pas. Tout comme notre conversation depuis que j’étais arrivée ici, elle semblait imprévisible. Elle ne paraissait pas menaçante pour le moment, mais ça ne voulait absolument pas dire qu’elle ne l’était pas. Je déglutissais difficilement, masquant cela en une quinte de toux comme si j’avais avalé de travers, en essayant de l’écouter.

« Aux Etats-Unis ? C’est… comme dans les films ? J’aimerai bien voir ça, un jour. Ou n’importe quel autre pays. »

Ou n’importe quoi, autre que Glasgow et Edimbourg. Avoir été enfermée pendant dix ans n’aide pas à connaître les choses… Et jamais je n’ai pu visiter beaucoup, même quand j’ai été adoptée par les Lindon. D’abord parce que j’avais peur, et ensuite parce que… Parce qu’ils étaient morts. Ca n’était pas vrai, pas vraiment, mais un peu en même temps. Ils ne voulaient pas me voir, après tout. J’aurai bien voulu voir la mer. Voir n’importe quel monument… Mais ça, je ne comptais pas le lui dire. C’était privé.

« C’est… J’en joue plus trop, pour l’instant. Mais c’est beau. »

Encore un mauvais souvenir. Pourquoi en avais-je parlé ? Aucune idée. Mais elle me donnait un moyen de changer la conversation, et je comptais pas le louper.

« Tu en fais souvent ? Depuis longtemps ? T’as des photos sur toi ? »

Ca photographiait quoi, un semi-démon ? Qu’est-ce qui était beau, pour elle ? Devais-je avoir peur ?

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Mar 9 Déc - 20:47

Le rêve américain exerce apparemment encore son pouvoir de séduction sur les jeunes. Quand je mentionne les Etats-Unis, les yeux de Prudence se remplissent d'étoiles, et elle me demande :

- Aux Etats-Unis ? C’est… comme dans les films ? J’aimerai bien voir ça, un jour. Ou n’importe quel autre pays.

Les étoiles prennent un éclat plus terne quand elle répond à ma remarque sur le violon :

- C’est… J’en joue plus trop, pour l’instant. Mais c’est beau.

Etrange. Si cela est sa passion, elle devrait se montrer plus enthousiasme. Mais si elle a dû arrêter, peut-être était-ce dans des circonstances douloureuses, et que des mauvais souvenirs remontent. Cependant, elle m'interroge immédiatement à son tour sur ma propre passion, la photographie :

- Tu en fais souvent ? Depuis longtemps ? T’as des photos sur toi ?

Je laisse échapper un sourire méprisant. On ne plie pas des photographies d'art dans une poche de veste. On les encadre et on en prend soin. Même avant de découvrir ma vraie nature, quand photographier était mon métier, je ne transportais aucune de mes oeuvres avec moi, de peur de les abîmer. Les seules images que je gardais à portée de main en permanence étaient deux photos de ma fille, Jessica. L'une à sa naissance, l'autre le jour de son premier anniversaire. Je les ai détruites à sa mort. Depuis, je ne cultive plus le moindre fétichisme. Par peur d'être blessée à nouveau, mais aussi par mesure de sécurité. Si mes vêtements tombent entre des mains ennemies, je ne dois porter aucun indice avec moi. Qui sait ce que la PES est capable de déduire de simples photographies ?
Je ne peux bien sûr pas expliquer tout cela à Prudence, et je dis simplement :

- Non, désolée.

Pour le reste, je suis sincère, quoique peu précise :

- J'ai un peu mis en pause en ce moment à cause d'impératifs professionnels...

On peut considérer la direction du groupe des semi-démons comme un métier, non ? Ce n'est qu'un demi-mensonge, même si Prudence va croire que je parler de mon prétendu travail comme expert-comptable... Je poursuis :

- Mais, avant, je passais mon temps l'appareil à la main. J'ai commencé très jeune, mes parents m'ont offert mon premier appareil à six ans.

Je ne franchis pas la ligne rouge. Toutes les informations que je donne ne permettent aucunement de m'identifier. Mais je change de direction : je ne veux pas partir sur ma famille, que je n'ai pas vue depuis... Longtemps. Potentiellement trop d'indications possibles. Je préfère revenir sur l'autre sujet abordé par Prudence :

- Pour les Etats-Unis... Ca dépend de quels films on parle. C'est comme partout, il y a des coins sympas et des coins déprimants. Comme en Ecosse, quoi.

A vrai dire, je préfère l'Ecosse sauvage à l'organisation rationnelle et implacable de l'Amérique. C'est pour cela que je suis revenue photographier mon pays natal, alors que j'aurais pu rester de l'autre côté de l'Atlantique et y faire carrière. Je n'aurais pas rencontré le père de Jessica, et ma fille ne serait pas née. Et encore moins morte. Ma vie aurait été différente. Mais à quel point ?
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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Sam 13 Déc - 22:18

Je frissonne malgré moi, en voyant son sourire. J’essaye de me comporter normalement, comme si je ne savais pas qui elle était, comme si je n’avais pas peur, mais son sourire qui me juge m’effraye réellement. Et si elle voulait me manger maintenant que j’avais visiblement dit une bêtise ? Pas me manger pour de vrai, évidemment, mais me faire très peur, et finir par me tuer ? Bon, j’ai rien dit de grave, mais elle est décrite comme très très dangereuse. Peut-être qu’elle peut devenir folle sans raison. Surement même. Je suis bien moins à l’aise, même si je ne l’étais pas vraiment avant. Et le froid tombe, n’arrangeant rien. Ni la nuit qui, étant en hiver, raccourcit bien trop les journées. Le manque de clarté me surprend d’ailleurs beaucoup. Concentrée sur elle et ce que je disais, je n’avais pas vu le temps passer à ce point là. Je ne pouvais pas rester. J’étais en danger, bien trop en danger. Blême, aussi, surement. Et si Constance me retrouvait ? Je vais devoir partir, et j’espère qu’elle ne le prendra pas mal.

Mais j’écoute, d’abord. Elle aussi, elle a arrêté ? Je devine sans mal pourquoi. Vu ce qu’on a entendu sur elle et sur les gens comme elle… Non, ça ne me surprend pas. Pas du tout, même. J’approuve doucement de la tête, sans rien ajouter de plus. Que pourrais-je dire ? Comparer ? Dire que le violon, ça me manque ? Je choisis de ne pas continuer parce que… Parce que voilà. C’est trop douloureux, c’est tout. Je pourrais, mais je ne veux pas. C’était grâce à mes parents, si j’aimais ça… Et maintenant… Maintenant, je les ai plus. Alors je veux plus jouer. C’est tout.

J’acquiesce encore, en l’entendant parler des Etats-Unis… Oui, c’est comme partout. « D’accord. Peut-être que je pourrais voir, un jour. J’aimerai bien. »

Je fais semblant de regarder mon téléphone, pour voir l’heure, et relève le visage vers elle. « Je suis désolée, je vais devoir y aller. On se reverra peut-être ici ? Peut-être que vous pourrez amener votre appareil, si vous avez le temps… »

Je tournais le dos, pour remonter avant de me transformer. « Au revoir, madame. »

|HJ| J’espère que ça te va que je clôture, j’ai peur que Lexie se trahisse si on continue ^^’

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MessageSujet: Re: A la claire fontaine, m'en allant promener... [Livre II - Terminé]   Mer 17 Déc - 16:12

J'ai dû dire quelque chose de particulier, car Prudence se replie d'un coup comme une huître. A mes confidences, elle ne répond que par des phrases courtes et convenues, comme si elle cherchait à étouffer la discussion :

- D’accord. Peut-être que je pourrais voir, un jour. J’aimerai bien.

Puis elle sort son téléphone, regarde l'heure et ajoute promptement :

- Je suis désolée, je vais devoir y aller. On se reverra peut-être ici ? Peut-être que vous pourrez amener votre appareil, si vous avez le temps…

Et elle part en disant :

- Au revoir, madame.

- Au revoir, Prudence.


C'est tout ce que j'ai le temps de dire. Elle part d'un coup, sans se retourner, sans savoir si j'avais encore moi-même des choses à dire. Peut-être qu'elle m'a reconnue et que la peur l'a envahie d'un coup, sans qu'elle ne puisse la maîtriser. Mais dans ce cas, pourquoi est-elle restée si longtemps ? Ou bien c'est justement la terreur qui la paralysait, et c'est seulement maintenant qu'elle a trouvé le courage de partir.
Je la regarde s'éloigner le long du sentier. Je ne bouge pas. Si j'étais stricte sur la sécurité, je devrais la tuer, pour éviter qu'elle ne révèle ma position. Mais je ne veux pas verser de sang en ce lieu. C'est comme une sorte de... sanctuaire. Aussi étrange que cela puisse paraître pour le semi-démon que je suis.
Et puis j'ai envie qu'elle vive, cette petite. Qu'elle fasse du violon et qu'elle aille aux Etats-Unis, qu'elle se réalise. Voilà pourquoi il ne faut pas parler à ses victimes avant de tuer. La connaissance des autres rend faible. Dès qu'on cesse de voir un humain comme du bétail, il obtient du pouvoir sur nous.
Je ne renonce pas à toute sécurité pour autant : je sais qu'il faut au moins que je parte. Je dis adieu à ma petite cascade et je me lève de mon rocher. Je reprends le sentier que j'ai emprunté à l'aller et je retourne à ma voiture. Puis roule carrosse en direction de Glasgow, de ma planque et de ma vie de chef des semi-démons.
Cet après-midi était une parenthèse. Rien de plus. Et, je la referme. Sans remords. Presque.
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