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–› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]
MessageSujet: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Lun 7 Avr - 21:55




Paul & Charlie


Lorsque Charlie reprit partiellement ses esprits elle était debout, le bras tendu avec dans sa main le 9mm qu’elle avait emporté avec elle pour rencontre Alexei. Face elle rien, elle descendit les yeux vers le sol et vit l’homme effondré. Elle aurait voulu s’attarder sur la vision d’horreur qui se présentait sous ses yeux mais ce qui la ramena à la vraie réalité ce fut ce chien. Elle laissa échapper un juron ainsi qu’une grimace lorsque les crocs de l’animal se refermèrent sur l’avant bras qui tenait fermement l’arme. Elle n’avait pas le temps de s’émouvoir, d’être choquée ou quoi que se soit elle devait se débarrasser de ce clébard avant qu’il ne lui fasse vraiment mal. C’était son bras droit en plus qu’il tentait de broyer, son bras qui tenait la main avec laquelle elle pouvait dessiner.

D’instinct elle plaqua l’animal au sol et plutôt que d’essayer de se détacher de lui en tirant elle l’attrapa par la gorge et resserra doucement l’étreinte. Il finit par la lâcher mais elle n’en fit pas de même. Cet animal venait de tremper dans le sang de son ancien propriétaire, elle ne pouvait pas le laisser s’échapper là où il voulait. A genou par terre elle entendit le chien pleurer et le libéra, elle n’était pas cruelle au point de tuer un animal qui ne servirait jamais de festin, plutôt crever que de manger une chaire pareille. Enfin, elle avait aussi dit qu’elle ne tuerait pas d’humains en dehors dans la guerre et pourtant il était là par terre, une balle dans la tête et son sang qui se répandait doucement sur le sol. Elle était agenouillée à côté de lui, parfaitement consciente qu’elle était en train de tremper son jean de sang mais elle n’en avait plus rien à battre. Contre toute attente le chien était toujours là à renifler son maître comme pour vérifier qu’il ne jouait pas à faire le mort.

Doucement elle ouvrit la veste d’Alexei Ivanov pour vérifier ce qu’il avait eu l’intention de prendre dans sa poche intérieure. L’abruti avait peut-être pensé pouvoir jouer au malin et tenter de la tuer aussi facilement ? Elle sentit son cœur s’arrêter de battre en ne sentant rien d’autre qu’un portefeuille. Elle venait de grave merder. Elle retira le portefeuille et l’ouvrit pour en apprendre plus sur lui. Elle avait eu l’occasion de collaborer avec lui une seule fois sur une BD qu’il fallait traduire. Sur le coup elle avait trouvé ça étrange qu’ils la fassent venir, elle ne faisait que les dessins pas de quoi changer la traduction. Et ce jour-là il ne l’avait lâchée des yeux c’était bizarre. Aujourd’hui elle comprenait mieux ses actes, il avait été chargé de la surveiller pour le compte de son père. Elle continua son investigation et prit tout ce qu’il portait : portefeuille, armes, clés, téléphone… Ce n’est que lorsque son regard se posa sur ses propres mains qu’elle percuta. Du sang ? Ce n’était pas le sien, sans doute celui de l’humain mais la symbolique était là.

Figée elle resta agenouillée près de la dépouille à regarder ce qu’elle venait de faire. Elle eut juste un petit éclair de lucidité pour se saisir de son propre portable, utiliser l’appel rapide pour contacter Paul mais c’est tout. Elle n’espérait même pas qu’il décroche ou quoi que se soit, elle était ailleurs. Elle se souvenait de Hayden et de son ton dur : « Tu devras arrêter ou maîtriser le risque de chacune de tes activités. Et arrêter celles qui ne peuvent qu'apporter préjudice à la Meute sur le long terme. » Et elle venait de tuer un humain ?! Cela n’avait rien à voir avec la Meute, avec les conflits interraciaux. C’était juste une histoire d’argent facile et un malentendu sur l’interprétation de ses gestes. Mais elle ne pourrait pas s’en sortir aussi simplement, si ça se savait tout le monde dirait qu’elle avait fait ça parce que c’était dans sa nature et c’est tout. Et elle, que pourrait-elle dire ? « Non je me suis parfaitement contrôlée il voulait juste balancer à la mafia que je commençais à dealer à grande échelle, menaçant le business de tout le monde alors je l’ai descendu. » Elle était dans la merde et jusqu’au cou, elle ne parvenait même pas à bouger pour tenter de fuir, cacher sa bêtise…

*Il pourrait juste disparaître dans le fleuve et on n’en reparlerait plus jamais. Personne ne sera au courant.*
*Hayden me tuera s’il apprend que je fous vraiment la merde, juste pour une question d’argent en plus.*
*Laisse faire…*

Charlie ferma les yeux légèrement hébétée. Son regard se posa à nouveau sur le cadavre. Elle savait ce qu’elle avait à faire maintenant il ne restait plus qu’à se mettre au travail. Le chien était maintenant allongé sur le sol, le regard dépité. Il aurait pu faire de la peine à n’importe qui mais là il représentait une potentielle preuve de son crime. Elle reprit son arme et commençait doucement à la pointer sur l’animal lorsqu’elle entendit du bruit.

« Merde » murmura-t-elle.

Son regard se posa sur l’animal qui la fixait bizarrement. Si elle avait cru à ces conneries sur la sensibilité des animaux elle aurait peut-être dit que le chien pleurait son maitre mais là elle le trouvait juste pathétique avec ses yeux tout brillants. Elle baissa l’arme mais était prête à s’en servir. De toute façon elle venait de tuer un homme, elle n’était plus à ça près. Elle se détendit d’un coup lorsque la brise lui apporta l’odeur du nouvel arrivant. Elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle était aussi tendue, elle ignora l’animal pour se concentrer sur la grosse connerie qu’elle venait de faire et qu’il faudrait faire disparaître.

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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Sam 12 Avr - 23:48





Paul
Charlie


And I'm feeling so small, It was over my head






« Et je dois simplement vous croire et attendre bêtement sur les quais ? »

Paul avait repensé à cette petite phrase toute la matinée. Elle lui avait assuré que tout ceci ne concernait pas leur business, que c'était une affaire de famille. Et même si elle n'avait pas été très convaincante sur ce point, n'avait-il pas répondu que puisque c'était personnel, il ne s'en mêlerait pas ? Il avait pourtant tourné ce coup de fil et la réaction de sa partenaire dans tous les sens et cela n'avait fait que finir de le convaincre qu'elle avait des ennuis. S'il ne donnait pas dans les sentiments, il savait néanmoins que leurs problèmes respectifs à tous les deux finiraient tôt ou tard par interférer dans leurs affaires et il voulait être fixé sur ce point.Mais plus que tout, il ne voulait pas qu'elle pense qu'il ne lui faisait pas confiance, or la fliquer ou même se pointer sur les quais et guetter ce qui arriverait serait sûrement interprété dans ce sens par la louve. Louve qui repérerait probablement son odeur sans difficulté.

Alors il avait patiemment passé le début de journée à se concentrer sur ce qu'il avait à faire. Il avait terminé les réparations qu'elle avait interrompu la veille, avait restitué la voiture à son propriétaire qui lui avait versé quelques pièces sonnantes et trébuchantes...enfin un chèque. Il était capital que le Winged tourne à plein rendement afin de justifier le besoin de travaux et l’extension de son activité. Ses employés ? Oui, la brunette avait suggéré qu'il s'en débarrasse pour prendre des hommes de confiance à leur place, mais il ne l'entendait pas tout à fait de cette oreille. Le mécano n'était pas du genre à s'encombrer de détail mais changer de personnel en agrandissant attirerait l'attention. L'un de ses gas était un père de famille, ce n'était pas un problème en soit, il n'aurait aucun remord à l'envoyer au chaumage d'autant qu'il avait suffisamment d’expérience pour se replacer facilement sur le marché du travail. L'autre, celui qui se retrouvait hors courses, plâtré pour le mois, était un gamin des quartiers comme lui, un gosses paumé auquel le garagiste qui avait embauché Paul à son arrivée à Glasgow avait donné sa chance. Ce gamin là, notre homme savait qu'il pouvait être digne de confiance. La confiance. C'était ce qui risquait de faire pencher la balance pour l'employé qui se trouvait là ce matin, celui qui avait des gosses. Lui il choisirait probablement sa famille en cas de pépin, c'était quelque chose que même Paul pouvait comprendre et c'était ce qui lui faisait penser qu'il devrait se séparer de lui quand le nouveau Winged serait opérationnel. En attendant, il devait continuer à bosser avec ces deux là.

Les mains dans le cambouis, il ne parvenait pas à chasser la soirée précédente de son esprit. Une petite voix lui murmurait que la louve avait peut être été trop loin, une autre lui rappelait combien il avait apprécié être son jouet. Et tant que la seconde crierait si fort, il n'avait aucune raison de mettre fin à ce petit jeu entre eux. Mais ressasser ces petits plaisirs, lui rappelait aussi qu'elle avait mis les voiles au milieu de la nuit. Certes, il ne s’attendait pas à ce qu'elle reste, leur relation n'était pas de ce genre là et c'était tant mieux, il n’avait pas besoin de ça. Mais après l'appel du russe inconnu, l'américain restait méfiant. Tout ceci lui laissait penser que c'était plus important qu’elle avait tenté de le lui faire croire. C'est pourquoi il avait finis par écouter les murmures qui lui dictaient d'aller innocemment faire un tour sur les quais. S'il la croisait ? Il prétendrait simplement qu'il avait eu besoin d'aller faire un tour, après tout le Winged était tout prés des quais et elle n'allait pas s’étonner qu'il n'ai pas pu tenir la journée entière enfermé dans son hangar, même avec une tonne de boulot.

« John ? Je dois m'absenter un moment je te laisse la boutique, je ne serai pas long tâche de pas foutre le feu. » un sourire, un clin d’œil, son attitude habituelle.

« Pas de soucis boss, prenez vot' temps, j'ai l'impression qu'on a une journée plutôt calme alors vous pressez pas. »

Puis il avait attrapé le vieux cuir rappé qu'il affectionnait, un souvenir de Sean, un vieux blouson qu'il portait à Chicago et que son ami avait gardé pour lui quand il avait fait un séjour derrière les barreaux, puis lors de sa cavale. Un cadeau de son oncle, seul souvenir de la famille de sa mère dans cette vie où le père qu'il n'avait pas connu prenait chaque jour un peu plus d'importance. Le blouson bien fermé, il avait commencé à arpenter les quais. Pas de traces de la louve. Soit il avait raté le rendez vous, soit il n'avait pas encore eu lieu. A moins que... au détour d'un hangar, il distinguait à présent une silhouette, debout, un animal assis à coté. Charlie s'était elle accordé la protection de l'un de ses frères de meute plutôt que la sienne pour cette entrevue ? Après tout, elle l'avait dit, c'était une affaire de famille. En se rapprochant, il se rendit compte que ce qu'il avait prit pour un loup n'était qu'un chien. Un gros chien noir hirsute. C'est là qu'il vit l'arme dans la main de la jeune femme, pointée sur le chien.

«Ho la belle ? Je pensais pas que t'aurais besoin d'un flingue pour te débarrasser d'un chi... »

Il s'était interrompu net. Son regard avait glissé vers le sol et il avait vu le cadavre. Le mécano avait ouvert des yeux ronds ainsi qu'une bouche bée de stupeur et d’étonnement. Là il avait accéléré l'allure et s'était rapproché d'elle en courant.

« Putain mais Charlie... je croyais que c'était rien ? Tu viens de descendre un type là en plein jour... non pas que le fait de refroidir un russe me révulse ou quoi que ce soit mais en plein jour....parce que c'est bien le russe d'hier pas vrai ? »

Il se rapprochait un peu plus pour jeter un œil au macabé. Cette fois, un large sourire se dessinait sur ses lèvres, sourire qui se muait petit à petit en rire sonore. S'accroupissant devant le corps il parlait à présent à voix basse, comme s'il s'adressait à l'homme qui gisait là.

« Tient donc... ce bon vieux Piotr... le monde est petit pas vrai ? T'as le bonjour de Sean au fait ! »

Piotr. Il aurait préféré avoir la chance de le descendre lui même mais dans la vie on a pas toujours ce qu'on veut. Le savoir mort était déjà un soulagement en soit, et il aurait bien l'occasion de remercier la louve à sa façon et la laissant jouer avec lui prochainement. Puis Paul s'était relevé et était venu attraper la jolie brune par le bras. La parcourant du regard des pieds à la tête, il fixait chaque tache de sang, chaque preuve qui la mettrait dans la merde si quelqu'un passait par là. Travail d'amateur. Lui ne se serait pas salit ainsi. Lui ? Oui c'était aussi pour ça qu'elle était venu le trouver en premier lieu, pour son CV, pour l’expérience qu'il avait de ce genre de choses. Il devait lui prouver qu'il pouvait gérer ça sans faillir. S'organiser.

« Bon on va faire les choses dans l'ordre et sans paniquer... pas vrai ? Pour commencer, on se débarrasse de lui, et du clebs, il est couvert de sang aussi, puis on te débarbouille et enfin tu m'expliques ce qu'il s'est passé... ça te va ? »

Froid? C'était essentiel. Il avait appris ça au cours de ses cavales. Le moindre doute, le moindre instant de faiblesse vous conduit droit en taule ou pire peut vous faire descendre. Il devait agir méthodiquement. Pour éviter les ennuis dans un premier temps, puis pour lui prouver qu'elle n'avait pas fait d’erreur en le choisissant lui comme partenaire. Faire disparaître le corps... non pas de la façon habituelle, la louve n'apprécierait pas de le voir enterrer le cadavre sans creuser... la Clyde ? Oui s'était probablement le choix le plus judicieux. Le chien ? Bah on verrait plus tard. Le sang sur les belles mains de sa partenaire ? Il cherchait rapidement une option, baladant ses yeux de bout en bout du quais pour l'instant encore désert.







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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Dim 13 Avr - 14:43




Paul & Charlie


*Qu’est-ce que je viens de faire ? Je suis foutue.*
*Lâche prise je m’en occupe.*


C’était qui ce « je » ? Aucune idée et elle en avait rien à faire. Une partie de son propre cerveau lui proposait de s’occuper du problème. Comment c'était possible au juste ? Une toute petite voix lui hurlait de se débrouiller toute seule et de ne pas céder à la tentation de la facilité mais elle la repoussa facilement et elle sentit comme son cerveau s’engourdir. Elle sursauta en entendant Paul plaisanter dans un premier temps. Là elle se rendit compte de son geste. Elle baissa l’arme qu’elle était en train de pointer vers le chien qui la regardait d’un air implorant, comme s’il comprenait ce qu’elle avait l’intention de lui faire subir.

Elle soupira alors qu’il semblait figé comme s’il venait de comprendre ce qui se passait vraiment. Elle se retourna vers lui pour voir sa tête stupéfaite. Maintenant qu’est-ce qu’il allait faire ? Charlie l’avait choisi parce qu’il appartenait à ce milieu et que normalement ce genre de scène n’allait pas l’effrayer. Elle le vit se précipiter à ses côtés alors qu’il essayait de décrire la situation merdique qui était sous leurs yeux. Elle hocha la tête lorsqu’il lui demanda si c’était bien le rendez-vous qu’elle avait fixé au téléphone.

« J’ai cru qu’il allait sortir une arme, j’ai réagis au quart de tour. » dit-elle d’un ton calme, absent.

Elle ne quittait plus Paul des yeux pour jauger sa réaction. Elle ne s’attendait sûrement pas à ce qu’il s’accroupisse auprès du corps avant qu’il ne se mette à rigoler doucement. Elle avait loupé un épisode important là, qu’est-ce qui l’éclatait au juste ? Une toute petite voix lui souffla qu’elle avait peut-être dégoté un pauvre taré pour qui la vue du sang avait un effet euphorisant. La petite voix s’acharna en lui rappelant tout ce qu’il avait accepté d’endurer pour elle la veille.

*Il est cinglé, on ferait mieux d’en rester là et rentrer dans le rang de la Meute.*
*Plutôt crever, après tout qui est le plus cinglé dans l’histoire ?*


Elle avait une propre conversation dans sa tête, elle venait de tuer un homme qui ne l’avait jamais réellement menacée et dans le fond c’était elle qui lui faisait subir ses fantasmes pervers. Alors à savoir qui était le plus taré des deux la réponse était assez facile.

Piotr ? Elle l’avait entendu donner ce nom hier soir quand il était parti dans son délire solo à raconter tout ce qui lui passait par la tête à voix haute. Sean ? Elle fronça les sourcils en se demandant de qui il pouvait bien s’agir encore mais son cerveau renonçait à essayer de faire la connexion.

« C’est qui Sean ? » demanda-t-elle toujours d’un ton absent lorsqu’il l’attrapa par le bras pour l’inciter à se relever.

Elle l’entendit alors commencer à prendre les choses en mains. Elle opina lorsqu’il lui proposa de faire les choses dans l’ordre. Rester calme, ça leur permettrait de ne rien oublier et d’éviter d’avoir des problèmes à cause de ses conneries. Se débarrasser du corps ça paraissait évident. Le chien ? Elle tourna le regard vers lui, il n’avait toujours pas bougé et commençait à se rapprocher d’eux. Il était couvert de sang, comme elle.

« Je veux garder le chien. Je m’en occuperais. Faut juste qu’on trouve de quoi lester le corps et on le balance à la flotte. » dit-elle sur le même ton calme.

Il y a deux secondes elle voulait supprimer l’animal et maintenant elle voulait le garder. Aucune idée de pourquoi mais l’animal pouvait être utile il fallait juste qu’elle arrive à déterminer comment il avait été dressé. Parce qu’elle l’avait vu obéir à un ordre direct. Mais les ordres n’étaient pas donnés en anglais, du russe ou un truc dans le genre. Elle devrait faire des tests. En attendant le plus important : lestage.

Elle avisa un enjoliveur rouillé laissé à l’abandon. Maintenant il fallait un truc pour maintenir les deux éléments liés ensemble. Elle s’éloigna de Paul pour récupérer l’enjoliveur et attrapa une corde qui avait l’air plutôt solide. Elle lança le cordage à Paul et s’occupa de ramener l’enjoliveur qui serait sans doute assez lourd pour maintenir le corps dans l’eau au moins cinq ans. De toute façon qui irait pleurer un mafieux comme lui ? Et parmi ses ennemis il devait y avoir pas mal de personnes qui voulaient le voir mort, à commencer par la personne qui l’avait mis dans cet état misérable. Charlie déposa le lest près du bord du quai.

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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Jeu 24 Avr - 0:16





Paul
Charlie


And I'm feeling so small, It was over my head






Le sourire aux lèvres, il s'était agenouillé devant la victime de la louve. Piotr. Le tueur que la mafia leur avait envoyé en Irlande pour une malheureuse cargaison perdue. L'une des rares défaites de Paul. Défaite ? C'en avait bien eté une car il aurait pu, il aurait du agir à l’époque, envoyer le russe au fond de la Shannon, comme les autres. Mais qu'importe, à défaut du fleuve de Limerick, il allait passer l’éternité sous les eaux de la Clyde. Le monde était petit, vraiment petit... si petit que l'homme qui avait abattu le frère d'un des rares humains qu'il ai jamais considéré comme ami, venait de se faire descendre par sa nouvelle partenaire. Vraiment petit.... Comme il s'amusait de cette constatation, Charlie tentait de se justifier, expliquant qu'elle avait cru qu'il sortait une arme et qu'elle avait naturellement riposté. Le mécano retint un éclat de rire en songeant que si le russe avait voulu l’abattre, elle n'aurait pas eu le temps de le voir dégainer. Il avait beau avoir été son adversaire, notre américain était forcé de lui reconnaître au moins cela, il était bon, excellent même.

« C’est qui Sean ? »

La voix de la louve venait le tirer de sa torpeur. Avait-il prononcé le nom de son ami à voix haute en s'adressant au cadavre ? Certainement. Devait-il se justifier, expliquer, raconter ? Elle avait son dossier, elle disait en savoir beaucoup sur lui, mais après tout il n'avait pas posé la question, ne savait pas jusqu'où elle avait creusé. Peut être devait il lui dire au moins le minimum, cela n'avait plus d'importance maintenant que le russe gisait à leurs pieds.

« Sean était mon partenaire en Irlande. Piotr s'est pointé à notre première et seule erreur pour nous faire comprendre qu'on n'avait déconné avec les mauvaises personnes. Je suppose que je devrait passer un coup de fil pour les prévenir à Limerick que notre vieux copain est mort. »

Puis se relevant, il avait commencé à prévoir la suite. Car quand on se retrouve avec un cadavre sur les bras, il faut réfléchir rapidement, garder l’esprit clair, effacer ses traces, surtout en plein jour. En plein jour.... c'était bien ça le problème. Ils avaient eu de la chance, elle avait eu de la chance qu'il soit le seul promeneur sur les quais. Devoir se débarrasser d'un éventuel témoin ne le dérangeait pas le moins du monde mais en était -il de même pour elle ? Était-elle prête à faire de genre de choix si cela s'imposait ? Sûrement, c'était une bête sauvage après tout. Le chien. Le chien poserait probablement soucis aussi.

« Je veux garder le chien. Je m’en occuperais. Faut juste qu’on trouve de quoi lester le corps et on le balance à la flotte. » 

Calme. Il avait eu raison de ne pas douter l'instant d'avant, c'était une louve, elle en avait sûrement vu d'autres. Pas forcement des morts pas balles, quoi qu'était une McAllister... mais des cadavres, elle avait du en avoir son lot pendant les années sombres. Peut être même s'étaient-ils déjà croisés, peut être que certains des corps qu'elle avait vus à cette époque avaient été placés là par ses soins. Non, ses victimes à lui, on ne les retrouvaient pas, ou des années plus tard quand on entreprenait la rénovation de la voirie. Et quand bien même, il n'allait pas commencer à s'en vouloir, bien au contraire, si elle s'était endurcie ça l’arrangeait bien lui. Il n'avait pas besoin d'une partenaire qui ne soit bonne qu'à s'occuper des problèmes logistiques, avoir un associé sur lequel il pouvait compter en toutes circonstances était indispensable. Elle restait calme, réfléchissant elle aussi rapidement, c'était parfait. Le chien ? Pourquoi voulait-elle garder cette bestiole ?

« Qu'est ce qu'on s'en fou de ce clebs ? Et puis tu t'imagines toi, une louve, avec un chien dans ton appart ? Je sais pas si t'as la place, ou le temps, ou la patience, ou que sais je encore... mais jamais il s'y fera et tu finiras part le buter toi même quand il t'auras rendue dingue à force d'aboyer. M'enfin on verra plus tard pour la boule de poils, pour le moment, tu as raison, lestage et bonjour les poissons. »

La brunette s'affairait à récupérer sur les lieux ce dont ils auraient besoin, lui faisait les poches du russe, il y a toujours quelque chose à trouver sur un cadavre. Pas de portefeuille. Il releva la tête vers la louve, un large sourire en travers des lèvres. Une petite voix lui murmurait que s'il avait été sentimental, il aurait du l’abattre maintenant pour ne pas risquer de tomber amoureux plus tard. Elle était vraiment surprenante, dans le bon sens du terme. Folle, mais tout comme lui non ? Elle lui tendait un cordage et entreprenait de rapprocher un gros enjoliveur rouillé. Louve. Ça avait décidément bien des avantages, peu de femmes aurait pu sans effort en faire autant qu'elle.

« Et dire que certaines personnes se plaignent que ces quais soient mal entretenus et servent de dépotoir. Je trouve ça plutôt utile moi. »

Il riait en songeant qu'il aurait pu le faire couler sans autant accessoires. Mais cela impliquait de dévoiler sa nature à la jeune femme et il savait qu'il devait garder sa carte maîtresse pour plus tard. Commençant à attacher le corps sur le métal rouillé, n'arrivait pas à se sortir sa dernière rencontre avec Piotr de la tête. Sean. Il fallait vraiment qu'il appelle Sean. Il serait ravis d'apprendre que l’assassin de son frère nageait au fond de la Clyde. Piotr... Piotr comment déjà ? Quitte à jeter le corps à la flotte, il devait au moins savoir le nom de la victime, c'était là une des différences majeures entre ceux qui tombaient parce que ça servait ses intérêts personnels, et ceux qu'il tuait quand il se laissait emporté par le chaos. L'américain adorait collecter les noms des premiers mais n'avait que faire de l'identité des seconds. Or si la louve avait récupéré le porte feuille, elle avait au moins du y trouver quelques papiers.

« Tout à fait entre nous, je me fou de ce que tu y a trouvé, mais vu qu’apparemment quelqu'un lui a fait les poches et que c'est sûrement pas le chien... tu dois avoir jeté un œil à ses papiers. C'était quoi son nom, ? Qu'on sache au moins qui on balance aux poissons... »





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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Jeu 8 Mai - 1:00




Paul & Charlie


Depuis qu'elle connaissait Paul la Louve avait appris à comprendre quand il avait ces petits moments d'absence où il parlait tout seul à voix haute. Elle avait appris à tirer partie de ces petits moments où il s'oubliait. Il en disait toujours plus que ce qu'il voudrait dans ces cas-là. Il évoqua son ancien associé et lorsqu'elle lui demanda de qui il s'agissait elle se rendit compte qu'elle savait peut-être des choses à son sujet mais elle n'avait pas les ressources nécessaires pour tout connaître.

* On devait pas recruter quelqu'un pour remédier à ce problème ? *

C'était ce qui était prévu et elle n'y avait toujours pensé. Elle l'inscrivit sur sa liste de choses à faire prioritaires, après la tâche de se débarrasser du corps devenu bien trop encombrant maintenant plus que jamais. Si on venait à découvrir ce qu'elle avait fait elle aurait non seulement elle aurait des problèmes avec la mafia russe pour avoir supprimé un de leurs membres mais en plus elle risquait de mettre la lumière sur leur petit business. En parlant de ça, allait-il retourner voir son ancien associé maintenant que les choses étaient devenues plus simples avec la disparition de Piotr ou Alexei ? Elle sentait une angoisse pointer le bout de son nez. Depuis le début elle le prenait pour acquis mais maintenant elle se mettait à douter. Elle pinça les lèvres et son regard resta concentré sur la connerie qu'elle venait de faire.

« Ouais tu devrais faire ça... » dit-elle avec un ton plus froid que ce qu'elle aurait voulu.

Elle fuyait sa réaction en se concentrant sur les tâches qu'ils avaient à faire pour effacer cette erreur monumentale qu'elle venait de commettre. Ses gestes étaient mécaniques lorsqu'elle commença à récupérer l'enjoliveur pour lester le corps. Elle ne lui accorda pas le moindre regard lorsqu'il parla du chien. Elle n'avait aucune envie de lui avouer qu'elle avait de la peine pour l'animal. Il n'y était pour rien dans cette histoire. Elle n'avait pas totalement perdu son humanité ou alors elle essayait de son convaincre. Un meurtre c'était peut-être assez pour une première journée, elle enchaînerait peut-être plus tard.

« Je vais pas le garder chez moi. Il peut être utile au garage pour monter une pseudo garde. Ou alors je le donnerais en cadeau à quelqu'un si t'en veux pas. Mais il pourrait être utile. » dit-elle simplement en essayant d'être trop dure une fois de plus mais elle avait du mal à cacher cette peur qu'il ne fasse ses valises avant qu'un tas d'emmerdes ne lui tombe dessus.

Elle avait fini de ramener le lestage au bord du quai et était maintenant obligée de retourner près du corps et donc de Paul. Avec un soupire elle observa la tâche à venir. Elle ne partageait pas sa légèreté. Elle venait de descendre un homme qui devait la protéger, elle venait d'effleurer ce dont elle aspirait depuis de si longues années : devenir une criminelle. Le regard dans le vague elle songeait à toutes ces années où elle n'avait vu que les bons côtés. Certes, elle savait qu'il y avait un revers de la médaille mais elle n'avait pas pensé aller si loin.

Elle releva la tête en l'entendant lui parler des papiers. Quelle importance le nom qu'il utilisait ? Elle n'avait même pas besoin de regarder le portefeuille qu'elle avait gardé pour connaître le nom qu'il y avait d'inscrit. Il s'était présenté à elle comme étant traducteur à l'époque pour un projet qu'ils avaient en commun. Elle avait trouvé ça bizarre et maintenant elle comprenait mieux.

« Il se fait appeler Alexei Ivanov. Va savoir si c'est son vrai nom... »

Elle n'avait aucune envie d'ouvrir le portefeuille une nouvelle fois, elle y avait trouvé une photo d'une fille et l'idée que cette personne soit suffisamment importante à ses yeux pour qu'il décide de garder une trace d'elle sur lui en permanence faisait remonter la culpabilité. Elle finissait de parfaire son ligotage pour qu'ils puissent enfin se débarrasser de ce poids mort, sans mauvais jeu de mots. Lorsqu'elle releva les yeux vers son associé elle sentit les nerfs menacer de s'embraser. Elle lui fit signe de se saisir du corps par les épaules tandis qu'elle s'occupait de le prendre par les jambes. Encore un petit effort et tout cela serait terminé au moins pour la première étape.

« Allez, zoup aux poissons. » dit-elle en essayant d'employer son ton le plus dégagé.

Après tout, il était là en train de l'aider à couvrir ses traces et non pas déjà en train de la planter pour retourner avec son ancien associé. Elle avait beau paraître sûre d'elle, elle était souvent en proie aux plus grands doutes quant à l'avenir. Il se passait trop de choses dans sa vie dernièrement, elle devait se poser quand elle le pourrait et faire le point, une petite remise en question pour savoir si elle n'était pas en train de foutre en l'air sa vie. Mais surtout renouer avec l'animal qui était en elle, car elle avait l'impression d'avoir oublié la Louve pour courir après des desseins purement humains.

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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Mar 13 Mai - 23:42





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Sean, il l’avait évoqué son ami à voix haute, comme il l’avait fait avec la plupart de ses pensées un peu plus tôt, comme il le faisait d’ailleurs trop souvent. La louve en savait beaucoup sur lui avait-elle dit. Elle ignorait cependant sa nature et visiblement elle n’en savait pas plus non plus sur ses anciens partenaires irlandais. Sans vraiment entrer dans les détails, l’américain avait répondu à sa question, évoquant la mort de Rob et l’implication du russe là-dedans. En revanche, au vue de la réaction qu’elle avait eu quand il avait parlé de passer un coup de fil à ses contacts en Irlande, il compris vite qu’il aurait mieux fait de s’abstenir de parler de ça.

« Ouais tu devrais faire ça... »

Un ton sec et froid. Une partie de blâmait les circonstances pour cette distance soudaine que la brunette mettait dans sa voix, une autre en revanche s’enorgueillissait à l’idée qu’il ai pu faire naître une pointe de jalousie en elle en évoquant ses anciens partenaires. Peut être qu’elle prendrait mal le sourire que tout ceci maintenait sur ses lèvres, la mort du russe, la simple pensée qu’elle puisse être jalouse et se vouloir exclusive… Oh certes, il n’était pas question d’exclusivité charnelle, pas dans son esprit à lui en tous cas, mais le business était pour lui bien plus important que ça. Qu’elle se rassure. Il avait beau être un fils des enfers, il avait beau avoir passé la moitié de sa vie à cavaler, il avait au moins appris la loyauté dans les gangs. Tant qu’elle ne tentait pas de le doubler, il serait réglo.

Tout en abordant le sujet du chien, ils avaient commencés à lester le corps. Ils ? Non, elle. Pour une fois, il s’était contenté de la regarder faire. Une petite voix tentait de le convaincre qu'elle était plus que désirable, là à s'affairer comme une tueuse de sang froid à couvrir ses traces, qu'à cet instant précis elle n'aurait eu qu'un mot à dire pour qu'il se laisse ficeler par ses mains expertes et s'abandonne à la merci de ses idées perverses. Mais elle reprenait à propos du chien et les visions salaces qui lui étaient venues s'évaporaient presque aussitôt. Le chien. Ce foutu chien. Charlie insistait pour le garder, compassion animale entre cousins canidés ?

« Je vais pas le garder chez moi. Il peut être utile au garage pour monter une pseudo garde. Ou alors je le donnerais en cadeau à quelqu'un si t'en veux pas. Mais il pourrait être utile. »

Paul sursauta quand elle évoqua le garage. Cette boule de poils dans son garage ? Il voulait rejeter l'idée mais quelque part il ne la trouvait pas si mauvaise. D'une, il n'allait pas cracher sur un gardien qui ne demanderait pas de salaire en fin de mois, et de deux, personne ne viendrait contester l'utilité d'un chien de garde là-bas puisqu'il avait son appartement au dessus.

« C'est pas bête...le coup du chien de garde je veux dire. On va y réfléchir après s'être débarrassé de son maître. »

S’apprêtant à faire plonger le russe, elle agissait toujours aussi froidement, comme si elle avait une raison de paraître distante. Peut être Piotr, ou quelque soit son nom avait-il eu quelques mots avec elle qui l'avait perturbée avant qu'elle ne le descende. Après tout ils étaient là pour affaires concernant sa famille, et Paul se doutait bien qu'il n'avaient pas parlé du prochain goutter d'anniversaire à organiser. Tant pour être fixé que pour détendre l’atmosphère il avait questionné la jeune femme sur l'identité du cadavre. Question de principes, un peu, et pour tenir sa liste à jour, surtout.

« Il se fait appeler Alexei Ivanov. Va savoir si c'est son vrai nom... »

Puis non sans un regard assassin qu'il ne compris pas, elle lui avait fait signe de l'aider à balancer corps et lest à la flotte. Il s'était exécuté sans broncher.

« Allez, zoup aux poissons. »

Une fois qu'une ribambelle de petites bulles eurent perlés à la surface de l'eau derrière le colis qu'ils venaient d'y jeter, il se retourna vers la louve et se défit de son blouson pour le lui tendre. Certes, il faisait un froid pas possible, mais il ne pouvait pas la laisser se balader avec tout ce sang sur elle. A peine en avait-il sur les manches mais si on y prêtait pas attention, les taches se remarqueraient à peine sur le cuir noir.

« Enfile ça en attendant de pouvoir te changer. Et penses à me le rendre, c'est un souvenir. »

Une pensée pour son oncle. L'idée de confier le blouson à une jolie fille lui aurait sûrement plu, le fait qu'il en ai maculé les manches de sang pour la énième fois...sûrement moins. Il restait à comprendre la raison de son tempérament soudainement explosif. Sur le ton le plus sérieux dont il était capable il lui posa finalement la question.

« Bien, maintenant que tout ça est réglé, on va devoir parler un peu. Premièrement, je dois bien admettre que ta réaction à chaud avec le leste et tout m'as... grandement impressionné. » Il tairait les pensées qui avaient traversé son esprit pervers.  « Mais fait moi plaisir, la prochaine fois que tu veux buter un mec, laisse moi faire. Que je serve à quelque chose. C’est pour ça que t'es venue me chercher non ? Parce que je suis le meilleur. » Il marqua une pause pour prendre une posture digne d'une mauvaise couverture de magazine. « Ensuite j'aimerais bien savoir que qui a pu se passer entre vous deux pour que tu sois si froide, t'étais bien moins distante hier si je ne m'abuse. »

Il s'était rapproché tout en parlant et avait promené sa main sur la hanche de la brunette en affichant une moue équivoque. Non, les idées tordues qui lui étaient venues ne s’étaient pas toutes envolées.



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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Mar 20 Mai - 22:14




Paul & Charlie


Charlie tentait d'oublier cette vague de jalousie complètement stupide qui la submergeait. Rien à voir avec qui il s'envoyait, elle en avait strictement rien à faire, elle ne voulait même pas savoir à dire vrai. Mais ses anciens associés plus que ses amantes actuelles pouvaient le faire revenir à ses anciens business. Après tout là-bas il n'aurait pas à se charger de bêtises pareilles. Elle soupira tout en continuant sa tâche de ligotage.

Elle avait l'impression que sa tête bourdonnait tellement son cerveau fonctionnait à plein régime. Elle se demandait ce qu'elle ferait si Paul choisissait vraiment de la planter avec ses emmerdes, si elle n'allait pas finir par avoir des problèmes avec tout le monde, si le jeu en valait la chandelle. Elle répondait d'un air presque absent au sujet du chien. Oui elle avait de la peine pour l'animal mais il y avait aussi un raisonnement froid et logique pour son choix.

Elle hocha la tête quand il lui proposa de repousser le problème à plus tard. Ce n'était pas leur priorité. Ils devaient se débarrasser du corps, la partie la plus délicate. Paul quant à lui tenait à ce qu'elle lui donne un nom, elle le fit à regret parce qu'elle se sentait coupable de ses actes. Tuer quelqu'un sur un champ de bataille avait un avantage : personne n'a d'autre nom que ce lui "d'ennemi".

Penché sur le bord du quai elle observait la surface de l'eau devenir de plus en plus calme. Il disparaissait dans les fonds marins et avec lui sa culpabilité ? Elle aurait aimé mais ce n'était pas aussi simple, cette chose referait surface et viendrait la hanter. Elle l'observa, dubitative, quand il lui tendit son blouson. Elle n'avait pas particulièrement froid et depuis quand ça pouvait lui faire quelque chose qu'elle veuille garder ses miches au chaud ? Elle ne percuta que lorsqu'il parla de se changer. Elle se mordillait la lèvre en se rappelant que comme une demeurée elle était couverte de sang. Elle l'enfila avant de lui répondre.

« J'ai de quoi me changer chez toi je te l'emprunte pas longtemps. » dit-elle d'un voix une peu plus douce.

Mais qu'est-ce qu'elle pouvait être stupide quand elle s'y mettait, elle doutait alors que lui il était venu s'assurer que tout se passait bien, il l'avait trouvé pleine de sang avec un cadavre sur les bras et l'avait aidée à se débarrasser du corps et maintenant il s'assurait même qu'elle puisse rentrer sans problème en lui prêtant son blouson. Elle releva les yeux vers lui lorsqu'il commença à parler. Ils devaient parler ? Ça ressemblait à une mauvaise réplique du type qui veut rompre et qui ne sait pas par où commencer. "Il faut qu'on parle." Elle commençait doucement à angoisser et ferma quand elle entendit parler de sa réaction à chaud, elle s'attendait à des reproches, des critiques sur son manque d'expérience ou quelque chose du genre. Mais elle les rouvrit vivement en l'entendant dire qu'elle l'avait impressionné. Sérieux ? Elle cherchait une trace de mensonge sur son visage mais elle n'en trouva pas. Il continua en lui intimant de le laisser gérer les cadavres à l'avenir. Donc ça voulait dire que grosse teubée qu'elle était elle s'était montée tout un plan de malade pour expliquer comment Paul allait lâchement l'abandonner en fait ça n'arriverait pas, pas encore. Elle se fendit d'un sourire de soulagement.

Par contre, il avait remarqué qu'elle ne tournait pas rond et mettait ça sur le compte de ce qui avait pu se dire entre elle et Alexei. Est-ce qu'elle voulait vraiment lui dire qu'elle angoissait à l'idée qu'il puisse retourner auprès de ses anciens associés ? Certainement pas il la prendrait pour une gamine. Elle se laissa doucement aller contre lui quand elle sentit sa main se poser doucement sur sa hanche. Les mains posées contre son torse elle essayait de trouver une explication logique qui tienne la route face à un homme comme lui, son associé.

« C'était une conversation normale, il voulait juste passer un accord parce que selon lui j'occupais trop de temps dans son emploi du temps chargé. Il a voulu sortir un truc de sa poche et j'ai eu la détente facile. C'est tout. Je ne voulais pas agir comme ça avec toi, je suis désolée. »

Résumé simple de ce qui s'était passé sans même mentir. Sans compter qu'elle faisait même des excuses pour son comportement. Un moment à marquer d'une croix dans un calendrier. Elle se racla la gorge avant de lui offrir un sourire malicieux.

« Promis je te laisse faire le nettoyage la prochaine fois mais en fait tu veux pas m'apprendre c'est ça, tu gardes tes petits secrets de survis pour toi tout seul ? Paul, n'essaye même pas de m'entuber en gardant un cimetière de cadavres pour faire pression sur moi. »

Elle haussa les sourcils, maintenant que ça s'était dit ils pouvaient passer à autre chose. Pour le ramener à d'autres pensées elle lui pinça le téton en rigolant.

« Allez on a pas fini on doit s'occuper du chien et débarrasser le plancher. Pourquoi t'es venu d'ailleurs ? Je t'avais pourtant dit de me laisser faire ? »

Elle ne lui en faisait pas le reproche, elle posait simplement la question parce que c'était elle qui lui avait dit de ne rien faire mais elle était bien contente qu'il ne l'ai pas écouté même si dans le fond ça prouvait qu'il ne lui faisait peut-être pas confiance pour gérer ce genre d'entrevues. Pour le coup elle lui avait terriblement donné raison. Elle soupira et observa le canidé en se demandant comment elle allait se débrouiller pour le faire obéir. Ça promettait d'être un moment épique.

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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Ven 6 Juin - 23:48





Paul
Charlie


And I'm feeling so small, It was over my head






Son blouson. C'était peut être un geste stupide qui aurait pu être interprété de bien des façons, mais il n'avait vu que le coté pragmatique de la chose. Elle ne pouvait pas s’exhiber couverte de sang de cette façon en plein jour. Un peu frisson lui parcourait le dos, il faisait sacrement froid mais il restait stoïque, il y avait plus important que de se plaindre.

« J'ai de quoi me changer chez toi je te l'emprunte pas longtemps. »

Elle avait repris un ton moins agressif, moins distant. Sans doute voir disparaître le russe sous les flots l'avait-il détendue un peu. Paul n'avait pas la moindre idée du lien entre ces deux là, juste qu'il y avait un lien avec les McAllister. Il en était à ces considérations quand son esprit finit d'analyser les mots qu'elle avait employés. Chez lui ? Elle voulait passer au Winged ? C'était pourtant évident, le garage était le lieu sur le plus proche. Le garage, ou plutôt son appartement, car il y avait du monde à l'atelier cet après midi là. Il se contenta d'un petit hochement de tête. Silencieux pour une fois, pensif, réfléchissant à toute allure, ses pensées allant de la louve au chien, pour revenir à la louve. Il lui fit part de la belle impression qu'elle lui avait fait, de sa petite vexation qu'elle ne l'aie pas chargé de tuer le russe à sa place et de son interrogation quant à son comportement froid et distant de tantôt. Le mécano avait ponctué ses mots d'une caresse équivoque le long de sa hanche, oui, elle avait fait grande impression. Il était fou, tordu, mais c'était plus fort que lui. Voir une femme capable d'abattre un homme et de réagir avec autant de sang froid lui faisait cet effet là. Si son coté badboy dangereux avait su mettre plus d'une coquette dans son lit, il était lui aussi charmé par le comportement maîtrisé de la brunette dans cette situation. Comme elle posait ses mains contre son torse, elle lui répondait finalement.

« C'était une conversation normale, il voulait juste passer un accord parce que selon lui j'occupais trop de temps dans son emploi du temps chargé. Il a voulu sortir un truc de sa poche et j'ai eu la détente facile. C'est tout. Je ne voulais pas agir comme ça avec toi, je suis désolée. »

Quoi ? Alors c'était tout ? Pas de duel au soleil sur les quais, pas d’harmonica au loin, pas de western urbain ? Juste un malentendu... Il s'était pourtant imaginé la scène en arrivant sur les lieux, quelque chose de théâtral, de dramatique, mais ce n'était finalement qu'une simple erreur. Cependant le fait qu’elle ait réagit avec calme même après s’être rendu compte de sa méprise l’impressionnait d'autant plus. Elle était fille de mafieux après tout, à quoi s'attendait-il ? A une louve en peluche ?

« Promis je te laisse faire le nettoyage la prochaine fois mais en fait tu veux pas m'apprendre c'est ça, tu gardes tes petits secrets de survis pour toi tout seul ? Paul, n'essaye même pas de m'entuber en gardant un cimetière de cadavres pour faire pression sur moi. » 

Ses petits secrets de survie ? Bien sur qu'il gardait ça dans sa manche, comme un cinquième as à sortir en cas d’extrême urgence seulement. Quant au reste... il pris un faux air innocent et fit un pas en arrière, mimant la surprise, sans pour autant se défaire du contact de ses mains sur lui.

« Mais...mais enfin, comment peux tu imaginer un truc pareil ? Moi qui déteste le chantage, moi qui suis un modèle d’intégrité.... » là il avait éclaté de rire et s'était rapproché pour lui murmurer à l'oreille « Je ne suis pas un enfant de cœur, mais je suis un mec réglo. Tant que tu ne tentes pas de me doubler je n'ai aucune raison de de faire de crasses. Tu savais très bien à qui tu avais à faire, ne fait pas l’étonnée. Tu dois sûrement déjà savoir que maintenant qu'on est en affaire, le premier qui trahi l'autre s'expose à un retour de bâton. » Il reculait de nouveau, un large sourire satisfait en travers des lèvres « Mais nous n'en sommes pas là n'est ce pas ? »

Il ne broncha pas quand elle lui pinça un teton pour le ramener à la situation présent et aux choses urgentes. Elle avait pire la veille et il n'allait pas s'offusquer de ça maintenant alors qu'il en avait redemandé.

« Allez on a pas fini on doit s'occuper du chien et débarrasser le plancher. Pourquoi t'es venu d'ailleurs ? Je t'avais pourtant dit de me laisser faire ? »

Il haussa les épaules, en prenant la direction de la voiture de son associée. Il n'allait pas lui dire qu'il s'était inquiété pour elle, ou plutôt pour la rentrée d'argent qu’elle représentait, ni qu'il était venu par curiosité. Il allait baratiner comme à son habitude.

« Je passais juste par là, j'avais envie de prendre l'air » il savait que c'était tout sauf crédible, mais qu'importe « charge moi cette bestiole sur ton siège arrière, on va à l'appart. »

S'appuyant d'un coude sur le toit de la mini, Paul fit mine de s'impatienter. Il n'avait pas beaucoup à se forcer, non seulement ils devaient quitter les lieux rapidement pour éviter tous problèmes, mais l'idée qu'elle vienne se changer chez lui avait fait son chemin dans son esprit pervers et il lui tardait de voir si la louve était en forme ou non.

« Tu veux prendre racine ici ou bien on bouge ? »



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MessageSujet: Re: –› And I'm feeling so small, It was over my head ‹– [Livre II - Terminé]   Dim 15 Juin - 1:46




Paul & Charlie


La louve l'observa réagir de manière faussement offensée alors qu'elle le soupçonnait vaguement de vouloir la doubler. Elle n'y pensait pas vraiment mais elle voulait s'en assurer, elle avait eu assez d'émotions pour la journée sans avoir à rajouter une trahison de son associé. Elle se laissa aller contre lui en se souvenant de la nuit précédente avec un petit sourire. Elle avait repoussé toutes les limites pour atteindre un certain stade de perversion qui ne semblait pas déplaire à son amant.

« Non nous n'en sommes pas là. Tant que chacun sait ce qu'il a y perdre on devrait rester sur la même longueur d'onde. Et on y gagne tous les deux mon petit chéri. » susurra-t-elle à son oreille.

On y gagne tous les deux, elle voulait bien entendu parler de leur business mais aussi de leur association bien plus intime qui dérivait dans un univers parfois un peu obscure mais qui était tellement grisant qu'elle ne parvenait pas à imaginer que ça puisse prendre fin. Elle y prenait goût et savait que cela lui jouerait des tours un beau jour mais qu'importe elle aviserait en temps voulu.

Elle le regarda s'éloigner vers la voiture alors qu'il justifiait sa présence par une simple balade en pleine air. Elle fronça les sourcils, elle n'était pas stupide elle n'allait pas croire un truc pareil. Soit, s'il ne voulait pas dire qu'il ne lui faisait pas confiance ou qu'il s'était attaché à leur business au point de veiller sur elle elle n'allait pas insister davantage. Elle était plutôt préoccupée par le moyen de faire rentrer le chien dans la voiture. Elle avait décidé d'opter pour la manière douce dans un premier temps. Cette boule de poil l'avait déjà mordue une première fois elle n'était pas prête de retenter l'expérience tout de suite. Et déjà Paul la pressait pour qu'ils montent tous en voiture.

« Allez viens, sinon tu plonges retrouver ton maître. » dit-elle en lui montrant la voiture.

Elle rejoignit Paul, côté conducteur et après avoir ouvert la portière elle abaissa le siège pour qu'il puisse passer. Elle fut soulagée de voir que la menace avait fait son effet à moins qu'il ne mijote un truc et lui saute à la gorge lorsqu'elle serait en train de conduire.

« Allez monte, j'ai envie de vérifier une théorie qui devrait te plaire. » dit-elle en lui lançant un clin d’œil amusé.

Elle se plaça derrière le volant et lorsque tout le monde fut confortablement installée elle mit le contact et les emmena directement au Winged Motors. Elle gara la voiture sur le côté comme à son habitude. Elle n'avait pas de raisons de cacher sa présence dans le secteur les employés commençaient à avoir l'habitude de la voir traîner au garage ces derniers temps. Il fallait maintenant gérer l'urgence du moment : le chien. Elle ne pouvait pas le laisser en liberté il risquait de partir et couvert de sang il apporterait pas mal d'ennuis. Elle ouvrit la porte et baissa le siège. Avant même qu'il ait le temps de descendre elle l'attrapa par le collier et le força doucement à la suivre. Elle l'emmena jusqu'au tuyau d'arrosage. Elle le lâcha pour allumer le tuyau d'eau et fut surprise de ne pas le voir bouger d'un pouce. Sans le moindre mal elle l'aspergea, il semblait apprécier la petite douche improvisée.

Maintenant que tout ça était a vers Paul avec un petit sourire en coin. L'animal ferait sa vie, s'il voulait partir libre à lui après tout il n'avait plus de preuves à fournir à qui que se soit. Elle rejoignit son associé et vint lui mordiller l'oreille.

« Je te laisse t'occuper de ça si tu veux vraiment le garder en entendant je vais me doucher et je t'attends pour la vérification de ma théorie. » lui souffla-t-elle avant de prendre la direction du garage.

Elle avait entendu que les employés étaient soit dans le vestiaire, soit sous une voiture donc ils n'allaient pas lui accorder la moindre attention si elle passait rapidement et qu'elle leur faisait bien entendre que c'était elle pas une cliente quelconque. Elle parvint au bureau sans encombre, personne n'avait vu qu'elle était couverte de sang même si la veste de Paul masquait une partie du désastre. Elle se déshabilla dès qu'elle eut franchie la porte de l'appartement. La veste échoua sur le canapé tandis que le reste fut envoyé dans un coin en attendant le sort qu'elle avait l'intention de leur faire subir. Mais pour l'heure elle avait une douche à prendre et une autre idée bien précise derrière la tête. Heureusement qu'elle avait eu la bonne idée de se réserver une petite place dans le dressing du mécano pour y stocker sous-vêtements et quelques tenues pour le moins provocatrices. Une fois qu'elle eut finie sa douche elle décida simplement de rester en tenue d’Ève en attendant Paul dans son lit.



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