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Left in the dark [Livre II - Terminé]
MessageSujet: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Mar 18 Fév - 21:00


LEFT IN THE DARK
Mike ~ Camille





Le quadra n'en revenait toujours pas, installé dans le sofa, il fixait la porte fracturée de son appartement. Les événements de la soirée lui revenaient par flash, comme décousus. Il était rentré tard après avoir encore trop bu, comme souvent ces derniers mois. Il avait probablement verrouillé derrière lui, vu les dégâts qu'avait subit le chambranle de la porte. Ensuite il avait du se coucher sans prendre le temps de se déshabiller. Un début de nuit sans rêve, un sommeil trop profond, tout imbibé de whisky qu'il était. Puis un bruit, lointain, irréel, qui avait mit du temps à faire son chemin dans son esprit sans le tirer totalement de sa torpeur.. Si seulement il s'était réveillé à ce moment précis. Non il avait continué à somnoler jusqu'à que d'une paupière à demi close, il avait vu une lueur sous la porte de sa chambre. Il avait alors pensé avoir mal fermé la fenêtre du salon ce qui aurait laissé entrer les bruits et autres troubles de la rue. Maladroitement il s'était levé, non sans faire tomber la lampe de chevet qui s'était brisée dans un fracas. Le bruit en avait provoqué un autre, qu'il reconnu cette fois comme venant de son salon. C'est là que la vision chaotique de la pièce chamboulée avait finit de le réveiller. La télévision débranchée et laissée sur place au milieu du salon avec la platine et le reste de la chaîne stéréo, une des lithographies au mur disparue et pas mal de paperasse et de vaisselle en vrac. Le couloir vide, son odorat encore trop perturbé par l’alcool qu'il avait bu, il n'avait pu pister les intrus. C'est probablement pour cette raison que l'agent de l'assurance avait trouvé les meubles retournés en arrivant dans la matinée. Il n'avait pu contrôler un excès de rage, honteux de s'être ainsi laissé prendre. Le fauteuil avait volé à travers le salon. L'une des chaises s'était brisée sur la table. Tout l’électroménager qui se situait sur le plan de travail avait été balayé d'un revers de bras.

Une fois qu'il avait eu finis son constat avec l'assureur, Mike avait appelé un serrurier. S'il ne pouvait compter sur ses sens quand il rentrait dans cet état, et ça ne saurait aller en s'améliorant de ce coté, il lui fallait s'assurer que ces mauvaises surprises ne se reproduiraient plus. Il attendait assis là qu'on daigne enfin lui envoyer quelqu'un. Il s'était fait couler un café, pour chasser la restant de gueule de bois, puis un autre pour patienter, et un troisième pour s'occuper et ne pas rappeler l'entreprise qui avait promis de tenir compte de son appel depuis quelques heures déjà. La colère qu'il éprouvait contre lui même et ses visiteurs indésirables se mêlait à présent en une vague envie de se pointer aux locaux de la boite en question et d'y secouer les choses sans prendre de gants.

Il se levait pour se servir à nouveau quand il perçu une odeur qui lui sembla familière. Derrière ce qui restait de la porte, arrivait ce qui était sans nul doute un métamorphe. Or, il n'y avait pas de ces créatures parmi ses voisins, il en avait la certitude. Quel ne fut pas sa surprise en découvrant l'identité de l'homme qui se tenait à présent dans l’entrebâillement de ce qui restait de sa porte d'entrée.

« Si j'avais su que tu viendrais me rendre visite j'aurais fait un brin de rangement. D'ailleurs, pourquoi cette visite au juste, pourquoi ici ?»

N'ayant pas fait immédiatement le rapprochement entre le serrurier qu'il attendait et le jeune homme qui avait fait son entrée, il avait affiché un sourire surprit qui collait mal avec l'ambiance de la pièce. Il n'avait pas vu Camille depuis quelques temps et ne comprenait pas ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire qui justifiait sa présence chez lui. L’étonnement avait d'ailleurs du se faire sentir dans sa voix au moins autant que la rage qui bouillonnait toujours. Le loup fixait l'invité surprise avec incrédulité, il cherchait toujours à faire le tri dans les événements de ces dernières heures.




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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Mar 18 Fév - 23:53




« Left in the dark »


Réapprendre à vivre. Ça lui avait semblé impensable quelques jours plus tôt. Et pourtant… Pourtant, tout commençait déjà à reprendre son rythme ou à le trouver. La vie reprenait doucement ses droits sur la tragédie. Bien entendu, ce n’était pas tout le temps facile et les coups durs survenaient toujours sans crier gare ramenant dans leur sillage, une foule de souvenirs, de regrets. Et d’inquiétudes à propos de ceux qu’ils restaient. Tout ne se résumait quasiment qu’à Alan et Samuel. Les trajets ne se limitaient quasiment qu’à appart’ – hôpital jusqu’à ce coup de fil, le lendemain de sa mort. Comme une lueur d’espoir au milieu du noir opaque, venue de nulle part. Il avait été engagé. C’était son troisième jour déjà et on pouvait pour le moins dire que ça lui changeait de son job précédent. Le français avait postulé dans cette boîte sans grande conviction si ce n’est celle de mettre à profit ses talents cachés. Cela relevait plus du pari avec lui-même qu’un réel entrain à offrir ses services à une entreprise qui veillait à la sécurité des logements. Cette ironie l’amusait un peu – il était vrai. Néanmoins, son expérience dans le domaine du cambriolage n’était pas négligeable justement. On lui avait attribué le grade de serrurier mais plus largement, il pouvait être amené à conseiller les gens en matière de sécurité, à placer des alarmes ou d’autres systèmes possédant les mêmes objectifs. Ses connaissances dans le domaine restaient incroyablement utiles. Son passe-temps favori était resté le même bien qu’il ne faisait alors que s’informer et ne pouvait plus mettre en pratique ce qu’il lisait. Oh, il avait réussi à tester quelques petites choses d’une façon ou d’une autre dans son coin mais sans l’adrénaline qui accompagne le vol, il avait trouvé ça un peu triste finalement. Un loup dans une bergerie, c’était un peu ça, Camille Fontayn bossant dans un secteur pareil. De l’autre côté de la barrière, vraiment, c’était risible.

Ce travail l’aidait réellement à tout point de vue. Se voir avancer, évacuer le stress, se vider la tête et aussi, l’aspect non-négligeable – il payait les factures. Il était un peu tôt encore pour savoir si ça lui plairait sur le long terme mais jusqu’ici, ça ne le rebutait pas. C’était déjà ça de pris. On l’avait envoyé aujourd’hui à Edimbourg pour une histoire de serrure fracturée à la suite d’un cambriolage. Voilà qui avait éveillé sa curiosité à son maximum. Prêt à admirer l’œuvre de ses confrères –Ah non pardon, des malfaiteurs, il se gara à proximité de l’immeuble que son GPS lui indiquait. Il n’était pas très loin de son ancien appartement, c’était le même quartier. Ce songe lui arracha un léger sourire un peu triste. Une autre époque, une autre vie. Il s’extirpa de l’habitacle calmement et fit le tour du véhicule pour sortir sa boîte à outils du coffre. Dans l’immédiat, il devait identifier le système de base, voir si il pouvait le récupérer ou bien si il devait totalement le changer. En fonction, il devrait ou non retourner à la source chercher les bons barils – les standards qu’il trimballait, ne convenaient pas toujours. Le métamorphe s’avança très tranquillement vers la porte concernée et n’eut aucun mal à la reconnaitre. C’était plutôt moche comme boulot. Des amateurs, comme trop souvent. D’autant plus qu’il y avait moyen d’entrer très simplement avec ce type de sécurité. Plus basique… Ca n’existait pas. Le changeur se retint de lever les yeux au ciel face à cette conclusion quand il réalisa que le propriétaire l’observait.

Il reconnut instantanément le loup et se mordit automatiquement l’intérieur de la joue pour s’empêcher de dire quelque chose de stupide d’emblée. Il poussa les restants de porte pour venir mieux lui faire face. « Salut Mike. » De toute évidence, ce dernier n’avait pas fait le rapprochement. Sans blague. De barman à serrurier, il n’y avait bien que lui pour observer un tel revirement professionnel. Avant d’analyser les environs, le changeur se contenta d’adresser un léger sourire compatissant au conférencier. Il le tenait en haute estime et il était vraiment désolé que ça soit lui, la victime. « Il semblerait que tu aies réclamé mes services. Ou plutôt ceux de ma boîte. Je viens changer ta serrure. »  Intimidé par la prestance de son client, il préféra ne pas déballer les explications dans leur entièreté et décida de se mettre directement au travail. Sans plus attendre, le français déposa sa boîte à terre et chercha à ne pas se faire trop intrusif en ne se concentrant que sur l’objet de son travail sans constater les dommages collatéraux. Il avait assez compris l’humeur – légitime – du propriétaire des lieux rien qu’en observant ses traits. Il s’accroupit et passa les doigts sur les nervures de la porte. « On peut dire qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié… »  D’abord dévisser, ensuite voir si le support est récupérable. Il ouvrit sa boîte et partit en quête des outils nécessaires. Le silence l’insupporte toujours et même si il craignait de dire n’importe quoi, il préférait encore ça à l’absence de sons. «  Tu étais assuré ? »  Il releva le regard vers l’intéressé et attendit une réaction.
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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 9:42


LEFT IN THE DARK
Mike ~ Camille






Mike avait du mal à saisir le but de la visite du métamorphe, il avait encore l'esprit trop embrouillé pour se rendre compte de ce qui semblait pourtant évident. Il se sentit soudainement ridicule lorsque le jeune homme vint l’éclairer sur la situation;

« Il semblerait que tu aies réclamé mes services. Ou plutôt ceux de ma boîte. Je viens changer ta serrure. »

Le loup avait ruminé sa manière de recevoir le serrurier qu'il attendait depuis quelques heures, mais l'identité de l'employé en question avait freiné ses élans. Tant parce qu’il ne comptait pas prendre le risque de mettre à mal une alliance déjà bancale, que parce qu’il appréciait Camille. Mike avait du mal à faire le tri dans ce qu'il devait penser. Honteux. Pouvait-il expliquer que si les intrus avaient pu faire tant de dégâts c'est qu'il était trop occupé à cuver le mauvais whisky qu'il avait ingéré ?Gêné. Voila que le leader de ses cousins métamorphes venait réparer sa porte à lui, lui qui n’était personne. Il hésita un instant, pensant plaisanter sur le fait qu'à vol d'oiseau l'entreprise qu'il avait contacté n'était pas si loin et qu'il aurait pu venir plus rapidement, mais il se retint de justesse. La situation était déjà bien assez compliquée pour lui sans qu'il n'aie besoin d'en rajouter avec un cynisme mal venu. Il cherchait un sujet de discution, quelque chose qui l'aiderait à se détendre, mais le jeune homme le devança ;

«  Tu étais assuré ? »

Cherchait-il à engager la conversation ou était-ce purement professionnel ? Le quadra se chercha pas longtemps la raison, trop heureux de rompre le silence et répondit franchement ;

« Oui, l'assureur est passé plus tôt, il a eu tout le loisir de constater les dégâts . . . tous les dégâts. »

Un rictus amusé vint naître sur ses lèvres en songeant qu'il était responsable de la plupart des dégâts matériel excepté la porte.

« Outre ça, ils ont été interrompus à temps. Il manque une litho, et quelques bibelots . . . mais la cafetière est toujours là, je peux te proposer un café ? »

Sans attendre la réponse, il avait déjà sorti une seconde tasse du placard. La conversation. Il en avait grandement besoin, lui qui en dehors du musée, ne fréquentait plus grand monde. Il commençait à reprendre pied, tant dans le fouillis ses émotions, bien qu'il ne décolérait pas de s'être ainsi laissé surprendre chez lui, que dans le bordel de la pièce qu'il avait à peine commencé à ranger. Le quadra affichait à présent un sourire confiant et le sujet suivant lui vint de lui même ;

« Je ne savais pas que tu bossais là dedans. Pardonnes ma surprise et mon indiscrétion mais on est bien loin de ton job à la Lune bleue. »

Tout en parlant, le quadra avait allumé le percolateur, il ne comptait pas le laisser repartir avant d'avoir pu partager le café qu'il avait proposé. L'occasion de parler avec lui ne se représenterait peut être pas, pas dans ce contexte du moins, et Mike ne souhaitait pas la laisser passer.





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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 19:16




« Left in the dark »


L’embarras ? Il tenta de l’oublier. Ce n’était pas tant le fait qu’il soit là dans un but professionnel qui le gênait au fond. Etre témoin du malheur des autres n’était pas chose aisée, tout simplement. Camille avait au moins la décence de ne rien abîmer quand il exerçait encore son art. Bien entendu, nous ne parlerons pas des premiers incidents survenus alors qu’il était encore adolescent et particulièrement inexpérimenté – les premiers coups d’essai ne comptent pas, pas vrai ? La surprise de Mike l’avait rendu un chouïa plus nerveux, amplifiant d’emblée son propre étonnement. Il sentait à quel point son comparse était à cran et à juste titre – se faire cambrioler n’avait rien de spécialement amusant. Le serrurier chercha alors à se montrer avant tout courtois. Il s’agissait d’un client mais avant tout d’un ami après tout. Le volatile grimaça légèrement quand son interlocuteur se mit à rire nerveusement. Les fauteurs de trouble ignoraient qu’ils avaient forcés l’antre d’un lycan. Ils auraient très bien pu se briser des os… Le changeur ne connaissait assez bien le propriétaire des lieux pour affirmer ou infirmer ces propos mais pour avoir côtoyé la meute durant plusieurs années, il pouvait au moins confirmer leur penchant pour l’impulsivité et l’agressivité. Ça ne les empêchait pas d’être non plus des gens tout à fait sympathiques bien sûr. Au final, il ne savait plus lui-même où il voulait en venir. Mais ces gars avaient été très imprudents dans tous les cas. Enfin ces… ou ce, tout seul d’ailleurs. Au moins, il était assuré. La plupart des gens ne l’était pas forcément contre le vol et pour cause, obtenir son fric en remplissant leurs conditions, un vrai casse-tête. D’ailleurs, le français ne l’était pas. Cela dit, il n’avait plus rien de grande valeur chez lui donc même dans le pire des cas, ce ne serait pas bien grave. Ironique aussi ça d’ailleurs pour un prétendu riche héritier. Bref, nous nous égarons de la scène principale.

Le métamorphe eut un léger sourire quand il lui proposa du café. « Je veux bien, merci. » Il attrapa ses outils et entreprit de retirer le mécanisme fracturé très tranquillement. En réponse à ses remarques, il ne fit qu’articuler très simplement « Les dégâts sont souvent plus impressionnants et plus coûteux que le butin qu’ils récoltent. C’est un peu ironique. » Sauf si il s’agit de professionnels, bien sûr – rajouta-t-il pour lui-même intérieurement. Mais soyons honnêtes, des véritables Arsène Lupin, ça n’a jamais couru les rues. « T’en fais pas. Je comprends largement que ça surprenne. C’est d’ailleurs plutôt récent. » L’oiseau s’arrêta dans les opérations pour relever les yeux vers son acolyte. Beaucoup de personnes était au courant de son passe-temps favori dans la meute et parmi les siens vu qu’il avait mis à profit ses talents de crochetage et de vol plusieurs fois lors des Années Sanglantes. Mike n’avait peut-être jamais su ou il l’avait oublié. Il ne savait pas si c’était positif ou non dans ce cas précis. Mais dans le doute, il préféra ne pas lui rappeler. Dans tous les cas, il ne voulait pas qu’il doute de ses compétences. « Enfin, je te rassure. C’est récent mais je m’y connaissais déjà avant. » Il lui servit un autre rictus avant de continuer sa tâche. « Être barman n’a jamais été vraiment ma vocation. Mary m’avait gentiment offert ce job quand j’ai eu … quelques difficultés. Mais ce n’était pas définitif à la base. » Devait-il vraiment poursuivre en lui servant les vraies raisons ? Il méritait de les connaître et de toute manière, il pouvait les déduire. « Avec ce qu’il s’est passé à Wolfheaven et les tensions au sein de nos communautés… Je me suis dit que c’était le bon moment pour me recycler afin de ne pas… Enfin de ne pas attiser les conflits par ma simple présence. » Après tout la majorité des loups avait voté la fin de l’Alliance – à l’instar des siens, sans compter la mutinerie dans leurs deux rangs, se pointer à la Lune Bleue la bouche en cœur lui avait alors paru... Déplacé. Et dire que c’était Jonathan, le cerveau de l’histoire. Une information qu’il peinait à digérer. Hayden, nouvel ulfric… Tant de détails qui n’avaient pas encore eu de suite, tout restait en suspens en attendant que les troubles s’apaisent au sein des clans respectifs.

Qu’allait-il advenir de leur pacte ? Aucune idée. Pour conclure le babillage sur sa reconversion, il opta pour une note positive en veillant à effacer cet instant d’égarement interne « Au final, je n’ai pas à m’en plaindre. Les horaires sont moins éreintants. »  Il était vrai que travailler que de nuit avait ses avantages et ses inconvénients mais il appréciait avoir une vie disons moins chaotique. Discrètement, il balaya les environs du regard et constata en effet, le déluge. Il n’en dit mot et termina son démontage. Afin d’en revenir à un autre sujet alors qu'il emporta le mécanisme disloqué d’une façon épouvantable et le posa dans boîte avant de lui demander très posément « Tu as envisagé de changer ta porte ? Parce que je doute qu’un coup de peinture suffise. Il y a des sales coups dedans… Y a moyen que je te monte un truc stable là-dessus qui te garantisse la sécurité mais… Enfin, ça attire l’œil ce genre de dégâts généralement... » Il lui offrit un regard compatissant avant de revenir s’accroupir pour admirer le sale boulot de ces types. Pied de biche et sûrement tournevis. Grossier travail, vraiment.  
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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Mer 19 Fév - 22:37


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Mike ~ Camille






Le percolateur préchauffait déjà quand le métamorphe accepta la proposition. Accoudé au plan de travail, Mike l'observait travailler.Il avait l'air de savoir ce qu'il faisait et le loup ne put s’empêcher de sourire en repensant à ce qu'il avait entendu à son propos. D'ordinaire il ne tenait pas cas de ce genre de choses, les gens comme eux avaient déjà bien assez de problèmes sans avoir besoin d'y ajouter l’opinion de leur pairs sur la façon dont ils gagnaient leur vie en tant qu'humains lambda. Il se laissa aller à songer à ses frères espagnols, aux folies qu'il avait commis étant enfant. Qu'était il advenu des voleurs de poules avec lesquels il avait fait les quatre cents coups à en faire enrager leurs aînés ? Tout ceci lui semblait bien loin à présent mais il ne pouvait s’empêcher d'y penser, comme si Camille réveillait ses vieux souvenirs, bien que leurs histoires n'aies rien de comparables.

« Enfin, je te rassure. C’est récent mais je m’y connaissais déjà avant. »

Le jeune homme le tira de sa torpeur une fois de plus. Bien qu'il considérait que cela ne le regardait pas, il ne put s’empêcher de lui répondre ;

« Je sais. »

Le ton indiquant bien qu'il ne s’attarderait pas là dessus, chacun est libre de mener sa vie comme il l'entend. Mike mit les tasses en place et laissa l'appareil faire le reste. Cette vieillerie était lente, trop lente, mais elle faisait toujours de l’excellent café, c'était une raison suffisante pour qu'il n'en change pas. Traversant la pièce pour tenter de remettre le fauteuil d'aplomb, il ne pouvait décemment pas laisser Camille s'asseoir par terre, il ne put s’empêcher de jeter un nouveau coup d'œil à la manière dont le jeune homme s'y prenait. Il n'y avait aucun doutes à avoir, il savait effectivement très bien ce qu'il faisait. Ce qui ne l’empêchait pas de poursuivre la conversation.

 « Être barman n’a jamais été vraiment ma vocation. Mary m’avait gentiment offert ce job quand j’ai eu … quelques difficultés. Mais ce n’était pas définitif à la base. Avec ce qu’il s’est passé à Wolfheaven et les tensions au sein de nos communautés… Je me suis dit que c’était le bon moment pour me recycler afin de ne pas… Enfin de ne pas attiser les conflits par ma simple présence.  »

Décidément il n'avait pas finit de le surprendre. C'était sage, c'était même très avisé comme décision. La meute, ni l'alliance, n'avaient besoin de provocations inutiles qui pourraient bouleverser un équilibre déjà fragile. Mike était sur que le métamorphe n'aurait pas fait de faux pas volontaires, il était trop malin pour ça, mais il y aurait bien eu quelques imbéciles pour profiter d'une occasion aussi belle. Bien qu'il ai eu quelques griefs avec certains de ces cousins, le loup tenait cette alliance en haute estime. Peut être parce que Mary y tenait elle même et qu'il la respectait trop pour avoir une opinion différente, ou bien parce que son père avait eu fois en ce pacte dés qu'il en eu été question. Peut être encore était ce parce que Charlie avait raison, qu'ils étaient trop faibles, trop ancrés dans leurs traditions et que l'arrivée des métamorphes apportait à ses yeux le vent frais dont ils avaient tant besoin. Les récents changements allaient sans conteste bouleverser encore un peu les choses mais, Mike osait du moins l’espérer, elles ne pourraient pas évoluer vers pire. Il se promis de revenir sur le sujet, plus tard.

Mike était de retour prés de la cafetière quand Camille reprit la parole ;

« Au final, je n’ai pas à m’en plaindre. Les horaires sont moins éreintants. »

S'il était certain que les horaires à la Lune Bleue n'étaient certainement pas des plus reposant, cela ramenait néanmoins un sujet de conversation à sa portée. Ces derniers mois les rares fois en dehors du musée où Mike avait fait l'effort de sociabiliser, c'était quand il avait écumé les bars et autres boites pour séduire les conquêtes d'une nuit qui l'avaient aidé un peu à calmer sa folie. Les femmes. Vaste sujet sur lequel il ne manqua pas de rebondir.

« Les jolies filles qui s’accrochent au barman dans l'espoir d'un verre gratis, toutes les chicas qui espèrent ne pas rentrer seules . . .  ça ne te manque pas un peu ? »

Le ton était moqueur mais amical. Il n’espérait pas que le jeune homme lui déballe sa vie, loin de là, il n'aurait pas supporté d'avoir à le faire. Une simple discussion, c'était tout ce qu'il cherchait. Le quadra avait les tasses pleines en main et s’apprêtait à les poser sur la table basse quand le métamorphe se remit à parler serrures.

« Tu as envisagé de changer ta porte ? Parce que je doute qu’un coup de peinture suffira. Il y a des sales coups dedans… Y a moyen que je te monte un truc stable là-dessus qui te garantisse la sécurité mais… Enfin, ça attire l’œil ce genre de dégâts généralement... »

Tout en s'asseyant sur le sofa, le loup acquiesça d'un mouvement de tête. Il ne pouvait effectivement pas rester avec une porte dans cet état. Pour cette fois, il avait évité le pire mais si la chose venait à se reproduire et que certaines des affaires de son fils venaient à disparaître... Il tourna machinalement la tête vers la porte close comme si Sam allait l'ouvrir pour les rejoindre. D'un mouvement nerveux, il passa se passa la main sur le visage, chassant ainsi les images douloureuses qui revenaient à la charge, puis il se concentra de nouveau sur l'instant présent.

« Je ne doute pas que tu puisses faire quelques chose de bien, je m'en contenterais pour le moment. Dis moi, la boîte pour laquelle tu bosses, pose aussi des portes blindées non ? »

Ce serait sûrement la meilleure chose à faire, se contenter de ce qu'il pourrait faire pour le moment, puis faire poser une vraie porte avant la fin de la semaine. Mais pour l'heure, le café était chaud et Camille n'avait pas répondu à la question qu'il avait posée. Il lui fit donc signe de venir s'asseoir, il n'était plus si pressé de voir les choses rentrer dans l'ordre, il avait de la compagnie et c'était suffisamment rare pour qu'il sache apprécier.






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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Ven 21 Fév - 12:57




« Left in the dark »


Le changeur s’étonnait d’avoir autant parlé. Ce n’était pas vraiment pour se justifier, juste pour poser des faits et converser avec Mike en toute franchise. Son humeur sous-jacente ne devait pas être étrangère à cette soudaine facilité à s’exprimer et à effleurer les sujets un peu sensibles – à savoir l’alliance et la meute. Néanmoins, il avait assez confiance en cet homme pour savoir que ce qu’il dirait ne serait ni mal pris ou interprété différemment. Et donc, Camille éprouvait le besoin de discuter, et pas seulement pour combler les blancs qu’il ne supportait d’ordinaire pas. Il traînait sa solitude avec plus de difficultés depuis que Kate s’en était allée. L’absence de Rebecca amplifiait encore plus ce fait. Souhaiter qu’elle réapparaisse et qu’il oublie sa nature, que tout redevienne comme avant, il mentirait si il disait qu’il ne l’avait pas secrètement désiré. Qu’elle soit simplement là pour le secouer quand il en avait besoin comme c’était trop souvent le cas en ce moment. Il s’en sortait plutôt bien jusqu’ici mais à chaque coup dur, il ne pouvait compter sur personne. Il devait soutenir Alan avant tout et ne voulait pas accabler Enola par son humeur morose. Alors il se taisait et prenait sur lui. C’était un mauvais passage. Le temps d’apprendre à vivre avec cette douleur et de la surpasser assez pour qu’elle ne se manifeste plus aussi régulièrement. Enfin, c’était ce qu’il imaginait. Il n’avait jamais perdu personne de proche avant ça. Il hocha de la tête pour chasser ce brouhaha de pensées inconvenantes et se focalisa un peu plus sur ce qu’il faisait. Par chance, son ami revint troubler le silence de sa voix et amena un peu de légèreté au milieu de ce chaos interne et environnant. Sa remarque arracha un léger sourire au voleur. Ah le mythe du barman qui rentre avec des clientes. Ça ne lui était pas arrivé une seule fois. Sur un ton amusé, il se surprit à répondre « Bien sûr que si. Le prestige du barman… Je me demande comment je vais faire pour vivre sans ça. Il fallait au moins qu’elles soient ivres et en manque d’un petit verre pour m’aborder. Ma vie est quasiment foutue maintenant. » Le métamorphe rangea son rictus quelques instants plus tard en songeant à son céliba’ fraîchement retrouvé.

Son hôte déposa le café sur la table et l’odeur moka qui circulait désormais dans la pièce, égaya nettement cette ambiance un peu anarchique, régnant en maître sur les lieux mis à sac. Le français releva le regard vers celui un peu absent de son interlocuteur et attendit patiemment qu’il lui réponde. Ce qu’il fit dans la seconde qui suivit. Le volatile se releva avec l’intention d’aller à sa voiture chercher sa nouvelle serrure quand le lycan l’invita à prendre place sur le canapé. Un peu dérouté, il se contenta d’abord de fixer ce dernier pour lui offrir une réponse. « Oui. Elle s’occupe un peu de tous les systèmes de sécurité qu’on puisse mettre en place. » L’oiseau se passa distraitement une main sur la nuque. « Tu risques de devoir poser une alarme d’ailleurs pour l’assurance. Généralement, ils réclament ça après t’avoir dédommagé, pour que tu sois encore assuré la prochaine fois. » Il lui offrit un début de grimace. « Ce qui est une belle bêtise. Je pense que c’est le moyen moins efficace pour repousser qui que ce soit mais bon… »

L’oiseau abolit finalement la distance pour s’installer sur le fauteuil qui n’attendait plus que lui. D’un rapide coup d’œil, il jaugea l’heure et compta bien déduire cette pause de son temps de travail – histoire de ne pas facturer n’importe quoi à son client. De ce coin de la salle, il pouvait désormais mieux admirer le remue-ménage ambiant. « Hé bien… Ils n’ont vraiment pas fait dans la subtilité en tout cas.» Il offrit un regard un peu désolé à la victime de ce cambriolage et s’excusa intérieurement d’avoir fait cette remarque. « Si il faut t’aider pour quoi que ce soit d’autre… Enfin, n’hésite pas. » Il ne voulait pas se faire intrusif encore une fois mais il se sentait mal pour le conférencier et il aurait aimé faire plus pour lui que simplement remplacer sa serrure. L’odeur des criminels devait sûrement trainer encore dans le coin. Même si son espèce possédait des sens bien plus affûtés que les humains, l’odorat restait une compétence que les loups maîtrisaient dans son entièreté. D’autant plus que les animaux de prédilection du jeune homme ne lui permettaient qu’une intuition sur-développée et une agilité sans précédent. Il s’en sortait relativement bien pour la traque mais ce n’était sûrement pas grâce à son nez. Où voulait-il en venir ? A la suite logique. Retrouver les malfaiteurs et récupérer ses biens. Personne ne pouvait faire justice soi-même mais nous sommes bien en train de débattre avec un métamorphe qui s’est pris pour Robin des Bois durant de nombreuses années et qui ne demanderait presque qu’à réitérer ses activités dans ce domaine. Afin de ne pas donner de mauvaises idées à son acolyte, il décida d’enchaîner simplement sur un plus banal « Il n’y a pas eu de témoins ? » La police retrouvait rarement ce genre de gangsters et il doutait que l’enquête soit résolue un jour d’ailleurs. Portait-il aussi peu d’estime aux forces de l’ordre écossaises ? Disons qu’il était septique sur leurs priorités. Le fumeur attendit poliment que son comparse s’empare de sa tasse avant d’en faire de même.

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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Ven 21 Fév - 17:47


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Mike ~ Camille





Le ton qu’employa Camille pour répondre à sa plaisanterie sur les femmes que sa vie nocturne aurait pu lui offrir était rieur, avec peut-être une pointe d’ironie ou de cynisme. Cynique. Etait-ce un trait de caractère commun à l’espèce ? Mike ne put s’empêcher de faire le rapprochement avec Alan, bien qu’ici c’était plus sur le ton de la plaisanterie qu’autre chose. Comme ça, les filles qui fréquentaient la Lune Bleue n’avaient pas succombé aux charmes du jeune homme… tampi pour elles après tout. Me loup ne le connaissait peut être pas suffisamment pour en juger correctement mais il était persuadé que le français devait être un gentleman. Cliché ? Certainement. Mais n’avait-il pas lui-même eu son lot à ce propos ? Il savait pertinemment que même si son accent avait aujourd’hui presque entièrement disparu, il l’avait grandement aidé à charmer ces dames lorsqu’il avait eu l’âge des premiers flirts. A croire que les femmes raffolent d’exotisme. Le métamorphe n’accepta pas tout de suite l’invitation à poser ses outils pour s’installer en face de lui. Il répondit d’abord en bon professionnel à la question qu’il lui avait posé.

« Oui. Elle s’occupe un peu de tous les systèmes de sécurité qu’on puisse mettre en place. Tu risques de devoir poser une alarme d’ailleurs pour l’assurance. Généralement, ils réclament ça après t’avoir dédommagé, pour que tu sois encore assuré la prochaine fois. Ce qui est une belle bêtise. Je pense que c’est le moyen moins efficace pour repousser qui que ce soit mais bon… »

Mike ne put retenir un éclat de rire.

« Pourquoi ? Tu jugerais plus efficace que j’affiche attention loup dangereux sur la porte ? Remarque ça ferait fuir certains de mes voisins, notamment l’autre maruja avec ses chats. Je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. »

Il avait à son tour fait preuve d’ironie, comme si c’était la seule réponse évidente à la situation. Faire fit du chaos qui régnait autour d’eux et avoir une discussion futile pour ne pas déprimer de nouveau. Ainsi lorsque son ancien élève vint s’asseoir en face de lui, le quadra se sentit rassuré de la tournure que prenaient les choses. Ne plus penser à rien d’autre qu’à ce café et ce moment hors du temps dont il comptait bien profiter. Une fois assis, Camille sembla faire un état des lieux avant de faire preuve de compassion.

« Hé bien… Ils n’ont vraiment pas fait dans la subtilité en tout cas. Si il faut t’aider pour quoi que ce soit d’autre… Enfin, n’hésite pas. »

C’était inattendu bien que tout à fait à propos. La pièce offrait un spectacle désolant de meubles fracassés, bibelots brisés, tableaux décrochés, certains endommagés, la télévision trônait toujours au sol et la platine était posée en vrac à côté. Cependant les chambres ni la mezzanine n’avaient subi le moindre dégât. Mike hésita avant d’admettre ouvertement que les cambrioleurs avaient été plus subtiles que le bazard environnant le laissait croire, mais se souvenant que le jeune homme n’ignorait déjà pas son tempérament colérique il fit par lâcher avec un large sourire ;

« La subtilité n’est pas mon fort non plus. Les chaises, le fauteuil, la cuisine, ils n’y sont pas pour grand-chose. C’était ça ou leur courir après dans la cage d’escalier à demi habillé . . . voir totalement à poils si tu vois de quelle fourrure je veux parler. »

Profitant d’une gorgée de café chaud, il marqua une pause. Son regard se porta de nouveau malgré lui sur la porte de la chambre de Sam. Non il ne voulait définitivement pas envisager quelle aurait été sa réaction s’il avait trouvé les affaires de son fils malmenées voir dérobées par ces bons à rien. Il reporta son attention sur son interlocuteur et toujours avec le sourire, il répondit à sa proposition.

« Je ne voudrais pas abuser de ton temps Camille. Ce job a peut-être des horaires moins contraignants que le précèdent mais les événements de ces derniers temps doivent te causer suffisamment de soucis sans que je vienne y rajouter la décoration de mon appartement. »

Le loup était finalement revenu à un sujet plus pragmatique mais il aurait bien fallu en parler un jour ou l’autre. Si le métamorphe ne voulait pas s’attarder sur la question, libre à lui, il n’y reviendrait pas. Apres tout, il n’était personne, un simple soldat, et bien que les décisions prises en haut lieu aient une influence sur son avenir, il n’avait pas son mot à dire. C’est pourquoi il se sentit obligé de rajouter quelques mots pour repartir de nouveau sur un ton plus détendu ;

« Mais si tu veux te changer les idées en m’aidant à trier la paperasse et la vaisselle qui se baladent par terre, j’accepte volontiers le coup de main. »

Il songea à ce qu’il avait à faire pour redonner un semblant d’organisation et de propre à l’appartement. Peut-être profiterait-il d’avoir fait passé son excès de colère pour le travail des cambrioleurs pour changer le sofa et le fauteuil sur le compte de l’assurance. Après tout, puisque le courtier y avait cru pourquoi laisser passer l’occasion ? La lithographie qui avait disparue lui manquerait un peu, c’était un cadeau fait par quelques collègues pour un anniversaire, rien d’irremplaçable mais un souvenir qu’il aurait aimé garder. Il était en proie au doute quant à l’état du tourne disque et se demandais si la boutique où il avait fait changer la tête de lecture était toujours ouverte ou avait fait place à une supérette inutile, quand le jeune homme le tira de sa rêverie.

« Il n’y a pas eu de témoins ? »

Question pertinente. La réponse était non, ou presque.

« A moins que mes voisins n’aient mentit, non pas de témoins. Je doute que le chien du concierge soit de ton espèce, c’est dommage, il aurait pu donner quelques indices . . . »

Ironie encore. Mike était bien forcé d’admettre qu’il préférait cette version ci de lui-même, celle qui savait se tenir, celle qui était capable d’aligner deux phrases sans coller un coup de poing dans un mur, celle enfin qui pouvait sourire sans avoir besoin de se forcer. Il savait cependant que cela ne durerait qu’un temps, qu’une fois le visiteur repartit il serait de nouveau seul avec sa peine, sa colère, sa haine malgré les liens qu’il renouait ou découvrait, Charlie, Sarah, Mirah ou plus récemment Alan.




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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Dim 23 Fév - 22:46




« Left in the dark »


La réponse Mike fit sourire le métamorphe sans grand mal. L’ironie était sans nul doute, un trait de caractère qu’il appréciait chez son comparse et le partageait tout aussi certainement. Pratique pour alléger ou dédramatiser une situation et très délectable à entendre, pourvu qu’on ait un tant soit peu d’humour. Le français mit à profit ses vieilles notions d’espagnoles pour déchiffrer dans son entièreté le message délivré. Est-ce que ça lui arrivait également de glisser des mots dans sa langue maternelle sans s’en apercevoir ? Principalement quand il jurait, oui. Ou quand il n’avait pas envie d’être compris. Peu importait. « Bien plus efficace mais tu risques d’attirer une autre population qui n’en voudront pas à tes affaires... A moins que… » Ce qu’il racontait ? A la base, rien de tout à fait réjouissant – les milices anti-surnaturelles devaient sûrement peuplées. « … Je suis sûr que c’est un bon plan aussi pour attirer des personnes du sexe opposé. Au final, tu risques d’être quand même dérangé…» Camille ignorait lui-même ce qu’il ne cessait de lui baragouiner. Afin de redevenir plus sérieux, il acheva sa pensée concernant les alarmes. « Pour autant, l’alarme ne sert à rien. Ils ont le temps de fracturer ta porte, d’emporter tes affaires et de se tirer. Ça ne préserve de rien et ils arrivent de toute façon à s’enfuir. » Cette petite parenthèse-conseil s’acheva quand il s’installa dans le canapé redevenant davantage l’ami que le serrurier - ce dont il se sentait un peu honteux. Pas très pro pour le coup mais il comptait veiller à ne pas abuser de l’hospitalité de son hôte, ni à lui facturer ces quelques minutes à discuter autour d’une tasse. C’était la moindre des choses après tout.

Le volatile s’empara de son récipient quand son acolyte fit de même et le remercia silencieusement d’un regard. Tout ce bazar environnant le laissait incroyablement désolé pour la victime de ce cambriolage bon marché. Ce dernier reprit la parole et apporta quelques précisions qui laissèrent l’oiseau un peu perplexe. Il ignorait s’il devait en rire ou non. Cela ne semblait pas non plus impensable – surtout pour un loup, mais pour quelqu’un d’aussi peu prompt à la violence comme lui, il était toujours un peu difficile d’imaginer une autre personne se mettre dans un état pareil. Néanmoins, il pouvait facilement comprendre sa colère. On venait après tout, de violer son intimité et subtiliser ses biens. Bien qu’il ait banalisé un peu l’acte du vol par le passé, le jeune homme pouvait clairement saisir la frustration du conférencier. Il était en effet plus sage de démolir du matériel plutôt que de finir sous forme lupine et… Commettre potentiellement l’irréparable. Croyait-il cet homme capable de ça ? Honnêtement… Oui. Ce n’était pas pour autant qu’il allait le juger. Après tout, il avait réussi à se contrôler à sa façon. C’était tout ce qui comptait. Afin de ne pas briser la légèreté qu’ils avaient réussi à instaurer, il tente de chasser cette conclusion de leur discussion en continuant sur le ton de la conversation. « Note… Ça aurait été aussi bien pratique. Plus besoin de pancarte pour alerter le voisinage. » Il but en gorgée à sa suite en l’observant pour la seconde fois revenir sur une porte du regard avant de nerveusement faire pianoter instinctivement ses doigts sur le contenant. La réplique suivante du propriétaire des lieux le fit esquisser un autre rictus. Mike était loin d’être quelqu’un de mauvais. Il avait son lot de malchance. Cette affreuse histoire avec son fils lui revint alors en tête. Il reprit un peu de café pour se donner un peu de contenance. C’était très naturellement qu’il répondit ensuite favorablement à sa remarque « Tu es le dernier sur ma liste aujourd’hui. J’ai le temps. Ça ira plus vite si on s’y met ensemble. » Il n’était pas pressé de retrouver son appartement vide de toute manière.

Poursuivre les coupables devint réellement secondaire dans son esprit – depuis qu’il avait compris que l’instabilité du lycan risquait de poser problème. Il ne voulait pas que ça finisse en vendetta et de toute façon, il doutait que ça soit une bonne idée. Jodie le tuerait pour avoir osé penser ça d’ailleurs. Il pourrait lui en parler par contre… Idée à creuser. Il la rangea dans un coin de sa tête. Sa réponse sur les témoins le rendit bizarrement nostalgique alors qu’il reposait son récipient à moitié vide sur la table – éternel pessimiste. Toujours perdu dans cette légèreté délectable, il crût bon de poursuivre très normalement avec un « Oh je connaissais quelqu’un qui aurait très certainement pu le faire parler… Mais encore faudrait-il que cet animal soit d’humeur à coopérer et ça, c’est une autre histoire ! » La seconde inspectrice métamorphe qu’il connaissait, flotta dans son esprit. Il se refit plus sérieux après l’avoir délogé de sa tête. « Je suppose que t’as été porté plainte… ? J’espère qu’ils ne t’ont rien pris de trop … important. » Pas coûteux, non. Les objets à valeurs sentimentales sont bien pires que le prix étiqueter dessus après tout. « Sinon en parlant de chien… Il te suffirait d’en adopter un. Il y a pas meilleur sécurité - parait-il au monde. » Il haussa des épaules avant de reprendre sa tasse pour la faire tournoyer machinalement entre ses paumes.


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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Lun 24 Fév - 13:09


LEFT IN THE DARK
Mike ~ Camille





Quelle image renvoyait il au français en face de lui ? Un fou dangereux qui risquait de perdre les pédales à la moindre contrariété ? Un dépressif qu'il fallait surveiller comme le lait sur le feu ? Peut être encore quelqu'un de particulièrement antipathique. Non il n'était là que pour réparer la porte et s'il n’appréciait pas sa compagnie rien ne l'obligeait à parler avec lui comme il le faisait. C'était déjà un point sur lequel le loup se sentait rassuré, non pas qu'il aie eu particulièrement envie d'être apprécié en tout point, mais il avait besoin de parler de ces choses futiles qui faisaient leur conversation jusque là.

« Bien plus efficace mais tu risques d’attirer une autre population qui n’en voudront pas à tes affaires... A moins que… Je suis sûr que c’est un bon plan aussi pour attirer des personnes du sexe opposé. Au final, tu risques d’être quand même dérangé…»

Le quadra savait à quoi Camille faisait allusion et il n'avait effectivement pas besoin de ça. L'idée que les femmes viennent à lui sans qu'il ai besoin d’écumer les bars en revanche était des plus plaisantes bien qu'il connaissait une louve qui n'aurait certainement pas été de cet avis.

« Pour autant, l’alarme ne sert à rien. Ils ont le temps de fracturer ta porte, d’emporter tes affaires et de se tirer. Ça ne préserve de rien et ils arrivent de toute façon à s’enfuir. »

 Il n'avait pas tort, excepté que dans ce cas précis il se serait réveillé à temps. Si le bruit de la porte ne l'avait pas tiré de l'état comateux dans lequel il était lors de l'intrusion, une alarme en revanche l'aurait sans nul doute fait revenir à lui bien plus rapidement. Le métamorphe était à présent assis, enfin, il avait mit le temps, hésitant sans doute entre rester professionnel et partager un moment avec... une vieille connaissance en mal de compagnie. Il se sentait un peu honteux de voir les choses sous cet angle, un peu comme s'il était une de ces personnes âgées qui ne reçoivent que peu de visites et retiennent le facteur pour le petit déjeuner afin de se donner l'illusion de vaincre leur solitude. Le jeune homme sembla tiquer quelque peu quand il lui avoua qu'il était responsable d'une bonne partie des dégâts qu'avait subit son appartement mais ne fit pas de redirections à ce propos ce à quoi le loup lui fut reconnaissant. Il rebondit en revanche sur son idée de se jeter poils et crocs à la poursuite des voleurs.

« Note… Ça aurait été aussi bien pratique. Plus besoin de pancarte pour alerter le voisinage. »

Il acquiesça d'un signe de tête et d'un sourire. Cette conversation lui faisait définitivement le plus grand bien. C'est pourquoi il avait sauté sur l'occasion trop belle, la proposition du métamorphe de lui donner un coup de main. Il se souhaitait pas abuser de son temps, mais il savait que sa présence l'aiderait grandement à garder les idées claires. Il ne se laisserait pas aller à déprimer ou à tout envoyer balader de nouveau s'il n'était pas seul.

« Tu es le dernier sur ma liste aujourd’hui. J’ai le temps. Ça ira plus vite si on s’y met ensemble. »

Soulagement. Même s'il ne le montra pas, il était ravi de la réponse. Ainsi quand le jeune homme l'avait questionné sur d’éventuels témoins, il avait pu répondre sur le ton de la plaisanterie, moins stressé qu'il était à l'idée que son interlocuteur n'aie eut à repartir trop rapidement. Ce qu'il n'avait pas anticipé en revanche, c'était la reponse de Camille ;

 « Oh je connaissais quelqu’un qui aurait très certainement pu le faire parler… Mais encore faudrait-il que cet animal soit d’humeur à coopérer et ça, c’est une autre histoire ! »

Ce genre de chose était il possible ? Ses cousins métamorphes pouvaient il réellement communiquer avec des animaux lambda ? Ou peut être répondait il sur le ton de la plaisanterie lui aussi. Dans le doute le loup afficha un large sourire, si c'était une boutade, il la trouvait vraiment amusante, si c'était un fait, c’était bon à savoir.

 « Je suppose que t’as été porté plainte… ? J’espère qu’ils ne t’ont rien pris de trop … important. » 

il acquiesça là encore, bien qu'il n'était pas encore sortit de son appartement, ne voulant pas laisser la porte grande ouverte derrière lui, il avait reçu la visite de la police. Mike avala une pui sdeux gorgées de café avant de répondre.

« Si mes voisins n'ont rien vu de la scène, ils en ont entendu suffisamment pour alerter les autorités assez rapidement. J'ai fait ma déposition, il me reste à aller au poste pour officialiser tout ça. J'attendais de pouvoir refermer cette fichue porte. Ne le prend pas pour toi, si je n'y vais que demain ce ne sera pas non plus la fin du monde. »

Quand à ce qui avait disparu, rien n'était irremplaçable. Il eut une pensée à nouveau pour les affaires de son fils, un regard vers la porte close, un soupire. Rien n'avait bougé, les cambrioleurs n'avaient touché à rien d'autre qu'au salon. Même le bureau à l'étage était resté tel quel.

« Non rien de grande valeur rassure toi. Il n'ont pas mit les pieds à l'étage, j'y ai quelques objets qui leur auraient rentabilisé la soirée pourtant mais ils ne sont pas montés. Quand aux souvenirs . . . un cadeau d'anniversaire rien de plus. Il n'ont pas . . . »

Il fixa sa tasse comme pour y puiser le courage de poursuivre sa phrase. Puis après avoir mâchouillé sa lèvre inférieure dans un tic nerveux, il souffla rapidement la suite ;

« . . . ne sont pas entrés dans la cambre de Sam. »

C'était dit, il ne s'était pas effondré en prononçant son nom, n'avait pas eu envie de briser la tasse dans ses mains en imaginant le pire. Il arrivait à garder un peu plus le contrôle chaque fois. Peut être un jour... hors de question. Il chassa du mieux qu'il pu son fils de ses pensées pour écouter son invité, puisque c'était ce qu'il était à présent.

 « Sinon en parlant de chien… Il te suffirait d’en adopter un. Il y a pas meilleur sécurité - parait-il au monde. » 

Cette fois, Mike éclata de rire. Un chien, lui, adopter un chien ? Les loups et les chiens ne font pas bon ménage, ce n'était pourtant pas un secret. Et puis qu'aurait il fait d'un compagnon encombrant, une responsabilité de plus, un colocataire affectueux qui.... il interrompit le fil de ses pensées comme elles le menaient à la conclusion que Camille pouvait avoir finalement raison. Non c'était ridicule. Combler sa solitude par un chiot qui de toutes façons ne supporterait pas sa présence.

« Camille . . . crois tu vraiment qu'un chien pourrait s'adapter à ce que je suis ? Même avec des mois de travail, il ne supporterait pas de me savoir dans la même pièce que lui. Cet appartement manque de vie en revanche ça c'est certains, mais je ne comblerais pas ce vide par un chien que je finirais par détester à force de me faire aboyer dessus, si je ne le rend pas fou avant. »

Sans perdre le sourire que cette histoire de chien lui avait donné, le quadra termina son café puis désigna la cuisine d'un mouvement de tête. Si le jeune homme était disposé à l'aider il ne voulait pas non plus lui faire perdre trop de temps, et le plus tôt il s'y mettraient, le plus vite ils auraient terminé.

« On commence par la cuisine ? Ou je m'y colle et je te laisse le salon ? Laisse tomber les meubles, je rachèterais des chaises dans la semaine. »

Il aurait voulu faire durer ce temps mort à discuter avec lui plus longtemps mais ne voulait pas paraître égoïste, le métamorphe devait avoir une vie qui l'attendait même s'il avait finit sa journée de travail.




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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Lun 10 Mar - 21:23




« Left in the dark »


Cette tasse de café s’avéra être une aubaine. Parfaite pour combler tout type de blanc en trempant ses lèvres dans le breuvage et pour occuper les mains toujours trop agité du changeur. Un véritable paradoxe toute cette nervosité dont il avait toujours été victime quand toute sa personnalité s’appuyait pourtant sur une attitude généralement posée. Heureusement qu’il n’était pas impulsif d’ailleurs, avec tout ce stress qu’il portait sur les épaules quotidiennement, il pourrait très vite poser des actes qu’il regretterait amèrement. Voilà une façon optimiste d’envisager son caractère. La saveur moka était assurément en train de faire son effet et dissipait un peu de cette morosité des derniers jours. A moins que ça ne soit cette conversation finalement très légère occupant assez son esprit pour l’obliger à ne pas penser aux choses difficiles ? Il n’eut pas le loisir de se pencher sur le phénomène car son comparse d’infortune reprit leur discussion après quelques gorgées. Le métamorphe acquiesça à ses propos. En effet, sortir avec une porte fracturée n’était sûrement pas une idée de génie. Sa prévenance immédiate arracha un léger rictus au français. Il le connaissait donc un minimum pour anticiper ce fait. Camille songeait déjà à finir le boulot pour qu’il puisse aller au plus vite au poste mais de toute évidence, son hôte le rassurait sur l’urgence. Néanmoins mal à l’aise, il ne put s’empêcher de lui demander posément « Tu es certain ? Parce que je peux t’installer ça vraiment rapidement… » A sa place, il aurait voulu que tout soit résolu au plus vite et que toutes les démarches soient réalisées rapidement. Mais il devait se ranger à l’avis de son hôte et cela l’arrangeait de poursuivre leur petit échange. Il n’avait jamais pris vraiment le temps de sympathiser avec cet homme après tout et il trouvait ça dommage de louper l’occasion.

La question innocente du serrurier instilla un peu de trouble sur les traits de son interlocuteur ce qui lui fit regretter cette remarque peut-être un peu trop indiscrète finalement. Quand il mentionna son fils, le métamorphe ne put s’empêcher de se mordre l’intérieur de la joue. Il s’en voulait de l’avoir forcé d’une façon détournée à prononcer ces mots. C’était un sujet sensible – à juste titre. Le prénom de son enfant lui fit penser à son filleul automatiquement et par extension à sa défunte mère. Les injustices semblèrent s’accumuler dans cette pièce et la mort plana un instant autour d’eux. L’oiseau ne sût quoi répondre, embarrassé et un peu troublé par tout ça. Il se contenta d’un simple hochement de tête. Embrayer sur un autre sujet leur permit à tous deux de ne pas s’attarder là-dessus. Il n’était pas assez proche de Mike pour oser prononcer la moindre parole. Cette histoire de chien n’avait servi qu’à combler un blanc gênant, il n’était pas vraiment sérieux. Lui-même ne supportait pas les animaux domestiqués. Il trouvait ça contre nature. Le corbeau articula un léger rictus avant de boire une nouvelle gorgée de caféine. « Tu m’en vois ravi. Je ne suis pas un grand fanatique de la domestication des animaux. Mais je suppose que je ne suis pas objectif sur la question. » Il reposa son récipient vide sur la table juste avant que le propriétaire des lieux ne lui suggère de se mettre à l’œuvre. Il se releva donc. « Peu importe. Ça sera peut-être plus simple si on s’occupe chacun d’une pièce ? Comme tu veux… » Son regard balaya la pièce où ils se trouvaient et il retroussa posément les manches de sa chemise avant de s’y mettre. Il trouva ça un peu étrange de remettre à leur place des objets et des choses qui appartenaient à quelqu’un qu’il ne connaissait finalement pas si bien que ça. Mais la satisfaction de l’aider dépassa ce simple fait. Il était content de pouvoir se rendre utile et de lui renvoyer un peu la pareille pour tout ce qu’il avait pu faire pour lui durant les Années Sanglantes.

Le fumeur rassembla quelques documents et observa deux détails particuliers. Il avait compris et analysé à la disposition de chaque chose le passage des voleurs, leur logique. Il pouvait redessiner leur déplacement avec précision leurs allers et venues ici. Mais ça ne servait concrètement à rien de rejouer la scène. Par contre, le gant qui trainait là… Comment pouvait-il être certain qu’il s’agissait d’une preuve ? L’odeur. Certes, son odorat ne valait pas celle des loups, ni celle des métamorphes chiens. Mais son intuition comblait en bonne partie à ce manquement et malgré tout, ses sens étaient bien plus affutés que les humains lambda. Peut-être que ça appartenait à d’autres visiteurs – peut-être pas. Vu l’emplacement de l’objet, il y avait des chances pour que ça ne soit pas à Mike. Prudemment, il se releva pour rejoindre son acolyte et l’interrompit dans sa tâche. « La police a fait une fouille complète de l’endroit ou ils se sont contentés de vérifier l’effraction et c’est tout ? Parce que… » Il trouvait ça un peu dingue d’être persuadé à ce point que cette chose était un indice. « Je crois que j’ai trouvé quelque chose… Après je peux me tromper mais… Enfin, tu sauras mieux que moi du coup. Ça serait bête de passer à côté de ça… » Il lui indiqua d’un signe de main ce qu’il voulait lui montrer. « Je ne sais pas si… Enfin… Si ça pourrait même aider mais… C'est un début. » Ce besoin de justice le poursuivait étrangement. Il avait définitivement passé trop de temps avec Jodie. A moins que ça ne soit que son amitié pour le loup qui le fasse penser de la sorte ? Peu importait. Des amateurs pareils ne méritaient pas de s’en sortir aussi simplement. Aucune morale et aucune subtilité. Ils valaient mieux les arrêter là.
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MessageSujet: Re: Left in the dark [Livre II - Terminé]   Ven 14 Mar - 10:08


LEFT IN THE DARK
Mike ~ Camille





 « Tu es certain ? Parce que je peux t’installer ça vraiment rapidement… »

Mike agita brièvement la tête de droite à gauche en souriant. Oh il ne doutait pas une seconde que le changeur aurait put lui poser la porte blindé dans les plus bref délais mais pour le moment il voulait juste de la compagnie. Rien n’était simple dans sa vie ces derniers temps. Rien. Charlie lui avait tiré beaucoup de soucis et il était presque certain qu'elle était sur le point de s’attirer d'autre ennuis sous peu. Mirah... c'était compliqué, l'avoir retrouvée pour la perdre à nouveau n'était pas ce qu'il avait prévu, loin de là. La meute ? Il ne voulait pas y penser aujourd'hui. Rien n'était simple. Rien ? Si rester ici à discuter simplement avec quelqu'un qu'il appréciait et ne cherchait pas à le juger ou s’apitoyer sur son sort était quelque chose d'apaisant. Un petit peu de calme dans sa vie tourmentée. Alors la porte attendrait, le métamorphe finirait de réparer cette serrure là en partant et le reste attendrait.

Il fut soulagé que Camille embraye sur un ton plus léger comme il craignait de se laisser aller à penser à son fils à nouveau. Son invité n'avait pas dit un seul mot quand il avait évoqué le nom de Sam et le quadra lui en était reconnaissant, il n'avait pas besoin de l'entendre dire qu'il était désolé, ou qu'il compatissait ou pire encore, qu'il le soutenait dans ses projets de vengeance. Un chien, quelle drôle d'idée, ça aurait probablement été logique s'il avait été humain après tout, mais il avait étalé les arguments qui l’empêchaient d'avoir recours à ce genre de compagnons à fourrure pour briser la solitude qui était son quotidien.

« Tu m’en vois ravi. Je ne suis pas un grand fanatique de la domestication des animaux. Mais je
suppose que je ne suis pas objectif sur la question. »


Le loup laissa échapper un petit rire.

« J'imagine en effet . . . »

Comme il suggérait à présent de se mettre à l’œuvre, non pas sur la serrure, mais au rangement de la pièce comme il l'avait proposé plus tôt, le conférencier eu l'idée de partager les tâches. Debout, ils observaient maintenant plus posément l’étendu des dégâts, exception faite des meubles, le salon était en meilleur état que la cuisine, il le laissa donc au français, il n'avait pas à lui imposer de réparer le massacre que sa colère lui avait fait faire dans la cuisine. Cuisine où il commençait déjà à rassembler les morceaux de vaisselle et le verre brisé. Assiettes, verres, débris du micro-ondes et du mixeur...il commençait à calculer ce que son saut d'humeur aurait pu lui coûter si l'assureur avait été suffisamment malin pour comprendre que les cambrioleurs n'étaient pas à blâmer pour tout ça. Du placard, il sortit un large sac poubelle et entreprit d'y engouffrer les plus gros morceaux, il ramasserait le reste à la balayette. Le jeune homme vient l'interrompre dans son nettoyage, un instant il se demanda s'il n'allait pas se défiler, ce qui aurait été légitime après tout, rien ne l’obligeait à l'aider.

« La police a fait une fouille complète de l’endroit ou ils se sont contentés de vérifier l’effraction et c’est tout ? Parce que… Je crois que j’ai trouvé quelque chose… Après je peux me tromper mais… Enfin, tu sauras mieux que moi du coup. Ça serait bête de passer à côté de ça… »

Une fouille complète ? Non. Ils avaient vaguement fait le tour, ne prenant même pas la peine de monter à l'étage quand il leur avait affirmé que rien n'avait bougé là-haut. Le quadra n'était pas vraiment surprit que Camille ai pu repérer quelque chose qui avait échappé tant aux force de l'ordre qu'à lui même. Eux avaient été trop occupés à bâcler leur travail, ce n'était rien qu'un cambriolage avorté sans intérêt. Lui avait été aveuglé par sa colère et les efforts considérables qu'il avait fait pour ne pas la laisser prendre le dessus tout à fait jusqu'à lui faire perdre le contrôle de son loup. Le métamorphe était, non seulement bien plus calme, il était aussi méticuleux et avait une certaine expérience de la chose même si c'était dans l'autre rôle en temps normal. Le loup s’était promis de ne pas aborder ce sujet, chacun son passé et le voleur de poules qu'il était adolescent aurait été bien peu crédible à faire le moindre reproche au jeune français.

« Je ne sais pas si… Enfin… Si ça pourrait même aider mais… C'est un début. » 

Un gant. Outre de vieilles paires de moufles ayant appartenu à Sam quand il était plus jeune et les gants en cuir que son motard de frère lui avait offert à l'époque où il espérait que Mike puisse faire quelques virées avec lui, il n'avait pas ça ici. Or les paires en question étaient bien à l’abri dans leurs tiroirs respectifs et ce gant là ne lui appartenait pas. Relevant la tête vers le changeur, notre loup sentait monter une foule d’émotions qu'il aurait voulu éviter. Un hystérie qu'il ne s'expliquait qu'à moitié. Se déplaçant lentement vers le morceau de tissus, il tentait de chasser les idées qui lui venaient à l'esprit. Les pister, les trouver, les saigner... non il se devait de rester maître de lui.... Portant le gang à son nez, il sentit se dessiner un rictus carnassier sur ses lèvres.

« Mon ami . . . te souviens tu comment un loup traque sa proie ? Depuis combien de temps tu n'as pas laissé parler le loup plutôt que l'oiseau ? »

Ami ? C'était la première fois qu'il qualifiait le français de la sorte, mais il le connaissait depuis suffisamment longtemps pour justifier ce mot. Il savait de plus que si le jeune homme avait, grâce à lui, réussit à maîtriser l'art de se faire passer pour loup, c'était loin d'être sa forme de prédilection. Qu'importe, un peu d'exercice ne lui ferait probablement pas de mal.

« Laisse tomber le rangement, fait en sorte qu'on puisse fermer cette porte rapidement, je t’emmène chasser. »

Notre quadra se moquait éperdument de l'avis du métamorphe sur le coup, il avait une odeur nette dans le nez, il ne pouvait pas laisser filer cette chance. Il lui était également impossible de refréner l'envie de retrouver les hommes qui s'étaient introduits chez lui de la sorte. Se sentant toujours aussi honteux de s'être laissé prendre ainsi, il avait le sentiment qu'il devait laver son honneur en les retrouvant et en s'assurant que personne ne saurait qu'ils étaient venu piller l'appartement d'un loup pendant que celui ci cuvait son whisky. Camille. S'il n'avait pas vraiment besoin de lui pour retrouver les intrus maintenant qu'il avait mis le doigts sur la piste qu'il cherchait, le loup savait très bien qu'il perdrait le contrôle à moins d'avoir une bonne raison de ne pas le faire. Le changeur serait son garde fou.




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