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Survie [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Survie [Livre II - Terminé]   Ven 11 Juil - 7:14

J'avais mis un temps infini à me trainer jusque là... avançant un peu chaque nuit -j'en avais mis trois !-, craignant de prendre un transport en commun, incapable de conduire moi-même la vieille casserole qui me servait de voiture. Je n'avais toujours pas les clefs de mon appartement, et d'ailleurs, n'avait pas encore contacté l'agence immobilière pour les récupérer. Tout çà à cause de cette convocation de la reine... après l'avoir sauvée, ou quasiment, dans la cohue qui s'en était suivie, je m'étais esquivé. Affaibli comme je l'étais, je faisais une proie facile pour n'importe qui : un simple humain aurait pu me tuer à coups de gourdin.

Peut-être avais-je perdu l'esprit ? je ne le retrouvais qu'une fois hors de la ville, après avoir marché des heures, et m'être enterré dans un petit bois. J'en étais ressorti la nuit suivante, bien décidé à ficher le camp de Glasgow. La peur au ventre. Peur. De ce qui allait immanquablement arriver. Les humains ne tolèreraient pas plus longtemps des vampires incapables de se maîtriser, et qui, en plus, faisaient face à un soulèvement contre leur reine. L'image donnée, à ce général de surcroît ! le spectacle de nos divisions, serait le signal de l'hallali. Curieusement, je n'avais plus envie de mourir. Sans doute, la gravité de mes blessures m'avaient-elles révélées l'importance de la vie ? Jamais, pendant les AS, je n'avais ressenti pareil trouble.

La troisième nuit, donc, je parvenais à Edimbourg, ressemblant plus à un épouvantail couvert de terre et de sang séché, qu'à un vampire. J'attendis patiemment deux ou trois heures du matin pour m'aventurer sur la glace des trottoirs, après m'être si souvent enfoncé dans la neige de la campagne, disparaissant parfois dans des congères monstrueuses. Humain, je n'aurai pas survécu à pareil traitement. Souvent, et confusément, je m'étais demandé quel était cette damnation ? ce temps, digne d'une ère glaciaire, aurait dû davantage inquiéter les autorités humaines... tout était la faute de la reine ! c'était elle qui nous avait convoqué pour nous obliger à prendre une pomme. Je la maudis, pour la énième fois depuis son annonce. Tout était sa faute. Je voulais vivre loin de tout çà, désormais...

Edimbourg... j'avais songé retourner chez ma mère, qui m'aurait accueillit à bras ouverts, mais ma soif m'empêchait de risquer un pas dans la maison de mon enfance. Qui sait si j'aurai été capable de me retenir de la tuer pour... l'horreur me figea un instant. Claudiquant sur le trottoir, me tenant au mur, je progressais difficilement, tentant de conserver un équilibre précaire. Tout était blanc ici... On devinait que la neige avait été virée de la chaussée et des trottoirs, le jour, mais la nuit... J'entendis un chasse-neige avant d'en voir les girophares oranges se répercuter sur les murs glacés, regardais passer le camion, butais sur quelque chose et m'affalais sur le sol. Là... je maugréais et jurais, me mettant péniblement à quatre pattes avant de me retourner et voir... un corps, gelé, oublié là... tombant à la renverse, je reculais, regardais autour de moi : pas envie qu'on m'attribue sa mort ! le froid l'avait tué, et personne ne l'avait ramassé... Je poursuivis mon chemin, arrivais enfin à Nightown...

Difficile de se repérer quand une ville est à ce point défigurée par le froid, la glace, la neige... je l'avais connu sous la pluie, des déluges de flotte, sous les nuages, et parfois sous le soleil... quelques rares chutes de neige, mais rien à voir avec çà... Finalement, je me trainais, à bout de forces, dans Satana's Runway... ignorant encore comment j'entrerai chez Julien, priant pour qu'on m'ouvre... Un vampire qui prie... un comble, non ?... Une voiture de police passa lentement mais ne s'arrêta pas. Humain, j'aurai retenu ma respiration et mon coeur se serait arrêté de battre, vampire, j'eus seulement peur qu'elle s'arrête à mon niveau et m'embarque... quoi que... finalement...

Je montais les marches menant à l'entrée, jetais un dernier coup d'oeil dans la rue, frappais trois coups, attendis en me demandant tout à coup pourquoi je n'avais pas contacté Charlie... quitte à emménager dans un appartement pas encore aménagé... mais personne n'aurait su où me trouver... Personne ne répondait... Mon front se posa sur la porte et je suppliais que quelqu'un m'ouvrit... Guillemaud étant entouré des chevaliers de la reine, je n'avais pu l'approcher, mais j'espérais entrer me réfugier chez lui, mince espoir. Le seul était de le retrouver ici, ou trouver les clefs dans un coin devant la porte, comme dans les films... J'osais frapper à nouveau, trois coups... Le jour était pour dans un peu plus d'une heure... Un camion poubelle s'arrêta en face pour ramasser les ordures, s'éloigna de quelques mètres, et recommença l'opération. Les mecs courraient sur le trottoir pour se réchauffer, d'un point de ramassage à l'autre.


Dernière édition par Leslie Ryan Anderson le Sam 12 Juil - 16:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Sam 12 Juil - 11:56


Quelle occupation allais-je me trouver cette nuit ? Ma liberté retrouvée avec le poids des responsabilités disparu pouvait m’amener à l’ennui. Mais heureusement pour moi je savais comment occuper mes nuits quand bien même je n’étais à présent plus qu’un simple membre de la Garde. Pour le moment je n’avais pas renoué contact avec les différents protagonistes de mes divers plans entrepris pour mon espèce car je me savais surveiller aussi pour l’heure je m’occupais à surveiller mes surveillants. Je voulais savoir à qui la Reine avait confié la tâche d’observer mes actions, quand à quelle fréquence.

C’est pourquoi j’étais sorti cette nuit, semblant errer entre des bars humains et de potentielles proies et des ruelles sombres. Parfois je me mettais à courir à pleine vitesse, disparaissant aux yeux des humains et sautais de toits en toits. Ainsi je pu me rendre compte que la surveillance n’était pas constante. Cependant si parfois j’avais l’impression de ne pas être surveillé je partais du principe que je l’étais tout de même. Grâce à son humain Krystel pouvait user de moyens de surveillances propres aux humains et ne pas se contenter de placer un ou deux vampires à mes trousses.

Lorsque je décidai en avoir terminé pour ce soir je rentrais chez moi et me secouai tel un chien pour faire tomber la neige de mes vêtements. Je m’ouvris ensuite une bouteille de Tru-Blood en soupirant avant d’en boire le contenu sans plaisir et de jeter le contenant vide. C’était probablement là l’un des aspects les plus contraignants à ma destitution, ne plus pouvoir me nourrir de véritable sang humain. C’est alors que j’entendis frapper à ma porte alors que je n’attendais aucune visite. J’ouvris ma porte pour observer l’image d’un Leslie amoindrie.


Et bien Leslie tu ne sembles pas au mieux de ta forme... lui dis-je en guise de salutations avant de retourner à mon fauteuil, le laissant libre d’entrer et de refermer la porte. Lorsqu’il arriva dans mon salon je lui indiquai de prendre place dans l’un des fauteuils alors que je lui proposais de boire une bouteille de Tru-Blood.

Fini la belle époque des poches de véritable sang, les joies de la destitution. lui dis-je en esquissant un sourire ironique. Que deviens-tu à présent Leslie ? lui demandai-je sans trop d’arrières pensées. J’étais curieux de savoir comment il s’en sortait à présent, avait-il enfin décidé de se prendre en main ou errait il encore à la recherche d’un but ou d’un maitre ?

Sa venue me fit m’interroger à son sujet. A présent que j’étais libre de toute responsabilité, libre de ne plus avoir à me soucier d’individus à mon service et de leurs actions, devais-je encore poursuivre l’apprentissage de mon ancien bras droit ? A la réflexion oui, je voulais lui offrir la possibilité de sortir de sa médiocrité, de son incapacité à se prendre en main et à se libérer des chaînes de son humanité et de William.

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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Sam 12 Juil - 16:33

La porte s'ouvrit alors que je ne m'y attendais plus... C'était Julien... Alors, elle l'avait relâché ?... J'avais entendu parlé d'un procès, de tortures, de destitution, mais pas d'emprisonnement, d'où la présence de l'ancien shérif chez lui. Lui aussi avait changé de ville, histoire, sans doute, de se tenir loin de la reine. Ses salutations furent à la hauteur de sa réputation :

- Et bien Leslie tu ne sembles pas au mieux de ta forme...

désinvolte malgré la situation probablement désespérée dans laquelle il se trouvait, décontractée... Je décidais de lui répondre de même, enfin, du mieux que je pus :

- Ah bon ? Je pensais aller pas trop mal...

Mes vêtements couverts de terre humide et à moitié gelé par les températures extrêmes régnant hors des villes. Je titubais un instant et fis tout mon possible pour conserver un minimum de dignité. Déjà que je venais demander le gite, et si possible le couvert... la protection d'un vampire déchu, qui n'était désormais pas plus que moi. J'avais du mal à l'imaginer dans ce nouveau rôle, sans doute pas vécu depuis des siècles et encore, que pour une brève période... Que pouvait-il donc ressentir ? Je ne voyais pas de traces des tortures subies.

J'entrais... la porte se ferma derrière moi... le salon que je connaissais n'avait pas changé, je regardais un instant le fauteuil et décidais d'enlever ma veste pour la suspendre dans le hall et me déchaussais. Restait mon pantalon... en passant au salon, j'attrapais un plaid, le jetais sur le fauteuil indiqué par Guillemaud, avant de m'y installer. A la vue de la bouteille de True, je faillis me jeter dessus, mais pris mon temps, pour paraître à l'aise. Une, deux, trois, quatre longues gorgées : que c'était bon, cette m*rde !!! mon boss entreprit de poursuivre la conversation. Je me demandais ce qu'il pensait de mon arrivée, mais n'osais le lui demander.

- Fini la belle époque des poches de véritable sang, les joies de la destitution. Que deviens-tu à présent Leslie ?

Je souris à la première affirmation, soulevant la bouteille de True :

- Oh... çà me va tout à fait ! merci beaucoup...

Je crevais la dalle et n'avais que cette minuscule bouteille. Bien sûr, je n'en demanderais pas d'autres. Je n'avais rien acheté en route, persuadé que les humains allaient tous nous tuer d'une manière ou d'une autre, après ce qui s'était passé. D'ailleurs, en traversant les bois, je me méfiais à l'extrême de la possible présence de loups-garous.

- Et puis, c'est bien mieux que cette idée de prendre une Pomme et de devoir l'entretenir : mais comment les vampires de base vont faire ? la reine ne s'est pas posé la question ? et cette histoire d'aide sociale pour les indigents...

Visiblement, je n'en revenais pas.

- Comment les humains peuvent-ils accepter cela ?

Là, j'étais vraiment étonné.

- D'où sortaient ces Sanguinistes ?

Beaucoup de questions et aucune réponse. Moi, je ne voulais pas d'une Pomme de sang, ayant de très mauvais souvenir de celle de William. Cette petite peste se croyait tout permis à cause de son "rang" et je refusais de dépendre d'un humain, et de boire toujours le même. Bref... le nouveau règlement vampire ne me convenait absolument pas. Quant à ce que je devenais...

- Bah... rien de spécial... depuis notre séparation, j'ai trouvé un boulot chez des humains, comme agent de surveillance. Le patron rêve que je fasse de lui un vampire... n'importe quoi !

Je soupirais après avoir sifflé mon sang synthétique.

- Pour trouver un logement, c'est la croix et la bannière : la ségrégation marche à plein régime. J'ai du me rabattre sur un hôtel borgne pendant une dizaine de jours, avant de trouver un deux pièces en sous-sol...

Devais-je tout dire ? ben oui... vu que j'étais en mission secrète pour Julien...

- C'est une louve qui me loue çà : Charlie Mc Allister. Le loyer sera... disons qu'elle demande huit flacons par mois, payés 250 £ chacun. Quatre suffisent à payer le loyer et les charges y afférant.

Avant qu'il ne se mette à hurler, je lui coupais l'herbe sous le pied :

- Un truc intéressant... elle a été attaqué "sauvagement" par Constance Bellanger... qui voulait tirer des informations d'elle... Il était trop tôt pour que j'approfondisse la demande... mais çà viendra. Apparemment, personne dans la meute de Charlie ne sait rien de son trafic : on peut la tenir comme çà, non ?
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Mar 15 Juil - 1:46


Je souris à la réponse faussement désinvolte de Leslie, nul besoin de vivre trois cents ans pour se rendre compte de son état. Pour autant je ne m’attardais pas à le lui en faire la remarque, il était temps pour lui de suivre les règles de son propre jeu. Qu’il souhaite paraître au meilleur de sa forme quand bien même cela ne semblait pas être le cas, il fallait qu’il apprenne et donc qu’il perde, tout comme moi.

Ses paroles suivantes me firent lever un sourcil, ne percevait-il pas les possibilités derrière le nouvel ordre de la Reine ? Ce qui apparaissait comme une obligation laissait présager tellement de possibilités de manipulations pernicieuses. Notre espèce avait tant à gagner par cette circulaire, mais pouvait aussi se laisser corrompre par l’Humanité, l’amadouer au point de la rendre inoffensive tel un animal dans un zoo.


Oublie les apparences Leslie, met de côté ce qui semble évident pour t’interroger et voir au-delà. Imagine-toi face à un illusionniste. Il fera de grands gestes pour attirer ton regard sur un point, mais si tu es en mesure de prendre du recul tu te rendras compte alors que le tour de passe-passe a lieu ailleurs.

En sachant cela essaie de voir au-delà de l’obligation pour chaque vampire de s’attacher une pomme de sang. Quel sera le tour de passe-passe, quelle sera l’illusion finale ?
lui dis-je en décidant de le laisser réagir sur ce point et sur sa question quant à ce qu’avait à y gagner les humains. Parfois il vaut mieux trouver les réponses par soi-même. Pendant mon silence il reprit la parole pour me faire un point sur sa situation.

Un humain manipulable et une louve imprudente. Pour sa première mission en sous-marin et officiellement hors de ma juridiction il se montrait bien efficace. Son apprentissage commençait peut-être à porter ses fruits.


Ce que tu me rapportes là est une bonne chose. Tout d’abord ton patron humain. Laisse-lui miroiter que tu lui offriras sa transformation, que tu es le mieux placé pour cela. En revanche ne la lui offre jamais, hypnotise-le s’il le faut mais garde le à ta merci en te servant de son obsession.

Quant à cette louve, la tenir me parait pour le moment présomptueux mais il y a matière à faire avec ce que tu viens de me dire. Tu vas te servir d’elle pour avancer parmi les nôtres. Contacte Badenov et communique-lui cette information. Dis-lui que tu as croisé la route d’une louve qui dit s’être fait attaquée par une vampire de haut rang, ne nomme cette vampire que s’il te le demande. Dis-lui aussi que la louve t’a proposé un appart en échange de huit flacons de ton sang chaque mois. Ensuite, agis selon les directives qu’il te donnera.
lui dis-je dans un premier temps avant d’apporter une précision de taille.

S’il te demande si tu m’as rencontré ou parlé, ne lui ment pas. Je suis surveillé par les services de la Reine, inutile de griller tes cartouches en cherchant à le berner. dis-je enfin avant de me taire. Il était temps que Leslie évolue et se mette à voler peu à peu de ses propres ailes, autant que cette initiation l’y aide.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Dim 20 Juil - 23:10

J'espérais que les nouvelles apportées à Julien l'aideraient, et secrètement, qu'il serait fier de moi. Pourtant, je n'attendais aucun signe de sa part : ce n'était pas son genre de féliciter, non ?

* Comment a-t-il pu arriver ici ? *

Peut-être que les chevaliers de la reine l'avaient amené ici, qu'il était en exil à Edinbourg, Krystel ne voulant plus de lui à Glasgow... quoi qu'il en soit, cela m'arrangeait bien. Sa réaction au sujet des pommes me laissa pantois. Non, je ne voyais pas quelles opportunités cela ouvrirait pour nous. C'était facile, lui avait de l'argent, moi, beaucoup moins, et nous étions plusieurs dans ce cas. Et puis franchement, si c'était pour se taper un "fou de vampire", non, merci. Je me renfrognais, pas loin de bouder dans mon coin, avec l'impression tenace que Julien inversait les rôles et que LUI ne comprenait pas.

- Bon... admettons... la reine annonce les pommes, visiblement de mèche avec l'ex-général humain... mais je ne vois pas ce qu'ils dissimulent tous les deux. Ou la reine toute seule.

Peu importait. Elle m'agaçait, je l'avais raté, tant pis pour moi. A propos des pommes, je lâchais, renfrogné :

- Je vois pas et je m'en fous. J'en veux pas.

Un gamin mal élevé, et buté, qui refusait tout effort, voilà de quoi je devais avoir l'air. Je m'en moquais. Je jouais un jeu dangereux avec un vampire qui haïssait Guillemaud et une lupine, et lui, Julien, me parlait encore de politique. Il avait vu sa tête ???!!!

- L'illusion finale, c'est qu'on va tous y laisser notre peau à force de jouer avec des humains et des démons plus tarés les uns que les autres.

- D'ac'. Dès que je sors d'ici, je contacte Bardenov et lui raconte tout.

Julien avait raison, cette manière de procéder me couvrirait aux yeux des vampires et m'attirerait probablement un bel avancement... Dommage que je sois tellement crevé que je ne profite pas de la bonne nouvelle.

Pour le patron humain, je tiquais, vu que je venais d'en trouver un nouveau... devais-je en parler ? oui. Moitié embarrassé, moitié curieux de voir la réaction de l'ancien shérif, j'annonçais :

- C'est que... en fait... je vais changer de métier. Je vais apprendre la charpente avec Yates. Spencer Yates... çà te dit quelque chose, non ?

Il connaissait tout le monde... et ne lui laissait pas le temps de répondre :

- Je commence en janvier. Le temps d'un préavis à la boite de surveillance.


Eh... oui ! pendant que le général se la coulait douce dans les geôles royales, à se faire gâter par quelque bourel, moi, je bossais. Dur. Et là, j'observais la tronche de mon boss, voir l'effet de ma nouvelle bombe...
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Sam 26 Juil - 2:27


Tel un enfant Leslie était paresseux, il n’était pas capable d’aller au-delà de ce qu’il ne comprenait pas. J’avais encore du travail avec lui mais le voir réussir à franchir peu à peu les différentes étapes de son apprentissage me permettait de poursuivre ma tâche avec lui. Un jour peut-être il pourrait alors décider de prendre réellement sa vie en main, d’avoir de véritables convictions et d’agir en conséquence au lieu de survivre dans la peur.

N’agis pas comme un humain et ouvre ton esprit Leslie. lui dis-je en préambule de ce qui venait ensuite. Krystel ne peut vouloir aliéner notre espèce, cela permet surtout d’amener les humains volontaires à se lier à un vampire. Les contraintes de la circulaire ne sont là que pour rassurer l’Humanité, lui laisser croire qu’elle garde le contrôle sur nous de la sorte. Mais la réalité est que le moment venu, les vampires et leurs Pommes s’avèreront une armée puissante et suffisamment importante pour écraser les ennemis de notre espèce. dis-je avant de me taire un instant afin qu’il puisse réfléchir quelques minutes à mes paroles et donc ce que je venais de lui révéler. Leslie était trop premier degré, il ne voyait que l’arbre et non la forêt qui se cache derrière celui-ci.

La suite de ses paroles me fit sourire dans un premier temps, puis carrément rire lorsque je l’entendis prononcer le nom de Yates au vu de mon passé avec ce vampire. Leslie avait le don pour se foutre dans un bordel innommable, se lier avec des vampires tous plus instables les uns que les autres, nocturnes dont je faisais désormais partie.


Changer de métier ne t’empêche pas de garder cet humain sous la main, à toi de voir si tu te sens capable de gérer cela. dis-je en premier avant d’aborder le cas de Yates.

Quant à ton prochain patron, c’est bien lui qui me fait rire si c’est ce que tu te demandes. Quelques temps avant ma destitution, je l’ai torturé car entre autres raisons j’ai appris qu’il appartenait aux sanguinistes. C’est sur ordre de la Reine, par l’intermédiaire de Badenov, que je me suis contenté de tuer les noms qu’il m’a balancé et que j’ai laissé l’humain de Krystel se charger de ce groupe de dissidents, pour le résultat misérable que l’on connait. Yates lui a eu la vie sauve et a ensuite vu notre dirigeante, je ne sais s’il a été puni ou s’il attend son jugement mais travailler pour lui n’est pas anodin. Attend-toi à être d’autant plus surveillé Leslie.

Là encore vois ce que tu pourras apprendre et rapporter à Badenov, bien que Yates ne t’apportera probablement pas sa confiance ni ne te révèlera pas grand-chose voire rien du tout. A toi de voir ce que tu attends de ce travail, et ce que tu veux pour toi à long terme.
lui dis-je une nouvelle fois avant de me taire pour de bon cette fois.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Lun 4 Aoû - 7:00

Réfléchir ? pourquoi lorsqu'on ne réfléchissait pas comme lui, Julien considérait cela comme un manque de réflexion ? Les humains devaient sentir le piège à plein nez, non ? aliéné ne fusse qu'un dixième de la population à l'ennemi -nous !-, c'était déjà trop. A moins que les mortels ne sélectionne les potentielles "pommes", genre "déchet dont personne ne veut". Sauf qu'a priori, ce n'était pas le cas. Ou alors, c'était pour démasquer les partisans des vampires. Je demeurais perplexe, et cela se lisait ouvertement sur mon visage. A Julien, je ne tentais rien de cacher.

- Mais dans ce cas, pourquoi les rémunérer ? pourquoi les entretenir ? c'est pas du mariage quand même !

Oui, bon, d'accord, c'était très basique, comme réaction.

- Et puis, tout sera contrôlé, les noms des uns et des autres. Je n'aime pas la tournure que tout cela prend.

Je baissais le nez, comme pour reprendre confiance ou chercher d'autres arguments.

- C'est un double contrôle : royal et humain. Je n'en veux pas. Et puis, ces histoires d'allocations pour les vampires pauvres ! çà va les forcer à se déclarer. Tout çà est bien trop cousu de fil blanc : un véritable recensement.

Pourtant, je n'avais rien à cacher, mais je me doutais que certains des nôtres ne désiraient pas se montrer en place publique. Julien gardait le silence, pour me permettre de m'exprimer, je le savais. Il voulait savoir ce qui se passait au fond de moi ? vraiment ? alors maintenant, il savait : aucune confiance envers aucun pouvoir. Je le regardais, penché vers lui, les coudes sur les cuisses, les mains pendantes après s'être brièvement animé à l'évocation de mes pensées. C'était le seul à qui je me confiais vraiment. S'il me trahissait... Je m'en fichais. Le besoin de parler était le plus fort.

Quant à sa réaction à mon désir d'apprendre un nouveau métier -n'avais-je pas une éternité à meubler ?-, son rire me blessa, tout d'abord. Je crus qu'il se moquait de moi, mais non... c'était de Yates. Comment pouvais-je savoir que ces deux-là ne s'entendaient pas ? interloqué, je le fixais :

- Un sanguiniste ?... comme ceux qui ont foutu le bordel à la réunion de la reine ?

Pas possible... il n'avait l'air de rien...

- Pourquoi vous l'avez pas buté ? on traite pas avec des types comme çà. T'as vu le résultat ?!!!

Au fur et à mesure des questions, le ton montait et j'avais fini debout, très en colère.

- Vous avez failli nous faire tous crever ! et le général humain ? hein ?!!! vous y avez pensé ? s'il était mort ? c'était la guerre totale !!! Mais qu'est-ce-qui vous prend ? pour qui vous prenez vous, tous ???? !!!

J'étais sur le point de m'étrangler :

- Et un humain pour régler çà ?!!!! un esclave ? tout au plus ?!!!

Je haussais les épaules, fatigué, épuisé, même... plus confiance en rien ni en personne...

- Bah... après tout, il fera sans doute mieux que n'importe quel vampire... ce sera pas difficile.

A bout de force, je me laissais tomber dans le fauteuil. Autant crever tout de suite : il n'y avait aucune issue. Je n'avais plus envie de bosser pour ce... Yates. Tout à coup, je me rendis compte que j'avais traité avec une louve, aussi ! mais où avais-je la tête ?!!! la présence de Guillemaud semblait me réveiller d'un cauchemar. Me trouver loin de lui signifiait-il irrémédiablement connerie sur connerie ?

- Mais merde, bordel... vous avez quoi dans la tête ?... murmurais-je finalement en me prenant la tête dans les mains.

"Vous", c'étaient les dirigeants vampires, ceux qui nous menaient droit à la catastrophe. Je me redressais d'un coup, comme piqué par un tison ardent, fixais Julien et l'interrogeais sans détour :

- Et toi ? c'est quoi ta peine ? à quoi as-tu été condamné ? l'interrogatoire était comment ?

Je voulais savoir. J'en avais besoin. J'avais éludé la question concernant le travail avec Yates, ce traitre... En fait, l'idée de référer de tout çà à une pomme me révulsait. J'allais quand même pas me confesser à un humain, non ?!!! un humain qui m'avait sauvé la mise, une nuit... la grosse honte pour moi...

hrpg : désolé pour l'attente. sorti de clinique, çà va...
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Mer 6 Aoû - 12:51


En dépit de son manque de recul Leslie avait tout de même certains arguments fondés qui légitimaient ses craintes. Du moins si l’on était un jeune vampire en apprentissage et que l’on avait du mal avec l’autorité que l’on ne comprenait pas. C’était bien là le problème de Leslie, il n’était pas capable d’agir sans comprendre pourquoi. Il avait besoin de savoir pour suivre les ordres et c’était là ce qui le perdrait à terme. Il devait changer, s’adapter pour survivre.

Tu es déjà contrôlé Leslie, par les services de la Reine et probablement par la PES comme la plupart des vampires lorsqu’ils le désirent. Alors ne t’en plains pas et accommode-t-en. Il te faut faire avec, tu ne pourras pas passer ton éternité à te plaindre comme un enfant gâté. lui dis-je un peu durement afin qu’il arrête de planer.

Leslie pouvait être un bon soldat ainsi qu’un bon bras droit, mais il était plus qu’agaçant quand il redevenait ce nouveau-né vampire qu’il était il y a de cela quelques années en arrière. Quand il se comportait ainsi je le trouvais consternant et avais grandement l’impression de perdre mon temps avec lui. Il s’agissait là typiquement du genre de fois où je voulais lui foutre une trempe en espérant que cela lui remettrait les idées en place, mais le connaissant rien y ferait.


Qu’est-ce qu’un recensement changerait à ta condition, quelle que soit sa forme ? lui dis-je pour essayer de lui faire comprendre qu’il s’inquiétait pour un état de fait déjà établi. Nous évoluons au sein d’une monarchie Leslie, notre espèce est telle qu’elle ne peut vivre comme des humains. L’égalité des individus est une ineptie pour nous, nous sommes des animaux sujets à la loi du plus fort. Actuellement c’est la Reine qui nous gouverne, soit tu l’acceptes soit tu la combats mais réfléchie aux conséquences de ton choix. Ne t’imagine pas un soutien qui n’existera pas, n’agis que sur de solides bases. lui dis-je d’un ton dur à nouveau avant qu’il ne reprenne la parole pour s’emporter à nouveau après mon annonce au sujet de Yates.

Pour trouver tous les sanguinistes il fallait bien en avoir un sous la main à qui soutirer les informations nécessaires. Et si je me suis bien gardé pour une fois de ne pas faire de zèle, c’était dans le but que les limites de Badenov soient mises en lumière. C’est lui le responsable du fiasco de la conférence, mais cela ne sera jamais dit officiellement. dis-je avant qu’il ne me pose une question personnelle, au sujet de ma situation et de ce que j’avais subi.

Ce n’était pas un interrogatoire Leslie, on ne cherchait pas de réponse. Aucune question n’a été posée, ce n’était pas le but. J’ai été puni, simplement, enfin à la façon de notre espèce. Quant à ma peine tu la connais tout comme chaque vampire : je suis à présent un simple membre de la Garde Royale, ma société a été offerte à Constance ainsi que mon logement de Glasgow. Mais dans sa générosité la reine m’a laissé ma laissé cette demeure. lui dis-je sans douleur mais après qu’un tic nerveux m’eut secoué le dos, manifestation physique du souvenir de ma torture. Mais à quoi bon cette question Leslie ? Que cela ne te serve pas encore à vouloir exercer une quelconque vengeance. N’agis pas en mon nom comme tu l’a fait avec William. Agis dans ton intérêt, pour ta survie et de manière intelligente. lui dis-je encore avant de me taire un instant.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Mer 6 Aoû - 19:52

Quand Julien me prétendit surveillé par la PES, je bondis et hurlais :

- NON !!! jamais. Je n'ai jamais été contrôlé. Je bosse, je me tiens à carreau, et personne ne me suit.

Pour qui me prenait-il, à la fin ? Silence.

- On sait que je suis un vampire "par accident", que c'est arrivé dans "l'exercice de mes fonctions". Ce n'est pas une excuse, mais c'est ainsi.


Ce qui m'étonnait, en fait, était que le général humain n'eut pas eu l'idée de me faire convoquer pour obtenir des renseignements... après tout, j'avais été le plus jeune commissaire d'Ecosse... cela ne me vexait nullement, mais une telle faille dans le plan humain prouvait à quel point il était désorganisé. Je me rassis, l'air renfrogné, en ajoutant à travers ma barbe :

- Et j'suis pas un enfant gâté.

Le ton de l'ancien shérif s'adoucit pour reprendre son argumentation. J'écoutais, me forçant au silence, les mains tremblant parfois de l'ardeur d'une réponse du tac au tac. Mais la maîtrise était nécessaire à cet instant, et je devais bien comprendre ce qui m'était dit. Un peu comme un enseignement de maître à élève... Guillemaud parlait avec bon sens, force m'était de le reconnaître et mes tremblements cessèrent. J'avais besoin d'action ! la paix ne me convenait guère. Pas du tout, en fait. Recensé, je devais l'être depuis ma création, mais... délicatesse des miens ou non, je n'avais jamais été importuné. Juste rejeté. La peur que j'inspirais à la société dont je venais de sortir pouvait aisément le faire comprendre. Et j'acceptais cela. Une seule issue pour moi : reconnaître ce nouveau pouvoir de cette nouvelle vie. Ou mourir. Ou vivre comme un clodo, comme mon pote, le Russe mendiant, avec ses doigts en moins et son air de perpétuel paumé. Je ne voulais pas de cela. Ni finir comme les Sanguinistes de l'attentat. Ma lèvre fit la moue : il était visible que je réfléchissais.

Julien reprit son speach, et je levais le nez quand il parla de l'échec retentissant de Badenov. Comment réagirait la reine à cela ? Pourquoi disait-il un truc pareil ?!!!

- Tu viens de me dire d'aller rendre compte à cet esclave et maintenant, tu me dis qu'il est mis au ban de la société vampire pour incompétence.

Mes yeux s'étrécirent dangereusement et je me préparais à une défense peut-être nécessaire :

- Quel est ton jeu, au juste ?...

Que cherchait-il ? à me faire couler ? certainement pas à relever ce bon vieux Bad'... alors ? Tout à coup, la clémence plus que surprenante de la reine éveilla mes soupçons. Je me levais, contournais le canapé, et reculais prudemment vers la sortie.



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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Aoû - 10:25


Leslie s’entêtait à se voir comme un élément qui sortait de l’ordinaire, selon lui parce qu’il avait été mordu « dans l’exercice de ses fonctions » humaines. Comme si cela avait une quelconque importance !

Cela ne change rien pour les humains, tu es un vampire. Qu’importe comment ou qui t’a transformé, tu n’appartiens plus à leur monde. lui dis-je à nouveau d’un ton neutre avant qu’il ne me fasse profiter de son instabilité et sa propension à s’emporter malgré une interprétation hâtive et dénuée d’analyse.

Autant tu te montres compétent régulièrement, que des fois tu es affligeant par ton impulsivité lorsque tu ne prends pas la peine d’analyser et que tu te trompes. lui dis-je pour commencer d’un ton las cette fois.

Comme à son habitude Leslie se vida l’esprit de toute capacité de réflexion et de prise de recul pour faire preuve de son génie en matière de bêtise. Il s’était à présent levé et tendit ses muscles, il se préparait à se défendre en s’approchant de la sortie. Quel idiot.


Réfléchis bon sang ! dis-je en haussant un peu le ton. Je n’ai jamais dit qu’il avait été mis au ban de notre espèce, juste que j’ai suivi scrupuleusement ses instructions de sorte à ce qu’en cas d’échec la reine voit que son humain n’était pas parfait. Pour autant ne t’imagine pas pouvoir remettre son statut en question, il reste le bras armé de Krystel lui dis-je ensuite d’un ton moins sec mais cependant un peu dur afin qu’il comprenne qu’il faisait fausse route.

Je ne joue pas Leslie, c’est pourquoi je prends encore du temps pour toi. A présent simple soldat de la Garde je pourrais me contrefoutre de ton sort mais non, je persiste à vouloir parfaire ton apprentissage pour que tu puisses prendre ta vie en main alors reprends-toi et pose ton cul dans ce fauteuil. dis-je en reprenant un ton autoritaire sur la fin de mes paroles.

Si je n’ai plus de pouvoir je continue cependant à agir, mais pour l’heure je ne peux t’en dire plus pour ta propre sécurité. Avant que ton imagination fertile ne s’emballe, ne te fais aucune idée, il est hors de question de renverser qui que ce soit.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Aoû - 16:05

Sauf que, sauf que... Guillemaud répondit si calmement que cela me désarma, je restais donc là, les bras ballants, le regardant sans y croire. Laisser Torben se fourvoyer au lieu de s'impliquer lui-même...

* Du Julien tout craché ! *

Mouais... du genre : "ah ?!!! mais moi j'ai fait ce qu'on m'a dit... alors...". Je me détendis et fis quelques pas vers le sofa, avec vue plongeante sur mon interlocuteur. Il semblait tellement las, que je me dis qu'il avait dû morfler, même s'il ne voulait rien avouer. Pudeur ? non, calcul, comme toujours. A la volée, je lui envoyais :

- D'où Torben tient-il son pouvoir ?

"de la reine" n'était pas la réponse attendue. Mais plutôt, comment avait-il fait pour avoir un tel ascendant, ou... cette confiance... je ne savais. Quand il me le demanda, je me rassis, penaud. J'étais donc si impulsif que çà ? Humain, je ne ressemblais en rien au vampire que j'étais devenu : sérieux, patient, persévérant, je réfléchissais, me mettais à la place des autres... Maintenant, j'étais comme un enfant capricieux ou un ado aux sautes d'humeurs m'interdisant toute vision de la réalité. Décidément, ce nouveau monde n'était pas le mien : je ne m'y faisait pas. Julien m'avait dit s'être fait très vite à son nouveau statut et en avoir tiré profit. Pourquoi je n'y parvenais pas ?

* Nul ? Bon à rien et mauvais en tout ?... *

Les réponses fusaient, peu engageantes et même plutôt dégradantes pour moi. Et l'ancien shérif, rejeté de tous, songeait déjà à se refaire alors que moi... je flottais au gré de mes rencontres au lieu de les provoquer. Inutile de lui demander quoi que ce soit, il ne dirait rien. Finalement, je le regardais pour demander :

- Si je refuse de prendre une pomme, que se passera-t-il ?

Je n'avais pas envie de m'encombrer de çà en plus de mes problèmes de gamin vampire. Je me grattais le côté du visage, visiblement gêné, et conscient que mon choix serait remarqué, ce dont je n'avais pas besoin. Mais surtout, surtout, je savais que j'irai demander "audience" à ce maudit, Torben. Pour le moment, impression persistante d'être une boule de flipper qui allait d'un obstacle à un autre sans se décider à en franchir aucun. J'avais aussi du mal à me faire à l'absence totale de démocratie et d'égalité entre vampires. L'impression d'étouffer... la peur de m'éloigner de Julien, qu'il m'oublie. Alors que c'était le moment ou jamais de "grandir" et de prendre mon envol... Tant de contradictions se heurtaient en moi... Mon regard insistant ne laissait pourtant rien paraître de tout ce qui me déchirait intérieurement.

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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Aoû - 16:57


Si Leslie avait parfois besoin d’être repris brutalement mais il me fallait aussi savoir balancer et user de douceur. Ceci avait pour effet de le déstabiliser lorsqu’il s’attendait à une réaction brutale et suffisamment le surprendre pour faire retomber sa propre colère. Présentement cela avait eu l’effet escompté sur lui, preuve en était son retour au calme et son retour dans le fauteuil que je lui avais indiqué.

On ne peut le savoir tant la nature exacte du lien qui l’unit à la reine tient du mystère. Cependant ce qui est établit c’est qu’autrefois il a été son pire ennemi, du temps où il officiait en tant que soldat de l’HCV. Mais plutôt que de simplement le tuer notre dirigeante s’est amusée avec lui, jusqu’à le briser et à se l’attacher. A tel point que maintenant il mourra pour elle et sa loyauté envers elle est sans limite. lui contais-je, parlant à nouveau d’un ton neutre et posé.

J’étais envieux de ce lien que Krystel avait réussi à créer chez son humain, c’était ce que j’avais essayé d’établir avec Shane. Pour cela je me suis imaginé qu’il fallait lui laisser une certaine liberté et ne pas la contraindre, quelle erreur ! Mais qu’importe car à présent j’étais exempté de toute obligation d’avoir une Pomme de Sang, cela m’était même désormais interdit. Plutôt une bonne chose car cela m’éloignait de la PES et de sa récente circulaire.


Tu n’es pas en mesure de refuser Leslie, cela te créera bien plus d’ennuis que prendre une Pomme. commençai-je à lui offrir comme réponse à sa question. Vu ton passé connu et peu reluisant aux ordres de William puis des miens tu ne pourras pas refuser, pas plus que n’importe lequel des vampires. En dehors de moi vu que cela m’est interdit vu ce que j’ai fait à ma dernière Pomme. dis-je en esquissant un sourire carnassier.

Mais ne t’avise pas d’en faire de même avec la Pomme qui te sera attribuée car si je suis encore en vie cela n’est dû qu’à mes « exploits » passés et quelques appuis au sein du Conseil qui ont plaidé ma cause lors de mon jugement. Toi tu n’as rien de tout cela aussi fond-toi dans la masse est accepte ton sort. Pour survivre, suis les ordres avec application. Lorsque tu auras fait tes preuves, l’importance de tes missions augmentera, les risques aussi mais ils sont liés, et peu à peu tu gagneras la confiance de tes supérieurs. Si tu sais analyser et prendre du recul, tu sauras exploiter les bonnes opportunités. Ainsi est notre vie en tant que vampires.

Leslie était capable et compétent et il pouvait se construire un avenir au-dessus de la masse bêlante, à lui de savoir faire les bons choix. Pour ma part j’avais fait quelques erreurs mais ne regrettais aucune de mes décisions, qu’importe si j’étais le seul à le savoir.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Jeu 7 Aoû - 18:06

Je buvais littéralement les paroles de Julien sur Torben. Cela ne m'avançait pas beaucoup, mais le fait qu'il eut été un ennemi un jour me sembla intéressant. L'histoire était... fascinante. Souffrait-il, ce pauvre Badenov (!), du syndrome de Stockholm ? ou lui avait-elle lavé le cerveau comme pendant la guerre froide entre humains ?... La suite fut encore plus sidérante : Guillemaud n'avait pas le droit à sa popomme ? J'écarquillais les yeux, incrédule, avant de me reprendre et de dire :

- Oui... c'est vrai... le mieux est qu'on ne me remarque pas.

Je fermais les yeux un instant, les rouvris et :

- Comment la traiter ? j'en ai jamais eu...

J'avais de plus en plus l'impression de ressembler à "Petit Scarabée" face à son vénérable maître. J'acquiesçais à ses conseils, en silence, enregistrant tous les conseils et prêt à m'en servir. Je haussais les épaules :

- Bah... des ordres, j'en aurai pas beaucoup... je bosse pour un humain et suis sans contact avec le pouvoir, alors...

Je fronçais les sourcils, comme frapper par quelque chose :

- T'as dit "attribué" ? pour les pommes ? on peut pas choisir ?

Quand il eut répondu à tout, je le regardais par en-dessous et tout de go :

- Vraiment ? tu vas pas avoir de pomme ? toi ? seulement du True ?

Je n'y croyais pas et me voyais déjà "traire" la mienne pour lui en filer un peu, peut-être parce que lui m'avait grassement abreuvé tout le temps que j'avais passé en sa compagnie. Sans arrière pensée, parce que j'avais vraiment bon coeur et ne voyais décidément rien de politique dans ce geste. Je regardais tranquillement autour de moi, ce salon, le souvenir de la cave et de ce qu'y pratiquait Julien, peu convaincu qu'il ne se mette qu'au sang synthétique.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Ven 8 Aoû - 10:14


Leslie s’était à présent calmé et voulait satisfaire sa curiosité sur plusieurs points. Il assimilait mes paroles et semblait en comprendre le sens à ce qu’il m’en dit. Jusqu’à ce qu’il demande conseil pour traiter sa Pomme de Sang. Je n’étais clairement pas le mieux placé pour cette leçon mais pouvais néanmoins lui offrir une nouvelle analyse, conséquence des dernières révélations.

Les seuls conseils que je puisse t’offrir à ce sujet ne sont pas grand-chose au vue des circonstances. Mais il semblerait que dorénavant le temps des Pommes-esclaves soit révolu, du moins en apparence. Le plus simple sera pour toi de suivre la circulaire comme un règlement, mais garde de toi de lui révéler quoi que ce soit qui pourrait apporter un quelconque avantage aux autorités humaines. lui dis-je avant qu’il ne reprenne la parole à son tour après quelques minutes.

Je n’en ai aucune idée à vrai dire Leslie, il s’agit là d’une hypothèse toute personnelle. Etant donné que les nouvelles Pommes devront être volontaires, cela laisse un flou quant à savoir si elles seront réparties aléatoirement ou non. Je ne sais ce qu’il est prévu en termes d’organisation concrète, seul l’avenir pourra répondre à nos questions.

Me concernant j’étais plutôt satisfait de me voir interdire la possession d’une nouvelle Pomme, mon expérience avec Shane m’ayant vacciné contre une nouvelle lubie d’avoir un animal de compagnie officiel. Pour l’heure je profitais de ma liberté mais je savais qu’une des nombreuses possibilités pour mon avenir était de me voir imposée une Pomme aux ordres de Krystel, ou pire à ceux des autorités humaines.

Et oui, c’est là une des facettes des sanctions que m’a infligée la reine, et c’est déjà effectif. Je me nourris déjà uniquement de sang synthétique et n’ai pas le droit de mordre un humain. lui dis-je pour répondre à sa dernière question avant de poursuivre. Pour autant ne te met pas en danger pour moi Leslie.

Leslie était tellement instable qu’il était parfaitement capable de me proposer de me nourrir et même pas dans le but de me piéger mais de simplement me rendre service. En dépit de son altruisme à risque il me fallait le prévenir de ne rien faire qui puisse lui nuire.

Ne prend pas de risque en faisant de ta future Pomme une poche de sang pour vampire en galère. Il te faudra en prendre soin mais en te protégeant aussi, n’en tombe pas amoureux Leslie ou tu te condamneras.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Sam 9 Aoû - 9:19

J'avais attentivement écouté tous les conseils de Julien sur le traitement à réserver à ma future pomme. Il ne savait pas non plus comment se passerait la "distribution", mais si les humains nous étaient imposés, en plus d'être consentants, j'avais des doutes sur les raisons qui les y poussaient :

- On va tomber sur des cinglés, qui prétendront adorer les vampires, des marteaux.

Une moue de dégoût :

- La lie de l'humanité, des paranos ou des idéalistes. Cà me fait penser à ce bouquin, "1 000 femmes blanches", dans lequel on racontait comment le gouvernement US avait vidé les asiles pour contaminer les Indiens.

Je haussais les épaules :

- Autant dire que je ne risque pas de tomber amoureux ! En tout cas, j'en veux pas chez moi. Elle devra coucher ailleurs, à l'étable, par exemple, ou pour simplifier.

Etrange comportement de ma part ? je tolérais plutôt bien les humains habituellement, mais qu'on m'en impose un me faisait tout à fait changer d'avis sur eux. Et ma belle tolérance devenait jugement haineux et méprisant. Guillemaud avait raison à propos de la circulaire et de mon passé : je risquais bien d'être examiné, mes moindres gestes décortiqués, bref... tout cela n'allait pas me faciliter la vie.

- Qui me dit qu'elle ne me surveillera pas ? après tout, j'étais totalement acquis au prince William, et la reine pourrait encore s'en souvenir.

Sans compter qu'ensuite, j'avais servi aveuglément l'ancien meilleur ami de son fils, à présent en disgrâce... Autant dire que je devais marcher sur des oeufs. La fuite à l'étranger me tentait énormément en ce moment même, et me paraissait être la seule échappatoire à une situation qui ne tarderait pas à se corser. Tout en dévisageant mon vis à vis, j'avais vraiment du mal à croire ce qu'il articulait, à savoir que le True était sa nouvelle et unique pitance. Un sourire en coin m'échappa, montrant clairement mon scepticisme à ce sujet, bien que ce ne soit pas mes oignons. Puis mes yeux errèrent dans la pièce et je griffonnais un mot sur un papier tout en lui demandant répondant d'un ton visiblement apaisé :

- Oui... merci. Je m'en souviendrai. C'est que c'est la première fois que j'ai une pomme... je me demande vraiment comment faire. Tu m'as bien aidé, sur ce coup là. Merci.

Changeant de sujet, je lui demandais ce qu'il comptait faire, sans doute se reposer, un truc comme çà ? je le mettais sur une piste pour sa réponse et lui tendis mon message :

" micros ? "

Après tout, la reine lui avait tout enlevé, sauf cette maison, et ce n'était certainement pas par charité, mais plutôt pour bien le surveiller, l'avoir sous la main, quoi... Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? D'autant que je n'avais relevé aucune surveillance ostensible autour de la maison. Et il était peu probable que la reine se permette de relâcher un gros poisson comme Guillemaud sans s'assurer qu'il ne lui nuira plus. Surtout quelques jours après sa sentence et en plus, trois jours après l'attentat qui aurait pu lui coûter la vie. Nous coûter la vie ! Je souris ouvertement et ajoutais :

- T'inquiètes ! je veillerai sur ma pomme comme sur la prunelle de mes yeux. Rien de mauvais ne lui arrivera, et je ne boirai que le nécessaire.

Sauf que, sauf que... à chaque fois que j'avais bu à la veine un humain... je l'avais tué. Julien le savait.

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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Dim 10 Aoû - 1:37


Leslie n’était pas prudent, il était clairement parano. Cela pourrait le mener à sa perte tout autant qu’un manque de prudence car elle finirait par le rendre fou, enfin plus que son instabilité ne le laissait présager. Ses paroles me firent néanmoins afficher un léger sourire, amusé que j’étais par ses hypothèses.

Et qui aurait le plus à craindre d’une telle tentative Leslie ? Nous, de pauvres humains cinglés ? Ou les autorités humaines, de pauvres humains cinglés manipulés par des vampires revanchards ? lui demandai-je en émettant un petit rire joueur. Malheureusement je doute qu’une étable soit considérée comme décent et salubre comme le stipule la circulaire.

Qui te dit qu’elle ne te surveille pas déjà ? Justement à cause de ton passif à tomber sur des maîtres bien incapables.
lui demandai-je ironiquement en élargissant mon sourire railleur. Leslie ne devait pas s’estimer dans les bonnes grâces de Krystel, pour William mais plus récemment à cause de moi. En général on entraine toujours du monde dans sa chute, et me concernant mon second tombait avait moi.

Mais de rien. lui dis-je alors qu’il parlait tout en me tendant un papier sur lequel il venait de griffonner une question en un mot. Après l’avoir lu j’émis un bref rire amusé et repris la parole à sa suite en déposant le papier sur ma table basse.

Je ne sais s’il y a des micros ici Leslie. Malgré ma fouille minutieuse mais infructueuse, c’est possible oui. Pour autant j’apprécie ton attention mais je n’ai rien à cacher à d’éventuelles oreilles indiscrètes. lui dis-je tout en lui faisant signe de la main de continuer à parler. Si j’avais des choses à cacher à la reine et à ses services, mais rien que Leslie ne connaissait aussi je ne risquais rien à « jouer » la carte de la prétendue transparence.

Je compte sur toi pour faire au mieux Leslie, j’ai beau ne plus être Général et donc ton supérieur, je serais attristé si tu ne parvenais pas à te contrôler lorsque tu te nourriras au cou de ta Pomme. Espérons que tu feras mieux que du temps de ta jeunesse.

Sinon, lorsque tu auras rencontré Badenov et lui auras fait ton rapport au sujet de cette louve, tiens-moi au courant de ce qu’il te dira ou donnera comme instructions, si cela t’es possible bien entendu.
lui demandai-je en parlant d’un ton neutre mais qui lui permettrait de comprendre que je ne plaisantais plus et qu’il s’agissait là d’une nouvelle mission pour lui.

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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Mer 13 Aoû - 3:55

Comme toujours, Guillemaud trouvait les mots justes et sa réalité me parut bien meilleure que la mienne. Pourquoi voyais-je tout de manière déformée ? Humain, j'étais capable d'analyser aussitôt une situation sans me tromper. Pourquoi n'était-ce plus le cas actuellement ? Je réfléchissais aux arguments avancés : bien sûr, les humains risquaient beaucoup plus que nous. Et je trouvais même étonnant que les lupins n'aient rien tenté contre cet accord. Comment l'auraient-il pu, d'ailleurs ? je m'interdis d'extrapoler, m'obligeant à n'observer que les faits et rien que les faits, bridant mon imagination et mes quasi besoins de complot. Peu à peu, le calme revint et je le savourais. Je me sentais bien mieux comme çà. Je souris même pour répondre à mon ancien boss :

- Ce que je voulais dire par "étable", c'était que je ne voulais pas d'une pomme chez moi.

Cela ne pouvait que traduire le manque de sécurité éprouvé à l'idée de dormir en présence d'un humain qui pourrait me tuer sans que je ne puisse lui opposer aucune défense. Là encore, je devais délirer ? ou était-ce réel ? je ne savais plus, n'avais plus aucune confiance en moi, en mon jugement. Que ferais-je sans Julien ? La suite avait de quoi faire flipper, d'ailleurs : l'idée d'être déjà surveillé par la reine... Je ris. De bon coeur ou de soulagement, mais je ris :

- Oh non ! je ne crois pas ! je ne suis rien à ses yeux. Tout juste un vaillant petit soldat, dans le meilleur des cas. Un raté, autrement...

Je pensais vraiment ce que je disais et cela me permit presque de revenir à la réalité. Personne ne se souciait de moi, parce qu'il n'y avait aucune raison de le faire, tout simplement. Songer un instant qu'on ait à me surveiller me fit prendre conscience d'une certaine paranoïa de ma part.

- Je suis dingue ?

demandais-je sans détour à Guillemaud, avec une vague inquiétude dans la voix. Mais surtout, ce que je ne compris pas était le manque de prudence de l'ancien PDG de la Reds : il n'avait même pas cherché les micros ? incrédule d'abord, je compris -peut-être ?- son jeu. Celui du vampire qui n'a rien à cacher, pas même un second crétin comme moi. Nouveau sourire... si enregistrement il y avait, tant mieux. Je passerai pour un parfait simplet et tous soupçons seraient alors balayés. Je m'adossais, rassuré, et même content de la tournure des événements. Personne n'aurait remarqué mon geste contre la reine, qui avait tourné à son avantage à cause de ce crétin de Sanguiniste venu se mettre entre elle et moi. Je devais arrêter avec cette haine contre elle. Trop puissante, capable de manipuler les masses mortelles à sa guise, qui me disait qu'elle n'agissait pas ainsi avec nous ? Soit je m'éloignais, soit je faisais ma vie avec çà. En tout cas, la conversation revint sur ce que je devais faire tout à fait légalement et de manière à m'attirer les bonnes grâces du pouvoir, y compris ce qui n'était pas une option : m'incliner devant l'humain de Krystel.

Julien avait raison.

- Oui. J'irai dès mon retour. Tu as raison. Désolé. J'étais un peu secoué par tout çà... ces derniers événements. J'espère juste ne pas être le seul, histoire de ne pas passer pour l'idiot du village ...

Quiconque entendrait cette conversation n'y verrait d'ailleurs qu'un simple échange entre un maître et son élève, genre, "tu vois, je calme mon subalterne et je gère..." : que du bon pour Julien. Et moi, j'apparaissais comme parfaitement inoffensif.

* Incroyable... *

Je passais quasi pour un simplet, et même craignant de boire au cou d'un humain, un grand timide, quoi...

- Ce n'était pas pareil... la guerre était la guerre... je le comprends.

J'avais l'air peu sûr de moi. C'était réel, mais en même temps, cela ne pouvait que me servir. Si on nous écoutait, je passerai pour un jeune vampire habitué au True, mais pas à la manière naturelle de se nourrir. Que du bonus pour moi. Et à propos du suivi de ma "mission" :

- Oui, bien sûr ! cela va sans dire.

C'était sorti tout naturellement. C'était la fin de l'entretien aussi. J'avais peine à partir et laisser seul Guillemaud. Mais j'étais certain aussi qu'il savait que je serai toujours là pour lui, au regard que je lui lançais en me levant. Je m'excusais :

- Désolé de t'avoir dérangé... Je... Je vais partir.

L'idée de me retrouver tout seul, là, dehors, me fit peur. L'impression que n'importe qui pouvait me sauter dessus : Sanguiniste, chevalier de la reine, humains, ou je ne sais qui d'autre. Mais il fallait bien que je parte.
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MessageSujet: Re: Survie [Livre II - Terminé]   Mar 19 Aoû - 15:09


Je souris une nouvelle fois aux paroles de Leslie car il était à présent redescendu de ses rêveries. C’était le souci avec lui il avait besoin de rassurer ses craintes avant d’être en mesure de raisonner convenablement. Pour autant cela ne le mettait pas à l’abri de passer à côté d’un raisonnement intelligent. Je devais lui rappeler une règle de base afin qu’il ne commette pas une erreur cruciale.

Tu n’es pas dingue Leslie, la paranoïa est un gage de survie tant qu’elle ne t’aveugle pas. Ne te départie pas de ta capacité d’analyse car alors elle causera ta perte. Tu penses n’être rien aux yeux de la reine, peut-être même est-ce le cas, mais ne considère pas pour autant qu’il est impossible qu’elle te fasse surveiller. lui dis-je d’un ton neutre. Lorsqu’il reprit ensuite la parole je l’écoutais sans l’interrompre tandis qu’il annonçait avoir compris. Je devais le reprendre une nouvelle fois pour qu’il ne se trompe pas une nouvelle fois.

Prend garde Leslie, l’espoir est un leurre qui te mènera à coup sûr à ta perte. Concentre-toi sur les faits, et sois prudent avec les hypothèses. Nul n’est à l’abri d’une erreur de jugement. lui dis-je comme si j’émettais une réflexion personnelle.

Tu ne me déranges pas Leslie, pas tant que tu poursuivras ton apprentissage et continueras à grandir. lui dis-je d’un air un brin paternaliste. Leslie était jusqu’à présent comme mon poulain, quand bien même il n’était pas un exemple de stabilité. Pour autant il en voulait et c’était là la base selon moi, tout le reste pouvait s’apprendre avec l’expérience.

Accomplis ta mission Leslie, et prend soin de toi. lui dis-je avant de me lever et de l’accompagner jusqu’à la porte de ma demeure. Nul besoin d’autres paroles pour ce soir, il devait comprendre et apprendre. Parfois son apprentissage devait venir des mots mais dans d’autres cas c’était le silence qui devait en devenir la source. Je ne pourrais pas toujours lui coller au cul pour lui éviter de merder aussi devrait-il apprendre de ses erreurs quitte à risquer de grosses sanctions.

Lorsque la porte se referma sur mon ancien bras droit je fis un brin de ménage dans ma maison avant de descendre dans ma cave. Là je m’installais au milieu de la pièce, prêt de la table où tant d’individus avaient perdu la vie. Je fermais les yeux un instant avant de laisser courir mes mains sur la table centrale ou les outils rangés dans mes placards. Aucune trace de sang, j’avais nettoyé avec zèle tout cela après chaque jeu sanglant afin que nul ne puisse en retrouver la moindre molécule. Pour autant le souvenir de chacun de ces jeux me revint à l’esprit. C’était ainsi que je pouvais tenir depuis ma destitution avec ce régime de sang synthétique. Outre le fait de ne plus avoir le droit de boire du sang humain, c’était l’interdiction d’en tuer qui était en réalité le plus difficile. Alors il me fallait trouver divers moyens de substitution…

A toi de conclure si tu souhaites poster une dernière fois
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