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A Feast For Crows [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Dim 27 Avr - 19:53

Les choses se précipitent. Cora et moi allons bientôt nous marier, maintenant. Nous avons su surmonter ses erreurs, et je crois qu'elle a compris qu'elle doit tenir sa langue, que sa vie et la mienne en dépend. Erin et moi avançons aussi, travaillons à oeuvrer toujours plus efficacement en équipe. Mc Borough sait pour moi. Je sens le vent tourner. Krystel et moi avons détruit la nouvelle descendance. Je marche sur un sol détrempé de sang. Mon équipe, reformée de vétérans de mon bataillon des Années Sanglantes, inspecte les lieux. Les sous sols de cette entreprise étaient vastes, et plusieurs tunnels étaient même creusés pour entreposer du matériel. Cette cellule là était bien équipée, et certains se relayaient pour monter la garde de jour. Ils ont entendu les rumeurs, qui disait que la Mort venait prendre les sanguinistes. Ceux là se sont regroupés pour mieux résister, alors que nous en avons assassinés à la pelle dans leur propre domicile. Les humains, bien sûr, ne sont pas dupes. Ils savent que quelque chose se passe chez les vampires. Mais à quoi est dûe cette flambée de violence ? Le sang goutte du plafond, alors qu'un vampire a souillé tout le couloir en rendant l'âme, explosant en un fatras de tripes et de liquide carmin et nauséabond. Mes hommes tout vêtu de noir fouille chaque recoin, braquant leur fusil et la lampe fixée au bout dans chaque infractuosité. Le sang continue de goutter du plafond. Des ombres, des fantômes. On se déplace d'un couloir à l'autre, en vérifiant que l'on a oublié ni rien ni personne derrière nous. Cinq minutes plus tôt, les couloirs s'étaient emplis de hurlements et de coups de feu. Les douilles produisent un petit tintement dans nous les foulons du pied, et lorsque nous ressortons, nous laissons des traces ensanglantées dans notre sillage. C'était le dernier repaire. Alors que nos trois fourgons s'éloignent, nous entendons et ressentons les détonations qui font s'effondrer les sous sols. Ces éboulements marquent la fin des espoirs de victoire des sanguinistes. Plusieurs semaines de traques et de tueries à sens unique viennent de se terminer.


Alors que mon équipe se défait de son équipement, nettoie les armes et compte les munitions, je détaille ma liste à coups de crayons. Il en reste une poignée encore dans la nature, mais tous les lieu connus de Swayne ont été visités et détruits, et seuls ceux qui ont pris le large dès les premières rumeurs sont encore en vie, ainsi que les chanceux qui pour une raison ou une autre n'étaient pas présents aux rassemblements que nous avons quelque peu « chahutés ». Je repasse par le manoir pour y prendre une douche et me défaire de tout mon équipement. Je me sens physiquement fatigué. Abattre les premiers vampires a été le plus dur, car ceux qui montaient la garde en plein jour étaient les plus forts, et même affaiblis ils nous auront donné du fil à retordre. J'évacue toute la tension sous l'eau chaude, et me rhabille ensuite. Comme d'ordinaire. Discret et pratique. Jean d'un bleu nuit, chemise gris foncé, chaussures de ville et veste noire. Je porte une arme, chargée. Il ne me faut guère de temps pour arriver à la planque. J'échange quelques mots avec les deux factionnaires, membre depuis longtemps de mon équipe. Ils s'en grillent une sur le parking, tandis que je leur laisse congès. Je ne prends pas la peine de toquer à la porte, et l'ouvre directement. La vampire est dans l'appartement. Elle jouit de tout le confort possible au vu des circonstances. Je suis venu avec un pack de True Blood dans une main, et une bonne bouteille dans l'autre. Je la trouve dans le salon, et la salue d'un large sourire calculé. Elle doit tourner en rond depuis le temps, mais cette nuit est différente même si elle n'en est qu'à son début.



| Bonsoir, Swayne. J'apporte de bonnes nouvelles avec moi. J'ai visité aujourd'hui le dernier groupe de vos coreligionnaires. Il n'en reste qu'une poignée, et ma partenaire s'occupe de leur traque. Vos informations étaient toutes véridiques. Et essentielles. Je viens donc vous apporter votre récompense... |


Je lui tendais le pack de True Blood. Il n'était pas ce qu'il en avait l'air ; il s'agissait de véritable sang, agrémenté d'anticoagulants. Il fallait les faire chauffer pour trouver leur saveur, mais je n'étais pas venu qu'avec ça.


| Vous ais je manqué? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Dim 27 Avr - 23:05

La limite avait été franchie. La fin de la rébellion, pour me soumettre. M’exposer aux feux du courroux qui pouvait me frapper à n’importe quel moment, sans protection aucune. Me rendre vulnérable et entièrement à la merci de la Reine et de ceux qui la servaient, qui les servaient, elle et la Mort. Malgré la précarité de ma position, j’avais eu à mon actif plusieurs victoires, dernièrement. La première et la plus conséquente : la négociation de ma survie. J’avais encore des incertitudes quant à ce qui m’attendait, des incertitudes conséquentes à n’en pas douter, mais j’avais quand même réussi à m’épargner une mort définitive instantanée. J’étais encore en vie, et je ne pouvais qu’espérer négocier ma survie encore plus longtemps, jusqu’à ce que l’on ne remette plus en cause ma loyauté – ou mon utilité, du moins, même si nul n’était indispensable. Je ne pouvais me reposer sur l’idée que je serai en mesure de me rendre indispensable. J’avais une haute opinion de moi, mais pas au point de me leurrer sur la réalité d’une telle chose ou non. Alors c’était une victoire conséquente mais à double tranchant.

De plus petites, mais bien plus jouissives, l’avaient toutefois accompagnée. Eliminer chacun des autres vampires créés par Charles avait été délicieux. Voir leur haine et leur désir d’en découdre, avant de voir en tout dernier qu’ils renonçaient, et leur peur à quelques secondes du geste fatal qui leur valait la mort… C’était rebutant, mais alors même que leurs fluides vitaux m’aspergeaient, je ne ressentais que la joie carnassière d’avoir eu le dessus sur eux. Ces cafards misérables. Je dépréciais encore la disparition définitive de mon créateur, mais elle était largement compensée par le fait que j’avais pu achever tous ses rejetons. Et Sergueï. Il s’était battu comme un diable, j’avais même été fortement blessée en conséquence, mais lui arracher la tête avait été incroyablement plaisant. Je le voulais depuis tant d’années, et l’attente n’en avait rendu que le moment meilleur. Il n’était pas dans les cibles que j’avais nommées, même si j’avais prévenu Badenov contre lui, mais il s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, pour sa perte et mon plus grand plaisir.

Mais une fois tous mes ‘frères et sœurs’ achevés, j’avais été assignée à résidence, sans sortir un seul instant. Autant dire que j’étais bien souvent irritée, alors que ma patience était grande, mais l’inaction en était venue à bout, d’autant que j’étais contrainte à un régime de Tru Blood insipide et écœurant au point que j’aurai presque préféré me laisser affamée. Si ma survie n’avait pas été plus importante. Je sortais d’une longue douche aussi inutile que faite pour m’occuper et m’apprêtais à prendre une bouteille de ce substitut au sang en sortant du salon, quand la porte s’ouvrit, m’arrêtant dans mon geste. Badenov. Avec un sourire qui sonnait faux sur le visage. Cela faisait un certain temps maintenant que nous ne nous étions pas vus – quoi que cela m’indiffère. Ne pas le voir signifiait que je survivais une nuit de plus, même si j’étais confinée dans un appartement qui, s’il avait tout le confort nécessaire, finissait par être un environnement exaspérant.

« Bonsoir Badenov. Parfait. C’est une bonne chose. » J’étais parfaitement sincère. Non seulement ces vampires m’indifféraient, mais s’ils en restaient encore en vie, il ne faisait aucun doute qu’ils auraient tenté par tous les moyens en leur possession de m’achever, maintenant qu’ils avaient été vendus. Je souris, sans laisser transparaître aucune émotion dans ce dernier, alors qu’il affirmait que mes informations étaient véridiques. « En auriez-vous douté ? » Question purement rhétorique, et ironique. De toute évidence il en avait douté. L’inverse aurait fait de lui un imbécile. Il avait donc douté, tout comme j’avais douté. Tout comme je doutais encore, davantage quand il me dit qu’il m’apportait ma récompense. Quelle forme prendrait-elle ? Me supprimerait-il, maintenant qu’ils avaient obtenu tout ce dont ils avaient besoin ? Je prenais malgré tout le pack, ouvrant une bouteille pour aller la faire chauffer légèrement. Je m’arrêtais dans ma démarche, en sentant l’arôme qui en sortait… Du vrai sang. C’était tout de suite bien plus plaisant. Je le chauffais brièvement, avant de retourner fasse à mon interlocuteur avec. « A la vôtre. » Mon verre était dirigé vers lui, attendant qu’il se serve lui-même. Je souriais à nouveau, en entendant ses propos. S’il m’avait manqué ? Quelle vaste fumisterie. « Je me suis languie de vous chaque nuit depuis la dernière que nous avons passé ensemble. » Si j’avais été humaine, sans nul doute aurais-je exprimé l’absurdité et l’incongruité de la chose en levant les yeux au ciel. Mais je ne l’étais plus. Et rentrer dans son jeu était nettement plus plaisant que de souligner l’irrationalité de ses propos. Je ne comptais pas laisser s’éterniser les choses, toutefois. « Maintenant que vous avez mené à bien ce que vous désiriez, quelle sera la suite ? »

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 28 Avr - 0:44

Swayne me confirme que la fin de ses pions est une bonne chose. J'ai depuis longtemps compris que la vampire, parfaitement vénale et manipulatrice, avait fait en sorte de me faire assassiner sa lignée toute entière dans l'opération. Oh, elle avait participé, bien sûr. Comme si elle défendait ardemment les intérêts de sa Reine, ou qu'elle aie à cœur les intérêts de son espèce. Je n'étais pas dupe. La bete à crocs poursuivait bien des objectifs. Mais la seule loyauté n'en faisait pas partie. Je ne suis pas dupe. J'ai moi même usé de ce genre de stratégies par le passé, pour savoir comment cela se passe chez d'autres personnes encore plus intéressées que j'avais pu l'être. Freyja n'était guidée que par son ambition. Et de ce fait, elle était capable de tout faire, de tout subir, pour autant que cela serve à ses calculs, à son désir de pouvoir et d'ascension sociale. Dans le fond, elle n'avait pas tord. Plus encore que chez les humains, la délation et le mensonge avaient tout à fait leur place dans la pensée vampirique, dans leurs stratégies pour s'élever dans leur société. C'était comme ça. Un champ social où la compétition a plus encore sa place que nulle part ailleurs. Je ne le jugeais pas. Dans une compétition, celui qui est prêt à aller le plus loin remporte la mise. Et j'étais prêt à tuer et à mourir sans discrimination, sans distinction de sentiment ou d'utilité. Ce qui me donnait un certain nombre d'atouts. Swayne n'est pas contente de me voir. Elle calcule, déjà. Ce que je peux lui rapporter en étant vivant plutôt qu'en étant mort.


J'aime ça.


Quelque chose que je peux comprendre, quelque chose que je peux anticiper. Je sais qui elle est, je sais comment elle fonctionne. Je peux sinon la contrôler, la prévoir, l'anticiper. Une bonne chose. Assurémment. Je ne suis pas dupe de son petit manège.



| Bien sûr que j'ai douté. Le cas contraire aurait vu la déception de la Reine quant à mes capacités. Vous même doutez encore de votre survie à cette affaire, n'est ce pas ? Maintenant que la dissidence est privée de chef, de cadres et de soldats, vous n'êtes plus importante. N'est ce pas? |


Petit rappel à l'ordre et simple énonciation des faits. Qu'elle n'exagère son importance ni n'oublie l'essentiel. Nos discussions ne se faisaient pas en termes affectifs, de près ou de loin. La vampire prend les bouteilles de sang que je lui amène. Elle le chauffe et trinque. Je lui rends la pareille, en débouchant ma bouteille de whisky et en agrippant un verre dans un des placards. Le liquide ambré coule dans le verre et j'en appréchie la robe, avant d'entrechoquer mon verre contre sa canette. J'en engloutis une bonne gorgée, fermant les yeux en savourant le goût tourbé d'un si bon crû. Je la regarde en coin, vaguement amusé.


| Vous aurais je fait aussi bonne impression la dernière fois? |


Je me rapproche d'elle, face à face, les yeux dans les yeux.


| La suite ? Le sang, bien sûr. Des torrents de sang. Mais ni le vôtre ni le mien. |



Je finis mon verre d'une traite, avant de m'en resservir un. Ressentir et faire preuve de confiance en présence de Swayne n'était pas la même chose, et j'en usais plus que de raison. Il était temps aussi que je paraisse moins dangereux que je l'étais, tout en restant cohérent avec le personnage que je me forgeais auprès d'elle.


| Cora est quantité négligeable et jamais vous n'aurez Erin. A quoi me servez vous encore? |


Encore et toujours, un test.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 28 Avr - 23:18

J’étais sur la paroi d’une montagne escarpée, sur laquelle j’étais montée, puis descendue, et sur laquelle j’espérais remonter rapidement, pour parvenir au sommet – à mon sommet. Mais le moindre faux pas aurait pu me valoir de tomber et me briser le cou, ou pire, de m’empaler sur le chemin, et de définitivement perdre la vie. De mon attention et ma prudence dépendaient ma survie, et nulle métaphore n’aurait pu être plus appropriée que celle-ci. Si ma perte devait survenir, quand bien même une force extérieure interviendrait, j’en serai la principale instigatrice, quoi qu’involontaire. Mais je n’étais pas une grimpeuse amatrice, j’étais protégée, dans une certaine mesure. J’avais assuré mes prises, et mes mousquetons. Je n’étais seulement pas à l’abri de sabotage. Mais j’étais sur mes gardes, tout le temps, en permanence. La notion de répit avait été inventée pour les faibles et pour les simples d’esprit. Je n’étais ni l’un ni l’autre. C’est d’ailleurs pourquoi je ne me sentais pas à tort en confiance, alors que Badenov pénétrait dans l’appartement pour me signaler la fin de la traque. J’avais beau être orgueilleuse et avoir confiance en mes capacités, je n’étais pas présomptueuse et ne présumais pas de ma capacité à déjouer tous les pièges. Alors je m’efforçais de les anticiper au mieux, pour pouvoir limiter leur pouvoir – s’il était possible de le faire. Et Badenov pouvait être à lui seul un piège, un piège particulièrement redoutable.

Evidemment, qu’il avait douté et que je persistais moi dans cette attitude. Comment aurais-je pu me targuer d’agir différemment ? Si je ne l’avais pas fait, je n’aurai pas eu la moitié de ma valeur. Peut-être même pas le quart. Une dissidente, qui reposait sur ses lauriers, et n’anticipait même pas les menaces qui pouvaient être tentées contre elle ? Une sotte, ni plus ni moins. Comme tous les Sanguinistes qui n’avaient pas fuit et n’avaient pas cessé leurs frasques, quand la rumeur de leur extermination s’était répandue. Des imbéciles, trop sûrs d’eux, et pas à même de surveiller leurs arrières. Mais des imbéciles qui ne manqueraient à personne. Ou s’ils manquaient à quelqu’un, ça m’indifférait.

« Vous savez aussi bien que moi que la confiance que je place en vous est toute relative, et que je ne peux que la remettre en cause en l’instant, alors que toute l’organisation est tombée. Dissoute dans sa totalité, excepté ma personne. Alors je m’avèrerai écervelée et peu méritante de ma survie, si je ne doutais pas. »

Une évocation dénuée de tout sous-entendu sur mon utilité. Ce n’était que la vérité, ni plus ni moins. Je portais le verre que j’avais rempli du contenu d’une des canettes à mes lèvres, avec grâce après que nous ayons trinqués, attendant donc sa prochaine intervention. Inutile que je cherche à défendre ma cause pour l’instant. Je devais attendre de voir ce qu’il avait à me dire, et aviser en conséquence. Ne pas griller mes cartes trop rapidement, surtout. Je souris légèrement plus sincèrement, en l’entendant me questionner sur l’impression qu’il m’avait laissée. Tout dépendait sur quels plans nous nous placions. Mais il ne m’était pas indifférent, surtout pour sa façon de fonctionner, qui était assez surprenante.

Je ne me reculais ni ne cillais, alors qu’il s’approchait, plongeant les siens dans les miens. Qu’allait-il donc me dire, qui pouvait nécessiter un tel rapprochement – ou le pousser à le rechercher, du moins ? Du sang, à flots. Qui ne provenait d’aucun de nous. Il avait attisé ma curiosité, en une simple et courte succession de phrases succinctes. Je n’en disais rien, et attendais. Je ne réagissais même pas à sa façon d’agir, de se mettre à portée de mon arme la plus redoutable : mes canines. Je buvais une nouvelle gorgée de ce sang, la savourant, prenant le temps. Le premier verre de sang humain, depuis bien longtemps. Délicieux. « Si elle était si négligeable que vous le dites, vous auriez mis fin à ses jours à présent, suite au fait qu’elle vous a vendu, ainsi qu’Erin. Vous n’auriez pas été clément, et n’en parleriez pas au présent. Et n’allez pas me faire croire que le Règne de sa Majesté ne repose que sur la clémence envers quiconque – je ne vous croirais pas. Quant à Erin, si j’avais voulu m’attaquer à elle, je l’aurai fait bien avant. Et je ne vous aurai certainement pas averti du fait que j’ai démasqué son identité. »

Un certain silence, parfaitement contrôlé, s’installa, alors que je faisais mine de réfléchir à la réponse que j’allais lui apporter. « Je vous sers pour le rôle que vous voudrez me confier. Vous avez pu constater mes aptitudes, tant de survie qu’au combat, cette première durant les années sanglantes et maintenant, ce dernier durant la guerre des espèces qui a ravagé l’écosse, mais aussi ma clairvoyance, ma vivacité et ma capacité à tirer mon épine du jeu. Tout ceci n’est pas sans atout. Quant à ce à quoi vous pouvez l’employer… Ce n’est guère à moi de vous le dire. Vous souhaitez une preuve de ma potentielle valeur ? Très bien. Vous connaissez le moindre de mes faits et gestes, depuis que je suis retenue captive ici. Vous savez qu’en dehors des expéditions punitives, je ne suis sortie qu’à une seule reprise, pour voir le Général Guillemaud. Vous savez ce qu’il a cherché à voir, mais savez-vous ce que j’ai pu déceler ? Sa défaveur. Son manque de connaissance, la diligence à laquelle il m’a libéré… Il n’est pas, plus peut-être, dans les petits papiers de ses supérieurs et des instances dirigeantes, comme l’on pourrait s’y attendre d’un Général. Ce que ça signifie ? J’étais pieds et poings liés, je n’ai pu l’établir. Libre et à votre service, ce que je pourrais être amenée à savoir, déduire, deviner… A vous de voir si vous y gagnez. »

Je ne savais rien de la situation actuelle de Guillemaud, de si sa défaveur avait pris un autre tournant, je ne savais que ce que j’avais pu observer en un tête à tête d’une dizaine de minutes, une vingtaine tout au plus. Badenov voudrait-il avoir l’usage de cela ? Je ne pouvais le savoir. Mais c’était là la seule chose que j’avais à lui avancer en l’instant. Je ne m’attardais toutefois pas dessus. « Mais dites m’en plus sur ce sang amené à couler. »

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mar 29 Avr - 22:16

Je ne savais pas, je n'avais pas les moyens de savoir, si un jour les choses s'apaiseraient entre Swayne et moi, et que nous soyons capables de faire autre chose que de se méfier l'un de l'autre. Probablement jamais. Et ce n'était pas un mal tant que nous étions en mesure de surmonter cet état de fait pour continuer de renverser tous les obstacles communs à nos chemins respectifs. La prudence est mère de vertu, tant qu'elle ne se confond pas avec la lâcheté. Fort heureusement, ni Swayne ni moi n'avions ce défaut, et il devenait dès lors difficile d'imaginer que notre relation puisse prendre un autre tournant que ce qu'elle était déjà. Une alliance de circonstances entre deux êtres calculateurs, qui trouvaient un intérêt à oeuvrer de concert tant que le calcul coût/avantage était en notre faveur. J'avais tendance à estimer que ce ratio, ce calcul, ne serait abouti que par celui qui serait à même d'y inclure le plus de variables possibles et imaginables. Tout prévoir, tout calcule, même l'imprévisible et l'incalculable. Exercice difficile qui précipite tant de fins... Probablement la nôtre aussi, à plus ou moins brève échéance. Mais cet état de fait m'indiffère également. Cela fait longtemps que j'ai retiré de l'équation de mon existence la nécessité première de ma propre survie. Ce qui dans certains cas me procure un avantage, une courte avance capable de me faire gagner des points dans certaines circonstances spécifiques. Ce ne serait pas le cas ici. Ici, la prise de risques était minime. Swayne en avait conscience, sinon je ne l'aurais sans doute pas gardée aussi longtemps. A moins que le but que je poursuivais était justement de la perdre dans ce que je prévoyais ? Futile divertissement qui pouvait me faire rater l'opportunité. Je ne me laissais détourner de mes objectifs... La vampire ne semble pas s'émouvoir du rapport de la fin de tous ceux qu'elle avait guidés contre la Reine, ce qui renforce mon impression que tout ceci ne fait partie que d'un plan plus vaste. Je décidais d'instiller toujours un peu plus de menace, et donc de contrôle, au dessus de la tête de la vampire. Avec doigté...


| Vous avez raison de douter. Mon calcul vous concernant ne m'a pas valu les suffrages de tous les dirigeants du Royaume de la Nuit. Certains étaient pour vous exécuter avant même de s'attaquer à votre secte pour faire de vous un sanglant exemple. D'autres voulaient vous massacrer une fois le travail fini – à cet instant précis, en fait -, toujours pour l'exemple et par confort. D'autres, enfin, ont emporté la décision, et vous laissent ce qu'on pourrait appeler le « bénéfice du doute ». La Reine s'est rangée à cet avis. Mais ce ne fut guère chose aisée. |


Elle aura parfaitement conclu, malgré les mensonges directs et indirects, vérités et semi vérités, dont javais abreuvé mon propos, qu'elle était toujours sur la sellette, une épée de Damoclès au dessus de la tête. Et qu'au moindre revers, la monarchie qui avait si difficilement sauvé sa tête, pouvait venir lui prendre une bonne fois pour toutes. Je vois la curiosité dans son regard. Je suis prêt à jouer quelques cartes. Et tester, bien évidemment. C'est ce que je fais le mieux, à part dispenser mort et tourments. La belle savoure le sang que je lui apporte. Je lui lance un sourire franc. Ou qui se veut l'être. Allez chercher.


| Cora est négligeable car elle ne sait apprendre et retenir de ses erreurs. Elle reste à jamais prisonnière de ce qu'elle a jadis été. Non, vous avez raison. Négligeable n'est pas le bon mot. Elle est une déception tout à fait personnelle ; je l'ai modelée à mon image. La Reine pensait qu'elle et moi pourrions nous unir en récompense de nos services, vu que nous partageons une relation depuis longtemps. Mais Cora a déçu ces espoirs, et son avenir est en suspend. Quant à Erin, j'aurais pu payer pour vous voir essayer... |


Si la vampire est dangereuse, l'espionne l'est également. Je l'ai vue dévaster des bâtiments entiers remplis d'humains ou de créatures surnaturelles, ne laissant derrière elle que douilles et rivières de sang. Pas une égratignure, pas la moindre trace. Erin pourrait être plus forte que moi, avec un peu d'expérience en plus. Mais elle est déjà redoutable et dévastatrice. Quant à Cora... Là encore, à quoi se chiffrait mon honnêteté et mes mensonges ? Pour être honnête, ce que je ne serais pas avec Swayne, je dirais que je ne savais rien, que je ne savais plus. Cora représentait tout ce que j'avais toujours voulu... Dans le passé. Aujourd'hui, je ne nourrissais plus de désir à proprement parler, plus d'espérances. Swayne répond sans détour à ma menace. Elle reconnaît elle même qu'elle n'a plus d'utilité en tant que source d'informations mais, mais qu'elle en a toujours en tant qu'agent. Elle avait donc noté les problèmes de notre très cher général... Et sa curiosité reprend le dessus.


| Les menaces sont nombreuses pour l'Empire que bâtissent mes maîtres. Internes comme externes. Guillemaud, sans représenter à proprement parler une menace... Incarnait une espèce de danger. Certaines de ses activités, illégales, fragilisent l'édifice. Quant au sang qui va couler... |


Je termine mon verre, et m'en ressers un que j'engloutis aussi sec que le précédent. L'alcool réchauffe mes tripes.


| Nous nous apprêtons à retourner contre l'Humanité les propres armes sur lesquelles celle ci s'est appuyée pour ramener à la paix. Humains et vampires seront bientôt plus proches que jamais. Plus...Egaux. Je sais que cette idée vous plait déjà. |


Je prends la télécommande de la télévision et l'allume, montant le son assez fort. La planque est sûre. Mais je suis prudent, et nous sommes peut être écoutés. Je reviens vers la vampire, m'arrête juste devant elle et me tend vers son oreille en passant ma main opposée sur sa nuque, pour l'encourager à ce que je lui confie un nouveau secret.





Mensonge et vérité... Ou test?


[HJ inutile de te préciser que le hide reste entre nous, je veux pas que tu me colles une réputation... ]

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Jeu 1 Mai - 12:56

Badenov et moi étions deux forces, si différentes et pourtant complémentaires. Inflexibles, et destructrices. Alliés, nous pourrions accomplir de grandes choses, si tant est que nous conservions un but commun. Ennemis… La confrontation n’en serait que plus dévastatrice. Aucun d’entre nous n’avait le moindre intérêt à endormir la méfiance mutuelle que nous avions l’un envers l’autre. Composer avec sans perdre de vue notre objectif personnel… C’était la seule option qui s’offrait à moi actuellement. Quand bien même je ne perçais que partiellement le mode de fonctionnement de la Mort et les buts qu’il poursuivait. Ca ne serait pas tâche aisée que de le percer à jour, et ça ne se ferait que progressivement et très lentement, si je pouvais être amenée à le faire un jour. Pour le fantôme qu’il était, se protéger et se dissimuler était comme une seconde peau. Mais ça tombait bien, j’excellais à ce jeu là. Mais avant de tenter de comprendre Badenov et ce curieux lien qui le liait à la Reine, je me devais de le sonder quant à ma survie. De toute évidence, elle n’était qu’incertaine, et serait sans cesse soumise à évaluation. Jamais je n’aurai cru au contraire s’il m’avait été évoqué – ils me tenaient en leur pouvoir, tant que je n’étais pas assurée d’être hors de danger, c’était une évidence. Serais-je pourtant un jour hors de danger ? Certainement pas. La menace pèserait, nuit après nuit, pour tenter de me dissuader de sortir du rang et du rôle que l’on me donnait. J’en aurai mis mes canines à limer. Ses propos me le confirmaient d’ailleurs. On désirait mon exécution, avant, et peut-être même encore maintenant ? Quelle surprise. Je laissais un sourire ironique flotter sur mes lèvres.

« Quel choc de vous entendre, moi qui m’attendais à gagner haut la main le concours de popularité de la vampire écossaise la plus fidèle et à être nommée Miss Vampire 2017… Je le fixais droit dans les yeux, sans plus aucun sourire, mettant fin au sarcasme. Le message est reçu – était déjà reçu. J’ose croire que nos dirigeants, mes dirigeants, ne sont pas stupides au point de ne pas considérer de mettre fin à celle qui était à la tête d’une dissidence. Advienne que pourra, quant à la suite. » Quant à notre collaboration future. Je retenais ses mots. Ils n’étaient pas ce qu’il souhaitait entendre, à n’en pas douter. Ils n’étaient pas non plus l’expression de la réalité : nous ne collaborions pas, pas réellement. Je devais me soumettre, on n’attendait ni plus ni moins de moi. Et j’avais tacitement accepté cet état de fait, en vendant les Sanguinistes, participant à leur dissolution sanglante, et restant consignée dans cet appartement. C’était un fait, plus que cela même, une vérité. D’aucun aurait pu vous dire que, dans les conditions actuelles, je n’avais pas le choix. Mais on l’avait toujours, et il va de soi que j’aurai pu continuer, jusqu’à hisser les Sanguinistes au sommet. Peut-être même jusqu’à renverser la Reine – mais ça n’avait jamais été mon but. C’était un appel à se réveiller et à cesser de subir les insultes que les humains nous faisaient en voulant d’une certaine manière nous asservir, non pas une tentative de prendre sa place. Je n’avais jamais été une femme visible, et cela me convenait parfaitement. La marge de manœuvre dans l’ombre, non perverties par cette image publique qui doit être millimétrée, me convenait beaucoup mieux. J’avais longtemps vécu de cette manière, tant quand j’étais humaine et une jeune fille à marier – quoi que mes souvenirs de cette époque sont vagues -, que quand je suis devenue femme, puis femme déchue. Être une vampire avait été l’apogée de cela.

Je suivais parfaitement la conversation, et recentrais mon attention entièrement sur Badenov dès lors qu’il reprit la parole. Je n’en montrais rien, mais ses propos sur Cora me laissaient amplement satisfaite. De toute évidence, négligeable n’était pas le mot. J’en étais certaine, et s’il avait commencé par démentir ce que je lui avais affirmé, il avait du se ranger à la raison. « Vous sous-estimez bien trop les émotions humaines – Cora en est une, et seulement cela. Elle est guidée par cet attachement qu’elle cultive pour vous. Vous pourrez bien lui apprendre tout ce que vous souhaitez et la modeler à loisirs, ses faiblesses resteront les mêmes tant que vous ne la brisez pas et ne brisez pas son attachement pour vous… » Un reste d’expérience ? Fort probable. Je n’avais pas perdu ma compassion et mon humanité en 1905, quand j’étais devenue vampire. Non, je l’avais perdue bien avant, quand on m’avait laissée à ma déchéance… Quand on est au plus bas, on ne peut que remonter… ou mourir. Je ne connaissais rien de Cora, mais son attachement lui vaudrait de nouvelles déconvenues comme celle qu’elle devait vivre, j’en étais persuadée. Pourquoi donc disais-je cela à Badenov ? Pourquoi avais-je accepté d’entrainer Cora ? Peut-être me rappelait-elle celle que j’étais, un siècle auparavant. Je ne me posais pas réellement la question.

Une lueur de défi passa dans mes yeux, alors qu’il me dit qu’il aurait pu payer pour me voir m’attaquer à Erin. En soit, je ne m’estimais pas capable de la mettre à terre aisément – elle devait être entrainée et surentrainée. Tout comme je l’étais, cela dit. Ce serait, à n’en pas douter, une redoutable adversaire, et me confronter à elle serait très plaisant. Mais ça n’était pas à l’ordre du jour, et ne le serait probablement jamais. A moins de réellement m’opposer à elle, jamais nous ne nous battrions. J’aurai pu avoir cette requête… Il aurait été stupide de me l’accorder pour autant. Le faire aurait aussi signifié me permettre d’analyser ses méthodes de combat, et sa façon d’agir. Et d’anticiper, si un jour futur elle devait réellement mettre fin à ma non vie… Peut-être devais-je demander, finalement.

Je gardais le silence, en l’entendant parler de Guillemaud. Ainsi, j’avais vu juste. Quelle était l’étendue de ses manquements ? Je n’en saurai probablement rien. Je notais toutefois le passé employé par l’humain en face de moi. Incarnait ? A-t-il été destitué ? Je me reculais, m’appuyant sur le dos du canapé. « Incarnait ? Le Général n’est-il plus Général ? » Allait-il, ou avait-il peut-être même déjà, subi la mort véritable ? Ou être puni ? Il m’en dirait plus, s’il le souhaitait… Je n’étais déjà pas certaine qu’il répondrait à ma première question. Mon esprit s’en détourna aussitôt, focalisé sur le sang à venir. Quelques phrases à peine, mais mon attention est pleinement focalisée sur lui. Mon intérêt titillé. Retourner les armes de l’Humanité contre elle… Discours fort plaisant jusque là, teinté de suspicion – humains et vampires, égaux ? Pour peu, j’en aurai rit. Mais je suis persuadée qu’il ne dit pas cela au hasard, de même qu’il n’avance pas que cette idée me soit plaisante pour rien. Il a bien entendu les revendications des Sanguinistes, lorsqu’il a assisté à notre rituel… Je suis persuadée qu’il n’en a rien oublié.

Alors j’attends, intriguée et désireuse d’en savoir davantage. Mon intérêt est décuplé, alors qu’il se lève pour allumer la télévision tout en augmentant conséquemment le volume. Le son me parvient distinctement, trop distinctement. Je me tends imperceptiblement alors qu’il s’approche – il peut aisément, sous prétexte d’une confidence, quoi que tout laisse à penser que ça soit réellement le cas, rendre indispensable cette proximité, pour mieux me mettre un pieu dans le cœur. Et pourtant…

Pourtant, il n’en fait rien. J’écoute attentivement, sans ne perdre un seul mot de son discours. Percevant chaque inflexion, chaque changement même minime dans sa voix, m’y essayant tout du moins, désireuse de déceler la moindre parcelle de mensonge qu’il distillerait au milieu d’une certaine vérité.



Les jeux sont faits. Et les règles du jeux sont à créer.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 2 Mai - 0:10

On avance. Encore et toujours. La politique chez les vampires ressemble à une guerre de position. Retranchement après retranchement, on repousse l'ennemi. On essaie de percer ses lignes, pour se retourner sur ses arrières et le détruire. Freyja Swayne a été la porte qui m'a ouvert la tranchée adverse, et l'offensive m'a permis de massacrer l'ennemi et de le porter à la ruine. Il n'est plus une force combattante ; ses survivants épars perdront bien trop de temps à s'organiser pour survivre pour être un quelconque danger dans l'immédiat. A moins qu'il en reste. De toute manière peu importe. Le corps à corps se poursuit, et nous avons encore pas mal de noms à rayer sur notre liste avec Erin. Et beaucoup de munitions en dotation. Le problème sera réglé une bonne fois pour toutes sous peu ; et Freyja ne sera jamais qu'une tourne casaque de plus dans un univers sombre et enténébré qui en contient déjà des cohortes entières. Ce n'est pas chose facile pourtant, de remporter la victoire. Et le fait gagner une guerre ne se suffit pas à lui seul, il convient dans tous les cas de pouvoir assurer la paix derrière. Et c'était là bien sûr que les choses se corsaient car vampires et paix étaient deux mots antagonistes, puisque leur existence ne se joue que dans la mort, la leur ou celle d'autrui. La mort véritable est pour eux une épée de Damoclès, qui ne suffit pourtant pas à les tenir éloignés très longtemps de leurs ambitions. J'ai bien conscience de chercher le moyen ultime pour assurer une domination pleine et entière sur Swayne, mais je sais aussi qu'elle a profité de se retrouver dérrière les lignes pour réfléchir à un moyen analogue. Aucune confiance ne sera accordée. Et pourtant, nous allons oeuvrer ensemble, et partager plus que beaucoup de gens ne partageront jamais avec leurs proches. Son sourire n'a rien de rassurant, et pas grand chose d'honnête non plus. Elle se fait ironique, et je laisse couler. J'hochais cependant la tête.


| Accepter l'éventualité de sa mort est une étape difficile mais nécessaire pour s'accomplir réellement. Vous et moi allons faire de grandes choses, en continuant sur cette voie. Nous avons déjà commencé. |


Des grandes choses au nom de la Reine Krystel, première du nom et seconde de sa lignée, la déesse qui foule ce monde et la seule à même de le posséder dans la paix. Augustus, lui, ne connaissait que la guerre. Plus de flexibilité est invariablement nécessaire lorsqu'on désire survivre, et le Roi l'a appris à ses cruels dépends. Et moi avec, par fidélité envers ma suzeraine. Je ne savais pas quel enseignement tirerait Swayne des mensonges et des vérités que je lui avais fait avaler concernant Cora. Pensait elle que j'ignorais comment m'y prendre ? J'avais subi moi même pareil traitement. Mais Cora ne serait jamais capable de l'endurer. Elle avait déjà démontré bien plus de force que je n'en aurais espéré, en bravant son entraînement à devenir elle aussi un agent de sa Reine en plus de fréquenter son boudoir. Je souris, pourtant, à ses paroles ; Swayne apprend, même si elle n'en a pas forcément conscience. Elle a saisi quelque chose de bien plus essentiel que la mortalité de Cora.


| Vous ne me considérez donc pas comme un humain ? Je ne sais pas si je dois en être honoré ou flatté. |


Demande d'explication. Je veux connaître sa position et son raisonnement, pour mieux la contrôler par cette connaissance et par les autres. Je note la lueur de défi qu'il y a dans le regard de Swayne quand nous parlons d'Erin. Un vampire est un prédateur et plus que tout, un prédateur orgueilleux. Elle aimerait probablement éprouver sa force et sa vitesse contre l'humaine, ce qui signifie aussi qu'elle aimerait se tester contre votre serviteur... mais cela n'avait pas d'importance, que je ressorte ou non vainqueur de la confrontation. Il y avait plus important à voir pour le moment que de misérables jeux puérils, à vouloir savoir qui avait la plus grande. La vampire garde le silence lorsque j'évoque guillemaud. Elle enregistre, à coup sûr, la moindre chose que je lui dis. Le plus important c'est de m'assurer d'aller ni trop vite ni trop loin. Je ne ferais jamais l'erreur de sous estimer le général et il aurait l'intelligence de recruter pour lui même... Et je n'étais pas naïf. La belle aurait beaucoup aussi à gagner en offrant ses services à Guillemaud. Pourvu que celui ci passe au travers du procès qui va bientôt lui tomber dessus... je donne mes informations avec parcimonie.


| Disons que le général doit faire face aux conséquences d'actes illégaux d'une extrême gravité, et le Conseil Sanglant va devoir statuer sur son sort. |


Un bel exemple de général corrompu qui se sert de sa position pour ses propres objectifs. L'avantage bien sûr, c'est que du coup son mariage avec Jana est en sursis pour le moment, et je ne demandais rien de plus qu'un peu de temps. Guillemaud a fait traîner beaucoup de merde derrière lui. Il est plus que temps de remonter la piste de ses activités nauséabondes. La belle écoute de nouveau les confidences que je lui fais, me demandant ce que j'attends d'elle. Je me ressers un verre, que je hume avant d'en prendre une bonne rasade.


| Ce que je vous propose, c'est un partenariat. Vous êtes une bonne espionne. Mon unité a des effectifs encore réduits, mais notre nombre grandit peu à peu. Ce qui pose problème c'est la fiabilité des informations. Nous n'avons plus de généraux pour nous faire remonter ce qu'il se passe dans les bas fonds, et nous n'avons pas d'idée précise sur ce que les humains nous préparent. Parce qu'ils préparent quelque chose, c'est évident. Ils viennent d'entériner officieusement de nouveaux accords, négociés par la Reine et sa fille en personne. Contre aucune contrepartie tangible, sinon du temps. Du temps pour quoi ? |


Je bois à nouveau, et m'asseois dans le canapé de la grande pièce. Je lance un regard amusé à la vampire.


| La PES avance sur de nombreuses enquêtes. Et notamment sur une qui m'implique directement. Le directeur veut ma mort. Mais vous, vous ne voulez certainement pas que je meure, n'est ce pas? |


Bien évidemment que non, puisque je suis la seule personne qui la sépare de l'exécution sommaire.


| Que voulez vous, et que pouvez vous faire pour moi, Freyja? Pour notre cause ? |


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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Sam 3 Mai - 23:57

Accepter l’éventualité de sa mort ? Dois-je prendre cela pour une énième menace, une mise en garde quelconque ? Peu importait. Le sens de ses propos me parviendrait, peut-être, plus tard… De toute évidence, je n’étais pas partisane de sa maxime pour l’instant – probablement jamais. Rien ne prévalait à ma survie. Je me gardais bien de le lui dire toutefois – il avait du tirer cette conclusion de lui-même, alors que je me retournais contre les Sanguinistes et me rangeais à ses côtés. Il ne saurait probablement jamais à quel point – même si le désir de vivre pouvait être un moteur puissant pour tous. Les alliés les plus fiables étaient ce que l’on pouvait motiver par la perspective de prendre leur vie ou celles de leurs proches. Cette menace là, au moins, ne peut m’atteindre : je n’ai nul proche que j’estime au point de me soucier de la survie. Nul proche en qui j’ai confiance à ce point. S’ils me trahissaient, je précipiterais moi-même leur fin. Mais ce manque de scrupules ou de limites, Badenov devait le savoir aussi : n’avais-je pas assassiné les autres créations indignes de Charles, n’avais-je pas réussi à vaincre l’aversion que m’inspirait la mort définitive de mon créateur pour ma propre survie ? Oh, il n’en mesurait peut-être pas l’entièreté. Il n’en mesurerait jamais l’entièreté, à moins de devenir un être tel que moi, avec ses capacités et ses limites. Mais peu importait réellement. Le reste de sa phrase, nettement plus engageant, en revanche…

« Et je ne doute pas que nous puissions aller loin, en nous alliant pour Sa Majesté. »

Je n’avais pas oublié ses propos – je ne devais pas décider d’être fidèle à la Reine, c’était inhérent à ma nature que d’obéir à Ma Souveraine… ou je rencontrerais la mort définitive. On y revenait. Elle gouvernait toute ma vie nocturne, et le ferait tant qu’elle durerait. Mais cette menace était en suspend pour le moment, neutre, désamorcée. Si est tant que j’étais en mesure de la maintenir en l’état et même de faire que sa force s’étiole, tout irait pour le mieux. Mais je devais surtout apprendre à faire avec, et à ne pas craindre constamment cela. Peut-être appréhendais-je partie des propos de Badenov, au final. J’écrasais tant ma paranoïa depuis presque un mois, qu’elle me devenait presque étrangère et que ma mort devenait presque une finalité… presque, mais pas réellement. Et céder à cette possibilité signifierait me rendre inutile une fois pour toute. Non, décidément, je ne pouvais concevoir cela. Je relevais mon regard vers lui, le fixant sans laissant transparaitre la moindre émotion – dans mes yeux comme sur mon visage, mais aussi dans ma gestuelle. Il ne saurait pas la façon que j’avais de le considérer, ne saurait pas mon désir d’en apprendre plus. Je ne lui avais pas dit ne pas le considérer comme un humain, il extrapolait, et je ne le confirmerai pas. « Ne vous considérez pas comme un humain ? » Lui retourner ses mots, pour ne rien dire de ce qu’il en était pour moi. Une méthode vieille comme le monde, mais qui pouvait faire ses preuves. Si l’on était en face d’un esprit suffisamment pauvre ou suffisamment peu aguerri pour mordre à l’hameçon. Je doutais qu’il en soit ainsi avec mon interlocuteur.

Ma concentration était optimale, alors que j’écoutais ce qu’il avait à me répondre concernant Guillemaud. Il était trop vague pour que je puisse croire au mensonge… Si le Conseil Sanglant devait statuer à ce sujet, cela se saurait parmi les vampires. Il devait se douter que je serai en mesure de vérifier si je le souhaitais réellement. « Des actes illégaux d’une extrême gravité, dites-vous ? Comme s’allier avec des loups, et comploter dans un but qui vous était inconnu, dans le dos de la Reine ? Ou en souhaitant questionner, et torturer de toute évidence, les Sanguinistes ? » Je bluffais, tout en étant persuadée que j’avais raison, pour la première partie. Mais j’étais intimement persuadée d’avoir raison, même si je manquais de preuves. Qu’il ait eu des informations de quelqu’un mieux placé que moi, et que je n’aurai jamais eues, voulait tout dire – à mes yeux, du moins. Cela ne changeait rien au fait que j’essaye de prétendre en savoir plus que dans la réalité, afin d’en apprendre plus.

Je le regardais humer le liquide ambré. Si ma nouvelle nature ne me permettait pas de l’apprécier pleinement, il m’arrivait d’en boire une gorgée, exceptionnellement. J’en avais pris le goût, lorsque j’étais encore humaine. Et même si je le percevais différemment, je dégustais encore ses arômes agréables, de temps en temps. En quantité minime, pour ne pas me retrouver malade. Un jour, peut-être, à force d’en avaler de petites quantités, serais-je immunisé de son côté poison. Si je m’y essayais. Ca n’était guère important, cependant. Recentrant mon entière attention sur l’humain, je réfléchissais. Essayais de comprendre. Il était mystérieux, et ses propos n’avaient que peu de sens.

« Le Général était-il pour autant à même de vous transmettre réellement ce qu’il se passait dans les bas fonds ? Une simple question, une simple constatation, peut-être. Mais j’en doutais sincèrement. Il était bien trop occupé à faire des manigances sur tous les fronts, pour réellement se soucier de tout cela – je ne faisais là qu’une supposition, mais il était sur les loups-garous, sur les sanguinistes, je le savais maintenant, et ne s’était surement pas arrêté là. Si ça avait été le cas, il n’aurait pas été amené à être jugé par le Conseil Sanglant, si ? En tout cas, vous reconnaissez tout comme lui mes capacités à obtenir des informations… » Une nouvelle constatation – bien moins neutre toutefois. Sous-entendre que Guillemaud m’avait approchée pouvait signifier bien des choses. Je ne lui étais et ne lui serais pas fidèle – ses méthodes n’étaient pas les miennes. Il passait pour un couard à mes yeux, se réfugiant derrière sa position pour ne prendre aucun risque et ordonner aux autres de les prendre à sa place, en ajoutant qu’ils n’auraient aucun soutien s’ils échouaient, pour passer pour blanc comme neige. Il n’assumait rien. Mais il pouvait s’être constitué une poignée de fidèles. Allez savoir.

« N’est-ce pas un adage pour vous, que d’entendre que quelqu’un veut votre mort ? Mais c’est une finalité qu’il peut être bon de déjouer, en effet. Quoi que, si j’en retiens ce que vous venez de me dire, vous vous êtes familiarisé avec cette idée. » Un brin de sarcasme, peut-être, à peine décelable tout le fois. La nuance dans ma voix est minime, et il est probable qu’il ne la saisisse pas. « Je peux faire de nombreuses choses. Découvrir ce qui veut être dissimulé, entendre ce qui doit être tu, forcer les confidences en douceur sans que personne ne se doute de rien, ressentir ce qui ne peut être ressenti… J’ai de nombreux atouts à mettre à votre service, tout dépend de ce qu’il est nécessaire que je fasse. » Il ne comprendrait sans nul doute pas ce que je pouvais entendre par ressentir ce qui ne pouvait l’être : nul ne savait que je percevais les flux magiques, et pouvais cibler la personne qui en faisait l’usage, ainsi que sa nature. Percevoir les semi démons, les loups, les métamorphes… Cela me procurerait un avantage indéniable. Mais je ne me risquerais guère à en dire davantage sans en savoir davantage.

|HJ| J'espère que ça t'ira, je trouve mon RP un peu chelou ^^'

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 5 Mai - 21:17

Il me semble justement que j'ai mis le doigt sur la principale différence entre Swayne et moi. Son attitude le prouve, elle est envers et contre tout une survivante. Elle joue sa vie, oui, mais uniquement pour en retirer un avantage personnel ; elle n'est pas du genre à sa sacrifier pour une cause plus grande ou alors, elle ne l'a pas encore trouvée. Il faut alors préciser qu'il y a aucune meilleure preuve de son caractère éminemment opportuniste que la vente à prix cassés de toute sa famille vampirique et de tous ses coreligionnaires. Un océan de sang a été versé pour servir ses intérêts politiques et donner du temps à son ambition pour se réaliser, tandis que dans le même temps toutes ces vies prises lui permettaient de prétendre à un nouveau statut. Ce n'est pas mon cas. A l'opposé, j'ai failli donner de nombreuses fois ma vie pour quelqu'un d'autre que moi même. Pour la Reine. Et même s'il n'avait pas autant de mon estime, pour le Roi. Si Swayne est à jamais marquée par l'ignominie de sa trahison et le massacre de sa lignée, je suis défini par un seul acte. Blessé et à bout de forces sur la lande, au beau milieu d'un carnage sans précédent avec humains et vampires, loups garous et semis démons. Je suis tenté par la voix du démon Caim, qui me laisse miroiter tout ce que je désirais. La Reine. Un Empire. Tout, de fait. Et pourtant, si ce renversement d'alliance avait été possible, je l'avais refusé. Pour l'honneur. Pour ce souvenir si tenace d'une Reine qui se tient devant moi, souveraine, qui me promet la paix au monde et son développement sous son pouvoir. J'avais sacrifié ma vie dans un combat qui aurait dû déboucher sur ma mort. Swayne, malgré sa vie bien plus longue que la mienne, n'avait apparemment jamais connu pareil sentiment de loyauté. Une alliance. Pas une loyauté commune, un pur lien d'intérêt. Swayne pose concrètement les traits de notre partenariat à venir. J'acquiesce sans mot dire, inutile de prolonger un sujet sur lequel nous sommes bien d'accord. Il ne saurait en être autrement.


La vampire me retourne ma question. Je sens son désir d'en savoir plus. Habile. Elle me pousse à me dévoiler. Je n'ai rien contre un court récit de ce que je suis ; je ne me considère plus comme l'être faible et manipulable car bien trop impétueux que je pouvais être autrefois. Je lui souris, lui montrant que je reconnais la tentative. Que je l'accepte, que je l'épouse ; je ne nourris plus aucune peur. Les démons de mon passé ont tous été égorgés en une seule nuit de folie, lorsque la Reine m'a fait renaître, homme nouveau et bien moins imparfait qu'autrefois.



| Sur bien des aspects je le suis plus que n'importe qui, sur d'autres en revanche, je suis bien plus mort que vous ne le serez jamais dans votre non-vie. |


Attiser la curiosité, brouiller les pistes. Swayne se rend t'elle compte que je pourrais tout lui dire, si elle avait le courage de me le demander ? Parce que tout lui dire impliquerait un retour, et même encore aujourd'hui j'étais loin de tout connaître d'elle. Peu importe au final, mais notre partenariat -non, notre alliance- n'en seraient que renforcés. Elle me questionne sur les actes de Guillemaud. Je ne me départis pas de mon sourire, quand bien même la beauté traîtresse a décidément beaucoup d'informations. A quel petit jeu s'est adonné Guillemaud avec elle ? Je redoute qu'il n'en soit pas ressorti vainqueur, et que leur confrontation n'ai finalement servi qu'à renforcer un peu plus une vampire déjà bien trop maligne. Je ne dis pas à Swayne que c'est sur mes directives que le général poursuit son travail de sape sur la Meute.


| Sa destitution n'a rien de … Politique. Pour autant, le général a tué une humaine sous sa protection, et cela ne peut être toléré avec un gouvernement humain qui attend la plus petite excuse pour tous vous exterminer. C'est aussi pour cela que les choses que je vous ai évoquées vont changer. |


Je restais discret à ce sujet. Quant au reste, j'ai dérouté la vampire, qui pose néanmoins une question intéressante, qui me fait rire franchement.


| Touché. Guillemaud n'a pas su voir venir les Sanguinistes, même s'il a su saisir d'autres opportunités qui nous sont bénéfiques. Mais sa propre ambition et sa tendance à tirer trop de ficelles différentes l'a mis en danger, et il est une figure publique. Le Conseil statuera sur son sort. |


Swayne reste vague. Elle appuie sur la qualité de ses informations et sur son habileté à dénicher les pépites. Je note qu'elle considère l'ambivalence de ma position, mais je ne vais pas lui révéler que ma fin signifierait celle de la Reine. Ou elle le sait et veut me titiller, ou elle l'ignore et mieux vaut que cela reste ainsi. En l'état. Je soupire, et prends mes aises dans le canapé. Je bois une nouvelle gorgée d'alcool. Délicieux. Plus le temps passe depuis ma renaissance, et plus je me surprends à réapprécier certaines choses simples de la vie.


| Tuer Mc Borough serait trop direct, tout comme s'en prendre à ses exécutants. Il faut viser plus haut. Le Premier Ministre est une cible très difficile. Mettons que je sache gérer la menace avec les moyens qui sont déjà à ma disposition... J'avoue que je me sentirais plus serein à l'idée de n'avoir qu'un ennemi à combattre, mais ce n'est pas le cas. La mauvaise graine a poussé dans le sillage à Guillemaud et certains de ses vampires ont un comportement inquiétant. D'un autre côté, une semie démone du nom de Pandore Lasalle a approché notre Reine. La retrouver et identifier son groupuscule serait un objectif majeur... Laquelle de ces deux missions vous semblerait la plus correspondre à vos... talents? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mar 6 Mai - 23:14

La mort motivait les actes de Badenov – la sienne, prétendue ou à venir tôt ou tard, celles des autres, celles qui seraient utiles à la Reine… -, aussi surement que ma survie motivait les miens. Une façon de faire qui aurait pu sembler désintéressée d’un côté, contre une qui était tout ce qu’il y a de plus intéressé de l’autre. Sembler seulement, car j’étais persuadée qu’il en retirait une satisfaction d’une certaine sorte, même si je ne pouvais savoir laquelle. Tout en revenait à ce point : mes lacunes concernant ce qu’il était, sa nature, mais aussi ce qu’il représentait pour la Reine. Savait-il que ce fait seul lui assurait davantage ma loyauté que tout le reste ? La curiosité, le goût de le percer à jour, de remporter ce défi ? Je n’avais bien entendu pas la moindre raison de retourner à nouveau ma veste – ou plutôt avais-je trop de raisons de ne pas le faire, à commencer par le manque d’envie de voir mes nuits précipitamment achevées par un pieu. Mais démasquer Badenov y ajoutait un certain piment, une certaine saveur. Qu’en retirerait-il lui ? Je ne tarderais pas à le savoir. Du moins le supposais-je. Aussi attendais-je patiemment, qu’il confirme ce que je pensais. Ou ma mauvaise estimation – mais je doutais progressivement de plus en plus de cela. En cet instant, je n’avais pas en face de moi un homme hostile. Retors oui, il le serait toujours à mes yeux, mais pas hostile.

J’écoute sans un geste, sans une réaction, ce qu’il me confie. Il choisit soigneusement ses mots, j’en suis persuadée. Ma tentative de découvrir ce qu’il est n’avait pas pour vocation d’être discrète – au contraire. Franche et directe. Il me répond toutefois de manière énigmatique, noyant le poisson derrière une ambivalence certaine. A quel point était-ce vrai, à quel point cherchait-il à m’amener sur une fausse piste ? Je ne réagissais pas, me contentant d’emmagasiner ses propos, pour les corroborer avec une étude attentive, tout en l’observant. En réfléchissant. Je ne m’autoriserai qu’une seule question, pour cette soirée du moins. « Ainsi, vous êtes à la frontière entre le vivant et le mort. Un fantôme d’une certaine façon… Mais quelle est donc votre réelle nature ? Pas tout à fait bien que vous en ayez toutes les caractéristiques, mais pas vampire non plus, de toute évidence. » Il ne pouvait que se douter que je cherche à mieux comprendre ce qu’il était, il n’expérimenterait très certainement aucune surprise à entendre ma question.

Je le dévisageais, alors qu’il me parlait de la destitution de Guillemaud. Il a tué une humaine, et n’a su protéger ses arrières en la faisant disparaître de la circulation ? Curieux. Il avait beau être un lâche, je ne le pensais pas idiot. Neutre, je reprenais la parole. « Il a été suffisamment stupide pour se compromettre ainsi ? Il ne cachait pas son plaisir à déguster du sang humain, mais de là à exterminer l’un d’entre eux, sans parvenir à s’en disculper… » Du bluff, encore. Il ne m’avait rien fait parce que j’avais bu à même la veine avant de le voir en tête à tête pour la première fois, il m’avait tout au plus confirmé le goût inimitable de leur sang. En déduire qu’il ne se gênait pas pour y gouter régulièrement et l’affirmer, il n’y avait qu’un pas, que je franchissais sans scrupule aucun. Je n’ajoute toutefois rien – le sort du Général m’indiffère profondément, au fond. S’il disparaissait de la circulation pour sa faute, parfait. Si non, cela ne m’importait pas.

Je reprenais mon verre, buvant par la même occasion une gorgée, alors qu’il parlait. Attendant la fin de son court monologue. M’attaquer aux vampires qui soutenaient Guillemaud ? Y en avait-il vraiment ? Ses méthodes ne prêtaient pas à le croire… Badenov ne pouvait pourtant parler sans raison, j’imagine. Mais je ne serai pas la plus utile à cette tâche. Démasquer les semi démons, en revanche… Avait-il la moindre idée du fait que je puisse percevoir leur pouvoir, et sa source ? Probablement pas. Ou alors il le savait parfaitement, et voulait me mettre à l’épreuve. A moins qu’il ne sache pour mes relations avec Aliénor… Peu importait. Peut-être pourrais-je sonder la jeune femme, d’ailleurs ? Mais je doutais qu’elle vende les siens – quoi que je ne sache rien de leurs relations. « L’identification de son groupuscule, de toute évidence. » En était-ce réellement une ?

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 9 Mai - 14:51

La capacité à choisir en fonction de ses capacités d'analyse est en tête de liste des signes révélateurs d'une personnalité relativement complexe, mais il ne fallait pas s'y tromper. Les chances étaient également importantes de se confondre en digressions nulles et non avenues, quand on faisait justement face à une personnalité plus complexe encore. Je savais jouer avec le feu, comme d'habitude, mais c'est en prenant des risques et en se mettant en danger, de manière relativement contrôlée, que l'on réussit à dégager un bénéfice certain à nos actions. J'essaie encore et toujours d'asseoir l'avantage que j'ai sur Swayne, car c'est à mon sens la meilleure solution voire la seule pour juguler le danger et pour maximiser l'efficacité de mes actions. Eviter les pièges et préparer les miens, élaborer des voies sans issue dans lesquelles perdre la vampire. C'était un équilibre précaire, difficile à construire comme à maintenir, et sa perpétuelle remise en question causait de manière presque systématique de nouvelles tensions qui menaçaient l'intégralité de l'édifice. Autant dire que ce petit jeu me divertissait bien plus que tout ce qui occupait le reste de mon temps ces dernières semaines. Infiniment plus que les préparatifs de mon mariage à venir et plus aussi que le carnage dont je m'étais rendu responsable.


La belle écoute et assimile, intègre, réfléchit et trie les informations que je lui apporte. Et elle me pose la question, la seule qui soit réellement essentiel. Je partage avec elle un regard convenu.



| Ma réelle nature est ce que notre Reine en décide. Aujourd'hui je suis à la tête de ses services spéciaux. Demain je serais peut être son émissaire ou son homme de main, son espion ou son conseiller. Mais le rôle qui me sied le mieux je vous le laisse deviner. |


Subsiste t'il encore la moindre ambiguité à ce sujet ? Je ne la menace pas mais je recentre un peu sa manière de me considérer ; je ne veux pas que l'image de l'espion ou de l'agent supplante celle de l'homme dangereux, du tueur. Freyja s'interroge sur Guillemaud, le jugeant sévérement. Stupide, c'était le mot, mais c'est le propre des grands ambitieux. A multiplier les couches de chaque plan on finit forcément pas provoquer une erreur, qui peut alors être fatale. Le temps dira très vite quel sera le résultat de toute cette histoire et la rançon du général. Mon bon plaisir... Nouveau sourire entendu avec la vampire.


| Je pense qu'il a simplement surestimer les capacités de son réseau et de ses machinations pour assurer sa sécurité, alors que celle ci est toute relative à notre époque. |


Une époque d'espions et de meurtres, de guerre de l'information et d'idéologie. Swayne en sait quelque chose, elle est un véritable parangon de cette période de l'histoire qui façonne les siècles à venir. A t'elle conscience que la portée de ses actes dépasse de loin ce que nous connaîtrons ? Car bien qu'insensible aux ravages du temps, la vampire mourra un jour. Cette loi invariable de la nature s'exerce dans le sang chez les vampires, et elle peut frapper à tout moment de son couperet vengeur ceux que les mythes ont rendu bien réels. La beauté acquiesce et me confirme le choix que j'imaginais se profiler. Les semis démons plutôt que les vampires. Je la soupçonne avoir compris qu'il fallait qu'elle laisse les nocturnes rouges se dépêtrer des problèmes qu'elle avait elle même contribué à créer... Je souris à nouveau, terminais mon verre et le posais.


| Je sais peu de choses, sinon que Maryana Watheerey a contribué à rassembler les survivants des Années Sanglantes, qui s'étaient battu dans les deux camps. Pandore Lasalle semble faire partie de ce groupe, vu ses récents agissements. Ils sont forcément plus. Et je veux savoir tout ce que vous serez en mesure de découvrir. Adresses, identités, pouvoirs, relations. Montrez moi que je n'ai pas à regretter de miser sur vous, montrez moi tout l'intérêt de ce partenariat. Je compte sur vous. |


Je me détourne d'elle et m'apprête à partir, mais je me retourne au bout de deux trois pas.


| Oh, j'allais oublier. Deux ou trois jours encore ici, et vous serez libre de quitter cet endroit. De recouvrer votre précieuse liberté. N'en abusez pas... Et tenez moi informé. Sommes nous d'accord ? |


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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 12 Mai - 1:31

Je ne pouvais prendre aucune de ses informations concernant sa nature pour argent comptant – a fortiori si c’était susceptible de lui nuire, ou de nuire à la Reine, à la Royauté, d’une quelconque façon que ce soit. Il n’y avait aucun doute quant au fait qu’il disséminerait autant de fausses pistes qu’il estimerait nécessaire, pour ne rien avouer. Son regard corroborait parfaitement mon opinion. Je ne pouvais prendre pour argent comptant une seule des choses qu’il allait me confier, dans une mesure toute relative – il me divulguait ce que bon lui semblait, sans que ça ne soit réellement une confidence. Pas plus que je ne les écarterais. Mais peu importait. Ce n’était pas la dernière fois que nous serions amenés à nous confronter l’un à l’autre, et ce jeu de recherches d’information recommencerait. C’était stimulant, en quelque sorte. La plupart des personnes que j’étais amenée à fréquenter étaient trop facile à berner. Pas Badenov.

« Laissez moi deviner, votre surnom de Mort n’y est pas étranger ? » Peut-être approchais-je davantage de la vérité avec cette simple question, mais je ne pouvais pas savoir. Le reste de sa phrase ? Sans intérêt. Sa fonction ne définissait pas sa nature, quand bien même la réciproque pouvait être vraie. Je laissais malgré tout couler. Je n’allais pas m’attaquer à lui, pour le plaisir de l’interroger plus en détail – quoi que l’idée serait plaisante. Mais fatale, pour moi. Ca ne resterait que cela : une idée éphémère et irréalisable.

Je souriais légèrement, alors qu’il parlait de Guillemaud. Je ne partageais pas son opinion, toutefois. Les capacités de son réseau étaient peut-être réelles, mais celles du vampire à s’attirer leur loyauté étaient inexistantes. Etait-ce cela qui avait précipité sa perte ? Il était probable que ça ne soit pas indifférent, mais ça ne voulait pas dire que c’était là la seule cause. Badenov ne m’en avait rien dit, se contentant de reprendre mes propres propos. Mais ça n’avait aucune importance. Les réelles raisons de sa déchéance ne resteraient pas secrètes bien longtemps. Le mot courrait, parmi les vampires. Nous n’étions pas à l’abri de la stupidité, et de ce goût que cultivaient certains des nôtres pour les ragots. Sans même penser à utiliser cela à bon escient. Pathétiques êtres faibles. « A force de s’entourer de trop de pions, croyant se protéger, on en perd de vue l’essentiel. » Il comprendrait comme il voulait cette phrase, percerait ce que je voulais réellement dire ou non.

Nous avions fini d’échanger des banalités. Badenov ne va pas tarder à évoquer la réelle raison de sa présence ici – ou du moins à dévoiler ce qui est attendu de moi, maintenant que mon travail de sape des sanguinistes est terminé. Maryana Watheerey, qui rassemblait les survivants. Avec la complicité de Pandore Lasalle ? Fort bien, une proie de choix, dans ce cas là. Je n’avais pas manqué d’entendre parler de ses actes récents. C’était impressionnant. Problématique, de toute évidence, mais impressionnant. Le but n’était pas qu’ils puissent nous manipuler à nouveau, que nous ne soyons que des pantins entre leurs mains. « Fort bien, je me renseignerai, et vous transmettrai tout ce que je trouverai. » Je savais déjà comment m’y prendre… Ils ne valaient pas mieux que nous, et je connaissais l’un d’entre eux qui seraient parfaitement disposé à m’aider. De son plein gré, ou sous la menace – peu m’importait.

Je le regarde se lever et partir, esquissant un sourire sarcastique en l’entendant. « Quel dommage, j’envisageais à l’instant de briser la nuque de mes cerbères, et de partir vagabonder dans les rues de Glasgow, comme une âme errante. Rassurez-vous : je n’ai pas sagement attendu quasiment un mois durant ici, pour compromettre tout cela. Les humains sont-ils hors des limites de ma précieuse liberté ? J’étais parfaitement sérieuse, et il ne pouvait en douter. Je n’avais pas noyé ma soif de sang dans les réceptions sanguinistes par pur hasard. Je savais indéniablement me restreindre – je n’en avais seulement pas envie. Mon sourire s’élargit, toujours empreint d’ironie. Mais vous partez déjà ? Moi qui pensais que vous aviez plus à me dire concernant la défaveur qui s’abat sur le Général Guillemaud ou sur votre nature. Sur ce que vous êtes. Car vous aviez compris, sans le moindre doute, que votre fonction ne m’attirait guère. » Il refuserait probablement de me répondre, et ne rentrerait pas dans mon jeu pour lui extorquer des réponses.

« Mais je ne vous retiens pas, vous avez beaucoup à faire, je n’en doute pas. » Je me levais lentement, et m’apprêtais à tourner les talons.

|HJ| Comme je te disais, pas d'illumination, mais tu peux rebondir ou faire une dernière réponse pour faire partir Torben.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 12 Mai - 21:39

J'allais prendre congé de Swayne, lui ayant attribué ses directives qui devraient être en mesure de l'occuper pendant plusieurs semaines, si ce n'était plus. La mission que je lui confiais n'était en fait pas du tout insurmontable, mais elle avait au moins le mérite d'être dangereuse, et donc par là même plutôt valorisante du point de vue de Krystel et du reste des dirigeants vampiriques. Je lui faisais une fleur, quelque part, de lui permettre de faire oublier sa précédente trahison par une mission tout ce qu'il y a de plus officielle et vitale pour l'avenir de son espèce. Après tout cela la maintiendrait sous le feu des projecteurs tout en ayant l'effet escompté ; en apprendre plus sur une menace qui pourrait tous nous porter atteinte. Et en particulier Krystel. Mais cela, Swayne ne le savait pas. En fait, j'étais curieux de savoir comment elle allait se débrouiller face à une dangereuse nécromancienne qui avait un pouvoir tel qu'elle était capable de réveiller les morts. Tous les morts. Y compris les vampires, du coup. Chose que nous avions pour l'instant gardé secrète, pour éviter de créer la panique chez des êtres qui pouvaient péter un plomb et provoquer un bain de sang sur une impulsion malheureuse. J'étais intéressé par la suite des évènements, clairement. Je souris à sa question.


| Perspicace en plus du reste. Ce qui vous aidera encore à survivre, sans aucun doute. |


Elle verrait peut être dans cette phrase quelques sous entendus qui pour le coup n'existaient pas. J'étais sincère à cent pour cent, une grande première depuis que nous étions entrés en relation. Cela n'avait de toute manière pas énormément d'importance. Je comprenais ce que voulait dire Freyja à propos de Julien, même si je ne savais pas tout ce qu'elle englobait derrière ça. Cependant de manière générale, je ne pouvais qu'être d'accord avec ses affirmations. Guillemaud avait fauté parce qu'il avait multiplié les plans et les alliés. Sans les choisir avec tout le soin qu'une destinée peut nécessiter. Grave erreur qui ne serait pas la mienne. Une tâche à la fois.


| Et pour vous, Swayne, qu'est ce que l'essentiel? |


La vampire ne bronche pas devant la perspective de sa nouvelle mission, pourtant dangereuse. Elle l'accepte même plutôt de bon cœur. Heureusement qu'elle ne sait pas exactement jusqu'où s'étendent les pouvoirs de ces créatures démoniaques... Je hochais la tête pour signifier que l'affaire était entendue, et allais me détourner d'elle quand son sarcasme refit surface. Bien entendu, je ne pensais pas qu'elle viendrait à s'échapper d'ici. Cela me semblerait hautement improbable en plus d'être absurde. Mais il ne fallait négliger aucune piste. Aucune opportunité. C'est comme cela que l'on survit. Je réponds d'abord à sa première question. Une petite récompense s'imposait elle?


| Je peux vous faire parvenir ce que vous désirez d'ici une heure ou deux. Homme ou femme, jeune ou vieux, tout selon vos propres goûts. Pour satisfaire tous vos besoins, même les plus improbables. N'essayez pas d'user de vos « cerbères » comme vous dites ; ils ont ordre de vous tuer si vous tentez quoi que ce soit. |


Ton taquin mais j'étais à moitié seulement en train de plaisanter. Qu'elle essaie de sortir, de charmer ou d'hypnotiser un de mes hommes, et une rafale de balles en argent risquait fort d'abréger son éternité. Son ironie continue. Derrière sa tentative évidente de me faire parler, je ressens pourtant comme un besoin de compagnie. Peut être est il feint. Mais peut être ais je à gagner à lui montrer qu'elle exercerait une certaine forme de magnétisme sur moi. Je me retourne, perdant un instant mon regard sur sa silhouette. Je retourne m'asseoir dans le canapé, reprenant mes aises avant de me resservir un verre. Le niveau de la bouteille était bien descendu, et je commençais à ressentir les effets de l'alcool.


| Eh bien, soit. Une réponse pour une réponse, dans ce cas. Que voulez vous savoir, sur moi? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mar 13 Mai - 22:44

Je me détendais très légèrement, presque imperceptiblement, alors que notre entrevue touchait à sa fin, et qu’il était sur le point de partir. Rien de fâcheux n’était arrivé, une fois de plus. Il ne semblait pas se jouer de moi, une fois de plus. Jusqu’à la prochaine, et que je doute encore. Nos relations ne pouvaient de toute façon en être autrement – une parcelle de confiance, minime, pour le quadruple de méfiance. Pour autant, nous nous apprêtions à collaborer à nouveau. Dans des circonstances autrement différentes. Pas de trahison de ma part, cette fois. En théorie. Rien n’empêchait qu’il ait des desseins inavoués à me confier cette tâche. Mais je ne pouvais guère deviner ce qu’il en était. Peu importait. Je m’étais engagée, et j’étais prête à prendre le risque d’être confrontée à ce qu’il pourrait éventuellement planifier pour me desservir. Quitte à fuir, si telle devait être mon attitude. Quoi que je n’étais pas une couarde, et que je me battrais probablement jusqu’au bout. Je lui rendais son sourire, plus par réflexe qu’autre chose.

« Douteriez-vous encore de ma capacité à survivre ? »

Ce n’était pas le point le plus important de sa phrase, de toute évidence. Qu’il reconnaisse ma clairvoyance était bien plus crucial. Mais je ne comptais pas prendre pour argent comptant ses propos. J’y reviendrais plus tard, pour tenter de percer le vrai du faux. D’autant plus que j’étais persuadée d’avoir raison, malgré tout. Au delà de mon habitude de reconsidérer tout ce que l’on me disait. J’étais de toute façon bien décidée à en savoir plus… A l’instant même ? Peut-être bien. Tout dépendrait de son attitude. Il ne semblait pas empressé à partir, me relançant à partir de mes propos sur Guillemaud. Ce qui était l’essentiel pour moi ? N’en avait-il donc pas la moindre idée ? Il savait pourtant le crime que j’avais commis, pour acheter ma survie – vendre mon créateur. Malgré ma loyauté, mon affection, mon amour même, d’une certaine façon, à son égard. Mais il n’était pas un des nôtres. Il ne pouvait appréhender entièrement le lien qui liait un vampire à son créateur. Serait-il amené à connaître cela un jour, des mains de la Reine ? Si tel était le cas, il en serait redoutable. Il l’était déjà, à n’en pas douter. Mais je m’égarais. Devais-je lui répondre ? Probablement. Un léger sourire se plaqua à nouveau sur mes lèvres.

« Je pensais que vous aviez déjà compris cela. La survie. Il m’aurait été aisé de lui donner cette réponse là. Mais si elle n’était pas erronée, elle n’était pas entièrement vraie pour autant. Mon envie, mon besoin, de survivre était liée à la réelle réponse, évidemment, mais n’était pas elle. Devais-je pour autant le lui dire ? Pas certainement. J’allais plutôt le questionner à ce sujet. Peut-être ne serait-il pas à côté de la plaque. Mais il n’avait surement pas assez de connaissances à son sujet pour cela. Peut-être le lui avouerais-je, ensuite, s’il m’offrait une argumentation satisfaisante. Dites moi donc ce que vous en pensez, Badenov. Et peut-être vous dirais-je si vous avez raison ou non. Peut-être vous dirais-je ce qu’il en est, si vous avez tort, et que vous partagez avec moi votre essentiel. » C’était encore un jeu, de pouvoir, de volonté, de mystère. Un jeu bien moins essentiel et dangereux que celui qui nous avait opposés et alliés jusqu’à présent. Un jeu bien plus plaisant, de fait.

Je le regardais, arquant un sourcil. Il me proposait un humain ? A quel point était-il sérieux ? Je laissais échapper un petit rire, toutefois, en l’entendant parler de mes besoins improbables. Soit il était blasé et plus surpris de rien, soit il avait une image particulière de moi. Un peu des deux, probablement. Légèrement amusée, sans bien savoir à quel point il pensait ce qu’il disait, je lui répondis. « Auriez-vous un catalogue ? Si oui, je prenais une petite brune, bien en chair, 20-25 ans, 30 maximum, A+, pas farouche mais pas non plus à se donner à la merci du moindre vampire… Pas droguée ni alcoolisée, de toute évidence. » Une plaisanterie, mais s’il était sérieux, il pourrait toujours avoir toutes les informations nécessaires. « Mais je vous demandais ce qu’il en serait lors de ma libération, même si l’idée d’avoir un humain à disposition sous peu est très plaisante. » Manquer de discernement, quant au fait de demander cela ? Pas nécessairement. Guillemaud avait très nettement sous-entendu que les hautes sphères ne se privaient pas, ou du moins l’avais-je compris ainsi, et au moins pourrais-je savoir à quoi j’en étais tenue. Si la tolérance zéro était de mise, eh bien… Soit. Il en serait ainsi.

Je laissais planer un instant le silence, avant de reprendre. « Quant à mes cerbères, et ne vous méprenez pas sur le surnom, je suis bien consciente que j’aurai pu être logée bien plus mal… Même s’il ne pouvait manquer de reconnaître les inconvénients d’une certaine captivité. Je me prouverai dépourvue d’intelligence, si j’essayais de leur fausser compagnie, si près de retrouver ma liberté. »

Je ne retourne pas m’asseoir immédiatement, alors que lui oui. Mon verre finit, en savourer un autre ne serait pas de refus. Aussi, j’en remets un à chauffer, attendant qu’il soit à la température idéale, avant de reprendre place en face de mon invité – ou mon hôte. Peut-être cette appellation était-elle plus appropriée pour lui. Je ne réponds pas de suite, buvant lentement une gorgée. Qu’est-ce qui l’a amené à repousser son départ, et à répondre à ma question ? Je ne le saurai probablement pas. Je souris, sans ironie cette fois, à ses propos. Un échange équitable ? Fort bien. Dangereux, mais plaisant. « Marché conclu. Laissez moi terminer entièrement ma question, avant de répondre. Et profiter d’une faille dans ma question pour délivrer une réponse erronée ne fonctionnera pas. Je marquais une brève pause. Quel est l’impact de devenir un servant humain ? Avantages, inconvénients, possibilités, limites… Les conséquences, somme toute, positives tout comme négatives. » Je demandais beaucoup. Il pourrait se rétracter. Le ferait-il ? Je n’en avais pas la moindre idée.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mer 14 Mai - 23:26

Beau joueur, je l'étais. Mais pas désintéressé. Je prenais un risque bien évidemment, en me dévoilant de la sorte à Swayne. Bien sûr je ne pourrais pas faire sans me fixer des limites, mais j'étais d'un naturel menteur et téméraire. Je saurais éviter les pièges et les erreurs, mentir et distiller la vérité au besoin. Ce n'était bien évidemment pas le but de la manœuvre. Je savais que les vérités que j'apprendrais se jugeraient à l'aune de celles que je lui révélerais. Quitte ou double, en somme. Je suis joueur, mais uniquement quand je suis sûr de gagner. Ce n'est pas pour autant de l'arrogance de me jeter dans ce duel de mots et de connaissances avec la vampire ; je mise sur le fait que je sais bien plus de choses qu'elle, mais que ce qu'elle a à me dire a bien plus de valeur. Parier, miser... Je n'ai jamais fait cela si ce n'était en jouant ma propre existence ou ma liberté. L'histoire avait prouvé que j'avais plus souvent perdu que gagné. Mais mes victoires étaient toutes récentes, et étaient motivées par le plus pur des desseins. Je rive mon regard sur celui de la vampire qui sourit ; je ne sais toujours pas juger de son honnêteté même pour cette réaction physique la plus simple qui soit.


| Je pense que vous avez prouvé à l'ensemble de l'Empire de la nuit que vous étiez une survivante avant toute chose. |


Souhaitait elle se faire mousser ? D'ailleurs elle continue, en me disant qu'elle pensait que j'avais déjà compris cela. Je fronce les sourcils. Leçon numéro un de Krystel, il y a bien des années. Alors que j'étais nu, dans une cellule. En pleine crise de manque d'alcool et de son sang, que je maudissais Dieu de m'avoir abandonné et de me retourner ma femme devenue vampire. Survivre ne suffit pas, et ne peut être un objectif à long terme. Sans voir plus loin et plus haut, on finit par se pendre les pieds dans le tapis, et tomber dans la fosse aux lions. Vivre est la seule manière de faire qui mène à quelque chose. Peu importe les objectifs que l'on se fixe, l'important étant surtout d'en avoir. Elle me demande le mien. Je ris. Ne l'a t'elle pas non plus compris ?


| Cet essentiel là n'en vaut pas la peine, au delà du court terme. Et vous êtes quelqu'un d'intelligent ; vous voyez forcément plus loin. Quant à moi. Vous savez forcément de quoi il s'agit, non ? Servir la Reine. J'imagine que ça doit être difficile à concevoir pour vous. Le fait de dédier sa vie à quelqu'un, non ? N'y voyez aucune offense. Mais vous avez avoué tourner avant tout pour vous même. J'imagine dès lors que vous me voyez comme un pantin. Un pantin dangereux, certes, mais guère plus qu'une marionnette. Vous n'auriez pas tord de penser ainsi, somme toute. |


Notre lien, si on poursuivait dans cette image revenait à comparer Krystel à celle qui enfilait la marionnette sur sa main et qui la faisait bouger, parler, vivre et ressentir, participer. Et comme ce lien est réciproque, j'insufflais un peu de mon personnage dans la personne qu'elle était. Ce n'était peut être pas la meilleur image pour relater la puissance qui relie un servant humain de son maître vampire. Peu importe. La vampire rit de plus belle, peut être plus franchement, alors que j'évoque son désir d'humain. Je ne la quitte pas des yeux alors qu'elle détaille ses goûts. Je connaissais les pommes de sang royales sur le bout des doigts, pour en avoir recruté une large partie, voir en ayant assisté à plusieurs repas dans de sang que de stupre de ma Reine. Je prends mon téléphone et lance un appel.


| C'est moi. Préparez une voiture avec Natacha, envoyez là à l'endroit où j'ai posté une équipe. Dites lui de ne souffler mot à personne de l'endroit où elle se rend. Préparez là à subvenir à tous besoins en fortes quantités. A tout à l'heure. |


Je raccroche, et regarde la vampire à nouveau.


| Natacha est une pomme de sang pour invités de marque. Elle est soumise au secret, et on ne peut plus loyale. Elle vient de mon propre pays, je l'ai recrutée il y a plusieurs années déjà. Elle satisfera pour ce soir vos désirs. Mais que ce soit bien clair ; ce ne sera que l'unique fois. Une fois que vous sortirez d'ici vous serez de nouveau assujettie à la loi vampirique. |


Bien sûr, et Swayne ne sera pas dupe, elle était toujours assujettie à la loi vampirique. Qu'elle me trahisse et Natacha rapporterait le viol de son corps et de son précieux fluide vital aux autorités vampiriques. Nous savions tous deux à quoi nous en tenir, mais Swayne avait droit à cette récompense, et le cas échéant elle pouvait me confondre avec tout ce qu'elle savait sur moi. Une récompense couteuse, mais elle aurait tord de s'en priver, malgré ma tentative de rééquilibrer les comptes. Swayne avait bien compris de toute manière que la loi était un outil de contrôle, comme toutes les lois. Et que parfois, la nécessité impliquait de les contourner. Que valait la complaisance d'une simple humaine quand la paix pouvait être ramenée dans un comté vampirique lointain, au chef désormais séduit ? Le sexe et le sang chez les vampires peuvent acheter bien plus que la seule violence et la cruauté, dont ils sont tous bien trop accoutumés pour se suffire à elles mêmes. J'acquiesce à ses paroles sur son mode de détention d'un hochement de tête. En effet. Les choses pourraient être bien pires. La vampire se remet un verre de Tru Blood a chauffer. Je souris franchement à sa petite précision, avant d'écouter sa question. Le lien entre un servant humain et son vampire. Si je lui répondais, je mettais la vie de Krystel en danger. Si je ne répondais pas, je mettais fin au jeu à peu de frais. La réponse allait de soi.


| Vous me demandez beaucoup ; je n'ai pas encore tout découvert à ce sujet. Voyez le lien comme l'union de deux âmes. Je suis perpétuellement dans la tête de la Reine, et elle est dans la mienne. Nous pouvons échanger à loisir, impressions comme émotions. Nous pouvons couper ce lien, mais le laisser grand ouvert nous procure une sacrée force. La Reine m'a dit que je vivrais plus longtemps, beaucoup plus longtemps. Et que je serais plus fort, plus endurant, car ma force est liée à la sienne. JE l'ai déjà ressenti. J'entends, je perçois des choses de manière différente. Comme les vampires. Elle même comprend beaucoup mieux les humains, et sa force est augmentée de la mienne. C'est un lien gagnant-gagnant lorsque tout se passe bien. Le revers de la médaille est que nous développons une forte dépendance physique et psychique l'un envers l'autre. Je considère cela comme une force et elle aussi, mais cela peut briser des esprits solitaires, j'imagine. Nous ressentons de drôles de besoins. Nous confier, parler, même si l'autre ressent déjà ce qui nous habite. Nous toucher, et je ne parle pas de sexe. La faiblesse est que comme notre force, notre faiblesse impacte l'autre. Si je meure j'affablirais profondément la Reine, et si elle meure, je suis à peu près certain de passer de vie à trépas. Ensemble, nous sommes plus forts que n'importe qui, plus forts que des groupes entiers d'adversaires. En sus, nos esprits différents se complètent, ce qui nous pare à bien des menaces. Mais séparés, nous devenons vulnérables. Est ce que j'ai satisfait votre curiosité ? Je pense vous en avoir dit beaucoup. Maintenant, c'est mon tour. |


Je lui lance un regard joueur en me versant un nouveau verre de whisky. Oui, j'ai dévoilé nos atotus et nos faiblesses. Mais rien que Swayne n'aurait pu découvrir auprès de quelqu'un d'autre, plus averti. J'ai bien joué; de la vérité contre de la confiance, un atout à court terme contre une autre vérité.


| Vous parlez de survie et agissez en ce sens. Mais vous avez construit une secte pour la détruire, pour approcher les puissants de votre espèce pour capter leur attention. Survivre aurait été plus aisé noyée dans la masse. Que voulez vous réellement ? Pourquoi tout ceci? |


J'étais certain qu'à cette question, elle ne pourrait ou ne saurait me répondre en toute franchise...

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 16 Mai - 1:46

Je jouais avec le feu, et il pouvait me brûler les ailes. Ou alors je pouvais les déployer. Mourir chenille dans mon cocon, ou devenir un majestueux papillon. Je prenais des risques, mais ils étaient presque dérisoires en comparaison avec le défi que je ressentais dans cet échange. Je marchais sur des brasiers ardents, et à y rester trop longtemps, je pourrais entrer en combustion. Un seul faux pas me précipiterait à ma déchéance. J’oscillais entre la sécurité et la prise de risques, dans un ballet grisant. Plaisir paradoxal pour quelqu’un comme moi, qui ne vivait que pour ma survie. Ou la plaçait au-dessus de beaucoup de choses, du moins. Mais qu’est la survie, et quelle est sa saveur, si elle n’est soumise à aucun enjeu ? L’ambiguïté était peut-être le maitre mot pour me décrire. Mon sourire s’élargit, empreint d’un léger sarcasme, cette fois. A l’Empire de la Nuit dans son ensemble ? J’en doutais très sincèrement. Si tel était le cas, il aurait manqué à ses engagements en dévoilant ma réelle identité à plus de vampires que nécessaires. Et malgré le bas niveau de confiance qui régnait entre nous, ce n’était pas une chose que j’avais remise en cause. Il ne gagnait rien à dévoiler mon identité et à me laisser assassiner par d’autres – nul n’aurait contesté que l’on m’inflige une mort véritable, en apprenant mes crimes. Et donnée de la main de la Reine elle-même, ou de celui qui lui était le plus proche, en public, elle n’aurait été qu’un excellent exemple. « Vous présumez de ma popularité et de l’attention que l’on porte à la moindre de mes actions – je ne vois nul paparazzi prêt à dégainer son appareil pour dévoiler mon histoire et louer mon instinct de survie. » Une petite plaisanterie, légère, dépourvue d’ironie.

Je l’écoutais avec diligence, n’interrompant guère ses paroles, percevant chaque mot qu’il daignait laisser échapper. Servir la Reine, oui, de toute évidence. Jusqu’à quel point ? Et surtout, comment était-elle venue à l’amener à de tels sentiments ? Une telle abnégation n’était naturelle pour personne. D’autant qu’il se qualifiait lui-même de marionnette. Une marionnette d’une drôle de sorte, de toute évidence – un peu comme ce bonhomme de bois articulé qui pouvait se mouvoir seule dans une histoire humaine absurde. « Que pensez-vous que je vois, dans ce cas-là, dans mon individualisme flagrant ? Et vous ne m’offensez pas. Mais lorsque l’on dédie sa vie à quelqu’un pour, dès lors qu’elle prend, se retrouver sans rien, on relativise cette décision. Mon humanité ne m’a pas été arrachée à l’aube de ma transformation, mais bien avant. » Il avait eu plus d’informations que quiconque sur celle que j’étais. Parce que je savais, en réalité, qu’il n’y avait plus guère d’importance à accorder à la protection de mon identité humaine. Ma fortune ? La jeune hackeuse que j’avais engagée récemment la gérait indirectement et la protégeait. Elle était douée pour cela.

« Vous vous dites pantin, mais je ne peux me résoudre à penser que vous n’êtes que cela. Vous n’êtes pas dépourvu de libre arbitre, ni inanimé dès lors que vous vous éloignez de la Reine. La preuve en est ce que vous m’avez dit sur sa difficulté à rejoindre votre opinion à mon sujet. Vous vous diminuez, mais vous êtes bien plus que ce que vous ne prétendez être. Ne vous jouez pas de moi en voulant prétendre le contraire. Vos propos me rappellent une histoire entendue il y a bien longtemps, d’une poupée de bois à qui l’on avait insufflé la vie. Je ne m’en souviens guère, mais je suis presque certaine qu’il y a là un parallèle. » Saisirait-il la référence qui ne me revenait pas ? Probablement pas. Peu importait. Je lui jetais un regard intrigué, en le voyant saisir son téléphone, suite à mes propos. Pour peu, je croirais presque qu’il y a un catalogue des humains prêts à se dévouer corps et âme à des vampires désireux. Je le regarde, légèrement provocatrice. « Subvenir à tous besoins en fortes quantités ? N’avez-vous donc pas peur que j’abime la délicieuse humaine – car je ne doute pas qu’elle le soit – que vous ameniez ? La douceur n’est pas l’apanage des vampires, pourtant. Ma question n’était qu’à moitié sérieuse, mais pas amusée. Je ne me jouais pas de lui, ni ne cherchais à le provoquer. Ca aurait pu être une crainte légitime. Quand bien même il avait assisté à une cérémonie sanguiniste et n’avait pu manquer de voir qui si ma proie n’était pas épargnée, elle n’était pas sauvagement assaillie ni nécessairement tuée – pas par moi, du moins. J’aimais les carnages ordonnés et contrôlés. Ce que ceux des sanguinistes venaient à ne plus être. J’aimais le propre et l’efficace.

J’arquais un sourcil, alors qu’il raccrochait et s’adressait à moi. Invités de marque ? Pouvait-on réellement me qualifier de telle ? Sans aucune ironie à nouveau, je le questionnais. « Que me vaut donc cet honneur, de pouvoir prétendre à une telle pomme de sang ? Recrutée par vous, et originaire de la même contrée… Slave ? » D’où venait-il exactement ? Je n’en avais pas la moindre idée. Je ne réagissais pas quant à sa mention de la loi vampirique. Ca coulait de source, au final. J’avais sous-entendu le contraire par ma question plus par principe que par réelle pensée que cela arriverait. Par esprit de contradiction, très certainement. Je ne me risquerai de toute façon pas à compromettre à nouveau ma liberté, il le savait. Même si je ne m’interdirai pas un petit écart avec un humain consentant et hypnotisé, si cela s’avérait indispensable. Ça ne l’était jamais vraiment, cependant.

J’humais l’odeur qui émanait de mon verre, de manière purement imperceptible, avant de le reposer pour me concentrer sur ses propos. Tenter de déceler tout mensonge. Ô combien il lui serait aisé de se jouer de moi. Je ne dissimulais pas entièrement la légère surprise qui m’habitait, à ses révélations. Volontairement. Lui montrer que sa… sincérité, quoi que le mot ne soit pas adéquat, ne passait pas inaperçue. Car j’en étais certaine : il ne mentait guère. Pourquoi cette certitude ? Je n’aurai pu le dire. Mais pour la première fois, je pense, je ne remettais pas en cause ce qu’il me disait. Quel intérêt avait-il à m’avouer cela ? Je ne le savais pas. Pas encore. Mais il y en avait un, derrière ses aveux, c’était certain. J’emmagasinais chacune des informations qu’il m’offrait. Une liaison constante, une certaine fusion. Un partage de tout, contrôlable si besoin, porteur d’avantages et d’inconvénients. C’était… merveilleux. Mais cela requérait un abandon de soi conséquent. Que Badenov l’ait fait était une chose… La Reine pouvait se montrer convaincante, à n’en pas douter. N’avais-je pas renoncé à toute velléité pour elle, d’une certaine manière, quand bien même cela ne s’était fait que par le biais de sa Mort ? « Ma curiosité est satisfaite, très certainement. » Ce que je pensais de ce lien ? Que c’était une opportunité formidable. A laquelle je ne pourrais, je le sais, guère me résoudre. Pas dans l’immédiat, et probablement jamais. Lui dirais-je le moindre mot à ce sujet ? Probablement jamais non plus – cela ne devait de toute façon pas l’intéresser. J’acquiesçais. Son tour. C’était le marché. Et ses aveux impliquaient beaucoup de choses – je ne pouvais le nier, et je ne pourrais lui refuser une réponse, quelque soit sa demande.

Je le regardais intrigué. Que voulait-il réellement savoir, à travers cette question ? « Nous en revenons à la question de ce qui est essentiel pour nous, n’est-ce pas ? Intelligemment joué. Je vous l’avais dit, cette secte était un ordre direct de mon créateur – que je ne pouvais éviter. Pas que je ne l’ai réellement souhaité, entendons-nous, je ne nie pas ma part de responsabilité. Mais vous le savez déjà. Pourquoi ne pas avoir retourné ma veste de suite, pour continuer à me fondre dans la masse ? Le lien entre un vampire et celui qui lui a offert l’immortalité est fort – autant, si ce n’est plus, que celui qui vous unit à la Reine. Quel intérêt avais-je à m’y opposer, alors que cela pouvait servir mes propres desseins ? Amener la Reine à se ressaisir, à constater que fouler du même pied qu’eux le sol des humains, en tant qu’égaux que nous ne sommes pas, est indigne de ceux que nous sommes. Je m’arrêtais un instant. Mais je vous ai déjà dit tout ça. Et expliquez mon comportement par une simple réponse aux pulsions de ma nature nous vous satisferait pas, n’est-ce pas ? Alors je vais vous dire. Nous ne méritons pas d’être enchainés comme des bêtes à la merci de ces créatures inférieures et méprisables – vous ne vous en offenserez pas, j’en suis certaine, vous n’êtes vous-même plus réellement humain. Je me suis toujours affranchie de mes chaines, et je compte ne pas me maintenir dans cette prison que l’on veut nous imposer. Nul obstacle ne vaincra ma volonté – et si pour cela je dois causer le pire pour revenir à des mesures raisonnables, alors je ne reculerai devant rien. Ma survie, si muselée, n’a pas autant d’importance à mes yeux que je puisse en donner l’impression. Au delà de ça, ma place n’est pas en bas de l’échelle, à pâtir de lois que les hautes têtes ne respectent pas. Ne niez pas : Guillemaud me l’a bien fait comprendre, lorsque je me suis présentée à lui après avoir bu du sang humain, et qu’il s’est contenté d’une réprimande minime en m’évoquant le goût délicieux de celui-ci. Que vous m’ameniez Natacha corrobore avec cela et le fait que ça ait lieu dans les plus hautes sphères. Les jeunes vampires, astreints depuis toujours à un régime de Tru Blood, sont peut-être dupes, mais je ne le suis pas. Et je ne compte pas me départir de mon indépendance pour garantir une paix factice. Et quels que soient les desseins de Krystel Raybrandt, s’ils me sont inconnus, je suis amenée à reconsidérer la faiblesse qu’elle présentait. Je ne peux anticiper ce qu’elle prévoit surement, mais je suppose que son statut de politicienne l’amène à faire des concessions, pour mieux revenir dessus plus tard, peut-être. »

Etais-je claire ? Peut-être pas. Probablement pas. Me prétendais-je un excellent juge de mes motivations ? Encore moins. D’autant plus depuis que Charles était mort. Bien plus que je ne le pensais, il laissait un vide certain en moi, que je ne savais comment combler. Mais cela, je m’arracherai mes crocs, plutôt que de l’avouer. « A moins que ma réponse ne vous convienne pas ou que vous souhaitiez mettre fin à cet échange équitable, à mon tour, il me semblerait. A quels desseins me destinez-vous, dans le futur, pour ne pas m’avoir soumise à la mort éternelle ? Quelle est votre véritable motivation pour m’avoir épargnée, au delà de votre parole que vous aviez engagée lors de notre second entretien ? »

|HJ| Je suis désolée, la réponse à la question doit être super confuse, et c'est en même temps super délicat de répondre, j'espère que ça aura du sens

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 16 Mai - 20:13

Le jeu allait plus loin, la complexité imprégnait totalement notre relation. Plus que jamais, chaque geste, chaque regard, chaque réaction, avait ses propres conséquences. Jeu dangereux. Plus pour elle que pour moi. Ce n'était pas pour une question d'intelligence, loin de là. Ni de capacités physiques. Non, pas du tout. Ce que nous étions en train d'entreprendre restait malgré tout marqué par des relations de pouvoir et de domination. Ce que j'étais au niveau symbolique, beaucoup plus de choses et des choses plus importantes, que ce que j'étais réellement au fond de moi. Freyja Swayne, si elle était une vampire meurtrière et d'une intelligence avérée, n'avait aucun poids symbolique. Elle n'était véritablement l'alliée de personne et avait usé son importance et son intérêt à court terme. Cela ne suffisait pas à la rendre négligeable, loin de là. Sinon elle ne serait plus en vie. Mais dans notre relation, les évènements m'avaient gardé à la place de pouvoir et il n'y avait pas grand chose qu'elle pouvait faire contre tout ça. Je connais une Freyja Swayne si concentrée et si attachée à ce qu'on ne la manipule, que l'entendre rire comme elle le fait me surprend, m'étonne, me plonge dans un certain désarroi. Considère t'elle la popularité comme futile ou est au contraire l'un de ses buts ? Je jugerais de la première solution, mais comme d'habitude avec elle je ne me pressais pas à de hâtives conclusions. Je lui renvoie un sourire presque prédateur.


| Considérez moi pourtant comme votre plus grand fan... |


Faux semblants et sous entendus ; nous n'en sortirions sans doute jamais et c'était très bien ainsi. J'étais loin d'être attaché au fait que les gens devaient systématiquement comprendre le sens de ce que je disais. Les voir se dépatouiller en tous sens avec ce que je leur imposais comme informations, comme base de réflexion, m'amusait infiniment plus. Je note les informations qu'elle m'envoie. Je me cale profondément contre le fond du canapé, me délassant au plus haut point de ces croustillantes brides de récit, avec un verre de whisky empli au delà de la mesure.


| Voilà une histoire qui gagnerait à être contée. |


J'avais conscience que je ne savais presque rien sur la vampire ; c'était d'ailleurs ce qui me genait le plus chez elle. Pour autant je savais que le temps m'amènerait à en découvrir toujours plus et j'étais prêt à grappiller le moindre petit avantage de ce côté là. Après tout, elle même en connaissait déjà beaucoup sur moi ce n'était donc que justice d'en apprendre plus sur elle. Et surtout, à un niveau purement comparatif, cela ne ferait qu'accroître l'avantage que je me suis ménagé auprès d'elle. Je l'écoute me dire maintenant quelque chose qui ressemblerait presque à un compliment, si sa définition ne collait pas aussi bien à celle que l'on pourrait élaborer pour un ennemi, une personne à surveiller et à abattre lorsque cela deviendrait possible. Etrange, le frisson que je ressentais. Pas de la peur, non, loin de là. De la curiosité, une anticipation féroce même. Avide, avide de savoir ce qu'elle pourrait bien faire, et ce qu'elle penserait de moi en entendant toute l'histoire. J'esquisse un sourire alors que j'ai compris l'image sans la connaître.


| Je ne sais comment prendre le fait que vous me voyez fait de bois. Je suis d'acier. | répliquais je d'un ton badin qui ne me ressemblait pas.


Une lueur passe dans le regard de Swayne, une lueur animale et primitive, pleine de désir et de défi. Je sais comment elle fonctionne et je lui réponds sur le ton de la conversation.


| Vous n'êtes pas de ces vampires à violer et à massacrer sans retenue ; ne vous faites pas plus méchante que vous ne l'êtes. Natacha vous fera jouir de son sang et de son corps si c'est ce que vous désirez, mais elle ne vous fera jouir de sa souffrance. |


Si je croyais dur comme fer à ma première affirmation, la deuxième partie n'était qu'une plaisanterie de plus en sous entendus. Je la considérais plutôt comme la vampire la plus dangereuse que j'eus jamais rencontré, en dehors de Krystel et d'Augustus en personne. Il fallait aussi se méfier de l'eau qui dort, comme Morgane, et des traîtres comme William et Julien. Mais Swayne restait presque au top de mon palmarès des vampires dangereux. Je note avec quelle rouerie la vampire détourne la question pour en apprendre plus sur moi. Encore une fois j'acquiesce ; rien qu'elle n'aurait su trouver en feuilletant de vieux journaux et autres documentations. Je lui répondais franchement pour saluer la manœuvre, après avoir bu une gorgée de plus. J'avais de plus en plus chaud dans ma veste, avec tout l'alcool qui me réchauffait de l'intérieur


| Je suis né en URSS et ai la nationalité russe. Avais, puisque je suis mort. Je ne suis jamais devenu ukrainien après l'indépendance, et j'ai oeuvré pendant quelques temps au service de la Fédération russe, ma patrie d'origine. |


Patrie et religion, race ou n'importe quel autre marqueur social plus ou moins légitime n'avait plus aucune importance à mes yeux, contrairement à nombre d'individus de mon espèce. Savoir qu'il existait d'autres espèces de créatures qui nous étaient supérieures dans la chaîne alimentaire était tout ce que j'avais besoin de savoir. Et Swayne n'avait pas encore besoin de savoir tout ce que j'avais vécu avant d'entrer au service de la Reine. Ni après d'ailleurs. Elle ne l'avait pas demandé. Quoiqu'il en soit, la vampire adopte une moue surprise quand je lui révèle la majeure partie de ce qui constitue mon lien avec la Reine. Je la sens se saisir des informations comme une éponge alors que je bois une gorgée de plus. La vampire me confirme que j'ai correctement répondu et mon sourire s'élargit. Je l'écoute me répondre. Elle commence par me rappeler tout ce qu'elle m'a déjà dit, et par ne pas vraiment me répondre au final. Elle voulait la suprématie de son espèce, c'était la seule information que je retirais de son discours complexe. Et cela pourrait l'amener à nouveau à s'opposer à la Reine. J'oscille l'index de ma main portant mon verre à mes lèvres en signe d'avertissement.


| Vos propos pourraient passer pour de la sédition, et serviteur moins averti que moi vous aurait durement châtiée pour vos propos. Certes, vous ne pouvez pas encore comprendre ce que la Reine est en train de faire au Monde. C'est pourquoi c'est elle que je sers et non quelqu'un d'autre, d'ailleurs. Elle ne considérera jamais les humains comme vos égaux, mais elle ne les considérera jamais comme négligeables pour autant. Elle a parfaitement saisi que les vampires avaient besoin d'autres armes que celles des hommes pour mettre l'Humanité à genoux. Le Roi l'avait compris lui aussi, avant de succomber à la provocation et à son orgueil impérial. La Reine est plus flexible, plus clairvoyante. Elle est la seule de votre espèce à faire ce qu'il faut pour vous émanciper pour de bon. Il est simplement dommage que la bonne poursuite de ses actions implique leur secret. Oui, les dirigeants vampires vivent comme vous rêveriez de vivre. Oui, ils s'accordent plus de libertés que vous. Je pensais que vous l'auriez compris, pourtant. Un privilège comme celui que je vous accorde avec Natacha sert aussi bien comme monnaie que comme laisse et muselière pour qui accepte votre don. Pourquoi vous ais je maintenue en vie, maintenant ? Parce que je retrouve en votre esprit une habileté rare, dans la lignée de celle de la Reine immortelle que je sers. Parce que vous pourrez appréhender ses plans et la servir mieux que nombre de benêts qui se gargarisent de modestes privilèges, qui redeviendront bientôt l'apanage de votre espèce toute entière. Pour cela, il faut concevoir que les humains ont depuis longtemps battu vos avantages naturels à force d'inventivité et leur organisation sociale, militaire et industrielle les met à l'abri d'une guerre ouverte. Que vous perdrez aussi sûrement que la dernière. |


je ne me départis pas de mon sourire, finis mon verre et le pose. L'ivresse arrive ; je ne boirais plus une goutte de plus ce soir. Je suis un nouveau Torben, pas le ramassis infâme qui a bravé la mort pendant des années avant de rencontrer le seul vrai dieu de ce monde.


| Pour autant vous semblez toujours aveugle, pleine de cette faiblesse inhérente à toute race qui veut que la nourriture vous est inférieure. Pour gagner, il faut réfléchir autrement. A moi. Qu'allez vous faire à Natacha, comment et pourquoi? Considérez que Natacha est un élément sacrifiable et que vous pouvez en faire ce que vous voulez. |


Oui oui, vous pouvez tomber de votre canapé, j'ai posé cette question là plutôt que d'autres infiniment plus évidentes. A dessein.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Dim 18 Mai - 1:58

Il n’y avait aucune règle, à la partie de ce jeu dans lesquels nous étions des pions. La seule ligne directrice consistait à savamment avancer, déjouant les pièges du plateau. Nous étions soumis à des énigmes et épreuves particulièrement retorses et n’avions qu’un temps limité pour les résoudre et en assumer les conséquences. Nous étions simultanément alliés et ennemis, si ce n’est que Badenov avait droit de vie et de mort sur moi. Pion, mais aussi maître du jeu, qui pouvait ajouter des règles s’il lui posait. Aussi surement que je pouvais ajouter des pièges, pour le guider dans la mauvaise direction, si j’en ressentais l’utilité. Une relation ambiguë et non qualifiable en un seul mot, qui pouvait mener à de grandes choses, salutaires pour la Reine, sa Cour et ses sujets, ou destructrices. Une lame à double tranchant affutée en excès, à même de faire couler le sang par un simple effleurement, mais bien protégée de tout contact. Une arme redoutable, si employée savamment, sans en abuser. Peut-être était-ce ce que nous essayions de construire avec Torben, ou peut-être gagnait-il du temps pour utiliser tout ce que je pouvais lui apporter, jusqu’à atteindre le moment où il pourrait se débarrasser de moi parce que je m’avérais inutile. Ou peut-être gagnais-je du temps, pour fomenter un nouveau mouvement qui me mènera à ce que je désire, à l’idéal de la vie vampirique que j’ai. Je ne pouvais réfuter la première solution, tout comme il ne pouvait réfuter la seconde. C’était une sorte de clairvoyance que de ne pas le faire, qui nous rendait plus puissants.

Je souris davantage, voyant sa réaction quand à mes propos. A quoi s’attendait-il donc ? Que pensait-il réellement de celle que j’étais ? Je ne comptais pas être sous les feux de rampes, exposée à tous les regards. On dit que l’on n’est jamais aussi discret qu’au milieu d’une foule, mais je n’ai jamais adhéré à cette idée. Encore moins lorsque l’on est le centre de l’attention. Qu’en pense-t-il, en revanche ? Je ne comptais pas le lui dévoiler, mais sa réaction m’intriguait. Je laissais échapper un rire franc, en l’entendant. « Ne m’insultez pas, et ne vous insultez, en tentant de me faire croire ça. Vous avez passé l’âge d’avoir une idole, et si vous prétendiez réellement être ce fan que vous inventez, ce serait uniquement pour m’avoir à l’œil et vous assurer de ma bonne conduite – ou mes manquements à celle-ci. » Peut-être voyais-je davantage qu’il ne dissimulait dans son affirmation, mais c’était une interprétation sensée de cette dernière. D’autant plus dans la situation actuelle, et en sachant la personne dont elle provenait.

Je le regardais d’un air neutre, alors qu’il avisait de mon histoire. Mieux savoir, pour mieux contrôler ? Probablement. Mais ça ne serait pas sans rien. A lui de mesurer l’étendue de son envie de savoir. « Plus tard, peut-être. Si vous employez les bons mots. » Ou jamais. Je ne considérais pas ce passé comme préjudiciable – plus maintenant. Mais un pan de ma vie isolé de ce que représentait Freyja Swayne aux yeux de tous ? Probablement. Mais je ne m’appesantissais pas dessus. La suite était nettement plus intéressante. « Je ne comparais que le phénomène, non la composition. Mais rien ne me dit que vous n’êtes pas un pantin de bois recouvert d’une armure d’acier indécelable. » Mon ton était le même que le sien, et semblait tout aussi incongru venant de lui que de moi.

Je reprenais un ton plus posé. Il n’avait pas tort, et avait bel et bien constaté ma manière d’agir. Même si considérer que j’exacerbais ma méchanceté était un tort. La cruauté ne se manifestait pas toujours dans la violence – et j’étais persuadée qu’il le savait très bien. Je lui adressais de nouveau un regard légèrement provocateur, sans l’associer au ton de voix correspondant. « Je ne viole ni ne massacre sans retenue, c’est un fait. Mais la violence peut se manifester dans le calme et la demi-mesure, elle peut être mentale, elle n’en est que plus douloureuse. Plus vicieuse. Je buvais une gorgée de sang, parsemant légèrement ma lèvre de ce dernier, volontairement. Cultiver l’image du vampire carnassier, prêt à toute manipulation et contrôle par la peur. Ce n’était pas vrai. Pas entièrement vrai. Mes proies, en ce qui concernait mes désirs et plaisirs, n’avaient pas pour vocation d’être gouvernées par la peur et la violence. Bien au contraire. Elles devaient embrasser tout ce qui découlait de ma nature vampirique, et de celle que j’étais. Mais je n’abimerai votre précieuse humaine, soit. » C’était vrai… Dans une certaine mesure.

Je ne réagissais pas outre mesure quant à sa déclaration sur ses origines – tout au plus d’un petit hochement de tête. Ca n’avait guère d’importance, au fond. Il ne s’agissait que d’assouvir une simple curiosité, sans grande importance. Sa réaction quant à mon aveu, en revanche… De la sédition ? Seulement pour quelqu’un qui ne s’arrête qu’aux mots, et ne prend pas la peine d’envisager ce que le reste exprime – le ton, la posture, la gestuelle. Je ne compte pas m’opposer à la Reine. Pas dans l’immédiat. Mon but est de la servir dans ses desseins, tant que je suspecte qu’elle veille à l’intérêt de notre espèce, et non à nous diminuer en tant qu’animaux domestiques des humains. Je ne peux réellement rien affirmer, et Badenov ne me pousse pas à envisager ce que je présume, mais je ne remets plus en cause les bienfaits de ses actes pour les vampires. Je n’y adhère pas aveuglement, mais je réserve mon avis. Et attends de voir. Ma patience est une qualité indéniable dans un tel cas. Nul ne pourrait, moi encore moins, prédire quand la situation se retournerait. Si elle le faisait. Je ne répondais rien non plus, lorsqu’il parlait de la clairvoyance de Krystel Raybrandt. Peut-être avait-il raison. Je ne comptais ni rejeter cette possibilité, ni y adhérer sans le moindre doute. Encore de la réserve de ma part. « Il y a un gouffre entre le contrôle des humains par la force et l’avilissement. Je vous ai déjà dit que j’avais perdu mon humanité bien avant l’apparition de ma nouvelle condition. La mainmise que je peux avoir sur les humains y est antérieure aussi. Un carnage comme celui orchestré par les Sanguinistes, né de l’esprit retors de mon créateur combiné au mien, n’est pas une solution au long terme. Si ce n’est dans l’optique d’engranger une rébellion humaine, ce qui n’était pas mon objectif – peu importe les pensées de ceux qui se sont laissés embrigader. Mon créateur était proche du millénaire, il disposait d’une certaine clairvoyance aussi. Quant au mode de vie de nos dirigeants, ne vous méprenez. Oui, je considère qu’il est dans mon droit de vivre ainsi, et que les privations de se nourrir sur des humains sont des inepties. Je ne réfute pas pour autant l’état naturel des choses, de voir le pouvoir doté de privilèges. C’est un ordre naturel que cette inégalité, tout comme celui de nous nourrir sur les humains. L’un est établi, l’autre pas, en revanche. Quant au privilège que vous m’offrez avec Natacha, que vous qualifiez de cadeau empoisonné à la fois, a bien moins d’influence néfaste pour quelqu’un d’un certain rang – tant qu’il n’y a ni abus ni conduite inconsidérée et enchainement d’humains laissés mal en point, le risque est minime. » Peut-être appréhendais-je mal ses propos. Je n’en savais, mais me contentais d’évoquer le strict minimum.

Je ne demandais pas pour autant à quoi mon esprit et ses capacités pourraient lui servir. J’en avais un bref aperçu, et je ne comptais pas gâcher une question à cet escient. J’arquais un sourcil, lorsque je pris connaissance de sa question. Qu’allais-je faire à Natacha ? A considérer comme un élément sacrifiable ? Question piège que celle la, sans nul doute. Je n’y répondais pas de suite, cependant. « Les humains cultivent des ressources inavouées et inespérés pour eux, et les soumettre en les diminuant n’est pas la solution. Quand bien même ils n’égalent pas notre perfection. Peut-être les méprisais-je, bien tôt, et à tort. Mais je suis le prédateur et eux les proies. Si une gazelle finit entre les pattes d’un lion, il n’aura aucune pitié. L’idée est là. Je marquais une courte pause, replaçant un sourire sur mes lèvres closes. Concernant Natacha, je vais lui offrir un plaisir que peu ne pourraient lui offrir. Alliant sensualité, subtilité et désir. Douleur et douceur. Mais sans la meurtrir et sans qu’elle n’en redemande. La possédant sous tous les aspects, par le sang et par la luxure, par le désir et par la soumission, la crainte. Et je ne la considèrerai pas comme sacrifiable, quoi que vous puissiez en dire. Elle ne l’est pas, premièrement, vous me l’avez dit. Et ensuite, sacrifier toute source de plaisir n’est pas un de mes souhaits. Sentir l’envie de recommencer ou la satisfaction de l’instant chez l’humain n’est pas négociable pour moi. » Inutile d’ajouter que mon orgueil entrait en jeu.

« Qu’espérez-vous tirer de cette question, de ma réponse, que vous a-t-elle apportée ? » Il jouerait le jeu, ou cesserait là. Continuerait peut-être un instant, avant de l’abréger un peu plus tard. Je n’en avais aucune idée. Mais je décidais de le questionner sur cela plutôt que sur d’autres choses.

|HJ| J'espère que ça te va, que c'est clair, que je m'embrouille pas et que y'a pas de phrases sans queue ni tête :Caché: S'il y a le moindre soucis, dis moi ^^'

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Dim 18 Mai - 16:05

La partie est lancée, bien lancée maintenant. Je n'ai de cesse de vouloir en découvrir plus sur la vampire et sur ce qu'elle est vraiment, et elle en fait de même. Je pose des questions auxquelles la jeune femme ne s'attend pas. Il reste bien sûr à confirmer de nombreuses choses, hypothèses comme idées mais nous avons le temps pour cela. J'oublie le temps qui passe et je me consacre à la réalisation de mon objectif. Je suis ainsi, pleinement concentré et attaché à la réalisation de ce que je suis en train de faire. Ce qui compte vraiment c'est de pouvoir obtenir des gains, des avancées. Je sais que je dois me défier des réponses que m'apporte la vampire, mais au final tout cela ne compte pas vraiment. Car je reste sur mes gardes, je ne me laisse pas démonter. J'utilise la vérité à outrance, arme dévastatrice au possible. Il convient tout de même de préciser que je distillais cette vérité, pas dans du mensonge à proprement parler mais je maquille par le langage certains effets importants. Je ne perds pas à l'esprit que tout ce que je peux dire peut se retourner contre moi. Jeu dangereux, mais important et intéressant. C'est là tout ce qui compte. La belle sourit, manifestement ravie de la teneur de nos échanges. Je lance un sourire en coin à la vampire quand elle balaie mes paroles comme d'un revers de la main.


| Touché. Il n'empêche que vous l'avez compris, votre cas m'intéresse tout particulièrement. |


Freyja ne semble pas encore vouloir me faire part de son histoire. Dans le fond, celle ci m'importe peu ; je sais qu'elle travaille à son avenir. Pourtant je reste persuadé que certaines clés de sa psychologie se retrouvent dans son passé. C'est pourquoi un jour ou l'autre j'en apprendrais plus encore.


| Les bons mots ? Douteriez vous de ma capacité à savoir parler aux femmes? |


J'hochais la tête. Freyja avait compris l'essentiel de ma nature si elle me prenait pour un pantin fait d'acier et non de bois. Bien sûr, je ne suis pas non plus l'homme de fer, le robot, que je prétends être. Plus depuis que Krystel a fait de moi son servant humain. Paradoxalement, il a fallu que je sois lié plus que jamais à une créature inhumaine pour retrouver quelques goûts dans la nature et les choses du social. Avant, j'aurais mené cet entretien sur un ton monocorde et un regard concentré, et je n'aurais proféré la moindre futilité. Je serais parti une fois que les choses auraient été claires, et c'était tout. Krystel avait cette aptitude, cette véritable magie, de me transformer à loisir par la recomposition de nos âmes. Swayne me fait la leçon sur la violence et mon sourire se fait presque carnassier. Croit elle vraiment avoir affaire à un néophyte à propos de violence ?


| Natacha n'a rien de précieux. C'est ce qu'elle représente, ce respect, qui l'est. |


Si au fond je défendais l'humanité comme je l'avais toujours fait, au moins une certaine idée de l'humanité, j'étais d'un pragmatisme froid et violent. Je n'hésiterais pas à tuer si l'occasion m'en était donnée, cela tout le monde le savait. Et à sacrifier encore moins. Ce mode de pensée éminemment calculateur me permettait par la même occasion de pouvoir faire le sacrifice ultime si le besoin s'en faisait sentir, ce qui pouvait être un très grand avantage au demeurant. Swayne note l'information quant à mes origines et passe à autre chose ; elle a compris que cela n'avait aucune importance dans l'immédait. Cela n'en avait presque pas en fait, principalement à cause du fait que j'avais effacé depuis quelques années toutes traces de ma naissance, de ma vie, de mon premier mariage. L'appui des vampires russes m'avait aidé avant les Années Sanglantes, puis nos relations avec les officiels qui nous fournissaient en armes et en équipement s'étaient montrées prodigieusement efficaces pour tout balayer. On avait été jusqu'à modifier l'arbre généalogique de la famille et les documents d'état civil permettant de me lier aux miens au pays. La Reine protège ses agents... Je notais de mon côté la fierté toute vampirique de Swayne, qui n'était pas prête à toutes les concessions pour la victoire. Une erreur dictée par l'égo. Rien de dramatique, mais tout de même. Elle reconnaît que la force brute ne suffirait pas à vaincre. Elle a raison. Pour autant sa posture l'empêche de voir ce qui est nécessaire.


| Espérons tous deux alors, que la Reine et ses actions soient à la hauteur de vos espérances. |


Car dans le cas contraire, le sang coulera. Et à flots. Je prenais en tous cas Freyja à contrepied à propos de l'humaine. Elle a bien entendu conscience que je l'attends au tournant. Habile, elle détourne un instant la conversation sur son point de vue sur les humains. Ses vœux en ce qui concerne la pomme de sang que je lui envoie dénotent encore une fois un égo certain. Elle veut que sa proie se satisfasse de sa condition et lui redemande ses faveurs. Elle jouirait donc de sexe comme de sang ? Sa question ensuite ne me prend pas au dépourvu.


| Le fait que comme tout vampire vous ne vous placez pas au dessus de la perspective d'une certaine... Gourmandise. Je vous fait confiance pour me renvoyer Natacha en un seul morceau, une fois que vous en aurez fini avec elle. Avez vous déjà eu une pomme de sang attitrée ? Un humain ou une humaine qui ai vos faveurs? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mar 20 Mai - 23:42

La conversation prend un tournant étrange. Toujours contrôlée mais plus détendue. Plus… franche. La seule dissimulation provient des éléments que nous gardons pour nous, et non du mensonge. Du moins le supposais-je. Peut-être joue-t-il de l’air de sincérité qu’il se donne, pour me pousser à répondre sincèrement. Ou non. Je ne pouvais gager de l’un ou de l’autre, seulement supposer qu’il ne cherchait pas à m’abuser, à me duper. Il ne me servirait de toute façon à rien de le provoquer à l’instant, en énonçant un mensonge de sa part. Autant recueillir les informations qu’il me livre et les analyser, essayer de les recouper plus tard avec les récits d’autres personnes. Il gagne forcément quelque chose à cet échange, mais je suis persuadée que moi aussi. C’était donnant donnant, afin que nous sortions tous les deux gagnants. L’un plus que l’autre, peut-être. Je ne compte malgré tout pas reculer et m’abstenir de m’investir dans ce duel métaphorique qui nous oppose. Aussi grands soient les risques, il serait stupide d’y renoncer ou d’y mettre fin. Je me suis déjà grandement compromise et j’ai su racheter ma salvation. Si cela devait arriver encore par cette discussion, sans nul doute pourrais-je négocier à nouveau.

Mon cas l’intéressait ? De toute évidence. Sinon, il n’aurait pas œuvré pour ma survie. Pas uniquement pour ce qu’il pensait que je pouvais apporter à la Reine, du moins – j’étais à peu près certaine que je n’étais pas unique à ce niveau là. Mais je ne saurai probablement jamais la réelle raison de ce curieux intérêt. « C’est une chose que j’ai effectivement comprise, bien que je doute de ce qui peut motiver cet intérêt. » A lui de me le dire ou non.

Je souris, narquoise, en l’entendant poursuivre. Douter de sa capacité à cela ? Envisageait-il le contraire ? « Douter de ce que l’on n’a jamais constaté me semble aller de soi. Mais démentez mes idées, je vous en prie. » Je jouais avec le feu, et je le savais. Mais j’étais ainsi. Depuis de nombreuses années, maintenant. Un peu plus d’un siècle, sur presque un siècle et demi à arpenter cette terre. N’avais-je pas été, de manière plus mesurée et moins vulgaire, une sorte de courtisane, pendant un temps, quoi que bref ?

Le sourire carnassier qui apparut sur ses lèvres me ravit : il en revient à sa vraie nature. Un meurtrier implacable, qui n’avait aucune limite quand il s’agissait de donner la mort – ou de mener à elle. Je haussais les épaules, en l’entendant rectifier mes propos. Peu m’importait, en réalité. Je n’allais pas mettre fin à ses jours, en soi. Sa vie m’indifférait, mais sa mort tout autant. Je ne mettais pas à mort sans raison, cela n’avait guère d’intérêt pour moi. Même si je ne pouvais pas prétendre être en mesure de le faire, emportée par la frénésie. Ou ne pas l’avoir fait, auparavant, incapable de mettre fin à ma consommation de sang sur un humain. Mais cela faisait bien longtemps que je savais me contrôler à ce niveau. Et à bien d’autres. Me contrôler, et contrôler. Je ne relevais pas non plus une deuxième fois le respect qui venait de pair avec l’offre qu’il me faisait de Natacha. Le message était passé, de même que celui qui en découlait : la lui rendre morte équivaudrait à rejeter ce respect, et à signaler que je ne comptais pas offrir ma loyauté à la Reine. Ce qui n’était pas envisageable.

« Je n’en doute pas un instant. » C’était partiellement faux. Elle avait pieds, mains et crocs liés par les humains, c’était évident. Ce qui l’empêcherait de se montrer – dans un premier temps – à leur hauteur. Mais peut-être parviendrait-elle, progressivement, à un réel résultat satisfaisant. Et j’étais déterminée, cette fois, à lui laisser le bénéfice du doute. Que j’en ai réellement le choix ou non. Il ne faisait aucun doute que si je m’opposais encore à elle et à sa façon de régner, ma tête me serait ôtée sans tergiverser et sans nouvelle chance.

Je le dévisageais de manière inexpressive, avant de reprendre la parole. « Vous envisagez pouvoir me contrôler par la gourmandise ? Nulle question entrant en compte dans notre échange, un simple complément de la précédente. J’en ai eu une. Alexei Ivanov. Il y a plus d’une décennie. » Le seul, qui l’ait réellement été. Pour bien des raisons, bonnes comme mauvaises. Mais cela ne faisait pas l’objet de sa question. Je lui demanderai pourquoi une telle question, s’il persistait. Comment la Reine s’est-elle attirée votre loyauté ? Vous n’avez pas toujours été des nôtres, si l’on peut dire maintenant que vous l’êtes d’une certaine façon, et elle n’aurait pas fait de vous son servant sans être assurée de votre soutien indéfectible. »

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Mer 21 Mai - 21:32

Je me doutais que la réponse à ma question serait négative. Freyja Swayne avait un point de vue particulièrement tranché sur la vie en général et sur les humains en particulier. Elle semblait totalement incapable de s'en remettre à une créature qu'elle jugeait inférieure sur le long terme. C'était un choix rationnel, du moins dans une certaine limite. Avec le temps, ce que l'on pensait être une force pouvait se muer en faiblesse. Mû par l'amour passionnel que je nourrissais pour ma femme, j'avais jadis cru que les lois dictées par mon cœur et par ma relation avec Jana seraient immuables, et que je serais capable de déplacer des montagnes. J'avais fait de sentiments une force. Et j'avais déplacé des montagnes, et provoqué un nouveau bain de sang, le premier d'une longue série cette fois ci. J'étais devenu fou quand je n'avais plus été en mesure de nourrir ces sentiments, totalement incapable que j'étais de les apprivoiser. Les forces sont loin d'être intemporelles, les avantages, précaires. Ainsi va le monde. C'est pourquoi l'Humanité ne vit que dans une grande instabilité, et c'est aussi pour cela que je sers Krystel, phare dans l'obscurité et seule sage chez les idiots rendus précaires par leurs émotions. Quoiqu'il en soit, plus le temps passe plus j'ai la confirmation que la vampire en face de moi est redoutable, mais pas sans faiblesse. Elle est prenable, si les circonstances nous poussent au carnage. Il faudra continuer d'avancer à couvert et de manière intelligente, quoiqu'il arrive.


J'haussais un sourcil lorsque la belle dit douter de la raison qui me pousse à m'intéresser à elle. Que pense t'elle, si ce n'est pour son intelligence retorse ? Bien entendu qu'elle est belle et séduisante, plus qu'un grand nombre de femmes et de vampires que j'ai pu rencontrer. Mais je ne raisonne pas en ces termes depuis bien longtemps. L'ancien Torben aurait sauté sur ce genre d'occasion, de tête à tête, pour oublier ses soucis en la sautant tout court. Je ne suis pas l'ancien Torben. Je ne coucherais avec Swayne qu'en y voyant l'ouverture qui fait l'intérêt, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent et ne le sera peut être jamais.



| Quoi d'autre ? L'ambition, l'intérêt, le sexe ? Ou alos ce que je vous ai dit. Choisissez. | dis je en haussant les épaules.


Je souris à ses paroles. Moi, séduire qui que ce soit ? C'était le travail de Cora, pas le mien. Je n'avais aucun talent pour cela.


| Vous êtes effectivement avisée de douter, c'est un fait. Je ne sais parler aux femmes, en tous cas pas plus à elle qu'à n'importe qui d'autre. |


Inutile de jouer un rôle qui ne peut que faire illusion auprès de femmes non averties. Swayne verra de suite que je n'ai aucun talent pour les choses de la paix, comme disait mon grand père. Je suis forgé par la guerre, et c'est ainsi que j'entends diriger ce qu'il doit me rester d'existence. Je ne savais s'il n'y avait pas un peu d'ironie dans les paroles de la vampire. Après tout, elle avait tout de même douté l'instant d'avant, était ce pour douter encore ? Qu'elle le fasse si ça lui chante. La vérité s'imposerait à elle bientôt. Je ris de bon cœur tout en me rendant compte que j'avais le rire facile maintenant que l'alcool me donnait chaud ; je me libérais de ma veste pour la poser sur l'accoudoir du canapé. Alexei Ivanov, mon hilarité reprend de plus belle.


| Non, je pense que vous n'êtes pas du genre à céder facilement à la tentation. Vous ne m'avez pas sauté dessus, après tout. Quant à Ivanov. Quelle Blague... ! J'espère que vous n'y tenez pas trop. Cora Mc Lensfield a fait en sorte de guider la PES vers sa piste plutôt que la mienne, et si j'en crois ce qu'elle m'a murmuré la dernière fois il sera bientôt pris en embuscade, et tué. |


Nouveau test. Si Ivanov ne meurt pas, je sais d'où viendra le vent. Même au bord de l'ivresse, je ne suis pas désarmé. Si cela avait été le cas, je n'aurai pas bu du tout. Pour le reste... Mon rire finit rapidement par s'éteindre. Voulait elle toute l'histoire? Elle en aurait une partie, celle qui était directement concernée par sa question.


| Elle et moi avions un lourd passif. J'ai combattu ma Reine de toutes mes forces à une époque où le désespoir était mon seul allié. J'ai attenté à sa vie, menacé celle de ses enfants. Elle a fini par me capturer, et ma folie qui ne demandait qu'à me brûler a éclaté à ce moment là. Nourri de son seul sang, sans eau ni nourriture humaine, j'ai erré des semaines durant dans une cage de verre, sans rien pour me permettre la seule sortie honorable que je voyais, que j'appelais de mes vœux. Aux portes de la folie et dévoré par la fièvre, j'étais hanté de ses apparitions. Et puis, au fil du temps, j'abandonnais mes idées destructrices et je parvenais à la seule conclusion logique après tout les évènements et le carnage qui avaient précéde mon incarcération. Le dieu pour lequel j'avais tout donné, tout consacré, existait bel et bien mais se fichait du malheur de ses servants. La Reine est revenue me voir. M'a nourri, m'a logé, m'a soigné. M'a guéri des addictions qui me détruisaient, qui ruinaient mon corps et dévoraient mon esprit. Des addictions antérieures à notre rencontre, alors que j'étais toujours soldat de Dieu. Elle m'a tout expliqué. Ses actions et ses rêves, ma place dans son grand schéma. Ce qu'elle attendait de mes talents particuliers. Je l'ai rejointe de mon plein gré, après cela. Parce que contrairement à Dieu qui règne sur le ciel, la Reine règne sur la terre. Et elle se soucie de ceux qui la servent, elle se soucie des créatures qui peuplent ce monde. |


Je dévoile un nouveau sourire sauvage.


| Enfin, de certains d'entre eux. De ceux qui comptent. Me considérez vous pour un idolâtre et un fanatique en plus d'un pantin, désormais? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 23 Mai - 0:34

Un sourire sarcastique sur mes lèvres. Mon ambition ne peut l’intéresser. Surtout pas alors qu’il l’a vue se manifester d’une manière qui nuit à sa Reine. Quand bien même il souhaiterait l’utiliser à son avantage. Quant au sexe… Il aurait succombé bien avant, si tel avait été le cas. Son explication première était celle qui semblait réellement plausible, certes. Mais rien n’empêchait qu’il y en ait une sous-jacente, peut-être non réalisé par lui. Ou peut-être n’était-ce pas le cas. Je n’en savais rien, au final, mais je devrais me contenter de ce qu’il m’avait dit. Dans tous les cas, son intérêt aujourd’hui n’était peut-être pas son intérêt demain, et celui-ci ne serait qu’en constante évolution. Si je faisais mes preuves, probablement serait-il accru. Si je ne les faisais pas, il s’en retrouverait réduit à néant – aussi surement que moi, si je ne m’étais pas rachetée.

« Ce n’est pas un exercice si difficile. Une vérité, en soit. Si j’avais suivi les conventions et mœurs de l’époque qui m’avait vue naître et vivre en tant qu’humaine, les miennes avaient changé, aussi surement que celles de la société dans laquelle je vivais. Séduire hommes ou femmes ne m’effrayait pas, et j’étais douée pour cela. Mais je suppose que vous n’avez aucun intérêt à le maîtriser, auquel cas ce serait déjà fait. »

Je le regarderai circonspecte, alors qu’un rire s’échappait, puis grandissait, de sa bouche. Pourquoi cette soudaine hilarité ? J’allais sans nul doute le savoir bientôt. S’il était désireux de me le confier. Je ne pouvais en gager. « Céder à la tentation n’a d’intérêt que si elle est dépourvue de dessein de la part du sujet de celle-ci, ou que si elle m’est favorable d’une manière ou d’une autre. Si le moindre risque qu’elle me soit défavorable, et que ce qui est à y gagner derrière n’est pas satisfaisant, alors elle est un danger. C’est un formidable outil qui, utilisé à bon escient, peut être d’une grande aide. Quant à Ivanov, vous remarquerez l’usage du passé. Une autre vie, un autre temps. Un jeune humain influençable, bien vite entrainé dans des travers qui le dépassaient. Il n’est rien de tout cela maintenant, et si j’ai un certain ascendant sur lui, il ne sera plus jamais ce qu’il était avant. Trop impétueux, trop peu docile, trop désireux de mettre fin à ma vie, si celui lui rapporte davantage que de ne pas le faire. Que la PES l’achève donc, cela ne me fait ni chaud ni froid. » Me croirait-il ? Peu importait, au final. M’attacher une prétendue pomme de sang infidèle, à même d’attenter à l’un de mes biens les plus précieux, à savoir moi-même, serait de l’inconscience. Et c’était impensable de compromettre ainsi tout ce pourquoi j’œuvrais.

J’écoutais attentivement ses propos. Je savais ce qu’il en avait été de son passé, de ses frasques. Cela n’avait pas pu passer inaperçu, alors qu’il s’était dévoilé dans son opposition aux vampires, comme agent de Dieu. Aurais-je été humaine que j’aurai laissé échapper un rire sarcastique, accompagné d’yeux levés au ciel. Je n’en faisais rien, ne manifestant pas mes convictions ultimes quant à ce Dieu inexistant. Je ne m’attardais pas sur son désespoir – peu m’importait. Ce n’était qu’une des causes qui lui avait donné l’impulsion nécessaire de s’attaquer à celle qui régentait sa vie actuellement. Elle était sans importance pour moi. Ce qui avait du l’amener à ça avait très certainement été brisé, en même temps que lui lors de sa captivité forcée dans les mains de la Reine. J’acquiesçais. J’aurai besoin de réfléchir et de m’attarder sur ce qu’il venait de me dire. Ce n’était pas anodin, bien au contraire. Que la Reine ne l’ait pas fait exécuter était suffisamment inhabituel pour que j’essaye de comprendre ce qui l’y avait poussée. Il l’avait dit lui-même : elle était flexible, clairvoyante, et à même de se doter des meilleures armes qu’il lui soit possible, pour asseoir son autorité sur l’Humanité. Elle avait du en voir une en Badenov. Il ne serait pas sa mort, sinon. Je gardais des questions en tête, ne l’interrompant pas. Elles viendraient plus tard. Faisant écho au sien, un sourire vint naître sur mes lèvres.

« Vous persistez à vouloir me faire baisser ma garde, en vous dévaluant – ou en voulant que je vous dévalue, du moins. Peut-être êtes vous un fanatique, un idolâtre ou un pantin, peut-être même les trois à la fois, mais la vérité est que cela importe peu. Votre loyauté et l’étendue de ce que vous êtes prêt à faire pour la Reine importe – tout comme vous étiez prêt à faire beaucoup au nom de ce Dieu que vous évoquez. Je vous ai déjà dit de ne pas me sous-estimer, et de ne pas sous-estimer ma propre clairvoyance – qui n’égale pas celle de la Reine, j’en suis certaine. Vous n’êtes pas un imbécile, uniquement gouverné par ses croyances. Vous n’êtes pas homme à perdre la tête et à déifier en faisant abstraction de toute raison, de tout calcul, du meilleur des intérêts. Alors non, que vous soyez ou non l’un de ces qualificatifs importe peu. Car votre libre arbitre et votre perspicacité, votre lucidité, font fi de tout cela, pour vous mener sans échec si possible à votre objectif, de la manière la plus intelligente qu’il soit. Ce fanatisme, cette idolâtrie, s’ils sont, ne sont que l’essence qui vous mène à votre but, que ce qui vous sert à alimenter vos capacités, sans les diminuer. »

Je me taisais un instant, dans l’espoir d’observer sa réaction. « Mais dites moi donc ce qui a pu amener la Reine à faire preuve de clémence envers vous, alors qu’elle aurait pu mettre fin à votre vie pour la menace que vous avez fait peser sur elle ? Elle a indéniablement du remarquer quelque chose en vous, quelque chose de rare et indispensable, pour se retenir de vous torturer puis vous achever. Votre mansuétude à mon encontre est-elle alimentée par un sentiment similaire, pour tout ce que je peux vous apporter ? Ne vous méprenez pas, je ne vous demande pas encore ce que vous voyez en moi qui aurait pu vous pousser à cela, mais simplement quel genre de sentiment a pu vous amener à faire abstraction de ma trahison pour bénéficier de mes compétences à votre avantage. » Je posais deux questions, oui. Mais il devait se douter qu’il pourrait faire de même, en retour, s’il y répondait.

|HJ| Je suis désolée, j’ai du mal à exprimer ce que je veux dire, alors je sais pas si je suis très très claire J’espère que ma réponse te va dans tous les cas.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Ven 23 Mai - 17:40

Swayne risque pour le coup de pêcher par excès de prudence, ce qui peut entraver le bon déroulement de toute cette histoire. Le but est qu'elle s'ouvre à moi et que si elle reste incapable de nourrir de la confiance envers moi, qu'elle parvienne malgré tout à m'accorder suffisamment de crédit pour s'en remettre à moi de manière plus sûre et plus stable. Il ne sera pas dit que j'aurais laissé une situation pleine d'opportunités péricliter par manque de volonté. Quoiqu'il en soit, la vampire me confirme que la séduction n'était pas si difficile, et qu'en m'y attachant je pourrais sans doute la maîtriser. Mon sourire s'accentue un peu plus, alors que je me remémore ces ébats passionnés que le bon Torben Badenov, employé de la Reine, avait entretenu jadis avec Victoria Orion, ou alors ces caresses brutales et bestiales même partagées avec Mary Wellesley, Lupa de la Meute. Je les avais séduites sans faire beaucoup d'efforts. Victoria était une femme qui avait grand besoin d'échapper à son quotidien tout en restant un maximum attachée à son environnement professionnel, tandis que Mary était le jouet de ses pulsions à cette époque. Je m'ouvrais à la vampire peut être plus que je ne le devrais, mais c'était un pari que je faisais sans trop de soucis pour le moment.


| Croyez vous que le sang soit le seul biais par lequel j'accomplis ma mission ? Je reconnais simplement que je n'ai pas votre talent dans le domaine et que je ne vous ferais pas alors l'affront d'essayer de vous charmer pour obtenir ce que je veux. |


J'écoute attentivement ce qui s'apparente à une leçon, bien que ce soit des termes et une finalité que j'ai finalement moi même déjà assimilés. Je souris à nouveau, le regard complice.


| Donc si vous ne me manoeuvrez pas pour que nous couchions ensemble, ce n'est pas une question d'intérêt mais de danger ? Je prendrai cela comme un compliment. |


Sa manière de jeter Ivanov au orties ne m'étonne pas outre mesure et me confirme ce que je pense déjà d'elle. Une opportuniste et non une sentimentale, calculatrice bien plus que passionnelle. Cela ne m'empêche pas de me méfier et d'attendre d'avoir la confirmation finale, lorsque ce pion sera tué. Si elle ne le prévient pas, bien sûr... Freyja souhaite le danger et en raffole c'est devenu comme pour moi une drogue, une nécessité. Pour vivre, pas se sentir vivre comme le disent les jeunes. Une nécessité, par une passion. Je pose alors une question impromptue, guidé par l'alcool qui tout de même, chamboule mes idées et me fait perdre le fil de tout ceci.


| Un cœur si froid et si seul... Pour un peu, vous vous appelleriez vous aussi « la Mort ». N'y a t'il rien qui vous le réchauffe? |


Simple question rhétorique. Tout le monde a un moment ou à un autre à un intérêt affectif à quelque chose. Même moi, j'en ai un. Je suis lié à la Reine par bien plus qu'un simple serment. Certains, les sociopathes dont je fais partie, sont aussi capables de se sentir bien alors qu'ils tuent ou répandent le mal autour d'eux. Ce n'est cependant pas le cas de tout le monde, et en règle générale l'ambition est plutôt salvatrice en la matière. Je note l'espèce de trouble qui s'empare de la vampire, en tous cas la concentration, alors que je lui parle de mon passé. Elle se rend sûrement compte que je n'étais rien, avant. Un jeune chien fou, m'avait nommé la presse. Un naïf qui se bat pour des idées dépassées. Mais j'étais ensuite devenu bien plus. Ses propos ne sont pas ambigus. Elle ne croit pas en Dieu. Cela m'importe peu. Tant qu'il n'aura pas prouvé être en mesure d'intervenir dans le monde des hommes, il ne pourra plus rallier quiconque à sa cause depuis longtemps perdue. La vampire comprend, même si elle doute. Elle aurait tord, de ne pas me considérer comme un fanatique, et uniquement comme quelqu'un de perspicace et pragmatique. Je ne réponds rien à ses paroles, pour ne rien confirmer ou infirmer. Je n'allais pas tout lui dire, tout de même. Je souris à l'éoute de ces deux questions.


| Deux questions au lieu d'une ? Bien. Le jeu se corse. Les réponses sont effectivement liées. Je vous laisse la vie car je pense tout comme la Reine l'a pensé pour moi, que vous pouvez apporter quelque chose à notre cause. La Reine a vu en moi du potentiel. Plus que je ne m'en crois honnêtement capable ; elle essaie de diversifier mes compétences en suspectant chez moi un réel talent pour la gestion et la politique, mais je pense que mon principal atout est mon savoir faire en tant que son agent pour exécuter ses volontés... Et ceux que le besoin désigne. |


J'hésite à reprendre un verre... Avant de décider de ne pas le faire. Ce ne serait pas raisonnable. Je pourrais malgré moi faire preuve de faiblesse ici, et en sortant me faire arrêter pour un banal contrôle anti alcool sur la route. Je fixe la vampire.


| Ce seront les dernières questions pour moi, je ne tiens pas à ne plus tenir debout au moment de sortir d'ici. Jusqu'où êtes vous capable d'aller dans votre nouvelle mission, et qu'attendez vous de moi pour l'avenir, au delà de la survie ? |

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 26 Mai - 1:52

Son sourire qui s’agrandit est définitivement énigmatique, faisant écho au mien bien qu’il ait été grandement ironique, alors que nous parlions de sa capacité à séduire. Que dissimulait-il derrière ce dernier, ou du moins à quoi associait-il mes paroles ? Je haussais brièvement les épaules – un réflexe typiquement humain. Je n’ajoutais rien, attendant qu’il décide de réagir – ou non – à mes propos. Sans nul doute, aurait-il une réponse à fournir, quelque chose à ajouter. Je souris sans sarcasme cette fois, alors qu’il m’affirme ne pas être à la hauteur de mes aptitudes à séduire. Il ne m’a pas réellement vue à l’œuvre, pourtant. Mais je prendrais le compliment pour ce qu’il est. Je ne peux nier être douée à ce jeu là, dans tous les cas. Quand bien même il n’en saurait rien. Sur quoi se base-t-il pour affirmer ne pas pouvoir égaler mon talent, à vrai dire ?

« Je suppose, et ais pu constater par moi-même aussi, que vous avez bien d’autres moyens que celui de faire couler le sang, je ne sais juste pas lesquels. Le chantage, très certainement, l’appât du gain, remettre les gens à leur place aussi, si cela peut fonctionner… Mais les pulsions charnelles en font donc partie, pour atteindre vos buts. Sur quoi vous basez-vous pour évaluer mon propre talent dans ce domaine ? »

Je restais persuadée qu’il ne savait pas ce qu’avait été mon passé, pour émettre des conclusions à partir de lui. Ce devait donc être dans mon attitude. Les vampires étaient naturellement des séducteurs, cela faisait parti de nous aussi surement que nos crocs. Alors pourquoi m’imputer une plus haute maîtrise que mes congénères dans le domaine de la séduction ? Car c’était indéniablement ce qu’il faisait. Je ne manquais pas la lueur de complicité dans son regard, alors que je continuais à parler tout en réfléchissant – cela signifiait-il que malgré la méfiance, un réel terrain d’entente naissait ? Peut-être.

« N’est-ce pas votre essence même que d’inspirer le danger ? Sans cela, vous n’auriez pas cette appellation de Mort que l’on vous a donnée – sans réellement savoir que vous vous cachez derrière elle. Sans cette crainte que vous faites naître par le récit de vos actes, vous ne seriez rien de ce que vous êtes. Et serais-je là, si vous n’aviez pas été à même de me faire renoncer aux Sanguinistes, par votre froide et dangereuse prestance ? »

Je ne mentais en rien, et il s’en rendrait compte, indéniablement. Il avait du se demander, outre mon désir de survie, ce qui avait motivé ma volonté de se ranger à ses côtés. Il ne pouvait avoir ignoré cet aspect. Je fus coupée dans ma réflexion par sa question, et l’affirmation qui la précède. Réelles, et dérangeantes. Peut-être que m’appeler ‘la Mort’ serait adéquat, encore plus maintenant. Je ne le sais guère, et lui non plus probablement. Je laisse place à un sourire narquois, faux et qui ne laisse aucune place à l’illusion de sa crédibilité, et désemparé à la fois.

« Si c’était le cas, son existence a pris fin il y a peu de temps. »

Charles, mon créateur. Mon affection pour lui ne dépendait pas uniquement de notre lien – elle avait été bien plus. Même si elle n’était pas réciproque. Je n’avais pas besoin qu’elle le soit. Qu’il m’ait suffisamment distinguée pour faire de moi son enfant m’était suffisant. Mais le détail, Badenov n’a nul besoin de le savoir. Il saisira probablement l’allusion à mon créateur, l’étendue de notre relation ne regarde que moi. Et moi seule.

Pas plus que je ne le fais, il ne parle. Il se contente d’écouter attentivement et d’assimiler ma réponse à sa question. Pour l’analyser plus tard, peut-être, tenter de déceler les sous-entendus non identifiables instantanément. Même s’ils sont nombreux à être clairs et à sauter aux yeux. Pour peu que l’on prête réellement attention aux propos tenus. Et je ne doute pas que ça soit son cas. Que perçoit-il, dans ma réponse, qui le fait se concentrer ainsi ? Dieu seul le sait. Un sourire hautement ironique se place sur mon visage à cette idée absurde. Ou Krystel, si je l’en crois. Si elle était omnisciente, du moins. Je fixe son visage, et son sourire, alors que le mien s’est progressivement retiré de mon visage, n’ayant pas lieu d’être. Est-ce ma réponse, ou mes questions ? Je ne le saurai guère, je pense. Je verrouille mes yeux sur lui, consciente de l’importance de ses réponses – ou peut-être les surestimais-je. Montrer mon intérêt pour celle-ci n’importe que peu, de toute façon. Il sait que je ne manque pas une miette de ce qu’il me dit, que j’écoute, assimile, enregistre. J’acquiesce mentalement, pour moi, ne montrant en rien que sa réponse me satisfait, sinon en buvant une nouvelle gorgée de sang. Je ne brise pas non plus le silence, attendant qu’il le fasse de lui-même.

« Vous avez étonnement joué le jeu, jusqu’à présent, je pensais que vous vous arrêteriez bien avant. Mais vous aviez réussi à me faire vous penser plus résistant, j’en serai presque déçue. Provocation ? En tout point. Saisirait-il l’appât ? J’en doutais. Je n’aurai aucune autre limite que celles que vous m’imposeriez – et celles des lois, que je me suis engagée auprès de vous à respecter. Ne pas recourir au chantage, à la manipulation, et à l’extorsion n’en faisait pas partie. Et je doute que quiconque se soucie des moyens d’obtenir des informations auprès d’un semi démon. Mais personne ne devait savoir mes liens avec eux, et je devrais masquer savamment mes sources. Sauf contrordre de votre part. Quant à ce que j’attends de vous… Bon nombre de choses. Une position à la hauteur de mes compétences, et de celles dont je vous prouverai l’existence. Des tâches palpitantes, qui sortent de l’ordinaire. » Je craignais le danger, mais il alimentait paradoxalement mon désir de survie.

« Mais avant que vous ne partiez, pourquoi ne pas me prouver votre capacité – ou incapacité – à accomplir votre mission autrement que par la mort ? De manière autre que vous ne l’ayez fait avec moi. Torture – et non mise à mort, chantage, séduction… Le moyen est vôtre. »

Je risquais gros. Le chantage ne marcherait pas, il devait le savoir. Il était trop tard pour cela. Le reste ? Il pourrait m’affaiblir, et m’achever par la suite. Malgré les deux verres de sang humain que j’avais quasiment intégralement consommé, qui m’avaient redonné une force considérable. Quant au péché de luxure ? Je lui avais évoqué le danger qui résidait dans celui-ci, si l’on ne s’assurait pas que l’adversaire n’avait pas lui aussi des desseins dissimulés derrière cela. Et de toute évidence, Badenov en aurait. Mais cette offre que je lui faisais, outre la curiosité et le fait que j’en apprendrais plus sur celui qu’il était en observant ses méthodes – à supposer qu’il cédait à ma requête -, induisait aussi un nouveau niveau de confiance. Toujours modéré, mais présent malgré tout.

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MessageSujet: Re: A Feast For Crows [Livre II - Terminé]   Lun 26 Mai - 17:51

Le jeu change subtilement sans pour autant que ses règles ne s'en trouvent trop profondément modifiées. Ce qui compte avant tout, c'est bien de toujours avoir le dessus, de pouvoir obtenir des informations sans se retrouver à devoir en donner beaucoup trop. Forcément, cela complique les choses. Mais je suis adepte de défis, et plus encore, j'aime ceux qui sont corsés et qui m'aident à repousser mes limites. Ceux que me posent Freyja font partie de ceux là. Et maintenant que je suis au bord de l'ivresse, mon caractère d'antan a tendance à revenir. Krystel, en me faisant son servant humain, m'a laissé acquérir de nombreuses forces et de terribles avantages, mais elle a aussi participé au fait de faire émerger mon ancienne nature. C'est une certaine faiblesse, même si en certaines occasions cela me donne aussi une certaine force, un tempérament encore plus obstiné que d'ordinaire. A voir ce que cela donne dans le temps. Visiblement, le compliment que je fais à la vampire la touche d'une certaine manière, son sourire se fait plus franc et sa réaction plus naturelle et moins calculée. Je souris en coin alors que l'on parle de ses talents dans le domaine de la séduction, qu'elle transforme en talent en ce qui concerne les pulsions charnelles.


| Tout simplement le fait que tout, dans votre posture, vos regards et votre attitude, me prouve que vous êtes une séductrice. Même sans chercher directement à obtenir mes faveurs par ce biais, tout chez vous transpire cette habitude d'obtenir ce que vous voulez par la séduction de votre intelligence, de votre physique, de vos idées, ou de tout cela à la fois. |


Et pour dire. C'était un peu comme chez Krystel. Rien qu'à la voir, on note directement, on remarque sans problème, qu'elle est habituée à obtenir ce qu'elle veut et que partout où elle passe, rien ne lui résiste. On ne peut pas en dire autant de tout le monde, mais avec autant de personnes attachées à ce genre de manœuvres dans mon entourage, je ne pouvais qu'y prendre garde. Même Jana à sa manière, savait très bien utiliser ses atouts. Mais elle n'avait pas le talent des deux à qui je la comparais, ni l'expérience. Cela viendrait peut être avec le temps, qui sait. La conversation se fait plus sereine et plus ouverte, il y a une certaine complicité née d'une compréhension mutuelle entre nous. Ce n'était pas quelque chose de mauvais, tant qu'on ne commettait pas l'erreur purement humaine de considérer que les choses que l'on comprend doivent être apprivoisées et aimées. Swayne ne pourrait probablement pas être dans le premier cas et je ne voulais pas du second, ni n'en était réellement capable d'ailleurs. Mon âme humaine était bien trop endommagée pour s'exprimer normalement, comme mes congénères du commun. Je pars à nouveau d'un petit rire quand la vampire me fait de bien drôles de compliments...


| Ce n'est pas faux. Cette... Réputation, que je me construis et à laquelle les autres agents de la Reine contribue est mon outil le plus efficace et précieux, bien plus qu'une quelconque maîtrise des armes ou des manières de donner la mort. Quand j'ai une cible, celle ci est déjà morte, parce qu'elle se voie et elle se sent comme telle. |


Ma froide et dangereuse prestance... Comme la mort. Rien de chaleureux ou d'aimable, mais rien d'impoli ou de frustre non plus. Les paroles de la vampire se font plus énigmatiques. Je ne sais si elle parle de son Créateur comme la logique vampirique l'imposerait, ou de quelqu'un d'autre. Après tout son créateur, elle l'a fait tuer. Un amant d'un temps reculé, un amoureux de son existence humaine ou autre ? Nous avons tous nos petits jardins secrets, comme elle n'avait pas à savoir quelle vie j'avais eue avant de me mettre au service de la Reine. Ou plutôt, comme elle n'avait pas à en savoir certains aspects, pour ma sécurité comme pour celle de la Reine ou d'une certaine princesse. Notre ballet de questions et de réponses, de vérités et d'omissions temporaires et/ou limitées, se fait plus calme, plus... Concentré. Il faut réfléchir à ce que l'autre ne dit. Récupérer des cartouches sans gaspiller le reste de nos munitions. Mon sourire se dévoile à nouveau quand elle remet encore en doute ma capacité à faire fi de la prudence pour m'attacher à un meilleur calcul, cependant non dénué de risques. Je ris à nouveau quand Freyja me parle d'une faiblesse qu'elle ne me soupçonnait pas. Me pensait elle invulnérable?


| Ravi d'avoir ainsi pu faire illusion...! |


Ce qui n'était le cas qu'en partie, bien sûr. Je lui fais pour le reste de ses mots, la même promesse que j'ai pu faire à Cora pour l'épouser, dans une formulation différente.


| Vous serez constamment en danger, même si vous y avez déjà pris goût. Vous ne pourrez vous ennuyer, ni vous lasser, parce que votre vie sera toujours l'enjeu. C'est ça, votre but, n'est ce pas ? Vous sentir vivante par vos actions. |


Je ne savais pas si j'avais correctement lu en elle. Sa proposition me prouve que ce n'est pas le cas ; elle me surprend, et mon hésitation le prouve. Que me demande t'elle exactement ? Ma mission est déjà remplie, je n'ai plus à la poursuivre... Si ? L'alcool émousse la vivacité de mon esprit. Je me rapproche d'elle, contourne la table basse et la fixe du regard, nos corps se frôlant presque. Mon sourire revient à la charge. Large, conquérant... Jeune.


| Qui vous dit que je n'ai usé de tous ces artifices de manière complémentaire pour vous ranger à mes côtés? |


Le chantage était sa vie, la seule chose qui avait vraiment de la valeur à ses yeux, contre un service. La torture ? Celle de la priver de sang humain véritable, de la priver de ses habitudes, de ses loisirs, de l'assouvissement de tous ses besoins mêlés à la mort des siens et de son créateur, tous ses sacrifices pouvant être vains si je ne respectais pas ma parole. Torture psychologique, haut niveau de stress sans pour autant la terrifier, bien sûr. Séduction ? Je lui avais dévoilé suffisamment pour l'intriguer et pas assez pour conserver une part de mystère et cultiver cette intrigue. J'avais découvert ce qu'elle aimait, ce qu'elle détestait. Les jeux de l'esprit et ceux de pouvoir, la mort et la domination pour obtenir le plaisir qu'elle ressent. Enfin, je l'ai achetée, par des promesses de gloire, de richesses et de pouvoir, mais surtout... De danger. La seule arme dont je n'ai usé contre elle au final, était la mort, justement. Outil fantastique lorsqu'utilisé à bon escient mais on n'a droit qu'un un coup. Ce qui n'était pas encore requis. Je passe mes mains sur ses hanches, remontant sur le bas de son dos pour l'attirer à moi. Restait la dernière arme que je n'avais usé sur elle, pas sans qu'elle ne m'ai donné l'ouverture. Je viens frôler ses lèvres sans la lâcher du regard, lui faisant sentir l'odeur de mon sang en dévoilant mon cou lorsque je passe ma tête sur le côté de son visage pour souffler au creux de son oreille.


| L'arme la plus puissante dont je dispose, c'est la connaissance. Celle que j'ai apprise au fil de nos rencontres, celle qui est fondamentale pour vous comprendre, si j'y suis seulement parvenu. Ce danger dont vous semblez tout faire pour vous sauvegarder, c'est pourtant votre drogue, c'est votre manière de vous sentir encore de ce monde, libre et puissante, au dessus des autres incapables de prendre de risques pour se sortir de la fange. La capacité de vous mettre en danger, de tout miser, pour espérer un gain plus grand encore. Vous n'avez pas peur pour votre vie. Vous avez peur de vivre une existence creuse, sans ce frisson qui vous fait tant frémir... |


J'attire de mes mains son corps contre le mien et dévore son cou de baisers ardents pour enflammer son propre désir de planter ses crocs dans le mien sans qu'elle ne puisse le faire ; goûter mon sang revient à goûter la Reine, et sans son consentement c'est la Mort Véritable quand bien même ses propres filles se rendraient coupable de ce forfait. Je suis sien et elle est mienne. Mais ce soir, je donne un avant goût d'un plus grand danger encore, à une vampire addict à l'adrénaline.

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