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–› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]
MessageSujet: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Jeu 3 Juil - 14:52



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

« LAISSE-MOI ! »

Je me réveillais en hurlant, me battant avec mes draps. La sueur me collait à la peau, collant les draps au passage. Le cœur battant à la chamade je me levais pour rejoindre ma cuisine. Mon regard se posa sur le réveil : six heures du matin. Je me posais sur mon canapé après avoir récupéré la bouteille de lait. Deux jours sans dormir et après seulement quatre heures de sommeil je faisais encore et encore ce rêve où Constance me torturait mais cette fois elle n'avait pas pris mon portable et elle voulait entendre les réponses de ma bouche. Un frisson me parcourut en repensant à tout ça et je décidai de tout oublier pour aujourd'hui, peut-être qu'un jour j'irais voir un chaman, une voyante, lirais un bouquin pour interpréter mes rêves... Mais pour le moment j'avais envie de ne plus être toute seule.

Mon cerveau s'était mis en mode pilote automatique et après une douche, avoir enfilé un ensemble de survet' je pris mes clés et monta dans la petite mini garée au sous-sol de mon immeuble.

« Ok et maintenant je fais quoi petit cerveau tellement malin qu'il oublie de me mettre au courant de ses plans. »

Je venais de toucher le fond, je me parlais à moi-même. Mais ça ne me choquais pas outre mesure je mis le moteur en route et après quelques secondes j'étais sortie dans les rues désertes. Il faisait meilleur ces derniers temps depuis que les Semis Démons s'étaient déchainés au centre commercial. A croire que leur frustration se ressentait dans le temps. Enfin qu'importe, je roulais, roulais. Finalement je fis taire le moteur en arrivant devant l'immeuble de Mike. Pourquoi j'étais venue ici ? Ça faisait quelques semaines que je l'évitais comme la peste. En fait même plus, depuis que Constance m'avait mise dans un état déplorable et que j'étais venue me réfugier ici. Depuis que j'avais lancé mon business avec Paul parce que je ne voulais pas le regarder dans les yeux et lui mentir sur ma prétendue bonne conduite. Et surtout depuis la réunion où j'avais fait bloc contre Hayden, l'Ulfric, le Boss... Je posais ma tête sur le volant avec un soupire. Dire qu'avant j'aurais tout donné pour rester avec lui et Sam, je préférais dormir dans un tout petit lit avec ce dernier alors qu'il tenait super chaud juste parce que je me sentais mieux auprès des miens et que maintenant cette époque était révolue.

Je ne pourrais pas fuir Mike éternellement et si mes souvenirs étaient bons il allait avoir peu de temps libre à me consacrer maintenant, je devais profiter de lui avant que Cian me balance et que je meurs pour haute trahison. J'avais un plan tout trouvé pour expliquer mes conneries (des mensonges pour changer) mais qu'importe ça devrait marcher, en théorie.

Je montais jusqu'à l'étage de mon Padre avant de me faufiler chez lui, pas un bruit. Heureusement que j'avais les clés, il était peut-être en train de dormir j'aurais eu l'air fine à le réveiller à une heure pareille de la journée un dimanche ! J'enlevais mes chaussures pour me rendre dans la cuisine après avoir fouillé dans un placard ou deux je trouvais de quoi faire des pancakes. S'il devait y avoir une discussion autant que se soit l'estomac plein et puis avec un peu de chance peut-être qu'il serait tellement touché par ma petite attention qu'il allait passer outre cette discussion qui finirait mal vu nos caractères respectifs.

J'étais en train de faire cuire la pâte que j'avais préparé quand j'entendis un bruit. Et si Mike n'avait pas fini sa soirée de la veille seul ? Oh merd*, l'idée de me retrouver face à Mirah en petite culotte me faisait froid dans le dos. Je ne me retournais pas et fermait les yeux en entendant une personne approcher.

« Que se soit clair entre nous je ne matte pas. »

Et je me retournais vers... Mike. Ouf, j'avais échappé à la vision d'horreur parce que si j'avais vu une nana j'aurais sans doute imaginé ce qui avait bien pu se passer la veille et c'était pas franchement recommandé au saut du lit. Je lâchais, poêle et spatule pour me lancer vers lui et le prendre dans les bras. C'était pas dans mon habitude mais il m'avait manqué même si j'avais passé mon temps à craindre ce qu'il allait dire sur mon comportement ou culpabiliser sur les mensonges que j'allais lui débiter.

« Je suis venue te préparer le petit déj' : pancakes ça te va ? » demandais-je alors que je pensais qu'il était un peu tard pour poser la question.

Maintenant j'étais entrée dans le ring, à moi d'éviter les crochets du droit. Je parlais pas à n'importe qui, Mike était comme mon père donc respect, c'était maintenant l'exécuteur de la meute donc respect encore plus. Peut-être que je devrais faire une révérence et implorer son pardon tout de suite. Non j'allais la tenter gentille fille qui fait une petite visite dominicale à son père et ça devrait passer si je parlais de rien de contrariant. Autant me mettre dans la tête que j'allais être frappée par la foudre d'un moment à l'autre se serait plus crédible.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Sam 5 Juil - 0:59


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Mike  ~  Charlie






La journée de la veille avait été longue et épuisante, ce collègue absent et les visites supplémentaires qu'il n'avait pas pu refuser, . La presse avait déjà largement contribuer à rabaisser l'image de la meute en crachant allégrement sur Isadora et tous ceux qui la côtoyait, il n'avait pas envie de rajouter de l'eau au moulin des mauvaises langues qui sauteraient sur l'occasion pour s'en prendre à lui au moindre faux pas. Alors quand on lui avait proposé des heures supplémentaires, il les avait acceptées en bon employé modèle, on irait pas dire qu'en plus de tout le reste, les loups étaient des faignants. Puis il était tombé sur cet excellent western à la télévision et n'avait pas eu le cœur à couper pour aller se coucher de bonne heure malgré la fatigue. Mon nom est personne.... la fable du petit oiseau lui semblait tellement appropriée à la situation globale de la meute.

« Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi! »

Tais-toi ! Fait le dos rond, rentre dans le rang, soit un bon soldat, ne mêle pas les autres à tes histoires. Le quadra ne savait que trop bien quelles pouvaient être les conséquences d'une langue trop pendue, les ragots se rependaient comme une traînée de poudre. Quand au reste... et bien il en revenait toujours à ce qu'il avait dit à son Ulfric, le sacrifice de l'individu pour la survivance du plus grand nombre. Plonger au cœur du problème quitte à en mettre quelques un en porte à faux pour que tous en sortent grandit au final, en mettre certains « dans la merde » mais pas pour leur malheur. Les ragots... Mike avait beau ne pas porter Roxane dans son cœur, il savait qu'elle était incapable de faire ce dont on l'accusait et Isadora encore moins. Ces deux là respectaient bien trop la meute pour faire quelque chose d'aussi stupide.

La fatigue morale plus que physique, les soucis, tout ceci avait contribué au manque de sommeil dont il était victime cette nuit là. C'est pourquoi quand, vers sept heures, il ouvrit un œil, tiré du sommeil par le bruit des clefs dans la serrure de sa porte d'entrée, il ne réagit pas immédiatement. Qui avait les clefs de son appartement de toutes façons ? Mirah ? Qu’elle vienne, il aurait bien besoin d'un peu d'aide pour se tirer du sommeil. Charlie ? Charlie... Quand son esprit embrumé de fatigue eu analysé cette option, il se levait finalement d'un bond. Si sa fille était ici, il ne devait pas louper l’occasion de lui toucher deux mots. Ils n'avaient pas eu l’occasion de parler depuis la réunion à Wolfheaven et le quadra avait beaucoup à dire à ce sujet. Il enfilait un bas de jogging par dessus son caleçon et quittait la chambre pour venir surprendre l’intrus. Le loup s'efforçait de rester calme, ne pas la braquer tout de suite, il avait un paquet de remontrances à lui faire et il valait mieux éviter de monter tout de suite sur ses grands chevaux. Il connaissait trop bien le tempérament sulfureux de la jeune louve, lui crier dessus en guise de bonjour était la pire des choses à faire.


Il la trouva dans la cuisine, affairée à préparer quelques pancakes. Le conférencier ne put s’empêcher de sourire avec nostalgie. Sam et elle avaient souvent fait ce genre de choses pour l'amadouer quand ils passaient la nuit à faire les pires idioties en ville et qu'ils voulaient éviter les remontrances. Elle savait donc qu'il allait lui passer un savon pour son attitude incorrecte et tout le reste.


« Que se soit clair entre nous je ne matte pas. »

« Y a rien à mater ! »

Mike éclatait de rire comme elle se retournait visiblement inquiète de ce qu'elle pourrait voir. Puis elle venait se lover dans ses bras, terminant ainsi de attendrir tout à fait. Elle savait s'y prendre, il décidait donc de se laisser faire et de remettre la discussion à plus tard, après les pancakes.

« Je suis venue te préparer le petit déj' : pancakes ça te va ? » 

Comme si elle avait attendu qu'il lui donne son accord pour ça de toutes façons. Il se contenta d'un petit signe de tête en direction de la poêle dont le contenu commençait à brûler. L'idée de partager un petit déjeuner avec elle lui plaisait bien, elle lui donnait l’occasion de préparer le terrain le plus calmement possible avant de commencer les remontrances. Calmement. Ce n'était pas vraiment dans les habitudes de notre loup mais avec elle, il n'avait pas vraiment le choix. Apprendre à être diplomate faisait partie des chose qu'il devait faire, tant pour ses relations avec les louves qui partageaient sa vie, la fille et la femme, que pour son rôle au sein de la meute. Il ne voulait pas donner l'impression de n'être simplement que la brute colérique que Valentyne sortirait du placard quand il en avait besoin. De la diplomatie il en aurait besoin aussi quand il devrait faire avec Roxane... sa candidature de Jolfr tenait toujours malgré la mort de Camille.

Plaçant deux tasses sous le percolateur, il enclenchait l’appareil. Parmi ces petites manies, il y avait celle de préparer le café la veille de sorte qu'il n'ai plus qu'à faire couler le café en se levant, manie qui ce matin là se révélait forte utile. Il gagnait du temps. Le quadra tirait un des tabourets du bar et prenait place face à la louve qui s’affairait de nouveau à ses pancakes. IL tenterait de rester calme mais il devait tout de même engager la conversation.


« Je suis flatté que tu aies pensé à moi mais j'aimerais savoir ce qui t'as décidé à venir ici après être restée en silence radio comme ça. »







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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Sam 5 Juil - 16:09



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Dimanche 17 Décembre 2017

Le bruit que j’avais entendu indiquait clairement que quelqu’un s’était réveillé et se dirigeait maintenant dans la cuisine. La trouille d’envisager une Mirah en petite culotte me donnait des sueurs froides, encore pire que mon cauchemar de cette nuit. Non pas que j’étais prude (ma conscience ricanait comme une folle à cette simple idée – ta gueule !) mais voir Mirah ou une femme quelconque en tenue d’Eve c’était imaginer que Mike avait passé la nuit à… Oh bordel, j’étais en train d’imaginer ça avec Mike. J’allais vomir, non pas que je pensais qu’il n’avait pas de vie de ce point de vue-là mais je voulais oublier tout simplement qu’il pouvait faire ça. Je laissais échapper un soupire soulagé en entendant la voix de celui qui m’avait transformée quelques années plus tôt. Merci mon Dieu, juré j’irais faire une donation.

Je ne sais pas encore pour quelles raisons je me suis jetée dans ses bras mais qu’importe. Sa chaleur et son odeur me rappelèrent des moments qui paraissaient lointain et qui faisaient envoler toutes mes frayeurs nocturnes. Je me détestais de l’avoir fui comme je l’avais fait ces derniers temps mais je savais que si je restais avec lui il allait finir par souffrir ou par m’étrangler. Il avait une certaine position maintenant dans la meute et il ne pouvait plus assumer la responsabilité de mes actes.

* Respire et on fait comme si c’était un dimanche comme les autres, petit déj’ et ensuite on file. *

Ouais ça devait être aussi simplement que ça. Manger et filer à l’anglaise. Déjà à l’époque on le faisait avec Sam quand on avait passé la nuit dans la rue et qu’on savait très bien qu’il nous avait entendus rentrer. Je me doutais qu’il devait tiquer et imaginer tout un tas de conneries que je voulais lui confesser. Qu’importe, je n’avais pas la moindre intention de lui confier quoi que ce soit, bon peut-être juste le cauchemar mais le reste resterait un secret pour lui. Je n’avais pas joué des pieds et des mains pour obtenir de Cian qu’elle garde Mike en dehors de cette histoire pour finalement le lui dire. Il ne devait rien savoir, jamais, ça lui briserait le cœur et il finirait vraiment par vouloir m’enfermer.

Je déposais un simple baiser sur sa joue alors qu’il me faisait inutilement signe que la pâte commençait à cramer dans la poêle. Je retournais donc à mes pancakes pendant qu’il préparait du café. Toujours son habitude du café de la veille réchauffée. Je ne disais rien et me contentais de finir de faire cuire toute la pâte que j’avais préparée. Je l’entendais s’installer confortablement sur un des tabourets et j’attendais qu’il entame l’interrogatoire. Comme je m’en doutais je n’eus pas longtemps à patienter pour que ça commence. J’avais fini de faire tous les pancakes et j’éteignais le gaz sans me retourner vers lui. Il y avait quelque chose qui avait changé, il semblait plus calme et ne semblait pas pressé qu’on se mette à hurler. Les voisins pourraient dormir plus longtemps.

« Pourquoi tu ne pouvais pas juste dire : je suis flatté que tu ais pensé à moi ? »

Moi par contre je commençais mal cette conversation. Pourtant mon ton n’était pas aussi agressif qu’il pouvait l’être en général. Mais j’étais fatiguée de mes nuits courtes, terrorisée par mes cauchemars, je devais commencer un entraînement intensif avec Isadora (super génial, le retour du chaton ! Je m’étais habituée à ne plus entendre ce surnom ridicule), j’avais l’impression d’être sur les nerfs sans arrêt. Je pris l’assiette de pancakes que je déposai devant Mike et m’installa en face de lui.

« Tu m’as manquée et… Je ne suis pas d’humeur à me disputer avec toi Mike. Je sais que je n’aurais pas dû t’éviter mais je veux juste qu’on prenne un petit déj ensemble comme avant. »

Pour le moment je m’en tirais avec les honneurs, aucun mensonge et rien pour l’inquiéter normalement. Enfin avec Mike des fois je me disais que le fait de savoir que je n’avais pas de climatiseur dans mon appartement devait le faire mourir d’angoisse pendant les trois jours de canicules dans l’année. Je pris une tasse de café et après une gorgée, je levais les yeux vers lui.

« Si tu veux tout savoir je ne dors pas très bien du coup je suis non-stop en colère. »

Je reniflai d’un air dédaigneux. En colère je l’étais mais pas qu’à cause de ce manque de sommeil. C’était un tout, tout partait en couille et c’était entièrement ma faute. Je tirais une assiette vers moi pour me servir en pancakes que je recouvrais allègrement de sirop d’érable. J’évitais de le regarder dans les yeux non pas parce que j’avais honte de la vérité que je ne disais pas mais parce que depuis qu’il était partie, depuis que Sam nous avait quitté c’était le bordel entre nous. On avait tous les deux changé mais de la même manière, on était comme en décalé et avant de retrouver notre longueur il allait falloir du temps. A commencer par le temps que je répare toutes mes conneries et que je regagne ma place dans la meute.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mar 8 Juil - 18:13


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie






Des pancakes... Depuis combien de temps n'avait-il plus mangé de pancakes ? Depuis Sam sans doute, depuis qu'il prenait ses petits déjeuners seul, depuis que cet appartement sonnait vide. Depuis tout ce temps, même s’il arrivait depuis peu à Mirah de passer la nuit chez lui quelques fois, il n’avait plus pris le temps de partager ce moment. Des pancakes… non tout ceci était définitivement trop lié à son fils pour que le quadra accepte de faire quoi que ce soit qui se rapprocherait de prés ou de loin du petit rituel que Sam et la jeune louve avaient mis en place à une certaine époque. La nostalgie peut être, ou bien la peur de voir s’effacer certains souvenirs, de les noyer dans la banalité au point de les désacraliser. De la même manière que la chambre du jeune homme resterait à jamais un sanctuaire, quasiment abandonné dans l’état où il l’avait laissé en partant le soir de sa mort, le petit déjeuner aux pancakes était devenu un souvenir qu’il chérissait tendrement autant qu’il le haïssait. Pourtant, l’idée de laisser Charlie lui préparer des crêpes et aussi étrange que cela puisse paraître, avait quelque chose d’apaisant, de rassurant. Comme si ce simple petit déjeuner allait les faire basculer dans le passé, les ramener au temps où les choses étaient plus simples, où elle n'avait pas un dossier long comme le bras et où il n'avait pour seul responsabilité que de veiller sur elle.

Pas d’effusion d'affection, un simple baiser déposé sur sa joue pour le saluer et voilà qu'elle finissait d'éveiller ses soupçons. Il était loin d'être assez naïf pour croire que c’était par pure nostalgie qu'elle était venue ce matin là. Elle avait beaucoup à se faire pardonner, son silence, sa réaction lors de la réunion, son silence à nouveau, sans parler de son attitude globale qui commençait à faire jaser dans la meute. Et puis ils n'avaient pas vraiment eu le temps d'avoir la petite discussion qu'il avait promis à Valentyne d'avoir avec elle. Elle devait faire profil bas, et rapidement, quant à lui, il avait des années de laxismes à réparer. Le loup avait d'ailleurs réussit à mettre les pieds dans le plat, plaçant plus ou moins subtilement le fait qu'il espérait des explications sur ces derniers jours.


« Pourquoi tu ne pouvais pas juste dire : je suis flatté que tu ais pensé à moi ? »

Un petit sourire en coin, un regard fuyant, tout à la fois amusé et agacé par cette réponse. Lui qui voulait rester calme, elle n'allait pas lui faciliter la tâche si elle commençait sur ce ton cynique.

« Ah mais je le suis Charlie, je le suis... seulement admet que j'ai de quoi être surpris de te trouver là alors que tu n'as même pas daigné passer boire un verre avec moi ou te soucier de mon état après ma nomination. »

Petite pic mesquine qu'elle ne méritait peut être pas. Elle ne l'avait évité que quelques jours, lui avait disparus pendant plusieurs mois. Et si elle avait pu lui pardonner, il n'avait pas le droit de lui tenir rigueur pour si peu.

« Tu m’as manquée et… Je ne suis pas d’humeur à me disputer avec toi Mike. Je sais que je n’aurais pas dû t’éviter mais je veux juste qu’on prenne un petit déjà ensemble comme avant. » 

Il se racla bruyamment la gorge, honteux. Elle avait lu dans ses pensées et qu’elle tente de jouer sur la corde sensible ou non, elle avait raison. Le quadra planta son regard sur les assiettes vides et resta un instant silencieux. Peut être tentait-elle vraiment de passer un moment agréable, peut-être n'avait-elle pas d’arrière pensées en venant ici... Elle avait grandit, mûrie aussi malgré ses dérapages récents. Elle n'était plus l’adolescente turbulente d'avant, sans être un modèle de sagesse et de vertus, elle était une jeune femme, une jeune louve qui n'avait plus à se faire pardonner d'avoir fait le mur.

« Si tu veux tout savoir je ne dors pas très bien du coup je suis non-stop en colère. » 

Il se redressait, penchant légèrement la tête en arrière pour plonger son regard dans le sien, un peu d'en haut, interrogateur. Se trouvait-elle une excuse magique pour son saut-d'humeur à la réunion à Wolfheaven ? Non, elle n'était pas là pour se faire pardonner quoi que ce soit, elle était là pour chercher du réconfort. Le réconfort qu'il était sensé pouvoir lui donner en tant que père d'adoption. Le loup oubliait déjà la série de remontrances qu'il avait à lui faire et ses belles résolutions de nouvel exécuteurs s'envolaient pour faire place à un instinct paternel, une envie de la prendre dans ses bras pour l'encourager à livrer ses problèmes. Croisant les bras sur le plan de travail devant lui, la tête inclinée sur le coté, le regard toujours rivé dans le sien, il osa la question qui lui brûlait les lèvres.

« Tu manques de temps pour dormir ou bien est-ce autre chose ? » il manqua un temps de pause avant de poursuivre « Cette nuit là... tu y penses encore n'est ce pas ? »

Le conférencier garderait pour lui le nombre de fois où il s'était relevé la nuit depuis, le nombre de fois où il s'était vu debout dans une allée sombre, le corps de sa fille entre les bras, sans vie... ce qui c'était passé cette nuit là avait réveillé de vieux démons, c'était comme perdre Sam une seconde fois...





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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mer 9 Juil - 12:48



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Dimanche 17 Décembre 2017

Mon regard se posa sur la porte close de la chambre que j’avais partagée quelques années avec Sam. Théoriquement ça n’avait jamais été ma chambre, je dormais sur le canapé-lit très confortable. Pourtant je ne suis pas sûre d’avoir véritablement dormi une nuit entière sur ce qui devait être mon lit. D’une manière ou d’une autre avec Sam on finissait toujours par dormir ensemble, innocemment (je vous vois venir). Parce que c’était mon petit frère, c’était un Loup, c’était un ami et un confident. Je chassais ces sombres pensées pour me concentrer sur Mike qui semblait aussi pensif que moi. Pourquoi j’avais fait des pancakes et pas des gaufres ou simplement un œuf au plat avec du bacon ? Je vous le demande mais depuis que Sam était parti il avait laissé un trou béant, emportant avec lui tout ce qui avait fait de nous une famille.

Depuis que Mike était revenu après sa petite phase : « Je hais le monde dans lequel nous vivons, laissez-moi souffrir en paix. » rien n’était plus pareil. Il y avait peut-être cette soirée devant la télévision à manger de la glace et encore ça semblait lointain. Depuis quand étions nous devenus des étrangers l’un pour l’autre ? En tout cas une chose n’avait pas changé : il se faisait du souci et tentait de prendre ses responsabilités au sujet de mon éducation qui laissait à désirer selon les plus anciens. J’étais l’éternelle adolescente rebelle qui lui restait dans les pattes comme une épine dans le pied. Je finis par fuir son regard lorsqu’il souligna le fait que je l’avais volontairement ignoré ces derniers temps, même pour son évolution dans la Meute j’avais fait la morte, et aujourd’hui je me pointais comme une fleur.

« Ce n’est pas comme si t’étais tout seul, Mirah était là je suppose. Elle doit être tellement contente d’écrire ton nom dans ses précieux bouquins qui deviendront poussiéreux. »

Je n’étais même pas énervée, juste grognon. Pourquoi voulait-il que je vienne boire un verre avec lui ? Le connaissant j’aurais été limitée à un panaché et j’aurais du supporter encore et toujours cette nana. J’avais d’autres choses à faire que de les voir bouillonner d’amour. C’était peut-être méchant de lui balancer que je ne pouvais pas supporter l’une des rares louves qu’il voyait régulièrement et qui pouvait presque être considérée comme celle avec qui il formait un couple (pour être un couple tangible il aurait fallu qu’il réduise ses sorties solo pour revenir avec des nanas différentes chaque soir ou presque).

Enfin bon malgré le fait que je n’appréciais pas Mirah à sa juste valeur, tout le monde l’appréciait contrairement à moi, elle m’avait sauvé la vie il y a un mois et j’étais quand même venue ici alors que je craignais qu’elle puisse être dans les parages. Dans le fond ça m’aurait peut-être arrangée pour éviter la conversation gênante qui allait avoir lieu dans pas longtemps, c’était obligatoire entre nous que ça ne se passe pas simplement. Quoi que ça aurait pu être pire si elle était là, elle aurait pu donner son avis et faire comme si j’étais vraiment trop indigne d’être auprès de Mike. J’optais finalement pour la sincérité quant à ma venue si tôt chez lui après tant d’absence. Visiblement j’avais touché dans le mile car il semblait gêné, comme si se sentait honteux de me faire des reproches sur le sujet. Après tout niveau absence il pouvait parler, qui m’avait abandonné pour noyer sa peine il y a quelques mois ?

Je n’avais pas réfléchi (pour changer) en venant ici. J’étais venue sans m’en rendre compte à l’endroit où je me sentais le mieux parce que je me sentais seule. Je n’avais vraiment pas pensé à me faire pardonner ou quoi que ce soit. Je voulais passer un moment agréable juste pour oublier mes terreurs nocturnes qui ne me lâchaient jamais, oublier que j’étais sur la corde raide jusqu’à ce que Cian ne me dénonce. Je finis par lui parler de mes problèmes de sommeil, non pas parce que c’était une superbe excuse mais c’est ce qui m’avait poussée à venir le voir. Je ne pouvais en parler à personne, parce que les seuls avec qui j’aurais pu le faire m’en voulaient à mort à cause de mon caractère, mes conneries. Mike était mon dernier recours, mon dernier confident. Je levais les yeux vers lui et voyais que j’avais capté son attention, il avait changé d’attitude. Il avait fini par comprendre que je ne cherchais pas à m’excuser de quoi que ce soit, même si je regrettais qu’on s’éloigne je n’avais pas l’intention de m’excuser, m’expliquer ou trouver une excuse. Je me servis en pancakes, en glissa un sur son assiette alors qu’il me demandait si c’était uniquement par manque de temps que je ne dormais presque plus ou autre chose. Je pinçais les lèvres, je n’étais pas une grande dormeuse mais j’avais la chance d’avoir un emploi du temps adaptable à mon mode de vie.

Cette nuit-là ? Je n’avais même pas besoin de lui demander de quoi il parlait, je savais et je sentis mon visage perdre de sa couleur alors que je repensais à ce qui s’était passé et toutes les déviances que j’avais eu dans mes rêves. Mes cauchemars ce n’était pas que ça, c’était un tout. Ça remontait encore plus loin que le mois dernier, ça faisait ressurgir tout ce qui me faisait le plus peur.

« Elle me hante. Mais il n’y a pas que ça… Tu crois que quelque chose ne va pas chez moi ? »

Je le regardais avec appréhension. Quelque chose n’allait pas bien chez moi c’était une vérité absolue et ces rêves perturbants n’étaient que la face visible de l’iceberg. Armée de ma fourchette je commençais à picorer la pâte. Je n’avais même plus faim de repenser à tout ça j’étais abattue sur mon assiette.

* La réponse à cette question, je peux te la donner. *

Je plantais rageusement ma fourchette dans le pancake qui était en train de se décomposer. Ben oui il y avait un gros truc qui n’allait pas chez moi : j’entendais une p*tain de voix qui me faisait des propositions indécentes. Le pire c’est que visiblement je l’avais écoutée plus d’une fois, avec Alois, Alexei… Mes dernières retenues pour tomber dans cette folie qui me tendait les bras c’était ceux que j’aimais. Et pourtant j’avais les nerfs à fleur de peau à tel point que je m’étais mis à dos tout le monde : Alexis, Cian… J’attendais que la liste s’allonge parce que ça allait fatalement arriver au rythme où j’y allais.

« Je suis fatiguée de tout ça. Les vampires, les Loups, les Métas, les Semis-Démons on n’a jamais la paix. Franchement qu’est-ce que tout le monde a contre tout le monde ?! Ça me gonfle parce qu’en plus il faut le faire subtilement alors que tout le monde crève d’envie que ça explose. Pourquoi on ne commencerait pas une petite guerre jusqu’à ce que l’un tombe comme ça fin de l’histoire ! »

Je m’énervais toute seule et c’était mon pancake qui en faisait les frais. Avec ma fourchette je m’appliquais à le réduire en petite bouillie. Non pas que j’avais quelque chose contre ce pancake mais il fallait que je m’occupe pour ne pas entendre la petite voix moqueuse dans le fond de ma tête qui me disait de monter sur mon fier destrier et de partir en guerre envers et contre tous. J’hésitais à lever les yeux vers Mike, je savais que ça n’allait pas lui plaire mais franchement à quoi pouvait-on s’attendre de ma part ? La subtilité n’était pas mon truc (sans rire) et on me demandait de haïr les Vampires mais sans franchir une p*tain de limite invisible qui amènerait une nouvelle guerre.

* Ce serait quand même pas mal qu’un mystérieux justicier fasse son apparition et supprime certaines menaces… *

J’avais beau me dire que cette petite voix c’était une partie de moi-même je devais être sacrément dérangée. Ok à la base je n’avais pas grand-chose pour moi : j’entendais une voix. Mais quand même aller imaginer toutes ces choses je ne pensais pas que mon imagination était aussi fertile et surtout que même inconsciemment j’étais prête à aller aussi loin.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Lun 14 Juil - 13:21


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« Ce n’est pas comme si t’étais tout seul, Mirah était là je suppose. Elle doit être tellement contente d’écrire ton nom dans ses précieux bouquins qui deviendront poussiéreux. »

Mike aurait très bien pu se passer de cette petite pique envers sa louve. Lui qui pensait que les choses allaient s'arranger entre ces deux là après ce qui s'était passé la nuit où Charlie avait ete attaquée, il se rendait compte que cette espèce de jalousie n’était pas prés de se tasser. Si l'idée que sa fille puisse tenir à lui au point de développer autant de jalousie pour la jeune historienne le touchait il était en revanche lassé de cette situation. Mirah n'était pas non plus la belle mère acariâtre des contes de fées, et le conférencier aurait aimé que Charlie fasse un effort. Certes, le loup n'était pas du genre à se poser réellement, à se lier définitivement à la louve et la prendre pour compagne de façon plus officielle mais elle était la seule à laquelle il était vraiment attaché. Il se contenta de réprimander sa fille en lui lançant un regard noir. Pas la peine d'argumenter une énième fois avec elle là dessus, il y aurait bien d'autres sujets de dispute éventuelle dans la conversation qu'ils étaient sur le point d'avoir.

Elle lui avouait avoir du mal à trouver le sommeil, en faisait une explication plus ou moins logique pour son attitude nerveuse et irritable de ces derniers jours. Notre homme était plutôt mal placé pour la reprendre là dessus, lui qui avait perpétuellement les nerfs à vif.


« Elle me hante. Mais il n’y a pas que ça… Tu crois que quelque chose ne va pas chez moi ? »

Il se recula un peu, passa nerveusement la main sur son menton, puis se leva en silence pour aller récupérer les deux tasses de café sous le percolateur. Il ne desserrait pas les mâchoires, cette question là, bien qu'il s'y attendait un peu, le laissait complètement désarmé. Le quadra avait beau être capable de tenir tous ces beaux discours devant un oratoire plus ou moins captivé, il se retrouvait désemparé comme à chaque fois qu'il avait à aborder ces grandes conversations existentielles avec un de ses rejetons. Il posa une main rassurante sur l'épaule de la jeune femme en plaçant sa tasse devant elle, puis fit de nouveau le tour de la banque pour revenir s’asseoir en face d'elle. Il entrouvrit la bouche pour tenter de répondre, mais les mots ne venaient pas comme il aurait voulu et il préféra garder le silence encore un moment, hésitation qui suffit à la louve pour lui assener une question de plus.

« Je suis fatiguée de tout ça. Les vampires, les Loups, les Métas, les Semis-Démons on n’a jamais la paix. Franchement qu’est-ce que tout le monde a contre tout le monde ?! Ça me gonfle parce qu’en plus il faut le faire subtilement alors que tout le monde crève d’envie que ça explose. Pourquoi on ne commencerait pas une petite guerre jusqu’à ce que l’un tombe comme ça fin de l’histoire ! »

Bouche bée, il la regardait déchiqueter son pancake du bout de la fourchette. Après une seconde qui passa comme au ralenti, il finit par lui attraper doucement la main, interrompant le massacre et pencha la tête sur le coté pour capter son regard.

« Charlie, si tu veux savoir si c'est normal d'être à bout de nerf sous cette tension constante, avec cette... cette épée de Damoclès au dessus de nos tête, cette guerre froide entre les espèces, tout ce... cette hypocrisie... alors oui, tu es tout à fait normal. Nous sommes tous à bout de patience, moi le premier tu le sais. Seulement les choses sont plus compliquées que ça, nous nous pouvons pas replonger dans le chaos comme pendant ces sept années de guerre, il n'y a pas que nous Charlie.»

Il marquait une pause, vérifiant en la fixant droit dans les yeux, qu'il avait toujours son attention, qu'il ne la perdait pas dans un discours trop long.

«S'il n'y avait que loups et vampires, les choses auraient probablement déjà dégénérées, mais nous devons prendre en compte tous les paramètres. Si les conflits reprenaient, les démons en profiteraient, nous ne sommes pas prés pour ça. Et as tu pensé à toutes les victimes collatérales ? Les humains ne sont pas prés non plus pour une nouvelle guerre... j'en doute du moins. »

Le conférencier n'ajouta rien sur sa propre envie, sa soif de vengeance, elle savait tout ça. Elle savait et n'avait pas besoin d'ajouter cette angoisse là à celles qu'elle avait déjà. Car si lui inquiétait pour elle, la louve en faisait sûrement autant à son égard. En revanche, il devait aborder le sujet fâcheux, sauter sur l'occasion qu'elle lui offrait pour rebondir sur la conversation qu'il devait absolument avoir avec elle avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'elle ne s’attire plus d'ennuis encore.

Une gorgée de café, une bouchée de pancake, un soupire, une autre gorgée de café. Choisir les mots pour ne pas la braquer.


« Mais tu parles de combats, tu parles de guerre, serais tu prête ? Je veux dire... J'ai eu vent de l’entraînement que tu devais recevoir, Isadora je crois devait être ta... tutrice en quelques sortes. J'aurais voulu mieux faire les choses quand j'en avais le temps, je suppose que je voulais continuer à te voir comme une enfant plutôt que comme une louve. J'en suis désolé, ça t'aurais probablement évité de devenir le chien fou que tu es si j'avais sur être un bon loup plutôt qu'un mauvais père... »

Il ponctuait la phrase en se penchant en avant pour lui ébouriffer la tête. Commencer par se faire des reproches à lui même avant d'attaquer celles qu'il avait à lui faire à elle. Jouer avec les mots, tenter de la mettre en confiance pour ne pas la braquer.



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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Lun 14 Juil - 15:53



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Cette énième pique au sujet de Mirah c’était bas, mais je voulais qu’il s’énerve, qu’il réagisse, qu’il dise un truc. Avec un pincement au cœur je me rendais compte que je voulais qu’il dise que Mirah ne remplacerait pas ma présence ou un truc comme ça. J’entendis un petit ricanement dans ma tête lorsque je me rendis compte de ça. Je parvenais encore à l’ignorer mais après le regard noir qu’il me lança c’était presque un fou rire qui éclatait à mes oreilles. Pour ma part je me contentais de baisser la tête. Pourquoi j’avais encore lancé le sujet ?

On en venait au moment où je lui avouais mes terreurs nocturnes, je lui expliquais qu’Elle me hantait. Je refusais de lui avouer à quel point, j’avais encore ma fierté même face à Mike. Je n’étais pas faible et si je lui disais que j’avais la trouille de sortir la nuit, que je buvais jusqu’à perdre la raison dans l’espoir de ne pas rêver ou si je le faisais de ne pas m’en souvenir. Si je faisais une chose pareille qu’est-ce qu’il allait dire ou faire ? Je savais déjà que j’étais sur la corde raide. J’étais considérée comme étant une Louve instable, trop fougueuse et trop peu réfléchie qui risquait de mettre en danger la Meute. En plus j’avais cette peur que les conséquences de mes actes finissent par me tomber dessus. Depuis que j’avais vu Cian je n’avais pas eu l’occasion de voir Paul et les choses étaient restées en standby depuis. Est-ce que je devenais maboule ? Bien sûr que oui je me parlais à moi-même des fois, je me laissais guider par une voix qui n’était pas la mienne. Selon Cian je faisais des erreurs qui finiraient par me couter la vie. Comme si j’étais suicidaire et que mon hobby c’était de marcher sur un fil au-dessus d’un champ de mine.

J’attendais une réponse même s’il était en train de se dire que oui j’étais barjo. Je m’en fichais de ce qu’il pouvait penser que ce soit la vérité ou pas je voulais qu’il ouvre sa bouche et qu’il parle. Le silence commençait à être pesant. Je n’avais plus l’habitude de l’entendre et dès que c’était le cas j’avais le rythme cardiaque qui augmentait en souvenir du peu de bruit que les vampires faisaient en se déplaçant. Comme si le silence était leur couverture. Du coin de l’œil je l’observais s’affairer avec les tasses.

*C’est un petit dej’ que tu voulais ou une psychothérapie ? Vous êtes une famille de barjos remplis de haine à l’encontre des vampires et du reste du monde et c’est à lui que tu demandes de l’aide ?!*

Je l’entendis rire alors que je n’esquissais pas le moindre geste tandis que Mike tentait un geste rassurant sur mon épaule. Je du résister à la tentation de le retenir et de le secouer comme un prunier. Pourquoi est-ce qu’il restait sans rien faire ou rien dire. Je me sentais abandonnée, il ne savait pas quoi répondre et n’essayait même pas comme s’il voulait éviter de dire une vérité que tout le monde se disait. Je lui expliquais alors ce que je pensais, une nouvelle guerre serait peut-être pas si mal. Je voulais que les choses prennent fin une bonne fois pour toute. C’est ce qui finit par le faire réagir. Je le laissais prendre ma main pour que je finisse par épargner les petites miettes de mon pancake, je n’avais plus d’exutoire, je levais les yeux vers lui avec un soupire exaspéré.

Mike était maintenant lancé dans un discours où il lui expliquait que tout le monde perdait patience que j’étais normale. Et encore il était loin de la vérité. J’entendais ma petite voix maléfique ricaner qu’il ne savait rien et qu’il était bien loin de la vérité. Personne ne pourrait supporter une nouvelle guerre.

« Pourquoi est-ce qu’on se soucierait des victimes collatérales ? Tu crois quelqu’un a pleuré Sam quand il s’est fait tuer par des vampires. Tout le monde s’en tape du moment qu’une nouvelle guerre n’éclate pas. On nous a promis qu’on aurait un jour une vengeance mais ça n’arrivera jamais. On va sagement attendre que ces p*tains de sangsues commencent la guerre en premier. Parce que nous on a toute la mauvaise publicité, on est des bêtes sauvages à leurs yeux à tous donc on se bride pour éviter de finir enfermé ou tué alors qu’eux ils sont considérés comme des humains ayant développés une allergie au soleil. »

Mon poing avait fini serré sur la table. Je m’emportais et j’avais encore la voix qui restait un semblant calme mais je savais que mes nerfs n’allaient pas tarder à me lâcher. Je voulais que lui aussi s’énerve parce que son calme me hérissait le poil. Comment pouvait-il rester sagement à manger et boire alors que tout le monde nous lâchait les uns après les autres sous les attaques de vampires ? Ils avaient même réussi à maintenir Alexis avec eux en la menaçant, cette foutue vampire avait bu son sang ! C’est alors que Mike parla de l’enseignement que je devais recevoir d’Isadora. Je me sentis m’affaisser sur mon siège. Il s’en voulait de l’éducation que j’avais reçue. Je sentis un frisson me parcourir en l’entendant me désigner comme étant un chien fou.

*Ils doivent bien rigoler dans la Meute en parlant de la petite Lilie le futur cabot s’il garde sa tête.*

« Ouais ben c’est trop tard pour avoir des remords sur la façon dont tout ça a été géré. » dis-je en serrant les dents.

J’avais recommencé à torturer mon pancake sans lever les yeux vers lui. Qu’est-ce qu’il allait dire maintenant ? Qu’il avait beau avoir fait des erreurs c’était quand même de ma faute ?

« Et oui j’ai dû choisir entre Isadora ou Mary comme tutrice. Parce que maintenant t’es trop occupé pour t’occuper de moi. »

*Tout le monde l’est dans le fond. La Meute avant tout. Cian d’abord et maintenant Mike…*

« J’aurais pas dû venir en fin de compte. Tu dois avoir un brunch de prévu avec l’Ulfric ou la Lupa. Oublie ce que je t’ai dit, j’en parlerais à Isadora si elle a le temps elle aussi. »

J’avais un ton sarcastique. J’étais méchante mais je commençais à en avoir assez qu’on parle sans cesse de cette Meute comme si c’était la chose la plus importante au monde alors que dans le fond elle était depuis longtemps gangrenée par tout et n’importe quoi. Rien n’était plus pareil depuis la fin de la guerre, tout le monde faisait en sorte de se comporter sagement pour plaire au reste de la population. Ce n’était qu’une mascarade et si chacun semblait vouloir s’y conformer moi je voulais simplement être moi-même et qu’on arrête de me faire chier pour un oui ou pour un non.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Ven 1 Aoû - 4:14


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie





« Pourquoi est-ce qu’on se soucierait des victimes collatérales ? Tu crois quelqu’un a pleuré Sam quand il s’est fait tuer par des vampires...»

Elle aurait pu lui attraper la main et lui coller les doigts dans la prise la plus proche, le choc n'aurait pas été plus violent. Avait-elle réellement besoin de dire les choses de cette façons ? La suite de son plaidoyer était tout aussi douloureux à écouter. Elle avait raison, chaque mot était chargé de sens, de bon sens, le loup le savait pertinemment. Elle disait, ou plutôt hurlait tout haut ce qu'il médisait tout bas depuis des mois. Le problème n'était pas dans les mots, il était dans la manière que Charlie avait de les débiter, comme si les rôles s'étaient inversés et que c'était soudainement elle qui tentait de lui faire la leçon, de le faire réagir.

« ...on est des bêtes sauvages à leurs yeux à tous donc on se bride pour éviter de finir enfermé ou tué alors qu’eux ils sont considérés comme des humains ayant développés une allergie au soleil. »

Là aussi, la louve avait raison. Elle avait raison mais il ne pouvait pas la laisser s'emporter de cette façon. Le quadra ne pouvait pas la laisser prendre le dessus dans cette conversation comme elle était en train de le faire. Tourner les choses à son avantage, arriver à le faire culpabiliser, lui retourner et lui renvoyer dans les dents les problèmes et arguments qu'il avançait... il pouvait la laisser faire quand elle était encore une adolescente, quand les choses n'avaient pas pris cette ampleur, qu'il ne s'agissait que de quelques tags sur un mur ou d'autres âneries qui la conduisaient tout au plus en garde à vue. Là il avait des sujets bien plus graves à aborder avec elle. Ne pas se mettre en colère tout de suite, ne pas la laisser monter la mayonnaise à sa sauce pour lui donner l’occasion de claquer la porte en prétextant qu'il s'était emporter une fois de plus. Non cette fois il garderait son calme... il essayerait. Continuer à préparer le terrain... parler de son entraînement, présenter de sommaires mais sincères excuses quand à ce rôle qu'il aurait du jouer et qu'il n'avait pas su tenir.

« Ouais ben c’est trop tard pour avoir des remords sur la façon dont tout ça a été géré. Et oui j’ai dû choisir entre Isadora ou Mary comme tutrice. Parce que maintenant t’es trop occupé pour t’occuper de moi. J’aurais pas dû venir en fin de compte. Tu dois avoir un brunch de prévu avec l’Ulfric ou la Lupa. Oublie ce que je t’ai dit, j’en parlerais à Isadora si elle a le temps elle aussi. »

Cette fois c'était la phrase de trop. Sous l'effet de la surprise et de la rage soudaine que ces paroles avaient provoqué, il avait resserré la main sur sa tasse de café avec un peu trop de force et celle ci avait littéralement explosée entre ses doigts. Prenant appuie sur la banque, Mike s'était levé d'un bon, envoyant valser le tabouret derrière lui.

« ¡maldita sea! CHARLIE. »

Le regard fixé vers le bas, de peur de finir de s'emporter tout à fait s'il croisait son regard, il tentait de se maîtriser. Il repris à mi voix, produisant un effort qui lui semblait surhumain pour ne pas crier à nouveaux.

« Comment oses tu dire un truc pareil ? Trop occupé pour me soucier de toi ? C'est toi qui agit bizarrement depuis quelques temps, qui te fait remarquer, qui crée des scandales et qui ne donne aucune explication... »

Le conférencier respirait lentement, s'efforçant de conserver le peu de calme qu'il espérait encore pouvoir garder. Ses mains baignaient dans le café et le sang qui s’étalaient sur la banque. Il s'était certainement coupé avec la porcelaine de la tasse, mais ça cicatriserait... plus rapidement sans doute que les blessures que les mots qui risquaient de partir entre eux allaient causer. Mais il avait du mal à articuler, la colère, la vexation aussi qu'elle ai pu prononcer ses mots...

« Je t'interdis... je t'interdis tu m'entends ? Ne t'avise plus jamais... jamais de prétendre que je n'aurais plus de temps à te consacrer !  Tu crois que c'est facile ? Tu crois que tout est simple de là où je suis ? Je devrais être en train de te faire la leçon pour la façon dont tu t'es comportée à la réunion, engueuler comme la gamine capricieuse que tu es, mais au lieu de ça, je tente de te réconforter, de profiter du petit déjeuner que tu viens m’offrir et c'est ta façon de me remercier ?»

Une fois sa phrase terminée, il releva finalement les yeux vers elle. Un regard noir. Les paroles que la louve avaient prononcées en dix minutes fait plus de dégâts que tous ses actes des derniers mois réunis. Qu'elle se repentisse de l'avoir vexé ou non, là n'était plus le problème, tout ceci ne changerait rien au fait qu'elle était le dernier enfant qu'il lui restait mais elle venait de mettre fin à sa belle résolution d'entreprendre la discussion avec calme et diplomatie.


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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Lun 11 Aoû - 14:18



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Je voulais qu’il réagisse, pas par plaisir qu’on s’engueule non juste parce que son attitude n’était pas normale. Comme s’il se retenait, qu’il voulait que les choses se règlent par elles-mêmes avec des non-dits en pagaille. C’était de notre faute à tous les deux, trop occupés l’un comme l’autre à vouloir éviter les conflits. J’étais épuisée de cette situation s’il voulait mettre les choses au clair qu’il le fasse, crève l’abcès une bonne fois pour toute et on pourrait passer à autre chose. J’avais franchi la ligne, celle de sa patience, c’était facile, je savais depuis le temps comment le faire mais il m’avait donné du fil à retordre et je pensais qu’il aurait éclaté bien avant, ne serait-ce quand j’avais évoqué Sam et sa mort inutile. Lorsque la tasse éclata entre ses doigts je ne pus retenir un sursaut alors qu’il se levait en médisant en espagnol. Sur le coup je n’avais compris que mon nom. Je doutais qu’il m’ait insultée même si pour le coup il aurait pu le faire que je n’aurais pas compris et je ne lui en aurais pas voulu.

Je m’attendais à me faire engueuler pour les dix prochaines années et au lieu de ça il s’obstinait à rester calme. Mais dans le fond c’était peut-être pire que tout, s’il avait crié j’aurais eu de quoi faire, crier autant que lui, claquer une porte mais au lieu de ça je me sentais me ratatiner sur place. Je créais des scandales ? De mon point de vue je n’avais fait que jeter un petit caillou après le pavé d’Isadora lors de la réunion. Mais s’il voulait des explications j’aurais pu lui en donner un million mais ça ne ferait qu’empirer les choses. J’étais sur le point d’enchaîner mais je réfléchissais, est-ce que je voulais m’excuser de ce que j’avais dit ou rajouter une couche ? Bonne question mais il me devança.

Le ton n’était toujours pas monté mais je l’entendais qui se retenait de le faire. Je me demandais même si sa mâchoire n’allait pas craquer à force de serrer les dents. Interdis ? Le mot résonna à mes oreilles comme un appel à tout ce que je faisais depuis toujours : braver les interdits, me moquer des lois pour en faire qu’à ma tête. Je croisais son regard plein de menaces, je venais d’oublier l’idée d’essayer de me faire pardonner. Si j’étais une enfant capricieuse il allait en avoir pour son argent, qu’importe si ça lui faisait du mal.

« Si c’est si compliqué que ça pourquoi tu t’es présenté en tant qu’exécuteur ? Personne ne t’y a obligé à ce que je sache. A moins que ce soit en fait un moyen détourné pour partir comme en Septembre. Ne t’avise même pas de m’interdire quoi que ce soit. Depuis que tu es revenu tu fais les choses à moitié dès que je suis dans ton secteur tu me fais la morale, tu t’énerves et tu me traites de gamine capricieuse. »

Moi aussi j’avais décidé d’adopter son ton à la limite de la crise de nerf mais je me retenais. Je lui retournais son regard noir plein de reproches. Je savais que ce que je disais ne ferait pas de moi quelqu’un de mature ou d’altruiste mais en même temps les seules fois en deux mois où il ne m’avait pas fait de reproches et qu’on avait passé juste quelques instants sans se prendre la tête c’était quand il était revenu après une engueulade en bonne et due forme et quand j’étais rentrée après ma rencontre avec Constance.

« Et si tu voulais vraiment des explications t’avais qu’à demander. Je n’ai pas changé de numéro de téléphone ni même d’adresse. Tu crois que ça m’amuse ? Si je ne fais rien que je reste sagement dans mon coin tu m’y laisses parce que tu te dis que ton boulot est fait et que j’ai besoin de rien, si je fais des conneries tu m’engueules et même quand je viens juste pour un petit déjeuner tu te dis que je dois avoir une arrière-pensée. »

J’avais tout lâché pour éviter qu’une assiette s’envole ou que la vaisselle fasse les frais de notre dispute. Mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire à continuer ce petit manège du : je fais genre je suis calme mais en fait j’ai juste envie de hurler. Je me laissais glisser de mon tabouret, consciente que comme ça je serais bien plus petite que lui mais dans le fond j’en avais rien à faire, petite ou pas j’allais lui dire tout ce que je pensais et de la manière que je voulais.

« C’est quoi le problème dans le fond ? On t’a remonté les bretelles à cause des commentaires que j’ai fait lors de la réunion ? La prochaine fois tu leur diras de venir me voir directement… Non c’est vrai maintenant t’es l’homme de main de la Meute c’est ton boulot. Ben fallait y penser il y a des années, parce que dans le fond si je pourris ta vie c’est bien fait parce que t’as bien foutu le bordel dans la mienne. »

J’étais tombée au niveau le plus bas, lui reprocher de m’avoir mordue cette nuit-là. J’avais bien dit que j’allais me comporter comme une enfant gâtée qui pique sa crise. Ok il n’était peut-être pas préparé à ce que je lui balance un truc pareil mais maintenant c’était fait et j’allais sans doute en prendre pour mon grade. De toute manière bientôt il serait débarrassé de cette tâche ingrate que j’étais, Isadora allait prendre le relais et il n’aurait plus à se comporter comme s’il était mon père. Il pourrait se dédouaner de tout. Peut-être que si j’avais été moins méchante il aurait vraiment décidé de garder notre relation comme elle l’était : père-fille mais même moi j’étais consciente d’avoir été trop loin et je baissais les yeux pour éviter de voir la peine ou la colère que j’avais provoqué. Un nœud dans la gorge je tentais de rester immobile, comme si j’étais face à un ours enragé : ne pas faire le moindre geste pour éviter de déclencher une bataille que je ne gagnerai pas. Sauf que là cette bataille allait forcément arriver et maintenant se serait à qui ouvrirait les hostilités en premier.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mer 20 Aoû - 8:43


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Mike  ~  Charlie





Jusqu'ici il s'en sortait plutôt bien. Lui qui avait pourtant tendance à s'emporter très, trop facilement, il réussissait à faire preuve d'une maîtrise remarquable. Le quadra avait tenu bon... jusqu'au moment où elle avait prononcé les mots de trop, où il avait fini par craquer. Mais qu'était la malheureuse tasse à café à coté de ce qui risquait de suivre s'il n'arrivait pas à retrouver rapidement son calme. Il aurait pu choisir tellement d'autres mots pour lui faire comprendre que rien ne viendrait changer leur relation quand bien même il devrait bosser cinquante heures semaine au musée et consacrer le reste du temps à ses nouvelles responsabilités au sein de la meute, mais non, il avait fallu qu'il monte sur ses grands chevaux, qu'il emploie un ton sec, qu'il finisse par la réprimander au lieu de la réconforter. Peut-être là encore aurait-il pu réussir à faire retomber sa colère si la jeune louve ne s'était pas mise à soutenir son regard avec aplomb.

« Si c’est si compliqué que ça pourquoi tu t’es présenté en tant qu’exécuteur ? Personne ne t’y a obligé à ce que je sache. A moins que ce soit en fait un moyen détourné pour partir comme en Septembre. Ne t’avise même pas de m’interdire quoi que ce soit. Depuis que tu es revenu tu fais les choses à moitié dès que je suis dans ton secteur tu me fais la morale, tu t’énerves et tu me traites de gamine capricieuse. »

Un moyen détourné de disparaître ? C’était bien au-delà de ça. C’était tout à la fois une opportunité de catalyser utilement toute cette rage qui bouillonnait en lui et se rapprocher de l’instant où il aurait droit à sa vengeance. Le loup aurait pourtant pensé qu’elle comprendrait tout ça, il ne l’aurait pas cru assez stupide pour penser les choses sous cet angle. Quant à la traiter de gamine capricieuse, le fait qu’elle semble nier mériter ce titre l’exaspérait au plus haut point. Elle s’évertuait à se coller dans les situations les plus délicates, à se mettre en danger, pire encore à mettre la meute en danger. Le fait qu’elle place dans une posture délicate était finalement le cadet de ses soucis, le problème résidait surtout dans l’instabilité encore palpable de la meute et aux problèmes que le comportement de Charlie, et d’autre d’ailleurs, pouvaient créer. Était-elle sotte à ce point pour ne pas le voir, pour ne pas comprendre qu’il avait tenté de lui faire passer le message en douceur avant de finalement se retrouver forcé de lui crier dessus ?

« Et si tu voulais vraiment des explications t’avais qu’à demander.»

Il se raidit, resta quoi un instant, elle avait raison sur ce point, il aurait pu insister, l’appeler, se déplacer. Un trop plein de fierté sans doute qui lui avait laissé croire que c’était à elle de lui faire signe et non à lui d’aller à la pêche aux informations.

« Si je ne fais rien que je reste sagement dans mon coin tu m’y laisses parce que tu te dis que ton boulot est fait et que j’ai besoin de rien, si je fais des conneries tu m’engueules et même quand je viens juste pour un petit déjeuner tu te dis que je dois avoir une arrière-pensée. »

« Cha… »

Elle se levait brusquement à son tour, le laissant surpris autant qu’agacé. Elle marquait des points, avançait de bons arguments auxquels il ne trouvait pas de réponse et il n’aimait pas ça. Le conférencier avait l’habitude de mener la dance dans ce genre de débats, là c’était elle qui lui servait un plaidoyer rudement bien construit, mal formulé mais bien construit. Il s’était radouci, tout perplexe qu’il était de ne rien trouver à redire à cela, mais ce fut de courte durée.

« Ben fallait y penser il y a des années, parce que dans le fond si je pourris ta vie c’est bien fait parce que t’as bien foutu le bordel dans la mienne. »

Sans que l’homme n’ai eu le temps d’y penser, le loup avait pris le contrôle de ses gestes, passant sa colère sur la sous coupe qui avait jusqu’ici survécu à la tasse assortie. Son poing avait frappé le plan de travail si fort qu’il eut l’impression d’avoir réussi à briser le meuble et son poignet avec. Le bruit sec avait ponctué la phrase de la jeune femme et donné le feu vert à l’explosion qui allait suivre.

« Comment… Niña ingrata… tu n’as aucune idée de… ¡joder!... »

Il sifflait plus qu’il parlait, s’étouffant presque avec ces mots qui peinaient à sortir comme il se sentait prêt d’imploser. Il pesta sans discontinuer, débitant le recueil des jurons hispaniques au grand complet avant de finir sur un « ¡Hostia! » magistral qui accompagna le moment où il envoya son tabouret voler en direction de l’escalier avant de revenir se coller devant elle un doigt inquisiteur tendu vers le front de la louve.

« Tu crois que je ne sais pas que j’ai fait une connerie ce soir-là ? Tu crois que je ne m’en suis jamais mordu les doigts ? Ah ça oui, je t’ai mordue, la belle affaire… tu ne serais même pas pour en parler si j’avais rien fait du tout. J’aurais pu passé mon chemin, j’aurais pu te laisser crever là… je me suis planté… une erreur Charlie, une erreur ! Une erreur que je pensais pourtant bien minime au vu de ce qu’on y a gagné toi comme moi au cours de ces dernières années. »

Le loup aurait voulu continuer à lui hurler dessus comme il venait de le faire, lui cracher tout le reste, lui faire prendre conscience qu’elle avait dépassé les bornes. L’homme lui regrettait déjà d’avoir placé la phrase de trop au milieu de son laïus, « si j’avais rien fait du tout »… comprendrait elle ? Si une part de lui espérait que oui, l’autre ne souhaitait pas du tout avoir à parler de ça avec la jeune femme. Pour l’heure, il avait simplement envie de hurler, de laisser parler la colère qu’elle avait provoqué.



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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Jeu 28 Aoû - 10:57



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017
Cette conversation allait mal finir, à l'image de la tasse qui avait fini en miette. Je le savais très bien mais pourtant je ne pouvais m'empêcher de lui dire tout ce que ej n'avais pas dis depuis un moment. Le problème avec tout le monde c'est que j'avais caché des choses importantes et avec Mike dans le fond ça fonctionnait mieux quand je ne lui disais rien sauf que comme une débile je voulais tout mettre à plat dans l'espoir d'arranger les choses entre nous.

Je me sentais presque fière de le voir ne pas me répondre comme s'il songeait que finalement je n'avais pas tort. J'aurais du m'arrêter là, ne pas insister et dire des choses qui dépassaient mes pensées. Sauf qu'en général une fois que j'étais partie c'était trop tard et ce n'est que trop tard que j'avais remarqué son expression plus douce, comme s'il était prêt à accepter d'avoir tort pour ce coup-là. Trop tard parce que j'avais balancé la pire chose que je puisse trouver. Mike n'était peut-être pas mon géniteur mais je le considérais comme mon père d'adoption et lui dire que le fait de m'avoir transformer avait foutu le bordel dans ma vie c'était un peu comme lui dire que j'aurais jamais du naître.

Mon cœur menaçait d'imploser alors qu'il frappait la table avec une telle force que je me demandais si elle n'allait pas se fendre en deux genre comme un moine shaolin qui casse en deux un parpaing. Sauf que loin d'admirer l'exploit j'étais terrorisée de ce qui allait se passer. Il aurait pu passer ses nerfs sur moi je ne lui en aurais vraiment pas voulu, je me serais moi-même giflée d'avoir dit une chose pareille. Il n'avait pas du le voir venir en tout cas ce tacle parce qu'il manqua de s'étrangler tout en jurant en espagnol. Il y en avait même que je n'avais jamais entendu auparavant et dont je n'étais pas certaine de vouloir connaître la signification.

Je m'en voulais d'avoir dit une chose pareille, même si des fois j'étais fatiguée de tout le bazar dans lequel j'avais été embarquée malgré moi je ne regrettais pas d'être devenue une Louve. Honteuse et décidée à assumer les conséquences de mes mots je baissais la tête en l'entendant dire que lui aussi s'en mordait les doigts. « Tu ne serais même pas pour en parler si j’avais rien fait du tout. » Je relevais la tête d'un coup en fronçant les sourcils. Pardon ? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Dans mes souvenirs je n'étais pas en danger de mort et encore moins malade alors qu'est-ce qu'il me chantait ?

« Qu'est-ce que tu racontes ? Je suivais mon frère et toi t'as débarqué d'on ne sait où pour me mordre. J'étais pas en danger de mort ! »

Je ne criais plus, j'étais sceptique. Le fait qu'il répète que j'étais une erreur me blessait mais je n'avais pas l'intention de le montrer. J'avais fait de mon mieux depuis le temps pour oublier cette nuit-là. Mis à part mon expérience avec Constance je n'avais jamais connu de chose plus horrible que la première transformation. Mais je me souvenais très bien que juste avant j'étais en train de me faire discrète alors que mon frère se rendait dans un entrepôt où ils réglaient certaines affaires. Appelez ça de la curiosité malsaine ou un caprice de l'époque mais je voulais savoir ce qui s'y passait même si j'en avais une vague idée. Mike avait tout gâché, il m'avait transformée, m'arrachant à ma famille et me propulsant dans un monde totalement inconnu. Mais qu'il essaye de justifier son « erreur » en disant que je serais morte s'il n'avait pas fait ce qu'il avait fait c'était trop. De toute manière maintenant foutu pour foutu j'avais l'intention de le pousser à bout pour qu'il parle. De toute sa vie il n'avait jamais rien dit sur ses motivations de cette nuit-là. Si je lui cachais des choses, lui aussi ne me disait pas tout et il allait cracher le morceau. Sous le coup de la colère ça ne devrait pas être bien compliqué.

« Tout ce qu'on a gagné ? Vas-y dis-moi ce qu'on y a gagné parce que j'ai du mal à le voir. A cause de toi j'ai perdu ma famille, le peu de respect que mon père avait pour moi a disparu. Tout ce que j'y ai gagné c'est toi. Un menteur et un lâche qui disparaît tout le temps. J'ai compris je suis une erreur mais t'es pas obligé de raconter des histoires comme quoi t'es un héros qui m'a sauvé.e Il y avait que nous cette nuit-là, sauf si tu as des dons de voyance dont tu ne m'as pas parlé et que je me serais pris les pieds dans mes lacets et écrasée le crâne sur le trottoir. »

Je m'étais approchée de lui pour lui faire face. J'allais certainement le blesser mais c'était donnant – donnant. J'avais les yeux brillants mais je me faisais violence pour chasser toutes larmes. Si je pleurais maintenant c'était lui donner raison : j'étais une gamine. J'avais déjà connu ce genre de conversations et jamais je ne me serais attendue à ce que Mike me dise des choses pareilles. La dernière fois c'était mon frère aîné le plus jeune qui me l'avait dit, que j'aurais mieux fait de ne pas exister parce que je leur gâchait l'existence. Ma présence compliquait sensiblement une vie déjà pas évidente chez un mafieux mais surtout j'échappai à la surveillance de tout le monde et le coupable désigné était souvent la personne chargée de me surveiller. Mon père avait une petite préférence pour moi qui m'avait valu des coups bas de la part de mes quatre frères. Ce jour-là j'avais été blessée que mon frère me dise une chose pareille mais Mike... J'aurais du mourir selon lui. Alors quoi ? Il avait prié pour que finalement je ne survive pas à la transformation ? Le souvenir que j'avais de lui cette nuit-là changea, il n'essayait pas de m'aider il attendait juste que je rende mon dernier souffle et il était trop sérieux pour simplement m'abandonner. Pas de bol pour lui j'avais survécu et il en payé le prix depuis tout ce temps.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Ven 29 Aoû - 9:50


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie





Non seulement il avait fini par craquer et laisser exploser sa colère, mais il avait dit des choses qu’il s’était pourtant promis de passer sous silence. Les cris, les meubles endommagés, tout ceci n’était rien en comparaison de l’effet qu’aurait cette révélation. Mike se moquait des pétitions de ses voisins pour le faire expulser, des frais, fort conséquents ces derniers temps, de mobilier ou d’électroménager à racheter, mais se brouiller de façon irréversible avec Charlie… c’était peut-être une des choses qui l’effrayaient le plus. Il s’était fait une raison quant aux risques qu’elle puisse être blessée ou tuée. Il avait décidé d’en faire une force, une source de motivation supplémentaire à sa vengeance plutôt qu’une faiblesse qui lui ferait baisser les bras et se laisser aller de nouveau dans une dépression sans fin. Mais qu’elle puisse claquer la porte et ne plus jamais daigner lui adresser même un regard…

La colère avait déformé ses propos, il avait formulé les phrases comme elles venaient et non comme elles auraient dû l’être. Le choix des mots n’avait rien de judicieux et il les regrettait déjà. Si en temps ordinaire il était capable de prouesses oratoires, quand il était dans cet état, il avait plutôt tendance à tomber dans la facilité. Et la louve ne s’était pas laissé distraire par ses gestes brusques ou ses grands airs, non elle avait relevé minutieusement chaque détail de son laïus.


« Qu'est-ce que tu racontes ? Je suivais mon frère et toi t'as débarqué d'on ne sait où pour me mordre. J'étais pas en danger de mort ! »

Le quadra laissa échapper un petit rire nerveux. On y était. Cette conversation, ils auraient dû l’avoir il y a des années de ça, il n’aurait pas dû attendre de ne plus avoir le choix pour lui raconter ce qui s’était passé. Est-ce que ça faisait partie des choses qu’il avait foiré dans son éducation de louve ? Très certainement. Si elle ne pouvait pas comprendre pourquoi elle était ce qu’elle était, elle ne saurait jamais trouver la symbiose parfaite avec sa louve. Mais à l’époque, il lui était venue l’idée idiote qu’elle pourrait l’aimer simplement comme une sorte de père adoptif et non parce qu’elle lui était reconnaissante de ce qu’il avait essayé de faire. Elle était là l’erreur, en partie du moins. Là et sur le fait qu’il aurait dû être capable de faire les choses sans la mordre, mais il n’avait jamais eu la prétention d’être parfait…pas même à cette époque.

« Tout ce qu'on a gagné ? Vas-y dis-moi ce qu'on y a gagné parce que j'ai du mal à le voir. A cause de toi j'ai perdu ma famille, le peu de respect que mon père avait pour moi a disparu. Tout ce que j'y ai gagné c'est toi. Un menteur et un lâche qui disparaît tout le temps. »

Le loup arpentait la pièce, la main posée sur le front, tentant de retrouver un peu de calme, il marmonnait dans sa barbe. Pour autant il n’écoutait pas moins ce qu’elle avait à dire, mais il avait trop peur d’exploser tout à fait s’il restait planté face à elle.

« J'ai compris je suis une erreur mais t'es pas obligé de raconter des histoires comme quoi t'es… »

Cette fois il ne marmonnait plus, criant carrément en même temps qu’elle, elle qui était venue se placer devant lui, pour mieux lui tenir tête.

« Tu écoutes quand je te parle ? Estúpida, personne n’a jamais dit que c’était toi l’erreur, je me suis planté en beauté, ce soir-là et les jours qui ont suivi quand j’ai été trop bête pour croire que tu n’avais pas besoin de savoir. Et arrête de pleurer… si quelqu’un doit être vexé ici c’est moi. Moi qui m’entends dire que tu n’y a rien gagné. Je ne t’ai pas laissé sur place, je t’ai recueillie, j’ai fait de toi la sœur de mon fils Charlie ! Il t’aimait comme une sœur et moi comme une fille. Voilà ce que j’ai cru que tu y avais gagné…une famille. »

Il marqua une pause pour reprendre son souffle, respirant par saccade, ne desserrant pas les dents. Puis sans cesser de soutenir son regard, il enchainait ;

« Et si j’avais eu des dons de voyance il serait encore là. Il serait là et il te haïrait probablement pour ce que tu viens de dire, pour ce que tu viens de renier. »

C’était bas, mesquin même certainement, que d’employer Sam et l’affection que la jeune femme avait pour lui mais puisqu’il n’arrivait pas à se résoudre à lui en dire plus, il tournait autour du pot, continuant de laisser libre cours à sa colère de cracher un venin qu’elle ne méritait pas. Elle ne le méritait pas et Sam non plus d’ailleurs. Le quada exaspéré, tant par la discussion que par ses propres mots, levait les yeux au plafond puis allait se laisser tomber sur le canapé. La tête entre les mains, il reprenait un ton plat, parlant lentement comme il retrouvait un semblant de maitrise de soi.

« Charlie… Je ne nierais jamais être responsable de ce que tu es, mais je t’interdis de croire que je l’ai fait avec l’intention de te nuire ou parce que je m’ennuyais. Ce n’était pas non plus une question d’effectif pour la meute, si j’avais dû choisir une sœur pour les combats, je l’aurais choisie plus âgée pour être sûr qu’elle survive à la transformation. Je ne te demande même pas de me croire, juste de cesser d’imaginer que tu n’es rien d’autre qu’une erreur sur mon parcours. »






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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Ven 29 Aoû - 14:46



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Il avait lâché une bombe, l'histoire de cette fameuse nuit. J'étais vraiment stupide de n'avoir jamais abordé le sujet mais en intégrant la Meute j'avais entendu que les Loups recrutaient pour grossir leurs rangs contre les vampires. J'en avais déduit que c'était le hasard ou quelque chose dans le genre. Pour moi rien ne me prédestinait à devenir ce que j'étais. Mais maintenant il remettait ça sur le tapis en présentant les choses comme si j'avais couru un danger quelconque. Au pire des cas on m'aurait trouvé et je me serais prise une raclée par mon frère. C'est tout ce que je voyais mais j'avais du mal à imaginer Mike mentir pour se faire passer pour un héros. Je ne sais pas ce qui serait le plus difficile à digérer qu'il mente ou qu'il ait juste caché un truc énorme depuis toutes ces années.

Agité comme toujours quand il commençait à s'énerver j'avais fait en sorte à me poster sur son chemin pour qu'il soit obligé d'affronter mon regard. S'il me regardait dans les yeux il n'arriverait pas à me mentir. Je voulais juste comprendre MON histoire, la raison pour laquelle j'avais perdu MA famille. C'était à qui crierait le plus fort, pour sûr les voisins allaient finir par péter un câble mais je m'en fichais. J'avais mal au cœur d'avoir mal formulé certaine chose mais lui aussi il avait mal commencé. Pas besoin de savoir... Je m'arrêtais presque de respirer en attendant la suite, il allait le dire ? Non il préférait souligner le fait que j'étais à deux doigts de pleurer comme une enfant. L'envie de lui agiter mon doigt le plus long sous le nez se fit sentir mais il avait des choses que je ne me permettais pas avec lui. C'est lui qui était vexé ? Ben comme ça on était deux et ça ferait bien avancer les choses !

J'avais gagné une famille. C'était vrai mais à quel prix ? Une famille j'en avais déjà une, ils m'avaient rejeté comme un chien plein de puces, Sam était mort, lui il passait plus de temps à faire autre chose et la Meute... J'y avais gagné que j'étais bloquée dans un monde qui tournait sans moi. Tout le monde cherche une place dans ce monde et la mienne n'est nul part. J'allais en rajouter une couche histoire d'avoir le dernier mot quand il finit par reprendre la parole. Sam me haïrait ? C'était tellement bas que je ne l'avais pas vu venir celle-là.

Si Sam était encore en vie rien de tout ça n'arriverait. C'était lui qui tempérait les disputes, lui qui nous réconciliait... Sans même que je m'en rende compte les larmes coulaient toutes seules. Il se laissait tomber sur le canapé et j'en profitais pour m'éloigner, cacher que j'étais vraiment blessée. Je lui tournais le dos pour ne pas qu'il me voit. Je n'aimais pas pleurer mais rien que d'imaginer que j'avais pu dire que cette famille j'en avais rien à faire et que du coup je m'en fichais de Sam, ça m’écœurait. Mon unique petit frère qui était parti trop tôt...

« Alors explique-toi ! Parce que oui c'est vrai j'ai gagné une famille, tu sais que Sam et toi vous êtes ma famille, mais j'ai perdu mon père et tous mes frères. Ils m'ont chassée après avoir essayé de m'enfermer. Alors j'ai le droit de savoir pourquoi. Si tu as une raison dis-la. »

J'avais conscience de dépasser les bornes en exigeant mais j'avais le droit de savoir pourquoi j'étais devenue une Louve. J'avais suffisamment souffert à cause de ça. Je voulais comprendre et j'estimais que j'en avais le droit, non ? Ou est-ce que je passais pour une enfant égoïste encore ? Je finis par lui faire face après avoir essuyé mes joues. Il avait sans doute vu mais je ne voulais pas qu'il endosse le rôle de père compatissant pour essayer de noyer le poisson. J'étais en colère contre lui.

« Et si Sam était encore là il t'en voudrait d'être devenu ce que tu es. Buvant plus que de raison, t'énervant pour un oui ou un non et cachant la vérité sur un truc aussi important. »

Vengeance puérile. J'aurais du me douter qu'une journée qui commençait de cette manière ne donnerait rien de bon. Je pensais pouvoir changer la donne en me rapprochant de ma seule famille qui me restait mais finalement même ça c'était idyllique. Je finis par soupirer avant de partir pour récupérer mes affaires. Je n'étais pas sûre qu'il me dise vraiment ce qui c'était passé cette nuit-là. S'il avait voulu le faire il l'aurait fait depuis plusieurs minutes maintenant. Je n’attendais rien de sa part si ce n'est encore une réflexion blessante histoire de mettre les compteurs à zéro.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mar 2 Sep - 14:05


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie





« Alors explique-toi ! Parce que oui c'est vrai j'ai gagné une famille, tu sais que Sam et toi vous êtes ma famille, mais j'ai perdu mon père et tous mes frères. Ils m'ont chassée après avoir essayé de m'enfermer. Alors j'ai le droit de savoir pourquoi. Si tu as une raison dis-la. »

Mike fermait les yeux et prenait une grande inspiration. Elle voulait une explication qu'il ne pouvait donner. Il restait encore plusieurs points qu'il aurait voulu éclaircir lui-même à propos de cette nuit-là. Puis restait cette peur qu'il avait qu'elle ne chance ça façon de voir les choses, remplaçant ce lien père-fille aujourd'hui si fragile par quelque chose de différent. Il craignait qu'elle ne prenne son affection pour une sorte de responsabilité forcée, un peu comme quand on se sent obligé de conduire le chien qu'on vient de renverser en voiture chez un véto pour pas le laisser crever au bord de la route. La comparaison qui venait de germer dans son esprit choquait un peu le quadra mais on n'était pas si loin en fin de compte. Pire encore, plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que s'il l'avait en effet prise sous son aile après cette nuit-là, il l'avait avant tout fait parce qu'il était responsable d'elle, pas parce qu'il comptait en faire un membre de sa famille. Avec le temps, le lien s'était tissé, étoffé, amélioré et le retour en arrière lui semblait impossible. Serait-elle du même avis? Le conférencier en avait de toutes façons trop dit pour espérer à présent qu'elle puisse faire abstraction de tout ça et continuer à faire comme si de rien était.

« Et si Sam était encore là il t'en voudrait d'être devenu ce que tu es. Buvant plus que de raison, t'énervant pour un oui ou un non et cachant la vérité sur un truc aussi important. »

« Assied toi. »

Sec et sans appel. Un ordre presque. Il ne la laisserait pas partir avant de lui avoir tout raconté. Elle voulait des explications, elle en aurait. Qu'elle aime ce qui allait venir ou non. Et puis ça lui permettrait de couper court aux accusations pourtant fondées qu'elle balançait. Elle oubliait juste un détail, il ne boirait certainement pas autant s'il n'avait pas eu ce deuil à supporter. Mais pour l’heure il n’était pas question de ses problèmes à lui, il était question de son histoire à elle. Il pointait le fauteuil du doigt, la fixant d'un regard noir qui ne souffrait aucun refus. Soit elle acceptait de tout écouter, soit elle prenait la porte. Notre homme avait déjà assez de mal à se résoudre à aborder le sujet avec elle, s’il devait cogiter là-dessus un jour ou deux pour chercher le meilleur angle d’attaque, il finirait par abandonner l’idée purement et simplement. Autant battre le fer tant qu’il était chaud. Mike avait beau aimer préparer ses discours à l’avance, réfléchir à ses phrases, ses attitudes, quand il s’agissait du musée, là c’était bien différent. C’était un exercice bien plus délicat, un récit spontané, il devrait s’y faire de toutes façons, ce soir ne serait ni la première ni la dernière fois qu’il aurait à improviser.

« Je ne le raconterais qu'une fois. Et puisque visiblement c'est maintenant ou jamais, je vais tout te dire de A à Z mais après ce soir je n'en parlerais plus. »

Le quadra savait pertinemment qu'il avait réussi à piquer sa curiosité. Il restait planté là avec son air le plus sérieux et grave possible tout en la suivant des yeux comme elle se décidait à rejoindre le fauteuil en question. Elle devait avoir sacrément envie de connaitre le fin mot de cette histoire pour se laisser ainsi mener à la baguette. En temps normal, il aurait pu s’attendre à ce qu’elle lui rit au nez avant de tourner les talons, mais là…

« Tu penses que tu étais seule ce soir-là ? Tu penses que je te suis tombé dessus par hasard, ou pire encore peut être que tu t’imagines que je te pistais. Détrompes toi, c’est lui que je suivait. » il laissait échapper un soupire et pestait pour lui-même « ¡joder!.. va falloir que je parle de ça aussi… » puis il reprenait à l’attention de la louve « Il y avait ce nocturne qui nous tournait autour mon frère et moi à cette époque, il a continué quelques temps après ça. Mais c’est un détail, ce qui importe c’est que ce soir-là, c’est moi qui le suivait. Il avait piqué ma curiosité autant qu’il m’inquiétait. Je ne concevais pas de laisser une telle menace planer sur les miens. La meute était en guerre, on n’avait pas besoin de ça en plus. Je comptais m’en débarrasser une bonne fois pour toute, sauf que je n’avais pas prévu que tu serais là. »

Là, le quadra marquait une pause. Se lancer dans un grand récit sans prendre le temps de préparer son texte à l’avance, pourquoi pas, mais ne pas s’assurer qu’il ne perdait pas son auditoire en cours de route, hors de question. Les vieilles habitudes ont la vie dure. La jeune femme prendrait surement tout ceci pour une parade, une belle pirouette pour justifier les quelques phrases qu’il avait laissé échapper plus tôt. Elle déchanterait vite quand il arriverait sur la seconde partie du récit…






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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Jeu 4 Sep - 21:56



–› All these things that I've done ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Karma pourri, journée m*rdique qui n'en fini plus... Il n'était même pas midi et j'avais envie de mourir étouffée par un pancake. Ces fameux pancakes que j'avais préparé avec soin dans l'unique but de renouer les liens avec celui que je considérais depuis longtemps comme un deuxième père pour moi. Résultat des courses on était en train de se balancer les pires vacheries du monde et cerise sur le gâteau j'apprenais que la nuit de ma transformation, sans doute la plus importante de toute ma vie de Louve, cette nuit qui avait mis un terme brutale à mon enfance pour me propulser directement au cœur d'une guerre sans merci pour finalement la laisser sans rien. La guerre était soi-disant terminée mais au final tous ces affrontements c'est tout ce que j'avais toujours connu et je tombais invariablement dans ce travers. J'avais quitté ma famille de sang malgré moi pour combattre les vampires au côté de ma nouvelle famille et maintenant que c'était terminé je m'étais embarquée dans une histoire de drogue où le meurtre était une bonne solution pour faire taire quelques personnes.

Son ordre résonna à mes oreilles. J'avais une forte envie de lui dire qu'il pouvait lui aller s'assoir où il voulait que je resterais debout et que... Et que quoi ? Que j'allais lui pourrir l'existence jusqu'à ce qu'il me dise la vérité ? S'il me demandait de m'assoir c'était sans doute pas pour me raconter une histoire ou si peut-être la mienne. Il me désigna le fauteuil agrémenté d'un charmant regard noir. Je fixais le canapé avec plusieurs questions en tête. Est-ce que je voulais vraiment connaître la vérité ? N'était-il pas mieux pour moi d'ignorer toutes les vérités de mon histoire ? La réalité était dure à entendre et jusqu'à présent je vivais dans un monde bien à moi qui laissait entrer le monde réel par intermittence et d'ailleurs pendant ces rares moments c'est là que j'avais connu les pires choses.

Ce soir ou jamais ? Je relevais les yeux vers lui. Moi qui d'habitude ne prenait pas le temps de réfléchir là j'en avais besoin et lui ne me le laissait pas. Mais je ne pouvais pas ne pas savoir. Je finis par poser mon postérieur sur le canapé. Les jambes repliées j'étais avachie et j'en avais strictement rien à faire que ça lui plaise ou non, j'étais crevée tout ce dont je rêvais là c'était d'une bonne nuit de sommeil qui ne viendrait jamais ou pas tout de suite tout du moins.

Mon cerveau était en alerte à la seconde où il ouvrit la bouche pour commencer à parler. J'essayais de repasser la scène dans ma tête pour pouvoir regrouper ce dont je me souvenais et ce qu'il allait me dire. C'est lui ? Lui qui ? Pourtant j'étais persuadée de n'avoir vu personne sur mon chemin. Je le laissais s'énerver tout seul quand il comprit son doute à mon froncement de sourcil que je ne le suivais déjà plus. Pourtant son histoire était autrement plus palpitante que les Incas et compagnie, j'avais le cœur qui battait comme si j'avais couru un marathon.

Okay, donc nous avions un vampire qui suivait Mike et son frère pour une raison obscure dont il n'allait pas parler. Et pour renverser la vapeur c'était Mike qui le suivait cette nuit-là. Jusque-là tout se tenait. Mais quand est-ce que cette histoire avait un lien avec moi ? Hein ? Il n'avait pas prévu que je sois là ?

« Donc j'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit ! Mais je ne comprends pas comment tout ça a fini par arriver. »

Tout ça... Une jolie manière pour ne pas dire tout ce gros b*rdel de m*rde. J'avais envie de me lever, d'évacuer la tension qui habitait mon corps pour que mon cerveau ne passe pas en surchauffe à force d'essayer de construire la suite des évènements. Tout ce que j'avais appris jusqu'à présent c'est qu'en fin de compte j'étais la victime d'un affrontement entre un Loup et un Vampire. C'est tout... C'est tout. Je me sentais bizarre, comme si mon existence n'avait tout d'un coup plus aucune signification et je lançais un regard en direction de Mike.

« Alors j'étais juste dans tes pattes et tu m'as mordue. Un truc dans ce goût-là ! »

Une voix blanche toute faiblarde qui ne me ressemblait pas du tout, surtout qu'il y a deux secondes j'étais en train de brailler les pires atrocités. Depuis toutes ces années il se trainait un boulet et assumait pleinement son erreur. Je savais que je n'aurais pas dû laisser ma curiosité l'emporter. La réalité craint...

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mer 10 Sep - 1:00


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie





Elle avait obéi, s'était assise comme il le lui avait demandé. C'était déjà ça de pris et pourtant ce n'était pas la partie la plus évidente de programme. Elle voulait savoir, soit, il allait lui raconter, peu importe ce que ça lui coûterait. Le quadra avait tenté de retarder ce moment le plus possible mais il fallait bien qu'elle pose la question un jour ou l'autre. Il s'efforçait de résumer les faits, s'en tenant à la stricte vérité, sans pour autant entrer dans les détails. Ce vampire, il n'avait pas besoin de lui dire qu'il l'avait recroisé de nombreuses fois depuis, qu'ils s'étaient affrontés, que le nocturne aurait eu milles occasions de l’achever mais qu'il ne l'a jamais fait, que lui n'avait jamais compris pourquoi et que ça l'agaçait particulièrement. Cette sensation qu'un de ses adversaires le prenait en pitié, ou bien qu'il ne le jugeait pas assez bien pour mourir de sa main, ou peut importe la raison.. cela l’énervait au plus haut point. Agacement qui devait très probablement se ressentir dans sa voix comme il avait commencé son récit, aussi tenta t-il de nouveau de se calmer. Le vampire, sa filature, un petit rappel de l'état de la meute à l'époque... il laissait les mots filer comme ils venaient. C'était loin d'être le plus beau discours qu'il ai eu à tenir mais il s’évertuait à la tenir captivée pour ne pas lui laisser le temps de tenter de le contredire. Peine perdue. A peine laissait-il un blanc qu’elle y allait déjà de ses questions.

« Donc j'étais là au mauvais moment, au mauvais endroit ! Mais je ne comprends pas comment tout ça a fini par arriver. »

Un soupire. Un regard vers le placard où une bouteille de vieux scotch lui faisait de l'oeil. Ne pas craquer, poursuivre son histoire.

« J'y viens... »

« Alors j'étais juste dans tes pattes et tu m'as mordue. Un truc dans ce goût-là ! »

Le quadra levait les yeux au plafond une énième fois. Voulait-elle réellement écouter ou cherchait-elle à relancer leur dispute ? La louve savait pourtant pertinemment qu'il était loin d'être un exemple de patience et qu'à l'interrompre ainsi elle allait finir par le faire sortir de ses gongs. Et pourtant il n'y avait pas de défi dans sa voix, ce n'était pas ce ton de gamine insolente qu'il lui connaissait habituellement. Elle avait l'air inquiète, comme si elle craignait la suite. Aucune importance. Il la craignait aussi, la fin de l'histoire, le moment où elle allait exploser, lui dire qu'il n'avait pas à se donner tout ce mal pour elle après s'être planté comme le dernier des cabots, qu'il aurait tout aussi bien pu la laisser à la merci du buveur de sang plutôt que de faire d'elle une louve. Mais elle l'avait tanné pour savoir... elle en assumerait les conséquences... lui aussi.

« Laisse moi finir veux tu ? »

La calme avec lequel il lui répondit l'étonna. Le loup aurait pourtant juré que dans l'état de stress et de colère dans lequel il se trouvait il aurait été incapable de paraître soudainement si posé. Comme si il avait réussit à tout déconnecté au moment où il avait entamé son histoire, de la même manière qu'il le faisait chaque matin lorsqu'il passait son badge du musée. La comparaison l'amusait quelque peu mais il ne se laissa pas distraire et reprenait.

« Tu n'étais pas dans mes pattes, c'est moi qui était dans les siennes. Tu étais sa cible, son en-cas du soir si tu préfères. Je doute qu'il se serait contenté de de demander gentiment si tu acceptais de lui servir d'entrée et de te laisser partir à demi vide seulement. En revanche, je suppose que si je n'avais pas été là, si un autre loup s'était trouvé à ma place, il aurait réussit à s'en débarrasser sans se prendre les pieds dans le tapis et faire de toi la louve que tu es à présent. Peut être d'ailleurs qu'il aurait réussit à s'en débarrasser tout court... » un blanc, un soupire, n'avait-il pas dit qu'il n'en parlerait pas d'avantage ? Puis le conférencier continuait « Tu n'es pas une erreur Charlie, j'ai fait une erreur. La nuance est là. Pas un seul instant je n'ai regretté de t'avoir évité ses crocs cette fois là, en revanche... je ne me pardonnerais jamais de t'avoir imposé les miens. »

Vague, tout ceci était très vague. Pas besoin d'entrer plus en avant dans les détails, il était sur qu'elle aurait compris comme ça. S'il était bien persuadé d'une chose à propos de Charlie c'est qu'elle était loin d'être stupide. Tout en parlant il s’était finalement dirigé vers le placard, en avait sorti la bouteille et deux verres, puis posa le tout sur la table basse. Il n'était pas midi mais l'alcool lui semblait être la seule manière de conclure. « Je ne me pardonnerais jamais » avait-il dit. Tout était dans cette petite phrase. Il avait tant de choses qu'il n'arriverait jamais à se pardonner, Charlie n'était qu'une toute petite partie de ses regrets. Elle en aurait besoin tout autant que lui pour digéré tout ça. Si toutes fois elle acceptait de partager quoi que ce soit avec lui après avoir entendu son histoire. Sans la regarder, le quadra versa une bonne dose dans chacun des verres avant d'en saisir un et d'aller s'asseoir dans le coin le plus éloignée d'elle possible sur le canapé. Quelque soit sa réaction il préférait garder ses distances. Il se méfiait des réactions qu'ils pourraient avoir, elle comme lui.






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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Mer 10 Sep - 16:51



–› You're the glitter in the darkness of my world ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Toute cette histoire était tout simplement impossible. Je ne tenais pas, je devais avoir le fin mot de l'histoire. Mais il semblait retissant à avouer la vérité. Il avait parlé d'erreur, j'étais une p*tain d'erreur qu'il traînait comme un boulet et qui le tirait vers le fond en permanence. Comme toujours j'essayais d'aller plus vite que la musique je le questionnais pour qu'il dise clairement les choses. Il se contenter de soupirer avant de me dire qu'il y venait mais à ce rythme demain il n'aurait toujours pas accouché du gros de l'histoire et maintenant qu'il avait commencé il devait finir.

Je commençais doucement à l'agacer, très bien comme ça il serait dans le même état que moi. Il pouvait lever les yeux autant qu'il voulait quand il finit par me demander de le laisser finir je me réfugiais dans mon coin de canapé, les bras croisés. Je ne dirais plus rien si c'est comme ça. Enfin, il aurait pu hurler et tenter de m'étrangler façon Omer Simpson avec son fils mais non il était d'un calme olympien. C'était presque flippant et stressant.

Il finit par reprendre le cours de son récit. Ainsi donc j'étais censée servir de petit déjeuner à un vampire et pour l'en empêcher il m'avait mordu ?! C'était encore plus ridicule que de se faire mordre parce que la Meute l'exigeait. Je me sentais vexée, depuis le début Mike me prenait pour un poids mort, s'il m'avait surprotégée tout ce temps c'était pas parce qu'il était comme ça mais parce qu'il pensait que j'étais juste une petite gamine potentielle victime des Nocturnes. J'étais faible à ses yeux depuis tout ce temps. Au moins ceux qui avaient été transformés pour répondre au besoin de troupe de la Meute avaient été reconnus comme résistants, forts.

Je me sentais comme la pire des m*rdes et il m'avouait que non seulement il m'avait transformé mais en plus ce type était toujours dans les rues. J'étais sous le choc, incapable de bouger, le regard dans le vague. Le couvre feu, il avait toujours crisé pour qu'on le respect avec Sam c'était pour cette raison ? Il enchaînait sur des excuses à la con, je l'entendais tout juste. La chose qui me fit réagir c'était le bruit des verres qu'il posa sur la table basse. Je buvais beaucoup mais c'était rarement comme ça. Boire un verre pour quoi faire ? Oublier ? Arriver dans un tel état que je finirais par lui dire que ce n'était rien. Je jetais un coup d’œil à la porte close de la chambre de Sam. Il me manquait toujours un peu plus, n'avait-on pas dit que la douleur finissait par s'apaiser un jour ? Celui qui avait dit ça était un menteur de la pire espèce.

« Au moins maintenant tout est clair. Tout le monde a été choisi, même rapidement, pour devenir Loup. J'avais rien pour le devenir si ce n'est que ta pitié. Je comprends pourquoi Irving disait que j'avais pas ma place chez vous. »

Chez vous, pas chez nous. Parce que je commençais à comprendre que même si Mike s'évertuait à me dire que je n'étais pas une erreur par compassion sans aucun doute je ne correspondais pas au standard et du coup tout le monde trinquait. Je n'avais même pas envie de crier j'étais juste lassée. Pourquoi est-ce qu'on me faisait chi*r alors ? Je finis par me lever, sans jeter un coup d’œil au verre.

Je débarrassais la table, les pancakes qui n'avaient même pas été mangé je les envoyais directement à la poubelle, je nettoyais tout en silence. Je me doutais qu'il s'attendait au moment où j'allais tout simplement imploser et tout éclater sur mon passage mais j'étais déterminée à ne pas laisser ce moment arriver. Tout commençait à être clair dans ma tête, j'avais un plan pour en finir, non je n'allais pas me faire sauter la cervelle et retapisser mes murs, j'avais juste l'intention de laisser tomber avec tout ça. La Meute me courait sur le haricot, les Loups c'était qu'une bande de faux jetons, le reste du monde aussi m'emmerdait et c'est moi que Cian traitait de danger public. En vérité j'avais du mal à suivre un raisonnement vraiment clair mais je finirais par trouver un moyen de formuler tout ça. Je finissais de nettoyer la table quand je rouvris la bouche.

« Je te laisserai faire la vaisselle. Je rentre... »

J'étais mal à l'aise, blessée dans mon égo surdimensionné, en colère contre le monde entier. Et maintenant je lui disais quoi : merci pour la matinée pourrie, salut on se reparle genre jamais parce que je t'en veux. Je ne pouvais pas lui faire ça... Mais dans le fond je lui en voulais vraiment. Parce qu'il avait pitié de moi, parce qu'il me traitait comme une gamine à longueur de temps, parce qu'il m'avait menti toutes ces années.

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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Sam 27 Sep - 16:27


All These Things That I've Done
Mike  ~  Charlie





Il s’évertuait à le lui répéter, à tenter de le lui faire comprendre. Il voulait être sur qu’il n'y ai plus de quiproquo entre eux. Est-ce que cela suffirait à éviter qu'elle ne renie soudainement tout ce qu'ils avaient construit depuis cette nuit là... Ce semblant de famille, ce lien père fille qui s’était tissé, tout reposait sur ce mensonge, sur cette vison erronée de ce qui avait eu lieu dan cette rue desserte. Le quadra, s'attendant à ce qu'elle veuille en savoir plus, à ce qu'elle tente de le questionner sur le vampire qu'il avait évoqué, sur le reste des éventements qui avaient suivit cette histoire, s'était levé pour sortir à boire; A boire... C'était sa solution miracle à tous les problèmes. Une porte de sortie qu'il avait tendance à prendre un peu trop souvent. Deux verres, il ne boirait pas seul, elle devait en avoir besoin autant que lui. Le loup évitait soigneusement de croiser son regard, qu’elle y laisse paraître des larme ou de la colère, les deux cas l’effrayaient tout autant. S'il avait entamé un gros travail sur lui pour ne plus se laisser gagner par la panique à chaque fois qu’il lui arrivait quelque chose, s'il s'était résigné à ce qu'il puisse lui arriver malheur, il n'était en revanche pas prêt du tout à la perdre de cette façon. Assis sur le canapé, il attendait sa réaction, quel qu’elle puisse être. Il ne broncha pas comme elle se décidait à briser le silence au moment où il portait son verre à ses lèvres. Il poursuivit son geste, de l'air le plus naturel du monde. Oh bien sur, ça sonnait affreusement faux, mais c’était la seule chose qu'il pouvait faire pour se donner l'impression de rester maître de la situation.

« Au moins maintenant tout est clair. Tout le monde a été choisi, même rapidement, pour devenir Loup. J'avais rien pour le devenir si ce n'est que ta pitié. Je comprends pourquoi Irving disait que j'avais pas ma place chez vous. »

Elle ne s’énervait pas vraiment et c’était peu être pire encore de l'entendre parler sur ce ton résigné que si elle avait haussé la voix. Sans doute une part de lui cherchait-elle le conflit, évacuer cette tension en laissant éclater sa colère comme à son habitude. La louve se levait, retournait à la cuisine sans avoir daigné toucher au verre qu'il lui avait servit. Pas un mot, elle ne desserrait pas la mâchoire et ce silence commençait à peser lourd.Le loup trépignait, tournait en rond, dans un coin de l'esprit du conférencier et il se demandait quand elle allait finir par rajouter le mot de la fin. Pour être tout à fait honnête, lui aussi ruminait, tentait de comprendre ce qu’elle avait voulu exprimer par cette petite phrase : "je n'avais pas ma place chez vous". Parlait-elle de la meute ou de la famille qu'ils formaient tous trois quand Sam était encore de ce monde?

« Je te laisserai faire la vaisselle. Je rentre... »

Toujours en silence, il fixait les reflets ambrés que la lumière laissait apparaître sur la table basse comme il jouait avec son verre. Sans geste brusque,le quadra se relevait, penchait le verre pour mieux en fixer le fond encore à demi plein et se mordait la lèvre en une moue songeuse. Il laissa échapper un petit ricanent avant que la colère ne vienne finalement déformer ses traits. Elle ne voulait pas ou n'arrivait pas à laisser évacuer la vapeur? Soit, il n'avait pas besoin d’elle pour ça. Il tendit le bras en arrière et mis toute sa force dans le geste, toute sa rage dans son cris. Puis il resta un moment à regarder la tache que venait de faire sur le mur le verre qu'il avait envoyé s'y écraser.

« Tu ne peux pas croire que je vais gober un truc pareil. Que je vais te regarder sortir de cette pièce comme si de rien n’était, comme si nous venions simplement de parler de la pluie et du beau temps. Tu ne feras croire à personne que tu prends ce que je viens de te dire avec philosophie Charlie. »

Oui il cherchait ouvertement le conflit. Peut-être qu'il avait besoin de se prouver qu'il maîtrisait encore la situation, peut-être que le maque de réaction de la louve le vexait profondément, un peu comme si elle n'avait finalement pas grand chose à faire de tout ceci, plus grand chose à faire de lui.

« Si tu quittes cette pièce maintenant, si tu décides d’agir cette fois encore comme une gamine capricieuse, comme une adolescente en pleine crise.. Tu sais pertinemment ce qu'il va se passer. Tu vas bouder, je serais trop fier pour revenir de moi même. Si tu quittes cette pièce Charlie... ne reviens pas pleurer que tu regrettes. »

Sa colère allait tout à la fois à l'encontre de sa fille et de ses propres mots. Cet ultimatum, il n'avait pas vraiment voulu le prononcer, mais peut être, malgré la douleur que tout ceci allait lui causer, peut être qu'il était temps qu'elle prenne ses responsabilité, qu’elle mûrisse. Et si c'était là la seule chose à faire pour qu’elle réagisse, s'il fallait en passer par là, il prendrait sur lui. Il essayerait du moins.



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MessageSujet: Re: –› All these things that I've done ‹– [Livre II - Terminé]   Lun 29 Sep - 23:26



–› You're the glitter in the darkness of my world ‹–


Dimanche 17 Décembre 2017

Depuis que ma route avait croisé celle de Mike je l'avais considéré comme un père, un garde-fou dans mes épisodes de grandes folies. Mais maintenant j'avais la désagréable impression qu'il avait fait tout ce qu'il avait fait uniquement par obligation, parce qu'il était responsable de tout ça. J'avais l'impression tout d'un coup d'avoir la pancarte "Boulet" collée sur le front.

Il nous servit un verre chacun, comme quoi toute cette histoire devait bien le faire suer. Cependant il avait l'air tout d'un coup bien calme comme si le sujet de notre conversation avait été la qualité de son super whisky qu'il sirotait à longueur de journée. Il avait vidé son sac et maintenant tout allait mieux pour lui ?! Je savais que moi en revanche ces vérités me feraient du mal pourtant j'avais insisté et lui... Il avait d'abord refusé comme si c'était douloureux de parler de ça et maintenant il allait parfaitement bien. Je lui en voulais pour tout un tas de raison mais rien ne sortait de ma bouche ou presque. Irving avait raison, ça me coûtait de le reconnaître mais je n'aurais jamais dû revenir après être partie chez mes humains. J'aurais dû tracer ma route et me débrouiller toute seule. Pour tant j'étais revenue pour Sam et lui. Quelle idiote !

J'avais tout rangé, jeté en silence. Je profitais de ce silence de plomb pour réfléchir. Quelles étaient mes options pour la suite ? Lui hurler que c'était un connard fini ? Partir et le laisser tout seul avec sa peine et ses remords ? Trouver une solution pour passer ce cap sans perdre tout ce que nous avions créé depuis le temps ?

Je choisissais la deuxième option, j'allais rentrer et il se débrouillerait, je n'avais plus la force de lutter et si je restais il y avait tant de risques que ça finisse en hurlements que je ne voulais pas tenter le diable. Sauf que le grand sage avait décidé que ça ne se passerait pas ainsi. Un petit ricanement, il se foutait de moi ouvertement l'enfoiré et la colère était de retour. Ma louve arrivait en sentant venir la colère pointer le bout de son nez . Mais je les repoussais toutes les deux : pas aujourd'hui, pas maintenant, jamais même ça m'arrangerait.

Il envoya valser son verre contre le mur en hurlant. Je me contentais d'un soupire lassé juste pour l'emmerder. Je voyais bien ce qu'il voulait faire : m'énerver pour que je vide mon sac et espérer que je finisse par m'en vouloir. Si je suivais ce cheminement c'est moi qui m'excuserais et on repartirait sur les mêmes bases pourries. Alors il pourrait faire et dire ce qu'il voulait je resterai aussi zen qu'un moine bouddhiste.

Sauf qu'il n'avait aucun scrupule. "Tu ne feras croire à personne que tu prends ce que je viens de te dire avec philosophie Charlie." Il en était carrément à m'insulter. En gros, j'étais bien trop stupide pour ne pas vouloir lui péter la gueule. Mordant ma joue au point d'arracher un morceau de chair et que le sang se répandait dans ma bouche je ne disais pas un mot.

Face à mon manque de réaction il enchaîna sur une deuxième technique : les menaces mariées aux insultes. Et c'était moi la gamine capricieuse ?! J'allais lui montrer comment mettre en colère quelqu'un.

« Et si je reste tu vas faire quoi ? Finir par me lancer toute ta vaisselle sur la tronche ? Tu devras te trouver quelqu'un d'autre comme responsable de tes crises de colère. Quand bien même tu m'as sauvée la vie ça ne veut pas dire que je dois accepter que tu me pourrisses la vie. »

Le tout dit sur un ton neutre. Je ne pensais pas un traitre mot de ce que je venais de dire mais c'était lui qui avait commencé. Il voulait que je me mette en colère parce qu'il voulait se battre contre quelqu'un ou quelque chose. Je n'avais pas le temps pour ce genre de choses.

« Et je ne vais pas bouder juste pour ça, j'ai du travail c'est tout. Sauf si tu préfères que je me plante royalement et que je sois ruinée comme ça retour au bercail et on pourra hurler tant que tu voudras. Pour Noël au moins je sais quoi t'offrir : de la vaisselle et une bouteille de whisky. On aura de quoi s'amuser comme ça. »

J'étais sarcastique et je lui offrais même un petit sourire en coin. Non, il n'avait pas réussi à me mettre en colère et j'espérais même qu'il passerait une sale journée pour compenser celle qui m'attendait. Sans un regard de plus je me dirigeais vers la porte. Après avoir remis mes chaussures je sortis de l'appartement. Mais plutôt que de partir comme une fusée, je restais dans le couloir. C'était difficile de tout digérer, ma louve était agitée et prendre le volant dans ces conditions-là c'était comme de jouer à la roulette russe dans une foule de passants. Si je me transformais en conduisant je risquais de faire pas mal de dégâts et ma voiture était sacrée donc j'allais simplement attendre d'être calmée, assise dans le couloir du bâtiment de Mike. Ce couloir avait vu bien pire à mon sujet.

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