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Entre chien et loup [Livre II - Terminé]
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MessageSujet: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mar 4 Fév - 17:47


ENTRE CHIEN ET LOUP
Mike ~ Charlie ~ Alan


musique optionnelle






Il avait repéré une aire de stationnement, un parking pour touristes, et s’y engouffra. Par ce temps-là il y avait peu de chance qu’il tombe sur les dits touristes. Le temps. Le temps était complètement fou ces derniers jours et Mike savait qu’il y avait quelque chose de surnaturel là-dedans. Il avait vu les créatures de l’enfer à l’œuvre pendant les années sombres, ce qu’elles étaient capables de faire, et ce climat déréglé ne lui disait rien qui vaille. Il faisait un peu plus doux en s'éloignant de la ville, mais ça contribuait juste à attiser ses craintes. C'était une preuve de plus que quelque chose se tramait. Il n’était pas le seul à s’inquiéter de ce brusque changement, les loups qu’il avait croisés quelques heures plus tôt à Wolfheaven étaient tendus, sur la défensive. Peut-être qu’ils avaient simplement senti l’odeur de ses cousins espagnols. Après tout il s’y était rendu dès qu’il était descendu de l’avion, et il portait sans doute encore la trace de son bref séjour sur son sol natal. Non, il le savait, il le sentait lui-même. Il n'avait pas pris le temps d'une douche depuis son arrivée. Madrid Glasgow, cinq heures de trajet, une escale à Amsterdam, allez chercher la logique là-dedans. Il n'avait pas cherché au plus pratique, il avait simplement pris le premier vol qui le ramènerait chez lui. Arrivé à destination il n’avait eu qu’une envie, prendre l’air. Une virée dans la nature, quelques heures à laisser son instinct reprendre le dessus. Mais il avait tenu parole et avait transmis la réponse qu’il ramenait avant toute autre chose.

Maintenant qu’il s’était libéré de ses obligations il allait pouvoir se détendre un peu. Certes il avait pu se défouler lors de sa rencontre avec les membres de son ancienne meute, quelques échanges de coups, l'accueil classique. Il n'en attendait pas moins et avait su leur rendre la monnaie de leur pièce, dans la limite du raisonnable. C'était une mission diplomatique après tout. Ça l'avait quelques peu calmé, sorte de palliatif à toutes les tensions accumulées, mais rien de suffisant. Il coupa le moteur et s’avachi dans son siège. Il s’apprêtait à couper la radio, mais le morceau qui démarrait lui fit stopper son mouvement. Mike connaissait bien cette chanson, Sam avait suffisamment passé ce vieux disque en boucle pour qu’elle lui reste dans la tête. Sam...Sam et sa collection de vynils qui prenaient à présent la poussière dans un carton.

«… take all your stuff… in every way I want you out of my life… you don’t come back… I’ll kill you if you don’t come back…»

Il ne s’était même pas rendu compte qu’il chantait. Un léger rictus vint naître au coin de ses lèvres. La nostalgie. Il ne voulait pas s’y abandonner, pas tant qu’il n’aurait pas obtenue la tête de ce vampire. Mais ce n’était pas à l’ordre du jour. Il mit fin à la bouffée de souvenirs en éteignant nerveusement le poste. Pour l’heure il avait besoin de se défouler. Laissant échapper un soupire, Mike finit par quitter l’habitacle de sa voiture. Il ferma les yeux pour profiter du vent frais qui soufflait. La soirée s’annonçait agréable. Les dérèglements climatiques qui touchaient les deux plus grandes villes du pays n'avaient pas encore atteint l'endroit. La fin de journée offrait des couleurs superbes au paysage. Son envie de succomber à l'appel du loup s'en trouva grandit d'autant plus. Comment résister quand vous avez un tel cadre à disposition?

Après avoir verrouillé les portières, on n’est jamais trop prudent, même au milieu de nulle part, il s’engagea sur le sentier. C’était un chemin de randonnée qui menait à un château en ruine. Un endroit qui ne manquait pas d’intérêt en plein été. Mike avait toujours apprécié le cynisme de ce genre de ruines. Un lieu mort retrouvant un semblant de vie à chaque saison touristique. Bien que ces dernières années le tourisme n’avait pas vraiment la cote dans la région. Les ruines, la région n'en manquait pas en revanche. Autant de lieux où il savait pouvoir trouver un peu de calme quand il en avait besoin. Ce château-là, il en connaissait les moindres secrets, c’est là qu’il avait débuté sa carrière avant de mériter un meilleur poste dans un musée. Oui, ce serait l’endroit idéal pour se laisser aller. Il avait besoin de courir, pas seulement lui, le loup aussi. Surtout le loup. Cinq heures dans un avion c’était long, très long, une après-midi à attendre qu’on le congédie c’était interminable. Il faillait qu’il lâche prise, au moins quelques heures. Rien que quelques heures.

Il se cherchait un coin bien isolé, afin d’être sûr de ne pas être dérangé, quand il perçut une odeur familière. Il s’adossa à un arbre, espérant que l’intruse passe son chemin et qu’elle le fasse vite. Non pas qu’il ait eu le moindre grief envers la jeune louve, mais il avait besoin d’être seul. Il ne pourrait décidément pas avoir une minute à lui aujourd’hui.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mer 5 Fév - 12:01




Mike & Alan & Charlie


« Vous ne comprenez pas... Je veux ressentir l'esprit sauvage, la nature, toutes ces choses et avec votre truc j'ai l'impression de regarder une coupe de fruits. Enfin bon de toute façon je vois pas à quoi je m'attendais en demandant une chose pareille à une gamine. Avez-vous seulement passé une nuit à la belle étoile, loin de toutes technologies ? »

Charlie était à deux doigts de lui faire avaler la peinture, le cadre avec. Un de ses contacts lui avaient parlé d'une personne cherchant un artiste pour lui faire un tableau afin de décorer son nouvel intérieur. Si elle avait su que cette vieille grincheuse d'un mètre vingt à binocle allait lui pourrir la journée comme ça elle aurait dit non de suite. Sérieusement, elle avait une tête de geek pour qu'elle lui sorte un tel discours ? Et puis d'abord, la nature elle la connaissait sans doute mieux qu'elle qui ne la voyait qu'en peinture ou à travers son immense bée vitrée qui avait une vue imprenable sur la forêt.

« Mouais... Vous savez quoi ? Je prends ma coupe de fruits, je me tire et vous m'oubliez. »

Elle lui jeta un regard glacial avant de repartir, sa toile sous le bras. Elle ne manqua pas de claquer la porte d'entrée avant de partir faisant éclater la petite vitre opaque du haut de la porte. Elle l'entendit distinctement l'insulter de l'intérieur mais ça ne provoqua qu'un sourire carnassier sur les lèvres de la jeune femme. Pour qui elle se prenait cette vieille peau ? Il lui aurait fallu un peu de poils de loups histoire que ça fasse sauvage ? Rageusement elle jeta la toile sur la banquette arrière de sa voiture et elle s'installa derrière le volant de son véhicule et après une profonde inspiration destinée à oublier la vieille folle qui ne savait pas à qui elle s'adressait.

Lorsqu'elle coupa le contact elle fut surprise en observant le paysage de découvrir où elle était. Elle avait conduit sans trop savoir où aller, à un moment de son périple elle avait du penser vaguement à maison mais l'information n'avait pas fait le tour de son cerveau. Elle soupira, quitte à être dans le secteur autant en profiter pour se défouler. Elle sortit rapidement de l'espace confinée de sa boite à yaourt, un miracle que ce truc tienne encore sur ses quatre roues et qu'elle ne se soit pas tuée dedans. Mais bon elle avait d'autres dépenses à faire que de se payer une voiture flambant neuve. Et ce contrat qui venait de s'envoler en fumée parce que la cliente avait simplement des verres encore trop fins pour voir que le travail qu'elle avait eu son nez c'était digne d'être accroché au Louvre, rien que ça, elle était modeste en plus de ça.

Pour une raison mystérieuse, elle prit le tableau sous le bras et commença à remonter vers les ruines. Elle s'arrêta net en plein milieu du passage en sentant l'odeur d'un autre loup. Trop frais pour qu'il soit déjà parti mais en même temps s'il ne se montrait pas c'était peut-être parce qu'il avait besoin d'être seul ou qu'il comptait profiter de sa présence pour lui faire du mal. Il y a quelques temps elle aurait trouvé cette idée absurde, ça ne lui aurait même pas traversé l'esprit à vrai dire. Mais maintenant elle doutait, la meute n'était plus aussi unie qu'auparavant et la trahison était possible entre eux. La fin d'une ère selon l'asiatique. Mais comment faire, elle sentait qu'elle risquait de perdre si elle affrontait directement le loup qu'elle pouvait sentir.

Mais alors qu'elle commençait à songer à une solution elle sentit le vent lui apporter une nouvelle odeur. Merde, elle nota la direction dans laquelle le loup avait du se diriger et elle prit la direction opposée. Charlie jeta le tableau qu'elle avait pensé brûler quelque part histoire de ne plus repenser à la scène de la vieille à lunettes, elle retira en quelques secondes le surplus de vêtements qu'elle ne voulait pas déchirer. Alors qu'elle retirait son débardeur elle amorça la transformation, le pantalon glissa le long des pattes fines de la louve avant de tomber en masse informe.

Sans un bruit la louve se glissa parmi les arbres pour revenir aux abords du chemin où toutes les odeurs se mêlaient. Comment autant de monde avait eu l'idée de se retrouver dans le coin. Cachée sous un buisson d'une plante particulièrement mal odorante elle observa la scène qui allait suivre en tentant de retenir un éternuement qui lui chatouillait les narines.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mer 5 Fév - 22:07




Mike & Alan & Charlie


Depuis l'intervention de la Reine à la convention scientifique qui avait failli sonner le glas de l'anonymat de mon espèce, je recommençais à mal dormir. Insomnie ? Non, pas spécialement. Juste des cauchemars qui me laissaient en sueur et perclus de courbature assez tôt le matin, en étant incapable de me rendormir posément. Le berger allemand peinait auparavant à supporter la buse, alors depuis que le tigre s'était imposé à moi comme une évidence, le conflit allait croissant entre mon animal de prédilection depuis plus de vingt cinq ans, et le fauve qui avait débarqué dans ma vie fin août. Et au milieu des deux, la buse paniquait, voletait dans ma tête comme un oiseau pris au piège dans une cage et cherchant à tout prix à s'en échapper, réduisant à néant ma sérénité et le calme requis pour dormir habituellement. Et tout cela avait pour conséquence une irascibilité et une absence totalement de patience dont mes élèves de première année de licence venaient d'expérimenter. L'amphithéâtre était silencieux. Etrangement. Je venais de m'énerver, et de virer de cours une petite dizaine d'élèves dont j'avais pris les numéros d'étudiants et qui risquaient de devoir aller directement en deuxième session puisque j'avais clairement fait comprendre que je ne voulais plus les voir dans mes cours magistraux. Mon regard orageux parcourut les rangées à la recherche d'autres éléments perturbateurs qui auraient la mauvaise idée de se faire remarquer. « Pas d'autre volontaire ? Je reprends donc. » Mes doigts glissèrent sur la télécommande qui me rappelait d'ailleurs un peu trop celle de la convention, et firent apparaître un nouveau slide que je commençai à présenter. Jusqu'à ce qu'une question me coupa à nouveau la parole. Mes yeux se posèrent sur l'importune, la mettant au défi de réitérer sa question, et me contenant à grand peine de lui aboyer un quoi? qui aurait corroboré toutes les insinuations comme quoi Dougal était vraiment un loup garou. Oui, un loup garou, professeur ! C'était honteux, c'était dangereux, c'était... « Est ce que vous pouvez rappeler la différence entre le phénotype et le génotype ? » Pardon ? Elle était sérieuse, là ? Mais elle avait eu où, son bac ? Dans une pochette surprise au fast food le plus proche ? Mes sens exacerbés captèrent quelques soupirs agacés d'autres élèves, et je la regardai droit dans les yeux. « Non. En revanche, je vous propose d'aller lire Mickey avec ceux qui sont déjà sortis parce que si vous ne connaissez pas ces notions élémentaires, vous n'allez rien suivre. Merci. » Et je recommençai à nouveau à expliquer le plus posément possible le sujet du cours. Nous en étions à plus d'un mois après la rentrée, et la stupidité des élèves de première année de licence me laissait encore pantois. Ils ne cessaient de m'étonner, et je m'en serais bien passé.

Une heure vingt plus tard, je leur souhaitais une bonne semaine sans y penser un mot et rangeai mon ordinateur, les polycopiés restants, et tout le matériel que j'avais du disposer. Je ne me considérais pas mauvais prof, parce que mes élèves apprenaient quand même des choses, mais je savais parfaitement n'avoir aucune patience, et aucune envie d'être agréable et sympathique à leurs yeux. Je n'avais aucune envie que ça change. Je déposai tout le matériel chez les appariteurs, avant d'envoyer un cours message à Kate pour savoir où elle était et hésiter entre monter dans mon bureau reprendre les documents que j'avais laissé le temps de descendre donner mon cours, et rentrer à notre appartement. Finalement, vue l'heure et mon incapacité à me concentrer, je décidai d'opter pour une toute autre option, et avec l'habitude de la pratique, ou la pratique de l'habitude, je semai les agents de la PES qui étaient supposés me filer dès mon réveil. Ce n'était guère compliqué : il me suffisait la plupart du temps de rentrer à l'appartement et d'en ressortir sous forme canine sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Ils avaient encore suffisamment de scrupules pour ne pas se mêler de ma vie privée et me laisser tranquille lorsque je passai le pas de l'immeuble. Scrupules ou bêtises, l'idée était la même. Trois quart d'heures plus tard, j'étais en train de courir en jogging dans la campagne environnante, sans savoir exactement où j'étais en train d'aller, mais en évacuant tout le stress de la journée. Pas de papiers, pas de portable, pas d'objet de valeur : tout était sur la table basse du séjour, de manière à ce que ma femme comprenne que j'étais sorti me dégourdir les pattes. Finalement, je quittai le sentier, commençant à transpirer, avant de ralentir ma course. J'étais bien plus endurant que les humains normaux, sûrement lié au fait qu'en tant que métamorphe, je sollicitais mes muscles bien différemment et surtout bien plus souvent. J'avais l'habitude de courir longtemps et à bon train la distance qui séparait Glasgow d'Edimbourg, alors errer dans la campagne ne me posait pas de problème. Le temps de reprendre mon souffle, j'analysai toutes les odeurs de la forêt qui titillaient mes papilles olfactives. La mousse, les champignons, quelques animaux que je cataloguai instantanément avec l'étiquette proies. Rien de dangereux. Le vent dans le dos, m'en apercevant un peu tard, je débouchai dans une clairière.

Je m'étais un peu trop reposé sur mon odorat.

Mes yeux remarquèrent aussitôt la silhouette humaine, et je ralentis progressivement ma course, pour m'arrêter à quelques mètres de l'individu. J'hésitais. Continuer ma route comme si de rien n'était, ou interpeller celui qui n'avait rien à faire là ? J' humai l'air discrètement, penchant légèrement la tête comme un chien de chasse sans m'en rendre compte. J'avais parfois que très peu conscience de reproduire le langage corporel du chien lorsque j'étais humain, m'en apercevant seulement lorsque je peinais à redresser ou aplatir mes oreilles. J'hésitais depuis trop longtemps, dans tous les cas, pour passer mon chemin. Je me contentai juste de le toiser du regard. Le vent n'était pas dans le bon sens, je n'arrivais pas à percevoir son odeur. En revanche, il avait la mienne dans la figure, et j'espérais vraiment qu'il n'avait rien contre les métamorphes, et encore moins contre les métamorphes berger allemand.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Fév - 10:48


ENTRE CHIEN ET LOUP
Mike ~ Charlie ~ Alan




L’odeur de la louve se rapprochait, elle allait passer, le voir, engager la conversation. Il allait perdre un temps précieux. Il était juste venu se défouler et voilà qu’il allait devoir se plier aux règles sociales de bases, bonjour, des nouvelles, belle soirée n’est-ce pas ? Ou peut-être pas finalement. Mike se laissa aller à un soupir de soulagement quand il crut sentir s’éloigner l’odeur de la jeune louve. Puis l’odeur s’intensifia, il avait suffisamment d’expérience pour comprendre qu’elle venait de se transformer. Sans doute avait elle eut la chance de se trouver une ombre tranquille où se camoufler. Elle lui aurait alors gâché sa soirée à lui tout en profitant de la sienne. Mais après tout, elle allait du coup s’éloigner, partir de son côté, l’odeur était d’ailleurs devenue floue, et lui il allait pouvoir se laisser aller à son tour.

Seulement voilà, cette soirée était décidément sous le signe de l’imprévu. A peine sa congénère était-elle sortit de son champ de perception, qu’une nouvelle odeur parvint à ses narines. Une odeur qu’il n’arrivait pas vraiment à cataloguer. Était-ce un animal qui sentait l’humain ? Était-ce un humain qui sentait l’animal ? Non il connaissait ce genre de créatures, il en avait fréquenté plus d’une ces dernières années. Celui-ci sentait le chien et la sueur et Mike n’avait pas envie de savoir pourquoi. Même si de là où il était-il ne pouvait pas l’avoir senti, le métamorphe l’avait probablement déjà aperçu, il pouvait lui-même le voir depuis sa position. Il était trop près pour ne pas l’avoir repéré. Il y avait aussi cette étrange impression, quelqu’un d’autre le fixait. En d’autre circonstances, il aurait pu le jurer mais aujourd’hui, la fatigue, la tension, l’accumulation de contrariétés…il n’était plus sur de rien. Mike reporta son attention sur le changeur de forme qui se tenait toujours à quelques mètres de lui. Le loup voyait plusieurs solutions. Reprendre sa marche comme si de rien n’était, sans nécessairement se donner la peine de masquer sa mauvaise humeur et passer à côté de l’autre sans s’arrêter pour aller enfin se trouver un endroit désert et calme. Ou peut-être se laisser aller, ici, maintenant, pouvoir se défouler vraiment. Mais ils étaient censés être alliés et Mike ne souhaitait pas attirer l’attention sur lui, pas de cette manière. Il devait se faire petit s’il voulait obtenir l’aval des leaders, l’autorisation d’abattre sa cible. La dernière option était de refréner ses instincts et faire preuve d’un peu de sociabilité. Après tout, oui, ils étaient censés être alliés. Une rencontre banale, une conversation banale.

Comme l’autre semblait hésiter, et que Mike avait fini par se convaincre que s’essayer à un peu de self contrôle ne lui ferait finalement pas de mal, il se détacha finalement de son arbre et héla l’intrus. Parce qu’intrus il était à ses yeux, tant dans son petit programme que dans ce lieu qu’il affectionnait. Le loup ne demandait qu’à s’enfuir, courir, chasser, hurler. Mais il allait devoir attendre, il devait se forcer à se maîtriser, encore quelques instants.

« Temps agréable pour un footing, pas vrai ? »

C’était complètement pathétique. Stupide. La phrase d’accroche, comme l’idée d’engager la conversation. Il n’avait plus de vie sociale depuis plusieurs mois. Plusieurs mois qu’il s’enfermait petit à petit dans ce cercle vicieux qui l’entraînait doucement vers la folie. Il devait relever la tête avant de perdre pied. Ici et maintenant, cette conversation qu’il se forçait à tenir, il savait que c’était une étape indispensable. Mais bien qu’il se soit auto convaincu que tout ceci était nécessaire, Mike était nerveux. Et cette désagréable sensation qu’on l’observait n’arrangeait rien. Il tenta néanmoins d’afficher un sourire. Ça sonnait faux et il le savait, mais il faisait son possible pour donner le change.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Jeu 6 Fév - 23:33




Mike & Alan & Charlie


* Tu rêves Charlie, c'est impossible. Souviens-toi le nombre de fois que tu as rêvé le croiser par erreur ces derniers temps ! *

La louve observa les deux hommes qui se tenaient à l'écart l'un de l'autre se demandant s'ils allaient franchir le pas de se parler l'un l'autre. Mais celui qu'elle observait plus particulièrement c'était le Loup. Après quelques minutes à se demander si elle ne venait pas de sniffer un champignon hallucinogène elle fut forcée de se rendre à l'évidence que non ce qu'elle voyait était bien la réalité.

L'homme qui brisa le silence après être sorti de l'ombre des arbres, le loup qu'elle avait senti, qui avait fuit en sentant qu'elle approchait n'était nul autre que celui qui l'avait transformée. Elle sentit son cœur se fendre en songeant qu'il n'avait pas quitté le pays, il n'était pas mort dans un coin sombre... Il n'avait aucune véritable raison de ne pas l'avoir recontactée. Elle dû réprimer un grondement sourd qui menaçait de rouler dans le fond de sa gorge. Elle attendait. Quoi ? Même elle l'ignorait mais peut-être un indice lui expliquant sa soudaine disparition de ces dernières années.

Mais alors qu'elle attendait que l'autre homme lui réponde elle se déplaça pour mieux les observer et ne rater aucune réaction sur son visage. Mauvaise idée. Le buisson particulièrement malodorant dans lequel elle avait du se fourrer pour camoufler son odeur dégageait pas mal de pollen au moindre mouvement. Elle ne pu retenir un éternuement qui commençait à lui brûler les sinus. Maintenant elle était piégée comme une gamine en train de faire une connerie. Il lui restait plusieurs options :

  1. Elle prenait la fuite en sachant qu'il pourrait suivre sa trace s'il le voulait mais vu depuis combien de temps il ne lui avait pas donné de nouvelles il y avait de fortes chances pour qu'il s'en tamponne l'oreille avec un babouche si elle le fuyait.

  2. Elle montrait les crocs pour montrer son mécontentement d'avoir été ainsi délaissée. Mais ça ferait trop... jalouse comme une femme qui ne supporte pas d'être délaissée. C'était glauque de penser ainsi pour une personne qu'elle voyait plus comme un père qu'autre chose. Elle aurait rougi jusqu'aux oreilles sous sa forme humaine.

  3. Et enfin dernière option elle faisait comme si toutes ces années d'attente n'avaient pas existé avec l'espoir d'obtenir enfin une explication.


Elle avait trop hésité pour pouvoir choisir les deux premières options. Il ne lui restait plus qu'à tenter la dernière. Mais avec un minimum de fierté, elle n'irait pas jusqu'à lui. Elle sortit du buisson et observa les deux hommes droite comme un i, les oreilles rabattues mais la tête droite, qu'ils ne confondent pas elle exprimait justement clairement ses soupçons. C'était plus facile sous cette forme de s'exprimer même sans les mots.


* Pathétique... A force de faire ta fière tu vas finir par te faire griller et il te tournera définitivement le dos. *


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 20:48




Mike & Alan & Charlie


Je fixai l’homme face à moi sans contraindre une seule seconde le berger allemand au calme ni l’enjoindre à la prudence. J’étais tendu, j’étais nerveux, et j’avais de moins en moins de contrôle sur la violence qui habitait mon être en le rongeant progressivement pour libérer pleinement l’animal que je pliais depuis tant d’année à ma volonté. La buse aussi était sur les nerfs. Attentive au moindre bruit, j’en copiai les petits mouvements de tête brefs et rapides qui accompagnaient le plus infime bruit. Le vent tourna légèrement, et je retins un pas qui m’aurait permis de savoir à quelle espèce il appartenait. Pourquoi le retins-je, ce pas ? Parce qu’il venait de me parler. « Temps agréable pour un footing, pas vrai ? » Je restai une fraction de secondes silencieux, avant de répondre un désintéressé « Absolument pas. » qui ne cherchait pas à faire la conversation. Ou plutôt qui cherchait spécifiquement à ne pas attirer de réponse. Et à tuer dans l’œuf une quelconque volonté de la part de l’autre de poursuivre une conversation stérile et qui aurait simplement le don de m’énerver. Et de chatouiller le berger allemand déjà pas vraiment endormi. Charmant. Comme moi. Le vent tourna totalement, et je fus frappé par la force de l’odeur bestiale qui parvint à mes papilles olfactives. Je ne pus retenir, cette fois, un pas en arrière, alors que mon regard changeait. Je ne savais pas vraiment si j’étais encore plus tendu ou si, bien au contraire, me trouver face à l’un de mes cousins amoindrissaient ma méfiance. Je ne savais que dire de plus, et cela se sentait, tout comme le fait que je ne savais pas du tout quelle attitude aborder. Une odeur très forte de métamorphose frappa mes papilles, et avant même qu’elle apparaisse, parce que c’était une femelle, sans le moindre doute, je tournai mon attention sur les fourrés. Du bruit, qui avait fait sursauter mon ouïe, mais surtout la force du vent. Pourquoi ne l’avais-je pas perçue plus tôt ? Parce qu’elle était une louve, et qu’une louve à l’instar des bergers allemand savait disparaitre en un soupir dans son milieu naturel : la forêt. Mon attention se partagea entre la louve transformée et le loup qui daignait encore être humain. Oreilles rabattues, tête droite, mes yeux se plissèrent devant cette attitude que je décryptais aussi facilement que je pouvais respirer. Et me transformer. Je me retins de justesse de montrer les crocs, en me souvenant que je n’étais pas transformé. Ma méfiance augmenta d’un cran. Je me voyais déjà pris en étau par deux loups œuvrant contre l’alliance et contre mon espèce. « Qu’est ce que c’est que ça ? Un colloque ? Une réunion ? » Mais qu’est ce que vous foutez là ? Un loup, passait encore. Deux : le tigre, le berger allemand, la buse, en bref le métamorphe, s’inquiétaient. Et ça se ressentait dans mon comportement. Sans que ce ne soit pour autant une surprise, connaissant mon caractère. Je me campai sur mes positions, affirmant dans le langage corporel canin que je ne comptais absolument pas céder de terrain et que, mieux encore, j’étais prêt à défendre un territoire qui ne m’appartenait pas. Toujours aussi aimable, je poursuivis : « Vous êtes de quelle meute, cousins ? Angleterre ? Ecosse ? » Je n’aimais pas les loups. C’était quelque chose qui me poursuivait depuis plus de sept ans. Je n’aimais pas les loups, parce que j’avais cru faire partie de cette espèce pendant de nombreuses années, parce que je me retrouvais beaucoup trop dans leur violence, parce que j’avais peur d’un jour leur ressembler, et parce que tout en moi méprisait leur hiérarchie rigide qui allait à l’encontre de la liberté et de l’indépendance inscrites toutes les deux dans mes gènes que j’avais étudiés si longtemps. Et si j’étais déjà très méfiant face à des loups, depuis les évènements de Wolfheaven, et ma discussion avec Mary, ma méfiance s’était accrue dangereusement. Excessivement aussi ? Non. J’avais bien compris que la meute des loups n’était pas aussi soudée qu’elle ne voulait le laisser croire. Loin, très loin même, de là. Et tous les traîtres étaient originaires de la meute d’Angleterre. C’était significatif.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Sam 8 Fév - 22:56


ENTRE CHIEN ET LOUP
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Comme il avait pu s'y attendre, et vu le ridicule de sa tentative d'engager la conversation, la réponse du métamorphe n'était pas des plus courtoises. Visiblement il n'avait pas l'intention de poursuivre le dialogue, ce qui d'une certaine manière, ne dérangeait pas Mike outre mesure à condition qu'il passe son chemin. Ainsi lui pourrait enfin faire ce pourquoi il était venu et l'autre pourrait terminer son footing, et chacun passerait la soirée plus ou moins agréable qu'il avait prévu.

« Absolument pas. »

Cela avait le mérite d'être clair. Tout comme sa réaction, son léger recul quand le vent tourna. Il n'avait donc pas reconnus plus tôt ce à quoi il avait à faire. Mike s'en étonna quelque peu, mais le temps et le vent étaient très certainement à blâmer plus que le manque d'observation de son interlocuteur. Il lui sembla que l'autre était nerveux, il ne sentait pas la peur, non, ni ne semblait sur le point de lancer une quelconque offensive... non c'était simplement un homme pour qui ce n'était pas le jour. Ça leur faisait bien un point commun de plus, ça et la bête assoiffée de liberté en eux. Le loup n'eut pas l'occasion de pousser l'analyse plus loin.

La louve qu'il croyait partie ne l'était pas. Elle venait de faire son apparition un peu plus loin. Une entrée remarquable, comme il l'avait déjà vu faire. Quelques souvenirs refirent surface, qu'il refoula aussitôt. Ce n'était pas le moment. Seulement cette fois, elle ne semblait pas d'humeur. Elle avait ses raisons aussi, après tout, il l'avait grandement délaissée, laissée de coté, fuit, ces derniers temps.

« Charlie... »

Mike avait prononcé son nom, comme murmuré. Pas qu'il ne souhaitait pas être entendu, c'était plutôt des paroles prononcées machinalement. Comme un vieux réflexe. Comment avait il put croire un instant qu'elle accepterait d'être laissée pour compte sans chercher à revenir ? Elle se tenait là, sous sa forme de louve qu'il l'avait sentie prendre plus tôt, dans une posture qui masquait mal sa gène et toutes les questions qu'il avait laissées sans réponses. Pourquoi ne voulait-elle pas simplement comprendre qu'il ne voulait pas la mêler à ce à quoi il se préparait ?

« Qu'est-ce-que c'est que ça ? Un colloque ? Une réunion ? »

Il se tourna de nouveau vers l'autre qu'il avait presque oublié. Mike était dans une position qu'il aurait aimé évité. Ce n'était pas dans ces circonstances qu'il avait espéré renouer avec Charlie, mais il devait surtout rassurer le joggeur du dimanche qui se trouvait au milieu et qui semblait s'inquiéter de la situation. C'était décidément loin d'être l'idée qu'il se faisait de sa soiré. Il reporta son regard sur la louve tout en lâchant à mis mots un simple

« Non...purement fortuit... »

sans se rendre compte que sa voix dénonçait l'état dans lequel il se trouvait à présent. Le loup commençait à s'impatienter dangereusement, la tentative de se concentrer sur une conversation se soldait par un échec et l'arrivée de Charlie qui ne semblait pas décidée à partir sans avoir eu ce qu'elle voulait n'arrangeaient rien. Mike prit le parti de gérer les problèmes l'un après l'autre, s'il ne voulait pas être forcé de faire quelque chose de regrettable, c'était la meilleure chose à faire. Il s'apprêtait à faire un pas en direction de la jeune louve quand le métamorphe, de plus en plus nerveux, surenchéri.

« Vous êtes de quelle meute, cousins ? »

Cousins, celui-ci était donc de ceux qui assumaient leur lien, c'était plutôt une bonne chose au vu de la tournure que prenait la rencontre.

« Angleterre ou Écosse ? »

Curiosité ? Besoin de se rassurer ? Simple manière de tenter de détendre l'atmosphère ? Vu le ton employé, ce n'était certainement pas la troisième option. La question restait bien étrange cependant. Qu'elle différence cela pouvait-il faire aux yeux d'un, certes cousins, mais non moins étranger à la meute ? Le loup ne lui lança qu'un bref regard en coin en lui répondant, ne voulant pas risquer de lâcher sa jeune protégée des yeux trop longtemps.

« Techniquement il n'y a plus qu'une seule meute. Mais je...nous ! Nous sommes issus de la branche écossaise. »

Puis il finit par faire le pas retenu plus tôt vers la louve. Il devait trouver quelque chose à lui dire, lui faire comprendre qu'il acceptait de lui parler puisque de toutes façons elle l'avait quelque peu coincé, mais que pour le moment elle devait attendre un peu. Attendre... pouvait-elle encore attendre ?

« Charlie... »

Il avait à nouveaux murmuré. Il savait qu'elle pouvait certainement l'entendre de toutes façons, il n'arrivait simplement pas à trouver les mots. Elle devait se sentir trahie au plus haut point et ça le mettait encore plus mal à l'aise. Mike ferma les yeux pour tenter de retrouver ses esprits et se calmer quelque peut, puis il laissa échapper un nouveau soupire. Plus long, comme pour évacuer les pulsions qu'il tentait de retenir depuis trop longtemps déjà. Que pouvait-il dire ? Qu'il avait peur que ce qu'il se devait de faire la blesse ? Cela serait loin d'être suffisant et il le savait. Il cherchait désespérément ses mots. Lui qui pouvait parler à des foules entières des heures durant, il n'arrivait soudainement pas à aligner deux mots à l'attention de celle à qui il avait tourné le dos. Et l'autre à coté de lui qui dégageait toujours une nervosité dont il n'avait clairement pas besoin.

« Détend toi "cousin", je ne suis pas cannibale. »

Les mots étaient sortis sans que Mike ne sache vraiment d'où ils venaient, mais cette fois à haute et intelligible voix. Il refréna aussitôt le rire nerveux qui suivi. Pour tenter de nouveau de s'adresser à sa congénère qui les fixait toujours. Cette fois, comme si se laisser aller au cynisme venait de le libérer d'un poids, il réussit à s'adresser à elle.

« Je ne vais nulle part. Je sais ce que tu attends, mais crois-tu vraiment que le moment est bien choisi ? »

Attendre, il lui demandait d'attendre, encore un peu. Il doutait qu'elle apprécie, mais il n'avait pas vraiment envie d'étaler sa vie devant l'intrus. Attendre. Lui aussi allait devoir attendre encore un peu. Encore un peu avant de pouvoir à son tour se glisser dans la peau du loup et courir la lande comme son instinct le dictait. Encore un peu. Il lâcha un nouveau soupire.




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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 1:32




Mike & Alan & Charlie


Charlie fut plutôt satisfaite de l'effet qu'elle venait de provoquer en surgissant de l'ombre. Le métamorphe semblait soudain plus mal à l'aise qu'à l'origine. Deux loups contre lui. N'importe qui aurait faibli face à cette situation mais tout de même il gardait une certaine contenance avant de savoir à quoi s'en tenir. A la réflexion si c'était vraiment un piège contre les métas elle lui aurait montré les crocs directement et elle aurait profité de l'effet de surprise pour lui sauter dessus. Au lieu de ça elle restait immobile en attendant l'autre réaction. Celle de Mike.

La louve ne le lâchait pas du regard, cette fois-ci il ne partirait pas sans qu'elle ne lui ai dit certaines choses. Parmi ces choses il y avait surtout une grande scène d'engueulade où elle lui hurlait un monumental : Pourquoi bordel ? Si elle devait lui arracher une jambe pour qu'il reste elle le ferait. Elle souffrait trop de son absence. La louve se calma légèrement en entendant son nom être prononcé. Elle laissa échapper une plainte tout juste audible.


* On ne le laissera pas partir. *

La louve se mit en position assise, les oreilles dressées. Les deux hommes étaient tendus elle pouvait le sentir rien qu'en observant leurs gestuelles. Elle tentait de prêter l'oreille à ce qu'ils disaient pour s'en souvenir plus tard. Une question de meute. C'était d'un ennui mortel, pourquoi ce type était là ? S'il n'était pas là elle aurait pu soutirer les informations qu'elle attendait de Mike, au lieu de ça ils se retrouvaient tous sur la défensive à savoir s'ils devaient craindre pour leurs vies ou pas.

Elle entendit à nouveau son nom dans un vague murmure mais c'était suffisant pour qu'elle se tienne sagement. Elle relâcha la pression de ses oreilles en le voyant amorcer un pas dans sa direction. Il n'avait pas l'intention de la fuir maintenant ? Elle entendit la mot cannibale et ce fut suffisant pour qu'elle se redresse. Bordel, elle avait du mal à se concentrer. Le langage humain était compliqué sous cette forme, ses pensées étaient focalisées sur d'autres choses. Des choses moins superflues qu'une rencontre opportune et de la question de savoir s'ils étaient ennemis ou non.


* C'est pas comme ça qu'on aura des réponses. Je reprends le contrôle. *

Elle lui jeta un regard perçant qui signifiait : "si tu bouges je te traque jusqu'à ce que je remette la main sur toi" avant de repartir d'où elle venait. Elle disparut parmi les arbres après s'être assurée que le métamorphe n'allait pas tenter quoi que se soit. Lorsqu'elle fut sûre d'être à l'abri des regards elle reprit sa forme humaine dans un craquement familier. Elle ne perdit pas une seconde, elle avait l'esprit clair maintenant et le message venait d'atteindre ses neurones : Mike était là. Il lui avait dit qu'il n'irait nul part qu'elle devait juste attendre.

C'était toujours pareil de toute manière avec les grands : ce n'est jamais le bon moment de parler. Bon après réflexion c'était vraiment pas le bon moment. Elle récupéra ses habits avant de faire demi-tour sans prendre une seconde pour souffler. Elle était presque revenue sur le chemin lorsqu'elle tenta d'enfiler son pantalon. Sautillant sur un pied tout en continuant de s'approcher, elle capta leurs odeurs comme un signe qu'ils n'avaient toujours pas bougé. Elle prit quelques secondes pour réfléchir à ce qu'elle allait lui dire, elle avait imaginé cinquante scènes différentes peut-être même plus mais là ça ne correspondait à rien qu'elle n'avait imaginé. Ces quelques secondes furent suffisantes pour qu'elle oublie de regarder où elle mettait les pieds. Son seul pied d'appui buta contre une racine et elle perdit l'équilibre. Elle finit son chemin en mode roulé-boulé.


« Bordel de merde... »

Elle avait la classe n'empêche. Première irruption elle sortait d'un buisson puant en éternuant. Et maintenant elle venait d’atterrir face contre terre, pieds-nus, les cheveux en bataille, son pantalon à peine remis sur son postérieur... Bref, elle était une vraie catastrophe ambulante. Elle se tortilla pour finir de mettre son pantalon avant de se relever, le souffle court. Elle jeta un coup d’œil au duo en essayant de se rappeler de ce qu'elle avait entendu. Les bras croisés sur sa poitrine elle remettait les choses dans l'ordre. Numéro un, elle venait de remettre la main sur Mike après autant de temps à le chercher. Numéro deux, elle devrait ronger son frein encore quelques temps, elle sentait l'animal grogner à l'idée de la frustration qui montait en flèche. Numéro trois, tout le monde devait se détendre.

« Écoutez, soyons clair personne ici ne semble contre l'alliance. Moi c'est Charlie... »

Elle essayait de prendre un ton aimable. Doucement elle glissa vers Mike comme pour se cacher derrière lui quand elle était une jeune louve et qu'elle ne comprenait pas encore toutes les coutumes de la meute. Non pas qu'Alan représentait un danger immédiat à son goût mais elle voulait garder du retrait pour qu'il ne se sente pas en danger. De là où elle était elle ne pouvait pas prétendre l'attaquer parce que si elle le faisait elle serait gênée par Mike.

« Faudra qu'on parle... » dit-elle dans un murmure à l'attention de Mike.

C'était plus un ordre qu'autre chose. Elle se sentait mal d'agir de la sorte, elle n'était pas du genre à se rebiffer surtout contre ses aînés, les aînés pour qui elle avait de l'estime par dessus tout. Mais c'était nécessaire, elle avait le droit de lui demander des comptes, non ? S'il lui avait donné une raison elle n'aurait peut-être rien dit mais là il s'était contenté de s'évaporer dans l'air sans un mot.

Son regard se reporta sur le métamorphe. Elle connaissait pas mal de métas mais lui elle était quasi certaine de ne jamais l'avoir vu. Si elle parvenait à obtenir son nom, ce n'était pas gagné vu la manière dont il avait repoussé la tentative d'approche du Loup, elle demanderait des informations à son sujet.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Dim 9 Fév - 20:52




Mike & Alan & Charlie




Que m’arrive t il donc en ce soir de semaine, pourquoi suis-je ainsi : agressif et hautain ? En tout cas une seule chose à mes yeux est certaine : de la transformation je ne suis pas très loin. Aimable c’est le mot qui est mon antithèse, ce soir encore plus qu’habituellement. Un loup, deux loups, me voilà mal à l’aise : je veux montrer les crocs de mon berger allemand. Tout mon corps est tendu et recherche le piège que viennent de me tendre mes cousins génétiques. Piège ? Car oui, c’est certain, c’est ainsi que j’explique la présence de deux loups dans cette forêt vierge. Une vraie journée pourrie ne pouvait s’achever par un point positif, me voici dépité. Sur les nerfs, agressif : c’est mon corps qui exprime : j’étouffe la discussion, en deux phrases la réprime. Que ce loup soit vexé, je ne m’en soucie pas.
« De quelle meute êtes vous, Angleterre ou Écosse ? » Ma méfiance décroît : l’origine est la bonne. J’ai moins à me soucier de deux loups écossais que de loups britanniques qui se seraient perdus. Une seule meute, dit-il ? Mes sourcils se froncent. Je ne considère pas unie la meute de loup-garou à laquelle mon sang et mon nom veulent m’allier. Si d’une cohésion j’en vois un jour une once, ce ne sera qu’après qu’une guerre ait débuté. A ce que j’ai compris de ma conversation avec la Lupa concernant leur Ulfric, les traîtres étaient anglais : belle motivation pour ne pas apprécier tous les loups britanniques. Conclusion trop hâtive et stress en plus en prime ? Certes, j’en suis conscient, mais la survie, j’estime, est toute prioritaire dans de telles circonstances. Charlie, Charlie, Charlie, voilà qu’il recommence. Ce nom, toujours ce nom murmuré en silence, résonne à mes oreilles et mes sens canins. « Détend toi donc "cousin", je ne suis cannibale. » Pardon ? Que dit-il là ? Est-ce à moi qu’il s’adresse ? « Ce ne serait pas nouveau qu’un loup veuille se repaître de la chair et du sang d’un de ses congénères. » Aimable, encore fois, je n’le suis vraiment pas. Détestable plutôt si on veut faire des rimes. Je ne suis pas d’humeur, qu’il cesse de me suivre. Même si la mauvaise foi me dicte mes propos, je refuse d’essayer d’être bien sympathique. La louve disparait dans un beau brouillard gris, je reste silencieux : vaut-il mieux que je parte ? « Bordel de merde... » Pȝtain de cȝn, oui, moi aussi j’en connais ; que veut-elle nous prouver ? Je fronce les sourcils, sa jeunesse m’a surpris : une humaine naïve pour la guerre transformée ? « Écoutez, soyons clair personne ici ne semble contre l'alliance. Moi c'est Charlie... » Vous êtes ensemble ? Allons bon, cher Alan, tu te penses malin ? A faire de l’humour, pauvre petit cousin. Tu es là spectateur, reste silencieux : « Faudra qu'on parle... » Non, étonnant, vu les non-dits. « Il y a des comptes à régler entre vous deux. » Simple constat qu’ici j’expose : « Faites le donc maintenant, c’est un conseil avant que tout explose. »


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 16:05


ENTRE CHIEN ET LOUP
Mike ~ Charlie ~ Alan





« Ce ne serait pas nouveau qu’un loup veuille se repaitre de la chair et du sang de ses congénères. »

Et voilà que le métamorphe, dont il ignorait toujours le nom, se mettait à faire de l’esprit. Il venait de lui répondre, toujours sur ce ton froid et cynique. Il était stressé, inquiet de la situation, nul besoin d’être particulièrement observateur pour le voir, mais il s’évertuait à ne rien faire pour détendre l’atmosphère. En d’autre circonstance, Mike aurait pu croire qu’il cherchait au contraire à aggraver la situation. Mais pour le moment, son souci principal était Charlie. Il fit une nouvelle tentative pour décrisper le joggeur.

« Peut-être… mais il me faut une bonne raison avant de m’en prendre à un de mes semblables. »

Plus loin la louve avait bougé. Voilà qu’elle disparaissait de nouveau. Certainement pour revenir sous une forme avec laquelle elle pourrait pester à loisir tout en étant certaine qu’il la comprenne bien. Car il en était certain, Charlie allait pester, râler, déballer toute la rancune qu’elle avait accumulé ces derniers mois. Le quadra espérait que la jeune louve ai compris ce qu’il lui avait dit. Il lui promettait des réponses, mais elle allait devoir faire preuve de patience pour les obtenir. Il ne lui promettait en revanche pas un retour à la normal. C’était quelque chose qu’il ne pouvait pas envisager, pas encore. Il ne s’imaginait pas reprendre le cours normal de sa vie avant d’avoir eu le responsable de la mort de son fils. Ni même après d’ailleurs. Il commençait à craindre de ne pouvoir reprendre le contrôle de sa vie, même une fois la vengeance obtenue.
La jeune femme revenait, sous sa forme humaine à présent comme il s'y attendait. Il l’avait entendue jurer quelques instants plus tôt, était rouge de honte, et sentait la poussière. Elle était toujours aussi maladroite, tant dans ses gestes que ses paroles.

« Ecoutez, soyons clair personne ici ne semble contre l’alliance. Moi c’est Charlie… »

Puis elle s’était placé de façon à ce que lui se retrouve entre elle et l’intrus, comme une enfant apeurée se cacherait derrière un père. Mike ne supportait pas qu’elle fasse ce genre de chose. Il y avait longtemps qu’elle n’avait plus d’excuses pour agir comme une enfant. Il le lui fit comprendre d’un regard réprobateur accompagné d’un signe de la tête l’invitant à se placer ailleurs. Charlie ne bougea pas d’un pouce pour autant. Elle se contenta de lui retourner un regard noir.

« Faudra qu’on parle… »

Le ton était sans appel mais était-ce nécessaire ? Lui restait-il la moindre autre option ? Il ne pouvait lui en vouloir, elle avait le droit de vouloir des réponses. Mais malgré sa promesse de lui expliquer son absence, il cherchait déjà un moyen d’esquiver la conversation qu’il allait devoir avoir avec elle. Sans perdre cet objectif de vue, il porta de nouveau le regard sur le métamorphe.

« Il y a des comptes à régler entre vous deux. Faites le maintenant, c’est un conseil avant que tout explore. »

Mike tentait de prendre sur lui depuis la rencontre, il avait fait de gros efforts pour paraître au mieux aimable puisque il ne pouvait être amical. Mais là ça commençait à faire beaucoup. Allait-il faire le malin comme ça jusqu’à les pousser à bout ? Mike se surprit à imaginer la scène qui pourrait suivre, le palliatif au match retour que ses cousins espagnols n’avaient pas jugé bon de lui accorder. Comme il serait plaisant de faire taire cet impertinent… griffes et crocs…sang et poils… Mais il préféra lui sourire, amusé par l’idée qui lui avait traversé l’esprit. Avant quoi que ce soit, mieux valait-il savoir à qui ils avaient à faire.

« Mike…. et voici effectivement Charlie. A qui a-t-on l’honneur de s’adresser ? Lequel de nos cousins sort faire un footing par ce temps, sous sa forme humaine qui plus est ? »

Il avait pris soin d’employer un ton qui se voulait calme, faussement enjoué en lui tendant une main. Dernier essais pour détendre le trio improbable qu’ils formaient là, sur ce chemin désert, en cette fois d’après-midi. Puis il se décala sur le côté, laissant la jeune femme à découvert.

« On va essayer de faire court afin de t’épargner nos problèmes familiaux, car c’est de ça qu’il s’agit. »

Cette fois il se tourna vers Charlie, tournant le dos à l’autre. Qu’il essaye de faire le moindre geste suspect ou se permettre encore une remarque cynique et il lui donnerait une bonne excuse pour lâcher enfin la bête qui ne demandait que ça. Mike posa ses mains sur les épaules de la jeune femme et plongea son regard dans le sien.

« Je sais que c’est dur mais j’avais, j’ai, besoin de faire le vide autour de moi. Il y a quelque chose que je dois faire seul. Tu n’as rien fait pour mériter ça, je t’interdis de penser le contraire, mais les choses sont compliquées. »

Il n’aimait pas la laisser dans le flou mais il savait que s’il lui en laissait l’occasion elle lui proposerait son aide, ce qu’il voulait à tout prix éviter.




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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Lun 10 Fév - 23:31




Mike & Alan & Charlie


La conversation avait mal commencé et ça continuait. Parler de s'entretuer alors que personne n'avait rien fait pour paraître menaçant. Ce métamorphe pourrait avoir au moins l'obligeance de ne pas les traiter comme des bêtes assoiffées de sang. Certes, ils ne se connaissaient pas mais depuis le début c'était lui qui était sur la défensive.

Elle croisa le regard agacé de Mike lorsqu'elle se cacha derrière son ombre. Elle l'avait souvent fait quand elle se sentait mal à l'aise ou qu'elle avait peur. Là c'était juste pour éviter que le méta se sente encore plus en position de faiblesse. Mais dans le fond elle aimait bien cette place, de se dire que même s'il avait disparu tout ce temps il restait celui qui pouvait la défendre contre tout. Alors elle lui rendit un regard noir à la limite du regard haineux pour lui faire comprendre qu'elle ferait comme elle l'entendrait. Et il devrait s'y résoudre définitivement. Tant qu'il ne lui ferait pas la promesse qu'il ne l'oublierait plus elle allait lui coller aux basques et elle serait chiante à souhait comme elle savait si bien le faire.

Mais pour qu'il daigne lui dire ce qu'il c'était passé ces derniers mois il fallait qu'elle dise d'abord combien elle avait été affectée, torturée... Bref, qu'elle déballe ses sentiments et ça c'était le truc le plus dur à faire. Limite se serait plus facile de toucher son coude avec sa langue que de faire ça. Mais elle fut interrompue dans ses pensées par la bonne humeur du métamorphe. Régler leurs problèmes ? C'était quoi ? Un psy ? Elle le foudroya du regard en se mordant la langue pour ne pas lui dire ce qu'elle pensait, même si le message : FUCK YOU devait s'écrire en lettres lumineuses sur son front vu la tête qu'elle tirait.

Les mains dans les poches elle essayait de ne pas commettre d'impair pendant que Mike les présentait en lui demandant s'il daignerait enfin leur donner un nom. Lorsqu'elle entendit Mike expliquer qu'ils allaient faire court pour résoudre ce problème familial elle était un peu désemparée, elle s'attendait à avoir plus de temps pour préparer des arguments.


« Un problème familial ? C'est quand ça t'arrange ça. » dit-elle d'une voix étranglée, étrangement aiguë qui ne lui ressemblait pas.

* Super et avec ça tu vas passer pour une pauvre fille cinglée complètement hystérique. Manquerait plus que tu chiales Charlie. *

Elle sentie ses mains rassurantes sur ses épaules et elle l'écouta attentivement. Faire le vide ? Pourquoi faire ? Il lui donnait tous les droits de le détester, mais s'il se sentait réellement coupable de la laisser toute seule pour quelles raisons il le faisait quand même ? Tout ça ne tenait pas.

« Et c'était pas plus simple de le dire plutôt que de faire le mort ?! J'ai l'impression d'avoir passé des nuits à fouiller le moindre trou à rat pour que dalle mais c'est pas grave mais au moins c'est vide autour de toi. Je suis plus là pour t'embêter si c'est vraiment ça qui te foutait les glandes. »

Elle commençait à s'énerver pour cacher la peur qu'elle devait affronter ces derniers temps et toute la souffrance de voir que la personne qu'elle considérait comme un père lui tournait le dos comme l'avait fait son vrai père. Est-ce qu'elle avait un truc qui ne tournait vraiment pas rond au point que l'histoire recommence une seconde fois et maintenant la question de son "état" n'était pas en cause. Les poings serrés, elle s'écarta de Mike en lui plantant un regard plein de détresse. Elle se sentait tout d'un coup coupable de vouloir qu'il se souci d'elle uniquement.

« Je voulais pas dire ça... »

Elle se souvenait avec une pointe d'amertume que si elle avait osé faire ça avec son père, l'officiel sur les papiers, il lui aurait collé une gifle avant de trouver une des punitions les plus humiliantes qu'il pouvait imaginer. Et elle n'aurait pas bronché. Pour cette seule raison elle se sentait mal, elle n'avait jamais haussé la voix comme ça face à Mike et s'il avait besoin de se retrouver seul au point de la mettre de côté c'est qu'il y avait quelque chose de grave.

« Bref, on verra ça plus tard j'ai aucune envie d'étaler ma vie devant n'importe qui. »

Elle haussa un sourcil en regardant en direction d'Alan. Elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam et elle n'avait aucune envie qu'il en sache plus sur sa vie que nécessaire. Qu'il connaisse son nom c'était déjà assez.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mar 11 Fév - 12:32




Mike & Alan & Charlie




« Peut-être… mais il me faut une bonne raison avant de m’en prendre à un de mes semblables. » Sa réponse à mon sarcasme concernant la réputation de cannibale des Lycanthropes fut aussi froide que mon attitude était insensée. Parce que oui, bien évidemment, j’étais conscient que je dépassais toutes les limites que je n’aurais jamais franchies en temps normal. J’étais d’un naturel très prudent en général, ou plutôt je l’avais été ces dernières années, mais tout cela était désormais loin derrière moi. Ma violence et mon agressivité ressortaient de plus en plus, aidées par les événements récents, la grossesse de Kate qui m’inquiétait et mes insomnies couplées au besoin de la buse de s’exprimer. La louve avait bougé, pour revenir peu après sous forme humaine. Que faisais-je encore là ? C’était une excellente question et je n’en avais malheureusement pas la réponse. Ils avaient beau m’affirmer qu’ils n’avaient rien contre moi, j’avais envie d’en découdre. Non. Ce n’était pas moi : c’était le berger allemand, c’était le tigre, c’était la buse. C’étaient toutes mes parts animales qui s’alliaient pour réveiller encore plus mon côté agressif que j’avais tenté pendant plus de vingt cinq ans de réfréner. J’assistai clairement à un règlement de comptes, et je leur conseillai de régler ça vite. Conseil ? Ordre ? Je ne savais pas vraiment. Dans tous les cas, je fonçai droit dans le mur, comme avec la petite métamorphe il n’y avait de cela pas si longtemps. « Mike…. et voici effectivement Charlie. A qui a-t-on l’honneur de s’adresser ? Lequel de nos cousins sort faire un footing par ce temps, sous sa forme humaine qui plus est ? » Il ne me connaissait pas ? Dans un sens, je ne les connaissais pas non plus. Mais j’étais le bras droit de Camille, et j’étais officiellement un loup. Comme eux. Et je frayais avec la meute depuis près de sept ans. Vexé ? Moi ? Un peu, il fallait que je me l’avoue. Vexé d’être aussi invisible. Et vexé aussi, qu’ils me sous-estiment. Tu te fais des idées. J’avais trop l’impression de faire des faux pas pour faire profil bas à l’instant. D’autant plus que j’étais sur les nerfs et que mon footing n’avait pas réussi à me défouler suffisamment. Je me contins pour paraître non pas aimable, mais un peu moins agressif, lorsque je répondis à la question du plus âgé des loups. « Dougal, Alan Dougal. Je suis officiellement des vôtres. » Si, si. J’étais officiellement des leurs, quoiqu’ils puissent en croire. Avec un peu d’amertume, je me rendais compte que je fais d’avoir sacrifié ma carrière pour protéger l’anonymat des métamorphes, et cherché au maximum à reculer la découverte des loups garous avait été bien vu oublié par la plupart des loups. A moins qu’ils l’ignorent, mais ça n’arrangeait rien au goût amer qui ne me quittait pas. Je n’étais pas un homme parfait, loin, très loin de là. « On va essayer de faire court afin de t’épargner nos problèmes familiaux, car c’est de ça qu’il s’agit. » Problèmes familiaux ? Ils n’avaient pourtant pas d’air de famille, c’était le moins que l’on puisse dire. J’haussai les épaules, curieux de savoir de quoi il s’agissait. Et pensant aussi essayer de rattraper la première impression que j’avais pu leur faire. Visiblement, la jeune louve ne m’appréciait pas. Bien, c’était déjà ça de pris : au moins c’était plus ou moins réciproque. Je n’avais rien contre elle, mais le berger allemand se sentait directement menacé. Et visiblement, aussi, elle n’était pas vraiment dans de bonnes relations avec l’autre loup. Problèmes familiaux. Père ? Frère ? Sœur ? Fille ? Créateur C’était évident. Pourquoi ne l’avais-je pas senti plus tôt ? Parce que je me concentrais, à coup sûr, bien trop sur mon agressivité retenue. « Et c'était pas plus simple de le dire plutôt que de faire le mort ?! J'ai l'impression d'avoir passé des nuits à fouiller le moindre trou à rat pour que dalle mais c'est pas grave mais au moins c'est vide autour de toi. Je suis plus là pour t'embêter si c'est vraiment ça qui te foutait les glandes. » J’essayai de comprendre ce qu’elle voulait sous entendre. Histoire d’avoir tous les éléments en main. « Bref, on verra ça plus tard j'ai aucune envie d'étaler ma vie devant n'importe qui. » Merci. Très sympathique. Ma voix fut sarcastique : « C’est pourtant ce que tu fais… » Que dire de plus ? Pas grand-chose. Je fis un pas en arrière, pour entamer mon départ de la clairière. Je dérangeais, ils dérangeaient, aussi. Ca ne servait à rien que je reste en présence de deux de mes cousins, même si nous étions alliés, et même si officiellement j’étais l’un des défenseurs et initiateurs de cette alliance – quand bien même c’était Camille qui en était le cœur et le souffle. Je fis un nouveau pas. « Vu l’ambiance, même si j’en suis le premier responsable, il vaut mieux que je vous laisse régler vos histoires de… famille. Bonne… » Je fronçai les sourcils, en considérant à nouveau le plus âgé des deux loups. Mike. « Il me semble que l’on s’est déjà croisé, Mike… » Je fouillai dans ma mémoire. J’étais perfectionniste, j’étais maniaque, et lorsque j’étudiais un sujet – et cela amusait clairement Kate – je le faisais le plus parfaitement possible, allant jusqu’aux plus petits détails qui me passaient sous la main. Et lorsque j’avais commencé à envisager cette visite au Musée, pour certains de mes élèves en génétique, je m’étais renseigné sur les conférenciers du musée, histoire de pouvoir entre en contact avec eux pour obtenir encore plus de renseignements sur ce qu’il était possible d’emmener voir mes élèves. « Rivera. Vous êtes conférencier, non ? »


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mar 11 Fév - 15:48


ENTRE CHIEN ET LOUP
Mike ~ Charlie ~ Alan





Bien évidement, Charlie n’avait pas non plus apprécié l’intervention du métamorphe. Elle abordait une mine renfrognée et semblait s’efforcer de garder le calme. Il savait être en grande partie responsable de la rage qui émanait de la jeune louve, il ne pouvait pas le nier. Toujours sans la moindre amabilité aucune, l’intrus se présenta à son tour.

« Dougal, Alan Dougal. Je suis officiellement des vôtres. »

Le nom, Mike le connaissait bien, c’était l’une des têtes pensantes de l’alliance. Mais il n’avait jusqu’ici croisé que l’autre leader, Camille. Il perdit un instant à se demander pourquoi il n’avait encore jamais vu celui-ci avant de reporter son attention sur Charlie.

« Un problème familial ? C’est quand ça t’arrange ça. »

Mike ne s’attendait pas à autre chose de la part de celle qu’il connaissait par cœur. Elle avait bien trop de fierté et ne se laisserait pas apaiser par les quelques mots qu’il lui avait servi. L’émotion que la louve laissait paraitre dans sa voix était cependant assez rare pour qu’il ignore sa détresse. C’était précisément ce qu’il avait cherché à éviter. Il l’avait mise de côté pour ne pas lui causer la moindre peine et voilà qu’elle était sur le point de s’effondrer à cause de ce même choix.

« Et c'était pas plus simple de le dire plutôt que de faire le mort ?! J'ai l'impression d'avoir passé des nuits à fouiller le moindre trou à rat pour que dalle mais c'est pas grave mais au moins c'est vide autour de toi. Je suis plus là pour t'embêter si c'est vraiment ça qui te foutait les glandes. »

La bête gronda en lui. Elle n’avait pas le droit, pas le droit de lui parler sur ce ton, pas le droit de lui renvoyer dans les dents combien il était seul, pas le droit enfin de lui rétorquer qu’il avait mérité sa situation. L’homme en revanche était résigné. Il méritait sa colère, il méritait ses reproches, il méritait surtout qu’elle refuse de lui pardonner si facilement. Elle avait fait un pas en arrière et son expression de colère avait laissé place à une grimace de bébé chiot sur qui on aurait crié trop fort.

« Je voulais pas dire ça… »

Il aurait pu réagir de bien des façons devant la réaction de la jeune femme. En d’autre temps, d’autres circonstances, il l’aurait prise dans ses bras pour chasser la peine qu’il lui avait causée. Mais il se contenta de rester planté devant elle, affichant un regard hébété, perplexe. Incapable de réagir vraiment. Mais si lui restait quoi devant la situation, qu’il avait pourtant lui-même provoqué deux mois plus tôt en coupant les ponts avec Charlie, cette dernière en revanche semblait avoir suffisamment de sang froid pour rester attentive.

« Bref, on verra ça plus tard j’ai aucune envie d’étaler ma vie devant n’importe qui. »

« C’est pourtant ce que tu fais… »

Alan, puisque tel était son nom, avait répondu du tac au tac. Lui aussi reculait, il semblait vouloir s’éclipser. Sage décision.

« Vu l’ambiance, même si j’en suis le premier responsable, il vaut mieux que je vous laisse régler vos histoires de… famille. Bonne… »

Il s’était interrompu, fixant Mike et le dévisageant d’une manière que le loup n’appréciait pas. Il était d’ailleurs sur le point de le lui faire remarquer sans ménagement quand le métamorphe reprit.

« Il me semble qu’on s’est déjà croisé, Mike… »

Nouveau rebondissement auquel le quadra ne s’attendait pas.

« …Rivera. Vous êtes conférencier, non ? »

Mike entreprit une fouille méthodique de ses souvenirs, cherchant une précédente rencontre avec Alan, mais se rendit vite compte qu’il cherchait en vain. Il était impossible qu’il ait oublié l’avoir déjà croisé, encore moins s’il était celui qu’il prétendait être. De ce qu’il savait de l’homme, c’était un scientifique, était-il raisonnable de penser qu’il avait quelques connaissances au musée avec qui il aurait eu une discussion dont le loup aurait fait l’objet? Probablement. Il lui restait à savoir la teneur de la discussion en question.

Il lança un regard rapide à Charlie qui se tenait toujours derrière lui, comme pour s’assurer qu’elle était toujours là. C’était lui qui avait fui ces dernières semaines, mais au vu de la réaction de la jeune louve, il craignait à présent qu’elle ne lui tourne le dos. Mais elle était bien là et il put se concentrer sur la manière de répondre à ce "cousin" qui prétendait le connaitre. Il avait beau avoir atteint un certain seuil d’énervement qu’il jugeait proche du point de non-retour, la curiosité l’avait piqué au point de prendre le dessus. L’homme ni le loup ne pouvaient souffrir que cette question reste sans réponse : comment Alan le connaissait il ? Alors Mike, affichant le sourire poli qu’il réservait habituellement aux visiteurs qu’il tentait de captiver par ses discours, posa la question qui lui brûlait les lèvres.

« Qu’on se soit croisé, c’est peu probable. Je ne pense pas que j’aurais oublié avoir rencontré l’une des deux têtes métamorphes de l’alliance. Cependant, je suis surpris que tu en saches autant sur moi. Après tout je ne suis personne. Serais-tu un habitué du musée, ou simplement un sociopathe bien renseigné ? »

C’était sorti tout seul, accompagné d’un sourire un peu plus marqué à présent. Il connaissait les deux type d’impacts qu’auraient la pique qu’il venait d’envoyer et apprécierait l’une tout autant que l’autre. Soit l’autre avait un tant soit peu d’humour, ce qui semblait malgré tout être le cas vu le cynisme dont il avait fait preuve jusqu’ici. Soit il le prenait mal et ils pourraient tous trois laisser parler la rage qu’ils contenaient depuis un moment maintenant. Il espérait seulement que Charlie saurait agir convenablement quelques soit l’issus de la conversation.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mer 12 Fév - 1:21




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* Alan Dougal, rien à foutre il pourrait être la reine d'Angleterre ça me ferait autant d'effet. Casse-toi... *

Elle le pensa très fort. Au moins leur animosité était mutuelle. Si elle n'avait pas eu Mike en face d'elle elle lui aurait accordé un sourire bien crétin qui aurait mis fin à cette conversation silencieuse ou aurait mis le feu au poudre. Mais non elle devrait le supporter jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il était de trop.

Lorsque enfin il lui laissa s'exprimer à propos de ce problème "familial" elle entendit ses mots dépasser ses pensées. Même sa voix la trahissait. Corps de merd*, tête qui part en vacances à ce moment précis... Elle qui aurait voulu que les choses se passent de manière à mettre fin au débat et reprendre les choses où elles avaient été laissées c'était mal barré. Mais même des mots aussi durs ne le firent pas vraiment réagir. Elle avait l'impression qu'il était déchiré entre deux sentiments. Au moins comme ça ils étaient deux et il comprenait ce qui lui arrivait depuis deux mois. Deux mois à cauchemarder et à lutter contre les transformations. Deux mois à se reposer sur un autre loup que lui. Elle avait été obligée d'ouvrir une porte pour Hayden, pour qu'il l'aide.


* T'es nulle et égoïste là Charlie. Il avait une bonne raison. Il ne t'aurait pas laissé sans nouvelles juste pour le plaisir. *

C'est ce qu'elle se passait en boucle depuis tout ce temps pour se rassurer mais elle n'y croyait qu'à moitié. Si c'était tellement important pourquoi il ne lui en avait pas parlé ? Elle pensait peut-être pas pouvoir l'aider mais au moins elle pouvait lui apporter son soutien, son amour et soulager sa peine. Mais que dalle, il la considérait comme un chien dont on se débarrasse quand on n'a plus le temps de s'en occuper.

Elle s'excusa pour son comportement, c'était le moins qu'elle puisse faire alors que sa conscience la harcelait qu'elle n'était qu'une gamin égoïste qu'on aurait du enfermer pour lui donner une bonne leçon. Alan se sentit obligé d'en rajouter une couche lorsqu'elle décréta ne pas vouloir rentrer dans les détails devant n'importe qui.


* Ta tête sur une pique ne serait pas de trop par contre. * songea-t-elle avec amertume.

Elle n'en rajouta pas une couche parce qu'il semblait vouloir partir. Elle en aurait presque fait une danse autour d'un feu de joie pour célébrer ce soudain moment de lucidité de sa part. Elle nota sa légère pause lorsqu'il insista sur le mot "famille".


* Ben quoi connard ? T'as pas entendu que c'était à la mode d'adopter des bébés chinois en ce moment ? *

Pathétique franchement. Elle avait le souffle court et un soudain accès de rage contre lui. Depuis le début il lui tapait sur le système, elle lui avait pourtant envoyé des signaux clairs pour qu'il comprenne tout de suite qu'il n'était pas désiré. Mais non il était toujours planté là. Elle leva les yeux au ciel lorsqu'il retint son geste pour partir en disant reconnaître Mike. Super ! Des bonnes retrouvailles... Ils étaient à la fac ensemble, avaient fait un séminaire ou Dieu sait quoi ensemble ?

La nuit allait être longue s'ils se mettaient à se raconter de bonnes vieilles anecdotes. Elle n'avait pas l'intention de leur tenir la chandelle pendant tout ce temps. Plutôt se suicider à coups de cuillères doucement que de les entendre parler de trucs de vieux chiants à mourir. Oui parce qu'à eux deux cumulés ils devaient être plus vieux que ses grands parents ou arrières grands-parents... Bref ils venaient de cet âge incertain peuplé de dinosaures. Mais il suffit d'un regard de la part de son père-Loup pour comprendre qu'il n'avait pas envie qu'elle mette les voiles tout de suite. Il y aurait un deuxième round ? Ça valait peut-être le coup alors d'attendre un petit peu. Au pire elle pourrait les chambrer sur leur âge.

Elle entendit Mike répondre au métamorphe qu'il ne le connaissait pas. Ben merd* alors il sortait d'où celui-là alors ? Elle manqua de bailler lorsqu'il lui demanda si c'était un habitué du musée.


* C'est pas un habitué, c'est une pièce de musée, Mike. * songea-t-elle en rigolant silencieusement.

La suite de la phrase ne l'aida pas à effacer son sourire narquois. Un sociopathe. Se serait bien dans les cordes du vieux Loup de s'attirer un gogole cinglé. Elle se tenait prête au cas où la plaisanterie ne soit pas du goût d'Alan. Il avait l'air coincé à souhait donc les chances qu'il se vexe était grande. Mais peut-être serait-il assez intelligent pour comprendre que deux loups face à lui c'était pas une très bonne idée.


* Fais-nous plaisir énerve-toi qu'on rigole un peu. Je vais te montrer qui est cannibale ici. *

Qu'est-ce qu'elle aurait aimé être télépathe juste pour lui transmettre tout ce qu'elle pensait dans sa tête. Il suffirait d'une seule de ses remarques pour qu'il décide vraiment d'en découdre. Mais son nom ne lui était pas étranger, pourtant elle n'avait pas la faculté de retenir les trucs qu'elle jugeait inutile il devait donc être lié d'une manière ou d'une autre à des évènements importants.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Mer 12 Fév - 22:27




Mike & Alan & Charlie



Je me demandais s'ils me connaissaient un peu de nom, ou pas, ne sachant pas trop si ça valait la peine de se vexer pour cela ou non. J'étais une personne susceptible, et rares étaient ceux qui avaient le droit de jouer de cette susceptibilité avec moi. Kate surtout. Camille, presque. Et la liste s'arrêtait là. J'avais failli m'éclipser et j'étais tout à fait conscient que c'était le mieux à faire à cet instant, mais je n'avais pas pu m'empêcher de questionner Rivera – puisqu'il s'appelait effectivement ainsi – dont le visage et le nom était loin de m'être inconnu. « Qu’on se soit croisé, c’est peu probable. Je ne pense pas que j’aurais oublié avoir rencontré l’une des deux têtes métamorphes de l’alliance. Cependant, je suis surpris que tu en saches autant sur moi. Après tout je ne suis personne. Serais-tu un habitué du musée, ou simplement un sociopathe bien renseigné ? » Croisés, donc, non. Alors... je m'étais simplement renseigné sur lui, par acquis de conscience, lorsque j'avais appris qu'un loup avait un métier... normal au musée. Et c'était quoi ce tutoiement ? Ils n'avaient pas gardé les louveteaux ensemble, aux dernières nouvelles. Je fronçai les sourcils, plus atteint par le 'tu' que par le 'sociopathe'. Parce que bon, niveau pathos, les loups n'étaient pas vraiment... des exemples d'esprits particulièrement sains. « Je me suis renseigné sur les sociopathes, oui, tout à fait, ça doit être pour ça que votre visage me dit quelque chose. » Sarcastique ? Peut être. Sûrement. J'étais peut être méfiant, paranoïaque, un tantinet violent mais j'avais aussi un peu d'humour. Quand il n'était ni noir, ni étouffé par mes angoisses et mon impulsivité. Dans tous les cas, je venais de me ridiculiser un peu plus en me trompant de personne, plus ou moins. Je ne l'avais pas croisé et la petite louve était en train soit de se foutre de la g#eule, soit de me supplier en pensées de me barrer. Il allait sans dire que seule la deuxième option m'intéressait. Et j'allais aussi, accessoirement, lui faire ce plaisir. « Et bien, je ne vais pas vous embêter plus longtemps. » Cette fois, pas la moindre trace d'ironie ou de sarcasme, je me comptais bien partir de suite, avant que tout ça dégénère. La seule solution, actuellement, c'était que je déclenche les hostilités – chose totalement contraire à ce qui serait malin de la part du bras droit du leader des métamorphes. C'était aussi pour ça que j'avais intérêt à partir. Vite. Très vite. J'ouvris le haut de mon sweat, avant de faire quelques pas en arrière. J'humai l'air autour de nous pour vérifier que nous étions toujours les seuls dans le coin, avant d'esquisser un petit sourire et de me transformer tout naturellement. Avant de laisser ma part animale prendre le pas sur mon humanité, je lâchai un petit « Pensez à tenir votre petite en laisse, elle me semble bien sur les nerfs » qui tenait plus du berger allemand joueur que de l'Alan habituel. D'ailleurs, je regrettai instantanément ces mots, alors que je me concentrais le temps d'un soupir.

Le monde explose en sensations autour de moi. Odeurs, luminosités, marques laissées par des animaux... Mes sens humains sont si atrophiés que je me demande, maintenant, comment j'ai fait pour avancer dans un monde ou je n'étais qu'un aveugle sans guide. J'ouvre grand la gueule dans un long bâillement alors que je m'habitue à ma nouvelle apparence en quelques pas maladroits qui acquièrent à chaque instant un peu plus de grâce. Berger Allemand ? Non. Je ne lui ai pas laissé prendre la place qui lui est due. Pourquoi ? Je l'ignore. Le Tigre Blanc, animal plein de noblesse, avait envie de se pavaner, et même s'il est rare d'en croiser dans un bois en Ecosse, je sais que je suis seul, en présence de loups qui ne peuvent ignorer ma nature. Alors... pourquoi ne pas en profiter ? Le Tigre fait le fier en moi. Puissance, grâce... tout ce dont j'ai souvent l'impression de manquer sous forme humaine, et que je comprends avoir réellement sous cette forme sauvage que je ne maîtrise pas totalement. Si je suis pleinement Berger Allemand, depuis mes huit ans, si j'ai son côté protecteur, sa tenacité, sa discrétion – parfois –, si j'ai beaucoup – trop – de son côté chien loup, le tigre est la représentation de mon charisme. C'est du moins ainsi que je le comprends. J'ai beau avoir un petit côté prétentieux, il ne prend tout son sens que sous cette forme qui n'est moi qu'à moitié. Je secoue les épaules pour faire fonctionner ces muscles qui me propulsent à plus de trois mètres de hauteur sans souci, et neuf de longueur. Et certains s'étonneraient, après ça, de me voir courir des heures sans transpirer. La morgue et la fierté du tigre prennent le pas sur la prudence d'Alan, déjà émoussée par la journée difficile qu'il a pu passer. En quelques foulées, je me fonds dans les buissons, avant de laisser place au berger allemand. Plus de frime ? Non. J'ai besoin de courir librement, et je ne fais qu'un avec le chien, alors que le tigre me semble encore étranger.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Jeu 13 Fév - 9:36


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La jeune louve était tendue, énervée, en colère, il pouvait le sentir. Si devait gérer ses envies de meurtres en plus de sa propre colère, ça allait vite devenir compliqué. Bien sûr il avait eu envie lui-même de massacrer le métamorphe isolent. Mais depuis que ce dernier  s’était présenté, cette option n’était plus envisageable. L’alliance était bien trop importante aux yeux de la Lupa, et elle bien trop importante à ses yeux. Ainsi le vieux loup préféra  serrer le poing à s’en faire mal plutôt que de se ruer dessus quand il entendit sa réponse.

« Je me suis renseigné sur les sociopathes. Oui, tout à fait ça doit être pour ça que votre visage me dit quelque chose. »

Il avait provoqué la chose et il le savait pertinemment. C’est pourquoi il se contenta de se pincer les lèvres dans un rictus camouflant mal son envie de lui sauter à la gorge. Derrière lui Charlie en revanche était sur le point de se ruer sur lui. Le loup tendit simplement le bras sur le côté, main ouverte, comme un panneau stop qu’il lui aurait placé devant le visage. Non ils devaient se maîtriser encore un peu, l’enjeu était trop important. Mais si lui avait appris au fil des années à contrôler tant bien que mal les élans de la bête, il savait bien que ce n’était pas tout à fait le cas de la jeune femme.

« Et bien, je ne vais pas vous embêter plus longtemps. »

Voilà qui allait régler le problème. Même s’il crevait d’envie de savoir pourquoi Alan Dougal s’était intéressé à lui, lui qui n’était personne, pour l’heure il avait besoin d’espace. Le métamorphe amorça un pas en arrière avant d’entamer sa transformation.

« Pensez à tenir votre petite en laisse, elle me semble bien sur les nerfs. »

C’en était trop pour la louve qui ignorait cette fois le bras tendu de Mike et se jetait en direction de l’animal qui se tenait devant eux. Le quadra la rattrapa, empoignant les deux bras de Charlie pour la retenir. Devant eux se dressait un tigre, un tigre blanc. Superbe il fallait bien l’avouer, bien que surprenant. Il était pourtant sur d’avoir entendu dire que l’animal de Dougal était un chien. Cet homme aurait-il mentit sur son identité ? Il s’éloignait à présent et le loup ne prit pas le risque de le poursuivre pour en avoir le cœur net. Charlie en revanche se débattait toujours, elle ne décolérait pas. Il la retourna face à lui, sans prendre le risque de la lâcher et plongea un regard qui se voulait rassurant dans les yeux de celle qu’il considérait comme sa fille.

«  Charlie stop !  Penses aux enjeux . . .»

Le ton était sec, sans appel, comme un ordre donné, mais sans être froid pour autant. Son odorat ne le trompait pas, bien que le métamorphe ait disparu de sa vue, il le sentait encore très clairement au milieu de cette lande déserte et le tigre avait fait place au chien. Alan était donc très probablement bien celui qui prétendait être. Ils ne pouvaient pas se permettre de compromettre l’alliance pour quelques mots échangés avec l’un des leaders.

Cependant, tout ceci n’avait pas fait passer son envie de lâcher la bête bien au contraire. Celle ci, trop longtemps retenue, se débattait désespérément. Il ne pouvait pas non plus laisser Charlie de peur qu’elle ne se lance à la poursuite d’Alan malgré ses mises en garde. Il ne voulait pas non plus l’abandonner de nouveau, pas après ce qu’elle lui avait dit. Il se pencha pour lui glisser quelques mots à l’oreille, de la même voix qu’il utilisait quelques années plus tôt pour se moquer affectueusement d’elle.

« Tu veux courir après quelqu’un ? Que dirais tu de me poursuivre moi ? Tient, regarde je ne vais pas disparaître à nouveaux.  On en a tous les deux besoin et ce sera bien plus constructif de prendre quelques proies toi  et moi, que de risquer de mettre l’alliance en péril. Je ne te promets pas que ça sera aussi amusant que quand nous étions trois, Sam et toi faisant équipe contre moi, mais je n'ai que ça à t'offrir.»

Il lui tendait ses trousseaux de clefs, voiture et appartement, espérant que ce soit suffisant pour la convaincre qu’il ne cherchait pas un prétexte pour l’abandonner encore une fois. Il ne savait pas pourquoi il avait mentionné son fils. Ces derniers mots avaient été très douloureux à sortir. Sam. Il lui manquait horriblement. Il manquait probablement à Charlie aussi, après tout il ne pouvait prétendre avoir été le seul à aimer son fils. En camouflant tant bien que mal l’émotion qui le saisissait, il la lâcha lentement et commença à reculer. Ils avaient de toute évidence tous d’eux besoin de laisser s’exprimer leur loup et il y avait suffisamment de lièvres près des ruines en contrebas pour chasser à deux. Sans la lâcher du regard, il reculait toujours. Il avait laissé sa veste et sa chemise dans sa voiture, ainsi il ne lui restait qu’un t-shirt, son jean et ses baskets à quitter quand il atteignit l’abri des buissons. Il s'il n'avait pas anticipé la rencontre qui venait d'avoir lieu, il avait en revanche prévu une tenue rapide à ôter quand il a avait quitté son hôtel ce matin.

Alors seulement il put enfin se laisser aller, laisser parler le loup, oublier les problèmes de l’homme pour se concentrer sur l’instinct de l’animal. Il laissa échapper un jappement bref en s’ébrouant, avant de lancer à la lune son plus bel aboiement. Long, rauque, trop longtemps retenu. Le loup revient ensuite chercher sa protégée, espérant qu’elle avait compris ce qu’il comptait faire et qu’elle préférerait le suivre plutôt que de tenter de rattraper le métamorphe. Dans le pire des cas, il pourrait bien plus facilement la maîtriser sous cette forme bien qu’il espérait ne pas avoir à employer la force contre elle.






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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Jeu 13 Fév - 12:09




Mike & Charlie


Heureusement que Mike avait anticipé son geste lorsque Alan enchaîna à la pique qui venait de lui être lancée. Il était peut-être quelqu'un, son nom lui disait vaguement quelque chose mais la colère l'empêcha de vraiment percuter l'importance du personnage. De toute manière elle en avait rien à faire, son statut ne lui permettait pas pour autant de manquer de respect aux gens. Elle parvint à se contenir malgré tout.

Elle rongeait son frein tant bien que mal, il partait. Allez plus vite espèce de petit morveux. Mais il ne le fit pas avant de lui avoir lancée une dernière pique. Son sang ne fit qu'un tour. La mettre en laisse ? Jusqu'à présent elle s'était plutôt bien tenue, elle n'avait pas dit un mot de travers même si elle les avait pensé bien fort et que c'était inscrit sur son front qu'elle ne pouvait pas l'encadrer juste parce qu'il était là au mauvais endroit, au mauvais moment. Il pouvait se transformer en tigre, en cobra ou même en mammouth elle ne pensait plus qu'à une chose : l'étrangler.

Mais encore une fois c'était sans compter sur Mike qui la connaissait par cœur et qui était parvenu à la retenir par les deux bras. L'idée de se transformer pour lui échapper lui traversa l'esprit mais elle se ravisa en l'entendant lui demander de penser aux enjeux. Rien à faire ce genre de personne n'avait pas le droit de se croire au dessus des autres sous prétexte qu'ils étaient importants dans l'alliance.


« Je vais pas le tuer, juste lui faire du mal. Ce con prétentieux a trop l'habitude qu'on lui fasse des courbettes. Lâche-moi... »

Mais en même temps elle se débattait moins fort jusqu'à s'arrêter. Elle ne parvenait pas à lui tenir tête en le regardant dans les yeux. Elle avait déjà franchi bien des limites qu'elle s'imposait elle-même. Le sang lui battait les oreilles. Surtout qu'en plus ce con était toujours dans les parages comme pour la narguer de venir lui croquer la queue. Elle inspira profondément pour tenter de chasse cette envie de meurtre à l'encontre d'Alan, en plus maintenant un chien ce n'était pas dur à rattraper et à maîtriser mais il fallait qu'elle pense à autre chose.

Il lui donna la diversion nécessaire pour oublier le métamorphe. Il lui proposa de lui courir après en lui promettant de ne pas partir à nouveau. Pour appuyer ses propos il lui donna l'intégralité de son trousseau de clés. Elle les prit d'une main hésitante. Mettre l'alliance en péril, se serait vraiment bête surtout juste pour une histoire d'égo. Il n'y avait aucun reproche dans sa voix mais elle se sentit mal de songer que s'il ne l'avait pas attrapé à temps elle aurait été capable de faire la peau au tigre. Bien entendu elle n'en serait pas sortie indemne mais au moins elle aurait défendu son honneur.

Elle était sur le point de dire quelque chose lorsqu'il lui parla de Sam. Muette elle sentit sa gorge se serrer en pensant à ce qui était arrivé. Chacun avait sa manière de gérer le deuil, Mike avait préféré s'isoler de tout et tout le monde plutôt que de s'entourer. Les choses ne seraient plus pareilles c'était certain. Elle aurait voulu lui dire quelque chose mais rien ne lui venait à l'esprit. Elle le laissa s'éloigner pour se transformer. Elle ne perdit pas de temps pour faire de même, elle n'avait que son T-shirt à retirer, le jean glissa sur ses pattes lorsqu'elle se transforma.

L'odeur du Métamorphe remplissait l'air. Peut-être qu'elle pourrait faire un crochet, le rattraper, juste le mordre histoire de le remettre à sa place et revenir. Ses oreilles se dressèrent lorsqu'elle entendit le hurlement qui provenait de Mike. Il avait un sixième sens et savait ce qu'elle avait l'intention de faire ? Elle s'arracha à ses pensées pour retourner auprès du Loup.


* Il a dit qu'il voulait que je lui cours après. Je vais l'avoir. *

La louve redressa les oreilles pour ne pas perdre un seul son émanant de la forêt. Elle se positionna sous le vent par rapport au vieux loup et après quelques secondes d'observation elle se lança d'un bond sur lui. Elle songea avec amertume qu'à l'époque avec Sam c'était beaucoup plus facile, ils se connaissaient tellement bien pour ce genre de jeux qu'ils avaient déjà tout un tas de stratégie en place.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Jeu 13 Fév - 19:55


ENTRE CHIEN ET LOUP
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Chasser était sans conteste une bonne idée pour chasser le métamorphe des pensées de sa jeune protégée, mais lui il avait surtout besoin de courir. Les jours passés à Séville, sans prendre le risque de faire la moindre actions que ses cousins Espagnols auraient perçue comme une menace, le voyage en avion, l'attente à Wolfheaven, cette rencontre interminable avec Alan, il n'avait à présent qu'une envie : parcourir la lande. Il se demandait si la louve accepterait une longue course effrénée et sans but avant de s'attaquer aux lapins qui, de toutes façons, n'allaient pas s'envoler. Elle ne lui laissa pas le loisir d'extrapoler sur la suite de la soirée plus longtemps. Charlie avait été suffisamment maligne pour se placer correctement sous le vent et tenter de l'avoir par surprise. Il ne l'évita qu'au dernier moment. L'homme était fier des progrès qu'elle avait fait, de l'évolution de la jeune fille terrorisée vers la louve qu'elle était à présent. Le loup se sentait honteux et vexé d'avoir manquer se faire avoir bêtement par son élève. Malheureusement c'est ce dernier qui s'exprima le premier, laissant échapper un  grognement sourd, réprobateur. Puis il fit le tour de la louve, silencieux, lui accordant un petit coup de museau dans le flanc en guise de lot de consolation avant de s’élancer en direction des ruines.

Courir à perdre haleine, la terre froide, l'herbe humide sous ses pattes. Humer chaque arôme, la tourbe, la végétation alentour, la louve derrière lui, les lièvres  non loin. Capter chaque son, le vent, une grouse de bruyère quelque part sur sa droite. C'était des plus grisant. Il ne manquait qu'une seule personne pour que le tableau soit parfait, mais il s'efforça de le chasser de sont esprit. L'heure n'était pas à pleurer le fils qui lui avait été prit. Pour le moment il devait tenter de regagner la fille qu'il avait failli perdre. Il la sentait sur ses talons, elle avait toujours été rapide, mais serait-elle attentive ? Le loup pila net, se retournant pour lui faire face. D'un bon il était sur elle. Sans chercher à lui infliger le moindre mal, il la plaqua au sol avant de la relâcher aussitôt et de repartir à pleine vitesse. Le jeu qu'il avait proposé n'était-il pas qu'elle tente de le rattraper ? Il n'avait rien précisé quand au fait qu'il ne comptait pas la laisser faire avant d'avoir pu apaiser la bête qui avait grand besoin d'espace. Il répéta la même manœuvre trois fois. Trois fois, il se jeta sur elle, lui faisant perdre du terrain qu'elle finissait par reprendre ensuite. Elle allait bien finir par l'anticiper et l'éviter, elle ne pouvait pas avoir perdu autant de ses réflexes en l'espace de deux petits mois.

Deux petits mois. Ces mots raisonnaient dans son esprit comme une mauvaise blague dont il n'arrivait pas à saisir la chute. Deux petits mois. C'était si court, mais ils lui avaient semblé tellement interminables, chargés de tellement de peine, de rage, de douleur. Tant de ressentiments qu'il tentait d'évacuer à présent, abandonnant tous ses sens à la bête qu'il venait de libérer enfin.

Il avait atteint les ruines pour le calme desquelles il était initialement venu. Charlie était tout-prés, il pouvait la sentir. Une irrépressible envie de hurler de nouveau le tiraillait. S'il voulait s'offrir quelques lièvres il allait devoir attendre encore un peu. La louve était suffisamment proche pour qu'il tente de la renverser de nouveau, persuadé que cette fois encore il l'aurait par surprise.Il se voûta, muscles tendus avant de fondre sur elle.





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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Ven 14 Fév - 15:25




Mike & Charlie


* Cette fois c'est bon ! *

Et ben non. Elle avait presque tout fait dans les règles de l'art : rester sous le vent, aucun bruit... Bref c'était parfait ou presque. Au dernier moment elle sentit sa mâchoire se refermer sur rien. La déception de l’échec la rendit muette jusqu'à ce qu'elle entende le grognement du loup. La prochaine fois serait la bonne. Les oreilles baissées et la queue entre les jambes elle attendait qu'il donne le ton. Un petit coup de museau c'était tout mais amplement suffisant pour qu'elle comprenne.

Elle s'élança à sa poursuite dans la lande, elle mettait un point d'honneur à lui montrer qu'elle était plus rapide qu'avant. Comme pour le faire culpabiliser d'avoir loupé tout ses progrès les deux derniers mois. En vrai, il ne devait pas y avoir grand chose de mieux, au contraire, elle avait eu l'impression de régresser.

La louve était enfin satisfaite, le peu de fois où elles s'étaient mises d'accord pour une transformation sans douleur elle avait été bridée par sa tristesse constante. Les rares fois où elle avait pu s'en donner à cœur joie c'est quand Charlie était vraiment énervée et qu'elle parvenait malgré tout à forcer la transformation. Ces jours-là elle courrait jusqu'à finir épuisée au point de s’effondrer loin de tout. Elle repensait à tout ça lorsque Mike s'arrêta net, elle eut le temps de s'arrêter pour ne pas lui rentrer dedans mais elle ne put anticiper le bon. L'odeur de la poussière soulevée par le choc lui emplit les narines.


* Trop lente... *

Elle se fit avoir encore deux fois. Mais elle ne lâchait pas l'affaire elle finirait bien par l'avoir. Elle avait remarqué sa façon de se crisper avant de s'arrêter pour la mettre à terre. Cette fois-ci elle le remarqua au bon moment, elle n'arrêta pas pour autant sa course, elle se contenta de se décaler un petit peu pour avoir plus d'espace pour l'esquiver avant de contre attaquer. A la manière d'un petit chiot elle s'attaqua à ses oreilles.

Elle eut un pincement au cœur en repensant que d'habitude elle ne faisait ça qu'avec Sam. Plus petit qu'elle elle parvenait facilement à le coincer pour le torturer gentiment. C'était dur pour Charlie de se faire à cette absence, elle n'osait pas imaginer ce que ça devait être pour Mike. Doucement elle cala son museau sous l'échine du Loup. Comme si elle voulait vérifier qu'il était bien là et qu'elle n'était pas en plein rêve. Elle s'éloigna doucement pour observer l'activité nocturne. La nuit venait juste de tomber et les animaux commençaient à rentrer dans leurs terriers pour préparer la nuit. Le pas souple elle avançait en silence sans se soucier du Loup. Elle avait la ferme intention de se débrouiller toute seule pour lui montrer comment elle avait pu se débrouiller seule ces derniers temps. C'était un mensonge, elle était à la limite du petit louveteau faible pendant cette période mais elle se sentait coupable de le faire culpabiliser de la sorte.


* Droit devant, deux petits lapins. *

Pendant une seconde elle se figea en songeant que s'était peut-être des métamorphes mais après vérification non c'était de simples lapins tout ce qui a de plus normal et qui plus est, biens portants. Il ne fallu pas un grand effort pour refermer les crocs dans la chair d'un des lapins. Elle resserra l'étreinte jusqu'à sortir la vie quitter le petit corps chaud. Allongée, la boule de poil toujours dans sa gueule elle observait le vieux loup attendant de voir ce qui adviendrait maintenant.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Sam 15 Fév - 13:52


ENTRE CHIEN ET LOUP
Mike ~ Charlie





Ne jamais sous estimer sa proie. C’était pourtant la règle d'or de toute chasse. Était-ce un excès d'orgueil de sa part ou avait-il sous estimé son élève? Le fait étant que cette fois ci, la jeune louve avait su esquiver son  attaque et avait surenchéri. Il s’était fait avoir comme il l'avait eue quelques instants plus tôt. Charlie entreprit de lui mâchouiller les oreilles et bien que ce fut des plus désagréable pour notre vieux loup blésé dans son orgueil de s'être ainsi fait prendre, il la laissa faire. Maigre consolation pour le temps qu’elle avait passé à l'attendre. Il resta là, allongé sur le sol, reprenant son souffle après cette course effrénée. Charlie ne semblait pas avoir l'intention de s’arrêter là et il en était ravi. Il comptait bien profiter encore de la soirée qui venait à peine de commencer vraiment. Le loup ne avait certes satisfait son besoin de se dégourdir les pattes, il lui restait encore à se repaître de la chair des proies qu'il trouverait.

La jeune louve vint caler son museau contre lui, contact rassurant. Était-elle prête à lui pardonner son absence? Lui même aurait il le courage de la laisser revenir dans sa vie après tous les efforts qu'il avait fait pour l'en sortir? Il avait été lâche, lâche à vouloir se couper de tout et de tous pour ne plus risquer de souffrir la moindre perte. La seule chose qu'il y avait finalement gagné avait été cette pente glissante vers cette dépression qui le guettait à présent chaque jour un peu plus. Il ne vivait depuis que dans l'attente du jour où on lui accorderait sa vengeance, quel qu’en soient les conséquences. Si celle qu'il considérait comme sa fille acceptait de lui pardonner elle ramènerait sans conteste un peu de vie dans son existence. Elle ne lui ferait pas  oublier Sam, peut être même que les souvenirs commun qu'elle risquait de réveiller seraient plus douloureux encore, mais il  n'aurait plus à souffrir de la peine qu'il savait lui avoir infligée.

Comme il se laissait aller à ces considérations, pesant le pour et le contre du retour de la louve, Charlie était parti en chasse. Elle s'était éloignée, avait trouvé une proie et venait de prouver que la chasse aux lapins n'avaient plus de secrets pour elle. Mike songea un instant qu'il n'y avait pas grand intérêt à s’attaquer à la même proie Il avait repéré une grouse plus tôt et il comptait bien la plumer, elle ou celles de ses semblables qui étaient dans les parages. Feignant l'indifférence face à sa jeune protégé qui posait fièrement, son lapin encore chaud fermement serré entre ses mâchoires, il s'éloigna un peu, humant l'air à la recherche d'un indice quand à la présence du volatile.

Le repérage, l'odeur, la traque, la proie bien en vue, l'attente, l'attaque, le sang, les plumes qui lui chatouillaient la truffe, le dernier caquètement du gallinacé, le silence.

Le loup se tenait là, la gueule encore pleine des plumes de sa victime. Il avait toujours préféré la volaille aux rongeurs et autres mustélidés qui peuplaient la lande. De vieux souvenirs lui revirent à l'esprit, de vieux souvenirs d'enfance qu'il croyait perdus, noyés au milieu des récents événements. Savourant l'instant, il attendait le prochain mouvement de la louve, lui laissant le contrôle complet de la suite des événements, c'était le moins qu'il pouvait faire après ce qui lui avait fait endurer.





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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Dim 16 Fév - 14:40




Mike & Charlie


* Ça c'est fait... *

Il l'avait sous-estimer et pour la première fois depuis longtemps elle avait réussi à le piéger à son tour. Elle aurait pu lui mordiller en douceur les oreilles mais elle ne put s'empêcher de refermer plus que nécessaire sa mâchoire sur la chair fine de l'oreille comme pour se venger de tout ce temps qu'elle avait du l'attendre. Elle aurait pu lui pardonner en sachant qu'il vivait un enfer personnel depuis deux mois. Sam avait laissé un vide pour tout le monde mais elle n'osait pas imaginer ce que ça devait être pour Mike.

Mais la louve ne pouvait pas lui en vouloir éternellement il n'avait pas l'air d'aller si bien que ça et elle s'en voulait dans ce genre de cas de lui faire sentir la culpabilité de s'être écartée d'elle. Il ne lui avait jamais fait de scènes alors qu'elle était retournée dans sa famille humaine.

La chasse aux lapins n'était pas très compliquée maintenant mais tout de même elle serrait sa proie fièrement. Elle resta silencieuse lorsqu'elle le vit partir à son tour avec une cible totalement différente. De la volaille... Chacun son truc après tout. Elle déchira la chair tendre du petit lapin qu'elle avait saisi lorsqu'il revint à son tour. Elle l'ignora à son tour le temps que chacun finisse son repas. Calmement elle se leva et s'ébroua pour chasser s'excédant poisseux de sang. Toujours sans un regard pour le vieux Loup elle se mit face à la lune qui avait pointé le bout de son nez.

Le hurlement qui s'échappa de sa gorge fut d'abord faible puis plus important comme une longue plainte. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de hurler la perte de Sam. Ils n'avaient peut-être pas le même sang mais elle l'estimait bien plus que ses propres frères qui avaient le même ADN qu'elle. De même il était différent de ses autres frères de meute, c'était un petit frère d'adoptif proche à son cœur et sa perte l'avait perturbée, mélangé au fait que Mike avait pris ses distances.

Le Loup ne semblait pas décider à bouger, il la laissait donc choisir de la suite ? Il n'allait pas être déçu. Elle se releva et sans un regard elle se remit à courir. Le but n'était plus de se défouler, de chasser ou quoi que se soit qui ne réponde à un besoin animal. Non là il s'agissait de retourner au point d'origine pour reprendre forme humaine. Elle aurait pu faire ça là où ils étaient mais se balader nue comme un vers sur la lande c'était pas vraiment son délire.

Elle ne mit pas longtemps à retrouver son chemin. Arrivée au niveau du tas d'affaires qui étaient le sien elle reprit forme humaine. Contrairement à l'instant d'avant elle prenait tout son temps pour se rhabiller. Elle savait que Mike ne pourrait pas aller bien loin sauf s'il rentrait chez lui à pied et vu la distance il n'y serait pas avant demain. Assise au milieu des racines d'un grand arbre elle observa le trousseau de clé que le Loup lui avait confié en garantie qu'il ne partirait pas sans qu'elle ne le sache.


« T'étais où pendant tout ce temps ? » demanda-t-elle d'un ton dur alors qu'elle l'entendait s'approcher.

Cette fois elle se tiendrait aux scénarios qu'elle avait préparé. Elle le pardonnerait, dans le fond elle l'avait déjà fait avant même de savoir qu'elle le retrouverait. Mais elle voulait lui faire comprendre qu'elle avait souffert de son absence.



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Dim 16 Fév - 17:01


ENTRE CHIEN ET LOUP
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Bien qu'il savourait sa prise, il gardait un œil sur sa jeune protégée. Elle terminait de se repaître de sa proie lorsqu'elle se redressa pour se laisser aller à un long hurlement plaintif. Car c'était bien une plainte plus qu'un appel à la lune. Charlie se redressa ensuite, non sans ignorer totalement le loup qui se tenait non loin, puis elle s'élança vers le chemin par lequel ils étaient arrivés. En avait elle déjà assez ? Non, Mike savait pertinemment ce qu'elle avait en tête. Ils avaient couru, avaient chassé, mais ils n'avaient pas encore parlé. Il fit cependant un détour avant de la suivre. Il avait besoin de sentir le sol sous ses pattes quelques instants de plus.

Quand il atteint l’abri des buissons où il avait laissé ses affaires, et qu'il eu reprit sa forme humaine, il se laissa aller à soupirer. Le quadra chercha un instant un échappatoire à la conversation qui allait inévitablement arriver. S'il avait tenté de s’éloigner des proches qui lui restaient, il n'avait pas prévu le moins du monde qu'il aurait à renouer avec eux plus tard et à leur livrer des explications. L'ordre des choses telles qu'il se les étaient imaginés était simple, se libérer de ses attaches, venger son fils, puis...il n'avait pas voulu tenter d'entrevoir ce qu'il pourrait advenir de lui ensuite, résigné à ce que lui coûterait très probablement un affrontement avec un vampire de la tempe de celui qu'il traquait.

Une fois ses esprits retrouvés et en tête une petite idée de ce qu'il allait pouvoir dire à Charlie, il suivit son flair pour retrouver la jeune femme qui l'attendait l'air sévère.


« T'étais où pendant tout ce temps ? »

Il afficha ce qu'il aurait voulu un sourire rassurant mais qui ressemblait plus à un mauvais rictus coincé. Les mains posés sur les hanches, les yeux rivés sur le sol, il ressemblaient plus à un enfant honteux d'une bêtise mal camouflée et qui sait que la punition va être sévère. Depuis combien de temps la jeune louve faisait elle partie de sa vie, avait elle tenue compagnie à Sam comme une sœur ? Si quelqu'un pouvait comprendre une partie de sa peine, c'était sans conteste Charlie, alors pourquoi l'avait il soigneusement évitée depuis la mort de l'adolescent ?

Il passa la main nerveusement sur son menton, cherchant ses mots, puis il finit par s'asseoir. Fixant le sol, il cherchait toujours ses mots quand ils finirent par se présenter naturellement.

« J'étais occupé à vous fuir, Sarah et toi, occupé à boire, pas tant pour oublier que pour tenter de refréner certaines . . . pulsions. C’est idiot n'est ce pas ? Les femmes et l'alcool . . . c'est tout ce que j'ai trouvé pour attendre qu'Elle daigne me laisser accéder à la seule chose que je désire. »

Il avait soigneusement omis de mentionner Mirah, Mirah qu'il avait tout aussi lâchement chassée de sa vie et dont il ne voulais pas avoir à parler avec la jeune louve. Le loup n'arrivait pas à la regarder, il n'osait pas, ayant trop peur de ce qu'il pourrait lire dans ses yeux. Il lâcha un petit rire nerveux avant de reprendre.

« Tu dois comprendre une chose Charlie. Je ne vous ai pas pas mises de coté pour vous protéger ou quelques idioties du genre. J'ai agit lâchement pour me protéger moi même. Je ne pourrais pas . . . »

Il avait marqué une pause, incapable de sortir les derniers mots, de peur que sa voix trahisse la peur qu'il avait tenté de maîtriser ces derniers mois. C'est donc finalement sur un ton froid, insipide, presque robotique, qu'il termina sa phrase.

«  . . . je ne pourrais pas supporter une perte de plus. Je vous ai sorties de ma vie parce que je voulais choisir ce départ et non le subir. »

Il ne cherchait pas son approbation, ni son pardon, il espérait encore moins qu'elle comprenne. Elle voulait des explications, elle les avait.






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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Dim 16 Fév - 23:07




Mike & Charlie


Charlie était déchirée entre deux idées : l'engueuler copieusement d'avoir été aussi égoïste et d'être parti sans rien dire ou ne rien dire et laisser couler cette affaire jusqu'à ce que les choses rentrent dans l'ordre. Mais ni l'une ni l'autre n'était une bonne idée. Alors elle l’interrogeait tranquillement sans toute fois cacher son mécontentement.

Elle observa son air enfantin piégé alors qu'il avait l'impression d'avoir fait une bêtise. S'il ressentait ce genre de gêne c'est que c'était justifié alors, non ? Elle l'observa tranquillement s'assoir tout en cherchant ses mots pour lui répondre. Elle ne se rendit pas compte tout de suite qu'elle serrait le poing sur les clés au point de faire blanchir ses jointures. Elle ne put que hocher la tête lorsqu'il lui avoua que c'était stupide d'avoir fait ça. Si l'alcool et le sexe pouvaient faire oublier les ennuis ça se saurait. Elle aurait voulu le lui faire remarquer mais il enchaîna en parlant de son désir de vengeance qui lui avait été refusé. Cette histoire avait le tour de la meute comme une trainée de poudre.

Elle essayait de croiser son regard pour voir s'il était toujours en colère, s'il avait peur ou quelque chose comme ça mais il fuyait son regard. Il cachait quelque chose... Elle soupira en songeant qu'il était vraiment irrécupérable. Il voulait porter son deuil tout seul, il voulait faire sa vendetta tout seul, il disparaissait pour que personne ne vienne l'aider. Il était pénible à la fin. Elle se mordit la langue pour le laisser finir, l'arrêter maintenant le bloquerait définitivement.

Elle le regarda stupéfaite lorsqu'il parla d'éviter de subir une autre perte. Il était en train de lui dire qu'il avait eu dans l'idée de pas reprendre contact avec qui que se soit. Elle lui rebalança ses clés d'un geste rageur. Maintenant qu'il lui avait donné ses raisons il pourrait repartir si ça lui chantait.


« Je ne te dirais pas que je comprends ou quoi que se soit mais tu ne t'es pas dis qu'il n'y avait pas que toi qui avait perdu Sam. Tu as perdu un fils, j'ai perdu mon petit frère. »

Elle n'avait pas crié, elle l'avait dit sur un ton égal pour éviter que les émotions ne ressurgissent. Elle faisait un effort considérable pour ne pas pleurer ou trembler en songeant à celui qu'elle considérait véritablement comme son petit frère.

« Tu crois que je n'ai pas pensé à la vengeance ? Que ça me fait rien de savoir que cette sangsue ne paiera pas la perte qu'elle a causé ? Cette nuit-là j'ai perdu mon frère, toi que je considère comme un père t'es parti et en prime je devrais rien faire ?! Et si j'avais fait comme toi t'aurais pensé quoi ? »

Elle avait pourtant dit qu'elle ne s'énerverait pas et c'est ce qu'elle faisait. Elle était à deux doigts de lâcher les vannes et de hurler toute la peur et la peine que son absence avait causé mais elle ne laisserait pas le doute l'envahir à nouveau. S'il ne comprenait pas qu'il préférait retourner à ses femmes et son alcool qu'il le fasse mais qu'il ne tente pas de la jouer loup solitaire qui préfère souffrir en silence loin des siens. Les choses ne devaient pas être comme ça. Ce n'était pas dans l'ordre des choses. Les loups vivaient en meute pour être plus puissants contre leurs ennemis, pour se soutenir en cas de peines comme celle-ci.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Lun 17 Fév - 11:27


ENTRE CHIEN ET LOUP
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Bien sur il ne s'était pas attendu à ce qu'elle saute de joie en entendant ce qu'il venait de dire. Et bien qu'il n'avait que faire de son approbation, il espérait encore peu être un peu qu'elle le comprenne. La colère. Loin d’apaiser la louve, ses paroles venaient de réveiller sa colère. Elle finit par lui renvoyer ses clefs dans un saute d'humeur non camouflé.

« ¡Ostias! Charlie . . . »

« Je ne te dirais pas que je comprends ou quoi que se soit mais tu ne t'es pas dis qu'il n'y avait pas que toi qui avait perdu Sam. Tu as perdu un fils, j'ai perdu mon petit frère. » 

Si elle retenait du mieux qu'elle pouvait ses émotions, Mike connaissait trop bien la jeune femme pour ne pas voir qu'elle n'était pas loin de craquer. Avait il été aveuglé par son chagrin et sa haine au point d'oublier qu'il n'était pas la la seule famille de Sam ? Elle continuait sur le même ton, cachant mal la colère qui continuait à monter.

« Tu crois que je n'ai pas pensé à la vengeance ? Que ça me fait rien de savoir que cette sangsue ne paiera pas la perte qu'elle a causé ? Cette nuit-là j'ai perdu mon frère, toi que je considère comme un père t'es parti et en prime je devrais rien faire ?! Et si j'avais fait comme toi t'aurais pensé quoi ? »

Il laissa échapper un rire nerveux à nouveau avant d'enfin tourner le regard vers elle et de lui répondre au tac au tac ;

« Je t'aurais enfermée quelque part jusqu'à ce que tu retrouves ton calme. »

C'était complètement ridicule, plus encore si on considérait ce que lui avait pris la liberté de faire. Il se pencha sur le coté pour atteindre Charlie et lui ébouriffer la tête d'un mouvement de la main. Vieux réflexe qu'il avait prit à l’époque où il aimait la taquiner un peu. Ce n'était certes pas approprié à la situation, mais il n'avait aucune idée de comment détendre l’atmosphère et calmer sa protégée. Le loup se forçait à afficher un sourire rassurant, elle avait entièrement raison sur beaucoup de choses, il ne pouvait pas le nier. Son regard passa en revu tour à tour Charlie, ses propres chaussures, la ligne d’horizon, Charlie de nouveau. Il cherchait quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose qui aurait pu faire comprendre à la jeune femme que bien qu'elle ai raison, il ne pouvait pas revenir sur ce qu'il avait fait ces derniers mois.  Ramassant finalement les clefs qui trônaient à ses pieds, là où elles avaient atterries, il finit par enchaîner.

« Charlie . . . je suis désolé de t'avoir laissée endurer ça seule, tu avais besoin de moi et je t'ai abandonnée. Je te demande pas de me pardonner, je n'en ai pas le droit. Je ne te dirait pas que je souhaite que tu me laisses de nouveau seul, ni que j'aimerais que tout redevienne comme avant . . . j'ai autant besoin de l'un que de l'autre. Je ne te fuirais plus, c'est tout ce que je peux te promettre. »

Ce qu'il avait omis c'était la peur que lui inspirait toujours l’hypothèse de la perdre elle aussi, elle avait beau ne pas réellement être sa fille, ces dernières années elle avait pourtant parfaitement remplit ce rôle. Les autres morts qu'il avait eu à déplorer durant les années sanglantes lui revirent à l'esprit, John, Stephen, il ne put s’empêcher de penser que la solitude aurait eu raison de lui il y a longtemps s'il avait agit de la sorte à l’époque. Ce cercle vicieux qui le conduisait vers la folie. Et elle pouvait être tout à la fois le poids qui l’entraînerait définitivement au fond du gouffre ou la main tendu qui l'aiderait à s'en sortir.





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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [Livre II - Terminé]   Lun 17 Fév - 19:26




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Elle ne cherchait plus vraiment à camoufler ses émotions mais elle ne voulait absolument pas faire de scène larmoyante ou de dispute à s'en déchirer les cordes vocales. Elle savait que de toute façon il comprendrait qu'elle était fâchée et peinée. Sa colère se fendilla lorsqu'il lâcha un petit rire nerveux en songeant à ce qu'il aurait fait si les rôles avaient été inversé. Elle n'arrivait pas à lui en vouloir parce que son attitude c'est ce qu'elle aurait pu faire si elle n'avait pas fait certaines rencontres.

Elle se renfrogna lorsqu'il se pencha pour lui ébouriffer les cheveux. Mais si ce geste la ramenait à ce qu'elle était : une gamine à ses yeux elle était contente de retrouver certaines choses du passé avec lui. Il finit par s'excuser, elle n'en demandait pas tant même si une petite voix dans sa tête lui avait soufflé de lui hurler dessus jusqu'à ce qu'il se ratatine à ses pieds pour implorer son pardon. La promesse en revanche acheva complètement son idée de l'engueuler jusqu'à ce que mort s'en suive. Comment pouvait-elle lui en vouloir, elle n'était pas rancunière, il était déjà peiné par la perte de Sam, il s'excusait de ses erreurs, elle lui aurait trouvé des excuses jusqu'à la fin même s'il n'était jamais revenu. Mike avait prit soin d'elle toutes ces années, il l'avait intégré à sa famille, la vraie. Il méritait d'avoir le droit de faire des fautes de choix de temps en temps.


« J'ai beaucoup réfléchis après la mort de Sam et quand j'ai entendu dire qu'il n'y aurait pas de vengeance. On n'est pas obligé d'avoir l'accord de la Lupa et personne n'est obligé de savoir qui a fait ça. L'essentiel c'est que cette sangsue meurt, non ? »

Qu'est-ce qu'elle lui proposait ? Elle avait pensé à ça après une nuit de réflexion à se faire une entorse de la cervelle. Elle savait à qui faire porter le chapeau, en agissant ainsi elle n'aurait plus à s'inquiéter de savoir si Mike craquerait ouvertement aux ordres de Mary et en même temps elle donnerait un coup de pouce à son père en déclenchant la fureur des vampires sur un clan qui lui causait du tort par le passé. Un plan fumeux peu importe dans quel sens on le prenait mais ça pouvait marcher.

« Mais je crois que ce qu'elle veut éviter c'est que si elle nous autorise à nous venger, les vampires feront de même de leur côté. Et ainsi de suite jusqu'à ce que ça finisse à nouveau en guerre sanglante. Si ça éclate maintenant tu n'auras pas à t'en faire pour qui se soit on sera tous morts et enterrés. »

Elle chercha à croiser son regard pour voir ce qu'il pouvait penser de tout ça. Qui affronterait une armée de vampires en craignant que son voisin ne le plante dans le dos sous prétexte qu'il trainait avec des métamorphes ? Pas elle en tout cas. Quitte à devoir subir un jugement pour cette fuite, elle n'irait pas se battre en ne sachant pas identifier clairement l'ennemi qui menaçait sa vie.

Elle fut mal à l'aise tout d'un coup en songeant qu'elle devrait peut-être dire quelque chose par rapport à sa promesse de ne pas la fuir comme il l'avait fait jusqu'à présent. Elle était grande maintenant, elle n'avait pas besoin de rester dans ses jupons à longueur de temps.


« Je vais pas te fliquer Mike, je veux juste pas avoir à scruter les nouvelles tous les jours pour savoir si t'es pas mort. Un SMS de temps en temps ça n'a jamais tué personne. Ne t'en fais pas pour moi j'ai rencontré des gens qui m'aident et avec qui je m'entends plutôt bien. »

Elle voulait le rassurer, qu'il ne s'en veuille pas trop de la mettre à l'écart. Elle n'était pas trop rentrée dans les détails pour ne pas avoir à dire qu'elle avait rencontré Hayden et qu'elle pouvait le considérer comme un mentor en l'absence de Mike. L'essentiel c'était qu'il ne se fasse pas de mauvais sang pour rien. Elle lui adressa un sourire en coin pour appuyer ses dires.


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