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Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Mer 2 Juil - 16:33

❝ Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. ❞
Augustus & Constance

Cette intervention de Krystel avait été un fiasco, total. Je doutais que beaucoup des images du carnage entre les différentes factions vampires avaient été diffusées, mais malgré cela, on avait l’impression que rien n’était stable, pas même la Reine qui s’était mise à hurler à la mort au milieu de son discours, après qu’une nouvelle tract fut distribuée. Une tract insultante, nous donnant plus de « droits » pour devenir… égaux aux humains ? Cette simple idée me faisait froid dans le dos, égaux aux humains, une belle bande de prétentieux. Pour autant, il fallait respecter toutes ces réformes, même si je sentais que je commençais à en faire les frais. Mon rythme de vie et ma manière de penser n’allait pas avec cette grande entreprise qu’était la vie en communion avec la nature et les autres créatures surnaturelles. Je n’avais jamais eu de pomme de sang, et le fait d’être presque imposé d’en prendre me mettait plus en colère qu’elle ne mettait en joie. J’aimais manger varié et équilibré. Je n'avais fait preuve d'affection particulière pour un humain, ils m'étaient ennuyeux, et fragiles, coincés dans leur petite bulle d'humanité hypocrite. Divertissant pour certains, mais le compliment s'arrêtait là.

Il était un peu plus de dix-neuf heures, le soleil s’était couché depuis longtemps, je m’affalais sur le sofa de mon duplex, papiers en main. Pourquoi m’avait -on affublé de la société de sécurité de Julien ? C’était pour moi, plus une corvée que ce n’était une récompense. Parce que c’était de cette manière qu’on me l’avait vendue : Une récompense pour ma dévotion. Je ferais mieux de démanteler tout ça et vendre cette foutue société, je prendrais plus de plaisir à faire cela qu’à m’en occuper. J’avais aussi décliné la proposition de devenir Général des armées à la place de Julien, pour une raison qui me semblait évidente, je n’avais pas envie de finir débordée par le travail, et de sacrifier le peu de liberté qui me restait. Toutes ses responsabilités et toutes ces contraires sociales, m’ennuyait. Autant vous dire que moi qui vantait de ne respecter aucunes normes sociales, je fermais ma bouche en ce moment.

Si je m’étais réveillée du bon pied, m’occuper des affaires de sécurité et autres papiers ennuyeux n’avait en rien arranger mon humeur. Ne méritais-je pas autre chose que cette foutue entreprise… Récompense… Je pestais, balançant les papiers à l’autre bout de la pièce. Je décidais de quitter cette léthargie, et d’aller m’habiller convenablement, il fallait que je prenne position dans mon nouveau bureau à Glasgow. Tout commençait à me pousser à déménager dans cette foutue ville, je commençais à sérieusement l’envisager, mais tout ceci allait me demander encore beaucoup d’organisation. Décidément, je n’étais pas prête à souffler. Je coinçais Alexis entre quatre murs et lui croquait le poignet sans ménagement, c’était l’accord que nous avions passé après tout. Après cette charmante petite gourmandise, j’enfilais une jupe taille haute en jean délavé, un haut court blanc, et enfilais une paire de talons, enfilant une veste et un manteau. Je me mettais rapidement en route, sur le chemin, de nombreux appels, on commençait déjà à me faire chier. J’avais toute la nuit pour m’occuper d’eux.

Redsecurity, voilà un nom bien ronflant, comme son ancien propriétaire. Tout ceci m’appartenait donc, ou du moins, j’en étais responsable, comme si je n’avais pas assez de responsabilités… Mais voyez vous, je n’étais pas vampire à me laisser écraser par les défis. Je laissais donc le Laurentia pour ce soir aux mains de ma nouvelle directrice, il fallait bien déléguer, je ne pouvais plus m’occuper de tout ceci seule. J’allais finir par être une businesswoman à la tête d’une sacré fortune. Cette pensée m'arracha un rictus. Quand j’entrais dans les locaux, je pouvais déjà entendre les murmures de mon arrivée, je demandais rapidement à ce que quelqu’un me mette au courant des dernières affaires en court. Julien n’était plus qu’un vulgaire pion, retour à la case départ, maintenant grimpe qu’on s’amuse. L’endroit était moderne, neuf, très différent du Laurentia, et … heureusement.

Madame Bellanger, j’ai laissé les derniers dossiers en cours sur votre bureau. Si vous avez besoin d’autres informations, n’hésitez pas.

Je balayais l’air d’une main, pour lui ordonner de quitter lieux prenant les premières feuilles. Des nombres, et des nombres et des notes, c’était le bordel là dedans, pire qu’une maison de passe en Europe de L’Est. Je m’attachais les cheveux, m’asseyais et allumais une cigarette commençant à lire. Quelque chose me concentra, une … présence ? Quelque chose… Non… Quelqu’un, pas n’importe qui, pas n’importe quoi. Je n’attendais pas la présence de la Reine, même si ça semblait différent. Je redressais la tête, et manquait de m’étouffer avec la fumée de cigarette. À vrai dire, je n’en croyais pas mes yeux.

Surprise !

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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Mer 2 Juil - 19:30

Je glisse dans la nuit, à la faveur des ténèbres. Les gens ne me remarquent pas. Ils ont oublié qui j'étais. J'avance dans les vêtements que j'ai trouvé le matin même dans la maison d'un professeur à l'université. Un adepte de littérature américaine, Emerson en tête. Un imbécile, qui a cru qu'un collègue voulait le rencontrer. J'ai joui de son sang jusqu'à plus soif, pour rejeter cette peluche déchiquetée. J'ai pris possession de sa maison pour la journée ; je ne m'attarde guère et tant pis pour les traces que je laisse. Je ne crains ni la police ni les religieux, ni humains ni vampires. J'ai vaincu le démon sur le champ de bataille il y a plus d'un an, et j'ai prouvé à tous que le monde n'avait pas d'autre maître que moi. Je suis le prédateur ultime. J'ai pris un bain pour me nettoyer du sang qui m'a éclaboussé et des morceaux de corps qui ont souillé mes précédentes fournitures. Un long bain, bien brûlant. Le premier depuis ce qu'il me semble être une éternité. J'avais choisi la maison pour son opulence apparente, mais je restais déçu de la place que l'on avait pour se baigner. La femme du conférencier me rejoignit bien vite dans l'eau. Je ne l'hypnotisais même pas. Je l'avais menacée, et cela avait suffit. J'en jouissais de toutes les manières possibles et imaginables pendant des heures, buvant son sang, prenant tout d'elle avant de la laisser dans le même état pitoyable que son défunt époux. Je regarde un film sorti il y a deux mois en DVD, m'instruis sur la manière dont le monde considère les Années Sanglantes à la télévision. Le soir approche, je me repose une dernière heure puis je vais me servir dans la grande armoire située face au lit conjugal. Dans la salle de bain, je sifflote un vieil air militaire napoléonien, me remémorant de vieux souvenirs au milieu des restes humains, alors que je noue mon nœud de cravate, perfectionnant l'allure sobre mais classe du costume que j'ai volé. La nuit tombe vite, alors que le mois de décembre est largement entamé.


Il est temps de sortir.


Je me coule à nouveau dans la nuit comme une ombre, le monstre tapi dans les ténèbres que je suis humant les odeurs d'un monde qui a rapidement changé. Les murs portent encore par endroit des impacts des combats des années précédentes, ou alors des traces de ciment frais qui masquent ces vieilles blessures infligées à l'Humanité. Je sais où je vais, et j'y arrive rapidement. Le bâtiment est toujours là. Et le système de sécurité, pour une boîte spécialisée dans ce secteur, est toujours aussi défaillant. Gorgé de sang et de vigueur acquise sur les vies de mes victimes, j'évite caméras et alarmes, lasers d'alerte et autres rondes. Il ne me faut pas plus de quelques minutes à vitesse de vampire, pour attendre bien sagement le général Guillemaud dans son bureau. Général. Cet infâme traître est plus que jamais à portée du pouvoir ultime. Le mien. Quelle n'est pas ma surprise quand la porte s'ouvre sur une autre personne, une silhouette qu'il me faut quelques longues secondes de réflexion avant de reconnaître. Bellanger, un des Grands Maîtres français. Qu'est ce qu'elle fait là ? Je maudis ces longs mois perdus, d'isolation, alors que la frustration me submerge. Je reste immobile, parfaitement calme en apparence. Mais je ressens le brusque besoin de tout détruire, de tout saccager, et de massacrer l'imprudente. La vampire me remarque enfin et manque de s'étouffer avec la fumée de sa cigarette. Très... Vampire. Je suis consterné et frustré. Que fait elle là ? Est ce qu'elle et Guillemaud...?



| Bonsoir, Bellanger. Pouvez vous me dire ce que vous faites ici? |


Masque de neutralité, de politesse glaciale, qui cache une sauvagerie et une rage tout juste contenues
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Mer 2 Juil - 23:16

❝ Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la mort. ❞
Augustus & Constance

Je ne peux cacher ma surprise. Impossible, comment aurais-je été capable de cette prouesse, alors que, personne d’autre que le Roi des vampires, se trouvait en face de moi. Je ne me souviens pas à quand remontais notre première rencontre, certainement, et évidement quand j’étais Maître Vampire en France. Je croyais qu’il était mort. Non, je ne croyais pas qu’il était mort, ça avait été une certitude depuis qu’il était tombé lors de sa dernière bataille pendant les Années Sanglantes. Je gardais un visage neutre, me forçant à ne pas froncer les sourcils. Il fallait avouer, qu’Augustus était bien la dernière personne que je m’attendais à voir ce soir. Et la dernière personne n’était même pas proche de la vérité, puisque pour tous, et pour moi, nous l’avions considérer comme mort. Krystel avait-elle mentit ? Je me retrouvais alors en pleine crise intérieure. Mais je crois que j’allais devoir vite passer à autre chose, car je connais le visage de l’insanité, je le connais par coeur; Charles le portait à chaque heure de chaque jour. Et aussi, Augustus le portait en ce moment même, masqué sous des simagrées de calme.

Si la journée avait été médiocre, je la soupçonnais bientôt de se transformer en véritable cauchemar. Augustus n’avait pas été connu pour un vampire d’une grande… patience, je n’étais même pas certaine que ce mot fasse partie de son vocabulaire. Je me sentais scrutée, et il me demandait alors ce que je faisais ici. La question, cher Augustus, je me la pose aussi. Ce n’est pas comme si j’avais envie d’être ici, mais il fallait bien quelqu’un pour s’occuper des affaires de Julien, maintenant qu’il avait été rétrogradé au rang de puceron. Une chose qui m’avait, il fallait le dire, particulièrement mise en joie. La chute avait été violente, et j’avais pris plaisir à le regarder tomber de son piédestal. Lui qui voulait devenir… quoi déjà, prince ? J’aurais préféré traîner dans mon bordel, voir du sang, et profiter un peu de l’atmosphère et de l’ambiance et j’appréciais tant, dans mon bordel de luxe. Mais non, cher Augustus King, non, j’étais coincée dans un bureau aseptisé, qui sentait encore le Julien à plein nez. Comme quoi, on ne faisait pas ce que l’on voulait, même en étant un membre du Conseil Sanglant, et âgée de 603 ans. Je me levais, et écrasais ma cigarette dans le cendrier qu’on avait mis ma disposition. Je contournais le bureau, il fallait que je sois certaine, que c’était bien lui, ça me paraissait tellement surréaliste. Etait-ce la raison pour laquelle Krystel s’était brisée en deux lors de la fameuse conférence de presse, je ne voyais pas d’autres raisons. Je me calais contre le bureau, face à lui.

Bonsoir Augustus. commençais-je en inclinant la tête en signe de respect Julien a été rétrogradé au rang de … sous-fifre, puceron… Il n’est plus Général des armées, et son entreprise m’a été confiée. repris-je, répondant à sa question

Mais étrangement, j’avais l’impression que ce n’était pas sa seule question… ou la seule réponse qu’il attendait. La dernière fois qu’il m’avait vu ou entendu parlé de moi, devait être quand j’étais encore maître vampire à Paris. Il n’avait pas sur les radars depuis combien de temps un an ? Pour un vampire ce n’est pas grand chose, mais avec tout ce qui s’était passé pendant cette année, les choses devaient être assez nouvelles pour le Roi. Et à connaître le caractère du souverain et l’espèce de faux semblant de calme qu’il arborait, il n’était pas ravi. Je ne comprenais définitivement pas cette situation. Si Augustus avait été en vie tout ce temps, ou était-il ? Avais-je loupé un épisode ? Un wagon ? Un train ? Je supposais aussi que je ne pouvais définitivement pas être la première personne de la hiérarchie qu’il voyait. Il devait avoir vu Krystel, qui l’avait mis au courant des derniers évènements, je penchais la tête sur le côté.

De quoi, exactement, êtes vous au courant, Augustus ? N’avez vous pas vu la Reine ? continuais-je

Je n’étais pas méfiante. Ou, si, je l’étais, parce que je tenais à ma peau. J’étais au courant des frasques d’Augustus, de ce qu’il était, et ce qu’il avait fait. Vieux, vieux vieux vampire, plus vieux que la Reine, et aussi vieux qu’Amélie si elle avait été encore en vie, aujourd’hui. Il empestait le bain moussant et le sang… en très grande quantité. Même si j’avais bu une bonne dose du sang d’Alexis, je ne faisais pas le pois contre Augustus. Et éviter de m’en prendre plein la figure allait être le but principal de cette rencontre. S’il me demandait ce que je faisais ici, c’est qu’il n’était au courant de pas grand chose… voire de rien du tout. Après le fiasco de la conférence, retrouvé le Roi, en tant que leader allait certainement dissuader faire bouger pas mal de choses, encore fallait savoir ce qu’Augustus avait en tête. Rien de bon, ça me semblait évident.


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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Ven 4 Juil - 16:21

Ici. Chez Guillemaud, à la dernière nouvelle. Il y avait encore son nom sur cette connerie d'internet. Redsecurity, PDG Julien Guillemaud. Et ici c'est le bureau du PDG. Alors, que dois je en conclure ? Monsieur Guillemaud s'est trouvée une maîtresse ou une secrétaire de renom ? Ou est ce qu'il conspire encore ? Pourquoi un Grand Maître français ? Ca sent encore le complot et la sédition à plein nez. Si Bellanger ne me répond pas rapidement et de manière satisfaisante, je jure que je vais la démolir. Physiquement et psychologiquement. Ce ne serait pas la première fois, pour moi. J'ai passé des siècles et des siècles à massacrer, dominer et exploiter. Je sais ce qu'il y a dans la tête des gens,ce qui les motive et ce qui les terrifie. Le Roi, c'est moi. Et elle, elle n'est rien. De mémoire, la vampire était une gestionnaire de ribaudes, monnayant les services de celles qu'elle dominait et protégeait aux riches et aux puissants. Une commerçante. Quelqu'un qui ne connaissait pas le véritable pouvoir, que celui de l'argent. Et probablement celui de la séduction, vu son emploi. Mais je n'étais pas un homme ordinaire. Pas un vampire comme les autres. La tempête menace aux limites de mon esprit. Il ne fait pas bon pour moi d'attendre. Bientôt, les choses vont commencer à devenir moches, et bruyantes. La vampire se lève et écrase sa cigarette ; je reste immobile. La jeune vampire contourne le bureau et me fait face. Je ne bouge toujours pas. Constance me salue, et me révèle la déchéance de Guillemaud. Au moins un traître en moins. Il en reste beaucoup. En un éclair, je me rapproche de Bellanger et l'empoigne d'une main de fer par le col, la levant contre son bureau. Je ne peux l'étouffer, mais la douleur d'une pression d'acier doit se faire ressentir.


| Je ne suis pas Augustus, je suis ton Roi ! Qu'est ce qui te fais penser que tu peux rester debout devant moi, et me dénier mon titre ? |


Je la repose brutalement, le bas du dos tapant contre le rebord du bureau.


| Salue moi en bonne et due forme, traîtresse. |


Traîtres, ils étaient tous des traîtres. Ils m'avaient laissé pour mort après la bataille, qui les avait tous sauvés de Caim. Abandonné dans une cuve comme on laisse de braves specimens dans le formol. On m'avait évincé, oublié, on avaiit chamboulé mon royaume et pire que tout, on avait laissé mon peuple à la merci des humains. Pas de paix, pas de quartier, pas de rémission. Je le jure, ce monde va baigner dans son propre sang. Je m'éloigne d'elle, lui tourne le dos et contemple avec dégoût la décoration sobre de ce bureau. Imbéciles. Tous des imbéciles. Ils s'étaient fait écraser par les humains, cela ne suffisait il pas à leur déshonneur?


| On m'a pris mon Empire, on me l'a troqué aux humains contre un semblant de liberté. On a usurpé mon trône et ma place, et on m'a laissé pour mort. |


Je me retourne vers elle, le regards flamboyant et le sourire prédateur.


| Et toi que sais tu donc, ô reine des catins? Comment es tu arrivée à cette place et quelle est elle exactement ? |
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Ven 4 Juil - 23:03

❝ Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. ❞
Augustus & Constance

Une mauvaise nuit. J’aurais du le sentir à la seconde où il fallait que je m’occupe des affaires de Julien, j’en retenais la leçon. Mais à vrai dire, je ne m’attendais pas à voir une tête couronnée ce soir, du moins, pas celle d’Augustus. Je ne tremble pas, je n’arrive pas à ressentir de peur, ne donnais-je donc aucune valeur à ma vie ? Ou ma non-vie, si vous voulez aller sur cette pente là. Il est vrai qu’il serait regrettable de mourir de la main d’Augustus, mais si c’était ce qu’il avait en tête depuis qu’il m’avait vu dans le bureau, je n’avais pas beaucoup de chance. Ne vous méprenez pas dans mes pensées, je n’abandonne pas, je n’ai jamais abandonné, pas même quand Charlies m’avait battue à mort, je suis réaliste, se bercer d’illusions n’est pas dans mon tempérament, et ne l’avais jamais été. Et en l’espace d’une seconde, sa main empoignait mon cou, serrant, et l’étreinte devenait plus que désagréable. Je grimaçais sous la douleur. J’avais fait une erreur, mais que je trouvais tout de même justifié d’une certaine manière. Mais chercher à me justifier auprès de d’Augustus était peine perdu, celui qui ne savait pas ça était un imbécile. Ce qui me fait que je pouvais tenir debout ? Je ne m’étais jamais agenouillée, ni devant homme, ni vampire, ni roi. Fierté ? Orgueil ? On pouvait me le reprocher. Qu’est ce que j’en avais à faire. J’estimais que les courbettes et les ronds jambes tenaient plus de la farce et de la blague, que du véritable respect. Lui dénier son titre, loin de moi cette idée, j’avais été prise au dépourvu, et là était toute mon erreur. Roi Augustus ? Majesté ? Mon roi ? Ca ne sonnait pas faux, mais ça ne sonnât pas habituel dans ma bouche, il me relâcha, m’envoyant contre le rebord du bureau, assez fort pour que je sente une côte se briser. Je me redressais,portant ma main à ma gorge, et je sentais déjà la côte se remettre en place.

Ma douleur disparut rapidement. Et il m’ordonnait de le saluer convenablement. Je devais mesurer mes paroles, je n’avais tout de même pas l’intention de mourir pour un mot de travers. Ce serait tout de même tragique. Traîtresse ? Si le mot me fit tiquer, je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour qu’il m’appelle de cette manière. Je n’avais fait que répondre à son épouse, et conserver ma loyauté pour la Couronne. Rien de plus. Il me tourna le dos. Il reprit, déclarant qu’on lui avait prit son empire, qu’on l’avait troqué contre un semblant de vérité. Qu’on lui avait prit son trône, et laissé pour mort. Cette version de l’histoire me semblait bien différente de ce que l’on avait vécu, je ne pouvais croire que Krystel puisse être capable d’une telle chose. Il devait y avoir une bonne explication, mais Augustus était bien là, sous mes yeux, avec son égo surdimensionné qui prenait les trois quart de la place. Il n’avait pas tort sur certains point. Les vampires n’avaient jamais été aussi faibles, sous la coupe de conventions humaines, même si les dernières règles semblaient aller dans notre sens, nous imposer des humains comme animal de compagnie et l’obligation de les traiter correctement, était trop demander, trop me demander. Je n’avais pas été consulté pour cette décision. Il se retourne vers moi, avec le sourire d’un prédateur sur une proie, assez pour vous faire glacer le sang, pas le mien. Le mien était glacé, incapable de ressentir la moindre peur, une qualité comme le plus grand défaut, sans peur, il n’y avait pas de courage. Je me penchais, m’imposais la révérence qu’on m’avait ordonné mais m’agenouiller, il pourrait me torturer autant qu’il le souhaitait, il n’obtiendrait cela qu’en me brisant les genoux.

  « Mon Roi » déclarais-je

Pour une fois Constance, ferme la, et joue la carte de la subtilité, plutôt que d'essayer de prouver quoi que ce soit. Reines des catins, voilà quelque chose qui avait le don de me faire rire, car son ton, se voulait blessant. C’était ce que j’étais, et je ne m’en étais jamais caché. La pire erreur que l’on puisse faire c’est de sous estimer une catin, une putain, peu importe le nom que vous souhaitez donner à votre partenaire d’un soir. J’étais au moins Reine de quelque chose, ce qui était presque plus que le pouvoir qu’il avait actuellement. Si cette pensée me traversa l’esprit, je fut bien heureuse de ne pas être du genre à sortir tout ce qui me passait par la tête. Il me demandait comment j’étais arrivée ci, et quel était mon rôle. Je devais tout raconter depuis le début, ou faire rapide… J’optais pour la seconde option. Le plus vite, il aurait ses réponses, le moins de temps il passerait ici.

« Suite à votre disparition, les rôles de maître vampire, on été rendu caduques, par décision de la Reine. » commençais-je en me rasseyant sur le rebord de mon bureau. Car c’était le mien dorénavant.  « A la place, le Conseil Sanglant a été crée pour conseiller la Reine dans les décisions concernant le … votre royaume, ici à Glasgow. J’ai donc un siège dans ce conseil. La déchéance de Julien … » Je ne pus retenir un furtif sourire en coin  « … a eu pour conséquence de me coller propriétaire des lieux. La chose est récente. »

S’il me demandait tout cela, c’est qu’il n’était au courant de rien. Krystel devait forcément être au courant du retour de son Roi. Impossible qu’elle ne le soit pas, personne n’avait été prévenu, et je me retrouvais en pâture face grand méchant Loup, ce qui ne me plaisait pas. Pas du tout. Le retour du roi ne devait définitivement pas être dans les plans de notre souveraine. Comment étais-je censé gérer un Roi qui venait de se réveiller dont ne sait où, qui découvrait que son empire, avait été transformé en jeu de diplomatie avec les humains. Oui, en effet, j’imagine que le réveil devait être dur.

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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Lun 7 Juil - 23:21

Je croyais me souvenir de plans élaborés, de parties d'échecs sur plusieurs plans différents mais aussi d'alliances et de trahisons, de complots et de serments. Ma vie entière s'était bâtie sur le mensonge qu'est un empire, sur la civilisation décatie qu'il maintient debout, à bras le corps. Il n'est pas vraiment ce que l'on pourrait appeler un appui honnête ; chaque membre, chaque corps de cet édifice social et politique ne demande qu'à se renverser sur vous pour vous ensevelir. Constance Bellanger faisait partie de ce système. Les vampires étaient comme des requins dont l'odeur du sang les rendait fous ; ils pouvaient tout abandonner pour un bon carnage, et dévoreraient volontiers les leurs pour se satisfaire même de manière éphémère. On ne peut pas parler, forcément, de toutes les tentatives d'usurpation de pouvoir dont j'ai fait l'objet... Grands maîtres, fous et fanatiques, autant de créatures de mon espèce qui avaient fini par perdre la vie en plus de la raison une fois qu'elles passaient sous mon emprise. Quand on me trahit, on ne peut pas s'attendre à la plus petite part de compassion... Et la vampire que j'avais sous les yeux n'était pas suffisamment bête pour l'oublier. A l'heure actuelle, je me fichais complètement des plans que j'avais eu autrefois. Ce qu'il m'avait semblé être une éternité de souffrances indicibles avait été bien pire que mon internement dans un cercueil d'argent, voici plus d'un millénaire de cela. La vampire grimace à cause de la douleur physique que je lui impose en la malmenant durement contre ce qui semble être son nouveau bureau. Je sens des dommages internes en elle, mais elle n'éveille pas plus ma fin que ma rage. Toutes les émotions que je ressens sont déjà tournées vers quelqu'un d'autre. Et ce quelqu'un ne m'attendra pas éternellement... La vampire finit par me lâcher une révérence, m'appelant son Roi. Etait elle seulement sincère ? Je ne croyais pas. Mais j'aimais ça quand même.


Je la toise, souverain, lui faisant comprendre et assimiler sa propre insignifiance.



| C'est mieux. |


Elle encaisse l'insulte, elle fait comme si de rien n'était. Elle a parfaitement compris où était sa place. J'écoute ce qu'elle a à me dire. Et je serre la machoire. Mon système était caduque ? C'était donc ça ? On avait remisé au placard des millénaires d'organisation et de traditions, sur lesquelles s'appuyaient les ressorts de tout l'échafaudage qui devait me mener au pouvoir absolu... Le Conseil Sanglant ? Krystel n'avait toujours rien compris à l'exercice du pouvoir chez les vampires. Admettre avoir besoin de conseils était reconnaître ses propres manquements. Ce n'était pas le lot d'un véritable dirigeant, bien sûr. Les vampires nétaient que des animaux, des bêtes qu'il fallait contrôler. Et j'étais le seul à avoir jamais été en mesure de le faire de manière pérenne.


| Tu as le front d'annoncer à son roi que son Empire est bel et bien mort, et qu'il est entre les mains d'usurpateurs. Pourquoi te donner à toi les manettes d'un appareil militaire, politique et financier ? Tu es maquerelle. Tu gères du sexe et de l'argent. Je ne doute pas de tes compétences à la tête d'une entreprise. Mais à la tête d'une armée ? Qui es tu donc, vampire, pour prétendre à pareille place ? |
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Mar 8 Juil - 14:29

❝ Je n'ai pas d'autre enemi à craindre, que la peur. ❞
Augustus & Constance

Quand Krystel était arrivée à Paris, pour me proposer un siège au Conseil Sanglant, j’avais été honorée, profondément honorée. Un peu concernée par le sort de la France, mais elle avait eu des arguments plus que convaincants. Il est vrai que la France me manquait quelque peu, mais je n’avais pas véritablement d’attachement au Pays, comme une patriote. J’avais vécu toute ma vie aux quatre coins du monde, j’étais française, et parlait le français. Mais je ne me considérais pas vraiment comme française, ce côté nationaliste m’échappait un petit peu. C’était un concept que je considérais comme très humain, donc très loin de ma compréhension, et de mon intérêt. Augustus ne semblait pas apprécié mon explication, voire pas du tout. Je m’attendais à plus de velléités, je devais l’avouer. Le Roi n’était pas quelqu’un qui avait la main légère, comme il me l’avait rappelé il y a quelque minutes de cea. Il me toise, comme pour me faire comprendre que face à lui je n’avais pas grande importance. Ouch, devais-je me sentir blessée ? Il en faudrait beaucoup plus me blesser, Augustus, ce n’était pas un challenge, je n’étais pas dérangée au point de vouloir me faire tabasser par lui.

Je regarde, observe chacune que ses expressions, le moindre tic de visage, qui pourrait m’indiquer dans quelle direction me tourner, et quel obstacles à franchir. Eviter de le mettre dans une colère noire allait être le but de la manoeuvre, tout en restant le plus honnête possible. Après tout, il voulait des réponses, je les lui donner. Et mentir maintenant, c’était ma mort après. Il serra la mâchoire. Il prit la parole. Il me reprocha de lui annoncer la fin d’une ère, la fin de mon empire. Etait-ce ma faute ? Allons, allons, Augustus, vous ne pouvez décemment pas m’accuser de cela. Pourquoi me donner les reines d’une entreprise comme Redsecurity ? A vrai dire, je n’en avais pas la moindre idée. Tout ce qui était lié à Julien, de près ou de loin, m’ennuyait, ou je le méprisais. Mais ça ne voulait pas dire que j’en était incapable. Au contraire. Maquerelle. Oui, il est vrai. Je gère des produits, de la marchandise, je donne des ordres, et on m’écoute. Gérer du sexe et de l’argent, c’était véritablement ce qui avait fait ma fortune, en dehors de l’Art. Qui était-je pour prétendre à une telle place ? J’avais été Maître Vampire, j’avais dirigé pendant plus de 10 ans, des vampires, et des français, imaginez un peu la bataille d’égo dans les salles de réunion ? Devais-je lui faire une liste de mes compétences ? Et n’oublions pas, mon grand succès face à cette meute de Loup, qui tuait sans vergogne les miens. Qui étais-je pour prétendre à cette place ? Constance Antoine Bellanger, et j’estimais presque que ça suffisait.

« Je vous donne les réponses à vos questions. A vous de voir, si votre empire est véritablement mort, comme vous le déclarez. » déclarais-je sur un ton calme, en croisant les jambes. « Je suis, certes, Maquerelle, mon roi, mais n’oubliez pas que vous ne m’avez pas seulement connu comme telle, mais bien comme Maître Vampire. Je ne prétends à rien, mes compétences parlent d’elle même. Préférez vous, que je remette Julien à sa place ?

Je n’avais pas passé ma vie, à me rendre la plus dangereuse possible, et avoir une multitude de facette pour me faire sous estimée de la sorte. Et de plus, la mort d'Arthur, mon sang, m'avait rendu hermétique à beaucoup de choses. Comme la compassion face aux humains, chercher à les comprendre, hypocrites et orgueilleuse espèce, simplement vexée de ne plus être en haut de la chaîne alimentaire.J’avais été Maître Vampire, je ne cherchais pas à impressionné Augustus, je ne faisais qu’énoncer des faits. Rien de plus. Rien de moins. Il voulait des réponses, il en avait. Qu’il ne vienne pas de plaindre.


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MessageSujet: Re: Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]   Mar 15 Juil - 18:09

Un empire rétrograde, redevenu royaume, des catins à la tête des troupes et des gestionnaires à la place des grands maîtres. Mon œuvre s'était pacifiée, avait courbé l'échine plutôt que de rompre. Puisque les vampires n'avaient pas su gagner la guerre, il valait encore mieux qu'ils disparaissent qu'ils vivent dans la honte née de leur incapacité à gouverner leur destin. Si les vampires n'étaient pas assez forts en tant qu'espèce, ils n'avaient tout simplement pas le droit de vivre. Pour arpenter ce monde depuis bien longtemps, je savais que les lois naturelles restaient toujours maîtresses du destin. Les plus faibles sont éliminés. Je me vengerais des traîtres comme des humains, puisque je ne pourrais pas moi même éviter les propres lois de la nature qui me gouvernaient. Peut être trouverais je le secret de mes pouvoirs, et peut être pourrais je créer une nouvelle race de vampires insensibles au soleil et à l'argent, pour devenir l'espèce dominante. Mais les pâles reflets de ma condition qui peuplaient ce monde ne méritaient tout simplement pas d'exister, en tous cas pas comme ils le faisaient actuellement. La vampire en face de moi me toise avec respect mais pas adoration. Elle est folle, comme les humains qui se croient nos égaux. Nous n'avons rien en commun elle et moi, ni même l'importance de sa soif pathétique et de son appétit pour l'argent. Cela ne faisait que renforcer mon point de vue sur la question. Les guerriers et conquérants de jadis étaient morts depuis longtemps, remplacés par des bureaucrates et des administrateurs. Le dernier que j'avais connu était sans doute Nikos, que j'avais fait exécuter pour trahison. Mais lui au moins, était un guerrier. Un homme, qui assumait son ambition. Pas une femme dont le principal mode d'avancement était son argent, ou son entrecuisse.


Je serre le poing lorsque la vampire me dit que c'est à moi de voir la réalité de ce que j'avance. Presque impertinente. Qu'elle dépasse la limite d'un cheveu, et je la démembre. Elle me rappelle son ancien statut, maître vampire. Je ne me rappelle pas. Peu importe. Je pourrais agir ici, mais l'endroit est gardé, sévèrement, et je ne veux pas gaspiller mes cartes inutilement.



| Taisez vous. Je pourrais faire un exemple de vous, pour tous les autres traîtres que l'échelle d'avancement a aveuglé. Mais je n'en ferais rien. Vous passerez un message pour moi, si vous ne voulez pas voir toutes vos catins dévastées, violées et dévorées. Vos places incendiées et les proches, même ceux que vous ne suspectez pas, écorchés. Le message est le suivant. A tous les vampires, que je suis de retour. A votre Reine, qu'elle compte bien ceux qui lui sont proches. |


Je referme inutilement le manteau qui m'habille, et replace tout aussi bien l'écharpe autour de mon cou. Je suis le Roi de ma race et ce soir, je suis aussi un enseignant d'université. La chasse commence. Je n'ai besoin de rien savoir de plus que ce que j'ai déjà appris. Seul le message importait.


| Après cela, dites lui que je vais commencer les soustractions. |


Et de disparaître dans la nuit, provoquant cette fois tous les systèmes d'alarme que je rencontre en un éclair.
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Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre, que la peur. [Livre II - Terminé]
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