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« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]
MessageSujet: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mar 18 Fév - 23:59




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Je considère le verre devant moi sans savoir ce que je veux en faire. Le boire ? J’ai beau bien tenir l’alcool, il y a une bouteille déjà vide devant moi. Et je ne suis pas en état de me convaincre d’arrêter. J’essaye d’avoir l’air de tenir le coup, j’essaye de garder un visage honorable, mais je suis effondré et rien n’arrive à me dérider en dehors de mes visites à la maternité. Quarante huit heures que je suis veuf. Quarante huit heures que je m’autodétruis  en silence et que j’essaye d’encaisser le coup. Camille n’est pas là, parce que je ne pouvais ni ne voulais retenir le jour de son anniversaire. C’est pour cela que je suis seul, en ce début de soirée, et que j’ai commencé à boire. Lentement, mais sûrement. Le cadavre de la bouteille roule sur la table, alors que je joue sans y penser avec le verre à moitié vide. J’ai un petit sourire narquois à cette pensée, d’ailleurs. Verre à moitié vide. Tu vois le monde d’un point de vie très pessimiste, très cher Alan. Mon sourire narquois se transforme en rire jaune alors que j’envoie valser le verre, l’alcool et la bouteille. Je vais devenir fou. Ou alors je le suis déjà, mais dans tous les cas, le résultat est le même : je ne tiens pas en place. Je ne peux pas rester dans l’appartement où sa présence est encore autant marquée. Je ne supporte pas de le silence, je ne supporte pas son absence. Sur un coup de tête, j’attrape mon manteau où se trouvent mes papiers et mes clés, avant de sortir de l’appartement. Mes doigts glissent dans ma barbe, remontent sur mon visage et pince l’arête de mon nez. Je ne sais pas quoi faire, maintenant. Ah et bien bravo, Alan… tu as prévu quoi de beau ? Je m’interdis d’aller voir Samuel une nouvelle fois, même si l’envie ne manque pas. Je ne veux pas déranger Camille, je l’ai bien trop sollicité ces dernières heures. Il faut que je sois seul. Il faut que j’arrive à vivre seul aussi… Il faut que je… mon pied part frapper le mur le plus proche dans un excès de colère. « P#tain de b#rdel de m#rde. » Mon cri résonne dans la rue, alors que je me laisse glisser le long du mur sans considération pour mes habits. Dire que je ne m’estimais pas grossier… voilà qui a bien changé. Une minute passe, puis deux. Je décide de me relever, et mes pas me conduisent au musée d’Edimbourg. Bien sûr, Alan, va visiter un musée alors qu’il est fermé ! C’est une merveilleuse idée. J’hausse les épaules. De toute manière, qu’est ce que je peux faire de mieux ? Rien. Je n’ai pas envie de travailler, et je risque de plomber les premières copies que j’ai eu à corriger. J’arrive aux abords du musée fermé aux visiteurs, mais je sors d’une main tremblante la carte qui m’affiche comme enseignant chercheur et qui m’accorde un accès sans difficulté à toutes les pièces du musée assez tard le soir, et mieux encore aux pièces non accessibles au public, sous réserve que j’aie une excellente raison d’y aller. Si me changer les idées et éviter de tout casser dans mon appartement est une excellente raison ? J’estime que oui, et tant pis pour eux s’ils ne sont pas de mon avis. Mes pas résonnent dans les couloirs où s’activent le personnel du bâtiment, et me mènent sans y penser dans la section biologie. Je me cale devant un squelette que je n’arrive pas à identifier. Cool. Parfait. « Père alcoolique, totalement stupide et dépressif. Sam, mon garçon, tu es mal parti dans la vie. » Ma voix résonne dans la galerie, mais je suis trop hors du monde à cet instant pour me soucier que quiconque m’entende. Trop hors du monde, ou pas assez ? Bonne question. Les cernes, les joues creusées, je suis triste, je suis effondré, et je manque d’être dépressif. Parce que je suis veuf et que je ne peux faire mon deuil. Pas quarante huit heures après, alors que l’odeur de Kate habite tout mon appartement et mes habits. Parfois je hais être métamorphe, qui me condamne à avoir des sens exacerbés par rapport au reste des humains.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 12:01


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Ne pas faire de vagues. Faire son possible pour paraitre un employé modèle, indispensable, sur lequel on peut compter. C’était la seule raison pour laquelle il était encore là à cette heure tardive. Une réunion concernant la nouvelle exposition temporaire, exposition par laquelle il n’était pas concerné le moins du monde mais il s’était tout de même forcé à assister à la réunion. Il espérait peut être que ça lui occuperait l’esprit plus sainement que les activités qu’il pratiquait habituellement pour tuer son temps libre. Peine perdue. La patience n’avait jamais été son fort, ni les grands espaces africains qui allaient être l’objet de l’exposition en question. Si encore tout ceci avait été centré sur les explorateurs, peut-être y aurait-il vu un intérêt, mais les paysages et la faune n’étaient pas vraiment son domaine. Malgré tout, une fois la réunion terminée, ses pas le guidèrent à travers la galerie, déserte à cette heure, qu’il n’avait plus arpentée depuis bien des années. Il avait l’habitude de venir ici souvent à une époque lointaine, pour faire plaisir à Sam qui appréciait bien plus l’évolution au sens biologique qu’au sens culturel. Ici lui revint une question posée par son fils, une de ces questions comme seuls les enfants peuvent les poser. Là, une grimace du garçon qui tentait d’imiter une des figures au mur. Plus loin une discussion plus sérieuse, portée sur la tournure que prendraient bientôt les études de l’adolescent. Le chagrin, la nostalgie, les bons, les mauvais souvenirs. La colère, la peur, de n’avoir pu que subir la perte de son fils, sans avoir les moindres mots à dire. C’était probablement aussi pour fuir les souvenirs qu’elle renfermait plus que parce qu’il ne s’intéressait pas à cette partie-là du musée que Mike fuyait cette galerie en temps normal.

Il continuait à arpenter les couloirs que ses collègues commençaient à déserter à leur tour. Il resterait probablement là encore quelques heures, empruntant un bureau pour travailler un peu avant de rentrer. Ici il serait moins tenté de plonger dans l’ivresse qui l’attendait quasiment chaque soir depuis quelques semaines. Le quadra songea aux deux bouteilles de Glenmorangie que ses collègues lui avaient offerte à son anniversaire et que les événements lui avaient fait oublier au fond de son casier, mais il les chassa de son esprit, tentant de se reconcentrer sur le travail qu’il comptait abattre. Et puis c’était de l’excellent whisky et il serait dommage de boire ce nectar de dix-huit ans d’âge tout seul. Mike errait toujours sans but précis quand une voix lui parvint, il ne distinguait pas le sens mais le ton était sans appel. Quelqu’un râlait, sans se soucier de l’écho qui répercuterait ses paroles dans ces lieux jusqu’ici silencieux. Machinalement, il suivit l’origine du bruit, s’attendant à trouver un employé entretient râlant après son dur labeur, mais ce fut tout autre chose.
Le métamorphe qui se tenait là avait quelque chose d’inquiétant. Non pas qu’il puisse être une menace, c’était plutôt l’aura dépressive et colérique qu’il dégageait. Alan. Même s’il était à présent dans un sale état, le quadra l’avait reconnu. Qu’est ce qui pouvait avoir guidé cet homme ici ? La curiosité peut être, ou cette envie au fond de lui d’esquiver malgré tout le travail qui l’attendait, il se décida à engager la conversation, non sans faire preuve malgré lui du même cynisme que le métamorphe avait usé lors de leur rencontre précédente.

« ¡ Hola ! N’est ce pas notre joggeur ?  Je trouvais déjà cette partie du musée déprimante au possible mais te voir assis là dans cet état . . . »

Au bout du couloir, le personnel s’entretient commençait à s'affairer, l'endroit allait bientôt sentir le détergeant trop parfumé et s'il était des odeurs que le loup haïssait, celle ci était sans nul doute en tête de liste. Il songea un instant à laisser le métamorphe seul, tournant même les talons, sur le point de partir, mai sil se ravisa, lui tendant une main qu'il essaya de faire paraitre amicale. Il espérait que cette fois, ils arriveraient à s'entendre sans chercher à se mordre. Sa voix se fit calme et posée, lui donnant ce qu'il pensait être un conseil avisé.

« Tu ne devrais pas trainer ici à cette heure cousin, les gens comme nous ne doivent pas faire de vagues. Si tu veux déprimer tout ton sous, vient avec moi, je vais ouvrir un local où on sera plus tranquilles, je te laisserais seul si tu veux, mais ne reste pas au milieu de cette allée.»

Il ne comptait pas vraiment le laisser seul, mais il avait la conviction que s'il lui promettait de lui tenir la jambe toute la soirée, l'autre ne le suivrait pas. La compagnie d'Alan ne serait peut être pas des plus plaisantes, mais après tout, il n'avait définitivement plus l'esprit à travailler.


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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 17:23




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Alcoolique, dépressif et stupide. Trois adjectifs qui me correspondent à merveille à cet instant. Alcoolique : déjà parce que je n'ai jamais eu tendance à boire beaucoup, et qu'en un seul début de soirée, je me suis vidé une bouteille prise au hasard dans mes placards dans l'espoir d'avoir un résultat positif. Erreur : tout me paraît encore plus sombre. Et mon esprit rationnel et encore un peu lucide aime à me le faire remarquer. J'ai donc l'alcool triste. Youhou. Dépressif ? Cela va de paire avec l'adjectif employé juste avant. Je ne supporte pas la disparition de Kate. Je m'englue dans mon chagrin et ma chute en sachant pertinemment que ce n'est pas la solution, mais sans pour autant changer de trajectoire. J'ai l'impression d'être seul et que cette solitude, malgré la présence de Camille, de Samuel, des métamorphes et de mes collègues, ne disparaîtra jamais. Il est encore trop tôt pour que j'emploie le terme jamais je ne le sais que trop bien mais... dépressif donc. Et le cumul de ces deux adjectifs mène au stupide qui me désole. Malgré une longue descolarisation, malgré un parcours plus que chaotique, j'ai réussi à me hisser au niveau ingénieur en génétique, enseignant chercheur, malgré des études faites sur le pouce, à partir de rien ou de peu, j'ai à mon historique plusieurs publications et recherches, conclusions et études. Je ne suis pas prétentieux lorsque je pense avoir des capacités intellectuelles plus hautes que la moyenne. Et je me sens stupide. Incapable de réfléchir. Pauvre Samuel. Les mains dans les poches, le regard dans le vague, j'entends sans m'en soucier le déplacement d'un humain dans ma direction. Je m'apprête à faire une remarque comme quoi j'ai tous les droits d'être là lorsque l'odeur lupine me parvient et me crispe. Je ravale mes mots et contente de me raidir sans me tourner dans sa direction lorsqu'il m'aborde avec un enthousiasme qui me dépasse. « ¡ Hola ! N’est ce pas notre joggeur ? Je trouvais déjà cette partie du musée déprimante au possible mais te voir assis là dans cet état . . . » Cet état ? Sans y songer, je réponds sur un ton laconique. « Je me fonds bien parmi les morts vivants qu'on tente de ramener à la vie en rassemblant des os éparses, c'est ça ? » Je désigne d'un mouvement de menton le squelette reconstitué situé devant moi, que je regardais avant son arrivée. J'hausse les épaules, me tournant finalement vers le loup. Qu'avais-je dit après notre rencontre dans les bois ? Que je voulais que notre deuxième rencontre se passe mieux ? Après l'image d'un métamorphe violent et agressif, il allait avoir celle d'un dépressif. Charmant. Zéro sur toute la ligne, Alan. Le personnel s'affaire au loin, et l'odeur de détergeant flotte, comme une menace d'attaque au gaz envoyée contre nous. Je considère la main du loup tendue dans ma direction et la saisis sans trop savoir pourquoi. « Tu ne devrais pas traîner ici à cette heure cousin, les gens comme nous ne doivent pas faire de vagues. Si tu veux déprimer tout ton saoul, vient avec moi, je vais ouvrir un local où on sera plus tranquilles, je te laisserai seul si tu veux, mais ne reste pas au milieu de cette allée.» J'arque un sourcil, sans comprendre tout en sachant qu'il a raison. Cousin ? Oui, nous le sommes, d'une certaine manière. L'avantage, c'est qu'il n'a pas l'air de me tenir rigueur de notre précédente rencontre. Youhou. Le désavantage, c'est que j'ai un mauvais pressentiment à propos de ce qu'il me... propose. Mes doigts vont chercher ma carte d'enseignant chercheur, et la font tourner pour que je relise ce qui y est inscrit. Nom. Prénom. Photo. Section de recherche. Lycanthrope. Je suis encore plus surveillé que lui, je le sais. Ne pas faire de vague. Ce serait bien ma veine, qu'ils s'en prennent à mon fils parce que je n'ai pas été capable de ne pas faire de vague. Je suis paranoïaque, déjà, en temps normal, il faut noter que l'alcool influe étrangement dessus. Méfiance accrue envers les humains, amoindrie envers le loup. « Allons y donc, Cousin. Mais je ne te promets pas d'être une compagnie particulièrement... agréable. » J'avise d'un reniflement l'approche imminente de l'odeur si déplaisante qui brûle mes narines hypersensibles. J'accélère le pas, lui aussi, et je le regarde sans le voir sortir un trousseau de clefs et ouvrir la porte d'un local Accès réservé au personnel qui ne me dit rien. Nous ne sommes plus dans la section Sciences du Vivant en même temps, donc, dans un sens, ça s'explique. Nous entrons dans le local, et à peine la porte refermée, je m'entends lui demander. « On se remet un jour de la perte de ceux qu'on aime ? » Un soupir. Une pause. Je suppose qu'il faut que je développe. « Tu es le loup qui a perdu son fils. » Je prends le temps de respirer alors que la douleur suinte de tous mes mots lorsque je reprends. « On s'en remet ? » Bien, Alan, raconte ta vie à tout le monde. Surtout que j'imagine bien qu'il ne doit pas être au courant, pour Kate. Déjà parce qu'il est à peu de chose près certain qu'il s'en fout totalement. Ensuite parce que je n'ai pas hurlé la nouvelle sur tous les toits. Et je doute que Camille l'ait fait.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 18:53


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Cynique encore, comme la dernière fois. Mike ne put s’empêcher de laisser paraître un rictus amusé. Comment dans l'état où il se trouvait, visiblement imbibé d'alcool bon marché et en proie à un mauvais trip dépressif, pouvait-il faire preuve d'autant de verve ? Il accepta cependant la main que le quadra lui tendait, se redressant. Une fois debout il paraissait soudain encore plus misérable, jouant avec un badge quelconque auquel le loup accorda peut d'attention. Mais qu'avait il bien pu lui arriver depuis leur rencontre ce soir là ? Il insistait d'un signe de la tête vers l’issue opposée à celle où le personnel s'affairait déjà quand le métamorphe accepta finalement plus ouvertement l'invitation qu'il avait lancée.

« Allons y donc, Cousin. Mais je ne te promets pas d'être une compagnie particulièrement... agréable. » 

Soit. Quelque soit le type de compagnie qu'il lui offrirait, ce serait toujours ça de pris. Si Alan avait l'air en pleine dépression, Mike était toujours à deux pas du gouffre et la moindre distraction qui pourrait le sortir de son train train quotidien l'aidait à ne pas sombrer. Surveillant du coin de l’œil que l'autre le suivait toujours, il revint sur ses pas, en direction de la sale de repos où il avait son casier. Le trajet, pourtant relativement court, lui avait paru interminable tant les couloirs étaient à présent silencieux, quand ils arrivèrent enfin devant le local en question. C'était une  pièce carré, froide, pourvue d'une unique fenêtre, probablement pas le meilleur endroit pour réconforter cet homme mais c’eétait le mieux qu'il puisse lui offrir. Le loup eu à peine le temps de tirer une des trois chaises qui encadraient la table, uniques meubles de la pièce si on faisait abstraction des casiers qui couvraient les murs et de la fontaine à eau, qu'Alan brisa le silence ;

« On se remet un jour de la perte de ceux qu'on aime ? »

La surprise de la question passée, le quadra le dévisageait sans un mot, cherchant à comprendre le sens de la question, pourtant évidente. Devant son étonnement, le métamorphe poursuivit ;

« Tu es le loup qui a perdu son fils. » 

Le sourire qu'il voulait amical jusque là fit place à un rictus inquiétant lorsque Mike crispa ses mains sur le dossier de la chaise, se forçant à fixer un point invisible sur la table pour garder son calme. Le souvenir de Sam, les mots en eux même, le fait que l'autre le savait, le loup ne savait pas ce qui l’énervait le plus. Charlie avait raison, son histoire avait probablement fait le tour de la meute, jusqu'à parvenir aux oreilles de leurs cousins. Celui ci était qui plus est bien placé dans l’alliance et avait du en entendre suffisamment pour savoir la frustration à laquelle il était soumis depuis cet incident. Cet incident. Pourquoi l'appelait il ainsi soudainement ? Espérait il amoindrir sa peine en appelant un chat un chien ?

 « On s'en remet ? » 

La question vint briser le silence, comme un coup de poing que le changeur aurait donné sur la table. Après un instant à reprendre ses esprits, Mike se rendit compte qu'il venait de sursauter et qu'il fixait à présent Alan avec un air complètement ahuri. Il dégluti, comme pour faire passer plus facilement ce qu'il venait de réaliser. C'était pourtant évident, il était passé par là lui même...mais pouvait il considérer qu'il avait ne serait ce que commencé à s'en sortir ?

« Non. »

La réponse était apparue toute seule, un son guttural, à demi retenu, à la question du métamorphe comme à celle qu'il se posait lui même. Il passa la main sur son visage, nerveusement, comme pour chasser les souvenirs qui revenaient à présent en vrac. Sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait, il attrapa deux gobelets en plastique sur la fontaine à eau et les posa sur la table, puis se dirigea vers son casier dont il sortit une des deux bouteilles qui lui semblaient s'imposer à présent comme une évidence. Après avoir remplit généreusement les deux verres, il se laissa tomber sur la chaise qu'il avait maltraitée plus tôt et avala une première gorgée. Il indiqua  la chaise d'un geste de la main, sans décoller le regard de la table où ses yeux étaient revenus se perdre à nouveaux.

« Non . . . on ne s'en remet pas . . . la colère d'avoir été impuissant, la jalousie pour ceux qui ignorent la peine que l'on vit, la solitude, le silence, l'envie de se foutre en l'air . . . rien ne passe. »

Il releva finalement les yeux pour croiser ceux d'Alan et ne put s’empêcher de laisser éclater un rire nerveux et sonore. Trop de tension. Trop de choses qu'il n'avait jusqu'ici pas formulé avec des mots, qu'il s'était répété en silence. Il ne comprenait pas pourquoi il venait de les prononcer à présent devant cet homme qu'il ne connaissait pourtant pas. Puis le rire disparut, laissant place à un nouveau silence. Ses doigts jouaient à présent à maltraiter nerveusement le gobelet.

« Qui ? »

Car le quadra savait qu'il avait vu juste, cet façon de n'être que l'ombre de soit même, de se laisser aller à la boisson, d'errer sans but, ce regard vide, il avait déjà vu tout ça. Chaque jour depuis la mort de Sam il avait croisé ce même homme dans son propre miroir. Le métamorphe venait de perdre un être cher, quelqu'un de très cher, il l'aurait parié. Il avait bien conscience qu'il passait probablement pour un fou, un fou instable. Mais n'était ce pas ce qu'il était après tout ?



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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Fév - 14:35




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Ma question brise le silence et j'ai conscience qu'elle peut sembler déplacée. Hors sujet. En temps normal, sans un litre d'alcool dans le sang, il est certain que je ne l'aurais pas formulée, ni même pensée, en présence de... quelqu'un. D'autre. D'un loup. Mon tact est pire que d'habitude, lorsque je le décris comme celui qui a perdu son fils, comme si la perte d'un être cher peut nous définir à vie. Je suis pathétique lorsque ma question résonne à nouveau, et que mes yeux remarquent sa crispation. On s'en remet ? Je ne sais pas quelle réponse j'attends, j'espère. Un oui me semble trop utopique. Un peut être... narcissique. Je ferme les yeux en essayant de me contenir. La douleur ne veut pas disparaître, et ça me va dans un sens. Je ne veux pas qu'elle disparaisse, je me sentirais trop coupable si c'était le cas. Mike met une éternité à me répondre, j'ai l'impression. Les secondes s'écoulent comme des heures rythmées par le battement de mon cœur qui résonne exagérément à mes oreilles. « Non. » Coup de glas. Je me laisse tomber sur une chaise que je tire juste avant. Non. Alors c'est définitif ? C'est non ? Et qu'espérais-tu, Alan ? Autre chose, très certainement. Non. C'est non. Le loup sort une bouteille et remplit d'autorité deux verres qui ne resteront pas longtemps pleins. Il s'assoit à son tour, mes yeux le fixent sans le voir, le remerciant à mi voix du verre que j'attrape et que je regarde. Absent. « Non... » Il poursuit, et je l'écoute avec l'énergie du désespoir, comme s'il allait revenir sur sa réponse. « Non . . . on ne s'en remet pas . . . la colère d'avoir été impuissant, la jalousie pour ceux qui ignorent la peine que l'on vit, la solitude, le silence, l'envie de se foutre en l'air . . . rien ne passe. » J'acquiesce à chacun de ces mots, qui trouvent en moi leurs semblables. Impuissance. Solitude. Silence. Peine. Rien ne passe, donc... Cruelle perspective. Le loup garou lève ses yeux vers moi, et il part dans un éclat de rire. Un sourire fait un passage fugitif sur mon visage. Disparait. Revient. Tressaille. J'éclate de rire moi aussi. Rien de drôle, très certainement. Rien d'amusant. Mais je comprends ce qu'il veut dire, puisque c'est mon quotidien depuis deux jours. L'a-t-il vu agoniser, souffrir, mourir, lui aussi ? Triste comparaison de nos expériences que nous nous apprêtons à faire, j'ai bien l'impression. Son rire disparaît, le mien survit légèrement. Mes nerfs craquent. Je termine le verre en quelques gorgées. « Qui ? » Je m'étouffe et avale de travers. Ou le contraire. Dans tous les cas, ça me laisse un instant de répit.

Mes doigts jouent avec le verre vide, maintenant. « Ma femme. » Que dire de plus ? Rien. Il n'y a rien à dire, le ton de ma voix parle de lui même. Je pince les lèvres, en lorgnant sur la bouteille. « Il y a quarante huit heures, maintenant. Et j'ai l'impression que ça fait une éternité. » Plus que l'impression... je suis en ruine depuis toujours. Je n'arrive pas à savoir si c'est vrai son rire que j'entends résonner un peu partout, ou si ce n'est qu'un écho. Un bruit de pas, je me retourne dans l'espoir de la voir réapparaître. Tout le vide n'est que le fantôme de sa présence. « Je veux bien un autre verre... » Mes doigts font tourné ledit gobelet et le font osciller dans la direction du loup. Je parle sans m'en rendre compte lorsque je reprends, sans réellement m'adresser à quelqu'un en particulier. « Et le pire, c'est qu'il n'y a aucun autre responsable que la malchance, le sort, le hasard et toutes ces m#rdes qui n'existent que pour justifier l'injustifiable et expliquer l'inexplicable. » Un soupçon de colère perce dans mon apathie. Oui, c'est cela qui est le pire dans ce que je ressens. La vengeance, la rancune, la colère... je connais. La violence, je connais très bien. Trop peut être. Et je ne supporte pas ne strictement rien pouvoir faire pour soulager ma douleur. Pas de personne à pourchasser, pas de meurtrier à blâmer. Juste ma nature, celle de ma femme et de mon fils – très certainement – et encore... comment blâmer quelque chose contre laquelle, encore une fois, nous ne pouvions lutter ? Je ricane, et mon ricanement part dans un rire jaune. « Qu'il est facile de nous faire chuter... même ce p#tain de destin peut le faire, en quelques heures, quelques minutes, détruisant tout l'avenir que l'on pouvait envisager. » Si je parle beaucoup ? Et bien je m'en fiche. J'en ai assez de surveiller mes mots, j'en ai assez de simuler un visage plus ou moins normal. J'en ai assez de faire comme si je supportais tout ça, comme si j'étais fort ou une c#nnerie de ce genre. On n'a pas le droit d'exiger de moi que ça aille, et je n'ai pas le droit moi même de l'exiger de moi.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Jeu 20 Fév - 23:58


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





« Non... »

Le métamorphe répéta sa réponse, comme si ça pouvait l'aider à mieux l'assimiler, puis il rit avec lui. Probablement avait il besoin lui aussi d’extérioriser, de se vider de cette tension palpable mêlée de peine et de colère. Le rire n'était peu être pas la réponse la plus logique à ce qu'ils affrontaient tous les deux mais c'était la manière la plus saine de vider le trop plein de nervosité, qu'on soit humain, lycan ou métamorphe. Mike le regardait vider son verre rapidement, trop rapidement sans doute au vu de l'état d’ébriété avancé dans lequel il se trouvait déjà. Un mot, un simple mot vint répondre à sa question ;

« ma femme. »

Était-ce comparable ? Le loup aurait voulu croire que non. La perte de son fils était cent fois, mille fois, infiniment plus douloureuse que ce que le métamorphe devait vivre actuellement. Mais il savait que fils, femme, sœur, père, rien ne vient jamais combler le vide laissé par un être aimé trop brutalement disparu. Son compagnon de beuverie affichait une moue qui ne souffrait aucun malentendus, le verre vide, les yeux rivés sur la bouteille. Il donna quelques détails supplémentaires. C'était récent, très récent, la plaie encore trop fraiche pour qu'il songe encor eà la refermer. Non pas que lui même, en deux mois, aie put commencer à cicatriser, mais il envisageait les options, ce qu'Alan ne devait sans doute pas encore être en mesure de faire. Le soptions. Quelles options avait-il vues au bout du compte ? La vengeance, la mort, la solitude plus encore.

« Je veux bien un autre verre... »

Mike englouti ce qui restait dans le sien avant de les resservir tout les deux. Le sourire compatissant qui ornait ses lèvres n'était pas seulement destiné à son interlocuteur, il tentait de se convaincre que si le métamorphe relevait la tête, il le ferait aussi. Ce dernier avait reprit son monologue à peine le verre de nouveau plein.

« Et le pire, c'est qu'il n'y a aucun autre responsable que la malchance, le sort, le hasard et toutes ces m#rdes qui n'existent que pour justifier l'injustifiable et expliquer l'inexplicable. » 

Cette fois, Mike ne riait plus, il fit grincer ses dents, les mâchoires serrées. Le pire ? Non ce n'était pas le pire, la fatalité c'était une chose, ce qu'il connaissait en était une autre. Une nouvelle gorgée, puis il interrompit Alan.

« Crois tu que savoir qui blâmer mais le savoir hors de sa portée soit plus enviable ? Je ne parle pas seulement du responsable de la mort de mon fils . . . j'aurais du . . .  »

Il aurait eu envie de rajouter autre chose mais comme il marquait un silence, l'autre reprit ;

« Qu'il est facile de nous faire chuter... même ce p#tain de destin peut le faire, en quelques heures, quelques minutes, détruisant tout l'avenir que l'on pouvait envisager. »

Mike s’avachit un peu plus sur la chaise, tenant à présent le gobelet entre ses mains sur ses genoux, les yeux fixés sur l'alcool qui s'y trouvait encore. L'avenir. Il songea un instant à la lettre qui traînait toujours quelque part sur son meuble d'entrée, celle qui était arrivée quelques jours avant qu'il ne parte pour Séville. Cette réponse à la demande de stage de Sam avait faite. La chute avait-il dit? La chute lente, cruelle, interminable, inéluctable. Entraînant les proches qui vous restent avec vous ou les repoussant au loin, pour mieux les protéger ou pour ne pas en faire un fardeau supplémentaire. Oui il connaissait la chute en question. Il n'y avait plus de colère, plus que de la lassitude à cet instant dans l'esprit du loup. Les mots se bousculaient dans sa tête, tellement de sujets qui lui arrivaient soudainement en vrac, il en piocha un au hasard, pas nécessairement celui qui semblait le plus évident.

« L'avenir . . . . Sam allait être accepté pour son stage . . . ça lui aurait ouvert pas mal de portes pour ses études . . . »

Il n'avait pas la moindre idée de pourquoi il parlait de ça à ce "cousin" qui n'en avait certainement rien à faire, mais il savait qu'il devait commencer par ça, c'était si dérisoire comme un pas d'élan avant de sauter, pour se donner le courage de prononcer la suite. Sans décoller les yeux de son verre, il enchaîna ;

« J'aurais du être avec eux ce soir là . . . plutôt que mon frère, c'est moi qui aurait du emmener mon fils boire un coup, c'est moi et moi seul qui ai choisi de ne pas y être, c'est moi qui ai refermé la porte derrière eux plutôt que de les suivre . . . Malchance  tu disais ? Destin tu disais ? Je ne sais pas qui je dois haïr le plus dans tout ça . . .»

Les derniers mots étaient douloureux à sortir, sa voix tremblante. Non il n'allait pas pleurer, il peinait simplement à reprendre son souffle, comme s'il avait prononcé cet aveux en apnée. Le quadra évita soigneusement de croiser le regard d'Alan. Il avala le reste de son whisky, fixa le fond du gobelet, puis vint s’accouder à la table. Il se surprit à ajouter sur un ton plus léger, comme sortit de nul part.

« Il est plutôt bon ce whisky. »

Las. Ses pensées était décousues, ses mots n'avaient pas le moindre sens. Oui, il se sentait définitivement las.



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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Ven 21 Fév - 19:55




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Pourquoi en parler à ce loup que je ne connais pas plus que de nom ? Je l’ignore. Ma vigilance est éteinte en sa présence. Je suspecte le berger allemand sentir pleinement ma détresse, et surtout le fait que je suis proche de faire des bêtises que je pourrais regretter demain. Des bêtises comme céder à l’influence de la buse… sans me transformer pour autant. Je frissonne, je murmure des réponses, des questions, un ricanement qui se mue en éclat de rire, une demande et une question, à nouveau. Mike me ressert un verre, et son sourire que je ne veux pas voir, glisse sur moi alors que mes yeux se plongent dans le liquide qui clapote dans le verre. Je ne sais pas ce qu’il y a de pire entre le fait de n’avoir personne à blâmer et ne pouvoir se venger, comme c’est le cas pour le loup face à moi. Qu’a-t-il dit ? « Crois tu que savoir qui blâmer mais le savoir hors de sa portée soit plus enviable ? Je ne parle pas seulement du responsable de la mort de mon fils . . . j'aurais du . . . » La culpabilité. Voilà donc ce qu’il y a de pire entre que deux autres possibilités évoquées un peu plus tôt. La culpabilité de ne pas avoir été là, de ne pas avoir parlé. Magnifique culpabilité d’avoir été impuissant. Qu’il est facile de faire chuter les hommes, les humains, les métamorphes… lui fais-je remarquer. Comme c’est… pathétique. Tous mes projets avec Kate se sont évaporés. Nous avions encore des semaines devant nous pour préparer l’arrivée de Samuel, nous n’avions pas encore totalement choisi le prénom. Nous envisagions tout sauf… ça. Je regarde Mike face à moi, et je contemple en lui mon reflet : je suis d’un égoïsme détestable et je ne peux pas m’en empêcher. Je le fais chuter avec moi, alors qu’il a sûrement déjà du commencer à remonter la pente. « L'avenir . . . . Sam allait être accepté pour son stage . . . ça lui aurait ouvert pas mal de portes pour ses études . . . » Deux jours pour moi. Combien de son côté ? Serai-je comme cela dans quelques semaines ? Toujours aussi… vulnérable ? Un stage. Sam. Je frissonnai. Mon fils s’appelle Samuel, mais le raccourci en Sam est si évident que je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement. Je préfère cependant garder le silence, ravalant l’évident comme mon fils qui est monté à mes lèvres sans préméditation. « J'aurais du être avec eux ce soir là . . . plutôt que mon frère, c'est moi qui aurait du emmener mon fils boire un coup, c'est moi et moi seul qui ai choisi de ne pas y être, c'est moi qui ai refermé la porte derrière eux plutôt que de les suivre . . . Malchance tu disais ? Destin tu disais ? Je ne sais pas qui je dois haïr le plus dans tout ça . . .» Haïr quelqu’un… j’aimerai avoir un responsable sur lequel passer mes nerfs. Je ne sais pas quoi dire. J’entends dans ses mots la même douleur qui parcourt mes veines depuis quarante huit heures. Il vide son verre, et je le suis en terminant cul sec le verre encore plein qui était devant moi. Dans mes mains, d’ailleurs. Sa remarque me fait sourire. « Il est plutôt bon ce whisky. » Ma voix se teinte de cynisme sans que je ne le veuille lorsque je réponds un amusé « Je suis bien d’accord, ça se boit comme du petit lait ». J’espère qu’il ne va pas mal le prendre, je ne me sens pas d’humeur à peaufiner mon paraître. Encore moins que d’habitude, veux-je dire. « Faut pas s’en vouloir, qu’ils disent. On ne peut rien changer maintenant. Alors Mickey… » Je ferme les yeux un court instant avant de me reprendre, et de reprendre tout simplement, avec un soupçon d’excuse. « Mike, j’imagine qu’il faudrait que je te dise que faut pas que tu t’en veuilles. Ca aurait peut être rien changé, et en plus si tu avais survécu, ce serait bien pire. » Je me retiens d’envoyer le verre balader dans un mouvement de colère. « Je l’ai portée jusqu’à l’hôpital, le plus vite que j’ai pu, et ça n’a servi à rien. Ils ne l’ont pas sauvée. » La faction assise m’insupporte, je me lève brusquement pour marcher un peu et m’adosser au mur le plus proche. Ma voix se brise lorsque je conclus sur un ton amer. « Et le pire, c’est que je n’ai pas le droit de me plaindre. Parce que j’ai de la chance puisqu’ils ont sauvé l’enfant. » J’ai l’impression de n’être qu’un gamin faisant un caprice, qu’un gamin ne se rendant pas compte de la chance qu’il a, mais je ne peux pas m’empêcher de trouver tout ça profondément injuste. Je suis heureux d’être père, je suis heureux que Sam soit là, et je sais que j’aurai été détruit tout autant si le contraire s’était produit mais… je ne peux pas m’empêcher de ne pas comprendre, de ne pas savoir ce que je suis censé ressentir. Tout ce que je sais, c’est que je souffre, que Kate n’est plus là, et que seul Samuel m’arrache des sourires et m’a permis de survivre à ces quarante huit heures.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Ven 21 Fév - 23:54


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Alan restait attentif malgré le discours insipide que lui tenait le loup. Il termina son verre, comme pour accompagner Mike lorsqu'il eu finit le sien, puis sans perde le ton qui semblait être sa manière de fuir, il complimenta à son tour le breuvage qu'ils ingéraient tous deux machinalement. Il semblait lui aussi perdu dans ses souvenirs, comment lui en vouloir ? Sa réponse vient rapidement, bien que le quadra ne s'attendait pas vraiment à ce que sa question puisse en avoir une.

« Faut pas s’en vouloir, qu’ils disent. On ne peut rien changer maintenant. Alors Mickey… » 

Le loup ne réagit pas à ce sobriquet, c'était vraiment le dernier de ces soucis, il aurait pu l'appeler comme bon lui semblait, au point où ils en étaient à présent tous les deux. Il se reprit cependant en reprenant ;

« Mike, j’imagine qu’il faudrait que je te dise que faut pas que tu t’en veuilles. Ça aurait peut être rien changé, et en plus si tu avais survécu, ce serait bien pire. »

Pire ? Mike le regardait incrédule. Pire. Peut être. Peut être s'en serait il voulu plus encore de lui avoir survécu, de n'avoir rien pu faire d'autre que le regarder agoniser sous ses yeux. Des images lui venaient à l'esprit, des visons qu'il aurait préféré ne pas avoir. Des cauchemars qu'il avait fait des nuits durant jusqu'à récemment encore. Le corps de son fils, sans vie, dans cette ruelle sombre. Il passa à nouveau les mains sur son visage, mais cette fois en vain, il ne parvint pas tout de suite à chasser la scène de son esprit et la seule réponse qu'il y trouva fut de tenter de remplir les verres vides. Il dut cependant se rendre à l’évidence, la bouteille n'était pas sans fond et une fois les verres de nouveau garnit, il posa le cadavre dans un coin de la table et se prit à lorgner la porte de son casier. Curieuse chose que l'effet de l'alcool. La pensée qu'ils puissent se retrouver sans rien à boire venait de prendre le dessus sur les cauchemars qui occupaient ses pensées quelques instants plus tôt. Le loup se mit à rire, ses nerfs lâchaient à nouveau. Il se sentait sale, honteux de noyer ainsi sa peine de la manière la plus lâche qu'il soit.

« Je l’ai portée jusqu’à l’hôpital, le plus vite que j’ai pu, et ça n’a servi à rien. Ils ne l’ont pas sauvée. » 

Il avait presque oublié la présence d'Alan et sa phrase le fit sursauter. Portée ? Sa femme, il parlait probablement de sa femme. Lui l'avait donc vu agoniser, impuissant. Mike se surprit à tenter à nouveau de comparer leurs pertes, la douleur qu'ils enduraient tous deux. Il arriva rapidement à la conclusion que c'était la chose la plus immature à faire, la plus inappropriée, mais cela ne l’empêcha pas de songer que s'il aurait voulu être près de son fils en ses derniers instants pour le soutenir, il n'aurait jamais pu survivre avec la sensation d'impuissance que le métamorphe avait du ressentir à cet instant. Match nul. Son compagnon de beuverie se leva brusquement. Les nerfs sans doute aussi. Il fit quelques pas puis repri ;

« Et le pire, c’est que je n’ai pas le droit de me plaindre. Parce que j’ai de la chance puisqu’ils ont sauvé l’enfant. »

Elle lui avait donc donné un fils avant de partir. Un fils ou une fille. Quelle différence ? Mike se prit à songer aux enfants que son fils aurait pu avoir, aux petits enfants qu'il n'aurait jamais. Un rictus inquiétant vint se dessiner sur son visage. Il oscillait dangereusement entre le rire et les larmes. La joie qu'ils auraient pu lui procurer, le chagrin de les savoir évanouis à jamais. La colère ? Elle avait complètement disparue, ne restait que la peine. Partager avec cet homme lui avait au moins apporté ça, l'espace d'un instant, il avait l'impression de pouvoir enfin penser non plus à ce qu'il devait faire pour honorer Sam, mais simplement faire son deuil. Chose qu'il n'avait jamais prit le temps de faire, trop obnubilé par sa soif de vengeance. Mais au milieu du brouhaha de ses émotions, il ne pouvait s’empêcher de sentir également monter de la jalousie. Jalousie pour ce fils ou cette fille qu'il restait à Alan. Certes à lui il restait Charlie, mais elle n'était pas vraiment sa fille même si au fil des années, elle avait su prendre une place comparable, elle ne pouvait combler le vide laissé par Sam.

« Charlie . . . »

Il avait prononcé son nom à mi-voix, l'avait laissé s’échapper de ses pensées. Il releva brusquement la tête, fixant le métamorphe comme s'il venait d’apparaître dans la pièce. Cet enfant prendrait il la place de sa mère ? Il ne laissa pas la question lui brûler les lèvres plus longtemps et après s'être raclé la gorge, il finit par demander à haut et , il l’espérait, intelligible voix ;

« Fille ou garçon ? Il ou elle lui . . . ressemble ? »

Il cherchait de nouveau à comparer, tout en sachant que c'était ridicule, inutile. Charlie. Le loup s'en voulait terriblement de ce qu'il lui avait fait subir. Les raisons ? Il y en avait trop. Peut être pour se justifier auprès de sa conscience, il se surprit à les énumérer à Alan.

« Tu te souviens de Charlie ? La louve qui était avec moi l'autre soir. C'est moi qui ai fait d'elle ce qu'elle est. J'en ai fait une louve, la fille que je n'aurais jamais. Je l'ai fuit après la mort de Sam . . . j'avais peur . . . »

Peur. Il prononçait enfin ce mot dont il avait honte. Un soupire. Une gorgée. Une seconde. Le sujet, l’émotion, le fait qu'il avait bu trop vite bien que moins que son comparse, il avait l'impression d'avoir du mal à articuler et cru desceller dans sa voix son vieil accent comme un souvenir de plus. Ça lui arrivait parfois lorsqu'il perdait le contrôle d'une manière ou d'une autre, ça et quelques phrases qui sortaient toutes seules en espagnol. Mais c'était bien de l'anglais cette fois, mal prononcé, comme hachuré.

« . . . peur de la perdre elle aussi, peur de la laisser remplacer Sam, peur de lui faire trop de peine, peur qu'elle tente de me suivre sur la voie que je m'étais choisie. »

Une dernière gorgée. Le verre était vide à nouveau. Un sourire en coin, forcé cette fois, il soutenait de nouveau le regard de son interlocuteur, cherchant une réaction, tentant de se focaliser sur autre chose que l'appel de la bouteille encore neuve qui n'attendait que lui dans son casier.




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Lun 24 Fév - 14:39




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




J'ignore ce qui est le plus pathétique actuellement : mon comportement, mon état, ou le fait que j'ai conscience, sûrement trop, de la loque je suis. Vive la classe, vive le charisme, je m'applique à les écraser méticuleusement sous des litres d'alcool que je bois en sentir réellement le goût maintenant. Des litres... peut être que j'exagère un peu. Mais ce n'est pas important. Ce qui a vraiment de l'importance, là, c'est que je suis pitoyable, et que je le sais, et que rien ne change. Ma voix, mon ton, mon vocabulaire... je perds tout contrôle sur mes pensées, sur mes actes, sur mon apathie mêlée d'agressivité gratuite et d'abattement soudain. La preuve la plus simple : je suis debout. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Qu'est ce qui est le pire... Ce qui est le pire... Je m'obstine à employer ce mot, pire sans vouloir une seconde prononcer son opposé, qui serait bien évidemment plus optimiste. Le meilleur dans tout ça, c'est que je n'aurai jamais à dire à Kate que je l'ai trompée. Oui, bien plus optimiste, en effet. Je soupire devant ma situation que je noircis au lieu d'illuminer de la présence de mon fils. Pourquoi me plaindre, au fond, puisque Samuel est en vie. L'homme face à moi doit me trouver bien geignard, de pleurer la mort de ma femme alors que lui a perdu la chair de sa chair. N'essaye même pas de t'embarquer sur ce chemin là, Alan... Quel chemin ? Comparer vos deuils, comparer vos peines... essayer de relativiser en souillant la mémoire de Kate dans des déblatérations sans fondements, juste pour te soulager toi. Je n'ai pas le droit d'ignorer que je souffre, et que personne ne peut me comprendre, puisque personne d'autre n'était le mari de Kate et le père de Samuel. C'est aussi simple que cela... Mes yeux se fixent sur Mike qui doit être plongé dans ses souvenirs. Je me demande à quoi il pense. Son fils ? Sa femme ? Ces dernières semaines ? Je ne sais pas exactement à quand date la mort de son fils, je n'en sais pas non plus les circonstances exactes si ce n'est qu'un vampire est responsable – étonnant – et qu'il court toujours. « Charlie . . . » Le nom de son fils ? Certainement. Non. Charlie... c'est aussi le nom de la louve que j'ai croisée en même temps que lui... Je ne sais pas à qui il fait référence, et je n'ai pas trop le temps d'y penser puisqu'il semble s'apercevoir, à nouveau, que je suis toujours lui. « Fille ou garçon ? Il ou elle lui . . . ressemble ? » J'ai l'air paumé, à cet instant, j'en suis certain. Ma bouche s'entrouvre sans qu'un seul son s'en échappe. Que dire à cela ? Je... Samuel ? Ressembler à Kate ? « Je ne peux que la voir en lui. Il a son nez, il a son menton, il a son petit sourire quand il dort... » Je m'interromps lorsque je sens ma voix se brise, et en voyant qu'il va recommencer à parler . « Tu te souviens de Charlie ? La louve qui était avec moi l'autre soir. C'est moi qui ai fait d'elle ce qu'elle est. J'en ai fait une louve, la fille que je n'aurais jamais. Je l'ai fuie après la mort de Sam . . . j'avais peur . . . » Je ne sais que dire à cela. Sa... fille louve ? Je ne peux pas comprendre ce qu'il veut dire, n'étant pas loup, ne pouvant pas transformer les gens contre leur gré, leur transmettre la nature de métamorphe. Sam sera mon unique enfant, je le sais. Je ne compte pas me remarier. Mais ce n'est pas le moment d'y penser. Charlie donc, c'est la louve. Et son fils s'appelle... « Sa... Sam ? » Mais qu'est ce donc que ce trémolo qui se joue de ma voix pour la mener faire un tour de montagne russe ? Le prénom s'étrangle dans ma gorge. Sam... Samuel... Mais c'est quoi cette coïncidence de m#rde, bon sang ? « . . . peur de la perdre elle aussi, peur de la laisser remplacer Sam, peur de lui faire trop de peine, peur qu'elle tente de me suivre sur la voie que je m'étais choisie. » Chaque fois qu'il prononce Sam, j'ai l'impression de recevoir un coup de poignard dans le cœur, dans le torse, dans le dos. Sam. Son fils. Samuel. Mon fils. J'essaye de me concentrer sur juste une poignée de ses mots, pour faire abstraction du Sam. Il termine son verre, et je fixe le vestige de la bouteille. Et bien... nous avons une sacrée descente. Même s'il faudrait lever le pied, je ne peux m'empêcher de regretter l'absence d'une, de deux, voire de cinq autres bouteilles. « La peur... » Je la connais. Bien. Très bien. Pourquoi ? Parce que j'ai peur moi aussi. Je ne me suis jamais considéré comme étant quelqu'un de particulièrement courageux, et je sais le nombre de défauts que l'on peut me trouver. Et j'ai peur, comme je l'ai si bien dis à Camille la nuit de la naissance de Samuel – Bel effort pour penser « optimisme », Alan, tu as un bon point – j'ai peur, donc. Très peur. Parce que « J'ai peur d'en vouloir à Samuel, plus tard. J'ai peur de ne pas... être... assez bien. » Je fixe le loup avec l'intensité de la Buse. Et l'instinct de meute du Berger Allemand. « Je suis un p#tain de trouillard, et je ne vais pas être à la hauteur pour élever mon fils. C'était Kate qui... Kate arrivait à apaiser mes angoisses. Sans elle... je vais mal faire. J'ai peur que... » A nouveau ma voix s'étrangle. Lâcheuse. J'inspire posément. Ma voix se teinte d'amusement lorsque je lui propose : « On va boire un verre ? Histoire de ne pas rester enfermer ici... » Et de prendre l'air.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Lun 24 Fév - 17:40


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Pourquoi avait il posé cette question ? Il se moquait éperdument que l'enfant d'Alan ressemble ou non à sa défunte mère, il tentait seulement de paraître poli. S’en moquait il vraiment ? Son fils à lui lui ressemblait trop, il n'avait pas les boucles blonde de sa mère, ni ses yeux clairs, pas même son nez. La même insouciance de la jeunesse, celle qui lui avait fait faire les pires âneries quand il était encore un lobo parmi ses frères espagnols. Peut être les choses auraient elles été différentes si Sam avait tiré plus du coté de sa mère.

« Je ne peux que la voir en lui. Il a son nez, il a son menton, il a son petit sourire quand il dort... » 

Le métamorphe semblait plus abattu que jamais, un instant Mike se demanda s'il allait pouvoir finir sa phrase, mais il sembla arriver au bout malgré sa voix fuyante. Un fils. Cette pensée lui arracha un rictus à nouveau. Une partie de lui le jalousait d'autant plus voulant échanger leurs place pour un instant, une autre ne pouvait s’empêcher de souhaiter que cet homme n'ai jamais à endurer la même peine que lui. Pourquoi lui avait-il parlé de Charlie ensuite ? Là non plus, il n'avait pas d'explications, cette conversation n'en était pas une, ils énuméraient tous deux ce qu'ils avaient sur le cœur, sans vraiment se soucier de la moindre connexion logique entre leurs phrases. Sarah. Elle aurait été trop heureuse de voir que le quadra arrivait finalement à se confier, même si ce n'était pas à elle et si c'était sous l'effet de l'alcool. L'alcool ? Non s'était son excuse pour oser en dire tant. Il n'avait pas suffisamment bu, à l'inverse de son cousin toujours adossé au mur, pas suffisamment bu pour que le whisky influe réellement sur ses paroles ou ses actes. Sarah. S'il pouvait parler ainsi à Alan, il devait en être capable avec elle aussi. Il se promit de l'appeler, la rassurer, se confier, s'excuser.

« Sa... Sam ? » 

Il ne réagit pas quand l'autre répéta le nom de son fils, il venait de mettre un mot sur sa frayeur, ses angoisses, un mots qu'il n'aimait pas prononcer. Peur. Alan semblait avoir accroché sur ce mot en particulier. Tout en regardant le loup vider un verre de plus, il avait répété ce nouveau mot ;

 « La peur... »

N'avait-il plus la force d'ajouter autre chose ? Non. Mike venait simplement de mettre le doigts sur quelque chose qu'ils partageaient tout deux. La peur de ne pas se remettre de son chagrin. La peur de ne pas pouvoir avancer pour ceux qui restent. La peur de s'auto-détruire à petit feu. La peur.

 « J'ai peur d'en vouloir à Samuel, plus tard. J'ai peur de ne pas... être... assez bien.  Je suis un p#tain de trouillard, et je ne vais pas être à la hauteur pour élever mon fils. C'était Kate qui... Kate arrivait à apaiser mes angoisses. Sans elle... je vais mal faire. J'ai peur que... »

Kate ? Oui sa femme. Le loup chercha dans ses souvenirs une femme, une louve avec qui il aurait pu avoir ce genre de relation. Trop peu d’histoires suffisamment longues pour ça. La première louve qu'il avait vraiment aimée ? Elle était partie trop tôt, l'abandonnant pour un loup plus influant. Il ne lui en voulait pas, ne lui en voulait plus. Après tout personne n'avait fixé de règles dans cette histoire, c'était dans leur nature. La mère de Sam ? Il aurait pu l'aimer à ce point si les choses avaient été différentes. Peut être auraient ils put former une famille heureuse comme dans ces téléfilms à l'eau de rose. Natacha ? Il n'y avait jamais vraiment eu de sentiments entre eux. Puis la manière dont la métamorphe avait tourné les talons ne lui laissait pas vraiment un bon souvenir, bien qu'il lui soit reconnaissant pour le service qu'elle lui avait rendu, l'aidant à gagner ce procès ridicule que la mère de son fils avait lancé contre lui. Mirah ? Mirah... Même si les choses avaient été compliquées entre eux, elle était peut être celle qu'il pouvait tenter de comparer à cette Kate. N'avait-il pas rompu avec elle pour ne pas avoir à endurer cette perte sachant qu'il ne le supporterait pas ? Leurs chemins s'étaient recroisés depuis, ils avaient mis les choses au point mais cette pensée le hantait toujours. Le doux visage de sa louve lui souriait quand il ferma les yeux pour prendre une grande inspiration, cherchant ce qu'il pourrait répondre pour réconforter son compagnon d'infortune. Il jouait à nouveau avec son verre et souriait, se voulant rassurant.

« Les femmes . . . je n'ai jamais eu la chance d'en garder une suffisamment longtemps pour construire la relation dont tu parles. Il y a bien eu la mère de Sam . . . mais les choses étant ce qu'elles sont, j'ai élevé mon fils sans elle, il est la seule chose que nous ayons jamais fait en commun au final. »

Il hésita un instant à parler de Mirah, mais planta finalement son regard dans celui du métamorphe et confessa ces craintes et son geste ;

« Il y a . . . cette louve. ¡ Ostias !  Si belle, si envoûtante . . . je l'aime . . . je l'aime Alan ! Mais je l'ai flanqué à la porte pour ne pas avoir à me retrouver dans ta situation. Si tu es un trouillard parce que toi qui n'as plus été seul depuis que . . . Kate ? est entrée dans ta vie, tu te retrouves à élever son fils par tes propres moyens, qu'est ce que ça fait de moi ?  Moi qui ai chassé chacune des personnes à laquelle je tenais quitte à les faire souffrir pour ne plus avoir à pleurer mes morts ? »

Ses nerfs lâchèrent une fois de plus et il se mit à rire. Pathétique. Voila ce que ça faisait de lui. Il s'appuya sur le coin de la table pour se lever et aller prendre la seconde bouteille Après tout Alan avait entamé la soirée avant lui, il comptait bien le rattraper peut être arrêterait-il alors de dire des conneries, ou bien pourrait-il se réfugier derrière l'alcool comme excuse à ses propos.

« On va boire un verre ? Histoire de ne pas rester enfermer ici... »

La proposition tombait à pic. Il rit de nouveau. Le loup appréciait décidément la compagnie de cet homme. C'était curieux d'en arriver à cette conclusion dans la situation où ils étaient tous deux, mais il fallait bien se rendre à l'évidence, ils avaient bien trop en commun pour repartir chacun dans son coin après les aveux qu'ils avaient échangés. Si toutes fois ils se souvenaient l'un comme l'autre de la moiter de la conversation à leur réveil. Il parcouru le chemin qui le séparait de son casier et entreprit d’ôter sa veste.

«  Pourquoi pas . . . si tu peux marcher jusque dehors . . . »

Le ton était cynique, il ne doutait pas que son compère trouverait la force de se traîner à l’extérieur du musée, mais quel pub allait les laisser entrer dans cet état. Il changea la veste portant le badge et le logo du musée qu'il portait encore contre le haut de costume avec lequel il était arrivé ce matin et empoigna son blouson. Il chercha d'une main mal habile son téléphone au fond de sa poche. Sarah. Un petit mot, ça ne lui coûtait pas grand chose, au pire elle l'ignorait, qu'avait il à perdre de plus au point où étaient les choses entre eux. Le texto envoyé, ses yeux se posèrent sur la dernière bouteille posée devant lui. Devait-il proposer de la partager plutôt que de sortir ? Il reposa le blouson et fit voir la bouteille à Alan.

« On a encore de quoi tenir un petit peu si tu veux. Au fait . . . tu ne m'as pas dit son nom ? Ton fils . . . »




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mar 25 Fév - 17:34




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il a appris à nager, mon chagrin. »




J’ai peur d’en vouloir à Samuel. Je l’ai dis à Camille, le soir de la naissance de mon fils, et en quarante huit heures, cette peur ne s’est pas du tout évaporée. Je sais que je ne vais pas lui en vouloir, ou du moins, pour le moment ça me semble impossible mais j’ai peur que ça arrive. Le risque zéro n’existe pas Et je peux toujours tomber. Kate… Kate était là pour me rassurer, pour me redonner confiance en moi, pour apaiser mes angoisses. Kate était… tout. Et Kate n’est plus là. Et il faut que je m’y fasse. Je n’ai pas l’alcool joyeux, et même si cette expression ne doit pas exister, l’idée est là : l’alcool ne me fait que rire jaune, pas vraiment me sentir mieux. Belle découverte de la soirée. Parce que tu pensais vraiment pouvoir noyer ta dépression dans l’alcool, Alan ? Ca ne coûtait rien d’essayer, alors pourquoi pas le croire ? Et ta réputation ? Sans commentaire… le loup joue avec son verre, et encore une fois je me demande à quoi il pense. La réponse à cette interrogation me parvient bien vite, cependant, et j’arque un sourcil étonné. « Les femmes . . . je n'ai jamais eu la chance d'en garder une suffisamment longtemps pour construire la relation dont tu parles. Il y a bien eu la mère de Sam . . . mais les choses étant ce qu'elles sont, j'ai élevé mon fils sans elle, il est la seule chose que nous ayons jamais fait en commun au final. » Ah… et bien… nous sommes dans le même cas sans l’être, d’ailleurs. Mais ça ne veut pas dire que je vais perdre Sam, non. Tu as des pensées bien morbides. Que dire ? Je m’apprête à bégayer une lamentable phrase dont j’ignore encore le contenu lorsqu’il m’épargne cette peine en continuant parler, après une légère hésitation. « Il y a . . . cette louve. ¡ Ostias ! Si belle, si envoûtante . . . je l'aime . . . je l'aime Alan ! Mais je l'ai flanquée à la porte pour ne pas avoir à me retrouver dans ta situation. Si tu es un trouillard parce que toi qui n'as plus été seul depuis que . . . Kate ? est entrée dans ta vie, tu te retrouves à élever son fils par tes propres moyens, qu'est ce que ça fait de moi ? Moi qui ai chassé chacune des personnes à laquelle je tenais quitte à les faire souffrir pour ne plus avoir à pleurer mes morts ? » Que répondre à ça ? C’est vrai que je n’ai pas été seul depuis… quoi… neuf ans. Non. Ca fait certes neuf ans que nous sommes… étions… mariés mais… dix ans. On était ensemble depuis dix ans. Une décennie. Le rire de Mickey trouve son antithèse sur mon visage alors que je m’aperçois de ça. Dix ans. Dix ans que ma vie ne rime qu’avec Kate – malgré nos deux ans loin de l’autre – dix ans que je ne suis pas seul. Dix ans… J’essaye de prendre une voix légère lorsque je lui propose de sortir boire un verre. Pour sortir de cet endroit étouffant, pour prendre l’air, pour… bouger. Je suis un métamorphe, et c’est certainement pour cela que l’immobilité me convient si peu. L’enfermement non plus, mais j’ai encore plus de raison de ne pas aimer ça que la simple nature de mon sang. « Pourquoi pas . . . si tu peux marcher jusque dehors . . . » J’esquisse un petit sourire, en rétorquant « Surement plus droit que toi. On parie ? » Mon petit ton amusé est assez clair sur le fait que je suis pas le moins du monde sérieux, aussi j’espère qu’il ne va pas prendre ma réplique au premier degré. Je me déplace vers la porte, l’observant prendre sa veste, envoyer un SMS, la louve dont il parlait en termes si élogieux ?, et regarder la bouteille. « On a encore de quoi tenir un petit peu si tu veux. Au fait . . . tu ne m'as pas dit son nom ? Ton fils . . . » Je secoue la tête. Je lui ai dit son nom, il n’a juste pas du faire le rapprochement. Dans tous les cas, si je comprends bien, soit il me propose de terminer les trois millilitres qui nagent au fond de la bouteille, soit il a d’autres réserves. « Ne t’en déplaise, je préfère me bourrer dans les normes, en vidant mon compte en banque dans un bar, histoire que j’expérimente au moins une fois dans ma vie ce que ça fait d’être jeté d’un établissement pour alcoolémie trop élevée. » Et le pire, c’est que je suis presque sérieux. Je me pince l’arête du nez, avant de reprendre. « Il s’appelle Samuel. Heureusement qu’on avait choisi le prénom ensemble, je ne sais pas quelle horreur j’aurai pu lui offrir si j’avais du choisir dans la précipitation… » Mais qu’est ce que je raconte, là ? On va dire que demain, je ne me souviendrai plus de rien. On va dire ça… Je lui demande d’un ton badin « Tu connais un peu le quartier ? Niveau bar, truc dans le genre… » pour éviter de trop penser et de trop devoir réfléchir.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mer 26 Fév - 0:15

[quote="Mike Rivera"]

J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Comme il avait le nez dans son casier, Mike ne put retenir un rictus amusé en entendant la reponse du métamorphe à sa raillerie.

 « Surement plus droit que toi. On parie ? »

Parier la dessus ? Dans l'état actuel des choses ça n'avait pas grand intérêt. Alan tenait encore sur ses jambes et lui n'avait pas encore bu assez pour qu'il y ai un réel challenge. Il mit néanmoins l'idée de coté. A une heure plus avancée, puisqu'ils étaient partis pour terminer la nuit à s'imbiber tant qu'ils auraient de l'alcool sous la main, il pourrait lui ressortir ce pari. Le dernier debout l'emporte ! Quoi ? Ça restait à voir, probablement une gueule de bois mémorable le lendemain et quelques souvenirs très vagues de la conversation qu'ils avaient eu. Puis il avait envoyé un message à Sarah, comme si la soirée qu'il passait venait de réveiller le besoin de parler, et à qui d'autre si ce n'était elle. Son compagnon de beuverie était déjà devant la porte quand il lui proposa finalement d'entamer la seconde bouteille.

 « Ne t’en déplaise, je préfère me bourrer dans les normes, en vidant mon compte en banque dans un bar, histoire que j’expérimente au moins une fois dans ma vie ce que ça fait d’être jeté d’un établissement pour alcoolémie trop élevée. »

Voila qui était bien parlé. Le loup se laissa aller à poser la main sur l'épaule de son compère du soir comme pour le féliciter de cette décision avant de se ressaisir et de la retirer aussi sec. Il ne connaissait pas Alan avant ce soir. Pourquoi alors avait il eu cet élan ? Ce n'était pas l'alcool. C'était leurs histoires, les peines, les craintes, les douleurs qu'ils partageaient depuis qu'il avait ouvert cette bouteille. Il se sentait proche de lui dans ce sens, même si à trop comparer leur perte respectives comme il l'avait fait il s'était rendu à la conclusion que c'était deux deuils bien différents à faire.

« Il s’appelle Samuel. Heureusement qu’on avait choisi le prénom ensemble, je ne sais pas quelle horreur j’aurai pu lui offrir si j’avais du choisir dans la précipitation… »

Samuel. Voila pourquoi il avait réagit si étrangement lorsqu'il avait mentionné Sam. Mike passa sa main sur son visage, un tic qu'il essayait de refréner mais à cette heure et dans ces circonstances c'était peine perdue. Son sourire avait disparu et il se sentit blêmir. La raison pour laquelle il réagissait de la sorte le choquait presque autant que le nom en lui même. Empathique lui ? Ce serait bien la première fois. Depuis le début de leur discussion ce devait être une véritable torture pour le métamorphe à chaque fois qu'il prononçait le nom de son fils.

« Je . . . je suis désolé . . . je me sens un peu con d'un coup. »

Le loup avait baissé les yeux, oui il se sentait idiot mais que pouvait il y faire, comment aurait il put en avoir la moindre idée ? Pourquoi devait-il se sentir désolé, son fils aurait eu dix-sept ans en janvier, il n'avait pas attendu l'arrivée du métamorphe pour....dix-sept ans ? Non. Ne pas y repenser maintenant. Il se mâchouillait nerveusement la lèvre, encore un tic, en refermant son casier, cherchant quelque chose à dire. N'importe quoi ferait l'affaire du moment qu'il ne laissait pas le silence s'installer. Alan fut plus rapide que lui.

« Tu connais un peu le quartier ? Niveau bar, truc dans le genre… »

La question le fit rire. Il venait de frôler l'état dépressif mais cette question ridiculement futile le faisait rire. S'il n'avait pas encore assez bu, il devait bien admettre que boire trop vite alternait décidément ses facultés à garder le contrôle de ses émotions. Déjà que ces derniers temps il avait du mal même à jeun à rester constant, ce soir en particulier il était complètement perdu. Le quadra posa la main sur la poignée avant de s’apercevoir qu'il était sur le point de laisser bien en évidence au milieu du vestiaire les gobelets et la bouteille. Non il n'était pas encore assez saoul pour laisser traîner ce qui pourrait servir de prétexte à certains de ses collègues pour le faire renvoyer. Il attrapa le tout et finit par ouvrir la porte. Comme un gosse, il fit signe à Alan de se taire en posant le doigt sur sa bouche, puis passa la tête au dehors. Le couloir était désert, une odeur de détergeant fraîchement passé lui parvenait mais plus le moindre bruit. Il se tourna de nouveau vers le métamorphe pour lui faire signe de la tête que la voie était libre avant d’éclater de rire une fois de plus. Ridicule.

« Pardonne moi, j'ai pas put m'en empêcher. Un pub tu disais ? Oui j'ai quelques adresses en tête. »

Refermant la porte derrière lui il se dirigea vers les escaliers qui les conduiraient à la sortie, aux verres qu'ils allaient continuer à engloutir. Mike ne regrettait plus vraiment d'être resté assister à cette réunion barbante, bien au contraire, la soirée ne faisait que commencer et la suite s'annonçait prometteuse. Le défi que l'autre lui avait proposé lui revint soudainement à l'esprit ;

« Dis moi Alan . . . tu veux toujours parier que tu marcheras plus droit que moi à la fin de la soirée ? T'as prit de l'avance mais laisse moi te rattraper et on en reparle dans une heure ou deux. »

Il agissait de nouveau comme un gamin, mais quelle importance ? Demain il aurait oublié.




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Dim 2 Mar - 23:15




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il a appris à nager, mon chagrin. »




Je dois l’avouer : je ne sais pas vraiment ce que je raconte, là. Dans tous les cas, il semblerait que ce soit normal, mais j’espère tout de même ne me souvenir de rien, demain. Ce serait l’idéal. A sa proposition de rester encore un peu, je lui avoue que je préfère aller boire dans les formes dans un bar du quartier. J’ai quelques idées en tête, mais après avoir répondu à sa question concernant mon petit bonhomme, je lui laisse le choix du commerce où aller dépenser nos livres, histoire d’écarter rapidement son « Je . . . je suis désolé . . . je me sens un peu con d'un coup. » qui ne s’explique qu’à moitié. S’excuser, être désolé… que voulait-il ? Savoir avant moi que mon fils s’appelle presque comme le sien ? S’il s’excuse, ça sous entend que… et bien que moi aussi, je suis supposé m’excuser, chose que je ne compte pas faire pour le moment. Ma diversion le fait rire, et je souris à mon tour, presque un rire à mon tour sur les lèvres. Question futile, certes, à n’en pas douter, mais bon… Sans me répondre, il ferme totalement son casier, récupère ses affaires, et ouvre la porte. Lorsqu’il me fait signe de faire silence, j’hoche la tête d’un air bien concentré et sérieux. Oui, il ne faut pas faire de bruit, ce ne serait pas bien. Parce que si on nous trouve ici… on sera vertement réprimandé… Je soupire devant la bêtise de mes pensées – heureusement que je n’en suis pas au stade d’en faire part à haute voix à Mike, ce serait grave – avant de froncer les narines devant l’odeur de détergent qui insupporte mon flair. Personne à droite, personne à gauche… « Pardonne moi, j'ai pas put m'en empêcher. Un pub tu disais ? Oui j'ai quelques adresses en tête. » J’éclate de rire à mon tour en sortant pleinement dans les couloirs. Nous sommes pathétiques. « Parfait, on verra si on a les mêmes. Tu habites le quartier, depuis longtemps ? » Nous nous dirigeons vers les escaliers, et je prends le temps de laisser mes pensées m’échapper. Un peu de silence, et étrangement de la sérénité. Je n’ai pas envie de me prendre la tête, surtout pas ce soir. Nous arrivons à la sortie du musée quand Mike brise le silence. « Dis moi Alan . . . tu veux toujours parier que tu marcheras plus droit que moi à la fin de la soirée ? T'as pris de l'avance mais laisse moi te rattraper et on en reparle dans une heure ou deux. » Je ricane sur un ton amusé un « N’essaye même pas de rattraper ton retard, je ne te laisserai pas faire ! » Comment ça, je suis puéril ? Si peu… si peu… Je saute les dernières marches des escaliers trois par trois jusqu’à la sortie, laissant échapper mon énergie canine qui me pousse en général à plutôt faire un jogging tous les matins. Arrivant à l’extérieur un peu avant Mike, j’enfonce mes mains loin dans mes poches, me crispant un peu sous le froid. Avant de sautiller sur place toujours pour me défaire de cette énergie gamine qui me surprend dans mon apathie des dernières quarante huit heures. Si Kate me voyait à cet instant… J’arrête instantanément de sautiller. Kate. Elle ne me reconnaîtrait pas. Elle n’a pas épousé l’Alan violent de Londres, elle n’a pas non plus épousé celui qui est en train de s’enthousiasmer à l’idée de se saouler pour oublier son ridicule, pathétisme et sa douleur. Génial. Je suis ridicule. Vraiment. Triste. Mais bon… juste une nuit. J’ai le droit non ? Le si… rigide Alan. Si droit. Si sérieux, implacable, méticuleux, perfectionniste, grave, maniaque… J’ai le droit de me débarrasser une nuit, une simple nuit, de la réputation que je me suis forgée. Tu ne te gênes pas depuis quelques temps pour te débarrasser de ta réputation de trouillard affable et pacifique, je te ferais remarquer… Evite. Ayant envie de bouger – je suis dans un état tel que ça ne me dérangerait pas de courir sous forme humaine d’ici à Glasgow sans aucune raison – je lance à Mike un « Allez zoup, en avant pour un barathon carabiné. Je te parie que je suis le premier à marcher à reculons. » Depuis quand le pari s’est il à ce point inversé ? Au départ, Alan, je te rappelle, c’est à celui qui tiendra le plus longtemps sur ses pieds. Pas celui qui est torché le plus vite. Oui, mais je sais quel pari je peux gagner, et quel pari je peux perdre, alors… Nous arrivons rapidement sur une allée de petits commerces et j’en connais certains. Et donc, on me connait chez certains. L’intérêt… au moins, on ne finira peut être pas au poste, à perdre notre job, si le barman a un bon souvenir de Kate, et pitié d’elle surtout. « Allez, Mickey, choisis ! »

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Lun 3 Mar - 23:44


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan





Le méta avait fait mine de rentrer dans son jeu, ils avaient tous deux pris un air très sérieux quand le loup avait ouvert la porte en silence puis avaient éclate de rire ensemble en s'engouffrant dans le couloir. Comme Mike lui proposait de lui faire voir quelques pubs parmi ses préférés, l'autre acquiesçait.

« Parfait, on verra si on a les mêmes. Tu habites le quartier, depuis longtemps ? » 

Le quadra fit non de la tête. Il n'habitait pas la vieille, il avait emménagé avec Sam dans Newtown avant d'obtenir son poste ici, bien avant les années sanglantes. Avant les années sanglantes.... voilà qu'en plus de déplorer la mort de son fils, Mike se mettait à regretter son age ? Certainement pas. Sans l’expérience, sans la maîtrise du loup qu'il avait acquit au fil des années, il y aurait belle lurette qu'il aurait perdu tout contrôle.

« Nope . . . j'habite de l'autre coté, là d'où on me chassera pas parce que je hurle trop fort les soirs de pleine lune. Mais ces derniers temps j'ai passé plus de temps dans ces pubs que chez moi. »

Avant qu'il ne s'en rende compte, ils étaient devant la sortie. Il relança l'idée du pari, à celui qui tiendrait le plus longtemps à condition qu'Alan le laisse le rattraper. Mais il ne semblait pas l'entendre de cette oreille.

« N’essaye même pas de rattraper ton retard, je ne te laisserai pas faire ! » 

Le voilà qui bondissait de marche en marche pour franchir les escaliers du hall sous le regard amusé de Mike. L'air frais et vivifiant semblait revigorer son camarade de bouteille. Le métamorphe donnait l'impression avoir réussit à mettre sa peine de coté l'espace de quelques pas de danse... ou était-ce de petits bond ? Le loup n'en était pas pas vraiment certain, même si danser dans les rues d'Edimbourg passé vingt deux heures était plutôt tentant. Le loup se débarrassa de la bouteille vide et des gobelet dans la première poubelle et il ne put s’empêcher de rire à nouveau en entendant la relance.

« Allez zoup, en avant pour un barathon carabiné. Je te parie que je suis le premier à marcher à reculons. »

Un barathon. L'idée était plaisante, il y avait bien une demi douzaine de pubs dans le quartier, s'était peu pour un marathon mais ça ferait l'affaire s'ils s'attardaient suffisamment à chaque arrêt. Prenant la tête du cortège, Mike le guidait vers Grassmarket, quelques rues plus loin. En chemin il veilla à ce qu'Alan ne décide pas subitement de changer de sens pour poursuivre à reculons. La petite rue pavée descendait assez raide et si elle se prêtait déjà assez mal à une démarche alcoolisée dans le sens normal de la marche, elle n'était pas du tout adaptée à ce genre de prouesses. Comme ils arrivaient sur la rue où ils séviraient ce soir, une musique entraînante parvint à ses oreilles.

He fumbled round until he could no longer keep his feet
Then he stumbled off into the grass to sleep beside the street
Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh
He stumbled off into the grass to sleep beside the street


En plein milieu de la large rue piétonne, deux gamins qui sentaient bon l'humain innocent jouaient une chanson à boire, l'un à la guitare, l'autre l'accompagnant de sa voix.

About that time two young and lovely girls just happened by
And one says to the other with a twinkle in her eye


Mike ne put contenir les quelques pas de danse que la chanson lui inspirait. Encore trop peu saoul pour ne pas réussir ces quelques mouvements avant s’éclater de rire.

See young sleeping Scotsman so strong and handsome built
I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt
Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh
Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh
I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt
I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt


« Regarde moi, écossais par mon père, argentin expatrié andalou par ma mère. J'ai la danse dans la peau et les chansons à boire dans le sang. Le parfait mélange pour écumer les bars à la nuit tombée. Chante donc, c'est pourtant un classique. »

They crept up on that sleeping Scotsman quiet as could be
Lifted up his kilt about an inch so they could see
And there behold, for them to view, beneath his Scottish skirt
Was nothing more than God had graced him with upon his birth
Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh
Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh
Was nothing more than God had graced him with upon his birth
Was nothing more than God had graced him with upon his birth


Il n'était plus à ça prêt. Et si se tourner en ridicule pouvait le faire rire de lui même plutôt que de s'apitoyer sur son sort, alors il en passerait par là. L'alcool, ils étaient bien partis pour remplir le contrat de ce coté là. Les filles ? Pas maintenant que sa louve lui avait accordé une seconde chance, même si tout était encore bien compliqué, il ne se risquerait pas à la faire souffrir à nouveau. Alors peut être taperait-il du pied en rythme debout sur une table ce soir pour remplacer le plaisir qu'elles ne lui procureraient pas d'affreuses courbatures au réveil. Le loup laça quelques livres dans l’étui à guitare posé sur les pavés en effectuant une révérence ridicule. Un large sourire aux lèvres il indiqua les devantures de pubs en écartant les bras théâtralement.

« La terre promise. »

Le loup savait qu'ils pourraient s’abreuver tout leur saoul, noyés dans la foule, profitant des chansons à boire populaires qui finiraient bien par se faire entendre à l’intérieur aussi en fin de nuit. Tous les ingrédients pour oublier l'espace d'une nuit ce qu'ils étaient venu faire là et les événements qui leur avaient fait perdre pied, comme il l'avait si souvent fait ces dernières semaines.

 « Allez, Mickey, choisis ! »

Ni une, ni deux, il lui répondit du tac au tac ;

« Le Last Drop sans hésitation. »

Et sans lui laisser le temps de changer d'avis, Mike s’engouffrait déjà dans le pub. L'ambiance, la lumière jaunâtre, la musique typique qui perçait le brouhaha, les poutres du plafond couvertes de billets de toutes les époques, l'odeur de la bière et du whisky, la vingtaine de personnes déjà installées, le flot ininterrompu de leurs conversations. Il prit une grande inspiration avant de s'avancer vers le comptoir et de commander deux doubles scotch, dont un sans glaçons. Il n'avait jamais apprécié de diluer son whisky et ce soir en prime il devait rattraper le métamorphe même si celui ci comptait bien conserver son avance. Le quadra songea un instant qu'il ne pouvait désâment pas entamer cette série sans porter un toast. Restait à savoir à quoi ils boiraient. A leur chagrin ? Non ils l'avaient déjà fait. Il pouvait toujours rendre hommage aux morts à la façons des vikings. Sam aurait adoré cette idée.

« Je propose de trinquer aux pères que nous sommes. A ton fils, qui ne sait pas encore la chance qu'il a d'avoir un père qui s’inquiète pour lui. Au mien, qui où qu'il soit doit probablement se foutre joyeusement de la loque que je deviens sans lui. A ta femme enfin, puisse-t-elle avoir atteint les cieux une demi-heure avant que le Diable n'ai eu vent de sa mort. »

Portant le verre à ses lèvres, il espérait qu'Alan connaissait cette bénédiction et ne l'aurait pas prise de travers. Il reposa son verre, vidé d'une traite et en commanda un second sur le champ. Sa nature même luttait seule contre l'alcool qu'il ingérait et il savait pour avoir essayé que le meilleur moyen d'arriver à une cuite carabinée était de boire le plus rapidement possible. Noyer le système en quelque sorte. Vidant le second verre, il en commanda deux autres, un pour lui, un pour le métamorphe, après tout ils boiraient ensemble, tant pis s'il n'arrivait pas à marcher aussi bien à l'envers que lui quand ils sortiraient d'ici.




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Lun 10 Mar - 14:23




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il a appris à nager, mon chagrin. »




« Nope . . . j'habite de l'autre coté, là d'où on me chassera pas parce que je hurle trop fort les soirs de pleine lune. Mais ces derniers temps j'ai passé plus de temps dans ces pubs que chez moi. » A ses mots, je me rends compte de la chance que j'ai de pouvoir encore habiter dans Oldtown, et de ne pas avoir eu à déménager lorsque la vérité sur mon espèce a été dévoilée. Chanceux encore. Toujours ce mot qui m'agrippe, qui s'enroule autour de moi pour m'interdir de lâcher la plainte formée dans le creux de ma gorge. Je m'étouffe dans cette plainte muette que l'on m'interdit – et que je m'interdis – d'émettre pleinement à voix haute. Même si je suis un loup, même si j'ai trahi le Gouvernement dans un sens, j'habite toujours dans Oldtown... Grâce à qui, grâce à quoi ? Excellente question. Kate, assurément. Kate... Toujours Kate, encore Kate. Sans elle... comment aurais-je fais jusque là ? Sans elle... comment vais-je faire ? Je chasse ces pensées en me raccrochant au berger allemand qui sommeille en moi et qui est si joueur et plein d'énergie. C'est le chien qui parle, lorsque je propose à Mike un semblant de barathon dans le quartier, tout comme c'est le chien qui sautille et qui écarte d'une patte de fer, sans gant de velours, la peine qui submerge l'humain. Nous nous échappons de l'orbite du musée pour être soudainement happés par la rue animée. La musique frappe les sens du métamorphe que je suis, mais le chien, plutôt que de grimacer ou de pousser un soupir exaspéré comme Alan l'aurait fait, se contente d'hocher la tête en rythme. Les quelques notes entraînent Mike dans des pas des danses qui créent sur mes lèvres quelques éclats de rire. Je l'accompagne pour quelques phrases, avant d'épargner la chanson et ses ancêtres en enterrant ma voix qui a le malheur de sonner incroyablement faux. « Regarde moi, écossais par mon père, argentin expatrié andalou par ma mère. J'ai la danse dans la peau et les chansons à boire dans le sang. Le parfait mélange pour écumer les bars à la nuit tombée. Chante donc, c'est pourtant un classique. » J'éclate de rire à nouveau. « Fils d'un inconnu et d'une inconnue, la seule chose que je sais c'est qu'ils n'étaient pas chanteurs, ni danseurs, pour ma part ! » Sitôt dit, sitôt regretté. Pourquoi lui dire ça ? Je crois bien que même Kate ignorait cette part de ma vie. Camille aussi, très certainement. Père inconnu, mère inconnue... Je ne sais que les noms de mes parents adoptifs, rien de plus. Vaguement l'espèce d'un de mes deux parents biologique, au minimum, puisque le gène métamorphe ne se transmet que par le sang. Mais c'est tout. J'espère que la musique a masqué ces informations, j'espère que l'alcool qui va remplacer notre sang dans nos veines va effectuer, ce soir, cette nuit, demain, toute trace de cette soirée. En soi, rien n'est grave dans le fait que j'ignore tout de mes origines, mais... Je déteste parler de moi. Je nie tellement tous les années qui ont précédé mes dix huit ans que c'est à présent ancré dans mon comportement. « La terre promise. » Les mots de Mike qui me désignent la devanture d'un bar m'arrache un sourire. D'autorité, le berger allemand écarte à nouveau les pensées bien trop graves et songeuses de l'humain, et investit mon corps. Et mes mots. Et mes réactions. Allez, Mickey, choisis donc où nous perdrons un peu de notre réputation, et beaucoup de notre lucidité !

« Le Last Drop sans hésitation. »

Et bien voilà qui augure bon ! Mike connait le quartier de toute évidence, et moi, je connais relativement bien si je ne me trompe pas, le patron du bar. Parfait. D'autant plus que... l'atmosphère compact du lieu bloque le berger allemand qui rechigne à rentrer dans la pièce. Claustrophobie Allez, Alan, quelques verres et tu auras l'impression de planer bien haut dans le ciel, sans les moindres traces de murs, de plafond, de parquet pour t'emprisonner dans une cage brûlante. Je suis Mike jusqu'au comptoir. Tandis qu'il commande, sans glaçon je vous prie, j'en profite pour saluer le patron qui ne semble pas trop savoir quel comportement adopter face à moi. « Tu tiens le coup ? » Je lève les yeux au ciel. « Deux jours, Sean. Redemande moi ça dans une semaine, quand j'aurai Samuel avec moi ! » Il se détend légèrement. « L'alcool est interdit pour les mineurs, Alan, j'suis pas sûr de pouvoir te servir un biberon de whisky... » Le berger allemand éclate de rire, avant d'aller rejoindre Mike. « Je saluais le patron, c'est un ami. » Parce que oui, ce n'est pas parce que je compte bien arrêter de réfléchir pour la soirée que je n'oublie pas la prudence élémentaire. Si Sean ignore tout de ma réelle espèce, il sait ce que je risque au moindre dérapage, et je sais, j'espère du moins, qu'il me pardonnera si la soirée... dérape. « Je propose de trinquer aux pères que nous sommes. A ton fils, qui ne sait pas encore la chance qu'il a d'avoir un père qui s’inquiète pour lui. Au mien, qui où qu'il soit doit probablement se foutre joyeusement de la loque que je deviens sans lui. A ta femme enfin, puisse-t-elle avoir atteint les cieux une demi-heure avant que le Diable n'ai eu vent de sa mort. » Je ne comprends pas tout ce qu'il raconte, m'arrêtant à nouveau sur cette notion de chance. Je hais la chance. Je hais le hasard, le destin et toutes ces c#nneries qui m'ont privé de ma femme. Mais soit. Je vide mon verre d'une seule traite, avant d'inspirer, déglutir un bon coup pour rassembler mes idées qui se font déjà diffuses. « Perso, je te trouve plutôt bien conservé pour une loque » Mike a été plus rapide que moi, et lorsque je commence un mouvement pour commander un nouveau verre, je trouve le mien déjà rempli à nouveau. « A nos fils, ouais... » J'ai l'impression qu'il y a de la friture sur la ligne qui relie ses mots à mon cerveau, parce que je les reçois et les analyse avec un lag pire que celui des ordinateurs sur lesquels je travaille à l'université, lorsque je dois communiquer avec des chercheurs de l'autre côté du continent. Dois. Devais. Cela fait des années que je n'ai plus travaillé sur des projets interplanétaires, le dernier étant bien évidemment la découverte et l'analyse des échantillons métas. Lycans. Mais arrête tout de suite ! Vis dans le présent, Alan! Le berger allemand montre les dents et raffermir sa prise sur moi. Il me pousse à parler, à changer de sujet. « Tu dis que tu es argentin ? Et qu'est ce que tu fous dans une meute en Ecosse, du coup ? Vous... on... les loups restent pas vachement soudés à leur famille lupine en général ? » Bien, voilà un sujet de canin. Bravo, Berger. Bien choisi. On voit sans conteste les sujets de conversation que le chien que je suis ne peut s'empêcher d'avoir. Bientôt, je vais me retrouver à discourir sur la consistance des odeurs présentes pour marquer le territoire. Si j'avais été un écureuil, lui aurais-je demandé la différence de composition entre les forêts d'Ecosse et les forêts outre-atlantiques ? J'étouffe à moitié un éclat de rire à cette pensée.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mer 12 Mar - 12:26


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan






Comme notre loup s’était laissé aller à chanter et danser au milieu de la rue piétonne, il s’était aussiconfié un peu plus. Il n’avait aucune honte quant à ses origines, une part de lui haïssait sa mère qui même si elle n’aurait de toutes façons pas put l’élever puis qu’il était ce qu’il était, n’aurait à son sens jamais dû le laisser dans cet orphelinat. C’était quelque chose qu’il n’avait toujours pas comprit, jamais pardonné. Cependant s’il n’avait pas abandonné le nom de sa mère en arrivant en Ecosse c’est qu’il avait une bonne raison. L’adolescent qu’il était ne voulait pas oublier d’où il venait, Séville, la meute qui l’avait élevé. De plus il était fier de son sang, pas du sang humain dont il n’avait que faire, non l’historien se revendiquait du sang des colons, celui des révolutionnaires de l’Argentine de ses grands-parents.

« Fils d'un inconnu et d'une inconnue, la seule chose que je sais c'est qu'ils n'étaient pas chanteurs, ni danseurs, pour ma part ! »

Le rire que le métamorphe avait esquissé avant de lui répondre s’était estompé au fur et à mesure qu’il prononçait ces mots. Devait-il en déduire qu’Alan regrettait qui il était ? C’était du moins l’impression qu’il donnait à notre conférencier comme ils se dirigeaient à présent vers le pub qu’il avait choisi. Le quadra pouvait comprendre, après tout lui avait ses raisons d’apprécier ses origines, il était probablement normal que d’autres aient leurs raisons de les détester. Mike allait commander de quoi entamer la seconde partie de la soirée, le métamorphe lui s’arrêtait parler à quelqu’un que le loup savait vaguement avoir souvent vu ici, un employé sans doute. Au moment où les verres étaient posés sur le comptoir par le barman, il perçu la vibration de son téléphone. Un appel. Le quadra ignorât délibérément le portable qui finit par basculer l’appelant sur messagerie. Charlie ? Mirah ? Sarah peut être ? Qui d’autre… il le saurait bien en temps voulu mais ce soir, il ne se consacrerait qu’à lui-même. Lui, son acolyte du soir et leur peine qu’ils allaient noyer de concert. Le retour de sa fille et sa louve dans sa vie avait été source de changements récemment et s’il tentait de sauver les apparences devant elles, si leurs sourires pouvaient lui faire oublier quelques instants sa dépression, il n’en restait pas moins trop préoccupé par ses peurs, sa colère et son chagrin pour tourner tout à fait la page sur son besoin d’immerger son esprit sous les verres qu’il s’envoyait. La peur, celle de les perdre sans pouvoir rien faire pour l’éviter. La colère, celle qui le dévorait toujours un peu plus à chaque fois qu’il repensait à ce vampire qu’il ne pouvait atteindre. Le chagrin, la douleur, celle qui le saisissait à chaque fois qu’il passait la porte de son appartement où personne ne l’attendait plus.

Alan revenait vers lui à présent et présentait l’autre comme le patron du pub. Le loup se sentit honteux sur le coup de ne pas avoir deviné qui était cet homme, après tout il avait passé suffisamment de soirs, de nuits ici ces derniers temps pour prétendre le connaitre lui aussi, mais ce n’était pas le cas. Il avait bu sans parler aux gens. Bu pour oublier. Bu pour se calmer. A quoi aurait put lui servir de se couper de ses amis si c’était pour venir se sociabiliser avec de parfaits inconnus ? Un large sourire un peu beta vint se dessiner sur son visage comme il réalisait que c’était justement ce qu’il était en train de faire avec le métamorphe. Ou peut-être pas. Apres tout, ils étaient cousins, ils partageaient déjà le secret de leur nature respective et bien que certains parmi les leurs ne tenaient pas tant que ça à l’alliance qu’ils formaient, Mike était forcé d’admettre qu’ils avaient bien trop en commun. Il avait beaucoup en commun avec celui-ci en particulier. Levant son verre, il porta un toast à leurs pertes respectives, à la chance qu’il restait encore à son compagnon, à l’ombre de lui-même qu’il était devenu.

« Perso, je te trouve plutôt bien conservé pour une loque … à nos fil, ouais….»

Mike rit légèrement à la réflexion. Loque oui, mais loque lupine. Apparemment ça changeait tout.

« La faute à mon père il faut croire. »

Les verres suivants arrivaient déjà et le loup ne s’attarda pas plus sur le sujet. Il ne regrettait pas vraiment que sa nature lui permette de conserver la forme alors qu’il aurait du sombrer dans la traditionnelle crise de la quarantaine, la bedaine, les tempes qui commençaient à grisonner, la dépression…. si, la dépression il connaissait, mais force était de constater qu’il n’y avait aucun rapport avec son âge.

« Tu dis que tu es argentin ? Et qu'est ce que tu fous dans une meute en Ecosse, du coup ? Vous... on... les loups restent pas vachement soudés à leur famille lupine en général ? »

La question d'Alan, bien que légitime le surprit quelque peu. Mais après tout il était normal qu'il souhaite changer de sujet puisque le but de la soirée était de se vider la tête de tout ce qui leur pourrissait la vie. Pourrissait? Ni Sam, ni Kate, n'étaient à remettre en cause, seul le destin qui les leur avait enlevé était à blâmer. Notre conférencier laissa échapper un long soupire, s'il devait se lancer dans le long récit de sa jeunesse le changeur allait vite décrocher. Mais qu'importe, c'est lui qui avait demandé non?

« Pour faire simple . . . non rien n'est simple dans cette histoire en fait. Ma mère a fricoté avec le mauvais garçons quand elle est venue travailler en Écosse. Elle est rentrée à Séville avec un cadeau bonus : ton serviteur ici présent! Mon père n'a eu vent que des années plus tard de mon existence et j'avais déjà fait mes classes dans la meute espagnole quand il est venu me chercher. »

Nostalgie. Juan et les autres loups avec lesquels il avait fait les quatre cents coups en Andalousie lui revenaient maintenant à l'esprit. Il fit tourner son verre entre ses doigts, souriant devant les images que sa mémoire dessinait devant ses yeux. Les vols, la chasse au poulet... ses amis, puis l'Alpha qui s'était débarrassé de lui sans remords.

« . . . ma famille lupine tu disais hein . . . la meute qui m'a élevé m'a rendu à mon père pour éviter les conflits . . . ma famille c'était mon père, mes frères, mon fils . . .»

Sa voix s'était affaissée comme il énumérait les siens, ses proches, ses pertes, ses raisons de boire. Tentant de ne pas sombrer à nouveau dans le mélodrame, il choisit de repartir sur ce qu'il lui restait plutôt que ce qu'il n'aurait plus tout en signalant d'un petit geste au barman qu'il comptait rempiler pour un autre tour;

«Ma famille c'est la meute, cette meute, celle qui m'a accueillit, celle qui a élevé Sam . . . celle à qui j'ai donné Charlie . . . vingt neuf ans Alan, vingt neuf ans que ma vie est liée à mes frères loups d’Écosse, je n'ai pas besoin de chercher plus loin.»

Il marqua une pause, finissant son verre comme d'autre arrivaient, il surenchérit;

«Et chez les vôtres? J'ai cru comprendre que vous n'étiez pas vraiment du genre . . . famille unie . . .»




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mar 18 Mar - 17:30




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Je suis pathétique. Pathétique d’être mal à l’aise en parlant de mes parents biologiques, ces inconnus, mal à l’aise à l’idée d’être mal à l’aise, pathétique face à Sean, ridicule lorsque j’essaye de formuler des pensées devant Mike. J’ai vraiment l’impression d’être passé en pilotage automatique, laissant le berger allemand me guider et parler. Sauf qu’un berger allemand doit être encore moins adapté que moi pour suivre et tenir une conversation avec un autre être humain. Je m’attends presque à ce qu’il propose d’aller chasser le lapin à Mike, ce qui serait plus que risible. Et qui serait dans la droite lignée de tout mon comportement jusque là. Le long soupir du loup face à ma question, cependant, m’amène à me questionner sur sa pertinence. « Pour faire simple . . . non rien n'est simple dans cette histoire en fait. Ma mère a fricoté avec le mauvais garçons quand elle est venue travailler en Écosse. Elle est rentrée à Séville avec un cadeau bonus : ton serviteur ici présent! Mon père n'a eu vent que des années plus tard de mon existence et j'avais déjà fait mes classes dans la meute espagnole quand il est venu me chercher. » Hum… je ne pensais pas lui demander son arbre généalogique par cette simple question sur sa meute d’origine. Arbre généalogique, qui, d’ailleurs, ne fait que raviver la douleur que j’ai à ne pas avoir la moindre idée sur l’identité de mes vrais parents. Mon arbre généalogique se limite à un couple de parents adoptifs que j’ai fui pendant ma huitième année, rien de bien glorieux. Et le pire dans tout ça, c’est que j’en suis le seul responsable. Tout comme je suis à moitié responsable – l’autre moitié étant le berger allemand, bien sûr – du monologue de mon interlocuteur. « . . . ma famille lupine tu disais hein . . . la meute qui m'a élevé m'a rendu à mon père pour éviter les conflits . . . ma famille c'étaient mon père, mes frères, mon fils . . .» L’énumération de ces noms, au passé, me ramène encore à mon énumération personnelle. Kate. Kate. Kate. Camille. Kate. Kate. Samuel. Et Kate. Mon père adoptif. Ma mère adoptive. Ceux que j’ai abandonnés à Dover il y a si longtemps maintenant. Et Kate. Avant. Je m’affaisse sur le fauteuil comme le fait si bien la voix de Mike, et je termine mon verre juste avant qu’on le remplisse à nouveau. C’est mieux pour le moral. Je ne sais pas comment je suis censé réagir à cela, aussi je me contente d’un vague « C’était… ? » axé sur le passé employé. Et Mike continue. «Ma famille c'est la meute, cette meute, celle qui m'a accueilli, celle qui a élevé Sam . . . celle à qui j'ai donné Charlie . . . vingt neuf ans Alan, vingt neuf ans que ma vie est liée à mes frères loups d’Écosse, je n'ai pas besoin de chercher plus loin.» J’hausse un sourcil. Vingt neuf ans dans la meute d’Ecosse. Ca commence à faire un bail. Notre petite communauté métamorphique n’a que sept ans d’âge, et elle me semble déjà bien vieille. Je n’arrive pas à me rendre compte de ce que ça peut faire de vivre dans une meute. Dans un groupe. Je frissonne. Ma meute à moi est constituée de Kate, Camille et Samuel. Une meute restreinte. Encore plus restreinte depuis quelques dizaines d’heures. La voix de Mike qui a finalement fini son verre me fait sursauté et, comme une main à la poigne de fer, m’éloigne du précipice obscur dans lequel mes pensées menaçaient de me faire plonger. «Et chez les vôtres? J'ai cru comprendre que vous n'étiez pas vraiment du genre . . . famille unie . . .» Famille unie ? « Famille unie ? » J’éclate de rire, attirant momentanément sur nous tous les regards. Les métamorphes ? Comparés à une meute, dans un sens ? Mon rire m’échappe et ne veut plus me lâcher. Pendant plusieurs secondes, je suis incapable d’articuler un mot, partis comme je suis dans un rire qui pourrait facilement faire penser à un aboiement. Une famille ? « On n’est pas vraiment du genre meute à la vie à la mort, non. » parviens-je à hoqueter entre deux éclats de rire. La communauté, c’est un rêve, dans un sens. Un groupe. Un soutien. A la vie à la mort… Non. Nous sommes ensemble pour se soutenir face à l’approche à pas de géant du jour ou notre communauté sera révélée au grand jour. Plus que notre communauté : notre espèce dans toute sa globalité. Notre communauté, c’est un soutien pour que les métas essayent d’évoluer vers une acceptation de leur appartenance à une réelle espèce et que l’on parvienne à avoir un porte parole, une légitimité, une influence dans un monde où l’on est resté trop longtemps caché, si jamais ça devient inévitable. Mais non… nous ne sommes pas une meute, loin de là. Mon rire retourne sous mon contrôle, et j’essuie une larme naissante au coin de mes paupières. « Je pense que le terme de communauté est vraiment le plus adapté. L’indépendance est bien trop ancrée dans nos gênes, tout comme la méfiance. Et crois moi, je suis bien placé pour dire ça. » Confer mon doctorat de génétique. « Mais je trouve qu’on ne s’en sort pas trop mal. Nous sommes tous des électrons libres. Pas souvent de véritable famille, beaucoup de solitude… ce n’est pas facile de passer par-dessus des barrières placées depuis tant d’années. » J’hausse les épaules, avant de revenir sur quelque chose dit par Mike un peu plus tôt. « On t’a vraiment changé de meute sans te demander ton avis ? Genre une monnaie d’échange ? Et tu n’avais pas ton mot à dire ? » Indépendance, liberté, ce sont les principaux besoins des Changeurs de ce que j’ai pu voir. Et que nos cousins en soient privés à ce point me dépasse. De loin.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Ven 21 Mar - 22:00


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan



Réciter sa vie à Alan n'était pas exactement ce qu'il avait originalement prévu pour la soirée mais le quadra était forcé d’admettre que cela lui avait fait le plus grand bien. Sa mère ? Il n'en avait pas le moindre souvenir, n'avait même jamais cherché à savoir ce qu'il était advenu d'elle. Ce n'était pas la première fois ce mois ci qu'il l'évoquait et quelque part, il trouvait étrange d'avoir soudainement remit tout ça sur le tapis. Son récent voyage à Séville était peut être la cause de cette soudaine nostalgie. Juan et les autres ? Il n'était pas resté en contact avec eux après son départ vingt neuf ans plus tôt, mais il en avait recroisé certains lors de son aller retour. Ils avaient laissé leur marque sur sa peau, se mêlant allègrement à ceux qui l'avaient rossé quand il était aller porter le message de sa Lupa à leurs cousins andalous. Rancœur envers lui de les avoir abandonnés à l'époque ? Il ne leur en avait pas tenu rigueur, mettant tout ça sur le dos de coutumes qu'il était venu bouleverser. Il n'avait rien à faire sur leur territoire et tout messager qu'il était, il avait mérité chaque coup de crocs reçu pour avoir remis les pattes là bas. Cette famille là était bien loin derrière lui. Plus difficile en revanche, l'évocation de ceux qui partageaient son sang. Ceux qu'il avait perdus.

« C’était… ? » 

Le loup accorda un petit sourire en coin au métamorphe comme il soulignait le choix du temps employé. C'était.... il les avait tous perdu les uns après les autres. Tous ? Peut être pas. Peut être une de ses conquêtes lui avait elle donné une fille quelque part, une fille qu'il ne connaissait pas et qu'il ne souhaitait pas connaître. Pas qu'il soit misogyne, mais plutôt que n'ayant jamais pardonné à son humaine de mère de l'avoir placé dans un orphelinat sans se battre ne serait-ce qu'un tout petit peu pour lui, il était persuadé que cette fille ne lui pardonnerait pas non plus. Le fait que tout ceci puisse le confronter à nouveau à ses vieux démons l’effrayait, puis il ne voulait surtout pas prendre le risque de s'attacher de nouveau à une famille pour la perdre ensuite. C'était toujours le même dilemme, comme avec Charlie et Mirah, les laisser revenir et se préparer à affronter le pire.

Rebondir sur un sujet moins douloureux. Énumérer les vivants plutôt que les morts. Commander un autre verre avant que le loup ne commence à le débarrasser des effets des premiers et que sa peine reprenne le dessus sur l'alcool. La meute. Charlie. Ses frères. Mirah. Non il n'avait pas évoqué la louve. Tout était encore trop confus pour la compter parmi ce qu'il lui restait vraiment. Son verre reposé, il accueillait les nouveaux avec un sourire. Pourquoi avait-il posé cette question idiote ? Si les métamorphes étaient soudés ? La réponse n'était un secret pour personne, beaucoup d'entre eux vivaient indépendamment des autres. Mike voulait simplement détourner la conversation de ses propres problèmes, il n'était pas là pour se livrer entièrement à son camarade de beuverie, et lui aussi avait probablement envie de parler un peu.

« Famille unie ? »

Le rire d'Alan résona si fort dans le pub, que beaucoup se tournaient à présent vers eux. Notre quadra s'en moquait, demain il les aurait oublié. Un fou rire ? Une longue plainte ? Cela raisonnait quelque part à mi-chemin entre les deux aux oreilles du loup qui se sentit soudain gêné. Gêné d'avoir peut être évoqué un sujet sensible.

« On n’est pas vraiment du genre meute à la vie à la mort, non. » 

Auto-dérision ? Mike n'arrivait toujours pas à déterminer ce que signifiait ce rire. Le métamorphe regrettait-il cette situation entre ses congénères ou le prenait-il comme une fatalité. Là encore, notre homme pencha pour un savant mélange entre les deux. Il lui accorda un rictus compatissant. Lui n'avait connu que ça, la meute, les meutes, une famille.

 « Je pense que le terme de communauté est vraiment le plus adapté. L’indépendance est bien trop ancrée dans nos gênes, tout comme la méfiance. Et crois moi, je suis bien placé pour dire ça. Mais je trouve qu’on ne s’en sort pas trop mal. Nous sommes tous des électrons libres. Pas souvent de véritable famille, beaucoup de solitude… ce n’est pas facile de passer par-dessus des barrières placées depuis tant d’années. » 

Méfiance. Il était vrai que leur race avait beaucoup à craindre. Proie privilégiée des nocturnes, nouvelle obsession des scientifiques. Solitude....Mike ne pouvait imaginer ce qu'il serait aujourd'hui s'il avait eu à affronter une véritable solitude après la mort de Sam. Bien qu'il eu tenté tant bien que mal de s'isoler, il n'avait jamais vraiment été seul. Silencieux, il observait l'homme à ses cotés. Alan était il seul ? Complètement seul face à son chagrin ? Un sentiment mêlant pitié et sympathie venait de naître en lui pour ce nouveau père qui affrontait peut être le néant laissé par son âme sœur sans soutient. Il allait poser sa main sur son épaule dans un élan d’empathie quand il reprit.

« On t’a vraiment changé de meute sans te demander ton avis ? Genre une monnaie d’échange ? Et tu n’avais pas ton mot à dire ? »

Cette fois, c'est le rire de notre conférencier qui vint couvrir le brouhaha de la salle. Son mot à dire. Elle était bien bonne...

« Alan... mon pauvre Alan . . . depuis combien de temps pourtant l'alliance entre les notres court elle ? Depuis toutes ces années tu n'as encore rien comprit au fonctionnement de la meute . . . Comment veux tu que l'adolescent que j'étais à l'époque ait eu son mot à dire face à l'Alpha et le loup respecté qu'était mon père ? »

Une gorgée, puis une autre. Prendre le temps de savourer le rire qu'il venait d'exprimer. Si on excluait ce soir, la dernière fois qu'il avait rit de bon cœur de cette façon remontait à.... bien trop loin pour qu'il puisse vraiment mettre le doigt dessus. Pourtant la question n'était pas si mauvaise dans le fond.

« Malgré tout ce que tu peux penser, malgré les amis que j'ai laissé là-bas, et dont certains semblent se porter pour le mieux d'ailleurs . . . » il passa nerveusement la main sur son épaule, la faisant rouler sous ses doigts comme s'il pouvait rester encore quelques traces de sa rencontre avec ses anciens partenaires de jeu, ridicule, il y avait bien des jours que tout ceci n'était plus qu'un souvenir «  . . . je ne regrette rien. Ce que j'ai connu ici, rien ne me le fera regretter. Même si tout ne s'est pas finit pour le mieux . . . »

Laisser son regard se perdre dans l'ambre du whisky encore une fois. Laisser échapper un nouveau soupire. Son Père. Ses frères. Sam. Non il n'avait pas à regretter sa vie, et jusqu'à il y a deux mois encore il était même plutôt heureux. Bien qu'il désespérait à présent de retrouver ce sentiment un jour. En était-il de même pour Alan ?

« Dit moi ? Toi . . . regrettes tu le jour où tu as connu . . . Kate ? Regrettes tu maintenant que tu sais tout le chagrin que cela te cause aujourd'hui ? Chaque instant passé en sa compagnie ? Regrettes tu le fils qu'elle t'as donné ? »

Le ton était peut être un peu sec, la faute au malt et à ses souvenirs qui commençaient à l'agacer doucement. Non pas qu'il aurait voulu oublier tout ça, il n'aimait simplement pas que son passé se manifeste quand il n'en avait pas envie. Le quadra ne cherchait pas à bléser l'autre, juste à l'encourager à parler à son tour tout en lui faisant comprendre qu'il était ridicule de regretter le chemin que le destin nous faisait prendre. Son seul regret à lui ? Avoir laissé son fils sortir ce soir là. Pouvait-il y faire quelque chose ? Il était bien trop tard pour ça. Cesserait-il un jour de s'en vouloir ? Il était encore bien trop tôt pour le dire.




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Lun 24 Mar - 15:45




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




Nous sommes ridicules. Cette pensée revient souvent, j'ai l'impression, mais elle est tellement vraie que je ne culpabilise pas de le penser aussi régulièrement depuis que Mike m'a interpellé au musée. Nous avons parlé de nos familles, de ce qu'il en reste, de ceux qui les composent et voilà que le sujet dérive, grâce à moi, vers nos communautés dans une psychanalyse et comparaison de nos modes de vie qui me paraîtrait tout à fait correcte si je n'avais pas conscience des centilitres d'alcool dans mes veines, qui remplaçaient plus ou moins le sang si spécial qui faisait de moi ce que j'étais. En plus de mes gênes. Toujours ces gênes. Ces foutus gênes. Ceux qui ont tué ma femme, pourri ma vie, meurtri bien trop de personnes à mon goût. Ceux qui sont la cause de tout et pourtant ceux auxquels je suis si attaché. Sans le berger allemand, je ne serais pas grand chose. Il a provoqué ma fugue, mais il m'a sauvé trop de fois la vie pour que j'aie encore le droit de lui en vouloir. Et puis, après tout, n'est il pas moi et ne suis-je pas lui ? Mais je n'ai pas à penser à tout cela, alors que j'essaye d'expliquer à Mike à quel point les métamorphes sont dissemblables des loups dans leur état d'esprit. Les loups, si soudés, si soumis à l'autorité et à la hiérarchie de la meute. Face à cela, chez nous, nous ne sommes qu'un semblant d'anarchie fraternelle. Mais n'est ce pas cela que l'harmonie ? Pas besoin de règles, pas besoin de structure, pas besoin de mâle dominant pour que nous nous venions en aide les uns les autres, après tout... Même si ce n'est qu'une vision idyllique de la chose. Finalement, je rebondis sur ce que Mike a pu dire un peu plus tôt, terminant mon verre, en commandant un autre d'un signe de la main et fronçant les sourcils. Le Métamorphe que je suis ne peut concevoir un ordre aussi radical que d'être ôté de sa famille pour être placé dans une autre sans avoir le moindre choix. Mais plus encore : le berger allemand ne comprend pas comme Mike peut y avoir obéi. Le rire du loup garou me surprend, mais ne fait qu'écho, après tout, à celui que je lui ai offert un peu plus tôt. Si le mien pouvait faire penser à l'aboiement d'un chien loup, je cherche sans trouver dans le sien la langueur des loups. « Alan... mon pauvre Alan . . . depuis combien de temps pourtant l'alliance entre les nôtres court elle ? Depuis toutes ces années tu n'as encore rien compris au fonctionnement de la meute . . . Comment veux tu que l'adolescent que j'étais à l'époque ait eu son mot à dire face à l'Alpha et le loup respecté qu'était mon père ? » Je lève les yeux au ciel devant son hilarité et bois une gorgée de mon verre, descendant au passage de ralentir le rythme pour ne pas vider mon compte aussi rapidement que la bouteille de whisky. Ou Scotch. J'ai déjà oublié ce que j'étais en train de boire, et plus étonnant encore, je ne fais même pas l'effort de m'en souvenir. Mike rit donc devant ma question, et j'esquisse un sourire, laissant soin au berger allemand d'étouffer ma susceptibilité. « Crois moi, Mickey, je ne veux rien, je me contente de trouver ça aberrant. Une différence de culture à laquelle je ne me fais pas, il faut croire... » Voilà la seule chose que je trouve à lui répondre. Une différence de culture, une différence de mode de vie. Les loups m'ont l'air aussi bridé par leurs règles que les métamorphes peuvent être indépendants. « Malgré tout ce que tu peux penser, malgré les amis que j'ai laissé là-bas, et dont certains semblent se porter pour le mieux d'ailleurs . . . je ne regrette rien. Ce que j'ai connu ici, rien ne me le fera regretter. Même si tout ne s'est pas finit pour le mieux . . . » Il doit penser à son fils, alors que moi, je ne fais que penser à mes parents. Ceux qui m'ont élevé du moins. Je ne sais plus à quoi ils ressemblaient. Je ne sais même pas s'ils respirent encore. J'espère, dans un sens. Je sais que je vais essayer de les contacter, lorsque j'aurai passé la semaine. Lorsque j'y aurai survécu. Au moins pour leur présenter Samuel, au moins pour... quoi ? Offrir à mon fils une famille ? Oui, voilà. La voix de Mike me fait sursauter et m'arrache à mon observation du liquide ambré dont seul un fond teinte mon verre. « Dis moi ? Toi . . . regrettes tu le jour où tu as connu . . . Kate ? Regrettes tu maintenant que tu sais tout le chagrin que cela te cause aujourd'hui ? Chaque instant passé en sa compagnie ? Regrettes tu le fils qu'elle t'as donné ? » Je me crispe devant son ton sec et mon regard se durcit. Ma main se serre par réflexe autour de mon verre, et je suis heureux de ne pas avoir la poigne des loups garous à cet instant, sans quoi je suis certain que des fissures auraient marbré le verre. Par égard pour Sean, et surtout pour Kate, et pour Sam, et pour Camille, je me contrôle et me contente de répondre sur le même ton à Mike. « Non. Je n'ai rien abandonné pour elle, et si je regrette quelque chose, c'est d'avoir toujours remis au lendemain ce que je voulais lui dire. Et uniquement ça. Sans elle, sans Kate, je n'aurai jamais pu rien faire de bien. J'aurai terminé mort dans un caniveau, ou alors avec une petite vie de solitaire et de renfermé. Kate... » Parler de ma femme me fait mal, et je prends le temps d'inspirer longuement pour me calmer. Pour garder le contrôle. Je déglutis avant de reprendre. « Je n'ai rien à regretter. Elle m'en voudrait et je m'en voudrais. Quant à Samuel... » j'ai peur de regretter. J'ai peur de lui en vouloir. Comme je l'ai si bien dis à Camille. J'ai peur de dire un jour à Samuel, que j'aurai préféré qu'il meurt et que Kate reste en vie. Même si je sais que ça nous aurait détruit tous les deux. Je me referme. « Tu n'as pas le droit de me poser cette question. » Je contiens de justesse l'agressivité de ma phrase. Ce n'est pas que je veux être provocant, c'est juste qu'il va trop loin. Et que même l'alcool n'y changera rien. Il n'a pas le droit de pointer ouvertement du doigt ce que je crains le plus au monde à présent – en dehors de perdre Sam. D'ailleurs, je ne pense pas que ce soit possible un jour. Personne ne pourra me prendre mon fils. Personne. Et encore moins la mort.

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Mar 1 Avr - 15:22


J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.
Mike ~ Alan




L’idée qu’il aurait pu avoir quelque chose à dire, un avis à exprimer lorsqu’on était venu le chercher pour l’emmener loin de la meute qui l’avait élevé, était tellement saugrenue…mais en même temps ; il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’il aurait pu choisir de faire si il avait eu droit au chapitre. Quand il avait appris qu’il n’était pas si orphelin que ça, aurait-il vraiment pu tourner le dos à ce père retrouvé pour rester avec ses amis ? Il avait pu trouver la figure paternelle qui lui manquait jusque-là parmi ces congénères espagnols, et quelque part, il n’avait jamais perçu un quelconque manque à ne pas avoir grandi au côté de son père. La question n’avait de toute façon pas été posée, et il avait eu à le suivre. Oui il s’était sentit rejeté par ceux qu’il considérait jusque-là comme sa famille, mais le fait que Stephen ai cherché à la récupéré ne suffisait-il pas à prouver qu’il tenait plus à lui que ceux qui n’avaient pas hésité à le troquer contre leur tranquillité ? Alan ne pouvait probablement pas comprendre ce genre de ressentiment, mais notre loup était surprit que le métamorphe puisse encore s’étonner de ce genre de fonctionnement.


« Crois-moi, Mickey, je ne veux rien, je me contente de trouver ça aberrant. Une différence de culture à laquelle je ne me fais pas, il faut croire... »

C’était légitime. Ne venait-ils pas d’échanger justement sur le fait que les changeurs étaient plus portés sur une vie solitaire, indépendante ? La meute avait ses contraintes, son fonctionnement ancestral, particulier. Mike n’était pas du genre à tout remettre en question, d’autant que ces mêmes contraintes avaient permis à leur race de survivre aux époques, jusqu’à il y a peu même, il aurait pu affirmer que tout se passait très bien pour les siens. Mais il était forcé d’admettre que les loups devaient évoluer s’ils ne voulaient pas se retrouver face à des situations pires encore que ce qu’ils venaient de traverser. L’histoire était bâtie sur ce principe, les civilisations capables d’évolution prenaient le pas sur celles qui s’enlisaient dans leurs traditions obsolètes. Il fallait qu’ils changent mais sans abandonner ce qui faisait leur identité. C’était là toute la subtilité de cette évolution vers laquelle l’Ulfric comptait les entrainer.

La meute. Qu’elle soit responsable ou non de son destin, il ne regrettait rien, aucun des choix, aucune des actions qui avaient ponctué sa vie. Le quadra avait ressenti le besoin de le dire à voix haute, comme si en parler pouvait finir de le convaincre que jusqu’à la perte de son fils, il avait été heureux. En était-il de même pour son interlocuteur ? N’avait-il lui non plus rien à regretter de la vie qu’il avait mené jusqu’à la mort de sa femme ? Agacé par tous ses souvenirs que la conversation avait réveillés, la meute espagnole, son père, ses frères, Sam, le loup avait probablement laissé paraitre son irritabilité au travers de sa question. Il s’en voulait un peu d’employer un ton si sec avec le métamorphe mais il n’avait pas non plus cherché à faire le moindre effort pour garder un ton jovial.

« Non. Je n'ai rien abandonné pour elle, et si je regrette quelque chose, c'est d'avoir toujours remis au lendemain ce que je voulais lui dire. Et uniquement ça. Sans elle, sans Kate, je n'aurai jamais pu rien faire de bien. J'aurai terminé mort dans un caniveau, ou alors avec une petite vie de solitaire et de renfermé. Kate... »

Le ton était sec, mais le conférencier ne s’en offusqua pas, ne venait-il pas lui-même de faire preuve de la même froideur ? Alan semblait particulièrement reconnaissant à sa femme pour l’avoir soutenu, doutant même de ce qu’il aurait pu advenir de lui si elle n’avait pas croisé sa route. Notre quadra se repris à chercher qui dans son entourage pouvait endosser ce rôle d’ange salvateur. Mais puisqu’il avait pris soin, au moment où il avait commencé à sombrer, de se couper de toute personne pouvant le raisonner un tant soit peu, il ne trouvait pas à qui confier ce rôle.

« Je n'ai rien à regretter. Elle m'en voudrait et je m'en voudrais. Quant à Samuel... »

Le métamorphe semblait hésiter. Mike se refusait à essayer de comprendre ce qu’il pouvait ressentir. Pouvoir se raccrocher à son fils, la dernière chose qu’il lui restait de Kate… Le loup avait peur de la jalousie qui pourrait lui monter comme il ne lui restait à lui que quelques vinyles, une guitare et une poignée de films amateurs en souvenir de Sam.

« Tu n'as pas le droit de me poser cette question. »

Cette fois, c’était sans équivoque, Alan ne laissait plus planer le moindre doute, la conversation l’agaçait. A juste titre d’ailleurs, ils étaient là pour oublier leurs problèmes pas pour les ressasser. Même si parler faisait le plus grand bien à notre loup, il pouvait aisément comprendre que ce n’était pas le cas, plus le cas pour l’autre à ce stade avancé de la cuite qu’ils étaient en train de prendre.

« Calme toi . . . je ne voulais pas t’offenser . . . je ne faisais que parler de mes propres regrets et . . . je comprends que tu ne veuilles pas partager les tiens . . . Tu veux parler d’autre chose, soit, on va mettre nos regrets de côté et embrayer sur du concret. »

Tout en parlant, sur un ton le plus calme et posé possible, il avait fait un petit signe au serveur. Prendre un dernier verre pour la route, régler ce qu’ils devaient déjà. Il avait déjà fait des frais considérables ces temps-ci, Charlie, Mirah, son mobilier… mais ce soir, il tentait de réconforter un cousin… un ami ? Il n’était plus à une facture prés. Le dernier verre. La carte bleue. Engloutir quelques dernières gorgées de whisky avant de changer de décor.

« Aller . . . on avait parlé d’un barathon . . . au suivant . . . »

Un sourire, rassurant, encourageant. Il ne voulait pas que son acolyte d’un soir replonge dans la déprime trop profondément et abandonne leur petit projet pour le reste de la soirée. Il leur restait moult sujets à aborder, moult verres à vider, moult regrets à chasser avant que l’aurore ne pointe le bout de son nez et Mike comptait bien rentrer au petit matin avec une cuite carabinée, sauf que cette fois, il n’aurait pas bu seul. Une fois n’est pas coutume. Empoignant le métamorphe par l’épaule, il lui adressa un petit signe de tête en direction de la sortie. Il ferait tout cette fois pour lui tirer un vrai sourire, lui sortir sa morosité de l’esprit… n’était-ce pas le but de cette soirée ? Noyer dans l’alcool toutes les peines que le destin leur avait imposées…




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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   Ven 4 Avr - 20:58




« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. »




J’ai été assez sec sur la fin de ma phrase, mais je sens que le terrain se dérobe sous nos pieds, et que je risque de m’énerver. De vouloir matérialiser mon désarroi en une colère et un poing dans sa figure si nous continuons à dégringoler cette pente sans prises auxquelles nous rattraper. J’espère qu’il va comprendre qu’il ne faut pas s’étendre, et qu’il va changer de sujet pour partir sur un terrain moins glissant. Echec. Il s’attarde, il s’étend, il se délasse sur les sables mouvants. « Calme toi... je ne voulais pas t’offenser... je ne faisais que parler de mes propres regrets et... je comprends que tu ne veuilles pas partager les tiens... Tu veux parler d’autre chose, soit, on va mettre nos regrets de côté et embrayer sur du concret. » Ferme-là. Ferme-là, Mickey, ferme-là tout de suite. Pas la bouteille, on va encore en avoir besoin, mais arrête tout de suite de parler, s’il te plait. Mon regard noir répond à son ton calme et posé, ses mots dansent dans ma mémoire. Ses propres regrets… mais qu’il arrête avec ses propres regrets. J’ai perdu ma femme, b#rdel, il se prend pour qui, avec ses regrets ? Il veut que je regrette cette souffrance ? Et bien non. Je suis heureux de souffrir, même si je souffre de souffrir. Est-ce que je suis en train de devenir fou, ou tout simplement est ce que je commence à avoir plus d’alcool que de sang dans les veines – vues que je viens de terminer encore un verre – pour penser de telles choses ? Je préfère ne pas y réfléchir, et voir mon verre se remplir comme par magie. « Allez… on avait parlé d’un barathon... au suivant… » Son sourire doit avoir pour but de chasser mon animosité croissante, et j’ignore pour le moment si c’est effectif. L’alcool doit être pour quelque chose dans le retrait progressif de mon énervement. Et dans mes réactions plus impulsives encore qu’à l’habitude. « C’est vrai que j’avais lancé l’idée, autant nous y tenir… » maugréé-je en essayant d’y mettre un peu de motivation. Lorsque je me lève après avoir vidé mon verre, pour chercher ma carte et payer nos consommations, le monde tangue un peu. Ca commence. Je sens que je vais gagner mon pari, moi… « Choisis le prochain, Mickey ! » lui fais-je dans un sourire forcé et plein de bonne volonté. Ou presque. Il m’empoigne par l’épaule, je ne me crispe presque pas. Il y a du mieux : en temps normal, je lui aurai envoyé mon poing dans la figure dans de telles circonstances. Je fais un signe au patron, qui répond d’un mouvement de tête, dans un froncement de sourcils un peu inquiet. Je lève les yeux au ciel, en sortant du bar. Quelle importance si je me mets minable le temps d’un soir, sincèrement ? J’ai toute ma vie pour tenter de me reconstruire, je veux m’octroyer une pauvre soirée pendant laquelle j’ignore ma raison pour laisser agir mes sentiments à leur état le plus pur. Colère, chagrin, énervement contre l’injustice de ce monde, contre moi-même, contre lui, contre Kate qui m’abandonne au pire moment, contre Samuel qui me fait peur, contre l’avenir, contre… « Si je le pouvais, je me barrerai fissa d’Ecosse, Mickey, moi je te le dis. » Ouais, si je pouvais, c’est ce que je ferais sans le moindre doute. Mais je suis enchaîné ici à cause de la PES, à cause de la communauté, de Camille qui a besoin de moi, et de ma lâcheté qui ne se sent pas de tout recommencer à nouveau à zéro dans un autre pays. Pas à quarante deux ans, pas avec Samuel. Quoique…

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MessageSujet: Re: « J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]   

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« J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin. » [Livre II - Terminé]
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